Le Quartier latin, 25 novembre 1954, jeudi 25 novembre 1954
[" La MONTRÉAL, 25 NOVEMBRE 1954 Les aventures universitaires de TI-CASSE Cher Ti-Casse, Depuis si longtemps que j allendais que lu m'anmiènes en ville visiter ton Université.Tu m'as souvent montré le portrait de la bâtisse, mars jar jamais qu le dedans, Si c'est aussi beau en dedans qu'en dehors, je vas ben tomber dans la melasse en me voyant là.Je peux pas dire comme je te trouve fin de m'amener mais je le le ferai ben \u2018sentir.Je me sus arrangé avec Phrasie, a va venir tirer les vaches vendredi pour que je puisse prendre les gros chars à 4 heures.Jai jumais mis de robe longue, j'ai peur de m'enfarger.Je pratique avec la grosse couverte de la jument.C est vrai qu'à sent pas ben bon, surtout qu elle a eu la diarée la semaine dernière (la jument}, mais ai pas peur, je suis allé voir Ti-Phonse a sa barbe shop pis y m'a pussé une grosse bouteille de parfum.Je te dis que ça sent.Pis tu vas être fier de moi, mon Ti-Casse, y vont me sentir d'un bout à l\u2019autre de la sulle.Ma tante Glaé est venue pis a va me prêter sa robe de mariée qui y a jamais servi, parce que son fiancé y a pris la frousse la veille.Toi l'es pas de même, mon Ti-Casse, pis je te dis que je vas te récompenser.Prépare-toi, pis repose-toi en allendant, \u2018 M'man voudrait que je porte des culet- tes de laine.Je vas les mettre pour y faire plaisir, mais rendue en ville je vas aller au magasin de 15 cents pour m'en ache- ler une paire en jersey rose.Te rappel- les-tu la médaille que j'avais gagnée à l'Exposition pour la plus belle poule?Ben je l'ai sortie de l'écurie.Je vas la frotter pis l'épingler sur ma robe.Je reux pas que tu dépenses trop, pis comme je sais que tu serais capable de manger tout un cochon quand l'as dansé quelques heures, je vas apporter un lunch au gala.Comme ça, ça nous coille- ta pus trop cher.À part ça, p'pa y part pour le marché de bonne heure vendredi malin, ça fait que je vas y prendre une bouteille de caribou, y s'en apercevra pas.Fâche-toi pas par exemple si je garde la bouteille pis que je te la passe rien que de lemps en temps, tu sais, tu le connais., Mon doux, Ti-Casse, que j'ai hâte.Je l'embrasse.Pis ça c'est rien qu'en aiten- dant, tu perds rien pour attendre.Ta chère \u2014 Amélie PS.Tu sais ben que je me lave tous les samedis.Mais toi, par exemple, oublie pas de te laver les pieds.Je sais que c'est pas de ta faute mais y a des fois que ça sent pas mal.En loul cas, j'apporterai la bouteille de parfum pis on saucera les chaussons dedans.Quatre anciens fêtés à l'U.de M.À l\u2019occasion.de leurs récents succès, quatre anciens de la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal seront fêtés par leurs confrères, lors d'dn diner-buffet qui aura lieu dans le hall d'honneur de l\u2019Université de Montréal le lundi 6 décembre, de 7 à 9 heures.Les dames sont invitées.; hon, Jean Martineau, promotion 1919, juge de la Cour du Banc de la Reine; l'hon.Roch Pinard, promotion \u201832, secrétaire d\u2019État; + Jules Léger, promotion \u201836, 80us-ministre guy affaires extérieures; Son Honneur le \u2018maire Jean Peau, promotion \u201841, AG rng ees LOUISE POIRIER ELUE Bien faire et laisser braire © Mie, «Mlle Quartier Latin > Photo Thiffault st Vachon Jeudi soir dernier, dans la discrétion du Salon de Sciences Sociales, l\u2019exécutif de l\u2019AGEUM, le Conseil du \u2018\u2018Quartier Latin\u2019, y compris I'aumadnier, I'administrateur et I'ex-reine Joanne Quesnel, procédaient au choix de 1a Grande Dame de I'Escholeriec: Mamz\u2019elle Quartier Latin 54-55.Quinze facultés concouraient.Quatre demoiselles d'honneur et \u2018\u2018l\u2019élue\u2019\u2019.Cinq devaient être distinguées.Aussi toutes les facultés Avaient procédé avec soin au choix de leur candidate.C'est donc une crème étudiante que le jury d\u2019un soir avait à juger.Qui étaient ces quinze facultés: HEC, Droit, Poly, Infirmières Hygiénistes, Sciences Sociales, Architecture, Chirurgie Dentaire, Techno- didates.logie, Diététique, Lettres, Pharmacie, Sciences, Pédagogie Familiale, Philo-Psycho et Médecine; le tout selon l'ordre alphabétique des can- Devant un tel festival de grâce, d'intelligence, de finesse, de culture et de féminité, des moyens sévères d'élimination s\u2019avéraient nécessaires.Malgré toutes les tortures qu\u2019avaient pu imaginer des cervelles étudiantes, les candidates se préêtaient facilement aux interrogatoires les plus insidieux et les plus inattendus.Le jury prenait des notes en s'interrogeant du regard.Les candidates saluaient en souriant et se retiraient toutes aussi sympathiques les unes que les autres.Comment apprécier en dix brèves minutes les qualités intellectuelles, sociales et morales d\u2019une candidate.Comment vérifier l\u2019étendue de sa culture, la richesse de sa conversation, sa connaissance du milieu étudiant, sa valeur représentative; le tout en dix brèves minutes.Et cela quinze fois de suite.II fallait disséquer l\u2019entrevue, interpréter le moindre détail, la moindre réaction.Car, alors que toutes méritaient notre atten- tion,et notre choix, il fallait en éliminer quatorze.Quatorze autres candidates qui nous plaisaient bien somme toute! Cependant le moment vint où il fallut voter.Dur métier que celui de juge! Quinze paires d'yeux où brillaït l'espérance attendaient avec une lueur d'inquiétude le résultat du verdict.Mais personne ne fut déçu ce soir-là.Le résultat demeurait secret.Plus tard seulement les candidates ont appris le nom de la ravissante, spirituelle, féminine, toute gale et bien estudiante Mamz'elle Quartier Latin: Louise Poirier de Pharmacie.Ainsi que ceux de ses plus proches rivales, les princesses de la | Grande Dame de I'Escholerie: Marie Lefrançois (Sciences Sociales), Lise Major (Chirurgie Dentaire), Hélène Pelletier (Lettres) et Denise Tétrault (Philo-Psycho), toutes demoiselles d'honneur.Tout le monde voudra connaître Louise.Les honneurs ne lui ont rien enlevé de sa grande simplicité, de son naturel et de sa déconcertante spontanéité.Ce n\u2019est pas en quelques lignes que je puis vous communiquer tout ce que j'ai appris en quelques minutes de conversation.Notre reine n\u2019est montréalaise que depuis peu.Elle se souvient d'avoir été Sorelloise et mascou- taine.Cette trace de cosmopolis- tisme ne la rend d\u2019ailleurs que plus montréalaise.Qu'est-ce qui a pu attirer en Pharmacie la petite bachelière de St-Hyacinthe?C\u2019était une question que le jury s\u2019était demandé avant moi, et sur lequel certains anti-féministes réclamèrent des explications.\u2018\u201cChacun a ses goûts, nous répondit-elle.Les sciences m'attiraient en général et la Phar- macic en particulier\u201d.Elle ambitionne ultérieurement se faire une carrière bien à elle.Dans la recherche peut-être.Ce qui ne l\u2019empêchera pas, nous assure-t-elle avec une grâce toute féminine, de se préparer aussi à sa carrière d\u2019épouse.Une question compromettante: \u2018\u201cQue penses-tu des universitaires?\u2019 \u2014 La réponse vient suivie de commentaires: \u2018\u2018Quand on les connaît, on les aime.Malheureusement au début, l\u2019université, c\u2019est comme un autobus.Personne ne connait son voisin.Chacun pile sur les pieds de l\u2019autre et ne semble nullement intéressé à le connaître.Heureusement le temps permet de percer cet isolement .\u2019\u2019 (Morale: faites-vous connaître!) Ses goûts, artistiques et esthétiques, comme l\u2019entrevue nous l'avait fait entrevoir sont bien développés.Elle est demeurée peintre amateur après plusieurs années d'étude en ce domaine.Ses goûts la portent vers les modernes.Pas trop cubistes cependant.En matière de Picasso, elle préfère celui des premières périodes.Après la peinture, la musique et aussi le ballet qu\u2019elle a étudié avec Mme Huguette Champagne- Marion.Elle en a gardé une certaine attirance pour la musique de ballet, mais elle aime aussi la musique en général où ses auteurs préférés sont Tchaïkovsky, Rims- ky-Korsakov et Bach.Histoire de vérifier son goût nous lui avons demandé ce qu\u2019elle pen- sait de l\u2019urne qui depuis peu \u2018\u2018orne\u201d le corridor D' au 3e étage.Malheureusement \u2018\u2018quelque chose qui n\u2019est pas beau ne la frappe pas\u201d\u2019, de sorte que nous n'avons pu obtenir son opinion sur la dite urne.Parlant littérature, le dernier auteur qui l\u2019ait frappée est Gilbert Cesbron.Et lorsqu'elle veut se reposer, elle lit un peu de Simenon.Mais comme détente, elle nous avoue préférer la natation ou l\u2019équitation.Ce doit être une bien jolie écuyère! Nul doute que cette année encore Mamz\u2019elle Quartier Latin saura bien nous représenter.Son ambition est d'ailleurs d\u2019apporter en plus quelque chose aux étudiants, d'introduire dans nos activités une note de sympathie et d\u2019amitié.Nous aimerions même ajouter, une note de joie et de beauté.La bonne volonté et la personnalité nécessaires, Louise nous les apporte sûrement.Il nous reste à faire notre part pour qu\u2019elle soit une poutchinette heureuse ré- fnant sur des carabins réjouis.Yves Guérard Le C.E.0.C.à l'Université, dimanche Le contingent de l\u2019Université de Montréal du Corps école des officiers canadiens (C.E.O.C.) rappellera, dimanche (21 novembre) à l\u2019Université, le souvenir des anciens du C.E.O.C.morts dans les deux guerres mondiales.Sous le commandement du Lt.Col.Jean Noël, E.D., les cadets du détachement de Montréal et leurs officiers assisteront en uniforme à une messe qui sera célébrée spécialement pour eux et leurs amis,-par leur aumônier, le R.P.André- Marie Guillemette, O.P., à 10 h.30.Immédiatement après la cérémonie, le contingent défilera devant le recteur de l\u2019Université, Mgr Olivier Maurault, et le commandant déposera une couronne au pied de la plaque commémorative érigée dans la cour d\u2019honneur.On se souvient que la duchesse de Kent avait dévoilé cette plaque lors de son passage à l\u2019Université, en septembre dernier.Les autorités de l\u2019Université et le commandant du C.E.O.C.invitent tous les anciens qui ont fait partie des forces armées et les parents des disparus à assister à cette brève cérémonie.VARSITY WEEK-END OÙ?.TORONTO QUAND?.2, 3, 4, 5 décembre COMBIEN?$12.90 en tout.POUR QUI?TOUS LES ÉTUDIANTS et ÉTUDIANTES On s'inscrit au Secrétariat de l\u2019'AGEUM, D'223 ou auprès de CLAUDE DUPRAS PAGE DEUX rer ee + cata dette dt ta cas N08 INDIRETONS EZ Eh bien oui, le secret de quelques- uns est devenu celui de tout le monde.Notre Grande Dame a reçu son premier hommage, c\u2019est au Gala demain soir que tu la verras si tu y viens.Tu y seras n'est-ce pas?Pas de petite amie?Voyons, regarde autour de toi, il y a des robes qui t\u2019attendront jusqu\u2019à demain soir.Un petit effort.Tu ne regretteras pas ta soirée.Il y a des annonces dans \u201cLe Quartier Latin\u2019.C'est une découverte que plusieurs ont fait lors du dernier numéro.Que répondre d'autre que des arguments de dure nécessité financière.Le pauvre S15 est écartelé de toutes parts, il lui faut le soutien de quelques annonces pour t'apporter quelque 25 fois au cours de l\u2019année, des annonces entrecoupées de textes.Il n\u2019y a pas à dire, la réforme s'impose.Une discussion semble s\u2019amorcer cette année encore sur les mérites du club de hockey interuniversi- taire.Le problème en est un de prestige mais aussi de finance.En réalité tout revient à un problème d'assistance aux joutes.S\u2019il n\u2019y a personne aux parties le déficit est plus grand, le prestige plus coûteux et l'on dépense les $15 de gars qui ne semblent manifester aucun intérêt à l'affaire.Une question de justice entre alors en jeu.Ainsi l'assistance aux parties jouera dans la discussion le rôle d\u2019un referendum.C'est a Verdun qu\u2019il faut enregistrer ton vote, et le scrutin s'ouvre samedi prochain.Comme aux élections: Votez souvent! Lorsqu'il désire LOUER un HABIT de CÉRÉMONIE à un prix économique LE CARABIN, soucieux d'être un homme bien mis, s'adresse à 9 ouest, tue Notre-Dame Tél.AV.8-2776 M.A.BRODEUR ENRG.TAILLEUR \u2014 MERCERIE Bernard Brodeur Psul Brodeur, Po.'24 La seule maison canadienne-française de ce genre.} props.Établie en 1890 Au magasin de l'AGEUM lundi dernier, le spectacle était de toute beauté, Des carabins et encore des carabins découvraient l'utilité d\u2019un tel magasin à l'occasion d'une neige surprise.M.Beaudin, la figure toute réjouié, déballait chaloupes, pardessus et caoutchoucs.Ce fut paraît-il un record.Espérons que tes pieds t'amèneront toi aussi à ton magasin.Il ne te reste plus que 29 jours pour y faire tes achats de Noël.Le hall d'honneur resplendit cette semaine d'une exposition assez originale dont il faut féliciter la Société Artistique et le directeur des expositions, Pierre Major, d\u2019Architecture.Il est vraiment amusant de voir ainsi, mis sur toile, des traits bien caractéristiques de l\u2019enfance.Et aussi d'admirer certaines précocités.On remarquait la semaine dernière un \u201cméchant\u2019\u2019 bull-dozer qui s'amusait à couper des \u2018\u201cbons' arbres sur le terrain de l\u2019Université, derrière l'aile D\u2019.D'après certaines rumeurs il s'agirait d'un précurseur de l\u2019armée des ingénieurs.Le centre social devait, par voie de concurrence accrue, faire baisser le prix des chambres dans les environs de la Montagne.Mais si avant que le Centre Social ne soit terminé, Poly nous amène quelques centaines de chambreurs supplémentaires, qu'arrivera-t-il ?Et n'oublie pas samedi prochain, pour te reposer du Gala, viens revoir Mamz'elle Quartier Latin qui en compagnie du recteur mettra la rondelle au jeu, à Verdun.Yves Guérard POUR RÉCEPTIONS, DANSES et RÉUNIONS de tous genres Vous aimerez l\u2019atmosphère du SALON CHANTILLY 3456, rue St-Denis Air climatisé « Musak Service par Du Bois, traiteurs-experts PL.3434 N.Chevalier, H .E.C.\u201948 CENTRE OP PUBLICATIONS INTERNATIONALES SERVICE GÉNÉRAL D'ABONNEMENT PERIODICA $112 Ave.Papineau, MONTREAL-34, Canade Demandez nes listes et cstalogues, Écrivez-nous eu eppolez QI.3361 |: ee GARETTE A AN LE QUARTIER LATIN LES DEMOISELLES D'HONNEUR Photographiées pendant leur examen pour le concours \u201cMlle Quartier Latin\u201d: de gauche a droite, Hele Pelletier, de Lettres; Marie Lefrançois, de Sciences Sociales; Lise Major, d'Art Dentaire; et Denise Tétreault, ; de Philo-Psycho.(Photos Thiffault), Jacques Hébert, homme d'action Je n'ai jamais eu la chance de rencontrer Ernest Hemingway et pourtant je n\u2019ai pu, ces jours-ci, m'empêcher de faire le rapprochement entre cet homme de légende et Jacques Hébert, homme d'action.Je dis tout de suite que les moeurs un peu .disons brutales, primitives, dont on accuse Hemingway ne semblent avoir aucun pareil chez Jacques Hébert.Heureusement! Dans son petit bureau de la rue Notre-Dame où j'ai rencontré l\u2019ancien directeur du Quartier Latin et le directeur-fondateur de Vrai, celui-ci nous est plutôt apparu comme un intellectuel, fiévreux mais très peu distant, pressé mais quand même très affable.Et assez intéressé pour devenir loquace et familier en peu de temps.La preuve: je n\u2019ai posé que trois questions à M.Hébert et le dix minutes d'avance accordé s\u2019est étiré jusqu\u2019à la demi-heure.Parait-il que lorsque Jacques Hébert prit la direction du Quartier Latin (année 1945-1946), celui-ci se mourait majestueusement dans la pompe et l\u2019impopularité des grandes thèses scolaires et livresques.Il fallait donc, populariser le journal des étudiants, pour que ceux-ci s\u2019y intéressent véritablement.C'est le but que je visais lorsque je décidai de publier non plus un hebdomadaire, mais un bihebdomadaire.Nous avons tenu toute l\u2019année.Six pages, grand format.Et je puis assurer qu\u2019enfin le Quartier Latin était lu.Car à quoi bon publier un journal, s\u2019il n\u2019a pas de lecteurs?C'est comme pour Vrai, vois-tu .(Jacques Hébert est parti du Q.L.et arrive à ce qui, avec raison, l\u2019intéresse immédiatement.Eh bien, tant mieux, puisque c\u2019est à cela que je voulais en venir!) Vrai, comti£nue mon interlocuteur, vise d\u2019abord à attirer le plus de lecteurs possible, non simplement une certaine classe, comme le font, volontairement ou non, les quelques autres (rares!) hebdomadaires que nous avons à Montréal.Je parle ici, évidemment, des journaux intelligents.Et pour atteindre ce but, nous n\u2019avons fait que suivre le gros bon sens en adoptant une formule populaire.C'\u2019est-à- dire: agencement typographique attirant (couleurs, caractères), illustrations abondantes, articles nombreux et très courts, écrits de la façon la plus piquante possible.Tout cela dans une atmosphère d'honnêteté véritable, de liberté pleine, de franchise, de courage même.Va sans dire que Vrai veut réagir contre le jaunisme des journaux du crime, microbes de l\u2019intelligence et de la volonté.Mes collaborateurs?Evidem- ment, le journal étant encore tout jeune, l'équipe est plutôt restreinte.Mais déjà quelques grands noms commencent à s'intéresser à nous.D'ailleurs, la diffusion du journal |se poursuit à un rythme accéléré.Une petite preuve: sans aucune sollicitation directe, 150 abonnements dans la même journée! Quant à l'annonce, de plus en plus elle clarifie la situation financière du journal, forcément serrée .En partant, Jacques Hébert me laisse rêver (il y a matière) sur cette déclaration, qui s'adresse à tous les étudiants carabins: \u2018\u2018Au fond, je ne me sens pas tellement différent de ce que j'étais à l\u2019Université, du temps du Quartier Latin, de la Revue Bleu et Or .\"\u201d André Ouellet L'ouverture officielle de la saison CHASSE ET PECHE à l'université a eu lieu celte année le 14 septembre.L'on sait de quelle popularité jouissent ces deux sports que l'on pratique conjointement, la pêche se faisant \u201cà la carabine\".Il semble que leur vogue ne soit pas près de disparaître; on a en effet signalé une recrudescence du nombre des amatrices.Les premiers jours qui ont suivi l'ouverture ont été marqués d'une aclivité fiévreuse spécialement au secrétariat où les intéressées pouvaient se procurer des permis à des prix échelonnés de $250 à 3400 selon que les sites choisis étaient plus ou moins abondants en poissons et gibier.Les plus ardentes se mirent tout de suite au travail, les unes se lançant solitaires dans les coins les moins fréquentés par les sportives, les autres formant bloc pour mieux attaquer; mais la plupart, en femmes averties, se rendirent au préalable \u2018chez Valère\", le centre sportif, où certaines essayèrent leur ligne, tandis que les autres sous prétexte de tester leur carabine, firent feu de toutes leurs pièces.Puis commença le travail sérieux.S'il faut en croire certains rapports parvenus au Comilé Central des Amatrices de Chasse et Pêche, il paraît que quelques- unes ont déjà visé juste et songent à se retirer pour mettre leur gibier en sécurité et le soustraire aux attaques de leurs rivales.Parmi les plus agressives, on signale les infirmières-hygiénistes, qui pêchent avec une ardeur remarquable et ne regardent pas à l'hameçon.Mais jusqu'ici, le trophée revient, grâce à leur beau travail d'équipe, aux diététisies et aux techniciennes.Même si elles gardent le secret le plus absolu sur leurs méthodes, l'on soupçonne les premières d'utiliser un des trucs de leur mélier pour cuisiner leurs victimes; quant aux secondes .c'est en techniquant qu'on devient tech- cien .De plus loquaces ont bien voulu nous fournir quelques renseignements sur les conditions de chasse et pêche à l'heure actuelle el donner quelques conseils aux sportives en herbe, qui n'auraient pas encore conçu de plan d'attaque, Selon ces informalrices, le milieu universitaire serail particulièrement riche en requins.En général il est déconseillé d'essayer sur eux sa ligne car ils ont vite fait de l'entortiller.Une autre catégorie dont il faut se méfier, sont ceux qui veulent se faire passer pour des requins.Mesdemoiselles, ne vous y laissez pas prendre, vous ne retireriez de votre pêche que des \u2018\u201c\u201cmennés\u201d\u2019.Celles qui aiment le sport facile seraient tout à fait inspirées de tendre leurs filets dans des spots fourmillants comme les H' quelque chose, où des sardines particulièrement faibles devant les appâts, s'entassent journellement.Mais, tl faut s\u2019y rési- Nr\u201d CHASSE ET PECHE gner, ja majorite de nos poissons sont , Quant aux Jferventes de la chasse, elles n'ont qu'à jeler un peu de poudre aux yeux pour revenir avec du bon butin, Les ours sont facilement apprivoisables les renards sont pas trop trop malins, pour ce qui est des loups, il y a belle lurette que les Petits Chaperons Rouges leur ont mis la main au collet.D'autre part, pour les friandes d'exotisme, notre 200 regorge de chameaux.Cependant, on recommande la prudence vis-à-vis les oiseaux; il y a en effet quantité de vieux hiboux à qui élant donné leur statut spécial, il n'est pas recommandable de s'attaquer.Cas tout à fait exceptionnel, nous avons aussi une grande réserve d'animaux domestiques, du coq au serin sans oublier le porc (le plus frais qui soit, nous le garantissons).En terminant, le Comité Central des Amatrices de Chasse et Pêche (officiellement rattaché à la Société Féminine) désire rappeler à ses membres les règlements imposés par l'Association pour la Protection des Poissons et du Gibier Universitaires.1.Pas plus d\u2019un poisson par ligne, 2.Défense d'employer des armes trop violentes, pour ne pas défigurer le gibier.La flèche en plein coeur est recommandée à cause de son traditionnalisme.3.Pas plus de cinq tentatives sur le même spécimen.4.Il est interdit de \u201cplumer* la proie (question d'esthétique).5.Défense de chasser deux lièvres à la fois.6.La chasse aux papillons est stricle- ment prohibée.BONNE SAISON! .DIANE LA PECHERESSE ° ECONOMIE PRATIQU à \u201cMA BANQUE\u201d, où les comptes des étudiants sont bien reçus.Vous pouvez ouvrir un compte avec un dépôt d'un dollar seule- e gb, Ie Lid Bei 25 NOVEMBRE 1956 LE QUARTIER LATIN PAGE TROIS STRUCTURE DE I LA > - A.G.E.UM.SERA REFORMEE - s .40 hres: le prési- explique la situation : .a pee fond du sacl.\"Ch apporte EP [HET seen Bus état Pa .- * if ort ritiquera ce retard: l'exécutif s rune réunion et nous apprend que des décisions importantes ont retardé la grande réunion.L'assemblée est ouverte.| haite la bienvenue au nouve on tur de Médecine Vétérinaire, André Grenon.Le président reprenant la parole, met en garde les délégués contre l'apathie courante des étudiants à ce stage-ci de l'année; il leur rappelle donc le Gala de Vendredi où sera présentée Miss Quartier Latin et demande la publicité nécessaire autour de la partie de hockey de samedi à Verdun, Guy da Silva, le grand Saigneur de 1954, reçoit de toute la ente fonctionnariste présente, des élicitations bien méritées.On annonce ensuite officiellement et définitivement le Varsity Week-end pour les 2, 3, 4 ct 5 décembre.Après ces quelques hors- d'œuvre, on attaque le gros plat de la réunion: le projet de Réforme de l'A.G.E.U.M.Pour bien situer le problème, on distribue aux délégués une copie du mémoire devant être présenté aux autorités de l'Université, mémoire qui doit faire face à des problèmes d'ordre juridique, administratif et financier.C'est pourquoi la composition d'une commission de 9 membres a été décidée en vue de résoudre les problèmes.La composition de cette commission est tripartite: 3 étudiants, 3 personnes attachées à l'Université et 3 personnes de l'extérieur.ment à la nomination des trois commissaires étudiants.Notre président Claude Tellier et Jean Allaire, président de la Société Athlétique, furent élus à l'unanimité.Le choix du troisième fut plus contesté: notre administrateur faisait osciller la balance du côté de Robert Sauvé, un autre préférait Gilbert et un troisième Robert Ouimet de H.E.C.Le vote secret décida: Robert Ouimet fut élu avec grande majorité.Le choix et les noms des autres membres de la commission seront connus plus tard.Le but premier de cette commission sera de formuler des recommandations, recommandations qui devront être approuvées par les conseils et par les gouverneurs.cet effet leur travail de réforme sera d'ordre technique, administratif et financier.Répartir les tâches de façon plus adéquate, ods ut cuppa, fraiche I 1227 CARR GEA) on PEIN NE fd 2 AV ar) TVR RTYT A A e @ po.2804 TUXEDO JAQUETTE MI-JAQUETTE HABIT DE GALA BLAZERS GILETS BLANC HABITS BLEU MARINE HABITS GRIS OXFORD ACCESSOIRES TAUX SPECIAUX POUR ÉTUDIANTS Dernières créations Ajustements personnels SLE.V 1208 On passa immédiate- A laisser la partie technique aux mains des spécialistes, voilà quelques objectifs de ce projet de réforme.Après ces explications du président Tellier il fut recommandé qu'un calendrier des examens fut mis à la disposition de l'association afin de connaître la disponibilité des étudiants.insl_se termina cette réunion peu essoufflante mais qui laisse entrevoir une ère prochaine de prospérité agéu- mique.Bernard Crevier Saint-Vincent-de-Paul TRICOTONS Nous invitons tous les messieurs (?) et demoiselles qui auraient le talent de manier les broches à offrir leurs services à des travaux dont les produits seront distribués aux pauvres lors de la Noël.Claude Gareau, AM.6396 Tu as jusqu'à samedi matin, pour échanger tes billets de \u2018SPORT SAMPLER\" contre des billets de hockey au secrétariat de 'AGEUM Le taux sera de $0.25 pour les billets de $1 et de $0.50 pour ceux de $1.25 Un seul billet est échangeable a la fois.Récemmentt on inaugurait à l'école Polytechnique de Montréal, la première d\u2019une série de conférences données par des ingénieurs professionnels dans le but d\u2019initier l\u2019étudiant en génie au travail qui l\u2019attend dans l\u2019industrie.Les conférenciers étaient MM.Cyr et Selby à l\u2019emploi de la compagnie C.N.R.M.Bruno Gauthier, étudiant à Polytechnique ct instigateur de ces conférences, présenta en premier M.Selby du département des ponts et structures.Le sujet traité par cet ingénieur civil porta sur la construction d\u2019une grue de 30 tonnes pour le déchargement des navires.M.Selby expliqua les diverses étapes à examiner dans un tel projet: sa nécessité pratique, le choix de l'emplacement favorable À la pose des fondations, envisagé au point de vue technique et économique, la préparation de dessins \u2014 \u201cCabo\u201d csf uno marque déposée Voici, en primeur, quelques-unes des bonnes colles qui ont vu ou revu le jour, lors de l'interview es candidates au titre de Miss Quartier Latin (lesquelles incidemment étaient formidables, splendides, souriantes) : \u2014 Un hommie condamné à la guillotine est-il coupable ?\u2014 Que faisait Mathusalem, au aradis ?(En passant, ne pas confondre cette question avec une question angélique).\u2014 Quel est le nom de la femme de M.Duplessis ?\u2014 Mgr Maurault a-t-il des chances de devenir pape ?\u2014 Est-ce vrai que M.Pearson, ministre canadien des affaires extérieures, veut se faire appeler Pearson-Canada ?Vous avec vu, déjà, le Cid de Molière ?une étudiante en Technologie médicale: Comment croyez-vous vous préparer à votre rôle d'épouse, en maniant des éprouvettes et des pi ttes ?\u2014 \u2018Placez-vous la ville de Pise, dans le nord ou dans le sud de la France ?\u2014 Parlez-nous de l'influence du marchand de Venise dans les problèmes de l\u2019économie d'après-guerre .\u2014 Parlez-nous de l'incidence du problème des lolly-pops, en Indochine .\u2014 Mer Greg est-il un évêque chinois ou allemand ?Certaines rumeurs qui courent actuellement sont totalement fausses: le \u201cQuartier Latin\u2019 ne publiera pas de numéro spécial sur le Sport à l'Université avec, en première page, les photos du Club de hockey et, comme le veulent des méchants, le reste du numéro en pages blanches.Vu sur la porte de chambre d'une étudiante en Sciences Sociales: \u201cSi je suis en train d'étudier, lorsque vous entrerez, réveillez-moi.\u201d\" * Contrairement aux années passées, le Varsity Week-End aura lieu à Toronto, cette année; les 2, 3, 4, décembre.Pourquoi a-t-on choisi Toronto, cette année ?Je l'ignore .+ + + \u2014 Vous n'avez sûrement pas cherché les Fesses nu-tête plus que moi, la semaine dernière.* Le mot de la fin: * Dieu a fait la terre ct s'est reposé.Dieu a fait l'homme et s'est reposé.Dieu a fait la femme; Depuis ce temps, personne ne s'est reposé.préliminaires et une étude du coût de la construction, la détermination des charges vives et des charges mortes basée sur un jugement d'ingénieurs, le rendement désiré et de là, l\u2019étude des membrures à utiliser.M.Selby souligne la nécessité pour un ingénieur civil d'avoir des connaissances suffisantes pour le choix des mécanismes et l'étude de l'installation électrique du projet avant d\u2019avoir recours aux services d'ingénieurs en mécanique ou électrique.Le 2e conférencier, M.Cyr, ingénieur en mécanique du département des développements et recherches du C.N.R.présenta une étude des essais sur les extrémités des wagons de fret.M.Cyr examina surtout le côté économique du projet, son importance pratique ayant été créée par un problème Le chef des nouvelles CONFERENCES A POLYTECHNIQUE de prix de revient i.e.les prix des tôles ondulées soumis par deux vendeurs venaient en concurrence.M.Cyr procéda à une étude préliminaire des essais à faire et alors avec l\u2019approbation des directeurs du C.N.R.il s\u2019attacha des techniciens et ingénieurs pour procéder aux essais sur les deux produits.La solution proposée par M.Cyr sur le choix du matériau à utiliser fit faire une économie d\u2019environ $100,000 par an à la compagnie C.N.R.Le tout se résuma en un rapport technique peu important, si ce n\u2019est pour la vérification des études de Timoshenko sur la texture du \u2018\u2018mill scale\u201d et en un rapport économique susceptible d\u2019intéresser les directeurs du C.N.R.Les conférenciers furent remerciés par M.Paul T.Beauchemin, président des étudiants de Polytechnique.Hervé Boucher RE ~ (A re Cr La vie au Campus demande du Coke Peu importe si l\u2019exhibition finit mal; rien ne vaut une partie de patinage par un soir d\u2019hiver.Assurez-vous qu\u2019il y a du Coke « « » pour vous rafraîchir.© Tages Fediredes COCA-COLA LTÉE PAGE QUATRE LE QUARTIER LATIN 25 NOVEMBRE vu AVEC COLETTE ET MATISSE L\u2019Histoire tourne une autre page AVANT-PROPOS COLETTE AU PALAIS ROYAL Depuis plusieurs heures déjà, la nuit est tombée sur Paris.La rue de Mont- pensier, assombrie, forme le dos gris du miroir en arrière de l'une des ailes du Palais-Royal qu'elle contourne marquant de ses pierres lourdes de pas l'orée du \u201cvillage\u201d où Colette sur son \u201cdivan-radeau\u201d\" repose: \u2018En attendant que je ne bouge plus, je ne bouge guère.Je ne bouge guère.Je me berce sur mon ancre.\u201d Au ciel, glissée entre les hauts murs, une seule étoile, \u201cI'Etoile Vesper\u201d; elle guide un passant, passant qui rêve sous les feux distants des réverbères et qui vient prendre sa part de nuit le plus près possible de celle qui repose devant son \u201cbouquet de stylos\u201d.Autour, \u2018un pendatif d\u2019aigue- marine erre sans surveillance va répandre son eau d'un bleu magique, mais on l'a endiguée d\u2019un lacis très fin, en diamants tout petits, et enchaînée d\u2019or.Ainsi, elle attendra, pendante, l'ombre favorable, le sillon creusé entre deux seins .Et la tourmaline en forme de coeur, où est-elle?\u201d De la cheminée, un grand feu brûle dans la chambre rouge\u2019 et blanche qui a \u2018\u2018adopté \u201cses couleurs\u201d et rend vivants pour elle des papillons qui ne sont Jamais morts.Que fait-elle, ce soir, à la lueur de son \u201cfanal bleu\u2019 ?N'est-il pas encore allumé?Il est trop tard ou peut-être trop tôt, ou peut-être ne s'éteint-il ou ne s'éteindra-t-il jamais?Contemple-t- elle un ouvrage de passementerie, tâte- t-elle des fruits de Provence apportés en cadeau par ses amis, ou encore un fruit de sa Normandie natale, ou tout simplement accorde-t-elle à son oeil le parfum visuel d\u2019une \u2018\u2018rose en forme de puits d'amour\u201d ou de quelque \u2018\u201c\u201cmyosotis quadrangulaire\u201d qu\u2019elle soutient d'une lourde main de pantomime vieillement légère, couverte de rousse- lures, souvenirs de ses soleils du Midi, ou peut-être tout simplement écrit-elle continuant à \u2018\u201cnoircir une quarantaine de volumes\" ?Mais notre rêveur se dit que sûrement cette nuit existe pour elle dans un décor par elle \u201cagencé en l'honneur des minutes et des heures\", que cette nuit existe pour elle toute fabriguée d'insomnies, de parfums, de travail et de rêve ou d\u2019une simple nuit contemplée, enregistrée par tous ses sens ct par elle à jamais acquise dans son coeur de femme, son coeur \u201cà ras de terre\u201d, charnellement, paisiblement ou avec mouvement heureux.Sous elle et autour d'elle, le Palais- Royal s'étend avec ses jardins, cette nuit comme tant de nuits \u201cà raison d'une lanterne par pilier\u2019, il la supporte et la guide, ?la console de \u201ccette douleur torse, en grosse vis de pressoir\u2019 qui s\u2019acharne 3 la rendre immobile.Mais comment \u2018\u2018cette douleur\u201d la rendrait-elle immobile, la cause de sa mobilité étant tellement hors d\u2019atteinte puisqu'elle résulte d'une possession de la réalité fortement censurée par ses sens qu'active son intérieur de femme, de femme qui touche, qui respire, qui gofite, qui voit, qui pleure, qui sourit, car le rire ne lui était peut- être pas assez doux, son intérieur de femme qui aime et de femme aimée.son intérieur débordant d'intensité qu\u2019elle nous livre spontanément, car il n'en pourrait pour elle être autrement: \u2018\u2018\u201cChoisir, noter ce qui fût marquant, garder l'insolite, éliminer le banal, ce n\u2019est pas mon affaire, puisque, la plupart du temps, c\u2019est l\u2019ordinaire qui me pique et me vivifie.\u201d Mais les heures passent.Déjà, la nuit prépare l'aurore d\u2019un nouveau de ses derniers jours, \u2018\u2018Est-ce que tout n'est pas le soir ou vesper pour moi?Jours non pas avares mais rapides.\u201d L'homme s\u2019en va.Lentement il quitte la rue tandis que \u2018des extraits l\u2019assiègent : \u201cSous mon fanal bleu mon amarre est de plus en plus courte, mon tourment physique de plus en plus fidèle,\" \u201cO découvertes, et toujours décou- vertes! Il n\u2019y a qu'à attendre pour que - Le Secrétariat de la province a donné, depuis quelques années, une impulsion considérable à l'éducation, en général, et sa sollicitude s\u2019est étendue particulièrement à l'éducation populaire, sous forme d'encouragements aux écoles de Beaux-Arts.L'Ecole des Beaux-Arts de Montréal a tout spécialement bénéficié de cette généreuse attention.L'école est une institution du ouvernement de la province de uébec, dont la protection, s'étendant généreusement à l'enseignement des Beaux-Arts, permet une modicité des droits de scolarité qui met l'éducation artistique à la portée de tous.Une telle générosité libère la direction de toute préoccupation budgétaire et la délivre de la nécessité d'évaluer la fréquentation d'élèves médiocres au prorata du revenu qu\u2019ils représentent.Cette précieuse liberté permet l'examen objectif de la grave uestion de l'avenir d'un étu- jant, question que l'Ecole ne traite pas à la légère.Elle met tout en œuvre pour garantir l'avenir de ses élèves et leur faciliter l'exercice de la profession qu\u2019ils ont choisie.Elle est pleinement consciente des responsabilités qu'elle assume en admettant un étudiant au cours supérieur.L'ENSEIGNEMENT L'Ecole donne l'enseignement des arts du dessin, de la peinture, Jean Bruchési, Sous-Secrétaire.Le Secrétariat de la Province de Québec et l'École des Beaux-Arts de Montréal de la décoration, de la sculpture et de l'architecture.(Un prospectus spécial renseigne sur cette dernière section.) Aux premières randes divisions s'ajoutent la resque, la gravure sur bois et à l\u2019eau-forte, l'illustration, l'art publicitaire et le cours de professorat de dessin.La section de sculpture comprend la sculpture sur pierre, la sculpture sur bois et le modelage.ADMISSION L'Ecole est ouverte aux aspirants (hommes ou femmes) de la province de Québec, des autres rovinces canadiennes, et de étranger, aux conditions suivantes: 1° Avoir 17 ans révolus et moins de 30 ans le jour de la première épreuve du concours; : 2° se faire inscrire au Secrétariat; 3° participer au concours d\u2019admission et obtenir la moyenne générale minimum fixée par la direction.La Direction tient compte, à l\u2019admission, du degré d'instruction du candidat; elle contrôle à la fin de chaque année scolaire, et particulièrement à l'entrée du cours régulier et des cours spécialisés, les progrès accomplis dans le domaine culturel.Elle exige que ces progrès soient constants et satisfaisants.Omer Côté, C.R., Secrétaire de la province \u201cCette pcienne, cette charnelle, nous mène irrésistiblement à Dieu.\" François Mauriac tout s'éclaire.Au lieu d'aborder des iles, je vogue donc vers ce large où ne parvient que le bruit solitaire du coeur, pareil à celui du ressac?Rien ne dépérit, c\u2019est moi qui m'éloigne, rassurons- nous.Le large, mais non le désert.Découvrir qu'il n\u2019y a pas de désert: c'est assez pour que je triomphe de ce qui m'assiège.\u201d Se doutait-il qu'il ait été l'un des derniers témoins qui comme lui souvent sûrement veillèrent auprès de Colette au Palais-Royal, car quelques semaines plus tard, le 3 août, elle ne serait plus au Palais-Royal, mais toutefois combien toujours vivante.Normand Champoux Nous sommes peut-être encore trop jeunes pour témoigner de leur grandeur, et rien ne pourrait être ajouté à leur gloire, ni aux hommages multiples qui leur ont été rendus.Mais il nous reste encore le privilège, \u2014 le devoir \u2014 des disciples pour leurs maîtres, celui d\u2019attester notre reconnaissance, notre attachement, notre amour.Ce que nous éprouvons en face de leur mort ne peut être du même ordre que nos aînés.Ils faisaient partie de ces astres fixes et immuables d\u2019un siècle que notre adolescence croyait ne jamais voir finir.Ils ont été à lorigine de nos premiers éveils, alors que nous n\u2019avions plus à nous demander s\u2019ils étaient des maîtres.Ces deux noms, parmi quelques autres d\u2019ailleurs, représentaient comme un idéal, un gage de foi en la vie, un appel au dépassement de soi, \u2014 même si nous ne les comprenions et les connaissions que de loin.Aussi bien leur départ ne fait-il pas que nous attrister, il nous atteint dans notre sécurité, il marque heure de nos premiers renoncements, de nos premières désillusions, de notre première gravité.Car, avec Colette et Matisse, n\u2019est-ce pas une image familière du monde qui s\u2019en va?Toute une époque dont ils ont été les symboles et les guides?Avec eux, un grand souffle peu à peu qui s\u2019éteint.Et en face, un inconnu, encore froid, qu\u2019à notre tour nous devons créer, tailler à notre mesure.De Colette, nous retiendrons qu\u2019au milieu d\u2019une littérature si riche en \u2018\u201cmaitres\u2019 et en engagements de toutes sortes, elle tient plutôt le rôle d\u2019éducatrice.Femme intégralement, elle n'a jamai voulu prêcher, ni se mettre et suite d\u2019un dogme.Mais qu = leçon de son œuvre est profor ¢ la durable! N de et urable\u2019 Nous y avons appris à aimer, d\u2019un amour fraternel monde au travers duquet roux passons comme des brutes, Moins qu\u2019un chant, cette œuvre se présente comme un effort de sym o thie, d\u2019intelligence, d'attention © j'allais dire de maternité \u2014 d Pégard de cet univers qui nou semble, à nous, masse incohérente, inerte.Colette nous a révélé | personnalité des choses, et nous a introduits au sein de leur existence nombreuse et infinie, qui n\u2019attend que notre amitié Pour paraître.\u201c\u201cIl n\u2019est pas en amour de petit objet\u201d dira-t-elle.Ce témoignage, ceile préoccupation tellement peu en accord avec notre époque, elle @ pour nous raleur d\u2019éternité: c\u2019est-à-dire qu'elle appartient à tous les temps, jusqu\u2019à la fin, comme une donnée essentielle de l\u2019humanisme.Comment ne pas voir beaucoup de parenté entre Colette et Matisse alors que celui-ci avait fait de la sincérité la règle principale de son esthétique?Cette sincérité qui devait d\u2019ailleurs, après toute une vie de non-conformisme.le conduire à Dieu dans une œuvre qu\u2019il considère comme la synthèse de ses recherches.Aucun a priori, aucune tension, chez l\u2019un et l'autre la même disponibilité, la même ouverture vers la lumière.Ce qui les caractérise, c\u2019est leur foi en la vie, leur confiance, cette simplicité qui, en ce siècle à tant d\u2019égards si sombre, risque de les faire passer pour \u2018bourgeois\u2019, alors qu\u2019ils demeurent de grands classiques.Paul Painchaud COLETTE, LA FEMME ET L'ARTISTE L'aventure humaine de Colette ne peut laisser indifférent aucun esprit curieux de retracer la génèse de l'œuvre littéraire jaillie spontanément de ce monde intérieur si original et qui constitue désormais le sien propre.Il est en effet étrangement paradoxal, en ce siècle où l'on a tant parlé de message, et de message, spirituel, en ce siècle où Claudel a magistralement exprimé le mystère de la \u2018\u2018co-naissance\u2019\u2019 de l\u2019Univers par l'Artiste, que le plus grand nom de la prose française contemporaine soit celui d'une femme dont l'œuvre trahit la plus paienne des absences d'inquiétude humaine et la plus close des subjectivités.Femme étrange que la grande Colette présente au sein de nos climats spirituels tourmentés par l'infini et le divin, comme une reine paienne adorant dans la splendeur animale des corps, une Aphrodite stoïcienne oubliée dans la chute de l'humanisme antique.Et si tant de poètes ont semblé joindre leurs voix multiples pour recréer l'image immortelle de l'aspect apollonien du monde grec, Colette à elle seule, suffirait pour nous laisser entrevoir toute la violence du profond domaine d'Eros méconnu.Colette est une fille mûrie comme un fruit sauvage sous le soleil de la province française.Fille magnifique que l\u2019on imagine saine et violente au milieu d'une Nature et de Bêtes qui parlent à ce corps sensitif et curieux pour lui livrer des images authentiques qu\u2019elle reproduira avec cette scrupuleuse fidélité à la dictée de la sensation, fidélité qui caractérise à jamais l'acuité de son style.Plus vraie et plus près de la Nature que Rousseau dont elle se rapproche par plusieurs points de sa destinée, - Colette a vaincu l'échec romantique et fait profondément sien l'univers des Bêtes qui lui sert, non de cadre artificiel, mais de vivante nourriture pour sa sensibilité affinée et devenue réceptive à l'extrême.Et dans ce royaume animal, infiniment différent \\ de celui qu\u2019immortalisa le Fabuliste et où règne, éternellement présent, le voluptueux symbole du Chat, un seul être humain mystérieux et mal connu a su pénétrer: Sido, la Mère, seule figure sur laquelle, hors d'elle-même, Colette a jamais su se pencher.Malgré son mariage à l'homme et écrivain médiocre qu'était Henri Gauthier Vilar (Willy), mariage qui lui ouvre pourtant les portes de la vie parisienne et l\u2019initie aux climats littéraires de son temps, Colette demeure absente devant les grands problèmes intellectuels et moraux qui s'agitent dans son nouveau milieu.Déjà elle apparaît telle qu\u2019elle le demeurera jusqu'à la fin, cet écrivain sans métaphysique, cette femme instinctive et amorale qui côtoiera parfois la pornographie, non par une orgueilleuse et dégradante abdication devant le spirituel, mais par l'évolution toute naturelle d\u2019un être à qui il semble n'avoir jamais été donné d\u2019entrevoir un ordre de réalités supérieur aux lois biologiques \u2018de l'attrait sexuel considéré sous l'angle de la plus instinctive fatalité.Pourtant cet instinct sexuel, intimement lié à celui du Sacré dans l'univers inconscient de tout individu, édifiera chez Colette les bases d'une religion naturiste qui l'enchainera et déterminera son œuvre littéraire avec une entièreté qui ne fait de place chez elle, ni à la charité sociale même naturelle, ni au plus élémentaire sentiment maternel (là se situe l'échec de ses reportages comme chroniqueuse et infirmière de guerre en 14-18).Cette religion de Colette, c'est celle de l'amour humain, amour érotique mais impérieux qui fait de la femme cette proie infiniment traquée par le désir égoïste et brutal de l'homme, cette \u201c .femelle de volupté, craintive et tremblante de se donner trop vite .\"\" Femme écrivain, Colette accorde pourtant très peu de crédit à sa promotion intellectuelle: la seule vocation possible pour la femme qu\u2019elle est, demeure cette dou- loureuse soumission animale aux terribles exigences de l'amour tel qu'elle I'a durement vécu.C\u2019est là en effet que s'est noué pour toujours le drame humain de sa vie, cet échec conjugal auquel nous devons pourtant l'écrivain impitoyable qui naîtra des déceptions de l'épouse.Car il fait peu de doutes que, si l'époux avait su, dans le secret de l'alcôve, respecter le rituel sacré de l'amour, Colette aujourd'hui serait peut-être complètement inconnue de notre critique littéraire: ce n'est qu'après la rupture, en effet, qu'elle signera clle-même ses ouvrages.Elle serait sans cela sereinement restée le \u201cnègre\u201d soumis de Willy, écrivant sous son nom après les exquises \u201cClaudine\u201d, toute une œuvre romanesque conçue aux antipodes peut-être de celle que nous possédons maintenant.Conquise par son Maître, qui sait si elle n'aurait pas renoncé sans le moindre regret À la gloire littéraire pour goûter dans un confiant abandon la plénitude de son amour et pour contempler en elle même, l'holocauste de sa religion païenne.M nous est cependant impossible d'envisager l'œuvre de Colette sous l'angle camouflé de la compensation où de l'idéalisation.C'est au contraire une perpétuelle confidence impitoyablement réaliste et consciente, dépouillée graduellement de toute illusion, confidence nerveuse faite de chair et de sang où la femme ne cherche qu s'analyser elle-même, non tellement par un besoin narcissique de son moi, Ma avant tout par une incapacité totale d'accéder à un champ de vision st rieur.Mystère douloureux de la Grâce absente ou inféconde, Colette demeure à nos yeux cette incarnation de la soul france humaine qui n'a jamais st at teindre à d'autre sainteté qu'à la sl teté terrestre du style et de l'art, .e demeure ce paradoxe unique de l'être devenu totalement artiste sans avoit jamais été intégralement humain.Hétène Pelletier re 5 Sen anlans th Ribs wea = dC Ta x, es PEASE air Ir 26 NOVEMBRE 1954 \u2014 LE QUARTIER LATIN Pourquoi l'Eglise refusa-t-elle des obsèques à Colette?Qui ne meurt sans voir passer devant -çux, à la minute dernière, toute la eagédie \u2018de sa vie?N'est-il pas donné à tous de voir se dérouler, ne serait-ce ue durant une seconde, les synopsis de son existence terrestre?Hélas! Personne ne revient pour le dire au monde.C\u2019est ainsi que Colette ferma es yeux sans que l'Église put voir chez elle un signe de repentir, Colette baptisée catholique se voyait re user Ja sépulture ecclésiastique; son crime: un divorcé et deux marsages civils.Mors Graham Greene, néo-catholique et indigné contre une telle sanction cléricale, adressa | par la voix du \u201cFigaro Littéraire une lettre ouverte au cardinal-archevêque de Paris.Les mots de cette lettre, lourde d'accusations, reflètent un soulèvement émotif et une innocente ignorance du droit canon.Cette attaque devait provoquer un flot de lettres qui se partageaient entre l'opinion de Greene et celle du cardinal Feltin.L'argument de Greene .Eminence, nous prions toujours nos morts.Chacun à son droit insaisissable d'être suivi au cimetière par un prêtre.Droit insaisissable pour ceci qu'aucun être humain n\u2019est capable d'en juger un autre, hi de décider où commencent ses fautes et s'achèvent ses mérites\u201d.Vous avez refusé à Colette les prières publiques pour, s'être remariée deux fois: certains saints ont fait pire.Sans doute, ils se sont repentis, mais justement, cela veut dire qu'on repense sa vie.\u201cEt nul ne peut dire ce qui se passe dans les esprits entraînés à la lucidité lorsqu'ils sont confrontés au fait éminent de leur mort.\u201d Éminence 1 Église poursuit donc \u201cla faute au-dela du lit de mort\u201d; était-ce pour avertir vos ouailles sur l'importance de la règle du mariage ?Oubllez-vous le scandale possible es non-catholiques A savoir que ''l Eglise elle-même manquerait de charité Enfin, Éminence, si Colette n'eut pas été illustre, la sanction au- raît-clle été la même ?Inutile de penser ce qu'une telle lettre a pu soulever de protestations et d'opinions partagées! Écrivains, poètes ct théologiens se prononcèrent sur la question.Le \u201cFigaro'\u2019 suivant publia la réponse du sage cardinal Feltin.La réponse de Feltin L'Église, Monsieur Greene, est une société qui a ses lois; et vous ignorez celles relatives aux obstques.Celui qui est baptisé peut avoir des funérailles religieuses \u2018à condition que par son attitude, il n'ait pas renoncé à cette société .\u201d \u201cQuand il l'a quittée volontairement et librement, l'Église ne veut pas lui imposer ses rites: la loyauté s\u2019y oppose\u201d .Ceux qui ont fait pire et se sont repentis ont reçu des obsèques, et d'autres les ont reçues à notre insu, il est vrai; mais si on a refusé à Colette les prières publiques, \u2018cela n'interdit aucunement les prières pri- vécs\u201d.Et même notre charité nous engage à ces prières afin d'obtenir son pardon de Dieu, \u2018qui seul peut décider où commence la faute et s'achèvent les mérites\u201d, Voilà donc une esquisse des lettres publiques entre Graham Greene et le cardinal Feltin.Le choix de Colette Colette n'avait-elle pas librement choisi son sort?Son histoire est simple comme celle de tant d'autres.Ce grand maître de la prose, après un premier divorce contracta deux mariages civils, Catholique, son premier divorce faisait tomber sur elle l'excommunication ipso facto, la privant donc de la sépulture ecclésiastique.Eût-elle manifesté le moindre repentir officiel, (les cano- mstes sont d'accord) elle aurait eu droit aux obsèques.Et pourtant l'âge l'avait bien avertie de l'heure .Aussi, a-t-elle dit un jour: \u201cMa mort ne m'intéresse pas.\u201d Colette s'était donc retranchée elle-même de la communion des fidèles.\u201cSi Colette n'eut pas été illustre, la sanction aurait-elle été la même?\" Cri impulsif de l'enfant irréfléchi.Depuis quand, Monsieur Greene, l'Église a-t-clle deux poids et deux mesures?Jamais l'Église n'a suivi le dicton de la fable: Selon que vous serez grand ou misérable, on vous fera blanc ou noir.L'Église est donc une société qui ne refuse personne, même les ouvriers de la dernière heure; et elle à ceci de loyal que personne n\u2019y est obligée, pas même olette .Roger Gilbert Voir \u201cLe Figaro Littéraire'', 7, 14 et 21 août 1954.«LE BLÉ EN HERBE» Cette brève étude du roman de Mme Colette, dont on vient de tirer un film qui a causé bien des remous, sera au fond prétexte à des critiques qui pourraient tout aussi bien s\u2019appliquer à plusieurs autres de ses romans; car le thème des grands romans de Colette est toujours le même: l'amour, à toutes les saisons de la vie.Ce drame de l'amour commence à seize ans avec Phil et Vinca du Blé en herbe.Tous les étés, sur une plage bretonne, deux bons camarades se retrouvent: la jeune Vinca et Phil.Mais cette année-là, Vinca à quinze ans, Phil en a seize.Ils se tournent \u2018\u2018parfois plaintivement vers la porte invisible par où ils étaient sortis de leur enfance\u201d.Leur enfance les a unis, leur adolescence les sépare.La gaieté franche des dernières années est maintenant interrompue de longs et nombreux silences, leur plaisir devient gâté par l'inquiétude et le scrupule.Lui \u2018\u2018rêve de possession comme en peut rêver un adolescent timide, mais aussi comme un homme exigeant, un héritier Âprement résolu à jouir des biens que que lui destinent le temps et les lois humaines.\u201d Elle, elle est devenue \u2018\u2018une adolescente chargée, trop tôt, de l'humilité, des maladresses, de la morne obstination du véritable amour.\u201d Et le dialogue s'enga- fe entre ces deux êtres désormais soumis aux dures lois des sens et de l'amour, de l'amour précoce qui tourmente avant le temps ses victimes.Ces deux êtres sont exaspérés par l\u2019idée d'attente, de passive évolution, et pleins de mépris pour un âge où le corps et l'âme fleurissent: \u201cJe crève, entends-tu, je crève à l'idée que je n'ai que seize ans! .Pourquoi est-ce que je ne peux pas tout de suite avoir vingt ans?- Tant d\u2019années encore, Yinca, pendant lesquelles je ne serai qu\u2019à peu près homme, à peu près libre, à peu près amoureux!\u201d Voilà autant d'aveux désespérés, d'amères constatations qui hais- Sent leur jeunesse, l'avenir hors d'atteinte, la fuite impossible, la résignation inacceptable.Et Phil féncontre la \u201cDame en blanc\u201d, et en même temps l\u2019occasion de deve- fir homme \u201ctout de suite\u2019, croit- sen s'initiant ou plutôt en étant ini aux plaisirs de l'amour.tinea devine sa rivale et désespé- ree, meurtrie, voulant à tout prix prendre Phil et croyant peut-être Jue c ost là le seul moyen, elle se son ned lui.Et le roman se termine ur ces réflexions douloureuses de a d'escent, contemplant *\u2018sa pro- Pre petitesse, sa chute, sa bénin De héros, ni bourreau .sin Peu de douleur, un peu de plai- ue \u20ac ne lui aurai donné que **»quecela .*\u2019 Eh oui! c\u2019est tout ce qu\u2019il aura donné à Vinca, religion de toute son enfance, Vinca délaissée pour la dramatique ivresse d\u2019une première aventure, Vinca dont il attendait le sauvetage de leurs quinze années de vie enchantée ct pure.Et voilà la matière du Blé en herbe, On voudrait être indigné, peut-être, des ébats amoureux de ces deux jeunes, on voudrait peut- être même qualifier ce roman d'immoral?Pourtant quelque chose nous en empêche.C\u2019est que pour qualifier cette oeuvre d\u2019immorale, encore faudrait-il sentir que Colette a à son service une conscience morale, une notion intellectuelle du bien et du mal qui donne à ses récits et aux dialogues de ses personnages une intention tendancieuse.Colette, bien au contraire, est peut-être un des écrivains les moins intellectuels de la littérature d'aujourd'hui.C\u2019est avant tout, il ne faut pas l'oublier, la fille de la nature amie des bêtes et des fleurs, toute nourrie de sensations.La sensation est pour Colette le moyen presqu\u2019unique de connaissance.Ses personnages ne savent que sentir, se laisser guider par I'instinct, ils sont dominés tout comme elle par une conscience toute physique.Et malgré l\u2019humanité pauvre et démunie, l\u2019atmosphère de jouissance, que Mme Colette nous a souvent décrites, il n\u2019y a jamais l\u2019ombre d\u2019une vulgarité, jamais de description bassement immorale.Cela ne veut pas dire que ses livres doivent être laissés dans toutes les mains car même si l'oeuvre, telle que l\u2019a créée Colette, n\u2019a pas d'intention immorale, il n\u2019en res te pas moins qu\u2019en fait, ses héros et héroïnes s'abandonnent à leur instinct sans trop réfléchir aux commandements de la Morale; et ceux qui aspirent à un amour plus pur, plus grand, plus absolu, sont condamnés.Mais les lecteurs qui vont au-delà des mots matériels découvriront que l'oeuvre de Colette peut donner une grande leçon, celle du dénuement dans lequel se retrouvent fatalement ceux qui, oublieux de réalités plus nobles, sont esclaves de leurs sens; la grande leçon du désespoir auquel est voué un monde sans Dieu.Hélène Germain L'OEUVRE, L\u2019ARTISTE ET LE Le caractère d'un visage dessiné ne dépend pas de ses diverses proportions mais d'une lumière spirituelle qu\u2019il réfiète.Matisse La fumée du souvenir triste comme un jour de première neige agence un minuscule jardin, lie des bronzes, des nus, un cheval, un cerf, espace dessins, toiles, cartons et isole la maquette frêle d\u2019une chapelle blanche parmi des visiteurs lourds.C'est ainsi que je pénétrai pour la première fois l'œuvre de Matisse, peintre sensible mais aussi trop voyant.: Son œuvre semble figée dans ce courant que les critiques ont appelé \u201cfauve\u201d.Il n\u2019eut vraiment pas d'école fauve, mais seulement une analogie de pensée entre plusieurs peintres de tempérament divers pour les mêmes recherches exaltant les couleurs les plus pures jusqu'à l'insoutenable intensité.Par ailleurs Matisse s'est toujours défendu de faire école, méprisant ceux qui peignaient \u201cà sa manidtre' non pas par crainte qu'on fit mieux que lui, mais parce que ce serait un recommencement sans âme.De plus l'ensemble de son œuvre paraît uniforme comme un vol de mouette sur la mer, mais elle en a que I'imperceptible mouvement qui la soulève horizons intangibles.jusqu'aux Avant même de se servir du fusain Matisse réalisait dans son esprit l'œuvre totale et ne voulant pas se répéter n\u2019en dessinait que l'essence.La toile paraît inachevée mais par le fait même devient œuvre abstraite.De l'objet qu'il peint il n\u2019en donne que la sensation: pour cela il l'analyse, le défait, le démembre, n'en garde que sa rareté et nous l'offre.L'objet qu\u2019on voit, ce pré de l'autre côté de la fenêtre, n\u2018ordonne pas l\u2019espace mais demeure limité par la couleur plate en apparence qui l'entoure d\u2019une richesse muette.La courbe de son dessin ne décrit pas l'objet mais fonde au delà de la toile dans l'oeil du spectateur des espaces qui vont retrouver en lui d'anciennes images.Ainsi nait l'échange, marque sublime de l'œuvre.Pourquoi préciser les traits d'un visage lorsque la couleur, je veux dire la lumière, peut cn traduire la qualité! Ce blanc marqué par l\u2019étoffe ou le carton, hésite entre des pans de couleurs.Matisse ne veut pas le noircir d'une pauvre découverte de peur de briser l'enchantement.Il s'applique MATISSE La chapelle de Vence: so dernière oeuvre e \u201cCette chapelle est pour moi l'aboutissement de toute une vie de travail et la floraison d'un effort énorme, sincère et difficile.Ce n'est pas un travail que j'ai choisi mais bien un travail pour lequel j'ai été choisi par le destin sur la fin de ma route, que je continue selon mes recherches, la chapelle me donnant l'occasion de les fixer en les réunissant.\u201d Photo Georgette Chadourne MATISSE ET VENCE Plusieurs d\u2019entre nous s'apercevront, comme moi en m'\u2019arrêtant pour penser à cette chapelle que Matisse conçut pour les Dominicaines de Vence \u2014 qu'on peut l'avoir regardée distraitement, même aimée d'une façon superficielle.Ce n'est pas à ce seul titre qu\u2019elle soit une oeuvre de Matisse qu\u2019il la faut regarder.On se rappelle de ses petites dimensions, de sa forme: 45 pieds sur 18 dans la nef, un petit transept l\u2019élargissant jusqu\u2019à 30.Deux murs ouvrent au soleil du Midi d\u2019étroites et hautes verrières aux vitraux bleus, jaunes et verts qui colorent les revêtements intérieurs blancs sur lesquels Matisse a dessiné en traits noirs un chemin -de-Croix et une Vierge entourée de fleurs.Cette chapelle est étonnante.Sa valeur spirituelle dans notre monde matérialiste et tourmenté, pour peu qu\u2019il pense, sa fraîcheur si près de la gaîté sont si peu de ce siècle.Son ambiance lumineuse colorée se rattache à certains monuments gothiques dont la cathédrale de Chartres et la Sainte Chapelle à Paris.Certes les teintes sont différentes, mais elles concourent toutes à cette impression si merveilleuse qui émeut et le coeur et les sens, nous allège, nous élève.Matisse en choisissant cette forme en parallélépipède sacrifiait la forme à la couleur.Aussi sa cha- SPECTATEUR à des couleurs minces, éblouissantes, subtiles comme ces visions méditerranéennes qu\u2019il chérissait.De plus, rendre la peinture sur la toile semble pour lui pénible mais le hasard des coups de pinceaux, ses hésitations, ses juxtapositions, ses arabesques brisent la monotonie de cette couleur sans ombre.La profondeur restera le problème de toute la peinture; la Renaissance inventa la perspective, le Classicisme multiplia l'ombre.Matisse, lui, rejette au dehors de sa toile non pas au caprice du spectateur mais plutôt à sa valeur sensitive et réceptive le méplat de ses paysages, de ses natures mortes, de ses plâtres.Aujourd'hui l'œuvre de Matisse n\u2019est plus en son pouvoir; elle est aux mains des hommes qui la reçoivent, I'enferment en eux, qui la voient et la connaissent suivant leur coeur.Elle est en perpétuel renouvellement.Le spectateur d'il y a vingt ans n\u2019est plus le même, il change de moment en moment et l'œuvre fixée sur la toile répercute en lui un souffle nouveau.Le spectateur de demain différent encore y puisera d'indicibles connaissances.Jean Beaudoin pelle est-clle, au sens absolu, moins forte que la Sainte Chapelle par exemple dont la nef a cet élan et cette ascension si particulier au gothique.L\u2019ambiance rose et bleue de la Sainte Chapelle tient à la fois de l\u2019aurore ¢t du crépuscule éternels et vibrants.La couleur à Vence est celle d\u2019une matinée.Rappelons-nous certaines toiles que Van Gogh peignit en Provence entre le bleu du ciel et le jaune de champs d'hautes herbacées; des oliviers et des cyprès de verts différents accusaient la brise rase, la hauteur du soleil.Matisse connaissait ces couleurs, sa villa sur le chemin de Saint-Jamet à Vence, sise parmi de hautes herbes folles, les allées de sa propriété bordées de cette plante dont il a rendu la feuille célèbre, la cinera- ria marine.Pour Matisse le soleil du Midi était un matériau virtuel qui devait intensifier le blanc coloré de teintes fraîches des vitraux.À cette échelle (la dimension n\u2019apportant pas son concours plus que la forme) Matisse a senti que les parties du vitrail devaient être larges, à grandes surfaces d\u2019une couleur à la fois; et que leur teinte devait être pure.N'a-t-il pas dit: \u201c\u2018Plus la couleur est pure, plus elle agit sur les sentiments les plus profonds.\u201d\u2019 Ce peintre était-il aussi un architecte?Son intuition de la lumière est du moins fondamentale en cet art.La chapelle Sainte-Marie-du-Ro- saire de Vence dont nous venons de nous rappeler est étonnante en ceci.Notre siècle matérialiste rend impossible l'existence d\u2019un art sacré moderne.Moderne en ce sens qu'il serait une contribution propre de l'esprit du XXe siècle.L\u2019art sacré suppose un esprit communautaire et collectif qui engendre des volumes et une imagerie communs à la sensibilité et à l'imagination de chacun.Cela est possible dans une société où la religion fait corps avec la totalité de la vie du groupe.Dans ces sociétés, l'artiste a tout de même perçu cet esprit avec une acuité particulière pour le définir et le visualiser.Vence est l\u2019oeuvre d\u2019un seul homme.Le Père Couturier qui savait si bien que la qualité d\u2019une oeuvre humaine, son \u2018\u2018ton irrem- placable\u2019\u2019, disait-il, est le prix de la solitude dans laquelle elle est engendrée, s\u2019est retiré quand il eut pris connaissance du projet de Matisse.Vence, comme Matisse en eut conscience durant l'élaboration de son projet, est \u2018\u2018l\u2019aboutissement final de ses recherches\u2019, car elle fait la synthèse du double caractère de son oeuvre: à savoir d\u2019abord que la couleur nous émeut d\u2019autant plus qu\u2019elle est plus pure, et ensuite, que le dessin lui-même, réduit 2 une 'sténographie de I'émotion, vise par sa simplicité a donner une émotion plus profonde.Jean Gareau + tit ni: A MARI USOUE AD MAR Un jeune étudiant du Séminaire de Québec, Raymond Dionne, âgé de 19 ans, vient de publier un livre dans lequel il raconte le voyage sur le pouce qu'il a fait de Québec à Vancouver, pendant les vacances de 1953, En plus d'y raconter les faits ct aventures de son voyage, le jeune auteur y décrit, avec tout l'amour que lui inspire sa patrie, les différents aspects physique, économique et ethnique du Canada.Le lecteur y trouvera, en outre, quelques observations sur la vie française dans l'Ouest, sur l'affaire Riel, INVITATION À TOUS DANSE DE NOËL des disciples de Galien et des Infirmières Hygiénistes Samedi, 4 décembre, 9 heures Chez \u2018\u2018Butch\u2019\u2019 Bouchard 881 rue de Montigny $2.00 le couple 1) Artiste-invité 2) Musique continuelle 3) Prix de présence, Deux eyes de bon goût ! bières de bon goût pour les Canadiens, à l\u2019année longue.l'auteur à travers le \u201cFar West\" et le \u2018Middle West\u2019 américains, assistera à une assemblée démocratique, coudoiera l'ex-président Truman, s'aventurera dans les rues sombres de Chicago, etc.\u201cUn récit qui ne manque pas d\u2019intérêt.Assez vivant, plein d'amour pour le Canada.\u201d Jacques Hébert \u2018Nous voudrions que nos jeunes lisent cet \u2018\u2018A Vancouver sur le pouce\u201d.Ce bouquin leur donnera une idée de notre pays et surtout une leçon de courage ct d'optimisme, voire d'esprit de foi et de patriotisme.\u201d L.-P.Roy, (L'ActionCatholique).\u201cUn intéressant petit voyage .\u2026 dans votre fauteuil.Ca ne coûte pas cher et c'est amusant.\u201d Jacques Laroche (La Presse) A VANCOUVER SUR LE POUCE est un attrayant volume de 88 pages (format 5 x 7).Abondamment illustré.Prix: S0.75 (Poste comprise) Hâ- tez-vous.crivez dès maintenant, sans tarder, à: Raymond Dionne, 1111, rue Commerciale St-Romuald, Cté de Lévis.\u2018Voyageur audacieux.Pousse l'aventure jusqu\u2019à publier ses souvenirs, captivants à maints endroits.\u201d Denis Grenier (Le Q.L.) CLUB DE PHOTOGRAPHIE Réunion mardi, le 30 novembre a 7 hres 30 p.m.Les années se suivent À l'AGEUM comme partout ailleurs une génération pousse l\u2019autre; à peine les résultats du scrutin du mois d'avril étaient-ils dévoilés que les officiers sortant de charge tombaient dans l'oubli diplomatique le plus convaincu.Cependant dans la mémoire des anciens le souvenir du \u2018'fun\u201d n'est pas tout à fait disparu: c\u2019est dans cet esprit que se sont réunis jeudi dernier les membres de l'assemblée des présidents de l'année dernière.Selon la coutume l'on prit le souper au Cercle universitaire.Ceux qui jadis avaient charge de faire respecter la procédure n\u2019ont pas si vite perdu leurs bonnes habitudes.Lucille Jarry ex-présidente des présidents avait abandonné la chaise présidentielle au grand Omer parce qu\u2019elle- même était en cause.l'ordre du jour, comme ne figurait qu\u2019un seul item: la publication des bans.Claude Marchand ex-président de l'AAUM annonçait son mariage avec Lucille Jarry .\u201csi quelqu'un connait quelqu\u2019'empé- chement à ce mariage .\u201d Me Marchand, avocat et procureur, a reçu une bourse qui lui permet d'aller faire un stage d'études à Turin en Italie pour un an.Après de brillantes études à la faculté des sports de l'Université de Montréal .F.V.sur Maillardville.Il suivra avec intérêt |f LE QUARTIER LATIN Deux étudiants en Europe rouge Vendredi soir le 12 novembre le Club de Relations Internationales et l'Entr\u2018aide Universitaire Mondiale présentaient conjointement \u2014 sous la présidence agéumique de Claude Tellier \u2014 un \u201cpanel\u201d qui aurait fort bien pu s'intituler \u2018carnets de voyage\".Devant un auditoire distingué et intéressé que rehaussaient encore la présence inattendue de Monsieur le Consul général de Belgique à Montréal et celle du colonel Rombauts, ex-secré- taire de la Maison militaire du Roi Léopold de Belgique, les deux conférenciers, MM.Jacques Brossard, président du CRI, et Alain Lortie, président du comité local de l'EUM, nous relatèrent les voyages qu'ils effectuèrent l'été dernier, sous l'égide de l'EUM comme délégués de l'U.de M.(1).Ils nous firent part particulièrement de leurs impressions sur la vie de ces pays et sur leur activité économique, sociale et religieuse.D'une salle pleine à craquer, par delà la fumée des cigarettes, par delà les préoccupations journalières, tous, nous nous envolions avec un intérêt constamment renouvelé vers les rives dalmates, vers les plaines de Serbic ou bien vers ces provinces-sœurs de Bohême et de Moravie.Que ce soit en Yougoslavie ou en Tchécoslovaquie, à Ljubljana et Belgrade ou à Prague, nous y arrivames sous la pluie; pluie providentielle qui devait faire apprécier davantage le reste du voyage.Après de nombreuses libations qui ne nous furent malheureusement que narrées, nous devions faire connaissance avec nos hôtes, tantôt méfiants, tantôt sereins et n'enviant rien au monde extérieur.À l'instar des diplomates accomplis, les conférenciers évitèrent avec soin tout jugement absolu, ne rapportant que ce qu'ils avaient pu constater \u2018de visu\u2019.De là un intérêt d'autant plus accru que les récits étaient d\u2019une objectivité aussi complète qu'il se peut.Mais il fallut bien revenir au pays; c\u2019est avec un regret sincère que nous laissämes les forêts tchèques, la prairie slovaque et les paysages admirables des Balkans, comme aussi les usines Skoda ou Litostroj et Zeleznik, ou les polycliniques et les Universités .\u201cqui existent pour les étudiants\u201d .Il me serait inutile de faire ici rapport des deux exposés: des articles ont déjà été écrits dans \u201cLa Patrie\u201d, d\u2019autres le seront dans le \u201cQ.L.\u201d, nous l\u2019espérons.Je me contenterai de noter la différence considérable qui semble exister entre ces deux pays communistes, l\u2019un derrière le Rideau de fer, l'autre indépendant de Moscou.Lorsque tous eurent posé les questions \u2018\u2018qui leur tenaient à cœur\u201d, derniers vestiges d\u2019une soirée très goûtée, révant de voyages mirifiques, nous -|nous séparâmes.Quelques-uns discutaient économie, vie universitaire et réalisations sociales.D'autres, plus poètes, chantonnaient quelques airs de Smeltana.La Moldava .Jacques Montpetit (1) NDMM: Les frais de voyage des 28 autres délégués (anglo) canadiens étaient payés par leurs universités et leurs gouvernements provinciaux respectifs.Quant aux délégués du Québec .et vous faciliter la tâche.Depuis 1879 nos ateliers d\u2019imprimerie commerciale ont grandi sans cesse.Nos ouvriers, d\u2019une compétence reconnue, font de leur mieux pour vous aîder Sous le même toit: un service de photogravure et de stéréotyple, et une équipe d'artistes commerciaux.*.da Pate 180 est, rue Sainte-Catherine \u2014 UN.1-2701® \u2014 Montréal Jeudi fe 25 novembre: derrière le rideau de fer\u201d.Vendredi le 26: potier\u201d\u2019.H'404, midi et demi.professeurs.Samedi le 27: Laval vs Carabins à Verdun, à 8 h.Dimanche le 28: Messes: 9h., 10h.30, midi.Cours de préparation au mariage Horizons Universitaires: 8h,45, compagnie\u201d.Lundi le 29: À l'auditorium de Poly, à 4h, deux cartoons I.A.P.Mardi le 30: Réunion du Club de Photographie.Mercredi ler décembre: Au McGill Union, rue Sherbrooke, \u2018 Les 3-4-5-6: Varsity Week-end.Samedi le 4: Danse de Noël de Pharmacie.Mardi 7: d'après le roman de Gorki; 40 membre.8h.en H'404.Samedi le 11: Danse de Noël de Poly.Cours de Culture Chrétienne par Émile G'504, à 8h.Ciné-midi: \u201cCartes postales de Paris\u201d, Conférence Mignault: sou er-causerie avec M.Louis Beaudoin, anglaise et française de l'enseignement du Droit\u201d, à 6h., C HLP: \u201cMam\u2019zelle Q.L.\u2018et sus dames de le Ciné-Club présente \u201cIron Ore\", \u201c1954\u201d oy | Pratique du chœur Bleu et Or, D'225, 7h.précises.Ciné-Club: \u201cLa Mère'', un chef-d'œuvre russe, du réalisateur Poudovkin | 25 NOVEMBRE 19, CALENDRIER B.Walter \u201cPersécution de l'Église Gala Universitaire.Jacques Normand, artiste invité.\", \u201cThe Moor's Pavane\", \u201cPierre et le \u201cwe Conceptio afetéria des ur les étudiants de Poly.\u2018Smoker Poly \u2014 McGill Engineering\", cents sur présentation de la carte de Denise et Suzanne, co-publicistes carabins TEMPET (\u201c\u2018Duffle\u201d) @ Épais molleton de laine @ doublure matelassée @ fermeture-éclair pleine longueur @ en plus des boutons de bois IX Vous avez votre magasin de l'A.G.E.U.M, faites vos achats chez vous et profitez d'une bonification sur fous vos achats.Achetez dès maintenant PALETÔT VESTON de SKI Laurentien\u201d pratique, confortable @ Capuchon à même @ Léger, souple, inusable @ Fermeture-éclair pleine longueur @Tissu très serré, \"Byrd cloth\u201d le vent ne peut y passer @\"V\" bleu et or \u2026 $1 2-75 Autres modèles Pantalon de sii @ gobardine de laine © fermeture-éclair @style instructeur: $11.95 et $17.95 ÉCONOMIE BONIFICATION SU Casquette de ski style Instructeur \u2014 Laurentien $2.75 D'2 R ACHAT PN, Ay Lc wtp RET LE QUARTIER LATIN PAGE EFT BALAYAGE EN PERSPECTIVE ui c'est pour samedi pro- ai \u2018on se le répète de bouche en bouche et on se promet d\u2019y être.Il est sûr d\u2019ailleurs qu\u2019on ne le regrettera pas.Nos Carabins reçoivent À cette première partie qui romet d\u2019être des plus enlevante, le Rouge et Or de Laval.uébécois se sont proposé de nous qu er a-t-on appris de source bien renseignée, et M.Ther- rien notre instructeur s est contenté de riposter qu ils péchaient par excès de confiance.En fin de semaine dernière nos Carabins se sont rendus au Lac Placid pour y rencontrer le club de l'endroit.Nos joueurs ont affronté un club de calibre supérieur qui était formé en partie d'anciens séniors, toutefois le pointage 7-5 et 8-5 démontre qu'il s\u2019en fallut de peu pour les battre.Cette pratique achèvera de \u2018\u2018mettre le club en forme\u201d disait le gérant Pierre Brassard après la joute.M.Therrien a fait pratiquer ses \u2018\u2018\u201cgars\u2019\u2019 lundi, mardi et mercredi, histoire de les garder prêts pour leür première joute officielle, Que le Laval en prenne donc note.Le \u2018\u2018fun\u2019\u2019 ne manquera pas samedi; le Polytechnique s\u2019y rend en groupe pour encourager le club.Il serait souhaitable que les facultés de la montagne en fassent autant.On nous apprend qu\u2019unedanseest en préparation pour l\u2019après-joute.Plusieurs jeunes filles n\u2019attendent que votre invitation, messieurs, ne les décevez pas et surtout faites vos invitations à bonne heure pour ne pas être vous-mêmes déçus.En terminant, il faut dire que les gardes de l\u2019hôpital de Verdun y seront en bon nombre et Quesnel qui y fait présentement du stage, affirme qu\u2019elles n'y vont pas \u2018\u2018toutes\u2019 rien que pour lui.Avis donc aux intéressés.À samedi.Dewey Zaor DEUX TOURNOIS DE GOLF \u201cMieux vaut tard que jamais\u201d.Bien que tardifs, voici pour les fervents des \u201cgreens\u201d les résultats des tournois de golf de l'Association Athlétique disputés au mois d'uctobre cette année.Tournois interfacultés Au golf de Ville Mont-Royal .85 participants .Assistance record .comparée à l'an dernier: 77 participants .Poly l'emporte avec 356; Droit deuxième avec 384; Médecine troisième avec 386.Pour le championnat individuel, Bouchard de Poly et Côté de Pharmacie se classent tous les deux tx-aequo avec 80.On décide donc que le champion sera déterminé par les résultats obtenus au tournoi de Kingston.Tournoi interuniversitaire Quelques jours plus tard, l\u2019équipe de golf de l'U.de M.joua de malchance en ne rétssissant à se classer que sixième sur sept équipes avec un total de 730.QUILLES INTERFACULTÉS Notre ligue de quilles connaît cette année encore de magnifiques succès.Au delà de quatre-vingts carabins se réunissent tous les mercredis soirs à la salle de bowling Jean Talon pour pratiquer leur sport favori dans une atmosphère de saine rivalité et de franche gaieté.Le gérant de la ligue, Guy de Varennes, d'Architecture, nous communique les résultats à date.Voici donc le classement des 12 équipes, les plus hauts simples et les plus hauts triples ainsi que les dix meneurs de la ligue.Classement des équipes PJ.P.G.pts T.P.Pins I-PolyI.21 15 5 20 14622 2- Méa.I.\u2026.21 15 5 20 13393 r Poly lI.21 14 4 18 137% ; HEC.21 13 5 18 13324 Arch.21 13 4 17 13039 ; Droit.21 12 4 16 13404 & Eharm [ 21 12 4 16 12318 .SP eus s 21 10 4 14 10380 10 Mag A1 TU 21 10 3 13 13070 \u201d ed 11.21 9 3 12 12017].~ Opto., 20 2 1 3 10220 B-Meéd.IN.6 2 1 3 3258 en, simple de la semaine: Lépine pl pie dés ives ii BG 236 -H.'équipe: H.E.C,.717 bu, simple d'équipe à date: Poly 1.801 iy simple à date: Lépine, Poty 1.236 .Poly pre de la semaine: Lépine, EX toi d'équipe: Poiy 1.70 707 gale .uipe date: PH.triple à date: Lépine, Poly 1 ; nas Les dix meneura Moyen- - Le PJ.Pins nes rs Pine, Poty I.21 2383 156.3 i t-Jean, Poly lI.,.21 2972 141.6 .oe HEC.18 2546 141.5 ; eloche, Poly II.15 2117 141.1 .pliard, Phar.9 1238 138.4 7 Pia caus Poly !.21 2880 137.1 ette, Droit! 21 2870 136.7 ance, C.D.,.\u2026 18 2461 136.7 onette, Arch.18 2460 136.6 uin, Droit 1.12 2868 136,5 Voici les performances des membres de notre équipe: Bouchard, Poly: 85-87 Laurin, Droit: 89-93 Côté, Pharmacie: 89-98 Laberge, Poly: 90-99.Tel que convenu, au moyen de ces résultats, on proclamait Bouchard de Poly, champion de I'U.de M.au golf pour 1954-55.Maurice Naud, gérant Autobus pour Verdun Trajets \u2014 I= Crémazie et St-Denis 7h.05 Jarry et St-Denis 7h.10 Beaubien et St-Denis 7h.20 Boul.St-Joseph et St-Denis 7h.25 Mont-Royal et St-Denis 7h.27 Cherrier et St-Denis 7h.30 St-Catherine et St-Denis 7h.35 \u2014II\u2014 Beaubien et Iberville 7h.00 Boul.Rosemont et Iberville 7h.03 Mont-Royal et Iberville 7h.08 Sherbrooke et Iberville 7h.13 Sherbrooke et Delorimier 7h.15 Sherbrooke et Papineau 7h.20 Amberst et Cherrier 7h.25 Cherrier et St-Denis 7h.30 St-Catherine et St-Denis 7h.35 \u2014 III \u2014 Avenue du Parc et Laurier 7h.20 La Petite Chaumière 7h.30 Guy et Ste-Catherine 7h.35 N.B.- Les joutes débutent à 8 heures précises.Nouveaux tarifs d'autobus Grâce à un fonds spécial créé par l\u2019'AAUM pour couvrir le déficit, les étudiants ne paieront dorénavant que 15c par tête (ceux qui en ont) et 25c par couple (Carabins et Carabines, je veux dire).Une excuse de moins pour ne pas venir au hockey! K?.CALENDRIER SPORTIF Jeudi 25 novembre: 12:00 a.m.judo en D'225 8:00 p.m.ballon-panier féminin au Algonquin High School Vendredi 26: 12:00 a.m.12:00 a.m.judo en D\u2019 8:00 p.m.pratique de sh interuniversitaire (bureau AAUM) compétition judo: U.de M.vs RCMP au gymnase du RCMP Samedi 27: 12:00 a.m.judo en D\u2019225 8:00 p.m.Hockey Interuniversitalre \u2014 Ouverture de la saison: Laval vs ns Lundi 29: 12:00 a.m.Judo en D'225 7:30 p.m.ballon-panier interfacs.au Catholic High School Mardi 30: 12:00 a.m.Judo en D'225 8:00 p.m.Partie de hockey: \u201cCarabins\u2019\u2019 vs le Dow de la Ligue Montréal Mercredi ler décembre: 12:00 a.m.judo en D'225 2:00 pratique équipe de ski interuniversitaire (bureau AAUM) 6:00 p.m.quilles interfactuités au Jean Talon Bowling.15:00.2 jud D'225 : .m.udo en 8:00 p.m.ballon-panier féminin au Algonquin High School Il ° fensive qué la défensive.Chez les - perdants, Georges Hamel a brillé en Ba on panier montrant un courage inlassable durant Lors d'une joute régulière de la ligue de Ballon-Panier interfacultés disputée devant une foule parsemée, le Droit a remporté sa 2e victoire consécutive en battant la Pharmacie par le pointage de 22 à 12.Poirier a été encore l'étoile de son équipe en enregistrant 5 points en plus de jouer brillamment à la défense.Len Wisse a lui aussi troué le panier pour 5 points.Nat Shore et Roger Latour ont été les meilleurs pharmaciens avec 4 et 3 points respectivement.La lutte promet d'être contestée entre les diverses équipes et l'enthousiasme manifesté par tous les joueurs laisse entrevoir la possibilité future de la renaissance d\u2019une équipe de ballon-panier à l'université .* += + Ballon-Panier, 15 novembre 1954.L'équipe de Psycho l'a emporté sur celle des Sciences au compte de 42 à 19.* = =x Le retour d'Antonin Boisvert sur l'alignement de Psycho a apporté une nouvelle vigueur à son club, offrant un jeu d'attaque et de défense plus coordonné.Ses passes précises et nombreuses ont permis à Robert de scorer un total enviable de 24 points.C'est Brisson qui, définitivement, assura la victoire à son équipe.II fut l'étoile de la partie.\u201csn Boisvert qui jouait la défensive a scoré 8 points.Paul Frappier et Jean- Paul Baillargeon se sont distingués par leur esprit de combativité tant à l'of- toute la partie.au jeu.contre les arbitres! 8° parce qu\u2019il y aura une fanfare.leurs billets de saison.Pourquoi aller a Verdun?I° parce que tous les autres étudiants de l\u2019U.de M.y seront.2° parce que Mgr Maurault et Miss Quartier Latin mettront la rondelle 3° parce que les Carabins ont une équipe formidable.4° parce que les Carabins battront le champion Rouge et Or.5° parce que c\u2019est du vrai hockey joué par de vrais gars.6° parce qu'il y a une espèce de manière de \u201c\u201cfun\u2019\u2019 d y avoir.7° parce que les étudiants qui sont \u201cen maudit\u201d pourront jurer .9° parce que ta poutchinette veut y aller.10° parce que chaque faculté se sent les coudes dans sa section.11° parce que beaucoup de nos professeurs nous font la barbe: ils ont 12° parce que ce sont \u2018\u201c\u201cNOS CARABINS\u201d qui jouent! TOUS A VERDUN! Le publiciste de l'A.A.U.M., responsable de cette page, était tout heureux d'apprendre que la dernière édition du Q.L.devait \u201c\u2018parler de sport à grandeur de pages\u201d.Mais, comme plusieurs autres étudiants, il fut vite surpris de n'y trouver que des annonces à grandeur de pages.C\u2019est peut-être un moyen journalistique de \u2018\u201cs\u2019en tirer le moins mal possible\u201d et de tirer \u201ctout le profit qu\u2019il se peut\u2019 du $10,427.00 que nous, les étudiants, avons investis dans le Q.L.pour avoir un journal potable?Et nous ne croyons pas faire d\u2019indiscrétions en disant que l\u2019an dernier, dans certains milieux sportifs, on parlait sérieusement de la possibilité d\u2019une tournée mondiale des Carabins pour représenter le Canada dans les tournois internationaux de hockey amateur.Cela après que la Russie nous eût battus! Un nouveau sport: croyez-le ou non une équipe de crosse a représenté l\u2019U.de M.au dernier festival du collège Ste-Marie.Cette équipe, formée pour la plupart d\u2019anciens élèves des Jésuites, a tenu bon durant toute la joute pour enfin baisser pavillon devant leurs cadets.Potinages de fantaisie Un nombre imposant de nos poutchinettes vont noyer leurs soucis tous les mardis soirs dans la piscine de la Palestre Nationale.Les Curabins ont inauguré leur saison dans le sang! En effet, tous les joueurs ont saigné pour la Croix-Rouge.Mais ne craignes rien: cela ne les a pas empêchés de pratiquer régulièrement pour battre le Rouge et Or de Québec à Verdun, samedi soir.La première fonction officielle de Miss Quartier Latin au lendemain de son couronnement sera de mettre la rondelle au jeu à la prerière joute des Carabins, samedi.Dans les derniers relents de la campagne de sang, ça commençait déjà à sentir le hockey à l\u2019Université avec la récente représentation du film \u201c\u201cLe plus beau jeu du.monde\u201d par Gerry Trudel, commentateur sportif.Une ligue qui va de succès en succès, c\u2019est celle du ballon-panier sous l\u2019habile direction de Gilles Auclair de Psycho.L\u2019émulation y est grande (re: les résultats ci-contre des joutes) et plusieurs joueurs sont déjà _d\u2019excellents prospects pour une future équipe interuni- versitaire.Il ne manque que des undis soirs Catholic High _ Jay Pee \\ supporteurs tous les au gymnase du School. PAGE HUIT avs journal hebdomadaire de l'Association Générale des Étudiants de l'Université de Montréal Journal exécutif de la Presse Universitaire Canadienne Abonnement pour l'année universitaire: $2.50 C.P.6128 \u2014 Local D'219a \u2014 RE.8-9616 2900, boulevard du Mont-Royal, Montréal 26.Imprimé por LA PATRIE \u2014 180 est, rue Sainte-Catherine \u2014 Montréal Autorisé comme envoi postal de la deuxiéme classe, Ministére des Postes, Otfawa, LE QUARTIER LATIN PROMISCUITE (P.U.C.) Un récent article paru dans le Queen's Journal, organe officiel des étudiants de Kingston, prend à parti les étudiants et étudiantes de cette université pour le manque total de discrétion dont ils se rendent quotidiennement coupables.L'auteur commence par faire remarquer qu'il est en faveur des baisers \u201cde bonne volonté\u201d que le R.LP.: Le courage intellectuel C\u2019est inouï, cette facilité avec laquelle nous abdiquons notre pensée.bancs de collège, a a Nous avons tous, ou presque tous, passé 8 ans sur des \u201cfrotter notre cervelle\u2019\u201d\u2019 contre la pensée des latins, des grecs, et de l\u2019Église, puisque l\u2019enseignement des humanités est le fait du clergé ici.Le vieux Cicéron était un lâche, un pleurnichard, et pourtant nous avons tous traduit le \u2018\u2018Jousque Tandem abutere, Catilina!\u201d\u2019 cette envolée oratoire ou il risquait sa vie pour la République de Rome, !l\u2019institution en laquelle il croyait.Il est des institutions pour nous bien plus fondamentales, en quoi nous croyons beaucoup plus surement: notre Eglise, notre langue, notre personnalité culturelle.durables que la réussite d\u2019une civilisation matérielle .tant! Ces institutions sont plus .et pour- Nous les sacrifions non pas par une apostasie formelle, comme un communiste sincére sacrifiera sa foi et son héritage philosophique pour faire peau neuve et s\u2019intégrer dans la perspective du matérialisme dialectique.omission, par abstention.Non.Nous les sacrifions par Nous sacrifions la perspective d\u2019une philosophie rationnelle, réaliste, de la vie illuminée par la Théologie, pour rechercher le succès, et moins encore, le confort.Nous sacrifions la culture de notre langue, une pensée originale, pour ne pas nous attirer des complications; sans même qu\u2019il soit question d\u2019un engagement dynamique, nous nous refusons simplement à manifester notre foi dans notre propre opinion.À force de refuser de nous manifester, nous devenons des neutres.Du simple point de vue humain, c\u2019est un échec.Nous partirons d\u2019ici sans avoir servi à d\u2019autres qu\u2019à nous-mêmes.Pourquoi alors y avoir été déposés ?Somme toute, nous avons si peu à risquer, même pas notre peau, ni le ridicule, rien qu\u2019un peu d\u2019ennui.Mais nous préférons bailler pendant le déroulement de notre vie journalière, une suite d'événements sans autre fins ni sens qu\u2019un petit tour d\u2019auto noire au bout, vers une petite bière finale, six pieds sous une terre que nous avons à peine effleurée.André Couvrette Rédacteur: Claude Asselin.P.U.C.: André Lapointe.Directeur: Yves Guérard Chef des nouvelles: Gilles Mathieu.Assistant à la direction: Benoit Savard.Assistants à la rédaction: Paul Painchaud et André Couvrette.Secrétaire à la rédaction: Isabelle Lafontaine Assistants aux nouvelles: Pierre Léger et Lionel Vallée.Directeur du Gallup: Paul Frappier.Directeur du Radio Quartier Latin: Bernard Benoist.Directeur des Éditions du Quartier Latin: Gaétan Daigle.Photographes: Jean Thiffault et Louis Vachon.jeune homme accorde à sa compagne sur les porches des résidences d'étudiants, situées sur le campus de l'institution.Ce qu'il reproche ce sont ces \u201ceffusions longues et passionnées\u201d qui selon lui ne doivent se pratiquer qu'en des endroits retirés et non pas sur les balcons des maisons d'étudiants.Il n\u2019admet pas d'ailleurs que ces endroits retirés puissent devenir des endroits dangereux car, toujours suivant son opinion ceux de ses confrères qui pratiquent de telles \u201ceffusions pas- Nouvelles universitaires sionnées\u201d seraient précisément ceux qui sont en mesure de \u201ccontrôler leurs émotions\u201d ou du moins ceux qui devraient l'être.Ou alors, conclut-il, si c'est pour se \u201cgarder du péril\u201d qu'on adopte des endroits publics pour se livrer à de telles effusions, mieux vaut s'en tenir à lo \u201cbonne volonté\", qui elle ne met pas en danger la réputation de ces endroits publics.L'article en question écrit par un lecteur, en réponse à un éditorial du Queen's Journal, jette la plus assainissante lumière sur une controverse qui aurait pris naissance dans la colonne d'une ancienne jeune fille, courriériste du \u201cToronto Globe and Mail\u201d.On peut donc considérer comme résolu un autre de ces \u201cmanière\u201d de problèmes que \u201cje présupposerais\u201d universitaires, du moins pour cette région puritaine du pays.André Lapointe EPISTOLE Mon Roméo chéri, L'autre soir en allant souper au café- léria, je me suis arrêtée, toute seule, dans le grand Hall vide et silencieux .el j'ai révé .car ça sait rêver, tu sais, une poutchinette, même quand ça collectionne des diplômes.Il y'y avait pour répondre à mon rêve qu'une grande solitude noire; et moi je pensais: \u2018Dans une semaine, il y aura grand bal ici .il y aura des fleurs enroulées partout aux colonnes, des fleurs aussi dans l'ombre im perceptible que fait la gorge d'une belle femme en toilette .H y aura une musique de valse, large comme un sourire de triomphe, il y aura le frou-frou soyeux des crinolines bombées, il y aura des mots tendres et doux murmurés tout contre la joue où se creuse une tremblante fossette, il y aura de beaux gars jeunes et qui rient en vous lenant dans leurs bras fermes\u201d.Et j'étais triste, infiniment, (j'avais beau me dire: c'est une fulilité .un soir de bal! .) J'étais triste parce que j'avais vingt ans et que toi, mon Roméo, tu ne désirais pas savdir combien je pouvais me faire belle pour te plaire! Plus tard encore, devant le lac solitaire de mon miroir, je contemplais mes bras nus .j'imaginais le lustre que je pourrais donner à mes pauvres cheveux que tu vois chaque matin, décoiffés par la cohue des tramways .el ma jeune taille dans la guêpière de satin: à Roméo, toi qui ne me regarde trop souvent qu'en blouse de laboratoire, comme tu pourrais découvrir une femme nouvelle si tu voulais! .Qu'une fois seulement, tu me permelles de revêtir ce Moi secret et idéal qui surgit mystérieusement à l'heure NOUS IRONS À TERAIAGON EN Quelques semaines avant le solstice d'hiver, quelques semaines avant la Noël, un événement remplit chaque année un important petit carré au tissu de notre vie carabine.Fin seizième siècle, le bon Père Joseph Mariet, missionnaire, du fond d'une nature forte et légendaire en uelque lieu perdu de Nouvelle-France, s'exprimait ainsi: \u201cLa grâce de Saint- Sulpice est la vie cachée\u201d.Cette hrase résumait implicitement toute \u2019activité de Téraiagon, poste de traite sur la route de Montréal au Mississipi.Le Père Mariet est mort.Et depuis, à l'embouchure de la rivière Humber, Téraiagon a ussé vigoureusement.C'est aujourd\u2019hui une cité gargantuesque où grouille le million d'habitants, un centre manufacturier et commercial que favorisent un réseau ferroviaire serré et la voie des Grands Lacs.Toronto a son foyer de vie intellectu- \u201celle.C\u2019est là, à ce foyer universitaire de Varsity que les carabins de Montréal vont pendant quatre jours fraterniser avec leurs compatriotes, étudiants torontois.A la gare Windsor le joyeux contingent d'oiseaux migrateurs au pédigree de M., s'empare d'un wagon climatisé d'où pétaraderont toute la durée du voyage les rengaines estudiantines, expressives de la verve gauloise que nos amis de l'Université de Toronto appellent de leur \u2018mieux \u201cle bon joie-de- vivre\u201d (assonance avec \u201ccau-de-vie'').Dans la nuit ontarienne, des ponts blancs blafards défilent à toute vitesse par les portières: passages à niveau, petites gares, viaducs.Dans la nuit ontarienne, où fonce le rapide ainsi un serpent phosphorescent, les compères dont les plus pétillants dépassent les limites peu effervescentes du coca-cola rcbichent à tue-tête les savoureux couplets, un tantinet libidineux \u2014 c'est là le charme \u2014 du répertoire universitaire.Monseigneur Greg écoute d\u2019une orcille amusée, encore qu'il ne bénisse pas in toto le programme amateur.Pieds allongés sur une banquette double, grignotant des coins de sandwichs et pompant du bout des lèvres la fumée de grillades presque parvenues au stage de mégot, des penseurs en manches de chemise griffonnent sur papier les schèmes de conférences à présenter aux forums Montréal-Varsity qu'on tiendra, une fois à Toronto.Le climat du train, courtement brossé, n\u2019est que prélude à un séjour agréable, enrichissant et iristructif.Ce qui se passera là-bas: Départ: jeudi le 2 au milieu de l\u2019après-midi.Arrivée à Toronto vers 9 heures du soir.Réception: hôte.on rencontre notre Vendredi: débat-forum, assistance à certains cours, queue de coq (cocktail), un banquet, partie de hockey Carabins-Varsity, suivie d\u2019une danse.Samedi: Pavant-midi est libre (carabin au lit; poutchinette au magasin); l'après-midi, discussion généra- e.le soir, danse carrée (Barn Dance) ; apportez vêtements d\u2019occasion.Dimanche: messe par l\u2019auméônier, dîner chez notre hôte, thé avant le départ, retour à Montréal.À ROMÉO exquise où une femme sec sent sûre d'elle- même, sûre d'évoluer dans un monde charmant où se recrée inlassablement sa Jeunesse et sa Beauté.Le 26 il y aura grand bal, Roméo .il y aura fête à l\u2019Université, dans celle même salle où nous passons chaque jour, les bras chargés de bouquins, où nous attendons le cinéma, où mous avons donné ensemble notre sang à la Croix- Rouge .songe, Roméo, à nos longues promenades solitaires, ces soirs où tu me disais en arrivant à la maison: \u2018Ma poutchinette, je suis tout à fait \u201ccassé\u201d ce soir .est-ce qu'on va prendre une marche tous les deux?\" .songe à nos cent tasses de café sur cette même ban- quelte de la Petite Chaumière .l'ai-je jamais marchandé mon sourire ces soirs- là?Ne restes-tu pas toujours mon cher carabin, plus cher dans la glorieuse indigence que le garçon du voisin avec sa longue voiture bléme et nickelée?.Roméo, pour une fois, oublions les finances qui grincent, les examens qui approchent, les tramivays bondés et la fade saveur des réveils quotidiens .allons ensemble au Gala, à notre Gala universitaire: tu seras mon beau chevalier, bien sanglé dans ton blazer bleu .el moi, dans les plis vaboreux de ma longue robe, j'enfermerai pour toi le parfum oublié de l'élégance romanesque et les plus douces effluves de la Beauté libérée qui s'épanouit en une nuil radieuse de scintillations nouvelles .Demain, mon Roméo chéri, il ne sera pas trop tard! .Ta Poutchinelte WAGON! Remarques: \u2014 Le prix du voyage, compris: $12.90, \u2014 Apportez le lunch à bord du train.Carabin! Poutchinette! oublie tes soucis, viens au Varsity Week-End! Notre sympathique organisateur- turlupin, Claude Dupras (dont voici une description à l'américaine: six pieds, deux cents livres, plutôt bon diable, TR.0764) annonce qu'il fera rafler dans la salle gothique de Hart House, en présence de personnalités distinguées, un manuscrit de la rengaine célèbre \u2018\u201cAwagnahan\u201d! Le manuscrit en bouleau vert lui a été donné par un vieux \u2018\u2018cheuf\u201d\u2019\u2019 de la tribu des Têtes-de-boules, indiens établis en haute Mauricie près de Rapide-Blanc.Chaque carabin(e) est hébergé(e) par un(e) hôte (hôtesse).Lequel (laquelle) appartient, autant que possible, à la même faculté que lui (qu\u2019elle).Sujets proposés aux forums: la uestion Saint-Laurent\u2014Duplessis l'isolationisme québecois, la crainte réciproque des deux groupes ethniques, la langue, la religion, l'éducation.Jacques Gaboury, vétéran de plusieurs arsity Week-ends traitera les sujets.Hugh! Nous irons à Toronto! tous frais Claude Asselin 25 NOVEMBRE 14, m\u2014æ_\u2014 REMERCIEMENTS Le 19 nove Monsieur Claude ie Président, Tellier, A.G.EUM., Université de Mon tréal Boulevard Mont-Royal, Montréal, Qué.\u2019 Mon cher Claude, Je demanderai à Cu : d\u2019adresser des remerciement propriés aux différentes Fac, i A pour leur magnifique contrib, re respective à la banque de su fe Croix-Rouge.\"8 dela Le dévouement global des 0 nisateurs n\u2019aurait jamais été re Ie.té dans cet étonnant succès sang la réponse spontanée de chaque A .diant qui s\u2019est présenté à la Chi n que.Je vous serais done reconnais, sant de remercier par l'entren ie du Quartier Latin tous ceux qui on Jait don de sang.fit ont Agréez, mon cher Claude, l\u2019assu rance de mes sentiments les meil leurs.mbre 1954 André Gaulin, trecteur, POLY sera toujours Poly Poly sur la Montagne.Poly sur le \u2019 \u201c2.Campus.Poly et l'AGEUM.Question épineuse et complexe s'il en est, De longue date, Polytechnique a affiché une attitude indépendante vis-à-vis l'Université d'en haut, comme nous l'appelons en bas.Son isolement au centre de la ville, l'intensité de sa vie collective, ont fait de Poly un étai autonome, participant avec plaisir aux démonstrations d'en haut, mais toujours à titre d'invité, de l'extérieur, et cela, avec plaisir.Nous nous grisions de cet atmosphère de considération, de cette attitude de cousin riche et puissant dont l'AGEUM nous entourait.Six ou sept cents étudiants qui se tiennent, et qui ont la mauvaise habitude de partager les mêmes idées en ce qui concerne les activités universitaires, c'est dangereux, et ça demande considération \u2026.Mais voilà, fini le gâteau: Polytechnique sera bientôt (?) en haut, à côté de ses petits frères .et de ses petites soeurs.Le statut de l\u2019oly changera-t- il ?Voilà ce que le dernier Poly-Forum, tenu mardi midi 10 novembre, voulait mettre au clair.La question est ceci: rendus sur la Montagne, les étudiants de Poly n'auront plus d'excuses pour ne pas verser la totalité du quinze dollars de cotisations à l'AGEUM, puisqu'il leur scra aussi facile de participer et de bénéficier des activités de l'.\\ssociation Générale que les étudiants des autres facultés.Et si l\u2019Association des Etu- diants de Poly perd la part de cette cotisation qu'elle reçoit actuellement.qu'adviendra-t-il d'elle et de son rôle: Ët serait-il avantageux pour Poly de perdre sa propre association pour joindre à l'AGEUM ?Remarquons qu'il ne s'agit pas de voir l\u2019unité de Poly disparaître, mais plutôt de considérer une diminution de son rôle.On discuta, on expliqua, on gueula .tant et si bien, que voilà \u2026 D'abord, le fait que Poly sera loge dans un édifice à part de la boîte, tous en tombèrent d'accord, changera pass blement les choses.Il sera plus facile de conserver l'Association de Poly dans ces conditions-là, puisque l'esprit polytechnicien non seulement se conserver mais s'amplifiera à cause de ce rapprochement et de cette isolation simultanés.Il ne s'agit pas ici d'apartismé bien sûr .sivec ais De plus, la facilité de participer at activités propres à l'AGEUM donnera lieu a apparition de beaucoup Pv d'Ingénicurs dans les constitué d'en haut.Qui sait, le Quartier Lat connaîtra peut-être un directeur ver de Poly (ça c\u2019est déjà vu).La bou vieille rivalité, depuis longtem s endor mie entre le Droit, la Médecine ¢ Poly, se réveillera tout _probableme: donnant un regain de vie à la vie | versitaire.\u2018 de Chose certaine, les étudiante i Poly ne veulent pas perdre leur 1 fe té, ct tout en coopérant plus act : ment avec en haut qu'ils © ont p Je faire parle passé, ils tiennent ae Poly reste Poly, et pour ce, ! leur semble nécessaire de conserver Association.Cons qi Que cela soulève des discussions à tiendront nos futurs président = gré miques sur les dents pen ant \u20ac ais rations, il ne fait aucun dou! c dernier c'est la leçon qui se dégage au Poly-Forum.; Bruno Gauthier, François Sénécal-Tremblaÿ "]
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