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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
Le nouveau cahier
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1966-10-27, Collections de BAnQ.

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[" 1.DE L'ICI ET DE L'AILLEURS.u Québec, il n'existe pas un Nouveau Roman, tel qu'on l\u2018appelle là-bas en France, mais de plus en plus, il y a des nouvelles recherches dons notre roman.Ici, nous tenterons d'esquisser ces nouvelles tentatives de la création romanesque, choisissant des oeuvres assez récentes: Quelqu'un pour rn'écouter de Réal Benoit, Prochain épisode d'\u2018Hubert A- quin, Le couteau sur lo table de Jocques Godbout et L'incubation de Gérord Bessette.Le temps mange les hommes qui de plus en plus conscients de la velléité des anciennes structures littéraires, ont voulu transformer l\u2019univers de la fiction.Des écrivains ont tenté de faire éclo- ter les cadres des schèmes traditionnels de la forme romanesque, ils ont choisi une liberté nouvelle.Probablement en raport avec une nouvelle notion de la liberté ni exportée, ni truquée mais bien personnelle, intégrée avec les dimensions d'ici.Si l\u2019on n\u2019a pas crevé le sens du mot liberté, on pourra comprendre le sens de cet Avènement pour l'explosion des forces comprimées, pour une prise de possession d\u2019un soi collectif d\u2019un visage encore à redécouvrir sons cesse, Réal Benoit s\u2019aventure dons la nuit d'un personnage à la recherche de ses souvenirs, dans le désordre cons- cient-inconscient qui oublie le plus souvent la censure (sens VOL.Lil, No 7 Le 27 octobre 1966 freudien).Aquin mène une aventure funambulesque à la recherche d'un faussaire, d'une blonde très énigmoti- que et d\u2019une récupération des forces d'écriture.God- bout nage dans la psychologie d'où l\u2019on ne peut se rescaper à cause des contours évanescents de l\u2018êètre.Bessette, d'un long souffle se rend à lo mort.2.D'UNE AUTO- SITUATION NOUVELLE 2.D'une auto-situation nouvelle.ll nous faut des racines pour s'identifier (peut-être secrètement pour se survivre) dans notre existence \u2018\u2019mythique\u2018\u2019 et culturelle.Benoit est peut-être celui qu'on rattacherait le plus aisément à lo tradition, mais il faut voir.Dès le début du roman, Rémy le personnage central, veut \u2018partir\u2019 immodérément, sans roison, être ailleurs peut-être là où se trouve la vraie vie.Portir, hors de soi ou hors du poys; et, le voyage s'accomplit à l'intérieur.Qui est Rémy ou plutôt comment reconnaitre Rémy dans les méandres de la mémoire.Rémi goûtait \u2018\u2019cette jouissance de la matière sonore qui tuait en lui toute faculté de raisonnement, cette jouissance qui l\u2019anéantissait physiquement.\u201d\u2019 si bien que ses amis lui di- soient: Rémy, tu n'as pos de peau.\u2018\u2019 Le personnage oscille HY POTHE SES DANS UNE DEMARCHE LITTERAIRE, LE CHEMIN PARCOURU COMPTE BEAUCOUP PLUS QUE LE POINT D'ARRIVEE comme la musique elle-même qui agit tantôt vers le haut, tantôt vers le bas, avec de grands pouvoirs de variations, d'où l'impossibilité de fixer de façon immanente l\u2018ampleur des mouvements du personnage.Le narrateur de Prochain épisode glisse dans tous les vertiges y compris celui de l'écriture.\u2018\u2019Je me suis enfermé dans un système cons- tellaire qui m'emprisonne sur un plon strictement littéraire à tel point d\u2019ailleurs que cette séquestration stylistique me parait confirmer la validité de la symbolique que j'ai uti- isée dès le début: la plon- jée\u201d.Un éclatement heu- \u2018eux se produit dans lo fas- ination de la coulée lonci- nante où il faut trouver lo libération (même avortée comme lo révolution).L'itinéraire parcouru vaut mieux que le résultat lui-même: il faut courir le risque de la plongée, c'est-à-dire viser à faire \u2018\u2019original\u2018\u2019 dons un roman d'espionnage ,courir le risque d'une révolution, aimer profondément l'énigme et la femme blonde.\u201c\u2019\u2014Je ne suis pas ridicule: tu n\u2018as pas encore compris notre romantisme; il faudra t\u2018y faire: car cela se situe à mi-chemin entre une hargne baroque, absurde, et une tendresse d\u2018épogneul.Oh forchrissake do you have to be so pompous!\u2019 Le romon de Godbout fuit.L'équidistance des personnages rosant une même réalité concrète inaugure la phase de l\u2018action contingente du dialogue.L'action est linéaire, au-dessus il y a le dialogue à travers lequel nous découvrons l\u2018opacité (ici, il ne faudrait pas conclure \u2014 uniquement \u2014 à l\u2018incommunicabilité.) C'est le fluide épais de la conscience dans son expression immédiate lo plus courante et lo moins réfléchie.Une sorte de réalité qui instaure une autre réalité: celle d'une pénétration psychologique globale et complexe por le dialogue banal et même vide.C'est une nouvelle tentative dans le roman réaliste.Du coup, nous serions tenté de dire que Bessette se dissocie totalement de la tradition, cela surtout & cause du sout total dans une nouvelle écriture romanesque.\u2018Ses yeux commençaient à stagner comme des mares son débit à s'empôter.\u2018\u201d\u2019 un souffle jusqu'à la fin du roman, exaspérant, imposant.Certains grands thèmes sont repris et restructurés autrement, au fond toujours les mêmes: la vie, la mort, l\u2019\u2018amour; résorbés dans une forme profondément nouvelle. 2 * LE QUARTIER LATIu, 27 OCTOBRE 1966 L\u2019égrégore ALT MT LTT TT De retour d'une tournée Européenne de deux mols .rEGREGONAE vous revient une nouvelle saison.FLE J avec Chariotte Bolsjoil Marthe Mercure LT LR RTE) Pascal Rollin Mise en scéne.Charlotte Bolsjel LCL ND eT LIVI NT TLE Sur semaine : 8 Nh.Olmanche : 7 h.30 LE US LA CINEMATHEQUE.(suite de p.8) \u201cLe prix d'entrée à l'exposition permanente du Musée ($0.50) permet de réserver gratuitement une place pour une représentation cinématographique.On peut réserver ses billets à l'avance, soit par la poste ou par téléphone (845-9748) entre 1 heure et 5 heures de l'après-midi, les jours de semaine\u201d.Ginette CHAREST NOTRE CHOIX CINÉ-CAMPUS DOCUMENTAIRES MOANA Un film américain de Robert Flaherty 1926 \u2014 muet (accompagnement au piano) \u2014 85 min.La vie des tribus mahories, dans les mers du Sud \u201cC'est un poème d'un lyrisme intense sur le thème du \u201cdernier paradis\u201d, sur le passage de l'adoles cence à l'âge d'homme à Samoa, une idylle de rêve, langoureuse, de la vie en Polynésie\u201d (Jean Grémil- lon).LES RENDEZ-VOUS DU DIABLE Un film fronçais en Agfacolor et en Kodachrome de Haroun Tazieff-1958 \u2014 fr.\u2014 80 min.Prenant souvent des risques considérables, le géologue belge Haroun Tazieff a filmé les cratères en activité de volcans de plusieurs régions du monde.Un ancien collaborateur de Tazieff, M.Maurice Ma- cot, présentera ce documentaire extrémement im- CINE-CAMPUS CHANGEMENTS AU PROGRAMME DE LA SAISON La projection du Joli Mai, le 7 octobre dernier, a mis en relief de façon flagrante la mauvaise acoustique de l'Auditorium de l'université de Montréal.Il s'agit d'une copie en 16=\u2014 mm.et dotée d'un son synchrone, mais elle est presque neuve et a été projetée sans complication dans d'autres salles.Le Comité directeur du Ciné-Campus accentuera ses pressions sur les autorités de l'Université pour que soient enfin complétés les travaux indispensables à l'amélioration de l'acoustique de l'Auditorium.Pour l'instant, afin d'éviter que se répète la situation fâcheuse du 7 octobre, nous nous voyons forcés de remplacer trois films en 16=mm.inscrits au programme.Voici la liste des changements: LE VENDREDI 11 NOVEMBRE 1966: THE MAGNIFICENT AMBERSONS, d'Orson Welles: remplacé par LA SOIF DU MAL (version l(rançaise, en 35#mm, de TOUCH OF EVIL, d'Orson Welles, E.-U., 1958, avec Orson Welles, Charlton Heston, Marlene Dietrich et Janet Leigh).Programme complet de la séance: PAROLE DE CHAT, de Brestislav Pojar, LA SOIF DU MAL, d'Orson Welles, et L'ANGE EXTERMINATEUR, de Luis Bunuel.LE VENDREDI 27 JANVIER 1967: pressionnant.anglais.EGALEMENT AU PROGRAMME: O DREAMLAND Un film britannique de Lindsay Anderson (1956, 10 min.) Un parc d'attractions, la foule amorphe qui vient s'y abrutir.Une des oeuvres majeures du \u201cfree cinema\u201d LE VENDREDI 28 OCTOBRE A L'AUDITORIUM DE L'UNIVERSITE GRATUIT POUR LES MEMBRES DE L'A.G.E.U.M.THE SOUTHERNER, de Jean Renoir: remplacé par LE CAPORAL EPINGLE (Jean Renoir, Fr, 1962, avec Jean-Pierre Cassel, Claude Brasseur et Claude Rich).Programme complet de la séance: L'AVENTURE DE MINUIT, de Bretislav Pojar, LE DÉJEUNER SUR L'HERBE, de Jean Renoir, et LE CAPORAL EPINGLE, de Jean Renoir.LE VENDREDI 10 MARS 1967: THE DEVIL IS A WOMAN, de Josef von Sternberg: remplacé par THE MISFITS (John Huston, E.-U.1961, avec Marilyn onroe, Clark Gable et Montgomery Clift.Scénario d'Arthur Miller).Court métrage également au programme de cette séance \u201cMarilyn Monroe \u2014 Jeanne Moreau\": PAPARAZZ| (Jacques Rozier, Fr., 1964, avec Brigitte Bardot); film réalisé durant le tournage du Mépris, de Jean-Luc Godard.Programme complet de la séance: PAPARAZZI, de Jacques Rozier, THE MISFITS, de John Huston, et JULES ET JIM, de Francois Truffaut.Cinema et Theatre Cahier 2541 \u2014 C.D.11-0 CINEMATHEQUE CANADIENNE (Université McGill.) Jeudi, le 27 octobre : 6h.30 \u2014 DW.Griffith (ll) 9h.\u2014 Les Domes du Bois de Boulogne de Robert Bresson.Vendredi, le 28 octobre : 6h.30 \u2014 Anthologie du cinéma italien.8h.30 \u2014 D.W.Griffith (NH, Birth of a Nation.Lundi, le 31 octobre : 6h.30 \u2014 Anthologie du cinéma italien.8h.30 \u2014 Reprise du programme de vendredi.Mardi, le ! novembre : 6h.30 \u2014 Lady Macbeth Sibérienne de Andrzej Wajda.Mercredi, le 2 novembre : 6h.30 \u2014 D.W.Griffith (IV).9h.\u2014 Le Journal d'un curé de campagne.Robert Bresson.CINE-CAMPUS Vendredi, le 28 octobre : O Dreamland de Lindsay Anderson, Moana de Robert Flaherty, Les Rendezvous du diable de Garoun Tazieff RETROSPECTIVE DU CINEMA CANADIEN (O.N.F.) Lundi, le 31 octobre : A 6h.30 courts métrages de Gilles Groulx.\u2014 les raquetteurs \u2014 normétal.\u2014 golden gloves.\u2014 un jeu si simple.A 9h.soirée Christopher Chapman.(films en couleurs).\u2014 the seasons.\u2014 quetico, \u2014 the persistent seed.\u2014 saguenay.AU RETOUR DES OIES BLANCHES A la comédie Canadienne jusqu'au 16 novembre.Pas de surprises, Marcel Dubé passera toujours la rampe.ANDORRA De Max Frisch, par les Ap- prentis-sorciers.A prescrire, aux affomés du nouveau et du bien fait; oux fatigues de nos éternels et toujours semblables possesseurs des grandes scènes montréalaises.LES BATISSEURS D'EMPIRE De Boris Vian, chez les Saltimbanques.Neuvième semaine et toujours pas de fatigue, LOVE De Murray Schisgal, commencé depuis le 25 au Théé- tre d eQuat Sous.Un titre déplaisant, en tout cas.Mais on verra.EAU GER vo mn Directeur : Yvan Mornard PO Secrétaire de la rédaction : Lise Bissonnette Chroniaues: \u2019 Chroniques : Arts : Marcel Saint-Pièrre Ronald .Richard ; Cinéma : Claude Bétisie ».Ginette Charest, Luc Latour \\ Conférences : Robert Barberis Musique : Andrée Paul di Pierre Louis Guerfin Philosophie : Michel Dufour Robert Nadeau 4, Claude Panaccia.François Sauvé Poésie : Nicole Brossard Pierre Charbonneau Roman : André Bertrand France Théoret Pierre Jauvin Martin Dufresne Thédtre : Micheline Bouchart d'Orvell Pierre Laroche ve Léo Vanasse Maquettistes : Lise Bissonnette Jean-Pierre Urbain Yvan Mornard Photographe :.Daniel Rémi Reportages : Jules Arbec Balayeurs : Martial Dassylve | Jean-Ethier Blais le Nouveau Cahier est publié chaque jeudi par les étudiants de l'Université de Montréal, ; re Jusqu'ici, nous n\u2019\u2018avons vu que quelques éléments qui permettaient de rattacher ces romans à la tradition.Ce sont plutôt quelques lignes de coordonnées qui veulent indiquer un point de rupture entre le passé et le présent.Dans ce sens, le geste du lecteur est important, il peut reconnaitre ou ne pas recon- naitre une transformation possible de la pensée québécoise.3.DU ROMAN DANS SA FORME La véritable distance, en autant qu'elle existe se situe ici.Chez Benoit, il y a la nécessité de tout récupérer les souvenirs dans un mouvement où l\u2019ordre intérieur et extérieur semblent troublés de façon permanente.Ces souvenirs décolquent une nouvelle recherche spatio- temporelle dans le roman, où des moments heureux sont ménagés faisant surgir des intuitions d'une lucidité assez aigüe \u2014 telle une symphonie qui met en relief des petites phrases (dont porle Proust).Cependant, l\u2019écrivoin fait intervenir un fait extérieur qui permet de \u2018justifier\u2019 la structure organique du roman.Rémy reçoit un choc sur lo tête et devient abou- tique l'espace d'une nuit, la nuit de la libération intérieu- \u201cre.Les souvenirs rassemblent , des moments, des situations éparses qui dans des instants privilégiés fusent dans des petites phrases assez énigmatiques, comme: Rémy, tu n'as pas de peau.\u2019 Sommets de lucidité intuitive, le lecteur ne peut cerner définitivement le contenu d'une telle phrase, si ce n'est par rapport aux mouvements culminants d'une symphonie.H fout saisir ces moments comme dès le début du roman où l\u2019auteur montrait Rémy \u2018\u2019assis sur le bord de son lit, il ne bougeait pas, ne regardant rien, voyant tout.\u201d Comme si le \u2018\u2019personnage\u2019\u2019 n'avait pas toutes ses dimensions, comme s'il possédait en même temps, des possibilités de non-être intimement liées à la contigence.Ce sont précisément ces souvenirs écha- foudés en mouvements sym- -phoniques qui indiquent le contour de son être.Les creux et les sommets des souvenirs structurent le roman comme les lignes mélodiques d\u2019une symphonie.L'auteur de Prochain épisode achève son roman dans .un rythme de vie à continuer.\u201cTout finira dons lo splendeur secrète \u2018de ton ventre peuplé d'Alpes muqueuses et de neiges éternelles.\u201d Or, chez Aquin, il y o de l\u2018\u2019espoir.Prochain Episode superpose les temps et les espaces dans des itinéraires c\u2018est-à- dire que la recherche formelle du roman s\u2018exerce à partir d'événements extérieurs.C\u2019est l\u2019organisation par le romancier, des évènements qui crée la forme du roman \u2014 une sorte d'architecture concrète.Les divers mouvements obéissants à un point de suspens où l\u2019auteur dit qu'il voulait faire \u201coriginal\u201d.C'est beaucoup plus que cela, puisque l'énigme en définitive, n'a guère d'importance.Les divers plans du roman nous mènent vers le rève lyrique des dernières pages, l\u2018acte d'amour.Le cycle des coupures s'organise autour des climats de l\u2019action policière mais cette intrigue n'ouvre pas le roman et ne le termine pas non plus: c'est le nerf moteur qui permet le theme de lo plongée dans son évocation la plus concréte.Cette action est englobée par le temps, elle a un début et une fin par elle-méme.En définitive, s\u2019il y a cristallisation de l\u2019action et de l\u2019écriture, c\u2019est par l'amour.\"\u2019L\u2018amour est le cycle de la parole.\u2018 L'itinéraire donne a I'espa- .ce une architecture de ballet ou s\u2019élabore ce théme majeur de la plongée.De la clinique grillogée de Montréal, à l\u2018\u2019espace de houtes montagnes de la Suisse, sur les routes des Cantons de l\u2018Est, l\u2019aventure se joue dons le temps a partir d'une fatalité heureuse qui lui résiste.Godbout établit une recherche avec la numérotation.des poragrophes qui pour ainsi dire servent de garde- fou à une action psychologique liquide, s\u2019il en est une.Qui est le narrateur, Patricia, Madeleine Qu'importe.Que font-ils?Qu'importe.Le malaise est complet à chaque page, le vide se fait en creux entre les paragraphes numérotés parce qu'il n'y a pas de recherche de densité, de point culminant ou peut-être plus simplement de futur possible.Lo réalité est mue par en dessous comme si c\u2019était lo minute présente qui obligeait à survivre, Le souffle de cette aventure humaine se raréfie, là où ce n\u2018est pas \u2018amour, mais l'o- mour agit en sourdine, leitmotiv vital.ou mortel.Le caractère principal du roman nous semble être le vide: de là le cliché, le vide, le banal, le quotidien dons son aspect le plus navrant.Lo structure du roman s'inscrit sur les numérés \u201cdes pa- - ragraphes ou il faut compter que ce sont les pages qui finissent par donner une roi- son au roman.Les dialogues ne sont pas doublés d'un symbolisme mais ils cumulent à gronde dose lo psychologie dans le sens le moins traditionnel du terme.C'est la psychologie en acte dans son intensité et sa fluidité instantanée.Derrière le froid apparent de l'écriture (et de la psychologie), il y a l\u2019action tumultueuse, emprisonnée qui aboutit à la mort.C'est le drame pur de l\u2019existence des personnages qui se joue dons l\u2019inertie de l'écriture.L'incubation mise sur un long souffle d'une phrase qui commence au début du roman et qui ne finit de façon ponctuelle à la fin du roman.Mais le roman se clot, à la dernière page, ne se prolongeant pas pour autant (comme dons la théorie du Nouveau Roman).La décomposition à travers le temps va jusqu\u2019à la destruction de l\u2019être.Les faits s\u2018ordonnent de façon obscure comme sous le poids de la fatalité (l\u2019arrivée de Néa, l\u2018avalanche de livres venus des U.S.A.).La fatigue cérébrale enveloppe les gestes qui ont lieu et n\u2019ont pas lieu: dictés par les convenances so- cioles et les souvenirs d'\u2018amours lointaines.Le temps est évoqué por décade, il y a eu l'amour durant la guerre qui n'avait pas vraiment lieu pour Gordon et Néa, il y a eu linstallation de Néa qui n\u2019a peut-être pas vraiment eu lleu à cause de la vacuité des êtres et des \u2018\u2019interférences\u2019 du souvenir.Pourtant, Néa meurt dans la conscience de la préméditation.Ce geste solitaire est conscient et voulu.Peut-être est-ce le seul ACTE du roman, dons ce monde larvaire où la vie peut être ou ne pas être, mais où la mort est inévitable.L'amour se situe en rétrospective chez deux personnes qui en ont gardé un souvenir différent.Bien sûr, les lieux, les rencontres étaient les mêmes mais cela ne suffit pas.\"Je vous tainement je disais \u2014mais non pourquoi\u201d ennuie cer- Cest tout ce que Gordon et Néo trouvent à se dire dans le roman.Comme le temps est irréversible, le mal ancré dons la conscience humaine n\u2019a pas le pouvoir de s\u2019orrê- ter.Comme la phrose commencée ou début du roman ne peut s'arrêter qu\u2019à-la.fin du : drame c'est-à-dire de -lo vie.HY POTHE SES Cerand Pesscrte L'INCUBATION roman / shaiete peu JACQUES GODBOUT Le couteau sur la table ROMAN AUX ÉDITIONS DU SEUIL 4 PARENTHESE ici, il faut ouvrir une po- renthèse sur la présence de la femme dans ces quotre romans.Bien sûr, Rémy rêve des jeunes filles en blanc qu'on lui a réservées pour épouses, mais il est épris d'urñe créole.Yvonne repré- señte \u2018foûtes les \u2018possibilités de la femme amoureuse, celle qui éveille aux joies de l\u2018amour.Le narrateur de Prochain Episode aime une femme pour le moins énigmatique même si amour et poys sont assez intimement liés dans le roman.Qui est cette femme?C'est une blonde, une amoureuse sons visage précis ni d'ici ni d'ailleurs.Dans le roman de Godbout, Patricia est canadienne-an- gloise et très amoureuse.L'autre personnage féminin Madeleine est évoquée après sa mort, avec émotion por le narrateur.Peut-être parce qu'elle portait son enfant.On ne connait pas Madeleine en tant que femme amoureuse.Elle était enceinte et avait des tendances suicidaires.L'incubation se passe dans un milieu canadien- anglois et la femme qui a été animée est d'ailleurs, c\u2019est une Britannique.La femme quotidienne qu'on retrouve dons la poésie (comme chez Chamberland) existe peu dans notre roman, sinon en prude ou en nymphomane.5.PARRALLELE Comme la tendance actuelle chez certains littérateurs, Bessette utilise quelques langues: telle l'anglais et l\u2019allermand qui font surtout ressortir des leitmotiv.God- bout utilise également l\u2019on- glois pour des raisons qui nous semblent plus près: les personnages étant l'un cand- dien-français, l\u2019autre cano- dien-anglais.Mais ce sont des raisons d'ordre esthétique qui motivent l\u2019emploi des deux langues.Le langage véhicule la communication ou la non-communication dans ce roman, qu\u2019il soit anglais ou françois.Il ne suffit pas de bien écrire, tant mieux si cela est (comme chez Aquin surtout).ll ne suffit pas surtout de disséquer.ce qu'il faut ou ne faut pas dire selon un code éthique rigide, ajoutant ici, toutes les théses possibles.It fout la liberté d'expression dans une recherche, une démarche littéraire où le chemin parcouru compte beaucoup plus que le point d'arrivée.Qui croit encore à l'Oeuvre?|| fout les oeuvres pensées à la manière du 20e siècle (qui achève).Certains l\u2018appellent \"recherche formelle\u2019, c'est cette recherche (de quatre façons différentes ici) qui peut nous faire espérer en l\u2019oveñnir du-roman au Québec.France \u201cTHEORET LE QUARTIER LATIN, 27 OCTOBRE 1966 * 3 & 4 * LE QUARTIER LATIN, 27 OCTOBRE 1966 LES SALTIMBARQUES THEATRE Je descends dans la vieille ville, angle Bonsccours-saint-Paul.Là, les racines de notre race\u2019 québécoise.Tout y est archaïque.L'on s'apprête présentement à rénover ce vieux quartier.On désire le conserver tel quel à travers les ââges à venir.Et soudain, je réalise que dans ce milieu ancestral, l\u2019on joue du théâtre, mais pas n'importe lequel : bien celui qui, il y a une ou deux décades, était banni de toutes les scènes et rejeté par le publie choisi, voire même connaisseur.Les Saltimbanques, troupe jeune et fragile, genre d\u2019oasis moderne qui tente de s'imposer, de foncer sans s'arrêter, mais avec cClair- voyance dans le théâtre d'avant-garde à l'état brut.J'entre.Tout, ici, est blanc et se métamorphose.On y fait beaucoup d'améliorations au niveau du cadre physique lui-même.On me présente le directeur Rodrig Matthieu.Le dialogue s'engage, trsè détendu.\u2014Votre centre peut-il être considéré comme un théâtre d\u2019essai?\u2014 \u201cOul, sans l\u2019ombre d\u2019un doute, c\u2019est bel et bien un théâtre d'essai où l\u2019on tente d'imposer une optique théâtrale nouvelle.On vent présenter au public du théâtre moderne, mais là, vraiment d'avantgarde.C\u2019est une nouvelle orientation en quelque sorte.On a déjà joué du moderne dans le passé mais pas d\u2019une façon aussi définitive que maintenant.\u2014 Vous considérez-vous comme des amateurs ou des professionnels?\u2014Ni l'un ni l'autre.On ne cherche pas à se classifier de cette façon-là.Actuellement, on ne parvient pas ici à vivre uniquement de cela.Mais nous espérons que cela se produira dans un avenir prochain.Ce que nous désirons le plus ardeniment possible, en dépit de tout, c\u2019est de faire du théâtre et rien que du théâtre.Nous nous cfforçons de présenter au public qui vient nous voir un spectacle bien agencé où chacun se donne à fond et sans répit.C\u2019est notre objectif à tous, objectif nouveau car nous devons sans cesse le comprendre, l'aimer et par là même réengager.\u2014 Est-ce que jouer des pièces d'avant-garde est pour vous le désir de faire rattrapper à votre public son retard d'éducation dramatique?\u2014 Lo public qui vient nous voir semble vraiment s\u2019y plaire en général.Je ne crois pas qu\u2019il soit si en marge du théâtre moderne.N se recrute en majorité dans la classe étudiante ou dans les professions libérales.Mais vous serez peul-être surpris si je vous dis que plusieurs personnes de la classe ouvrière viennent assister à l'audition de ces pièces d'avant-garde.Un jour, Rodrib - Matthieu à la fin d'un spectacle, un ouvrier est venu me parler.Il était littéralement emballé, émerveillé mais il ne savait pourquoi.Il avait senti quelque chose mais il ne pouvait le définir.De même que la peinture abstraite s\u2019est imposée à des amateurs de plus en plus nombreux, de même le théâtre d'avant-garde de larves et de fantoches d\u2019Ionesco et de Beckett, de marionnettes et de personnages de rêve d'Ada- mov et Schéhadé, réunit un public décidé qui le préfère au théâtre dit psychologique, au théâtre de moeurs, au théâtre historique, au vaudeville que l'on joue sur.les scènes consacrées.: CO-PENETRATION AVEC L'AUTEUR \u2014 Sentez-vous que le public, à l'audition d'une de vos pièces, semble communiquer vraiment avec l'auteur?Y a-t-il en quelque sorte un accord, un consentement unanime?\u2014 Oui, il y a une certaine co- pénétration qui se fait entre l'auteur et le public.Ce n\u2019est pas comme dans les pièces classiques où, si Je peux dire, l\u2019histoire est une fin en elle-même.Dans le théâtre d'avant-garde, il y a plus que cela.11 y a des idées, des sentiments émis, des problèmes soulevés sur la vie, sur la mort, qui laissent suggérer au publie quelque chose de mystérieux qui est camouflé sous lc texte.Ce dernier doit alors chercher à saisir de façon partielle la chose tout en laissant des questions sans réponses.Un spectacle est vraiment un acte qui concerne les habitants de la salle et les habitants de la scène, leurs rapports mutuels.Cet acte, on a pu le qualifier en termes guerrier ou en termes érotiques ct pour les uns, c'est un combat, pour les autres un autre prise de communication, de fascination mutuelle.Plus simplement, le théâtre est une activité de jeu ® |mposer une optique théâtrale nouvelle e Se donner a fond et sans répit D'ESSAI dont le plaisir est la fin.Mais comme le note Brecht dans les \u201cEcrits sur le théâtre\u201d (1963).\u201cLe théâtre peut réserver des plaisirs faibles (simples) et des plaisirs intenses (complexes).Ces derniers que nous donnent les grandes oeuvres dramatiques atteignent leur plénitude un peu comme l'acte sexuel atteint sa plénitude dans l'amour; ils sont plus ramifiés, plus riches de rapports plus remplis de contradie- tions et plus lourds de conséquences\u201d.Un monde clagué sur le réel qui nous entoure \u2014 Croyez-vous que les auteurs dits d\u2019avant-garde cherchent à faire un théâtre populaire?\u2014 Non.Je ne le crois pas.Les auteurs créent un monde calqué sur le réel qui les entoure.Ils veulent jeter dans leurs pièces des sentiments et des idées qui leur sont propres ou qui les touchent de près c\u2019est tout.Si après cet acte, le public communique vraiment avec eux c\u2019est tant mieux mais je ne peux dire que ce\u2018soit le premier but de l\u2019auteur.\u201cL'avant-garde, écrit Roland Berthes (Théâtre Populaire 1956): cette portion un peu exubérante, un peu excentrique de l'armée bourgeoise.L'auteur d'avant-garde est un peu le sorcier des sociétés primitives: il fixe l\u2019irrégularité pour mieux en purifier la masse sociale:.l\u2019avant- garde chante la mort bourgeoise mais ne peut concevoir une germination au-delà, le passage à une société ouverte.Elle veut que tout meure avec elle.\u201d \u2014 L'important pour le théâtre d'avant-garde n'est-il pas d\u2019avoir non pas un public nombreux mais bien d\u2019exister?~\u2014 Qui, sans aucun doute.Le fait que nous existons, prouve beaucoup.Il y a un public, tout un public qui veut voir du moderne en dépit de tout et qui ne semble pas plus que nous s\u2019en lasser.C'est par sureroit; l\u2019essentiel est que nous commençons à prendre un sens en tant que troupe moderne et que notre théâtre existe et commence à rayonner, ce rayon n'étant peut-être 3 l'heure actuelle qu\u2019un mince filet à l'horizon.THEATRE DE L'ABSURDE \u2014 Pour vous le théâtre d\u2019avant- garde est-il le théâtre de l\u2019absurde comme la plupart des critiques l\u2019affirment?\u2014 L'absurde est certes le présent presque constamment dans les diverses pièces.On le voit quelquefois très bien comme dans Tonesco mais il arrive qu\u2019il faille le chercher car il est enfoui sous quelque chose de poétique.Par exemple dans Akara de Romain Weingarten que nous avons déjà monté ct que nous rejouerons au cours de la présente saison.Ce théâtre nous montre vraiment l\u2019inutilité de vivre, l\u2019absurdité, le néant de la vie, le non-sens de l'existence.On le voit dans Fando et Lis \u2019ARRABAL lorsque Fando tient absolument à aller à Tar avec Lis.En parlant de sa pièce, Les Chaises, Fonesco dit: \u201cLe thème de la pièce,\u2019 n\u2019est pas le message, ni les échecs dans la vie, ni le désastre moral des vieux mais blen les chaises, c\u2019est-à-dire l\u2019absence de personne, l\u2019absence Les auteurs \u2018classiques sont insupportables Diriger la piece en gardant les thèmes de l'Empereur, l\u2019absence de Dieu, l'absence de matière, l\u2019irréalité du monde, le vide métaphysique; le thème de la pièce c'est le rien\u201d, (Notes et Contre-Notes).\u2014Sentez-vous que dans les pièces dites classiques l\u2019auteur écrit plus en fonction du metteur en scène?\u2014Je crois bien que sur ce point de vue, ça se vaut.Cependant il y a des auteurs classiques que je ne peux supporter: Racine et Corneille.Je ne sais pas mais ça parle vraiment trop dans ces pièces; on ne sait pas trop comment s\u2019y prendre pour les monter avec tout ce babillage.Mais prenez Molière, il est extraordinaire; ce bonhomme-là faisait du vrai théâtre.C\u2019est vivant, on sent qu'il y à vraiment quelque chose d\u2019inusité, de génial.Dans la plupart des cas tout est laissé au metteur en scène.F dirige la plèce un peu à sa guise tout en y gardant les thèmes principaux, 11 la creuse, en cherche le sens et ensuite l'interprète.Au théâtre moderne, c\u2019est la même chose.\u2014 Que pensez-vous de l'avenir du théâtre au Québec?\u2014 Un fait est à noter: les grosses troupes devraient être soutenues financièrement par le gouvernement, l'Etat.Ça saute aux yeux.T! y a de très graves lacunes: prenons comme exemple notre troupe: le gouvernement nous donne un certain montant chaque année et nous le reprend au cours de la saison en (axes.C'est littéralement se jouer de nous.Ça ne nous sert strictement à rien ces soi-disantes snbven- tions, e pourrais suggérer moul- tes remèdes mais j'aime.autant nefien dire tant ç\u2019en est risible.\u2014 Avez-vous l'intention dans un avenir rapproché d'utiliser \u201cla scène centrale ou toute autre conception de la mise en scène?\u2014 J'ai visité dernièrement la salle de spectacle des Apprentis- Sorciers où se joue Max Frisch.J'y ai vu la salle en M.C\u2019est très bien mais ça nécessite de très bons acteurs, car on constate tout de suite si un acteur hésite au niveau des paroles ou des gestes.Nous ne pouvons utiliser ce genre de scène.Nos moyens techniques ne nous le permettent pas.Néanmoins nous faisons des recherches intenses afin de trouver quelque chose de neuf qui cadre bien avec ce que nous envisageons.Mais nous sommes actuellement très limités.Certes le développement au- jourd'hui des techniques audiovisuelles suggère de nouvelles recherches dans les domaines du son, de la lumière, des ruptures scéniques.Il s'agit bien de chercher à affirmer le théâtre dans sa différence avec les autres médiums de l\u2019expression de la vie moderne: le cinéma, la télévision.Dans cette voie sont assurés de survivre ceux qui, des arts, du spectacle, conscients d\u2019une telle évolution préserveront au maximum leur inatiénable originalité.Du rythme de la pantomine des diapositives de la danse.du théatre AUTEURS QUEBECOIS \u2014 Avez-vous l'intention de monter un auteur québécois moderne si on venait vous présenter une pièce de l'un deux?\u2014 Eh bien! Je vals vous dire que je 1a comparerals avec une parfaite impartialité, avec celles des auteurs que nous montons généralement.Je ne monterais pas un auteur québécois seulement pour le fait qu'il est de chez-nous.Je monterais n'importe qui, un Chinois comme un\u2018Arabe pourvu que ce soit valable au point Ge vue théâtral.C\u2019est tout ce que je demande.On a déjà joué Pile de Huart et ce ne ful pas un succès, Ce n\u2019est pas le spectacle lui-même que le public et les critiques n\u2019ont pas accepté mais bien la pièce elle-même.Mais je veux que vous reteniez cela: que ce n\u2019est pas parce que ça n\u2019a pas marché une fois avec un québécois que je vais laisser tout tomber.La preuve: j'en monte un autre bientôl.C\u2019est un gars qui a longtemps travaillé avec nous.Son nom est Moretti.Ce n'est pas une pièce comme telle mais à la fois de Ja pantomine, du mime beaucoup de couleurs, des diapositives, de la danse, etc.C'est unc étude de l'évolution de l'homme depuis ses origines.\u201cEQUATION POUR UN HOMME ACTUEL\u201d.Ça sera très original et nous y croyons vraiment.Nous sommes actuellement en pourparlers avec l'auteur.Souhaitons que cette initiative soit un succès, Les recherches des uns et des autres ont intérêt à se féconder mutuellement, enrichies de toutes les découvertes que, de plus en plus, le théâtre de chez-nous peut leur apporter.Il faut souhaiter que ces confrontations internationales, s'il y en a, se multiplient: elles incitent les artisans du théâtre à une saine humilité qui ne doit pas leur enlever cette folie de créer.Comme, le dit le plus raisonnable sans doute des metteurs en scène français, Jean Vilar du TNP: \u201cUne entreprise d\u2019art dépend non pas seulement d'une décision raisonnable, mais surtout d'une folie\".LE QUARTIER LATIN, 27 OCTOBRE 1966 * 5 Pierre?Loroche - 6 * LE QUARTIER LATIN, 27 OCTOBRE 1956 LA PROGRAMMATION.U programme, dans les séries de concerts 1966/67, 21 compositeurs contemporains dont 11 actuels et 2 locaux, sur un total de 53.Les mêmes compositeurs archi-connus reviennent d'une année à l\u2019autre, d'une série à l\u2019autre, d'un concert à l'autre.Beethoven est inscrit 9 fois cette année, Brahms 9 fois, Berlioz 5 fois, ete.Sans doute, s'agit-il de noms importants dans l'histoire musicale.Mais celle-ci ne se résume pas à quelques sommités.Beaucoup d'autres personnages ont fait cette histoire qui ne sont pas tous des génies mais dont l'expérience créatrice est parfois plus édifiante parce que plus incarnée et plus stimulante parce que plus \u201cmo- delable\u201d.Les mêmes oeuvres archi-connues reviennent.Cela contribue au fait qu'on n\u2019identifie couramment les compositeurs qu'à certaines de leurs LES CONCERTS DE MUSIQUE CLASSIQUE prètes d'ici qui réussissent à percer.Nous souffrons en musique, d\u2019une pénurie de bons artistes.Au moins, que les quelques exceptions aient toutes les chances de se produire.T] faudrait que les concerts soient des bases de lancement.LE PUBLIC.Un forte proportion de chers bourgeois qui cherchent dans les concerts.le rêve, l'évasion.l'hypnose.Ils s'accommodent donc à merveille des programations actuelles.Ils sont indifférents à toute forme de nouveauté, d\u2019inventions, d'évolution, en art.Ils ne demandent qu\u2019à être arrachés à la réalité.Ils accueillent par des applaudissements effrénés des oeuvres très romantiques, maintes fois entendues et restent apathiques devant les quelques oeuvres contemporaines au programme.Une forte proportion d'étudiants arrêtés à la musique traditionnelle, faute d\u2019éducation adéquate comme je l\u2019ai expliqué dans les chroniques précédentes.PROGRAMME GALA 1966/67 SEPTEMBER e 27 e SEPTEMBRE Franz-Paul Decker DVORAK: Stabat Mater Lois Marshall, soprano Lili Chookasian, Contralto Richard Verreau, ténor Joseph Rouleau, basse Choeur de I'O.S.M.NOVEMBER © 8 * NOVEMBRE Franz-Paul Decker Eugène Moghilevsky, pianiste HAYDN: Symphonie No 88 en sol/in G Concerto à déterminer to be announced TCHAIKOVSKY: Symphonie No 6 en si/in B, Op.74 par Andrée Paul DECEMBER e 5 © DÉCEMBRE oeuvres: Schubert à la Symphonie inachevée, Rachmaninoff au Concerto pour piano no 2, Tchaïkovsky à la Symphonie no 6, Brahms au Concerto pour violon, de Verdi au Requiem, etc.Or, on ne peut vraiment connaître un compositeur qu'à l\u2019ensemble de sa création.On découvre alors des réalisations beaucoup plus représentatives que les ocuvres courantes.On découvre surtout que les créateurs, même les grands, n'ont pas engendré que des chefs-d\u2019oeuvre mais des ocuvres ordinaires et des échecs.Et cela est important pour avoir une conception réaliste et non idéale de l'expérience créatrice.On rétrograde, on contre-marche dans ces concerts de musique \u201cclassique\u201d qui accordent le plus d'importance à la musique traditionnelle.Et une fois installé dans le passé, on piétine sur place, on tourne en rond.on radote.Les concerts de musique \u2018classique\u2019, ainsi organisés, sont absolument vains, inutiles.Is n'apportent certes pas une formation \u201cprésente\u201d, vu le peu d'importance attachée à la musique contemporaine el locale.Ils ne donnent même pas une information historique valable puisqu'ils s'arrêtent à quelques mêmes compositeurs et à quelques méê- mes oeuvres de ces compositeurs.LES INTERPRETES.Par rapport au nombre total des interprètes engagés, il ne se trouve pas beaucoup de professionnels locaux et il s\u2019agit toujours des quelques mêmes: Verreau, Simoneau, Turini\u2026 Mais le plus grave du problème, je l'ai déjà mentionné dans une chronique sur l'interprétation, c'est qu'on ne fait aucune place aux jeunes inter- DONIZETTI: Lucia di Larnmermoor Hans Swarowsky Reri Grist, soprano Richard Verreau, ténor Louis Quilico, baryton Joseph Rouleau, basse DECEMBER ® 20 DECEMBRE Les Grands Ballets Canadiens ADAM: Giselle En somme, un public rétrograde, sans exigences créatrices et qui demeurera tel, aussi longtemps que les programmes de concerts seront pensés en vue de lui plaire au lieu de l\u2019éduquer.Nous avons tellement de retard À rattraper en musique.nous avons tellement à évoluer que la gratuité actuelle des concerts est inconcevable.Ts devraient être organisés en vue de l'éducation collective à la musique vivante, actuelle, existentielle.LA GESTUELLE.Semniternel cérémonial: entrée solennelle du \u201cler violon\u201d et solennelle émission de la note d'accord: entrée ostentatoire du \u201cmaestro\u201d, levée de l'orchestre, saluettes à gauche et à droite, baguette et piédestal.Sempiternelle disposition de l'orchestre.Traditionalisme, formalisme, \u201cpréciosité ridicule\u201d.\u201cCandélabres, poussiére et coats à queue\u201d.Certains prétendent que ce \u201cdehors\u201d est sans importance.Au contraire, il refléte un esprit, une mentalité.Ce \u201cdehors\u201d, est l'expression physique d\u2019une rétrogradation, d'une aliénation.Par exemple, la disposition de l'orchestre reste toujours la même parce qu'on ne fait pas ici de musique avancée; Webern, Varèse, Stockhausen et beaucoup d'autres dont les compositeurs de musique aléatoire ont révolutionné l'orchestre.VOEU.Les concerts de musique \u2018classique\u2019 devraient être réorganisés en termes de musique vivante, de variété, d'efficacité.Priorité à la musique contemporaine.Musique atonale et sérielle.Musique la plus actuelle: des \u2018\u201chasards dirigés\u201d.concrète et électronique.Qu'on nous présente Berio, Maderna, Boulez, Nono, Dallapiccola, Schaeffer, Henry, Luening.Ussa- chevsky., Philippot, Arthuys, Stockhausen.Xenakis, Pousseur, ete.La musique des \u2018\u2019hasards dirigés\u2018 est essentiellement basée sur la participation créatrice de l'interprète musical, sur l'improvisation.On comprend que nos musiciens d'orchestre, habitués à la simple reproduction voient d\u2019un mauvais oeil cette musique qui abolit la notion traditionnelle de l'interprétation.Quant à la musique expérimentale: concrète et électronique, elle élimine complètement l'interprète au profit du compositeur.Celui-ci ne se trouvant plus conditionné par l'exécution.devient seul responsable de son oeuvre.Comme la musique d'ici compte beaucoup plus d'interprétes, en incluant les musiciens d'orchestre, que de eréateurs, cette musique est rejetée comme une menace de mort.Il faudrait quelques convaincus.Tremblay et Morel par exemple, pour introduire dans les programmes de concerts, cette musique qui est assurément, celle de l'avenir.Priorité à la musique locale.Cette année, 2 seules oeuvres québecoises-françaises sur un total de 53: Antiphonie de François Morel qui a pris quelque sept minutes d\u2019un concert de deux heures environ, et une oeuvre commandée à Clermont Pépin.Vraiment, on se rit de nous.Et personne nc réagit.Nous n'avons que quelques créateurs en musique, au moins qu\u2019on les stimule à créer en profusion.Qu'on les commande et qu'on les joue! 11 est paralysant pour un créateur de penser que ses oeuvres vont aboutir au tiroir.D'autre part, si les chances d'exécution étaient décuplées, beaucoup plus de jeunes se tourneraient vers la composition musicale.Actuellement, on se croit magnanime, à l'Orchestre symphonique de Montréal, de commander une oeuvre par année à un de nos compositeurs.C'est nettement insuffisant et révoltant.Ainsi redéfinis, les concerts de musique \u201cclassique\u201d gagneraient en efficacité.Ils seraient éducatifs pour les futurs créateurs et pour ceux qui entendent faire de la musique de quelque façon.Tls leur scviraient de stimulant car c'est en écoutant de la musique \u201cà faire\u201d et non de la musique périmée qu'on est excité à l'action.Ils leur procureraient la connaissance du langage actuel que le système d\u2019enscignement ne donne pas et la connaissance des compositeurs locaux que les futurs créateurs sont amenés à prolonger ou à dépasser et que les futures interprètes sont amenés à exprimer.Ils seraient éducatifs pour les amateurs en développant la conscience présente et non l'atié- nation sentimentale et la schizophrénie collective.LE QUARTIER LATIN, 27 OCTOBRE 1966-* 7 \u2018 PROGRAMME 1966 /67 SEPTEMBER e 20-21 © SEPTEMBRE Franz-Paul Decker MOZART: Symphonie No 41 en do \u2018majeur / in C Major, K.531, \u201cJupiter\u201d STRAVINSKY: Le Baiser de la Fée (1928) BEETHOVEN: Symphonie No 7 en la / in A, Op.92 3 OCTOBER e 4-5 eo OCTOBRE Franz-Paul Decker ltzhak Perlman, violoniste MOREL: Antiphonie DVORAK: Concerto en la pour violon / in A, Op.53 STRAUSS: Symphonie des Alpes NOVEMBER ® 2-3 © NOVEMBRE Franz-Paul Decker Bruno Gilber, pianiste BERLIOZ: Benvenuto Cellini, ouverture BEETHOVEN: Concerto No 4 en sol / No.4 in G, Op.58 BRAHMS: Symphonie No 2 en ré/ No.2 in D, Op.73 Dates Poys 3 nav.Espogne d7 nov.France 6 déc.Conado 31 janv, Italie 16 fév.Allemagne 16 mars Danemark JEUNESSES MUSICALES DU CANADA CENTRE DE MONTREAL.SERIE INTERNATIONALE * les jeudis en soirée {Faculté Artistes RENATA TARRAGO, guitare et vielle.GERARD POULET, violon MAURICE BLANCHOY, \u2018 piono GASTON GERMAIN, ba- fyton COLOMBE PELLETIER, piano yy DUO CONTER, pianistes- duettistes.QUATUOR PFEIFER, .cor- -des TRIO ERIKSSON, Flôte, - violoncelle, piano.SAISON 1966-67 * '& lo Selle Claude-Champagne, 200 av.Bellinghom.de Musique) Répartoire.Oeuvres des 16st 17e .siècles, et de Bochèrini, Tarrege, Albenz, Palla, etc, Mozart, Brahms, Debussy, Rovel, Prokofiev, Airs de Don Gio- sanni (Mozart).de Foust (Gouned) et de.La.Damnation de Faut {(Bertion).Béethowgn, Schubert, Brahms, Ola- balli, Debussy, Poulenc.| Mozart, esthqren, Schubert; Debyisy,.Bartok.Bach, Mort\" Weber, ok « LE TEMPS SAUVAGE \u2018OEUVRE d'Anne Hébert composée de nouvelles, de poë- mes, d'un roman et de trois pièces de théâtre mérite de figurer comme une des bases de la culture québécoise.Une longue étude au niveau du langage, des personnages, du contexte social, des images ct des symboles montrerait la profondeur et l'authenticité de l'enracinement en terre québécoise d'une oeuvre comme Le Temps sauvage.Peut-on vraiment apprécier cette pièce de théatre sans connaître Le Torrent, Les Chambres de bois ct lcs Poèmes?Pour être sensibilisé au monde imaginaire d'Anne Hébert, il faut l\u2019aborder sous divers angles et le porter en soi, dans l\u2019obscurité, pendant un certain temps.Ce monde imaginaire, bien qu\u2019il soit très incarné ici, au Québec, ne se laisse pas saisir facilement parce qu\u2019il est aussi complexe que notre être collectif en devenir.Ce monde\u2019 transporte une richesse de si- nifiéation presque inépuisable.i faut dire que cettegrichesse n'a pas été remise entre les mains des comédiens les plus puissants.Toutefois, le jeu souvent 1rès faible de certains comédiens ne m'a pas empêché de porter mon attention sur le texte lui-même.Et je pense que cette oeuvre est grande qu'elle porte sur nous- mêmes un témoignage très profond.J'ai ressenti pendant le spectacle une grande joie et cela pour plusieurs raisons.D'abord cetle pièce conduit à un terme essentiellement positif: la jeunesse (Lucie) triomphe de la peur et de l'isolement (Agnès).Lucie donne accès aux sources d\u2019eau de la maison et va poursuivre ses études: une génération nouvelle s'annonce.Ensuite cette ocuvre cst grande parce qu\u2019elle s'oriente en son entier vers deux scènes particulièrement bien réussies au double point de vue dramatique et poétique.Que l'on se rappelle la scène magnifique du dialogue où se dévoilent les \u2018raisons profondes du drame de cette maison.Agnès et François se parlent enfin.Voilà deux êtres qui se rencontrent dans toute la vérité\u2019 \u201chumaine.Cet instant est chargé d'une intensité dramatique puissante nourrie par la poésie splendide de l\u2019image et du cri des engoulevents, de cette \u201cdrôle de petite note déchirée qui s'étire et qui appelle 6 si semblable à la voix du désir dans la nuit\u201d.Et François ajoute: \u201cLes engoulevents! Tu vois bien que le passé est proche, sensible et déchirant.La mémoire est ouverte comme un coffre qui contiendrait des fan- tdmes.\u201d Et la suite du dialogue nous révèle le fond du drame.Que l\u2019on se rappelle aussi la scène finale quand, après l\u2019intervention extrêmement émouvante du prêtre, Lucie donne aux assoiffés représentés par un petit enfant, la permission de puiser de l'eau.On voit bien que toute la trame dramatique de l'oeuvre se dirige.comme guidée par un fil d\u2019Arlane, vers la scène extraordinaire des engoulevents et vers la scène finale où triomphe la jeunesse et l'avenir, l\u2019ouverture au monde et la générosité.\u201cCes deux scènes fondamentales sont splendides et.l'auteur \u2018qui les a conçues est grand; Cost un véritable poète qui met son génie de l\u2019image au service d\u2019un drame humain profond.Anne Hébert est un des auteurs québécois les plus importants.Nous pouvons lire son ocuvre avec la certitude de trouver sur nous.mémec et sur 'homme universel particularisé dans la québécitude des vérités fondamentales et pré- cleuses.Considérer Le temps sauvage comme unc pièce de deuxième classe, c\u2019est montrer, je le dis sans détour, une ignorance déplorable du monde imaginaire d\u2019Anne Hébert et c'est justifier la présence d'un cours sur l'auteur du Torrent au certificat de Jitté.rature québécoise.Le programme de la soirée contient des jugements très positifs de Gilles Marcotte, Jean Ethier-Blais et Pierre Pagé.Je suis entièrement d'accord avec ces jugements et à un véritable triomphe\u201d, i pobéft #BARBERT IS cerns avec celui de M.Albert Le Grand $# - qui disait: \u201cSi cette pièce avait été montée par de meilleurs.comédiens, nous aurions assisié \u2018 sk
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