Le Quartier latin, 19 mars 1963, mardi 19 mars 1963
[" ] ~ => JOUR D'ÉLECTION A Pra Ll'AGEUM.tr PORT PAYE À MONTREAL eee Journal bi-hebdomadaire de l'Association Générale des BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE Etudients de l'Université de Montréal OBLIGATOIRE POUR VOTER an MONTREAL, 19 MARS 1963 ses médiévistes H est difficile de présenter globalement les étudiants de l\u2019Institut, diversifiés tant sur le plan académique que sur le plan nationalité.De l'avocat au psychologue et au théologien, du professeur de philosophie à la diété- tiste et à l\u2019employée de bureau, du canadien au japonais et à l\u2019holländais, un climat familial de recherche, offrant différentes perspectives, agrémente le milieu.Nous pouvons aussi souligner l'aspect diversifié des spécialistes qui assurent la sauvegarde de l\u2019esprit scientifique et qui collaborent par leurs oeuvres à conserver le caractère international et renommé de l\u2019Institut.A la suite de conversations avec les étudiants, je tenterai simplement de souligner leurs goûts motivant leur inscription à l\u2019Institut et le but qu\u2019ils poursuivent.Je crois que ce brel rapport diminuera les préjugés ridicules «t innocents concernant les « Etudes Médiévales » qui déjà vous portent à sourire.Quels peuvent être les intérêts d\u2019un étudiant pour se consacrer durant trois ou quarte ans à des études spécialisées et de recherche aride sur le Moyen-Age, tant sur le plan philosophique, thélogique, littéraire, artistique que juridique ?Des études historiques et philosophiques demandent un certain détachement, un esprit souple et une patience de chercheur qui ne sont pas le lot de Ja majorité.La plupart ont tépondu à des préoccupations personnelles ; ils veulent repenser et justifier certaines valeurs occidentales, et le seul moyen d\u2019y parvenir est le retour aux sources.D'autres sont attirés par la culture classique, les humanités ; Certains, par la littérature, l\u2019art médiéval, goûts développés à la suite de voyages à travers l\u2019Europe.Comme la majorité se destine à l'enseignement, elle vise un but plus pratique qui est la connaissance du siècle de Saint Thomas, théologien enseigné dans nos collèges, D'ailleurs, un enseignement objectif de Saint Thomas nous oblige à le replacer dans on époque en reconnaissant les influences heo-platoniciennes et juives et en l\u2019enseignant avec textes et références à l\u2019appui.Il est universellement admis aujourd\u2019hui Que la civilisation occidentale a ses racines profondes dans le M.-A.et que la pensée médiévale fut vraiment le début de la pensée moderne.Il est plus normal, me disaient-ils, ° Am das SUPPLEMENT pour quelqu\u2019un qui se dirige dans l\u2019enseignement, d\u2019étudier tout d\u2019abord le début de la pensée, la naissance de l\u2019esprit philosophique et les problèmes qui ont préoccupé les grands penseurs anciens et médiévaux.Ces problèmes, on les retrouve à l\u2019état actuel, mais posés différemment ; par le M.A., on saisit la pensée moderne et contemporaine plus facilement, et on s\u2019aperçoit qu\u2019elle n\u2019est pas aussi originale qu\u2019on le croit.Plusieurs étudiants sont intéressés à l\u2019histoire des civilisations anciennes, que l\u2019on atteint par ricochet, puisgue le M.-A.est l\u2019époque de transmission de la culture classique (gréco-romaine), du respect de la tradition et du sens du sacré.Ce sont des valeura hiato- \u201c riques, \u2018à à discuter\u201c peut-être, mais nécessaires si l\u2019on veut réellement comprendre la grande VOLUME XLV \u2014 NUMERO 45 me crise du présent.« Le Déclin de l\u2019Occident », annoncé par Spengler et repris par Toynbee, montre une civilisation qui ne veut plus retourner à la culture.L\u2019Institut offre aux étudiants les principes du travail de recherche et leur fournit tout le matériel nécessaire grâce à une bibliothèque spécialisée dans ce domaine.Ces études historiques suivent un courant actuel, à savoir qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019histoire de la philosophie est encore plus philosophique que la philosophie elle-même.Tous les étudiants de l\u2019Institut des études médiévales ont reconnu la \u2018compétence des professeurs, leur facilité d\u2019accès, et apprécié leur direction dans le travail d\u2019équipe.Tous + un wee =fontepreuve- de-heancnup d\u2019enthousiasme sows Réjean BIBEAU PAGE DEUX * Pourquoi une autre Semaine ?et une semaine de philosophie, encore ?La Philosophie ne fraie pas souvent avec le « monde »; elle se sent mal à l\u2019aise dans les cocktails, elle se demande « ce qu\u2019elle peut bien faire là» et souhaite ardemment pouvoir sortir tantôt.Mais il lui faudra bien un jour ou l\u2019autre faire sentir sa présence; sinon, enfermée dans sa coquille, elle se dessécheru vite.L\u2019Université a connu cette année sa Semaine de Poly, sa Semaine de Chirurgie dentaire, sa Semaine d\u2019Architecture, etc.De telles semaines, chacun l\u2019admettra, sont beaucoup plus que des mondanités : ce sont des occasions de rencontres, ce sont surtout des moments où l\u2019on s\u2019affirme, où l\u2019on dit aux profanes : « Voyez ce que nous avons fait, voyez ce que nous avons l\u2019intention de faire.Sachez nous comprendre, sachez comprendre notre rôle, appréciez à sa juste valeur notre mission ».Pourtant, pour nous, de l\u2019Institut \u2014 et de la Faculté de philosophie \u2014 « s\u2019affirmer » ne peut pas avoir la même signification.que pour un étudiant en Chirurgie dentaire ou en Optométrie.D\u2019une part, cela présente pour nous, à l\u2019heure actuelle, une nécessité particulièrement virulente, nous avons le sentiment d\u2019une urgence.D\u2019autre part, il ne fait pas de doute qu\u2019il y a une difficulté propre d\u2019expression inhérente au métier de philosophe.C\u2019est ainsi, par exemple, que notre exposition ne peut avoir ni le sens ni la même portée que celle d\u2019Architecture.Bien sûr, elle met en relief le caractère historique de la philosophie, et certaines conditions matérielles dans lesquelles elle éclôt et grâce auxquelles elle s\u2019élabore et se renouvelle à travers les âges; c\u2019en sont là des aspects importants, à ne pus sous-estimer.Mais on sent bien que la philosophie ne tient pas tout dans ces cadres et qu\u2019une telle exposition n\u2019est pas son mode d\u2019expression.De plus, bien que ce soit nous qui ayons disposé ces étalages, ce ne sont pas nos oeuvres qu\u2019on y montre.Quelle impression notre Semaine pro- duira-t-elle sur Je publie ?En visitant notre exposition, en assistant aux conférences du soir (aucun des conférenciers n\u2019est.cana- LWT RE TO COTES eT LE QUARTIER LATIN dien-français), il pourra croire que nous produisons bien peu, que la Semaine est une sorte de scssion d\u2019études, car on nous apporte quelque chose de l\u2019extérieur : ce n\u2019est pas nous qui y donnons.Avons-nous quelque chose à dire ?Certes, oui; les Essais philosophiques, les deux numéros spéciaux du « Quartier Latin », les débats du matin en sont autant de preuves.Pourtant, ce n\u2019est pas là ce qui attirera le plus l\u2019attentions notre prestige est importé.Faut-il le regretter ?Bien loin de nous l\u2019idée d\u2019adresser des reproches à qui que ce soit; nous sommes au contraire très heureux que des penseurs dont la compétence est universellement reconnue nous prêtent leur précieux concours.Simplement, nous constatons un manque, et nous sommes un peu déçus.Nous sentions très fort la nécessité pour notre milieu de manifester collectivement; et voilà que nous avons une magnifique Occasion de nous exprimer : mais nous ne nous affirmons pas personnellement autant que nous l\u2019aurions souhaité.lei, une remarque s\u2019impose : il serait faux \u2014 et in juste\u2014 de dire sans réserve que «rien n\u2019a jamais été fait».H y a déjà eu au Canada français des tentatives individuel- less les ouvrages philosophiques ont paru déjà, et en plus grand nombre qu\u2019on ne serait porté à le croire de prime abord.Malheureusement (encore une fois, nous constatons, nous ne jugcons pas), il s\u2019est agi le plus souvent d\u2019efforts isolés, la plupart de ces oeuvres ont été publiées à l\u2019étranger, elles n\u2019ont pas eu, ou elles n\u2019ont eu que très peu de diffusion chez nous; la réponse du Canada français : le silence, une ignorance qu\u2019on ne peut même pas qualifier de malveillante tant elle était absolue.Ajoutons aussi, ceci nous concernent plus particulièrement, qu\u2019on ne peut pas s\u2019attendre à ce que l\u2019apprenti-philosophe soit fécond comme le maître, que ce serait d\u2019ailleurs présomption de sa part de tenter d\u2019accaparer la place de celui-ci (encore qu\u2019il faille bien de temps à autre le laisser voler de ses propres ailes, car sinon, comment y parviendra-t-il véritablement un jour ?).Le maître lui-même, enfin, vivant dans une communauté qui s\u2019é- EXISTONS-NOUS?veille, est sollicité par des tâches innombrables et doit souvent, faute de temps, négliger ce qui relève de sa compétence Propre, Nous nous sentons mal a Paige.D\u2019une part, le milieu québecois ne semble pas intéressé par la philosophie; nous nous bornons à constater le fait, que nous ne pouvons tenter ici d\u2019expliquer.D\u2019autre part, uvouons-le, nous n\u2019avens pas produit grand chose.Néanmoins, nous existons.Cela est aussi un fait.Et nous avons l\u2019intention de continuer d\u2019exister.Aussi ressentons-nous un immense besoin de nous justifier, tant à nos propres yeux que devant le milieu.Pourtant, nous pensons que la philosophie, quelque « perennis » qu\u2019elle soit, s\u2019incarne dans un milieu, et que ce milieu la marque autant qu\u2019il en retire bénéfice.Et il nous semble qu\u2019un Canadien-français philosophe a (aura ?) quelque chose de particulier à dire, quelque chose que personne n\u2019a jamais dit, que personne jamais ne pourra dire à sa place, Nous voudrions être indispensables : nous ne le sommes pas; on n\u2019a pas autour de nous le sentiment de notre existence, nous ne le gardons nous-mêmes qu\u2019avec peine.Si nous ne justifions pas notre présence dans la Cité, si nous ne nous rendons pas néces saires \u2014 et nos actes seuls peuvent le per mettre \u2014 nous ne vivrons pas : nous vivoterons, nous téterons aristocratiquement mais ne donnerons rien en retour, nous périrons, Nous nous imposerons par nos oeuvres, nous nous ferons nécessaires en produisant.Cette production est d\u2019ailleurs le prix de notre existence tout court; c\u2019est le projet, à la fois affirmation (arrivée) et point de départ, qui donne cohésion à l\u2019être.Tout ceci cependant ne demeurera que théorie et vains efforts si la société n'est pus un tant soit peu disposée à nous entendre.L\u2019un ne peut aller sans l\u2019autre, et tel est, selon nous, le vrai sens de cette Semaine de Philo: sophie, jalon important de la longue route que nous devons parcourir : éveiller le milieu, et, simultanément, nous faire prendre collectivement conscience de notre existence, posr les prémisses de futures conquêtes.Raymond LEVASSEUR, Yves LAURENDEAU L'HISTO Le dogmatisme est une attitude d\u2019esprit tellement répandu qu\u2019il est à peine besoin de le décrire.Nous le rencontrons chez tous les fanatiques d\u2019un syslème quel qu\u2019il soit.Il nous apparaît plus ridicule chez des gens qui s\u2019acharnent à défendre l'intégralité d\u2019une pensée vieille de plusieurs siècles, en niant plus ou moins explicitement toute évolution et progression à partir d\u2019un moment X de l\u2019histoire de la pensée; mais il n\u2019est guère plus acceptable chez les promoteurs de telle ou telle idéologie moderne qui prétendent faire table rase de tous les apports antérieurs de la réflexion humaine, tournent résolument le dos au passé ou ignorent systématiquement des vues contemporaines discordantes.Le.dogmatisme est une tentation de l\u2019esprit en quête de sécurité eñ face du réel, qui demeure toujours un défi pour l'intelligence humaine.Quand ce.défi porte sur l\u2019homme, ses composantes, sa WS Cid LE 0.reba: ein AN NN as [RT .remède ou situation, sa destinée, l\u2019angoisse devient très vite insupportable à un esprit craintif ou encore à un esprit entier \u2014 qui n\u2019est bien souvent qu\u2019un esprit timoré qui s\u2019ignore.L'esprit se sécurise alors en s\u2019aggrippant à des postulats qu\u2019il refuse de reconsidérer et en s\u2019enfermant dans un système où tout semble si bien s\u2019expliquer.On élimine ainsi le risque toujours terrifiant de la pensée, mais on réduit du même coup l\u2019activité la plus ennoblis- sante et la plus personnalisante de l\u2019homme.Le dogmatisme est encore une maladie héritée d\u2019un milieu et d\u2019un type d\u2019éducation.Conséquence de la socialisation de l\u2019esprit.Dès lors qu\u2019il s\u2019éveille à la conscience et qu\u2019il apprend les rudiments d\u2019une langue, l\u2019esprit cesse d\u2019être « pure ouverture à » et devient conditionné dans son activité = par des schèmes de pensée, des critères d\u2019appréciation et des idées toutes faites.Cette limitation est inévitable et personne ne saurait y échapper; elle matisme est la rançon de la nécessaire structuration de l\u2019esprit.Mais on voit d\u2019emblée tout le poids de préjugés, d\u2019interdits, d\u2019ostracismes et de déviations qu\u2019un éducation et un milieu donnés peuvent faire peser sur la liberté d\u2019une esprit.On accusera ici \u2014 non tout à fait à tort \u2014 une certaine éducation chrétienne plus soucieuse de morale légaliste et de « comprimés » doctrinaus que de liberté évangélique et de mystère.La foi chrétienne, même si elle comporte adhésion à des dogmes, n\u2019est pas pour autant dogmatiste au sen que nous donnons à ce mot.Elle en est même toul l\u2019opposé, puisqu\u2019elle \u2018est essentiellement appel \u20ac ouverture pour l\u2019esprit humain.Loin d\u2019enfermer l\u2019intelligence dans ur système culturel et une idéo logie -particulière.elle l\u2019invite_au contraire à dé passer les limites de toute culture et de toute cor > (Suite à la page 19) 19 NARS 1963 anmm\u2014\u2014\u2014\u2014 A l'automne de 1942, l\u2019Institut d\u2019études médiévales de l\u2019Université de Montréal inau- aurait ses cours au 831 de l\u2019avenue Rock- Jand.Pour beaucoup c\u2019était là un début.Mais en réalité c\u2019était simplement le commencement d\u2019une nouvelle étape dans la vie d\u2019une institution déjà vieille de dix ans et qui s'imposait à l\u2019attention du monde scientifique par des travaux de première valeur.En effet.il suffit de parcourir la liste des publications de l\u2019Institut pour se rendre comple que, dès 1942, ces publications éditées chez Vrin à Paris atteignent la dizaine et abordent les secteurs les plus variés de la recherche médiévale.Le premier volume d\u2019une édition critique de la Somme de saint Thomas vient même de paraître.Les recensions de ces divers ouvrages dans les revues spécialisées d\u2019Europe laissent facilement soupçonner l\u2019accueil favorable que le monde scientifique accorde aux travaux de l'Institut d\u2019études médiévales.Toutefois l\u2019année 1942 demeure une date importante : elle marque le transfert de l\u2019Institut à Montréal et son affiliation à la faculté de philosophie.Jusque-là, il était rattaché au Collège des Dominicains d\u2019Ottawa, où il avait pris naissance en 1930, grâce à l\u2019ini- tiatise du P.Benoît Mailloux, o.p., Régent du Collège, et aux conseils de M.Etienne Gilson.Déjà il avait la physionomie qu\u2019on lui connaît.Son but était précis.Les premiers statuts de l'Instituls d\u2019études médiévales d\u2019Ottawa (car c\u2018élait alors son nom} nous disent clairement la fin qu\u2019il se propose : « former des étudiants aux disciplines et méthodes de l'histoire.en prenant comme champ de travail le cycle de la civilisation occidentale connu sous le nom de Moyen Age.Cette période de l'histoire présente en effet un intérêt très particulier : comme type de civilisation.comme cadre originel de la philosophie et de lu théologie catholiques .Outre les étudiants médiévistes, l'Institut accueillera volontiers à ses cours des auditeurs libres, désireux d'approfondir leur culture générale.Une partie des cours demeurera intentionnellement accessible à ces auditeurs.Le programme comporte un double enseignement : 1) d\u2019abord des cours sur les matières suivantes : histoire de la civilisation ; paléographie et latin médiéval; histoire de l'Eglise du Moyen Age; histoire de la philosophie et sources aristotéliciennes et arabes; histoire de la théologie et sources patristiques: histoire des institutions religieuses ; puis 2) des exercices pratiques, à la biblio- Aux origines de l'Institut LE QUARTIER LATIN theque, oi sera développé et dirigé le travail de la recherche personnelle, qui demeure le but premier de PInstitut ».Pour réaliser cette fin, les Dominicains d\u2019Ottawa demandaient le concours d\u2019un médiéviste éminent, le P.Chenu, dominicain français et qui devint dans la suite Recteur du Saulchoir.Pendant cinq ans le P.Chenu assura la direction de l\u2019Institut.L\u2019on peut dire sans exagération qu\u2019il en fut vraiment l'âme.Son influence d\u2019ailleurs & prolonge encore aujourd\u2019hui.Chercheur fervent, d\u2019une rigueur scientifique exigeante, il possédait toutes les qualités d\u2019un maître véritable qui n\u2019a qu\u2019un désir : développer chez ses disciples le travail personnel.Ceux qui ont vécu ces premières heures de l\u2019Institut savent les énergies que le P.Chenu a dépensées au service de ses « frères » canadiens et le rayonnement de son influence.Et pourtant, il demeura toujours d\u2019une grande simplicité et d\u2019un « renoncement » admirable.Devenu Recteur du Saulchoir, le P.Chenu n'eut plus la faculté de revenir au Canada.Toutefois, il continua pendant de longues années à prodiguer ses conseils aux directeurs el aux professeurs de l\u2019Institut, auquel il resta vivement attaché.La publication en 1950 de son Introduction à l'étude de saint Thomas d\u2019Aquin, dans la collection des publications de l\u2019Institut d\u2019études médiévales en est.du reste, un témoignage éloquent : «Ce qui nous décide, nous dit-il, c'est l'avidité affectueuse avec laquelle ces étudiants \u2014\u2014 ceux du Saulchoir et ceux de l'Institut d'études médiévales d'Ottawa (au- jourd'hui Montréal) \u2014 ayant donc à ouvrir d'études médiévales les oeuvres de saint Thomas au début de leurs études, suivaient ces modestes cours, et en tiraient un bénéfice définitif » .Quand.en 1942, pour répondre aux demandes réitérées des autorités de l\u2019Université de Montréal.l'Institut d'études médiévales d'Ottawa fut transféré à Montréal, il s\u2019insérait dans un nouveau cadre.Mais il entendait rester fidèle à ses origines et suivre la voie tracée par ses fondateurs, en essayant d'unir harmonieusement un enseignement supérieur de la culture ct de la pensée médiévales au travail de recherche personnelle.ll n\u2019appartient évidemment pas à quelqu\u2019un qui a été mélé intimement à la vie de l\u2019Institut depuis sa fondation de dire s\u2019il a vraiment réalisé le but qu\u2019il se proposait, mais en fait la liste de ses publications scientifiques, qui s'allonge sans cesse, permet de croire qu\u2019il cherche à le réaliser.Adrien BRUNET, o.p.Un problème : Ou peut poser le problème de Ecritures saintes à travers Ja tradition patristique : à J\u2019inté- MOYEN ÂGE et RELIGION Ce dernier problème ne semble pas sur le point d\u2019être résolu, à la possibilité d\u2019une philosophie de la religion chrétienne, dès qu'on tente une réflexion philosophique sur l'histoire doctrinale appliquée au moyen-âge.Car il existe un rapport naturel entre la pensée médiévale et la Bible.Par exemple : étudier un Bonaventure, par opposé à un Aristote, ou même à un Des- \u2018ares, exigéta \u201cune atténtion \u201cpéciale ; puisque le Séraphique à déployé sa pensée à partir des rieur d\u2019une institution ecclésiale ; \u2014 avec l'intention principale, sinon unique, d'exposer l\u2019Evangile, c\u2019est-à-dire lu personne même de Jésus.Or, plusieurs incroyants modernes ont espéré saisir l\u2019essentiel de ce message chrétien.La chose est-elle impossible, abso- lunient ?\u2014 Ce.problème est.inséparable de celui à propos de la notion même de philosophie.la satisfaction.du moins, de tous les intéressés.Mais en attendant, une question nous revient sans cesse à l\u2019esprit : \u2014 Si être croyant, c\u2019est, comme tel, se rendre inaccessible à son frère incroyant, en l\u2019activité la plus noble de celui-ci, en quel sens alors serait-ce, en même temps, être le sel de la terre et la lumière du monde ?Jean BARRIERE Etudiant en 2ème année PAGE-TROIS Pourquoi le moyen âge \u2026 ?.Le moyen age a fagonné l\u2019Europe et nos premiers pères furent des Européens.Le moyen âge a créé la première culture européenne.Îl est a l'origine de ses traditions.La langue par laquelle cette culture s'exprime, une notable partie del\u2019éducation qui la répand, les écoles, les universités, tout cela remonte au moyen âge.Encore Aujourd'hui, duns les principaux do- muines de son activité, sauf pour certuines sciences, le moyen âge continue à nourir la pensée enropéenne.Par exemple, ces idées de paix, d'unité, vérité.de république, d\u2019époque, d\u2019âge de progrès, de société, de culture, d'humanisme, si chères aux Occidentaux, le moyen âge les a utilisées avant eux ; il les a élaborées, discutées; et même si nous réussissons à repaganiser ce qu'il s'est efforcé de christianiser, il restera quand même l\u2019ancêtre officiel de nos meilleures idées dans ce domaine.En faisant l\u2019Europe, le moyen âge a fait la Gaule.C\u2019est même elle qui pendant longtemps l\u2019a surtout caractérisé.En se rappelant cette vérité historique le Canadien français nimera alors le moyen âge, comme il aime son enfance, c\u2019est-à-dire comme un temps où il a vraiment senti la joie de vivre et d\u2019espérer, le bonheur de la découverte et la hantise de Yexplo- ration dans l\u2019inconnu.M.Gilson, a jadis parlé du moyen âge comme du temps des « enfances françaises ».Rien ne pouvait être plus exact.Enfances linguistiques, oui, mais enfances théologiques, enfances philosophiques, enfances littéraires et enfances artistiques aussi.Le moyen âge a appris au Français à parler, à écrire.à penser, à bâtir.Transplantés d\u2019outre-Atlantique, notre histoire « américaine » commence, chronologiquement parlant, au moyen âge (XVe siècle), et notre histoire « canadienne » débute exactement au moment où celle du moyen âge s'achève : au XVIe siècle.Même le XVIe siècle, dont nous dépendons plus directement, est plus médiéval qu'on ne le dit habituellement.Focillon parlant jadis de ce « moyen âge caché » qui survit et se prolonge dans la vie de l'esprit de l\u2019humanité moderne.Les époques ne se remplacent pas ; elles se fusionnent les unes aux autres.L\u2019empire grec n\u2019existe plus.Ni l'empire romain.Mais on lit encore Homère et Virgile aujourd\u2019hui.On les imprime encore.On les étudie.On les traduit.La translatio studii dont se préoccupait jalousement le moyen âge se poursuit ans s'arrêter.Fils du XVIe siècle français, nous avons connu we, 55 .die, .- eue .et vécu depuis -te lenips une asttz\u2018ilifférente histôire de celles (Suite à la page 19) AA A raies iri os 5 te ol PAGE- QUATRE La littérature française du moyen âge a été, est encore, le sujet d\u2019une profonde méprise (pour ne pas dire : mépris).Lorsque j'étais collégien, le programme imposait que dès la classe de « versification » (oh la mail nomunée !), l\u2019on s'adonnât à l'étude de la littérature médiévale, N'est-ce pas normal ?Pensez un peu: ne doit-on pas en bonne logique commencer par le commencement ?Donc, l\u2019on s'initiait aux Belles-Lettres en dormant ferme au spectacle de combattants qui se pourfendaient i qui mieux mieux (cavalier et cheval compris).La Chanson de Roland, j'en connais plusieurs pour qui elle est restée le symbole de ces mornes matinées.où l\u2019on touchait \u2014 à quinze ans ! \u2014 les bas-[onds de l\u2019ennui et du dégoût.Si la littérature du moyen âge à été trahie (l'est-elle encore ?) comme nulle autre dans notre enseignement, que l\u2019on ne s'étonne pas ensuite que tout ce qui est chez nous sent (ou semble sentir) la bêtise sombre soit taxé de « moyennageux ».Cinq siècles de production, tel est d\u2019abord le bilan de la littérature française du moyen âge.Si une pareille abondance ne va point sans [atras et niaiseries, elle implique en revanche une - variété, une ingéniosité dans la réussite qui défie l'imagination.Le moyen âge a produit des chels-d\u2019oeuvre dans tous les genres ; il nous appartient que ces textes ne sombrent pas dans l\u2019oubli.Mais à priori, aucun texte n\u2019est à rejeter, car il a une valeur de document.Que sau- rions-nous de l\u2019amour courtois sans les poèmes et les romans de la seconde moitié du douzième siècle?Bien plus: certains textes dont la vertu dormitive est indéniable, demeurent indispensables pour la connaissance historique ; c'est le cas de la Chronique des ducs de Normandie, de Benoît de Sainte-More (12e siècle), et qui est restée inachevée malgré ses 43000 vers.La notion de document, d\u2019ailleurs, n'est pas.simple.En effet, les textes littéraires du moyen âge peuvent servir à des études de LITTÉRATURE MÉCON LE QUARTIER LATIN « L'histoire de la littérature antérieure au XVIe siècle tient encore aujourd'hui, pour une part, de l'archéologie.L'organisation du matériel énorme que les fouilles érudites ne cessent de mettre au jour est soumise à des servitudes techniques dont la conséquence est trop souvent de marquer, quelque part entre les années 1500 et 1600, dans la continuité d'un effort littéraire, une coupure en bonne partie artificielle ».(Paul Zumthor, préface à Histoire littéraire de la France médiévale, Paris P.U.F., 1954, p.V.) type sociologique, psychologique, linguistique, etc, bref ces textes constituent une des meilleures voies d'approche de la civilisation médiévale.Inversement, toute connaissance du milieu médiéval sait à l\u2019occasion trouver des vérifications dans ces textes.Risque-t-on le cercle vicieux méthodologique en posant ainsi la solidarité du milieu qui s'exprime dans ces textes et de ces textes qui révèlent certains aspects du milieu?Non pas, puisqu'il ne s'agit ici que de littérature française du moyen âge.Prenons un exemple précis.Quiconque voudrait faire une étude de l'adultère en France au 12e siècle serait bien mal avisé de restreindre sa documentation au cycle de Tristan.Mais, une fois l'enquête menée de la façon la plus exhaustive possible, le chercheur attentif se rendra compte sans peine que le Roman de Tristan et Yseult (surtout celui de Béroul) pose le problème de l'adultère sous un angle particulier et avec une urgence et une passion sans égales à l'époque.Ces constatations, toutefois, ne suffiraient pas à elles seules à rendre compte du sens de ce roman.Ainsi en est-il pour beaucoup d'oeuvres littéraires du moyen âge: elles s\u2019enracinent dans un sol dont la richesse est encore très mal connue.Pour avoir plein accès à la signification historique des textes.médiévaux, il est nécesaire de recourir à diverses disciplines et d'adopter divers points de vue.La recherche des sources, notamment, nul ne peut la négliger.Bien que ce genre de recherche donne lieu trop souvent à de stériles discussions, il n'en reste pas moins fort utile et, en certains cas, nécessaire.Une grande partie du théâtre religieux échappe à la compréhension si l\u2019on n\u2019établit pas un rapport avec l'hymnologie médiévale.Pour l\u2019ensemble des textes, il faut toujours tenir compte, dans une plus ou moins grande mesure, des principales influen- \u201cces: gréco-latine, germanique, arabe, celtique, persane et slave.Quant aux relations de l'oeuvre avec son milieu contemporain, elles peuvent aller de I'évident à l'indécelable.Rutebeuf écrit en Parisien du 13e siècle, mélé aux querelles de l'Université, attentif à soutenir les dernières croisades et à se gagner la faveur des Grands.Dans le Jeu d'Adam (12e siècle), le diable tente Eve en un langage digne de tout chevalier séducteur à l\u2019occasion d'une gente bergère.Mais parviendra-t-on jamais à trancher si les troubadours ont eu ou non parti lié avec les cathares?C\u2019est ici qu\u2019une information suffisante sur la culture médiévale prévient la lecture de se piéger dans les contre-sens.A preuve : l'armature symbolique des romans bretons (cf.le cycle du Graal) que d\u2019aucuns interprètent encore comme une « fan- laisie d'auteur ».Ajoutons qu\u2019il n\u2019est pas toujours de bonne politique de séparer la littérature française de la littérature latine contemporaine.Les auteurs du moyen âge adoptent et transportent plus qu'ils en traduisent.Et à ce sujet, il faut faire une précision de grande importance.La littérature française du moyen âge N'est pas « populaire» au sens où on l'entend d'habitude.Elle n'appartient nullement au folklore.Si une bonne partie des oeuvres trouvèrent audience sur- .tout auprès du peuple (certaines chansons de gestes, le théâtre, des fabliaux, etc.), une plus grande partie était écrite pour une aristocratie qui prisait fort les subtilités et les raffinements d'expression.Les auteurs du moyen âge étaient des clercs, (des intellectuels) cultivés, érudits même, possédant à fond les ressources de la grammaire et de la rhétorique.Le métier prit d'ailleurs tellement d\u2019importance que nombre de poètes et de romanciers se complurent aux virtuosités\u2019 verbales et firent montre d\u2019une science littéraire qui étouffa l\u2019inspiration personnelle.On ne comprendrait pas autrement que la poésie du 15e siècle culmine dans une jonglerie qui exténue la signification.et porte à son \u2018extrême limite l\u2019ancien trobar clus des troubadours.L'étude des topiques et des traitements de la rime suffirait à prouver que la littérature française du moyen âge, tout au moins depuis le 12e siècle, n\u2019est pas vraiment archaïque.Ces considérations peuvent déjà permettre de voir quelles techniques l'on doit utiliser pour la recherche en littérature française du moyen âge: paléographie, philologie, linguistique, phonétique, stylistique, etc.Et ce n\u2019est pas tout: l'étude du théâtre médiéval impose le recours aux connaissances en matière de musique religieuse (le grégorien) et en matière de vie économique (le théâtre s\u2019est développé dans la ville d'Arras sous l'impulsion de riches marchands et à l\u2019occasion de grandes foires).L'on trouvera peut-être que ce sont là bien des servitudes et qu'au surplus cette peine, nul ne se la donnera dans le but d'interpréter correctement ces textes, hormis les spécialistes du moyen âge.Mais il se trouve que certains des textes du moyen âge sont plus que des documents: ce sont des oeuvres.C'est dans la compénétration indissociable du culturel (et de l'historique) et de l'esthétique qu\u2019il faut situer l'oeuvre.Pour peu que nous déplacions l'accent vers l'esthétique, il faut devenir attentif à la contempo- ranéité des oeuvres littéraires du moyen âge.Villon, c\u2019est entendu, a gagné son procès en canonisation.Mais nombre d\u2019auteurs et d'oeuvres en appellent encore de notre jugement.Plutôt que de citer des titres et des noms, je transcrirai une « chanson d'histoire » du 12e siècle : Le samedi al soir faut la semaine ; Gaïete et Orior, seriors germaines, Main à main vont baignier à la fontaine Vente l'ore et li raim crollent : Qui s\u2019entraiment soef dorment ! L\u2019enfes Gerarz revient de la quintaine S\u2019a choisie Gaiete sour la fontaine, Entre ses braz l\u2019a prise, soef l\u2019a streinte.Vente l\u2019ore et li raim crollent ; Qui s\u2019entraiment soef dorment ! C\u2019est à dessein que j'ai appelé à témoigner une oeuvre qui n\u2019est pas des plus grandes, mais qui a des qualités certaines.Toutefois, certains penseront : « Mais pourquoi ne pas nous avoir offert une traduction?» En effet, il y a là un problème sérieux : les oeuvres du moyen âge sont difficilement lisibles.Il existe des versions modernisées, mais la plupart éloignent plus qu\u2019elles ne rapprochent de la vérité de l'oeuvre.Par exemple, la chanson ci-haut est citée (traduite) : dans un récent (et excellent) manuel (Moyen âge, coll.« textes et littérature », Bordos, 1960, P- 182).Dans cet ouvrage, le.refrain est devenu : NUE La brise souffle, la TAMée se balance : doux sommeil ; ceux qui s'entraiment ! Sans se donner la facilité d'une bruyante indignation, l'on peut s'étonner d\u2019un aussi total contresens ; car nous n\u2019avons affaire qu'à un élégant (?) emot à mol, La musicalité s\u2019est enfuie (la po sie lyrique du moyen âge était effectivement chantée) et le bonheur que les significations pre naient à respirer en leur liey linguistique s\u2019est évanoui, Certains mots nécessitent des explications ?Donnons-les : or vient de aura (souffle) ; rain vient de ramum (branche), croller vient du latin populaire corrotulare (rouler), qui lui.même renvoie à rota (roue), d'où le sens d\u2019agiter en roulant.Dans le second vers, seul le mot soë] appelle un petit commentaire: cet adjectif, pris comme adverbe, signifie (on l'aura deviné doucement (cf.suavem).Cela dit, chacun est en me sure de goûter l'original e d'éprouver comme ces ceux vers s'appellent et s'opposent.Vente Pore et li raim crollent comporte deux « 0» accentués et trois «ra» qui miment ass bien I'enroulement du vent au tour des rameaux.Toute tra duction se condamne i rempli cer ore ratm et crollent par des équivalents qui détruiront cet équilibre fragile.Quant à sub stituer au soef du second vers notre fade suave (s), comment s'y résigner ?Ce petit exemple suffira, j'es père à donner une idée d'une nécessaire approche « scientifr que » de la littérature française du moyen âge.Nombre de cher cheurs s\u2019emploient dans le moi de entier a rendre possible cette approche.La communication profonde avec une oeuvre line raire ne peut pas se fonder que sur l'émotion.Or, la littératuré française du moyen âge offre par ses difficiles abords, tous les moyens de mettre à l'épreuve et d'objectiver ce qu'il y à de confus et d'impressionniste dans toute expérience esthétique.= Jacques BRAULT 1 19: MARS 1963 \u2014 Le Moyen Age occidental et byzantin fut notoirement un temps où le chrietianisme a pénétré les structures sociales quand il ne les a pas lui-même bâties à sa mode \u2014 cela ne voulant d\u2019ailleurs pas dire qu\u2019il ait réussi plus qu\u2019à toute autre époque à rendre la totalité des individus saints ou même sympathiques.Placé devant ce tableau d\u2019une chrétienté, l\u2019historien n\u2019a pas tendance à demander, tel un enfant charmé par un beau conte, cet après?» 3; il interrogera plutôt : « et avant 2?» ) Avant.il y a une période ou l'Eglise doit suppléer aux carences croissantes de l\u2019Etat, et prend ainsi l\u2019habitude de régner en certains domaines où sa présence pourrait sans doute être moins exclusive de toute autre ; avant il y a un temps aussi dù l'Etat dicte à l'Eglise jusqu\u2019à ses dogmes, en une sollicitude passablement encombrante qui fera naître bien des replis et défiances difficilement effaçables chez la protégée.Avant encore il y a trois sië- cles où l\u2019Eglise, comme il en est maintenant de nouveau et de plus, devait compter non sur unc pression sociologique, mais sur un choix entièrement personnel provoqué par un témoi- gage de vérité et de charité Le PLUS ANCIEN de sw px ET AVANT?pour attirer au Christ des fidélités allant parfois jusqu\u2019au martyre.Ce n\u2019est pas à dire que ces temps du 2e au Te siècle qui avaient presque renoncé aux sciences exactes et à l\u2019expérimentation, que de plus une crise de l\u2019économie devenue endémique poussait aux confins du désespoir, puissent se comparer à notre époque riche de tout autres promesses.L'on peut sans doute laisser aux philosophes le soin de déterminer si l\u2019histoire qui ne se répète jamais est tout de même capable de nous enseigner à agir demain.Mais il est sûr qu\u2019aujourd'hui s'explique largement par hier et même avant-hier, que nous ne pouvons comprendre pleinement un objet (qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une institution ou d\u2019un dogme) qu\u2019en connaissant, du mieux possible, sa genèse.Pour déconstantiniser l\u2019Eglise, comme on dit couramment à présent, ne convient-il pas d\u2019abord de s\u2019informer un peu sur ce qu\u2019était l\u2019ère constantinien- ne ?Voilà pourquoi notre Institut a conscience de regarder encore en avant lorsqu\u2019il « assure ses arrières » par l\u2019étude de l\u2019Antiquité chrétienne.Mathieu de DURAND, o.p.-| 8515, boul» Saint-Laurent - THÈSES Dactylographie, polygraphie et correction de thèses et de tous autres travaux exigeant rigueur de style et de présentation.SECRÉTARIATS UNIS ~~.te, DU.72486 | 48 QUARTIER LATIN L'HUMANISME MEDIEVAL Pour peu qu'on y pense, la question de l'humanisme nous apparaît comme fondamentale.Et, considérée historiquement, humanisme signifie culture classique.L'avenir de cette dernière ne devrait pas manquer de faire bientôt parmi nous l\u2019objet de fructueuses discussions (comme ce fut le cas en France il y a quelques années), et, d\u2019une certaine façon, ce problème vint sur le tapis lors de l'affaire Gordon.Cependant, mon propos n'est pas ici de parler de la culture classique d'aujourd'hui, dans notre milieu, mais plutôt d'évoquer un aspect de cette même culture, telle que l'historien la trouve au moyen âge latin.Commençons à Grégoire, évé- que de Tours (537/8-593/4).La Gaule sombre dans la nuit barbare; le voici qui s\u2019afflige de l'état décadent de la culture : « Les cités de la Gaule laissent déchoir ou plutôt laissent périr la culture des lettres (.) Plusieurs en gémissaient souvent el disaient: « Malheur à notre temps, car l\u2019étude des lettres périt parmi nous.».Mais lui Grégoire, se charge d'écrire, pour que la postérité puisse savoir.Il sait qu\u2019on lui reprochera de ne « pas distinguer les noms», de prendre « les masculins pour les féminins ».de mal employer les prépositions, Et, il termine en s'adressant ainsi à ces critiques qu\u2019il anticipe : « C\u2019est pour vous que je travaille et, grâce à ma ruslicité, vous pourrez exercer votre savoir ».31 sait qu'un jour on sera plus instruit que lui.Et, c'est ce qui arriva.Alcuin (730-804), moine anglo-saxon vint en Gaule.Il vint, suivant ses propres paroles, « cnivrer ses élèves du vieux vin des disciplines antiques ».On le voit demander à Charlemagne qu'un envoie chercher ses livres en Gran- de-Bretagne «afin que ce ne soit pas seulement dans le pays d\u2019York mais en Touraine aussi que croissent les arbres du paradis avec leurs fruits.» Plus tard il dira: « Au matin, dans la fleur de mes études et de mon âge, j'ai semé en Grande-Breta- gne; maintenant mon sang se glace, c\u2019est presque le soir, je suis en France mais je ne cesse pas de semer».Quatre-vingts ans plus tard \"(C8853 Wn (RIS niqueur pourra écrire : « L\u2019en- scignement d\u2019Alcuin fut si frue- lueux que les Gaulois ou Francs sont devenus les égaux des Anciens de Rome et d\u2019Athènes ».Un abbé, Loup de Ferrières, vivant de 805 à 862, corrige un texte de Cicéron.11 le cite, il nous parle d'un certain Probus qui travaille pour admettre « dans la société des élus Cicé- ron et Virgile et tous les autres hommes à son sens les plus il lustres, pour que le Seigneur n\u2019ait pas répandu en vain son sang et n'ait pas perdu son temps en enfer.» Voici le XIIe siècle : une Renaissance.Dans ce siècle, selon le mot de Gilson, Bernard Sil- vestre « ronsardisc » et Hilde- bert de Lavardin « pétrarquise », C\u2019est aussi Bernard de Chartres, selon un témoin « la plus abondante source des belles- lettres-en Gaule aux temps modernes.», qui prononce la comparaison fameuse, reprise par Newton : « Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants (les anciens).Nous voyons ainsi davantage et plus loin qu'eux, non parce que notre vue est plus aiguë ou notre taille plus haute, mais parce qu'ils nous portent en lair el nous élévent de toute leur hauteur gigantesque.» Ces exemples nous révèlent l'existence et le progrès de la culture classique.En voici d\u2019autres qui l'illustrent d\u2019une tout autre manière.Isidore, évêque de Séville (c.559-636), défend aux chrétiens de lire les fictions des poètes; ii dédaigne l\u2019art de bien dire : « Toute la doctrine séculière, écrit-il, résonnante de mots écumants et enflée de la tumeur de son éloquence.» « Pour les plus simples il ne convient pas d'appliquer aux lettres le fard de l\u2019art grammatical ».Un contemporain de Loup de Ferrières, Ermenrich, moine de Fulda (mort en 874), ne prise guère les classiques : Renonçons à Virgile, dit-il, comme à un menteur et lais- sons-le s'ensevelir avec Apol- don ot los Muses au.fond du Styx.Qu'il y embrasse sa Proserpine et prête l'oreille à Orphée.adressant ses chants eux dieux infernaux pour recouvrer son Eurydice : des imaginations eussi veines, que \u2018lo Rel du cle! les meu- .disse-t\u2019 Comment los = appoler : 84.[Nae FL rentues de Beilis Macros.sinon les excréments que laissent tomber, Seigneur, les chevaux de votre char ! Nous sommes de nouveau au XIIe siècle.Voici ce que pense S.Bernard: « Pourquoi cher- ches-tu dans les livres ce qui est vivant (.) Crois-mois tu trouveras plus dans les forêts que dans les livres.Les bois et les rochers l\u2019enseigneront des choses qu'aucun maitre ne te dira ».À leur façon, ces exemples nous laissent voir l'existence d\u2019une culture classique.Je vous laisse le soin d\u2019élaborer les conclusions déjà mentionnées et d'en tirer d\u2019autres.Je m'en réserve une, qui dépend de plus de textes.Au moyen âge, il y eut, me semble-t-il, plus d'opposition que d\u2019enthousiasme vis-à-vis la culture classique (littéraire).À un point tel qu\u2019on peut parfois se demander comment elle a pu cheminer jusqu'au XVIe siècle.La réponse est peut-être dans cette conclusion d'un Bénédictin espagnol : « Virgile et les autres poètes étaient l'enthousiasme des uns, le scandale des autres et l'occupation de tous ».Claude SAVARY.CIGARETTES BOUT UNI ou FILTR La pensée occidentale s'infiltre aujourd\u2019hui dans les divers foyers culturels du monde.En Extrê- me-Orient, les penseurs occidentaux font subir au Japon l\u2019une des plus grandes transformations de l\u2019histoire de sa vie philosophique.Ainsi qu\u2019il a absorhé el assimilé les héritages du continent d'Asie.le Nippon.pourrait-on le dire sans exagéralion, se dépêche d\u2019intégrer les idées venant d\u2019Occident pour s'installer à l\u2019intérieur de l\u2019à- me orientale.serl: rien n'empêche qu'il existe des cartésiens à Kyoto ou des kantiens à Hiroshima.On est enchanté de traduire, et d\u2019étudier de plus en plus Platon.Aristote et les autres, jusqu'à Heidegger, Sartre ou Russell.Si dans une telle situation est éveillé l'intérêt à la pensée au moyen âge, ce ne serait même pas étonnant.Comme s'il désirait présenter le bilan de ses trésors.le moyen age invite à exploiter ses immenses richesses, longtemps cachées l\u2019Antiquité et sur les temps modernes \u2014 exigences du milieu humaniste non chrétien ou plutôt, si l\u2019on veut, païen.Notons bien que l\u2019Université de Kyoto est une université d\u2019État.Dans les milieux universitaires, l\u2019étude de l\u2019histoire doctrinale du moyen âge est indépendante de toute préoccupation plus ou moins apollogétique, inhérente en ce domaine.L'intérêt majeur réside plutôt dans une mise en relief de l\u2019apport philosophique du moyen âge \u2014 apport envisagé dans le contexte de toute l\u2019histoire de la pensée occidentale; on n\u2019ignore certes pas que la spéculation au moyen âge se révèle essentiellement chrétienne ou mieux encore catholique; mais elle s\u2019est faite aussi à l\u2019époque qui se situc entre l\u2019Antiquité dont elle a absorbé et intégré les héritages, et les temps modernes auxquels elle a transmis ses biens.Qu\u2019on dise que la pensée médiévale soit une pensée chrétienne, ce qui serait bien compréhensible.cela ne la rendra pas plus intéressante, pour aulant, que lorsqu'il s'agit de tel ou tel des modernes dont la pensée n\u2019eût pas été ce qu\u2019elle fut s\u2019ils n'avaient subi l\u2019inspiralion du christianisme \u2014 de Hegel, par exemple.Dans un milieu non-chrétien comme celui du Japon, cette qualification scrait peul-être 1rompeuse même, puisqu\u2019elle pourrait empê- L'intérêt japonais à la pensée médiévale Lorsqu'on parle du pays, nommé par Marco Polo Cipangu ou Zi- pangu \\cnant son origine du nom chinois Jen-pen-kouo qui signifie le Pays du soleil levant.on entend dire parfois d\u2019une ambiguité du pays, lequel oscille entre ses divers hérilages.asiatiques et occidentaux, qu\u2019il fait coexister d\u2019une façon assez caractéristique.C\u2019est exact.à tel point qu\u2019en écoutant Bach ou un Mozart à Montréal.le Japonais que je suis moi-même se réfère tout sponta- un némenl à une image nostalgique, tantôt des Bouddha à figure de jeune fille, tantôt des maisons en campagne aux toils ondulants et des jardins qui les entourent.Le génie du Nippon, dit-on couramment.réside, non pas dans l'originalité, mais dans une grande facilité d'absorption et d\u2019intégration d\u2019apporis étrangers.Quant à sa v:e philosophique dont les tendances sc révèlent plutôt éclectiques, on prend l\u2019habitude de dire que le peuple japonais, malgré son extraordinaire intuition, a la fois esthétique et religicuse, est assez pauvre en esprit rationnel ou scientifique.Sans doutc aurait-on raison.Quoi qu\u2019il en soit, ce qui est important ici, c\u2019est de noter qu\u2019en dépit des barrières géographiques et spirituelles, se fail aujourd\u2019hui, peut-être plus que jamais, un intime dialogue entre les esprits de tous les temps.A Tokyo comme.+ Yaad ET AM \u201c= ileurs on Mrduves plusieurs \u20181e- gi, =n nants d'un Bergson ou d\u2019un Hus- par un opiniâtre préjugé de la part de l'histoire.La pensée médiévale, dont l\u2019apport est de mieux en mieux dégagé par l\u2019érudition conlemporaine jusqu'à réduire au silence la formule stéréotypée de l'ignorance.se montre d'autant plus significative qu\u2019elle fut réalisée entre eux lumières, que l\u2019on croit particulièrement éclatanies, de la speculation européenne.Dé.pendamment qu'on envisagera avec plus de pénétration l\u2019ensemble de toute l'histoire de la pensée occidentale, on pourra préciser davantage les choses médiévales: et telles sont-les circonstances du milieu intellectuel japonais.où l'emprise des données d\u2019Occident :s1 déjà un fail acquis.Les études sur la pensée médiévale ne font, il va sans dire, que commencer au Japon: ce n\u2019est que depuis une vingtaine d'années que s\u2019y est effeclué un pas décisif.Inaugurées à Tokyo.les études médiévales se sont par la suite installées à historique Kyoto, grice aux Pères dominicains, qui y ont fondé.en 1945, l\u2019Institut Saint-Thomas d'Aquin.L\u2019Université de Kyoto était alors connue pour son foyer philosophique, allumé par K.Nishida, avec lequel l'expérience orientale se montre incarnée dans un systéme fort vigoureux, inspiré, entre autres, de Hegel; la Faculté des Lettres n\u2019a pas tardé à avoir la Chaire de la philosophie médiévale, ce qui d\u2019ail- ~ 2m TEN cide ce Tre Teurs elait- une exigence dela part des recherches déja avancées sur cher une recherche de la diversité d\u2019esprits et de la manière de procéder dont sont posés et tracés les problèmes vraiment philosophiques \u2014 ce qui serait sans doute plus important que d\u2019exposer des thèses qui forment système en ce qui concerne les études historiques de la pensée.Quoi qu\u2019il en soil, on étudiera la pensée, qualifiée de médiévale; on en sera bien conscient en essayant de faire ressortir son apport.qui est d\u2019ailleurs une permanente actualité \u2014 La question de l\u2019évangélisation serait ailleurs \u2014 peut-être dans ce petil paradoxe : moins on sera chrétien dans étude, plus on le sera dans l\u2019esprit.Le milieu cullurel du pays per- metitrait d'aller plus loin : la confrontation des idées; on s\u2019étonnera en effet de retrouver en Asie orientale et en Occident des idées fort analogues.L\u2019Oupanichad, par exemple, enseigne la présence divine à l'essence de l\u2019univers et de l\u2019homme \u2014 essence qui n\u2019est qu\u2019une pensée de l\u2019Absolu: on reconnaîtra là un Eckhart ou un Plo- tin, celui-ci qui se retrouvera par ailleurs jusqu'à la lettre dans le Tao-tô-king, canon taoïste.Rien d\u2019étonnant dès lors s\u2019il existe un zéniste qui rejoindrait un Ps.De- nys ou un S.Bernard.Akio KUSAKA yn we a pets 5 institut d'éludes- médiévales (Boursier du Conseil des Als) Un Institut International ?I] s'agit de l\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales de Montréal (depuis 1942).Evidemment, il n\u2019est pas unique au monde, puisqu\u2019il existe des centres d\u2019études médiévales dans plusieurs grandes universités européennes et même en Amérique.Ce qui est à remarquer pour l\u2019Institut de Montréal, c\u2019est d\u2019abord le caractère universel que visent les études qu\u2019on y poursuit.Il ne faut pas se laisser tromper par les mots, puisqu\u2019on n\u2019y étudie pas seulement les 10 siècles du moyen âge (500-1500), mais aussi l'antiquité grecque et romaine, et même, depuis quelques mois, Ja Renaissance.Sans oubliez le Monde Arabe et bientôt le monde byzantin.Mais le tout en fonction de la compréhension d\u2019une période.Centre de recherches avant tout, il était donc inévitable que cet Inslitut devienne en un sens international, autant par son orientalion académique que parle recrutement de ses professeurs et de ses étudiants.Par exemple, pour étudier le monde grec, on aura- recours à M.Raymond KLIBANSKY (maitre és arts, Oxford, docteur en philosophie : Heidelberg, Hon.Fellow du Warburg Institute de 1'Université de Londres), au R.P.Ma- thicu de DURAND o.p.(lecteur en théologie : Saint-Maximin, licencié ès lettres : Montpellier et Ph D de l'Université d\u2019Oxford), à M.Henri-Irénée MAR- ROU, agrégé d'histoire et docteur ès lettres : (Université de France, président de l'Institut scientifique Franco - Canadien) qui viennent rejoindre les cours donnés par M.Vicnney DECA- RIE (docteur en philosophie des Universités de Paris et de Montréal) et le R.P.Albert M.LANDRY, O.P.(docteur en philosophie : Montréal, directeur de l\u2019Institut).L\u2019antiquité romaine est étudiée d\u2019un point de vue juridique avec le R.P.Paul PILON, O.P.(licencié en droit canon : Laval, lecteur en théo- logic : Ottawa) et elle est également matière des différentes disciplines de Thistoire.Et pour présenter le monde arabe, on avait invité le professeur Mareel ANAWATI, O.P.du Caire.Pour l'étude du Moyen Age proprement dit, des cours réguliers sont assurés, par exemple : en théologie : par les T.R.P.Louis B.GEIGER, O.P.(maître en théologie : Rome, docteur en philosophie : Institut catholique de Puris), Louis M.REGIS, (maître en théologie : Rome, docteur en philosophie : Montréal}, Camille BERUBE, O.F.M.(docteur en philosophie: Rome) en philosophie : par H.Paul VIGNAUX (agrégé.de philosophie : Université de France, directeur d\u2019études à l\u2019Ecole pratique des Hautes-Etudes : Sor- honnel\u2026 le- chanoine Philip ges DELHAYE (docteur en philosophie: Louvain, docteur en \\ diévales de Université de .Montréal.: Ei Thérèse BIENVENU vie à la fois secrète et univer _ 19 MARS:106 théologie : Lille), le RP, Vincent HARVEY, 0.p.(docteur ey théologie : Ottawa, licencié en philosophie : Montréal).en histoire : par le TRp Adrien BRUNET, {maitre en théologie : Rome, docteur en écriture sainte : Rome), le RP, Antonin PAPILLON (docteur en théologie : Rome) M.Charles MURIN (docteur en droit : (1) et le R.P.Benoît LACROIX O.P.(docteur ès sciences médiévales : Toronto).en littérature : M.Jacques BRAULT (maître ès art en sciences médiévales : Montréal, élève titulaire de l\u2019Ecole pratique des Hautes-Etudes : Sorbonne).en paléographie : le R.P.Raymond M.GIGUERE, O.P.(docteur en philosophie : Montréal, bachelier en bibliothéconomie : Montréal, bibliothécaire de l\u2019Institut d\u2019Etudes médiévales).en histoire des Institutions : H.SUTTO (docteur de l'Université de Poitiers) à qui le soin de vérifier le lien qui existe entre le Moyen Age et la Renais sance vient d\u2019être confié.en méthodologie, le RP.Benoît LACROIX, O.P.Rappelons également les cours et conférences donnés par d\u2019éminents professeurs étrangers.Des études aussi austères et un ensemble de professeurs tels que ceux qui sont groupés par lis titut d\u2019Etudes Médiévales de Montréal ne peuvent qu'attirer un nombre restreint d'étudiants.L\u2019intéressant a noter est, une fois de plus, leur pays d'origine et leurs options religieuses.En fait, nous pourrions presque dire que l'Institut de Montréal est un milieu inter-confessionnel idéal.Par exemple, on verra ensemble, catholiques «1 protes tants, et même des clers suivre.sans la moindre gêne les cours de littérature juive du Rabbin Chain N.DENBURG (docteur en philosophie : Montréal).L\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales de Montréal compte déjà parmi ses anciens des juifs, orthodoxes, protestants, ete.Les étudiants eux-mêmes vieir nent de partout, puisque des anciens de l'Institut d'Etudes médiévales de Montréal sont nes en Roumanie, Autriche, Hollande, Mexique, Ukraine, Haïti.Japon, Chili, Colombie.Belgique, Tchéco-slovaquic, Pologne.Etats-Unis, etc.Actuellement.année 1962-63, des 25 étudiants inscrits à 'LE.M.de M., tel et de Kyoto (Japon), boursier de son: pays auprés du Conseil des Arts, tel autre est né a Dantzig.ou en Autriche, etc.Voilà qui explique un peu Ja selle de l\u2019Institut d\u2019Etudes mé- (1)Bratislava, PhD : Montréal 19 VARS 1963 \u2014\u2014\u2014 Un sympathique auditeur de \u2019Institut Médiéval me demande un article pour une livraison spéciale consacrée à la philosophie, et, pour m\u2019allécher, me remet Je dernier numéro de « Quartier Latin ».Tandis que nous parlons, je parcours des veux les colonnes et j'accroche un titre : « La torture au moyen âge ».C\u2019en est fait, j'accepte.Il n'est rien de plus curieux, de plus agaçant aussi, il faut bien le dire, pour un médiéviste que de voir transformer l\u2019époque qu'il étudie en une sorte de musée des horreurs.L'auteur de l\u2019article (Jean Laurac : nom d\u2019emprunt préci- se-t-il, 21 février 1963) a d\u2019ailleurs l'élégance de le reconnaître : « Le terme Moyen Age n\u2019est N mal d\u2019agressivité.Aujourd\u2019hui que les problèmes de la « faim dans le, monde » et de « l\u2019Eglise pauvre » sont au premier plan de l'actualité, on voit la mesquinerie du procédé.On serait bien tenté de reprendre le « ne sutor ultra crepidam » et de souligner les étranges similitudes entre le moyen âge et notre époque.C\u2019est que, de part et d\u2019autre, on sent la sève monter et chercher la route \u2018qu\u2019elle suivra.Alors comme aujourd\u2019hui, on doit noter l'existence d\u2019une immense bonne volonté, du désir de « faire du neuf et du raisonnable » sans pourtant abandonner les richesses de la tradition, de faire rendre à l\u2019homme toutes ses virtualités Modernité du moyen âge pas ici employé dans son acception historique générale.Il ne sagit pas de dates mais bien plutôt d'un état d\u2019esprit.D\u2019un état d'esprit particulièrement retardataire ».En cela, l\u2019auteur se fait l'écho d\u2019un vocabulaire plus commun que fondé.Le moyen âge a été vilipendé par les hommes de la Renaissance.Il suffit de songer aux grasses plaisanteries de Rabelais.Ensuite l'Encyclopédie des Philosophes a pris le relai.Pourquoi ?Chez les auteurs de la Renaissance le sens du procédé est clair.Ils veulent mettre en valeur la littérature grecque, notamment Platon, et tourner le dos à l\u2019occanisme dont le formalisme les écoeure.Alors ils critiquent tout ce qui les a précédés.La preuve qu\u2019ils n\u2019en veulent pas aux véritables valeurs médiévales c\u2019est qu\u2019ils reviennent à la Bible comme au XIHE siècle et qu\u2019à la suite de leur action, les oeuvres de St- Thomas remplacent celles de Pierre Lombard dans les écoles de théologie.L\u2019attitude des En- eyclopédistes procède, elle, d\u2019une toute autre mentalité.Elle est d'abord anti-chrétienne et veut instaurer un système de penser et de vivre qui ne doit rien à la foi.Mais il était dangereux de s\u2019attaquer à la foi, la ¢ justice du Roy » ne badinait pas à ce sujet.Par contre, elle N'y voyait goutte quand on vilipendait le moyen âge.C\u2019est donc celui-ci que l\u2019on brocarde en comptant bien atteindre le christianisme par ricochet.Les « philosophes », par exemple, ont fait leur bête noire, ou une de leurs bêtes noires, de la pauvreté.Ils prennent le parti du luxe des nobles \u2014 c\u2019est très démocratique.notons-le en passant.Pour discréditer la pauvreté du Sei- &neur et l\u2019idéal franciscain, on ressort de derrière les fagots une vague histoire de dispute autour \u201cde la forme des - sandales -qui\u201d échauffa quelques moines en poussées à leur paroxysme par la grâce du Rédempteur.Est-il besoin de dire cela dans les colonnes du « Quartier Latin» ?Car enfin si l'on a donné ce titre au journal des étudiants de l\u2019Université de Montréal c\u2019est par désir de se rattacher, par le souvenir, au Quartier Latin du moyen âge.C\u2019est au XIIè siècle que les étudiants parisiens se sont groupés par prédilection sur la rive gauche juste au-delà de la Seine et de la Cité.Ms parlaient la langue scientifique de l\u2019époque, c\u2019est-à-dire le Jatin, par opposition aux bourgeois et aux marchands qui usaient de la langue romane, ancêtre da français.Au temps d\u2019Abélard, ils étaient déjà 5 à 6000 à côté d\u2019une ville de 25,000 âmes.C\u2019est la première fois dans l\u2019histoire qu\u2019apparaissait une pareille concentration de maîtres et d\u2019étudiants.Leur but, comme le nôtre, était de rechercher la vérité en tous les domaines.S.Thomas et S.Bonaventure illustraient les chaires théologiques au XIIIè siècle et ouvraient la science sacrée à influence des philosophes en vogue, Aristote et Averroes.Quelle audace quand on songe qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un païen méprisé par les Pères de l\u2018Eglise ct d\u2019un musulman mort récemment dans la méfiance de ses corcligionnaires ! Comment a-t-on pu essayer de faire de ces maîtres, notamment de S.Thomas, le type même du conservatisme et du négativisme intellectuels ?A côté d\u2019eux, Roger Baron, Robert Grosseteste, S.Albert préludent aux recherches scientifiques qu\u2019un Léonard de Vinci établira définitivement dans l\u2019axe de l\u2019expérimentation.Alain de Lille prélude à Dante qui est Jui aussi un médiéval par l\u2019époque ct par les idées: à I\u2019heure actuelle c\u2019est encore sur l\u2019étude de celui-ci que repose pour une bonne part la forma- (Suite a la page 18) CE QUARTIER: LATIN x LES ÉTUDES MÉDIÉVALES A TORONTO Monsieur le professcur Etien- ne Gilson débutait en février une série de conférences à l\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales de Toronto sur un sujet que la somme des différentes approches ne saurait jamais épuiser : l'Art et le Beau (poiétique et méta- poiétique).La présence de monsieur Gilson ravive toutes les ardeurs : son retour annuel semble redonner à Ffnstitut une partie de son âme.Dès 1929; l\u2019intérêt pour la philosophie médiévale avait réuni quelques membres de la faculté de Philosophie du Collège Saint- Michel de Toronto.À la suite d\u2019une enquête, monsieur Gilson, constatant Je nombre imposant de travaux, d\u2019études et de recherches sur la philosophie et histoire de la pensée chrétienne, conseilla l\u2019organisation d\u2019un centre d\u2019études pour la philosophie, l\u2019histoire et la culture du Moyen-Age.Ainsi allait naître l\u2019Institut d'Etudes Médié- -vales de Toronto auquel l'Eglise accordait un statut canonique en 1939.: Le but de l\u2019Institut Pontifical d'Etudes Médiévales cest d\u2019atteindre, par l\u2019étude appliquée des sources et des documents, une meilleure compréhension des nombreuses phases et des différents visages de la culture du Moyen-Age.Le programme d\u2019études est donc dirigé vers une interprétation savante et même érudite de l\u2019histoire et de l\u2019esprit de la vice et de la pensée médiévales.La civilisation du Moyen-Age fut si fortement pénétrée des idéaux chrétiens qu'il est impossible de dissocier son histoire de celle de la vie et de la pensée chrétiennes.La plus adéquate approche d\u2019une pensée philosophique pénétrée de théologie, d\u2019un art répondant à des motifs religieux, d\u2019une loi réglant les cours civiles et ecclésiastiques, semble résider dans une enquête historique dont le rôle est de ressusciter les cadres d\u2019une suite de faits ; la condition, cependant, est de dépasser la simple suile des faits pour y découvrir un enchaînement interne.L'interprétation n'étant qu\u2019une scconde étape.l\u2019Institut est fortement préoccupé de donner à ses étudiants une préparation de base rigoureuse.Une connaissance historique touchant les multiples aspects du Moyen-Age assurera ainsi une meilleure compréhension d\u2019un sujet particulier se détachant du fond plus complexe de la culture.Les études sont orientées en vue de pourvoir à la formation historique générale des étudiants et à leur spécialisation soit en théologie, philosophie, histoire, droit, littérature latine ou littérature vernaculaire.Au programme régulier des cours ct des séminaires, s'ajoutent lcs conférences des professeurs invités par l\u2019Institut.Ces conférences ont pour but de favoriser le contact des étudiants avec les spécialistes et les maîtres de la pensée du Moyen-Age.Le caractère très nouveau de l'Institut Pontifical d'Etudes Médiévales de Toronto lui a valu une renommée internationale.Professeurs ou étudiants, érudits ou fervents du Moyen - Age voient surgir, plus vivant, un millénaire encore présent dans ses vestiges et dans la culture moderne porteuse du poids de l'histoire; l\u2019Institut de Toronto a le mérite et la gloire de croire en leur travail et de nourrir leur ardeur.Adèle CHENI style ST.ANDREW°S UNITED CHURCH COTE ST-ANTOINE > - fo mue 1 tt = Patio ui = .1 .ae ' ro m PAGE HUIT Nos publications Collection « Publications de l\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales de Montréal » co-éditeurs : Vrin, Paris: Institut d'études médiévales, Montréal (N (3) (8) (9) (10) (11) (12) ETUDES D'HISTOIRE LIT- TERAIRE ET DOCTRINALE DU XIIIe SIECLE, 1932.Première série, 200 pages, 4 hors-texte.- M.-D.Chenu.Maîtres et bacheliers de l'Université de Paris vers 1240.Description du manuscrit Paris, Bibl.Nat.lat.15652.Th.Charland, Les auteurs d\u2019« Artes praedicandi> au X1IHe siècle.\u2014 L.Lachance.mot « ratio» au moyen âge.Autour d'un texte de Maître Ferrier de Catalogne (1275).\u2014 J-M.Parent.La notion de dogme au XIIIe siècle.\u2014 G.Albert, J.-M.Parent, À.Guillemette.La légende des trois mariages de Sainte-Anne.Un texte nouveau.\u2014 G.et J.de Jocas.Le livre d'heures de la famille de Jocas.ETUDES D'HISTOIRE LIT- TERAIRE ET DOCTRINALE DU XIIIe SIECLE, 1932.Deuxième série.210 pages.\u2014 E.Longpré.Gauthier de Bruges.\u2014 R.Martineau.La Summa de divinis officiis de Guillaume d'Auxerre.\u2014 P.Peghaire.La notion diony- sienne du Bien selon les commentaires de S.Albert-le- Grand.\u2014 F.Drouin.Le libre arbitre dans l'organisme psychologique selon S.Albert-le- Grand.\u2014 M.Bergeron.La structure du concept de personne : histoire de la définition de Boèce.\u2014 M.-D.Chenu.La psychologie de la foi dans la théologie du XIIIe siècle.\u2014 L.Taché.Chorévé- ques et abbés.II.Paré (G.), Brunet (A.), Trem- IV.VI.blay (P.).\u2014 La Renaissance du XIIe siècle.Les écoles et l'enseignement, 324 pages, 1933.Desmarais (M.-M.).\u2014 Saint Albert-le-Grand.docteur de la médiation mariale.172 pages, 1935.Regis (L.-M.).\u2014 L'opinion sclon Aristote, 282 pages, 1935.Pcghaire (J.).\u2014 «Intellec- tus » et « Ratio » selon saint Thomas d\u2019Aquin, 318 pages, 1936.VII.Charland (Th.-M.).\u2014 Artes VHI.Praedicandi.Contribution à l'histoire de la rhétorique au moyen âge, 422 pages, avec reproductions hors-texte, 1936.Parent (J.-M.), o.p.\u2014 La doc- _trine de la création dans I'E- IX.X.cole de Chartres.Etudes et textes, 221 pages, 1938.Ethier (A-M.).\u2014 le «De Trinitate » de Richard de Saint Victor, 128 pages, 1939.Paré (G.).\u2014 Le Roman de la rose et la scolastique courtoise, 216 pages, 1941.XI.Chenu (M.-D.), o.p.\u2014 Introduction à l'Etude de saint Thomas d'Aquin, 306 pages, 1950, 2e tirage, 1954.XI.Räÿnaud de Lage (G.).= Alain de Lille, Poète :du Xlle siecle, 192 pages, 1951.LE QUARTIER LATIN Le moyen âge, ce millénaire tant décrié depuis la Renaissance, fait aujourd\u2019hui l\u2019objet de jugements plus sains grâce aux enquêtes que la science dans toutes ses ramif ications lui a consacrées.Le temps est passé des jugements sommaires, simplistes, faisant de lui, à tous les points de vue, une période de fer et d\u2019obscurantisme.On se rend compte qu\u2019aucun âge, aucun siècle, aucune civilisation, aucune culture, ne peut avoir le monopole de la lumière ou des ténèbres, que seule la connaissance des faits, replongés dans tous leurs contextes, a quelque chance de faire apprécier avec justesse les époques, les institutions, les hommes et leurs idées.C\u2019est à cette conclusion qu\u2019en arrivent les vrais scientifiques pour qui, d\u2019une part, le préjugé, le parti pris, l\u2019apriori sont des vices de l\u2019esprit et le fait de primaires, pour qui, d\u2019autre part, c\u2019est la vérité des faits et de l\u2019esprit qui commande toute la recherche et ses conclusions.C\u2019est, à la vérité, l\u2019attitude du vrai chercheur qui ne se mêlera jamais de juger ce qu\u2019il ne connaît pas, et qui reste toujours ouvert, en communion de sympathie avec les personnes et les choses.Les études médiévales : Champs d\u2019intérét et de spécialisation C\u2019est dans tous les domaines et dans une bonne partie des régions du globe terrestre \u2014 l'intérét de 'homme pour l\u2019homme et son monde ne connaît pas de frontières temporelles et géographiques \u2014 que l'effort de connaissance du moyen âge s\u2019est développé et n\u2019a cessé de s\u2019accroître.Dans le but « de procurer au lecteur.le moyen de connaître les médiévistes européens actuellement au travail, leurs champs principaux d'étude, leurs fonctions, les revues ou instituts qu\u2019ils dirigent et leur adress .», le Centre d\u2019Etudes Supérieures de Civilisation Médiévale de l\u2019Université de Poitiers publiait en 1960 un Répertoire des médiévistes européens couvrant les années 1954-1960.Poursuivant un but analogue, M.S.Harrison Thompson éditait en 1960 également à l\u2019Université du Colorado, le vingt-cinquième bulletin de Progress of Medieval and Renaissance Studies in the United States and Canada couvrant les années 1957-60.Encore qu\u2019incomplets \u2014 les éditeurs dans les 2 cas ont tenu eux-mêmes à le dire et le spécialiste en découvrira vite les lacunes \u2014, Répertoire et Bulletin contiennent les noms de spécialistes, avec leur champ d'intérêt et leurs lieux d\u2019attache, qui se sont livrés, au cours des années mentionnées, à des recherches ayant abouti à des publications livrées au monde savant en éditions de textes, monographies ou articles de revue.Littérature abondante dont on ne peut guère ici faire voir la variété que par un regard sur les domaines mêmes qui ont fait l\u2019objet de ces publications.Ce sont, peut-on dire, toutes les sciences et les disciplines qui, appliquant chacune ses méthodes et techniques, ont poussé leurs recherches ct enquêtes sur l\u2019homme du moyen âge et son monde.En veut-on la nomenclature ?Voici celles que nos deux sources signalent : antrophonymie, archéologie, archivéconomie, bibliographie, cartographie, codicologie, critique historique et textuelle, cryptographie, démographie historique, dialectologie, diplomatique, éditions de textes, épigraphie, ethnographie, étymologie, fouilles, généalogie, géographie historique, hagiographie, héraldique, histoire, historiographie, hymologie, inconographie, lexicographie, linguistique, musicologie, numismatique, onomastique, paléographie, philologie, philosophie, phonétique, sigillographie, sociologie, stylistique, théologie, topographie, toponymie.Grâce à ces disciplines et techniques, qui ont d\u2019ailleurs fourni matière à étude en elles-mêmes, la quasi-totalité des aspects relatifs au moyen âge a été soumise à l\u2019examen dans telle ou telle enquête, par tel ou tel chercheur, eur tel ou tel point.Enquêtes menées sur : \u2014l\u2019orient et l\u2019occident chrétien, juif, latin, musulman ; \u2014Phistoire politique médiévale des pays qui se distribuent aujourd\u2019hui la carte de l\u2019Europe (le Répertoire en recense vingt-et-un) ; \u2014Phistoire politique des régions médiévales (une soixantaine) ; \u2014lhistoire des villes dans leurs origines médiévales ou dans leur rôle au moyen âge (une trentaine) ; \u2014la géographie de ces pays, régions, villes ; J9-MARS 1963 19-MARS 1963 \u2014Thistoire par (carolingiens, \u2014les nations et slaves, etc.; \u2014les personnes : siècles (Ve au XVe) ou par groupements Mérovingiens, etc.) 3 Groupements humains : anglo-saxons, celtes, Papes, rois, seigneurs, penseurs, littérateurs, troubadours, saints, ete, .je 3 * , \u2014les civilisations et cultures chrétiennes, extrême-orientale, oeutmanc, hébraique ; education ; l\u2019enseignement ; l\u2019humanisme ; \u2014Ila vie privée, le folklore, l'habitat, le costume, les hôpitaux, la fauconnerie ; \u2014les invasions, croisades, mouvements populaires, expéditions et découvertes, sagas ; \u2014la religion médiévale : APs chrétienne, juive, musulmane ; Eglises d'Orient et d'Occident ; liturgie, culte chrétien, hymnologie, chant grégorien, dévotions, piété populaire, pèlerinages ; spiritualité, ascèse, mystique (chrétienne et musulmane) ; doctrines et pensée religieuses D°HO (Bible, Coran, catéchése, dogme, morale, Christologie, corps mystique, mariologie, patristique, sermons) ; hérésies des Bogomiles et des Cathares ; curic romaine, synodes, paroisses ; Ordres des Bénédictins, Cisterciens, Clunisiens, Dominicains, Ermites de saint Augustin, Franciscains, Grand- montains, Prémontrés ; \u2014les institutions : Eglise, Etat, féodalité, monachisme, chevalerie y compris l'Ordre teutonique et les chevaliers de Malte, corporations, universités, écoles, villes (urbanisme), | villages, servage.esclavage gnquisition, paix de Dieu ; \u2014les sciences : alchimie (léfikMt), astronomie, chimie, mathématiques, pharmacie, médecine, anatomie ; \u2014le droit : civil, canonique, coutumier, musulman, privé, publique, romain : les hommes de loi et la classe de robe ; \u2014les langues : le Répertoire en dénombre vingt-neuf depuis l\u2019allemand jusqu'au slave, en passant par l\u2019arménien, le celte, l\u2019éthiopien.le picard, le sémitique, etc.; \u2014la production littéraire selon ses domaines et ses formes : actes privés, allégorie, ballades, cartulaires, chartes, chansons de geste, chroniques, commentaires, correctoires, cycles d\u2019Arthur et de Tristan, drames, épopée, florilèges, glossaires, poésie, poésie lyrique, régistres, romans, traductions ; \u2014l\u2019économie : agriculture, viticulture, commerce (ports, fleuves et rivières), prix, monnaies, poids et mesures, tissus, artisanat ; \u2014l\u2019esthétique, l\u2019art ct les aa architecture (préromane, romane, gothique ; structures numériques), sculpture (y compris la sculpture sur bois et les porches d\u2019Eglise), peinture (y compris la peinture murale et les polyptiques), art de la guerre (armes, armures), art du métal, arts du décor (céramique, émaux, médailles, ivoires, vitraux, enluminures) : \u2014les idées et doctrines politiques (Idées d\u2019Etat, d\u2019Empire, le Saint-Empire Romain) : \u2014les idées et doctrines philosophiques : courants aristotélicien, augustinicn, averroiste, avicennien, juif, platonicien et néoplatonicien, scolastique; scotiste, thomiste ; disciplines de la grammaire (syntaxe), dialectique, logique, métaphysique, philosophie de la nature.psychologie (y compris des études sur l\u2019émotivité, la by voire intérét pour les aliénés), théodicée : vocabulaire philosophique ; \u2014l\u2019écriture et le livre : manuscrits (français, grecs latins ; catalogues), diplômes, papyrus ; incunables ; reliure ; bibliothèques.Listes impressionnantes malgré leur caractère incomplet et donnant une idée de la poussée de travail et du mouvement imprimé par les chercheurs \u20act les spécialistes aux études médiévales.Spécialistes et milieux Ces chercheurs, c\u2019est partout qu\u2019ils.travaillent, en Europe et en Amérique spécialement, Mais sans que ne soient exclues l\u2019Afrique et l\u2019Asie, puisqu'on relève, pour l'Afrique, des noms de personnes ct de cenuës Serie, au Congo, en Egypte, au Ghana, au Mali, en Tunisie, et pour l\u2019Asie, au Cambodge, en Irak, au Liban, en Syrie, Voire au Japon: (où-le gouverne- LE QUARTIER: LATIN ment lui-même subventionne des éditions de textes avec octroi spécial pour l'édition en langue japonaise des oeuvres de saint Thomas d\u2019Aquin).Ce sont 1662 noms qui apparaissent au Répertoire de Poitiers, 835 a celui de Colorado : des directeurs et conservateurs d\u2019archives, de bibliothèques, de musées aux plans national, régional, départemental, urbain ; des directeurs, maîtres de recherches et directeurs d\u2019études dans des centres, instituts, écoles d\u2019études supérieures ; des présidents et membres d\u2019académies savantes ; des directeurs, secrétaires, collaborateurs de revues, collections, encyclopédies ; des recteurs d\u2019universités, ambassadeurs, médecins, juges ; des professeurs émérites, réguliers, assistants, chargés de cours dans les universités, collèges, lycées, scolasticate.Travaillant isolément ou en groupes, ils appliquent les méthodes et les techniques de leurs sciences respectives selon leur spécialisation et selon les possibilités que leur fournit leur milieu de travail.L\u2019Europe, le Proche-Orient et l\u2019Afrique du Nord sont sans doute les terres d'élection du médiévisme et, à toutes fins pratiques, certains domaines ne peu- IZON vent être étudiés qu\u2019en ces régions, par exemple, l\u2019archéologie et l\u2019architecture médiévale, pour ne mentionner que ces deux champs d'enquête.Mais grâce au perfectionnement progressif de l\u2019instrumentation scientifique (les ressources de la photo-reproduction avec constitution de filmothèques et de photothèques rendent en particulier des services inestimables), les barrières n\u2019existent plus dans une foule de domaines, et le chercheur de l\u2019Amérique ou de l\u2019Asie peut, aujourd\u2019hui, entreprendre et publier des études de première valeur, voire des éditions critiques, travaux auxquels il n\u2019aurait pas songé pouvoir se livrer il y a 50 ou même 25 ans.La constatation cest d'importance et explique partiellement l\u2019émergence des nouveaux centres de travail aussi bien que des nouveaux chercheurs, tant en Amérique qu\u2019en Europe.Des vingt-sept pays que mentionnent nos deux sources et au sein desquelles on fait de la recherche et on publie sur le moyen âge, dix-sept y compris le Canada ct les Etats-Unis (Suite à la page 17) Test a STYLE GOTHIQUE at lh me.ada : at ele pin \u2014 -PAGE/TREIRE publicati (18) XIII.Vanier (P.), S.J.\u2014 Théologie trinitaire chez saint Thomas d'Aquin.Evolution du concept d'action- rationnelle, 156 pages, 1958.(14) XIV.Giguère (R.-M.), o.p.\u2014 Jean de Sècheville : De Principiis naturae.Texte critique avec introduction et tables, 230 pages, 1956.(15) XV.Deman (Th.), o.p.\u2014 Le traitement scientifique de la morale chrétienne selon saint Augustin, 136 pages, 1957.(16) XVI.Décarie (V.).\u2014 L'objet de la métaphysique selon Aristote, XXX et 198 pages, 1961.(17) XVII.ETUDES D'HISTOIRE LIT- TERAIRE ET DOCTRINALE, 824 pages, 1962.Th.A.Audet.Approches historiques de la Summa the- ologiae.\u2014 G.Daoust.Raison et autorité chez le jeune Augustin.\u2014 L.-B.Geiger.La VIe, acte essentiel de l'âme \u2014 l\u2019esse, acte de l'essence d'après Albert-le-Grand.\u2014 L.Glei- Man.Some Remarks on the Origin of the Treuga Dei.\u2014 L.Lachance.Note sur l'être.\u2014 L.Martinelli.Thomisme et valeurs.\u2014 C.Murin, Recherches sur la nature de l'ê- tre moral dans l'oeuvre de saint Thomas d'Aquin.\u2014 J.Szoverffy, Alain de Lille et ia tradition tchèque.Notes d'hymnologie médiévale.\u2014 P.Vignaux.L'être comme perfection selon François de Mayronnes.Collection « Conférences Albert-le-Grand » ; Co-éditeurs : Vrim, Paris: Institut d'études médiévales, Montréal (18) Gilson (Et), de l\u2019Académie Française.1947.Philosophie et Incarnation selon saint Augustin.Relié pleine toile, 56 pages.(19) Vignaux (P.).1948.Nominalisme au XVe siècle.Relié pleine toile, 100 pages.(20) Régis (L.-M.), o.p.1949.L'Odyssée de la Métaphysique.Broché de 96 pages.(21) Marrou (H.-L.).1950.L\u2019Ambivalence du temps de l'histoire chez saint Augustin.Broché de 86 pages.(22) Deman (Th.), o.p.1951.Aux origines de la théologie imo- rale.Broché de 116 pages.(23) Geiger (L.-B.), o.p.1952.Le Problème de l'Amour chez saint Thomas d'Aquin.Broché de 134 pages, 2 tirages.(24) Salman (D.), o.p.1954.La Place de la Philosophie dans l\u2019Université Idéale.\u2018Broché de 70 pages.(25) Gandillac (M.de), professeur à la Sorbonne.1955.Valeur du temps dans la pédagogie spirituelle de Jean Tauler.Broché de 100 pages.(26) Spicq (C.), o.p.1959.Ce que Jésus doit a sa mere selon :la théologie biblique et d\u2019après les théologiens médiévaux.; Broché de 56 pages.(27) Delhaye (Ph.).1960.Pierre Lombard: sa vie, ses oeuvres, sa morale.Broché de 112 pages.(28) Audet (J.-P.): 1961.Admiration religieuse et désir de_sate ven ue \"as voir.Réflexions sur la condi- : don*du*théologien:, Broche: - qe de*72 pages. bet TRY TE ATIC SRY US SEA Ee SUAS METRE TIC IAFL Li She ETS.of PALE + 4% mt tai = PT peed > recteur \u201claïc Des consommations suivirent A la lecture des procés-ver- baux suivit à l\u2019ordre du jour la période des questions.J.-Ber- nard Landry déclara que PU.G.E.Q., fondée lors de la journée Syndicale admettrait sans discrimination aucune les étudiants québécois des universités McGill et Sir Georges Williams dès qu\u2019ils voudront y adhérer.Il y a toutefois une réserve, ils devront attendre le parachèvement de la constitution.La même procédure pourra s\u2019appliquer à l\u2019endroit des étudiants des collèges classiques ajouta-t-il pour terminer.Au dire de Michel Gouault, vice-président extérieur, la coopérative d'achats sera bientôt réalité.Dès septembre prochain, elle commencera à fonctionner.M.Lussier, frère de vous savez qui, va bientôt en prendre pour son rhume.En effet, on négocie en ce moment les prix de vente des machines dietributrices et à la date la plus opportune financièrement au cours de l\u2019été, l\u2019A.G.E.U.M.en prendra possession.Le président nous communique ensuite que l\u2019exécutif se rendra dès lundi prochain au bureau du premier ministre de la province, pour discuter avec lui de l\u2019incorporation de l\u2019A.G.E.U.M.Certaines difficultés furent semblent-ils soulevées par Me Louis-Joseph Pigeon, conseiller : juridique du gouvernement.A l\u2019item 3, on demanda à l\u2019Assemblée d\u2019adopter certaines recommandations de l\u2019A.G.E.U.M.au gouvernement provincial en ce qui concerne la refonte de la loi électorale : 1\u2014D\u2019abord et'avant tout, que le domicile de l\u2019étudiant ne constitue plus un obstacle l\u2019em- péchant d\u2019exercer son droit de vote, la même chose étant d\u2019ailleurs valable pour le militaire et le malade hospitalisé.owe ie (Suite: à la \u2018page 10) repeats DE rm nee aie fro sv sec: deurnel bibobdemedaire de Association Générale des Etedients de l'Université de Montréal MONTREAL, 19 MARS 1953 M.Jacques Girard, directeur du « Quartier Latin », a pris la parole a la suite de M.Marois.Il s'est proposé de faire une synthèse, même provisoire, des trois idées principales autour desquelles se cristalise le syndicalisme étudiant : le service des étudiants, le service de Puniver- sité et le service de la nation.M.Girard fait une étude théorique de ce triple aspect, laissant à ses successeurs à la tribune le soin de montrer ce qui peut être fait dans la pratique.Service des membres Il y a nécessité de se grouper pour que nos revendications aient la force voulue, force conférée tant par l\u2019appui massif et la craintes des représailles que par la puissance inhérente aux positions claires.« Les revendications sont utiles mais vient un jour où lon.doit faire autre chose et où toute association se doit de découvrir qu\u2019elles sont ses composantes propres qui peuvent lui donner un dynamisme interne, qui lui permettre de s'épanouir et de vivre ».Pour découvrir leur véritable rôle, pour pouvoir s\u2019insérer dans la société et y prendre la place qui leur revient, les étudiants doivent se grouper dans des cadres plus larges et plus souples qui leur seront donnés par le syndicalisme.Ce syndicat devra être omniprésent tant par ses réalisations que par ses exigences.Il devra être fortement charpenté pour avoir la forée nécessitée par son rôle.Le syndicat devra \u2018avant tout servir ses membres dans une perspective sociale sinon il sera voué a la stagnation et à la sclérose qui frappe tôt ou tard les corporations professionnelles trop repliées sur elles-mêmes.« Les valeurs personnelles ne sont utiles que le jour où elles se manifestent socialement.le marcieeis me dégrade er-2les \u2026 privilèges sun FAIRE ET LAISSER BRAIRE VOLUME XLY \u2014 NUMERO 45 Triple dimension du syndicalisme étudiant ~ JACQUES GIRARD, directeur du « Quartier Latin » a la Journée Syndicale Service de l\u2019université S\u2019il est vrai que l\u2019université est une communauté d\u2019étudiants et de professeurs, il est urgent de redonner à ceux-ci le contrôle qui semble s\u2019être concentré entre les mains d\u2019une administration toute puissance.Il ne s\u2019agit pas de détruire l\u2019administration, mais de lui redonner le rôle et les pouvoirs qui lui reviennent et qu\u2019elle n\u2019aurait jamais dû outrepasser.M.Girard précise ensuite en ces termes le rôle de l'étudiant à l\u2019université : Se Mais en vertu de quel principes les étudiants doivent-ils Participer à la vie de l\u2019Université?\u2018C\u2019est formulée de cette feçon que \u2018la Question nous est souvent posée.Je me permettrai en guise de réponse de la renverser.Nous sommes les usagers quotidiens et à ce titre nous acquérons automatiquement le droit de parole.L\u2019ére de la passi- veté est révolue et le culte béat de l\u2019autorité est périmé.Il n\u2019est aucune autorité qui détienne le monopole de la vérité, de la connaissance et de l\u2019infaillibilité.L'université doit donc être cogérée.Seulement en appliquant ce principe, pourrons-nous sortir du marasme dans lequel nous sommes plongés.Mais la co-ges- \u2018tion nécessite de la part des \u2018étudiants un travail considérable de recherche et de réflexion en yue de l\u2019élaboration d\u2019un tique \u201cdynamique en matière une poli- Léon \u201d: Lortie d'éducation.Il serait tempe que nous prouvions vraiment que le placement en matière \u2018d\u2019éducation cst vraiment rentable pour la collectivité.Il serait temps aussi de préparer une véritable planification intellectuelle en vue d\u2019exploiter le plus rationnellement possible le mode intellectuel.Il faut aussi que nous voyions à la démocratisation de l\u2019enscignement à obtenir l\u2019éducation gratuite et le présalaire.Service de la nation La troisième dimension du syndicalisme étudiant est celle de l\u2019engagement sur le plan national.L'université existe en grande partie et de plus en plus pour et par l\u2019état.Par le syndicat, les étudiants pourront vraiment devenir une force vivante agissant sur les gouvernants : un corps intermédiaire.Les étudiants ont contracté une dette sociale et ils doivent commencer à la payer dès qu\u2019ils le peuvent et ils le peuvent dès maintenant.De plus l\u2019étudiant qui sera l\u2019une des principales forces de la société de demain doit contribuer dès maintenant à l\u2019édifier sur une base qui lui permettra de travailler le mieux possible.M.Jacques Girard conclut son exposé ainsi : « Toutes ces théories que nous venons d'élaborer et qui précisent ce qu'est le syndicalisme étudiant et qui montrent en quoi il est le seul instrument valable qui puisse permettre à la classe étudiante de se réaliser et de saccomplir, impliquent que les étudiants sont présents à leur milieu, qu ils perçoivent les courants d'idées qui le traversent, qu\u2019ils distinguent lessen tiel de l'accessoire, le permanent = transitoire, .somme.toute w'ils savent élaborer une pew Ye étudiante qui se matérialise en une politique :cohérentä et audacieuse.> JE Ress MAGKA = = LE QUARTIER LATIN \u201c Des consommations suivirent 2\u2014Que la carte électorale soit corrigée de façon à ce que le vote d\u2019un citoyen ait la même valeur quel que soit le comté où il est appelé à voter.3\u2014Etablissement d\u2019une liste permanente des électeurs pour mettre fin a l\u2019invraisemblable mais trop réel système de l\u2019énumération qui est présentement à la base de notre loi électorale.4\u2014Permettre le droit de vote aux jeunes de 18, 19 et 20 ans.Une discussion assez vive suivit ces propositions, on déposit méme un amendement sur la table à l\u2019effet que adoption des propositions soit reportée à la prochaine séance pour permettre aux membres d\u2019étudier le mémoire.L\u2019amendement fût rejeté et l\u2019on adopta les recommandations à la fin d\u2019une discussion ponctuée de points d\u2019ordre et de rappels à l\u2019ordre.Le président d\u2019Assemblée dût intervenir à plusieurs reprises et même menacer un individu de l'expulser manu militare s\u2019il continuait à s'amuser avec le drapeau de la province.A l\u2019item 4 une proposition de l'exécutif de l\u2019A.G.E.U.M.con- .cernant un réajustement budgétaire de l\u2019ordre de $175.00 pour la société artistique.La proposition fût adoptée séance tenante.(Suite de la page 9) A litem 5 de l\u2019ordre du jour, vint la question des mérites tant étudiants qu\u2019honorifiques.Les candidatures furent nombreuses, discutées, discutables mais on en vint finalement à une conclusion heureuse pour certains, malbeu- reuses pour d\u2019autres.L\u2019item 6 de l\u2019ordre du jour, une proposition de l\u2019exécutif concernant la reconnaissance du principe de la formation d\u2019une Union Générale des Etudiants du Québec.On discutât quelques temps la proposition et au cours du débat, la question des étudiants des universités d\u2019Ottawa et de St-Boniface fût amenée sur la table.Après avoir accordé aux étudiants d\u2019Ottawa le droit de devenir membres à part entière de l\u2019U.G.E.Q.suivant le principe que ces étudiants sont québécois et qu\u2019ils auront tôt ou tard à traiter avec le gouvernement québécois.On refusât toutefois le même privilège aux étudiants de St- Boniface, ceux-ci n\u2019étant pas québécios.Cependant, le président Landry déclara qu\u2019ils pourraient adhérer à la nouvelle association mais à titre de membres sympathisants.L\u2019item 7 : divers.Un vote de félicitations fût adopté à l\u2019endroit, de Poly pour son exposi- \u2018Avis de mise en nomination Avis est par les présentes donné qu\u2019il sera procédé, lundi lè 25 mars prochain, entre 11 heures a.m.et 1 heure p.m., en la chambre 306 du Centre Social, entre les mains du Secrétaire soussigné ou de son fondé de procuration, la mise -en nomination aux postes de directeur des commissions et comités suivants, savoir : \u2014 Le comité des activités sociales \u2014Le comité athlétique \u2014 Le comité des affaires - Internationales \u2014 Le comité des affaires nationales \u2014 Le bureau des affaires étudiantes pré-universitaires \u2014 Le comité Caritas -\u2014 Le comité d\u2019Education \u2014= La commission permanente des finances \u2014 Lo comité des publications \u2018\u2014 Le comité de Quartier-Latin \u2014 Loe comité de la Société artistique \u2014 Le comité de propagande \u2018 \u2014 Le comité des relations extérieures Seront élus : président ?ELECTIONS | Des officiers de I'Association Lacordaire de I'U.de M.Jeudi & 7% heures p.m.' salle 708 \u2014 Centre Social vice-président Seront nommés : secrétaire, coordonnateur, publiciste, responsable du journal.- Louis DUVAL, secrétaire tion tenue la semaine dernière.Puis, vint l\u2019élection parmi nos aînés des plus méritants au titre de « prix citron ».Me Louis Lapointe c.r., président de Miron & frères, de la corporation sir Georges Etienne Cartier, directeur de plusieurs compagnies, membre de plusieurs associations, clubs privés, cercles remporta avec une majorité confortable le prix citron pour avoir comme président de la Place des Arts, accumulé gaffes sur gaffes (Silas Eldmans, billets a $100, puis a $25, puis a., pas de cachet au Choeur Bleu et Or) ainsi que pour son ignorance compléte de la participation des étudiants de Poly lors de la grève des étudiants l\u2019an dernier.Me Lapointe, s\u2019il lit ces lignes sera sûrement réconforté de savoir qu\u2019il a battu par une majorité que lui envierait même le maire Drapeau, des adversaires aussi dangereux que M.Victor Barbeau et Me Philippe Fer- land.Mais l\u2019Assemblée ne s\u2019en tint pas là.Constatant qu\u2019il y avait trop de méritants pour un seul prix, on se résolut à en décerner un deuxième.La valeur attend le nombre des années aurait pu dire Corneille ; c\u2019est ainsi que M.Victor Barbeau, cet octogénaire et vénérable individu, se méritât le second des deux prix citrons pour sa phrase désormais célèbre : « Les prises de position de TAG.E.UM.se prennent entre une danse et un coquetel.» Ajoutons que Me Philippe Ferland se mérita un accessit au prix de M.Barbeau.C\u2019est définitivement l\u2019année des avocats mais que le lecteur ne tire pas trop vite ses conclusions.Car plusieurs autres candidatures furent mises de l\u2019avant mais retirées par la suite.Ainsi, M.Pearson, honorable chef de la loyale opposition de sa majesté, vint près de se mériter un prix dans cette catégorie.Mais à la toute dernière minute, on décidât que + M.Pearson n\u2019était pas éligible au prix ne répondant pas aux conditions requises par le Comité de Sélection.En cffet, toutes les.gaffes, déclarations, opinions discours qu\u2019il a faits s\u2019a- - .: dressaient à la population en général et non aux étudiants en .particulier, condition essentielle \u201c pour être éligible au prix.Paul LESAGE PS.Des consommations suivirent.N.D.L.R.Ce n\u2019est pas parce que Me Ferland ne méritait pas un prix citron qu\u2019il n\u2019en a pas obtenu, mais à cause de l\u2019intervention de Bernard Landry.Il , expliquait en effet : « Me Fer.land est un masochiste et il ai merait ça obtenir un prix citron.Nous de Pexécutif ne voulons pas lui donner ce plaisir.».L\u2019Assemblée füt d'accord.Hection à l'AGEUM.LISTE DES POLLS 1.Sciences .cceoennn 4e intersection D-E 2.Réhabilitation .S:116 3.Techno.médicale .4.Education physique .5.Philo.T-336 6.Psycho.3e intersection USS.7.Médecine .Se intersection M-P 8.Diéétique .G9 9.Sciences Sociales .Salon de la Faculté, Se étage 10.Lettres .ccccccnunnnennnnn.Secrétariat de la faculté 11.Sciences religieuses .\u2026\u2026.12.H.E.C.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.Salon des étudiants 13.Musique .Secrétariat de la faculté 14.Optométrie D-238 15.Médecine vétérinaire .Salon des étudiants 16.Chirurgie dentaire .17.Architecture .Salon des étudiants 18.ENS.cooooiiiiriiiieeen, M-525 19.Pharmacie D-660 20.Droit .\u2026.\u2026.\u2026\u2026 H-715 21.Poly E D-111 22.Poly II.B-440 23.Poly III .D-111 24.Hygiéne .Salle de cours 25.Bibliothéconomie.N-415 26.Poll Spécial .Centre Social, ch.306 N.B.Les officiers rapporteurs sont priés de venir prendre les boites de scrutin au Centre Social ch.306 \u2014 La carle de membre est obligatoire pour voter.Philips Electronics Industries Ltd.& M.R.J.Clatworthy Nos plus sincéres remerciements pour votre collaboration Comité des Activités Soclales de PA.Q.E.U.M.\u2014lE QUARTIER LATIN\u2014\u2014 i journal bi-hebdomadaire de l'Association Générale des Etudiants de l\u2019Université de Montréal Membre de la Presse Etudiante Nationale Directeur : Jacques Girard Rédacteur en chef: Michéle Rivet Secrétaire à la Rédaction : Michel Beaulieu Comité éditorial: Guy Bertrand.André Dubois, Luc Martin, André Poirier, Claude Roy, André Smith, Michel Vennat, Stéphane Venne, Serge Ménard.Section artistique : André Brochu, Jacques Tardif, Marc Laurendeau, Michel Amyot, Danielle Sauvage, Mirellle Dansereau.Section\u2018 économique : Hubert Lapierre, Michel Paquin, Georges Dahmen.Section de l'Education : Philippe Reid, Réginald Boucher, Jacques D.Girard, Marthe Lépine, Ghislain Clermont.Section Internationale : Pierre Hogue, Renée Lescop, Plerre Blache.Section Nationale : Suzanne Thomas, André Carrier.Section des Nouvelles: Robert Mackay, Suzanne Thomas, Prancine Tougas.Section Politique : Jacques Poulin, Pierre Hogue, Renée Lescop, Robert Côté.Section Scientifique : Lorne Bouchard, Raymond Lafontaine, Plerre Rivest, Lionel Hervieux, Robert Ducharme, Clsude Marullo, Yvon Séguin, Luc Desnoyers, Bernard Philogène, Pierre Desjardins.Section sportive : Claude Chapleau.Caricaturistes : Cler, Stobin, André Lemieux.Photographes : Danièle Sauvage, Pierre Savard, André Bohémier, Benoit Bergeron.Publicité: Georges Lefebvre \u2014 RE.7-6561 Abonnement pour l'année universitaire : $3.00 C.P.6128 \u2014 Local 707 \u2014 RE.8-9616 2222, ave Maplewood, Montréal 26 Imprimé per : Jacques de Lemirande Earg.975, rue de Bullion, Montréal 18., Le Ministère des Postes à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi.- comme objet de deuxième classe de la présente publication. \u201cLe-QUARTIER LATIN 20e.PAGE ONZE __ ÉDUCATION PHYSIQUE (De notre correspondant en Belgique) L\u2019Education physique occupera bientôt dans notre « Etat du Québec > une place de choix au sein du système d\u2019éducation.De plus en plus, les autorités reconnaissent sa valeur et prennent progressivement les mesures nécessaires à son établissement.Nous devons saluer avec enthousiasme, par exemple, la fondation et le développement de « Sections» d'Education physique aux Universités de Montréal et de Laval.Ces écoles de professeurs permettent aux institutions et commissions scolaires de profiter des services de spécialistes.Ceci explique en grande partie la rapidité avec laquelle l'Education physique se répand dans les principaux milieux d\u2019enseignement.Elle s'impose difficilement dans les écoles primaires à cause de lois rétrogrades encore en vigueur au Département de l\u2019Instruction publique (1).Mais dans l\u2019ensemble, soyons optimistes, l\u2019Education physique a enfin droit de cité.Les rapides progrès de cette nouvelle discipline posent pourtant un problème d'importance.ll existe actuellement une grande disparité dans les méthodes employées.Nous pourrions énumérer une foule de facteurs secondaires, directement responsables de la situation présente, mais tous proviennent de cette évolution rapide.Cette disparité des méthodes n\u2019est pas une simple divergence de vue dans la technique.Elle repose sur des conceptions distinctes de l\u2019Education physique.Il ne a\u2019agit pas de controverses face à quelques nouvelles formules méthodologiques et pédagogiques, mais plutôt d\u2019un désaccord profond sur la nature même de l\u2019Education physique et des buts poursuivis.Alors qu\u2019un système d\u2019éducation doit correspondre à la mentalité, au «Modus vivendi » d\u2019une population, les méthodes employées actuellement nous donnent l'impression d\u2019être tout au plus une copie, un survêtement qu\u2019on nous impose.Elles ne correspondent pas toujours a nos aspirations, a notre façon de concevoir une' édu- \u2018cation rationnélle et complète.Pourquoi ?Voyons d\u2019abord la situation.A travers l\u2019ensemble des méthodes employées, deux tendances se distinguent nettement.La première met de l\u2019avant le sport, la compétition sportive, et ne considère la gymnastique utile que dans la mesure où elle permet un réchauffement de l'organisme avant de pratiquer un sport.Nous retrouvons l\u2019application de cette méthode surtout dans les collèges classiques, les écoles secondaires et techniques.La seconde, se limite à la gymnastique, sans attacher d\u2019importance au sport.C\u2019est surtout le cas des écoles primaires où l\u2019enfant reçoit en principe une demi-heure de gymnastique par semaine.La première tendance provient de l\u2019influence américaine.Aux Etats-Unis, l\u2019Education physique est un mélange provenant de Suède, d\u2019Allemagne, de France et de la notion « d\u2019homme fort».Nous pouvons dégager de ces nombreux éléments, un double aspect caractéristique : la dominance du sport et de la compétition.La dominance du sport se manifeste dans les programmes composés surtout de jeux, de sports et d\u2019athlétisme.Les professeurs, en général, font précéder la pratique des sports d\u2019une courte période d\u2019exercices de réchauffement (warm up) dont ils cherchent à se débarrasser le plus vite possible, sans s\u2019occuper de progressions systématique.Un vaste programme de.compétitions se retrouve partout, compétitions intra-murales ct inter-scolaires.Les premières présentent un caractère récréatif et la majorité des étudiants de l\u2019école y prennent part.Les secondes occupent une place importante dans la vie sociale et c\u2019est un grand honneur de pouvoir y participer.L'\u2019entraînement pour ces compétitions a lieu en dohors des heures de classe.Parallèlement à cette pratique des sports, on accorde beaucoup d'importance à la technique et à la tactique sportive.Remarquons la logique du système.Remarquons surtout \u2018qu\u2019il , découle de la conception américaine des problèmes d\u2019éducation.Le culté de la Liberté et Je développement de la person: nalité ne s\u2019y expriment-ils pas clairement ?L'influence européenne est manifeste dans la seconde tendance.Il existe actuellement en Europe, selon les pays, différentes méthodes de gymnastique.Mais, partout nous retrouvons la gymnastique à la base du système d\u2019Education physique.On lui attribue une grande valeur éducative pour la formation de la personnalité et la formation physique.D'autre part, si on ne nie pas la valeur du sport, sa pratique n\u2019est pas favorisée.Même l\u2019initiation sportive, apprentissage des techniques et des tactiques, est la plupart du temps mise de côté.Soulignons cependant que plusieurs pays, subissent eux- mêmes l\u2019influence américaine, inscrivent maintenant un timide programme de compétitions sportives.Cette conception s\u2019appuie sur le désir de développer harmonieusement et complètement un individu.Au point de vue physique, on sait que seule la gymnastique peut atteindre ce but.Le sport ne peut y parvenir parce que sa pratique n\u2019est pas conduite d\u2019une façon rationnelle et qu\u2019il vise la performance.Ces deux influences s\u2019expliquent facilement.D\u2019une part, la proximité des Etats-Unis permet de nombreux contacts, tandis qu\u2019un intéressant système de bourse offre a plusieurs spécialistes un perfectionnement peu coûteux et agréable.D'autre part, plusieurs professeurs et moniteurs européens sont venus profiter des nombreuses offres d'emploi et se sont \u2018efforcés de répandre leurs conceptions et leurs .métohdes.Il en est résulté ce manque d'unité dans l\u2019enseignement et une application de méthodes et de principes peu familiers, rarement adaptés -à notre mentalité.: En voici un exemple : on as- _ siste depuis quelque temps a de nombreuses tentatives pour promouvoir le football européen (soccer) \u2018dans certains collèges et écoles.De tele efforts ne sont \u2018pas condamnables.Car le sport est intéressant et peut aider au développement de l\u2019habileté motrice chez les jeunes.Mais on ne peut permettre de favoriser ce aport au détriment d\u2019autres sports plus en vogue et déjà établis chez nous.Le foot- bäll et le hockey\u2019 développent autant, \u2018sinon plus, de \u2018 qualités physiques (habileté, endurance, etc.), et psychiques (audace, volonté, etc.).D\u2019autres exemples pourraient s\u2019ajouter dans le domaine de.la gymnastique, où les besoins et les intérêts des élèves ne eont pas toujours respectés.Comment régler le problème?Comment unifier ces diverses tendances?La solution est-elle, comme on semble le croire à la section d'Education physique de IU.de M., de réunir eous un même toit des spécialistes de ces deux tendances ?Verrons-nous surgir une conception canadienne française de cette juxtaposition ?Le seul moyen pour nous d\u2019y arriver cst de former suffisamment d'hommes compétents canadiens français en ce domaine et de leur faire occuper des postes-clefs.Car seuls des canadiens français peuvent réussir l'intégration de ces tendances.Cela ne signifie pas qu\u2019il faille rejeter tout ce qui vient de l\u2019extérieur, mais sachons discerner ce qui pour nous a une valeur.Ne copions pas les méthodes américaines ou européennes ; passons-les d\u2019abord au crible, adoptons-les à nos besoins.Nous pourrons alors parler de méthode CANADIENNE FRAN.CAISE.Raymond BENOIT, étudiant à la licence en Education physique.Université de Louvain, Belgique.(1) Le système actuel des Bourses ne permet pas d\u2019envoyer un diplômé étudier l'Education physique en Europe.Cette discipline n\u2019est pas reconnue par le D.LP.pour l'octroi des Bourses.Ce qui explique le «rétrograde >.- COSMOPOLIS .Association des Étudiants étrangers | de .PUniversité de Montréal .Avis.de.mises en nomination pour les postes de: Président Vice président intérieur , Vice président extérieur Secrétaire \u201cTrésorier 6 A Les candidatures devront être remises au Président Vuhuu Quang __ 403 La Résidence 2442 Maplewood, Montréal avant le 22 mars à 24 heures Ne pas oublier le 19 mars: Assemblée Générole Ordre du jour : Vote de la constitution.DÉBAT-MIDI Le philosophe ANDRÉ DAGENAIS sur LA LIMITATION DES NAISSANGES \u2018Au centre soclal \u2014 12:30 p.m.; - Ÿ \u201c35 .Speer.We meroredl;\" 20 mars 1883\u2019 #7 +27 EWE shen 2 ere 3 : Ry.x Les méthodes Au plan des méthodes pédagogiques utilisées dans un institut spécialisé de type universitaire, le «séminar» pourrait à première vue se définir par opposi- tiôn au\u2019 cours magistral grâce auquel le professeur opère exclusivement cette t ranslatio studii auprès de ses élèves.Le cours-conférence consiste habituellement en un exposé des résultats de la recherche historique effectuée par le maître, doublé de remarques sur la méthode utilisée et sur les limites de la certitude acquise dans cette recherche.Méthode qui se prête à la virtuosité, sans doute ; mais qui pourrait très souvent être remplacée par la publication des notes de cours, suivie d\u2019une lecture sérieuse de la part de l\u2019étudiant.Reste évidemment l\u2019impossibilité de substituer les impondérables de la présence du maître par un volume, de même que les réponses directes qu\u2019il peut apporter aux demandes de précision.Ml n\u2019y a pas lieu de faire ici le procès de l\u2019une ou de l\u2019autre de ces deux méthodes utilisées parmi d\u2019autres à l\u2019Institut d\u2019F- tudes médiévales.Nous nous bornerons sinon à définir, du moins à décrire l\u2019une d\u2019elles, le \u20ac séminar », pour en indiquer par la suite certains bienfaits et aussi quelques inconvénients.Le séminar {| Compte tenu de la matière de la recherche, un «séminar » peut prendre diverses formes.Après une introduction sur l\u2019ob- 1 | I jet du cours, le professeur s\u2019entend avec ses élèves, divise le travail de recherche entre eux, tout en se réservant le droit de faire le lien entre l\u2019exposé de chacun d\u2019eux.Tantôt il e\u2019agira de faire l\u2019étude historique d\u2019une notion ou d\u2019un problème particuliers : chaque étudiant choisira un auteur, et tentera de montrer à la fois sa filiation doctrinale de méme que les apports nouveaux qu\u2019il est susceptible d\u2019avoir produit dans le cours de l\u2019histoire.On pourra aussi tenter \u2018de décrire l\u2019évolution d\u2019une même notion dans l\u2019oeuvre totale d\u2019un même auteur.Tantôt le maître divisera l\u2019étude d\u2019un seul écrit, surtout quand il est considérable et qu\u2019il présente des difficultés particulières.Voilà pour les objets principaux parmi d\u2019autres moins importants.Pour la date prévue, l\u2019étudiant prépare son exposé au cours duquel il pourra utiliser un texte suivi ou un schéma.Entre-temps, il peut toujours bénéficier des coneeils du maître pour effectuer sa recherche.La plupart du temps son exposé sera interrompu soit par des précisions apportées par le maître, soit par des questions soulevées par ses confrères ; à la fin mise au point du professeur sur le fond et sur la forme, de même qu\u2019une discussion ouverte demeurent possibles.Bienfaits et inconvénients Comme expérience de la recherche historique contrôlée liée à l\u2019expression orale des résultats obtenus, le « séminar » est sans LÉ\u2019 QUARTIER LATIN \u2014 Le \"Séminar\u201d à l'LEM.doute un nec plus ultra.11 prépare à la fois l\u2019homme de science et le maître.Cette espèce de laboratoire de la recherche historique peut sans doute s\u2019effectuer indépendamment de l\u2019exposé ; son caractère sérieux est cependant d'autant plus motivé par l\u2019obligation de confronter ses pairs et son maître.Il « socialise» le travail de l\u2019étudiant.Par ailleurs, le « séminar » stimulera assez souvent l'intérêt des étudiants pour la matière au programme du cours : il auront impression de construire le cours, ct leur passivité sera pour autant diminuée.Après avoir travaillé avec plus de précision sur une partie du cours, ils sont plus en mesure de profiter des conclusions générales qui se dégageront lors de la synthèse des acquisitions.Contrôlé par un maître compétent qui pilote le travail de chacun, en même temps qu\u2019il intègre leurs conclusions dans une synthèse prévue dans ses lignes générales, le « séminar » peut ordinairement éviter certains inconvénients possibles.En effet, la perte partielle d\u2019un temps précieux consacré au cours, due à certains moments à l\u2019inexpérience de l\u2019étudiant devant un auditoire, quand ce n\u2019est pas une fragmentation trop artificielle du travail qui risquerait de faire perdre le point de vue général ou de diminuer l'intérêt de chacun pour le travail de l\u2019autre, bref, toutes ces difficultés peuvent être sinon contournées, du moins aplanies, par un sûr doigté de la part du maître.Si ce dernier est capable de créer un climat de détente et de confiance, de susciter et de maintenir l\u2019intérêt des autres étudiants devant le travail d\u2019un de leurs corifrères, et de ramener la discussion dans l\u2019optique visée par le cours, ces dangers pourront être évités.Conclusion L'Institut d'Etudes médiévales affectionne cette méthode pédagogique tout particulièrement.A côté de certains cours qui sont l\u2019application intégrale de cette méthode que nous avons décrite et qui s'adresse à un nombre restreint d'étudiants, d\u2019autres cours sont un compromis entre la «lectio» du maître et le «sé- minar ».Cette expérience d\u2019un travail de recherche dirigé et présenté par l'étudiant complète heureusement les exposés magistraux.Si nous avions un souhait à exprimer après quatre années passées à cet Institut, ce serait la multiplication de ces occasions privilégiées d\u2019établir un contact plus intime avec la recherche scientifique, et d'initier l\u2019étudiant à sa future carrière dans l\u2019enseignement.\u2026 François LECLAIR Pour \u2018toute recherche histori- ' que trois conditions sont requises : savoir poser des questions pertinentes, avoir le don de dépister les sources de l\u2019histoire et être capable de les utiliser de façon critique.Cela exige non seulement certaines capacités intellectuelles et une formation générale en histoire mais aussi une connaissance des sciences auxiliaires.Disciplines spécialisées, outils iridispensables pour le travail de l'historien, leur fonction.n\u2019est point ancillaire mais au ~ contraire elles sont une partie essentielle de la science historique.Quel est l'objet des sciences auxiliaires de l\u2019histoire ?Les sources \u2014 c\u2019est-à-dire tout reste, toute trace des témoignages figurés et écrits, transmis du passé qui sera: à approfondir la connaissance historique.Les sources se divisent en |) textes écrits, d\u2019après leur forme (sur pierre, tablettes, papyrus, parchemin, papier) et d\u2019après leur contenu (chartes, diplômes, lettres, documents littéraires, etc.), 2) monuments, objets et ustensiles (toute construction, oeuvres d'art, outils, meubles, vêtements, armes, monnaie, blasons, sceaux, cartes) et 3) faits Cems a \u2018nf ae - N (us su Da ET NO \u2014 er, Malgré I'abondance des vestiges matériels visibles, une gran de partie des monuments, obiets et ustensiles du Moyen Age ve devenue accessible que grâce aux techniques et aux méthodes de l'archéologie moderne qui d'ailleurs ne peut être Considérée comme science auxiliaire.Pourtant les monnaies, les sceaux et les blasons depuis des siècles font l\u2019objet des sciences spécialisées La numismatique, la science des monnaie, est une source pre.cieuse de la connaissance histo rique.L'aloi et le poids de ja monnaie \u2014 bronze, or, argent son nom populaire \u2014 carolus, écu, thaler, livre, etc., le système de \u2018frappe, la typologie \u2014 sym.\u2018boles, portraits, blasons, sont une mine de renseignements sur les.structures économiques, sociales et juridiques d'une société ainsi que sur son développement artistique.Les sceaux dont l'usage -re.monte au IVe millénaire, la technique de la gravure, les images ou les caractères gravés font l\u2019objet de la sigillographie, une discipline qui apporte une contribution importante à [I'his toire de l'art, du droit, de l'outillage, etc.Les sciences auxiliaires de l'histoire et conditions (institutions, moeurs et coutumes, langues, etc.).Une façon de grouper les sciences auxiliaires de l'histoire serait de suivre cette division des sources.Ainsi trouvons-nous parmi les disciplines consacrées à l'étude des sources écrites tout d'abord la paléographie, la science des écritures anciennes \u2014 de leur forme, leur développement, leur déchiffrement ainsi que de la matière sur laquelle on écrit.Toute écriture, soit maya ou égyptienne, soit grecque ou chinoise, relève de la paléographie.Le médiéviste s'intéresse surtout à la paléographie grecque et latine, nécessaire pour le travail critique sur les textes du Moyen Age.Ensuite, toujours à la base de la paléographie, nous distinguons l'épigraphie qui nous renseigne sur les inscriptions trouvées sur des monuments, des pièces de monnaie, des armes, des cloches, etc, la cryptologie, le déchiffrement des écritures secrètes, et la papyrologie qui traite les textes écrits sur des papyrus, utilisés dans tous les pays méditerranéens.Les sources documentaires, c'est-à-dire toute pièce d'\u2019archives, chartes, diplômes, actes, titres, contrats, riches de renseignements historiques, sont soumises à l\u2019examen critique des di- plomatistes.Leur science, la diplomatique, étudie l'ensemble des caractéristiques d'un document dans.son contexte historique, social, économique et juridique.(Les méthodes de la diplomatique sont enseignées à l'Ecole des chartes, fondée à Paris en 1821).L'héraldique, l'étude des blasons, des symboles héréditaires, surtout du Moyen Age, est une science relativement jeune.L'o rigine du blason remonte à l\u2019époque féodale.Le blason servait d'abord à identifier son porteur qui pendant la bataille ou le tournoi « portait sur le har nois .ou dans son bouclier une recognoissance .un avoit, un serpent .un lion, un aigle, un léopard.» comme nous le rappelle Ronsard.Par la suite le blason devient la marque d'une famille et peu à peu perd son caractère purement militaire et même nobiliaire.Grâce au blason, le médiévis te peut identifer les propriétaires des édifices et des objets de toutes sortes, des manuscrits, des bijoux, des armes, etc.L'espace ne permet que de nommer les autres sciences auxiliaires comme l'histoire du costume, l'his toire de l'armement ou l'iconographie ainsi que d\u2019autres sciences qui ont leur vie propre mais dont l'historien ne peut se pas ser: la géographie historique qui reconstruit le passé géogra phique, avec ses disciplines aux liaires, l\u2019onomastique, l'étude des noms propres, surtout de noms de liéux, de rivières, de personnes, et la cartographie: la chronologie qui traite les sys tèmes et cycles chronologique différents.Quant à des études approfondies du troisième gro pe des sources, faits et conditions de vie, l'historien fera recours à la sociologie, à l'anthropolo gie et à la linguistique \u2014 sde\u201d \u2018ces qui - dépassent, le cadre des \u2018ae wae - en: : way ; disciplines «auxiliaires.x = { Peter: MELVYN a \u2014 2\" ee ie PAGE: QUATORZE LE QUARTIER LATIN 19: MARS :19¢3 L'école franciscaine et les études médiévales Le Moyen Age connaît depuis une quarantaine d'années une vogue sans précédent.Les archivistes inventorient les liasses de manuscrits ensevelis sous la poussière séculaire des bibliothèques du Vieux Continent.Les historiens des institutions et de la pensée y découvrent des mines d\u2019idées qui semblaient mortes à jamais mais qui révèlent aujourd'hui une jeunesse et une modernité insoupçonnée des générations passées.Les centres d\u2019études médiévales se multiplient sous tous les climats.Bien plus, les universités des Etats-Unis, du Canada, du Québec même apparaissent à la pointe de ce renouveau médiéval, grâce à des instituts consacrés tout à la fois à la recherche, à l\u2019enscignement et à la publication des textes, dans des éditions critiques qui en rendent l\u2019étude plus facile qu\u2019à nos pères.Les organisateurs de cette semaine de philosophie au Québec ont donc tout naturellement jugé opportun de voir consigner en ce numéro spécial du « Quartier Latin» à quel titre l\u2019Ecole franciscaine médiévale bénéficie de ce regain d\u2019intérêt et comment les Franciscains d\u2019aujourd\u2019hui \u2014 avec ou sans barbe \u2014 y contribuent.Pour laisser soupçonner l\u2019ampleur de l\u2019école franciscaine médiévale, faisons quelques constatations globales.Consultons, par exemple, la table des matières de l'Histoire de la philosophie chrétienne au Moyen Age et la liste des grands ouvrages d\u2019un médiéviste de renommée internationale et tenu communément pour le grand artisan de ce renouveau d\u2019intérêt pour la pensée médiévale, le professeur Etienne Gilson.Un coup d\u2019oeil sur la table des matières de l'édition anglaise de 1955, pour la partie contemporaine à l\u2019école franciscaine, nous révèle que, sur les 59 auteurs qu y figurent, 29 ont appartenu à l\u2019Ordre franciscain.Dans cette période l\u2019école franciscaine a donc fourni la moitié des auteurs dignes d\u2019une mention spéciale.Pour avoir un indice de l\u2019importance relative des personnages étudiés, relevons le nombre de pages des six chapitres consacrés aux écrivains jugés les plus importants.Nous obtenons ainsi les noms suivants connus même des profanes, avec le nombre de pages correspondant : saint Albert le Grand, 16 pages; Roger Bacon, 18 pages; saint Bonaventure, 9 pages; saint Thomas d\u2019Aquin, 20 pages; Jean Duns Scot, 10 pages; Guillaume d\u2019Ockham, 11 pages.En somme, 2 Frères Prêcheurs traités en 36 pages et 4 Frères Mineurs avec un total de 48 pages.Comme ces six personnages ont été les Docteurs les Trajér @un pélerin de la Gaulle à Jérusalem Lo ES plus influents, et leurs systèmes, les plus originaux et les plus parfaitement structurés, ignorer l\u2019école franciscaine, c\u2019est manifestement ignorer la teneur et la vie de la pensée médiévale dans son ensemble.L\u2019Ecole franciscaine a donc occupé une place matériellement de premier plan, sinon même nettement dominante au Moyen Age.Un malin se demandera vraisemblablement si la qualité va de pair avee la quantité et si la pensée franciscaine vaut encore, comme dirait Pascal, «une heure de peine».A en juger par la faveur « officielle » dont jouit le thomisme dans la législation de l\u2019Eglise pour les grands séminaires et les facultés de philosophie et de théologie, et par le « silence méthodique » observé, sujet de l\u2019Ecole franciscaine, dans les programmes de certains séminaires et universités, on en pourrait sérieusement douter.Mais peut-être reste-t-il loisible de penser que ce minimum imposé n\u2019est pas nécessairement la mesure qui convient à un programme culturel fait à la mesure des valeurs réclles! Nec pourait-on même pas penser que même ce thomisme gagnerait à se voir comparé à des doctrines différentes ou mêmes adverses, pourvu qu\u2019elles soient exposées avec loyauté, sérénité et compétence, comme d\u2019ailleurs l\u2019Aqui- nate savait si bien le faire ?Mais ceci n\u2019est peut-être pas notre affaire et nous nous contentons d\u2019une timide suggestion aux experts chargés de décider avec pertinence si, comme dit le proverbe, le mieux n\u2019est pas l\u2019ennemi du bien.Quoiqu'il en soit, nous sommes enclins à penser, à voir l\u2019intérêt grandissant pour les choses dans leur réalité concrète, que le temps n\u2019est pas loin où le plus gnodeste professeur d'histoire de la philosophie croira trahir le Docteur Commun en le présentant à ses élèves comme si la pensée philosophique avait commencé et fini avec lui, et qu\u2019il souscrira sans réticence à ce mot d\u2019un maître qui nous livre le fruit de sa propre expérience : « mieux comprendre Duns Scot n\u2019est pas inutile pour bien comprendre Thomas &\u2019Aquin » (Et.Gilson, Jean Duns Scot.p.10) En tous cas, que nos lecteurs se rassurent, ce n\u2019est pas ce tho- misme frileux, ni cette politique réticente qui président à l\u2019élaboration \u2018des programmes de l\u2019Institut d\u2019études médiévales de l\u2019Université de Montréal.Depuis 15 ans à tout le moins, l\u2019école franciscaine y est traitée avec honneur et figure au programme pour un total dé plus de 150 heures, grâce au concours de 2 professeurs spécialisés\u2019 qui y donnent leur cours en toute liberté, dans une atmosphère sereine et sympathique.Et pourquoi y fait-on appel à des professeurs spécialisés ?tout simplement parce que la direction des études y a pour norme de demander aux professeurs de n\u2019enseigner que ce qu\u2019ils savent de science personnelle, et qu\u2019elle sait que l\u2019on ne devient compétent que là où on étudie avec amour.À l\u2019expérience, la science et le thomisme ne s\u2019en portent que meiux ! Mais il y a plus que des raisons pédagogiques de faire place à l\u2019école franciscaine dans les études médiévales.C\u2019est tout simplement une raison de fidélité au récl.Non seulement l\u2019école franciscaine fait partie intégrante des réalités médiévales, mais elle apporte, avec un éclat tout particulier, la preuve d\u2019un pluralisme doctrinal que fait facilement oublier l\u2019étude exclusive d\u2019un système, fut-il jugé le meilleur et le plus apte à l\u2019enseignement.Il y aura toujours, et il faut s'en réjouir des esprits qui répugnent d\u2019instinct a tout ce qui a même l\u2019apparence d\u2019un endoctrinement systématique, et qui veulent éprouver la satisfaction d\u2019explorer per eux-mêmes les diverses avenues qui mènent à la science et comparer les formes différentes que celle- ci revêt en des milieux différents.Or, l\u2019école franciscaine présente, dès qu\u2019on dépasse l\u2019aire des clichés simplistes, un pluralisme évident.À vrai dire, il n\u2019y a pas une mais plusieurs écoles franciscaines formées successivement autour de maîtres prestigieux comme Alexandre de Halès, saint Bonaventure, Jean Duns Scot et Guillaume d\u2019Ockham.Ces écoles successives incarnent en fait les étapes de la pensée médiévale pendant les XIIle et XIVe siècles.Depuis le XVe siècle, l\u2019école franciscaine.est globalement scotiste, mais saint Bonaventure et Ockham recrutent toujours des disciples.Ces écoles furent même rivales.Duns Scot a fait la critique des écoles alors dominantes de saint Bonaventure et de saint Thomas.Ockham y ajoutera sa propre critique du scotisme et du tho- misme.Un scotiste du XVIe siècle explique cette rivalité de Scot et d\u2019Ockham d\u2019une façon ingénieuse que nous laissons à l\u2019appréciation du lecteur.Première raison : l\u2019un est anglais et l\u2019autre écossais; ça explique déjà pas mal de choses.Deuxième raison : l\u2019esprit critique des Frères Mineurs qui n\u2019épargne personne.Passons ! Troisième raison, décisive cette fois : l\u2019amour de la vérité qui passe avant l\u2019har- \u2018'monie des idées.Non seulement ce pluralisme est une richesse parce qu\u2019il reflète l\u2019histoire de la pensée médiévale, mais chacun des docteurs franciscains offre une personnalité haute en couleur, séduisante par son originalité même.Quel contraste entre la charité et l\u2019onction de saint Bonaventure, le Docteur séraphique, champion pourtant de la sagesse chrétienne contre l\u2019averroisme envahissant, et l\u2019âpre rigueur de Roger Bacon, le Docteur admirable, pionnier de la science mathématique et expérimentale, visionnaire de génie qui réve de dilater la république chrétienne aux dimensions de la planète ! Qu\u2019on songe à Jean Duns Scot, surnommé le Docteur Subril pour l\u2019acuité de son esprit, ct qui tente de surmonter l\u2019antinomie du platonisme et de l\u2019aristotélisme; à Guillaume d\u2018Ock- ham qui soumet à sa critique incisive les systèmes de ses devanciers thomistes et scotistes, et manie impitoyablement le rasoir pour émonder la philosophie scolastique de ses végétations superflues ! Tous ces génies ont un message pour l\u2019étudiant de la pensée médiévale.Aussi n\u2019est-il pas étonnant qu\u2019Etienne Gilson ait donné ses Etudes sur le rôle de la pensée médiévale dans la formation du système cartésien, après avoir écrit son Thomis- me, et sa Philosophie de saint Bonaventure, et qu\u2019il avoue même : « Depuis 1913, où nous parlions déjà de Duns Scot.nous ne sommes jamais resté longtemps sans revenir à lui pour Pétudier ou l\u2019enseigner » (Jean Duns Scot, p.7).Si Gil- son n\u2019a pas fait l'unanimité autour de son interprétation des auteurs qu\u2019il étudie, du moins a-t-il démontré victorieusement l\u2019intérêt philosophique permanent de ces grands théologiens médiévaux.Puisque telle est la place normale de l\u2019école franciscaine dans les études médiévales, il est tout naturel que les Franciscains s\u2019y intéressent comme à un précieux héritage, et ee soient donné des institutions vouées à l\u2019étude de la penése franciscaine et à la diffusion des oeuvres des auteurs du Moyen Age franciscain.Signalons seulement les Instituts de renommée internationale tels que le Collège Saint Bonaventure, le Franciscan Institute, la Commission scotiste, l\u2019Institut historique franciscain.Le Collège Saint-Bonaventure, situé à Quaracchi, près de Florence, se consacre à l'édition critique des textes franciscains.Il en a publié une collection (Suite-à\"la page-17) 19 MARS 1963 La bibliothèque de l'Institut d'Etudes médiévales, la seule du enre au Canada français, est une bibliothèque encore toute jeune, \u2018malgré ses vingt années d'existence.Qu'est-ce qu\u2019un uart de siècle dans la vie d\u2019une institution ?Elle fut fondée en 19-12 alors que l'Institut d'Etudes médiévales d'Ottawa devint l'Institut d'Etudes médiévales de l'Université de Montréal par son affiliation à la Faculté de Philosophie dont elle fait maintenant partie intégrante avec l'Institut de Psychologie.les circonstances dans lesquelles la bibliothèque a été fondée n'avaient pas de quoi en faciliter les débats et le développement.la guerre mondiale qui sévissait à ce moment là excluait tout commerce de livres avec l'Europe et coupait ainsi toute bi- blinthèque de ses sources majeures d'approvisionnement.Si- ation extrêmement défavorable pour toute bibliothèque et plus particulièrement pour une bibliothèque d\u2019Institut d'études médiévales, bibliothèque spécialisée, et dont la plupart des volumes indispensables ne pouvaient être obtenus que chez des éditeurs européens.La biblio- theque de l'Institut s'efforça d\u2019acquérir, entre temps, et elle continue de le faire, les publications américaines et excellentes d\u2019ailleurs concernant le moyen âge.Mais ce n\u2019est qu'une fois la guerre terminée, soit en 1945, que la bibliothèque prit vraiment son élan, et commença cllectivement de se constituer comme bibliothèque spécialisée.lâche considérable, et dont la réalisation n'allait pas sans de nombreuses difficultés.Difficultés inhérentes aux exigences d'une telle bibliothèque qui doit comprendre un grand nombre de collections et de volumes qui ne pouvaient étre obtenus que d'occasion ; et même quand cel- * Chaim Denburg, compréhension des exigences d'une telle bibliothèque et.de leur manifester notre reconnaissance pour leur inlassable générosité.Comme la bibliothèque de l'Institut était à ses débuts et que tout était à mettre sur pied, l'allocation annuelle accordée, si généreuse soit-elle, ne pouvait suffire à l'acquisition des ouvrages de toute première nécessité.Fort opportunément, le Gouvernement Provincial d'alors à bien voulu, à deux reprises.nous accorder un octroi substantiel qui contribua beaucoup au développement de la bibliothèque.Nous voudrions signaler particulièrement I'apport important et constant du Gouvernement farnçais à la constitution de la bibliothèque de l'Institut.Dès la fin de la guerre, grâce à la sympathique intervention du R.P.M.-D.Chenu, O.P.et de M.Etienne Gilson, le Gouvernement français nous faisait pa- venir un certain nombre de coi- lections de première importance pour les études médiévales.Cet intérêt et cette générosité n\u2019ont jamais cessé de se manifester depuis, et nous tenons à exprimer une fois de plus notre reconnaissance envers le Conseil culturel de France au Canada qui, par ses différents représentants, n\u2019a cessé de faire bénéficier la bibliothèque de l'Institut d'ouvrages de grande valeur.Il y eut aussi des cons individuels importants qu'on nous excusera de ne pas mentionner en détail.La Maison Pollack de Québec grâce à l'intervention du Dr Rabbin professeur à l'Institut, créa, il y a quelques années déjà un fonds spécial pour l'achat d'ouvrages concernant la littérature juive médiévale.C'est ainsi que la bibliothèque universitaire de l'Institut d\u2019Etudes médiévales put se développer La bibliothèque de l'Institut les-ci s'offraient, la distance et le temps requis aux communications entre le Canada et l'Europe ne nous permettaient pas toujours d'en profiter.Et s\u2019il arrivait que la chance nous favo- risût, il fallait pouvoir y mettre le prix pour en profiter.Autre difficulté qui s'avère nettement plus sérieuse pour une bibliothèque spécialisée que pour toute autre bibliothèque.Si bien, que la constitution de la bibliothèque de l\u2019Institut devait exiger le temps, et disposer de ressources financières adéquates.S'il est vrai que tout vient à point à qui sait attendre, on ne pourrait en\u2018 dire autant quand il s'agit du budget d\u2019une bibio- thèque.Il appartenait aux au- lorités de la Province Dominicaine Canadienne de résoudre cette difficulté particulière.Nous sommes Particulièrement heu- Teux de rendre hémmage à leur graduellement.Tant et si bien que le local qui l'abritait était devenu beaucoup trop petit.Fort heureusement, elle devait déménager, en 1958, au 2715 Chemin de la Côte Ste-Cathe- rine, dans des locaux beaucoup plus spacieux et beaucoup mieux adaptés.Il faut rendre hommage une fois de plus aux autorités dominicaines qui n'ont rien épargné pour donner à la bibliothèque de l\u2019Institut tout l\u2019espace et toutes les commodités requises, et lui accorder en même temps, une allocation annuelle substantiellement accrue.Dès la deuxième année de cette nouvelle phase de l\u2019histoire, la bibliothèque de l\u2019Institut à été favorisée de dons importants qui accrurent considérablement, en qualité et en quantité, sa collection.Ce fut d'abord l'acquisi- wie NWS oy -.(Suite à la page 16) \u201ction d'un « Magister ».LE QUARTIER LATIN Les grades universitaires et leurs origines médié vales L'Institut d'Etudes Médiévales, fondé en 1930 au Stadium Général des Dominicains à Ottawa, à été affilié à la Faculté de philosophie de l\u2019Université de Montréal, le 10 avril 1942.Au cours de l\u2019automne de la mé- me année, les cours ont débuté, à Montréal, rue Rockland.Le programme d\u2019études comportait alors une année complète d\u2019informations générales médiévales et ce n\u2019est qu'après ces intro ductions obligatoires que l\u2019étudiant choisissait la section qui répondait à son orientation.Avec l'application du système d'options et de crédits, la basc du programme cst demeurce sensiblement la même; mais dès le début, l'éventail de cours cest Remise d\u2019un doctorat honorifique décerné à M.PAUL VIGNAUX laissé au choix de l'étudiant qui se fixe un programme selon sa propre voie.Différentes catégories d'étudiants sont admis aux cours de l'Institut: l'étudiant régulier, l'étudiant libre et l'auditeur.Cc- pendant, seul, l\u2019étudiant inscrit au premier titre est candidat aux grades universitaires qui sont ceux-là mêmes de la facuité de philosophie, avec la mention spéciale : « Etudes Médiévales ».Deux catégories de grades sont offerts : la première comporte le Baccalauréat, la Licence et le Doctorat; la deuxième est divisée en deux : le M.A.et le Ph.D.en sciences médiévales.Dans les deux cas, les études sont identiques, seuls les titres diffèrent avec ces exigences propres.Encore ici l'étudiant peut opter pour les grades qui sont les mieux adaptés au milieu dans lequel il aura à vivre.Ainsi conçus, les titres sont des attestations officielles d\u2019études accomplies et d\u2019examens subis avec succès.Il est intéressant de noter qu'au Moyen Age les mêmes vocables, tout en impliquant études et examens, désignaient surtout différentes catégories de professeurs.Les dénominations techniques indiquaient plus une fonction qu\u2019un titre.Evidemment l\u2019institutiôn a évolué au cours des années mais cet aspect professoral est demeuré malgré les variantes.D'une façon générale, le bachelier enseignait_ sous la direc.En théo logie, pour être reçu: bachelier, il fallait au préalable être « Mu- gister Artium » et le professeur était d\u2019abord bachelier biblique, puis bachelier sentenciaire, enfin à titre de bachelier « fornta- tus», il expliquait le troisième livre des Sentences.En philosophie, le candidat devait expliquer les textes philosophiques et après deux ans, il était reçu « Magister Artium ».La licence s'identifie sans aucun doute avec la « licentia do- cendi ».Encore ici il s'agit d\u2019enseignement.\u2018« L'écoläfre a le monopole de l\u2019enseignement dans les limites territoriales de l\u2019autorité qui lui a donné juridic- PAGE QUINZE lieu des docteurs; chez les Hébreux le titre était réservé à ceux qui interprétaient les saints Livres.Chez les Grecs et les Romains, il désignait ceux à qui incombaient toute espèce d'enseignement.Ainsi les gladiateurs avaient leurs « doctores ».D'après Monsieur Marrou, aux écoles catéchétiques d\u2019Alexandrie et d\u2019Antioche, les « docto- res ecclesiastici» dispensaient l\u2019enseignement élémentaire de la doctrine chrétienne.Au Moy- en-Âge, le professeur qui recevait la « licentia docendi » était appelé communément « magis- ler», l\u2019écolâtre est licence d'enseignement dans son milicu.tion ».À son tour chargé de conférer la Les difficultés entre l\u2019écolâtre Guillaume de Champeaux et Abélard sont bien connues; mé- me si elles ne mettent pas dirce- tement en cause la « licentia do- cendi » elles sont un indice des coutumes du temps.D'ailleurs on ne peut établir les normes fixes et universelles qui sont alors suivies, mais il importe plus de noter l'existence de l'institution que d'en retracer les modalités.Chose certaine, les clécrétales d'Alexandre III reviennent assez souvent sur le sujet et au concile de 1179, le.Pape fait une loi générale de la décision particulière prise en 1170.Il avait dit aux évêques de France: « Nous voulons que tous les clercs capables et instruits qui désirent enseigner en reçoivent la permission sans exaction.aucune ».Ainsi à cette époque la licence n\u2019est pas à vrai dire un grade universitaire.elle est plutôt un permis d\u2019enseignement qui n\u2019est accordé qu\u2019à la condition de remplir certaines exigences d\u2019études et d\u2019examens.La plupart du temps, c\u2019est le doctorat ou la maîtrise qui entraîne cette autorisation.Le terme « docteur » n'est pas propre au Moyen-Age.On se.rappelle la scène de Jésus äw mi- Cependant, au XIIe siècle, on qualifie de « docteurs » les mai- tres en théologie et en droit canonique.Plus tard apparaissent les titres de « Doctores sacrae paginac, legum, philosophiae » sans toutefois faire disparaître celui de « magister ».En Allemagne, on semble admettre la distinction suivante : le terme «maître » est utilisé pour enseigner les docteurs des facultés de théologie et des arts, le mot « docteur » pour les autres matières.La tendance ira même s'accentuant jusqu'à la fusion des deux termes : maître et docteur.Déjà saint Thomas lui-méme parle des « maîtres » et les appelle « docteurs ».Peut-on déterminer le moment précis où le doctorat est devenù grade académique, où les docteurs ne sont pas nécessairement des professeurs licenciés\u201d Le problème n\u2019est pas facile à élucider.Comme on l\u2019a dit, la « li- centia docendi » n\u2019est accordée qu\u2019à celui qui a subi avec succès l'examen du doctorat.Ainsi, au XIIe siècle on ne mentionne pas l'existence distincte de licenciés et de docteurs : les docteurs sont des li- \u2018cenciés.Mais :la séparation s\u20196- père progressivement.Au début du XIIIe siècle, à Bologne, il aiid ta, hs ( Suite à la pages) PASE SEIZE Le QUARTIER LATIN 19 MARS 1943 ee LA BIBLIOTHÈQUE DE L'INSTITUT tion de la majeure partie de la bibliothèque de feu le Sénateur T.-Damien Bouchard que sa fille, Mlle Ena-Cécile Bouchard a bien voulu offrir à l'Institut.Puis ce fut la République Fédérale d'Allemagne qui grâce à l\u2019aimable intervention de S.Exc.Monsieur le Consul Général le Dr Gerhard Stahlberg, fit don à la bibliothèque de l'Institut de grand nombre d'éditions allemandes de haute valeur scientifique.\u2014 Enfin, un don de $5000.00 accordé à l'Université de Montréal, à la demande de l'Institut d'Etudes médiévales, et dont celle-ci a bien voulu nous faire profiter en nous laissant le choix des volumes à acquérir au moyen de cet octroi, et en accordant de plus que ces volumes puissent être déposés dans la bibliothèque de l\u2019Institut où ils sont susceptibles de servir davantage.Nous prolitons de l'occasion pour souligner comme il se doit le bel esprit de collaboration qui n'a jamais cessé d\u2019exister et qui est encore actuellement plus grand que jamais entre les autorités de l\u2019Université, le personnel de la bibliothèque d\u2019une part, et la bibliothèque de l'Institut d'autre part.Cette précieuse collaboration se manifeste, entre autres, dans le dépôt de certaines collections rares et très coûteuses à la bibliothèque de l'Institut qui ne peut se les procurer actuellement et dont l'absence sur les rayons serait de nature à gêner considérablement le travail des chercheurs.Nous prions les autorités de l'Université de Montréal ainsi que le personnel de la bibliothèque de bien vouloir agréer l'expression de notre reconnaissance dont la qualité veut être à la hauteur de leur compréhension et répondre à l'importance des services rendus.Le généreux intérêt que n'ont jamais cessé de manifester les Dominicains à la bibliothèque de l\u2019Institut, lié aux dons importants de volumes de la part de collectivités ou de personnes privées ont permis de constituer une collection qui compte déjà plus de 32,000 volumes classifiés et catalogués, et près de 200 périodiques spécialisés.Chiffre déjà important dans une bibliothèque de cette nature, qui doit, en principe, se limiter au moyen âge.En pratique, cependant, les intérêts de la bibliothèque de l'Institut ont dû s\u2019élargir et tenir compte des besoins des étudiants en philosophie du Couvent Saint-Albert, ainsi que de l'Ecole de Pastorale.Précisons que cet élargissement n'\u2019affecte en rien l'orientation originelle de la bibliothèque de l'Institut qui s'efforcera toujours d\u2019avoir \u2018\u2019ütié collection aussi complète que possible en sciences médiévales.Il fallait cependant, en philosophie par exemple, faire sauter les cadres chronologiques que représente le moyen âge, et tenir compte à la fois de la philosophie ancienne et de la philosophie moderne.Il en va de même pour la théologie, en considération des besoins de l'Ecole de Pastorale; il nous fallait prêter attention à sa nouvelle orientation et aux problèmes particuliers à notre époque qu'elle est amenée à se poser et auxquels elle tente d'apporter la solution la plus valable, Et il y a encore le vaste et très important secteur d'Ecriture Sainte en faveur duquel, précisément, les autorités dominicaines ont DON DE bien voulu accorder un substantiel octroi.De quoi permettre un sérieux départ dans l'acquisition des ouvrages de base d\u2019une discipline fondamentale dans une bibliothèque comme la nôtre.La Liturgie, dont il serait superflu de souligner ici I'importance et la faveur dont elle joui présentement, compte déjà de solides acquisitions \u2014 textes et travaux, auxquelles il faudra sans cesse ajouter si nous voulons avoir une bibliographie qui soit toujours bien à date.En somme, c\u2019est de l\u2019ensemble des connaissances religieuses qu\u2019il s\u2019agit, et au sujet desquelles la bibliothèque devra avoir à tout le moins les ouvrages marquants.Le travail est déjà en bonne voie, et nous espérons avec le temps arriver à un résultat satisfaisant.Ce que la bibliothèque de l'Institut offre toutefois de plus original c'est évidemment sa collection d'ouvrages sur le moyen âge.Elle n\u2019a pas la prétention d'être complète; loin de là.Il y a des vides ou des absences contre lesquelles nous ne pouvons rien: les manuscrits, par exemple, qu\u2019il est pratiquement impossible de se procurer, À moins d\u2019iine occasion inespérée, et encore faut-il y mettre le - prix.Les albums de reproductions des chefs-d\u2019oeuvre artistiques du moyen âge dont l\u2019acquisition représenterait une mise de fonds assez considérable.La bibliothèque a surtout visé jusqu'ici à acquérir les textes et ouvrages concernant l'histoire des doctrines philosophiques et théologiques médiévales.Les textes surtout puisqu'il s\u2019agit de travailler sur les sources et d\u2019offrir des contributions originales à l'étude du moyen âge.C\u2019est ainsi que des chercheurs ont à leur disposition les éditions critiques des oeuvres de S.Anselme, S.Albert, S.Bonaventure, de Scot, d'Alexandre de Halès, de Saint Thomas évidemment ! BH SB BEG es Wir a HR ar ee MIA TN wa CONSUL D\u2019A LIVRES DU pour ne nommer que les plus grands, et souvent «en plusieurs éditions différentes.Le secteur de l\u2019historiographie médiévale est également bien étoffé.La bibliothèque peut se féliciter de mettre à la disposition des historiens, la plupart des collections de sources de l'histoire des différents pays, par exemple, les Monumenta Germaniae Histo- rica, le Recueil des historiens des Gaules et de la France, les Rerum Italicarum medii aevi scriptores, les Fonti per la sto- ria d'Italia, les Rerum Britan- nicarum medii aevi scriptores, et d\u2019autres encore, comme par exemple, la Collection des textes pour servir à l'étude et, l\u2019enseignement de l'histoire, les Sources de l'histoire de France.La bibliothèque offre encore dans le domaine de la Liturgie la fameuse collection de textes de la Henry Bradshaw Society et le grand répertoire des Analecta hymnica medii aevi de Dreves et Blume.Dans le domaine de la Patrologie, la bibliothèque a pu se procurer la majeure partie du Corpus de Vienne, elle reçoit à mesure de leur parution les tomes du Corpus Christia- norum et du Corpus de Berlin.Les patrologies de Migne, latine et grecque, et les patrologies Orientale et syriaques sont également à la disposition des usagers de la bibliothèque.Les oeuvres des philosophes médiévaux les plus importants se trouvent également sur les rayons de la bibliothèque de l'Institut; philosophes arables tels que Avicenne, Averroès; philo- saphes hébreux, tels que Avice- bron, Maimonie, Saadia Gaon.La politique de la bibliothèque de l\u2019Institut a toujours été de donner la première importance aux textes des auteurs médiévaux, textes doctrinaux, comme ceux que nous venons de mentionner, ou encore textes de littérature comme, par exemple, les Classiques français du moyen âge, ou encore ceux que pu- blie La Société des anciens textes français, etc.Les études proprement dites sur le moyen âge n\u2019ont évidemment pas été négligées et on pourra trouver dans la bibliothèque de l\u2019Institut les collections les plus importantes dans ce domaine.De même une attention toute particulière a été accordée aux différents répertoires médiévaux, qui sont des instruments de travail de toute première nécessité dans un institut comme le nôtre.Malheureusement dans ce domaine comme dans bien d'autres des études médiévales, certains ouvrages classiques, et cités constamment, sont épuisés et se trouvent difficilement sur le marché des livres.Heureusement que depuis quelques années, certaines maisons d'\u2019éditions ont entrepris d'en réimprimer plusieurs; ce qui rend un grand service aux bibliothèques de la « onzième heure ! Cette rapide énumération, bien incomplète évidemment, permet quand même de se faire une idée de la nature du contenu de la bibliothèque de l\u2019Institut d'Etudes médiévales: bibliothèque dont l'originalité et l'importance résident surtout dans les collections.de textes médiévaux qu\u2019elle renferme, pouvant ainsi permettre des (Suite de la page 15) travaux de première main sur le moyen âge et la civilisation médiévale.C\u2019est la raison d\u2019être de son existence et la ligne d'orientation à la fois de son développement futur.La bibliothèque de l'Institut d'Etudes médiévales des Pères Dominicains du couvent Saint Albert-le-Grand est une bibliothèque de consultation.C'est dire qu'elle est a la disposition des professeurs et étudiants gradués de l'Université de Montréal, plus particulièrement, évidemment, à la disposition de ceux qu'intéresse davantage le moyen âge.En principe les livres ne sortent pas de la bibliothèque, afin que ceux qui y viennent travailler puissent trouver, sur place, la documentation qu\u2019ils attendent d'y trouver.Législation inspirée par le seul but de donner à la collection des volumes de l'Institut son maximum de service.Il y à évidemment des exceptions possibles, surtout dans le cas des professeurs; la direction de la bibliothèque se réserve alors le « plaisir » d\u2019accorder toute permission nécessaire.L'accès à la bibliothèque est entièrement libre; aucun abonnement et aucune contribution n'est cxigée pour l'utilisation des volumes.Elle est ouverte tous les jours de la semaine de 9 h.a.m.à 10 h.p.m., sauf le samedi où elle ferme à 6 h.p.m.et le dimanche où la bibliothèque est fermée toute la journée.Les jours de congé spéciaux au cours de l'année académique à la bibliothèque de l'Institut sont ceux là mêmes qui sont observés à la bibliothèque de l\u2019Université, auxquels doivent être ajoutés cependant le jour de la fête de Saint Albert-le- Grand, patron de l\u2019Institut, et de Saint Thomas d'Aquin.Dès le mois de juillet, et jusqu'à la reprise des cours en septembre, la bibliothèque n\u2019est ouverte que de 9 h.am.a 6 h.p.n.pendant la semaine.Le système de classification des volumes de la bibliothèque de l\u2019Institut est celui de la Bi bliothèque du Congrès de Washington (Library ol Congres Classification System) avec l'æ daptation pour les sciences religieuses \u2014 littérature latine ct grecque chrétiennes, théologie, liturgie, droit canonique, his toire de l'Eglise \u2014 que publiail, en seconde édition, Mrs.Jeanet te Murphy Lynn.Après l'avoir pratiqué pendant une vingtaine d'années, il nous paraît être le meilleur système de classification pour \u2018une bibliothèque comme celle de l'Institut et pour toute bibliothèque de sciences religieuses.en général.Système différent de celui adopté par la (Suite à la.page 19) mu 00 TP A AGE En ES CS EE ET A 0 EE 19 MARS 1763 \u2014\u2014 L'école franciscaine et les études médiévales (Suite de la page.14) considérable, notamment les oeuvres de saint Bonaventure et d\u2019Alexandre de Halès.Le Francisean Institute, greffé sur la faculté de philosophie de l\u2019Université Saint-Bonaven- ture, New York, se livre simultanément à la recherche, à l\u2019enseignement et à la publication d\u2019études et de textes.Il s\u2019est attelé spécialement à l'édition critique des oeuvres d\u2019Ockham.La Commission scotiste, sise près l\u2019Université Saint-Antoine, à Rome, s\u2019adonne exclusivement à l'édition critique des oeuvres de Duns Scot.Travail d\u2019une grande difficulté technique et d'un immense labeur auquel se livre une équipe de 17 franciscains.L'Institut historique franciscain.fondé par les Frères Mineurs capucins, s\u2019est donné pour tâche, outre la publication d\u2019études et de recherches, la confection d\u2019un relevé bibliographique complet concernant le monde franciscain : histoire, spiritualité, théologie, philosophie, art, etc.C\u2019est un instrument de travail irremplaçable pour les chercheurs.Il y a évidemment d'autres centres de rayonnement de la pensée franciscaine, en divers pays, notamment en Allemagne, en halie, en Espagne.Les Franciscains canadiens n\u2019ont pas été absents de ce mouvement scientifique.On peut même dire qu\u2019ils y apportent une contribution de première valeur.Qui ne connaît, par exemple les noms des PP.Ephrem Longpré et Victo- rin Doucet, célèbres par leurs études sur Duns Scot, saint Bonaventure, Alexandre de Halès, ct qui se classent au premier rang des médiévistes de réputation internationale.Un Canadien est actuellement Président du Collège Saint-Bo- naventure de Quaracchi, le P.Patrice Robert.Celui-ci avait été professeur d\u2019histoire de la pensée franciscaine à l\u2019Institut d'Etudes médiévales de l\u2019Université de Montréal et à l\u2019Université Laval.Il avait même fondé au couvent franciscain de Québec un centre d\u2019études médiévales qui met à la disposition des chercheurs un excellent stock d\u2019ouvrages franciscains, Ce poste est actuellement occupé par le P.Edouard Parent, un ancien de l\u2019Institut d\u2019Etudes médiévales, qui a bien voulu faire bénéficier I'exposition médiévale des trésors de sa bibliothèque franciscaine.Camille BERUBE, o.f.m.Institut d\u2019Etudes médiévales Service de secrétariat of de polycople.Travail exécuté sur machine IBM.Avens caractères de physique et de chimie.Er x LE QUARTIER LATIN PAGE.DIX-SERT Les études médiévales: tour d'horizon ont des instituts ou des centres d'enseignement et de recherche spécialisés en tel ou tel secteur.Il est impossible, dans les cadres limités d\u2019un article comme celui-ci, de les énumérer, d\u2019en indiquer les structures et les champs de spécialisation, tout comme il est impossible de signaler nommément les revues et collections qui viennent alimenter et accroitre notre connaissance du capital énorme et si varié de l\u2019époque médiévale en elle-même, dans ses sources et dans ses survivances modernes ct contemporaines.Signalons seulement que les études médiévales constituent le champ d\u2019investigation unique ou privilégié d\u2019au moins : 12 centres et instituts en Allemagne, 2 en Autriche, 12 en Belgique, 2 au Canada, 1 au Danemark, 14 en Espagne, 8 aux Etats-Unis, 16 en France, 4 en Angleterre, 1 en Irlande, 15 en Italie, 4 aux Pays-Bas, 4 en Pologne, 1 en Roumanie, 1 en Russie, 2 au Vatican, 2 en Yougoslavie.Signalons également que ces centres et instituts publient environ 80 revues et collections sans parler des publications hors série dues à leurs efforts.Ces chiffres sont incomplets quant au nombre des centres et de leurs publications, car bien des organismes n\u2019ont fait connaître aux éditeurs du Répertoire et du Bulletin ni leur existence ni leurs activités.lls ne livrent donc que partiellement le bilan du travail effectivement accompli.Ils deviennent encore moins significatifs si l\u2019on songe qu\u2019en dehors de ces centres, il sc fait de la recherche et de l\u2019enseignement dans les universités, les séminaires et les maisons d\u2019études communautaires, que ces organismes peuvent avoir leurs propres organes de publication, sans compter que les publications hors série se multiplient un peu partout à un rythme sans cesse accru.Et il faudrait parler des congrès, des colloques, des séminars qui se tiennent périodiquement, des sociétés internationales, nationales, locales, qui représentent autant de moyens permettant les contacts et les échanges, faisant connaître les orientations de la recherche, indiquant les sources documentaires, finançant même quelquefois les travaux et les recherches.L\u2019effort en Amérique On le signalait plus haut, de plus en plus l\u2019Amérique participe au mouvement et à la vie des études médiévales.Dans la plupart des champs d\u2019enquête, ce sont les mêmes catégories de chercheurs et de spécialistes qui travaillent et publient et c\u2019est dans les mêmes milieux que se développent leurs efforts.En histoire, en littérature, en philosophie et théologie, etc, les programmes sc sont développés, les chaires se sont multipliées, de nouveaux organismes ont surgi.Il serait instructif d\u2019en faire un bilan exhaustif.Relevons seulement quelques exemples : \u2014la Mediaeval Academy of America (fondée à Harvard en 1925) a publié 70 études consacrées au moyen âge, et la revue Speculum qui paraît depuis 1926 ; elle a patronné et dirigé les excavations de Cluny, l\u2019étude de l'appareil gouvernemental anglais d\u2019une décade du XIVe siècle ; elle promeut l\u2019édition des textes arabes, hébreux, latins des commentaires d\u2019Averroëès sur Aristote ; \u2014l\u2019Université Notre-Dame a son Medieval Institute avec programme d\u2019études et centre de documentation ; \u2014Yale a établi son centre avec accent sur lu littérature médiévale ; \u2014le Franciscan Institute de Saint Bonaventure, N.Y.a son programme d\u2019enseignement, sa revue Franciscan Studies (depuis 1941) et il déploie une belle fécondité en publication d\u2019éditions et d\u2019études ; \u2014l\u2019Université catholique de Washington a son Institute of Research and Study in Medieval Canon Law, sa collection Traditio ; ses presses publient chaque année en nombre impressionnant des études de philosophie et de théologie médiévales ; .\u2014grâce surtout à la possession de sa filmothèque des manus- crists du Vatican, l\u2019Université de Saint Louis est le centre d\u2019une grande activité de transcription de manuscrits médiévaux et de publication de listes de microfilms ; \u2014l\u2019Université du Wisconsin a son Medieval and Renaissance Guild, surtout son Institute for Medieval and Renaissance Studies.De ce dernier, le Bulletin écrit : « Comme exemple d'enthousiasme soutenu et d'organisation bien conçue, il n\u2019a pas son pair en Amérique ».De fait, plus de 30 professeurs y dispensent leur enseignement sur les matières au programme et dix-neuf professeurs de onze départements différents dirigent37-séminaires offerts aux étudiants de \u2014 \u2026 niveau doctoral en matières du Moyen Age et de la Renais- (Suite des pages 8 et 13) \u201c sance.Résultat : de 1945 à 1956, l\u2019Université octroyait 40 doctorats pour études portant sur le moyen âge et la renaissance ; \u2014Colorado a son Progress of Medieval and Renaissance Studies, ses Medievalia et Humanistica, Princeton, son\u2019 Institute for Advanced Study ; et il faudrait parler de la Bibliographic Society of America, de l\u2019American Numismatic Society, de l\u2019American Bibliographic Service, de l\u2019activité considérable en médiévisme des Universités de North Carolina, Columbia, Harvard, Pennsylvania, Du- quesne, etc, etc.Plus près de nous, le Pontifical Institute of Medieval Studies de Toronto, fondé par M.Etienne Gilson qui y revient encore tous les ans, recevait récemment un beau témoignage dans la revue Time.Son programme est de première valeur, sa collection Mediaeval Studies (depuis 1939) également de premier ordre.Puis, il y a l'Université de Montréal et son Institut d\u2019études médiévales Albert le Grand affilié à la Faculté de philosophie en 1942.Actif à Ottawa entre 1930 et 1942 alors qu\u2019il y publiait les 10 premiers volumes de sa collection « Publications de l\u2019Institut d\u2019études médiévales » (rendue maintenant à son XVIIe volume) et qu\u2019il y commençait son édition manuelle de la Somme Théologique de Saint Thomas, la meilleure selon les connaisseurs, l\u2019Institut poursuit son travail depuis 1942 dans les cadres de l\u2019Université.Il offre à ses étudiants, en lui appliquant les méthodes historiques, un programme conduisant au doctorat et centré sur l\u2019histoire doctrinale philosophique et théologique, qui est replacée cependant dans ses grande contextes historique, littéraire et culturel.Il a réuni un corps professoral constitué de spécialistes dont plusieurs ont une renommée internationale, et une bibliothèque déjà remarquable comme instrument de travail et s\u2019enrichissant de jour en jour.M.Gilson inaugurait en 1947 la collection des Conférences Albert-le-Grand, et d\u2019autres compétences de premier ordre l\u2019ont alimentée depuis, de même qu\u2019il ont fourni au publie de la région de Montréal l\u2019occasion de les entendre en d\u2019autres circonstances.En 1959, l\u2019Institut fournissait la chronique sur « La philosophie médiévale » publiée dans le IVe volume de « La philosophie au milieu du vingtième siècle», chroniques parues sous les auspices du Conseil international de la philosophic et des sciences humaines &t de la Fédération internationale des Sociétés de philosophie, avec le concours de l'UNESCO, par les soins de l\u2019un de ses professeurs invités, M.Raymond Klibansky.Mais d\u2019autres articles du présent numéro spécial feront connaître davantage l\u2019Institut de Montréal, en apportant détails et précisions sur certaines de ses réalisations et caractéristiques Le signataire termine donc ici, heureux s\u2019il aura réussi à faire simplement entrevoir un peu de l'immense effort consacré, à travers le monde, à un millénaire de lhis- toire de l\u2019homme en Occident, à dévoiler aussi quel contexte d\u2019intense vitalité scientifique se situe le travail de l\u2019Institut d'écoles méidiévales de Montréal.Albert-M.LANDRY, O.P., Directeur de l\u2019Institut d\u2019études médiévales.DANSE LIBRE Au profit du Fonds international de l'Entr\u2019Aide Universitaire Mondiale pour la reconstruction de la bibliothèque de l'Université d'Alger.(Prix de présence, tirage, etc.) Centre Social \u2014 23 mars 1963 \u2014 8:30 p.m.Admission : $0.76 par personne c- - mi YA ve iad Ce AERA 1 + meteor NLS PAGE DIX-HUIT FÉDÉRATION NATIONALE DES ÉTUDIANTS DES UNIVERSITÉS CANADIENNES (FNEUC) EUROPE CENTRALE l2ième TOURNEE ANNUELLE DÉPART DE MONTREAL LE 7 JUIN SUR LE Q:S.S.ARKADIA* ANGLETERRE \u2014 HOLLANDE \u2014 ALLEMAGNE AUTRICHE \u2014 SUISSE \u2014 ITALIE \u2014 FRANCE Londres \u2014 Amsterdam \u2014 Berlin (est et ouest) Heidelberg \u2014 Munich \u2014 Salzbourg \u2014 Brunnen (Suisse) Venise \u2014 Florence \u2014 Rome \u2014 Sorrente \u2014 Capri \u2014 Paris * Programme de bord sous la direction de monsieur le professeur Jean Tournon du Département des Sciences Politiques de l\u2019Université de Montréal.ITINERAIRE ET RENSEIGNEMENTS: Bureau de tourisme F.N.E.U.C.CENTRE SOCIAL CHAMBRE 407 TEL.: 738-3536 LA SOCIÉTÉ DES TABACS QUÉBEC INC.vous présente création canadienne-française e Exigez-la .~ - .Ape , LE QUARTIER LATIN Modernité du moyen tion des collèges classiques italiens.L'Italie médiévale se signale encore par la renaissance du droit romain qui fait la gloire de l\u2019Université de Bologne.Fondamentalement, le droit romain est toujours la base de notre science du droit et des législations modernes, tout comme le commerce des premières banques florentines ct génoises présente déja \u2014 bien qu\u2019en plus petit évidemment \u2014 les traits essentiels du mouvement des affaires actuelles.Dans ce dynamisme universel, le moyen age présente encore bien d\u2019autres traits étonnamment modernes.Signalons-en deux : le parlementarisme, Pé- mancipation de la femme.Si l'on songe uu « moyen-âge-état- d'esprit» d'où nous sommes partis pour nous inscrire en faux contre lui, nous pensons à la royauté absolue de droit divin.Mais cela se vérifie chez les Bourdon de France ou les Has- bourg d\u2019Autriche qui relèvent de l\u2019époque moderne sinon contemporaine.A ce compte la, c'est Metternich (1773-1859) et su lutte contre l\u2019émancipation des peuples qui représentent le moyen age.En réalité, cependant, les empereurs et les rois médiévaux doivent toujours tenir compte (Suite de la page 7) d\u2019un conseil de nobles et de bourgeois groupés en «commune ».Les historiens du parlementarisme comme ceux des « droits de homme » font tous remonter le début de ces deux mouvements à la Grande Charte dignée par Jean sans Terre en 1214.C\u2019est alors qu\u2019est admis le principe d\u2019où sortira plus tard la détnocratie atnéricaine : « Aucun impôt royal ne peut être établi sans le consentement des représentants du peuple ».Ceux qui votent les taxes en effet tiennent les cordons de la bourse et, sans argent, un prince ne peut rien faire.Pour en avoir, il doit tenir compte du désir de ses sujets.Les Anglais auraient pu s\u2019en souvenir au XVIIIè siècle lors de «la partie de thé » de Boston.Mais, comme chacun sait, les idées doivent voyager pour se faire admettre.Quant à l'émancipation de la femme, elle représente un curieux phénomène historique qui remonte au XIlè siècle et qui n'a pus encore été complètement expliqué.On a parlé d\u2019influences arabes s'exerçant par l\u2019Espagne, du mouvement d\u2019idées cathares, de l'autonomie prise par les femmes pendant la longue absence des scigneurs partis aux croisades, que sais-je ?Un fait est certain : au Xlle siecle des femmes apparaissent au pre- 19° MARS 19¢y Pad age mier plan de la littérature et de la vie Politique.Que lon songe à Héloise et à Eléonore d\u2019Aquitaine ! Elles mettent à la mode l\u2019amour courtois, donnant ainsi une dimension nouvelle à l\u2019amour humain.Dans la vie religieuse, Sainte Claire d'Assise comme Sainte Catherine de Sienne apportent au mysticisme chrétien une ferveur authentiquement féminine, un aspect de « faiblesse dans la force » que l\u2019hagiographie n\u2019a pas toujours connue.À Fontevrault, dans ce merveilleux Val de Loire qui est le jardin de la France médiévale, on voit naître un ordre religieux d\u2019un type nouveau.Il est fait de deux communautés, celle des femmes, celle des hommes.Malgré la distance qui les sépare, une direction unique est reconnue : celle de l'abbesse, calquée, dit la Règle, sur celle de Marie qui était la reine des Apôtres dès le Cénacle : Marie.figure éternelle du christianisme auquel le moyen âge a donné un halo de tendresse humaine qui nous émeut encore au tympan de Chartres ou de Bourges.Les médiévistes en appellent d\u2019un moyen age de pacotille au moyen age authentique.lls demandent a être jugés sur textes.Ph.DELHAYE Professeur invité à l'Institut Médiéval de Montréal.Les grades universitaires et leurs origines médiévales est question des « doctores le- gentes » et «non legentes ».En 1230, à Montpellier, licenciés et docteurs sont mentionnés dans un texte de saint Louis.Autre indice : à Paris, au moins en théologie et en droit, une distinction s'établit graduellement entre les « disputationes » clu licencié et celles du docteur.Il y a aussi le cas célèbre du non moins célèbre juriste Cinno da Pistoia (1270-1337) qui est demeuré licencié pendant dix ans à l'université de Bologne.À la même époque, à Paris, l\u2019habitude se répand de plus en plus «le se contenter de la licence à A VOTRE SERVICE (Suite de la page 15) cause des dépenses élevées qu\u2019entraînaient les réjouissances occasionnées par la « collatic » et « l\u2019inceptio» du nouveau docteur.Alors samorce un autre problème : Quand la licence de- vint-elle un simple droit de se présenter au doctorat, sans entraîner le « jus docendi»?La règle varie avec les universités et au XVIIe siècle on se demande encore si les prérogatives reconnues au docteur peuvent être attribuées au licencié.Indice certain qu\u2019il existe encore à cette époque une équivoque au sujet des épreuves de la licence et du doctorat.La législation ecclésiastique a précisé de plus en plus les deux institutions, et aujour- d\u2019hui il n'est plus permis de les confondre.Au sujet des titres M.A.et Ph.D., on sait qu\u2019au Moyen-Age on leur donna une signification précise et exclusive.Actuellement ces mêmes titres sont fort en usage dans les milieux anglais et américains avec un sens beaucoup plus étendu.Faut-il chercher dans les universités d\u2019Oxford et de Cambridge cette évolution de Tinstitution ?Nous le croyons.On sait qu'au XVe siècle, dans ces universités, il y a des doc teurs en musique tout comme des « Doctors in Divinity ».Qu'à la suite de la diversification des matières, on ait voulu garder l'ancien titre général médiéval des arts libéraux, le M.A.pour désigner une matière particulière, aujourd'hui bien distincte, mais autrefois comprise dans le cycle des arts, cela est très pla sible.Ainsi le M.A.en sciences médiévales, s'inscrit très bien dans cette explication, et le Ph.D.de même.Pour appuyer cet exposé est-il nécessaire de rappeler l'ouvrage bien connu de Paré, Brunet, Tremblay ?En ce qui concerne les grades canoniques, c'est titre XVII du Livre 111 du Code qu'il faut se référer en complétant avec la constitution « Deus scientiarum Dominus » de Pie XI.Conformément a ces direc tives, les réglements de la tacul ; té de philosophie ont été reve sés et approuvés par la S.con grégation des Séminaires et G68 Universités en 1951.Institution universitaire affiliée à l\u2019univer sité, l\u2019Institut est régi par CS = mes prescriptions.mé P Paul M.PILON, o- \u2014 | STATE TE a Te ES à vam x.19 MARS: 1363 \u2019 bibliothèque de l'Université, qui lui a préféré le système Dewey.La différence de système de classification utilisé dans l'une et l'autre bibliothèque ne présentent d\u2019ailleurs pas d'\u2019inconvénients majeurs.Ceux qui fréquentent la bibliothèque de l'Institut ayant facilement accès au magasin des livres, peuvent se familiariser rapidement avec le système selon lequel les différentes disciplines sont réparties sur les rayons et retrouver ainsi facilement les ouvrages dont ils ont_besoin quand la bibliothèque a la bonne fortune de les avoir.En cas de difficultés, les usagers peuvent toujours recourir aux bons services du secrétaire de la bibliothèque qui se fera un plaisir de Jeur facili- rer l'utilisation de la bibliothèque.(Suite de la page 16) Conclusion Et voilà retracés très rapidement les origines et le développement de la bibliothèque de l'Institut d'Etudes médiévales.Les résultats obtenus jusqu\u2019à maintenant sont le fruit d\u2019un travail soutenu et d\u2019une collaboration constante tant de la .part des Dominicains que de l\u2019Université et de leurs amis communs.lls sont, nous nous permettons de le penser, déjà fort encourageants; ils constituent en réalité un stimulant pour continuer avec autant de fidélité et de ferveur une oeuvre si importante au succès de l'Institut lui-même.Nous souhaitons pouvoir le faire dans le même esprit de fraternité et de collaboration qui a caractérisé et encouragé les efforts des an- LE-QUARTIER: LATIN =e \" { \u2019 Bibliotheque de l'Institut nées de fondation.Dans une conviction toujours plus profonde aussi que la valeur d'un institut, comme d\u2019une université d'ailleurs, dépend en grande partie de la bibliothèque dont il dispose.Car la fonction d\u2019une bibliothèque universitaire ne consiste pas uniquement à fournir aux professeurs et étudiants les travaux dont ils ont besoin pour leur enseignement ou leurs études.Elle consiste davantage à élever constamment le niveau intellectuel de l'institution dont elle fait partie en provoquant pour ainsi dire, par la richesse de son contenu une plus grande curiosité intellectuelle d\u2019abord, et un vouloir sincère et efficace de renouvellement et d'approfondissement constants dans la recherche et dans les réponses aux problèmes qui se posent ue = .ne dans les divers domaines de la connaissance humaine.De ce point de vue, la bibliothèque d'un institut ou d\u2019une université n\u2019est plus, comme on se plaît à le dire et à le répéter couramment, au service de ses usagers; elle s'impose plutôt à ces derniers qui se trouvent très réellement ou doivent se trouver au service de la culture, des connaissances qu'elle offre à leur recherche et à leur méditation.Une bibliothèque ainsi conçue doit s'édifier et se développer en fonction des différentes disciplines elles-mêmes qu'elle renferme, et non en relation des besoins de ceux qui la fréquentent.Une telle conception nous paraît représenter un.renversement des valeurs, et: lier trop étroitement son enrichissement aux intérêts et aux \u2018exigences du moment présent ou du personnel enseignant et étudiant - actuels.Qu\u2019un tel idéal ne soit pas facilement réalisable, et qu\u2019il faille même\u2019 accepter qu\u2019il ne peut être dans la majorité des cas, qu'en voie de réalisation, on l'accordera aisément; il reste toutefois que tel nous semble devoir être le but vers lequel il faut tendre dans la conviction que c'est de là que toute bibliothèque tire sa véritable grandeur et la valeur des services qu\u2019elle est ainsi appelée à rendre.' LES BIBLIOTHECAIRES Pourquoi le moyen age.?(Suite de la page 3) L'histoire: remède au dogmatisme (Suite de la page 2) ceptualisation pour rejoindre la Réalité personnelle de Dieu qui se tient bien au-delà de notre univers conceptuel, fût-il gréco-romain el occidental.Nos formulations dogmatiques elles-mêmes ne sont que des approches très imparfaites du mystère indéfinissable, marquées au surplus par les limites culturelles d\u2019une époque.Elles ne barrent pas la route à l'intelligence croyante, mais lui ouvrent plutôt des horizons infinis.L\u2019histoire bien faite de la philosophie et de la théologie est un préservatif et un excellent antidote contre le dogmatisme.Nous disons bien l\u2019histoire bien faite, car nous n\u2019ignorons pas que certains historiens de la pensée projettent inconsciemment leurs postulats et leur système dans le passé.Certes, l'historien est dans une situation noétique assez complexe.Il est porté à poser à un auteur ancien des questions qui lui sont le plus souvent suggérés par les préoccupations du jour ct les problèmes de l\u2019heure.Du reste, sans cette interrogation explicite ou implicite qui constitue habituellement son hypothèse de départ, l\u2019historien parcourrait sans grand profit une oeuvre ancienne.un peu comme le touriste non intéressé qui traverse en vitesse les salles du Louvre.Par contre, l\u2019historien doit consentir à se dépayser et à se départir de ses habitudes de pensée, s\u2019il veut atteindre une certaine objectivité et comprendre un auteur éloigné dans le temps et la culture.Il doit retrouver la façon de sentir et de penser de cet auteur, retracer son itinéraire humain et intellec- luel.voire spirituel, faire revivre en lui l\u2019époque et le milieu qui ont produit l\u2019homme et l\u2019oeuvre.A cette condition seulement il évitera l\u2019anachronisme qui le guette à chaque pas.Cetle ascèse est tout ce qu\u2019il faut pour assouplir un esprit et lui donner le sens d'une juste relativité.En plus de découvrir des vues d\u2019une richesse souvent insoupçonnée, l\u2019historien se rendra compte expérimentalement que la pensée n\u2019est pas supra- lemporelle ou supra-historique dans toutes se dimensions, mais qu\u2019elle est toujours liée à une époque, à une culture, à une langue, à une probléma- lique, et que celte incarnation la limite par bien des côtés.La foi elle-même n\u2019échappe pas à ce conditionnement existentiel et à ses conséquences : elle est toujours reçue et comprise dans des états de culture déterminés qui la particularisent.Un homme dùû'20e siècle ne peut récévoir et compreñdrë la foi chrétienne à la façon d\u2019un homme du moyen âge; ni un.oriental à la façon d\u2019un occidental.Neo am C\u2019est pour avoir méconnu cette diversité des démarches de l\u2019esprit humain et les limites de toute théologie que la pensée catholique occidentale s\u2019est enfermée pendant plusieurs siècles dans une scolastique « dogmatisante » et un juridisme théologique sans élévation.D\u2019aucuns craindront que l\u2019histoire des doctrines conduise au scepticisme ou encore au syncrétisme : on tomberait alors dans les vices opposés au dogmatisme.Le danger est illusoire: Au point de départ, le sceptique nie à l\u2019intelligence la capacité d\u2019atteindre la vérité, à quelque niveau ol elle exerce son activité, et lui interdit en conséquence toute affirmation.S.Augustin a déjà fait remarquer l\u2019illogisme de cette attitude d\u2019esprit qui repose sur une affirmation aprioriste de forme négative.Toute différente l\u2019attitude de l\u2019historien qui, constatant par l\u2019histoire les limites de l\u2019intelligence humaine, ne lui attribue pas moins un réel pouvoir de connaissance.On ne verrait pas autrement quel intérêt le pousserait à inventorier sans cesse l\u2019héritage de la pensée humaine, s\u2019il n\u2019était convaincu d\u2019y trouver quelques vérités et un peu de sagesse qui alimentent et stimulent sa propre recherche de la vérité.On ne s\u2019expliquerait pas non plus le renouveau et la vigueur que l\u2019histoire des doctrines a apportés à la pensée philosophique et théologique des dernières décades, si les études historiques engendraient le scepticisme.On ne doit pas davantage assimilé au syncrétisme l\u2019attitude accueillante de l\u2019historien à l'égard des\u2019 diverses doctrines qu\u2019il étudie.Le syncrétisme est une démission, de l\u2019intelligence en face de la vérité à conquérir, un aveu de faiblesse et le plus souvent une peur inauvouée des exigences de la vérité.Quand il s\u2019érige en système, c\u2019est l\u2019anémie et la mort lente de la pensée.L\u2019historien ne cherche pas à amenuiser les oppositions des doctrines qu\u2019il soumet à son analyse, à tout réduire à un commun dénominateur.Il suit la pensée de l'humanité dans son évolution \u2018historique : ses bonds, ses reculs, ses luttes, ses affrontements, sa diversité; il y reconnaît le dynamisme même de la vie qui ne progresse pas toujours de façon rectiligne et d\u2019un mouvement uniforme.Est-il croyant, il a en plus cette conviction que l\u2019intelligence, tout comme l\u2019humanité qui l\u2019incarne, est en marche vers ce qu'\u2019actuellement elle ignore mais qu\u2019elle - espère-z-nunc per.specylum.in.aenigmaie,,tunc.au: tem facie \u2018ad faciem.Vincent HARVEY, o.p.de France et d\u2019Europe.Je ne veux pas me demander quelle aurait été notre histoire, si.si.\u2014 La première obligation de l\u2019historien est d\u2019écrire l\u2019histoire telle qu\u2019elle arrive et non pas telle qu\u2019elle aurait dû arriver.Issus de familles françaises d\u2019esprit curopéen, nous avons été éloignés des soubressauts qui sont le lot des nations plus anciennes et plus puissantes.Comparativement parlant, on peut dire que notre histoire «canadienne» a été paisible et plus suivie que celle de France.Nous serions en effet, à cause de notre histoire et de nos origines, les héritiers directs et fidèles du plus beau et du plus pur moyen âge : celui des XIIe et XIIle siècles.L'histoire de nos croyances, celle Jde notre folklore, de nos habitudes, de nos coutumes et de notre langue, le prouverait.Le moyen âge cest en chacun de nous, et nous ne nous cn écartons pas en l\u2019oubliant, pas plus que nous ne Peffagons en l\u2019ignorant.Le moyen âge est fortement inscrit en tout Canadien français dont les ancêtres remontent au régime français.Le caractère robuste et tendre à la fois de nos paysans, leur force physique qui fait échec à une extrême sensibilité ; tout ce que relève de notre vie sociale ; par exemple, la politesse un peu prétentieuse parfois et souvent rituelle de plusieurs de nos bonnes gens, résidu des vieilles habitudes de cours et de la chevalerie, ces qualités d\u2019ordre et de mesure, ce besoin d\u2019équilibre au sein même de l'ardeur, cet idéalisme ; ce goût aussi pour les idées, pour la logique, pour la dialectique qui se transpose dans les conversations les plus ordinaires, dans les discussions et dans les débats politiques, tout cela est, historiquement, médiéval d\u2019abord.Quand je lis par exemple cette définition du prud\u2018homme : Tant est prud\u2019homme, si com semble qui a des deux choses ensemble Valeur de corps et bonté d\u2019âme, comment oublier tout ce qui caractérise et marque le Canadien français comme type d\u2019homme ?P.Benoît LACROIX, professeur de littérature médiévale.FRONTIER COLLEGE EMPLOIS D\u2019ETE TOUS LES ETUDIANTS \u2014 môles \u2014 en bonne sonté \u2014 débrouillards \u2014 courageux | qui veulent travailler cet été, en tant qu'instructeur-ouvrier, .dans les camps de biicherons, dans les mines et sur les équipes d'entretien des voies de chemin de fer sont priés de se présenter, mercredi, 20 mors \u2014 Ch.705 \u2014 centre social à | p.m.oR we AT ee =\" interview por Jean Guilbeault: pet eva = ETT a Uh eg Mau aus eo day AH) etal -Ÿ « Lb rt IT Loe 5 Pres PAGE VINST LE- QUARTIER LATIN HOMMAGE À ÉTIENNE GILSON Membre de l'Académie française Là où vous croyiez voir un philosophe, vous découvrez un homme.Né à Paris, le 13 juin 1884, il fut éduqué au petit Séminaire de Notre-Dame des Champs et à la Sorbonne, milieux qui l\u2019ont profondément marqué.Après son agrégation en Philosophie en 1907, Etienne Gilson enseigne jusqu\u2019au début 9 Mang ny de la guerre aux lycées de Bourg-en-Bresse, de Rochefortsur, mer, de Saint-Quentin et d\u2019Algers.Sous-lieutenant territory à la compagnie de mitrailleuses durant la guerre, il est reconny pour son courage et décoré.Fait prisonnier en 1916, des mois de travail et de réflexion s\u2019échelonnent.Enfin démobilisé a 1919, sa carrière débute.Libre et enrichi de tant d\u2019expériences, un déroulemey | magistral d\u2019une oeuvre s\u2019élabore.C\u2019est une grande remontée l vers les sources de Descartes à saint Thomas (1913-21), de saint Thomas à saint Auguetin (1928), de saint Augustin ; |} la philosophie méme de PEvangile (La Philosophic au Moven Age) avec une largeur de vues qui permet de glorifier à hi fois saint Thomas (1920), saint Bonaventure (1922) et del s\u2019intéresser avec sympathie à la théologie mystique de saint | Bernard (1934), a la Divine Comédie de Dante (1939), sans oublier entre bien d\u2019autres choses, les Theoremata de Dun; |! Scot (1938); nous pouvons admirer cet élargissement erois.sant des perspectives des études de philosophie médiévale (1932) et à ses tout récents travaux.Erudit et humaniste, monsieur Etienne Gilson, par une || aventure intellectuelle, à véeu et surmonté le drame de Vhis | toire; prenant son point de départ en historien, il a affirmé avec une netteté toujours plus grande ses vertus de métaphysicien.En tête d\u2019un peloton de chercheurs, il a donné un exemple de courage philosophique.Vous êtes cordialement invités à assister à sa conférence | intitulée : « Réflection sur l\u2019éducation philosophique ».Cete | conférence publique se donnera mardi soir à 8 h.15 à l\u2019av- ditorium de l\u2019Université.Bienvenue à tous.MICHEL A Conférencier invité Une conférence publique ayant pour théme La philosophie des sciences de Gaston Bachelard sera donnée par Monsieur Michel AMBACHER à l'Université de Montréal, mardi le 20 mars 1963, à huit heures quinze du soir, en la salle M-415.Monsieur AMBACHER, licencié cn philosophie de l\u2019Institut Catholique de Paris, docteur ès lettres (Paris), diplômé d\u2019études supérieures de philosophie de la nature à la faculté de Philosophie U.M.MBACHER La Société de Philosophie de Montréal dans les cadres de la «Semaine de Philosophie» organisée par les étudiants de la Faculté de philosophie et de l'Institut d\u2019études médiévales de P Université de Montréal vous invite : 17 au 23 mars 1963 © Débats, au « Salon du Recteur », à neuf heures a.m.Mardi \u2014 Philosophie et Littérature Mercredi \u2014 Philosophie et Religion Jeudi \u2014 Philosophie et Sciences © Conférences publiques, à huit heures quinze du soir \u2018 Mardi, à l\u2019Auditorium x M.Etienne Gilson : membre de l\u2019académie française.« Réflexions sur l\u2019éducation philosophique » Mercredi, salle M-415 M.Michel Ambacher : « La philosophie des Scien- .ces de Gaston Bachelard ».Vendredi, salle M-415 M.Raymond Klibansky : « Regard sur Phomme ».© Banquet à huit heures du soir Jeudi, le 21 mars, à l\u2019Hôtel Lucerne sous la présidence de M.Guy Frégault, sous- ministre des Affaires Culturelle.Philosophie et de l\u2019Irstitut d\u2019Etudes Médiévales de l\u2019Université Auteur d\u2019un ouvrage intitulé : METHODE DE LA PHILO- | SOPHIE DE LA NATURE, paru aux P.U.F.1961.! A ce sujet, la revue Dialogue (sept.1961) fit paraître la er tique suivante : « On n\u2019hésite pas à dire que, dans sa critique des sciences, l\u2019auteur a réussi d'une manière admirable.Il se trout | évidemment chez lui dans les sciences, même lorsqu'il s'occup® i de détails techniques ; il reconnaît les droits des sciences dans | leurs champs propres.» Vincent E.Smith.Cette conférence publique s'inscrit dans le cadre de la Semaine de Philosophie organisée par les étudiants de la Faculté de Montréal, qui se tiendra du 17 au 23 mars prochain."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.