Le Quartier latin, 20 janvier 1966, Le cahier des arts et des lettres
[" En» x 00 A RIFLE 5 Léon Bloy et Pierre Dagenais D'UN PAMPHLETAIRE À L'AUTRE Il existe un si grand nombre de réalités ineffables que ce qu'il est possible d\u2018exprimer, mieux vaut le dire sans détour aucun.C'est d'ailleurs la politique des penseurs intransi- geunts qui refuseront toujours de prostituer leur plume et qui, parce qu'ils voient la décadence, ne s'empresseront pas de la cacher.De Léon Bloy à Pierre Da- genais, une méme tradition se perpétue sous des formes différentes: tradition de vociférateurs plus ou moins révoltés, plus ou moins révoltants, autour de qui se creuse un abi- me de silence.Qui donc dans la presse montréalaise a consacré un article aux Coups de gueule du nouveau pamphilé- taire ?A notre connaissance, personne encore ne l\u2019a fait.Lui qui voyait justement dans ce silence une conspiration, Bloy à souffert à son époque, des années durant, d'un malin génie qui le pous- \u201c soit à réclamer so part.Sa port, nul ne lo lui o donnée.Précédé de son énorme talent, les portiers des cénacles lui fermoient invariablement lo porte au nez; ou bien donc, si d'aventure ii se fâchait, les bonnes gens\u2019 déployaient autour de lui ce qu'il nomma \u201cle -Cordon sanitaire des calomnies prophylactiques\u201d, I'excluant oinsi de leur hygiénique seciété, hermétiquement close.Entre cet abominable homme des lettres, qui épouvan- toit le Paris de 1905, et Pierre Dagenais qui retrempe so plume dans l'encrier de Vol- - dombre, il y a bien sûr toute la: distonce qui sépare un as \u201cd'Gn valet.Rien\u201d\u2019n'empêche qu'une oeuvre de polémique est un bienfait pour le milieu Québécois d\u2018oujourd\u2019hui, où certoines gens ont besoin qu'on leur parle en face: ous- si la révélerons-nous telle qu\u2019elle nous apparaît, méritoire malgré ses faiblesses.Les trois premiers coups de gueule de Pierre Dagenais Qu'ils traitent de la justice (Bordeaux soue à cochon), de la publicité (Nous sommes des couillons} ou de lo prostitution (Place aux bordels), leur facture est identique: Dage- nais commence par étaler un certain nombre de faits, propose des réformes et demon- de aux autorités compétentes, politiques ou autres, d'intervenir.Retenons le cas de la prison de Bordeaux, \u2018\u2018cette clinique légale de pourriture spirituelle\u201d\u2019 où Dagenais séjcur- na à deux reprises, soit en 1945 et, l\u2019espace de quelques heures, en jorvier dernier.Uacques Hébert a déjà: abordé le sujet dans Scandale à Bordeaux, mais rien n'y change: il faut répéter dans l\u2018espoir qu'une paire d\u2018oreilles entende).Les faits sont les suivants: le solaire des gardes, à °$52- par semaine, est insuffisant; ils ne sont pas assez nombreux quand l\u2018édifice, construit pour loger sept cents prisonniers, en détient régulièrement douze cents; portant, \u2018\u2019on n'arrive pas à éviter toute agression ou toute vengean- \u201cce entre prisonniers\u2019\u2019; dans un autre domaine, la nourriture est saine mais sa préparation infécte et les détenus; \u201cprivés d'ustensiles, mangent tous avec leurs doigts.Pour pallier à cette manière bestiale de ravitailler des êtres humains, Pierre Dagenais suggère que, par une chaine solide, on rattache les ustensiles aux plateaux de fer-blanc distribués aux pensionnaires.La suggestion, qui étonne à première vue, devrait sans doute être étudiée.Pareillement, une seconde réforme s'impose: compartimenter.Compartimenter les voitures cellulaires puisqu\u2018elles sont, d'après Quillet, des voitures \u2018\u2019à compartiments fermés dans lesquelles on tronsporte des prisonniers\u2018: compartimenter d'autre part les cellules elles- mêmes afin que chacun ne.soit pus réduit à \u2018\u2019siéger à la vue de plusieurs sur le trône le plus bas des hommes\u2018.Il faudrait d'ailleurs, pour que la brute ou le criminel n\u2019indisposent pas l'homme coupable mais normal, réportir les différents détenus dans une cutégorie particulière et modifier, en conséquence, les heures de récréation: \u2018\u2019Cela éviterait à quelques malheureux, coupables de fautes légères, d'être victimes de traitements indignes qui dégradent lo personne humaine\u201d.\u2018Dans Nous sommes des couillons, Pierre Dagenais s'élève contre les formules publicitaires qui: portent atteinte ou bon goût et à l'intelligence.Celles de Pepsi-Colc dont le refrain \u2018qui pense jeune pense pepsi\u2019 est une invitation à retomber prématurément en-enfance et à se mettre à téter à même la bouteille, comme autrefois; celles de vw Sanka : dont- Je cofé reste un Pierre Dagenais (photo David Bier) excellent produit même décaféiné à 97%.Il ajoute, et ici il o parfoi- tement raison, qu\u2019\u2019\u2018il est immoral que des commerçants fassent pression sur les enfants pour que ceux-ci importunent et tourmentent ensuite leurs parents jusqu'à \u2018avoir PAGE 4 PAGE 5 ONIMUS.PAGE 6 dans ce numéro : CRE BASILE: UN FAIT.ISAAC STERN ET L'ENSEIGNEMENT LAIRELIGION DE MAURIAC gain de cause ou à recevoir une gifle\u2019\u2019.A l'intention des hommes de loi, il observe que \u2018\u2019ce genre de réclame devrait être interdit\u201d.Ailleurs, il déplore que \"soit concédé aux directeurs .des (suite en page 3) * \u2014 20 JANVIER 1966 LE QUARTIER LATIN \u201cTosca\u201d vu des coulisses \u201cLe Cahier\u201d se propose de publier, vers le 15 février, un photo- reportage sur la prochaine production de \u201cTosca\u201d, opéra de Puccini, présenté le méme mois par 'OSM.On tentera de montrer comment se \u201cmonte\u201d un ouvrage lyrique sur scène.\u201cTosca\u201d fut le premier opéra présenté sur la scène de la Grande Salle il y a quelque trois ans.Cette année, l\u2019ouvrage sera chanté par des artistes différents (seul Verreau gardera son rôle pour quelques représentations).Nous croyions toutefois que les décors et costumes seraient les mêmes.À ce qu'on dit à l\u2019Orchestre symphonique, tout doit être renouvelé.Une entente aurait été faite avec la troupe de Covent Garden de Londres.C\u2019est à cet endroit d'ailleurs que Marie Collier, qui chantera le rôle-titre à Montréal, triompha il n'y a pas tellement longtemps, en remplaçant la non moins célèbre Maria Callas à quelques heures d'avis.Des inédits la semaine prochaine Jeudi prochain, Le Cahier publiera une rétrospective de la saison littéraire au Canada français (septembre-décembre 1965).Voilà bien l\u2019ocsasion de se familiariser avec une littérature qui a déjà ses grands noms: Hubert Aquin, André Laurendeau, Jean Basile, Claude Mathieu, Monique Bosco, Claire Martin, Claude Jasmin, d\u2019autres encore.De plus, Le Cahier compte soumettre à l'attention de ses lecteurs des inédits que quelques-uns de ces écrivains, Roger Fournier, Adrien Thério par exemple, nous ont fait parvenir.On lira notamment un texte de Raymond Barbeau intitulé \u201cNotre piemier: prix Nobel\u201d qui décrit les conditions qu\u2019une oeuvre doit remplir, pour se mériter un pareil honneur.les JMC et la confédération En accord et grâce à l'appui financier de la Commission du Centenaire de la Confédération canadienne, le mouvement des Jeunesses Musicales du Canada célébrera cet anniversaire par la tenue de con- Cours nationaux pour piano, cordes et voix.Les candidats seront d'abord choisis, en janvier 1967, par un jury Composé de personnalités c canadien\u201d nes.Six mois plus tard, les candidats retenus pour les concours devront se présenter en public de- varit un jury composé d'éminentes personnalités internationales.Les pianistes et les instrumentistes a cordes se présenteront en récital au cours duquel ils devront exécuter une oeuvre canadienne inédite, écrite spécialement pour ces concours, puis en concerto avec orchestre.Les chanteurs présenteront un récital de mélodies dont le programme devra répondre à des critères établis par le jury et au cours duquel ils devront exécuter 10 minutes de musique de compositeurs canadiens; la dernière étape consistera en une épreuve d'opéra.Des prix au total de $30,000 seront accordés aux lauréats.Au printemps de l'opéretie Ce printemps, on présentera trois opérettes à Montréal.À la mi-mars d'abord, à la Grande Salle, le Théa- tre Lyrique de Nouvelle-France (Québec) présentera \u201cla Veuve joyeuse\u201d de Franz Lehar.Par un curieux hasard de circonstances, la troupe de la vieille capitaie sera presque exclusivement composée, pour l'occasion, d'artistes montréa- lais.Du 29 mars au 3 avril, au théâ- tre-cinéma Saint-Denis, Tino Rossi (\u201cSecond Début\".il oublie que j'ai 50 ans.) sera la vedette du \u201cTemps des Guitares\u201d.I! sera secondé par la diseuse Jacqueline Boyer et Jean- Marie Proslier.Enfin, du 20 au 27 avril, le Théâtre Lyrique de Montréal, dirigé par Lionel Daunais, présentera à la Grande Salle \u201cLa Belle Hélène\u201d, de Jacques Offenbach, avec, dans les principaux rôles, Colette Bocky et Pierre Duval.En attendant l\u2019opéra, A l'heure du Concert, ce soir Ce soir, à l'heure du Concert, Ra- dio-Canada présente le concert d'inaugueation de la nouvelle salle de concert Frangois-Brassard, du collège classique de Jonquière.François Bernier dirigera l'Orchestre symphonique de Québec qui interprétera \u201cLa consécration de la maison\u201d de Beethoven, la \u201cMesse du couronnement\u201d de Mozart, ainsi que \u201cMarche fantasque\u201d et \u201cFestival\u201d de François Brassard.Solistes: Fernande Chiocchio, Sylvia Saurette, Jean- Paul Jeannote et Gaston Germain.Le Choeur \u201cSine Domine\u201d sera sous la direction de Jean-Eudes Vaillan- court.Thériault au Salon du Livre Tout le monde sait que les Editions de l'Homme ont commandé un roman à Yves Thériault pour le prochain Salon du Livre de Montréal.Discrète à l'extrême, comme d'habitude, ja maison d'édition ne voulait livrer aucun détail au sujet de cette nouvelle oeuvre.Mais il y a des fuites.Heureusement pour les potineurs en mal de nouvelies littéraires.Si l'on veut en croire certains, le roman de Thériault serait intitulé N\u2019suk (ou quelque chose de semblable phonétiquement).Un roman esquimau ?Ou peut-être une simple boutade pour en lancer plusieurs sur une fausse piste 2.A Stratford Quelques comédiens montréalais participeront, cet été, aux manifestations artistiques présentées à ia anc VELLUCIE a compositeur montréalai ais > 5.Jeurnal d'un hobe, par Jean-Jules : 30.Une vio ote, par Ants Lurene A froid.comme on'\u2019le Stratford: Jean Gascon, Jean-Louis Roux, Denise Pelletier, Gaétan La- bréche, Marcel Sabourin et Guy L\u2019Ecuyer.Gascon fera la mise en scène de \u201cLa danse de mort\" de Strindberg et de \u201cDon Giovanni\u201d, opéra de Mozart.De son côté, Denise Pelletier \u201cbest-known for her role as Cecile in the popular \u201cPlouffe Family\u201d, précise le communiqué, interprétera les rôles de la reine Isabelle de France dans \u201cHenry V\u201d, de la duchesse de Gloucester dans \u201cHenry VI\u201d et tiendra aussi un grand rôle dans \u201cLa Danse de mort\u201d.Jean-Louis Roux sera le Duc de Burgundy dans les deux \u201cHenri\u201d.Malheureusement, le communiqué n'évoque pas le souvenir d'Ovide à son sujet.Ovide, qui poustant, était le seul symbole de notre vie intellectuelle ! Consolons-nous ! Au Musée d'Art contemporain L'exposition des Collections du Musée, comprenant une sélection de peintures, gravures et sculptures d'artistes canadiens, européens et américains (Borduas, Appel, Ta- piès, Sam Francis, etc.) sera présentée jusqu\u2019au 13 février.Notons qu'il s'agit là d\u2019une partie seulement des oeuvres inscrites au catalogue, soit environ le tiers; et c'est là le résultat d'une première année de travail au niveau des acquisitions.Avant chaque visite guidée (du mercredi au dimanche à 2:30 et 3.30 heures), présentation de diapositives commentées, sur les grands courants artistiques qui ont ouvert la voie aux tendances actuelles.Pour les visites guidées, prière de : réserver par téléphone en s'adres- + sant 3 Mile Danièle Corbeil.2m Te pe Les \u201cbest sellers\u201d - 1.Dans t de fer, par Claire Martin gant de fen-p 2.Prochain épisode,\u2018 par Hubert Aquini 3.Quand les bateaux s\u2019en \u2018vont, Gills} Vigneault 4.A nous deux, par Roger Fournier enc de SRE pat 5 .wt Te .TS Ricahrd 6.L'autité 4 peuple, par Pierre » cr à 7.Le mengez et moigrisesz, parc 8 pie poe 8.Mistoires galentes, par Bertrand ot 9.Conadionne française et _ramout, .par Pierre Léger ® n° Cotte liste a été dressée grâce à ve i La collaboration des iadag aX Eu libraires.de la m D'UN PAMPHEÉTAIRE À L\u2019AUTRE (suite.de la première page) » NS So > : postes de télévision le droit de Le bordel clandestin, Dage- qu'il existe des églises et des 3 supprimer quelques passages nais le demande, n'est-il pas chapelles qui prétendent le = d'un film et que, surtout, lo la preuve que \u201cle vice rappor- spiritualiser.Religion, science g loi les autorise à le fragmen- te davantage cux gouverne- et littérature ne rendent-elles ter afin de permettre à des ments lorsqu'il est organisé pas l\u2019homme semblable à l\u2018an- | commerçants d\u2018y insérer leurs par les rois de la pègre ?\"\u2019 Voi- ge ?Cet homme, éthéré par annonces à un rythme qui de- là une grave question, et qui les nobles enseignements de m vient de plus en plus effa- déplaira sans doute au minis- nos respectables institutions, Qo rant\u2019.tre chez qui les filles \u2018\u2019boivent et qui bat des ailes, nous ai- > Place aux bordels, où Da- les meilleurs vins et couchent merions que Pierre Dagenais comme auteur de Jack et de Enfin, d'après l\u2019auteur de = genais souhaite qu'on légalise dans les plus beaux draps\u201d.l\u2019empoigne et le rabatte ou Fromont jeune, parce que, en Belluaires et porchers, les ana- * à nouveau lo prostitution, est Bref, après ce tour d'hori- sol.réalité, ce sont bien là ses lyses psychologiques des ro- 5 un coup de gueule plus auda- zon, le lecteur repère facile- Belluai deux livres les plus réussis, mans de Bourget, \u201coù l\u2018ab- Z cieux.Considérons pourtant ment le défaut \u2018de la méthode lluaires et porchers c'est-à-dire ceux où ses rares sence infinie de style et Je caque l\u2019homme du vingtième préconisée par Dagenais.La Dans Belluaires et porchers, dons d'imitateurs, d\u2019adapta- ractère est symétrique ou dou- siècle, qui le premier dans faille de l\u2018armature, c\u2019est en dont l'éditeur Jean-Jacques teur et de copiste ont le plus ble néant du sentiment et de l'histoire a opté pour l\u2019aboli- premier lieu de se ménager les Pouvert vient tout juste .de heureusement éciaté\u201d\u2019.(Dau- la pensée, furent sucées avec tion d'une telle pratique, n'est hommes politiques en soumet- donner une réimpression °, det a été accusé d'avoir pla- dévotion par tout un public de \u201cguère plus civilisé que celui tant & leur-attention certains C\u2019est l'entière société littéraire gié Dickens).mondaines, ravies qu'un:au- d'hier; que la prostitution sur- abus, mais en ne lesattaquant de 1900 que Léon Bloy pour- \u201d teur qui leur ressemblait con- vit toujours clandestinement; jamais eux-mêmes.ll y a bien fendait.Et comment ! _ Edmond.de Goncourt, descendit, en leur présence, qu'elle est même florissante.quelques plaisanteries sur Le- Après avoir dit son admi- vieux dindon .est férocement de ses pôles doigts en glucose, Plus proforidément, certains sage et sur Wagner, mais sans ; , W- pris à partie pour \u201cle mot à traire les vaches arides of ; ; ge agner, ration pour Barbey d'Aurevil- RIEN qui se rencontre sous sa -qu'ell d tant.d profiteurs, se voyant interdire conséquence puisque tout le | Lautréomont et Verlaine re sous Sa \"qu\u2019elles gardent ovec tant de un pareil champ d'action, se monde les critique r ne pas Ye : © e : ane, plume, toutes les fois, qu il lui soin dans les ravissantes prai- ven - que pou pa voici en quels termes f\u2019abomi- faut exprimer une nuance ies de | ; of! i di sont vite rabattus sur la por- les admirer.il a même, dans , ries de leurs cocurs\u201d.Qui dit .oo y ' nable homme des lettres foule quelconque rebelle à son ana- mieux ?.- nographie et le cinémo, deve- ces Coups de gueule, un pas- gux pieds les outeurs a succés |yge: ien de beouté ) nus le pain quotidien non seu- sage assez désobligeant pour gui \u201csont les habiles et les yse: un rien beaute, un Pour s'étendre au loin, la \"lement des adultes, mais aussi l'impuissarit cadavre qu'est à.rien de mise, un rien d'émo- Critique d'un pamphlétaire .aad qu epouseurs de leur ventre, dont tion, un rien de collaboration if a 2 .des jeunes.Et toute cette litté- devenu Maurice Duplessis.le coeur est une pierre d'évier \u2019 f 1) des ri dé.doit être fondée mais partiale.rature infame avec la béné- Qui le craint désormais ?et le cerveau tr ottoir pour (vieux forceur !) des riens je.Voltaire, Céline ct Bernanos diction du ministére des Pos- toutes les idées publi wil licieux, des riens spirituels, ne sont pas passés à l'histoire tes, à Ottawa, tandis qu\u2018\u2019\u2019on La deuxième déficience, publiques - des riens pleins de grâce, etc.parce qu'ils examinaient le se donne beaucoup de mal.-que le pamphlétaire comblera Alphonse Daudet 0: pu: lire enfin le rien du rien qui est pour et le contre: si un jour P live t le tréfond pour essayer de bâillonner des sans doute, consiste à ne dé- de son vivant cet éloge en- SON livre meme et le WEIONDS Pierre Dagenais entreprend de journalistes de qualité\u2018\u2019: n\u2019est- noncer que ce qui animalise thousiaste: \u201cAlphonse Daudet de son esprit\u201d.décrire lo société littéraire ca- .* fe > * an .» .- Pt 2 .= ge ce pas ridicule ?ou abrutit l'être humain, alors devrait toujours étre désigné Après l'avoir qualifié de nadienne-française, qu'il y ail \u201c .le férocement.Ainsi, à son bromure de potassium de la époque, Léon Bloy en attaade poésie\u2019, Bloy pourrait dérider poque, bre tage ' le plus austère des hommes un certain nom re mais il mé- Une fois par an \u2026.Profitez-en! avec cette explication scienti STG, son propre aveu, fo te un lot d'écrivains dont la fique de la faveur dont jouit .; pa or .puanteur empêche de sentir Francisque Sarcey: \u2018\u2019Son in- les bonnes intentions\u201d jusqu au 22 janvier faillible triomphe, observe-t-l, - consiste à glorifier l'atome par.André BERTRAND., ] Je\u2019 Jopetissement de Vimmen- \u2014\u2014\u2014 rande vente annuelle sé + Coll, \u201cLibertés\u201d.7 à ient de paraître à FIDES La Centrale du Livre, inc.Dans la collertion \u2019 \u201cECRIVAINS CANADIENS D'AUJOURDIHUI\" ; 260 ouest, rue Faillon - Montréal ; Bordure sud'du Parc Jarry AN NE HE BERT par Pierre PAGE vy = .PRES DE 45,000 TITRES | .| sur tous les sujets, du livre spécialisé \u2018|.ès album.d'enfant; a Une \u201cremarquable introduction à l\u2019œuvre.d\u2019 Hébert\u201d; Des textes choisis, une bibliographie X haustive, \u2018de nombreuses.photogra raphies : agrémen- oe ce volume, le troisième\u2019 Fie coliecin a : de précieux services.x REMISES de 20% | \u201csur des prié po te ss considérés |.; Tg comme \u201cHEURES: D'AFFAIRES: BR 4 Le luridi \u2014 de 1 h.& 5°h.30 0 mardi ou vendredi \u2014 ; fo samedi 2069 6.à midi : Vaste terrain de stationnement : née , 7 Le \"a, 4 ho * \u2014 20 JANVIER 1966 LE QUARTIER LATIN ( LA TELEVISION ) L'émission qui, en ces temps- ci, jouit de la plus forte cote d'écoute est, sans contredit, Cré Bozile, série produite par Télé- Métropole.Même si le fait d'être le programme le plus écouté ne crée pas ipso facto la qualité, le point demeure digne d'attention et mérite qu'on s'en occupe.On a dit, et je le répète, que Cré Bazile rappelle fortement la défunte Famille Plouffe.On affirme aussi que l'émission du canal 10 connaîtra la même popularité que l'ancien programme de Radio-Canado.Cela reste à prouver.Car si Cré Bazile possède dans son jeu certains des atouts qui ont assuré le succès au télé-roman de Roger leme- lin, il lvi manque d'autres cartes essentielles qui ont fait que ce succès s'est étendu sur plusieurs années.Lo qualité présente de Cré Bazile est celle des dernières années de la Famille Plouffe.C'est lc Famille Plouffe à son déclin, À cette époque, tout le succès des Plouffe ne reposait que sur le père Gédéon et sur le talent de Doris Lussier.Point d'intrigue; situations idiotes; intérêt décroissant.Il en est de même de Cré Bazile.Tout le prestige de cette C'EcrankDé 7 CRE BAZILE: UN FAIT.émission tient à l'interprétation d'Olivier Guimond.Il est fait pour jouer ce gerre de rôle.Le personnage du souffre-douleur, de l'éternel naïf lui sied bien.Hl fait penser à Jerry Lewis.Quand il n'est pas sur l'écron, il y a un vide.On n'attend que lui.On ne veut que lui.D'avance, on imagine sa pirouette, sa grimace, le ton de sa réplique.I! est sympathique et on s'identifie facilement à lui.Après lui, on répète son slogan: \u2018Lui, y connait ça\u201d.Avec le pouce levé.Olivier Guimond colle à son personnage.Sans lui, Bazile n'existerait pas et Cré Bazile perdrait sa popularité.ll fait le programme à lui seul.Mois cela ne peut pas durer.Un acteur ne peut renouveler son jeu de semaine en semaine.Surtout si le texte ne l'aide pas.C'est là la grande faiblesse de l'émission.Les textes de Marcel Gamache sont insipides.Les intrigues sont mal construites.Pour un bon scénario, c'est-à-dire un scénario passable, il ne faut pas exiger l'impossible, on en a quatre ou cing qui ne valent rien.Souvent l'idée est bonne mais on sent que l\u2019auteur manque de moyens pour la réaliser.On pense à ce que Îles Américains fe- es T : b A Merc! oN 0 mABusE: Eon + moni Denis Drouin et Olivier Guimond, dans une scène de \u201cCré Bazile\u201d.raient avec la même idée: ce seroit une explosion continuelle de \u2018gags\u2019 et de rires.Qu'on se rappelle | love Lucy dont le genre s'apparente beaucoup à Cré Bazile.Pour comparer plus facilement les deux formules canadienne et américaine, ou plutôt les deux réalisations d'une même formule, il n'y o, le mardi soir, qu'à regarder F troop au canal 12, immédiatement après Cré Barile.Vous verrez l'extrême différence.$y! ue Fy > D aul).ae youd G1 120: \u201cCALIGARE çanitEt 8 wine) yoMMEs\u201d AB.sation Cependant, pour être juste, il faut ajouter un autre fait qui, à part l'interprétation d'Olivier Guimond, peut rendre compte de la popularité du programme.Les gens se retrouvent dons Cré Bozile.Le décors rappelle le décor familial.Plusieurs foyers montréalais sont ainsi.Les problèmes des personnages sont sensiblement les mêmes, sons l'exagération due au genre.On retrouve les mêmes paroles, la même manière de s'exprimer, les mêmes vieilles forces oussi.Cela piaît.Et, à priori, ce n'est pas un défaut.I! s'agit de l'exploiter d'une façon intelligente.Ce qu'on ne fait pas toujours lors des émissions.Soulignons également d'autres défauts; ceux-là peuvent facilement être corrigés.La diction des interprètes, exception faite de Béatrice Picard, est horrible.On peut avoir un parler populaire sans cela.Il y a aussi lo présentation de l'émission par Raymond Lemay; on croirait qu'il présente un numéro dans un cirque ou qu'il vend un objet rare dans un encan.ll pourrait être plus modéré, avoir plus de mesure.En résumé, que penser de Cré Bazile ?Est-ce bon ou mou- vois ?L'idée est bonne; so réalisation, le plus souvent, l\u2019est moins On veut faire rire et délasser le téléspectateur mais on n'y réussit pas toujours.Les moyens manquent.|! faut plus que de la bonne volonté pour\u2019 faire une telle émission.Il est certain que Rodio- Conada, s'il voulait, pourrait faire mieux.I! en à les moyens.Les scripteurs de Chez Miville, des Couche-tard, du P'tit café (sont-ce les mêmes?) pourraient écrire des textes plus que potables.Mais on refuse.A Radio- Canada, on est trop sérieux pour faire rire.Faire rire, ce n'est vraiment pas sérieux, non vraiment.Michel MONETTE DES DEMAIN ob lear Rstent Mt - ROD STEIGER + mam: tnt de cout ty Braie Wongh Soomngis y Torry Southern wt Cvistaghes hiburosnd Durs te Tony Riskasdom Hashel Winder # r LA MUSIQUE ) ISAAC STERN violoniste Place des Arts, 10 janvier.Isaac Stern, violoniste.Alexandre Zakin, pianiste.Programme: Sonata impetuoso, F.Geminiani.Sonate en do mineur, Beethoven.Partita no 1, J.S.Bach.Rhapsodie no 1, B.Bartok.Quatre pièces romantiques, A.Dvorak.Caprice basque, P.de Sarasate.Isaac Stern a montré dans son dernier récital la facilité avec laquelle il peut aborder tous les styles.D'abord une sonate sans prétention de Francesco Geminiani: charmante sans plus.Histoire de se réchauffer avant d'attaquer la sonate de Beethoven.C'est évident que Stern possède l'art de ressusciter Beethoven.|! faudrait parler des lieux communs beethovi- niens.L'art de ce violoniste réside dans sa facilité à les restituer dans leur contexte, à leur donner une expression que les musiciens amateurs leur ont fait perdre.On dirait, en l'écoutant, qu'il est un inti- of 2 NAAN V nuitée Hooks Bi gd Ÿ CINE-CAMPUS NOUVEAU CINÉMA ITALIEN LE TERRORISTE (français) un film de Gianfranco De Bosio Cr AI Au méme programme: (s.t.anglais) pe ae LES FIANCES D'Ermanno.Olmi dé - Gratuit pour les membres de IAGEUM Samedi, le 22 janvier, 8h.p.m.Auditorium de FU.de M.me de la \u201cmentalité\u201d beetho- vinienne.À ce point de vue les grands classiques semblent mieux lui convenir que les pièces de pure virtuosité.Les \u201cPartita\u201d de Bach constituent des \u201ccritères\u201d pour violonistes et violoncellistes.ll suffit de rappeler les interprétations magistrales des \u201cPartita\u201d de Bach pour vio- loncelie par Pablo Casals.Pour l'auditeur, elles apparaissent soit comme des platitudes suprêmes, des inepties, soit comme des sommets de l'expression musicale.Isaac Stern en a donné une interprétation très dense.Personne n'a dormi durant son interprétation.Il a su allier la pureté de l'expression à une sonorité très riche.On peut parler de puissance d'expression.Pourquoi jouer du Bela Bartok dans ce qu'il a de moins intéressant ?Des bruits percutants, quelques mélodies qu'on suppose, etc.Ensuite des mélodies de salon du compositeur Dvorak: trés jolies et d'après le murmure approbateur, hautement appréciées par les \u2018\u201cmadames\u201d d'un âge certain.Le tout interprété selon la \u201cmentalité\u201d !!! Enfin une pièce de grande virtuosité.Etait-ce nécessaire pour démontrer la technique de ce grand violoniste ?Heureusement, il y avait quelquefois une partition de piano.Alexandre Zakin nous a semblé un accompagnateur très consciencieux.Dans la Sonate de Beethoven, nous aurions espéré un jeu plus \u201cconcertant\u201d et moins esclave du violoniste.Toutefois, dans les piéces de Bartok et Dvorak, sa partition trés bien rendue, semblait plus intéressante que celle du violon.Espérons que Monsieur Stern nous reviendra avec un programme plus classique i.e.Bach, Beethoven, etc.Lucien LORIOT | En vente au RI PROGRAMME BACH La Société Artistique de l'A.G.E.U.M.L'Ass.des Etudionts de la Faculté de Musique présentent l'ensemble Couperin-le-Grand GAIL GRIMSTEAD flôte EUGEN HUSARUK, violon MICHAEL CARPENTER, violoncelle TARAS GABORA, , violon BERNARD LAGACE clavecin au programme: Sonate en sol majeur _ Es Masco GRAND SALON ou CENTRE soa et Pen » NILV1 ¥313VND 31 \u2014 9961 YIIANVYI OZ * \u2014 20 JANVIER 1966 LE QUARTIER LATIN ( LES LETTRES ) ONIMUS, les lettres et la vie Dans son dernier recueil, Jean Onimus, parle de l'enseignement des Lettres et de ses rap- noris avec la vie.Ce n'est pos un traité laborieux qu'Onimus nous propose, mais une simple conversation, comme en témoigne le style question-réponse employé par .l'auteur.Style familier, style impeccable aussi.Un professeur livre ici ses réflez\u2018ons sur le métier, il faut redéfinir le rôle du professeur de Lettres.Qu'est-ce que l'enseignement des Lettres ?Une vénérable tradition scolaire ?Un exercice de style ?Un contact avec l'âme d'une culture ?Une école de l'imagination et du coeur ?Un cours de psychologie ou de morale ?Ou tout cela à la fois.Impossible, bien entendu de parler de tous les problèmes soulevés par l'auteur; d'ailleurs Onimus touche à fous les points délicats de l'enseignement de la littérature, Pourquoi n'enseigne-t-on pas la philosophie à nos élèves en rhétorique, et même dès les classes précédentes ?Au moins ne pourrait-on pas leur donner quelques aperçus de celte matière fondamentale, on ne commence pas seulement à se poser des questions disons métaphysiques à l'âge de dix-sept ans.Qu'est-ce au juste que l'en- scignement des lettres ?Onimus en arrive à la juste conclusion que ce n'est pas uniquement l'étude de la technique littéraire mais aussi et surtout la science de la vie, qui exige de l'étudiant el du professeur une série de connaissances annexes, \"\u201cN'avons-nous pas eu tort de prendre la littérature pour une fin en soi ?\" (p.28).C'est une discipline qui exige du \u2018lettre\u2019 au moins quelques idées en matière de civilisation, de psychologie, de morale, de philosophie, d'art.Il faut cesser de bourrer les crânes des élèves avec cet éternel Art Poétique de Boileau et celte préface de Cromwell: peut-être aussi est-ce temps de réduire l'étude des classiques pour augmenter l'importance accordée oux contemporains, moins \u2018\u2019profonds\u2019\u2019 d'aucuns di- sont (moins classiques !) mais certainement bien plus intéres- sens.Jean Onimus ; L'enseignement : eu; ed des'Lèttr Et nous arrivons enfin à une considération essentielle: qui est le professeur de littérature ?Onimus \u2014 et on peut lui donner raison \u2014 tend & faire du professeur de lettres un homme qui montre & ses jeunes éléves la réalité de l'existence.Certes c'est connu, c'est banal, mais que chacun jette un regard sur son passé et plus particulièrement sur son ancien professeur de lettres.avec le recul des années, que dire de ce professeur qui vous faisait réciter par coeur toutes sortes de choses incomprises, qui vous faisait lire des oeuvres horripilantes, enfin qui vous faisait croire que la littérature n'était qu'un fardeau gênant, et même un poids inutile.N'eût-il pas mieux valu que ce professeur, que ce docteur redescendit des sphères célestes de la liitéraiure de l'Académie et vous fit goiter une oeuvre, l'aimer, la comprendre, et qu'il vous communiquât le désir de créer à votre tour ?En somme il faut choquer l'étudiant, lui montrer du \u201cnouveau\u201d, un nouveau qui le touche très directement, même intimement (\u2018\u2019mais que le professeur se défende d'atteindre la volonté et d'agir sur l'âme: il se rendrait coupable d'un grave manque de discrétion\u2018) (p.3); Onimus dit même: \u201cJe préfère encore ce philosophe du désespoir à un esprit mort qui ne saurait donner lo vie à un autre esprit et qui, par son conformisme béat, condamne ses éléves & neuf mois de léthargie.\u2018* S'il fallait juger du succès des méthodes d'enseignement d'après la vivacité, la joie en classe et la curiosité des élèves ne dirait-on pas que jusqu'à présent l'histoire de l'éducation est l'histoire d'un fiasco ?Chacun de ces jeunes garcons qui sont devant vous, professeurs, qui vous regardent et vous écoutent, est un Rimbaud en puissance mais que n'êtes-vous pas lzambard ! Le livre d'Onimus est assez court, bien écrit et agréable à lire, très vrai parce qu'il soulève de nouveau les grands problèmes de l'enseignement surtout celui des rapports entre lo littérature et la vie car: \u201cLe meilleur moment des amours N'est pas quand on a dit: je [t'aime.\u2018 François HEBERT CLAUDEL, vu par André Vachon Professeur à la faculté de Lettres, André Vachon s'est mérité récemment le prix France-Canada pour une oeuvre colossale intitulée le Temps et l\u2019espace dans l'oeuvre de Paul Claudel.S'il faut en croire l'auteur, le temps et l\u2019espace claudéliens ont deux dimensions: une premié- re dimension cosmologique, prolongée à partir du Soulier de satin par un dépassement des catégories spacio-tempo- relles \u2014 dépassement qui s'opère parallèlement à une \u2018\u2019seconde naissance\u2019\u2019.Pour le bénéfice des lecteurs, voici en quels termes incisifs André Vachon résume sa pensée dans les derniers paragraphes de l'ouvrage: \u201cLa véritable naissance de l'homme ne se situe pas au commencement mais au milieu de lo vie.Lo première naissance n'est qu'un événement du monde cosmologique, tandis que la seconde est un événement spécifiquement humain: il a pour matière la liberté personnelle, et elle seule.De la même manière, la véritable mort de l'homme n'est-elle pas celle qui termine lo vie temporelle, puisqu'il s'agit encore là d'un incident purement cosmologique, indépendant de la volonté humaine.C'est bien plutôt au milieu de la vie, au moment où précisément il commence à noi- tre, que l'homme commence aussi à mourir réellement.L'expérience humaine fondamentale tient donc toute dans un certain \u201cmilieu de la vie.Mais ce milieu, justement, ne peut être central à la manière d'un point ou d'un axe, dans l'espace objectif.En effet, que promet l'expérience de la seconde naissance ?Tout d'abord, la pleine possession de soi.Mais toutes les fois que l'expérience est sur le point d'être achevée, elle manifeste la radicale impossibilité où elle est de se réaliser effectivement.Si bien que la \u2018pleine possession\u2018 de soi consiste, pour cet homme exemplaire qu'est le héros claudélien, à \u2018 voir très lucidement qu'il ne se possède pas encore, et que l'expérience est à recommencer.En d'autres termes, l\u2019expérience du \u2018milieu\u2019 de la vie consiste à voir nettement, au-delà de toute représentation imaginative, que le \u2018milieu\u2019 n'est pas là où on avait cru pouvoir le localiser.\u201cTout ceci est encore plus sensible dans les deux expériences qui médiatisent celle de la possession de soi: la possession de la femme et la possession du monde.Il est clair que pour Claudel, et depuis Une mor! prématurée, le sens profond et dernier de l'amour, c'est l'impossibilité de l'amour.Au moment précis où les héros claudéliens possèdent !a femme, ils apprennent qu'ils ne la possèdent pas, et qu'ils ne pour- ron! jamais la posséder.De mè- me apprennent-ils qu'ils ne possèdent pas le monde, au moment précis où ils croient enfin épouser, de tout leur corps, la totalité du monde.En un mot, posséder, c'est savoir qu'on ne posséde pas.Cette expérience est particulièrement nette, lorsqu'elle s'applique à la possession de Dieu.Nous avons montré, à tous les niveaux de l'oeuvre de Claudel, combien cette possession est négative, comme elle l'est chez.les mystiques.Pour - Violaine, \u2018Dieu est celui \u201cqui n'est pas là\u2018, et c'est précisément en cela que consiste l'expérience religieuse de Clau- del, dons ce qu'elle o de plus profond.À nos yeux, la vérité majeure qui se dégage de l'oeuvre de Claudel peut être formulée de la manière suivante: pour l'homme, la seule manière réelle de posséder quoi que ce soit \u2014 et Dieu lui-même \u2014 consiste précisément à reconnaître, en toute lucidité, qu'il ne possède pas\u2019.(André Vachon, Le temps et l'espace dans l'oeuvre de Poui Claudel, éd.du Seuil, 1965, pp.429-30.) 472 est, Craig 845-4779 | Attention spéciale eux étudients LA RELIGION DE MAURIAC Critique d'une critique des Mémoires intérieurs de Mauriac Il arrive quelquefois à un professeur de la Faculté des Lettres d'appeler ses étudiants \u201cdes professionnels de la littérature\u2019.Ce qualificatif m'a déterminé à ne pas laisser sans écho divergent l'article de M.André Ber- trond intitulé: \u2018\u2019Mauriac octogé- noire\u201d, paru dans Le Cahier du 13 janvier.Je ne suis pas le seul à avoir remarqué le jugement négatif et sommaire porté sur la religion de Mauriac.Selon André Ber- \u201cen définitive et malgré Mauriac reste un De quels tra- trand, ses travers, grand écrivain\".vers s'agit-il ?Entre autres choses, l'article reproche à Mauriac d'être \u2018un adorateur\", de croire que \u2018l\u2019homme est ou centre de la nature et de l'univers\u2018 et que \u2018le monde entier participe de lo rédemption\u2019 du Christ crucifié.Aussi étrange que cela puisse poraître, il reproche à Mauriac d'être chrétien comme il pourrait le reprocher à Pascal, Péguy ou Bernanos.Il parle ensuite du \u2018dieu de François Mauriac*.Ce qui s'appelle \"Dieu\" avec une majuscule devient pour lui \u2018\u2018un travers\u2019: revenons à la minuscule des dieux grecs.Comme une tendance contemporaine l'invite à le faire, il refuse la transcendance.LEON BELLEFLEUR, dont la Galerie du Siècle exposc Ccite semaine les oeuvres récentes.Mais nous voilà rendus fort loin de l'auteur des Mémoires intérieurs.Le critique peut bien penser ce qu'il veut des idées chrétiennes \u2018et de la conception du monde de Mauriac.Mais il doit respecter les convictions de l'auteur qu'il critique.Et le malheur veut que le critique qui aborde une oeuvre sans sympathie profonde pour les options fondamentales de l'auteur risque de s\u2019aventurer sur de fausses pistes ou de présenter de graves erreurs d'interprétation.Dons l'article précité, je relèverai deux jugements qui me paraissent particulièrement faux, bien que plusieurs lecteurs les auront reconnus comme particulièrement vrais.Mauriac croit que l'homme est au centre de la nature et de l'univers.Selon mon confrère, \u201ccet anthropocentrisme est puéril en ce qu'il est provoqué chez un vieillard de 80 ans, par un retour à l'enfant qu'il fut jadis et à l'éducation qu'il reçut alors\u201d.Et plus loin: \u2018la religion\u2026 est pour le vieillard Mauriac un retour à l'enfance\u2019, ll ariive qu'on dise d'un vieillard qui \u2018\u2018radote\u2019\u2019: \u201cll retourne en enfance\u2018.L'article le suggère à propos de Mauriac.C'est là une impertinence qui fait sourire.Et en plus d'insister pesamment sur l'âge de Mauriac, l'auteur déforme une vérité essentielle de la pensée chrétienne.Pour un chrétien, le mouvement vers lo maturité humaine s'interprète d'un mouvement vers la maturité de la foi.Tendis que sur le plan humain la ma- à votre SERVICE DE PLACEMENT UNIVFRSITARE \u201cles 26 0127, jonvier 1966 CARRIÈRES D'AVENIR L'OFFICE NATIONAL DU FIM Nous offrons une carridre intéressante dans un secteur particulièrement dynomi- la diffusion des films de l'ONF par les cinémas, lo télévision, les maisons | d'enseignement o les organismes commu- | que:: nautaires.\u201cle travail permet a évoluer dans un milieu social et culturel;'il favorise le développement personnel et conduit rapidement &: des postes supérieurs.\u2026.\u201cInscrivez-vous pour une entrevue Ou .4, \u2018adressez vos demandes de renseignements au.: éprouvé aussi turité consiste à conquérir l'autonomie, sur le plan religieux, elle consiste paradoxalement à être toujours plus sensibilisée au fait que l'homme adulte dépend de Dieu comme un enfant dépend de son père et de sa mère.Cette enfance nouvelle de l'innocence recouvrée dont parle Péguy est le fruit d'une conquête alors que l'enfance première - était donnée gratuitement.C'est de cette enfance-là qu'il s\u2019agit pour Mauriac.Parler ici de puérilité c'est tomber dans le piège des mots, être superficiel et passer .à côté du problème.Mauriac lui-même avoit prévu le contresens quand il écrivait dans un de ses Bloc-Notes du Figaro littéraire, le 28 juillet 1965: \u2018Je m'en tiens à mon premier regard sur Dieu, à mon regard d'enfant.\u2018Si vous ne devenez semblables à l'un de ces pelils qui croient en moi.\" Si vous m'accusez d'infantilisme, je me moque de l'accusation parce que ce regard de l'enfant sonde en réalité un gouffre de lumière .L'auteur de l'article interprète enfin très sommairement l\u2019attitude de Mauriac devant le sexe.En effet, \u201clo religion sensible au coeur entretient l'horreur du sexe.Il (Mauriac) ment quand il affirme \u2018\u2019qu'aîimer les corps ce n'est pas aimer les êtres\".En plaçant lo cause première de cette méfiance du sexe dans lo religion, je crois que mon confrère commet une simplification abondamment partagée.Mou- riac lui-même a reconnu qu\u2019il avait des tendances jansénistes et il ne s'en vantait pas, au contraire.Mais qu'on n'oublie pas l'expérience humaine qui a provoqué cette méfiance et qui, d'après moi, est fondamentale.Parlant de ses nuits au Boeuf sur le toit durant les foiles on- nées 20, Mauriac écrit dans ses Mémoires: \u2018Je retiens seulement que de cette bacchanale montait une vapeur funeste et qu'il n\u2019est pas étonnant que demeuré chrétien, même quand je cé- dois & lo folie commune, j'aie l'homme averti qui soit que le peste est à bord\".Sans doute, Oui, sa religion lui refusait les excès des années toiles: à Paris.\u2026 Mais lei, Méuriec dit simplement \u2018que l'homme evertt, l'humoin en y i, Jo dignité: de la conscience \u201chumaine, s'opposent & 0.be - crainte le débouche Biren: l'angoisse de te et à l'orgie.Comme un excès dans un sens conduit souvent à un excès dans un autre, la honte qui suit la bacchanale, honte d'abord humaine avant d'être religieuse, à mené à la méfiance devant le sexe.Mais alors, dans le contexte du Boeuf sur le Toit, quand Mauriac offir- me \u201c\u2019qu'aimer les corps, ce n'est pas aimer les êtres\u201d, il ne le fait pas dans l'absolu, il a roi- son et ne ment pas: il s'appuie non pas d'abord sur sa religion mais sur une expérience humaine.L'accusation de mensonge tombe donc dans le vide.À mon avis, ce n'est pas \u201cla religion sensible au coeur\u201d qui \u2018\u2019entretient l'horreur du sexe\u2019, si horreur il y a, mais le souvenir d'expériences personnelles et le spectacle quotidien des égarements des hommes.Au contraire, cette religion invite & l'oubli du pardon.Une entrevue d'André Frossard dans le Figaro du jeudi 14 octobre 1965 rapporte: \u201cIl (Mauriac) n'a pas de crainte.Une parole de saint Jean la lui a depuis longtemps Stée: \u201cSi votre coeur vous condamne, Dieu est plus grand que vot.» coeur\u2019.L'article de M.Bertrand donne une interprétation défavorable et biaisée du retour à l'enfance et de l'attitude devant le sexe chez François Mauriac.Il fout être en sympathie ovec le monde d'un écrivain pour le comprendre.Et Mauriac est chrétien, bien qu'il le soit très imporfaitement et il est te premier à le reconnaître, et sa pensée se meut dans un contexte évangélique.Et si M.Bertrand refuse ce contexte, il serait préférable qu'il s'abstienne de porter sur des auteurs chrétiens des jugements sommaires qui le disqualifient comme critique littéraire el nous renseignent plus sur ses progres négotions que sur les auteurs eux-mêmes.Pour te-miner, et pour le consoler du\u2019 vaste champ de lo littérature Qu'il se condamne à méconnai-: tre \u2018ou à connaître de l'enté- rieur, je lui rappelle le grond nembre' d'auteurs contemporains qui, de Camus à Sartre en pos- sont por lonesco et Beckett; comme: on.le soit, sont foul ay tre chose que des \u201c\u2019adorateuré dau ni ne redotent, pe RE \u2014 9961 Y3IANVEK- OZ * NILVT WaLLYVNO 31 * \u2014 20 JANVIER 1966 LE QUARTIER LATIN NOTRE CHOIX Es \u201cLe Dernier des Hommes\u201d de Murnau, est présenté sur l'écran démoniaque.Aujourd'hui, à la salle Claude-Champagne, les Jeunesses Musicales du Canada présentent le trio Forrester, .directly from Tchekoslo- vaquie.Samedi après-midi, à la Co me d i e-Canadienne, pour la jeunesse étudiante, le quatuor Paganini.aussi bon que le quatuor hfliard\u2026 théâtre Dans une mise en scène de Paul Buissonneau, au Théâtre de Quat'sous ct avec Louise Latraverse, Guy Godin, Pierre Boucher, Luc Durand, Yvan Canuel: \u201cLa Florentine\u201d, comédie de Jean Canolle.un superbe petit thèâtre, un spectacle éblouissant\u2026 \u201cJeanne et les juges\u201d est à l'affiche du Gesù.Production de la Nouvelle Compagnie Théâtrale, cette pièce est interprétée par Michèle Rossignol, Henri Norbert, Nathalie Naubert, Françoise Gratton, ctc.Mise en scène de Georges Groulx.pour ceux qui aiment les feux de joie.Aux Saltimbanques, \u2018Les Troyennes\u201d d'Euripide.Misc en scène d'André Brassard.0 Greenwitch Village, unc troupe présente \u2018Les Troyen- to nes\u201d depuis deux ans.Le méme succès eux Saltimbanques ?.\u2026.De Félix Leclerc, \u201cLes Temples\u201d, à la Comédie Canadienne.Mise en scène d'Yves Massicotte, avec Gaétan Fraser, Robert Gadouas, Ovila Lé- garé, Janine Sutto, etc.\u2026les Temples ouront-ils le même sort que \u2018\u2019La Cathédrale\u201d de Jean Desprez P.Le Théâtre du Nouveau Monde présente à l'Or- phéum, \u201cMère Courage\u201d, de Bertolt Brecht.Mise en scène de John Hirsch.Avec Denise Pelletier, Jean Gascon, Albert Mil- laire, Dyne Mousso, etc.pour Denise Pelletier et Dyne Mousso.Avec Paul Dupuis, Hélène Loiselle, Andrée Lachapelle et François Ro- zet, l'Egrégore présente \u201cL'Oncle Vania\u201d, de Tchekov.Mise en scène de Lionel Villeneuve.un Paul Dupuis discutable, mais une mise en scène intéressante.Scene carnavalesque des Temples de Félix Leclerc -qui à la Comédie-Canadienne.Si > 4 ® Depuis le 15 janvier, le Théâtre du Rideau Vert présente au Stella \u201cL'Etourdi\u2019\u2019, de Molière.Avec François Cartier, André Caillour, Jean Per- raud, Régen Roy, etc.\u2026Ôpour Jean Dalmain et Jean Perraud.Beaucoup de clos- se.\u201cIsabelle\u201d, de Pierre Da- genais est à l'affiche du Théâtre de la Place Ville- Maric.Avec Yves Létour- neau, Jacques Godin ct Jean-Pierre Compain.\u2026Bonne pièce; sur Dagenais- pamphlétaire, lire l'article d'André Bertrand dans nos pages.L'Ecole Nationale de Théâtre présente au Monument National, \u201cLe \u201cPlus Heureux des trois\u201d d\u2019Eugène Labiche.Avec Jérôme Tiberghien, Armand Labelle, Robert Charlebois, André Ber- nier, etc.Mise en scène de Gaétan Labrèche.Au piano: Jean-Marie Cloutier, .un bon vaudeville pour se détendre et voir les comédiens de demain.beaux-arts © A la Galerie Art Den (ex-galerie Dresdnère) : \u2018Talents connus et nouveaux talents canadiens\u201d.Jusqu'au 31 janvier.mieux que les talents Catelli, évidemment.Au Musée d'Art contemporain, \u2018Collections du Musée\u201d.l'éventail qu'on y présente se place sous le signe des manifestations très voriées de lo sensibilité plastique.Les voriations dynamiques et solutates d'artistes contemporains.A la Galerie du Siècle, ocuvres récentes de Léon Bellefleur.\u2026les envoûtantes images d'un ailleurs indétinissable\u2026 Jusqu'au ler février, à la Galerie Libre, \u201cpeintures organiques cinétiques\u201d, de Serge Lemoyne.\u2026ûctuellement peintre- technicien du \u2018\u2019Zirmate\"\u201d qui groupe de jeunes chercheurs dont la perspective est de synthétiser différentes expressions individuelles pour en arriver à un art de toto- lité.ou: les esprits de Frede- rico.© Au Palace, le dernier James Bond: \u201cThunder- ball\u201d.\u2026pour les amateurs de gadgets et de femmes: l\u2019art fantastique du XXe siècle.© A la Cinémathèque cana- dicnne, aujourd\u2019hui :\u201cLes goldeturcaux\u201d, de Claude Chabrol et \u201cMetropolis\u201d de Fritz Lang (sous- titres français).Lundi, le 24, à 6 h.30: \u201cMabuse, le joueur\u201d, de Lang; à 9 h.: \u201cAn American Tragedy\u201d, de Joseph von Sternberg.Mardi, le 25, à 6 h, 30: \u201cMabuse, le démon du crime\u201d, de Lang; à 9 h.: \u201cShangai Express\u201d, de von Sternberg.Et mercredi prochain, le 26, à 6 h.30: \u201cLe dernier des hommes\u2019 de Friedrich Wilhelm Murnau.À 9 h.: \u201cThe Scarlet Empress\u201d, de von Sternberg encore.(LE CAHIER ) cinéma ne fera pas long feu Au cinéma Westmount, \u201cDarling\u201d, du réalisateur John Schlesinger, a qui l\u2019on doit l'excellente co- Liar\u201d.«un moment que l'on passe en bonne compagnie.Au cinéma Parisien, \u201cLe Corniaud\u201d, avec Bourvil ct Louis de Funés.grand succéds & Paris.Promet de nous bien faire ri- poler.A l'Alouette, \u201cThe Agony and the Ecstasy\": Vie de Michel-Ange et de son Süles.ou début, un excellent documentaire sur les oeuvres de Michel-Ange.Au Cinéma de la Place Ville-Marie, le dernier Fellini: \u201cJuliette des es- \"+ prits\u201d.DES ARTS ET DES LETTRES DIRECTEUR : Daniel Saint-Aubin REDACTEUR-EN-CHEF : Jean Bélanger CHRONIQUEURS : le cinéma : Michel Beaudry la musique : Daniel Saint-Aubin le théâtre Jean Bélanger les lettres : André Bertrand les disques : Jérôme Breton les beaux-arts : Raymond Charland RÉDACTEURS : i Henri Fricks, Marie- ¥ Claire Lanctôt, Nicole £ Brossard, André Cas- © sagne, Ivan Steenhout, François Hébert, Pier- re-Louis Guertin, Fran- ce-Marie Lupien.PHOTOGRAPHE : Serge Proulx © LE CANWIER des arts et des lettres est publié chaque jeudi par LE QUARTIER LATIN."]
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