Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec, 1 janvier 1659, 1659-1740
[" ^TTVCn : ' TÎO -'y* mn v t 'v o ' ' 1?\u2022\u2022\"' ' v T?y.-\t> \\\t.r :-/'' y V J ^ y \u2019 N\u2019ayant pu jusqu\u2019à cette heure remédier qu\u2019aux plus pressants besoins des âmes de notre diocèse, nous avons cru ne pouvoir lirouver de voie plus sûre et plus aisée pour apporter des remèdes nécessaires et efficaces aux autres que la célébration des synodes et des assemblées ecclésiastiques, que les saints nous apprennent être un des plus excellents moyens et des plus propres pour entretenir le culte de Dieu et pour conserver, rétablir et perfectionner la discipline ecclésiastique.C\u2019est ce qui nous oblige, Mes Très Chers Frères, à continuer ce que nous avons si heureusement commencé l\u2019année dernière à Québec et à marquer l\u2019assemblée à Ville-Marie les 10 et 11 de mars, en une des salles de notre Séminaire de Ville-Marie, persuadé que nous le sommes que Notre Seigneur Jésus-Christ répandra avec abondance son esprit sur les prêtres qui ne seront assemblés que pour glorifier son nom et établir son royaume dans les âmes.Nous enjoignons à tous les prêtres, confesseurs et ecclésiastiques de la ville de s\u2019y trouver, et aux curés et missionnaires du voisinage, pour répondre sur les choses que nous voudrons leur demander et entrer dans les décisions que nous pourrons prendre tous ensemble pour le bien des âmes, et recevoir les ordres et règlements que nous voudrons faire; et pour rendre cette action, de soi très sainte, encore plus utile, nous les conjurons de s\u2019y disposer par toutes les bonnes œuvres qui leur seront inspirées de Dieu, et principalement le Saint Sacrifice de la Messe que nous \u2014 316 \u2014 les exhortons de célébrer à cette intention au moins trois fois, ajoutant les jours qu\u2019ils la diront une collecte du Saint Esprit.Nous désirons que chaque prêtre et confesseur fasse une singulière attention devant Dieu sur les choses qui seront plus importantes à proposer et à faire régler, et si elles étaient d\u2019une nature à mériter d\u2019être longtemps considérées, nous les exhortons à nous/ en faire part quelques jours auparavant pour avoir le temps dq: les examiner, et voir les règlements qu\u2019il serait convenable det> faire.Ce présent mandement sera signifié par un de nos eccléj-siastiques, aux trois supérieurs des communautés et envoyé au x curés et missionnaires du voisinage.Fait à Ville-Marie sous notre seing, scellé du sceau de nos armes et conlre-signé de notre secrétaire, le 3e mars 1694.\t.JEAN, Evêque de Québec.J STATUTS PUBLIÉS DANS LE SECOND SYNODE TENU A VILLE-MARIE LE 10 ET 11 DE MARS DE L\u2019ANNÉE 1694 1.\tTous les Curés, Missionnaires et Confesseurs de ce Diocèse auront soin de relire tous les ans les Avis de Saint-Charles, et ce au commencement du Carême, et de se faire instruire de nos Ordonnances pour les observer.2.\tIls auront soin de réitérer au peuple la lecture de celles dont la connaissance et la pratique sont les plus nécessaires à leurs Paroissiens, qu\u2019ils avertiront des manquements qu\u2019ils y font.3.\tNous ne saurions trop faire remarquer aux Prêtres Séculiers et Réguliers l\u2019obligation qu\u2019ils ont d\u2019observer le Règlement par Nous établi, de s\u2019abstenir plutôt de dire la Messe durant leur voyage, que de la dire en une maison particulière dans une Mission où il y a une Eglise.La négligence d\u2019observer ce Règlement si souvent réitéré nous portera malgré nous à faire une défense générale dans tout ce Diocèse de dire la Messe hors des Eglises.- .' .¦ ¦ \u2014 317 \u2014 4.\tNous renouvelons les Statuts de notre premier Synode sur la décence que l\u2019on doit tâcher de garder dans les Missions où il n\u2019y a point d\u2019Eglise, sur les lieux, et la manière d\u2019y dire la Messe.5.\tLes Prêtres Séculiers et Réguliers prendront garde dans leurs voyages de ne pas conférer les Sacrements (hors le cas de nécessité) dont l\u2019administration est réservée de droit aux Curés, comme le Baptême, le Mariage, le Saint Viatique et l\u2019Extrême-Onction.6.\tLe Catéchisme étant l\u2019instruction la plus nécessaire aux Paroisses de la campagne, Nous Exhortons les Curés et Missionnaires dans les Missions desquels les maisons des habitants sont fort écartées, et où on ne le peut faire le reste du jour, de le faire avant la Grande Messe, et pour avoir le temps de s\u2019en acquitter et de faire aussi le Prône qu\u2019on doit lire au milieu de la Grande Messe, l\u2019on doit être exact à quitter les Confessions à une heure marquée.7.\tLes Curés et Missionnaires auront soin d\u2019avoir des Registres exacts des Baptêmes, Mariages et Sépultures, une Feuille des Fêtes commandées dans le diocèse, une Feuille des Cas réservés au Pape et à Monseigneur l\u2019Evêque, une Feuille des Cas où il faut refuser l\u2019absolution, et une Feuille des Pratiques de piété à conseiller aux Familles qui composent leur Paroisse.8.\tIls auront aussi une liste des Fondations en forme de Tableau, faites dans leur Paroisse, qu\u2019ils garderont dans l\u2019Eglise ou dans la Sacristie où il y en aura une.9.\tNous leur recommandons particulièrement la décoration de leur Eglise, la clôture des Cimetières, et de travailler pour avoir des Fonts Baptismaux, et pour en venir à bout, outre qu\u2019ils doivent représenter aux Paroissiens l\u2019obligation qu\u2019ils ont de fournir à cette dépense, nous leur conseillons pour y réussir plus aisément, de faire une quête pendant l\u2019hiver.10.\tIls nous avertiront de ceux qui mangent publiquement de la viande pendant le Carême et les autres jours de l\u2019année où l\u2019usage en est défendu par l\u2019Eglise.Et pour faire connaître aux Chrétiens l\u2019obligation qu\u2019ils ont d\u2019observer le précepte de l\u2019Eglise, Nous désirons qu\u2019ils fassent tous les ans au commencement du Carême la lecture de l\u2019article de notre Ordonnance, qui \u2014 318 \u2014 explique nettement l\u2019obligation de garder l\u2019abstinence de viande et de jeûner.11.\tNous voulons aussi qu\u2019ils nous remettent tous les ans les noms de ceux qui n\u2019auront pas fait leurs Pâques dans leur Paroisse, et qu\u2019ils nous rendent compte des raisons qu\u2019ils auront dites, après avoir été avertis en particulier.12.\tIls ne sauraient imprimer trop d\u2019horreur du péché de ceux qui, au mépris des lois de l\u2019Eglise, emploient les Dimanches et les Fêtes en voyages, travaux et autres choses encore plus mauvaises, comme jeux et ivrogneries.13.\tLes confesseurs ne sauraient avoir trop d\u2019attention et d\u2019exactitude à refuser l\u2019absolution à ceux qui forment des inimitiés et des jalousies par leurs médisances, qui vont à anéantir la charité parmi leurs frères.14.\tIls sont obligés de la refuser à ceux qui sont dans le cas de l\u2019usure, qui n\u2019est que trop commun dans ce Diocèse, pour vouloir retirer de l\u2019intérêt de leur argent plutôt que de l\u2019employer à quelque commerce licite et permis.Nous conjurons tous Curés et Confesseurs de l\u2019arracher du cœur de nos Diocésains, que nous croyons et jugeons n\u2019être point justifiés devant Dieu par le titre appelé communément periculum sortis, c\u2019est-à-dire, danger de perdre le sort principal, que nous n\u2019admettons point dans ce Diocèse pour un titre légitime.15.\tLes Curés et Missionnaires diront exactement la Messe de Paroisse les Dimanches et Fêtes à neuf heures et demie en été et auront soin pour cela de quitter les Confessions ; et comme nous désirons que l\u2019on se serve de la même forme de Prône et de Catéchisme dans tout ce Diocèse, Nous mandons à tous les Curés et Missionnaires de nous envoyer copie du Prône dont ils ont coutume de se servir, afin que nous réglions celle à laquelle il faudra s\u2019arrêter.16.\tNous exhortons tous les Curés et Missionnaires d\u2019établir dans leur Paroisse une Confrérie pour animer la dévotion de leurs Paroissiens, et Nous pensons qu\u2019il est à propos qu\u2019ils n\u2019en aient qu\u2019une pour ne se pas partager dans tant de dévotions.17.\tNous invitons les Curés et Missionnaires à faire connaître à leurs Paroissiens qu\u2019ils ne doivent pas demander si facilement \u2014 319 \u2014 la dispense de la publication des Bans de mariage, étant une règle établie par le Saint Concile de Trente, dont on ne doit pas se dispenser sans grande raison.18.\tIls ne sauraient être trop exacts à demander aux étrangers et inconnus, avant de les marier, des preuves certaines qu\u2019ils n\u2019ont point contracté avec d\u2019autres ; et afin de n\u2019y être point trompés, Nous ordonnons dans les cas particuliers et embarrassants qu\u2019ils Nous consultent, ou nos Grands Vicaires.19.\tLes Curés et Missionnaires doivent être fort soigneux de garder les dispenses des Bans accordées par écrit par Nous ou par nos Grands Vicaires, et on doit en faire mention dans les Registres des Mariages.20.\tIls ne peuvent représenter trop fortement aux pères et mères l\u2019obligation qu\u2019ils ont de séparer de lit les enfants de différents sexes, et de ne les point coucher avec eux, ces péchés étant ordinairement réservés aux Evêques dans les autres Diocèses.21.\tLes Curés et Missionnaires auront soin de faire connaître au peuple les Cas qui sont réservés à Monseigneur l\u2019Evêque, dont ils ne pourront point absoudre, et qui sont portés par un Mandement exprès.22.\tUn Curé n\u2019aura permission que de confesser dans sa Paroisse, et non pas dans celle d\u2019un autre, à moins qu\u2019il n\u2019en ait une permission de Nous par écrit, ou qu\u2019il n\u2019en soit prié par le propre Pasteur de la Paroisse.23.\tMais comme nous ne remédierons point encore par là aux surprises que l\u2019on fait tous les jours aux Confesseurs dans les Paroisses de la campagne, où souvent les pécheurs trouvent moyen d\u2019avoir l\u2019absolution des Prêtres qui ne les connaissent point, et que l\u2019on va trouver durant leur voyage, Nous déclarons que notre intention est que les Confesseurs Séculiers et Réguliers de ce Diocèse qui feront voyage, ne confessent librement que dans les Missions où il n\u2019y aura point de Missionnaire résident, afin que ceux qui sont abandonnés par la rareté des Prêtres, ne soient point privés du secours que les peuples peuvent avoir dans les autres endroits ; mais quand ils seront dans les Missions où ils apprendront qu\u2019il y aura des Curés ou Missionnaires résidents, nous voulons qu\u2019ils n\u2019y confessent pas hors le \u2014 320 cas d\u2019une extrême nécessité, qu\u2019ils n\u2019en soient priés par les Curés et Missionnaires ; et après s\u2019être entretenus entr\u2019eux des moyens de faire sortir les pécheurs publics de leurs scandales, ou qu\u2019ils y soient envoyés par Nous, comme en effet nous promettons d\u2019en envoyer tous les ans dans les principales et plus grandes Paroisses de ce Diocèse.24.\tEt pour empêcher autant qu\u2019il est en Nous les sacrilèges que nous regardons comme les plus énormes péchés et que nous craignons n\u2019être que trop fréquents, dans ce Diocèse, soit par le peu de soin que l\u2019on prend d\u2019examiner sa conscience et de dire tous ses péchés, soit par la coutume que l\u2019on a prise d\u2019approcher toutes les grandes Fêtes des Sacrements sans songer à se convertir, soit enfin par la crainte de se faire connaître tel que l\u2019on est à son Confesseur : Nous nous croyons engagé indispensablement d\u2019imposer une étroite obligation à tous les Curés et Confesseurs de ce Diocèse, tant Séculiers que Réguliers, de donner liberté à ceux qu\u2019ils Confessent et de les obliger même d\u2019aller à d\u2019autres Confesseurs une fois ou deux l\u2019année dans d\u2019autres Fêtes, excepté celle de Pâques où la Confession et Communion doit se faire autant qu\u2019il se peut à son propre Pasteur.25.\tNous exhortons les Confesseurs de ce Diocèse à faire une attention particulière sur les règles de l\u2019Eglise pour se mettre en état de les observer, afin de ne pas donner les choses saintes aux chiens ; et comme il n\u2019arrive que trop souvent que les Chrétiens de ce siècle, trop faibles et indolents dans la charité, prennent occasion de faire reproches à ceux qu\u2019ils ne voient pas approcher de la sainte Table en certaines Fêtes et de dire publiquement qu\u2019ils n\u2019ont point reçu l\u2019absolution ; Nous exhortons les Confesseurs de leur faire connaître la grièveté d\u2019un tel péché, qui va à ôter le remède le plus efficace que l\u2019on peut employer pour convertir les pécheurs, qui est de différer l\u2019absolution, et Nous les invitons même de prendre occasion de leur retrancher quelquefois la sainte Communion, pour leur faire connaître par leur propre expérience, que le jugement qu\u2019ils veulent porter, que les personnes qui ne communient point n\u2019ont point reçu l\u2019absolution, peut être faux ou téméraire, comme en effet il est en leur endroit.26.\tAfin d\u2019engager, plus efficacement que Nous n\u2019avons pas fait par le passé, à avoir une liaison plus étroite avec Nous, pour le \u2014 321 \u2014 bien et l\u2019utilité spirituelle de nos Diocésains, tous les Prêtres Séculiers et Réguliers de ce Diocèse que nous avons approuvés verbalement pour la Prédication et Confession ; Nous déclarons que notre intention est, que la dite Approbation ne dure que le temps qu\u2019ils desserviront une Mission ; et quand ils viendront à changer, ils seront obligés de s\u2019adresser à Nous ou à nos Grands-Vicaires pour en avoir la confirmation, ce que nous voulons être observé aussi pour ceux qui par l\u2019indisposition de leur santé et de leur âge seraient obligés de les quitter.27.Et à l\u2019égard de tous les autres Confesseurs que nous avons approuvés dans les Villes pour le soulagement et la consolation des peuples, nous voulons qu\u2019ils s\u2019adressent à Nous ou à nos Grands-Vicaires tous les trois ans pour faire renouveler leur Approbation, ce qu\u2019ils commenceront à faire après la publication de ces présents Statyits Synodaux; Désirant au surplus qu\u2019ils examinent de plus près qu\u2019ils n\u2019ont pas fait par le passé les Pénitents qui s\u2019adressent à eux dans le temps de Pâques, afin que s\u2019ils en peuvent reconnaître, par le soin qu\u2019ils prendront de les interroger, qui cherchent à les tromper, et qui veulent éviter d\u2019aller à confesse à leur Curé ou autres qui les connaissent, ils les obligent de retourner, afin d\u2019avoir leur permission, ainsi que Nous l\u2019avons ordonné dans les Statuts de notre premier Synode, ou au moins à Nous ou à nos Grands-Vicaires, s\u2019ils remarquent en leurs Pénitents trop de répugnance de s\u2019adresser à leur Curé.Comme nous pouvons avec quelques raisons nous plaindre du peu de respect que font paraître en quelques endroits des Paroissiens pour leur Curé, Nous croyons devoir les faire souvenir de ces belles paroles de Saint Paul dans sa première Epitre aux Thessaloniciens : Rogamus vos, Fratres, ut noveritis eos qui labo-rant inter vos, et præsunt vobisin Domino et monentvos, ut habeatis illos abunclantius in charitate propter opus illorum; pacem habete cum eis.Nous vous prions, mes Frères, de considérer beaucoup ceux qui travaillent parmi vous, qui vous gouvernent selon le Seigneur, qui vous avertissent de votre devoir, d\u2019avoir pour eux une vénération particulière par un sentiment de charité, à cause qu\u2019ils travaillent pour votre salut ; conservez toujours avec eux la paix : Obcdite præposilis vestris et subjacete eis, ajoutait le même Apôtre ; conduisez-vous donc en sorte qu\u2019ils puissent s\u2019acquitter 21 322 \u2014 avec joie de leur devoir ; ne les contristez point par des contradictions importunes, et ne les obligez pas à gémir sous le poids de leur charge ; car cela vous empêcherait de tirer tout l\u2019avantage que vous devez espérer de leur application et de leur travail, ut cum gaudio hæc faciant, et non gementes ; hoc enim non expedit vobis.Les Pasteurs doivent aussi se former une juste idée de leur ministère, afin d\u2019en remplir tous les devoirs.Videte ministerium quocl accepistis a Domino, ut illud impleatis, solliciti servare unitatem spirilus in vinculo pads, ut non vituperetur ministerium vestrum.ORDONNANCE DE MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE GRIMALDY, ARCHEVÊQUE d\u2019aIX, REÇUE ET AUTORISÉE POUR LE DIOCÈSE DE QUÉBEC DANS LE SYNODE TENU A VILLE-MARIE LE 10 MARS 1694 CAS ORDINAIRES AUXQUELS LES CONFESSEURS DOIVENT REFUSER OU DIFFÉRER L\u2019ABSOLUTION Quorum retinueritis peccata, retenta aunt.Joan.XX, 25.I.Lorsque le pénitent ne donne aucune marque de douleur véritable et surnaturelle, et qu\u2019il ne témoigne pas avoir le propos sincère de se corriger et de changer de vie.IL Lorsqu\u2019il retient injustement le bien d\u2019autrui, ou si ayant causé quelque tort ou dommage au prochain, en son bien ou eu son honneur, ou en ses papiers, il ne veut pas réparer le dommage, et restituer ou satisfaire en tout, ou en partie, selon son pouvoir.III.\tS\u2019il a quelque inimitié, et qu\u2019il ne pardonne pas de cœur, et ne veut pas faire de sa part ce qu\u2019il doit pour se réconcilier avec ses ennemis.IV.\tQuand le Pénitent est dans l\u2019occasion prochaine de quelque péché mortel, s\u2019il est en son pouvoir de la quitter, il ne doit pas être absous jusques à ce qu\u2019il l\u2019ait quittée; Et s\u2019il n\u2019est pas en son pouvoir de la quitter, on doit suspendre l\u2019absolution jusques \u2014 323 \u2014 à ce qu\u2019on ait des marques de son amendement, et sujet de croire qu\u2019il s\u2019abstiendra à l\u2019avenir de tomber dans le péché, selon les remèdes salutaires que le confesseur lui donnera.V.\tIl ne faut pas aussi accorder l\u2019Absolution à ceux qui donnent aux autres occasion de péché, s\u2019ils n\u2019ôlent cette occasion, et ne remédient au mal, auquel ils ont donné lieu, autant qu\u2019il dépend d\u2019eux.Tels sont : 1.\tCeux qui tiennent Berlant, ou des Assemblées, dans lesquelles se commettent des impiétés, blasphèmes, débauches, libertés licencieuses, ou autres péchés.2.\tCeux qui ont des Tableaux et représentations lascives, qui peuvent porter au péché ; et ceux qui les font, et qui les débitent.3.\tCeux qui composent, impriment, ou débitent de mauvais Livres, ou écrits qui contiennent des matières contre la Foi, contre la pureté, ou contre les bonnes mœurs.4.\tLes femmes et les filles qui portent le sein découvert, lorsqu\u2019elles ont été suffisamment averties du mal qu\u2019il y a dans cette immodeste façon de se vêtir.On ne doit pas non plus leur donner la Sainte Communion, quand elles s\u2019y présentent dans cet état.VI.\tCeux qui sont dans quelque profession ou métier, qu\u2019ils reconnaissent par expérience leur être moralement impossible d\u2019exercer sans y offenser Dieu, s\u2019ils ne promettent de le quitter.VII.\tIl faut différer l\u2019absolution à ceux qui sont engagés dans l\u2019habitude de quelque péché mortel, jusques à ce qu\u2019on reconnaisse en eux des marques de leur amendement.VIII.\tIl ne faut pas absoudre ceux qui ignorent les principaux Mystères de notre Foi, le Paler, l'Ave, les Commandements de Dieu et de l\u2019Eglise, lorsqu\u2019on reconnaît que cette ignorance est une marque de leur peu d\u2019affection pour leur salut, ou que ce sont des personnes si grossières qu\u2019on ne peut les instruire sur le champ.IX.\tCeux aussi qui sont dans l\u2019ignorance des choses nécessaires, et qu\u2019ils doivent savoir, selon leur état et condition, ne doivent pas être absous ; ni ceux qui négligent notablement de s\u2019en acquitter.Sur quoi (c\u2019est-à-dire sur les obligations particulières de la condition et état d\u2019un chacun) les Confesseurs doivent \u2014 324 \u2014 soigneusement interroger les Pénitents ; et pour cet effet en être eux-mêmes bien instruits.X.\tOn doit refuser l\u2019absolution aux pécheurs publics, et à ceux qui ont donné publiquement scandale, jusques à ce qu\u2019ils aient satisfait aussi publiquement, et ôté le scandale autant qu\u2019il est en eux.XI.\tLes Confesseurs ne doivent pas absoudre, ni entendre les confessions des personnes, des péchés desquels ils ont été eux-mêmes participants ou complices.XII.\tLes Ecclésiastiques qui étant dans les Ordres Sacrés, on possédant Bénéfice, ne portent point la Soutane et la Tonsure Ecclésiastique, ou qui sont mal pourvus de leurs Bénéfices, ou qui en ont d\u2019incompatibles, ou qui ne résident point sans cause légitime, doivent être renvoyés sans absolution.XIII.\tOn la refusera pareillement à ceux qui ne voudront pas quitter la pratique de prêter leur argent à intérêt pour en avoir quelque chose par-dessus le sort principal, même à des Marchands, soit sur un simple Billet, ou par Contrat, ou autrement : et à tous ceux qui ne voudront pas s\u2019abstenir de toute autre pratique usuraire, quelle qu\u2019elle soit.XIV.\tLes Chirurgiens et Barbiers qui font poil et la Barbe les Dimanches et Fêtes de commandement, ne doivent pas être absous, s\u2019ils ne promettent de ne le plus faire sans permission, et jamais pendant le Service Divin : Comme aussi toutes les personnes qui par habitude et sans juste nécessité, travaillent et vaquent à des œuvres serviles les Dimanches et les Fêtes commandées par l\u2019Eglise.XV.\tFinalement, nul Confesseur ne peut et ne doit absoudre des Cas réservés à Monseigneur l\u2019Evêque, s\u2019il n\u2019en a reçu une faculté et licence spéciale de lui, excepté à l\u2019article de la mort.Tous les susdits Cas sont confirmés par les témoignages de l\u2019Ecriture Sainte, des Conciles, des Papes, et des Saints Docteurs, comme il se voit dans le Livre des Ordonnances du Diocèse d\u2019Aix.Si vous pensez ou dites que nous voyons tous les jours que les Confesseurs pratiquent le contraire, je réponds qu\u2019ils en sont plus criminels, et que ceux qui n\u2019observent pas ces règles, pèchent \u2014 325 très grièvement.(Saint Bonaventure dans son Confes., chap.4, de l\u2019usage des clefs, part.1.) Si autem cogitas, quia tota die conlrarium (a multis Confessariis) fieri videmus.Respondeo, Tanto pejus.Et qui hos Canones non servant, gravissime peccant.(Sanctus Bonaventura in Confessionali Cap.4, de usu clav.pars.1.) Car pour lors l\u2019absolution du Prêtre est véritable, lorsqu\u2019elle est conforme à la Sentence du Juge Eternel.(Saint Grégoire Homélie 26, sur les Evangiles.) Tune enim vera est absolutio præsidentis, curn æterni arbitrium sequilur Judicis.(Sanctus Gregorius Homelia 26, in Evang.) Collationné, Foucault.AVIS ET RÈGLEMENTS PUBLIÉS DANS L\u2019ASSEMBLÉE TENUE A VILLE-MARIE LE 10 DE MARS 1694 La liberté que les pécheurs se donnent dans ce diocèse de persévérer dans leurs péchés d\u2019habitude, et de commettre les péchés les plus énormes, venant de la facilité qu\u2019ils trouvent d\u2019en avoir à toute heure l\u2019absolution et par toutes sortes de prêtres, nous nous regardons engagé de presser les Curés, Missionnaires, et autres Confesseurs de représenter vivement à leurs pénitents, que voulant y apporter un remède convenable, Nous avons cru ne pouvoir mieux faire en suivant la pratique des plus saints Evêques, que de nous réserver l\u2019absolution des plus grands et des plus énormes péchés.Ils auront soin de faire connaître à leur peuple, et de leur expliquer que les confesseurs ordinaires ne pourront plus les en absoudre, à moins qu\u2019ils n\u2019en aient une permission de Nous par écrit.Nous désirons de plus que tous les confesseurs fassent une attention particulière sur l\u2019obligation qu'ils ont de ne point donner si facilement l\u2019absolution aux indignes; mais de suivre les régies de l\u2019Eglise que nous voulons bien leur mettre devant les yeux pour les obliger à les observer.Nous leur marquons les cas, où \u2014 326 \u2014 ils doivent refuser ou différer l\u2019absolution : et afin qu\u2019ils ne croient pas que nous voulons leur en marquer un plus grand nombre que l\u2019on a coutume d\u2019en mettre, nous leur présentons une feuille de ceux qui sont reçus et observés dans la plus grande partie des diocèsesde France,que nous voulons aussi être observés dans celui-ci, obligeant tous les confesseurs d\u2019en avoir la feuille transcrite pour la pouvoir lire de temps en temps.Quoique nous ayons marqué désirer dans l\u2019Assemblée que nous fîmes l\u2019année dernière, que les Missionnaires et Confesseurs aient nos Ordonnances pour les pouvoir lire et les mettre en usage dans les cas particuliers qui se rencontrent ; nous avons lieu pourtant de croire que plusieurs ont négligé de les transcrire ; c\u2019est ce qui nous oblige de vous dire que notre intention est que les Supérieurs de chaque Communauté prennent soin de les avoir pour les lire et pour les donner à lire à ceux de leurs Corps, qui seront employés par Nous dans les Missions des Français ou des Sauvages, ou autres emplois dans notre Diocèse ; et afin d\u2019accoutumer leurs inférieurs à les avoir et à les observer, nous ne doutons pas que les Supérieurs de chaque Communauté ne veuillent bien en faire faire une lecture publique tous les ans dans le commencement du Carême, après avoir assemblé pour cet effet tous les Prêtres et Confesseurs de leurs Corps.Nous désirons savoir les noms de ceux que les Supérieurs destinent de leur Communauté pour confesser le peuple dans les Villes, ceux qu\u2019ils destinent pour les Missions des Français ou des Sauvages, dont nous leur avons confié la conduite, étant bien aises de les entretenir et de leur donner des avis conformes aux lieux où ils sont destinés et aux personnes dont ils doivent prendre la conduite.Nous ne pouvons nous dispenser de donner quelques avis que nous souhaitons être reçus avec le même esprit de charité que nous les donnons, et que les particuliers, qui devant Dieu et sans se flatter verront leur pouvoir convenir, doivent s\u2019appliquer.1.Nous ne croyons pas qu\u2019il soit de la gloire de Dieu de désirer avec empressement des Missions et de les demander avec trop d\u2019instance.Quelle heureuse issue pourrait-on espérer d\u2019une voie si peu conforme à celle que Notre Seigneur a prise pour \u2014 32*7 \u2014 établir dans les âmes le Royaume de son Père?L\u2019on doit être appelé et non pas ravir le soin et la conduite des âmes.2.\tNous exhortons par le même esprit tous les Confesseurs de ce Diocèse de garder de grands ménagements de charité avec les Curés et Missionnaires chargés par leur emploi du soin des âmes de leur paroisse, de crainte que l\u2019union ne pouvant être gardée entre eux, nous ne soyons obligé, ainsi que nous le déclarons, à nous servir malgré nous du pouvoir que nous avons de limiter pour l\u2019avantage de nos Diocésains les Approbations que nous accordons, et de ne les plus approuver pour les Missions sans le consentement exprès des Curés.3.\tPrenons garde, mes très chers Frères, que le désir immodéré d\u2019avoir des âmes à conduire, ne nous porte à rendre des visites aux peuples pour les engager à se confesser à nous, à faire paraître de la peine contre ceux qui auraient quelquefois désir de changer de Confesseur, à nous en affliger, à entrer avec empressement dans les affaires des pénitents et pénitentes pour les soutenir.4.\tL\u2019on ne saurait trop faire remarquer aux Confesseurs qu\u2019ils doivent exciter leurs pénitents et pénitentes à la vertu et à la perfection essentielle de leur état, et de ne pas se contenter qu\u2019ils restent dans la seule pratique extérieure de dévotion.5.\tLe principal est de porter les pénitents et les pénitentes à réfléchir sur eux-mêmes, sans leur permettre de penser aux défauts des autres, de s\u2019en entretenir, d\u2019en parler, ce qui ne se fait jamais sans médisance.Le refus de l\u2019absolution doit être quelquefois employé pour guérir un aussi grand mal.6.\tEnfin ce n\u2019est pas assez de porter ses pénitents et pénitentes à approcher des Sacrements, mais il faut surtout arracher de leurs cœurs leurs péchés, leurs habitudes, leurs attaches excessives aux joies, aux vanités, aux plaisirs et aux richesses du monde, les tirer de leur inutilité et oisiveté, qui ne peut être dans un cœur sans beaucoup de péchés.Il faut les porter ensuite à la connaissance et à l\u2019amour de Notre Seigneur, qui ne peut demeurer longtemps dans un cœur, s\u2019il en est véritablement en possession, sans le porter au détachement du monde et des créatures, et à la pratique de toutes sortes de vertus. \u2014 328 \u2014 7.\tNous ne saurions trop faire attention au désir que nous avons qu\u2019on observe le Règlement porté par un des Statuts de notre premier Synode, qui défend aux Prêtres qui font voyage dans ce Diocèse le long des Habitations, de dire la Messe dans d\u2019autres Maisons que celles qui sont marquées par le Missionnaire qui dessert la Mission, dans les lieux où il n\u2019y a point d\u2019Eglise ; et dans les lieux où il y a une Eglise d\u2019où il y aurait trop d\u2019éloignement, Nous voulons qu\u2019on ne puisse dire la Messe que dans la distance de trois quarts de lieue, sans y pouvoir administrer aucun des Sacrements, dont l\u2019administration est réservée de droit aux seuls Pasteurs ordinaires, comme le Baptême, le Mariage, le Saint Viatique, l\u2019Extrême-ünction, etc.L\u2019inobservance de ce Règlement si souvent réitéré nous portera malgré nous à faire une défense générale dans tout ce Diocèse de dire la Messe hors des Eglises.8.\tComme nous attendons de nouveaux éclaircissements de France qui nous apprendront plus expressément l\u2019intention du Roi sur le droit prétendu par Messieurs les Officiers sur le prêt de leurs Soldats, nous croyons être obligé de dire en attendant aux Confesseurs de garder la même conduite à leur endroit qu\u2019ils ont gardée jusqu\u2019à cette heure, dont Nous ne saurions assez leur marquer notre satisfaction.Nous souhaitons pouvoir trouver en eux la même soumission sur le cas de l\u2019usure, que nous savons être très commun dans ce Diocèse, et que nous les conjurons d\u2019arracher du cœur de nos Diocésains, que nous croyons et jugeons n\u2019être point justifiés devant Dieu par le titre appelé communément, periculum sortis, que nous n\u2019admettons point dans ce Diocèse pour un titre légitime.Fait à Ville-Marie, le 10 Mars 1694.MANDEMENT POUK LES CAS RÉSERVÉS Les Saints Evêques ayant toujours cru qu\u2019il était très important pour entretenir la Discipline parmi les Fidèles que les Ministres ordinaires ne pussent absoudre de certains énormes \u2014 329 péchés, mais seulement les Pasteurs supérieurs : ce qui est très saintement ordonné par le Saint Concile de Trente, qui dit que les Pères ont jugé à propos pour le bon ordre et la Discipline de l\u2019Eglise, que les plus grands et les plus énormes péchés ne fussent pas remis par tout Prêtre approuvé ; mais seulement par les Grands-Prêtres, ce qui doit s\u2019entendre non-seulement quant à la police extérieure de l\u2019Eglise (ajoute le même Concile) mais même quant à l\u2019intérieur et devant Dieu : et la raison de cela, c\u2019est afin que les Fidèles en conçoivent plus d\u2019horreur, et que par la difficulté d\u2019en être absous, ils s\u2019éloignent de les commettre.Nous avons jugé à propos de mettre ici ceux que nous nous réservons à Nous, dont nous donnerons très difficilement la permission d\u2019absoudre.1.\tCeux qui profèrent en public, ou écrivent quelque chose d\u2019injurieux contre Dieu, la sainte Vierge et les Saints.2.\tLa Magie, par laquelle nous entendons ceux qui se servent des moyens illicites, et qui n\u2019ont aucun rapport avec l\u2019effet qu\u2019ils veulent produire, et ceux qui les consultent.3.\tFrapper son père, ou sa mère, et leur refuser les secours qu\u2019on peut, et qu'on doit leur donner.4.\tCommettre Inceste avec parents ou alliés au premier, ou second degré, sans y comprendre l\u2019Inceste de cousin germain avec la cousine germaine.5.\tCeux qui commettent les détestables péchés de Sodomie et de bestialité.6.\tL\u2019Adultère, ou le Concubinage public tellement notoire qu\u2019on ne puisse pas le céler, et le Viol attenté des jeunes enfants par de grandes personnes.7.\tCeux qui mangent de la viande le Carême, et autres jours que l\u2019Eglise défend, sans nécessité et sans avoir obtenu la permission du Curé, ou autre Supérieur Ecclésiastique.8.\tCeux qui font des Libelles, ou Chansons diffamatoires.9.\tLe Duel, dans lequel sont compris non-seulement ceux qui se battent en Duel, mais aussi ceux qui provoquent.10.\tCeux qui pouvant payer leurs Dimes, n\u2019y satisfont pas dans le temps marqué par nos Ordonnances qui est le temps de \u2014 330 \u2014 Pâques.Nous nous réservons à Nous seul l\u2019examen des moyens de ceux qui ne veulent pas payer les Dîmes.11.\tLe péché d\u2019impureté des Français avec les Sauvagesses.12.\tIl serait aussi très important de nous réserver le crime de Sacrilège, que commettent les personnes qui osent s\u2019approcher de la Sainte Table, sans avoir été confessées, ayant le cœur rempli de péchés mortels; ou qui s\u2019y étant présentées, et n\u2019ayant point reçu l\u2019absolution, ne laissent pas de communier par crainte, ou par respect humain ; ou ceux qui cachent leurs péchés à confesse.Ce péché si détestable devant Dieu, qui fait que des Chrétiens passent toute leur vie dans le Sacrilège, mériterait sans doute un traitement plus sévère pour le bannir de ce Diocèse, et pour en éloigner toutes les occasions qui y peuvent quelquefois porter par la faiblesse des pénitents.Nous imposons à tous les Curés, Missionnaires, et à tous les Confesseurs du Diocèse l\u2019obligation de donner la liberté à ceux qu\u2019ils confessent d\u2019aller à d\u2019autres Confesseurs et de les y faire aller une fois ou deux l\u2019année dans les grandes Fêtes, excepté celle de Pâques, la Confession et Communion devant pour lors, autant que l\u2019on peut, se faire à son propre Pasteur.Nous déclarons encore que nous gémissons sur la profanation qu\u2019on fait dans ce Diocèse des jours de Fêtes par les voyages, travaux, ventes, achats qui se font sans nécessité, et sans permission de l\u2019Eglise : ces deux conditions étant nécessaires pour autoriser le travail en ces jours.Nous sommes disposé à prendre toutes les voies les plus convenables pour arrêter un si grand désordre.Nous ne sommes pas moins touché de voir un grand nombre des habitants de ce Diocèse tomber dans le péché d\u2019Usure, pour vouloir se servir de la commodité qu\u2019ils veulent avoir de tirer de l\u2019intérêt de leur argent, en le prêtant plutôt que de l\u2019employer à quelque commerce permis ; et Nous leur déclarons que tous ceux qui prêtent leur argent, ou quelque chose que ce soit pour en tirer de l\u2019intérêt, à moins qu\u2019ils ne soient pressés de le faire et qu\u2019ils ne soient d\u2019ailleurs dans le cas du dommage émergeant, ou du lucre cessant, sont véritablement usuriers et dignes de la colère de Dieu.Nous déclarons que nous n\u2019admettons point periculum sortis, comme un titre légitime, et nous désirons qu\u2019on \u2014 331 \u2014 suive en cela Nos sentiments dans ce Diocèse, de quoi nous chargeons la conscience des Confesseurs.Et pour faire voir sur la matière de l\u2019usure les sentiments des derniers Papes, Nous désirons qu\u2019on insère ici la condamnation qu\u2019ils ont faite de trois propositions que des auteurs relâchés avaient avancées en faveur de l\u2019usure.La première censurée par Alexandre VII le 12 Mars 1666, était telle, Licitum est nm-tuanti aliquid ultra sortent exigere, si se obligct ad non repetendam sortent usque ad certum tempus, il est permis à celui qui prête d\u2019exiger quelque chose au-delà du sort principal, s\u2019il s\u2019oblige à ne le redemander point jusqu\u2019à un certain temps.La seconde condamnée par Innocent NI le 4 mars 1679, était telle, Cum numérota pecunia pretiosior fit numeranda, et nullus sit qui non majoris facial pecuniam præsentcm quant futuram, potest aliquid creditor ultra sorleni a muluante aliquid exigeas eo titulo ab usura excusari, comme l\u2019argent comptant vaut mieux que celui qui est à recevoir, et qu\u2019il n\u2019y a personne qui n\u2019estime davantage l\u2019argent qu\u2019il a entre ses mains que celui qu\u2019il attend, on peut excuser de péché d\u2019usure celui qui sur ce titre exige quelque chose au-dessus du principal, de la personne à qui il prête.La troisième condamnée par le même Pape, et à même temps était conçue en ces termes, Usura non est.dum aliquid ultra sortem exigi-tur, tanquam ex benevolenlia et gratitudine dcbitum ; sed solum si cxigatur tanquam ex justilia dcbitum, ce n\u2019est pas une usure quand on exige quelque profit au-delà de la somme principale comme dû par bienveillance et par gratitude, mais seulement si on l\u2019exige comme dû par justice.Ces trois propositions dont l\u2019une est la 42e des 45 censurées par Alexandre VII et les 2 autres la 41e et 42e des 65 qu\u2019innocent XI a censurées, sont condamnées par les Souverains Pontifes, comme étant au moins scandaleuses; en sorte que quiconque les enseignera, défendera et publiera, tombe, ipso facto, dans l\u2019excommunication réservée au Pape.Fait à Ville-Marie en l\u2019Assemblée Synodale, le 10 mars 1694.JEAN, Evêque de Québec.Par mon dit Seigneur, Foucault. \u2014 332 \u2014 PRATIQUES DE PIÉTÉ Qü\u2019CN CD RÉ DOIT INSPIRER A SES PAROISSIENS La principale obligation d\u2019un Curé, est de donner à ses Paroissiens les sentiments d'une véritable et solide piété, les y maintenir, et les y faire avancer toujours de plus en plus: pour y réussir, il doit leur recommander souvent d\u2019une manière douce et forte les pratiques suivantes.La première, de faire leur prière en commun avec toute la famille, le matin et le soir sans y manquer, à la fin desquelles ils diront le Chapelet de la sainte Famille, ou de la sainte Vierge, selon la sainte et louable coutume de ce Diocèse.La seconde, d\u2019assister les Dimanches et les Fêtes au Prône avec un véritable désir d\u2019en profiter : d\u2019assister même, s\u2019ils peuvent, à l\u2019instruction de la Doctrine Chrétienne, afin de pouvoir engager plus efficacement par leur exemple leurs enfants et leurs domestiques à s\u2019y trouver, et à en profiter.La troisième, de fréquenter dignement les Sacrements de Pénitence et d\u2019Eucharislie, au moins tous les mois une fois.La quatrième, de faire toutes leurs actions pour Dieu, en la présence de Dieu, et à dessein de lui plaire, en les unissant toutes aux saintes intentions que Notre Seigneur a eues, en faisant les mêmes actions pendant qu\u2019il était sur la terre.La cinquième, de penser chaque jour et le plus souvent qu\u2019ils pourront, qu\u2019il faut mourir, qu\u2019en mourant on n\u2019emportera que le bien ou le mal qu\u2019on aura fait en cette vie ; qu\u2019après la mort il y a un Paradis ou un Enfer qui nous attend, que Dieu nous donnera l\u2019un ou l\u2019autre selon que nous l\u2019aurons mérité.La sixième, si par malheur ils tombent dans le péché mortel par colère, par vengeance, par quelque excès de bouche, de s\u2019en confesser, s\u2019ils le peuvent dès le lendemain, ou dès le jour même, ou tout au plus tard le Dimanche suivant : cependant ils doivent se réconcilier, et restituer le bien dès le jour même qu\u2019ils l\u2019auraient pris, et demander à Dieu pardon de tout leur cœur par un acte de contrition, avant que de se coucher. \u2014 333 \u2014 La septième, de recourir à Dieu dans toutes les tentations, afflictions, et adversités avec une extrême confiance, et une entière résignation à sa sainte volonté.La huitième, quand ils sont malades, demander de bonne heure les Sacrements de l\u2019Eglise, sans attendre qu\u2019ils soient en danger, afin qu\u2019ils reçoivent plus de grâces, et qu\u2019ils préviennent les accidents qui pourraient être cause de leur éternelle damnation.La neuvième, d\u2019avoir soin d\u2019aller quelquefois adorer pendant la journée Notre-Seigneur Jésus-Christ présent au saint Sacrement de l\u2019Autel, ce qu\u2019on doit surtout faire, quand par occasion on passe devant une Eglise.La dixième, d\u2019avoir dans sa maison quelque bon Livre, dont on fasse tous les jours quelque lecture en commun dans la famille, et principalement les jours de Fêtes et de Dimanches, qui sont des jours consacrés au service de Notre Seigneur.Les Livres que nous recommandons pardessus les autres, sont la Vie de Jésus-Christ, les Confessions de Saint Augustin, la Vie des Saints, l\u2019Imitation de Jésus-Christ, le Guide des Pécheurs de Grenade, le Pédagogue des familles Chrétiennes, la Conduite de la Confession et Communion par Saint François de Sales, les Méditations de Busée, le Petit Livre Pensez-y-bien, un autre appelé Pensées chrétiennes, l\u2019Institution chrétienne faite par Monsieur Abelly Evêque de Rodez : on doit au moins avoir quelqu\u2019un de ces Livres.La onzième, d\u2019éviter avec soin toutes les occasions prochaines du péché mortel : comme sont les mauvaises compagnies, les cabarets, les jeux défendus, les procès injustes, l\u2019oisiveté, l\u2019immodestie et l\u2019irrévérence dans les Eglises, les danses, les spectacles.La douzième, de se bien persuader, que comme le plus grand mal qui puisse arriver à un Chrétien, est d\u2019offenser Dieu mortellement en ce monde, et d\u2019être éternellement damné en l\u2019autre ; aussi tout son bonheur et toute sa perfection consiste à craindre Dieu, à garder ses Commandements et à le servir fidèlement tous les jours de sa vie dans la crainte, dans la justice, et dans la sainteté.t \u2014 334 DÉCISION SUR LE CAS DU PRÊT Après avoir examiné toutes les voies par lesquelles on pourrait se laisser porter à accorder le bénéfice de l\u2019absolution aux Capitaines qui ne veulent pas actuellement restituer le prêt qu\u2019ils retiennent à leurs soldats, nous pensons que le seul titre solide qui leur pourrait donner fondement de retenir ce prêt à l\u2019avenir, est si le Roi voulait bien leur accorder le dit prêt dans le temps que leurs soldats travaillent et gagnent plus considérablement qu\u2019ils n\u2019auraient par leur prêt; le Roi étant maître de ses fonds lient les changer comme il lui plaît et donner aux Capitaines ce qu\u2019il a destiné aux soldats ; ainsi si les capitaines veulent de bonne foi se soumettre à la décision qui viendra cette année de la Cour et s\u2019obliger à leurs confesseurs de ne plus retenir le prêt à l\u2019avenir et de restituer à leurs soldats le passé autant que leurs moyens le pourront, permettre, en cas que le Roi ne le leur donne pas, nous croyons en conscience qu\u2019on peut leur accorder le bénéfice de l\u2019absolution ; si au contraire ils veulent toujours s'appuyer sur le second titre que leurs soldats ont une liberté suffisante pour leur accorder le dit prêt, et qu\u2019ils le leur donnent véritablement et librement, nous déclarons ce titre n\u2019être pas suffisant pour leur donner droit de retenir le dit prêt, connaissant par plusieurs expériences que les soldats n\u2019ont pas une véritable liberté, et ainsinous nejugeonspasque les confesseurs puissent en sûreté de conscience leur donner l\u2019absolution.Fait à Ville-Marie le lie mars 1694.JEAN, Evêque de Québec.MANDEMENT QUI DÉCLARE QU\u2019IL N\u2019EST DU AUCUN HONNEUR A MESSIEURS LES OFFICIERS DES TROUPES ROYALES, AU DEDANS DE L\u2019ÉGLISE Sur ce qui nous a été demandé, savoir si on devait donner les premiers honneurs de l\u2019église aux commandants des forts, nous avon* répondu que c\u2019est aux seigneurs et non aux commandants \u2014 335 \u2014 des forts que ces honneurs sont dus et que pour suivre la volonté du Roi, ils n\u2019en doivent point chercher, comme nous le connaissons par les lettres de Cachet venues de sa part.Nous déclarons de plus que toutes les fois qu\u2019il se présente une difficulté par laquelle nous pouvons connaître que Messieurs les officiers voudront exiger ces honneurs, nous les leur ferons refuser comme une chose qui ne leur est point due et que nous ne pouvons leur accorder à moins que le Roi ne l\u2019ordonne, ce que nous savons bien qu\u2019il ne fera pas, puisqu\u2019il leur défend par ces dites lettres de Cachet d\u2019en prendre aucun.\t% Fait à Ville-Marie le 17 Mars 1694.JEAN, Evêque de Québec.LISTE DES FÊTES OBSERVÉES DANS LE DIOCÈSE DE QUÉBEC Fêtes mobiles Pâques et les deux jours suivants ; l\u2019Ascension ; la Pentecôte et les deux jours suivants ; la Sainte Trinité ; la Fête du Corps de Jésus-Clirist; le Patron de chaque paroisse.* Fêtes immobiles Janvier.\u2014La Circoncision; Les Rois.Février.\u2014La Purification ; Saint Mathias, apôtre.Mars.\u2014Saint Joseph, patron du pays ; L\u2019Annonciation ; ces deux fêtes se transfèrent quelquefois avec l\u2019office.Avril.\u2014Rien.Mai.\u2014Saint Jacques et Saint Philippe, apôtres.Juin.\u2014Saint Jean-Baptiste avec vigile et jeûne ; Saint Pierre et Saint Paul avec vigile et jeûne.Juillet.\u2014Saint Jacques, apôtre; Sainte Anne.Août.\u2014Saint Laurent avec vigile et jeûne ; L\u2019Assomption de la Sainte Vierge avec vigile et jeûne ; Saint Barthé-lemi, apôtre; Saint Louis, titulaire de la cathédrale. \u2014 33G \u2014 Septembre.\u2014La Nativité de la Sainte Vierge ; Saint Mathieu, apôtre, avec vigile et jeûne ; Saint Michel.Octobre.\u2014Saint Simon et Saint Jude, apôtres, avec vigile et jeûne.Novembre.\u2014La fête de tous les Saints avec vigile et jeûne ; Saint André, apôtre, avec vigile et jeûne.Décembre.\u2014Saint François-Xavier, second patron du pays ; La Conception de la Sainte Vierge, titulaire de la cathédrale ; Saint Thomas, apôtre ; la fête de Noël, avec vigile^ et jeûne ; Saint Etienne; Saint Jean l\u2019Evangéliste.Autres Fêtes du Diocèse qui sont mises le jour de Dimanche La fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph, le 3e dimanche après Pâques, de la 2de classe, sans octave sinon à Québec.La Dédicace de l\u2019Eglise cathédrale, le 2e dimanche de juillet.La fête des Saints Martyrs Flavien et Félicité, le premier dimanche de septembre, à Québec où sont les reliques.La fête du Saint Rosaire le 1er dimanche d\u2019octobre, dans les églises où il est établi.La fête de Notre-Dame de la Victoire, le 3e ou 4e dimanche d\u2019octobre pour tout le diocèse.JEAN, Evêque de Québec.ORDONNANCE SUR LES AFFAIRES DE LA FABRIQUE DE MONTRÉAL JEAN, par la Miséricorde de Dieu, et la grâce du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Très Chers Enfants les habitants de Ville-Marie.Ayant vu durant le cours de notre visite de Ville-Marie les comptes des marguilliers, nous sommes bien aise de faire \u2014 337 \u2014 connaître que nous avons été édifié du soin qu\u2019ils ont pris de faire bâtir l\u2019église et de toutes les autres dépenses qu\u2019ils ont faites pour l\u2019ornement de la dite église, ce qui nous oblige à allouer de bon cœur les dites dépenses et comptes, ayant connu par nous-même et par ce qui nous a été expliqué que les marguilliers y ont mis du leur ; ce qui nous engage à les louer et à les exhorter de continuer à faire paraître le même zèle à la construction d\u2019une tour nécessaire à l\u2019entrée de la dite église, qu\u2019ils pourront commencer et faire peu à peu, aussi bien que le chœur des ecclésiastiques pour lequel ayant appris que la somme de 1000 livres que feu M.Souart avait donnée pour faire le dit chœur a été employée par M.Guyotte, ancien curé de Ville-Marie pour plusieurs affaires de l\u2019église, nous invitons pour y suppléer messieurs les marguilliers de faire une quête avec un des ecclésiastiques du Séminaire, qui leur puisse donner moyen d\u2019achever cet ouvrage à quoi nous désirons que les deux cents livres dues par les sieurs marguilliers à monsieur Guyotte soient aussi employées.Nous étant fait montrer les papiers de la dite fabrique, nous avons connu qu\u2019ils avaient été fort négligés ; ce qui nous engage à ordonner qu\u2019on fera un nouveau inventaire des papiers où on prendra soin de distinguer les dettes exigibles à présent d\u2019avec celles qui ont été déjà payées par le passé, dans lequel inventaire on fera un état exact des dettes actives et passives de la dite fabrique, qui sera mis avec les actes de fondations, le livre et extraits des comptes et autres papiers de l\u2019église, dans un petit coffre fermant à deux clefs dont l\u2019une restera entre les mains de M.le Curé et l\u2019autre entre les mains du marguillier en charge.Nous ordonnons de plus qu\u2019il sera fait un inventaire des ornements, des vases sacrés, et linge de l\u2019église, par un ecclésiastique en présence de deux marguilliers, dont une copie signée sera mise dans le dit coffre, dans lequel inventaire nous permettons qu\u2019on mette le nom de ceux qui auront donné à l\u2019église les dits ornements et vases sacrés.Pour éclaircir de mieux en mieux les affaires de la dite église, nous voulons que Messieurs les marguilliers remettent après leur année des copies en forme de leur compte arrêté et signé par le curé et autres marguilliers, et il sera fort utile pour plus grande sûreté de mettre un extrait de l\u2019arrêté des dits comptes dans le 22 \u2014 338 \u2014 livre de la fabrique, que Messieurs les marguilliers feront bien de signer.Ayant remarqué que les différents termes où échoient les paiements des bancs pourraient faire des embarras à Messieurs les marguilliers qui les reçoivent, nous désirons qu\u2019ils s\u2019accommodent de telle sorte avec les particuliers que les paiements se fassent chaque année quelques jours avant la fête de Pâques.Comme nous avons appris que dans l\u2019augmentation qui a été faite de quelques bancs, il se trouve que quelqu\u2019un de ceux qui en ont pris ne veulent pas payer ce qui est réglé pour le droit d\u2019entrée aux dits bancs, nous nous croyons obligé à leur faire remarquer qu\u2019ils ne doivent pas par opiniâtreté faire tort à leur église qui est très pauvre, et ordonner qu\u2019il leur sera donné choix de reprendre l\u2019argent qu\u2019ils ont donné s\u2019ils n\u2019aiment mieux payer ce qui a été réglé pour entrée aux dits bancs.Attendu la pauvreté de la dite église, nous ordonnons qu\u2019on continuera de payer dix francs pour l\u2019ouverture de la fosse du cimetière qui est autour de l\u2019église, pour les grandes personnes, et cent sols pour les enfants qu\u2019on tâchera d\u2019enterrer tous au même endroit, et afin que les droits pour les enterrements et autres soient payés fidèlement à ladite fabrique, nous ordonnons à M.le curé de ne faire aucun service et enterrement, et au bedeau de ne faire aucune ouverture de fosse, qu\u2019ils n\u2019aient reçu un billet des marguilliers comme ils auront été satisfaits pour leurs droits.Auparavant de finir la présente ordonnance, nous croyons être obligé de marquer à M.le curé et aux marguilliers que, pour aucune raison que ce puisse être, on ne doit aliéner les fondations et qu\u2019ainsi nous ne saurions approuver les aliénations qui ont été faites par le passé, quoique l\u2019argent qui en est provenu ait été employé à bâtir la dite église ; nous déclarons que suivant les règles de l\u2019Eglise, des fondations ne sont pas censées subsister quand le fonds et revenus sont perdus, et qu\u2019ainsi ne voulant point obliger le curé et autres ecclésiastiques de la paroisse de dire des messes pour lesquelles il n\u2019y a point de rétributions, nous nous contentons d\u2019exhorter le sieur curé et autres ecclésiastiques de continuer à les dire par charité, déclarant que nous l\u2019aurons pour très agréable, et que les marguilliers ne peuvent \u2014 339 \u2014 rien faire de plus convenable que de rétablir, s\u2019ils le peuvent dans les suites, les dites fondations et de trouver les moyens d\u2019y satisfaire.Et afin que personne ne prétende cause d\u2019ignorance nous ordonnons que la dite ordonnance sera publiée au prône et autres lieux nécessaires.Fait à Ville-Marie durant le cours de notre visite le 21 mars 1694.JEAN, Evêque de Québec.ORDONNANCE CONCERNANT LES RELIGIEUSES DU DIOCÈSE POUR RÉGLER LA MANIÈRE DONT ON DOIT ADMINISTRER LEUR TEMPOREL EN FRANCE JEAN, par la grâce de Dieu, du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Très Chères Filles en Notre Seigneur les Religieuses du Diocèse de Québec, Salut et Bénédiction.Ayant remarqué dans plusieurs visites que nous avons faites de votre monastère que vous n\u2019avez pu nous donner une parfaite connaissance de votre temporel, pour avoir de la peine vous-mêmes à le connaître par le grand éloignement où vous êtes de vos biens et de vos revenus qui se trouvent presque tous situés en France, nous avons cru vous devoir donner des règles qui sont non-seulement nécessaires pour vous conserver votre temporel, mais très avantageuses pour vous faciliter la connaissance que vous en devez avoir pour régler sur vos revenus votre dépense, et empêcher la destruction de votre Communauté, qui dépend certainement de la bonne conduite de votre temporel.La pratique des règles que nous vous laissons nous donnant connaissance de vos revenus et des dépenses que vous pouvez faire, nous mettra en état de vous pouvoir donner de bons conseils qui vous puissent être propres, ce que nous n\u2019avons pu faire juqu\u2019à cette heure pour n\u2019avoir pu rien comprendre aux comptes que vous nous avez rendus jusqu\u2019à cette heure. \u2014 340 La première règle est que vous fassiez une masse de tout le revenu que vous avez en France et en ce pays, que vous mettrez à la tête de tous les comptes que vous rendrez, et comme pour en venir à bout vous devez avoir une connaissance parfaite tous les ans de votre revenu, et des dépenses qui sont nécessaires à faire en France, nous désirons que les personnes dont vous vous servez pour les conduire ayant une liaison très particulière avec notre Grand Vicaire dont nous connaissons la capacité, et que nous avons établi à Paris pour le bien de ce diocèse, que les dits procureurs que vous aurez choisis à Paris ne puissent faire aucun contrat ni aliénation sans l\u2019avoir consulté, et pour les y engager efficacement nous vous défendons expressément de leur envoyer aucune procuration où il ne soit expressément porté que les dits procureurs seront obligés de nous faire voir tous les ans les comptes, si nous nous trouvons à Paris, ou à notre Grand Vicaire en notre absence, et que tous les contrats qui seront à faire ou pour acquisition de rente ou aliénation ou échange seront signés par notre Grand Vicaire auquel vous pouvez tous les ans envoyer une copie en abrégé de ce que vous mandez à votre procureur, et de ce que vous désirez être fait dans vos affaires, ce qui vous procurera un éclaircissement parfait, en sorte que le changement ni la mort des procureurs ne pourront nuire à vos affaires ; nos grands vicaires pourront en ces accidents vous en instruire.La seconde règle est de former votre dépense sur vos revenus en sorte que vous ne les excédiez jamais, mais au contraire que vous tâchiez d\u2019avoir quelque chose de reste au bout de l\u2019année, pour les dépenses imprévues ou pour la construction des bâtiments absolument nécessaires pour la bonne conduite et régularité de votre maison.La troisième règle est que vous ne fassiez jamais entrer dans vos comptes les fonds des dots des filles que vous recevrez, de peur que les consommant vous ne vous trouviez surchargées d\u2019un plus grand nombre de personnes que votre revenu n\u2019en peut faire subsister.La quatrième règle est que vous 11e devez point laisser d\u2019argent inutile entre les mains de votre procureur, l\u2019obligeant autant que vous le pourrez, quand il y aura quelque revenant bon tant soit \u2014 341 \u2014 peu considérable et dont vous croirez vous pouvoir passer l\u2019année suivante, de le mettre en constitution de rente sur l\u2019hôtel-de-ville ou au trésor Royal, comme les rentes les plus sûres et les mieux payées.La cinquième règle, vous ne devez point vous porter à faire aucun prêt pour peu considérable qu\u2019il soit sans nous avoir consulté ou notre Grand Vicaire et en avoir eu le consentement.La sixième est que vous preniez soin de presser votre procureur et de l\u2019engager de ne point garder l\u2019argent de vos revenus qu'il peut avoir reçu durant le cours de l\u2019année chez lui, mais de le mettre en dépôt dans une communauté, dans un coffre cependant séparé et fermé à clef, et comme nous ne croyons pas qu\u2019il y en ait de plus sûre que les maisons des Pères Jésuites, nous approuvons que vous y mettiez en dépôt l\u2019argent de vos revenus de l\u2019année courante, jusqu\u2019à ce que vos factures et autres dépenses soient remplies, s\u2019ils veulent bien avoir la charité de continuer à vous le garder comme par le passé.Pour l'Hôtel-Dieu en particulier Mais comme nous ne devons pas moins veiller sur les besoins des pauvres dont les Evêques ont toujours été regardés comme les pères et les protecteurs, nous nous croyons obligé de vous ordonner de garder la même conduite dans la disposition qui vous est confiée de ceux des pauvres de notre Hôtel-Dieu, en sorte qu\u2019il n\u2019y soit fait aucun changement, ni aliénation, ni acquisition sans notre participation ou celle de notre Grand Vicaire, comme il est dit ci-devant, et qu\u2019il ne soit laissé non plus aucun fonds entre les mains du procureur qui ne soit mis au profit des dits pauvres, ainsi que nous l\u2019avons marqué désirer pour les vôtres.L\u2019observation de ces règles rendra la conduite de votre temporel sûre, mettra votre communauté et l\u2019Hôtel-Dieu dont vous prenez soin en état de se soutenir.Donné à Québec le quatre septembre 1694.Duquel présent mandement sera donnée copie aux Religieuses et lequel nous avons signé, fait contresigner par notre secrétaire et fait sceller du sceau de nos armes.JEAN, Evêque de Québec. \u2014 342 \u2014 MANDEMENT ÉTABLISSANT LA FÊTE DE NOTRE-DAME DES VICTOIRES JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec, Salut et Bénédiction.Dès l\u2019année mil six cent quatre-vingt-dix que la ville de Québec fut assiégée par une armée d\u2019hérétiques Anglais, et délivrée par une très spéciale protection de la Vierge Mère de Dieu, Nous avons ordonné qu\u2019en action de grâces d\u2019un si grand bienfait, il y aurait tous les ans à perpétuité, procession, grand\u2019messe et sermon à l\u2019Eglise qui en a pris le nom de Notre-Dame de la Victoire et qui est à la Basse-Ville du dit Québec.Mais n\u2019étant pas encore content de ces marques de souvenir, de reconnaissance et de culte envers notre divine Protectrice, Patronne et Libératrice ; Nous voulons que toutes les années, le dimanche le plus proche du vingt-deuxième d\u2019octobre, on fasse dans tout notre Diocèse la Fête de Notre-Dame de la Victoire, parce que ce fut proprement ce jour-là que nos «ennemis vaincus levèrent le siège.Nous enjoignons à tous Prêtres séculiers et autres personnes obligées à dire le bréviaire, de faire ce même dimanche l\u2019office propre de Notre-Dame de la Victoire sous le rite d\u2019un grand double, et aux Prêtres d\u2019en dire la messe propre, ayant examiné et approuvé l\u2019un et l\u2019autre, ainsi qu\u2019il est marqué après ce mandement.Fait à Québec dans notre Palais Episcopal le 19me Septembre 1694.DANS LA NOUVELLE-FRANCE Le Dimanche le plus proche du vingt-deuxième d\u2019octobre, la Fête de Notre-Dame de la Victoire en action de grâces de la délivrance de Québec, assiégé en 1690 par une armée d\u2019Anglais hérétiques, grand double d\u2019obligation.L\u2019office comme en la Fête de Notre-Dame desNeiges le 5 d\u2019août, excepté l\u2019oraison et les leçons du second nocturne, celles-ci se prendront du jour de l\u2019Octave de la Nativité de la Vierge le 15 de septembre qui sont de Saint Cyrille d\u2019Alexandrie, et pour l'oraison elle est presque la même que l\u2019oraison de la Fête du \u2014 343 \u2014 Nom de Marie dont l\u2019on ne doit en ôter que ces deux mots (nomine et) ce qui s\u2019observe aussi dans la messe qui est celle du Nom de Marie, excepté l\u2019Evangile qui se prend de la messe de la Vierge pour les Samedis d\u2019après la Pentecôte.Au reste on doit faire commémoraison du dimanche d\u2019octobre, tant à l\u2019office dont la neuvième leçon est de l\u2019homélie de ce même dimanche, qu\u2019à la messe, avec le second Evangile du dit dimanche.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur, Testu.RENOUVELLEMENT d\u2019une ordonnance de monseigneur de laval touchant l\u2019administration des FABRIQUES JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.Aux Curés et Marguilliers de la ville de Québec, Ville-Marie, Les Trois-Rivières et paroisses de la campagne de notre diocèse, Salut et Bénédiction.Ayant connu par nous-même le besoin qu\u2019il y avait de tenir la main à l\u2019exécution d\u2019une ordonnance (a) qui a été faite par notre très digne prédécesseur sur les dettes actives et passives des églises, l'ordre et la manière de rendre les comptes, sur le soin qu'on doit prendre de ce qui peut appartenir à la sacristie des dites paroisses, en ornements, linge, et autres meubles des dites églises, nous avons cru devoir renouveler la dite ordonnance que nous faisons insérer au bas d\u2019icelle, et désirant qu\u2019elle soit observée dans tous ses points en toute l\u2019étendue de notre diocèse, comme très utile et avantageuse au bien des dites paroisses.Donné à Québec le 20 septembre 1694.JEAN, Evêque de Québec.(a) Voir cette ordonnance à la page 78. \u2014 344 \u2014 MANDEMENT DE MONSEIGNEUR L\u2019ÉVÊQUE DE QUÉBEC POUR LA PUBLICATION DU JUBILÉ JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous les Curés et Missionnaires de notre Diocèse, Salut et Bénédiction.Ayant reçu le jubilé que Notre Saint Père le Pape Innocent XTI a accordé depuis peu à tous les fidèles, nous le faisons publier dans notre diocèse avec une joie toute particulière, parce que comme nous avons connu plus parfaitement que nous n\u2019avions encore fait, dan s la visite que nous venons d\u2019achever, les nécessi tés pressantes, nous souhaitons plus que jamais d\u2019y apporter quelque remède.A la vérité nous avons tâché par nos Ordonnances d\u2019arrêter le cours des désordres que nous y avons remarqués, mais comme l\u2019apôtre nous enseigne que celui qui plante ni celui qui arrose n\u2019est rien, et, que c\u2019est au Seigneur de donner l\u2019accroissement, il semble que Dieu veuille faire connaître le dessein qu\u2019il a de bénir nos travaux, puisqu\u2019à la fin de nos courses apostoliques, où par sa miséricorde nous n\u2019avons rien omis de tout ce qui nous a paru propre pour faire cesser le péché, il nous met entre les mains un moyen si efficace et si facile pour justifier les pécheurs ; ce qui augmente l\u2019obligation qu\u2019on a dans le Canada de se prévaloir de la faveur qui lui est offerte en cette occasion, c\u2019est qu\u2019on y a plus contribué qu\u2019ailleurs à former les orages qui désolent toute la chrétienté ; comme c\u2019est ici une Eglise naissante où l\u2019on a vu pendant quelque temps des étincelles du feu et des traits de la simplicité des premiers Chrétiens, on a lieu de croire que les vices monstrueux qui tout récemment ont succédé à ces vertus ont plus irrité le ciel que les anciens dérèglements des anciennes Eglises.D\u2019ailleurs comme la guerre a commencé par la Nouvelle-France, il semble qu\u2019elle en soit la source, et que par conséquent les fidèles qui s\u2019y trouvent soient plus engagés que tous les autres à obtenir la paix et à désarmer le ciel par leurs prières, par leurs pénitences et par leurs aumônes.C\u2019est à quoi nous les exhortons de tout notre cœur, les conjurant de se souvenir que la dureté envers les pauvres \u2014 345 \u2014 est toujours criminelle mais que c\u2019est une injustice insupportable de tenir dans la captivité les biens de la terre tandis que le ciel prodigue ce qu\u2019il a de plus précieux seulement.Afin qu\u2019ils sachent plus particulièrement ce qu\u2019il faut observer pour gagner le jubilé, nous avons ordonné ce qui suit : Ordre pour l'ouverture du jubilé et ce qu'il faut faire pour le gagner L\u2019ouverture s\u2019en fera le lundi huitième jour de novembre par le Veni Creator et une messe du Saint Esprit qui sera célébrée dans toutes les églises de notre diocèse et finira le dimanche vingt-et-unième jour de novembre, qui font quatorze jours complets que durera le jubilé en deux semaines, dont la première commencera le huitième jour de novembre et finira le quatorzième et la seconde commencera le quinzième et finira le vingt-et-unième du dit mois de novembre.On exposera les dimanches et les fêtes des deux semaines le Saint Sacrement dans une des trois églises de la ville, où il y aura station chacune à son jour depuis la grand\u2019messe jusqu\u2019au Salut ; les autres jours on dira le Salut alternativement dans toutes les églises de la dite ville l'une après l\u2019autre.\t, Pour gagner le jubilé, l\u2019on sera obligé de faire les choses prescrites dans la Bulle, et les faire toutes dans la même semaine, savoir : confesser tous ses péchés à un prêtre approuvé de nous, jeûner le mercredi, vendredi et samedi de la semaine où on voudra le gagner, visiter au moins les quatre églises désignées et y prier pendant quelque espace de temps pour les motifs contenus dans la Bulle, faire quelque aumône aux pauvres selon son pouvoir et selon le nombre et la grièveté de ses péchés, communier un des sept jours de la semaine dans laquelle on aura jeûné et visité les églises.Les fidèles sont avertis de faire le plus d\u2019aumônes qu\u2019ils pourront aux pauvres des deux hôpitaux des malades de Québec et de Ville-Marie qui sont surchargés au-delà de leurs revenus '; celui de Ville-Marie quoique très nécessaire n\u2019a été entretenu jusqu\u2019à présent que par les fonds de la Providence.Nous recommandons aussi l\u2019Hôpital-Général et le bureau des pauvres et nous invitons les peuples de contribuer de quelque chose à la bâtisse de l\u2019église des Pères Récollets. \u2014 346 \u2014 En visitant les églises on priera Dieu pour Notre Saint Père le Pape, pour l\u2019exaltation de la Foi, pour l\u2019extirpation des hérésies, et principalement pour demander à Dieu une paix générale, et l\u2019union entre les princes chrétiens, puisque c\u2019est le motif qui a déterminé le Pape à accorder le jubilé.Pour satisfaire à ce qu\u2019il est porté dans la Bulle, on priera pendant quelque temps, et les prières que nous conseillons préférablement aux autres sont de dire cinq Pater et cinq Ave Maria, faire des actes de contrition de ses péchés, d\u2019amour de Dieu et de résignation à sa Sainte Volonté dans ses peines.Les Curés, Pasteurs et autres Prêtres approuvés de Nous pourront assigner un autre temps et d\u2019autres œuvres de piété aux malades, prisonniers, et certains pécheurs auxquels il est expédient de retarder l\u2019absolution pour avoir des preuves de leur amendement.Les stations pour la ville de Québec seront l\u2019église Cathédrale, l\u2019église de la Basse-Ville, l\u2019Hôtel-Dieu et l\u2019Hôpital-Général ; nous désirons que ceux qui ont assez de santé pour faire ce pèlerinage y satisfassent, voulant bien que ceux qui ont de justes empêchements en soient dispensés, et en ce cas nous laissons au pouvoir de leurs confesseurs de leur donner l\u2019église des Jésuites ou des Récollets pour station.Les stations dans Ville-Marie seront l\u2019église paroissiale et la chapelle de l\u2019Hôtel-Dieu ; à l\u2019égard des autres lieux, nous désignons l\u2019église paroissiale pour station ; les religieuses qui gardent clôture auront leur église pour station.Tous les curés, missionnaires et confesseurs approuvés de nous dans ce diocèse auront pouvoir d\u2019absoudre de tous les cas réservés au Saint-Siège et à l\u2019Evêque, hors les vœux de chasteté et de religion dont ils ne peuvent dispenser comme il est porté dans la Bulle.Si nous mandons qu\u2019après avoir reçu la dite Bulle de Notre Saint Père le Pape et notre présent mandement vous ayez à les publier dans vos églises selon leur forme et teneur, exhorter les peuples et les disposer à recevoir les grâces divines pendant le temps du jubilé.Donné à Québec, en l\u2019année 1694, sous notre seing, le sceau de nos armes et le contre-seing de notre secrétaire.JEAN, Evêque de Québec. \u2014 347 \u2014 DÉLIBÉRATION DE LA SORBONNE SUR LE PRÊT QUE LES OFFICIERS RETIENNENT AUX SOLDATS Messieurs les officiers du Canada qui ont des compagnies de soldats ont la coutume de retenir la paie de leurs soldats sous prétexte qu\u2019ils leur donnent la permission de travailler, lorsqu\u2019ils les pourraient retenir au quartier, et qu\u2019au moyen de cette permission les dits soldats gagnent beaucoup plus par leur travail qu\u2019ils n\u2019auraient eu de leur paie.On demande si les dits officiers peuvent en conscience retenir la dite paie, et si les confesseurs ne sont pas obligés de refuser l'absolution aux officiers lorsqu\u2019ils se présentent à eux, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils aient promis de changer de conduite à l\u2019avenir et de rendre ce qu\u2019ils ont retenu par le passé.Pour un plus grand éclaircissement on proposera les raisons de part et d\u2019autre.Ce qui se peut dire en faveur des officiers est premièrement que l\u2019argent de la paie étant remis entre les mains du capitaine en nature, comme farine, lard, etc., ils disent que si les soldats veulent jouir de leur paie, il faut qu\u2019ils viennent au quartier manger et consumer ces sortes de choses ; de sorte que s\u2019ils n\u2019y viennent pas les officiers peuvent mettre les choses à leur profit.La seconde raison qu\u2019apportent les plus honnêtes capitaines est que pourvu qu\u2019ils ne fassent point de violence à leurs soldats pour leur faire faire ce présent, ils peuvent recevoir et retenir leur paie.La troisième raison de quelques-uns des officiers est que quand ils donnent la permission à leurs soldats d\u2019aller travailler hors leur quartier, ils sont obligés à une plus grande assiduité, attention et vigilance au service, pour n\u2019être point surpris par les ennemis.Les raisons contraires sont 1.que les capitaines en Canada ne font point leur compagnie, mais on leur envoie de France leurs recrues toutes faites ; 2.ils n\u2019habillent point leurs soldats, auxquelles deux choses les capitaines en France sont obligés, de sorte que si les soldats du Canada usent leurs habits en travaillant, c\u2019est aux dépens du Roi et non des capitaines ; 3.ils ne \u2014 348 \u2014 peuvent retenir la dite paie que par deux raisons : ou par la donation du prince, ou par la libre cession du soldat ; or il ne paraît pas que l\u2019intention du prince soit de donner la paie du soldat au capitaine ; quant à la cession libre du soldat, l\u2019on peut dire qu\u2019il n\u2019est point indifférent comme il devrait l\u2019être pour rendre la donation légitime et pour remettre sa paie au profit de son capitaine, quand il veut travailler ; les soldats sont si peu indifférents qu\u2019il y a même quelques capitaines qui menacent ou font violence à leurs soldats pour leur faire donner leur paie pour avoir la permission d\u2019aller travailler.On supplie messieurs les docteurs de dire leur sentiment et de vouloir bien signer pour former là-dessus la conduite d\u2019un diocèse et la conscience des confesseurs.Le Conseil de Conscience soussigné estime que les officiers du Canada ne peuvent point obliger les soldats à donner leur paie pour obtenir la permission de travailler, car ou le service du Roi demande que les soldats soient en fonction et ne sortent point de leur quartier, ou les soldats sont entièrement libres.Dans le 1er cas, les officiers ne peuvent pas au préjudice des intérêts du Roi exempter leurs soldats du service qu\u2019ils doivent et leur permettre de sortir des forts pour aller travailler ; il est inutile de dire que les capitaines prennent sur eux pendant ce temps d\u2019apporter une plus grande vigilance qu\u2019à l\u2019ordinaire et une plus grande assiduité pour empêcher le danger qu\u2019on pourrait craindre des ennemis, de sorte que cette peine extraordinaire à laquelle ils ne sont point obligés est appréciable comme ils prétendent, et mérite que les soldats les en récompensent car l\u2019on répond que les officiers bien loin d\u2019avoir droit de prendre la paie de leurs soldats pour les exempter dans ces occasions de faire leurs fonctions militaires ou d\u2019être actuellement dans leur quartier, ils méritent au contraire des reproches d\u2019exposer de la sorte aux surprises des ennemis la vie des sujets du Roi et les places qu\u2019il a confiées à leurs soins pour avoir lieu outre les appointements qu\u2019ils ont de profiter encore de la paie de leurs soldats sous prétexte qu\u2019ils leur donnent la permission de travailler lorsqu\u2019ils pourraient les retenir.Dans le 2d cas, si les soldats sont libres du service, et qu\u2019il n\u2019y ait rien à craindre du côté des ennemis, ils peuvent aller travail- \u2014 349 \u2014 1er ; cela est encore plus vrai dans le temps de paix, et dans les endroits où il n\u2019y a rien à craindre, et quand môme on supposerait qu\u2019ils seraient obligés de demander la permission de sortir de leur quartier pour aller travailler, cela marquerait à la vérité la subordination qui doit être du soldat à son officier, mais cela ne donnerait point à celui-ci le droit de prendre la paie du soldat, car l\u2019usage est que les soldats sont libres et maîtres de leurs actions pour travailler s\u2019ils veulent quand ils sont hors de garde et de leurs autres fonctions ; il est important que les soldats travaillent pour renvoyer l\u2019oisiveté qui est la source de plusieurs maux; outre que le public profite de leur travail, il est encore de l\u2019intérêt du Roi que les soldats ne soient point oisifs afin qu\u2019ils soient plus propres pour les travaux de la guerre ; c\u2019est pourquoi les officiers ne peuvent point les empêcher de travailler ou leur demander leur paie pour leur en accorder la permission.Si les soldats en question cédaient leur paie de leur plein gré à leurs capitaines quand ils vont travailler parce qu\u2019ils gagnent plus en travaillant qu\u2019ils ne reçoivent de leur paie, ou que le prince leur en fit donation dans les occasions, ou enfin que les officiers eussent lieu d\u2019en prendre une partie pour se dédommager de quelque perte qu\u2019ils souffrent lorsque leurs soldats vont travailler, ils pourraient retenir légitimement le total ou une partie de la paie de leurs soldats dans quelques-unes de ces circonstances.Mais on suppose que les officiers ne souffrent aucun dommage, que le prince ne la donne point, et que les soldats ne consentent point librement qu\u2019ils la prennent de manière qu\u2019ils soient indifférents pour leur donner ou ne leur pas donner, il doivent donc restituer celle qu\u2019ils ont prise par le passé et n\u2019en plus prendre à l\u2019avenir.Supposé que la Cour connaisse la mauvaise conduite des officiers du Canada en cette occasion, les officiers ne doivent point se prévaloir si elle ne se déclarait pas publiquement contre eux ; c\u2019est un mal qu\u2019on peut dire qu\u2019elle tolère, et auquel pour des raisons qui lui sont connues elle diffère de porter remède ; mais cela n\u2019empêche point que quand les dits officiers se présentent au sacrement de pénitence, les confesseurs ne fassent leur devoir, et qu\u2019après avoir employé tous les moyens que la prudence et la \u2014 850 \u2014 charité demandent en pareilles occasions, ils ne refusent l\u2019absolution aux officiers s\u2019ils ne veulent point satisfaire pour le passé et changer de conduite à l\u2019avenir, sans obliger comme ils ont fait jusqu\u2019à présent les soldats à donner leur paie pour avoir permission d\u2019aller travailler.Délibéré en Sorbonne le 18 mai 1695.(Signé) De Blanger, Gallyot, Boucher, G.Fromageau, G.Bourret, J.Luillerie, De Francelles, DePrecelles, Bornât, Bonnet, Golinet, De la Coste, Boucher, Ducharmetrau.JEAN, Evêque de Québec.PERMISSION DE FAIRE UNE QUÊTE POUR LE RÉTABLISSEMENT DE L\u2019ÉGLISE DE LORETTK Sur la très humble et réitérée supplication que nous ont faite et fait faire les habitants de Notre-Dame de Lorette, de leur permettre défaire une quête dans notre diocèse pour tâcher de rétablir leur église, et leur donner moyen d\u2019avoir des ornements décents et convenables pour dire la Sainte Messe, Nous, après avoir mûrement examiné la chose et avoir vu par nous-même le dénùment extrême où était présentement la dite église de Notre-Dame de Lorette, nous avons cru ne pouvoir leur refuser sans injustice leur dite demande ; ainsi nous exhortons les fidèles de notre diocèse de contribuer tous en quelque chose à la décoration d\u2019une église où ils ont eu jusqu\u2019à cette heure tant de dévotion, et où ils ont reçu tant de preuves de la protection de la très Sainte Mère de Dieu, à laquelle ils doivent continuer de rendre leurs respects et recourir à son secours et protection dans la dite église dans les besoins où ils se trouveront.Fait à Québec.JEAN, Evêque de Québec. \u2014 351 \u2014 LETTRE CIRCULAIRE DE MONSEIGNEUR L* ÉVÊQUE DE QUÉBEC ÉCRITE DE FRANCE AUX CURÉS ET MISSIONNAIRES DE CANADA Mes Très Chers et Très Honorés Frères avec qui j\u2019ai l\u2019honneur de participer au môme Sacerdoce, et qui êtes appelés avec moi en partie de la sollicitude Pastorale, je ne puis vous exprimer la douleur que je sens d\u2019être obligé d\u2019être si longtemps séparé de vous et principalement dans un temps où nous aurions besoin de nous animer les uns et les autres à procurer la gloire de Dieu, et travailler au salut des âmes.Je sais que le devoir d\u2019un bon pasteur est de se tenir près de ses brebis, et qu\u2019une marque du mercenaire est de craindre et de s\u2019enfuir; mais outre mes obligations il me semble que la tendresse et l\u2019amour que Notre Seigneur m\u2019a donnés pour le troupeau qu\u2019il m\u2019a confié, me sollicitent bien davantage de lui rendre cette assistance et me font porter avec plus de déplaisir la malheureuse nécessité d\u2019en demeurer une année et demie éloigné.Je ne sais si les raisons qui m\u2019en ont séparé sont bonnes et agréables à Dieu, mais je sais bien que je ressens un si grand penchant de retourner à vous, que je n\u2019y puis résister ; je suis en esprit avec vous ; et quelque douceur que je puisse avoir dans un lieu que je puis considérer comme celui de ma naissance, quelque sujet de satisfaction que je puisse présenter à mon esprit, je proteste cependant que je ne suis point en repos, et que je soupire après les bois et la solitude de notre cher diocèse.Je connais mieux en cette occasion qu\u2019en toute autre, qu\u2019il vaut mieux être dans les lieux que la grâce nous a marqués qu\u2019en celui que la nature ou nos inclinations pourraient choisir, que l\u2019obligation de l\u2019Episcopat est plus forte que toutes les autres et qu\u2019on n\u2019a point de droit à la moisson quand on sème dans une terre étrangère.Comme l\u2019obligation des pasteurs de l\u2019Eglise est de travailler à détruire le péché et à établir le royaume de Dieu dans les âmes, vous devez sans cesse veiller avec moi aux moyens d\u2019avancer ce Divin ouvrage, en faisant paraître pour elles une charité ardente et infatigable ; car qui ne voit pas avec douleur en bien des endroits de notre Diocèse la licence avec laquelle \u2014 352 plusieurs méprisent les commandements de Dieu et ceux de son Eglise ; il n\u2019y a rien de plus commun en plusieurs, que le jurement et les blasphèmes ; on voit des personnes de tout âge, de tout sexe et de toute condition ne satisfaire presque jamais au commandement d\u2019entendre avec piété la Sainte Messe ; on voit les enfants et les domestiques qui passent la plus grande partie de l\u2019année sans aucun exercice de religion ; les pères et les mères préfèrent indignement la nourriture de quelques bêtes à leur instruction, à leur salut, à la loi de l\u2019Eglise et à tous les règlements qu\u2019on peut faire ; mais en combien d\u2019endroits les règles de la tempérancè sont-elles violées ! On ne voit qu\u2019exercer partout souvent des débauches honteuses.Voilà sans doute de grands maux que vous connaissez comme nous, faites ce que vous pourrez pour les guérir ; nous vous exhortons et nous vous prions d\u2019examiner et de voir devant Dieu si vous vous acquittez de votre devoir dans un point si essentiel à sa gloire et d\u2019exciter votre zèle pour le faire avec plus de ferveur à l\u2019avenir.Souvenez-vous que le Sacerdoce que le Fils de Dieu a laissé à son Eglise n\u2019est pas un caractère inutile : il est de lui-même agissant et accompagné d\u2019une autorité toute Divine quand elle est employée avec prudence et générosité et qu\u2019il y a peu de maux où elle n\u2019apporte des remèdes efficaces.Le premier moyen que vous devez mettre en usage, est le ministère de la sainte Parole qui est toute-puissante.Je ne vous réitère point ici l\u2019obligation indispensable où vous êtes de la dispenser continuellement, nous vous l\u2019avons assez fait connaître en toutes occasions.J\u2019ajoute seulement que la véritable charité ne se doit point lasser de parler incessamment contre les vices et les mauvaises coutumes enracinés ; joignez à ces exhortations publiques les avis particuliers pour ceux qui en ont besoin qui produiront sans doute des fruits de grâces extraordinaires si vous les donnez avec la charité et la discrétion convenables ; mais que ne pourriez-vous point faire par l\u2019administration du Sacrement de Pénitence si vous en usez en prudents et fidèles dispensateurs ! Prenez garde d\u2019éviter avec soin dans ce ministère la précipitation si préjudiciable aux âmes, tous les accommodements et toutes les maximes malheureuses qu\u2019inspirent la chair et le sang, cette molle et basse indulgence qui fait tant de fausses pénitences et qui entretient une infinité de crimes. \u2014 353 \u2014 Pratiquez, s\u2019il est possible, cette redoutable fonction dans l\u2019esprit de Jésus-Christ et selon les règles de son Eglise qui sont si bien marquées dans les avis de Saint Charles dont nous avons si souvent et si fortement recommandé la lecture dans nos règlements ; mais afin que vos peines soient tout-à-fait utiles, et vos paroles efficaces, aniinez-les par une conduite innocente et exemplaire, soyez des miroirs de vertu dans lesquels le peuple voit clairement ses imperfections et ses taches ; ce serait inutilement que vous parleriez contre les vices dont vous seriez soupçonnés, vos actions détruiraient vos paroles et les pécheurs croiraient en quelque façon n\u2019être pas blâmables, lorsqu\u2019ils feraient ce que vous faites.Qu\u2019il s\u2019exhale de votre maintien, de vos regards, de vos discours et de toute votre personne une odeur de bonne vie et un parfum de Sainteté ; enfin conservez, ou plutôt augmentez toujours avec grand soin cet esprit intérieur de piété qui est le fondement de tout le bien que vous pourrez faire, marchez continuellement en la présence de Dieu, faites toutes choses au uom de Notre Seigneur Jésus-Christ, dans le mouvement de sa grâce et de ses adorables dispositions.Jusqu\u2019ici nous avons tout sujet de nous louer de vous et de bénir la miséricorde de Dieu qui vous a donné des cœurs véritablement paternels et toutes les qualités nécessaires à de fidèles pasteurs.Que mon absence ne soit cause d\u2019aucun relâchement et qu\u2019à mon retour qui sera prompt, s\u2019il plaît à Dieu, je vous trouve tels que j\u2019aie lieu de me servir de louange et de congratulation en votre endroit, et de remercier tous ensemble le Souverain Pasteur de nos âmes, des grâces qu\u2019il aura répandues sur le troupeau qu\u2019il nous a confié.Donné à Paris, en 1696.JEAN, Evêque de Québec.Par mon dit Seigneur, Foucault.DÉLIBÉRATION DE LA SORBONNE SUR LA VENTE DES BOISSONS AUX SAUVAGES Pour l\u2019éclaircissement du cas qu\u2019on veut proposer :\tIl faut supposer d\u2019abord que les Sauvages qui sont en Canada ne veulent 23 \u2014 354 \u2014 presque jamais boire d\u2019eau-de-vie que pour s\u2019enivrer et parce que, disent-ils, l\u2019eau-de-vie les fait parler, leur donne de l\u2019esprit et du courage, et la vérité est qu\u2019il y en a fort peu qui en boivent qui ne s\u2019enivrent si on ne les veut laisser faire.Ça été sur ce principe que le cas ayant été autrefois consulté en Sorbonne savoir : s\u2019il était permis de vendre de l\u2019eau-de-vie aux Sauvages et de leur en faire boire attendu leur disposition, on a décidé qu\u2019on ne pouvait leur Vendre ; aussi les bons marchands qui ont envie de se sauver ne vendent point d\u2019eau-de-vie aux Sauvages, mais voici ce qu\u2019ils font, ce sur quoi on veut consulter les Docteurs.Ces marchands ne vendent point en détail mais en gros à d\u2019autres petits marchands ou à des habitants, qui eux-mêmes les vendent aux Sauvages qui en envoient aux pays éloignés et causent ainsi l\u2019ivrognerie que les dits gros marchands ne veulent pas causer.On demande si les premiers gros marchands peuvent vendre en conscience les dites boissons en gros.Les raisons pour et contre sont : Celles pour Ils disent qu\u2019ils font venir ces boissons pour les besoins de la colonie, qu\u2019ils n\u2019ont point dessein d\u2019en faire un mauvais usage quand ils vendent ; s\u2019ils en vendent à des marchands qui en abusent, qu\u2019ils ne doivent pas se présumer ainsi, étant d\u2019un bon chrétien de ne point juger mal de son prochain.Que s\u2019ils en vendent eux-mêmes à ceux qui montent aux pays éloignés, c\u2019est qu\u2019ils se persuadent que les Français qui l\u2019achètent, l\u2019achètent pour s\u2019en servir eux-mêmes dans le voyage ou dans le séjour qu\u2019ils font dans les pays éloignés, et qu\u2019ils peuvent le croire et présumer ainsi, et qu\u2019ainsi ils ne contribuent point au mal.Les raisons contre sont 1.\tQue les marchands font venir beaucoup plus d\u2019eau-de-vie et d\u2019autres boissons qu\u2019il n\u2019en faut pour les besoins de la colonie.2.\tQu\u2019ils gardent quelquefois leurs boissons pour les vendre mieux dans le temps de la descente des Sauvages ou dans le temps_que les Français montent aux pays éloignés et qu\u2019ainsi ils peuvent juger certainement du mauvais usage qui se fait des eaux-de-vie qu\u2019ils leur vendent. \u2014 355 \u2014 3.Qu\u2019en en vendant eux-mêmes aux Français, lorsqu\u2019ils montent aux pays éloignés, ils savent bien que la coutume des Français n\u2019est pas de la boire par les chemins, mais de la garder pour en traiter avec les Sauvages pour gagner quelque chose.Le Conseil de Conscience soussigné estime que les gros marchands dont il est parlé dans l\u2019exposé ne peuvent point vendre d\u2019eau-de-vie aux petits marchands, lesquels la vendent ensuite en détail à des Sauvages qui s\u2019enivrent ordinairement, ou qui n\u2019en prendraient pas ordinairement si on ne leur en donnait assez pour pouvoir s\u2019enivrer.Car lorsque les gros marchands font leur provision de l\u2019eau-de-vie, ils paraissent avoir en vue ce que l\u2019on donne aux Sauvages, parce que 1.ils en font une plus grande provision qu\u2019ils ne feraient s\u2019ils n\u2019en vendaient que pour ceux de la colonie ; 2.parce que les gros marchands gardent leur provision d\u2019eau-de-vie pour le temps que les petits marchands doivent monter aux pays des Sauvages ou que les Sauvages doivent venir pour en prendre.C\u2019est pourquoi les gros marchands dans les circonstances paraissent entrer dans le dessein des petits marchands en leur facilitant le moyen d\u2019en vendre ou d\u2019en porter aux Sauvages ; ainsi ils doivent être censés coopérer indirectement au péché que les Sauvages commettent quand ils s\u2019enivrent.Il est vrai que de vendre de l\u2019eau-de-vie ce n\u2019est pas une chose mauvaise de soi, mais indifférente.L\u2019eau-de-vie est du nombre de ces choses dont on peut bien ou mal user.Les gros marchands ne paraissent pas être une cause prochaine et immédiate comme sont les petits marchands qui distribuent ou qui vendent de l\u2019eau-de-vie aux Sauvages qui s\u2019en enivrent.Enfin les gros marchands n\u2019ont point en vue le mal que les Sauvages font lorsqu\u2019ils achètent ou prennent de l\u2019eau-de-vie pour s\u2019enivrer, mais seulement d\u2019exercer le commerce avec les Sauvages par l\u2019entremise de ces petits marchands, et gagner par ce moyen comme font les autres marchands en vendant leurs marchandises.Mais on répond à ces trois raisons A la première qu\u2019il est contre la charité qu\u2019on doit à son prochain de lui fournir une matière ou une occasion d\u2019offenser Dieu mortellement, quand même la chose de soi serait indiffé- \u2014 356 \u2014 rente, lorsqu\u2019on sait qu\u2019il en abusera, parce qu\u2019on est censé en ce cas coopérer au péché d\u2019autrui.Il n\u2019y a qu\u2019une cause juste et assez considérable qui en puisse excuser ; c\u2019est le sentiment commun des théologiens; c\u2019est sur ce principe que Saint Thomas dit qu\u2019il n\u2019est permis à une personne de se servir de la malice d\u2019une autre et de lui présenter une matière d\u2019où il prend une occasion de péché, que lorsque c\u2019est pour éviter une notable incommodité ; pro aliquo incommoda potest homo licite uti malitia alterius vel materiam non subtrahere sed præbere.Ce saint Docteur explique cela par un exemple qu\u2019il rapporte : Si latro aliquem jugulare vellet el ad evitandum mortis periculum latroni thesaurum suum diripiendum detegeret, non peccaret ; exemplo decem illorum virorum qui dixerunt ad Ismaël : noli occidere nos quia habemus thesauros in agro.Saint Thomas conclut de ce principe que l\u2019on peut demander à un usurier dans son besoin de l\u2019argent à usure et non pas pour s'enrichir.Or l\u2019on ne remarque point dans l\u2019exposé, de raisons ou de causes légitimes qui engagent les gros marchands en question à vendre leur eau-de-vie de la manière qui est expliquée.Ce n\u2019est point un intérêt public qui les fait agir, ce n\u2019est point pour éviter quelque dommage considérable, ce n\u2019est que la cupidité et le désir de devenir plus riches qui est leur motif en cette occasion.On tient communément qu\u2019un cabaretier pécherait mortellement lequel donnerait du vin à boire à ceux qu\u2019il voit probablement qui s\u2019enivreront, s\u2019il n\u2019a point d\u2019autre raison que l\u2019espérance de gagner.A la seconde il suffit que les gros marchands entrent dans les vues et dans les desseins des petits marchands afin qu\u2019ils soient censés être cause du péché d\u2019ivrognerie que commettent les Sauvages.On a expliqué ci-dessus comment les gros marchands entrent dans ces vues.L\u2019on doit donc inférer qu\u2019ils ne sont pas une cause si éloignée du péché des Sauvages qu\u2019ils n\u2019en soient coupables conjointement avec les petits marchands.A la troisième l\u2019on satisfait par la réponse ci-dessus.L\u2019on ajoute seulement que pour excuser les gros marchands en cette occasion il faudrait, qu\u2019en suivant les principes de Saint Thomas, le public, le commerce, ou même les gros marchands souffrissent un dommage notable; ce que l\u2019on ne suppose pas dans l\u2019exposé ; en effet il ne paraît pas de la part des gros marchands d\u2019autre raison dans le cas proposé, sinon que ne portant 35Ï \u2014 point une si grande quantité d\u2019eau-de-vie ou ne portant que ce qu\u2019il en faudrait pour la colonie, ils ne feraient point un gain si considérable ; ce qui n\u2019est pas suffisant pour les excuser.Les confesseurs doivent avertir les gros marchands 1» de ne vendre de l\u2019eau-de-vie à ceux qui vont traiter avec les Sauvages que la quantité qui leur est nécessaire pour leur usage pendant leur voyage; 2° Lorsque les Sauvages descendent, de n\u2019en vendre point dans ce temps-là aux petits marchands ni aux habitants qui ne font point de difficulté d\u2019en donner aux Sauvages en échange de leurs marchandises.Délibéré en Sorbonne ce 6 avril 1696.(Signé) G.Fromageau, M.Charton, G.Bourret, G.de Precelles, Salmon, Boucher.JEAN, Evêque de Québec.RÈGLEMENT POOR LES PRÊTRES QUI VIENNENT DE L\u2019ÉTRANGER JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.Au Supérieur des Récollets de Plaisance, que nous avons désigné pour notre Grand Vicaire, et aux autres Religieux du même ordre en son absence, Salut et Bénédiction.Sur ce que nous avons appris par les lettres qui nous sont venues de Plaisance et autres lieux de la dépendance des missions que nous vous avons confiées, qu\u2019il y arrive souvent des prêtres de France, tant séculiers que réguliers, qui craignant la vigilance de ceux que Dieu a établis pour les conduire, quittent leurs diocèses ou leurs monastères sans prendre souvent ni exeat de leur Evêque ni obédience de leurs Supérieurs, et s\u2019embarquent dans des vais- \u2014 358 \u2014 seaux, arrivent dans quelques-uns des endroits soumis à notre jurisdiction, où ils disent la Messe sans avoir la permission de nos Grands Vicaires, et mènent une vie peu conforme à la sainteté de leur état.A ces causes, ne pouvant souffrir que les ecclésiastiques ou les religieux relâchés des autres diocèses trouvent dans le nôtre plus de facilité pour vivre dans le dérèglement, et qu\u2019il leur serve d\u2019asile et de retraite, désirant au contraire, autant que nous le devons, faire observer les règles de la discipline, nous défendons à tous prêtres qui ne sont point de notre diocèse et qui n\u2019ont point d\u2019emploi approuvé de nous, de dire la Messe et de faire aucune autre fonction de leur ordre, sans avoir obtenu la permission de nos Grands Vicaires, ou de ceux qui en notre absence en tiennent la place, laquelle ne leur sera accordée qu\u2019en représentant leurs lettres de prêtrise et un exeat en bonne forme, et des attestations de vie et de mœurs signées de leurs prélats ou supérieurs, et qui ne soient actuellement revêtus au moins pour le temps qu\u2019ils soht à terre de l\u2019habit ecclésiastique, qui est la soutane, sans laquelle nous leur défendons sous peine de suspense encourue ipso facto de dire la Messe.Nous leur défendons encore dans le temps qu\u2019ils sont à terre d\u2019aller loger dans des maisons suspectes, les exhortant, autant qu\u2019ils le pourront, de se retirer dans celles qui seront les plus réglées.Et pour assurer davantage notre présente ordonnance, nous défendons à notre Grand Vicaire et autres religieux qui pourront se trouver à Plaisance, Iles Saint-Pierre, et autres lieux de notre juridiction, de souffrir que ces prêtres étrangers célèbrent la Sainte Messe ni fassent aucune fonction de leur ordre dans les églises, chapelles, ni maisons particulières.Laquelle présente ordonnance voulons être lue, et affichée dans les sacristies partout où besoin sera.Donné à Paris le 20e février 1697.JEAN, Evêque de Québec. \u2014 359 \u2014 MANDEMENT POUR RÉPRIMER CERTAINS ABCS QUI S\u2019ÉTAIENT INTRODUITS DANS LE DIOCÈSE JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous les curés, prêtres et confesseurs, tant séculiers que réguliers, et fidèles de notre diocèse, Salut et Bénédiction.Nous étant informé avec tout le soin et l\u2019exactitude que nous avons pu apporter depuis notre retour de France, des abus qui s\u2019étaient glissés dans notre diocèse tant à la ville qu\u2019à la campagne, nous avons cru devoir y remédier par cette ordonnance en mettant devant les yeux des uns et des autres la manière dont ils doivent se conduire à l\u2019égard de ceux qui manquent en des points si importants de la discipline ecclésiastique.Le premier regarde l\u2019obligation qu\u2019ont tous les fidèles d\u2019assister aux messes de paroisse les dimanches et les fêtes et y entendre les instructions qui s\u2019y font ; elle est si ancienne qu\u2019on peut dire qu\u2019il n\u2019y a guère de point de discipline sur lequel l\u2019Eglise se soit expliquée plus souvent et plus expressément.L\u2019ouverture des oratoires et des églises des religieuses ayant donné occasion aux fidèles de se relâcher depuis le treizième siècle d\u2019une pratique si salutaire, les Pères du Concile de Trente dans la session 22e et dans la 24e ont prononcé sur cette obligation de manière que personne n\u2019en puisse douter.Le grand Saint Charles qui entendait parfaitement ses décrets, lesquels ayaient été résolus et publiés par ce Saint Concile sous le pontificat de Pie IV, son oncle, n\u2019a rien recommandé plus fortement au peuple de son diocèse et de sa province de Milan ; il en a fait une formule insérée dans son 6e Concile provincial qu\u2019il a appelée litteras monitionis de conveniendo ad parochialem ecclesiam,3 des lettres d\u2019avertissement à son peuple pour l\u2019engager de s\u2019assembler dans leur paroisse, qu\u2019il veut être publiée dans les Eglises de sa province de la même manière qu\u2019il l\u2019avait fait publier dans les Eglises de son diocèse plusieurs années auparavant, ainsi qu\u2019il est porté par le 4e_décret de so A 4e synode. \u2014 360 \u2014 Comme ce règlement est plein de l\u2019esprit de Dieu et qu\u2019il épuise cette matière, nous ordonnons à tous les curés des villes de ce diocèse et des paroisses de la campagne, d\u2019en faire la lecture à leurs paroissiens une fois chaque année, le premier dimanche de Pavent, devant le prône, ou autres exhortations qui pourraient se faire.Nous avons appris avec douleur qu\u2019un grand nombre de paroissiens des villes et de la campagne négligent de satisfaire à un devoir si important, et nous en avons été nous-même le témoin plusieurs fois, ce qui nous engage à presser les prédicateurs tant séculiers que réguliers de notre diocèse de porter les fidèles à y être assidus ; nous imposons encore une plus étroite obligation aux confesseurs d\u2019interroger les pénitents sur cette matière pour faire remarquer à ceux qui n\u2019ont point d\u2019excuses légitimes de s\u2019absenter de leurs paroisses, qu\u2019ils s\u2019exposent à encourir les censures que les saints canons de l\u2019Eglise ont faites contre ceux qui par cette négligence font connaître le mépris qu\u2019ils font de leur pasteur et des avantages considérables qu\u2019ils pourraient retirer à assister à la messe de paroisse et au prône.Nous doutons si peu de la fidèle soumission que les prêtres tant séculiers que réguliers de ce diocèse feront paraître pour entrer en cela dans nos sentiments que nous ne croyons pas nécessaire de leur mettre devant les yeux les belles paroles du Concile de Gangres : si quis docet domum Dci contemptibilem esse et conventus qui in ea cclebrantur, anathema sit : si quelqu\u2019un enseigne en public ou en particulier qu\u2019on ne doit pas faire de cas de la maison de Dieu (c\u2019est-à-dire de la paroisse) et des assemblées qui s\u2019y font, qu\u2019il soit anathème.Les paroles du sixième canon du même Concile ne sont pas moins remarquables : si quis extra ecclesiam scorsum conventus célébrât, et despiciens ecclesiam., ea quæ sunt ecclesiæ voluerit usurpare non consenliente presbytero juxta decretum episcopi, anathema sit ; celui qui voudra faire des assemblées hors de l\u2019Eglise et qui voudra lui usurper ce qui lui appartient de droit sans le consentement du prêtre qui la gouverne selon le décret de l\u2019Evêque, qu\u2019il soit anathème.Ce concile avait été assemblé dans le 4e siècle contre un nommé Eustathius moine arménien, lequel par un esprit particulier portait les peuples à se détacher de leurs pasteurs légitimes.Quoique nous n\u2019ayons rien de semblable à reprendre, les expressions dont les Pères de ce Concile se \u2014 361 \u2014 servent sont très propres à renouveler aux prêtres et aux fidèles de ce diocèse, les idées qu\u2019ils doivent avoir de la doctrine de l\u2019Eglise sur les obligations qu\u2019ont les fidèles d\u2019assister à la messe de paroisse, à laquelle nous voulons qu\u2019ils se conforment tous, leur déclarant que nous nous servirons de notre autorité et de celle que le Saint Concile de Trente nous a donnée dans la session 22e pour procéder par censures contre ceux de l\u2019un et de l\u2019autre sexe qui manqueront sans une excuse légitime d\u2019assister à la messe de paroisse trois dimanches consécutifs, conformément au canon du Concile 3e de Constantinople, et au canon l ie du Concile de Sardique : si quis laicus in aliqua urbc agens tribus dicbus dominicis in tribus hebdomadibus non conveniat, is a communione moveatur, si quelqu\u2019un des laïques demeurant à la ville ou à la campagne s\u2019absente trois dimanches pendant trois semaines consécutives, qu\u2019il soit excommunié ; ce qui est conforme au canon 21e du Concile d\u2019Elvire plus ancien que celui de Nicée : si quis in civitate positus per très dominicas ad ecclesiam non accesserit, tanto tempore abstinent ut correplus esse videatur.Et pour la confirmation de tout ce que nous venons de dire nous faisons insérer au bas de cette ordonnance le décret de Saint Charles sur la messe de paroisse, dont il est parlé ci-dessus, qui fut publié dans son 4e Concile de Milan.Le second regarde l\u2019abus in tolérable où l\u2019on est dans plusieurs paroisses de sortir du prône qui se fait durant la messe de paroisse.Ce mal qu\u2019on peut regarder comme la plus grande marque d\u2019irréligion qu\u2019on puisse donner mérite que les curés et autres confesseurs agissent à l\u2019égard de ceux qui y tombent plusieurs fois, comme à l\u2019égard des scandaleux publics auxquels on doit refuser non-seulement l\u2019absolution, mais même la communion.Le troisième regarde la liberté que se donnent les jeunes gens de proférer des paroles déshonnêtes et à double entente qui causent dans les mœurs une corruption universelle qu\u2019on doit tâcher de déraciner, se comportant avec eux comme avec des impudiques d\u2019habitude et des scandaleux.Le quatrième-abus regarde la sanctification des dimanches et des fêtes ordonnée par les deux commandements de Dieu et de l\u2019Eglise, qu\u2019on ne fait pas de difficulté de transgresser pour les voyages, ventes et achats, qui se font ces jours-là sans nécessité \u2014 362 \u2014 et sans permission de l\u2019Eglise.Nous sommes si touché de l\u2019abus extraordinaire qui se fait de ces saints jours, destinés de Dieu pour être employés à son service et pour vaquer à la prière, pour laquelle il faut tâcher de porter un esprit libre et débarrassé des affaires, que nous jugeons nécessaire d\u2019ordonner aux confesseurs tant séculiers que réguliers, d\u2019interroger leurs pénitents dans la confession sur ces manquements, et que nous croyons nécessaire de leur défendre d'absoudre les coupables sans les obliger d\u2019aller trouver leurs curés pour leur promettre de ne plus retomber ; que s\u2019ils paraissent conserver leur volonté de continuer dans ces saints jours de faire leurs voyages, ventes, achats et autres affaires capables de les détourner du service de Dieu, après en avoir été avertis plusieurs fois par leurs curés et confesseurs, nous les déclarons indignes de l\u2019absolution dont nous chargeons la conscience des confesseurs qui en rendront un terrible compte au jugement de Dieu.Si l\u2019on en doit user ainsi à l\u2019égard de ceux qui font des travaux corporels, quels sentiments doit-on avoir de ceux qui passent tous ces saints jours en ivrogneries, danses, jeux et autres divertissements criminels, et qui croient avoir pleinement satisfait à leurs obligations, en entendant une messe basse, souvent dans des postures fort indécentes, l\u2019esprit et le cœur tout remplis de l\u2019idée et de l\u2019affection des choses du monde ! ce qui fait dire à Saint Thomas après Saint Augustin que les œuvres par lesquelles on sert au péché sont bien plus contraires à la sanctification des fêtes que celles qui sont d\u2019elles-mêmes bonnes et licites, quia magis homo impedüur a rebus divinis per opus pcccati quam per opus licitum, quamvis sit corporate, ideo magis contra hoc præceplum agit qui peccat in die festo quam qui aliucl opus corporate licitum facit, parce-que l\u2019homme est bien plus détourné des choses divines par l\u2019œuvre du péché que par une œuvre licite, quoiqu\u2019elle soit corporelle, d\u2019où il est à conclure que celui-là transgresse plus le précepte qui pèche un jour de fête que celui qui fera quelqu\u2019autre ouvrage corporel qui cependant sera licite.Et Saint Augustin dit qu\u2019un homme ferait mieux de travailler à son champ ce jour-là que s\u2019il le passait dans des danses ou autres choses semblables qui sont d\u2019elles-mêmes criminelles, et les femmes feraient mieux de filer leur quenouille que de passer ces saints jours à des jeux, des danses, et autres assemblées où Dieu peut être offensé, melius \u2014 363 \u2014 facer et Judæus in agro suo aliquid utile quam si in theatro seditiosus exister et, et melius fœminæ eorum die sabbati lanas facerent quam quod tota die in neomeniis suis impudice starent.(Saint Augustin.) Le cinquième regarde le cas de l\u2019usure qu\u2019on peut dire être très commun dans ce diocèse, et dont plusieurs sont coupables sans en vouloir convenir.Nous croyons pour cela nécessaire de renouveler deux articles de nos mandements, que nous faisons insérer, afin que ceux qui perdent leurs âmes par ignorance ne puissent pas nous l'imputer au jour du jugement.La question est de savoir si on doit permettre aux habitants de ce diocèse de prêter leur argent aux marchands et autres et en retirer l\u2019intérêt pour ne pas le mettre en risque dans le commerce sur mer, ou en quelqu\u2019autre contrat légitime par lequel ils seraient obligés d\u2019aliéner le fonds dont ils se réservent la disposition.Il faut d\u2019abord convenir que l\u2019usure consiste à retirer plus qu\u2019on avait donné, par la seule considération du prêt.Il faut aussi convenir des deux titres qui autorisent de prendre quelque chose au-delà du sort principal, qui est le dommage naissant et le lucre cessant ; et la raison qu\u2019en rend Saint Thomas, c\u2019est que pour lors on ne prend pas du profit pour le prêt.Encore faut-il observer quelques conditions pour que cet intérêt soit légitime: 1.que le dommage soit réel, véritable, causé par le prêt, en sorte que si le dommage n\u2019arrive point, il ne faut rien prendre pardessus le prêt, 2.que le dommage soit égal au dédommagement qu\u2019on tire, 3.que le créancier avertisse le débiteur du dommage qu\u2019il peut souffrir s\u2019il lui prête.Le second titre est le lucre cessant, mais il faut aussi observer quelques conditions : la première pour qu\u2019un marchand puisse prendre intérêt à raison du lucre cessant, il faut qu\u2019il ait pris la résolution d\u2019employer son argent en commerce et qu\u2019il soit sur le point de l\u2019employer ; il ne suffit pas une volonté vague, générale et imparfaite de trafiquer, mais il faut le pouvoir, l\u2019occasion présente d\u2019exposer cet argent en commerce, et le dessein formé de se prévaloir de cette occasion et de négocier effectivement, et l\u2019espérance quasi certaine de gagner en négociant, en sorte cependant que l\u2019intérêt qu\u2019on exige ne soit pas égal au profit qu\u2019on pourrait espérer d\u2019autant que pouvoir avoir un bien n\u2019est pas la même chose que de l\u2019avoir en effet ; il faut donc que la \u2014 364 \u2014 taxe s\u2019en fasse équitablement et de bonne foi, eu égard aux dépenses, aux dangers, aux peines et autres circonstances.Il est certain que le plus grand nombre des habitants qui prêtent leur argent ne sont pas dans ces deux cas: 1.ils ne sont pas dans le cas de dommage naissant, ne souffrant nul dommage du prêt qu\u2019ils font de leur argent; 2.ils ne sont point dans celui du lucre cessant, ne voulant point exposer leur argent au commerce, voulant tout au contraire être sûrs de gagner quelque chose sans risquer, ce qui fait bien voir que la plupart sont usuriers sans en vouloir convenir.A l\u2019égard du nouveau titre qu\u2019on appelle periculum sortis, qui est de retirer quelque chose à cause du danger que l\u2019on court de prêter au marchand, il ne peut pas être légitime, parce qu\u2019il a plus de ressource et de moyen de payer qu\u2019un pauvre auquel cependant il est défendu de prêter avec usure, sous peine d\u2019encourir la malédiction de Dieu, ainsi qu\u2019il est porté dans l\u2019Ancien Testament.Il est certain d\u2019ailleurs que ceux qui prêtent ne font point toutes ces réflexions, mais qu\u2019ils prêtent leur argent à dessein de le faire valoir et de retirer le profit de leur prêt, ce qui est formellement usure.Outre ces deux titres ci-dessus qu\u2019on peut regarder comme indubitables, on doit reconnaître dans les magistrats le droit d\u2019imposer des peines à ceux qui ne paient pas leurs dettes, lesquelles on peut retirer en conscience.Mais pour faire voir sur la matière de l\u2019usure les sentiments des derniers Papes, nous désirons qu\u2019on insère ici la condamnation qu\u2019ils ont faite des trois propositions que des auteurs relâchés avaient avancées en faveur de l\u2019usure.La première censurée par Alexandre VII le 12 mars 1666 était telle: licitum est mutuantl aliquid extra sortem exigere, si se obligct ad non repetendam sortem usque ad certum tempus, il est permis à celui qui prête d\u2019exiger quelque chose au-delà du sort principal, s\u2019il s\u2019oblige à ne le demander point jusqu\u2019à certain temps.La deuxième condamnée par Innocent XI le 4e mars 1679 était telle : cum numeratapecunia pretiosior sit numeranda et nullus sit qui majoris faciat pccuniam præsentem quam futur am, potest creditor a mutuante aliquid exigens, eo tilulo ab usura excusari, comme l\u2019argent comptant vaut mieux que celui qui est à recevoir, qu\u2019il n\u2019y a personne qui n\u2019estime \u2014 365 \u2014 davantage l\u2019argent qu\u2019il a entre les mains que celui qu\u2019il attend, on peut excuser du péché d\u2019usure celui qui sur ce titre exige quelque chose au-delà du principal, de la personne à qui il prête.La troisième condamnée par le même Pape, et en même temps, était conçue en ces termes: usura non est cum aliquid exigilur tanquam ex benevolentia et gratitudine debilum, sed solum si exigalur tanquam ex justitia debilum, ce n\u2019est pas de l\u2019usure quand on exige quelque profit au-delà de la somme principale, comme dû par bienveillance et par gratitude, mais seulement si on l\u2019exige comme dû par justice.Ces trois propositions dont l\u2019une est la 42e des 45 censurées par Alexandre VII, et les autres la 4 le et la 42e des 65 qu\u2019innocent XI a censurées, sont condamnées par ces Souverains Pontifes, comme étant au moins scandaleuses, en sorte que quiconque les enseignera, défendra, publiera, il tombe ipso facto dans l\u2019excommunication réservée au Pape.Le sixième regarde le luxe et la vanité sur laquelle nous déclarons aux confesseurs que nous désirons qu\u2019ils tiennent la main principalement à trois choses.La première est qu\u2019ils prennent grand soin d\u2019étudier et de déraciner dans les personnes qu\u2019ils conduisent l\u2019attache qu\u2019elles ont à la vanité, sans avoir égard au prétexte qu\u2019elles prennent que les ajustements qu\u2019elles portent pour la satisfaire se peuvent porter sans péché mortel, car quoiqu\u2019il soit difficile de décider jusqu\u2019où l\u2019on peut aller dans cette matière sans pécher mortellement, il n\u2019y a rien cependant de plus aisé que de se perdre quand on est dans la disposition de vouloir être vaine autant qu\u2019on le peut sans pécher mortellement, et rien de plus sûr pour les confesseurs que déjuger qu\u2019une âme ne peut rien faire pour son salut et pour sa perfection pendant qu\u2019elle est dans cette disposition.La seconde chose est qu\u2019ils examinent avec attention si l\u2019attache qui se trouve dans le sexe pour les ajustements, n\u2019est point une occasion d\u2019impureté, car en ce cas ce qui d\u2019ailleurs serait véniel devient mortel ; or il est fort important de remarquer qu\u2019il y a peu de personnes à qui la vanité ne soit une occasion de regards ou de paroles impudiques, qu\u2019il y en a peu que la vanité n\u2019expose à entendre des discours contre l\u2019honneur et à souffrir même des libertés criminelles ; en un mot la vanité ouvre toutes les portes de l\u2019âme, c\u2019est-à-dire tous les sens, au démon de l\u2019impureté ; une femme 366 \u2014 vaine se trouve tous les jours dans des compagnies où l\u2019on attaque la pudeur par les yeux, par les oreilles, par le toucher, par l\u2019imagination et par tous les sens, sa vanité étant un signal à tous les impudiques de s\u2019approcher d\u2019elle.C\u2019est pourquoi nous ne croyons pas que vous deviez nique vous puissiez donner l\u2019absolution aux personnes vaines, à qui leur vanité est une occasion de péché mortel, quoique leurs ajustements ne soient pas d\u2019eux-mêmes criminels.La troisième est qu\u2019ils ne se contentent pas que leurs pénitentes soient habillées modestement quand elles sont dans l\u2019église ou qu\u2019elles approchent des sacrements, mais qu\u2019ils s\u2019informent encore comme elles sont chez elles ; car nous avons su que plusieurs femmes et filles ne font point de scrupule d\u2019avoir la gorge et les épaules découvertes quand elles sont dans leurs maisons, et nous en avons nous-même rencontrées en cet état.Or pour déclarer nettement notre prétention sur cet article, nous leur défendons expressément d\u2019absoudre les filles et les femmes qui porteront la gorge et les épaules découvertes, soit dedans soit dehors de leurs maisons, ou qui ne les auront couvertes que d\u2019une toile transparente ; et à l\u2019égard de la communion, présentation du pain bénit, offrandes et quêtes qui se font par les filles et femmes dans les églises, nous renouvelons tout ce qui a été réglé là-dessus par notre prédécesseur dans son mandement du 26 février 1682, et nous désirons que suivant l\u2019Apôtre les filles paraissent voilées, c\u2019est-à-dire la tête couverte dans l\u2019église.Fait à Québec le 22 décembre 1697.JEAN, Evêque de Québec. \u2014 367 \u2014 MANDEMENT POUR LA CONVOCATION Dü 3e SYNODE JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Evêque de Québec.A tous les prêtres et confesseurs de notre diocèse, Salut et Bénédiction.N\u2019ayant pu jusqu\u2019à cette heure remédier aux plus pressants besoins des âmes de notre diocèse, Nous avons cru ne pouvoir trouver de voie plus sûre et plus aisée pour apporter des remèdes nécessaires et efficaces aux autres que par la célébration des Synodes et des assemblées ecclésiastiques que les Saints nous apprennent être un des plus excellents moyens et des plus propres pour entretenir le culte de Dieu, et pour conserver, rétablir et perfectionner la discipline ecclésiastique.C\u2019est ce qui nous oblige, Nos Très Chers Frères, à continuer ce que nous avons si heureusement commencé les années passées à Québec, et à marquer l\u2019assemblée à Québec dans la salle de Notre Palais Episcopal, jeudi, le 27 février de la présente année 1698, à une heure après-midi, persuadé que nous sommes que Notre Seigneur Jésus-Christ répandra avec abondance son Esprit sur les prêtres qui ne se seront assemblés que pour glorifier son nom et établir son royaume dans les âmes.Nous enjoignons à tous les prêtres, confesseurs et ecclésiastiques de la ville de s\u2019y trouver, et aux curés et aux missionnaires du voisinage de s\u2019y trouver, pour répondre sur les choses que nous voudrons leur demander, et entrer dans les vues que nous pourrons prendre tous ensemble pour le bien des âmes et recevoir les ordres et règlements que nous voudrons faire ; et pour rendre cette action, de soi très sainte, encore plus utile, Nous les conjurons de s\u2019y disposer par toutes les bonnes œuvres qui leur seront inspirées de Dieu et principalement par le Saint Sacrifice de la Messe que Nous les exhortons de célébrer à cette intention, au moins trois fois, ajoutant tous les jours qu\u2019ils la diront une collecte du Saint Esprit.Nous désirons que chaque prêtre et confesseur fasse une singulière attention devant Dieu sur les choses qui seraient plus \u2014 368 \u2014 importantes à proposer et à régler, et si elles étaient d\u2019une nature à mériter d\u2019être longtemps considérées, Nous les exhortons à nous en faire part quelques jours auparavant, pour avoir le temps de les examiner et voir les règlements qu\u2019il serait convenable de faire.Ce présent mandement sera signifié par un de nos ecclésiastiques à MM.les Doyen, Dignités et Chanoines de la Cathédrale et aux trois supérieurs des communautés, et envoyé aux curés et missionnaires du voisinage.Fait à Québec, sous notre seing, scellé de Nos Armes, et contresigné de Notre Secrétaire le 23 février 1698.JEAN, Evêque de Québec.Par mon dit Seigneur, LaColombière, Secrétaire.STATUTS PUBLIÉS DANS LE TROISIÈME SYNODE TENU A QUÉBEC LE VINGT-SEPTIÈME FÉVRIER DE i/ANNÉE 1698 1.\tTous les Curés, Missionnaires, et Confesseurs de ce Diocèse auront soin de lire une fois chaque année nos Ordonnances, afin de pouvoir les observer.2.\tUs auront soin de réitérer au peuple la lecture de celles dont la connaissance et la pratique sont les plus nécessaires à leurs Paroissiens, et surtout celle du dernier Octobre 1690, touchant l\u2019ivrognerie et l\u2019impureté.Ils liront aussi la Lettre circulaire que nous leur avons écrite ci-devant, l\u2019Ordonnance que nous avons faite pour les Cas réservés, et celle que nous avons autorisée pour notre Diocèse, des Cas auxquels on doit refuser, ou différer l\u2019Absolution, que nous renouvelons dans notre présent Synode.3.\tUs doivent se persuader qu\u2019ils ne peuvent donner une instruction plus utile à leurs Paroissiens, que de leur expliquer \u2014 369 \u2014 en particulier les dites Ordonnances, et nos Statuts publiés dans nos Synodes.4.\tAucun Ecclésiastique, ou Religieux ne pourra dire la Messe dans ses voyages, ou Visites de sa Mission, hors de l\u2019Eglise ou de la Chapelle marquée, dans l'étendue de la Colonie.Nous croyons cet Article si important pour l\u2019honneur de la Religion, que nous ne nous contentons pas seulement de le défendre,mais que nous en faisons un Cas réservé pour la seconde fois ; et pour la troisième, une défense sous peine de suspense pour les Prêtres, tant Séculiers que Réguliers, sans y comprendre cependant le cas d\u2019une extrême nécessité pour donner le saint Viatique à un malade, auquel on ne pourrait porter la sainte Eucharistie à cause du grand éloignement de l\u2019Eglise.5.\tS\u2019il y a encore quelque endroit trop éloigné des Eglises, où nous jugions absolument nécessaire de laisser dire quelquefois la sainte Messe ; Nous déclarons que nous en donnerons notre permission par écrit, après avoir pris toutes les mesures de la faire dire avec toute la décence convenable à un si grand Mystère.6.\tNous désirons que les Prédicateurs, tant Séculiers que Réguliers, portent souvent les Peuples à se rendre assidus à la Messe de Paroisse les Fêtes et les Dimanches, et aux Instructions qui s\u2019y font, et que les Confesseurs les interrogent sur ce point, pour leur faire remarquer les suites fâcheuses où ils s\u2019exposent, s\u2019ils se dispensent d\u2019un devoir si légitime, comme est celui d\u2019assister à la Messe de Paroisse les Fêtes et les Dimanches, et d\u2019y entendre la parole de Dieu : Nous condamnons surtout le prétexte qu\u2019un grand nombre de Paroissiens prennent de faire ces jours-là leurs voyages, et leurs affaires temporelles sans une raison très considérable, qu\u2019ils doivent faire connaître à leur Pasteur avant que de l\u2019entreprendre, ou après, s\u2019ils ne le peuvent faire auparavant ; Nous sommes si touché de l\u2019abus extraordinaire qui se fait de ces saints jours, destinés de Dieu pour être employés à son service, que nous ne voulons pas que les Confesseurs de notre Diocèse, tant Séculiers que Réguliers, en puissent absoudre, sans obliger les coupabl-s d\u2019aller trouver leurs Curés pour leur promettre de n\u2019y plus retomber : Que s\u2019ils paraissent conserver la volonté de continuer dans ces saints jours 24 \u2014 370 \u2014 de faire leurs voyages ou affaires après en avoir été avertis, Nous les jugeons indignes d\u2019absolution, dont nous chargeons la conscience des Confesseurs qui en rendront un terrible compte au jugement de Dieu.7.\tNous désirons que les Confesseurs agissent avec autant de fermeté à l\u2019égard de ceux qui se laissent aller à vendre, ou à travailler de leurs métiers, les jours de Dimanches et de Fêtes, déclarant indignes d\u2019absolution ceux qui voudront continuer dans la transgression de ces deux Commandements de Dieu et de l\u2019Eglise ; Nous mettons dans ce nombre les Chirurgiens, et les Barbiers qui font le poil et la barbe les Dimanches et les Fêtes, s\u2019ils ne promettent de ne le plus faire sans permission, et jamais pendant le Service Divin, les Notaires qui passent des Contrats qui ne sont pas absolument ou autant nécessaires, que l\u2019est le Testament d\u2019un moribond qui ne peut pas attendre, et les Marchands qui vendent ces jours-là, quand ils ne le feraient pas publiquement, mais seulement en cachette, s\u2019ils le font sans grande nécessité, et sans une permission de l\u2019Eglise.8.\tNous renouvelons la défense que nous avons faite plusieurs fois, de recevoir à la Communion Pascale, ceux qui n\u2019ont pas payé leurs dimes, comme coupables de sacrilège, pour avoir retenu un bien sacré et Ecclésiastique.9.\tNous désirons que tous les Curés, Missionnaires et Confesseurs, Séculiers et Réguliers de ce Diocèse, fassent remarquer aux moribonds qu\u2019ils confessent, l\u2019obligation qu\u2019ils ont de racheter leurs péchés par les aumônes, qu\u2019ils doivent leur inspirer d\u2019appliquer aux Pauvres de leur Paroisse, et aux Hôpitaux qui se trouvent dans les Villes, pour le soulagement des Malades, et le soutien des Vieillards et des Enfants; Nous voyons avec douleur les pauvres, qui sont renfermés dans ces maisons, abandonnés, pour n\u2019être pas soutenus par la charité des Fidèles.10.\tComme i\u2019obligation la plus essentielle des Pasteurs, est l\u2019instruction de leurs ouailles, Nous ne pouvons nous empêcher de leur remettre devant les yeux le compte terrible qu\u2019ils auront à rendre à Dieu, s\u2019ils laissent périr les âmes sans leur donner la nourriture spirituelle: Nous jugeons que la plus nécessaire de toutes est le Catéchisme, où.ils doivent engager non-seulement les enfants de se trouver, mais les grandes personnes, surtout les pères de famille. \u2014 371 \u2014 11.\tSi les enfants ne peuvent pas venir tous les Dimanches et Fêtes à l\u2019Eglise, les Curés les doivent engager de venir quel-qu\u2019autre jour de la semaine le matin, pour entendre la sainte Messe et l\u2019instruction, afin de suppléer au moins par là en quelque chose à l\u2019obligation qu\u2019ils ont d\u2019entendre la Messe et d\u2019apprendre les vérités de la Religion dans le Catéchisme : Nous en avons fait dresser un pour l\u2019utilité de ce diocèse, que nous faisons imprimer, auquel nous désirons que tout le monde s\u2019arrête.12.\tNous ne saurions trop marquer aux Curés et Missionnaires le soin qu\u2019ils doivent prendre d\u2019avoir des Registres exacts des Baptêmes, Mariages et Sépultures, une feuille des Fêtes et des jeûnes commandés dans ce Diocèse, une feuille des Cas réservés au Pape, et à Monseigneur l\u2019Evêque ; une feuille des Cas auxquels il faut refuser l\u2019absolution ; et une feuille des Pratiques de piété à conseiller aux familles qui composent la Paroisse.Ces trois derniers articles doivent être observés par tous les Confesseurs Séculiers et Réguliers.13.\tNous leur recommandons particulièrement la décoration de leurs Eglises, la clôture des Cimetières, et de travailler pour avoir des Fonts Baptismaux ; et pour en pouvoir venir à bout, nous leur conseillons de faire chaque année une quête pendant l\u2019hiver dans l\u2019étendue de leur Paroisse.14.\tNous conjurons tous les Confesseurs Séculiers et Réguliers, de garder de grands ménagements de charité avec les Curés et Missionnaires chargés, par leur emploi, du soin des Ames de leur Paroisse, ne jugeant point convenable, conformément à la conduite de Saint Charles, qu\u2019ils reçoivent au Sacrement de Pénitence et qu\u2019ils accordent l\u2019absolution à ceux qui n\u2019en seraient pas trouvés dignes par leurs Pasteurs, ou qui feraient paraître contr\u2019eux une résistance ouverte et publique ; auquel cas nous les invitons de nous les renvoyer, ou à nos Grands Vicaires, afin que nous examinions leurs raisons, ou les fondements des peines et des plaintes qu\u2019ils pourraient avoir, pour y apporter des remèdes convenables.15.\tNous ne pouvons pas nous empêcher de gémir sur l\u2019abus qui s\u2019est glissé dans plusieurs paroisses, de sortir du Prône qui se fait durant la grande Messe ; ce mal qu\u2019on peut regarder \u2014 372 \u2014 comme la plus grande marque d\u2019indévotion et d\u2019irréligion qu\u2019on puisse donner, mérite que les Curés et autres Confesseurs agissent à l\u2019égard de ceux qui y tombent plusieurs fois, comme à l\u2019egard des scandaleux publics, auxquels on doit non-seulement refuser l\u2019absolution, mais môme la Communion.16.\tNous gémissons encore, sur la liberté que se donnent les jeunes gens, de proférer des paroles déshonnêtes et à double entente ; ce qui cause dans les mœurs une corruption universelle, qu\u2019on doit tâcher de déraciner en agissant avec eux, comme envers des impudiques d\u2019habitude, et des scandaleux.17.\tNous révoquons toutes les permissions verbales que nous aurions données ci-devant, de bénir des Ornements.Linges, et autres Vases sacrés, et même toutes les permissions verbales que nous aurions données ci-devant de confesser, à moins qu\u2019elles ne soient confirmées pendant ou après le présent Synode.18.\tAyant reconnu pendant les Visites que nous avons faites, dans les Villes et à la Campagne, que l\u2019on exposait plusieurs Reliques, dont on n\u2019avait pu nous montrer les Authentiques, Nous jugeons à propos d\u2019ordonner qu\u2019on nous montrera incessamment les dites Authentiques; sans quoi nous déclarons que nous défendons qu\u2019on les expose sur les Autels, ni même dans les Oratoires particuliers; ne désirant pas qu\u2019on en expose de nouveau, qu\u2019elles ne nous aient été présentées auparavant, etque nous n\u2019en ayons donné notre approbation et permission.19.\tNous jugeons aussi à propos de faire la même déclaiation sur les Indulgences qu\u2019on publie pour les Eglises des Villesetde la Campagne, dont nous désirons être informé ; défendant de publier les dites Indulgences, à moins qu\u2019elles ne soient examinées et approuvées de Nous, conformément aux règles de l\u2019Eglise.20.\tNous avons reconnb dans les Visites que nous avons faites des Paroisses de la Campagne, le besoin qu\u2019elles avaient de Chantres pour aider aux Curés à chanter l\u2019Office divin ; et comme il est très difficile d\u2019en trouver de bons, à cause qu\u2019on ne peut leur accorder d\u2019émoluments, Nous avons cru à propos de régler que, puisqu\u2019il est du devoir des Marguilliers d\u2019en procurer aux Curés qui ne peuvent eux seuls chanter la grande Messe, ni les autres Offices divins dans les lieux où ils ne pourront point leur donner d\u2019émoluments à cause de la pauvreté de la Paroisse, \u2014 3*73 \u2014 et où ils ne pourront leur fournir des surplis, les dits Chantres, quoique non revêtus des surplis jouiront des prérogatives d\u2019avoir le Pain-bénit, et l\u2019Eau-bénite devant les Marguilliers, qui se doivent faire un plaisir de leur accorder les dites prérogatives, puisque c\u2019est à eux à s\u2019acquitter des obligations de l\u2019Eglise, et à lui faire honneur.Cependant, il ne sera pas permis indifféremment à toutes sortes de personnes de se mettre dans les Bancs du Chœur, pour chanter et jouir des avantages accordés aux dits Chantres, mais seulement à ceux qui auront l\u2019approbation du Curé, et l\u2019agrément des Marguilliers.21.\tL\u2019impossibilité où se trouvent quelquefois les marguilliers des paroisses de la campagne de pouvoir fournir aux pressants besoins de l\u2019Eglise, les ayant obligés en quelques-unes, de se servir des fonds, des obits et des fondations, qui se trouvent ainsi aliénés, Nous nous croyons obligé ici de déclarer, que nous désapprouvons une telle disposition, que nous jugeons contraire à la raison et au bon ordre de l\u2019Eglise ; ainsi nous voulons que les dits marguilliers, qui seraient tombés dans les dites fautes, ou leurs successeurs dans les dits emplois, travaillent incessamment à rétablir les dits fonds aliénés ; déclarant que nous prendrons les voies les plus convenables pour les y contraindre ; défendant sur toutes choses, qu\u2019on tombe à l\u2019avenir en de pareilles fautes.22.\tLa pauvreté des Paroisses de la Campagne venant, en partie, de ce que les Marguilliers n\u2019ont pas soin de travailler à lui faire un revenu certain, en mettant des Bancs d\u2019une juste grandeur dans chaque Eglise, ou en les accordant à un prix trop bas ; Nous ordonnons que dans les Eglises où il n\u2019y aura point encore de Bancs, les Marguilliers en fassent faire, et les fassent ensuite crier à la porte de l\u2019Eglise, pour les accorder à ceux qui en feront le plus grand avantage de l\u2019Eglise : ce qui se pratiquera toutes les fois que ceux, «à qui les dits Bancs auront été accordés, mourront.Et à l\u2019égard du prix des dits Bancs, Nous ne désirons pas qu\u2019il soit fixé et arrêté parles Habitants ni par les Marguilliers, que préalablement le Curé ne nous en ait donné avis, pour savoir là-dessus notre sentiment, ou celui de nos Grands-Vicaires; ce qui remédiera à beaucoup d\u2019inconvénients.23.\tLes Curés tiendront la main que les Paroissiens présentent le Pain-bénit tous les Dimanches de l\u2019Année ; et le fournissent \u2014 374 \u2014 d\u2019un Cierge pour le présenter, lequel appartient de droit aux Curés; à moins que les Paroissiens n\u2019aiment mieux donner une petite rétribution pour le retirer de l\u2019Eglise.24.\tNous désirons aussi que les Curés des Villes et de la Campagne engagent leurs Paroissiens, qui auront besoin de manger de la viande pendant le Carême, de suppléer à l\u2019abstinence et au jeûne par quelqu\u2019aumône, s\u2019ils sont en état de la pouvoir faire- 25.\tNous croyons très important de renouveler un des Statuts de notre second Synode, qui impose une obligation particulière aux Curés et Missionnaires, de représenter aux Pères et aux Mères, l\u2019obligation qu\u2019ils ont de séparer de lit, les enfants de différent sexe, et de ne les point coucher avec eux, ces péchés étant ordinairement réservés aux Evêques dans les autres Diocèses.26.\tNous croyons aussi très important de recommander aux Curés des principales et plus grandes Paroisses de ce Diocèse, de travailler autant qu\u2019il leur sera possible, à convaincre les habitants de leurs Paroisses, des grands avantages qu\u2019ils recevront de l\u2019établissement d\u2019une maison des Sœurs de la Congrégation, pour l\u2019instruction des personnes de leur sexe.Nous déclarons que Nous sommes dans la disposition de fonder un revenu fixe pour le soutien et entretien de deux Sœurs dans les paroisses, où les habitants auront le courage de leur bâtir une maison solide ; et ce dans les quatre premières années après ce présent Synode.27.\tNous souhaitons renouveler les pouvoirs des Confesseurs, tant Séculiers que Réguliers des Villes, pour trois ans ; et ceux des Missionnaires Séculiers et Réguliers qui sont dans les Missions éloignées, pour cinq ; improuvant cependant avec beaucoup de fondement la négligence de plusieurs, qui faute de s\u2019instruire de nos Ordonnances, et de venir à Nous pour prendre de nouvelles Approbations de confesser, ont exposé, en continuant à le faire sans aucun pouvoir ni juridiction, les Ames qui se sont adressées à eux, à un grand danger de leur Salut.Nous déclarons que nous désirons qu\u2019ils se présentent à Nous chacun en particulier, quelques jours après le présent Synode, pour recevoir nos avis ; ce que nous voulons être observé toutes les fois que nous tiendrons nos Synodes ou Assemblées Ecclésiastiques.28.\tComme Nous ne croyons pas pouvoir nous dispenser de suivre l\u2019exemple des plus saints Evêques, et la pratique presque \u2014 375 \u2014 universelle de tous les Diocèses, dans lesquels les Confesseurs Séculiers et Réguliers ont besoin d\u2019une Approbation particulière pour confesser des Religieuses ; Nous déclarons que notre intention est, que ceux qui seront destinés par Nous à cet emploi de les confesser, prennent de Nous une Approbation particulière, que nous ne donnerons plus que par écrit, pour ne laisser plus aucun doute ; et Nous voulons qu\u2019aucun autre ne les puisse confesser, sans en avoir eu notre permission expresse.29.Nous prions Notre Seigneur de faire faire aux confesseurs une attention particulière sur les dispositions que doivent apporter les pénitents, pour approcher dignement du Sacrement de Pénitence, et sur la conduite qu\u2019ils doivent garder avec eux, pour ne pas accorder l\u2019absolution à ceux qui ne donnent pas de véritables marques de contrition pour le passé, et de ferme propos pour l\u2019avenir.Additions aux Statuts Synodaux, réglés dans la troisième Séance du Synode 1.\tPour éclaircir plus particulièrement quelques-uns des Cas réservés à Monseigneur l\u2019Evêque, il a été réglé que le premier des dits Cas réservés serait couché ainsi, plutôt que de l\u2019être de la manière dont il est dans l\u2019Ordonnance imprimée des Cas réservés : Ceux qui avec scandale profèrent, font, ou écrivent quelque chose extraordinairement injurieux contre Dieu, la Sainte Vierge, les Saints, et les choses Sacrées.2.\tA l\u2019égard du septième, qui regarde ceux qui mangent de la viande les jours défendus, il a été réglé, que ceux qui iront à la chasse de l\u2019Orignal pendant le carême doivent en demander permission aux Curés, lesquels doivent examiner les motifs, et la nécessité qu\u2019ils ont de faire ces Chasses, sans quoi on les traitera comme gens tombés dans le Cas réservé.3.\tA l\u2019égard du dixième, qui regarde ceux qui ne paient pas les Dîmes, Monseigneur l\u2019Evêque laisse aux Curés le pouvoir d\u2019examiner leurs Paroissiens sur leur insolvabilité, et de faire avec eux tel accommodement qu\u2019ils jugeront à propos, et pourront ensuite les recevoir à la Communion Pascale.4.\tIl a été arrêté encore, que les Enfants jusqu\u2019à l'âge de quatorze ans, et les femmes lesquelles ne pourraient pas être ren- \u2014 376 \u2014 vovées sans scandale, ne sont pas comprises dans les cas réservés ; Mais qu\u2019on leur retardera l\u2019absolution jusqu\u2019à ce qu\u2019elles se soient corrigées, selon la prudence du Confesseur.5.\tMonseigneur donne aussi pouvoir à tous les Curés et Missionnaires desservant les Paroisses et Missions, d\u2019absoudre des Cas réservés les personnes qui seraient trouvées y être tombées, et qui ne s\u2019en déclareraient que le jour qu\u2019ils voudraient se marier, s\u2019ils ne peuvent pas être renvoyés sans scandale.6.\tCeux qui voudront faire la bénédiction de l\u2019Eau-bénite, in cornu Epistolæ, la pourront faire, Monseigneur laissant cela libre.7.\tCeux qui pourront faire la Procession avant la Grand\u2019Messe dehors ou dedans l\u2019Eglise, la feront au moins quelquefois, surtout dans l\u2019été.8.\tLes curés prendront garde de ne pas rebaptiser les enfants qui ont été ondoyés, lorsqu\u2019ils n\u2019auront pas un fondement raisonnable de douter qu\u2019ils aient été bien ondoyés.9.\tIl a été réglé que tous les curés dans le diocèse, ne feront plus les fiançailles, qui se font avant le Mariage.10.\tLes Curés auront soin de garder la règle de la frugalité dans les repas qu\u2019ils feront le jour de la Fête de leur Patron, et autres jours.11.\tIl a été réglé que les Curés qui sont éloignés des Paroisses dont la Fête du Patron est chômée, n\u2019iront point à cette Fête, qu\u2019après avoir dit la Messe dans leur Paroisse avant de partir.12.\tIl a été aussi réglé qu\u2019ils auront soin de confesser les Enfants qui doivent recevoir la Confirmation, un mois avant la visite de Monseigneur l\u2019Evêque.13.\tSur les remontrances qu\u2019on a faites à Monseigneur l\u2019Evêque de changer !e Titre de l\u2019Eglise Saint Paul de Pile Saint-Laurent, il lui a donné à la place celui de Saint-Laurent, et le Titre de Saint-Paul sera réuni à l\u2019Eglise de Saint-Pierre dans la même Ile.14.\tAfin de remédier à l\u2019inconvénient de l\u2019ignorance qui se trouve en plusieurs de ceux qui cherchent à se marier, et qui ne sont pas instruits des choses nécessaires à salut, Nous défendons à tous les Curés et Missionnaires, de publier le second Ban avant \u2014 377 \u2014 que les Parties intéressées ne leur aient parlé chacune en particulier.Donné à Québec le 28 Février 1698.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur, G.la Colombière Serré, Prêtre.PERMISSION DONNÉE AU SÉMINAIRE DE QUÉBEC D\u2019ENVOYER DES MISSIONNAIRES CHEZ LES SAUVAGES DU MISSISSIPI JEAN-BAPTISTE, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec, dans la Nouvelle-France.A tous ceux qui les présentes verront, Salut et Bénédiction.Sur ce qui nous a été représenté par les Supérieur et directeurs du Séminaire des Missions Etrangères de Québec qu\u2019il y a beaucoup de nations au-delà et au deçà du fleuve de Mississipi et tout le long de ce fleuve et des rivières qui se déchargent dedans et ont communication avec les dits lieux, et que leur institut étant de s\u2019employer au salut des âmes des infidèles, ils auraient un grand désir de pouvoir travailler à la conversion d\u2019un si grand nombre de nations qui périssent malheureusement dans l\u2019infidélité dans tous ces pays si étendus et si peuplés manquant d\u2019être secourus, qu\u2019étant pour ce sujet dans le dessein d\u2019aller faire dans les dits lieux les établissements et missions qu\u2019ils jugeront les plus nécessaires et avantageux au bien de cette œuvre, ils nous priaient de leur accorder les pouvoirs nécessaires pour y aller dès à présent y commencer les dits établissements et missions; Nous poussé du désir d\u2019étendre la Foi dans tous les lieux que la divine Providence a confiés à nos soins et voulant donner des marques de l\u2019affection sincère que nous avons pour le Séminaire des Missions Etrangères dont nous désirons étendre les fonctions autant qu\u2019il est en nous, particulièrement en ce qui.regarde leur institut, Nous avons permis aux Supérieur et \u2014 318 \u2014 directeurs du dit Séminaire d\u2019envoyer des missionnaires dans tous les pays ci-dessus mentionnés, pour s\u2019établir dans tous les lieux qu\u2019ils jugeront les plus propres, les exhortant de tout notre pouvoir d\u2019y faire des établissements et missions, où ils puissent envoyer dans la suite des missionnaires de leur corps, sans qu\u2019il soit permis à d\u2019autres de différents corps d\u2019y faire des établissements que de leur consentement dans les lieux où ils se seront établis et dans les autres lieux mêmes qu\u2019ils auront choisis de notre agrément ou celui de nos Grands-Vicaires ; accordant à ceux qui seront envoyés par le dit Séminaire, pour faire les fonctions dans les dites missions, les privilèges à Nous concédés par le Saint-Siège ; bien entendu cependant que celui que les dits Supérieur et directeurs du dit Séminaire auront nommé de leur corps pour être supérieur des dites missions ou tel autre qu\u2019ils auront envoyé aux dits lieux en leur nom et de leur part pour y être supérieur, puisse révoquer ou restreindre les pouvoirs et privilèges susdits que Nous aurions accordés aux particuliers, s\u2019il le juge à propos, pour le bien de l\u2019œuvre, l\u2019établissant comme Grand-Vicaire, Supérieur et Général dans tous les dits lieux, déclaraut toutefois que notre intention est que les dits Supérieur et directeurs du Séminaire de Québec puissent changer le dit Supérieur des dites missions d\u2019en haut et en substituer un autre à sa place, quand ils le jugeront à propos, auquel cas les dits pouvoirs accordés par Nous par les présentes Patentes ne subsisteront plus à l\u2019égard de l\u2019ancien Supérieur des dites missions, mais seulement à l\u2019égard du nouveau.Fait à Québec, ce premier mai mil six cent quatre-vingt-dix-huit sous notre seing, celui de notre Secrétaire et scellé du sceau de nos armes.JEAN, Evêque de Québec.Par mon dit Seigneur, Lacolombière Serré, Ptre. \u2014 379 \u2014 PERMISSION AUX DIRECTEURS DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC D\u2019ENVOYER DES MISSIONNAIRES EN ACADIE JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous ceux qui les présentes lettres verront, Salut et Bénédiction.Sur ce qui nous a été représenté par les Supérieur et directeurs du Séminaire des Missions Etrangères de Québec qu\u2019outre la mission de Pentagouet que l\u2019on a déjà formée parmi les nations sauvages de l\u2019Acadie, il y aurait encore un très grand bien à faire dans l\u2019étendue de cette péninsule qui commence aux terres de Beaubassin, qui fait avec le Cap-Breton et autres iles adjacentes la terre du sud de l\u2019Acadie, et que le bien est d\u2019autant plus certain que les sauvages de ce côté demandent avec instance depuis plusieurs années d\u2019être instruits et secourus ; nous ayant de plus représenté que leur institut étant de s\u2019employer au salut des âmes des infidèles, ils auraient un grand désir de continuer de ce côté du sud ce qu\u2019ils ont commencé de faire depuis déjà plus de douze ans du côté de la terre du nord du -dit pays de l\u2019Acadie, et d\u2019y travailler à la conversion de ces peuples qui périssent malheureusement faute d\u2019être secourus, qu\u2019étant pour ce sujet dans le dessein d\u2019aller faire dans ces lieux les établissements qu\u2019ils jugeront les plus nécessaires et avantageux au bien de cette œuvre, ils nous prient de leur accorder les pouvoirs nécessaires pour y aller dès à présent commencer les dits établissements ; Nous, poussé du désir d\u2019étendre la foi dans tous les lieux que la Providence a confiés à nos soins, et voulant donner des marques de l\u2019affection sincère que nous avons pour le Séminaire des Missions Etrangères, dont nous désirons étendre les fonctions autant qu\u2019il est en nous, particulièrement en ce qui regarde leur institut, nous avons permis aux Supérieur et directeurs du dit Séminaire d\u2019envoyer des missionnaires dans les lieux de l\u2019Acadie ci-dessus mentionnés, pour s\u2019établir dans les lieux qu\u2019ils jugeront les plus propres, les exhortant de tout notre pouvoir d\u2019y faire des établissements et missions où ils puissent envoyer dans la suite \u2014 380 \u2014 des missionnaires de leur corps, sans qu\u2019il soit permis à d\u2019autres de différents corps de faire dans toute la dite étendue des établissements que de leur consentement, accordant à ceux qui seront envoyés par le dit Séminaire pour faire les fonctions dans les dites missions, les privilèges à Nous accordés par le Saint-Siège, bien entendu cependant que celui que les dits Supérieur et directeurs du dit Séminaire auront nommé de leur corps pour être supérieur des dites missions, ou tel autre qu\u2019ils auront envoyé aux dits lieux en leur nom et de leur part pour y être supérieur, puisse révoquer ou restreindre les pouvoirs et privilèges susdits que nous aurions accordés aux particuliers, s\u2019il le juge à propos pour le bien de l\u2019œuvre, l\u2019établissant comme Grand-Vicaire, Supérieur et Général de toutes les missions sauvages de toute l\u2019Acadie, déclarant toutefois que notre prétention est que les dits Supérieur et directeurs du dit Séminaire de Québec puissent changer le dit Supérieur des dites missions de l\u2019Acadie et en substituer un autre à sa place, quand ils le jugeront à propos, auquel cas les dits pouvoirs accordés par nous par ces présentes Patentes ne subsisteront plus à l\u2019égard de l\u2019ancien Supérieur des missions, mais seulement à l\u2019égard du nouveau.Donné à Québec le 4 mai 1698 sous notre seing et contre-seing de notre secrétaire et scellé du sceau de nos armes.JEAN, Evêque de Québec.Par mon dit Seigneur, Ducharme.PERMISSION CONCERNANT LES MISSIONS DU MISSISSIPI CONFIRMÉE ET RESTREINTE AUX SEULS MISSIONNAIRES ENVOYÉS PAR LE SÉMINAIRE.JEAN-BAPTISTE, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec dans la Nouvelle-France.A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut et Bénédiction.Quoique par nos lettres patentes du 1er jour de mai de la présente année mil six cent quatre-vingt-dix-huit, Nous ayons \u2014 381 \u2014 accordé aux Supérieur et directeurs du Séminaire des Missions Etrangères de Québec un ample pouvoir de s\u2019établir et l'aire des missions dans toutes les nations qui sont au-delà et au-deçà du fleuve de Mississipi et tout le long de ce fleuve et des rivières qui se déchargent dedans et ont communication avec les dits lieux, néanmoins sur ce qu\u2019ils nous ont représenté qu\u2019il pouvait arriver que d\u2019autres missionnaires, qui ne seraient pas de leur corps, prétendraient peut-être, en vertu des lettres patentes à eux par nous ci-devant accordées, les exclure du droit de s\u2019établir et faire des Missions chez les Sauvages dits Tamarois, qui sont entre les Illinois et les Acanceas, ce qui ferait un grand préjudice aux missions des dits Supérieur et directeurs du dit Séminaire des Missions Etrangères de Québec, attendu que les lieux où demeurent les Sauvages ci-dessus dits Tamarois sont comme la clef et le passage nécessaire pour aller aux nations plus avancées et s\u2019en faciliter l\u2019abord, et que par suite il est d\u2019une grande importance au dit Séminaire des Missions Etrangères de pouvoir établir dans les dits lieux dits Tamarois quelques résidences et y faire des missions ; Nous, voulant ôter tous les obstacles qui pourraient empêcher l\u2019exécution de l\u2019entreprise très louable qu\u2019ont les dits Supérieur et directeurs du dit Séminaire de porter la Foi dans tous les pays ci-dessus, leur avons permis et permettons par les présentes d\u2019envoyer de leurs missionnaires chez les dits Sauvages Tamarois et d\u2019y faire telles résidences et établissements et missions qu\u2019ils jugeront à propos.Nous confirmons de plus par ces présentes tous les pouvoirs, facultés et permissions par nous accordés aux dits Supérieur et Directeurs du dit Séminaire des Missions Etrangères de Québec par nos dites lettres patentes du 1er jour de mai de la présente année, et généralement tout ce qui est contenu dans les dites lettres patentes.Donné à Québec ce quatorzième jour de juillet mil six cent quatre-vingt-dix-huit, sous notre seing et celui de notre Secrétaire et scellé du sceau de nos armes.JEAN, Evêque de Québec.Par mon dit Seigneur, Lacolombière Serré, Ptre. \u2014 382 \u2014 ORDONNANCE POUR RÉFORMER L\u2019INJUSTICE DES MARCHANDS QUI PRENNENT LE 33e PAR CENT DES VOYAGEURS, ET CELLE DU PRÊT DES BESTIAUX JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous les curés, missionnaires, confesseurs, et à tous les fidèles de notre diocèse, Salut en Notre Seigneur.Ayant gémi longtemps sur quelques in justices qui régnent par tout ce diocèse, et voyant que tous les efforts que nous avons faits jusqu\u2019ici par plusieurs assemblées que nous avons tenues et par bien d\u2019autres manières, n\u2019ont point donné de bornes à la cupidité de ceux qui veulent s\u2019enrichir par toutes sortes de voies ; étant obligé d\u2019ailleurs d\u2019éclaircir ceux qui auraient bonne volonté de suivre les règles de la justice et de la charité, nous avons cru qu\u2019il ne fallait pas différer davantage de nous expliquer sur une matière qui nous parait d\u2019une si grande importance au bien des consciences et qui met la plupart des négociants et des habitants de ce diocèse dans le péril de leur salut.A ces causes nous déclarons que conformément à plusieurs de nos ordonnances dans lesquelles nous nous sommes si clairement expliqué sur l\u2019injustice de ceux qui prêtent leur argent sans aliéner le fonds ou sort principal dont ils se réservent la disposition, au-delà duquel ils ne laissent pas de prendre des intérêts sans être dans le cas ou du dommage naissant ou de lucre cessant, qui sont les deux seuls qui autorisent de prendre quelque chose au-dessus du sort principal, en observant néanmoins sur ces deux titres les conditions marquées dans nos ordonnances, et qui ne se trouvent pas en la plupart de ceux qui prêtent.Nous condamnons comme illicite et usuraire le commerce des marchands qui sans être dans les dits cas, équippent les voyageurs qui vont aux Outaouais ou ailleurs, à la charge que ceux-ci leur paieront au retour en castor les marchandises qu\u2019ils auront, sur le pied de 33 par cent, sans que les marchands veuillent risquer leurs effets qu\u2019ils obligent les voyageurs à leur rembourser en castor quoiqu\u2019il arrive, en sorte que s\u2019ils ont prêté à ceux-ci mille écus en argent ou en marchandises, \u2014 383 \u2014 ils exigent qu\u2019au retour de leur voyage les mômes voyageurs soient obligés de leur rendre mille écus en castor qui sont 4000 livres, ce qui fait environ trente quatre livres pour cent de profit.Nous déclarons illicite et usuraire ce que les marchands prendront des voyageurs au-delà du sort principal, excepté ce que le prêt qu\u2019ils ont fait leur fait ou souffrir de véritable dommage, après qu\u2019ils en auront averti les dits voyageurs, ou perdre d\u2019un lucre qu\u2019ils étaient comme assurés de retirer, de l\u2019argent qu\u2019ils étaient résolus et prêts d\u2019employer au commerce, en voulant sincèrement profiter de l\u2019occasion qui s\u2019en présentait, en sorte cependant que l\u2019intérêt qu\u2019ils exigeront des dits voyageurs ne soit pas égal au profit qu\u2019ils pourraient espérer s\u2019ils eussent exposé leur argent au commerce, d\u2019autant que pouvoir avoir un bien n\u2019est pas la même chose que de l\u2019avoir en effet; enfin il faut que la taxe s\u2019en fasse équitablement et de bonne foi, eu égard aux dépenses, aux dangers, aux peines et autres circonstances etc.Nous condamnons à plus forte raison comme illicite et usuraire la convention des marchands qui exigent d\u2019être remboursés en castor sur le pied ci-dessus, de ce qu\u2019ils ont prêté en blé, en lard et en autres choses semblables, aux familles des voyageurs pendant leur absence, quand ceux-ci seront de retour.Nous condamnons encore comme illicite et usuraire les baux et affermements des bestiaux qui se font sans que le bailleur ou propriétaire veuille risquer ses bêtes qu\u2019il prétend devoir périr ou en tout ou en partie pour le fermier, quoiqu\u2019il oblige ce dernier à lui donner une partie du profit des bestiaux.Car ce contrat de société est une sorte de prêt en vertu duquel on ne peut tirer profit sans usure.C\u2019est pourquoi nous déclarons que les bestiaux doivent périr pour le bailleur à moins qu\u2019ils ne périssent par la faute du preneur; que s\u2019il est douteux que la bête ait péri par la faute du preneur, ou sans sa faute, en ce cas nous jugeons que la perte en doit être portée également par le bailleur et par le preneur, et qu\u2019au surplus les conventions se doivent faire entre lui et le fermier en y gardant les conditions d'équité et de raison eu égard à la qualité et au rapport des bestiaux et aux dépenses qu\u2019il faut faire pour leur nourriture.Enjoignons aux curés, missionnaires et confesseurs séculiers et réguliers de tenir la main à l\u2019exécution de la présente ordonnance et d\u2019interroger souvent leurs pénitents sur les articles qui y sont contenus, pour savoir d\u2019eux s\u2019ils ne sont \u2014 384 \u2014 point dans les cas marqués ci-dessus et s\u2019ils observent sur cela les règles de la justice que nous leur faisons connaître.Donné à Québec, le 9e jour de mars 1700 sous le sceau de nos armes et contre-seing de notre Secrétaire.JEAN, Evêque de Québec.MANDEMENT POUR ÉTABLIR LA FÊTE DU SACRÉ CŒUR DE JÉSUS AUX URSULINES DE QUÉBKO JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut et Bénédiction.Sur les très humbles supplications qui nous ont été faites par nos très chères filles les religieuses Ursulines de Québec, de vouloir bien leur permettre de célébrer publiquement dans leur église la fête du Très Sacré Cœur de N.S.Jésus-Christ, dont il a plu à Dieu d\u2019inspirer la dévotion à quelques saintes âmes et la rendre depuis quelques années, par leur moyen, très recommandable en plusieurs lieux où la fête de ce Très Saint Cœur est instituée et célébrée avec une grande solennité par l'approbation ou permission des Evêques des lieux ; Nous désirant de favoriser la piété des religieuses et de contribuer autant qu\u2019il est en nous à l\u2019augmentation de la dévotion susdite, et considérant que le St Esprit fait une très expresse et honorable mention de ce Très Sacré Cœur en plusieurs endroits des Ecritures Saintes, et qu\u2019étant le siège de l\u2019amour et de la charité divine, il est par conséquent l\u2019origine de toute sainteté et la source de toutes les bénédictions qui sont répandues sur les hommes ; avons permis comme nous permettons par les présentes à nos dites filles les religieuses Ursulines de Québec, de célébrer tous les ans dans leur église, le vendredi immédiatement suivant après l\u2019octave de la fête du Très Saint Sacrement, une fête particulière en l\u2019honneur du Sacré Cœur de N.S.J.C., pour laquelle elles feront célébrer en ce jour la sainte messe propre de cette fête, et \u2014 385 \u2014 chanteront pareillement les vêpres propres de l\u2019office qui en a été avec la messe dressé, et auxquels après les avoir lus nous avons très volontiers donné notre approbation.Nous désirons même qu\u2019elles célèbrent cette fête avec la plus grande solennité qu\u2019il se pourra, voulant qu\u2019elles puissent ce jour faire exposer le Très Saint Sacrement dans leur dite église, et y faire prêcher les louanges de ce divin Cœur en la manière accoutumée et reçue en l\u2019Eglise.Nous leur permettons de plus de faire imprimer l\u2019office et la messe ci-dessus, laquelle pourra être aussi célébrée par les prêtres séculiers et réguliers de notre diocèse selon qu\u2019ils en auront la dévotion.Nous exhortons encore les fidèles de notre diocèse d\u2019assister volontiers et avec ferveur à cette solennité et d\u2019y donner les marques d\u2019une tendre et sincère dévotion envers le Très Sacré Cœur de N.S.Jésus-Christ.Donné à Québec le 30e jour de mars de l\u2019année 1700 sous notre seing le sceau de nos armes et le contre seing de notre Secrétaire.JEAN, Evêque de Québec, (a) MANDEMENT pour l\u2019établissement de la fête du sacré cœur de marie a l\u2019hôtel-dieu de QUÉBEC JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous ceux qui les présentes lettres verront, Salut et Bénédiction.Sur la très humble supplication qui nous a été faite par nos chères filles en Notre Seigneur les religieuses hospitalières de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, de vouloir bien leur permettre de célébrer publiquement dans leur église la fête du Très Saint Cœur de la Sainte Vierge, dont il a plu à Dieu d\u2019inspirer la dévotion à quelques saintes âmes, et de la rendre depuis quelques années recommandable par leur moyen en plusieurs lieux où la fête de (\u201c) Semblable mandement fut adressé aux fidèles de l'Acadie le 4 mai 1700.25 \u2014 386 \u2014 ce Sacré Cœur est instituée et célébrée avec solennité, par l\u2019approbation et permission des Evêques des lieux ; Nous désirant favoriser la piété des dites religieuses et contribuer autant qu\u2019il est en nous à la dévotion susdite, considérant que ce Très Sacré Cœur étant le siège de l\u2019amour et de la charité, il est par conséquent plein de sainteté et le canal de toutes les bénédictions qui sont répandues sur tous les hommes, avons permis comme nous permettons par ces présentes à nos dites filles religieuses Hospitalières de l\u2019Hùtel-Dieu de Québec, de célébrer tous les ans dans leur église, le troisième jour de juillet, une fête particulière en l\u2019honneur du Très Sacré Cœur de la Sainte Vierge, Mère de Dieu.Nous désirons même qu\u2019elles la célèbrent avec le plus de solennité qu\u2019il se pourra, leur permettant en ce jour de faire exposer le Très Saint Sacrement dans leur dite église, et y faire prêcher les louanges de ce Divin Cœur en la manière accoutumée reçue dans l\u2019Eglise.Nous exhortons les fidèles de notre diocèse d\u2019assister volontiers et avec ferveur à cette solennité et de donner des marques d\u2019une tendre et sincère dévotion envers ce Très Saint Cœur.Donné à Québec le troisième jour de juillet sous notre seing, le sceau de nos armes et contre-seing de notre Secrétaire.JEAN, Evêque de Québec.MANDEMENT POUR LA PUBLICATION DU CATÉCHISME JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A nos Chers Frères en Notre-Seigneur, les Curés, Missionnaires et Fidèles de notre Diocèse, Salut.L\u2019obligation indispensable qu\u2019ont tous les Pasteurs d\u2019instruire leur peuple, et celle qu\u2019ont tous les Fidèles d\u2019apprendre les vérités nécessaires à salut, nous pressaient depuis longtemps de faire un Catéchisme à l\u2019usage de ce Diocèse ; mais ce qui nous engage davantage à vous le donner, ce sont les plaintes que vous faites \u2014 38V tous les jours, de ne trouver rien d\u2019uniforme dans la manière d\u2019instruire ; et les prières que vous avez tant de fois réitérées, de vous mettre entre les mains un Catéchisme, qui pût être appris également en tous les lieux de ce Diocèse, soit dans les Villes, soit dans les Paroisses de la Campagne.Le grand Père de famille qui vous a choisis, et appelés avec nous pour instruire sous notre autorité les enfants et autres personnes qui sont sous votre conduite, ne manquera pas de répandre sa bénédiction sur les vérités que vous annoncerez, si vous le faites à propos, et selon les règles que nous vous prescrivons.Pour vous aider dans ce ministère, nous vous les présentons dans ce Livre que nous vous adressons, lequel quoique succinct en paroles, contient néanmoins en substance les plus importantes vérités et maximes de la Religion, que tous les Chrétiens doivent savoir et pratiquer, lesquelles vous devez souvent inculquer aux peuples qui vous sont soumis.Nous nous sommes principalement appliqués à le disposer de telle manière, qu\u2019il pût être utile à toutes sortes de personnes, aux enfants et aux personnes plus avancées en âge et en la connaissance des Mystères ; en sorte que nous pouvons dire avec l\u2019Apôtre Saint Jean : Scribo v ob filioli, scribo vobis patres, scribo vobis infantes, scribo vobis juvenes.C\u2019est aux enfants, aux jeunes gens, aux pères et aux mères, et à tous les Fidèles de notre Diocèse que nous écrivons.Nous laissons cependant à votre prudence de marquer à ceux que vous devez instruire ce qui leur conviendra, et ce qui sera plus à leur portée.Vous avez trois sortes de personnes à instruire.Les premiers sont ceux qui commencent, ou qu\u2019il faut disposer au Sacrement de Pénitence et de la Confirmation.Les seconds sont ceux que l\u2019on prépare à la Communion.Les troisièmes sont ceux qui ont déjà communié, ou qui sont plus avancés dans la connaissance des Mystères.Vous donnerez aux premiers le petit Catéchisme ; aux seconds le Catéchisme de la Doctrine Chrétienne, et si vous les trouvez assez avancés, celui de l\u2019Histoire Sainte ; et aux troisièmes, le Catéchisme des Fêtes avec celui de l\u2019Histoire Sainte.Nous avons mis au commencement de chaque Leçon de petits sommaires tirés de l\u2019Ecriture Sainte, afin de vous aider à faire \u2014 388 \u2014 (avant que d\u2019interroger les enfants) un petit récit ou discours succinct et solide, plein de piété et d\u2019onction qui leur donne l\u2019idée des vérités dont vous leur donnerez l\u2019explication; car lorsque vous aurez à expliquer un Mystère ou un Sacrement, vous devez mettre pour fondement ce qui se sera passé dans l\u2019accomplissement de ce Mystère, ou dans l\u2019institution de ce Sacrement.A la fin de chaque Leçon nous avons ajouté quelques Histoires de l\u2019Ecriture Sainte, parce que l\u2019expérience apprend qu\u2019elles réveillent l\u2019attention, et donnent le moyen d\u2019insinuer agréablement la Sainte Doctrine dans les cœurs.Il sera nécessaire de commencer et de finir toujours le Catéchisme par la Prière, et de ne jamais commencer l\u2019explication d\u2019une nouvelle Leçon, qu\u2019après avoir fait répéter les choses qui auront été dites dans la dernière, et particulièrement les plus difficiles et les plus importantes.Faites entendre aux Pères et Mères de famille, qu\u2019ils sont les premiers chargés de l\u2019instruction de leur famille, et qu\u2019étant obligés d\u2019instruire leurs enfants et leurs domestiques, ils doivent eux-mêmes leur apprendre les Mystères de notre Religion, à moins qu\u2019ils ne veuillent passer pour des Infidèles, en négligeant cette instruction.Et parce que nous souhaitons de voir une manière uniforme d\u2019enseigner la Doctrine Chrétienne dans tout notre Diocèse, d\u2019autant que l\u2019uniformité des expressions est une marque sensible de l\u2019unité de la Foi et des sentiments ; Nous vous mandons de vous attacher uniquement à ce Catéchisme, et nous vous défendons de vous servir en public d\u2019aucun autre.Et afin que personne n\u2019ignore nos intentions, nous avons fait mettre notre Mandement au commencement de ce Catéchisme ; nous désirons qu\u2019il soit publié aux prônes des Messes de Paroisses.Fait à Québec, dans notre Maison Episcopale, ce premier Septembre 1700.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur, De la Colombière Serré \u2014 389 \u2014 LETTRE PASTORALE TOUCHANT LA CONFESSION ET LA COMMUNION PASCALE JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A nos très chers Frères en notre Seigneur, les Curés, Missionnaires, et autres Prêtres Séculiers ou Réguliers approuvés par Nous pour confesser dans notre Diocèse, Salut et Bénédiction.La faiblesse et la tiédeur des Chrétiens de ces derniers siècles ayant porté l\u2019Eglise dans le Concile général de Latran de s\u2019accommoder comme une bonne Mère à l\u2019état présent de ses enfants, et de condescendre à l\u2019usage qui s\u2019était introduit par leur indévotion de ne communier plus qu\u2019une fois l\u2019année dans la quinzaine de Pâques, au lieu de plusieurs fois qu\u2019ils y étaient obligés auparavant, Nous avons cru être obligé pour Nous acquitter de notre Charge, de faire observer exactement ce qu\u2019elle a établi sur ce sujet dans le Canon qu\u2019elle en a dressé en ce Concile, et depuis renouvelé dans celui de Trente ; et de faire remarquer à ceux qui sont tombés dans une si grande insensibilité pour leur salut et dégoût des choses saintes, qu\u2019ils passent plusieurs années sans s\u2019approcher des Sacrements de la Pénitence et de la sainte Communion, qu\u2019ils encourent toutes les peines portées par ce saint Décret, qui sont les plus rigoureuses que l\u2019Eglise puisse lancer contre ses enfants rebelles.A ces Causes, Nous vous ordonnons de publier à votre Prône le premier Dimanche de Carême et à celui de la Passion, le dit Canon, omnis utriusque sexus, et de l\u2019expliquer en la Langue vulgaire le plus intelligiblement qu\u2019il vous sera possible, afin qu\u2019aucun de vos Paroissiens ne le puisse ignorer.Nous vous ordonnons de plus, de leur faire part de la conduite que Nous désirons que vous gardiez à leur endroit, et des avis que Nous vous avons donnés plusieurs fois, et que Nous vous réitérons ici; afin que vos Paroissiens n\u2019en prétendent cause d\u2019ignorance.Et s\u2019il s\u2019en trouve quelques-uns qui, au mépris de la présente Ordonnance et de vos avertissements, négligent de se confesser et de faire la Communion Pascale en leur Paroisse, Nous voulons qu\u2019ils soient avertis et requis cano- 390 \u2014 niquement de Notre part dans votre Messe de Paroisse, l\u2019une des deux Fêtes de Pâques, en la manière marquée à la fin des Présentes, de satisfaire à cette obligation ; qu\u2019autrement il sera procédé contr\u2019eux par la rigueur portée par le dit Canon.JEAN, Evêque de Québec.STATUTS PUBLIÉS DANS LE QUATRIÈME SYNODE TENU A QUÉBEC LE 8 OCTOBRE 1700 I Le peu d\u2019exactitude qu\u2019on a eu jusqu\u2019ici à observer nos Ordonnances, et nos Statuts Synodaux, nous convainquant du peu de soin que l\u2019on a de s\u2019en instruire, et de se regarder comme obligés de les suivre, nous engage de représenter vivement à tous les les Curés, Prêtres, Confesseurs Séculiers et Réguliers de ce Diocèse, l\u2019obligation indispensable que nous leur imposons de la part de Dieu, de les lire et de les pratiquer, surtout en ce qui regarde l\u2019administration des Sacrements de Pénitence, et d\u2019Eu-charistie, que nous appréhendons avec beaucoup de fondement n\u2019être pas dispensés au poids du sanctuaire.II Nous réitérons l\u2019obligation que nous leur avons déjà imposée dans plusieurs de nos Synodes, de les lire une fois chaque année, avec le Livre des avis de Saint Charles, dont nous croyons la lecture nécessaire à tous ; même à ceux qui par leur âge et leur expérience croiraient en pouvoir être dispensés, ce que nous déterminons ainsi, voyant avec douleur beaucoup de relâchement de la discipline Ecclésiastique dans les Villes et dans les Paroisses de la campagne, où les pécheurs d\u2019habitude trouvent aisément l\u2019absolution sans quitter leurs péchés et leur usure.III Nous sommes persuadé que les Curés ne peuvent donner une instruction plus utile à leurs Paroissiens, que de leur expliquer en particulier les dites Ordonnances et Statuts, parce qu\u2019ils i \u2014 391 \u2014 n\u2019ont été faits que pour remédier aux désordres des Paroisses, ils doivent réitérer au peuple la lecture de celles dont la connaissance et la pratique leur est nécessaire.IV Le peu de fermeté que font paraître les Confesseurs à refuser, ou à différer l\u2019absolution aux pénitents, selon l\u2019exigence des Cas, étant la cause la plus probable, et la plus assurée du peu d\u2019amendement qu\u2019on voit dans les peuples, nous ne saurions trop vivement leur représenter l\u2019attention qu\u2019ils doivent faire sur la dispensation du sang adorable de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est appliqué très souvent aux personnes indignes, qui ne veulent point se convertir, quitter leurs mauvaises habitudes, abandonner leurs usures, ni suivre les avis de leurs Pasteurs.Ce qui nous oblige de leur remettre devant les yeux l\u2019Ordonnance de Monseigneur le Cardinal de Grimaldi Archevêque d\u2019Aix, reçue et autorisée pour ce Diocèse dans notre second Synode, tenu à Ville-Marie le 10 Mars 1694, qui contient les Cas ordinaires auxquels les Confesseurs doivent refuser ou différer l\u2019absolution.V Nous jugeons à propos de faire remarquer que nous avons été vivement touché du peu de déférence qu\u2019ont fait paraître quelques Confesseurs Séculiers et Réguliers au sentiment des Curés dans leurs propres Paroisses, dans lesquelles au lieu de les soutenir suivant les avis de Saint Charles, ils ont mieux aimé préférer leurs lumières, et donner une fausse sécurité aux pénitents par des absolutions précipitées que de se rendre à leurs sentiments.C\u2019est ce qui nous engage à renouveler les articles 22 et 23 des Statuts de notre second Synode, où il est dit : Il ne sera permis à chaque Curé de confesser que dans sa Paroisse, et non pas dans celle d\u2019un autre, à moins qu\u2019il n\u2019ait une permission de nous par écrit, ou qu\u2019il n\u2019en soit prié par le propre Pasteur de la Paroisse.Mais comme nous ne remédierions pas encore par là aux surprises que l\u2019on fait tous les jours aux Confesseurs dans les Paroisses de la Campagne, où souvent les pécheurs trouvent moyen d\u2019avoir l\u2019absolution des Prêtres qui ne les connaissent point, et que l\u2019on va trouver durant leur voyage, Nous décla- \u2014 392 \u2014 rons que notre intention est que les Confesseurs Séculiers et Réguliers de ce Diocèse qui feront voyage ne confessent librement que dans les Missions où il n\u2019y aura point de Missionnaire résident, afin que ceux qui sont abandonnés par la rareté des Prêtres, ne soient pas privés du secours que les peuples peuvent avoir dans les autres endroits ; mais quand ils seront dans les Missions où ils apprendront qu\u2019il y aura des Curés ou Missionnaires résidents, Nous voulons qu\u2019ils n\u2019y confessent pas (hors le cas d\u2019une extrême nécessité) qu\u2019ils n\u2019en soient priés par les Curés et Missionnaires, et après s\u2019être entretenus avec eux des moyens de faire sortir les pécheurs publics de leurs scandales, ou qu\u2019ils y soient envoyés par nous, ou par nos Grands Vicaires, comme en effet nous promettons d\u2019en envoyer tous les ans dans les principales et plus grandes Paroisses de ce Diocèse.VI Nous exhortons les Curés et autres Pasteurs, de tâcher d\u2019engager tous les ans, ou tous les deux ans, quelque Missionnaire extraordinaire pour faire Mission dans leurs paroisses, ou au moins quelques confesseurs pour donner plus de liberté à leurs Paroissiens, en les obligeant de s\u2019y adresser.VII Les Curés auront soin de dire la Messe de Paroisse les Dimanches et Fêtes, à l\u2019heure marquée par nos Ordonnances et Statuts Synodaux, de quitter pour cela les confessions et autres choses où l\u2019on pourrait être occupé, cette fonction publique devant être préférée à toutes les autres bonnes œuvres qu\u2019ils pourraient faire.VIII Us ne doivent laisser passer aucunes Fêtes et Dimanches sans annoncer la parole de Dieu, d\u2019une manière solide, claire, intelligible ; mais en même temps très courte, l\u2019expérience nous apprenant que les longs Sermons excitent plutôt à l\u2019impatience qu\u2019à la pratique des vertus.IX Nous conjurons les Curés et Missionnaires de se rendre très fidèles à faire chaque année une retraite pour se renouveler dans \u2014 393 \u2014 l\u2019esprit Ecclésiastique, et se mettre en état de faire leurs fouctions, et de remplir toutes les obligations de leur état avec plus de fidélité.X Ils doivent être fort soigneux de se fournir des saintes Huiles en envoyant leurs boites pour les faire remplir, dont ils ne chargeront autant qu\u2019ils pourront qu\u2019un Prêtre ou un Ecclésiastique.XI Nous les exhortons à s\u2019instruire de la forme de faire des Testaments, afin que lorsqu\u2019ils seront requis d\u2019en faire pour les moribonds, ils puissent leur rendre un service si utile, et si nécessaire à la paix des familles; Nous en avons mis pour cela une formule dans le Rituel que nous avons fait, où ils pourront voir ce qui est nécessaire d\u2019observer, pour rendre un Testament valide.Le moindre manquement étant capable de le rendre défectueux.XII Nous vous présentons, nos très chers Frères, le Rituel que vous avez désiré depuis si longtemps, et que nous avons fait pour le bon ordre de ce Diocèse, et pour l\u2019uniformité de la discipline Ecclésiastique.Nous vous assurons que dans le voyage que nous allons faire en France pour les besoins de cette Eglise (que vous devez recommander à Notre Seigneur), Nous le ferons imprimer pour vous l\u2019envoyer ou l\u2019apporter nous-même le plus tôt qu\u2019il nous sera possible.XIII Vous y trouverez non-seulement des Règlements pour le bon ordre des Paroisses, mais même pour celui des Villes ; et entre les autres, nous avons jugé à propos d\u2019y joindre un Règlement pour les Conférences Ecclésiastiques, et d\u2019y mettre des sujets de piété et de doctrine pour s\u2019en entretenir, croyant avec raison qu\u2019un moyen qui a paru si efficace à tous les saints Evêques, et qui est presqu\u2019en usage universellement partout, pourra produire le même bien dans ce Diocèse.XIV Nous sommes un peu affligé en partant de n\u2019avoir point trouvé les choses disposées pour fa:re la consécration des Eglises de \u2014 394 \u2014 pierre qui ont été faites dans les Villes et dans les Campagnes, nous jugeons nécessaire de vous avertir de les tenir disposées pour notre retour.XV Comme l\u2019approbation que nous avons donnée aux Confesseurs Séculiers et Réguliers, n\u2019a été que pour trois années, et qu\u2019elle doit finir au commencement de l\u2019année prochaine où nous serons absent, Nous voulons bien auparavant notre départ renouveler leurs pouvoirs ; ce qui nous engage à demander aux Supérieurs des Communautés Séculières et Régulières, la liste des Prêtres de leurs Communautés qu\u2019ils estiment les plus propres pour confesser à la Ville, ou à la Campagne, dans les Missions de Français, et de Sauvages, que nous avons confiées à leurs soins, lesquelles permissions nous accorderons par écrit, afin que ceux à qui nous confierons la conduite de ce Diocèse durant notre voyage et séjour en France, ne puissent être embarrassés dans ce qu\u2019ils auront à faire.XVI Nous déclarons que la dite approbation sera révocable ad nutum et qu\u2019elle ne durera pour l\u2019avenir que le temps qui se passera d\u2019une Assemblée Ecclésiastique à une autre ; en sorte que lorsque nous tiendrons les Assemblées, ou que nous les ferons tenir par nos Grands Vicaires durant notre absence, les Confesseurs Séculiers et Réguliers seront obligés de faire renouveler leurs pouvoirs.Nous exceptons néanmoins de ce nombre ceux des Prêtres Séculiers et Réguliers, qui étant dans des pays éloignés, ne pourraient pas avoir recours à Nous, ni à nos Grands Vicaires qui sont ici, dont l\u2019approbation pour faire leurs fonctions, subsistera jusqu\u2019à ce que nous jugions à propos de la révoquer.XVII Nous ne pouvons nous empêcher de remettre devant les yeux des Pasteurs et des Curés, l\u2019obligation où ils sont de connaître par eux-mêmes, au moins dans le temps de Pâques leurs Paroissiens, pour se mettre en état de leur donner les Conseils nécessaires pour bien conduire leur famille, pour leur apprendre le respect et l\u2019obéissance qu\u2019ils doivent rendre à leurs Supérieurs \u2014 395 \u2014 spirituels et temporels, l\u2019obligation qu\u2019ils ont d\u2019assister à leur Paroisse les jours de Fêtes et de Dimanches et de sanctifier ces saints jours par leurs prières et leurs bonnes œuvres, au lieu de les destiner à faire des voyages et autres affaires temporelles, et afin qu\u2019ils le fassent plus efficacement, ils leur feront la lecture du 6e et 7e Article de notre troisième Synode qu\u2019ils auront soin de leur expliquer.XVIII Nous déclarons par ce présent Statut, que la Confession et Communion qui sera faite dans le temps de Pâques à un Missionnaire Etranger, Séculier ou Régulier, ne sera point regardée comme une Confession et Communion Pascale, à moins que l\u2019une et l\u2019autre ne soient faites de l\u2019aveu et du consentement des Curés ou Missionnaires, ce qui sera aisé de connaître par les billets ou permissions que les Curés de la Campagne donneront pour se confesser à d\u2019autres, en leur donnant le choix de plusieurs des plus vertueux, de la connaissance des dits Curés, ce qu\u2019ils accorderont aisément pour satisfaire au Règlement et à l\u2019esprit du saint Concile de Latran.Mais en ce cas ceux qui les auront écoutés ne feront pas de difficulté d\u2019accorder des billets aux pénitents, qui marquent qu\u2019ils se sont présentés à eux, ce qui ne saurait faire tort au secret inviolable de la Confession et ce qui est en usage dans les Diocèses les mieux réglés du Royaume.XIX Pour prévenir les inconvénients qui pourraient arriver de l\u2019absence des Missionnaires de leurs Paroisses, nous les exhortons à être fidèles à y résider, de n\u2019en point sortir sans une nécessité véritable, non-seulement à cause des accidents qui pourraient arriver, mais encore à cause des grands biens dont ils priveraient leurs Paroissiens par leur absence.XX Nous les exhortons de tout notre cœur à tenir la main que les enfants ne soientpoint enseignés publiquement dans les écoles, ni dans les maisons particulières par des personnes de différent sexe, et de mauvaises mœurs, ou d\u2019une doctrine suspecte ; de bannir de leurs Paroisses tous les Livres suspects, ou propres à inspirer le libertinage ; d\u2019ôter l\u2019abus qui paraît s\u2019être glissé de \u2014 396 \u2014 danser, ou de faire des assemblées nocturnes, surtout entre personnes de différent sexe, comme occasions prochaines de grands péchés.A quoi ils doivent tâcher de remédier par le refus même de l\u2019absolution ; ils la doivent aussi refuser à ceux qui n\u2019observent pas les Dimanches et les Fêtes, comme sont les Marchands qui vendent ces jours-là, ou les Cabaretiers qui donnent à boire ces mêmes jours aux pères de famille, qui sont par là engagés à dépenser leurs biens et laisser leurs enfants dans la pauvreté et dans la misère.XXI Nous ne saurions approuver que les Curés et Missionnaires fassent les fonctions de Médecin et de Chirurgien.XXII Nous les obligeons très étroitement à faire avec toute la décence possible le Service Divin, à veiller que le vin destiné pour les Messes ne se gâte point, ne se corrompe point, et ne soit point mêlé d\u2019eau.XXIII La facilité avec laquelle nous avons remarqué qu\u2019on se trompait souvent dans les burettes d\u2019eau et de vin, nous fait désirer qu\u2019on se serve de vin rouge, ou au moins d'un vin tirant sur cette couleur, à moins qu\u2019on ne prenne des mesures justes pour empêcher les inconvénients qui pourraient rendre le Sacrifice imparfait, ce que nous avons vu, avec douleur, arriver, même dans les Communautés les mieux réglées.XXIV Ils doivent veiller que dans leurs Eglises, il y ait toujours quelque personne marquée pour empêcher les entretiens, les immodesties, et les autres irrévérences qui se pourraient commettre ; ce sera, autant qu\u2019il se pourra, un Ecclésiastique, ou un Religieux, ou une personne sage et approuvée.XXV Ils doivent avertir les personnes du sexe de ne se point présenter à confesse la nuit, ni dans les Sacristies. \u2014 397 \u2014 XXVI Ils avertiront qu\u2019ils ont reçu un ordre particulier de Nous, de ne point marier les personnes qui l\u2019ont déjà été, à moins qu\u2019ils n\u2019apportent une Attestation en bonne forme de la mort de leurs femmes ou de leurs maris.XXVII Qu\u2019ils ont reçu un ordre de refuser l\u2019absolution aux pécheurs publics, surtout à ceux qui sont reconnus être dans l\u2019habitude scandaleuse de s\u2019enivrer.XXVIII Ils avertiront leurs Paroissiens de la résolution que Nous avons prise, de condamner les assemblées, ou foires les jours de Fêtes de Patron, sans en excepter même celle de sainte Anne.L\u2019expérience journalière apprenant que Notre Seigneur, sa très sainte Mère et les Saints, sont plus déshonorés par ces assemblées, qu\u2019ils ne sont consolés par les pèlerinages des Chrétiens, qui doivent être remis en d\u2019autres temps, et en d\u2019autres jours, pour être faits avec plus de dévotion.XXIX Pour remédier plus efficacement aux désordres de ces assemblées, après en avoir conféré avec Monseigneur notre prédécesseur, et les principaux de notre Clergé, Nous renouvelons les défenses que nous avons faites aux Curés de sortir de leurs Paroisses les jours de Fêtes, et de Dimanches auxquels pourront tomber les Fêtes de Patrons, espérant que les peuples qui trouveront la Messe dans leurs Paroisses, n\u2019iront point la chercher plus loin, surtout quand ils seront bien informés que ces dévotions ne sont pas agréables à Dieu, à cause des mauvaises suites.XXX Nous imposons aux Curés et Missionnaires desservant les Paroisses, l\u2019obligation de faire un écrit en forme de Mémoire, et de Liste des papiers de Fondation, et des authentiques des Reliques qui pourraient être dans leur Eglise, pour être mis entre nos mains, et enregistré dans notre Secrétariat.XXXI Nous désirons aussi qu\u2019ils fassent rendre aux Seigneurs des Paroisses, les honneurs qui leur sont dûs, et qui leur sont accordés \u2014 398 \u2014 par les Arrêts et Déclarations de Sa Majesté, sans les vouloir étendre à d\u2019autres, (les Procureurs des Seigneurs ne pouvant représenter leurs personnes) ce que nous faisons d\u2019autant plus volontiers, que nous voyons les peuples peu accoutumés à porter le respect dû à leurs Seigneurs ; Nous les exhortons à se former sur notre exemple, sur celui des Curés et des autres Pasteurs, que nous conjurons de tout notre cœur de vivre en bonne intelligence avec les dits Seigneurs, autant que l\u2019honneur de leur ministère le pourra permettre, leur rendant ou leur faisant rendre les honneurs qui leur sont dûs.XXXII Si nous voulons bien faire ce Règlement pour la satisfaction des Seigneurs, Nous croyons aussi nécessaire de les exhorter à faire paraître de leur côté, le respect et l\u2019amour qu\u2019ils doivent avoir pour leurs Curés, étant certain que les Habitants et Paroissiens se forment ordinairement sur la manière honnête dont se conduisent les Seigneurs en leur endroit.XXXIII Nous recommandons à tous les fidèles de notre diocèse d\u2019avoir beaucoup de respect, d\u2019obéissance et de soumission pour leurs Curés et Pasteurs.Nous leur adressons pour cela ces belles paroles de Saint Paul, que nous leur remettons souvent devant les yeux.Nous vous prions, mes Frères, dit cet Apôtre, de considérer beaucoup ceux qui travaillent parmi vous, qui vous gouvernent selon le Seigneur, d\u2019avoir pour eux une vénération particulière, vous conduisant de manière qu\u2019ils puissent s\u2019acquitter avec joie de leurs devoirs, en ne les contristant point par des contradictions importunes, de peur que les obligeant de gémir sous le poids de leur charge, cela ne vous empêche de retirer l\u2019avantage que vous devez espérer de leur application, et de leur travail, ut cum gaudio hæc faciant, et non gementes, hoc enim non expedit vobis.Donné à Québec le 8 Octobre 1700.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur, Valet, Prêtre, Chanoine. \u2014 399 ORDONNANCE SUE LES CONFÉRENCES ECCLÉSIASTIQUES JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous les Curés et autres Ecclésiastiques de notre Diocèse, Salut et bénédiction en Notre Seigneur.Rien n'étant si utile et si capable de renouveler l\u2019esprit Ecclésiastique, et maintenir la discipline de l\u2019Eglise, que les Conférences Ecclésiastiques, Nous avons toujours eu un désir singulier de les établir dans notre Diocèse, comme un moyen des plus efficaces pour perfectionner les Curés et autres Ecclésiastiques dans les connaissances nécessaires à leur profession, et pour exciter leur courage et leur zèle.Nous ayons reconnu avec beaucoup de joie dans plusieurs de nos Curés une véritable correspondance à notre désir, et une affection très louable pour ces Conférences.Nous, pour suivre cette intention très conforme à l\u2019esprit de l\u2019Eglise, et à ce qui se pratique avec tant de bénédiction dans plusieurs Diocèses de France, et afin aussi que ces Conférences se faisant partout avec uniformité, produisent toutlebien que nous en attendons, dont le principal est d\u2019établir une union sainte de pensées et de sentiments entre tous les Prêtres et Confesseurs de notre Diocèse, et de conserver une uniformité de doctrine dans la discipline, et dans la morale chrétienne, surtout dans l\u2019administration du Sacrement de Pénitence.Nous avons jugé à propos de leur proposer les Règlements suivants, afin que ces Assemblées se fassent avec plus de fruit et plus de bénédiction.1.\tTous les Curés, Ecclésiastiques, et autres Missionnaires Séculiers ou Réguliers, s\u2019assembleront une fois tous les deux mois, suivant les divers départements qui leur seront par Nous marqués, aux jours dont ils seront convenus entre eux, et qu\u2019ils auront jugés les plus commodes.2.\tIls auront soin d\u2019apporter par écrit leurs sentiments sur la matière que nous aurons proposée ; et en cas d\u2019absence, d\u2019envoyer leurs sentiments par écrit avec la cause de leur absence, comme maladie, convalescence, ou notable infirmité, la maladie pressante \u2014 400 \u2014 de quelqu\u2019un de leurs Paroissiens, ou un temps si fâcheux qu\u2019on n\u2019a pu se mettre en chemin, auquel cas si on l\u2019avait pu prévoir, le Directeur de la Conférence l\u2019aurait pu remettre au jour qui aurait été le plus commode.3.\tIls se rendront au lieu assigné par Nous ou par le Directeur de la Conférence, qui sera établi dans chaque Canton, sur les 9 heures du matin au plus tard, pour commencer cette action par la sainte Messe, que l\u2019un d\u2019eux célébrera, après laquelle ils traiteront ensemble pendant une demi-heure ou environ d\u2019un point de piété, de quelque vertu propre aux Ecclésiastiques, qui sera par Nous désignée, sur laquelle ils tâcheront de parler d\u2019une manière simple et familière, comme on fait d\u2019ordinaire dans une conversation sérieuse, sans rechercher les pensées curieuses ni les citations profanes ; mais seulement ce qui peut davantage contribuer à la piété et à l\u2019édification commune.4.\tIls prendront ensuite leur réfection avec modestie et frugalité tous ensemble dans la maison du Curé, où ils se seront assemblés.Et pour empêcher que dans la suite cette sainte institution ne dégénère en occasion de divertissement par la liberté de quelques-uns moins affectionnés et moins discrets, Nous désirons : 1° Qu\u2019il se fasse une lecture au commencement du repas d\u2019un Chapitre du Nouveau Testament.2» Qu\u2019on n\u2019use que de viandes communes, de telle sorte qu\u2019il n\u2019en coûte que douze ou quinze sols pour chacun, qui seront payés par tous par avance, même par les absents.3° On se contentera de cette seule réfection, sans qu\u2019il soit permis d\u2019aller manger ailleurs, ni de s\u2019entretenir avec les Séculiers, ni de leur faire des visites.4° On pourra employer quelque temps après le diner, selon qu\u2019on en aura le loisir, à exercer les Cérémonies de la sainte Messe, ou l\u2019administration des Sacrements, ou à lire le Manuel de Beuvelet.Mais la principale obligation après le repas sera de s\u2019entretenir sur le sujet de doctrine qui leur sera par Nous envoyé, qui regardera les fonctions Ecclésiastiques et le devoir de leur Charge.5.\tLa Conférence durera une heure au moins, à la fin de laquelle ceux qui auront quelque chose à proposer pour le bien général et pour maintenir l\u2019union et Puniformité, le feront briève- \u2014 401 \u2014 ment, par exemple au sujet de quelques personnes de mauvaise vie, des Cabarets, ou de quelques autres scandales, qui se passeraient dans leur Paroisse.6.\tQuand on proposera des cas de conscience, on prendra garde de faire en sorte qu\u2019on ne puisse pas connaître les personnes que le cas regarde.Chacun est exhorté de n\u2019y proposer que des cas de pratique, et de dire son sentiment avec gravité, douceur et modestie, sans s\u2019arrêter à disputer.On lira de temps en temps, au moins de six mois en six mois, nos Statuts et Ordonnances, et surtout celles qui regardent la vie et la conduite que doivent garder les Curés dans l\u2019administration du Sacrement de Pénitence.La Conférence finie ils s\u2019en retourneront chez eux, ne découchant point de la Cure sans une grande nécessité.Lorsque nous aurons fait le partage des Cantons où les Curés devront se trouver dans ces Assemblées, Nous désirons qu\u2019ils ne les puissent pas quitter pour se ranger dans un autre, sans en avoir obtenu permission de Nous.7.\tIl sera libre aux Curés, selon qu\u2019ils le jugeront le'plus convenable, à la pluralité des voix, de tenir la Conférence successivement tantôt dans une Paroisse, et tantôt dans une autre, pour n\u2019être pas toujours à charge au même, surtout lorsque les Curés voudront recevoir leurs Confrères gratuitement, et qu\u2019ils ne voudront point accepter la somme ci-dessus marquée.Il est pourtant à souhaiter que l\u2019on prenne toujours le milieu des Cantons, afin que les Curés puissent s\u2019y rendre plus facilement.8.\tLes Curés ou autres Ecclésiastiques doivent se souvenir de prendre les résolutions des Cas proposés dans de bonnes sources, comme peuvent être les Saintes Ecritures, les Canons de l\u2019Eglise, les Conciles et le Catéchisme du Concile de Trente, les Pères de l\u2019Eglise, le Droit Canon, les Saints et les Théologiens universellement approuvés, se défiant avec beaucoup de raison des Auteurs qui ont altéré la pureté de la morale chrétienne par la vaine subtilité de leurs raisonnements et de leur mauvaise explication.26 \u2014 402 \u2014 9.\tAu commencement des dites Conférences de doctrine et de piété on dira le Veni Creator, et à la fin on récitera une prière à la Sainte Vierge, qu\u2019on pourra diversifier suivant le temps.10.\tAfin que ces Assemblées se tiennent avec ordre il y aura toujours un Directeur de la Conférence pour présider, et un Secrétaire pour écrire les Résultats des Conférences, lesquels seront par Nous choisis avec un autre Ecclésiastique, pour suppléer à la place de celui des deux qui manquerait, qui sera appelé Assistant.Ce sera le Directeur des Conférences qui présidera à l\u2019Assemblée, lequel fera observer nos présents Règlements.Il fera l\u2019ouverture et la clôture de la Conférence, il empêchera qu\u2019on ne parle sans y être invité, qu\u2019on ne s\u2019interrompe, et qu\u2019on ne s\u2019échauffe point à disputer.Il prendra soin d\u2019avertir doucement ceux qui perdraient le temps dans des digressions inutiles.Il veillera sur les fautes qu\u2019on pourrait commettre, comme sur les excès dans les repas, sur les entretiens avec les séculiers, sur le peu de gravité qu\u2019on pourrait garder.Il aura soin que toutes choses se fassent avec bienséance et avec ordre, et qu\u2019un chacun paraisse à ces Assemblées avec modestie, avec la Tonsure, les cheveux courts, et l\u2019habit Ecclésiastique.11.\tIl demandera à chacun son avis, afin que tous parlent également.Il fera des demandes à quelques-uns de la compagnie des résolutions que nous aurons données sur les matières de la pénultième Conférence.Il fera lire à haute voix le Résultat que nous aurons envoyé, et proposera ensuite les questions qui doivent faire la matière de la Conférence.Comme il Nous sera impossible d\u2019être présent à toutes les Conférences, dont Nous désirons cependant être averti, Nous voulons que le Secrétaire Nous fasse tenir le résultat des avis qui auront été pris sur les matières de doctrine, et sur les autres Cas proposés, afin que Nous puissions lui envoyer notre sentiment.Et afin qu\u2019il puisse mieux s\u2019acquitter de son devoir, il aura soin de tenir registre de tout ce qui s\u2019y passera, d\u2019en dresser un procès-verbal, de donner facilité aux Curés de prendre les résolutions qui lui seront par Nous envoyées, de lire le Résultat de la Conférence précédente, et nos Résolutions sur icelle.Il écrira aupa- \u2014 403 \u2014 ravant que les Curés se séparent, le jour dont on sera convenu pour la conférence suivante, pour en pouvoir donner avis aux absents, et enfin il fera lecture de ce Règlement une fois chaque année.FORME DU PROCÈS VERBAL ü\u2019üNE CONFÉRENCE Confèrence du Canton de\ttenue le\tjour du mois de\tà laquelle ont assisté Après l\u2019invocation du Saint Esprit, la lecture faite du résultat de la Conférence précédente, et des Résolutions de Monseigneur, qui ont été envoyées, a été proposé la première question, savoir sur laquelle il a été répondu et conclu à la pluralité des voix, en attendant la résolution de Monseigneur, par les autorités et raisons de\tque, etc.Sur la seconde question\tidem.Et sur les cas proposés à la lin de la Conférence par a été résolu à la pluralité des voix en attendant le sentiment de Monseigneur, que Du Directeur de la Confèrence Le Directeur se souviendra de ne pas se considérer comme supérieur des autres, mais de les regarder et traiter comme frères, supportant et encourageant les moins affectionnés, excitant ceux qui se négligeraient.Ce sera lui qui présidera à la Conférence en notre absence, à moins qu\u2019il n\u2019y ait une personne envoyée exprès de notre part.Comme c\u2019est lui qui doit faire observer les Règlements des Conférences, il avertira charitablement ceux qui y contreviendront, si le manquement est notable ; et si la personne ne se voulait pas corriger, il nous en donnera avis, surtout si elle s\u2019absentait plusieurs fois des dites Conférences.Il prendra garde qu\u2019on dise son avis sans s\u2019interrompre, que plusieurs ne parlent point tous à la fois, qu\u2019ils ne s\u2019arrêtent point \u2014 404 \u2014 à contester.Il demandera à deux ou trois leurs sentiments sur chaque question, et prendra l\u2019avis d\u2019un chacun sur les cas proposés.La règle sera de se tenir à la pluralité des avis, jusqu\u2019à ce qu\u2019on ait reçu notre résolution.Ce sera lui qui proposera la matière dont on traitera dans la Conférence suivante : il en donnera, ou fera prendre des copies à un chacun.Il aura soin que tout se fasse dans la modestie Ecclésiastique et dans l\u2019ordre convenable.En son absence il y aura un Assistant marqué pour suppléer en sa place, qui veillera soigneusement à l\u2019observation des Règlements ci-dessus.Du Secrétaire.Le secrétaire tiendra le nom de ceux qui doivent se trouver à l\u2019Assemblée, et aura un livre dans lequel il rédigera par écrit le jour des Conférences, et les choses qui se seront passées en la manière qui suit.L\u2019an mil sept cent\tle\tjour du mois de dans le lieu de\tfut tenue la Conférence, en laquelle après avoir imploré l\u2019assistance du Saint Esprit selon l\u2019ordre accoutumé, a été fait lecture des noms de ceux qui s\u2019y doivent trouver ; étaient absents le sieur\tCuré de et autres Ecclésiastiques de Les autres étant présents, on s\u2019est entretenu pendant une demi-heure de la matière de piété avant le repas, après lequel et la prière ordinaire, ont été lues les résolutions envoyées par Monseigneur, qui sont, etc.La matière de doctrine du présent jour a été agitée une heure ou environ, qui est, etc.Le sentiment de la compagnie a été que, etc.Les Cas proposés ensuite ont été ceux-ci.Sur quoi les uns ont répondu que les autres que Et a été conclu à la pluralité des voix, qu\u2019en attendant la décision de Monseigneur, tant sur les dits Cas que sur la matière de doctrine, etc. \u2014 405 Le sujet de la prochaine Conférence envoyée par Monseigneur est, etc.Cela fait, on a procédé à la répétition des Cérémonies de, etc., ou fait la lecture des Instructions de Beuvelet sur le Rituel.Après quoi on a fini la conférence par la prière, et par l\u2019action de grâce accoutumée.Donné à Québec le 8 Octobre 1700.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur, Valet, Prêtre, Chanoine.ORDONNANCE POU B LE RÈGLEMENT DU DIOCÈSE JEAN, par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.Aux Curés, Missionnaires, Prêtres Séculiers ou Réguliers, et Fidèles de notre Diocèse, et principalement des Villes de Québec, Ville-Marie, et Trois-Rivières, Salut et bénédiction en Notre-Seigneur.Nous avons reconnu dans les différentes Visites que nous avons faites de vos paroisses depuis quinze ans d\u2019Episcopat la nécessité qu\u2019il y a d\u2019y faire des règlements certains, pour y affermir le bon ordre que Nous avons tâché d\u2019y établir, et y régler les difficultés, qui y étant déjà survenues, pourraient encore arriver, et déterminer les choses sur lesquelles Nous n\u2019avions pas encore jugé à propos de Nous expliquer.Et comme dans cette vue nous n\u2019avons rien négligé de ce que Nous avons cru pouvoir nous donner une connaissance parfaite de vos Paroisses, de vos Eglises, de vos Peuples, et de leurs besoins, Nous jugeons à propos de réduire en un corps tous les règlements généraux et particuliers que Nous avons donnés ou de vive voix, ou par écrit, durant le cours de nos Visites.Nous y en ajoutons encore quelques-uns que nous croyons absolument nécessaires, pour empêcher 406 \u2014 dans la suite les fâcheuses contestations, qui arriveraient infailliblement entre les Curés, les Réguliers, et les Paroissiens, lesquels diminueraient la charité et troubleraient l\u2019union, qui doit être entre les Pasteurs et les peuples, le Clergé et les différents Corps de Religieux dans un pays aussi éloigné que celui-ci.C\u2019est ce qui Nous a fait prendre la résolution de faire la présente Ordonnance, en forme de Règlement, que Nous voulons être observée et exécutée selon sa forme et teneur.Nous ordonnons que la Dédicace des Eglises Cathédrale, paroissiales et autres, sera célébrée le second Dimanche de juillet, avec Octave.Nous désirons que le Saint Sacrement ne soit pas exposé dans un même jour en plusieurs endroits différents ; et pour cela Nous marquons volontiers lesjours que chaque Communauté le pourra exposer.Quoique notre Prédécesseur n\u2019ait pas jugé à propos pour de bonnes raisons de permettre d\u2019exposer souvent le Saint Sacrement, néanmoins pour accorder quelque chose aux instantes prières qu\u2019on Nous a faites, Nous permettons aux Communautés Religieuses d\u2019exposer chaque année le Saint Sacrement aux deux plus grandes Fêtes de leur Ordre, Nous leur permettons aussi de l\u2019exposer dans leur Eglise pendant toute l\u2019Octave du Saint Sacrement, pourvu qu\u2019elles le fassent honorer avec la décence requise et qu\u2019il y ait toujours quelque personne qui y soit en Station.Nous permettons en particulier aux Religieux de la Compagnie de Jésus de l\u2019exposer dans leurs Eglises les trois jours qui précèdent le Mercredi des Cendres.Nous désirons, autant qu\u2019il sera possible, qu\u2019on ne donne dans les Villes qu\u2019en une Eglise des Paroisses, ou des Communautés Religieuses qui y sont, la Bénédiction du Saint Sacrement chaque Dimanche et Fête de l\u2019année.Que si pour des raisons que Nous aurons approuvées, Nous permettons que l\u2019on donne la Bénédiction du Saint Sacrement en deux Eglises en un même jour, Nous ne voulons pas qu\u2019on la donne en une même heure, mais en des heures différentes, à cause du petit nombre d\u2019Habitants qui se trouvent dans chaque Ville.Nous permettons que l\u2019on donne trois fois chaque mois la Bénédiction du Saint Sacrement ; dans les Eglises Paroissiales des Villes les premiers Dimanches des mois ; dans.1\u2019,Eglise des \u2014 407 \u2014 Jésuites le Dimanche qu'ils auront choisi pour l\u2019Indulgence des Ames du Purgatoire ; et dans l\u2019Eglise des Récollets le Dimanche et les deux Fêtes de leur Ordre ; ils pourront encore donner la Bénédiction du Saint Sacrement les jours de la semaine que Nous leur avons permis, ou pourrons permettre de la donner; excepté.les jours qu\u2019elle se donnera à la Paroisse.Comme Nous sommes parfaitement convaincus par l\u2019expérience d\u2019un grand nombre d'années, que dans le petit nombre d\u2019Habi-tants qui se trouvent dans les Villes, ils ne peuvent pas assister en même temps en plusieurs Eglises, et revenir au Service de leur Paroisse, et entendre la parole de Dieu qui y est prêchée pendant la grande Messe les jours de Dimanches et de Fêtes, lorsqu\u2019ils ont été en quelque autre dévotion, à cause du froid extrême qu\u2019il fait durant l\u2019hiver en ce Diocèse, Nous sommes obligé de déclarer que notre intention est, qu\u2019on ne commence point de Prédication ou Exhortation en aucune Eglise, qu\u2019après que celle qui se fait en notre Eglise Cathédrale sera achevée.Et que l\u2019on n\u2019en fera point à Québec et à Ville-Marie dans les Eglises des Communautés Religieuses de l\u2019un et de l\u2019autre sexe qu\u2019après celles qui se font dans les Paroisses.Que si nous voulons bien donner une dispense de cette règle en faveur des deux Congrégations qui se tiennent aux Jésuites à Québec et à Ville-Marie, parce que depuis quelque temps ceux qui les conduisent ont grand soin de la commencer de bonne heure et de la finir de même, et engagent par leurs exhortations les Congréganistes d\u2019être fidèles à leurs Paroisses, notre intention cependant est que ce règlement rentre dans sa vigueur dès aussitôt qu\u2019on cessera d\u2019apporter la diligence requise, et de maintenir les Congréganistes dans le respect et l\u2019assiduité qu\u2019on doit à la Paroisse.Nous défendons aussi de célébrer aucune Messe basse dans les mêmes Eglises depuis le commencement jusqu\u2019à la fin de la grande Messe, déclarant qu\u2019après le Service de notre Cathédrale à Québec, et Paroissial ailleurs, nous permettons volontiers que l\u2019on tienne dans le reste de la matinée les Assemblées de dévotion, et autres Confréries, dans les Communautés Religieuses, ou de les tenir encore l\u2019après-dinée des Dimanches et des Fêtes, et toujours après le Service delà Cathédrale à Québec, et Paroissial ailleurs, qui finit de bonne heure. \u2014 408 \u2014 L'obligation d\u2019assister aux Messes de Paroisse tous les Dimanches, et d\u2019entendre les instructions qui s\u2019y font, est si ancienne et si bien établie, qu\u2019on peut dire qu\u2019il n\u2019y a guère de point de discipline sur lequel l'Eglise se soit expliquée depuis longtemps, plus souvent, et plus précisément.Le grand Saint Charles qui entendait parfaitement les Décrets du Saint Concile de Trente, n\u2019a rien recommandé plus fortement aux Peuples de son Diocèse et de sa Province de Milan.Il en a dressé une formule dans son troisième Concile Provincial, qu\u2019il appelle Litteras monitionis de conveniendo ad Parochicilem Ecclesiam, qu il a fait publier dans les Eglises de sa Province.Comme ce Règlement est plein de l\u2019Esprit de Dieu, et qu\u2019il épuise cette matière, Nous ordonnons à tous les Curés des Paroisses des Villes et du voisinage d\u2019en faire la lecture une fois chaque année, savoir le premier Dimanche de l\u2019Avent avaint le Prône, pour donner une juste idée aux Paroissiens de leurs obligations envers leur Paroisse.Nous défendons aux Réguliers de détourner nos Diocésains de leurs Paroisses directement ni indirectement dans les exhortations ou conversations particulières : il les inviteront au contraire d\u2019y être assidus, se souvenant des belles paroles du cinquième Canon du Concile de Gangres : Si quis docet domum Dei contemptibilem esse, et conventus qui in ea celebrantur, Anathema sit.Comme il n'arrive que trop souvent que les Chrétiens d\u2019aujourd\u2019hui se flattent ordinairement dans les besoins qu\u2019ils pensent avoir de manger de la viande pendant le Carême, ce qui fait qu\u2019ils demandent assez souvent des permissions sans nécessité, Nous défendons aux Curés d\u2019en accorder aucune, qu\u2019ils n\u2019aient, vu le certificat du Médecin, ou Chirurgien, qui atteste du besoin qu\u2019ils en peuvent avoir ; auquel cas ils accorderont et signeront la dite permission, aux conditions suivantes, qu\u2019un des plus grands Archevêques de nos jours fait observer dans son Diocèse dans la plus Grande Ville du monde, que nous avons fait insérer ensuite de ce Règlement.Nous permettons à notre Paroissien ou à notre Paroissienne, dont le besoin nous est connu; de manger de la viande pendant le Carême de la présente année, et cela seulement sous les \u2014 409 \u2014 conditions suivantes que nous apposons à cette permission par ordre de Monseigneur l'Evêque.1.\tChaque jour qu\u2019il usera de cette permission, nous lui recommandons de récompenser par quelque action de piété, et principalement par l\u2019aumône, ce qui manque en cela à sa patience, sur quoi il consultera son Confesseur.2.\tIl n\u2019usera de cette permission qu\u2019autaut qu\u2019il lui sera nécessaire, et seulement les jours qu\u2019il ne pourra s\u2019en passer.3.\tSi son infirmité finit avant la fin du Carême, il 'reprendra aussitôt l\u2019abstinence et le jeûne.4.\tIl gardera l\u2019abstinence le Vendredi et le Samedi de chaque semaine, s\u2019il avait coutume de la garder pendant le reste de l\u2019année ; et il la gardera encore le Mercredi, et quelque autre jour de la semaine, s\u2019il le peut sans une incommodité notable.Ce qu\u2019il observera plus exactement la semaine de la Passion, et surtout la Semaine Sainte.5.\tIl ne mangera point en compagnie lorsqu\u2019il usera de viande, mais seul, en particulier, et avec regret de se trouver hors d\u2019état de prendre part à l\u2019abstinence et à la pénitence de toute l\u2019Eglise.S\u2019il se trouve cependant quelques autres personnes de sa famille, qui demeurent avec lui, et qui aient la même permission, il pourra manger avec elles.6.\tIl s\u2019abstiendra de ragoûts, et de tous mets trop délicats et superflus, et il n\u2019usera que de viandes convenables à un malade ou à un infirme.7.\t11 observera dans tout le reste ce qu\u2019il pourra observer de l\u2019abstinence et du jeûne du Carême, et s\u2019il peut sans une incommodité trop considérable ne manger de la viande qu\u2019à un seul repas, il n\u2019ajoutera à ce repas que la simple Collation que l\u2019Eglise tolère en ceux mêmes qui gardent l\u2019abstinence et le jeûne.8.\tIl s\u2019abstiendra pendant tout le Carême, non-seulement des spectacles et des jeux qui sont défendus en tout temps, mais même autant qu\u2019il pourra, des divertissements qui pourraient être permis en un autre temps.9.\tIl aura soin d\u2019envoyer aux Hôpitaux des malades, ou à la Charité de la Paroisse, ce qui pourra rester chez lui de viande \u2014 410 \u2014 ou de bouillon, ou de le distribuer aux pauvres qui auront une permission expresse de manger de la viande, et non à ceux qui n\u2019auront pas cette permission.L\u2019Eglise a obligé tous les fidèles de l\u2019un et de l'autre sexe, qui ont atteint l\u2019âge de discrétion, de confesser tous leurs péchés à leur propre Prêtre, au moins une fois l\u2019an, et de recevoir avec respect le Saint Sacrement de l\u2019Eucharistie pour le moins à Pâques.C\u2019est dans le quatrième Concile général de Latran tenu sous Innocent III, en 1215, qu\u2019elle leur a imposé ces deux obligations.Le temps de cette confession annuelle a été depuis déterminé par l\u2019usage à la quinzaine de Pâques.Et c\u2019est pour nous conformer à une si sainte pratique que nous avons déclaré par les Statuts de nos Synodes, que nous voulions que ce fût pendant cette quinzaine que les Fidèles satisfissent au précepte du Concile de Latran, ce que nous trouvons être conforme aux règles marquées dans plusieurs Conciles Provinciaux de Bordeaux et de Reims, et aux Assemblées Générales du Clergé de France, principalement à celle qui fut tenue en 1645, qui écrivit une lettre très forte au Pape Innocent X, sur cette matière.Nous enjoignons cependant aux Curés de déclarer à leurs Paroissiens dans le temps de Pâques qu\u2019ils leur accorderont facilement la permission de se confesser à d\u2019autres Prêtres Séculiers ou Réguliers, pourvu qu'ils soient approuvés de Nous, quand ils pourront croire avec quelque fondement raisonnable que leurs Paroissiens auront de la peine de se confesser à eux, pourvu cependant qu\u2019ils ne leur donnent pas une permission générale, ce qui doit principalement être observé pour les Paroisses du voisinage des Villes.La même règle doit aussi être observée par les Curés, auxquels nous ne permettons pas d\u2019entendre les Confessions des Paroissiens d\u2019une autre Paroisse dans le temps de Pâques sans le consentement de leur propre Pasteur.Ceux qui se seront confessés avec cette permission doivent avoir soin de prendre un billet d\u2019attestation de la Confession qu\u2019ils leur auront faite, afin que les Pasteurs puissent leur donner avec sûreté la Communion Pascale.Nous ordonnons aux Fidèles de l\u2019un et de l\u2019autre sexe de recevoir la Sainte Communion au moins une fois pendant la \u2014 411 \u2014 quinzaine de Pâques.Ceux qui manqueront de satisfaire à ce Commandement de l\u2019Eglise Nous seront dénoncés par leurs Curés, pour être procédé contre eux par les voies Canoniques.Quoique l\u2019Eglise reconnaisse que tout Prêtre approuvé ou non approuvé puisse conférer au défaut des Prêtres approuvés le Sacrement de Pénitence à l\u2019article de la mort et donned l\u2019absolution de toutes sortes de péchés, il ne faut pas conclure de cette maxime constante, que les Réguliers approuvés de Nous puissent aller entendre les Confessions des malades sans prendre aucune mesure avec les Curés, qui sont obligés d\u2019avoir une attention plus particulière sur leurs Paroissiens qui sont menacés d\u2019une mort prochaine.Pour les mettre en état de satisfaire à ce qui est en cela de leur devoir, Nous ordonnons à tous les Fidèles de notre Diocèse de faire avertir leur Curé d\u2019abord qu\u2019ils seront malades ; et si leur maladie les mettait hors d\u2019état de penser à avoir recours à leurs Pasteurs, Nous exhortons leurs parents, voisins ou amis de leur rendre ce service.De plus, quoique l\u2019Eglise n\u2019ait pas imposé aux Fdèles la même obligation de se confesser à leur Curé dans la maladie que dans la quinzaine de Pâques, il ne faut pas douter cependant qu\u2019en cette occasion la préférence du Pasteur ne fût très utilement pratiquée, puis que les Curés sont préposés de l\u2019autorité de l\u2019Eglise pour veiller à leur salut.Si néanmoins ils ne veulent pas se confesser à lui après l\u2019avoir fait avertir, Nous leur donnons la liberté de choisir entre les Prêtres Séculiers ou Réguliers approuvés de Nous, ceux que la suffisance et la piété rendent capables d\u2019un si charitable office.Comme il est très certain qu\u2019il n\u2019appartient par le droit qu\u2019au Curé de lever le corps d\u2019un défunt, il n\u2019est pas moins certain que c\u2019est à la seule Paroisse qu\u2019on est obligé de présenter les corps qui doivent être enterrés ailleurs ; c\u2019est pourquoi on observera pour la levée du corps et pour l\u2019enterrement, ce qui est réglé par le Droit.On ne pourra enterrer aucune personne à visage découvert qu\u2019on n\u2019en ait obtenu une permission de Nous par écrit.Quoiqu\u2019il appartienne de droit au Curé de faire le Catéchisme pendant toute l\u2019année à la Paroisse, l\u2019on suivra cependant sur cela le Règlement provisionnel que nous avons fait pour Québec, de le faire une partie de l\u2019année à la Paroisse, et une partie dans \u2014 412 \u2014 l\u2019Eglise des Jésuites, jusques à ce que le nombre d\u2019enfants augmentant considérablement, l\u2019on puisse le faire toute l\u2019année en plusieurs endroits, si Nous le jugeons nécessaire.Comme il appartient de droit aux Curés de préparer les enfants à la Confirmation, et de les disposer à la première Communion, on leur en laissera le soin.Etant nécessaire que les Curés veillent sur les personnes qui font les petites Ecoles, et sur la manière dont ils les font, Nous désirons qu\u2019on leur laisse le soin de les faire faire par les personnes qu\u2019ils jugeront les plus propres à y être employées, dont Nous désirons cependant qu\u2019ils donnent l\u2019inspection plus particulière et plus immédiate à un Ecclésiastique qui leur soit soumis.Nous ordonnons que l\u2019Eau bénite, les Cendres, et les Cierges bénits, dont les cérémonies se feront aux Eglises des Religieux et Religieuses, ne pourront être distribués aux personnes séculières qui se trouveront en leur Eglise, mais seulement aux Religieux et Religieuses de la Communauté.Il ne sera permis à aucun Prêtre Séculier ou Régulier, même approuvé pour administrer le Sacrement de Pénitence, de confesser les Religieuses, à moins qu\u2019il n\u2019en ait obtenu de Nous une permission particulière et par écrit.Les Curés prendront garde de marier ceux qui sont nouvellement établis dans l\u2019étendue de leurs Paroisses, à moins qu\u2019ils n\u2019y aient fait un séjour de six mois.Ils auront soin de prendre les précautions absolument nécessaires pour savoir s\u2019ils ne sont pas mariés en France, nu en d\u2019autres Paroisses de ce Diocèse.Comme Nous ne jugeons pas convenable de rien admettre de nouveau et d\u2019inusité dans l\u2019Eglise en ce qui peut concerner l\u2019honneur et le respect qui est dû à Notre Seigneur dans le Saint Sacrement, soit qu\u2019il soit exposé sur l\u2019Autel, soit qu'il soit renfermé dans le Tabernacle, Nous désirons que se contentant des Cérémonies ordinairement reçues dans l\u2019Eglise, l\u2019on n\u2019admette point des enfants habillés en Anges ou autre manière dans les Saints, ou Processions du Très Saint Sacrement.A l\u2019égard des Comédies, Bals, Danses, Mascarades et autres spectacles dangereux, nous renouvelons ce que nous avons \u2014 413 \u2014 réglé par notre Ordonnance du 16 janvier 1694, conjurant nos chers Diocésains de faire attention que tous les soins que nous pourrons prendre pour leur salut deviendront inutiles, s\u2019ils veulent se déclarer du parti des pompes du démon et de ses œuvres.Nous défendons de dire la sainte Messe dans les Chapelles particulières des Communautés soumises à notre juridiction, ou dans les maisons des Laïques, à moins qu\u2019ils n\u2019aient obtenu une permission de Nous par écrit, que nous n\u2019accorderons plus sans y apporter toutes les précautions nécessaires pour y faire dire la Messe avec décence, et à d\u2019autres heures que celles de la Paroisse, laquelle ne s\u2019y pourra dire aux grandes Fêtes des Mystères de Notre Seigneur et de la Sainte Vierge.Quoique nous soyons très content et très édifié de la bonne conduite des Prêtres et autres Ecclésiastiques de notre Clergé, dont la vie est la bonne odeur de Jésus Christ dans ce Diocèse, cependant comme l\u2019on peut craindre que ce qui se pratique si exactement et si régulièrement dans le commencement de cette Eglise naissante, ne vienne à changer, Nous avons cru devoir leur mettre devant les yeux quelques points de discipline.Le premier, est de se rendre fidèles à la prière et à la méditation, ne laissant passer aucun jour sans en faire au moins une demi-heure, et de faire lecture d\u2019un chapitre du Nouveau Testament.Le second, de se rendre tels par leur vie qu\u2019ils puissent dire tous les jours la sainte Messe, à moins qu\u2019ils n\u2019en soient empêchés par maladie, ou autres raisons considérables.Le troisième, d\u2019être exacts à garder la modestie Cléricale, en portant toujours l\u2019habit long, les cheveux courts, et la Tonsure.Le quatrième, d\u2019être toujours exacts à se conserver sans tache, en s\u2019éloignant du monde, des compagnies dangereuses, évitant les jeux de hasard, les lieux où l\u2019on donne à boire, vivant avec tempérance, justice et piété.Le cinquième, d\u2019employer utilement le temps, évitant de faire et de recevoir des visites inutiles, surtout celles des personnes de différent sexe, qu\u2019ils ne doivent jamais aller voir, à moins qu\u2019une absolue nécessité ou une évidente utilité ne les y oblige, encore faut-il que cela se fasse si rarement et d\u2019une manière si modeste, 414 \u2014 qu\u2019ils ne puissent jamais donner le moindre soupçon d\u2019attachement : ce qui ne manquerait pas d\u2019arriver s\u2019ils venaient à entrer dans les affaires des laïques, et à vouloir connaître et régler ce qui se passe dans les familles.Que si nous marquons ces règles de bienséance pour les Prêtres et autres Ecclésiastiques, qui ont plus d\u2019obligation de se mêler par leur état de la conduite des Ames, dont ils sont chargés devant Dieu, quelle attention ne doivent pas faire les Religieux sur ces mêmes règles ! Ils sont sans doute dans une plus étroite obligation de les observer, devant veiller plus particulièrement sur eux-mêmes pour ne donner aucun lieu à la médisance et à la censure des gens du monde.C\u2019est ce qui Nous fait espérer:\t1.Que les Supérieurs desCommunautés Régulières qui sont dans ce Diocèse, voudront bien destiner quelqu\u2019un des plus sages de leurs Communautés pour sortir et rendre au nom des autres les visites d\u2019obligation ou de bienséance, sans permettre à tous indifféremment de les rendre.2.Lorsque les Religieux sortiront p^r nécessité, charité ou bienséance, Nous espérons aussi que leurs Supérieurs voudront bien les faire accompagner d\u2019un autre Religieux Prêtre ou Frère, dont les sages entretiens les puissent édifier dans les chemins, et la compagnie leur servir comme d\u2019un Ange tutélaire dans les visites dangereuses, qu\u2019une charité évidente oblige quelquefois de rendre.Le sixième.Nous conjurons et exhortons tous les Ecclésiastiques de conserver la sainte coutume et louable pratique de ce Diocèse, de ne point loger chez leurs parents, ni dans les maisons des Laïques ; mais dans le Séminaire, ou autres maisons Ecclésiastiques ou Régulières.Que si pour des raisons que Nous ne saurions prévoir, ils ne pouvaient point être admis dans ces Maisons, Nous les conjurons de prendre plutôt quelque logement en particulier séparé des gens du monde, où il n\u2019y ait ni femmes ni filles, où ils puissent se servir eux-mêmes, ou se faire servir par des valets, sans se faire jamais servir par des personnes de différent sexe, de quelque âge qu\u2019elles puissent être ; ce que Nous leur défendons très expressément, et ce qui sera très inviolable-ment observé par les Prêtres et par les Ecclésiastiques qui demeurent dans les Villes, et par les Curés de la campagne.Le septième.Nous recommandons à tous les Ecclésiastiques et Religieux de notre Diocèse de n\u2019ètre jamais seuls avec les per- \u2014 415 \u2014 sonnes de différent sexe, de n\u2019avoir aucune liaison avec les femmes ou les filles, et de ne point avoir avec elles, sans une vraie nécessité, de conversations particulières, sous prétexte de direction spirituelle: de ne les introduire jamais dans leurs chambres; mais quand la nécessité ou la charité les oblige de leur parler, de le faire en peu de paroles, dans quelque lieu public, où ils puissent avoir des témoins de leur conduite, et toujours d\u2019une manière grave, modeste et édifiante.Le huitième.Nous renouvelons tout ce que les anciens Canons ont marqué touchant la vie et l\u2019honnêteté des Clercs, défendant à ceux de notre Diocèse les spectacles, les hais, les assemblées, les compagnies, les festins, les foires, marchés, cabarets, et les lieux où l\u2019on donne à boire des liqueurs, le soin des affaires temporelles, les procès, les jeux de hasard, de paume et de boule en lieux publics, la chasse, et le port de toutes sortes d\u2019armes.Nous leur défendons les railleries et les paroles bouffonnes, les airs profanes, les chansons mondaines, les lectures de livres qui sont capables d\u2019altérer la pureté, les habits immodestes, juste-aucorps, cravates, et tout ce qui pourrait être contraire à la sainteté de leur état.Le neuvième.Nous défendons à tous Ecclésiastiques de porter la perruque sans notre permission et sans nécessité, qu\u2019ils nous feront connaître.Voulons que ceux auxquels Nous en accorderons l\u2019usage, les portent courtes, avec une Tonsure apparente de la grandeur qui convient à chaque Ordre, sans frisures et d\u2019une manière qui représente leurs cheveux naturels, et la modestie de leur état.Le dixième.Gomme nous désirons de tout notre cœur l\u2019uniformité des Confesseurs dans ce Diocèse, que nous regardons comme le moyen le plus efficace de lui faire changer de face, Nous exhortons tous les Prêtres Séculiers et Réguliers par le nom de Jésus-Christ, d\u2019avoir tous un même esprit et un même langage, et de ne point faire naître parmi eux des divisions et des schismes.Et pour les éviter, de se souvenir de ces belles paroles de Saint Paul dans la première Epitre aux Corinthiens chap.3.Cum sit inter vos zelus et conlentio, nonne carnales eslis, et secundum hominem ambulatis ?Travaillez tous avec le même esprit sous notre autorité au salut des Ames, que Dieu a confiées \u2014 416 \u2014 à notre conduite.Impiété gaudium meum,ut idemsapiatis, eamdem charitatem habentes, unanimes, idipsum sentientes.Rendez notre joie parfaite, en vous faisant voir comme des coopérateurs fidèles de notre ministère, tous unis dans un môme esprit et dans un môme sentiment.Nihil per contentionem, aut inanem gloriam ; ne faites rien par un esprit de contention et de vaine gloire.In hu-militate superiores sibi invicem arbitrantes ; considérez-vous tous les uns au-dessus des autres.Mesurez tout ce que vous direz et tout ce que vous ferez par les règles d\u2019une charité parfaite : omnia vestra in charitate fiant, et in charitate non ficta.N\u2019ayez uniquement tous en vue que le salut des Ames confiées à nos soins, que vous devez procurer sous nos ordres par toutes sortes de moyens, aux dépens même de votre vie.Nous ne pouvons mieux finir cette Ordonnance et ces Règlements qu\u2019en adressant à tous les Fidèles de notre Diocèse et principalement à ceux qui demeurent dans les Villes, ces belles paroles de Saint Paul dans la première Epître aux Thessaloni-ciens ; Rogamus vos fratres ut noveritis eos qui labor ant inter vos et præsunt vobis in Domino, et moncnt vos, ut habeatis illos abun-dantius in charitate propter opus illorum, pacem habete cum eis.Nous vous prions, mes Enfants, de considérer beaucoup ceux qui travaillent parmi vous, qui vous gouvernent au nom du Seigneur et qui vous avertissent de votre devoir, d\u2019avoir pour eux une vénération particulière, à cause qu\u2019ils travaillent pour votre salut.Conservez toujours la paix avec eux.Obedite præpo-sitis vestris, et subjacete eis, obéissez à ceux qui vous sont donnés pour votre salut.Conduisez-vous de telle manière avec eux, qu\u2019ils puissent s\u2019acquitter de leur devoir avec joie ; ne les contristez point par des contradictions importunes, et ne les obligez pas à gémir sous le poids de leur charge ; car cela les empêcherait de vous être utiles, et vous ôterait le moyen de tirer tout l\u2019avantage que vous devez espérer de leur application et de leur travail : Ut cum gaudio hæc faciant, et non gementes : hoc enim non expedit vobis.Nous espérons que tous les Prêtres et les Religieux de ce Diocèse se rendront sans peine à nos avis et observeront avec joie ces Règlements, pensant que ce sera pour eux le moyen le plus aisé et le plus sûr pour remplir dignement les devoirs de leur ministère.Nous leur disons à tous : Videte ministerium quod \u2014 417 \u2014 accepistis a Domino ut illud impleatis \u2022 Faites habiter Jésus Christ en vous abondamment : Verbum Christi habitet in vobis abunclanter ; ce qui vous mettra en état de travailler avec fruit à établir et conserver dans les Paroisses l\u2019unité d\u2019un même esprit par le lien de la paix : Solliciti servate unitatem spiritus in vinculo pads ; sans craindre de donner aucun sujet de peine et de scandale qui puisse faire mépriser notre ministère : ut non vituperetur ministcrium nostrum, afin que vous puissiez remplir toute justice et être en tout lieu la bonne odeur de Jésus-Christ.Notre présente Ordonnance sera publiée dans toutes les Paroisses des Villes, envoyée et signifiée en cas de besoin à tous les Supérieurs et Supérieures des Maisons Religieuses afin que personne n\u2019en ignore.Donné à Québec le 8 Octobre 1700.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur, Valet, Prêtre, Chanoine.LETTRE PASTORALE ÉCRITE DE PARIS DONNANT AUX CURÉS DES AVIS POUR LA CONDUITE DE LEURS PAROISSIENS JEAN, par la grâce de Dieu, et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A nos très chers Frères en Notre Seigneur, les Curés, Missionnaires, et autres Prêtres Séculiers et Réguliers de notre Diocèse, Salut.Comme Notre Seigneur, qui est le véritable Père et Pasteur des âmes, nous met sans cesse devant les yeux les obligations indispensables de notre Ministère, et que nous prévoyons avec quelque fondement que les affaires de notre Eglise, qui nous ont obligé de sortir de notre Diocèse, pourraient bien nous en tenir séparé encore quelques années ; Nous jugeons à propos de vous faire souvenir de ce que vous devez à Dieu, et au troupeau qui vous a été confié.Vous savez, mes très chers et très 27 \u2014 418 \u2014 honorés Frères, que vous ôtes appelés en partie à la sollicitude des âmes avec Nous ; vous devez donc être, selon le langage de l\u2019Ecriture, la lumière du monde, à la lueur de laquelle le peuple puisse voir ses fautes.Vos actions doivent être des prédications de l\u2019Evangile, une odeur de vie, et un parfum de sainteté.Gomme le peuple conclut aisément de la doctrine par la conduite de ceux qui la leur enseignent, craignez qu\u2019ils ne prennent le parti de ne point croire ce que vous leur direz, si votre vie détruit ce que vous leur prêcherez ; car en vain vous combattrez les vices dont vous serez soupçonnés, parce que vos exemples étant opposés à vos paroles, les malades ne manqueraient pas de dire : Médecins, guérissez-vous vous-mêmes.Vous devez leur ôter tous les vains prétextes et excuses qu\u2019ils pourraient apporter, en condamnant leur dissolution par vos mortifications, leur irrévérence pour les choses saintes par votre profond respect et religion, leur immodestie par votre modestie, leurs discours déshonnêtes par la sainteté de vos paroles et de vos entretiens, leurs médisances par la défense du prochain, leur haine par l\u2019oubli des injures qui vous seront faites, leur ambition par l'humilité, leur avarice par les aumônes abondantes, selon votre pouvoir, et enfin leurs dissensions et calomnies par l\u2019union que vous aurez entre vous et avec eux, par les paroles d\u2019édification, et par les autres marques de charité et de conformité de sentiments que vous ferez paraître dans la conduite des âmes, et dans l\u2019administration des Sacrements de l\u2019Eglise.Si dans la naissance de l\u2019Eglise, les Pasteurs étaient obligés de prouver les maximes de l\u2019Evangile par des miracles, vous devez être assurés que vous ne les prouverez jamais mieux, et ne les rendrez jamais plus efficaces dans le temps corrompu où nous sommes, que par vos exemples, et par la fidélité exacte que vous aurez à garder les saintes règles de l\u2019Eglise, marquées dans les Pères, les Conciles, et plus en particulier pour notre Diocèse, dans nos Synodes et autres Assemblées Ecclésiastiques, que Nous avons tenus en différents temps pour y conserver et pour y maintenir la discipline Ecclésiastique, et pour vous aider à travailler au salut des âmes dans l\u2019unité d\u2019un même esprit et d\u2019un même coeur.Nous vous conjurons donc, mes très chers Frères, par la charité que Jésus-Christ a eue pour vous, parce que vous devez à votre ministère, par l\u2019intérêt du salut des âmes, qui a été si cher à Notre Seigneur, et par le vôtre en particulier, que \u2014 419 \u2014 vous marchiez comme vous devez, conduisant avec charité et avec douceur ceux que la crainte pourrait écarter de leur devoir, et reprenant avec force ceux qu\u2019une trop grande indulgence entretiendrait dans l\u2019impénitence.Représentez aux Grands et aux Magistrats, qu\u2019ils doivent prendre garde d\u2019être du nombre de ceux, dont parle le Prophète Isaïe, lorsqu\u2019il dit : ces Princes sont infidèles, tous aiment les présents et suivent les rétributions, ils 11e se soucient point de l\u2019intérêt de l\u2019orphelin, et la cause de la veuve ne pent avoir d\u2019accès auprès d\u2019eux : Dieu examinera rigoureusement leur négligence, et les corruptions qui se seront glissées dans l\u2019administration de leur Charge, il leur demandera compte de l\u2019oppression des faibles, des pauvres méprisés, et abandonnés à la puissance des riches ; mais surtout des scandales publics dissimulés, des pécheurs scandaleux soufferts par des raisons humaines et intéressées.L\u2019Eglise a besoin de leur assistance en plusieurs occasions, ils sont obligés de la lui donner comme ses enfants ; s\u2019ils ne la respectent pas, et qu\u2019ils ne lui conservent pas cette liberté et cette puissance qui lui reste, l\u2019Epoux de l\u2019Eglise ne leur pardonnera pas.Représentez aux pères le soin qu\u2019ils doivent prendre de leurs enfants, les élevant dans la crainte de Dieu, prenant garde qu\u2019ils ne contractent par leur faute de mauvaises habitudes, ne souffrant point en eux par une fausse tendresse les fautes qu\u2019ils doivent corriger: les avertissant qu\u2019ils seront sévèrement châtiés de Dieu des mauvais exemples qu\u2019ils auraient pu leur avoir donnés, et de n\u2019avoir pas veillé assez sur leur conduite et sur les compagnies qu\u2019ils leur ont laissé fréquenter.Représentez aux enfants qu\u2019ils doivent à leurs pères et mères l\u2019obéissance, l\u2019honnèur, le respect, la soumission, le service et l\u2019assistance.Faites-leur connaître le châtiment que Dieu, qui est le Père de tous les hommes, et plus en particulier de tous les Chrétiens, prendra de ceux qui déshonoreront leurs pières et mères sur la terre, et qui les feront souffrir pendant leur vie pour ne vouloir pas contribuer à les aider parleurs secours.Il faut qu\u2019ils les honorent non-seulement en les respectant ; mais il faut encore qu\u2019ils les honorent en les assistant.Si Dieu promet une vie longue sur la terre et une éternelle dans le Ciel à ceux qui honoreront leurs pères et mères, il vengera sans doute ceux qui les mépriseront, et qui les oublieront dans leurs besoins. \u2014 420 \u2014 Représentez aux maris ce qu\u2019ils doivent à leurs femmes comme à leurs compagnes, les aimant d\u2019un amour saint, pur et chaste, ne les traitant pas avec aigreur et avec rudesse ; mais vivant avec elles dans la paix, l\u2019union et la concorde.Représentez aux femmes qu\u2019elles doivent à leurs maris, comme à leurs Seigneurs et à leurs maîtres, l\u2019honneur, le respect et la soumission ; qu\u2019elles doivent éviter tout ce qui serait capable de leur donner le moindre soupçon d\u2019une conduite peu réglée et tout ce qui pourrait altérer l\u2019union qui doit être entr eux.Marquez-leur l\u2019obligation qu\u2019elles ont d\u2019être modestes dans leurs habits, d'éviter le luxe, la vanité et tout ce qui serait un sujet de scandale à leurs frères.Ne souffrez point qu\u2019elles aient la gorge découverte.Exhortez-les de se parer, comme des femmes Chrétiennes, de pudeur, de modestie et de chasteté.Mais surtout représentez fortement aux Maîtres de ne point abuser de leur puissance, et de traiter leurs serviteurs comme les membres de Jésus-Christ, appelés à la même Foi, aux mêmes Sacrements, et au même héritage céleste ; les secourant spirituellement et temporellement : pénétrez-les de ces paroles terribles de Saint Paul, que celui qui n'a point, soin de ses domestiques, est pire qu'un Infidèle.Parlez aussi aux serviteurs, marquez-leur qu\u2019ils soient fidèles en tout temps au service de leurs maîtres, et non pas seulement quand ils eu sont vus, s\u2019intéressant dans la conservation du bien qui leur est confié, ne laissant rien dépérir par leur négligence, et l\u2019augmentant plutôt s\u2019ils le peuvent faire.Surtout faites en sorte qu\u2019ils n\u2019aient point d\u2019envie les uns contre les autres, qu\u2019ils ne sèment point de rapports, et qu\u2019ils évitent tout ce qui pourrait apporter le trouble dans les familles, et ce qui pourrait blesser ou altérer la charité.Enfin représentez à tous, qu\u2019en quelque condition qu\u2019ils soient, ils doivent songer à se sanctifier, marchant comme il est convenable que marchent ceux que Dieu a tirés de la puissance des ténèbres, pour les faire passer dans le Royaume de son Filsbien-aiinô, marchant en plein jour comme des hommes de lumière et comme les enfants de celui qui habite une lumière inaccessible : qu\u2019il n\u2019y ait rien en eux qui ne soit digne de ses yeux et de la vocation sainte à laquelle ils sont appelés. \u2014 421 \u2014 Auparavant de finir cette Lettre, mes très chers Frères, Nous devons vous faire souvenir de recommander à vos peuples la pratique de l\u2019aumône, et de cette usure innocente et céleste (bie'n différente de celle que Nous avons si souvent condamnée) par laquelle pour un verre d\u2019eau, on reçoit le Paradis.Vous vous souviendrez aussi de continuer à les établir et à les soutenir dans la pratique d\u2019une dévotion solide à la Sainte Vierge.Sous une si puissante et si tendre protectrice, ils n\u2019auront rien à craindre : elle se tiendra sur leur porte, et veillera sur les besoins de la Colonie, et de tous les particuliers qui la composent.Mais faites-leur bien comprendre que l\u2019honorant de bouche, ils doivent encore l\u2019honorer davantage par leurs actions, vivant comme doivent vivre ceux qui l\u2019ont prise pour leur particulière Maîtresse.Assurez tous les habitants des Villes et des Paroisses de la Campagne, que notre affection pour eux, bien loin de diminuer s\u2019augmente de jour en jour, que Nous les portons tous dans notre cœur pour les mettre dans celui de Notre Seigneur Jésus-Christ, auquel soit gloire, honneur, et louange dans les siècles des siècles Nous vous demandons, nos très chers Frères, de tout notre cœur, vos prières, vous assurant que nous ne cessons de vous offrir tous les jours à Dieu en la Sainte Messe, lui demandant pour vous, pour nous, et pour toutes les âmes qui nous sont confiées, ses grâces et sa très sainte bénédiction, le priant de ratifier dans le Ciel celle que Nous vous donnons sur la terre, afin que nous l\u2019aimions éternellement et vivions avec lui, et avec son Fils Jésus-Christ, auquel soit gloire, honneur, et louanges par toutes les créatures.Quiconque ne l\u2019aime pas, soit anathème, mais plaise à la bonté infinie, que tous ceux qui sont parmi vous, l\u2019aiment.Ainsi soit-il.Donné à Paris le 7 Mars 1701.JEAN, Evêque de Québec.La présente Lettre Pastorale sera lue dans les Prônes des Paroisses.Pour n\u2019oublier rien de ce que Nous désirons vous dire, mes très chers Frères, qui participez avec Nous au même Sacerdoce, Nous souhaitons que vous ayez les uns pour les autres toute l\u2019estime, le respect et la charité possible.Les Curés et autres Pasteurs des âmes doivent se faire un plaisir de recourir aux \u2014 422 \u2014 Religieux de l\u2019une ou de l\u2019autre des deux Communautés que nous avons dans notre Diocèse, dans les besoins de leur Paroisse : et les Confesseurs Réguliers de leur côté doivent appuyer de toutes leurs forces les bonnes intentions des Pasteurs par une fermeté et une dispensation uniforme du Sacrement de Pénitence.Nous conjurons les Prêtres Réguliers de considérer qu\u2019étant appelés par une grâce plus spéciale que les autres de leur Compagnie et de leur Corps, à venir Nous aider, et à coopérer avec nous au salut des pauvres âmes abandonnées, qui Nous ont été confiées, ils doivent volontiers se charger des Missions abandonnées des Français et des Sauvages, que Nous voudrons leur confier.Nous attendons ce secours de leur foi et de leur charité, et Nous nous faisons un singulier plaisir de penser qu\u2019ils voudront même s\u2019offrir à les servir, à l\u2019exemple de ces Religieux, qui s\u2019offrirent si volontiers à Saint Charles pour lui aider dans les soins et dans les secours qu\u2019il donnait aux pestiférés.C\u2019est sur ce même principe que Nous espérons aussi d\u2019apprendre la soumission volontaire et édifiante des Pères de la Compagnie de Jésus, qui se sont offerts jusqu\u2019ici pour la Mission de Tamaroa, lesquels n\u2019ayant pas été reçus par celui qui représente (quoi qu\u2019indigne) le Maître de la vigne, qui doit donner entrée à ceux qui y peuvent travailler, seront employés à d\u2019autres Missions aussi grandes et aussi nombreuses que celle de Tamaroa, que Nous n\u2019avons pu leur confier parce que nous en avions donné le soin aux Missionnaires du Séminaire des Missions Etrangères de Québec, auxquels nous l\u2019avons accordée expressément par nos Patentes, et de nouveau confirmée par nos Règlements et Ordonnances, portant défenses aux uns et aux autres de faire les fonctions réciproquement dans les Missions qui leur ont été confiées, que de l\u2019agrément et consentement des uns et des autres, afin par cette conduite d\u2019entretenir entr\u2019eux une plus grande union.JEAN, Evêque de Québec.Ce dernier article ne doit point être lu dans les Prônes, mais seulement dans les Assemblées Ecclésiastiques. \u2014 423 \u2014 ORDONNANCE TOUCHANT LA RÉSOLUTION DE PLUSIEURS DIFFICULTÉS QUI CONCERNENT LES MISSIONS DES SAUVAGES JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous les Missionnaires des Sauvages, Séculiers et Réguliers, répandus en différents endroits de notre Diocèse ; surtout aux plus éloignés qui travaillent aux Outaouais, Illinois et à ceux qui sont le long et à côté du fleuve de Mississipi et dans les pays de l\u2019Acadie, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Comme il n\u2019est rien de plus utile et de plus avantageux pour le salut des âmes que l\u2019unité d\u2019un même esprit, des mêmes sentiments, des mêmes principes et des mêmes règles dans ceux qui les gouvernent, il n\u2019est rien aussi que nous ayons souhaité avec plus d\u2019ardeur, que de pouvoir établir cette uniformité parmi ceux qui travaillent sous notre conduite ; persuadé que nous sommes qu\u2019il n\u2019y a rien qui bannisse davantage les abus et les scandales d\u2019un Diocèse, et qui y établisse plus le bon ordre et la paix.L\u2019on peut dire que c'est dans cette uniformité que consiste toute la beauté, toute la force et tout le bonheur de l'Eglise C\u2019est elle qui édifie les bons, confond les méchants, et donne gloire à Dieu en faisant voir aux plus impies que l\u2019Eglise est la Maison de Dieu et son Royaume, que l\u2019on ne peut diviser.C\u2019est pour la maintenir et la conserver dans les Missionnaires qui travaillent à la conversion des Sauvages de notre Diocèse, que Nous avons recueilli ensemble les difficultés qui peuvent plus souvent les arrêter dans la conversion, ou la conduite ordinaire des dits Sauvages, sur lesquelles Nous avons été bien aise de consulter les Théologiens des différents Corps Séculiers et Réguliers, dont Nous avons des Maisons en notre Diocèse, pendant le séjour que nous avons fait à Paris ; sur lesquelles consultations Nous avons fait dresser ce petit recueil de décisions conformes à leurs sentiments, que Nous avons fait autoriser de la signature de plusieurs Docteurs de Sorbonne, aussi illustres par leur piété que par leur doctrine.Nous désirons, Nos très chers Frères, que vous vous arrêtiez à ces règles de morale, que \u2014 424 \u2014 vous pouvez regarder comme sûres dans la conduite que vous avez à tenir, jusqu\u2019à ce qu\u2019ayant consulté le Saint-Siège, si le cas devient nécessaire, Nous ayons la consolation de voir tous les Missionnaires, que la Providence de Dieu veut bien Nous ménager, travailler avec un même esprit et un même cœur à la conversion et à la sanctification des âmes, dont le salut Nous doit être très cher.Donné à Paris le 20 d\u2019Août 1702.JEAN, Evêque de Québec.llæ sunt Quædam Difficultates, quarum solutio Petitur.Prima, utrum fœminæ Cbristianæ, quæ inter Barbaros nostros multo plures sunt, quam mares, cum non inveniunt mari-tum Christianum, utrum possent, cum dispensatione matrimo-nia contrahere cum Infidelibus ?ut fecisse olim perhibentur Sancta Cæcilia et Sancta Monica : et in Gallia nostra Gatholici olim cum Calvinistis : præsertim cum inter Barbaros nostros non tantus sit subversionis timor : si dispensatio posset esse genera lis, a quo petenda est ?Secunda, cum inter Barbaros nostros de indissolubilitate matrimonii altum fuit silentium, quæritur utrum si fœmina Christiana post Baptismum viro Infideli nupserit ex dispensaiione, contractu tantum civili alligata, nulla Sacramenti solemnitate intercedente, si deinde lapsu temporis discedat vir Infidelis a Fideli conjuge ; licetne Fideli, ut etiam discedat et ipsa et ad ulteriores nuptias progrediatur ?vel si innupta permanere cogetur conjux Fidelis post discessionem viri Infidelis.Tertia, utrum inter Barbaros nostros Christianos Ecclesiæ filios adhuc informes, Ghristianus et Christiana libéré possent nubere, cohabitare, bonis tori et prolis gaudere, sine solemnita-tibus in Sacro Concilio Tridentino præscriptis, sine benedictione et præsentia Parochi, contractu quodam civili conjuncti, mutuo consensu, dissolubili ad tempus donee se mutuo probavissent, sufficiensque inter ipsos morum animorumque sympathia, ut possent in posterum individuam vitæ societatem inire, eamque tunc firmare ac veluti consecrare per benedictionem solemnem Sacramenti Matrimonii, cum post diuturnam conversationem, \u2014 425 \u2014 ætatis maturitatem et susceptam forte prolem, nullus de ipsorum concordia relictus sit dubitandi locus ?sin minus hoc non liceat, teneanturque baptizati, omnes istas leges adimplere, cum ante maturam ætatern, et continentiæ pariter et conslantiæ conjugalis parum videantur esse capaces Barbari sive viri, sive mulieres, parum etiam Baptismi videantur esse capaces, ante probatum per multos annos matrimonium ?Quarta, utrum liceat Sacerdotibus Missionariis propter imbe-cillitatem animi Barbarorum, dum ipsis Mysteria Fidei, legesque Christianas exponunt, præceptum de indissolubilitate Matrimonii reticere, per aliquot annos ; an vero teneantur illud Barbaris inculcare statim ?Et utrum qui nollent observare, a Baptismo, vel si baptizati, a cæterorum Sacramentorum perceptione remo-vendi sint ?Quinta, fœmina Infidelis jam ad Fidem conversa, et baptizata vult nubere, et necesse habet, quia uritur, et se continere non potest, virautem oui nubatnon reperitur nisi Infidelis.Quæritur, utrum ad eos Sacramento Matrimonii conjungendos, debeat vir Infidelis baptizari, etiamsi sic aliqua ratio timendi, ne postea in apostasiam labatur, et uxorem deserat ?Sexta, utrum Christiana more Barbarorum Infideli maritata, debeat velle remanere semper cum suo viro Infideli, et an prohi-benda sit ne ilium deserat ?Quo modo se gerendum erga eos, cum ad aliquam Missionem veniunt, in ea mansuri, an simul relinquendi, an separandi?Septima, utrum Barbaris danda sit dispensatio generalis de omnibus impedimentis dirimentibus, quæ inter eos reperiri possunt, et üetjuibus non sit dispensandum ?Octava, an iis danda sit dispensatio generalis a proclamationi-bus Matrimonii, vulgo a publicatione Bannorum ?Nona, quomodo se gerere debeat Missionarius erga mulieres nolentes reddere debitum, vel quiagravidæ sunt, vel quialactant filios snos; quia si conciperent, non possent amplius nulrire, nec per se, nec per alias, et sic morerentur liberi ?Décima, utrum instruendi sint Barbari de præcepto Commu-nionis Eucharistiæ, et ad earn obligandi ? \u2014 426 \u2014 Undecima, utrum iis concedenda sit dispensatio generalis ab observantia Quadragesimali, aliisve jejuniis, nec non ab absti-nentia carnium Feriis sextis, et Sabbatis ?Duodecima, ntrum baptizandi sint parvuli Algonquinorum, aliornmve Barbarornm ?qui licet baptizati nullum fere Religionis actum exercent, sed per nemora vagantur continuo, superstitiones pristinas sequuntur ; quorumque pueri cum adoleverint, imita-tores reddunlur : notandum tamen plerosque puerorum illorum ante pubertatem mori ob nimium frigus, famem, aliasque mise-rias multas, quibus sæpe in sylvis conficiuntur.Doctorum responsio Antequam respondeatur articulis propositis tam Latine quam Gallice conscriptis, monendum est alque id generatim dici potest, quod circa difficultates in Memoriali contentas, plures sunt Bullæ, quæ eas definierunt, aut plura Décréta Congrega-tionis de Propaganda Fide : quare ad hæc, vel ad illas recurren-dum est, ut prædictarum difRcultatum solutio habeatur ; si aliquæ hactenus non fuerint defmitæ, consulendus est Summus Pontifex, ut ab eo circa eas decisio obtineatur ; hæc enim erit majoris ponderis ac auctoritatis, quam quævis alia Theologorum responsio.Quia tamen Theologorum resolutio utilis esse potest ad obtinendam facilius circa dubia piroposita a Summo Pontifice dehnitionem, aperient de propositis articulis suam sententiam ; atque de illis sigillatim sic censent infrascripti Doctores Sorbo-nici.Ad primum.Ad majorera difficultatis elucidationem et conse-quenter solidiorem ejus solutionem, præmittendum est.1.\tMatrimonium inter Infidèles esse validum, in quantum est contractus naturalis, cujus, id est matrimonii, ratio eadem esse debet ac cæterorum contractuum.2.\tMatrimonium est validum, modo non sit contractum cum impediment jure naturali vel Divino dirimente, esto impedi-mentum sit dirimens jure Canonico, lex enim Ecclesiastica non astringit Infidèles.3.\tPrimis Ecclesiæ sæculis poterat habitare conjugatus con-versus cum Infideli, ita de conjugata conversa, et jam non est \u2014 427 \u2014 licitum, etiamsi sit spes conversionis Infidelis, quia præsumitur semper periculum subversionis.Unde sequitur Christianam v.g.non posse modo contrahere cum Infideli.4.\tMatrimonium inter Fidelem et Infidelem est irritum, ex more populi Ghristiani vim legis obtinente, inquit Bellarm, 1.1.c.23.de Matrim.Disparitas cultus ex sola consuetudine paulatim inducta irritât matrimonia : ea eonsuetudo introducta est 450 abhinc annis : ab hoc tempore sine ulla controversia creditum est in Ecclesia, matrimonia ilia esse nulla.Ita Vericel.de Apost-miss.tit.12.de Matr.q.17.n.8.5.\tPotest Sumnuis Pontifex ex justa causa dispensare, ut Fidelis nubat Infideli, id mtelligitur modo non sit aliunde periculum subversionis.Ita Bellarminus et Vericelli §11, et révéra ex Bulla Pauli V, quæ incipit, Ut animarum saluti 21 Junii, an.1616, con-cessum est Episcopo Funiacensi in Japonia, et Superioribus Societatis Jesuitarum in regno Chinarum, ut ad decennium pos-sint dispensare in impedimento disparitatis cultus.Quidquid sit de illo impedimento disparitatis cultus, utrum illud ex lege aliqua positiva, aut consuetudine introductum sit, vel de tempore a quo introductæ sunt lex hujusmodi vel consue-tudo, constat disparitatem cultus esse in præsentiarum impedi-mentum dirimens matrimonium, unde permitti potest ut mulier Christiana nubat Infideli, supposito quod nullus sit subversionis timor : ilia autein permissio, seu potius dispensatio, ex dictis postulanda est a Summo Pontifice, generalis autem concedi non debet, nec indiscriminatim talis dispensatio ; scilicet ut omni Fideli permissum sit contrahere matrimonium cum Barbaro non baptizato, fieri enim posset Fidelem ex ejusmodi licentia incurrere periculum subversionis, aut inductionis ad peccatum ; vel sequi posset ex tali dispensation, quod Infidelis habitet cum contumelia Creatoris.Ad secundum.Potest mulier Fidelis in casu proposito ad altéras nuptias transire, licet cum dispensation contraxerit cum Infideli : nam supponendum est : 1.Minus indissolubile esse matrimonium Fidelis cum Infideli, licet consummatum, quam matrimonium inter Fideles non con-summatum, quod dissolvi potest ex pluribus Theologis.Sanctus \u2014 428 \u2014 Thomas in 4 dist.39.a.5.ad Ium.docet matrimonium Infidelium minus esse firmum.2.\tMatrimonium inter Fidelem et Infidelem, etiam cum dis-pensatione contractum, non esse Sacramentum, itaque, ut dictum est, non est ita firmum.3.\tDispensatiodaturmulieriChristïanæ ut nubat valide Infideii, quia in præsentiarum cultus disparitas est impedimentum diri-mens, quod tollitur per dispensationem.Primis Ecclesiæ sæculis taie non erat impedimentum, ita ut validum tune esset matrimonium inter Fidelem et Infidelem, et sæpe etiam licitum, ut patet exemplis pluribus Sanctarum mulierum, quæ nupserunt viris Infidelibus, qua de re consulendus est Cornelius a Lapide in I.ad Corinth, c.7.Videndus etiam Vericelli loc.cit.Hinc inferri potest quod idem judicandum sit de muliere Christiana nunc cum dispensatione nubente viro Infideii, ac de ea quæ sine dispensatione contrahebat prioribus Ecclesiæ sæculis cum viro Infideii.His autem temporibus quando Infidelis disce-debat a muliere Fideli, hæc poterat alteri viro nubere, juxta id scribit Apostolus I.Corinth.7, V.13 et 15.Si qua muliervirum habet infidelem, et hic consentit habitare cum ilia, non dimittat virum.Quod si infidelis discedit, discedat.Ergo mulier Christiana de qua agitur, licet cum dispensatione nupserit Infideii, poterit hoc discedente, ad secondas nuptias transire, cum vir discessisse præsumendus sit ex odio Religionis quam profitetur ejus uxor, nec velle amplius ad earn reverti.Innoc.Ill, cap.Quanto extra de divortiis sic loquitur : Si enim alter conjugum Infidelium ad Fidem Catholicam convertatur, altero vel nullo modo, vel non sine blasphemia divini Nominis, vel ut cum pertrahat ad mortale pecca-catum, ei cohabitare volente, qui relinquilur, ad secunda si voluerit vota transibit.Idem habet cap.Gaudemus eodem tit.Ad tertium.1.Barbari qui Christiani sunt possunt valide nubere sine præsentia proprii Parochi, si publication nondum sit Concilium Tridentinum apud ipsos, impedimentum enim diri-mens defectu præsentiæ proprii Parochi introducturn fuit adicto Concilio.Hinc sequitur matrimonium Barbarorum Christiano-rum esse nullum, si apud illos publication fuit Concilium Tridentinum.2.AbstrahendO an publication sit Tridentinum, necne, matrimonium mutuo consensu ac legitime contractum est indissolu- \u2014 429 \u2014 bile ; ita üt non sit liberum Christianis alias nuptias transire : maxime vero post susceptam prolem, quamvis postea conjngesex diuturna conversatione agnoscant, non eorum concordes animos et sympathicos.Has leges Barbarorum, de quibus in articulo proposito agitur, rejicit Ecclesia, cui omnes baptizati tenentur obedire.Matrimonium ergo nullum est, ea conditione contractum ut a se invicem discedere possent conjuges, et aliud inire, quando minus concordes eorum erunt animi.3.Instruendi sunt Barbari antequam baptizentur circa hoc caput de indissolubilitate matrimonii, maxime post susceptam prolem.Si vero prævideatur fore ut semel conjugati post con-versionem, libéré et pro more renuntient priori conjugio, et aliud ineant ; non sunt admittendi ad Baptisma, quia certo agnoscit Ecclesia, matrimonii consummati vinculum esse indissolubile, nec aliud posse, vivente conjuge, matrimonium iniri.Ad quartum.Debent Missionarii Barbaros indissolubilitatem matrimonii edocere autequam baptizentur, si periculum sit, ne post baptismum susceptum indissolubilitatem çdocti, eam obser-vaturi non sint : qui autem hujusmodi præceptum observare re-cusaverint, ii a Baptismo, vel si baptizati, a cæterorum Sacra-mentorum perceptione, et a Fidelium communione, prævia monitione arcendi sunt.Ad quintum.Potest in casu proposito mulier ilia nubere viro Infideli, si prius fiat Ghristianus, etiamsi sit ratio quædam timendi ne deserat Fidem et uxorem ; aliqualis enim ille timor matrimonio ineundo non obstabit, modo aliunde probabilis spes sit, maritum Fidei Christianæ non renuntiaturum, ita ut major sit ratio sperandi, quam timendi : si vero major sit ansa timendi ne vir deserat Fidem, satius est ut mulier cum dispensatione nubat Infideli, modo aliunde nullum sit periculum subversionis, aut inductionis ad peccatum ; alias debet ista mulier expectare donee alius vir reperiatur, cui nubat.Interea debet ad Deum confugere, ac uti remediis quæ prudens Confessarius præscribet, ne labatur in carnis peccatum, ac Deum graviter offendat.Ad sextum.Matrimonium mulieris Christianæ cum Infideli nullum est, quia contractum est cum impedimento disparitatis cultus quod est dirimens.Itaque cum Missionarii accèdent ad Barbaros instruction^ gratia, dispensabunt super hoc impedi- 430 \u2014 mento cum muliere, si aliunde periculo subversion^ non sit exposita, ac velit de novo contrahere, ut revera debet de novo contrahere cum tali viro.Ad septimum.Gum Infidèles convertuntur ad Fidem, nulla egent dispensation, ut stet eorummatrimonium, etiamsi contra-xerint cum impedimentis jure Canonico proliibitis ; quia prohi-bitio canonica quoad contrahendum matrimonium non extendi tur ad Infidèles, quia sunt extra Ecclesiam, juxtaillud Apostoli: 1.Corinth.5.Quid enim ad nos de his, quæ foris sunt, judicarel Si vero sint in gradu lege Divina prohibito conjuncti, debent conversi ad Fidem separari ; quia tale matrimonium est ipso jure nullum : Infidèles enim sunt subjecti legi Divinæ.Quia igitur matrimonium inter Infidèles est verum matrimonium prout institutum est in officium naturæ, nempe ad generandos et educandos liberos ; ideo si Tnfideles noncontraxe-runt in gradibus lege Divina prohibitis, legitime contraxerunt ; ac proinde si Infidèles conversi ad Fidem velint habitare simul sine contumelia Creatoris et periculo inductionis ad peccatum, non sunt separandi, sed licite manent conjuncti qui ante conver-sionem ad Fidem matrimonium contraxerunt ; quia per Sacra-mentum Baptismi non solvuntur conjugia, sed crimina dimit-tuntur, ut liabet Innoc.III.cap.Gaudemus, de Divortiis.Ratio est, inquit Pirrhing.L.4, tit.19, n.39, de Divort.quia matrimonium jure naturæ consistit inter infidèles, et per conversioncm ad Fidem, sive per professionem Fidei non tollitur jus naturæ.Hie auctor enumerat personas inter quasjure Divino etnaturali prohibitum est matrimonium etiam inter Infidèles, v.g.quæ coujunctæ sunt in primo gradu lineæ rectæ, utsunt parentes etfilii, item quæ sunt conjunct® in primo gradu consanguinitatis in linea collateral^ ut sunt fratres et sorores.Nam etiam Infidèles in his gradibus conjuncti, cum ad Fidem convertuntur, sunt separandi.De dispensationibus quæ concedi possunt Infidelibus, cum ad Fidem convertuntur, in quibus casibus dispensandum, et qua cautione, videndum est Breve dementis IX, concessum an.1669 Heliopolitano Episcopo, pag.29, Constitut.Apostol.pro Missio-nibus Sinarum.Item videnda Bulla Pii V, an.1571, ibid.Item consulendæ praxes quædam, ibid, pro Ghinensibus, pag.39, n.39. \u2014 481 \u2014 Quod nunc spectat ad difficultatem quæ superesse posset, utrum consensus Barbarorum, qui matrimonium ante Baptismum con-traxerant, renovari debeat coram Parocho, vel ut vulgo dicitur, in facie Ecclesiæ, certo melius et securius esset ilium consensum renovari, imonecessarium in mente Theologorum matrimonium Barbarorum virtute Baptismi non fieri Sacramentum asseren-tium.In mente autem aliorum qui contrarium dicunt et credunt quod eo momento quo Infidèles convertuntirr, et baptizantur, matrimonium quod ante Baptismum contraxerant, fieri Sacramentum, non esset necessarium renovare vel reiterare ilium consensum in facie Ecclesiæ, sed solum monere Barbaros eorum obligationis.Ad octavum.Quandoquidem Lex est Ecclesiæ, ut denuncia-tiones, seu proclamationes Bannorum fiant antequam matrimonium contrahatur, sequitur indiscriminatim, et sine causa de iis dispensandum non esse.Ad nonum.1.Tenentur mulieres gravidæ secluso abortus pe-riculo, reddere debitum maritis suis, illud exigentibus, nec posse denegare, maxime ubi est incontinentiæ periculum ; unde Mis-sionarii hujus obligationis debent monere prædictas mulieres, cui si desint, Sacramenta ipsis deneganda sunt.2.\tSi matres, dum lactant filios, concipiunt, non tenentur reddere debitum, supposito quod accidat ex eo, pcriculosum esse lac filiis, ita ut mors sit moraliter secutura, nec aliis modis providere possint filiis quos lactant matres gravidæ : hinc sequitur Missionaries non posse in ea hypotesi inducere conjuga-tas ad reddendum debitum.Fatendum autem ex usu pauperes lactare filios, nec tamen proles obire, vel graves rnorbos contra-here, licet hæ mulieres rem uxoriam habeant cum maritis suis.Et révéra durissimum jugum esset, moraliter impossibile, ut cubantes in eodem lecto per biennium quo infantis durât lactatio, abstineant a debito conjugali, atque iterum cum mater pepererit, alio biennio abstineant ; ac proinde matrimonium pauperibus non tarn remedium concupiscentiæ, quam laqueus et causa multorum peccatorum esse videretur.3.\tMissionarii facile judicare non debent lac matrum gravidarum periculosum multum esse filiis quos lactant ; itaque ut plu-rimum monere debent hujusmodi mulieres obligationis suæ, ut supra dictum est. \u2014 432 \u2014 Ad decimum.Gum non solum præcepto Ecclesiastico, sed etiam Divino teneantur ad sumendam Eucharistiam Fideles, sequitur Barbaros si sint baptizati, eos edocendos esse de hoc Mysterio, et præcepto accedendi ad hoc Sacramentum.Scire itaque debent in hoc Sacramento Christum verum Deum ethominem sub utraque specie contineri, et a Fidelibus vere et realiter surni, omnesque Fideles obligari in vita, et in morte illud suscipere ; ex régula enim tenemur scire ea explicite et credere, quæ suo tempore tenemur suscipere.Ita Vericelli Tract, de fide q.6, Sect.6.Si agatur de Barbaris non baptizatis, ex probabiliori sententia cum non teneantur Infidèles ad Eucharistiam, non suntedocendi statim illud Mysterium, itaque'de eo instructio poterit differri, non ita decæteris articulis quos tenentur necessitate medii scire : at credere Eucharistiam, non est necessarium necessitate medii, sed tantum præcepti.Garnach.tract, de fide, pag.513.Révéra dixit Christus Dominus, Nisi manducaveritis camera meam, &c., sed explicanda sunt hæc verba eo sensu quod lex Divina commu-nicandi ponatur pro omnibus juxta nàturam rei, scilicet, ut obliget omnes existentes in Ecclesia per Baptismum, non vero universaliter exponitur pro non existentibus in Ecclesia.Deinde advertpnt Theologi post Sanctum Thomam 2.2.q.1.tract, de fide, art.8.ad 6.Eucharistiam non facere articulum fidei stricte sumptum distinctum ab articulis contentis in Symbolo, feed revocari posse ad articulum qui spectat omnipo-tentiam divinam.Unde colligunt aliqui per communem usurn illius, et praxim Ecclesiæ erudiendos Fideles de ejus veritate, ac sumendi obligatione, sicut et plurium aliorum, quæ tenemur scire et observare.Ad undecimum.Quædam præmittenda sunt ex Vericelli de Apost.Mission, q.98.v.Jejunium, quæ ad rei propositæ solutio-nem non parum conferre possunt.1.\tConstat Barbaros non teneri ad jejunium, si in locis Infide-lium, jejuniorum tempore, vitæ necessaria commode haberi non possunt.2.\tPaulus III, concessit ut Indi solum tenerentur ad jejunan-dum omnibus sextis Feriis Quadragesimæ, et Vigiliis Resurrec-tionis, et Natalis Christi, propter eorum novam ad Fidem con-versionem, et ipsius Gentis infirmitatem, imo jejunium repu- \u2014 433 \u2014 gnans sanitati, vel bene non quadrans officio, vel exercitio ali-cujus eorum, non est censendum ab Ecclesia illis præceptum.Hæc Panins III.3.Non sunt Gentiles noviter conversi jejuniis onerandi, ne insolitis jejuniis Gentiles a Fide retrahantur.Ita Nicolaus Papa ad Consulta Bulgarorum cap.4.cujus hæc sunt verba, quot tem-poribus, vel diebus in circuitu anni, sit a carnibus abstinendum, nunc vobis qui rudes estis, et in Fide quodammodo parvuli superflue duximus exponendum.His prænotatis, potest colligi quando generalis dispensatio concedenda sit, vel non ; sen quorum dierum, ac jejuniorum facienda sit exceptio : id enim pendet ex statu Barbarorum, locorum in quibus versantur, ex tempore a quo conversi sunt ad Fidem,.ex firmitate conversionis eorumdem : id uno verbo pendet maxime ex prudenti judicio Episcopi, vel Missionariorum qui, ut supponitur, dispensandi facultatem, prout ipsis æquum visum fuerit, habent.Nec Episcopi, nec Missionarii concedere possunt dispensationem generalem non jejunandi diebus quibus soient servari jejunia in Ecclesia, nisi earn facultatem acceperint a Summo Pontifice.Ad duodecimum.Licite possunt baptizari infantes Barbarorum in casu proposito, supposito quod major pars infautium in his plagis, decedat ante usum rationis.Hæc doctrina potest suaderi his rationibus.Voyez la réponse à la premiere difficulté française.1.\tQuia majus est commodum horum infantium quam sit incommodum in periculo perversionis ; nam periculum perver-sionis non censetur adeo propinquum aut cerium, cum fieri possit ut infantes ante usum rationis moriantur et ita esse supponitur in casu proposito.2.\tQuia quamvis in aliquo futura esset vera, et formalis per-versio, et sic vera et formalis injuria facta Sacramento Baptismi ex peccato apostasiæ formalis a Fide, tamen hæc injuria sine peccato in aliquibus permittitur, propter bonum majoris partis ipsorum infantium, qui decedunt ante septennium, vel in ea ætate ubi invincibiliter errabunt.3.\tQuæ responsio intelligi debet, supposito quod patres libéré permittant Missionariis ut filios suos baptizent, ac filiis suis ht 28 \u2014 434 \u2014 fiant Christiani, imo qood adsint qui eos de fide instruant cum adoleverint, ita ut per ipsos filios stet fidem in Baptismo recep-tam conservare.Videnda prima propositio ex Gallicis.Ita censent Doctores Sorbonici, Parisiis die 10 Augusti.an.sal.1702.G.Fromageau, Le Pescheux, C.Bornât, M.Mortier, P.Deschamps, Carsillier, Delarastie, J.Tanoarn, Harert, G.Bourret, P.Girard, De Beyne, Guillard, Languet de i Ville-Neuve.DIFFICULTÉS QUI REGARDENT LES SAUTAGES, DONT ON DEMANDE LA SOLUTION La première.S\u2019il est permis de baptiser tous les enfants des Sauvages Infidèles qui n\u2019ont pas encore atteint l\u2019âge de raison.Pour la décision de cette question il est important de savoir qu\u2019il y a des Contrées, où à cause du froid extrême, ou bien à cause de la grande pauvreté des Nations qui les habitent, la plus grande partie des enfants meurent avant l\u2019âge de raison.Il y en a aussi d\u2019autres, où les enfants pour l\u2019ordinaire ne meurent pas comme dans les autres avant l\u2019âge de raison.Les raisons pour, sont 1.parce qu\u2019on a l\u2019expérience que si l\u2019on ne les baptise pas tous indifféremment, on en laissera mourir une bonne partie sans Baptême, parce que leurs maisons et cabanes étant éloignées les unes des autres considérablement, surtout pendant l\u2019hiver, un Missionnaire ne peut suffire pour aller partout.2.Il ne tient qu\u2019à ceux qui ne meurent point de s\u2019instruire, et de vivre en Chrétiens, parce que les Missionnaires font ce qu\u2019ils peuvent, et que c\u2019est leur faute, si cela n\u2019arrive pas. \u2014 435 \u2014 3.Les parents ne forcent point leurs enfants en matière de Religion, il ne tient qu\u2019à eux de s\u2019instruire et de vivre chrétiennement.Les raisons contre, sont : 1.La sacrée Congrégation étant consultée, si on pourrait baptiser les Chinois en les laissant avec leurs parentg Infidèles, elle a déclaré qu\u2019on ne le pouvait pas.2.Quoique les Sauvages ne forcent point leurs enfants à suivre leurs superstitions, néanmoins ils les élèvent dedans, et les leur apprennent, et la plupart les suivent, lorsqu\u2019ils grandissent.3.Les enfants ne sont jamais bien instruits, parce qu\u2019ils ne vont plus trouver le Missionnaire.4.Il ne peut y avoir aucune marque pour distinguer les enfants qui sont baptisés d\u2019avec ceux qui ne le sont point.La seconde.On demande si on les doit baptisef par infusion.Comme les enfants ont peur, on se contente de mouiller la main dans de l\u2019eau et de leur en frotter le front, ou bien de les baptiser avec une éponge.La troisième.On demande si on doit observer les Cérémonies du Baptême dans les Missions où il n\u2019y a pas encore d\u2019Eglise.On n\u2019est point en usage de faire les Onctions et les autres Cérémonies du Baptême, peul-on'les omettre.La quatrième.On demande ce que devrait faire un Missionnaire qui aurait indiscrètement baptisé tous les enfants de la Mission, dont les pères et mères seraient encore Infidèles.La cinquième.On demande si auparavant de baptiser un adulte, on est en obligation de lui expliquer tous nos Mystères, et toute notre Loi, surtout si c\u2019est un moribond.Cela ne ferait que le troubler.Ne suffirait-il pas de lui faire promettre que quand il sera en santé il se fera mieux instruire, pour pratiquer ce qui lui sera marqué ?La sixième.On demande s\u2019il est nécessaire de lui expliquer le Mystère de l\u2019Eucharistie.La septième.On demande si on est tellement obligé de faire faire à un adulte qu\u2019on veut baptiser un acte de contrition ou d\u2019attrition, qu\u2019on ne puisse point le baptiser sans cela, quand même on lui ferait faire des actes d\u2019amour de Dieu, et de résolution de ne plus commettre les péchés passés.Il est bien plus \u2014 436 \u2014 aisé à un Missionnaire qui commence d\u2019apprendre la langue, de faire faire les deux derniers actes, que le premier, parce qu\u2019il est difficile de leur faire exprimer le motif de la douleur de leurs péchés, parce qu\u2019ils déplaisent à Dieu, parce que Dieu est bon, parce qu\u2019ils craignent l\u2019Enfer, etc.La huitième.On demande si on est obligé de donner le Saint Viatique et l\u2019Extrême Onction aux adultes moribonds qu\u2019on croit souvent capables du Baptême, mais non pas de la Communion, ni des autres sacrements.La neuvième.On demande si on peut baptiser un Sauvage adulte, qui a plusieurs femmes, à qui on fait promettre de n\u2019en avoir qu\u2019une dans la suite, s\u2019il revient en santé, mais qui ne voudrait pas renvoyer les autres de la maison, est-on obligé de lui faire expliquer laquelle de toutes il prendra pour femme, s\u2019il revient en santé, ou suffit-il qu\u2019il promette qu\u2019il n\u2019en aura plus qu\u2019une, et peut-on l\u2019absoudre en le laissant au milieu de toutes ses femmes.La dixième.On demande si on peut baptiser un Sauvage adulte qui souffre et qui souhaite que les Médecins, ou les parents fassent de certaines cérémonies superstitieuses pour sa guérison, qui sont au moins vaines et inutiles, mais qu\u2019on ne sait pas encore si elles sont formellement contre la Religion Chrétienne, le Missionnaire peut-il le baptiser jusqu\u2019à ce qu\u2019il ait découvert à fond ce que signifient ces cérémonies et à qui ils les font.La onzième.On demande si un Missionnaire peut administrer le Baptême et les autres Sacrements à un malade à qui on a expliqué les Mystères de la Religion, qui a promis de garder les Commandements, mais que le Missionnaire est moralement certain qu\u2019il n\u2019a promis de les garder, que parce qu\u2019il ne veut point le contredire, il a beaucoup de raisons de douter qu\u2019il soit bien instruit, parce que ne sachant la langue qu\u2019à demi, il n\u2019a pu lui expliquer que superficiellement des Mystères fort élevés au-dessus des lumières des Sauvages ; et quoique le moribond assure les bien entendre, son extérieur et son indévotion lui persuadent que probablement il ne dit oui, que par complaisance, en sorte que si un autre venait lui dire que tout ce qu\u2019on lui a appris sont des fables, il dirait oui de même par complaisance ; \u2014 437 \u2014 ce qui peut venir de deux principes : le premier est qu\u2019il ne comprend pas ce qu\u2019on lui a dit, le second de la légèreté de son esprit, se pouvant faire que dans le moment qu\u2019il dit oui, je le crois, je le ferai, qu'il le croie, et qu\u2019il le veuille faire effectivement, mais que la moindre petite raison contraire le fera changer de sentiment ; il faut convenir cependant qu\u2019un Sauvage moribond ne voudrait pas brûler dans l\u2019autre monde en Enfer, et qu\u2019ainsi son oui pourrait être véritable et du fond du cœur.La difficulté est de savoir s\u2019il croit un Dieu et un Enfer, ou s\u2019il n\u2019écoute pas cela comme une histoire qu\u2019on lui dit, qui peut être vraie, et peut être fausse.La douzième.On demande si un Missionnaire, qui aurait une mission très difficile à desservir à cause de sa grande étendue, ne pourrait pas prendre le parti de régler le temps qu\u2019il ferait sa visite en chaque endroit, comme par exemple tous les mois, et que hors le temps de sa visite il fit la résolution de n\u2019y point aller, quand même on l\u2019assurerait qu\u2019un malade serait à l\u2019extrémité, tant à cause de l\u2019expérience journalière qu\u2019il a que les Sauvages font venir pour la moindre indisposition, que parce que cette fatigue l\u2019épuiserait trop et serait au-dessus de ses forces, s\u2019il laissait mourir en ce cas-là des enfants ou des adultes sans Sacrements, pècherait-il mortellement, ou même véniellement ?La treizième.On demande si on peut dire la Messe lorsque l\u2019on est dans ces pays éloignés, sans prendre une goutte de vin dans les deux ablutions, et si la dispense de l\u2019Evêque peut suffire, ou bien s\u2019il faut recourir au Saint-Siège.La quatorzième.On demande si l\u2019on ne peut pas baptiser un adulte grossier et stupide, comme peut être un Sauvage, en lui donnant la seule connaissance de Dieu, et de quelqu\u2019un de ses attributs, particulièrement de sa justice rémunérative et vindi cative, fondé sur ce passage de Saint Paul, Accedentem ad Deum credere oportet, quia est, et quod sit remuncralor.D\u2019où l\u2019on infère qu\u2019on peut absolument baptiser un Sauvage adulte en certain cas de nécessité pressante sansqu\u2019il croie explicitement en Jésus-Christ.La quinzième.On demande si un Missionnaire est obligé d\u2019intimer aux Sauvages adultes baptisés, ou à baptiser, tous les préceptes de la Loi positive Divine, surtout ceux que l\u2019on voit \u2014 438 \u2014 que les Sauvages baptisés, ou qui demandent de l\u2019être, auraient peine à se soumettre, afin que les Sauvages demeurent en sûreté de conscience, quoiqu\u2019ils n\u2019observent pas les préceptes qu\u2019ils ignorent, se fondant sur cet axiome de Droit, que les Lois n\u2019obligent point à moins qu'elles ne soient promulguées.Le conseil de conscience soussigné estime Quant à la première difficulté, que dans les Pays où la plus grande partie des Enfants meurent avant l\u2019usage de raison, on peut les baptiser, parce qu\u2019il en vient un bien pour les âmes plus considérable, que ne pourrait être la profanation du Sacrement ; de plus il n\u2019en est pas des Infidèles de ces pays comme des autres ; dans ceux-là les pères ne forcent point leurs enfants en fait de Religion; de sorte qu\u2019il ne tient qu\u2019à ces enfants, s\u2019ils ne meurent pas avant d\u2019avoir atteint l\u2019âge de raison, de se faire instruire par les Missionnaires et de vivre chrétiennement après leur Baptême.Enfin pour prévenir le danger que ces Enfants n\u2019imitent les superstitions de leurs parents, chaque Missionnaire doit, autant qu\u2019il pourra, charger quelque Sauvage Chrétien d\u2019instruire celui qui est baptisé, quand il aura atteint l\u2019usage de raison, si les parents du baptisé n\u2019étaient point Chrétiens.Dans les Pays plus doux et plus bénins, où il meurt peu d\u2019enfants avant l\u2019usage de raison, il faut pour lors leur différer le Baptême jusqu\u2019à ce qu\u2019ils l\u2019aient atteint, et qu\u2019on juge qu\u2019ils soient en état de le recevoir, à moins qu\u2019ils ne soient prêts de mourir, parce qu\u2019il y a tout lieu de craindre que la profanation du Sacrement ne soit en ce cas un mal plus considérable que le bien qui en reviendrait aux âmes ; car comme on le suppose, quand ces Enfants grandissent, ils suivent ordinairement les superstitions de leurs parents.Quand donc la sacrée Congrégation étant consultée a déclaré qu\u2019on ne pouvait pas baptiser les Enfants des Infidèles, lorsqu\u2019on les laisse entre les mains de leurs parents, cela doit s\u2019entendre non de ces endroits où les Enfants meurent pour la plus grande partie, tant à cause de la rigueur du froid, què de la grande pauvreté des peuples qui habitent ces endroits, comme dans le premier cas, mais de ces autres pays, où les parents laissant moins de liberté à leurs Enfants en fait de Religion, les élèvent dans leurs superstitions auxquelles ces enfants demeurent ordinairement attachés. \u2014 439 \u2014 A la seconde, à l\u2019égard de l\u2019administration du Baptême, on doit suivre le Rit, ou l\u2019usage du Diocèse : Il n\u2019est point nécessaire pour baptiser validement, que ce soit par infusion ; il suffit pour la validité, qu\u2019en mouillant sa main dans l\u2019eau, l\u2019on en frotte ensuite le front de celui qu\u2019on veut baptiser, ou bien l\u2019on peut se servir d\u2019une éponge à la même fin : Comitolus au liv.I, q.12, de ses réponses Morales, dit qu\u2019ayant été interrogé, si dans le cas de nécessité, où une femme après avoir trempé son doigt dans l\u2019eau, fit ensuite le signe de la Croix sur le front d\u2019un enfant moribond, le Baptême était bon, répondit qu\u2019il le jugeait valide.Percunctabatur millier quædam, man baptizatus esset infans, quem moribund am signo Crucis impresso in froute digito aqua madefacto.Illud rnihi judicatum est integrum fuisse baptisma, si legitime formam proferenle muliere, frons pueri vcrc in ea parte quæ tacta est, irrigata fuit.La règle que donnent communément les Théologiens en cette matière, c\u2019est que comme l\u2019ablution est la matière prochaine du Baptême, il doit y avoir de l\u2019eau, pour par exemple, que le front soit censé lavé, en sorte qu\u2019il ne suffit pas qu\u2019une goutte d\u2019eau touche seulement la partie, mais il faut que quelques gouttes d\u2019eau succédant les unes aux autres, la touchent: Aliquot guttæ aquæ dit Isambert disp.3, a.5, de baptis.quæ ita tangant capul, ut partes istarum guttarum ; id præstent cum aliqua sui divisione, et partium successione, comme il se pratique quand on baptise plusieurs personnes par aspersion.A la troisième, l\u2019on est obligé autant comme l\u2019on peut d\u2019observer les Cérémonies du Baptême dans les Missions.La Congrégation de Propag.Fide sous Innocent X en l\u2019année 1645, au rapport de Vericelli q.118.§.5.v.baplizare, étant interrogée si les Missionnaires de la Chine en baptisant les femmes ou les filles Chinoises, doivent observer toutes les Cérémonies du Baptême, dans la crainte qu\u2019ils avaient que les Chinois étant fort jaloux de leurs femmes, et filles, cela ne leur donnât du scandale ; les Cardinaux répondirent, qu\u2019il fallait observer toutes les Cérémonies du Baptême ; et instruire auparavant toutes les personnes qu\u2019on devait baptiser, de la raison, et de la fin de ces Cérémonies pour qu\u2019elles n\u2019en prissent point de scandale : utrum in prædicto regno, Minislri Evangelici pro nunc, saltern in Sacramento Baplismi, possint abslinere ab imponendo mulieribus Oleum sanctum Catechu- \u2014 440 \u2014 menorum, sputum in auribus, sal in ore, quia magno zelo ducuntur erga uxores, e£ filias, et alias mulieres, cl scandalum sument ex hujusmodi actionibus, censuerunt Sacramenlalia in Baptismo mulierum, esse adhibcmla.Curandum ergo, ut tam salubres Ritus, et Ceremoniæ introducantur, e£ observentur, ut Missionarii, tali circumspectione ilia ministrent, hominesque talibus inslruant docu-mentis, «6 omni suspicione inhonestatis liberenlur : la raison qu\u2019on apporte dans cette demande, qui est qu\u2019il n\u2019y a point encore d\u2019Eglise, n\u2019est pas suffisante ; car il n\u2019y a que la nécessité inévitable, qui dispense de ces Cérémonies : de plus la Congrégation parle absolument sans distinguer, si l\u2019on baptise dans une Eglise ou non.La Congrégation sous le Pape Alex.VIL le 23 mars 1656, a répondu la môme chose, selon qu\u2019il est rapporté, page 27 du livre des Constitut.Apostoliques.Il est vrai que dans le même endroit à ia page 30, la Congrégation permet aux missionnaires d\u2019omettre quelques Cérémonies du Baptême en baptisant les femmes de la Chine, et aussi de ne leur point administrer le Sacrement de l\u2019Extrême Onction, quoiqu\u2019elles le demandent, pour éviter, en leur accordant, le danger de la persécution : Sacra Congregatio juxta ea quæ superius proposita sunt, censuit ex gravi necessitate posse omitti quædam Sacramentalia in Baptismate fœminarum, ac ctiam posse omitti Sacramentum Extremæ-Unctionis.En effet dans quelques pratiques des Missionnaires de la Chine, c\u2019est-à-dire des Dominicains, des Religieux de Saint François et des Jésuites, qui sont rapportées au même livre à la page 30, il est marqué que tous les dits Missionnaires sont convenus, à cause de la grande délicatesse des femmes Chinoises au sujet de la pudeur, jusqu\u2019à craindre ce qui peut le moins du monde, même en apparence, y être opposé, pour ne les point éloigner d\u2019embrasser la Religion Chrétienne, d\u2019omettre quelques Cérémonies du Baptême, en les baptisant, et non les petites filles, cum sexus muliebris apud Sinas,præ cæteris Orientalibus Nationibus, singularem præ se feratpudicitiæ speciem, cui ab omni vel levi umbra metuere videtur, ne ejus rei causa a Christiana Religione suscipienda, ipsæ terreantur mulieres, vel earum consanguinei, illas ab ejus susceptione prohibeant, jam ab initio Missionis, visum fuit Patribus, in usu sacrarum Cæremoniarum aliquam adhibere circumspectam moderationem, quorum vestigiis insistentes, in sacro Baptismo con- \u2014 441 \u2014 ferendo, pucllas tantummodo infantes, non vero mulieres adultas Oleo Catechumenorum inungimus, eadem de causa a sacro salivæ ritu abstinemus, ne suis ab infidelilate conversis, vel convertenclis, horrorem nauseamque pariat.Ces contrariétés de sentiment apparentes ou véritables font au moins voir la nécessité qu\u2019il y a de recourir à Rome, pour apprendre ce que l\u2019on a à faire dans le cas proposé, c\u2019est-à-dire pour expliquer au Pape les raisons que l\u2019on a d\u2019omettre ces Cérémonies du Baptême, et d\u2019en demander dispense au Saint-Siège, supposé qu\u2019on les juge valables ; en un mot, l\u2019on ne peut point sans dispense du Pape omettre des Cérémonies prescrites par l\u2019Eglise, et qui y sont en usage.A la quatrième.Si ces Enfants qui ont été baptisés, sont dans le cas marqué par la douzième des Propositions Latines, et par la première ci-devant, c\u2019est-à-dire, que la plupart de ces Enfants meurent ordinairement avant que de parvenir à l\u2019âge de raison et de puberté, et que d\u2019ailleurs il n\u2019y ait point de Décret de Rome contraire; ce Missionnaire doit demeurer en repos.Mais parce qu\u2019on suppose dans le cas dont il s\u2019agit, que ce Missionnaire a baptisé indiscrètement tous les Enfants de la Mission, l\u2019on répond que si ce Missionnaire les a baptisés sans considérer s\u2019ils apostasieraient, ou non, ou bien s\u2019il les a baptisés étant en âge de raison, sans qu\u2019ils aient demandé le Baptême, ou sans les avoir instruits auparavant, il a péché grièvement dans l\u2019un et dans l\u2019autre de ces cas, il doit en faire pénitence conformément à ce que son Evêque lui prescrira, ou ce qu\u2019un Confesseur prudent et éclairé lui marquera ; il doit veiller autant qu\u2019il pourra sur la conduite de ces Enfants, en prenant un soin extraordinaire d\u2019eux, s\u2019il y a lieu de le faire.A la cinquième, l\u2019on est obligé d\u2019expliquer tous les Mystères de notre Religion à un Adulte avant que de le baptiser, c\u2019est-à-dire tout ce qu\u2019il est obligé de croire de nécessité de^tnoyen, comme l\u2019unité d\u2019un Dieu en trois Personnes, le Mystère de notre Rédemption, qu\u2019il y a une autre vie éternelle pour récompenser les bons, et où pareillement les méchants seront punis : l\u2019on doit encore l\u2019instruire de ce qu\u2019il doit croire de nécessité de précepte, comme de ce qui est dans le symbole : qu\u2019il y a sept Sacrements, particulièrement, ce que c\u2019est que le Baptême, la Pénitence, l\u2019Eucharistie ; il doit encore être instruit de ce qui est dans le \u2014 442 \u2014 Décalogue, et des Çommandementsde l\u2019Eglise.L\u2019on peut voir sur tout cela Gamaches dans son Traité de la Foi c.16, qui prétend que c\u2019est l\u2019opinion commune des Théologiens à l\u2019égard des autres Articles de la Foi, il suffit qu\u2019un Adulte les croie en général.Si celui qu\u2019on doit baptiser est moribond, l\u2019on doit au moins lui faire produire un acte de foi explicite et distinct sur ce qu\u2019il doit croire de nécessité de moyen, et en général sur les autres articles de la foi, supposé qu\u2019on ne puisse point les lui expliquer : Gamaches môme croit dans son Traité du Baptême, q.65, c.3, pag.291, que dans le cas d\u2019une mort prochaine, et qui ne souffre point de délai, l\u2019on pourrait sans autre instruction donner le Baptême à un malade dans cet état, qui l\u2019ayant demandé aurait perdu la raison aussitôt : voici les paroles de cet Auteur, parlant du Baptême d\u2019un Adulte : Requirüur suffîciens doctrinæ Catholicæ notitia antequam admittatur ad Baptisma, nisi forte in angustiis mortis peteret Baptismum, nec tamenmoram ullam pateretur ; aut denique petito Baptismo repente obmutesceret, ac privarctur usu rationis.Vericelli est aussi de ce sentiment, et rapporte plusieurs Théologiens qui le soutiennent, q.120.Quoiqu\u2019il en soit du sentiment de cet Auteur, l\u2019on conclut que dans le cas de l\u2019exposé, il faut faire produire à ce moribond un Acte de foi explicite de ce qu\u2019il doit croire de nécessité de moyen, et à l\u2019égard des autres articles, il suffit qu\u2019il produise un Acte de foi en général, si l\u2019on ne peut autrement, en lui faisant néanmoins promettre qu\u2019il se fera mieux instruire lorsqu\u2019il aura recouvré sa santé, et qu\u2019il pratiquera ce qui lui sera marqué.A la sixième, il parait parce qu\u2019il vient d\u2019être dit, que l\u2019Eucharistie n\u2019est point un des Mystères de la première classe et des principaux en tant que Sacrement, qu\u2019on soit obligé de savoir, et de croire de nécessité de moyen, mais seulement de précepte ; l\u2019on en peut différer l\u2019explication lorsqu\u2019on le croit à propos pour des rai&ns considérables, et prendre un temps favorable pour en instruire un Adulte, ce qui est endbre plus vrai à l\u2019égard d\u2019un moribond : l\u2019Acte de foi en général qu\u2019on lui fera produire enfermera la créance de ce Mystère, comme de tous les autres, dont on n\u2019aura pas le loisir de l\u2019instruire.A la septième, les Théologiens après le Concile de Trente, Sess.6.c.6.veulent qu\u2019entre les dispositions qui doivent précéder le Baptême des Adultes, ceux-ci doivent avoir quelque haine, \u2014 443 \u2014 et détestation de leurs péchés, qui est la pénitence dans laquelle on doit être avant que de recevoir le Baptême : Moventur adversus peccata per odium aliquod et dctestationem (ce sont les paroles du Concile) hoc est per earn pœnitentiam quam ante Baplismum agi oportel.En un mot on doit avoir une douleur formelle de ses péchés avant que de recevoir le Baptême.L\u2019on peut voir ce qu\u2019en dit Sylvius parlant de ce Sacrement q.48.a.4.Ce même Auteur sur la question 86.art.2.q.1, où il traite delà Pénitence, dit que quoique la contrition formelle soit nécessaire pour obtenir la rémission de ses péchés, il y a néanmoins des Cas où un acte d\u2019amour de Dieu suffirait ; et en effet l\u2019acte d\u2019amour de Dieu enferme virtuellement l\u2019acte de contrition et de douleur de ses péchés.Or il sémble que le Missionnaire dont il s\u2019agit dans cette demande est dans un de ces cas d\u2019exception, puisqu\u2019il ne peut faire produire aux Barbares un acte de douleur de leurs péchés, et qu\u2019il peut seulement leur faire produire un acte d\u2019amour de Dieu.Il s'ensuit donc qu\u2019un Missionnaire peut s\u2019en contenter avant que de les baptiser, dans le cas seulement où il ne pourrait pas leur différer le Baptême ; mais pour le plus sûr il faudrait faire comprendre aux adultes qu\u2019il faut être marri d\u2019avoir fait des choses, qui déplaisent à ce grand Dieu qu\u2019ils aiment de tout « leur cœur.A la huitième.Vericelli tit.8, de VEucharistie q.141.n.2.prouve par Saint Thomas qu\u2019on doit admettre une personne qui n\u2019a qu\u2019une demi-raison à la sainte Communion, pourvu qu\u2019elle fasse paraître quelque dévotion envers ce Sacrement.Les Théologiens que cet Auteur cite, veulent que ce ne soit qu\u2019à la mort, ou à Pâques (hors de là, rarement) qu\u2019on doit communier ces sortes de personnes, supposé que d\u2019ailleurs il n\u2019y ait aucun danger d\u2019irrévérence, et qu\u2019elles puissent discerner ce Pain qui est céleste et spirituel, de l\u2019autre qui est commun.L\u2019on peut inférer de ceci que pourvu qu\u2019un moribond fasse paraître de la dévotion pour ce Sacrement et qu\u2019il n\u2019y ait point d\u2019un autre côté d\u2019inconvénient considérable, on ne doit point lui refuser l\u2019Eucharistie, et encore moins l\u2019Extrême-Onction, d\u2019autant plus que ces Sacrements peuvent en quelque cas, que les Théologiens marquent, produire la première grâce, ce qui peut être d\u2019un grand secours pour un moribond. \u2014 444 L\u2019on devrait expliquer davantage cette incapacité dont il est parlé dans l\u2019exposé, qui rend cet adulte moribond incapable de ces Sacrements, quoiqu\u2019il ne le soit point du Baptême : car selon quelques pratiques des Missionnaires de la Chine qui sont rapportées dans le livre des Constitutions Apostoliques pag.33.n.157, il y est marqué que dans le temps de Pâques, et à l\u2019article de la mort, l\u2019on ne doit point demander ce que l\u2019on pourrait exiger à la rigueur touchant les dispositions nécessaires à l\u2019Eucharistie : Paschali tempore propter præceptum, et in mortis periculo propter necessitatem non sunt exigendæ cum rigore omnes clispositiones ncces-sariæ, sed sufjïcit conscicntiæ puritas per Pœnitentiœ sacramcntum, et ut discernât Neophytus cibum spiritalem a corporatif cognoscendo, et credendo in sacra hostia realcm Christi Domini præsentiam, A la neuvième.Il suffit que dans un état où est un Sauvage qui est moribond, comme on le suppose, et n\u2019ayant pas par conséquent sa raison bien libre, selon qu\u2019il arrive assez souvent aux personnes qui sont à la mort, il promette qu\u2019il ne retiendra qu\u2019une de ses femmes pour être sa légitime et unique, sans lui parler de celle qu\u2019il veut retenir, dans l\u2019espérance que quand il sera revenu en santé, on écartera toutes ces femmes pour n\u2019en avoir qu\u2019une ; car comme il n\u2019y a pas lieu de craindre, selon qu\u2019on le suppose, que dans l\u2019état où est ce moribond que la multiplicité de ces femmes lui soit une occasion d\u2019offenser Dieu, il paraît être de la prudence de ne pas descendre dans un si grand détail à l\u2019égard de ce moribond, puisque cela pourrait peut-être l'indisposer et le mettre dans un état où il ne voudrait plus recevoir le Baptême, ce qui serait cause de sa damnation.Que si sa maladie lui laissait toute sa raison, de savoir si en ce cas on doit l\u2019obliger de renvoyer ses femmes avant que de lui donner le Baptême, c\u2019est à la prudence du Missionnaire de juger si la présence de ces femmes lui est une occasion prochaine de péché on non.Le Missionnaire peut remarquer une chose, qui peut servir à la conduite qu\u2019il doit tenir en cette occasion, que Clément IX, dans son Décret du 13 Juin 1669, lequel est rapporté dans le livre des Constitutions Apostoliques pag.31, donne pouvoir à Monsieur l\u2019Evêque d\u2019Héliopolis Vicaire Apostolique dans le Ton-quin de dispenser les Infidèles, et les Gentils convertis, pour retenir à leur choix celle des femmes qu\u2019ils avaient avant leur Baptême, si elle se convertit pareillement, à moins que la pre- \u2014 445 \u2014 mière avec laquelle ils ont contracté, ne voulût se faire Chrétienne : Dispensandi cum Gentilibus et Infidelibus, ut post conver-sionem et Baptismum, quarn ex illis maluerint, si etiam ilia fidelis fiat, relinere possint, nisi prima voluerit converti.Pie V dans son Décret du 2 Août 1571, donné en faveur des Indiens, rapporté dans livre cité pag.1, qui commence par ces paroles, Romani Pontifiais æqua ac circumspecla prudentia, etc.avait ordonné auparavant que les Indiens qui sont ou qui seront baptisés, pourraient retenir pour femme légitime celle qui serait baptisée avec eux, et renvoyer les autres, en sorte qu\u2019il y ait en ce cas un véritable mariage entr\u2019eux : Volentes ut Indi, sicut præfertur baptizati, et in futurum baptizandi, cum uxore quæ cum ipsis fuerit baptizata, et baptizabitur, remanere valcant tanquam cum uxore légitima, aliis dimissis, auctoritate Apostolica, tenore præsentium declaramus Matrimonium ejusmodi inter eos consistere.Pie V ne dit point en cet endroit que l\u2019Infidèle converti sera absolument obligé de retenir sa première femme plutôt qu\u2019une autre.Ce qui a été dit ci-dessus suppose que ces Infidèles se marient d\u2019un mariage absolu, c\u2019est-à-dire dans le dessein de ne point se quitter, et non pas d\u2019un mariage conditionnel, de se quitter quand iis ne pourront bien vivre ensemble ; car en ce dernier cas, comme ce ne serait pas un véritable mariage, mais un concubinage, ils pourraient choisir celle des femmes qu\u2019ils voudraient, en préférant néanmoins selon l\u2019intention des Papes celle qui se convertirait.A la dixième, le Missionnaire ne doit point baptiser ce Sauvage sans avoir examiné auparavant, si ces Cérémonies sont superstitieuses, ou non ; si après cet examen, il trouve qu\u2019elles soient superstitieuses, il ne doit point le baptiser ; dans le doute môme si elles sont superstitieuses, on ne doit point lui administrer ce Sacrement, car l\u2019on peut dire en général, que s\u2019il n\u2019est point permis de faire une chose qu\u2019on doute être péché mortel, parce qu\u2019on se met en danger d\u2019offenser Dieu notablement : de môme si la superstition est de soi péché mortel, l\u2019on ne doit point administrer un Sacrement à une personne qu\u2019on voit attachée à une chose qu'on doute être superstitieuse ; parce qu\u2019on l\u2019exposerait à faire un sacrilège, et le Ministre de ce Sacrement pécherait d\u2019un autre côté ; mais pour expliquer ceci davantage. \u2014 446 \u2014 Il faut remarquer que la Superstition est un culte vicieux par lequel on honore une créature comme une Divinité, ou le vrai Dieu d\u2019un culte qui ne lui convient point : il y a péché mortel dans le premier, selon Tolet, t.4.c.14.et 16, le second ne l\u2019est pas toujours : il y a une espèce de Superstition qui consiste dans de vaines observances de moyens qui n\u2019ont aucune vertu naturelle, ni aucune proportion, pour produire les effets pour lesquels on emploie ces moyens ; pour lors ces vaines observances sont censées renfermer ordinairement une tacite invocation du Démon ; car c\u2019est une règle générale que les Théologiens donnent après Saint Thomas 2a.2æ.q.96.cjue quand une cause dont on se sert n\u2019a point de vertu naturelle pour produire un effet, c\u2019est une Superstition qui enferme un pacte tacite avec le Démon : Quotiescumque causa adhibüa dit Sanchès I.2.cap.4.n.44.nequit cffcctum naturaliter producere, est Superstitio, et ad taciturn cum Dæmone pactum perlinet, haneque redclit D.Thomas ralionem, quod talis causa non adhibeatur lanquam causa, utpote quæ naturaliter eum effectuai producere non valent, et proinde necessarium est earn adhiberi ut signum, non divinum, quia non est Sacramentum, nec Sacramentale, ergo ut signum pacti cum Dæmone.Or les cérémonies qu\u2019on fait pour la guérison de ce malade ne paraissent point avoir de vertu naturelle pour produire cet effet, elles sont donc superstitieuses, et ce sont de vaines observances qui renferment un pacte tacite avec le Démon.Le Missionnaire en question n\u2019a donc point lieu d\u2019en douter, et quand il en douterait, selon un autre principe, l\u2019on ne peut point se servir d\u2019un remède superstitieux, ni le permettre, quand on doute qu\u2019il y a une invocation tacite du Démon.Non est licitum uti remedio superstitioso, dit Lessiiis I.2.c.44 et 46, de quo dubium est, an continent tacitam Dæmonis invocationem.Il en rend la raison, car on s\u2019exposerait à un danger manifeste de commettre une superstition : hoc enim est se exponere manifesto periculo superstitionis.Ce Théologien raisonne apparemment sur ce principe communément reçu, qui n\u2019est pas seulement un conseil, mais un précepte : In dubiis tutior pars est eligenda, comme le prouve Gonzalez Général des Jésuites dans son Traité sur la probabilité disp.7, § 9.Gela supposé, l\u2019on répond que soit que ces Cérémonies soient superstitieuses, soit qu\u2019on en doute, le Missionnaire ne doit point baptiser ce Sauvage, même moribond, s\u2019il ne peut pas le détourner \u2014 447 \u2014 de ces sortes de cérémonies qu\u2019il souhaite qu\u2019on fasse, et qu\u2019il regarde comme pouvant être la cause de sa guérison.A la onzième.Pour baptiser un adulte il faut qu\u2019il soit instruit, et qu\u2019il connaisse l\u2019obligation qu\u2019il contracte par son Baptême, et la soumission qu\u2019il doit avoir pour l\u2019Eglise ; autrement il n\u2019est pas censé consentir librement, et prudemment embrasser la Foi ; c\u2019est pourquoi selon la loi naturelle, Divine et Ecclésiastique, l\u2019on doit être Catéchumène avant que d\u2019être baptisé, c\u2019est-à-dire Fidèle, ex præcepto naturali, Divino, et Ecclesiastico, dit Vericelli q.119, tract.6, de Bapt.n.8, Inslructio clebet præcedere baptismum, quia baptizandus debet deliberate et prudenter consen-tire in professionem fidei, quam per baptismum profitetur, et in subjectionem Ecclesiæ, cui tune obligatur, et subjicitur, ignorans autem præcipuos fidei articulos et Ecclesiæ præcepta nequit prudenter et deliberate consentirez quare, etc.Il suit de ce raisonnement, que quand on instruit un Infidèle, et qu\u2019on est moralement certain qu\u2019il n\u2019a promis de garder les Commandements que l\u2019Eglise Catholique enseigne, que parce qu\u2019il no veut point contredire le Missionnaire, il n\u2019a point promis sérieusement de se soumettre à Dieu et à l\u2019Eglise, par conséquent il est hors d\u2019état de recevoir le Baptême.Si l\u2019on doute que ce moribond soit suffisamment instruit, et qu\u2019on doute qu\u2019il promette sérieusement et fermement ce qu\u2019il promet en cet état d\u2019extrémité, on peut néanmoins lui administrer le saint Baptême, car il vaut mieux hasarder un Sacrement dans l\u2019état où est cet Infidèle, que de hasarder la perte de son salut, puisqu\u2019on ne peut pas lui différer le Baptême, pour connaître plus certainement sa disposition, et pour l\u2019instruire davantage.En effet, comme dit Lessius 1.2, c.2G, dubit.4, dans le doute qui regarde les personnes on doit ordinairement juger en leur faveur, et croire qu\u2019elles parlent sincèrement : Dubia de personis sunt in meliorem partem interpretanda.C\u2019est la différence qu\u2019il y a entre les doutes qui regardent les choses, dubia de rebus non sunt in meliorem partem interpretanda.Ce Théologien en apporte la raison : quia injudicio rerum id agitur unum, ut attin-gatur veritas nec timetur ne cuiquam injuria inferatur, in judicio personarum, it a quæritur veritas, ut maxime cavendum sit ne proximo injuria irrogetur, et de possessione famæ in re dubia depcl-latur.Præsumitur idoneus nisi aliud in contrarium ostendatur^ c.dudum.Extra, de præsumpt. \u2014 448 \u2014 A la douzième.Supposé que ce Missionnaire ne pût pas sans succomber bientôt, et être hors d\u2019état de remplir les devoirs de sa Mission dans les endroits dont on l\u2019a chargé, pour lors il ne pécherait pas s\u2019il refusait, pour suivre l\u2019ordre qu\u2019il s\u2019est prescrit, et qui est marqué dans cette demande, d\u2019aller voir un malade, quand même on viendrait lui dire que ce malade est à l\u2019extrémité, et qu\u2019ensuite il mourût sans assistance ; car 1.les cas extraordinaires dans la conduite de la vie sont censés des effets par accident, dont l\u2019on n\u2019est point responsable, parce qu\u2019on est censé les ignorer, et n\u2019avoir dû les prévoir : or la mort d\u2019un Sauvage qui mourrait sans Sacrement, serait réputée un cas extraordinaire par rapport à ce Missionnaire, vu que par 1\u2019expérience qu\u2019on a, ces Sauvages viennent avertir un Missionnaire pour la moindre indisposition, d\u2019où il suit que ce Missionnaire ne serait point coupable de la mort de ce Sauvage.2.Ce Missionnaire, en suivant l\u2019ordre qu\u2019il s\u2019est prescrit dans sa Mission, il se conserve pour le général et pour le bien public ; ce qui est permis de faire aux dépens du bien de quelques particuliers, principalement quand il y a lieu de craindre que l\u2019endroit de cette Mission ne fût abandonné, si le Missionnaire essuyant de trop grandes fatigues venait à mourir, et qu\u2019on ne pût pas en substituer un autre.Si néanmoins, en interrogeant celui qui viendrait avertir le Missionnaire, il y avait lieu de croire que cet adulte ou cet enfant mourrait sans Sacrement, le Missionnaire devrait en ce cas passer par-dessus l\u2019ordre qu\u2019il s\u2019est prescrit ; car quand le raisonnement ci-dessus serait vrai dans la spéculative, il parait bien dur dans la pratique, qu\u2019un Missionnaire pouvant empêcher la damnation d\u2019une personne qui est à l\u2019extrémité qui le demande, ne pouvant d\u2019ailleurs recourir à d\u2019au très,il l\u2019abandonne,et qu\u2019ainsi ce mourant soit damné : un Missionnaire au contraire y allant devrait espérer que Dieu le conserverait dans ce travail extraordinaire, et la Mission pareillement en cet endroit, comme étant son œuvre, et qu\u2019on n\u2019entreprend que pour sa gloire.D\u2019où l\u2019on conclut qu\u2019un Missionnaire devrait en ce dernier cas aller à cet adulte, ou à cet enfant, pour le secourir.A la treizième, l\u2019on répond qu\u2019il faut recourir au Pape pour obtenir cette dispense ; c\u2019est le sentiment de Gavantus p.2, tit.10, des Rubriques : Nec abstineri debent sine vino purificare caliceni, \u2014 449 \u2014 Papa inconsulto ex Romana praxi.Le Pape Innocent III, cap.ex parte, de celeb.Miss, ordonne qu\u2019on fera la purification avec du vin.C\u2019est une coutume générale de l\u2019Eglise, dont l\u2019Evêque par conséquent ne saurait dispenser.En effet les Missionnaires de la Chine, du Tonquin, et de la Cochinchine recoururent au Saint-Siège pour en avoir dispense, laquelle leur fut accordée par la sacrée Congrégation le 13 Janvier 1665, en ces termes, qui sont rapportés dans le livre des Constitutions Apostoliques p.1.P et ente tam sua quamaliorum Missionariorum et aliorum Vicariorum Apos-tolicorum nomine, an Sacerdotes in China Cochinchina, et Tunquino attenta penuria vini in dictis Regnis possent ad manuum calicisque purificationem inter Missarum solemnia, uti dumtaxat aqua, non commixto vino, et humiliter pelenti dictam licentiam, sacra Congre-gatio affirmative respondendo bénigne concessit.A la quatorzième et quinzième difficulté, l\u2019on répond qu\u2019il ne suffit pas à un homme pour être sauvé d\u2019avoir la connaissance de Dieu et de ses divins attributs, entr\u2019autres de sa justice rémunérative et vindicative, il est nécessaire qu\u2019il croie encore explicitement et de nécessité de moyen le Mystère de l\u2019Incarnation, par le moyen duquel Jésus-Christ nous a rachetés de nos péchés : et quant aux articles contenus dans le Symbole et dans le Décalogue, il doit les croire explicitement, et les savoir.Comme ces articles ne sont que de nécessité de précepte, il peut y avoir des cas où l\u2019ignorance de bonne foi pourrait excuser ; et par conséquent une personne pourrait être sauvée sans les savoir, et sans en faire un acte de foi explicite, un acte de foi en général suffirait.Ce que l\u2019on apporte du chap.11, v.6, de l\u2019Epître aux Hébreux, accedentem ad Deunx credere oportet quia est, et quod inquirentibus se remunerator sit, montre bien qu\u2019avant la venue de Notre-Seigneur il était nécessaire de nécessité de moyen pour être sauvé, de croire distinctement qu\u2019il y a un Dieu, une autre vie où il punit les méchants, et récompense les bons, la foi implicite à un Rédempteunétant pour lors suffisante ; mais non pas que cela suffise depuis l\u2019Incarnation.L\u2019on peut voir ce qu\u2019en dit Vericelli tract.1, q.4, sect.4.touchant la foi et la créance des Mystères de l\u2019Incarnation et Rédemption, et qu.6, sect.47.A l\u2019égard du mystère de la Trinité, on doit le croire explicitement, de nécessité de moyen, et de précepte, comme dit Gamaches dans son traité delà Foi q.2, pag.511.29 \u2014 450 \u2014 L\u2019on est donc obligé d\u2019intimer aux Sauvages qui se présentent pour être baptisés, tous les préceptes de la Loi Divine, comme il a été dit ci-dessus n.5, excepté le péril de mort, dans lequel on peut différer de les instruire parfaitement, promettant de s\u2019en faire instruire au plus tôt, et de les observer.Délibéréà Paris par les Docteurs de Sorbonne lelOd\u2019août 1702.G.Fromageau, I.Tanoarn, Habert, M.Mortier, P.Girard, P.Deschamps, Carsillier, Le Pescheux, C.Bornât, Prévost, Ph.de la Goste, Guillard, Languet de la Villeneuve.CIRCULAIRE PAR LAQUELLE MGR DE S.VALIER DEMANDE DES PRIÈRES POUR OBTENIR SON RETOUR AU CANADA JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A nos très chers Frères en Notre Seigneur les Curés et Missionnaires de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Après avoir adoré les desseins de Dieu sur nous, Nos très chers Frères, nous être amoureusement soumis à ses ordres sur la séparation où il nous met de vous, et d\u2019une Eglise à laquelle il nous a si étroitement lié que la mort seule pourra en rompre le lien, nous croyons ne pouvoir nous dispenser de vous écrire cette lettre circulaire pour vous demander vos prières au Saint Sacrifice, pour presser Dieu le Père de toute miséricorde, et son Fils Jésus-Christ, de nous fournir bientôt un moyen d\u2019aller à vous, nous parlons ainsi, nos très chers Frères, parce que l\u2019amour que Dieu a mis dans notre cœur pour vous, nous presse fortement, et nous fait penser que nous ne pourrons jamais être assez tôt réuni à vous.Après avoir été séparé de vous pendant quatre années, et d\u2019un troupeau fidèle que vous conduisez, pour lequel Dieu nous a donné une tendresse si paternelle, nous pensions avec confiance qu\u2019il agréerait que nous nous réunissions à lui à la fin de l\u2019année \u2014 451 \u2014 passée, mais sa volonté n\u2019a pas été telle quoiqu\u2019elle soit toujours sainte et droite, il a voulu au contraire nous conduire en Angleterre pour nous y faire passer les mois et les années que la Providence a déterminés pour notre châtiment ou pour notre épreuve ; c\u2019est de ce lieu de captivité d\u2019où nous vous écrivons, nos très chers Frères, qui coopérez avec nous au même ministère, étant chargés en commun de la sanctification de ce vaste Diocèse, nous devons contribuer de notre mieux à faire réussir un aussi grand et si saint Ouvrage ; ne pouvant le faire par nos travaux, et les visites que nous nous proposions de faire, puisque Dieu ne l\u2019agrée pas, nous serons au moins fidèle à y contribuer autant qu\u2019il nous sera possible par nos prières les plus ferventes que nous continuerons de répandre tous les jours en la présence de Celui qui connaît le fond des cœurs, et les désirs ardents qu\u2019il y met lui-même.C\u2019est à vous, mes très chers Frères à suppléer au reste, et à si bien faire par vos soins, que l\u2019ennemi commun des hommes ne trouve rien à perdre ni à gâter; nous espérons cela de vos soins,et de votre vigilance.Nous souhaitons d\u2019un grand cœur que Dieu qui ne se laisse pas vaincre en libéralité vous fasse part de plus en plus de l\u2019abondance de ses grâces et de ses miséricordes, et vous fasse connaître quelque partie de cette affection paternelle qu\u2019il me donne pour vous, et pour nos très chers enfants, les habitants de vos paroisses.A lui soit honneur et gloire, présentement et dans tous les siècles.Fait à Farnhaam, en Angleterre, lieu de notre captivité, le 3 Février 1703.JEAN, Evêque de Québec.LETTRE PASTORALE TOUCHANT LA RÉSOLUTION DE PLUSIEURS DIFFICULTÉS QUI CONCERNENT LES MISSIONS DES SAUVAGES JEAN, par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous les Missionnaires des Sauvages, Séculiers et Réguliers, répandus en différents endroits de notre Diocèse ; particulière- \u2014 452 \u2014 ment aux plus éloignés qui travaillent aux Outaouais, Illinois, et à ceux qui sont le long et à côté du fleuve de Mississipi, et dans le pays d\u2019Acadie ; Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.Nous vous fîmes connaître, Mes Très Chers Frères, par notre Ordonnance du 20 d\u2019août 1702, combien nous désirions dans ceux que Dieu appelle avec Nous à la sanctification des peuples, l\u2019uniformité de sentiments et de conduite.C\u2019a été pour la procurer au Diocèse, dont Dieu nous a donné le soin, que Nous avons fait dresser le recueil des décisions sur les difficultés qui concernent les Missions des Sauvages, que nous avons mises à la fin du Rituel que Nous vous avons envoyé.Le voyage que Nous avons fait à Rome pour les affaires de notre Diocèse, Nous a donné lieu de consulter le Saint-Siège sur les mêmes difficultés.Nous venons d\u2019en recevoir avec beaucoup de joie les résolutions.Nous vous les envoyons ces résolutions, afin qu\u2019elles servent de règles à tous les Prêtres Missionnaires, Séculiers et Réguliers, qui sont appliqués aux Missions des Sauvages.Nous espérons, Mes Très Chers Frères, que vous les recevrez non-seulement avec respect, mais que vous y conformerez votre conduite.Nous aurons par là la consolation de vous voir travailler tous dans le même esprit et le même cœur au salut des peuples.Il n\u2019y aura plus de division et de partage.Tout se fera dans cette unité que l\u2019Apôtre Saint Paul a tant recommandée, laquelle produit, nourit et soutient tout le bien que des Missionnaires zélés pour le salut des âmes peuvent faire ; au lieu que la division et le partage des sentiments met parmi les Ouvriers Evangéliques un feu étranger qui les dévore, et les anime tellement les uns contre les autres, qu\u2019ils deviennent souvent des pierres de scandale.C\u2019est pourquoi Nous vous conjurons par les entrailles de la miséricorde de Jésus-Christ, de persévérer tous dans un même esprit de charité et de renouveler votre zèle pour ces vastes régions, qui vous présentent des peuples infinis, que vous pouvez appeler à la connaissance du vrai Dieu dans un esprit de paix.Nous vous la souhaitons de tout notre cœur, et prions le Dieu de la paix de l\u2019accorder à tous ceux qui le craignent.Donné à Paris, où nous sommes encore retenu pour le bien de notre Diocèse, ce 6 octobre 1703.JEAN, Evêque de Québec. \u2014 453 \u2014 DIFFICULTATES SEU QUÆ8ITA FROPOSITA A K.R.D.D.EPISCOPO QUEBECENSI SACRÆ CONGREGATION! DE PROPAGANDA FIDE, ET AB EADEM REMISSA AD SACRAM CONGREGATIONEM SANCTI OFFICII, A QUA MATURE OMNIBUS EXAMINATIS AC PERPENSIS, FUERUNT RESOLUTA, PROUT INFRA Prima Difficultas Quæritur utrum baptizare liceat Infidelium seu Barbarorum liberos, qui rationis usum nondum attigerunt, præsertim Algon-quinorum, aliorumque Barbarorum, qui licet baptizati, nullum fere nostræ Religionis actum exercent, sed per nemora continuo vagantur, superstitiones pristinas sequuntur, quorumque liberi, cum adoleverint, imitatores Hunt ?Resolutio Non licere, si sint CLlii Infidelium, et in potestate eorum relin-quendi ; secluso tamen mortis imminentis periculo.Licere vero, si sint filii Barbarorum baptizatorum ; curandum tamen per Missionarios, ac per ipsosmet ipsorum parentes, ut cum ad annos discretionis pervenerint, a se, vel ab aliis instruantur, præsertim si in illis regionibus non pnevideatur in promptu suo tempore adfuturos Ministros Evangelicos.qui in hoc parentum commode possint supplere defectum.Secunda Difficultas Quæritur num baptizandi sint infusione?cum enim infantes expavescant, Missionarii quidam soient mauum aqua intinctam fronti eorum applicare, vel spongia utuntur.Resolutio Non esse immutandum Ecclesiæ ritum.Tertia Difficultas Quæritur utrum observandæ sint Baptismi cœremoniæ in illis Missionibus, in quibus nullæ adhuc reperiuntur ecclesiæ, vel in quibus usus non invaluit adhibendi unctiones, aliasque cceremo-nias Baptismi, an omitti possint ? \u2014 454 \u2014 Resolutio Non esse omittendas ; imo curandum, ut ubi non invaluit eorum usus, introducatur.Quarto Difficultas Quæritur quid faciendum incumbat Missionario, qui impru-denter et inconsiderate baptizasset omnes Missionis suæ infantes, quorum patres et matres adhuc Infidèles essent ?Resolutio Teneri per se, vel per alios, quantum fieri potest, instruere filios Infidelium imprudenter et inconsiderate baptizatos, cum ad usum rationis pervenerint, monitis etiam cæteris Missionariis, imo et Episcopo quatenus opus fuerit.Quinta Difficultas Quæritur utrum antequam adulto conferatur Baptisma, Minister teneatur ei explicare omnia üdei nostræ Mysteria, præsertim si est moribundus, quia hoc perturbaret mentem illius?An non sufficeret, si moribundus promitteret fore ut, ubi e morbo conva-lescet, instruendum se curet, ut in praxim redigat, quod ei præscriptum fuerit ?Resolutio Non sufficere promissionem, sed Missionarium teneri adulto etiam moribundo, qui incapax omnino non sit, explicare mysteria fidei, quæ sunt necessaria necessitate medii, ut sunt præcipue Mysteria Trinitatis et Incarnationis.Sexta Difficultas Quæritur an sit necessarium, ut ei explicetur Eucharistiæ mysterium ?Resolutio Quoad adultos extra mortis periculum, per seloquendo teneri, nisi tale in contrarium urgeat motivum, ut expediens prudenti Missionario judicetur dilatio post Baptismum.Quoad moribundum pari ter teneri, nisi vel tempus non suppetat, vel tanta prævideatur in eo animi perturbatio, ut a susceplione Baptismi distrahere valeat. \u2014 455 \u2014 Septima Difficultas Quæritur utrum Missionarius ita teneatur baptizandum adul-tum ad contritionis, seu attritionis actum impellere, ut omisso contritionis vel attritionis actu, jure ilium baptizare non possit, etiam si Missionarius instrueret eum, tarn ad eliciendum actum amorisDei, quam actum resolutionis, seu propositi non reiterare peccata commissa : multo facilius est Missionario, qui discit linguain Barbarorum, instruere Barbaros, ut duos postremos actus eliciant, quam primos ; difficilius enim est facere illos expri-mere motivum doloris de peccatis commissis : quia Deo displicent infinite et quia infinite bonus est, et quia peccatum meretur internum ?Resolutio Teneri Missionarium inducere baptizandum adultum ad eliciendum actum contritionis vel attritionis.Octava Difficultas Quæritur utrum conferendum sit Viaticum, aut Extrema Unctio moribundis adultis, quos Baptismi capaces aliquando credimus, non autem Communionis, aliorumque Sacramen-torum ?Resolutio Non esse administrandum Viaticum Neophyto moribundo, nisi saltern discernât cibum spiritualem a corporali, cognoscendo et credendo in Sacra Hostia præsentiam Christi Domini.Non esse pariter conferendum SacramentumExtremæ Unctio-nis Neophyto moribundo, quem Missionarius capacem Baptismi credidit, nisi saltern idem habeat aliquam intentionem recipiendi Sacram Unctionem in beneficium animæ pro mortis tempore ordinatam.Nona Difficultas Quæritur utrum baptizari possit Barbaras adultus morti proxi-mus, qui plures secum habens mulieres, pollicetur se nonnisi unam servaturum, si pristinæ sanitati restituatur ; sed qui non volt dimittere alias ; an teneatur Missionarius compellere et insis-tere, ut barbarus dicat quam ex omnibus fœminam electurus sit in conjugem?vel utrum sufficiat Barbarum promittere se non nisi unam habiturum ?Resulutio Non licere, si ex illis mulieribus una sit uxor légitima, et cæteræ coneubinæ, nisi prius ejectis concubinis.Si vero habuerit omnes tanquam légitimas uxores, pariter non licere, nisi ejectis omnibus, præter primam, si cum ea valide contraxerit, et velit secum cohabitare absque Greatoris injuria.Si tamen, vel omnes simul, et unico actu acceperit in uxores, vel omnes habeat ut concubinas, non licere, nisi ejectis omnibus ante susceptionem Baptismi.Dccima Difficultas Quæritur an possit baptizari Barbaras adultus, qui permittit, imo qui desiderat, ut Medici, eL parentes adhibeant certas cœre-monias superstitiosas ad sanitatem procurandam, quæ ad minimum vanæ sunt et inutiles, sed adliuc ignoratur utrum absolute sint contra Religionem Catholicam ?Quæritur autem num Mis-sionarius ilium baptizare possit antequam certo sciât quid significent taies cœremoniæ, et cui dirigantur?Resolutio Stante certitudine, quod cœremoniæ illæ ad minimum sint vanæ et inutiles; et sub dubio, an sint contra Religionem Catholicam, non licere.Undecima Difficultas Quæritur an Missionarius possit conferre Baptisma, aliaque Sacramenta infirmo Barbara, cui explicata sunt R.eligionis mysteria, quique pollicitus est se observaturum, nisi hoc tantum rnotivo quod nolit ei contradicere ?\\ Multæ ipsi supersunt rationes dubitandi num moribundus sit bene instructus, quia Missionarius linguæ Barbaræ radis fere, atque imperitus, non potuit nisi obiter explicare Mysteria sublimia excedentia captura Barbarorum ; et quamvis moribundus affirmet, se omnia capere, exteriora tamen et exiguitas devotionis persuadent id moribundum dicere ex complacentia, \u2014 45V \u2014 ita ut si alius ad earn accederet, qui diceret quod omnia quæ dicta sunt ei, nihil sint, nisi meræ fabulæ, etiam sunt fabulæ, responderet Barbarus complacendi gratia.Hoc autem oriri potest ex duobus principiis.Primum quia non capit quæ ei dicuntur.Secundum, ex animi levitate, ita ut eo ipso momento, quo dicit credo et faciam, credat révéra et exequi velit, sed minima raiione contraria, sententiam mut abb : quod tamen constat, quod Barbarus nollet uri in Inferno, et sic affirmatio ejus possit esse vera, et ex intimo cordis.Difficultas est, utrum credat esse unum Deum, et utrum credat esse Infernum, an vero audiat quæ dicta sunt ei, tanquam historian! sibi narratam, quæ vera et falsa esse potest.Resolutio Non licere, si Missionarius sit moraliter certus, prout in dubio asseritur.Barbarum infirmum non sufficienter juxta proprii captus mensurain intellexisse Hysteria Christianæ Religionis, aut ea sufficienter non credere, et ex solo motivo non contradicendi promittere se servaturum mandata ejusdem Religionis.Si vero Missionarius prudenter credat, infirmum Barbarum, quando dicit credo et faciam révéra tunc sufficienter credere, serioque promittere se servaturum, ut supra, debere baptizari.Si autem de prædictis Missionarius dubitet, et tempus non suppetat ilium melius instruendi, vel moribundus incapax omnino habeatur, immineatque periculum mortis, ac dubitet de intentione Barbari moribundi, idem ab ipso baptizetur sub conditione, dummodo sit capax Baptismi.Duodecimo Difficultas Quæritur utrum Missionarius, cui Missio difficilis multum foret propter magnam regionis amplitudinem, posset dividere, et assignare tempus, quo visitaret, seu percurreret unumquemque locum, verbi gratia, singulis mensibus, et extra tempus visita-tionis secum statueret non ire, et non visitare quemquam, tarn propter experientiam quotidianam, quod Barbari vocant Missio-narium pro minima infirmitate, quam ista ratione, scilicet quia tantus labor debilitaret Missionarium, et vires ejus excederet ; \u2014 458 \u2014 sed si interdirai rtiorerentur infantes, vel adulti ?quæritur utrum Missionarius peccaret raortaliter, vel venialiter ?Rcsolulio Non licere Missionario sine gravi culpa dividere loca suæ Missionis, secum statuendo non ire extra locum sibi præfixum, sed teneri facere quantum in se est, et quantum moraliter potest, ne infantes, ac adulti totius regionis sibi commissæ décédant sine Sacramentis absolute necessariis.Décima tertia Difficult as Quæritur an possit baptizari adultus rudis, et stupidus, ut contingit in Barbaro, si ei detur sola Dei cognitio, et aliquorum ejus attributorum, præsertim justitiæ remunerativæ et vindica-tivæ, juxta hune Apostoli locum, Accedentem ad Deum oportet credere, quia est, et quia remunerator est ; ex quo infertur adultum Barbarum in certo casu necessitatis urgentis posse baptizari, quamvis non credat explicite in Jesum Christum ?Resolutio In casu proposito, Missionarium non posse baptizare non cre-dentem explicite in Dominum Jesum Christum ; sed teneri eum instruere de omnibus iis, quæ sunt necessaria necessitate medii juxta captum baptizandi.Décima quarla Difficultas Quæritur utrum Missionarius teneatur Barbaris adultis bapti-zatis, aut baptizandis omnia præcepta Legis positivæ Divinæ intimare, præsertim ea omnia, quibus sesubmittere diffîcultatem habent, ut ejusmodi Barbari securitate conscientiæ fruantur, licet ea præcepta non observent, quæ ignorant, nitentes hoc juris axiomate, Lex non obligate nisi fuerit promulgata?Resolutio Teneri omnia præcepta Legis positivæ Divinæ intimare.Décima quinta Difficultas Quæritur utrum fœminæ Christianæ, quæ inter Barbaros nostros multo plures sunt, quam mares, cum non inveniunt % \u2014 459 \u2014 maritum Christianum, possint cum lnfidelibus matrimonia con-trahere, ut fecisse olim perhibetur Sancta Cæcilia, et Sancta Monica, et in Gallia nostra Catholici olim cum Calvinistis, præser-tim cum inter Barbaras nostros non tantus sit perversionis timor, si dispensatio posset esse generalis, et a quo petenda sit?Resolutio Non posse, nisi prævia dispensatione Sedis Apostolicæ, in casibus particularibus petenda.Décima Sexta Difficultas Quæritur cum inter Barbaros nostros de indissolubilitate Matrimonii altum fuerit silentium, utrum si fœmina Christiana post Baptismum viro Infideli nupserit ex dispensatione, contractu tantum civili alligata, nulla Sacramenti solemnitate intercedente, si deinde lapsu temporis discedat vir Infidelis a Fideli conjuge, licetne Fideli etiam discedere, et ad ulteriores nuptias progredi ?Resolutio Non licere, et de indissolubitate Matrimonii etiam in hoc casu teneri Missionarios eos instruere priusquam matrimonia con-trahant.Décima septima Difficultas Quæritur utrum inter Barbaros nostros christianos Ecclesiæ filios adhuc informes, Christianus et Christiana libere possint nubere et cohabitare, bonis thori, et prolis gaudere, sine solem-nitatibuS in Sacro Concilio Tridentino præscriptis, sine benedic-tione et præsentia Parochi, contractu civili conjuncti, mutuo consensu dissolubili ad tempus, donee se mutuo probavissent, sufficienterque intercederet inter ipsos morum, animorumque sympathia ut possent in posterum individuam vitæ societatem inire, eamque tunc ürmare, et veluti consecrare per benedictio-nem solemnem sacramenti Matrimonii, cum post diuturnam conversationem, ætatis maturitatem, et forte susceptam prolem, nullus de ipsorum concordia relictus sit dubitandi locus?sin minus hoc non liceat, teneanturque baptizandi omnesistas leges adimplere, cum ante maturam ætatein, et continentiæ pariter et constantiæ conjugalis parum videantur esse capaces Barbari, \u2014 460 \u2014 sive viri, sive mulieres, parum etiam Baptismi videantur esse capaces ante probatum per multos annos matrimonium ?Resolutio Non licere.Décima Octava Difficultas Quæritur utrum liceatSacerdotibus Missionariis propter imbe-cilitatem animi Barbarorum, dum ipjsis Mysteria fidei, Legesque Christianas exponunt, præceptum de indissolubilitate Matrimonii reticere ?vel utrum eos, qui nollent illud observare, a Baptismo, vel si baptizati a cœterorum Sacramentorum perceptione remo-vere teneantur ?Resolutio Non licere pariter præceptum de indissolubilitate matrimonii reticere ; nolentes autem illud observare, non esse baptizandos ; baptizatos autem, ad cætera Sacramenta non esse admittendos.Décima nona Di/ficullas Quæritur utrum si fœmina ad fidem conversa, et baptizata velit nubere, et hoc necesse habeat, quiase continere non potest ; vir autem cuinubat, non reperitur nisiInfldelis; utrum, inquam, ad eos Sacramento Matrimonii conjungendos debeat vir Infldelis baptizari, etiam si sit aliqua ratio timendi, ne postea in aposta-siam labatur, et uxorem deserat ?Resolutio Non licere, nisi Missionarius prudenter judicet Infidelem habere veram intentionem suscipiendi Baptismum, seriumque animum in fide suscepta perseverandi.Vigesima Difficult as Quæritur utrum fœmina Christiana more Barbarorum Infideli maritata, debeat ilia semper remanere cum suo viro Infideli, et an proliibenda sit ne ilium deserat ?Quomodo se gerendum ergo eos cum ad aliquam Missionem veniunt in ea mansuri, an sirnul relinquendi, an separandi ? \u2014 461 \u2014 Resolutio Si Matrimonium illud valide contractum fuerit in Infidelitatis statu, consulendam mulierem, ne deserat proprium virum, quamvis Infidelem, si hie velit cum ilia cohabitare absque contumelia Creatoris.Si vero Matrimonium fuerit contractum post Baptismum, et sine dispensatione, esse separandos.Vigesima prima Difficult as Quæritur utrum Barbaris danda sit dispensatio generalis a Proclamationibus ?Resolutio Negative.Vigesima secunda Diffcultas Quæritur utrum Barbaris danda sit dispensatio generalis de omnibus impedimentis dirimentibus, quæ inter eos reperiri possunt, et de quibus non sit dispensandum ?Resolutio Negative, et in Casibus particularibus, qui in facultatibus Mis-sionariis concedi solitis non comprehenduntur, recurrendum esse ad Apostolicam Sedem.Vigesima lertia diffcultas Quæritur quomodo se gerere debeat Missionarius erga mulieres nolentes reddere debitum, vel quia gravidæ sunt, vel quia lactant filios suos ; quia si conciperent, non possent eos amplius nu-trire, nec per se, nec per alias, et sic morerentur pueri ?Resolutio In Casibus similibus Missionarii consulant ScriptoresTheologos de materia tractantes.Vigesima quarto Diffcultas Quæritur utrum instruendi sint Barbari de præcepto Commu nionis Eucharisticæ, et ad earn obligandi ? \u2014 462 \u2014 Resoliitio Instruendos Barbaros et obligandos.Vigesima quinta Difficultas Quæritur utrum iis coneedenda sit dispensatio generalis ab observantia quadragesimali ; nee non ab abstinentia feriæ sextæ et sabbati ?Resolulio Non esse concedendam.Vigesima sexta difficultas Quæritur utrum celebrari possit Missæ sacrificium in partibus louginquis, ita ut nec guttula vini in utraque ablutione recipia-tur ?et utrum de hoc Episcopus dispensare possit, vel ad Apos-tolieam Sedem sit recurrendum ?,\tResolutio Gitra maximam vini penuriam servandas esse pro viribus Ru-bricas Missalis Romani ; præsertim in purificatione sen prima ablutione.Datum Roms anno Domini millesimo septingentesimo tertio, die prima August!.Laurentius, Archiepiscopus.MANDEMENT DE MESSIEURS LES VICAIRES GÉNÉRAUX POUR LA PUBLICATION DU JUBILÉ DE NOTRE SAINT PÈRE LE PAPE CLÉMENT XI Charles Glandelet Prêtre Doyen de l\u2019église cathédrale de Notre-Dame de Québec, Louis Ango-Desmezerets Prêtre Grand Chantre de la dite église, et Joseph de la Colombière Prêtre Archidiacre de la même église, Vicaires Généraux de Monseigneur l\u2019Illustrissime et Révérendissime Evêque de Québec.Aux Curés, missionnaires et autres faisant les fonctions Curiales et aux Supérieurs des maisons religieuses, Salut en Notre-Sei-gneur. \u2014 463 \u2014 Quoique la paix soit nécessaire en tout temps et qu\u2019elle soit le sujet ordinaire des prières des fidèles, jamais les fidèles ne l\u2019ont tant désirée ni tant demandée Jqu\u2019ils font aujourd\u2019hui, parceque la guerre qui les arme les uns contre les autres aussi bien que contre les hérétiques est si sanglante et si opiniâtre qu\u2019il y a sujet de craindre qu\u2019elle ne soit aussi funeste pour les Chrétiens qu\u2019elle est favorable à leurs ennemis.C\u2019est pour arrêter les torrents de sang, qu\u2019elle fait répandre de tous côtés, et les misères extraordinaires dont elle est accompagnée, que Notre Saint Père le Pape tâche de faire cesser les péchés qui en sont la cause par un Jubilé qui fut publié l\u2019année dernière dans toute l\u2019Europe.On l\u2019aurait fait publier ici à l\u2019arrivée des vaisseaux sans l\u2019embarras que causèrent les vaisseaux mêmes en arrivant trop tard ; mais maintenant qu\u2019on est tranquille, nous serions inexcusables si nous privions plus longtemps le Diocèse d\u2019une grâce qui peut contribuer non-seulement à son salut et à sa sanctification, mais encore au repos de toute la Chrétienté.Souvenez-vous donc, s\u2019il vous plaît, de représenter aux âmes que Dieu vous a confiées qu\u2019on doit ici se disposer avec d\u2019autant plus de ferveur à gagner cette indulgence qu\u2019on y ressent plus d\u2019incommodité de la guerre, et que tandis qu\u2019elle continue, il est plus difficile à notre grand Monarque de secourir cette colonie que tous ses autres états.D\u2019ailleurs, il est honteux que l\u2019Eglise naissante du Canada qui a été et qui devrait encore être l\u2019image de la primitive Eglise souffre les mêmes désordres et en plus grand nombre à proportion que ceux qu\u2019on déplore dans les Eglises les plus anciennes.Au nom du Très Saint Enfant Jésus qui est venu apporter la paix aux hommes de bonne volonté revêtons-nous des armes de la justice pour désarmer le ciel si justement irrité contre nous.Les larmes qui viennent de la componction ont le pouvoir de lier les bras du Tout-Puissant.Il s\u2019agit de pleurer nos péchés et de faire des œuvres dignes de pénitence pour mettre fin à la guerre la plus cruelle qui ait été depuis l\u2019établissement de cette monarchie.Quelle dureté serait-ce à nous de négliger un moyen si facile de parvenir à la fin, pour laquelle le Jubilé a été accordé, et de ne pas entrer dans les sentiments d\u2019une tendre et amère contrition pour observer ce qui suit : \u2014 464 \u2014 ORDRE Pour l'ouverture du jubilé et ce qu'il faut faire pour le gagner \\.L\u2019ouverture du Jubilé lundi trentième du mois de janvier de l\u2019année mil sept cent huit par le Ve ni Creator et la messe du Saint Esprit qui sera célébrée solennellement dans l\u2019église cathédrale de Québec et qu\u2019on célébrera aussi à cette intention dans les autres églises où il y aura station ; et il finira le dimanche de la Sexagésime douzième jour du mois de février qui seront quatorze jours complets que durera le jubilé, en deux semaines, dont la première commencera le lundi trentième de janvier et finira le dimanche de la Septuagésnne cinquième jour de février inclusivement, et ia seconde semaine commencera le lundi sixième jour de février et finira le dimanche de la Sexagésime douzième jour du dit mois de février aussi inclusivement.2.\tOn n\u2019exposera.point le St Sacrement dans les églises où il y aura station sinon pour les saluts qui se diront les jours de fêtes et dimanches dans les principales églises du lieu et alternativement aux jours ouvriers dans les autres églises où il y aura station ; on pourra cependant exposer les Saintes Reliques.3.\tLes stations du Jubilé pour Québec seront l\u2019église cathédrale et celle de l\u2019Hôtel-Dieu, de l\u2019Hûpital-Général, de la Basse-Ville, du Collège, des Récollets et des Ursulines.A l\u2019égard des autres lieux nous désignons l\u2019église paroissiale pour station, et dans la ville des Trois-Rivières outre l\u2019église paroissiale nous désignons encore celle des Récollets et des Ursulines pour station.4.\tLes Religieuses qui gardent clôture auront le chœur.de leur église pour station.5.\tPour gagner le Jubilé, l\u2019on sera obligé de faire les choses prescrites par la bulle et de les faire toutes dans l\u2019une des deux semaines en laquelle on voudra le gagner, savoir (a) confesser ses péchés à un prêtre approuvé dans le diocèse ; (b) jeûner le mercredi, le vendredi et le samedi de la même semaine, dans laquelle on voudra gagner le Jubilé ; (c) visiter au moins une fois dans la même semaine une des églises désignées pour les stations du Jubilé et y prier pendant quelque espace de temps pour les intentions contenues dans la bulle de notre Saint Père le Pape ; \u2014 465 \u2014 (d) faire quelque aumône, chacun selon sa dévotion ; (e) communier un des sept jours de la semaine en laquelle on fera les autres choses ci-dessus marquées.6.\tNous exhortons les fidèles de faire le plus d\u2019aumônes qu\u2019ils pourront aux hôpitaux, etc.7.\tEn visitant les églises, ils prieront Dieu pour Notre Saint Père le Pape, pour la concorde entre les princes chrétiens, pour Monseigneur notre Evêque ; pour le Roi, pour Monseigneur le Dauphin, pour toute la maison royale et pour tout ce qui est exprimé dans la huile de Sa Sainteté.8.\tPour satisfaire à ce qui est porté dans la bulle on priera pendant quelque espace de temps, on pourra réciter ou cinq fois le Pater et Ave ou quelque autre prière approuvée de l\u2019Eglise, nous conseillons surtout de faire des actes de contrition de ses péchés, d\u2019amour de Dieu, de résignation à sa Sainte Volonté dans ses peines et autres semblables.9.\tLes Curés, Pasteurs et autres confesseurs approuvés pourront assigner un autre temps et d\u2019autres œuvres de piété aux malades, prisonniers et autres qui par des empêchements légitimes ne pourraient jeûner, visiter les églises et satisfaire aux autres choses qui sont prescrites par la huile, ils différeront aussi le Jubilé aux personnes à qui ils auront été obligés de différer l\u2019absolution.10.\tCeux qui sont en voyage pourront gagner le Jubilé en visitant après leur retour l\u2019église cathédrale, s\u2019ils sont de Québec, ou l\u2019église paroissiale du lieu où ils feront leur résidence, faisant le reste des choses ci-dessus marquées.11.\tTous les Curés missionnaires et confesseurs approuvés dans le diocèse auront pouvoir pour le temps du Jubilé d\u2019absoudre de tous les cas réservés au Saint-Siège et à Monseigneur l\u2019Evêque et de changer toute sorte de vœux, excepté ceux de religion et de chasteté, en d\u2019autres œuvres pieuses, en imposant néanmoins à tous et à un chacun dans tous les cas susdits une pénitence salutaire et autres choses, ainsi qu\u2019il est expressément porté par la bulle de Notre Saint Père le Pape.12.\tSi quelques paroisses ou communautés n\u2019avaient pas encore reçu notre présent mandement avant le dit jour trentième de janvier, l\u2019ouverture du Jubilé sera différée pour les dites paroises 30 \u2014 4G6 \u2014 ou communautés au lundi immédiatement suivant après la réception de ce mandement.Si vous mandons qu\u2019après avoir reçu la dite bulle de Sa Sainteté et notre présent mandement vous ayez à les publier dans vos églises et communautés selon leur forme et teneur, exhorter les fidèles commis à vos soins et les disposera recevoir les grâces divines pendant le temps du dit Jubilé, sans permettre qu\u2019ils demeurent dans l\u2019erreur de croire que l\u2019indulgence du Jubilé les décharge de l\u2019obligation de faire des fruits dignes de pénitence et de se faire toute la violence nécessaire pour vaincre leurs mauvaises habitudes.DonnéàQuébec, le vingtième jour de décembre mil sept cent, sept sous notre seing et le contre-seing de notre secrétaire et le sceau du diocèse.Charles Glandelet.BULLE JUBILÉ UNIVERSEL ACCORDÉ PAR NOTRE SAINT PÈRE LE PAPE CLÉMENT XI, AFIN D\u2019IMPLORER LE SECOURS DIVIN POUR LA PAIX ENTRE LES PRINCES CHRÉTIENS ET POUR LES AUTRES NÉCESSITÉS PRÉSENTES DE L\u2019ÉGLISE CATHOLIQUE CLÉMENT PAPE XI A tous les Chrétiens qui verront ces présentes lettres, Salut et Bénédiction Apostolique.Du siège élevé du Prince des Apôtres où le Très-Haut par sa bonté ineffable nous a voulu placer tout indigne que nous en soyons, regardant avec sollicitude tout l\u2019univers commis à nos soins, nous voyons la face de la République Chrétienne qui se présente à nous dans un état de jour en jour plus fâcheux et plus déplorable, puisque les Princes Chrétiens, combattant entre eux et tenant presque toute l\u2019Europe en feu et dans un embrasement, se dévorent les uns les autres par une guerre longue et cruelle et s\u2019enivrent de leur propre sang comme d\u2019un vin nouveau (malheurs les plus grands dont Dieu ait menacé nos ennemis et ceux qui s\u2019élèvent contre nous).Partout la mort, 467 \u2014 partout les gémissements, partout la désolation.De toutes parts nous sommes frappés, de toutes parts nous sommes remplis d\u2019amertume.Certes le Seigneur nous a visités avec son épée dure, grande et forte comme un déluge d\u2019eau qui se répand sur une vaste campagne et qui l\u2019inonde.La fumée s\u2019est élevée dans sa colère et le feu s\u2019est allumé par ses regards.La terre a été émue, elle a tremblé.Les fondements des montagnes ont été secoués et ébranlés à cause qu\u2019il s\u2019est mis en colère contre elle.Mais Dieu nous rejettera-t-il donc pour toujours ?ou ne pourra-t-il plus se résoudre à nous être favorable ?A Dieu ne plaise, car le Seigneur n\u2019oublie pas sa bonté compatissante envers les hommes : et sa colère n\u2019arrête pas le cours de ses miséricordes.Celui qui est plein de bonté, répandra sur nous les richesses de sa miséricorde, si par une humble confession nous reconnaissons nos péchés qui l\u2019ont trop offensé et que nous fassions de dignes fruits de pénitence : allons donc nous présenter avec confiance devant le trône de la grâce ; et de peur qu\u2019on ne nous fasse ce reproche du Prophète : \u201c J\u2019ai cherché parmi eux une personne, un homme qui se présentât comme une haie entre moi et eux, qui s\u2019opposât à moi pour la défense de cette terre afin que je ne la détruise point et je n\u2019en ai point trouvé ; c\u2019est pourquoi j\u2019ai répandu mon indignation sur eux.\u201d Appliquons-nous en ce temps favorable de l\u2019Avent à apaiser la colère de Dieu par des prières, par des jeûnes, par des aumônes et par d\u2019autres œuvres de piété.Et marchant dans une nouvelle vie allons humblement au devant du Roi pacifique qui va venir pour annoncer la paix aux hommes qui ont le cœur droit.Supplions-le de détourner de nous par sa clémence les flots dont il se sert pour nous corriger, et de nous sauver par sa miséricorde après nous avoir châtiés pour nos crimes.Prions-le particulièrement qu\u2019en cette septième année de notre pontificat dans laquelle il nous a fait entrer par sa grâce, il nous fasse la rémission, en sorte que cette année soit le Sabat de la terre consacré en l\u2019honneur du repos du Seigneur, et tous les différends étant apaisés le peuple chrétien se repose dans la beauté de la paix, dans des tabernacles de confiance et dans un repos plein d\u2019abondance.Or afin que les œuvres de piété se fassent avec plus de ferveur d\u2019esprit et avec plus de fruit, nous avons résolu, suivant l\u2019ancienne coutume de l\u2019Eglise Romaine, Mère et Maîtresse de toutes les \u2014 468 \u2014 autres Eglises, d\u2019ouvrir les trésors des grâces célestes dont la Bonté Divine a daigné nous confier la dispensation et de les répandre d\u2019une main libérale.C\u2019est pourquoi nous confiant en la miséricorde de Dieu tout-puissant et en l\u2019autorité des Bienheureux Apôtres Saint Pierre et Saint Paul, par cette puissance de lier et délier que le Seigneur nous a donnée quoique nous en soyons indigne, Nous accordons et donnons par ces présentes Rémission et Indulgence plénière de tout péché semblable à celle qui a coutume d\u2019être accordée à ceux qui dans l\u2019année du Jubilé visitent certaines églises au dedans ou au dehors la ville de Rome, à tous et à chacun des fidèles de l\u2019un et l\u2019autre sexe étant en notre bonne ville qui auront assisté dévotement à la procession solennelle que nous ferons moyennant l\u2019aide de Dieu le jeudi de la semaine prochaine, qui sera la seconde de l\u2019avent.où nous irons de la chapelle publique de notre Palais Apostolique du Vatican à la Basilique du Prince des Apôtres avec nos Vénérables Frères les Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, et les Patriarches, Archevêques et Evêques qui se trouveront à la Cour de Rome, et avec les Ambassadeurs des Rois et des Princes Chrétiens qui sont auprès de nous, et aussi avec les Prélats et les Officiers de la même Cour, et avec tout le clergé et le peuple, ou qui dans l\u2019espace de celte même semaine ou de celle qui suit immédiatement, auront visité au moins une fois les églises ou basiliques de Saint Jean de Latran, du Prince des Apôtres et de Sainte Marie Majeure, ou l\u2019une des trois, et y auront prié Dieu dévotement pendant quelque espace de temps comme il est dit ci-dessus, qui auront jeûné le mercredi, le vendredi et le samedi de l\u2019une de ces deux semaines, qui s\u2019étant confessés de leurs péchés auront reçu avec révérence le très saint Sacrement de l\u2019Eucharistie le dimanche immédiatement suivant ou un autre jour dans la même semaine et qui auront fait quelque aumône aux pauvres selon sa dévotion.Nous accordons la même Indulgence à tous les autres fidèles étant hors de Rome en quelque lieu qu\u2019ils soient qui auront visité au moins une fois les églises qui seron t désignées par les Ordinaires des lieux ou bien par leurs Vicaires ou Officiaux ou par quel-qu\u2019autre personne de leur autorité ou à leur défaut par ceux qui ont la conduite des âmes, après que ces présentes seront venues à leur connaissance ; laquelle visite se fera pareillement dans \u2014 469 \u2014 l\u2019espace de deux semaines à compter depuis la publication et la désignation qui sera faite par les Ordinaires ou bien par leurs Vicaires ou Officiaux ou autres comme il est dit ci-dessus, et là auront prié comme il est marqué, et auront jeûné le mercredi, vendredi et samedi de l\u2019une de ces deux semaines, et qui s\u2019étant confessés de leurs péchés auront reçu la Sainte Communion le dimanche immédiatement suivant ou un autre jour de la même semaine, et qui auront fait quelque aumône aux pauvres comme il est aussi marqué ci-dessus.Nous accordons à ceux qui sont sur mer ou en voyage qu\u2019aussitôt qu\u2019ils seront de retour en leur domicile, ils puissent gagner la même Indulgence en faisant les mômes choses et en visitant l\u2019église cathédrale, ou la principale, ou la paroissiale du lieu de leur domicile.Et à l\u2019égard des Réguliers de l\u2019un et de l\u2019autre sexe, de ceux mêmes qui vivent en perpétuelle clôture, et de tous autres quels qu\u2019ils soient, tant laïques qu\u2019ecclésiastiques, séculiers ou réguliers, de ceux qui sont en prison ou en captivité, ou qui par quelque maladie corporelle ou pour quelqu\u2019autre empêchement seront dans l\u2019impuissance d\u2019accomplir les choses ci-dessus prescrites, ou quelqu\u2019une de ces choses : Nous accordons pareillement qu\u2019un confesseur, du nombre de ceux qui sont déjà approuvés par les Ordinaires des lieux avant la publication des présentes ou qui seront approuvés, puisse changer ce que les pénitents ne pourront faire en d\u2019autres œuvres de piété, ou les remettre à un autre temps le plus proche qui se pourra et leur enjoindre des choses qu\u2019ils puissent accomplir.De plus nous donnons à tous les fidèles de Jésus-Christ et à chacun d\u2019eux de l\u2019un et de l\u2019autre sexe tant laïques qu\u2019ecclésiastiques, séculiers ou réguliers, de quelque ordre, congrégation et institution que ce soit, étant en la ville de Rome ou partout ailleurs, en quelqu\u2019endroit que ce puisse être, la permission et pouvoir de se choisir à cet effet pour confesseur tout prêtre séculier ou régulier de quelque ordre ou institut qu\u2019il soit, entre ceux qui sont approuvés par les Ordinaires des lieux comme il est dit ci-dessus, lequel pourra les absoudre dans le for de la conscience et pour cette fois seulement d\u2019excommunication, sus- \u2014 4*70 \u2014 pense et des autres peines portées par les sentences ecclésiastiques et.des censures encourues de droit ou prononcées par un juge pour quelque cause que ce soit, comme aussi de tous péchés, excès, crimes et délits quelque griefs qu\u2019ils soient, même réservés en quelque manière que ce soit aux Ordinaires des lieux, à Nous et au Saint-Siège Apostolique et même contenus en la Bulle In Cœna Domini ou en toute autre constitution de nous ou des Pontifes Romains nos prédécesseurs desquels nous voulons que la teneur soit censée ici exprimée, et pourra encore le dit confesseur commuer toute sorte de vœux (excepté ceux de religion et de chasteté) et les changer en autres œuvres de piété et utiles au salut ; en imposant néanmoins à tous et à chacun d\u2019eux dans tous les cas susdits une pénitence salutaire et autre chose qu\u2019il jugera à propos d\u2019enjoindre.C\u2019est pourquoi nous ordonnons et mandons étroitement en vertu de la sainte obédience à tous nos vénérables frères les Patriarches, les Archevêques et Evêques, et autres Prélats des Eglises et à tous les Ordinaires des lieux en quelque part qu\u2019ils soient, et à leurs Vicaires et Officiaux ou à leur défaut à ceux qui exercent la charge de la conduite des âmes, que lorsqu\u2019ils auront reçu les expéditions mêmes imprimées des présehtes ils les publient et fassent publier aussitôt sans aucun délai, retardement ou empêchement dans leurs églises, diocèses, provinces, villes, bourgs, territoires et lieux de leur dépendance et qu\u2019ils désignent une ou plusieurs églises à visiter.Au reste nous n\u2019entendons pas par les présentes dispenser d\u2019aucune irrégularité publique ou occulte, note d\u2019infamie, défaut, incapacité et inhabileté de quelque manière qu\u2019elle ait été contractée, et donner aucun pouvoir de dispenser ou de réhabiliter et rétablir au premier état même au for de la conscience, ni aussi que ces mêmes présentes puissent ou doivent servir en aucune manière à ceux qui auront été excommuniés, suspens ou interdits par nous et par le Siège Apostolique ou par quelque autre prélat ou juge ecclésiastique, ou qui autrement auront été déclarés dénoncés publiquement avoir encouru des censures ou des peines portées par sentence, à moins que dans le temps de ces deux semaines ils n\u2019aient satisfait ou ne se soient accordés avec leurs parties, nonobstant toute constitution \u2014 471 \u2014 et ordonnance Apostolique particulièrement celles qui portent que le pouvoir d\u2019absoudre dans de certains cas ci-exprimés étant tellement réservé aux Pontifes tenant pour lors le Saint-Siège que semblable ou différente concession d\u2019indulgence ou de l'acuité ne puisse servira qui que ce soit s\u2019il n\u2019en est fait mention expresse ou s\u2019il n\u2019y est spécialement dérogé, comme aussi nonobstant la règle que nous avons établie de ne point accorder d\u2019indulgence ad instar et pareillement nonobstant tout statut et coutume de tous ordres, congrégations et instituts réguliers même confirmés par serment et autorité apostolique ou autrement en quelque manière que ce puisse être, nonobstant encore tout privilège, induit et lettres apostoliques accordées ou approuvées et renouvelées pour ces mêmes ordres ou congrégations et instituts ou pour les personnes qui en sont, auxquelles toutes et à chacune d\u2019icelles nous dérogeons à l\u2019effet des présentes pour cette fois spécialement, nommément et expressément, quoique d\u2019icelles et de toutes leurs teneurs il fallût faire mention ou autre expression spéciale spécifique et individuelle, et non par des causes générales signifiant la même chose, ou qu\u2019il fût besoin d\u2019observer pour ce quelque autre formalité particulière, réputant ici leur teneur pour suffisamment exprimée et les dites formalités pour observées, enfin nonobstant toute autre chose contraire.Et afin que les présentes qui ne peuvent être portées partout puissent plus facilement venir à la connaissance de tous les fidèles, nous voulons qu\u2019en tout lieu on ajoute la même foi aux copies d\u2019icelles mêmes imprimées signées de la main d\u2019un notaire public et signées du sceau de quelque personne constituée en dignité ecclésiastique, qu\u2019on ajouterait à ces mêmes présentes si elles étaient montrées et représentées à l\u2019original.Donné à Rome à Saint Pierre sous l\u2019anneau du Pêcheur le deuxième jour de décembre mil sept cent six la septième année de notre Pontificat.F.Olvierius.La copie ci-dessus est conforme à l\u2019imprimé qui nous a été envoyé de France par Monsieur de La Pallière, Grand-Vicaire de Monseigneur l\u2019Evêque de Québec et auquel était joint le mande- \u2014 472 \u2014 ment de Monseigneur le Cardinal de Nouailles, Archevêque de Paris.Charles Glandelet, Louis Ango Desmaizerets, Y.G.Lacolombière.RÉSOLUTIONS DE QUELQUES CAS DE CONSCIENCE Premier cas Monseigneur l\u2019Evêque de Québec ayant statué et souvent déclaré dans plusieurs de ses ordonnances, et surtout dans son quatrième Synode à Québec le 8 octobre de l\u2019année 1700, que la confession et communion qui seront faites dans le temps de Pâques à un missionnaire étranger séculier ou régulier ne seront point regardées comme une confession et communion paschale, à moins que l\u2019une et l\u2019autre ne soit faite de l\u2019aveu et du consentement des curés ou propres missionnaires.Ce que mon dit Seigneur Evêque a déclaré vouloir être exactement observé à l\u2019égard surtout des fidèles qui demeurent et résident dans les paroisses de la campagne, ayant ordonné à cet effet que les personnes des dites paroisses auraient recours pendant la quinzaine de Pâques à leur dit curé ou missionnaire ou pour se confesser à eux, ou du moins pour leur demander la permission de se confesser à quelques autres prêtres approuvés.L\u2019on demande si la confession des paroissiens de la campagne faite dans la quinzaine de Pâques à un prêtre séculier ou régulier, sans s\u2019être confessés au moins une fois à leur pasteur pendant ce temps-là ou sans avoir eu de lui la permission ou le consentement de se confesser à d\u2019autres, est valable.Les raisons qui font croire que cette confession est de nulle valeur sont : 1.Ce qui est porté au Concile Général de Latran dans le Canon Omnis utriusque sexus, qui veut que tout fidèle de l\u2019un et de l\u2019autre sexe qui a atteint l\u2019âge de discrétion confesse exactement et fidèlement ses péchés au moins une fois l\u2019an à son propre prêtre, que le même canon de ce Concile fait suffisamment voir \u2014 473 \u2014 s\u2019entendre du Curé, lorsqu\u2019il ajoute que si quelque personne ayant sujet de ne se pas confesser à son propre prêtre, désirait se confesser à un autre, il doit en demander permission à son propre prêtre, et l\u2019obtenir, puisqu\u2019autrement un autre prêtre ne pourrait lier ni délier validement.2.\tL\u2019on convient à la vérité que les paroles de ce Concile n\u2019ôtent pas le pouvoir que l\u2019Evêque, supérieur du Curé a sur tous les diocésains, non plus que celui que le Pape a sur toute la chrétienté ; de même que lorsque le Concile de Trente déclare invalide le mariage qui ne serait pas contracté en présence du Curé, n\u2019exclut pas l\u2019Evêque ni ses Grands-Vicaires.Mais comme les pouvoirs que les prêtres séculiers ou réguliers prétendraient avoir du Pape sont de nul effet, s\u2019ils n\u2019ont l\u2019approbation de l\u2019Evêque, ainsi que l\u2019enseigne le Concile de Trente ; comme de plus les Souverains Pontifes ne veulent pas qu\u2019ils usent de ces pouvoirs que dépendamment des Ordinaires des lieux, auxquels le Saint-Siège les renvoie toujours ; et comme d\u2019ailleurs l\u2019Evêque peut accorder, restreindre, limiter et révoquer les pouvoirs de confesser dans son diocèse comme il lui plaira, il semble évident que Monseigneur l\u2019Evêque de Québec voulant que les fidèles, particulièrement ceux des paroisses de la campagne, ne puissent se confesser à d\u2019autres prêtres approuvés, séculiers ou réguliers, pendant la quinzaine de Pâques, sans permission de leur propre curé ou missionnaire, la confession qu\u2019ils leur feraient sans cette permission est véritablement nulle, puisque dès lors l\u2019Evêque n\u2019approuve pas les autres confesseurs pour le temps de Pâques à l\u2019égard des fidèles des paroisses de la campagne qu\u2019au tant qu\u2019ils en auront eu la permission de leur Curé.3.\tQuoique le Canon ci-dessus du concile de Latran ne marque pas expressément auquel temps de l\u2019année on se confessera à son propre prêtre, l\u2019usage néanmoins a toujours été de déterminer cette confession au moins une fois pendant la quinzaine de Pâques; c\u2019est ce qui se pratique communément dans les didcèses, comme il est porté dans leurs rituels, et cet usage est d\u2019autant mieux fondé, que plusieurs autres conciles, les assemblées générales du clergé de France et les Souverains Pontifes ont déclaré qu\u2019on devait se confesser au moins pendant la quinzaine de Pâques.4.\tC\u2019est ainsi que le Pape Sixte IV s\u2019est expliqué dans cette célèbre bulle qui commence par ces mots Vices illius?ou ce Sou- \u2014 4*74 \u2014 verain Pontife défend aux religieux de prêcher que les paroissiens ne sont pas obligés parle droit de se confesserai! moins à Pâques à leur propre prêtre, parceque, dit ce Pape, ils sont obligés par le droit de se confesser au moins à Pâques à leur propre prêtre : Menclicantes désistant prædicare quod parochiani non sint oblirjati, saltan in Paschate, proprio confiterisacerdoli; quia de jure tenetur parochianuSj saltern in Paschalc, proprio confitcri sacerdoti.5.Des paroles si expresses sont toutes propres, ce semble, à faire comprendre aux fidèles qu\u2019ils ne peuvent et ne doivent pas se dispenser de ce devoir à l\u2019égard de leurs pasteurs, et c\u2019est en conséquence de cela, que Monseigneur l\u2019Evêque déclare qu\u2019il regardera comme nulles les confessions de Pâques qui auront été faites à des prêtres séculiers ou réguliers, sans la permission expresse do leur Curé, ou de l\u2019Evêque, ou de ses Grands-Vicaires, ce qui ne doit pas être estimé une gêne de conscience pour les paroissiens, puisque ce n\u2019est pas gêner les consciences de leur donner moyen de demander et d\u2019obtenir la permission pour se confesser à d\u2019autres qu\u2019à leurs propres pasteurs, lorsqu\u2019ils ont quelque raison légitime de ne pas se confesser à eux, et qu\u2019en cas de refus de leur curé, ils peuvent s\u2019adresser à l\u2019Evêque ou à ses Grands-Vicaires.Résolution Il doit passer pour constant que les fidèles résidant dans les paroisses de la campagne qui\u2019ne se confessent point du tout dans la quinzaine de Pâques à leurs pasteurs, quoiqu\u2019ils le fassent à d\u2019autres prêtres séculiers ou réguliers, mais sans l\u2019aveu, le consentement et la permission des pasteurs, contre la volonté et déclaration expresse do l\u2019Evêque, ne font pas une confession valable.Outre les raisons qui en viennent d\u2019être rapportées dans la demande du cas proposé ci-dessus, c\u2019est qu\u2019il est certain que nul prêtre séculier ou régulier n\u2019a droit d\u2019entendre les confessions des fidèles d\u2019un diocèse qu\u2019autant qu\u2019il plait à l\u2019Evêque du même diocèse de lui en donner le pouvoir.Cette doctrine est si constante, particulièrement dans l\u2019Eglise gallicane, que le Roi comme protecteur des Saints Canons l\u2019a bien voulu appuyer de son autorité royale dans le fameux Arrêt d\u2019Agen, qu\u2019il a voulu servir de règle pour tous les diocèses de son royaume, ce que \u2014 415 \u2014 Sa Majesté a renouvelé depuis dans son dernier édit touchant la Juridiction Ecclésiastique en ces termes énoncés en l\u2019article II du dit Edit : Les Prêtres séculiers et réguliers ne pourront administrer le sacrement de pénitence sans en avoir obtenu permission des Archevêques ou Evêques, lesquels la pourront limiter pour les lieux, les personnes, le temps, et les cas, ainsi qu\u2019ils le jugeront à propos et la révoquer même avant le temps exprimé pour causes survenues depuis à leur connaissance, lesquelles ils ne seront pas obligés d\u2019expliquer, et sans que les dits séculiers ou réguliers puissent continuer de confesser sous quelque prétexte que ce soit, sinon en cas d\u2019extrême nécessité, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils aient obtenu de nouvelles permissions, et même subi un nouvel examen, si les dits Archevêques et Evêques le jugent nécessaire.\u2014De là vient que l\u2019Assemblée générale du clergé de France tenue en 1700 a condamné cette proposition : satisfacit præcepto annuæ confessionis, qui confitetur regulari Episcopo præsentato sed ab co injuste reprobato, c\u2019est-à-dire, celui qui se présente à un régulier qui a été présenté à l\u2019Evêque, mais qui a été injustement refusé, satisfait au précepte de la confession annuelle.\u2014Cette proposition, dis-je, a été condamnée par la dite assemblée comme fausse, téméraire, scandaleuse, erronée, tendante à l\u2019hérésie et au schisme, contraire au Concile de Trente, détruisant la Hiérarchie Ecclésiastique, et ouvrant la porte aux confessions nulles.La même assemblée générale des Evêques a pareillement condamné les propositions suivantes : La première est contenue dans ces paroles : Regulares possunt in foro conscienliæ uti privilegiis quæ sunt expresse revocata per Concilium Tridentinum, c\u2019est-à-dire, les Religieux peuvent dans le for de la conscience se servir de ceux de leurs privilèges qui ont été expressément révoqués par le Concile de Trente.\u2014La seconde est renfermée dans ces autres paroles : Non possunt Episcopi adslringere vcl limitare approbationes quas regularibus concédant, neque illas ex causa revocarc; quinimo ordinum men-dicantium rcligiosi ad cas approbationes obtinendas non tenentur etsi ab Episcopis non probentur, rejeclio ilia tantum valet, ac si approbatio concessa fuisset, c\u2019est-à-dire, les Evêques ne peuvent pas limiter ni mettre de restriction aux approbations qu\u2019ils donnent aux réguliers, ni les révoquer pour cause, et même les Religieux des Ordres mendiants ne sont pas obligés d\u2019obtenir \u2014 476 \u2014 ces sortes d\u2019approbations, et si les Evêques les refusent, ce refus vaut autant que l\u2019approbation.L\u2019assemblée, dis-je, générale des Evêques tenue en 1700, en condamnant les deux propositions ci-dessus avec les mêmes qualifications que la précédente, déclare n\u2019avoir fait que renouveler en cela la condamnation qui en a déjà été faite autrefois par les Souverains Pontifes et par le Pmi de France.La même assemblée a aussi condamné comme faux et téméraire le sentiment de ceux qui soutiennent que l\u2019approbation de l\u2019Ordinaire pouvait être limitée à la vérité, mais qu\u2019elle ne pouvait être révoquée sans cause.De ce que l\u2019on vient de dire, qui doit être regardé comme une doctrine indubitable parmi les docteurs catholiques et les fidèles, il s\u2019en suit manifestement que l\u2019Evêque à qui il appartient de droit d\u2019accorder le pouvoir de confesser, et de le restreindre et limiter, pour les personnes, le temps, les lieux et les cas, comme bon lui semblera, ayant expressément déclaré, comme il a fait par ses ordonnances et par ses statuts synodaux, ce qui est marqué dans la demande du cas proposé ci-dessus, et fait connaître sa volonté en la manière qu\u2019on l\u2019y a exposé, il s\u2019en suit, dis-je, que si les confesseurs séculiers ou réguliers administrent le sacrement de pénitence en dose mblables conjonctures aux paroissiens de la campagne, sans en avoir eu eux-mêmes, ou les dits paroissiens, la permission du Curé, l\u2019absolution qu\u2019ils leur donnent doit être censée de nulle valeur, comme ayant un défaut le plus grand et le plus essentiel de tous, qui est celui de la puissance de la leur conférer.Et comme celui qui se confesserait à un prêtre séculier ou régulier que l\u2019Evêque n\u2019aurait du tout point approuvé dans son diocèse pour entendre les confessions, ne ferait pas une confession valable ; il faut dire de même si s\u2019adressant à quelqu\u2019un qui serait approuvé pour les autres temps, il s\u2019y confesse en des conjonctures et dans un temps comme celui de Pâques, dans lesquels l\u2019Evêque a expressément déclaré ne le vouloir pas, puisque celui qui peut ôter le tout, peut à plus forte raison ôter une partie de ce tout.C\u2019est ce qui ne doit souffrir aucune difficulté, et une doctrine contraire doit être rejetée de tout bon fidèle, comme n\u2019étant propre qu\u2019à exciter des révoltes de la part des ouailles contre leur Pasteur, comme l\u2019expérience ne l\u2019a que trop fait voir, et à causer des suites fâcheuses et scandaleuses qui ont coutume d\u2019arriver de là.Second Cas L\u2019Eglise obligeant par un commandement exprès tous les fidèles capables de communier de le faire, au moins dans le temps de Pâques, et la môme Eglise dans ses constitutions ayant ordonné de le faire dans sa propre paroisse, l\u2019on demande si on le peut faire ailleurs sans en avoir eu la permission de son curé, lorsque l\u2019Evêque ou les Grands-Vicaires n\u2019ont pas accordé le pouvoir de la faire ailleurs en d\u2019autres paroisses, ou dans les églises particulières ?Résolution Il est constant que le fidèle qui ferait sa communion paschale hors de sa paroisse dans le cas ci-dessus proposé pécherait très grièvement.La doctrine contraire doit passer pour fausse et téméraire, et ceux qui la suivent en pratique en refusant de communier dans leur propre paroisse sans en avoir reçu la permission du Curé, et contre la volonté de l\u2019Evêque, non-seulement ne doivent pas être censés avoir satisfait à leur devoir, mais sont exposés de plus aux censures de l\u2019Eglise ; et mourant dans cette obstination doivent être privés de la sépulture ecclésiastique, comme n\u2019ayant pas accompli le précepte de la communion paschale, laquelle selon les docteurs doit être faite dans sa paroisse, à moins que l\u2019Evêque, ou les Grands-Vicaires, ou le Curé ne consentent qu\u2019elle soit faite ailleurs.Troisième cas On demande si les confesseurs qui n\u2019ont pas reçu de l\u2019Evêque, ou des Grands-Vicaires, le pouvoir d\u2019absoudre des cas réservés à l\u2019Evêque, le peuvent faire en conscience, et validement ?Résolution Il est constant qu'ils ne le peuvent, et l\u2019opinion contraire a été condamnée par le Pape Alexandre Vil, comme étant fausse, téméraire, scandaleuse, erronée et tendante à l\u2019hérésie et au schisme. \u2014 478 \u2014 Quatrième cas On demande si les fidèles sont obligés de se soumettre aux ordonnances qui sont portées par l\u2019Evêque du diocèse après qu\u2019elles leur ont été suffisamment intimées ?Résolution Qui en pourrait douter après le témoignage de Jésus-Christ et de ses Apôtres ?qui vous écoute, m\u2019écou te, dit-il en Sain t Luc chap.10, en parlant aux septante-deux Disciples, et qui vous méprise, me méprise ; et quiconque me méprise, méprise celui qui m\u2019a envoyé : Qui nos audit, me audit, et qui vos spernit, me spernit ; qui autem me spernit, spernit eum qui misit me.\u2014Obéissez, dit Saint Paul parlant aux Hébreux chap.13, et soyez soumis à vos pasteurs qui veillent, comme devant rendre compte de vos âmes, afin qu\u2019ils le fassent avec joie, et non pas en gémissant, car ce ne serait pas votre avantage : Obedite præpositisvestris, et subjacete eis,ipsi enim pervigilant, quasi rationem pro animabus vestris reddituri, ut cwn gaudio hoc faciant, et non gementes ; hoc enim non expedit vobis.\u2014 Que tout homme, dit ce môme Apôtre aux Romains chap.13, soit soumis aux Puissances Supérieures ; car il n\u2019y a point de puissance qui ne vienne de Dieu, et c\u2019est lui qui a établi toutes celles qui sont dans le monde ; quiconque s\u2019oppose aux puissances, s\u2019oppose à l\u2019ordre de Dieu, et ceux qui leur résistent s\u2019attirent la condamnation sur eux-mêmes : Omnis anima potestatibus subli-mioribus subdita sit, non est enim potestas nisi a Deo ; quæ aptem sunt, a Deo ordinatæ sunt; itaque qui resist it potestati, Dei ordinationi resistit ; qui autem résistant, ipsi sibi damnationcm acquirunt.\u2014Or il est constant que par les puissances, dont parle Saint Paul en cet endroit, il entend généralement tous ceux qui sont légitimement préposés, et qui ont reçu de Dieu l\u2019autorité sur les autres, soit pour le spirituel, soit pour le temporel; et Notre Seigneur parlant au chap.23 de Saint Mathieu de la puissance spirituelle : Les Scribes et les Pharisiens, dit-il, sont assis sur la chaire de Moïse, observez donc et faites tout ce qu\u2019ils vous disent : Super calhedram Moysis sederunt scribæ et pharisæi, omnia ergo quæcum-que dixerint vobis, seratate et facite.C\u2019est pourquoi Saint Clément Pape et martyr dit ces paroles mémorables, que ceux qui n\u2019obéissent pas à leur Evêque sont indubitablement coupables et réprouvés : quicumque non obcdiunt Episcopis suis, indubitanter \u2014 4Ï9 \u2014 rei et reprobi existunt.Lors donc que les Evêques, qui ont reçu leur puissance de Jésus-Christ, l'ont des ordonnances, dont la matière est juste et raisonnable pour le bien de leur diocèse, et pour la bonne conduite des fidèles qui le composent, qui peut raisonnablement contester que ces ordonnances étant suffisamment promulguées, n\u2019obligent les fidèles à les garder, et sous peine de péché grief, quand les choses qu\u2019ils ordonnent sont considérables, et que leur inobservance peut avoir des suites préjudiciables ?Tous les docteurs n\u2019enseignent-ils pas que lors même qu\u2019on doute de la justice des choses qui sont commandées, la possession pour l\u2019obéissance, et la soumission fait pour le droit du Législateur, et que les inférieurs sont obligés de lui obéir, parce qu\u2019au-trement les inférieurs prendraient une trop grande licence de ne se pas soumettre, toutes les chosesqui sont ordonnées ne paraissan t pas d\u2019abord si justes et si équitables à l\u2019esprit humain qu\u2019il ne se présente quelque raison apparente qui peut exciter quelque doute.Que si les peuples sont obligés d\u2019obéir aux lois qui leur sont intimées par des Souverains infidèles, et même par des tyrans, lorsqu\u2019ils possèdent pacifiquement leur souveraineté, et qu\u2019ils sont tolérés par la république, quoique le plus souvent ils n\u2019aient reçu leur puissance que de la force, de leur adresse et de leur usurpation, combien plus doit-on obéir aux Evêques et aux Prélats qui reçoivent immédiatement de Notre Seigneur leur puissance, leur autorité et leur juridiction, dans toutes les choses qui en relèvent ! C\u2019est à quoi sans doute tous les Religieux, aussi bien que les prêtres séculiers, qui travaillent dans le diocèse sous les ordres de Monseigneur l\u2019Evêque, doivent porter tous les peuples, et leur en montrer eux-mêmes l\u2019exemple, par l\u2019obéissance et la soumission qu\u2019ils doivent comme merhbres et enfants de l'Eglise rendre les premiers aux ordonnances des Prélats et de ceux qui les représentent dans les choses qui dépendent de leur juridiction, à l\u2019imitation de Saint François-Xavier et de tous les Saints missionnaires.Cinquième cas On demande ce que l\u2019on doit penser de celui qui avancerait que les confesseurs qui donnent des billets à leurs pénitents, par lesquels ils certifient qu\u2019ils les ont entendus en confession, \u2014 480 \u2014 pèchent mortellement, et doivent être censés révéler les confessions ?Résolution Monseigneur l\u2019Evêque marque dans ses ordonnances et statuts synodairx que les confesseurs ne doivent pas faire de difficulté d\u2019accorder ces sortes de billets, comme n\u2019étant pas capables de faire tort au secret inviolable de la confession, et étant en usage dans les diocèses les mieux réglés du royaume.Saint Charles, grand restaurateur de la discipline ecclésiastique, prescrit ces sortes de billets dans les instructions qu\u2019il a données aux confesseurs, lesquelles ont été imprimées et données au public, par la délibération des Evêques assemblés généralement en France avec tout l\u2019éloge et la recommandation possible.Le sentiment de ce Saint Cardinal et Archevêque, des lumières duquel le Clergé fait gloire de tirer sa conduite à l\u2019égard des peuples, doit avoir sans doute plus d\u2019autorité que n\u2019en peut avoir celui qui condamnerait de péché mortel les Evêques et les confesseurs qui jugent à propos de suivre l\u2019exemple d\u2019un prélat si saint et si éclairé dans le gouvernement spirituel des fidèles.Ce cas ayant été proposé autrefois en Sorbonne en 1674, il fut décidé que l\u2019usage de donner ces sortes de billets pendant la quinzaine de Pâques n\u2019a rien qui soit contraire au secret et au sceau de la confession, pourvu que les billets soient uniformes et donnés indifféremment à tous ceux qui se présentent de la part des Curés, quand ils ont été entendus de confession, soit qu\u2019on leur ait différé l\u2019absolution, ou qu\u2019on la leur ait donnée, et que ces billets doivent porter seulement que s\u2019étant présentés au confesseur il les a entendus de confession.Il ne paraît pas non plus que celui à qui on donne ce billet sans avoir été absous soit plus exposé à faire une communion sacrilège que celui de qui le Curé n\u2019aurait pas exigé de billet pour le communier, car si l\u2019on dit que le premier sera tenté ayant son billet de le donner à son curé pour être reçu à la communion, le second ne peut-il pas aussi être tenté d\u2019aller se présenter à la communion sans s\u2019être confessé, lorsqu\u2019il verra qu\u2019on ne l\u2019oblige point à donner un témoignage d\u2019avoir satisfait à ce devoir; on ne voit pas où est l\u2019inconvénient dans l\u2019un, plutôt que dans l\u2019autre.* \u2014 481 \u2014 Les autres difficultés qu\u2019on a vu former contre cette pratique, si on les examine de près, n'ont pas plus de force : et c\u2019est à tort qu\u2019on avancerait que le confesseur qui donnerait ces sortes de billets pécherait mortellement, et révélerait les confessions.Il faut plutôt dire que celui qui soutiendrait une semblable thèse, serait lui-même très blâmable de condamner de la sorte un usage qui est approuvé des plus grands hommes, et reçu dans un grand nombre de diocèses.Sixième Cas On demande si un Religieux peut de son chef et de son autorité privée administrer le sacrement de baptême dans son église, y relever les femmes après leurs couches, y recevoir à la communion paschale, et faire d\u2019autres fonctions curiales à l\u2019égard des paroissiens d\u2019un curé, sans lui en avoir parlé ni en avoir eu en aucune façon la permission et son consentement, et même contre sa volonté, et nonobstant toutes les plaintes faites par le dit curé d\u2019une telle conduite, contre laquelle il se serait toujours récrié ?Et si les paroissiens pourraient licitement avoir recours au dit Religieux dans les choses ci-dessus au mépris et contre la volonté de leur curé ?Résolution Le Religieux ne peut entreprendre ces choses ci-dessus en la manière qu\u2019elles sont proposées, sans témérité et sans commettre une usurpation manifeste, qui l\u2019exposerait aux censures de l\u2019Eglise, dont il mépriserait les constitutions et les saints décrets, qui lui défendent très expressément d\u2019entreprendre de semblables choses, qui tourneraient manifestement à la révolte des paroissiens contre le Pasteur, et aux troubles, divisions et schismes qui en arriveraient ; et les paroissiens ne pourraient en conscience s\u2019adresser au dit Religieux qu\u2019ils sauraient être disposé d\u2019en user de la sorte contre la volonté de leur Curé, de la juridiction duquel les choses ci-dessus relèvent; et il n\u2019est pas permis à aucun prêtre séculier ou régulier d\u2019entreprendre de pareilles choses, sans le consentement et la permission expresse de l\u2019Evêque ou de ses Grands-Vicaires.31 \u2014 482 \u2014 NOUS CHARLES GLANDELET, LOUIS ANGO DES MAI ZERETS ET JOSEPH DE LA COLOMBIËRE, Vicaires-Géné raux du diocèse de Québec.Les cas ci-dessus proposés avec leurs résolutions au bas de cha cun, compris en dix pages (celle-ci comptée) nous ayant été présentés pour les examiner, et en porter notre jugement, les avons après une sérieuse discussion approuvés et jugés propres à être produits à toutes sortes de personnes, comme n\u2019ayant rien qui ne soit conforme aux règles de l\u2019Eglise, sur lesquelles tous les Pasteurs, missionnaires et fidèles de l\u2019un et de l\u2019autre sexe doivent former leur conduite.C\u2019est pourquoi nous jugeons que les Curés et autres faisant les fonctions curiales en peuvent très utilement donner la connaissance à leurs paroissiens, pour leur instruction et édification particulière.Donné à Québec, sous notre seing ce 27e juin 1709.Charles Glandelet, Vicaire Général, Louis Ango Des Maizerets, Vicaire Général, J.Lacolombière, Vicaire Général.MANDEMENT POUR FAIRE CESSER CERTAINES INFRACTIONS AUX STATUTS DU DERNIER SYNODE JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous les Curés, missionnaires, prêtres séculiers et réguliers de notre diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Vous savez, Nos Très Chers Frères, comment le Seigneur nous a éloigné de vous, dans le temps même que nous nous en approchions et que nous espérions de vous rejoindre, après quatre ans de séparation et de voyage pour les nécessités de notre Eglise ; vous savez, dis-je, sans doute que la Divine Providence nous a conduit en Angleterre, et que pendant l\u2019espace de cinq années, nous avons éprouvé une compensation rude et amère de toutes les douceurs et consolations spirituelles que nous avions \u2014 483 \u2014 goûtées dans la sainte cité de Rome, auprès des corps des saints Apôtres, et sous les yeux du Père commun des fidèles.Mais ce que vous ne savez pas peut-être, et ce que je voudrais, s\u2019il était possible, dérober à vos yeux, c\u2019est une épreuve bien plus fâcheuse que nous souffrons maintenant, semblable à celle dont Saint Paul se plaint et néanmoins se glorifie dans plusieurs de ses épîtres ; c\u2019est la persécution des faux frères, persécution qu\u2019il appelle même, selon Saint Chrysostôme, l\u2019Ange de Satan.La charité que nous conservons pour ces faux frères et l\u2019amour de la paix nous ont fait dissimuler jusqu\u2019ici cette persécution, peut-être au-delà de notre devoir.Nous nous sommes contenté d\u2019en gémir devant Dieu.Nous nous sommes flatté que notre longue patience, les excès mêmes où ils se sont portés les feraient rentrer en eux-mêmes ; enfin nous avons espéré que la présence du Pasteur rendu à son troupeau pourrait dissiper cet orage.Mais nous voyons, avec une vive amertume de cœur, que rien ne les touche ; et que ce qu\u2019ils craignent le plus est cette présence du Pasteur.Ils voudraient, s\u2019il leur était possible, nous tenir toujours éloigné de l\u2019Eglise de Québec notre épouse ; et ne pouvant, après de vains efforts, rompre les liens qui nous attachent à elle, autant par inclination que par devoir, ils s\u2019opposent sous main à notre retour.Par une politique souterraine très opposée à l\u2019esprit de l\u2019Evangile, ils nous retiennent dans une espèce d\u2019exil en ce pays-ci, en faisant naître des obstacles à notre départ, et rendant inutile tout ce que nous faisons pour les surmonter.Quoique nous nous regardions avec justice comme étant infiniment au-dessous du grand Apôtre, cependant nous nous estimons heureux d\u2019avoir à souffrir comme lui, et comme lui nous 11e voulons pas céder à un ange de ténèbres, et nous refusons de nous assujétir à ce qu\u2019il veut, afin que la vérité de l\u2019Evangile demeure parmi nous.Cette divine vérité se réduit toute à l\u2019amour, comme dit Saint Augustin.L\u2019amour, selon l\u2019expression du Sage, est l\u2019observation des lois, et l\u2019attention à les observer est l\u2019affermissement de la parfaite pureté.Comme donc il est du devoir des Evêques de maintenir avec vigueur la sainte discipline de ces lois, nous ne saurions assez vous exprimer la douleur que nous avons conçue, en \u2014 484 \u2014 apprenant l\u2019infraction manifeste des statuts de notre dernier synode, particulièrement pour ce qui regarde le tribunal de la pénitence.Ce synode porte expressément que les confesseurs tant séculiers que réguliers des villes feront renouveler leurs pouvoirs après trois ans, et les autres confesseurs dans les missions éloignées après cinq ans.Nous avons déclaré solennellement dans ce synode, et en toute occasion, que tous ces pouvoirs expirent avec ce terme.Néanmoins plusieurs ont la témérité de confesser encore depuis treize années, sans avoir f fait renouveler leur approbation.Quel dérèglement ! Quel malheur ! Et quel en doit être le châtiment ?Si les moindres fautes dans les prêtres sont très grandes, au jugement des saints docteurs et des conciles, que penser de celle-ci ?Puisque parmi nous point de défaut plus grand que celui de puissance ; quelle excuse, quel prétexte peut avoir ici lieu ?Où est le titre même coloré ?Notre ordonnance n'est-elle pas juste et conforme à ce qui se pratique dans les diocèses de France les mieux réglés ?N\u2019est-elle pas précise, et d\u2019autant plus forte qu\u2019elle est conçue en des termes plus doux et plus insinuants ?N\u2019a-t-elle pas été solennellement publiée et reçue ?Voudrait-on renouveler des propositions fausses, indignes et si justement proscrites ?Ou notre Nouvelle-France enfanterait-elle peut-être quelque nouveau monstre en fait de juridiction et de discipline ?Mais que n\u2019avons-nous été plutôt averti de ce désordre et en état de nous élever contre un abus qui tend si visiblement à la perte des âmes et à la ruine de l\u2019Episcopat ! A ces causes, après une mûre délibération, après avoir pris l\u2019avis de plusieurs savants docteurs de cette célèbre université où nous sommes, et le conseil de plusieurs de nos confrères les Evêques, le saint nom de Dieu invoqué, nous ordonnons et déclarons ce qui s\u2019ensuit : 1.\tTousles confesseurs tant séculiers que réguliers, lesquels n\u2019auraient pas fait renouveler leur pouvoir de confesser, se présenteront incessamment à nous ou à nos Grands-Vicaires, pour recevoir les avis convenables.2.\tVoulant juger par nous-même de tous ceux qui exercent, sous notre autorité, la puissance des clefs, tous les pouvoirs, donnés ou à donner par nous ou par nos Grands-Vicaires, cesse- \u2014 485 \u2014 ront au premier de novembre mil sept cent quatorze, temps auquel nous comptons, avec l\u2019aide de Dieu, de nous trouver à Québec, si les faux frères ne continuent pas de s\u2019opposer efficacement à notre retour.3.\tPour prévenir les accidents qui pourraient nous retarder, les supérieurs des communautés tant séculiers que réguliers des villes de Québec et de Montréal nous envoieront, par les premiers vaisseaux qui reviendront cette année de Canada, les noms des confesseurs, afin de recevoir de nous une nouvelle approbation, si nous jugeons à propos de la donner à tous.4.\tConnaissant, comme nous le faisons, combien notre prompt retour dans notre diocèse est nécessaire au troupeau dont le soin nous est confié par Jésus-Christ, le prince des Pasteurs ; et ayant inutilement tenté toute autre voie, nous sommes obligé d\u2019avoir recours aux remèdes extrêmes.Afin donc de mettre ceux qui s\u2019opposent à notre départ dans la nécessité de procurer eux-mêmes efficacement ce prompt départ, bien loin de continuer à le traverser, comme ils font ; nous jugeons nécessaire dans les circonstances présentes d\u2019en venir à la fâcheuse extrémité d\u2019ôter tout moyen de recourir à d\u2019autres qu\u2019à nous, pour les choses qui dépendent de l\u2019autorité des Evêques.Dans cette unique vue, quelque satisfaction que nous ayons eue par le passé et que nous espérions encore pour l\u2019avenir du secours de nos Vicaires Généraux, nous suspendons et nous révoquons tous les pouvoirs par nous donnés à nos dits Vicaires Généraux jusqu\u2019à présent ; et nous déclarons que la présente suspension et révocation aura lieu à commencer du premier de janvier de l\u2019année prochaine mil sept cent quatorze (a).Otons dès à présent aux dits Vicaires Généraux tout pouvoir de donner aucune permission, dispense, pouvoir ou faculté, lesquelles puissent avoir lieu au-delà de ce terme, par rapport aux villes et territoires de Québec et de Montréal ; et au-delà du premier de janvier mil sept cent quinze pour le reste du Canada.Révoquons de même dès à présent tous les pouvoirs, dispenses, permissions ou facultés qui pourraient déjà avoir été accordés, par nous ou par nos Grands Vicaires, pour avoir lieu au-delà des dits termes ; à l\u2019exception des (o) Donc ce mandement a dû être fait en 1713 ; la copie qui en est restée dans nos Archives ne porte aucune date. \u2014 486 \u2014 pouvoirs d\u2019administrer le sacrement de pénitence, qui sont et demeureront limités suivant l\u2019article second de la présente ordonnance.Et en cas qu\u2019au préjudice du présent article, ou sous prétexte d\u2019ignorance de fait ou de droit, les dits Vicaires Généraux accordent quelque permission, dispense, ou faculté et pouvoir, soit du for extérieur, soit du for intérieur, pour avoir lieu au-delà des dits termes, nous les déclarons dès à présent nuis et de nul effet, comme donnés par gens qui n\u2019avaient ou n\u2019ont aucun pouvoir de les donner.5.\tMais parcequ\u2019il arrive quelquefois des cas urgents et qui ne peuvent souffrir aucune remise, pour lesquels l\u2019autorité épiscopale est absolument nécessaire, nous déclarons que notre intention n\u2019est pas de suspendre et de révoquer, par la présente ordonnance, les pouvoirs de nos Grands Vicaires par rapport à ces cas-là ; leur défendons seulement de donner à cette restriction aucune extension ; car nous n\u2019entendons pas qu\u2019elle puisse être appliquée à d\u2019autres cas qu\u2019à ceux auxquels il est inévitablement nécessaire d\u2019user du pouvoir épiscopal.6.\tEnfin, pour que personne n\u2019ignore notre présente ordonnance nous voulons qu\u2019elle soit envoyée dans toutes les communautés et dans toutes les missions.Donné à Paris.JEAN, Evêque de Québec.MANDEMENT promulguant la constitution Unigenitus JEAN-BAPTISTE DE LA CROIX DE SAINT-VALLIER, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.Aux Curés, Missionnaires et autres Prêtres Séculiers et Réguliers et à tous les fidèles de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Le Fils de Dieu nous apprend dans l\u2019Evangile qu\u2019il faut aimer Dieu de tout son esprit, ce qui ne se peut faire que par une foi humble, simple et entière, et une ferme et parfaite croyance pour \u2014 487 \u2014 tout ce qui est enseigné par la Sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine.L\u2019ennemi du genre humain qui sait que les âmes ne peuvent être sauvées que par rattachement à la doctrine de Jésus-Christ parce qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019elle qui soit la colonne inébranlable de la vérité, a fait de tout temps ses efforts pour leur faire prendre le change et les faire rentrer dans des sentiments contraires à ceux de leur unique et véritable Mère ; c\u2019est à quoi il ne cesse de travailler encore aujourd\u2019hui ; car c\u2019est lui qui s\u2019est servi de la plume d\u2019un auteur mal intentionné pour composer un livre pernicieux, qui a excité le zèle des bons et attiré justement la censure du pasteur des pasteurs : C\u2019est contre cet ouvrage d\u2019iniquité que le Souverain Pontife a fait la Constitution Unigenitus, et condamné si à propos cent-et-une propositions qui en ont été extraites.Cette constitution a été non-seulement approuvée par tous les prélats du Royaume, mais expliquée d\u2019une manière qui découvre si évidemment les propositions condamnées, qu\u2019on ne saurait vous présenter un meilleur contre-poison.C\u2019est pourquoi sans rien changer aux termes où elle est conçue, Nous vous avertissons que l\u2019Eglise etc.(a) JEAN, Evêque de Québec.MIRACLE OBTENU PAR L\u2019iNTERCESSION DU FRÈRE DIDACE 4 Je dois rendre ce témoignage de sainteté du frère Didace qu\u2019ayant une fièvre fort opiniâtre, j\u2019en fus délivré à la fin d\u2019une neuvaine que je crus être obligé de faire dans le lieu de son tombeau qui est la petite ville des Trois-Rivières de mon Diocèse.Ma maladie commença dans le mois de Septembre 1715, laquelle après avoir été assez violente dans les commencements elle se changea enfin en une fièvre lente qu\u2019aucun remède qe put enlever; ce qui me détermina à faire un voyage au lieu où son corps résidait ; ce ne fut qu\u2019au dernier jour de la neuvaine que je («) Ce mandement se trouve également tronqué dans les copies qui sont conservées dans les Archives du Séminaire et de l\u2019Hôpital-Général do Québec.Cette Constitution Unigenitus porte la date du 8 septembre 1713. \u2014 488 \u2014 fis dans l\u2019église où son corps repose que je fus soulagé et guéri, Dieu voulant apparemment faire connaître à tout mon Diocèse le grand crédit qu\u2019avait ce serviteur de Dieu auprès de lui, en m\u2019obligeant de reconnaître que mon mal s\u2019aiguisant plutôt que de diminuer, même durant ma neuvaine, je ne pouvais devoir ma guérison qu\u2019à la persévérance avec laquelle je la demandais à Dieu par les mérites de son serviteur.C\u2019est le témoignage que je dois à la vérité, et que je rends bien volontiers pour lui marquer ma reconnaissance, et augmenter dans tous les cœurs la confiance qu\u2019on a à ce saint frère Récollet, dont je voudrais bien qu\u2019on imitât les vertus.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre secrétaire et scellé du sceau de nos armes, ce neuvième jour de juin 1716.JEAN, Evêque de Québec.LETTRE AUX RÉCOLLETS DE L\u2019iLE ROYALE AU SUJET DE DEUX PRÊTRES ÉTRANGERS ET DU RETRANCHEMENT DE QUELQUES FÊTES JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.* A Nos Très Chers Frères en N.S.les Frères Dominique de La Marche et Gratien Raoul, Supérieurs des Récollets des provinces de France et de Bretagne, qui desservent File Royale, et Nos Grands Vicaires dans la dite Ile, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Nous avons appris avec douleur que malgré les soins que vous avez pu prendre pour exécuter les ordres précis que nous vous avions donnés de ne point souffrir les prêtres étrangers, de la vertu desquels nous n\u2019aurions pas des preuves assez certaines, exercer les fonctions de leur ministère dans notre Diocèse, il n\u2019a pas laissé que d\u2019en venir deux dont l\u2019un nommé d\u2019Ordos a été expressément interdit par Nous, l\u2019autre nommé Le Maître s\u2019est établi sous prétexte, dit-on, qu\u2019on lui a donné le soin d\u2019une paroisse.L\u2019un et l\u2019autre ne paraissant pas nous convenir pour \u2014 489 \u2014 travailler au salut des âmes qui nous sont confiées dans cette Tie, Nous vous ordonnons de leur certifier à l\u2019un et à l\u2019autre qu\u2019ils aient à se retirer dans leurs diocèses, et de s\u2019en tenir à faire leurs fonctions dans les vaisseaux, dont ils peuvent être les aumôniers, excepté dans certains cas extraordinaires et pressants, où vous jugeriez vous-mêmes qu\u2019on pourrait absolument s\u2019en servir.A l\u2019égard des fêtes qui se trouvent dans les mois de juin, juillet et août, qui sont les temps les plus ordinaires de la pêche, Nous jugeons avec vous, Nos Trè# Chers Frères, qu\u2019il est bonde les retrancher à l\u2019égard de ceux qui vont à la mer pour pêcher, et non pas pour ceux qui restent à terre pour sécher le poisson, que nous jugeons être obligés d\u2019entendre la sainte Messe et observer les dites fêtes sous peine de péché.Ce retranchement de fêtes à l\u2019égard de ceux qui vont à la mer pour pêcher leur fera éviter beaucoup de péchés.Excepté cependant le jour de la Pentecôte, celui du Saint-Sacrement, de l\u2019Assomption de la Ste Vierge, et celui de la Nativité, avec la fête de Saint Jean, que nous jugeons devoir être observées par tous.Si pour des raisons particulières vous jugez à propos de dispenser de quelqu\u2019une de ces dernières fêtes ceux qui pêchent à la mer, vous ne devez jamais le faire sans les obliger d\u2019entendre la Sainte Messe auparavant d\u2019y aller.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre secrétaire et scellé du sceau de nos armes ce 9e juillet 1716.JEAN, Evêque de Québec.MISSIONS DONNÉES AUX RÉCOLLETS DANS L\u2019iLE ROYALE Nous JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Très Chers Frères en Notre Seigneur les Frères Dominique de La Marche Supérieur des Récollets de la province de Paris, et Gratien Raoul Supérieur des Récollets de la province de Bretagne, et nos Grands Vicaires dans file Royale, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur. \u2014 490 \u2014 Etant informé de la nécessité qu\u2019il y a pour l\u2019utilité des peuples confiés à notre conduite, que l\u2019Ile Royale soit desservie par les Pères Récollets des deux provinces de Paris et de Bretagne; Nous sommes bien aises, Nos Très Chers Frères en Notre Seigneur, de vous faire connaître à ce sujet nos intentions, pour empêcher toutes les contestations qui pourraient naître entre vous au sujet des lieux que chaque province devrait particulièrement desservir dans la dite Ile, et pourvoir par ce moyen à la paix et à la tranquillité des peuples de cette colonie, en leur assignant des missionnaires, sur lesquels ils puissent se reposer pour l\u2019administration régulière des sacrements, et des autres choses qui concernent l\u2019avancement spirituel des âmes.Après y avoir mûrement pensé devant Dieu, nous vous déclarons, Nos Très Chers Frères en Notre Seigneur, que tous les lieux les plus éloignés de notre Diocèse n\u2019étant pas moins sous notre sollicitude pastorale que la colonie de Canada, où nous résidons, notre intention est que les Récollets de la province de Paris desservent le Port Dauphin et le Port Toulouse avec leurs dépendances, et que les Récollets de la province de Bretagne desservent Louisbourg avec ses dépendances, leur défendant expressément d\u2019exercer leurs fonctions dans les lieux dont ils ne sont pas chargés, si ce n\u2019est de l\u2019agrément de ceux qui y sont de notre part.Donné à Québec sous notre seing et celui de notre secrétaire le 25 août 1716.JEAN, Evêque de Québec.MANDEMENT a l\u2019occasion de la mort de LOUIS XIV JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Chers Frères en Notre Seigneurie Doyen, les Dignités, Chanoines, Curés, Missionnaires et autres Prêtres Réguliers et Séculiers de Notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Vous savez, Nos Très Chers Frères, que Dieu après avoir longtemps conservé pour le bien de son Eglise et de ce Royaume \u2014 491 \u2014 le Roi Louis XIV, surnommé le Grand, l\u2019a enfin ôté de devant nos yeux par une mort encore plus précieuse que sa vie pour le mettre dans son royaume éternel.C\u2019est ce que nous pouvons vraisemblablement espérer de la miséricorde de Dieu pour un prince dont il avait, pour ainsi parler, formé le cœur de ses mains, en le remplissant d\u2019un esprit de religion et de piété pour lui tout extraordinaire, et d\u2019amour pour ses peuples.Cependant, comme il y a toujours sujet de craindre qu\u2019il ne fût encore dans les flammes du Purgatoire pour les fautes pour lesquelles il n\u2019aurait pas pleinement satisfait à la justice rigoureuse de Dieu, Nous jugeons à propos, ensuivant l\u2019exemple de tous les Evêques de France nos confrères, d\u2019ordonner à Notre Eglise Cathédrale et à toutes celles des communautés religieuses séculières et régulières, d\u2019hommes et de filles, qui peuvent en faire, de faire un service pour le repos de son âme et selon les moyens qu\u2019elles pourront avoir, regardant moins à la solennité extérieure qu\u2019à la ferveur avec laquelle elles feront des prières pour lui ; et à tousles Curés, Missionnaires, et autres Prêtres Séculiers et Réguliers qui ne sont point empêchés, de dire une messe à son intention, et aux autres qui en seraient empêchés d\u2019en avoir un souvenir particulier dans trois de leurs messes.C\u2019est de quoi Nous avons été bien aise de vous donner avis, pour vous disposer à rendre à ce grand prince auquel cette Eglise a encore plus d\u2019obligations que celle de France, pour le soin qu\u2019il a pris de la combler de ses bienfaits, les devoirs d\u2019amour et de reconnaissance dont nous lui sommes redevables.Donné à Québec, etc., ce 4 octobre 1716.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur, Armand.ORDONNANCE SUR LE REFUS DE L\u2019ABSOLUTION A CEUX QUI NE PAIENT PAS LA DIME Nous JEAN par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Très Chers Frères les Curés et Missionnaires qui desservent les paroisses et coopèrent avec nous au grand ouvrage du \u2014 492 \u2014 salut des âmes qui nous out été confiées par Jésus-Christ, le souverain Pasteur des âmes, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Nous gémissons depuis que nous avons été établi pasteur de ce diocèse, Nos Très Chers Frères en Notre Seigneur, sur l\u2019abus invétéré et presque irrémédiable où nous avons trouvé un grand nombre de nos diocésains qui se persuadent facilement pouvoir approcher des Sacrements avec sûreté en ne payant point les dimes ou en n\u2019en payant qu\u2019une partie, souvent du plus mauvais de leur blé, et en ne la payant que dans le temps et en la manière qu\u2019ils jugent le vouloir faire, sans avoir égard à une obligation aussi étroite que celle qui oblige de la payer toute entière du meilleur de ses grains et dans le temps de Pâques, selon qu\u2019il est marqué dans notre Rituel.C\u2019est pourquoi craignant que Dieu ne vous impute la négligence avec laquelle la plupart des habitants de vos paroisses veulent continuer à payer chaque année leurs dîmes, et jugeant qu\u2019ils doivent y satisfaire dans le temps de Pâques avant de recevoir l\u2019absolution, nous continuons à vous assurer que notre intention est que vous teniez ferme sur ce point, que vous déclariez aux confesseurs séculiers et réguliers auxquels vous saurez et permettrez que vos paroissiens s\u2019adressent pour se confesser dans ce temps de Pâques, d\u2019interroger les pénitents sur ce point de dîmes, et de ne point leur accorder la bénédiction de l'absolution qu\u2019ils n\u2019aient satisfait.C\u2019est de quoi j\u2019ai été bien aise de vous avertir.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre secrétaire et scellé du sceau de nos armes ce 14e avril mil sept cent dix-sept.JEAN, Evêque de Québec.MANDEMENT TOUR CONDAMNER LES MARIAGES A LA GAU.MINE JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Très Chers Enfants en Notre Seigneur les Fidèles de Notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Etant obligé par le devoir de notre charge de veiller sans cesse sur le troupeau que le souverain Pasteur des âmes nous a \u2014 493 \u2014 confié, nous nous trouvons aujourd\u2019hui obligé d\u2019employer les remèdes les plus forts, pour guérir un mal qui n\u2019a déjà causé que trop de désordres dans ce diocèse.Jusqu\u2019ici, Nos Très Chers Frères, l\u2019on avait respecté la sainteté du sacrement de mariage, dans ce pays ; et même les plus libertins étaient entrés en eux-mêmes, pour le contracter saintement, et dans les vues que doivent avoir de bons chrétiens ; mais nous avons appris depuis peu, avec une douleur extrême, par la sentence qui a été déjà rendue par notre official, le dixième du présent mois et an, et par les plaintes de nos missionnaires et curés, que plusieurs jeunes gens, au mépris des lois civiles et ecclésiastiques, contre le respect dû à l\u2019Eglise et à leurs propres parents, avaient trouvé, par l\u2019instigation du démon, une manière détestable de contracter des mariages, qu\u2019ils appellent à la Gaumine,en se présentant devant leur curé, ou autre prê\u2019tre, pour le prendre à témoin du prétendu mariage qu\u2019ils veulent contracter, sans les cérémonies de l\u2019Eglise, et souvent malgré leurs parents, et à leur insu ; qu\u2019il s\u2019était trouvé des personnes assez impies pour conseiller de tels mariages et assez téméraires pour s\u2019offrir d\u2019être témoins de cette profanation, et qu\u2019enfin ce désordre va si lqin qu\u2019on ne se fait pas scrupule de violer les lois les plus saintes, pour contenter sa passion, puisqu\u2019on qualifie ces scandales de mariages à la mode.Quand les pécheurs sont inflexibles aux remontrances de leurs pasteurs, et que le crime, au lieu de diminuer, passe en coutume, c\u2019est alors que, au lieu de remèdes doux que l\u2019Eglise a coutume d\u2019employer, pour les rappeler à leurs devoirs, elle se voit obligée de se servir des armes que Dieu lui a mises en main, pour arrêter le cours des désordres, et retrancher de son corps les membres pourris, de peur qu\u2019ils n\u2019infectent les autres.Si Ecclc-siam non audierit, sit tibi sicut ethnicus et publicanus.A ces causes, ayant égard à la requête de notre promoteur, et aux autres remontrances qui nous ont été faites, nous déclarons excommuniés, d\u2019une excommunication encourue par le seul fait, et dont nous nous réservons à nous seul le pouvoir d\u2019absoudre, tous ceux qui dans la suite oseront contracter de si détestables mariages, soit devant leur curé, soit devant d\u2019autres prêtres, soit séculiers, soit réguliers ; -ceux aussi qui seront assez méchants pour le conseiller, tous les témoins apostés pour les dits mariages, et les notaires qui en dresseraient l\u2019acte, sauf à notre 494 \u2014 official, dans les cas particuliers qui seront portés devant lui, d\u2019imposer encore d\u2019autres peines particulières pour puuir les prévaricateurs.Et afin que personne n\u2019en prétende cause d\u2019ignorance, nous voulons que notre présent mandement soit lu et publié aux prônes de toutes les églises paroissiales de ce diocèse et affiché aux portes des dites églises et que quinze jours après la dite publication chaque curé nous en envoie son certificat et aussi à M.Calvarin notre promoteur.Donné à Québec ce 24e mai 1717, sous notre seing et celui de notre secrétaire et scellé du sceau de nos armes.JEAN, Evêque de Québec.LETTRES PATENTES AUX RÉCOLLETS POUR LEUR PERMETTRE DE DESSERTIR LES SOLDATS DU ROI ET DE FORMER DES ÉTABLISSEMENTS DANS L\u2019iLE ROYALE Nous JEAN, par la grâce de Dieu, et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous présents et à venir, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Ayant été informé par les lettres de la Cour, que nous avons reçues de France, du désir que le Roi et son conseil de régence avaient de procurer un établissement de religieux Récollets de la province de Bretagne en file Royale, pour le soulagement nécessaire des troupes que Sa Majesté voulait y entretenir dans les trois ports les plus considérables de la dite Tie, et reconnaissant par nous-même le pressant besoin que les troupes du Roi et les autres habitants qui habitent les dits lieux auraient du dit secours jusques à ce que nous puissions leur donner des pasteurs et des curés.A ces causes, et autres motifs pressants, nous avons permis et permettons aux religieux Récollets de cette province de s\u2019y établir, et leur accordons pour cela les Lettres Patentes qui leur sont nécessaires pour faire bâtir dans la dite Ile des hospices ou couvents, et administrer les sacrements à toutes sortes de personnes sous la dépendance et soumission toutefois non-seulement \u2014 495 \u2014 de nous, et nos successeurs Evêques, mais encore de nos Grands-Vicaires présents et à venir, désirant que les dits religieux se conforment en tout autant qu\u2019ils pourront aux usages de ce Diocèse et se servent de notre Rituel et Catéchisme.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre Secrétaire et scellé du sceau de nos armes ce 5e juillet 1717.JEAN, Evêque de Québec.CONFIRMATION DE PRIVILÈGES EN FAVEUR DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC POUR LES MISSIONS DES TAMAROIS Nous JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec, dans la Nouvelle-France.A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Quoique par nos lettres patentes du 14e juillet 1698 Nous ayons accordé aux Supérieur et Directeurs du Séminaire des Missions Etrangères de Québec un pouvoir spécial d\u2019envoyer des Missionnaires chez les Sauvages dits Tamarois, et faire telles résidences, établissements et missions, qu\u2019ils jugeraient à propos, attendu que les lieux, où demeurent les dits sauvages Tamarois, sont comme la clef et le passage nécessaire pour aller aux nations plus avancées et s\u2019en faciliter l\u2019abord.Cependant le sieur Varlet, notre Grand Vicaire, Missionnaire des dits Sauvages Tamarois, nous ayant représenté qu\u2019avant son arrivée dans la dite mission il se serait passé un temps assez considérable sans que le dit Séminaire de Québec eût pu envoyer quelques missionnaires pour occuper la place du Sieur Bergier qui y était mort en travaillant à la conversion des dits Sauvages, il serait à craindre qu\u2019on ne regardât nos dites lettres patentes du 14e juillet 1698 comme surannées, et que des Missionnaires de quelques autres corps, ne prétendissent en disputer la possession au dit Séminaire, il nous aurait supplié de lui donner de nouvelles lettres patentes, confirmatives des précédentes, des susdits mois et an.Nous, voulant favoriser le zèle du dit Séminaire pour la conversion des infidèles et ayant égard aux remontrances qui \u2014 496 \u2014 nous ont été faites par le dit Sieur Varlet, avons permis et permettons aux dits Supérieur et Directeurs du dit Séminaire de Québec, de continuer leurs dites missions aux Tamarois, confirmant par ces présentes celles que nous leur avions fait expédier le 14e juillet 1G98, aussi bien que celles du premier jour de mai de la même année 1698, par lesquelles nous avions accordé aux dits Supérieur et Directeurs un ample pouvoir de s\u2019établir et faire des missions dans les nations qui sont au-deçà et au-delà du fleuve Mississipi, et tout le long de ce fleuve et des rivières qui se déchargent dedans et ont communication avec les dits lieux.Confirmant de plus tout le contenu des dites lettres ; révoquant par ces présentes toutes autres lettres et pouvoirs, que nous aurions pu accorder à d\u2019autres, s\u2019il s\u2019en trouvait quel-qu\u2019unes à celles-ci contraires ; Nous réservant le pouvoir, lorsque les dits Missionnaires des Missions Etrangères de Québec abandonneront le dit lieu, de donner la dite mission des Tamarois à qui nous le jugerons à propos, afin que les âmes ne restent pas abandonnées.Donné à Québec, sous notre seing, celui de notre secrétaire et scellé du sceau de nos armes, ce sixième octobre mil sept cent dix sept.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur, Armand.ORDONNANCE AD SUJET DE DOM GEORGES FRANÇOIS POULET, MOINE DÉFROQUÉ Nous JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.Aux prêtres Séculiers et Réguliers qui se trouvent dans l\u2019étendue des missions du Sud de notre Diocèse, surtout à Monsieur Auclair, Curé de Kamouraska, et au Père Michel, Missionnaire de Rimouski, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur. \u2014 497 \u2014 Gomme rien ne nous paraît plus déplorable que de voir l\u2019empressement que font paraître quelques-uns de nos diocésains de favoriser des personnes qui cherchent à se perdre pour l\u2019éternité par leur entêtement, et l\u2019éloignement qu\u2019ils ont de vouloir prendre les seuls moyens qui les peuvent mettre dans le bon chemin, nous avons été véritablement touché, Nos Très Chers Frères, en remarquant dans les Sieurs Côté et Jean Gagnon de La Bouteillerie la résolution prise et exécutée d\u2019emmener là-bas Dom Georges François Poulet, bénédictin sorti furtivement de son couvent à l\u2019insu de ses supérieurs, et sans obédience, dans un habit laïque, malgré tous les avis que nous leur avons pu faire donner par des personnes même considérables.C\u2019est pourquoi voulant faire connaître à ces personnes et autres de notre diocèse, où demeure Georges François Poulet, religieux, l\u2019obligation qu\u2019ils ont de nous obéir sous peine de péché mortel en tel cas, Nous leur déclarons que celui ou ceux qui ont pris et emmené de Québec le dit religieux ont commis une grande faute, dont ils mériteraient que nous nous réservassions l\u2019absolution ; cependant pour agir avec douceur, nous leur faisons seulement à savoir à eux et à tous autres semblables que s\u2019ils viennent à le protéger, retirer chez eux dans leur domaine, et à l\u2019aider à pouvoir demeurer éloigné de nous, pour nous ôter le moyen de le renvoyer en France à ses supérieurs, ils encourront après trois jours de séjour et d\u2019aide, s\u2019ils ne le font partir incessamment et sortir de leur dépendance après les dits trois jours passés, l\u2019excommunication majeure par le seul fait, dont nous nous réservons l\u2019absolution à nous seul ; et pour faire voir l\u2019horreur que nous avons des religieux qui se sont séparés de leur communauté, qui par la continuation de leur séparation doivent être regardés comme apostats et excommuniés par le droit, que les Evêques doivent poursuivre et faire rentrer dans leur devoir pour satisfaire au décret du Saint Concile de Trente au défaut de leur supérieur, Nous enjoignons à tous les curés et missionnaires qui desservent les missions de ce côté-là jusqu\u2019à Rimouski, non-seulement de tenir la main à ce qui est porté par la dite ordonnance à l\u2019égard des séculiers qui y contribueraient, mais encore de refuser les sacrements au dit Dom Poulet religieux, excepté en cas de mort, et même de dire la messe devant lui, ce que nous leur défendons sous peine de suspense de leurs fonctions ou 32 \u2014 498 \u2014 interdit des lieux où la dite messe aura été célébrée, pour un espace de temps que nous réglerons.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre secrétaire, et scellé du sceau de nos armes, ce quinzième jour de septembre de l\u2019année mil sept cent dix-huit.JEAN, Evêque de Québec.MANDEMENT PERMETTANT L'EXPOSITION DU SAINT-SACREMENT PENDANT LA NEÜYAINE DK SAINT FRANÇOIS-XAVIER Sur la demande qui nous a été faite par les Religieux de la Compagnie de Jésus qui sont à Montréal, de vouloir leur permettre dans la neuvaine qu\u2019ils font tous les ans en l\u2019honneur de Saint François-Xavier dans le mois de mars, de leur permettre d\u2019exposer le Saint-Sacrement le premier et le dernier jour de la neuvaine durant les messes qui se diront au grand autel, et de donner tous les soirs des jours de la dite neuvaine la bénédic-dion du Saint-Sacrement, Noos, voyant les fruits de grâces qu\u2019une telle dévotion peut apporter aux habitants de Montréal, nous avons accordé volontiers les deux dites grâces qui nous ont été demandées et y avons joint avec plaisir la grâce de l\u2019indulgence pour tous ceux qui se confesseront et communieront dans leur dite église pendant la neuvaine.Donné à Québec, ce 16e octobre 1719.JEAN, Evêque de Québec.LETTRE PASTORALE AUX HABITANTS DU DÉTROIT JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Très Chers Enfants les Habitants du Détroit, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur. \u2014 499 \u2014 L\u2019éloignement extrême où je suis de vous.Nos Très Chers Enfants, joint à la très grande difficulté où je me trouve de vous envoyer des prêtres, pour vous administrer les sacrements, m\u2019engagent à vous faire remarquer par cette Lettre Pastorale l\u2019obligation indispensable où vous êtes de mener une vie pure et chrétienne, exempte de tous les péchés qui vous peuvent séparer de la grâce de Dieu et de son amour.Si une fois vous étiez privés pour un longtemps de missionnaire, comment pourriez-vous rétablir le règne de Dieu en vous, si vous l\u2019aviez une fois détruit ?C\u2019est ce qui doit vous obliger à conserver avec grand soin la grâce de Jésus Christ et le Temple vivant qui doit être votre cœur.Il est juste que nous vous exhortions à entretenir le Temple matériel, que nous apprenons être dans un état à faire compassion, aussi bien que le cimetière que vous laissez entrouvert, exposé à toute sorte d\u2019indécence par rapport aux bestiaux qui y entrent, et qui par ce seul fait mérite d\u2019être interdit.Mais par-dessus tout nous vous recommandons d\u2019avoir une véritable obéissance pour votre pasteur que vous avez si grand intérêt de conserver et de ménager, ne voyant ici personne dans le clergé séculier et régulier qui puisse lui succéder.Pour vous y engager plus efficacement, je vous mets devant les yeux ces paroles de Saint Paul dans sa première Epître aux Thessaloniciens : Roga-mus vos Fratres ut noveritis eos qui laborant inter vos ; nous vous prions, Mes Très Chers Enfants, avec cet Apôtre, de beaucoup considérer parmi vous celui qui vous gouverne au nom du Seigneur qui vous avertit de votre devoir, d\u2019avoir pour lui une vénération particulière, parce qu\u2019il travaille pour votre salut, de lui obéir en ce qu\u2019il exigera de vous pour le bien de vos âmes, de ne le point contrister par des contradictions importunes, de ne le point obliger à gémir sous le poids de sa charge, parce que cela vous ôterait le moyen de tirer tout l\u2019avantage de son application et de son travail.Si vous le faites, vous attirerez les bénédictions de Dieu, et consolerez véritablement un père qui vous chérit autant que vous le pouvez désirer in visceribus Chrisli, dans les entrailles de Notre Seigneur Jésus-Christ.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre secrétaire, et scellé du sceau de nos armes ce huitième juin mil sept cent vingt.JEAN, Evêque de Québec. \u2014 500 \u2014 MANDEMENT POUR DEMANDER DES SECOURS EN FAVEUR DES INCENDIÉS DE MONTRÉAL JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Très Chers Enfants les Fidèles répandus dans la Colonie et Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Il semble, Nos Très Chers Enfants, que pour vous inviter à faire des aumônes abondantes à ceux et celles qui ont été visités de Dieu, dans la ville de Montréal, par un incendie presque général de leurs maisons et effets, il n\u2019y a qu\u2019à vous exposer le double malheur qu\u2019ils ont encouru : le premier de n\u2019avoir pu presque rien échapper à l\u2019ardeur du feu tellement allumé qu\u2019on n\u2019a pu diminuer de sou activité embrasée, par tous les soins que l\u2019on a pu prendre, le deuxième que le peu qui aurait été retiré des maisons incendiées a été ou consumé par le feu qui poursuivait partout pour ainsi dire les malheureux incendiés, ou pillé par des concitoyens qui, sans honte de faire de tels crimes, ont cherché à ruiner tout-à-fait et désespérer leurs frères en achevant de leur ôter le pain de la main par leur cruel pillage, attentat qui attire sur leurs tètes tous les anathèmes et foudres de l\u2019Eglise, et les peines les plus considérables de Injustice séculière.C\u2019est pourquoi après vous avoir déclaré que vous ne pouvez rien faire de plus agréable à Dieu que de secourir de vos biens, les plus misérables qui manquent par un tel malheur des choses les plus nécessaires à la vie et au vêtement, comme sont chemises, des habits et des couvertes, nous vous pressons encore plus étroitement de répandre vos libéralités sur les Epouses de Jésus-Christ, les religieuses Hospitalières chargées jusqu\u2019ici du soin et de la conduite des pauvres de l\u2019Hûtel-Dieu de Montréal, qui manquent de tout pour elles et pour leurs pauvres.\"Vous avez été informés de l\u2019ardeur et de l\u2019activité du feu qui a tout consumé dans leur église, leur hôpital, et leur maison, qui n\u2019a pas pu être diminué par tous les efforts qu\u2019on a pu faire.Par l\u2019abondance d\u2019une telle charité, vous remplirez tous les devoirs de la charité du prochain la plus excellente et la plus parfaite, qui par elle-même porte une si grande récompense de la part de Dieu à ceux qui la font \u2014 501 \u2014 qu\u2019on n\u2019a pas besoin d\u2019être animé pour s\u2019y porter par d\u2019autres motifs plus efficaces.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre secrétaire, et scellé du sceau de nos armes, ce vingt sixième juin mil sept cent vingt et un.JEAN, Evêque de Québec.MANDEMENT EXCOMMUNIANT LES VOLEURS A L\u2019iNCENDIE DE MONTRÉAL Nous JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Très Chers Frères en Notre Seigneur les Prêtres séculiers et réguliers de notre Diocèse que nous avons approuvés, qui pourront confesser les habitants de Montréal et lieux circon-voisins, et à Nos Chers Enfants les Fidèles résidant dans la dite Ville, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Après avoir gémi devant Dieu sur les péchés considérables qui ont pu attirer la colère de Dieu sur vous et les avoir mis devant vos yeux pour vous porter à les déplorer et à reconnaître que ce sont eux véritablement qui ont armé sa main contre vous, dont il vient de vous donner une marque bien authentique dans l\u2019incendie presque général de toutes vos maisons, nous ne pouvons cependant nous empêcher de vous plaindre sur la malice de vos concitoyens et voisins qui, au lieu de vous aider à sauver vos effets échappés de l\u2019incendie, ont voulu augmenter votre perte en les pillant.C\u2019est ce qui nous oblige à faire publier cette présente Ordonnance aux prônes des paroisses de campagnes et surtout à celle de Montréal, pour leur déclarer que le fait d\u2019un pareil pillage est si odieux à Dieu, à Jésus-Christ et à l\u2019Eglise, son Epouse, qu\u2019elle frappe les coupables d\u2019un pareil forfait d\u2019anathème et d\u2019excommunication majeure encourue par le seul fait, que nous étendons sur ceux qui en ont connaissance et qui ne voudront point les découvrir.Pour ne vous rien laisser ignorer de l\u2019indignation du Tout-Puissant et de ceux qui représentent sa place sur la terre, nous disons ici que, le Nom de Dieu \u2014 502 \u2014 invoqué, nous déclarons ceux et celles qui ont été assez cruels pour augmenter la perte de ceux qui avaient déjà perdu dans l\u2019incendie, par le pillage de leurs effets sauvés, frappés d\u2019anathème et d\u2019excommunication majeure, s\u2019ils ne rendent incessamment ce qu\u2019ils ont pris ou retenu de ce qui leur avait été confié de la dépouille des biens des incendiés sous quelque prétexte que ce puisse être; en sorte que s\u2019ils ne rendent promptement ce qu\u2019ils ont entre les mains des biens des dits incendiés, ils ne pourront être absous que par nous seul, même dans le temps de Pâques, anathème et excommunication que nous étendons sur ceux et celles qui connaissant les coupables ne voudront pas les dénoncer.Nous nous portons d\u2019autant plus volontiers à cette sévérité que nous suivons en cela l\u2019exemple des plus saints Papes qui déclarent par leurs constitutions que ceux qui ont la témérité de prendre ou de retenir quelque chose des incendiés ou des effets naufragés encourent par le seul fait l\u2019excommunication majeure réservée au Saint-Siège.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre secrétaire et scellé du sceau de nos armes, ce vingt-sixième juin mil sept cent vingt et un.JEAN, Evêque de Québec.LETTRE PASTORALE AU SUJET DES DÉSORDRES DE LA LOUISIANE Nous JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Très Chers Frères en N.S.les Missionnaires de la Compagnie de Jésus, répandus dans toute l\u2019étendue de Mississipi, et aux fidèles qui sont sous leur conduite, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Les nouvelles qui nous arrivent de toutes parts du côté de France aussi bien que des pays d\u2019en haut, du peu de religion et de pureté avec lesquelles les Français nouveaux venus de France, de toute sorte de conditions, vivent dans le vaste pays qu\u2019ils sont \u2014 503 \u2014 venus habiter, le long de ce grand fleuve, nous faisant craindre qu\u2019elles n\u2019attirent les malédictions de Dieu lancées contre ceux qui ne veulent pas vivre chrétiennement et selon leur état, au lieu des bénédictions promises en bien des endroits des Livres Saints aux gens de bien qui cherchent à bien servir Dieu ; Nous avons résolu de nous opposer de toutes nos forces aux vices publics et désordres qui seraient propres à nous attirer ces malheurs.C\u2019est pourquoi pour y appliquer les remèdes les plus efficaces, Nous ordonnons à ceux qui sous notre autorité conduisent les âmes, de leur déclarer que notre intention est qu\u2019on regarde comme des scandaleux publics ceux qui par mépris des lois divines et humaines viennent à commettre des impiétés scandaleuses par leurs paroles, ou par leurs actions, par des concubinages publics des personnes qui contre toutes les défenses qu\u2019on peut leur faire veulent se fréquenter et môme demeurer ensemble.Nous ne désirons pas que ces sortes de personnes soient reçues dans l\u2019église et aux sacrements qu\u2019elles ne se soient soumises à une pénitence publique, qui leur sera imposée par notre Grand Vicaire, conformément au désir du St Concile de Trente qui veut qu\u2019on impose aux pécheurs publics une pénitence publique.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre secrétaire, scellé du sceau de nos armes, ce dix-neuvième juillet mil sept cent vingt et un.JEAN, Evêque de Québec.PATENTES TOUR ÉTABLIR LA CONFRÉRIE Dü SACRÉ-CŒUR DE MARIE JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A nos Très Chers Frères les Grands Vicaires résidant dans File de Montréal, aux Supérieur et Prêtres du Séminaire de Saint-Sulpice, et aux Fidèles du Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur. \u2014 504 \u2014 Puisqu\u2019il a plu à la divine bonté de nous charger de la conduite de ce Diocèse depuis si longtemps, où malgré tous les soins que nous avons pu prendre, nous n\u2019avons pas laissé que de nous apercevoir que la connaissance et l\u2019amour de Jésus-Christ notre Sauveur (en qui consiste notre salut) s\u2019aflaiblissait dans les âmes, hæc est vita æterna ut cognoscant te Deum vivum et quem misisti Jcsum-Chrislum, nous avons cru, pour réveiller cet esprit de foi qui s\u2019affaiblit et s\u2019éteint presque entièrement dans le coeur de ceux dont la conduite nous a été confiée, devoir chercher des moyens propres pour la ranimer.Saint Bernard nous assurant que toutes les grâces que Jésus a dessein de faire à ceux qu\u2019il aime plus spécialement, doivent passer par le canal de Marie, quia sic est voluntas ejus qui tolum nos habere voluil per Mariam, nous avons pensé ne pouvoir rien faire de plus utile et de plus avantageux à nos diocésains que d\u2019établir une confrérie consacrée à la dévotion du Sacré Cœur de Marie où nous sommes assurés que ceux qui seront marqués dans ce Sacré-Cœur, le seront aussi dans celui de Dieu et de Jésus-Christ son Fils Notre Sauveur.Dans cette vue nous faisons choix de ce moyen très efficace, et déclarons que pour procurer la plus grande gloire de Dieu, le salut des âmes confiées à nos soins, et satisfaire au désir ardent que nous avons de graver et accroître autant qu\u2019il est en notre pouvoir dans le cœur de tous les fidèles l\u2019amour de Jésus et de Marie, nous avons érigé et érigeons dans une des chapelles de l\u2019église paroissiale de Ville-Marie, la dite Confrérie du Sacré-Cœur de Marie, avec permission d\u2019exposer le Saint-Sacrement, le dix-neuvième jour d\u2019octobre qui est le jour que nous voulons que se célèbre la fête du Sacré-Cœur de Marie, déjà consacré à la dévotion de Son Intérieur, et d\u2019y chanter une grande messe propre à la dévotion de ce Sacré-Cœur, que nous approuvons pour ce Diocèse ; nous permettons encore d\u2019y faire quelquefois des assemblées durant l\u2019année, des personnes qui y seront associées, pour entendre des entretiens en l\u2019honneur de ce Sacré-Cœur, propres à animer à cette dévotion, et de pouvoir aussi faire inscrire dans, un livre tous ceux et celles qui voudraient être de la dite confrérie à laquelle nous avons accordé et accordons une des indulgences plénières que le Saint-Siège a bien voulu donner pour la sanctification des âmes, et afin de rendre celte association plus permanente et solide, nous voulons bien promettre de faire nous-inème des \u2014 505 \u2014 règlements pour être observés par les associés, auxquels il ne sera permis de rien ajouter, ni diminuer, ni changer.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre secrétaire, et scellé du sceau de nos armes, le premier jour de janvier mil sept cent vingt-deux.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur*, Tessié RÈGLE DE LA CONFRÉRIE DU SACRÉ-CŒUR DE MARIE ÉTABLIE DANS L\u2019ÉGLISE PAROISSIALE DE VILLE-MARIE, ILE DE MONTRÉAL Comme elle est instituée pour honorer le Sacré-Cœur de Marie, tous les associés doivent avoir une attention particulière de se mettre sous sa protection et de chercher à l\u2019honorer dans toutes manières qu\u2019ils le pourront faire et de la faire aussi honorer par les autres, en leur inspirant de la glorifier.Elle sera composée de personnes de l\u2019un et de l\u2019autre sexe qui demanderont y être reçues, pourvu qu\u2019elles soient de bonnes mœurs et de bonne réputation ; on tâchera d\u2019avoir un prêtre qui prenne soin de la dite confrérie ; il faudra de plus avoir deux confrères, qui en soient comme les marguilliers, dont l\u2019un des deux sera élu tous les ans le lendemain du Sacré-Cœur de Marie, qui est le dix-neuvième d\u2019octobre, et celui qui sortira, rendra compte à l\u2019ecclésiastique qui prendra soin de la dite confrérie, de toutes les dépenses qu\u2019il aura faites pendant l\u2019année pour la dite confrérie.Le confrère qui sera en charge aura soin de faire faire les quêtes et de recevoir les droits de la confrérie, qu\u2019il mettra dans un coffre à deux clefs, dont le prêtre qui prendra soin de la confrérie en aura une et lui l\u2019autre, et écrira ce qu\u2019il aura reçu dans le livre enfermé dans le dit coffre, y marquant d\u2019où l\u2019argent, peut provenir.Ils ne pourront l\u2019ouvrir qu\u2019ensemble ; et lorsqu\u2019ils en ôteront de l\u2019argent, ils auront soin d\u2019écrire sur le dit livre ce qu\u2019ils auront pris, le jour, et l\u2019emploi qu\u2019ils en auront fait. \u2014 506 \u2014 Tout ce qui procédera des quêtes, aumônes et droits de confrérie sera écrit sur le dit livre par l\u2019ecclésiastique qui prendra soin de la confrérie en présence du confrère qui sera en charge, qui le signera de son côté.Ceux qui seront reçus à la Confrérie feront un présent à leur entrée, qui ne sera pas moins de vingt sols, et paieront tous les ans pareille somme de vingt sols à la Fête du Sacré-Cœur de Marie, pour le droit de Confrérie, et ceux qui seront fidèles à faire ce paiement, la dite Confrérie fera faire un service à leur décès où tous les Confrères associés qui pourront y venir s\u2019y trouveront.Les Confrères feront paraître leur dévotion au Sacré-Cœur de Marie en se confessant et communiant le jour de leur réception, ou le dimanche suivant, en l\u2019honneur du Sacré-Cœur de Marie, et pratiqueront encore ce saint usage de communier tous les mois s\u2019ils le peuvent.Leur dévotion paraîtra aussi à dire tous les jours quinze Gloria Patri, pour honorer la Très Sainte Trinité qui a choisi le sein de Marie et son Sacré-Cœur pour être la demeure de la sagesse éternelle ; cette prière sera comme la devise qui distinguera cette confrérie de toutes les autres.S\u2019ils sont animés de cette dévotion, ils n\u2019auront pas de peine à contribuer à la décoration de la Chapelle, où les associés s\u2019assembleront, d\u2019assister aux services, messes et saluts de la dite confrérie ; au contraire ils visiteront la chapelle souvent pour y demander leurs besoins spirituels et temporels et la grâce de donner bon exemple à tous ceux qui jetteront les yeux sur eux; on peut regarder ce moyen comme le plus efficace pour honorer le Sacré-Cœur de Marie, et maintenir la confrérie.Lorsque quelqu\u2019un des associés ou associées sera décédé, les autres feront leur possible pour assister à son enterrement aussi bien qu\u2019au service que la confrérie sera obligée de faire faire, où ceux qui voudront communier, communieront à son soulagement, si lui ou ses héritiers ont soin de payer les droits de la dite confrérie.Ceux qui ne pourront pas communier au service que la Confrérie fera faire pour lui, offriront la première communion qu\u2019ils feront, à son intention. 507 \u2014 Si la Confrérie a du fonds elle pourra faire dire une messe tous les premiers samedis des mois pour la conversion des pécheurs et le soulagement des âmes du purgatoire.Les Confrères assisteront régulièrement à la grand\u2019messe et aux saluts qui se feront le jour de la fête et le lendemain de la fête ; s\u2019il y a du fonds, ils feront dire une messe pour les associés défunts, avant leurs assemblées, où on aura soin de lire tous les Règlements.Pratiques spirituelles Ceux et celles qui seront de cette confrérie auront grand soin de se distinguer par l\u2019amour qu\u2019ils auront du Saint Enfant Jésus, qui a fait honneur à Marie de la choisir pour sa mère, ils auront aussi grand soin d\u2019entretenir dans leurs cœurs la crainte salutaire de l\u2019offenser, une grande promptitude à faire les choses où il ira de la gloire et du service du Fils et de la Mère, une grande soumission et conformité à leurs volontés dans les accidents les plus fâcheux et un profond respect pour toutes les choses saintes ; s\u2019ils sont pères et mères de famille, ils élèveront leurs enfants et leurs serviteurs dans cette crainte salutaire, les rendant affectionnés au service de Dieu, aux offices de la Paroisse, ne leur souffrant aucune mauvaise parole, les faisant prier Dieu en commun, les envoyant au Sermon et au Catéchisme, autant que faire se pourra.Dieu bénissant les associés par l\u2019intercession de sa Sainte Mère et le mérite des dispositions et intentions de son Sacré-Cœur, ils n\u2019auront pas de peine à faire paraître leur charité pour le prochain, pour conserver l\u2019union et la paix préférablement à toutes choses, de donner des preuves d\u2019humilité et de douceur, qui sont les deux vertus les plus aimées de Notre Seigneur et s\u2019éloigneront le plus qu\u2019ils pourront de tout ce qui pourrait donner la moindre occasion de scandale, concernant la chasteté, la tempérance au boire et au manger, la modestie dans les habits, la retenue en leurs paroles, en se disant à eux-mêmes pour s\u2019animer : c\u2019est ainsi qu\u2019il en faut agir pour imiter la Sainte Vierge.Tous les Associés auront soin d\u2019avoir dans leur maison une dévote image de la Ste Vierge, tenant son Fils entre ses bras, devant laquelle ils puissent faire leurs prières tous les matins et soirs à genoux, et renouveler souvent la donation qu\u2019ils lui \u2014 508 \u2014 ont faite d\u2019eux-mêmes.C\u2019est surtout dans les nécessités pressantes, afflictions, tentations, qu\u2019ils auront leurs recours à ce Sacré-Cœur de Marie se persuadant d\u2019obtenir ce qu\u2019ils demanderont par les dispositions de son Sacré-Cœur.Pour se conserver une place dans ce Sacré-Cœur, ils auront le soin de dire tous les jours le chapelet du Sacré-Cœur qui est très court, ou les Litanies du Sacré-Cœur qu\u2019ils tâcheront d\u2019apprendre par mémoire.S\u2019ils pénètrent bien avant dans l\u2019amour de ce Sacré-Cœur, ils n\u2019auront pas de peine de se ménager un peu de temps pour entendre tous les jours la Ste Messe et avoir aussi un bon livre pour faire quelque lecture dans la famille en présence des enfants et des domestiques ; et ne négligeront pas d'assister aux assemblées quand elles se tiendront les jours de l\u2019année désignés par le Prêtre qui en aura soin, qui les commencera par quelques prières propres du Sacré-Cœur comme son Chapelet ou les Litanies.Lorsqu\u2019ils apprendront que quelqu\u2019un des Associés ou Associées sera malade, ils ne manqueront pas de prier pour le malade, se considérant comme enfants de la même Mère, èt si le malade vient à mourir, ils feront une communion, entendront une messe, et réciteront un Chapelet pour le défunt.Pour faire paraître leur véritable piété, ils célébreront d\u2019une manière plus tendre et plus respectueuse les fêtes des Mystères de Notre Seigneur et de la Très Sainte Vierge, surtout celui de la mort de Notre Seigneur le Vendredi Saint, et de la Passion de la Sainte Vierge le Samedi précédent qui est le Samedi de la Passion.Ils auront aussi une plus tendre dévotion pour les Saints, qui appartiennent à la Sainte Vierge d\u2019une manière plus particulière, comme de Saint Joseph, Saint Joachim, Sainte Anne, Sainte Elizabeth, Saint Zacharie et autres qui durant leur vie ont excellé dans les louanges, dans l\u2019amour et le service de la Très Sainte Vierge.Nous donnons ces règles et pratiques de piété à ceux et celles qui auront le bonheur des associés de la Confrérie du Sacré-Cœur de Marie, et nous les assurons que s\u2019ils les observent fidèlement, ils obtiendront l\u2019amour et la protection de la Sainte Mère \u2014 509 \u2014 de Dieu, qui après les avoir mis dans son Cœur durant la vie présente, les mettra pour jamais dans celui de Notre Seigneur Jésus-Christ son Fils, qui leur fera part de sa gloire.Donné à Québec, sous notre seing, celui de notre secrétaire, scellé du sceau de nos armes, ce dixième jour de janvier mil sept cent vingt deux.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur, Tessié.MANDEMENT POUR LE JUBILÉ DU PAPE INNOCENT XIII JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A tous les fidèles de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Le Saint Père qui nous a voulu accorder la grâce du jubilé, exigeant de nous que nous nous mettions en état de nous convertir de tout notre cœur à Dieu, pour pouvoir obtenir notre réconciliation avec lui, et celle de tant d\u2019âmes qui parleur dureté et insensibilité se mettent hors d\u2019état de pouvoir profiter d\u2019une grâce si considérable, nous ne pouvons nous empêcher de vous mettre devant les yeux l\u2019obligation indispensable que vous avez d'embrasser la pénitence pour profiter de la grâce que le Saint Père a bien voulu nous accorder; ce sera ainsi que la pénitence et les indulgences concourront ensemble très utilement pour la sanctification des pécheurs, la pénitence comme la disposition nécessaire pour gagner les indulgences, et les indulgences comme le supplément et l\u2019accomplissement de la pénitence.Mais pour en venir à bout, il faut faire ses efforts pour observer les conditions absolument nécessaires pour recevoir le fruit de l\u2019indulgence : la première est la contrition de cœur, parce que comme Dieu ne pardonne qu\u2019à ceux qui sont véritablement contrits et humiliés, l\u2019Eglise n\u2019accorde des indulgences qu\u2019à ceux qui sont \u2014 510 \u2014 dans cette disposition, d\u2019où il s\u2019ensuit que les confesseurs doivent également s\u2019assurer de la conversion du cœur des pécheurs ; la seconde est le bon propos qui consiste dans la résolution de satisfaire à la justice de Dieu pour ses péchés passés et à ne plus retourner à ses offenses ; l\u2019indulgence devant être considérée comme un secours que l\u2019Eglise accorde aux pénitents pour suppléer à leur faiblesse et une rémission d\u2019une partie des peines dues à leurs péchés, elle ne doit pas les dispenser de la pénitence ni de l\u2019obligation entière de satisfaire à Dieu pour leurs péchés.C\u2019est ainsi que s\u2019explique Saint Cyprien : si vous voulez avoir part aux grâces que les martyrs ont demandées pour les pécheurs pénitents, et que les Evêques leur ont accordées, il faut faire pénitence, travailler et prier.C\u2019est à ceux-là que Dieu tiendra compte de ces rémissions.Outre ces deux plus essentielles conditions, il faut encore observer celles qui sont portées dans la Bulle : la première de jeûner trois jours, le mercredi, vendredi et samedi pendant l\u2019une des deux semaines que l\u2019on aura choisie pour gagner l\u2019indulgence ; la seconde de faire quelques aumônes ; et la troisième de faire des prières conformément aux motifs de la Bulle, 1° pour attirer les lumières et les grâces nécessaires au Saint Père Innocent XIII présentement assis sur la chaire de Saint Pierre, pour conduire saintement l\u2019Eglise ; 2» pour extirper les héi\u2019ésies, anéantir les divisions qui nuisent si fort au lien de la chrétienté, pour étendre la foi et la soutenir et obtenir une paix parfaite entre les princes chrétiens ; 3° pour délivrer les peuples affligés du fléau de la peste et les préserver des incursions des infidèles et des ennemis de l\u2019Eglise.Nous voulons bien déterminer pour les pauvres et les ignorants les prières qu\u2019ils seront obligés de faire pour tous ces motifs, laissant aux autres la liberté de les choisir ; ils pourront réciter cinq fois le Pater et cinq fois l\u2019Ave Maria, avec quelques actes de contrition qu\u2019ils auront soin de dire dans l\u2019une des trois égliges marquées, dont la cathédrale ou la paroissiale de chaque lieu sera toujours la première et suffisante pour gagner l\u2019indulgence.Les confesseurs par nous assignés pourront assigner un autre temps et d\u2019autres œuvres de piété aux malades, prisonniers et autres qui auront des empêchements légitimes, ils pourront aussi \u2014 511 \u2014 différer le jubilé à ceux auxquels ils auront été obligés de différer l\u2019absolution.Les voyageurs n\u2019en seront point exclus, pouvant gagner le Jubilé à leur retour en visitant leur église paroissiale et observant les autres choses ci-dessus marquées.Les religieuxet les religieuses, exempts et non exempts, pourront choisir des confesseurs pendant le temps du Jubilé seulement, pourvu qu\u2019ils soient approuvés de nous, enjoignant aux supérieurs de leur accorder cette liberté suivant l\u2019intention de Sa Sainteté ; ils pourront gagner le Jubilé les dernières deux semaines de carême avant Pâques.Chacun aura soin de se confesser et communier dans la semaine des deux marquées qu\u2019il aura choisie pour gagner le Jubilé.Nous les déterminons ces deux semaines à la quinzaine de Pâques de l\u2019année 1723, c\u2019est-à-dire depuis le Dimanche des Rameaux jusqu\u2019à celui de la Quasimodo.Et pour les colonies très éloignées qui n\u2019auront pu recevoir la Bulle de notre Saint Père le Pape et notre Mandement avant les semaines marquées, elles pourront gagner le dit Jubilé dans les deux mêmes semaines de la quinzaine de Pâques de l\u2019année 1724.Donné à Québec à notre demeure sous notre seing, celui de notre secrétaire, et scellé du sceau de nos armes, le quinzième septembre mil sept cent vingt-deux.JEAN, Evêque de Québec.Par Monseigneur, Tessié.CIRCULAIRE DÉPENDANT AUX CURÉS D\u2019ABSOUDRE LES CABARETIERS Je ne sais, Monsieur, qui peut être assez hardi pour avancer que je suis bien aise qu\u2019il y ait des cabarets dans les paroisses ; j\u2019en gémis au contraire d\u2019une manière à presser Notre Seigneur d\u2019y mettre ordre et d\u2019envoyer sur ceux qui veulent gagner leur \u2014 512 vie par un commerce si dangereux des calamités qui les fassent rentrer en eux-mêmes.C'est pour cela que Notre Seigneur me donne .la pensée de vous écrire, ainsi que je fais à beaucoup d\u2019autres curés, que mon intention est que vous ne donniez pas l\u2019absolution à ceux qui veulent gagner leur vie par ce détestable commerce.Ainsi, Monsieur, songez que c\u2019est moi qui vous l\u2019ordonne de la part de Dieu et que vous me devez l\u2019obéissance.Vous me ferez plaisir de lire ce peu de paroles aux prônes de votre paroisse et de me croire avec toute l\u2019estime et l\u2019affection que vous méritez, tout à vous en Notre Seigneur.JEAN, Evêque de Québec.De Québec, ce 11e janvier 1724.MANDEMENT AU SUJET DU SAINT VIATIQUE ET DE d\u2019eXTBÊME-ONCTION JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos Très Chers Enfants les Habitants de Batiscan, Champlain, Sainte Anne, et autres paroisses de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre.Seigneur.Sur les difficultés que l\u2019on a faites en plusieurs paroisses aux pasteurs chargés de la conduite des âmes, de recevoir l\u2019Extrême-Onction avec le Viatique, dans la fausse idée qu\u2019on se met en l\u2019esprit que l\u2019Extrême-Onction épouvante le malade, et le fait mourir, d\u2019où il arrive de grands inconvénients, et que les malades meurent quelquefois sans le secours d\u2019un sacrement aussi utile que l\u2019Extrème-Onction ; pour à quoi remédier nous déclarons à tous les Curés et Missionnaires de ce Diocèse que suivant l\u2019usage du Diocèse de Paris et de plusieurs, nous désirons que les pasteurs ne donnent point le Saint Viatique qu\u2019ils n\u2019aient donné auparavant l\u2019Extrême-Onction comme le complément de la Pénitence, ainsi que s\u2019explique le Saint Concile de Trente ; ce qui n\u2019empêchera pas de porter la communion aux malades par dévotion et autres personnes incommodées et très caduques qui \u2014 513 \u2014 ne se trouveraient pas en état de venir à la paroisse.De plus connaissant par expérience que la caducité et infirmité de nos curés ne vient que de l\u2019obligation où ils croient être d\u2019aller lever les corps qui sont ensevelis dans les maisons où ils sont morts, nous voulons sur cela que l\u2019usage pratiqué dans les trois villes de Québec, Montréal, et des Trois-Rivières, le soit aussi dans les paroisses de la campagne, où les curés auront soin de marquer une ou deux maisons à une distance raisonnable de l\u2019église paroissiale, où les habitants seront obligés de porter les corps morts ; que s\u2019il se trouve sur cela quelque difficulté, nous désirons qu\u2019elle soit décidée par notre Archidiacre de la cathédrale ou nos Grands Vicaires dans le cours de leurs visites.Donné à Québec sous notre seing, celui de notre secrétaire, et scellé du sceau de nos armes ce treizième mai mil sept cent vingt quatre.JEAN, Evêque de Québec.MANDEMENT AU SUJET DE LA LEVÉE DES CORPS DANS LES PAROISSES DE CAMPAGNE JEAN, par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.A Nos très chers enfants les habitants de Batiscan, Champlain, Sainte-Anne et autres Paroisses de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Connaissant par expérience que la caducité et infirmité de nos Curés ne vient que de l\u2019obligation où ils croient être d\u2019aller lever les corps qui sont ensevelis dans les maisons où ils sont morts, nous voulons sur cela que l\u2019usage pratiqué dans les trois Villes de Québec, Montréal et des Trois-Rivières, le soit aussi dans les Paroisses de la Campagne, où les Curés auront soin de marquer, une ou deux maisons à une distance raisonnable de l\u2019Eglise Paroissiale, où les habitants seront obligés de porter les corps morts ; que s\u2019il se trouve sur cela quelque difficulté, nous désirons 33 \u2014 514 qu\u2019elle soit décidée par notre Archidiacre de la Cathédrale on nos Grands-Vicaires dans le cours de leurs visites.Donné à Québec sous notre seing celui de notre Secrétaire et scellé du sceau de nos armes ce treizième mai mil sept cent vingt quatre.JEAN, Evêque de Québec.MÉMOIRE DES BIENS DE L\u2019ÉVÊQUE, DU CHAPITRE ET DES AUTRES COMMUNAUTÉS DU CANADA Comme il est nécessaire que l\u2019Evêque ait une connaissance des biens que possède chaque communauté, pour savoir celle à laquelle il est plus obligé de faire du bien, on a ci-après marqué le bien à peu près que chaque communauté possède.L'Evêché Le revenu de l\u2019Evêché de Québec va à neuf à dix mille livres de rente consistant en trois abbayes dont celle de Maubec est réunie par Bulle à l\u2019Evêché.Celle de l\u2019Estrées et celle de Béné-vent ne sont réunies que par brevets; il y a des transactions faites avec les Religieux de l\u2019une ou de l\u2019autre abbaye autorisées par lettres patentes du Roi.Le revenu de l\u2019abbaye de Bénévent ne peut valoir que deux mille écus de rente à l\u2019Evêque, toutes charges faites ; celle de l\u2019Estrées cinq cents écus, et celle de Maubec mille livres de rente à peu près.L\u2019on peut estimer ce qui reviendra de la coupe du bois à Maubec ou de la donation de Madame de Beauvais pour la part de l\u2019Evêque à mille francs.Plus la maison de Québec, et 500 livres du pays, que MM.les fermiers généraux donnent pour aider à payer les droits d\u2019entrée.L\u2019Evêque a la destination de 4000 livres qui sont portées par l\u2019ancien état du Roi sur le pays pour curés, prêtres du Séminaire, et églises à bâtir, et cinq places de missionnaires invalides à remplir comme il est porté par le nouvel état du Roi. \u2014 515 \u2014 Le total du revenu de l\u2019Evêque a 9800 quelques livres.Le total des choses dont il a la destination sur l\u2019ancien et sur le nouvel état du Roi va à 6000 livres.Le Chapitre Le revenu du Chapitre consiste aux trois menses monaoales des trois ahbayes de Maubec, l\u2019Estrées et Bénévent, dont aucune n\u2019est encore réunié par Bulle de Rome.Le revenu de ces trois menses monacales peut aller à quatre mille cinq cent livres de rente dont on ne jouit encore que de deux mille livres à cause des Religieux qui survivent.L\u2019on peut compter sur partie de ce qui reviendra de la coupe des bois de Maubec et de la donation de Mde de Beauvais.Il y a outre cela une terre en Canada appelée la Petite Nation qui n\u2019apporte encore aucun revenu.Le total du revenu pourra aller à 5000 et quelques livres.Par les dernières transactions qui ont été faites entre l\u2019Evêque et le Chapitro, ^ paraît que le revenu des deux abbayes de Maubec et de l\u2019Estrées qui ont été abandonnées au Chapitre va à 6500 livres.JEAN, Evêque de Québec.Fabrique de Québec Le revenu de la fabrique de Québec va sur l\u2019ancien état du Roi sur le pays à 1000 livres de rente de France, plus le revenu des bancs de l\u2019église, de quelque terre, de quelques fondations qui ne vont pas bien loin, de quêtes et enterrements.Tous ces articles joints ensemble vont à 3000 livres.Séminaire de Québec Le revenu du Séminaire des Missions Etrangères établi à Québec consiste en France en six bénéfices dépendant de i\u2019ab-baye de Maubec réunis par l\u2019Archevêque de Bourges, qui vont à près de mille écus de rente.Ils ne jouissent actuellement que des trois plus forts, de celui de Parée qui va à près de 700 livres de rente, du prieuré de Bénévent qui en vaut près de 800, celui de Saint-Sébastien qui va à 500 livres.Plus il y a en France 2300 et quelques livres de rente portées par la fondation de Monseigneur de Saint-Vallier actuellement évêque de Québec, dont il s\u2019est réservé l\u2019usufruit pendant sa vie. \u2014 516 \u2014 Plus sur l\u2019ancien état du Roi sur le pays il y a 1333 livres qui est un tiers des 4000 livres marquées par le règlement du Roi pour l\u2019entretien des directeurs du Séminaire Episcopal.Plus pour leur aider à payer leurs droits d\u2019entrée 420 livres du pays.Plus le dit Séminaire a dans le pays trois belles terres et bien bâties nommées Le Cap Tourmente, la Côte de Beaupré, (a) la Baie Saint-Paul et Elle Jésus, qui peuvent aller toutes les années l'un portant l\u2019autre à 10,000 livres du pays.Sans compter Saint-Michel qui est la maison de récréation, les terres de la ville qui consistent en 18 ou 19 arpents, quelques rentes au Sault au Matelot qui peuvent aller à 4 ou 500 livres, avec 100 livres de rente d\u2019une terre de la côte Lauzon; quelques fondations, une de M.de la Boutière qui doit aller à 60 livres de rente, une de M.Hazeur pour l\u2019église du Cap Tourmente qui est de 100 livres de rente ; plus sur le nouvel état du Roi pour l\u2019entretien des missionnaires invalides qui ont été appliqués au Séminaire, 2000 livres de rente.* L\u2019on ne parle point ici des revenus casuels qui reviennent des pensions de Monseigneur l\u2019Ancien Evêque ou d\u2019autres ecclésiastiques qui ont du revenu de leurs maisons ou bénéfices.Le total du revenu va à plus de 20,000 livres du pays qui sont 15,000 livres de France.Les Jésuites Le revenu des Religieux de la compagnie de Jésus qu\u2019on peut connaître, va primo par la première fondation de M.le Commandeur de Sillery qui était de 50,000 écus dont le revenu peut être de 7,500 livres.Plus sur l\u2019ancien état du Roi sur le pays pour leurs missions Sauvages 5,000 livres.Plus sur le nouvel état du Roi pour les missions du Sault et de Sillery 1,500 livres.Plus un régent fondé par le Roi sur le nouvel état 400 livres.Plus pour leur aider à payer leurs droits d\u2019entrées qui leur est payé par MM.de la Compagnie 420 livres du pays.Plus beaucoup de fondations de particuliers pour les missions des Hurons, Algonquins et autres nations qu\u2019on ne connaît point ; il y en a une faite par Madame de la Pelleterie.Plus plusieurs terres ou (a) Le plus fort du revenu de la côte de Beaupré vient de deux beaux moulins.JEAN, Evêque de Québec. \u2014 517 \u2014 seigneuries considérables en Canada dont on ne sait pas le revenu, qui sont La Prairie de la Magdeleine, de Saint-Lambert, le Cap de la Magdeleine, Batiscan, Sillery, Notre Dame des Anges, Charlesbourg, La métairie de Beauport, où il y a un moulin, et le moulin de la ville avec plusieurs maisons à la haute et basse ville.Le total du revenu va à plus de 20,000 livres argent de France.Les Récollets Les Religieux Récollets ont 1200 livres de gratification du Roi sur le nouvel état et leur quête.Plus encore une gratification extraordinaire sur le nouvel état de 500 livres.Plus autres 500 livres.Séminaire de Saint-Sulpice Le Séminaire de Saint-Sulpice à Ville-Marie, seigneur de Pile de Montréal, a toute la dite lie pour seigneurie qui vaut mille écus de rente.Plus les rentes de la ville qui vont avec le?moulins.Plus sur le nouvel état du Roi 200 écus.Plus une terre qui leur sert de ménagerie auprès de la ville.On ne parle point ici des pensions que peuvent apporter les ecclésiastiques et les dîmes qu\u2019ils retirent à cause de leur cure.Le total va à neuf ou dix mille livres de rente.Mgr de Saint Vallier conjointement avec MM.Tronson, le Chassier et autres leur ont fait un nouveau revenu de 2100 livres.JEAN, Evêque de Québec.Les Hospitalières de Montréal Elles ont perdu le fonds de leur fondation qui était de 20,000 livres que Madame de Buillon avait données pour les fonder, qui furent absorbées avec les biens de Monsieur de la Doversière à sa mort, dont le Roi s\u2019empara! Monsieur Macé a fait un fonds de 19,000 livres qui font 950 livres de rente pour la Communauté ; plus 633 livres dont la plus grande partie est venue de Monsieur le baron de Faucamp et des autres bienfaiteurs de la maison.Plus de Monsieur Souart pour la dot d\u2019une religieuse 220 livres de rente.Plus retiré de La Flèche de ce que les Religieuses leur doivent 1000 livres qui font 50 livres de rente.Plus sur plusieurs bourgeois de la ville de La Flèche 170 livres de rente.Plus pour \u2014 518 \u2014 la fondation de quatre religieuses à recevoir sans dot ni pension 1200 livres de rente sur le trésor Royal dont elles ne jouissent encore que de 100 livres, les fondatrices se sont réservé l\u2019usufruit.Plus sur le pays 50 livres de rente sur Monsieur Dauteuil.Plus 150 livres sur quatre ou cinq particuliers, comme Landron, Rochebel, Perthuis, Bouchard, Batenville ; elles retirent environ 400 livres de leurs terres.Plus du Roi sur le nouvel état 1000 livres.Elles doivent une somme assez forte pour les dépenses quelles ont été obligées de faire pour leur bâtiment qu\u2019il faut qu\u2019elles se disposent à payer.Le total de leur revenu va à près de 5000 livres.U Hôtel-Dieu de Montréal L\u2019Hôtel-Dieu de Montréal a pour les droits d\u2019entrées conjointement avec les Religieuses 210 livres sur le pays.Plus a pour fondation 22,000 livres de Madame D\u2019Angoulème, qui ont été sur le point de se perdre et dont on ne tire aucun intérêt ; le capital sera pourtant conservé par les soins de leur procureur de Paris.Plus 8 à 900 livres de rente retirées de la succession de feu Monsieur le baron Duplessis Montbart.Plus 1000 livres de rente de la Cour sur le nouvel état du Roi.Plus une terre auprès de Ville-Marie et une grande ménagerie dans la ville, un contrat sur Monsieur Millot de 40 écus de rente.Le total du revenu de l\u2019Hôtel-Dieu de Ville-Marie, va ou ira à plus de 1000 écus.De l\u2019argent qu\u2019on a tiré de la succession de madame D\u2019Angoulème, on a pris des contrats sur l\u2019hôtel-de-ville ; les trois contrats qu\u2019on a ménagés en France pour les pauvres vont il 2600 livres de rente.Les sœurs de la Congrégation Les filles de la Congrégation séculières de Montréal n\u2019ont pour tout revenu en France que 750 livres de rente achetées par le trésor Royal, et sur le nouvel état du Roi elles ont depuis quelques années 1000 écus de gratification par an.Plus 58 livres du pays pour les droits d\u2019entrées.Plus pour la fondation de quelques-unes de leurs missions à la campagne à établir dans quelques années 600 livres.Plus deux ou trois terres auprès de Ville-Marie dont elles tirent fort peu de chose. \u2014 519 \u2014 Le total de leur revenu certain va à 1000 livres et présentement par les gratifications il va à 4000 livres.Fabrique de Ville-Marie La fabrique de Ville-Marie n\u2019a aucun revenu certain que les quêtes et les bancs.Il y a une fondation pour l\u2019entretien des écoles à Ville-Marie qui consiste en une maison à la ville et un beau jardin, et une terre à la campagne de 4 à 500 livres de rente.Messieurs les Ecclésiastiques du Séminaire de Saint-Sulpice ont eu la charité de se charger de fournir de maîtres d\u2019écoles et de prendre soin des biens des dites écoles, par un contrat approuvé par Monseigneur l\u2019Evêque, cette œuvre ne pouvant autrement subsister après plusieurs tentatives faites pour faire régir ces biens par différents maîtres d\u2019écoles séparées du dit Séminaire.Les Hospitalières de Québec Le revenu des Religieuses Hospitalières de Québec va sur l\u2019ancien état du pays à 800 livres, sur le nouvel état pour une gratification extraordinaire 1000 livres, de la fondation de Madame d\u2019Aiguillon 1466 livres, pour leurs droits d\u2019entrées 164 livres du pays, sur l\u2019abbaye de Morienval 150 livres de rente, sur l\u2019hôtel-de-ville de Paris 230 livres, sur les Religieuses du Saint-Sacrement 75 livres de rente, de la gratification sur les fermes 33 livres, du sieur Gosselin 130 livres du pays, de Monsieur Berthier pour sa fille 120 livres du pays, par Jean Dumets pour la sœur La Nativité 75 livres du pays, du collège de Québec 33 livres du pays de rente foncière, de la gratification de la Congrégation de la rue Saint-Antoine 50 livres, de l\u2019Hôpital pour le bois que les Religieuses consomment pour faire la cuisine et cuire le pain des pauvres 500 livres, sur la maison de Monsieur de Lotbinière 50 livres du pays, trois petites rentes sur Rochebel, Philipeau et Dubas\t-es du pays, de Monsieur Dutily de Ménage, de la Rose Durouge et de Madame Duquet 50 livres du pays, des habitants de Saint-Ignace pour leurs rentes et chapons 385 livres du pays, plus pour la dot des sœurs Saint Louis et Saint Pierre 200 livres du pays, plus leur ménagerie et terres d\u2019autour de Québec environ 1000 livres du pays.Le total de leur revenu va environ à 6000 livres, mais elles ont à se bâtir.Pour les religieuses, il y a une augmentation de revenu sur l\u2019hôtel-de-ville de 300 livres.ZZ \u2014 520 \u2014 L\u2019Hôtel-Dieu L\u2019Hôtel-Dieu de Québec a de revenu sur l\u2019ancien état du Roi sur le pays 2,200 livres, sur le nouvel état en deux articles 1000 écus dont 2000 francs sont pour des remèdes, de la fondation de madame d\u2019Aiguillon 733 livres, pour leurs droits d\u2019entrées 164 livres du pays, une petite terre donnée à rente à la communauté des Religieuses 40 écus du pays, une autre petite terre à rente 100 livres du pays, la seigneurie d\u2019Argentenaye pour 160 livres du pays, plus six vaches entretenues par la Communauté pour la terre de Saint-Sauveur qui appartient aux pauvres environ 200 livres, plus quelques rentes autour de leur maison, plus sur l\u2019abbaye de Morienval 150 livres, de MM.de la Congrégation de la rue Saint-Antoine 50 livres, de la gratification de la douane 16 livres, une rente sur les Filles du Saint-Sacrement de la rue Saint-Louis 75 livres, une autre rente sur les mêmes 25 livres, en aumônes environ 100 écus, plus pour des acquisitions à faire pour 7 ou 800 livres 400 livres.Le total du revenu de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec monte environ à 7,500 livres.Les Ursulines Le revenu des Ursulines va en France sur la terre d\u2019Anhan-villiers donnée par madame de la Pelleterie pour la fondation de la Supérieure et de deux Religieuses 620 livres, plus sur l\u2019ancien état du Roi sur le pays 500 livres, sur le nouvel état du Roi 1000 livres dont la moitié pour les Religieuses et l\u2019autre moitié pour l\u2019entretien des Sauvagesses, plus sur les aides des gabelles en trois parties au denier vingt 1060 livres pour l\u2019entretien de six françaises sur le pied de 600 livres et pour l\u2019entretien du prêtre qui leur dit la messe sur le pied de 100 écus, une rente sur les Filles du Saint Sacrement de Rouen 200 livres, une gratification payable à la douane 50 livres, par le collège de Québec 50 livres pour les droits d'entrées 150 livres du pays, par Monsieur de Villeray pour rente 150 livres du pays, par madame Laprade 75 livres, par Monsieur Bouteville 25 livres, par Monsieur Dombourg 5 livres, par Monsieur Laferrière pour une rente foncière sur une maison 60 livres du pays, pour un arpent de terre proche le monastère 46 livres du pays, rente annuelle de la côte de Lauzon 62 livres du pays, rente de la côte Sainte- \u2014 521 \u2014 Ursule 9 livres du pays et quelques chapons, rente annuelle de File d\u2019Orléans 18 livres et quelques chapons, rente annuelle de la seigneurie de Sainte-Croix 85 livres et quelques chapons et une barrique d\u2019anguilles, une concession devant le monastère 8 livres, plus la terre dont elles tirent beaucoup de blé proche Québec avec la ménagerie qui va à environ 1,500 livres du pays.Le total du revenu des Ursulines va environ à 5,000 livres de France.Les Curés de Canada La cour leur accorde pour supplément sur le nouvel état 8000 livres, plus pour 5 missionnaires en Acadie 1,500 livres, plus pour les missionnaires Récollets à la rivière-Saint Jean 100 écus, plus pour un autre missionnaire Récollet à Plaisance 300 livres.R y a un petit fonds de 20 livres de rente pour aider à la fabrique de la Prairie de la Magdeleine.R y a un petit fonds de 100 livres de rente pour la fabrique de l\u2019église de Saint-Joachim ou Cap Tourmente.II y a une terre achetée pour la cure et église de Repentigny.L'Hôpital Général L\u2019Hôpital Général a été de nouveau fondé et a moins de revenu que les autres ; les Hospitalières qui le gouvernent ont pour leur entretien et celui d\u2019un prêtre et la réparation de l\u2019église et du bâtiment qu\u2019elles occupent 750 livres de France avec pouvoir de prendre dans la ménagerie ce dont elles ont besoin.Pour le revenu des pauvres, ils ont par leur fondation 750 livres d\u2019un contrat qu\u2019on leur doit donner, plus la terre de Notre-Dame des Anges et celle des Islets, le jardin et la ménagerie, plus une rente de 20 francs sur la terre de Madame Filion située à Beauport, plus une rente de 100 livres par le testament de M.Patu, créée sur M.de Villeray, plus en aumônes réglées 5 ou 600 livres.II est à.remarquer que le Roi a donné pendant plusieurs années 1 1,500 livres de France par an pour aider à bâtir l\u2019église cathédrale dont on a fait bâtir le clocher, plus a donné pour les églises et presbytères de la campagne pendant plusieurs années \u2014 522 \u2014 3,000 livres chaque année, plus a donné quelques années pour l\u2019église de la Basse-Ville 1,500 livres, plus a donné pour aider à avoir le terrain de la maison épiscopale 15000 livres.JEAN, Evêque de Québec.MANDEMENT ET MANIFESTE DE MONSIEUR LE VICAIRE GÉNÉRAL DU DIOCÈSE DE QUÉBEC, LE 6 JANV.1728 Nous ETIENNE BOULLARD, Vicaire Général élu canoniquement et tout d\u2019une voix par le Chapitre de cette cathédrale, pendant la vacance du siège, et reconnu publiquement et sans aucun contredit pour tel, ayant appris qu\u2019on fait courir des bruits et des écrits aussi contraires à la vérité, qu\u2019injurieux à la puissance ecclésiastique, nous nous trouvons obligé de faire cette présente déclaration.C\u2019est principalement aux personnes constituées en dignité, que le sage adresse ces paroles curam habe de bono nomine, ayez soin d\u2019avoir une bonne réputation ; et celles du S.Apôtre à Timothée, nemo te contemnat, prenez garde qu\u2019on ait du mépris pour vous.C\u2019est pour cela que nous protestons au public qu\u2019ayant appris par un bruit commun le deuxième janvier, qu\u2019on venait d\u2019enterrer ce jour-là furtivement à l\u2019hôpital général le corps de Monseigneur notre Révérendissime Evêque, nous nous y portâmes avec quelques chanoines et prêtres, avec toute la simplicité, modestie, douceur, convenables à notre état.Ce fut une surprise pour nous quand nous étant présentés, pour rentrer dans l\u2019église, nous la trouvâmes entr\u2019ouverte, et qu\u2019on nous dit qu\u2019il était défendu d\u2019y laisser entrer personne ; mais y entrâmes néanmoins après quelque résistance ; notre prière faite, étant allés dans la salle, où le corps du feu mon dit Seigneur avait été jusqu\u2019alors exposé, nous ne trouvâmes plus rien et nous nous informâmes de ce qu\u2019on en avait fait ; on répondit qu\u2019il venait d\u2019être inhumé ; nous fûmes dans le corps de la maison pour nous en informer plus à fond, la supérieure et l\u2019assistante refusèrent d\u2019y venir sous \u2014 523 \u2014 notre commandement réitéré plusieurs fois, ce qui nous obligea de procéder contre cette désobéissance, et l\u2019attentat qu\u2019on avait commis contre le mérite et la dignité de ce vertueux et illustre Prélat.Après avoir été instruit suffisamment de la manière dont la chose s\u2019était passée, considérant de plus que c\u2019était une injustice et un affront au Chapitre, qui se tenait prêt pour aller lever solennellement ce vénérable dépôt, et lui faire des obsèques avec la décence et la forme convenables, et le reporter ensuite avec la même pompe funèbre au dit hôpital général.Sur ce scandale arrivé, nous jugeâmes à propos d\u2019interdire pour un temps l\u2019église et la Supérieure.Ensuite étant retournés pour entrer dans l\u2019église, nous en trouvâmes les portes fermées et gardées par des gens armés de gros bâtons que nous y laissâmes ; après avoir demandé avec toute douceur l\u2019entrée de la dite église, ce qui nous fut refusé, parce que, disaient ces gardes, il y avait défense de la part du roi d\u2019y entrer.Nous nous retirâmes et achevâmes notre procès-verbal et après l\u2019avoir lu, nous le présentâmes devant une compagnie nombreuse et très honorable, nous laissâmes l\u2019écrit, en déclarant ce qu\u2019il portait.Nous ne voulons rien dire de quelques autres indignités dont on usa envers nous au mépris de notre caractère.Mais nous ne pouvons nous empêcher de nous inscrire en faux contre tout ce qu\u2019on avance qui n\u2019est pas conforme au présent écrit, et déclarer nul et sans effet tout ce qu\u2019on oserait faire, et entreprendre contre notre autorité.Ordonnons que cette présente déclaration sera lue et publiée dans la chaire de l\u2019église cathédrale et dans les paroisses du diocèse.Donné à Québec sous notre seing, et celui de notre secrétaire, scellé du sceau du diocèse, sixième janvier mil sept cent vingt huit.Boullard, V.G.Par Monsieur le Vicaire Général, Gastonguay. \u2014 524 \u2014 .I LISTE DES PAROISSES ÉRIGÉES PAR MGR DE SAINT-VALLIEK (ri) Yarennes, (Sainte-Anne).1692 Trois-Rivières, (Immaculée Conception).\u201c Boucherville, (Sainte-Famille).\u201c Laprairie de la Magdeleine.\u201c Charlesbourg, (Saint-Charles Bor.).26\tSept.\t1693 Lahouteilleriesur laRiv.Ouelle,(Assompt.B.V.M.) 18\t\u201c\t1694 Pointe de Lévi, (Saint-Joseph).18\t\u201c\t\u201c Notre-Dame de Foy, (Visitation B.V.M.).18\t\u201c\t1698 Cap Saint-Ignace.3\tOct.\t1700 Cap-Santé, (Sainte-Famille).3\tAoût\t1714 Saint-Jean d\u2019Orléans.26\t729-1I739 ORDONNANCE AU SUJET DES PROCESSIONS A L\u2019ÉGLISE DES JÉSUITES PIERRE HERMAN, par la miséricorde de Dieu et l\u2019autorité du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec, Evêque Assistant du Trône Pontifical, Conseiller du Roi en tous ses conseils, etc.A tous ceux qui ces présentes verront, Salut et Bénédiction.Les difficultés, qui sont survenues l\u2019année dernière et celle-ci sur les processions qu\u2019on avait accoutumé de faire tous les ans à l\u2019église des RR.PP.Jésuites, nous ont donné occasion d\u2019exami-, ner de plus près l\u2019origine de cet usage.Sur quoi nous étant fait représenter les registres de notre secrétariat, et ayant donné ordre de vérifier ceux du chapitre et de la paroisse : Nous avons trouvé qu\u2019il avait été rendu une ordonnance par l\u2019Illustrissime et Révérendissime Messire De Laval, premier Evêque de Québec, le 15 janvier 1660; dans laquelle en reconnaissance des grands services rendus par les RR.PP.Jésuites, tant aux Sauvages du Canada, qu\u2019à la colonie, et notamment à la paroisse de Québec, dont ils ont fait pendant près de trente ans le service : pour laisser un monument éternel de gratitude, il ordonne qu\u2019à perpétuité la paroisse de Québec et le clergé iront processionnelle-ment à l\u2019église du Collège des RR.PP.Jésuites, et en reviendront de même ; ils y chanteront vêpres, entendront le sermon et feront \u2014 532 \u2014 le saint, le jour de la Circoncision et de Saint-François-Xavier, et le jour de la fête de Saint-Ignace, lorsqu\u2019elle tombe un dimanche.\u2022 En conséquence il fut arrêté dans un chapitre général le 8 de mai 1685 que le chapitre de l\u2019église cathédrale, pour lors érigé depuis peu, et qui depuis son érection s\u2019étant chargé de faire les oflices de la paroisse, avait été à ces processions, continuerait à y aller avec la paroisse, jusqu\u2019à ce qu\u2019on eût fait la distinction de l\u2019église cathédrale d\u2019avec la paroissiale, et qu\u2019alors on délibérerait avec l\u2019Evêque ce qu\u2019il y aurait à faire.C\u2019est ce qui a été exécuté par la paroisse, depuis qu\u2019elle a passé des Jésuites au clergé ; et par le chapitre depuis son érection en 1684, où (a) par des raisons, qu\u2019il est à propos d\u2019oublier, on a discontinué cet usage.Nous, qui sommes dans le dessein de tenir la main à l\u2019exécution des ordonnances épiscopales et des délibérations du chapitre ; surtout quand elles sont prises avec les solennités des chapitres généraux et l\u2019agrément des Evêques ; et qui sommes obligé de faire rendre à chacun ce qui lui est légitimement acquis : avons ordonné que tant la dite Ordonnance que la délibération du chapitre sortiraient leur plein et entier effet.En conséquence, sans avoir égard à tout ce qui a pu être fait contre, que nous avons cassé et cassons en tant que de besoin : Nous avons ordonné et ordonnons que la paroisse et le clergé iront à perpétuité processionnellement de l\u2019église de la cathédrale à celle des RR.PP.Jésuites, et reviendront de même : ilsy diront vêpres, entendront le sermon et feront le Salut le jour de la Circoncision et de Saint François-Xavier et le jour de Saint Ignace quand la fête tombera un dimanche.Et pour le chapitre, qu\u2019il continuera à y aller conjointement avec la paroisse, jusqu\u2019à la distinction de l\u2019église paroissiale d\u2019avec la cathédrale, auquel temps il en sera délibéré avec l\u2019agrément de nous ou de nos successeurs.Voulons que notre présente soit lue dans une assemblée capitulaire et enregistrée dans les registres du chapitre et ceux de la («) jusqu\u2019au moment où \u2014 533 \u2014 paroisse, et qu'il en soit donné une copie en forme aux RR.PP Jésuites.Donné à Québec dans notre palais épiscopal le 23 de décembre 1729, signé de nous, contre-signe de notre secrétaire et scellé de nos armes, (a) -J- P.H., Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec.Par Monseigneur, Boulanger, Secrétaire.COMMISSION A MONSIEUR DE LOTBINIÈRE POUR LA VISITE DU DIOCÈSE PIERRE HERMAN, Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec, etc.A Nos Très Chers Frères eu Jésus-Christ les Curés et Missionnaires du diocèse de Québec, Salut et Bénédiction.La faiblesse de notre santé et les affaires dont nous sommes chargé ne nous permettant pas de faire par nous-même la visite des paroisses de ce diocèse, comme nous l\u2019eussions souhaité, nous avons commis et commettons Monsieur Euslache Chartier de Lotbinière prêtre, Archidiacre du chapitre de Québec, pour la faire en notre nom, en dresser des procès-verbaux en forme, pour nous être représentés, afin que sur la lecture d\u2019iceux nous ordonnions ce qu\u2019il appartiendra, lui dounons un plein et entier pouvoir de visiter les dites paroisses, d\u2019en examiner l\u2019état, soit pour le spirituel soit pour le temporel, de se faire représenter et d\u2019examiner les comptes de fabriques, recette et dépense, depuis la dernière visite, et de régler sur le champ ce qui lui paraîtra requérir célérité.Ordonnons à chacun des curés et missionnaires de répondre vérité à toutes les interrogations, et de lui découvrir sincèrement ce qui se passe dans leur paroisse, de (a) Cette ordonnance a été révoquée par le Chapitre conjointement avec l\u2019Evêque en vertu de la délibération du 3 novembre 1730. \u2014 534 \u2014 recevoir avec soumission tout ce qu\u2019il trouvera à propos de leur dire ou ordonner de notre part ; lui donnons pour cet effet dans le cours de la visite, les pouvoirs de Grand Vicaire, voulons que pour secrétaire il se serve de Monsieur François Richart.Donné à Québec en notre palais épiscopal le 21 février 1730.Signé de Nous, conlre-signé de notre Secrétaire et scellé de nos armes.-}- P.H., Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec.Par Monseigneur, L.Boulanger.MANDEMENT ANNONÇANT AUX RELIGIEUSES QUE MONSIEUR DE LATOUR EST NOMMÉ SUPÉRIEUR DE LEURS COMMUNAUTÉS PIERRE HERMAN, par la miséricorde de Dieu et l\u2019autorité du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec, etc.A nos chères filles les Religieuses de Québec, Salut et Bénédiction.Nos chères filles, La tendresse paternelle dont nous sommes l\u2019empli pour vous nous avait engagé à nous réserver jusqu\u2019ici la conduite de vos maisons, sans nous en reposer sur d\u2019autres ; mais l\u2019expérience nous a fait voir qu\u2019il était fort difficile, avec le grand nombre d\u2019affaires dont nous sommes chargé, d\u2019entrer dans le détail nécessaire pour pouvoir vous être utile ; Nous avons donc cru qu\u2019il vous serait avantageux de vous donner un supérieur conformément à vos règles, à qui vous puissiez vous adresser dans toutes vos difficultés, et qui de temps en temps nous rendît compte de ce qui se passe chez vous.Nous avonsdoncjeté les yeux pour cela sur Monsieur Bertrand de Latour, Doyen de notre chapitre et notre Grand Vicaire, dont \u2014 535 \u2014 nous connaissons parfaitement la prudence et la droiture, le désintéressement et la piété, la douceur et le zèle, à qui nous savons que votre salut est extrêmement cher, et qui par les visites que nous lui avons fait faire de vos communautés est en état de connaître vos besoins.A ces causes, le Saint Nom de Dieu invoqué, Nous avons établi et Nous établissons Supérieur de toutes les communautés religieuses de cette ville, M Bertrand de Latour, prêtre, Docteur en Droit, Doyen de notre Chapitre, Conseiller clerc au Conseil Supérieur, Notre Official et Grand Vicaire, lui donnons un plein et entier pouvoir d\u2019en faire toutes les fonctions, comme nous pourrions les faire nous-même.Ordonnons à toutes les religieuses en général, et à chacune en particulier, de lui porter tout respect, soumission et obéissance dûs en cette qualité.Donné à Québec, en notre palais épiscopal, le 7 mars 1730, signé de Nous, contre-signé de notre secrétaire et scellé de nos armes.f P.H., Evêque de Samos, \\ Coadjuteur de Québec.Par Monseigneur, Boulanger, Seci'étaire.MANDEMENT CONTRE LA TRAITE DES BOISSONS AUX SAUVAGES PIERRE HERMAN, par la permission de Dieu et l\u2019autorité du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec, Evêque assistant du Trône Pontifical, Conseiller du Roi en tous ses conseils, etc.A tous les Confesseurs de ce Diocèse, Salut et Bénédiction.Nous ne pouvons, Mes Très Chers Frères, assez déplorer l\u2019aveuglement des peuples qui malgré les défenses tant de fois réitérées qui leur ont été faites de fournir aux Sauvages les liqucursqui serventà les enivrer, continuent néanmoins toujours \u2014 536 \u2014 cet indigne commerce ; les peines spirituelles et temporelles dont les Rois et les Evêques les ont menacés, auraient dû leur faire sentir la grièveté de ce crime et en arrêter le cours, et nous voyons que ce torrent d\u2019iniquité grossit de jour en jour et coule avec plus de rapidité que jamais.La malédiction que Dieu y a attachée est sensible, les biens qui proviennent de cet injuste commerce n\u2019enrichissent pas les familles de ces pécheurs, quoique ce soit là le but qu\u2019ils se proposent, et plût à Dieu que ce fût là le seul mal que nous puissions en craindre et que tout le public ne ressentit pas un jour la vengeance du Seigneur justement irrité.C\u2019est pour le mettre à l\u2019abri de ce malheur que nous vous exhortons, Mes Très Chers Frères, de redoubler votre zèle dans le ministère de la prédication et dans le saint tribunal de la pénitence : clama ne cesses, quasi tuba exalta vocem tuam et annuntia populo mco seelera eorum (Isaïe, ch.58).Vous avez crié contre ces désordres, vous en avez fait voir l\u2019énormité et les suites terribles; l\u2019on ne peut vous faire ce reproche marqué dans Isaïe : speculators ejus cæci omnes, canes muti, non valenles latrare (Ibidem ch.56, v.10); et vous pouvez nous dire quid potui facerc et non feci.Soyez constants, Mes Très Chers Frères, et espérez contre toute espérance, les miséricordes de Dieu ont leurs moments marqués, et sa parole constamment annoncée n\u2019est pas sans effet.Sic prit verbum meum quod egredietur de ore mco, non revertetur ad me vacuum; sed faciet quæcwmque volui et pros-perabitur in his ad quæ misi illud (Isaïe ch.55, v.11).Pour soutenir, Mes Très Chers Frères, le zèle qui vous anime contre les horribles désordres que cause l\u2019ivrognerie des Sauvages, Nous emploierons tout ce qui est de notre ministère pour l\u2019empêcher, commençant par les remèdes les plus doux; car nous ne voulons pas la mort du pécheur, mais plutôt qu\u2019il se convertisse et qu\u2019il vive éternellement.A ces causes, Nous défendons à tous les confesseurs de ce diocèse d\u2019absoudre ceux qui directement ou indirectement contribuent à enivrer les Sauvages ; nous entendons ceux qui par eux-mêmes ou par d\u2019autres leur distribuent des liqueurs enivrantes, n\u2019ignorant pas le mauvais usage qu\u2019ils en font.Nous nous réservons à Nous seul le pouvoir d\u2019absoudre de ce crime, et afin que personne n\u2019ignore notre présent mandement, voulons qu\u2019il \u2014 537 \u2014 en soit envoyé copie à tous les curés et missionnaires pour qu\u2019ils en fassent lecture au prône de la messe paroissiale.Donné à Québec dans le palais épiscopal le 26 novembre 1730, signé de nous, contre-signé de notre secrétaireet scellé de nos armes.f P.H., Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec.Par Monseigneur, Boulanger, Secrétaire.MANDEMENT POUR LA VISITE PASTORALE DU DIOCÈSE PIERRE HERMAN, par la permission de Dieu et l\u2019autorité du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec, Evêque assistant du Trône Pontifical, conseiller du Roi en tous ses conseils, etc.Nous désirions dès l\u2019année dernière d\u2019aller remplir vers vous, Mes Très Chers Frères, cette partie du ministère que la Providence a confié à nos soins, et nous avons du faire violence à notre inclination pour nous livrer aux affaires indispensables qui nous ont arrêté.Le zèle de votre avancement spirituel nous presse de plus en plus.La charité de Jésus-Christ dont nous souhaitons ardemment d\u2019embraser vos cœurs, nous fait entreprendre avec joie les travaux pénibles de la visite dans la saison la plus rigoureuse, pour hâter les trésors infinis de toutes sortes de grâces qui vont se répandre sur vous.Le ciel se déplace déjà en votre faveur ; de zélés missionnaires de Montréal dont la vertu est comme dans tout le pays, ont prévenu nos pas avec notre approbation, pour travailler à convertir les pécheurs et leur annoncer la paix ; Dieu nous inspire d\u2019aller vous visiter; il veut par notre ministère ramener celui qui s\u2019égare, soutenir le faible, mettre l\u2019appaveil aux blessés, affermir le juste dans le bien, et répandre partout les grâces, les lumières et les miséricordes.Nous ne \u2014 538 \u2014 doutons pas, Mes Très Chers Frères, que vous ne soyez persuadés qu\u2019entre tous les moyens dont les pasteurs peuvent se servir pour connaître à fond leur troupeau, il n\u2019y en a pas de plus efficace et auquel le Seigneur ait attaché de plus grandes bénédictions que ceftii de la visite.C\u2019est là qu\u2019en entrant avec toute l\u2019exactitude possible dans vos différents besoins, nous venons vous instruire de vos obligations envers Dieu, vous apprendre, comme l\u2019apôtre, à le chercher avec pureté d\u2019intention, marchant d\u2019une manière qui soit digne de lui, cherchant à lui plaire en tout, portant des fruits de toutes sortes de bonnes œuvres, et avançant sans cesse dans la science du salut.C\u2019est là que nous venons vous apprendre cette divine sagesse que l\u2019apôtre n\u2019annonçait de son temps qu\u2019aux parfaits (I cor.26.) et qui consiste à se détacher des choses de la terre pour s\u2019occuper de l\u2019importante affaire de son salut.Nous venons vous l\u2019annoncer, Mes Très Chers Frères, et vous en faciliter les moyens, vous précautionner contre les ruses du démon qui cherche continuellement à vous nuire ; Nous venons ôter le mal du milieu d\u2019un peuple que Dieu s\u2019est choisi entre les nations, comme autrefois les Israélites, pour être son héritage.Nous venons vous éclairer sur les devoirs de votre état et apprendre à chacun de vous à remplir sa vocation, vous consoler dans vos afflictions, vous soutenir dans vos disgrâces et vous ouvrir le sein de notre tendresse paternelle pour subvenir à tous vos besoins.Ne regardez donc pas cette visite, Mes Très Chers Frères, comme une simple cérémonie, reconnaissez-en l\u2019importance et soyez assurés que c\u2019est un temps dont tous les moments sont marqués dans le ciel pour votre sanctification et dont Dieu vous demandera un compte très rigoureux, si vous la laissez passer sans en retirer du fruit.Préparez-vous-y donc par des sentiments de soumission, d\u2019humilité, de docilité et de componction de vos péchés.Demandons avec larmes au Dieu des vertus qu\u2019il la rende utile, qu\u2019il daigne se tourner vers nous du haut des cieux et nous favoriser de ses plus doux regards, qu\u2019il visite lui-même son héritage et qu'il donne l\u2019accroissement et la perfection à cette portion de sa vigne, que sa droite a pris soin de planter.Implorons son secours par les entrailles de sa miséricorde.Comme nous prévoyons, Mes Très Chers Frères, que le temps serait trop court pour arranger toutes les affaires des lieux que \u2014 539 \u2014 nous nous proposons de visiter, Nous envoyons devant Notre Grand Vicaire qui en prendra conna;ssance pour nous en rendre compte et réglera celles qui pourraient requérir célérité.Ainsi ceux et celles qui se sentiront chargés de quelques peines et de quelques avis qu\u2019ils auront à nous donner, peuvent s\u2019adresser à lui avec confiance et compter sur le secret, sur sa prudence et son zèle.Les marguilliers et les directeurs des confréries tiendront leurs comptes et leurs règlements prêts pour les lui présenter.Nous exhortons tous les fidèles de se confesser pour se mettre en état de recevoir la sainte communion de notre main.Nous n\u2019administrerons le Sacrement de Confirmation qu\u2019à ceux que nous trouverons suffisamment instruits des mystères de la foi et préparés pour la confession.Nous n\u2019y admettrons personne au-dessous de sept ans et qui ne nous soit présenté par le curé de la paroisse.On aura soin de tenir dans chaque lieu un registre exact de ceux qui auront été confirmés.Nous accordons en vertu des pouvoirs reçus de Notre Saint Père le Pape, indulgence plénière à tous ceux et celles qui s\u2019étant confessés communieront le jour de notre visite.Elle sera annoncée la veille par le son des cloches, comme on a coutume de les sonner aux jours solennels.Nous vous exhortons d\u2019assister à la prédication qui se fera pour disposer à la visite.Si mandons aux curés et missionnaires que le premier jour de dimanche ou de fête après la réception de notre présent mandement, ils aient à le publier au prône de la messe de paroisse.Donné à Québec dans le palais épiscopal le 12 décembre 1730, signé de nous, contre-signé de notre secrétaire et scellé de nos armes.-J- P.H.Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec.Par Monseigneur, Boulanger, Secrétaire. 540 \u2014 ORDONNANCE AU SUJET DE CEUX QUI SORTENT DE L\u2019ÉGLISE PENDANT LE SERMON, AINSI QUE DE CEUX QUI PORTENT LE CAMAIL PENDANT LES OFFICES ([a) Nous EUSTACHE CHARTIER DE LOTBINIERE, Conseiller au Conseil Supérieur de Québec, et Grand-Vicaire de ce diocèse, sur ce qu\u2019il nous a été représenté que quelques-uns des paroissiens de Bon-Secours, Seigneurie de Bélanger, sortaient de l\u2019église les jours de fêtes et dimanches pendant la prédication, ce qui est cause qu\u2019à leur exemple les jeunes enfants se donnent la liberté d\u2019en faire autant et se privent par ce moyen de l\u2019instruction qui leur est nécessaire pour travailler avec succès à l\u2019affaire importante du salut, et nous étant aperçu que plusieurs d\u2019entre eux se servent dans l\u2019église pendant l\u2019hiver de bonnets à manteau ou de camail, ce qui est manquer au respect qu\u2019on doit avoir dans le temple du Seigneur où il réside réellement, lequel abus a été réformé dans plusieurs paroisses de ce diocèse par les ordres de Monseigneur le Coadjuteur, les personnes incommodées étant dispensées de venir à la messe lorsque la maladie les empêche d\u2019y assister, et ceux qui ne sont pas absolument malades pouvant se garantir du froid par quelque calotte, perruque, qui sont plus décentes que ces sortes de carnaux dont on se sert ordinairement, plutôt pour se faire remarquer et introduire des modes, que pour l\u2019utilité qu\u2019on en retire, l\u2019expérience faisant connaître que les jeunes gens, qui en ont naturellement moins besoin que les personnes avancées en âge, sont les premiers qui en font usage, à quoi étant nécessaire de pourvoir, nous faisons défense aux dits habitants paroissiens de la dite église de.de se servir à l\u2019avenir dans l\u2019église pendant la célébration de l\u2019office divin de bonnets à manteau et de carnaux et de sortir sans nécessité de l\u2019église pendant la prédication, à peine d\u2019être refusés aux sacrements, faisons défense aux curés et missionnaires de les administrer après la publication de la présente ordonnance à ceux qui ne voudront pas s\u2019y conformer.(a) Nous avons constaté quo cotte ordonnance a été adressée à plusieurs paroisses, à des dates différentes. \u2014 541 \u2014 Laquelle ordonnance sera lue et publiée au prône de la messe paroissiale.Mandons au Missionnaire de tenir la main à son exécution.Fait et donné dans le cours de nos visites à.etc., ce 10 février 1732.Chartier de Lotbinière, Archidiacre de Québec.Guion Fresne, Secrétaire.MANDEMENT A L\u2019OCCASTON DE LA CANONISATION DES SAINTS LOUIS DE GONZAGUE ET STANISLAS KOSTKA PIERRE HERMAN, par la permission de Dieu et l\u2019autorité du Saint-Siège, Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec, Assistant du Trône Apostolique, Conseiller du Roi en tous ses Conseils, etc.Dieu s\u2019étant déclaré par sa puissance et sa bonté en faveur des Bienheureux Louis de Gonzague et Stanislas Kostka de la Compagnie de Jésus ; et le Saint Père Benoit XIII, après une exacte vérification de la Sainteté de leur vie et des prodiges qu\u2019il a plu à Dieu d\u2019opérer par leur intercession, les ayant insérés dans le Catalogue des Saints, pour la gloire de la Sainte Eglise Romaine, et la consolation de la Société dans laquelle ils ont vécu et sont morts : A ces causes, vu la Bulle de Notre Saint Père le Pape, Nous ordonnons, que le samedi, huitième de novembre prochain, elle sera affichée et publiée dans la ville de Québec, qu\u2019on commencera la solennité de la Canonisation de Saint Louis de Gonzague et de Saint Stanislas Kostka dans l\u2019église des Pères Jésuites, le dit jour samedi à deux heures après midi, par la lecture de la Bulle, l\u2019exposition du très Saint-Sacrement, et la Bénédiction qui se fera des tableaux des Nouveaux Saints.Ensuite on chantera vêpres et le salut, et on donnera la Bénédiction du très Saint-Sacrement.\u2014Le dit jour, huitième de novembre, la solennité sera annoncée par le son \u2014 542 \u2014 général de toutes les cloches des églises de la ville, depuis midi jusqu\u2019à midi et demi.\u2014Le lendemain dimanche neuvième du dit mois, il se fera une procession générale, en la manière accoutumée, laquelle partira sur les huit heures du matin de la cathédrale pour se rendre dans l\u2019église des Pères Jésuites, où il sera célébré une messe solennelle.\u2014Nous exhortons les corps et compagnies séculières, d\u2019assister à la dite procession tant en allant qu\u2019en revenant pour augmenter la dévotion des fidèles et rendre tout l\u2019honneur qu\u2019il est possible à ces Saints Religieux ; la solennité durera dans l\u2019église des Pères Jésuites pendant huit jours, où il y aura exposition du très Saint-Sacrement, Indulgence Plénière et le soir à deux heures vêpres sermon et le salut, avec la Bénédiction.Le dernier jour de l\u2019octave à six heures du soir, on annoncera la clôture par le son général des cloches de la ville qui sonneront pendant un quart d\u2019heure, et elle se fera par le Te Deum après le Salut.Nous invitons les fidèles de la ville et des environs, à gagner les indulgences, et à remplir à cette intention les choses marquées dans la Bulle de Notre Saint Père le Pape.Donné au Palais Episcopal, ce onzième d\u2019octobre mil sept cent trente deux.f P.H., Evêque de Samos, Coadjuteur de Québec.Par Monseigneur, Valuer, Secrétaire.MANDEMENT CHARGEANT M.DE LOTB1NIÈRE DE FAIRE LA TISITE DES PAROISSES DE LA CÔTE SUD PIERRE HERMAN, par la permission de Dieu et l\u2019autorité du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec, Assistant du Trône Pontifical, Conseiller du Roi en tous ses Conseils.A tous ceux qui ces présentes verront, Salut et Bénédiction.Les affaires dont nous sommes chargé pour le moment ne nous permettant pas de faire par nous-même la visite des \u2014 543 \u2014 paroisses, dans la Côte du Sud, comme nous l'eussions souhaité, Nous avons commis et commettons Monsieur Eustache Chartier de Lotbinière, prêtre Archidiacre de notre Chapitre pour la faire en notre nom, en dresser des procès-verbaux en forme pour nous être représentés, afin que sur la lecture d\u2019iceux nous ordonnions ce qu\u2019il appartiendra, lui donnons un plein et entier pouvoir de visiter les paroisses, d'en examiner l\u2019état soit pour le spirituel soit pour le temporel, de se faire présenter et d\u2019examiner les comptes des fabriques, recette et dépense, depuis la dernière visite, et de régler sur le champ ce qui lui paraîtra requérir célérité ; ordonnons à chacun des curés et missionnaires de répondre vérité à toutes les interrogations et de lui découvrir sincèrement ce qui se passe dans les paroisses, de recevoir avec soumission tout ce qu\u2019il trouvera à propos de leur dire ou ordonner de notre part; lui donnons pour cet effet les pouvoirs de Grand-Vicaire dans le cours de sa visite, voulons que pour secrétaire il choisisse la personne qu\u2019il jugera à propos.Donné à Québec, en notre palais Episcopal, le 17 février 1735, signé par Nous et contre-signé par notre secrétaire et scellé de nos armes.-j- L\u2019Evéque de Québec.MANDEMENT POUR INVITER LES CURÉS A ENSEIGNER LE LATIN AUX ENFANTS QUI PARAITRONT AVOIR LA VOCATION A L\u2019ÉTAT ECCLÉSIASTIQUE PIERRE HERMAN, par la permission de Dieu et l\u2019autorité du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec, Assistant au Trône Pontifical, Conseiller du Roi en ses conseils.A tous les Prêtres Séculiers et Réguliers du Diocèse, Salut et Bénédiction.Depuis que la Providence nous a confié la charge du diocèse, Nous n\u2019avons rien eu de plus à cœur que de voir fleurir et augmenter le clergé, convaincu que c\u2019est de cette œuvre d\u2019où doit sortir tout le bien spirituel que les peuples ont droit d\u2019attendre et que nous pouvons espérer d\u2019établir.C\u2019est dans cette \u2014 544 \u2014 vue qu\u2019attentif aux paroles de Jésus Christ, nous avons souvent élevé les mains vers le ciel pour prier le maître de la moisson d\u2019envoyer des ouvriers dans le vaste champ qu\u2019il nous donne à cultiver.Nous avons eu à la vérité la consolation de voir des hommes apostoliques touchés du même zèle et seconder nos intentions ; un nouveau Collège s\u2019est élevé à Québec et on y a multiplié les régents, on a établi des écoles latines à Montréal ; mais cette augmentation ne répond pas à la multiplication du peuple, et nous avons la douleur de voir plusieurs paroisses manquer de prêtres, où les enfants ne sont pas instruits de ce qui est nécessaire au salut et où il est à craindre que l\u2019ignorance jointe à l\u2019éloignement des secours spirituels ne forment dans ces lienx le désordre et l\u2019impiété.Nous ne doutons pas, Mes Très Chers Frères, qu\u2019éclairés des lumières de la foi, comme vous l\u2019êtes, et animés du zèle de votre état, vous ne soyez sensiblement touchés des besoins de ces âmes abandonnées, et que vous ne fussiez charmés de pouvoir contribuer à les secourir.C\u2019est dans cette confiance que nous vous ouvrons notre cœur et que nous vous faisons part de notre sollicitude.Après bien des réflexions sur cette matière, nous avons jugé qu\u2019il ne fallait plus s\u2019attendre que la France fournît à ce pays les prêtres qui lui sont nécessaires, ni croire que le petit nombre de jeunes gens qu\u2019on élève aujourd\u2019hui dans cette vue puisse suffire.il faut nécessairement les multiplier en donnant aux parents plus de facilité de faire étudier leurs enfants et surtout à ceux de la Compagnie.Nous ne voyons pas de moyens plus sûrs pour réussir que de vous engager, Mes Très Chers Frères, à enseigner le latin et à élever dans la piété les jeunes gens de vos paroisses en qui vous remarquez des dispositions à l\u2019état ecclésiastique et de l\u2019ouverture pour les sciences.Lorsque vous les aurez mis en état d\u2019entrer an Séminaire, nous contribuerons autant que nos facultés nous le permettent à leur entretien ou à payer leurs pensions.Nous vous exhortons, Mes Très Chers Frères, à embrasser cette excellente œuvre avec le zèle qu\u2019elle demande.Votre patrie a droit de l\u2019attendre de vous, et nous nous flattons que l\u2019amour de ,\t\u2014 545 \u2014 la gloire de Dieu et du salut des âmes sont des motifs plus que suffisants pour vous y porter.Quelques-uns d\u2019entre vous ayant témoigné leurs doutes au sujet des cas réservés du Diocèse, nous vous déclarons que nous nous réservons tous ceux qui sont spécifiés dans le Rituel dp Québec jusqu\u2019à ce que nous jugions apropos d\u2019y faire quelque changement, ce que nous pouvons remettre au temps du synode que nous avons dessein d\u2019assembler.Donné à Québec, dans notre palais épiscopal, le vingt février mil sept cent trente cinq.Signé de Nous, contre-signé de notre secrétaire et scellé de nos armes.-J- P.H., Evêque de Québec.Par Monseigneur, Delacroix, Secrétaire.MANDEMENT POUR REMÉDIER A CERTAINS ABUS PIERRE HERMAN, par la permission de Dieu et l\u2019autorité du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec, Assistant du Trône Pontifical, Conseiller du Roi en ses Conseils.A tous les Prêtres Séculiers et Réguliers du Diocèse, Salut et Bénédiction.Le zèle et la vigilance pastorale exigent de Nous, Mes Très Chers Frères, non-seulement que nous réprimions le mal, et les abus déjà introduits dans ce diocèse, mais encore que nous les prévenions, en fermant les avenues par où ils pourraient s\u2019y glisser.C\u2019est pourquoi ayant appris avec douleur que quelques-uns d\u2019entre vous se relâchent dans la discipline ecclésiastique, soit en se faisant servir par des femmes dans leurs presbytères, soit en portant la perruqne sans nécessité, soit en souffrant dans leur paroisse que les maîtres d\u2019école montrent aux personnes de différent sexe, nous ne pouvons nous dispenser d\u2019y apporter remède.Remettez-vous devant les yeux, Mes Très Chers Frères, ce que disent les Saints Canons tant de fois réitérés à ce sujet.Rappelez-vous les exemples de vos prédécesseurs dont la 35 \u2014 546 \u2014 constante régularité aurait pu servir de modèle au clergé des autres diocèses.Pensez que vous êtes revêtus du même caractère, que vous devez la même édification au peuple dont vous êtes chargés et que vous seriez bien condamnables d\u2019être les premiers .à frayer une route au relâchement : ce que nous ne pouvons souffrir sans trahir notre ministère et nous rendre coupable aux yeux de Dieu.A ces causes, 1.nous défendons à tous prêtres d\u2019avoir dans leur maison des femmes à moins qu\u2019elles ne soient leurs proches parentes et hors de tout soupçon.2.\tQuoique nous ne puissions désapprouver l\u2019usage des perruques à ceux qui ont peu de cheveux dans un pays où le froid est excessif, nous défendons à tout ecclésiastique de la porter saus nécessité et sans en avoir obtenu la permission par écrit de nous ou de nos Grands Vicaires ; ce qui ne s\u2019accordera qu\u2019à la condition qu\u2019on la porte si modeste qu\u2019on puisse juger que le seul besoin la fait prendre.3.\tNous voulons que les curés n\u2019admettent dans leur paroisse aucun maître d\u2019école qui n\u2019ait une permission par écrit de nos Grands Vicaires ; qu\u2019ils ne souffrent point qu\u2019ils enseignent les personnes de différent sexe, et qu\u2019ils refusent les sacrements à ceux qui en étant avertis ne voudraient se soumettre à cette règle.Ordonnons que notre présent mandement sera lu dans une assemblée capitulaire de notre vénérable Chapitre et envoyé dans les paroisses à la diligence de notre Promoteur.Voulons aussi que tous les curés, missionnaires et supérieurs des communautés transcrivent et conservent dans un registre particulier notre présent mandement et tous ceux que nous donnerons dans la suite ; qu\u2019ils mandent à notre promoteur qu\u2019ils les ont reçus, transcrits et envoyés à leurs voisins.Donné à Québec en notre palais épiscopal, ce 24 février 1735, signé de nous, contre-signé de notre secrétaire et scellé de nos armes.\u2022j- P.H., Evêque de Québec. \u2014 547 \u2014 RÉVOCATION DE POUVOIRS ACCORDÉS AUX PRÊTRES DU DIOCÈSE PIERRE HERMAN, par la permission de Dieu et l\u2019autorité du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec, Assistant du Trône Pontifical, Conseiller du Roi en tous ses Conseils, etc.A Tous les Prêtres Séculiers et Réguliers du Diocèse, Salut et Bénédiction.Nous sommes persuadé, Mes Très chers Fibres, que chacun de vous se sert avec prudence des pouvoirs de juridiction qui vous ont été confiés pour le salut des âmes qui sont sous votre conduite ; mais comme il est de notre devoir d\u2019en connaître l\u2019étendue nous souhaitons que vous vous adressiez à nos Grands Vicaires pour en demander la rénovation par écrit et nous leur enjoignons de nous rendre compte des pouvoirs qu\u2019ils vous auront accordés.A ces causes nous révoquons tous ceux que vous tenez de nous, de nos Prédécesseurs, de nos Grands Vicaires, et de ceux du Chapitre, le siège vacant ; nous voulons néanmoins que cette révocation n\u2019ait lieu que trois mois après que notre présent mandement sera parvenu à votre connaissance, et afin que personne n\u2019en ignore, ordonnons qu\u2019à la diligence de notre Promoteur, il en soit envoyé dans les paroisses, que la lecture en soit faite dans une assemblée capitulaire de notre vénérable Chapitre et dans les Communautés de ce Diocèse dont nous chargeons les supérieurs d\u2019en faire tenir des copies aux missionnaires de leurs corps.Donné à Québec dans notre palais épiscopal le vingt huit février 1735, signé de nous, contre-signé par notre secrétaire, et scellé de nos armes.f P.H., Evêque de Québec.LETTRE D\u2019ÉTABLISSEMENT DES SŒURS DE LA CONGRÉGATION DE NOTRE-DAME DANS L\u2019iLE ROYALE PIERRE HERMAN DOSQUET par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec, Assistant du Trône Pontifical. \u2014 548 \u2014 A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut en Notre-Seigneur Jésus-Christ.L\u2019attention que nous avons de nous instruire des besoins spirituels des peuples que la divine Providence a confiés à nos soins dans la vaste étendue du Diocèse où elle nous a placé, nous ayant donné lieu de connaître que la colonie française qu\u2019il aurait plu à Sa Majesté très chrétienne le feu Roi Louis XIV d\u2019heureuse mémoire d\u2019envoyer dans file Royale, pour établir et habiter la dite Ile jusqu\u2019alors inhabitée, s\u2019y serait notablement accrue, et que le nombre des familles qui y ont aujourd\u2019hui des établissements dans les différents havres de cette même Ile sont composées d\u2019une jeunesse qui jusqu\u2019à présent s\u2019est trouvée presque destituée des secours nécessaires pour avoir une éducation chrétienne, ce qui l\u2019a exposée ou à n\u2019en avoir pour ainsi dire aucune, ou aurait mis les parents dans la fâcheuse et périlleuse nécessité d\u2019envoyer leurs enfants, les filles comme les garçons, en Canada pour leur procurer une bonne éducation ; Nous désirant mettre fin à ces inconvénients, et pourvoir, autant que le devoir de notre charge l\u2019exige, aux besoins de cette chère portion de notre troupeau, qui nous touche d\u2019autant plus sensiblement que l\u2019éloignement où elle est de notre ville épiscopale, et la difficulté qu\u2019il y a de nous y transporter pour la visiter, nous met plus hors d\u2019état d\u2019y rémédier autrement que par le secours d\u2019un établissement formé de personnes habiles à élever et instruire la jeunesse ; à quoi ayant égard et aux représentations qui nous ont été faites à ce sujet par M.de Saint Ovide de Bruillon, Gouverneur de la dite Ile Royale, et par Monsieur Le Normand de Mézi, commissaire ordonnateur y faisant fonction d\u2019intendant, aussi bien que par les Pères Récollets auxquels nous aurions donné nos pouvoirs pour la conduite spirituelle de la nouvelle colonie ; mû encore particulièrement par la faveur que nous avons trouvée auprès de Notre Glorieux Monarque Louis XV régnant, dont le zèle pour la religion et son affection pour les peuples l\u2019a porté à assigner un revenu annuel pour la subsistance des personnes que nous nommerions pour former et gouverner une communauté de filles dans Louisbourg, capables de commencer à instruire les jeunes personnes de leur sexe, dont la bonne et chrétienne éducation doit produire le bien inestimable du bon règlement des mœurs de cette nouvelle colonie, et par une suite comme infaillible, y faire fleurir la religion. \u2014 549 \u2014 A ces causes, nous qui par une heureuse expérience connaissons les fruits que les sœurs de la Congrégation de Notre Dame déjà établies dans les villes principales, et dans plusieurs de nos familles du Canada y ont produits, et qui avons connu de plus près leur bonne vie, régularité des mœurs, vertu, piété envers Dieu, zèle et talents pour élever les jeunes filles, avons cru ne pouvoir trouver des personnes plus propres pour former le nouvel établissement que Sa Majesté veut être fait à Louisbourg, que d\u2019en prendre parmi elles un nombre compétent, capables de commencer et soutenir les mêmes bonnes œuvres qu\u2019elles ont faites en Canada.Pour cet effet, ayant pris l\u2019avis de la supérieure et principales officières de la Communauté des dites Sœurs de la Congrégation, Nous avons fait choix de la Sœur Marie Marguerite Trotier dite de Saint-Joseph pour être Supérieure de la nouvelle Communauté, et la gouverner en cette qualité, lui donnant pour adjointes les Sœurs Marguerite Daniel Arnaud dite de Saint-Arsène, Marie Joseph Bellisle dite de Saint-Benoit, Geneviève Gervieux dite de Sainte-Gertrude, et Françoise Boucher de Mombrun dite de Saint-Placide, aux fins de concourir avec la dite Sœur Saint-Joseph leur Supérieure, à tout le bien que nous espérons de leur établissement, leur donnant pouvoir de former entre elles un corps de communauté vivant à Louisbourg et dans les autres lieux de file Royale, où de notre consentement elles pourraient s\u2019établir dans la suite sous les mêmes règles et mêmes constitutions sous lesquelles elles ont vécu en Canada, depuis qu\u2019elles y ont été reçues et fait profession parmi les dites Sœurs de la Congrégation ; et pour rendre leur établissement plus solide, y perpétuant des sujets capables de le soutenir sans qu\u2019on y envoie davantage du Canada, les autorisons à'y recevoir parmi elles et unir à leur corps à titre de postulantes, novices et professes, les filles qu\u2019elles connaîtront avoir les qualités d\u2019esprit, de cœur et de corps que leurs dites règles et constitutions exigent.Voulons qu\u2019elles puissent recevoir chez elles des pensionnaires et tenir des écoles publiques pour instruire les personnes de leur sexe conformément à leurs dites règles et constitutions.Donné à Québec en notre palais épiscopal le vingt août mil sept cent trente cinq, signé de nous, contre-signé de notre secrétaire et scellé du sceau de nos armes.-J- P.-H., Evêque de Québec.Par Monseigneur, Chrétien LeChasseur, Prêtre, Secrétaire. \u2014 550 \u2014 MANDEMENT ORDONNANT DES PRIÈRES PUBLIQUES JEAN-PIERRE DE MINIAC, Prêtre et Chanoine de l\u2019Eglise Cathédrale et Vicaire Général du Diocèse de Québec.A tous Nos Très Chers Frères les Missionnaires et Supérieurs des Communautés de ce Diocèse, Salut en Notre Seigneur.Nous avions espéré, Nos Très Chers Frères, que les peuples recevraient quelques soulagements dans leurs besoins et que selon les assurances qu\u2019on nous avait données ils se trouveraient malgré la modicité de récolte en état le printemps de cultiver les terres et de faire d\u2019abondantes semences.Mais le Seigneur est sans doute irrité, son bras est encore étendu sur cette colonie, il refuse les secours humains, ôte les moyens de fournir, comme on se l\u2019était proposé, les grains pour les semences, et le Ciel toujours agité par les vents retient sur la terre les neiges, prive les animaux de la nourriture et jusque dans le mois de Mai nous fait ressentir les incommodités de l\u2019hiver ; ainsi, nos Très Chers Frères, nous avons tout sujet de craindre que le peu de semence qui sera confié à la terre, surpris par les chaleurs ne tombe bientôt dans la sécheresse faute d\u2019humeur, ou que se trouvant dans les fonds et dans les bas il ne soit tout-à-coup submergé par la quantité d\u2019eau que les bois retiennent encore dans leurs profondeurs, et enfin qu\u2019ensuite ce qui sera échappé ne devienne la proie des insectes ou ne se trouve enfin perdu par les brumes.Différerons-nous, nos Très Chers Frères, à nous reconnaître ?La sentence terrible est peut-être portée, nos péchés ne l\u2019ont que trop méritée, elle commence à s\u2019exécuter ; en attendrons-nous l\u2019entier effet ?Ouvrons les yeux sur les malheurs qui nous menacent, recourons au Tout-Puissant ; il fait lever également son soleil sur les bons et sur les mauvais ; s\u2019il punit ses enfants c\u2019est par miséricorde afin de les rappeler à leurs devoirs.Et souvent il ne les conduit à la mort que pour avoir occasion de vivifier.Mais ne pensons pas être favorablement écoutés de ce Dieu de bonté, si nous n\u2019avons que des prières intéressées à lui offrir ; il \u2014 551 \u2014 fait peu d\u2019attention aux demandes du pécheur ainsi que le dit le Psalmiste : iniquitatem si aspexit in corde meo,non exaudict Dominus; que chacun considère donc ses voies et s\u2019applique à reconnaître et rectifier les mouvements de son coeur et pour lors il pourra se présenter au Seigneur avec confiance comme un enfant à son père.Voyez aussi.Nos Très Chers .Frères, qui êtes chargés de la conduite des âmes, si par vos soins et exhortations, les aveugles, les boiteux et languissants de l\u2019Evangile ont été tous invités et forcés selon l\u2019ordre du père de famille d\u2019entrer dans la salle du banquet pour remplir sa table, surtout si par une trop grande facilité et une lâche condescendance vous n\u2019y auriez pas admis quelqu\u2019un qui ne fût pas revêtu de la robe nuptiale qui est la charité.Et si sur ces sujets vous avez, Nos Très Chers Frères, quelques reproches à vous faire, mettez tout en usage pour éviter ces fautes et arrêter les suites et selon l\u2019apôtre : auferte malum ex vobis ipsis.Purifions donc nos cœurs de toute souillure, humilions nos corps et nos esprits par la pénitence, ouvrons nos entrailles à la misère des pauvres, réunissons-nous tous et poussons de concert un cri vers le ciel, imitons nos pères : clamavcrunt patres noslri ; et comme eux nous serons exaucés.Et afin de faire plus sûrement violence au ciel, nous ordonnons de l\u2019avis de nos vénérables frères les Dignités et Chanoines de l\u2019Eglise Cathédrale de Québec que le Saint-Sacrement soit exposé consécutivement dans les cinq églises de la haute-ville de Québec, savoir : le Dimanche à la Cathédrale, lundi chez les Révérends Pères Récollets, mardi aux Religieuses Ursulines, mercredi chez les Révérends Pères Jésuites et jeudi à lllûtel-Dieu, auxquels jours le clergé ira chanter une grande messe et sera fait un Salut le soir après la prédication.Dans les paroisses de\" campagne sera au moins faite une procession et chantée une grande messe.Mais comme la prière doit avoir des compagnes ainsi qu\u2019il est dit : bona est oratio cum jejunio et eleemosyna, et qu\u2019elle doit être \u2014 552 soutenue du jeûne et de l\u2019aumône afin de pouvoir comme sur des ailes s\u2019élever jusqu\u2019au trône de sa Majesté, nous recommandons deux jeûnes savoir : le mercredi et vendredi sans toutefois imposer une obligation, nous contentant d\u2019exhorter toutes les personnes sensibles aux nécessités publiques de se faire à cet égard quelque violence, d\u2019autant qu\u2019il y a sujet de craindre que le peu de soumission aux lois de l\u2019Eglise pour l\u2019observation du carême et vigiles n\u2019attire sur ce pays la vengeance divine.Enjoignons pareillement à tous de faire selon ses facultés des aumônes proportionnées aux besoins pressants des pauvres et aux dettes dont on se reconnaît redevables à la justice de Dieu, et pour que les peuples puissent mieux se conformer à notre présent mandement, nous voulons, mandons à vous, Nos Très Chers Frères les curés, missionnaires et supérieurs des communautés de cette ville d\u2019en faire lecture au prône de la grande messe ou dans vos assemblées Capitulaires, aussitôt qu\u2019il vous aura été remis.Enfin, comme nos besoins sont d'une telle nature qu\u2019ils ne peuvent recevoir tout le soulagement dans l\u2019espace d\u2019une semaine et que d\u2019ailleurs l\u2019absence de notre premier pasteur, nos nécessités temporelles ne sont pas les seules qui doivent nous être Sensibles, 'quelque pressantes qu\u2019elles soient, pour obtenir un heureux et prompt retour de Monseigneur notre Evêque, et remédier plus efficacement à nos maux, chacun de vous, Mes Très Chers Frères, dira une messe à cette intention et ajoutera à l\u2019avenir aux oraisons de chaque jour la collecte Deus refugium jusqu\u2019à la fête de l\u2019Assomption de Notre-Dame.Donné à Québec le 4 mai 1737, sous notre seing, scellé du cachet de Monseigneur l\u2019Evêque et contre-signé de nôtre secrétaire.Jean-Pierre de Miniac, Vicaire Général.Par l\u2019ordre de Monsieur le Vicaire Général, Mercereau, Secrétaire. MONSEIGNEUR DE LAUBERIVIÈRE Monseigneur François-Louis Pourroy de Lauberivière naquit àGrenoble, paroisse de Saint-Hugues, le 16 juin 1711, de Messire Claude-Joseph de Pourroy de Lauberivière et de dame Marianne de Saint-Germain de Mérieux.Il fit ses études au Séminaire de Saint-Sulpice et il était prêtre, et Docteur en Sorbonne, quand il fut choisi par Monseigneur Dosquet en 1739 pour lui succéder à l\u2019Evêché de Québec.Les Bulles du 20 juillet 1739 étant arrivées à Paris, il fut sacré le 16 août de la même année dans la chapelle du Séminaire de Saint-Sulpice par Monseigneur de Mornay, ancien Evêque de Québec, assisté des Evêques deTréguier et de Bethléem.Après la cérémonie, on put voir ensemble trois prélats portant le titre d'Evêque de Québec : Monseigneur de Mornay, Evêque résignataire, Monseigneur Dosquet alors occupant le siège épiscopal et Mgr de Lauberivière choisi par ce dernier pour lui succéder.(a).Le nouvel Evêque n\u2019avait que 28 ans et tout portait à croire qu\u2019il gouvernerait l\u2019Eglise du Canada pendant de longues années.Le 24 février 1740 il envoya à Monsieur Thierry Hazeur-Delorme, grand pénitencier de la cathédrale de Québec, une procuration en vertu de laquelle celui-ci prit possession du siège épiscopal en son nom.Le 25 février il écrivait à Monsieur Ransonnet, directeur du Séminaire de Québec : «Je compte after débarquer au séminaire ; je ne sais si j\u2019emporterai quelques meubles de France.Je vous prie de me préparer un appartement où je ne demande rien que de simple et d\u2019apostolique.Quand je serai une fois établi, je verrai de quelle façon je m\u2019arrangerai.Mon intention est de me renfermer dans ce qui est purement de bienséance.» Cette lettre donne une idée de l\u2019humilité du jeune Evêque.Dans une lettre adressée à son clergé, l\u2019Evêque de Grenoble dit de lui : « Il est (a) Voir La Gazette de France du 22 août 1739, à l\u2019Université Laval. \u2014 554 \u2014 devenu, même dans sa jeunesse, un modèle pour les personnes avancées en âge.jeunesse, grâces extérieures, talents naturels et acquis, prudence prématurée, c\u2019étaient autant d\u2019avantages qui se réunissaient à toutes les autres qualités encore plus estimables pour assurer par son moyen, l\u2019exécution des desseins qu\u2019il paraissait que Dieu avait sur lui pour la propagation de son culte-Aussi commença-t-il, dans le vaisseau même chargé de le transporter, à mettre en usage tous les dons qu\u2019il avait reçus.» Monseigneur partit de La Rochelle le 10 juin 1740.Le Père Canot, jésuite de Dole, fut l\u2019un de ses compagnons de voyage et l\u2019un des témoins de son héroïque charité.Une maladie contagieuse se déclara parmi les passagers et l\u2019équipage et en peu de temps quatre cents malades réclamaient les soins de l\u2019Evêque et de ses prêtres.Malgré tous les avis et les représentations qu'on pût lui faire, Monseigneur de Lauberivière se dévoua comme un bon pasteur.Le père Canot écrit: «c\u2019était un prélat accompli, d\u2019une douceur qui attirait tous les cœurs, d\u2019une prudence consommée, d\u2019une sainteté qui le faisait infiniment respecter; en un mot c\u2019était un apôtre, un saint qui n\u2019était point gêné et qui ne gênait personne.» Cependant le Prélat avait résisté à la maladie et le G août, il paraissait en bonne santé.Le 8 cédant aux instances de ceux qui l\u2019accompagnaient, il consentit à s\u2019embarquer sur un canot qu'on lui avait envoyé de Québec et « il fut reçu avec tous les honneurs imaginables, au bruit du canon; tous les officiers, tout le clergé, les religieux, les différents corps de ville et tout le peuple étaient acourus sur le rivage pour y recevoir le Saint Charles et le Saint François de Sales de notre siècle.» Cinq jours après son arrivée l\u2019Evêque tomba malade, « le 14 et le 15 la fièvre ne donna pas d\u2019indications mortelles, le 16 elle redoubla; les transports suivirent ; enfin la pourpre parut et le 20 à 8 heures et demie du matin, il expira, universellement regretté.» Ces derniers détails sont donnés dans une lettre écrite le 27 août 1740 par Messieurs Beauharnois et Hocquart.Il mourut au Séminaire, comme le prouve son inventaire, et d\u2019après la tradition, dans la chambre occupée par le Supérieur jusqu\u2019à ces dernières années.Cette chambre fait maintenant partie du corridor qui conduit au nouveau Séminaire.Tout ce que possédait Monseigneur de Lauberivière ressentait la pauvreté évangélique.« Ses habits, sa soutane de cérémonie \u2014 555 \u2014 étaient de laine, son diamant ou plutôt sa bague était de la valeur de dix écus seulement, la seule richesse qu\u2019on ait trouvée dans une boite qui s\u2019ouvrait par un secret, était une chemise de crin, line ceinture, trois disciplines teintes de sang et une autre de fer.» (Le Père Canot) « La crainte que l\u2019on avait de l\u2019épidémie fit hâter l\u2019heure de la sépulture, et le soir même, son corps était porLé à la cathédrale et déposé à côté de celui de Monseigneur de Laval.La solennité des funérailles eut lieu seulement le 22 septembre.Deux saints dormaient donc ainsi l\u2019un près de l\u2019autre, bien distants par l\u2019âge, mais également chers à Dien et aux hommes.Des guérisons miraculeuses s\u2019opérèrent sur le tombeau du jeune Evêque, comme il s\u2019en était opéré sur le tombeau du vieillard octogénaire.Les procès-verbaux que l\u2019on dressa de tous ces faits prodigieux montrent assez quelle confiance l\u2019on doit avoir en leur authenticité.Mais ce qui permet de croire avec non moins de certitude à la sainteté de Monseigneur de Lauberivière, ce sont ses reliques que l\u2019on s'est disputées à sa mort et que l\u2019on conserve avec tant de vénération.» (a) En 1877, l\u2019on a trouvé et reconnu authentiquement les restes de ce digne Evêque ravi si tôt à l\u2019amour de son peuple et on les a déposés de nouveau sous le sanctuaire de la Basilique de Québec.(a) M.l\u2019abbé G.Côté.\u2014Travaux d\u2019excavation faits on 1877 dans la Basilique do Québec. Mgr DE LAUBERIYIERE 20 juillet 1*739\u201420 août 1*740 MANDEMENT ORDONNANT DES PRIÈRES PDELIQUES POOR ORTENIR DE DIED DE VAINCRE LES ENNEMIS JEAN-PIERRE DE MINIAC, Prêtre, Archidiacre et Vicaire-Général du Diocèse de Québec.Salut.Nous ne pouvons douter, Mes Frères, que vous ne pensiez souvent aux guerriers qui sont partis ce printemps pour le Mis-sissipi ; ceux d\u2019entre eux qui n\u2019auraient pas dans cette troupe des parents ne peuvent manquer de les connaître, vous les voyez ces proches dans vos villes, et vous êtes témoins de leurs inquiétudes.Vous contenteriez-vous, Mes Frères, de vous efforcer par des paroles de consolation de dissiper leurs craintes et d\u2019affermir leur confiance ?Pensons, Mes Frères, que ces braves n\u2019ont renoncé pour un temps aux commodités qu\u2019ils trouvaient dans leurs familles et ne se sont exposés à tant de fatigues et de dangers que pour secourir nos frères opprimés du Mississipi, pour rendre libre le commerce de la nation et assurer notre commun repos ; de ce succès dépend l\u2019établissement de la religion parmi les infidèles, ils commencent déjà à en témoigner du mépris ; et afin d\u2019ouvrir un chemin à la foi ét de faire écouter dans ces vastes contrées les vérités qu\u2019elle annonce il faut la leur rendre acceptable.C\u2019est dans cet esprit que l\u2019Eglise Notre Mère, toujours éclairée de la lumière de la vérité, a établi des prières particulières contre ceux qui usent de violence pour arrêter ses progrès. \u2014 558 \u2014 Servons-nous de ces armes et implorons le secours du ciel.Mais comment, Mes Frères, nous présenterons-nous devant le trône du Très-Haut si nous ne fléchissons auparavant son indignation.Commençons donc par ôter de nos cœurs ces affections qui lui déplaisent ; demandons-lui pardon de ces péchés et principalement de ceux qui produits par l'avarice et par cette autre cupidité, commis à la vue de ces nations infidèles, forment le plus grand obstacle à leur conversion, péchés qui ne sont que trop capables par leur nombre et leur grièveté d\u2019attirer les malédictions de Dieu sur nos entreprises et rendre en cette occasion entièrement inutiles toutes les précautions et les préparatifs quoiqu\u2019ordonnés avec tant de sagesse et de prudence par les personnes qui sont en place.A ces causes, ordonnons que dans chaque paroisse de ces deux gouvernements, aussitôt après la lecture de notre présent mandement, seront exhortés par leurs pasteurs les fidèles commis à leurs soins, d\u2019assister avec toutes les dispositions convenables à une procession qui se fera le même jour à la suite de laquelle sera fait un Salut et donné la bénédiction du Saint-Sacrement.2o.Et afin que nos vœux soient plus sûrement exaucés, nous trouvant au temps marqué pour l\u2019approche des ennemis, mandons à tous les prêtres séculiers et réguliers de ce diocèse de dire à la messe pendant quinze jours, à commencer le lendemain de la publication des présentes, la collecte contra male agentes : llostium nostrorum, quæsumus et avec la secrète et la post-communion qui y répondent.Donné à Québec ce 7 septembre 1739.Jean-Pierre de Miniac, Vicaire-Général.L.Mercereaux, Secrétaire. \u2014 559 \u2014 MANDEMENT PAR LEQUEL LE CHAPITRE PREND EN MAIN L\u2019ADMINISTRATION DU DIOCÈSE APRÈS LA MORT DE MONSEIGNEUR DE LAUBERIYIÈRE Les Doyen, Dignités, Chanoines, et Chapitre de l\u2019Eglise Cathédrale de Québec.A tous ceux qui les présentes verront, Salut en Notre-Seigneur.Comme les saints Décrets et les Constitutions canoniques ont déclaré que les Chapitres des églises cathédrales peuvent et doivent prendre le régime et l\u2019administration des diocèses, lorsque le siège épiscopal se trouve vacant ; Dieu ayant affligé l\u2019Eglise de Québec par le décès de Monseigneur François Louis Pourroy de Lauberivière, Evêque de Québec, Nous avons cru que {tour ne pas manquer à ce que Nous devons à Dieu et à l\u2019Eglise il était nécessaire de prendre l\u2019administration du diocèse ainsi qu\u2019elle Nous appartient selon la disposition des dits saints Décrets et Constitutions ecclésiastiques.A ces causes, après avoir mis l\u2019affaire en délibération dans notre chapitre, Nous avons déclaré et déclarons par ces présentes que la juridiction spirituelle et ecclésiastique de l\u2019Evêché de Québec nous est dévolue et qu\u2019il nous appartient de régir et gouverner le dit Evêché tant au spirituel qu\u2019au temporel pendant la dite vacance, et pour cet effet Nous avons nommé et institué, nommons et instituons Messire Jean Pierre de Miniac, Archidiacre de ce Chapitre, Vicaire-Général de tout le diocèse, et Messire Courtois prêtre de Saint-Sulpice, résidant à Montréal, Grand-Vicaire et Supérieur des communautés religieuses dans la ville et gouvernement de Montréal, pour régir et administrer chacun à leur égard le dit diocèse.Et comme nous ne devons pas nous contenter de regretter un si pieux Evêque, et qu\u2019il est juste que le Clergé et le peuple offrent leurs prières à Dieu pour un pasteur dont la mémoire leur doit être chère.Pour ces mêmes causes et pour satisfaire à un devoir si juste que le respect et la reconnaissance exigent de nous, Nous avons ordonné et ordonnons que dans toutes les églises de ce diocèse, \u2014 560 \u2014 il soit célébré une messe solennelle pour le repos de l\u2019âme de ce digne Prélat, recommandant en outre à tout prêtre séculier et régulier de ce diocèse de joindre leurs prières particulières à celles de l\u2019Eglise pour son soulagement.Sera notre présent mandement publié aux prônes des messes paroissiales dans toutes les églises de ce diocèse, et envoyé aux communautés afin qu\u2019elles aient à y satisfaire avec autant de décence et de solennité que faire se pourra.Donné à Québec, sous le sceau de notre Chapitre et le seing de notre secrétaire le vingtième août mil sept cent quarante.Chartier de Lotbinière, Doyen.DeGannes-Falaise, chanoine, Secrétaire du Chapitre.MANDEMENT DE MONSIEUR HAZEUR, NOMMÉ VICAIRE GÉNÉRAL PAR LE CHAPITRE DE QUÉBEC, LE SIÈGE VACANT, RÉTABLISSANT L\u2019ANCIEN USAGE DE RÉCITER LES LITANIES DE LA SAINTE VIERGE A LA PIN DE LA MESSE JOSEPH THIERRY HAZEUR, Grand Pénitencier, Vicaire Général du Diocèse, le siège vacant.A tous ceux qui les présentes verront Salut en Notre Seigneur.Nous ayant été représenté que dans la pratique anciennement observée dans ce diocèse, on avait sagement établi que pour les nécessités et besoins particuliers et publics du pays, on dirait à la fin de la messe les litanies de la Sainte Vierge, ce qui ne s\u2019est point pratiqué depuis quelques années pour y avoir suppléé par d\u2019autres prières, mais afin de ne point laisser tomber plus longtemps un si saint usage, rendre solide, stable et permanente une si louable coutume, même augmenter la dévotion à l\u2019immaculée Mère de Dieu, pour obtenir par son moyen et son crédit la conversion des pécheurs et des infidèles, l\u2019augmentation et la conservation de la religion, l\u2019union et la paix entre les princes chrétiens, l\u2019avantageux départ et l\u2019heureuse arrivée de nos \u2014 5G1 \u2014 vaisseaux, généralement tous les besoins spirituels et corporels, particulièrement afin que cette Mère de miséricorde prie et intercède pour nous auprès de son fils Notre Seigneur Jésus-Christ qui, par son sang précieux répandu sur la croix pour le salut de tous les hommes dont le Saint Sacrifice de la Messe nous renouvelle tous les jours la mémoire, sera pour nous un puissant avocat auprès de Dieu son Père pour obtenir ce que nous demandons, surtout la grâce de la persévérance finale, pour vivre et mourir dans son saint amour.Nous avons cru ne pouvoir mieux faire de-l\u2019avis et consentement du Chapitre, que de rétablir et mettre en vigueur un si ancien usage.A ces causes, ordonnons à tous prêtres séculiers et réguliers de réciter les litanies de la très Sainte Vierge, ensuite le Sub tuum, le verset Ora pro nobis, l\u2019oraison Concede, celle des Anges et Dcus refugium, à la fin de la messe, depuis le lundi inclusivement de la Quasimodo jusqu\u2019à la veille de Noël inclusivement, excepté aux messes des fidèles trépassés, à commencer de ce jour douzième de Novembre.Exhortons tous les fidèles de l\u2019un et de l\u2019autre sexe à se joindre aux prêtres et assister aux litanies que le public demande avec instance.Sera notre présent mandement lu et publié le jour de la Quasimodo au prône et enregistré aux registres des paroisses et missions du diocèse pour être exécuté selon sa forme et sa teneur.Donné à Québec le 12 Novembre 1740, scellé du sceau du diocèse et contre-signé par notre Secrétaire.Hazeur, Vicaire Général.Par Monsieur le Vicaire Général, Beaudoin, Ecclésiastique.36 APPENDICE APPENDICE Tableau des nominations aux cures du diocèse avant la conquête NOMS DES CURES\tNOMS DES CURÉS Notre-Dame de Québec\t\t Assomption de Port Royal\t\t La Durantaie, Berthier etc\t\t Présentation de Champlain\t\t Sainte-Famille d\u2019Orléans\t\t Nativité de Beauport\t\t Saint-François de Sales de Neuville (Pointe-aux-Trembles).\t\t Saint-François-Xavier de Batiscan\t\t L\u2019Assomption de Repentigny\t\t Assomption de Port Royal\t\t Sainte-Anne du Petit Cap (Beaupré)\t Ange-Gardien et Visitation du Château-Richer.Notre-Dame de Québec\t\tPierre Paul Gagnon\t Guillaume Gautier\t Sainte-Anne de Varennes\t\t \t PAR QUI NOMMÉS Monseigneur de Laval.Séminaire de Québec.Monseigneur de Saint-Vallier DATE DE NOMINATION sept.1664 oct.1678 K\ttt nov.1684 15 30 30 2 3\t\u201c\t\u201c 3\t\u201c\t\u201c 3\t\u201c\t\u201c 4\t«\t.< 4\tK\t11 10\t\u201c\t'* 8 mars 1685 8\t\u201c\t« 20\t\u201c\t16S7 1692 564 Immaculée Conception des Trois-Rivières.Sainte-Famille de Boucherville.La Prairie de la Magdeleine.Visitation du Château-Richer.Sainte-Anne du Petit Cap (Beaupré).Saint-Charles de Charlesbourg.Saint-François-Xavier de Batiscan.Assomption de la Bouteillerie.Saint-Joseph de la Pointe de Lévis.Notre-Dame de la Visitation de Foy.Saint-Ignace du Cap Saint-Ignace.Anges-Gardiens.Saint-François-Xavier de Batiscan.Assomption de Repentigny.Notre-Dame de Foy.Notre-Dame de Québec.Sainte-Famille du Cap-Santé.Saint-François-Xavier de Batiscan.Saint-Jean Ile d\u2019Orléans.Abel Maudoux.Do la Sodraye.Geoffroy.Guillaume Gautier.G.Théodore Erbery.Alexandre Doucet.Nicolas Foucault.Jean-Bernard de Requeleyne Philippe Boucher.Charles Amador Martin.Louis Mathieu .Gaspard Dufournel.P.Boy.Léonard Chaigneau.Gervais Lefebvre de V.-M.Thomas Thiboult.Charles Rageot Morin.Gervais Lefebvre de V.M.If\tit\t\t\t1692\t it\tit\t\t\tfl\t it\tit\t7\tnov.\t1692\t it\tte\t25\tsept.\t1693\t a\t«\t26\tti\t\u201c\t a\ttt\t28\t\u201c\ttt\t a\ta\t18\t\u201c\t1694\t a\ta\t13\til\t\u201c\t1 \t\t\t\tCn tt\ta\t18\tfi\t1698\t \t\t\t\tCn tt\ttt\t3\toct.\t1700\tI tc\ta\t16\t\u201c\ttt\t Joseph de la Colombière V.G.\t1S\til\t1702\t Vachon de Belmont V.G\t\t1\tjuil.\t1707\t Monseigneur de Saint-Vallier\t28\tmai\t1712\t Séminaire de Québec\t\t2\tnov.\t1713\t Monseigneur de Saint-Vallier\t3\taoût\t1714\t It\tII\t6\t-\t«\t \u201c\t26\ta\ttt\t Nicolas Boucher Tableau des nominations aux cures du diocèse avant la conquête.\u2014(Suite) NOMS DBS CURBS\tNOMS DBS CURBS\tPAB QUI NOMMÉS\tDATE DK NOMINATION Saint-Etienne de Beaumont\t\tLouis Mercier\t\tMonseigneur de Saint-Vallier\t26 août 1714 Saint-Laurent Ile d\u2019Orléans\t\tYves Le Riche\t\ta\ta\t27\t\u201c Saint-Pierre Ile d\u2019Orléans\t\tPierre Caillet\t\tII\tII\t27\t\u201c\t\u201c Saint-Augustin de Maure\t\tPierre Auclair Desnoyers\t\tit\tII\t31\t\u201c\t\u201c Sainte-Anne du Petit Cap (Beaupré)\t\tAntoine Chabot\t\tti\tn\t3 sept \u201c Saint-Paul de la Baie Saint-Paul\t\tJacques LeBlond\t\tII\tU\t21 \u201c « \t\ta\ta\t13 oet.\u201c Saints Jacques et Philippe de Ladurantaie\t Saint-Thomas de la Pointe à la Caille\t Saint-François Ile d\u2019Orléans\t\tMichel Poulin\t Chs Hazeur Desaunaux\t Alexandre Cloutier\t\tti\tit ¦! "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.