Le monde est un théâtre, 1 janvier 1999, Printemps 1999, édition spéciale
[" de un théâtre (William Shakespeare) PER mre [VIo | el est Sommaire Photo : Isabel Rancier La Semaine de la Communauté française de Belgique résulte du partenariat entre le Théâtre La montagne magique de Bruxelles et la Maison Théâtre.Pour souligner cet événement, nous vous offrons cette édition spéciale du Monde est un théâtre.Le Québec n\u2019en est pas à sa première rencontre avec le théâtre jeune public belge.Il fut l\u2019hôte par le passé de plusieurs compagnies et bon nombre d'artistes québécois sont intervenus en Belgique.Nous avons donné la parole, dans cette édition spéciale, à des intervenants du théâtre jeune public de Belgique francophone : Roger Deldime, directeur de La montagne magique, nous présente son centre de diffusion et d\u2019éducation artistique tandis que Catherine Simon nous informe de l\u2019état du mouvement associatif du théâtre belge pour l\u2019enfance et la jeunesse.Louis- Dominique Lavigne, codirecteur artistique du Théâtre de Quartier à Montréal, a séjourné à plusieurs reprises en Belgique; il nous livre ici ses impressions sur les relations privilégiées qu\u2019il entretient avec ce pays.La Semaine de la Communauté française de Belgique est le prolongement naturel de l\u2019ouverture sur le monde dont fait preuve le théâtre jeune public québécois depuis plusieurs années.Convaincue de l\u2019émulation et des retombées qu\u2019entraînent de tels échanges, Nicole Doucet, directrice générale de la Maison Théâtre, travaille à la concrétisation de nouveaux protocoles d\u2019entente avec d\u2019autres centres étrangers.Elle nous fait part du rôle que joueront ces partenariats dans l\u2019avenir.Nous vous invitons à consulter la liste des activités entourant la Semaine belge.Espérons que vous y viendrez nombreux.mais le théâtre est aussi le monde Édition spéciale Semaine de la Communauté française de Belgique (Wallonie - Bruxelles) Fondée en 1984, la Maison Théâtre se consacre au développement et à la diffusion du théâtre pour l\u2019enfance et la jeunesse.Flle a pour mandat principal de soutenir la création par les trois aspects de sa mission : diffusion, animation et documentation.Depuis quinze ans déjà, elle accueille les jeunes spectateurs.Au cours des quatre dernières années, elle à mis sur pied un volet d'animations à l\u2019école et au théâtre.impliquant les enfants et les enseignants.Le volet documentation se concrétisera prochainement avec la mise en place d\u2019un centre multimédia.Comme diffuseur spécialisé, la Maison Théâtre favorise le rayonnement du théâtre québécois pour l\u2019enfance et la jeunesse au Québec, au Canada et à l\u2019étranger.Depuis maintenant cing ans, des compagnies étrangères sont sélectionnées pour être présentées en programmation régulière à la Maison Théâtre.En accueillant ces spectacles, la Maison Théâtre applique une réciprocité à l\u2019endroit des pays et programmateurs qui invitent fréquemment nos artistes.On le sait, les compagnies québécoises sont reconnues pour leur capacité d'innovation.Plus de 50% des œuvres théâtrales ui circulent au Québec sont créées à l\u2019intention du jeune public.Quant aux tournées à l\u2019étranger, 62% sont réalisées par des compagnies pour l\u2019enfance et la jeunesse.Depuis trois ans, la Maison Théâtre a aussi développé une nouvelle forme de coopération par des partenariats artistiques avec des institutions semblables situées dans d\u2019autres pays.Le désir de questionner les différentes approches du développement de public, de la sensibilisation au théâtre et de la programmation artistique a amené ces protocoles d'entente à prendre vie de manière différente selon l\u2019évolution du théâtre pour l\u2019enfance et la jeunesse dans des cultures diverses.Organisée dans le cadre de la Convention 1997- 1999 entre la Communauté française de Belgique et le Québec, la première Semaine québécoise de théâtre jeunes publics a eu lieu à Bruxelles en mars 1998.L'entente de partenariat signée entre La montagne magique et la Maison Théâtre prévoyait également la tenue d\u2019un événement, la Semaine de la Communauté française de Belgique, que nous réalisons aujourd\u2019hui.Les similitudes entre le Québec et la Communauté française de Belgique sont nombreuses et il existe une parenté évidente entre La montagne magique et la Maison Théâtre.La formation théâtrale offerte aux enseignants bruxellois du primaire nous a bien inspirés et M.Roger Deldime a accepté notre invitation à venir rencontrer les enseignants québécois qui suivent une formation à la Maison Théâtre depuis deux ans.Les complicités et les liens entre les artistes de nos deux pays sont amorcés depuis de nombreuses années.D'ailleurs, le Théâtre de Quartier (Montréal) et le Théâtre de Galafronie (Bruxelles) ont uni leurs forces et leurs talents respectifs pour la coproduction du spectacle Les Papas.Le Tof Théâtre (Bruxelles) est une compagnie de la relève qui a déjà à son actif cinq créations dont nous accueillons la plus récente, Patraque.deux reprises, le travail de cette compagnie a été présenté à Toronto mais jamais encore dans le contexte d\u2019une saison théâtrale au Québec.Les marionnettistes québécois ont beaucoup d\u2019admiration pour la recherche et l\u2019exploration de ces créateurs.D'autres trouveront aussi des ressemblances entre la démarche du Tof Théâtre et celle d\u2019une compagnie d'ici, le Théâtre Bouches Décousues, et avec l\u2019approche dramaturgique de son auteure en résidence, M\"* Jasmine Dubé.La tenue de tels événements dans nos deux pays aide au rayonnement international des productions québécoises et permet au public québécois de découvrir de nouvelles dramaturgies.C\u2019est aussi l'occasion d'échanger sur les pratiques artistiques, les perceptions et l'avenir.De plus en plus, la croissance des marchés culturels est basée sur le savoir et les réseaux internationaux constituent un élément déterminant de cette circulation d'idées.Ces collaborations fructueuses prennent différentes formes.La saison prochaine, l\u2019Italie sera au premier plan du volet international de la Maison Théâtre avec un événement spécial portant sur l\u2019évolution de la pratique pour jeunes publics en Italie.En novembre dernier, une compagnie de théâtre québécoise, le Carrousel de Montréal, a été sélectionnée par la Vetrina Europa de Parme pour y présenter en italien sa dernière création, L\u2019Ogrelet.Dans le cadre de cette entente, une compagnie québécoise déjà active sur les marchés étrangers a trouvé l\u2019occasion de créer des liens avec les artistes et les programmateurs d\u2019un nouveau pays.Merci à tous ceux qui rendent possible la tenue de ces rencontres.Bonne semaine ! Nicole Doucet Directrice générale de la Maison Théâtre Le Monde est un th edtre (William Shakespeare) Lo Gouvernement du Québec Ministére de la Culture et des Communications ea La Maison Théâtre confirme sa présence comme centre privilégié d\u2019échanges, de réflexion, de partenariats, de développement et de promotion du théâtre pour l\u2019enfance et la jeunesse, et ce, sur les plans national et international.Je salue la complicité qui lie la Maison Théâtre et le Théâtre La montagne magique.Leur vision, leur dynamisme et leur sens de la coopération font battre le cœur de cette Semaine de la Communauté française de Belgique.En mars 1998, le public bruxellois a répondu à l\u2019appel du Théâtre La montagne magique lors de la Semaine québécoise de théâtre jeunes publics.Place maintenant à la Semaine de la Communauté française de Belgique.Découvrons ses spectacles, ses ateliers et ses rencontres.l Ung ès Maltais mn Voir, apprendre le projet artistique, édu du Théâtre La montagne magique La Semaine de la Commupauté française de Belgique est née du partenariat entre le Théâtre La montagne magique de Bruxelles et la Maison Théâtre.Roger Deldime, directeur du Théâtre La montagne magique, nous décrit la philosophic et les activités de ce centre de diffusion et d\u2019éducation artistique.Le Théâtre La montagne magique programme, toute l\u2019année, des spectacles aux formes et aux esthétiques diverses, créés par des compagnies professionnelles.Il propose aussi des formations théâtrales pour enseignants et futurs enseignants et encourage l'expression dramatique des jeunes par des ateliers, des animations et des productions.De plus, La montagne magique conçoit et réalise des colloques internationaux et publie les Nouvelles de La montagne magique et Questions de théâtre.« Voir du théâtre professionnel et s'exprimer par le jeu dramatique sont deux voies fécondes pour créer le désir culturel chez les jeunes.À condition d\u2019en faire, à la fois, des spectateurs actifs et des praticiens créatifs ».Telle est la philosophie du Théâtre La montagne magique créé en 1995 par la Ville de Bruxelles.Voici comment nous concrétisons cette pensée.Voir Il n\u2019y a pas d'éducation du théâtre qui ne passe par la fréquentation de la représentation théâtrale.Cela permet de découvrir le plaisir de la variété des (hemes et de la diversité des propos, d\u2019affûter le regard et d\u2019aiguiser l\u2019écoute.C\u2019est l'opportunité de vivre des émotions et de développer l\u2019esprit d\u2019analyse, l\u2019occasion d\u2019acquérir des repères, déceler la démarche interne de l\u2019œuvre scénique et décoder la pluralité des interprétations.Il faut alimenter l'imagination et nourrir l'intelligence de celui qui regarde à l\u2019égard de ce qu\u2019il regarde.L'émergence du sens doit s\u2019articuler avec le désir.Apprendre et pratiquer Pluriel et infini, le théâtre relève en outre de l'expérience vécue, personnelle et collective, celle de l'expression.Dans des ateliers, les jeunes apprennent à écouter et discriminer, à regarder et reconnaître, à s'exprimer par le geste et le mouvement, à jouer avec les mots et leurs échos imaginaires.Explorer pour créer ! Ils s\u2019essaient, spécialisées consistant à dire et jouer le conte, se former au théâtre d\u2019ombres ou d\u2019objets, théâtraliser un roman ou un tableau, lire-jouer un auteur contemporain et s'exercer a I'écriture dramatique, pratiquer le théâtre forum, jouer Shakespeare, Molière ou Ghelderode.\u2026., pratiquer : catif et culturel Les classes artistiques d'initiation théâtrale Les classes artistiques d\u2019initiation théâtrale offrent aux élèves et aux professeurs la possibilité de vivre une expérience enrichissante : la rencontre et le travail avec des professionnels de l\u2019art théâtral.Elles se fondent sur un projet qui intègre fréquentation-formation-expression représentant un parcours de plusieurs mois dans l'année scolaire.Voici le parcours en cinq phases : premièrement, le visionnement préalable du spectacle en soirée (au cours d\u2019une scéance tout public) par les enseignants, suivi d\u2019un débat avec les artistes dans le but de constituer des références pour accroître le plaisir cultivé et créer le désir chez les élèves; deuxième phase, l\u2019assistance des classes à une des représentations programmées (pendant le temps scolaire); dans un troisième temps, la formation théâtrale des enseignants dispensée par les artistes du spectacle (plusieurs jours); phase quatre, la création par les élèves de diverses séquences, avec un suivi réalisé par La montagne magique afin d'aider les enseignants à surmonter les obstacles imprévisibles; finalement, la présentation publique des productions des classes à La montagne magique dans le cadre du festival en les pratiquant sans pour autant les imiter, aux connaissances révélées par « l'événement » de la sortie-théâtre et motivées par les repères engrangés.Former Linitiation théâtrale des jeunes passe nécessairement par la formation théâtrale des enseignants.Auprès des futurs enseignants, il s'agit de les motiver-informer-former à l\u2019analyse du spectacle et aux possibilités expressives du jeu dramatique et de les inciter à réaliser, dans le même esprit, des activités dramatiques à leur niveau puis au cours de leurs stages didactiques avec les élèves.La formation continue des enseignants en place se concrétise, elle, de deux manières : par des formations modulaires \u2014 initia- tion-perfectionnement \u2014 étalées dans le temps et axées sur le décodage du langage théâtral des spectacles présentés et la pratique des techniques d'expression dramatique; par des formations « Petits loups, grands poucets » leur permettant de jouer sur la scène d\u2019un vrai théâtre, de disposer de sa logistique et de sa technique professionnelles.Cette dernière étape constitue une exaltante valorisation pour les élèves et une légitimation du travail des enseignants impliqués.Les enseignants et les artistes, encadrés par les animateurs et les coordonnateurs de La montagne magique, se retrouvent en cours de route : ils évoquent, lors de ces réunions, leurs explorations, hésitations, angoisses et difficultés, leurs joies et réussites.Sont au rendez-vous : théâtre, plaisir, risque, autonomie, aventure.Art et éducation se rencontrent et se complètent dans le respect de l\u2019altérité; chacun a besoin de l\u2019autre pour rééquilibrer, en permanence, le re- 2 q : .gard porté sur le sens de la formation des jeunes.Roger Deldime Directeur de La montagne magique s le thédtre est aussi le monde we= La Chambre des Thédtres pour l'Enfance et la Jeunesse Catherine Simon fut présidente de la Chambre des Théâtres pour l\u2019Enfance et la Jeunesse en Belgique pendant plusieurs années.Elle nous parle de l'importance de cette association, des tendances et des émergences qui s'y manifestent.Une expérience démocratique Fondée en 1976, la Chambre des Théâtres pour l\u2019Enfance et la Jeunesse (CTE]) est une association qui rassemble aujourd'hui une quarantaine de compagnies professionnelles de théâtre jeune public.La CTÉ] est reconnue et subventionnée ar la Communauté française de Belgique (COCOF), elle est la section francophone du Centre d\u2019ASSITE] (Association internationale du théâtre pour l'enfance et la jeunesse).Elle reçoit l\u2019aide de la COCOF et de la Société des auteurs et comédiens dramatiques.La CTEJ a pour but de donner une meilleure connaissance du travail accompli par ses membres et de défendre leurs intérêts auprès des pouvoirs publics, des programmateurs et des sociétés d'auteurs.Une fois par mois, les compagnies se réunissent dans le but d'entretenir une réflexion commune sur le chéâtre jeune public et de mener des actions solidaires.La petite salle de réunion de la CTE) est alors envahie : 30 à 50 personnes se retrouvent autour de la table pour des débats passionnés ou des coléres constructives qui peuvent déboucher sur des motions ou des actions communes.Par ailleurs, elle organise deux festivals : le Festival Off.parallèlement aux Rencontres/ Sélections théâtre jeune public et Noël au Théâtre.Ces festivals mettent de l\u2019avant la vitalité, l'aspect de fête et la diversité des spectacles de théâtre jeune public.C\u2019est également l\u2019occasion, pour la CTEJ, d\u2019accueillir et de rencontrer des programmateurs étrangers et de les mettre en contact avec les compagnies membres.L'invention de Noël au Théâtre En 1982, à l\u2019invitation de Serge Creuz, directeur- fondateur de la Maison du Spectacle La Bellone, une première exposition de théâtre pour enfants est mise sur pied par une bande de bénévoles.Je me souviens des angoisses de Serge Creuz; il se demandait ce que j'allais bien pouvoir amener et s\u2019il y aurait assez pour remplir les salles de La Bellone ! Dans le doute, il avait fait réaliser (il y avait encore à l\u2019époque de l\u2019argent pour la culture.) une série de photos géantes à partir d'images de spectacles que je lui avais fournies.Quelle ne fut pas sa surprise quand il a vu débarquer (et envahir La Bellone) le matériel accompagné de plusieurs bénévoles et gens des compagnies enthousiastes pour monter cette exposition ! Le théâtre pour enfants entrait ainsi par f grande porte à la Maison du Spectacle.Je me souviens qu\u2019alors était née l\u2019idée, saugrenue sans doute, de ne pas se contenter de l\u2019exposition Traces de spectacles mais de montrer aussi quelques spectacles.Serge Creuz découvrait un monde et il voulait le faire découvrir tout entier au public bruxellois.Anne Molitor me fit la liste des salles appartenant à la ville de Bruxelles que l\u2019on pouvait obtenir facilement.\u2019Très vite, les compagnies acceptèrent de jouer sans subsides, sans savoir si ça marcherait, chacune prenant le risque.L'heure de la représentation étant sonnée, personne ! Pas un chat! Alors, pour ne pas avoir fait cela pour rien, nous allimes dans la rue, pour réunir tant bien que mal une petite douzaine de volontaires, et le spectacle eut lieu.Quand je vois aujourd\u2019hui les salles archi-pleines de Noël au Théâtre, je me dis que le jeu en valait la chandelle, et que nous avions eu raison de lancer cette année dans le désert intégral de la méconnaissance absolue du secteur jeune public, les premières Vacances de Noël au Théâtre.L'idée ayant plu, la certitude est née qu\u2019il fallaic recommencer.Les pouvoirs publics se sont étonnés de cette initiative, la première des compagnies « autonomes ».Comment ! Ils organisent quelque chose eux- mêmes, sans subsides, sans organisateurs et sans demander de sous ! Et, pour la première fois, sans que nous n'ayons rien demandé, on offrit de nous aider.Une victoire inédite ! L\u2019 équipe de rt th AE Suison 1998-1999 Nicole Doucet, directrice générale Stéphanie Roy, directrice administrative Suzanne Leclerc, directrice des services scolaires Danièle Henrichon, adjointe à la direction des services scolaires Stéphanie Rose, directrice du marketing et du financement Raymonde Guay, responsable des communications Éric Fauque, directeur technique Michel Devost, gérant de salle Jean-Jacques Ringuette, secrétaire de direction Annie-Claude Martin, responsable de la billetterie Marie-Ëve Fortin, guichetière Sylvain Hétu, responsable des ateliers éducatifs et des animations - Tendances et émergences Le théâtre jeune public est passé par toutes les phases, de l\u2019amateurisme bon-enfant-sympa au didactisme outrancier qui croit qu\u2019il faut absolument devenir scolaire pour entrer dans les écoles; il a présenté des créations étonnantes, délirantes, poignantes même, qui firent l\u2019unanimité autour de leur qualité d\u2019émotion; il a bénéficié de recherches courageuses, audacieuses, ténues ou arfois inabouties qui ne trouvèrent pas toujours Four ublic; du repli confortant sur l\u2019équipe quasi familiale, il s\u2019est ouvert à d\u2019autres : nouveaux venus, metteurs en scène confirmés, œil extérieur; il a connu des remises en question, et, maintenant, la confrontation à des stages d\u2019écriture\u2026 Loin de se conforter dans la certitude maintes fois affirmée par des invitations à l\u2019étranger, des articles élogieux et la confiance établie par des programmateurs, les compagnies de théâtre jeune public, sans s'endormir sur les lauriers mérités, continuent de se questionner, d'écouter les critiques de tous poils; elles songent à la relève et veulent la susciter, sans craindre quelque vaine concurrence.Elles savent que les efforts fournis par l\u2019ensemble de la profession, vis-à-vis des écoles, des ministères, de la presse et du grand public, que tout ce travail pour se faire connaître, se professionnaliser, se faire subventionner décemment, pour obtenir un décret rassurant\u2026 oui, tout ce travail reste fragile.Les profs changent, les directions changent, la politique culturelle \u2014 quand il y en a une \u2014 change.Et tout est toujours à refaire, avec énergie.Ce qui me semble le plus neuf aujourd'hui est cette prise de conscience généralisée de l\u2019importance de l\u2019écriture.Après la grande vague riche, enthousiaste et enthousiasmante des créations collectives, avec son formidable apport de thèmes, d'images, d\u2019énergies créatrices et son incroyable potentialité de nouveauté, d\u2019audaces et d\u2019émotions, à la suite d\u2019un balayage des idées toutes faites et le bain de « autre chose » amené par ces créateurs sans attaches, sans répertoire, sans passé et sans références lourdes à porter, le besoin de généraliser s'est fait sentir de, comment dire\u2026 structurer mieux ?Était-ce pour sortir d\u2019un désordre parfois lassant, par désir de construire pour mieux aboutir ou pour rationaliser un scénario en sachant qu'on est désormais assez fort pour ne pas perdre l'impalpable sortilège ?Et si on osait l\u2019efficacité ?Quoi qu\u2019il en soit, les compagnies ont accepté l\u2019idée mise en route par la CTEJ d\u2019une série de stages d'écriture donnés par des « auteurs » répertoriés comme tels, et dans l\u2019aventure.Des écritures naissent, se laissent lire, s'impriment.C\u2019est la grande révolution qui selon moi est en train d\u2019éclater, en douceur, fomentant une essentielle remise en question, de nouvelles manières de travail.Catherine Simon e Monde est un théâtre Coordonnateur : Pierre Tremblay Collaborateurs : Roger Deldime Nicole Doucet Louis-Dominique Lavigne Catherine Simon aison Théâtre et le Théâtre La montagne magique Semaine de la Communauté française ! de Belgique (Wallonie-Bruxelles) È À la Maison Théâtre Du 30 avril au 9 mai 1999 / Inauguration officielle de l\u2019événement À la Maison Théâtre Vendredi 30 avril 1999 19 h 30 Représentations scolaires et grand public Patraque (3 à 5 ans) Une création du Tof Théâtre (Bruxelles) \u201c 30 avril au 4 mai 1999 Première du spectacle Patraque Vendredi 30 avril 1999 « 20 h Les Papas (7 ans et plus) Une création du Théâtre de Quartier (Montréal) et du Théâtre de Galafronie (Bruxelles) 6 au 9 mai 1999 Première du spectacle Les Papas Vendredi 7 mai 1999 + 19 h 30 A Hi ité Exposition de photos Wallonie - Bruxelles, une communauté qui a du talent Hall de ta Maison Théâtre 30 avril au 9 mai 1999 Les Rencontres Rencontre avec le milieu artistique : Roger Deldime, directeur de La montagne magique et les artistes du Tof Théâtre et du Théâtre de Galafronie Foyer Sud de la Maison Théâtre Lundi 3 mai 1999 * 16 h à 18 h Rencontre avec le milieu scolaire : Roger Deldime, directeur de La montagne magique et les participants du projet Formation des enseignants du primaire, dirigé par Sylvain Hétu Foyer Sud de la Maison Théâtre Lundi 3 mai 1999 * 19 h 30 à 20 h 30 Pour information : (514) 288-7211 + + conseL 22\" DÉS ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Le Const pes ARTS ou Canann DEPUIS 1957 QQ Dans le cadre de son volet international, 2 Tue Canapa Councir FOR THE ARTS SINCE 1957 ydro Québec la Maison Théâtre présente : du 12 au 30 mai 1999 Une création du Teatro delle Briciole (Italie) Je suis devenu un peu belge.Louis-Dominique Lavigne est codirecteur artistique du Théâtre de Quartier et coauteur.avec Jean Debefve du Théatre de Galafronie, du texte de la pièce Les Papas » présentée dans le cadre de la Semaine belge.S'inspirant de ses nombreux séjours en Belgique, il nous communique les impressions que lui suggerent ses expériences en territoire belge.Depuis cinq ans, je travaille souvent en Belgique.Si mes nombreuses visites renforcent ma différence et mon identité québécoise, je retrouve tout de même chez mes amis belges des ressemblances inattendues.Je m'explique.Tout au long de mes séjours, parfois fort longs, d'autres fois très courts, à travers différents ateliers et les répétitions des Papas, une réalité m\u2019apparaît plus claire que jamais.Je ne suis pas un européen.Je suis un américain.J'aime l'efficacité et les techniques dans un processus de création.Les artisans belges que je connais se fient davantage à leur culture et à leur immense talent.Moi, je ne fais confiance qu'aux méthodes.Les Belges aiment discuter.Jaime ça, moi aussi, mais moins qu'eux.J'ai parfois l'impression de m'y perdre et de ne plus savoir quoi faire.J'aurai appris avec eux que j'aime plus agir que discuter; à tout le moins agir avant de discuter et j'avoue retrouver parfois, en une sorte de processus d'actions à répétition, la réflexion que je n\u2019arrive pas à exprimer spontanément, de vive voix.C\u2019est comme cela que j'écris.C\u2019est comme cela que je monte un spectacle.C\u2019est peut-être ce qui a plu dans mes ateliers d\u2019écriture.J\u2019y ai donné une dizaine de sessions inspirées de mes expériences d\u2019auteur qui arrive mal à écrire correctement et qui doit multiplier les procédés et les exercices pratiques pour produire quelque chose de valable.Si je me retrouve plus américain que jamais dans ce pays bilingue, lui aussi, qui parle la même langue que moi, des affinités théâtrales viennent pourtant me chercher quelque part en des endroits fort surprenants, là où se situent les motivations profondes qui animent ma démarche de création.Je rencontre chez mes amis belges des radicalismes artistiques que je perçois de moins en moins chez les québécois.Des urgences.Un engagement total de l\u2019artiste dans son art.C\u2019est ce qui explique sans doute la réussite de cette rencontre entre la Galafronie, une compagnie réputée pour son surréalisme sans concession, et le Théâtre de Quartier dont le réalisme a longtemps été la principale marque de commerce (quoique avec Les petits orteils, La Nuit blanche de Barbe- Bleue et Le Pain de la Bouche, le récent itinéraire du Théâtre de Quartier dévoile mieux sa véritable mission artistique : investir dans l\u2019imaginaire de l\u2019enfant afin de lui permettre de transformer le monde de demain à la mesure de ses rêves).Les compagnies les plus marquantes du théâtre jeune public belge pratiquent un théâtre de fond de grenier très kantorien et accordent une importance de premier plan aux contenus à véhiculer.Même les formalismes les plus éclatés reposent sur des fondements philosophiques extré- mement percutants.À Bruxelles, le «théâtre de garage» existe encore alors qu\u2019à Montréal il disparaît tranquillement au gré des rénovations.C'est à Huy, en Belgique, lors de cette sorte de festival annuel, que j'ai pu assister à un des spectacles les plus lucides sur k thème de la guerre et qui juste- ida ment parle de la dernière crise bosniaque.Ça ne peut pas être plus actuel.Ces discussions qui renvoient chaque fois au rôle du théâtre dans la cité me font plaisir, moi ui ai l\u2019impression de vivre dans une ville où le théâtre, souvent trop « clean » et BCBG à souhait, repose de plus en plus sur d\u2019autres objectifs que celui d\u2019être avant tout un témoin de son temps.De ce point de vue, le théâtre jeune public belge est presqu\u2019un modèle.Souvent issu de formations sur le tas, il témoigne en force de ce qu'une troupe peut encore apporter de plus ; à un collectif de pigistes confrontés à la dure réalité des plans de carrière.Né de la contre-culture des années 70, ce théâtre aspire à un travail de l\u2019acteur qui ne fait aucun compromis avec l'humeur souvent imprévisible de son jeune auditoire.Ce dernier assiste, plus souvent qu\u2019autrement, en des endroits aussi différents qu\u2019un centre culturel de quartier ou une bibliothèque municipale, à des performances d'acteurs remarquables.Le théâtre jeune public belge entreprend une démarche expérimentale souvent plus subversive que celle qui prévaut dans notre paysage théâtral québécois où la culture télévisuelle vient de plus en plus contaminer la spécificité théâtrale pour, en bout de piste, la banaliser.Le théâtre jeune public belge, avec sa double culture française et flamande, c\u2019est le mémorable Mères et Enfants du théâtre Victoria, Le Piano Sauvage de la Galafronie, Le petit pois de La Gare Centrale, Hulul du Théâtre du Papyrus et Les Amants de la Casquette; de véritables chefs- d\u2019œuvre du théâtre, toutes catégories confondues, qui témoignent de trois aspects révélateurs de la vitalité de cet art ancestral qui pourtant s\u2019acharne à demeurer moderne : un engagement total de l\u2019artiste dans l\u2019œuvre à faire, un radicalisme de l\u2019imaginaire appuyé sur des enjeux fondamentaux, une culture impressionnante des mouvements artistiques contemporains.Depuis cinq ans, je travaille avec les Belges.Bien que nord-américain, au fil des projets je me suis bâti des amitiés artistiques plus fécondes que celles entretenues avec plusieurs de mes compatriotes.A travers ces voyages au pays de Jacques Brel, de Hugo Clauss, de Ghelderode, de Claude Semal et de Hergé, je me retrouve enrichi.J'ai le profond sentiment que cette aventure ne s'arrêtera pas là.J'ai parfois l\u2019impression de ne plus me retrouver dans le théâtre québécois.J'ai besoin du théâtre jeune public belge pour me rappeler les raisons fondamentales pour lesquelles je fais du théâtre.Je fais du théâtre pour changer le monde.Un pied dans le réel et l\u2019autre dans ces forces subversives de l\u2019imaginaire que les belges savent si bien articuler.Louis-Dominique Lavigne La touche IMAGIK » (514) 842-0882 "]
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