Le Quartier latin, 7 avril 1964, mardi 7 avril 1964
[" Augmentation des frais de scolarité BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE Journal bihebdomadaire des étudiants de l\u2018Université de Montréal MONTREAL \u2014 7 AVRIL 1964 «Eh» 109 3500 jeunes sont montés à Québec par Jan STAFFORD 3,500 jeunes de toutes les parties du Québec sont venus manifester contrs la politique bourgeoise et opportuniste de notre gouvernement.L'Université de Montréal, Laval, de Sherbrooke, F.A.G.E.C.C.Q., les étudiants libres anglais, le P.S.Q.représenté par M.Michel Chartrand, les copains de St-Henri, la P.E.N., la F.T.Q., la C.S.N., etc.Ces étudiants ont prouvé emple) contre un gouverne- qu'ils en ont assez de faire ment qui refuse la gratuité partie d'une \u201célite\u201d, d'une scolaire, qui refuse aux jeunes LA qui ont du talent, mais qui n\u2019ont pas d'argent, d'accéder aux études supérieures, Ces classe priviligiée dont le seul souci a été jusqu'ici de vivre largement aux dépens de la masse des petits salariés.À étudiants ont compris Québec, nous avons assisté qu'il était presque immoral de aux premiers balbutiements réclamer la gratuité scolaire d'une conscience sociale qui alors que des chémeurs n'ont s'éveille.même pas de quoi habiller Dans un ordre parfait, en face du parlement, brandissant leurs pancartes et criant à qui mieux mieux, ils ont consacré la nécessité évidente d'un syndicat étudiant fort, re- -groupant toutes les tendances avant-gardistes des mouvements de jeunesse.lls protestaient là contre un gouvernement entièrement voué aux intérêts privés; contre un gouvernement qui refuse de prendre des mesures so- Teiales (en Gaspésie, par ex- Ces étudiants sont allés manifester afin de redonner une certaine dignité \u201caux chevaliers du pic et de la pelle\u201d, une plus grande sécurité pour les familles des travailleurs.lls ont compris la nécessité de s'unir, de former un groupe de pression afin de renouveler les valeurs de notre agonisante société dirigée par des pontifes réactionnaires, Ces étudiants ont marché, ils ont endossé le mémoire de leurs associations respectives, ils ont établi une téie de pont au-dessus du marcontilisme intellectuel et du libéralisme- paternaliste bourgeois de nos orateurs dégonflés, leurs enfants pour les envoyer à l'école.Aussi, ils réclament.un changement radical de la politique sociale du gouvernement du Québec, Ces étudiants ont déserté leurs foyers, les laboratoires, les classes et bibliothèques : plusieurs n'ont pas dîné ni soupé; ils ont fait près de 200 milles pour venir signifie: aux ministres qu'ils n'étaient pas d'accord avec leur politique de chat noir, de cache-cache et de cataplasmes éhontés.nds ce i la marche fut un succés relatif, les potentats du \u201cstatu.quo\u201d n'ont pas montré leurs têtes honorables et, en brûlant (ver la fin de la manifestation) leurs pancartes, les étudiants ont brûlé les vaisseaux de leur inconscience passée, finie la période des revendications inutiles, des mémoires jetés aux paniers, les étudiants du Québec ont opté pour l'action.Désormais, if» devront \u2018a!- ler de l'avant avec fermeté pour être réellement au service de la Nation, (Aussi en page 5) bd rene VOLUME XLVI \u2014 NUMERO 49 L'U, de M.achète le Stone Castle $472,000 (M.P.) \u2014 Du 20 au 26 avril au Centre Social une Expo- Spectacle, rendue possible grâce à l'initiative d'un groupe de jeunes artistes.Cette exposition réunira les disciplines suivantes : Peinture, Scz!pture, Gravure, Poésie, Photographie, Danses modernes, Cinéma, Théâtre, Musique contemporaine, Architecture et chanson poétique.L'objectif premier de cette manifestotion est de réunir les artistes de modes d'expression divers ofin que règne un meilleur esprit de solidarité, Un autre but de cette exposition sera de faire prendre conscience aux artistes le rôle indispensable qu'ils ont à jouar vis-à- vis la société.ls sauront en- LA SEMAINE \u201cA\u201d AU CENTRE SOCIAL quelles ils se soumettent n\u2018aboutiront pas a un cul-de-sac, mais au contraire aboutiront à l'épanouissement de l\u2018homme.Ce sera pour de nombreux artistes le point de départ vers de nouveaux horizons.Cette exposition o pour but de rendre l\u2019art accessible à fous at non à une minorité, pour réaliser en quelque sorte la pensée de Malraux : \u201cIl se peut qu'une des fonctions les plus hautes de l\u2018art soit de donner conscience aux hommes de la grandeur qu'ils ignorent en eux.\u201d Vous êtes tous invités à venir encourager les talents de chez nous, durant cette semaine \u201cA\u201d entièrement consacrée recherches aux- à l\u2019art.fin que les \u201cAu nom de la liberté de presse.Vous allez lire dans ces pages un document.Lorsque les grands journaux refusent de publier i des textes importants, il nous semble que c'est le & devoir du \u2018QUARTIER LATIN\u2019 de le faire, surtout i dans les perspectives actuelles, c'est-à-dire quand Ÿ la liberté de presse est mise en jeu.L'écrivain y Michel Bernard, dan: son livre \u2018Le Québec change À de visage\u2019 parlera du \u2018QUARTIER LATIN\u2019 comme = d'un brulat au flanc de'la montagne.B Ce texte, signé Jean Bluin, traite des livraisons § de mars des revues \u2018Cité Libre\u2019 et \u2018Parti Pris\u2019.ll % est précédé d'une note liminaire qui fait état du d refus de M.Gérard Pelletier de le publier dans ë les pages de \u2018La Presse\u2019, même s\u2019il s'agit la d'une @ chronique.n M.Jean Blain est professeur au Département # d'Histoire de la Faculté des Lettres de l'Université à de Moniréal.Michel BEAULIEU (Voir pages 2 et 3) PAGE DEUX Le texte qui suit, intitulé \u201cCité Libre et Parti Pris, éditions de mars 1964\u201d, devait paraître dans La Presse du 14 mars mars dernier.Il était destiné à lo chronique des revues (supplément littéraire) que je tenais depuis environ deux ans.A la dernière minute (le texte était déjà passé par l'atelier de composition) il fut refusé sur l\u2019ordre du directeur du journal, M.Gérard Pelletier.Au cours d'un entretien de quelques heures, M.Pelletier m\u2018exposa les motifs de ce refus.Porti Pris, me dit-il, entend instaurer un régime totalitaire où les libertés civiles seront abolies et l'opposition muselée, donc un régime où sera supprimée la liberté de presse.Et il conclut en m'apprenant qu\u2019à titre de directeur d'un journal qui bénéficie de cette liberté, il ne pouvait permettre que, dans une chronique, on parle de Parti Pris sans faite les réserves qu'il jugeait bon qu\u2019on fit.En bref, au nom de la liberté de presse, il me refusait celle de m\u2019exprimer.Pour ma défense, j'émis un doute \u2014 que je maintiens \u2014 sur la conception qu'il se fait du régime que veut instaurer Parti Pris, et lui avouai que de toutes façons je me refusais à juger en fonction de possibilités lointaines parce que justement je n\u2018ai pas en mains les éléments essentiels (ceux qui tiennent au milieu et au temps) qui existeront au moment où pourraient se réaliser les fins de Parti Pris.l'habitude de l'histoire m'a appris à ne pas préjuger de l\u2018avenir.LE QUARTIER LATIN 7 AVRIL 1964 \u2014 M.Gérard Pelletier et la liberté de presse Ce qui m'intéresse dans Parti Pris, c\u2019est le phénomène dans ce qu\u2019il a d'actuel, compte tenu de ce qu'est présentement notre milieu.Ce qui me rend la revue sympathique, c'est d'abord ses options de base : indépendance, socialisme, loï- cité, options que je juge en 1964, et dont personne aujour- d'hui, ni Parti Pris, ni Gérard Pelletier, ne sait quelle réalité exacte elles pourront un jour recouvrir; c'est ensuite la cohésion de l'équipe, sa logique, son refus de se prêter à un dialogue de sourds; c\u2019est enfin certaines analyses du milieu qu\u2018elle nous à données jusqu'à maintenant.J'estime que pour un chroniqueur de revue, Parti Pris est un phénomène important en 1964.Et c'est en ce sens que j'en ai parlé dans La Presse \u2014 où deux textes ont déjà paru \u2014 sans jamais cacher ma sympathie pour l\u2018aventure telle qu'elle se présente dans la conjoncture actuelle.Faire les réserves demandées par Gérard Pelletier m'apparaît incompatible avec ma liberté d'expression.Autant vaudrait exiger par exemple de l\u2019analyste du communisme mondial tel qu'il existe en 1964 qu'il indique chaque fois, en noto bene, qu'un tel régime peut mener à la privation des libertés civiles.Au fond, ne re- trouve-t-on pas là une manière de considérer les choses, particulière à ceux qui sont \u201carrivés\u201d et qui consiste à ne voir dans la démarche de l\u2018adversaire que les aboutissants mauvais, lointains et hypothétiques.C'est ainsi, par exemple, que raisonnait Duplessis pour qui la moindre réforme faisait surgir le spectre du communisme.Voilà donc l'affaire en ce qui concerne Parti \u201c.1s.Mais il y a aussi Cité Libre.Au début de notre entretien, M.Pelletier me pria de lui faire l\u2019honneur de croire que sa démarche ne concernait en rien mon attitude vis-à-vis de Cité Libre.Ce à quoi je m\u2019efforce depuis lors.Je n'ai aucun goût pour les procès d\u2019intention mais il y a des faits qu'il est utile pour le lecteur de connaître.Il y a quelques mois, alors que Trudeau et Pelletier étaient encore directeurs de Cité Libre, je publiai dans La Presse un texte intitulé \u201cCité Libre à la recherche de son deuxième souffle\u201d dans lequel j'exprimais l'idée que la revue avait perdu ses moyens depuis l\u2019avènement de ce que l'on nomme aujourd'hui la \u201crévolution tranquille\u201d.Plus tard, après la démission de Pelletier et Trudeau comme directeurs et l\u2018\u2019accession à leurs postes de Val- lières et Pellerin, j'écrivis un autre article qui avait pour titre \u201cla nouvelle Cité Libre\u201d.J'y analysais le sens du changement de direction, formulais l'hypothèse que l'ancienne équipe n'avait plus rien à dire et tentait de découvrir vers quels horizons Cité Libre prenait son nouveau départ.Je notais enfin une curieuse contradiction dans l'attitude des deux nouveaux co-directeurs : Vallières ne cachait pas son nationalisme alors que Pellerin, fils spirituel de l\u2018ancienne équipe, manifestait à l'égard du national Fallergie que Fon sait.Je terminais mon texte en leur demandant de se mettre d'accord, et je ne faisais pas mystère de ma préférence pour l'attitude de Vallières.Or, des sources fiables m'ont appris que cet article paru dans La Presse, avait eu le malheur de déplaire à M.Gérard Pelletier, et si je les en crois, déplaire ne serait ici qu'un euphémisme.Tout cela n'es pourtant jusqu'ici que dans l\u2019ordre des choses.Mais il se trouve que le texte que.me refuse aujour- d'hui M.Pelletier parle non seulement de Parti Pris, mais aussi de Cité Libre, dont le numéro de mars manifeste clairement la tendance naetionalis- te et la rupture franche avec l\u2019ancienne équipe Trudeau-Pel- letier.Hl se trouve que dans l\u2019article rejeté, je me montre sympathique à l'option nouvelle de Cité Libre.if se trouve enfin qu\u2018au moment où cet article devait paraître les choses allaient très mal à la houte ud- ministration de Cité Libre où l\u2019ancienne équipe cherchait à reprendre le contrôle de la revue pour la remettre dans la voie de la tradition.Depuis ce temps, l\u2018opération à réussi, of les nationalistes de Cité Libre (Vallières et cie) sont en quête d'un autre toit.Ces faits, je le répète, n'infirment en rien l'anathème prononcée par M.Pelletier contre mon texte.Mais je crois qu'ils sont importants pour reconstituer l\u2019éclairage de ce petit incident.Jeon BLAIN En grande primeur .\u2026.A CAUSE D'UNE FEMME .Eve ét Par ee Aki : AY wo.1 ¥ Ï & 154 Ax) Th 2 rer * 4 PENS 4, 4 340 \u20ac Ay os Succès du Festival du Film Français de 1963 Mylène Desmongeot Jacques Charrier Mazie Laforet Réalisation de Michel Deville EXIGE on ).on Sha x © Samedi Grand auditorium de l'Université 8 heures 30 P.M.Entrée : un dollor le 18 avril 1964 hs 7 AVRIL 1964 Le texte \u2018\u2019litigieux\u201d : Est-ce la lin du déboussolement a Cité Libre?Y a-t-un pris une arientat.on frunche«, et définitive face aux prohlemes québecois de l'heure ?A-t-on mis au vert pour leur ressourcement les grands- prêtres de l'\u2019oecuménicité ?On le croirait à lire le nuniero de mars.Pierre Vallières, l\u2019un des directeurs, conclut sans ambage à \u2018l\u2019auto-déterminatior entière et absolue\u201d du Québec, au socialisme et à la laïcité (déconfession- nalisation entière de toutes les institutions politiques, y compris l'Education\u201d).J :.Guay, pour sa part.s\u2019en prend au bilinguisme, au biculturalisme et, cn général.au nationalisme culturel qu\u2019i* accuse de masquer le vrai problème qui est global et organique, c\u2019est- à-dire à la fois politique, économique et culturel.\u201cPour le Québec, êc.1-il.le problème se résume à l'alternative: une nouvelle constitution (binationale)) ou la sécession\u201d.Qu'il faille encore lutter contre la mystification du bilinguisme et du biculturalisme est une bien triste réalité, il faut en convenir.Mais que faire d'autre quand MM.Laurendeau «t Dunton, investis de la haute dignité de commissaires rovaux, parcourent la main dans la main les vastes espaces canadiens, enregistrant avec soin tous les tru:sraes et toutes les évidences; quand Radio-Ca- nada nous sert une confrontation entre Canadians ot Canadiens où la cacophonie le dispute à l\u2019im- bécilité du raisonnement; quand, pour confondre les méchants Anglais coupables de ne pus entretenir des écoles pour une minorité des leurs parlant français, on répète encore à soixante-dix ans d'intervalle ie geste des Castors de la fin du 19e siècle brandissant l\u2019esprit de justice (ouf!) des Québecois à l'égard de la minorité.Mais revenons à Cité Libre.La livraison de mars s'en prend al- lèyrement à l'élite clérico-bour- geoise, ces \u2018bergers du statu quo\u201d, ces \u2018veztueux du iste milieu\u201d qui flirient avec la révolution tranquille, font dans la bi- culture et bénissent le bill 60.Avec le même souffle, on daube \u201cl'Université, milieu bourgeois\u201d, ce qui veut dire: étudiants et professeurs.Je souligne qu\u2019il y a incontestablement là matière à récrimination populaire et que, pour peu qu'on analyse, on y retrouvera les virus qu'on a déjà décelés dans le clergé et chez les politiciens et qu\u2019il reste a diagnostiquer chez les avocats, les médecins, les chefs syndicalistes, les journalistes et autres diplômés de l'intelligenstia.H serait Clonnant que nous ayons pu chez nous mettie au point plus d'une farine d'élite.Tel qu\u2019il se présente, le numéro de wars de Cité Libre semble le frère jumeau de Parti Pris.Aulo- « p=\u2014e détermination, socialisme, laïcité, démystification de la révolution tranquille, dénonciation de la nouvelle bourgeoisie nationale, tout y est.On pourrait même croire que les jeunes ont embri- gaût leurs aînés.Les deux revues font-elles double emploi?Je pense que zon.D'abord, Cité Libre bénéficie d'une tradition (qu\u2019elle renie) qui lui donne accès a un public bourgeois (qu'elle dénonce) que Parti Pris, par sa détermination, son rejet du dialogue, son outrecuidance, ses \u201cvulgarités\u201d ne peut qu'effarer.De plus, Cité Libre n'est pas à proprement parler une revue d'action, ce qui n'est pas à dédaigner pour le révolutionnaire - pantouflard qui sommeille en chacun de nous.Enfin, Cité-Libre qui n'a pas encore opté puur l'indépendance, mais parle d'autodétermination en laissant entendre que l'une n'équivaul pas nécessairement à l\u2019autre), contrairement à Perti Pris, s\u2019inscril dans la légalite : \u201cSi les classes dirigeantes ca- nadiennes-françaises veulent faire l'économie de troubles sociaux el éviter la subversion, il est grand temps qu\u2019elles commencent à en faire disparaître les causes\u201d.(J.- I.Guay).Tout cela esl rassurant, el je le dis sans ironie, pour ceux qui ont perdu les attributs de la jeunesse que l\u2019histoire, après coup, nomme, suivant le résultat, forces ou illusions.Telle qu'elle est aujourd'hui, Cité Libre peut trouver audience auprès d'un large secteur de l'élite canadienne-fran- Çaise dont elle exprime en quelque sorte la conscience inquiète, exaspérée, pré - révolutionnaire.Mais on ne saurait se fonder sur un seul numéro.ll faut attendre Ja confirmation de la nouvelle option dans les prochaines livraisons de la revue.Pendant ce temps à Parti Pris, on poursuit sa route avec obstination, sans suurciller, en dé- boulonnunt au passage les arguments \u2018des contradicteurs.L\u2019unité de pensée et d'objectifs est vraiment remarquable d'u:a numéro à l\u2019autre.Même le ton n\u2019y échappe pas, volontiers désinvolte, gavroche et vulgaire sans pour autant perdre de son sérieux.Hier, on mettait de l\u2019avant la nécessité d\u2019un parti révs!ution- naire.Aujourd'hui, on précise que ce parti devra se situer \u2018hors des cadres du système\u201d, qu\u2019il n\u2019est pas question \u201cde tentative électorale\u201d, que le parti aura pour tâche de \u201cdémystifier la conscience populaire, approfondir son cynisme, son refus à l'égard du système établi\u201d, de \u2018\u2018prouver au peuple sa force, lui montrer que la sucitlé peut changer, que l\u2019ordre établi de l'exploitation peut être renversé, que la révolution .est possible, 11 faut donc des formes d'agitation et d'action ou le Si LE QUARTIER LATIN par Jean BLAIN peuple puisse se reconnaitre, auxquelles il puisse participer.Manifestations massives et contrôlées, propagandes par tracts, slogans, peinture, coups d'état.\u201d Je sais bien qu\u2019il est encore permis ici d'esquisser un sourire indulgent, de faire appel a de vieilles expériences, de savourer sa petite sagesse personnelle.Je sais bien que ces élans de l\u2019équipe de Parti Pris peuvent se résorber et nos jeunes socialistes devenir les bourgeois nuancés de demain.Mais ce qui me laisse songeur, c'est la froide détermination de ces jeunes qui ne se soucient pas le moins du monde de convaincre leurs aînés et qui leur sont redevables de si peu de choses.Entre eux et ceux qui détiennent aujourd'hui les commandes, il y a plus qu\u2019une révolte, il y a un monde d'incompréhension, Si Parti Pris à vraiment l\u2019oreille de la jeunesse.ce sont les sourires indulgeuts qu'il faudra bientôt résorber.Et puis, il faut avouer que l\u2019équipe de Parti Pris fail moutre d'une profondeur d'analyse à laquelle nos revues, même les meilleures, ne nous ont pas habitués.Ce qui, en passant, est rarement le fait des mouvements de rhétoriciens.Parti Pris s\u2019est voué à l'étude systématique du milieu québecois, avec des schèmes généraux empruntés, si l'an veut, mais avec la conscience aiguë du caractère d\u2019unicité concrète de l\u2019objet qu\u2019elle analyse.L'indépendance et le socialisme qu'elle prône ont perdu de ce fait les aspects doctrinaux et théoriques qui formaient le plus gros de l'argumentation de ses devanciers.S'attacher à l\u2019étude du Québec dans la conjoncture du milieu et du temps et y forger lentement les outils de libération nationale et sociale sous l'empire des principes des nationalités et du socialisme, telle est la démarche originale de Parti Pris grâce à laquelle l\u2019idée d\u2019indépendance qui apparaissait stérile chez Cha- put et Barbeau, parce que faite de beaucoup d'apriorismes et d'un peu de conscience historique, est sevalorisée et revivifiée.Le plus bel exemple à ce sujet, c\u2019est l'article \u201cpénétrant de Michel Van Schendel, dans la dernière livraison de Parti Pris, Jamais, à mon sens, on n'a réussi avec autant de succès, dans une analyse de notre milieu, à faire ressortir la compénétration des éléments sociaux et nationaux du malaise où se débat la collectivité québecoise, et partant à donner un sens de plénitude el d'urgence aux thèmes d'indépendance el de socialisation.Je crois que Parti Pris, comme l'ancienne Cité Libre, est déjà, avrès six numéros, assurée d'une place imnortante dans l'histocre des idées au CCanada français.Mais est-ce là une consolation pour des révolutionnaires.?eT.so Sn.ol PAGE TROIS Un nouveau ue , , Conservateur pour Cité Libre et parti pris| notre bibliothèque Editions de mars 1964 l'Université de Montréal on- nonce la nomination de Mme Marguerite Densky cu poste de conservateur de lo tivliothè- que.Bien connue du 1inilieu universitaire de Montréal, Mme Densky, qui habite ie Canada depuis plus de dix ans, est originaire de Tchécoslovaquie.Elle détient une maîtrise és arts ainsi qu'un doctorat (Ph.D.) en littératures allemande du Ti Mme DENSKY et française de [Université Comenius de Bratislava.Elle obtenait, en 1950, ie diplôme de bibliothécaire dy fLiniver- sité de Genève, corsécuiif au cours de trois - nies.Possé- dunt ci lov .i, le français, I'singlais, lemand, le tchèque et le hongrois, Mme Den- sky commença sa carrière à la bibliothèque des Nations Unies, comme chef du service des références, au Palais des Notions à Genève où elle demeura de 1949 à 1952.Arrivée au Canada en 1953, Mme Densky a d'abord été assignée au service du catalogue et de la classification à la bibliothèque médicale de l\u2019Université McGill, puis à la Red- patn Library.Elle entrait à l'Université de Montréal en septembre 1957 comme chef du service des références à la bibliothèque centrale qui compte plus de 365,000 volumes.Ce chiffre ne tient pos compte des bibliothèques spécialisées de l'Institut de médecine et de chirurgie expérimentales, de l'Ecole polytechnique, de l\u2019École des houtes études commerciales et de la Fo- culté de théologie.Mme Densky, qui a déjà été chargée d'enseignement à l'Ecole de bibliothéconomie de l'Université de Montréal, sero assistée dans ses fonctions par Mile Claire Audet, conserva- teur-adjoint à lu bibliothèque de l\u2019Université denuis 1956, M.Louis-Philippe Jolicoeur, chef du service du catalogue, M.Yves Ducharme, en charge du service des périodiques et Mme Simone Guillet, récemment nommée chef du service des documents publics.M.Janis Bilkins, bibliothécaire au Musée des Beaux-Arts de Montréal depuis 1955, remplacera Mme Densky comme chef du service des références.H.Deuzau (Sciences, 51) déclare: Etant expert en la matière, je réalise ma plus belle formule atc.ML IMOLE BANGUE DE MONTREAL Le Première Banque au Canada pour les écudiauts Les succursales de la B de M les plus près de vous : Succursale Côte des Neiges et chemin Reine-Marie : Succursale avenues Darlington et Soissons: F.J.GUY, gérant - commencer tôi à déposer est le premier pas vers le succès J RIE N (LATS a T\u2014\u2014 J.P.WALSH, gérant PAGE QUATRE LE QUARTIER LATIN 7 AVRIL 1964 par Michel PANZINI HEIL te Débourgeoiser pour ll est assez révélateur que mercredi dernier des milliers d'étudiants aient pour une journée oublié leurs soucis et leurs études, pour aller à Québec appuyer un gouvernement qui leur promettait une politique sociale de grande envergure.L'avenir du Québec dépend de son économie et de son éducation, qui est appelée à fournir les cadres nécessaires qui seront disponibles demain.Les étudiants qui formeront ces cadres sont en droit d'exiger dès maintenant que cette politique soit a leur mesure, soit vraiment dynamique.Le Québec a été trop longtemps une société traditionnelle basée sur la culture et le commerce sur une petite échelle.La lutte pour la survivance de la race prenait le pas sur les autres domaines.Pendant ce temps les autres provinces s\u2019industrialisaient, développaient un cemolexe économique extrè- mement puissan*.Des relations commerciales s'étublissaient avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.Nous faisions alors figure de parents pauvres de la Confédération, de citoyens de secende zone.Puis, tout-à-coup, ce fut le réveil: Un réveil brutal, une prise de conscience nationale.Le Canada-français se rendait compte qu'il y ava\u2019t beaucoup de terrain de perdu, que le retard à rattraper était considérable.Le premier pas franchi fut la nationalisation des ressources Hydro-Electriques.Mais ce n'était qu\u2019un premier pas.Les choses à entreprendre demeuraient considérables.It fallait mettre les bouchées doubles.L'étape la plus importante demeure la reprise en main de l'économie nationale.Il faut enfin que nous soyons maîtres dans notre propre maison.Cela implique beaucoup \u2014 \u2014rle choses.I) fut peut étre yn temps ou il était nécessaire que des capitaux étrangers soient investis chez nous mais encore aurait-il fallu que cela nous rapporte quelque chose à nous, propriétaires du sol et des forêts.Dans le domaine minier des concessions ont été cédées pour des bouchées de pain, le minerai extrait a été traité ailleurs, privant ainsi la province de revenus supplémentaires, et nos chômeurs de travail.La grande industrie de la pâte à papier ne nous appartient même pas.Pourtant le Canada est le premier producteur mondial.I est temps que nous mettions de l'ardre la-de- dans.Il n'est pas nécessaire de tout nationaliser, mais il faut exiger que les produits ex- fraits de notre sol soient manufacturés sur place, créant oinsi chez nous des complexes industriels, sources importantes de revenus et d'emplois.L'extention de l'enseignement demeure un des problèmes urgents.Nous ne pourrons rien faire de valable si nous n\u2018avons pas les hommes compétants pour le faire.Jusqu'à maintenant seuls les enfants aisés ont eu la chance d'accéder à une éducation supérieure, les autres se contentant de leur sort.Il est révoltant de voir des jeunes ne pouvant aller à l\u2019école parce qu'ils n'en n'ont pas les moyens.Ces jeunes pourraient apporter par un travail à leur mesure, leur part à l'effort commun.Il est donc de première importance que le gouvernement subventionne à part entière les institutions d'enseignement.La gratuité scolaire est le grand remède à apporter à nos maux.La base de l\u2019économie Québecoise repose sur les richesses naturelles.La nature nous a favorisé en mettant à nu des gisements de produits nécessaires à l'homme.Ces gisements nous devons les mettre en valeur, les exploiter à fend.Le Québec a un potentiel minier incroyable.Nous pouvons facilement devenir le plus grand exportateur d'acier et de nickel au monde, pour ne parler que de ces métaux.Les pays nouveaux en pleine ex- pension industrielle ont besoin de matières premières et nous pouvons les leur fournir.L'industrie hydro-électrique prend un essort considérable, l'énergie fournie pourra un jour alimenter à bon marché des miliers d'usines.Là encore, le gouvernement doit intervenir pour financer de jeunes entreprises de chez nous.L'état doit échafauder un plan de décentralisation de l\u2019industrie.I! est à noter que les grosses entreprises se con- «entrent dans les grands centres urbains.pri- Vant ainsi le reste de la province de sources d'emplois.Des usines pourraient s\u2019installer dans les régions économiquement faibles, comme la Gaspésie.Nous savons que cette région est particulièrement défavorisée.La majeure partie de nos chômeurs s\u2019y recrute, la pêche intéresse de moins en moins les jeunes, la terre y est trop pauvre pour qu'on en tire quelque chese, les mines ferment une- à-une leurs portes .D'autres régions sont dans le même cas.Beaucoup de
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.