Le Quartier latin, 3 février 1948, mardi 3 février 1948
[" EEE Directeur: CAMILLE LAURIN Ju À PROPOS D'UN VACUUM Dear Mr.Lionel Desert, I hope that the want of something new and different are not to be classed under the heading of: \u201cEmotional instability\u201d.Were they so, then the inventors of the radio, automobile, the common household conveniences, the very clothes we wear to look nice in, could all be classed under this category.I'm sure life would be less pleasant, did these things not exist.It was the want of something new, different and exciting, that led men to discover the very land we now inhabit.Having worked in mental hospitals, both in Canada and the U.S., I believe I can truthfully state that the Canadians suffer from the same di scases that the Americans do.It is because of these similarities that psychiatrists have been able to classify mental patients into types.I'm sure our books arc not inadequate intellectually; many pcople like them, our own shelfs contain many volumes.1 believe the U.de M.students\u2019 knowledge would be hindered, rather than helped, were it not for the American books you have \u2018in your school library today.One is not happy when he dislikes people, pastimes, modes of living, happiness can be said to be love.Love ef.dernier numéro du Q.L.develops when one finds the lack of fault.The curing of fault lies partially in develo ing patience, tolerance, forgiving of errors, and in ones trying to help others find happiness.The finding of happiness involves not only the Americans, it includes all peoples.Were all to love one man and find happiness in his presence, he would not be happy for he would suffer the faults of others.Happiness is not in this life till all base their lives on truth that all can acknowledge.I hope I have found this truth and have given you a clearer picture of the American way of life.I also wish that in some way this will soothe your grievances.Sincerely yours, An AMERICAN P.S.: It is a policy in the U.S.to publish both sides of an argument and let the public judge; 1 challenge the Canadian system.N.D.LR.: I) est vrai qu\u2019au Canada et en particulier au Quartier latin, il n'y a jamais eu ni tribune libre, ni honnéteté journalistique.Mais pour une fois, nous suivrons, puisqu'on nous le demande si délicatement, le noble exemple de notre puissant voisin d'outre-quarante-cinquième.Et cela avec d'autant plus de plaisir que le publie, en l'orcurrence, n'aura pas trop de peine à juger.Comme de lien enlendu .Courrier local © Le Comité de l'Aide à l'Université annonce les souscriptions suivantes dans la section des noms \u2018réservés\u2019: Pasteur Shields: $24,202 pour la création d\u2019une chaire de fanatisme; James Watt: $1.44 pour une série de cours sur \u2018\u2019Les bienfaits d\u2019un cartel\u201d; Arthur Mcighen S40,000 pour l'institution de cours d'étés sur \u2018Les vignobles orangistes\u201d.La main droite, espé- rons-le, ignorera les dons reçus de la main gauche.© Vu le grand nombre de bills sociaux présentés à la présente session de la Législature à Québec, nos facultés de Relations industrielles ct de Sciences Sociales se sont enfin déci- décs à offrir une bourse de deux ans (S1213) à l'honorable Maurice Du- plessis en vue de lui faciliter l\u2019obtention d'un \u201cbacc\u201d en la matière.Nul doute qu'en la compagnie des Guy Beaugrand-Champagne, Jean-Marc Léger et d'Iberville Fortier, notre premier ministre ne sorte profondément carichi de son apprentissage.* L'âge est implacable.Pamphile Lemay serait actuellement sous traitement à l'hôpital Notre-Dame, pour fistule intellectuelle, et surdité contra- latérale à la suite de l'accumulation dans son oreille moyenne de bruits n'ayant pu traverser le tympan.Malgré le support moral que lui apporte si généreusement Mgr Camille Roy, Meises caralines Tous les jours 7h.45 Messes 8 h.15 MIDI.Communion toute la matinée.Confession, chaque fois que tu le désires.Le Père et tous les prê- tres-étudiants de l\u2019Université sont continuellement à ta disposition.on conserve peu d'espoirs de conserver la vie à l'auguste patient.® En mème temps que nous parviennent de nombreux reportages sur les \u201cpersonnes déplacées\u201d de la malheureuse Europe orientale, la nouvelle nous arrive d\u2019une vaste enquête sur le statut des personnes déplacées de l'Université à la suite des examens de décembre.Le Comité d'Orientation postscolaire, qui est chargé de l'enquête, révélerait, dit-on, des scandales qui feront perdre le souffle vital à plus d'un professeur.\u201cAmicus professor, magis amicus justitia\u201d, chantonnait le janis saire de garde à l'ascenseur du 12ième étage lorsqu'on lui apprit la nouvelle.Pour une fois nous sommes d'accord avec le garde-portes.Sur le front du Tramway Les événements sc précipitent pour cette malheureuse compagnie des Tramways.Duplessis-Godbout semble en avoir décidément à sa peau, bien ue l'on ne puisse jamais se fier d'une açon trop sûre à cet individu.À tout événement M.Watt n'entend pas prendre de chances.Et à la dernière séance du comité exécutif, il a fait savoir aux élus de Concordia, que vu la pénurie de billets à 4 pour .25, sa Compagnie en préparait une nouvelle émission à 3 pour .25, d'un fini plus luxueux.Et troué.Cambronne.Progressif, Egalement, 514 nouveaux tramways, modèle Shop, exécuteront chaque soir à 5 hres le tour de la ville, en vue d'abaisser le record actuel détenu par le No 4214 et qui est de 65 minutes.M.Houde en est demeuré coi, le pôvre.Le Bal .; La vente des billets se ralentit.Le présidentissimo Décary se plaint que les étudiants ne reconnaissent pas effort fait par I'A.G.E.U.M.pour leur procurer des loisirs à la fois sains, raffinés et peu coûteux.Il n\u2019est pas un carabin, dit-il, qui ne devrait conserver dans sa besace, le souvenir d'au moins un bal franchement universitai- \u201cDo \u20ac la timidité nt acte r ceux qu i retient encore au bord de leur billet.Lucien CHARNEL { VAR i VICTIMES D'UN MIRAGE Nous en avons tous soupé d'un certain patriotisme pleurnichard et stérile qui fleurissait dans nos cervelles aux beaux jours de notre cours classique.Nous en sommes revenus d'un nationalisme faisandé et artificiel qui ne reposait que sur les bases fragiles du sentiment.Après avoir laissé tomber les oeillères du fanatisme, nous avons tâché de jeter par dessus bord un tas de préjugés.Et nos esprits se sont soumis aux exigences de la réalité.Malheureusement, certains se sont tellement soumis et avec tant de com- pleisance qu'il ont fini par perdre leur personnalité.Peu à peu ces démis- sionnaites se sont laissés envahir par la radio, le cinéma et les magazines américains, à parler leur langue qui d'ailleurs fourmille d'anglicismes, ils n'éprouvent aucune fierté.L'américanisation des us et coutumes et le ramollissement du caractère ont fait de ces gens des êtres anonymes vidés de toute originalité et de toute fierté.Le titre de Canadiens-français comportait trop de risques et demandait vraiment trop de courage.lls ont lâché.Si encore leur attitude n'était ue passive! Mais du matin au soir, chaque geste, chacune de leurs actions n'est qu'un tissu de lâchetés et de trahisons.La, c'est Anthime Lafraise, industriel, parvenu de le plus belle eau, qui renie les siens à longueur de iournée.Des contremaitres unilingues (i.e.anglais) dirigent son usine et c'est en vain que l'on chercherait un mot de français dans sa papeterie.Membre des Lion Clubs et non pas du Richelieu, il évite autant que faire se peut les milieux d'ambiance fran- Gaise.Annuellement, il fournit se contribution à la caisse électorale de son parti politique.Aussi en fait-il des gorges chaudes sur le compte des mouvements nationalistes et de l'achat chez-nous, ce qui ne l'empêche pas d'applaudis sans réserve au \u2018\u201cBuy British\u2019 des impérialistes.Ailleurs, c'est Bob Latour, un étudiant qui n'a consenti à fréquenter notre université que sur les instances e son père.Il lit uniquement et quotidiennement la Gazette et le Star, ce qui est un moyen comme un autre d'acquérir une mentalité anglo- saxonne et de faire tort aux journaux canadiens-français.Pourtant ces derniers s'alimentent aux mêmes agences de nouvelles que leurs confrères et je ne sache pas que nos rédacteurs soient moins intelligents que ceux de la Gazette.Dans les endroits publics, au restaurant surtout, jamais il ne viendrait à l'idée de Bob d'adresser le parole dans sa langue maternelle.Par JEAN MARTINEAU Enfin c'est Anita Joly, une sténo à l'emploi du R.et qui, comme des milliers de ses soeurs dans le monde, s'ingénie à perdre sa personnalité en singeant telle star holywoodienne.Elle n'aime pas les films français que d'ailleurs elle ne voit jamais.Et toujours elle va brocanter et acheter sur la rue Ste-Catherine ouest, ma chère! A-t-on idée d'aller encourager des Canadiens-français! Ses idées, ses cosmétiques, ses sports, ses attitudes sont standardisés.La niveleuse américaine a passé: Hollywood lui a distribué du rêve en bobines, New-York lui a fait lire de fades et plates nouvelles à l'eau de rose.Inutile de dire que les Lafraise, les Latour, les Joly sont tirés à des milliers d'exemplaires dans notre province.Tous ces gens tâchent de faire oublier qu'ils sont Canadiens-français.Leur vie est une continuelle démission.Îls ne comprennent pes le \u2018fait français, ils ne comprennent pas qu'une minorité doit, pour survivre être continuellement sur ses gardes.Evidemment des lacheurs et des traîtres, il s'en trouve dans tous les pays et chez tous les peuples.Mais si des nations fortes peuvent tolérer que des brebis s'égarent, il n'en va pas de même pour un groupe ethnique numériquement faible et pressé de tous côtés par un monde différent par la langue, la religion, les moeurs et les coutumes.Notre peuple, il est facile de le constater, est le jeu de deux forces, de deux influences contraires.L'une est héréditaire et sourd de tout l'être, l'autre est horizontale et provient de l'extérieur.Alors que celle-là commande de rester Français et catholiques par l'esprit et le coeur, celle-ci nous pousse vers un monde étranger.L'action de ces deux forces se fait particulièrement sentir à Montréal.C'est ici que les démissions sont le plus nombreuses.La foule des campagnards, habitants et ouvriers, qui depuis un quart de siècle vient s'entasser dans la grande ville, ne connaît plus l'influence bienfaisante de la vie de paroisse mais bien la manière de vivre apparemment facile et brillante de nos voisins et la puissance économique de nos compatriotes.Awu- dessus de cette masse de prolétaires inconscients du danger qui les menace, vit un bon nombre de collets blancs, professionnels, hommes d'affaires, industriels, commerçants qui eux nagent dans l'indifférentisme.Consciemment, ils ont capitulé.lls en veulent même à ces tristes sires qui essaient de rester ce qu'ils sont.trouve-t-il un esprit clairvoyant qui vient les déranger, qui s'attaque à leur vacherie, aussitôt cet intrus est qualifié d'esprit étroit, de nationaliste infâme.Oui, nous en sommes revenus d'un patriotisme pleurnicherd et stérile mais nous nous refusons à être les victimes du mirage de l'américanisme.SSIES COE PA Ree \u2018 A « Qu LA \u201cREGENCE\u201d DURERA-T-ELLE LONGTEMPS ?[ J Rédacteur-en-chef: PIERRE LEFEBVRE Petite bistoire naturelle La girafe Le premier explorateur qui vit une girafe eut tout de suite l'impression d'une mystification; il crat d'abord à un déguisement.Mais lorsque deux, puis trois, puis quatre, puis vingt girafes lui apparurent, l\u2019examinant de leur côté avec curiosité, il dut se rendre à l'évidence: Ponton ne pouvait disposer d'un si grand nombre de tels costumes, La girafe est remarquable par son cou très long.Plusieurs savants ont déjà cherché la cause de cette inconcevable longueur; aucun ne l\u2019a trouvée.Mais, tout dernièrement, j'ai reçu d\u2019une collègue de l'observatoire de Petsamo une très intéressante communication.S'inspirant de l'axiome \u201cle besoin crée l'organe\u201d.ma collègue n'é- ecrit: \u2018La girafe se doit d'avoir le cou très long pour supporter sa tête qui est, de fait, très hante\u201d.Je tiens à transmettre cette découverte au public choisi, lecteur du Quastier latin.On ne fera jamais assez connaître le travail magnifique des scientistes qui se dévouent pour l'humanité.Cependant, ce long cou, en plus d'être un tantinet disgracieux, ne manque pas d'handicaper la girafe dans ses faits et gestes.C\u2019est ainsi que la malbenreuse doit se pencher vertigineusement sur sa pitance et l'aller brouter entre ses deux jambes anté- rieuves, forcément écartées.La posture west pas commode; essayez-la, vous m'en donnerez des nouvelles.Heureusement qu'elle rumine et qu'elle peut regoûter, dans la paix des bauteurs, les berbages qu'elle a chèrement ingurgités, En outre, la girafe doit le plus souvent dormir debout.C\u2019est ennuyeux (1).Si elle ne se couche pas, c'est que la distance à remonter en se levant la décourage le plus souvent; alors, choisissant un rameau touffu et élevé, elle y appuie sa tête et, sur cet oreiller, s'endort.Pourtant la girafe ne se plaint pas de son sort.La nature, craignant sans donte ses revendications, l\u2019a privée de la parole, La pauvre est aphone; aucun sinapisme, aucun gargarisme ne peut lui rendre la voix.O regrettable infirmité! Car avec un cou d'une telle longueur et douée de cordes vocales, la girafe ferait une basse de qualité.Cet animal, au premier abord, semble pacifique.Rien dans son regard ne révèle de Panimosité; il est pluton mélancolique.La seule occupation de la girafe est de tondre le gazon de la jungle africaine.Quoi de plus anodin?Mats la girafe a des ennemis: le lion et le tigre la guettent; elle a beau savoir courir, ils l\u2019attrapent souvent et alors, il faut qu'elle souffre et menre sans parler\u201d.Pas sentimentale pour deux sous, la girafe mène une vie simple.On n'en a jamais vu une se jeter, par désespoir, du haut d'un pont.Habituée aux hauteurs, elle n'a pas facilement le vertige.Paisible, douce, résignée, écoutant tout, ne parlant.jamais, portant sans cesse ses regards plus haut, la calme girafe pourrait servir de modèle à bien des hommes.Le naturaliste en chargés, François PELADEAU (Dé L'expression \u201cs'ennuyer dormir debout vient sans « doute de la gi- \u2018rate.Un-confrère linguiste pourrait- il m'éclairer dessus?Tp PRIX ARTHUR VALLÉE L'A.G.D.U.M.maintient cette année encore sa fondation dite \u201cPrix Arthur Vallée\".Cette fondation au montant de $100.00 est remise à un étudiant finissant d\u2019une faculté ou école de l'Université de Montréal qui souscrit aux conditions suivantes: a) succès dans les études, attesté par le secrétaire de la faculté; b) relations cordiales avec les professeurs et ses confrères; C) initiatives de caractère universei- taire et participation active à leur réalisation.Tout étudiant finissant d'une faculté ou école qui remplit les conditions sus-mentionnées est éligible.REGLEMENTS DU CONCOURS 1.Faire parvenir au secrétariat de L'A.G.D.U.M.(ch.C'305) un dossier dactylographié portant les noms du candidat et la désignation de faculté et contenant: a) les résultats généraux et annuels des examens; b) l\u2019énumération précise des initiatives de caractère universitaire auxquelles le candidat a pris part et le degré de participation à ces entreprises.1.Ce dossier sera mis sous enveloppe cachetée et ainsi libellée: \u201cJury du Prix Arthur Vallée\" A.G.D.U.M.3.Aucun dossier ne sera accepté après le 30 mars 1948 à minuit; 4.Le jury se composera de membres de l'A.G.D.U.M.désignés par le Conseil général.5.Le prix sera remis lors du banquet annuel offert par l\u2019Associstion aux finissants des facultés et écoles, au cours du mois d'avril.6.Copie du présent avis sera envoyée au secrétaire de chaque faculté ou école pour affichage dans un endroit bien en vue de la dite faculté ou école et sera de plus publiée au moins 3 fois dans le journal officiel de l'Association des Etudiants de l'Université de Montréal, LE QUARTIER LATIN.Publié conformément à une décision du Conseil général de l'A.G.D.U.M.prise À sa séance régulière tenue à l'Université, le 9 janvier 1948.l'administrateur de l\u2019A.G.D.U.M.Jean-Pierre HOULE le nouveau moteur de l\u2019Epervier\u201d SON NOUVEAU moteur a donné à /\u2019Eperrier un regain de vie.ll se rend maintenant aux pêcheries en deux fois moins de temps, et les heures ainsi épargnées augmentent d\u2019autant la durée de la pêche et le volume de la prise quotidienne.Tel est le résultat d\u2019un prêt bancaire.Et l'heureux propriétaire de L\u2019lÉpervier.qui gagne plus d'argent que jamais, aura bientôt remboursé sa banque.Les gérants de banque, tout le long des côtes du Canada, sont très désireux d'aider les pêcheurs à augmenter leurs prises, en leur faisant des avances pour l\u2019achat de moteurs, de filets et d'autres agrès.Ils ne se bornent pas à sauvegarder les fonds qu\u2019on leur confie, mais ils ouvrent aussi des crédits aux hommes d\u2019affaires de la région.aux exploitants de scieries, aux cultivaleurs, aux personnes de toute position sociale.COMMANDITÉ PAR VOTRE Cri de nos journaux «
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