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Titre :
Le Quartier latin
Éditeur :
  • Montréal :[le Quartier latin],1919-1970
Contenu spécifique :
Le nouveau cahier
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Le Quartier latin, 1967-02-16, Collections de BAnQ.

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[" VOL.Ill, No.17 \u201c= Le 16 février 1967 ~ ~\u2014 ENCORE 5 MINUTES Coincée, foce à un vide qui se découvre lentement.Devant une faille, une lézarde qu'elle a vainement tenté de maquiller dont elle essaie encore de se cacher, Gertrude crie \u2018\u2019Quoi faire?.Quoi?'.Devant les mensonges qu\u2019elle ne peut plus se raconter, elle doit maintenant accepter et voir la vérité, sa vérité qui fait craquer de toutes parts le monde qui l'encercle.Encore 5 minutes c'est l'histoire de cette lézarde, de cette affreuse fissure qui ronge Gertrude.Dans cette maison où chacun crie, où personne n'écoute, où l'on ne fait plus mal, ni aux autres, et même plus à soi-même, se joue le sort d'un être humain.Réalisant qu'un autre ne peut pas vivre à sa ploce, Gertrude revoit son passé: son expérience face à tout ce qui vient des autres, sa lutte contre les conventions, les parents, le milieu qui ont triomphé d'elle, qui l'ont forcée à faire des compromissions.Quand on est le produit d'une génération, il n'y a pas de limite à ce qu'on peut endurer.Mais un jour il y a limite ot Gertrude ne peut plus endurer; elle doit vivre d'elle-même sinon elle est morte.Toujours elle a vécu d'après les idées des autres, celles de sa famille, celles de son mari, celles de son fils et soudain, elle se révolte.il faudrait.ll faudrait pouvoir hurler.Hurler à pleins poumons.Pour se ressusciter, elle doit apprendre à vivre sa vie, à se détacher.Mais à ton âge, maman, lui dira son fils, on ne part plus.Ta vie est faite, maintenant.\u2014 |! doit bien me rester encore cinq minutes, non?Ces cinq minutes, elle les vivra dans un monde libre, un monde moins hypocrite! Moins eruel, au fond.Plus humain.Pour ce cri de révolte, pour cet appel à la libération de l'être, pour cette rupture avec les limites, les entraves à la liberté, pour Gertrude, Françoise Lo- ranger a écrit un texte admirable et cependant, Encore 5 minutes est faible, lourd et baclé.Elle s'éternise sans motif sur le personnage de Corrine: d'accessoire il vient à prendre trop d'espace et agace.Une série de jurons qui n'apportent rien à l'action, une surcharge de clichés (du \u2018\u2018veux-tu, s\u2019il te plait, laisser ma mère tranquille\u201d au \u201cj'espérais qu'en l'honneur de mon retour .\u2018\u2019), une approche hâtive et incertaine de divers sujets (sociolisme, séparatisme, fidélité .) distraient et font oublier les qualités certaines du personnage principal, de son évolution.|! faudrait que le texte soit corrigé, réfléchi et représenté.Car, c'est un bon brouillon, certes, mais, c'est un brouillon tout de même que l'on nous présente.La mise en scène est signée Louis- Georges Carrier, bien connu pour ses réalisations à la télévision.I! nous fait assister à la générale d'un téléthéâtre très bien monté.A chaque réplique, l'on prévoit les mouvements de lo caméra: suivre tel geste, tel effet sera formidable sur le petit écran, tel cadrage sera heureux.Mais le Stella n'est pos une salle ni un studio de télévision et les comédiens évoluent sur une scène.Ceite mise en scène eut été un succès si elle avait été à sa place.Cependant il fait reconnaître à Louis-Georges Carrier de trés bons moments et le féliciter pour avoir su faire des silences très denses et jamais de longueurs.Mme Marjolaine Hébert nous présente une Gertrude très réelle, très vraie.Bravo pour une création éblouissante.Jean Duceppe fait un mari trés convaincant et & point.Mais quel gachis pour les autres: Benoit Girard ne cesse de crier et Michèle Deslauriers déclome et réclame toutes ses répliques; ils sont franchement déteslables.Encore 5 minutes ou comment marier le très bien et le très mouvais.Malgré ses défauts, cette création est un des événements majeurs de la saison théa- trale.Léo VANASSE LA REVUE LITTÉRAIRE ENTRE DANS SA TROISIÈME ANNÉE page 4 et 5 Justice pour les Saltimbanques On nous parlait il y a quelque temps dans la Presse d'une crise chez les Soltimbanques.À vrai dire, selon moi, ce n'est pas tout à fait cela; c'est plutôt une injustice.Le soir de la première de \u2018\u2019L\u2019air du large\u201d et du \u201cCosmonaute agricole\u201d (deux pièces de Obaldia}, aucun critique conadien-français n'était présent; par contre des critiques anglais étaient présents qui ont lovangé cette représentation et ont même décidé d'envoyer une pétition au gouvernement de Québec afin d'obtenir une subvention.Les critiques canadiens-fran- cais ont-ils des raisons de s'absenter au soir de première?Il semble que oui.Un représentant des Saltimbanques a communiqué avec l'un d'eux qui lui a répondu qu'il existait des priorités telles que les cinémas mêmes anglais qui font beaucoup de publicité dans ces mêmes journaux.Un'autre critique o donné comme stupide raison: Les Saltimbanques nous envoient des invitations bonnes pour plusieurs soirs.Nous sommes trop paresseux; il faut nous forcer la main car sinon nous n'y allons pas.Done les Saltimbanques n'ont \u2018presque jamais de \u2018\u2019boum\u2019\u2019 publicitaire qui pourrait leur otti- rer une assistance décente.Les critiques de nos journaux vont voir des films de troisième ordre et ne daignent même pas se déranger alors qu'il y sont invités pour des pièces de théâtre qui valent presque toujours (et surtout aux Saltimbanques) la majorité des films présentés à Montréal.Injustice de la part des nôtres pour les nôtres.Quelle vache rie.Ga ne cessera donc jamais ?A quand lo liberté \u2018de presse et la cessation des priorités ?Les Saltimbanques n'ont- ils pas assez prouvé qu'ils étaient dignes d'avoir un regard de ces critiques du haut de leur piédestal imaginaire ?Pierre LAROCHE LE QUARTIER LATIN - 16 FEVRIER 1967 * 2 lettres ouvertes Lettre ouverte au journal LE QUARTIER LATIN Montréal, le 4-2-67 Mile Nicole Fortin, directeur, LE QUARTIER LATIN, Ch.707, Centre social, U.de M.EVOLUTION DE LA SEXUALITE Mademoiselle, Je constate avec intérêt que LE NOUVEAU CAHIER s'étend quelque peu sur le sujet toujours brûlant de la sexualité.Sans doute il n'est jamais inutile de réfléchir sur un problème et votre journal le fait avec élégance.Toutefois je vous proposerai l'hypothèse suivante (ce n'est qu'une simple hypothèse): malgré tous les projets que l'on formule, l'évolution dans ce domaine comme pour tant d'autres ne suivra-t-elle pas une démarche tout à fait naturelle ?En d'autres mots, peut-on s'attendre à ce que des changements surviennent prochainement sur le mode d'expression de la sexualité, et ce dans le cycle de l'évolution tout à fait normale d'une société ?Il nous semble que oui.L'expression de l'activité sexuelle serait en voie d'une révolution très prochaine [qui est d'ores et déjà amorcée).ll est facile de le prévoir.La surpopulation mettra très bientôt un frein à l'expansion de l'animal alors que lo nécessité aura fait se répandre les procédés contraceptifs enfin disponibles.Par suite, l'activité sexuelle perdra rapidement son sens actuel qui la rattache intimement à la reproduction pour devenir activité sociale et prendre une forme plus diversifiée.Les moeurs, coutumes ou traumatismes de masse, qui étaient maintenus instinctivement comme moyens efficaces de contrôle de la reproduction disparaîtront à leur tour, devenus inutiles.Lo législation désuète, ne reconnaissant officiellement que humain, l'activité avec une seule personne, refusant l'existence des maisons spécialisées dons les jeux sexuels, etc, s'adaptera à la nouvelle situation.Si l'homme existe encore, dans quelques siècles au plus tard, le nouvel esprit sera normalisé.Ce sera alors à un public amusé ou incrédule que les historiens expliqueront les concepts de la société actuelle, con- cepis qui seront qualifiés de \u201cmoyenageux\u201d ou du terme équivalent qui aura remplacé ce dernier, car tout est relatif et conventionnel dans ce domaine.André BERTRAND (Sciences) André Bertrand, 6310 St-Denis, Montréal.LETTRE OUVERTE AUX COLLABORATEURS de \"SEXOLOGIE\" Je viens de terminer la lecture du \"Nouveau Cahier\u2018, consacré à la sexualité, et je m'empresse de quelques impressions.vous communiquer 1\u2014Il me semble que certains articles comme \u2018La pilule\u2018, \u2018La mère québécoise\", ou \u2018\u2019Québé- sexétude\", restent dans l'ensemble sur le plan de la discussion ou de l'information.2\u2014D'autres, par contre, (parmi lesquels \u2018\u2018Légalisons l'avortement\u2019, \u2018\u2019L'onanisme, un fait de culture\u201d, \u2018Les minorités sexuelles et lo société\u201d) s'en sont malheureusement écartés.À mon avis, ceux-là entreprennent tout simplement un lavage de cerveau.3\u2014Enfin, çà et là, j'ai trouvé des généralisations qui m'ont déplu, (même dans les articles que je classerais dans la première catégorie.) Je cite deux phrases au hasard.Lo première: \u201cEncore en 1967, nous devons endurer la parodie du mélange religion-mariage\u201d, dans \u2018\u2019Mario- ge civil et divorce\u2019.Je crains que l'auteur ail fait ce \u2018\u2018nous\u2019\u2019 englobant beaucoup plus d'individus qu\u2019il ne devrait.La deuxième: \u2018La maternité tue l'amour à court ou à long terme'\u2019, dans \u2018La mère québécoise\u2019.Ici, je crois déceler un certain manque d'information (que l'auteur couples épanouis par l'arrivée des en- interroge les fants; les couples désunis malgré l'absence d'enfants; les amants séparés, ici encore malgré l'absence d'enfants.Pour de plus amples renseignements, qu'il fasse un tour aux rayons \u2018Psychologie\u2019 des bibliothèques et des librairies, et qu'il déniche vite ces quelques pages traitant des causes de la décrépitude de l'amour.Avont de terminer, laissez-moi vous dire que cette lettre ne pas d'une ingénue complexée, d'une religieuse ou d'une vieille dame.J'ai vingt- quatre ans, suis mariée (depuis 4 ans et 2) ai deux enfants.Je ne me sens point anormale parce que je n'ai pas envie de pratiquer l'onanisme, l'amour libre, etc., ni parce que je reste en accord avec la vraie morale catholique, (laquelle m'a semblé totalement incomprise et injustement dénigrée par les collaborateurs de \u2018'Sexologie'}.Et croyez-moi cela ne m'empêche nullement de m'émerveiller de- vous vient vant lo sexualité.Bref, mo lettre ne se propose pas de vous blômer d'avoir consacré un numéro a la sexva- lité, mais de vous dire simplement: \u2018\u2019Affranchissement, oui.Démagogie sexuelle, non!\" Liliane DEHOUX Faculté des lettres PS.\u2014 J'aimerais bien, si c'est possible, que ma lettre po- raisse dans \u2018\u2019Quartier Lotin' (sic) THÉATRE EXPERIMENTALE Le TNM nous informe d'une erreur de notre part, au sujet du centenaire dont il était question dans leur publicité sur \u2018\u2019Le soulier de satin\u2019.Le centenaire n'était pas le centenaire du Canada, comme nous l'avions cru, mais le centenaire du Gésu.Nous nous excusons de cette erreur.D'autre port, le TNM se lancerait, selon une rumeur assez sûre, dans le théôtre expérimental.M.Jean-élouis Roux serait le directeur de cette nouvelle fondalion, M.Roux, selon les rumeurs, aurait déclaré: \u2018Je préfère recevoir un salaire dix fois moindre que de rater le rêve de ma vie: faire du théâtre expérimental.\" Yvan Mornard ADMISSION Théâtre Étudiant d'outre-Mer présente a \"auditorium du college Jesus-Marie Vendredi 24 février Samedi 25 février 1966 Les justes d'Albert Camus $1.00 \u2014 Membres de l'AGEUM $1.25 \u2014 Etudiants S1.50 \u2014 Non-étudiants CINÉ-CAMPUS ALFRED HITCHCOCK BLACKMAIL G.-B.- 1929 D'abord conçu et toumé comme un film muet, puis sonorisé et refait en partie à couse de l'avènement du porlant, Blackmail témoigne de l'habiletäde Hitchcock à évoquer et à susciter des chocs émotifs et des sentiments de terreur et de culpabilité par une savonte association de procédés visuels et sonores.x ; x « THE BIRDS E.-U.\u2014 1963 \u2014 Technicoler \u2018En résumé, l\u2019orgument consiste en une hypothèse simple: qu'arriverait-il si les plus inoffensifs des ho tes de la création - les oiseaux \u2014 se coolisaient pour attaquer les humains?Volontoirement, les causes de cette révolte sont inexpliquées.Mois les faits sont là.Et nous regardons incrédules, fascinés, terrorisés, ces troublantes images de lo science-fiction.\" (Gilbert So- lachas).LE SAMEDI 18 FÉVRIER - A8HOOPM A L'AUDITORIUM DE L'UNIVERSITE GRATUIT POUR LES MEMBRES DE L'A.G.E.U.M.Le NOUVEAU CAHIER, vol iii, no 17 Directeur: Yvan Mornard Secrétaire de la rédaction: Luc Latour Chroniques: Arts: Marcel Saint-Pierre Ronald Richard Cinéma: Ginette Charest Conférences: Robert Barberis Musique: Andrée Paul Philosophie: Michel Dufour Robert Nadeau Claude Panaccio François Sauvé Poésie: Nicole Brossard Pierre Charbonneau Roman: André Bertrand France Théoret Martin Dufresne Théâtre: Pierre Laroche Leo Vanasse Magquettistes: Luc Latour Jean-Pierre Urbain Yvan Mornard Photographe: Daniel Rémi Reportages: Jules Arbec Balayeurs: Marcel Mosse J.J.Bertrand Déchets: Pierre-Louis Guertin ot Le Quartier Latin Le Nouveau Cahier est publié chaque jeudi par les étudiants de l'Université de Montréal. a ES STE : { : i AYN TT (Entretien ovec Jean-Frangois Brossin, finissant à l'Ecole des Beoux-Arts de Montréal, scénographe à la Galerie de la Masse, ex-directeur du Centre Synoptique).de Chartier Lemoyne, Courellier, Bois- vert et Tousignant, lesquels avaient déjà rencontré le public, un problème se pose: les jeunes sauvent notre situation dans le monde de l'art, mais possèdent- ils une centrale par où s'exprimer?Le marché de l'art, ici.Richard: Les galeries actuelles misent- elles sur les jeunes?Brossin: Elles ne prennent pas de chance; les difficultés rencontrées par un marché déjà restreint, en plus des commercialiser la Galerie sous le nom de Centre synoptique échoua.L'un des directeurs ne comprenant en rien la nécessité d'en foire un centre de recherche, réorienta à l'insu des deux autres organisateurs la direction donnée, pour en faire finalement une simple boîte de jazz.Richard: Quelle sorte d'activités prendraient place à l'intérieur de cette galerie-pilote?Brossin: Des expositions de jeunes.UN MARCHE NOIR par Ronald RICHARD A la Place Victoria, la compagnie Rothman présente une exposition de tapisseries, où Lurcat et Picard-Ledoux tentent de restituer en vain dans une thèmes rannés, datant de la Renaissance, Borderie et Gilioli parviennent à tirer du médium employé une expressivité dramatique qui dépasse la simple qualité formelle du matériau, la laine, qui donne à la couleur toute son intensité et sa chaleur.La tapisserie: une technique pour l'école pointilliste, ou le danger de tomber dans lo décoration murale.Lepage expose en novembre à l'Ecole d'Architecture des montages dont le but est de créer une angoisse entre le \u2018\u2019bon goût'\u2019 du spectateur et l'objet exposé: cerfs-volants trop lou: cis pour prendre l'air; blocs de bois, vrais blocs à jouer dont les facettes sont décorées de bandes de couleur.Humour.Cet art est moins un langage qu'une charge.Contre \u201cl'esthétism \u2018\u2019 et le fonctionnel.A lo fin de janvier, Trépanier, un autre jeune, présente des tableaux-objets, lesquels tout en charriant divers modes d'expressions: collages pops, titres da- daïstes, surface optiques, n'en tentent \"pas moins d'impliquer lo démarche du spectateur dans un rite empruntant à la liturgie romaine cérémonie d'initiation lors du vernissage, lampions intégrés aux montages, pour l'éloigner du mythe religieux au profit d'un épanouissement des forces sexuelles de l'individu.La psychanalyse par l'art.McComber en même temps présente à la galerie la Rocaille des tableaux exprimant un point d'équilibre entre des a-plats organiques et une structure \u2018\u2019hard- edge'': malaise pour le spectateur, laquelle des deux forces dialecliques I'emportera.Dans une oeuvre de grand format toutefois, il n'échappe guére a la décoration d'intérieur.Avec l'Expo des Jeunes au Musée d'Art contemporain l'été dernier et lo révélation de tendances nouvelles ici, sculptures rimétiques de Lajeunie, illustrations de Lemonde, bandes dessinées de Montpetit, cirques de Fortier, en plus imagerie décorative des sur- frais d'organisation, d'entretien et de loyers très chers (quartier de la rue Sherbrooke ouest,) autant de facteurs les obligeant à ne miser que sur des valeurs certainement rentables.Richard: La recherche artistique ne paie pas, le déficit de Lemoyne a la galerie Libre le prouve.Mais le Musée d'Art contemporain, par l'Expo des jeunes qui se veut annuelle, n'est-il pas la voie toute indiquée?Brossin: Ce n'est pos là l'objectif essentiel du Musée.Il se voit moins de lancer les jeunes artistes que d'organiser de grandes rétrospectives d'artistes actuels: Schoëffer, Tingueley, pop et op américains, Groupe de Recherche Visuelle.Le Musée doit souligner au public l'importance des chercheurs, de ceux qui préparent l'art de demain, puisque l'art bourgeois de l'abstraction est révolu et que toute la tendance actuelle est à la socialisation de l'univers plos- tique: \u2018design\u2019 et arts intégrés, production de masse.C'est dans ce sens que s'est faite au Musée d'Art contemporain l'Expo des petits formats, exposition groupant nombre d'artistes importants de Mondrion à Vasareyli.Il faut créer pour les jeunes une galerie-pilote, ou les galeries professionnelles pourraient opérer un \u2018\u2019repêchage'', système tant à l'avantage des go- leries existantes qu'aux efforts de ceux qui ne désirent rien d'autre que présenter une création originale.Richard: Comment se ferait l\u2019organisation d'une telle galerie?Brossin: Une telle galerie-pilote n'est pas rentable, et se doit d'être subventionnée.Le Conseil des Arts était prêt à subventionner la Galerie de la Masse à la condition que celle-ci se rapproche du marché des galeries actuelles, rue Sherbrooke, ouest.Richard: Comment fut dissoute la Galerie de la Masse?Brossin: L'Association des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts ne pouvaient assumer entièrement les frais.On ne peut également échapper à des conflits de personnalité.Lo tentation de Expositions conçues comme un environ- magique, aux coordonnées de la scénographie.nement directement reliées L'accrochage de chaque oeuvre devant se faire en fonction même de leur signification.L'art tente de plus en plus à devenir un environnement.Des spectacles résultant de recherches dans les différents modes d'expression audio-vi- suelle.Des \u2018\u2018happening' continuant la voie entreprise par l'équipe du Zirmat.De la danse, oui, mais expérimentale.Richard: Un projet concret est-il en voie de réalisation?Brossin: La Fédération des Ecoles d'Art vient de tenir sa première réunion afin de se donner une charte.Avec ces rapprochements qui se créent, la galerie- pilote serait un résultat concret; l'ouverture de celle-ci pourrait coincider possiblement avec le début de l'Expo.|l faudrait alors organiser des échanges avec les écoles d'art des autres pays, par exemple le Prat! Institute, l'Ecole des Beaux-Arts de Moscou et l'Institut des Arts de lo Havone.Richard: Le morché de l'oeuvre d'art ne serait-il pos réaménagé complètement por le biais d'un système d'exposition itinérante organisée par le ministère des Affaires culturelles, avec lo collaboration de sociologues, historiens, d'art, critiques d'ort et artistes: l'artiste se réservant le choix final et la cote à fixer aux oeuvres exposées.Celle-ci ferait le tour de nos universités, instituts, régionales, centres d'achats et industries?Brossin: Une telle réalisation poursuit l'optique du Rapport Parent.Le public se trouve confronté directement avec les oeuvres et réalise enfin que l'art actuel n'est plus Picasso.Le procédé est également plus rentable pour l'artiste, le marché étant d'autant plus répandu.|! faudrait organiser plus particulièrement ces expo dans des régionales.C'est plus difficile dans les usines.Tout comme les cliniques itinérantes de la Croix-Rouge redonnent un sang neuf à la vie artistique.Richard: L'art actuel emprunte de plus en plus à la technique et à l'industrie.Mais face aux pyramides des Egyp- tiens et des Incas, not = civilisation n'a pas ou peu produit de monuments qui incarnent nos mythes contemporains.Les générations qui suivront ne verront- elles pas dans la fusée Atlas ou l'appareil Concorde, produits fonctionnels et esthétiques, les réalisations de notre civilisation exprimant notre besoin de recherche et d'évasion?Brossin: Un apporcil Concorde est une réussite tant sur le plan technique qu'esthétique, mais l\u2019art va plus loin.li n'y 0 qu'à songer à Schoëffer et son spectacle intégré avec la tour de Liège.L'art actue! reprend son retard sur la technique et emploie ses moyens à bon escient.Richard: Dans cet éclatement socialisant de l'art, une conscience individuelle quelque peu en perdition décide de réaliser de nuit une large composition plasticienne à la mesure de la promenade extérieure de la Place Ville- Marie.Brossin: Si la composition est bonne, le geste est valable! Les autorités ne comprendraient pas un lel geste: ce serait un \u2018\u2019happening\u2019\u2019 et un bon moyen de publicité qui vaut le coup d'être tenté! INSTANT THEATRE Vous connaissez le gros édifice en forme de croix, cestuy-là même qui est baptisé de l'ancien nom de la \u20182e ville francaise du monde'\u2019.Vous connaissez l'hôtel qui se trouve en face dudit édifice?Quel hôtel?Celui qui a presque été baptisé du nom du fondateur de cette même \u20182e ville française du monde\u2019.Eh bien! si entre midi el 14 heures vous désirez passer d'un édifice à l'autre, vous ne serez pas sans remarquer une activité fébrile devant les portes du \u2018Théâtre de la Place\u2019.En effet, du lundi au samedi, l'Instant Theatre présente des pièces en un acte et ce dans le but de bien remplir l'heure du lunch des personnes qui, comme vous et moi, aiment le théâtre et qui, comme ni vous ni moi, se trouvent aux environs de la Place.I THEATRE Divertissement, repos, oubli des tracas, occasion de connaître des auteurs dromatiques nouveaux, de découvrir les grandes pièces des petits auteurs et même les petites oeuvres des Grands du Théâtre.Simplicité, intimité, sincérité, une troupe se jette à pieds joints dans une pièce de 30 minutes.Théâtre sans prétention, théâtre de bon goût, théâtre qui vaut la peine d'être vu ef applaudi.Leo VANASSE NILYT YZILYVYNO 37 - 2961 YIIXA3A IL .E LE QUARTIER LATIN - 16 FEVRIER 1967 * 4 LA BARRE DU JOUR, c'est, d'abord el avant tout.C'est une revue exclusivement de littérature québécoise.Elle fut fondée en février 1965, et depuis ce temps, s'est fait un devoir de respecter ses engagements.Individuellement, chacun de ses membres est libre de ses opinions comme de ses actes.Mais peu importe, Nous ne publions que ce qui est québécois.Rien d'autre.Ici, elle est la seule revue de littérature québécoise.En fait, on peut dire qu'elle est \u2018\u2018spécialisée'\u2019\u2019.Exclusivement littéraire, cette revue veut promouvoir notre littérature, Point question de culture, de politique ou quoi que ce soit: d'autres personnes et d'autres revues (telles LIBERTE c! PARTI PRIS), s'en chargent.Mais faire progresser les lettres, laisse supposer un parti-pris pour (les lettres québécoises) ct non pas contre.Dons l'état actuel, peu importe le centre.Il est toujours trop mou.Nous croyons que toute littérature et plus spécialement la nôtre doit toujours aller plus loin toujours.En ce sens, une revue littéraire, la nôtre, est indispensable.Peu importe, au fond, la bonne ou pseudo mauvaise marche, car de toute manière, la littérature sera ce qu'on voudra qu'elle soit, Et pour se faire, une revue comme la nôtre se doil d'ouvrir le plus possible ses pages à ce qu'on ose encore appeler \u2018\u2018l\u2019avant- garde\u201d ou lo recherche littéraire.De quelque forme qu'elle soit, celle-ci est la seule capable un jour de faire changer ou évoluer notre littérature (un peu trop, dans l'ensemble, traditionnelle).Toute revue littéraire, dite \u2018\u2019spécialiste\u201d, se doit, du moins ici, au Québec, d'être \u2018\u2019d'avant-garde\u2019\u2019, si elle veut vraiment faire quelque chose et non répéter \u2018\u2018l'ancienne\u2019\u2019.Toute revue d'avant-garde à un contenu révolutionnaire latent, car en créant une littérature d'avant-garde, celle-ci démolit les anciennes structures; et en un sens est Exploitation de l'imagination québécoise un engagement! politique.Une révolution ne peut être que globale.Ni nécessairement telle ou telle (i.e.politique, économique, religieuse, culturelle, etc.), cette révolution ne peut que toutes les grouper.Et cette littérature, ou cet engagement, qui n'est que pleine conscience, ne peut que servir, un jour, de quelque façon, la révolution.La littérature est révolutionnaire cor elle permet de faire et de changer la mentalité.Pour se faire, notre revue se doit de publier, dès aujourd'hui ceux qui seront peut-être les écrivains de demain.Il s'agit, tout au moins, par cela, d'éveiller \u2018\u2019un\u2019\u2019 public et de le rendre conscient.de ce qui se fait chez lui littérature.Lorsque notre tradition sero à peu près établie, il sera peut-être possible d'hiérarchiser.Et de même, que nous connaissons les écrivains français qui ne furent pos des maîtres, peut-être pourrons-nous réévaluer la connaissance de notre passé.Cetie revue, si elle entend favoriser la recherche littéraire, voit surtout la tradition comme elle est; c'est-à-dire encore à connoître, Notre passé culturel n'est pos un poids mort, mais il n'est peut-être pas un goge d'enracinement pour définir un credo littéraire.Notre passé a été, il n'est pas d refaire et ce sera le rôle de la critique de le renouveler sans cesse, Une littérature qui se cherche Qu'il faille renouveler notre passé littéraire, cela ne veut pos dire qu\u2019il faut le refaire ou le répéter.Au contraire, il faut bien plus que nos jeunes et nos futurs écrivains se dégagent de tout traditionnalisme.Quand il s'agit d'écrire au présent, peu importe la littérature qui se fait; ce qui compte c'est ce qui est à faire.En ce sens, le rôle d'une revue littéraire est bien moins celui de foire connaître la littérature qui se fait et bien plus celui d'ouvrir entièrement ses portes ou ses pages à une littérature qui est encore à faire; c'est-à-dire une liltérature de recherche.Ce qui compte le plus pour nous, c'est l'avenir.Mais cette littérature à venir, qu'est-elle et comment est-elle ?Et qu'est-ce qu\u2019une littérature de recherche ou en recherche?Encore faut-il savoir que rechercher, c'est chercher ce qu'on cherche, et qu'une recherche est dite littéraire quand elle se traduit dans et par lo littérature.Elle peut s'effectuer un peu partout, en autant que la littérature soit elle aussi partout.La littérature n'a pas de frontières; si ce n'est celle des mots.Toute recherche formelle se fait strictement au niveau des mots; peu importe les idées ou quoi que ce soit.La recherche formelle, c'est ia convention poussée à bout.C'est la convention qu'il faut briser, puis changer.Car toute forme est convention (un jour ou l'autre] et doit être mise en question si on veut qu\u2019elle soit communicable.C'est surtout avec la chronique des Inédits que La Barre du Jour a pris position concrète et active face à la tradition.La revue est sans porti-pris de jugements de valeur devant les oeuvres traditionnelles.L'objectif premier de cette chronique est sans doute de participer à lo recherche et d'inciter surtout le public de la revue à la lecture des oeuvres du passé, et ainsi, accorder à ces oeuvres une première génération de lecture véritable; cette tradition de lecture qui est une condition majeure de survie d'une littérature.Par une chronique future, (EXPLORATIONS) la revue entend montrer les grandes images qui dominent notre littérature passée : faire un éventail qui se voudra chaque fois très restreint, mais qui, nous l'espérons, pourra déceler à la fois des valeurs littéraires et imaginaires.Pour valoriser la tradition, il ne suffit pas de remonter à des sources psychologiques ou sociologiques, il faut faire l'inventaire de notre imaginaire.Nous ne nions pas que notre passé littéraire soit contestable et contesté encore de nos jours; surtout en tant que valeur littéraire réelle.Mais notre revue reconnait d'abord, I'urgence de l'établir de façon diachronique, de sorte que les De LAHayes, les Lo- ranger, les Routhier, les Piché et autres, aient le droit à une première génération de lecture.Ici, nous devons citer l'excellent travail que font les centres de recherche en littérature québécoise.Car, il est entendu qu'une revue ne peut promouvoir que partiellement une telle entreprise.Tout littérature doit donc se situer et être en situation si elle veut; d'abord être, puis être un contact.Et si elle se situe dons l'avenir, c'est qu'elle entend dépasser et périmer celle qui la précède, Pour qu'une nouvelle littérature soit vivonte une jour, il faut qu'elle détruise dès aujourd'hui celle qui lui barre la route et plus spécialement, celle qui se fait encore aujourd'hui dans des formes anciennes.l'homme ruine monde, et la recherche formelle, elle aussi, ruine la convention du monde.inlassablement le En ce sens, elle est révolutionnaire.C'est donc dire qu'une revue littéraire n'a rien à perdre avec l'avant-garde et ta recherche.Au contraire, elle a tout à perdre avec la convention.Il faut ruiner pour mieux refaire.Et toute règle du meilleur-dire est sans merci.En ce sens, ce qui compte, pour LA BARRE DU JOUR, c'est la littérature qui se fail, mais aussi, et peut-être surtout, celle qui se fera; c'est-à-dire la recherche \u2018actuelle].Nous sommes entièrement pour une littérature nouvelle; littérature qui se doit d'être (un jour prochain} et d'être de recherche (pour le moment).La littérature pousse là où elle peut, mais elle pousse toujours, à la fois, contre quelque chose qui est et pour ce qui n'est pas (encore).Il est donc temps que nos écrivains et nos poètes lançent réellement leurs cailloux.L'eau- de-rose, c'est fini.Les petites fleurs aussi.|| ne nous reste plus que les mots qui cognent dur.Les mots à faire.Nôtre.Nos.Leurs.La Barre du Jour.Si je ne peux pas penser sans mots, c'est donc que je ne suis pas, sans vocabulaire.Or le besoin d'écrire, c'est-à-dire d'exprimer, répond \u2014 à coups de hache \u2014 à l'insatisfaction, inhérente et essentielle, de l'homme, Latente est cette insatisfaction.Sauf, évidemment, aux moments de crise, Surgissant alors à la manière d'une nova, elle me dilate les orbites et me fait vouloir, par un réflexe \u2014 ins- finctivement serait peut-être un terme plus approprié \u2014, me transformer.Mais je suis ce que sont mes mots.Mot \u2014 convention.Et cette dernière est aliénante.Car les mots deviennent facilement des étrangers pour nous \u2014 ie, nous étrangers à \"nous-mêmes.Je voudrai donc briser la convention.Aussi bri- serai-je le mot, le ferai-je éclater.Je le décortiquerai pour atteindre sa pulpe, puis son épicentre, et enfin le mouleroi selon mon besoin, ou mon désir, comme s'il s'agissait de cire ou d'argile.Ce qui revient à le recréer de toutes pièces \u2014 ou a dire que je me suis transformé: Ainsi ma recherche, mouvement quotidien, sera moi, homme nouveau en perpétuel changement, c\u2019est-à-dire un être qui est pleinement et en toute lucidité.Roger Soublière.ll ne s'agit pas tellement de faire éclore de nouvelles thématiques et de nouveaux mythes comme de chiffrer leur comportement dans un espace qui s\u2019agrandit, se multiplie ou se rétrécit selon l'importance que nous lui donnons.Toute forme de langage présuppose un choix : la communication ou l'expression.Pour moi, il ne fait aucun doute que c'est l'expression qui est toute désignée pour remplir un rôle adéquat dans le domaine de l'écriture.Le mot, unité palpable, s'apprivoise dans l'éclatement, de la rupture, ll s'agit de fabriquer le mot passe-partout qui ne renvoie plus uniquement à des notions affectives et intellectuelles, mais qui surtout crée ses propres variantes : le mot-conscience par opposition au mot-convention.Il s'agit de prendre en main une logique qui est distorsion et ru- ance, d'où extension du système sémantique.J'imagine très bien une poésie où le mot en devenir chercherait à établir une juste relation avec d\u2019autres mots en constante mutation.; Nicole Brossard.PA TUER LE MONDE MITE Le poème a toujours ingurgité la fonctionnalité.Le poème à été tour à tour garde-mite, l'Eiffel des marais du longage de chacun.Trêve.La littérature c'est agir dans l'ombre, se voir en s'actualisant \u2014 irruptuer le temps et ses conques d\u2019eau sole.La poésie à été l'anthropode fictif, le cratère inverse de toute décision, bref j'en passe.ll est trop le temps de voir les solidarités, la prise (au sens de lutte au corps) stratigraphi- que de l'espace continu.En somme, il faut créer un continuum ouvert-fermé, un tatouage des potentialités.De quoi faire un cadran poétique à deux centres: un pour le temps, l'autre pour la forme \u2014 ce cadran a trois paliers superposés vus dans un ensemble dialectisé : 1) LES PROBABILI- TES DU POEME (envisager toutes les possibilités); 2) LA CONTRACTION [c'est la forme devenue convention, institution, quant-à-soil; 3) L'AUTO-CRI- TIQUE.Tout ça serait nier l'es- pect centre, l'aspect dédicace et rouvrir le plaie de la réalité en mouvement.Il faut trouver l'Espérance poétique : un monôme troué et noté dans tous ses aléas.l! fout structurer la poésie en zones plu- ridimensionnelles, en forces d'impact et auréole tactiques, points d'oppui sur le monde et l'ombre.Imbiber une stratégie de lo cumulation, Imbiber tout est la! Jan Stafford.La littérature est écriture, et écrire n'est pas parler.Elle est telle et ne doit être rien d'autre.Le temps des chansons est fini.On les connaît toutes.La littérature, c\u2019est des mots et encore des mots.toujours changeants.les mots n'ont pas de sens.lls ne sont qu'illusions et par le fait même fermés à la véritable \"communication\", La littérature et plus précisément les mots, sont incompréhensibles.I! faut donc que lo littérature cesse d'ê- tre ce qu'elle n'est pas, c'est-à- dire ce qu'elle est encore, pour se faire autre.Nouvelle.Il lui faut donc tendre irrémédiablement vers un nouvel intelligible.Une nouvelle compréhension qui se ferait à partir des mots \u2014 c\u2019est-à-dire de et par eux \u2014 implique que lo pensée vient des mots et qu'ils sont les seuls compréhensibles possibles.Devenus inutilisables, il nous fout donc les redéfinir inlassablement.Le mot est présence de l'absence.ll est ce qu'il est, et dès qu'un mot est écrit, il ne peut être autre qu'être lui-même.En au- \u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 cune façon, le mot ne peut se passer de lui-même.Et c'est pourquoi on peut dire que la littérature est a faire.La littérature, considérée comme en tant qu'exclusivement écriture, n'a jamais existé au fond.Elle n'est pas à dire, mais à voir.Elle doit se faire à l'oeil et aux mots.Rien d'autre, Et c'est tout.Marcel Saint-Pierre.De toute façon la littérature est appelée à disparaître, Nous sommes l'une des dernières générations à \u2018\u2018faire de la littérature\u2019.Et cela est bien.Le mot est périmé .De même que la peinture actuelle délaisse le chevalet, la toile et les pinceaux, et que cela signifie sa propre mort, de la même façon la \"\u2019littérature\u2019 doit triturer, tordre et décharger le mot.Une espèce d'hara-kiri quoi.On ne peut prévoir de façon bien précise ce que sera l'art de demain.On peut cependant conjecturer.Et dans ces conjectures, peu ou prou de place pour la \u2018littérature\u201d, La littérature de mots, s'entend; celle des \u2018littéraires\u2019.Notre tâche, aujourd'hui, consiste donc à tuer le mot, et par lui, la littérature.Si nous nous acheminons vers l'art total, l'art intégré, notre rôle est de faciliter et de préparer la transition de la littérature forme d'ort à la littérature intégrée ou si l'on veut dissolue dans l'art total.Le temps de l\u2019art! conçu pour une poignée de petils bourgeois pé- rorants (avec ou sans barbes) est révolu.L'art, conscience et expression d'une civilisation, doit toucher les membres de cette civilisation.Quotidiennement.Mallarmé n'est plus possible au- jourd'hui.Pierre Charbonneau.Le mot, et par suite toute l'écriture, à une double possibilité inhérente à lui-même : d'abord, le mot à une vitalité qui ne joue pos en pure perte dans l'écriture.Mais seul, en tant qu'unité, il se définit comme opacité.|| est en aphosie.Le mot est moindre par rapport ou mot déterminé.Par exemple, le mot table est moindre par rapport à table tam-tam.Les mots conjoints s'interpénètrent l'un l'autre et prennent une seule signification qui est spécifiée par les conjoints.Les mots peuvent se multiplier par les joints.lis portent en eux des charges explosives parce qu'ils sont poly-formes, poly- sons, poly-signifiants.Dans l\u2019union, les mots sont à la Nième puissance, ils sont la possibilité de survolter l'écriture.Par conséquent, les mots doivent être soumis à une détermination précise, c'est dire que l'écriture doit se faire au pied du mot.Le mot doit retrouver une unicité certaine, une pureté initiale, mais est-ce possible dons notre contexte culturel ?Le mot doit être précisé, ceinturé, pris au pied et à lo lettre, C'est ce que nous pourrions nommer : ce qu'il nous reste à faire.Toute écriture, dans ce contexte, est une entreprise linguistique qui vise à préciser, toujours davantage, chaque mot.Et peu importe lo façon.En ce sens, écrire n'offre qu'une seule possibilité : trons- former.France Théorêt.NILYT YZILYVYNO 37 - 2961 YFIHAI3S 91 LS LE QUARTIER LATIN - 16 FEVRIER 1967 * 6 La Cinémathèque Canadienne présente actuellement et cela depuis le début du mois de janvier, au public montréalais, une vaste rétrospective du western.Composée de 19 programmes {dont il ne reste maintenant que 7 représentations) la rétrospective s'intéresse à tous les aspects de ce genre maiheureu- sement \u2018\u201csnobé\u2019\u2019 (et à tort) par les adeptes furieux de Godard, Antonioni, Bergman, Fellini.etc.William K.Everson, collectionneur et recherchiste anglais sélectionna à même sa collection personnelle le programme de la manifestation.De passage à Montréal pour l'ouverture de la rétrospective M.Everson, auteur d'une étude sur le western, THE WESTERN et auteur de THE AMERICAN MOVIE nous entretient de sa conception du western, sa naissance, son développement, son influence et son avenir.Nous espérons ici, rendre justice à la pensée de M.Éverson qui ne s'exprime que dans le plus pur \u2018\u2019british\u2018*.\u2014 Qu'est-ce que le western?Une définition générale?J'ai horreur d'intellectualiser le western.J'ai grandi en so compagnie, je pense.Comme je considère le western extérieurement.N'est-ce pas la position de tout non Américain.Pour moi, le western à toujours élé la base fondamentale du cinéma américain.Je n'y suis pos intéressé à titre d'oeuvre d'art ou de morceau de mythologie ou d'histoire.Je veux dire que pour moi le western a toujours élé l'élément essentiel du cinéma américain.Le western, c'est une chose que personne autre n'a pu faire.Seul l'Amérique et plus spécialement les gens con- Un nuage de poussière par Ginette CHAREST cernés, Le western existait avant méme le cinéma.Dans la litiéra- ture américaine.Quand le cinéma est né \u2018the old west\" était encore là,\u2018 Les thèmes du western étaient donc très contemporains.Un film comme THE WOMEN de Thomas Ince à été fait en 1913, la méme année que l'Arizona est devenu un Etat.\u2018In a sense, they were duplicating what was just disappearing, but, that was still very much present.\u2019 \u2014 Si le western est si près des habitants de l'Ouest américain, quel est sa signification, son importance pour le public new-yorkais?Peu d'importance pour le public de New York, malheureusement.Même le bon western.Par exemple, les deux derniers films de John Ford.Ils n'ont pas eu à New York, de première.Ils sont sortis normalement comme Leo VANASSE \\ A wo aw 3 ay un film de seconde classe.le public très sophistiqué des Etats- Unis ira à un western seulement si ce dernier est très intellectuel; comme HIGH NOON \u2018Le train sifflera trois fois) qui en passant a été un film sur-évalué.Si Truffaut ou méme si Antonioni faisait un western, le film serait adoré à New York.Mais si John Ford fait un western \u2018\u2018they just don\u2019t get excited.\" \u2014 Et l'accueil fait à l'étranger au western?On adore le western à l'étranger.De la même façon New York accepte un film comme RASHOMON ou .n'importe quel grand film, lequel film n'est pas nécessairement bien vu dans le pays d'origine.Puis je crois, qu'il y à un autre facteur très important en ce qui concerne l'Europe et principalement les pays hors de l'Angleterre.Ils n'ont vu qu\u2019une faible partie de la production annuelle.Sur les 300 ou 400 westerns réalisés dans les années 30 ou 40, période clé de la production américaine, la France a peut-être vu 20 ou 30 films.\u2018\u2019Just a cross- section of it.\u2019 Ce qui n'est pas suffisant pour devenir familier avec les clichés et les formules stéréotypées du western.Ils ne peuvent donc pas être ennuyés par le western.\u2014 Quelle partie des 300 ou 400 films?Les meilleurs?Les meilleurs évidemment, et, les plus grands; toujours une foible partie quoi.C'est le film de production commerciale, de série B qui peut donner l'image, la plus juste possible, du western.Si vous ne voyez qu'une dizaine de ces films comment alors pouvez-vous avoir conscience des clichés et par là de lo signification du western?J'ai vu des critiques prendre un film sans importance, de série B, un film sans prétention, sauf celle d'être vu par des enfants le samedi après-midi au cinéma du quartier; eh bien! ils trouvaient dans ce film un tas de correspondances savantes.Pourquoi?Parce qu'ils jugent le film avec les mêmes critères qu'un film de De Mille ou de Ford ou tout autre grand film.Je pense que l'enthousiasme européen foce au western est plus justifiable que leurs opinions ou conclusions souvent basées sur des faits ironiques.\u2014 Pour établir la programmation de la rétrospective qu'elle à été votre idée directrice?Fondamentalement un but historique.Histoire dans son sens chronologique: le développement du western comme art, les thèmes de base (le thème équipe, le bon et le méchant, le progrès de la nation, le shérif, le conflit racial.) J'ai essayé de plus, dans cette programmation, de développer l'histoire des Etats-Unis, de présenter les principaux personnages et les principaux réalisateurs (Ford, Ince, Hart.) J'ai essayé aussi de choisir des films intéressants à voir.Par ailleurs, j'ai voulu attirer l'attenion sur des films moins connus: un film comme LAW AND ORDER est pratiquement inconnu et pourtant c'est un très beau film.\u2014 Quelle place accordez- vous au film de Série B dans la programmation?le film de série B est intéressant pour deux raisons.D'abord pour son rôle académique.En effet le weslern est l'endroit idéal pour le scénariste, le réalisateur ou le monteur d'appren- dre son métier.Ford et Wyler ont débuté au cinéma dans le film de série B.Faire un film comme celui-là en 3 ou 4 semaines oblige le réalisateur à apprendre vite s'il veut continuer.Dons les années 30 Joseph Lewis et Dmitrick ont aussi commencé dans ce genre.Donc le western est une école, au même titre que le montage.David Lean (THE THIRD MAN) était primitivement un monteur.De plus le western n'exclue pas les trouvailles de style.Malgré les fi- mites imposées il existe une différence fantastique entre les films de deux compagnies.Invention ou niveau de la caméra, du montage, des chansons.Dans la rétrospective, il y a un extrait de RIDE IN THE DAWN, c'est un film dans cette catégorie, un film dont personne n\u2019a entendu parler, il n'est pas dans les listes de films de western énumérés dans les livres, Mais il y a dans ce film, à la toute fin, une poursuite de diligences qui préfigure la poursuite dans STAGECOACH (La Chevauchée fantostique) de John Ford.Et pourtant, ce film a été fait un an avant celui de Ford.Si Ford avait tourné cette poursuite personne ne contesterait sa valeur.Il y a beaucoup d'exemples de cette sorte dans le film de série B.\u2014 Et le western chonté?\u201cEmotional, commercial, new'\u2019.Dans les années 30 les maisons de productions faisaient encore des westerns selon la vieille tradition des films muets, De l'action, une intrigue historique; ce sont les films de Tim McCoy ou de Buck Jones (Hoppalong Cas- sidy).Ken Maynard utilise la chanson dans ses westerns vers 1930-31.Gene Autry vers 1935.Comme ils font de l'argent, on s'empare de l'idée.Lo valeur n\u2019est pas immense mais quelques-uns sont assez bons.C'est facile de dire que le western chanté est ridicule et stupide.C'est seulement un genre de western.Comme les films de Tom Mix sont un genre de western: nullement réaliste, purement acrobatique.Dans les films de Gene Autry il y a aussi un divorce avec la réalité.\u2014 Croyez-vous que le western va devenir purement psychologique ou s'intéressera au problème racial uniquement ?Je pense que cette voie a été explorée autant ql'il fut possible.11 y avait déjà des études raciales dans les films de 1912, Le probléme indien-blanc se retrouvait dans plusieurs films.Il y a en 1927, THE VANISHING AMERICAN, en 1934, MASSACRE.L'intérét pour ce genre de films sera toujours croissant.Surtout avec l'évolution actuelle du problème aux Etats-Unis.\u2014 Et l'option psychologikue ?\u2018\u2019Overdone'*.Les westerns pour la télévision en sont alimentés.C'est un théme permanent.Ce type de western a ses limites et celles-ci se font sentir surtout dans les séries; moins dans les séries; moins dans les grands films comme HIGH NOON ou GUNFIGTHER.\u2014 Si le western était av coeur de la production cinématographique des années 30 et 40, que va-t-il devenir maintenant ?Je ne pense pas que le western va un jour complétement dis- poraître.C'est une question d\u2019économie.Les maisons de production sont de plus en plus intéressées par le film épique comme HOW THE WEST WAS WON ou FORT SHANON et de moins en moins par le western purement formel.Ce dernier type de western est maintenant produit en Europe, || est impossible de poursuivre cette voie, à Hollywood, et cela à un prix abordable pour un profit suffisant.Un western simple, sons prétention coûte plus cher à Hollywood qu'une grande superpro- duction.En Europe, Yougoslavie ou Espagne on peut réaliser un western couleur, grand écran, grosse équipe.etc.; et le film coûtera toujours moins cher que s'il était fait aux Etats-Unis.Il faut admettre que l'Europe es tellement fascinée par la vieille tradition hollywoodienne, le vieux western qu'ils réalisent des films \u201cfrankly old fashion\u201d.S\u2019ils continuent, ils feront ce qu'Hollywood a fait et peut-être que dans 10 ans nous assisterons à une version yougoslave de HIGH NOON ou de n'importe quel film américain.\u2018But it will take some time to get td that.\u201d \u2014 Dans la produmtion actuelle américaine trouve-t-on encore le véritable western ?(western \u2014 action).A l'occasion.RIDE THE HIGH COUNTRY de Sam Peckinpah est de ceux-là.C'est un authentique western, un retour à William S.Hart.Honnête, poétique, couleur, grand écran, Le genre de western qu'Hort a toujours voulu faire.Il y a une diminution évidente dans lo production, Des gens comme Ford se refusent maintenant à les faire.lls sont fatigués.Alors ce n'es! qu'occasionnellement qu'un jeune comme Peckinpah réalise un western.Si Stanley Cooper en faisait un, son film serait bon.De même si Orson Welles en faisait un.John Ford, John Wayne sont tout simplement fatigués, ils sont dans le cinéma depuis 30 ans.\u2014L\u2019avenir du cinéma américain en général ?élément essentiel du cinéma américain.Déprimont.Je suis très lié aux vieux films, à ce qui est ancien.\u201cIl like old form und the more | see new film, the more dépresse | get.Il y avait Ford, Lang, Huston, Sturgess, W.C.Field.Quand on regorde il y a 10 ans ce n'est pas déprimant.Seulement le présent.L'avenir du cinéma américain c'est Cooper et quelques jeunes.\u2018\u201cW\u2019Il never get back to the great days of the twenties: Ford, De Mille, Griffith, Brennon, Murnau.Si on a un film par année c'est tout ce que l'on peut demander maintenant.\u2014 Pourquoi cette demi-mort ?Cause commercial ?Oubli de l'Art ?Pas uniquement ces causes.Un film coûte trop cher.On ne peut pas prendre de chance sur du neuf.Le cinéma est devenu \u201ca tired medium'\u2019.Il n'y a plus de découvertes, Un film comme SUNRISE était tellement neuf, tellement poétique en 1927.Murnau découvrait véritablement un monde nouveau.Et le spectateur aussi.Tout a été fait maintenant, d'une façon ou d'une autre.De même aujour- d'hui il n\u2019y a plus de grandes oeuvres musicales.Il n'y a rien à faire.Peut-être que dans 50 ans on trouvera un chef-d'oeuvre en 1967 que l'on ne peut pas actuellement discerner.Dans les années 20 \u2018on peut trouver 10 grands films, dans les années 60, c'est difficile.Peut-être parce qu'un réalisateur pouvait plus librement s'exprimer.SUNRISE, qui fut un échec commer- clal n'empêcha pas Murnau de poursuivre sa cacrière.Aujour- d'hui, un échec et vous êtes fini.Comme le théâtre, le ciné- me ne mourra pas.ll changera.Sa mort est inconcevable.GINETTE CHAREST, NILVTYILLYVNO 31 - £961 ¥IIYAIS 91 . LE QUARTIER LATIN - 16 FEVRIER 1967 * 8 nous sommes des êtres de clandestinité: non que nous nous dérobions aux conséquences exactes qui font suite au désordre établi, mais du fait que nous ayions à l'assumer en le fai.Je suis, sant savoir (out en demeurant intouchables.Notre plus grand risque, c'est d'exister tels que nous sommes et de le manifester publiquement: notre révolution est sournoise, mais elle ne peut pas se dissimuler.+ Nous sommes, nous avons tout des êtres inchoatifs, harassés que nous sommes par une absence terrible d\u2019acubit, accablés que nous sommes par nos \u201cremuc-ménage\u201d qui ne consistent qu\u2019à déplacer les meubles sans les décaper.Nous sommes, par trop, des êtres vains, des êtres cossus de vanité, des coecus qui n'ont pas droit au divorce.+.+ Jde vais d'autant mieux que je me découvre maladif: je ne peux pas enjamber le \u201cpaludisme\u201d (cf.Miron) qui me fait chialer, j'ai les deux pieds dedans, et ça me rend morveux, ça me fait parler à propos.+ + Que faire de ceux qui me suivent de l'oeil, du coeur même, mais qui ne se doutent à peu près pas de ce qui se passe, en dehors et en dedans?Qu\u2019ai-je à faire d'eux?Pour répondre, j'inverse ma question: qu'ont-ils à faire de moi?\u201cPontifiant\u201d?Peu importe: je me saisis jusqu\u2019à la moëlle des trépignements qui me dévoilent, c\u2019est à se donner un corps qu'on aboutit à force de se rendre à l'évidence et d'entendre raison.Les autres qui me regardent: si moi j'apprends à chanter tout seul, le rythme est communicatif.Le cinéma canadien: UN CARNAVAL CHUTE FORCE et nous allons peut-être nous donner un choeur.» .* Si aujourd'hui nous avons à répondre de notre sort, c'est qu'il nous faut sortir de l'ère de la résignation: êtres conquis.on nous a liés à la résignation pour tenter de nous assimiler à ce qui ne pouvait pas nous correspondre; parce qu\u2019on veut fuir l\u2019osmose, on nous voit délabrés, dans notre vérité, nous les vomis, les \u201cremis\u201d d'un entier régime de dégueulés.Nous qui avons résigné notre existence à l'envahisseur, dorénavant nous allons résilier cette prostitution légalisée: il y a plus de cent ans que le chien nous gruge, nous enterre, nous déterre ct nous gruge à nouveau, nous les êtres néantisés jusqu'à l'os, nous avons peine à ressentir ce carnage cent ans après, mais c'est qu\u2019aujourd'hui nous voilà décharnés en lotalité.On nous ua enrôlés dans une armée étrangère, on s'est \u201coccupé\u201d de nous dans les moindres détails, mais nous allons nous débarrasser de ces faux habits, brûler ces oripeaux pour redevenir nous-mêmes, ct nos prochains uniformes seront à la mesure de nos convictions, et non de nos évictions.Nous, évincés, évidés, reprenons courage: il ne s'agit pas tant d'abhorrer nos occupants, il y a foule, il s\u2019agit d'aimer nos déshérités, il y a peuple.» * .L'anglais nous possède: il nous croit bien à lui, à son entière disposition.Il nous subjugue: mais ce joug est l'aiguillon de la conscience que nous prenons du monde, et cela, 1 ne peut l'admettre: il nous a fail ses avoués, mais il crain dra un jour les aveux auxquels il nous amène.+ .* Nous avons deux langues, une mater: nelle, une paternelle: l\u2019anglais, en effet, c'est le père à abattre dans le contexte de notre Oedipe national, c'est l'élément d'intrusion qui s\u2019est accaparé de nos pères et s\u2019est investi de leur autorité pour ensuite se déléguer auprès de la collectivité et la conduire à sa perte.Il nous faut renier nos pères, les tuer dans l'aveu de leur perdition, les reconnaître absolument vaincus, conquis malgré eux, dépossédés, volés, spoliés pour tout dire.C'est là notre entreprise de soupçon.le visage négatif de notre situation de choix, d'où nous tirerons peut-être un positif.Si nous saisissons à deux mains notre servitude, c\u2019est que nos poignets sont déchainés.* * Logique de l'opprimé qui s'ignore: si nous ne pouvons arriver à nos fins dans la situation actuelle, nous ne le pourrons guère plus si ladite situation change au profit d\u2019une autre option politique et sociale.Comment ne pas voir que ce jugement est tronqué, comment ne pas comprendre que si quelqu'un peut s'acheminer par de tels raisonnements creux vers sa perte la plus totale, c\u2019est parce qu'on lui a inculqué malgré lui les principes d'une conduite menant droit au suicide?ROBERT NADEAU AVANT Eli, Eli, Lamma sabacthani.Toujours à l'affüt du plus mauvais film canadien, la compagnie France Film a, enfin, découvert son citron.\u2018Carnaval en chute libre\u2019 de Guy Bou- chard n'apporte rien au ciné- mo québécois.Il lui fait honte.Serions-nous plus sévères avec les films conadiens que nous le sommes avec les films étrangers?Peut-être, Nous acceptons plus difficilement la médiocrité alors que pour s'installer notre cinéma a besoin d'un minimum de qualités.Le problème au Québec est que les cinéastes veulent trop faire un film mois ne le vivent pas ossez.On pense cinéma en fonction de lo pellicule mais pas en fonction d'un langage, d'une expression de soi-même.\u201cCarnaval en chute libre\u2018 est l'histoire de 12 heures dans lo vie d'une femme: En 12 heures, cette femme quitte son mari, voltige de plate-bande en plate- bande, découvre un nouvel amour, surprend son mari dans les bras d'une autre femme, elle ose s'indigner, se précipite chez son amant éventuel pour le retrouver, lui aussi, dans les bras de sa meilleure amie.\u2018Le monde sont drôles\u2018.Sous les traits du jeune homme, si vous avez le courage de mettre les pieds au St-Denis, vous remarquerez les grimaces de Jean-Claude Brialy et sous ceux un lantinet sophistiqués de la jeune première, une jeune fille bourgeoise, poseuse.\u201cCarnaval en chute libre\" est l'exemple type du film sous- éclairé.D'où la nécessité, dans une scène d'un intérêt fou, de la présence de chandelles: \u2018Où es-tu\u2026 Où es-tu.\u201d Honnêtement ce film possédait une qualité indiscutable: l'idée de base avait un certain intérêt, mais elle avorta dons des conditions lamemables av niveau de la création.Tou- fours cette léthargie dans l'interprétation, ce nullilisme dans le scénorio, toujours ce formalisme et ce classicisme dans la conception cinématographique et toujours cette musique insupportable bouchant sans cesse les trous sonores.Guy Bouchard passe de la musique populaire au grand air d'opéra avec une désinvolture à vous faire détester les deux; et le cinéma por- lant.\" \u201cJ'y vais de ma chanson funeste.J'y vais de mon alinéa.\u201d Ginette CHAREST et Deux actes de rené de Obaldia tre \u2014 rite \u2014 rite rire \u2014 rire \u2014 Iz ailtimbanques coin bonsecours/st-paul L'AIR OÙ LARGE LE COSMONAUTE AGRICOLE tre \u2014 tre \u2014- > | g | 861.7568 \u2014- és.de 17h 622h Ÿ rire re \u2014= Tiré \u2014 rire Photo: Daniel Rémi APRES Photo: Playboy "]
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