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Titre :
Empreintes
Éditeur :
  • Montréal :Maison québécoise du théâtre pour l'enfance et la jeunesse,2005-2011
Contenu spécifique :
Septembre 2007, vol. 5
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Empreintes, 2007, Collections de BAnQ.

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[" PER £-12%9 De MA 1 CON Pres a COMPTE RENDU DiversiTHÉÂTRE Projet exploratoire sur la diversité culturelle et le théâtre jeune public U I 4 {h La Maison québécoise du théâtre LT var AT pour l'enfance et la jeunesse COMPTE RENDU DiversiTHÉÂTRE Projet exploratoire sur la diversité culturelle et le théâtre jeune public Organisé par La Maison québécoise du théâtre pour l'enfance et la jeunesse (Maison Théâtre) En collaboration avec le MAI (Montréal arts interculturels), Diversité artistique Montréal (DAM) et l\u2019école Lambert-Closse, de la Commission scolaire de Montréal.Le projet DiversiTHÉÂTRE et cette publication ont été rendus possibles grâce à l'appui financier du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles.Immigration et Communautés culturelles 4 Québec La Maison Théâtre est subventionnée au fonctionnement par le Conseil des arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts de Montréal.Elle reçoit également l\u2019appui de Patrimoine canadien notamment dans le cadre du programme Présentation des arts Canada.Pour la réalisation de projets spéciaux, elle bénéficie du soutien financier de l\u2019Entente sur le développement culturel de Montréal intervenue entre la Ville de Montréal et le ministère de la Culture et des Communications et de la Condition féminine du Québec ainsi que du Conseil des arts du Canada.Toutes ces instances sont ici remerciées.Note : La forme masculine utilisée dans ce texte désigne aussi bien les femmes que les hommes.Direction de production : Alain Grégoire Direction éditoriale et coordination du projet exploratoire : Diane Chevalier Rédaction : Anne Nadeau et Maniouchka Gravel Révision : Paul Lafrance Correction d'épreuves : Pascale Matuszek Réalisation graphique : Odette Bélanger Table des matières Introduction 5 Remerciements ; 7 Contexte sociodémographique montréalais 9 Pour rejoindre des publics diversifiés 10 Projet exploratoire 11 DiversiTHÉÂTRE 11 Programme d'activités 12 Nommer sans enfermer : le poids des mots 12 Le théâtre jeune public : une fenêtre sur le monde 13 Les spectacles 13 Le parcours des élèves 14 Rejoindre et accompagner les parents 15 Accompagner les jeunes spectateurs 16 Accompagner les enseignants 17 Le théâtre comme moyen d'intégration culturelle pour les parents 18 La création, les artistes et le théâtre 19 Publics et créateurs : influence réciproque 19 Le rôle des artistes 19 La place du public dans le théâtre 19 Les artistes issus de l'immigration et le théâtre jeune public 20 La médiation culturelle comme outil de rapprochement 21 Annexes 22 Introduction Au moment où nous préparons les Seconds États généraux du théâtre professionnel québécois, et où naissent des organismes de valorisation de la diversité culturelle \u2014 pensons notamment à Diversité artistique Montréal (DAM), issu du Conseil des arts de Montréal, ou à Vision Diversité \u2014, la question de la diversité culturelle fait de plus en plus partie des débats.La notion même de diversité culturelle semble dotée d\u2019une redoutable élasticité.Elle est pourtant au cœur d\u2019enjeux de société importants.Chacun de nous, individu ou entreprise, a le devoir citoyen de se l'approprier.Pour la Maison Théâtre, c'est une notion qui se décline de façons multiples, selon que nous l\u2019abordons en regard des publics, des artistes ou des œuvres elles-mêmes.Néanmoins, une question principale s'impose toujours à nous : comment rejoindre le plus large public possible de toute provenance, culturelle, sociale et économique ?D'autres questions en découlent.Comment faire pour que cette diversité de spectateurs puisse former le public d\u2019une même œuvre ?Et que ce même public métissé et hétérogène puisse apprécier une grande diversité d\u2019approches artistiques ?Ce sont ces questions qui motivent notre action culturelle et qui nous poussent à contribuer au développement d\u2019un public d'art.La dimension ethnique de la diversité culturelle ajoute des couches aux enjeux et aux interrogations.L'expression artistique d\u2019une culture tient-elle à la provenance ethnique des créateurs et des concepteurs, aux propos véhiculés par l\u2019œuvre ou plutôt aux manières locales de pratiquer cet art, ou encore aux habitudes de fréquentation du public et à la composition ethnique même de ce public ?Doit-on inévitablement représenter l'immigration sur scène pour attirer un public multiculturel ?Quoi qu'il en soit, nous nous plaisons à croire que la pratique et la diffusion du théâtre jeune public participent à leur manière à la valorisation de la diversité culturelle.D'abord parce que nous rejoignons des enfants de toute provenance sociale et culturelle, avides de s'intégrer dans leur milieu de vie.Mais aussi et surtout, parce que le théâtre jeune public est un théâtre de création et que les artistes transposent le monde contemporain dans lequel ils vivent et offrent au public une vision élargie et plurielle du monde qui nous entoure. Le présent numéro d'Empreintes vous entraîne dans la réflexion que nous avons suscitée au cours de l'hiver 2007 autour de la diversité culturelle et du théâtre jeune public avec des complices artistes, diffuseurs, enseignants, élèves, parents et enfants.C'est aussi un témoignage d'une expérience de terrain des plus stimulantes.Bonne lecture.Alain Grégoire Directeur général de la Maison Théâtre REMERCIEMENTS Nous tenons à remercier tous les organismes et individus qui ont collaboré au projet exploratoire DiversiTHÉATRE.MAI MAI (Montréal, arts interculturels) est le seul organisme du milieu artistique montréalais, voire canadien, à être investi d'un mandat explicitement axé sur la promotion et la diffusion des pratiques artistiques interculturelles.Ce diffuseur pluridisciplinaire joue aussi un rôle d'animateur et d\u2019accompagnateur auprès des artistes et du public.Village de bonne espérance, une production du Collectif MOYO, a été présenté au MAI en janvier 2007.Diversité artistique Montréal (DAM) Diversité artistique Montréal (DAM) a pour mandat de promouvoir la diversité culturelle dans les arts et la culture en favorisant la reconnaissance et l'inclusion de tous les artistes et des pratiques artistiques professionnelles dans les réseaux, les institutions culturelles et les circuits de diffusion à Montréal.Son mandat l\u2018amène à maintenir une présence vigilante et critique pour éviter la discrimination dans les politiques et les actions des instances artistiques et culturelles.École primaire Lambert-Closse Robert Sauvé, directeur Marie-Eve Desrosiers, enseignante, et les élèves de sa classe de 62 année Francis Joly, enseignant, et les élèves de sa classe de 62 année Implantée dans le quartier Mile End, à proximité du MAI, cette école accueille des éièves originaires de divers pays.Les deux enseignants et le directeur ont accepté de participer à une entrevue pour discuter de DiversiTHÉÂTRE, le 4 juin 2007.Les artistes et travailleurs culturels Un groupe de discussion sur le théâtre jeune public comme moyen de rapprochement interculturel s\u2019est tenu le lundi 11 juin 2007 à la Maison Théâtre.Les personnes présentes ont grandement enrichi notre réflexion en partageant leurs observations et leurs opinions sur la diversité culturelle.Régine Cadet, directrice générale et artistique du MAI (Montréal, arts inter- culturels) Gérard Chagnon, conseiller en partenariat, ministère de l\u2018Immigration et des Communautés culturelles Jean-Philippe Joubert, metteur en scène du spectacle Si tu veux être mon amie et directeur artistique de la compagnie Les Nuages en pantalon Valérie Lafond, interprète dans le spectacle Village de bonne espérance Ally Ntumba Beya, metteur en scène du spectacle Village de bonne espérance et directeur artistique du Collectif MOYO Guilaine Royer, assistante en arts de la scène du MAI (Montréal, arts inter- culturels) Eva Saïda, interprète dans le spectacle Si tu veux être mon amie Guillaume Sirois, Conférence canadienne des arts Shuni Tsou, coordonnatrice de Diversité artistique Montréal (DAM) Contexte socio- démographique montréalais Depuis la première saison de la Maison Théâtre, en 1984, nous côtoyons des enfants, des familles et des écoles.Nous avons été aux premières loges pour suivre l\u2019évolution sociodémo- graphique de la région de Montréal.Afin de mieux saisir le changement culturel que nous observions tous les jours en constatant la composition de nos publics et en côtoyant les jeunes dans les écoles, et de nous y ajuster, nous avons récemment commandé une étude à l'INRS, l'Institut national de recherche scientifique \u2014 Urbanisation, Culture et Société, portant notamment sur les tendances démographiques dans la région métropolitaine de Montréal en relation avec les dimensions ethnoculturelles.En voici les grandes lignes.Entre 1986 et 2005, Montréal a vu sa population augmenter de plus d'un demi-million d'habitants.Cette croissance est très largement attribuable au flux migratoire.Le contexte est aussi marqué par la diversification de la population : entre 1991 et 2001, I'immigration s'accroît pendant que la part d'immigrants en provenance de l\u2019Europe et des États-Unis diminue au profit d\u2019autres groupes.La croissance des communautés venant d'Afrique subsaha- rienne, d'Afrique du Nord, d'Asie du Sud et de l\u2019Est ainsi que de I\u2019Amérique centrale et du Sud est particulièrement remarquable au cours de cette période.En regard de Toronto et de Vancouver, Montréal se démarque sur le plan des minorités visibles : les populations noires et arabes y sont plus présentes.Parmi les 1,4 million de ménages recensés en 2001, 24 % sont formés d\u2019immigrants.Comparés aux personnes nées au Canada, ces ménages sont plus souvent de type familial.Les familles immigrantes tendent également à avoir plus d'enfants : pas moins de 25 % des familles d'immigrants récents avec enfants comptent trois enfants ou plus, soit deux fois plus que les familles d'origine canadienne.Dans l'ensemble, le profil socioéconomique de la population immigrante comporte des points forts \u2014 tels que le haut niveau de scolarité \u2014 et des points faibles \u2014 tels que les revenus plus bas et des niveaux élevés de chômage.Il s\u2019agit toutefois de désavantages qui ont tendance à disparaître avec le temps. Soulignons au passage un aspect linguistique important : 46 % des ménages immigrants ne parlent pas français à la maison.Selon un des trois scénarios d'évolution démographique proposés par l\u2019INRS, entre 2001 et 2016, le groupe des 0-14 ans connaîtra un taux de croissance de l\u2019ordre de 65 % au sein des effectifs immigrants.Pour rejoindre des publics diversifiés Ce fait retient évidemment notre attention puisque non seulement notre rôle est de nous adresser au jeune public, mais également parce que nous voulons rejoindre toutes les couches de la société.Nous désirons voir représentée dans notre salle de spectacle la mixité de la société montréalaise, c\u2019est-à-dire un public de toutes les provenances culturelles, sociales et économiques.C'est pourquoi nous avons conçu au fil des saisons des activités de sensibilisation pour développer le goût du théâtre chez un large public et établi trois grands programmes d'accessibilité pour rejoindre des publics qui ne nous fréquenteraient pas autrement.Nous les avons nommés : Découvertes théâtrales en direction des écoles situées dans les milieux les plus défavorisés de Montréal; Destination théâtre à l'intention des families immigrantes pour favoriser la fréquentation du théâtre comme outil d'intégration culturelle; Théâtre devant soi pour créer des liens de proximité culturels et communautaires avec les résidants des Habitations Jeanne-Mance, un complexe immobilier voisin de la Maison Théâtre.10 Le public qui vient aux représentations scolaires à la Maison Théâtre semble tracer un portrait représentatif de la diversité de la population dans la métropole.Par contre, la fin de semaine, le public paraît plus homogène cultu- rellement et socialement.Pourquoi les parents et grands-parents des autres communautés culturelles fréquentent-ils peu la Maison Théâtre ?Se sentent-ils intéressés par l'offre des spectacles jeune public présentés ?Quelles sont leurs préoccupations, leurs activités familiales ?Effectuent-ils des sorties culturelles en famille ?La question de la faible présence de minorités ethniques ou, du moins, de minorités visibles dans notre salle de spectacle continue de nous interpeller.Certes, nous comprenons que d'importants facteurs puissent dissuader d'aller au théâtre : on peut supposer une méconnaissance ou des préjugés contre le théâtre et un manque d'informations sur les ressources culturelles de Montréal, entre autres.La fréquentation des arts, pour les gens de toutes les communautés, peut être freinée par le manque de ressources (le revenu, par exemple), mais dépend surtout de l\u2019intérêt personnel et de la culture familiale.Les contraintes des personnes issues de l'immigration changent probablement avec le temps.L'identité et le lien avec la communauté d'appartenance évoluent; le lien avec la société d'accueil aussi.Le temps contribuera sans doute à faire que ces enfants qui profitent aujourd\u2019hui d\u2019une ouverture aux arts auront envie de continuer à fréquenter les lieux culturels une fois adultes et parents à leur tour. Projet exploratoire DiversiTHÉÂTRE « Il y a différents types d'immigrants et de personnes issues de l'immigration : ils ne forment pas un groupe homogène.» Shuni Tsou, coordonnatrice de DAM Qu'il soit ou non issu de l'immigration, un public est par définition diversifié.Comment faire alors pour que cette diversité de jeunes spectateurs puisse former le public d'une même œuvre ?Comment faire pour que ce même public métissé et hétérogène puisse apprécier une grande diversité d'approches artistiques ?L'expression artistique d\u2019une culture tient-elle à la provenance ethnique des créateurs et des concepteurs, aux propos véhiculés par l\u2019œuvre ou plutôt aux manières locales de pratiquer cet art ou encore aux habitudes de fréquentation du public et à la composition ethnique même de ce public ?Doit-on inévitablement représenter l'immigration sur scène pour attirer un public multiculturel ?Interpellés par ces questions, nous avons voulu réunir des enfants, des parents, des enseignants, des artistes et des travailleurs culturels spécifiquement concernés par la diversité culturelle afin que chacun puisse apporter un angle, un point de vue et des perceptions différentes sur le sujet pour nourrir notre réflexion.Pour ce faire, nous avons imaginé un programme d'activités permettant à des publics d'être sensibilisés à la diversité culturelle en côtoyant des enfants et des adultes d'origines diverses autour d'œuvres théâtrales créées par des artistes également d'origines culturelles diverses.De là est né le projet exploratoire DiversiTHÉÂTRE.Nous avons collaboré avec d'autres organismes et une école.Nous avons d'abord approché MAI (Montréal, arts interculturels), un diffuseur qui MAI (Montreal, arts interculturels) Photo: Mathieu Chartrand fait la promotion des pratiques artistiques inter- culturelles.Ensuite, Diversité artistique Montréal (DAM), un organisme qui s'intéresse à la reconnaissance de la pratique professionnelle des artistes issus de toutes les cultures, se sentait également concerné par notre réflexion.Finalement, comme nous voulions collaborer avec des enfants, des parents et des enseignants, l\u2019école primaire Lambert-Closse semblait toute désignée.L'ouverture aux arts et à la diversité culturelle est perceptible dès qu'on pénètre dans l\u2019école.Nous avons choisi de proposer l'expérience aux élèves de 6e année.Vous trouverez en annexe les noms des participants aux divers groupes de discussion ainsi qu\u2019une description plus complète des institutions et organismes impliqués.Programme d'activités Une quarantaine d'enfants de 11 et 12 ans de l\u2019école primaire Lambert-Closse, située dans le quartier Mile End à Montréal, leurs parents et leurs enseignants ont été rejoints pour ce projet.Nous avons organisé des activités à l\u2019intention des familles et de l\u2019école et d'autres en direction des artistes.11 Programme d'activités | Ateliers en classe avec les élèves de 62 année de l\u2019école Lambert-Closse pour préparer la soirée d'animation familiale; = : Sortie familiale au MAI pour voir ie spectacle Village de bonne espérance du Collectif MOYO faison Théal Sortie scotaire à la Maison Théâtre pour voir le spectacle Si tu veux être mon amie de la compagnie Les Nuages en pantalon; Entrevue rencontre avec les enseignants participants; ontre es ques des deux compagnies de créa- Groupe de discussion permettant à des artistes et à des travailleurs culturels de différentes provenances de se rencontrer et d\u2019échanger autour de la pratique du théâtre jeune public comme moyen de rapprochement cul- turei en prenant ie projet DiversiTHÉÂTRE comme amorce de réflexion.Nommer sans enfermer : le poids des mots Dès le début, nous avons cherché un lexique ouvert, nuancé et constructif pour nommer des groupes de personnes et parler de la diversité 12 culturelle.Notre rencontre avec plusieurs spécialistes nous a permis de constater l\u2019éventail des points de vue sur ces définitions.Comment appeler quelqu'un né ici, mais dont les parents sont nés à l'extérieur du pays ?Un Néo-Québécois ?Un immigrant ?Une personne issue de l'immigration ?Après discussion, tous ces termes semblent acceptables, selon le contexte et la personne; ce qui implique aussi qu'ils sont parfois inacceptables.Bref, impossible de régler simplement la question.« On voit l\u2019autre comme différent.C\u2019est pour ça que l'on veut nommer.Je me sens Québécois, je suis Québécois.Quand des enfants nés ici se font demander d'où ils viennent, certains ne savent pas quoi répondre ! » Ally Ntumba Beya, directeur artistique, Collectif MOYO Pour parler de mélanges ethniques, de multiplicité des cultures, des langues et des identités, il faut admettre au préalable qu'il existe différentes cultures.À partir de là, la diversité culturelle nous ramène à la cohabitation de ces cultures dans une même société.L'intercultu- ralisme implique quant à lui un dynamisme.Alors que le multiculturalisme donne l\u2019impression d\u2019une mosaïque, l\u2019interculturalisme évoque plutôt un métissage, un échange, une rencontre.Au MAI, ce terme a été redéfini puisqu'il est au cœur de la mission de l'organisme.On parle donc de l\u2019interculturalisme comme de « l\u2019état de rencontre entre deux ou plusieurs cultures qui donne lieu à un dialogue qui peut se manifester dans les échanges sociaux ou les arts.Après la rencontre peut émerger un nouveau langage, une création artistique.» L'interculturalisme dépend de la volonté de chacun de participer à cet échange.C\u2019est un mouvement par lequel les différentes cultures s\u2019interinfluencent.Et la culture ?Incluse dans les deux termes précédents, qu\u2019arrive-t-on à en dire.maintenant ?D'abord, que c\u2019est probablement la chose la plus difficile à définir.La culture implique une transmission, un mouvement dynamique.Elle évolue selon ce qu'on décide de retenir, de s'approprier.La culture est donc une façon d'être, de penser et d'agir et elle représente l'expression de l'identité et des connaissances qui forment une personne.Mais pourquoi veut-on classer les gens par catégories ?Comment rassembler sous la même étiquette des personnes issues de différentes cultures ?L'expression « issu de l\u2019immigration » semble la plus appropriée puisqu'elle est factuelle.Parler des « communautés culturelles » a une connotation égocentrique (nous versus les autres) alors que la « diversité culturelle » inclut tout le monde, même les Québécois dits « de souche ».Le théâtre jeune public : une fenêtre sur le monde Les spectacles Pour sensibiliser les élèves, les enseignants et les parents à la diversité culturelle, nous les avons invités au théâtre.Nous avons choisi des spectacles créés par des artistes de différentes origines ethniques.Les deux spectacles choisis traitent de préoccupations interculturelles et se rejoignent par un propos similaire : les déchirements, les séparations et la rivalité trop souvent inhérents au phénomène des clans (culturels, ethniques, religieux ou politiques).Pour la sortie en famille, les participants ont vu le spectacle Village de bonne espérance, présenté au MAI en janvier 2007.Même s\u2019il a été conçu pour le public adulte, ce spectacle est présenté en matinée familiale le dimanche.Dans ce spectacle de « théâtre promenade », le public est invité à circuler dans l'espace pour suivre l\u2019action de la pièce qui se déroule sur cinq plateaux différents.L'histoire se déroule en Afrique et ses thèmes sont universels : les clans, les injustices, les préjugés.Dans Village de bonne espérance, les acteurs sont pour la plupart noirs.Il est intéressant de noter que le seul acteur blanc joue le rôle du sorcier, faisant référence à d'anciennes croyances africaines qui faisaient des Blancs des êtres mystérieux.Village de bonne espérance Photo: Mathieu Chartrand Les classes participantes ont vu Si tu veux être mon amie, une création des Nuages en pantalon, présentée à la Maison Théâtre en février et mars 2007.Traitant du conflit israélo-palestinien avec finesse et sensibilité, Si tu veux être mon amie s'adresse aux jeunes à partir de 12 ans.On y suit le parcours de deux jeunes filles, une Palestinienne et une Israélienne, qui apprennent à se connaître en entretenant une correspondance pendant des années.Inspiré d\u2019une histoire vraie, le spectacle emploie la force des symboles pour suggérer certaines étapes Illustration: Vincent Champoux 13 du conflit et pour rendre compte de situations qui influenceront la perception des deux adolescentes.Ce spectacle a constitué la sortie scolaire du projet et tous les élèves y ont assisté.Les Nuages en pantalon sont une compagnie de Québec et présentent, dans ce spectacle, quatre acteurs blancs dont certains ont des origines métissées.Le parcours des élèves Pour maximiser ces deux expériences théâtrales, nous avons proposé un parcours, une série d'activités et de discussions avec pour toile de fond les enjeux liés à la diversité culturelle.II fallait faire le pont entre l\u2019œuvre et le public ainsi que donner des outils à ce public pour aller plus loin, stimuler sa curiosité et affiner son esprit critique.Nous souhaitions également lui donner des repères sur le théâtre, sur les procédés, mais aussi sur le rôle du spectateur et sur les comportements adéquats à adopter.Toutes ces démarches s'inspirent de notre action culturelle et sociale.Pour la première étape de DiversiTHÉÂTRE, la responsable de l'animation culturelle de la Maison Théâtre est allée en classe rencontrer les élèves et les enseignants pour leur parler du spectacle Village de bonne espérance.Pendant une heure, les élèves ont également pris part à des exercices exploitant des thèmes proposés dans le spectacle (par exemple, le conflit, les clans, les préjugés), mais aussi à des jeux dramatiques les sensibilisant au travail de l\u2019acteur et du créateur \u2014 c'est-à-dire visant l\u2019écoute, la concentration, l'expression corporelle et l'improvisation.14 Rejoindre et accompagner les parents S'inspirant de Destination théâtre, notre programme d'accessibilité qui s'adresse à un public multiethnique, cet atelier avait pour objectif de rejoindre et d'accompagner les parents à la sortie théâtrale.L'animatrice a d\u2019abord préparé les enfants au spectacle, puis ce sont les enfants qui à leur tour ont intéressé et accompagné les parents au théâtre.Parents et amis ont donc été conviés, en soirée, au gymnase de l\u2019école pour assister à la présentation faite par les jeunes de 6\u20ac année, pour rencontrer des artistes du Collectif MOYO et surtout pour courir la chance de gagner une paire de billets afin d'assister au spectacle Village de bonne espérance présenté au MAI le dimanche suivant.La grande majorité des élèves étaient présents avec leurs parents.Après le franc succès de leur performance, les jeunes ont écouté avec intérêt l\u2019auteur et metteur en scène parler de son spectacle en compagnie de l\u2019une des comédiennes de Village de bonne espérance.On a ensuite fait tirer des billets pour la pièce et certains des parents présents qui n\u2018avaient pas gagné de billets en ont acheté sur place.Tout en prenant une collation, les personnes présentes ont pu échanger de façon informelle avec les artistes et voir des photos du spectacle.Les enfants qui ont vu Village de bonne espérance avec leurs parents ont été complètement séduits.Ils sont allés au MAI un dimanche et le lendemain, en classe, ils ont rapporté aux enseignants leur vision de cette expérience de théâtre non conventionnelle.Leurs commentaires Photo: François Désaulniers sur la musique, sur la forme inusitée du « théâtre promenade » et sur l\u2019intensité du jeu des acteurs sont relatés dans des lettres que les élèves ont écrites aux artistes du Collectif MOYO, dont voici deux extraits : « Ce que j'ai préféré, c'était les danses.Tous les acteurs et actrices étaient super bons et bonnes.C\u2018est souvent avec le corps qu'ils exprimaient ce qu'ils faisaient.J'ai aussi aimé le concept des cinq scènes; c'était hors du commun.» Jessica Liang « J'ai adoré l'interaction avec le public, c'était la première fois que j'assistais à une pièce de ce genre.En bref, c'était la meilleure pièce que j'aie vue.» Gabriel Simard Personne n'a clairement soulevé la thématique très africaine du spectacle ni relevé le fait que des Noirs étaient sur scène.La forme et le contact avec le public ont particulièrement accroché les enfants, et l\u2019histoire leur a paru universelle; ils y ont vu Roméo et Juliette.Ils ont été tristes pour les amoureux déçus, mais arrivaient plus difficilement à résumer l\u2019histoire.Ce n\u2019est pas le contexte des clans, de l\u2019organisation de la tribu et de la vie de communauté qui les a déconcertés.Ce genre de contexte est présent dans plusieurs histoires, films ou contes pour la jeunesse, ils avaient donc des repères.Ce qu'ils ont retenu, c\u2019est plutôt le tourbillon, la sollicitation de leur attention constamment détournée par la multitude des formes présentées.Ils ont vécu une expérience théâtrale; c\u2019est vraiment de cette façon que nous pouvons résumer leur constat.Ils se sont sentis proches de l\u2019action, impliqués sans pour autant intervenir directement.Peu d'entre eux ont eu envie de commenter l\u2019histoire.Les élèves ont dit avoir tout compris et trouvé que c'était très intéressant.Ils ont préféré parler davantage de la mise en scène, de l\u2019intensité des acteurs et de I'omniprésence de la musique.Accompagner les jeunes spectateurs Pour les préparer au spectacle Si tu veux être mon amie, l'animatrice de la Maison Théâtre est retournée rencontrer les élèves en classe.Elle leur a donné certaines précisions sur les formes théâtrales présentes dans le spectacle et surtout leur a parlé un peu du osm conflit israélo-palestinien.C'est avec une grande curio- | sité que les éléves ont accueilli les explications, et ils ont été particulièrement disponibles et attentifs lors de la représentation du 28 février 2007 à la Maison Théâtre.Les élèves et les enseignants ont eu droit à un retour en classe pour discuter de certains moments de l\u2019histoire qui les avaient touchés et pour éclaircir certains détails du conflit.Bref, le but était de les outiller et d'encadrer la réflexion.Cette fois-ci, ils se sont attardés à l'histoire.Ils se sont dits frustrés et confus.Frustrés de ne pas pouvoir identifier de coupable dans le texte et dans le conflit lui-même, et confus de ne pas comprendre tous les détails de la situation vécue dans cette région du monde.En reparlant du spectacle, les enfants ont réalisé qu\u2019ils comprenaient l'essentiel du conflit et surtout de la dynamique entre les deux jeunes filles.Ils se sont montrés révoltés par les injustices subies par l\u2019une ou par l\u2019autre et aussi par la complexité du problème.15 Il a fallu les questionner sur les symboles pour que tout à coup ils se rappellent le contact particulier entre les artistes et le public.Ils ont aimé se sentir concernés par les photos prises des spectateurs et montrées sur scène.Par contre, ils ont été dérangés par les coulisses ouvertes qui leur rappelaient constamment le contexte de représentation.Plusieurs ont mentionné qu'ils avaient aimé qu\u2019on garde des mots arabes et hébreux; certains enfants ont été fiers d'avoir compris ces parties sans avoir à lire les traductions et ont eu envie de communiquer cette particularité au reste du groupe.Tous se sont sentis concernés par ce conflit parce que certains compagnons de classe sont arabes.Les enfants ont envoyé par écrit leurs commentaires sur le spectacle aux artistes des Nuages en pantalon, en relevant particulièrement la pertinence du texte, l\u2019utilisation ingénieuse des objets et des projections et la justesse des interprètes.« Le moment que j'ai préféré c\u2019est quand des bottes et des roches sont tombées du ciel parce que ça symbolisait quelque chose.J'ai beaucoup aimé ces symboles et le spectacle.» Wilfredo Melgar « J'ai beaucoup apprécié votre pièce de théâtre.Avec si peu d'objets sur scène, vous avez réussi à me faire comprendre ce qui se passait en Israël et en Palestine.» Antony De Sousa Quant aux commentaires des deux enseignants sur le projet, ils ont souligné que le choix des spectacles était tout à fait approprié.Que les deux créations stimulaient les discussions, tant par leur thématique que par leur forme.16 Accompagner les enseignants Pour Marie-Ève Desrosiers et Francis Joly, le facteur de la multiethnicité change très peu la façon de gérer leur classe.Ils ne dénotent pas de conflit axé sur des différences ethniques depuis qu'ils sont à cette école ni même depuis les débuts de leur carrière en enseignement.Ils Francis Joly et Marie-Eve Desrosiers Photo: Michel Devost remarquent surtout l\u2019ouverture de ces enfants et l\u2019habitude qu'ils ont de se côtoyer sans discrimination à l\u2019égard de leur statut économique, ethnique ou linguistique.Bien sûr, des conflits existent comme chez tous les préadolescents, mais ils ne naissent généralement pas de ces différences.Leur regard sur le projet s'avère très positif.Ils ont particulièrement apprécié les activités réalisées à l\u2019école.D'abord l'atelier de jeux dramatiques où chacun (même les enfants plus introvertis) a fait confiance à l\u2019animatrice et a participé avec enthousiasme.Les enseignants ont émis l'hypothèse que c\u2019est probablement grâce à ce contact dans le plaisir et la confiance que les enfants ont eu envie d'inviter leurs parents et amis à l\u2019école pour assister à la présentation de leurs explorations théâtrales.Les enseignants ont également souligné que les interventions en classe ont contribué en grande partie à la motivation des élèves et à leur compréhension des enjeux pour chacun des spectacles.Ils ont même ajouté que ces discussions et activités les ont aussi personnellement intéressés aux deux sorties et outillés pour commenter les spectacles avec les élèves.Ils se sont sentis véritablement accompagnés dans leur démarche.Selon eux, un tel projet incluant des sorties au théâtre et des animations en classe a un impact sur la vision des enfants vis-à-vis de la diversité culturelle.Marie-Ève Desrosiers estime que ce projet crée une ouverture, une conscientisation face à ce qui se passe ailleurs.Les jeunes ne l'expriment pas toujours clairement, mais on sent que ça laisse des traces; ils réfléchissent au propos de la pièce et en parlent spontanément aux autres élèves de l'école.Les deux enseignants ont aussi mentionné qu\u2019une telle activité bonifie la perception que les préadoles- cents ont du théâtre en général.Ils ont vu des spectacles aux formes non conventionnelles et ont été séduits.Ils ont été accompagnés et ont pu vérifier et confirmer leurs impressions avec une professionnelle.Les enseignants notent que ce lien de respect et de confiance les a menés plus loin dans leur appréciation des spectacles.Au départ, certains n'étaient pas emballés à l\u2019idée d'aller au théâtre en famille, mais ils ont eu des billets gratuits, alors ils y sont allés et le spectacle leur a plu.Cette première sortie théâtrale les a mis en appétit pour la sortie scolaire.Notons tout de même que plusieurs jeunes de cette école sont assez proches du milieu artistique et culturel.D'abord parce qu'ils préparent des pièces de théâtre à l\u2019école et qu\u2019ils sont sensibles au travail que cela exige, ensuite parce qu\u2019il y a beaucoup d'artistes dans le quartier, dont certains parents d'élèves.Un tel projet a sans contredit un effet bénéfique sur les enfants et sur la classe.Un accompagnement assidu, des rencontres-discussions avec l'animatrice et des spectacles bien choisis sont autant d'importants facteurs qui ont contribué à ce succès.Ces conclusions résultent aussi du contexte favorable dans lequel s\u2019est déroulé le projet.Il ne faut pas minimiser les retombées de l\u2019implication convaincue des enseignants sur la participation des élèves et même des parents.Ces deux enseignants avaient déjà une habitude d'ouverture en classe sur les questions touchant la culture et l'actualité internationale.On sentait chez les élèves un grand respect et une grande curiosité lorsqu'on abordait le thème de la diversité culturelle.Mentionnons enfin que, sans un directeur d'école aussi ouvert et collaboratif que M.Robert Sauvé, DiversiTHÉÂTRE n'aurait pas eu le même accueil ni les mêmes répercussions.Le théâtre comme moyen d'intégration culturelle pour les parents À la suite de nos rencontres et de notre expérience dans d\u2019autres projets, nous pouvons avancer que l\u2019art, et plus particulièrement le théâtre puisqu'il est lié à la langue et qu\u2019il porte une parole, peut servir de rapprochement entre les cultures et constituer un moyen d'intégration surtout pour les nouveaux arrivants.Toutefois, pour que I'expérience soit marquante, elle doit être maintes fois renouvelée et faire appel à l'intelligence du spectateur.L'expérience de DiversiTHÉÂTRE s'avère trop courte pour en évaluer l'impact à long terme.En tenant pour acquis qu\u2019une cohésion dans le discours des adultes qui entourent 17 l\u2019enfant est favorable à l'intégration et à l'apprentissage de ce dernier, on constate qu'il est impératif que les parents issus de l'immigration comprennent mieux la culture dans laquelle évolue leur enfant.En cela, l\u2019art peut faciliter le passage d\u2019une culture à une autre, et le théâtre jeune public peut servir de moyen de rapprochement intergénérationnel et interculturel.Il faut continuer de soutenir les enfants dans leur démarche d'intégration en offrant aux familles issues de l'immigration des activités qui favorisent les rapprochements intergénération- nels et assurent une cohésion plus harmonieuse entre la société d'accueil, la famille et l\u2019école.La création, les artistes et le théâtre Publics et créateurs : influence réciproque Il faudra peut-être attendre une génération avant de voir le public familial se métisser.Le jeune public montréalais issu de l'immigration qui fréquente le théâtre grâce à l\u2019école et aux mesures d'aide aux sorties scolaires côtoie cette diversité culturelle au quotidien.Qu'en sera-t-il lorsque ces enfants deviendront à leur tour des parents ?Auront-ils une autre vision du théâtre ?On voit déjà changer les propos, les thèmes, les personnages des pièces de théâtre jeune public.Plusieurs des spectacles inscrits à la programmation 2006-2007 de la Maison Théâtre présentaient des personnages aux origines diverses ou des propos concernant l'ouverture sur le monde.18 À Montréal, verra-t-on de plus en plus d'artistes issus de toutes les communautés culturelles ?Les artistes expriment leur vécu et prennent le pouls de leur société.Ils posent parfois un regard sur des situations sociales ou politiques qui ne les concernent pas directement.« Une question de légitimité se pose lorsqu'un artiste se demande s\u2019il a le droit de parler d'une situation qui ne le concerne pas directement.» Guillaume Sirois, conseiller en politique culturelle et communications, Conférence canadienne des arts Le rôle des artistes La création a le pouvoir de changer les façons de faire, mais ces grandes transitions demandent du temps.Jean-Philippe Joubert, directeur artistique de la compagnie Les Nuages en pantalon, établit le parallèle entre le théâtre et les femmes au Québec.Avant Tremblay, les rôles féminins au théâtre étaient peu significatifs.Après lui sont nés des mouvements revendicateurs féministes pour défendre la piace des femmes au théâtre.Maintenant, il y a intégration des femmes, tant dans Jean-Philippe Joubert la prise de parole, dans la Photo: Mélanie Harvey création, que dans les décisions; des femmes sont directrices artistiques ou générales de grandes compagnies de théatre et elles ne le sont pas simplement parce qu\u2019elles sont des femmes.Finalement, c\u2019est le grand talent d\u2019un artiste qui a ouvert la voie et bousculé les choses.Tôt ou tard, d'autres artistes s\u2019approprient une question et a partir de là nous voyons les choses changer.La graine est semée ! La place du public dans le théâtre Dans certaines communautés, le rapport entre la salle et la scène est vu autrement.Certains publics ont des attentes qui s'écartent du théâtre qu\u2019on présente dans nos salles de spectacle.Il y a des réflexes culturels dans l'écoute, mais aussi dans la création.Il y a également des distinctions entre les différentes cultures des publics.Chacun a ses codes et ses barrières.« On crée pour notre public, on imagine comment H va recevoir le spectacle.On s'adresse au public qui est déjà dans la salle et pas à celui qui pourrait y être.» Jean-Philippe Joubert, directeur artistique, Les Nuages en pantalon Ally Ntumba Beya, auteur, interprète et metteur en scène du spectacle Village de bonne espérance s'interroge : « Peut-être que le spectateur issu de l'immigration a une autre vision de son rôle.La façon de Te faire qui veut que le spectateur soit plongé dans le noir, qu\u2019il doive prêter l'oreille sans déranger l\u2019auditoire et qu'il ne puisse interagir avec les acteurs peut être en opposition avec l'interaction proposée dans d'autres formes de théâtre pratiquées ailleurs dans le monde.Certains peuvent s\u2019y sentir mal à l\u2019aise ou s'imaginer que ga ne leur convient pas avant même d'avoir fait l\u2019expérience du théâtre occidental contemporain.» Ici comme ailleurs, il faut d'abord avoir un intérêt pour la forme artistique avant de décider d'aller à sa rencontre.Ally Ntumba Beya Photo: Mathieu Chartrand « Le succès de Village de bonne espérance a un impact sur le public hétérogène qui est venu le voir; si on les invite encore à tenter l'expérience d\u2019une forme non conventionnelle créée par des artistes issus de l'immigration, ils reviendront.» Régine Cadet, directrice générais et artistique du MAI Peut-être que si le public dans les salles est plus métissé, les contenus et les contacts avec le public le deviendront aussi.Si ce nouveau public sait ce qui l'attend ou plutôt s\u2019il sait ce qu\u2019on attend de lui, cette rencontre a toutes les chances d'avoir lieu.Dans ce sens, la préparation au spectacle rend les spectateurs ouverts et disponibles.Les artistes issus de l'immigration et le théâtre jeune public Les artistes issus de l\u2018immigration ont-ils une pratique en théâtre jeune public ?Il semble difficile pour ceux qui ont participé aux groupes de discussion de répondre à cette question.Cela vient sans doute de la conception que chacune des cultures a du théâtre pour l\u2019enfance et la jeunesse.Ces dernières décennies, les préjugés sur le « théâtre pour enfants » ont changé et presque disparus grâce au travail des compagnies d'ici et d\u2019Europe de l'Ouest.Par ailleurs, cette évolution de la pratique occidentale n'a pas touché les quatre coins du monde; elle n'est même pas connue de l\u2019ensemble de la population occidentale.En voyant le haut niveau de qualité des productions jeune public présentées à la Maison Théâtre, certains commencent vraiment à prendre conscience des possibilités de cette pratique et peut-être même a l'envisager., 19 Il est primordial de souligner que le projet exploratoire DiversiTHÉÂTRE a permis à des artistes de se rencontrer, de créer des liens et, pour plusieurs, de découvrir la pratique théâtrale pour le jeune public du Québec.Cette expérience a aussi permis à encore plus d'enfants de différentes origines de voir du théâtre et, qui sait, elle permettra peut-être de faire augmenter le nombre d'artistes et de spectateurs issus de l'immigration dans les générations à venir ! La médiation culturelle comme outil de rapprochement À la Maison Théâtre, nous considérons que nous avons une responsabilité par rapport à notre communauté.Nous l\u2019assumons en concevant des activités qui favorisent l'accès au théâtre, que ce soit par des initiatives d'éducation et de sensibilisation ou encore par des programmes visant à réduire le coût du billet.Au fil des ans, nous avons acquis une expertise en matière de médiation culturelle grâce à la mise sur pied et le perfectionnement de nos trois programmes d'accessibilité.La Maison Théâtre se doit de prendre part au mouvement de réflexion, de conscientisation et d'action en lien avec la diversité culturelle.Nous croyons que la médiation culturelle, comme outil de rapprochement avec les publics moins acquis au théâtre, est une clé vers l\u2019apprivoisement réciproque et, éventuellement, vers l\u2019accès plus libre à la culture en général et au théâtre jeune public en particulier, pour les familles issues de l'immigration.20 « La médiation culturelle sert à résoudre une équation à double Inconnue : des nouvelles œuvres pour de nouveaux publics.» Étude réalisée par l'INRS, 2007 Un projet exploratoire tel que DiversiTHÉÂTRE fait un pas de plus dans la bonne direction.Aux dires des enseignants, c'est notamment grâce au suivi fait en classe par l\u2019animatrice que les enfants ont su montrer beaucoup d'ouverture et de curiosité devant les œuvres présentées et ont eu envie d\u2019inviter leurs parents au théâtre.Ce travail sur le terrain est aussi apprécié des enseignants, qui se sentent mieux outillés face à la réception du spectacle et aux interventions qui s\u2019ensuivent, Les enfants savent ce qu\u2019on attend d\u2019eux comme spectateurs, et les enseignants comprennent mieux leur rôle d'accompagnateur.Dans le cas de DiversiTHÉÂTRE comme pour les programmes d'accessibilité, le plus difficile reste de rejoindre les parents et d'évaluer leur perception de la sortie au théâtre en famille.En travaillant de concert avec les intervenants sur place, en utilisant nos précieux relais, les enfants, et en tentant d'évaluer les répercussions, nous pourrons contribuer encore davantage à l'accueil de ces nouveaux publics potentiels. ANNEXE 1 À propos de Village de bonne espérance Une création du Collectif MOYO Présentée au MAI (Montréal, arts interculturels) Du 19 au 28 janvier 2007 Emie et Rocco sont amoureux.Issus de villages différents, ils sont séparés par les préjugés et les barrières ethniques.Enivré par les danses et les rythmes africains, le public suit le persévérant Rocco qui tente de voir clair et d'ouvrir les esprits malgré les blessures de l'âme et la maladie.Au Village de bonne espérance, où l\u2019on entend la voix du feu et le souffle des ancêtres, qu\u2019en est-il de la liberté de choix ?Grâce à un répertoire de danses, de chants et de proverbes africains, nous voyageons d\u2019un décor à l\u2019autre dans le contexte du « théâtre promenade » qui permet de suivre l\u2019action d'une scène à une autre sur l'invitation des acteurs en plein jeu.Le Collectif MOYO a conçu une pièce où les acteurs, accompagnés de musiciens chevronnés, éclatent en chant et en danse en pleine tirade.En puisant dans l'imagerie et la spontanéité du théâtre africain, Village de bonne espérance propose une nouvelle perspective de l'art théâtral.Auteur et metteur en scène Ally Ntumba Beya Conseillère artistique Rachael Van Fossen Chorégraphe Junior Padingani Musiciens Jason Selman, Yannick Kindinda, Gotta Lago, Annabel Thibaudeau Comédiens Dominique Bourassa, Pascale Durosier, Monique Kake, Valérie Lafond, Yiannis M'voula, Éclaire Minaka, Éli Mudimbi, Garant Nlandu, Louis Ntumba, Rachel Ntumba, Laurent Ropers, Suzanne Tumba, Junior Padingani et Ally Ntumba Beya Village de bonne espérance Photo: Mathieu Chartrand 21 ANNEXE 2 À propos de Si tu veux être mon amie Une création de la compagnie Les Nuages en pantalon Présentée à la Maison Théâtre Du 28 février au 11 mars 2007 En 1988, c\u2019est le début de la premiére intifada.Galit et Mervet, deux jeunes adolescentes, habitent de chaque côté d\u2019un territoire déchiré.L'une est Israélienne, l\u2019autre est Palestinienne.En dépit de tout ce qui les sépare, elles ont été invitées à s\u2019échanger des lettres.Elles esquissent alors une amitié fragile marquée par l'espoir, mais aussi par les préjugés qui les éloignent depuis des générations.Leur correspondance aboutira à une rencontre à Jérusalem trois ans plus tard.Théâtre de mouvements habité d'images et de projections, Si tu veux être mon amie jette un regard intérieur sur un sujet brûlant.Par les lettres que se sont véritablement écrites les jeunes Galit Fink et Mervet Akram Sha\u2019ban, on nous expose l\u2018intimité de ce conflit qui sévit depuis 60 ans au Proche-Orient.22 Texte de Litsa Boudalika À partir de lettres authentiques Adaptation et mise en scène Jean-Philippe Joubert Idée originale Éva Saïda Conception Mathieu Campagna Jean-Philippe Joubert Claudia Gendreau Jean-François Valdenaire Interprétation Jean-Philippe Joubert, Olivier Normand, Éva Saïda et Klervi Thienpont Si tu veux être mon amie Photo: Louise Leblanc \u2014 C \u201cpe nées Les publications Empreintes Les publications Empreintes visent à rendre compte des nombreuses rencontres professionnelles organisées par la Maison Théâtre et donnant lieu à des réflexions qui contribuent à l\u2019évolution de la pratique théâtrale pour l\u2019enfance et la jeunesse.Numéros déjà parus Numéro 1, septembre 2005 Le Rendez-vous Zéro-Six Les enjeux de la création pour la petite enfance Numéro 2, mars 2006 Les actes du Forum Quels théâtres pour quels publics ?Première partie - La place qu\u2019occupent les publics à l'étape de la création Numéro 3, juin 2006 Les actes du Forum Queis théâtres pour quels publics ?Deuxième partie - Les conditions de la pratique en théâtre jeune public Numéro 4, automne 2006 Séminaire La création pour les enfants de zéro à trois ans Explorer différentes approches d'ici et d'ailleurs Numéro 5, automne 2007 Compte rendu Diversi THÉÂTRE Projet exploratoire sur la diversité culturelle et le théâtre jeune public Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, 2007 23 U I\" aden 1h wr wn ETI La Maison québécoise du théâtre pour l'enfance et la jeunesse 245, rue Ontario Est Montréal (Québec) H2X 3Y6 Téléphone : 514 288-7211 Télécopieur : 514 288-5724 info@maisontheatre.qc.ca www.maisontheatre.qc.ca "]
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