Le Quartier latin, 4 février 1965, jeudi 4 février 1965
[" 1e Quartier Ja tim Journal des étudiants- de l'Université de Montréal © Port.payé à Montréal Emélien greviste Bien faire et laisser brairé.Lafrance de la soif MONTREAL \u2014 4 FEVRIER 1965 VOLUME XLVH \u2014 NUMERO 33 300 délégués, 80 universités: Les Nations-Unies modèles à Mtl Me Jacques-Yvan MORIN président de l'assemblée générale des N.U.M.= 4 es 5 C'est sous le théme de la Coopération internationale que s'ouvrira la semaine prochaine, mercredi le 10 février, la session annuelle des Nations Unies Modèles à l'Université, organisée conjointement par les quatre universités de Montréal et l'Association canadienne des Nations Unies.Plus de trois cents délégués venus de quelque 80 universités américaines et canadiennes (et deux autres qui nous viennent de l'Université de Jérusalem !) sont attendus sur le campus de l'Université de Montréal, accompagnés bien souvent de leurs propres conseillers diplomatiques (personnel d'ambassade, professeurs d'université, etc.) La coopération est à l'ordre du jour du congrès, et cela à tous \u2018les paliers : coopération entre universités nord-américaines, entre les principales institutions d'enseignement anglaises et fran- gaises de Montréal (il est en effet devenu rare de voir réunis à une même table de discussion étudiants francophones et anglo: phones, surtout depuis la naissance de l'UGEQ]); et finalement, ce qui n'est pas le moindre, coopération et collaboration de la part des membres de l'AGEUM qui consacrent de leur temps et de leur énergie en vue du plein succès de l'entreprise : citons en particulier un groupé de H.E.Ciens qui ont pris en mains les destinées du Conseil économique et social (ECOSOC), un groupe de Sciences Politiques qui représentera l'Indonésie à l'Assemblée générale et au Conseil de Sécurité: ; : a A | _æ .\\ (page 5) Le Comité exécutif des N.U.M.U.est présidée par Mlle Raymonde Verreault, étudiante en Droit à l'Université de Montréal, et composé de deux représentants étudiants de chacune des institutions suivantes : U.de M.Université McGill, Sir George William et collège Loyola de Montréal.Le secrétariat sur le campus est au local 610 du Centre Social.Les 300 délégués au congrès pourront étaler leurs talents oratoires en français ou en anglais (avec traduction simultanée de l'une à l'autre langue), ou en tout autre langue de leur choix, lors des débats de l'Assemblée générale, du Conseil de Sécurité, ou de l'ECOSOC.Une fois de plus cette année, Me Jacques Yvan Morin, professeur de Droit international à la Faculté de Droit, occupera la lourde fonction de président de l'Assemblée générale.Plusieurs personnalités du monde international et diplomatique porteront la parole devant les délégués, soit à l'Assemblée générale même, soit lors de tables- rondes ou de banquets.Îl nous est impossible ici de les nommer toutes mais notons que S.E.l'ambassadeur de la Finlande aux Nations Unies, M.Enckell, sera conférencier d'honneur au banquet de clôture donné à l'hôtel Mont-Royal samedi soir le 13 février (lequel banquet est très aimablement offert par le gouvernement de la province de Québec).M.Enckell est également directeur de la Commission des 4; EIEN Amid 1 2 se PE PRE SEE Nations-Unies sur la Coopération internationale, thème sous lequel a été placé le congrès.Par ailleurs, le directeur de la Commission de l'ONU sur les Droits de l'homme, monsieur John Humphrey (Canadien de naissance) portera la parole au banquet offert aux délégués par la Ville de Montréal au restaurant Hélène de Champlain, jeudi soir le 11.Une table ronde sur le rôle de l'ONU dans l'aide aux pays en voie de développement réunira aussi des conférenciers de marque, tels M.Georges Dumontet, secrétaire du Fonds spécial de l'ONU, et M.Jagdish Hiremath, premier secrétaire de la mission pakistanaise.aux Nations Unies, sous la présidence de M.Roy McLaren, secrétaire de la mission canadienne à l'ONU.Comme à l'accoutumée, les délégués de l'extérieur logeront à l'hôtel Laurentien.Les membres de l'AGEUM qui participent à la session n'ont à débourser que $5.00 en frais d'inscription, et ce prix couvre absolument tout, depuis le concert à la Place des Aris jusqu'à la danse internationale qui clôturera le congrès samedi soir dans la salle de bal de l'hôtel Mont- Royal.Pour de plus amples informations et un programme détaillé des activités, s'adresser au local 610 du Centre Social.INVITATION A TOUS.Bruno VERDON Entrevue avec : \u201c5 MAS As SAGE Z © LE QUARTIER LATIN \u2014 4 FEVRIER 1965 UN STYLE PLEIN AIR TOUTES-SAISONS l'intérieur en attendant lo 8.Surblouse à rayures en jaune/noir/blane eu .bleu/noir/ blanc ou vert/neir/blanc.Sans manches, col roulé et glissière au dos 4.93 b.Culotte-Jamaique deublée.Glissière ou cété.Tons: me- rine, blene, jaune, noir, seble, vert, blew .4.95 favorites des beaux jours.belle saison.\u20ac Manches longues, col roulé et glissière au dos, ce sont les caractéristiques de cette sur- blouse.Noir, blanc, rose, rou- go.beige, jaune, bleu, wort Lee 4.95 d.Choix de blene, noir, marine, bleu, sable pour un fuseau doublé.Glissidre ou ebb i 8.95 Des tenues nouvelles et multiples \u2014 des lignes \u201cdans le vent\u201d \u2014 des teintes 3 coordonnés qui appellent le soleil et les loisirs à l'extérieur, mais qui aiment aussi la détente à lo maison et les jeux à (Tailles : petite, moyenne et grande peur les surbleuses; 8 & 16 pour les shorts et les fuseaux) ® Short doublé, glissière au côté, dans les mêmes coloris que le culotte-Jamaï- f.Surblouse à encolure on V et taille galennées de blanc oft noir.Manches courtes.Tointes de vert, jeune, rese ou blanc \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 4 LA MODE COLLEGE (rayon \u201c6) av rea-de-chausebe chez EATON Air Canada: nouvelle réunion du comité Mardi matin dernier, se réunissait le Comité de coordination concernant le transfert des ateliers d'Air Canado.La plupart des membres du comité étaient présents, But de la réunion Cette réunion avait pour but de faire connaître le problème au grand public par l'entremise des journalistes.Le second but était de demander la participation des députés fédéraux de la région de Montréal.Sur un totol de 21 pour les circonscriptions de la région métropolitaine, 3 seulement ont répondu à l\u2019appel.!| s'agit de messieurs Georges Valade (cons.), Raymond Rock (lib.) et Marcel Prudhomme (lib.).C'est a se demander si nos représentants fédéraux ont conscience des conséquences qu'implique cette question.La Commission Thompson Comme chacun le sait, ce comité de coordination a été mis sur pied dans le but de contrebalancer les futures recommandations de la Commission Thompson, dont le seul responsable est l'avocat Thompson, de Winnipeg.Il est, de plus, assisté par deux conseillers qui sont eux-mêmes de lo région manitobaine.Cette commission a comme mandat officiel d'étudier les deux rapports précédents, qui s'étaient montrés favorables au transfert de tous les ateliers à Montréal.Officieusement, poutrant, elle a comme but de trouver des arguments qui pourraient empêcher la fermeture de la base de Winnipeg.La lettre du ministre Pickersgill \u2018est très explicite sûr ce dernier point, Deux alternatives Foce à cette commission, deux alternatives peuvent être envisagées.la première est d'exiger que le gouvernement du Québec ait aussi droit de contre-interroger ceux qui présentent des mémoires.Présentement, seuls les gouvernements fédéral et manitobain ont ce privilège.La lutte qu'entreprendrait le comité de co- ° \u201cerdihation consisterait - à faire _ valoir nos arguments économiques et sociaux.Pourtant, il est évident que les arguments d'ordre sociole- diques sont des données sujet- - tes à \u2018dès appréciotions- subjee- tives.le gouvernement du Québec, par l'intermédiaire de Paul Gérin-Lajoie, a dès lors décidé de ne pas reconnaître cette commission.Robert Panet-Raymond, le représentant de J'U.G.E.Q., portage aussi cette opinion.\u201cAccepier lo premiére alternative,\u201d nous dit-il, \u2018c\u2019est se rendre moralement lié, advenant un échec.\u201d Raymond ROY Comment on abrutit les enfants (C.G.) Le texte en vers publié ci-dessous se trouvait sur le tableau d'une salle de cours dans une école du comté de Pontiac.ll n'e\u2019st pas besoin d'insister auprès des lecteurs pour leur faire croire que cette sorte d'éducation se retrouve encore à des milliers d'exemplaires dans les écoles, couvents et collèges du Québec.Le poème n'a pas besoin de commentaires .\u201cENSEIGNER\u201d \u201cEnseigner, c'est prier sur des lèvres sans vie C'est mettre une parole et des accents de feu, À iovie ême aux abois par l'enfer poursuivie C'est montrer le refuge ou sein même de Dieu.C'est peindre qu'enseigner sur une toile obscure C'est jeter en priant des teintes de ciel bleu Ebaucher l'idéal qu'entrevoit J'ême pure .La \"toile, c'est l'enfant: et l'idéal, \"A A 7 .c'est -Dieu.\u201d C'est être prêtre oussi, qu'enseigner, de so vie C'est foire un holocouste aux désirs du Seigneurs Secerdoce d'amour, bonheur : \u2018digne d'envie Aposiolet choisi tout de\u2019 gloire - ef d'honneur.Enseigner, oui, \u2018c\u2019est l'oeuvre austère et souriante Commentée, & Jésus, dans\u2019 vos \u2018bras triomphants Quand \u2018votre voix disait, sonore © ot suppliante, Laissez venir à moi fous ces \u201c \u2014 petits enfants\u201d.\u201cQui osra éffirmer après.cola que netre éducation n'e besoin dec acuhe mo? 4 FEVRIER 1965 \u2014 LE QUARTIER LATIN © PAGES A Mont-Joli, la planification n\u2019est pas seulement un rêve d'avenir \u201cLa planification est avant tout l'affaire : des économistes, mais l'option politique qu'a faite le BAEQ en choisissant la démocratie par participation de la population fait que c'est aussi l'affaire des sociologues\u201d.C'est à peu près en ces termes que s'exprimait M.Louis Savard, sociologue attaché au Bureau d'Aménagement de l'Est du Québec.En effet lundi soir dernier les étudiants des Sciences Sociales de l'Université de Montréal invitaient trois spécialistes du BAEQ à venir donner une séance d'information sur ce qui se passe à Mont-Joli.Marcel Pelletier, économiste M.Pelletier a donné un bref aperçu de ce qu'était le BAEQ.La loi fédérale, dite ARDA, qui autorisait les ministres de l'agriculture des provinces à élaborer des plans régionaux, fut sanctionnée par le Québec en Juin '63.Donnant suite à cette loi le Québec forma, dès juillet 1963 la Corporation du B.A.EQ.qui avait pour mission d'aménager rationnellement la région du Bas St-Laurent et \u2018de la Gaspésie.Etant donné l'ampleur du travail et sa diversité, la Corporation dût s'adjoindre un groupe d'experts: économistes, sociologues et bio-physiciens.On comprendra facilement pourquoi la Gaspésie devenait région privilégiée.Le salaire moyen du travailleur de cette région était en 1963 de $720 par an.La majorité ne travaillait que 23 semaines au maximum.Di à l'éloignement des grands centres, à la pauvreté des ressources, à la mauvaise exploitation de ses ressources, la Gaspé- sie est une des régions les plus pauvres du Québec.En vingt ans, plus de cent mille personnes quittérent cette région.Il fallait donc faire quelque chose.Pour l'économiste, nous expli- ue M.Pelletier, trois positions s'offraient soit le déménagement de la population, l'élaboration des grands projets spécifiés com- OFFRE AUX DIPLÔMÉS LA POSSIBILITÉ DE SE FAIRE UNE CARRIÈRE DANS SES SERVICES NAVI- CANT, TECHNIQUE ET ADMINISTRATIF .UN OFFICIER DU PERSONNEL DE L'AVIATION SE RENDRA À VOTRE UNIVERSITÉ EN VUE D'ACCORDER UNE ENTREVUE- \"| À TOUS LES ÉLÈVES DE DERNIÈRE ANNÉE DÉSIREUX a D'OBTENIR UN EMPLOI PERMANENT DANS L'AVIATION LUNDI LE 15 FEVRIER 1965 AVANT-MIDI A L'ECOLE POLYTECHNIQUE APRES-MIDI AU CENTRE SOCIAL POUR TOUTE ENTREVUE, ADRESSEZ-VOUS AU BUREAU DE PLACEMENT DE VOTRE : - = aPr-50-s1ur D'UNIVERSITÉ me l'organisation touristique ou l'aménagement global de la région.On choisit cette dernière.Il fallut commencer par faire l'inventaire des différents secteurs économiques tels: les pô- cheries, l'agriculture, les forêts.En pêcheries, l'inventaire a démontré qu'il fallait entre autre choses, faire une plus grande utilisation des chalutiers et des usines.Le taux d'utilisation est actuellement de 62%.De plus, on propose d'intensifier les cours de pêcheries.En agriculture, le même manque d'organisation a été décelé.La régionalisation de la production et la transformation des produits sur place s'impose.Les autres secteurs économiques ont aussi ces mêmes problèmes de non-organisation.M.Louis Savard, sociologue Prenant la parole, M.Savard nous explique le rôle et la difficulté du sociologue en aménagement.D'après lui, le BAEQ est a une expérience nouvelle en planification à cause de la participation de la population.Il y a aussi participation du sociologue qui a pour mission l'animation sociale.Après une étude du territoire, de ses ressources humaines et de l'organisation institutionnelle, le sociologue doit éveiller la population à ses problèmes.Le changement de mentalité, des institutions actuellement de type traditionnel s'avère la tâche essentielle pour donner à cette région le dynamisme nécessaire à sa renaissance.M.Savard insista sur le caractère démocratique que prend le BAEQ.C'est dans la mesure où la population participera que le BAEQ n'aura pas été inutile.M.Victor Raiche, bio-physicien Le troisième conférencier, M.Raiche, démontra l'importance du rôle des experts en sciences naturelles au BAEQ.L'inventaire des ressources naturelles: sous- soi, sol, végétation, la faune et le climat demande un nombre considérable d'experts géologues, pédologues, agronomes, ingénieurs forestiers, météorologistes et géographes.D'après lui, la pauvreté de la région est due au manque d'exploitation et aussi à la paupérisation.Outre l'intérêt scientifique de ce colloque, il aura aussi servi à démontrer la nécessité pour nos technocrates de se politiser et de s'engager à fond dans le renouveau du Québec.Nicole FORTIN > e e Séminaire de l'EUM au Chili L'Entraide Universitaire Mondiale du Canada (EUMC) organise chaque année un séminaire international dans un poys étranger afin de permettre à un groupe d'étudiants et de professeurs canadiens de se familiariser avec les problèmes nationaux et internationaux de différents pays du monde entier.Le lieu de rencontre de ces séminaires varie chaque année.C'est ainsi qu'ils se sont tenus tour à four en Israël (1960), en Suède (1961), en Pologne (1962), au Pakistan (1963), en Algérie (1964).\u201c\"Cèt-été, durant près de deux mois, 37 étudiants de nos universités canadiennes, choisis par des jurys, poursuivront des projets de recherche au Chili.le comité de sélection de l'Université de Montréal a choisi les 5 étudiants suivants : \u2018Mile Renée LAROSE (génie physique), qui étudiera le problème des communications face aux.ressources naturelles; Mile Paule DOUCET, (sociolo- _gie) : \u201cla sociologie de la coopération et du développement\u201d; M.André MARSAN \"(sciences économiques) : le développement socio-économi- \u2018que au Chili\u201d; M.Mark POU- LIN (lettres) : \u201cla littérature contemporaine au Chili\u201d; et M.Claude BACHAND (droit) : \u201cle statut et l'influence de la presse écrite au Chili\u201d.M.Jacques-Yvan MORIN, professeur de droit international public à la faculté de droit de l'Université de Montréal, dirigera l'un des groupes d'étude, Les buts de ces séminaires annuels sont les suivants : 1.\u201cProcurer aux étudiants et aux professeurs canadiens l'occasion d'approfondir les problèmes et les cultures d'autres pays, ainsi que - d'apprécier les populations \u201cde ces pays.2.Donner l\u2019occasion, à un groupe soigneusement choisi d'étudiants et de professeurs canadiens, de mieux se connaître et de développer leurs personnalités, tant individuellement que collectivement.3.Aider les membres de la communauté universitaire canadienne à concentrer leur attention sur une meilleure compréhension du Ca- riada et du rôle qu'il occupe dans les affaires internationales.4.Fournir l'occasion, à des étudiants.et professeurs ca- \u201cnadiens, d'acquérir une ex- - périence internationale dans ._ un contexte exceptionnel.\u201d PAGE 4 © LE QUARTIER LATIN \u2014 4 FEVRIER 1965 à @ Plus ça change, plus c'est pareil.Feu Maurice Duplessis nous avait habitué à une forme personnelle, anti-sociale et arbitraire de gouvernement.Lui parlait-on d'assurance-maladie, il répliquait que la meilleure assurance contre la maladie, c'est encore la santé .; réclamait-on la gratuité scolaire au niveau universitaire, il statuait que de toute façon le terrain de stationnement est trop petit à l\u2018Université de Montréal .En 1960 est déjà loin.1960, nous avons naïvement cru qu'une telle façon de gouverner était désormais révolue.Les récents événements ont démontré que nous avions tort.A Québec, cet automne, des citoyens furent matraqués.Chargé par le premier ministre d\u2018enquêter, Me Claude Wagner a innocenté les matraqueurs et accablé les matraqués ! Bien plus, il à porté des accusations contre ceux qui ont fait leur métier \u201c en rapportant à leurs lecteurs ce qui s'est passé lors du \u201csamedi de la matraque\u201d.Invité à ordonner une enquête publique impartiale sur les événements rapportés plus haut, M.Lesage s'est dérobé en demandant à tous d'oublier le passé.Admirez la froide logique des arguments invoqués ! Des évé- nements passés défavorisent le gouvernement : il ne reste qu'à les oublier.Dieu sait pourtant que le parti libéral ne s'est pas (et il avait raison de le faire) privé d\u2018enquêter sur les scandales qui ont jalonné la préhistoire duplessiste.Mais lorsqu'il s\u2019agit de la conduite de son propre gouvernement, le chef de l'Etat change d'attitude et l\u2018\u2019innocente d'une déclaration.C\u2019est une façon d'agir qui rappelle par son caractère foncièrement arbitraire celle du \u201ccheuf\u201d.Vis-à-vis des grévistes de la Régie des Alcools, M.Lesage a adopté (apparemment sans consulter son cabinet) une attitude foncièrement anti-sociale.I! leur demande ni plus ni moins de cesser d'utiliser la grève, seul instrument que ces travailleurs possèdent pour arracher à leur employeur des conditions de travail décentes, et de se fier à la générosité d'un premier ministre bon papa qui saura se montrer généreux envers les récalcitrants.Pour leur donner bonne bouche, il invoque l'exemple des employées de bureau de la Régie qui, sans faire la grève, ont obtenu une augmentation considérable de salaire.Pensez donc! leur salaire hebdomadaire vient d\u2019être porté de $49 a $51.Nul ne s\u2018étonnerait qu'un capitaliste particulièrement vorace tint un tel langage.Mais en l'occurence, la personne qui parle est l'élue du peuple et dépo- Le \u201ccheuf\u201d parmi nous sitaire du bien commun.Un gouvernement briseur de grève a succédé à un gouvernement qui faisait briser les grèves par \u201csa\u201d police.C\u2019est connu.Quand un régime s\u2019installe dans l'arbitraire et devient de plus en plus rétrograde, il en vient tout naturellement à calomnier ses opposants.Au Québec, les étudiants sont, tout comme sous le régime Duplessis, opposés au désordre établi.M.Lesage a donc commencé à les discréditer.A un banquet offert par les Jeunes Libéraux, il fustigea \u201cl\u2019infime minorité de la jeunesse\u201d que constitue la classe étudiante et, tout comme M.Duplessis l'avait fait avant lui, fit allusion aux autos des étudiants.La ressemblance avec Maurice Duples- _sis ne s'arrête malheureusement pas là.N'a- t-on pas vu M.Lesage en Chambre dire à M.Pierre Laporte (1) de se taire au beau milieu d'un discours?Son entourage ne Fappelle-t-il pas couramment \u201cle boss ?\u201d.Le Québec ne peut se payer un second Maurice Duplessis.L'opinion publique, les jeunes particulièrement, désirent voir à la tête de la nation un homme qui n'emploie pas à tout propos des arguments d'autorité, qui fonde son action sur autre chose que l'arbitraire et aient un minimum de conscience sociale.Nous voulons un premier ministre que nous pourrons respecter.Un homme .qui ait entre autres l'élémentaire décence d'être toujours sobre lorsqu'il parie en public.Michel BOURDON.(1) Assez ironiquement, M.Piere Laporte dénonçait cette façon d'agir de M.Duplessis avec ses ministres dons son livre \u201cLe vrai visage de Duplessis\u201d.A qui le centre social ?Les étudiants doivent aller manger ou 5e à certaines heures, qu 4e à d'autres; doivent entrer par une porte à telle heure et sortir par une outre à telle autre heure; les étudiants sont expulsés \"manu mili- tari\u201d du Centre Sociat à 11 h.30 p.m.; un \u201c\u2019gorde-chiourne\u201d (agence Phillipps) surveille l\u2018arrivée et lo sortie des étudants, avec un air de principal d'école, à longueur de journée.Mais, qu'est-ce qui se passe?Qu'advient-il de la tradition voulant que le Centre Social soit géré en fonction des besoins des étudiants?ll ne manque plus que les cloches pour qu'il soit régi comme un monastère ou un couvent! Le Centre Social est censé être la maison des étudiants, leur lieu de rencontre, leur \u201cchez-soi\u201d sur le campus.Aurait-on changé d'avis dans les hautes sphères administratives?On nous affirme qu'il existe un comité conjoint du Centre Social, comité donc où siègent les représen- tonts des étudiants.Est-ce là le signe d'un manque d'efficacité du dit comité ou encore de son peu de réalisme dans la gestion du Centre?ll yo lieu de se poser de sérieuses questions sur son efficacité lorsque nous savons qu\u2019un des représentants étudiants sur le comité du Centre Social, et qui est à la fois vice- président de l'AGEUM, s'est publiquement prononcé contre ces mesures tout en affirmant qu'il y aurait du changement sous peu.Il y © déjà deux semaines de cela et les étudiants doivent toujours se promener avec une montre et un MEMO au Centre Social.Il est grand temps que l'on remette le Centre Social à ses vrais propriétaires: les étudiants.Chantel GAGNON blocs-notes On naît penseur, mais on devient orateur .la première assemblée publique du club \u201cParti Pris\u201d aura servi entre autres choses à démontrer que si on naît \u201cpenseur\u201d on devient crateur et que la qualité de l'écriture ne confère pas ipso facto l'intelligence du verbe oral.ll manque au club \u201cParti Pris\u201d l'expérience des assem- biées publiques, ce qui est assez compréhensible; il lui manque le talent oratoire, davantage la clarté et la concision dans les exposés.Nous avons été déçus, vendredi soir dernier, et avec nous bon nombre de personnes, de voir que \u201cParti Pris\u201d wait eu à offrir qu'une révolution réchauffée et un socialisme mal défini.Ce n'est pos tant qu'on n\u2019ait entendu ce soir-là que des banalités et rien d'autre.Après tout, l'indépendance s'appelle l'indépendance, et nous en sommes.Mais la revue jouissant d'une réputation à tout le moins avantageuse, il devenait difficile d'accepter que son club, embryon de parti politique, présente une image si peu semblable ef tellement grise des lectures que nous faisons chaque mois.Nous ne sommes pas les seuls à reconnaître les grandes qualités de la revue \u201cParti Pris\u201d, ni non plus les seuls à frouver essentielle à la société québecoise, l'existence de ce \u201cmensuel\u201d.Cependant, une performance publique de cet ordre nous fait profondément douter de l'utilité et de l\u2019etfi- cacité d'une telle initiative.Puisque, en effet, à cette ré- uñion, il ne se frouvait que des \u201célites\u201d ou presque, comme le soulignait madame Andrée Feretti dans un discours mal récité, pourquoi avoir jugé nécessaire de raconter à ces mêmes élites, en plus mat et en moins clair, ce qu'elles peuvent très bien méditer dans la revue, depuis deux ou trois ans, et sur une note un peu plus sérieuse.Ou bien le club \u201cParti Pris\u201d s'en tient aux assemblées d\u2018information publiques, Alors, comment justifier les poussées démagogiques de Jean-Marc Piotte-qui-parle-joual?Ou bien Il prend l'initiative d'assemblées véritablement populaires, et l'on se demande s\u2019il ne lui faudrait pas dès lors trouver comme orateurs d'autres \u201cvedettes-maison\u201d que Pierre Maheu ou Andrée Feretti.4 FEVRIER 1965 \u2014 Les assemblées d'information pures nous semblent cons- titver le meilleure formule pour le moment.À condition, toutefois, qu'elles soient utilisées à bon escient, qu'elles servent par exemple à communiquer aux intéressés les résultats des travaux et des recherches du club et à susciter ainsi les adhésions.Les assemblées populaires?D'autres y réussissent présentement beaucoup mieux et avec moins de prétention.La revue et le club \u201cParti Pris\u201d groupent des gens intelligents.Ceux-ci ne sont sire- ment pos satisfaits de cette première expérience.En tout cas, ils doivent bien prendre conscience que les \u201célites\u201d et le \u201cpeuple\u201d ne commandent pas le même traitement ! Roch DENIS Il est onze heures, Me Wagner.Voilà bientôt une semaine que \u201cle Quartier Latin\u201d a demandé à Me Claude Wagner, procureur général de la pro- LE QUARTIER LATIN © PAGES vince, d'aviser des procédures judiciaires à intenter & CIMS ot & M.Paul Coucke.Il y a bientdt deux mois que le poste radiophonique montréalais à incité certains de ses auditeurs à abattre Reeves, Four- nel et Marcoite; qu'il leur o promis son appui par la suite.S'il n'y a pas deux justices av Québec, une pour les indépendantistes et l'autre pour les défenseurs du désordre établi, Me Wagner doit relire le plus tôt possible l'article 407 du code criminel et prendre ses responsabilités.Son secrétaire, l'ancien journaliste à \u201cAllô- Police\u201d, M.Marce! Vieminex, nous a demandé au téléphone cette semaine de lui envoyer une copie du numéro où nous demandons à son patron d'aviser des mesures à prendre.C'est maintenant fait.Nous aimerions donc que le procureur général de la province nous fasse, le plus tôt possible, connaître sa réponse à notre demande; qu\u2019il mette autant de célérité dans ce cos que dans celui de M.Jacques Hébert.De simple citoyens voudront peut-être alors prendre les responsabilités dont Me Claude Wagner ne s'acquitte pas.ll est onze heures, Me Wagner.Michel BOURDON Par : Jan STAFFORD Les \u201cjournaux pansements\u201d en font leur affaire En ce moment-ci de l'année, St-Henri devient une découverte dont les dames paironesses, quelques ministériels, la moi- rie, les curés et le Canal 10 font une bonne affaire.Tous les \u201cjournaux pansements\u201d en font des premières pages; Lorenzo Paré \u201cdécouvre\u201d soudainement des taudis à Québec; un abbé en \u201cdécouvre\u201d à Trois-Rivières; notre bonne bourgeoisie entrevoit ses classes défavorisées et jette les hauts-cris comme des poules découvrant inopinément leurs excréments.Mais dans 3 mois, du Quartier St-Henri on n\u2018entendra plus rien.Les échos vides retourneront aux cerveaux qui les ont engendrés.La révolution tranquille défonce ses portes ouvertes tandis que des badauds plus curieux que peinés \u201cdécouvrent\u201d des photos de miséreux fades et attendrissantes.Après les visites touristiques et les rapports sans conséquence les taudis demeureront en attendant qu'on les \u2019découvre\u201cà nouveau dans 5 ou 10 ans.Et les sommes énormes réalisées à même la misère de ces quartiers-taudis serviront sans doute à couvrir des autos luxueuses et en plantes caoutchouc si elles ne rejoignent pas les gros sous si bien gagnés des caisses électorales ou les poches bien garnies des négriers de la politique.la situation est pourtant équivoque.Ces gens vivants dans des taudis font partie d'un prolétariat et sont assujettis \u201cdons notre monde libre\u201d & une liberté sans droit et sans pouvoir, à la merci du premier profiteur venu ! Ce sont des curés qui dénoncent cette situation, mais ils réclament des miettes et non des certitudes; pour eux le mal réside dans l'homme et non dans le mécanisme des prix et de l'emploi régissant cette société.Aussi une conscience sociale superficielle ne suffit pas, ll faut qu\u2019elle soit éclairée par le dedans vers des critères visant à découvrir des besoins et à les satisfaire en vertu du droit de chacun au minimum vital, et non à fravestir'ces besoins en 1e Quartier Directeur : Serge Ménard Dumais.François Le Duc.\u2014 Claude Blouin \u2014 Nouvelles étudiantes internationales : PUBLICITE : Georges Lefebvre, \u2014 REDACTION : 2222, av.Maplewood, Mt1-26; Imprimé à 8430, Casgrain, Montréal \u2014 Michel Provost, imprimeur Le ministère des Postes à Ottawa a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication.cheptel de charité, en ghettos où la société bourgeoise épanche de temps en temps sa grande âme de prostituée .Dans une société socialisée la charité se change en droit, droit à l'habitation convenable, droit au travail, droit à l'éducation et non en des miettes jetées de la table et bénies comme service de rédemption.Jan STAFFORD Jountisa journal bihebdomadaire des Etudiants de l\u2019Université de Montréal Publié par FAGEUM, le QUARTIER LATIN est membre de la Presse Etudiante Nationale Assistant-directeur: Jacques Elliott \u2014 Rédacteur en chef: Daniel Latouche \u2014 Chef des nouvelles: Chantal Gagnon; assistant chef des nouvelles: Christiane Richard \u2014 Reportage : Roch Denis \u2014 Directeur artistique : Jules Arbec; rédacteur en chef : Roch Poisson; secrétaire : Sylvie Roche \u2014 Secrétaire de la rédaction : Jan Stafford.Service des nouvelles : Chantal Gagnon, Christiar >» Richard, Pierre-Louis Guertin, Nicole Fortin, Raymond Roy, Mance Vigeant, Louis Falardeau, Michèle Dubreuil, Denis Lamy, Yves Bombardier-Lamontagne, Jacques Desmarais, Michel Bourdon, Pierre-Louis Guertin.CHARGES DE CHRONIQUES \u2014 Affaires internationales : Claude Bachand \u2014 Affaires nationales: Editorislistes : Claude Girard, Gaëtan Tremblay, Roger Soubliére, Jacques Trude], Denise | Daniel Latouche \u2014 Politique: | Chef de la photographie: Serge Proulx \u2014 Maquettistes: Michel \u201cBourdon, Jacques Elliott.7394777 \u2014 Abonnement pour l\u2019arfhée universitaire: $3.00 \u2014 tél.733-2128; Centre Social : chambre 707.SEE A te Moe EO MN CEE EEE CW EEA BE JS 5 Soe 109 Les.opinions émises dans ce journal ne sont pas nécessairement celles de PA.G.E.UM.pt 2 ces MAN oa PAGES © (E QUARTIER LATIN - 4 FEVRIER 1965 | - we > Au-delès de nos préjugés d\u2019occidentaux.La vraie Afrique Réunies par l\u2019Institut Canadien d'Educatioin des Adultes dans une conférence sur le Canada et l'Afrique Francophone organisée avec la collaboration de la Commission nationale canadienne de l'UNESCO, près de deux cents personnes ont découvert une Afrique bien mal connue ou travers les mythes, les récits d'aventures, les films, les images primitives, les sermons de propagande missionnaire.Pendant trois jours, du 21 au 23 janvier, deux cents personnes ont exploré le domaine des re- lotions entre le Canada et I'Afrique francophone; pendant trois jours elles sont entrées en diclo- gue avec l'Afrique représentée par des hommes de grande taille; pendant trois jours elles ont vu vivre l'Afrique dans des films exceptionnels; pendant trois jours elles ont réfléchi sur les rapports que nous pouvions entretenir avec l'Afrique.Pendant trois jours elles ont surtout pris conscience de notre ignorance de l'Afrique.elles ont rencontrés des hommes qui ont démythifié nos préjugés; nos complexes de supériorité, de pitié, de charité vis-à-vis de l\u2019Afrique, si bien entretenus por nous les blancs, ont été brutalement ébranlées quand elles eurent découvert l\u2019histoire de l'homme noir, quand elles eurent entendu l\u2019homme noir naus parler comme un égal.quand elles eurent entendu l\u2019homme noir vibrer dans tout son humanisme, dans toute son espérance.Prise de conscience On se sent un peu gêné d'établir le bilan de cette conférence.Nous nous étions rendu à cette corférence avec tous nos préju- ¢*s d'hommes blancs, riches mais charitables, désireux de faire quelques chose pour cette pauvre Afrique.Nous étions venus dans une démarche vers l'Afrique.Mais voici que l'Afrique est venue à notre rencontre.Avant que nous offrions .elle a demandé.Avant que nous donnions .elle a offert en échange.Avant que nous ne décidions pour elle, avant que nous ne présumions de ses besoins, avant que nous ne tentions de faire son portrait dans le noir, .elle a manifesté ses désirs, elle a défini ses aspirations, elle a éclairé son visage à nos yeux.Nous allions discuter entre blancs,.nous avons été formés au dialogue entre blancs et noirs.Ce dialogue, auquel nous sommes peu habitués, nous a amenés à une remise en question de nos rapports avec l\u2019Afrique.Les rapports des carrefours ont manifesté un désir unanime : tout mettre en oeuvre pour que l'Afrique soit mieux connue, continuer le dialogue.Communication de Monsieur Robert Cornevin Ce diclogue, il avait été ouvert por Monsieur Robert Cornevin, Directeur du Centre d'Etude et de documentation pour l\u2018Afrique et l'Outre-Mer.Porlant avec finesse et humour lors du banquet d'ouverture de la Conférence, le 21 janvier, faisant montre d'une connaissance approfondie et d'un grand amour de l'Afrique, Monsieur Cornevin nous présenta l'Afrique comme étant un point d'interrogation, un trait d\u2019union et une terre d'espérance.Point d'interrogation, l\u2018Afrique le sera sans doute éternellement, nous disait-il.Son histoire, qui remonte sans doute aux origines de l'homme, nous sera-t-elle jamais connue dans fous ses détails ?L'Afrique a toujours été une terre mystérieuse, un vaste champ de découvertes: le dis- tingqué conférencier l'a bien montré en énumérant la longue liste de questions qu'elle a posées et qu\u2019elle pose encore aux hommes.Cette Afrique, notre civilisation ne Fa pos découverte dans les circonstances les plus louables : s'imposant à elle avec toute la force de son industrialisation, & laquelle l'Afrique, isolée par trois océans et par une mer de sable infranchissable, n\u2018avait pas participé, vivant cependant dans un ordre social qui étonna plusieurs explorateurs, l\u2019Europe y entreprit une action dont les effets sont encore mal connus.Certes, l'esclavagisme et le colonialisme ont détruit une civilisation.Mais que ressortira-t-il de ce contact entre l\u2018Europe et l'Afrique ?L'Afrique est un trait d'union entre deux mondes, entre deux civilisations.L'évolution vers ce deuxième monde, qu'on ne peut encore gu'imaginer, est à peine commencée.De la civilisation détruite germe une civilisation nouvelle, qui naitra d'une compéné- tration, d'une osmose, d'une fusion entre l'élément détruit et l'élément destructeur; détruisant les vieilles religions africaines, le christianisme pénètre l\u2018âme ofri- caine pour donner naissance à une nouvelle Eglise.de même l\u2018Islamisme trouve un sens nouveau en Afrique.Favorisant l\u2018unité de langue, le français permet à l'Afrique d'exprimer sa culture eu monde.Pénétrant l'Afrique l\u2018industrialisation y suscite des conceptions nouvelles de l'économie.L'Afrique est une terre de rencontre, et de cette rencontre jaillit une grande espérance.Besoins de l'Afrique : Bilan de la coopération canadienne Le lendemain, S.E.Arsène Assouan Usher, Représentant permanent de la Côte d'Ivoire aux Nations-Unies, présenta un tableau succint mais significatif des besoins de l'Afrique.Il le fit avec simplicité, sans faux pessimisme.Son exposé démontra une grande lucidité face à l\u2018ampleur des besoins et quant aux moyens à prendre pour les résoudre.Monsieur Usher s'est fait l\u2019interprète d'Africains qui savent ce qu'ils veulent, qui \u2018savent ce qu\u2019ils attendent de nous; des Africains qui ne viennent pas demander l\u2019aumône, mais qui viennent offrir un échange.Monsieur Louis Bé- rubé, Adjoint au Recteur du Collège Sainte-Marie, à présenté le bilan des réalisations canadiennes en Afrique francophone.Depuis plus de cent ans des mis- auxquels se sont joints plus récemment un grand nombre de laïcs, oeuvrent en Afrique.Ils y ont joué un très grand rôle, fondant une multitude d'écoles, de collèges, de dispensaires et d\u2019hé- pitaux.L'objectif particulier de leur travail ne mot pos en cause la valeur de l'énorme travail qu'ils ont accompli.Le Gouvernement canadien a peu fait jusqu'à maintenant pour les pays d'Afrique francophone, son action s'étant principalement orientée vers les pays membres du Commonwealth.Cependant l\u2019aide canadienne aux pays francophones a substantiellement été augmentée cette année.Le Gouvernement canadien a largement contribué aux fonds de l'Université Nationale du Ruando, fondée en 1963 par le Père Georges H.Lévesque O.P.L'aide aux pays francophones est cependant rendue difficile par le manque de relations entretenues avec ces pays et par le fait que plusieurs d'entre eux soient très attachés à la France, ce qui force le Canada à tenir compte de l'action française dans ses programmes de coopération.ll semble cependant que le gouvernement soit disposé à résoudre ces difficultés: un grand nombre de fonctionnaires francophones ont été engagés au Bureau de l'Aide Extérieure et le B.A.E.travillera en plus étroite collaboration avec le gouvernement du Québec.Le gouvernement canadien verra également à établir des relations diplomatiques avec les pays francophones de l'Afrique.Carrefours Les participants se sont ensuite regroupés en quatre carrefours pour étudier les problèmes de \u2018\u2019culture et d'éducation\u201c, \u201cd'aide sociale\u201d, \u201c\u2019d\u2019aide économique\u201d et enfin \u201cd'information et mass media\u2019.Le but du travail en commission était de voir ce que le Canada pouvait faire dans les différents domaines étudiés en vue d'aider les pays d'Afrique francophones.Les quatre carrefours ont été unanimes à suggérer la création d'un CENTRE D'ETUDES ET DE RECHERCHES sur les pays d'Afri- ques francophone, qui pourait être affilié à une de nos universités françaisees, ainsi que la création d'un CENTRE DE COORDINATION DE FORMATION ET D'INFORMATION dont le rôle serait de coordonner l'action des différents groupes, mouvements, Institutions et organisations, d'informer la société sur l'Afrique et de fournir une documentation adéquate, et enfin de former les Canadiens désireux de servir en Afrique.On a également souhaité que le Québec soit appelé à jouer un plus grand rôle au Bureau de l\u2019Aide Extérieure, que ce Bureau soit réformé et éventuellement détaché du ministère des affaires extérieures, afin de \u201cdépolitiser\u201d la participation canadienne à la coopération.Plusieurs suggestions ont été émises relativement à l\u2019aide à apporter aux poys d'Afrique francophone.On a manifesté un vif désir d'\u2018augmenter les échanges avec les poys africains et de rendre ces échanges plus efficaces.On a beaucoup insisté sur la nécessité d'éveiller l\u2018opinion publique à ces questions.L'Unité africaine Son Excellence Gabriel D'Ar- boussier, éminent homme d'Etat africain, présenta une communication remarquable sur l'unité africaine.Enrichi d'une longue expérience qui l\u2019a mené en Europe et en Amérique, ayant participé lui-même aux grands mouvements de l'indépendance et de l'unité africaine, Monsieur d\u2019Ar- boussier jouit d'une compétence avertie pour traiter un sujet aussi épineux, Homme de grande culture, i! a su charmer l'auditoire par la poésie de son discours, par la rigueur de sa pensée, par la richesse de son humanisme.Les récents événements survenus av Congo et au Nigéria avaient ébranlé les aspirations de l'Afrique\u2019 & l'unité.Mais c'est avec toute la force de son espérance que Monsieur d'Arboussier nous a montré les difficultés auxquelles doivent faire face les jeunes états africains, le dilemme que leur pose une double recherche de l'indépendance et de l'unité .Aspirations & l'indépendance, c'est le grand courant qui devait amener la décolonisation.Mais devant les difficultés apportées par l'indépendance les étais songent à se regrouper pour y faire face.Mais comment faire l'unité d'états à peine constitués, dont l\u2019organisation politique n\u2019est pos encore réalisée ?Certes la marche vers l'unité semble compromise par une foule de facteurs.Plusieurs échecs l'ont arrêtée, mais toujours demeure-t-elle un objectif partagé par tous les états ANs24 6 HO Sioras nw inshore 4 FEVRIER 1965 22#MNous nous étions rendus à cette conférence avec nos préjugés d'hommes blancs.\u201d LE QUARTIER.LATIN © PAGE 7- R= africains.Et surtout, ne tient-on pas suffisamment compte de ce que ce phénomène date à peine de 1960, & une échelle aussi grande.Considérant le chemin parcouru en si pev de temps, n'y a-t-il pas beaucoup à espérer ?Une foule de caractéristiques les diversifient, mais, note Mon- seur d'Arboussier, trois facteurs rapprochent les pays africains : 1 \u2014 Le colonialisme qui suscite une réaction commune de tous les jeunes états.2 \u2014 L'état.de sous-développement qui crée entre eux une communauté de besoins.3\u2014-Lle mode de vie africain qui permet d'espérer une unité de culture.C'est sur le troisième facteur que le conférencier devait le plus Insister.ll s\u2019est dit convaincu, pour l'avoir lui-même vécu, que l\u2019africain a une philosophie, une conception du monde et de la vie qui lui est propre.À l'heure où le monde s'internationalise de plus en plus, une synthése se produira, due au contact entre les grandes civilisations.Le monde occidental, parvenu à un état de domination sur la nature, à créé une civilisation du pouvoir.Mais un pouvoir où l'homme a à jouer un rôle un peu réduit, où la société perd son sens, où la vie n\u2019est plus que technique et mécanisme.Et voici que l'Afrique se révèle comme étant une civilisation dee la sagesse, une civilisation centrée sur l\u2019homme, sur le groupe; sur la vie.Au contact des deux civilisations, nous découvrons que le pouvoir sans la sagesse détruit l\u2019homme en le désocialisant, que la sagesse sans le pouvoir détruit l\u2019homme en ne lui permettant pas de vaincre la nature: nous évoluons vers un monde où le pouvoir occidental sera tempéré par la sagesse africaine.C'est à deux niveaux que les pays africains pourront prendre conscience de leur unité : 1 dans une culture à promouvoir; 2-Dans une action à entreprendre.Dans tous les domaines, l\u2019Afrique est ouverte sur le monde : nourrie par le colonialisme sa culture prend des dimensions mondiales; sa lutte contre le sous- développement prend des dimensions internationales dans la coopération.Le XXe siècle africain est en train de se définir.L'Africain trouvera certainement des solutions africaines & ses problé- mes politiques et économiques.Une transformation des mentalités et des esprits s'opére actuellement chez les jeunes africains, qui aura certainement des répercussions mondiales.l'Education est un facteur important d'unité.Elle devra former des jeunes en développant d'abord leur imagination et leur sens de l\u2018initiative.L'Afrique \u20ac besoin de jeunes à l\u2018esprit créateur, désireux de servir, ayant un sens aigu des responsabilités.Il est très Important que l'éducation soit plus ofricaine dans son contenu et dans ses objectifs.Elle doit être orientée en fonction des besoins de l'Afrique.Br MB LA ANC SC PNR NEP CAPS PET EWE CS SOC OARS om ng» 9 CASH Monsieur d'Arboussier à conclu que malgré les nombreux obstacles rencontrés, l\u2019unité africaine est une aspiration légitime et réalisable.Le seul fait que tous les hommes d'état africains en soient hautement préocupés n'est-il pas suffisant pour nourrir notre espérance ?° Bilan de la conférence Comme nous l\u2018avons souligné plus haut, la conférence permit à presque tous les participants de prendre conscience de leur peu de connaissances sur l'Afrique.Nos connaissances sont le plus souvent anachroniques.Or, l\u2018Afrique évolue à un rythme tel qu\u2019il est difficile d'en suivre le mouvement.Nécessité donc, d'une information plus abondante, plus précise, plus objective sur l'Afrique, qui soit à la portée de l\u2018ensemble de la population : diffusion de l'information par la radio, la télévision et la presse, concentration de la documentation dans un centre adéquat.Nécessité également de former des africanistes compétents dans nos universités.le dialogue qui s'est engagé au cours de la conférence a démontré que le contact avec V'Africain doit se faire avec simplicité et avec respect.Il a permis de constater que l\u2018Africain o une personnalité qui lui est propre mais que nous sommes souvent portés à n'en point tenir compte: surtout que nous sommes peu habitués à ce dialogue.Prenant conscience de lo personnalité noire, il à paru néces- soire de bien motiver notre co- AQ deus LOG chivas ety opération avec l'Afrique.Et encore de bien situer notre rôle, afin d'éviter d'entreprendre un nouveau colonialisme.Surtout de bien former ceux qui vont servir en terre ofricaine, en insistant sur le développement humain et social.Mais la plus grande découverte de la conférence ne fut- elle pas de reconnaître en l\u2018Afrique un continent riche d\u2018un humanisme et d'une culture qui pourrait grandement enrichir notre matérialisme, notre technicis- me ?Volonté nouvelle, non plus d'aider l'Afrique, mais d'échanger avec l'Afrique : voilà le changement qu'à apporté la confé- - rence chez les participants.A eux il revient maintenant de transmettre cette volonté dans tous les milieux pour qu'en cette année de la Coopération Internationale, le Québec s'ouvre au monde et, plus particulièrement, à l'Afrique.Qu\u2019attendre de FA.G.EUM.?Que l'AG.EUM.s'intéresse dovantage oux problèmes internationaux : n'est-il pas décevant de constater que notre association, qui compte plus de 400 membres non canadiens, se soit s peu préocupée des problèmes du Congo et du Viet-Nam ?1965 a été proclamée par l'O.N.U., Année de lo Coopération Internationale.1965 devrait être pour FA.G.EUM.l\u2019occa- son: A) de mettre sur pied un service d\u2018informations qui aurait pour but d'éveiller l'attention aux - ny CEE > problèmes internationaux; B) d'entreprendre une action concrète en vue de participer à la coopération internationale, en soutenant, par exemple, des membres désireux de servir dans des pays en voie de développement, en aidant à la formation de mouvements étudiants, etc.De susciter sur le campus un climat de fraternité internationale.A cette fin de favoriser une meilleure participation des étudiants étrangers à la vie agéumique, par tous les moyens possibles.C'est por l'accueil des étudiants étrangers que l\u2019\u2018A.G.E.U.M.peut participer le plus efficacement à la Coopération Internationale.Cet accueil pourra fournir tous les motifs d'une participa- ion plus active à la coopération : les étudiants étrangers permettent d'établir des liens étroits et \u201cvisu\u201d avec les pays étrangers.Plusieurs projets seront mis en branle à la suite de la conférence sur les relations entre le Canada et l\u2018Afrique Francophone: espérons que l\u2018A.G.E.UM., le plus fort syndicat étudiant au Canada participera au mouvement amorcé.Plusieurs domaines d'action s'offrent à elle : elle n'a qu\u2019à choisir et à commencer.Mais toute action ne sera efficace que dons la mesure où l\u2019'A.G.E.U.M.pourra se sentir appuyée par toute la masse étudiante dans son action.Cet appui, l\u2018Association peut l'obtenir si elle entreprend d'informer et d\u2018éveiller ses membres à la Coopération Internationale.Pierre .MEUNIER. PAGE'S © LE QU/RTIER-LATIN \u2014 4 FEVRIER 1965 Des psychiatres pour universitaires Dans le tome ll! du Rapport Parent, les commissaires proposent, au chapitre XXXII, l'établissement dans les écoles régionales et les instituts de services éduce- tifs INDISPENSABLES : service médical, service social et service psychologique.Dans le tome II, on n'y recommandait que les services de conseillers en orientation (recommandation 136) pour les étudiants à l'université, D'où provient cette différence ?Est- ce un oubli, est-ce un progrès survenu entre le tome Il et le tome Ill ou encore est-ce que l'on a jugé ces services éducatifs, indispensables dans les instituts, inutiles à l'université ?Les étudiants à l'université n'ont-ils que des problèmes d'orientation ?Je les trouve chanceux et je les envie, ces étudiants des écoles régionales et des futurs ins- fituts.J'espère aussi qu'ils profiteront des services que l'on met à leur disposition car après.finie, cette possibilité d'obtenir une aide professionnelle dans leurs difficultés.D'ailleurs, ils n'auront pas le droit d'en avoir; n'auront-ils pas reçu une éducation qui formera des êtres humains complets, sans problèmes, parfaitement équilibrés ?Et puis ils auront bien dix-huit, dix-neuf ans ! Ce que nous avons à à l'Université de Montréal Nous avons au moins un service de santé pour les étudiants.Tous le connaissent pour l'avoir visité obligatoirement au début de leurs études universitaires.Nous avons aussi, rattaché au service de santé, un psychiatre consultant, à temps partiel, qui est supposé donner des consultations psychiatriques aux quelques milliers d'étudiants.Une chance pour ce psychiatre que nous avons tous une confiance absolue dans l'équilibre de notre personnalité, et que des émotions trop fortes, nous ne connaissons pas çà.Mais nous avons aussi un autre service du genre, très peu connu celui-là.L'Institut de psychologie reçoit, sur rendez-vous, quelques étudiants qui désirent une consultation psychologique soit pour orientation, soit en vue d'une thérapie.Le nombre des bénéfices de ce service est très restreint; la liste d'attente est assez longue et comble parfaitement toutes les ouvertures d'ici la fin de l'année.Ce qui se fait ailleurs Quelques lectures m'ont renseigné sur ce qui existait dans L CARNAVAL! DERNIERE Les facultés qui n'ont pas encore présenté leur duchesse doivent nous avant le 10 février.Bureau de Propagande CH.605 CHANCE | faire parvenir le nom de l'heureuse élue CARNAVAL \u2014 17 au 20 février trois universités américaines (!).L'Université de Washington, Seattle, - possède cinq \"'service departments\u201d qui emploient différents spécialistes des disciplines humaines, spécialement le \u201cStudent Counseling Center\" et la clinique psychiatrique (dépendant du service de santé).L'Université d\u2018Utah a mis sur pied, il y a plusieurs années, un \"Marriage and Family Counseling Bureau\u2018\u2019, comprenant en plus d'un directeur, trois travailleurs so- - ciaux, un économiste et un psychiatre consultant.Ce bureau donne aussi l'entrainement pratique à deux ou trois stagiaires en service social.Au Bennington College (Bennington, Vermont), chaque étudiant passe une heure par semaine avec son \"educational counselor\u2019, genre de tuteur des universités anglaises, le \u201cpatron\u201d suggéré par la Commission Parent.De plus, on met à la disposition des étudiants des travailleurs sociaux pour les aider dans leurs problèmes qui ne sont pas liés directement à leurs études.L'expérience prouve d'ailleurs que les problèmes éducationnels et les problèmes personnels des étudiants sont similaires.ll n'y a pas de problèmes éducationnels qui ne contiennent d'une façon ou d'une autre des difficultés personnelles et émotionnelles.I! devient de plus en plus clair que le succès intellectuel dépend largement du progrès de la croissance émotionnelle et de la maturité des sujets, quoi qu'en disent les commissaires de la commission Parent.C'est tout simplement le principe de la conservation de l'énergie, repris et adapté par Freud dans le domaine psychique.Ce qu'est un centre de consultation Le but d'un tel centre de con- sultfation pour étudiants est de les aider dans la solution de leurs TEL.: 849-3130 Da Pasqual La seule véritable PIZZA NAPOLITAINE SPAGHETTI - LASAGNA FETUCINE - GNOCCHI RAVIOLI - RIGATONI SUB-MARINE SANDWICH Café expresso 1414, STANLEY | problèmes personnels et familiaux.Il leur sera possible alors de maintenir leur équilibre émo- fionnel, d'atteindre une maturité nécessaire, cette intégrité personnelle dont parle Erikson, sans mentionner la réalisation des objectifs académiques.A cette fin, on met à la disposition des étudiants les spécialistes des diverses disciplines humaines.A l'Université d'Utah, le centre de consultation emploie deux psychologues cliniciens, deux travailleurs sociaux, sept conseillers en orientation dont trois à temps partiel, trois psychométristes, un opérateur de IBM «& des secrétaires.Nous énumérons ces personnes simplement pour montrer l'étendue des services offerts et l'approche globale que l'on accorde aux problèmes, Et, il ne s'agit là que d'un des cinq départements qui se consacrent entièrement au bien-être des étudiants, ll nous faudra bientôf'&ù Québec et dans la ville de Montréal rendre plus complète, et par là plus exacte, notre conception du bien-être.Ainsi, on n'a pas encore fait beaucoup pour la santé des étudiants après les avoir soumis à un examen médical physique à leur entrée à l'université.Est-ce que l'on devra répéter longtemps que les psychiatres, ce n'est pas seulement pour les fous ?Que les psychologues, ce n'est pas seulement pour \"calculer\u201d le Q.l.des élèves de 7e et 9e années ?Que les travailleurs sociaux, ce n'est pas seulement pour remettre quelques dollars à ceux qui en ont besoin et, de plus, par charité ?Ces trois professions exercent de telles activités; mais LIVRAISON GRATUITE TEL.735-3623 chez vito PIZZERIA La seule véritable PIZZA NAPOLITAINE SPAGHETTI, LASAGNA, FETUCINE GNOCCHI, RAVIOLI, RIGATON! 5412, COTE-DES-NEIGES CAFE EXPRESSO Rendez-vous, lundi, pour une journée en plein air.Excursion au Mt-Habitant; ski, patin, traîne-sauvage.Le départ se fera à 9 h.A.M.en face du Centre Social.Vous pouvez vous procurer des billets au 4e étage du Centre Social.Le transport et le monte-pente pour $3.00.BIENVENUE A TOUS ! pre informations : Denise St-Louis: 352-4253 Danielle Lévesque : 737-1770 elles ne font pas SURTOUT çà.Ainsi un travailleur social peut exercer sa profession pendant cinquante ans sans donner un seul sou à ses clients.Son but est de les amener à mieux s'adapter à son milieu, à établir des relations plus gratifiantes avec son entourage.Mais ce n'est pas mon but ici de décrire les fonctions des personnes mentionnées.Les problèmes traités dans un centre de consultation Une grande variété de problèmes peuvent être traités avec succès dans un centre de consultation bien organisé.Bein entendu, il s'agit d'un processus de résolution de problème AVEC le client.Enumérons quelques- uns de ces problèmes : indécision sur le choix d'une profession; difficultés à étudier, à se concentrer; anxiété au sujet des examens et autres pressions académiques; sentiments profonds d'insécurité, de gêne, d'infériorité: conflits avec les parents, les professeurs, l'autorité: rivalité avec les confrères, incapacité de se socialiser: handicaps psychologiques, physiques: prépare- tion inadéquate au mariage; conflits religieux et intellectuels; pressions économiques et sociales trop fortes, etc.Des consultations professionnelles sont aussi un enrichissement pour ceux qui sont bien adaptés; ils deviennent plus capables de mobiliser leurs ressources devant les problèmes personnels et sociaux que la vie apporte.Si ces services éducatifs sont jugés indispensables au niveau des écoles régionales et des instituts, ils ne deviennent pas un luxe à l'université.Rappelons- nous un communiqué de journal de l'an dernier : on évaluait que 25%, des étudiants de l'Université de Toronto avaient besoin de soins psychiatriques.Il s'agit de voir de près ce qui se passe ici.Pourquoi se plaint-on de l'individualisme des étudiants ?De leur échec académique ?De leur orientation défectueuse ?etc.Ce n'est pas un conseiller en orientation qui peut résoudre tous ces problèmes \u2026.Michel LACASSE Thackeray et Skidmore, \u201cCasework Service in A University Setting\u201d, dans SOCIAL CASEWORK, vol.43, no.2, février 1962.J.C.Smith, \u201cCasework on the Campus\u201d, S.C., vol.33, no.10, déc.1952.A.C.Abrahamson, \u201cSocial Work on A University Campus\u201d, S.C., vol.30, no.7, juillet 1949. Le Québeca Assez compréhensiblement, il est difficile d'admettre lo né-\" cessité d'un changement des structures sociales de lo société québécoise, de faire le pas qui nous rendra marginaux, fauteurs de troubles, anarchistes aux yeux de ceux, la gronde majorité de nos compatriotes, qui ont fait leur, le systé- me capitaliste por la force des choses.Cette opposition farouche, souvent haineuse dont font montre les prolétaires du Québec à l'égard des jeunes \u201cbriseurs de vitres\u201d qui veulent leur foire la leçon est due à l'ignorance, c'est-à-dire la non- politisation, dans laquelle ils sont tenus par nos institutions.LE CAMOUFLAGE Le camouflage est peut-être l\u2018'arme la plus puissante opposée à lo révolution sociale au Québec actuellement.On traite de tous les grands problèmes socio-économiques comme des malaises passagers düs à une période de récession inévitable et qu'on surmontera bientôt.De même avec les problèmes politiques; il y a des frictions actuellement à l'intérieur de la confédération, mais la bonne volonté aura vite fait de tout régler.On se garde bien de dévoiler le caractère cyclique ou même permanent de ces difficultés, comme pour le marasme de l'agriculture, les difficultés de la petite entreprise, le phénomène de paupérisation qui caractérise l'économie québécoise, la bataille pour la reconnaissance des droits du Canada français, etc.On se refuse à considérer ces failles comme inhérentes d'une part au système copita- liste, d'autre part au colonialisme politique duquel tout découle.INCONSCIENCE Ce camouflage est souvent inconscient car il serl à se masquer à soi-même des vérités trop dures, qui forceraient à des solutions radicales.Des triples buses comme les Bona Arsenault et les Claude Bru- chési, ne sont pas assez tacticiens pour pratiquer consciemment et systématiquement le camouflage; eux ils sont des colonisés artériels, des irrécupérables rois-nègres qui proti- quent la politique de l'autruche comme des pantins \u2014 je nomme ces deux-là parce qu'ils sont typiques, tellement typiques que c'en est drôle, mais il y en à une multitude d\u2018autres qui eux sont les hommes à abattre; ils apporaissent comme les \u201cpimps\u201d du capitalisme, qui soutiennent leur grosse prostituée au-dessus des Québécois pour syphiliser les pauvres bougres bien incapables de comprendre ce qui leur arrive.POLITISATION Il faut justement leur faire comprendre à ces pauvres bougres, par tous les moyens possibles, qu'ils sont dans lo mélasse et pourquoi ils le sont, leur faire voir les causes de leur empêtrement et les moyens de s'en sortir.C'est là que se trouve le centre du combat, que se rencontrent des difffi- cultés quasi insurmontables.\u201cToute dépolitisation favorise l'ordre établi, l'immobilité, le conservatisme\u201d, a dit Mou- rice Duverger; alors il faut politiser, en commençant par nos grands mouvements nationaux, tels la SSJB et l'UGEQ.La SSJB, sous un couvert de nationalisme honorable et de pieuse neutralité s\u2019y est toujours refusée, favorisant ainsi l'exploitation des Québécois.Si elle s'y refuse radicalement, il faut la dénoncer, la démanteler car elle est alors bien plus qu\u2018un poids mort, elle est une barrière à la décolonisation, à le lutte contre l'aliéna- tien des Québécois.Ceux qui la dirigent doivent être considérés comme des sangsues, des mollusques qui servent d'intermédiaires aux exploitants de l'homme du Québec.Pour l'UGEQ, il semble bien qu'on puisse espérer de l'action venant de ce côté, du moins rien ne fait prévoir le mercredi, le 3 février 12.30 hres, centre social grand salon jeudi, le 4 février, 8.30 p.m., amphithéatre de l'U.de M.salle P-310 - P-320 vendredi, le 5 février, 12.30 hres, centre social grand salon BIENVENUE A TOUS EVOLUTION DU CAMPUS M.J.C.La Hoye, urbaniste M.B.Laforte, ing.p.EXPO \u201867 M.Edouard Fiset ARCHITECTE EN CHEF DE L'EXPO \u201867 COLLABORATION INGENIEUR-ARCHITECTE M.G.Piette, ing.p.M.J.L.Poulin, architecte Cette série de conférence se situe dans le cadre d'activités conjointes entre étudiants- architectes et étudiants ingénieurs.Asseciation des étudiants de l'école polytechnique Assecistion des étudiants en architecture de l'U.de M.contraire.D'ailleurs on peut lui donner quelques coups de pouce.Du côté gouvernemental, on entend bien Jean Lesage réclamer à cor et à cris la politisation de la population, mais il faut bien voir que venant de sa part, c'est plus apeurant qu'encourageant.L'observateur sagace et aguerri qu'est Du- verger a bien su voir que \u201cL'appareil législatif, administratif et policier de l\u2018Etat à pour but véritable le maintien des privilèges de la classe dominante par l'exploitation de classes dominées.\u201d Il faut donc entreprendre nous-mêmes la politisation de notre population, pour lui permettre enfin de diagnostiquer elle-même dans la mesure du possible le mal dont elle souffre et lui enseigner la thérapeutique efficace.SOCIALISME vs CAPITALISME Cette thérapeutique oppa- raît dans la disparition de la propriété privée des moyens de production.Le socialisme a une supériorité indiscutable sur le capitalisme et il nous fout le prouver.Supériorité technique d'abord de l\u2019organisation sur la non-organisation, de la planification sur la libre concurrence.SUPERIORITE TECHNIQUE Le systéme capitaliste met en oeuvre des moyens techniques prodigieux qui, employés rationnellement selon un plan global, permettraient de répondre aux besoins réels de toute la société.Mais à cause des principes capitalistes qui permettent aux propriétaires des moyens de production, de viser à leur seul enrichissement individuel, on aboutit à la situation hautement ridicule et absurde où io bonne marche d'un système repose sur la création de besoins artificiels par la publicité, dans le but de vendre aux consommateurs des produits inutiles, permettant ainsi aux capitalistes de s'enrichir et de se procurer à leur tour un peu plus de biens également inutiles.Des brosses à dents électriques par exemple, utiles dans les tou- dis électrifiés.C'est ce qui fait que le socialisme, par le planification, est supérieur au capitalisme, tant dans les moyens que dans les buts.Le socialisme vise en effet à satisfaire d'abord les besoins VERITABLES de toute lo population et fait servir à ce but tous les moyens techniques selon un plan général de production et d'utilisation des facteurs de production, ce que ne permet pas la libre concurrence capitaliste.SUPERIORITE POLITIQUE L'intégration vers laquelle tendent toutes les sociétés humaines est impossible à réaliser dans un centexte capitaliste.Essentiellement, le capitelis- me est anti-secial, enceure- 4 FEVRIER 1965 \u2014 geant la lutte pour lo propriété entre les individus, centrant l'intérêt des hommes sur eux- mêmes, posant l'égoïsme au- dessus de laltruisme.On peut observer dans les sociétés capitalistes évoluées que linterdépendance moté- rielle de plus en plus poussée produit paradoxalement ur repli de chaque individu sur lui-même, un affaiblissement de la solidarité entre les hommes.Chacun étant totalement occupé à accumuler des biens personnels il en oublie ses obligations envers les hommes qui vivent la même vie que lui sur le même terre que lui.DEMYSTIFICATION Mais on s'aperçoit de plus en plus en Occident de la faiblesse des grands principes capitalistes : par exemple le progrès ne peut être assuré maintenant que par des programmes de recherches tels que seul l'Etat peut s\u2019en charger.On se rend compte aussi que souvent la compétition est plus réelle entre deux entreprises étatisées qu'entre deux oligopoles du système capitaliste.Le vrai visage du capita- LEZQUARTIERLATIN° © PAGE 9 nthrope Les jeux de craie de Ti-Poil Lévesque récemment sont suffisamment éloquents; inutile de s'attarder sur des explications encourageantes.Attendons voir si Tit-Poil prendra le taureau par les cornes, s\u2019il s'attaquera à la racine du mal.Je vous parie que non, car son gouvernement est tenu à la gorge par les capitalistes auxquels il devrait s'attaquer.Que faut-il faire alors?Mais l'indépendance du Québec que diable; il ne faut pas songer à insteuvor le socialisme dans un Québec dominé par Ottawa, qui lui-même est dominé par Wall-Street.Pardessus tout, il faut sortir Baptiste de la boue; il est exploité de toute part, complexé à l'infini, sans culture, avec une langue bâtarde et une incompréhension totale de ce qui lui arrive.L'HOMME QUEBECOIS Cet homme québécois qui doit surgir sur le territoire où des millions d'hommes sont colonisés depuis trop longtemps, il faut le créer; il n'existe pas actuellement, car nous sommes tous des sous- Un texte de GAETAN TREMBLAY liste apparaît peu à peu: un pouvoir d'une classe de privilégiés sur les classes laborieuses, pouvoir acquis par l'exploitation et transmis héréditairement.Tous en viendront lentement à constater l'impossibilité de l'intégration d'une société sans remplacer l'égoïsme por l\u2019altruisme, l'intérêt privé par lin- térêt collectif.Mais il faut s\u2019y mettre et aider le processus de libération des exploités.LIBERATION Au Québec comme partout ailleurs, tout se tient.La colo- nisotion politique o entraîné nécessairement la colonisation économique, en laissant les portes ouvertes aux capitalistes anglo-saxons qui ont bien assis leur contrôle dans tous les domaines de lo vie des Québécois.Ceci apparaît normal aux Canadiens anglais qui participent de la même culture que les Américains et qui profitent autant qu'eux de l'exploitation colonialiste de nos richesses naturelles.Colonialiste tout simplement parce qu'elle correspond à la définition qu'en ont donnée les politologues oprès ebserva- tion dans les pays du Tiers- Monde: \u201cinvestissement des capitalistes extérieurs seulement dans le perspective d'une exploitation très rentable, concentrée sur quelques richesses naturelles exceptionnelles, et sans souci de l'équilibre générel du pays.\u201d (M.Duverger).hommes, vivant une vie diminuée, selon des directives venant d'Ottawa, de Toronto, de New-York, de St-James St, par l'intermédiaire de Québec où des mercenaires sortis de nos rangs se chargent de protester pour nous de notre fidélité à la constitution qu'on nous a imposée; de plus ces rois-négres sont chargés de veiller à la production de notre main-d'oeuvre nationale dans les usines qu'on à gro- cieusement mises à notre disposition.Non seulement on s'approprie nos richesses, mais des équipes de connaisseurs sont envoyées pour veiller à ce que nous les exploitions rentable- ment pour eux, sans être payés plus que la décence capitaliste ne le permet.D'ailleurs les rois- nègres mettent à la disposition de nos bienfaiteurs une police autochtone dévouée qui veille à briser en un tour de matraque toute velléité de \u201cchiala- ge\u201d.Nous ne pouvens plus endurer ces pratiques écoeurantes.l'injustice est supportable aux hommes qui vivent dans une société immobile parce qu'elle leur semble naturelle; c'était le cas à venir jusqu'à maintenant.Mais notre société est maintenant mouvante et [injustice apparaît de plus en plus lourde sur les épaules des Québécois.L'homme québécois est en gestation.Gare à ses premiers cris, qui serent peut-être hurlements de colère préludent une action aussi vielente \u201cque lengtemps contenue._\u2014 nues pt PAGE 10 © ILE-QUARTIER LATIN \u2014 4 FEVRIER 1965 Debout les eo Une suggestion pratique: Pour bien terminer la semaine \"Les Danses Libres\u201d DU VENDREDI SOIR ENDROITS : 4e et 5e étages du Centre Social ENTRÉE : 0.75 par personne TENUE VESTIMENTAIRE : veston et cravate LA CARTE DE L'AGEUM EST EXIGEE POUR LES GARÇONS \u2018\u2019Notre devoir est de vous divertir le vôtre, d'y venir\u201d annés de la terre! \u201c .Debout les tannés de la terre Debout les forçats de la faim.\u201d (Jacques Roumain) C'est sur ce cri que Gérard V.Etienne terminait la conférence qu'il prononçait en décembre au Centre Social.Le conférencier nous à entretenus sur le problème des Noirs à travers les siècles en Haïti de même que la pensée que partagent les intellectuels haïtiens \u2014 eux qui ont donné naissance à l'indigénisme.SUR LES ORIGINES DE L'INDIGENISME EN SOI Le conférencier à défini l'in- digénisme comme étant le premier mouvement culturel qui a été intimement lié à la vie sociale en Haïti.La grande découverte de l'Amérique au XVIe siècle s'est accompagnée de la naissance de l'esclavage en Haïti.En janvier 1804, l'indépendance fut signée, provoquant un certain mouvement littéraire.Mais c'est en juillet 1915, lors\u2019 de l'arrivée des Américains, que se dessine l'in- digénisme .dans toute son acuité.Aucun mode de pensée africain ne structurait la vie haïtienne à travers le XIXe siècle.Lorsque les Américains firent leur apparition, on ussista à un changement: l'abdication des consciences au nom de certaines formules venues de l\u2019aristocratie terrienne.Les Américains, dans leur obsession poussée de la fausse grandeur, ont voulu réduire le peuple haïtien à une nation mendian- \"eme EN at SE aka \u201c td em oe Stl nd 01 00 02700, SE, rennes ane cp moelleuse.mousseuse.merveilleuse Molson! AT TRE TN AT ng SN a ve ee Ur hair arenes + cm = | - Québec: LA: 47533 te.C'est alors que les intellectuels haitiens ont désiré une revalorisation \u2014 celle de l'Afrique.les années 1924-1925 apportèrent un indigénisme fondé sur un mode de pensée unilatéral.Nombreux hommes, dont Duvallier, posent le problème des Noirs dans le monde.Les communautés africaines avec qui le monde haïtien est entré en contact s'affirmèrent contre cet impérialisme américain.L'indigénisme s'est élevé, sans armes, par sa force intellectuelle.Ne citons que Jacques Roumain et René Depestre, deux écrivains qui, poussés par le pensée indigéniste, se sont penchés sur les problèmes haïtiens, et, par ce fait même, sur ceux de tous les hommes.Mais tout en gardant, sur un plan idéologique, une très forte portée universelle, tout en influençant une série d'écoles de même but, ce mouvement n'a pas su, dans sa pratique, trouver de solutions concrètes aux problèmes sociaux.Il a été formé par un groupe de bourgeois supposément révolutionnaires qui n'ont pas su étudier assez profondément la complexité d'une communauté.Car, en fait, un peuple ne peut vivre éternellement d'une philosophie, quelle que soit sa grandeur.Gérard V.Etienne nous a enfin souligné \u2014 et avec raison \u2014 que l'indigénisme, envisagé sous les traits d'un racisme pur, ne pourra qu'approfondir le fossé qui sépare ,dans l'esprit de trop de personnes, le monde noir du monde blanc.Cependant, si l\u2018indigénisme adopte profondément les normes d'un racisme \u2018\u2019anti-raciste\u201d\u2019, alors seulement, il pourra devenir un organe \u2014 autant idéologique que pratique \u2014 capable d'accorder à l'individu sa juste valeur, capable de rehausser le mode de vie des basses classes à travers le monde.Sylvie ROCHE ~~ PLABOYI Prix d\u2019aubaines pour étudiants: 1 an, $6.50; 2 ans, $12.00; 3 ans, $16.50.Envoyez nom, adresse, paiement à service d'abonnement collégial, 4685 Bourret, suite 302, M11 29.+ Assurance Automobile Nous représentons 21 compagnies ETUDIANTS UNIVERSITAIRES TAUX \u2018DE FLOTTE POUR ET PROFESSEURS L-M.DESILETS ASSURANCES .Montréal : 861-5395 _St-Hiisire : 467-5636 se Un séjour en Quelle chance ! 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Incroyable mais vrai.Je vois déjà des cheveux se hérisser sur la té- te du lecteur ohuri, écarquillant les yeux.Oui, lecteur, tu as bien lu.Nous sommes allés à Toronto .et nous ne le re- gretions pas! \u2019 Nous avons été regus, et le mot est de circonstance, rey- alement.Nous sommes fin novembre.Selon toutes les apparences, ce jeudi après-midi s'annonce bien ordinaire, voire même banal, pour le simple profane! Mais attention.Dans la gare Windsor s'infiltrent furtivement des étudiants timides et crointifs du sort qui les atiend.Après une longue et pénible marche, ils parviennent à découvrir le wagon qui leur est destiné et s'empressent d'y monter.Une question les hante, les harcèle\u2026.quent-ils pour leur dernier voyage, vous savez, celui d'où l'on ne revient jamais! Comment ont-ils pu vivre avec cette macabre pensée durant tout le trajet! Mystère.Peut-être serait-il\u2019 bon de mentionner\u2019 ici -ce fait peut-être banal : la Ré- ,gie des Alcools n\u2019était pos .\u2018alors en grève.(Heureuse épo- gaieté, l'ollégresse et dans \u2018\u2019l\u2019entr\u2018aide fraternelle\u201d.Ce fut un trojet très enrichissant.Nous y ovons appris, entre au- .tres, que l'Université de Montréal possédait un cri et un \u201chymne national\u201c que tous les Torontois (et- Torentoises) qui nous attendaient connaissaient: s\u2018embar- On se souviendra longtemps de cette arrivée à lo gare si ce n'est pour ce chant frémissant entonné à l\u2019unisson por nos braves Carabins: \u201cWe don't give a damn for all the rest of Canada.we're in the F.L.Q.Boum!\u201d Nous avons été accueillis en bonne et due forme por un party en notre honneur, auquel nous fimes honneur, croyez- moi.Vendredi, l'Université de Toronte nous reçoit par un banquet plantureux, Etait-ce à - - cause de l\u2018Avent ou parce que c'était maigre, de toutes fo- çons, plusieurs se sont limités au jus de tomates.Puis, ce furent les discussions possion- nées sur un sujet tout nouveau pour nous: le séparatisme.et le bilinguisme.Fait à signaler, toutes les discussions se sont déroulées dans un français si- - non plus du moins aussi pur que le nôtre.Les échanges se \u2018sont \u2018poursuivis au souper el dans le \u201cparty\u201d qui suivit, mais d'une façon.benucoup plus \u2018douce .i Samedi, nous faisons l\u2018honneur à le ville de Toronto de nous recevoir, pour diner.Puis, -ce furent d'autres discussions sur un sujet différent cette fois : le bilinguisme et le sé- poratisme.Dimanche mo- tin, mon co-corabin m'a foit la gentillesse de me réveiller pour la messe, la grand-mee- sel Je l'ai remercié vivement, puis on alla diner dans les familles torontoises, charmantes d'oilleurs.Puis, c\u2019est l\u2019adieu.L'adieu déchirant pour nous tous! On fait la chaîne de l\u2018\u2019au revoir\u201d, chantant toujours la chanson .; du F.L.Q.Mais, cette fois-ci, lès Torontois chentaient avec nous.Que conclure de cette présentation un tantinet fantaisiste sinon que nous remercions Toronto de l\u2018accueil des plus chaleureux et extraordinaires qu'ils nous ont servi, Je - sùis convaincu que chaque co- rabin en à retiré un bénéfice \u2018immense.Cet échange fut extrêmement utile.|| est presque impossible de traduire par des\u2019 mots tout le bénéfice que nous en avons retiré.Pour en -savoir plus long, il vous faudre parti: .ciper à vetre tour au \u201cVarsity Waeek-End\u201d | c &.a - 4 FEVRIER 1965 LA SUEDE ou l'anplication efficace du principe La Suède, petit pays discret et pacifique, commença, il y a quelques années, d'attirer l'attention des Européens; les exporiations suédoises, surtout les produits finis du bois et du fer, manifestaient une fa- gon particulière de faire les choses : la fabrication, par exemple, des meubles et des voi- tures-automebiles était simple et pratique sans manquer d'être soignée et durable, pour ne mentionner que quelques caractéristiques.Ce furent ensuite les Suédoises qui soulevèrent l\u2018intérêt : à l'origine, ces jolies blondes furent probablement remarquées par les commerçants, mais la nouvelle se propagea rapidement vers le Sud, si bien que les coureurs de jupon de type latin ne ta-dèrent pas à faire de certains bars de Stockholm les lieux de rencontre les plus convoités du Nord de l'Europe.On n'avait qu'à ajouter à cela les rumeurs voulant que l\u2019on considérät les choses sex- velles d\u2018une façon originale en Suède et le tourisme était lancé.Parallèlement, bien que dans un domaine très diffé- rent, les films de Bergman intéressaient vivement les amateurs de cinéma et augmentaient cinsi la curiosité au sujet d'un pays à qui l\u2019on prêtait maintenant un caractère mystérieux.C'est ainsi qu'après une certaine période de tourisme et de corimérage, on pcuvait recueillir, à propos de la Suède, un tas d\u2018affirmations autant ori~inr'es qu\u2019étonnantes.En face d'une situation du genre, certains (dont la signataire d'un article sur la Suède dans la livraison de novembre de la revue Maclean, ontion francaise) vont faire enauête pour voir si la situation est confer\u2014e eu non à ce que les racenters perretlent d'imaginer; si on clécouvre que non, on dira ov\u2019il s'\u2018amisszit d'un m the e?an pourra méme lais- s2+ en\u2018esdre aue la dite s°tua- tion.dépoui!lée de sen asnect mythièue, ne présente alors que peu d'intérêt, Cette facon de considérer un pays, est-il besoin de le souligner, est négative et stérile, mois son vice prefond est plus subtil: il se manifeste dans des conclusions qui trahissent la réalité parce ou\u2018elles ont eu, pour point de départ, un dou- b'e pré\u2018ugé: le premier est d'avoir eu en esprit une con- cention du pays avant de le visiter (on dit en effet que la Suède n\u2018est pas la Suède : on veut dire qu'elle n'est pas la Suède que l'on imaginait); le deuxième est de remplacer cette conception par sa négation (on dit en effet que la Suède n'est pas la Suède), et de vouloir démontrer cette négation, comme s'il n'était pas évident que la négation d'une conception faussée est elle- même faussée.Les erreurs qui en découlent se retrouvent, pour ce qui est de l'article auquel réfère ce paragraphe, aux affirmations qui ont caractère de conclusion, dont voici un exemplaire : \u2018Etrange pays vraiment.Le dernier pays au monde où l\u2019on s'attendrait, si l'on n'avait été prévenu à l\u2019avance, à trouver des avocats de l'amour libre, des architectes parmi les plus révolutionnaires d'Europe, des créateurs au théâtre et au cinéma qui ont marqué l\u2019histoire artistique dans le monde.\u201d (Comme s'il n'y avait pas, de toute évidence, un lien étroit entre la vitalité productive des Suédois et l'atmosphère de pays fantôme qui plane souvent sur la Suède.) Un» autre manifestation du vice de cette méthode est de faire parler, ce qui est éloquent, les gens du pays, en ne réalisant pas que tous les propos recueillis viennent d'artistes de cinéma dont l'opinion ne reflète la mentalité que d'une partie de la population: de plus, si l'on veut pousser l'objectivité, il faudrait souligner que l'unanimité des gens de cinéma n'est pas surprenante puisque les Suédois ont cette caractéristique d'avoir des opinions identiaues quand ils sont dans une même situation.@ Le vrai visage de la Suède C'est ainsi qu'au lieu de s'embarquer dans ce jeu d'affirmations et de négations, il est plus logique de chercher une nouvelle façon d'aborder la Suède, ce qui nous permettra peut-être d'en dire des choses plus fécondes.Voici donc une des façons positives de considérer un pays étranger: si l'on remarque chez la plupart des êtres civilisés une certaine organisation des besoins et ressources humaines, l'on considérera également que chez des êtres ayant des besoins et ressources semblables et évoluant dons un contexte semblable, on pourra retrouver un type général d'organisation: c'est ainsi que, dans une nation homogène, on aura un type de personnalité qui caractérisera ses membres sans évidemment les spécifier.Dans cette perspective, une nation est évoluée si elle présente un type de personnalité efficace, i.e.qui permet au plus grand nombre de satisfaire ses besoins et d'exploiter ses ressources.Je ne veux pas établir un principe universel d\u2018anthropologie : je veux en venir à ceci : il est essentiel, et c'est très important si l\u2019on veut dire des choses positives sur une nation, de distinguer entre une façon de vivre qui nous intéresse parce quelle est évoluée et une autre que l'on juge bonne ou non parce qu'elle correspond ou non à un besoin personnel, engendrant ou non un phénomène d'identification; autrement dit, il est difficile de dire qu'un pays est décevant ou non sans vraiment vouloir dire qu'il présente ou non une façon de vivre qui répond à un besoin.Ce n'est pas - que des considérations sub- FT jectives sur un pays ne soient : pas souhaitables, mais bien \u2018 qu'il ne faut pas mélanger les cartes.Cela dit, fermons la paren- : .thèse et voyons si la façon de : vivre des SUEDOIS présente un intérêt obiectif.@ La vie suédoise En observant l'action et la psychologie des SUEDOIS dans = : on est plusieurs domaines, frappé par une préoccupation qui revient constamment, qui semble toujours prédeminante et dont l\u2019objet peut se traduire, à première vue, par le mot \u201cEFFICACITE\u201d.Ce n'est toutefois pas cela qui donne un caractère particulier à l\u2019activité SUEDOISE car cette préoccupation d'efficacité accompagne toujours la poursuite d'un résultat précis et cette poursuite devient de plus en plus importante à mesure qu\u2018un besoin d'organisation se fait sentir: or, cet effort d'organisation se retrouve dans presque _ tous les pays.C'est donc plutôt dans son application que ce principe d'efficacité diffère d'un pays à l'autre: conséquemment, ce doit être dans la façon de réaliser cet effort d'efficacité que l'activité SUE- DOISE acquiert la snécificité que l'on peut observer.C'est ainsi qu'après avoir donné certaines caractéristiques essentielles des réalisations SUEDOISES, nous serons en mesure de saisir un peu la mentalité qu'elles supposent et l\u2018atmosphère particulière qui en découle, Il semble tout d'abord y avoir ce principe de base: le SUEDOIS ne s'éloigne pas du but premier de son action, celui qui en était la raison : il ne s'intéresse aux buis secondaires que dans la mesure où ils n\u2019affectent pas le premier résultat convoité.Si une automobile est avant tout un moyen de transport qui remplace avantageusement le cheval, on assurera les qualités qui garantissent la possibilité de transport en fout temps: la voiture devra donc être à l'abri du froid, de la rouille, de la brutalité du chauffeur, de l'usure rapide des pièces, de troubles soudains : les voitures auront donc beaucoup d'endurance.Si on fait une voiture de grand luxe, de grande d efficacité PREMIER ARTICLE performance, ce sera dans un autre projet: on n\u2018accepte pas un mélange de résuliais, qui donnerait une voiture AMERI- CAINE, par exemple.On serait porté à croire que cette poursuite bornée d'un ré- sultot entraînerait un délaissement des résultats secondaires; il n'en est rien et c'est la seconde caractéristique : après avoir assuré le résulte t premier, on applique le même zèle, mais de façon moins intense, pour assurer les résultats secondaires.Si l'on fait, par exemple, des instruments pour manger, ils seront très pratiques, mais cela ne les empêchera pas d'être très soignés, sobres, et le tout dans un style dont l\u2019originalité et le goût sont étonnants de la part de gens à l'esprit si pratique.On pourrait dire la même chose des meubles et de l'architecture en général.Pierre MERCIER Dans notre prochain numéro : \u2019On aime mieux faire l'amour que faire la cour.\" "]
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