Le Quartier latin, 19 octobre 1961, jeudi 19 octobre 1961
[" Ae Refer pm nt reg aT 1e | | 3 la rue F inscrit dans mon agenda).Dans À nisation de donneurs dont @ OÙ tous @ lits, ~ 3 i SUIS BUDULE Ppp C'est un Gudule tout effrayé que nous avons vu trembler en entendant parler de cette fameuse saignée annuelle à l\u2019Université; à la seule vue d\u2019une petite plaie sanglante, cela lui donne des chaleurs, le pauvre! * Mais la campagne approche et il voit d'un mauvais oeil le jour où, lui aussi, verra couler son sang dans une bouteille.Aussi, il voulut tout savoir au sujet de cette clinique.Serviette sous le bras, Gudule s'instilua reporter et partit à travers la grande ville pour entreprendre une enquête qui complétera ses fiches.Où aller d\u2019abord pour obtenir des données exactes et impartiales sur une Banque de Sang comme celle de la Croix Rouge ?la clinique permanente de la Croix Rouge, il va sans dire! Par mégarde, Gudule oublia B une page écrite de sa main sur une fable de chez Valère.On ne ~ § put résister à l'envie de publier qd ce texte du journal de Gudule 4 racontant un autre exploit de 3 cet étudiant peu banal.Gudule à la Croix Rouge .Vendredi le 13 octobre, \u201cen 4 ce jour qu\u2019on dit malchanceux, je § voulais rester chez moi, mais il fallait que j'aille à la clinique de Dorchester (je l'avais l'autobus, je fus apostrophé par UN ancien professeur qui me Ÿ gronda parce que je manquais des cours.(lls ne savent donc ÿ Pas ce que sont les étudiants.Enfin, ils l'apprendront un jour À ou l'autre.) En arrivant à destination, la Première personne que je vis me 3 demanda: \u201cC'est pour du sang ?\u201d \u2014 \u201cEvidemment\u201d que je lui ai dit! vi peut venir ici pour autre À chose.Enfin, j'avais hâte de Æ contacter quelqu'un susceptible de me renscigner sur cette orga- r de sang j'entends depuis arler longtemps.P On me fit entrer dans une salle dormaient sur de petits Je bras relié à une bouteille.Lh rigué, je m'asseyai, préparant eS questions à poser à cette Personne que j'attendais.Sou- din, on me demanda de me coucher sur un de ces petits lits, Journal bi-hebdomadaire de l\u2019Association Générale des Étudiants de l'Université de Montréal BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE MONTRÉAL, 19 OCTOBRE 1961 VOLUME XLIV \u2014 NUMÉRO 10 L'UNIVERSITE SAIGNERA LE VINGT-TROIS OCTOBRE abandonné sans doute par un monsieur qui ne s'endormait plus.\u201cCe doit être long pour avoir une entrevue\u201d, que je me suis dit, \u201con nous fait coucher pour mieux attendre\u201d.Mais par un artifice diabolique, je me vis soudain en face d'une femme en blanc qui brandissait une aiguille que je voyais grosse comme une épée .j'étais dans la clinique des donneurs.D'un bond, je me levai pour enfin faire comprendre aux gardes avec force gesfes que je voulais une entrevue, et non pas donner mon sang.Je les menaçai même de perdre connaissance si elles ne me laissaient pas partir.Elles ont vite compris ., et je quittai les lieux en m'épongeant le front.Après quelques minutes de repos, je montai quelques étages et je rencontrai la personne qui me donna les renseignements qui suivent.La Banque de Sang de la Croix Rouge Canadienne distribue du sang à tous les hôpitaux de la province de Québec.Les donneurs sont des volontaires qui donnent leur sang gratuitement.La bouteille est aussi donnée gratuitement au patient.Les frais de la transfusion ne relèvent que de l'hôpital qui charge pour l'épreuve de compatibilité et d'installation.Il existe une clinique permanente rue Dorchester.Le reste des bouteilles de sang sont recueillies partout, dans les industries, dans les bureaux, parmi des groupes organisés, ainsi que dans toutes les villes de la province.Tous ces dons reviennent aux laboratoires de la Croix Rouge qui fait l'échantillonnage, la classification et des recherches plus poussées sur chacune des bouteilles pour éviter tout danger d'incompatibilité.Le sang est alors distribué dans les hôpitaux suivant la demande.Une bouteille doit être donnée avant le 21e jour après la prise, ce qui laisse entendre que les réserves ont continuellement besoin d'être refaites.La demande hebdomadaire esr d'environ 3,000 bouteilles.Tous ces renseignements sont éloquents par eux-mêmes, et déjà je me sens convaincu de plus en plus.Quand même, demain, j'irai voir mon médecin.Je me couche done enrichi de connaissances utiles, et je ne crois pas avoir perdu monftemps.\u201d Gudule et son médecin .Nous avons cherché en vain à obtenir d\u2019autres pages du Journal de Gudule.Enfin nous pouvons quand même déduire facilement ce que son médecin a pu lui dire.D'abord Gudule n\u2019a jamais fait de jaunisse, il est en bonne santé, ne fait pas de basse pression; donc conditions idéales |' pour donner du sang.Il lui a sans doute répété que la piqûre n\u2019est pas douloureuse et que seul un lâche peut la craindre.Quant aux suites de la saignée, voici le tableau que le médecin a dû lui brosser: le liquide perdu (v.g.le plasma), est refait en 2 ou 3 jours, les éléments figurés (v.g.les globules), sont reconstituées en 10 ou 12 jours.I! n'y paraît donc pas si l'on considère que l\u2019on donne YA litre de sang sur le volume de 8 que nous portons.Ainsi Gudule qui cherchait à se renseigner n'a plus maintenant que de bonnes raisons pour aller saigner.Il les à sans doute repensées pour aller dire son \u201cOUI\u201d \u2014 Victoire!!! ll ne lui restait maintenant qu'à rencontrer les organisateurs pour être au courant des activités de la campagne pour n\u2019en rien manquer.Aussi il contacta le directeur.Je répéterai ici les propos que je lui ai tenus .Tout d'abord une nouveauté cette année! Le Centre Social .: Evidemment, plusieurs se sont montrés réticents devant cette décision des autorités.Mais, sincèrement, je puis affirmer qu\u2019une fois les choses bien considérées nous en retirerons plusieurs avantages.D'abord, une salle idéale, offrant toutes les commodités, permettant le bruit, ce qui favorise l'entrain carabin qui ne demande qu'à être suscité.Quant au problèmé de transport, nous l'avons réglé.Nous avons aussi, cette année, obtenu la sanction des autorités d'une façon plus tangible que par les années passées, de sorte que les horaires et la discipline seront mieux observés.C\u2019est donc une campagne qui s'annonce éblouissante.PROGRAMME DE LA CLINIQUE 1 \u2014 Saignée à Poly le 19 et le 20 octobre.2 \u2014 Saignée au Centre Social du 23 au 27 octobre.3 \u2014 Lundi le 23 octobre à 12 h.15, ralliement carabin dans la cour d\u2019honneur de l\u2019Université.Rencontre avec le Recteur, les doyens et vice-doyens, des professeurs, de même que certaines personnalités politiques dont M.René Lévesque.Courte démonstration au Centre Social sous les yeux des caméras de Radio-Canada.4 \u2014 Vendredi le 27 octobre à S h., remise des trophées et couronnement de Miss Amélie.N'oublie pas ta boutcille.danser, chanter, SAIGNER.- .Viens au Centre t\u2019amuser, « Donc, rendez-vous a partir du 23 octobre et n\u2019oublie pas, \u2018Suis Gudule, donne tes globules\u2019.« Trophée \u201csang pour sang\u201d à la faculté ayant le plus haut niveau de saignée (ou les figures les plus pâles).Reprenons le trophée Birks cédé à McGill l\u2019an dernier. PAGE DEUX Te Teer ae amet LE QUARTIER LATIN Illogistne systématique Gratuité scolaire, assurance-hospitalisation, pensions et autres sécurités sociales semblent s\u2019adapter au climat québecois avec la même facilité que la culture des bananes.Les sociétés où la faim tient lieu de pain quotidien connaissent un brusque réveil et déversent le poids inquiétant de leur amertume sur la conscience des peuples riches.Là où le pauvre constitue l\u2019exception, on le considère comme un objet de curiosité personnelle et nationale.Aussitôt loiseau rare localisé, on l\u2019expose puis on le gâte.Chez nous \u201cl\u2019harmonieux équilibre\u201d réalisé entre pauvreté ct richesse a créé un état de fait où chacun des groupes ignore l\u2019autre; toute législation a pour but de consacrer le statu quo ct l\u2019on se tranquillise en psalmodiant un \u201cin medio stat virtus\u201d.Pourquoi nier un certain éveil chez plusieurs de nos dirigeants; on en trouve la preuve dans de récentes campagnes électorales basées sur les sécurités sociales.L\u2019application cependant se révèle laborieuse.Nous sommes prêts à pardonner certaines maladresses, à tolérer même un certain illogisme tant qu\u2019on voudra bien ne pas l\u2019ériger en système.Les sécurités sociales sont des éléments tirés de la doctrine socialiste; à moins qu\u2019on ne se réclame de la \u201cdoctrine sociale de PEglise\u201d, ce qui est aller de Montréal à New-York via Toronto.On veut humaniser, moraliser cette doctrine, ou plutôt cet état de fait, froidement économique, qui a nom capitalisme, On aspire aux fins, mais accepte-t-on d\u2019assumer les moyens ?Comment redistribuer les richesses sans d\u2019abord les prélever, et pourquoi le faire si on ne les administre pas ensuite?Un système de sécurité sociale n\u2019est pas une fédération d\u2019oeuvres charitables mais bien un organisme de justice sociale.Le peuple fait preuve d\u2019une sensibilité mal dirigée lorsqu\u2019il s\u2019oppose au principe des formalités et enquêtes qui précèdent aide et vension.Les gouvernants, d'autre part, font montre d\u2019illogisme dans le prélèvement des fonds et dans leur administration.Je ne vais pas démontrer que l\u2019illogisme est politiquement rentable, ce serait, dans \u201cPEtat du Québec\u201d, démontrer une évidence.Mais à long terme le peuple paiera pour n\u2019avoir pas ouvert les yeux.! Est-il logique d\u2019instaurer un plan d\u2019assurance- hospitalisation sans d\u2019abord s\u2019assurer des possibilités de financement et d\u2019administration ?Couper les budgets sous prétexte aue les administrateurs manquent de classe, est-ce solutionner le probleme ?Pourquoi confier Pargent du contribuable a des intéréts privés, laics ou communautaires qui l\u2019utiliseront à des fins non prévues ou pour acheter des compagnies de transport ?Le contribuable souscrit les fonds, il a un droit au moins indirect sur leur administration.Mécontents, les contribuables pourront manifester leur désapprobation au jour de scrutin.Vu leur petit nombre et le traitement peu alléchant, les excellents administrateurs au service du gouvernement risquent d\u2019être rares; le danger d\u2019une mauvaise administration pourrait cependant être diminué par l\u2019exigence de rapports publics des principales opérations.Le contribuable n\u2019a pas le droit d\u2019en exiger moins, Le problème le plus cuisant pour les gouvernants demeure celui des fonds.La tranche d'imposition directe réservée aux provinces est dans la pratique assez mince et le secteur des particuliers à peu près couvert.Une nouvelle diminution de l\u2019exemption de base scrait, sem- ble-t-il, accueillie froidement.It y aurait par contre avantage à reviser le champ de taxation des compagnies.Ces dernières déclarent que les bénéfices sont lilliputiens, que la moindre augmentation de taxes ou diminution des réserves cachées les précipiteraient dans l\u2019abîme.Il est quand même étrange que tant de capitalistes étrangers a:ent le goût morbide du désastre.Le peuple paiera en définitive, nous dit-on .souvent oui, mais pas automatiquement.Si le gouvernement hausse les taxes d\u2019une compagnie qui vient exploiter nos richesses naturelles, les exporter, et nous les revendre ensuite sous forme de produit fini, le prix du produit ne sera probablement pas plus élevé.Le principe de la concurrence joue et ce producteur aura à maintenir un prix compétitif face aux autres producteurs qui, puisant leur matière première hors de la province, n\u2019auront pas eu a subir cette hausse de taxes.Et il faudra y venir: les nationalisations.Tous les \u201cexperts\u201d clameront aue les compagnies nationalisées n\u2019accumulent que des dettes.Comment faire autrement si Pon s\u2019en tient aux idées que prônait ces jours derniers une importante compagnie d'électricité.Le seul champ d\u2019expansion proposé au secteur public est déficitaire.Logiquement, le gouvernement devrait exploiter à son profit les services publics; le \u201cdéficit\u201d des compagnies d\u2019électricité, pour un, garnirait agréablement les coffres, Expropriation, un mot dont les gouvernements ont peur et dont certaines compagnies craignent la réalisation.Par bonheur, d\u2019autres moyens s'offrent aux gouvernants pour recucillir les fonds.Lorsque, par exemple, le capital] étranger vient s\u2019établir chez nous, l\u2019Etat pourrait exiger une participation à l\u2019investissement, par mode direct ou par l\u2019entremise d\u2019une caisse d'investissement à large participation gouvernementaie.D\u2019ici peu, de nouvelles industries sont susceptibles de s\u2019implanter au Québec, la province pourrait y trouver à long terme une excellente source de fonds.Il serait aussi intéressant d\u2019examiner les possibilités d\u2019industries nouvelles qui permettraient d\u2019allier une production canadienne aux importations dans plusieurs secteurs du marché canadien.Tout ceci exigerait une commission d\u2019enquête; là on s\u2019y connait.La probabilité veut que le résultat de ces enquêtes tende étrangement vers zéro.Si tel est le cas, le gouvernement aura réussi à former en quelques années une formidable équipe d\u2019enquêteurs qu\u2019il saura céder à fort prix au 2° Bureau.Cette mesure, en plus d\u2019empêcher un second Cuba, fournira au Québec des fonds propres à financer des bourses universitaires.André Poirier d'a Première Bangue aw Canada pour les étudiants Commencer tôt à déposer est le premier pas vers le succès Les sous font les dollars Las économies les richards Et chaque semaine, sons être avore Létudiont qui veut arriver 0.la BdeM va déposer Banque bE MonTréaz NA HANOUF PO0R 2 MU LICNS DE CLONES EN RÉPONSE À L\u2019ATTACHÉ CULTUREL DE FRANCE Au moment où le Premier; Ministre inaugurait solennellement la Maison du Québec à Paris, le chanteur Yves Montand, de passage à Montréal en route pour New-York, croyait bon de présenter son spectacle en anglais.L\u2019on sait que la Maison du Québec à Paris a pour but de raffermir les relations économiques ct culturelles entre la France ct le Canada français.L\u2019on sait aussi l\u2019enthousiasme qu\u2019ont manifesté les dirigeants français et la presse parisienne lors de l\u2019ouverture de la Maison.Fort de toute ces données et choqué par ailleurs de l\u2019attitude de monsieur Montand le \u2018Quartier Latin\u2019\u2019 décidait d\u2019aller rencontrer monsieur l\u2019attaché culturel de France à Montréal pour lui demander quelques explications sur l\u2019attitude d\u2019Yves Montand.Monsieur Bernard reçut notre reporter très gentiment.Cependant sa grande politesse n\u2019excuse en rien ses déclarations.Somme toute, il nous a dit nos vérités.Il est vrai que nous respectons mal notre langue, que nous parvenons avec difficulté à la faire respecter par nos concitoyens de langue anglaise, que Montréal donne l\u2019allure d\u2019une ville anglaise, mais était-ce à monsieur l\u2019attaché culturel de nous le rappeler et de le souligner si manifestement ?A la rigueur il aurait pu le faire mais en admettant, ce qui ne fut pas fait, que l\u2019attitude de Mon- tand est blamable et inexplicable.Plutôt que de nous parler du respect dû aux minorités (nous serions curieux de savoir le Nouvelles: (responsable), êt.Correspondant à Laval: LE QUARTIER LATIN \u2014\u2014 journal bi-hebdomadaire de l\u2019Association Générale des Étudiants de l\u2019Université de Montréal Membre de la Presse Universitaire Canadienne et de Ia Corporation des Escholiers Griffonneurs Directeur: Jacques Girard Assistant-directeur: Bruno Verdon Rédacteur sn chef : André Poirier Comité éditorial: Louis Payette, Raymond Amyot, Michel Gouault, Pierre Lamy, Pierre Malépart, Stéphane Venne.France Demers (responsable), Rodrigue, Marie Thibault, Claire Landry.Travail: Roger David (res le), Hubert Pitre, Sonia Plourde.Education: Guy Lord (responsa- le), Laurent Bégin, Huguette Demers.Economique: Georges Dahmen, André Larochelle, Jacques Labrecque, Maurice Jodoin, Ernest Richard, Claude R.Duguay, Michel Paquin (responsable), Ares: Stéphane Venne rge_Grenier (co-responsable), André Brochu, Alice Bel- trami-Peeters, Guy Robert, Jean-Pierre Lefebvre (cinéma), Philippe Belle- humeur (peinture) Gauguet Larouche (sculpture), Henri Abran (théâtre).Sciences: Raymond Lafontaine (responsable), Lorne Bouchard (co-res- ponsable).Pierre Rivest, Claude Beaudry, Claude Morand ,Marius d'Am- se.Internationale: Pierre Hogue, France Sarazin, Claude Ricard, Gilles Michaud.Sports: Serge Legault.Correspondant agéumique: Jacques Théor Michel Stobin.Photographes: Daniel Fortrhomme, Paul Asselin.19 OCTOBRE 13; [3 nombre exact de personnes d'ex.& pression anglaise qui ont assisté au tour de chant Montand \u2014 qu\u2019il nous soit permis de le soupçonner infime) monsieur l\u2019attaché culturel aurait pu nous promettre d'intervenir et nous assurer qu\u2019on ferait le nécessaire pour que de telles incongruités ne se reproduisent plus.Rien de tel.Si l\u2019attitude de monsieur Mon- tand nous a choqués, sachez que la vôtre, monsieur l\u2019attaché cu À turel, nous choque davantage, Est-ce un défi?L\u2019on apprend qu\u2019il se passe des choses étranges à l\u2019Ecolc de Médecine Vétérinaire.Le directeur § semble se comporter de façon bi- § zarre.Pour lui, les étudiants semblent quantité négligeable B& S\u2019ils osent parler, on les menace À On passe des règlements dignes f& d\u2019une école primaire menée par des enseignants (car on ne peu malheureusement pas parler d\u2019éducateurs dans ces cas) à l\u2019esprit étroit.Pour monsieur le di- § recteur, l'association des étudiants de l\u2019école ne vaut guère de respect.Il l\u2019ignore ou la fait chanter.Faudrait-il que les étudiants re disent encore longtemps leur |g mépris justifié pour dc telles ¥ attitudes ?Faudra-t-il répéter tou fe jours que l'ère des petits dict- teurs est révolue?Faudra-ti surtout toujours menacer pour obtenir justice et la rcconnai- g sance de nos droits ?Si vous r& pondez dans l\u2019affirmative, mom sieur le directeur, le \u2018Quarter Latin\u2019 est prêt à relever le défi.Jacques Girard Réal Pelletier, Jean-Marie ennat.Caricaturistes: Cler, Publicité: Georges Lefebvre \u2014 RE.7-6561 Abonnement pour l\u2019année universitaire: $3.00 C.P.6128 \u2014 Local 707 \u2014 RE.8-9616 2222, ave Maplewood, Montréal 26.Imprimé par LA PATRIE ET L'AFRIQUE NOUVELLE Jusqu\u2019à la fin de la deuxième guerre mondiale, le problème de l\u2019éducation ne préoccupait que bien peu d\u2019Africains.Seuls quelques riches chefs noirs envoyaient leurs fils dans les grandes universités françaises ou anglaises.Les peuples africains noirs ne recevaient qu\u2019un enseignement élémentaire dans les écoles de missions, à moins de recevoir une bourse de la métropole ou encore d\u2019aller étudier dans des séminaires catholiques ou protestants.Nous pouvons constater aujourd\u2019hui que la majorité des chefs d\u2019états africains ont été formés dans les séminaires ou dans les écoles de missions.Mais depuis l\u2019accession à l\u2019autonomie des populations africaines, les métropoles françaises, anglaises, belges ou portugaises se sont efforcées de former les étudiants les plus prometteurs dans leurs universités à Paris, à Louvain ou à Oxford.La France pour sa part éduque dans ces universités plus de 10,000 jeunes Africains noirs malgré les violentes crises nationalistes et anticolonialistes dont elle fait l\u2019objet.Dans les dix-huit universités françaises cohabitent 30,000 étudiants africains et asiatiques au milieu des 225,000 universitaires français.Depuis l\u2019indépendance totale des pays africains, ex-colonies françaises, ceux-ci cherchent à prendre leurs distances vis-à-vis leur ancienne mère-patrie et pour ce envoyent plusieurs milliers d\u2019étudiants dans \u2018d\u2019autres pays de langue française, en Suisse, en Belgique et au Canada, Nous voyons, en effet, de nombreux camarades asiatiques et africains sur le campus, dont le français impeccable mérite l'admiration.Les dirigeants africains s\u2019efforcent de fonder leurs propres universités pour se suffire à eux- mêmes et surtout pour ne pas dépendre trop fortement de l\u2019extérieur.Nous avons pu le constater au récent congrès des universités de langue française à Montréal.Il existe aujourd\u2019hui sur les cinq continents près de soixante universités de langue française et plusieurs autres vont surgir d\u2019ici quelques années.Car chaque pays francophone, ils sont maintenant près de trente pays représentés à l'O.N.U., veut posséder son université et aussi parallèlement, son journal quotidien, sa radio et même sa propre télévision.Ces nouveaux pays tiennent absolument à s\u2019affirmer sur le plan international et l\u2019enseignement, l\u2019information deviennent de plus en plus les meilleurs moyens de propagande.Ainsi, ces jours derniers, un journaliste canadien-français partait pour le Togo dans le but de fonder un quotidien de langue française dans ce pays africain, Parmi ces nouvelles nations francophones, il en est une qui se modernise rapidement, mais sans trop de tapage, le Sénégal.Comptoir français depuis trois siècles, colonie d\u2019exploitation au dix-neuvième siècle, le Sénégal est devenu un état autonome dans 19-OCTOBRE 194, {A \u2014 pe le cadre de l\u2019Union Française çy bn 1946, souverain dans la Cop.i munauté en 1958 et indépe.dant en 1960 dans la Fédération du Mali.A l\u2019appel de son premier ministre Mamadou Dia, |, \u201c3 Sénégal s\u2019est retiré de cette fége.Lod ration quelques mois plus tard Son capital premier, c\u2019est 2,500.000 hommes et femmes dyn.miques, installés dans un pay ; de 76,000 milles carrés sur je © bords de l\u2019Atlantique.Avec l'ai : de des 50,000 Français du pays, et son président M.Léopold Senghor, le Sénégal s\u2019est doté de # toute une infrastructure pou Ë améliorer le sort du peuple, M.& me si 68% de la population rest analphabète, M.Senghor a pro Æ mis de scolariser entièrement le \\ pays en moins de dix ans.Pou ce, près de 9,000 professeur He 5 français enseignent à la popul- # tion.Le Sénégal fait l\u2019envie de se voisins parce qu\u2019il s\u2019est doté d'un puissant poste de radio, parce [£ qu\u2019il possède ses lycées moder- & nes, une capitale toute propre de 350,000 âmes, son propr i journal quotidien \u2018\u2018Dakar-Matin\u2019 #3 écrit en un français qui ferat [44 rougir notre \u2018\u2018Montréal-Matin\u2019 et surtout son université fondé depuis 1957.L\u2019Université de Dakar ave § cinq facultés : droit, pharmacie, médecine, sciences et lettres con #3 tient 1,500 étudiants et une cèn- \u20ac taine de professeurs africains et £ français.Les Sénégalais ayant Ë adopté le français comme langue J officielle ont tenu à garder lès mêmes critères que les univers: tés de France.Et le peuple du Ç Sénégal n\u2019en est pas peu fier.Un % parchemin d\u2019une ancienne colonie a la même valeur que celui del métropole.Déjà d\u2019autres pays francophones suivent l\u2019exempl Ë du Sénégal.Abedjan cn Cot Ed d\u2019Ivoire s\u2019est doté d\u2019une univer & sité, Madagascar, Guinée, Cambodge, Congo en font autant & § l'exemple devient contagieu dans toutes les nouvelles nations | francophones d\u2019Afrique et d'à E3 sie.Ces nouveaux pays lorsqu'i 3:3 seront dotés de leurs journaur EX leur radio, leur télévision et leu § université nationale, pourront à f quérir leur statut de nation adult D'ici là, de larges possibilité nous sont offertes à nous Canr diens d\u2019expression française, & coopérer au progrès de ces pas} et en même temps de notre cu ture française.Déjà 30 natior \u20ac francophones sont représentés ! £ l'O.N.U.3 150,000,000 de _person® parlent le français, disséminéé Ç sur les cinq continents.Nous Ç sommes désormais plus seuls dar cette lutte pour notre survivan® et notre épanouissement.Jean Ruest 5 Sciences politique & Tél.RE.8-1283 i Ru ASTOR |.Bière - Vins 5 Cuisi cane a Salle de réceptions x Air climatisé = 5666 COTE-DES-NEIGES 3e Fy 19 OCTOBRE 1961 Paysans, aussi rudes travailleurs que ripailleurs, femmes à # la Rubens aux charmes généreux et débordants, visages massifs, butés mais joviaux, plaisanteries lourdes comme la bière et les saucisses de porc, et, par dessus tout, une extraordinaire vigueur.Point de beauté, mais de la santé; point de finesse, mais des rires de géants.Tels sont les Flamands, tel est l\u2019esprit de \u2018\u2018Magie Rouge\u201d de Ghelderode, présenté à l\u2019Egrégore.: pa dep aiid Alber ch \u201cMagie Rouge\u201d est une farce A dans lc style du Moyen-Age.Les À caractères en portent l\u2019empreinte : ils sont taillés à coups de hache.Chacun représente un type conventionnel (moine, mendiant, A femme futée, etc .) plutôt qu\u2019un personnage réel avec toute la complexité qu\u2019il requiert.Il faut cependant excepter le personnage principal de Hiéronymus qui pré- \u201cMAGIE ROUGE\u201d sente une richesse peu- ordinaire.Tout au long de la pièce, on le voit raisonner, déraisonner, tantôt animé, tantôt abattu, et passer par toute la gamme des sentiments humains.Autre caractéristique de l\u2019esprit médiéval : l\u2019ambivalence au sujet de la religion et des moines.Crainte et moquerie alternent, se chevauchent selon les intérêts ou les humeurs.Sous un aspect loufoque, Ghelderode met en lumière la décadence des ecclésiastiques du temps, roublards, faisant bombance dès que l\u2019occasion s\u2019en présente, très jésuites (si l\u2019on me permet l\u2019anachronisme) dans leurs accommodations avec le Ciel.Certains critiques ont été choqués par la grossièreté de gestes et de langage.Il est certain que les traits d\u2019esprit sont lourds, voire triviaux, mais le rire est franc.L'humour flamand est tail- RESSORTIR TOUTES LES QUALITÉS DE LA BIÈRE LE QUARTIER LATIN \u2019 lé à la mesure de ce peuple: Le ton de Ghelderode s'apparente à celui de Rabelais par sa verdeur et son réalisme.Comme chez ce dernier, les apparences sont irrésistiblement bouffonnes: Mieux est de ris que de larmes écrire Pour ce que le rire est le propre de l\u2019homme.Mais si cette pièce a la forme de la farce, le contenu présente beaucoup d\u2019originalité.Non pas que l\u2019étude des personnages soit particulièrement poussée; en dehors du rôle principal, les personnages semblent plutôt des abstractions ou des caricatures.Mais c\u2019est là que réside l\u2019art de Ghelderode; s\u2019il n\u2019y à pas de psychologie interindividuelle, il y a une psychologie de situation.Seul le vieil avare, économe de nourriture, d\u2019attention pour sa femme qu\u2019il a laissée vierge, préoccupé du sort de son âme, semble vraiment vivant.Ce qui nous semble réel, c\u2019est sa vie intérieure et imaginaire : il fait semblant de manger mais se sent rassasié, il ne touche pas sa femme, mais lui donne un enfant .en peluche \u2026 Quand on lui annonce l\u2019arrivée d\u2019un alchimiste qui va faire de l\u2019or dans sa cave, il se trouve enrichi car même si cela est faux, il sera au moins enrichi d\u2019un rêve.Mais aussitôt après il se pense dupé : on le regarde, on l\u2019épie, on veut le voler.Cette pensée à peine émise, elle enflamme son imagination : les yeux sont partout, veulent le dénoncer à l\u2019Inquisition et il se voit déjà sur un bûcher mais, ce qui est plus grave, volé, 11 se retrouve bientôt l\u2019épée en main, tuant, pourfendant en imagination l\u2019alchimiste maudit à qui il doit tous ces malheurs.Ce personnage est riche en thèmes psychiatriques, il a le désir de pureté et d\u2019immobilité du schizophrène; puis il se montre franchement paranoïaque d\u2019abord dans un délire de persécution puis dans un délire de grandeur.Ses sautes d\u2019humeur sugge- rent fortement la démence ma- niaco-dépressive : tantôt il n\u2019est rien, ne boit pas, ne mange pas, se sent volé, méprisé, tantôt dressé sur son coffre d\u2019or il s\u2019imagine le maître du monde, achetant volcans et océans, payant Dieu et démons ainsi à son service.En fait, la complexité du personnage échappe à n\u2019importe quelle division arbitraire, psychologique ou autre.C\u2019est le monde de l\u2019imagination qui va droit devant soi ignorant les personnages de læ réalité.Pendant qu\u2019on lui vole son argent, qu\u2019on complote contre lui, qu\u2019on enlève sa femme, s\u2019entretue derrière son dos, l\u2019ac- a ee AE 8 cuse des meurtres qu\u2019il n\u2019a pas commis, maître Hiéronymus continue à crier aux cieux son immortalité .Sur le plan de la réalisation technique, ce spectacle n\u2019est- pas un des meilleurs que l\u2019Egrégore ait présenté.François Guillier dans le rôle principal est excellent.Il se tire avec brio de toutes les embiiches que présente un personnage de farce.Les écueils étaient de trop forcer la note ou, au contraire, de sombrer dans le genre comédie.Guillier les a évités avec succès.Il a même réussi à faire passer le long monologue du début, qui en soi est très peu théâtral.Le reste de la distribution est, hélas, beaucoup moins brillant.Le ton sans jamais être faux, semble trop souvent être celui d\u2019amateurs.Jean Doyon dans son double rôle de jeune premier et de magicien invincible est trop emporté, pas assez maî- PAGE CINQ tre de lui et l\u2019on comprend mal qu\u2019avec cet air de jeune freluquet, il réussisse à mettre Hiéro- nymus à ses pieds.Dans l\u2019ensemble, les personnages n\u2019ont pas la même expérience et le même talent que François, Guillier pour in éter ce genre très spécial et difficile qu\u2019est la farce.La mise en scène de Roland Laroche est bonne et, si l\u2019idée de faire par moments circuler les personnages dans la salle n\u2019a pas attiré l\u2019approbation de tous, elle n\u2019en demeure pas moins originale.Enfin, signalons la musique de scène de Jean-Marie Cloutier, à la fois mystérieuse et suggestive.En résumé, une pièce amusante, profonde même pour ceux qui ne se laisseront pas arrêter par certaines grossièretés, un spectacle qui vaut surtout par l\u2019interprétation très juste et très nuancée de François Guillier.Alice Beltrami-Peeters UN ORCHESTRE À L\u2019A.G.E.U.M.On en parlait depuis longtemps mais tout restait à l\u2019état de rêve; voilà tout de même qu\u2019on s\u2019est décidé à agir.enfin.L\u2019A.G.E.- U.M., consciente de ses responsabilités et soucieuse de développer, ou du moins d\u2019aider à développer les talents de ses membres, s\u2019est lancée dans une autre aventure: Celle de la formation d\u2019un orchestre de danse au scin de l\u2019université.Pourquoi un orchestre de danse ?D'abord, nous voulons donner à nos musiciens la possibilité de mettre leurs talents à profit.Et en second lieu, nous désirons en faire bénéficier toutes les facultés en mettant à leur disposition un orchestre pour leurs soirées dansantes.Pourquoi en effet faire venir à des prix exorbitants des orchestres de l\u2019extérieur quand nous avons au sein même de l\u2019université des richesses insoupçonnées en talents musicaux.D\u2019autre part, un groupe d\u2019instrumentistes bien formé serait-il moins important pour re- ptésenter l\u2019université qu\u2019une équipe de hockey ou autre ?L\u2019un et l\u2019autre nous semblent essentiels.L\u2019A.G.E.U.M.a montré de la bonne volonté \u2014 à toi maintenant de coopérer.Nous te demandons donc'à toi que le projet intéresse, et je dis bien intéresse, toi qui joue ou a déjà joué un instrument de musique (piano, saxophone, trompette, accordéon, batterie, trombone, guitare, scie, marteau, bombarde, cazou, tapeur du pied gauche, etc.) de bien vouloir te rendre au local 607, Centre Social, pour recevoir de plus amples détails à ce sujet.Tu es le principal concerné, et nous voulons profiter de ton expérience propre dans le domaine musical.Tes suggestions seront les bienvenues; il n\u2019en tient qu\u2019à toi que ceci soit un succès dont toute l\u2019université pourra être fière.(Si par malheur tu ne pouvais te rendre au rendez-vous et à l\u2019heure convenue, remets s\u2019il-te- plait une note à un confrère, qui s\u2019y rendra, inscris-y ton nom, ta faculté, le ou les instruments que tu joues, ainsi que ton numéro de téléphone.Ceci afin que l\u2019on puisse te contacter ultérieurement ct que tous aient chance égale.) N\u2019aie crainte parce que tu n\u2019es qu\u2019un amateur, on a besoin de toi, toi qui aime faire de la musique.L\u2019A.G.E.U.M.est pleine de bonnes intentions.\u2014 On t\u2019attend! LES DOUBLE-SIX \u201cImpossible! Vous n'y arriverez pas ! Vous risquez trop !\u201d .et voilà ce que Mimi Perrin devait entendre, il y à seulement deux ans.Aucune compagnie d'enregistrement, aucun studio ne voulait s\u2019engager.Bref, on ne croyait pas, mais alors pas du tout, à cette nouvelle aventure.Présentement, Mimi termine une tournée au Canada avec les Double-Six, qui eux ont cru dès le début à ce grand projet.Leur éblouissant succès, obtenu lors de la semaine du Festival de Jazz à Montréal, prouve combien leur entêtement était justifié.Aujour- d\u2019hui le public les acclame, les plus grands critiques de jazz n\u2019en disent que du bien: leur tenacité est récompensée ! Mais qui sont-ils ?Chaque membre des Double- Six faisait partie de groupes vocaux, on donnait des spectacles dans des\u2019 boîtes parisiennes.On y trouve d\u2019abord Mimi Perrin, la fondatrice des Double-Six, dont la flexibilité vocale nous épate.Monique Guerrin qui possède un régistre des plus étendus.Puis viennent Louis Aldebert, Claude Germain, Jean-Claude Briodin et Jacques Danjean qui font de ce sextuor un groupe incomparable ! suite à la page dix: nimi Sn AMS ibn. PAGE SIX Ce que pense l\u2019autre.Dans sa seconde livraison, le \u201cQuartier Latin\u201d publiait la nouvelle Charte de l'Association des Etudiants de l'Université de Montréal.Que celle-ci suscite de nombreux commentaires, rien de plus sain; au moins, l\u2019on s'y intéresse.Entre autres, l'article qui statuait sur les relations étu- diants-ouvriers en a stupéfait quelques-uns.Evidemment, il ne s'agit que d'une déclaration de principe.Est-ce à dire qu\u2019elle n'appelle aucune action concrète et que nous nous payerions de mots ?Songez, par exemple, a la demoiselle, trés sophistiquée, qui apprend qu'étudiant et ouvrier sont solidaires.A moins d'être totalement inconsciente, elle aura d\u2019abord un mouvement de recul.Quoiqu'extrême, sa réaction me semble normale pour quiconque n'a jamais renouvelé sa notion de l'ouvrier.Je ne parle pas ici de repenser notre conception de l\u2019ouvrier dans une optique faussement charitable, genre ouvrier, fils de saint Joseph.Non, j'entends une opération en profondeur, adulte; comment- rendre possible une action concertée de l'étudiant et de l\u2019ouvrier?Or celle-ci pose, avant tout, le problème de la coexistence d'êtres qui pensent et agissent très différemment.Je ne crois pas tellement à l'axiome: Fils de la terre, retourne ad la terre.Fils d'ouvrier ou non, l'étudiant s\u2019habilite à de nouvelles conditions d'existence LE QUARTIER LATIN La politique, ça ne se fai » e te EN RY pu 3 ba a I Cique semaine, en \u2018page syndicale, l\u2019on peut trouver les opinions émises par quelques étudiants sur le milieu ouvrier.Certains nous ont manifesté l'intérêt qu\u2019il y aurait à inverser les rôles.Ainsi, voulons-nous, dans ces pages, transmettre aussi fidèlement que possible le témoignage de l\u2019ouvrier.Dans pareil cas, les statistiques ne nous auraient été d\u2019aucun secours.Bean- coup plus fructueux pouvait être le simple fait de dégager les lignes de pensée essentielles.Tel est le but de ce modeste exposé.l\u2019our établir nos conclusions, nous nous sommes rendus à l'usine des BISCUITS DAVID et nous avons interrogé l\u2019ouvrier.Dans la mesure du possible, nous avons abandonné la formule rigide du pour laisser l'ouvrier s\u2019exprimer, liberté.Que l'ouvrier ait quelque chose à dire, nous en sommes La spontanéité de son presque désinvolte, eût tôt fait de nous faire oublier un langage un peu trop vif.Nous lui sommes presque reconnaissants de sa Sumiliarité, à peine cavalière, qui ne pouvait qu\u2019éveiller notre \u201cquestionnaire\u201d maintenant convaincus.sympathie.Un merci également au chef du personnel qui, malgré toutes les réticences que lui inspiraient si justement les collaborateurs en du \u201cQuartier Latin\u2019, nous a permis cette rencontre.Jean-Jacques Bussières toute témoignage, ~ LES RELATIONS ETUDIANTS-OUVRIERS: qui l\u2019éloignent de son milieu originel.C'est trop simplifier que de poser le problème en termes de reconnaissance filiale ou d'ingratitude.11 est naturel qu\u2019entre l'étudiant et l'ôuvrier, se dresse un mur.Naturel jusqu\u2019au jour où l'étudiant consentira à modifier personnellement les rapports existants.Alors seulement pourra se dissiper cette frontière qui enfermait chaque partie dans sa condition particulière.Très difficilement pourrions-nous admettre qu'un rapprochement étu- diant-ouvrier s\u2019inscrive logiquement dans la nature méme de leurs rapports.Par là, j'entends que, le seul fait que l'étudiant et l'ouvrier partagent.certaines \u2018situations\u2019, ne permet pas d\u2019inférer qu'ils soient solidatres.D'accord, chacun d'eux évolue à l'intérieur d'associations qui, à beaucoup d'égards, se ressemblent.Mais cette similitude, quelque peu artificielle, ne rejoint pas l\u2019étudiant au point de le presser à faire bloc avec l'ouvrier.Cette intimation pourrait éventuellement venir d'une situation précise qui nécessiterait une action concertée des deux groupes.Pour le moment, rien qui puisse assurer, en profondeur, ce rapprochement.Sur ce sujet, nous avons cru intéressant d'interroger l'ouvrier.Evidemment, le témoignage que nous reproduisons ici n\u2019a rien d\u2019exhaustif.Nous le voulons honnête, sans plus.En premier lieu, nous avons demandé à l\u2019ouvrier ce qu'il pensait de l'étudiant.Comme la question demeurait générale, elle laissait à chacun le privilège de l'aborder à sa façon.Pour les jeunes filles (nous en avons interrogées très peu, et pour cause.) la question semblait ambiguë.Généralement, elles se regardaient, se pomponnaient, rougissaient, frétillaient sur leur chaise et avec le plus candide des sourires nous avouaient: Ordinairement, als sont gentils.Pour celles qui n\u2019en connaissaient pas, le problème ne se posait même pas.Quant aux autres, si l\u2019on tient compte de la nature de leur jugement, il est peut être heureux qu\u2019elles n'aient rien élaboré! Les hommes étaient généralement plus explicites.Pour eux, la question (heureusement) ne se posait pas sous le même angle.Certains affirmèrent que l\u2019étudiant manquait généralement de sérieux.L'un d'eux apportait cette explication qui nous semble partiellement valable.Parce que, disait-il, l'étudiant prépare son avenir, l'immédiat ne se révèle à lui que de biais, en quelque sorte.Pour l'ouvrier, le problème diffère sensiblement: chaque semaine, il reçoit un salaire qu\u2019il doit utiliser afin d'assurer l'essentiel : le logement, la famille.Ainsi beaucoup plus tôt, l'ouvrier fait- il l'apprentissage des responsabilités; l'argent prend donc chez lui une valeur plus profonde.Dès lors, il est normal qu'il en arrive a placer I'argent au centre de ses préoccupations.Ceux qui ont lu Navel sur le \u2018sérieux ouvrier\u2019 y retrouvent ici une de ces thèses reprise par Friedman dans Où va le travail humain.Sans doute, est-il apparemment plus facile de jongler avec des concepts que de boucler un budget.D'ailleurs, on a l\u2019impression que la responsabilité n'est pas du même ordre.Celle de l'étudiant s\u2019évalue difficilement.À ce compte, l'on se sent moins lié; dans le domaine des idées, il est toujours possible de se rétracter.À supposer cependant, (je sais que l'exemple est extrême) qu\u2019à chacune de ses bêtises, l'étudiant doive effectuer un certain déboursé, peut- être réfléchirait-il davantage ?D'ailleurs, je ne crois pas que l\u2019on reprochait vraiment à l\u2019étudiant ce manque de sérieux occasionnel.Beaucoup plus volontiers, voulait-on le rattacher au caractère transitoire de sa condition.Pour d\u2019autres, l'étudiant était, en somme, un être \u2018dans l\u2019attente\u2019.Sans rien lui reprocher de précis, on l\u2019abordait avec méfiance.Derrière l'étudiant si affable des \u201c\u2018Soirs du Prêt d'Honneur\u201d perçait déjà le professionnel aux honoraires exorbitants.L'un d'eux posait le problème, avec une certaine causticité: Je doute que, dans quatre ans, tu soise intéressé à venir m'intervies Il ajoutait ne pas trop oe une sympathie étudi ouvriers.Pourtant, disait X serait souhaitable mais le vement doit venir d'en hau È le danger de ceci, c'est pig ment que l\u2019étudiant ait l'in sion de verir d'en haut et iff attitude réponde à un imp \u2018charitable\u2019 ou condescsf: Si l'ouvrier escompte l'actif l\u2019étudiant à l\u2019intérieur dusÿfé calisme, sans encore eff saisir les modalités, il par: collaboration.D'ailleurs, lof manifeste assez clairemeff* volonté de recruter ses che P ses propres rangs.Sur tS il s\u2019explique: l'épopée \u2018Ba ne l\u2019a pas trop \u2018emballé\u2019.13 à préciser que l\u2019ouvrie! E celui qui gagne sa vie, & WAR semaine.Somme toute, il nous¥ que l'ouvrier est assez P&S: sur les chances de rap ment.Peut-être, comme le mentionnait, que Face F massive des classes labonëR l'instruction pourra dévé un climat favorable ?mas\u2018 là, les différences n'en 4 tront pas.Et seule, l'accef de ces différences, profon*ÿ# enracinées dans la per\" K de chacun, saurait amor\u201c fe .EL collaboration effective.fu 3 LITIQUE: En interrogeant l\u2019ouvrier sur ÿ la politique, ses premières ré- £ ponses me surprirent.J'avoue que je m'attendais à quelque chose de très différent.Comme plu- # sieurs, j'avais l\u2019impression que pour l\u2019ouvrier, Ja politique représentait l\u2019espoir d\u2019échapper aux M injustices sociales.Par l\u2019impor- IR tance de son vote, il obligeait 8 ainsi le gouvernement à tenir # compte de ses requêtes, de ses # besoins.C\u2019était sur le caractère même de cet espoir que je m'\u2019illusionnais.Sana doute, l'ouvrier É croit-il à la politique, mais sa foi É inc semble s\u2019être sensiblement ÿ affadie.L\u2019on sent que tout n\u2019est a pas clair et qu\u2019il y persiste un ÿ certain malaise assez ambigu.S'il affirme quelque chose, inévitablement, il y ajoute un mais B qui tient plus a la restriction mentale qu\u2019a esprit de nuance.Ce mais d\u2019ailleurs n\u2019a rien de gratuit.Souvent même il s\u2019accompagne d\u2019une insistance qui & doit nous faire réfléchir.Nous sommes loin de cet \u2018emballement\u2019 qui caractérise le sentiment politique des Français.Nous sommes plutôt en présence d\u2019un certain désenchantement, celui # de l\u2019individu qui pressent son & impuissance devant un gouver- 8 nement omnipotent.Devant la ÿ Machine de l\u2019Etat, Fouvrier se Ë sent seul; davantage, l\u2019État lui R apparait comme un pouvoir dé- R sespéramment lointain, abstrait.# || parle de /es politiciens comme d'une clique d\u2019individus inter- ÿ changeables.Une réflexion comme celle-ci: Les chefs du Nouveau Parti, ce sont d\u2019anciens profiteurs #5 des partis traditionnels.11 y a de quoi être songeur.Beaucoup plus que d\u2019une ignorance des faits, cette affirmation porte l\u2019indice d\u2019un pessimisme que nous croyons symptômatique.À l\u2019origine de ce sentiment, il nous semble y avoir, chez l\u2019ouvrier, un certain scepticisme qui se serait enraciné.à la faveur de conditions poli- 9 tiques assez particulières.De @ prime abord cela nous semble assez paradoxal si l\u2019on songe que l\u2019ouvrier est celui qu\u2019affectent le plus directement les législations.Dès lors, comment expli- # Quer ce phénomène qui, à la limite, 3 prend la forme d\u2019une indifférence politique totale.Sita Chez les différents individns 3 due j'ai pu interroger, j'ai noté ÿ une phrase qui revenait fréquemment: La politique, c\u2019est du pareil \u2018u même, Or ceci me semble être beaucoup plus qu\u2019un slogan; Nous sommes en présence, ici, d'une attitude fondamentale.D'ailleurs, cette affirmation a l'avantage d\u2019éclairer Certains points obscurs.Lorsqu\u2019un individu en arrive à confondre les Partis politiques dans une complète indifférenciation, il y a quelque chose d\u2019anormal.Or ce Sentiment n\u2019a rien de spontané.| se rattache nécessairement à une expérience précise de la poli- f avec des rosaires .tique.Ici, il faut noter que la mentalité ouvriére, chez nous, ne semble pas s\u2019étre complétement remise des \u2018années sombres du duplessisme.Ce régime l\u2019a marquée trop profondément pour qu\u2019elle l\u2019oublie si facilement.Nous sentons assez nettement chez l\u2019ouvrier cette tendance à définir la politique à partir de cette expérience, encore récente.Il voudrait bien croire en l\u2019honnêteté politique, mais tout en lui l\u2019incite à une certaine modération.ce compte, on évite, au moins, la désillusion.Quand l\u2019ouvrier note que les changements politiques n\u2019apportent rien, il insiste sur la question des \u2018promesses\u2019.Il est très conscient que ce sont des choses qu\u2019il paie.A la longue, c\u2019est devenu, Suite a la page dix LE QUARTIER LATIN \u20ac PAGE SEPT L'OUVRIER ET LE NOUVEAU PARTI: C\u2019est-y l\u2019Union Nationale?Le Nouveau Parti veut s\u2019édifier sur une vaste base populaire.À s\u2019en tenir aux seules déclarations recucillies parmi les ouvriers, on devrait prononcer la faillite au moins locale de cette prétention.Nos informations furent cependant à ce point partielles qu\u2019elles ne nous autorisent pas à y déceler une signification de cet ordre, si réduite soit-elle.L\u2019extrapolation constitue ici une hypothèse qui tient de la devinette.Les réactions et commentaires enregistrés demandent pourtant réflexion.Les ouvriers interrogés igno- raicnt en quasi-totalité l\u2019existence du Nouvcau Parti, et aucun d\u2019eux ne connaissait le caractère distinctif de ses origines, de ses structures et de ses objectifs, Il est certain qu\u2019à Pé- chelle nationale, les syndicats, notamment ceux affiliés au C.T.C., ont apporté à la création du N.P.D.un concours matériel inestimable.Ce parti a d\u2019abord été conçu au Congrès d\u2019avril 1958 et le C.T.C.conjointement avec l\u2019ancienne C.C.F.en a assuré en grande partie la réalisation.Des unions ouvrières indépendantes y ont adhéré et la C.N.S.en a approuvé les principes généraux sans se décider toutefois à exercer son action politique par l\u2019entremise de cette nouvelle formation.Dans l\u2019ensemble, les groupements économiques des travailleurs canadiens ont donc été reliés à l\u2019organisation de cette force politique qu\u2019est le N.P.D.Les dirigeants syndicaux ont pris position : études, projets, amendements et résolutions se sont multipliés.Mais l\u2019ouvrier, lui?Comprenait-il le sens de l\u2019action entreprise au nom de la collectivité où il a place ?Le comprend- il?A cause de sa condition économique et sociale, Pouvrier comme tel est peu habilité à Ja réflexion et à l\u2019action concertée au-delà d\u2019indicatifs restreints, telles les négociations de contrats visant simplement à de mesquines augmentations de salaires nécessaires dans l\u2019immédiat mais incapables de régler le véritable problème ouvrier.On ne saurait attendre de Pouvrier une dialectique rigoureuse et nuancée, a aise dans les complexes problèmes législatifs et familière avec les rouages d\u2019une économie nationale diversifiée.Le N.P.D.affronte une tâche éducative qu\u2019il ne peut se permettre de négliger sans se condamner aux tactiques.d\u2019une propagande obscurantiste.Le souci d\u2019agir dans les cadres de la démocratie entraîne l\u2019obligation de renseigner et de consulter les membres d\u2019un groupement politique.La préparation du congrès de fondation n\u2019y a pas manqué, nous assure-t-on.' L\u2019ouvrier, souvent désabusé, peu intéressé aux perspectives théoriques, a-t-il été sensible au mouvement et s\u2019y est-il incorporé comme individu?Il est trop tot pour répondre, le N.P.D.n\u2019ayant pas encore terminé sa première croissance.Pour réussir ce que nul n\u2019a accompli, il lui faudrait persuader les ouvriers de faire bloc autour d\u2019un parti dont ils connaîtraient et par- tagernient Porientation, N\u2019oublions pas que, sur le plan politique, le plus particulier est le plus accessible à l\u2019esprit moyen.Mais les revendications individuelles et les aspirations communes restent inefficaces et disper- \u2018 sées tant qu\u2019une planification consciente et réaliste n\u2019est pas adoptée.Par elle se régularisent les forces d\u2019une masse et d\u2019un groupe social.Le N.P.D.propose encore plus.Il se présente comme l\u2019instrument par lequel puisse enfin s\u2019opérer la fusion des classes au service du pays tout entier.El fait appel aux professionnels, à la C.C.F., aux agriculteurs, autant qu'aux organismes syndicaux.On ne change pas en quelques années un état de choses qui s\u2019enracine dans les profondeurs des milieux sociaux et l\u2019ouvrier m'est pas encore libéré de ces limitations différentielles.II ne réalise pas comme être d\u2019intersub- jectivité et de communauté globale.Enfermé dans les horizons étroits que lui impose son travail, confronté avec des difficultés ad hoc et dépassé par Pampleur des entreprises nationales, Pou- vrier ne peut élucider les rapports des forces ambiantes que par des prises de conscience dont Ia lenteur est le.propre.L\u2019individu réagit primitivement selon les sollicitations de ses intérêts psychologiques et matériels.Lès discriminations sont alors absolues et les alliances successives soi-disant éternelles.Quand tout se tranche par un \u2018oui\u2019 ou par un \u2018nom\u2019, l\u2019exacte appréciation des besoins et des pouvoirs ne se fait plus ou ne se fait pas encore.Le partage et la coopération sont le lot d\u2019une population parvenue à l\u2019intégration de ses éléments.Le N.P.D.tente actuellement de rapprocher ouvrier ou non-ouvrier dans un engagement politique dont les objectifs déclarés sont d'ordre universel, El semble illusoire à un rapide et radical bouleversement des rapports au sein de la société canadienne.Au fait, cest à reviser toute son attitude politique que le N.P.D.va peut-être obliger Pou- vrier.En établissant une formule pour réunir dans une même unité politique des personnes et des organismes n\u2019ayant pour seul dénominateur commun que leur intention de réajuster la société selon un ordre conçu comme plus juste et plus rationnel, ce parti demande aux ouvriers de se dépasser eux-mêmes, Ils ont à distinguer leur action politique de leurs institutions économiques.Cela suppose une compréhension et des structures nouvelles.Le N.P.D.affirme les offrir et les procurer,- Mais beaucoup d\u2019ouvriers wen ont pas encore une idée précise.Dans ces conditions, il ne convient pas encore de parler d'engagement politique de la masse ouvrière comme telle.JACQUES LEFÈVRE PAGE HUIT KCOMANGE © ANAIDIENSOFRANEAIS LE QUARTIER LATIN Ceci signifie, je crois, que le courage n\u2019est pas encore passé dans la réalité canadienne-française; et l\u2019auteur qui réussira à faire vivre mime re 19 OCTOBRE 194, \u2014 ?C'est sur cette pensée exaltante que nous terminons.La semaine prochaine, pour des raisons d'or.GÉRARD BESSETTE \u2014 fin Nous avions annoncé, la semaine dernière, que nous parlerions aujourd\u2019hui d\u2019engagement (Olé.) Il nous semble que c'est une façon décente de conclure la présente série d\u2019articles, étant donné que la Bagarre, le Libraire et les Pédagogues renvoient tous, directement ou indirectement, à une attitude d\u2019engagement; attitude dont nous essaierons maintenant d'approfondir la nature.Notons tout de suite qu\u2019il ne faut pas confondre engagement humain et engagement social \u2014 celui de l'écrivain par exemple.L\u2019engagement humain débouche sur l\u2019engagement social, car l\u2019homme vit en société, qu\u2019il le veuille ou non, et son attitude d'acceptation ou de refus est valorisée par le milieu dont il fait partie.De ce fait, il est solidaire et responsable de toutes les injustices sociales, et son engagement consistera avant tout à lutter pour les droits de la liberté.C\u2019est en travaillant à la libération de tous les hommes qu\u2019il travaillera à la sienne propre, et non en s\u2019enfermant dans un individualisme confortable et infantile.Par contre, on peut très bien prêcher le rapprochement entre ouvriers et intellectuels et le faire d\u2019une façon adolescente, Si l\u2019engagement humain mène à l\u2019engagement social, certaines formes d'engagement social n\u2019impliquent pas nécessairement un engagement humain.D\u2019où la confusion qui régnait autour du mot \u2018\u2018engagement\u201d lors de la récente Rencontre des écrivains à St-Sauveur.Le débat portait sur la question de la responsabilité de l'écrivain dans la société.Il est sûr que l\u2019écrivain a des responsabilités devant les hommes, mais c\u2019est avant tout parce qu\u2019il est un homme.En tant qu\u2019écrivain, il doit CONVO JU.NUM.Tous les UNION NATIONALE Re: Élections JEUDI, 19 OCTOBRE À 8 H.P.M.* au CLUB RENAISSANCE 384 ouest, Sherbrooke - Montréal par André Brochu \u201cs'engager\u201d à défendre les droits essentiels de l'individu, qui découlent du droit fondamental de tout être humain à la liberté; il se dressera donc contre les injustices, les oppressions, les mythes, les tabous, etc.Cependant, il y a divers moyens d\u2019agir sur une situation: il y a des moyens politiques, économiques, culturels, etc.Un romancier qui décrit une injustice, sans la dénoncer explicitement, est engagé en ce sens qu\u2019il fait prendre conscience au lecteur de ses responsabilités comme homme.Ce qui importe pour lui, c\u2019est d\u2019agir sur la sensibilité beaucoup plus que sur la raison du lecteur, et d'orienter cette sensibilité dans le sens de l\u2019honnêteté et de la vérité.Lorsque Sartre écrivit les Mouches, il le fit pour apporter une réponse aux problèmes de la France sous l\u2019Occupation, et pourtant pas un Allemand ne figure dans la pièce.On ne demande donc pas au romancier d\u2019écrire des romans à thèse; on lui demande de faire oeuvre d\u2019homme, c\u2019est tout.Et c\u2019est ce que fait Bessette dans ses romans.(Le lecteur: \u2018Tiens ! .Je croyais qu\u2019il l\u2019avait oublié, celui-là !\u201d), Quand il oppose l\u2019attitude virile, courageuse de Sarto Pellerin à l\u2019attitude veule d\u2019Yves Lambert, c\u2019est une leçon de maturité qu\u2019il nous donne.Pellerin et Lebeuf s\u2019engagent dans la lutte syndicale, mais ils s'engagent d\u2019abord comme.hommes.En d\u2019autres termes, leur action humaine prend la forme d\u2019une action syndicale, mais vaut d\u2019abord comme humaine.(Alors que, par exemple, dans l\u2019Appel de la race, du chanoine Lionel Groulx, l\u2019\u201cengagement\u201d nationaliste est beaucoup plus important que la dimension hu- -maine du héros; l\u2019homme se défi- nit en fonction de l\u2019idée, et non CATION étudiants l\u2019idée en fonction de l\u2019homme; cela fait un univers désincarné, idéaliste \u2014 et un très mauvais roman.) Bon.Parlons maintenant littérature.Jusqu'ici nous nous sommes attachés surtout à dégager la signification de l\u2019oœeuvre de Bessette.Mais il convient aussi d'en indiquer les défauts (car elle en a), et de le faire dans une optique positive.C\u2019est-à-dire qu\u2019il importe davantage de les expliquer que de les condamner sans plus.On remarque que les personnages qui \u2018représentent\u2019 le plus leur auteur, Jules Lebeuf et Sarto Pellerin, sont les moins bien réussis, du point de vue littérature.Augustin Sillery, Hervé Jodoin, Yves Lambert et toutes les \u2018\u2018marionnettes\u201d sont décrits avec une grande maîtrise.Et la perfection du Libraire vient sans doute de ce qu\u2019aucun de ses personnages ne renvoie directement à l\u2019auteur.Peut-on parler d\u2019une impuissance de Bessette à transposer suffisamment l\u2019attitude d\u2019engagement qu\u2019il veut décrire ?Je crois que le problème est plus profond.C\u2019est que ici, au Canada-français, il n\u2019y a pas encore de tradition de l\u2019engagement, de l\u201d\u201chéroïsme\u201d.Notre peuple est actuellement en passe de liquider ses complexes adolescents, et d\u2019accéder à une mentalité adulte.Mais celle-ci constitue un phénomène tout à fait nouveau, encore inexploré, à découvrir, et cela explique, je crois, que les \u201cadultes\u201d de Bessette se définissent, pour ainsi dire, négativement.C'est-à-dire\u2019 que Lebeuf ne prend sa vraie signification que si on l\u2019oppose à Sillery, et c\u2019est ce dernier qui confère une existence à Lebeuf.Car Sillery en soi existe, comme personnage de roman, tandis que Lebeuf en soi ne réussirait pas à commander l'intérêt.De même pour Sarto Pellerin et Yves Lambert.Les personnages secondaires des Pédagogues vivent beaucoup plus que le héros.Et le Libraire est une grande oeuvre parce que c\u2019est un personnage vivant, de la race des Sillery, qui en est le narrateur.Un phénomène analogue se présente chez un autre de nos grands écrivains, Yves Thériault.Ses héros, il va les chercher chez les Juifs (Aaron), chez les Esquimaux (Agaguk) et chez les Indiens (Ashini), mais jamais chez les Canadiens français.Le Victor Debreux de Cul-de-sac est un lâche .Thériault lui-même prétend qu\u2019il ne se sent pas encore en mesure de camper un héros qui soit emprunté à notre milieu.dre vital, nous laisserons un court | répit aux vaillants lecteurs dy \u201cQuartier Latin\u201d et nous reviep.drons dans deux semaines, plus allègre que jamais, avec un premier article sur Yves Thériault une âme ou une pensée adulte qui soit authentiquement nôtre jouera le même rôle, pour notre peuple, que celui que Pouchkine a joué en Russie, alors qu\u2019il définissait l'essence même du génie russe.André Brochu LISTE DES PRINCIPAUX BOURSIERS À L\u2019UNIVERSITÉ Le comité des Bourses de l\u2019Université de Montréal est heureux de publier la liste de ses principaux boursiers pour l\u2019année \u201861-\u201862: Bourses General Motors ~MM.Raymond Calvert.Médecine 1 Yves Dulude.Sciences sociales [ Pierre Robillard.Médecine I Bourse International Nickel Co.M.Marcel Gilbert.Sciences II 3 Bourse du Woman's Canadian Club Be Mlle Francine Tremblay Philosophie \u2014 Licence Bourses Steel Co.of Canada, Limited ps MM.Rodrigue Tremblay.Sciences Sociales II Donald Bouffart.Sciences Sociales | ' Bourses Union Carbide 1d i MM.Georges Jakimow.Sciences II LucDemers.Sciences II Serge Vincelette.Sciences Sociales III Bourse de la Cie de Papier Rolland Limitée 5 M.Roger-Pierre Lafleur Polytechnique Il kg: Bourse offerte à un étudiant acadien p M.Laurier Essiembre.Chirurgie dentaire IV Bourse Consolidated Paper Corp.M.Fernand Gauthier .,\u2026.H.E.C.1l Outre ces principales bourses qui sont octroyées au mérite des dos.À siers académiques, plusieurs autres organismes, firmes, clubs, entre § prises ont mis des sommes à la dispositions du Comité des Bourses de l'Université de Montréal comme par les années passées.Une nécessité pour toute université des temps modernes, le Comité des Bourses répond à des besoins toujours grandissants; cette mission À il ne saurait la remplir sans la collaboration étroite de la Société que H ace 0 0810.5000 cette même Université ont appelée à desservir.x œ REGAIN DE\" | FRAÎCHEUR | Oui, avec Cake y a d\u2019la joie! C\u2019est \u2018\u2018toujours danse et toujours rit\u201d grâce à la joyeuse détente que procure le Coca-Cola piquant et froid! Demandez \u2018\u2019Coke\u2019\u2019 ou \u2018Coca-Cola\u2019.Les Geux marques identifient le produit de Coca-Cola Ltée, le breuvage pétillant préféré dans le monde entier, 19 OCTOBRE-1961 LA RADIO Après avoir assisté à une conférence donnée par le docteur Joseph Sternberg, professeur 4 d'hygiène nucléaire, sur la pro- ection contre la radioactivité, nous avons voulu le rencontrer afin d'obtenir plus de détails sur # ce sujet tant à la mode.Aussi nous a-t-il reçus dans son labo- À ratoire exigu et encombré à l\u2019Institut de Microbiologie de l\u2019Uni- #2 versité.Là, nous nous sommes retrouvés devant cet homme af- Fable pour découvrir qu\u2019il était une des grands savants dans le domaine de la biologie et de l\u2019hygiène nucléaire, qu\u2019il jouissait 8 d'un prestige international et qu\u2019il était associé dans ses recherches aux grandes sommités scientifi- @# ques.Il fut même invité il y a quelques années à présenter à l'Université d\u2019Oxford, les recherches qu\u2019on poursuivait à l\u2019Institut de Microbiologie sur l\u2019irradiation des microbes.ma Perspectives grandioses Par lui, nous avons découvert ou plus justement entrevu ce @ monde prestigieux de la radioactivité, Le docteur Sternberg nous prédit que la radioactivité nous ouvrira autant d\u2019horizons ÿ nouveaux que l\u2019électricité le fit * pour nos grands-pères, Rappelons 2 commairement que la radioactivité est ce phénomène d\u2019une transformation de l\u2019atome d\u2019un élé- ä ment par désagrégation et d\u2019une -ACTIVITÉ AU SERVICE DE LA VIE émission de radiations (alpha, bê- ta et gamma).Cette émission s'accompagne d\u2019une grande libération d\u2019énergie (selon la formule d\u2019Einstein E=me 2; \u201cE\u201d étant l\u2019énergie libérée, \u201cm\u201d\u2019 la masse de matière et \u201cc\u201d la vitesse de la lumière 300,000 km./sec.).Tous nous savons quel monstrueux pouvoir destructeur l\u2019homme a su en tirer, mais peut-être igno- rons-nous tous les services que la radioactivité peut nous rendre.Envisagées sous cet aspect beaucoup plus vaste, l\u2019énergie nucléaire et la radioactivité sont de loin beaucoup plus intéressantes que le cas particulier des retombées radioactives.Devant nous se révèlent des perspectives grandioses à la mesure des génies et de l\u2019univers.Si nous considérons l\u2019ampleur que prend le développement de la race humaine, nous ne pouvons que souhaiter des serviteurs et des instruments à la hauteur de la tâche que sera dans moins d'un siècle la survivance de plus de trois milliards d\u2019hommes.Sans doute une guerre nucléaire solu- tionnerait-elle pour une bonne part les problèmes de surpopulation, mais il n\u2019y a rien là, je crois, dont nous puissions être fiers.Au contraire, face aux perspectives que nous ouvre l\u2019utilisation intelligente de la radioactivité, nous trouverons un domaine LE QUARTIER LATIN (H2504) Ce H aNvO1É S$ X plus digne de l\u2019activité humaine.Et remarquons que ce n\u2019est point là une question susceptible d\u2019intéresser seulement les physiciens; la radioactivité est sur le point d\u2019envahir fous les domaines de l\u2019activité humaine.La radioactivité ct le vivant Dans les domaines de la biologie, de la médecine et de l\u2019hy- gitne; les nouvelles techniques thérapeutiques utilisant la radioactivité nous permettent les plus grands espoirs.Le docteur Stern- berg poursuit personnellement des recherches sur les effets de la radioactivité sur la naissance.Il est de plus un des pionniers dans le domaine de l\u2019irradiation des microbes afin de pouvoir suivre leur mouvement à l\u2019intérieur d\u2019un organisme.Notons ici que les radiations s\u2019attaquent directement aux cellules des vivants et amènent leur dégénérescence de l\u2019acide disoxy- ribonudéique (D.N.A.).Elles agissent également sur les gênes, sur les fonctions de transmission SCOTT HH 0 oo | | 0 TITT CALENDRIER UNIVERSITAIRE VENDREDI 20 OCTOBRE Danse des Sciences Sociales, cafétéria Se étage, Centre Social SAMEDI 21 OCTOBRE Danse Miss Thémis (Droit), Grand Salon \u2014 Centre Social DU 23 AU 27 OCTOBRE Campagne de Sang \u2014 Grand Salon du Centre Social JEUDI 26 OCTOBRE Concert Léveillée en l\u2019Auditorium de l\u2019U.de M.8 h.30 p.m.\u2014 $1.25 et $1.00 Dites des LS es CRE ' Olasyehis, 414 ous pla LA PLUS DOUCE, LA PLUS SAVOUREUSE de la vie et sur l\u2019hérédité.L\u2019irradiation, i.e.l'absorption d\u2019une certaine quantité de radiations produit des mutations; transformations importantes, désordonnées et héréditaires.Elles peuvent engendrer des races de monstres, de crétins, etc.La radioactivité et la surpopulation Il est de plus en plus souvent question de la surpopulation qui menace le monde.La terre est très vaste, mais la majeure partie de son étendue est inutilisable et incultivable.Bien plus, à leur rendement actuel, les terres cultivées ne pourront bientôt plus nourrir tout le monde.Aussi certains chercheurs tentent-ils d\u2019accélérer les mutations par l\u2019irradiation afin de mettre au point des espèces de céréales ou de fruits qui pousseraient de 100 à 500 fois plus rapidement.Ce seraient là des monstres sans doute, mais des monstres très utiles.Un des plus étonnants aspects de la radioactivité est sûrement l\u2019énergie considérable qu\u2019elle peut libérer.Sa domestication fournira à l\u2019homme un instrument d\u2019une puissance inimaginable.On dit même que les Russes rêvent de faire fondre la calotte polaire.Cette puissance permettra à l\u2019homme de mettre plus rapidement et plus efficacement à son service les mers, les déserts, et tous ces endroits qu'il n\u2019a presque pas exploités.L'énergie nucléaire peut être produite n\u2019importe où beaucoup plus facilement que les autres (houille, pétrole, hydroélectrique), puisque les atomes sont une chose assez répandue dans le monde.La forme la plus employée actuellement est l\u2019énergie thermo-nucléai- re, qui est produite par la scission de l\u2019atomec.Lorsque se scinde un atome, se produit une perte de masse qui se traduit par une libération considérable d\u2019énergie.Celle-ci naturellement se dégrade en énergie calorifique.On la conserve alors en vase clos pour la transformer selon les besoins en énergie mécanique, électrique ou autre.Enfin la pile atomique est employée dans plusieurs domaines.Une de ces piles peut alimenter durant plusieurs années toutes les installations électroniques d\u2019une station de radar dans l\u2019Arctique et en même \u2018temps maintenir la température de cette station à 70° F.© Imagination du chercheur, seule limite Le docteur Sternberg nous signalait que tous devront bientôt compter avec la radioactivité.Citons encore ses applications en hygiène vétérinaire nucléaire, en biologie.et en botanique par ses| eflets sur les organismes vivants; en pharmacie par l\u2019utilisation des médicaments radioactifs; en chimie pour la création de polyme- res plus résistants en vue d\u2019améliorer la qualité des fibres synthétiques.L\u2019ingénieur et l\u2019architecte utiliseront les effets de I'irradiation sur la résistance des matériaux et devront nous fournir un logement convenable à notre cohabitation avec l'énergie nucléaire.Que l\u2019on pense enfin aux conséquences juridiques et morales du travail dans une usine atomique, des malformations qui peuvent survenir et de tous les nouveaux incidents qu\u2019engendrera la domestication d\u2019une telle puissance.Quelques réflexions personnelles Si nous avons été émerveillées par la puissance du sujet et la compétence du docteur Sternberg, nous nous sommes retrouvés déçus à la suite de cette rencontre.Déçus de voir le peu de cas que semble faire notre Université de la recherche et de l\u2019enseignement touchant la radioactivité.Devons- nous toujours être à l\u2019arrière- garde dans tous les domaines de l\u2019activité intellectuelle.On est en droit de le penser quand on voit des hommes de science de renommée internationale relégués dans des laboratoires nettement insuffisants.(Nous avons fait cet interview presqu\u2019assis sur une bonbonne d\u2019oxygène.) McGill possède un cyclotron, Hamilton une pile atomique, et nous ?.Puisque l\u2019Université compte dans ses cadres de tels hommes pourquoi ne les met-elle pas davantage à la disposition du plus grand nombre possible d\u2019entre nous par des cours, des conférences et des laboratoires qui feraient de Montréal un des principaux centres d\u2019étude sur la radioactivité et ses applications.Signalons au moins une timide tentative : les cours que donne encore cette année le docteur Sternberg dans le cadre des Cours d\u2019Extension sur : \u201cBiologie, médecine et hygiène nucléaire\u201d.Claude Beaudry Guy Bertrand A VOTRE SERVICE CANADIENNE o® - 0 ©, PAGE DIX La politique, ça ne se fait pas.suite de la page sept chez lui, une équation fondamentale de son sentiment politique: la politique, ce sont des promesses.A cet égard, il faut l\u2019entendre s\u2019exprimer sur l'idéologie politique de nos partis actuels.D'abord il est catégorique; ça ne l\u2019intéresse pas du tout.Certains mêmes semblent y flairer un piège.Un peu comme s\u2019il ne s\u2019agissait que d\u2019une façade destinée à se mieux payer leur tête.L\u2019ouvrier est beaucoup plus conscient que beaucoup le supposent.À l\u2019entendre s\u2019exprimer sur l\u2019idéologie, on mesure l'effet qu\u2019a produit, chez lui, les vicilles obsessions de l\u2019autonomie provinciale.Du verbiage électoral, on lui en a assez servi; aujourd\u2019hui il réclame des faits.A l\u2019égard de Daniel Johnson, l\u2019on retrouve la même réticence.Pour eux, l\u2019affaire sentait la politique, donc une certaine corruption.À propos du Congrès de l\u2019U,N., l\u2019un d\u2019eux me disait: Comment expliquer que Johnson ait consenti à payer 200,000 dollars un titre qui, au mieux, lui en rapportera 10,000 par année ?Et il me suggérait lui-même la réponse: Il n'y a qu'une explication; c\u2019est que Johnson sait qu'il va pouvoir se rembourser, un jour.Le raisonnement est peut-être simpliste, mais il me semble lucide.Si l\u2019ouvrier accepte la corruption politique, il n\u2019en espère pas moins sa disparition.Mais, il n\u2019y croit pas tellement.A son dire, le gouvernement actuel ne représente pas un changement radical de notre contexte politique.Il a généralement l\u2019impression qu\u2019avec le temps, les mêmes vices renaîtront.Toutefois, même en matière politique, l\u2019ouvrier a ses héros.S\u2019il ne croit pas en l\u2019honnêteté de nos hommes politiques, il admet une exception, René Lévesque.Il était amusant d\u2019entendre chacun s\u2019exprimer sur Lévesque.De l\u2019avis général, il s\u2019agissait d\u2019un \u2018intellectuel\u2019.Certains ajoutaient même que, forcément, ce devait être un idéaliste qui tout en connaissant bien les théories complexes, manquait d\u2019un certain contact avec la réalité.D'ailleurs, à son avis, notre politique gagnerait à devenir plus hétérogène.A ce qu\u2019il appelle d\u2019un terme générique /es politiciens, il voudrait que s\u2019ajoute un fort contingent d\u2019intellectuels et d\u2019ouvriers.L\u2019ouvrier croit mériter ses propres représentants à l\u2019Assemblée Législative.Quant aux intellectuels, il a en tête un certain type d\u2019hommes, aussi près du peuple que René Lévesque.Pour ces gens, René Lévesque évoque beaucoup plus qu\u2019un Premier ministre.Il est cet espoir d\u2019un renouveau possible.Cet espoir rejoint d\u2019ailleurs un besoin urgent de notre politique.celui de se \u2018personnaliser\u2019.Il est assez significatif que l\u2019ouvrier manifeste plus d\u2019intérêt dans la politique municipale.Parce que celle-ci est plus près de lui, elle le touche davantage.Certains diront qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un résidu d\u2019esprit de clocher.Peut-être ont-ils raison.Cependant, rien ne serait changé aux données du problème.Avant d'espérer voir l'ouvrier s\u2019élever aux problèmes plus universels.il est essentiel qu\u2019il commence par agir concrètement dans un secteur plus limité.D'ailleurs = nécessité d\u2019un leadership restreint, en relation directe avec l\u2019ouvrier nous apparaît évidente.Déjà, elle semble se concrétiser.A l\u2019intérieur même d\u2019une usine, il est possible de déceler des meneurs d\u2019opinion qui agissent sur le groupe.Ceci est essentiel et bénéfique.Dès lors beaucoup d\u2019espoirs nous sont permis quant au rôle éventuel de ces meneurs.Evidemment ce n\u2019est pas à ce palier que surgiront les controverses idéologiques.Il s\u2019agit plutôt du milieu par excellence où, par la querelle des opinions, il est possible d'espérer de l\u2019ouvrier un intérêt croissant pour la politique.C\u2019est un fait que les problèmes fondamentaux de \u201cséparatisme\u2019, de \u201cplanification économique\u201d n\u2019atteignent pas l\u2019ouvrier.Elles n\u2019ont pas sur sa vie d\u2019incidence personnelle.Pour que change cette situation, il faudrait que l\u2019ouvrier s\u2019intéresse davantage aux journaux.Et ceci viendra, d\u2019un intérêt croissant pour la politique.Dans ce texte, peut-être a-t-on observé que jamais nous n\u2019avons fait mention de l\u2019ouvrière.11 ne s\u2019agit pas d\u2019une mauvaise volonté de notre part.Simplement, nous avons dû constater que sur toutes ces questions, la femme ne connaissait rien.Pour la première fois de notre vie, nous avons eu l\u2019impression que la femme savait se taire.Roger David LE QUARTIER LATIN LES Tous sont, en musique, des lecteurs a vue de première classe Un jour Mimi Perrin, qui avait entendu les chanteurs américains Lambert, Hendricks et Ross donner une interprétation vocale des pièces de jazz de Count Basie, se demandait ce qu\u2019elle pourrait faire, avec un groupe de voix plus nombreux.C\u2019était là naturellement entreprendre un travail indescriptible.H lui fallait d'abord trouver des gens qui croiraient en elle et en son rêve.Elle fit part de ses nouvelles idées à des amis.Les \u201ccinq\u201d qui répondirent à l'appel, ont fait du rêve de Mimi une réalité ! En 1959, le groupe était fondé.Un ami de mademoiselle Perrin qui, à ce moment-là, fondait sa propre compagnie d\u2019enregistrement, ouvrit aux Double-Six, la porte de ses studios.Il n\u2019eut d\u2019ailleurs jamais à le regretter.Ces jeunes gens passaient désormais la majeure partie de leur temps en répétition.Le soir, chacun de son côté, ils continuaient à donner des spectacles: bien sûr, on ne vit pas de \u201csol\u201d fège et \u201cdo\u201d fraîche ! D'autant plus que cinq d'entre d'eux sont mariés ! suite de la page cinq Quelle est leur façon de procéder ?.| On choisit un arrangement pour orchestre, par exemple un arrangement de Count Basie, dont les partitions sont naturellement écrites pour instruments.Alors on se distribue ces partitions, et chacun travaille à imiter l'instrument qu\u2019il représente.Et cela en respectant même la tonalité dans laquelle l\u2019arrangement fut écrit.Pendant ce temps, Mimi Perrin travaille aux paroles de la chanson, qui sont d'une importance primordiale.Elle doit rendre avec des mots, la sonorité de chaque instrument, tout en donnant un sens à ses paroles.C\u2019est pourquoi certains chorus peuvent lui demander jusqu\u2019à un mois de recherches.Enfin, après un travail d'équipe constant, on est prêt à enregistrer.Encore là, c\u2019est assez compliqué : on enregistre d\u2019abord la partie rythmique.Puis un deuxième enregistrement pour les voix qui imitent la première trompette et les saxophones.On enregistre une troisième fois pour les trompettes et les trombones et finalement une dernière fois pour les cors.Le tout nous permet aujour- d'hui d'entendre un groupe extraordinaire, les Double-Six, qui porte d'ailleurs ce nom, vu sa façon d'enregistrer.eee DOUBLE- 19 OCTOBRE 19, | SIX Mimi faisait ici une Parenthèse: \u201cIl ne serait pas possible\u201d, n, dit-elle en riant, \u201cde chanter par exemple, un arrangement de Maynard Ferguson.Parce qu'à ce moment-là, le solo de trop, pette ne pourrait être donné par une voix humaine.Monique Guerrin se verrait alors obligée de donner des contre-contre.u, ce qui est impossible vocalement.\u201d Enfin ce groupe on ne peu plus sympathique forme de grands projets.Beaucoup d\u2019enregistre.§ ments, beaucoup de disques! Ë Une tournée américaine, qui com.Ë prendra les Etats-Unis et le Ca.Ë nada, nous les ramènera à la fin de la saison.Il nous fera plaisir d'apprécier leur art autant que | de noter une fois de plus leur forte personnalité.Ils sont d'un dynamisme formidable.Mimi elle À même semblait fière d'insister sur le fait que, pour eux, répéter, enregistrer, donner des spectacles, n'étaient pas une corvée.À Travailler avec un tel groupe semble sans cesse agréable.On a pu remarquer d\u2019ailleurs que sur la scène ils ne rient généralement pas sur commande.Ils forment une famille et s\u2019entenden à merveille.Is seront toujours les bienvenus parmi nous.Nous leur souhaitons un brillant avenir ! Hélène Cousineau de l'Aviation.d'obtenir pendant vos études à Local G 404 Principales caractéristiques du ROTP Possibilités illimitées dans l'Aviation LE PROGRAMME D'INSTRUCTION POUR LA FORMATION D'OFFICIERS DES FORCES RÉGULIÈRES (ROTP) Le ROTP est un programme d'instruction commun aux trois Armes qui offre aux jeunes Canadiens une aide financière leur permettant d'obtenir un degré universitaire, ainsi qu'un brevet permanent d'officier dans une des trois Armes.* Programme accessible aux étudiants en génie, arts, sciences et autres disciplines (hommes seulement).e Cours comportant vingt soirées d'instruction à l'escadrille universitaire pendant l'année scolaire.e Frais de scolarité payés par l'Etat, plus $12B par mois de solde et d'allocations.e Brevet permanent d'officier offert par l'Aviation aux diplômés.e Possibilités d'emploi dans les Services navigant et technique de l'Aviation.LE PROGRAMME UNIVERSITAIRE D'ENTRAÎNEMENT AÉRIEN (RÉSERVE) (URTP) Principales caractéristiques du URTP e Instruction militaire alliée aux études universitaires.l'université.Le but du URTP est de fournir aux étudiants d'université l'occasion de s'initier à la vie militaire dans l'Aviation et de suivre, dans certains Services, des cours qui leur permettront d'obtenir, au terme de leurs études, un brevet d'officier dans les forces régulières ou de réserve e Programme accessible aux étudiants des lre et 2e années en génie, arts, sciences, médecine et autres disciplines.e Postes accessibles aux femmes dans certains case Solde de $225.00 par mois, plus vivre et logement durant l'été.e Un maximum de seize jours de solde pendant l'année scolaire.e Acquisition d'une expérience précieuse pendant l'été aux établissements de l'Aviation au Canada ou en Europe.Renseignez-vous sans tarder sur ces programmes afin de pouvoir bénéficier dès maintenant de tous les avantages qu'ils vous permettent Pour plus de détails sur les conditions d'admission, la solde et les avantages offerts ADRESSEZ-VOUS À L'OFFICIER AUXILIAIRE DE L'AVIATION DE VOTRE UNIVERSITÉ Lieutenant de Section Richardson RE.3-9951 local 404 AVIATION ROYALE DU CANADA \u201829 OCTOBRE 1961 LE QUARTIER LATIN PAGE ONZE CHAMPIONNAT UNIVERSITAIRE D\u2019ATHLÉTISME ÿ kcsultats: Messieurs g 100 vg.1ère éliminatoire Æ 1 Marcel Jourdan, Arts # > -\u2014 Jacques Grenier, Sc.3 \u2014 Pierre Fredette, Méd.2ème éliminatoire ;-\u2014 André Vallière, Ed.Ph.\u2014 Jean Thibault, Sc.Soc.4 3.- ).P.Ferron, Méd.3ème éliminatoire .\u2014 Paul Arminjon, Poly.8 >.\u2014 J.P.Grisé, Ch.Dent.# 3.\u2014 Phil Bolduc, Méd.x FINALE #1.Marcel JOURDAN, Arts ps (Brébeuf).10\" 9 2 \u2014 Jacques GRENIER, Sc.11\" 4 3.- Jean-Pierre GRISE, Ch.Dent.111 2 1.- - André Vallitre, Ed.Phys.1174 p38 5.\u2014 Paul Arminjon, Poly.11\u201d6 #24 0.\u2014 Jean Thibault, Sc.Soc.12\" 2 110 vg 1ère éliminatoire 49 |.\u2014 Guy Thibault, Ed.Ph.M /.\u2014- Simon Yelle, Ed.Phys.3.\u2014 Paul Arminjon, Poly.2ème éliminatoire \u2014 Michel Leclaire, Arts - Michel Dupuis, Ed.Ph.\u2014 Vladimir Boldireff, Ed.Phys.FINALE - Michel LECLAIRE, Arts (Brébeuf).581 wel 2.- Michel DUPUIS, Ed.Phys.58\u201d6 3, \u2014 Guy Thibault, Ed.Phys.61\u201d \u2018ve lw \u2014 FARA ESCRIME EVE Vous êtes invités à venir rencontrer M8 l'instructeur d\u2019escrime, Robert Desjar- lais, à la salle 222 du Centre Social, vendredi 20 octobre à 12 h.30.# Les séances d\u2019entraînement auront lieu à la salle 222 du Centre Social, tous les lundis de S h.30 à 7 h,, les mercredis de 5 h.30 à 7 h.30 et les vendredis de 12 h.15 à 1 h.30.ES BALLON-PANIER FÉMININ E 9 \u2026 Vous êtes invitées à venir rencontrer F4 l'instructeur de ballon-panier, Mile 4 Christine Skrotzky, au gymnase du college Jésus-Marie, Boul.Mont-Royal, jeudi 19 octobre à S h.30.Les séances d\u2019entraînement auront lieu tous les jeudis soir, à 5 h.30 au £ymnase du Collège Jésus-Marie.L'équipe féminine de ballon-panier de l\u2019Université participera cette année à plusieurs tournois, ainsi qu\u2019au cham- ptonnat de la ligue de Montréal.fé L'instructeur s'attend à rencontrer 9 UN grand nombre d\u2019étudiantes inté- pied ressces par ce sport.Le Comité des sports ALPINISME y Pour ceux et celles qui connaissent 54 l'alpinisme, et les autres qui désirent d4 débuter dans ce sport, le Club Alpin de l\u2019U.de M.vous invite 2 une jour- nee d'escalade à Val David, samedi le 21 octobre.#8 On vous promet des sensations : formidables, des moments inoubliables, un plaisir incomparable dans une Uuipe de \u201cpremiers de cordée\u201d sen- ER \u201cationnels, d\u2019escaladeurs expérimentés Gf et de débutants très enthousiastes.A Carabin, poutchinette, si tu désires Ê4R !c joindre au groupe, tu es bienvenu(e).| 307 ray ons: Centre Social, bureau AM tél.\u20187394608 2, Claire Voisine, 880 vg FINALE 1.\u2014 Jean DUPUIS, Arts.2'06''6 2.\u2014 Georges JAKIMOW, Sc.2'07\"'6 3.\u2014 LETENDRE, Arts.2'08\u2019'8 4.\u2014 Yves Jakimow, Sc.2'11\"\"1 5.\u2014 Bernard Philogene, Sc.Mille FINALE 1.\u2014 Jean DUPUIS, Arts\u2019.4'51\"'8 2.\u2014 Yves JAKIMOW, Sc.4'54\"3 3.\u2014 Georges TAKIMOVW, Sc.5'03\"'4 4.\u2014 Marcel Dubois, Ed.Ph.5'29\"'5 5.\u2014 Jacques Robitaille, ENS .5'37\"'3 120 vg haies FINALE 1.\u2014 Guy THIBAULT, Ed.Phys.16\"'9 2.\u2014 Paul ARMIN]JON, Poly.17\"\"2 3.\u2014 Pierre FREDETTE, Méd.17\"\"5 4.\u2014 André Vallitre, Ed.Phys.17\"'6 Relais 4 x 220 FINALE 1.\u2014 Education physique.1'44\"'5 2.\u2014 Equipe mixte, Sc./Poly.1'51\" 3.\u2014 Médecine.Disqualifiée SAUT HAUTEUR 1.\u2014 Claude CARDINAL, Ed.Phys.52 2.\u2014 Paul Arminjon, Poly.5'2 3.\u2014 Guy.Thibault, Ed.Ph.5 4.\u2014 Pierre Fredette, Méd.5S' 5.\u2014 Phil Bolduc, Méd.4'10 6.\u2014 J.P.Gervais, Méd.4'10 SAUT LONGUEUR 1.\u2014 Guy THIBAULT, Ed.Phys.18'9\" 14 2.\u2014 Yves Jakimow, Sciences.18'3\" 3.\u2014 André Vallière, Ed.Phys.17'9\" 16 4.\u2014 Jean Mercier, Ed.Phys.17'2\" 6 5.\u2014 J.P.Grisé, Ch.Dent.17'2\u201d 6.\u2014 Vladimir Boldireff, Ed.P.16'4\" 14 POIDS 1.\u2014 Jean-Louis YELLE, Ed.Phys.2.\u2014 J.P.Grisé, Ch.Dent.32° 3\" 3.\u2014 J.G.Trudeau, Méd.30'10\" 4, \u2014 J: P.Gervais, Méd.25' 8 DISQUE 1.\u2014 Jean Louis YELLE, Ed.Phys.119'8\"14 2.\u2014 André Vallière, Ed.Phys.110° 3.\u2014 Vladimir Boldireff, Ed.P.4\" 4.\u2014 Phil Bolduc, Méd.88'2\" 5.\u2014 Michel Dupuis, Ed.P.61'2\" JAVELOT 1.\u2014 Jean-Pierre GRISE, (nouveau record\u2014ancien 165\u2019 par Y.Dépelteau) 2.\u2014 André Vallitre, Ed.Phys.165\u2019 3.\u2014 Simoh Yelle, Ed.Phys.137'7\" 4.\u2014 VI.Boldireff, Ed.Phys.130'1\" 5.\u2014 Jean Thibault, Sc.Soc.102'1\" 6.\u2014 Jean-G.Trudeau, Méd.97'2\" 7.\u2014 Phil Bolduc, Méd.86'10\" Résultats: Dames 60 vg 1.\u2014 Louise THIBAULT, Ed.P.8\u201d 2.\u2014 Jacqueline Thibault, E.P.8\"5 3.\u2014 Ginette Stogaitis, Ed.P.86 4.\u2014 Lorraine Goyette, E.P.87 5.\u2014 Michelle Bélanger, E.P.11\" 100 vg 1.\u2014 Louise THIBAULT, Ed.P.139 2.\u2014 Jacqueline Thibault, E.P.14\"'5 3.\u2014 Ginette Stogaitis, E.P.14\"'6 4.\u2014 Lorraine Goyette, E.P.15\"8 SAUT LONGUEUR _.1.\u2014 Louise THIBAULT, Ed.Phys.12° 7\u201d 2.\u2014 Jacqueline Thibault.12' 1\" 3.\u2014 Michelle Vézina, E.P.11'10\" 4.\u2014 Jacqueline Vincent.10° 414 SAUT HAUTEUR 1.\u2014 Jacqueline THIBAULT, .Phys.4 2.\u2014 Lorraine Goyette, E.P.311\u201d 3.\u2014 Michelle Vézina, E.P.3 6\u201d 4.\u2014 Jacqueline Vincent, E_ P.3' 6\" 5.\u2014 Ginette Stogaitis, E.P.3\u2019 2\" Re x or Reculés profondément dans leur territoire, les Carabins passent a SRR l'attaque.Montréal a défait Sherbrooke au compte de 13 à 7.Le Vert ct Or de l\u2019Université de Sherbrooke n\u2019a pu s\u2019acquitter de la défaite subie aux mains des Carabins de l\u2019Université de Montréal, le 7 octobre dernier devant ses propres partisans.Plus de 150 personnes ont bravé une température froide et humide pour assister à cet excitant match de football.Même un caméraman de Radio-Canada a dû subir le froid pendant 500 picds de film.Samedi dernier au Parc Jarry, dans un match-revanche, le Vert et Or de l'Université de Sherbrooke a baissé pavillon une deuxième fois devant nos Carabins.La joute fut durement contestée, mais les joueurs de l\u2019instructeur Moe Bremner ont su démontrer une fois de plus leur supériorité.En définitive, ils ont défait l\u2019équipe Vert et Or, dirigée par Warren Berwick, au compte de 13 à 7.Après quatre minutes de jeu seulement, l\u2019ailier offensif Raymond Hébert a complété une magnifique passe du quart-arrière, Jacques Désormeaux, bonne pour 35 verges.Ce gain permit aux Carabins de pénétrer jusqu\u2019à 10 verges des buts de leur adversaire.Pierre Lebel, un demi-offensif, qui s\u2019avéra la grande vedette de la partie, troua la défensive du Vert et Or et réussit à briser la glace en marquant le premier majeur des Carabins.Le converti fut réussi par Michel Joly.Par suite de ce pointage, les Sher- brookois furent sous une tension nerveuse.Une tentative de botté de dégagement manquée par le Vert et Or permit encore une fois à nos Carabins d'avancer jusqu\u2019à la ligne de 2 verges du Sherbrooke.Une fois de plus Pierre Lebel perça la défensive pour son deuxième majeur de la joute.Le converti fut manqué.A la suite des attaques incessantes des Carabins, le Vert et Or effectua un botté surprise bon pour un simple, ce qui porta le compte 7 à 1.Le botté fut exécuté par Houle.Au troisième quart, un échappé de la part des Carabins dans leur propre zone, et recouvré par le Vert et Or, permit à celui-ci de s\u2019installer à 4 verges de nos buts.Les Sher- brookois profitèrent de cette erreur, et Thibault, leur quart- arrière, marqua le premier et seul touché de son équipe.Le converti de Houle fut manqué.Au dernier quart, une passe de Désor- meaux à un receveur non-éligible, à ce moment-là, 'Morgentaler, nous priva d\u2019un troisième majeur.La température froide et humide empécha les ailiers et les voltigeurs des deux camps de compléter plusieurs passes.Les quarts-arrière des deux équipes furent donc contraints à user de jeux au sol, Les punitions ainsi que les échappés affluèrent dans les deux camps tout au long de la partie.Cela démontre le manque d'expérience des joueurs et leur trop grande détermination qui ne donnait pas l\u2019effet désiré.M.Lemay, directeur des sports à l\u2019Université de Montréal, de déclarer après la partie: \u201cCe fut une joute agréable à voir.À certains moments, les Carabins sem- blaient être une grande équipe.Mais la tension les empéchait d\u2019avoir du fini, facteur essentiel pour devenir une équipe de haut calibre universitaire.Les joueurs des deux camps possèdent la qualité de vouloir bien faire, mais l\u2019inexpérience et la tension nerveuse dans les rencontres les em- péchent de donner leur plein rendement.Les joutes avec l\u2019Université de Sherbrooke se poursuivront dans le futur et nous tenterons de faire de même avec plusieurs autres universités canadiennes.Nous croyons que les rencontres interuniversitaires sont un des bons moyens pour propager le football chez les Canadiens francais.\u201d Moe Bremner, pour sa part, nous aflirma: \u201cMes joueurs ont démontré une magnifique performance tant à la défensive qu\u2019à l\u2019offensive.Ils s\u2019améliorent de joute en joute.Je suis tout de même déçu des punitions, trop nombreuses à mon avis, reçues par mes joueurs.Sans cela, nous aurions réussi deux touchés de plus.La blessure de Brûlé (qui a dû se retirer au troisième quart) ne nous a pas aidés du tout, Je suis tout de même content de la victoire remportée par mes joueurs car cela les a sûrement stimulés pour les joutes à venir.\u201d Gilles Boudreault, H.E.C.Voici le sommaire de la joute: Premier quart 1\u2014Montréal \u2014 touché de Lebel sur une course de 10 verges.2\u2014Montréal \u2014 converti de M.Joly.3\u2014Montréal \u2014 touché de Lebel sur une course de 2 verges.Deuxième quart 4\u2014Sherbrooke \u2014 simple de Houle.Troisième quart 5\u2014Sherbrooke \u2014 touché de Thibault sur une course de 7 verges.Quatrième quart \u201caucun point.L\u2019an dernier, il avait pour tâche de faire connaître davantage notre équipe de hockey; il l\u2019a dénigrée de son mieux, Cette année, il fait partie de l\u2019équipe des journalistes de la \u201cPresse\u201d; sa publicité sur nos Carabins est gratuite, mais toujours destructive.Entre autres, il a essayé de faire croire au public que, à l\u2019encontre des règlements de la Ligue Interuniversitaire, Claude Duguay avait signé, pour l\u2019année en cours, un contrat avec un club de la Métropolitaine; que Marcel Landreville évoluerait à Sainte-Thérèse.Cet ancien étudiant (sic) a pour nom Guy Pinard.QUI EST GUY PINARD?Serait-ce qu'il cherche a épater ses patrons, qu\u2019il coure après une augmentation ?Depuis qu\u2019il est à l\u2019emploi du \u201cplus grand quotidien français d\u2019Amérique\u201d, Pinard, n\u2019a fait qu\u2019écrire sottises après sottises sur le compte de nos équipes universitaires.Si ses patrons veulent s\u2019extasier devant ses écrits, c'est leur droit.Mais nous, carabins, nous n\u2019avons que faire de mesquinerie.Car même dans notre monde démocratique où presque tout est permis, on accepte avec répugnance les esprits étroits de l\u2019espèce de Guy Pinard.André Lebeau PAGE DOUZE ttn ns tans.mom De plus en plus déçu par les superproductions, je ne croyais pas à Exodus ou si peu, malgré tout le respect et toute l\u2019admiration que je porte à Preminger et à son oeuvre.Par curiosité je m\u2019y suis rendu, et aussi parce qu\u2019il n\u2019y avait rien d\u2019autre à voir.Je pensais trouver l\u2019ennui: je trouvai I\u2019émerveillement presque sans réserve.Ben-Hur et Spartacus péchaient par manque d\u2019homogénéité.On sentait que beaucoup de choses avaient échappé à leur réalisateur.Exodus, au contraire, même dans ses détails les plus banals, porte la marque profonde de Preminger : le spectaculaire proprement dit, l\u2019exotisme et l\u2019érotisme passent au second plan, servent de la façon la plus effacée et la plus nuancée un sens de l'humain et de la beauté que Preminger est le seul à avoir retrouvé derrière la machinerie lourde du technirama.Certes le sujet du film est épique en soi; mais en soumettant l\u2019épopée à l\u2019individuel, en explicitant la psychologie de la masse juive par une psychologie plus personnelle donc plus humaine et plus vraie, le réalisateur engage chaque spectateur en tant qu\u2019individualité, cherche à le convaincre beaucoup plus qu\u2019à l\u2019impressionner.Yai entendu certaines gens reprocher amèrement à Preminger certaines conversations entre le général et Eva Marie Saint; ces gens s\u2019attendaient sans doute à plus de toups d\u2019éclat, à plus de mouvements de foule : pourtant et c\u2019est là ce que nous ne réalisons pas toujours, c\u2019est avec eux-mêmes, avec leur personnalité et leur entité propres, dans la solitude, que les responsables d\u2019une partie de l\u2019humanité doivent décider du sort de cette même partie de l\u2019humanité.Jamais je n\u2019ai vu autant de douceur dans une oeuvre aussi violente.Ce calme, cette sûreté aussi bien dans le jeu des acteurs que dans les mouvements d\u2019appareils (toujours de très très lents \u201ctravellings\u201d avant), cette analyse profonde du geste, de la vie, de la pensée même, sans un saut brusque au fait spectaculaire qui a en soi plus de chance de plaire, ce prétendu détachement vis-à- vis le monde et les êtres qu\u2019on y martyrise, cette absence de morale \u201csublime\u201d, tout cela fait qu\u2019Exodus s\u2019impose précisément par son désir de ne pas s'imposer, par son apparente naïveté; tout cela fait qu\u2019il plaira au spectateur entièrement disponible et déplaira à cet autre qui s\u2019attend à se faire cracher à la figure un morceau tout mâché de l\u2019histoire des hommes.Jean-Pierre Lefebvre FOOTBALL Samedi, 21 octobre R.M.C.KINGSTON vs U.de M.au Parc Jarry, à 2 h.30 p.m.LE CINÉMA FRANÇAIS VA-T-IL ENFIN RENAÎTRE À MONTRÉAL ?Depuis quelque temps, l\u2019intérêt du film français baisse.Le fait est facile à constater.Lassé de ne voir à la télévision que les \u201coeuvres\u201d servant à compléter l\u2019horaire et privé des productions contemporaines que les distributeurs montréalais n\u2019osent faire venir dans la métropole, le cinéphile se désintéresse peu à peu de ces films de deuxième classe qu\u2019on veut bien lui présenter.Il y a trois ans une chaîne de cinémas (Ahuntsic, Français, Ri- voli, etc.) tenta de revaloriser le film français en établissant un festival permanent à Montréal.On projeta en grande primeur un film de René Clair: \u201cPorte des lilas\u201d.Malheureusement ce premier succès n\u2019eut pas de suite; les responsables ne surent trouver d\u2019autres longs métrages réunissant qualité et succès commercial.L'entreprise échoua pour se transformer en une formule mitigée que nous retrouvons actuellement: un mélange de films français de qualité secondaire et de films américains traduits.Autre tentative Une fois de plus, un nouvel essai est tenté.Monsieur Fernand Seguin, président de Niagara Film et bien connu par ses émissions de télévision, entreprend de présenter à Montréal une série de films français susceptibles de plaire à un public adulte et intelligent.Ces films ne seront pas d'avant-garde ou de ciné-club, mais il s\u2019agit plutôt d\u2019oeuvres que Paris a pu applaudir et qui habi- tuellement ne sont pas présentées à Montréal.C\u2019est avec une lueur de malice dans les yeux que M.Seguin nous montre la liste des films qui sont parus à Paris depuis janvier 1961.À Montréal, aucun de ces longs métrages n\u2019a été vu.Ainsi Un Taxi pour Tobrouk, qui met en vedette Charles Aznavour, Lino Ventura, Candide d\u2019après Voltaire, Léon Morin, prêtre, avec Emmanuelle Riva et Jean- Paul Belmondo, Qui êtes-vous Monsieur Sorge, film d\u2019Yves Ciampi.Pourtant ces productions ont connu un succès triomphal; ainsi Un Taxi pour Tobrouk a totalisé plus de 300,000 entrées en 14 semaines d\u2019exclusivité.\u201cEst-ce vraiment difficile d\u2019obtenir ces films pour la province de Québec ?\u201d \u2014 \u201cIl faut se rappeler que premièrement le marché québe- quois a toujours été mal coté.La plupart du temps les distributeurs américains achètent les droits pour toute l\u2019Amérique.Cependant, l\u2019œuvre une fois achetée, est gardée bien précieusement au fond des tiroirs.Ils préfèrent plutôt mettre en circulation leurs propres films américains.C\u2019est le meilleur moyen d\u2019éviter la compétition.Il faut accepter de payer cher.Ceci demeure le meilleur moyen de per- suation du nouveau distributeur canadien-français lors de la discussion avec le producteur français.\u201d \u201cHeureusement, continue M.Seguin, la production est abondante.\u201d \u2014 \u201cEst-ce que la censure de la province de Québec peut vous obliger souvent à ne pas accepter certains films ?\u201d \u2014 \u201cNous avons de la chance.Il est presque certain que nous! ne pouvons présenter La Vérité avec Brigitte Bardot, cependant avec la réorganisation du Bureau de censure la situation s\u2019est améliorée.11 ne faut pas oublier que vu notre exploitation limitée à un théâtre \u2014 le cinéma Laval \u2014 nous bénéficierons, j'espère, de conditions plus favorables.\u201d \u2014 \u201cPourquoi avez-vous choisi le cinéma Laval ?\u201d \u2014 \u201cIl faut dire que nous n\u2019avions pas tellement le choix.Cependant, il semble que dans ce secteur la concurrence n\u2019est pas trop forte.Il est d\u2019accès facile pour tous.Maintenant le spectateur accepte plus facilement qu\u2019autrefois' de se déplacer.\u201d \u201cVous avez apporté des modifications, paraît-il, quant à la présentation elle-même ?\u201d \u2014 \u201cPuisque nous voulons donner au cinéma français la même cote de prestige dont jouit à Montréal le théâtre français, il n\u2019y aura pas de représentations continues, Chaque soir nous offrirons un seul spectacle à 8 h.30; les, vendredis, samedis, dimanches, il y aura matinée à 2 h.30 ainsi que deux spectacles en soirée, le premier 3 7 h., et le second a 9 h.30.Tous les fauteuils seront réservés au prix uniforme de $1.50.Seules les matinées du lundi au jeudi inclusivement (2 2 h.30 p.m.) seront en vente.libre, au prix de $1.0 le billet.\u201d \u2014 \u201cEst-ce qu\u2019un tarif spéid a été prévu pour les étudiants\u201d \u2014 \u201cDans la fièvre de l\u2019organ- sation, nous avons oublié ue chose pourtant importante, mas je vous promets que d\u2019ici quelqu JR temps nous aurons une solution Le public étudiant compte pou beaucoup et nous comprenons $ situation financière.\u201d Le premier spectacle A compter du 18 octobre, cé | un film de Denys de la Patellièr @ intitulé: Un Taxi pour Tobrou, mettant en vedette Charles Az vour et Lino Ventura, qui pré dra l\u2019affiche.Quoique le nom de ce réalis* À teur soit, pour plusieurs, inconn § ses réalisations obtinrent un ŸE ritable succès.Sa première M$ en scéne, Les Aristocrates, VE suivi de Le Salaire du péchh] Retour de Manivelle, Les oe de l\u2019Autruche, Thérése Etient Le nom de Denys de la Patelliè*f;: allait également être associé à l'UE des plus grands succès des deri g res années: Les Grandes Famills Depuis, il a tourné Rue des Pr& ries et Les Yeux de L'amour.Quant à Charles A znavois Bi l\u2019on se souvient de ses interpre tations dans La Téte contre \u201cJ murs, Tirez sur le pianiste, PSE sage du Rhin.Sa dernière ne ; prétation semble, de l\u2019avis ); 4 critiques, la plus réussie.Es - Denis Héroux E Josiane Guillemi Ex "]
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