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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
jeudi 21 mars 1963
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1963-03-21, Collections de BAnQ.

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[" ae mm ee EE 4 15 Pre\u201d 2 St A AN a hdnsnted alld au.\"A.\" | et PORT PAYE A MONTREAL rer Journal bi-hebdomadaire de l'Association Générale des Etudiants de l'Université de Montréal seras.BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE MONTREAL, 21 MARS 1963 SUPPLEMENT VOLUME XLV \u2014 NUMERO 46 PHILOSOPHIE La faculté de philosophie a organisé, en collaboration avec ses étudiants et professeurs, une semaine où seront présentés des débats, des articles, des conférences, bref, des échanges sous toutes les formes possibles.La masse étudiante peut se demander à hon droit ce qui a suscité et de quelles fins témoignent ces effervescences.Une chose est certaine, c\u2019est qu\u2019au sein d\u2019une institution comme la nôtre, chaque faculté peut avoir à justifier un jour son existence, ne serait-ce qu\u2019à un strict point de vue pratique, en regard des deniers de la collectivité qu\u2019elle dépense et en regard des énergies qu\u2019elle accapare.Or, à la fois par l\u2019ironie qu\u2019elle soulève, par la critique dont elle fait les frais ou encore par l\u2019indifférence dont elle est comblée en certains milieux, il nous a semblé que le temps était venu de faire face à la situation et de présenter, tant aux étudiants du campus qu\u2019au grand publie, une faculté vivante, consciente de ses responsabilités et prête à les assumer.Pour cela, il importe que l\u2019on sache d\u2019abord que la philosophie n\u2019est pas un palliatif pour dillettantes en mal de savoir, mais qu\u2019elle est bien une science.On n°est pas biologiste en pérorant sur certaines réflexions de Jean Rostand; on n\u2019est pas non plus philosophe parce que l\u2019on sait que Jean-Paul Sartre a bonne presse.La philosophie est aride, ses méthodes rigoureuses et la richesse de ses résultats ne se mesure pas au nombre de ses compromissions faire croire.sique monde actuel; nomène comme tel, les existants.tions et de nos réalisations.comme certains beaux esprits s\u2019amusent à le Ici comme ailleurs, l\u2019éthique professionnelle oblige; et l\u2019éthique du philosophe est de ne rien affirmer de douteux, de ne pas transiger avec le réel, de s\u2019y maintenir coûte que coûte, et d\u2019exiger de lui-même que les conclusions de sa réflexion demeurent le fruit d\u2019une expérience et non pas d\u2019une construction arbitraire de l\u2019esprit; cela, même parvenu a un degré d\u2019abstraction tel que la métaphy- Il est évident que l\u2019on comprend peu le rôle efficace de la philosophie au sein du ceci tient sans doute de ce que l\u2019objet de sa recherche n\u2019est pas le phé- qualifiable et quantifiable, dont d\u2019autres sciences s\u2019inquiètent.L'objet de la réflexion philosophique est, par-delà le phénomène, ce qui le fonde ; soit, l\u2019existence, non dans ses divers modes d\u2019actualisation mais en tant que principe de tous On voit donc à quel point il peut être difficile de mesurer les réalisations concrètes d\u2019une telle science mais cela ne la prive pas pour autant de son droit à l\u2019exactitude ou à l\u2019existence comme science.Qu'elle s\u2019actualise au niveau des individus ou au niveau des masses comme c\u2019est le cas pour la pensée de Karl Marx, elle est au fondement de nos ac- tranquille, et le diriger, l\u2019innocenter ou le guérir sans une référence constante à sa conception de l\u2019homme, si ce n°est l\u2019inconscient ou l\u2019abruti.Si nous avons pensé qu\u2019il était nécessaire que l\u2019on sache, autour de nous, ce qu\u2019était la philosophie, c\u2019est qu\u2019il nous semble que l\u2019homme reste, malgré les découvertes récentes, une grave question pour l\u2019homme.Il est important à Pheure où le Québec s\u2019éveille, à l\u2019heure où une réflexion s\u2019amorce sur ses structures et où l\u2019orientation à lui donner s\u2019avère un problème crucial; il est important à cette heure que l\u2019on n°essaie pas d\u2019éviter par inconscience ou mauvaise foi le premier intéressé: l\u2019homme, vers qui ces réalisations doivent converger.C\u2019est le rôle du philosophe d\u2019étudier ses modalités essentielles et nous espérons que l\u2019on n\u2019ira pas, encore une fois, faire de nos politiciens, des théoriciens à la va-comme-je- te-pousse.Si, par ailleurs, nous espérons intéresser tous les étudiants du campus à cette semaine, ce n\u2019est pas en pensant que la philosophie doive s\u2019immiscer dans les autres disciplines, mais parce qu\u2019à rebours, chacun des esprits formés à ces disciplines est impliqué, à titre d\u2019humain, dans toute réflexion philosophique.L\u2019invitation est lancée, à vous à présent d\u2019y répondre.Qui, en effet, ne s\u2019interroge sur l\u2019homme.Qui peut s\u2019aventurer dans l\u2019humain d\u2019un pas Thérèse DUMOUCHEL a _ Présentation des \"ESSAIS PHILOSOPHIQUES \u201d écrits par des étudiants EN PHILOSOPHIE (Cahier no.7 et 8 de PAGEUM) rés Tp va - VE cam WL Les étudiants en philosophie osent publier un recueil d\u2019essais .philosophiques.Déjà s\u2019esquiesent les sourires: condescendance ou secret mépris.Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire le truc du sermon pour-encourager-nos- jeunes.Qu'il suffise pourtant de souligner l\u2019audace qu\u2019une telle réalisation suppose; double audace si l\u2019on se rend compte de l\u2019aventure que constitue une maison d\u2019édition étudiante.Les «Essais philosophiques » groupent des textes d\u2019une douzaine d'auteurs, tous étudiants.L\u2019ouvrage ne comporte pas d\u2019homogénéité évidente: aucun thème ne relie les textes entre eux.Il importait avant tout d\u2019offrir aux étudiants l'opportunité de publier le fruit de ré fléxions-persunuelles.Seuls \u201cdes\u201d critères \u201cdé \u2018qualité d'actualité entraient en ligne de compte.\u201cet Le grand intérêt du cahier réside dans son caractère représentatif en regard du milieu étudiant de la faculté.L'épreuve de la publicité est décisive pour tout travailleur intellectuel; et peut-être davantage s\u2019il est jeune.Un tel acte, non seulement le force à donner une formulation nette et achevée à sa pensée, mais l\u2019engage, aux yeux du groupe, en cela même qui nourrit ses réflexions les plus intimes.Il ne peut plus prétendre à une solitude qui le ravirait aux autres.Il se reconnaît situé, exigé par les besoins de sa communauté en regard même de sa recherche silencieuse de la vérité.Et maintenant que chacun chez soi aille fermer son huis et considère ces écritures.De ni ~\u2014y ! me =I : ans EN gon x 1 2e \u201cPaul CRAMBERLAND Cy etre as on te rer a + C.nee - > wr, PAGE DEUX LE QUARTIER LATIN ST 21 Mars 1963 \u2014\u2014 PHILOSOPHIE et ENGAGEMENT A force de prôner l\u2019engagement comme valeur, on en vient à oublier que c\u2019est d\u2019abord une donnée de fait.Que nous nous engagions ou non, nous sommes engagés : le verbe se conjugue d\u2019abord au passif.Avant de nous choisir un visage propre nous en avons déjà un, défini par le faisceau des coordonnées biologiques, familiales, sociales, culturelles, économiques, etc.dont nous ne sommes que le point de rencontre.Nous sommes en-situation, dans un monde et à une place que nous n\u2019avons pas choisis, « embarqués » disait Pascal.Constatons, avant de nous griser des vertiges de l\u2019action, avant de faire, que nous sommes faits.Face à cette situation la gamme des attitudes est fort diverse et va de la révote, à la limite, s\u2019épuise en imprécations, à la sereine résignation qui, clamant le déterminisme le plus implacable, se croise les bras et attend la suite des événe- ments.Entre ces deux rôles qui, paradoxalement, se rejoignent dans leur négativité, s\u2019intercalent, attitudes quelquefois séduisantes : l\u2019exaltation de l\u2019exaltation ou le goût de l'aventure, guetté par le conformisme de l\u2019aventure, le conformisme tout court, l\u2019anarchisme ironique, le dilettantisme artiste, l\u2019abstentionnisme systématique, le parti-pris des sans-parti, ete.Qui ne voit que ces réactions diverses ne sont que des déroutes de l\u2019action et que le véritable engagement commence par une acceptation nette et franche de la situation.Non pas certes comme destin mais comme conditionnement, voire comme point d'appui.C\u2019est à partir d\u2019une situation donnée qu\u2019on transmue une situation.Le refus pur et simple peut avoir figure de symbole mais l\u2019action ne peut demeurer en permanence sur ces hauteurs allégoriques.Il faut agir, au sens le plus prosaïque du mot, et comment?sinon à l\u2019aide des leviers dont nous disposons, c\u2019est-à-dire de la situation qui nous est faite.Seulement, où chercher les valeurs qui dirigeront notre action ?Car non seulement nous n\u2019avons pas choisi notre place au combat, mais nous ne savons pas non plus quel sens donner à ce combat.Si nous sommes en effet conditionnés dans notre être, nous ne le sommes pas moins dans nos visées.En fait c\u2019est par le biais de ses « valeurs > que s\u2019impose à nous le milieu.Bref, notre situation, forcément finie, commande un point de vue fini sur les choses et le monde et, en conséquence, une visée des valeurs forcément limitée.Nous libérer du point de vue qui est notre partage, est-ce une tâche réalisable ?Ou y sommes-nous rivés une fois pour toutes ?« La parole, dit à cet égard Ricoeur, c\u2019est ce qui transgresse les points de vue ».La parole entendue comme échange, dialogue, ouverture aux autres points de vue.La parole comme souci de rationalité, comme exigence d\u2019universalité à travers la spécificité et la finitude d\u2019une situation.Là intervient à mon sens le philosophe.Sans voir en lui le dépositaire exclusif de la parole, je serai, si l\u2019on m\u2019y autorise, tenté de le définir, face à l\u2019engagement, comme «< celui qui, entre une situation spécifique et une action universelle, introduit la médiation de la parole ».Cette médiation est, on le voit, portée par un secteur orienté : que la parole se grise d\u2019elle-même et la philosophie se ravale au rang d\u2019un bavardage sénile.Cette action \u2014 universelle non pas évidemment dans sa portée mais dans les valeurs qu\u2019elle incarne \u2014 terme d\u2019un trajet intellectuel qui en fait la richesse, il nous reste pour la mieux définir, à la distinguer de ses contrefaçons.Est-il besoin de dire qu\u2019elle n\u2019a pas à être une systématique levée de boucliers moins efficace souvent qu\u2019une simple prise de position ?Le vocabulaire de l\u2019action ne nous abuse pas lorsqu\u2019il parle de « geste posé » à l\u2019occasion d\u2019une simple affirmation de principe : affirmation qui « engage » précisément.Faut-il ajouter que, sous prétexte de ne pas compromettre la pureté des principes, l\u2019action ne peut, inversement, refuser Je risque de se ternir dans la mêlée ?De l\u2019homme engagé il ne sera pas dit ce qui fut dit d\u2019une certaine gauche : «ils ont les mains pures, mais ils n\u2019ont pas de mains ».Lui n\u2019a pas peur de «tremper les mains.jusqu\u2019aux coudes ».Il sait que lan.gélisme ne paie pus.Mais il sait aussi à quel seuil s'arrêtent les exigences de l\u2019efficacité, Il embrassera une cause, il sera partisan s\u2019il le faut, mais jamais au prix de sa liberté d\u2019action, 11 faut donner un Corps à sa liberté, à ses principes, mais un corps vivant et fidèle.La sclérose des organes d'action, ou leur louvoiement excessif, ou leur trahison amèneront au dé.\u2018 gagement l\u2019homme engagé.Engagement et dégagement sont les deux pulsions d\u2019une même réalité vivante.L'engagement n\u2019est pas un embrigadement, C\u2019est au contraire une inlassable et fervente vigilance critique.Faut-il rappeler pour finir les deux dimensions personnelle et sociale de tout engagement authentique ?Moins que ja mais nous ne sommes des ilots séparés, «Il n'est d'action valable, dit Mounier, que celle où chaque conscience particulière, fiit-ce dans la retraite, se miirit a travers la conscience totale et le drame entier de son époque ».Marcel RAFIE, Philo IV.Il y à quelques années, dans notre milieu, l\u2019on confondait philosophie et théologie.Quoique l'on se permette de moins en moins cette méprise ou- jourd'hui, la philosophie est sons doute ce dont on parle le plus tout en sachant le moins ce qu'elle est.En regard des autres facultés universitaires, le rôle d'une faculté de philosophie parait souvent utopique ; une utopie tolérée en raison des vieilles conceptions classiques des humanités, et que l'esprit scientifique actuel supporte avec condescendance ou ignore tout simplement.Si ce n'est de perpétuer par l'enseignement, un langage abstrait et vaporeux, on ne voit pas quel réle social efficace peut jouer un philosophe au coeur de la cité.Cette ignorance est sans doute due, pour une grande part, au fait qu'une fausse conception de la philosophie au niveau collégial, s'est trop longtemps contentée de doter les futurs universitaires de vagues notions d'apologétique qui contribuèrent plus à déformer l'esprit qu'à ie former.D'autre port, et de façon plus générale, l'accroissement des sclen- ces et des techniques à contribué à Ÿ_ HILOSOPHE DANS LA CITE développer dans l'esprit contempe- rain, un souci d'efficacité et de rendement, une pensée pratique qui ne s'accomode guére des résultats à longs termes de la philosophie et portent à la considérer moins comme une véritoble discipline scientifique que comme un violon d'ingres.Par ailleurs, quand on ne l'ignore pos complètement, on l'accable de reproches dont certains sont justifiés et ne peuvent être ignorés.On reproche à la philosophie d'être une dialectique creuse et verbale.on lui reproche son degmatisme, son langage hermétique et l'on ironise sur le philosophe qui paraît vivre hors de l'espace et du temps, se refugiont béatement dans les constructions abstraites de l'histoire de la pensée et n'étant engagé dons aueun des problèmes de son époque.Ces reproches sont justifiables dans la mesure où ils dénoncent un état pathologique, une crise de lo philosophie mais lis nous paraîsient injustifiés lorsqu'ils se posent en définition de la philosophie.Lo philosophie pas plus qu'œucune autre discipline ne se résume à le somme Le EE re à i akc ts 15 dt Se de ses erreurs.I! importe donc de voir d'abord ce qu'elle est.Le philosophie n'est pas une sagesse raffinée et exclusive, elle est une discipline de formation intellectuelle avec, comme toute autre, son esprit, ses buts et ses méthodes qui exigent pour s'exprimer odéquate- ment, un langage scientifique Îssu d'une pensée logique et rigoureuse.Elle est à la fois théorique par les doctrines qu'elle développe.réflexive parce qu'elle oblige à une prise de conscience de soi, du monde et d'ou- trui, et pratique, dans la mesure où sa reflexion et les doctrines qui s'en dégagent, proposent un mode de vie.Le philosophe est moins un constructeur de systèmes qu'un homme qui s'engage dans une voie qui lui permette de se situer au sein d'ua univers objectif que la découverte scientifique éclaire chaque jour de- vantage.- De là vient le falt que la philose- phie se distingue des, autres disci: .Plimes : ses résultats ne sont pas toujours immédiats, leur application pretique est laissée aux libertés individuelles et elle est moins un se- voir qu'une éducation.Elle a pour but.en effet, d'éduquer le jugement et d'amener la pensée, por la réflexion, à une prise de conscience des problèmes hu- moins, à une vision non limitative de l'homme et par voie de conséquence, & un sens des valeurs qui \u2018assume.On s'imagine porfois que tout ce qu'une science positive ne peut pas régler est en dehors des questions essentielles, ou de l'ordre du sentiment plutôt que de l'intelligence ; c\u2019est oublier que l'intelligence n'est pas seulement destinée à satisfaire la curiosité et à donner une compétence professionnelle.C'est oublier aussi cet avertissement de Nietzsche: « Ainsi, par un énorme détour, nous en revenons à l'attitude acturelle (celle des grecs).Jl a été démoatré qu'il est impossible de fonder une civilisation sur le sovoir.» Car le savoir, certaines rencontres \u2026 nous le prouvent, n'est pes une définition de l'intelligence, mais un produit et parfois un sous-produit.Les sciences et la technique, par leur évolution rapide.suscitent une nouvelle condition de l'homme mais Nai Dre dd ceci le distrait souvent de lui-même, l'empêche de se demander ce qu'il est et où il va, le limitent à ce qui le conditionne, et lui proposent sans le vouloir un modernisme simplifié et avilissant.D'autre part, les sciences pratiques, lorsqu'elles dépassent leur point de vue expérimental aboutis sent à des questions de l'ordre de lo valeur.Le « case work » du fro vailleur social ou la thérapie du psychologue sont des méthodes Incomplètes, limitées et parfois dar gereuses si ces spécialistes n'ont que des notions floues ou imporfei- tes de lo personne en dehors de se manifestations car l'homme est plus que son conditionnement.ll est donc inévitable que le co tact avec les faits humains abostisie à des questions d'ordre philosoph que comme ceux de la liberté, 6e l'intersubjectivité et des incidences morales ou métaphysique qu'ils \u20ac traînent.|: __.\"Le rôle de ia philosopite est desc * en premier lleu d'éduquer la pe et pour cela, elle doit coller où vivre dans le concret.(Suite à la page 4) amem\u2014\u2014\u2014\u2014 CES MONTREAL, 21¥MARS#1943 { dpa «4 { eV, fen bw CHS [1 nous arrive souvent d\u2019esquisser un sourire indulgent.lors- à que on nous raconte la crédulité à des peuples primitifs.Qui, au- jourd hur, oserait expliquer par \u2018une quelconque divinité l\u2019exis- : tence et les méfaits de la foudre ?| On sait trop d\u2019où elle vient, - où elle va, quelles sont ses capa- t cités : est-ce à dire que nous nous jétoignons de cet âge où les hommes vivaient parmi les mytlies ?in ne semble pas.; Nous serions, en effet.plus \u2018tentés de dire : temps modernes, À nythes modernes.À envisager ;sommairement les diverses ac- {ceptions du mot « mythe » : pro- { jection \u2014 fable \u2014 personnification \u2014 mystificalion, nous nous {rendons compte de Uexistence de ideux «spects bien distincts, l'un I réel, l'autre irréel.ÿ L'aspect réel, c\u2019est le fait con- icret, en situation.Les hommes dal, Le que nous nous sont en relation, d'une façon ou d\u2019une autre avec ce fait.Il est présent à la vie quotidienne, 1 ne peut ni être nié-ni être évacué, 1\u2019 aspect irréel, c'est l\u2019explication qu\u2019on en donne, Pour autant que cette explication est du domaine de la fabulation, Ce qui étonne, c\u2019est la croyance que les hommes mettent dans le mythe, une fois qu\u2019ils-lui ont donné naissance ou l\u2019ont reconnu.L'\u2019ivréel devient alors plus important, plus exigeant que le réel.L\u2019ensemble vient à former un tout mystifiant.Il dépasse l'homme et exige de l\u2019homme une reconnaissance qui ne va pas toujours dans une certaine servitude.Un des mythes actuels, le plus important peut-être (mais pas le seul!) est celui de la force nucléaire.tentielle; existentielle.Jean Wahl, Existence et pensée Venue a Université de Montréal, en octobre dernier, le philosophe francais, Jean WAHL, donnait une série de conférences intitulées Existence et pensée.Dès 1929, Jean WAHL contribuait a introduire en France la philosophie de HEGEL, envisagée dans une perspective exis.quelques années plus tard, kierkegaardiennes, Jean WAHL présentait Kierkegaard comme un des prédécesseurs marquants de la pensée avec ses Etudes Dans ses conférences maintenant publiées dans les Cahiers de l\u2019A.G.E.U.M., Jean WAHL a refait pour nous le cheminement intérieur de la pensée existentielle en ses manifestations philosophiques, vitales, artistiques.Il en revit philosophiquement les élans, les piétinements, les impasses.Il saisit cette expérience existentielle, la filtre à travers la sienne propre, en fait éclater les dimensions, et nous la communique élargie, enrichie.Jean WAHL, poète, marque son verbe de la ciselure d'un style bien particulier.Jean WAHL, philosophe, noue des liens indissolubles entre des hommes qui ont assumé leur\u2019 être du fond de leur existence.Par son existence, VAN GOGH a brûlé son être.Par son cri, RIMBAUD a exaspéré son existence, par son cri, il la néantise.Par l\u2019abandon de son existence, KIERKEGAARD a récupéré l\u2019Etre.- Par delà la facticité de son existénce, SARTRE recrée son être.» plonge au coeur de l\u2019être.Par sa pensée, Jean WAHL \u201caéploie eiiginee \u2018dé.ot Pétant.Cas Lo Lek aA .Il nous\u2026 faut Æéfaire.ce cheminement injécienx, avec Existence et pensée.- pe al + ~~ ARS Ta 7 ! uy hk ey AT nes Erance .SENECAL eu 2.\"> -Philoelk:: Par son existence philosophique, Jean WAHL nous 1° LE: QUARTIER LATIN: faisons.Le fait ne peut être nié ni évacué.Une énergie nucléaire seit à la construétion de bombes eit- vue de détruire les humains.Il est à bien noter toutefois qu\u2019il ue s'agit là que d\u2019une parmi plusieurs possibilités de l'énergie nucléaire.Les expériences faites actuellement ne sont en somme que des « essais \u2018de laboratoire », Nagu- saki ou Hiroshima ont été une bien petite éprouvette (de marque américaine !).Le fait va sSamplifiant.Les mégatonnes s'ajoutent les unes aux autres.Le dommage causé dans des endroits où il n\u2019y a pas de dommages à causer, Ou si peu que pas, \u2014 les déserts, les iles désertes .nous laissent à peine prévoir ce qui pourrait arriver dans une ile comme Montréal par exemple.Déjà nous dévbor- dons le fait.Nous sentons bien qu\u2019il y a là quelque infamie digne des plus grandes barbaries du genre humain.Mais là où le mythe prend son essor, c'est dans la jabulalion construile autour de ces enguns.Fabulation faite de victone el de mort.Habilement orchestrée, elle fait pigure de prostituée a côté des sciences qui construisent une humanité nouvelle.Etle s\u2019est livrée à la Domination.: Les gouvernants, loujours au nom-des peuplés d'ailleurs, puus- que nous sommes en démocratie, réclament le désarmement en meme temps qu'ils se \u2018procurent dés uavmes nucléaires ofjensives ou déjensives.La différence entre les deux n'est pas toujours bien claire .£t puis, est-ce que les mythes sont ctaiys?.L'un- portant, c'est que nous en Ut vions.C\u2019est ce qu'il y a de plus malheureux dans la civilisation actuelle : l\u2019esprit n\u2019y est pas plus méta-physique qu'ailleurs.Ces mythes, nous nous les fabriquons parce que nous sommes des aveugles.La nature, mal gré l'inspection scientifique que nous lui faisons subir, recèle des mystères que nous ne voulons pas toujours respecter.Et nous sommes là, tous les hommes d\u2019une même terre, créant entre nous et pour nous une peur continuelle non pas parce que nous nous haïssoris mutuellement miais parce que nous ne pouvons admettre de voir toujours reculer cette limite dont la science nous avait promis.l'atteinte, Personne n\u2019est mort d'avoir oud la-toute-puissance du ton- nerr e, \u2018qu'e en serg-t-il de ceux qui croient.à \u2018celle \u2018des.armes nu- eléoiresd.ir Te, a Ee Las \u201ces \u201cGiles THER] EN \u201c Philo#111 map it \u201d { card : PAGE:TROIS \u2018Regards sur l'homme Une conférence publique ayant pour thème: Regards \u2018sur l\u2019homme, sera donnée par Monsieur Raymond KLI- BANSKY à l\u2019Université de Montréal, vendredi le 22 mars 1963, à huit heures quinze du soir, en la salle M-415.Monsieur KLIBANSK est président de la « Canadian Society for the History and Philosophy of Science », professeur de Logique et de Métaphysique à l\u2019Université à linstitut d\u2019Etudes Médié.McGill et professeur invité vales de l\u2019Université de Montréal.Spécialiste de PLATON et de NICOLAS DE CUES, directeur et éditeur de la collection « Philosophy and World Community », Monsieur Raymond KLIBANSKY est à cette occasion l\u2019invité de Mgr le Recteur et des étudiants de la Faculté de Philosophie et de l\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales de l\u2019Université de Montréal.Cette conférence publique s\u2019inscrit dans le cadre de la Semaine de Philosophie organisée par les étudiants de la Faculté de Philosophie et de l\u2019Institut d\u2019Etudes Médiévales de l\u2019Université de Montréal, qui se tiendra du 17 au 23 mars prochain.INVITATION à Tous.Jeudi, le 21 mars, à l\u2019Hôtel Lucerne 4950 est, rue Sherbrooke BANQUE sous la présidence d'honneur de M.-Guy Frégoult, .on sous-ministre des.Affaires \u2018Culturelles.\u2019 a .- re.yn gees me de A 0m de.CLÉ.= Bilets a Tarts ê 6.Prix 4 25., . dr mar im i tai ia PAGE QUATRE Réflexions sur le philosophe et le poète Jl est pratiquement impossible de traiter ici du rapport philo- sophie-poésie dans toute son étendue.Le problème est autrement plus complexe qu\u2019il ne semble à-priori ; il suffit de s\u2019y attarder le moindrement pour s'en rendre compte.Qu'on s\u2019attarde quelques moments a réfléchir sur le rapport métaphy- sique-poésie ; on constatera immédiatement le lien intime et ineffable qui unit ces deux modes d'expression.Limitons-nous donc à la discussion du préjugé selon lequel le philosophe est un pu cérébral et le poète un hypersensible.Ces classifications, trop simplistes pour être vraies, nous contraignent à tort bien souvent, à croire que l'homme est un être inchangeant qui se catalogue et qu\u2019il peut très bien être étudié séparément et qu'il est irrémédiablement non-unifié.Ces préjugés nous présentent l\u2019homme comme une machine toute orientée d'avance à une seule fin, sans complexité, sans intériorité aucune.Mais ici encore, le simple examen de la personne humaine ou mieux, un simple recours à l'expérience nous fait immédiatement changer d'opinion.Le philosophe autant que le «poète» (qu\u2019on entende ici celui qui s\u2019exprime par le langage symbolique et mystique), sont des êtres pourvus de facultés intellectuelles et sensitives, ils sont on ne peut plus des êtres incarnés et formant chacun un TOUT unifié.Toutefois, si l'étude de la position de l\u2019un et de l'autre en face du réel \u2014 de l'« englobant » \u2014 nous contraint à les examiner séparément et à insister sur l\u2019importance de « facultés» spécifiques, il nous faut sans cesse recourir à une vision unifiée de leurs personnes afin que nos affirmations prennent source dans une réalité incarnée.Ainsi pour- ra-t-on affirmer que le « philosophe » fait appel à la rationna- bilité tandis que le « poète » fait appel à sa sensibilité et à son imagination.* * + Saint-Exupéry nous dit dans Citadelle que «l'homme veut donner un sens à son coup de pioche » ; c'est là l'expression d'un besoin « vital » : donner un sens à son agir, orienter sa vie et la finaliser.Chaque homme opère ainsi un mouvement vers I'Etre ou vers Dieu, s'élevant sans cesse au-dessus de sa propre réalité pour la spiritualiser et lui donner une valeur d\u2019éternité.En situation dans le monde et affrontant le même besoin de finalisation, le poète devient un « clairvoyant », Un « prophète » dont l'intuition permet d'accéder à la vision, à la connaissance et mieux, à la contemplation de la Vérité, le guidant et l\u2019acheminant vers une participation de plus en plus personnelle à l'Etre.Le poète se trouve ainsi situé dans le monde, participant selon son mode propre à l\u2019univers et aux autres humains ; sa vision progressive de la Vérité, du Beau et du Bien modifiant sans cesse ses attitudes vis-a-vis lui-même et les êtres qui l'entourent.Responsable de lui-même en ce qu'il s'interroge et demeurc continuellement inquiet \u2014 sans repos \u2014, en face de sa situation dans le monde, le philosophe se trouve lui aussi à répondre aux définitions de l'existant et de I'incarné.Il est essentiellement un « homme en marche », en di- LE QUARTIER LATIN rection vers quelque chose qui, en définitive, est I'Etre.Ajoutons que si le poète est par essence un « visionnaire », le philosophe, tout en répondant à cette qualité, sera en plus un «analyseur», en ce qu'il progresse dans sa «marche vers l\u2019Etre » au fur et à mesure qu\u2019il trouvera des réponses à ses interrogations.Tous deux «en marche » et réagissant différemment en face des êtres qui les entourent, le poète et le philosophe parviennent, à la fin, au mystère de l'être, où n\u2019est plus possible que l'acte de Foi.Si le métaphysicien parvient à affirmer l\u2019existence de l'être, il se trouve toutefois incapable d'en déterminer l'essence exacte.Ainsi se trou- ve-t-il avec le poète, en face d'une vision qui appelle la Foi et où seules la religion et la révélation constitueront pour lui la réponse ultime, on sait que toute démarche de l'esprit inquiet se résume dans la quête de l'Absolu, ce qui revient à dire que tout être en définitive est à la recherche de Dieu ou si l'on veut d'un Dieu.Faisant appel à la gratuité et, enfin de compte, à l'humilité, la Foi se trouve en cette occasion la seule réponse possible pour l'un ou l'autre des hommes.Or c'est ici qu'on s'aper- coit de la présence et de la nécessité de la poésie, c\u2019est ici que le poète rejoint le philosophe.La Foi fait appel à la « sensibilité » ou mieux « à l\u2019homme aimant » et à la volonté.Saint- Exupéry appellera ce moment, cette adhésion, cette Foi « le plus grand acte de l'homme».Car, dit-il, « c\u2019est par l'effort en une grandeur qui le dépasse que l\u2019homme parvient à la transcendance ».Le balayeur de rue qui s\u2019interroge sur le sens de son travail, cesserait sûrement de travailler s\u2019il ne trouvait pas de réponse, s'il ne justifiait pas son action.Il peut aussi besogner avec amour et saisir à sa façon l'Etre au travers son action amoureuse.Est-il philosophe ou poète ?L'ascète qui tend à la perfection, l'ascète qui s'élève au-dessus des contingences et qui devient peu à peu un grand mystique, sans qu\u2019il s\u2019attarde à écrire sur papier ou à communiquer à d'autres des notions théoriques sur l'ascése et la vie mystique, est-il philosophe ou poète ?L'ingénieur qui prend plaisir à tracer les plans d'un pont pour qu\u2019il soit beau et utile, solide et résistant, qui est-il en définitive ?Le fonctionnaire qui sort d'un petit bureau où il exerce un petit travail et qui connaît la satisfaction du devoir accompli, tend lui aussi vers une Fin et vers un Bien.Quel est-il ?Est-il poète ou philosophe, le médecin qui voue sa vie à ses patients, par devoir, par amour, par solidarité ?Tout être incarné qui vit pleinement son rôle, est créateur et par là un grand poète.L'expression de sa poésie sera toutefois conforme à son mode propre d'être, à sa personnalité et à son action.Il sera poète dans les simples ouvrages du quotidien qu\u2019il assume ou encore, il sera poète par le langage, la forme, le symbole, le mythe.Le poète-écrivain, exprimera avec des mots ce que d'autres expriment par des actes, ce sera l\u2019expression, la valorisation d\u2019une a joie, d'une passion, d'u france.De son côté, le logicien peut percevoir la beauté à travers le vrai et l'exactitude de son mode de penser.C'est un homme el il n'ignore pas la souffrance, s logique devient pour lui un art, une forme poétique d'expression Sa sensibilité ne se trouve a rejetée du fait qu'il est logicien et qu'il «vit avec des êtres de raisons» pour user d'une cri cature consacrée.Derrière la « philosophie » existe l'homme qui philosophe, derrière le logi cien existe l'homme qui se pen che sur les concepts.On a trop souvent identifi¢ le poète à l\u2019homme hypersensible et le philosophe à un pur « faiseur-de jeux-de-mots », blié que chacun des deux eg HOMME incarné et unifié, On a oublié aussi que l\u2019épa nouissement de chacun est une nécessité qui suppose la con science et qui réside en une marche vers la perfection.On ou blie que cette marche se waduit par un effort et que cet efton peut être aussi bien poétique que philosophique comme l'exprime Saint-Exupéry lorsqu'il écrit : ne souf.« Dieu te fait naître, te fait grandir, te remplit successive ment de désirs, de regrets, de joies et de souffrances, de ce lères et de passions, puis Il te rentre en Lui.Cependant tu n\u2019es ni cet écolier, ni cet époux, ni cet enfant, nie vieillard.Tu es celui qui sac complit.Et si tu sais le découvrir branche balance, bien accrochée à l'olivier, tu goûteras dans tes mouvements l'éternité.Et tout autour de toi se fera éternel, » Marie-Elise GOURD Philo.| Le philoso Ce n'est pas la pensée du Moyen: Age qu'elle a pour but d'éduquer mais celle du XXe siècle, née d'un nouveau mode de vie et de préoceu- pations différentes.Et si certaines préoccupations restent les mêmes, c'est à la lumière du siècle présent qu'il faut les réintégrer et les élucider ; les meilleures solutions ne volent jomais une fois pour toutes, elles doivent être constamment réadaptées.Le rôle du philosophe est donc de réfléchir sur la condition fondamentale de l'homme de son temps, d'ena- lyser lo diversité des aspects apportés par les sciences sur les faits humains.d'étudier les fondements sur lesquels reposent ces sciences pratiques, de considérer ces réalités à leur plon d'université et de repenser les principes fondementeux de le vocation de l'homme et de son rep- port à le cité.ee ST Mais le philosophe ne vit pos seul; il doit en outre ouvrir les consciences de son épouse à ces problèmes, les éveiller à des jugements de voleur qui ne sont pas à inventer mais à découvrir et voir finalement à ce que les nouvelles découvertes soient insérées dons l'humain, afin de parer aux dangers de déshumonisation des personnes qui, voulont s'intégrer de façon pratique, dans un monde technique, risquent parfois de tomber dons l'infre-humain.Si le philosophe n'est pas un être désincarné, mals comme tout autre, un homme situé, vivant dans tel milieu.à telle époque donnée, son rôle réfiexif est essentiel et le fruit de sa péfiexion, eu moins eussi utile û nos seclétés que les produits de ec usines.SI per ailleurs, nous nous arrétens on contexte canadien-frengels, le Ce cr Sie beat phe dans la (Suite de la page 2) dualisme cartésien qui traîne chez- nous et qui est à la source de quantité de problèmes.C'est un rôle très positif que d'éveiller ou sens de rôle de ia philosophie est peut-être en premier lleu de dénoncer ce l\u2019homme charnel et de tenter de nous débarrasser de cet écartèlement (encore trop généralisé).entre la chair et l'esprit, qui nous empêche de vivre dans un climat d'eisance vitale nécessaire.Rendre l'homme à ses dimensions spatiales et temporelles, c'est nous ineculer contre un spiritualisme inefficace parce qu'\u2019irréel.Le rôle du philosophe, c'est encore d'éveiller l'esprit de le masse à le vérité et à l'authenticité, en dénonçant nes visions limitées du monde, nos é¢vidences closes ot confortables et cet esprit bourgeois gui.per une course effrénée et ridicule vers l'eveir et un confert sclé- Evry is Weg Te 0 rosant, nous abrutit et nous essocle précisément à cette catégorie du visqueux que Sartre appelle «le monde des salouds ».Toutefois, l\u2019action du philosophe ne sere efficace.lci, que s'il se donne le peine de réfléchir sur le sens du politique (différent de la politique) et de l'économique comme tels afin de voir sur quels critères ils reposent, têcher de redresser certaines « éfhiques» abherrentes et proposer eux techniciens chargés de ces réalisations, des fondements réfléchis qui tiennent compte du milieu et des réalités humaines qui sont en jeu.Les philesophes ne ferment pas des chopelles isolées d'ed l'on se.réel.et-egissant._ trensmetireit, de père en fils spri- tuel, une pensée qui se contemple.iis sont, quelqu'eucune couvre ten- cet cité gible ne témoigne parfois de ler présence, au coeur même de le cité afin de comprendre ses détermise- tions essentielles afin d'exercer jugement soupie mais critique sur le portée des évènements et de prope ser une action qui, pour s'exere adéquatement, origine d'une come} tion de l'homme.Si l'on ne peut toucher du doit les applications concrètes des dor nées des philosophes parce que he laboratoire est la pensée, Ils n°.ent pas moins un rôle efficece i jouer dans lo cité.L'esprit porc qu'impalpable n'en est pos moiss Thérèse DUMOUCHE pale W Mais on a ou à 71 MARS 1963 \u2014 Simples recherches en : et \" CARTESIANISME POLITIQUE\u201d On affirme généralement et avec raison que « tout le cartésianisme et en un certain sens toute la pensée moderne remontent à la nuit d'hiver de 1619 où, dans un poële d'Allemagne, Descartes conçut l'idée d'une mathématique universelle ».(1) Imigi- nez-vous un jeune mathématicien tout fier de ses premiers succès et ébloui par la simplicité et la clarté de sa nouvelle méthode et qui « conçoit la possibilité et même la nécessité d'appliquer » (1) dorénavant le procédé mathématique dans toute recherche scientifique.En philosophie la première conséquence de ce mathématis- me, et celle qui explique toutes les autres et en est leur racine, ce fut d'aller de la pensée à l'être et de définir ce qui est en terme de pensée.Pour le mathémati- en, en effet, le problème de l'essence a toujours le pas sur celui de l'existence : le vrai cercle et le vrai triangle sont la définition du cercle et du triangle et les figures que nous dessinons sur le papier et qui ont noms cercle ou triangle n'en sont que des approximations.Tandis que pour le philosophe, il paraît qu'il lui faut plus d\u2019un concept pour exprimer une réalité \u2014 l'homme par exemple \u2014 et que surtout il ne prendra pas les concepts qu\u2019il a des choses pour les choses elles-mêmes.Le philosophe est un amant de l'être.Le mathématicien ne s'en préoccupe guère.Et le philosophe qui veut faire de la philosophie en mathématicien l'outrage.Toute la mathématique se déroule et se construit, en effet, dans l\u2019abstrait.Je ne vous exposerai pas au long et au large tous les chemins par lesquels la pensée de Descartes est passée pour arriver aux conclusions que je vous énoncerai en bref.Ce qui a été dit suffira je pense pour la pleine intelligence de ce qui va suivre.Descartes donc, en appliquant systématiquement sa méthode mathématique au réel, ne pouvait pas ne pas avoir pour résultat la substitution d'un certain nombre d'idées claires et distinctes à la complexité et au mystère presque des choses concrètes, et de tenir pour certain que ces idées claires et distinctes n'étaient toute la réalité.Désormais donc ce qui est, ce ne sont plus les choses, mais les idées et toute idée devient une substance.« Et comme il est de la nature des idées de s\u2019exclure, chacune comprenant tout et rien que ce qui rentre dans sa définition, il est de toute évidence qu'il sera aussi de la nature des substances de s\u2019exclure, chacune Comprenant tout et rien que \u20ac qui rentre dans sa défini- Ron», (2) Que \u2018devient une telle doctrine métaphysique si nous la transposons dans l'ordre pratique ?Ou si vous voulez, qu'arrivera-t-il si nous appliquons le mathématisme cartésien à l'ordre social?Tous les éléments de la société se décomposent en idées bien claires et bien distinctes les unes des autres.Les individus deviennent des choses en soi, l'Etat de même: c\u2019est le problème de la communication des substances.Chaque individu devient une entité totalement indépendante.Il n'est subordonné ni à l'Etat ni à quoi que ce soit d'extrinsèque à lui-même: il est sa propre fin, puisqu'il ne dépend de rien ni de personne.De la multitude des individus et par conséquent des tendances et des fins qui s'opposent, que ré- sulte-t-il?Si ce n\u2019est la guerre, c\u2019est du moins une insécurité et une inquiétude universelles, C'est ici qu\u2019il faut laisser parler Hobbes.Il dit de l'homme social ce que Descartes disait de l'homme rationel.Hobbes écrivait vers 1650, quelques années après la publication des oeuvres principales de Descartes.Dans le Léviathan, paru en 1651, on peut lire des pages comme celles- ci, je transpose : quand le soir arrive, pourquoi mettons-nous les verrous?Quand nous partons en voyage, pourquoi cette épée au côté?Quand, dans la campagne, de loin, nous apercevons un homme, pourquoi cette crainte et cette mise en défensive?Pourquoi les gendarmes, éternellement, se pro- mènent-ils dans les rues de la ville, bâton en main ?Pourquoi ces prisons, ces serrures, ces barres de fer, ces murs épais des châteaux-forts ?Toujours parce que nous avons plus à craindre d'un homme que d'une bête sauvage.Dans l\u2019état nature, l\u2019'homme est un loup pour l'homme : HOMO HOMINI LUPUS.L'homme n\u2019est nullement un être sociable, comme on le répète plaisamment depuis notre grand-père Aristote.L'état naturel de l'homme c'est « d\u2019être sur la défensive », car il est sans cesse exposé à la mort.Et pourtant, l'homme, au plus fort de ses entrailles, n\u2019aspire qu'à la conservation de sa vie à lui.Et ur la sauver, il faudra être fort.Et Hobbes d'écrire : « Celui à la force duquel on ne peut pas résister, a, dans l\u2019état de la nature, le droit de faire tout ce que bon lui semble ».La guerre donc, de tous contre tous, voilà l'état naturel de l'humanité.Mais, constate Hobbes, la raison condamne un tel état de choses par la considération de - toutes les miséres qu'il traine après lui: ni industrie, ni cul- Cp COS ITR CU TES LE QUARTIER LATIN Roger LEGER Philo IV.ture des terres, ni science, ni civilisation ; l'état naturel, l'état de guerre, réduit l\u2019homme à vivre comme une bête au fond des cavernes.La raison nous ordonne, elle, de vouloir la paix, de I'établir, de la maintenir par tous les moyens, même la guerre, si en définitive, on obtient la paix.Mais qui obéit à la raison ?Chacun ne fait-il pas ce que bon lui semble?Chacun n'est-il pas libre d\u2019une liberté totale?11 faudra donc, pour obtenir la paix, que tous les individus renoncent à leurs intérêts particuliers et à leurs droits naturels d'attaquer et de défendre, se taisent.Il faudra qu\u2019ils remettent toutes leurs libertés et tous leurs droits entre les mains d\u2019un individu ou d\u2019une assemblée, peu importe.Mais en fait, Hobbes préfère un individu.Cet individu, donc, devenu chef, aura à son tout, toutes les libertés et tous les droits; non pas que personnellement il gagne quelque chose de plus, mais tous les autres, par leur propre renonciation, se sont engagés à ne pas lui résister.Et comme les droits naturels des individus sont sans limite, le pouvoir de ce chef est désormais sans limite.Il y a eu contrat, à l'origine de cette nouvelle société, mais non pas entre le chef et les individus, mais bien entre les individus qui ont élu ce chef.Ses ordres doivent être obéis aveuglément.Staline a été à peu de choses près la vivante image du chef, tel que le concevait Hobbes.Il réalisait, lui et sa police secrète, la définition du despote, du Leviathan, «.ce géant monstrueux dont le corps est composé d'une multitude d\u2019individus, et qui, cependant, ne possède qu\u2019une tête unique.L'Etat est une volonté qui décide et une main qui exécute aux nom et lieu des citoyens ; son pouvoir est sans limite ; en ses mains il tient la crosse et l'épée ; il est le chef spirituel et temporel ».Le bas de la gravure qui sert de frontispice au livre de Hobbes, complète l\u2019image que nous devons nous faire de ce Leviathan : deux séries de symboles se font vis-à-vis : une forteresse et une cathédrale, une couronne de roi et une mitre d'évêque ; un canon et les foudres de I'excommunication ; des trophées d\u2019armes et de drapeaux; le trident du syllogisme; les fourches du dilemme et de la division de I'étre, bref, toutes les armes de la science ; enfin, une bataille et un concile.Le Leviathan est une voix unique qui parle'à la place de la muliitudë et qui commande au Pays, à l'Eglise et à la Science.Tout lui est subordonné, Dieu seul est soustrait à sa juridiction.Hobbes commence par tout donner à l'individu, pour ensuite tout lui refuser.Le problème était: «Comment faire que, au nom de mon propre droit, ce qui m\u2019appartient cesse de m\u2019appartenir?» (3) Pour résoudre ce problème proprement insoluble, parce que mal posé, les théoriciens de la politique moderne, inventent de toutes pièces, « le contrat social », chacun apportant dans la définition de celui-ci, des vues et des subtilités nouvelles.Hobbes et Rousseau en sont les principaux hérauts.En somme, ils font sortir l'esclavage d'une somme de libertés.Mais d'autres viendront qui ne voudront pas accepter cet illogisme flagrant et qui montreront l'inanité de cette argumentation et le caractère contradictoire du problème et qui franchement dresseront l'une contre l'autre, ces deux réalités : l'individu et l'Etat.S'il est vrai que c'est le propre du philosophe de pousser un principe jusque dans ses plus lointaines conséquences, Marx Stirner le fut.Acceptant ce que Hobbes avait dit de l'individu, il conclut simplement ce qui en devait être conclu.Marx Stirner est donc conduit inexorablement vers son individualisme anarchique : tous contre tous dans une poursuite solitaire et ardue du bonheur.Nous devons à Stirner d'avoir bien montré que « si l'individu n\u2019est qu'individu, l\u2019illogisme est de vouloir faire sortir le collectif de l'individuel, le logique, c\u2019est l'élimination radicale de l'Etat comme force contraignante ».(3) Partant des mêmes prémisses, Nietzsche, plus poète et artiste, conclut un peu différemment de Stirner et jeta de nouvelles, lumières sur cette entité qu'est l\u2019individu.I! applaudit et reprend pour son compte la formule chère à Marx Stirner : « Pour moi, il n\u2019y a rien au dessus de moi.» \u2014 « J'ignorerai, dit-il, à tout jamais s\u2019il eut mieux valu pour moi, être ou n'être pas.Mais du moment que je vis, je veux que la vie soit aussi exubérante, aussi luxuriante, aussi tropicale que possible en moi et hors de moi.Je dirai donc ou a tout ce qui rend la vie plus belle, plus digne d\u2019être vécue, plus intense ».C'est, comme on l\u2019a appelé, un individualisme esthétique.Nietzsche aime l'art et la beauté sous toutes ses formes.> Mäis il.est un, autre aspcët'du- problème : celui de considérer, > PAGE CINQ non plus l'individu en soi mais l'Etat en soi.Ce fut l'oeuvre de Comte et de Durkheim, de Hegel.Ici, les individus disparaissent.« L\u2019homme n\u2019est rien, dit Comte, c'est l'Humanité qui est tout».Et Comte comme Stir- ner, reste logique.Si en effet, on prend « le collectif comme tel, puisque son essence méme est la négation de lindividuel, il devient contradictoire de le fabriquer avec des individus.» (3) \u2014 « Car dans un étre collectif en tant que tel, l'individu comme tel ne saurait trouver place ; il se trouve donc éliminé, réduit, nié d'avance et comme par définition ».(4) Je crois qu\u2019on peut aussi et surtout placer Hegel parmi les adorateurs de l'Etat.Sa philosophie de l'Etat est développée dans « La Philosophie de l\u2019Histoire » et dans « La Philosophie du Droit ».On lit dans « La Philosophie» de l'histoire » que « L\u2019état est la vie morale réalisée et vraiment existante » et que toute la réalité spirituelle que possède un être humain il la possède seulement par l'Etat.« Car sa réalité spirituelle consiste en ceci que sa propre essence, la Raison, lui est présente objectivement, qu\u2019elle possède l'existence pour lui d\u2019une façon immédiate et objective.Car la réalité est l'unité de la Volonté universelle et subjective, l\u2019universel doit être trouvé dans l\u2019Etat, dans les lois, ses arrangements universels et rationnels.L'Etat est l\u2019idée Divine comme elle existe sur la terre ».Et encore: « L\u2019Elat est la réalisation de la liberté rationnelle, se réalisant et se connaissant dans une forme objective.UEtat est l'idée de UEsprit dans la manifestation externe de la Volonté humaine et de sa liberté.» Dans «La Philosophie du droit » Hegel développe davantage la même doctrine.« L\u2019Etat est la réalité de l\u2019idée morale, de l'esprit moral, comme la volonté visible substantielle, évidente à elle-même, qui se pense et se connaît elle-même, et qui accomplit ce qu\u2019elle connaît en autant qu'elle le connaît.» L'Etat est le rationnel en lui- même et -pour lui-même.On sait que pour Hegel le tout a plus de réalité et de valeur que ses parties.Que l'Etat est bon per se, comme une fin.Que les citoyens existent pour l'Etat, et non l'Etat par les citoyens.Hegel rejoint Hobbes en ce sens que les différents Etats de Hegel étant leur propre fin, il n\u2019y a plus de principes qui règlent les relations entre ces Etats.Hegel revient bétement à l\u2019état de nature de Hobbes et à la guerre de tous contre tous.NT \u2019 > an od (Suite & la page 18)\u201d = JB Colt pour 1955 S 465,960 152,824 fe F agir comme reviseurs dans deux des districts de revision du\u201c 1961 S$ 4818304 S$ 12,682,343 $809,723,741 Êê comté où se trouve l\u2019Université et un, pour le comté voisin fie (Mont-Royal).Je vous envoie sous pli séparé un livre contenant la Loi élec- NE MANQUEZ PAS torale et les instructions aux officiers rapporteurs.\u201cDROIT DE CITÉ\" à LA TÉLÉVISION 4 ee.cope eT \u201cFÊTE AU VILLAGE\" À LA RADIO as 4 J'ai préparé également un tableau des différents polls com- , 52 pris dans les sections de revision, et je me ferai un plaisir de donner tous autres renseignements à votre secrétariat qui pourraient être utiles pour faciliter et favoriser le vote étudiant.DESJARDINS Siège Sociel: LÉVIS, CANADA Bien à vous, Marc LACOSTE OUTREMONT -ST-JEAN IMPORTANT: Avant de donner un 1 9 6 3 renseignement, vérifier bien le no du N.B.Les polls avancés ont les mêmes divisions R E Vv I S I O N que la revision et les mêmes adresses pour voter poll et le district de revision.les 30 mars et ler avril (de 8:00 a.m.a 8:00 p.m.) (Loi électorale, art.17, annexes 17 a 54) (préparé par Me Marc Lacoste.) DATES : 21, 22 et 23 mars, pour toutes les demandes d'inscription (Formules 17 & 18 et 70 & 71); (Heures: del0 à 11 heures de ) 21 et 22 mars, pour les demandes d\u2019oppositions (radiations) ; l'avant-midi et de ) 26 mars, pour les auditions sur oppositions (Formule 15).( 7 à 10 heures du soir.) N.B.\u2014 Si des familles complètes ont été oubliées, s.v.p.faire rapport au président d'élection en téléphonant à 272-8919, du 15 au 20 mars, et il enverra les agents reviseurs (Formules 70 & 71).~ Districts Adresse du bureau de revision Adresse de No.tél.ne Sion Numéro des polis (Nom du propriétaire & Neo.tél.) Nom du Reviseur N Occupation résidence rés.I 3 à 22 ind.6675, rue Alma Jean Crépeau L avocat 743 Stuart CR.9-5343 28 à 37 incl.(Edgar Boisvert \u2014 CR.7-7039) II Let 2 6577, rue Clark Jacques Leduc L avocat 54 Beloeil CR.7-0602 23 à 27 inc.(Julien Carrière \u2014 CR.4.2961) 38 à 56 incl.m 57 à 59 incl 754, ave Davaar Mme Edward G.Quinn C ménagère 539 Davaar 272-4942 80 à 99 incl.(Philippe Gélinas \u2014 272-6144) 109 à 118 incl.Iv 60 à 79 incl.250, ave Bloomfield Pierre Boudreau L avocat 781 Hartland RE.8-4643 100 a 103 incl.(Cundide Paquette \u2014 272-0517) 107, 108 et 119 104 à 106 incl.10 Sunset ë i RE.8-7803 y 104 à 139 incl.(C.E.Bruchési \u2014 RE.8-0305) Jacques Laurent c ét.droit 5595 Woodbury | 936, ave Dunlop Mme F.F.Despatie C ét.sc.pol.2740 Barcla 733-3568 M 140 4 169 incl .(C.Annee \u2014 RE.8-2208) Pa po , y Core Le ES al he mm ew ei ww SEER \u2014\u2014=-= a À À LE QUARTIER LATIN PAGE TREIZE Championnat de ski au Mont-Tremblant Les 5 skieurs de l'Université de Montréal qui se sont particulièrement distingués cette saison dans les compétitions de ski, se sont mérité le droit de prendre part aux championnats nationaux, il s'agit de Jacqueli- ne Thibault, Guy Thibault, Jacques Fortier, Michel Charest et Jacques Roux.Ces trois derniers, qui au début de la dernière saison concouraient en classes « C», se sont hissés en classe « À » grâce à leur ténacité et à leur régularité à l\u2019entraînement.Les championnats Canadiens qui se sont déroulés en fin de semaine au Mont-Tremblant ont été dominés par les membres de l'équipe Canadienne de retour d'une séjour d\u2019entraine- Guy THIBAULT ment de 3 mois en Europe, mais notre représentant Guy Thibault à réussi à s'infiltrer dans ce groupe, spécialement au slalom où il obtient une magnifique Ge place, ce qui lui donne le 8e rang au combiné, Jacque- Pre tac édite ve line Thibault, très régulière occupe également le 8e rang chez les dames.Parmi les autres membres de l\u2019équipe de l'Université signalons tout particulièrement la belle performance de Jacques Fortier, qui termine 18e au combiné.Au slalom, Jacques qui partait avec le numéro 82 a réalisé deux courses avec des temps très près des membres de l'équipe nationale.75 hommes et 15 dames ont participé à ces championnats.Classement final du championnat interfacultaire de quilles 1.Droit 47 pts 2.Poly I 42 3.Chirurgie Dentaire 35 4.Poly II 22 5.Médecine 11 0.Sciences 7 Au classement des moyennes individuelles, Jean-Claude Mercure (dr) est en tête avec 167.9, suivi de Tessier (Poly), 161.7, Dion (Dr), 158.0, Giroux (Dr), 154.2 et Bessette (Ch.Dent.), 150.8.Réal Dion a réalisé le plus haut simple, soit 277 alors que Ghislain Tessier obtenait 647 pour le plus haut triple.PES LAfontaine 6-5961.HIT AND RUN Afin d\u2019éviter complications regrettables, le propriétaire de la grosse voiture blanche qui a écrasé l\u2019aile arrière de la Wolkswagen Québec 174978 (1963) mardi soir dernier 12 mars, est prié de communiquer au plus tôt le nom de sa compagnie d'assurances au professeur E.Dumas, Département de \u2018mathématiques, U.de M.ou RL \u2014\u2014\u2014 + Tournoi provincial d'escrime Samedi dernier s\u2019est déroulé au grand salon du Centre Social, le tournoi provincial classe «C» au fleuret.Bien que ce tournoi fut individuel, les représentants de 1'Université de Montréal se sont brillamment distingués en remportant les premières places.Ce sont respectivements dans l'ordre: William Pellemans, Marcel Brosseau et Marcel Ouellet.Un autre de nos porte-couleurs, Jacques Desmarais, participa à ce tournoi.Notons que ces escrimeurs font partie de notre équipe in- teruniversitaire qui s\u2019est couverte de gloire le mois dernier en remportant le championnat in- teruniversitaire pour I'Est du Canada.Hockey interfacultaire Les séries éliminatoires pour les 2 sections débutent jeudi, le 14 mars et se termineront par les finales de la section A, le 21 mars à McGill et pour la section B, le 27 mars à Villeray.Education Physique I, Polytechnique et Psycho-ENS dominent dans la classe A et la lutte sera très serrée entre ces 3 équipes pour la victoire finale.En classe B, Sciences et Droit sont favoris pour l'emporter.UN.1-8497 735-1668 Un beau rêve .Pour l'étudiant aux ambitions illimitées, le summum de la sécurité.Six bureaux à Montréal RA.9-3218 RE.8-1943 réalisé par LES PREVOYANTS ASSURANCE-VIE \u2014 ASSURANCE-GÉNÉRALE LA.4-3023 331-1350 Vocation chrétienne moderne de l'homme R.P.Pierre ANGERS, s.j.1 au 5 avril 12.10 h.salle M-415 ou 5.10 h.salle N-615 RETRAITES PASCALES DES ETUDIANTS N.B.\u2014Le même.thème sera développé por les deux prédicateurs.Les instructions du midi seront répétées le soir à 5h.10.R.P.André.LIÈGE, o.p.25 au 29 mars 12.10 h.salle H-415 ou 5.10 h.salle N-615 PAGE QUATORZE \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Calendrier du Festival d'Art.Dramatique au Gésu, tous les soirs à 8.30 hres Lundi, 25 mars Mardi, 26 mars Mercredi, 27 mars : Jeudi, 28 mars Vendredi, 29 mars Samedi, 30 mars PING-PONG, d\u2018Arthur Adamov, pièce présentée par l\u2019Atrium, mise-en-scène : Pascal Desgranges.:: Ea Co LA NUIT HEROIQUE, de Gearges Lucas, drame présenté par la Compagnie Populaire, mise-en-scéne : Georges Lucas.OSIRIS CRY, de Maxime Fleischman, piéce présentée par Montreal Art Productions.LES DEMONIAQUES, de Michel Durafour, pièce présentée par le Théâtre des Deux Masques : mise-en-scène : Richard Martin.LOOK HOMEWARD ANGEL, de Kitty Frings, piece présentée par le Hertel Mountain Theater.{ | LE VEAU DORT, de Claude Jasmin, piece présentée par la Jeune Comédie, mise-en- scène : Yves Gélinas.: \\ DANSE LIBRE Au profit du Fonds international de I'Entr'Aide Universitaire Mondiale pour la reconstruction de la bibliothèque de l'Université d'Alger.(Prix de présence, tirage, etc.) Centre Social \u2014 23 mars 1963 \u2014 8:30 p.m.Admission : $0.76 par personne LA SOCIETE DES TABACS QUEBEC INC.+ % vous présente a création Exigez-la.LE QUARTIER LATIN \u2014 21 MARS 1943 }# > L'intellectuel québécois.(Suite de la page 15) | liberté, quand elle existe aux yeux des autres comme à ses propres yeux.Nous n\u2019existons pas.Nous sommes de trop (il nous faudrait devenir l\u2019autre).Et toujours nous nous tenons.de l\u2019autre côté, séparée de notre essence que nous ne voulons jamais niée et jamais réalisée.Nous voulons participer au concert-des-nations, particulièrement contribuer à l\u2019édification d\u2019un Canadà solide, au moment même où notre liberté et notre existence nationale sont sans cesse contestées par une majorité canadian.De ce côté on se contente, cyniquement, de nous accorder des distinctions de folklore : chéques bilingues.et gouyerneur général speaking french.« Bebelles » et friandises ! C\u2019est cela le pan-américanisme et le biculturalisme de nos petits intellectuels bourgeois colonisés ! « L\u2019ère est aux grands ensembles, .irions-nous nous séparer ?La revendication nationaliste est.dépassée : nous marchons à grands pas vers la mondialisation ».Primo, l\u2019ère est aux grands ensembles : qui réunis-' sent des nations libres, consentant librement à s\u2019unir.Secundo, cinquante pays, depuis la fin de la guerre, font leur révolution et conquièrent leur indépendance.« La revendication nationale, dit-on çà\u2019 et là, est une phase, que l'humanité a dépassée.L'heure est.aux grands ensembles et les attardés du nationalisme \u2018doivent en conséquence corriger leurs erreurs.Nous pensons au contraire que l\u2019erreur, lourde de conséquen- : ces, consisterait à vouloir sauter l\u2019étape nationale.Si la culture est la manifestation de la conscience nationale, je n\u2019hésiterai pas à'dire, dans le cas qui nous occupe, que la conscience nationale est la forme la plus élaborée de culture.» ; « Loin donc de I éloigner des autres nations, c\u2019est la libération nationale qui rend la nation présente sur la scène de Phistoire.C\u2019est au coeur de la conscience nationale que s\u2019élève et se vivifie la conscience internationale.Et cette double émergence n\u2019est, en définitive, 8 ve, que le foyer de toute culture.» Frantz Fanon, op.cit.pp.184-185.L\u2019intellectuel québécois calonisé rencontre des amis anglais dans les cocktails (ou a la télévision !) et se voit publier dans les journaux anglais.Il pousse l\u2019aberration jusqu\u2019à se considérer comme le représentant, de ses compatriotes et ainsi contribuer à accroître le prestige (?) du « Canada français », alors qu\u2019il pactise, dans la honte d\u2019une supposée, - bonne entente, avec les membres d\u2019une nation qui ne cesse d\u2019opprimer la nôtre (en douce, bien sûr : il est des chaînes qui caressent !).Comment ne pas voir le caractère odieux de cette « collaboration » ?Notre intellectuel colonisé, croyant représenter les aspirations légitimes de notre peuple, joue à la putain avec les amuseurs publics délégués.par le régime centralisateur.C\u2019est du strip-tease à bon marché ! | L\u2019ifitellectuel colonisé désespérant de la l- \u2018bération de sa nation ou \u2014 aberration plus subtile \u2014 croyant 1\u2019obtenir peu à peu, ad infinitum, par un jeu incessant de concessions et de compromissions, auprès du gouvernement central \u2014 et, en vérité, c\u2019est ramper \u2014 en vient à s\u2019identifier au dominateur, à désirer ses privilèges, à substituer aux authentiques revendications nationales, des requêtes polies et mesurées qui ne trompéront '- de plus en plus que lui-même.L\u2019intellectuel colonisé du Québec en arfive\u2019à un tel mélange de sincérité et de duplicité que croyant incarner les désirs de sa nation il finit par « représenter » auprès d\u2019elle les volontés du dominateur.: bilité de conscience au sein d\u2019un peuple did | Dans l'intérêt même de la nation, l\u2019intel, lectuel du Québec doit s'imposer, par-devers.À) soi, une « décolonisation ».Certes l\u2019expression est plaisante mais la tâche l\u2019est moinaf: I doit prendre conscience de ses propreg aliénations, travailler à son affranchissemen gf en sachant bien qu\u2019il se situe à la pointe dal: la conscience de la nation engagée ainsi dangks un processus irréversible de désaliénationf Ce sont quelques aspects de cette attitude \u2018 que, j'aimerais faire ressortir en conclusionf\" \u201c Etre conscient, ce n\u2019est pas accéder à pensée de l\u2019homme abstrait, à la contempla tion de vérités intemporelles.Etre conscient\" c\u2019est avant tout accéder à l\u2019intelligence, said sir en situation historique la communau dent on .est membre.Et ce qui accède aing à la conscience, c\u2019est la réalité mouvante d la communauté.Que ceux qui ont respons: vorcent d\u2019avec ce peuple et ils méconnais sent et par conséquent pervertissent en eu le mouvement de la conscience; ils priven la communauté du surcroît de conscience olf elle puisse s\u2019_éprouver comme vérité, comm sens d\u2019une histoire et non plus devenir avet gle et condamné.(La réalité de la conscience c\u2019est la com munauté.L\u2019intellectuel de colonisé qu\u2019il étai doit devenir révolutionnaire c\u2019est-à-dire preuff: dre conscience des aliénations nationales e orienter sa réflexion vers la recherche de instruments conerets de désaliénation : recherche doit mener à l\u2019action, sa pensé doit être une praxis.' Toute rénovation sociale au Québec, pou s\u2019édifier sur des bases solides, doit s\u2019atts quer avant tout à notre sujétion économique politique et culturelle.Tous nos problème sont affectés du coefficient colonialisme; tot \u2018 tes solutions partielles n\u2019auront sens et effi cacité que consécutives à cette libération es sentielle : reprendre en main notre destin nous donner les pouvoirs d\u2019affirmer réelle 9 « ment notre identité nationale.Si nous n istons pas, si nous ne sommes pas pleinemer \u2018- responsables et libres, libres de nous fai être comme en surgit en nous l\u2019appel, com ment pensons-nous régler nos problèmes se ciaux, économiques et culturels ?L\u2019intellectuel québécois doit étre.atten i au: caractère quasi-irréversible de l\u2019actue mouvement de libération nationale.Si l'in dépendance s\u2019installait au Québec sous # \u2018pression de forces aveugles, privées de cof science, et cela de par la défection de nog intellectuels blasés, lâches ou opportunistes Ç la nation serait privée de sa véritable Révog lution et sombrerait à coup sûr dans le chaos \u2018 car une révolution exige la convergence dof énergies et d\u2019une pensée rigoureuse qui dirige.À tous ces intellectuels timorés g veulent, certes, toutes sortes d\u2019améliorationl sociales, il ne leur manque que le coura8 des situations franches, le sens historique dé moments révolutionnaires \u2014 et nous y 07g mes \u2014 pour se rendre à l\u2019évidence que se notre accès à l\u2019indépendance est de nat à libérer les énergies nécessaires et Ja faveu créatrice requise à la rénovation d'un peUy ple.Alors les petits problèmes d\u2019aujourd'h seront noyés dans une masse de problème plus épineux encore, posés par l\u2019indépen: dance; mais toute révolution est difficile ; périlleuse.: La volonté nationale devra faire front de multiples défis, mais soulevée Pa Ré e Ré dynamique nouvelle et créatrice \u2014 volution \u2014 elle se forgera dans la lutte = pourra enfin se reconnaître et g\u2019épouser 8 : tout l\u2019espace d\u2019un pays.- Et c\u2019est cela xn l\u2019on voudrait nous dérober comme Je Mal \u20ac la Tentation ? i PAGE SEIZE ENSEIGNEMENT ET MISÈRE DE La Nous abordons ici le problème de l'enseignement de la philosophie au collège (à ce niveau uniquement).C\u2019est là un sujet très discuté ces temps-ci.Voici très simplement ce que nous avons pensé.1) Philo 1, philo 1 Conception d\u2019une classe de Philosophie au terme du cours collégial Il est normal qu'un cycle de formation culturelle générale se termine par une discipline «d'ordre supérieur» qui pose les problèmes fondamentaux de l'homme et se propose de parachever la formation de l'esprit en lui donnant force et rigueur.Tous s'entendent pour envisager cet enseignement dans une perspective proprement culturelle, il doit atteindre l\u2019homme intérieur, et non pas constituer une couverte «abstraite» endossée machinalement.On affirme que la philosophie fait éminemment appel à la conscience, qu\u2019elle est donc à l'opposé d'une discipline purement formelle et d\u2019un pur exercice de la mémoire.On se préoccupe, par suite, même au delà des problèmes purement pédagogiques d'exposition et de présentation de la matière, d\u2019amener les étudiants à une participation vivante et à une compréhension active.Ces considérations sont celles de tous.Il s\u2019agit maintenant de jeter un regard concret sur notre ensei- .gnement actuel : le juger à la lumière de ces principes, dont nous nous demanderons par la suite la véritable signification.Regard concret sur une situation de fait Il y a un malaise actuellement dans nos classes de Philosophie.Les éducateurs ne rencontrent plus chez les étudiants les réactions vivantes qu\u2019ils souhaitent.On fait certainement de multiples efforts pédagogiques.Tous sont touchés par la situation.Mais deux points généraux se présentent qui semblent indiquer comment en soi l\u2019enseignement actuel de la philosophie devait conduire à un tel malaise, et à quelle profondeur se situe le problème véritable.1.Presque toujours cet enseignement se réduit à l\u2019exposition et à l'explication d\u2019un système unique (en lui-même et en tant que s'opposant aux autres systèmes), auquel un étudiant en arrive facilement à se cantonner \u2014 s'il ne l\u2019accepte pas aveuglément en partant \u2014 et qu\u2019il finit par élever à la valeur de point de référence absolu.On signale même dans certains cas une tendance à faire de la philosophie une occasion d'introduire des préoccupations apologétiques ; pour compenser pour un certain échec de l'éducation religieuse, qui sait?Qu\u2019on ne nous comprenne pas mal.Nous n'\u2019attaquons nullement ici le thomisme , ce serait une tout autre question, et d'ailleurs au moins deux d'entre nous y sont assez sympathiques (nous connaissons aussi des «thomistes qui partagent en grande partie nos idées sur l'enseignement).La question est que au contact avec un auteur la discussion n\u2019a plus lieu de celui-ci à moi, mais de celui- ci à mon système.L'étudiant se réduit lui-même à son système, laisse sa personnalité concrète.on ne peut concevoir la pensée comme pure rationnalité.Nous reviendrons plusieurs fois sur ce point, et il n\u2019est pas question de position philosophique : nous voulons dire que -jusqu\u2019ici on apprend trop bien à spéculer, c\u2019est-à-dire à suivre la chaîne des raisons dans un système, à établir soi-même des chaînes rationnelles (!), et qu'on n\u2019apprend pas vraiment à penser, c\u2019est-à-dire exercer l'esprit à produire quelque chose de lui-même, dans une expérience vitale.On aborde, par exemple, la métaphysique.On nous dit avec une manière de sourire que nous aussi nous sommes « de l\u2019être ».Mais quelle signification de plénitude et de responsabilité prend ce mot d\u2019 « étre» ?Jusqu\u2019où mène cette facile affirmation qu'on réduit à la clef rationnelle d\u2019un système ?Ce n\u2019est pas là, encore, critiquer la métaphysique, mais la conception qu\u2019on s'en fait et qu'on en donne, Car une rationnalité vécue n\u2019est plus la même.La philosophie n\u2019est pas une science purement rationnelle des hautes sphères de l'esprit (quelle science d\u2019ailleurs est complètement rationnelle ?), ni une déduction fermée, autarcique.On irait ainsi à l\u2019encontre même de tous les grands philosophes, qui ont fait la synthèse de leur temps, chez qui donc la philosophie était tout à fait vivante.Il nous semble qu'il faut s\u2019attendre à ce qu\u2019une discipline de pensée qui devient ainsi impersonnelle et en arrive à n\u2019être plus qu\u2019à elle- même son propre sens attire de plus en plus l'indifférence, le dédain ou l\u2019animosité.Et on voit maintenant comment il s\u2019agit d\u2019une crise de la conception même de la philosophie.11) Une crise de la concep=- tion même de la philosophie Nous employons souvent les mots «vie», «vital».C\u2019est qu\u2019ils nous semblent convenir à la discussion des problèmes en cause: car le noeud de tous ces problèmes pour nous est que l\u2019on a perdu le sens vital original.Qu'entendre par cette expression ?Logique et vérité Tout simplement conscience et responsabilité.Les étudiants attendent de leurs professeurs le témoignage d\u2019une vie profonde qui emplisse leur signification d'homme.Mais la « vie » est tout autre que la logique des actes vis-à-vis des idées: il faut exiger d\u2019un homme et de soi-même plus que la logique, la sincérité.Et la philosophie ne semble être vitale que dans ce sens de « conséquence avec soi-même >» pour les éducateurs occupés de son enseignement.Ainsi leur effort personnel ne semble porter que sur l'exposition pédagogique de la « matière », qui n\u2019est plus que subie et apprise précisément « comme les autres matières ».Même si parfois se laissent deviner des soucis plus profonds, de toute manière on oublie qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019'intéresser l'homme à la philosophie, mais d'\u2019intéresser la philosophie à l'homme! La philosophie n\u2019est pas un pavillon particulier que les concierges (les philosophes) s'occupent à fignoler et qu\u2019ils s'ingénient à faire apprécier sous tous les aspects à de 1.Soulignons ici en vérité un bon côté de la formation scolastique donnée dans nos cru 0 C0llèges par des professeurs qu'on a dits 2.Si la philosophie se définit sim= plement comme conscience responsable qui réfléchit à ce qui fonde ultimement l'homme et le monde, en moyenne plus \u2018\u2018compétents\u2019 (dans leur - \u2018matière\u2019, s'entend) que dans la plupart des pays : tout cours de philosophie devrait certainement s'inspirer de la rigueur et du \u2018\u201c\u2018sérieux\u2019 d'une telle formation.fr LE QUARTIER LATIN François LORRAIN en collaboration avec Louis BRUNEAU Daniel DORAN André TURCOTTE simples visiteurs.C\u2019est dans le domaine de l\u2019homme même qui se recherche et qui est en quête de ses voies, c\u2019est-à-dire en nous-mêmes que se situe l'aventure philosophique \u2014 car c\u2019est bien une aventure.Ceci est affirmer que l\u2019«idée» n\u2019est pas première, mais bien la vie, dont elle sourd, et qui seule l\u2019accomplit.A la vérité, même, «une idée ne commence à être vraie que lorsqu\u2019elle est effectivement source de vie».Aucune profonde réalisation ne peut s\u2019accomplir dans une perspective purement rationnelle, c\u2019est-à-dire où comprendre et assumer ne sont plus conçus que du point de vue logique.Engagé dans une telle voie, on aboutit à toutes les déformations qui sont à la base du malaise dont nous parlons: à l\u2019aliénation d\u2019un enseignement enfermé dans un système, à un enseignement propre à tomber dans un dogmatisme malsain et le formalisme, au sentiment, pénible pour tous, de la faillite globale de cet enseignement.« Ni vitalisme, ni rationnalisme » « Retrouver le sens vital originel » signifie pour nous qu'il faut prendre la philosophie à sa source, où elle se retrouve un produit intime de la vie.Ceci n\u2019est aucunement prôner un certain «vitalisme», un mysticisme vulgaire.Ce n\u2019est pas non plus faire de l\u2019eaction» l'unique valeur.L'oeuvre philosophique est bien une oeuvre de connaissance.L'oeuvre philosophique est bien aussi une oeuvre rationnelle: la raison \u2014 analyse et définition \u2014 qui décompose l\u2019objet, le pénètre et le rend transparent, assure un maximum d\u2019intellection.Le système est la voie normale de la pensée : une théorie qui aspire à la plénitude d\u2019elle-même devra toujours être rationnelle.Et philosopher n\u2019est pas se laisser aller : les problèmes que traite la philosophie exigent un maximum de conscience professionnelle.Mais la ra- tionnalité comment avec son usage, et lui-même est « au-delà de la raison».Dès lors, «ni vitalisme, ni rationnalisme»: ainsi faut-il voir l'idée de la section précédente.Un enseignement historique D'ailleurs, nous le répétons, nous pensons ainsi être fidèles à l'esprit des grands philosophes, des véritables penseurs.Aussi comprenons- nous pourquoi la philosophie qué- becquoise a eu jusqu'ici si peu de retentissement à l'extérieur.De plus ceci nous fait tout de suite comprendre qu\u2019enseigner la philosophie sera fondamentalement faire connaître les philosophes.Nous concevons donc un enseignement historique.: Une étude historique des philosophes signifie d'abord, pour chacune en particulier, qu\u2019un philosophe ne se réduit pas à ses idées ; les idées ne sont comprises, ne valent que par la vie dont elles sont issues ou qu\u2019elle peuvent inspirer: c'est parce qu\u2019il faut les rencontrer comme cela sur le plan de la pensée vivante qu\u2019il faut rencontrer tous les philosophes.D'ailleurs, historiquement, les systèmes passent, mais les philosophes restent \u2026.Ensuite on n'apprend pas ce que c\u2019est que philosopher chez un philosophe, quel qu\u2019il soit.Pour pénétrer plus à fond une philosophie, entrevoir toute la richesse de son contenu, il faut en même temps prendre contact avec les autres époques et les autres penseurs de la même époque.Comment étudier un problème sans concevoir toutes les différentes formes et les différentes significations qu'il a prises et qu\u2019il peut prendre, dans l'histoire ?Il est certainement dangereux de rester enfermé inconsciemment dans un contexte historique et dans un langage, une problématique toujours particuliers.En se tenant dans la perspective univoque d'un seul système, on échappe à la compréhension de toutes les dimensions des problèmes \u2014 but d\u2019une étude historique, c\u2019est-à-dire sérieuse et intensive, des philosophes \u2014 ce qui est nuisible à la compréhension du système même, quelle que soit, encore, sa valeur propre; on s'illusionne aisément dans la possession tranquille de la vérité, égarement qui consacre la décadence dans l\u2019esprit d\u2019école.Sans compter que le problème prendra de plus en plus aussi un aspect démocratique.Un enseignement strictement orienté sera incompatible avec une situation pluraliste (nous entendons ce mot dans un sens général): dans toute période de prise de conscience d'une société ou d\u2019un peuple il se produit nécessairement une diversification, qui doit être considérée comme un enrichissement pour le groupe en progrès.Nous sommes dans l\u2019histoire Mounier nous définit la culture : «elle consiste dans une transformation intérieure du sujet, qui le dispose à plus de possibilités par plus d\u2019appels intérieurs ».Philosopher est d\u2019abord connaître les philosophes ; c\u2019est indissolublement aussi s\u2019intéresser au présent.Il s\u2019agit de réintégrer dans le présent « tout un passé qui ne l\u2019était pas vraiment >: c\u2019est faire là oeuvre de culture, de liberté, et «pour un être qui se fait, tout est culture».La raison pure doit être remplacée par une raison vitale, dans laquelle elle soit incluse et par laquelle elle acquière mobilité et puissance de transformation.« Dès que la culture s\u2019arrête elle devient inculture».Tl ne peut s\u2019agir dans l\u2019enseignement de la philosophie de former des philosophes, des « hommes de philosophie », encore moins d\u2019 carmer pour la vie!» La philosophie n\u2019est pas le champ d\u2019un combat eschatologique.On a à connaître son monde.On n'a pas à se munir contre lui, mais à s\u2019y lancer à plein pour conquérir l'homme avec lui.L'enseignement ne peut se permettre, en s'inspirant d'un , mais d\u2019une question culturelle.Dans un système d\u2019édus .cation adulte et à point, ce serait -Félite que recueillerait.ce niveau de l\u2019enseignement : tout doit être :fait pour en assurer la qualité.ee La semaine de philosophie qui se tiendra à l\u2019Université de Montréal du 17 au 23 mars donnera l\u2019occasion à tous les professeurs de philosophie des collèges de se réunir et de mettre en commun les problèmes que leur pose l\u2019enseignement.Le but de cette rencontre, qui aura lieu mardi le dix-neuf mars à 7:00 heures du soir, en la salle U-340 de l\u2019Université de Montréal, consistera surtout à chercher les moyens de donner une orientation plus vivante et mieux adaptée à l\u2019enseignement de la philosophie.Au cours des dernières années, on s\u2019est surtout arrêté à faire un sérieux examen de conscience sur la valeur et les résultats de l\u2019enseignement de la philosophie au Québec.On en a facilement constaté les déficiences.D\u2019heureuses solutions ont été suggérées, sans qu\u2019on se soit mis d\u2019accord ou qu\u2019on ait groupé toutes nos énergies Projet d'une association des professeurs de philosophie des collèges pour permettre leur réalisation.Le moment semble venu de fournir à tous les professeurs de philosophie des collèges le moyen de travailler sérieusement à une amélioration efficace de leur tâche.C\u2019est pourquoi, lors de cette rencontre du 19 mars, à laquelle tous les professeurs de philosophie des collèges sont invités, il sera question d\u2019un projet d\u2019association à caractère culturel.Que tous ceux qui déjà songeaient assister à la conférence de M.Etienne Gilson veuillent bien se rendre une heure plus tôt, c\u2019est-à-dire à 7 heures, au salon des étudiants de la Faculté de Philosophie (U-340).En plus de donner à ces professeurs l\u2019occasion de se connaître, cette rencontre pourrait bien constituer un premier pas vers la réalisation d\u2019un organisme qui pourrait permettre à chaque professeur de bénéficier des efforts de ses collègues dans l\u2019amélioration de son travail.: es « oho PR Cd cea PAGE DIX-SERT womans wk MAURICE LAGUEUX, étudiant de la Faculté de Philo, publie dans Cité Libre d\u2019avril 1963 : \u2014 « Réflexions sur l'enseignement philosophique au collégial » \u2014 COSMOPOLIS L\u2019ASSOCIATION DES ÉTUDIANTS ÉTRANGERS DE L\u2019U.de M.organise une GRANDE DANSE d'adieu aux Etudiants étrangers finissants Tous les étudiants y sont cordialement invités VENDREDI 22 MARS 1963 à 8h.30 GRAND SALON DU CENTRE SOCIAL Cette invitation tient lieu d\u2018invitation particulière pour les étudiants étrangers que l'Association n\u2019a pu 2 ~ = rejoindre-por correspondance.aa \"Entrée : $1.(0.50 pour membres avec carte) La PAGE DIX-HUIT LE QUARTIER LATIN Remarques sur l'expérience esthétique Parce que l'expérience esthétique cst pénétrée d\u2019intelligence, je n\u2019y accède qu'à partir d'une intention certaine, puisque voulue et préparée, mais tantôt obscure, tantôt pleine de clartés; et c\u2019est tout l\u2019effort de mon MOI que de disposer ses puissances, d'ébrunler dans le corps les mouvements dont le terme est l\u2019arrangement et l\u2019attitude favorisant le plus posei- ble l'avènement du seuil de sensibilité dans lequel j'accueillerai l\u2019objet esthétique, qu'il soit sonore (musique), graphique (poème) ou autre.Mon imagination se fera intelligente, me proposant ses thèmes et prêtant sa consistance à mon intérêt, tandis que je m\u2019instruis de son intimité avec mon objet, qu'elle môrit et dont elle éprouve la substance : la mémoire contribuera à l\u2019expérience en me dirigeant sur quelque forme moins apparente ou sur des enchaînements aussitôt anticipés et refaits par l\u2019attente, et dont je renouvelle le potentiel en y articulant tous Jes actes qui composent mon seul souci de vivre pendant un temps I'cepéce de mes dimensions qui me fait cette grâce du Beau.Ce n'est pas un hasard si le déchiffrement du texte dune Sonate et quelques connaissances techniques avivent la sensibilité de mon audition, puisque ces groupes sonores qui, d'abord, se présentuient un peu à la façon de recoins obscure où la mélodie à peine parvenue s'épaissit et se confond, perd .sa texture ct ne se rattrape qu a- pres s'étre éloignée, revenue a l'évidence plus ou moins jurée du thème fondamental, MAINTENANT je les retrouve comme je retrouve le geste sur le corps: de même qu'il n\u2019est compris comme geste qu'au sein d'une saisie de tout le corps qui le circonserit et en compose les moments dans l\u2019unité d\u2019un vouloir parcourant tout l'organisme, au lieu d'être le sursaut incompréhensible d'un membre, de même ce détail de la mélodie, ce tressaillement déplacé est bientôt reçu, non plus en accident arrétant l'intention musicale, mais en motivation ou modulation secrète et précise de toute une architecture.La richesse de ma perception et de mon plaisir ne connaît de limites qu\u2019en MOI.L'objet présent, cette toile de Van Gogh, me comble sans s\u2019appauvrir, elle achève ma joie sans que jamais j'atteigne a l'adéquation du perçu et de la perception, laquelle demeure inê- vitablement en deçà de ce que je puis concevoir ou désirer en perfection: =.- Il y a donc un jeu de l\u2019intelligence, manifestement présente par exemple dans l\u2019estétique mathématique, où je fais mienne cette admiration que m\u2019imposent l\u2019élégance, le style et l'excellente complexité (si bien ramenée a quelques motions subtiles de la raison) de la démonstration d'un théorème d\u2019Euler ou de la manoeuvre d\u2019une Alekhine aux Echecs.Plus l'acte de Ja Raison esthétique s\u2019épure, plus la perfection devient re-création ou genèse retrouvée, et je n'upprécie quelque opération géniale aux Echeca que si, d\u2019un coup, au travers de ses raisons et de ses lois, l\u2019émergence du mouvement nv'est offerte, dépassant la simple conscience de la situation du jeu et embrassant jusqu'aux inventions mentales de l\u2019adversaire.L'évidente nécessité, que je ne saurais comprendre sans la refaire, elle se présente au niveau d'une expérience musicale où ce travail, enrobé d\u2019imaginations et de mémorisations spontanées constitue l\u2019activité de ces facultés informées par la raison.Bien sûr.ce travail mental, cette analyse effectuée précède l\u2019expérience esthétique et si elle l\u2019accomplit, jamais elle ne lu donne.L'analyse de la sonate.la recherche du détail de l\u2019exécution d\u2019une sculpture ou d\u2019une pièce de théâtre détruit l\u2019objet esthétique, simple puisque irréductible, possédant des parties et détails pour autant qu'il cesse d\u2019être esthétique.Il n'est une synthèse qu'au niveau du véeu; et je VIVRAI mon analyse, elle sera donnée et non plus refaite, comme il me suffit de jeter un regard sur ce nuage que j'ai investi d\u2019une forme (figure.objet) pour qu'infailliblement cette dernière me soit remise sans que j'aie à la chercher.elle fait l'objet d\u2019une perception et force ma vision à ce spectacle qu'elle a bien voulu se créer elle-même.Je ne puis donc me disposer à la présentation de l\u2019objet esthétique et n\u2019ai pas l'initiative de son apparition.laquelle s\u2019effectue en moi sans moi: c'est ainsi que M.Dufrenne parlera d\u2019a priori affectifs qui sont mon mode nécessaire d\u2019être, par pure contingence, un eujet capable d'une perception esthétique.Toute explication de cette modalité d'être-au-monde par ses objets est vaine ct ma connaissance des règles du jeu d\u2019E- chers, et de la situation des pièces ne m'obtiendra jamais d\u2019elle-même la belle manoeuvre.Elle la rend seulement possible en favorisant au maximum les conditions d'apparition de ce mouvement en indiquant à l\u2019attention l\u2019orientation de son effort; mais elle ne saurait élu- borer ou construire son objet précisément parce que celui-ci est parfaitement simple et que la saisie de ses éléments ne précède pas le surgissement de la synthèse vécue.La création esthétique appa- rait dès lors comme une concentration des conditions optima permettant la position soudaine et toujours surprenante du geste à inventer, des mots à assembler.Le poète sera celui qui s'entoure de lois, d\u2019un rythme et d'une intention à haute tension, et qui accueille.parmi les permutations linguistiques et les significations, ces accords fertiles que sa senbilité lui dévoile.Il met en présence un corps de restrictions.une volonté de signifier.«and hopes for the best».L'objet esthétique ne peut qu'être donné.comme Ja solution d\u2019un problème de géométrie afflue soudainement à ma conscience de telle sorte qu'ENSUITE j'en retrace les étapes logiques.Irréductible, l'objet esthétique, à l'inverse, n'indique que lui-même.S'il acquiert un sens religieux, moral où autre.ma saisie de ce sens ne valorise en rien la qualité de ma perception esthétique.au contraire elle la distrait et la soumet aux variations de mes idéaux.Jamais un beau vitrail ne m'a incité à la piété et s'il l'a fait.c'est en vertu de ce que je suis et non de ce qu'il est et pour autant que je prends la DECISION de prier.Car je subis sa beauté mais non ma piété.Si elle se développe au coeur de mon expérience.c'est parce que je double cette dernière d\u2019un nouveau plaisir, CELUI DE PERCEVOIR.dont je suis reconnaissant mais dont je puis tirer prétexte à m'enorgueillir.L'objet esthétique ne se transcende pas, il se suffit à lui-même.mon acte de piété ou ma volonté de connaître ne me sensibiliseront jamais à la beauté d'un vitrail ou d\u2019une cinématographie.Transcender cet objet revient à le dépasser et le perdre de vue, se nourrir d'une impression qui a fait sa marque et dont on se remémore l\u2019actualité.Si le cri d\u2019admiration se transforme en chant de lon- ange (sentiment métaphysique confus), je cesse de le percevoir et d'y être attentif, je reprends l\u2019initiative alors que c'est le propre du beau que de me captiver et de me garder en lui.Ce phénomène paradoxal, la fascination (ou lu séduction) par l\u2019objet esthétique achemine Ia conscience vers une limite où elle se fige à la façon de lu conscience animale.Plus l\u2019objet est absorbant, captivant, plus il m\u2019éloigne de moi-même et supprime mon auto-détermina- tion, ainsi qu'il est aisé de le remarquer pour ces actes de réaction : «se secouer, se ressai- Au terme de l'emprise, le cri d\u2019admiration n\u2019est pas arraché à la conscience puisqu'elle ne le retient déjà plus et, se débordant de toutes parts, elle s\u2019étale, pamée.Bientôt il n\u2019y a plus de SPECTACLE.faute d\u2019un spectateur et ma présence à l'objet, qui me suppose dans ma liberté, disparaît dans l\u2019absorption du MOI par la chose.Je ne dispose plus de mon attention et suis incapable de voir l\u2019acteur derrière l\u2019Hamlet que j'écoute et qui nmvefface.C'est lui, c'est Hamlet.et moi.je ne suis plus.La perception csthétique idéale est la mort de la conscience de soi et l'extériorisation de mon intériorité, la sincérité totale par absence de conscien- ve en circuit fermé sur elle-mé- me, se choisissant et s'affirmant.Si je ne consens point à cet abandon et si.par un effort va- léryen.j'acquiers en moi une initiative qui se veut absolue.la plus-que-parfaite maîtrise de mes actes intérieurs (intention impossible à combler).l\u2019objet esthétique disparaît.faute d\u2019ê- tre REÇU et de me parcourir.11 se meurt dans un corps dont la froide ambition est de se refuser à l'envahissement de l'émotion, du rythme ou de toute affection qu'il lui faudrait souffrir et porter.Ainsi m'est-il possible de me dégager de l'envoûtement de cette musique qui me travaille l'âme : je la «regarde» délibérément, en me choisissant un corps qui se refuse au rythme, une mémoire qui retient ses formes ct rappelle ses échappées, et voici que je suis à moi- même mon propre spectacle et l'expérience esthétique s\u2019effondre.Encore une fois l\u2019objet se présente.mais je ne suis plus là pour l'apercevoir puisque confortablement installé dans un acte réflexif, je me suis furtivement décollé de moi-même et me contemple silencieusement.Pierre BEAUDRY, 8 Philo 11.21 MARS 1943 ee Carlésianisme Poli | (Suite de la page ue J'ai été obligé de tronquer les systèmes et de ne parler que de leur esprit et encore celui-ci est-il réduit à sa plus simple e peut-être fausse expression, Ceux que ce bref exposé n'aura pas satisfait, \u2014 et je souhaite qu'il n'ait contenté personne \u2014, je les convie à approfondir le problème.Ce qui précède est plutôt une série de questions, Eg) vrai que Descartes, en faisant des idées de substances, aboli, sait toute communication entre ces substances et isoluit toutes choses les unes des autres?14 tragédie de la philosophie moderne fut-elle de trouver une raison de réunir ce que Descartes avait séparé, et vainement tenté ensuite de réconcilier?«Et ln société moderne, en tant qu'elle s'efforce de se réformer sur le modèle de ses doctrines, est-elle condamnée à osciller perpétuellement entre l'anarchisme et le collectivisme, ou à vivre empiriquement d\u2019un compromis honteux (le capitalisme?) qui n'a pas de quoi se justifier » ?(4) Roger LEGER Philo IV (1) Gilson, Le Réalisme dique, p.53.(2) id., ibid., p.54.(3) id., ibid., p.60.(4) id., ibid., p.61.inétho- Lorsqu'il désire LOUER un HABIT de CEREMONIE a un prix économique LE CARABIN, soucieux d\u2019être un homme bien mis, s'adresse à 9 ouest, rue Notre-Dame Tél.842-3901 M.A.BRODEUR ENRG.TAILLEUR \u2014 MERCERIE Bernard Broder Paul Bredewr, Po.\u201824 Le seule maison exnadienne-française de ce genre props.4 *- \u201chvabhe depuis 1890 | | MARS 1963 \u2014\u2014\u2014\u2014 Pein dre « La technique doit étre Uex- pression individualisée d\u2019un artiste ».Van Gogh.Î EA partir de cette conception À le la technique enfantée par 8 artiste du XIXe siècle, une À nouvelle notion de l\u2019objet prend À forme.L\u2019objet n\u2019est plus la ÿ chose à copier, à reproduire Ë quais à connaître, à recréer.Ce : plus le «sujet à rendre » # mais l'objet à reprendre.Cha- # que individu possède en lui, soit ; par l'imagination, par la mé- d moire ou par le rêve l\u2019objet au- K quel le peintre s'attaque, mais # ce qu'il s\u2019agit de créer c\u2019est le À concret.l'extériorité de l\u2019objet.Ÿ Pour l'artiste, le caractère inté- À rieur, originel de l\u2019objet c\u2019est À «on extériorité même.2 La forme abstraite ou acadé- ; mique exige le maximum dans E la réalisation de la couleur et 5 de fa sensibilité qui seules per- ; mettent à artiste de se croire # libre vis-à-vis de son tableau.ÿ Cest déjà reléguer une toile au É grenier que de l\u2019expliquer et i le l'encadrer par des mots.É L'ocuvre authentique ne se ci- # catrise dans le temps que par ÿ le mystère attaché soit a la tech- É nique soit à Peffet du colori.# Le mystère est collé à l\u2019objet d tamisé par le sujet.L'oeuvre K sans objet est vaine et stérile; # ainsi le monde abstrait de la F peinture d'aujourd\u2019hui semble É n'être qu\u2019un haut degré d\u2019hal- # lurination, un monde irréel où ji sc débattent tant bien que mal À les couleurs et les semblants de E formes.R nest ÿ L'objet dans l\u2019art abstrait, ÿ cest.soit l'objet extérieur qu\u2019on ÿ intériorise et qu\u2019on extrait, soit ÿ le sujet qui s\u2019objective concrè- ÿ lement.ll est devenu le sujet lui-même.I est le sujet d\u2019une certaine mesure tout en demeu- ÿ rant objet, à la façon d\u2019un hom- ÿ me qui regarde dans un rétro- ÿ viseur.Ce n\u2019est plus l\u2019objet qui va au peintre mais le peintre lui-même qui se fusionne et se soude à l'objet pour le regarder dans son intimité, l\u2019éplucher et le redonner nu.Au moment de peindre, le hasard et l\u2018irréel ne tiennent pas lieu de ressorts mécaniques.Le hasard est souvent le désespoir du peintre, souvent aussi sa bouée de sauvetage, mais il n\u2019a pas de plus grande Mace dans l\u2019oeuvre de Borduas qu\u2019il en a dans celle de Rembrandt.C\u2019est la part dé Finstinet inexplicable par Par- tiste mais justifiable par Ten- semble et la cohérence d\u2019une loile qui n\u2019est autre qu\u2019un mélange de connu et d\u2019inconnu.Le hasard, ce pouvoir qui joue dans l'agencement de couleurs et de formes est immanent à celles-ci; ainsi deux couleurs primaires ne seront nullement Contradictoires ou absurdes sur ne toile de Van Gohg ou dé Borduas.C\u2019est done a I'insu\u2018de un objet Partiste que souvent sc forge la cohérence de sa propre toile.Grice a la photographie qui rend a l'oeil la surface, l\u2019explication géométrique de l\u2019objet, le peintre peut s'attaquer à la communication, à la relation qu\u2019il entretient avec l\u2019objet que celui-ci soit intérieur ou extérieur à lui.Loin de «se défouler », le peintre s'engage vis-a- vis de l\u2019objet et en trahit l\u2019extériorité par sa technique.En fait c\u2019est la signification commune de l\u2019objet que le style compromet.C\u2019est le style qui doit redonner l\u2019objet purilié.Les « Deux Pins », de Van Gogh pénètrent l\u2019admirateur non pas parce qu\u2019il voit deux arbres mais parce qu\u2019il sent qu'ils ont pris racine dans le terroir psychologique et physiologique de l\u2019auteur qui leur a donné naissance par ses coups brusques et nerveux, Sa façon de peindre et de voir est devenue la nouvelle sève des deux pins.La technique c\u2019est le choix que, dans une certaine mesure, l\u2019artiste est contraint de faire pour ne pas renier sa vision personnelle.La technique, c'est le style, le'style, c'est la bête à compter.Ce n\u2019est plus l\u2019objet qu\u2019il faut voir mais la façon d\u2019être d\u2019un objet.Il est donc \u2018 possible à ce moment de parler d\u2019objectivité de ce qu\u2019on appelle communément «la peinture subjective ».Cette façon d\u2019être sc réflète dans le style, c\u2019est le style lui-même.Plus le peintre sera escluve des couleurs et des formes, plus il sera maître de leur expression qui n'atteint un sens que dans sa technique.La technique ou la langue doit donc étre identique a cette façon d\u2019être de l\u2019objet: « l\u2019artiste doit apprendre à parler sa langue ».Cette identité, jamais atteinte d\u2019ailleurs car une fois l\u2019Absolu atteint par un art, celui-ci n\u2019a plus sa raison d\u2019exister, se transforme en communication de l\u2019homme à l\u2019homme, il devient « dialogue » dans la mesure où l\u2019authenticité de vision est conservée, la technique est fournie par l'individu comme la toile l\u2019est par l'araignée mais elle demeure tout de même commandée ou plutôt nour- ric par l'objet.Nait alors une vérité qui ne tient pas à la ressemblance mais à la cohésion, vérité sans extériorité.L'expression picturale est de l\u2019individu-homme.Elle doit être fabriquée avec la vie, travaillée et retravaillée avec le bon et le moins bon dans l\u2019humain, Elle est oeuvre humaine, sans pouvoir démiurgique.Elle se vit à la façon du berger qui vit ses moutons, elle s'entend, s\u2019écoute et se voit, Elle naît et renaît avec le peintre même si son accouchement n\u2019est jamais \u2018fini.Elle devient super-oeuvre- et véhicule dans le temps grâce LE QUARTIER LATIN PAGE DIX-NEUP Leibnez et la guerre Essayons de ressusciter cette vieille thése de Leibniz selon laquelle nous vivons dans le meilleur.des mondes.Voltaire ridiculisera cette.thèse dans « Candide », mais de façon Cort peu convainquante, à nos yeux.Ses exemples, visant à montrer que l\u2019opinion de Leibniz est invraisemblable, sont eux-mêmes invraisemblables.Si nous vivons dans Je meilleur des mondes, comment justifier le mal ?Le mal a deux raison d\u2019être : l\u2019une comme expiation des péchés du passé et l\u2019autre comme moyen d\u2019ennoblissement.Le mal surmonté rend toujours plus fort.Le mal non surmonté physiquement peut toujours l'être spirituellement, par sa simple acceptation.Ainsi, il n'y a aucun mal qui ne soit pas pour le bien.Pour défendre ce principe, prenons l'archétype du mal matériel, la guerre.Comment justifier la guerre dans le meilleur des mondes ?Faute d\u2019expérience personnelle, faute que, à elle seule, nous l'avouons piteusement, suffit pour démolir notre argument, nous nous référons à une oeuvre littéraire sur la guerre : « Vie des Martyrs », de Georges Duhamel.«Vie des Martyrs» raconte les expériences de soldats blessés à la guerre, en voie de récupération ou de décomposition, à Phôpital.Malgré les atrocités innombrables qu\u2019il décrit, l\u2019auteur ne nous laisse point entendre que le mal y triomphe.Il nous dit : « La souffrance les a éveillés de la douce vie, tous les jours.elle les abreuve d\u2019une redoutable ivresse.» Que se eu- che-t-il sous ce mot « ivresse » ?Combien d\u2019exaltation, de renou- au musée qui tout en agissant souvent comme destructeur de grands maîtres, joue un rôle primordial en ce qui regarde l\u2019unité foncière de la peinture dans l\u2019histoire d\u2019une culture.La Révolution n\u2019est pas si grande qu\u2019on puisse le supposer entre l'académicien et le moderne, elle n\u2019existe que sur le plan de l'expression et non pas de la vision : Raphaël et Picasso ont vu et peint des figures humaines et non pas l\u2019un des saints et l\u2019autre des monstres mais Raphaël était conscient de la douceur, Picasso de la monstruosité.Les cadres de l\u2019art pictural sont tombés quand le souci de l\u2019authenticité et de la vérité s\u2019est posé.Jusque-là ils avaient vu «vrai» et exprimaient beau et bien, il s\u2019agit maintenant de voir « vrai et d'exprimer vrai » et de pousser à bout cette vérité, de «sentir pour dire la vérité ».Chaque jour, un monde nouveau est à la portée de l\u2019artiste, c\u2019est le pain quotidien qui n\u2019a jamais rassasié car l\u2019univers reste à peindre.7 Cu \"Deryse DAVID, Philo IT.- we Ml retourne à la surface, vellement de soi, de retour aux vérités fondamentales de la Foi, de possibilités de plus en plus saisissantes d'apprécier la beauté par opposition, se cachent ici ?Celui qui souffre grandit, examine le plus profond de son être dans le silence primordial, seul refuge parmi les cris aigus de la périphérie de son âme.muni d\u2019une nouvelle capacité d\u2019endurance de grands maux devenus petits par contraste.Celui qui souffre réalise progressivement le prix rédempteur de ses maux, à mesure qu'il prend conscience de leur valeur spirituelle.Celui qui souffre se souvient vivement des beaux petits moments de la vie quotidienne, et les apprécie beaucoup plus quand il y retourne.L\u2019exaltation de la souffrance est un phénomène dépassant les simples concepts, mais encore capté de façon empoignante dans les quatuors pour cordes de Bela Bartok.La, la souffrance est toujours surplombée par des lueurs ouvrant sur le surnaturel.Le mal y est décrit en termes de lourds corps macabres disloqueurs, grinceurs, suppli- ciateurs.Mais l'intensité même de la souffrance opère un dépassement.Cette allégresse de la douleur surmontée sous forme de danses joyeuses de délivrance trouve son comble dans les quatuors de Beethoven, ceux de sa vicillessc.Le sublime y est aperçu à travers les rochers bruns et noirs de l\u2019épreuve.Le serpent de In douleur y est au terme de son extraction et le soulagement rend Beethoven bienheureux.Georges Duhamel ajoute : « dans la vie des malades, il n\u2019y « pas de petites choses.» Les moments existentiels s'accroissent au point de dominer la vie.L\u2019homme réalise ce qu\u2019est vivre avec signification.La vie du malade se poursuit au ralenti, pleine de détails importants.Ces bagatelles ne sont plus des bagatelles.Ce sont des influences marquantes sur l\u2019âme, et par retour, sur l\u2019âme des autres, Le monde du malade est le monde de l\u2019enfant : chaque incident de la vie prend une envergure colossale sur le développement de la personnalité, délivrée de superficialités matérielles par le grand lavement qu\u2019est la souffrance.Il n\u2019y a plus de banalité, plus de routine abrutissante.Tout devient crucial.La vie intérieure du convalescent est très riche en symboles spirituels.Le malade a l\u2019opportunité de grimper plusieurs nouveaux échelons du mysticisme, s'il le veut.« Le rayon de soleil a Pair de trembler.» La sensibilité du poète, cachée sous le tas de blocs de la vie imatérielle, s\u2019éveille sous le frolement persuasif de la douleur, évocateur des horizons spirituels.Duhamel contemple tous ces lits blancs à l\u2019hôpital et pense : « Tous ceux que j'ai vus peu @ peu se dégager du sombre empire de la nuit et renaître à la joie ».Ce sombre empire de la nuit, c'est l\u2019univers du mal.La renaissance à la joie est la souffrance sublimée par la si- gnilication ultime.Si nous acceptons nos souffrances, Leibniz avait raison : nous vivons dans le meilleur des mondes.Pierre BEAULIEU Philo II Si votre North-Rite n\u2019écrit pas aussi longtemps qu'il le devrait, à votre sens, nous vous enverrons un autre rechange \u2014 GRATUIT! North-Rite IE SEULEMENT 98c L.-Paui Des nes, sec.-irés.2950, Masson, Suite 201 eed pa a REE Ea reps Yh - Tg ir Société de Service Professionnels Inc.(Conseillers en programme de succession ef assurence-viel Associés : Jean Charest, prés.Henri Laberge Paul Denis Mübert Poitras, .vice-prés.Pierre Benoit Leurent Martiseeu Jacques Benoit Montréal RA.9-2847 + .REPRESENTANT S$ = Il : : = ance = D 21070507 Tcompageie mauttuelle d'essirance-iie ay Le) PAGE VINGY L'Aliénation par les sexes LE QUARTIER LATIN LA VALSE DE LA SOUMISSION Officiellement, dans la civilisation occidentale, l'homme est Le Maitre: il s\u2019approprie la Nature, le Monde et les femmes.C\u2019est ce qui a permis à certains philosophes d'analyser la situation d\u2019altérité de la femme dans un monde où l'homme est la norme et la mesure de l\u2019humain, et de proposer une explication au grand problème de la soumission féminine, de sa complaisance dans l'abandon de ses droits les plus fondamentaux d'être humain.En fait, au Canada-français, la situation est un peu plus complexe : les hommes et les femmes ont, chacun leur tour, pleine autorité dans des domaines qu\u2019ils veulent disjoints : le Moral et le Politique.Et c\u2019est la valse de la soumission.L'Autorité Morale y est un attribut féminin ou maternel : nous disons « notre Mère la sainte Eglise » et, il n\u2019y a pas si longtemps, les curés portaient des jupes.Au foyer, la mère est une Reine : elle administre les finances familiales chez les ouvriers ct, chez les bourgeois, elle se porte garante du bon maintien des enfants et de la sauvegarde des Valeurs Morales.La Mère est puissante, clle incarne l'Autorité ; de plus, elle est Sacrée.: On organise annuellement des concours de meres de famille, et toutes les femmes sont des mamans, des futurs-mamans, les futures mères des enfants du mari qu\u2019elles ne connaissent pas encore.Au collège, on apprend aux jeunes garçons à penser aux jeunes filles comme à leur mère, ou comme à la mère de leurs enfants, pour couper court aux « mauvaises pensées » que les filles pourraient leur inspirer : ils font leur apprentissage de la soumission.Ils seront ainsi de vrais petits canadiens-français.Bien sûr, le canadien-français se fera « mâle » à ses heures : il ira à la taverne où, au moins, il est sûr de ne jamais trouver de femme.Ou bien, justement, il «ira aux femmes».La prostituée devient une nécessité puisqu'on lui a appris à considérer sa femme comme coupe-passion.Même ses activités les plus « viriles» ne sont encore qu'une bravade à l'Autorité ; on ne conteste pas ce qui n\u2019a pas d\u2019emprise.Mais en dehors de cette sphère de la Morale et de ses mythes, dans le monde concret de la politique et des affaires, la « praxis », « l\u2019action » est réservée aux hommes : c'est le Patriarcat, le deuxième temps de la valse ; cette fois, les femmes sont asservies aux hommes.Une femme mariée ne peut opérer de transactions sur ses propres biens immeubles, sans une permission expresse de son mari ou d\u2019un juge (articles 1422, 1424 du code civil).Une mère n'a aucune sorte d'autorité légale sur ses enfants tant qu'elle a un mari, qu\u2019il en soit ou non le père (art.243 et 283).La loi lui ordonne soumission et obéissance à son mari (art.174).Il serait puéril de croire qu'il suffit d\u2019un remaniement des textes de lois pour que les hommes et les femmes se « reconnaissent » mutuellement, se « rencontrent » et se partagent le Lise THEBERGE Philo.II Monde.Ils se sont trop longtemps complus à se nier réciproquement en revendiquant pleine autorité dans des sphères qu\u2019ils ont voulues rigoureusement exclusives et négatrices l'une de l'autre.Et c'est de cette contestation que chaque sexe se fait être de l'humanité de l'autre que découle la contradiction dans iaquelle nous vivons : les mères, en émasculant leurs fils et leurs maris, fuient toute « rencontre » avec la masculinité et en retour, les hommes refusent, dans des activités de fuite et de contestation, toute « rencontre » authentique avec la féminité.Ils se contentent ainsi de n'être que des demi-humains, des soumis, des canadiens-français.La soumission est la forme d\u2019aliénation propre aux canadiens-français, elle se manifeste à tous les niveaux, politique, économique ou socioculturel ; elle comporte aussi sa face négative : la révolte.Révolte contre le clergé, « les canadians », les bourgeois, les hommes, les femmes.Tant que nous n\u2019inventerons pas les moyens de dépasser, de positiver cette révolte en révolu- lion, il ne nous restera qu\u2019à accepter d\u2019être traités en colonisés, d\u2019être humiliés, soumis ou révoltés puisque nous refusons de nous « prendre en mains », d'inventer des valeurs qui nous conviennent, de nous faire humains.Il est vrai que nous n\u2019en avons pas beaucoup l'habitude : notre fierté d'être humain est sapée à la base dans ce processus où les femmes fuient l'aspect « transcendance », « invention », « risque » de leur liberté en croyant au destin d\u2019être mère et en se portant garantes d'une Morale castratrice ; où les hommes fuient les valeurs féminines, aspect « immanence » ou passivité de leur liberté en rêvant à une action pure qui, se voulant dégagée de toute cette Morale, se coupe aussi de toute possibilité d\u2019humanisation : « Busi- mess is business » .Evidemment, cette situation n\u2019est que l\u2019expression de facteurs socio-culturels fort complexes qu'il faudrait définir et analyser.Mais il est encore plus évident qu'une telle étude ne peut faire l\u2019objet d'un article de journal.Il reste que l\u2019homme et la femme québécois font face au problème de la soumission et que leur aliénation réciproque ne peut se résoudre que dans une reconnaissance réciproque de deux modes d'exister fondamentaux : le mode féminin et le mode masculin, modes d'exister qui peuvent être authentiques et spécifiquement humains ; il y a donc aliénation réciproque chaque fois que l\u2019un ou l'autre de ces modes d'exister devient la norme et la mesure de l'humain.On a valsé, mais mal : on n\u2019est pas arrivé à ne pas se piler sur les pieds.Situation déplorable ; il nous reste à trouver les moyens de nous conduire comme des humains-hommes et des hu- mains-femmes.La révolution est déjà quelque peu amorcée à ce niveau, mais elle ne se continuera pas toute seule.On n'a plus les moyens de ne s'amuser qu'à scandaliser nos « papas » ni de jouer au pendu.21 MARS 194 L'homme coincé dans sa localité, sent l\u2019implacable précarité de son quotidien face à d\u2019autres hommes posant des gestes semblables, les immergeant dans une commune expérience historique.Il tente alors de faire éclater l\u2019immédiateté de ses dimensions, Il sent l\u2019inévitable corps à corps d\u2019une frontière à l\u2019autre.Dépassé par ses propres créations, tiré de l\u2019avant par ce qui jaillit de ses forces vive, par un besoin inaliénable de dominer, il tente d\u2019asservir toute résistance.La Nature, silencieuse, subit docilement les boulversements, Mais au fond, l\u2019homme sent un simple recu] des limites de l\u2019inconnu.La clarté soudaine du monde alourdit soudain le poids de l\u2019obscurité, et brouille le visage de la lumière, Dans le fracas des inventions l\u2019ennui est venu, Cet ennui, calme et tenace, défie toutes les conquêtes de la technique.II erre ay coeur même des démarches les plus victorieuses, dans le bruit, la foule, les rêves.L\u2019homme marche toujours vers le bout de sa soif.Mais on a assassiné les sources vives.On s\u2019arrache l\u2019homme au nom même du bonheur.D\u2019une part c\u2019est par l\u2019égalité, le partage, de l\u2019autre c\u2019est par la liberté.En quête de formes politiques, encore insatisfai.INQUIÉTUDE France SENECAL Philo II santes, de chaque côté on proclame fidélité à la nature de l\u2019homme.Par contre le revers de ce bonheur promis n\u2019en demeure pas moins l\u2019assouvissement, dans un confort aux possibilités illimitées.Cette vie heureuse s\u2019avère juste à la taille de la mort qui vient.Un repos tranquille, en attendant l\u2019autre repos(?), définitif, cette fois.On veut des vivants déjà morts.Chaque période de crise, de guerre, de tension a poussé l\u2019homme au bout de ses forces.Devant la menace claire et brutale d\u2019une mort impitoyable, l\u2019homme a le privilège unique d\u2019empoigner la dimension réelle de sa vie.Mais au prix de la mort des autres, d\u2019un lendemain marqué de son propre arrêt de mort.Alors, la guerre, les luttes, les déchirements ?La vie n\u2019a donc de sens que par le mort même ?Ne sommes-nous que des morts encore vivants ?Peut-être est-il possible de connaître le jour à midi, sans recouvrir d\u2019oubli la nuit morte à l\u2019aube, sans reculer la nuit à naître au crépuscule.Peut-être est-il possible de vivre debout entre le sommeil des nuits et celui de la terre gelée.Peut-être est-il possible de vivre avec l\u2019angoisse sans l\u2019assassiner pour ne pss ÿ crouler.Peut-étre est-il possible de vivre a hauteur d\u2019homme.Puisqu\u2019il faut a chaque homme réinventer avec le jour ses raisons de vivre.Puisqu\u2019un seul choix se pose, entre le néant et la plénitude.Si l\u2019homme peut morceler ea vie, il doit sans douie pouvoir la \u2018réconstruire, quitte 8 tenter de la vivre ensuite."]
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