Chroniques de la Maison Théâtre, 1 janvier 2000, Automne 2000, vol. 1, no 5
[" CON PER >h M-102Z À Ir re Ta Marsa dISON Théâtre Le monde est un thédtre, mais le théatre est aussi le monde.(W.Shakespeare) RETIRE GEERT CRA Sommaire Pour donner le coup d\u2019envoi à la saison 2000-2001, les Chroniques de la Maison Théâtre s'ouvrent par un entretien avec Nicole Doucet qui présente la programmation de l\u2019année.Toute une saison en perspective avec des œuvres majeures du répertoire de théâtre jeune public, nombre de créations et quelques incursions du côté du conte, de l\u2019art clownesque et du théâtre d\u2019objets.Pour la petite enfance (4 à 8 ans), les 6 à 12 ans et les 9 à 12 ans, des parcours théâtraux taillés sur mesure avec trois à quatre spectacles donnant accès à une diversité de formes et de points de vue sur le monde.Et une grande première cette année : la Maison Théâtre ouvre ses portes aux 15 ans et plus.Promesse faite, promesse tenue : la rubrique Théâtre/Éducation poursuit la réflexion sur la place de l\u2019art dans le système scolaire en privilégiant, cette fois, des témoignages d'expériences sur le terrain.Gilles-Philippe Pelletier fait le point avec trois enseignantes de l\u2019école Saint-Nom-de-Jésus qui ont réalisé avec des enfants de troisième année un projet de théâtre; France Dansereau relate une expérience quelque peu inusitée de résidence de création pour le Théâtre Bouches Décousues à l\u2019école publique Saint- Arsène.Trois metteurs en scène en théâtre jeune public \u2014 Gervais Gaudreault, Reynald Robinson et Benoît Vermeulen \u2014 empruntent la voix de l\u2019intime pour parler de leur art.Parmi les activités qui se sont tenues durant le Printemps italien (avril 2000), un déjeuner-rencontre avec les programmateurs européens Philippe Foulquié et Giacomo Scalisi : Pierre Tremblay en rappelle le contenu en y allant de sa propre interrogation sur l\u2019avenir de la diffusion des arts en direction du jeune public.Un autre temps fort de ce Printemps italien, un stage en théâtre d\u2019ombres donné par la compagnie Gioco Vita : Hélène Ducharme en restitue la magie.Enfin, le bloc des nouvelles livre la teneur d\u2019activités plus discrètes, parce que destinées à des groupes particuliers de spectateurs ou amis de la Maison Théâtre, mais non moins emballantes : un premier tournoi de golf pour la Maison Théâtre, un atelier de création avec DynamO Théâtre et les Soupers- théâtre de la Maison Théâtre.Bonne lecture.Une saison de théâtre à vol d\u2019oiseau Les yeux rivés sur l\u2019affiche de Pierre Pratt, avec son oiseau-arlequin piqué dans un ciel atemporel, la directrice de la Maison Théâtre prend le temps de refaire mentalement le trajet de la saison 2000-2001 avant de plonger dans le vif du sujet.Pour présenter la programmation qui s'annonce, Nicole Doucet choisit de parler de chacun des spectacles en prenant soin de faire ressortir le contexte particulier dans lequel ils s'inscrivent.Le souci de la Maison Théâtre est d'offrir aux différents groupes d'âge \u2014 la petite enfance (4 à 8 ans), les 6 à 12 ans, les 9 à 12 ans et même les 15 ans et plus cette année \u2014 la possibilité de suivre un parcours théâtral taillé sur mesure ou presque.Nous essayons autant que possible de réunir des spectacles qui, à l'intérieur des différentes séries, se répondent les uns les autres sur le plan du contenu tout en donnant accès à un éventail de genres et de formes théâtrales.La série offerte cette année aux enfants de 4 à 8 ans illustre à souhait l\u2019esprit dans lequel se construit une programmation à la Maison Théâtre : Nous avons enrichi le parcours destiné à la petite enfance parce que, de façon générale, il y a peu de sorties culturelles prévues pour les très jeunes et parce que nous croyons important que les enfants soient mis en contact avec l'art dès leur plus jeune âge.Le parcours proposé vise à initier les jeunes enfants au théâtre par la présentation de deux œuvres majeures du répertoire québécois \u2014 Conte du jour et de la nuit du Carrousel et Un Autre Monde du Théâtre de I'Eil \u2014, une nouvelle création du Théâtre Bouches Décousues \u2014 La Mere Merle \u2014 et un théâtre d'objets en musique de la compagnie française l'Ensemble FA7 \u2014 La Seconde perdue.En plus de les initier à différentes formes théâtrales, ajoute Nicole Doucet, ils ont rendez-vous avec des auteures qui, comme Suzanne Lebeau, Réjane Charpentier et Jasmine Dubé, savent manier le mode allégorique pour donner la parole aux enfants sur des sujets qui sont loin d'être anodins : l'amitié en apparence impossible entre deux mal-aimés, les vertus de la tolérance dans un monde qui tend à exclure la différence et la nature comme source puissante de transformation et de renaissance.Elle s\u2019empresse d'ajouter que les 6 à 12 ans ne risquent pas de s'ennuyer puisque, en plus de voir la nouvelle création du Théâtre de Quartier, Les 2 Sœurs, ils seront initiés à l\u2019art clownesque, à la manière des amuseurs publics du Théâtre de l\u2019Aubergine qui présente NWOLC, ainsi qu\u2019à l\u2019art du conte et au jeu du conteur en compagnie de Sylvain Hétu qui, seul en scène, fera apparaître et disparaître la douzaine de personnages de L'Ornithorynque de l\u2019auteur belge, Alain de Neck.Pour une deuxième année, les jeunes de 9 à 12 ans ne seront pas laissés pour compte avec la série que nous avons à leur offrir et dont le contenu me semble particulièrement adapté au genre de questions qu'on se pose à ces âges-là, souvent dans la plus grande solitude.Avec les marionnettes futuristes d\u2019Impertinence, le Théâtre de l\u2019Avant-Pays rejoue le grand cérémonial de la destinée humaine et pose la question du sens de la vie et de l\u2019essence de l\u2019être humain.Dans L'Orchidée, la nouvelle production du Théâtre du Gros Mécano, l\u2019auteur Michel Nadeau aborde la relation d\u2019aide entre une enfant de dix ans et un homme qui, ayant tout perdu, redécouvre à son contact la beauté du monde.La mort, réalité taboue s'il en est une dans nos sociétés, est le sujet de la nouvelle création de L'Arrière-Scène, Pacamambo.L'auteur, Wajdi Mouawad, met en mots la colère et la rage d\u2019une jeune fille qui, pour parvenir à faire le deuil de sa grand-mère, convoque la mort dans un rituel de passage.Autour de ce spectacle, nous réaliserons d'ailleurs une exposition sur les rituels entourant la mort et le deuil dans différentes cultures : un projet qui nous tient très à cœur compte tenu de la gravité du sujet et du sens que la mort donne à la vie justement, Un autre moment très attendu de la saison est l\u2019accueil des 15 ans et plus \u2014 une grande première chez nous \u2014, grâce au Théâtre Le Clou qui les invite à suivre les aventures de Dave dans Au moment de sa disparition.Une histoire à la Wim Wenders, signée Jean-Frédéric Messier, qui se déroule dans une atmosphère de reportage en direct, de performance alliant la vidéo, la musique, la danse et la peinture.// faudrait aussi parler du colloque que nous organisons sur la création à l'intention des tout-petits, les O à 3 ans, de la série de cartes blanches données à des auteurs d'ici et de la France et du stage intensif offert aux compagnies intéressées par le théâtre intégrant l'objet et la musique.Autant d'activités qui font partie de notre volet international, Cap sur la France.Et je nai toujours pas abordé le volet d'éducation artistique dont le nombre d'activités s'enrichit d'année en année afin de répondre aux besoins du milieu scolaire et de nos abonnés.Mais comme nous aurons l'occasion d'y revenir dans les prochains numéros des Chroniques de la Maison Théâtre, désons-nous à la prochaine et bonne saison ! Propos recueillis par Lorraine Hébert Chronique aison Théâtre « À propos de mise en scène Nous avons demandé à trois artistes de la mise en scène \u2014 Gervais Gaudreault, Reynald Robinson et Benoît Vermeulen \u2014 de nous parler de leur art.Art discret s\u2019il en est un, un peu à la manière du magicien qui sait faire apparaître ou disparaître, comme par enchantement, une pomme, un oiseau, un verre d\u2019eau.Quant à la relation que chacun des metteurs en scène entretient avec le jeune public, elle semble trouver sa raison d\u2019être dans un récit de vie plus intime.Le jeune publie à chaque tournant de ma vie Le tout premier contrat d'acteur professionnel (à la pige comme 1l convient de dire) que j'ai accepté, était destiné aux enfants.C'était Les lions de sable.Il y a vingt deux ans de cela.Ma première mise en scène professionnelle, L'histoire de Julie qui avait une ombre de garçon, était ausst un spectacle destiné Photo Bernard Préfontaine aux enfants.Il y a dix-neuf ans de cela.Mon premier texte dramatique, je l'ai écrit pour les enfants : Le secret couleur de feu.Il y a quinze ans.Le théâtre destiné à l'enfance est plus qu\u2019important pour moi.Il marque les grands tournants de ma vie de créateur.Pour eux et avec eux, je me suis permis d\u2019être moi-même.Je me suis permis de me fier à mes intuitions, de donner de la liberté à mes envies de création.C\u2019est un merveilleux espace de liberté et de générosité.Existe-t-il une différence entre la mise en scène d'un spectacle pour adultes et la mise en scène d\u2019un spectacle pour l\u2019enfance ?Je réponds\u2026 oui.Quand je fais la mise en scène d\u2019un spectacle pour enfants, j'interroge les différents langages du théâtre : le verbal, le physique, le visuel, le symbolique, tout.Et ce n\u2019est pas là une contrainte.Au contraire.Je me permets d'y redécouvrir mon métier, d'y redécouvrir le but du théâtre, d'y redécouvrir ses effets sur le public.Tout simplement.Reynald Robinson Acteur, auteur et metteur en scène Deux ou trois choses que m\u2019ont apprises le public adolescent Je ne crois pas que le public adolescent façonne mon approche de la mise en scène.Ce n'est pas lui qui guide les bases de mon travail.Les adolescents ne demandent pas une forme théâtrale ou une Photo : Isabelle Zimmer esthétique particulières.Je n'ai pas eu l\u2019occasion de mettre en scène un spectacle pour un public adulte, mais je sais que je poursuivrais exactement la même démarche artistique.Ce n\u2019est donc pas dans le travail de conception de la mise en scène que la connaissance du public auquel je m'adresse intervient, mais plutôt dans celui relié aux différentes étapes de construction de l\u2019œuvre.Puisque le théâtre est un art qui n\u2019existe que par la rencontre avec son public, je considère comme un atout majeur le fait de savoir à qui je m'adresse.Je peux ainsi mieux prévoir la perception qu\u2019il aura du langage que je lui propose.Bien que je ne puisse pas et ne veuille pas « contrôler » perception, je prends en considéra- cette tion certaines caractéristiques du public à qui je m'adresse.Non, les adolescents ne forment pas un tout homogène, mais ils se distinguent tout de même comme public.D'ailleurs, la plupart des publics sont spécifiques, ne serait-ce que par le type de théâtre qui les attire.Les adolescents me semblent constituer un public particulier par au moins trois aspects majeurs : une énergie à tout casser, une sensibilité accrue pour les codes vestimentaires, musicaux et sexuels, ainsi qu\u2019une attitude souvent rébarbative face au théâtre.Personnellement, j'aime beaucoup composer avec les deux premiers aspects : les adolescents ne sont pas passifs, tant mieux, et j'essaie de ne pas les brimer; la majorité des jeunes ont des opinions précises sur la musique et la mode vestimentaire, et il m'est agréable de jouer avec \u2014 ou de déjouer \u2014 leurs références pour leur transmettre d\u2019autres informations que celles qu\u2019ils y associent spontanément.Ils sont extrêmement sensibles à la moindre allusion sexuelle et même au moindre geste sensuel : la pulsion est agréable, mais explosive.faut savoir Il! Ces exemples sont peut-étre grossiers (musique, sexe, mode), mais ils réfèrent à des éléments concrets de la représentation qui peuvent être interprétés de façon particulière par les adolescents, et en tant que metteur en scène, je me dois de le savoir et de les respecter.Finalement, en ce qui concerne l'attitude souvent rébarbative des jeunes face au théâtre, je ne peux pas dire que je trouve cela agréable ou stimulant, mais disons que cela m'oblige à repousser mes propres limites.C\u2019est un des rares publics qui aborde la représentation théâtrale avec la conviction qu\u2019il va se faire chier.Il faut donc réussir à susciter son intérêt et surtout arriver à le maintenir.Je n'ai pas de recette, je ne suis pas du genre à jouer sur la séduction, et j'aime les œuvres exigeantes.Alors, je mise sur la rigueur artistique et sur la vérité de l\u2019interprétation.C\u2019est par la qualité de la représentation que j'essaie de gagner son attention.Et quand ce défi est relevé, je vous jure, c\u2019est un public extraordinaire ! Benoît Vermeulen Metteur en scène et codirecteur artistique du Théâtre Le Clou Ma première mise en scène DR .\u20ac J'ai eu envie de plonger dans l'enfance, mon enfance, de me rappeler la première fois où j'ai organisé un espace pour raconter une histoire en trois dimensions.Il y a près de quarante ans de cela, je devais avoir huit ans et mon territoire s'étendait du cimetière devant la maison à une ty 2 > A grande cour derrière, encadrée d\u2019une clôture : le connu.De l\u2019autre côté, grâce à mon regard d'enfant, un champ immense, au loin le Colisée ou l\u2019aréna l'inconnu.Chaque été, au mois d'août, ce lieu se transformait en centre d'exposition pour la foire agricole, et le cirque qui s'installait tout venait autour briser la monotonie des vacances.En balançant, fascinés par ce monde étrange, nous regardions comme un rituel le montage des manèges.Le soir venu, nous avions une vue imprenable sur cet univers dominé par une grande roue qui tournait tout illuminée, nous nous endormions dans la rumeur de la foule qui allait bercer oto : Josée Lambert nous nos rêves de la semaine.Le lundi suivant, nous sautions la clôture, traversions le champ et partions à la chasse aux trésors abandonnés par le démontage nocturne de la foire.Parmi les débris de toutes sortes qui jonchaient le site, une petite boîte contenant des banderoles de couleur m\u2019attendait innocemment, l'expédition s'annonçait prometteuse.Le retour seffectua péniblement, mes bras peinaient à transporter des bouts de planches, du fil de fer, la petite boîte innocente, et ma tête ne contenait pas assez de place pour tous les projets qui y tourbillonnaient.Installés sous l\u2019escalier qui menait à l\u2019étage, nous nous préparions, l\u2019après- midi même, à créer un monde, à jouer le monde pour mieux le comprendre.J'avais une équipe et un projet : faire du théâtre avec un castelet construit à partir de bouts de planches, suspendus sous les marches par le fil de fer, et décoré avec les banderoles qui montaient le long de la rampe et donnaient le plus bel effet.Nous y avons mis beaucoup de temps, avec un sens aigu du détail, du moindre détail, malgré la simplicité de nos moyens.J'ai un vague souvenir de nos voix aiguës, de l'histoire qui s'apparentait à du guignol et une image précise de la voisine dont les cheveux blonds et les yeux verts irradiaient le cadre sous le soleil.J'étais sensible à sa présence, je ne savais pas encore que cela s'appelait du charisme.Trois jours plus tard, la cour est sens dessus dessous, notre installation a transformé notre quotidien en donnant un point de vue inusité sur notre petit monde.Près de dix personnes, sollicitées une par une, assistaient à la première.Nous étions surexcités, j'ai bafouillé ma présentation et la jolie voisine en fit beaucoup trop.J\u2019eus la brillante idée de terminer la représentation par une distribution de limonade et de cerises sauvages que nous avions cueillies entre deux répétitions et qui laissent dans la bouche un goût amer et pâteux.Nos spectateurs étaient peut-être venus pour la limonade\u2026 L'expression « développement de publics » ne faisait pas encore partie de mon vocabulaire.Le lendemain matin, le tonnerre, les éclairs et l'orage : cerises flottent dans l\u2019eau, les couleurs déteignent, les banderoles se déchirent, mon rêve s'envole.Il de ma fenêtre, je regarde la pluie, les me reste le souvenir intense, impérissable, ineffable d\u2019un jeu d'enfant et cette phrase qui m'est venue spontanément à l\u2019esprit alors que je cherchais comment parler de mon travail de metteur en scène de théâtre : « Quand l\u2019enfant joue, il bouge au rythme de son corps, au rythme de son monde intérieur.».Pas de différence vraiment pour moi avec l\u2019homme qui crée : il bouge au rythme de mon corps, au rythme de mon monde intérieur.Gervais Gaudreault Metteur en scène et codirecteur artistique du Théâtre Le Carrousel Théâtre et Éducation Deux écoles à l\u2019ère de la réforme scolaire avant l\u2019heure.À l\u2019école Saint-Nom-de-Jésus, des élèves de troisième année ont créé leur pièce de théâtre de A à Z.Gilles-Philippe Pelletier sentretient avec les trois instigatrices du projet qui, comme les enfants, n\u2019en reviennent pas encore.De son côté, le Théâtre Bouches Décousues réalise un rêve : être accueilli en résidence de création à l\u2019école Saint-Arsène pendant huit mois; une expérience qui fait rêver, à en juger par ce que nous raconte France Dansereau.Réforme scolaire ou pas, des directeurs, des enseignants, des conseillers pédagogiques passent à l\u2019action, et les enfants en redemandent\u2026 Oui, les enfants.C\u2019est ça le théâtre ! Trois femmes, deux idées et une pièce Le jeudi 1\" juin 2000, en matinée, la classe de 3 année de l\u2019école Saint-Nom-de-Jésus est dans une grande effervescence : les élèves vont finalement présenter la pièce de théâtre qu'ils ont créée : Les aventures de Mademoiselle Charlotte et de Gertrude à travers le temps.Après la représentation publique, Nathalie Barrabée, enseignante et initiatrice du projet, Chantal Guérin, conseillère pédagogique, et Marie-Violaine Saucier, orthopédagogue, acceptent de me rencontrer pour témoigner de leur expérience à laquelle j'ai eu le bonheur d\u2019être associé de près, puisque j\u2019animais les deux stages qu'elles ont suivis à la Maison Théâtre et qu\u2019à différentes étapes de la production du spectacle elles pouvaient faire appel à moi comme personne- ressource.Au point de départ du projet de création, le choix du thème « l\u2019autrefois », une idée de Nathalie qui, chaque année, doit trouver un sujet autour duquel concentrer toutes ses activités pédagogiques.Pour intéresser ses élèves d\u2019une manière dynamique à la vie d'antan, elle organise, entre autres activités, la visite d'un manoir du XVIE siècle à la Seigneurie Volant.Cette sortie, très stimulante pour les élèves, allait devenir une source importante d\u2019inspiration de même que la lecture d'un roman jeunesse, La nouvelle maîtresse !, dont le personnage central suscitait beaucoup d'intérêt chez les enfants.À partir de ces deux idées, je voulais créer une pièce de théâtre avec.mes 23 élèves ! Mais par où commencer ?Les dialogues ?Le décor, la musique, les scènes, les costumes ?C'est à ce moment que Chantal sest jointe au projet.Elle a su mettre en ordre le paquet d'idées qui se mélangeaient dans ma tête ! Violaine est venue à la rescousse par la suite.Si on s'est assises ensemble, les trois, c'est parce qu'on aimait beaucoup le théâtre ! 7 « « L'accès à des ressources Dans le but de mieux s\u2019outiller, Nathalie et Chantal se sont inscrites à deux stages de formation offerts par la Maison Théâtre à l\u2019intérieur du volet L'enseignant artiste.Dans le premier, elles se sont initiées aux jeux dramatiques et, dans le second, à différents procédés de transposition à la scène du conte ou de tout autre matériau non théâtral.Cette formation m'a ouvert l'esprit sur ce que pouvait être un processus de création en théâtre, précise Nathalie.Par la suite, ajoute Chantal, quand on a su qu'il était possible d'avoir une assistance professionnelle en cours de réalisation du spectacle et à l'école, grâce au programme du MEQ, Soutenir l'école montréalaise, on à fait une demande.Cet accompagnement ponctuel a été un plus, une suite logique aux stages de formation que nous avions suivis, et nous a aidées à faire le point, étape après étape.Faire et voir du théâtre C\u2019est à partir du canevas de la pièce qu\u2019elles avaient élaboré lors du deuxième stage de formation qu\u2019elles ont fait improviser les élèves.Pour faciliter le travail d\u2019exploration et donner la chance à tous les élèves de s'exprimer, elles ont eu l\u2019idée de les scinder en deux groupes pour ensuite les réunir afin qu'ils puissent présenter ce qu'ils avaient imaginé et livrer leurs commentaires.Ensuite, on a écrit les dialogues à partir de la parole des enfants , note Violaine.Les enfants se sont sentis très valorisés.Personne na été laissé pour compte, autant ceux qui construisaient le décor que ceux qui jouaient, Les élèves avaient tous l'impression de travailler ensemble et certains, qui ne parlaient pas habituellement, se sont mis à s'exprimer.Plusieurs d'entre eux veulent même continuer à faire du théâtre ! Parallèlement au travail de création, les élèves ont vu plusieurs spectacles à la Maison Théâtre et, de retour en classe, en ont discuté avec Nathalie, ce qui leur a permis de comparer leurs personnages à ceux qu'ils avaient vus sur scène et de se donner des références utiles à la réalisation de leur propre spectacle.Un projet de réforme scolaire avant l\u2019heure ! Je pense que les élèves de Nathalie, sans le savoir, sont déjà entrés dans l'ère de la réforme scolaire, lance Chantal.Sur le plan pédagogique, la pièce a permis aux élèves de travailler en même temps l'oral et la lecture et, dans le nouveau programme de français, ce sont les liens entre l'oral, la lecture et l'écriture qu'il faut arriver à faire.C'est en plein ce que Nathalie a fait ! D'ailleurs, dans la réforme scolaire il y à un programme en art dramatique.L'an prochain, avec un peu plus de temps, Nathalie pourra intégrer dans Le monde est un théâtre, mais le théâtre est aussi le monde.(\\\\ son projet de théâtre l'évaluation des compétences en écriture dramatique, en mathématiques, et probablement plus encore.La construction d\u2019un décor ne permet-elle pas de mettre à profit des notions de mathématiques et de géométrie à?Imaginons ce que l'éclairage, la régie, la musique ou encore le costume pourraient favoriser comme apprentissage ! Jusqu'à maintenant, un projet de théâtre était une activité parallèle à la tâche de l'enseignant, mais avec la réforme scolaire l\u2019intégration de nouvelles matières est possible.Ça va devenir plus facile pour nous, poursuit Nathalie.J'imagine déjà de type d'évaluation que je pourrai faire des enfants en fin d'année scolaire à partir de la réalisation d'un spectacle de théâtre.Ce sera magnifique ! Au fil d'arrivée de notre entretien, Nathalie me confie qu'au départ du projet, la plupart de ses élèves n'avaient aucune idée de leurs possibilités.Avec la représentation publique qu'ils viennent tout juste de donner, mes élèves voient bien maintenant de quoi ils sont capables ! Je revois le moment où Chantal, Violaine et moi leur avons présenté le théâtre sous la forme de jeux dramatiques : Ah! C'est ça le théâtre, se sont-ils exclamés; je leur ai répondu : Oui, les enfants, c'est ça le théâtre ! Propos recueillis par Gilles-Philippe Pelletier Responsable de la formation et de l\u2019animation théâtrales à la Maison Théâtre ! Dominique Demers, Éditions Québec / Amérique, coll.Bilbo, Montréal, 1994, 112 p.° « >, Un nid à l'école Le Théâtre Bouches Décousues en résidence de création Il y a quinze ans, le gymnase de l\u2019école primaire était notre premier lieu de diffusion et notre seconde demeure.Nous vivions au rythme de la petite école et de ses cloches de récréation.Avec l\u2019arrivée de la Maison Théâtre et l\u2019essor des réseaux de salles de spectacles, nous avons changé radicalement notre façon de diffuser et même de créer.Plus besoin d\u2019offrir un spectacle pour tous les élèves, de la maternelle à la sixième année, de coller du papier noir aux fenêtres ou d'installer des tapis de gymnastique pour le confort de nos spectateurs.Maintenant, nous jouons dans un « vrai » théâtre ! Mais le contact quotidien et l\u2019intimité que nous vivions avec les enfants nous manquaient.Nous avons donc repris le chemin des écoliers en proposant des activités artistiques aux écoles.C\u2019est avec Alain, le directeur, Marlène et Claudia, les enseignantes de première année, Monique, l'enseignante-ressource, Gaétan, le concierge, et Johanne, la responsable du service de garde, que SERIE nous avons vécu notre plus belle expérience d'animation en milieu scolaire.Il n\u2019y a pas de hasard.D'une part, une école primaire, bousculée par la réforme et qui s'ouvre sur son milieu; d\u2019autre part, une compagnie de théâtre désireuse de s'impliquer dans sa communauté.Tous les ingrédients étaient là pour que se réalise à l\u2019intérieur d\u2019une commission scolaire un projet hors norme : une résidence de création pour le Théâtre Bouches Décousues à l\u2019école Saint-Arsène.C\u2019est ainsi que pendant huit mois, nous avons niché dans une salle de classe inoccupée pour créer La Mère Merle.Les contraintes physiques des lieux nous ont causé bien des soucis : il n'a pas été facile de hisser l\u2019imposante forêt de La Mère Merle au cinquième étage, mais ces inconvénients ont été largement compensés par la relation privilégiée que nous avons développée avec les enfants.En effet, de la première lecture au dernier enchaînement, c\u2019est avec la complicité des élèves de première année que nous avons couvé notre oiseau en les rendant témoins du processus de création.En octobre, bien avant le début des répétitions, nous les avons reçus, pour la première fois, dans notre local vide.Jasmine Dubé, Sylvie Gosselin et moi-même avons concocté des ateliers leur permettant de rêver leur propre « Mère Merle ».Nous leur avons révélé l\u2019histoire de La Mère Merle et les avons conviés à imaginer ce que serait la production théâtrale.Ils ont dessiné les personnages, construit une maquette du décor et élaboré l\u2019affiche du spectacle.Par la suite, nous les avons invités à découvrir ce que ce même récit avait inspiré aux concepteurs de La Mère Merle.Puis les enfants se sont glissés en salle de répétition pour voir les comédiens à l\u2019œuvre.Ainsi ils ont pu comprendre le travail de mise en scène et assister à l\u2019évolution de la création à laquelle s\u2019ajoutaient des éléments de décor, de costumes et de son.Hormis ce groupe témoin, notre présence à Saint-Arsène a piqué la curiosité des enfants du service de garde que nous côtoyions quotidiennement.Pour répondre à leur demande, nous avons organisé, en début ou en fin de séance de travail, des visites impromptues du décor.Cette grande aventure de résidence s\u2019est conclue par le venue de tous les élèves de l\u2019école à la Maison des Arts de Laval pour une représentation de La Mère Merle.Leur enthousiasme à découvrir enfin le produit fini et leur attachement à ce spectacle ont été, sans conteste, notre plus grande satisfaction.France Dansereau Coordonnatrice de l\u2019animation au Théâtre Bouches Décousues Dans l\u2019ombre du Teatro Gioco Vita.Des passeurs de passion ! Dans le cadre de son Printemps italien, la Maison Théâtre profitait de la venue du Teatro Gioco Vita avec son spectacle, Les Amis de Loulou, pour offrir, en partenariat avec l\u2019Association québécoise des Marionnettistes, un stage en théâtre d\u2019ombres.Durant deux journées intensives, une vingtaine d'artisans de la marionnette et du théâtre jeune public eurent la chance de redécouvrir l\u2019univers de l\u2019ombre et de la lumière.Aujourd\u2019hui reconnu dans le monde pour la qualité et l\u2019originalité de sa démarche artistique, le Teatro Gioco Vita a développé, à travers la production de dix- huit spectacles, de nombreuses interventions et diverses collaborations artistiques, un langage théâtral unique, qui renouvelle le concept même de théâtre d\u2019ombres.Un voyage dans l\u2019ombre de l\u2019ombre La lumière s'éteint\u2026 Nous sommes tous plongés dans le noir.Une voix chaleureuse à l\u2019accent coloré nous enveloppe.Cette voix nous parle de l\u2019être humain qui a voulu maîtriser le soleil parce que la terre en tournant faisait bouger les ombres.Une flamme s'allume\u2026 La voix a maintenant un visage, un corps, une ombre.L'ombre, c'est un objet et une lumière.L'écran n'est pas fondamental, ce n'est que la représentation de ce qui se passe entre l'objet et la lumière.Il faut repenser le théâtre d'ombres.Cette ombre, c'est celle de Fabrizio Montecchi, metteur en scène et spécialiste en théâtre d\u2019ombres depuis vingt-trois ans, et qui œuvre depuis plusieurs années au sein du Teatro Gioco Vita.À la lueur d\u2019une simple chandelle, Fabrizio bouge ou déplace la source lumineuse et, pas à pas, nous dévoile toute la complexité et l'étendue du langage des ombres.Avec beaucoup de générosité, il nous fait entrer dans le décor du spectacle, Les Amis de Loulou, pour nous expliquer en détail la démarche de création et nous en livrer les secrets.Comble de bonheur, Fabrizio nous invite à manipuler les silhouettes et à recréer quelques scènes du spectacle, ce qui nous permet d\u2019ailleurs d\u2019avoir une idée concrète des difficultés inhérentes au travail avec les ombres.Tout en visionnant les vidéos des productions du Teatro Gioco Vita, Fabrizio nous raconte les recherches qu\u2019ils ont menées sur les origines diverses du théâtre d\u2019ombres et qui leur ont permis de découvrir, entre autres, qu\u2019il y a très longtemps, Le monde est un théâtre, mais le théâtre est aussi le monde.(WW.Shake: les spectacles se jouaient à l\u2019extérieur avec deux feux comme sources de lumière, un écran au milieu et le public circulant autour.Comme pour bien des compagnies de théâtre dont la recherche fait partie intégrante de la démarche artistique, C'est au fil des productions que le Teatro Gioco Vita a expérimenté et raffiné la forme actuelle de son théâtre d\u2019ombres.+ Ce qui est remarquable chez cette compagnie, c\u2019est sa méthode de création avec les ombres : l\u2019équipe définit en premier lieu le rapport qu'elle souhaite établir avec le public, puis l\u2019espace scénique dans lequel les comédiens évolueront.Par la suite, ils improvisent avec les ombres dans cet espace et ce rapport comédien/public.Ces balises leur permettent de créer une banque d'images en fonction du spectacle.La création dun spectacle de théâtre d'ombres, c'est avant tout un travail dimprovisation et de recherche.Il faut samuser avec les ombres avant de définir le spectacle.Tout stage intensif a l\u2019avantage de donner de l'intensité à la rencontre mais aussi le désavantage d\u2019être toujours trop court.Grâce à un déroulement offrant un bon équilibre entre la théorie et la pratique, ce stage a répondu aux diverses attentes des participants.Tous d\u2019ailleurs s\u2019entendaient pour dire que la grande générosité de Fabrizio et d\u2019Antonella (interprète de la compagnie) était pour beaucoup dans la qualité de ce stage.Rares sont les occasions où des artistes de la relève peuvent se retrouver aux côtés de créateurs qui ont plusieurs années de métier pour expérimenter ensemble de nouvelles approches du théâtre.J'espère que la Maison Théâtre, qui est un lieu idéal de rassemblement, pourra continuer à offrir ce genre d\u2019activités faisant appel tout autant à des compagnies étrangères qu\u2019à des compagnies d'ici.Hélène Ducharme Comédienne, marionnettiste et chargée de projet lors du Printemps italien.Vibrations européennes A l\u2019occasion du Printemps italien\u2019, la Maison Théâtre avait organisé un programme de stages et de rencontres permettant aux artistes d'ici et de l\u2019étranger de partager leur savoir- faire et d\u2019échanger sur des questions cruciales pour l\u2019avenir des arts en direction du jeune public.Pierre Tremblay revient sur la rencontre traitant d\u2019un nouveau réseau européen de diffusion et en profite pour relancer la réflexion sur l\u2019avenir de la diffusion au Québec.Hélène Ducharme, quant à elle, refait de mémoire le stage en théâtre d\u2019ombres qu\u2019elle a suivi avec une vingtaine d\u2019autres praticiens dans le décor du Teatro Gioco Vita.L\u2019Europe à l\u2019heure des réseaux Il n\u2019est pas toujours évident d\u2019avoir le recul nécessaire pour analyser l\u2019évolution de la diffusion des arts de la scène au Québec.Toute occasion de rencontrer des programmateurs étrangers et de voir comment les choses se font ailleurs permet de mettre notre propre réalité en perspective.Au mois d'avril dernier, la Maison Théâtre proposait un printemps aux couleurs de l\u2019Italie.À cette occasion, nous étions conviés à une rencontre avec Philippe Foulquié, directeur du Théâtre Massalia et de la Friche La Belle de Mai à Marseille, et Giacomo Scalisi, membre du Teatro delle Briciole et directeur artistique de La Vetrina Europa à Parme.Invités à nous parler de leur travail et de la vocation de leur lieu de diffusion, ils nous ont aussi livré leurs interrogations sur leur rôle et sur la nature des relations qu\u2019ils souhaitent établir avec les artistes et avec leurs publics.Dans le but de créer à l'échelle européenne un nouveau réseau de diffusion, ils se sont joints à d\u2019autres programmateurs partageant les mêmes complicités artistiques.Ainsi désirent-ils permettre une meilleure circulation des idées concernant la diffusion des arts et favoriser de nouveaux modes de collaboration avec et entre les créateurs.hy Ce nouveau réseau voudrait, à titre d'exemple, réunir des artistes de la nouvelle Europe autour de problématiques particulières, créer des passerelles entre des créateurs de différentes disciplines et permettre des rencontres entre artistes de langues et de cultures diverses, de tendances similaires ou opposées.Les activités pourraient prendre diverses formes : ateliers, sessions d\u2019expérimentation autour d'un thème de spectacle, productions, présentations de résultats de recherche, rencontres et activités d'animation avec le public.Les circonstances semblent excellentes pour de telles initiatives : la création de la Communauté européenne encourage, en effet, l'émergence de plusieurs organismes se consacrant, dans le respect des spécificités nationales, au développement et à la promotion d\u2019une identité « européenne ».Des diffuseurs inspirés Qu'est-ce qui particularise ce nouveau réseau ?Des interventions à une échelle résolument européenne, bien sûr, mais surtout l'intention manifeste des diffuseurs de prendre part au processus de création des artistes et d\u2019y associer plus étroitement leurs publics.Je constate qu'à l\u2019instar de ces diffuseurs, plusieurs programmateurs européens jouent un rôle de plus en plus déterminant sur l\u2019échiquier artistique qui s\u2019est par ailleurs étendu et complexifié.Leurs interventions empruntent des voies multiples : de l\u2019accueil à la coproduction voire à la production; du partenariat financier à la collaboration artistique; de l\u2019animation culturelle à l\u2019animation de l\u2019artiste; de l\u2019hôte, de l'instigateur et, pourquoi pas, à celui qui sollicite ou qui, comme la muse, inspire les créateurs.Il faut sûrement se réjouir de trouver chez ces programmateurs de la créativité, un sens aigu des responsabilités et une volonté ferme de faire bouger les choses.Toutefois, ce mouvement ne fisque-t-il pas d'accorder trop de pouvoirs aux diffuseurs et de déplacer vers eux une part des subsides alloués aux créateurs ?Y a-t-il lieu de craindre que l'artiste soit éventuellement relégué au rang d\u2019exécutant dans des projets de création ou d'animation culturelle entrepris par le diffuseur ?Un modèle à importer ?Le contexte québécois n'est certainement pas comparable.Les centres de diffusion européens dépassent largement en nombre, en âge et en budgets ceux du Québec.En France, les programmateurs ont le mandat de diffuser mais également de soutenir la création en plus d'assumer celui d'animation culturelle dans leurs communautés.Leur rôle est étendu et les subventions qu'ils reçoivent sont établies en conséquence.Ce qui est rarement le cas, ici.Bien que la diffusion ait connu au Québec un développement marqué dans la dernière décennie, elle est tout de même encore bien jeune.Si le mandat des diffuseurs québécois devait suivre la même trajectoire que celle des programmateurs européens, quel rôle les artistes seraient-ils appelés à jouer ?Au fait, quels types de rapports les artistes souhaitent-ils avoir, chez nous, avec les diffuseurs ?La rencontre avec nos collègues français et italiens aura permis, je l\u2019espère, de susciter quelques réflexions sur le mandat que nous souhaitons donner aux diffuseurs et sur l\u2019évolution de nos réseaux de diffusion.Pierre Tremblay Marionnettiste et formateur ?Le Printemps italien est le résultat d\u2019un protocole d\u2019entente signé entre la Maison Théâtre et le Teatro delle Briciole et soutenu par la Sous- Commission mixte culturelle Québec-Italie. Nouvelles La Maison Théâtre sur un terrain de golf Le 12 juin dernier, la Maison Théâtre organisait un premier tournoi de golf sur un vrai terrain, celui de Blainville.Plus d\u2019une centaine de sup- porteurs financiers de la Maison Théâtre et du théâtre jeune public étaient au rendez-vous et le beau temps était, lui aussi, de la partie.Pour agrémenter le parcours des golfeurs, des marionnettes du Théâtre sans Fil et du Théâtre de l\u2019Œil les accueillaient à la ligne de départ et au neuvième trou.Après la partie, un souper les attendait qu\u2019une soirée d'activités animée par Sylvain Massé.Remise de prix d'honneur ou de consolations et numéros de circonstances étaient au programme, dont une présentation de LHis- toire de la Maison Théâtre en dix-huit trous, un texte de Joël Da Silva, et d\u2019un extrait du conte L'Ornithorynque, interprété par Sylvain Hétu, d\u2019ailleurs à l\u2019affiche de la saison 2000-2001 de la Maison Théâtre.ainsi M.Claude Séguin Président d\u2019honneur de la campagne de financement Les Enfants d'abord Une grande réussite à tout point de vue, dont un bénéfice net de 30 000 $, de dire Nicole Doucet, grâce à l'engagement indéfectible d'un cabinet de campagne réunissant douze membres de la communauté des gens d'affaires, d\u2019un comité organisateur formé de quatre personnes et de la participation généreuse de plusieurs artistes de la Maison Théâtre Un merci tout particulier à François Laurin, président du cabinet de campagne pour sa grande implication.Les Soupers-théâtre Cette nouvelle initiative de la Maison Théâtre en valait la chandelle, et il y en aura d\u2019autres cette année.Trêve de jeux de mots, même s\u2019il y avait des chandelles et des nappes sur les tables pour créer une atmosphère de souper au restaurant, les Soupers-théâtre voulaient rejoindre de façon plus particulière le public familial et la catégorie des spectateurs de 9 à 12 ans et leur donner l\u2019occasion de rencontrer, avant le spectacle, l\u2019auteur ou le metteur en scène.Pour plusieurs parents, c'était une première sortie à la Maison Théâtre, et il fallait voir dans leurs yeux le plaisir qu\u2019ils éprouvaient à écouter les propos de l\u2019artiste et à regarder leurs enfants suspendus à ses lèvres, puis empressés de poser des questions ou de répondre à celles qui leur étaient lancées.Certains parents ont remercié la Maison Théâtre pour leur avoir permis de vivre avec leurs enfants, avec qui il n'est pas toujours facile de communiquer, un moment d'échange vrai.Ce dernier commentaire, nous l\u2019adressons aux véritables responsables du succès de ces Soupers-théâtres : Dominick Parenteau-Lebeuf, auteure de L'Autoroute, Gilbert Dupuis, auteur de Déséquilibre - Le Défi er Jacinthe Potvin, metteure en scène de Mathieu trop court, François trop long.Tous trois étaient visiblement heureux d\u2019être là pour parler de ce qui les anime comme artistes, de ce qui les a menés au théâtre, de ce qui fait qu'ils persistent et signent.Les jeunes, de toute évidence, par leurs questions et leurs témoignages, en comprenaient le fin mot ou presque.Des jeunes en ateliers de création avec DynamO Théâtre Profitant de la présentation du spectacle Déséquilibre - Le Défi en mars dernier, la Maison Théâtre invitait Jaqueline Gosselin, codirectrice artistique de la compagnie DynamO Théâtre, à donner deux ateliers de création.Une vingtaine de jeunes de 13 et 14 ans du Collège Saint-Jean- Vianney, et une dizaine de gars et de filles de 15 ans et plus de l\u2019école secondaire Saint-Louis s\u2019y étaient inscrits.À partir d\u2019une première mise en situation \u2014 Vous êtes des comédiens faisant partie du groupe de recherche de DynamO Théâtre \u2014 ces jeunes étaient initiés à la méthode de création de DynamO Théâtre qui s'apparente à celle des cycles Repère.En plus d\u2019avoir franchi, en accéléré bien entendu, les différentes étapes de la méthode de création de DynamO Théâtre \u2014 première partition, présentation, évaluation, deuxième partition, présentation, évaluation et ainsi de suite jusqu\u2019à la représentation, les jeunes ont été invités à créer une séquence de mouvements à partir du scénario du premier duo dans Déséquilibre - Le Défi.Avec plus de temps, on aurait pu aller beaucoup plus loin en création, constate Jacqueline Gosselin, mais à les entendre commenter le spectacle qu'ils ont vu par la suite, je crois que l'atelier leur a donné un accès privilégié au langage de DynamO Théâtre.Mission accomplie, puisque c'était cela l'objectif premier visé par l\u2019animatrice.La Maison Théâtre à Chicoutimi : une invitation irrésistible Lors d\u2019un Contact Culture/Éducation organisé par la Direction régionale du ministère de la Culture et des Communications du Québec et la Ville de Chicoutimi, le 4 mai dernier, la Maison Théâtre était invitée à présenter son volet d'éducation artistique à une quarantaine d'artistes et d\u2019enseignants réunis en atelier.Après en avoir rappelé les grands objectifs \u2014 offrir une formation théâtrale aux enfants et aux enseignants en liant étroitement le voir et le faire du théâtre \u2014, Nicole Doucet s'est appuyée sur des témoignages d'enfants recueillis après les spectacles pour parler du théâtre comme déclencheur de prise de conscience et moyen de développer chez l'enfant sa pensée et son sens critique.À en juger par la qualité de la discussion et le vif intérêt des enseignants qui découvraient l\u2019existence d\u2019un programme de formation théâtrale adapté à leurs besoins, cette rencontre devrait avoir des suites.Des rencontres comme cela, il faudrait avoir les moyens de les multiplier un peu partout au Québec, de conclure Nicole Doucet.Lorraine Hébert [Hain H2X 3Y6 | emia mi 4.453 Téléphone : LA Télécopieur : (514) 288-5724 info@maisontheatre.qc.ca pour l\u2019enfance et la jeunesse 245, rue Ontario Est Montréal (Québec) C hy Qniques La Maison québécoise du théâtre e la Maison édtre Rédactrice en chef : Collaborateurs : (514) 288-7211 Nicole Doucet Lorraine Hébert France Dansereau Hélène Ducharme Gervais Gaudreault Gilles-Philippe Pelletier Reynald Robinson Pierre Tremblay Benoît Vermeulen "]
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