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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
Supplément de création
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1965-03-18, Collections de BAnQ.

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[" 1e Quartier Ja tir supplément de création (POINTE SECHE DE RACHEL ST-PIERRE) textes Jules Arbec Francois Dnmouchel - Luce Racine Ulric Aylwin | Gérard V.Etienne Gilles Rioux Francois Beaulieu Petello Kolobeki Daniel Saint-Aubin Michel Beaulieu Carl Mailhot Marcel St-Pierre Jean Bélanger Marcel Morissette Claire Tourigny Carol Doyon Robert Nadeau Camille Tremblay dessins André Montpetit Marcel St-Pierre Daniel Saint-Aubin Rachel St-Pierre ~N 18 MARS 1965 LE QUARTIER LATIN * Lettre à Montréal (.) Montréal d'anges Montréal de neiges Montréal de plaines et de fleurs sympathiques Combien d'hirondelles attendent le printemps qui lira tes sanglots qui percera le secret de ton ventre plein d'abimes Montréal, je t'apporte la patience au bout de lirréel.Des chevaliers viendront, vêtus d\u2018aurore et de sabres, remettre à tes rivages longtemps abandonnés les métamorphoses des jours tranquilles, D'aube en aube se plie ton existence sous le poids des aiguilles.D'aube en aube, tes enfants perdus cherchent le lait des paysages pour nourrir leurs passions étrangères et fortes.Montréal, me voici, à tes pieds, sur tes places à côté de ceux qui cherchent leur sommeil dans le silence des tableaux.(.) Amour de la terre ma raison de vivre amour de mes amis Abellard et latour je me croyais placé sur un brin de pensée je me croyais perdu dans une cage d'oiseau Amour des sources pures de mon Pays natal murmurant mes tourments que nous connûmes ensemble je me croyais séparé du roucoulement bizarre des rossignols d'argent et de paix lumineuse Je me croyais tout cela tant est pleine mon âme de rides inhumaines tant ma voix se gorge de phrases les plus lourdes tant les mots sont frêles et craintifs sur le creux de ma main C'est le vent tiède d'un étranger avec des cartes libellules c'est la promenade d'un coeur poète avec les cordes de l'océan O Montréal Me voici devant toi comme un enfant devant la mer Le jour m'aura trouvé sur tes courants légers dans ce royaume d\u2018aveugles et pourtant plein de rapides consonnes d'une page d'écriture Me voici devant toi comme une rue déserte des doigis sur le clavier blanc du rire dessinant les mots grisés d\u2019une chanson commune les champs aux mille décors et visages ouverts Cité de poèmes je suis devant ta grâce et tes lèvres de sel longtemps j'ai noué mes silences pour ne pas réveiller tesbonnes et sages forêts pour ne pas tarir la mousse de l\u2019automne Longtemps j'ai médité tes lumières en crue pour boire les fontaines brillantes de tes mirages Comme pour me saouler de vertiges et d'esprit (.) Quand j'ai laissé mon Pays, Port-au-Prince, dormait un sommeil de plomb.J'avais vécu des journées timides comme les bonjours qu'on se dit lorsque (Extraits) fatigué de silences.J'avais vécu des soirs d'été pareils aux côteaux balgnés d'astres et de Cathédrales, J'avais connu des millions d\u2018angoisses entassées vos épaules prêtes à s'écrouler.J'avais vu des vies entières se débattre pour écraser les murs de fidélité, chères aux êmes nobles et de grand espace.J'avais reçu tout cela : les vêpres des maisons couvertes de clel triomphant; les monticules fendus por la pression de la laine, et tant d'ombres dévorant ce que je ne saurais identifier à la foule des créatures.Et le monde pourtant se fermait les oreilles.Paris de France Berlin d'Allemagne Londres d'Angleterre Madrid d'Espagne Rome d'Italie et des vagues montaient sur mes lèvres arrondies comme un cercle et vagabondaient dans mon esprit les contraires d\u2019une jeunesse sous un pan de lunes berceuses, sous une palme recouverte de diamants, tandis que dons la multitude des gestes d'adieux brillaient encore les torches de Baptême à l'eau-de-rose.Et je suis venu à toi pour la miséricorde de mes vingt-huit ans.Et je suis venu pour te trouver comme moi fatigué des siècles de justice pour entendre le murmure de tes générations enfouies et voir se dessiner le double anneau de ton alchimie Je te salue Montréal au seuil de mes détresses les jours n'ont pas fini de répandre leurs promesses Gareuses intérieures des âmes bouleversées Je te salue et t'offre mes printemps de mystère dans la permanence des regards s'unissant et les gages d'amour de nuages et de léopards Je te salue comme on salue l'aube nouvelle le qui et le quoi des témoignages qui nous donnent la Présence la souffrance des chairs zigzaguées de supplices Je te salue toi collines de rives et d'abondance préparant l\u2018humilité des fleurs prêtes à s\u2019éclore (.) Et je veux te connaître te louer et t\u2018apprendre pour te chanter dans mes délires et mes prières Montréal d'anges Montréal de neiges Montréal de plaines et de fleurs sympathiques Boulevard des mains suppliantes non pas dans les limites d\u2019une brise sans trêve non pas dans les pages des cieux qui se ferment à l'approche de nos récits fabuleux mais dans Famour d'être ensemble de parler à tes gerbes Et je veux te louer terre de mon sang suspendue devant les cataractes de déluges et d\u2019orgueil Et je veux te chanter debout dans mes visions neuves ou veilles pour la fraternité de tes climats qui s'ennoncent glorieux et pour que tes enfants pleins d'aurore et de grâce construisent ton génie ta force et ton courage dans I'harmonie de Paix, de justice et d'amour.Gérard-V.Etienne Sous la direction d\u2018YVES LASNIER La Galerie du Siècle expose L'ART CANADIEN D'AVANT-GARDE 1494 ouest, rue Sherbrooke GALERIE CAMILLE HEBERT GERALD GLADSTONE DE TORONTO Sculptures et peintures Jusqu'au 31 mars 2075, BISHOP - Montréal la chasse Nous avions décidé de capturer le Soleil.Seuls, tous les trois.Nous savions qu\u2019il jaillissait chaque matin d'un puits géant creusé dans la montagne, et que le seul moyen d'arrêter son plongeon était de le saisir dès la sortie.Nous nous sommes informés de I'emplacement exact de la caverne.Nous avons tracé notre chemin sur des plans et des cartes extrêmement précis.Nous nous sommes armés de gaffes et d'un grand filet, et nous sommes partis, sans guide et sans compagnon, par des terres lavées, crevassées, labourées de feu; par des chemins de sel criblés d'aiguilles et brûlés de vent.Nous avons escaladé le puits jusqu'à son ouverture.Nous sommes restés là trente jours: à vivre comme des condors, habillés de laines colorées.Notre maison était enchâssée dans le roc.Nous couchions sur les branches.Au matin, nous partions chasser des oiseaux à coups de pierres et piller des nids.Dans ces hauteurs, les arbustes n\u2018avaient plus de fruits ni de feuilles.Le sentier devant notre maison s'effritait dans un ravin, à quelques verges plus haut.Nous devions nous tailler des marches à même la pierre et chercher prise aux parois du roc en nous déchirant les mains sur les arêtes et les crevasses.Quand nous partions en escalade, notre élan seul nous gardait en équilibre.Une seconde d'immobilité pouvait suffire à nous faire basculer dans le vide.Trente jours durant, nous avons épié notre proie.Nous inscrivions dans un carnet l'heure exacte de sa sortie, la courbe de son plongeon, la longueur de sa carrière, la durée de son déclin derrière les montagnes.Nous pratiquions les gymnastiques les plus périlleuses:: le saut, l\u2018escalade, le vol plané.Nous épousions, immobiles, la rigueur du vent qui se ruait sur nous, de midi à minuit, toujours à même force.Nous éprouvions notre chair par le feu et par le froid, sur les pieux de la glace et les braises du roc.Le soir, nous déroulions le filet et passions des heures à vérifier les noeuds, assouplir les cordes et aiguiser les gaffes sur le revers des cailloux.- Le Soleil savait quel piège nous étions en train de lui amorcer.À chaque midi éclatait sur nos têtes son angoisse blanche, verticale, qui nous remplissait la bouche de sel.Eblouis, nous le menacions du poing en proférant des cris de haine.\u2014 Soleil \u2014 cr.ve-les-yeux | \u2014 Tire-le-sang ! \u2014 Sèche-le-coeur ! \u2014 Assez de nous diviser les os! \u2014 Assez de nous débiter les membres ! \u2014 Assez de nous changer en pierres | \u2014 Plongeur | \u2014 Forgeron | \u2014 Troque-la-mort-pour-la-lumière | \u2014 On te prendra tout vif! \u2014 On s\u2019arrachera les yeux ! \u2014 C'est toi qui entreras dans les caves de nos yeux ! Mais le soir lorsqu\u2019il s\u2018attardait à la lèvre des crêtes et s'enfonçait dans sa lumière comme le pistil d'une fleur géante, nous étions submergés de tendresse pour lui, et lui jetions à voix rauque des mots sans suite qui nous brûlaient la gorge et les yeux.\u2014 Je te baiserai de force la bouche.Défigure-moi \u2014 Je t'embrasserai de tous mes bras.Défais-moi de ta force.\u2014 Je te posséderai Dépossède-moi.\u2014 Soleil-Soif, Soleil Nectar, Soleil Vertige Tu me fais perdre le sens et l'esprit.Dès notre arrivée, nous avions fixé le jour de la grande chasse.Quand arriva le jour, nous savions que nous étions prêts.La veille, nous sommes restés tout le jour sans rien manger ni boire.Nous avons veillé pendant toute la nuit, sans parler, sans bouger, sans ciller des paupières.Nous nous sommes mis en route aux premières lueurs de l'aube.Nous avions frotté nos membres d'huile et passé un vêtement court attaché par la taille, et qui laissait libres nos jambes et nos bras.Pardessus, nous avions enfilé de grands manteaux multicolores, pour nous donner le sentiment d'être des dieux.Mais nous ne pouvions nous méprendre sur la moiteur de notre peau et le tremblement de nos chairs.A chacun de nous trois était assigné une crète de montagne, de laquelle nous devions déplier le filet \u2014 comme une toile d'araignée \u2014 devant le gouffre du soleil.Après avoir repéré nos postes, nous avons jeté nos manteaux par terre, saisi notre pan du filet et commencé l'escalade.Le jour montait, nettoyait les contours des montagnes, aiguisait les pics comme des dents.Nous grimpions, stupides de peur, en soufflant sur la pierre des mots inintelligibles.Nos trois cimes étaient les plus acérées, minces comme des fuseaux, sans une trace de sable ou de poussière.Le filet s'est déployé lentement, jusqu'à se tendre sur toute sa largeur, prêt à rompre, face à l'ouverture du puits.Nous étions tous les trois hissés à nos points cardinaux, les trois bouts du filet attachés à nos tailles, et nous regardions la bouche de l\u2018Est rougeoyer déjà comme l'entrée d'une forge.Les rochers se gonflaient, se contractaient comme des poumons, activant les soufflets.Nous attendions, immobiles, les yeux hors de la tête, la bouche séche, incapable de crier.Le voila! ll sort \u2014 il jaillit \u2014 élastique \u2014 d'un seul éclatement de lumière ! de Claire Touriény Un ! Mon premier camarade plonge en hurlant, et rabat son filet comme une aile, géante au-dessus du cratère.Les fondements de la montagne sont secoués de part en part.Deux ! Le deuxième plonge à son tour comme un météore.Je ne vois plus rien.Trop de lumière.Je crie.Je veux m'échapper.Trois! La montagne s\u2018arcboute sous l'effort de mes membres et me catapulte dans l'espace.Le câble du filet manque de me rompre la taille.Je roule dans un flot de lave et de boue ardente.Nous nous redressons tous les trois à la fois et la terreur nous fige sur place.Il est pris! Pris dans le filet! Comme un poisson-monstre aux écailles de feu.Ill se débat, il souffle, crache, secoue le lit de la vallée.Les colonnes de pierre vacillent à des coups de bélier.Pris ! Nous nous jetons sur lui avec nos gaffes et nos bras.Les câbles du filet cèdent, ses noeuds sautent.Il va s'échapper.ll ne s\u2019échappera pas.Il faut qu'il s'échap- p puisqu'il est soleil, Il ne nous échappera pas.Nous nous jetons à plein corps sur son corps, nous le mordons vif, il nous coupe, nous taille, nous brûle, nous bat comme des fers de forge.Les noeuds cèdent, les câbles sautent.Il ne s'échappera pas.Nous nous agrippons à lui avec nos crochets et nos dents.Il souffle, piaffe, il crache feu, laves et lames.Nous rions à gorge déployée.Troque-la- mort-pour-la-lumière ! Mais il ne veut pas nous tuer.Tout à coup, mon côté du filet se déchire d'un travers à l\u2019autre et découvre un trou béant: je m'y lance en flèche, les deux bras étendus.Le Soleil me passe tout entier sur le dos.(Je prends feu des pieds à la tête, je sens crépiter chacun de mes os.) Il rejaillit comme un bolide, en plein ciel, libre.Rien ne reste plus de notre filet que les noeuds les plus tenaces, brûlés, distordus à même la pierre.Nous nous sommes relevés lentement, les yeux crevés.Nous nous sommes cherchés a tâtons, reconnus à l'odeur de nos blessures, soudés comme des anneaux en nous touchant les bras.Nous avons oublié par terre nos manteaux de dieux, En titubant, nous avons repris notre route sous le Soleil noir qui continuait, continuait de nous écraser de son poids.Ill nous a fallu jusqu'à la nuit pour regagner notre gîte déshabité.L'eau de nos réserves avait séché dans les outres.Nous avons fait fondre des morceaux de glace au-dessus du feu .Nous avons bu l'eau chaude et nettoyé la cendre de dans nos blessures.Il nous restait à peine un peu de sang sur les joues.Et nous pleurions sans bruit de nous voir si forts, si intacts, et de sentir déjà sécher la plaie de nos yeux.NILVI d3ILYVAND 21 + S961 SYVW BL * * 18 MARS 1965 LE QUARTIER LATIN * L'hiver de la le grand rendez-vous d'apportenance végétale retournera-t-il dans la rivière d'orfêvre que je le cueille à nouveau dans mon assiette [de cuivre je passerai au tamis de mes gencives toute [l'eau des rivières j'établirai une juste hiérarchie des sables et les placerai sous la chaleur de la palpitante [pépite enfin retrouvée Olors j'ouvrirai toutes les cages d'osier de jonc \u2018est moi l\u2019oiseleur qui sera l\u2019auteur de ta {blanche métamorphose les goélands mêlent la neige au nuage qui [ceint ton poriétal et la moisissure lunaire à des odeurs de foin coupé dis-moi les rues les saisons les jours Fode qui te lie aux plantes vivaces les racines et la géométrie des pôles dis-moi tes livres et leur contenu de métal qui tue tu transportes le jour dans ta chevelure [habitée de neige laisse-moi me perdre dans cette oppressante forét ton sourcil ciselé est une margelle d'océan tu effevilles l\u2018humeur vitrée de tes yeux sur la [surface de l'eau moi je polis le verre de cette plaque givrée et fe revois mieux à travers cette lentille de [men invention mes instruments d'astronomie sont ajustés à ton [image d'années-lumière moi seul en connaît l'ellipse irrégulière moi seul soit retracer cette nova parmi tant | d'autres car le feu bien plus que l'eau m'est familier [comme une chambre qui veut dormir près de moi sur l'enclume d'acier qui veut actionner mes joues de soufflet de cuir qui veut partager le bûcher de mes vives [entrailles ?opproche, toi que je choisis, capitule d'avance [au creuset de mon étreinte laisse-moi égorger ce désir qui gémit dans ton [larynx je suis le feu qui assimile et purifie aucune forêt ne résiste à mon brûlant passage et si mon souffle s'arrête brusquement si mon bras hésite à frapper le fer si mes yeux ne savent plus fixer les régions [que je combots dépêche-toi vite de plonger dans cet abime que lie te concède enfonce-toi tête première dons l'incendie que [tu as allumé aborde les rivages carbonisés de mes étranges {domaines laisse ta barque ou gré du vent sons espoir [de retour car s'il est difficile de venir jusqu'à moi il est écrit qu'il y faut rester ne tarde pas à y pénétrer avai que la blessure [ne se referme (Extraits) les allées royales sont encore libres et le [pont-levis baissé le dense portique de mon accueil attend ta [sereine arrivée le chemin je l'ai débloyé pour éprouver les [iranses de lo lumière avance, toi qui m\u2019as choisi, passe sous l'arc de [triomphe qui porte ton nom tu reconnaîtras ma maison par la fumée de ma forge chaque matin qui viendra sera le premier et j'irai à ta rencontre dussé-je m\u2019enliser dans |la neige tes racines ont désormais pris résidence en [mes lèvres et la mandragore de notre emour doit sa [résistance à la poigne de mes os la flamme s\u2019ogite dans l'huile de la lampe [ancestrale il fait Soir entre nos ombres qui se croisent au-dessus de nous s'animent tous les cristaux et mon coeur est un embâcle de pitoune qui pète je découvris ton profond profil d'armoire à [vieux secrets révélés dons la pénombre irisée de nos yeux éblouis la toie du songe contient tous les sommeils à [réaliser fu accomplis les caresses que je savais déjà de [rêve mon front depuis voyant préparait ces rites [attendus au commencement était le cri de fumée qui endort l'ivresse l'ovons consommée mystérieusement [de silence j'ai bu la liqueur fatale jusqu'ou motin réduit |de glace flottent sur nous nos yeux réfléchis autant de fois jungle de repaires occultes qui dansent à notre [rythme image plus belle que pierre et brique mystérieuse femme de mer depuis galet poli [de menthe chambre close et méfiante qui s'ouvre à mon [nom de nourriture fu me mènes toi-même à explorer le manoir de {le nuit me permettant oinsi de choisir la salle lo plus [secrète pour mon repos l'opprends à te connaître comme on palpe les [murs du labyrinthe le trousseau de tes vignes est une gerbe de clefs fu m\u2019es ville ouverte de rues cuivrées de soir la neige roucoule dans le tuyau qui promène [aussi ta voix la courbe de tes lèvres est d'argile sonore de glaises tressées de mailles d'osier poli de cire j'entends les murmures de mes doigts qui [pressent le chanvre d'oeil et l'inconsolable océon de ton visage à [profondeur d'algue mais fon absence en ce jour est un lierre [étouffant qui m'envahit je ferme ma porte à toute joie qui n'est tienne et préfère me couvrir jusqu'à ton retour de |crécelle de simoun Fattente est longue et j'ai peur que mes arbres [ne reverdissent pas Gu'ils soient morts comme laissent croire les [matins recueillis voine espérance du dégel et du tombeau qui ne [veut s'ouvrir au soleil je creins ne plus jomais revoir l\u2019abondant [feuillage de tes iris neige peui-être dernier sépulcre de mon [impatient bonheur hiver, trop longue retraite de ma jeune envie [de vivre de manger les semences que la neige refuse de [nourrie à perte de vue tes yeux d\u2019ailleurs présagent [chaleureux labours foute ma confiance, je l'oi mise en dépôt dans Île terre de promesse et nous veillons tous deux le tertre d'où naître [son arbre plante Inconnue de mutations tardives et secrètes tronc de séquoia aux sept écorces de ton nom je groviroi les étages de cette naissance magique ét viendrai te livrer la ténébreuse révélation chamane bouleversé de savoir enfin l'altitude [de notre amour explosera en déchirontes blessures le site de [l'erbre séismes de son ongoissonte poussée de givre tanglontes initiotions de vie qui nous sera rendue débâôcles meurtrissures de nos yeux dépaysés érosion de nos corps méconnoissables en la [métamorphose enfin possible cette résurrection de nos songs [egités que l'hiver tisse amoureusement pendont que [le temps nous émeut Daniel Saint-Aubin (1) Nous sommes debout sous les foudres sèches de la neige et du vent.Avec des visages mûris par le tan.Pour dire sa quotidienne éternité : être comme au bord des larmes.Et vaisseau sans fond pour toutes ces navigations primordiales.Ce chant nous est trop lourd.Qui nous établit plus profondément en notre désert.Et la soif asseoit son empire sous l'affront du sel.O celle qu'on ne connaît qu'en la voyant ! Lorsqu'elle surgit à la confin des couloirs de la soif.Il n'est point d'autre nom pour elle que celui qu'on lui donne.Identité sans témoin est ici le seule qui vaille.D'où vient cette douleur parfaite à ma droite ?Et cet intarissable tribut d'une âcreté d\u2018algue dans la gorge ?Ah! cette respiration de collines marines.Douceur d'un joug lunaire millénaire.Vaste est le chant qui me prend en son chaste versant.HOMMAGE AMBASSADE La mer en délire sur le sable de ses grèves.Haute saveur de songe parmi nous.Dans la faiblesse de l'eau, retrouver la force de la vague.Au nom d'une dignité ignorée au coeur de l'homme.La mer tendue de vagues en marche vers l\u2019horizon dans leur désir de marée.Oui, la mer vient, mais ce n'est pas pour finir: voyez l'infatigable chevauchée de ses dunes.Multitude.Troupeau de trépignation mais attentif à toute direction de dérive vers les grèves.Notre âme répandue en toutes eaux de ciel et de terre.Déviations séculaires dans le champ magnétique ds la raisons notre erreur est de croire que tous les chemins doivent mener quelque part, Inépuisablement.Donner aux sources un penchant vers la mer.Sans cadastre.Refaire le partage des eaux.La lame fleurit sur le roc.S'obstine contre notre coque de nuit.Osmose.Et un nouveau visage se dégage pour les approches d'un miracle d'eau et de silence.Que ne soyons nous jamais confondus par la brume et l'étang, par lo pluie et autres eaux où l'exigence du sel s'affadit.Toutes se retrouvent à la mer.UNANIME MER, Ne légiférons point sur le révolu, Mais respectons ce pacte d'un autre âge.Pour habiter en notre âme.Bienheureux celui qui a de l'eau dans la voix : la mer est à ses pieds.Lent embarquement des générations vers la mer.(1) Les boussoles s\u2018affolent au point de troubler les saisons.Sans rien connaître à la rose des vents, j'emprunte les chemins de la mémoire.J'attends et me crispe de sel, seul comme une four.Astre de fureur par midi excessif.- \u2018l\u2019eau s'accroche autour des plus hauts cailloux de la rive au pourtour de la mer.Et d\u2019océan, source séduite, l'âme tendue se consume en éclats de soleil.Tourments du sel dans les plaies vives des grands labours de mer, Sol fertile en moissons de douleur.Prenez garde que le double éclat de soleil et de mer ne coïncide avec celui \u2018du regard et ne le rompe.Ob s'est envolé le souffle qui me porta jusqu'en ce point milieu de mer?Les écluses du vent qui s'écoule en toutes directions de jour et de mer, de soir et de terre.Nulle allégresse d'oiseau dans le ciel.Oeil vide et bleu sous le foudre médiatrice.; JME 4 y Ay oA a ÿ > £18 7 B \\} 1 / A [3 (PLLC WE a 3 PEAT.Mer [Te Yr | 3 .A n 1 p Bi Fe CA ty RZ In Cs VC a ._\u2014\u2014 5 De même que le fruit s'accroit et toujours s'enroule autour de la chambre muette et close des pépins, j'admire et j'envie celui qui sut obéir à son âme studieuse et devint responsable des hautes lumières.Mais quel trouble secret s'élève au sein d'une si jeune chair?La sagesse déjà s'interroge en lui.Lui dont j'ignore le nom et qui est en sa tour d'Armen.Quelle absence règne ici qui m\u2018assiège de toute part telle une soif ?Clepsydre sans eau et goût de sable dans la bouche.Ah ! sédimentation de songe et limon de mer.Présider & la naissance du monde comme au premier jour du premier homme.Tant et tant d'hommes sur les continents à la dérive, investis du goût de mer sur le double versant des montagnes et de l'âge.Le chant des voix éteintes de mer au pourtour des grèves s'élève qui toujours m'est cher.Tandis que du bruit de ses vagues la mer s\u2018enivre, je demeure en instance de son propos.Debout devant elle.Elle qui subsiste ot submerge.Il y a si longtemps que la mer mest connue dans des ravissements semblables aux éclairs, qui n\u2018ont d'égaux dans leur éclat que leur brièveté.Et dont le sel est principe d\u2018amertume, Ah! combien pénible nous est pareille délectation.Désolation de la femme enceinte et combien lasse tout à coup devant sa robe désormais trop étroite.Irréductible mer de celui qui la voulut verser dans un trou creusé sur le rivage.Oeuvres de mère et de mer où le silence pèse lourd.}l n'est peut-être pas assez de s'embarquer pour un chant de mer, Navire et dérive de songe.Astrolabe et gyroscope détraqués.Enigme une et multiple dont le fil de la présence demeure inextricable de la trame de son immense manifestation.Où sommes-nous dans sa solitude ?Bt of jo dois mourir ici, que je meure impétueux et bref : la tête parmi les éclairs.Gilles RIOUX NILVI Y3lLdVYND 31 * 5961 SYVW 81 + \u2014 18 MARS 1965 * LE QUARTIER LATIN * MARIFESTE (1) Je ne sais rien de la guerre sinon Hiroshima sinon la neuve guerre Qui échiffe le blé blond des saisons le socle de pierre en l'humide terre Au contour brumeux de la déraison Morte saison morte douleur grimoire Je ne sais rien de ces morts strotifiée Vraiment rien Cette oublieuse mémoire Moisonneuse-lieuse d'un été A la rivière Ota n'ira plus boire Vaines douleurs ces jours à dépérir Hiroshima Nagasaoki ployées Prix payé de la vie au souvenir Des ombres en pierre vive incrustées Au joug en porte-à-faux du démentir Noms d\u2018'amère pitié de désolance Gong d'acide au gong treize fois sonné Quand du bout acéré des fers de lance l'acide nucléique fut tranché Chacun déséquilibra la balance De son univers aux coups amortis Par un nom au bas d'un chèque-inventaire Jeté au regard d'un peuple ébahi Démenti par ses plénipotentiaires Sous la lueur d'un souffle inassouvi Midi d'ocre où le nord se déboussolle Nuit surmarine au centre du soleil Sur les boussolles les aiguilles folles Cherchent du nord la source le réveil Le jour sur la place qui se désole Incrustée en la pierre l'ombre naît Grandit vivace aphone inexorable Tranche d\u2018un frisson des gorges les réts Crachin sur Fambre impalpable implacable ta place rouge marque un temps d'arrêt La place rouge déverse une foule Si présente une heure plus tôt Il suffit qu'un raz-de-marée enroule Un suaire opaque un vol de corbeau Que l'écran de l\u2018inespoir se déroule Un film technicolor made in Japan Du plus prés que le souffle souffle un réve Tridimentionnel C'est made in Japan Ce souvenir cette odalisque à trêve I chantait haut \u201cI'm an american | saved so many lives by cette bombe Providentielle | drove them to their tombs Today I'm a hero que le ciel tombe Sur ma tête | have suffered not a wound Je survivrai seul à cette hécatombe Pas pour longtemps hélas trois fois hélas L'ogive en ma tête cunéiforme Eclate I'd rather put it in my ass Get to hell with the damn thing (pour le forme) I'm an american hero hélas Quel feu d'artifice ma tête tourne Tourne au fil frelaté des alcools Je sais un christ au soleil qui m'enfourne Sonnez crécelles je boirai un bol De vin pour Hiroshima qui ajourne\u201d O désespoir 6 futiles espoirs Poètes romantiques d'une autre ère Que n'êtes-vous parmi nous en ce soir De victoire où coule à grands flots la bière Que n'êtes-vous à nous chanter ce soir Hiroshima Nagasaki la corde Se dévide en la nuit des horizons Sur la chair qui meurt la chair qui s'accorde Je n'ai rien su de la guerre sinon Le bove à la gueule des chiens qui mordent Les enfants sevrés dégrafés des seins Rien d'autre rien que la rose morsure Un éclat de sang un cri presque rien L'hélice s'empêtre dans le matin Sur le toit surchauffé de la masure Gémissements suraigus d\u2018avant-guerre Quand la balle à l'échancrure du front Trace la trame écarlate des pierres Fragiles La lueur d'une prison Du silice l'étroitesse du verre Dépoli d'où rôle une presque voix Humaine On dirait d'un loup la complainte Qui des bois mande ses frères de loi Frères de combat frères de contrainte Asservis béats sous un même toit Un soleil vient à déchirer l\u2018'aubade En sentinelle sur la haute tour Du gibet Le coeur éclate en la rade Au Pied de Courant au vol des vautours Chénier Riel qui en la débandade Qui d'autre encore sur la déraison Ploiera des étendards le double rôle Qui d'autre encore tel Gabriel Hudon Tel Gagnon Bizier sur la barcarolle Des bombes atomiques des blasons Qui d'autre aura le soleil à portée De la main un matin la corde au cou Qui encore dans la ville affamée Portera les semailles le licou Vent dans la voile au ressac emportée Trancher de l'ombre le col au couteau Fratricides mots douleurs fraternelles La guillotine tend ses bras bien haut Sur Robespierre Saint-Just se déscelle Au soc de minuit tourne le flambeau Faim froid dedans les murs de brique Tel le mot d'ordre telle la mission Nous rampons genoux sanglants sous la trique Mangeurs d'eau de poussière et d'illusion La révolution couve en nos tropiques la fenaison rugit à loisir tend A foison ses odeurs de fleurs fanées Ses roses aux pétales défaits Lent Sur ce bouquet d\u2018anémones gelées Le vent élabore le sigle blanc Du silence Un oeil diaphane imprime Ses reflets verts chat son ongle incarnat la saveur âcre d'une algue marine Un jour une nuit le cri de nos pas Grincera sur la neige sous la bruine Je dis: si le soleil point il poindra Sur l'épicentre des Océanides Au paratonnerre luira l'éclat (Givrure du rire en la bouche humide) De la foudre éphémère falballah Soleil se blesse d\u2019une lueur verte Au fond de la baie & Guantanamo Meurt au golfe froid la dernière alerte Le faucon au poing de Fidel Castro Plonge au coeur de la croisée entrouverte L'ozimuth roule lo terre comme une Boule de .billard choquée en trois coins Veilleht les sentinelles sur la dune La spirale du vent berce le foin Dons la nuit un train s'accroche à la lune C'est Cuba décentré sur l'univers Qui roule tel une bille d'ivresse Comblée au sigle macéré de vert Les filles sur la place de liesse Font des tresses aux cheveux de leurs poire Une lave époumonnante s'écoule Au bassin des songes édulcorés A l'avenant tourne gémis et roule Coule le sang en mon ventre accordé Centre de l'axe la vague s'écroule Nous avons dit des mots fait des chansons Nos femmes écloses tendaient nos sexes Sur la rupture des mortes saisons Et de nos mains en accent circonflexe Nous couvions le coeur de la déraison Nous lisions des livres scientifiques L'oeil brillant d'une incertaine lueur A chaque page en rêvant des tropiques Un doigt glisse la pâleur de la peur Au ventre la révolution nous trique Nos voix grèges s'imprègnent d'échos Au centre du béton du bitume Assourdis par un filet d'eau Langage circulaire en une langue grêle à courbure zéro Voix éteintes regards incolores Au chaud dans nos maisons dans nos salone La télévision redit d'inodores Commentaires sur le savon D'obscurs délires que chacun dévore Je dis: si le soleil point il poindra Sur notre marseilleise personnelle Le sang de nos artères coulera Rouge sur le rondo la vilanelle Qu'un aède pour un rire écrira Un rire sarcastique en la déroute Des autres dérivant de nulle part Nous rirons d'un autre rire ot la volte S\u2018ouvrira avant qu'il ne soit trop tard Nul ne sait encor nul ne nous redoute ll sera trop tard quand le jour viendra Compagnons d'armes mes frères de larmes Si tard mesurons la fièvre au compas Trop tord pour les mots les vaines alarmes I! leur faudra périr dans la toundra Cent ans deux cents ans des siècles un pacte Révolu Qui se souviendrait qui soit Le jour de liesse où la cataracte Fracassera le barrage inquiet Qui sait la fêlure en cent ans d'un pacte L'aiguillon des roses sous le cisel La blessure à la tempe de nos pères Le ghetto de Westmount l'hiver le gel Mon pays impossible de me taire Malgré le baillon malgré le recel De nos forces vives malgré l'orfraie Montréal frémit sous le Mont-Royal L'enluminure s'étrangle d'ivraie On dirait une onciale prise ou pol D'un passé dont l'histoire n'est pas vrale Je survivrai libre ou décortiqué Dans ce pays si semblable à moi-même Nous survivrons fiers ou dépossédés Mais la roue tourne et selon tout barème Nous dirons Québec pour l'éternité Michel Beaulieu à Pour une géométrisation de la femme J'écris comme une porte; entre ombre et lumière.J'écris au comble de moi-même, pour une femme Î * Intérieur, table, puis repas et repos.qui devient: J'écris, de l'intérieur, sur une pierre qui dort pour vi Je + des troits de chair que l'acide me dicte.9 pour vivre.Je trace Pour qui sait me lire; je suis funèbre, En fait, j'écris pour le repos des paresseux; une craie à la moin, qui jounit et s'effrite comme un corps qui hurle d'amour à la mort.J'aime aussi, d'une façon cruciale, une femme qui se compose en chanson lente; pleine de retours à la terre.@ Femmel grande logeuse, espace à l'envergure d'une porte, immense voie royale, mouvante mer, incessante brûlure, âge de pierre-à-savon et le sommeil nous écrase.Femme! immense calme palustre, longitude-divans, soleil blanc, sommeil lent, nuit calme, zone tranquille, régime alimentaire.@ Je veux tout prendre d'une femme.Et je suis curieux d'une femme plus sévère qu'une démonstration mathématique.Une femme parmi l'époque.Une femme moderne.Une femme épure.Une femme précise et jalouse; un tableau de @ bord.PAROLE DE LA FEMME Je vis à l\u2018écart et à l'étroit d\u2019un geste paresseux et d'une chaleur banale que le diable même jalouse.Je suis une lettre, emprise de luttes et de combats, écrite dans l'espace d\u2019une herse.0-0-0-0-0-0-0-0-0-0-0-0-0-0 Je suis un livre d'éternités, une carbonate aveugle d'immobilité, une femme aux mille et un acier roux, une ville-forêt, une femme aux beaux nerfs, une femme précise sur table, une volvaire qui met la santé en pots et qui entretient l'oeuf.Je suis moderne et immense, un secteur sphérique, un astronef, une aérogare et un aéroport.Je suis la somme éparpillée d'un journal rempli de lettres; le plus souvent rondes, la pensée qui m'éprouve et m'occupe, la carte géométrique que je parcours, électrifiant tous les rails, et cette page qui met les nerfs en boule (en d'autres mots: une arme nécrologique).Je suis agile et mon souffle est calme.Je suis la France gastronomique.0-0-0-0-0-0-0-0-0-0-0-0-0-0 @ Femme! j'utilise notre rêve (les yeux fermés); cet espace sans issue, moelleusement cerné par une même ligne.Femme! j'écris lentement pour toi; le bas-fond des orgues, le cheleur molle et fauve du plomb qui coule dans mes veines.Pour toi, j'entretiens des gestes qui s'épaississent comme une poix, et où la santé se réveille.J'aime une femme sombre et mobile, une promesse se faisant à mesure de nos pas, une marche géante, pleine d\u2018exaltations et d\u2019ententes.Je désire un sommeil géométrique où le soleil s'écoule et où la chaleur dure.Je désire une aube où le corps n'en peut plus et où le verre se gâte sous l\u2018alcôve.Jadis le ciel refaisait la terre.Jadis, j'avais le goût des artères d'une haute femme, aux immenses plaisirs.Je voulais un jardin rempli de lingerie féminine.Maintenant, mon royaume est mobile et répondu par une forme marine qui fait les choses sans mesure.J'habite un cercle profond que je n'ai point le temps d'indiquer qu'il se refait aussitôt à plusieurs images, comme une nourriture farouche qui s'épaissit entre chair et âme.Dès ce jour, une chambre se dresse, que je nomme comme une oeuvre qui n'a lieu qu'à partir de toi.@ Marcel SAINT-PIERRE A NE PAS MANQUER.La NOUVELLE de MORVAN LEBESQUE jamais osé vous dire .\u201d \u201cJeunes Hommes, ce que vos parents n\u2019ont Les Nuits de Chicago # ceorces neveux Poème Je suis le début, ma plume le déport et j'arrive d'un voyage où j'ai rencontré la mer.Cette pièce a reçu une critique des plus favorables lors du récent festival de l'A.C.T.U.: \u201cBrilliantly done .It has the beauty of ballet.\u201d (The Gazette) \u201cMr.Gasse instilled in the play a great sense of style.\u201d (Loyola News) Ces deux pièces seront jouées les 20-21, et 27-28 mars 1965 au CENTRE d'APPRENTISSAGE 5205 PARTHENAIS | MASSON Boul.SAINT-JOSEPH Billets: $1.25 1 Etudiants: $0.75 JTUAUIEI SIVNIHLYUVd L'Atelier de Théâtre de l\u2018Association Générale des Etudiants de l\u2018U.de M.Assieds-toi et écoute bien; je vais te parler le murmure d'un rivage et la refluante inutilité d'y ouir un messoge.De la poussée du flot sur tes hanches de sable blanc espère plutôt une offre patiente qui fera de ta présence un golet arrondi.Et si j'avance à tes pieds ce n'est pas tellement que je veuille être compris mais pour user ce qui me foit mal en toi.Carl Mailhot S961 SAVW BL \u2014 NUVI SRIPWAD Rs x * 18 MARS 1965 LE QUARTIER LATIN - * SOLEILS Tout le Jour, j'ai marché cette ville ardente.Je me suis tu pour l'entendre, mais Il n'y avait que bruits et fureurs.L'hiver martelait paresseusement son soleil de givre.Le ciel morne de janvier se riait de mes peurs.Les passants portaient une nuit basse à leur visage.Qu'invoquaient donc leurs mains froides, leurs paroles très dures ?ll n'y avait pas de réponse encore, et les rues étaient très malades.(Je ne peux déchiffrer l'absence, je ne peux pleurer une mort à venir.Mais nous devons hurler la solitude qui violentent ces étrangers atones et sans yeux.) Le fleuve va aux pleins matins de recouvrance.Demain, c'est une amitié forte à tous les rêves de l'aube.Demain, c\u2019est la parole par laquelle tout est enfin renommé.Demain, c\u2019est notre terre aux premières lueurs du jour; la campagne d'été aux grands cris de chaleur; c'est le geste de qui j'aime et le pays redonné comme soleil ardent qui s'épanche au premier appel d'un nouveau monde.(.) - 1 = Mouvement étonné, labyrinthe d'aortes, vestiges de veines très rouges où s'effondrent les golfes exaspérés de la nuit et où s'épaissit le sang sombre des villes et des ports en rêves aveugles.Lumière, beauté, mirage ?Tout cela.Oui, tout cela, et l'hiver dure.Y a-t-il des grèves où le soleil n'est plus intolérable, des mers où le soir n'est plus terreur ?Vol des astres à de jaunes forêts de sel: demain est venu.Mais il n'y avait plus de rides à notre rire.\u2014 IV \u2014 Maintenant, il n'y a plus que cris, ailes meurtries de l'oiseau aux lacs d'hier.Il y a ton visage enfui, ma vie à refaire, ce tourment qui se meurt à des yeux impuissants : Le pays encore est sans demeure.L'arbre hurle au jour égaré.Et l'oiseau tombe sur la neige verte.L'ÉCOLE NATIONALE DE THEATRE UNE ECOLE MODERNE ASSURANT LA FORMATION COMPLETE DU COMEDIEN et du TECHNICIEN de THEATRE COURS D'INTERPRETATION : 3 ans 2 ans (option possible pour une 3e année) (régie, direction de scène, éclairage, odminis- tration des productions, mise en scène, décors, costumes, accessoires) COURS DE PRODUCTION : Directeur fondateur : JEAN GASCON INSCRIPTIONS IMMEDIATES POUR LA RENTREE D'AUTOMNE Adresse: 407, boul.St-Laurent, Montréal 1, Qué.\u2014 Tél.: 861-1897 L'ECOLE NATIONALE DE THEATRE EST NOTAMMENT SUBVENTIONNEE PAR LE MINISTERE DES AFFAIRES CULTURELLES DU QUEBEC ET LE CONSEIL DES ARTS DU CANADA ( e 8 © ) \u2014 VI -\u2014 Visage rouge et blond : 8 cri où j'ai bu des rêves de pierre.Aubes rougies, lèvres blondes.J'ai tant cherché cette paix d'ombre et d'enfance.Et je me blottis à cette vie que tu me redonnes, précaire et fraîche.Je marche faiblement aux plages de mai.Je ne suis pas heureux, mon geste souvent est amer, et la mort peut-être viendra très tôt m'offrir ses golfes de sang lourd, (Je ne sais plus rire, mais, toi, tu restes là parfois.Tu sais que nous ne pourrions que nous éteindre enfin.Tu ne dis mot, tu demeures près de moi.Très proche alors, si étrange et fragile.) \u2014 larges flaques dévorées du sang où se coagulent les soleils d'un midi plein d'ivresse et de démence.\u2014 Vlil \u2014 (.) - Vill \u2014 (.) \u2014- IX - Je ne parle pas de la vie, je ne connais rien de cette vie.Mais j'en dis le tourment, car je vois bien notre malheur.Et tu me rends ce song riche de notre vie prochaine Où ton corps sera un miracle d'automne et d'éblouissante saison, Une aube sans yeux, un silence sur les terres chaudes, Quand l'astre de la nuit ravale brusquement Toutes ses naissances.\u2014 Soleil (le mirage se fait plus tenace au tremblement de mes veines [ taries).Les neiges pleurent à ce grand soir de l'enfance Où des bras de sel et de givre ouvrent le chemin A un visage sans âge et sans lendemain: La mort attise ses plaines avides, Ses eaux froides et sans joie.Tout matin est âpre Solitude.-X - A quelle démence s'en allèrent les gites torrides de l'été, le soudain embrasement du jour fraternel en une si grande détresse ?If me reste beaucoup à pardonner à ce terme que j'ai été, à cet enfant trop lâche pour haïr.lvresse atone à la pâleur d\u2018un nouveau-né .\u2014 x - (.) - XII - Ovi.Nous pouvons mendier ce monde, plaider pour une vie ; d'innocence.Mais cette vie qui nous est faite n'est que tourments obscurs et monde démantelé, membres sans visage, face dépourvue de tout regard.Le sang, langage désuet, remonte plein d'ivresse sa pente lunaire.Il y a des cris sur la ville et un silence fétide à la mer absurde.Tout n'est que lutte dérisoire et appel de la mort.Le premier geste mène très droitement à cet enfer muet.Nous ne sommes plus, nous dérivons aux plaintes d'octobre insensé.| ~~ Si le jour est dur, si une rauque lumière dévore chaque lendemain, il ne reste rien de nos larmes et de nos oublieuses étreintes, Que faire et comment n'en pas mourir?Cela même n'importe plus: de sombres vaisseaux égorgent les ports dans le lointain; l'angoisse s\u2018avance au coeur des cités nanties de songes et de fièvres déjà absoutes.Notre règne commence ici même, el son temps est lourd.Est-il passion ou royaume ?Luc RACINE | Argile Quelqu'un d'argile qu'amour veut prendre n'a pas fini d'entendre l'espoir aux yeux fébriles Je touche et je retouche ô ta main qui me prend toujours plus je t'entends quand près de toi je couche La marée monte et le coeur crie ton haleine est un vent oux voiles d'un amant tu m'inspires et je vis Quelqu'un d'orgile qu\u2018amour veut prendre n\u2018a pas fini d'entendre l'espoir eux yeux fébriles Robert NADEAU Roseau Cette femme est un roseau De mince terre Qui s'est trouvé là © D'une main gauche Il m'a fallu le déraciner Pour en faire un chalumeau © Et j'ai joué des airs Pour la rose des vents Qu'elle mordait de ses dents © Cette femme est un roseou De maigre terre Qui n'a jamais fleuri Robert NADEAU lahata Seul amour Pour n'avoir plus qu'un seul amour I! faut être le vent qui n'éteint pas le feu Plus qu'un astre de jour plus qu'un soleil nous n\u2018avons plus qu'une lumière d'amour pour enflammer nos corps vermeils Pour n'avoir plus qu'un seul amour ll faut être le vent qui n\u2019éteint pas le feu Vous que je suis des lèvres parce que mes yeux sont clos orrivez-moi comme fièvre au long de mes jours faux Pour n'avoir plus qu\u2018un seul amour Il faut être le vent qui n'éteint pos le feu Vous voir et vous avoir à le portée du coeur ce m'est trop de tristesse que de ne plus savoir quel pays vous abrite au creux de sa douleur Pour n\u2019avoir plus qu'un seul amour Il faut être le vent qui n'éteint pas le feu Les guerres se font suite et les saisons trépassent vous que voilà avez choisi lo fuite pour que jamais nos souvenirs passent Pour n'avoir plus qu'un seul amour NH faut être le vent qui n\u2018éteint pas le feu Vous m'êtes une lointaine demeure où j'ai révé d'aimer que le réve s\u2018achéve et que je meure comme un soldat que l'espoir à tué Pour n\u2018ovoir plus qu'un unique emour Il fout étre le vent qui enflamme le feu Robert NADEAU Brûlure le souffle brûle la nuit est vive la terre s'écroule \u201cLa lune frissonne,\u201d fit remarquer lahata au visage levé \u201cLo terre s'alourdit il neigera demain L'ourse à regogné son gîte te louve indigne rôde Tout sommeille.\u201d \u201cLa lune frissonne,\u201d dit encore lohate ou ferme violent de ce jour le désir n'o plus que le centre sil y o désert l\u2018oasis est un incendie lo braise incise lo nuit le souffle creuse profond et chaud une porole naît ignée lo cendre horizontale se disperse La tête au creux de ses deux mains \"M neigera bientôt,\u201d reprit son fils \u201cL'arbre se couvrira de neige les pistes deviendront cloires ll neigera demain La terre silencieuse sur elle se recueillera.\u201d\u2019 \u201cLa lune frissonne,\u201d murmure lohate \u201cEt le ciel est gris.\u201d Corel DOYON Comille TREMBLAY Corps j'oi eu le temps de fleurir por les moins Comille TREMBLAY DIXIEME SEMAINE les portes Pièce canadienne de Robert Gurik Musique et Chansons, Robert Charlebois Mise en scène, Bernard Lapierre Avec Marthe Mercure, Jean Persaud, Monique Aubry, Edouard Woolley, trène Poujol, Gabriel Vigneault, Pascal Desgranges, et Bernard Lapierre.Tous les soirs 9h.\u2014 Samedi Eh.et 10h.30 Relâche le lundi.LE THEATRE DE.LA PLACE VILLE-MARIE RESERVATIONS: 861-6665 L'OPERA NOIR de Gabriel Cousin Mise en scène de Robert Singher Musique originale, Jean Robitaille Les Saltimbanques Coin Bon Secours et St-Paul LA.5-2732 Jeu, ven, sam, dim.0.4% p.m, Billets $2.00 Etudiants $1.00 Passe Tu viens de passer tout près de moi et sans doute ne fe reverrai-je jomais plus et sûrement que tu mourras un jour eu l\u2019autre Ton corps m'a effleuré juste assez pour que je le remorque sans que je l'observe précisément et mon regard a glissé doucement sur toi qui coulais plus loin et tu n'as pas vu que je te voyois tu n'as pas cru qu'on te regordoit Tu m'es venu et tu me fus enlevée tu as passé sans raison pour moi apparu puis disparu et je t'ai dit adieu sans que pour ceci lu pleures sans que pour cela je meures Robert NADEAU Poéme L\u2019orée du rêve à deux C'est toi qui t'\u2019étends longuement Selon moi to molle gelure de la taie t\u2018effleure Ton frisson m\u2018'absorbe et ta peau m\u2019habille L'orée du rêve à deux C'est toi qui mords mes lèvres Ton bras pendant Noir glissent hors du drop blane Comme une eou de ruisseau qui fuit l'hiver Rompre mes os qui se moulent sur ta peou Et boire por delà tes yeux les larmes Qui m'échappent et ballottent mon ême Aspirer ton soupir d'aimer Que la grâce émerveille à l'encontre de pleurer Pleurer mes cris que mouillent tes baisers Crier à l'endroit qui porte ton ruisseau M'asperger des cheveux qui me lient à ton coeur les tresser de silence et de présence hobituelle En un mot t'aimer Robert NADEAU Poème Je toi vue penchée au-dessus de l'eau On y voyait le soleil des frissons et fon visage orange Je t'ai demandé ce que tu faisais Tu m'os répondu \u201cje joue avec le feu\u201d Fronçois DUMOUCHEL EXPOSITION TOBIASSE jusqu'au 20 GALERIES WADDINGTON 1456 ouest SHERBROOKE Galerie Irla Kert (En face du Muiée des Besux.Arts) Art canadien contemporain 138 SHERBROOKE OUEST MONTREAL \u2014 VI, 4-9645 NUV1 334VND 1 x S961 SYVW 81 3 * 18 MARS 1965 LE QUARTIER LATIN * Sucre amer Myosotis -barbelé d\u2018ulcères fendus, Tressaillements électriques d'un quartz écrasé, Mon monde, je ris, je meurs, hi hi ça chatouille.Souris macabre au voile nuptial évincé, Marathon, exécution, marteau-pilon, Autres atomes fécondés dans la nuit stroboscopique De mon âme cramoisie.Auri sacra fames, fame pereo.Et fructus bobilus, et la baleine monta dans l'escabeau.Virus cristalisés, déchéance des cerises; Cryolite dévorant les bibites; Cris des enzymes, nudités fardées; voila, la Folie polyphasée des éclairs magnétiques, Due à la ménopause muriatique.Misère, Miséri, Miséricorde.Et, la fission nucléaire du protoplasme universel Engendra, de ses convulsions intemporelles, la Crue fixe de l'or, directement proportionnelle à L'oubli, et inversement proportionnelle à la mémoire.Myosotis, beauté féconde qui, le feu inonde, Et la conscience absorbatrice du cosmos réactif Ont, s'unissant par les doux liens de hymen, Dit, sur la flamèches sûres de l'usure, Amen.Petello KOLOBEKI Poème Mais le vin que tu m'as donné n'était pas de la bonne saison ma belle folle, mon ange, mon adorée pauvre coeur fleuri sans raison.VIENNENT DE PARAITRE.DELIT CONTRE DELIT de André Brochu, rédacteur à Parti-Pris TROIS de Michel Beaulieu, Nicole Brossard Micheline de Jordy \u201c,.deux livres qu'il faut avoir lv\" En vente dés demain aux kiosques & V'entrée U-1, à l'entrée des étudiants et au foyer du Centre Social.Une occasion unique: ces livres s'épuisent très rapidement.les presses de l'a.g.é.u.m.un service de votre association Mes rêves ont des jambes et des souliers vernis pour courir dans tes sentiers couverts femme-brousse ombrageuse et tes rires suspendus au ciel de notre lit ont des mains comme des amantes pour dénouer les bros joints de la nuit tes paroles sont adultères tes caresses chaudes de louve en rut me parlent d'un amour vert inhabitable et tu griffes le coeur de ta patte soyeuse et tu dévores les enfants trep sages des histoires.Notre amour revient de loin dans ses bottes de sept lieues saoulé de sang de la dernière nuit.J'invente le feu de notre chambre équatoriale tu peux bien hurler de benheur les rues sont désertes et l'Afrique est à deux pas de ma mémoire.Le gros bourdon de l\u2018oratoire chantait matines dans nos rêves éveillés.Français Beaulieu Envolée Je ne suis qu'un oiseau de passage, Oiseau qui plane, Sur les rivages, D'un océan infini Et je me balance Au gré des vents Dans un brouillard épais D'où j'entends s'abattre, Sur le rivage de la vie, Les vagues du temps, Et, dans cette mélancolie, D'un monde dépourvu de sens, Et rempli d'absence Je prépare mon envolée Pour franchir le passage, De terres inconnues Vers des univers sans fin, Dont un voile de nuages, M'empêche de percevoir La beauté des paysages, De contrées magnifiques, Où les jours, Sont sans lendemain.Jules ARBEC D'abord \u2026.l'arbre s\u2018éveille au bruit de son feuillage il lance la joie de ses branches vers les hauts soleils les midis seront vifs toute vie éclatante et c'est la tisseuse grisaille sur lui de l'ennui qu'on fait choir platement et dans les longs discours d'un pêle-mêle automne les feuilles tombent pieusement l'arbre claque au vent des nuits sans souffle comme un os Ulric AYLWIN et puis.c\u2019est un amour-venin qu\u2018aux sermons alchimiques [on versa dans le vin de ma soif passe Eternelle j'ai bu ma source hier je suis durci jusqu'à l'enfance douce neige d'eau femme fraîcheur passe l'herbe desséchée pourrit [sous la rosée je suis forêt de carton passe Etincelle j'ai leurs feux d'artifice pour me consumer seul Ulric Aylwin PAYEZ-VOUS! \u201cLa tête des autres VENDREDI, le 19 MARS 8hre.30 p.m.9 SAMEDI, le 20 MARS 8hre.30 p.m.DIMANCHE, le 21 MARS 2hre.30 p.m.GRAND SALON DU CENTRE SOCIAL MEMBRES DE l'A.G.E.U.M.: $0.99 GRAND PUBLIC $1.25 Billets en vente sur le Campus Votre supplément artistique et littéraire vous reviendra 25 marieke les oiseaux sauvages de nos bras ont brisé les frontières incertaines en quête des îles blanches où les fleuves engendrent l'hiver et s'il y à mémoire en nos ailes c'est qu'elle est souvenance de pays & tresser la bouche de l'homme n\u2019a pas la parole du vent et nous savons les sons muets des pays sans enfants l'air est libre de nos voyages et si nous revenons aux froidures malgré les vents immob-\u2014iles c\u2019est pour nommer les arbres nous avons le souffle des songes et n'ignorons point la neige du jour que nos sillages abandonnent aux marées quotidiennes du soleil et dire qu'il y a lair aux psaumes des hommes comme une blancheur éphémère leur visage est sans saison il faudra leur dire la danse des rêves et les rivages de la femme car les maisons sont basses et secrètes enmon pays et toi tu diras aux Indiens de ton pays la pureté de tes gestes tu crieras aux mirages des jours que l'homme d'ici est parole au centre du paysage tu te tairas et tu verras qu'il neige de moi.JeanBOULANGER UY Marieke tu demeureras à tes prochaines paupières et le sable à ton front éparpillera les colères.ne bouge plus la froideur du drap la fine pluie sur la fatigue fu t'achèveras au champ des joncs sur une goutte de lumière.à l\u2018aube toute froissée il y fera frais et bise et guitare en cheveux haute de l'herbe.enjambées mystérieuses sans bruit aux broussailles tu dormiras d'un sourire à l'enfant sur tes genoux la main par terre un peu de vent et la quenouille fléchie sera dernière fleur à fin de saison.Jean BELANGER La NOUVELLE A NE PAS MANQUER.de MORVAN LEBESQUE \u201cJeunes Hommes, ce que vos parents n\u2019ont jamais osé vous dire.Les Nuits de Chicago < ceonces neveux \" Cette piéce a regu une critique des plus favorables lors du récent festival de I'A.C.T.U.: \u201cBrilliantly done .ballet.\u201d .It has the beauty of (The Gazette) \u201cMr.Gasse instilled in the play a great sense of style.\u201d (Loyola News) Ces deux pièces seront jouées les 20-21, et 27-28 mars 1965 au CENTRE d'APPRENTISSAGE 5205 PARTHENAIS MASSON SIVNIHLUVd Z1WANSGI Boul.SAINT-JOSEPH Billets: $1.25 Etudiants : $0.75 L'Atelier de Théâtre de l\u2018Association Générale des Etudiants de l'U.de M.Cheveux un air salin de longs cordages sur les épaules du vaisseau comme cheveux sur mes voyages avec ta main sur cimes d'eau NILVYT A2lNVYNO N a tournoyé en vaste ronde le vieux ciré du marinier comme crinière aux plages blondes des infinis de longs voiliers S96l SYVW BL de grands filets de pêche belle où s'amorrait l'humilité d'un ciel perdu pour des nacelles: un frop grand port d'immensité » un horizon d'aube brumeuse comme mèche au front du matin aura peigné vagues berceuses comme de clairs sables châtains ton pied marin sur des battures chavire au vent écheveié algues de mer en chevelures dansent aux nuages bouclés une plage d'épaves mortes a sommeillé au ciel trop vieux une plage de chair trop forie comme lumière en tes cheveux.Jean BELANGER Libération Je suis la terre, disait-elle J'ai bu toutes les pluies du monde Je porte en moi le feu, comme un fruit mûr Et c'est la mer qui est ma bouche.Je suis la terre et je te porte Ami aux longs membres épars Qui se dispersent par tous mes replis Ami qui me recouvres sans me pénétrer Comme une herbe plus liée qu'une chevelure.Je suis la terre et je te veux Mais ce feu qui est en moi est le plus fort Et jamois ne pourront l'éteindre Les larmes de toutes les pluies du monde.Je suis la terre et j'ai conçu en moi Le feu, comme un enfant avide Qui boit mon sang par le milieu de ma chair Et l'enfant vit et l'enfant crie et l'enfant mord L'enfant veut sourdre et veut gicler de moi Dans un espace hors de mesure Mais moi, je ne puis pas m'ouvrir Pour ces longs cheveux qui me tiennent enlacée .Ami, si je dois vivre, libère-moi ! Car je suis la terre, disait-elle Et le feu que je porte est arrivé à terme Je suis le feu car il m'a consommée, l1 boira jusqu'au bout ce qui reste de moi Je suis le feu que vomira la mer Et qui boira l'espace hors de mesure Quand il n'y aura plus de Ww:re.Clase TOURIGNY - 2 Fait divers o beaucoup de sang pour rien 18 MARS 1965.LE QUARTIER LATIN * A combien de centaines de pieds au-dessus du boulevard ?Elle pendait comme un drapeau piteux, l\u2018\u2019air de rien, mais n'en pensait pas moins.\u2014Mais comment est-elle montée là ?\u2014Une peine d'amour toujours, ça mène n'importe où.\u2014On dit qu'elle est bien belle.\u2014Mais ça me donne froid dans le - dos, rien qu'à regarder.Quand on pense en une seconde ça vous ferait une charpie .j'en ai vu un, écrasé, avec des petits morceaux de têtes.\u2014Mais je vous en prie, un peu de décence.\u2014Vous effrayez ma femme, avec vos histoires macabres, \u2014Nous sommes dans un pays démocratique, monsieur.\u2014Je ne vous le fais pas dire.Oh! Mais elle va tomber.\u2014Cessez donc de crier, aussi.Un duel sons merci aurait pu suivre, sans le passage odorant et vaguement sacré de monsieur le vicaire accouru sur les lieux pour exorciser la pauvre malheureuse.Il jetta aux spectateurs courroucés l'ombre d'une bénédiction qui parut satisfaire tout le monde pour quelque temps.Puis il grimpa dans l'échelle de secours, retroussant ses jupes, ce qui ajouta encore plus de joie chez les curieux les plus tendres.Tout le quartier s\u2018assemblait, on supputait ses chances de salut, on lui inventait une belle histoire, on refoulait un cri ou une larme.On guettait.|| est rassurant de voir venir la mort des autres.Depuis le temps on avait installé des kiosques à hot-dogs sur la place, on louait des sièges, mille petits commerces commençaient de fleurir, et le curé montait toujours.À bout de souffle, il brandissait son christ au-dessus de sa tête.Marie, Jeanne, Françoise, appelez-là comme vous voudrez, le voyait venir avec une frayeur évidente.Mais personne n'aurait empêché un ministre du culte de consoler une moribonde, et tous, faute de mieux, mettaient leurs espérances en lui.Mais on commençait d'espérer qu'elle se jette vraiment du haut de son perchoir.À la longue, tout de même, c'est ennuyant, et assez dur pour le cou.Je disais justement à ma femme.\u2014Ça y est!.Non.Elle recule encore.Elle doit avoir le vertige.\u2014Mourir si jeune.Quand l'espérance est si simple.Et le curé chantonnait maintenant du haut de son échelle de Jacob.On n\u2018entend rien d\u2018en bas, mais c'est si beau de le voir gesticuler.On le croirait parti pour le ciel, mais la belle ne comprend plus rien.D'abord cet attroupement, et maintenant, mais que voulait-il celui-là ?On n'aurait pas pu au moins me ficher la paix.Les salauds, ils m\u2019auront même gâché lo sortie.Mais le sauveteur voyait déjà la victoire de ses onctions, un sourire divin se dessinait dans son sein.La foule paralysée des envolées mystiques de son pasteur et convaincue du retour à la raison de la jeune désespérée, s'était rapprochée.Mais la belle, là-haut ne l'entendait pas ainsi, et longait des imprécations blasphématoires.Puis, fermant les yeux, elle prit un élan et sauta dans le vide.Je le sais, je l'ai vue tomber un grand sourire aux lèvres, comme délivrée d'une trop longue agonie.Mais le curé, OU passage, voulut la retenir.Elle l\u2019entraîna avec elle dans le vide.Alors tous les cris se mélérent.Le curé se fracassa la tête sur le pavé, elle s'écrasa sur un enfant et deux curieux, malheureusement sous son chemin, et les tua sur le coup.Elle n\u2019était pas blessée.Mais voyant tout cet attroupement, et craignant que les choses s'enveniment, elle se releva et s'empressa de retourner chez elle.François BEAULIEU TROPISMES Peut-être serai-je une plante Avec des veines jaunes et vertes Et un coeur de cellulose Ma tête reposant sur une longue tige Et mes bras incandescents se mouvant dans des remous de lumière Peut-être aurai-je des tropismes Ma vie battant au rythme du jour et de la nuit Et ma tête assoiffée de je ne sais quel vent Et mes racines aveugles affamées de je ne sais quelle eau Et mes pétales se courbant sous un solell ignoré Peut-être serai-je vert Avec des doigts humides gonflés de chlorophylle Distillant de doux alcools J'aurai un goût d'absinthe Et j'apprivoiserai la rosée Je sifflerai peut-être comme le vent dans l'eau Et on me prendra pour une vague J'aurai des tropismes Ma tête se courbant sous la pluie Et mes veinss devenant turgescentes Mes bras s'élevant peut-être Puis retombant J'aurai des harmoniques qui ne seront pas miennes Mais soutenues par la gamme multicolore de mes pétales Le jour tombera Le jour se relèvera peut-être \\ Et mes bras poilus tournoieront dans un ciel Sans visage Grattant le secret de l'air Le mettant à nu comme une antique pièce de monnaie Et le soleil engendrera des tropismes Et la terre accouchera de rythmes lents J'aurai des pulsations qui dureront des éternités La pluie tombera peut-être La pluie sèchera J'aurai des réponses vagues Je vivrai le mystère des ellipses et des paraboles Je parlerai le langage des planètes Le vent.\u2026.\u2026.\u2026.J'appellerai peut-être le vent de toute la force de mes sépales nues Et le vent cessera Et le vent roulera par vagues rouges L'haleine chaude du vent pénétrant les pores de mes feuilles [comme une ondée Mes bras se mélant peut-être aux spirales des nébuleuses \u2018Marcel MORISSETTE y ta, "]
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