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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
jeudi 10 février 1966
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Références

Le Quartier latin, 1966-02-10, Collections de BAnQ.

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[" KF JOHNSON A HONOLULU La priorité aux 0 I» bile Sin foie of lalsser broire ma MONTREAL \u2014 affaires internationales de I' A GEU.M.: La gratuité scolaire dés septembre! ou: La gréve \u2014 Le refus de payer les frais de scolarité SITUATION GENERALE Malgré dix ans de définition des solutions aux problèmes financiers des étudiants, de présentation de mémoires aux gouvernements comme moyens de justifier nos revendications, d'étude économique pour démontrer la rentabilité de la gratuité, de conférences d'informations pour démocratiser la solution, après tout cela, le gouvernement s\u2019appreé- terait a donner une réponse négative a 1a gratuité scolaire.Après six ans de promesses du gouvernement libéral, après trois ans de négociations du comité consultatif étudiant, non seulement le parti au pouvoir ne semble plus penser à la gratuité scolaire, mais il est de forte rumeur qu\u2019il veuille imposer un système de prêt géné- .ralisé des plus rétrogrades; parce qu'il endettera les étudiants les plus défavorisés; des plus capitalistes parce qu'il est au service des intérêts banquiers; et des plus favorables à l'exploitation de l\u2019ouvrier par les futurs professionnels; parce que le gradué le plus endetté devra payer son dû le plus rapidement possible après sa graduation, donc ses tarifs professionnels seront plus élevés, et c'est encore l'ouvrier qui paiera.Ainsi le gouvernement poserait un geste de recul, nous devrons tout faire pour éviter cette catastrophe.Cette situation est inacceptable, l'AGEUM devra maintenant arrêter de théoriser sur le problème et devra passer à l'action rapidement.SITUATION GENERALE ET L'OPINION DE LA POPULATION La majorité des corps intermédiaires sérieux et reconnus se sont prononcés en faveur de l\u2019établissement d'un système global de gratuité scolaire.Tous les partis politiques québécois se sont mis d'accord sur cette formule de financement de l'éducation.La majorité du milieu étudiant y est favorable, au moins à long terme.Le long terme, pour nous il est terminé, ça fait dix ans, qu'on définit et redéfinit la gratuité scolaire.D'autre part, un sondage sur l'opinion qui fut effectué en 1959 démontre que 73 p.c.de la population est en faveur de la gratuité scolaire universitaire.C'est donc dire que la majorité des Québécois appuierait un projet de loi en ce sens.Cette décision, si le gouvernement la prenait, serait donc démocratique.Que veut-il de plus ?Qu'at- tend-t-il pour agir ?Si un gouvernement doit être représentatif des idées répondant aux besoins de ta population qui l\u2019a élu, devant l'accord de la majorité de ses électeurs en face de ce projet, de quel droit imposerait-il un système autre que celui qui est exigé ?TO FEVRIER 1966 Le long terme est terminé depuis dix ans.(Suite en page 6) L'U.G.E.Q., la gauche et les mouvements pacifistes y seront : us 4 + at pn am ot ge x Modèles Montréal, du 9 au 12 février 1966 Buts du projet Du 9 au 12 février 1966 les Nations-Unies Modèles à l'Université tiendront leur huitième session à Montréal.Seront délégués des étudiants venus d'universités américaines et canadiennes.Deux buts principaux nous sous-tendent l'organisation des Nations-Unies Modèles à l'Université: d'une part, familiariser l'étudiant et le public, qui aura bien voulu assister oux réunions, avec le fonctionnement de l'O.N.U, et de ses Nations-Unies a l'Université I'O.N.U., branche Ville- Marie M.Ross Snyth, Président de l'ONU, branche de Montréal Major Général G.Allard Quatre organes: Les Nations-Unies Modèles reproduiront intégrale- S.V.P.\u2014 Cous Internationale de Justice: Cette année les N.U.M.U.ont mis sur pied, de pair avec l'Assemblée Générale, le Conseil de Sécurité et le Conseil Economique et Social, une Cour Internationo- le de Justice, 2 divers organismes; d'autre pari, permettre à l'étudiant \u201cde \u2018discuter de problèmes \u2018[\u2018internotionoux.afin.\u201cManifestation contre la \u201c guerre au Vietnam Montréal (PEN) \u2014 L'Union gé- néralc des étudiants du Québec ne néglige pas les questions internatio- noles malgré son intérêt prioritaire pour les questions étudiantes et québécoises.La Centrale étudiante participera le 18 février prochoin à une manifestation monstre devant le consulat américain, Mc Gregor, à guerre ou Vietnam.Plus précisément, la monifesta- tion pacifique vise à désapprouver la politique d'intervention oméri- caine au Vietnam et, en second Montréal, contre la lieu, 0 proner Vauto-détermination Robert Nelson, président de I'UGEQ de ce petit peuple du Sud-Est asio- tique.M.Daniel Latouche, vice-président aux affaires internationales de l'UGEQ, affirme que cette manifestation revêt au moins autant d'importance que celle qui avait eu lieu en avril 1965, devant le consulat américain, en signe d'appui oux Noirs des Etats-Unis qui luttent pour leur libération.Lo manifestation à laquelle participe l'UGEQ est organisée conjointement par l'Union étudiante et divers mouvements pacifistes ou de la gauche québécoise.D L'Association des jeunes Scientifiques menacée de disparition Montréal (PEN) \u2014 A la suite d'une décision quali- fide de \u201ctechnocratique\u2019\u2019 por le président des Jeunes scientifiques, M.Pierre Legendre, l'Association qu'il dirige se voit menacée de disparaître, faute de moyens financiers.Un haut fonctionnaire du ministère de l'Éducation, M.Joseph Pagé, sous-ministre associé, est le \u201ctechnocrate\u2019\u201d dont parle M.Legendre.L'A.JS.a pour but de promouvoir l'intérêt pour les sciences en milieu étudiant et de favoriser l'avancement des jeunes qui sont déjà sensibilisés face aux sciences.Après 3 ans d'existence, avec de modestes moyens, l'A.J.S.a déjà à son actif des réalisations prometteuses: la publication de bulletins spéciolisés et de documents de base et lo création Toutefois, le problème financier actuel oblige le mouvement à demander l'aide de l'ACFAS (Association canadienne-française pour l'ovancement des sciences).Or, l'AFCAS refuse; elle refuse de donner plus que $500, \u201cle coût de deux poteaux de téléphone pour préparer la prochaine génération de scientifiques au Québec\u201d, commente cyniquement M.Legendre.Le trovoil de 3 années, conti- nue-t-il,- se trouve remis en couse et le déblocage qui s'amorçait dans les activités scientifiques extra-scolaires est sérieusement freiné.M.Fernand Seguin, lors d'une conférence publique durant la Semoine-Sciences, ne disoit-il pas que l'une des caractéristiques d'une notion sous-développée est son incapacité scientifique collective, À cet égard; le Québec est sous-développé he BR mais pis encore, ajoute M.Legendre, il ne semble pas vouloir en sortir.Il apparait donc une fois de plus que les dirigeants de Québec soient en retard sur la pensée de ceux qu\u2019ils appellent avec hauteur \u2018les non-instruits'\u201d, ojoute M.Legendre.C'est pourquoi, l'Association des jeunes scientifiques fait appel à ceux qui seuls détiennent l'autorité: les payeurs de taxes, puisque le régime ob nous vivons est démocratique.Les dirigeants de l'AJS invitent donc les industries et les citoyens à faire por- \u201cvenir, leurs contributions à l'Association des Jeunes seitntifiques, CP.6,660, Montréal.Faute de quoi force leur sera de disparaître, et avec eux, certains de ceux qui ouraient pu devenir les hommes.de science dont le \u201c3 \u201cQuébec.o.un n urgent.besoin.= A l'Expo les étudiants ne sont pas des jeunes! La compagnie de l\u2019Expo à émis dernièrement un passeport spécial pour les jeunes de 13 à 21 ons.Ce passeport, qui somme toute est une bonne initiative devrait plutôt s'étendre à toute la population étudiante sens distinction d'âge.C'est ainsi que l'UG- EQ, opris une brève étude de la situction, réalise que quelque 34,- 000 étudiants de l'union ne pourrsient bénéficier d'un teux réduit puisque le 28 avril 1967, il dé- pusseraient 21 ens.C'est ce qui incite l'union gé- nivale dos étudionts du Québec, on collaboration avec ls \u201c\"Conedion Union.of Students\u2019 à demander eux dirigeents de l'Expo de reviser leur position ét pulation spéciale à ce passeport, l'ensemble des étudiants.On apprend aujour- d'hui, de M.Pierre Le- françois, vice-président aux affaires publiques de l'UGEQ, que la proposition à été rejetée et que les dirigeants de l'Expo ont maintenu leur décision, en élergissant que de six mois l'âge limite pour le passeport \u2018\u201cJEU-* NESSE\u201d.On ne seit pes encore quelle seru l'attitude de l'UGEQ et de le CUS vie- : é-vis le résultat des lon- de concldirer comme.pe: ques méditetions de ces MESSIEURS de l'Expo.N.B.: On pout comme.niquer avec.l'Expo, on composent ce aumére: EX-P-1967.u \u2019 \u2018Jesn-Louis POIRIER SES ape \u2018mieux comprendre \u2018| us sence.jot le projet a été mis sur collaboration d'étudiants pied cette année gâce à la collaboration d'étudiants de: l'Université de Montréal, McGill University, Sir George Williams University, Loyola College, auxquels l'Association des Nations - Unies (section Montréal) accorde son en- fier appui.La coordination et la bonne marche du projet est assurée par un comité exécutif, formé d'un président, M.Claude Leman (U.de M.) et d'un vice-président, Nestor Brisco (Sir G.Williams), de même que de deux délégués de chacune des universités et! collèges précités.L'Organisation du projet a été confiée à un certain nombre de comités dont les principaux sont les suivants: \u2014 Comité des résolutions, \u2014 Comité des délégo- tions, \u2014 Comité de réception, \u2014 Comité des finances, \u2014 Comité de soilicita- tions, \u2014 Comité des aviseurs diplomatiques, ~\u2014 Comité de publicité, \u2014 Comité d'odministra- tion, Honorable Lester B.Pear; Conada Patrons d'honneur bec be ESA de Montréal ae dente do\u2019 FA ey d'en Organisation interne du pro- Honorable John Diefenba:.het, Chef de Vopposition.- , \u2018Honorable Jeon Loue \u2018maître Jeon Orepoay, Mois, cs a \u2018Mme : Biuno.abit 5.Comme les gronds.ment cette année quatre organes: \u2014 L'Assemblée Générale, présidée par Maître Jac- ques-Yvan Morin, professeur à la faculté de droit à l'université de Montréal.Le Secrétaire Général sera Jacques Restoul, étudiant en droit.\u2014 Le Conseil de Sécurité groupant 15 pays, se prononcera sur la question de Rhodésie.\u2014 Le Conseil Economique e?Social, groupant 27 pays, se prononcera sur fo désalination des terres des pays en voie de dévoloppement, et sur le proj ième des ques.norcoti- Tables Rondes Pannélistes: 2:00-5:00 p.m.son, Premier Ministre \u2018du, A \u2018 NATIONS UNIES MODELES A.L'UNIVERSITE TABLES RONDES ET CONFERENCES Le tribunal composé de sept juges, choisis parmi les personnalités canadiennes et américaines des Affaires Internationales, sera présent.Le problème discuté sera celui des crises d'eau de Chicago.Il s'agira de déterminer si cette utilisation des eaux du Lac Michigan est abusive, et si oui, quels sont les remèdes appropriés à lo répartition des préjudices causés.Les deux parties au litige étant le Canada et les Etats-Unies, leurs intérêts respectifs seront représentés par des étudiants canadiens et oméricains.@ (Communiqué) \u2014 Opérations pour le maintien de la paix Jeudi, le 10 février, Collège Loyola, 9:00-11:30 a.m.\u2014 Brien Edward Urquhart \u2014 = Mojor Williom West \u2014 Lieutenant-Celenel J.EA.J.Ge : =\u2014'Commedore de l'Air, W.K.\" Cor \u2014 Colonel J.Berthieume \u2014 Foim, Population et Droits humains Vendredi, le 3) février, Université, de Montréal, De Le VAS : Li.CE et, 0 PAGE 2 © LE QUARTIER:LATIN \u2014 10 FEVRIER 1966 Une enquête sur le racket des écoles privées \u201cApprenez un métier rapidement et gagnez de gros salaires !\u201d Qui n\u2019a lu un de ces jours, dans les journaux, ces pleines pages d'annonces presque indécentes, vantant les mérites de telle ou telle école professionnelle privée ?Cours du soir, du jour ou par correspondance.Cours toujours, mon lapin, avec ton diplé- me sans valeur, pour obtenir un emploi sur le marché du travail.Ces écoles privées d'enseignement spécialisé gangrènent la métropole et le Québec.On en compte plus de 1,600 dans la seule région de Montréal.Elles promettent mers et monde à des jeunes mal orientés, trompés par une publicité malhonnête, qui ne savent pas que dans 95% de ces Ecoles, les diplômes ne sont pas reconnus par le ministère de l'Education, des jeunes donc qui veulent apprendre un métier rémunérateur, en un court laps de temps, et qui se retrouvent, comme on dit, le bec à l\u2019eau.C'est ainsi qu\u2019un jeune décide de suivre un cours de dessin commercial, par exemple.Il débourse parfois des frais de scolarité et de pension (s'il vient de I'extérieur) carrément disproportionnés avec ses moyens financiers.I! obtient le diplôme tant convoité et postule un emploi, croyant en Connaître assez long en dessin commercial.I! se fait répondre trop souvent qu'il est tout juste bon à essuyer les pinceaux.ror Ce témoignage est véridique.I! fait partie d'un volumineux Dossier compilé par la Jeunesse ouvrière catholique (JOC), qui a enquété depuis quelques années sur le Racket des écoles privées de métier industriels et commerciaux.Nous avons eu accès à ce Dossier, dont le Quartier Latin a reproduit de larges extraits.Les témoignages de désenchantement y ahondent.Des centaine, des milliers de jeunes travailleurs avaient accumulé, dans des emplois de gagne-petits, un certain montant d'argent.lis désiraient se spécialiser dans un métier en suivant des cours \u201crapides\u201d à une école professionnelle privée.Au bout du compte, on les retrouve sans argent, avec un diplôme de pacotille, souvent chômeurs.Ces jeunes travailleurs ne se font plus d'illusions: ils sont conscients désormais d'être exploités non seulement sur le marché du travail mais également sur ce nouveau \u2018marché\u2019 de l'enseignement privé des métiers, par des commerçants de l'éducation souvent plus capitalistes que les \u201cpatrons\u201d.Car I'enseignement, il ne faut plus se le cacher ,est en passe de devenir un commerce lucratif et le ministère de l'Education ferme pudiquement les yeux sur cette détérioration, malgré tous les mémoires du monde, surtout ceux de la JOC.La vente de cours techniques est florissante, les cours sont ravalés au rang de marchandises et l'étudiant réduit au rôle de consommateur.ç \u2018 Ca Sabo Le plus scandaleux dans toute cette affaire, c\u2019est bien que le ministère de l\u2019Education laisse ces écoles faire leurs ravages: on ne fixe pas de normes pour les cours et les frais d'admission.Pas de qualifications pour les professeurs.Pas de politique de placement pour les finissants de ces écoles.On ne réglemente pas la publicité.Il est vrai que le ministère de l'Education a déjà plusieurs chats à fouetter, avec la politique d'emplois qu'il doit mettre en oeuvre pour les étudiants des écoles techniques et de métiers gouvernementales, après la grève de 27, d\u2019entre eux.Mais ça ne nous apparaît pas une raison valable pour laisser une foule de \u201cpirates\u201d, à bord du \u201cbateau\u2019\u2019 des écoles privées, continuer d'écumer sans vergogne, en toute liberté d'exploitation.La JOC a soumis déjà mémoire sur mémoire aux autorités prétendûment compé- etntes.Et l\u2019'UGEQ vient à peine de se préoccuper de ce secteur de l\u2019enseignement, avec la mémorable \u201caffaire\u201d du Studio 5316 Inc.À cette Ecole, c'est le renvoi d\u2019un étudiant désireux de créer une Association générale qui a motivé l'intervention du Syndicat national des étudiants.Mais pourquoi voulait-on créer une AGE au Studio ?Tout simplement pour éviter que des professeurs compétents soient renvoyés sans explications et que l'opération se boucle sur le dos des étudiants.Le renvoi d\u2019un professeur qua- Est cet lifié qui a planifié son cours en liaison avec les débouchés sur le marché du travail, risque, comme bien l\u2019on pense, de jeter les étudiants mal préparés sur ce même marché.L\u2019UGEQ et la JOC doivent faire front commun contre les \u201cvendeurs de cours\u201d.Les syndicats ont par ailleurs intérêt à participer à cette bataille, eux qui ne se préoccupent pas assez de la défense des jeunes travailleurs.Le minimum à exiger du gouvernement est certes l'ouverture d\u2019une enquête complète pour étudier le bien-fondé, la valeur académique, les conditions et les frais d'admission, la publicité des écoles professionnelles indépendantes de la profession ou de l'enseignement spécialisé public.Plus encore, il nous semble qu\u2019il n'y a pas lieu de maintenir de telles écoles privées, si elles ne peuvent se soumettre à Ja fixation de normes par le ministère de l'Education.En ce cas, il y aura lieu de leur concéder un statut de suppléance, en attendant la création d'écoles officielles gouvernementales en nombre suffisant.S'il est un secteur de l'enseignement où l'intervention de l'Etat québécois est indispensable, c\u2019est bien dans ces eaux troublent où naviguent les \u201ccommerçants\u201d de l'éducation.© Louis FOURNIER La gratuité scolaire n\u2019est pas l\u2019accessibilité générale C'est vrai: l'accessibilité générale à l'éducation, c'est long, ça se dit moins bicn que \u201cla gratuité scolaire\u201d.Mais est-ce bien lila raison pour laquelle cette dernière expression revient si souvent alors que la première demeure la plupart du temps dans l'ombre?Si nous prenons la peine de nous poser cette question, c'est que l'une n\u2019est pas l'équivalente de l\u2019autre.Première différence, - primordiale, puisque c'est d'elle que découleront toutes les suivantes: l'accessibilité de tous à la science est un idéal, un but; la gratuité non.Qu'on nous comprenne bien: la gratuité de l'éducation peut être, ct est, de fait, pour nous, un objectif très important, pour la poursuite duquel on doit mobiliser des énergies considérables; mais ceci doit se faire dans un unique souci: assurer à tous qu'ils pourront parvenir à s\u2019instruire jusqu\u2019à la limites de leurs possibilités et duns les matières de leur choix, et ce, pour deux raisons fondamentales: parce que c'est un droit inuliénable de la personne humaine et aussi parce que la personne instruite représente une richesse pour la société où clle travaille.Le principe que nous venons de poser, si théorique qu\u2019il semble, n'en doit pas moins \u2018être la ligne directrice concrète de toute action dans ce domaine, n'en doit pas moins présider à toutes les démarches intellectuelles ou politiques et tactiques que l\u2019on y entreprend.Ainsi, chaque fois que l'on marche, que l'on crie,que l\u2019on manifeste ou que l'on fait un discours pour la gratuité scolaire, on doit bien sc mettre en tête que celle-ci cest -une mesure particile, tronquée, ur espoir de justice en éducation, une percée, un premier jalon seulememt.Car l'accessibilité générale à l'éducation, plus, à toute la culture ct à toute l\u2019information, exige, de façon non moins pressante, d'autres mesures: pour ne prendre qu\u2019un domaine où devra se réaliser cet accès universel, celui de l'école, il faudra prolonger la gratuité de l'enseignement, des manuels et des instruments, la rendre efficace, ne pas la faire mentir dans ses promesses, en lui adjoignant un quelconque genre d'allocations, afin de couvrir les frais de subsistance et de compenser pour le manque-à-gagner que représentera souvent, pour des parents, l'envoi de leurs enfants aux études durant une période assez prolongée.C'est déjà pas mal compliqué, di- rez-vous.Pas encore assez; nous pourrions même dire que le plus difficile reste à faire.En effet, l'accessibilité n'est pas qu\u2019une question de piastres et de cents.Ce n'est pas tout d'offrir l'éducation; encore faut-il décider à s'y engager des gens qui en ont été trop longtemps éloignés et qui, par conséquent, en ont perdu le goût et même le sens.Cela exige non seulement de beaux discours et une tournée de ministre \u2014 quoique celle-ci puisse constituer une première étape dans la constitution d'une véritable démocratie de participation \u2014, mais encore un patient travail d'animation auprès des gens du peuple, non pas pour leur imposer une idée préfabriquée de l\u2019éducation, mais our les placer dans des conditions telles qu'ils comprennent et désirent par eux-mêmes recevoir celle- ci.On le voit, la gratuité scolaire ct l'idéal d'accès universel à l\u2019éducation sur lequel elle repose ne sont pas des questions qu'on peut régler entre beaux esprits ou strictement entre experts.Pour le saborder avec franchise, ct non pas dans l'optique égocentrique d\u2019une gratuité - scolaire - pour - fils - à - papa - aux - désirs - de - vie - facile, il faut se salir les mains, aller voir dans le concret qui sont les individus à qui nous prétendons ouvrir les portes des études supérieures par nos luttes et ne pas craindre d'aborder le problème dans toutes les dimensions des réformes profondes de notre système social qu'il cxigera.Paul BERNARD Prochain article: L'ACCESSIBILI- TE, OUI, MAIS A QUOI?bloc- notes Des parlementaires colembiens révélaient récemment l'existence d'enquêtes menées por les Etats-Unis dens divers pays latino-américains ainsi qu'au Canada français.Ces enquêtes feraient partie de plus vastes projets dont le but serait de mesurer l'insatisfaction des pays en question e?de permettre une solution prompte, armée et \u2018\u2019made in U.S.A.\" ob et quand le besoin s'en ferait sentir.Au Québec, l'impérialisme, puisqu'il fout l'appeler par son nom, se présente seus un aspect à la fois omniprésent et -invisible.Il imprègne notre culture, de- mine of s'opproprie notre éconemie, bouleverse notre système social of pourvoit l'appareil politique.Mois le loup dons le bergerie se garde bien de montrer les dents.Son ectien s'exerce à at Le journalisme se meurt:\u2018 Le Nouveau Journal, une courte ère de concurrence und \u2018 N.D.L.R.\u2014 Le journal LE CARABIN de l'Université Laval entreprenait dernièrement la publication d\u2019une étude sur la situation de la presse au Québec, en une série de trois articles.Nous publions ici une tranche du premier article et nous nous proposons de faire paraître l'étude en entier au cours des prochaines semaines.Dans une série d'articles, notre collaborateur Pierre Ducharme, étudiant en 4e année de science politique, se propose d'analyser l'évolution du journalisme québecois depuis 1960, soit depuis le début de la révolution tranquille.Caractérisé d'abord par une croissance illustrée par la fondation du \u2018Nouveau Journal\u2019, le journalisme québecois connaît maintenant une période de crise qu'on peut faire remonter à lo grève de \u2018La Presse\" en juin 64 et dont une manifestation récente s'est traduite par le renvoi de Gérard Pelletier de la direction du même journal.(Depuis deux ans, un grand trou se creuse dans notre univers politique.On assistera peut-être bientôt à la mort du Quatrième pouvoir: la presse.Pour l'instant, je ne traiterai que de la presse écrite car c'est ce champ que j'ai le mieux connu et les événe- ments \u2018mortels\u2019 auxquels je me référerai ont été en plus universellement observables.Il nous faudra oussi entendre le mot \u201cmort\u201d ou sens d'engourdissement plutôt qu'au sens de disporition).Dans un Québec où la profession journalistique a toujours conservé une définition tout à fait vague, des cadres mal définis et une réputation, tantôt surfaite, tantôt dévaluée, il suffit que l'on dispute au journaliste \u2018sa\u2019 compétence pour que soudainement _ on s'aperçoive qu'il n'est pas bon qu'une profession repose sur les facultés d'invention et de dé- brovillardise de l'un ou de l'autre de ses membres.Précisément l'on n'a jamais mis en question le rôle du journaliste, sinon lors de très récents colloques.D'où la nécessité de la délimitation d\u2019un statu! et de rôles pour le journaliste.Dons un tel contexte, il est évident que la profession de journaliste ne peut offrir que peu de stabilité; la grande mobilité qui existe à l'intérieur de la profession en est la preuve.ll y aurait d'intéressantes statistiques à compiler sur le nombre moyen de mois passés par un journaliste dans un même journal, sur le nombre moyen de mois passés por un journaliste dans la profession.Je crois pouvoir affirmer que ce nombre moyen serait des plus faibles.C'est ce que j'appelle \u2018mobilité à l'intérieur de la profession.\u201d Le Nouveau Journal Mais qu'est-ce que l'observateur sensible a donc pu remarquer depuis quelques années?I} est évident que la victoire libérale du 22 juin 1960 a libéré beaucoup d'avenues aux journalistes.(Le déferlement fut tel à ce moment que d'aucuns aujourd'hui s'imaginent être revenus à la pleine noirceur du duplessisme.!| faut, je pense, nuancer).Le Devoir a pu commencer à respirer.Puis l'arrivée sur la scène du Nouveau Journal promettait aux Québécois les bénéfices de la concurrence.La Presse devait maintenant s'affronter à un concurrent.Cela a valu au journalisme quelques mois de grande vigueur.Cela a valu l'arrivée de Gérard Pelletier à La Presse pour n'en mentionner qu'un parmi les journalistes que l'industrie dut aller chercher.En juin 1962, le journaliste Pierre de Bellefeuille pouvait écrire dans le Magazine Maclean ce qui suit: La Presse, au Canada français, o beaucoup évolué depuis quelques années.Pendant longtemps, nous n'avions connu que des journaux mornes, serviteurs trop dociles de nos institutions et de notre mentalité.Seul Le'Devoir tranchait sur le reste.Puis Jean-Louis Gagnon à entrepris à La Presse, en 1958, des réformes qui se sont égorées dans les retentissantes querelles au sein de la famille Berthiaume, héritére du fondateur.Le vent de liberté s'est mis à souffler.Gagnon a mis la voile et a lancé le Nouveau Journal.La Presse a relevé le défi.Elle a engogé Gérard Pelletier: nouvelle série de réformes.Des conceptions nouvelles s'of- frontent.Une nouvelle légion de reporters met le nez partout.Les éditorialistes tirés de leur torpeur aiguillonnent les pouvoirs publics.\"\u201d En octobre de l'année précédente, Adèle Louzon, en page trois du Maclean exprimait sa surprise devant ce phénomène nouveau qu'était la façon dont on s'arrachait les journalistes au Québec.le Nouveau Journal croula trop tôt.Ce fut le début de lo débâcle.La profession était maintenant encombrée puisque de deux grands quotidiens français, il ne devait plus qu'y en avoir qu'un seul.L'aventure du Nouveau Journal n'avait duré que neuf mois et demi, soit du 5 septembre 1961 au 21 juin 1962.Quand on pense que ce journal fournissait du travail à 250 journalistes, l'on s'imagine facilement le \u2018\u2018reclassement\u2018 que les chômeurs eux-mêmes ont dû faire.Prochain article: LA DROITE PREND SA REVANCHE Pierre DUCHARME, Science politique IV.travers un peuple qui habite le même pays, en l'occurence les Angle-Cane- diens, et de plus, son intervention spectaculaire, per les simples lois du marché.En Amérique latine, le peuple est pris dans le même traquenard.Mais là- bas, l'oppression sous laquelle I! gémit prend une autre tournure.À Soimt- Domingue, au Menduras, en Colombie, eu Brésil, l'homme de lo rue bien défini par une culture qui lui appartient en propre, vivent eu soin d'un pays qui possède une unité, sait reconnaître à travers les fentêches militaires qui le Qouvernent, l'ennemi véritable, le \u201cgrin.00\".lenque, par hasard, se misère, son exploitation ne lui crèvent pas les yeux, quelque rude intervention du Pentagone ou moyen des \u201cmarines\u201d ou de la junte de service achève de lui dessiller les yeux.lei, lo situation est moins claire, les positions plus équivoques.On mange à va foim (généralement).Les \u201c\u2018marines\u201d ne sont pas encore débarqués sur I'lle de Montréal.Le gouvernement (dis) Lesage ne fusille pos encore ses adversaires politiques.Oui, mois tout ceci jette un voile sur la condition de sous-privilégié du Canadien français, forme un terrain propice eux mystifica- tiens et aux ratienalhations.La réalité transparoit à l'occasion par exemple, des récentes mesures amé- ticaines de restriction des investissements à l'étranger.Alors un preux chevalier se lève, envoie deux lettres bien senties aux moulins à vent puis il se fait donner publiquement la fessée par son papa et une grosse bise en privé.Rien n'es?changé mais l'honneur est sauf.Mais si d'aventure les \u2018\u2019froge\u2019!.s'avisaient de se souvenir de leurs origines latines.D Michel BOURGEOT.A e\u2026v0e fae sas\u201d [AX § > L'affaire du Studio 5316 Inc.L'UGEQ rencontre le directeur de l'école, M.Leblanc.Louis FOURNIER Montréal (PEN) \u2014 Le Quartier Latin avait dévoilé en primeur que le Studio 5316 Inc., avenue du Parc, à Montréal, a été se- cous au début de j janvier par des revendications étudiantes, aprés le renvoi d'un professeur des classes de décoration et de graphisme publicitaire, M.Gilbert Marion, et la démission de 4 de ses collègues.Les étudiants de ces classes avaient alors exigé des explications au sujet de ce renvoi, qui compromettait, selon eux, leur année académique et leurs débouchés sur le marché du travail, le professeur renvoyé étant l'auteur d'un \u201ccours formidable\u201d, Les étudiants ne purent obtenir d'autre explication que celle-ci: le renvoi de M.Marion était dû à \u2018un conflit personnel\" entre lui et le directeur de l'Ecole, M.Leblanc.Mais les étudiants estimaient que ce départ se faisait à l'encontre de leurs intérêts.C\u2019est alors que pour mieux se défendre, ils décidèrent de créer une Association générale au Studio; le leader de ce mouvement, Paul- Emile Lefebvre, fut renvoyé a ce moment précis, dans des circonstances troubles.L'AGE ne fut pas fondée.L\u2019UGEQ vit ce dossier porté à sa connaissance vers la mi-janvier et ce n'est que vendredi le 4 février que M.Leblanc acceptait de rencontrer Pierre Le François, vice-président aux affaires publiques de l'Union, et Robert Favreau, conseiller technique de l\u2019UGEQ dans l\u2019affaire du Studio 5316 Inc.Les deux syndicalistes de l\u2019U- GEQ présentérent alors à M.Leblanc un projet de communiqué que celui-ci a refusé jusqu'ici de signer.|| affirme devoir le soumettre d'abord à son conseil pédagogique (sur lequel siège M.Jean-Louis Gagnon); en outre, ce projet de communiqué conjoint UGEQ-Studio 5316 engagerait énormément la direction de l\u2019Ecole, dans la reconnaissance du syndicalisme étudiant.L'agence de presse de la PEN a obtenu copie du projet de communiqué conjoint UGEQ- Studio 5316 inc.Nous le reproduisons ci-dessous \u2018in extenso\"', étant donné qu'il nous semble contenir des éléments d'informations fort valables à ce stade- ci de l\u2019\u2018\u2018affaire\u201d.REPRODUCTION \u2014 COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT \u201cA la suite d'une rencontre qui s'est tenue vendredi le 4 février 1966, entre M.Pierre Leblanc, directeur du Studio 5316 Inc.et MM.Pierre Le François ment vice-président aux affaires publiques et conseiller technique de l'UGEQ, nous annonçons qu'il n\u2019 ya aucune objection à la base qui s'oppose à l'instauration d'une Association générale des étudiants du Studio 5316 nc.\u201cCette association aurait pour principaux buts de favoriser un contact et une entente plus étroits entre la direction du Studio et les étudiants qui y suivent des cours, d'aider à analyser beaucoup plus facilement les problèmes qui se posent au niveau des étudiants eux-mêmes, enfin d'aider à régler certains conflits qui pourraient parfois se poser et qui ne feraient qu'alors qu'entraver la bonne marche du Studio.Le tout viserait à ce que les étudiants s'organisent et qu'ils lancent ainsi au Studio les ba- #° 5; LE RACKET DES ECOLES PRIVEES et Robert Favreau, respective- ses du syndicalisme étudiant\u201d.® Enquête sur le racket des écoles privées (2e tranche) : Deux mémoires de la J.O.C.\u2014 Nous\" \u2018avons va \"dans un premier article, les Pésültôts d'une enquête de la Jeunesse ouvrière catholique auprès des étudiants qui fréquentent les écoles privés de métier (quelque 1,600 écoles dans la seule région de Montréal).Ces résultats démontrent, nous semble-t-il, que ces écoles sont tout au plus des commerces lucratifs, qui manoeuvrent sous le couvert d\u2019une publicité démogogi- que.Nous avons également livré à la réflexion de nos lecteurs le té- mier, présenté à la commission Trembloy sur l'enseignement spécialisé au Québec, le second, présenté à la commission Parent sur la Réforme de l\u2018Education.Les mémoires analysent lo situation des jeunes travailleurs qui décident de poursuivre une éducation post-scolaire et leur exploitation par les écoles privées d'enseignement.Ces mémoires se passent de commentaires.Soulignons simplement que la JOC demande au mi- moignage de M.Marcel Brackman, qui fut préposé à l'inscription des l'Institut Aviron, de Montréal, où il en a vu = étudiants à de belles.Dans cette édition, nous publions \u2018\u2019in extenso\u2019\u2019 plusieurs extraits de technique nistère de l'Education d'instituer une enquête approfondie sur l'activité des écoles privées de métier.Requête on ne peut plus nécessaires et que le Quortier Lalin commente d'ailleurs d'hui.@ deux mémoires de la JOC: le pre- 1.Le désir de perfectionnement Les jeunes travailleurs et travailleuses ont un désir très marqué de retourner aux études, même si souvent cela ne demeure qu\u2019un désir.22% des garçons questionnés dans notre enquête disent avoir suivi des cours du soir.Les jeunes qui, pour une riason ou pour une autre, n\u2019ont pu compléter et porfaire leur éducation et leur prépa- rotion à leur vie de travail réalisent, à 19-20 ans, qu\u2019ils ne pourront gagner leur vie convenablement et s'établir que s'ils retournent aux études afin d'obtenir Un certificat.Dons l'enquête faite duprès de 317 garçons, 56.7% ont exprimé le désir de reprendre leurs études.Ils donnent comme raisons: pour avoir \u2018de l'avancement; pour se perfectionner; pour go- gner un meilleur salaire, pour apprendre un métier.Ceux qui ne désirent 2 as retourner - -dux étu- \u2018des édoinent les \u201craisons suivantes: besoin d\u2018argent pour vivre; trop tard pour étudier; l\u2019école les a écoeurés.Pour ce qui est des filles, la moyenne est sensiblement lo même: 55.9% désirent reprendre leurs études.L\u2019affluence des jeunes vers les institutions privées telles que les collé- ges commerciaux (\u2018\u2019Business colleges\u2018\u2018) et les écoles techniques et de métiers laisse voir nettement le besoin que ressent le jeune de retourner se perfectionner.Selon une \u2018en- quéte de l'Institut canadien.d'éducation des adultes (ICEA) sur la\u2019récupération scolaire, plus de la moitié des étudiants inscrits à des écoles privées ont moins de 25 ans, Ce qui indique une fois de plus que l'école ne les o pas orientés où | du moins aidés: à Ss\u2019 \u2018orienter.lgnorance des \u2026 +.moyens à prendre pour compléter son.7 éducation Les jeunes travailleurs ets \u2018travoilleiises.\u201cqui ont À i a en éditorial
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