Le Quartier latin, 12 novembre 1964, Supplément artistique et littéraire
[" 1e Quartier Asati Volume XLVII \u2014 Numéro 18 Montréal \u2014 12 novembre I 964 PRADEL LE MIME FANTAISIST yr ype A re oF * LA FEMME ET LA FLEUR © PRADEL 12 13 novembre à 8.15 p.m.Le 15, à 7.30 p.m.Chez les Saltimbanques 393 est, rue St-Paul Réservations : 525-2732 Pour 4 représentations seulement, Les Soltimbanques présentent le mime Pradel.: Pradel effectue présentement une tournée mondiale et en est à son 36e pays.ll nous vient des \"3 Bau- .dets\u201d, de Paris.Supplément artistique et littéraire ww y Jusqu'au Renée Lescop Des vedettes malgré elles de Jusqu'au Cou, 2e film des étudiants: le retour, Pierre- Elliott Trudeau, Gérard Pelletier Pierre Bourgault, André d'Allemagne.Des étudiants bien connus sur le campus: Bernard Landry, Michel Gouault, Christiane Verdon, Jacques Girard, Renée Lescop. * \u2014 12 NOVEMBRE 1964 LE- QUARTIER LATIN * PETITE ANTHOLOGIE DE ALPHONSE GAGNON M.Alphonse Gagnon publiait récemment, aux Editions du Jour, son premier recueil de vers: \u201cIntensité\u201d.Pour bénéfice de nos lecteurs, nous avons exploré ce recueil Lrülant d'actualité.M.Gagnon ayant voulu écrire ce qu'il appelle des poèmes et ce qu'il appelle des parodies, nous avons cru bon respecter cette distinction dans la constitution de la présente anthologie.1\u2014POEMES POETIQUES \u201cJ'oncense les autels du dogme alexandrin.Les humains sont distraits et lisent pour la formel'homme est superficiel.Et léger.Est-ce un crime?\u201d JAZZ ET CAFE VENDREDI et SAMEDI SOIRS chez MEL 282 ouest, STE-CATHERINE 9 h.pm.\u2014 861-0435 TEL.: 849-3130 Da P.squall La seule véritable PIZZA NAPOLITAINE SPAGHETT! - LASAGNA FETUCINE - GNOCCHI RAVIOLI - RIGATONI SUB-MARINE SANDWICH Café expresso 1414, STANLEY CE SOIR LE DRAME DE L'ALCOOL et de l\u2019AMOUR TCHIN TCHIN de François Billetdoux avec © Marcel Sabourin © Kim Yaroshevskaya Tous les soirs : 8h.30 Dimanche : 7h.30 Reléche : lundi | Égrégore 108 est, boul.DORCHESTER Tél: 866-9344 | \u201cA ma prière ardente, ainsi qu'à mes blasphèmes A mes chants, à mes cris, aux vers de ces poèmes d'élis deux auditeurs mais non pas exaequo: Mon préféré c'est moi et l'autre c'est l'écho.\u201d e e e \u2018Poésie, voix des nuits.Tes formes et tes mythes Tes décors, ta magie, ton vol pur sans limites Adoucirent les maux des dortoirs d\u2019insomnie.\u201d e e e \u201cUn lyrisme sans fers est un lyrisme vain.\u201d e e e \u201cJ'ai érigé en moi des mondes inovis.\u201d e © e Llaurendeau sans prénom, ton nom tidentifie Journaliste et auteur, preux de tous les défis Dramaturge, orateur, qui sus mettre à profit L'écran et ses merveilles et la géographie !\u201d (+ 24 vers) ® e e René Sédillot \u2018\u2019ton esprit de synthèse tes pages et leurs thèses ravissent mon esprit auteur que je relis.\u201d e e e \u201cAh |! Poèmes fragiles mais suprêmes quand même !\u201d e e e page couverture: Une poésie d'idée dont chaque vers exprime, analyse, peint ou grimace, car, raisonne l'auteur: \u2018\u2019Pourquoi interdirait-on la pensée au poète?\u201d poème: Philo-sophie \u201cPhilosophie Chari-vari Amphigourie De nos esprits Les Humains rient Des avaries De ta Sophie.Belle Sophie Je t'en supplie Hara-Kiris Pour que je rie.\u201d .oo © charme de la femme: \u201cSvelte léopard blond qui jonche mes divans et foule en tes ébats ma couche de satin, tigresse nonchalante, enivrante déesse, qui étire en mon lit tes longs flancs de panthère agile et félins !\u201d \u201cTout, chez elle, est parfait.Elle a tout ce qu\u2019il faut, Mimosas et myrtilles Je passe le meilleur.\u201d e ® e \u201cQuatre jours et trois nuits nous nous sommes aimés, si c'est cela l'amour.\u201c à rapprocher du pedigree de l'auteur (premier rabat): \u201cRumaniste, conférencier, homme d'affaires et chom- pion de nombreuses épreuves sportives.\u201d e ® e \u2018Tu me trouves volage Et tu me voudrais plus sage.\u201d 2\u2014POEMES PARODIQUES \u201cAnouilh, es-tu l'Ancuilh, ou n\u2018est-tu que la nouille, tro- gédien des mémères?\u201d e e e Nous voudrions que l'auteur nous explique ce qu'il entend par \u201clc poésie dite non-figurative\u201d.® e e Aussi simple que ça (poème surréaliste) \u201cDégraffant ton corsage J'ai vu deux seins jolis Un gauche et puis un droit Un ventre tout mollet Et tout, et tout, et tout.\u201d d\u2019où il ressort clairement que les surréalistes ont été influencés par Ronsard.e e e \u201cJ'ai créé des engins qui font boum! ou qui grondent Qui empoisonnent l'air et qui puent et qui tuent Mais qui n'ont pas d'un cran soulagé ma misère Ou fait fleurir un brin d'esprit en cette terre.\u201d ces alexandrins parodient Céline! e e e parodie de Léo Ferré \u2018T'es teute nue sous ton pull Et moi j'en perds la boule Jolie môme Sous ton pull y'a d'la houle Ça tangue et puis ça roule Jolie môme\u201d © e e \u201cMallarmé Stéphane mal armé pour les joutes lyriques Je Yaccorde l'esprit mais non pas la musique Tes vers contorsionnés ou bien cacaphoniques - On un mérite au moins, celui d'être comiques.\u201d Nous souhaitons beaucoup de succès à ce jeune poète (à peine quarante-cinq ans) dont c\u2019est le premier recueil.L'auteur d\u2019EN PLEINE FORME a plus d\u2019un tour dans son sac.Mark POULIN TOURGUENEV ou Le triangle a 4 cotés Ivan Sergeyvitch Tourguénev (né à Orel en 1818, décédé en France le 22 août 1883) fut l'un des plus importants représentants de la littérature russe vers 1850.Son oeuvre dramatique, empreinte de sensibilité et d'idéalisme, fait cependant partie de l'école réaliste.Epoque qu'inaugura Pouchkine et à laquelle participèrent Dostoyevski, Nékrassov, Ostrovsky, Tourguénev, Tolstoï, Gogol, Gorki, et bien d'autres.Les comédiens de Tourguénev, à caractère socio - psychologique, causée et axée au départ sur la réalité de la vie russe, évoluèrent vers une dramatique lyrico-psy- chologique.L'apogée de cette dernière formule dramatique se vérifia dans ses oeuvres telles que \u201cTrop menu le fil casse\u2019, et surtout dans \"Un mois au village\".C'est, (à mon avis), à l\u2018instar de cette recherche en vue de créer une dramaturge réaliste russe, comportant à le fois des éléments dramatiques, satiriques, comiques et lyriques, sans toutefois faire fi des éléments du vaudeville, qu'on peut parler des affinités entre Tenet ov et Tour- guénev.Mais spécialement dans ce cadre ou ambiance dramatique, o ùtout se passe sur le plan intime et discret de la vie et de l'âme des personnages.C'est en ce sens que ces deux auteurs sont à la fois réalistes et lyriques.Depuis le 15 octobre, le Théâtre du Rideau Vert propose au public montréalais \u201cUn mois à la campagne\u201d de Tourguénev.Mais chose intéressante, Tourguénev n'a pas écrit cette pièce.En effet, il écrivit \"UN MOIS AU VILLAGE\" et non à la campagne.Pourquoi cette transformation ?\"UN MOIS AU VILLAGE\" fut terminé au printemps de (850, imprimé en 1855 après avoir subi quelques modifications de la censure, et fut porté sur la scène pour la première fois par Stanislavsky, vers 1900; Malgré quelques éléments de complexité, la composition thématique de cette pièce ne fait aucune violence au plausible et à la simplicité du drame.Dans \u201cUn mois au village\" l'ennui est de rigueur.Tout le monde s'ennui (ou presque).\u201cMon coeur ! mon coeur ! pourquoi es-tu si triste 2?\u201c Natalia (Y.Brind'Amour), la maîtresse de maison, s'ennuie de la vie à la campagne, des conversations philosophiques comme de la lecture de \"Monte Cristo\".Elle s'ennui de son mari Islaiev (Louis Aubert) et de son tendre s0u- pirant Rakitine (G.Poirier).Pour palier à sa lassitude, elle noue une intrigue presque amoureuse avec le beau Beliaev (Jean Perraud), précepteur de son fils.Toutes les manigances et les conspirations lui servent de lot pour atteindre ses fins.Elle est Phèdre.Elle va même jusqu'à usurper à sa jeune protégée (G.Bujold) son amoureux.Cette dernière ira jusqu'à épouser, par désespoir, monsieur Bolchintsov (B.Lapierre), pseudo-ami et complice du docteur Schpieguelski (G.Groulx).Ces deux compères sont d'ailleurs d'une drôlerie et d'une stupidité frisant la chair vivante d'un\u201dBouvard et Pécuchet\".Les complots de cette femme qui se sent encore jeune et déjà vieille sont déjoués, à la fin, par le départ des deux personnages sur lesquels elle- avait jeté son dévolu.Non, Natalia est trop possessive; Tourguénev ne dit-il sap qu'il \"n'y a pas dans l'amour d'égalité des ames, de libre accord.Non, il n'y a qu'un maître et un esclave, et ce n'est pas sans rei- son que les poètes parlent de ses chaînes.\u2018 Et un peu plus loin : \"Vous saurez ce que c'est que d'appartenir à une jupe, et combien honteux et écrasant est ce servage\u2019\u2019.C'est un peu pourquoi l'ami de Natalia et le précepteur décident de partir, mais c'est surtout \"parce qu'ils sont d'honnêtes gens\u201d.Les dialogues de cette pièce sont à la fois d'une trop grande et d'une belle simplicité de faits et de paroles, \u201cUN MOIS AU VILLAGE\" s'enrichit dans son intelligence et sa compréhension, mais déçoit dans son manque de \u2026 modernité.Ce problème du die- logue est cependant conforme au principe du réalisme.Cependant Tourguénev ralentit le sempiternel déroulement du non moins éternel triangulaire, en ajoutant au triangle un quatrième côté.Ce supplément géomé- .trique trouve sa réalisation dans le personnage du trop jeune précepteur.Géométrissons, géométrissons; il en restera toujours quelque chose.Marcel SAINT-PIERRE AM re P he i p chaines Michel Beaulieu à publié ré- eemment aux Editions La Québécoise son premier recueil de poèmes, Pour chanter dans les chaînes.On rencontre dans cette oeuvre une plénitude de l'expression et une qualité de l'en- Yagement qui méritent d'être connues.La densité des images, l'usage des mots rares, les structu- ves syntaxiques inhabituelles rendent cette poésie difficile, | mais non hermétique.Nous savons que le vers libre exige de celui qui le pratique une per: fection qui ne peut défaillir sans mettre en danger le genre poétique lui-même.L'utilisation que notre auteur fait de la langue donne à ses vers un ton remarquablement poétique.Voici quelques exemples : On affirme que les couleurs , oscillent Dans la balance de l'univers Qu'il entre dans nos sourires Plus de sel que d\u2019eau verte Pourtant le jour naît et meurt Et mon eau de mer boit son sel Qu\u2019avons-nous de si doux à nous souvenir Qui se suffise à lui-même au jour de l\u2019apocalypse.De telles réussites nous invitent à exiger cette même qualité dans tous les poèmes.Nous sommes alors déçus.Parfois, c\u2019est le rythme qui manque, ou la cohérence et la justesse des images, enfin tous ces impondérables qui font qu'un poème @ ou n'a pas la densité qu'il devrait avoir.Ces difficultés d'expression ne s'expliquent pas surtout por l'inhabilité du jeune poète à manier sa langue, Une connaissance trop intellectuelle des mots le dessert souvent.À côté d'images qui sont lourdes de sa chair et de son sang, il en est d'autres qui jurent comme des cartes postales môlées à d'excellentes reproductions de peintures c\u2019est toi la parole toi que j'appelle sonore toi le silence de même le lourd silence qui dit tout le message de ceux qui s\u2019aiment sur les lacs des mois d'août Ce changement de ton se constate aussi d'un poème à l'autre.De nos jours, nous connaissons beaucoup plus de choses que nous en avons vécues.* D'où la difficulté pour le créa- \u2018 teur de ne garder dans son tamis que le vécu.Cette purification essentielle est parfois déficiente dans le recueil de Michel Beaulieu.En poésie, ce ne sont pas les idées qui m'intéressent, mais l'expression juste d'une expérience d'homme.C\u2019est pourquoi, en comparant deux poèmes qui ont un thème analogue, je préfère \u201cLes mots étrangers\u201d à \u201cInvocation & la parole\u201d; ce dernier poéme me semble exprimer une idée dissimulée sous des images, tandis que \u201cles mots étranges\u201d communique une conviction jaillie de la vie même.Il serait regrettable que ces quelques réserves .masquent les valeurs incontes- .tables du recueil.Ce qui donne à la poésie de Michel Beaulieu son \u2018caractère TCHIN-TCHIN de Roger Soulière Tchin-Tchin est une véritable leçon: d'amour.C'est l'histoire deo la déchéance de deux êtres \u201c marqués par l'amour et qui cher- shent un refuge dans l'ivresse, d'où le titre.François Billetdoux, l'auteur, nous à donné des personnages tellement attachants qu'on vit avec eux, lis nous exal- Sent tellement ils sont humains, On souffre dans leur malheur.On rit ensemble, C'est tout jus- fe .si on ne trinque pas avec eux.On est même presque surpris qu'ils ne nous offrent pas à bolet qu'on ne puisse pas dire .e Tein Tobin} cL \u201cVous avez déjà eu des a Césarie.Et elle de répondre \u201cNon.\u2018seulement des faiblesses!\" Quelle progression! De la grande dame sauce anglaise on aboutit à une vieille en guenilles traînant les rues.De l'homme d'affaires puissant, on finit avec un clochard.Mais ce qu'on peut les aimer ces hobos! Com- \u201c Paméla?lui demande ment ne pas aimer des personnages si humains?Même, on se réjouit quand Paméla \"trouve\" le porte-monnaie de son fils.On est prêt à tout leur pardonner.on sait si bien qu'on finira peut- être comme eux.Kim Yaroshevskaya ot Marcel Sabourin qui interprètent Pamé- la et Césario nous en font voir de.toutes les couleurs.Quelle sensibilité dans leur jeu! lls sont captivants à un tel point qu'on reste suspendu à leurs lèvres.On espère peut-être un miracle.lis vivent vraiment, c'est tout di- Si tous nos comédiens avaient leur talent\u2026 Aucun accroc dans la\u2018mise en scène assumèe par Edward Gilbert.En fait c'est excellent.i a donné vie à ses personnages en .gardant naturel et sensibilité chez ses comédiens.Décors et éclairages servent bien la pièce.A ne pas manquer.Îl a tant à gagner à voir un tel specta- - cle.: 3 d'authenticité, ce qui la rend tellement proche de notre propre vie, c'est que le poète ne parle pas de l'homme ou du monde en général, mais de ce qu'il vit et ressent, lui, dans la situation qui est la nôtre au- jourd'hui.Ses poèmes veulent communiquer ce qu'il y a de plus profond en lui.Au seuil de son univers poétique, l'auteur prend conscience que la vie en lui est captive.Et il est triste.Et il à peur.D'où lui vient cette impression ?Comment l'expliquer?Comment s'en délivrer ?C'est de ces questions que sont nés tous les poèmes de Pour chanter dans les chaînes.Le premier instrument de libération que le poète choisit est la parole.Par elle, il peut comprendre sa situation, la faire comprendre aux autres, et les inviter à la révolte.Mais en quoi consiste cette situation de captivité ?Les premières chaînes sont celles du colonisé.Anonyme dans une foule amorphe, le poète se sent prisonnier dans un pays qui n'est pas à lui.Cet espace qu'il veut connaître et aimer, il ne le reconnaît pas comme sien et s'y sent étranger.Apatride m\u2019a-t-on crié de toute part Et je suis sans terre et je suis sans feu je pose mon pas sur terre et je suis sans lieu C'est alors que le poète prononce cet appel aux compagnons d'armes : Reprenons le combat Holà compagnons d'armes Sculptez la crosse de vos fusils car déjà Sous les aurores sidérales d\u2019ici- bas , Nous irons la main dans la main fréres de larmes Hé compagnons d\u2019armes reprenons le combat La deuxième -oppression que ressent le poète est celle de son éducation religieuse.Ce thème inspirera le plus long de ses poèmes et, peut-être aussi, le plus réussi de tout le recueil, \u201cLe procès des dieux\u2018.Ce poème mériterait une longue analyse, car les principaux thèmes de tout le recueil s'y rencontrent et y trouvent un éclairage nouveau.Comme une trouée dans un silence compact, la parole, ici encore, offre la première libération.Le poète crie sa situation de captif et nous prévient contre ceux qui l'ont trompé, ceux qui ont étouffé la vie en lui et qui n'ont pas su répondre à ses questions.C'est un faux dieu qu'on lui a résenté, un dieu qui ne peut vi dire \u201cle pourquoi de vivre\u201d, le sens de la souffrance, de la pauvreté, de la mort.La densité poétique, la force lyrique, la justesse d'expression de ce poème nous suggèrent cette hypothèse : ne serait-ce pas cette insécurité existentielle profondément ressentie qui rend si intolérable notre situation de colonisé ?Dans une langue qui atteint parfois à une plénitude poétique remarquable, Michel Beau- leu @ su exprimer les deux principaux aspects d'une situation qui préoccupe actuellement le majorité des citoyens du Québec.C'est pourquoi, celui qui s'intéresse à notre littérature ne peut ignorer Pour chanter dans les chaînes.Paul LAROSE,.s.j.LITTÉRATURE RUSSE Le lancement d'un ouvrage intitulé : ENTRETIENS SUR LA LITTERATURE RUSSE DES XVille ET XIXe SIECLES de M.ROSTIS- LAV PLETNEV, professeur agrégé au département d'études slaves de la Faculté des lettres de l'Université de Montréal, a eu lieu 3 NOVEMBRE.Cet ouvrage, édité par LES PRESSES DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL comporte le texte russe oiriginal et, en regard, la version française préparée par Mme N.Troubetzkoi.A cette occasion, le professeur Raymond KLIBANSKY, de F'Université McGill et professeur invité à la Faculté de philosophie - de l'Université de Montréal fit quelques commentaires philosophiques sur le livre de M.Pletnev.D'origine russe, le professeur Pletnev, docteur ès lettres de l'Université de Prague, est membre du corps professoral de la Faculté des lettres de l'Université de Montréal depuis 1956; il était promu professeur agrégé en 1959, Parmi les ouvrages récemment porus aux PRESSES DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL, on peut mentionner: LA DE- COUVERTE DE TERRE-NEUVE, par Eduardo Brazéo, ambassadeur du Portugal av Canada; ELEMENTS DE STYLISTIQUE DU FRANÇAIS ECRIT, par Guy Rondeau, assistant-professeur au département de linguistique de la Faculté des lettres et PLANIFICATION DES NAISSANCES EN MILIEU CANADIENFRANÇAIS, par Colette Carisse, assistant- professeur au département de sociologie de la Faculté des sciences sociales, économiques et politiques.ke Quadrille Comédie populaire canadienne TOUS LES SOIRS A 9 HEURES Samedi, 2 représentations: 8 hres ot 10.30 bres Admission : $2.00 \u2014 Etudiante: $1.25 sur comaine 861-6665 187 REPRESENTATIONS S'adresser à : Place des Arts REVUE ZIZI JEAMMAIRE 500 BILLETS à $1.00 i pour matinée de samedi 14 novembre CANADIAN CONCERTS & ARTISTS 1822, Sherbrooke Ouest.uébécoise SPECIALISTE EN CANADIANA Remise de 20% sans majoration aux étudiants TOUTE DERNIERE NOUVEAUTE : | \u201cPour chanter dans les chaines\u201d de.Michel BEAULIEU svovencess $1.25 169 cet, BEAUBIEN \u2019 , 4 « NUVI 3UEVOD 37 Y96L 3YGWIAON ZL =~ + * 12 NOVEMBRE 1964 LE QUARTIER LATIN \u2014 * Il ne faut pas encourager nos artistes Dimanche soir dernier, à Ja Grande Salle, Me Jean Dro- peau donnait enfin la conférence promise depuis son retour d'Europe sur l'établissement d'une maison d'opéra permanente dans la métropole.Montréal aura effectivement sa compagnie d'opéra, c'est officiel, on s'en doutait un peu, et le maire de Montréal s'est employé, dimanche dernier, à développer un optimisme fertile que trop de pessimistes cachent par pudeur.le Maire-qui-reléve-tous-les- défis a d'abord montré qu'ou- cune maison d'opéra financée por l'Etat n'existait sur le continent, contrairement à l'Europe où la musique est considérée comme un service public; il n'y a donc pas à s'étonner de ne pas en avoir ici.Puis, Me Drapeau de nous prouver que lo métropole possédait déjà le noyau d'artistes nationaux indispensable, rappelant la fameuse rencontre du 6 août, qui réunissait 175 ortistes lyriques.On connaît déjà l\u2018enthousiasme qui avait remué cette réunion : fous voulaient faire carrière ici et ne chonter ailleurs qu'aux moments libres, le maire, accompagné du maestro Wilfrid Pelletier, a alors visité les principales moisons d'Europe, qui lui ont fourni tous les détails administratifs pour la création d\u2019une moi- son d'opéra.Me Drapeou est revenu avec un projet de 150 OGRAMME NOVEMBRE-DECEMBR pagocnn IATL QUARTET 23 au 29 nov.wnt fAmCTon (5 musiciens), 30 nov.av otk ÿ# déc.-\" 12 déc.Ter anniversaire 94 STE CATHÉRINE représentations por saison, projet jugé trop enthousiaste par plusieurs (dont Zubin).C'est à ce moment que le conférencier a fermé la porie au septicisme en démontrant, preuves à l'appui, que 150 représentations, ce n'était pas trop, ce n\u2019était même pas assez! Et d'aborder ensuite le problème financier: chaque saison coûterait environ 44 millions, desquels il faut soustraire 2 millions de revenus (vente des billets au prix moyen de $3); le reste sera payé par l'état (Montréal, Québec) et les souscriptions privées (industrie, etc.), Me Drapeou préfère financer pour l'instant, el nous sommes parfaitement de son avis, une maison d'opéra pour \u201chabiter\u201d la Grande Salle, plutôt que de terminer la Place por l'érection coûteuse des édifices prévus dans le complexe architectural originel.Ainsi, la Grande Salle sera bien & nous, ce ne sera plus, et je cite: \u201cune salle paroissiale à louer à tout venant\u201d.Nous aurions cependant oi- mé que Me Drapeau aborde le problème de la traduction des opéras en français, Nous savons que cette formule plaît à M.Drapeau qui veut, par là, habituer le public à un répertoire.Wagner se conçoit mal chanté en français, mais, somme toute, nous préférons l'entendre en français que ne pas l'entendre du tout.ASA [AY BF UN 1-8213 Une seule crainte nous retient, minime si l'on veut, mais qui peut mettre en question le bon goût de la compagnie.Lorsque le maire porlait de la contribution industrielle dans le financement de la maison, Il suggérait entre autres choses ceci: qu'une entreprise commerciale paie les costumes ou les décors, ou autre chose, de telle ou telle production.Et nous craignons une publicité comme celle-ci : \u201cQui pense jeune, pense Pepti; 100 billets gratuits quand vous achetez 3 cartons de 6!\" Ce serait risquer de faire de notre compagnie d'opéra une variante du Palais du Commerce .Le plus frappant dans cette soirée était de découvrir en M.Drapeau un anti-pessimiste farouche; le qualifier d'optimiste serait peut-être déprécier son honnêteté: Drapeau ne rêve pas, il crée, Le septicisme qui s\u2019est manifesté à l\u2018annonce de son projet est, selon lui, une scandaleuse \u201cdépréciation de soi\u201d.Le conférencier ne nomme personne; mais nous nous permetotns ici de reprocher I'impardonnable pessimisme de Jean Vallerand qui craignait, il y a un an, de voir la Grande Salle vide la moitié du temps, Il y à chez nous une constipation, un refus du risque et de l'aventure : si Drapeau n'avait pas été là, nous aurions dit pendant des années : l\u2018opéra, c'est financièrement impossible, et puis Il n'y a pas de public, et puis.et puis., etc.(1) De plus, le maire de Montréal a enfin banni ce mythe pouilleux, ce morne refrain des inférieurs : \u201cEncourager nos artistes\u201d \u201cIl faut les juger\u201d ajoute-t-il.Nous ne sommes pas des parents pauvres en théâtre lyrique, nous sommes mêmes très riches et ceci n'est pas une légende.C'est là-dessus que Me Jean Drapeau terminait sa conférence historique.Daniel SAINT-AUBIN 1) Ne retrouvons-nous pas ici les mêmes objections pour l'établissement d'un Québec libre ?OPERA OPERA OPERA OPERA OPERA vw © > XX Fr I Dimanche, 7 novembre, 8.30 m., la grande salle de la lace des Arts offre un speclo- cle inusité: un \u201cone mon show\u201d mettant en vedette je maire de Montréal.A la demande des Jeunesses Musico.les dv Canada, Me Jean Drapeau invitait le public mont.réalais & un rendez-vous d'amour avec l'opéra.Vers 8.45 p.m.les lumières baissent dans la salle pour s'allumer sur une scène contenant une table recouverte de velours rouge et un nid de microphones radiophoniques.Le maire Drapeau entre sans se faire présenter sachant bien qu'il était la seule raison de cette soirée.Il alla se placer directement devant les microphones évitant soigneusement la table et la chaise \\tentations auxquelles résistent peu de conférenciers endormanis), Cette entrée est saluée por une ovation debout.On sent cependant une certaine retenue dans ces applaudissements, comme si l'on avoit peur de déranger I\u2018athléte politique qui va se mettre en branle.Et le terme n'est pos trop fort.Sans aucun texte de référence le maire va discourir pendant deux heures en suivant un plan précis qui ne permettra que quelques légères disgressions.Il sait où H veut en venir et les spectateurs le savent aussi.Ainsi se crée une atmosphère d'entente, de conspiration entre le conférencier et la salle.On est tous convaineu; mais l'on veut se faire convaincre encore plus.Peu à peu cette bonne attention se développera pres- qu'en culte de Drapeaulôtrie.D'ailleurs le sujet de cette adoration ne pourra s'empêcher d'y céder un peu lul-même.Après une concession ou \u201cje\u201d collectif (chaque fois qu'il em- plolera le \u201cje\u201d, ce sera pour désigner tous ceux qui ont combattu pour maintenir la flamme de la musique allumée eu Québec \u2014 on comprendra très bien qu'il ne les mentionne qu\u2019en communlon aves lul- même, apogée de cette lignée de précurseurs ! 11) Il avertit le publie qu'il n'est pas venu faire une conférence d'érudit et pourtant il ne pourra s\u2018empêcher de citer quelques airs d'opéra.On ne peut passer sous silence le \u2018soutiens ma faiblesse\u201d au moment ou il ine vite le public à l\u2018aider à réoli- ser \u201cle plus grand défi qu\u2019il n'ait jomais relevé.\u201d Mais le public sait bien qu\u2019il n'a pas \u201clg réputation d'abandonner une cause en route\u201d.ll reconnaît avoir la réputation de s'enthousiasmer trop vite mais \u2018ça n\u2019a pos desservi dans le passé\u201d (applaudissements).Les spectateurs sont venus entendre une recette d'administrateur infaillible.lls sont prêts à croire à n'importe quoi en autant que l'initiateur du Métro, de l\u2019Exposition, de l\u2018Annexion voudra bien y apporter son \u201cimprimatur\u201d.Et cela il va le leur donner.Avec une logique à la Cicéron (cette comparaison me méritera sons doute une réduction de iuxes municipales!) il accumule les données, les chiffres, les millions (en argent et en population).Rien ne pourra arrêter l'établissement d'une maison d'opéra portée por Jean Drapeau.II est inutile ici de rapporter les différents termes du syllogisme \u201cdrapien\u201d, les journaux quotidiens (ou du moins ce qu'il en reste) se sont chare gés de le faire.Car lo recette de Jean Drapeau est fort simple.Des ingrédients de base formés de nos artistes émigrés à l'étranger, une levure de 300,000 spectateurs \u201ccertains\u201d, et un glaçoge de 150 représentations.On peut facilement résumer notre impression à la sortie de cette salle en déformant une porole maintenant rendue célèbre : \u201cNe vous demandez pos ce que vous pouvez faire pour l'opéra, mais ce que Wrapeau peut faire pour l'opéra\u201d.Espérons que ce nouveau cheval de bataille ne lui sera pos enlevé de sous les pieds por le gouvernement fédéral comme l'Exposition Universelle, botiu en brèche comme les Annexlons, ou doublé en coût de revient comme le Métro.André LAPRANCE Une recette a la - Jean Drapeau Un B.Sc.affirme: L'art est LE moyen d'expression \u201cL'art est une expression, une sorte de cristal qui contient la figure projectée por un seul mais où l\u2018humanité fout entière se trouve finalement reconnue et signifiée.Car, enfin, qu'est-ce que c'est l\u2019artiste, sinon l'homme qui a pour fonction de produire des oeuvres révélatrices qui parlent au coeur, à l'imagination et.tourmentent .ou .élévent le\u2018sprit?\u201d Pour découvrir un artiste parmi d'autres, suivons deux jeunes gens rue Sherbrooke, en ce clair 26 février, entrons avec eux Galerie du Siècle où Claude Goulet tenait à ce mo- $ ment-là une exposition qui sus- aita chez nous étonnement et admiration .Sans plus de préambule, je vous présente Cloude Goulet en compagnie de nos amateurs de peinture.D'origine québecoise, M.Goulet demeure à Montréal depuis sa naissance: c'est donc un \u201cbonhomme\u201d de \u201cchez nous\u201d.M, Goulet a poursuivi ses études jusqu'à l\u2019Université de Montréal d'où Hl est sorti bachelier en sciences.Pour agrondir le champ de ses connaissances, passa deux ans à l\u2019école des Beaux-Arts de la métropole.Tout en exerçant sa profession M.Goulet s'adonne à la peinture cor, selon lui, c'est le meilleur moyen d'expression qui peut exister, car c'est ainsi qu\u2019il peut communiquer avec les autres hommes en donnant à la matière quelque chose d\u2018ineffable.De plus, M.Goulet nous of- firme que, pour lui, Il n\u2019a pos \u201cEcharpe de brumes\u2019 encore otteint l\u2018abstrait ear, dit-il, cet abstrait dans le sens même du mot, ne sera rejoint que par les générations futures.La peinture abstraite est parfois plus significative que certains tableaux dits figuratifs, ajoute-t-il.Dès son jeune âge, le peintre s\u2019intéressait déjà à cet art mais, au début, il faisait beaucoup de coricotures, de nature morte, de figuratif.Son ort révéle une grande sensibilité et un amour de la nature, un amour passionné des jeunes.Il les comprend, les aime et se sent compris por eux, |l s'intéresse vivement à ceux « qui l'entourent et parle avec admiration de ses confrères, les artistes.Ses tableaux révèlent bien l\u2018esprit scientifique qui guide M.Goulet dans ses oeuvres, Le jeu du mouvement, de l\u2019espace, de la matière orientent en grande partie sa peinture.L'artiste n'existe effectivement que par et dans les étapes de sa création.L'oeuvre importe, elle importe même avant tout, c'est par elle que tout est recensé, Concevoir que le faire de l'homme puisse remplacer le fait de l'oeuvre, ce serait presque réduire l'artiste au rôle d'un velléitaire, en faire un poète sans poème, un autre par conséquent qu'un artiste.\u201d C\u2019est pougruoi il faut croire au talent de nos artistes cano- diens en qui nous devons avoir confiance.\u201cTrop de gens résistent encore de nos jours à ce qui leur échappe, il leur faut une solution et une solution conforme à cet ordre mortel conçu une fois pour toutes, comme on dispose les pièces d\u2019un mobilier d'appor- tement.\u201d \u201cIls oublient que tout art commence par déconcerter, que toute oeuvre nouvelle se présente d'abord avec un tranchant très aigu, que l\u2018artiste est toujours en expérience et toujours sur le point de tout perdre ou de tout go- gner.\u201d L'homme doit s'ouvrir à l'inconnu qui l'entoure et le presse de toutes parts, et pour cela découvrons le monde dans lequel nous vivons por les nombreux moyens mis à notre disposition.Que nous regardions \u2018\u2019l'Enig- me\u201d, \u201cI'Echarpe de brume\u201d, ou encore \"Dialogue, nous dé- coucrirons la noblesse, la sincérité et une conscience aigue de certaines choses qui existent chez M.Goulet.Claude Goulet Nous devons faire vivre M.Goulet dans notre monde québecois, nous ne devons pos l'obliger à chercher ailleurs un meilleur accueil qu'en notre pays.Nous avons la chance de le découvrir ! Les omies de l'Art ! ! PAOLA Haute-coitfure - Visagiste 5186, COTE-DES-NEIGES 737-9490 Le Chasse - Greniers ANTIQUITE - ARTISANAT 472 est, CRAIG - Montréal 845-4779 INE-CAMPUS * SOIREE ROSSELLINI * 8 h.00 p.m.\u2014 \u201cALLEMAGNE, ANNEE ZERO\" 9h.30 p:m GRATUIT Pour Les MEMBRES DE L'A.GÆUM.SAMEDI, le 14 NOVEMBRE, 8.00 h.p.m., AUDITORIUM U.de M.le.\\ - am e aves INGRID BERGMAN \u201cVOYAGE EN ITALIE\u201c (version française) italien, s.-t.françois), mers NIV BUD BN th tl 7961 ASWIAON + @œ * 12 NOVEMBRE 1964 LE QUARTIER LATIN * Miles: LE CRI ET LE CONTRASTE C'est définitif, Miles Davis est entré dans la troisième grande période sa vie de musicien : après des années obscures comme \u201cHopper\u201d, il est parvenu à développer très intensément une musique modale, ceci jusqu'à ces derniers temps où il semble avoir opté pour le contraste.Le Schème classique de \u201cTension-relache\u201d sy trouve transformé : dans les périodes de relâche dominent surtout les \u201cnotes piquées\u201d, des répétitions brèves d'une même note visant surtout à resserrer le rythme.Le registre employé est\u2019 alors d'importance secon- yo daire puisque le peu de passages aigus qui peuvent s\u2019y trouver n'ont pas de prétentions à l'ampleur ou à quelque forme de paroxisme.Ses périodes de tension s\u2018annoncent habituellement par d\u2018obsédantes excursions dans le grave; ce sont les racines d'échelles sonores couvrant les trois octaves de l\u2018instrument et plongeant brusquement de nouveau vers le grave où l'on est noyé dans les ba- vires cuivrées d'un homme épuisé.Par ces contrastes énormes, ces chutes, ces ascensions d'un extrême à l'autre d'une trompette, l'auditeur perd tout sentiment de stabilité et d'épuisement: il semble que, quoi qu\u2019en dise Miles lui-même, lo lecon -de Coltrane lui ait apporté ce qu'il cherchait.En contrastant comme il le fait, il est parvenu à parler de façon encore plus vocale qu\u2018au- parovant sur son instrument.Cette semaine, on l'a vu sourire, infiniment moins tendu qu'au mois de janvier dernier: mais comme sa propre musique, il passe lui-même par la paix et le calme puis par SIN NLA: NY DAVIS l'affolement le plus complet, .souvent durant la même soirée.Il n'y a que lui pour sauter des \"Feuilles d'automne\u201d à \u201cMiles tones\u201d comme il-le fait, tour à -tour.affolé, calme, colérique, bouffon, osé, nonchalant, épuisé, ceci, dans des temps impossibles à suivre (non par complexité mais à - cause de leur rapidité) ou d'autres apparemment complètement disjoints de la part de la section rythmique.Comme groupe, le quintette en gagne graduellement en fait de cohésion mais assez lentement : Tony Williams possède un goût plus sûr et une finesse mieux contrôlée Ron Carter se \u201cmusicalise\u201d de plus en plus; Herbie Hancock -fait beaucoup de recherche et c'est à souhaiter de la part d'un musicien déjà plus mature que ses confrères rythmiciens, à son arrivée dans le groupe.Changement important, Wayne Shorter remplace George Coleman au ténor; et c'est presqu\u2019incroyable de voir combien rapidement il s\u2019est libéré de l'ouragan Coltrane qui l\u2019avait durant un temps, complètement submergé : il semble même s'être débarrassé de sa technique coltranienne.Sa sonorité est moins dure, il articule, épèle un peu trop ses phrases et les contrastes sont trop peu fréquents.Bref Shorter s\u2019est stabilisé mais pas pour le mieux, il s\u2019est uniformisé.Pourtant placez-le à cô- - té de Mies et on ne peut pas] ne pas se laisser prendre: par le contraste qui unit ce :musi- \" cien stable à cet instable.- Ce nouveau groupe de Miles Davis peut se résumer par l\u2019enchevêtrement de contrasies humains et musicaux (on ne devrait pas séparer les deux) dont la fascination est impossible à éviter mais qui ont la singulière propriété de nous faire sentir linstabilité de notre bonne vieille terre.Un mot sur Pierre Leduc qui est monté en flèche depuis quelques mois : ce n'est plus|\u2019 le petit pianiste local qu'on].écoutait distraitement en attendant les grands hommes; on écoute Miles et on écoute \u2018Leduc, musicien différent mais \u2018à la hauteur de sa situation.Ses solo, virils, économes percutent avec encore.plus de \u2018 force qu'auparavant.Enfin, dans les prochaines semaines, Horace Silver, Woody \u2018Herman, le M.J.Q., : Duke Ellington, Oscar Peterson qui .clôturera la première année d'existence du.Jozrz Hot du Casa -Loma.- ;- Bertrand \u201cDUCHESNE - de notre De l'amour à la mort\u201d Lundi, 23 novembre, sous l'égide de l'Association des étudiants de la Faculté des Lettres, l'équipe d'Image et verbe va présenter, dans le grand salon du Centre social, son deuxième spectacle dont lo titre est à lui seul un long voyage à travers la vie humaine: \u201cDE L'AMOUR A LA MORT\u201c.Qu'est-ce que Image et verbe?Un récital de poésie?Non, bien qu'il y aura des poèmes interprétés par leurs auteurs.Une sélection de films?Non, bien qu'au cours du spectacle, 5 films expérimentaux seront projetés.Un montage sonore?Bien que tous ces éléments se trouveront réunis dans ce spectacle, on ne peut nommer le tout en se servant d'un seul médium.Image et verbe, qui se reconnait des ancêtres mais aucun précédent, est la recherche d\u2018un nouveau moyen d\u2018expression de la poésie, non plus dans le domaine limité où il semblait qu'elle devait rester enfermée pour toujours, mais dons la synthèse de toutes les manifestations qu'elle utilise.Car, depuis longtemps, la poésie n'est plus\u2019 seulement l'apanage du poète conventionnel: à notre avis, comme à celui de beaucoup de gens, \u201cHiroshima mon amour\u201d est un poème sur pellicule; certains tableaux non figuratifs possèdent une possibilité de rêve et de voyage à travers l'inconscient qui dépassent la puissance d'évocation de bien des poésies.En quelque sorte, Image et verbe essaie de donner une définition de la poésie: pour nous c'est un état d'âme.Et c'est cet état d'âme que Raymond Charland, le père de Image et verbe, peintre et étudiant de la Faculté .des Lettres, à essayé de rendre accessible à tous.Car le but de Image et verbe n\u2019est pas d'amener une nouvelle exégèse de la poésie.C'est d'essayer de lui faire reprendre le dialogue avec sa source, le peuple.Si les troubadours ds \u2018autrefois utilisaient, © pour rendre leur poésie, un luth ou un théorbe, ce qui était les moyens modernes en : leur temps, pourquoi ne nous servirions-nous pas des moyens temps, c'est-à-dire l'image et Ja bande magnétique, tout en gardant la présence physique et vivante du - poète?Bien que le spectacle que \u201c nous présenterons à l'Üniver- sité le 23 novembre soit déjà amélioré par rapport à celul de Longueuil, nous savons qu'il est loin d'être parfait, et que des améliorations, voire des transformations, devront y être apportées.Pour nous, conscients de notre inexpérience, Il est expérimental.Avec l\u2019aide du publie, aves l'acquisition progressive de nouveaux moyens, nous espérons bien pouvoir arriver, dans un avenir prochain, à jeter les bases de ce qui pourrait devenir un Centre d'art vivant québecois, dont les buts se- .raient de donner la possibilité à nos artistes de toutes les disciplines d\u2018expérimenter leurs.| conceptions personnelles de l'art et de rétablir entre le grand public et l'art ce contact que l'on avait fini par oublier en destinant la poésie à une \u201célite\u201d.\u2026 Gilles.Vigneault, Félix Le- : - clerc sont venus.I] ont prouvé, comme si cela devait l'être, que la poésie est pour tous.Plus tard Paul Chamber- land et des dizaines d'autres poètes ont pu être entendus par un public plus vaste que celui que l'on attribue, par définition, à la poésie.C'est dans cet élan que nous voulons marcher.Aujourd\u2019hui, l'art doit retourner vers le peuple.Cela ne se fera pas en un seul jour, ni sans de nombreuses étapes: on a trop fait croire au peuple que l'art était un jardin interdit où |! n'avati pas sa place.I! faudra, et Image et verbe n'y - arrivera pas tout seul, lui faire découvrir ce qui lui appor- tient, l'habituer et lui demander de comprendre.Tout cela ne sera pas sans mal.Mais l'art poétique est une richesse naturelle et profonde du peuple, d'où il est né, qu\u2019il doit reconquérir.Aussi, el nous avions à placer cette soirée du 23 novembre sous le haut patronage de quelqu'un, nous ne solliciterions pas celui du ministère des Affaires culturelles, mais plutôt celui de M.René Lévesque, ministre des Richesses naturelles, Mais, pour que nous puise.sions progresser, c'est le vôtre, .étudiants de l'U.de M.que : nous sollicitons, vous qui \u2018êtes -.à l'avant-garde de ce que nous : serons.Et, si cette soirée est réussie, ce sera non seulement une victoire, mais un pas que - vous et nous aurons franchie .ensemble vers la révolution d'un véritable art vivant québecois.François PIAZZA, 4 à \u2026 Raymond : CHARLAND. SIMPLE COMMENTAIRE SUR \u201cL'OEUVRE LITTÉRAIRE ET LA CRITIQUE\u201d Dans son étude \"OEUVRE LIT.TERAIRE ET LA CRITIQUE, publiée au No.2 de la revue PAR- TI-PRIS, (Novembre 1963), M.André Brochu écrit: \"A la conception dualiste du monde qui origine du Moyen Age, et à la conception moniste du dix-neuvième siècle français a succédé une vision dialectique de l'Univers, qui s'efforce de reporter sur un plan humain le débat qui concerne l'homme et son appartenance au monde.lci l'homme n'est plus comme chez Pascal le moyen-terme entre deux infinis, à la fois ange et bête, mais se définit dans le contexte relatif et contingent où il est placé et où seulement ses luttes peuvent avoir un sens\u2019.Les objections formulées, depuis plus d'un siècle, pour ou contre la positivité dé la Pensée Pascalienne demeurent jusqu'à présent sujettes à des interprétations stériles ou non-appropriées.Des Marxistes contemporains, faute d'une perspective de travail, qui toucherait, dans un système de médiations, le rapport entre l'Etre et l'Essence, attribuent aux idées-forces du grand philosophe français, des ambiguités, qui, selon eux, restent en dehors des problèmes de l'existence, Poussant la dialectiques matérialiste à l'extrême ri- gueur-dialectique qui est loin d'être une fin en soi \u2014 ils établissent un fossé, entre la matérialité \u2014 d'un phénomène philosophique et ses schèmes constitutifs, et, de ce fait, dissolvent les concepts existentiels dans une sorte d'idéalisme, que pourtant, ils essaient de réfuter ou de combattre avec chaleur, Si Pascal, dans le mouvement interne de sa conscience tragique, à défini le monde comme un tout mouvant, comportant des contenus cohérents avec leurs contraires, il n'a jamais refoulé certaines déterminations basiques de maintes conceptions qui marquent l'objectivité vécue.Chez lui, l'absolu est un moment qui peut et doit être dépassé.N'est-ce pas ici le propre BRIGITTE JAGU : UNE MASCARADE DE FANTAISIE la nouvelle galerie de l'Art Vivant située sur la rue Crescent présente sa première exposition en nous introduisant les oeuvres d'un peintre fran- gais, d'origine bretonne, Brigitte Jagu.L'art de cette artiste consiste à créer dans le cadre de la fantaisie et du surréel, les formes les plus inattendues et les plus étranges : le monde des humains côtoie celui des animaux, celui des morts s'anime en présence des vivants et tout cola dans une atmosphère de fête et de mascarade.Les personnages, vierges blanches, démons velus, squelettes drapés s'exhibent dans une flore sous-marine aux mille couleurs châtoyantes.La peinture de Brigitte Jagu est très vivante par l'enchevé- trement de ses formes et de ses coloris.Chaque toile est entièrement remplie par ses personnages et son monde fantaisiste à couleur d'enluminure.Brigitte Jagu offre un genre qui n'est pas nouveau mais qui tous les atouts d'une excellente composition décorative.: Nicole BROSSARD de l'esprit dialectique chez Hegel, Luckes, et même parfois chez Kant: s'intégrer dans le matière, pour y relever toutes les contradictions, lesquelles, après synthèses et combinaisons, produiront de nouveaux points de connaissance.Dans la vision pascalienne, l'Homme ne saurait être ce simple Particulier néantisé du Dieu vivant avant le Péché originel.ll! est homme, et autre chose.Et quand il (Pascal) conçoit les infinis vers lesquels nous sommes projetés, ces infinis se dédoublent en eux-mêmes, de sorte qu'après son long processus de travail, la pensée analytique les trouve dépouillés de toute finalité.Il n'y a rien de figé dans l'esprit pascalien: oui et non, non et oui.Et lui-même a été très clair sur ce point quand il mit l'accent sur l'ORDRE RATIONNEL, que d'aucuns prétendent stable, et sans fioriture: \"J'écrirai ici mes pensées sans ordre, et non pas peut-être dans une confusion sans dessein: c'est le véritable ordre, et qui marquera toujours mon objet par le désordre mé- me.Je ferais trop d'honneur à mon sujet, si je le traitais avec ordre, puisque je veux montrer qu'il en est incapable.\u201d (F.373) Et: \"L'ordre.Contre l'objection que l'écriture n'a pas d'ordre.Le coeur a son ordre; l'esprit a le sien, qui est par principe et démonstration, le coeur en a un autre.On ne prouve pas qu'on doit être aimé, en s'exposant d'ordre les causes de l'amour: cela serait ridicule.\u201d (Fr.203) .Si jai cité ces deux fragments, c'est pour montrer que ce sont les contradictions qui constituent l'essence des Pensées de Pascal.C'est pourquoi, il est arbitraire de rester sur leurs formes paradoxales.Il convient de scruter leurs fondements théoriques pour les lier à un courant philosophique qui sert de point de repère à le méthode existentialiste moderne.À travers l'oeuvre de Pascal, l'homme ne changera jamais, à moins qu'on veuille supprimer les courants de l'in- ter-subjectivité.Ce fin Penseur part toujours des postulats pour aboutir au pari.Et s'il écrit que l'Homme est à la fois ange et béte, c'est pour repousser les visées simplistes qui veulent que nous soyons cantonnés dans l'absolu figé.Quelle idée peut exister dans la tête à l'état pur?Gérerd V.ETIENNE de \u2019 IL \u201c0 resse La bière laisse un baume sur les lèvres.C'est un enduit mystérieux et magique, la cristallisation de toutes les formules alchimiques, le clé de voûte des grands châteoux oniriques.Qui n'est pas jaloux de celui qui repose sur les coussins insensibles de l'alcool, qui n'envie pas celui qui éprouve la lévitation sans danger de tomber, quel mesquin n\u2018osera pas prévoir en sa présence la chute fatale du lendemain ?Un pessimisme nauséabond ne croit pas à l'ivresse: il n\u2019en retient que les suites lointaines et tente d\u2018écraser les jouissances spirituelles de l'ébriété sous la suffocante vapeur du remord.l'ivresse n\u2019a rien d\u2018égoiïste : ce n'est pas seulement un refuge ni la découverte d'un confort exclusif et limité a soi- même; c'est la lumineuse, et légitime, découverte d'une réalité métamorphosée.L'ivresse permet même de saisir certaines valeurs métaphysiques; elle embrouille les détails pour ne conserver que des unités globales : certains rapports ne peuvent être ainsi saisis à jeûn.Qui veut vivre l'intense contradiction de la réalité et du rêve ?Qu'il s'enivre celui-là.L\u2018art est le monde qui coincide à l'énigme humaine.Le peintre découvre un univers irisé à travers son prisme de bière, le musicien devient sensible aux frémissements inusités de ses tympans engourdis, la fade odeur des choses es?filtrée et recdécouvre la saveur épidermique de ses parfums.Qui maintenant donnera sa confiance à l'oeuvre d'art conforme à la stricte réalité palpable ! Les objets ont autre chose qu'un contour et les sons peuvent être significatifs sans suivre la monotone régularité d'un contexte mélodique.Les unités vaporeuses et denses de Roland Giguère, les vastes nébuleuses des automatistes, la saine poésie verte et bleue de Gatien Lapointe sont autant de trouvées vertigineuses dans des univers étranges.l'art est un filtre.Le ciseau du sculpteur, le pinceau du peintre, le magnétophone du musicien sont des périscopes eux miroirs déformants, des creusets de Paracelse qu'on astique de levure.Les apparences ne suffisent pas, elles sont trop rapprochées de nous pour être une fin; il faut s'ennivrer.\u201cMais de quoi ?dit Baudelaire.De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.Mais ennivrez-vous\u201d.Daniel Saint-Aubain LIVRAISON GRATUITÉ TEL.735-3623 chez vito PIZZERIA La seule véritable PIZZA NAPOLITAINE SPAGHETTI, LASAGNA, FETUCINE GNOCCHI, RAVIOLI, RIGATONI 5412, COTE-DES-NEIGES | CAFE EXPRESSO Ch ez Pi erre Restaurant FRANÇAIS TABLE D'HOTE A la carte, prix modérés BIERE - VINS - LIQUEURS 1263, rue Labelle - Mil Victor 2-1590 Salons Privés Le Théâtre d'avant-garde dans le Vieux Montréal 4 REPRESENTATIONS PRADEL PREMIERE LE 20 NOVEMBRE LES DACTYLOS Mise en scène Rodrigue Mathieu 2 comédies de Murray Shisgall LE TIGRE LES SALTIMBANQUES PRIX Etudiants : $1.00 D'ENTREE Adultes: $2.00 Jeu., ven.; sam., 8.30 Dimanche, 7 h.30.mt ~ * = NIIVI GILVNO FI 1961 FFCWIAON 21 * * \u2014 12 NOVEMBRE 1964 LE QUARTIER LATIN * Ce soir, au Stella, après la représentation de \u201cUn Mois à la Campagne\u201d, Madame Yvette Brind\u2018Amour recevra le fameux Prix Victor-Morin pour le théâtre.Nul n'ignore que la troupe du Rideau-Vert est la plus fertile compagnie de théâtre à Montréal, bien avant le Nou- veau-Monde .Chaque spectacle mensuel est d'une qualité incroyable; il y a, au sein de cette troupe, un dynamisme dont il est difficile d\u2019évaluer la portée.Nous ne pouvons également que nous réjouir de la présentation, cet hiver, d'une pièce canadienne : et nous décelons ici une autre qualité de Madame Brind\u2019Amour, celle de bien choisir ses auteurs.Cette pièce canadienne est de Fran- ¢oise Loranger, l\u2019auteur de l\u2018inoubliable télé-roman \u201cSous le signe du Lion\u201d; la pièce serait présentée à Paris et à Moscou.Ce son?là, croyons-nous, de meilleurs ambassadeurs que les fossiles de la Maison du Québec.Musique e Ce soir, à l'Auditorium de l'Ecole Jacques-Cartier, la série internationale des Jeunesses Musicales présente le Quatuor à Cordes de Copenhague.les ensembles à cordes sont souvent d\u2019un ennui mortel.Mais l'intensité dramali- que de ce petit groupe vaut la peine d'être vécue.© Lundi prochain, à la Grande Salle de Place des Arts, le soprano espagnol Victoria De Los Angeles donne un récital.quand elle chante en français, elle est aussi drôle que Diefenbaker.Mais sa voix porte mieux, dit-on.Les livres UNE LUNE DE TROP, d'Alphonse Gagnon.Avec en sous- titre sur la couverture : \u201cVoyage autour du monde sur les ailes du caprice\u201d, avec en outre sous-titre sur la page titre : \u2018Escale de deux lunes sur la planète des Divins Sots\u201d (selon l\u2019attribut dont Rimbaud gratifia Racine).L'auteur passe par Paris, Rome, Athènes, Istambul, Le Caire, Beyrouth, la Jordonie, Jérusalem, Calcutta, Hong-Kong, le Japon, Honolulu, San Francisco, Las Végas.Coup d'oeil intéressant et assez original sur chacun de ces pays en miniature.(Montréal, Editions du Jour, 256 pages).° + » INTENSITE, d'Alphonse Gagnon.Voilà un ouvrage qui manque précisément de ce qu\u2019annonce le titre: d\u2019intensité.C\u2019est le livre d'un homme tard venu à la poésie et qui a perdu par là l\u2018essence de son travail, mais qui ne manque pourtant pas d\u2018esprit.On aura lu à son sujet le choix antho- logique de Mark Poulin.Montréal, Editions du Jour, 112 pages).* * L'HONNEUR DE VIVRE (poèmes de l\u2019âge amer), de Gilbert Choquette.Le deuxième recueil de l\u2019auteur de l'extraordinaire \u2018Au loin l'espoir\u201d dont on n'a pas assez parlé nous livre ce nouvel ouvrage dont on por- lera peut-être trop.Publiez chez Beauchemin, c'est quand même avoir l'assurance que l'édition se vende dans les trois ons.Très belle présentation.(Montréal, Beauchemin, 64 pages, $1.00).e + * SEQUENCES DU POEME, de Gemma Tremblay.La poétesse Gemme Trembloy vient de remporter le prix Du Maurier pour un livre inédit.Celui-ci a paru à Paris au printemps.On y retrouve la brillance des poèmes de \u2018L'\u2019aube d'ocre\u201d, mais l'auteur a beaucoup évolué et ses images trouvent une force et une justesse accrue.Gemma Tremblay est l'une de nos poétesses actuelles les plus intéressantes et l'une des rares qui puisse se prévaloir du nom de poéte.On lira bientôt dans ces pages une critique de Michel Beaulieu sur l'oeuvre Mme Tremblay.aris, rassin, pages, tiré à\u2019 400 exemplaires, $2.00).® Mardi, le 17, concert d'abonnement de l'Orchestre Symphonique de Montréal.Au pupitre, Hans Swarow- ksy; soliste : Robert Casades- - sus, pianiste.les pianistes, c'est beau, mais, Wagneure! (nouveau blasphème à la mode) quand on vous en présente au moins un par semaine, il y a de quoi s'interroger.Il y a tout un mythe autour du piano, instrument valable en soi.mais dont on fait, au concert, un usage abusif.© Jeudi, le 19, à la Grande Salle, \u2018Israel! National Youth Orchestra\u2018; l\u2019ensemble dirigé por Shalom Ronly-Riklis; soliste : Miriam Fried, violoniste.On commence le programme par Tchaikowsky, hélas, mais on le finit, heureusement!, par un compositeur russe bien plus important, Stravinsky (L\u2019Oiseau de Feu).© Les Grands Bollets Cono- diens, continuent, à la Comédie Conadienne, leurs représentations.le public balétomane est rare.Mais les amateurs de bon travail ne manqueront sure- ment pas cette manifestation importante.© Dimanche prochain, dernière chance pour voir le spectacle de Zizi Jeanmaire, à la Grande Salle.Caressée de plumes pendant le spectacle; on chante, à la fin du spectacle: \u201cViens poupoule, viens\u201d.© À la Comédie Canadienne, du 17 au 25 novembre, tour de chant de Colette Renard.celle qui a déclaré: \u201cJe ne vois pas pourquoi le public québécois s'offusquerait de m\u2019entendre chanter des chansons grivoises.\u201d © A la Boîte à Clémence, du 12 au 14 novembre, Joël Denis.Espérons que ce -n\u2019est pas le Joél Denis du \u201c.elle était debout, regardant la merrr.\u201d © À la Boîte à chansons du Café St-Jacques : les Puces.Elles ont débuté au \u201cCo- - chon Borgne\u201d, les p'tites vli- meuses .© À l'Enclos, le 14 : Pierre Lé- fourneau.bon chansonnier, catégorie deurième classe \u2026.© Au Jazz Hot, jusqu'à lundi, Horace Silver et son quintette, Peter Appleyard et son trio.Attention! Des enquétes rigoureuses démontrent qu\u2019il en coûte environ $4.00 par personne, pour une soirée.Théâtre © Aux Saltimbanques, un homme de théâtre muet mais combien éloquent, le mime Pradel; jusqu\u2019au 15 novem- © Au cinéma Avenue : bien.viens poupoule, vembre seulement.Au Stella, à partir du 15, \u201cLes Jouets\u201d, de Georges Michel, une satire sur les pauvres beignets qui se laissent prendre par les trues de publicité .© À chacun des gardés à l'affiche, un Prix: au Théâtre de la Place Ville-Marie, \u201cLe Quadrillé\u201d (prix d'assiduité).Au Théâtre Québec, un Leclerc qui ne se renouvelle pas dans \u201cLe Ptit Bonheur\u201d (Prix Zonnier de sa langue); pour ceux qui ont des problèmes d'ordre matrimonial, \u2018Moins Une\u201d à l\u2019Anjou (Prix sur le fait).\u201cTchin-Tchin\u201d à l'Egrégore; nous décernons aux crève-faims mais tenaces artistes de cette troupe le Prix Famina.Au TNM, \u201cLes Fantasticks\u201d (Prix du mot d'ordre des snobinet- tes).Cinéma \u201cThe Finest Hours\u201d .d'après les mémoires de Sir Winston Churchill.Documentaire.Narrateur: le grand Orson Welles.® Au Bijou et Sainte-Denis : \u201cCherchez l'idole\u201d .et vous trouverez facilement la porte de sortie.© Au Champlain, la version de \u201cSweet Bird of Youth\u201d, \u201cDoux oiseaux de jeunesse\u201d.un film américam, fidèle à la bonne tradition.Pour Geraldine Page.© À la Cinémathèque (Bureau de la Censure), ce soir, \u201cJeunesse : année zéro\u201d et \"Mr.Pearson\u201d.À souligner, le 17 novembre: \u201cA Night at the Opera\u201d, avec les Frères Marx et une \u2018Soirée Agnès Varda\u201d (ses courts-métra- ges), le 19 novembre.© À l'Elysée (Salle Alain Res- nais), un film de Louis Molle (\u201cLes Amants\u201d, \u201c\u2019Ascenseur pour l'échafaud\u201d, \u2018Za- zie dans le métro\u201d) : \"Feu foller\u201d, .Ce chef-d\u2019oeuvre s'était glissé, par erreur sans doute, dans la programmation du \u201cFessetival du film français\u201d.Profond, émouvant.ciselé.C\u2019est vraiment le drame de \u201cl'homme du vingtième siècle\u201d.Camus aurait pu signer le scénario.® Au Kent : \u201cLilith\u201d.un film américain de Robert Rossen, qui avait réalisé \u201cThe Husiler\u201d.Le film est sans doute supérieur à ce que laisse entendre le scénario (psychologie à la petite semaine, une schizophrène rencontre un paranoïaque, crisés de folie, cabotinage .le tout dans la plus pure tradition \u201cBen Casey\u201d).Le Loew's met à l'affiche un \u201csex and suspense\u201d (1) d'Alfred Hitchcock : \u201cMarnie\u201d.Hitchcok s'était surpassé avec \u201cThe Birds\u201d.\u201cIl avait atteint un tel sommet qu'il ne pouvait, après, que redescendre.\u201d (le vieux Gide).Une chute de qualité! Au cinéma Parisien (où une imitation de gendarme vous accueille avec son m .sourire figé), on continue à présenter \u2014 en deux films, s'il- vous-plait \u2014 les beautés de \u201cLa Vie Conjugale\u201d.Pour tous les divorcés de l'année.Nous annonçons pour la dernière fois \u201cMy Fair Lady\u201d (pour les amateurs de bonbons roses) à l'Alouette, \u201cLa Bonne Soupe\u201d (vite, le dessert!) au Beaubien, \"Seduced and abandoned\u201d (de Pietro Germi) au ciné Place Ville-Marie et \u2018A shot in the dark\u201d au Westmount.Nous ottedons avec impatience la présentation, au Parisien, du film de 'AGEUM, \u201cAmour \u201cAmour no 1\u201d alias \"Jusqu'au cou\u201d alias.Beaux-Arts A la Galerie Libre, expo Kit- Bruneau.ses tableaux sont des fenêtres irisées.Les ceuvres récentes de Joseph Plaskett sont exposées 6 la Galerie Waddington.du surréalisme un peu dilue.A L'Art Vivant, tableaux de de Brigitte Jagu.\u2026Ô l\u2019artiste se complait dans un monde faussement surréaliste: tout au plus faudrait-il parler de tableaux \u201cétranges\u201d.A voir malgré tout.Au Jardin Botanique de Montréal, les chrysanthèmes de la Russie et autres plantes.Pour ceux qui ont un oeil impressioniste, pour ceux qui ont du \u201cflair\u201d en matière de couleurs, pour ceux qui cherchent des comunisssses en dessous des feuilles de choux.Roch POISSON, Daniel SAINT-AUBIN, Directeur : Serge Ménard Assistant-directeur : Jacques Elliott 1e Quartier Latim SUPPLEMENT LITTERAIRE ET ARTISTIQUE Directeur artistique : Jules Arbec Secrétaire de la rédaction : Sylvie Roche.Collaborateurs : Michel Beaulieu, Robert Benoit, Gilles Blais, Ni- , cole Brossard, Bertrand Duchesne, Gilles Gasse, Daniel LaTouche, Roch Poisson, Mark Poulin, Marcel St-Pierre, Roger Soublidre, Yves Taschereav.Photographe : Serge Proulx.Publicité : Georges Lefebvre \u2014 7394777 Abonnement pour l'année universitaire : $3.00 "]
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