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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
jeudi 28 mars 1963
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1963-03-28, Collections de BAnQ.

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[" LUNDI 12.30 HRES AU GRAND SALON \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 PORT PAVE A MONTREAL tr Journal bi-hebdomadaire de l'Association Générale des Etudiants de l'Université de Montréal BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE MONTREAL, 28 MARS 1963 VOLUME XLV \u2014 NUMERO 48 QUEBEC DE DEMAIN La nécessité d'une planification indicative Les pouvoirs publics n\u2019ont pas attendu à aujourd\u2019hui pour intervenir dans l\u2019orientation économique du Québec.Tant du côté d\u2019Ottawa que de la capitale provinciale, des initiatives diverses se sont multipliées au cours des années, visant à modifier la répartition finale des revenus, à favoriser certaines activités ou certains groupes considérés comme prioritaires, à interdire certaines pratiques néfastes.à protéger des secteurs défavorisés, etc.Inefficacité gouvernementale L'efficacité de ces politiques multiformes, se manifestant tant sur le plan de la législation que de la dépense publique, peut être très souvent contestable, mais il Wen reste pas moins que linter- vention de l\u2019Etat dans l\u2019économie est un fait acquis et accepté de façon généralisée, sinon incondi- lionnelle.Bien que les déboursés de l\u2019Etat à tous les niveaux représentent à l\u2019houre actuelle plus du quart des dépenses totales de la nation.on affecte toujours de troire, contre toute logique, que nous sommes en régime pur de Concurrence et d\u2019initiative privée.Un équilibre général spontané et optimum cst censé résulter de l\u2019ac- lion des forces naturelles cherchant à favoriser la poursuite des inté- Fets particuliers.L'expérience a démontré que Cette vue idyllique des choses ne colle pas à la réalité.Des phéno- Mènes de polarisation d'intérêts se tout développés qui ont rompu à tout jamais l'équilibre des forces sociales.L\u2019apparition d\u2019effets de domination n\u2019a pu être contrecarrée que par l\u2019intervention de l\u2019État qui toutefois n\u2019agit souvent que de façon marginale et en quelque sorte à son corps défendant.Le secteur public s\u2019est peu à peu développé au point d\u2019être en mesure de mener maintenant une existence autonome.Rarement cependant les forces de l\u2019Etat ont été orientées dans le sens d\u2019une poursuite rationnelle de l\u2019expansion économique.Ainsi, un effort de lucidité permettra de se rendre compte que la poursuite particulière de ses intérêts par chacun des agents économiques ne permet pas de maximiser l\u2019avantage collectif.Des gaspillages s\u2019introduisent dans le système, des distortions apparaissent, de graves insuffisances se développent, de telle sorte que le plein emploi n\u2019est pas réalisé, ou il le sera mais selon un rythme de croissance inférieur au potentiel, si on tirait pleinement parti des innovations technologiques et des ressources matérielles et humaines les plus productives.A l\u2019heure actuelle, c\u2019est le chaos complet.L'Etat, à tous les paliers, dispose d\u2019un potentiel d'action dont il n\u2019est pas conscient.Aucune coordination n\u2019existe entre le secteur public et le secteur privé ; très peu entre les divers paliers gouvernementaux ; trop peu encore, ce qui est plus surprenant, entre les diverses branches administratives relevant de la même autorité politique.Cela reste vrai pour le gouvernement du Québec, bien que la situation ait tendance à se modifier depuis peu.Le même morcellement existe au gouvernement fédéral, comme l\u2019a souligné récemment la Commission Glassco.La planification démocratique ne constitue en fait que I'application à l\u2019ensemble de la société des méthodes de gestion efficace que l\u2019on s\u2019attend de trouver dans tout organisme privé ou public.La différence essentielle est évidemment que dans une société démocratique hétérogène et relativement peu hiérarchisée, les centres de décision sont multiples et dispersés.D\u2019où la nécessité urgente d\u2019un mécanisme permettant d\u2019ordonner ces décisions à la poursuite d\u2019objectifs communs, établis collectivement.Les pré-requis d\u2019une planification La planification s'exprime par deux démarches essentielles, tout aussi importantes l\u2019une que l\u2019autre et au cours desquelles on s\u2019assure la collaboration de tous les agents de la vie économique : pouvoirs publics et intérêts particuliers.C\u2019est ainsi seulement qu\u2019on peut espérer atteindre la cohérence et l\u2019efficacité dans les résultats.La première démarche consiste à effectuer une prévision collective permettant de déterminer un taux de croissance global, et des taux particuliers aux divers secteurs et aux différentes régions.Après quoi, on vérifie dans quelle mesure les équilibres fondamentaux (épar- gne-investissement, balance des Mich, \u201c== \u201c{Suile ila page 2) 72 Planification : Panacée de tous nos maux (prochain numéro) @ Nécessité d\u2019une planification Nécessité d\u2019une planification indicative.\u2014 Roland Parenteau Le développement de l\u2019industrie manufacturière.\u2014 André Raynauld La reconquête économique, condition de survivance.\u2014 René Levesque @ Importance du circuit financier Planification et contrôle du circuit financier.\u2014 Vély Leroy L'heure est venue de savoir quoi exiger.\u2014 Rodrigue Tremblay L'aspect monétaire du développement écono= mique de la province de Québec.\u2014 Robert Bertrand La Bourse de Montréal et l\u2019expansion économique du Québec.\u2014 Henry Mhun @ Organes de planification Le conseil d\u2019orientation économique.\u2014 René Paré La société générale de financement.= Gérard Filion ® L\u2019éducation et la planification _Incidence de l\u2019éducation sur l\u2019économique., .- ©.= Michel Pelletier PAGE DEUX - LE QUARTIER LATIN PLANIFICATION REGIONALE Le mot planification est sur les lèvres de tous ceux qui s\u2019intéressent au développement du Québec.H y à une question que l\u2019on oublie trop souvent de se poser cependant : pourquoi la planification doit-elle être faite à Péchelle provinciale plutôt qu\u2019à Péchelle fédérale ?Doit-on faire primer les intérêts du Québec sur ceux du reste du Canada ?La question est de prime importance puisqu\u2019à première vue, le gouvernement central possède à peu près tous les pouvoirs (donc aussi les moyens d\u2019action) qui peuvent permettre à Etat d\u2019avoir une action vraiment décisive sur la marche de Péconomie et ici je pense particulièrement au pouvoir eur les Banques et l\u2019émission de la monnaie.Deux arguments viennent cependant militer en faveur d\u2019une planification régionale et ce sont ceux de l\u2019efficacité et du nationalisme.Le Québec étant en lui-même une entité beaucoup plus homogène que l\u2019ensemble du Canada, il devient d'autant plus facile pour l\u2019Etat de trouver les objets qui doivent être recherchés et de preudre les moyens pour les atteindre.En effet, la conception du bien publie est d\u2019autant plus simple dans notre province que chaque individu recherche le même bien soit pour l\u2019instant la prospérité économique à échelle individuelle aussi bien que collective.Que faire pour remplir cette aspiration ?Jusqu\u2019ici aucun plan d\u2019ensemble n\u2019a été tracé et c\u2019est justement pour nous aider à comprendre quelques-uns des problèmes qui se posent que ce numéro a été publié.Quant aux moyens, ils sont simplifiés par le fuit que d\u2019abord nous constituons une entité ethnique qui dans l\u2019ensemble a été formée à la même école de pensée et ensuite par le fait que nous avons à faire face à un seul et unique phénomène celui de l\u2019absence de pouvoir sur nos destinées économiques.Quant à l\u2019argument nationaliste, son élaboration ne constitue qu\u2019une répétition.Doit-on préférer le bien du Québec au bien du reste du Canada ?A ceci nous répondons «oui» d'autant plus facilement que globalement le bien du Québec correspond à celui du Canada puisque le pays tout entier ne peut que bénéficier de la force de lune de ses composantes.Actuellement, il est inutile de vouloir accomplir une action vraiment décisive sur l\u2019émancipation économique de nos gens sans préférer la planification régionale à la planification centrale puisque aux yeux du gouvernement d\u2019Ottawa certaines régions canadiennes sont beaucoup plus mal en point que la nôtre et doivent lui être préférées.Qu\u2019il suffise ici de citer l\u2019ensemble de l\u2019industrie de Pautomobile : le gouvernement fédéral a accepté d\u2019accorder des dégrèvements d\u2019impôt à une usine scandinave intéressée à s\u2019établir dans les Maritimes alors que semble-t-il, il refuse de le faire pour une Régie française qui désirerait obtenir les mêmes avantages pour une filiale québécoise.A ce moment, la position fédérale est parfaitement défendable si on la regarde au niveau pan-canadien mais absolument intolérable lorsqu\u2019elle «st envisagée sous son angle québécois.La difficulté naîtra toutefois au moment où le fédéral tentera d\u2019élaborer et surtout d\u2019appliquer ses propres méthodes de planification car c\u2019est alors que se produira le choc entre l\u2019idée du bien québécois et celle du bien canadien ; toutes les chances sont que dans certains domaines les visées d\u2019Ottawa soient à l\u2019opposé de celles du Québec comme déjà on peut le sentir dans notre projet d\u2019aciérie québécoise.Alors, qui triomphera ?Je réponds : « nous » parce qu\u2019à ce moment, nous aurons commencé à sentir la puissance que peut nous donner la possibilité de maîtrise de notre économie et la prospérité individuelle.Cependant pour qu\u2019il en soit uinsi, il faudra que cette planification soit nationaliste car sinon elle ne nous donnera pas un plus grand contrôle que présentement et ne fera encore une fois qu\u2019aider l\u2019industrie canadienne-anglaise ct américaine à prospérer, ce qui nous empêchera d\u2019acquérir la puissance nécessaire pour nous opposer favorablement a Ottawa.Pierre LAPOINTE international \u2014 Cartes des pays d'Europe.UN.1-0200 \u2014 me \u201c© ~ SERVICE EUROPEEN DE TOURISME AUTOMOBILE L\u2019EUROPE EN AUTOMOBILE Vente et Location d'Automobile pour l'Europe permis 1176, rue Drummond, Montréal UN.1-3%06 Jean XXIII, pape de l\u2019optimisme \u201cC\u2019est le génie de Jean XXIII d\u2019avoir pressenti que le moment était propice à une rénovation intérieure de l'Église et d\u2019en avoir ouvert la voie.\u201d Dans SÉLECTION du Reader\u2019s Digest d'avril, un article des plus intéressants passe en revue tout ce qui a été accompli au Concile en 1962.Lisez comment ce pontife remarquable a mis en branle des forces susceptibles de donner à la chrétienté une vigueur nouvelle.Achetez Sélection aujourd\u2019hui même ! \u2014;\"\" oR Ye - ee, la nécessité d'une 28 MARS 194; \u2014 planification indicative (Suite de la première page) paiements, budget de l\u2019Etat, etc.) sont réalisables, compte tenu des ressources disponibles, en matières premières, en main-d'oeuvre et en capitaux.On est ainsi forcé de choisir des options et d\u2019établir des priorités de programmes, privés ou publics.Ces priorités ne s\u2019expriment pas cependant la plupart du temps par l\u2019exclusion totale de telle réalisation au bénéfice de telle autre, mais par l\u2019accent mis sur certaines d\u2019entre elles.On remarquera que l\u2019efficacité de la prévision est fonction de la valeur des instruments d\u2019analyse dont on se sert, ce qui nous amène à constater à ceux que possèdent les pays engagés depuis quelque temps dans la planification.La comptabilité nationale prospective, les modèles économétriques, les tableaux de relations interindustriel- les et l\u2019analyse de rentabilité économique (benefit-cost analysis) sont des techniques que l\u2019on mettra à contribution, techniques qui se perfcctionnent d\u2019année en année, dans la mesure où la nécessité de l\u2019action les rend plus impérieusement nécessaires.L\u2019ensemble des prévisions plus ou moins détaillées que l\u2019on obtiendra en fin de compte, incluant les objectifs et les moyens de réalisations prévus, constitue le plan.On remarquera qu\u2019à ce stage une bonne partie des objectifs poursuivis sont atteints, si l\u2019on a pris la précaution d\u2019associer à la confection de ce plan, tous ceux qui éventuellement auront à le mettre en application, y compris les entreprises privées.Celles-ci y trouveront certes un avantage, parce qu\u2019elles seront en mesure de substituer à leurs aléatoires prévisions particulières, une prévision de sccteur, dont on aura au préalable vérifié la compatibilité avec les Directeur : Amyot, Danielle Sauvage, Natinnale : LE QUARTIER LATIN\u2014\u2014 journal bi-hebdomadaire de l\u2019Association Générale des Etudiants de l\u2019Université de Montréal Membre de la Presse Etudionte Nationale Jacques Girard Rédacteur en chef : Michèle Rivet Secrétaire à la Rédaction : Michel Beaulieu Comité éditorial: Guy Bertrand, André Dubois, Luc Martin, André Poirlet, Claude Roy,\u2019 André Smith, Michel Vennat, Stéphane Venne, Serge Ménard.Section artistique : André Brochu, Jacques Tardif, Marc Laurendeau, Michel Mireille Dansereau.Lapierre, Michel Paquin, Georges Dahmen.Section de l'Education : Philippe Reid, Réginald Boucher, Jacques D.Girard, Marthe Lépine, Ghislain Clermont.Section Internationale : Pierre Hogue, Renée Lescop, Plerre Blache.Suzanne Thomas, André Carrier.Mackay, Suzanne Thomas, Francine Tougas.Section Politique : Jacques Poulin, Pierre Hogue, Renée Lescop, Robert Côté.Section Scientifique : Lorne Bouchard, Raymond Lafontaine, Pierre Rivest, Lionel Hervieux, Robert Ducharme, Claude Marullo, Yvon Séguin, Luc Desnoyers, Bernard Philogène, Pierre Desjardins.Section sportive ; Claude Chapleau.Caricaturistes : Cler, Stobin, André Lemieux.Photographes : Danièle Sauvage, Pierre Savard, André Bohémier, Benoit Bergeron.Publicité: Georges Lefebvre \u2014 RE.7-6561 Abonnement pour l'année universitaire : $3.00 C.P.6128 \u2014 Local 707 \u2014 RE.8-9616 2222, ave Maplewood, Montréal 26 autres objectifs collectifs ct avec les ressources disponibles.que de l\u2019entreprise s\u2019en tro duit d'autant, ce qui ne veu pas dire que la marge d\u2019initiative privée en soit plus restreinte pour cela.Le ris.uve re.Par ailleurs, la consultation gg.néralisée au moment de l\u2019élaboration du plan est de nature à supprimer de nombreuses réticences de da part des entreprises privées, En effet leur connaissance de la façon dont les prévisions ont été préparées, leur conviction que la poursuite de l\u2019intérêt général ne signifie pas nécessairement des brimades pour toute initiative privée découleront tout naturellement de cette façon de procéder, sans \u2018 doute plus complexe et plus délicate, mais combien plus prometteuse.L'élaboration d\u2019un plan intégré permettra de plus aux diverses autorités gouvernementales de coordonner leur action.Chacune à l\u2019heure actuelle agit dans le do maine de sa juridiction.sans se préoccuper si son activité aide ou nuit à celle des autres.Un plan bien conçu ne peut que suggérer soit des modifications à la législation existante dans l\u2019optique des objectifs à poursuivre.suit des programmes d\u2019actions coordonnés.Ainsi les options fondamentale: du plan serviront de base à l\u2019établissement de priorités propres à chaque service gouvernemental, ce qui a l\u2019avantage d\u2019assurer l\u2019efficacité optima de la dépense publique.qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019investissenients scolaires, sanitaires ou routiers, de politique de construction domiciliaire, de tourisme ou d'expansion industrielle.(Suite à la page +4) Section économique: Hubert Section Section des Nouvelles: Robert imprimé per : \"> Jacques de Lomirande Enrg.975, rue de Bullion, Montréal 18.Le Ministère des Postes à Ottawa, ; a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxiéme classe de la présente publication.I Quand on se place du point de vue de la politique économique, on attache souvent trop d\u2019importance à la structure des industries.I n\u2019y a pas de bonnes et de mauvaises industries : et si on entend par structures.la composition ou l\u2019importance relative des industries, il n'y a pas non plus de structure idéale, pas plus qu\u2019il n'existe de complet- pour hommes de grandeur idéale.Si la préférence est donnée à certaines industries, c\u2019est habituellement parce qu\u2019on oublie qu'à chaque avantage correspond un inconvénient.L'opinion courante, je pense, préfère les industries à hauts salaires et les industries de biens de consommation durables, et, parmi celles-ci, les appareils électriques ménagers, les télévisions, l'automobile et les autres produits à prestige.L'industrie du meuble, par contre.est une industrie prolétarienne.Il est probable que l\u2019estime dans laquelle on tient une industrie dépend dans une bonne mesure du prestige que donne l\u2019acquisition du produit fabriqué par l'industrie Quoi qu\u2019il en soit de cette dernière observation, les préférences elles-mêmes sont rarement fondées sur des données objectives.Les industries à hauts salaires donnent peu d'emplois par unité de capital employé davantage.Les biens de consommation durables ont une demande plus élastique au revenu que (par exemple) les biens d\u2019alimentation, par contre cetle demande est moins stable et les emplois le sont aussi.les industries exportatrices basées sur les ressources naturelles de la Province ne semblent pas avoir la faveur populaire, parce qu\u2019on estime que les produits devraient plutôt être transformés sur place.Cest un voeu pieux, un souhait légitime.mais ce n\u2019est pas sur le degré de transformation des produits qu\u2019on peut fonder une poli- lique économique, pas plus que la hauteur des buildings n\u2019est un signe de la prospérité d\u2019une ville.En fait, la politique économique devrait meltre en oeuvre des dispositifs d'expansion générale et laisser le choix \u2018des industriels à développer aux mécanismes du marché.Il nous importe peu, il faut bien le dire, que ce soit l\u2019industrie du ciment, du papier ou des liqueurs douces qui donnent de l'emploi à la main-d'oeuvre si les emplois sont là, en nombre suffisant.L'opinion publique n\u2019accepte- rail certainement pas qu\u2019on impose aux consommateurs une structure de dépenses plutôt qu\u2019une autre de leur choix.Dans ce domaine, la politique économique est très discrète : elle laisse les prix mon- ler ou celle les stabilise ; elle élève Ou abaisse le taux d\u2019intérêt de façon à faire augmenter ou dimi- ner les dépenses totales, mais elle pel laisse à chacun de choisir le produit qui sera, en conséquence, acquis ou rejeté.De même dans le domaine de la production.L'Etat ne devrait pas privilégier directement une industrie, que ce soit sous forme de tarifs, de subsides ou d\u2019une entreprise publique, (sauf l\u2019éducation qui ne relève plus de l\u2019initiative privée, et à l\u2019exception d\u2019un cas important dont je parle plus loin).LE QUARTIER LATIN natoirc quant aux pays avec lesquels nous commerçons) et libérale.Ensuite parce qu\u2019il cherche à enlever d\u2019autres obstacles particuliers a l\u2019expansion, comme l\u2019insuffisance de l\u2019infractructure économique (routes, énergie, transports, institutions financières, information, etc), comme aussi le manque d\u2019instruction générale de la main- d\u2019oeuvre ou le manque de techniciens contemporains.Nous enten- me aussi le sont, a d\u2019autres titres, certains contrdles inévitables des prix.On doit d\u2019abord faire la preuve de ces incompatibilités par des analyses fouillées et une programmation sophistiquée ; ensuite quand la volonté d\u2019intervention a véritablement fait place à ce calcul « social », l'Etat peut et doit alors puiser dans l'arsenal des armes correctives ou incitatives qui sont discriminatoires par définition.«.mais ce n\u2019est pas sur le degré de transformation des produits qu\u2019on peut fonder une politique économique, pas plus que la hauteur des buildings n\u2019est un signe de la prospérité d\u2019une ville.» Politique de !\u2019Etat Disons immédiatement que ce n\u2019est pas là une politique de laisser- faire.Pour plusieurs raisons.D\u2019abord et principalement parce que l\u2019Etat s'occupe activement des conditions d\u2019expansion générale.Sur le plan intérieur, par une politique de plein emploi, résolument keynésienne (Sir Roy Harrod, qui n\u2019est pas le dernier venu, disait « à l\u2019outrance ») ; sur le plan extérieur, par un taux de change flexible, une politique tarifaire non discriminatoire (quant aux produits mais possiblement discrimi- .ray A Theron a iar a - dons par la quelque chose de plus que la formation professionnelle communément entendue, i.e.un programme nous conduisant par exemple à la situation des E.U.où 70% de la main-d\u2019oeuvre nouvelle a terminé au moins une lle année d\u2019une école secondaire non-profes- sionnelle.En dépit d\u2019une telle politique d'expansion, il peut encore arriver que les calculs privés ne coincident pas avec le calcul « social» dans les décisions d\u2019investir.C\u2019est l\u2019exception mentionnée auparavant.Les liens domestiques d\u2019interdépendance entre les industries en sont le principal fondement, com- = ey am me 7 crue rem mme Structure « idéale » Quoique cette généralisation ne soit pas aussi significative qu\u2019on le voudrait, il est néanmoins utile de dire que la « meilleure » structure des industries est celle qui résulte en la productivité la plus élevée par rapport à l\u2019ensemble des facteurs de production étant données les conditions bien concrètes d\u2019offre et de demande sur les marchés des facteurs et des biens.Les demandes étrangères et domestiques qui dépendent de ce que les consommateurs et les entreprises préfèrent consommer nous donnent \u2014 A PAGE TROIS LE DÉVELOPPEMENT DE L'INDUSTRIE MANUFACTURIERE déjà une bonne idée des industries manufacturières qui devraient surtout se développer au Québec d\u2019ici quelques années.Les industries de biens d\u2019alimentation, les industries textiles, le vêtement et plusieurs autres suivent à peu près l\u2019accrois- soment du revenu national du Canada.Québec est déjà relativement spécialisé dans ces industries et le tarif canadien a beaucoup fait pour les faire naître, puis pour les maintenir.Advenant une politique tarifaire plus libérale, ces indus- trics perdraient certainement de leur importance.Si autrefois, quand la technologie prédominante était fort simple, le coût de la main-d'ocuvre jouait un certain rôle dans la localisation des industries (rôle qu\u2019on a d\u2019ailleurs exagéré peut-être), il est presque certain qu\u2019il n\u2019en joue plus à l'heure actuelle, sinon les pays sous-développés qui disposent par excellence d\u2019une main-d\u2019oeuvre bon marché occuperaient les Etats-Unis depuis longtemps.Par ailleurs, la demande s'élève plus rapidement dans les secteurs des biens de production et celui des biens de consommation durables.Mais ce sont les conditions d\u2019offre des ressources nécessaires à la production et la politique éco, nomique qui détermineront si Québec conservera les marchés dont il dispose maintenant et s\u2019il pourra les développer à l\u2019avenir.Comme la dimension du marché est très importante dans ces secteurs et que le marché du Québec lui- même est très restreint, le succès dépend dans une très large mesure des possibilités d\u2019exportation dans les autres provinces du pays et à l'étranger.C\u2019est pourquoi une poltique économique plus libérale, plus ouverte sur le monde nous parait essenticlle.En outre, comme il convient, ce sont les industries qui réussiront à abaisser davantage leurs prix par rapport aux concurrents étrangers qui connaîtront la plus forte expansion.Exprimée d\u2019une autre façon, cetle condition équivaut à dire que les industries qui pourront exploiter mieux les avantages comparatifs du Québec seront en avance sur les autres face a une demande mondiale équivalente.Il résulte donc qu'à nos yeux, ce sont les industries transformant les ressources minérales, forestières et agricoles (dans certains domaines seulement) qui accroîtront leur importance relative dans le Québec d'ici quelques années à moins qu\u2019on accentue le protectionnisme.Il s\u2019agit des produits des minéraux non-métalliques, des produits des métaux non-ferreux, des produits du bois et du papier.LE pe re + aS - PAGE QUATRE .LE QUARTIER LATIN LA RECONQUÊTE ÉCONOMIQUE, CONDITION DE SURVIVANCE Si on veut tenir compte des véritables réalités, le Québec n\u2019est pas en premier lieu un morceau de la géographie nord- américaine ni une entité constitutionnelle, mais plus de 5 millions de personnes, dont la majorité sont Canadiens-Français.La seule chose peut-être à laquelle nous n\u2019avons pas cessé de croire et dont nous avons toujours été profondément conscients, c\u2019est que nous sommes un petit peuple d\u2019origine française immergé dans la grande majorité anglo-saxonne de l\u2019Amérique du Nord et que nous voulons continuer à vivre et à nous épanouir comme Canadiens-Français.De cette certitude hérédituire provient la majorité de nos « complexes > nationaux.Or, une chose semble acquise depuis ces dernières années : c'est que la résignation à l'infériorité économique et sociale est devenue inacceptable.La prise de conscience est faite Si nous nous sommes rendus jusqu'ici, c\u2019est que nous avions bien sûr un certain nombre d'institutions à nous qui ont permis à la vie française de se perpétuer et de se développer.Mais en même temps, ce sont elles, plus ou moins inconsciemment et sans doute par leurs carences surtout, ont provoqué le sursaut d'aujourd'hui.L'insignifiance bebête et corrompue de l\u2019Etat, la mésadaptation de l'enseignement aux exigences d\u2019une société industrielle et urbanisée, les retards honteux de la politique sociale, ont joué ce role classique de la digue derrière laquelle les flots de l\u2019impatience ct du dégoût des masses montent peu à peu, d\u2019abord imperceptiblement, puis en s\u2019accélérant (disons : autour de la disparition de Monsieur Duplessis), pour déferler enfin en trombe sur toute la société.Et incontestablement.cette trombe qui déferle sur notre société québécoise aujourd'hui est faite d\u2019abord du courant rageur d'une prise de conscience des réalités écdnomiques, d\u2019un sentiment de plus en plus net d\u2019une relation de cause à effet entre notre infériorité dans l'économie, et notre fragilité sociale et culturelle.Moi pour un, je crois que cette rage est bénéfique et que ses excès mêmes, inévitables de toute façon, nous feront plus de bien que de mal.Comme disait le père Hugo, mieux vaut être la dent que l\u2019herbe; nous avons été tondus assez longtemps.Reconquête économique et survivance à nous, et que nous en prenions le contrôle Une économie Par \u2018tous les moyens légitimes en nous libérant de nos frousses _\u2014c SE = Réné LEVESQUE, ~~ héréditaires, voilà la condition essentielle d\u2019une survivance qui ne soit plus en forme de cul-de-sac.Comme individu, je m\u2019en tirerai toujours; mais comme membre d\u2019un peuple minoritaire et dépossédé, je ne vois pas comment je pourrais «tenir» encore bien longtemps sans m\u2019atteler à cette priorité absolue.S'il n'est pas un pays légal, le Québec est un pays réel, et c'est dans ce sens que tous les Canadiens doivent apprendre à « Une économie à nous, et que nous en prenions le contrôle par tous les moyens légitimes en nous libérant de nos frousses héréditaires, voilà la condition essentielle d\u2019une survivance qui ne soit plus en forme de cul-de- sac.» considérer le Québec; c\u2019est aussi dans ce sens que doit être conçu le développement économique s\u2019il doit jouer son rôle.Il faut voir le Québec comme une entité économique, comme un tout à l\u2019in- tériceur d'un autre grand tout économique.Il faut rendre cette entité économique, la plus complète possible et combler les déficiences qui existent par exemple dans les secteurs de l\u2019industrie secondaire ct de la transformation au Québec des richesses na- turclles.Et il faut que cela se fasse, comme jamais auparavant, comme jamais on n\u2019aurait osé l\u2019imaginer auparavant, à la fois par nous ct pour nous du Québec.Rôle de IPPEtat Sauf tout le respect qu'on peut avoir pour les esprits honnêtement conservateurs, il faut que l\u2019Etat soit présent, actif, protagoniste dans cette reprise en main.Car autrement, elle mourra éternellement à Pétat de beaux discours.La nationalisation, les études sidérurgiques, la Société de Financement, voilà autant d\u2019étapes sur cette route.Mais ce ne sont que des étapes, et préliminaires encore.Tout ceci n\u2019est qu\u2019une répétition de thèmes fréquemment repris depuis deux ans; cependant, il faut les répéter afin qu\u2019on y croie finalement tous, car personne ne croira pour nous ct surtout personne n\u2019agira pour nous.Toute notre aventure canadienne-française dépend du rôle et de l'orientation de notre économie.Et puisqu\u2019on discute ici de la Confédération, nous pouvons conclure sans exagérer que son existence même est accrochée à l'expérience collective que nous vivons au Québec et qui doit aller s\u2019accélérant et se renforçant d\u2019année en année.Les résultats de cette expérience, et l\u2019accueil qu\u2019on leur fera dans le reste du pays, diront plus vite qu\u2019on ne le pense, j'en suis pour ma part convaincu, si le Canada qu\u2019on a fabriqué en 1867 a encore une raison d\u2019être.ue Ministre des Richesses naturelles 20-Mans 194 Nécessité d'une planification indicative (Suite de la page 2) Le mythe du libéralisme Toutefois, il ne faut pas se le cacher, des difficultés nombreuses surgiront dans la planification tant au cours de la phase d\u2019étabo.ration que de celle de la réalisation.La difficulté majeure cs sans doute cette habitude invétérée d'individualisme qu\u2019on retrouve dans tous les secteurs de la société, Aucune planification n\u2019est possible sans une socialisation des activités économiques reposant sur une prise de conscience de la solidarité fondamentale entre les hommes et les groupes, et la volonté de s\u2019employer à poursuivre les mêmes fins bénéfiques pour tout le monde.Ces habitudes d'individualisme ne disparaîtront d\u2019ailleurs que le jour où on se sera débarrassé du mythe de la concurrence « pure et parfaite ».Dans le régime actuel, la plupart des comportements sont influencés par la croyance en la philosophie libérale, croyance démentie par les faits.Il est illusoire de revenir à l\u2019antique régime de la concurrence de petites unités.Par ailleurs la prise en charge des activités économiques par l'Etat nous apparaît inacceptable.La seule issue qui nous reste, c'est de nous accommoder de la situation actuelle, caractérisée par la concentration du pouvoir économique et social, mais de le faire de façon intelligente et conforme à l'intérêt général, par une planification rationnelle.D\u2019autres obstacles se dresseront sur la route : par exemple, en matière de prévision, la perméabilité de l\u2019économie québécoise aux influences étrangères, et la difficulté de bien évaluer les flux réels de biens et de services.Sur le plan des réalisations, deux difficultés apparaissent majeures : à) la multiplicité des instances gouvernementales, ce qui n\u2019est pas de nature à faciliter l\u2019entente, étant donné la (Suite a la page 9) 2 bureaux pour médecins et 1 bureau pour avocat ou notaire dans un édifice moderne.M.Wilfrid Trahon, 440 - éème Ave, Grand'Mère Bureaux pour professionnels St-Denis 7282 \u2014 Simples $75 \u2014 Doubles $85 \u2014 Grande salle d'attente \u2014 Occupation 15 mai.CR.6-8277 \u2014 NO.1-7345 Appartements (34 et 444) \u2014 Occupation ler mai \u2014 Edifice neuf et moderne \u2014 Face à l'U.de M.\u2014 Ascenseur \u2014 Toutes commodités et taxes payées.Tél.: 739-7096 een 28 MARS 1963 cm\u2014 Lee eds a a aC x Ty renee po re Te ay TH PAGE.CINS LANIFICATION ET CONTROLE Le bilan de l'exploitation des ressources naturelles du Québec, abandonnée à des intérêts étrangers, ainsi que le tableau d\u2019une industrie secondaire mainte fois mise en échec au cours de ses tentatives d'expansion, ont provoqué une prise de conscience chez ls peuple québécois.Il a vraiment fallu peu de temps pour que ce réveil s\u2019exprimât par des dénonciations de toutes sortes et que l'on demandât d'étaler, aux yeux du public, plusieurs dossiers de nature à appuyer certaines revendications.On fii même davantage : déjà de numbreux efforts ont été dépensés afin de mettre un peu d'ordre dans le secteur des industries primaires et de libérer l'industrie secondaire de la province des entraves qui semblent la condamner toujours à l\u2019état embryonnaire.À n\u2019en point douter, la croissance économique de la province demeure l\u2019objectif suprème.Cette fois, cependant, on la veut équilibrée, Et c'est à la planification que l\u2019on désire recourir, fascinés par les résultats obtenus en France par exemple.Toutefois, l'efficience de la planification est conditionnée par de nombreux facteurs, dont le contrôle, par l'Etat, du circuit monétaire et financier.C\u2019est à cet impératif que nous vous invitons à réfléchir dans les lignes qui vont suivre.Rappelons la contexture du système économique dans lequel nous vivons.Ce système est un monde où se côtoient des producteurs et des consommateurs, des prêteurs et des emprunteurs, dont les besoins n\u2019ont cessé de se multiplier dans la variété : besoins de produits, de services et de crédit, qui ont fait surgir des besoins d'établissements de production et de distribution, d'institutions bancaires et financières diversi- flies.Et c\u2019est grâce aux échanges, facilités par la monnaie et par le crédit, que l'on aspire à la satisfaction de ces besoins mul- iples, Les échanges créent des flux de dépenses et de revenus, de prêts et d'emprunts qui, dans les systèmes économiques avan- (ts commie le nôtre, sont canali- Sés dans les voies du système ban- (aire et financier.En fait, ces banques et ces institutions financières sont de véritables collec- leurs et distributeurs de ressour- Ces financières de toutes prove- Mances.Collection et Distribu- tion sont donc deux mots qui résument bien leurs activités essentielles, Distribuer des ressources, c\u2019est les répartir entre divers emplois : c\u2019est-à-dire, canaliser des facteurs de production vers des fins commerciales, industrielles, etc.C\u2019est aussi imprimer une orientation à la croissance économique d\u2019un pays ou d\u2019une région.Car il arrive que telles industries soient favorisées plus que telles autres.Il s'agira tantôt d'une décision délibérée, tantôt d\u2019une action inconsciente.En ce qui concerne le Québec, c\u2019est dans la distribution des ressources financières qu\u2019il faut souvent rechercher l\u2019origine de bon nombre de difficultés qui accablent son économie.En l'affirmant, nous DU sommes conscient de l\u2019importance stratégique du poste de commande du circuit monétaire et financier.Et nous ne pouvons - pas douter de la nécessité d'exercer un contrôle sur ce circuit si l'on veut être sûr de pouvoir matérialiser sa volonté sur le plan économique, du moins de façon sensible.Ce degré de contrôle étant inexistant, la volonté d'agir sur le plan économique à l'échelle d'un pays ou d\u2019une province, est vouée à l'assaut de difficultés sans nombre et risque de défaillir devant tant d\u2019obstacles et non moins d\u2019incertitudes.Bref, il importe que le gouvernement planificateur contrôle et actionne, au besoin, les puissants leviers de la monnaie et de la finance, outre celui de la fiscalité.Tout gouvernement, si bien intentionné soit-il, mais tenu à l'écart de ces postes de commande, se voit constamment dans l'obligation de faire ratifier ses projets par ceux dont il souhaite utiliser les ressources financières ou de condescendre aux désirs des plus forts lorsqu'il sollicite leur collaboration.Cela est d'autant plus certain que l'oligopole règne dans le monde industriel et dans les milieux financiers.Mais ce n\u2019est vrai que lorsque le gouvernement est incapable de faire respecter les priorités établies dans un plan, parce qu'il serait dépourvu de moyens de contrôle de l'allocation du crédit.A la planification indicative, on oppose la planification imperative.A la vérité, cependant, la planification est essentiellement impérative, bien qu'elle puisse être indicative dans ja manière.dont elle est conçue.Néanmoins, elle peut être impérative à des degrés divers, selon les habitudes d'une société et selon l'étendue du contrôle effectivement exercé -par l'Etat sur la vie sociale, politique et économique.Informations et contrôle Avoir le contrôle, c\u2019est avant tout posséder des informations pour se les rendre utiles dans la poursuite d'objectifs, les uns immédiats, les autres lointains.Car après tout, c\u2019est à la lueur des faits qu\u2019il est vraiment possible d'exercer un contrôle effectif.Et lorsque nous pensons aux efforts de planification du Québec, ce sont à la fois la pénurie des renseignements pourtant indispensables, et des privations embar- CIRCU rassantes en instruments générateurs de monnaie et de crédit, qui nous rendent perplexe.M.André Raynauld, dans un livre intitulé Croissance et Structure Economiques de la Province de Québec, souligne avec raison combien des renseignements manquent au dossier statistique de la province.Par exemple, nous ignorons l'importance des transactions commerciales et financières du Québec avec les autres provinces, ou avec l'étranger.Autrement dit, il est actuellement impossible de dire si le Québec exporte.plus de marchandises qu\u2019il n\u2019en importe, ou encore s\u2019il reçoit plus de capitaux qu\u2019il n\u2019en expédie.Qui osera mettre en doute l'utilité de posséder de telles informations pour une économie ouverte, et hautement dépendante de l'étranger à la fois pour ses approvisionnements en produits et en capitaux,et pour l'écoulement de ses matières premières?Se munir de ces renseignements serait certes un premier pas vers l'exercice d'un contrôle effectif du circuit financier.Bien entendu, un contrôle total de ce circuit implique forcément la présence d'un organisme central, c\u2019est-à-dire une Banque Centrale chargée de pourvoir aux besoins de monnaie, de discipliner l'initiative privée dans le domaine de la création et de la distribution du crédit, et de surveiller les entrées et les sorties de capitaux.II faut, pour assurer l'exécution des décisions de planification, un organisme de cette importance ou, à défaut, une institution au service du plan et, naturellement, bien pourvue.en.ressources fi-.nancières.La.Société Générale ' de Financement, récemment fondée, représente la deuxième solution.Il importe de la nantir au fur et à mesure de moyens d'action, facteurs de puissance qui lui permettront d'accorder du crédit à long terme et à des conditions avantageuses.Loin d\u2019éliminer le besoin d'informations sur les flux monétaire et financier, la création de cette société l'accentue au contraire.Car il faut des critères en vue de déterminer les besoins financiers de cette entreprise.L'on voudra également estimer l'efficacité de sa politique de crédit sur l\u2019ensemble de l\u2019économie québécoise, conformément aux directives établies dans ce programme d'action économique que constitue un plan.IT FIN Par conséquent, nous nous heurtons de nouveau à la nécessité d'établir, pour le Québec, des comptes nationaux.En dépit de tout, cependant, aucun prétexte sérieux ne peut être invoqué pour justifier l\u2019inaction.Car, si la comptabilisation des comptes du Québec est un travail de toute urgence, elle n'est pas cependant une condition nécessaire de la planification de certains secteurs tels que les prélèvements d'impôts de toutes sortes, les dépenses publiques, les sources d'approvi- - sionnement en matières premières et en ressources énergiti- ques, etc.En d'autres termes, on ne saurait nier qu'il est déjà possible d\u2019agir, même s\u2019il faut aussi avouer que la province est actuellement trop handicappée pour entreprendre une véritable planification de son économie.Le contexte politico-économi- que dans lequel évolue l'économie du Québec présente toutes sortes d\u2019écueils qu\u2019il faudrait savoir contourner pour réaliser certains projets de développement économique.Il suffirait d\u2019une certaine hostilité des autres provinces à l'endroit d'un Québec désireux de planifier son économie, pour que le succès de certains projets se trouve gravement compromis et que des ef- NCIER forts aient été dépensés en vain.Il est souhaitable que l\u2019initiative prise par le Québec, en matière de planification, lui gagne au contraire la sympathie des divers autres gouvernements fût- ce seulement pour faciliter l\u2019obtention d\u2019une série de renseignements de très grande valeur, en particulier sur le commerce extérieur de cette province.Vély LEROY, Ph.D.Institut d'économie appliquée Ecole des Hautes Etudes Commerciales.\u201cVISITEZ L'EUROPE EN AUTOMOBILE\" Location \u2014 Plan financé ou achat de voitures, Ecrivez pour prospectus gratis à : European Cars Service, 62, Richmond St.West, Suite 1002, Toronto 1, Ontario.JEAN CHAREST, Prés.Heorl Laberge Pierre Benoit - Jacques Benelt 2950, Masson, Suite 201 .Associés Société de Services Professionnels Inc.(Conseillers en programme de succession et assurance-vie) HUBERT POITRAS, Vice-prés.J.PAUL DRSCHESNES, Ses.-irds. PAGE SIX L'HEURE EST VENUE Un des coûts de l'existence d'un système confédératif comme le nôtre est un conflit latent dans le système de taxation.Le jeu consiste pour chaque palier de gouvernement à persuader la population que les besoins qu\u2019il satisfait sont prioritaires, pour ensuite justifier une prise de position de force dans le champ de taxation.Cette manoeuvre est d'autant plus facile à réaliser quand les droits de taxation reposent sur des textes constitutionnels extensibles dans leur interprétation.Au Canada, à la faveur d\u2019une crise économique particulièrement virulente suivie d\u2019une guerre mondiale, le gouvernement fédéral s'empara de la majeure partie du domaine de la taxation directe, obligeant ainsi les provinces à se confiner dans le domaine marginal de la taxation indirecte et à dépendre des subsicles fédéraux pour combler leurs écarts budgétaires.Justification de la centralisation En effet, par l'intermédiaire du budget fédéral, on accordait à la taxation un nouveau rôle : celui de force stabilisatrice de l'Economie.Le principe du besoin fiscal était relégué au second plan pour faire place à celui des budgets anti-cycliques.On espérait ainsi, à travers un contrôle pius ou moins complet de la taxation au niveau fédéral, fournir la latitude nécessaire au gouvernement central pour établir ses budgets en fonction du cycle économique.Le contrôle du fédéral sur le système monétaire lui permettait déjà d'encourir les déficits temporaires nécessaires à une haute activité économique en temps de dépression.Le même contrôle dans les champs fiscaux allait permettre, au Fédéral, pensait- on, de jouer sur les taux de taxation pour injecter du pouvoir d'achat et susciter de nouveaux investissements en cas de ralentissement économique, tandis que des mesures globales similaires devaient freiner les forces inflationnistes en période trop optimiste.L'argument était de taille ; et si on considère que la Commission Rowell-Sirois mit le poids de son autorité en faveur du principe (elle fut l'instigatrice jusqu\u2019à un certain point de son application au Canada), il ne faut pas s'étonner du caractère centralisateur des accords fiscaux de 1941.Malgré des atténuations, la situation se perpétue encore aujourd\u2019hui où le Fédéral s'approprie Ja majeure partie de l'assiette fiscale.Ainsi, en 1961, AN le Fédéral préleva 61% de tous les impôts perçus quoiquil n\u2019en dépensa lui-même que 51%, le reste retournant aux provinces (et municipalités) sous forme de subsides et de participation aux programmes conjoints.Revenus de taxation (millions) en 1961 : Fédéral : $6,664.(61%) Provinces : $2,543.(23%) Municipalités: $1,602.(16%) Tous les Gvts : $11,0009.(100%) lou 29% du Revenu National Brut).Mesure globales =vs= mesures spécifiques Or, cette concentration des pouvoirs de taxation à Ottawa, en plus de placer les provinces dynamiques dans un carcan fiscal insupportable, est loin d\u2019être aussi efficace dans une économie aussi peu intégrée que l\u2019économie canadienne et dans une structure politique qui se prête mal à la centralisation des pou- -Voirs.En effet, l\u2019application de politiques fiscales globales dans un pays qui compte trois régions économiques bien distinctes risque dans la plupart des cas de se montrer nettement insuffisante dans les secteurs en stagnation, tout en étant la source de déséquilibres dans d\u2019autres secteurs.LES REGIONS ET LES SECTEURS ECONOMIQUES EN DIFFICULTES EXIGENT, dans des cas semblables, DES MESURES ECONOMIQUES SPECIFIQUES, soit sous forme de taux d'intérêt spéciaux ou de dégrèvements d'impôts à titre d'incitation aux investissements.Il aurait été possible que le pate.ss 364 of .2 +3 AWE in Ci Re ba gouvernement fédéral cumulât l'application d\u2019une politique économique générale (toujours essentielle) avec la mise en vigueur de mesures spécifiques (et, de fait, le gouvernement fédéral s\u2019est souvent comporté dans l\u2019élaboration de sa politique économique comme une succursale du gouvernement de Toronto).Efficace économique L'eut-il voulu, plus systémati- quemént, Cependant, que le goü- l\u2019impôt des corporations vernement central s\u2019en serait vu empêché non pas tellement par ses scrupules à intervenir dans les affaires provinciales (il en a très peu), mais par ses responsabilités premières à l\u2019égard de l\u2019intérêt général.La prospérité d\u2019aprés-guerre, dailleurs, et la philosophie économique du gouvernement d\u2019alors rendaient les lacunes gouvernementales à ce sujet moins apparentes.De toute façon, en voulant stimuler directement par des mesures fiscales tel centre industriel ou telle industrie localisée, le gouvernement fédéral prête constamment le flanc aux accusations de favoritisme envers une province plutôt qu'une autre.Il faut dire que la structure confédérative du pays constituerait pour les mêmes raisons la pierre d\u2019achoppement à une planification économique originant uniquement d'Ottawa.Contrôle essentiel : l\u2019impôt des corporations Dans le cas de la province de \u201cQuébec qui s'apprête à combler 28 Mars 1% DE SAVOIR QUOI EXIGER le vide en organisant son système de planification il est primordial qu\u2019une plus grande proportion de l'impôt sur le profit net des entreprises appartiennent à la Province, A remarquer que c'est un impératif qui vaut aussi bien pour I'Op.tario et la Colombie Canadienne, Le cas des autres provinces est différent, comme on le verra plus loin.Dans le passé, l'effort à principalement pos :£ sur le rapatriement des impôts perçus sur le revenu des individus.On a vu, avec raison, dans ce rapatriement une affirmation d'autonomie et une condition de souveraineté pour la nation cana- dienne-française ; on ne réalisa pas alors à sa juste valeur I'importance des impôts prélevés dans le secteur industriel.En effet, si le Québec veut efficacement exercer une action prédominante dans le développement et l'orientation de son économie, il lui faut exiger non pas 10% muis LA MOITIE des impôts sur le revenu net des corporations, quitte à modérer les demandes vis-à-vis l'impôt sur le revenu des individus au besoin.Propre souple, Tirer l\u2019épingle du jeu Il est de la plus haute nécessité qu'on réalise l'importance économique des impôts industriels pour un gouvernement qui décide d'abandonner son attitude passive vis-à-vis la vic économique.S'il s\u2019agit de rapatrier do droits de taxation pour faire de l'Etat du Québec un simple collecteur de taxes, il importe peu, en effet, que les argents perçus directement par la province ori ginent des revenus des particuliers ou de ceux des corporations.Une chose est certaine, cepen dant : nous ne réussirons pas à contrôler tous les champs de taxation directe (à moins de faire sauter tout le système !).En effet, si la Constitution confère aux provinces le droit d\u2019user de la « taxation directe dans les limi tes de la province », elle n'en ac corde pas moins au gouverne ment fédéral des droits sur « tous les modes de taxation ».Par conséquent, il vaudrait mieux dans une nouvelle répar tition fiscale exiger les portions de taxation directe qui, en plus de fournir les revenus nécessat res aux responsabilités provi\u201d ciales croissantes, permettent à la province d\u2019exercer une I fluence qui sera sienne dans son propre développement économique.\"(Suite la \u201cpage 8)\" 28 MARS 1963 \u2014 LE QUARTIER LATIN PAGE SEP?L'aspect monétaire du La Bourse de Montréal et | \u2018expansion économique du Québec développement économique de la province On s\u2019accorde généralement à reconnaître au moins quatre objectifs aux mesures monétaires : la stabilité du niveau des prix, l'équilibre de la balance des paiements, le plein emploi et le développement économique.Exprimés d\u2019une autre façon certains de ces objectifs pourraient être : l\u2019atténuation des fluctuations économiques et un taux de croissance économique relativement constant.[1 va sans dire qu\u2019il peut y avoir en pratique un danger d\u2019incompatibilité entre ces quatre objectifs : un même groupe de mesures monétaires destiné à rétablir l'équilibre de la balance de paiements et prévenir une inflation peut très bien entraîner une Le développement économique : une responsabilité provinciale baisse de l'emploi et un ralentissement du développement économique.Dans un tel cas c\u2019est évidemment à l\u2019Etat qu\u2019il devient de faire un choix entre les objectifs et d\u2019établir une politique.Etant donné le contexte économique et financier et la nature des instruments de contrôle, les objectifs d\u2019une politique monétaire doivent se situer à l\u2019échelle nationale.En effet, le marché monétaire est fondamentalement un marché national.les plus importantes institutions financières ont une envergure ct une politique nationales, et les opérations de marché ouvert par exemple ont des répercussions globales et non régionales.Dans la mise en oeuvre d\u2019une politique monétaire il est donc possible d\u2019avoir des conflits d'intérêt régionaux en plus de l\u2019in- compatibilté des objectifs nationaux.Par exemple un sous-emploi marqué dans une région, un taux de croissance économique constant ou adéquat dans une autre et pour l'ensemble du pays des difficultés dans la balance des paiements.H revient alors à l'Etat de faire un choix parmi les intérêts régionaux dans la perspective de l'intérêt général ou du bien commun, quitte à fournir un remède d'une portée locale.Ce remède pourrait être d\u2019ordre fiscal ou même prendre la forme de contrôle ou d'intervention directe.Dans le contexte constitutionnel actuel, l\u2018élaboration et la mise en oeuvre de la politique monétaire relèvent de Ja juridie- tion fédérale : la simple lecture des pouvoirs énumérés à l\u2019article 91 de l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord Britannique suffit à nous convaincre de cette situation.Le Fédéral n\u2019a-t-il pas compétence exclusive en matière de commerce bancaire, de monnaie, d\u2019intérêt et administration de sa dette publique ?Si une province décide d\u2019accélérer l\u2019allure de son développement économique et que cette décision politique est parfaitement en accord avec ses pouvoirs constitutionnels, ne devrait-elle pas posséder tous les instruments nécessaires et même utiles à la réalisation de cet objectif ?Est-ce que cette province ne devrait pas elle-même choisir la politique monétaire la plus appropriée à tes intérêts ?Je suis porté à croire qu\u2019il n\u2019est ni nécessaire ni même désirable d\u2019adopter cette solution extrême.Ce n\u2019est pas nécessaire parce qu\u2019il existe d\u2019autres moyens peut-être plus ap- Propriés de réaliser une politique économique régionale; par exemple intervention directe de l\u2019état ou des mesures fiscales.gr Cee Pe \u201c : ue (Suite à là page\u201d8)\" \u2018 Le rôle du marché des capitaux et de la bourse en particulier, dans le développement économique, ne retient pas toute l'attention qu\u2019il mérite.Il est trop souvent méconnu et la bourse, pour beaucoup, est une institution assez mystérieuse dont les activités sont réservées à un cercle restreint d\u2019initiés qui appartiennent « à la haute finance », selon l'expression populaire.Cette attitude se retrouve chez beaucoup d\u2019étudiants.Tel qui est familier avec les principes et les structures de la production ou de la distribution, ignore tout des techniques de financement.Et pourtant, il est clair qu\u2019il ne suffit pas, pour assurer l\u2019expansion d\u2019une économie, de réunir et de coordonner d\u2019une manière optimum les différents facteurs de la production et de la vente qu\u2019ils scient économiques, techniques ou humains.Encore faut-il pouvoir financer avec succès la création, l\u2019agrandissement ct la modernisation des entreprises.Les méthodes de financement sont multiples et notre propos n\u2019est pas de les analyser ici, puisque ce bref article doit se limiter à la bourse.Rappelons seulement qu'entre l\u2019autofinancement, le prêt bancaire à court ou moyen termes, le prêt à long terme ou la prise de participation de la banque d\u2019affaires, le financement public sous forme d\u2019obligations ou d\u2019actions, le choix du chef d\u2019entreprise dépend de nombreux facteurs qu\u2019il serait long d'exposer.Sur le marché des capitaux, la bourse joue un rôle essentiel : elle permet la mobilisation des capitaux disponibles sur une grande échelle, et elle rend donc possible l\u2019utilisation de l\u2019épargne aux fins d'investissement.Cette mobilisation de l\u2019épargne par le truchement du marché boursier tient une place de premier plan dans le processus de développement économique de tout pays.Sans une bourse active, il serait difficile au chef d\u2019entreprise, en régime capitaliste, de drainer les fonds nécessaires à la création, l\u2019agrandissement ou la modernisation d\u2019une affaire.Or, il faut de plus en plus de capital, de nos jours, pour assurer adéquatement les services de recherche, de mise en marché, etc.Il est significatif qu\u2019un nombre croissant d'entreprises canadiennes françaises comprennent de nos jours la nécessité de transformer leurs affaires familiales en compagnies de caractère public.Face à des besoins considérables de capitaux, pour permettre à leur industrie ou leur commerce de maintenir une position concurrentielle et de grandir, ces entreprises doivent recourir au financement public.De fait, un certain nombre ont abandonné récemment leur statut familial privé pour devenir sociétés par actions (Il faut préciser ici qu\u2019au Canada les bourses ne transigent que les actions, alots que \u2018dans - d\u2019autres pays, comme la France par exemple, elles cotent et transigent également les obligations ; au Canada ces dernières sont négociées par les courtiers en valeurs mobilières et les banques).Cette transformation en sociétés par actions permet non seulement à l\u2019entreprise de résoudre ses problèmes de financement, mais elle offre en même temps au public québecois le moyen de l\u2019intéresser directement au développement de celle-ci et, indirectement, à l\u2019expansion économique de la province.En achetant une action d\u2019une société canadienne française on en devient co-propriétaire et participe ainsi au développement de l'économie du Québec.Il n\u2019est malheureusement pas possible, dans le cadre limité de cet article, d\u2019exposer les multiples avantages que procure la société par actions dont les titres sont cotés en bourse : eslimation de la valeur de l\u2019entreprise, publication de ses résultats, évaluation de ses perspectives, facilités pour les augmentations de capital, etc.Le fait qu\u2019un nombre croissant d'entreprises canadiennes françaises ail décidé ces derniers temps de devenir « publics», de faire coter leurs actions à la bourse de Montréal, reflète sans doute la confiance des milieux d\u2019affaires francophones dans la Bourse de la Métropole.Cette évolution est duc également à l\u2019action éclairée de certains agents de change canadiens français et de la direction de la Bourse elle-même.Cette dernière a entrepris dans la province une campagne d'éducation financière qui commence sans doute a porter ses fruits.Son président actuel, M.Kierans, a manifesté des dispositions très favorables pour les Canadiens français et a pris, à cet égard, des initiatives satisfaisantes.L'usage du français, dans les publications de la Bourse en particulier, a été très étendu par exemple.Ces changements ne peuvent que faciliter l\u2019émancipation économique des Canadiens français, mais il reste encore beaucoup à faire.La place de ces derniers à la Bourse de Montréal est encore très faible et insuffisante en égard aux impératifs de l\u2019expansion économique de la province de Québec.Le 12 octobre dernier, lors d\u2019un colloque à l\u2019Université de Montréal sur « l\u2019avenir économique du Québec », j'ai eu l\u2019occasion de donner quelques précisions à ce sujet.Il n\u2019est peut-être pas inutile de rappeler quelques chiffres.Sur un total de 700 sociétés inscrites sur -les deux bourses de Montréal, on ne relève qu\u2019une vingtaine d\u2019entreprises canadiennes françaises.Les membres de la Bourse de Montréal, qui sont des agents de change, sont au nombre de 115 dont une quinzaine seulement de maisons ou d'individus francophones.D\u2019après la Commission Porter, parmi les \u201cpersoñnes- dont le-revenu annuel\u201d \u2018 s\u2019échelonne entre $2,000 et $3,000, on en dénombre 5.7% qui détiennent des actions dans tout le Canada, mais ce pourcentage tombe a 1.8% dans le Québec.En fait, la proportion des Canadiens français seuls est encore plus faible, si l'on tient compte que ce sont les Canadiens anglais, dont les revenus sont plus élevés, qui détiennent relativement plus d\u2019actions.Ces quelques précisions montrent sans ambiguïté que la place des Canadiens français dans les affaires de la Bourse elle-même est minime et que leur rôle, comme investisseurs, cest très faible.Il n\u2019est pas nécessaire de s\u2019étendre longuement sur les causes: de cet état de choses.Elles sont nombreuses et bien connues : du tem- péramment individualiste à l\u2019histoire, en passant par la prudence et la faiblesse de la formation économique, tout un ensemble de facteurs ont joué dans le même sens.Il faut constater que cela change, sous l\u2019influence des pouvoirs publics provinciaux notamment, des universités, des organismes et associations professionnels et de la Bourse clle-même, comme nous l\u2019avons mentionné précédemment.Nous, répétons-le, il y a encore beaucoup à entreprendre pour que les Canadiens français tiennent une place convenable sur le marché des capitaux de la Métropole.Le gouvernement de Québec a pris récemment des mesures dans le bon sens.La Société Générale de Financement et l'émission d\u2019obligations d\u2019épargne doivent précisément permettre de mobiliser une partie de l\u2019épargne canadienne française \u2014 qui est loin d\u2019être négligeable \u2014 et de l\u2019affecter, directement ou indirectement, à l\u2019expansion économique de la province.: De \u2018son côté la Bourse de Montréal peut oeuvrer dans la même direction.Dans le passé, une\u2019 partie importante de l\u2019économie qué- becoise, les ressources minières de l\u2019Article par exemple a été mise en valeur par du capital mobilisé non pas à Montréal, mais surtout à Toronto, par le marché financier de cette ville.La Bourse de Toronto a pris une avance considérable sur celle de Montréal ; en valeur, les transactions de cette dernière ne représentent que 40% de celles de Toronto.On voit que l\u2019écart est sensible.+ Toute initiative prise à Montréal dans le but de renforcer le marché financier de la Métropole et de le dégager, en quelque sorte, de l\u2019influence de Toronto, contribuera donc à affirmer la place montréa- laise et à émanciper l\u2019économie québecoise.C\u2019est un travail d\u2019envergure et de longue haleine, mais il est encourageant de constater qu\u2019il a débuté.Il faut le poursuivre sans relâche.i Dose ape Ta fo ET \u2018Henry7MHUN «ae re PAGE : MUST L'aspect monétaire du développement économique de la province (Suite de la page 7) A titre d\u2019exemple d'intervention directe nous pouvons citer la création d'entreprises gouvernementales, la garantie par l\u2019Etat des emprunts de certaines compagnies, ou simplement des pactes consentis directement par les concessions ou dégrèvement d\u2019impôts soit municipal soit provincial.L'efficacité de ces mesures étant évidemment fonction de l'importance des taxes locales vis-à-vis le fardeau total de la fiscalité.La province a de plus les moyens d\u2019orienter l\u2019activité de certaines institutions financières dont la politique d\u2019investissement peut contribuer à leur réalisation des objectifs économiques provinciaux.Au nombre de ces institutions nous pourrions ranger les Caisses Populaires, les Compangies d\u2019Assurances ou de Fiducie Provinciale, sans parler.de toute autre institution financière que la province aurait créée dans les limites de sa juridiction.L\u2019éluboration d\u2019une politique monétaire à l\u2019échelle provinciale ne serait pas désirable dans le contexte actuel parce que la plupart des objectifs classiques d\u2019une telle politique sont d\u2019une responsabilité nationale dans un système fédéral.Il faut ajouter que même dans l\u2019hypothèse où il serait possible d\u2019avoir une politique monétaire provinciale, celle-ci serait d\u2019une efficacité plus que douteuse.En effet, l\u2019économie d\u2019une province dans un système fédéral et une économie ouverte et les pressions qu\u2019il serait possible d\u2019exercer sur les principales institutions financières auraient des effets très limités puisque la fluidité et l\u2019intégration du marché monétaire tend à disséminer ces effets à l\u2019échelle nationale.Par exemple, une politique destinée à abaisser le taux d'intérêt dans la province n\u2019aurait d\u2019autre résultat que d'orienter nos épargnes vers un marché où le taux est plus élevé ce qui en définitive serait de nature à faire hausser le taux d\u2019intérêt dans la province.C\u2019est en quelque sorte le principe des vases communiquants.En définitive, l\u2019aspect monétaire du développement économique de la Province de Québec peut se résumer à quatre propositions.1) Dans le contexte constitutionnel, économique et financier actuel, une politique monétaire provinciale est impensable.2) La province devrait plutôt recourir à d\u2019autres moyens, intervention directe, mesures fiscales, pour orienter son développement économique.3) La création et le développement d\u2019institutions financières appropriées seraient peut-être un moyen d\u2019accroître la liquidité à l\u2019échelle provinciale sur une longue période.Cette innovation et cette expansion auraient sans doute des répercussions nationales mais il en résulterait de bonnes conséquences à l\u2019échelle provinciale.4) Prenant comme hypothèse que ce développement économique est en partie une responsabilité provinciale et que la province est le seul juge de sa politique, celle-ci devrait au moins avoir voix au chapitre lors de l\u2019élaboration d\u2019une politique moné- \u201ctaire nationale.Ces deux hypothèses seraient peut-être très difficiles à établir dans le contexte constitutionnel et politique actuel.Robert BERTRAND Professeur d\u2019économie à la faculté de Droit Samedi, 30 mars 1963 DERNIÈRE Danse Libre e .Merci à tous les collaborateurs eus - et aux participants mr _LS QUARTIER LATIN a L'HEURE EST VENUE DE SAVOIR QUOI EXIGER Le gouvernement ne pourra tout faire seul En effet, le vaste mouvement de coopération économique qui s'amorce dans le Québec ne se limitera pas uniquement à la coordination des plans d\u2019investissements du gouvernement et des entreprises dans le but de tendre vers des objectifs déterminés en collaboration avec les syndicats ; le gouvernement agira comme agent stimulateur dans l'établissement d'industries secondaires dans les régions les plus vulnérables et les plus affectées par le ralentissement économique.Si le gouvernement provincial ne possède pas les instruments nécessaires pour orienter les capitaux privés d'une manière démocratique, c'est-à-dire avec le jeu des appâts fiscaux et d'autres mesures persuasives, il se verra paralysé dans ses efforts de planification régionale.Peut- être se verra-t-il contraint de courir au feu lui-même, mais alors, ce n'est pas une mais dix Sociétés Générales de Financement qu\u2019il lui faudrait.Le tout est nécessaire Or, à défaut du contrôle de la politique monétaire et surtout de la politique tarifaire, l\u2019efficacité de l'action gouvernementale québécoise sur le plan de l'affectation des ressources et de l'orientation de l\u2019économie est étroitement liée à la portion de l'impôt sur le revenu des corporations sous contrôle provincial.Et, comme on la vu, le transfert de ce type d'impôt direct est d'autant plus impératif que les provinces sont à cause même du système confédératif dans une meilleure position que le Fédéral pour appliquer les mesures spécifiques de stimulation économique.Le tout est possible D'ailleurs, si on considère qu'en 1961 le Fédéral remit aux provinces, sous forme de transferts, 16,8% de son revenu, soit $1,132 millions, et que 50% de l'impôt perçu sur le revenu des corporations se serait chiffré à moins de $700 millions, le Fédéral aurait amplement pu rencontrer ses paiements de péréquation aux provinces pauvres (Suite de la page 6) (après, bien entendu, un réajustement nécessaire dans ses subsides et sa participation aux plans conjoints).Nouvelle répartition Le premier ministre Lesage semblait conscient de I'importance pour le Québec de la récupération des droits de taxation sur le revenu des corporations, quand il préconisait à la Conférence fédérale-provinciale de 1960 un partage 25-25-100% pour l'impôt sur le revenu des particuliers, l\u2019impôt sur le profit net des corporations et pour l'impôt sur les successions.Sa demande concernant l'impôt sur le revenu des corporations fut totalement ignorée.Au contraire, la nouvelle répartition fiscale qui entra en vigueur le premier avril 1962 n\u2019apporta des transformations (du moins pour le Québec) que dans le champ de l'impôt sur le revenu des particuliers.Voici la forme de l\u2019entente pour les années à venir : Répartition fiscale jusqu\u2019en 1967 Impôts sur: 1962 1963 1964 1965 1966 \u2014Revenus des particuliers .16% 17% 18% 19% 20% \u2014Profits nets des corporations .9%(10)* 9% (10) 9%(10) 9%(10) 9°10) \u2014Successions .50% 50% 50% 50% 50% * 1% de plus pour le Québec pour compenser les subsides pour les universités que les autres provinces reçoivent.Les provinces défavorisées ont besoin du fédéral L'obstacle à une répartition plus équitable et plus économiquement rationnelle, non seulement de l'impôt sur le revenu des corporations mais de toute la taxation directe, s'incarne dans les provinces pauvres.En effet, les impôts qu'elles laissent percevoir par le Fédéral leur reviennent gonflés sous forme de subsides de péréquation, lesquels ont pour but d'éviter des décalages trop prononçés dans les revenus des différentes provinces et dans le niveau des services qu'elles dispensent à la population.On réalisera d'autant mieux la situation si on considère que la population brute per capita de la Nouvelle-Ecosse, par exern- ple, na jamais excédé, depuis de nombreuses années, 50% de la Si votre North-Rite n'écrit pas aussi longtemps qu'il le it, à voire sens, nous vous enverrons un autre rechange \u2014 GRATUIT! SEULEMENT North-Rite 98° -5&- moyenne de la province d'Ontario.I] en résulte que près de 87% de tous les impôts prélevés par le Fédéral sur les revenus des entreprises ont leurs sources au Québec, en Ontario et en Colombie Canadienne.Par consg- quent, on comprend que le ra patriement d\u2019une part appréciable des impôts sur les profits nets des corporations ne représente à leurs yeux que peu dat.traits, à la fois du point de vue des revenus et du contrôle écu- nomique.En d'autres termes, l'autonomie fiscale est pour ce, provinces une denrée trop dispendieuse qu\u2019elles ne peuvent raisonnablement pas s'offrir.Plusieurs de ces provinces réalisent bien que la concentration des pouvoirs à Ottawa amène des politiques (tarifairess, fiscales, monétaires.etc.) qui accentuent encore la concentration industrielle dans la partie centrale du pays, et surtout en Ontario.Cela est notamment évident dans le cas des Provinces Maritimes (et du Québec pour d'autres raisons.) Elles sont bien forçées de choisir le moindre mal, cependant, et d'accepter tous les subsides qu'elles peuvent soutirer du Fédéral.Tout cela pour en venir à la conclusion qu\u2019il faut que le Québec sache quoi demander ct quelles sont les conditions dans lesquelles ses demandes seront agréées.L'occasion de le mani fester ne se fera pas attendre puisque le Fédéral vient de constituer une nouvelle Commis sion Royale pour étudier Ja fiscalité au Canada (Commission Carter).Cette nouvelle commis sion ne surgit pas dans le méme climat politique que la Commis sion Rowell-Sirois, il y a vingt six ans, Les besoins et les nou velles responsabilités économiques des gouvernements provinciaux, et en particulier de celui de Québec, la pensée économt que et le dynamisme qui anime ce dernier, sont le signe que les provinces ne souffriront pas que leur action soit paralysée par une répartition fiscale désuète.Rodrigue TREMBLAY Economique IV A VENDRE Bureau de médecin, boulevard Gouin, près Hôpital du Sacré- Coeur.Clientèle établie et équi- ment complet: _ : Communiquez tl'evant-midt \u201cà: mr pare 28 MARS 1963 LE QUARTIER LATIN à \u2018 LE CONSEIL D'ORIENTATION ÉCONOMIQUE DU QUÉBEC || y a une quinzaine d'années, la Société des Artisans, dont je suis le président, était appelée à fournir les capitaux nécessaires à bâtir les premières maisons d'une nouvelle ville sur la Côte-Nord du Québec.L\u2019affaire se présentait d\u2019une façon extraordinaire, car c\u2019était l\u2019évêque de l\u2019endroit qui prenait l\u2019initiative de se construire une nouvelle ville épiscopale.Cet évêque, dans la ville où était installé son évêché, pouvait difficilement ériger les édifices nécessaires à son action religieuse et sociale : évêché, cathédrale, collège classique, hôpital, et le reste.Au surplus, il y avait là un grave problème de logement des familles dans des maisons convenables, propices à l\u2019éclosion et à l\u2019épanouissement de la famille.Seul l\u2019évêque ct son entourage immédiat acceptaient le projet de construire une nouvelle ville à 4 ou 5 milles en amont.La corporation épiscopale avait décidé d\u2019ériger, avec le concours du gouvernement, l\u2019hôpital, qui, entre.temps, servirait d\u2019évêché, de collège et aussi.d\u2019hôpital, On avait ébauché la fondation d\u2019une coopérative pour bâtir une cinquantaine de maisons.Mais.pour bâtir ces maisons, il fallait de la finance et le courageux évêque ne trouvait pas de société financière qui ronsentit à faire les prêts hypothécaires sur ces maisons.On trouvait le projet riaqué ! 11 vint à la Société des Artisans.En gros, il s'agissait de prêter une somme de près d\u2019un demi- nuillion répartie sur une cinquantaine de maisons, les premières de la nouvelle ville.Pour des hommes d'affaires, c'était une proposition hardie.Ceux de la Société des Artisans firent confiance à l\u2019évêque et à ses coopérateurs : les prêts furent accordés.C\u2019est ainsi qu\u2019à quelques milles de Baie-Comeau s\u2019élève au- jourd\u2019hui Ja coquette ville de Hauterive, bâtie de toutes pièces, en pleine forêt, grâce à la conviction tranquille de monseigneur Labrie et au concours d'une société d\u2019assurance qui, ton! en prenant les précautions administratives nécessaires avail également compris que son rôle économique est aussi social.Le Conseil d'Orientation économique du Québec est né d'un semblable idéal.Ce qui a été fait à Hauterive sur un plan hardi, mais tout de même modeste si on pense à l\u2019ampleur du Québec, peut et doit se répéter à des millions d\u2019exemplaires sur tout le territoire du Québec.C'est le role du Conseil d\u2019Orientation économique du Qué- \u201c bec dd\u201d penser \u2018cette Tâche sociale ct d\u2019en élaborer le plan.Voyons donc brièvement : 1.Ce qu\u2019est le Conseil d\u2019Orientation économique du Québec; 2.Quels objectifs il poursuit.* x x 1 \u2014 Qu\u2019est-ce que le Conseil d\u2019Orientation économi=- que du Québec ?Le Conseil d\u2019Orientation économique est « un organisme d\u2019étude, de recherche et de consultation en matière économique » (article 2 de la loi).Il relève directement du gouvernement du Québec et est responsable au premier ministre lui-même.ll est composé de vingt personnes chargées de se prononcer, de dire le premier et le dernier mot sur ses propres projets.Il a à sa disposition un certain nombre d\u2019experts, économistes, sociologues, conseil- lers-techniques et autres, avec le personnel administratif requis.11 forme des groupes de travail qui font des études ct des recherches dans tous les domaines qui touchent à l\u2019économique.Ces groupes de travail font rapport à un comité central, appelé « groupe d'équilibre », qui voit à tout coordonner, peser et fondre en un tout cohérent les diverses données résultant des recherches et des études fuites.Tout ce travail se fait sous la directive du directeur général du Conseil.Ce directeur général est un haut fonctionnaire du gouvernement qui, à cause de l'importance de son rôle, a rang de sous-ministre.Lorsque le comité d'équilibre et le directeur général jugent que le travail est prêt et conforme aux idées et directives du Conseil, ils soumettent le tout au Conseil lui-même.Celui-ci a, évidemment, le pouvoir de changer, de modifier ou de refuser les projets, comme de faire recommencer le travail en tout ou en partie.Le Conseil est à l\u2019origine et à la clôture de tous les travaux des groupes, y compris le groupe d\u2019équilibre.Qu\u2019il s\u2019agisse du plan général ou d\u2019une question particulière, lorsqu\u2019il a pris position, le Con- scil fait rapport au gouvernement dans le sens de ses décisions, en faisant les recommandations appropriées.Le rôle du Conseil finit là, car c'est purement un organisme de consultation; il n\u2019a pas à se mêler de l'exécution des mesures qu\u2019il préconise.du moins dans l\u2019état actuel des choses.C\u2019est, ensuite, au gouvernement à prendre action.A joutons que les membres du Conseil sont nommés par le gouvernement et choisis parmi les hommes d\u2019affaires et les experts susceptibles de jouer le de remplir.I1\u2014 Quels objectifs pour= suit le Conseil ?L'article 3 de la loi du Conseil répond à cette question : « Ce Conseil a pour mission : a) d'élaborer le plan de l\u2019aménagement économique de la province en prévoyant l\u2019utilisation la plus complète de ses ressources matérielles et humaines; de conseiller le Gouvernement, de sa propre initiative ou sur demande, sur toute question économique.» Si l\u2019on commence par le deuxième point, on voit donc que le Conseil, d\u2019une part est à la disposition du gouvernement pour le conseiller sur toute question économique qu\u2019il lui soumet, et que, d\u2019autre part, il peut, de sa propre initiative, mettre devant le gouvernement un problème qu\u2019il croit urgent de solutionner et en suggérer la façon.C'est ainsi que, jusqu\u2019ici, a agi le Conseil depuis deux ans qu\u2019il existe.Il a, tout de même, sous cet aspect, déjà rendu d\u2019éminents services.Mais, sa fonction principale, c\u2019est de bâtir le plan du développement économique du Qué- bee.Et.pour cela, il doit prévoir l\u2019utilisation la plus complete de nos ressources maté- riclles et humaines.On le voit, le rôle du Conseil et l\u2019idée de planification représentent une politique, une manière d\u2019agir totalement nouvelle chez nous.On entend ne plus laisser à la seule initiative privée la fonction de développer à sa guise nos ressources matérielles et d\u2019utiliser nos ressources en hommes pour, accessoirement, donner de l\u2019ouvrage à nos gens.Si l\u2019Etat ne veut pas entraver l\u2019esprit d'entreprise, il tient, cependant, à intervenir pour que le développement économique se fasse dans l\u2019ordre et serve, d\u2019abord et avant tout, la population.Pour aller au fond des choses et dire pleinement notre pensée, il faut aller au delà du texte de loi, qui, lui, ne peut qu\u2019être général : il faut admettre, au fond, que la principale raison d'un développement économique, c'est de procurer de l'emploi aux gens.L'objectif fondamental du Conseil d\u2019Orientation économique du Québec et de la planification, c\u2019est donc d\u2019en arriver à procurer le plein emploi chez nous et d\u2019éliminer Je chômage.Plein emploi, cela veut dire non seulement trouver de l\u2019ouvrage aux manoeuvres, ouvriers et journaliers qui sont les plus exposés.à en manquer, mais, aussi, fonder et développer suffisamment d\u2019entreprises économiques pour que b) rôle ja'ün défnandr au Cänseil \u201cViok-jeunes ingénieurs, nos\u201d éca- nomistes, nos professionnels, nos hommes de science, ceux qui ont le goiit de devenir chefe d\u2019entreprises, puissent trouver des sociétés industrielles, commerciales et financières où ils pourront déployer leurs talents.Tout développement économique doit avoir comme but premier de servir la population, toutes et chacune des unités de la population.Si, du mêé- me coup, les promoteurs font de l\u2019argent et des profits \u2014 ce qui s'impose \u2014 personne n\u2019y mettra obstacle, bien au contraire.Mais, la population doit être la première servie.Un autre objectif de la planification économique, c\u2019est de développer dans toute la mesure du possible, toutes les régions du Québec.Celui qui visite certaines régions de chez nous, comme la Gaspésie, le Bas-du-Fleuve, l\u2019A- bitibi, se rend vite compte, s\u2019il a le moindrement le sens de la communauté et s\u2019il ouvre les yeux, qu\u2019il y a quelque chose à faire pour le développement économique de ces régions.Elles ont des richesses naturelles, mais, généralement, ces richesses servent à alimenter les industries des régions plus évoluées.Ainsi, par exemple, on hésitera à bâtir une usine d\u2019affinement des métaux dans une de ces régions parce qu\u2019il n\u2019y a pas d'électricité et l\u2019électricité n\u2019y va pas parce qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019industrie pour la consommer.Qui viendra briser le cercle vicieux, sinon le gouvernement ?Et, pour le faire, il faut à celui-ci un plan de développement économique.«x Si le Québec veut développer économiquement toutes ses diverses régions et faire en sorte que la vie sociale y soit convenable, si le Québec veut en arriver à donner de l'ouvrage à tous ses enfants, il lui faut faire en sorte que son développement économique soit en proportion de l\u2019augmentation du nombre de ceux qui, chaque année, arrivent sur le marché du travail.Pour cela, il faut des études, des recherches : il faut un plan de notre développement économique.Envisagé comme cela, le principe de la planification appa- rait comme une vérité de La Palice.En \u2018pratique, il s\u2019agit d\u2019un travail d\u2019envergure, ardu et de longue portée.Mais, l\u2019enjeu en vaut la peine.René PARE Président du Conseil d'Orientation économique du Québec.La nécessité d'une planification indicative (Suite de possibilité que des partis différents soient au pouvoir au Fédéral et au Provincial ; b) l\u2019énorme proportion de décisions économiques qui sont prises à l\u2019étranger, et en particulier aux États-Unis, décisions dont on n\u2019est jamais sûr qu\u2019elles concilieront l'intérêt national (dans le sens de celui du Québec) avec celui des entreprises concernées.Rôle de l\u2019éducation En somme, beaucoup de chemin reste encore à faire avant qu\u2019une planification économique valable soit en marche.Ce sera le rôle de la génération montante, de s\u2019affranchir d\u2019abord des préjugés attachés au régime traditionnel, ce qui lui permettra de jeter un regard plus perspicace sur la situa- la page 4) tion, et de s\u2019orienter ensuite vers l\u2019immense tâche d\u2019harmoniser intérêts privés dans la poursuite d\u2019objectifs communs librement et lucidement acceptés.Mais la substitution de la raison au hasard exigera un effort intellectuel sans précé- dent, à ce niveau.D'où la nécessité de former une pléiade de techniciens de la planification, celle-ci exigeant en fait, à cause de l\u2019effort de synthèse qu\u2019elle nécessite, des spécialistes d\u2019à peu près toutes les disciplines imaginables.Voilà d\u2019ailleurs, sur le plan opérationnel, le plus grand défi que pose la planification.Etant donné la pénurie d\u2019experts, il ne faut pas s\u2019attendre à des résultats mirobolants pour bientôt.De là la nécessité de nous mettre à la tâche sans retard.Roland PARENTEAU A MINUIT \u2014 SAMEDI! SOIR \u2014 LE 30 MARS CINÉ - CABARET en vedette : PIERRE DUDAN aussi Jean-Quy MOREAU, fantalsiste Qui présente : Pierre Calvé, Claude Gauthier, Raymond Lévesque, Pierre Létourneau, Jacques Blanchet, Gilles Vi- gneault et Claude Léveillée.\u2014.-.- Grand Salon du.Centre Sociol I PAGE DIX Qu'est-il advenu de: Néron C.César, PROMOTION °57?Lorsqu\u2019à l\u2019université il est question de musique, il se trouve toujours quelqu\u2019un pour parler de Néron Claude, l\u2019homme à la lyre d\u2019or.Aucun autre virtuose de cet instrument difficile n\u2019a acquis une réputation à la hauteur decelle du gars d\u2019Antium.Durant ses premières années universitaires Néron s\u2019en tint surtout au traditionnel, mais à son apogée il vint très près de ce que les modernes appellent le Jazz Hot.Ceux de ses contemporains et amis qui ont survécu l'ère de ses succès, et ils sont lamentablement peu nombreux, se rappellent que pendant sa dernière période il s\u2019attacha d\u2019une façon singulière au \u2018\u2018torch song\u201d.Le plus grand succès de sa carrière eut lieu à Rome alors qu\u2019il exécuta avec flamboyance son solo pour lyre avec accompagnement de\u2019 trompettes par un groupe \u201chot\u201d dit les Prétoriens.Rome n\u2019en est jamais revenue.v Rome ne fut pas reconstruite en M f ANQUE un jour.Une épargne prudente et régulière à la B de M est le 10e }waices 0 aasirs moyen le plus sûr de fonder ses B de Mm finances.Ouvrez un compte d'épargne aujourd\u2019hui même.20 MARS-963 LA SOCIÉTÉ La Société générale de financement du Québec n\u2019est pas le produit d\u2019une génération spontanée.L'idée qu\u2019elle cherche à incarner remonte à plus de 30 ans.C\u2019est en effet au plus creux de la dépression économqiue des années \u201830 que le besoin d\u2019une société d\u2019investissement commença à se faire sentir et qu\u2019une première tentative fut faite avec la Fondation de la Société- d\u2019entreprise du Canada.Celle- ci ne répondit pas aux espoirs qu\u2019on avait fondés en elle, pour des raisons qu\u2019il serait trop long d\u2019expliquer.La principale est probablement qu\u2019elle venait trop tôt dans un milieu peu préparé à la recevoir.C'est à la Chambre de Commerce provinciale que l\u2019on doit d\u2019avoir repris Fidée et d\u2019avoir propre dans des actions ordinaires de la Société, En troisième lieu, le publie québécois, individus et socié financières, séra appelé à sous crire le reste du capital-actions de la Société.Il est probable que le gros des fonds viendra des sociétés financières, le petit peuple des épargnants se ré servant surtout pour l\u2019achat de titres à revenu fixe, débenture: convertibles ou obligations, tés Ses buts Les buts que poursuit la Société peuvent être ramené quelques titres : 1) Créer des emplois à L / main d'oeuvre québécoise.Ca objectif est inscrit dans la loi, Le gouvernement du Québec 5 a BANQUE DE MONTRÉAL La Première Banque au Canada LA BANQUE OÙ LES COMPTES D\u2019'ÉTUDIANTS SONT BIENVENUS | F | N A UIF-62 Les succursales de ls B de M les plus près de vous :\u2014 Succursale Côte des Neiges et chemin Reine-Marie : J.P.WALSH, gérant tenté de la réaliser.La Corpo- considère la S.G.F.comme un Succursaie Aves.Darlington et Soissons: F.J.GUY, gérant au Québec à ses bons moments \u2018ation d'expansion financière des moyens de réduire le che.est sortie, en ligne directe, du congrès de Rouyn, qui porta exclusivement sur le sujet.En même temps, la Société nationale de gestion prenait naissance dans un autre milieu, mais avec un objectif assez voisin de celui de CORPEX.Ce qu\u2019elle est La Société générale de financement du Québec n\u2019est pas, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, un service du ministère de l'Industrie ct du Commerce du Québec ou une compagnie de la Couronne.Elle est une société privée à apitaux mixtes.Elle est administrée par un conseil de douze membres, provisoirement nommés au départ par le gouvernement de la province de Québec, mais qui devront, à l\u2019avenir, être élus d\u2019année en année par les actionnaires.Ceux-ci se reeruteront de trois façons.Il y a d\u2019abord le gouvernc- ment de la province de Québec qui s\u2019est engagé à souscrire un tiers du capital-actions de la Société, se réservant le privilège de nommer trois administrateurs sur douze.Cette disposition donne à la S.G.F.son caractère de société à capitaux mixtes, puisqu\u2019une partie de ses fonds viendront du trésor public.: Les Caisses populaires ont pris l\u2019engagement moral de souscrire un autre tiers du ca- pital-actions et se sont fait concéder par la loi le prixilège de désigner trois administrateurs.Les Caisses ont la permis.\u201csion de placer 25% de leur avoir mage.Une comparaison entre Québec et Ontario fait voir que le rythme de développement économique est pratiquement le même dans les deux provinces: mais ce qui fait Ja différence, C\u2019est que la population croit plus vite dans Québec que dans Ontario.Avec un rythme de croissance économique équivalent, Québec subit un chômage plus élevé, parce qu'une main d\u2019oeuvre plus abondante ne trouve pas à gagner sa vie.Pour assurer le plein emploi, il lau dra accélérer le rythme de dé veloppement économique durant la prochaine génération: autrement, le nombre des ché meurs ira sans cesse cn aux mentant et la main d\u2019ocuvre québécoise devra, pour trouver un gagne-pain, émigrer ver Ontario.2) Développer l'industrie se condaire, principalement celle qui est centrée sur la transformation des richesses naturelles.L\u2019industrie primaire cst raison nablement développée dan: Québec, mais la transformation sur place des richesses naturelles laisse a désirer.11 est re connu que c\u2019est l\u2019industrie se condaire qui permet à un pay de donner du travail à sa main d\u2019oeuvre et de supporter le se teur tertiaire de la vie écon mique.Or, l\u2019industrie secondaire du Québec repose sur un base fragile, parce qu'elle esl centrée sur des types d'activilé peu rentables : les textiles, la chaussure, la confection, les t# bacs sont parmi les industrie qui paient les salaires les moins élevés.Par contre, l\u2019industrie Trees =, en.A \u201cdes métaux, surtout concentr 28 MARS+3963 n Ontario avec les complexes dérurgiques de Hamilton et de ault-Sainte-Marie, et l\u2019indusie de l'automobile localisée à \u201cindsor et dans la banlieue de oronto, est celle qui assure un aut standard de vie et un em- loi régulier.La Société géné- ile de financement du Québec \u2018emploiera donc à faire porter n action dans les secteurs in- ustriels sous-développés mais usceptibles de fournir le plus \u2018emplois.La production de iens durables de cette nature, \u2018est de ce côté qu\u2019elle fera por- er son effort.3) Transformer les rentiers uébécois en actionnaires.Ce ne ont pas les capitaux qui man- uent dans Québec, ni particu- fèrement au Canada français.[ais ce sont des capitaux plus uébécois investit dans des va- vurs sûres et à rendement fixe.| prend des hypothèques, il chète des obligations du gou- ernement fédéral, du gouver- ement provincial, des munici- ralités et des commissions sco- aires, des fabriques et des con- régations religieuses.S\u2019il lui rrive de placer quelque argent lans des valeurs industrielles, e sera presque de compagnies.ui paient un dividende régu- ier.Le got du risque, l\u2019idée le subir une perte ou de faire m gain.ne lui sont pas fami- iers.Ou bien il spécule pure- nent et simplement sur des va- eurs qu'il ne connaît pas, à la uite d'un «tuyau» qu\u2019il aura ecu d'un ami, ou bien il place n titres de tout repos.La So- iété générale de financement u Québee fera l\u2019éducation des pargnants du Québec en leur nseignumt la différence entre ne action et une obligation, n intérêt et un dividende, une réance et un titre d\u2019actionnai- e; elle cherchera à les invi- er prudemment et graduelle- lent à prendre des risques cal- ulés, on rôle L'économie canadienne-fran- aise se caractérise par un nome considérable d\u2019entreprises loyennes, la plupart à carac- ere familial.Celles-ci peuvent ifficilement survivre à deux ou trois générations.Les risques \u20ac la concurrence, la voracité i fisc, les chicanes de famille, Want de facteurs qui tendent éliminer l\u2019entreprise familia- ©.Pour survivre, il faut qu\u2019elle © transforme en société capita- île avec artionnariat dissémi- = ussifs qu\u2019actifs.L\u2019épargnant | CEM é Sans le public et conseil d\u2019ad- ENERALE ministration formé en dehors d\u2019un groupe familial.L'industrie canadienne-fran- caise est repliée sur elle-même, raidie dans une attitude défensive.D'une certaine façon, elle ressemble à l\u2019industrie française d'avant le Marché Commun.Celle-ci végétait à l\u2019abri d\u2019une muraille tarifaire et était incapable de rencontrer la concurrence sur le marché mondial.La constitution du Marché Commun a donné le coup de fouet à l\u2019économie française Celle-ci a repensé ses structures, elle a renouvelé ses techniques, elle a fait appel à de jeunes équipes d\u2019administrateurs et d'ingénieurs.En quelques années, l\u2019industrie française est devenue compétitive, voire agressive.\u2018Pourquoi n'en serait-il pas ENT de même de l\u2019industrie cana- dienne-française ?La concurrence la tucra ou la stimulera.Si chaque industriel aime micux rester seul propriétaire d'une petite affaire au lieu d\u2019être actionnaire même minoritaire, d\u2019une grande affaire, il n\u2019y a pas d\u2019avenir pour l\u2019industrie cana- dienne-française : elle sera\u2019 constamment absorbée par des concurrents plus puissants.Il faut donc a la base une ouverture d\u2019esprit et une volonté de réaliser de grandes choses.Ajoutons a cela qu'il faut un climat social et politique susceptible de donner confiance a ceux qui sont prêts à spéculer sur l\u2019avenir.La jeunesse du Québec agite des idées et propose des réformes.En soi, ce n\u2019est pus une mauvaise chose : c\u2019est une manifestation de vitalité.Mais encore faut-il qu\u2019elle s'attaque à des problèmes pratiques et s\u2019ancre bien dans la tête que le renouvellement des structures éco- nomiiques et sociales demandera du travail et de la compétence.Sous ce rapport, nous pouvons encore une fois prendre exemple de la France.La vieille génération des politiciens querelleurs et des hommes d\u2019affaires grippe-sous est discréditée.Les jeunes élites françaises sont formées de gars pratiques, dynamiques, compétents, entreprenants, comme le furent les Américains des générations passées.La jeunesse du Québec doit s\u2019attaquer aux problèmes de la reconversion de l\u2019économie de sa province, dans un esprit concret et \u2018dans une volonté de réussite.2555 SS Gérard FIEION LE QUARTIER LATIN PAGE-ONZE Incidence de l'éducation sur l'économique (Suite de la page 12) des revendications dans tous les domaines, des proclamations solennelles de principes, des manifestations.L'accueil fut sympathique, et en son demi-lustre, les progrès furent énormes, au point que des dirigeants étudiants proclamaient ces derniers temps que «c\u2019est ça le syndicalisme étudiant».J\u2019estime pour ma part qu\u2019on ne peut parler de syndicalisme étudiant comme d\u2019un fait accompli, pas plus qu\u2019on ne pourrait le dire de l\u2019indépendance du Québec.Une étape a été franchie, mais la plus difficile reste à faire.Jusqu'ici un groupe de «convaincus» s'est servi du tremplin, de l\u2019association étudiante pour se faire entendre du reste de la société.C\u2019est vers celle-ci que leur action a surtout porté : mémoires, grèves, manifestations, prises de position.Il reste maintenant a travailler en sorte que les faits correspondant aux théories qu\u2019on a voulu faire accepter.Il faut que l\u2019association étudiante fasse porter ses efforts sur le milieu étudiant lui-même : il lui faudra travailler à insuffler à ses membres l\u2019esprit révolutionnaire et vilipender ceux qui y sont réfractaires.La tâche sera ardue et ingrate.Cet esprit révolulionnaire, quel est-il ?Précisément celui qui a présidé à l\u2019apparition du concept de syndicalisme étudiant : l\u2019amour et le respect du peuple.Il faut inculquer cet amour du peuple (peuple, plutôt que nation, qui est impersonnelle) à ces bourgeois (étudiants ou professeurs) qu\u2019on trouve à l\u2019université, de sorte que ça devienne leur raison de vivre et de lutter.Le but de la lutte, de la vie, réside dans la vice elle-même.Le bonheur ne réside pas dans la récompense pour un exploit, dans le profit qu\u2019on en tire, mais dans l\u2019esprit lui-même.Jeune travailleur, l\u2019étadiant doit accomplir un travail utile, productif.Il doit mettre immédiatement la main à la pâte.Ses recherches et travaux doivent pouvoir éventuellement servir au développement du Québec.Il ne doit pas se contenter d\u2019un travail individuel, en rapport uniquement avec les résultats obtenus aux examens.Des équipes de travail devraient surgir spontanément, et chercher la solution aux problèmes qui se posent à notre société.Les professeurs eux aussi devraient mettre la main à la pâte.Enseigner d\u2019une tribune est de tout repos ; mais ce n\u2019est pas de l'éducation.Les professeurs eux aussi devraient avoir cet esprit révolu- - tionnaire et travailler à la crois-< sance du Québec.La façon la plus normale serait sans doute de faire - partie de ces équipes de travail.Alors pourrait-on parler d\u2019une: «communauté d'étudiants et de\u2019 professeurs » qui a sa raison d\u2019être dans le reste de la société.Michel PECEETIER * 4.ERRATUM Dans la livraison du mardi 26 mars, l'auteur de l'article intitulé: « Les compagnies de fiducie » était Me Marcel Faribault, président du Trust général du Canada, et non pas Me Jean-Guy Cardinal, secrétaire de la méme compagnie.\u2014 Nous nous excusons de cette erreur tout à fait involontaire.La Faculté de Médecine présente en primeur le DERNIER TÉMOIN (Der Letzte Zeuge) Un film de W.Staudte Bébé .Assassinat .Industriel.Maîtresse.Justice.Coupable.Témoin .Innocent .Hasard.erie ch tn pi mort eee tes mm Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de la justice Jeudi le 4 avril 1963 - à 8.30 hres p.m.En l\u2019Auditorium Central de l\u2018U.de M.ADMISSION : $2.00 ÉTUDIANTS : $1.00 La vente des billets se fera à l'entrée.LA SOCIÉTÉ DES TABACS QUÉBEC INC.vous présente création canadienne-française - En i fa Exigez-la .LER IY LES TRS ena jo aa IS 0 2000 iN , a - .Lee Sveti Wi.ro PAGE:DOUZE LE QUARTIER LATIN ! 28 mes 19%) a Incidence de l'éducation sur l'économique Dans un reportage spécial sur le Québec d\u2019aujourd\u2019hui, le Financial Post appelait « résolution silencieuse » les rapides transformations que notre société connaît présentement.Les Canadiens-fran- çais n\u2019entendent plus jouer un rôle simplement culturel et politique au sein de la Confédération.Ils se sont éveillés à l\u2019économique, ont pris conscience de son importance et entendent mettre à son service leur force politique traditionnelle.Tout problème prend désormais pour eux une dimension économique.Pour convaincre les citoyens québécois de la nécessité d\u2019une réforme, il suffit presque de la leur présenter comme une « bonne affaire» pour la collectivité, du point de vue économique.Cette « révolution» de la mentalité a atteint le domaine de l\u2019éducation, et on ne conçoit plus l'éducation de la même façon que précédemment.L'éducation un investissement Il y a à peine dix ans, l\u2019éducation n\u2019avait d'importance qu\u2019en tant que nécessité culturelle.La transmission des valeurs traditionnelles aux jeunes générations était indispensable à la survie de notre culture.C\u2019est ce qui motivait l\u2019Etat à s\u2019intéresser un peu au domaine de l'éducation.Mais son rôle ne devait être rien plus qu\u2019accessoire, L'éducation n\u2019était que de la seule compétence de l\u2019Eglise et des parents.En pratique, l\u2019Etat québécois offrait le triste spectacle de la démission totale dans le domaine.D'autre part, comme à peu près tout le reste, le sentiment national était sclérosé.Ce n\u2019était donc pas ce qui motivait le jeune Canadien- français à faire des études.Sa seule motivation était son intérêt personnel : c'était l\u2019ère du « Qui s\u2019instruit s\u2019enrichit ».On ne reconnaissait pas à l\u2019éducation une fonction économique ou sociale.Au- jourd\u2019hui, par opposition, on est amené de plus en plus a concevoir l\u2019éducation en rapport avec sa fonction économique.L'éducation est une condition essentielle de croissance économique : l\u2019Etat doit y jouer un rôle de premier plan.« L'investissement dans le capital humain », le passage du « cheap labour » au « skilled labour », est une condition essentielle de croissance.L'époque « cheap labour », qui a caractérisé le Québec pendant de longues années, est péri- \u2014\u2014CINÉ-CAMPU S-\u2014 en Première Américaine \u201cADIEU PHILIPPINE\" 2 05.0.0.000000058000000000508008) eu oe Yveline Céry, une comédie de Jacques Rozie Stefania Sabatini et Jean-Claude Aimini dans ADIEU PHILIPPINE.Quittons notre laconisme habituel pour dire que, présenté en séance privée, le premier long métrage de Jacques Rozier a été, pour nous et nos confrères de la Presse, la plus belle surprise de cet automne.Ce film vient à point pour prouver à tous, de magistrale façon, que le jeune ; ?cinéma français est loin d'avoir dit son dernier mot : certains $ même le considèrent comme l\u2018oeuvre la plus représentative de la N.V., jusqu'à ce jour, et sa réussite la plus convaincante.3 Court-métrage : UN CHIEN ANDALOU de Luis Bunuel Samedi, le 30 mars - à 8.30 hres p.m.3 à l\u2019auditorium de Pu.de M.\u201c\" Es _ > oy Po ve = a PAT 4 r Cahiers du Cinéma mée.Aujourd\u2019hui nous nous engageons résolument dans l\u2019époque du « skilled labour ».Voilà ce que déclarait le ministre de la Jeunesse (de l\u2019Education) à des industriels.Le présent Gouvernement, et avec lui le peuple qui l\u2019a d\u2019abord porté au pouvoir à cause de son programme électoral en matière d\u2019éducation, conçoit donc l\u2019éducation comme un « investissement » dans cette matière première qu\u2019est le « capital humain ».L'éducation est un facteur de croissance économique au même titre que l\u2019électricité ou un bon réseau de routes.L\u2019Etat ne doit pas hésiter à y investir.On a besoin d\u2019une main d\u2019oeuvre qualifiée ; on doit se hâter de la « produire » et accepter d\u2019en payer le prix.Education et rendement du capital investi Malheureusement le Québec vient à peine de séveiller à l\u2019économique.Bien d\u2019autres secteurs de notre économie nécessitent un développement accéléré, par conséquent l\u2019investissement de capital.Or, par son incidence économique, l\u2019éducation s\u2019insère dans l'ensemble de la conjoncture et en est dépendante.« (En investissant dans l\u2019éducation), il faut le reconnaître, nous prenons un risque calculé : celui de remplacer le chômage de la main-d\u2019oeuvre « à rabais» par un chômage technologique, situation où une main-d\u2019oeuvre hautement qualifiée ne peut trouver l\u2019emploi correspondant à ses capacités.Mais nous ferons échec à ceci en assumant dans l\u2019avenir une coordination aussi étroite que possible entre l\u2019offre et la demande, entre la production de nos écoles techniques et professionnelles et les besoins du marché du travail », affirmait M.Gérin-Jajoie dans la même allocution que précédemment.Pour arriver à cette « coordination étroite entre l\u2019offre et la demande », M.Gérin-Lajoie se propose de fairé sienne la recommandation du Comité d\u2019étude sur l\u2019enseignement technique qui suggère que « des représentants autorisés du monde de l\u2019industrie soient appelés à participer de façon organique et régulière à la préparation même des programmes d\u2019études, dans les cadres d\u2019un Conseil supérieur de l\u2019enseignement technique qui en serait chargé ».Il est à prévoir qu\u2019une telle formule se généralise au Ministère de la Jeunesse, M.Gérin-Lajoie attendant le rapport de la Commission Parent avant de se prononcer.Quoique la formule soit très intéressante pour arriver à l\u2019élaboration de programmes bien adaptés aux besoins de notre société, ces représentants de l\u2019industrie n\u2019arriveraient jamais à déterminer l\u2019ordre de priorité qui s'impose dans le développement de notre système: d\u2019enseignénieût.\u2018Ils ne jouiraient \u2018pas du recul nécessaire pour pouvoir prévoir à l\u2019avance les besoins tant quantitatifs que qualitatifs de notre marché du travail.Des statisticiens seuls disposent des méthodes d'analyse mécessaires à une telle planification.En plus de ces représentants de l\u2019industrie, le Ministère devrait donc s\u2019adjoindre de tels spécialistes pour établir dans quels secteurs le développement devrait être accéléré.Grâce à ces haut-fonctionnaires, l\u2019Etat risquerait moins d\u2019investir là où point n\u2019est besoin.Le rôle du Conseil d\u2019orientation économique Mais il n\u2019est pas tout de planifier à l\u2019intérieur du système d'éducation.Pour gagner le temps perdu, la planification s'impose pour l\u2019ensemble de notre économie.Malheureusement le Québec ne dispose pas d\u2019une source intarissable de capital.Ici encore il faudra se résoudre à établir un ordre de priorité, et c\u2019est au Conseil d\u2019orientation économique que revient cette tâche.C\u2019est lui qui, en définitive, indiquera au Gouvernement si le projet d'un complexe sidérurgique doit passer avant tel autre projet.Or le Conseil ne pourra arriver à une conclusion sans avoir tenu compte de la main-d\u2019oeuvre disponible.S\u2019il estime que tel secteur de notre économie doit absolument connaître un développement accéléré, et que par ailleurs, nous ne disposerions pas de la main-d\u2019oeuvre nécessaire, il devra recommander que tel secteur de l\u2019enseignement ait la même priorité que le projet qu\u2019il est destiné à rendre possible.L\u2019éducation est donc indissociable de toute la conjoncture.Il est indispensable que des spécialistes répartissent les investissements entre l\u2019éducation et les autres secteurs de l\u2019économie.Il ne me souvient pas d\u2019avoir vu que le Conseil doit prendre en considération l\u2019éducation lors de ses études sur la conjoncture ; serait-il opportun que le Gouvernement fasse entrer explicitement l\u2019éducation parmi les préoccupations du Conseil ?Ce n\u2019est que depuis récemment qu\u2019on considère l\u2019éducation comme un secteur de l\u2019économie, et on l\u2019oublie facilement.Pour être vraiment l\u2019organe suprême de la planification, le Conseil d\u2019orientation doit tenir compte de l\u2019éducation.On ne peut investir dans l'éducation, sans tenir compte des besoins de la société en main d\u2019ocuvre, ni consacrer des capitaux à l\u2019éducation sans considérer les besoins en capitaux des autres secteurs de notre économie.Rendement du capital et Justice sociale Appliquer les principes ci-haut énoncés nous amènerait à substituer un capitalisme d'Etat à un capitalisme de type-libéral.L'Etat doit procéder à telle réforme, parce qu\u2019elle promet d\u2019être profitable.Ce n\u2019est plus l\u2019individu qui empoche les profits, c\u2019est l\u2019Etat, au nom et pour tous.Peut-on vraiment parler de « révolution » si tel est le cas ?Certes pas.Sans doute une telle évolution entrainerait un plus grand bien être matériel de la plupart des québécois, grâce à une utilisation plus rationnelle de nos ressources naturelles et humaines.Mais une telle croissance économique n\u2019est pas le gage d\u2019une plus grande justice sociale.Il continuerait sans doute d'exister des victimes du système, Or il est du devoir de l\u2019Etat de se soucier de justice sociale : il ne peut restreindre son action au seul domaine de l\u2019économique.Celle-ci doit être au service du bien-être humain, et non seulement matériel de tous les citoyens.Malgré sa fonction économique importante, l\u2019éducation en particulier a une très grande incidence sociale.Lorsqu\u2019on planifie dans le domaine de l\u2019éducation, on manipule des destinées humaines.Sans éducation, un individu peut difficilement se rendre utile à la société, ie.y trouver place.Malgré ses prestations d\u2019assurance-chômage, le chômeur n\u2019est pas heureux parce que la société le rejette ni plus ni moins.L\u2019Etat ne peut ignorer cet aspect en répartissant le capital disponible entre les divers secteurs qui nécessitent un investissement.On ne doit pas manipuler le « capital humain » comme on manipulerait une denrée quelconque.L\u2019étudiant et l\u2019esprit révolutionnaire C\u2019est cette considération humanitaire qui provoqua le réveil du milieu étudiant il y a six vu sept ans.Les étudiants proclamèrent la démocratisation de l\u2019enseignement, l\u2019objectif à atteindre par notre société, et la gratuité scolaire comme le seul moyen d\u2019y arriver.ils se fondaient sur les grands principes de la démocratie pour meltre de l\u2019avarit leurs idées, mais pour convaincre le plus de gens possibles, ils ne négligèrent pas les arguments d'ordre économique.C\u2019est ainsi qu\u2019ils prirent conscience de leur force, et aussi du rôle important qu\u2019ils sont appelés à jouer pour le progrès de notre société.Or pour celle-ci, à l\u2019époque, les étudiants n\u2019existaient pas ; ils n\u2019avaient aucun statut social.Ils résolurent de se faire reconnaître comme classe sociale par cette société, tout comme les ouvriers y ont réussi par le moyen du syndicalisme.Les mots «syndicalisme étu diant » \u2018apparurent.Désormais la société devrait voir en l\u2019étudiant un « jeune travailleur », accom plissant un travail, utile, profits: ble, nécessaire, indispensable.Conséquemment, les étudiants ont droit à certains égards.Ce fut l'ère ~ + (Suite à la-page 11) "]
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