Le Quartier latin, 15 mars 1966, mardi 15 mars 1966
[" LE COMITÉ D'AIDE FINANCIÈRE 1e Quartier Latin VOLUME XLVUI MONTREAL \u2014 15 mars 1966 NUMERO 39 (N.M.) \u2014 Dons une lettre remise hier à M.Bryan McDonough, vice-président aux affaires internes, les membres du Comité d'oide financière aux étudiants ont avisé l'exécutif de l'AGEUM de leur retrait du comité.Ce geste a été posé en quise de protestation contre la politique de l'AGEUM en motière de gratuité scolaire, politique qui selon les démissionnaires \u2018\u2019va à l\u2019encontre de l'esprit de l'accessibilité générale à l'éducation\u2019.QUARTIER LATIN publie dans cette page un texte soumis par les démissionnaires, texte dans lequel ils exposent leur conception du problème et invitent les délégués au Congrès de l\u2019UGEQ à revenir sur lo position prise au Conseil d'administration de l'AGEUM.Les démissionnaires sont dans l'ordre: Louise St-Amour, directrice adjointe et responsable de l'information; Diane Barbeau, secrétaire; Richard Lemaire, responsable du Prêt d'Honneur; Bernard Landry, responsable de lo recherche.Le directeur du comité, M.Jean Pelletier, à déjà remis sa démission il y o dix jours pour accepter le poste de secrétaire de l'Union Générale des Etudiants du Québec.L'on se souvient qu\u2019après s'être retiré du projet d'entente de l'UGEQ sur l\u2019accessibilité générale à l'éducation, l'exécutif de l'AGEUM s'était fait reconfirmer, lors de la réunion du Conseil d'administration du 3 mars dernier, le mandat du \u201cLivre Vert\u201d en matière de gratuité scolaire, L'on considérait, \u201cà la fois pour des rai- sons de principes ct de tra- tégies\u201d, la gratuité scolaire comme \u201cle premier palier vers l'accessibilité\u201d.A cette même réunion, l'on avait voté la création d'un Comité de planification, chargé \u201cde préparer dans un délai fixé par ce comité un programme d'action complet\u201d, sorte de plan dec bataille d'une lutte pour la gratuité scolaire immédiate.Collaboration Dans une lettre datée du 11 mars, M.McDonough invitait les membres du Comité d'aide financière à participer aux travaux du Comité de planification.C'est en ces termes qu\u2019il définissait la situation: \u201cL'heure de la grande bataille définitive sur la gratuité scolaire est maintenant arrivée; nous avons bien l\u2019intention de tout mettre en ocu- vre pour la voir se réaliser.Devant la triple provocation de G.-L.: Les étudiants des écoles d'art en grève Monsieur Gérin-Lajoie avait théoriquement refusé le droit de grève aux étudiants, Il vient de passer à la pratique, lui, le promoteur du syndicalisme étudiant (quelques retentissants discours jadis 1) La triple provocation Les étudiants avaient négocié avec le ministère de l'éducation, on s'en souvient, le mandat d'ur comité d'étude sur l'enseignement des arts dons toutes les disciplines (musique, arts plastiques, arts appliqués, art dramatique) et à tous les niveaux (élémentaire, secondaire, post-secondaire et universitaire).- Or, unilatéralement, sans consulter les étudiants, ni même en aviser le président du comité d'étude, M.Marcel Rioux, le ministère a restreint le mandat du Comité aux cris plastiques et appliqués.Mercredi dernier, les étudiants 8'vne part et M.Rioux au nom des membres du comité d'autre part, faisaient savoir au ministère de l'Education qu'ils voulaient en revenir au mandat tel qu'il avait été négocié en décem- \u2018bre par les deux parties en présence.Les étudiants, s'ils ne recevaient pos de réponses positive avant lundi, s'engageaient & entrer en grève le 14 mars, soit hier.Depuis, M, Gérin-Lojoie s'est réuni avec son petit omi des Affaires culturelles, Pierre Laporte.Ensemble, ils ont concocté un projet bâtard de fusion entre un comité d'étude sur lo musique (à l'état de projet aux Affaires culturelles) et le comité sur les arts plastiques et appliqués que les étudiants venaient de refuser.C'était passer à côté de la demande des étudiants puisqu'un tel comité n'a pas la moindre ressemblance avec celui dont les étudiants et le sous-mi- nistre adjoint à l'Education avaient négocié le mandat en décembre, Du chantage ! Non seulement le ministre de l'Education persiste-t-il à ignorer ce qui avait été négocié, il demande carrément aux étudiants de renoncer à toute menace de grève ou de représailles, (| laisse entendre qu'il ne fero pas un geste tant que les étudiants n'auront pas renoncé à quelque forme de pression que ce soit.Le sous-ministre des Affaires culturelles, M.Frégault, a d'ailleurs de la même fo- Con réussi à intimider les étudiants des Conservatoires de musique et à les faire renoncer à foute action de pression, vendredi dernier.Il semble de plus, selon les étudiants, que M.Gérin-La- joie ait oublié ses bonnes manières: il à d'abord communiqué sa réponse aux journaux avant de la foire tenir oux étudiants concernés, Une nouvelle façon de traiter ses partenaires en négociations, quoi ! Une grève décisive Devant cette triple provocation du ministère, les étudiants n'ont jamais eu tant de bonnes et impérotives raisons de foire la grève.lis craignent toutefois que leur voix ne se perde dans le confusion qui entourere éventuellement lo grève des pro-.ferseurs engagés par le gouvernement \u2014 déclenchée demain, semble-t-il \u2014 et celle des fonctionnaires provinciaux, qui risque d'éclater le 25 mars.Forts de l'appui de l'UG EQ qui s'apprête à se battre pour que soit reconnu le droit de grève oux étudiants, les étudiants des beaux-arts de Montréal et des arts appliqués entraient en grève hier matin, Ceux de l'école des Beaux-Arts de Québec du Conservatoire d'art dramatique et de la faculté de musique de l'U, de M.devaient les suivre aujourd'hui ou de- moin, Les facultés de lettres des universités de longue française \u2014 on trouve à Montréal un département de l'histoire de l'art \u2014 exigent eux aussi un Comité d'étude sur l'enseignement de tous les arts à tous les niveaux, 11 n'est pas impossible que les étudiants du département de l'histoire de l'art entrent en grève eux aussi en cours de semaine.\u2018 D'ailleurs, outre l'appui de leurs professeurs, les étudiants ont celui de nombreux artistes, de groupes d'artistes, sculpteurs, peintres ainsi que des étudiants de l'Ecole d'architecture, Jadis, un sage a prouvé le mouvement en marchant.Aujourd'hui les étudiants vont montrer à M.Gérin-La- joie quels sont leurs droits en les exerçants.En ce sens, tous les étudiants auront à manifester leur oppui aux grévistes.Monsieur Wagner pourra toujours envoyer so.Police.Ce serait, mo foi, dans le style! ce Votre présence nous sera des plus utiles à l'heure de la nécessité de la réunion «de toutes les forces et de toutes les compétences.\u201d Une réunion était prévue pour hier soir, cinq heures.L'ordre du jour: 1\u2014 but du Comité de planification, 2\u2014 sorte d\u2019information sur la gratuité scolaire, 3\u2014 moyens d'information à employer, 4\u2014 réulisation de l'information, 5\u2014 référendum sur la gratuité scolaire le 27 mars 1966.Les \u201ccompétences\u201d invitées: les membres du Comité d'aide financière de l\u2019AGE- UM, les membres du Comité de publicité de l'AGEUM, des journalistes étudiants, des membres de l'exécutif de l'AGEUM.Démission Plutôt que d'avoir à travailler à la mise en oeuvre d'une lutte qu\u2019ils jugent inadéquate dans le contexte actuel, les membres du Comité d'aide financière ont préféré remettre leur démission.Hs ont par ailleurs soumis au QUARTIER LATIN le texte que nous publions, Ce texte est particulièrement destiné aux représentants de facultés qui auront, au cours du Congrès spécial de I'UG- EQ en fin de semaine, à reprendre le débat sur la question, L\u2019OPTION DE L\u2019UGEQ: La plus apte à réaliser l'esprit du Livre Vert \u2018\u2019Les revendications étu- diuntes dans le domaine de l'éducation doivent s\u2018axer autour de la démocratisation de l'édusation\u2018\u2019 (Livre Vert, page 2).C'est dans cet esprit que l'A.G.E.U.M.situait a lo fin de l'été 1965, les revendications qu\u2019elle altait formuler au cours de la présente année académique.li étoit à ce moment justifiable de considérer la gratuité ou nivcou universitaire comme lo priorité permettant de parvenir le plus adéquatement à la réalisation du principe posé.Toutefois, lo situation a évolué depuis ce temps et les représentants qui, à l'assemblée du 3 mars, ont réitéré ce mandat de l'ex- cutif, ne sont pas parvenus à se resaisir de l'esprit des revendications sur l'accessibilité aux études universitaires.C'est pourquoi on les voit maintenant sc replier sur la seule réclamation de la grotuité scotairc complète dans les structures existantes.Voici pourtant lo situation telle que nous la concevons à Ja lumière des faits: En 1961, le Comité d'Educotion recommandait, en toute lucidité, \u201cque l\u2018Etat mette sue pied un système d\u2019\u2018enseignement conçu comme un service économique gratuit, à fa charge du gouvernement\u2018, ajoutant \u201cque lo gratuité scolaire ne soit que le fait des institutions publiques\u2018.(Mémoire présenté à la Commission Royalc d\u2018Enquête sur l\u2019En- scignement, juin 1962).Or, en ce moment, it y a 340,000 étudiants au secondaire public ct autour de 45,000 dans les colleges privés.Pourtant, te Comité d'Education a rclevé dans son enquête cn 1961 que \u2018\u2019parmi les étudiants actuellement à l\u2018université, 55% viennent des collèges classiques, 38% du cours scientifique public et 79% d'autres types de maisons d\u2018enssignement.Le tableau ci-joint donne plus de détails.A la lumière de ces faits, il nous apparaît donc que \u2018la possibilité pour tout citoyen d'avoir accès à une éducation complète quelles que soient ses ressources ct ses responsabilités financières\u201d (Livre Vert, page 2) serait satisfaite plus adéquatement par la mise sur pied du Ecoles ou facultés Architecture, gonie, sciences Commerce Arts paramédicaux Pédagogie, service social Lettres, philosophie, théologie, musique Droit Médecine Psychologie, sciences sociales, géographie Agriculture, arpentage, génic forestier Etudiants Etudiants venant inscrits du cours classique 26% 37% 13% 41% 11% 52% 11% 42% 11% 81% 7% 929% 7% 96% 7% 71% 4% 23% DE L'AGEUM S'EFFRITE niveau pré-universitaire tel que conçu par le Rapport Parent, à savoir les Instituts, dc façon à por- mettre l'ouverture d'une voice d'accès à l'Université \u2018à tous ceux qui cn ont les aptitudes ct le goût\u201d (Mémoire de l'A.G.E.U.M.sur trois problèmes universitaires, 12 jonvicr 1958).Par suite, nous considérons que c'est à ce niveau, lequel il faut évidemment d'abord mettre sur picd, que doit sc tourner l\u2019oxi- gence de l'A.G.E.U.M.pour la gratuité scolaire, de façon à réaliser cette démocratisation de l\u2019enseignement par l'accessibilité générale telle que préconisée par le Livre Vert.C'est pourquoi l'option de VU.GEEQ.dc \u2018lier l'abolition des frais de scolarité à lu démocratisation des structures do l'éducation\u2018 (Quartier Latin, B mars 1966) nous up- parait comme la plus apte à réaliser l'esprit du Livre Vest de l'A.G.E.U.M.Nous pressons donc les représentants des facultés ct écoles do l'A.G.E.U.M.de reconsidérer l'orientation de leur option en faveur dc la gratuité scofai- re pour la diriger du côté des Institute.c'associant à l'UGEQ pour cxercer des pressions auprès du gouvernement a cet cffet.Dianc BARBEAU Bernard LANDRY Richard LEMAIRE Louise ST- AMOUR A cause de Québec: Le travail des TEQ est interrompu pour une période indéterminée Telle est la décision prise, jeudi soir, par le comité régional (Montréal) des TEQ.La proposition émise daris ce sens par M.Gérard Laquerre, actuel directeur du comité de coordination et secondée par le directeur du comité de sélection M.Clément Michaud, devait être présentée, samedi devant le comité de coordination des TEQ.Les TEQ ne sont pas satis- \u201cfaits de ia façon dont on fonctionne du côté du gouvernement.lls allèguent que les représentants de Québec pour l'Action sociale étudiante prennent trop souvent des décisions unilatérales, que ie choix des projets se fait de façon arbitraire et sans con- suitation véritable des étudiants qui ont élaboré les projets.En somme, ils reprochent au gouvernement de ne pas avoir de politique précise quant à l'Action sociale étudiante mais d'agir comme s'il en avait une et de prendre bien des décisions en passant par-dessus la tête des étudiants qui sont pourtant affaire.Le Comité des TEQ vota en faveur de la proposition qui se lisait comme suit: \u2014Attendu que les TEQ se sont vus refuser la participation aux décisions concernant la disposition du Comité interministériel en tant que comité de travail.\u2014Attendu que le gouvernement a décidé unilatéralement de la responsabilité du directeur du service de l'Aide aux Etudiants à la direction des TEQ.\u2014Attendu que le gouvernement a décidé unilatéralement des individus qui feront le \u201cservising\u201d et du mode de servising qu'ils exercent auprès des TEQ pour l'expérience d'ASE 66.\u2014Attendu que les responsables gouvernementaux ont tenté de modifier certains projets à l'insu des responsables étudiants de ces projets.\u2014Attendu enfin que toute négociation avec le gouvernement est impossible, et de là, certains principes impor- collaboration avec le gouvernement, jusqu'à ce que la commission politique ait obtenu satisfaction sur la nature de l'expérience d'ASE 66 et sur le statut permanent de l'Action sociale et que la commission politique actuelle soit le seul agent de revendication reconnu par les TEQ.Nous savons d'autre part, que les négociations entre la commission politique des TEQ et les représentants du gouvernement ne pourront débuter avant le jour où les TEQ auront remis au comité de consultation un rapport concernant quatre points bien précis, à savoir, le nombre officiel d'étudiants auxquels les TEQ entendent procurer un travail pour l'été 66, le montant du budget qu'ils désirent obtenir pour rémunérer les travailleurs étudiants et enfin le statut que les TEQ veulent se donner pour l'année 66-67.Concernant cette dernière partie du rapport, une proposition à l'effet d'exiger du surant la continuité de l'action des TEQ d'ici septembre prochain, fut rejetée.Une autre proposition visant à changer le représentant gouvernemental actuellement préposé a l'Action sociale fut également renversée.Sur ce dernier point toutefois, se dégage nettement au sein même des TEQ une insatisfaction quant à la représentation de la politique générale des TEQ auprès du gouvernement.A ce propos, M.Laquerre a déclaré très explicitement: d'ailleurs, que les étudiants s'étaient vus voler par le gouvernement leurs projets pour Action sociale.Certains exemples apportés par des participants alors présents tendent à confirmer cette af-: firmation.D'autre part, quet- ques projets tel celui du PR SU, s'est vu accepté par le gouvernement et devrait être : credi de cette semaine par x une entente écrite \u2014 sorte de contrat \u2014 rédigée entre\u2019.l'étudiant responsable du pro- tants de l'ASE des TEQ ne gouvernement Ia certitude jet, le représentant du gou- ure sont pas respectés par le écrite d'une structure auto- vernement et le responsable : ses collaborateurs dans cette gouvernement il est proposé nome et permanente, Lunée 96 formanisme qu laccupte.: que les TEQ suspendent leur 1, ; ee te \u201c = vo ; net Ligne Va Peu So ut sud 6 M An au mu dun cu ut ARGUS u A 652, bee ad ona aa (Suite.wa) sax cu, On connaît les multiples péripéties de l'affaire de Radio-Canada, Le problème schématisé se présente ainsi.Les travailleurs d\u2019un secteur professionnel constatent à fravers maintes expériences malheureuses que les structures syndicales dans lesquelles ils sont engagé ne répondent pas à leurs besoins.Ces syndicats sont organisés à l'échelle canadienne et dépendent profondément pour lo plupart du géant américain.Devant l'insatisfaction grandissante, un syndicat différent, affilié à une autre centrale (CSNI, essaie d'organiser les employés de Radio-Cano- da en les regroupant dans un syndicat unique, sur une base québécoise distincte.Comme on sait, cette tentative fut rejetée par le Conseil Canadien des relations ouvrières, Cette décision prévisible indique selon toute évidence que toute tentative semblable est d'avance vouée à l'échec, que la C.S.N.en l\u2019occurrence ne peut espérer constituer une force organisée représentant les travailleurs québécois, ceux-ci étant d'avance embrigadés dans des syndicats opérant à l'échelle canadienne.De DEUX FOIS NON à Ottawa manière concrète et globale, cela signifie que, à l'heure où le Québec prend conscience de former une nation avec des caractéristiques et des problèmes poarticu- liers, les forces établies, les institutions hostiles à son passage à l\u2019état adulte prennent les moyens pratiques de l\u2019em- pécher de réaliser l'union de ses citoyens dans leurs revendications.Peu importe que les gens se sentent aussi à l'aise dans les structure actuelles qu'une nonne en habits militaires, peu importe que la situation crée plus de problèmes qu\u2019elle n'en résout, ce qu'il faut, c'est noyer la minorité francophone dans la majorité, c\u2019est cloisonner les divers métiers d'un même secteur entre eux, c'est leur ôter toute autonomie et par conséquent les pousser à l'intimidation, à l'assimilation.Quand il s'agit d'afficher de beaux sentiments publics et gratuits, de parler haut des grands principes de la démocratie, (de l'égalité dans la diversité, par exemple) quand il s\u2019agit d\u2019instituer une commission-alibi du bi-ceci et du bi-celo, nous gouvernants et nos sectaires du fédéralisme savent agir sans hésitation, le regard clair et la conscience pure.Par contre, quand on a devant soi la tâche moins brillante mais plus utile de poser des actes concrets pour la réalisation de l'illusion canadienne, on s'aperçoit quelles préoccupations mènent la barque.L'unité syndicale québécoise est l\u2019un des objectifs et moyens primordiaux de la constitution d'une société orientée vers les intérêts des québécois en général, des travailleurs en porticulier, dons d'une société indépendante et socialiste.Dans une telle optique, le monde du travail doit être considéré comme le plus important et l'affaire de Radio-Canada pourrait être le prélude à une considérable pénétration chez les travailleurs des valeurs politiques que nous défendons et qui représentent leurs intérêts objectifs.Mais, ce n'est pas tout\u2026 Egalement sur le front de la chasteté, les combattants fédéraux semblent avoir depuis longtemps rendu les armes.Dans le feu de la politique, M.Cardin, ministre de la justice, harcelé par ses adversaires, à récemment accusé certains ex-ministres conservateurs d'avoir trempé dons l'affaire Munsinger (Olga pour les intimes).Inutile d'entrer dans les détails sordides de ces histaires qui ne concernent que certaines grosses légumes un peu pour- vies.Ce qu'il est intéressant de remarquer, c'est l'admirable complémentarité, la succession soudaine, l'une aussitôt après l\u2019autre des affaires Spencer et Mun- ringer.Toutes deux datent déjà de nombreuses années et tout d'un coup appa- roissent quasi-simultanément à la sur- foce.!| faudrait être aussi naïf qu\u2019un Père Noël au berceau pour croire qu'il s'agit là d'une coïncidence.Pendant des années, les membres de partis opposés formellement tout en ayant les mêmes intérêts de classe, lavent ensemble leurs petites saletés, établissant d'un commun accord un équilibre qui les favorise tous.Une sorte de chantage mutuel, d'arrangement à l'amiable.Puis un jour, quelqu'un fait un faux pas, déterre un vieux scandale en croyant être à l'abri, Et cela rompt le fragile équilibre; dans l'autre camp, on ressort une vieille ordure qu'on gardait en réserve en cas de besoin.Cette corruption, ces mensonges constitutionnels, cet équilibre des scandales, ce régime reposant sur des intérêts privés et surtout divergents, nous, du Québec, décidons que nous en avons assez.Michel BOURGEOT L'état, est-cenous?L'Etat, c'est moi, disait Louis NIV.L'IÉtal c'est nous, répondent les démocrates modernes.C'est bien beau, mais encore faut-il que ce soit vrai, L'Etat, est-ce nous, quand nous ne sommes appelés à nous prononcer sur les affaires publiques qu'à tous les quatre ans ?On pourra répondre qu'il y a le jeu de l'opinion publique et que les occasions ne manquent pas aux citoyens de faire entendre sa voix.Mais il faut aller au fond du probld- me et se demander si le vrai drame ne se joue pas derrière la scène entre les vrais protagonistes, Selon l'étude de Léon Dion, la question du Bill 60 ne s\u2019est pas réglée par le jeu de l\u2019opinion organisée des citoyens, mais entre le gouvernement et les évêques.Et combien d'autres problèmes tout aussi importants ne se règlent-ils pas par ki pression d'intérêts occultes sur les pouvoirs publics ! Dans cette perspective, il s'agit de prévoir les mécanismes qui donneront effectivement le pouvoir aux citoyens.Ft pour cela, il faut dépasser la pure démocratie politique et poser Ie problème de la démocratie économique.Hi faut réaliser en ratique l'égalité, encore théorique, des citoyens et enlever à une caste la propriété des moyens de production qui jouent un rôle fondamental dans le développement.T1 faut empêcher que quelques ploutocrates tiennent en mains le sort de la population, même quand les chaînes qui lient celle-ci sont des chai- nes dorées.I! s'agit donc de donner le pouvoir au peuple, qui s'exprimera dans un parti politique non dominé par les intérêts en place.Seule une telle formation aura la liberté pour mettre en place les conditions de la démocratie dans la société industrielle complexe qui est la nôtre.Mais, ne risque-t-on pas de voir se reproduire, d'une façon différente, voire \u201cscientifique\u201d et rationalisée.les mêmes abus, la même exploitation, de la part des burcauerates, des technocrates et des centralisateurs de tout acabit ?Le véritable socialisme, qu'il ne faut pas confondre, par exemple.avec le stalinisme totalitaire, résout le problème, en prévoyant une économie décentralisée, où les ouvriers ont, de fait, le contrôle de l'entreprise: c\u2019est le système de l'autogestion, dans le cadre d'une planification\" d'ensemble et du contrôle plus ou moins poussé des investissements.C'est le système qui prévaut, notamment, en Yougosia- vie, Evidemment, il n'est pas sans poser certains problèmes.Il exige, entre autres, une conscience sociale et une compétence, qu'une politique d'éducation permanente devra veiller à favoriser.Quoi qu'il en soit, même si les modalités de sa mise en place peuvent être variées et à céajuster, l'orientation est très féconde: c'est une des seules; en tout cas, qui allient la Hi- berté politique.l'intiative économique, et le sens communautaire.À ce titre, elle est l'expression d'un humanisme élevé, qui vise à réaliser le fameux \u201cL'Etat, c'est nous\u201d.B Guy SARRAZIN ss RE | Presse, c'est le lait qui a violemment dénoncée jadis \u201d \u201cpar \u2019 Caouette, voilà l\u2019infiltration épis- revue de presse La page éditoriale d'un journal constitue d'ordinaire le critère qui permet d'évaluer la qualité de ses préoccupations et de l'action qu'il se propose auprès du public lec- .reed 437 eur, la priorité.DE TINTIN A PERRETTE \u2018\u201cTintin boit du lait.fais comme lui\u2019.Le célèbre personnage créé par Hergé, l'ami des jeunes qui ont entre 7 ot 77 ans, a été mobilisé pour pousser à la consommation du lait.Des panneaux publicitaires à la gloire de Tintin et du loit inviteront la population à consommer en abondance un produit qui est bon.Bon pour le consommateur, bon pour le producteur et bon pour le laitier.te lait est un produit moral, quoi | Les vaches seraient contentes, si elles savaient.Au Devoir, la collaboration avec l'épiscopat reste flagrante.Sans doute un reliquat des expériences antérieures de son directeur.Ainsi Paul Sauriol trouve motif Ô se réjouir: \u2019 Vingt-deux évêques cano- diens, dont le cardina-ac- chevêque de Québec, ont participé la semaine dernière, durant trois jours, à un stage de radio-télévision organisé por l'Office catholi- copale, et de lo gauche à Que national des techniques de diffusion, et lo Société Radio-Canada.Le groupe comprenait environ les deux tiers de l'épicopat canadien de langue française ct six provinces y étaient représentées.Après l'infiltration communiste Radio-Can Gide, Par ailleurs, dans le même journal, Claude Ryan nous tournait l'autre jour une sorte de petit sermon sur \u2018L'homme d'aujourd'hui devant le mariage.\u201d La question du mariage \u2014 tant dans ses dimensions morales que dans ses aspects civils \u2014 scra l\u2019un des \u201ctests\u201d majeurs de l'influence de Vatican UH sur la pensée chréticnne ct sur l'homme tout court.Sur le plon moral, un rajeunissement, unc amplification de perspective, de nouveaux développements de la doctrine, sont vivement souhaités par un nombre très élevé de chrétiens.Sur le plan proprement civil, des ajustements s\u2018imposent ou nom d'une conception réaliste de la paix et de la concorde entre citoyens de diverses allégcan- ces spirituelles.Dans les deux cas, fa conscience chrétienne cst engogée.Puisse un esprit largement oecuménique inspirer ses démarches et ses interventions.Claude RYAN C'est la grâce que je vous souhaite.Je soupçonne que c'est M.Ryan qui sera nommé \u2014 à la place du cardinal Léger \u2014 co-président de la Commission vaticane sur le contrôle des naissances, avec le car- -dinal Otiaviani.Dans un autre ordre de faits, j'approuve pleinement l'idée de M.Wagner (eh ! oui, eh! oui) qui demande une enquête royale sur le crime organisé.M.Wagnce disait mardi qu'une enquête royole per- metorait \u2018d'exposer publiquement les personnages et les systémes que tous connaissent, mais dont on ne peut octuellement saisie les tribunoux parce qu'ils ogis- sent par le truchement d'intermédiaires.\u201d Je suis d'accord parce que: si M.Wagner réalise ce qu'il propose, il pourra ainsi démasquer tous les exploiteurs du peuple, couverts sous le voile de la légalité, l'acoquinement de la pègre, de la haute finance et des caisses électorales.Je propose même à M.Wagner \u2014 cela le flattero, j'en suis sûr \u2014 de mettre sur pied sa commission d'enquête internationale et nationale sur le crime organisé.Les premiers criminels en lice: Johnson, Rusk, McNamara.etc.Washington s'emploie à justifier la destruction des récoltes ou Vietnam.Détruire systématiquement les récoltes des autres, c'est proprement criminel.M.Johnson d'ailleurs reconnaît lui-même sa culpabilité.Johnson propose un programme de lutte contre la criminalité.Washington.\u2014 Le président Johnson a demandé ou Congrés d'approuver sons délai une législation susceptible de contrôler lo vente des armes à feu oux Etats-Unis.Or, on sait que le plus grand promoteur de la vente et de l'utilisation des armes à feu à l'heure actuelle, c'est lui.Le gouvernement canadien aussi devrait reconnaître sa culpabilité.Martin: un esprit de bon voisinage doit animer les relations Canada-Etats-Unis.Washington, \u2014 Les Etats- Unis ct le Canada sont capable de discuter de problèmes difficiles ct compti- qués \u201cdans un esprit de bon voisinage\u201d, a déclaré hier lc ministre des Affaires ex- téricures du Canada M.Paul Mortin lors de l'ouverture de lo réunion du comité conjoint américano- conadien sur les questions commerciales ct économiques.Le flirt avec les criminels, surtout lorsqu'il consiste à fournir pour une part, les véhicules et les armes nécessaires à perpétrer le crime, n'a pas la couleur de l'innocence.BD Guy LAFLEUR bloc- notes Oyez, oyez gens du peuple! IL semble bien que l'on requerra par deux fois votre présence aux urnes agéumi- ques d'ici la fin de l'année académique.\u201cOutre les urnes électorales du 23 matrs, il est en effet fortement question d'un référendum sur la gratuité sco: laire, possiblement le 27 mars prochain.Le Conseil de l'AGEUM doit se prononcer sur la question lors de sa prochaine réunion et entretemps, le D'UN RÉFÉRENDUM INOPPORTUN Comité de planification, chargé de l'élaboration d'une campagne sur la gratuité scolaire, en étudie les implications, Comme processus démocratique, le référendum est un petit outil magique centre les mains du pouvoir.D'une part il permet une consultation véritable, efficace ct rapide auprès de la population; d'autre part, il rend fort d\u2019une récite\u201d étiquette de représentativité toute politique ainsi soumise au veto\u201d \u2018des citoyens.en VE BA élit ne i Gioia iyi Par ailleurs, la tenue d\u2019un référendum suppose deux pré-requis: | - la question soumise est d'envergure, concerne l'ensemble des citoyens et ne rallic pas de façon évidente l\u2019unanimité; 2 - la question soumise est suffisamment connue des citoyens, les implications de leur choix ont été clairement définics, de sorte qu'un simple oui ou non permet aux leaders d\u2019avancer honnétement la volonté du peuple comme argument pilier de leur action.Un référendum sur la gratuité scolaire remplirait-il ces conditions à l'heure actuelle sur le campus?Cela me semble plus que douteux.Que la question soit suffisamment d'envergure ct que nos leaders aient besoin de l'appui des étudiants est hors de tout doute.S'ils tiennent à demeurer isolés du reste du monde étudiant dans leur lutte, cet isolement doit trouver une justification plus satisfaisante qu'un vote partagé à un Conseil d\u2019ad- ministration où l'on a pcine à obtenir quorum.Cependant: \u2014 la complexité de la question rend déjà difficile la tenue d'un référendum: combien d'étudiants, par exemple, pourraient faire la part entre l\u2019option de l'UGEQ et celle de FAGEUM sur la question de l'accessibilité générale à l'éducation?; \u2014 l'AGEUM a elle-même reconnu la nécessité d\u2019une sensibilisation du milieu à la question.Or elle a mis sur pied un Comité de planification chargé de préparer une campagne en faveur de la gratuité scolaire immédiate.Ce genre d'information ne pourra que friser la propagande puisqu'on y fera valoir la thèse agéumique d'un combat pour la gratuité scolaire immédiate à l'université, thèse qui à notre avis est loin \u2018de faire le tour du problème de l\u2019accessibilité générale à l'éducation; \u201ca oe \u201cOn est \u201cmaîtres chez soi\u201d.\u2014 finalement, en plus de risquer de fausser la valeur d'un référendum à cause des faits mentionnés, l\u2019'AGEUM parce qu'elle a attendu jusqu'à cette date, y donnerait une fausse allure de consultation démocratique auprès de ses membres.En effet, le 27 mars, le sort de l'option étudiante québécoise en matière d'accessibilité sera réglé depuis longtemps.L'AGEUM s'est déjà prononcée devant l\u2019ensemble du monde étudiant sur la question, et elle le fera de façon encorc plus définitive lors du Congrès de l'UGEQ en fin de semaine.Dans cette perspective, la tenue d\u2019un référendum le 27 mars n\u2019apparaîtrait que comme une justification a posteriori d'une action déjà consommée, tout au plus une petite garantie sup- à l'AGEUM Nicole MARCIL plémentaire comme quoi à titres swe Le mémoire Ce n'est pas trop tot: le Rapport sur la bibliothèque d'étre rendu public, les négociations avec l'Université se poursuivent en vue d'obtenir une enquête sur la question.On sait qu'à la fin de janvier, le texte avait été présenté au Conseil qui nommé une équipe de négociateurs.Depuis lors, Michel vient alors que d'Administration, des Pelletier, avait président de l'A- GEUM, a fait une tournée des classes pour présenter le pro- bléme a la population étudiante.Entre temps, l'Université avait convoqué les journalistes pour donner certaines précisions sur la question.On attendait toujours que le texte sorte de l'imprimerie.Hier après-midi, journalistes étaient convo- étudiants est rendu public qués à une conférence de presse au cours de laquelle les grandes lignes du Mémoire ont été expliquées.La plaquette, dont le titre est \u201cUrgence à la bibliothèque\u201d, a été distribuée.Au cours du débat-midi question, les étudiants pourront se la procurer pour la somme de $0.25.Le Quartier Latin en présente les grandes lignes à ses lecteurs.organisé par la Coup d'oeil sur le rapport Après avoir étudié dans une longue introduction la question des relations entre ia bibliothéque er I'Université, le rapport s'attache, dans un chapitre préliminaire, à apprécier les limites des statistiques fondant son étude.Le chapitre 1 porte sur le budget, le chapitre ll sur la collection, le chapitre ll! sur l'accessibilité, les locaux et les services,.le chapitre IV sur le personnel.Suit une conclusion recommandant à l'AGEUM une action immédiate.Suivent neuf appendi- tion.ces donnant des statistiques ct historiques sue la bibliothèque de l'Université, des articles de revue et des textes parus dans les journaux, ainsi qu'un extrait du rapport Bladen sur la ques- renseignements 15 MARS 1966 \u2014 LE QUARTIER LATIN 1e Quartier Latim URGENCE À LA BIBLIOTHÈQUE Haut, mais pas large LE re oem - - + =e \u2014\u2014\u2014\u2014 .2 - \u2018@ PAGE 3 Ur 7 Ena ; - ténete- Bancet Rémi) Les points saillants du rapport Pour apprécier à sa juste mesure le problème de la bi.bllothèque à l'Université, il convient de comprendre la relation entre la bibliothèque et l'Université.Que vient fal- re une bibliothèque dans l'Université ?C'est d'abord à cette question que nous avons à répondre, conscient que certaines conséquences découleront de notre réponse.Mais pour comprendre la relation bibllothèque-Univer- sité, Il faut d'abord avoir une notion de l'Université elle- même, même si cette notion était une Imparfaite hypothèse de travail, destinée à être complétée par la sulte.\u201cM convient d'abord, croyons-nous, de situer l'Université au sommet du système d'éducation que se donne une société.Nous croyons Que par l'éducation, l'homme assume sa situation dans le monde à partir de son appartenance à une culture donnée, présente dans la nation, Nous situons l'Université au sommet du systéme-processus d'éducation en affirmant qu'à partir d'elle, par elle, avec elle et en elle, les fonctions créatrices de l'homme sont appelées à développer, enri- chier, approfondir et renouveler cette culture dont il vit, approfondissement par la même les relations entre cette culture et l'ensemble des valeurs que porte l'humanité.L'Université est donc un lieu de création et d'activité où des chercheurs ainés et cadets sont solidairement unis au service d\u2019une même vérité, au sein d'une nation qu\u2019ils aident par là-même à pro gresser par l'insertion dans une humanité en marche.Conscience de la notion et l'aidant à accomplir son hu- Je | \u2014 = Régime x choses vont mal tère de l'Edur+* mordre * or fais la charité ieur V et il mors Font.ts \u2019 Pas Conte n de prêts-bourses: le ministère ef ne s'entendent pas SHERBROOKE.(6.0,)\u2014 Les 1h lation t- - aire Te mini ne Sont manité, l'Université est donc une communauté de professeurs et d'étudiants à la recherche de la vérité et au service de la nation et de l'humanité.Nous voyons comment se développe ce service: par la recherche et la formation de chercheurs, celleci s'identiflant d'ailleurs pour une bonne part à la recherche elle-même.On pressent déjà comment une telle perspective (qui n'est, à notre sens, qu\u2019une reprise des éléments les plus riches d'une longue tradition) est susceptible de révolutionner les cadres administratifs et pédagogiques des universités occidentales et de toutes celles qui se sont mode- Iées sur l'Occident.Car c\u2019est tout l'Occident qui tâtonne actuellement vers une nouvelle philosophie de l'éducation et une nouvelle philosophie sociale.Dans cette pers pective nouvelle une conflan- ce pjlus grande est faite aux forces créatrices et fnventi- ves de l'homme.Celui-ci devra de moins en moins être conçu comme une matière plus ou moins inerte qu\u2019il s'agirait de structurer selon un modèle préfabriqué, et de plus en plus comme l'axe de l'évolution de l'univers et le sujet actif et libre de sa destinée.Et si notre hypothèse est juste, l\u2019Université est un des hauts lleux privilégiés de cette liberté créatrice.Une Université de recherche cons tante pour un homme assumant sa liberté, telle est d\u2019'emblée la perspective où nous nous situons, Cette recherche, nous la voyons se manifester en différents temps également importants, exprimant des ca- rastéristiques essentielles de l'homme.Disons que la re cherche est à la fois personnelle et communautaire.Paradoxalement, nous placerons en premier leu l'aspect communautaire.Car l'homme n'est pas un être isolé.El est d'abord rellé à des semblables qui le rendent conscient de ce qu'il est, sous différents rapports.C'est au sein d'une société qui se pose des questions auxquelles 11 se sent le goût et la capacité de répondre que l\u2019homme se découvre chercheur.Mais 1! est alors renvoyé à une solltude momentanée durant laquelle 11 cheminera seul au milieu de données qu'il assemble progressivement.C'est alors le moment du retour à la communauté au sein de laquelle différentes recherches se confrontent, s'unissent, se com- pittent et se coordonnent dans une même recherche qui est chaque fois relancée d\u2019une façon plus profonde.Une Université bien con- cue doit faire place à ses différents moments de la re cherche.Elle doit mettre en place les structures de dialogue qui en sont le point de départ et en permettent l'approfondissement constant.Elle doit créer les Instruments multiples et variés qui donneront à chacun la possti- bilité et le goût de rechercher par lui-même, et cela non seulement pour ceux qui s'initient à la recherche, mais pour ceux qui y sont formés (puisqu'il est de l'essence de la recherche de ne jamais s'arrêter, même après un certain nombre d'années considérées comme un minimum; l\u2019université doit permettre le renouvellement constan!: de ceux qu'elle a pu alder à se former).Et c\u2019est Ici, au nivesu des instruments, que se pose la question de la bibllothéque universitaire, Pour micux la poser, essayons de dégager une notion de la bibliothèque elle-même.Un premier élément à dégager, c'est qu\u2019une bibliothèque contient des Il- vres, Le livre est le lleu où une pensée humaine déjà fixée dans le langage écrit est toujours disponible.Une bibliothèque est donc idéalement, par les livres qu'elle collectionne, un miroir de la pensée et de Ia connaissance humaine.Ce miroir sera d'autant plus fidèle qu'il contiendra le plus grand nombre possible de volumes dans les champs de cette pensée et de se savoir de plus en plus diversifié.La mesure de cette possibilité sera déterminée par un autre élément de la bibliothèque, le service offert à une catégorie de lec teurs.Car la bibliothèque, le service offert à une catégorie de lecteurs.Car In bibliothèque ne fait pas que contenir des livres: elle les rend dis ponibles pour des gens qui en ont besoin.Elle n'est pas simplement un lieu, elle est aussi un service.Elle est donc le lieu où des gens qui en ont besoin peuvent consulter, voire emprunter, des volumes, dans l\u2019un ou l'autre des Participants: Colloque sur l'unilinguisme francais au Québec le Vice-prévidenee aux stores publiques jeudi le 17 mars, à 20 heures AU COLLEGE MARIANOPOLIS 3647 \u2019 ve Poel, doux étudionts de l'Université de Montréal deux étudientes de Marienepelie Invitation à tous les étudients-syndiqués de l'UGEQ ot eux eutres Montréal champs du savoir et de la pensée.Faisons maintenant l'application de cette notion à ln bibliothèque universitaire.Nous avons vu que l\u2019Université est le lieu où, par une recherche constante, le savoir et la pensée se renouvellent.Il est essentiel de pouvoir y avoir accès à l'ensemble du savoir déjà constitué.Celui- ci est disponible dans le Ivre, le film et la bobine enregistreuse.L'Université a donc besoin d'une bibliothèque, et cette bibliothèque doit être la meilleure, reflétant l'ensemble de des champs du savoir et l'ensemble de la production dans ces diffé crents champs.Elle est le lleu où les chercheurs uni- versitalres peuvent avoir ac cès au savoir humain constitué en vue de le faire progresser.Elle est également le leu où ils s'initient à la recherche, en se famillarisant avec la production dans leurs champs propre, qui constl- tue un Instrument essentiel de leur travail.De tout ceci il ressort clal.rement que lu bibllothèque à l\u2019Université y est un instrument absolument indispensable au service de la recherche et en constitue dès lors une des arêtes essentielles.Pour accomplir sa mission, une Université digne de ce nom se doit donc d'avoir une bibliothèque de tout pre mier plan, une bibliothèque d'avant-garde en continuelle expansion, au service de la recherche.Elle doit considérer ce poste comme priorital- re dans son budget et consentir, si elle est en retard, à un effort accru.Telle est In vole obligée du développement universitaire, et le mellleur moyen de donner à l'Université l'authentique prestige qui rendra les professeurs et les étudiants flers d'y appartenir, d'une flerté bien placée.C'est le moyen nécessaire pour créer ici une véritable tradition universitaire.Si l\u2019on en croit M.Allan Carter, viceprésident de l'American Council on Education \u201cll y a un rap port étroit entre l'envergure d'une bibliothèque et la qualité d'une université\u201d (Time, 3 septembre 1965), On volt par la que ceux qui composent l'Université dans son essence même, à savoir les professeurs et les étudiants, se doivent de porter un intérêt constant à la bi- bliothdque et de se sentir responsables de son développement.Ils doivent avoir à coeur de posséder et d'utiliser l'instrument indispense- die dont ils ont besoin pour travailler.Ils doivent en fal La bibliothèque et l\u2019université La biblothèque, instrument indispensable au service de lo recherche, s'avère, por le fait même, une des arêtes essentielles de l'Université.Or, \u2014 lo relation existant actuellement entre l'Université et so bibliothèque ne semble pos répondre à des normes professionnelles: il y aurait lieu de prévoir un statut renouvelé du responsable de la bibliothèque, qui, avec un comité de professionnels et d'usagers (professeurs et étudiants), pourrait planifier le développement de la bibliothèque, dépendre directement des plus hautes instances de l'Universtié et faire partie de tous les corps où celle-ci formule sa politique en matière d'éducation; \u2014 tandis que l'Lniversité \u2014 tandis que l'Université 23 por étudiant pour so bibliothèque en 1960-61, I'Université de Montréal a dépensé $130.00 por étudiont en 1965-66; \u2014 des $600,000 votés l'an dernier au Bureau des gouverneurs, $200,000 envi- ron semblent avoir été effectivement dépensés, et il n'est pas assuré que l'effort financier se poursuivra au rythme observé depuis deux où trois ans; -\u2014 depuis 1961-62, l'Uni- vorsité de Montréal a reçu deux fois moins de subventions que Laval de lu part du gouvernement: dans ce contexte, les récentes coupures gouvernementales posent d\u2019une façon dramatique le problème des besoins de l'Université; \u2014 landis que le minimum de livres reconnu pour les bibliothèques universitaires est de 1,500,000 volumes, nous n'en possédons que le tiers, et au rythme actuel d'accroissement depuis quelques années, il faudrait attendre jusqu'en 1992 pour avoir ce minimum; \u2014 tondis qu'il est reconnu, en milieu universitaire, que l'ensemble de la collection doit être à la disposition immédiate des professeurs et des étudiants, à peine 10% de ces derniers peuvent y avoir accès directement dans 1e Quartier ntimn journal bihebdomadaire des Etudiants de l'Université de Montréol Publié por l'AGEUM.des locaux par ailleurs inadéquats; \u2014 tandis qu'un bâtiment\u201d spécial de la bibliothèque occupant un poste-clé sur le Campus s'avérerait indispensable, la construction de ce, bâliment n'est pas envisagée avant l'an 2006; par ailleurs l'ensemble des étudiants ne.peuvent sérieusement compiler.sur aucun local sur le Campus pour pouvoir étudier sérieuso ment; ! \u2014 tandis qu'il faudrait plus de 33 bibliothécaires professionnels, nous n'en n'avons que 28; par ailleurs, les conditions de travail a lu bis bliothéque et la situation générale de celle-ci causent une instabilité du porsonnel, si bien qu\u2019onviron 10 personnes quittent chaque année.Face à cette situation, l'AG U/A réclame une enquête faii te par des spécialisies et dont le rapport soit public: une lel.le enquête, suivie d'un rapport de qualité, devrait fon: der solidement une nouvelle politique de la bibliothèque.n Directeur: Paul Bernard Assistant-directeur: Michel Bourgeot \u2014 Rédacteur en chef.Guy Lofleur \u2014 Adjointe ov rédacteur en chef: Lise Bissonnette \u2014 Chef des nouvelles Nicole Marcil \u2014 Directeur artistique: Daniel Soint-Aubin \u2014 Directeur de la photographie.Serge Proulx \u2014 Secrétaire: Ginette Dupuis \u2014 Mise en page: Gilles Lépine, Jean Corbo.Comité éditorial: Louis Fournier, Abdelhamid Domir, Guy Sorrazin.Service des nouvelles: Cloude Larivière, Michel Lanctêt, Claude Lavoie, Louise Roy, lucie Auger, Luc Perreault, Serge Tessier, Jean-Louis Poirier, Laurent Trudel, Serge Jodoin, Ernest Samson.Serge Jodoin, Ernest Samson.Jean Lorocque.: Serge Proulx, Daniel Rémi \u2014 Collaborateurs: Jeon-Cläude Scraire, VOLUME XLVIN LE QUARTIER LATIN Mardi, le 15: mon 1966 PUBLICITE: Georges Lefébvre, 739-4777 \u2014 Abonnement pour l\u2019année universitaire: $3.00 \u2014 REDACTION: 2222, Maplewood; 14].733-8248; Centre Social, ch.707.\u2018Numéro 39 i Les opinions émises dans ce journal ne sont pas néces IMPRESSION: PUBLITEX INC, Montréal 38, en cellaberation avec Richelieu Roio- Litho, 725-5226.Le ministère des Postes à Ottawa a autorisé l'affranchissement en numéraire et.À.l'envoi comme objet de deuxième classe de lo présente publication, Port payé à 3 3 sairement celles de I'AGEUM.: pe@ies oo > ae he reg vie, rod gate T -+ + 0e au = 0 at 4000 à 20000 NUS.deli sisi 13m + SEUIDIR
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