Le Quartier latin, 3 décembre 1964, Supplément littéraire et artistique
[" .M 1e Quartier E.aatixm Joan Sutherland à Montréal Le célèbre soprano oustroa- lien Joan Sutherland se fera entendre à Montréal le 8 décembre prochain.C'est un événement.On sait déjà que la cantatrice devait donner Lucia à l\u2018\u2019ouverture de la Grande Salle lan dernier; pour des raisons qui entrent dans notre passé historique, l\u2018inauguration de la Place des Arts ne suivit pas le programme qu'on avait sou'raité y présenter.Le 8 décemb:e idate à re::air , les \u201camateurs de voi.\u201d ci les © mélomanes entendront enfin celle qu'on a appelée \u2018la Stu- penda\u201d; l'événement est tellement important qu'on chuchot- tera, sceptiques, \u201cla Stu-ben- elle?\u2019.au balcon évidemment.et encore pour être bien sûr faudra-t-il apporter son télescope .Plutôt que d'être secondée par le piano seul, comme c'est toujours le cas dans les récitals de chant, Joan Sutherland sera \u2018accompagnée por l'Orchestre Symphonique de Montréal au grand complet, sous lu direction de son époux Richard Bonynge (lequel incidemment dirigeait les Noces cet été à Stratford).Le programme comprendra le célèbre Air de lo folie de Lucia di Lammermoor, opéra de Donizetti dans lequel Miss Sutherland vient d'inaugurer la nouvelle saison du Metropolitan; \u201cDeh vieni, non tardar\u201d et \u201cDove sono\u201d des Noces de Figaro de Mozart; .aussi \u201cBel raggio lusinghier\u201d de Sémiramide de Rossini.La jeune cantatrice offrira également l'attrait d'une première américaine.En effet, ce soir- là, elle chantera, en première audition sur le continent américain, le Concerto pour soprano colorature et orchestre, op.82, de Reinhold Gliére, piéce de haut voltige que très peu de chanteuses peuvent se permettre d'inclure à leur répertoire.Pour sa part, l'Orchestre interprétera une Symphonie Concertante de Jean-Chrétien Bach et l'ouverture de Sémi- ramide de Rossini.Ce concert, ouvert au grand public, est au profit de la \"Caisse de Soutien\u201d de l'OSM, destinée à combler les déficits de l\u2019orchestre.Joan Sutherland est un des plus grands sopranos de |'époque.Ceux qui l'ont entendue l'an dernier à l'émission télévisée \u201cBell Telephone Hour\u201d savent le métier et l'art de cette artiste.Elle occupe une place de premier plan dans notre époque lyrique et c'est une occasion à ne\u2019 pas manquer que d'aller la voir.En plus d'une grande maîtrise de sa voix, Miss Sutherland sait également \u201cjouer\u201d, plus avec ses mains qu\u2018avec ses gestes il est vrai, mais parvient quand même à se faire \u201cauthentique\u201d dans une action dramatique.H y a quelques années, Maria Collas faisait revivre les opéras oubliés de Bellini, Donizetti, etc.Ces ouvrages lyriques, composés à la stricte intention de \u201cgrandes voix\u201d, réclament des chanteurs exceptionnels, tant par les pièges vocaux de ces oeuvres que par les difficultés qui se posent à leur interprétation.C'est un répertoire d'oria sans fin, rempli de vocalises et d'appoggiatures qui faisaient les délices de l'Italie de la fin du XVile siècle.Joon Sutherland, largement préparée à donner ces oeuvres, s'y complait effrontément.Si elle donne deux ou trois Verdi, c'est beau.Elle nous rabat toujours les oreilles avec Somnambule, Lucia, et le reste.On dirait qu'elle ne peut pas chanter autre chose.Ce qui est dramatique précisément, c'est qu'elle peut aller plus loin que ces recueils de roulades farfelues et superficielles ! Mais à ce moment il y a toujours un agaçant aspect commercial qui entre en jeu.Prenons un exemple typique : la maison London lançait en avril dernier l'intégrale tant attendue de Siegfried de Wagner.Les plus grands chanteurs wagnériens étaient de la distribution; Joan Sutherland chantait le rôle de l\u2019Oiseau de la Forêt, rôle très court (pas moins de quelques minutes) et l'interprétait admirablement.Comment l'album présente-t-il la distribution ?\u2014 des caractères blancs sur fond rouge (assez indistinct) pour les rô- les principaux (de quelques heures ceux-là); plus bas, en blanc sur noir, grossièrement en évidence : \u201cAnd Joan Sutherland as the Forest Bird\u201d.Ah! les intrigues commerciales ! Et puis il y a son mari qui la suit partout, lequel, tout compte fait, est un chef trés ordinaire, et qui n\u2018a d'outre qualité que celle de s'imposer.Nous sommes cependant extrêmement heureux que la cantatrice australienne ait inscrit du Mozart à son programme du 8 décembre.C'est ici, nous en sommes persuadés, qu'elle donnera le meilleur d'elle-mé- me, entièrement dégagée de la virtuosité valorisée pour elle- même, ce qui nous semble contraire à toute esthétique.Et si Mozart fait souvent appel à la virtuosité, on sait qu\u2019il va plus loin que les gargarismes sans raisonnance de Donizetti! Joan Sutherland n\u2019en reste pas moins un étrange phénomène lyrique.Nous suggérons à ceux qui aimeraient avoir un avant-goût de son talent de prendre connaissance avec un album très intéressant que la chanteuse a enregistré il y a deux ou trois ans chez London : \u201cThe Art of Prima Donna\u201d qui réunit les plus célèbres airs d'opéra.ll sera alors impossible d.ne pas sacrifier dix dollar.pour en croire ses oreilles.Daniel SAINT-AUBIN à 2 \u2026 © nos co 3 DECEMBRE 1964 \"LE QUARTIER LATIN\u201d * Depuis quelques semaines dé- jè.et tenant l'affiche jusqu'au 5 décembre, la pièce d'Arabal \u2018Pique-nique à la campagne\", encombre la minuscule scène de \u201cLa Butte à Mathieu\u201d.Armé d'une trame sonore excellente, muni d'un éclairage intéressant, particulièrement au tout début et à la fin, bardé d'un décor ingénieux (pour la tranchée) mais tout de même embarrassant quelques fois, le metteur en scène André Richard n'a pas réussi à mettre en évidence les quelques farces cyniques d'un texte par ailleurs assez faible.Sur le front, un soldat poltron craint comme le diable les attaques des ennemis.Surviennent ses parents, père et mère, qui ont l'intention de pique-niquer.Constatant la peur maladive de son fils, le père en profite pour exposer ses exploits passés, au \u201cLes Dactylos et \"Le Tigre\u201d ont en commun le fait qu'ils font partie de ce théâtre qu'on dit d'avant-garde, ou antithéâtre.lls sont de Murray Schisgal, dra- maturgs américain.Disons tout d'abord que \"Les Daclylos\u201d ect nettement !nférieur à \"Le Tig-e\", ceci au strict point de vue texte, Je m'explique.Dans Le Tigre\u201c on est face à deux personnages qui se des- humanisent par leur travail, en Pièce de August Strinberg, texte français d'Alfred Jolivet et Georges Perras, mise en scène de Jean Gascon, décor et costumes de Mark Negin.Les comédiens: Jean Gascon, Denise Pelletier, Léo Ilial, Rachel Cailhier, Marie Varesquier, Victor Désy.le Théâtre du Nouveau Monde présente \u201d La Danse de Mort\u201d.Il est très difficile d\u2018analyser profondément cette pièce qui, par sa densité et sa présentation s'avère très complexe.\u201cla Danse de Mort\u201d est l'épreté et le cynisme mis en scène.Sous le caractère violent des personnages, l'on découvre cette dualité et cette cruauté qui font la trame de cette tra- son d'un paso-doble.Un ennemi se faufile.Il est fait prisonnier.La joyeuse famille, forte de sa conquête, engage la conversation avec le prisonnier et constate que celui-ci est aussi peureux que leur fils.Nouvelle attaque.Un hélicoptère fait son apparition: aucun blessé ou mort à transporter.Déception des médecins-sadiques.La conversation se poursuit jusqu'à ce qu'une dernière attaque fige et tue les quatre personnages.L'hélicoptère revient au milieu de rires sa- dico-cyniques.Arabal se moque de la guerre, tente de montrer la futilité et s'ingénie à en souligner les aspects macabres et vampiriques.Mais les comédiens ont escamoté le texte.Les deux ennemis, Jean Richard et Marc Beaulieu, nous font penser à de tristes amateurs qu'on ne retrouve même plus dans les troupes de collège.Le \u201cLe tigre et l'occurence, un travail de dactylo (taper tous les noms de l'annuaire téléphonique!).Peu à peu, nous parvenons a deux viaux robots fatigués et ankylosés de rhumatisme.Jean-Claude Guichard et Wima Ghezzi, les interprètes, personnifient bien ces êtres qui voudraient étre autres que fantoches.Bes petites crises de révolte font oublier la routine pour quelques instants, puis on revient aux dactylos.\u201cLa danse de gédie.Par son mode d'expression, l'auteur veut mettre l'homme à nu pour nous faire découvrir sa passion la plus intime et ce, dans un cadre d'une rigidité austère.Stringberg y parvient de façon magistrale en mettant en scène deux principaux personnages, dont l'aigreur réciproque semble être le couvert de sentiments tendres, qui se plaisent de se faire l\u2019un à l\u2019autre.Mais nous découvrons sous ces sentiments factices l\u2019hostilité très nette entre deux êtres qui ne peuvent plus s'accepter.Edgar et Alice, les deux principaux personnages, sont en quelque sorte des vivants déjà morts par la façon dont ils vivent et par leur isolement qui llaborateurs ont vu pour vous.texte ne roule pas, les répliques sont données sur un ton mone- tone et plat, la mise en scène est peu vécue, peu sentie.N'eût été de Jean Brousseau, le père, la pièce aurait sombré dans un ridicule digne des séances de fin d'année.Seul Jean Brousseau, par une présence vraiment étonnante, a réussi à ranimer notre intérêt pour un spectacle qui s'orientait vers un fiasco de lo plus belle espèce.Ce personnage a de la consistance.La voix, la mimique et la souplesse corporelle qu'il apporte cadrent bien avec le rôle de \u2018bonhomme\u2019 sûr de lui et fier de ses victoires passées.Secondé par sa femme, rôle tenu par Elisabeth Chouva- lidzé, qui, par des jeux de mains étonnants, souligne davantage le ridicule de la situation, Jean Brousseau demeure, malgré les faiblesses de l'ensemble, une incarnation forte et réaliste de la \u201cLes Cette pièce est en fait l'histoire d'êtres à la recherche (avec espoir) de quelque chose de grand mais qui ne parviennent qu'à la médiocrité quotidienne.\u201cLe Tigre\u201d est moins hermétique.Il nous touche beaucoup plus que \"Les Dactylos'.Peut- être est-ce le sujet.Les banalités de secrétaires à côté du mystérieux personnage qu'est \"Le Tigre\u201d ne peuvent paraître que banales! Une large part est faite mort\u201d accentue graduellement leur agressivité.Les comédiens savent rendre parfaitement cet état d'esprit par un jeu qui correspond bien à l'ambiance de cette pièce.Nous pouvons toutefois remarquer une lenteur dans le débit de certains passages, ce qui a pour effet de diminuer la souplesse du jeu.Jean Gascon s'intègre pleinement au drame par une présence en scène qui donne, tout au long de la pièce, une tension qui suscite l'intérêt des spectateurs.Denise Pelletier, pour sa part, fait très bonne figure par son déploiement et son expression modérée.Léo llial, d'autre part, est à la hauteur de sa prétention, Il ne peut comprendre que son fils ait peur, lui- même n'a pas peur; mais il est quand même anéanti en \u2018même temps que les autres.A le deuxième partie du spectacle, un nouveau groupe de chansonniers - folkloristes : \"Le Trio de mes frères.Ce trio a dégelé l'assistance.Leur aisance a aidé grandement leurs chansons à passer la rampe et on a soudain eu l'impression que le ublie participait aux rythmes de fours mélodies.Îls ont su par la sobriété de leurs gestes et la chaleur de leur voix intéresser les spectateurs \u2014 ce que la pièce d'Arabal n'a pas fait.Tout leur dynamisme est dans le rythme, accentué d'ailleurs par la virtuosité de leur guitariste.Leur répertoire qui est composé de chansons des folklores américain, juif et frangais \u201cPique-nique à la campagne correspond à un certain besoin d'internationalisation de notre chanson.À tant piger, comme on le fait actuellement, dans notre.folklore du terroir, on finira un jour par ne plus savoir le renouveler.Et c'est là un des rôles importants du groupe que nous avons entendu : faire connaître, et surtout faire aimer, en les aimant soi-même d'abord, les chansons des autres pays.La spontanéité dans la création de leur travail est justement ce qui a transpiré le plus de leurs interprétations.Mais il ne faut pas se fier aveuglément à la spontanéité.I! faudra en arriver à varier la mise en scène, la moulant aux diverses chansons: ajuster sa voix au micro et avoir des textes de présentation laisse entendre qu'on désire réellement devenir professionnel.Souhaitons que nous les reverrons bientôt | Jean BELANGER actylos à la fantaisie dans cette deuxième pièce.On est dans la cham- ore d'un bonhomme qui a enlevé une femme pour la tuer, la violer ou on ne sait trop.On y développe le thème de l'incommunicabilité pour enfin aboutir à l'espoir.Un \"happy ending\u201d dans l'antithéâtre! On se prend soi-même au jeu.Le sadisme nous fait rire.Rodrigue Mathieu y est fascinant.Quant à Charlotte Jones, elle est impeccable.tâche en exprimant par un jeu dégagé, la tension qui existe.Les décors réalisés par Mark Négin, sont surchargés et nuisent un peu à une mise en scène plus aérée.Notons la très belle envolée de Mathieu au moment du concer'o de Tchaikovsky.Cette pièce a permis de monter un très bon décor et un éclairage qui amuse.Dans \"Les Dactylos\u201d, c'était adéquat.Terminons en notant que Murray Schisgal est un excellent auteur.Ne crions cependant pes au génie, Mais son travail valait \u2018e coup.|| est intéressant et mér\u2019'e qu'on se déplace.Roger SOUBLIERE En somme, c'est un specto- cle d\u2019une valeur exceptionnelle et qui, malgré certains trovers, vaut la peine,d'être vu.# + Jules ARBEC.ke Quadrille Comédie populaire canadienne TOUS LES SOIRS Ÿ COMPRIS LE SAMEDI À 9 H.Admission: $2.00 \u2014 Etudiante: $1.25 sur semaine 861-6665 | 206 REPRESENTATIONS À \u2019 0 rs A | 1.Elémentaires - - de Andrée Maillet Comme écrivain montréa- lais, pourquoi Andrée Maillet n\u2018est-elle pas plus connue?Elle écrit pourtant.En plus d'avoir dirigé l'Amérique Française pendant cinq ans, elle a fait paraître sept volumes depuis 1943.Tous les genres littéraires semblent l'intéresser: elle à signé, entre autres, des Contes pour enfants (1943); un roman, Profil de l'original (1952); des nouvelles, Les Montréalais (1963); des contes et récits, Le Lendemain n'est pas sans amour (1963); et récemment un recueil de poèmes, Elémentaires, publié chez Déom.De plus, on annonce déjà la parution prochaine d'une pièce de théâtre, Le Meurtre d'igouille.Cette abondance de titres et cette variété des genres littéraires abordés sont-elles signes de la richesse du créateur ou de ses difficultés d'adaptation?Après un silence de onze ans, Andrée Maillet a publié, en 1953, Les Montréalais.Ce recueil de nouvelles était assez décevant.Certes, on ne peut exiger autant de cinq nouvelles que de La Comédie humaine.Mais à un volume qui porte un titre aussi prétentieux que les Montréalais, on peut difficilement pardonner une superficialité aussi soutenue.Le- réalisme de certaines situations, le nature! dans les dialogues ne réussissent pas à \u2018donner au récit suffisamment de densité, non seulement pour faire vrai, mais tout simplement pour intéresser.L'auteur ne semble pas capable de sentir et de rendre communicatives les dimensions originales que comporte toute situation humaine, On admet habituelement que l'oeuvre poétique tient avant tout sa valeur du langage.Mais pour parler du dernier recueil de poèmes d'Andrée Maillet, il faut aller au delà du langage et interroger l\u2019auteur dans son acte créateur lui-même.Dans cette poésie, ce n\u2019est pas la langue surtout qui est déficiente, mais la vie intérieure qui permet de donner aux mots leur caractère de justesse et d\u2018authenticité.On ne peut pas soupçonner Andrée Maillet de n'avoir rien à dire.À travers ses maladresses d'expression, tout un monde de souffrances transparaiît.Aucun être humain ne saurait demeurer insensible à ce drame d'une jeune fille, enchantée de lo beauté de son corps, qui regrette ses expériences d'amour physique ou point de souhaiter être privée de sa liberté.Mais il n\u2019a jamais suffit d'avoir beaucoup souffert pour être excellent poète.Les expériences humaines sont vécues globalement et ne peuvent être exprimées dans une oeuvre littéraire qu'après avoir été objectivées et différenciées.C'est cet effort qu\u2019Andée Maillet semble poursuivre péniblement, On est porté à penser que, dans Elémentaires comme dans ses oeuvres précédentes, l'auteur est à la recherche d'une expression juste de son monde intérieur.De ce point de vue, le premier poème, \u2018thrène\u201d, nous offre une intéressante variation sur trois thèmes concrets, le paon, la rose et le diamant: le diamant des cascades [généreuses le paon silencieux des [jardins illustrés la rose bien lustrée [dans le matin pourpré le paon cueillant la rose | ou coeur du diamant la rose incalculable des rêves diamantés où marche le paon-roi en pleine majesté ll y à d'autres réussites dans ce recueil: mentionnons les poèmes intitulés \u201cle temps\u201d, \u201cl'air\u201d, \u201csouffle salin\u2019 et \u201cfenêtre\u201d dont voici les premiers vers: ô paysage ridiculement' |enjolivé de mon visage ravagé que d'années, que d'efforts, que de péchés perdus [au fond de tes vallées Mais l'auteur n\u2018a pas toujours été aussi heureux dans sa recherche, Il nous offre trop d'expressions peu poétiques comme celle-ci: ici Dieu a créé parcimonieusement une bête par mille carré Trop souvent, les images sont incohérentes et boiteuses comme les deux premiers vers de cette strophe: st pour prendre ici racines les pousser jusqu'au | secret tabernacle et forcer l'action de grâce l'hosanna du créateur perdu des choses créées retrouvées et les saisir et les refaire il nous faut.Le poète réussit parfois à trouver une imagerie cohérente, mais le symbolisme trop direct eniève au langage le minimum de transposition qui le rendait poétique.Les premiers vers du poème \u201cl\u2019eau\u201d nous en donne un bon exemple: le doux serpent doré ondule entre deux eaux il boit il sort la tête et sa langue | fourchue rouge et noir frémit à l'air et au danger il passe entre mes mains entre mes jambes enlacées entre l\u2018herbe et les | cailloux clairs comme un bijou, .[comme un collie le doux serpent, serpent doré il percera ma fluidité me vrillera sans me meurtrir m\u2019habitera, m\u2018agitera et je ferai mon eau si douce | qu'il ne voudra plus me fuir Andrée Maillet ne semble pos encore avoir trouvé dans la poésie le mode d'expression qu'elle recherche.Même si le poème lui à permis d'atteindre à plus de densité et d'engagement personnel que la nouvelle, trop de valeurs chez elle sont encore inchoatives.Dans l'expression de son monde intérieur, on ne découvre pas la maturité qui lui donnerait d'être reconnue parmi nos bons écrivains mont- réalais.Paul LAROSE, si.22 nov.1964.Michel Beaulieu commente \u2018Guerre de sang ou le juif Un livre qui mérite l\u2018attention des critiques et dont on aurait dû beaucoup parler n'a suscité que quelques vagues échos dans notre presse locale.l'auteur des \u201cSondages\u201d s'est fendu quelques phrases perdues sous le titre de \u201cFonds de librairie de Michel SEAULIEU 169 est, BEAUBIEN \u201d > a uébécoise SPECIALISTE EN CANADIANA Remise de 20% sans majoration aux étudiants TOUTE DERNIERE NOUVEAUTE : \u2018Pour chanter dans les chaînes\u2018 - 279-2100 tiroir\u201d, et un critique du Petit- Journal en a fait l'éloge.Ce fut à peu près tout.Mais il reste qu'on n\u2019a pas assez parlé de \u201cGuerre de sang ou le juif\u201d, de Jean Gibéa Beaudoin (1).L'un des livres les plus émouvants qu'il m'\u2019ait été donné de fire parmi la production 1964 du Québec, et qu'on veuille bien me croire, je lis à peu près tout ce qui se publie au Québec.Beaudoin est jeune, et si le thème de son livre touche l'univers concentrationnaire, cela vient d'un besoin intérieur de non-violence.Sa poésie est donc avant tout politique.Mais cette même jeunesse est une surprise.Avant de rencontrer l'auteur, je croyais qu'il s'agissait d\u2019un homme mûr, aguerri par la vie, rescapé des camps de Dachau ou de Buchenwald, tant a réussi à me convaincre cette poésie.Il n'en était rien.L'auteur n'a vécu cet univers de souffrance et de mort que par l\u2019intelleet et la sensibilité.Doit- en condamner pour autant le poète, dire qu'il nous à trompé, qu'il n'avait pas le droit - d'employer un thème qu\u2019il n\u2019a pas vécu ?Je ne crois pas.Le camp de concentration sert de prétexte.Beaudoin a vécu la haine de la haine, et cela est visible.À partir de ce moment, fout préiexte était bon pour l\u2018exploiter.Cela a donné une poésie de vérité.Si vraie, en fait, que je ne croyais pas le poète si jeune.\u201cls ont tracé Une larme de vent Aux chaleurs du levant Une fenêtre ouverte A la nuit des temps.\u201d Pourtant, malgré la noirceur des camps, Beaudoin réussit à insuffler à son oeuvre un espoir tenace.La mort elle- même ouvre les portes à un monde meilleur, le monde d'après.Ce monde d'après peut être aussi bien l'après-vie, c'est-à-dire l\u2018absence de souffrance et de souvenir, ou le monde d'après-guerre, où il faudra reconstruire en même temps que les villes, l'espoir d'un lendemain meilleur.\u201cPour revenir ici après ces [temps Et comprendre les jeux [nouveaux Il me faudra compter les nerfs Plein d'envie et de soleil.\u201d Plus encore : \u201cIl y aura un jour de bonheur Vrai comme une chanson [qu'on entend Quand les fenêtres sont [ouvertes au printemps.\u201d ll ne nous reste qu'à attendre le prochain livre de Beaudoin pour savoir s'il réalise les promesses que nous trouvons contenues dans \u201cGuerre de Sang\".Michel BEAULIEU (1) Montréal, Les Editions du Lys, 96 pages.+ >NILV1 YAAVAO IL, 961 349@W3530 \u20ac + 4 :.4% JUSQU'AU COU\u201d \u2014 3 DECEMBRE\u2018 1964 \"LE QUARTIER LATIN\" * UN FILM DE L'A.G.E.U.M.Aspect technique Le tournage s'échelonne sur une période d'environ six mois, en plus grande partie durant les fins de semaine.L'équipe se compose d'amateurs d'une part et de professionnels d'autre part.Les amateurs sont, ici, les acteurs parmi lesquels nous retrouvons les noms de Edith de Villers, Renée Lescop, Raymond Levasseur.Les professionnels sont les techniciens.Elaboration du scénario: Jean Rivard, Denys Arcand, Gilles Groulx et Pierre Lemelin.images de Jean-Claude La- brecque, de Michel Brault et de Bernard Gosselin.Montage de Pierre Lemelin.Production de l'AGEUM: Notons que le film n'a coûté que $15,000.\u201cSeul ou avec d'autres\u201d avait coûté au total $27,000, soit $12,000 pour la réalisation et $15,000 pour la distribution.On sait, en effet, qu'il avait fallu louer lo salle de l\u2018Or- phéum.\u201cJusqu'au cou\u201d ne dépassera probablement pas les $15,000, parce que l\u2019on a trouvé, cette fois, un distributeur et que dès lors c'est à ce dernier que revient le problème de la publicité, de la salle de projection et des frais qu'ils encourent.Le film sera projeté sur l'écran du cinéma Château, dans le nord de la ville.La première aura lieu vendredi, e 11 décembre.Louis GAUTHIER, Guy COTE.Un film enraciné dans la \"L'expérience est bonne dans la mesure où elle est renouvelable sur des bases nouvelles, sur des ambitions plus généreuses.M faut maintenant abandonner ce \u201ccharmant cachet étudiant\u201d.\u201d (Jacques Le- duc, Objectif, juillet \u201862, page 30).Cette critique s'adressait au premier film de l'AGEUM, \u201cSeul ou avec d'autres\u201d dont le réalisateur, on s'en souvient, était Denis Héroux.Cette année, la même expérience fut répétée avec le même réalisateur et nous en verrons les résultats le 11 décembre prochain.Ce deuxième long métrage, intitulé \"Jusqu'au cou\u201d, a-t-il réussi à dépasser la valeur de ce \u201ccharmant cachet étudiant\u2018?Essayons de regarder ce qu'est le film, de façon très générale, à seule fin de voir si, de ce point de vue le plus objectif possible, il contient au moins les germes d'une expérience plus valable.Le scénario peut se résumer en gros à ceci.Raymond Cardinal, étudiant en philosophie, rencontre Edith lors d'un \u2018\u2019party\" et s'éprend d'elle.L'ayant ensuite perdue de vue, il part à sa recherche.Il se rend chez Gilles, \u201cle peintre\u201d, l'un des amis d'Edith, pour lui demander s'il peut lui fournir des renseignements quant aux déplacements de celle-ci.Mais Gilles lui déconseille de pour- svivre ses recherches lui apprenant qu'Edith a \u201cdes\u201d amis et que ce n'est pas une fille qui s'attache à quelqu\u2019un.Chez Gilles Raymond est amené à connaître les préparatifs d'un attentat à le bombe que les amis du peintre veulent risquer.Raymond, fils de professeur et sage étudiant en philosophie, se retrouve alors dans un milieu où \u201cl'on passe de la théorie à la pratique\u201d.À partir de ce moment, le film s'attache ou problème de l'indépendance et plus particulièrement de ses formes violentes.Développé parallèlement, le problème de l'amour nous permet de retrouver Edith.Elle ne comprend tout d'abord rien au problème de l'indépendance qu'elle considère comme un problème que l'on se crée inutilement.Mais, petit à petit, elle est amenée à y réfléchir.A tel point qu'il y © rupture entre elle et le professeur Cardinal, père de Roymond, dont nous apprenons qu'elle était la maîtresse.Raymond, durant ce temps, a abandonné ses recherches.Il s'est rapproché de Renée, amie d'Edith qui partage l'appartement de celle-ci.Ils assistent à un débat sur l\u2018indépendance, lls participent aussi à une manifestation.Edith, entre temps, retrouve Renée et elles cherchent l\u2018une et l\u2019autre à mettre de l'ordre dans leurs idées, à résoudre ce dilemme de l\u2018amour et de la violence.Finalement, Renée rejoint Raymond.Edith demeure seule.Comme on le voit, il ne s'agit plus d'un simple divertissement technique estudiantin comme on a pu le reprocher au premier film.Le stade de l'expérimentation a été dépassé.Le premier film avait servi à découvrir les possibilités et les limites, les moyens d'expression et les difficultés inhérentes à ces moyens; le deuxième film est l'aboutissement de cette recherche, c'est le stade de lo création.L'action acquiert une toute autre portée, elle ne sert plus seulement à soutenir des effets cinématographiques, elle existe pour elle-même, il ne s'agit plus seulement de parler, il s'agit de dire quelque chose.L'oeuvre atteint nettement une portée sociale.Elle est profondément enracinée dans la réalité québecoise.La réalité québecoise d'aujourd\u2018hui, c'est parfois la violence, La réalité étudiante de toujours, c'est souvent l'amour.Ce sont là les deux pôles du film.SAMEDI, le 12 décembre AUDITORIUM de I'U.de M.En VERSION FRANCAISE de FREDERICO FELLINI C'est le couple \u201camour-violen- ce\u201d qui est au coeur de toute Faction.C'est ce couple \u201camour-violence\u201d qu'on trouve aussi dans le roman de Claude Jasmin, \u201cEthel et le terroriste\u201d, et n'est-ce pas au fond le vieux dilemme corné- réalité québécoise lien, la lutte entre Famour et le devoir (social ici) qui resurgit dans le contexte actuel, sous un éclairage nouveau.Mais, au fond, n'est-ce pas le propre de ces problèmes de n'être jamais résolus et de ne recevoir que des approximatives?réponses REPRESENTATIONS : 7 h.30 et 9 h.45 p.m.BILLETS $1.00 En VENTE dès MAINTENANT au LOCAL 306 DU CENTRE SOCIAL Maurice Ronet, interprète du \u2018Feu foilet\"\" : \u201cLe Feu Follet\u201d, film français de Louis Malle, réalisé d'après le romen de Drieu La Rochelle.fAusique : Erik Sattie.Images : Ghislain Cloquet.In\u2018erprétation : Maurice Ronet (Alain Leory), Léna Skerla (Lydia), Jeanne Moreau (Jeanne), Alexandra Stewart (Solange).Au cinéma ELYSEE.Le héros de ce film est un feu follet.Du moins le fut-il autrefois, s\u2018agitant dans des fêtes interminables, se contentant d'amours faciles, trouvant dans l\u2018alcool l'oubli de son inutilité.Puis une cure de désintoxication, bête, longue, vient interrompre son rythme de vie.Maintenant, c'est l'angoisse.Le vide, Cet homme \u201cné inquiet\u201d tente de s'accrocher aux êtres et aux choses.En vain.À leur tour, ceux-ci lui échappent.\u201cJe n'ai jomais pu tenir quelque \u201cLE FEU chose dans mes mains, avoue- ra-t-il, je suis incapable de posséder une femme, de la dominer, de la garder.\u201d H cherche la paix.Peut-être pas une paix durable, faite de calme et de bonheur \u2014 il est Incapable d'éprouver de telles sensations \u2014 mais du moins une certaine stabilité, quelques moments intensément vécus, Cette paix, il ne la trouvera certes pos dans cette maison de repos morbide où il s'est réfugié, et dont le petit monde n'est qu'un pâle reflet de lo décrépitude humaine, de la 14- cheté et de l\u2018insignifiance (conversations à la table, person- \u201cLA PEAU DOUC La peau douce\u201d, film français de François Truffaut.Ineerprélation : Jean Desailly, Françoise Dorléac, Nelly Bene- detti, Quitte l\u2018affiche du cinéme ELYSEE.Quelques sots ont dit ou écrit de ce film qu'il était bo- nal, qu'il marquait un temps mort dans l\u2018oeuvre de Truffaut.Comment peut-on se tromper aussi grossièrement ?Si les films de Visconti (je pense à \u201cRocco et ses frères\u201d, par exemple) sont de véritables fresques sociales, qui ne répugnent pas au grossissement, à l'exagération, à l'émotivité non contrôlée, les films de Truffaut, pour leur part, sont des \u201cminiatures\u201d fragiles, faites avec amour, par petites touches tendres.Bien sûr, l'histoire de cet \u201céternel triangle\u201d pourrait être banale : un homme dans la quarantaine, critique littéraire, heureux bourgeois, un peu falot, qui délaisse son épouse pour une jeune hôtesse de l\u2019air\u2026 ça n'a rien de bien nouveau.Ce qui est nouveau, c'est cette façon délicate, ottentive, de traiter ce vieux thème.La beauté du film tient à quelques moments inoubliables, où les demi-tons dominent : ainsi, la première grande querelle entre le critique et son épouse, le séjour de Lachenoy et de l'hôtesse de l'air à la campagne, le générique.Notons aussi une brève mais impitoyable vision de l'étouffante société de province (conférence de Lachenay à Reims, le diner, le propriétaire de cinéma, l'emm\u2026 qui se plaint du \u201cprovincial\u201d alors qu'il en est le prototype parfait).Le thème de l'amour impossible, développé dans \u201cJules et Jim\u201d avec une grave légèreté, est ici repris avec grandeur et justesse : ainsi, les derniers instants du film, le meurtre final, mélodramatique ou ridicule ail leurs, devient, par l\u2019alchimie de Truffaut, l'aboutissement logique du Destin.Truffaut pourrait certes reprendre à son compte les propos que tenait Michel de St- Pierre dans \u201cles Nouveaux aristocrates\u2019 : pour faire un tel film, \u201cje vous assure, il suffit d'aimer.\u201d FOLLET\u201d \u201cJe hais les certitudes médiocres .\u201d nage de la \u201cvieille fille\u201d, sa chambre : étouffante, remplie de souvenirs).L'amour ?ll n'y croit pas.Un mariage raté avec une Ame- ricaine \u201csaine\u201d et fofolle lui a donné une leçon.L'ancien mode de vie ?Ses amis d'autrefois lui font pitié.Dans une vie bourgeoiso-intellectuelle, comme celle de son ami \u201cI'égyptologue\u201d, marié, père d'une petite fille, qui recherche la passion et le bonheur dans l'âme antique ?Non plus.À cet ami qui lui reprochera de vouloir se maintenir indéfiniment dans l'adolescence, Alain Leroy répliquera : \u201cJe hais tes certitudes médiocres\u2018.3 un film le solut se trouve dans le suicide.C'est là le côté irritant du film.Le suicide, chez Drieu la Rochelle et chez Malle, n'est pas un \u2018problème philosophique\u201d, comme chez Camus, mais bien une réalité inévitable : l'homme est un être instable, qui aspire à trouver le bonheur mais ne l\u2018atteint jamais (ceux qui pensent étre heureux les amis d'Alain Leroy \u2014 ne vivent que des moments d'une joie toute superficielle).Les valeurs spirituelles, Un film sublime et irritant\u2026 l\u2019amour, l'étourdissement fae- fice ne sont pas des solutions.Mis à nu, face à lui-même, en toute honnêteté, l'homme ne peut envisager que le suicide.L'intellectuel de 1964 est irrité par une telle conclusion : il n\u2018aime pas qu'on lui prouve son inutilité, alors qu'il se croit indispensable & I'indépendance du Québec, à l'instauration de la paix mondiale.\u201cLe feu follet\u201d : un film à la fois sublime et irritant.Roch POISSON LE CHAT VA SORTIR \u201cLe chat dans le sac\u201d, premier long métrage de Gilles Groulx et Grand Prix du cinéma canadien cette année, sera présenté au réseau français de télévision de Radio-Canada, le dimanche soir 20 décembre, à 9 heures p.m.Un événement d'une importance exceplion- nelle.\u201cLe chat dans le sac\u201d est le premier véritable long métrage québécois, qui exprime, beaucoup plus que \u201cTrouble Fête\u201d ou \u201cA tout prendre\u201d, la réalité politique et sociale d'ici.Son réalisateur : Gilles Groulx, un cinéaste engagé, qui a déjà produit l'excellent \u201cGol- réaliste et den Gloves\u201d.Vu l'importance de ce film, l\u2019un de nos premiers suppléments du second semestre y consacrera plusieurs textes : des critiques, des entrevues avec Gilles Groulx et ses interprètes, etc.Par ailleurs, l'équipe de la revue \u201cObjectif 64\u201d présentera, le 12 décembre prochain, le chef-d'oeuvre de Frederico Fellini: \u201c84\u201d (version française).Ce film avait pris, en septembre, l'affiche de quelques salles commerciales de la métropole, mais dans une version amputée de plusieurs minutes.À ne pas manquer.tendre \u201chi x Pl François Truffaut, tournant la \u201cPeau Douce\u201d, un film réaliste et tendre.Une histoire du cinéma un peu sèche Nous avons l\u2018intention, dans le cadre de cette chronique, de vous suggérer périodiquement quelques volumes traitant du cinéma.Cette semaine, un livre de base : une \u201cHistoire du cinéma\u201d écrite par le critique français Georges Sadoul et publiée dans la collection de poche \u201cJ'AI LU\u201d.Le reproche que nous pouvons faire à Sadoul, c'est d'avoir plutôt écrit un dictionnaire : une énumération de films, entourée de dates, sans plus.A son actif, ce volume offre une indispensable \u201cbio- filmographie\u201d de cent cinéastes (erreur impardonnable : le Canada n\u2019y est représenté que par Mclarent!) et la possibilité, pour le cinéphile distrait, de replacer rapidement une oeuvre dans son contexte his- torico-filmographique.\"Roch POISSON = W Ÿ = NIV] D A 961 34@W3D30 £ + 4; Re \u20183 DECEMBRE 1964 -\u2014 \u201cLE QUARTIER LATIN\" * rosM 1 Bouleversante interprétation ! e Par Daniel Saint-Aubin OSM \u2014 mardi, le 24 novembre, Messiah, de Handel.avec Pierrette Alarie (soprano), Huguette Tourangesu (mezzo-soprano), Léo- pold Simoneau (ténor) et Donold Gramm (basse).Choeur Elgar sous la direction de Gifford Mitchell: orchestre dirigé par Hans Swarowsky, Autre.audition le lendemain, mercredi 25 novembre.L'O.S.M.donnait pour la sep- tiéme année consécutive Le Messie de Handel : il fallait attendre cet anniversaire au chiffre magique pour entendre cet oratorio dans une interprétation inoubliable, sûrement la plus réussie à Montréal depuis plusieurs années, Hans Swarowsky, qui fut l\u2019un des professeurs de Mehta, a établi chez les musiciens un réseau de centres nerveux réagissant au moindre signe, un orchestre qu'il maitrisait comme un fauve prét a défoncer n'importe quel abat-son.le Choeur Elgar, sous la direction de Gifford Mitchell, a de toute évidence répondu le plus por- faitement à la poigne du chef invité.Déjà avec \u2018For unto us a Child is born\u201d, l'ensemble vocal étalait ses larges possibilités instinctivement dirigées par une discipline très serrée.Possédant déjà le souffle cosmique (presque claudélien) que réclame cette oeuvre, et après la catharsis annoncée par \u201cLet us break their bonds\u201d, le choeur s\u2018abandonnait dans la grandeur impériale du célébre \u201cHallelujah\u201d le quel, malgré lagacante tradition qui demande aux gens de se lever, est.demeuré le plus \u201cvécu\u201d des numéros de l'oratorio.L' \u201cAmen\u201d, un des plus beaux de la musique religieuse, a fermé l'oeuvre avec magnificence; nous regrettons cependont que les ténors cient eu à \u2018\u2019pousser\u201d un peu trop leurs voix à ce moment, ce qui n\u2018a pourtant pas nui au reste.Si le choeur et l'orchestre méritent tant d'éloges, les solistes nous paraissent appeler plus de réserves : Simoneau, inégal ce soir-là, n'a donné sa pleine mesure qu'à la fin de la deuxième partie, dans un air assez court mais qu'il a rendu avec un souffle renversant (\u201cThou shall break them with a rod of iron\u201d).Donald Gramm, de son .côté, semble oublier qu'il fait de l'oratorio et se croit à l'opéra; nous regretions chez.lui certaînes ollures de cabotin qui nous ont fait oublier le dense passage, par exemple, du récitatif \u201cBehold, | tell you a mystery\u201d qui a été heureusement sauvé par l'exceptionnelle interprétation de James Ranti (trompette solo).Et Pierrette Alarie, malgré le grand raffinement de certains airs, ne réussit pas à \u201chobiter\u201d la salle : nous notions la même impression il y a quelques semaines pour son interprétation de Mi- caëla dans Carmen.Sa voix est très faible (il faut souvent deviner ce qu'elle chante) et nous aurions souhaité qu\u2019elle rende la densité lyrique.de certains passages; le long récitatif de la première partie \u201cThere were shepherds\u201d manquait, selon nous, de chaleur : Mme Alarie semblait nous donner ici une lecture plus qu'une interprétation.Le jeune mezzo Huguette Tourangeau donna une interprétation honnête mais nous montra qu'elle n'était plus seulement une promesse mais une artiste en fermentation.Quand la verrons-nous chanter Carmen ?Nous espérons entendre l\u2018an prochain une huitième audition de cette oeuvre, avec un chef aussi créateur que Hans Swarowsky, la \u201cgrande main\u201d de cette bouleversante soirée, le magicien qui défonce les écluses de nos tympans trop pudiques.Di Giuseppe di Stefano, fénor de la Scala de Milan accompagné au piano par Edwin Bilizfiffe.Programme: \u2018\u2019Vaga Luna\u2018 (Bellini), \u2018\u2019Dolente lmmagine\u2019\u2019 (Bellini), *\u201cL\u2019Absence\u201d (Berlicz), \u2018\u2018Vainement ma bien-aimée\u201d {talo), \u2018\u2019O souverain, ô juge, père (Massenet), trois chansons du folklore sicilien, \u2018\u2019L'Ulfimo canzone\u201d (Tos\u2019i), \u201cNon t'amo piv\u2019 (Tosti), \"Ay! Ay! Ay!\u201d et \u201cGranadas' (Anonyme), \u2018Nessun Dorma\u2019\u2019 (Puccini).A la Grande Salle de la Place des Arts, jeudi soir, le 26 novembre 1964.Giuseppe di Stefano possède un instrument vocal incomparable.| chante avec une telle fame .ve cilité, une telle aisance, qu'il semble en être lui-même géné.Ce n'est pas le ténor austère qui se gonfle monstrueusement pour se faire entendre de tous, non plus le chanteur qui se crispe le visage pour rendre telle ou telle expression.Il est VRAI.De telles qualités le dirigent on ne peut mieux vers l'opéra et il a semblé, jeudi soir dernier, manquer de ce support théâtral qu'apporte le spectacle lyrique : il avait peine à se tenir droit devant le piano, n'hésitait pas à s'étendre les bras sur cet instrument, à s'y \u201ccarrer\u201d effrontément: sa tenue avait quelque chose qui tenait à certains moments du disgracieux.La salle était en bonne partie composée de la communauté italienne de Montréal : les trois chansons du folklore sicilien et les trois mélodies italiennes données en rappel ont reçu un accueil très enthousiaste mais nous sentions bien que ce succès tenait plus d'une réceptivité sentimentale médité- ranéenne plutôt que par l'interprétation elle-même.Nous savons déjà que les Italiens sont assez exhubérants mais il y a des limites qu'l faut respecter : lorsque Di Stefano se préparait à donner un rappel, les Italiens de la salle langaient à n'en plus finir les titres de mélodies qu'ils voulaient entendre : cela tenait dù music-hall.Stefano Monsieur Di Stefano nous a semblé rassembler toutes ses qualités dans les trois morceaux de musique française qu'il avait inscrits à son programme : il a montré, dans ''L'abscence\u2019 de Berlioz, à quel point il maitri- sait le contrôle du registre de sa voix, et nous rappelant, par certains aigus, les meilleures années du regretté Jussi Bjoerling (qu'ils sont précieux ces vieux si du CID de Massenet fut, selon nous, l'un des moments les plus intéressants de la soirée.En 78 tours !).Un extrait bien choi- deuxième partie, le premier ténor de la Scala de Milan donna surtout des\u2019 mélodies de son pays, nous communiquant toute GALERIE ARS CLASSICA ARCHEOLOGIE Peintures anciennes et modernes 1454 ouest, SHERBROOKE MONTREAL Bureau : AV.8-7768 Résidence : HU.8-3742 de la saveur pièces.bucolique ces Nous lui reprochons pourtant d'exploiter certains trucs qui ont risqué de verser dans le commercial : on vous sert un passage dramatique, trés dense, avec une voix assez forte, puis tout à coup, la voix s'élève et devient très éthérée.Certaines parties jouissaient de ce traitement, mais il y avait abus.Cela s'est fait particulièrement sentir dans \"Nessun dorma'\u2019, un extrait du dernier opéra de Puccini: le ténor modifia le sens dramatique de cet aria en le traitant avec un sentimentalisme outré ; le truc de la \"voix éthérée\u201d pouvait à la rigueur se jus- MMMMMMMMMM le tbe Menene ol 3 1964-540, Vi5- 6894 WWWWWWWWWW rir tifier pour le mot \"splendera\", assez difficilement pour \u201csperan- \u2019 za\".Malgré cela, le récital de Di Stefano n'a pas tombé, comme nous le craignions, dans le com- mercialisme.Une chose est certaine : Di Stefano doit avoir une à la Grande Salle présence extraordinaire sur une scène lyrique, c'est plus qu'un chanteur, c'est aussi un homme de théâtre.La présence discrète mais efficace de Edwin Bilt- cliffe au piano a soutenu toutes les qualités de ce grand artiste.Daniel SAINT-AUBIN samedi 5 AU CLAVIER Les Cyniques 822, Décarie, VILLE ST-LAURENT décembre 747-6233 solitude des études.731-8221 Paesano vous invite.VENEZ SAVOURER NOS DELICIEUX PLATS TYPIQUEMENT ITALIENS Vous trouverez une atmosphère qui vous rappellera les charmes et les porfums subtils de l'Italie.Ce petit coin de paradis vous aidera à oublier ia RESTAURANT PAESANO 5192, Côte-des-Neiges près chemin de la \u2018Reine-Marie SUGGESTIONS : S.J.seignement dagogie religieuse devant Dieu Paul VI: L'Encyclique Ecclesiam Suam.Brochure de belle venue \u2014 Caractères agréables \u2014 Présentation de l'encyclique par le P.Richard Arès, Pierre Angers, S.J.: Réflexions sur l\u2019en- René Barbin, S.J.: Bibliographie de pé- Henri Samson, S.J.: L'Homme de chair Remise de 20% pour les 3 derniers titres Les Editions Bellarmin 8100, boul.SAINT-LAURENT - Montréal In | $0.60 net $3.75 Crees François Soucy Un art de recherche François Soucy, dont on pourra voir-les oeuvres à la Galerie du Siècle jusqu'au 6 décembre prochain, n'en est pas à sa première exposition.Depuis 1952, alors qu'il tenait sa première ex- posi ion à Québec, il n'a cessé de participer à plusieurs manifestations artistiques, présentant de ses oeuvres au Musée des Beaux-Arts de Montréal en 1958 et 1960, collaborant à une exposition de la galerie Denyse Del- rue en 1960 et en 1963, il tint deux expositions solo au res au- rant chez Son Père et à la gale- re Nova et Vetera.v II est assez fascinant de voir les oeuvres de ce sculpteur.D'abord il y a les couleurs, extrêmement voYantes, pures et sans bavure qui saisissent le regard, puis ce qui intrigue et finit par fasciner, ce sont les constructions et surtout le lent mouvement qu'elles opèrent à l'aide d'un petit moteur, ce qui leur permet de bouger sans arrêt en effectuant un tour complet sur elles-mêmes, Un tel procédé permet ainsi à chaque oeuvre de se plier à plusieurs échafaudages visuels, tous plus riches les uns que les autres.C'est ce que j'appe!ls posséder l'espace et, en un sens, le maîtriser, puisque la matière s'installe à la place qui lui était réservée et s'approprie les effets optiques nécessaires à sa réalisation, L'art de François Soucy est un art de recherche qui se nourrit surtout d'expériences optiques et de nouveautés dans le domaine d'une sculpture architecturale.François Soucy crée la forme en la fixant, tout comme s'il s'agissait de poser les cadres d'un monde nouveau.On a l'impression qu'il structure l'espace en lui donnant une couleur et une géométrie qui préludent à toutes les possibilités visuelles.Le bois est !e matériau dont l'artiste se sert pour suggérer les et pour raffermir la symétrie des dimensions.C'est sûrement une exposition à voir, quand ça ne serait que par curiosité.Nicole BROSSARD espaces LE MJQ: Quatre joyeux musiciens Contrairement à ce que la réputation du Modern Jazz Quartet peut laisser prévoir, ce sont quatre joyeux musiciens qui occupent cette semaine (23-29) le Jazz Hot du Casa Loma.Depuis une douzaine dannées Milt Jackson, John Lewis, Percy Heath et Connie Kay travaillent à leur petit orchestre de chambre et leur présence en scène surprend autant qu'elle réjouit.- John Lewis demeure le grand enfant qui touche son piano du bout des doigts: tellement délicate est sa technique qu'une augmentation de densité embrouillerait irrémédiablement ses phrases.L'arrangeur John Lewis travaille sans se compliquer la tâche: les procédés employés sont définis dès l'exposition - et on voit immédiatement où \u2018il veut en venir, Milt Jackson évolue \u2018dans un monde isolé, mais ses \u201cphrases possèdent toujours la\u2019 précision \u2018 e détoupage qui de frappe et permettent au profane d'en suivre tous les développements.La section rythmique a accentué, pour le plus grand bien du groupe, sa vocation de pulsation vitale: fréquemment Percy Heath souligne indifféremment les temps pairs et impairs, tandis \u2018que Connie Kay décmncrétise \u201cdes rythmes au point de les ré- \u201c duire \u2018à \u2018Un\u2019 simple froissement de cymosle cloutée.Ona \u2018assez parlé de la cohésion, du\u2019 lyrisme, dela propreté, LA TROUPE DE' THEATRE-DE-MONTREAL Pour l'ouverture de sa saison, La Troupe de Théâtre de Montréal poursuit sa politique qui est de présenter de nouvelles figures artistiques.Le Fournil RESTAURANT Spécialités : Mets canadiens et indiens 361, Saint-Paul Est TEL.: 861-4314 Se ests ess SASS 0000S REET NET ITS TES STI TS TETE TESTS 6 Le-vendredi et samedi 4 et 5 décembre, on nous propose une soirée pleine de musique et poésie.Av programme : \u2014fantaisistes : les Molos \u2014poètes-chansonniers : Georges Dor Hélène Papageorges \u2014le groupe vocal de Florient Bernard FRAICHEUR.INQUIETUDE .JEUNESSE .Endroit: 10,140, boul.Laurent, angle Sauriol.Heure : neuf heures p.m.PRIX ETUDIANT Renseignements : Thérèse Dubé \u2014 352-1760 St- >is) Le théâtre d'avant-garde dans le vieux Montréal } 3eme SEMAINE 2 comédies en 1 acte de Murray SHISGALL LES DACTYLOS MISE EN SCENE RODRIGUE MATHIEU Jean-Claude Guichard Charlotte Jones Wilma Ohessi Mare Chartier LE TIGRE LES SALTIMBANQUES LA.5-2732 3 Prix d'entrée 8 OTURANTS © boo rr rn de la sonorité du groupe pour qu'il soit inutile d'y revenir.On a aussi aualfié le MJQ de \u201cpetit ensemble de salon\"; absolument parlant, c'est exact, mais il a d'autres atauts que celui de la provocation pour captiver un auditeur, A défaut de contrastes con- trapunctiques, le Modern Jazz Quartet utilise surtout les contrastes rythmiques, à la base desquels le rôle de Heath et Kay prédemine, mais trop peu souvent pour les mettre en évidence.Evidemment, il Y aura toujours Milt Jackson pour forcer à son paroxysme le volume de son vioraphone; grôce à lui la glace sera rompue.Mais le principal facteur de l'envoûtement produit par le MJQ demeure l'atmosphère élaborée en grande partie à partir du répertoire: chaque heure du MJQ est un modèle de cunstruc- tion d'athmosphère.Les pièces, très brèves, donnent chaque fois toutes les facettes du groupe: ainsi, successivement \u2018'Ajango\u201d et \"Yesterdays\", \"In a crowd\" et \"Winter Tale\" ou Jackson fournit à l'exposition de Lewis un roulement sonore continu et très intense à la tierce inférieure.Enfin, des extraits de \u2018\u2019Porgy and Bess\u201d simplifiés mais originaux.I! faut aussi souligner la variété des procédés employés: on ne peut ici parler de variété sonore, ells est essentiellement rythmique.Elle s'exprime de la façon la plus complète dans \u201cWinter Tale\u201d: une exposition lente, hors tempo, assez dramatique, puis un: divertissement suivi d'une accélération constante aboutissant à un palier d'où Milt Jackson s'envole à un tem échevelé, ceci sans considérer les flottements-et les ralentissements rythmiques possibles à l'intérieur de chaque solo.Pourtant aucune dissociation ne se fait sentir: chaque pièce ossède en elle toutes les qua- ités du MJO lui-même.C'est en imposant le respect par ia douceur que le Modern Jezz Quartet crée une athmos- phère: de toute façon, il est assez difficile de résister aux petits bijoux qu'il nous propose.Bertrand Duchesne Agence de billets sur le campus Afin de stimuler l'intérêt sur le campus, la société artistique à mis sur pied une agence de billets qui permet aux étudiants d'avoir des billets pour de très bons spectacles à des prix réduits.Le 11 décembre, pour le spectacle de José Gréco et sa compagnie, les billets de $3.00 sont 3 $2.50, Le 22 décembre, pour le spectacle des Grands Ballets Canadiens, les billets sont réduits à $2.00.Dans le but de promouvoir l'efficacité de ce service, la société artistique demande la collaboration de jeunes filles et gar- ns qui peuvent s'occuper de vente des billets aux kiosques du quatrième étage.SNILVY GJUVNO FL 5 7961 3NGW3I30 \u20ac » a ° ~, SAT hs) 5 portes \"vba Te * Notre revue des spectacles 3 DECEMBRE 1964 \"LE QUARTIER LATIN\u201d * la demande d'un lecteur, à laquelle nous n'avons pu répondre dans un délai raisonnable, nous a suggéré l\u2019idée suivante : établir une liste des principales boîtes à chansons de la région métropolitaine.Nous le faisons en émettant les réserves suivantes: certaines de ces boîtes sont de moindre qualité; d'autres sont nichées dans des centres de loisirs, ce qui en rend l'accès peut-être plus difficile.D'autres enfin ferment leurs portes ou se font dire de les fermer, tel \u2018\u2019L\u2018Enclos\u201d par suite de l'invocation stupide d\u2019un règlement).Les voici: Le Clavier, 822 Décarie; La Boîte à Clémence, boul.Taschereau (La Borre 500 1, Vile Jacques-Cartier; La Boîte à chansons du Café St- Jacques, rue Ste-Cathtrine; La Cale, 7111, rue des Erables, Montréal; La Coccinelle, coin Beaubien et 25e avenue, Rose- mont; L'Ecorce, à Laprairie; La Gaffe, 225 avenue Bloomfield; lo Gorgote, au collège St- Ignace; Le Figeonnier, au Centre de loisirs Mgr Pigeon; Le Safari, 12,000 boul.Labelle, St-Jérôme; Les Varvaux, 580 est, boul, Crémazie; La Butte à Mathieu, à Val-David.L'une de ces boîtes, Le Clavier, présente \u2018Les Cyniques\u201d, samedi prochain, le 5 décembre.A La Barre 500, Gilles Vigneault, Musique © L'Ecole Normale de Musique (4873 av.Westmount), le 3 décembre en soirée, présentera en concert public le célèbre Trio des Beaux-Arts de New York.des musiciens qui devraient prendre la place de certains music-hall présentés a Place des Arts.® A la Grande Salle de Place des Arts, les 4 et 5 décembre, Monique Leyrac et les \u201cSwingle Singers\u201d de Paris.à Ne pas manquer.Pour Monique Leyrac chanteuse et comédienne à la fois: pour les Swingle Singers qui redonnent Bach dans le texte.Tevu el augmenté.© Au Plateau, le 7 décembre, le violoniste Hymann Bress, accompagné au piano par Charles Reiner, Un programme composé d'oeuvres de Bach, Brahmns, Stravinsky et Bloch.Hymann Bress a déjà quelques disques à son crédit: à ne pas manquer \u2026 ® A la Grande Salle, le 8 décembre, Joan Sutherland.Orchestre Symphonique de Montréal dirigé par Richard Bonyn- ge.un concert historique qu'on qualifie déja de \u201cconcert de l'année\u201d, © A la Grande Salle, le 9 décembre, concert de l'Orchestre Symphonique de Montréal.Au pupitre : Richard Bonynge; soliste: le pianiste Marek Ja- blonsky, : - «+o Marek Jablonsky est un lauréat JMC.Un trés bon pianiste dont nous suivons la carrière avec intérêt.© Le 10 décembre en soirée, à la Grande Salle, Marion Anderson.Marian Anderson n\u2019en finit plus de donner des concerts d\u2019adieu.C'est tout à notre avantage; une des rares artistes qui \u201cvit\u201d tout ce qu\u2019elle chante.© A partir du 7 décembre, à la Comédie-Canadienne, les Productions Deschamps-Lelar- ge \u201cpermettent\u201d la présentation du \u201cVol rose dv flamant\u201d, comédie musicale de Clémence Desrochers, musique de Pierre- F.Brault.Jusqu'au 20 décembre.\u2026 l'humour très spécial de Clémence Desrochers nous fera sans doute oublier le substrat \u201cartistique\u201d des producteurs.La première comédie musicale québécoise à être présentée à Montréal .© À partir du 5 décembre, radiodiffusion en direct des opéras présentés au Metropolitan Opera House de New-York.A deux heures de l'après-midi.Premier opéra radiodiffusé : Lucia Di Lammermoor avec Joan Sutherland.Si vous ne pouvez vous payer d\u2019aller entendre la cantatrice austalienne a la Grande Salle.il en coiitera peu pour l\u2019entendre à la radio.Théâtre © Aux Saltimbanques, un nouveau spectacle composé de: \u201cLe Tigre\u201d et \u201cLes Dactylos\u201d, deux pièces en un acte de Murray Shisgall.Mise en scène de Rodrigue Mathieu.Représentations les jeudis, vendredis et samedis à 8 h.30; les dimanches à 7 h, 30, .attention, ça dans ce coin-la.Tonronne © Le TNM présente à L'Orphé- um: \u201cLa danse de mort\u201d de Strindberg, avec Denise Pelle- fier, Jean Gascon et Léo Îlial.Lire la critique de Jules Arbec contenue dans ce supplément.Spectacle à ne pas manquer.© À La Butte à Mathieu, une boîte à chansons, un spectacle de théâtre: tous les samedis à 9 h.et 11 h.du soir, jusqu'au 5 décembre, \u2018Pique-nique en campagne\u201d.© Autres spectacles à noter : À l'Egrégore, \u2018\u2019Tchin Tchin\u201d (allez trinquer); à l'Échange : \u201cDon Juan\u201d (pour les jeunes filles à l'age de lo virginité menacée); chez les Apprentis Sorciers, \u2018La visite de lo vieille dame\u201d (Sans espoir); \u201c\u2019Moins une\u201d, à l\u2018Anjou; Le Théâtre de la Place présente \u201cLe Quadrillé\u201d (On s'en sert pour décrire la courbe d'assistance aux spectacles de théâtre.Cela concerne les économistes théâtraux.Cinéma © au Château, un film de Julien Duvivier, \u201cPot Bouille\u201d avec Gérard Philippe, Danielle Darieux, Anouk Aimée, Dany Carrel.«.Julien Duvivier est un vieux routier du cinéma.Il nous a parfois réservé d\u2019agréables surprises.\u201cPot Bouille\u201d une adaptation d'un roman d\u2019Emile Zola, en est peut-être une.À vérifier.® au cinéma Elysée (Salle Aloin Resnais), \u201cLe Feu follet\u201d, de Louis Maile.Voir critique ailleurs dans ces pages.Prendront bientôt l'affiche à l'Elysée: \"La vie à l\u2018envers\u201d, une rigolade assurément bien menée d'Alain Jessua et \u201cMain basse sur la ville\u201d, ou le néo- réalisme à son meilleur, © à l'Empire, où se tient en permanence un Festival Ing- mar Bergman, \u201cLe Silence\u201d.étouffant, écrasant, mais à voir absolument.© le Parisien délaisse \u2018les divorces pour les gendarmes, en présentant un film qui se veut drôle : \u201cLe gendarme de St.Tropez\u201d.Louis de Funés, en plein retour d'âge.Le Parisien, qui cessera dès janvier de présenter des films français, aurait pu choisir mieux comme avant-dernier film français de son histoire.Les gens fatigués, éreintés par les examens y riront sans doute beaucoup.C'est excusable.® au ciné Place Ville-Marie (Grande salle), l\u2019histoire d\u2018une grève et d'un agitateur socialiste, \u201cThe organizer\u201d.Le sujet est tentant.Le film réalise ses promesses.Un documentaire vibrant, personnalisé par Marcella Mastroianni, Annie Girardot et Renato Salvatori.Prise de conscience chez les ouvriers exploités d'une usine italienne.Incroyable! Les nouveaux cinéastes italiens sont en train de renouveler totalement le genre \u201cnéo-réalisme\u201d.Poursuivant leur cariére : \u201cLa femme des dunes\u201d, au Festival; \u201cIt's a mad, mad, mad, mad world\u201d à I'lmpérial; \u201cA shot in the dark\u201d, au West- mount; \u201cMy fair lady\u201d, à I'Alovette; \u2018\u201c\u2018Topkaki\u2019\u2019, au Snowdon.Les citations cinématographiques de la semaine, vous permettant de guider votre choix moral : (\"La femme des dunes\u201d) \u201d.ll est regrettable qu'il comporte des scènes sensuelles très poussées (?), ce qui oblige à le déconseiller .\"; (\u201cLe Feu follet\u201d) \u201c.ce film n\u2018apporte aucune solution au désespoir de son héros et se cantonne dans un matérialisme déprimant.À déconseiller.\u201d (\"Pot bouille\u201d) \u201c.le héros, un libertin cynique, est présenté avec sympathie.A proscrire .\u201d.Ces conseils vous étaient gracieusement offerts par le Service de l'Office catholique des techniques de diffusion.Beaux-Arts © A la Galerie Camille Hébert, des oeuvres de Jordi Bonet, .Une exposition à ne pas manquer.© La Galerie de l'Art vivant présente à partir du 2 décembre quelques-unes des oeuvres du peintre Suzor-Côté, compre- nont des dessins, des toiles et des sculptures.-@ Chez Agnès Lefort, une très belle exposition du peintre espagnol Tapies, Jusqu'au 5 décembre.© Aux Saltimbanques, des oeuvres de Elen Roy.avec des moyens de fortune cette artiste réussit là où échouent plusieurs barbus du même métier.Radio-TV © Au canal 2, lundi le 7 décembre, \u201cNous, les femmes\u201d, un excellent film à sketchs de Rossellini, Zampa et Visconti.Cette chronique est rédigée en collaboration par : Daniel Saint-Aubin (Musique) Nicole Brossard (Beaux-Arts) Roch Poisson (Chansonniers, Cinéma, Radio-TV) Michelle Côté-Lortie et Jules Arbec (Théâtre).Avis important aux chansonniers compositeurs TEL.: 849-3130 Da Pasqu a / La seule véritable PIZZA NAPOLITAINE SPAGHETTI - LASAGNA FETUCINE - GNOCCHI RAVIOLI - RIGATONI SUB-MARINE SANDWICH Café expresso 1414, STANLEY Nous prions les chansonniers- compositeurs qui sont intéressés à participer au concours de Jeunesse Oblige de se présenter aux auditions des 3 et 10 décembre Le Chasse - Greniers ANTIQUITE - ARTISANAT 472 est, CRAIG - Montréal 845-4779 2 SPECTACLES: LES CYNIQUES à la Boîte YODEL vendredi soir Le premier à 9 hres Le second à 10 hres Le public est cordialement invité Réduction spéciale pour les membres de l\u2018A.G.E.U.M.Réservations : MO.9-9317 - 650, Beauport, Duvernay * EE A 3 la boite de Jeunesse Oblige, de sept à dix heures, à 840 rue Cherrier.Un comité éliera mensuellement un chansonnier-composi- Directeur : Serge Ménard 1e Quartier sut ixa Assistant-directeur : Jacques Eltiott teur qui passera à l'émission Pleins Feux de Radio-Canada et le gagnant final se verra accorder une bourse d'étude en Europe.VOL.XLVII Numéro 24 3 décembre Collaborateurs : Livres : Photographe : Serge Proulx.SUPPLEMENT LITTERAIRE ET ARTISTIQUE Directeur artistique : Jules Arbec Secrétaire de la rédaction : Sylvie Roche.Michel Mark Poulin; Théâtre : Jules Arbec, Gilles Gas- se, Roger Soublière: Cinéma : Roch Poisson, Robert Benoit; (classique), Bertrand Duchesne (jazz); Beaux- Arts: Nicole Brossard, Marcel Saint-Pierre; Philosophie : Gérard V.Etienne, Musique : Maquettiste : Michel Bourdon.Agent de coordination : Michèle Côté-Lortie.Beaulieu, Yves Taschereau, Daniel Saint-Aubin Publicité : Georges Lefebvre \u2014 739-4777 Abonnement pour l\u2019année universitaire : $3.00 "]
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