Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec, 1 janvier 1871, 1871-1876
[" TO KV tu l l'IfïB MANDEMENTS LETTRES PASTORALES ET CIRCULAIRES DES EVEQUES DE PUBLIÉS PAR llgi* H.Têtu et l\u2019abbé C.-O.t»aj|iioii (Nouvelle sérié) SON ÉMINENCE LE CARDINAL TASCHEREAU Volume Premier QUÉBEC IM PRIM ERIE GÉNÉRALE A.COTÉ ET Cie 1889 MANDEMENTS ÉVÊQUES DE QUÉBEC MANDEMENTS LETTRES PASTORALES ET CIRCULAIRES DES ÉVÊQUES DE .1 _.PUBLIÉS PAR Mgi* H.Têtu et l\u2019abbé C.-O.Gagnon Mouvcllc série) SON ÉMINENCE LE CARDINAL TASCHEREAU DD M 27/ Volume Premier QUEBEC IMPRIMERIE GÉNÉRALE A.COTÉ ET Cie 1889 5353 SON ÉMINENCE LE CARDINAL TASCHEREAU Le chef de la famille Taschereau, au Canada, a été Thomas-Jacques originaire de la Touraine, fils de Christophe Taschereau, conseiller du roi, directeur des monnaies, et trésorier de la ville de Tours.Ce fut vers le commencement du dix-huitième siècle que Thomas Jacques vint au Canada.Il fut nommé trésorier de la marine, et en 1736, il obtint la concession d\u2019une seigneurie sur les bords de la rivière Chaudière.En 1728, il épousa, à Québec, Marie Fleury-d\u2019Eschambault, dont la mère, Claire Jolliet, était fille du découvreur du Mississipi et arrière-petite-fille de Louis Hébert, le premier colon canadien.A sa mort, arrivée en 1749, il laissait huit enfants, qui, à l\u2019exception de Gahriel-Elzéar, moururent sans postérité ou retournèrent en France.Gabriel-Elzéar, seigneur de Sainte-Marie, Linière, Jolliet, etc., a été, par sa piété et son intelligence, l\u2019un des hommes les plus remarquables de son époque.Il épousa eu premières noces, Marie-Louise-Elizabeth Bazin ; de ce mariage naquirent quatre enfants, dont le plus jeune fut l\u2019honorable juge Jean-Thomas Taschereau, mort du choléra en 1832.Ce dernier épousa Marie Panet, fille de l\u2019honorable Jean-Antoine Panet, premier président de la Chambre d\u2019Assemblée du Canada.Son Éminence Mgr Taschereau est né de ce mariage.Le premier Panet venu au Canada fut Claude, natif de Paris, notaire royal à Québec en 1747.Il était fils de Nicolas Panet, caissier de la marine à Paris.De Claude Panet et de Louise Barolet naquirent plusieurs enfants, parmi lesquels sont : Bernard-Claude, le successeur de Mgr Plessis sur le siège épiscopal de Québec ; Jacques, \u2014 6 \u2014 dont le souvenir est encore vivace dans la paroisse de l\u2019Islet, où il fut si longtemps curé ; et Jean-Antoine, qui épousa Louise-Philippe Badelard, de laquelle il eut vingt enfants, morts la plupart en bas âge.Les survivants furent Bernard-Antoine, coroner ; Philippe, juge, dont les vertus et la science ont jeté un si grand lustre sur la magistrature; Louis, notaire et sénateur ; Charles, avocat ; et Marie, qui épousa l\u2019honorable Jean-Thomas Taschereau, et fut la mère de Son Éminence Monseigneur Elzéar-Alexandre Taschereau.Le Cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau est né à Sainte-Marie de la Beauce, au manoir seigneurial, le 17 février 1820 ; il fut baptisé le môme jour par le vénérable M.Antoine Vil-lade, prêtre français, aussi originaire de la Touraine, et qui vint au Canada après avoir failli être victime de la fureur révolutionnaire, en 1793.Le 1er octobre 1828, à l\u2019âge de 8 ans et demi, il commença ses études au Séminaire de Québec.En dépit d\u2019un âge qui, pendant toute la durée de ses études, fut toujours beaucoup au-dessous de celui de ses confrères de classe, les.'palmarès attestent les succès brillants et les nombreuses couronnes remportées dans son cours classique.Ses compagnons de classe se plaisent à reconnaître les belles qualités qui se manifestèrent dès lors en lui, et qui depuis n\u2019ont fait que s\u2019accroître et se développer : amour du travail, piété solide, respect pour la règle et pour l\u2019autorité, aimable gaieté dans les récréations, modestie profonde, douceur et charité envers les égaux.En 1836, ayant à peine ses seize ans accomplis, le jeune Taschereau terminait ses études, et le printemps de la môme année, il partait pour l\u2019Europe avec le révérend M.Holmes, du Séminaire de Québec ; ce fut en la compagnie de ce savant mentor qu\u2019il eut l\u2019avantage de visiter les principales contrées de l\u2019ancien continent.Il demeura assez longtemps à Rome, où, le 20 mai 1837, il fut tonsuré de la main de Mgr Piatti, archevêque de Trébisonde, dans la basilique de Saint-Jean de Latran, mère et maîtresse de toutes les églises de la ville et du monde.A la fin de septembre 1837, le jeune Taschereau revint à Québec, où il commença ses études théologiques, qui ne furent pas moins brillantes que ses études classiques, bien que, tout en \u2014 ï \u2014 étudiant la théologie, il professât successivement la Cinquième, la Troisième et la Rhétorique.Le 10 septembre 1842, à l\u2019âge de 22 ans et demi, il fut ordonné prêtre, à Sainte-Marie de la Beauce, par Mgr Turgeon, alors coadjuteur de Mgr Signaï.Le Séminaire réclama aussitôt ses services, et lui confia l\u2019enseignement si important de la philosophie.Il remplit cette charge difficile pendant douze ans.M.Taschereau avait tout ce qui fait l\u2019excellent professeur: la méthode, l\u2019autorité, la clarté, jointes à la science.Il se dévoua, en 1847, avec un grand nombre d\u2019autres prêtres, pour secourir les malheureux émigrés irlandais atteints du typhus à la Grosse-Isle ; il y contracta la terrible fièvre, qui le conduisit aux portes du tombeau.Durant l\u2019année 1851-52, ainsi que de 1856 à 1859, il fut directeur du Petit Séminaire ; et de 1849 à 1854, il remplit les fonctions de préfet des études.M.Taschereau avait été agrégé au corps du Séminaire dès le 19 octobre 1842.Le 27 août 1849, il devenait membre du Conseil des Directeurs.Il fut l\u2019un des fondateurs de l\u2019Université Laval.Au mois d\u2019août 1854, il s'embarquait pour l\u2019Europe ; il allait passer deux ans à Rome, la cité-mère de la science sacrée, afin de se préparer, par l\u2019étude du droit canonique, à occuper une chaire dans la faculté de Théologie de l\u2019Université Laval.M.Taschereau, demeura au Séminaire français de Rome, qui était alors à la deuxième année de son existence ; et il suivit les cours de droit canonique récemment fondés par Pie IX dans le Séminaire romain de l\u2019Apollinaire.Après deux années d\u2019études sérieuses, M.Taschereau obtint, le 17 juillet 1856, le diplôme de Docteur en droit canonique, à la suite d\u2019un long et brillant examen sur toutes les parties des Décrétales.Les examinateurs furent les professeurs et docteurs de la faculté, parmi lesquels se trouvaient Mgr Capalti, qui fut plus tard Cardinal, et le célèbre professeur Philippe de Angelis, qui a été le plus savant canoniste de son temps dans la ville éternelle.Le même jour, il partit de Rome pour Québec, où il arriva le 10 août, et fut élu, par ses confrères du Conseil, Directeur du Petit Séminaire.Il occupa cette charge jusqu\u2019en 1859, et fut ensuite directeur du Grand Séminaire.Au mois de janvier 1860, il était nommé membre du Conseil de l\u2019Instruction publique.En 1860, M.Louis Jacques Casault ayant rempli la charge de supérieur durant le terme fixé par les règles du Séminaire, il fallut lui donner un successeur.Le choix tomba sur M.Taschereau.On sait que le supérieur du Séminaire est, ex officio, Recteur de l\u2019Université Laval.En 1862, dans les intérêts de l\u2019Université, il accompagna Mgr Baillargeon à Rome.La mort inattendue et presque subite de M.Casault l\u2019obligea de revenir aussitôt, sans lui permettre d\u2019assister aux grandes solennités de la canonisation des martyrs du Japon.Au mois de novembre 1862, Mgr Baillargeon, autant pour reconnaître les services de M.Taschereau que pour s\u2019assurer le secours de ses lumières et de ses conseils, le nomma vicaire-général à la grande joie d\u2019un nombreux clergé réuni dans le salon de l\u2019Archevêché.En novembre 1864, M.Taschereau reprenait, pour la quatrième fois, le chemin de Rome, où l\u2019appelaient encore les intérêts de l\u2019Université Laval.Les relations nombreuses qu\u2019il eut alors avec les Cardinaux qui composaient la Congrégation de la Propagande, donnèrent occasion à ces princes de la cour romaine de connaître et d\u2019apprécier ses grands talents et ses précieuses qualités.En 1866 expirait la dernière des six années au-delà desquelles, d\u2019après les constitutions du Séminaire de Québec, la même personne ne peut plus continuer à remplir la charge de supérieur.On confia de nouveau à M.Taschereau la direction du Grand Séminaire, qu\u2019il exerça pendant trois années.Tout en occupant les charges dont nous venons de parler, depuis 1856 jusqu\u2019en 1869, M.Taschereau a presque toujours été dans l\u2019enseignement théologique, professant soit le dogme, soit la morale, soit le droit canonique.Réélu supérieur du Séminaire en 1869, il accompagna Mgr Baillargeon au Concile du Vatican, et fut son théologien.A Rome, les évêques de la province de Québec, dans leurs réunions préparatoires aux séances conciliaires, eurent souvent lieu d\u2019admirer la science et la prudence de M.Taschereau. \u2014 9 \u2014 De retour à Québec, il continua à remplir le poste de Supérieur du Séminaire et de Recteur de l\u2019Université, jusqu\u2019à la réception des bulles, qui le créaient Archevêque de Québec ; ces bulles, datées du 24 décembre 1870, furent reçues à Québec le 23 février 1871.Depuis la mort de Mgr Baillargeon, arrivée le 13 octobre 1870, il administra le diocèse de Québec conjointement avec M.le grand-vicaire Cazeau.Son sacre comme Archevêque de Québec eut lieu le 19 mars 1871, fête de Saint Joseph, premier patron du Canada, et protecteur de l\u2019Église universelle.Grâce à son amour du travail, à l\u2019esprit, d\u2019ordre et à la stricte économie du temps qui président à toutes les heures de sa vie, il a été donné à Mgr Taschereau de suffire à l\u2019administration de son vaste diocèse, aussi bien qu\u2019à tant d\u2019œuvres et de travaux entrepris et soutenus depuis son installation.Bien que l\u2019archidiocèse de Québec soit loin d\u2019avoir conservé l\u2019immense étendue qu\u2019il avait du temps de Mgr de Laval, il renferme cependant une population bien plus nombreuse, des villes florissantes, de nombreuses paroisses et missions et beaucoup d\u2019institutions de tout genre.De là, pour l\u2019Archevêque, un travail incessant, soit pour répondre aux demandes et aux consultations qui arrivent de tous côtés, soit pour soutenir ou stimuler le zèle des pasteurs secondaires, et développer la piété dans le cœur des fidèles ; soit pour prévenir ou arrêter la diffusion de doctrines condamnables ou simplement dangereuses ; soit aussi pour procéder à l\u2019érection de nouvelles missions ou de nouvelles paroisses.De là, des mandements, des circulaires, des documents purement épiscopaux ou mixtes et des lettres.Mgr Taschereau n\u2019a pas failli à cette lourde tâche.Ses mandements et ses circulaires, au nombre de cent soixante-dix, sont d\u2019ailleurs des œuvres magistrales qui ont attiré l\u2019attention et souvent l\u2019admiration de tous les penseurs.En outre de ces écrits solennels, si l\u2019ont veut se faire une idée de l\u2019immensité de la correspondance, toujours sur des sujets importants, qu\u2019il suffise de savoir que les seules lettres enregistrées forment six volumes in-folio d\u2019à peu près neuf cents pages chacun.Dans un pays relativement nouveau, où la foi est encore si vivace, la colonisation est nécessairement à l\u2019ordre du jour, mais elle ne saurait marcher sans le concours de la religion.Mgr Taschereau a toujours suivi d\u2019un œil attentif et bienveillant ses progrès, en se faisant le patron des sociétés de colonisation et en fournissant aux nouvelles églises des missionnaires et des curés.Aussi a-t-il eu la consolation d\u2019ériger canoniquement près de quarante paroisses.* Et nous pourrions ajouter qu\u2019un bon nombre de concessions ou de cantons, qui, à cause de leur situation ou de leur faible population, ne pouvaient former des paroisses nouvelles, ont été annexés aux anciennes.Les règles de l\u2019Église prescrivent aux évêques la visite, aussi, fréquente que possible, de leurs diocèses.L\u2019histoire du Canada nous apprend avec quel soin religieux nos premiers pasteurs ont toujours rempli cette importante obligation.Aussi la visite épiscopale n\u2019a pas cessé d\u2019être l\u2019acte le plus populaire des évêques.Cette visite n\u2019offre pas, sans doute, de nos jours, les difficultés qui en étaient autrefois inséparables.Néanmoins cette tournée annuelle de plusieurs mois, sans interruption, par tous les chemins et tous les temps, ne laisse pas d\u2019être toujours pénible.Quoiqu\u2019il en soit, depuis son intronisation sur le siège archiépiscopal, Mgr Taschereau a fait seize visites pastorales et quatre fois le tour du diocèse ; dans ces visites, il a confirmé 115,994 fidèles.On le sait, l\u2019archidiocèse de Québec est riche en institutions d\u2019éducation et de charité.Trois séminaires-collèges, où l\u2019instruction secondaire est donnée à une foule d\u2019enfants et de jeunes gens, sont une pépinière qui fournit sans cesse des élèves pour le sanctuaire et des candidats pour l\u2019enseignement supérieur et pour les professions libérales.L\u2019édifice est couronné par l\u2019Université Laval.Mgr Taschereau a toujours porté un grand intérêt à ces institutions.Nous avons déjà dit ce qu\u2019il a fait au Séminaire de Québec, où il a été successivement professeur, directeur et préfet des études, remplissant ces différentes charges avec une universelle compétence, et laissant partout des traces profondes de son passage intelligent.Outre une refonte complète des règlements du Petit et du Grand Séminaire, ainsi que des traités d\u2019Architecture et d\u2019Astronomie, on lui doit aussi une histoire * A part ces paroisses érigées canoniquement, Son Éminence a établi trente-et-une missions, dont dix ont été délimitées et ont actuellement un curé résidant. \u2014 11 \u2014 inédite du Séminaire de Québec, qui lui a coûté beaucoup de recherches et de travail, très précieuse ressource pour les historiens futurs.Cet intérêt, il n\u2019a jamais cessé, après son élévation à l\u2019épiscopat, de le témoigner à tous ses séminaires.A Québec, il trouve, malgré ses occupations, le temps d\u2019assister aux examens des élèves en théologie ; et c\u2019est toujours avec un nouveau plaisir et avec une vive reconnaissance que les élèves le voient présider aux exercices publics du Petit Séminaire, en particulier aux séances de l\u2019Académie Saint-Denys, qu\u2019il a d\u2019ailleurs lui-même fondée lorsqu\u2019il était chargé de la préfecture des études.A Sainte-Anne et à Lévis, des visites faites aussi fréquemment que possible le mettent à même de surveiller ces établissements si précieux et d\u2019en encourager les progrès.Inutile de parler de la protection soutenue qu\u2019il a toujours accordée à l\u2019Université, par ses mandements et même par plusieurs voyages à Rome, dans les difficultés et les embarras que cette institution a rencontrés sur sa route.Les communautés religieuses d\u2019éducation et de charité ont été une des parts chéries de son héritage épiscopal.Qu\u2019il nous suffise de mentionner le zèle, le dévouement et la protection dont il a daigné entourer le berceau d\u2019une institution qui lui est spécialement chère, le florissant hôpital du Sacré-Cœur de Jésus, qu\u2019il a vu naître dans la pauvreté et se développer d\u2019une manière étonnante, sous la double influence de son action épiscopale et du dévouement des dames religieuses et des zélés bienfaiteurs de cette maison.Les ordres religieux sont, dans l\u2019esprit de l\u2019Église, les auxiliaires presque nécessaires du clergé séculier.Nous avions déjà dans l\u2019archidiocèse deux de ces précieuses communautés : les RR.PP.Jésuites et les RR.PP.Oblats de Marie Immaculée.Sous le règne de Mgr Taschereau, l\u2019archidiocèse s\u2019est enrichi de la congrégation du Très Saint Rédempteur, qui occupe les deux résidences de Sainte-Anne-de-Beaupré et de l\u2019église Saint-Patrice de Québec.Ajoutons aussi l\u2019introduction des Frères du Sacré-Cœur de Jésus, des Clercs de Saint-Viateur, \u2014 12 des Frères de Saint-Vincent de Paul, des Frères de la Charité et des Frères Maristes.Si Mgr Taschereau a vu, malgré les obstacles, le succès couronner ses vues et ses entreprises, il le doit, non-seulement à sa capacité, mais sans aucun doute aussi à sa piété et à son amour envers Notre Seigneur Jésus-Christ.N\u2019oublions pas qu\u2019à peine monté sur le siège épiscopal, il généralisait, dans tout le diocèse, la belle et touchante institution des Quarante-Heures perpétuelles.Aussi Dieu a-t-il béni jusqu\u2019ici le règne de son serviteur fidèle.Son épiscopat a été marqué par la présence de deux délégués du Saint-Siège, Mgr Conroy et Mgr Smeulders, venus pour régler les difficultés pendantes.Dans les deux circonstances, Mgr Taschereau a vu ses idées recevoir la plus haute approbation de la cour romaine.C\u2019est sous son règne aussi qu\u2019a eu lieu le fameux deuxième centenaire de l\u2019érection du siège épiscopal de Québec.On se rappelle les splendeurs de ces fêtes qui avaient amené de tons les points de l\u2019Amérique du Nord tant d\u2019évêques, aussi étonnés qu\u2019heureux de constater l\u2019existence d\u2019un pays si franchement religieux.Enfin Mgr Taschereau a été l\u2019un des plus zélés préconisateurs de l\u2019enseignement de Saint Thomas, dont il encouragea l\u2019application au Séminaire de Québec, même avant la lettre pontificale en faveur de la méthode du Docteur Angélique.Avouons-le, si le Canada pouvait avoir quelque prétention à l\u2019insigne honneur que vient de lui faire le Souverain Pontife, les circonstances étaient singulièrement favorables, puisque le siège métropolitain de Québec était occupé par un homme dont la vaste intelligence, la science profonde et la vertu solide offraient au choix du Saint-Père, un sujet tout-à-fait digne de revêtir la pourpre cardinalice, cette haute dignité n\u2019étant que la récompense d\u2019une vie pleine de mérite.Aussi l\u2019élévation de Mgr Taschereau au rang de Prince de l\u2019Église a suscité autour de son nom un concert d\u2019approbation dont pas une note discordante n\u2019est venue briser l\u2019harmonie.La presse tout entière, protestante comme catholique, n\u2019a eu qu\u2019une voix pour applaudir au décret pontifical et faire l\u2019éloge de Son Éminence le Cardinal Taschereau.* Mgr E.-A.Taschereau fut créé Cardinal par Sa Sainteté Léon XIII, dans le consistoire secret du 7 juin 1886.Le comte Charles Gazzoli, garde-noble de Sa Sainteté, qui avait été chargé d\u2019apporter la calotte à Son Éminence, la lui remit le 29 juin.Mgr Henri O\u2019Bryen, camérier secret de Sa Sainteté, fut nommé ablégat du Saint-Siège pour remettre à Son Éminence la barrette rouge.Les fêtes dites de la Barrette eurent lieu le 21 juillet.Ceux qui ont assisté à cette grande démonstration n\u2019en perdront jamais le souvenir.Son Eminence dut quitter Québec, le 26 janvier 1887, pour se rendre dans la Ville Éternelle.Sa Sainteté Léon XIII lui remettait le Chapeau, dernier insigne du Cardinalat, le 17 mars suivant et lui assignait pour titulaire l\u2019église de Notre-Dame de la Victoire ; Son Éminence en prit possession trois jours après.Depuis le commencement de son épiscopat le Cardinal Taschereau a présidé les trois derniers conciles provinciaux ; il a consacré six évêques f, et ordonné deux cent quatre-vingt prêtres, dont deux cent trente pour le diocèse de Québec.* Cette notice, jusqu\u2019ici, a été prise dans Le Premier Cardinal Canadien ; on y a fait toutefois les quelques modifications que les années apportent nécessairement aux statistiques.f Mgr E.-C.Eabre, Mgr A.Racine, Mgr J.-T.Duhamel, Mgr L.-Z.Moreau, Mgr D.Racine et Mgr L.-N.Bégin. Mgr TASCHEREAU (N° 1) MANDEMENT D\u2019ENTRÉE ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU, par la grace de Dieu et du Siège Apostolique, Archevêque de Québec, Au Clergé Séculier et Régulier, aux Communautés Religieuses et à tous les Fidèles de VArchidiocèse de Québec, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.L\u2019obéissance, Nos Très Chers Frères, l\u2019obéissance à la voix du Vicaire de Jésus-Christ nous fait un devoir de monter sur ce trône archiépiscopal de Québec, illustré par le zèle, la prudence et la vertu de nos prédécesseurs.Dieu nous est témoin que nous n\u2019avons ni recherché, ni désiré cette charge redoutable, dont nous comprenons, aujourd\u2019hui plus que jamais, les dangers et la responsabilité.En méditant sur les jugements de Dieu, nous avons eu souvent occasion jusqu\u2019ici de nous demander à nous-même avec Job : Quid faciamcum surrexerit ad judicandum Deus, et cum quæsierit, quid respondebo illi ?Que ferai-je, O mon Dieu, lorsque vous me jugerez, et que répondrai-je quand vous m'interrogerez ?(Job XXXI.14.) Maintenant que des devoirs plus nombreux et plus importants nous sont imposés, la perspective de ce jugement qui doit scruter tous nos actes et les peser au poids du sanctuaire, nous remplit d\u2019effroi et nous fait oublier 16 \u2014 sans peine les jugements, les reproches et les louanges des hommes.Une seule pensée peut nous consoler et nous rassurer en ce moment ; c\u2019est que Dieu se plaît à manifester sa puissance par les plus faibles instruments, et à confondre la force par ce qu\u2019il y a de plus faible, afin que toute gloire en revienne à Sa Majesté infinie et qu'aucune chair, comme dit le grand Apôtre, ne puisse se glorifier devant lui (I.Cor.I.29.).D\u2019un autre côté, ce Dieu qui est infiniment riche en miséricorde (Eph.IL 4.), a promis d\u2019exaucer les prières de ceux qui l'invoqueraient.Nous comptons, Nos Très Chers Frères, que vous nous obtiendrez par de ferventes supplications le secours dont nous sentons que nous avons tant besoin.11 y va de vos intérêts les plus chers et les plus sacrés, parce que les dons accordés au pasteur rejaillissent sur le troupeau, et que le plus grand malheur qui puisse arriver à un diocèse, est de voir tarir la source destinée à lui distribuer les eaux salutaires de la parole évangélique et de la grâce divine.Nous ne répétons pas ici l\u2019éloge de notre illustre prédécesseur, Monseigneur Charles-François Baillargeon, de sainte mémoire.Le temps qui détruit tout ne saurait vous faire oublier sa charité inépuisable, son zèle ardent, sa douceur pleine de charmes.IL reçoit aujourd\u2019hui la récompense de ses ferventes prières, de ses mortifications continuelles, de cette immolation qu\u2019il fit de lui-même pendant toute sa vie de prêtre et d\u2019évêque, afin de procurer la gloire de Dieu en sauvant les âmes.Nous ne vous parlerons pas de sa mort édifiante et précieuse devant le Seigneur, dont il nous a été donné d\u2019être le témoin ; nous ne rappellerons pas ces obsèques rendues plus magnifiques encore par vos regrets et par vos pleurs que par les imposantes cérémonies qui les ont accompagnées.Toutes ces choses sont gravées en caractères ineffaçables dans vos cœurs et la mémoire du juste sera éternelle, in memoria æterna erit Justus (Ps.CXI.17.).Plaise à Dieu que nous marchions sur les traces d\u2019un si beau modèle, et qu\u2019héritier de son zèle nous puissions entretenir avec soin, et rendre de plus en plus florissante les différentes œuvres diocésaines auxquelles il portait un si vif intérêt ! Et vous, Nos Chers Coopérateurs dans le gouvernement des âmes, vous que le Seigneur a établis avec nous les dispensateurs de ses mystères, nous vous en conjurons par Dieu le Père et par \u2014 17 Jésus-Christ qui jugera les vivants et les worts, teslificor coram Deo et Jesu Christo qui juclicaturus est vivos et mortuos (IL Tim.IV.1.), continuez sous notre épiscopat ces traditions de foi et de zèle qui ont fait la force du clergé canadien et la consolation de nos prédécesseurs.N\u2019ayons tous ensemble qu'un cœur et qu'une âme pour remplir plus efficacement la mission sublime et redoutable que le divin pasteur nous a confiée auprès des âmes rachetées par le sang de l\u2019Agneau immaculé.Pensons souvent au compte terrible que doivent rendre ceux qui gouvernent les peuples, judicium clurissimum his qui præsunt (Sagesse.VI.6.) ; pensons encore plus à la couronne immortelle promise par celui qui veut bien lui-même être la très grande récompense de ses fidèles serviteurs, ego ero mer ces tua magna nimis (G en.XV.1.).Épouses de Jésus-Christ, vierges consacrées à l\u2019exercice de la prière et de la charité, continuez sous le regard de Dieu votre sainte mission ; vous avez tout quitté pour suivre Jésus-Christ, il ne se laissera pas vaincre en générosité et il donnera certainement une récompense au moindre de vos sacrifices.De chacun de vos monastères, que l\u2019encens de votre prière pénètre les nues et monte jusqu\u2019au trône de la miséricorde pour attirer sur nous les bénédictions les plus abondantes.Vous tous, fidèles de ce diocèse, qui nous saluez aujourd\u2019hui comme premier pasteur, que la paix de Notre-Seigneur soit avec vous! Paxvobis! Que les trésors de la bonté divine s\u2019ouvrent en votre faveur et vous enrichissent de tous les dons célestes ! Que la foi inonde votre intelligence de sa lumière vivifiante ; que l\u2019espérance vous anime et vous console dans cette vallée de larmes ; que la charité remplisse vos cœurs de sa douce onction ! L\u2019unique consolation que nous demandons à Dieu en cette vie, est de vous voir toujours ennemis du péché, toujours, en un mot, portant ce vêtement de justice et de sainteté dont Notre-Seigneur vous a revêtus au saint baptême.Vous nous pardonnerez, Nos Très Chers Frères, si après ces salutations générales, nous avons un mot particulier pour une maison qui nous est chère à plus d\u2019un titre.Depuis sa fondation, il y a deux siècles, le Séminaire de Québec a été pour l\u2019épiscopat canadien une pépinière abondante de zélés collaborateurs ; à l\u2019époque de la conquête, nos dignes prédécesseurs, ruinés par 2 \u2014 18 les désastres de la guerre, y ont trouvé une généreuse hospitalité pendant trois quarts de siècle.C\u2019est là que nous avons reçu de maîtres dévoués les bienfaits de l\u2019éducation classique et théologique ; c\u2019est là que plus tard, accueilli avec plus de charité que nous ne méritions, nous avons passé les vingt-neuf ans de notre sacerdoce.Dieu nous a fait la grâce de voir surgir de cette vénérable maison comme un vigoureux rejeton sur un chêne majestueux, l\u2019Université Laval, cette grande et belle institution qui couronne dignement tout notre système d\u2019éducation catholique supérieure.Si quelque chose peut adoucir la peine que nous éprouvons en nous séparant aujourd\u2019hui de nos anciens confrères du Séminaire et de l\u2019Université, ainsi que de leurs nombreux élèves, c\u2019est la pensée que si les liens qui nous unissaient changent de nature, du moins, ils ne sont nullement rompus.La piété, la foi et les autres vertus qui fieurissent dans ce diocèse nous font assez connaître la sagesse des règlements de discipline établis par nos illustres prédécesseurs.Aussi notre intention est-elle de n\u2019y rien changer pour le moment, et de ne les modifier par la suite, que dans la mesure rendue nécessaire par les circonstances.A ces causes, le saint nom de Dieu invoqué, nous renouvelons et confirmons autant que cela peut-être nécessaire : U Toutes les ordonnances, statuts, règlements de discipline, défenses et réserves en vigueur dans l\u2019archidiocèse au moment de la mort de Mgr Baillargeon ; 2° Dans les mêmes limites de temps et de territoire, les pouvoirs donnés par écrit, de confesser, de prêcher, de commuer les vœux, ou de dispenser de certains empêchements, dont jouissaient à la même date les arcliiprêtres et autres prêtres du diocèse; quant aux pouvoirs de même espèce donnés de vive voix par Mgr Baillargeon, ou par les administrateurs, et qui ne sont pas limités à une époque plus rapprochée, ils cesseront tous advenant le premier mai prochain, à moins qu\u2019ils ne soient renouvelés spécialement ; 3° Les pouvoirs dont jouissaient à la même date les prêtres autorisés de vive voix, ou par écrit, à confesser les religieuses. \u2014 19 \u2014 Nous ordonnons aussi que l\u2019onfcontinue comme ci-devant de dire les oraisons Pro Papa et Pro quâcumque necessitate, ainsi que les litanies après la messe.La terrible épreuve que l\u2019Église traverse en ce moment et les malheurs de la France, la patrie de nos ancêtres, font un devoir à tous les cœurs catholiques d\u2019implorer avec ferveur la clémence du Tout-puissant afin qu\u2019il daigne abréger ces jours de tribulation.Telles sont, Nos Très Chers Frères, les premières dispositions par lesquelles nous commençons à exercer l\u2019autorité que Notre-Seigneur nous a confiée pour sa gloire et pour votre bien spirituel.Acceptez-les comme les premiers gages de cet amour que nous vous portons, de ce respect que nous entretenons pour la mémoire de nos illustres prédécesseurs, et du désir qui nous anime de voir régner au milieu de vous la paix et la tranquillité qui naissent du bon ordre.O Marie Immaculée ! patronne de ce diocèse, jetez sur tous vos enfants un regard de miséricorde, illos luos miséricordes oculos ad nos couverte.C\u2019est dans votre vénéré sanctuaire que nous avons reçu l\u2019onction épiscopale, c\u2019est là que nous espérons un jour nous reposer de nos travaux ; vous êtes notre mère, donnez-nous d\u2019être le gardien fidèle de cette grande famille que votre divin Fils confie à notre vigilance et à notre sollicitude.Et vous, O glorieux Patriarche Saint Joseph, qui avez été constitué maître et prince de la maison du Seigneur, gardien de ses plus précieux trésors sur la terre, époux de la Vierge Immaculée, père nourricier de Jésus, nous nous réjouirons toute notre vie que vous nous ayez permis de recevoir fonction épiscopale au jour de votre fête, la première fois que nous la célébrons en vous saluant comme Patron de l\u2019Église Catholique.Vous aussi, vous serez notre consolation et notre espérance.Sous les auspices de Jésus notre Sauveur, de Marie notre mère, de Joseph, patron de ce pays et de toute l\u2019Église, nous commencerons aujourd\u2019hui avec moins de frayeur à remplir le redoutable ministère qui nous est imposé.Sera le présent mandement lu et publié au prône (excepté les articles 2° et 3ü ci-dessus) de toutes les églises ou chapelles paroissiales et autres où l\u2019on fait l\u2019office public, ainsi qu\u2019en chapitre \u2014 20 \u2014 dans les communautés religieuses, aujourd'hui même, ou le premier dimanche après sa réception.Donné à Québec, sons notre seing, le sceau de l\u2019archidiocèse et le contre-seing de notre secrétaire, en la fête de Saint Joseph, patron de l\u2019Église catholique, dix-neuf mars mil huit cent soixante-onze.j E.-A., Arch, de Québec.Par Monseigneur, C.-A.Collet, Eccl., Secrétaire.(N° 2) MANDEMENT POUR LA VISITE PASTORALE DES PAROISSES ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU, par la grace de Dieu et du Siège Apostolique, Archevêque de Québec, .4 tous les curés, missionnaires, vicaires et autres ecclésiastiques chargés du soin des âmes, et à tous les fidèles de notre archidio-cèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Un des premiers devoirs des évêques, est de connaître et, par conséquent, de visiter ceux dont les intérêts spirituels leur ont été confiés.Notre Seigneur nous l\u2019enseigne clairement lorsque, se donnant lui-même comme notre modèle, il dit: Je suis le bon pasteur, je connais mes brebis et elles me connaissent.(S.Jean, X.14.) ' C\u2019est pour accomplir ce grand devoir, Nos Très Chers Frères, que nous nous proposons de visiter successivement toutes les paroisses et missions de ce vaste diocèse, aussitôt que les circons* 21 \u2014 tances nous le permettront.Nous viendrons à vous comme l\u2019envoyé et le représentant de celui qui s\u2019est appelé lui-même le bon pasteur donnant sa vie pour ses brebis.(S.Jean, X.11.) C\u2019est en son nom que nous vous apporterons la consolation, la lumière et la force.Hélas ! qui n\u2019a pas besoin quelquefois de ces trois grands biens que la religion seule peut nous donner dans cette vallée de larmes et de ténèbres ! Elle seule qui peut vous dire comme le Divin Sauveur dont elle est l\u2019organe : Venez à moi, vous tous qui êtes affligés, et je vous consolerai.(Matth.XL 28.) Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés.(Matth.V.5.) Ah ! sans doute, il ne nous sera pas toujours donné de tarir la source de vos larmes; mais nous nous estimerons infiniment heureux si nous pouvons seulement en adoucir l\u2019amertume, et faire briller dans vos cœurs un rayon de consolation et d\u2019espérance.Nous viendrons à vous, Nos Très Chers Frères, au nom de celui qui a dit : Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres.(Jean, VIII.12.) Combien de pauvres âmes ont besoin de cette lumière pour connaître Dieu, pour se connaître elles-mêmes; combien de doutes à résoudre, d\u2019inquiétudes à dissiper, de conseils à demander ! Voilà pourquoi la Sainte Église, inspirée par l\u2019esprit de Dieu dans les belles prières qui accompagnent la consécration d\u2019un évêque, demande une grâce spéciale pour que le nouveau pasteur puisse remplir ce ministère à la fois redoutable et consolant.« O Dieu, s\u2019écrie-» t elle par la bouche du Pontife consécrateur, O Seigneur trois » fois saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, faites que ce nou-» vel évêque soit un servi'eur fidèle et prudent que vous puissiez » établir sur votre maison, pour y donner à vos enfants une nour-» riture salutaire en temps opportun ; que sa sollicitude ne se » ralentisse jamais ; qu\u2019il ne place jamais la lumière au lieu des » ténèbres, ni les ténèbres au lieu de la lumière ; qu\u2019il n\u2019appelle » point bien ce qui est mal, ni mal ce qui est bien ; qu\u2019il se con-» sidère comme le débiteur des savants et des ignorants, afin » d\u2019acquérir des mérites par le progrès qu\u2019il fera faire aux lins » comme aux autres.Pour cela, multipliez sur lui votre béné-» diction et votre grâce ! » Or, Nos Très Chers Frères, la sainte Église est l\u2019épouse bien-aimée de Jésus-Christ qui s\u2019est livré à la la mort pour la sanctifier, la vivifier, la rendre toute belle et toute \u2014 22 \u2014 agréable à ses yeux.(Eph.X.27.) Elle est notre mère ; elle est un corps mystique dont il est le chef suprême.(Eph.I.22.) La prière de cette épouse et de cette mère est d\u2019une grande valeur aux yeux de notre Sauveur, et comme ce n\u2019est pas pour nous-même, mais pour votre avantage spirituel, et pour le bien de vos âmes rachetées par le sang de l\u2019agneau immaculé, que ces grâces sont demandées et accordées, espérons, Nos Très Chers Frères, que malgré notre indignité, cette prière aura son effet, et que nous pourrons exercer avec quelque fruit en votre faveur ce ministère que Jésus-Christ nous a confié.Nous venons enfin vous fortifier.Cette vie est un combat perpétuel contre des ennemis nombreux et acharnés.Les forts ont besoin d\u2019être soutenus, les faibles et les timides d\u2019être encouragés ; ceux qui ont eu le malheur de se laisser vaincre, attendent qu\u2019une main secourable vienne les relever : tous, comme dit l\u2019apôtre Saint Paul, ont besoin de la gloire de Dieu (Rom.III.23.) ; c\u2019est-à-dire que tous nous devons attendre de Dieu la force qui nous est nécessaire pour résister à tant d\u2019ennemis.C\u2019est encore par le ministère des pasteurs que Dieu accorde cette grâce; malheur à nous si par notre négligence à vous visiter, à vous consoler, à vous fortifier, nous mettions obstacle à ses desseins de miséricorde et rendions inutiles les trésors spirituels qui nous ont été confiés pour vous enrichir et vous fortifier.C\u2019est pourquoi, Nos Très Chers Frères, empruntant les paroles du grand apôtre, nous vous dirons: Nous sommes les ambassadeurs de Jésus-Christ auprès de vous et c'est lui qui vous exhorte par notre bouche h ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu.Car il dit: Au temps favorable je vous ai exaucé et au jour du salut je vous ai secouru.Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut.(II Cor.V.20.et VI.1.2.) Nous sommes heureux de pouvoir vous rendre ce beau témoignage, Nos Très Chers Frères, que jusqu\u2019à présent la visite de l\u2019évêque a été toujours et partout le signal de conversions éclatantes et l\u2019occasion de faveurs signalées de la part de Dieu.La joie, le respect et la soumission ont constamment accueilli la visite de votre premier pasteur.Bien des fois nous avons entendu de la bouche de nos vénérables prédécesseurs et de ceux qui les avaient accompagnés, le récit de ces merveilles de la grâce et de ces marques de foi vive et de piété filiale qui \u2014 23 \u2014 leur faisaient oublier les fatigues de leurs courses apostoliques au milieu de vous.Nous en bénissons Dieu de tout notre cœur et nous ne cesserons de l\u2019en louer tous les jours de notre vie, tout en le priant instamment de conserver et d\u2019augmenter en vos cœurs ces dispositions salutaires.Nous en avons la douce confiance ; notre passage au milieu de vous ne sera pas sans fruits, et à notre tour nous pourrons redire avec quelle sainte joie vous nous aurez accueilli, avec quelle avidité vous aurez écouté notre parole, avec quelle fidélité vous aurez correspondu à la grâce de Dieu.Mais afin que la bonté divine accorde cette faveur à vous et à nous, adressons au ciel de ferventes prières pour implorer cette bénédiction infiniment plus désirable que tous les trésors de ce monde.Prions tous ensemble, parce que Jésus a promis d'etre au milieu de scs disciples réunis en son nom (Matth.XVIII.20), et que son père accorderait tout ce que nous demanderions en son nom (Jean XVI.23.).O Divin Sauveur ! accordez à votre peuple fidèle, à vos enfants chéris, à ces âmes que vous avez rachetées au prix de votre sang, accordez un cœur docile (III Rois III.9.) afin qu\u2019ils correspondent à vos adorables desseins de miséricorde avec un cœur vraiment grand et une volonté pleine d'ardeur (II.Machab.I.3.1.Mettez dans notre cœur et dans notre bouche l\u2019onction céleste de votre charité, afin que nous puissions répandre partout où nous irons, ce feu que vous êtes venu allumer sur la terre et dont vous désirez si ardemment que tous les cœurs soient embrasés (Luc XII.49.).A ces causes, le Saint Nom de Dieu invoqué, nous réglons ce qui suit : 1° Les trois dimanches qui précéderont notre arrivée dans chaque paroisse, ou mission, conformément au tableau ci-joint, on récitera trois fois l\u2019oraison dominicale et la salutation angélique à la suite de la grand\u2019messe, afin d\u2019implorer la grâce de Dieu sur nous et sur les prêtres qui nous accompagneront, ainsi que sur la paroisse ou mission que nous devons visiter.2° Nous nous rendrons à\tle\t(voyez l'itinéraire ci- joint).Environ un quart d\u2019heure après notre arrrivée, l\u2019on donnera une instruction familière ou conférence, après laquelle nous partirons du presbytère pour faire notre entrée solennelle 24 de la manière prescrite par le rituel.Après l\u2019entrée, l\u2019ordre des exercices sera expliqué, puis nous ferons la visite du tabernacle et enfin nous donnerons la bénédiction du Saint Sacrement.3° Nous ferons en temps commode la visite des fonts baptismaux, du cimetière, de l\u2019église et de ses dépendances.4° Messieurs les Marguilliers qui iront pas encore rendu leurs comptes doivent le faire au plus tôt, afin de les présenter à notre examen.Tous ces comptes devront être clos et arrêtés.5° Nous donnerons une attention particulière à l\u2019exécution des ordonnances rendues dans les visites précédentes.G® Monsieur le Curé devra nous présenter 1° un rapport sur l\u2019état de sa paroisse ; 2° un inventaire du linge et des ornements de son église ; 3° un tableau des indulgences et des messes de fondation, s\u2019il y en a.7° Nous nous ferons un devoir de recevoir et d\u2019entendre toutes les personnes qui désireront nous parler en particulier.8° Les confesseurs entendront d\u2019abord les confessions des personnes qui doivent être confirmées, et ensuite celles des autres paroissiens.9° Messieurs les Marguilliers auront l\u2019attention de procurer à nous et aux personnes de notre suite, les voitures nécessaires pour nous transporter à la paroisse suivante.Sera notre présent mandement lu au prône de la messe paroissiale, le premier dimanche après sa réception.Donné à l\u2019Archevêché de Québec, sous notre seing, le sceau de l\u2019archidiocèse, et le contre-seing de notre Secrétaire, le vingt-cinq mars, en la fête de l\u2019Annonciation, mil huit cent soixante-onze.-j- E.-A., Arch, de Québec.Par Monseigneur, C.-A.Collet, Sous-Diacre, Secrétaire.Note confidentielle.\u2014La visite épiscopale ne pouvant produire le bien que Tou en doit attendre, si l\u2019évêque visiteur n\u2019est \u2014 25 \u2014 pas mis au fait, tant du bien qui s'opère dans la paroisse que des abus et des désordres qui peuvent s\u2019y trouver, Messieurs les curés sont priés de dresser d\u2019avance et de nous remettre, dès notre arrivée dans leur paroisse, les notes qu\u2019ils jugeront à propos de nous donner sur ce sujet.Personne ne doit se présenter à la confirmation en habit de chœur ou dans le chœur.Nous invitons Messieurs les curés à se conformer exactement au dispositif du présent mandement, et à ce qui est prescrit dans l\u2019appendice du rituel (page 103) concernant la visite épiscopale.f E.-A., A.Q.(No 3) CIRCULAIRE AU CLERGÉ f Archevêché de Québec, {\t3 avril 1871.Monsieur le Curé, On annonce les élections comme devant avoir lieu prochainement dans cette province.Vous n\u2019ignorez pas quels désordres ont malheureusement lieu à cette occasion.La gloire de Dieu, le salut des âmes qui nous sont confiées et le bien de la société entière, exigent que le clergé déploie tout son zèle pour prévenir ces désordres, ou du moins les diminuer autant que possible.C\u2019est dans ce but que je vous envoie, avec la présente circulaire, la traduction du neuvième décret du quatrième concile provincial de Québec et deux sections du mandement collectif des Pères du môme concile où il est question des élections et du serment.J\u2019ai cru que ces documents expliqués avec soin et prudence auraient plus d\u2019autorité qu\u2019un mandement spécial.Vous pourrez \u2014 26 \u2014 même faire remarquer à vos paroissiens que le décret a été approuvé par Notre Saint Père le Pape et que le mandement des Évêques n\u2019en est que le commentaire.J\u2019ai dit tout à l\u2019heure que ces documents doivent être expliqués avec soin cl avec prudence.Si c\u2019est une obligation grave pour tout pasteur de préparer avec soin les instructions qu\u2019il est tenu par la loi divine et par la loi ecclésiastique, de donner à son peuple, cette obligation devient plus grave encore lorsqu\u2019il s\u2019agit de mettre une digue à des désordres nombreux et divers, dont les conséquences sont si déplorables pour l\u2019Église et pour la société entière.Je vous prie de méditer attentivement les principes exposés dans ces documents, afin de pouvoir les expliquer clairement et brièvement à vos paroissiens.C\u2019est à cela que doit se borner votre part dans les élections, à moins que des circonstances tout-à-fait extraordinaires n\u2019en demandent davantage ; mais alors vous ne devrez pas vous écarter de la prescription du quatrième concile de Québec.« Hæc fideliter doceant populum » suum past ores, tanquam fideles ministri Christi ; in his insistant, » sistantque in omni charitale cl patientia ; nec ultra procédant )) CIRCUMSTANTIIS CONSUETIS ; ET SI QUÆ PARTICULARS AUT EXTRA-» ORDINARIÆ OCCURRANT CIRCUMSTANTIÆ, MAXIME CAVEANT NE QUID )) MOLIANTUR INCONSULTO EPISCOPO.» Je vous recommande aussi la prudence, parce qu\u2019en temps d\u2019élection les passions politiques excitent les hommes à la défiance, et qu\u2019il ne faut pas exposer, sans une extrême nécessité, le clergé aux haines et aux vengeances des partis politiques.C\u2019est surtout dans ce que vous direz en chaire que vous devrez peser vos paroles afin de n\u2019offenser personne, tout en disant la vérité et exposant les vrais principes qui doivent guider un électeur chrétien.Quatre désordres doivent particulièrement fixer votre attention : 1° le parjure ; 2° l\u2019intempérance ; 3rj la vente et l\u2019achat des suffrages ; 4° les violences contre la liberté des élections.Comme ces points sont suffisamment développés dans les documents que je vous envoie, je m\u2019abstiens de vous en dire plus long.Vous lirez et expliquerez ces documents à votre peuple dès que vous verrez que l\u2019on commence à s\u2019occuper des élections.De \u2014 27 \u2014 plus, le dimanche qui précédera le jour de l\u2019élection, vous lirez une seconde fois les extraits du mandement des Pères du quatrième concile.Une fois les élections terminées, vous exhorterez vos paroissiens à oublier tout ce qui aurait pu se dire ou se faire d\u2019offensant durant ces temps de trouble et d\u2019excitation.Vous exhorterez les vainqueurs à la modération et à la charité; vous tâche-rez de consoler les vaincus et vous les inviterez à concourir avec bonne volonté dans tout ce qui peut contribuer au bien public de la paroisse, ou du comté, sans conserver de rancune contre personne.Ce sera un grand bonheur pour notre pays si l\u2019on peut y comprendre que la concorde est un bien inestimable et une source intarissable de bonheur et de prospérité.Recevez, Monsieur le Curé, l\u2019assurance de mon sincère attachement, j E.-A., Arch, de Québec I NEUVIÈME DÉCRET DU QUATRIÈME CONCILE PROVINCIAL DE QUÉBEC.Des élections politiques et administratives.« Tout le monde sait par une trop déplorable expérience que les élections des députés de l\u2019assemblée législative et les élections des conseillers municipaux, sont devenues pour notre peuple, sinon la cause, au moins l\u2019occasion certaine et très redoutable de corruptions, de désordres et de péchés innombrables de toutes sortes, de mensonges, de calomnies, de fourberies, d\u2019ivrogneries, de querelles, de blasphèmes, de parjures, etc., et les choses en sont déjà même arrivées à un tel point que les électeurs et leurs partisans semblent livrés à un esprit de vertige et d\u2019erreur.Hélas ! dans ces jours d\u2019iniquité, combien n\u2019y en en a-t-il pas qui ne craignent point de fermer l\u2019oreille à la voix de leur conscience, de mettre en oubli la crainte de Dieu, et Dieu lui-même, comme si tout alors leur était permis ; ou comme si Dieu ne les voyait point, ou bien qu\u2019il ne dût point s'en souvenir, et les juger.(Ps.X.) 28 \u2014 » Que les Prêtres, ministres du Seigneur, élèvent donc leur voix contre un tel renversement de tous les principes de la religion et des moeurs, qu\u2019ils s\u2019élèvent avec force contre un mal aussi grave et aussi funeste ; que les Pasteurs des âmes fassent entendre leur voix : et qu'ils annoncent à leur peuple les pêchés dont ils sont coupables et aux enfants de l'Eglise leurs crimes.(Isaie, LVIII.1.) Qu\u2019ils ne se lassent point, et qu\u2019ils ne craignent point les clameurs des impies et des hommes pervers.» Que ces mêmes Pasteurs, en outre, ne négligent rien pour prémunir les Fidèles contre les séductions, les scandales et tous les dangers de ces jours mauvais : que longtemps avant l\u2019époque de ces élections, mais surtout qu\u2019au temps même où elles doivent avoir lieu, ils leur rappellent avec soin que Dieu est le maître des dominateurs, et le souverain Seigneur des élections ; que c\u2019est lui-même qui jugera un jour et les électeurs, et les candidats et les élus, et qu'il rendra à chacun solon ses œuvres (Rom.II.6.) et qu\u2019il n\u2019épargnera pas plus celui qui aura péché dans les élections que celui qui aura péché hors des élections.» Qu\u2019ils les instruisent avec soin de leurs devoirs relatifs à ces élections, inculquant fortement que la même loi qui confère aux citoyens le droit de suffrage, leur impose en même temps la grave obligation de le donner quand il le faut, et cela toujours suivant leur conscience et devant Dieu, tant pour le plus grand bien de la religion que pour celui de l\u2019état et de leur patrie ; qu\u2019en conséquence ils sont toujours obligés devant Dieu, et en conscience, de donner leur suffrage au candidat qu\u2019ils jugent avec prudence être réellement honnête, et capable de remplir la charge si importante qui lui est confiée, savoir, de veiller au bien de la religion et de l\u2019état, et de travailler fidèlement à le promouvoir et à le conserver.D\u2019où il suit évidemment que tous ceux qui vendent leur suffrage, ou qui le donnent, pour quelle que cause que ce soit, à un candidat qu\u2019ils savent être indigne, pèchent non seulement devant les hommes, mais aussi devant Dieu.» Que les Pasteurs enseignent fidèlement ces choses à leur peuple comme de fidèles ministres de Jésus-Christ ; qu\u2019ils insistent sur ces choses et s\u2019en tiennent là en toute charité et patience, sans aller au-delà dans les circonstances ordinaires.Et s\u2019il arrive \u2014 29 \u2014 quelques circonstances particulières ou extraordinaires, qu\u2019ils se gardent bien de rien faire sans avoir consulté leur Évêque.» IL EXTRAITS DE LA LETTRE PASTORALE DES PÈRES DU MÊME CONCILE, 14 mai 1868.§ V.Politique et Élections.« La vraie et parfaite liberté et égalité des hommes, dit Pie IX, ont été mises sous la garde de la loi chrétienne, puisque le Dieu tout puissant, qui a fait le petit et le grand, el a soin de Vun et de Vautre (Sagesse, VI.8.), jugera sans acception de personne et n\u2019exemptera personne de ce jugement universel de justice dont il a fixé le jour (Actes, XVII.31.), dans lequel Jésus-Christ viendra dans la gloire de son Père, avec ses anges pour rendre à chacun selon ses œuvres (S.Maith.XVI.27.).» (Encyclique du 8 décembre 1849.) Des hommes qui veulent vous tromper, Nos Très Chers Frères, vous répètent que la religion n\u2019a rien à voir dans la politique.Ne pouvant pas, ou n\u2019osant pas nier la vérité de ce jugement que Jésus-Christ doit un jour exercer sur tous les hommes, ils veulent en restreindre l\u2019objet à la conduite privée.Ils admettent bien que, dans la conduite privée, il n\u2019est pas permis de penser d\u2019une manière déraisonnable, de parler comme un insensé, d\u2019agir sans vérité, sans honneur et sans pudeur ; ils veulent bien reconnaître que le clergé a raison de demander au nom de Dieu que l\u2019on s\u2019abstienne de ces énormités dans la conduite privée.Mais du moment qu\u2019il s\u2019agit de politique, ces mêmes hommes nous accusent de tyrannie et de despotisme intolérable, parce que nous réprouvons la licence effrénée de tout penser, de tout dire, de tout faire.Eh quoi ! nous refuserait-on le droit de protester contre des idées extravagantes, contre des paroles licencieuses, contre le vol, contre le parjure, contre les violences injustes, contre le blasphème, contre l\u2019intempérance, contre le meurtre même, du moment que ces excès se feraient au nom de la liberté au nom d\u2019un parti politique, au nom d\u2019une opinion quelconque ?C\u2019est ainsi que l\u2019on s\u2019efforce de détruire dans la politique toute idée de justice, de vérité, de droit, d\u2019honneur et de religion. so- il Or, dit Pie IX, là où la religion est bannie de la société civile, et la doctrine et l\u2019autorité de la révélation divine rejetées, la vraie notion de la justice et du droit humain s\u2019obscurcit et se perd, et la force matérielle prend la place de la justice et du vrai droit.»\t(Encyclique du 8 décembre 1864.) Ainsi l\u2019on veut bannir Dieu de la société civile, et s\u2019affranchir de sa loi sainte dans sa conduite publique.L\u2019on oublie que le môme Dieu qui doit juger les individus, est aussi celui qui juge les peuples (Ps.VII.9.).L\u2019on oublie qu\u2019il exercera un jugement terrible sur ceux qui gouvernent.« Prêtez donc l'oreille à mes paroles, dit le Saint-Esprit dans le livre de la Sagesse (Chapitre VI), vous qui gouvernez la multitude.Considérez que vous avez reçu la puissance du Tics-Haut, qui interrogera vos œuvres, scrutera même vos pensées ; parce qu'étant les ministres clc son royaume, vous n'avez pas gardé la loi de la justice, ni marché selon sa volonté.Aussi viendra-t-il à vous d'une manière effroyable pour vous juger avec une extrême rigueur.» C\u2019est depuis que l\u2019on a commencé à semer ces doctrines perverses, que notre pays, autrefois si paisible et si heureux, a été le théâtre de scènes déplorables de violence, de désordres et de scandales de toute espèce dans les élections.Des hommes qui trouvent leur intérêt à égarer le peuple, ont exalté sans mesure sa liberté et son indépendance, pour mieux réussir à le faire servir d\u2019instrument aveugle à leur ambition.Ils ont d\u2019abord posé ce faux principe, contre lequel nous venons de protester, que la religion n\u2019a rien à faire dans la politique ; ensuite ils ont soutenu que, pour vous déterminer dans le choix d\u2019un candidat, vous n\u2019aviez d\u2019autre règle à suivre que votre bon plaisir et le caprice de votre volonté ; et enfin mettant de côté toute vérité et toute justice, ils en sont venus jusqu\u2019à permettre de dire et d\u2019oser tout ce que l\u2019on croirait capable de faire triompher le candidat de son choix.Erreurs montrueuses, Nos Très Chers Frères ; et malheur au pays où elles viendraient à prendre racine ! Malheur au gouvernement qui prétend régner sans Dieu ; malheur au peuple qui, dans l\u2019exercice de ses droits politiques, méconnaît les lois imprescriptibles de la saine raison et de la justice ! Loin de nous la pensée de vous contester cette liberté et cette indépendance véritables que la constitution de notre pays vous ft \u2014 31 \u2014 garantit; Ce que nous déplorons, ce que nous condamnons, c\u2019est l\u2019abus que l\u2019on en fait, ce sont les excès auxquels on se livre, comme si cette liberté et cette indépendance autorisaient à fouler aux pieds toutes les lois divines et humaines.Souvenez-vous que Dieu jugera un jour vos élections ; il vous demandera compte de vos intentions, de votre choix, de votre suffrage, de vos paroles et de vos actes dans l\u2019exercice de ce droit important.En môme temps que la constitution vous donne la liberté de choisir vos mandataires, Dieu vous fait une obligation de n\u2019user de cette liberté que dans la vue du bien public et de ne donner vos suffrages qu\u2019à des hommes capables de le procurer, et sincèrement disposés à le faire.De là suit une autre obligation pour vous : celle de vous appliquer à bien connaître ceux qui briguent vos suffrages.Certes, vous seriez coupables d\u2019une bien grande imprudence devant Dieu et devant les hommes, si vous donniez votre voix au premier venu qui se présente avec de belles paroles, sans vous mettre en peine de sa capacité, et surtout de ses principes.Pour défendre vos intérêts religieux et civils, vous ne pouvez pas compter sur un homme qui n\u2019est pas religieux et d\u2019une probité à toute épreuve.Quelle confiance pourriez-vous avoir dans un impie qui se moque de la conscience, de la religion et de Dieu môme ?dans un homme qui ne fréquente les églises que dans le temps des élections ?dans un homme qui se vante d\u2019obtenir son élection par la fraude, par la violence, par la calomnie, par le parjure ?dans un homme qui veut acheter votre suffrage à prix d\u2019argent ?Ne craignez-vous pas qu\u2019après vous avoir achetés, il ne vous vende à son tour et avec grand profit pour lui-même, mais au grand détriment de vos plus précieux intérêts ?Oh ! Nos Très Chers Frères, n\u2019est-ce pas une honte pour notre pays qu\u2019il se soit trouvé des électeurs qui ont eu la bassesse de mettre leur suffrage à prix d\u2019argent ; qui ont promis leur voix à ceux qui leur promettaient plus d\u2019argent ; qui ont donné, ou plutôt vendu leur suffrage pour de l\u2019argent ?Quelques-uns sont allés encore plus loin dans cette carrière de déshonneur : ils ont sacrifié leur liberté et leur indépendance afin de satisfaire leur malheureux penchant pour les liqueurs enivrantes ! \u2014 82 \u2014 Parce que la justice humaine est impuissante à atteindre ceux qui se rendent coupables de ces iniquités et de ces infamies, vous persuaderiez-vous que le souverain Juge n\u2019en demandera aucun compte ?Croyez-vous qu\u2019au tribunal de la justice infinie, la corruption, la calomnie, le mensonge, la violence, le parjure, la haine, l\u2019intempérance et autres excès, ne seront pas punis, parce qu\u2019ils auront été commis en temps d\u2019élection ?Non, non, Nos Très Chers Frères, ceux qui font alors de telles choses, sous prétexte de soutenir leur cause, fût-elle la meilleure du monde, porteront infailliblement la peine de leur iniquité.§ VI.Du Serment.Le nom de Dieu est saint et terrible, (Ps.CX.9.) il ne doit être prononcé qu\u2019avec le plus profond respect, et le Seigneur ne tiendra pas pour innocent celui qui aura pris en vain le nom du Seigneur son Dieu (Exode, XX.7.).Il est encore écrit dans nos Livres saints : Vous ferez serment en disant : Vive le Seigneur ; mais que ce soit avec vérité, avec discrétion et avec justice (Jérémie, IV.2.).Celui qui fait serment, prend à témoin de la vérité de ce qu\u2019il dit, le Dieu de toute vérité.Le serment est un hommage rendu à la souveraine véracité de Dieu.Mais aussi le parjure a été considéré par tous les peuples comme un outrage énorme à la Divinité, comme un crime abominable, digne des plus terribles châtiments.Nous ne pouvons vous le dissimuler, Nos Très Chers Frères, nous sommes épouvantés de voir avec quelle facilité certains hommes, oubliant la crainte de Dieu, osent se parjurer, soit devant les tribunaux, soit dans les temps d\u2019élection.Ainsi, pour un vil intérêt, pour assurer le triomphe d\u2019un candidat quelquefois indigne de la moindre confiance, on profane le nom adorable de Dieu.Et, ce qui met le comble à cette iniquité, et nous fait redouter pour notre pays les effets de la juste indignation du Seigneur, c\u2019est qu\u2019on ne craint pas de justifier de pareilles énormités : on essaie de se faire une fausse conscience et de pallier à ses propres yeux tout ce qu\u2019il y a d\u2019impie et d\u2019abominable dans le parjure.Pourrions-nous, Nos Très Chers Frères, garder le silence sur une pareille impiété et sur un si grand désordre social ?Pourrions-nous ne pas vous rappeler ici la sainteté du serment ? \u2014 38 \u2014 C\u2019est toujours un péché mortel de faire serment pour affirmer une chose que l\u2019on sait être fausse.C\u2019est toujours un péché mortel de se parjurer pour affirmer que l\u2019on est électeur ou que l\u2019on possède réellement et de bonne foi des biens suffisants, tandis que la conscience crie le contraire.C\u2019est toujours un péché mortel d\u2019engager quelqu\u2019un à se parjurer.Craignez ce grand Dieu qui tient vos vies entre ses mains ; craignez d\u2019offenser ce Juge souverain qui est le témoin de toutes vos pensées et de toutes vos paroles et qui a le pouvoir non-seulement cle vous donner la mort, mais encore de précipiter vos âmes dans les flammes éternelles (S.Luc, XII.5.).Eh ! que vous servira d\u2019avoir, par des moyens illicites, par la fraude, par la violence, par le parjure, gagné une élection, ou même gagné l'univers entier, si vous perdez votre âme pour l'éternité ?(S.Matth.XVI.28.) (N° 4) CIRCULAIRE AU CLERGÉ ( Archevêché de Québec, 1\t22 avril 1871.I.Souscription proposée en faveur du Collège de Sainte-Anne.IL Augmentation du tarif pour les messes basses.Monsieur, I Le Collège de Sainte-Anne se trouve en ce moment dans un embarras financier qni en compromet l\u2019existence, si l\u2019on ne vient à son secours promptement et efficacement.Je n\u2019ai pas besoin d\u2019insister sur les motifs particuliers que peut avoir le clergé de 3 \u2014 34 faire en cette circonstance quelques sacrifices, pénibles sans doute, mais jusqu\u2019à un certain point nécessaires pour son honneur et pour celui de la religion.Il faut considérer aussi que ce collège est une pépinière de prêtres pour l\u2019Archidiocèse, et que sans son concours il serait impossible de pourvoir à tous les besoins nouveaux que l\u2019accroissement de la population y fait naître.Pour plusieurs d\u2019entre vous vient s\u2019ajouter le motif de la reconnaissance envers un établissement où ils ont reçu leur éducation classique et ecclésiastique.Afin de parvenir à ce but, d\u2019après l\u2019avis d\u2019un certain nombre de membres du clergé, j'ouvre une double liste de souscriptions.L\u2019une est destinée à amortir une assez grande partie du capital, pour que les ressources du collège puissent suffire non-seulement à payer les intérêts de la dette qui restera, mais encore à diminuer chaque année une partie du capital.L\u2019autre liste renfermera les souscriptions nécessaires pour aider le collège à payer les mêmes intérêts jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient tellement diminués, que l\u2019allocation annuelle du gouvernement, réunie avec le produit de la ferme, suffise à les payer, ainsique les rentes viagères dont le collège se trouve chargé, et laisse même un surplus pour diminuer ce qui restera du capital.Si mes espérances se réalisent, dans dix ans le collège sera en état de faire face honorablement à ses affaires.M.le Grand-Vicaire Poiré s\u2019est inscrit en tête pour mille louis, payables en dix parts égales annuelles.L\u2019Archevêché donnera douze cent cinquante louis, le Séminaire et les Ursulines chacun mille louis, deux membres du clergé chacun cinq cents louis, un autre deux cent cinquante, plusieurs cinquante.On espère réaliser de cette manière mille louis par année pendant les dix ans.M.le Grand-Vicaire Poiré, qui donne si noblement l\u2019exemple, s\u2019est chargé d\u2019écrire lui-même à un certain nombre de confrères, afin de compléter cette première liste.Gomme les intérêts iront en diminuant chaque année par l\u2019amortissement du capital, et que d\u2019un autre côté la somme fournie par le collège pour payer les intérêts restera la même, la souscription dans la seconde liste ira en diminuant d\u2019un dixième chaque année ; par exemple celui qui donnera vingt louis la première année n\u2019aura à en donner que dix-huit la \u2014 35 \u2014 seconde, seize la troisième et ainsi de suite, de sorte que le montant total de cette souscription, que je propose comme exemple, serait de cent dix louis.M.le Grand-Vicaire Poiré s\u2019est encore inscrit en tête de cette seconde liste pour la somme de cent louis.Gomme il s\u2019agit d\u2019une œuvre qui intéresse grandement le bien de la religion dans tout l\u2019Archidiocèse, j\u2019autorise messieurs les curés à proposer à leurs fabriques de souscrire à l\u2019une ou à l\u2019autre liste.Il est aussi à présumer que l\u2019on trouvera parmi les laïques qui ont autrefois étudié à Sainte-Anne, ou autres qui aiment à faire des bonnes œuvres, des secours qui, sans être considérables en eux-mêmes, pourront toutefois par leur multiplicité contribuer notablement à alléger le fardeau.Messieurs les curés pourront s\u2019adresser pour cela à quelques-uns de leurs paroissiens en particulier, mais je n\u2019autorise pas d\u2019appel public.Pour peu que chacun veuille y mettre de zèle, nous réussirons avec la grâce de Dieu.Je comprends parfaitement que personne ne s'empressera de souscrire si l\u2019on ne peut lui donner l\u2019assurance positive que le remède sera efficace.Aussi toutes les mesures sont-elles prises en vue de satisfaire à cette juste demande.Les calculs qui ont été faits mettent les choses au pire, et pour n\u2019en citer qu\u2019un exemple, on a supposé que les rentes viagères continueraient à être exigibles dans leur intégrité encore au-delà des dix années, et on y a pourvu en conséquence, afin que si, contre toute probabilité, elles sont encore les mêmes, on ait pour les rencontrer des ressources assurées qui pourront toujours être employées à amortir le capital et à diminuer les intérêts, si on n\u2019en a pas besoin pour les rentes.De plus, une fois les listes de souscription remplies, elles seront soumises à l\u2019appréciation d\u2019un comité qui se réunira sous la présidence de l\u2019Archevêque, ou de son député, pour examiner, d\u2019un côté, les comptes du collège et s\u2019assurer par lui-même du montant exact des dettes et des rentes viagères, et, de l\u2019autre, voir jusqu\u2019à quel point les souscriptions promises pourront certainement faire sortir le collège de son embarras.Les souscriptions ne seront valables qu\u2019à partir du moment où ce comité par sept voix sur neuf, aura jugé qu\u2019il en est ainsi.Voici les noms \u2014 36 \u2014 de ceux qui en feront partie : MM.les grands vicaires Proulx et Poiré.MM.Buteau, Delâge, Déziel, N.T.Hébert, Forgues, Bol-duc et Ad.Legaré.Mais afin que ce comité puisse savoir au juste sur quoi nous pourrons compter d\u2019une manière certaine, les souscripteurs de chacune des deux listes devront s\u2019attendre à donner un billet promissoire en forme, et valable contre la succession en cas de mort du souscripteur avant le payement intégral du montant promis.Pour éviter certaines difficultés faciles à prévoir, ces billets seront au nom de la corporation archiépiscopale.Chaque année au mois d\u2019août, le môme comité examinera les comptes avec l\u2019Archevêque ou son député et aura pouvoir, par les deux tiers de ses membres, de délier les souscripteurs de tout payement ultérieur si les circonstances devenaient telles que l\u2019on dût juger inutile la continuation des memes sacrifices.La Corporation du collège, avec mon approbation, s\u2019est engagée à faire célébrer chaque mois à perpétuité une messe pour tous ceux qui lui seront venus en aide dans cette circonstance.Comme il est absolument nécessaire que je connaisse bientôt sur quoi je pourrai compter, vous êtes instamment prié, Monsieur, de me donner une réponse écrite affirmative ou négative, avant la fête de l\u2019Ascension.Vous voudrez bien aussi recommandera Notre Seigneur cette grave affaire.Que la Sainte Vierge, Saint Joseph et Sainte Anne nous aident par leur puissante intercession ! II A cette occasion je crois devoir mettre à exécution un changement de tarif dont il avait été question du temps de mon vénérable prédécesseur, et que l\u2019on a adopté dans d\u2019autres diocèses.Ce changement est devenu pour ainsi dire nécessaire par celui qui s\u2019est opéré dans notre système monétaire et dans la valeur de l\u2019argent.A partir donc de la réception de la présente, le tarif des basses messes sera de vingt-cinq centins, ou d\u2019un quart de piastre.Les prêtres qui ont reçu des intentions de messes suivant l\u2019ancien taux, devront les acquitter avant celles qui leur \u2014 37 seront confiées d\u2019après le nouveau.Il conviendra que votre peuple soit averti sans délai du changement.Recevez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement, j E.-A., Arch, de Québec.(No 5) CIRCULAIRE AU CLERGÉ f Archevêché de Québec, {\t24 avril 1871.Monsieur, A propos des élections prochaines, le Journal des Trois-Rivières et le Nouveau-Monde ont publié un programme politique, à l\u2019usage des catholiques de la Province de Québec.Je crois devoir vous informer que ce programme ne m\u2019a été connu que par les journaux, et que, par conséquent, il a le grave inconvénient d\u2019avoir été formulé en dehors de toute participation de l\u2019épiscopat.Je déclare donc qu\u2019il ne saurait autoriser aucun membre du clergé de l\u2019arcliidiocèse à dépasser les limites tracées par le quatrième Concile de Québec, et que je vous ai rappelées dans ma circulaire du 3 courant.Recevez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement, j E.-A., Arch, de Québec. MANDEMENT AU SUJET DU VINGT-CINQUIÈME ANNIVERSAIRE DU COURONNEMENT DE NOTRE SAINT PÈRE LE PAPE PIE IX ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU, par la grace de Dieu et du Siège Apostolique, Archevêque de Québec, Au Clergé Séculier et Régulier, aux Communautés Religieuses et à tous les fidèles de VArchidiocèse de Québec, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Au milieu des révolutions et des désastres qui affligent aujourd\u2019hui l\u2019Europe, Dieu a bien voulu nous ménager, Nos Très Chers Frères, une consolation et une ressource.Depuis un quart de siècle la Sainte Église catholique est gouvernée par un pontife dont les grandes vertus et la fermeté inébranlable font l\u2019étonnement etT\u2019admiration de ceux memes qui n\u2019ont pas le bonheur d\u2019être ses enfants.Il semble que le Saint-Esprit ait voulu nous le dépeindre dans ce chapitre de l\u2019Écriture (Eccli.L.) où se trouve l\u2019éloge de Simon fils d'Onias, grand pontife quia soutenu la maison du Seigneur et qui a fortifié le temple.Les eaux des fontaines ont coulé en son temps avec abondance.Il a eu un soin tout particulier de son peuple et l'a délivré de la perdition.Il a agrandi et fortifié Jérusalem, il s'est acquis de la gloire par la manière dont il a vécu avec le peuple.L'éclat de sa lumière est comparable à celui de l'étoile du matin au milieu des nuages et comme la lune en son plein.Il a lui dans le temple de Dieu comme un soleil éclatant de lumière.Il a paru comme l'arc-en-ciel qui brille dans des nuées lumineuses.Comme une flamme qui étincelle.Comme un vase cl'or massif orné de toutes sortes de pierres précieuses.Telles sont, Nos Très Chers Frères, les louanges que donne le Saint-Esprit à un grand pontife de l\u2019ancien testament.La nou- 39 \u2014 velle loi, la loi de grâce, ne pouvait être moins privilégiée, ni moins féconde.Toutes ces expressions figurées par lesquelles nous sont dépeintes les vertus et les gloires du fils d\u2019Onias, acquièrent un nouveau degré de force quand on les applique à fun de ces pasteurs universels que le fils de Dieu, avant de monter au ciel, a constitués pour être successivement jusqu\u2019à la consommation des siècles, ses vicaires et ses représentants sur la terre.La sublimité de la dignité rehausse l\u2019éclat des vertus : la lumière destinée de Dieu à éclairer l\u2019univers entier, doit être bien plus brillante que celle dont les rayons ne devaient pas franchir les bornes étroites de la Judée : la Sainte Église, rachetée et purifiée par le sang de l\u2019Agneau Immaculé, n\u2019est pas moins chère au cœur de Dieu que la Synagogue Et si dans toutes les circonstances critiques, le peuple Juif a reçu de la main de Dieu des chefs, des rois, des prophètes et des pontifes revêtus de la force d\u2019en haut, et éclairés d\u2019une lumière surnaturelle, pour le délivrer de ses ennemis, et le conduire dans la bonne voie ; à plus forte raison les enfants de Jésus-Christ avaient-ils droit d\u2019attendre de la Providence, aux jours mauvais que nous traversons, un Pontife selon son cœur, en qui brillent dans tout leur éclat la force, l\u2019énergie, la magnificence et la sagesse que Dieu sait donner quand il lui plaît, pour manifester sa puissance et sa miséricorde.L\u2019immortel Pie IX complétera le 21 courant les vingt-cinq ans de son glorieux règne.Depuis le Prince des Apôtres aucun Sonverain Pontife n\u2019a occupé la chaire de Saint Pierre aussi longtemps que lui.Dans cette longue série de papes, qui ont gouverné l\u2019Église depuis bientôt dix-neuf siècles, bien peu ont eu à affronter de plus terribles orages, à combattre de plus redoutables ennemis de la vérité, à souffrir plus d\u2019outrages pour la justice.Nous sommes tous les témoins de son courage invincible, de sa grandeur d\u2019âme qu\u2019aucun revers ne saurait abattre, de son amour pour la justice et la vérité qui lui a inspiré tant de fermeté dans ses paroles.En ce moment même il est captif dans son propre palais ; mais la vérité, mais la parole divine, mais la justice, mais la lumière, ni aucun de ces biens que nous attendons de lui, ne sont captifs, parce que sa grande âme est au-dessus de toutes les entraves que ses ennemis voudraient lui imposer.Les chaînes par lesquelles ses persécuteurs voudraient \u2014 40 \u2014 le retenir, sont impuissantes en face de cette héroïque constance que rien ne saurait abattre.L\u2019histoire redira avec quelle clémence il pardonna à ses ennemis ; avec quelle magnificence il embellit la cité sainte ; avec quelle sagesse il gouverna ses états temporels; quelle admirable intelligence il eut des besoins nouveaux de l\u2019Église.Combien de nouveaux diocèses il a créés ; combien de missions il a fondées, protégées et rendues plus florissantes ; combien de saints il a canonisés ! Que de sages lois il a promulguées ! Que d\u2019erreurs il a condamnées ! Mais dans ce long règne, deux faits dominent tous les autres.La promulgation du dogme de l\u2019immaculée Conception de Marie et la convocation du Concile Œcuménique du Vatican, feront époque dans l\u2019histoire de l\u2019Église Catholique, et suffiraient seules pour immortaliser un pontife.A la vue de tant d\u2019actions éclatantes, nous avons le droit de vous répéter, Nos Très Chers Frères, l\u2019exhortation par laquelle l\u2019auteur sacré (Eccli.L.) termine l\u2019éloge du grand Pontife Simon, fils d\u2019Onias : Priez maintenant le Dieu Créateur qui a fait de grandes choses dans toute la terre, qui nous a donné la vie et nous a traités selon sa miséricorde ; priez, dis-je, le Seigneur qu'il nous donne la joie du cœur et que pendant nos jours et pour jamais il fasse fleurir la paix dans Israël.Oui, Nos Très Chers Frères, prions le Seigneur pour le remercier de tous ses bienfaits et pour implorer sa miséricorde sur nous, afin qu\u2019il mette un terme aux maux qui affligent la sainte Église, notre mère, qu\u2019il délivre de sa captivité le Souverain Pontife, notre bien-aimé père, qu\u2019il rende la paix à la France, la fille aînée de l\u2019Église, et que la joie de notre cœur soit pleine et sans mélange.A ces causes, le saint nom de Dieu invoqué, nous ordonnons ce qui suit : 1° Mercredi, le 21 courant, vingt-cinquième anniversaire du couronnement de Sa Sainteté le Pape Pie IX, il sera chanté à neuf heures du matin dans notre cathédrale une messe solennelle, qui sera suivie du chant du Te Deum.Tout en nous réjouissant de ce qu\u2019il a plu à la divine bonté de nous accorder et de nous -41- con server ce grand et saint pasteur, nous n\u2019oublierons pas de prier pour sa délivrance et pour la cessation des maux qui affligent la sainte Église Catholique.2» Le dimanche précédent, dans toutes les autres églises où se fait l\u2019office public, on chantera, à l\u2019issue de la messe, un Te Deum à la même intention.Messieurs les curés, missionnaires ou desservants auront soin d\u2019exposer, dans le prône du jour, les motifs que nous avons tous de prier et de remercier Dieu à l\u2019occasion de ce mémorable anniversaire.3° Dans les communautés religieuses le Te Deum se récitera ou se chantera à la suite de la messe conventuelle, le même jour qu\u2019à la cathédrale.Sera le présent mandement lu et publié au prône de toutes les églises ou chapelles paroissiales ou autres, où l\u2019on fait l\u2019office public, ainsi qu\u2019en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche ou jour de fête après sa réception.Donné à Québec, sous notre seing, le sceau de l\u2019archidiocèse et le contre-seing de notre secrétaire, le premier juin mil huit cent soixante-onze.-j- E.-A., Arch, de Québec.Par Monseigneur, C.A.Collet, Diacre, Secrétaire. \u2014 42 \u2014 (N» 7) CIRCULAIRE AU CLERGÉ J Archevêché de Québec, I\t3 juin 1871.I.\tOffice et messe de Saint Alphonse de Ligori, élevé au rang de Docteur de l\u2019Église.II.\tAutels des sacristies privilégiés durant l\u2019hiver, pour sept ans, avec faculté d\u2019y garder le Saint-Sacrement.III.\tPouvoir donné à l\u2019Archevêque de Québec de déclarer privilégié un autel dans chaque église du diocèse.IV.\tPouvoir accordé aussi d\u2019ériger toutes les confréries autorisées.V.\tRéponse de S.M.la Reine à la requête des catholiques de ce diocèse, en faveur du Pape.VI.\tCompte-rendu de la souscription en faveur de la France.Monsieur le Curé, I Saint Alphonse de Ligori a été élevé au rang de Docteur de l\u2019Église par un décret du 23 mars 1871.L'office et la messe seront les mêmes que ci-devant, avec les changements suivants : 1° à Magnificat des premières et des secondes vêpres, on dira l\u2019antienne 0 Doctor ; 2° les leçons du premier nocturne se diront du commun : Sapientiam et le Ville répons, In medio ecclesiæ ; 3° à la messe on dira le Credo.II Par un induit du 23 avril 1871, le Souverain Pontife déclare privilégiés pour sept ans, les autels des sacristies sur lesquels l\u2019Ordinaire aura permis de célébrer la messe, durant l\u2019hiver ; ce privilège commence au premier novembre et finit au premier mai.Le Saint-Père accorde aussi pour le même temps la permission de garder le Saint-Sacrement dans la sacristie, \u2014 43 \u2014 pourvu que les précautions soient prises contre tout danger d\u2019irrévérence et que la lampe y reste allumée jour et nuit.Il est bon de remarquer que ces privilèges ne sont pas accordés à tous indistinctement et qu\u2019ils supposent de la part de l\u2019Archevêque une permission spéciale de dire la messe dans la sacristie durant l\u2019hiver.III Le même induit m\u2019autorise à déclarer privilégié un autel dans chaque église du diocèse, quand même cet autel ne serait pas fixe ; pourvu cependant que dans cette église il n\u2019y ait déjà un autel privilégié.Les curés, missionnaires, ou chapelains dont les églises n\u2019ont pas déjà cet avantage, s\u2019empresseront, j\u2019en suis certain, de demander une faveur qui peut tant contribuer au soulagement des âmes du purgatoire.IV Je suis également autorisé à ériger dans le diocèse toutes les confréries approuvées par le Saint-Siège et à y agréger par moi-même, ou par des prêtres délégués par moi, les personnes qui désirent participer aux indulgences et autres faveurs accordées à ces confréries.V J\u2019ai reçu ces jours derniers de Son Excellence Lord Lisgar, Gouverneur-Général du Canada, la lettre suivante avec les deux documents qui l\u2019accompagnent.Les signataires de l\u2019adresse à la Reine en faveur du Pape, aimeront à connaître avec quelle bienveillance Sa Majesté l\u2019a accueillie.Vous pourrez, si vous le jugez à propos, lire au prône le texte de la réponse, ou vous contenter d\u2019en donner la substance en peu de mots.Vous ne manquerez pas d\u2019y ajouter quelques mots sur la reconnaissance que nous devons à Son Excellence le Gouverneur-Général qui s\u2019est volontiers chargé de transmettre notre adresse à Sa Majesté. \u2014 44 \u2014 Governor General\u2019s Office, Ottawa, May 26th 1871.My Lord Archbishop, I am directed by the Governor General to transmit to you herewith a copy of a despatch received from the Secretary of State for the Colonies, in reply to a Petition to the Queen from your Lordship and a large number of Roman Catholic Clergy and Laity, of the Diocese of Quebec.I have the honour to be, My Lord Archbishop, Your most obedt.servant, F.Turville, His Grace the Governor\u2019s Secretary.Archbishop of Quebec, &c., &c.THE EARL OF KIMBERLEY TO THE LORD LISGAR.Downing Street, 11th May 1871.My Lord, I have the honour to acknowledge the receipt of your Lordship\u2019s despatch, No.89 of the 20th of April, forwarding a Petition to the Queen received from the Roman Catholic Archbishop of Quebec, and signed by a large number of the Roman Catholic Clergy and laity of that Diocese, praying for the intervention of Her Majesty\u2019s Government with a view to the restoration of the temporal sovereignty of the Pope.I request that you will inform the Archbishop that this Petition has been laid before the Queen who was pleased to receive it very graciously.Several memorials of a similar character have lately been received by Her Majesty, and as the most convenient mode of answering the present Petition, I inclose a copy 45 \u2014 of a despatch which was addressed to the Governor of Malta, in reply to a memorial from the inhabitants of Malta and Gozo.I request that you will communicate a copy of it to the Archbishop.I have, &c., &c., (Signed)\tKimberley.Governor General, The Right Honble.Lord Lisgar, G.C.B.THE EARL OF KIMBERLEY TO SIR PATRICK GRANT.Downing Street, 7th December 1870.Sir, I have received your despatches Nos.146 and 153 of the 26th of October and 8th of November, in which you enclose memorials addressed to Her Majesty by the inhabitants of Malta and Gozo, praying that Her Majesty will cause Her Government to take steps for supporting the rights of the Holy See in the Roman States, and to secure to the Sovereign Pontiff that independence and liberty which are necessary for the government of the Church of which he is the Head.These memorials have been laid before the Queen, who was pleased to receive them very graciously ; and Her Majesty observes with pleasure the loyal and affectionate tone of the memorialists towards Her Person and Government.Her Majesty\u2019s Government have not interfered in the Civil Affairs of the Roman States on the occasion of former events which have occurred during the reign of the present Pope, nor can they now so interfere, but the deep interest which is felt by many millions of Her Majesty\u2019s subjects, in common with the Maltese, in the position of the Pope, renders all that concerns his personal dignity and independence, and freedom to exercise his spiritual functions, fit subjects for the notice of Her Govern- \u2014 46 ment, and they have not failed to take such steps as are in their power to afford to the Pope the means of security in case of need.Her Majesty desires me to state that this subject will continue to receive the careful attention of Her Government, and that She has seen with much satisfaction the declarations of the Italian Government that the Pope\u2019s freedom and independence will he fully maintained and due provision made for the support of his dignity.I have, &c., &c., (Signed)\tKimberley.Governor, Sir Patrick Grant, G.C.B.Bureau du Gouverneur-Général, Ottawa, 26 mai 1871.Monseigneur l\u2019Archevêque, J\u2019ai reçu ordre du Gouverneur-Général de vous transmettre la copie ci-jointe d\u2019une dépêche reçue du Secrétaire d\u2019État pour les Colonies, en réponse à la requête que Votre Grâce et un très grand nombre de catholiques-romains, prêtres et laïques, ont présentée à la Reine.J\u2019ai l\u2019honneur d\u2019être, Monseigneur l\u2019Archevêque, Votre très humble serviteur, F.Turville, Secrétaire du Gouverneur.A Sa Grâce l\u2019Archevêque de Québec, etc., etc. \u2014 AI- LE MARQUIS DE KIMBERLEY A LORD LISGAR.Downing Street, 11 mai 1871.Milord, J\u2019ai l\u2019honneur d\u2019accuser réception de la dépêche de Votre Seigneurie, No 89, en date du 20 avril, par laquelle vous faites tenir à la Reine une dépêche signée de l\u2019Archevêque de Québec, et d\u2019un très grand nombre de prêtres et de laïques de ce Diocèse, priant le gouvernement de Sa Majesté de vouloir bien intervenir en faveur du rétablissement du pouvoir temporel du Pape.Je vous prie d\u2019informer l\u2019Archevêque que cette requête a été déposée aux pieds de la Reine qui l\u2019a reçue très gracieusement.Il a été transmis à Sa Majesté dernièrement, plusieurs documents du même caractère ; et pour répondre à la présente requête, je ne crois pouvoir rien faire de mieux que de vous passer la copie d\u2019une dépêche adressée au Gouverneur de Malte, en réponse à un document présenté par les habitants de Malte et Gozo.Je vous prie de communiquer à l\u2019Archevêque copie de cette réponse.J\u2019ai, etc., etc.(Signé)\tKimberley.Le Très Honorable Lord Lisgar, Gouverneur-Général.LE MARQUIS DE KIMBERLEY A SIR PATRICK GRANT.Downing Street, 7 décembre 1870.Sir, Jai reçu vos dépêches Nos 146 et 153 en date du 26 octobre et du 8 novembre, accompagnant des requêtes que les habitants de Malte et Gozo ont adressées à Sa Majesté, La priant d\u2019engager 48 son gouvernement à prendre des mesures propres à sauvegarder les droits du Saint-Siège dans les États Romains, et à conserver au Souverain Pontife cette indépendance et cette liberté qui lui sont nécessaires pour le gouvernement de l\u2019Église à la tête de laquelle il est placé.Ces documents ont été déposés aux pieds de la Reine qui a daigné les recevoir très gracieusement ; et Sa Majesté constate avec plaisir la loyauté et l\u2019affection que les pétitionnaires témoignent à sa personne et à son Gouvernement.Le Gouvernement de Sa Majesté n\u2019est pas intervenu dans les affaires civiles des États Romains, à l\u2019occasion des événements antérieurs qui ont eu lieu pendant le règne du Pape actuel, comme il ne peut non plus intervenir aujourd\u2019hui ; mais le grand intérêt que plusieurs millions de sujets de Sa Majesté, de concert avec les habitants de Malte, portent à la position du Pape, doit justement appeler l\u2019attention de son Gouvernement sur tout ce qui concerne la dignité et l\u2019indépendance personnelle du Pape, ainsi que la liberté qui lui est nécessaire pour exercer ses fonctions spirituelles ; et le Gouvernement de Sa Majesté n\u2019a pas manqué de prendre les mesures en son pouvoir pour fournir au Pape toute la sécurité possible, en cas de besoin.Sa Majesté m\u2019ordonne d\u2019ajouter que ce sujet continuera à recevoir la sérieuse attention de son Gouvernement, et qu\u2019Elle a vu avec beaucoup de satisfaction la déclaration faite par le Gouvernement Italien que la liberté et l\u2019indépendance du Pape seront sauvegardées, et que les moyens lui seront donnés de soutenir sa dignité.J\u2019ai, etc., etc.(Signé)\tKimberley.Sir Patrick Grant, G.G.B., Gouverneur.t 49 \u2014 VI Voici le compte-rendu des sommes recueillies dans le diocèse de Québec pour la France et de l\u2019emploi qui en a été fait.Reçu en tout.$ 3,321 00 Envoyé directement à Monseigneur d\u2019Alger.\t500 00 Donné au R.P.François d\u2019Assise, Trappiste (a).40 00 Envoyé à Son Éminence le Cardinal Archevêque de Bordeaux, président du comité central de secours aux orphelins et orphelines de la guerre.\t2,781 00 $ 3,321 00 En donnant aux souscripteurs connaissance de ce compterendu, vous voudrez bien, Monsieur le Curé, inviter de nouveau vos paroissiens à continuer de prier avec ferveur en faveur de la France où les derniers troubles viennent encore de laisser sans ressource une foule de veuves et d\u2019orphelins.Recevez.Monsieur le Curé, l\u2019assurance de mon sincère attachement.f E.-A., Arch, de Québec.DEGRETUM URBIS ET ORBIS Inter eos qui fecerunt et docuerunt, quosque Dominus Noster Jesus Christus magnos fore vocavit in Regno Cœlorum, merito recensendus est SANCTUS ALPHONSUS MARIA DE LIGORIO, Congregationis a Sanctissimo Redemptore Institutor et Sanctæ Agathæ Gothorum Episcopus.Hic virtutum omnium exempla (a) Venu de France pour recueillir des aumônes en faveur de son monastère, ruiné par la guerre.4 \u2014 50 \u2014 faciens, veluli lucerna supra candelabrum posita omnibus Chris-tifidelibus, qui in domo Dei sunt, adeo illuxit ut jam inter cives Sanctorum et domesticos Dei fuerit relatus.Quod autem sancta operatione complevit, verbis etiam et scriptis docuit.Siquidem ipse errorum tenebras ab Incredulis et Jansenianis late diffusas doctis operibus maximeque Tlieologise Moralis tractationibus dispulit atque dimovit.Obscura insuper dilucidavit, dubiaque declaravit, cum inter implexas Theologorum sive laxiores sive rigidiores sententias tutam straverit viam, per quam Christifide-lium aniinarum moderatores inoffenso pede incedere possent.Simulque Immaculatæ Deiparæ Gonceptionis et Summi Ponti-ficis ex Cathedra docentis infallibilitatis doctrinas accurate illustravit ac strenue asseruit, quæ postea ævo hoc nostro dog-maticæ declaratæ sunt.Scripturarum denique ænigmata rese-ravit turn in asceticis lucubrationibus, ccelesti quadam suavitate refertis turn in saluberrimo quodam Commentario, quo Psal-mos et Cantica in Divino Officio a Clericis recitanda ad eorum pietatem fovendam et mentem erudiendam explanavit.Sum-mam Alphonsi sapientiam jam demiratus fuerat Pius Septimus sa.me., eumque commendaverat quia voce et scriptis in media sæculi node erranlibus viam justitiæ ostendit, per quam possent de potestate tenebrarum transire in Dei lumen et regnum.Neque minori laude inusitatam vim, copiam varietatemque dodrinæ in libris ab ipso conscriptis prosequutus est alter Summus Pon-tifex Gregorius XVI sa.me.in Litteris decretalibus, quibus Alphonso majores Gcelitum honores tribuebantur.Verum temporibus hisce nostris adeo sapientiam ejus enarrant gentes, et laudem ejus enuntiat Ecclesia, ut plurimi Sanctæ Romanæ Ecclesiæ Cardinales, fore omnes totius OrbisSacrorum Antistites, Supremi Religiosorum Ordinum Moderatores, insi-gnium Academiarum Theologi illustria Ganonicorum Collegia, et docti ex omni ccetu Yiri supplices libellos Sanctissimo Domino Nostro Pio IX Pontifici Maximo porrexerint, quibus communia exposuere vota, ut Sanctus Alphonsus Maria de Ligorio Doctoris Ecclesiæ titulo honoribusque cohonestaretur.Sanctitas Sua, preces benigne excipiens, gravissimum hujusmodi negotium de more Sacrorum Rituum Gongregationi expendendum commisit.Itaque in Ordinariis Gomitiis ad Vaticanas Ædes infrascripta die collectis Emi et Rmi Patres cardinales sacris tuendis ritibus \u2014 51 \u2014 præpositi, audita relatione Emi et Rmi Cardinalis Constantini Patritii Episcopi Ostiensis et Veliternis, Sacri Collegii Decani, eidem S.Congregationi Præfecti,Gausæque Ponentis, consideratis animadversionibus R.P.D.Petri Minetti Sanctæ Fidei Promo-toris, Patroni causæ responsis, nec non Theologorum pro veritate sententiis ; omnibus denique severissime hinc inde libratis, unanimi consensu rescribendum censuerunt : Consulendum Sanc-tissimo pro concessione seu declaratione et cxlensione ad universam Ecclesiam tiluli Doctoris in honorem S.Alphonsi Mariæ de Ligorio, cum Officio et Missa jam concessis, addito Credo, Antiphona ad Magnificat in utrisque Vesperis : 0 Doctor, ac Lectionibus I Noc-turni : Sapientiam, el VIII.Responsorio : In medio Ecclesiæ.Die 11 Martii 1881.Postmodum facta horum omnium et singulorum eidem Sanc-tissimo Domino Nostro Pio Papæ IX, per infrascriptum ipsius Congregationis Secretarium fideli relatione, Sanctilas Sua S.Congregationis Rescriptum adprobavit et confirmavit ; ac desuper Generale Decretum Urbis et Orbis expediri mandavit, die 23 iisdem mense et anno.C.Ep.Ostien.et Velitern.Card.PATRIZI S.R.C.Præf.Loco^J^Signi D.Bartolini S.R.C.Secretarius.(N° 8) CIRCULAIRE AU CLERGÉ { Archevêché de Québec 5 juin 1871.Monsieur le Curé, Je suis informé que des intrigants font tous leurs efforts, en ce moment, pour engager les ouvriers et les journaliers qui gagnent leur vie dans le commerce de bois, ou à charger les \u2014 52 vaisseaux, à faire partie d\u2019une société dont un des buts est d\u2019empêcher de travailler ceux qui ne veulent pas se soumettre à leurs conditions.Je vous invite à mettre au plus tôt vos paroissiens en garde contre les hommes pervers qui veulent les entraîner de la sorte dans une voie criminelle.Faites-leur comprendre que les sociétés auxquelles on veut les aggréger, outre qu\u2019elles sont condamnables aux yeux de Dieu, tendent de plus à ruiner le commerce déjà si peu florissant de notre cité, pour le porter ailleurs, et par conséquent à forcer un grand nombre de nos bons ouvriers et journaliers à aller à l\u2019étranger, pour gagner leur subsistance et celle de leur famille.A cet effet vous voudrez bien lire de nouveau à votre prône la partie de la lettre des administrateurs, en date du 30 décembre 1870, qui a rapport aux sociétés de ce genre.Enfin vous avertirez vos paroissiens que je leur défends solennellement, et ce, sous les peines portées par les Constitutions Apostoliques et en particulier par le XIVe décret du premier concile de Québec, de s\u2019engager sous quelque prétexte que ce soit, dans aucune des dites sociétés, et que j\u2019enjoins, sous les mêmes peines, à tous ceux qui auraient eu le malheur de s\u2019y laisser entraîner, de s\u2019en retirer sous le plus court délai, s\u2019ils tiennent à continuer d\u2019être considérés comme enfants de l\u2019Église.La présente sera lue au prône avec l\u2019extrait ci-dessus mentionné de la lettre du 30 décembre 1870, Jeudi prochain, le 8 du courant, jour de la Fête-Dieu.Je demeure avec un bien sincère attachement, Monsieur le Curé, Votre très obéissant serviteur, -j- E.-A., Arch, de Québec. (N° 8) CIRCULAIRE AU CLERGÉ \\ Archevêché de Québec, {\t12 juin 1871.Monsieur le Curé, Je suis heureux de pouvoir vous annoncer le succès de la souscription entreprise en faveur du Collège de Sainte-Anne.Les membres du comité nommé dans ma circulaire du 22 avril, ont été d\u2019avis que les souscriptions promises jointes aux remises faites par quelques-uns des créanciers, pourront certainement faire sortir le Collège de son embarras financier.En conséquence ils ont déclaré la souscription valable, aux termes de la circulaire du 22 avril.M.Bolduc, procureur de l\u2019Archevêché, a bien voulu se charger de préparer les billets promissoires conformément aux lettres envoyées par chacun des souscripteurs.Pour éviter certaines difficultés faciles à prévoir, ces billets seront faits valables uniquement en faveur de la corporation archiépiscopale.Le premier versement sera dû au 15 août prochain, et les autres à pareille date chaque année.Il est d\u2019une grande importance que les payements s\u2019effectuent avec une grande régularité, si l\u2019on veut mener à bonne fin une entreprise pour laquelle on a déjà témoigné un zèle et une générosité au-dessus de tout éloge.Le comité devant s\u2019assembler chaque année au mois d\u2019août pour examiner les comptes du Collège et voir où en sont les dettes et les souscriptions destinées à les éteindre, il ne pourra s\u2019acquitter de cette tâche s\u2019il n\u2019a pas devers lui les sommes promises.Plusieurs souscripteurs ont généreusement mis à la disposition du comité une grande partie de la somme souscrite par eux pour éteindre le capital et par conséquent les intérêts des années suivantes.Plus la souscription sera abondante cette année, plus tôt aussi, et à moins de frais, le Collège se trouvera en état de se suffire à lui-même.Sans doute le comité a pris les souscrip- \u2014 54 tions telles qu\u2019elles étaient promises et a fait ses calculs en conséquence, de peur de mécomptes ; mais il est permis de croire que bon nombre de souscripteurs aimeront à nous ménager cette agréable surprise et à rendre leur souscription beaucoup plus utile par un payement anticipé.Une légère anticipation de la part de chaque souscripteur formerait déjà un montant considérable.Quelques membres du clergé ne m\u2019ont encore donné aucune réponse.J\u2019ai confiance qu\u2019ils s\u2019empresseront de prendre part à une bonne œuvre qui attirera sur eux et sur leurs travaux la bénédiction de Dieu.En voyant l\u2019empressement et la générosité avec lesquels leurs confrères ont fait des sacrifices pour une institution dont l\u2019existence est liée au bien de la religion dans tout l\u2019Archidiocèse, ils ne voudront pas s\u2019exposer à regretter plus tard d\u2019etre restés en arrière et de s\u2019être laissé ravir la couronne de la charité, du sacrifice et du zèle pour la gloire de Dieu.Si la souscription est assez abondante dans le commencement, elle n\u2019aura pas besoin d\u2019être continuée pendant les dix années, et nous aurons ainsi tous ensemble la joie de voir nos efforts couronnés de succès plus tôt et à moins de frais que nous ne pensions.Voici maintenant l\u2019état de la souscription au jour présent : Pour amortir le capital : Souscriptions.$27,835 Remises par les créanciers.\t1,000 -$28,835 Pour aider à payer les intérêts : Souscriptions.$ 3,228 Remises par les créanciers.\t1,625 -4,853 Souscriptions non spécifiées et laissées à la discrétion du comité soit pour amortir le capital, soit pour payer les intérêts.\t9,911 Total certain.$43,599 Souscriptions moins certaines.4,030 Grand total.$47,629 Je demeure avec un bien sincère attachement, Monsieur le Curé, Votre très obéissant serviteur, -f- E.-A., Arch, de Québec. \u2014 55 \u2014 (N° 9) CIRCULAIRE f Archevêché de Québec, \\\t17 juillet 1871.Monsieur, Je vous informe que la retraite de Messieurs les Curés s\u2019ouvrira au Séminaire, mercredi, le 23 août prochain, au soir, pour se terminer mercredi, le 30 du môme mois, au matin.Celle de Messieurs les Vicaires et autres prêtres obligés à l\u2019examen annuel s\u2019ouvrira à l\u2019Archevêché, jeudi, le 7 septembre au soir, et se terminera jeudi, le 14 du même mois, au matin.J\u2019invite spécialement à la première Messieurs les Curés qui n\u2019ont pu assister à celle de 1870.Quant à la seconde, l\u2019exiguité du local où elle a coutume d\u2019avoir lieu fait désirer qu\u2019elle ne soit suivie, autant que possible, que par Messieurs les Vicaires et autres prêtres tenus à l\u2019examen.L\u2019on devra arriver à la retraite dès le commencement, et en suivre les exercices jusqu\u2019à la fin, sans céder dans l\u2019intervalle la place à un autre.Tous les prêtres employés dans le Saint Ministère, qui n\u2019ont pas encore quatre ans accomplis de prêtrise, voudront bien se rappeler que le règlement publié dans la circulaire du 5 juin 1855, concernant l\u2019examen qu\u2019ils doivent subir, est un règlement permanent.Ils feront donc leur possible pour s\u2019y conformer, afin d\u2019assurer par ce moyen la continuation de leurs pouvoirs.L\u2019examen commencera mercredi matin, veille de la seconde retraite, à 8 b.; tous doivent être rendus à l\u2019heure fixée, et ne pas se faire attendre.Pour que les paroisses ne demeurent pas sans secours, durant la retraite de Messieurs les Curés, un prêtre devra résider dans une de celles qui sont désignées sous le même numéro, sur le \u2014 56 \u2014 tableau joint à la présente.Ce prêtre, pourvu qu\u2019il soit approuvé, est autorisé à exercer tous les pouvoirs de desservant à l\u2019égard des fidèles des paroisses dont il aura la garde, et de plus à biner, le dimanche qui se rencontre dans l\u2019intervalle choisi pour la retraite, afin de leur faciliter le moyen d\u2019entendre la Sainte Messe.Il pourra même biner deux fois, dans le cas où le prêtre qu\u2019il remplacera serait obligé d\u2019être absent deux dimanches de sa paroisse.Il lui sera loisible, comme desservant, de déléguer un antre prêtre pour la célébration des mariages.Messieurs les Curés de file d\u2019Orléans peuvent s\u2019arranger ensemble de manière à laisser à un seul d\u2019entre eux le soin de toute l\u2019île.Messieurs les Curés qui viendront à la retraite, voudront bien informer leurs paroissiens des dispositions qu\u2019ils auront prises, pour la desserte de leurs paroisses pendant leur absence.Ceux d\u2019entre eux qui n\u2019auraient pas trouvé moyen de procurer la messe à leurs paroissiens, le dimanche qu\u2019ils seront absents, les avertiront de se rendre aux paroisses voisines; ou, s\u2019il était trop difficile de s\u2019y transporter, ils les avertiront qu\u2019ils sont dispensés, ce jour-là, de l\u2019obligation d\u2019assister au Saint Sacrifice.Je recommande particulièrement à chaque prêtre d\u2019apporter avec lui un surplis, pour la clôture de la retraite.Et je profite de la circonstance pour faire la même recommandation aux Messieurs du clergé, toutes les fois qu\u2019il y aura grand concours à la cathédrale.En transmettant à Son Excellence le Gouverneur Général la requête adressée à la Reine par les fidèles du diocèse, pour demander son intervention en faveur du Souverain Pontife, j\u2019en avais envoyé une copie à Sa Sainteté, et je l\u2019avais accompagnée du produit de la collecte faite, l\u2019année dernière, dans le diocèse pour le denier de Saint Pierre.Je crois devoir vous faire part de la réponse que le Saint Père a daigné me faire, pour témoigner sa satisfaction et de la démarche solennelle faite par notre peuple auprès de Sa Majesté, et du don généreux qu\u2019il lui a fait parvenir.Je profite de l\u2019occasion pour vous prier de rappeler à vos paroissiens que c\u2019est dans le cours du mois prochain, que leurs \u2014 57 \u2014 aumônes pour l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi doivent être transmises au trésorier.Monsieur Laliberté, prêtre de l\u2019Archevêché.Recevez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.-j- E.-A., Arch, de Québec.TABLEAU MENTIONNÉ CI-DESSUS 1\tRivière du Loup et Saint-Antonin, 2\tNotre-Dame du Portage et Saint-André, 3\tSaint-Alexandre et Ste-Hélène, 4\tKamouraska et Saint-Paschal, 5\tSaint-Denis et Mont-Carmel, 6\tLa Rivière-Ouelle et Saint-Pacôme, 7\tSainte-Anne et Saint-Onésime, 8\tSaint-Roch et Sainte-Louise, 9\tSaint-Jean Port-Joli et Saint-Aubert, 10\tL\u2019Islet et Saint-Cyrille, 11\tLe Cap-Saint-Ignace et Saint-Thomas, 12\tSaint-Pierre et Saint-François, 13\tBerthier et Saint-Valier, 14\tSaint-Raphaël et Saint-Cajelan d\u2019Armagh, 15\tSaint-Michel et Beaumont, 16\tSaint-Gervais et Saint-Charles, 17\tSaint-Lazare et Sainte-Claire, 18\tBuckland et Montminy, 19\tSainte-Hénédine et Sainte-Marguerite, 20\tSaint-Édouard et Saint-Malachie de Frampton, 21\tSaint-George et Saint-François de Beauce, 22\tLambton et Forsyth, 23\tSaint-Victor et Saint-Éphrem de Tring, 24\tSaint-Joseph et Saint-Frédéric, 25\tSainte-Marie et Saint-Elzéar, 26\tSaint-Sylvestre et Broughton, 27\tSaint-Gilles et Sainte-Agathe, 28\tSaint-Ferdinand et Wolfstown, 29\tSaint-Calixte et Sainte-Sophie, \u2014 58 \u2014 30\tSainte-Julie et Inverness, 31\tSaint-Isidore et Saint-Lambert, 32\tSaint-Anselme et Saint-Henri, 33\tSaint-Joseph de la Pointe-Lévis et Notre Dame de la Victoire, 34\tSaint-Jean-Ghrysostôme et Saint-Romuald, 35\tSaint-Nicolas et Saint-Étienne de Lauzon, 36\tSaint-Antoine et Saint-Apollinaire, 37\tSainte-Croix et Saint-Flavien, 38\tLotbinière et Saint-Édouard, 39\tSainte-Emmélie etSaint-Jean-Deschaillons, 40\tLes Grondines et Deschambault, 41\tSaint-Casimir et Saint-Alban, 42\tPortneuf et Cap-Santé, 43\tLa, Pointe-aux-Trembles et Saint-Augustin, 44\tSaint-Colomb et Sainte-Foye, 45\tAncienne-Lorette et Saint-Ambroise, 46\tCharlesbourg et Beauport, 47\tSainte-Catherine et Valcartier, 48\tL\u2019ange-Gardien et le Château-Richer, 49\tSainte-Anne et Saint-Féréol, 50\tSaint-Joachim et Saint-Tite des Caps, 51\tLa Petite Rivière et la Baie Saint-Paul, 52\tSaint-Urbain et Saint-Hilarion, 53\tLes Éboulements et Saint-Irénée, 54\tLa Malbaie et Sainte-Agnès, 55\tRoberval et la Pointe-aux-Trembles, 56\tHébertville et Saint-Jérôme, 57\tNotre-Dame de Laterrière et Saint-Dominique, 58\tChicoutimi et Sainte-Anne, 59\tSaint-Alphonse et Saint-Alexis.N.B.\u2014Messieurs les Curés et Missionnaires, dont les paroisses ne sont pas mentionnées dans le tableau ci-dessus, pourront venir à la retraite, en les recommandant aux soins de leurs confrères voisins. \u2014 59 \u2014 PIUS PP.IX.Venerabilis Frater, Salutem et Apostolicam Benedictionem.Pro Summa qua Nos prosequeris observantia etcaritate nonerat Nobis dubium, quin maiore studio præsentibus, in quibus versa-mur, calamitatibus Nos complectereris.Tuæ litteræ die 14 aprilis proximi superions datæ hoc apertius confirmant, per adiectum præsertim exemplar expostulationis istius Quebecensis populi additamque stipem ab ipso in subsidium nostrum collata.Profecto novem ilia et viginti nominum millia damnantium admissum in Nos facinus, et a Regina sua tutelam petentium inrium nostrorum luculentissime testantur eorum fidem since-rumque in hanc Petri cathedram obsequium.Addita vero stips, sicuti religiosos hosce sensus confirmât sic impensam in Nos ostendit filialem pietatem.Non solum itaque grati, sed et gratulabundi egregia istæc devotionis et amoris testimonia excipimus, meritamque iis gratiam referre cupientes, Deum toto corde rogamus, ut tuis, Venerabilis Frater, tuique populi votis citius obsecundare velit in communem totius catholicæ familiæ utilitatem ; idque generale beneficium cumulare pecu-liaribus in vos effusis gratiæ suæ muneribus.Horum autem omnium auspicem esse cupimus Apostolicam Benedictionem, quam tibi, Venerabilis Frater, universæque Dicecesi tuæ, grati animi nostri pignus et præcipuæ benevolentiæ peramanter imper-timus.Datum Romæ apud S.Petrum die 22 Maii anno 1871.Pontificatus Nostri anno vicesimoquinto.PIUS PP.IX.PIE IX PAPE.Vénérable Frère, Salut et Bénédiction Apostolique.Considérant le respect profond et l\u2019attachement que vous avez pour Nous, Nous n\u2019avions pas le moindre doute que vous ne Nous fussiez encore plus dévoué au milieu des calamités dans lesquelles Nous Nous trouvons actuellement.C\u2019est ce que confirme bien clairement votre lettre en date du 14 avril dernier, surtout si l\u2019on considère et la copie adjointe de la pétition de la population de 60 \u2014 Québec et la somme qu\u2019elle Nous envoie pour Nous secourir.Assurément ces vingt-neuf mille noms qui condamnent l\u2019attentat commis contre Nous, et qui demandent à leur Reine la protection de Nos droits, attestent de la manière la plus évidente leur foi et leur sincère dévouement au Siège de Pierre.L\u2019aumône que vous y avez jointe confirme à la fois ces sentiments religieux, et montre aussi leur piété filiale envers Nous.C\u2019est pourquoi, non-seulement Nous vous félicitons de ces témoignages de dévouement et d\u2019affection, mais, désirant vous en rendre grâces, Nous prions Dieu de tout Notre coeur, Vénérable Frère, qu\u2019il daigne bientôt seconder vos vœux et ceux de votre peuple pour l\u2019utilité commune de toute la famille catholique, et à ajouter à ce bienfait général en répandant sur vous les dons particuliers de sa grâce.Nous désirons vous donner un gage de tous ces biens dans la Bénédiction Apostolique que Nous vous accordons très affectueusement, Vénérable Frère, à vous et à tout votre Diocèse, comme témoignage de Notre reconnaissance et de Notre bienveillance toute spéciale.Donné à Rome, à Saint Pierre, le 22e jour de mai de l\u2019année 1871, et de Notre Pontiticat la 25e.PIE IX PAPE.(No 10) CIRCULAIRE AU CLERGÉ f Archevêché de Québec, {\t10 août 1871.Monsieur le Curé, La guerre qui a désolé la France menace d\u2019anéantir une œuvre qui doit être chère à tous les catholiques du monde.La France ne donnait pas seulement des secours d\u2019argent aux missions lointaines de l\u2019Inde et de la Chine ; elle leur fournis- sait encore des missionnaires en très grand nombre.Vous comprenez qu\u2019un ministère aussi difficile et aussi pénible exige une préparation spéciale.Sans compter les langues diverses parlées dans ces contrées, il y a nécessairement dans les coutumes, et dans les préjugés de ces peuples, des difficultés énormes qu\u2019il faut apprendre à surmonter.La vie de missionnaire suppose une vocation particulière qu\u2019il faut examiner et développer.Il y a environ deux siècles, des hommes remplis de courage et de zèle apostolique, fondèrent à Paris un Séminaire destiné à former des prêtres pour les missions étrangères.Le Canada se glorifie de compter Monseigneur de Laval, son premier évêque au nombre de ces fondateurs d\u2019une œuvre admirable qui dès ses premières années, a fourni des évêques et des prêtres à notre Canada, à la Chine et aux Indes.C\u2019est une œuvre tout-à-fait distincte de l\u2019admirable association de la propagation de la Foi.Celle-ci accueille le missionnaire formé dans le Séminaire ; elle l\u2019envoie dans la mission qui lui a été assignée et l\u2019y soutient par ses aumônes.Le Séminaire des Missions Étrangères de Paris ne reçoit rien de l\u2019association de la Propagation de la Foi ; il ne s\u2019est soutenu jusqu\u2019ici que par les dons de personnes charitables et zélées pour le salut des pauvres âmes auxquelles il s\u2019agit de porter le secours de la vraie foi.La providence a fait trouver jusqu\u2019à ce jour les moyens d\u2019accueillir tous les jeunes lévites ou les prêtres que Dieu appelait en France à l\u2019apostolat.Avant la :guerre cent-trente élèves se formaient dans ce Séminaire aux vertus, aux sciences et à la vie de missionnaire, sous la conduite de directeurs qui avaient eux-mêmes vécu longtemps dans ces différentes missions.Chaque année une cinquantaine de ces apôtres disaient adieu à leur belle patrie pour aller annoncer l\u2019évangile à des nations ensevelies dans les ombres et les ténèbres de la mort.En ce moment le Séminaire des missions étrangères de Paris est chargé de 23 vicariats apostoliques ; il compte 425 missionnaires européens, 320 prêtres indigènes formés par leurs soins, environ 600,000 néophytes, auxquels s\u2019ajoutent chaque année environ 10,000 adultes qui se convertissent.La moisson est belle et grande ; les ouvriers sont en petit nombre et si l\u2019on ne s\u2019occupe de soutenir le Séminaire où se forment de nouveaux missionnaires, la mort qui éclaircit rapidement les rangs, aura bientôt anéanti toutes ces chrétientés naissantes.Sous ces climats dévorants, la moyenne de la vie de missionnaire n\u2019atteint pas dix ans.Voilà, Monsieur le Curé, l\u2019œuvre que je recommande aujourd\u2019hui à votre charité et à votre zèle.Monsieur l\u2019abbé C.G.Dallet, qui a été pendant quinze ans missionnaire dans les Indes, a été envoyé en Amérique pour y solliciter des secours en faveur du Séminaire des missions étrangères de Paris, privé de toute ressource par les événements que vous connaissez.Il est venu tout d\u2019abord au Canada qui tient à la France par des liens si intimes.Et dans le Canada, Québec devait naturellement avoir sa première visite en mémoire de Monseigneur de Laval qui fut à la fois l\u2019un des fondateurs du Séminaire des missions étrangères de Paris, et le fondateur du Séminaire de Québec qui jusqu\u2019à la conquête n\u2019a formé avec celui de Paris qu\u2019un seul et même établissement.Ils sont bien nombreux les missionnaires que cette maison de Paris a envoyés autrefois au Canada à ses propres frais.Pour acquitter cette dette de reconnaissance, je vous invite à faire au plus tôt une quête spéciale dans votre église.Vous voudrez bien la recommander d\u2019avance et faire valoir les motifs de charité, de zèle, de reconnaissance et d\u2019intérêt propre qui se réunissent pour la rendre chère à nos cœurs.Notre Seigneur, qui a promis de tenir pour fait à lui-même ce qui est accordé au plus petit d\u2019entre ceux qui croient en son nom, saura bien rendre le centuple par les bénédictions qu\u2019il répandra sur les familles chrétiennes et charitables.En s\u2019associant par une légère aumône à cette œuvre, on acquiert le droit de participer au mérite des zélés missionnaires que l\u2019on aura contribué à former à la vie apostolique.Quelle belle couronne dans le ciel ! Quels intercesseurs on se prépare ! Quel moyen de réparer les fautes que l\u2019on a commises ! Comptez bien, Monsieur le Curé, que vous aurez vous même une part de mérites et de bénédictions proportionnée au zèle que vous aurez déployé en faveur d\u2019une œuvre qui doit vous être plus chère qu\u2019aux simples fidèles. Vous êtes prié de faire parvenir aussitôt que possible les aumônes recueillies dans votre paroisse, à Monsieur Bolduc, procureur de l\u2019Archevêché, qui les transmettra directement à Paris.Vous êtes autorisé par la présente à inviter Monsieur l'abbé Dallet à prêcher dans votre église, pour lui donner occasion de faire valoir lui-même les motifs qui recommandent l\u2019œuvre des Missions Etrangères.Monsieur, Je viens de recevoir du Saint-Siège deux décrets, en date du 7 juillet dernier.Dans le premier, il est ordonné : son patronage, même quand celle-ci est célébrée à un autre jour que le dimanche.universelle, dans l\u2019oraison a cunctis, immédiatement après celui de la Sainte Vierge u Cum beato Joseph et beatis apostolis luis, etc., etc.\" Mais dans les églises dédiées à Saint Jean Baptiste ou aux Saints Anges, il faut nommer Saint Joseph après ces saints, toujours avant les apôtres.3° D\u2019ajouter aux suffrages communs qui se disent les jours de férié ou de fêtes simples ou semi-doubles, en dehors des octaves, Agréez, Monsieur le Curé, l\u2019assurance de mon sincère atta chement.-j- E.A., Arch, de Québec.(N° 11) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec 19 août 1871.1° De réciter le Credo à la fête de Saint Joseph et à celle de 2° D\u2019ajouter le nom de ce saint patriarche et patron de l\u2019église \u2014 64 la mémoire de Saint Joseph.Cette mémoire doit se faire immédiatement après celle de la Sainte Vierge, excepté quand le patron de l\u2019église est Saint Jean Baptiste ou les Saints Anges.A vêpres on doit dire l\u2019antienne et le verset des secondes vêpres de Saint Joseph au 19 mars; à laudes, l\u2019antienne et le verset de laudes de la même fête; l\u2019oraison se dit comme au jour du patronage de Saint Joseph, au 3e dimanche après Pâques.Je vous envoie ces mémoires sur une feuille à part que vous pourrez coller dans votre bréviaire à la page où se trouvent les autres mémoires communes.Dans le second décret, il est ordonné : 1° D\u2019insérer au martyrologe du 2 août, à la suite de l\u2019article qui concerne Saint Alphonse de Liguori ces mots: Et Pius IX, Pontifex Maximus, ex Sacrorum Rituum Congregationis consulto, universalis ecclesiæ Doctorem declaravit.2° D\u2019ajouter dans le bréviaire à la fin de la sixième leçon les mots suivants : tandem Pius /\"A\", Pontifex Maximus, ex Sacrorum Rituum Congregationis consullo, universalis ecclesiæ Doctorem declaravit.Agréez, Monsieur le Curé, l\u2019assurance de mon sincère attachement.+ E.-A., Arch, de Québec. 65 (No 12) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec, 4 septembre 181 '71.I.\tManière de tenir les comptes de fabrique.II.\tSection diocésaine de la Société des Messes.?III.\tEtat actuel de la souscription en faveur du collège de Sainte-Anne.IV.\tRecommandation de la Gazette des Familles Canadiennes.V.\tQu\u2019il faut acheter le Rituel et les Conciles Provinciaux.VI.\tObligation d\u2019envoyer le rapport Annuel des Paroisses, et manière de le faire.VII.\tAvis sur les correspondances avec l\u2019Archevêché.Monsieur le Curé, I Dans ma visite pastorale de cette année, j\u2019ai parcouru un quart du diocèse.J\u2019ai remarqué dans les redditions annuelles des comptes de frabriques, une grande variété et quelquefois une certaine confusion.Plusieurs curés se sont plaints à moi de ce que la méthode prescrite dans l\u2019appendice du rituel est surchargée de formules qui peuvent être abrégées sans le moindre inconvénient.D\u2019ailleurs elle donne facilement lieu à des erreurs et à des omissions, parce qu\u2019elle fait entrer au chapitre des recettes, des arrérages encore dûs, qu\u2019il faut ensuite reprendre sous forme de dépense ou autrement, aün de connaître le véritable état de la caisse.Pour obvier à ces inconvénients je vous envoie, avec la présente circulaire, une nouvelle méthode que j\u2019ordonne de suivre désormais dans la reddition annuelle des comptes de fabrique, à commencer par ceux de la présente année.Vous remarquerez que je l\u2019ai mise en piastres et centins afin qu\u2019elle soit en harmonie avec les lois et l\u2019usage général de la province.Dans certaines paroisses cette reddition annuelle est inscrite dans un cahier exclusivement destiné à cet usage.Ailleurs on 5 ! ?U !'U la met dans le cahier des délibérations de la fabrique.Cette dernière pratique est plus rationnelle, parce que la reddition annuelle des comptes se faisant en assemblée de la fabrique, il est tou t naturel qu\u2019elle soit inscrite avec les autres délibérations.Elle a encore cet avantage qu\u2019elle évite la multiplicité des cahiers.C\u2019est pourquoi je désire que l\u2019on s\u2019y conforme désormais.Le cahier des recettes et dépenses journalières, autres que les revenus des bancs, oui e journal, ne doit renfermer rien autre chose que le détail de chaque somme à mesure qu\u2019elle est reçue ou payée.Les recettes sont entrées d\u2019un côté et les dépenses de l\u2019au tre.La tenue des comptes de bancs demande un soin particulier.On doit avoir pour cela un cahier spécial qui renferme au moins autant de pages qu\u2019il y a de bancs.Au haut de la page doit se trouver la désignation d\u2019un banc par rangée et par numéro.On trouvera ci-après un modèle dans lequel je suppose les bancs payables d\u2019avance tous les six mois : il sera facile d\u2019adapter ce modèle à des tenures différentes.Tous les six mois ou au moins à la fin de l\u2019année, on aura soin de mettre dans 1 q journal la somme totale perçue pour les bancs, afin que la balance du journal soit la même que celle du compte annuel.Dans quelques paroisses on a marqué soigneusement ce qui a été mis au coffre ou ce qui en a été retiré dans le cours de l\u2019année, sans jamais indiquer quel était l\u2019état de la caisse au commencement de l\u2019année dont on rend compte.Il résulte de cette omission deux graves inconvénients : 1° pour savoir quelle est à un moment donné la somme qui devrait être en caisse, il faut faire le relevé de tous les comptes de la fabrique, depuis le moment où il est constaté qu\u2019il n\u2019y avait rien en caisse ; 2° dans le cas où il y aurait eu détournements de fonds ou vol, il serait impossible de savoir quand et comment cela aurait eu lieu.En suivant la méthode que je donne aujourd\u2019hui, on évitera tous ces graves inconvénients, et la fabrique saura toujours au juste ce qu\u2019elle a et ce qu\u2019elle doit.Je recommande instamment à Messieurs les Curés de suivre l\u2019antique règle du diocèse qui exige que l\u2019on ait, pour conserver l\u2019argent et les papiers de la fabrique, un coffre solide à deux \u2014 6Ï clefs différentes, dont Tune soit remise au marguillier en exercice et l\u2019autre demeure entre les mains du curé.Voici le modèle de la reddition annuelle des comptes, auquel on devra se conformer désormais.COMPTES du Sieur., Marguillier en Exercice de cette paroisse de Saint ***, pour l'année mil huit-cent.O) I.RECETTE.(b)\tEn caisse au premier janvier.\t$\t25 05 (c)\tCasuel de l\u2019année ***.18\t10 Casuel de l\u2019année courante.96\t07 Quête de l\u2019Enfant-Jésus, en argent.$ 10 75 (d)\teffets vendus.26 15 -\t36\t90 Arrérages de bancs de\tl\u2019année\t12\t00 Rentes de bancs de l\u2019année courante.318\t00 Quêtes dans l\u2019église.39\t07 Dons en argent.$ 3 00 \u201c en effets vendus.2 50 -5\t50 Balance d\u2019un emprunt de $800 fait de M.N.450\t00 Retiré de la Banque d\u2019Épargnes.\t90\t00 Balance (ou à compte) de la dette de M.N.210\t00 Total.$1,300 69 (a)\tOn ne doit mettre en recette que les sommes réellement reçues en argent.(b)\tIl faut toujours commencer le chapitre de la recette par cet article, quand il y a eu un surplus l\u2019année précédente.(c)\tIl faut mettre dans des articles séparés les arrérages reçus de différentes années, par exemple, tant de l\u2019année 1867, tant de l\u2019année 1868.La même remarque s\u2019applique aux arrérages de bancs.(d)\tSi on a reçu des effets, on doit en faire une liste exacte, mais n'entrer en recette dans le journal, et ensuite dans le compte annuel, que les sommes réellement payées par les acheteurs. \u2014 68 0) II.DÉPENSE.(f)\tDéficit de l\u2019année précédente.Effets achetés pour l\u2019église.\u201c\t\u201c\t\u201c la sacristie.Salaire du bedeau.Réparations à l\u2019église.Entretien des ornements et blanchissage.Pertes sur mauvaises monnaies.A compte sur le capital dû à M.X.Intérêts sur la dette.Déposé à la Banque d\u2019Épargnes.(g)\tPrêté à M.N.à 6 par cent.Assurance à l\u2019église de Saint X.qui a été incendiée.Diverses petites dépenses.Sur la bâtisse de l\u2019église.Total.$1,161 06 $ 19\t08 125\t75 10\t00 50\t00 110\t00 30\t00 0\t95 275\t00 80\t00 100\t00 100\t00 56\t00 4\t28 200\t00 $1,161\t06 Recette.$1,300 69 Dépense.1,161 06 En caisse au 31 décembre.$139 63 (e) On ne doit mettre en dépense que les sommes réellement payées en argent.(f ) Il faut toujours commencer le chapitre de la dépense par cet article, quand il y a eu un déficit Vannée précédente.(g) Aucun prêt ne doit se faire sans l\u2019autorisation de la fabrique et ensuite de l\u2019archevêque.Il en est de même pour les emprunts.La permission de Varchevêque doit être inscrite dans le cahier des délibérations de la fabrique.Le dépôt dans une banque d'épargnes n\u2019a pas besoin de permission spéciale parce que ce n\u2019est qu\u2019une manière plus sûre de mettre l\u2019argent de la fabrique à l\u2019abri du feu et des voleurs.Quelques-uns trouvent peut-être étrange que ces dépôts soient inscrits au chapitre de la dépense, mais c\u2019est le moyen d\u2019arriver à connaître ce qui reste aux mains du marguillier à la fin de sa gestion.Le chapitre des dettes actives empêche que l\u2019on ne perde de vue ces dépôts. \u2014 69 \u2014 (h) III.DETTES ACTIVES.Arrérages de bancs de Tannée ***.\u201c\tu\t11 courante.Casuel de l\u2019année ***.\u201c\t\u201c courante.Sur loyer d\u2019un lopin de terre.Capital prêté à M.X., à 6 par cent.Intérêt de 2 mois sur le même.Capital prêté à M.Z.à 5 par cent.Deux ans d\u2019intérêt sur le même.Dépôt à la Banque d\u2019Epargnes.Billet promissoire de M.Y., à échoir le 1er juin prochain.10 35 30 56 4 100 1 50 5 310 25 Total $ 627 25 00 75 05 00 00 00 00 00 00 00 05 IV.DETTES PASSIVES.Encore dû à l\u2019entrepreneur de l\u2019église, payable $200\tpar\tannée sans intérêts.$2,600\t00 A.M.N.à\t5\tpar cent.800\t00 A.M.S.à\t6\t\u201c\t 150\t00 Deux ans d\u2019intérêts sur cette dernière somme.18 00 Billet promissoire à la banque à échoir le 15 avril\t1872.100\t00 Total.$3,668\t00 Par les comptes ci-dessus il appert qu\u2019au 31 décembre mil-huit- cent.1° il y avait en caisse une somme de cent trente neuf piastres et soixante trois centins, laquelle somme a été comptée et vérifiée pardevant nous soussignés ; 2° les dettes actives se montaient six cent vingt sept piastres et cinq centins ; 3° la fabrique devait trois mille six cent soixante huit piastres.(h) Les deux chapitres des dettes actives et des dettes ])assives sont de la plus grande importance dans la reddition annuelle des comptes.Sans cela, il est impossible de savoir où l\u2019on en est dans ses affaires, et Von est exposé à s\u2019endetter outre mesure. \u2014 ^70 \u2014 Fait en assemblée convoquée au prône cle la messe paroissiale, réunie au son de la cloche, et présidée par nous, curé, soussigné, le.jour de.mil-huit-cent.en présence des soussignés et de plusieurs autres qui n\u2019ont su signer.N.N.N.Ptre, Curé.MODÈLE DE CAHIER POUR LES BANCS Banc N° 6, Rang du milieu, côté de l\u2019Évangile.Somme annuelle\tLocataire\tDate du bail\tjanvier\tPayé juin\tannée $2 50\tJoseph X.\tjan.1867\t1 25\t1 25\t1867 \tu\ta\tu\ta\t1 25\t1 25\t1868 \tCe\tU\tU\tU\t1 25\t\t1869 3 10\tPierre N.\tjuin I860\t\t1 55\tU \tu\tu\ta\tu\t1 55\t1 55\t1870 II Il m\u2019a été représenté que le nombre des membres de la société des messes s\u2019est tellement accru qu\u2019il devient très difficile d\u2019acquitter les messes dues pour les associés qui viennent à mourir.La même raison qui a jadis engagé les membres à séparer la section d\u2019une messe de celle de trois messes, demande aujourd\u2019hui que le diocèse de Québec forme une section à part.Durant \u2014 71 \u2014 la retraite bon nombre de curés ont donné leur nom pour faire désormais partie de la section diocésaine cle Québec.Ceux qui appartiendront à cette section ne diront désormais la messe que pour les associés défunts de quelque section que ce soit appartenant au diocèse de Québec ; et quand ils mourront la messe sera dite pour eux seulement par les prêtres du même diocèse qui sont membres de la société, à quelque section qu\u2019ils appartiennent.Ceux qui désirent continuer à être unis avec les prêtres des autres diocèses, formeront partie de la section provinciale.La section des trois messes continuera d\u2019être ce qu\u2019elle a été jusqu\u2019à présent.Les prêtres du diocèse qui veulent faire partie de la section diocésaine de Québec, et qui ne se sont pas encore fait inscrire, sont priés d\u2019envoyer leur nom au plus tôt au secrétaire de l\u2019Archevêché ; il en sera dressé une liste qui sera publiée au commencement d\u2019octobre.III Je suis heureux de pouvoir vous donner d\u2019excellentes nouvelles sur les souscriptions en faveur du Collège de Sainte-Anne.Dans ma circulaire du 12 juin, je vous disais que les souscriptions et remises se montaient à $47,629 00 Depuis ce temps on a promis.2,021 00 Total.\t49,650\t00 Jusqu\u2019à ce jour il a été reçu en argent.\t$7,633 00 \u201c\tu\t\u201c en remises.\t919 00 Total\treçu.$8,552\t00 On a payé en argent.$7,333\t00 \u201c\tpar\tremises.919\t00 Total\tde dettes éteintes.\t$8,252\t00 Il ne reste plus un seul billet à payer dans les banques.Au moyen d\u2019un emprunt fait à courte échéance et remboursable sur le premier quartier de la pension des élèves échu le Ie'' courant, le collège a pu acheter ses provisions pour argent comptant, et réaliser ainsi une épargne considérable sur le prix.Je saisis avec joie cette occasion d\u2019exprimer aux souscripteurs et aux créanciers qui ont fait des remises, combien je leur suis reconnaissant pour ce qu\u2019ils ont fait en faveur de cette œuvre importante.Grand nombre de souscripteurs se sont empressés de répondre à mon invitation en anticipant leurs payements en tout ou en partie et en fournissant ainsi le moyen d\u2019éteindre dès cette année une plus grande partie du capital et des intérêts.Si, comme je l\u2019espère fermement, le même zèle et la meme générosité se manifestent dans les années suivantes, nous aurons atteint notre but avant le terme de dix ans qui avait été fixé primitivement.Je prie instamment les souscripteurs qui n\u2019ont pas encore payé, de s\u2019empresser de le faire.IV M.Nazaire A.Leclerc, prêtre, publie depuis une couple d\u2019années, une excellente petite Gazette des Familles Canadiennes, journal religieux, agricole et d'économie domestique, paraissant tous les quinze jours, au prix d\u2019une demi-piastre par année.Plusieurs curés l\u2019ont déjà recommandée et ils rendent témoignage du bien qu\u2019elle fait dans les familles où elle est reçue.M.Leclerc ne désire être recommandé par moi au clergé, qu\u2019afin de pouvoir consacrer à l\u2019œuvre du Collège de Sainte-Anne la moitié du prix des nouveaux abonnements qu\u2019il recevra.Ainsi en favorisant cette publication vous contribuerez à une double bonne œuvre, puisque tout en répandant dans votre paroisse une publication utile, vous grossirez la somme qui doit sauver du naufrage une de nos maisons d\u2019éducation.C\u2019est, dans la paroisse de Saint Jean Chrysostôme de Lauzon, que demeure M.Leclerc.Y Je crois devoir rappeler à Messieurs les Curés que Monseigneur Baillargeon a ordonné que chaque fabrique eût à se procurer la \u2014 Ÿ3 \u2014 nouvelle édition du rituel faite en 1870 chez Delisle.On ne doit pas se contenter d\u2019avoir le petit extrait du rituel imprimé par le même en 1869.Chaque prêtre devrait aussi avoir dans sa bibliothèque un exemplaire de nos conciles provinciaux.VT Je prie Messieurs les curés qui n\u2019ont pas encore envoyé le rapport annuel sur leurs paroisses, de ne pas tarder à le faire.Ceux qui sont chargés de plusieurs missions ou paroisses, devraient, dans leurs rapports et dans leurs lettres, mettre sur des feuilles séparées ce qui concerne chacune de ces missions ou paroisses, afin que dans les archives on puisse mettre ensemble tout ce qui concerne chaque paroisse ou mission.Dans les rapports concernant les missions pour lesquelles la Propagation de la Foi fournit une aide, il est à désirer que l\u2019on donne, outre des détails nécessaires sur la population, l\u2019étendue, le nombre des baptêmes, etc., le récit des faits capables d\u2019édifier, tels que les conversions un peu extraordinaires, les morts où la main de Dieu semble se manifester, les paroles remarquables des néophytes, etc.Cela fournirait matière à des récits très intéressants que l\u2019on pourrait insérer dans le rapport qui se publie tous les deux ans sur les missions du diocèse.VII Dans les lettres et autres pièces officielles, on doit éviter avec soin de mettre sur une même feuille ce qui concerne des affaires de différente nature, dont les unes sont destinées à être conservées dans les archives et les autres demandent au contraire à être ensevelies dans l\u2019oubli, comme serait, par exemple, une consultation sur des cas de conscience.Toutes les pièces ou lettres destinées à être conservées aux archives, devraient être sur papier plus grand que le papier à billets et avoir une marge d\u2019environ un pouce.Recevez, Monsieur le Curé, l\u2019assurance de mon sincère attachement.j E.-A., Arch, de Québec. CIRCULAIRE A MESSIEURS LES CURÉS DU COMTÉ DE PORTNEUF f Archevêché de Québec, j 21 septembre 1871.Monsieur le Curé, Le Comté de Portneuf va être appelé dans quelques jours à décider s\u2019il doit prendre part, ou non, à la construction du Chemin de fer du Nord.Le clergé qui n\u2019a jamais été étranger à tout ce qui a pu favoriser la prospérité matérielle du pays, ne saurait voir d\u2019un œil indifférent cette grande entreprise dont l\u2019importance est reconnue par tous nos hommes d\u2019affaire, quelles que soient d\u2019ailleurs leurs opinions politiques.Celui du Comté de Portneuf en particulier ne peut manquer de l\u2019appuyer de toute son influence, à cause des avantages considérables qui doivent en résulter pour cette partie du pays.Je crois donc devoir vous inviter à éclairer vos paroissiens sur ces avantages qui sont développés d\u2019une manière lumineuse dans l\u2019imprimé ci-joint.C\u2019est une œuvre de patriotisme qui vous donnera un nouveau titre à la reconnaissance du pays.Vous recommanderez sans doute à vos paroissiens de garder fidèlement la paix et le bon ordre, lors de l\u2019assemblée qui aura lieu pour discuter et décider la question en litige.Vous pourrez profiter de l\u2019occasion pour leur faire connaître l\u2019invitation que je vous adresse à ce sujet, en vous abstenant toutefois d\u2019en faire la lecture au prône.Je demeure bien sincèrement, Monsieur le curé, Votre très humble et très obéissant serviteur, -j- E.-A., Arch, de Québec. \u2014 75 \u2014 (N° 13) CIRCULAIRE AU CLERGÉ f Archevêché de Québec, {\t3 octobre, 1871.Monsieur le Curé, La visite pastorale et diverses affaires importantes m\u2019avaient fait perdre de vue deux encycliques du Souverain Pontife, dont je me fais un devoir de vous donner connaissance aujourd\u2019hui.Dans la première, datée du 4 juin, le Saint-Père nous invite à remercier Dieu de la protection tout-à-fait extraordinaire accordée à l\u2019Église en ces temps malheureux, et à son chef qui devait bientôt compléter les vingt-cinq ans de son pontificat.Ce vœu de notre bien-aimé père a déjà été rempli le 21 juin dernier, comme je l\u2019ai recommandé par mon mandement (N° 6) du premier juin.Nos cœurs sont encore tout émus de la sainte allégresse avec laquelle nous avons chanté le Te Deum à l\u2019occasion de ce mémorable anniversaire.Pie IX a vu non seulement les années de Pierre, mais aussi il a dépassé les jours de son pontificat et depuis près de dix-neuf siècles que l\u2019Église a été fondée par la parole toute-puissante de Jésus-Christ, aucun pape n\u2019a régné aussi longtemps que lui.Il était juste qu\u2019à cette occasion les trésors de l\u2019Église fussent ouverts, afin de ranimer et de récompenser tout à la fois la piété des fidèles.Il a donc autorisé tous les évêques à donner, au jour qu\u2019ils auront eux-mêmes choisi, la bénédiction papale avec indulgence plénière non-seulement en faveur des personnes bien disposées qui seront présentes à la bénédiction donnée par l\u2019évêque, mais aussi en faveur de tous les diocésains qui, le même jour, rempliront les conditions ordinaires de la confession, de la communion et de prières ferventes suivant les intentions du Souverain Pontife. Pour cet effet j\u2019ai choisi le jour de la Toussaint.Je n\u2019ignore pas qu\u2019il y a déjà dans la plupart des églises une indulgence plénière pour cette fête ; mais vous savez aussi qu\u2019en vertu d\u2019un décret du 30 août 1847 la même confession et la même communion peuvent servir pour gagner plusieurs indulgences plénières qui se rencontrent le même jour, pourvu que l\u2019on réitère les autres œuvres prescrites.« Nous ne doutons nullement, dit le Souverain Pontife, qu\u2019à » cette occasion le peuple chrétienne soit excité très efficacement » à prier, et que ces prières multipliées ne nous obtiennent enfin » cette miséricorde que la multitude des maux qui nous accablent » nous engage à solliciter avec ferveur.» Le jour même où a été célébré dans la cathédrale l\u2019anniversaire du couronnement de Pie IX, j\u2019ai adressé à ce bien-aimé père une lettre pour lui faire connaître l\u2019empressement avec lequel les fidèles du diocèse ont répondu à mon invitation de prier et de remercier Dieu pour lui.Je n\u2019ai pas oublié de mentionner cette belle illumination qui a été le fruit spontané de la joie et de l\u2019affection des catholiques de Québec.Il connaît aussi toutes ces inscriptions en son honneur que j\u2019ai vues pendant ma visite pastorale jusque dans les paroisses les plus pauvres et les plus éloignées.Il sait que son portrait fait l\u2019ornement des maisons les plus splendides et la consolation de bien des chaumières.Ce que nous avons fait, bien d\u2019autres ont eu à cœur de le faire et de toutes parts le cœur de notre bien-aimé père a reçu, à la même occasion, des témoignages de la plus vive et de la plus filiale affection.Dans l\u2019impossibilité où il se trouvait de répondre par des lettres particulières, à ce concert unanime d\u2019amour et de dévouement, le Souverain Pontife a adressé, le 5 août dernier, une nouvelle encyclique dont je vous envoie la traduction afin que vous en donniez lecture à vos paroissiens.Il est juste que nous sachions tous combien notre bien-aimé père a été sensible aux marques de dévouement que nous lui avons données.Il nous exhorte à être d\u2019autant plus unis par les liens de la charité, que l\u2019enfer fait plus d\u2019efforts pour semer partout le trouble, la division et les maux qui s\u2019en suivent.Cette bénédiction apostolique qu\u2019il nous accorde avec une tendresse paternelle, portera bonheur dans le temps et dans l\u2019éternité à tous ceux qui l\u2019auront méritée et qui la recueilleront dans leur cœur avec amour et reconnaissance.Nous jouissons d\u2019une paix profonde.Une abondante moisson éloigne toute inquiétude pour l\u2019hiver qui approche.Que ces dons de la miséricorde divine soient pour nous des motifs de remercier Dieu et de le prier avec ferveur de mettre un terme aux maux qui affligent d\u2019autres pays moins favorisés que le nôtre.Efforçons-nous de mériter par une vie chrétienne la continuation de ces bienfaits de Dieu.Craignons souverainement d\u2019attirer sur nous, par l\u2019ingratitude et l\u2019infidélité à la grâce, quelques unes de ces catastrophes qui épouvantent le monde.Agréez, Monsieur le Curé, l\u2019assurance de mon sincère attachement.T E.-A., Arch, de Québec.LETTRE ENCYCLIQUE A nos Vénérables Frères, les PoAriarchcs, Archevêques, Évêques, à tous les Ordinaires du monde catholique, en grâce et en communion avec le Siège Apostolique, PIE IX PAPE.Vénérables Frères Salut et Bénédiction Apostolique.Souvent, Vénérables Frères, dans ce long pontificat, Nous tournant vers vous, Nous vous avons marqué de quel cœur reconnaissant Nous recevions les preuves de cette dévotion, de cet amour que le Dieu des miséricordes vous a inspirés, à vous et aux fidèles confiés à vos soins, pour Nous et ce Siège apostolique.Aussi, quand les ennemis de Dieu ont commencé à envahir ce domaine civil afin d\u2019arriver à prévaloir, s\u2019il était possible, contre Jésus-Christ et l\u2019Église, qui est le corps et la plénitude de lui-même, vous, Vénérables Frères, et le peuple chrétien, vous n\u2019avez jamais cessé de prier Dieu, à qui les vents et la mer obéissent, pour qu\u2019il voulût bien apaiser la tempête ; vous ne vous êtes pas lassés de renouveler les témoignages de votre Ÿ8 \u2014 amour, d\u2019employer tous vos soins à Nous consoler dans Notre tribulation.Quand Nous avons été dépouillé de cette ville capitale du monde catholique et livré à l\u2019arbitraire de ceux qui Nous avaient opprimé, vous avec la plupart des fidèles de vos diocèses, vous avez redoublé vos prières et par de fréquentes dénonciations, affirmé les droits très saints de la religion et de la justice, qui sont foulés aux pieds avec une audace inouïe.Mais maintenant, puisque, pour la première fois depuis Saint Pierre, par un événement tout à fait inaccoutumé dans la vie des Pontifes romains, Nous avons atteint la vingt-sixième année de notre ministère apostolique dans la chaire de Rome, vous Nous avez donné des marques tellement éclatantes de votre joie à cause du bienfait insigne accordé à Notre petitesse, et vous avez si évidemment manifesté cette vie florissante qui anime partout la famille chrétienne, que Nous en avons été profondément ému.Et joignant nos vœux aux vôtres, Nous en avons obtenu des forces nouvelles pour attendre avec plus de confiance le triomphe absolu et complet de l\u2019Église.Rien ne nous a été plus agréable que de voir sur tous les points de l\u2019univers, en bataillons serrés, les suppliants se pressant dans les temples saints, unis à leur propre Pasteur, pour témoigner à Dieu, par leurs prières publiques et l\u2019usage des sacrements, leur reconnaissance du bienfait qu\u2019il Nous a accordé, et lui demander instamment la victoire de son Église.Nous avons senti Notre douleur et Nos soucis non-seulement s\u2019alléger, mais se changer en joie, en recevant les félicitations, les marques de dévouement et les vœux exprimés dans vos lettres et en accueillant ces nombreux chrétiens accourus de partout, parmi lesquels plusieurs brillaient de l\u2019éclat de la naissance et de hautes dignités ecclésiastiques ou civiles, mais étaient plus illustres encore par leur foi.Tous, unis de cœur et d\u2019action à la plupart des citoyens de cette ville et des provinces occupées, sont accourus ici des pays les plus lointains; ils ont voulu s\u2019exposer aux mêmes périls et aux mêmes outrages qui fondent sur Nous, pour donner un témoignage public de leurs sentiments religieux et de ceux de leurs concitoyens envers Nous, et Nous apporter à Nous-même des volumes couverts de plusieurs cent mille signatures des fidèles de tous pays, qui, en écrivant leurs noms, flétrissaient \u2014 79 \u2014 sévèrement l\u2019invasion de Notre principat, et en réclamaient fortement la restitution exigée par la religion, par la justice, par la civilisation elle-même.A cette occasion il nous a été donné une assistance plus abondante encore que de coutume, par laquelle pauvres et riches se sont efforcés ensemble de subvenir à Notre indigence ; on y a joint des présents nombreux, variés, éclatants, le tribut splendide des arts et du génie chrétiens, destinés surtout à relever le double pouvoir spirituel et royal que Dieu Nous a accordé ; et en outre une abondante et riche collection de vêtements et vases sacrés qui nous permît de venir en aide à la pauvreté et au dénûment de tant d\u2019églises.C\u2019est certainement un merveilleux spectacle de l\u2019unité catholique qui montre évidemment que l\u2019Église universelle, quoique répandue dans tout l\u2019univers, et formée de nations, de mœurs, de génie et d\u2019usages si différents, est animée du même esprit divin ; et en est d\u2019autant plus fortifiée que l\u2019impiété la poursuit et la presse avec plus de fureur, et s\u2019efforce plus perfidement de la priver de tout secours humain.Que des actions de grâces soient donc rendues avec plus d\u2019effusion et d\u2019abondance à Celui qui, en glorifiant ainsi son nom, par cette preuve même de sa bonté et de sa puissance, relève les âmes affligées par l\u2019espoir d\u2019un triomphe certain.Mais si Nous rapportons ces bienfaits à l\u2019Auteur de tous les biens, Nous sommes en même temps pénétré d\u2019un très vif sentiment de reconnaissance envers ceux qui, se faisant les instruments de la Divine Providence, Nous ont comblé des marques de leur assistance, de leur consolation, de leur obéissance, de leur dévouement et de leur amour.Levant les yeux et les mains vers le ciel, Nous offrons à Dieu tout ce que Nos fils ont ainsi fait en notre faveur, en son nom, et Nous lui demandons instamment qu\u2019il seconde promptement leurs vœux communs pour la liberté de ce Saint-Siège, pour la victoire de l\u2019Église, pour la tranquillité du monde et qu\u2019il acquitte libéralement à l\u2019égard de chacun d\u2019eux, en biens terrestres et célestes, la dette de reconnaissance que Nous ne pouvons payer.Nous voudrions certainement exprimer à tous et à chacun en particulier Notre affectueuse gratitude et leur faire connaître les dispositions qui nous animent.Mais l\u2019abondance même des témoignages qui nous ont été offerts de tous côtés en actes, en \u2014 80 \u2014 écrits, en paroles ne le permet pas.Pour atteindre de quelque manière cet objet de Nos désirs, c\u2019est à vous, Vénérables Frères, que nous adressons d\u2019abord les sentiments de notre cœur; nous vous prions donc de les transmettre et de les faire connaître pleinement à votre clergé et à votre peuple.Mais exhortez-les tous à persévérer constamment avec vous dans la prière avec une âme remplie de confiance.Car si la prière assidue du juste perce les nues et ne cesse pas, jusqu\u2019à ce que le Très-Haut l\u2019exauce ; si le Christ a promis d\u2019assister deux hommes réunis et priant ensemble en son nom, et que le Père céleste ferait tout ce qu\u2019ils demanderaient, à plus forte raison l\u2019Église universelle, par une prière unanime et persévérante, obtiendra certainement de voir enfin la justice divine fléchie, les puissances infernales écrasées, les efforts de la malice humaine déjoués et anéantis, la paix et la justice ramenées sur la terre.En ce qui vous concerne, Vénérables Frères, appliquez surtout votre esprit et vos forces à être toujours de plus en plus étroitement unis entre vous, et comme une phalange compacte, à vous opposer aux ennemis de Dieu, qui attaquent, par des machinations et avec une ardeur toujours nouvelle, son Église qu\u2019aucune force ne détruira jamais.De cette façon vous pourrez résister plus facilement et avec plus d\u2019efficacité à leurs attaques et rompre leurs bataillons.Ces résultats, que Nous désirons ardemment, Nous les demandons de tout Notre cœur pour vous et pour toute la famille catholique.Et en attendant, comme gage de ce succès si désiré et de la faveur divine, comme preuve indubitable de Notre grande affection et de Notre reconnaissance envers vous, Nous vous accordons du fond de Notre âme, avec tendresse, la bénédiction apostolique à chacun de vous, Vénérables Frères, au clergé et à tout le peuple confié à vos soins.Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 5 août, fête de Sainte Marie-Majeure, l\u2019an du Seigneur 1871, 26e de Notre pontificat.PIE IX PAPE. CIRCULAIRE PRIVÉE AU CLERGÉ DK TOUTE LA PKOVINCE ECCLÉSIASTIQUE DE QUÉBEC Archevêché de Québec, 23 octobre 1871.Monsieur le Curé, Au milieu des questions importantes, qui font l\u2019objet des préoccupations des Evêques de la Province Ecclésiastique de Québec pendant leur réunion, il en est une sur laquelle ils veulent attirer votre attention avant môme de se séparer.Cette question que l\u2019on peut appeler vitale à cause de ses immenses conséquences sur notre état social et religieux, est la question de la colonisation.Nous ne pouvons que gémir à la vue du grand nombre de nos compatriotes qui désertent journellement le foyer domestique et la terre natale pour aller demander à la prospérité de nos voisins un bien-être, qu\u2019il nous semble pourtant possible de trouver ici, au milieu des avantages nombreux, que la Providence a départis à notre chère patrie.Votre cœur comme le nôtre ressent tout ce que cet état de choses a de pénible ; aussi nous n\u2019avons pas besoin d\u2019insister pour faire comprendre nos trop justes regrets à cet égard.Notre unique but, dans cette lettre collective, est d\u2019encourager votre zèle, au milieu des efforts qu\u2019il fait pour s\u2019opposer à ce torrent d\u2019émigration qui prive la patrie des bras et de l\u2019intelligence d\u2019un grand nombre de ses enfants.Le remède efficace à ce mal ne peut se trouver que dans le succès qui couronnera les tentatives faites pour rappeler et retenir dans les différentes provinces de la Confédération Canadienne ceux de nos compatriotes, que la nécessité ou l\u2019amour du changement ont poussés ou poussent encore vers la terre étrangère.Le résultat obtenu par les sociétés de colonisation nous remplit de joie et de consolation et nous permet d\u2019espérer qu\u2019un jour notre beau pays sera tout occupé par ses propres enfants et 6 que les Canadiens n\u2019auront point le regret d\u2019avoir privé leurs descendants de la terre que la Providence leur avait destinée.Que tous les Canadiens continuent cette noble et patriotique œuvre de la colonisation de nos terres inoccupées.Les sacrifices faits dans ce but ne peuvent qu\u2019attirer la bénédiction du ciel.Notre jeune pays n\u2019est pas renfermé dans des limites assez étroites pour qu\u2019il soit nécessaire de l\u2019abandonner.Plus que jamais d\u2019immenses étendues de terrain s\u2019offrent à notre population dans les limites même de la patrie.L\u2019acquisition du territoire du Nord-Ouest, la création de la Province de Manitoba, offrent un avantage réel à ceux qui n\u2019aiment pas le défrichement des terrains boisés et qui pourtant voudraient s\u2019éloigner de la paroisse qu\u2019ils habitent.Il n\u2019est pas nécessaire de passer la frontière Canadienne pour trouver les riches prairies de l\u2019Ouest.Notre pensée n\u2019est pas de demander aux paisibles et heureux habitants de la Province de Québec, de changer une position certaine et avantageuse pour les incertitudes et les risques d\u2019une émigration lointaine, mais s\u2019il en est auxquels il faut un changement et auxquels il répugne de s\u2019imposer les rudes labeurs de bûcherons, à ceux-là, Monsieur le Curé, veuillez bien indiquer la Province de Manitoba.Un octroi gratuit de 160 acres de bonne terre de prairie, est promis par le gouvernement à tout homme de 21 ans qui voudra aller se fixer dans ces nouvelles contrées.Ces contrées si nouvelles pour les individus, ne le sont pas pour le Canada.C\u2019est l\u2019énergie de nos pères qui les a découvertes : c\u2019est le zèle de nos missionnaires qui les a régénérées et préparées à l\u2019ère de prospérité qui semble les attendre.Ces contrées lointaines ne sont donc pas la terre étrangère.Environ la moitié de la population y parle le Français et est d\u2019origine Canadienne, en sorte que de toutes les paroisses on est certain d\u2019y trouver des parents ou au moins des amis.Dans cette nouvelle Province il y a un collège où les garçons peuvent recevoir une éducation soignée ; des couvents où les filles puisent l\u2019instruction qui leur est prodiguée en Canada.Les Missionnaires, trop heureux du renfort qu\u2019ils recevront par cette émigration, étendront volontiers aux nouveaux venus, l\u2019affection qui les anime envers leurs ouailles actuelles.En colonisant une partie de Manitoba, les Canadiens-Français s\u2019assurent dans la législature fédérale l\u2019équilibre qu\u2019ils y possèdent aujourd\u2019hui, et qu\u2019ils perdront nécessairement s\u2019ils ne sont point en nombre dans Manitoba et le territoire du Nord-Ouest.Nous considérons donc, Monsieur le Curé, comme chose bonne et désirable, l\u2019établissement de quelques-uns des nôtres dans ces régions et nous verrions avec plaisir qu\u2019il se fit quelque chose dans ce sens ; si par exemple, entre deux ou trois paroisses, on pouvait assurer le concours d\u2019une famille honnête, chrétienne et laborieuse qui irait former dans le Nord-Ouest une population comme celle qui est venue, il y a deux siècles, jeter les fondements de notre nationalité en Canada.Vous apprendrez dans la première partie de l\u2019hiver, par les journaux, ce que le gouvernement doit faire pour faciliter le transport et l'établissement des colons de Manitoba : nous vous écrivons aujourd\u2019hui afin que vous connaissiez notre intention à ce sujet et que, si l\u2019occasion s\u2019en présente, vous puissiez diriger de ce côté ceux qui voudraient émigrer.Par cette émigration d\u2019un genre nouveau, nos compatriotes ne se sépareront pas de nous ; ils resteront Canadiens, soumis à nos institutions religieuses et civiles, dans un milieu où leur foi ne sera pas exposé, où au contraire ils aideront à faire luire ce divin flambeau, au milieu des vastes déserts de l\u2019Ouest, qui n\u2019ont été découverts par nos pères que dans une pensée toute de foi.E.A., Arch, de Québec.-j- Ig., Év.de Montréal.-j* Jos.Eugène, Év.d\u2019Ottawa.-j- Alex., Év.de St-Boniface, O.M.J.-j- C., Év.de St-Hyacinthe.L.F., Év.des Trois-Rivières.-j- Jean, Év.de St-G.de Rimouski. CIRCULAIRE AU CLERGÉ SOCIÉTÉ DES MESSES Dans ma circulaire N° 12, j'ai annoncé la formation d\u2019une section diocésaine dans la société des messes.Je vous envoie la liste alphabétique de ceux qui ont donné leur nom jusqu\u2019à ce jour pour en faire partie.C\u2019est une formalité de rigueur absolue.Ceux qui veulent continuer à faire partie de la section provinciale n\u2019ont pas besoin de donner leur nom, et pour eux rien n\u2019est changé.Si l\u2019on remarque dans cette liste quelque erreur ou omission, on voudra bien la signaler.Comme il a déjà été dit, ceux qui ont donné leur nom pour la section diocésaine ne diront désormais la messe que pour les associés défunts, de quelque section que ce soit, appartenant au diocèse de Québec ; et quand ils mourront, la messe sera dite pour eux seulement par les associés qui sont du diocèse de Québec, à quelque section qu\u2019ils appartiennent.Dans cet arrangement les droits et les devoirs sont réciproques.Les membres de la section diocésaine restent unis avec les prêtres du diocèse, même avec ceux de la section provinciale ; ils disent la messe pour eux, comme ceux-ci doivent la dire pour eux.Quand donc on annoncera la mort d\u2019un associé ; 1° S\u2019il n\u2019est pas du diocèse de Québec, les membres de la section provinciale diront la messe pour lui comme ci-devant, mais non pas ceux de la section diocésaine.2° S\u2019il est du diocèse de Québec, il faut examiner à quelle section il appartient : S\u2019il est de la section provinciale, la messe sera dite pour lui par tous les associés sans exception comme ci-devant, même par ceux de la section diocésaine.S\u2019il est de la section diocésaine, la messe devra être célébrée pour lui seulement par les prêtres du diocèse, soit qu\u2019ils appartiennent \u2014 85 - à la section diocésaine, soit qu\u2019ils fassent partie de la section provinciale.Mais les membres de la société qui sont des autres diocèses, ne sont tenus à rien.-j- E.-A., Arch, de Québec.Québec, 21 novembre 1871.LISTE ALPHABÉTIQUE Des prêtres du diocèse de Québec, qui ont donné leurs noms pour faire partie de la SECTION DIOCÉSAINE DE LA SOCIÉTÉ DES MESSES.MM.Auclair.Elzéar.\tMM.Catellier.Ferd.-Mathias.Bacon, Charles.Beaudet, P.-Hubert.Beaudet, Placide-Édouard.Beaudry, Augustin.Beaulieu, Thomas-Eusèbe.Beaumont, Charles.Belleau, Siméon.Bellenger, Narcisse.Bergeron, Frs-Alfred.Bernier, Bernard, Bérubé, Cyrias.Blais, André-Albert.Blais.Ludger.Bonenfant, Joseph.Bonneau, Édouard.Boucher, Anselme.Boucher, François.Bourassa, Joseph.Brochu, Camille-Stanislas.Bureau, Joseph-Aimé.Buteau, Félix.Chabot, Laurent-Bénoni.Chaperon, J.-Thos.-Alfred.Ghavigny de la Chevrotière, Georges.Cloutier, Charles-François.Dassylva, Polycarpe.Delâge, F.-X., junior.Demers, Édouard.Desrochers, Benjamin.Déziel, Louis-Anselme.Dion, Éloi-Victorin.Dionne, Pierre.Doherty, John-Patrick.Drolet, Pierre-Olivier.Dubé, Herménégilde.Dubé, Prudent.Dufour Édouard.Dumontier, Félix.Dunn, William.Fafard, Ambroise-Martial. \u2014 86 \u2014 MM.Fafard.Édouard-Sévérin.MM.Leclerc.Bruno.Faucher, Joseph-Octave.Forgues, Michel.Fournier, Louis-Georges.Francceur, Lucien-Nap.Frenette, Charles-Eugène.Leclerc, Joseph-Édouard.Legaré, Adolphe.Lemieux, Darie-Mathias.Lemoine, Georges-Louis.Lessard, Philéas.Gagné, François.Gagné, Lucien.Gagnon, Clovis.Gagnon, Hyacinthe.Gagnon, Louis-Joseph.Garon, Samuel.Gauthier, Louis-Augustin.Gauvin, Joseph-Narcisse.Gauvreau, Antoine-A.Gingras, Joseph-Nérée.Gingras, Zéphirin.Girard, Adolphe.Girard, Joseph.Giroux, Guillaume.Godbout, Adolphe.Gonthier, Damase.Grenier, Louis-Honoré.Guy, Bernard-Claude.Hamelin, Léandre.Hoffman, Joseph.Houde, Théophile.Hudon, Ernest.Hudon, Joseph.Hudon, Maximin.Kérouac, Hubert.Lagacé, Pierre.Lagueux, Joseph.Lahaye, Pierre-Léon.Laliberté, Napoléon.Lauriault, Louis-Édouard.Mainguy, Napoléon.Marceau, Hilaire-Anicet.Marquis, Joseph.Martel, Ls-Antoine.Martin, Jos.-Étienne.Méthot, Michel-Édouard.Michaud, Joseph-Elzéar.Montminy, Théophile.Morisset, Fidèle.Morisset, Léon.Oliva.Frédéric-Auguste.Pâquet, Benjamin.Pâquet, Chs-Henri.Paradis, François-Ignace.Parent, Chs-Léon.Parent, Étienne-Édouard.Pâtry, Pierre.Pelletier, Achille.Pelletier, André.Plamondon, F.-X.Plamondon, J.-Bte.Poiré, Charles-Édouard.Potvin, Hyacinthe.Racine, Dominique.Rainville, Joseph-Aimé Richardson, William.Rioux, Julien.Robin, Basile.Rousseau, Léon.Rousseau, Ulric. \u2014 87 MM.Roussel, David.Roussel, Pierre.Roy, Clovis.Roy, Léon.Sasseville, Jérôme.Sauvageau, Georges.Sax, Pierre-Télesphore.Sirois, Joseph.Sirois, Napoléon-Joseph.Soulard, Joseph-Benoît.MM.Talbot, Georges.Tardif, Joseph.Taschereau, Mgr E.-Alex.Tremblay, Godefroid.Tremblay, Grégoire.Tremblay, Wilbrod.Trudelle, Charles.Vallée.Achille.Vallée, Jean-Baptiste.Vallée, P.-Stanislas.Villeneuve, Jean-Baptiste.(N® 14) CIRCULAIRE AU CLERGÉ f Archevêché de Québec, {\t19 décembre 1871.I.\tDécret au sujet do la confession et de la communion requises pour les indulgences.II.\tRenseignements demandés pour les quarante heures perpétuelles qu\u2019il s\u2019agit d\u2019établir dans le diocèse.III.\tRecommandations au sujet de l\u2019assurance des églises contre le feu.Monsieur le Curé, I Je vous envoie le texte d\u2019un décret de la Sacrée Congrégation des Indulgences, en date du 6 octobre 1870, au sujet de la confession et de la communion requises pour la plupart des indulgences plénières.En voici le résumé. \u2014 88 \u2014 1° La confession seule, ou la confession et la communion, peuvent, dans tous les cas sans exception, se faire la veille du jour auquel est attachée l\u2019indulgence ; 2° Les autres œuvres prescrites doivent se faire au jour même pour lequel l\u2019indulgence est accordée ; 3° Ce décret s\u2019étend à toutes les indulgences déjà accordées et à celles qui le seront à l\u2019avenir.Le second article me paraît avoir besoin de quelques éclaircissements, que je tire de l\u2019excellent ouvrage du Père Maurel.Si l\u2019indulgence à été accordée expressément avec la clause a primis vesperis, on peut commencer les autres œuvres prescrites à midi de la veille, c\u2019est-à-dire aux premières vêpres, mais on doit les terminer avant le coucher du soleil du jour de l\u2019indulgence.Si elle est accordée en considération du saint, ou du mystère dont on fait la fête, l\u2019indulgence commence pareillement aux premières vêpres et finit au coucher du soleil, c\u2019est-à-dire, après les secondes vêpres, quand même l\u2019induit ne le dit pas expressément.Enfin dans les autres cas, l\u2019indulgence commence à minuit et finit à minuit, et alors les autres œuvres, à part la confession et la communion, doivent se faire entre les deux minuits.Telles sont les indulgences du jour des morts, des confréries, de la propagation de la foi, etc.La confession faite l\u2019avant-veille du jour auquel est attachée l\u2019indulgence, ne peut pas suffire.Le présent décret ne diminue en rien le privilège accordé aux personnes qui sont dans la louable habitude de se confesser une fois la semaine, car ces personnes peuvent gagner toutes les indulgences plénières qui se rencontrent dans l\u2019intervalle d\u2019une confession à l\u2019autre.Remarquez l\u2019expression une fois la semaine ; on ne dit pas tous les huit jours.Ainsi une personne peut, dans les termes de l\u2019induit, se confesser le lundi d\u2019une semaine, par exemple, et attendre, pour retourner à confesse, le samedi de la semaine suivante, qui est le treizième jour après sa confession.Il sera vrai qu\u2019elle se sera confessée chaque semaine, ou une fois la semaine, ce qui suffit.« Au mois de février \u2014 89 \u2014 » 1868, dit le Père Maurel (page 97), j\u2019ai de nouveau soumis » cette interprétation à la Sacrée Congrégation des Indulgences.» Il m\u2019a été répondu qu\u2019elle était vraie, et que ceux-là se trom-» paient qui interprétaient autrement, c\u2019est-à-dire dans le sens » de tous les huit jours, le saltern semel in hebdomada.» II Durant la dernière retraite, je vous ai exposé le projet que j\u2019avais formé d\u2019établir dans ce diocèse la grande et belle dévotion de l\u2019exposition perpétuelle du Saint Sacrement.Plusieurs membres du clergé m\u2019ont écrit pour exprimer leur désir de voir se réaliser ce projet.Jusqu\u2019à présent des occupations nombreuses et importantes ont tellement absorbé mon temps que je n\u2019ai pu y songer.Pour organiser complètement cette dévotion, j\u2019ai besoin de connaître au juste : 1° L\u2019époque à laquelle se font déjà les quarante heures dans votre paroisse ; 2° les indulgences accordées à la paroisse ; 3° les fêtes, octaves, neuvaines, etc., qui s\u2019y célèbrent chaque année avec concours.Voici à peu près les règles que je me propose de suivre dans l\u2019assignation à chaque paroisse des jours où s\u2019y feront les quarante heures : 1° Conserver autant que possible les dévotions, neuvaines, indulgences, etc., déjà existantes, et y placer les quarante heures ; 2° Dans les autres cas, les quarante heures seront mises à une époque assez éloignée pour qu\u2019il n\u2019y ait pas concours à des époques trop rapprochées ; 3° Les quarante heures seront distribuées dans les différentes parties du diocèse de manière à ne pas se trouver deux fois de suite dans le même voisinage ; 4° A l\u2019époque des grands travaux de la campagne, on choisira de préférence les villes et les gros villages.Je serai bien aise d\u2019avoir aussi les renseignements que vous jugerez utiles pour me guider dans ce travail, à cause des \u2014 90 \u2014 circonstances particulières où se trouve votre paroisse, par exemple les temps d\u2019inondation, les saisons où les chemins y sont, pour ainsi dire, impraticables ; et au contraire les saisons qui offrent des avantages particuliers.Il est évident, par la nature meme de la dévotion qu\u2019il s\u2019agit d\u2019établir pour toute l\u2019année, qu\u2019il sera impossible d\u2019assigner les quarante heures à chaque paroisse dans la belle saison ; il y aura nécessairement des inconvénients en plusieurs cas ; il faudra bien se résigner à ce qui est inévitable.Les erreurs pourront se corriger et les inconvénients se compenser dans les listes qui seront dressées d\u2019une année à l\u2019autre.J\u2019accepterai avec reconnaissance les conseils qui pourraient m\u2019aider à régler les détails de l\u2019exposition.Messieurs les Curés qui ont suivi de près cette dévotion depuis longues années, seront à même de me signaler certains inconvénients et les moyens de les prévenir, et aussi certains moyens de la rendre plus utile au bien des âmes.Je vous invite particulièrement à me répondre sur toutes ces choses, aussitôt que possible.III Un accident arrivé dernièrement, et qui a failli causer la destruction d\u2019une église par le feu, me donne occasion de vous parler de l\u2019association d\u2019assurance mutuelle des fabriques.1° Messieurs les Curés et Marguilliers dont les églises, sacristies et presbytères, ne sont pas assurés, ne doivent pas négliger de prendre au plus tôt une précaution dont la prudence et l\u2019utilité sont évidentes, 2° Ils sont tenus de voir à ce que les articles du règlement de cette association soient tous bien observés, de peur qu\u2019en cas d\u2019accident, la fabrique ne soit exposée à perdre le bénéfice des sommes qu\u2019elle a payées.C\u2019est pourquoi j\u2019appelle votre attention tout particulièrement sur les articles 26 à 30 inclusivement, du règlement de l\u2019association ; ils concernent les précautions à prendre sous peine de perdre l\u2019assurance en cas d\u2019incendie.La négligence d\u2019un seul de ces articles peut avoir des conséquences très graves.Comme ce règlement a été imprimé pour l\u2019usage \u2014 91 \u2014 des associés et doit se trouver entre leurs mains, je m\u2019abstiens de le reproduire dans cette circulaire.Agréez, Monsieur le Curé, l\u2019assurance de mon sincère attachement.\\ E.-A., Arch, de Québec.DEGRETUM URBIS ET ORBIS Ex audientia Sanctissimi die 6 Octobris 1870.Inter ceteras conditiones, quæ in adimplendis operibus iniunc-tis pro acquisitione Indulgentiarum servari debent, ea est ut eadem fiant intra tempus in concessionibus præfmitum.Ut vero Ghristifideles faciiius ad eas lucrandas excitarentur, pluries hæc Sac.Congregatio Indulgentiis Sacrisque Reliquiis preposita, approbantibus Summis Pontificibus, quoad præscriptam Confes-sionem etGommunionem, vel benigna interpretatione vel indultis hac in re providendum existimavit.Hinc per Decretum diei 19 Maii 1759 statuit: Confessionem suffragari si expleatur etiam in pervigilio festivitatis pro qua con-ccssa est Indulgentia, et item per Decretum diei 12 Junii 1822 declaravit : Communionem peragi posse in vigilia festivitatis.Etsi vero hæc indulta nullum dubitandi locum relinquerent circa eas Indulgentias, quæ pro festivitatibus proprie dictis con-ceduntur ; incipientibus nempe a primis vesperis usque ad occasum solis eiusdem diei festi ; ita ut liberum sit Fideli vel in ipso die festo confiteri, et sacra Synaxi refîci, plures tamen exinde dubitationes obortæ fuerunt, an idem dicendum foret de aliis Indulgentiis spatio unius diei lucrandis, et ab initio diei naturalis incipientibus, quæ videlicet concederentur non ratione festivitatis occurrentis, sed alia qualibet ex causa ; quemadmo-dum U su venire solet pro sextis feriis mensis Martii, diebus dominicis festum S.Aloisii præcedentibus, oratione quadraginta horarum, aliisque casibus similibus quibuscumque.Itaque SSmus Dominus Noster Pius PP.IX, in audientia habita ab infrascripto Cardinali Præfecto eiusdem Sac.Congre- gationis, die 6 Octobris 1870, ad removendam omnem dubitandi rationem et ad commodius reddendum Confessionis et Commu-nionis adimplementum, benigne declarari et decerni mandavit, prout hoc Decreto declarator atque decernitur :\t\u201c Turn Con- » fessionem dumtaxat, turn Confessionem et Communionem, » peragi posse die qui immediate præcedit sequentem pro quo » concessa fuerit Indulgentia quælibet, non solum ratione festi-» vitatis occurrentis iuxta allata Décréta, verum etiam quacum-» que alia ex causa, vel devotionis, vel pii exercitii, aut solem-» nitatis, ut esset pro memoratis et ceteris huiusmodi diebus, » pro quibus Indulgentia cum conditione Confessionis et Com-» munionis concessa iam fuerit, vel in posterum concedatur, licet » tempus ad earn adquirendam ab initio diei naturalis et non a » primis vesperis sit computandum ; servata tamen in adimplendis » aliis operibus iniunctis régula generali circa modum et tempus » in concessionibus præscriptum.» Voluitque Sanctitas Sua nihil innovatum censeri quoad Decre-tum diei 9 Decembris 1763 favore Ghristifidelium, qui laudabili consuetudine utuntur confitendi semel saltern in hebdomada, cum privilegiis, conditionibus et restrictivis ibidem recensitis.Contrariis quibuscumque non obstantibus.Datum Romæ ex Secretaria eiusdem Sacræ Gongregationis, die 7 Octobris 1870.A.Gard.BIZZARRI, Præfectus.A.Colombo, Secretarius. \u2014 93 \u2014 (N° 15) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec, 9 février 1872.Monsieur le Curé, A plusieurs reprises déjà, j\u2019ai été consulté sur quelques points de notre discipline en ce qui regarde le jeûne et l\u2019abstinence.Avant de répondre, j\u2019ai voulu prendre l\u2019avis de Nos Seigneurs les Évêques de la Province, afin de ne point rompre l\u2019uniformité de discipline si désirable en ce point comme dans les autres.Pour la même raison je réponds aujourd\u2019hui par une circulaire.Le 7 juillet 1844, sur la demande de Monseigneur Signay, le Saint-Siège accorda un induit en neuf articles, dont on trouve le texte au N° 1, de l\u2019appendice I des Ordonnances diocésaines.Ce Prélat et ses successeurs ne publièrent point l\u2019article VI, parce qu\u2019ils jugèrent que le temps n\u2019en était point venu.Leur exemple fut suivi par Monseigneur de Montréal qui avait obtenu le même induit.Après m\u2019être assuré de l\u2019opinion de nos Seigneurs les Évêques, je déclare par la présente, le susdit article en force dans ce diocèse, à dater de ce jour.VI.Ut in diebus quibus abstinetur ab esu carnium, permittatur cibos cum adipe parare, propter butyri raritatem.R.Ad Sextum.Pro gratia in omnibus juxtà preces.Pour prévenir tout malentendu et fixer notre discipline sur ce point, je crois devoir donner les explications suivantes : 1° Il n\u2019y a aucun jour excepté :\tIn diebus in quibus abstinetur ab esu carnium.2° L\u2019induit ne permet pas de manger de la viande, ou de la graisse dans son état naturel, mais simplement de substituer la graisse ou le saindoux au beurre ou à l\u2019huile, dans la friture, la cuisson et la préparation des aliments maigres. \u2014 94 \u2014 On peut donc désormais, 1° faire frire du poisson, ou des œufs, avec de la graisse, ou même avec du lard, pourvu que l\u2019on ne mange pas le lard ; 2° faire bouillir du lard dans la soupe, ou y mettre de la graisse ou du saindoux ; 3° faire bouillir de la pâte dans la graisse, ou faire entrer de la graisse dans la confection des pâtisseries.Vous pourrez, à l\u2019occasion de la présente circulaire, rappeler à vos paroissiens qu\u2019ils peuvent sans inquiétude, 1° le matin des jours de jeûne, prendre quelques bouchées de pain et un peu de thé, de café, de chocolat ou de quelque autre breuvage ; 2° le soir des jours de jeûne, manger la soupe même grasse qui serait restée du dîner.Notez bien, par rapport à cette dernière partie, que personne ne s\u2019en trouve exclu.A la vérité, l\u2019article IX de l\u2019induit dit: præsertim iis qui sedant duro labori; mais il ne restreint nullement à ces personnes le bénéfice dont il y est question.Si on eût voulu en restreindre l\u2019effet, on se serait exprimé tout autrement.Pour compléter ce qui regarde cette matière, je crois devoir vous rappeler que la Sacrée Pénitencerie a déclaré, le 16 janvier 1834, que ceux qui, à raison de leur âge, de leur infirmité, ou de leurs travaux, sont exempts du jeûne, peuvent, aux jours de jeûne où le gras est permis, manger gras à tous les repas.Vous en trouverez le texte dans les Ordonnances Diocésaines, App.Ill, No.21, 4°.La Sainte Église, en adoucissant ainsi la sévérité de ses lois pour s\u2019accommoder à la faiblesse et aux nécessités de ses enfants, n\u2019entend pas néanmoins les exempter de l\u2019obligation où ils sont de se renoncer à eux-mêmes, de prendre leur croix et de marcher à la suite de Jésus (S.Luc, IX.23.) ; de crucifier leur chair avec ses vices et ses désirs criminels (Gal.V.24.) ; de mortifier leurs membres (Col.III.5.) ; car, dit l\u2019apôtre Saint Paul (Rom.VIII.13.) : Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si par Vesprit vous mortifiez les œuvres de la chair, vous vivrez.Recevez, Monsieur le Curé, l\u2019assurance de mon sincère attachement.-j- E.-A., Arch, de Québec. \u2014 95 \u2014 (N° 16) MANDEMENT POUR L\u2019ÉTABLISSEMENT DE L\u2019EXPOSITION PERPÉTUELLE DU SAINT-SACREMENT ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU, par la gra.ce de Dieu et du Siège Apostolique, Archevêque de Québec, Au Clergé Séculier et Régulier, aux Communautés Religieuses et à tous les fidèles de VArchidiocèse de Québec, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.La dévotion et la confiance qui régnent parmi vous, Nos Très Chers Frères, envers Notre Seigneur Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement de l\u2019Eucharistie, nous donnent lieu de croire que vous accueillerez avec joie la bonne et heureuse nouvelle que nous voulons vous annoncer aujourd\u2019hui.Nous lisons dans la Sainte Écriture que ce divin Sauveur parcourait les villes et les campagnes de la Judée, annonçant partout l\u2019évangile et confirmant ses paroles par des miracles sans nombre.Heureux les yeux qui ont contemplé le Rédempteur promis et attendu depuis le commencement du monde ! Heureuses les oreilles qui ont entendu les paroles de vérité qui sortaient de la bouche du Verbe Divin fait chair ! Heureux, mille fois heureux, le peuple au milieu duquel Dieu a été vu sur la terre conversant avec les hommes ! (Baruch.III.38.) Ce bonheur, Nos Très Chers Frères, vous allez en jouir.Notre Seigneur est au milieu de vous dans la Sainte Eucharistie, et il va se montrer à vous successivement dans toutes les paroisses de ce diocèse durant la belle et salutaire dévotion des Quarante Heures pour l\u2019adoration perpétuelle, que nous y établissons par le présent mandement.Au milieu des calamités qui affligent la terre, « notre consola-» tion et notre espoir doivent se trouver, comme le dit le Pape \u2014 96 \u2014 » Clément VIII, dans la prière qui nous obtient toutes sortes de » biens, pénètre les deux, apaise la colère de Dieu, détourne les » fléaux et nous donne part à l\u2019abondance de la miséricorde.» [Bulle du 25 nov.1592 pour rétablissement des 40 heures à Rome.) A la vérité, ce Divin Sauveur ne sera pas visible aux yeux de votre corps, mais la lumière infaillible de la foi vous le montrera réellement présent sous les voiles eucharistiques.Sa parole divine ne retentira pas à vos oreilles d\u2019une manière sensible, mais il vous parlera un langage qui, partant de son cœur adorable, ira droit à votre cœur pour le consoler, le nourrir, le fortifier et l\u2019éclairer.C\u2019est afin que vous puissiez mieux entendre cette voix divine, qu\u2019un silence profond et solennel doit régner dans l\u2019église où il est exposé.I Conformément au dogme catholique, l\u2019Eucharistie contient véritablement, réellement et substantiellement, sous les apparences du pain et du vin, le corps, le sang, l\u2019âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui l\u2019a instituée lui-même pour en faire la nourriture de nos âmes.La substance du pain et du vin est changée au corps et au sang de Jésus-Christ, de sorte qu\u2019après la consécration, il ne reste de l\u2019un et de l\u2019autre que les espèces, ou apparences, qui frappent nos sens comme avant la célébration des saints mystères.Ce sacrement adorable est dans l\u2019église catholique comme le centre et le cœur d\u2019où part la grâce qui anime ce corps mystique.Par une admirable disposition de la sagesse divine, tous les autres sacrements se rapportent à celui-ci ; les uns nous y préparent, les autres nous aident à en conserver et augmenter les grâces.C\u2019est de la Sainte Eucharistie que rayonnent les bienfaits de l\u2019ordre surnaturel, qui nous préparent à une résurrection glorieuse et à la vision de Dieu face à face, tel qu'il est (I.Jean III.2.), et dans sa propre lumière (Ps.XXXV.10.).Elle est aussi un vrai sacrifice, c\u2019est-à-dire, une offrande faite à Dieu en signe de notre dépendance et de notre soumission.C\u2019est de ce sacrifice que ceux de l\u2019ancienne loi tiraient toute leur vertu : ils ont tous disparu pour faire place à cette oblation pure qu\u2019un prophète annonçait comme devant être offerte depuis le lever du 97 \u2014 soleil jusqu'au couchant, pour manifester en tous lieux combien est grand le nom du Seigneur (Malachie I.11.).En effet, rien ne manifeste mieux sa puissance, sa bonté, sa charité, sa sagesse infinie.C\u2019est comme l'abrégé de toutes ces merveilleuses opérations par lesquelles a été consommée la rédemption du genre humain.« Ce que le pain et le vin produisent pour le corps, l\u2019Eucha-» ristie le produit d\u2019une manière infiniment plus parfaite pour le a bien et le salut de l\u2019âme.Ce n\u2019est pas le Sacrement qui se » change en notre propre substance, comme le pain et le vin se » changent en la substance du corps, c\u2019est nous-mêmes, au con-» traire, qui sommes changés en la nature du Sacrement.»\t(Ca- téchisme du Concile de Trente.) Tel est, Nos Très Chers Frères, le dogme catholique sur ce divin mystère.Figurée par les sacrifices de l\u2019ancienne loi, prédite par les prophètes, promise et ensuite instituée par Jésus-Christ, la Sainte Eucharistie a été transmise par l\u2019enseignement des Apôtres et des Pères, et perpétuée par la croyance générale et constante de l\u2019Église Universelle.Le ciel et la terre passeront (Matth.XXIV.35.), mais cette croyance ne passera point, car elle est appuyée sur la parole claire et infaillible du Tout-Puissant.« Jésus-Christ, dit Saint Cyrille, a dit : Ceci est mon corps, ceci » est mon sang; quel chrétien sera assez téméraire pour dire: » Non, ceci n\u2019est point le corps, ceci n\u2019est point le sang de Jésus-» Christ ! » Laissons à l\u2019hérésie le triste privilège de demander, comme les Juifs incrédules (Saint Jean, VI.53.) : Comment cela peut-il se faire ?Il y a quatorze siècles, Saint Ambroise répondait par ce raisonnement sans réplique : En Dieu, vouloir, parler et agir sont une seule et même chose, une seule et même puissance infinie.Dieu prononce une parole et aussitôt le ciel commence à exister ; Dieu parle et la terre est créée ; il dit : Que la lumière soit, et la lumière fut : il veut et toute créature sort du néant.« Vous voyez, continue ce saint docteur, vous voyez combien est » efficace la parole de Jésus, le Verbe Divin, par qui toutes choses a ont été faites (Saint Jean, I.3.).Si donc cette parole a été assez » puissante pour faire sortir du néant tout ce vaste univers, » combien plus sera-t-elle capable de changer ce qui existe déjà, 7 \u2014 98 \u2014 » et faire que ce qui n\u2019était pas le corps et le sang de Jésus-Christ, » le devienne ! » Pour nous, Nos Très Chers Frères, nous dirons avec l\u2019apôtre bien-aimé : Nous avons connu et nous avons cru la charité que Dieu a pour nous (I.Jean, IV.16.) ; avec le prince des Apôtres: Seigneur, vous avez les paroles cle la vie éternelle, nous croyons et nous savons que vous êtes le Christ, le fils de Dieu (Saint Jean, VI.69, 70.) ; avec le prophète royal (Ps.XCI.6.) : Que vos ouvrages, Seigneur, sont grands et magnifiques ! Que vos pensées sont profondes et impénétrables ! II Jésus-Christ, réellement présent dans la Sainte Eucharistie, entre en communication avec noi^ de diverses manières.Sur l\u2019autel, il s\u2019immole ; à la sainte table, il se donne en nourriture ; au tabernacle, il réside jour et nuit pour recevoir nos hommages et accueillir nos demandes.Dans le Saint Sacrifice de la messe il s\u2019immole en notre présence d\u2019une manière mystérieuse, mais véritable.Jésus y est à la fois le pontife et la victime ; sa parole toute puissante est le glaive dont il se sert ; la charité est le feu qui le consume.Sur la croix, il a offert son propre sang pour nous acquérir une rédemption éternelle, et ce sacrifice unique a suffi pour effacer les pêchés des hommes (Héb.IX.11, 28.).Sur l\u2019autel, il renouvelle, toujours et partout, ce sacrifice unique pour nous donner à la fois une marque éclatante de son amour, un moyen de rendre à Dieu un hommage digne de sa majesté infinie, et une source intarissable de grâces par lesquelles nous soient appliqués, dans la communion, les fruits de la rédemption consommée sur le Calvaire.La présence de Notre Seigneur au milieu de nous ne se termine point avec le sacrifice.Ses délices sont d'être avec les enfants des hommes (Prov.VIII.31.).Il veut être avec nous jusqu'à la consommation des siècles (Matth.XXVIII.20.).La Sainte Église catholique est cette nouvelle Jérusalem toute rayonnante des splendeurs de son divin époux ; du trône de Dieu part sans cesse une grande voix qui crie : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes.Ses enfants sont le peuple de Dieu et Dieu est avec eux (Apoc.XXI.3.). \u2014 99 Dans la plus pauvre chapelle, comme dans la plus riche basilique, Jésus-Christ est réellement présent pour y accueillir le pauvre et le riche, l\u2019ignorant et le savant, le pécheur et le juste*.Tous sont ses enfants et ont part à son amour.A certains jours il sort de son tabernacle et demeure exposé à nos hommages.« Alors, dit le Saint Concile de Trente (Sess.» XIII.ch.V.), quoique instituée pour être la nourriture spirituelle » des fidèles, la Sainte Eucharistie n\u2019en mérite pas moins nos » adorations, car nous y croyons présent le même Dieu, auquel » le Père Éternel en l\u2019introduisant dans le monde, a dit : Que tous » les anges de Dieu l'adorent.C\u2019est le même que les Mages, se » prosternant à terre, ont adoré ; le même enfin que l\u2019Écriture » témoigne avoir été adoré par les Apôtres en Galilée.Il est » juste qu\u2019il y ait des jours de fête établis pour que tous les » chrétiens puissent, par quelque démonstration particulière, » témoigner leur reconnaissance pour le bienfait tout divin de » la rédemption.» Comme vous le voyez, Nos Très Chers Frères, l\u2019audition de la messe, la sainte communion, la visite du Saint Sacrement, surtout quand il est exposé publiquement, sont autant de moyens par lesquels arrivent jusqu\u2019à nous les trésors ineffables que Jésus-Christ veut nous distribuer à pleines mains.O mon âme, devons-nous dire avec le prophète, bénissez le Seigneur et n'oubliez pas ses bienfaits ; il vous pardonne vos iniquités, vous rachète de la mort, vous environne de sa miséricorde et de sa grâce, remplit vos désirs, vous comble de ses biens.Autant le ciel est au-dessus de la terre, autant fait-il miséricorde à ceux qui le craignent.Comme un père plein de tendresse pour ses enfants, il a eu compassion de nous.(Ps.CII.) III La reconnaissance, Nos Très Chers Frères, n\u2019est pas le seul devoir que vous ayez à remplir envers Notre Seigneur, pour le bienfait immense de la Sainte Eucharistie.Vous n\u2019ignorez pas à quels outrages il s\u2019est exposé pour vous, non seulement durant sa passion, mais durant toute la suite des siècles dans le sacrement de son amour.Aux blasphèmes de l\u2019impiété et de l\u2019hérésie sont venus se joindre l\u2019horrible sacrilège des communions 100 \u2014 indignes et l\u2019indifférence hélas ! trop fréquente parmi les chrétiens de nos jours.Vous viendrez donc, Nos Très Chers Frères, durant l\u2019exposition solennelle, vous viendrez réparer par vos actes de foi et de piété, d\u2019amour et de reconnaissance, tous ces outrages faits à votre Dieu.Que chaque paroisse, chaque famille, chaque fidèle, s\u2019efforce de consoler le coeur adorable qui a tant aimé les hommes.Vous suspendrez un instant vos travaux pour venir vous donner à lui et goûter l\u2019ineffable douceur de sa présence.Sa miséricorde le tient captif au milieu de vous, vous ne le laisserez point dans une solitude qui accuserait votre foi et condamnerait votre tiédeur.Vous rivaliserez de zèle pour l\u2019ornement de votre église.Sans doute Dieu ne vous demande pas une richesse que vous n\u2019avez point ; le ciel et la terre, avec tous leurs trésors, sont à lui ; mais il demande, avant tout, votre cœur et il estime plus le denier offert avec grande bonne volonté, que les riches décorations suspendues avec froideur et indifférence.Et croyez-bien, Nos Très Chers Frères, que ce divin Sauveur, qui est riche en miséricorde (Eph.II.4.), ne se laissera pas vaincre en générosité.Dans le Saint-Sacrement, comme au ciel, il vit toujours pour intercéder en notre faveur (Héb.VII.25.).Du haut de son trône, son regard bienfaisant se promènera sur chacun de vous; sa main ne se lassera point de vous bénir; ses trésors inépuisables vous seront ouverts.Mon peuple, dit-il à Jérémie (XXXI.12.), mon peuple viendra me louer sur la montagne de Sion ; il accourra en foule pour jouir de mes bienfaits.Je changerai ses pleurs en des chants de réjouissance ; je le consolerai et apres sa douleur, je le remplirai de joie.Vous viendrez donc tous adorer Notre Seigneur durant l\u2019exposition solennelle.Que dans chaque famille tous ceux qui sont en état de se rendre à l\u2019église, se fassent un devoir de venir offrir leurs hommages à celui qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres pour nous faire entrer dans le royaume de son amour ; qui nous a rachetés et purifiés dans son propre sang ; lui qui est l'image du Dieu invisible.par qui toutes choses ont été réconciliées avec Dieu (Colos.I.13.).Vous viendrez, vieillards, déjà penchés vers la tombe, afin d\u2019adorer dans son temple celui qui bientôt ira consoler votre \u2014 101 \u2014 agonie dans le saint viatique, avant de vous apparaître dans la majesté de juge souverain.Vous viendrez, parents chrétiens, qui désirez attirer sur vous et sur votre famille la bénédiction de Dieu.Vous conduirez avec vous tous vos enfants, qui sont votre joie et votre couronne (Philip.IV.1.), afin que le regard du Divin Sauveur se reposant sur eux, affermisse à jamais dans leurs tendres cœurs, les leçons et les exemples de foi et de piété que vous leur donnez.Vous viendrez, âmes justes et fidèles, vous épancher devant celui que vous aimez, pour qui vous travaillez et soutenez tant de combats ; c\u2019est aux pieds de Jésus que se vérifiera l\u2019oracle divin : Que le juste devienne plus juste, et que le saint se sanctifie davantage (Apoc.XXII.11.).Vous viendrez aussi, pauvres pécheurs, qui traînez en gémissant la chaîne de vos iniquités.Approchez avec confiance : nous avons en Jésus un pontife, à la vérité, infiniment grand et élevé au-dessus de nous, mais dont le cœur se laisse facilement attendrir par nos infirmités, car il les a toutes éprouvées, excepté le péché : allons donc avec confiance nous présenter devant le trône de la grâce, pour y obtenir miséricorde et pardon (Héb.IV.14.).Votre âme lui a été si chère qu\u2019il a versé pour elle jusqu\u2019à la dernière goutte de son sang ; pourquoi craindriez-vous de venir en sa présence lui demander la force dont vous avez besoin pour obtenir un bonheur éternel ?Et vous, pauvres malades et infirmes, qui ne pouvez sortir de vos demeures, consolez-vous.Tournez vos regards du côté où est l\u2019église ; que votre cœur s\u2019y transporte aux pieds de Jésus pour l\u2019adorer, l\u2019aimer et lui dire tout ce que vous diriez devant son autel ; et Jésus bénira ce cœur, il exaucera votre prière, il vous donnera sa grâce, sa force, sa lumière pour vous guider, sa patience pour supporter vos infirmités et ainsi vous n\u2019aurez rien à envier à ceux qui seront allés à l\u2019église.Vous ne vous bornerez pas, Nos Très Chers Frères, à cette simple visite au Saint-Sacrement exposé ; vous vous approcherez aussi du tribunal de la pénitence avec une contrition sincère et de la sainte communion avec un cœur brûlant d\u2019amour et de reconnaissance.C\u2019est le désir de Notre Seigneur lui-même qui a donné son corps et son sang sous les espèces eucharistiques, \u2014 102 \u2014 afin de s\u2019unir à vous aussi intimement qu\u2019il est possible.Alors rien ne manquera à votre bonheur parce que vous n\u2019aurez rien refusé à ce Dieu d\u2019amour.L\u2019exposition du Saint-Sacrement durera assez longtemps pour que tous les paroissiens puissent venir à l\u2019église faire leur adoration.Et ainsi se vérifiera à la lettre cette parole d\u2019un prophète, qui, après avoir énuméré toutes les portes par lesquelles les diverses tribus d\u2019Israël pourraient entrer dans la nouvelle Jérusalem, annonce que Von donnera à cette ville un nom qui signifie : Le Seigneur est avec elle : et nomen civitalis : Dominus ibidem.(Ezéch.XLVIII.35.).Heureuse la paroisse dont on pourra dire : Dominus ibidem ; le Seigneur est là pour la visiter, la sanctifier, la bénir ! Heureuse la famile qui, après avoir adoré Jésus-Christ, remportera sous son toit, quelque petit et pauvre qu\u2019il puisse être, la grâce, l\u2019amour et la bénédiction du Sauveur du Monde ! Comme à Bethléem, les anges feront entendre au-dessus de cette maison, le cantique de la gloire à Dieu et de la paix aux hommes de bonne volonté(Luc.II.14.).Le Seigneur est là; Dominus ibidem.Heureux chacun des paroissiens qui aura rempli avec foi et piété ce devoir de reconnaissance, de réparation et d\u2019amour ; on pourra dire aussi de son cœur qu\u2019il est devenu le sanctuaire de Jésus ! Dominus ibidem ! Vous ne vous contenterez pas, Nos Très Chers Frères, de prier pour vous-mêmes et pour vos familles.La Sainte Église catholique, notre mère, traverse en ce moment une des époques les plus agitées de sa longue et laborieuse carrière ; le Souverain Pontife, notre père est en butte à la persécution ; les sanctuaires de la ville sainte sont sous la puissance des ennemis de la religion ; le concile œcuménique du Vatican est suspendu ; l\u2019Europe est menacée à chaque instant de subir d\u2019épouvantables catastrophes ; des sociétés secrètes s\u2019organisent partout pour conspirer dans l\u2019ombre; on dirait vraiment que l\u2019humanité se débat dans une dernière et pénible agonie.Notre chère patrie elle même, quoique comparativement plus tranquille et plus heureuse, n\u2019est pas à l\u2019abri de toute commotion et elle peut d\u2019un moment à l\u2019autre, éprouver le contre-coup des malheurs qui affligent d\u2019autres pays \u2014 103 La charité, qui doit nous unir avec tous nos semblables et plus particulièrement avec les enfants de la Sainte Église, ne nous permet pas de rester indifférents à tant de maux.Vous prierez donc Notre Seigneur; vous lui direz, comme les Apôtres effrayés de la tempête qui menaçait de les engloutir ; Seigneur sauvez-nous, car nous allons périr (Matth.VIII.25.) ! Seigneur sauvez tout ce qui nous est cher en ce monde; protégez l\u2019Église, le Souverain Pontife, les sanctuaires de la Ville sainte; rendez la paix au monde agité ; donnez à notre chère patrie la paix, l\u2019union et la concorde qui seules peuvent assurer son bonheur et sa prospérité.Et ainsi, Nos Très Chers Frères, si vous vous acquittez bien de tous vos devoirs envers Notre Seigneur, il n\u2019y aura point de crime sans expiation, point d\u2019outrage sans réparation, point de sacrilège sans amende honorable, point de malheur public ou privé sans un cri poussé vers le trône de la majesté, qui est aussi le trône de la miséricorde.A ces causes, et le saint nom de Dieu invoqué, nous réglons ce qui suit : 1° L\u2019exposition solennelle du Saint-Sacrement sous forme de Quarante Heures, est établie dans ce diocèse pour avoir lieu successivement et sans interruption dans toutes les paroisses, missions et chapelles des communautés, où elle sera possible, afin que d\u2019un bout de l\u2019année à l\u2019autre, l\u2019encens de la prière faite aux pieds de Jésus-Christ réellement et substantiellement présent, monte vers le trône de la grâce et de la bonté divine.2° Cette exposition commencera le premier dimanche de l\u2019avent de la présente année dans la cathédrale de Québec, où elle aura toujours lieu à pareille époque, afin que ce dimanche, qui est le commencement de l\u2019année ecclésiastique, soit aussi le commencement d\u2019une dévotion qui se perpétuera dans ce diocèse jusqu\u2019à la consommation des siècles, pour la plus grande gloire de Jésus, Sauveur de nos âmes.3° Elle se fera dans les autres églises, aux jours qui sont marqués dans un tableau dressé tous les ans par notre ordre.4° On y observera exactement ce qui est prescrit dans l\u2019instruction particulière que nous donnerons sur ce sujet. \u2014 104 \u2014 Nous profitons île cette occasion pour régler qu\u2019à commencer de la réception du présent mandement, le salut et la bénédiction du Saint-Sacrement se feront tous les dimanches et fêtes d\u2019obligation, après les vêpres.Sera notre présent mandement lu au prône de toutes les églises où se fait l\u2019office public et en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception, et aussi chaque année au dimanche qui précédera l\u2019ouverture des Quarante Heures, dans l\u2019église où elles doivent avoir lieu.Donné à Québec sous notre seing, le sceau de l\u2019archidiocèse, et le contre-seing de notre sous-secrétaire, en la fête de Saint Joseph, patron de l\u2019Église Catholique, l\u2019an mil huit cent soixante-douze.-j- E.-A., Arch, de Québec.Par Monseigneur, H.Têtu, Diacre, Sous-Secrétaire.(N° 17) MANDEMENT DES ÉVÊQUES DE LA PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE DE QUÉBEC, AU SUJET DE LA RECONSTRUCTION DE L\u2019ÉGLISE DE SAINTE-ANNE DE BEAUPRÉ.NOUS, PAR LA GRACE DE DlEU ET DU SlÈGE APOSTOLIQUE, ARCHEVEQUE et Évêques de la Province Ecclésiastique de Québec, Au clergé et aux fidèles cle la dite Province, Salut et bénédiction en Notre Seigneur.Nous unissons aujourd\u2019hui nos voix, Nos Très Chers Frères, pour vous recommander une œuvre qui, de tout temps, a été chère\u2019au peuple^Canadien. \u2014105 \u2014 Le premier évêque de Québec, Monseigneur de Laval, de sainte et illustre mémoire, écrivait il y a deux siècles, ces belles paroles :\t« Nous le confessons, rien ne nous a aidé plus » efficacement à soutenir le poids de la charge pastorale de cette » église naissante, que ces grâces signalées et la dévotion spéciale » que portent à Sainte Anne tous les habitants de ce pays qui, » nous l\u2019assurons avec certitude, les distingue de tous les autres » peuples ».(25 juin 1680.) A l\u2019exemple du fondateur de l\u2019épiscopat dans ce pays, nous pouvons vous rendre le témoignage, Nos Très Chers Frères, que la dévotion actuelle du peuple canadien envers Sainte Anne continue à le distinguer de tous les autres.Le nombre toujours croissant d\u2019églises, de chapelles et d\u2019autels dédiés en son honneur, la multitude des pèlerins qui y affluent de toutes parts et môme des provinces voisines et des États-Unis, la fréquence des vœux et des promesses adressés à cette grande Sainte, et, disons-le sans détour, les merveilleuses opérations de la miséricorde divine obtenues par son intercession, tout cela prouve évidemment que cette confiance et cette dévotion envers la sainte mère de la Bienheureuse Vierge Marie, sont encore aussi vivantes que jamais parmi nous.Entre tous les sanctuaires dédiés à Sainte Anne dans le Canada, le plus ancien, et le plus vénérable, sans contredit, est l\u2019église de Sainte-Anne de Beaupré, dans le diocèse de Québec.Par une admirable et touchante disposition de la Providence, son origine se rattache à un autre sanctuaire célèbre dans l\u2019ancienne France, et lui-même il a donné naissance dans le Canada à tous les autres sanctuaires dédiés à cette grande sainte.« Après avoir accompli leur pèlerinage dans le splendide » sanctuaire de Sainte-Anne d\u2019Auray, dit un écrivain, nos ancê-» très s\u2019embarquaient avec confiance sur l\u2019océan ; chaque jour » son nom était sur leurs lèvres, avec celui de son auguste fille, » pendant leur longue et dangereuse traversée ; en mettant pied » à terre sur le sol de la Nouvelle France, il s\u2019agenouillaient » pour lui rendre leurs actions de grâces de les avoir préservés » de tant de dangers; et leur premier soin, en élevant dans la » forêt leurs rustiques chaumières, était de suspendre à la » muraille, l\u2019image de Sainte Anne à côté du crucifix et de la » statue de Marie.» \u2014106 \u2014 Eil 1665, sept ans à peine s\u2019étaient écoulés depuis qu\u2019on avait jeté les fondements de la première église de Sainte-Anne de Beaupré, que déjà des miracles nombreux s\u2019y étaient opérés.C\u2019est le témoignage que rendait la vénérable Mère Marie de l\u2019Incarnation, fondatrice et première supérieure desUrsuliues de Québec, cette Thérèse du nouveau monde, comme l\u2019appelait un illustre évêque de la France.Voici donc ce qu\u2019écrivait cette religieuse dont la béatification et la canonisation se poursuivent en ce moment en cour de Rome :\t« A sept lieues d\u2019ici, dit- » elle, il y a un bourg appelé le Petit-Cap, où il y une église de » Sainte Anne, dans laquelle Notre Seigneur fait de grandes » merveilles en faveur de cette sainte mère de la Très Sainte » Vierge.On y voit marcher les paralytiques, les aveugles rece-» voir la vue, et les malades, de quelque maladie que ce soit, » recevoir la santé.» L\u2019histoire nous apprend que, dès ces premiers temps, les sauvages eux-mêmes y venaient en grand nombre de toutes les parties du Canada.« Telle était, dit l\u2019historien déjà cité, la vénéra-» tion de ces pieux enfants des bois pour la bonne Sainte Anne » du Nord, qu\u2019un grand nombre d\u2019entre eux se rendaient à ge-» noux des bords de la grève jusqu\u2019au seuil de l\u2019église.Et comme » leurs cœurs étaient délicieusement émus en touchant l\u2019enceinte » vénérée! comme ils baisaient avec amour le parvis sacré et » l\u2019arrosaient de larmes brûlantes ! Alors on entendait une suave » et naïve mélodie monter vers la voûte du temple : c\u2019étaient les » voix toujours si belles desbons sauvages qui chantaient dans leurs » langues les louanges de la patronne chérie ; ou qui imploraient » son assistance pour obtenir quelque grande faveur, la guérison » d\u2019un être chéri, la cessation d\u2019un fléau ; ou qui la remerciaient » avec effusion pour quelque grâce signalée, obtenue par l\u2019inter-» cession de la grande sainte.» Aujourd\u2019hui encore, parmi les rares familles qui restent de ces tribus autrefois si nombreuses, les traditions de confiance et de dévotion envers la mère de la Très Sainte Vierge, sont encore aussi vivantes qu\u2019autrefois ; et chaque année, vers la fin de juillet, aux approches de la fête de leur mère, on en voit venir de fort loin, soit pour implorer son assistance, soit pour la remercier de ses bienfaits, dans le sanctuaire que leurs ancêtres avaient tant vénéré et affectionné. \u2014107 \u2014 Mais si, par suite de la disparition presque totale des pauvres sauvages, le nombre de pèlerins de ces nations diverses a considérablement diminué, celui des pèlerins de race européenne a augmenté d\u2019une manière étonnante, quoique l\u2019on ait multiplié sur toute la surface du pays les églises et les sanctuaires où Sainte Anne est spécialement honorée.Les enfants de la fidèle et catholique Irlande établis en ce pays, ne veulent pas en céder sur ce point à ceux de la France ; le nombre des pèlerins Irlandais, déjà considérable, s\u2019augmente chaque jour.Il ne se passe guère de jour dans l\u2019année où le sanctuaire de Beaupré ne soit visité par quelque pèlerin.Hélas ! la douleur ne choisit pas les temps pour venir fondre sur les pauvres enfants d\u2019Adam, et dans les saisons les plus défavorables et les plus rigoureuses, il y a des cœurs que l\u2019espoir et la confiance amènent aux pieds de celle que l\u2019on n\u2019invoque pas en vain.Quand vient la belle saison, et surtout aux approches de la fête de Sainte Anne, la route qui conduit à cette église est parcourue par une foule de pèlerins confiants et recueillis en allant, joyeux et consolés au retour.Beaucoup voyagent à pied, soit par pauvreté, soit pour accomplir un vœu spécial.Dans l\u2019étroite enceinte du temple on voit agenouillés au pied de l\u2019autel le pauvre et le riche, le savant et l\u2019ignorant, le vieillard et l\u2019enfant, le citoyen de la ville et l\u2019habitant de la campagne ; ils viennent implorer l\u2019assistance de celle par qui Dieu se plaît à manifester sa puissance et sa miséricorde.Les magnifiques et riches présents d\u2019illustres personnages et même d\u2019une reine de France, les grands tableaux offerts par la reconnaissance, les humbles ex voto du pauvre, les innombrables béquilles suspendues à la muraille, attestent l\u2019heureuse délivrance des dangers, le soulagement des douleurs et infirmités, les consolations dans les peines et les autres bienfaits obtenus.L\u2019église actuelle de Sainte-Anne de Beaupré menace ruine et il faut la reconstruire.Nous avons accueilli avec joie la proposition qui nous a été faite de fournir à la province entière l\u2019occasion de contribuer à la rebâtir sur un plan et avec des dimensions qui en fissent un monument public et permanent de la foi, de la confiance et de la reconnaissance du Canada envers la grande Sainte qui a toujours été l\u2019objet de notre dévotion. \u2014 108 \u2014 Les habitants de la paroisse n\u2019ont pas besoin pour eux-mêmes d\u2019une grande église paroissiale, et malgré leur petit nombre, ils se sont cotisés volontairement, avec la plus louable unanimité, pour la somme de seize mille piastres ; ils en ont même déjà payé une bonne partie.Une dame Lessard, descendante de celui qui, il y a deux siècles, donna la terre de l\u2019église, a donné généreusement un morceau de terre avoisinant, de manière que la nouvelle église et ses dépendances pourront être placées avantageusement et commodément dans le voisinage immédiat de l\u2019ancienne.L\u2019église aura cent cinquante pieds de longueur et soixante-quatre de largeur ; elle pourra donc contenir facilement, outre les paroissiens, un nombre considérable de pèlerins.Il y aura sept autels et une vaste sacristie.Vous voyez, Nos Très Chers Frères, que les bons paroissiens de Sainte-Anne de Beaupré, en entreprenant de construire une église avec de telles proportions, n\u2019ont pas songé uniquement à eux-mêmes, puisqu\u2019il leur aurait suffi d\u2019une église beaucoup plus petite.Us ont eu en vue d\u2019bonorer leur sainte patronne et de favoriser la piété des pèlerins qui y viennent de toutes parts.Tout a été disposé dans ce but.Pour compléter une œuvre si peu en rapport avec leurs faibles moyens, il ont compté sur la dévotion du peuple Canadien envers la Bonne Sainte Anne, comme on se plaît à la nommer souvent.Les Sœurs de Charité de Québec ont acheté dernièrement une belle et vaste maison dans le voisinage pour y tenir une école, et donner l\u2019hospitalité aux personnes de leur sexe qui viendront en pèlerinage.Elles exerceront aussi une des principales œuvres de leur institut en allant visiter, soigner et consoler les pauvres malades.Sainte Anne a évidemment béni jusqu\u2019à présent cette entreprise, en écartant tous les obstacles qui se sont présentés ; elle en bénira sans doute l\u2019exécution et tous ceux qui y contribueront de quelque manière.Nous croirions, Nos Très Chers Frères, faire injure à votre foi, à votre amour et à votre confiance envers Sainte Anne, si nous exposions plus au long les motifs qui peuvent vous engager à faire quelques légers sacrifices, en faveur d\u2019une œuvre 109 à la foi religieuse et nationale.Votre propre histoire et votre propre cœur vous en diront plus qne nous ne saurions en écrire.Nous en appelons à l\u2019une et à l\u2019autre avec une entière confiance.Afin de favoriser la pieuse confiance des personnes qui désirent être recommandées aux prières des fidèles qui fréquentent l\u2019église de Sainte-Anne de Beaupré, une procession solennelle s\u2019y fait deux fois par mois à cette intention ; cette procession est annoncée au prône avec la recommandation des intentions demandées, à la manière de l\u2019Archiconfrérie du Saint Cœur de Marie ; une indulgence de 40 jours est accordée à toutes les personnes qui assistent dévotement à cette procession.Pareille indulgence est accordée à chaque fois, que dans des visites distinctes de cette église, on récite au moins un Pater et un Ave en faveur des personnes recommandées, soit par elles-mêmes, soit par d\u2019autres.Deux messes par mois seront dites à perpétuité pour tous les bienfaiteurs vivants ou trépassés, qui auront contribué au moins vingt centins (un schelling) pour la construction ou décoration de la nouvelle église.L\u2019on peut faire participer à cette faveur une autre personne en donnant pareille somme en son nom.Un registre spécial est ouvert pour y conserver les noms des bienfaiteurs et un cœur d'or déposé aux pieds de la statue de Sainte Anne, les renfermera.A ces causes, le saint nom de Dieu invoqué, nous ordonnons ce qui suit : 1° Dans le cours du mois de juillet prochain une quête sera faite dans les paroisses de cette province ecclésiastique de Québec, en faveur de l\u2019église de Sainte-Anne de Beaupré ; 2° Le produit en sera remis aux secrétaires des diocèses respectifs, avec les noms des bienfaiteurs qui auront demandé à être inscrits dans le registre à ce destiné ; 3° Sera le présent mandement lu au prône de toutes les paroisses, le dimanche qui précédera la dite quête.Donné à Montréal, sous nos signatures, le sceau de l\u2019Archi-diocèse et le contre-seing de l\u2019aumônier de l\u2019Archevêché de 110 \u2014 Québec, faisant les fonctions de secrétaire, le douze mai, mil huit cent soixante-douze.\u2022j- E.-A., Arch, de Québec.\u2022j- Ig., Év.de Montréal.-j- Jos.Eugène, Év.d\u2019Ottawa.-f- G., Év.de Saint-Hyacinthe.-j- L.-F., Év.des Trois-Rivières.\u2022i\u2022 Jean, Év.de St-G.de Rimouski.Par Messeigneurs, N.Lalibertè, Prêtre.(N° 18) CIRCULAIRE AU CLERGÉ f Archevêché de Québec, {\t1 juin 1872.I.\tRetraites.II.\tCatéchisme anglais.III.\tDenier de Saint Pierre et Propagation de la foi.IY.Collège de Sainte-Anne.V.\tLes élections.VI.\tAppendice du rituel.VII.\tInstruction et petit livre sur les Quarante Heures.VIII.\tPratiques superstitieuses à empêcher.Monsieur, I La retraite de Messieurs les Curés s\u2019ouvrira au Séminaire, mardi le 27 août prochain, au soir, pour se terminer mardi le 3 septembre au matin.Celle de Messieurs les Vicaires et autres \u2014 Ill \u2014 prêtres obligés à l\u2019examen annuel s\u2019ouvrira à l\u2019Archevêché, mercredi le 11 septembre, au soir, et se terminera mercredi le 18 du même mois, au matin.J\u2019invite spécialement à la première Messieurs les Curés qui n\u2019ont pu assister à celle de 1871.Quant à la seconde, l\u2019exiguité du local où elle a coutume d\u2019avoir lieu, fait désirer qu\u2019elle ne soit suivie, autant que possible, que par Messieurs les Vicaires et autres prêtres tenus à l\u2019examen.L\u2019on devra arriver à la retraite dès le commencement, et en suivre les exercices jusqu\u2019à la fin, sans céder dans l\u2019intervalle la place à un autre.Tous les prêtres employés dans le Saint Ministère, qui n\u2019ont pas encore quatre aus accomplis de prêtrise, voudront bien se rappeler que le règlement publié dans la circulaire du 5 juin 1855, concernant l\u2019examen qu\u2019ils doivent subir, est un règlement permanent.Ils feront donc leur possible pour s\u2019y conformer, afin d\u2019assurer par ce moyen la continuation de leurs pouvoirs.L\u2019examen commencera mardi matin, veille de la seconde retraite, à 8 heures, tous doivent être rendus à l\u2019heure fixée, et ne pas se faire attendre.Pour que les paroisses ne demeurent pas sans secours, durant la retraite de Messieurs les Curés, un prêtre devra résider dans une de celles qui sont désignées sous le même numéro, sur le tableau joint à la présente.Ce prêtre, pourvu qu\u2019il soit approuvé, est autorisé à exercer tous les pouvoirs de desservant à l\u2019égard des üdèles des paroisses dont il aura la garde, et de plus à biner, le dimanche qui se rencontre dans l\u2019intervalle choisi pour la retraite, afin de leur faciliter le moyen d\u2019entendre la Sainte Messe.Il pourra même biner deux fois, dans le cas où le prêtre qu\u2019il remplacera serait obligé d\u2019être absent deux dimanches de sa paroisse.Il lui sera loisible, comme desservant, de déléguer un autre prêtre pour la célébration des mariages.Messieurs les Curés de file d\u2019Orléans peuvent s\u2019arranger ensemble, de manière à laisser à un seul d\u2019entre eux le soin de toute file.Messieurs les Curés qui viendront à la retraite, voudront bien informer leurs paroissiens des dispositions qu\u2019ils auront prises \u2014112 \u2014 pour la desserte de leurs paroisses pendant leur absence.Ceux d\u2019entre eux qui n\u2019auraient pas trouvé moyen de procurer la messe à leurs paroissiens, le dimanche qu\u2019ils seront absents, les avertiront de se rendre aux paroisses voisines ; ou, s\u2019il était trop difficile de s\u2019y transporter, ils les avertiront qu\u2019ils sont dispensés, ce jour-là, de l\u2019obligation d\u2019assister au Saint Sacrifice.Je recommande particulièrement à chaque prêtre d\u2019apporter avec lui un surplis, pour la clôture de la retraite.Et je profite de la circonstance pour faire la même recommandation aux Messieurs du clergé toutes les fois qu\u2019il y aura grand concours à la cathédrale.TABLEAU MENTIONNÉ CI-DESSUS 1\tRivière-du-Loup et Saint-Antonin, 2\tNotre-Dame du Portage et Saint-André, 3\tSaint-Alexandre et Sainte-Hélène, 4\tKamouraska et Saint-Paschal, 5\tSaint-Denis et Mont-Carmel, 6\tLa Rivière-Ouelle et Saint-Pacôme, 7\tSainte-Anne et Saint-Onésime, 8\tSaint-Roch et Sainte-Louise, 9\tSaint-Jean-Port-Joli et Saint-Aubert, 10\tL\u2019Islet et Saint-Cyrille, 11\tLe Cap Saint-Ignace et Saint-Thomas, 12\tSaint-Pierre et Saint-François, 13\tBerthier et Saint-Yallier, 14\tSaint-Raphaël et Saint-Gajetan d\u2019Armagh, 15\tSaint-Michel et Beaumont, 16\tSaint-Gervais et Saint-Charles, 17\tSaint-Lazare et Sainte-Claire, 18\tBuckland et Montminy, 19\tSainte-Hénédine et Sainte-Marguerite, 20\tSaint-Édouard et Saint-Malachie de Frampton, 21\tSaint-George et Saint-François de Beauce, 22\tLambton et Forsyth, 23\tSaint-Yictor et Saint-Éphrem de Tring, 24\tSaint-Joseph et Saint-Frédéric, \u2014 113 \u2014 25\tSainte-Marie et Saint-Elzéar, 26\tSaint-Sylvestre et Broughton, 27\tSaint-Gilles et Saint-Patrice, 28\tSaint-Ferdinand et Wolfestown, 29\tSaint-Calixte et Sainte-Sophie, 30\tSainte-Julie et Inverness, 31\tSaint-Isidore et Saint-Lambert, 32\tSainte-Anastasie et Sainte-Agathe, 33\tSaint-Anselme et Saint-Henri, 34\tSaint-Joseph de la Pointe-Lévis et Notre-Dame de la Victoire, 35\tSaint-Jean-Ghrysostôme et Saint-Romuald, 36\tSaint-Nicholas et Saint-Étienne de Lauzon, 37\tSaint-Antoine et Saint-Apollinaire, 38\tSainte-Croix et Saint-Flavien, 39\tLotbinière et Saint-Édouard, 40\tSainte-Emmélie et Saint-Jean Deschaillons, 41\tLes Grondines et Deschambault, 42\tSaint-Casimir et Saint-Alban, 43\tPortneuf et Cap-Santé, 44\tLa Pointe-aux-Trembles et Saint-Augustin, 45\tSaint-Colomb et Sainte-Foye, 46\tAncienne-Lorette et Saint-Ambroise, 47\tCharlesbourg et Beauport, 48\tSainte-Catherine et Valcartier, 49\tL\u2019Ange-Gardien et le Ghâteau-Richer, 50\tSainte-Anne et Saint-Joachim, 51\tSaint-Ferréol et Saint-Tite des Caps, 52\tLa Petite-Rivière et la Baie Saint-Paul, 53\tSaint-Urbain et Saint-Hilarion, 54\tLes Éboulements et Saint-Irénée, 55\tLa Malbaie et Sainte-Agnès, 56\tRoberval et la Pointe-aux-Trembles, 57\tHébertville et Saint-Jérôme, 58\tNotre-Dame de Laterrière et Saint-Dominique, 59\tChicoutimi et Sainte-Anne.60\tSaint-Alphonse et Saint-Alexis.N.B.\u2014Messieurs les Curés et Missionnaires, dont les paroisses ne sont pas mentionnées dans le tableau ci-dessus, pourront 8 % \u2014 114 \u2014 venir à la retraite en les recommandant aux soins de leurs confrères voisins.II Messieurs les Curés et Missionnaires qui ont à faire le catéchisme en anglais, sont informés qu\u2019une nouvelle édition de Butler's Catechism a été dernièrement imprimée à Montréal par M.James A.Sadlier et approuvée par tous les Évêques de la Province ecclésiastique de Québec, comme étant la seule dont il soit désormais permis de se servir dans la dite Province pour les fidèles de langue anglaise.Des textes de la Sainte-Écriture et des notes très utiles pour la controverse, y ont été ajoutées par un prêtre de Toronto.Ce Catéchisme est en vente chez les principaux libraires de Québec.100 copies.$4\t00 12\t\u201c\t 0\t48 1 \u201c .0\t06 Voici le texte de l\u2019approbation donnée à cette édition : From the VIII.Decree of the 1 st Council of Quebec, concerning the Catechism.« Let Butler\u2019s English Catechism, approved by the Bishops of Ireland and long in use in this country, be the only one taught to the faithful speaking the English language.» The present edition of Butler\u2019s Catechism, with texts of Holy Scripture to prove the various answers, and other additions by a priest of the Archidiocese of Toronto, exclusively published by James A.Sadlier, Montreal, has been approved by all the Bishops of the ecclesiastical Province of Quebec, now assembled at Quebec, to be the only one authorized for the faithful speaking the English language in the said Province.f E.-A., Archbishop of Quebec.Quebec, 18th October, 1871. \u2014115 \u2014 III Au mois de janvier dernier j\u2019ai envoyé au Saint Père le denier de Saint Pierre pour l\u2019année 1871, savoir, une lettre de change de £728 10 7 sterling avec des coupons pontificaux pour $803.50.J\u2019ai reçu de Son Éminence le Cardinal Préfet de la Propagande la lettre que vous trouverez ci-après, dans laquelle sont exprimés les sentiments de reconnaissance de Sa Sainteté qui nous donne à tous en retour une paternelle bénédiction.Dans le compte-rendu des sommes recueillies pour le denier de Saint Pierre, en 1871, que j\u2019ai envoyé en mars dernier, on verra qu\u2019il y a quelques paroisses qui n\u2019ont rien contribué.Les noms sont faciles à connaître.Quelques-unes de ces paroisses sont excusables à cause de la détresse dans laquelle elles se trouvent ; mais j\u2019avoue que je ne puis m\u2019expliquer l\u2019abstention de quelques-unes à l\u2019égard d\u2019une œuvre de ce genre.Vous aurez occasion de faire la môme remarque à propos du tableau des sommes recueillies pour la Propagation de la Foi.Il serait infiniment regrettable de voir diminuer parmi nous les ressources de cette belle et catholique association, juste au moment où elle est le plus nécessaire.J\u2019aime à croire qu\u2019il suffit d\u2019attirer l\u2019attention du clergé sur cette matière pour rendre à ces deux œuvres leur ancienne splendeur parmi nous.C\u2019est dans le cours du mois d\u2019août que les aumônes pour la Propagation de la Foi doivent être transmises au trésorier, Monsieur Laliberté, aumônier de l\u2019Archevêché.IV Messieurs les souscripteurs en faveur du Collège de Sainte-Anne sont priés de vouloir bien envoyer leur souscription avant le 15 août, à Monsieur Bolduc, procureur de l\u2019Archevêché, afin que le compte-rendu annuel puisse se faire pour l\u2019époque de la retraite.Un très petit nombre de souscriptions sont en arrière ; j\u2019ose espérer qu\u2019elles seront payées à temps.L\u2019année dernière, grand nombre de souscripteurs ont anticipé leurs paiements en tout ou en partie et ont ainsi augmenté sensiblement la valeur \u2014116 \u2014 de leur don, en éteignant pins tôt une dette qui porte intérêt : en montrant encore le même zèle et la même générosité, nous hâterons le moment où cette maison, sortie de ses embarras financiers, prendra un nouvel essor.V Une nouvelle élection générale pour le parlement fédéral va bientôt avoir lieu.Vous suivrez à cette occasion ce qui est réglé dans la circulaire du 3 avril 1871 (N° 3).Quoique les avis qui y sont donnés n\u2019aient pas empêché tous les désordres à l\u2019élection faite l\u2019année dernière, néanmoins les bons effets qu\u2019ils ont produits ont été assez visibles pour nous encourager à les renouveler encore et il est à espérer qu\u2019à force de les entendre répéter, notre bon peuple finira pour s\u2019en bien pénétrer.VI L\u2019édition de l\u2019appendice du rituel se trouvant épuisée, il a été résolu par Nos Seigneurs les Évêques réunis à Montréal, que l\u2019on en ferait faire une nouvelle avec certains changements qui en retarderont nécessairement la publication.Les exemplaires en sont devenus si rares que j\u2019ai déjà éprouvé une grande difficulté pour en fournir aux nouvelles missions ; c\u2019est pourquoi je prie instamment les membres du clergé qui en ont des exemplaires dont ils peuvent se passer, de vouloir bien les envoyer au plus tôt à Monsieur Laliberté, aumônier de l\u2019Archevêché.VII Vous recevrez avec la présente, l\u2019Instruction sur les Quarante Heures, annoncée à la fin du mandement du 19 mars dernier.Elle a été imprimée dans le format de la nouvelle édition du rituel ; ce sera aussi le format de l\u2019appendice, avec lequel on pourra le faire relier pour le diocèse de Québec.J\u2019y ai joint une feuille de direction pour les chantres durant les Quarante Heures : vous ferez bien de la faire coller immédiatement à la fin du Graduel, de peur qu\u2019elle ne s\u2019égare dans vos papiers.Vers la fin de juin il paraîtra un petit livre intitulé : Les Quarante Heures et la Communion, composé par mon ordre et revêtu de mon approbation, et de celle de Monseigneur de Montréal. 117 Cet ouvrage sera très utile aux fidèles surtout pour le temps des Quarante Heures et en général pour tout ce qui se rapporte à la dévotion envers la Sainte Eucharistie.Le prix sera à la portée des plus pauvres.VIII On m\u2019a montré, il y a quelque temps, une certaine prière manuscrite, répandue, dit-on, dans plusieurs paroisses, à laquelle se trouve ajoutée une note qui attribue à cette prière une origine quasi miraculeuse : on prétend encore qu\u2019elle a certains privilèges tout à fait en dehors des usages et des traditions autorisées de l\u2019Église.Je condamne absolument et défends la transcription et circulation de cette prière, à cause des notes qui y sont jointes et qui ne sont ni approuvées ni approuvables.Il sera bon d\u2019en retirer les exemplaires des mains des fidèles et de les jeter au feu.A cette occasion, je prie Messieurs les Curés de tenir l\u2019œil ouvert sur d\u2019autres pratiques de ce genre et qui cherchent à s\u2019introduire quelquefois dans les paroisses.La règle de l\u2019Église veut que les prières et feuilles d\u2019indulgences, 11e soient pas imprimées sans approbation.De nos jours, les prophéties viennent de tous côtés.Il va sans dire que ce serait pour le moins imprudent que d\u2019en parler en chaire autrement que pour rappeler aux fidèles, quand on s\u2019aperçoit qu\u2019ils en ont conçu une vaine frayeur, que l\u2019Église ne les a ni approuvées ni reconnues.Le Saint Concile de Trente, parlant de la doctrine du purgatoire, recommande aux Évêques de veiller à ce que les prédicateurs n\u2019annoncent pas des choses incertaines, on qui ont l\u2019apparence de la fausseté : Incerta, vel quæ specie falsi laborant, evulgari ac tractari non permittant.(Sess.XXV.de purgatorio.) La même règle doit être suivie dans toutes les matières.Il y a bien certains inconvénients à ce que ces prophéties soient reproduites dans les journaux ; mais c\u2019est autrement grave quand elles sont répétées dans la chaire.Recevez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.E.-A., Arch, de Québec. \u2014 118 \u2014 ILLME ET RME DOMINE Gum in audientia heri habita SSmo Domino Nostro exhibuerim tuas cambiales litteras pro pecuniæ summa Lib.St.728 10 7, turn syngraphas vulgo coupons pro summa scut.803.50 quas A.Tuæ litteris diei nuper elapsi mensis Januarii adjectas comperi atque insimul Sanctitati Suæ patefecerim devotionis ac pietatis sensus, qui præfatis litteris continebantur, quibusque fideles tuæ curæ concrediti hanc Aposlolicam Sedem prosequuntur, eadem Sanctitas Sua memorata omnia gratissimo animo excipiens, apostolicam benedictionem turn Tibi,tnm clero fidelique populo, præsertim vero offerentibus, peramanter impertiri dignata est.Quæ quidem A.Tuæ libenter communicans atque propen-sionis meæ significationes addens precor Deum ut te diuincolu-mem servet.Datum Romæ, ex æd.S.G.de Propda Fide 10 Februarii 1872.A Tuæ, Addictissimus uti Frater, AL.CARD.BARNABO.Joannis Simeoni, Secretarius.R.P.D.Alexandro Taschereau, Archiepiscopo Quebecensi.(N° 19) CIRCULAIRE AU CLERGÉ f Archevêché de Québec, {\t18 juillet, 1872.Monsieur, J\u2019ai lu sur les journaux la réponse donnée par Monseigneur de Angelis à une consultation relative à la question des écoles du Nouveau-Brunswick.Plusieurs membres du clergé m\u2019ont \u2014 119 \u2014 demandé s\u2019il était vrai, comme l\u2019a affirmé un journal, que cette réponse régie définitivement la question de savoir quel était le devoir du gouvernement et de la Chambre dans cette affaire ?Je crois devoir protester contre une pareille exagération qui renverse toutes les notions de la hiérarchie ecclésiastique, en donnant à un théologien, quelque soit son mérite, une autorité égale à celle du Souverain Pontife.D\u2019ailleurs, il est encore permis de croire que si la difficulté dont il s\u2019agit eût été exposée avec toutes les circonstances capables d\u2019en faire ressortir la véritable nature, la réponse eût pu être fort différente.Je souscris volontiers aux principes si sagement et si clairement énoncés par Monseigneur de Rimouski dans sa circulaire du Rr juillet : 1° « Tout catholique est, sans aucun doute, tenu de désapprouver le principe de l\u2019acte des écoles du Nouveau-Brunswick, et môme d\u2019apporter remède à ce triste état de choses, selon sa position, dans la mesure de ses forces et en observant les règles de la prudence ; » 2° « Un tel catholique est cependant libre de choisir, pour parvenir à ce but si désirable, le moyen qu\u2019il juge, au meilleur de sa connaissance, le plus propre à atteindre cette fin, avec le moins de danger possible pour la paix religieuse du pays ; » 3° « La constitutional^ du dit acte et l\u2019à-propos de provoquer l\u2019intervention du Parlement Impérial, ou du Gouvernement Fédéral, sont du nombre des questions libres au point de vue de la conscience, et nos législateurs catholiques pouvaient sans blesser les principes religieux, voter dans un sens ou dans l\u2019autre.» «Voilà, continue Monseigneur de Rimouski, ce qui devra vous guider dans la direction des âmes qui vous sont confiées, sous les circonstances où nous nous trouvons.» Recevez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.-j- E.-A., Arch, de Québec. \u2014 120 \u2014 (N® 20) CIRCULAIRE AU CLERGÉ j Archevêché de Québec, j 23 septembre 1872.I.\tSouscription pour le Collège de Sainte-An ne.II.\tAssurance mutuelle des fabriques.III.\tSociété ecclésiastique de Saint Michel.IV.\tPetit livre de piété pour les quarante heures.V.\tIndulgences attachées aux fêtes et solennités.Monsieur, I Cette année, comme l\u2019année dernière, je suis heureux de pouvoir vous donner d\u2019excellentes nouvelles sur les souscriptions en faveur du Collège de Sainte-Anne.D\u2019après ma circulaire (N° 12) du 4 septembre 1871, le total des souscriptions était alors de.$ 49,650 00 Depuis ce temps, on a promis.677 00 Total.S 50,327 00 L\u2019année dernière, il a été payé.8,552 00 On a reçu depuis en argent.4,238 04 En remises.1,213 96 Total reçu.$ 14,004 00 On a éteint toutes les dettes qui portaient 8 par cent d\u2019intérêt et une grande partie de celles qui payaient 7.Grâces à Dieu, le nombre des élèves, qui avait un peu diminué l\u2019année dernière, est remonté à son niveau ordinaire et les pensions ne laissent aucun arrérage. \u2014 121 \u2014 Nous pouvons donc nous réjouir par la pensée que cette œuvre est maintenant hors de tout danger, pourvu que l\u2019on continue avec le môme zèle à lui venir en aide.Je remercie de tout cœur Messieurs les créanciers qui ont fait des remises dont le montant est déjà considérable, comme on le peut voir.Mille actions de grâces aussi à Messieurs les souscripteurs et surtout à ceux qui ont devancé les termes de leur souscription et contribué ainsi à éteindre plus tôt des capitaux portant intérêts.J\u2019espère que le petit nombre de ceux qui sont en arrière, s\u2019empresseront de remplir leur promesse.J\u2019invite spécialement les prêtres qui ont été ordonnés depuis l\u2019ouverture de la souscription, à se joindre, s\u2019ils ne l\u2019ont déjà fait, à tout le reste du clergé, pour soutenir une œuvre vraiment diocésaine.II A la suite des deux incendies considérables qui, depuis quelques mois, ont consumé deux églises, quelques fabriques ont été tentées de renoncer à la société d\u2019assurance mutuelle des fabriques, croyant que ce mode d\u2019assurance était moins avantageux.Pour savoir au juste à quoi nous en tenir là-dessus, j\u2019ai fait prendre des informations auprès des compagnies d\u2019assurance afin de pouvoir comparer les sommes à payer suivant l\u2019un et l\u2019autre mode.Depuis dix-huit ans que la société d\u2019assurance mutuelle des fabriques est en opération, une église assurée pour $10,000 n\u2019a eu à payer que $486.Or, dans les conditions les plus favorables, cette même église en pierre, couverte en fer-blanc et isolée, eut eu à payer $600 à certaines assurances et $1,125 à d\u2019autres.Si l\u2019on suppose cette église construite et couverte en bois, c\u2019est-à-dire, dans les conditions les plus défavorables d\u2019après les règles des compagnies d\u2019assurance, elle aurait eu à payer dans ces dix-huit années une somme variant de $1,200 à $2,250, suivant les compagnies auxquelles elle se serait adressée.Il y a donc un bénéfice considérable dans la société d\u2019assurance mutuelle. \u2014 122 \u2014 A la vérité, l\u2019inconvénient de ce mode d\u2019assurance consiste en ce que l\u2019on se trouve tout à coup exposé à payer une somme considérable à laquelle on ne s\u2019attendait pas; au lieu que l\u2019on connaît toujours l\u2019échéance et la quotité de la somme à payer annuellement à une compagnie ordinaire.Mais il est facile de remédier à cet inconvénient en mettant à part chaque année une somme qui corresponde à peu près à ce que l\u2019on aurait à payer pour ses assurances.Si de plus cette petite somme était déposée à la banque, elle produirait des intérêts qui serviraient à diminuer d\u2019autant les pertes de la fabrique en cas d\u2019accident.Vous recevrez prochainement de Messieurs les directeurs de la société d\u2019assurance mutuelle des fabriques, une copie des règlements modifiés, avec l\u2019addition d\u2019un article, concernant les paratonnerres et une instruction sur la manière de les poser, afin que vous puissiez en surveiller la pose, et examiner si ceux qui sont déjà placés sur votre église, ou sur votre presbytère, ont les conditions requises : le dernier point est très important, car il est à ma connaissance que les paratonnerres placés sur certaines églises sont tellement défectueux qu\u2019ils sont plutôt un danger qu\u2019une protection.La stricte observation des règlements de l\u2019assurance demande une attention particulière de la part de Messieurs les Curés ; en effet la négligence de ces règles peut, en cas d\u2019accident, entraîner la perte de tout droit à l\u2019assurance.III Durant la retraite, je vous ai parlé du projet de diviser la société ecclésiastique de Saint Michel en autant de sociétés distinctes qu\u2019il y a de diocèses.Vous avez dû recevoir à cet effet une circulaire de Monsieur le Secrétaire de la société, datée du 4 septembre courant.Je vous invite à me transmettre au plus tôt votre réponse à cette circulaire.Vous êtes prié de remarquer que les réponses qui me seront remises après le 4 novembre, seront considérées comme non avenues ; et comme il s\u2019agit d\u2019une affaire de très grande importance, vous ne devez pas manquer de donner votre suffrage.Si la circulaire susdite ne vous est pas parvenue, vous êtes invité à l\u2019emprunter de quelque confrère, ou à m\u2019avertir, afin que je vous en fasse expédier une nouvelle copie. 123 \u2014 IV Il a été imprimé à Québec un petit livre de 450 pages, intitulé Les Quarante Heures et la Communion.L\u2019extrait suivant de l\u2019approbation que j\u2019y ai donnée, fera connaître ce que j\u2019en pense.« Les fidèles de notre diocèse y trouveront abondamment de quoi exciter et nourrir leur piété, leur dévotion, leur reconnaissance et leur amour envers le divin Sacrement de l\u2019Eucharistie, en tout temps, mais surtout durant la belle et salutaire dévotion des Quarante Heures pour l\u2019adoration perpétuelle, que nous venons, avec la grâce de Dieu, d\u2019établir dans le diocèse de Québec.» Ce petit volume, relié, se vend 30 centins l\u2019exemplaire et $3.20 la douzaine chez Monsieur N.-S.Hardy, libraire, place de l\u2019église de la Basse-Ville.Je vous invite à prendre des mesures pour que les fidèles confiés à votre zèle puissent facilement s\u2019en procurer des exemplaires à un prix raisonnable.V On m\u2019a souvent consulté sur l\u2019interprétation à donner à l\u2019induit du 9 mars 1856, accordant une indulgence plénière ipso die quo celebratur festum vel solemnitas S.Patronivel Titularis ejusdem ecclesiæ (parochialis) et per totam octavam dicti fesli vel solemni-taiis.(Ordonn.dioc.p.176.N.24.) On demande si l\u2019octave, durant laquelle l\u2019indulgence existe, doit se compter à partir du jour de la fête ou du joui' de la solennité, ou si l\u2019on est libre de la commencer à l\u2019un ou à l\u2019autre de ces jours ?Je réponds que l'indulgence commence toujours avec la solennité et finit au jour octave de la solennité.Je m\u2019appuie principalement sur le décret général du 9 août 1852, dont voici des extraits :.« Congruum omnino videtur » omne studium impendere ut indulgentias, quæ occasione feslo-» rum vel concessæ sunt, vel concedentur, fidèles facilius lucrari I \u2014 124 \u2014 » possint.omnes indulgentiæ quæ hucusque quibusclam festis » concessæ fuerunt, ac imposterum concedentur, vel pro iisdem » festis aliquibus ecclesiis et publicis oratoriis pariter concessæ » fuerunt et in posterum concedentur.vei etiam si libuerit de » consensu ordinarii, illæ concessæ in sacris supplicationibus, » aut in novemdialibus, vei septenariis, sive triduanis precibus » ante vel post festum, vel ejus octavario perdurante ; translatæ » intelligantur pro eo die quo festa hujusmodi vel quoad solemni-» tatem tantum et externum celebrationem, (non tamen quoad offi-» cium et missam) in aliquibus locis, vel ecclesiis, publicisque » oratoriis, sive in perpetuum, sive aliqua occasione, sive ad » tempus, eoque durante, legitime transferunlur.Gum vero trans-» fertur tantum officium cum missa, non autem solemnitas et » exterior celebratio festi, indulgentiarum nullam fieri transla-» tionem.» Le motif de ce décret est de faciliter aux fidèles le gain des indulgences accordées à l\u2019occasion des fêtes.L\u2019étendue de ce décret doit être aussi remarquée : il regarde toutes les concessions passées et futures.Le principe essentiel consacré par ce décret est que l\u2019indulgence ait lieu au jour où le peuple célèbre la solennité, quand même la messe et l\u2019office seraient restés au jour propre, ou auraient été transférés à un jour autre que celui de la solennité.Cela posé, je pense que nous ne pouvons interpréter notre induit du 9 mars 1856, autrement que je ne l\u2019ai fait plus haut, car le décret général de 1852 regarde tous les induits passés et futurs qui n\u2019y dérogent pas spécialement ou implicitement.Notre induit de 1856 parle d\u2019une manière ambiguë de la fêle ou cle la solennité, et de Voctave de la fêle ou de la solennité, mais, à mon avis, cela ne nous laisse pas libre de choisir à volonté entre l\u2019un et l\u2019autre.Le décret de 1852 règle que l\u2019indulgence suivra toujours la solennité extérieure : et si notre induit spécial parle aussi de la fête et de l'octave de la fête, c\u2019est qu\u2019il arrive assez souvent que la fête elle-même est du nombre de celles qui sont chômées, ou bien tombe le dimanche et alors il y a accord entre la fête et la solennité.Telle est l\u2019interprétation donnée à ce décret par le P.Maurel.[Le chrétien éclairé, I partie, chap, de la translation des indulgences.) \u2014 125 \u2014 C\u2019est aussi le sentiment de Monseigneur Baillargeon, comme on le voit par la réponse qu\u2019il donna à un curé le 29 octobre 1856, dès que l\u2019on commença à jouir de l\u2019induit.Un autre induit du 15 mai 1822, accordé au diocèse de Québec (Ordonn.p.187, N°.47), règle que l\u2019indulgence sera toujours transférée avec la fete ; mais je pense que cet induit, antérieur au décret de 1852, doit s\u2019interpréter conformément à ce décret.D\u2019ailleurs depuis 1822, divers induits ont modifié notre manière de solen-niser nos fêtes.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.\u2022J- E.-A., Arch, de Québec.(N° 21) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec, 25 septembre 1872.Monsieur, Le Révérend Père Lacombe, religieux Oblat, missionnaire depuis vingt-trois ans dans le diocèse de Saint-Albert, territoire de la Sasliatchéwan, et Grand Vicaire de Monseigneur Grandin, est venu dans la province de Québec solliciter l\u2019assistance de ses compatriotes canadiens en faveur de l\u2019œuvre à laquelle il s\u2019est consacré.Bientôt de nombreux colons, attirés par la construction du chemin de fer du Pacifique, vont aller s\u2019établir dans cette partie de la Puissance du Canada.Or il importe que la religion prenne les devants, et s\u2019en empare pour ainsi dire, afin d\u2019attirer de plus en plus les sauvages qui paraissent des mieux disposés à se soumettre à son joug bienfaisant.Il n\u2019est pas d\u2019œuvres hors de notre province, qui intéresse davantage les fidèles du diocèse de Québec ; car il ne faut pas l\u2019oublier, c\u2019est \u2014 126 \u2014 de Québec que sont partis les missionnaires qui ont jeté les premières semences de la foi dans cette contrée lointaine.Leur œuvre a été depuis continuée par les religieux Oblats de Marie, qui s\u2019y dévouent avec un zèle et une persévérance que nous ne pouvons trop admirer.Nous devons donc avoir beaucoup à cœur le succès de cette œuvre de religion et de charité, et je crois devoir la recommander à l\u2019attention particulière de vos bons paroissiens.J\u2019ai autorisé le digne missionnaire à faire une collecte dans les églises du diocèse, en faveur de cette œuvre.Il vous fera savoir quel dimanche ou jour de fête, il arrivera dans votre paroisse, afin que vous annonciez sa visite au prône du dimanche précédent.Lui-même expliquera à votre peuple le but de la mission qui lui a été donnée par son Évêque, et fera ensuite la collecte parmi les fidèles présents à l\u2019église.Il est probable que la visite du Révérend Père ne se fera dans le diocèse que dans le cours de l\u2019hiver prochain, excepté dans cinq ou six paroisses où, d\u2019après une convention particulière, elle aura lieu au commencement du mois prochain.J\u2019ai la confiance que malgré les appels de toute sorte faits à sa générosité, votre peuple éclairé d\u2019avance par vous sur l\u2019excellence de l\u2019œuvre qui lui est recommandée, se fera un devoir d\u2019y prendre part dans la mesure de ses ressources.La lettre ci-jointe du Père Lacombe, à l\u2019adresse de tout le clergé de la Province, renferme des renseignements précieux dont vous pourrez vous servir utilement, lorsque vous annoncerez à votre paroisse la prochaine visite de l\u2019apôtre zélé de la Saskatchéwan.La présente sera lue au prône de la messe paroissiale le dimanche qui précédera la quête.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.-j- E.-A., Arch, de Québec. \u2014127 \u2014 Montréal, 25 juillet 1872.Monsieur et bien vénéré confrère.Permettez aujourd\u2019hui au dernier d\u2019entre vous, à un missionnaire du Saskatchiwan, qui depuis plus de vingt ans a laissé son pays, avec ceux qu\u2019il aimait, pour aller au secours de l\u2019Indien du Nord-Ouest, permettez-lui, dis-je, de vous adresser ces quelques lignes pour implorer votre charité, pour son Evêque et ses missions.Malgré les circonstances difficiles du moment, et les quêtes continuelles, qui réclament votre secours de tous les côtés ; cependant, appuyé de l\u2019approbation de votre charitable Évêque, j\u2019oserai aller frapper à votre porte et à celle de vos paroissiens, fort de mes titres de compatriote et de ma vie, dont déjà une grande partie a été consumée parmi les Sauvages.Si ma demande est inopportune, vû ce que vous avez déjà fait pour nous, je saurai me soumettre et supporter un refus qui serait loin d\u2019être injuste.Oui Monsieur, je ne suis pas sans connaître vos charités de tous les jours, vos œuvres à soutenir, etc., etc., mais n\u2019aurai-je pas le droit, moi aussi, de venir vous demander la charité, comme ceux qui sont venus d\u2019Irlande, d\u2019Afrique, de Syrie, etc., etc.?N\u2019aurai-je pas la même hardiesse qu\u2019eux, pour vous tendre la main ?Vous me répondrez, et avec raison, que vous êtes fatigué et épuisé par ces quêtes continuelles, et moi, votre missionnaire, votre ami et votre compatriote, sans être arrêté par vos justes plaintes, je vous montrerai notre jeune Diocèse de Saint-Albert, nos missions qui commencent, le parti protestant qui s\u2019empare de notre influence religieuse, je vous montrerai le statu quo dans lequel nous sommes obligés de rester, à cause des malheurs de la propagation de la Foi en France, je vous montrerai cette vallée du Saskatchiwan, où se trouve le siège de notre Évêché, je vous montrerai, dis-je, ce jeune pays, qui attend des prêtres canadiens, en ce moment, sa vie, son avenir, enfin l\u2019espérance d\u2019être un jour un nouveau Canada.Si vous prenez en considération tout cela, ne trouverez-vous pas encore une obole, dans le trésor de votre charité, pour avancer notre œuvre, qui est aussi la vôtre à tant de titres ?Je vous dirai aussi que celui qui est affamé n'a pas d'oreilles,.Nous, vos missionnaires, ne devons-nous pas être affamés pour le salut du pauvre sauvage et des âmes confiées à nos soins, et que nous avons gagnées avec tant de fatigues ?Affamé, comme je dois l\u2019être moi aussi, je ne recule devant aucune convenance, et comme le pauvre affamé, qui s\u2019occupe peu, si on va le refuser, je viens demander en toute confiance.Le pauvre honteux aime mieux mourir de faim, que d'aller s\u2019exposer à l\u2019humiliation d\u2019un refus, mais moi, quoique pauvre, il me semble que je ne dois pas avoir honte, et que ceux à qui je m\u2019adresse comprennent ma position.Il y a une dizaine d\u2019années un vénérable prêtre du Diocèse de Nesqualy venait réclamer votre sympathie et l\u2019influence de votre zèle pour sa patrie d\u2019adoption.Vous avez entendu son cri de détresse, et aujourd\u2019hui le Canada peut se glorifier d\u2019avoir établi la Religion Catholique dans l\u2019Orégon.Ce que ce zélé missionnaire vous demandait alors, pour son Évêque et les peuples de ce pays, moi aujourd\u2019hui, fort de la même confiance, je viens vous le demander pour le mien et nos peuplades, dont une grande partie sont encore infidèles.Pour vous mettre plus à même de connaître notre position et nos besoins, je me permettrai de mettre sous vos yeux un aperçu du Diocèse de Saint-Albert, pour lequel je viens implorer votre sympathie, ce qui vous permettra de juger combien nous méritons votre bienveillance et votre charité.Ce Diocèse, formé d\u2019une partie de celui de Saint-Boniface, a été canoniquement érigé, sous le titre de Saint-Albert, par le Souverain Pontife, dans le mois de Septembre dernier; c\u2019est le dimanche in albis dernier que Monseigneur Grandin, transféré du siège de Satala, prenait possession du nouveau siège de Saint-Albert et en devenait le premier Évêque.Ce nouveau Diocèse du Nord-Ouest comprend quatre grands districts, celui de Saskatchiwan, de Cumberland, de la rivière aux Anglais et d\u2019une partie d\u2019York.Le District de Saskatchiwan, dans lequel se trouve Saint-Albert, est celui qui offre le plus d\u2019avenir, par sa position géographique, où passera plus tard le chemin de fer Pacifique.Cette partie va, chaque année, prendre plus d\u2019importance que jamais, par l\u2019émigration, qui doit y affluer.Notre grande douleur aujourd\u2019hui, c\u2019est de ne pouvoir y multiplier les missions, suivant le besoin, qui se fait sentir de \u2014 129 plus en plus.Les ministres protestants profitent de notre faiblesse pour tâcher de s\u2019emparer de notre influence, et ne cessent de dire aux Sauvages, que c\u2019en est fait de nous.Dans le moment présent, ne pas vouloir avancer, c\u2019est reculer, et ce que nos adversaires gagnent aujourd\u2019hui sur nous, ne nous reviendra pas, malgré ce que nous pourrions faire plus tard.Saint-Albert, résidence de l\u2019Évêque, est la principale station et se forme d\u2019une population principalement composée de Métis \u2014à 45 milles de là se trouve la mission du lac Sainte-Anne, la plus ancienne des missions de tout le Nord-Ouest, elle a été fondée par le premier missionnaire de ce pays, le vénérable Monsieur Thibeault, qui le premier a enseigné notre sainte Religion aux Métis, aux Gris, aux Assiniboines et aux Montagnais.Ce zélé et saint prêtre mérite, à plus d\u2019un titre, le souvenir et l\u2019estime de tous ceux qui marchent sur ses traces.La mission du lac Sainte-Anne se compose de Métis et d\u2019Assiniboines.De Saint-Albert, à 8 milles se trouve le fort Edmonton, qui forme une desserte, ainsi que le fort des Montagnes Rocheuses, à 180 milles d\u2019Edmonton, que nous visitons en différents temps\u2014 à 120 milles plus bas que Saint-Albert, sur la Saskatchewan, se trouve la mission de Saint-Paul des Cris, exclusivement pour ces Sauvages.Les missionnaires de cette place sont obligés presque continuellement d\u2019accompagner les Indiens pendant leur chasse à la prairie.Ils sont, l\u2019hiver et l\u2019été, forcés de vivre comme leurs néophytes et de se soumettre à toutes les misères et privations de ces peuplades nomades.Il y en a déjà un bon nombre qui sont d\u2019assez bons chrétiens, et ce nombre augmenterait vite, si nous pouvions faire quelque chose pour ces pauvres sauvages.Si nous pouvions faire quelques dépenses, pour les aider à se former en réductions, nous aurions l\u2019espérance de former des chrétiens sur un bien meilleur pied et avec bien plus d\u2019avenir que nous ne pouvons le faire à présent.Nous avons aussi dans le district de Saskatchiwan, les quatre tribus des Pieds-Noirs, des Gens du Sang, des Piegane et des Sarcis, qui forment une seule et même nation, qui occupent le centre des grandes prairies, entre le Missouri et la Saskatchiwan.Parmi ces sauvages, qui comptent encore 900 loges, nous n\u2019avons malheureusement aucun établissement :\tNous n\u2019avons fait que les visiter, pour baptiser leurs enfants.Un missionnaire a déjà 9 \u2014 130 pu apprendre leur langue, en demeurant quelque temps au milieu d\u2019eux, et il a pu parler au plus grand nombre en leur annonçant les premières vérités du christianisme.Mais qu\u2019il y a loin, avant d\u2019avoir parmi eux une vraie chrétienté, à cause de nos faibles moyens.Il faut donc attendre, et en attendant, nous verrons bientôt, à notre grande douleur et chagrin, les ministres protestants s\u2019emparer de ces âmes\u2014mais enfin il y a une grande chose de faite pour les gagner à Dieu, c\u2019est que nous sommes venus à bout de leur faire conclure la paix avec leurs voisins, les Gris.Si elle n\u2019est pas rompue, on peut dire que pour ces deux nations, il ne faut pour les christianiser et civiliser, que du dévouement et de la persévérance de la part du missionnaire et des secours pécuniaires de la part de nos bienfaiteurs.Si nous avions les moyens, déjà nous aurions commencé un établissement bien intéressant sur la rivière des Arcs, aux pieds des Monts Rocheux.A 400 milles plus bas que Saint-Albert, se trouve le fort de traite de Carlton, sur la Saskatchewan, où se forme en ce moment une mission, qui bientôt sera un poste important, vu que le commerce va se porter de ce côté.Déjà un grand nombre de familles métisses, faisant place à l\u2019émigration à la Rivière Rouge, viennent chercher des terres, plus proches du buffalos, et se réunissent autour des prêtres qui sont à la tête de cette mission.Le District de Saskatchiwan est desservi par sept prêtres et leur Évêque.Ces missionnaires sont aidés par cinq frères con-vers, qui s\u2019occupent des travaux manuels.Saint-Albert possède un couvent de cinq Sœurs Grises, qui tiennent une école et un orphelinat, prenant soin en même temps de notre linge et de celui de nos chapelles.Elles se dévouent là comme partout ailleurs, aux œuvres de charité, avec un zèle admirable.Le District de la Rivière aux Anglais comprend deux établissements, celui de file à la Grosse et celui du lac Caribou.Ces deux missions se composent principalement de Montagnais et de Gris, qui sont presque tous chrétiens.Ces districts offrent moins d\u2019avantages pour la civilisation et l\u2019amélioration matérielle, que celui de Saskatchiwan.Ces deux missions sont desservies par cinq prêtres, aidés par cinq frères.Il y a aussi à file à la Grosse un couvent de quatre sœurs Grises, qui ont une école et un \u2014 131 \u2014 orphelinat, il y a encore quelques autres postes, qui dépendent de ces deux missions, et qui en peu de temps formeraient des chrétientés intéressantes, s\u2019il y avait des moyens pour bâtir.Pour préparer les voies à la civilisation dans tout cet immense pays, quel plus puissant moyen que celui employé par les missionnaires, formant de côté et d\u2019autre, des chrétientés parmi les Indiens et les Métis, qui, plus tard, seront des centres, où de préférence viendront se grouper les émigrants canadiens.Nos compatriotes, en nous encourageant dans les efforts que nous faisons et en nous aidant de leurs aumônes,préparent ainsi à leurs frères, les futurs civilisateurs de ce territoire, des stations de mission, où ceux-ci trouveront des amis, parmi les missionnaires et les Indiens, et des conseillers désintéressés, qui seront heureux de rendre service à leurs bienfaiteurs et aux nouveaux colons.Dans les deux autres districts, celui de Cumberland et de York, nous n\u2019avons pas de missions et ce n\u2019est que très rarement que nous avons pu y faire quelques apparitions.Cependant il y a là bien des âmes, que les protestants ont déjà commencé à gagner.Pouvons-nous voir cela, sans gémir, dans le fond de notre coeur de missionnaire?Les Esquimaux de la Baie d\u2019Hudson sont en partie dans notre Diocèse, et jusqu\u2019ici nous n\u2019avons rien pu faire pour eux, excepté qu\u2019un de nos pères est allé passer une saison parmi cette tribu.La belle et importante mission du Lac Labiche est aussi comprise dans le diocèse de Saint-Albert, mais pour le moment, cette partie est administrée par le Vicaire Apostolique de la Rivière McKenzie, car l\u2019intérêt et le bien des immenses missions de l\u2019extrême nord, exigent cet arrangement et cette entente avec les Évêques.N\u2019est-ce pas, cher monsieur, que voilà un bien vaste champ à défricher et à ensemencer, et cela avec notre peu de monde, mais surtout avec si peu de ressources ?En face des difficultés, allons-nous nous décourager, rester tranquilles et ne pas chercher à avancer l\u2019œuvre de Dieu mise en nos pauvres mains ?Non, cher et vénéré confrère et ami, nous pouvons consumer nos forces, nous soumettre à toutes sortes de misères et de privations sans dire mot et nous plaindre ; mais avant de voir \u2014 132 \u2014 languir et peut-être tomber ce que nous avons commencé avec tant de travail, ne nous sera-t-il pas permis de venir vous faire part de nos alarmes et de nos craintes, en soumettant à votre jugement notre état actuel ?Dans vos mains et celles de vos ouailles se trouvent notre avenir et nos espérances.Si le diocèse de Saint-Albert, comme œuvre religieuse mérite les sympathies du prêtre canadien et des fidèles, comme œuvre nationale, elle n\u2019en commande pas moins les affections de tout cœur canadien, depuis la réunion du nord-ouest à la Puissance.Monseigneur Grandin m\u2019envoie aujourd\u2019hui vers vous.Quoique Sa Grandeur m\u2019ait chargé d\u2019une mission bien délicate et bien difficile, je ne reculerai pas devant les difficultés, bien récompensé si par là, je puis être de quelques secours à nos pauvres missions.Avec l\u2019approbation de Nos Seigneurs Évêques si zélés pour l\u2019œuvre des missions, je me présenterai en toute confiance devant vous et vos pieux paroissiens.Autant que les circonstances peuvent le permettre, j\u2019ose espérer que vous voudrez me prêter votre concours et appui, dans la mission que j\u2019ai à remplir, en venant implorer la charité de mes compatriotes.S\u2019il m\u2019était impossible d\u2019aller moi-même tendre la main aux bonnes âmes de votre paroisse, auriez-vous la bonté de faire faire la quête pour moi ?Les aumônes, que j\u2019ai déjà recueillies dans les paroisses où il m\u2019a été possible d\u2019aller, sont pour moi une preuve éclatante de la grande sympathie des curés et des fidèles pour nos missions.D\u2019ailleurs, l\u2019accueil cordial et les invitations charitables que j\u2019ai reçues, confirment abondamment les espérances de mon Évêque et de son pauvre missionnaire.Veuillez agréer l\u2019assurance de mon respect et de ma sincère affection.Alb.Lacombe, Prêtre, O.M.I. 133 \u2014 (N® 22) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec, 16 novembre 1872.I.Avis sur les conférences eoclésiastiques.IL Cas à discuter en 1873.III.Liste des arrondissements pour les conférences.Monsieur, Je vous envoie, avec la présente, les questions à discuter dans les conférences ecclésiastiques de 1873.Je désire que le cas proposé pour le mois de janvier soit discuté avec un soin tout particulier, à cause de son actualité.A première vue le nombre des difficultés spéciales qu\u2019il présente, semblera peut-être trop grand pour être discuté dans une seule conférence ; cependant, comme les principes qui doivent servir à les résoudre, sont à peu près les mêmes, ou sont enchaînés les uns aux autres, je n\u2019ai pas cru devoir les séparer en plusieurs conférences.Me proposant de soumettre cette matière importante des élections, à la délibération du concile provincial qui doit avoir lieu en mai prochain, je prie Messieurs les Secrétaires des conférences, de m\u2019envoyer le procès-verbal du mois de janvier, aussitôt que possible, afin de connaître d\u2019avance l\u2019opinion du clergé surtout sur les moyens de mettre fin aux abus dont il est question.Je vous envoie aussi une nouvelle liste des arrondissements.J\u2019en ai formé de nouveaux, en divisant ceux dont la grande étendue offrait des inconvénients, à cause de l\u2019absence simultanée d\u2019un grand nombre de curés voisins.J\u2019ai nommé des présidents pour ces nouvelles circonscriptions.Si quelque autre arrondissement s\u2019en trouve privé par les changements opérés dans le clergé du diocèse, ou par quelque autre cause, je prie \u2014134 \u2014 Monsieur le Secrétaire de m\u2019en avertir au plus tôt, et s\u2019il n\u2019y a point de Secrétaire élu, il sera du devoir du plus ancien prêtre de l\u2019arrondissement de m\u2019en prévenir, afin que je puisse en nommer un au plus tôt.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement -f- E.-A., Arch, de Québec.(No 23) MANDEMENT EN FAVEUR DK L\u2019HOPITAL DU SACRÉ CŒUR DE JESUS ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU, par la grace de Dieu et du Siège Apostolique, Archevêque de Québec, Au Clergé Séculier et Régulier, aux Communautés Religieuses et à tous les Fidèles de l'Archidiocèse de Québec, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Aujourd\u2019hui, Nos Très Chers Frères, Notre Seigneur Jésus-Christ a commencé d\u2019être honoré, en ce diocèse, d\u2019un culte perpétuel dans la Sainte Eucharistie.Ce matin même, nous avons inauguré dans la Cathédrale de Québec, l\u2019exposition perpétuelle du Saint-Sacrement sous forme de Quarante Heures, laquelle aura lieu successivement et sans interruption dans toutes les églises de ce diocèse.Désormais donc, parmi nous, d\u2019un bout de l\u2019année à l\u2019autre, jour et nuit, l\u2019encens de la prière faite aux pieds de Jésus-Christ réellement et substantiellement présent, montera vers le trône de la grâce et de la bonté divine.Nous vous avons déjà exhortés, Nos Très Chers Frères, à venir témoigner à ce divin Sauveur votre foi, votre reconnais- \u2014 135 \u2014 sance, votre charité, et à réparer ainsi, autant qu\u2019il sera en votre pouvoir, les outrages auxquels il s\u2019est exposé pour votre amour.Nous savons avec quelle joie vous avez accueilli la nouvelle de cette visite que Notre Seigneur va faire chaque année dans toutes les parties de ce vaste diocèse.Nous n\u2019ignorons pas avec quel empressement vous voulez contribuer à rehausser l\u2019éclat des hommages qui lui seront rendus dans le sacrement de son amour.Mais, Nos Très Chers Frères, si Jésus-Christ est dans la Sainte Eucharistie, il est aussi, quoique d\u2019une manière différente, dans la personne des pauvres et surtout de ceux qui souffrent.Pour nous en convaincre, transportons-nous par la pensée à ce grand jour, où le Fils de l'homme, accompagné de ses anges, viendra avec majesté juger les vivants et les morts.Toutes les nations seront assemblées devant lui ; il séparera les uns d'avec les autres, comme un berger sépare les brebis d'avec les boucs : et il placera les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche (Mat.XXV, 31.).Voilà donc.Nos Très Chers Frères, l\u2019univers assemblé ; Dieu, les anges, les hommes, les démons eux-mêmes; aucun être doué d\u2019intelligence ne manque à cette réunion.Dieu veut manifester sa miséricorde, sa gloire, sa puissance et sa justice.Or quel sera la marque distinctive des élus ?pourquoi les faveurs de sa miséricorde et les récompenses de sa justice seront-elles accordées à ces âmes bienheureuses ?quelle est donc la loi suprême d\u2019après laquelle s\u2019exercera ce jugement divin?Alors le roi dira à ceux qui sont à sa droite :\tVenez, les bénis de mon Père, posséder le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde.Car j'ai eu faim et vous m'avez donné a man ger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais sans asile et vous m'avez recueilli ; j'étais nu et vous m'avez vêtu ; j'étais malade et vous m'avez visité ; j'étais en prison et vous êtes venus me voir.Alors les justes lui répondront, disant ; Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu avoir faim, et que nous vous avons donné à, manger ; avoir soif et que nous vous avons donné à boire ?Et quand est-ce que nous vous avons vu sans asile et que nous vous avons recueilli, ou sans habits et que nous vous avons vêtu.Et quand est-ce que nous vous avons vu malade ou en prison et que nous avons été vous voir ?Et le roi répondant, leur dira : En vérité, je vous le dis, autant de fois que vous l'avez fait 136 \u2014 à l'un ce ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.Qu\u2019est-ce à dire, 0 Roi immortel des siècles (I.Tim.I.17.)! N\u2019avez-vous donc de récompense que pour la charité ?Serait-il donc vrai que, non content de vous être incarné une fois afin de pouvoir mourir pour nous, vous vous cachez encore tous les jours sous les haillons de la mendicité, sous les souffrances de la misère, sous toutes les douleurs de la pauvre humanité ?Et vous ne dédaignez pas de partager le cachot de celui que la justice humaine a renfermé pour ses crimes ?le captif souffre dans sa prison et, à ce titre, il est cher à votre coeur paternel et vous tenez pour faite à vous-même la visite qui vient porter un rayon de joie dans le cœur du pauvre prisonnier ! O bonté et miséricorde de notre Dieu ! D\u2019un autre côté, quelle sera la terrible sentence qui condamnera à un supplice éternel, ceux dont le cœur n\u2019aura pas eu d'intelligence sur Vindigent et le pauvre (Ps.XL.1.) ?Alors il dira aussi à ceux qui seront à sa gauche :\tAllez loin de moi, maudits, au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et pour ses anges.Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné a boire ; j'étais sans asile et vous ne m'avez pas recueilli ; j'étais nu et vous ne m'avez pas vêtu ; j'étais malade et en prison et vous ne m'avez pas visité.En vérité, en vérité, je vous le dis, autant de fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, vous ne l'avez pas fait non plus ci moi-même (S.Mat.XXV.4L).Que conclure de cette double sentence qui récompense éternellement les uns et qui condamne les autres à un supplice éternel ?C\u2019est que les œuvres de miséricorde exercées en faveur de ceux qui souffrent, sont, aux yeux du Souverain Juge, une protection assurée contre les rigueurs de sa justice, car il tient pour fait à lui-même tout acte qui tend à soulager l\u2019infortune.Aussi lisons-nous dans l\u2019Ancien Testament que donner aux pau vres, c'est prêter à Dieu qui rendra certainement (Prov.XIX.17.); faire l'aumône et exercer la justice, c'est offrir à Dieu le plus agréable des sacrifices (Prov.XXI.3.) ; opprimer le pauvre c'est faire injure à Dieu ; mais avoir pitié du pauvre, c'est honorer le Créateur (Prov.XIV.31.). \u2014137 \u2014 Que dirons-nous des effets merveilleux de l\u2019aumône en faveur de celui qui la fait ?Elle délivre du péché et de la mort ; elle ?ie laissera pas tomber lame dans les ténèbres ; elle est le sujet d'une grande confiance devant le Dieu Suprême (TobieIY.il.).La prière accompagnée du jeûne et de l'aumône, vaut mieux que tous les trésors.elle fait trouver la miséricorde et la vie éternelle (Tobie XII.9.).Quand le prophète Daniel eut annoncé au roi Nabuchodo-nosor la sentence portée contre lui, quel moyen lui suggéra-t-il pour la faire révoquer ; 0 grand roi, dit-il, accueillez favorablement mon conseil ; rachetez vos péchés par des aumônes, et vos iniquités par des actes cle miséricorde : c'est à ce prix que vous obtiendrez le pardon (Daniel IV.24.).Comme vous le voyez, Nos Très Chers Frères, il n\u2019est rien qui puisse vous rendre plus agréables à Notre Seigneur, lorsque vous viendrez l\u2019adorer durant les Quarante Heures, que le mérite de la charité envers les membres souffrants de ce divin Sauveur.Mais quelque louable et utile que puisse être la charité exercée en particulier, elle ne saurait avoir, pour le soulagement des malheureux, la même efficacité que celle qui se déploie dans nos hôpitaux dirigés par des âmes d\u2019élite que la voix de Dieu a appelées à la perfection de la charité.La même quantité d\u2019aumônes ainsi employée soulagera beaucoup plus de misères que si elle se distribuait au hasard.Voilà la pensée qui nous engage à recourir aujourd\u2019hui à votre charité, Nos Très Chers Frères.Vous aimez Jésus-Christ ; il vous demande par notre bouche un asile dans sa détresse: lui refuserez-vous une obole pour aider à l\u2019érection du toit, où il viendra habiter dans la personne des pauvres ?Nous vous recommandons de prendre part à une loterie diocésaine en faveur d\u2019un nouvel hôpital qui portera le nom du Sacré Cœur de Jésus, Sauveur des hommes ! Dans bien des paroisses, on aime avoir un autel érigé au Sacré Cœur; la dévotion au Sacré Cœurest chère à beaucoup d\u2019entre vous ; voici un sanctuaire à élever en l\u2019honneur et pour le soulagement de ce Cœur divin qui a tant aimé les hommes.A l\u2019exemple de ce Cœur brûlant d\u2019amour pour nous et toujours disposé à nous accueillir, \u2014188 \u2014 les portes de cet hôpital seront ouvertes à toutes les infortunes.Le plan a été fait sur de très vastes proportions pour suffire à toutes les misères ; mais hélas ! les ressources manquent et le petit commencement que l\u2019on peut voir sur les bords de la Rivière Saint-Charles, dans le faubourg de Saint-Sauveur, se trouve menacé de rester dans son état d\u2019imperfection, si la charité publique ne vient en aide.L\u2019aile qui est maintenant finie au dehors et couverte, a quatre-vingt-six pieds de front, soixante de large sur cinq étages.Jusqu\u2019à cet automne, les dons généreux de personnes charitables ont suffi pour payer les travaux ; mais maintenant il faut emprunter pour terminer l\u2019intérieur et pour payer ces emprunts on ne peut compter que sur la charité publique.Nous venons solliciter votre aide, Nos Très Chers Frères, au nom du Sacré Cœur de Jésus.Quelques billets pris dans cette loterie diocésaine ne vous appauvriront pas ; au contraire, ils attireront la bénédiction de Dieu sur vous, sur vos familles, sur vos travaux et sur vos entreprises.Il vous obtiendront grâce et miséricorde devant le Seigneur; ils contribueront à l\u2019expiation de vos péchés : ils vous mériteront un degré de gloire et de bonheur pendant toute l\u2019éternité ! Vous aurez part à tous les actes de charité qui y seront exercés ; une messe y sera dite à perpétuité chaque mois pour les bienfaiteurs vivants et trépassés ; les bénédictions des pauvres vous accompagneront durant la vie, à la mort et jusque devant le tribunal redoutable du juge suprême.Nous vous dirons avec le saint homme Tobie : Soyez miséricordieux selon vos ressources.Si vous avez beaucoup de richesse, donnez beaucoup : si vous avez peu, donnez peu, mais toujours de bon cœur ; car donner, c'est amasser des trésors pour le jour de la nécessité (Tobie IV.8.).Le Cœur Sacré du Sauveur, ce cœur, qui déjà vous aime tant, vous aimera d\u2019un nouvel amour, et chaque souffrance qui trouvera un soulagement dans cet hôpital, accroîtra cet amour de Jésus pour vous.Quel bonheur pour nous que ce diviu Sauveur veuille ainsi se faire notre débiteur! A ces causes, et le saint nom de Dieu invoqué, nous réglons ce qui suit : 1° Le diocèse de Québec tout entier est invité à contribuer en \u2014139 \u2014 faveur de l\u2019Hôpital du Sacré Cœur de Jésus, qui est en voie d\u2019érection dans le faubourg de Saint-Sauveur à Québec.2° Cette contribution se fera sous forme d\u2019une loterie à laquelle Messieurs les Curés inviteront tous leurs paroissiens à prendre part, afin d\u2019attirer la bénédiction de Dieu sur eux, sur leurs familles, sur leurs travaux et entreprises.3° Monsieur le Chapelain de l\u2019Hôpital-Général est chargé de la direction de cette œuvre dé charité.Il enverra un certain nombre de billets avec les explications nécessaires, à chacun de Messieurs les Curés, qui sont invités à les faire prendre par leurs paroissiens et à en demander d\u2019autres, s\u2019il est nécessaire.4° Le tirage des lots se fera, s\u2019il est possible, dans le cours du mois de juin prochain, par deux prêtres qui seront nommés par nous et en présence des intéressés qui aimeront à y assister.Le jour et le lieu seront annoncés d\u2019avance.5° Sera notre présent mandement lu au prône et en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après réception.Donné à Québec, sous notre seing, le sceau de l\u2019archidiocèse et le contre-seing de notre secrétaire, le premier décembre, premier dimanche de l\u2019Avent, l\u2019an mil huit cent soixante-douze.f E.-A., Arch, de Québec.Par Monseigneur, C.A.Collet, Diacre, Secrétaire. \u2014 140 \u2014 (No 24) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec, 4 décembre 1872.Monsieur, Plusieurs affaires importantes, qui regardent la province ecclésiastique de Québec, m\u2019obligent de partir pour Rome.Vous voudrez bien prier et faire prier Dieu afin que son ange me protège dans ce long et périlleux voyage.Je ne manquerai pas de faire mémoire de tous mes diocésains dans les sanctuaires de la ville éternelle, et de demander pour eux au Saint-Père line bénédiction spéciale.Je déposerai à ses pieds le denier de Saint Pierre pour cette année : ce sera à la fois le gage de votre piété filiale et l\u2019occasion de recevoir cette bénédiction du Vicaire de Jésus-Christ.Durant mon absence, l\u2019administration spirituelle et temporelle du diocèse est confiée «à Monsieur le Grand Vicaire Cazeau, qui a déjà plusieurs fois rempli cette fonction importante durant les absences de mon vénéré prédécesseur.Pour l\u2019aider et le suppléer au besoin, je donne à Messieurs J.-B.-Z.Bolduc et Édouard Bonneau, prêtres de l\u2019Archevêché, pouvoir d\u2019accorder des dispenses de bans et de consanguinité et affinité et autres empêchements détaillés dans un induit en 29 articles, en date du 29 janvier 1871, qui m\u2019a été accordé pour dix ans, avec faculté de le communiquer à des prêtres du diocèse.Quant aux autres facultés extraordinaires, dont je jouis en vertu d\u2019autres induits, je les ai communiqués à Monsieur le Grand Vicaire Cazeau, suivant un pouvoir spécial qui m\u2019autorise à cela pour les temps d\u2019absence.Il va sans dire que Messieurs les autres Grands Vicaires du diocèse continuent à jouir des mêmes pouvoirs que ci-devant. \u2014 141 \u2014 A compter d$ la réception de la présente, vous substituerez l\u2019oraison pro peregrinantibus à l\u2019oraison pro quâcumque necessitate, dans la messe des dimanches et fêtes d\u2019obligation, et au salut du Saint-Sacrement; et à mon retour, vous reprendrez l\u2019oraison pro quâcumque necessitate.Les membres de la société ecclésiastique de Saint-Michel, qui n\u2019ont pas encore répondu à la circulaire du 12 novembre dernier, sont priés de ne pas oublier de donner par écrit leur avis sur le nouveau mode de distribution des fonds, qui y est proposé.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.f E.-A., Arch, de Québec.EDIGTUM CONVOCATIONS CONCILII PROVINCIALS V QUEBECENCS ELZEARUS - ALEXANDER TASCHEREAU, miseratione DIVINA ET SANCTÆ SEDIS APOSTOLICÆ GRATIA, ARCHIEPISCOPUS QUE-CENSIS, Reverendissimis Fratribus Nostris Episcopis, necnon Capitulis, al Usque provinciæ Quebecensis Ecclesiasticis Viris, qui, de jure, vel consuetudine, Concilio Provinciali interesse debent, salutem in Domino.Cum Sacrosancta et OEcumenica Synodus Tridentina statuent ut provincialia concilia quolibet saltern triennio pro moderandis moribus, corrigendis excessibus, controversiis componendis con-vocentur a Metropolitanis, hujusce provinciæ Quebecensis Patres in ultima sessione Concilii provincialis IV, anno 1868 non omise-runt statuere proximum concilium fore anno 1871.Sed cum illud locum habere non potuerit turn propter mortem deces-soris nostri, turn propter longam absemiam Episcoporum qui anno præcedenti Concilio Vaticano adfuerunt, indultum nobis \u2014 142 \u2014 fuit a Sancta Sede, die 23 aprilis 1871, ut provincialem Syno-dum non cogeremus nisi anno 1873.Nos.officio nostro, quantum in nobis est satisfacere volentes, expetita prius Revmorum Fratrum Nostrorum Eporum sen-tentia, re mature perpensa, ac Sacro Nomine Domini invocato, ad majorem Dei Omnipotentis gloriam et Provinciæ Nostræ utilitatem provincialem synodum, in ecclesia nostra Metropoli-tana Quebecensi celebrandam, indicereet convocare decrevimus, illamque in dicta ecclesia, dominica quæ incidit in diem deci-mam octavam Maii præsentis anni MDGCCLXXIII, incipiendam ac postea usque in finem prosequendam, per præsentes litteras indicimus atque convocamus.Quapropter Reverendissimos in Christo Fratres Marianopoli-tanum, Ottawiensem, Santi Hyacinthi, Trifluvianum, atque Sancti Germani deRimouski, episcopos comprovinciales nostros, eorumque coadjutores cum futura successione, capitula et alios quoscumque qui de jure vel consuetudine, Concilio Provinciali interesse debent, hortamur, ac,in quantum opus est, mandamus atque præcipimus, ut ad prædictam synodum, assignatis die et loco, conveniant, et personaliter compareant, nisi forte justo detenti fuerint impedimento, quod probare tenentur per procu-ratores ab ipsis legitime electos, qui eorum vices agant in synodo.De hac autem convocatione singuli Revmi Epi supradicli monebunt suarum respective ecclesiarum cathedralium Capitula, aliosque qui huic synodo interesse tenentur de jure, vel de consuetudine.Denique, Yenerabiles Fratres, enixe vos obsecramus ut hanc synodum in precibus et missis Deo Optimo Maximo commen-detis Patri Omnipotenti qui operatur, in nobis velle et perficere ; Filioque ejus Domino Nostro Jesu Christo sine quo nihil possu-mus facere ; et Spiritui Sancto qui omnia scrutatur, etiam profunda Dei, ut nobiscum sit et nobiscum laboret$ ut mentes illuminet, corda succendat; utque nostra actio et operatio, bene incepta bene et féliciter ad exitum perducatur ad majorem Dei gloriam et Provinciæ Nostræ utilitatem.Datum Romæ, extra portam Flaminiam, sub signo sigillo-que Nostro, ac infrascripti Vicarii Nostri Generalis vices Secre-tarii apud nos pro tempore agentis chirographo, die Epiphaniæ \u2014 143 \u2014 Domini Nostri Jesu Christi, anno millesimo oclingentesimo septuagesimo tertio.-f- E.-A., Archpus Quebecen.De Mandato Illmi ac Rmi D.D.Archiepiscopi Quebecensis, Thos.-S.Hamel, Y.G.CIRCULAIRE AUX PRÉSIDENTS DES CONFÉRENCES ECCLÉSIASTIQUES f Archevêché de Québec, {\t7 mars 1873.Monsieur, Monseigneur l\u2019Archevêque m\u2019écrit de Rome, le 16 Février dernier, pour m\u2019exprimer le désir que les procès-verbaux de la conférence du mois de janvier sur les élections ne tardent pas à être transmis à l\u2019Archevêché.Ce Prélat me recommande de faire préparer un travail analytique où toutes les opinions exprimées seront fidèlement reproduites, pour aider les Pères du prochain Concile Provincial à formuler un décret au sujet de cette question importante.Je vous prie, en votre qualité de président de votre arrondissement, de faire en sorte que le procès-verbal dûment approuvé de la conférence tenue en janvier dernier me parvienne, s\u2019il est possible, avant le premier avril prochain.Je crois devoir vous prévenir que le nouveau Concile est convoqué pour le 18 mai suivant.J\u2019ai l\u2019honneur d\u2019être, Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur, C.-F.Cazeau, V.G., Administrateur.V \u2014 144 CIRCULAIRE AU CLERGÉ ( Archevêché de Québec, \\\t28 mars 1873.Monsieur le Curé, Dans une lettre que j\u2019ai reçue, hier, de Mgr l\u2019Archevêque, il m\u2019est recommandé de vous communiquer l\u2019induit ci-joint qu\u2019il a obtenu du Saint-Siège, pour faire participer tous les diocèses de la Province de Québec au privilège accordé aux fidèles du diocèse des Trois-Rivières, de faire usage, les jours maigres, de la graisse de quelque animal que ce soit, pour la préparation des aliments.Je m\u2019empresse de me conformer à l\u2019injonction de ce prélat, et de vous informer en même temps qu\u2019il espérait pouvoir profiter, pour s\u2019en revenir, du steamer de la ligne canadienne qui a dû laisser Liverpool, hier.Je suis bien aise de joindre à la présente le compte-rendu des sommes recueillies dans chaque paroisse du diocèse, pendant l\u2019année 1872, pour le Denier de Saint Pierre.Vous verrez avec plaisir que, malgré toutes les collectes qui on été faites dans nos paroisses, cette œuvre de dévouement envers le Souverain Pontife n\u2019a pas cessé de prospérer, mais a même reçu de nouveaux encouragements.Je demeure bien cordialement, Monsieur le curé, Votre très obéissant serviteur, C.-F.Cazeau, V.G., Administrateur.4 \u2014145 \u2014 Beatissime Pater, In epistolâ diei 17 Maii 1872 ad R.P.D.LudovicumLaflèche, Epum Trifluvianum, sic legitur : « Quæ ab A.T.litteris diei 12 elapsi mensis Aprilis datis pro-» posita sunt dubia super articulo VI indulti quoad abstinentiam » ac jejunium anno 1844 concessi, hue revooari possunt : « 1° Licetne diebus quibus abslinetur ab esu carnium, vi prsefati » indulti, uti adipe (gras) non solum suino (lard), sed etiam bovis » (bœuf), capri (mouton), pulli gallinacei (poulet), aut aliorum » similium volatilium ?».» Ad lum Sanctissimus præfatum indultum favore istius » diœcesis (Trifluvianæ, benignè extendit ad adipem quorumeum-» que animalium per modum duntaxat condimenti ».(Sign.)\tAl.Gard.Barnabo, Præf.(Subsigm)\tJoannes Simeoni, Sccrius.Gum rationes hujus extensionis eædem sint in totâ provinciâ Quebecensi, infrascriptus postulat ut coucedatur aliis diœcesibus provinciæ, vel saltern Archidiœcesi Quebecensi.Romse, die 27 Februarii 1873.(Sign.) -f- E.-A.Archpus Quebecen.Ex Audientia SSmi diei 2 Marlii 1873.SSmus D.N.Pius Divinâ Providentiâ PP.IX, referente me infrapto S.G.de Propaganda Fide Secretario, at.tentis expositis, prædictam extensionem concessam pro Dioecesi Triflnviana con-cedere dignatus est universæ Provinciæ ecclesiasticæ Quebecensi, in iisdem forma et terminis.Datum Romæ ex Æd.die.S.G.die et anno ut supra.Gratis sine ullâ solutione quovis titnlo.(L f S)\t(Sign.) Joannes Simeoni, Sccrius.10 \u2014146 \u2014 (No 25) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Quérec, 13 avril 1873.I.\tAnnonce du cinquième Concile Provincial.II.\tRetour de Rome.III.\tVisite pastorale.IV.\tComponendes ; Annales de la Propagation de la Foi | Hôpital de Saint-Sauveur.Monsieur le Curé, I La présente est pour vous informer que le cinquième Concile Provincial de Québec est convoqué pour dimanche, le dix-huit mai prochain, dans l\u2019église métropolitaine.Comme cette réunion des premiers pasteurs de notre province est d\u2019une grande importance pour le bien spirituel de tous les fidèles soumis à leur juridiction, vous ne manquerez pas d\u2019instruire vos paroissiens sur celte matière et de les inviter à invoquer sur nous les lumières du Saint-Esprit.Le clergé, qui comprend, mieux que personne, la nécessité et l\u2019efficacité de la prière, se fera aussi un devoir de supplier Notre Seigneur, afin qu\u2019il assiste d\u2019une manière toute particulière ceux à qui il a confié les âmes rachetées de son sang précieux.Cela est de rigueur en tout temps, mais surtout à l\u2019époque critique dans laquelle nous nous trouvons.A cet effet, et le saint nom de Dieu invoqué, voici ce que je crois devoir régler.1° A commencer le premier mai, et jusqu\u2019à la fin du Concile, en se conformant aux rubriques concernant l\u2019oraison commandée par l\u2019Évêque, on dira à toutes les messes l\u2019oraison De Spiritu \u2014 14Y Sanclo avant l\u2019oraison Pro Papa, mais les dimanches et fêtes, on ne dira point à la messe celle Pro qudcumque necessitate.2° Les deux dimanches qni précéderont l\u2019ouverture du Concile et le jour même, Messieurs les Curés l\u2019annonceront au prône et exciteront les fidèles à la dévotion, à la prière, à la pratique des œuvres de charité et de mortification, à la fréquentation des sacrements de Pénitence et d\u2019Eucharistie.Ils les exhorteront aussi à invoquer les saints patrons de la Province Ecclésiastique et tout particulièrement la Sainte Vierge, patronne de l\u2019Archi-diocèse, sous les auspices de laquelle le Concile va se célébrer dans le beau mois consacré à son culte.Vous n\u2019oublierez pas le glorieux Saint Joseph, patron du Canada et protecteur de l\u2019Église Catholique.Dans l\u2019église métropolitaine de Québec, ces annonces se feront aux trois dimanches qui précéderont l\u2019ouverture du Concile.Ces jours-là, au lieu de réciter les litanies, comme il est déjà prescrit dans le diocèse, on les chantera après la messe, dans toutes les églises où se fait l\u2019office public.3° Dans l\u2019église métropolitaine de Québec, le mercredi, jeudi et vendredi qui précéderont immédiatement l\u2019ouverture du Concile, le Saint-Sacrement sera exposé depuis la première messe jusqu\u2019à la dernière, et le soir il y aura salut et bénédiction du Saint-Sacrement.4° Le samedi 17 mai, veille de l\u2019ouverture du Concile, sera un jour de jeûne, que tous les fidèles de l\u2019Archidiocèse sontinstam-ment priés d\u2019observer religieusement.II Je vous invite, Monsieur le Curé, ainsi que vos paroissiens à rendre grâces à Dieu pour la protection qu\u2019il m\u2019a accordée durant mon voyage à Rome.Bien des fois je me suis agenouillé dans les sanctuaires vénérables de la ville éternelle pour demander à Notre Seigneur de répandre sa grâce sur tous mes diocésains.J\u2019ai eu trois audiences du Saint-Père, et à chaque fois j\u2019ai sollicité et obtenu sa bénédiction paternelle sur le diocèse : il a béni le clergé et le peuple confié à sa vigilance ; il a béni les parents et les enfants ; il a béni spécialement ceux qui, par \u2014 148 \u2014 leurs aumônes, contribuent au denier de Saint-Pierre, à la Propagation de la Foi et à la Sainte-Enfance.Le nom du Canada lui est particulièrement cher à cause des marques nombreuses de foi et de dévouement que lui ont données nos zouaves et tous les canadiens dans ces derniers temps.« Au milieu des cruelles angoisses que nous font éprouver les calamités de l\u2019Église, disent les Pères de notre dernier Concile, la divine bonté ne laisse pas ses enfants dénués de toute consolation.Les liens de l\u2019unité n\u2019ont jamais été si intimement resserrés que de nos jours.On se croirait transporté à ces temps où toute la multitude des chrétiens n'avait qu'un cœur et qu'une âme (Actes, IV.32).A.la vérité, Pierre est, en la personne de son successeur, comme emprisonné dans cette étroite partie de son patrimoine, que ses ennemis n\u2019ont pas encore pu lui arracher ; mais aussi quel cri de réprobation s\u2019élève de toutes parts contre ses spoliateurs ! Que de prières sont offertes, chaque jour, par ces deux cents millions de catholiques répandus dans l\u2019univers ! Petrus quidem servabalur in carcere, oratio auicm fiebat sine intermis s io ne ab Ecclesia ad Deum pro eo.(Actes, XII.5.) Ayons donc confiance : le bras de Dieu n\u2019est pas raccourci et nous verrons le jour où le successeur de Pierre s\u2019écriera avec transport :\tMaintenant je sais vraiment que le Seigneur a envoyé son ange et m'a délivré de la main cl'Hérode et clc toute l'attente du peuple juif.(Actes, XII.11.) Voilà, sans doute, ce qui soutient le courage admirable de Pie IX au milieu de ses dangers.Ah ! pour prouver à tout l\u2019univers la divine mission de l\u2019Église catholique, il n\u2019y a, ce semble, qu\u2019à en appeler au spectacle sublime de ce faible vieillard dépourvu de secours humains, affrontant avec énergie et le front serein, la plus terrible tempête qui ait encore assailli le vaisseau de l\u2019Église.Béni soit le Dieu de toute consolation (II Cor., I.3), qui en consolant et en fortifiant notre Père, console et fortifie les enfants, et leur fait attendre avec certitude l\u2019accomplissement de ces paroles ;\t« Les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre mon Eglise fondée sur Pierre.»\t(S.Matth., XVI, 18.) «Les deux et la terre passeront, mais ma parole ne passera point.» (S.Luc, XXI.33.) « Nous sommes assurés, dit Pie IX, que Dieu ne manquera » pas à sa parole, et qu\u2019il arrivera un jour, où Dieu, dont les \u2014149 \u2014 » œuvres sont merveilleuses, montrera que cette tempête n\u2019a pas-i) été soulevée pour submerger le vaisseau de l\u2019Église, mais bien » pour l\u2019élever.» (Allocution du 30 septembre 1801.) « Mais tout en nous confiant dans ces promesses du Verbe éternel pour attendre le triomphe final de la sainte Église, n\u2019oublions pas, Nos Très Chers Frères, que Dieu peut bien nous associer à la gloire de ce triomphe, en nous faisant participer aux événements qui doivent amener ce résultat.Personne, dit Saint Paul, ne sera couronné s'il n'a combattu légitimement (IL Tim., II.5.).Dieu n\u2019appelle qu'un petit nombre d\u2019âmes d\u2019élite à verser leur sang pour cette noble cause, mais tous peuvent et doivent tenir leurs bras élevés vers le ciel pour implorer le secours divin.C\u2019est aux prières de l\u2019Église naissante que Saint Pierre dut sa délivrance de la prison.Prions donc avec ferveur pour le Souverain Pontife ; prions avec persévérance comme les premiers chrétiens.Et afin que nos prières soient jugées dignes d\u2019être exaucées, conservons nos cœurs exempts de tout péché, joignons-y l\u2019aumône qui fait trouver miséricorde devant le ¦Seigneur (Tobie, XII.9.).Oh! plût à Dieu que les occasions d\u2019exercer cette sainte charité, qui est la plus grande des vertus (1.Cor., XIII.13.), ne fussent pas trop communes pour nos faibles moyens ! Du moins, faisons ce que nous pouvons, afin que la mesure de notre mérite soit bonne, et pressée et bien secouée et se répandait par-dessus les bords.Car, ajoute Jésus-Christ, on se servira envers vous de la même mesure dont vous vous serez servi envers les autres (S.Luc.VI.38.).Cette règle est courte, mais féconde : suivez la toujours, et surtout quand il sragira de contribuer au denier de Saint-Pierre.Rappelez-vous- aussi quelles bénédictions sont promises à l\u2019enfant qui honore*, console et soulage son père.» III J\u2019envoie avec la présente le mandement de là visite à Messieurs les curés de la côte du sud en bas de Lévis, et de lTsle d\u2019Orléans.Je ne puis encore leur envoyer l\u2019itinéraire, parce que j\u2019ai certaines informations à prendre avant de le tracer.Je commencerai à la Rivière-du-Loup, le 9 ou 10 juin, et remonterai jiisqu\u2019à Beaumont inclusivement, et de là je passerai par Québec à lTsle d\u2019Ür- \u2014 150 léans.Messieurs les curés peuvent, moyennant cette indication, avoir une idée du jour où je passerai chez eux, et se préparer en conséquence.Je leur enverrai l\u2019itinéraire aussitôt que possible.IV Messieurs les Curés qui ont en mains des componendes.sont priés de les transmettre, aussitôt que possible, au secrétariat.Les trois derniers numéros des Annales de la Propagation de la foi sont arrivés.Vous êtes invité à ne pas tarder de les réclamer.Il y a même un certain nombre de numéros de l\u2019année dernière restés en arrière, parce que l\u2019on a oublié de les prendre.Veuillez ne pas oublier la loterie en faveur de l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur.Il ne reste plus ¦qu\u2019un petit nombre de semaines avant le temps fixé pour le tirage des lots.11 est à désirer que l\u2019argent rentre le plus tôt possible., a!fin que les travaux puissent se continuer.Agréez, Monsieur le Curé, l\u2019assurance-de mon sincère attachement.f E.-A., Arch, de Québec.0 \u2014 151 \u2014 (N° 26) LETTRE PASTORALE DES PÈRES DD CINQUIÈME CONCILE PROVINCIAL DE QOÉBKC NOUS, PAR LA GRACE DE DlEU ET DU SlÈGE APOSTOLIQUE, Archevêque et Evêques de la Province Ecclésiastique de Québec, A tous les Ecclésiastiques, aux Communautés Religieuses clc l'un et de l'autre sexe, et à tous les fidèles de la dite Province, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Réunis en concile pour la cinquième fois, dans cette église métropolitaine de Québec, sous le regard de Marie Immaculée, nous vous adressons la parole tous ensemble, Nos Très Chers Frères, afin que cette parole produise dans vos cœurs une impression plus profonde et plus salutaire.Placés comme sentinelles sur les murs de la sainte cité, qui est l\u2019Église de Jésus-Christ, nous entendons souvent au fond de nos cœurs cette parole du prophète :\tSi vous n'avertissez point l'impie de se convertir et qu'il meure dans son iniquité, je vous redemanderai son sang.Mais si vous avertissez l'impie de se convertir et qu'il persévère néanmoins dans son iniquité, il mourra dans son in'quité, mais pour vous} vous aurez délivré votre âme.(Ézéchiel, XXXIII.8.) Oui, nous voulons, selon l\u2019expression du prophète, délivrer nos âmes du jugement terrible auquel nous serions exposés, si nous manquions à un devoir tout à la fois important et rigoureux, celui de veiller à la garde du troupeau sur lequel le Saint-Esprit nous a établis évêques (Actes, XX.28.), et nous venons vous annoncer les desseins de Dieu sur vous (Actes, XX.27.).Mais avant de vous mettre sur vos gardes contre plusieurs désordres que nous avons à signaler, nous désirons, Nos Très Chers Frères, vous entretenir de plusieurs sujets dignes de votre attention. \u2014 152 \u2014 I DÉVOTION AUX SACRÉS COEURS DE JÉSUS ET DE MARIE ET A SAINT JOSEPH Nous nous réjouissons vivement, Nos Très Chers Frères, de voir que cette triple dévotion fait chaque jour de nouveaux progrès parmi vous.Comme le Cœur de Jésus est le symbole de son amour pour les hommes, il est convenable et souverainement juste qu\u2019il reçoive un culte spécial.Aussi dans tous les siècles, a-t-il été l\u2019objet de l\u2019amour, de l\u2019adoration et de la confiance des disciples de Jésus-Christ.C\u2019est le foyer de cet amour tendre, compatissant et généreux qui a fait pour nous de si grandes choses, car à peine quelqu'un voudrait-il mourir pour un juste.mais l'amour de Dieu a éclaté sur nous par la mort cle Jésus-Christ, qui nous a justifiés dans son sang, nous qui étions ses ennemis.(Rom.V.7.) C\u2019est dans ce cœur divin qu\u2019ont été formés les desseins de notre salut: c\u2019est le tabernacle de l'alliance nouvelle qui a réconcilié la terre avec le ciel; c\u2019est l\u2019autel clés parfums et de l'holocauste, où le Pontife éternel a otfert et continue d\u2019offrir, en odeur de suavité, le sacrifice de sa mort ; et sur lequel brûle le feu d\u2019une charité qui ne s'éteindra jamais ; c\u2019est la table d'or, sur laquelle Jésus a préparé l\u2019aliment céleste de son corps qui doit nourrir nos âmes ; c'est cette fontaine divine où nous sommes invités à venir puiser avec joie les grâces du salut.(Isaie, XII.3.) Aussi, la servante de Dieu, la vénérable Marguerite-Marie, disait-elle, en parlant de la dévotion au Sacré Cœur de Jésus, ces paroles que nous vous répétons avec confiance :\t«Je ne » sache pas qu\u2019il y ait un exercice de dévotion qui soit plus » propre à élever en peu de temps une âme à la plus haute « sainteté, et à lui faire goûter les véritables douceurs attachées » au service de Dieu: Oui,je le dis avec assurance, si l\u2019on savait » conhien cette dévotion plaît à Jésus-Christ, il n\u2019y aurait pas un » chrétien qui ne s\u2019empressât de la pratiquer.Les personnes » consacrées à Dieu y trouvent un moyen infaillible de conserver U leur ferveur et de l'augmenter, ou de la recouvrer si elles l\u2019oni 153 \u2014 » malheureusement perdue.Les personnes du monde y trouvent » les secours nécessaires à leur élat, la paix dans leur famille, le » soulagement dans leurs travaux, et les bénédictions du Ciel » dans leurs entreprises.C\u2019est dans ce cœur adorable que nous » trouvons tous un refuge pendant notre vie et surtout à notre » dernière heure.Ah ! qu\u2019il est doux de mourir, quand on a eu » une constante dévotion au cœur de Celui qui doit nous juger ! » La dévotion au Sacré Cœur de Marie est une conséquence toute naturelle de la dévotion au Sacré Cœur de Jésus.11 ne faut point séparer dans notre amour ces cœurs que la Sagesse Divine a unis si intimement.Quel bonheur nous aurons à considérer les liens merveilleux formés entre le cœur du plus parfait des fils et le cœur de la plus parfaite des mères! Sans doute notre pauvre intelligence ne saurait pénétrer l\u2019abime de leur amour réciproque ; mais notre affection doit se plaire à contempler ce qui peut l\u2019enflammer des plus saintes ardeurs.Allons donc au Cœur de Jésus par celui de Marie, et nous trouverons la miséricorde qui pardonne, la lumière qui éclaire, la grâce enfin sans laquelle nous ne sommes rien, mais avec laquelle nous pouvons tout en celui qui nous fortifie (Philip.IV.13.).Pour nous animer à cette dévotion aux Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, nous vous proposons comme modèle le Bienheureux Saint Joseph.Comment, en effet-, pourrions-nous omettre de vous parler ici de celui qui fut choisi par Dieu lui-même pour être le gardien très fidèle et le protecteur très vigilant de ce que le ciel et la terre offrent de plus grand et de plus beau ?La gloire et les richesses ont été dans sa maison et sa justice demeure dans les siècles des siècles (Ps.CXI, 3 .).Honorons donc celui que Jésus a voulu honorer durant sa vie, consoler à l\u2019heure de la mort et combler de gloire, de richesses et de justice dans l\u2019éternité.Honorons celui que le Vicaire de Jésus Christ a déclaré patron de l'Église Catholique.Invoquons souvent durant notre vie celui que Jésus et Marie ont tant aimé, afin qu\u2019à l\u2019heure de notre mort, Jésus, Marie et Joseph nous aident à franchir le passage redoutable du temps à l\u2019éternité.Avant de passer à un autre sujet, nous vous ferons part, Nos Très Chers Frères, d\u2019un dessein que nous avons conçu pour la \u2014 154 \u2014 plus grande gloire du Cœur Divin de Jésus et pour le plus grand bien de vos âmes.Le Souverain Pontife qui gouverne aujourd\u2019hui l\u2019Église a souvent manifesté le désir de voir la dévotion au Sacré Cœur de Jésus devenir de plus en plus vive parmi tous les fidèles.Déjà, bon nombre de communautés, de paroisses, de diocèses et de royaumes se sont empressés de se consacrer spécialement au Sacré Cœur de Jésus, ou plutôt de se réfugier dans cette arche de salut, au milieu du déluge de maux qui inondent aujourd\u2019hui la surface de la terre.Nous avons donc résolu d\u2019un commun accord de mettre toute cette province ecclésiastique sous la protection spéciale de ce Cœur Divin.Vous trouverez à la fin de ce mandement ce que nous avons statué à cet effet.Nous avons la ferme confiance que vous vous empresserez de vous y conformer, et que cette sainte et salutaire dévotion produira partout des fruits de bénédiction.II ÉTAT ACTUEL DE L\u2019ÉGLISE Nous lisons au chapitre huitième de Saint Mathieu que les apôtres voyant la tempête menacer d\u2019engloutir la barque où ils se trouvaient avec Jésus, éveillèrent leur maître, en lui disant : Seigneur, sauvez-nous, nous allons périr! Alors le Fils de Dieu commanda à la mer, les vents s\u2019apaisèrent, les flots rentrèrent dans un calme parfait et tous ceux qui en furent les témoins furent saisis d\u2019admiration.Dans le moment actuel la tempête gronde de toutes parts; la barque de l\u2019Église est horriblement secouée par les flots des erreurs et des passions humaines qui veulent la faire périr.Sans doute elle ne saurait faire naufrage, car Jésus est avec elle et il a promis que les portes de l'enfer ne prévaudraient point contre elle (Matth.XVI.18.) ; mais il n\u2019en est pas moins vrai, qu\u2019à l\u2019exemple des apôtres, nous devons recourir au cœur divin de notre Sauveur et travailler de toutes nos forces par la prière, par la vigilance, par tous les moyens que la Providence met à notre \u2014 155 \u2014 disposition, pour détourner le péril et acquérir ainsi notre part à la victoire que Jésus veut bien partager avec nous.La lutte qui se fait aujourd\u2019hui contre l\u2019Église, sans aller jusqu\u2019à répandre le sang des catholiques, n\u2019en est pas moins dangereuse, ni moins capable d\u2019attrister nos cœurs.La révolution gronde partout en Europe.Ses doctrines funestes, infiltrées dans tous les membres du corps social, par une éducation indifférente, quand elle n'est pas ouvertement impie, cherchent à se faire jour et à renouveler les horribles scènes qui ont naguère épouvanté le monde.L\u2019anarchie, fruit des principes révolutionnaires, menace de devenir l\u2019état permanent dans des pays qui se distinguaient autrefois par leur attachement à ces principes d\u2019ordre et de soumission à l\u2019autorité légitime, qui font la gloire et la prospérité des nations.L\u2019esprir, du mal se déchaîne avec pins de fureur que jamais, afin de semer partout les principes les plus pernicieux et de battre en brèche l\u2019Église de Jésus-Christ, la gardienne et le soutien de la vérité.Les gouvernements de l\u2019Allemagne et de la Suisse ne craignent pas de s\u2019attaquer à la foi et aux sentiments religieux des populations catholiques, et quand ils voient qu\u2019ils ne peuvent réussir par l\u2019intimidation à fermer la bouche aux Évêques, ou à les détacher du Saint-Siège, ils les dépouillent, les chassent de leurs demeures, les envoient en prison ou en exil.La ville sainte elle-même, Rome, le patrimoine de l\u2019Église universelle, est devenue l\u2019objet de la plus odieuse, de la plus flagrante et de la plus sacrilège des usurpations.Le Souverain Pontife a été privé de la souveraineté temporelle si nécessaire à la liberté de l\u2019Église; les ordres religieux sont dépouillés ; les vierges consacrées à Dieu sont chassées de leurs paisibles retraites ; les églises, quand elles ne sont pas livrées au démolisseur, sont privées des ressources que la piété des fidèles avaient données pour la splendeur du culte et le soutien de ses ministres.Les établissements de la charité n\u2019ont pas trouvé grâce devant la rapacité des envahisseurs, qui s\u2019efforcent en vain de combler avec les dépouilles du sanctuaire, l\u2019abime que l\u2019iniquité a creusé sous leurs pieds.Remercions la divine Providence, Nos Très Chers Frères, de ce qu\u2019elle a suscité de nos jours et conserve si longtemps, le » \u2014156 \u2014 courageux Pontife qui gouverne l\u2019Église.Humainement parlant, tout ne devrait-il pas paraître à jamais perdu?De quelque côté que l\u2019on porte ses regards, on ne voit que sujets de tristesse et de découragement.Mais l\u2019immortel Pie IX, confiant dans le secours promis à l\u2019Église, ne cesse d\u2019élever la voix contre toutes les iniquités et contre toutes les erreurs.Sans ce fidèle gardien de la justice et du droit, sans ce fidèle défenseur de la vérité, sans ce juge impartial et intrépide des nations comme des individus, nul doute que l\u2019Europe serait aujourd\u2019hui dans des ténèbres plus profondes que celles qui affligèrent autrefois l\u2019Égypte, et que l\u2019univers serait témoin et victime des plus affreuses catastrophes sociales.Demandons instamment à Dieu de prolonger les jours de notre Pontife, afin qu\u2019il voie de ses yeux le triomphe de la grande et sainte cause pour laquelle il a si vaillamment combattu.Rappelons-nous que la religion seule est la sauvegarde de la société, que sans elle rien n\u2019est sûr, rien n\u2019est durable.Sachons profiter de la leçon terrible que nous donnent les maux où sont plongés tant d\u2019autres pays qui ont rompu avec la vérité, avec la justice, avec l\u2019ordre, avec l'autorité.Notre bonheur en ce monde et dans l\u2019autre est à ce prix.Ill LE CONCILE DU VATICAN La célébration d\u2019urr Concile OEcuinénique est toujours un événement de la plus haute importance.Les Évêques du monde entier, réunis autour de leur chef visible, représentent juridiquement toute l\u2019Église ; ils peuvent plus facilement remédier aux maux qui l\u2019affligent, parce qu\u2019ils en connaissent plus intimement la nature.Rien ne fait mieux ressortir l\u2019admirable perpétuité de la croyance catholique et l\u2019unité parfaite de sa doctrine et de sa hiérarchie, malgré la diversité des lieux, des climats, des langues, des coutumes et des temps.Aussi quand l\u2019Église n\u2019en a pas été empêchée, les souverains Pontifes, à qui seuls il appartient de convoquer et de présider \u2014 157 \u2014 ces augustes assemblées, n\u2019ont pas manqué de réunir les Evêques du monde entier.Pie IX, malgré les obstacles en apparence insurmontables, a convoqué un Concile général qui s\u2019est réuni le 8 décembre 1869, auprès du tombeau des Bienheureux Apôtres Saint Pierre et Saint Paul, dans la basilique Vaticane, le plus vaste et le plus riche temple de l\u2019univers.Aux erreurs monstrueuses qui exercent le plus de ravages dans le monde, le Saint Concile a opposé le flambeau de la doctrine révélée et contenue dans l\u2019Écriture et la Tradition.Certains esprits téméraires et emportés par l\u2019orgueil d\u2019une vaine science, osaient affirmer qu\u2019en dehors de la matière il n\u2019existe rien, qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une seule et même substance ou essence de Dieu et des choses finies; que les choses créées ne sont qu\u2019une émanation de la substance divine ; que Dieu est un être universel et indé-lini.L\u2019Église, par la bouche du Saint Concile, a flétri ces aberrations du panthéisme et du matérialisme, en maintenant la doctrine d\u2019un Dieu, créateur libre de toutes choses visibles et invisibles; Être distinct de la matière créée qu\u2019il a produite du néant; Être éternel, intelligent, immense, incompréhensible, infini en toutes perfections et gouvernant le monde par sa toute puissante et bénigne Providence.D\u2019autres, méconnaissant les forces de la raison, soutenaient que Dieu ne peut pas être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine au moyen des choses créées.Le Saint Concile a frappé d\u2019anathème ceux qui nieraient à l\u2019homme ce noble privilège.Certains philosophes, tombant dans un extrême opposé, prétendaient pouvoir se passer de la révélation, proclamaient l\u2019indépendance de la raison humaine, rejetaient la foi divine, niaient l\u2019existence des miracles ou du moins la possibilité d\u2019en discerner l'origine surnaturelle, tronquaient les Saintes Écritures on les interprétaient à leur gré sans faire aucun cas de la tradition et des enseignements de l\u2019Église, soumettaient la foi à la raison, confondaient l\u2019une avec l\u2019autre ou prétendaient qu\u2019il pouvait y avoir entre elles un véritable désaccord.Placée en face de toutes ces fausses doctrines, qui allaient grandissant avec le temps et qui produisaient tant de mal dans les âmes, la \u2014158 \u2014 Sainte Assemblée du Vatican, assistée par l\u2019Esprit de Dieu, les a répudiées formellement comme contraires à la doctrine révélée ; elle a dit anathème à tous ceux qui propagent et défendent ces pernicieuses erreurs, abritées sous de beaux noms, mais remplies d\u2019un venin mortel.Ce sont les loups ravisseurs, dont parle l\u2019Ecriture, qui, ri épargnent pas le troupeau; ce sont ces hommes qui enseignent parmi vous les doctrines pervei ses pour entraîner des disciples à leur suite ; c'est pourquoi vous devez veiller et vous rappeler les avis que nous vous avons donnés.Et maintenant, pourrions-nous ajouter avec l\u2019Apôtre, nous vous recommandons à Dieu et à sa grâce, car il est capable de mener à bonne fin l'édifice de votre sanctification, en vous faisant continuellement croître dans la foi et dans la pratique des bonnes œuvres, et il peut vous donner une part dans l'héritage éternel, dans la société des saints (Act.XX, 28-33.).C\u2019est en donnant une adhésion entière aux décrets du Concile du Vatican, c\u2019est en nous tenant fortement attachés au Siège Apostolique, au Souverain Pontife, héritier des prérogatives de l\u2019apôtre Pierre, que nous serons fermes et stables dans la vraie foi.Là seulement se trouve l\u2019autorité infaillible, légitimement constituée par Jésus-Christ pour diriger les hommes dans le droit chemin de la vérité.Jésus-Christ ayant donné à son Église, et à ceux qu\u2019il a établis pour la gouverner, toute puissance dans ce qui touche à l\u2019ordre du salut, ce serait une erreur de s\u2019imaginer que les décisions et les définitions des Souverains Pontifes ou des Conciles aient besoin dn consentement des autorités civiles pour obliger les fidèles.Ce serait aussi une erreur de croire que la promulgation de ces mêmes décisions ou définitions, par un évêque dans son diocèse, soit nécessaire pour obliger les fidèles confiés à ses soins.Du moment qu\u2019un catholique connaît d\u2019une manière certaine qu\u2019elles émanent de l\u2019autorité compétente, et qu\u2019elles ont en à Rome la promulgation voulue par les saints canons, ce catholique est tenu de s\u2019y soumettre d\u2019esprit et de cœur.Si donc aujourd\u2019hui, Nos Très Chers Frères, nous vous rappelons sommairement les principales décisions du Saint Concile du Vatican, c\u2019est avant tout pour protester de notre respect et de notre soumission à ces oracles de l\u2019Esprit-Saint, et pour vous \u2014 159 \u2014 engager à les considérer toujours comme des phares lumineux destinés à éclairer vos pas.IV INFAILLIBILITÉ DU SOUVERAIN PONTIFE Entre les divers points définis par le Concile du Vatican, il en est un auquel nous croyons utile de consacrer un article spécial de ce mandement : nous voulons dire l\u2019infaillibilité du Souverain Pontife.« C\u2019est un dogme de foi, dit le Concile, que lorsque le Pontife » Romain parle ex cathedra, c\u2019est-à-dire, lorsque remplissant la » charge de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, il définit, » en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu\u2019une doctrine » concernant la foi ou les mœurs doit être crue par l\u2019Église » universelle, il jouit pleinement, par l\u2019assistance divine qui lui » a été promise dans la personne du Bienheureux Pierre, de » cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que son » Église fût pourvue, en définissant la doctrine touchant la foi » ou les mœurs, et par conséquent, ces définitions du Pontife » Romain sont irréformables par elles-mêmes, et non en vertu » du consentement de l\u2019Église.» Pour bien comprendre cette définition dogmatique, il y a plusieurs choses à remarquer.1° La cause de cette infaillibilité est une assistance du Saint-Esprit, promise dans la personne de Saint Pierre, à qui Jésus-Christ a dit :\tTu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle; et je te donnerai les clefs clu royaume des deux, et tout ce que tu lieras sur la terre, sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre, sera délié dans le ciel (Matth.XVI.18.).Simon, Simon, voilà que Satan a demandé de vous cribler comme du froment ; mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; lors donc que tu seras converti, confirme tes frères (Luc XXII.31.).A une Église qui devait durer jusqu'à la consommation des siècles, Jésus ne pouvait donner pour fondement un homme dont la vie était bornée ; toujours il y aura dans l\u2019Église des âmes dont la foi aura besoin d\u2019être éclairée et fortifiée; la promesse de Jésus-Christ ne peut 160 \u2014 clone être restreinte à la personne de Saint Pierre, mais elle doit être entendue de ses successeurs jusqu\u2019à la fin des siècles.Ce privilège est un don de Dieu, accordé, non pas en faveur de celui qui le reçoit, mais en faveur des âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ.C\u2019est un don de Dieu, et on ne peut en contester l\u2019existence, sous prétexte que l\u2019homme est sujet à l\u2019erreur, à l\u2019ignorance, aux passions, aux préjugés; car la grâce de Dieu est plus puissante que toutes les faiblesses humaines, et ce serait ébranler l\u2019inspiration même des Saintes Écritures que de nier l\u2019infaillibilité du Pontife Romain ; car l\u2019infaillibilité est quelque chose de moins que l'inspiration, et si l\u2019on regarde la première comme impossible et comme absurde, il faudra de toute rigueur nier l'inspiration des auteurs qui ont écrit les Saints Livres.2° Remarquons en second lieu l'objet de ce privilège ; c\u2019est toute doctrine'concernant la foi oit les mœurs; c\u2019est-à-dire, Nos Très Chers Frères, que Notre Seigneur, infiniment sage et miséricordieux, a voulu nous donner, dans la personne du Pontife Romain, un guide donc la voix ne puisse jamais égarer la Sainte Église, en ce qui a rapport à la foi de ses enfants ou à la conduite qu'ils doivent tenir pour arriver au ciel.Dieu a livré le monde aux disputes des hommes (Eccle.III.IL); dans les sciences, dans les arts, dans les mille et mille affaires diverses qui occupent les esprits sur la terre, les hommes se trompent souvent, mais parce que leur erreur ne compromet pas leur éternité, Dieu laisse au temps et aux patientes recherches de la raison humaine, le soin de redresser ce qui s\u2019écarte de la vérité : mais du moment qu\u2019une erreur quelconque pourrait jeter en péril la vérité surnaturelle de la foi cm les lois sacrées de la morale, il a voulu ménager à chacun une sauvegarde à la fois toute puissante et infaillible.3° En troisième lieu, remarquez, Nos Très Chers Frères, la manière dont s\u2019exerce ce privilège.Le Pape n\u2019est pas infaillible en toutes choses, mais seulement en ce qui concerne la foi ou la morale : et même dans ces deux objets, il l\u2019est seulement quand il parle en qualité de Pasteur et de docteur de tous les chrétiens et définit en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine \u2014 161 \u2014 concernant la foi ou les mœurs doit être crue par l'Église universelle.Tel est, Nos Très Chers Frères, ce grand privilège de l\u2019infaillibilité que l\u2019Écriture Sainte et la tradition nous montrent comme attribué au Pontife Romain.Toujours et partout il a été reconnu, et le Saint Concile du Vatican, quand il l\u2019a défini solennellement, n\u2019a été que l\u2019écho de l\u2019enseignement constant et universel de l\u2019Église.L\u2019autorité doctrinale aussi bien que disciplinaire du Pontife Romain s\u2019est toujours exercée sans contestation sérieuse.De l'Orient et de l\u2019Occident, on a recouru à son tribunal pour faire régler en dernier ressort les questions en litige sur la foi, sur les mœurs et sur la discipline.Les Saints Pères donnent au Pape des noms qui signifient cette prérogative.Rs l\u2019appellent Chef de l'Eglise du monde, Pasteur des pasteurs, Vicaire de Jésus-Christ, confirmateur de la foi des chrétiens, soutien de l'Eglise, colonne de la foi, fondement inébranlable de l'Eglise Chrétienne, juge suprême des controverses, prêtre de Dieu, à qui il faut obéir sous peine de tomber dans le schisme et l'hérésie.Ils disent encore que Véglise de Rome, gouvernée par le Pape, est l'arche de Noè hors de laquelle tout périt, parce qu\u2019elle est héritière de la solidité que Pierre tenait du Christ.Toute cette doctrine se résume en un seul mot célèbre : Pierre parle par la bouche de ses successeurs : par ses successeurs aussi, il est le fondement inébranlable de l\u2019Église de Jésus-Christ, il est le confirmateur infaillible de ses frères, le pasteur universel, le docteur perpétuel des enfants de l\u2019Église, le guide éclairé par le Saint-Esprit et dont la voix ne saurait nous égarer.Grâces éternelles soient donc rendues à Dieu, qui a voulu ainsi pourvoir à notre sécurité parfaite dans le chemin du salut ! Montrons-nous dignes, Nos Très Chers Frères, de ce bienfait, en écoutant avec docilité et respect les enseignements de notre pasteur et docteur infaillible.V de l\u2019éducation.Après vous avoir entretenus de ces grandes questions qui intéressent l\u2019Église en général, nous devons vous parler de divers sujets qui regardent plus spécialement cette province.11 162 \u2014 L\u2019éducation de la jeunesse est une question trop importante pour que nous nous dispensions de vous en dire un mot.Vous n\u2019ignorez pas, Nos Très Chers Frères, quelle influence l'éducation exerce sur les âmes et sur les cœurs des enfants.C\u2019est le fondement sur lequel doit être construit tout l\u2019édifice de la vie ; c\u2019est de sa bonne ou mauvaise direction que dépend l\u2019avenir des individus, des familles, de la société et de la religion.La responsabilité des parents est donc, très grande devant Dieu et devant les hommes; leur bonheur temporel et éternel en dépend essentiellement.Obligation du bon exemple, qui est la première et la plus profitable de toutes les leçons.Obligation de choisir de bons instituteurs ou de bonnes institutrices qui, tout en continuant l\u2019œuvre commencée à la maison par le bon exemple des parents, la perfectionnent par les avantages d\u2019une science appropriée aux moyens et à la position de chacun.Obligation, par conséquent, pour les parents catholiques, de ne confier leurs enfants qu\u2019à des institutions catholiques, où la foi et les mœurs de ceux-ci soient sous la protection de la religion.Et remarquez \u2019bien, Nos Très Chers Frères, que vous devez éviter avec un égal soin les écoles ouvertement hostiles et celles où l\u2019on ne fait aucune mention de la religion ; car ce dernier système mène tout droit à l\u2019indifférence, qui est un des pièges les plus funestes que l\u2019enfer ait dressé dans notre siècle pour perdre les âmes.C\u2019est contre ce système qu\u2019ont réclamé nos frères Catholiques du Nouveau-Brunswick, auxquels on veut imposer l\u2019obligation de contribuer pour des écoles d\u2019où le nom de Dieu sera banni : aidons-les, Nos Très Chers Frères, par nos prières et par l\u2019influence dont nous pouvons disposer, afin que les droits de la religion, les droits de la paternité, et les droits d\u2019une véritable liberté de conscience soient respectés.Et puisque l\u2019occasion s\u2019en présente, nous vous dirons aussi un mot d\u2019une grande institution catholique qui fait la gloire de la ville de Québec.Nous avons vu avec peine l\u2019Université Laval exposée à des accusations fort graves en fait de doctrine.Sur les instances de ceux qui en ont la direction, nous leur avons demandé des explications sur bon nombre de points importants \u2014\u2014163 \u2014 et fondamentaux de l\u2019enseignement catholique, et nous avons la joie de constater ici publiquement que les réponses nous ont paru tout à fait satisfaisantes sous le rapport de l\u2019orthodoxie et de la volonté de se conformer en tout aux volontés du Saint-Siège.Sans juger ici le passé, nous voulons qu\u2019à l\u2019avenir quiconque croirait devant Dieu avoir un grief contre cette institution catholique ou quelqu\u2019autre, le fasse, non pas devant le tribunal incompétent de l\u2019opinion publique, par la voie des journaux, mais devant ceux que les saintes lois de la hiérarchie-catholique ont constitués les juges et les gardiens de la foi.Nous ne sommes pas, nous catholiques, tellement forts, que nous puissions, sans danger, rendre nos frères séparés témoins de nos divisions intestines ; et d\u2019ailleurs la charité, qui doit unir les membres de la grande famille catholique, nous prescrit des règles que nous ne saurions violer sans offenser Dieu.Vf DES ÉLECTIONS.Déjà, Nos Très Chers Frères, dans les décrets des Conciles précédents et dans un grand nombre de circulaires et de mandements particuliers, nous vous avons mis en garde contre les désordres nombreux dont les élections sont la trop fréquente occasion.Nous le disons ici avec une profonde douleur, ce mal affreux, bien loin de diminuer, semble prendre de nouveaux accroissements.Les hommes appelés à gouverner l\u2019état n\u2019en sont pas moins émus que vos pasteurs : ils ont fait des lois nouvelles pour mettre un frein à ces désordres, qui menacent d\u2019ébranler la société civile jusque dans ses fondements ; nous venons à notre tour, non pas vous proposer des lois nouvelles, mais vous mettre devant les yeux les règles immuables que la sagesse divine a posées comme les bases essentielles de toute société ; règles tellement nécessaires que, si l\u2019on s\u2019en écarte, la société civile ne peut avoir ni repos, ni sécurité, comme le prouvent les agitations perpétuelles, auxquelles sont en proie certains peuples de l\u2019Europe.Dieu est le maître des peuples comme des individus : il jugera les uns et les autres avec une inexorable justice. 164 Dieu est le maître de ceux qui gouvernent comme de ceux qui sont gouvernés: et à tous il demandera un compte sévère de leur conduite publique et privée.Dieu est le maître des candidats et des électeurs, et il entrera en jugement avec les uns et les au très.Pourquoi les candidats ne prendraient-ils pas ensemble un engagement sérieux et mutuel de ne donner, pour gagner leur élection, ni argent, ni boisson?L\u2019intérêt particulier est ici en parfait accord avec la loi civile et la loi divine elle-même, pour conseiller ce moyen de mettre un terme à bien des désordres.Parmi les électeurs, il se trouve encore assez d\u2019honnêtes gens pour forcer les candidats à suivre cette ligne de conduite.11 ne suffit pas à un candidat, pour échapper à la vengeance divine, d\u2019avoir de bons principes et de bonnes intentions : il faut aussi, de toute nécessité, que les moyens qu\u2019il emploie pour se faire élire, soient irréprochables.La violence est un attentat à la liberté de ses concitoyens ; la calomnie et la médisance sont réprouvées par la morale ; la corruption déshonore celui qui se vend et celui qui l\u2019achète; l'intempérance dégrade l\u2019homme au-dessous de la brute ; toujours le parjure est un crime abominable.Hélas 1 Nos Très Chers Frères, n\u2019est-il pas vrai que, dans les temps d\u2019élections, on se croit permis de tout dire, de tout faire pour arriver au but que l\u2019on se propose?Malheur à celui par qui vient le scandale, dit Jésus-Christ (Matth.XVIII.7.).Si le moindre scandale est en abomination devant le Seigneur, que faut-il penser de celui qui, pour se faire élire, promène le scandale de l\u2019extrémité d\u2019un comté à l\u2019autre, par l\u2019intempérance, par la calomnie ou la médisance, par la violence, par la corruption, par le parjure ! Nous ne craignons pas de le dire, Nos Très Chers Frères, les plus coupables sont ceux qui mettent la tentation sous les yeux de leurs semblables.Ceux qui se vendent sont coupables, mais plus criminels encore sont ceux qui achètent.Ceux qui s\u2019enivrent sont coupables ; mais les plus criminels ne seraient ils pas ceux qui fournissent les liqueurs enivrantes ?Ceux qui se parjurent font un outrage épouvantable à la majesté divine ; que dire de ceux qui se font les instigateurs de ce crime abominable ?Malheur à celui qui, pour une pièce de monnaie, \u2014 165 \u2014 ou pour quelque chose de plus vil encore, vend sa conscience et ose, en face du ciel et de la terre, jurer contrairement à la vérité et outrager la religion, la société, la conscience, la vérité, la justice et la majesté divine elle-même! Mille fois malheur à celui qui pousse son semblable à cette impiété sacrilège, et se sert du nom saint et terrible de Dieu comme d\u2019un vil instrument pour arriver à ses fins ! Ananie et Saphire, pour avoir dit un simple mensonge, furent frappés de mort par la colère divine ; quel châtiment mérite donc le parjure ! Plusieurs traits, que nous lisons dans les annales des peuples, nous font voir ce que Dieu pense du parjure.En 1845, un homme accusé de vol, offrit de jurer qu\u2019il n\u2019était pas coupable; mais, comme on ne voulait pas accepter son serment, à cause de sa mauvaise réputation, il jura de son propre chef, en s\u2019écriant: Que le premier orage qui éclatera m\u2019écrase, si je suis coupable ! Quelques jours après, il est foudroyé au milieu de ses quatre enfants qui sont épargnés.Ailleurs, c\u2019est un homme frappé de mort en plein marché, pendant qu\u2019il se parjurait pour vendre ses marchandises plus cher.En Angleterre, une femme jurait avoir payé ce qu\u2019elle avait acheté ; elle tombe morte à l\u2019instant même, et, en faisant l\u2019enquête, les magistrats trouvèrent dans sa main la petite pièce de monnaie qu\u2019elle avait voulu épargner par son serment.On a élevé un monument sur l\u2019endroit qui avait été le théâtre du crime et de sa punition exemplaire.Ces châtiments temporels, tout effrayants qu\u2019ils soient, ne sont pourtant rien en comparaison de l\u2019éternelle et épouvantable punition que la justice divine réserve en enfer aux parjures impénitents, et à ceux qui induisent leurs semblables à commettre cette énormité.La religion et le bien de la société civile sont donc d\u2019accord pour exiger que les candidats, qui briguent les suffrages de leurs concitoyens, se fassent un devoir rigoureux de respecter les lois divines et humaines.Il y va de leur conscience et de leur honneur, il y va de l\u2019avenir de la religion et de la patrie. \u2014 166 \u2014 C\u2019est en vain que nous exhortons les électeurs à éviter tous les désordres, si la tentation leur vient de ceux-là mômes qui aspirent à la charge redoutable de faire les lois pour le bon gouvernement de la société.Prêtez l'oreille à mes paroles, dit le livre de la Sagesse (Chap.VL).0 vous qui gouvernez la multitude, considérez que vous avez reçu la puissance du Très-IIaut, qui interrogera vos œuvres, scrutera même vos pensées; parce qu'étant les ministres de son royaume, vous n'avez pas gardé la loi de la justice, ni marché selon sa volonté.Aussi viendra-t-il à vous d'une manière effroyable, pour vous juger avec une extrême rigueur.C\u2019est en vain également que nos législateurs établiront des lois sur cette matière, s\u2019ils sont les premiers à les violer.Nous faisons donc appel à tous les hommes de bien, afin de travailler tous ensemble à arrêter un mal, qui menace d\u2019entraîner notre chère et commune patrie dans un abîme sans fond, et de perdre, pour l\u2019éternité, une multitude d\u2019âmes rachetées par le sang précieux de notre Divin Sauveur.Le nombre de ceux qui veulent sincèrement le bonheur de la patrie et le respect des saintes lois de la religion, est encore assez grand pour imposer à tout candidat, comme une condition absolue, le respect des lois divines et humaines, dans les moyens qu\u2019il emploiera pour se faire élire.VII l\u2019émigration, le luxe, l\u2019intempérance.Un autre mal qui afflige ce pays, c\u2019est l\u2019émigration de ses enfants.Qui nous dira à quels dangers on s\u2019expose par cet éloignement du foyer paternel ! Ce serait une bien longue et bien lamentable histoire que de répéter les récits navrants, faits par un certain nombre de ceux qui reviennent au milieu de nous.Combien de cœurs, formés avec soin par des parents religieux, se sont refroidis peu à peu dans cette atmosphère étrangère ! Combien de catholiques sont devenus la proie de l\u2019indifférence religieuse, quand ils ne sont pas tombés dans le gouffre plus effroyable encore de l\u2019hérésie et de l\u2019apostasie formelle ! Combien de familles canadiennes émigrées ne songent plus môme à faire baptiser leurs enfants, lesquels, ainsi privés \u2014167 \u2014 de la grâce de la régénération, grandissent, vivent et meurent sous l\u2019empire du démon ! Sans doute, Nos Très Chers Frères, nous ne voulons pas dire que tous ceux qui émigrent, sont la proie de ces affreux malheurs ; mais quand le danger est si imminent et ses conséquences si épouvantables, la prudence ne devrait-elle pas vous engager à l\u2019éviter au prix de tous les sacrifices?N\u2019auriez-vous pas un juste sujet de reproche à nous adresser, si nous négligions d\u2019élever la voix pour vous le signaler ?Pères et mères si profondément et si sincèrement attachés à votre religion, laisserez-vous donc vos chers enfants partir pour une terre étrangère, où leur foi, leurs moeurs, leur santé, leur vie même, seront exposées à une multitude de dangers ?Et quand le Seigneur, au jour du jugement, demandera à chacun un compte rigoureux de ses oeuvres, que répondrez-vous, si, par votre faute, vos enfants et les enfants de vos enfants sont devenus la proie de l\u2019hérésie, de l\u2019impiété, de l\u2019indifférence religieuse ?Nous le savons, Nos Très.Chers Frères, ce qui attire un si grand nombre vers la, terre étrangère, c\u2019est l\u2019espoir de s\u2019enrichir et de vivre plus à.l\u2019aise et avec moins de fatigues.D\u2019abord, cette considération, fût-elle certaine, ne devrait pas prévaloir sur vos intérêts éternels ; car, dit Jésus-Christ, que serl à l'homme de gagner l'univers entier, s'il vient à perdre son âme ?(Matth.XVI.26.).En second lieu, cet espoir lui-même n\u2019est pas assez bien fondé pour vous excuser d\u2019imprudence, ou plutôt d\u2019aveuglement, dans une affaire de cette importance ; car nous ne craignons pas de le dire et d\u2019en appeler à l\u2019expérience, pour un petit nombre de familles qui prospèrent, il y en a des centaines et des milliers qui sont plus malheureuses que si elles fussent restées dans leur pays natal ; malheureuses au point de vue temporel, puisqu\u2019elles se trouvent en proie à la misère au milieu d\u2019un peuple étranger qui, après les avoir exploitées, les regarde avec- indifférence ; malheureuses surtout aux yeux de la foi, car elles sont privées trop souvent des consolations de la religion, et exposées à devenir la proie de l\u2019hérésie ou d\u2019une indifférence plus mortelle encore.Si nos familles canadiennes le veulent sincèrement et efficacement, elles peuvent avec facilité trouver ici, sans le moindre \u2014 168 \u2014 danger, ce qu\u2019elles vont demander à un exil à la fois pénible et dangereux.C\u2019est depuis qu\u2019un luxe effréné a envahi nos campagnes, que cette émigration a pris des proportions si alarmantes.On s\u2019endette outre mesure pour se procurer des toilettes extravagantes, des ameublements trop riches pour les moyens dont on dispose, pour fêter ses amis, pour paraître en public avec des équipages magnifiques; en un mot, l'orgueil de la vie, comme l\u2019appelle l\u2019apôtre Saint Jean (I.Jean.II 16.), entrant dans une conspiration infernale avec la concupiscence cle la chair et la concupiscence des yeux, s\u2019attaque avec acharnement à la fortune temporelle des familles, pour arriver à la ruine éternelle des âmes.Le luxe se montre aussi trop souvent dans nos campagnes par l\u2019insistance avec laquelle des parents aveugles exigent que leurs filles apprennent la musique, le dessein, la broderie et autres choses qui ne doivent être absolument d\u2019aucune utilité pour elles.Ces connaissances servent malheureusement à déclasser ces chères enfants qui, de retour à la maison paternelle, font expier cruellement à leurs parents la faiblesse, ou plutôt l\u2019orgueil, qui a été la cause de cette fausse direction donnée à l\u2019éducation de leurs filles.Car, outre le temps et l\u2019argent employés en pure perte à ces études, inutiles dans le cas dont il s\u2019agit, il est à craindre, comme l\u2019expérience le prouve trop souvent, que ces enfants ne perdent le goût d\u2019un travail infiniment plus utile et souvent même nécessaire.Vous ne devrez donc pas être surpris, Nos Très Chers Frères, si nous prenons plus tard des mesures pour obvier à ce grand mal, en protégeant nos couvents de campagne contre des exigences importunes et dangereuses, qui entraînent ces maisons d\u2019éducation dans une voie dont nos bonnes religieuses sont les premières à comprendre les inconvénients.La belle société de la tempérance, après avoir produit dans cette province des effets si admirables et si salutaires, se trouve aujourd\u2019hui un peu oubliée et délaissée ; de là il arrive que les scandales et les malheurs auxquels cette société avait mis une digue efficace, commencent de nouveau à envahir ce pays.L\u2019intempérance, ce vice dégradant, ce vice funeste à la fortune et au 169 \u2014 repos des familles, à la santé et à la vie de ses malheureuses victimes, ce vice enfin qu\u2019on peut appeler avec vérité une des grandes portes de l\u2019enfer, l\u2019intempérance, disons-nous, en appauvrissant les familles, et en diminuant l\u2019esprit de foi, pousse un certain nombre de nos compatriotes à aller aux Etats-Unis.Il est donc d\u2019une grande importance,, pour le bien de la religion et de la patrie, que l\u2019on fasse de nouveaux efforts pour ressusciter cet enthousiasme si beau et si consolant, avec lequel on a accueilli l\u2019établissement de la société de tempérance.Nous désirons et nous voulons que dans les retraites paroissiales, on consacre un exercice public et solennel à cette sainte vertu; qu\u2019on érige des sociétés en son honneur, là où elles ne sont pas établies, et qu\u2019on ranime, par des prédications, par des messes auxquelles on donne quelque solennité et par d\u2019autres moyens, le zèle et la bonne volonté des membres de la tempérance.Une chose est certaine à nos yeux, Nos Très Chers Frères, c\u2019est que l\u2019émigration n\u2019aurait plus de prétexte et s\u2019arrêterait, si les parents employaient à préparer pour leurs enfants des établissements dans les terres nouvelles, l\u2019argent qui se consume en pure perte pour le luxe et l\u2019intempérance.Nous désirons que dans les catéchismes et les écoles, les enfants soient prémunis contre le désir de chercher fortune dans une terre étrangère.Leurs cœurs encore purs sont tout disposés à accueillir ces leçons salutaires.Nous publions ce mandement, Nos Très Chers Frères, en ce jour de l\u2019Ascension de Notre-Seigneur, qui est monté aux cieux, pour nous préparer une place et nous envoyer, avec son Saint-Esprit, l\u2019abondance de ses grâces, par lesquelles nous deviendrons dignes de la couronne des élus.Oh ! puissions-nous, comme les Apôtres, tenir nos yeux toujours élevés vers ce séjour de la gloire et du bonheur ! C\u2019est là en effet, comme dit Saint Paul, que doit être notre conversation (Philip.III.20.), c\u2019est-à-dire, que ce doit être l\u2019objet de tous nos vœux, et le but vers lequel tendent toutes nos volontés ; c\u2019est de là que doit revenir, pour juger les vivants et les morts, celui-là même qui, à pareil jour, y est monté en la présence des Apôtres.Pensée à la foi conso- \u2014 Iso- lante et terrible, qui nous animera au bien et nous détournera du mal! Sachez donc, Nos Très Chers Frères, la graver profondément dans vos coeurs et la méditer avec attention.Le saint nom de Dieu invoqué, nous statuons et ordonnons ce qui suit : 1° Le dimanche après la fête du Sacré Cœur de Jésus, dans toutes les églises et chapelles de cette province où se fait l\u2019office public, et dans toutes les communautés religieuses, après la lecture de la partie du présent mandement qui a rapport à cette dévotion, on fera la consécration publique et solennelle de la paroisse ou de la communauté au Sacré Cœurde Jésus.Après la messe, on fera, s\u2019il est possible, une procession du Saint-Sacrement, durant laquelle on chantera une ou plusieurs hymnes de l\u2019office du Sacré Cœur.Au retour de la procession, on fera du haut de la chaire, s\u2019il y a plusieurs prêtres, ou bien au pied de l\u2019autel, une consécration à ce Divin Cœur, suivant la formule qui se trouve prescrite à la suite de ce mandement, et après le chant du Tantum ergo, et les oraisons du Saint-Sacrement et du Sacré-Cœur, on donnera la bénédiction du Saint-Sacrement.Le prêtre qui lira la consécration, portera l\u2019élole et aura un cierge allumé à la main.Cette consécration se renouvellera chaque année, le dimanche après la fête du Sacré Cœur de Jésus.2° Nous désirons qu\u2019il y ait partout un tableau du Sacré Cœur, qu\u2019on établisse partout des confréries en son honneur, et que tous les fidèles soient exhortés à en faire partie et à invoquer souvent ce Cœur Sacré, dont le souvenir est si consolant à l\u2019heure de la mort.Ce sera un excellent moyen de conjurer les maux dont notre pays est menacé par les excès qui se commettent durant les élections, et par les autres désordres que nous avons signalés.On ne doit pas oublier de recommander à Notre Seigneur l\u2019Église et son Chef, aujourd\u2019hui abandonnés des puissances de la terre, et exposés à tant de calamités.Sera la présente Lettre Pastorale lue et publiée tout entière, en une ou plusieurs fois, suivant qu\u2019il sera jugé plus convenable, au prône de toutes les paroisses et missions de cette province ecclésiastique, et en chapitre dans les communautés religieuses, aussitôt après sa réception. 171 \u2014 Donné à l\u2019Archevêché de Québec, sous nos signatures, le sceau de l\u2019Archidiocèse et le contre-seing du secrétaire de l\u2019Archevêché, le vingt-deux mai mil huit cent soixante-treize.-j- E.-A., Arch, de Québec.-J* Ig., Év.de Montréal.-J- Jos.Eugène, Év.d\u2019Ottawa.-j- G., Év.de Saint-Hyacinthe, f L.-F., Év.des Trois-Rivières.-J- Jean, Év.de St-Germain de Rimouski.-j- E.-C., Év.de Gratianopolis, Coctdju leur de l'Evêque de Montréal.Par Messeigneurs, C.-A.Collet, Prêtre, Secrétaire de l\u2019Archevêché.CONSÉCRATION AU SACRÉ COEUR DE JÉSUS.O Cœur très saint et très aimant de Jésus ! Attirez nous h vous, afin que nous vous aimions de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces.Que par vous nous ayons accès au trône de la grâce, afin d'y obtenir miséricorde, grâce et secours en temps opportun (Hebr.IV, 16.).Vous nous avez aimés d\u2019un amour éternel ; une immense charité vous pressait dans la crèche, pendant votre vie, dans la dernière cène et sur la croix ; maintenant de retour auprès de votre Père, vous demeurez toujours vivant pour intercéder en faveur de tous ceux que vous avez rachetés de votre sang précieux.Ayez pitié de nous: ne considérez pas nos péchés, mais la foi de votre Église, et daignez suivant votre volonté la maintenir dans la paix et l\u2019unité.Nous vous supplions donc de ne pas nous abandonner dans nos difficultés et dans nos troubles; avez pitié de notre Pontife N., votre serviteur ; conservez-le, vivifiez-le, rendez-le heureux sur la terre et ne le livrez pas au pouvoir \u2014172 \u2014 de ses ennemis.Nous nous dévouons et nous consacrons à vous pour toujours, ainsi que tous ceux qui dépendent de nous, afin que vous soyez à tous notre salut, notre vie et notre résurrection; que par vous les justes croissent dans la justice et persévèrent jusqu\u2019à la fin; que les pécheurs se convertissent; que les tièdes s\u2019enflamment ; que tous les maux disparaissent et que tous les biens nous soient accordés.Que dans ce monde la foi soit vive, l\u2019espérance ferme, la charité parfaite, afin qu\u2019après avoir parcouru toute notre carrière, nous recevions avec vos saints une couronne de gloire qui ne se flétrira jamais ! Ainsi soit-il ! (No 27) CIRCULAIRE AU CLERGÉ ( Archevêché de Québec, {\t2 juin 1873.I.\tRetraites.II.\tDenier de Saint-Pierre et Propagation de la Foi.III.\tCollège de Sainte-Anne.IV.\tHôpital du Sacré-Cœur.V.\tNouveau règlement de l\u2019assurance mutuelle des fabriques.VI.\tParoissien noté.VII.\tRéponse de la Sacrée Congrégation des Rites concernant les services avec sépulture à certaines fêtes et solennités.Monsieur, I La retraite de Messieurs les Curés s\u2019ouvrira au Séminaire, mardi, le 26 août prochain, au soir, pour se terminer mardi, Je 2 septembre, au matin.Celle de Messieurs les Vicaires et autres prêtres obligés à l\u2019examen annuel, s\u2019ouvrira à l\u2019Archevêché, mardi, le 9 septembre, au soir, et se terminera mardi, le 16 du même mois, au matin. J\u2019invite spécialement à la première Messieurs les Curés qui n\u2019ont pu assister à celle de 1872.Quant à la seconde, l\u2019exiguité du local où elle a coutume d\u2019avoir lieu, fait désirer qu\u2019elle ne soit suivie, autant que possible, que par Messieurs les Vicaires et autres prêtres tenus à l\u2019examen.L\u2019on devra arriver à la retraite dès le commencement, et en suivre les exercices jusqu\u2019à la fin, sans céder dans l\u2019intervalle la place à un autre.Tous les prêtres employés dans le Saint Ministère, qui n\u2019ont pas encore quatre ans accomplis de prêtrise, voudront bien se rappeler que le règlement publié dans la circulaire du 5 juin 1855, concernant l\u2019examen qu\u2019ils doivent subir, est un règlement permanent.Ils feront donc leur possible pour s\u2019y conformer, afin d\u2019assurer par ce moyen la continuation de leurs pouvoirs.L\u2019examen commencera lundi, veille de la seconde retraite, à 2 heures après midi ; tous doivent être rendus à l\u2019heure fixée, et ne pas se faire attendre.Pour que les paroisses ne demeurent pas sans secours, durant la retraite de Messieurs les curés, un prêtre devra résider dans une de celles qui sont désignées sous le même numéro, sur le tableau joint à la présente.Ce prêtre, pourvu qu\u2019il soit approuvé, est autorisé à exercer tous les pouvoirs de desservant à l\u2019égard des fidèles des paroisses dont il aura la garde, et de plus à biner, le dimanche qui se rencontre dans l\u2019intervalle choisi pour la retraite, aün de leur faciliter le moyen d\u2019entendre la Sainte Messe.Il pourra même biner deux fois, dans le cas où le prêtre qu\u2019il remplacera serait obligé d\u2019être absent deux dimanches de sa paroisse.Il lui sera loisible, comme desservant, de déléguer un autre prêtre pour la célébration des mariages.Messieurs les Curés de file d\u2019Orléans peuvent s\u2019arranger ensemble de manière à laisser à un seul d\u2019entre eux le soin de toute file.Messieurs les Curés qui viendront à la retraite, voudront bien informer leurs paroissiens des dispositions qu\u2019ils auront prises pour la desserte de leurs paroisses pendant leur absence.Ceux d\u2019entre eux qui n\u2019auraient pas trouvé moyen de procurer la messe à leurs paroissiens, le dimanche qu\u2019ils seront absents, les avertiront de se rendre aux paroisses voisines; ou, s\u2019il était \u20141*74 \u2014 trop difficile de s\u2019y transporter, ils les avertiront qu\u2019ils sont dispensés, ce jour-là, de l\u2019obligation d\u2019assister au Saint Sacrifice.Je recommande particulièrement à chaque prêtre d\u2019apporter avec lui un surplis, pour la clôture de la retraite.Et je profite de la circonstance pour faire la même recommandation aux Messieurs du clergé toutes les fois qu\u2019il y aura grand concours à la cathédrale.Comme, cette année, la partie d\u2019automne du bréviaire commence durant la première retraite, il sera nécessaire d\u2019apporter le volume qui la renferme.TABLEAU MENTIONNÉ CI-DESSUS.1\tRivière-du-Loup et Saint-Antonin, 2\tNotre-Dame du Portage et Saint-André, 3\tSaint-Alexandre et Sainte-Hélène, 4\tKamouraska et Saint-Paschal, 5\tSaint-Denis, Saint-Philippe et Mont-Carmel, 6\tLa Rivière-Ouelle et Saint-Pacôme, 7\tSainte-Anne et Saint-Onésime, 8\tSaint-Roch et Sainte-Louise, 9\tSaint-Jean Port-Joly et Saint-Aubert, 1U L\u2019Islet et Saint-Cyrille, 11\tLe Cap Saint-Ignace et Saint-Thomas, 12\tSaint-Pierre et Saint-François, 13\tBerthier et Saint-Vallier, 14\tSaint-Raphaël et Saint-Cajétan d\u2019Armagh, 15\tSaint-Michel et Beaumont, 16\tSaint-Gervais et Saint-Charles, 17\tSaint-Lazare et Sainte-Glaire, 18\tBuckland, Montminy et Saint-Magloire, 19\tSainte-Hénédine et Sainte-Marguerite, 20\tSaint-Édouard et Saint-Malachie de Frampton, 21\tSaint-Côme, Saint-George et Saint-François de Beauce, 22\tSaint-Sébastien, Lambton et Forsyth, 23\tSaint-Victor et Saint-Éphrem de Tring, 24\tSaint-Sévérin, Saint-Joseph et Saint-Frédéric, 25\tSainte-Marie et Saint-Elzéar, \u2014 175 26\tSaint-Sylvestre et Broughton, 27\tSaint-Giles et Saint-Patrice, 28\tSaint-Ferdinand et Woîfestown, 29\tSaint-Calixte et Sainte-Sophie, 30\tSainte-Julie et Inverness, 31\tSaint-Isidore et Saint-Lambert, 32\tSainte-Anastasie et Sainte-Agathe, 33\tSaint-Anselme et Saint-Henri, 34\tSaint-Joseph de la Pointe-Lévis et Notre-Dame de la Victoire, 35\tSaint-Jean-Chrysostôme et Saint-Romuald, 36\tSaint-Nicholas et Saint-Étienne de Lauzon, 37\tSaint-Antoine et Saint-Apollinaire, 38\tSainte-Croix et Saint-Flavien, 39\tLotbinière et Saint-Édouard, 40\tSainte-Emmélie et Saint-Jean Deschaillons, 41\tLes Grondines et Deschambault, 42\tSaint-Ubalde, Saint-Casimir et Saint-Alban, 43\tPortneuf et Cap-Santé, 44\tLa Pointe-aux-Trembles et Saint-Augustin, 45\tSaint-Colomb et Sainte-Foye, 46\tAncienne-Lorette et Saint-Ambroise, 47\tCharlesbourg et Beauport, 48\tSainte-Catherine et Valcartier, 49\tL\u2019Ange-Gardien et le Château-Richer, 50\tSainte-Anne et Saint-Joachim, 51\tSaint-Ferréol et Saint-Tite des Caps, 52\tLa Petite-Rivière et la Baie Saint-Paul, 53\tSaint-Urbain et Saint-Hilarion, 54\tLes Éboulements et Saint-Irénée, 55\tLa Malbaie et Sainte-Agnès, 56\tRoberval et la Pointe-aux-Trembles, 57\tHébertville et Saint-Jérôme, 58\tNotre-Dame de Laterrière et Saint-Dominique, 59\tChicoutimi et Sainte-Anne, 60\tSaint-Alphonse et Saint-Alexis.N.B.\u2014Messieurs les Curés et Missionnaires, dont les paroisses ne sont pas mentionnées dans le tableau ci-dessus, pourront venir à la retraite, en les recommandant aux soins de leurs confrères voisins. \u2014 176 \u2014 II Dans le compte-rendu des sommes recueillies pour le denier de Saint-Pierre, on verra qu\u2019il y a quelques paroisses qui n\u2019ont rien contribué.Les noms de ces paroisses sont faciles à connaître.Quelques-unes de ces paroisses sont excusables à cause de la détresse dans laquelle elles se trouvent; mais j\u2019avoue que je ne puis m\u2019expliquer l\u2019abstention de quelques-unes à l\u2019égard d\u2019une œuvre de ce genre.Vous aurez occasion de faire la môme remarque à propos du tableau des sommes recueillies pour la Propagation de la Foi.Il serait infiniment regrettable de voir diminuer parmi nous les ressources de cette belle et catholique association, juste au moment où elle est le plus nécessaire.J\u2019aime à croire qu\u2019il suffît d\u2019attirer l\u2019attention du clergé sur cette matière, pour rendre à ces deux œuvres leur ancienne splendeur parmi nous.C\u2019est dans le cours du mois d\u2019août que les aumônes pour la Propagation de la Foi doivent être transmises au trésorier, Monsieur Laliberté, aumônier de l'Archevêché.Messieurs les Missionnaires qui ont besoin d\u2019une allocation de la Propagation de la Foi, pour eux-mêmes ou pour leurs missions, doivent donner dans le cours du mois d\u2019août, chaque année, un compte exact de leurs besoins et les raisons qui démontrent la nécessité de cette allocation.Faute de se conformer à cette règle, ils s\u2019exposent à en être privés.III Messieurs les souscripteurs en faveur du Collège de Sainte-Anne sont priés de vouloir bien envoyer leur souscription avant le 15 août, à Monsieur Bolduc, procureur de l\u2019Archevêché, afin que le compte-rendu annuel puisse se faire pour l\u2019époque de la retraite.Un très petit nombre de souscriptions sont en arrière ; j\u2019ose espérer qu\u2019elles seront payées à temps.L\u2019année dernière, grand nombre de souscripteurs ont anticipé leurs payements en tout ou en partie, et ont ainsi augmenté sensiblement la valeur de leur don, en éteignant plus tôt une dette qui porte intérêt; \u2014 177 \u2014 en montrant encore le même zèle et la même générosité, nous hâterons le moment où cette maison, sortie de ses embarras financiers, prendra un nouvel essor.IV Je vous prie de ne pas oublier la loterie en faveur de l\u2019Hôpital1 du Sacré-Cœur.Monsieur le Chapelain de l\u2019Hôpital-Général, qui a bien voulu se charger de cette bonne œuvre, vous a adressé, par mon ordre, une lettre à laquelle je vous prie instamment de vous conformer.V J\u2019attire spécialement l\u2019attention de Messieurs les Curés sur le règlement de l\u2019Association d\u2019assurance mutuelle des fabriques, qui vient d\u2019être imprimé avec des modifications très importantes, et envoyé à tous ceux qui ont des bâtisses assurées par cette association.Si quelqu\u2019un ne l\u2019a pas reçu, il pourra en avoir une copie à l\u2019Archevêché.Je n\u2019ai pas besoin d\u2019insister sur les conséquences graves que peut avoir la négligence à se conformer entièrement aux prescriptions de ce règlement.VI Monsieur P.G.Delisle, imprimeur, vient de publier un Paroissien noté renfermant le propre du temps et des Saints, le commun des Saints, les messes votives, les saluts du Saint-Sacrement, etc., noté conformément à notre édition des livres de chant.A cause de son bas prix, cet ouvrage peut être mis entre les mains d\u2019un grand nombre d\u2019enfants, qui apprendront sans peine à chanter durant les offices.Outre que cela peut contribuer à la beauté et à la solennité des offices, il en résultera le grand avantage de préparer insensiblement un bon nombre de chantres dans les paroisses.Il se vend $0.90 l\u2019exemplaire relié, chez les libraires, et $8.40 la douzaine, chez M.Delisle.VII Vous trouverez à la suite de cette circulaire la réponse de la Sacrée Congrégation des Rites à une consnltation que j\u2019avais faite pour savoir si, dans cette province, il est défendu de chanter la messe des défunts, corpore præsente : 1° le jour propre de certaines fêtes dont la solennité est transférée au dimanche ; 2° le dimanche auquel a lieu cette solennité.La Sacrée Congrégation 12 \u2014 1V8 \u2014 après avoir demandé et reçu copie de tous les induits qui concernent les solennités dans cette province, a répondu affirmativement aux deux questions, excepté les fêtes de la Purification, de la Nativité de la Sainte Vierge et la fêle de Saint-Michel.Il est donc défendu dans cette province de chanter la messe des morts, même le corps présent, le jour propre de la fête et le jour de la solennité: 1° de l\u2019Assomption de la Sainte Vierge ; 2° de la nativité de Saint Jean-Baptiste ; 3° de Saint Joseph ; 4o du patron ou titulaire de l\u2019église paroissiale.Recevez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.f E.-A., Arch, de Québec.QUEBEGEN.Ex Apostolico Indulto diei 20 Junii 1852 in Archidicecesi Que-becensi ad insequentem Dominicain transferri potest Solemnitas Festi Nativitatis, Purificationis et Assumptionis Beatæ Mariæ Virginis, Dedicationis Sancti Michaëlis Archangeli, Nativitatis Sancti Joannis Baptistæ, et Sancti Josephi Deiparæ Sponsi atque Catholicæ Ecclesiæ Patroni, necnon patroni ac Titularis Eccle-siarum parochialium.Stante eodem Indulto Rmus D.hodiernus Archiepiscopus Quebecen, a Sacra Rituum Gongregatione humi-liter declarari petiit : An in dicta provincia prohibeatur Missa Solemnis Defunctorumpræsente Cadavere 1° In propria die Festorum de quibus in Indulto memorato agitur ?2° In Dominica ad quam transfertur eorum Solemnitas ?Et Sacra eadem Gongregatio juxta alias décréta respondendum censuit : In casu affirmative ad utrumque, demptis tamen Festis Purificationis et Nativitatis Beatæ Mariæ Virginis ac Sancti Michaëlis Archangeli.Atque ita rescripsit die 31 augusti 1872.(Sign.) C.Epus Ostien.et Velitern.Card.Patrizi, (L ^ S)\tS\u2022 R- c¦ Præf- (Sign.) Pro R.P.D.Dominico Bartolini Secrio, Josephus Ciccolini, Subsecrius.Pro vero apographo, G.A.Marois, Ac.Subsecrius. 179 \u2014 (N» 28) CIRCULAIRE AU CLERGÉ { Archevêché de Québec 10 septembre 1873.ï.Souscription en faveur du Collège de Sainte-Anne.II.\tAssurance des églises et presbytères.III.\tPouvoir d\u2019appliquer l\u2019indulgence in articztlo mortis.IV.\tAnnales de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance.V.\tCierges à refuser quand ils ne sont pas le poids.VI.\tIndulgence accordée par Pie IX, à gagner le jour de la Toussaint.VII.\tSolennité du patron, en concurrence avec celle de l\u2019Assomption.VIII.\tRéponse et induit sur la manière de faire le Chemin de la Croix.IX.\tIndulgence du mois de juin consacré au Sacré Cœur de Jésus.X.\tAddition du mot originali dans les litanies de la Sainte Vierge.Le comité chargé de la souscription en faveur du Collège de Sainte-Anne, après avoir examiné avec soin les livres décomptés et entendu les explications données par Monsieur le Supérieur, a été unanime à reconnaître que les finances du Collège sont dans un état très satisfaisant et encourageant.Sans entrer dans plus de détails, il a été constaté qu\u2019au premier janvier 1873, la dette avait diminué de $15,743 depuis le commencement de la souscription en 1871.Si à cela l\u2019on ajoute environ $4,500 de la souscription, reçues ou à recevoir, depuis le premier janvier dernier, nous arrivons à un résultat encore plus satisfaisant et encourageant.Les intérêts et les rentes viagères ont été payés régulièrement à leur échéance; les bourses fondées ont été rétablies l\u2019année dernière.Les pensions des élèves, grâce à l\u2019exactitude avec laquelle on les a retirées, et à la sage économie qui a présidé à la dépense, ont snffi pour Monsieur, I \u2014 180 \u2014 entretenir le Collège, laissant disponibles tontes les antres ressources pour aider la souscription à payer le capital et les intérêts de la dette.Je prie de nouveau MM.les souscripteurs et ceux des créanciers qui ont fait des remises, d\u2019agréer rexpression de ma reconnaisance et de celle die tout le diocèse.Merci en particulier à Messieurs les souscripteurs qui ont devancé les termes de leur souscription et contribué par là à diminuer les intérêts des années suivantes.Un très petit nombre de souscripteurs sont en arrière : je les invite à se hâter de faire honneur à leur promesse, pour hâter le moment où nous chanterons l\u2019hymne d\u2019action de grâces à Dieu, qui a donné si visiblement sa bénédiction à cette entreprise.Il- Quelques fabriques se sont retirées de F Assurance Mutuelle, Si c\u2019est pour prendre une assurance ailleurs, je n\u2019ai d\u2019autres remarques â faire, sinon que c\u2019est un mauvais calcul.Mais dans le cas où.la fabrique, c\u2019est-a-dire, les marguilliers seuls, sans le consentement exprès de la paroisse convoquée régulièrement, auraient pris la responsabilité de laisser sans assurance les édifices religieux de la paroisse, je déclare que ces marguilliers ont manqué à leur devoir, et j\u2019ordonne qu\u2019il soit convoqué au plus tôt une assemblée de la paroisse pour cet objet.M.le Curé devra rappeler clairement aux paroissiens que, dans le cas d\u2019incendie de leur église, ou du presbytère, c\u2019est sur eux que retombera l\u2019obligation de reconstruire, et qu\u2019ils aient à choisir entre une assurance et le lourd fardeau d\u2019une reconstruction sans aucune aide.Dans certaines paroisses où la fabrique est fort endettée, les créanciers ont droit d\u2019exiger une police d\u2019assurance comme sûreté collatérale, et en cas d\u2019accident, iis peuvent, en certains cos, revenir personnellement contre les marguilliers qui auraient négligé une précaution dictée par la prudence et garantie par des contrats exprès.Ill Je me suis aperçu que j\u2019avais oublié de donner à des prêtres nouvellement ordonnés, le pouvoir d\u2019accorder l\u2019indulgence in \u2014 181 \u2014 arliculo mortis.Ne pouvant pas la conférer autrement qu\u2019à chacun en particulier, j\u2019invite ceux à qui ce pouvoir manque, à m\u2019en faire la demande.Pour répondre à un doute qui m\u2019a été souvent proposé, je déclare que ce pouvoir est personnel et suit le prêtre dans quelque partie du diocèse de Québec qu\u2019il se trouve, mais non en dehors du diocèse.Ceux qui exercent le sain ministère dans les paroisses qui touchent à un autre diocèse, et qui sont exposés à aller souvent dans cet autre diocèse, feront bien de se pourvoir auprès de l\u2019Evêque, pour le temps où ils demeureront dans le même poste.Il en est de même des autres pouvoirs que je communique à quelque prêtre du diocèse en vertu d\u2019un induit, par exemple de bénir et indulgencier des chapelets : ce pouvoir 11e peut s\u2019exercer que dans le diocèse de Québec.IV Il est arrivé dernièrement quelques numéros des Annales de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance.Vous êtes prié de retirer au plus tôt le paquet destiné à votre paroisse, afin de ne pas priver plus longtemps les associés de l\u2019avantage de les lire.Je suis content du zèle que l\u2019on met en général pour ces œuvres, ainsi que pour le denier de Saint-Pierre; je regrette cependant qu\u2019il y ait encore quelques rares exceptions.V En certaines paroisses, les parties intéressées dans les sépultures cherchent à introduire la coutume de fournir des cierges qui n\u2019ont pas la pesanteur voulue par la discipline constante du diocèse, qui exige que ces cierges soient de huit à la livre.Vous devez vous opposer à cette pratique.VI Le 25 juillet dernier, Notre Saint-Père le Pape a prononcé en Consistoire une allocution dans laquelle, après avoir exposé et déploré les maux auxquels la Sainte Église Catholique est actuellement en butte, il nous recommande de prier avec ferveur pour en obtenir la cessation.Et pour nous exciter d\u2019avantage à cette pratique, il accorde une indulgence plénière applicable aux défunts, à tous les fidèles qui s\u2019étant confessés et ayant commu- \u2014 182 - nié, prieront pieusement pour les besoins de l\u2019Église, au jour qui sera désigné par chaque Évêque dans son diocèse.Je désigne le jour de la Toussaint pour cet effet.A la vérité, grand nombre de paroisses ont déjà une indulgence en ce jour, mais vous savez qu\u2019en vertu d\u2019un décret du 30 août 1847, la même confession et la même communion peuvent servir pour gagner plusieurs indulgences plénières qui se rencontrent le même jour, pourvu que l\u2019on réitère les autres œuvres prescrites.Le dimanche 26 octobre, qui précède cette fête, vous annoncerez donc cette nouvelle indulgence, vous lirez la belle allocution de Pie IX, dont je vous envoie copie aujourd\u2019hui, et vous donnerez à vos paroissiens les explications que vous jugerez convenables et nécessaires.VII Consulté à diverses reprises sur le jour où doit se célébrer la solennité du patron en concurrence avec la solennité de l\u2019Assomption, j\u2019ai demandé à la Sacrée Congrégation des Rites une règle certaine.Je vous envoie la réponse qui est assez claire par elle-même, sans qu\u2019il soit besoin de reproduire la demande qui était longue, parce qu\u2019elle renfermait toute la suite des divers induits accoi'dés à cette province au sujet de la solennité de 1 Assomption.En résumé, la solennité de l\u2019Assomption se célèbre partout le même jour, et la solennité du patron est renvoyée au dimanche suivant, ou au dimanche précédent selon le cas.Vous ferez bien de mettre dans votre rituel et dans votre missel une note conforme à la règle donnée par la Sacrée Congrégation des Rites.VIII Je vous envoie une réponse et un induit sur la manière de faire le Chemin de la Croix dans ce diocèse.Vous remarquerez 1° que régulièrement, lorsque le chemin de la croix se fait publiquement dans une église, le prêtre avec deux clercs ou chantres, doit aller de station en station et y réciter les prières auxquelles le peuple répond, sans changer de place (tout en se levant à chaque station et s'agenouillant aussitôt)\u2019, 2° Que, dans ce diocèse, en vertu de l\u2019induit précité, lorsque à raison du grand concours \u2014 183 \u2014 dii peuple, le changement de lieu est très difficile et quasi impossible môme pour le prêtre avec ses deux clercs, alors le prêtre peut lire les prières et sujets de méditation du haut de la chaire.IX Vous trouverez ci-après un décret de la Sacrée Congrégation des Indulgences, accordant 1° sept ans d\u2019indulgence par jour aux personnes qui, pendant le mois de juin, feront, en public ou en particulier, quelques exercices de dévotion en l\u2019honneur du Sacré Cœur de Jésus ; 2° une indulgence plénière au jour que chaque fidèle choisira dans le cours du même mois, aux conditions ordinaires de la confession et de la communion et de la prière à l\u2019intention du Souverain Pontife, dans une église ou oratoire public.Toutes ces indulgences sont applicables aux défunts.X On a conservé dans ce diocèse l\u2019usage introduit par notre premier concile, de terminer les litanies de la Sainte Vierge par l\u2019invocation : Regina sine labe concepta, sans ajouter le mot ori-ginali après labe.Pour nous conformer à la coutume suivie actuellement à Rome et ailleurs, j\u2019ordonne que l\u2019on ajoute désormais le mot originalï clans cette invocation.Recevez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.f E.-A.,.Arch, de Québec.ALLOCUTION De Noire Très-Saint-Père le Pape Pie IX, prononcée au Vatican devant les Cardinaux de la Suinte Eglise Romaine, le 25 Juin 1873.Vénérables Frères, Ce que Nous vous annoncions dans l\u2019Allocution tenue devant vous, vers la fin de l\u2019année précédente, Vénérables Frères, à savoir que Nous aurions peut-être à vous parler encore des persécutions chaque jour plus violentes contre la sainte Église, Notre devoir 184 Nous demande de le faire, aujourd\u2019hui qu\u2019est consommée l\u2019œuvre d\u2019iniquité que Nous dénoncions alors, car il Nous semble que retentit à Nos oreilles la voix de celui qui Nous ordonne de crier.A peine eûmes-Nous appris qu\u2019on devait proposer au corps législatif la loi qui, dans cette ville illustre comme dans le reste de l\u2019Italie, devait amener la suppression des congrégations religieuses et la licitation publique des biens ecclésiastiques, aussitôt, en exécration de cet acte impie, Nous avons condamné le texte de cette loi, quel qu\u2019il fût ; Nous avons déclaré nulle toute acquisition des biens ainsi enlevés à l\u2019Église, et Nous avons rappelé que les auteurs comme les fauteurs de pareilles lois encouraient les censures ipso facto.Or.aujourd\u2019hui cette loi, condamnée non seulement par l\u2019Église, comme opposée à son droit et au droit divin, mais réprouvée aussi publiquement par la science légale, comme rendue en contradiction de tout droit naturel et humain, et par conséquent nulle de sa nature et de nul effet, cette loi néanmoins a reçu l\u2019approbation du corps législatif, puis a été sanctionnée par le Sénat et l\u2019autorité royale.Nous croyons, Vénérables Frères, devoir Nous abstenir de répéter ce que tant de fois, pour arrêter l\u2019audace criminelle des chefs du pouvoir, Nous avons exposé au long sur l\u2019impiété de cette loi, sur sa malice, sur son but et sur ses graves et désastreuses conséquences; mais le devoir qui s\u2019impose à Nous de défendre les droits de l'Église, le désir de prévenir les imprudents et aussi la charité que Nous avons pour les coupables, tout cela Nous presse d\u2019élever la voix pour faire savoir à tous ceux qui n\u2019ont pas craint de proposer, approuver, sanctionner cette loi ; à tous ceux qui la publient, qui favorisent son exécution, qui y donnent leur avis favorable, qui y adhèrent, qui l\u2019exécutent ,et en même temps à tous les acquéreurs de biens ecclésiastiques, non seulement que tout ce qu\u2019ils ont fait ou feront en ce sens est caduc, nui et de nul effet, mais que tous ils sont atteints par l\u2019excommunication majeure et les autres censures et peines ecclésiastiques portées par les saints canons, les constitutions apostoliques et les décrets des conciles généraux, en particulier du Concile de Trente ; que tous ils encourent les plus sévères vengeances de Dieu et qu\u2019ils sont dans un péril certain de damnation éternelle. \u2014 185 \u2014 Cependant, Vénérables Frères, tandis que les secours nécessaires à Notre suprême ministère Nous sont ravis de jour en jour, tandis qu\u2019on accumule injures sur injures contre les choses et les personnes sacrées, tandis qu\u2019ici et à l\u2019étranger les persécuteurs de l\u2019Église semblent concentrer leurs efforts et réunir leurs forces pour s\u2019opposer absolument à l\u2019exercice de la juridiction ecclésiastique, et spécialement pour troubler peut-être la libre élection de celui qui doit s\u2019asseoir sur la chaire de Pierre comme vicaire de Jésus-Christ, que nous reste-t-il à faire, si ce n\u2019est de Nous réfugier près de Celui qui est riche en miséricorde et qui ne délaisse pas ses serviteurs dans le temps de la tribulation.Déjà cette vertu de la Providence divine se montre avec éclat dans l\u2019union parfaite de tous les Évêques avec ce Saint-Siège, dans leur noble fermeté contre des lois iniques et contre l\u2019usurpation de leurs droits sacrés, dans les nombreuses marques d\u2019amour de toute la famille catholique pour ce centre de l\u2019unité, dans cet esprit vivifiant par lequel la foi et la charité du peuple chrétien, prenant une nouvelle force et un nouvel accroissement, se répandent de toutes parts en des œuvres qui sont dignes des plus beaux temps de l\u2019Église.Efforçons-nous donc de hâter l\u2019heure désirée de la clémence divine.Que tous les évêques y excitent les curés et tous les curés leurs ouailles; jetons-nous aux pieds des autels, et, prosternés devant Dieu, crions-lui de concert :\tVenez, Seigneur, venez, ne tardez pas ; pardonnez à votre peuple, remettez-lui ses péchés ; voyez notre désolation.Ce n'est pas à cause de nos mérites que nous répandons devant vous nos prières, mais à cause de vos infinies miséricordes ; prenez en main votre puissance et venez, montrez-nous votr e face, et nous serons sauvés.Encore que nous ayons conscience de notre indignité, nous ne craignons pas d\u2019approcher avec confiance du trône de la miséricorde.Sollicitons-la au nom de tous les habitants du ciel, mais surtout au nom des saints apôtres, au nom du très chaste époux de la Mère de Dieu, et spécialement au nom de la Vierge Immaculée dont les prières sont toutes puissantes sur son Fils.Mais auparavant efforçons-nous avec le plus grand soin de purifier notre conscience de toutes les œuvres de mort, car Dieu abaisse ses regards sur les justes et ses oreilles s'ouvrent à leurs \u2014 186 \u2014 prières.El pour arriver plus sûrement et plus pleinement à ce but, en vertu de Notre autorité apostolique, Nous accordons à tous les fidèles, pour le jour que chaque évêque désignera dans chaque diocèse, une indulgence plénière à gagner une fois, et qui pourra être appliquée au soulagement des fidèles défunts, pourvu que, s\u2019étant confessés et s\u2019étant nourris de la sainte communion, ils s\u2019appliquent pieusement à piler pour les nécessités de l\u2019Église.Ainsi donc, Vénérables Frères, bien qu\u2019elles soient innombrables et terribles les tempêtes de persécutions et de tribu la-lations qui fondent sur nous, ne perdons pas courage, mais confions-nous en Celui qui ne permet pas la confusion de ceux qui espèrent en Lui.Car telle est la promesse de Dieu, et elle ne passera pas.Parce qu'il a espéré en moi, nous dit-il, je le délivrerai.EXCERPTUM EX RESPONSO S.R.CONG.« Sacra vero Congregatio, audito voto alterius ex Apostolica-« rua Cæremoniarum Magistris, omnibus mature perpensis ac « consideratis, rescribere rata est : « Ad Ium.In Ecclesia Sancti Joachim Solemnilatem Assumplio-« nis Beatæ Mariæ Virginis Dominica infra octavam ejusdem esse « celebrandam, translata Solemnitate Titular is in Dominicam subse-« quentem in casu.a Ad Hum.In Ecclesia Sancti Rochi, Sancti Hyacinthi vel Sancti « Bernardi, Solemnitatem Assumptionis Beatæ Mariæ Virginis Domi-« nie a infra ejusdem octavam esse celebrandam, anticipate Solemni-« tale Titularis in Dominica præcedenti in casu.» Atque ita res-cripsit et servari mandavit.Die 23 Maii 1873.(Sign.) C.Epus Ostien et Velitern.Card.Patrizi, S.R.C.Præf.Loco A Signi (Subsign.) D.Bartolini, Secretarius. \u2014 187 \u2014 BEATISSIME PATER Ad pedes Sanctitatis Vestræ tminiliter provolutus Archiepisco-pus Quebecensis, ad instantiam cuiusdam parochi suæ Dioecesis, postulat solutionem sequentis dubii circa modum vacandi pio Exercitio Vise Grucis.Quando fit pium exercitium Vise Grucis publico modo, paro-chus, vel alius sacerdos, in pulpito genuflexus legit meditationes et preces proprias Stationum.Post unamquamque stationem ornnes surgunt et statim genuflectunt in eodeni loco manentes, quia Ecclesiæ nostræ maxima ex parte replentur sedibus immo-bilibus et undequaque clausis quæ loci mutationem valde diffici-lem et quasi impossibilem reddunt, præsertim quando concursus est magnus.Quæritur 1° Utrum christifideles hoc modo vacantes exercitio Viæ Crucis Indulgentias lucrentur ?Et quatenus negative, 2° Quomodo occurri possit difficultati supra expositæ.Sacra Congregatio Indulgentiis et Sacris Reliquiis præposita respondit : Ad Im Negative iuxta Decretum diei 23 Julii 1757, quo publicum Vise Grucis exercitium ita præcipitur, utnempe uuoquoque de populo suum locum tenante Sacerdos cum duo bus clericis, sive cantoribus circumeat ac sistens in qualibetstatione, ibique reeitans peculiares consuetas preces, ceteris alternatim respondentibus.Ad 2m.Supplicandum SSmo pro Indulto.SSmus D.N.Pius PP.IX in audientia habita ab infrascripto Gard.Præfeeto S.G.Indulgentiis Sacrisq.Reliquiis præpositæ, die 8 Maii 1873, attentis expositis peculiaribus circumstantiis, benigue induisit ut in Ecclesiis Diœcesis Quebecensis, in quibus eædem circumstantiæ occurrunt, publicum Vise Grucis exercitium peragatur iuxta methodum ab Archiepiscopo Oratore supe-rius descriptam, nihil derogando ceteris conditionibus quæ turn pro privato, turn pro publico exercitio præscribuntur.Non ob-stantibus contrariis quibuscumque.Datum Romse ex Secretaria eiusdem Sac.Congnis die 8 Maii 1873.Laur.Card.Barili. \u2014 188 EX S.CONGREGATIONE INDULGENTIARUM.URBIS ET ORBIS Decretum.« Cum inter cetera religiosæ pietatis officia ad recolendam et meditandam uberiori fructu D N.Jesu Christi caritatem, laudabilis exorta sit et mollis in locis invaluerit con-suetudo qua integer mensis Junius quotidianis devotionis exer-citiis dulcissimo Ejus Gordi consecratur ; plurimorum Fidelium supplicationes porrectæ sunl Sanctissimo Domino Nostro Pio PP.IX.ut pia hæc exercitia peragenlibus sacrarum Indulgen-tiarum munera concedere dignaretur.» Itaque Sanctitas Sua petitionibus hujnsmodi benigne exceptis, ut magis magisque injuriæ Divino humani generis Redemptori in præsenti potissimum rerum ac temporum discrimine illatæ reparentur ; universis utriusque sexos Christi fidelibus qui sive publice sive private peculiaribus precibus et devoti ariimi obse-quiis in honorem SSmi Cordis Jesu per integrum mensem Junii quotidie corde saltern contrito vacaverint, Indulgenliam septem annorum semel in singulis dicti mensis diebus lucraudam; et pari ter iisdem Indulgentiam plenariam in una præfati mensis die ab unoquoque eligenda, in qua vere pœnitentes, confessi ac sacra Communione refecti fuerint, et aliquam ecclesiam seu publicum oratorium visitaverint, et ibi per aliquod temporis spatium juxta mentem Sanctitatis Suæ pias ad Deum preces effuderint, peramanter est impertitus ; cum facilitate easdem Indulgentias applicandi pro animabus in Purgatorio detentis.Præsenti in perpetuum valituro absque ulla Rrevis expeditione.Contrariis quibuscumque non obstantibus.Datum Romæ ex Secretaria Sacræ Congregationis Indulgen-fciarum et SS.Reliquiarum die 8 Maii 1873.» L.Card.Barili, Præfectus.Dominicus Sarra, Substitutus. \u2014189 \u2014 CIRCULAIRE A MESSIEURS LES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ECCLÉSIASTIQUE DE SAINT-MICHEL, APPARTENANT AU DIOCÈSE DE QUÉBEC Des obstacles insurmontables empêchant la séparation de la Société Ecclésiastique de Saint-Michel en autant de sociétés qu\u2019il y a de diocèses intéressés, j\u2019ai proposé, durant la dernière retraite, un plan qui a reçu l\u2019approbation et la signature de 98 membres, appartenant tous au diocèse de Québec.Vous savez que, depuis un certain nombre d\u2019années, la pension allouée à Chaque membre infirme de la société, a toujours été en diminuant, parce que les revenus n\u2019augmentent pas dans la même proportion que le nombre des infirmes.On a proposé divers moyens pour augmenter les ressources de la société, et donner aux infirmes une pension convenable ; mais comme il était impossible de s\u2019entendre là-dessus, j\u2019ai essayé l\u2019année dernière la formation immédiate d\u2019une nouvelle association diocésaine.Après mûre réflexion sur les objections qui m\u2019ont été faites, j\u2019ai jugé plus prudent de préparer de loin une séparation qui est devenue nécessaire, sans néanmoins être urgente.Nous resterons membres de la Société Ecclésiastique de Saint-Michel jusqu\u2019à ce que la nouvelle Association de Saint-Joseph ait un fonds jugé suffisant.1° Les seuls membres de la Société Ecclésiastique de Saint-Michel sont maintenant admis à en faire partie : lorsque la séparation complète aura eu lieu, on en admettra d\u2019autres.2° Tout en continuant de faire partie de l\u2019ancienne société et de lui payer la somme fixée par les règlements actuels, nous payerons, à la même époque, entre les mains d\u2019un trésorier spécial, désigné par l\u2019Archevêque, le cinquantième du casuel reçu et des honoraires de messes basses perçus.3° Cette somme sera capitalisée à mesure qu\u2019elle sera perçue, et mise à rente, et on n\u2019en dépensera rien jusqu\u2019au moment où Archevêché de Québec, 10 octobre 1873, Monsieur, \u2014 190 \u2014 la nouvelle association aura un capital suffisant pour que nous puissons abandonner l\u2019ancienne société.Nous aurons alors pour atteindre le but de notre association 1° la rente de ces fonds accumulés ; 2° le cinquantième des revenus ecclésiastiques, que nous cesserons de verser à la Société Saint-Michel, pour les mettre à la disposition de la nouvelle société ; 3° le cinquantième du casuel et des honoraires de messes, comme il est marqué plus haut.Nous pourrons ainsi donner à nos pauvres invalides une pension convenable.4° Si quelque membre de la nouvelle association devient invalide avant la séparation, il ne pourra en réclamer aucun secours, mais il s\u2019adressera, comme ci-devant, à la Société Saint-Michel.5° Les membres de l\u2019Association Saint-Joseph élus procureurs de la Société Saint-Michel, seront ex officio procureurs de la dite association, sous la présidence de l\u2019Archevêque de Québec, jusqu\u2019à ce que la séparation ait lieu.S\u2019ils ne sont pas au nombre de cinq, l\u2019Archevêque, sur l\u2019avis des procureurs existants, en nommera pour compléter ce nombre.6° Lorsqu\u2019il s\u2019agira d\u2019effectuer la séparation, on prendra l\u2019avis des membres, suivant le mode établi dans la Société Saint-Michel, dont les règles sont provisoirement adoptées par la nouvelle association, sauf les modifications marquées dans la présente circulaire.7° Si quelque prêtre ordonné avant la séparation, retarde de faire partie de la nouvelle association, il ne sera admis qu\u2019en payant pour les années de retard, outre le cinquantième du casuel et des honoraires comme ci-dessus, l\u2019intérêt de ce même cinquantième à 6 par cent, à compter du 1er octobre 1874 s\u2019il a été ordonné avant cette dernière époque, ou bien à compter du 1er octobre qui suivra son ordination, si elle a lieu après le 1er octobre 1874.La raison de cette disposition est que cette contribution devant être capitalisée et mise à j'ente à mesure qu\u2019elle sera perçue, ceux qui retarderaient à entrer dans la nouvelle association se trouveraient avoir moins contribué que les autres.Mais une fois la séparation faite, on suivra la règle établie dans la Société Saint-Michel, à moins que la majorité des membres n\u2019en décide autrement. 8° Ceux qui se retireront de l\u2019association n\u2019auront point droit de réclamer ce qu\u2019ils auront contribué.Si ce projet de nouvelle association vous convient, vous êtes prié de m\u2019envoyer au plus tôt votre adhésion dans les termes indiqués ci-après.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.-j- E.-A-, Arch, de Québec.FORMULE De rengagement qve vous êtes prié d'adresser à T Archevêque, si vous désirez faire partie de F Association de Saint-Joseph.« Je soussigné, membre de la Société Ecclésiastique de Saint-Michel, m\u2019engage à suivre les règles de la nouvelle Association de Saint-Jospeh, telles que formulées dans la circulaire de Monseigneur l\u2019Archevêque de Québec, en date du 10 octobre 1873.« Fait à\tle\t187 N.B.\u2014Les Messieurs qui ont déjà signé les feuilles, avec une formule qui n\u2019entre pas dans tous les mêmes détails que cette circulaire, n\u2019ont pas besoin de signer la présente formule, s\u2019ils n\u2019ont aucune objection à offrir sur ce qui précède.Leur silence sera regardé comme une approbation.S\u2019ils ont quelque remarque à faire, ils sont priés de me la communiquer au plus tôt.f E.-A., Arch, de Québec. \u2014 192 \u2014 (N° 29) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec, 30 octobre 1873.I.Pouvoir d\u2019accorder l\u2019indulgence in articulo mortis.IL Conférences ecclésiastiques.III.\tRapports annuels des curés.IV.\tRubriques des solennités.V.\tRubrique du sacrement de Pénitence.Monsieur, I Dans ma circulaire (N° 28) du 10 septembre dernier, je vous ai déjà parlé du pouvoir d\u2019accorder l\u2019indulgence plénière in articulo mortis.Pour mettre fin à plusieurs doutes qui m\u2019ont été proposés à cette occasion, je vous renouvelle, ou vous confère, en tant que besoin, le susdit pouvoir, en vertu de l\u2019article 17 d\u2019un induit du 29 janvier 1871, valable pour dix ans: ce pouvoir expirera donc le 29 janvier 1881.Comme je l\u2019ai déjà remarqué dans ma circulaire (N° 28), ce pouvoir vous suit partout dans le diocèse, et non en dehors de ses limites.Je n\u2019ai pas besoin de vous rappeler que la formule prescrite dans le rituel est de rigueur absolue.ii Je vous envoie aujourd\u2019hui les questions à discuter dans les conférences ecclésiastiques de 1874.Je regrette d\u2019avoir à dire que quelques-uns des secrétaires négligent de m\u2019envoyer leurs rapports.Je désire qu\u2019on me les adresse directement, aussitôt qu\u2019ils ont été lus, approuvés et signés dans la conférence suivante. \u2014193 \u2014 III Quelques Curés n\u2019ont pas envoyé leur rapport annuel.D\u2019après le XVe décret de notre premier concile provincial, ces rapports devraient être remis chaque année ante calenclas septembris.Ce décret renferme plusieurs expressions qui montrent que c\u2019est-une ordonnance de grande importance, dont, par conséquent, l\u2019omission volontaire peut être gravement coupable.IV J\u2019ai souvent été consulté sur l\u2019ordre à suivre quand la solennité du Patron ou Titulaire de l\u2019église est en concurrence avec une autre solennité prescrite dans toute la province.Voici les règles qui me paraissent renfermer la solution de la plupart des difficultés de ce genre.Le jour propre d\u2019une solennité est le dimanche qui suit le jour propre de la fêle à solenniser, même quand l\u2019office de la fête se trouve transféré plus tard.Si la fête coïncide avec un dimanche libre, ou si elle est d\u2019obligation, la fête et la solennité se confondent ensemble.Mais comme il peut arriver que le dimanche qui suit le jour propre de la fête, se trouve empêché, il faut examiner ce qu\u2019il y a à faire selon les cas qui se présentent.1° Quand deux solennités tombent le même jour, celle qui est d\u2019un rit inférieur doit être transférée.2° Quand elles sont de même rit, celle qui a une moindre dignité doit être transférée.Les fêtes et solennités de Notre Seigneur l\u2019emportent sur celles de la Sainte Vierge ; celles-ci sur les Anges ; les Anges sur Saint Jean-Baptiste, celui-ci sur Saint Joseph et Saint Joseph sur les autres saints.3° Quand elles sont de même rit et de même dignité, la fête ou solennité particulière à une église, par exemple, le patron ou titulaire, doit l\u2019emporter dans cette église, sur une fête ou solennité générale dans le diocèse et même dans l\u2019Église universelle.4° Si ces fêtes ou solennités de même rit et de même dignité, sont également générales ou particulières, celle qui est attachée à un dimanche garde sa place.13 \u2014 194 5° Si l\u2019une et l\u2019autre sont fixées à un quantième, toutes choses égales d'ailleurs, celle dont l\u2019office vient en premier lieu dans le bréviaire, ou au martyrologe, doit être solennisée la première.6° La solennité ne peut pas avoir lieu dans les dimanches, 1° où se trouve une fête d\u2019un rit plus élevé ; 2° dans ceux appelés1 Dominicæ majores I classis quæ numquam omiltuntur.On en trouve la liste au commencement du bréviaire.7° Il y a des dimanches appelés Dominicæ majores II classis : on peut y faire des solennités de Iro ou de IIe classe.(Induit du 20 Juin 1852 ) 8° Quand une solennité ne peut avoir lieu au dimanche qui suit la fête, elle se fait au dimanche précédent, si celui-ci ne se trouve pas également empêché.(Induit du 13 mai 1855.) 9° Enfin si le dimanche précédent est aussi empêché, on fait la solennité au dimanche non empêché le plus proche de la fête, soit qu\u2019il précède, soit qu\u2019il suive.(Même induit.) 10° Dans plusieurs paroisses, celles, par exemple, de Saint-François de Sales et de Saint-Jean-Chrysostôme, les solennités paroissiales concourent avec celle de la Purification.Il faut dans ce cas, après la bénédiction des cierges, chanter la Messe solennelle des Fêtes Titulaires.Car il ne nous paraît pas rationnel que, dans ces paroisses, l\u2019on fasse la solennité de la Purification le dimanche auparavant, parce qu\u2019il faudrait aussi y faire la bénédiction des cierges, avant le jour fixé pour toutes les autres églises.Y Consulté à diverses reprises sur la pratique à suivre par rapport à la récitation du Confileor au commencement de la confession et au mot Deind'e dans la formule de l\u2019absolution, je règle qu\u2019à l\u2019avenir on devra se conformer strictement au rituel romain qui suppose que le Confileor se dit tout entier, au commencement, et qui met le mot Deind'e sous forme de rubrique qu\u2019il ne faut pas prononcer.Et cela nonobstant l\u2019usage contraire, les ordonnances diocésaines et le catéchisme.Je dis la même chose de la bénédiction au commencement de la confession : on ne doit rien ajouter au Rituel Romain.Recevez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.\u2022f- E.-A., Arch, de Québec. \u2014 195 (No 30) CIRCULAIRE AU CLERGÉ ( Archevêché de Québec, \\\t7 janvier 1874.Monsieur le Curé, Une élection générale va avoir lieu dans quelques jours.Pour prévenir, autant que nous le pourrons, les désordres qui sont malheureusement trop fréquents à cette occasion, je vous envoie copie de la partie du mandement de notre cinquième Concile Provincial, qui traite de ce sujet important, (a) Vous le lirez au prône aussitôt que possible et le commenterez avec soin et prudence.Vous méditerez attentivement les vérités qui y sont exposées, afin de pouvoir les expliquer clairement et brièvement à vos paroissiens.C\u2019est à cela que doit se borner votre part dans les élections, à moins que des circonstances tout à fait extraordinaires n\u2019en demandent davantage ; mais alors vous ne devez pas vous écarter de la prescription du quatrième Concile de Québec : « Hæc fideliter doceanl populum suum pastores.» nec ultra procédant in circumstanliis consuetis ; et si quæ parti-» culares aut extraordinariæ occurrant circumstantiæ, maxime 4\t*\t' » caveant ne quid molianlur inconsullo episcopo.» Soyez prudents, parce qu\u2019en temps d\u2019élection les passions poli tiques excitent les hommes à la défiance.Il ne faut pas, hors le cas de nécessité extrême, exposer le clergé et, par suite, la religion, aux haines et aux vengeances des partis politiques.C\u2019est surtout dans ce que vous direz en chaire que vous devez peser vos paroles afin de n\u2019offenser personne, tout en disant la vérité et en exposant les vrais principes qui doivent guider un électeur chrétien.(a) Voir ci-dessus page 163 cet article. \u2014 196 \u2014 % Quatre désordres doivent particulièrement fixer votre attention : 1° le parjure; 2° l\u2019intempérance; 3° la vente et l\u2019achat des suffrages ; 4° les violences contre la liberté des élections.Une fois les élections terminées, vous exhorterez vos paroissiens à oublier tout ee qui aurait pu se dire ou se faire d\u2019offensant durant ces temps de trouble et d\u2019excitation.Vous exhorterez les vainqueurs à la modération et à la charité ; vous tâcherez de consoler les vaincus et vous les inviterez à concourir avec bonne volonté dans tout ce qui peut contribuer au bien public, sans conserver de rancune contre personne.Ce sera un grand bonheur pour notre pays, si l\u2019on peut y comprendre que la concorde est un bien inestimable et une source intarissable de bonheur et de prospérité.Recevez, Monsieur le Curé, l\u2019assurance de mon sincère attachement.f E.-A., Arch, de Québec.(No 31) CIRCULAIRE AU CLERGÉ f Archevêché de Québec, { 1er mars 1874.Monsieur le Curé, Au commencement de ce mois consacré spécialement à honorer Saint Joseph, je viens vous proposer, à vous et à vos ouailles, une bonne œuvre à laquelle je suis sûr que chacun s\u2019empressera de contribuer.Vous vous rappelez qu\u2019au mois d\u2019août dernier, j\u2019ai érigé canoniquement le Séminaire de Chicoutimi et l\u2019ai placé sous la protection spéciale de la Sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph.Les \u2014 197 \u2014 classes ont été ouvertes en septembre, et Dieu a donné une telle bénédiction à cet établissement que le nombre des élèves a dépassé toutes nos espérances.La maison, qu\u2019on supposait devoir suffire pour plusieurs années, s\u2019est trouvée trop petite au bout de quelques mois, et il faut absolument songer à l\u2019agrandir, ou à en construire une nouvelle.Comme le terrain où est placée la maison actuelle est trop petit, trop éloigné de l\u2019église et d\u2019ailleurs incapable d\u2019offrir un appui solide à une construction tant soit peu considérable, j\u2019ai acheté un lot voisin de l\u2019église, offrant toutes les conditions désirables pour un établissement de ce genre.Grâce à la générosité de quelques membres du clergé, auxquels je me suis adressé, j\u2019ai pu, en passant le contrat, donner au vendeur les deux tiers du prix de la vente et j\u2019espère que le reste ne tardera pas à se payer.Plutôt que de faire à la maison actuellement occupée par les élèves, des réparations coûteuses, et des agrandissements qui bientôt deviendraient inutiles et seraient ainsi à pure perte, j\u2019ai résolu de faire construire sur le nouveau terrain un corps d\u2019édifice, qui fera partie d\u2019un beau et grand collège dont le plan complet, tracé d\u2019avance, se réalisera plus tard avec la bénédiction de Dieu.Pour le moment, il s\u2019agit d\u2019en ériger une aile, de cent-dix pieds de façade, à trois étages complets et une mansarde.Ce sera environ le quart de l\u2019édifice entier.Maintenant sur quoi pouvons-nous compter pour commencer et achever heureusement cette première partie du Séminaire cle la Sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph ?La Providence, qui a béni jusqu\u2019à ce jour, d\u2019une manière visible, cette entreprise, ne la laissera point inachevée.Elle inspirera sans doute aux membres du clergé de ce diocèse, et au peuple confié à leur soin, la salutaire pensée de contribuer par une légère aumône à construire un asile à cette nombreuse famille que le Dieu Enfant convoque autour de lui, dans cette contrée du Saguenay, appelée à de grandes destinées par son étendue et par la fertilité de ses terres.Marie, la mère de Jésus, bénira ceux qui fourniront un asile à cette multitude d\u2019enfants sur qui son Divin Fils a jeté un regard de complaisance.* \u2014198 \u2014 Saint Joseph que nous honorons particulièrement durant ce mois, intercédera auprès de Jésus, en faveur des personnes qui lui auront offert une obole pour l\u2019aider à bâtir cette maison mise sous la'protection de la Sainte Famille dont il est le chef.Je demande bien peu de chose ; je demande si peu, que je crains presque de paraître faire injure à la charité de mes diocésains ! Un centin par année, pendant trois ans par chaque personne ! Quelle est la personne si pauvre, qu\u2019elle ne puisse pas donner à Saint Joseph un centin cette année, autant l\u2019année prochaine, et autant dans deux ans ?Quel est l\u2019enfant si jeune, qui ne veuille contribuer un centin pour aider à construire la demeure de l\u2019Enfant Jésus ?Quels sont les parents qui ne donneront pas volontiers un centin, au nom de leur enfant encore au berceau, pour attirer sur ce cher objet de leur tendresse, la bénédiction de Jésus, de Marie et de Joseph ?Il va sans dire que je recevrai avec double et triple reconnaissance l\u2019offrande immédiate de ces trois centins que bien des personnes voudront faire.Chaque Curé, connaissant le nombre total d\u2019âmes qu\u2019il y a dans sa paroisse, arrivera facilement à connaître si la paroisse a fourni à Saint Joseph le petit contingent que je demande au nom de ce Saint Patriarche.Il se trouve partout des âmes que le patriotisme et la charité engageront sans doute à donner davantage.Vous pourrez faire valoir auprès d\u2019elles les considérations suivantes.Dans un temps où l\u2019émigration ronge notre population, il est important de retenir cette population sur le sol de la patrie, en lui ouvrant des établissements qui l\u2019attachent au pays.Le district du Saguenay, malgré les cruelles épreuves auxquelles il a été soumis, continue à faire des progrès et deviendra avec le temps, une partie importante de notre province.Sa position exceptionnelle demande qu\u2019il puisse trouver dans ses propres limites tout ce dont il a besoin pour prospérer sous le rapport intellectuel aussi bien que sous le rapport matériel.Or une institution de haute édu \u2014199 \u2014 cation contribuera éminemment à retenir et à attirer dans ce territoire bon nombre de nos compatriotes, qui autrement seraient perdus pour notre province.C\u2019est aussi pour le même but que notre Gouvernement Provincial se montre disposé à favoriser la construction d\u2019un chemin de fer qui reliera ce territoire avec la vallée du Saint-Laurent.Voilà comment le patriotisme bien entendu doit nous engager à aider l\u2019établissement d\u2019une maison de haute éducation dans ce môme district.La charité et la religion sont ici, comme toujours, d\u2019accord avec le vrai patriotisme.Contribuer à répandre les bienfaits de l\u2019éducation, est une des principales œuvres de la divine vertu de charité.Lorsque plus tard, comme on a lieu de l\u2019espérer, un siège épiscopal sera établi à Chicoutimi, la religion trouvera dans ce Séminaire le clergé dont elle aura besoin pour porter ses consolations et distribuer les grâces dont elle est la dépositaire, jusqu\u2019aux parties les plus reculées de ce grand et riche territoire.Lorsque nous verrons toutes ces belles espérances se réaliser, nous nous rappellerons avec bonheur que notre petite aumône d\u2019un centin par année, pendant trois ans, aura contribué à faire ces grandes choses.Veuillez, M.le Curé, recueillir ces offrandes pendant le mois de Saint Joseph et m\u2019en faire tenir le montant aussitôt que possible, en y ajoutant la vôtre que vous distinguerez dans votre liste, afin que les archives de la maison de Jésus, Marie, Joseph puissent en conserver le souvenir.Que la bénédiction de Jésus et la protection de Marie et de Joseph, soient à jamais sur vous et sur tous ceux qui contribueront à cette bonne œuvre ! -j- E.-A., Arch, de Québec.N.B.\u2014MM.les Curés du Saguenay pourront remettre l\u2019offrande de leurs paroisses à M.le Grand Vicaire Racine. \u2014 200 \u2014 (No 32) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec, 19 mars 1874.Monsieur, I Je me fais un devoir de recommander à vos Saints Sacrifices Son Éminence le Cardinal Barnabo, décédé à Rome, le 24 février, à quatre heures du soir, après huit jours de souffrances supportées avec la plus édifiante patience et résignation, et muni de tous les secours de notre sainte religion.Il était âgé de soixante-et-quatorze ans.Pendant neuf années, il a été Secrétaire de la Propagande, et ensuite Préfet de la meme congrégation pendant dix-huit années.Durant ce long espace de temps, il a déployé une activité infatigable, lin zèle constant et une rare intelligence dans les affaires nombreuses et compliquées, qui sont portées devant cette Congrégation, à laquelle est confiée la direction des trois quarts du monde catholique.Le Canada, et, par conséquent, l\u2019Archidiocèse de Québec, qui appartient à cette Congrégation, doit à cet illustre et dévoué Cardinal, une dette de reconnaissance qu\u2019il nous sera bien difficile d\u2019acquitter complètement.Nous tâcherons au moins de la témoigner par les prières que nous offrirons à Dieu pour le repos de son âme.Mardi prochain, à neuf heures et demie, je chanterai un service solennel pour lui dans la cathédrale.Je vous invite à y assister si vos occupations vous le permettent.Vous voudrez bien le recommander aux prières des fidèles confiés à votre sollicitude pastorale. \u2014 201 \u2014 II Le 16 janvier dernier, j\u2019ai envoyé au Saint-Père la collecte du denier de Saint-Pierre, faite durant l\u2019année 1873.J\u2019avais pris occasion de cet envoi pour faire connaître avec quelle générosité les fidèles de ce diocèse ont contribué pour différentes autres bonnes œuvres, telles que la Propagation de la Foi, la Sainte Enfance, l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur, les Missions du Nord-Ouest, etc.J\u2019ai reçu de Mgr Simeoni, secrétaire de la Propagande, la lettre ci-jointe, que vous lirez aux fidèles confiés à votre sollicitude, pour leur faire part de la bénédiction apostolique.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.» -j- E A., Arch, de Québec.TRADUCTION.Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Dans l\u2019audience du 5 de ce mois, j\u2019ai transmis à Notre Très Saint-Père les lettres de change, pour la somme de £835 7 10 sterling, que Votre Grandeur m\u2019adressait, le 16 du mois de janvier dernier, avec 451 coupons ; car bien que la lettre de Votre Grandeur n\u2019en annonçât que 448, il s\u2019en est trouvé 451.Sa Sainteté a reçu cette offrande avec des sentiments de profonde reconnaissance, et Elle m\u2019a chargé d\u2019en remercier Votre Grandeur et de vous faire part, en même temps, de la bénédiction Apostolique qu\u2019Elle a bien affectueusement accordée à Votre Grandeur, au Clergé et aux fidèles de votre diocèse, et surtout à ceux qui ont contribué à cette offrande.En m\u2019acquittant de ce devoir auprès de Votre Grandeur, je m\u2019empresse d\u2019ajouter combien j\u2019ai été heureux de connaître, par Votre lettre, avec quel zèle et quelle générosité les fidèles confiés à vos soins concourent à étendre la religion catholique et à en accroître de plus en plus l\u2019éclat dans votre diocèse.Pour ma part, je prie instamment le Dieu Tout-Puissant de soutenir et de fortifier des \u2014 202 \u2014 dons de sa grâce, chez ce peuple fidèle, l\u2019attachement à l\u2019Église catholique, et de conserver très longtemps à Votre Grandeur line santé parfaite.Donné à Rome, au palais de la Sacrée Congrégation de la Propagande, le 14 février 1874.De Votre Grandeur, Le très dévoué Frère, Pour Son Éminence le Cardinal Préfet, (Signé) JEAN SIMEONI, Secrétaire.Au Révérendissime Seigneur Alexandre Taschereau, Archevêque de Québec, Québec.CIRCULAIRE AU CLERGÉ f Archevêché de Quérec j 30 avril 1874.\u2022> Monsieur le Curé, L\u2019incendie du Palais de Justice à Québec, en février 1873, a consumé un certain nombre de registres de baptêmes, mariages et sépultures de l\u2019année 1872.Heureusement il en reste une copie entre les mains des Curés.Le Gouvernement Provincial, craignant que la perte de cette copie unique ne cause des dommages irréparables à un grand nombre de familles, a fait passer, en janvier dernier, une loi (37 Victoria, chapitre 15) dont la clause 26e se lit comme suit :\t« Tout membre du clergé ayant la garde légale d\u2019un registre de baptêmes, de mariages et de décès pour l\u2019année mil huit cent soixante-et-douze, devra, s\u2019il en est requis par le protonotaire, déposer au bureau de ce dernier 203 \u2014 une copie certifiée du dit registre, et tout extrait d\u2019icelui fait par le protonotaire, fera preuve de la meme manière que s\u2019il était fait d\u2019un registre en double, à moins qu\u2019il ne soit contesté par un affidavit attestant que l\u2019original est différent.» D\u2019après ce texte, il est clair que vous avez à faire une copie du registre de 1872, seulement dans le cas où vous en recevrez la demande de la part du protonotaire, qui conn ait quels sont les registres détruits.Je viens d\u2019etre informé par Monsieur l\u2019Assistant Secrétaire Provincial que vous aurez droit de réclamer :\t1° le prix du cahier ; 2° vingt-cinq centins pour chaque acte de baptême ou de sépulture ; 3° cinquante centins pour chaque acte de mariage ; 4° cinq piastres pour la collation et le certificat.Vous emploierez un cahier semblable à ceux qui servent pour les registres ; mais il n\u2019est pas nécessaire de le faire parapher.La copie peut être faite par une personne quelconque, dont l\u2019écriture soit bonne.Vous ferez vous-même avec grand soin la collation de la copie avec l\u2019original et mettrez à la fin un certificat dans les termes suivants : « Nous soussigné, curé de la paroisse de., comté de., certifions en vertu de la clause 26 de la 37e Victoria, chap.15, que la copie ci-dessus du registre des baptêmes, mariages et sépultures de la dite paroisse pour l\u2019année mil huit cent soixante-douze, est conforme au registre original conservé dans les archives de la dite paroisse.« Fait à.le.mil huit cent soixante-quatorze.« N.Prêtre, Curé.» Veuillez ne pas tarder à.remplir un devoir si important et dont l\u2019omission pourrait avoir des conséquences très graves.Recevez, Monsieur le Curé, l\u2019assurance de mon sincère attachement.\u2022f* E.-A., Arch, de Québec. \u2014 204 \u2014 MANDEMENT AUX FIDÈLES DE LA CITÉ DE QUÉBEC AU SUJET DK CERTAINES REPRÉSENTATIONS THÉÂTRALES ELZÉAR- ALEXANDRE TASCHEREAU, par la grace de Dieu et du Siège Apostolique Archevêque de Québec.Aux Fidèles de la Cité de Québec et des environs, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Notre charge pastorale nous oblige, Nos Très Chers Frères, d\u2019élever aujourd\u2019hui la voix pour vous mettre en garde contre un danger très grave qui menace vos âmes.Une troupe nombreuse de baladins étrangers s\u2019annonce comme devant donner des représentations théâtrales dans le cours de la semaine prochaine.Or nous avons appris de source certaine que la morale et la décence la plus élémentaire y sont affreusement outragées.N\u2019avons-nous pas droit de nous regarder comme insultés par cet étalage d\u2019infamies, comme si nous nous respections assez peu nous-mêmes pour les encourager ?Dans un temps où les misères de toutes sortes font appel à notre charité, irons-nous jeter notre argent dans cette fournaise diabolique, qui l\u2019engloutira, non seulement sans profit pour nous, mais encore au grand détriment de tout ce que nous devons regarder comme le plus précieux ?Ces spéculateurs éhontés n\u2019auront-ils pas le droit de se moquer des pauvres victimes qu\u2019une curiosité inqualifiable aura conduites dans le piège ?Laissez donc ces horribles scandales s\u2019étaler dans le vide; quand les acteurs verront que les recettes ne payent pas les dépenses, ils nous délivreront bientôt de leur présence.Et, si nos conseils ne suffisent pas pour vous détourner du danger, nous n\u2019hésitons pas à user de l\u2019autorité dont nous sommes revêtus.Nous défendons absolument d\u2019assister à ces représentations théâtrales, sous peine de tomber dans un cas réservé à nous et à nos Grands Vicaires. \u2014 205 \u2014 Si quelqu\u2019un est tenté de nous taxer d\u2019exagération, nous lui répondrons que nous avons à ce sujet le jugement des Évêques Catholiques dans les diocèses desquels pareilles scènes ont eu lieu.Sans compter ce que les journaux catholiques en ont dit, nous avons l\u2019opinion de journaux protestants qui en ont parlé avec peut-être encore plus de force.Sera la présente lettre lue au prône des messes paroissiales de la ville et des environs, le premier dimanche après sa réception et le dimanche suivant.Donné à Québec, le 1er mai 1874, sous notre seing et le sceau de nos armes et le contreseing de notre secrétaire.-J- E.-A., Arch, de Québec.Par Monseigneur, C.A.Collet, Prêtre, Secrétaire.(No 33) CIRCULAIRE AU CLERGÉ ( Archevêché de Québec, j\t29 mai 1874.I.\tRetraites.II.\tDenier de Saint-Pierre et Propagation de la Foi.III.\tCollège de Sainte-Anne.IV.\tSéminaire de Chicoutimi.V.\tNouvelle édition de l\u2019Appendice du Rituel.VI.\tPetit Cérémonial.VII.\tIndulgences de la chapelle de Notre-Dame du Cap Tourmente.Monsieur, La retraite de Messieurs les Curés s\u2019ouvrira au Séminaire, mardi le 25 août prochain, au soir, pour se terminer mardi le 1er septembre au matin.Celle de Messieurs les vicaires et \u2014 206 \u2014 autres prêtres obligés à l\u2019examen annuel, s\u2019ouvrira à l\u2019Archevêché, mardi le 8 septembre, au soir, et se terminera mardi, le 15 du même mois, au matin.J\u2019invite spécialement à la première Messieurs les Curés qui n\u2019ont pu assister à celle de 1873.Quand à la seconde, l\u2019exiguité du local, où elle a coutume d\u2019avoir lieu, fait désirer qu\u2019elle ne soit suivie, autant que possible, que par Messieurs les vicaires et autres prêtres tenus à l\u2019examen.L\u2019on devra arriver à la retraite dès le commencement, et en suivre les exercices jusqu\u2019à la fin, sans céder dans l\u2019intervalle la place à un autre.Tous les prêtres du diocèse, même ceux employés dans les séminaires et collèges, qui n\u2019ont pas encore quatre ans accomplis de prêtrise, voudront bien se rappeler que le règlement publié dans la circulaire du 5 juin 1855, concernant l\u2019examen qu\u2019ils doivent subir, est un règlement permanent fondé sur le XIII décret du premier Concile Provincial, qui exige aussi des mêmes prêtres qu\u2019ils présentent deux sermons sur les sujets déterminés par l\u2019évêque.Ils feront donc leur possible pour s\u2019y conformer, sous peine de suspense.L\u2019examen commencera lundi, veille de la seconde retraite, à deux heures après midi ; tous doivent être rendus à l\u2019heure fixée, et ne pas se faire attendre.Pour que les paroisses ne demeurent pas sans secours, durant la retraite de Messieurs les Curés, un prêtre devra résider dans une de celles qui sont désignées sous le même numéro, sur le tableau joint à la présente.Ce prêtre, pourvu qu\u2019il soit approuvé, est autorisé à exercer tous les'pouvoirs de desservant à l\u2019égard des fidèles des paroisses dont il aura la garde, et de plus à biner, le dimanche qui se rencontre dans l\u2019intervalle choisi pour la retraite, afin de leur faciliter le moyen d\u2019entendre la Sainte Messe.Il pourra même biner deux fois, dans le cas où le prêtre qu\u2019il remplacera serait obligé d\u2019être absent deux dimanches de sa paroisse.Il lui sera loisible, comme desservant, de déléguer un autre prêtre pour la célébration des mariages.Messieurs les Curés qui viendront à la retraite, voudront bien informer leurs paroissiens des dispositions qu\u2019ils auront prises pour la desserte de leurs paroisses pendant leur absence.Ceux \u2014 207 \u2014 d\u2019entre eux qui n\u2019auraient pas trouvé moyen de procurer la messe à leurs paroissiens le dimanche qu\u2019ils seront absents, les avertiront de se rendre aux paroisses voisines ; ou, s\u2019il était trop difficile de s\u2019y transporter, ils les avertiront qu\u2019ils sont dispensés, ce jour-là, de l\u2019obligation d\u2019assister au Saint Sacrifice.Je recommande particulièrement à chaque prêtre d\u2019apporter avec lui un surplis, pour la clôture de la retraite.Et je profite de la circonstance pour faire la même recommandation aux Messieurs du clergé, toutes les fois qu\u2019il y aura concours à la cathédrale, parce qu\u2019il est quelquefois impossible de fournir des surplis à tous ceux qui s\u2019y trouvent.Gomme, cette année, la partie d\u2019automne du bréviaire commence durant la première retraite, il sera nécessaire d\u2019apporter le volume qui la renferme.TABLEAU MENTIONNÉ CI-DESSUS.1\tRivière-du-Loup et Saint-Antonin, 2\tNotre-Dame du Portage et Saint-André, 3\tSaint-Alexandre et Sainte-Hélène, 4\tKamouraska et Saint-Paschal, 5\tSaint-Denis, Saint-Philippe et Mont-Carmel, 6\tLa Rivière-Ouelle et Saint-Pacôme, 7\tSainte-Anne et Saint-Onésime, 8\tSaint-Roch et Sainte-Louise, 9\tSaint-Jean Port-Joly et Saint-Aubert, 19 L\u2019Islet, Saint-Cyrille, et Saint-Eugène, 11\tLe Cap Saint-Ignace et Saint-Thomas, 12\tSaint-Pierre et Saint-François, 13\tBerthier et Saint-Vallier, 14\tSaint-Raphaël et Saint-Cajetan d\u2019Armagh, 15\tSaint-Michel et Beaumont, 16\tSaint-Gervais et Saint-Charles, 17\tSaint-Lazare et Sainte-Claire, 18\tBuckland, Montminy et Saint-Magloire, 19\tSainte-Hénédine et Sainte-Marguerite, 20\tSaint-Édouard et Saint-Malachie de Frampton, \u2014 208 \u2014 21\tSaint-Côme, Saint-George et Saint-François de Beauce, 22\tSaint-Sébastien et Saint-Vital, 23\tSaint-Honoré et Saint-Évariste, 24\tSaint-Victor et Saint-Éphrem de Tring, 25\tSaint-Sévérin, Saint-Joseph et Saint-Frédéric, 20 Sainte-Marie et Saint-Elzéar, 27\tSaint-Sylvestre, Broughton et Sacré-Cœur, 28\tSaint-Narcisse et Saint-Patrice, 29\tSaint-Ferdinand et Saint-Julien, 30\tSaint-Calixte et Sainte-Sophie, 31\tSainte-Julie et Inverness, 32\tSaint-Isidore et Saint-Lambert, 33\tSainte-Anastasie et Sainte-Agathe, 34\tSaint-Anselme et Saint-Henri, 35\tSaint-Joseph de la Pointe-Lévis et Notre-Dame de la Victoire, 36\tSaint-Jean-Ghrysostôme et Saint-Romuald, 37\tSaint-Nicholas et Saint-Étienne de Lauzon, 38\tSaint-Antoine et Saint-Apollinaire, 39\tSainte-Croix et Saint-Flavien, 40\tLotbinière et Saint-Édouard, 41\tSainte-Emmélie et Saint-Jean Deschaillons, 42\tLes Grondines et Deschambault, 43\tSaint-Ubalde, Saint-Casimir et Saint-Alban, 44\tPortneuf et Cap-Santé, 45\tLa Pointe-aux-Trembles et Saint-Augustin, 46\tLes Écureuils et Sainte-Jeanne, 47\tSaint-Colomb et Sainte-Foye, 48\tAncienne-Lorette et Saint-Ambroise, 49\tChariesbourg et Stoneham, 50\tBeauport et Sault Montmorency, 51\tSainte-Catherine et Valcartier, 52\tL\u2019Ange-Gardien et le Château-Richer, 53\tSainte-Anne et Saint-Joachim, 54\tSaint-Ferréol et Saint-Tite des Caps, 55\tLa Petite-Rivière et la Baie Saint-Paul, 56\tSaint-Urbain et Saint-Hilarion, 57\tLes Éboulements et Saint-Irénée, 58\tLa Malbaie et Sainte-Agnès, \u2014 209 59 Notre-Dame du Lac et Saint-Prime, 00 Hébertville, Saint-Jérôme et Saint-Louis, Gi Notre-Dame de Laterrière et Saint-Dominique, 62\tChicoutimi, Sainte-Anne et Saint-Fulgence, 63\tSaint-Alphonse et Saint-Alexis, 64\tTadoussac, Escoumins et Mille-Vaches.N.B.\u2014-Messieurs les Curés et Missionnaires, dont les paroisses ne sont pas mentionnées dans le tableau ci-dessus, pourront venir à la retraite, en les recommandant aux soins de leurs confrères voisins.Messieurs les Curés de l\u2019Ile d\u2019Orléans peuvent s\u2019arranger ensemble, de manière à laisser à un seul d\u2019entre eux le soin de toute l\u2019île.II Dans le compte-rendu des sommes recueillies pour le denier de Saint-Pierre, on voit qu\u2019il y a des paroisses qui n\u2019ont rien contribué.Les noms de ces paroisses sont faciles à connaître.Quelques-unes de ces paroisses sont excusables à cause de la détresse dans laquelle elles se trouvent ; mais j\u2019avoue que je ne puis m\u2019expliquer l\u2019abstention de quelques-unes à l\u2019égard d\u2019une œuvre de ce genre.Voilà trois ans que les paroisses de Saint-Cajetan, de Saint-Julien, de Saint-Athanase, de Sainte-Agathe et de Saint-Malachie n\u2019ont rien contribué.D\u2019autres, que je m\u2019abstiens de nommer, n\u2019ont donné pendant ces trois années, que des sommes tout à fait insignifiantes.Vous aurez occasion de faire la môme remarque, à propos du tableau des sommes recueillies pour la Propagation de la Foi.Il serait infiniment regrettable de voir diminuer parmi nous les ressources de cette belle et catholique association, juste au moment où elle est le plus nécessaire.Les avantages spirituels attachés à ces deux œuvres catholiques, et les bénédictions qu\u2019elles attirent sur les familles qui les favorisent, devraient suffire pour exciter notre zèle à les répandre de plus en plus.C\u2019est dans le cours du mois d\u2019août que les aumônes pour la Propagation de la Foi doivent être transmises au trésorier, M.Laliberté, aumônier de l\u2019Archevêché.14 \u2014 210 Messieurs les Missionnaires qui ont besoin d\u2019une allocation de la Propagation de la Foi, pour eux-mêmes ou pour leurs missions, doivent donner, dans le cours du mois d\u2019août, chaque année, un compte exact de leurs besoins et des raisons qui démontrent la nécessité de cette allocation.Faute de se conformer à cette règle, ils s\u2019exposent à en être privés.Ils ne doivent pas oublier de donner aussi un rapport sur leurs missions, afin d\u2019intéresser tous les fidèles à cette œuvre, par les extraits qu\u2019on en fera dans les annales.III Messieurs les souscripteurs en faveur du Collège de Sainte-Anne sont priés de vouloir bien envoyer leur souscription avant le 15 août, à M.Bolduc, procureur de l\u2019Archevêché, afin que le compte-rendu annuel puisse se faire pour l\u2019époque de la retraite.Un très petit nombre de souscriptions sont en arrière ; j\u2019ose espérer qu\u2019elles seront payées à temps.L\u2019année dernière, grand nombre de souscripteurs ont anticipé leurs paiements en tout ou en partie, et ont ainsi augmenté sensiblement la valeur de leur don, en éteignant plus tôt une dette qui porte intérêt : en montrant encore le même zèle et la même générosité, nous hâterons le moment où cette maison, sortie des embarras financiers, prendra un nouvel essor.IV La légère contribution d\u2019un centin par personne, que j\u2019ai demandée en faveur du Séminaire de Chicoutimi, a été accueillie partout avec empressement et avec une bienveillance particulière.Au nom de Saint Joseph, je remercie de tout cœur les bienfaiteurs de cette œuvre, dont chacun a bien compris l\u2019importance sous le double rapport de la religion et du patriotisme.Je suis heureux de constater ici que, dans la plupart des cas, on a tenu à dépasser le montant de la faible contribution que j\u2019avais demandée.Vous apprendrez sans doute avec plaisir que les travaux de la construction sont commencés depuis quelques jours.Je prie Messieurs les Curés qui n\u2019ont pas encore envoyé leur contribution, ni celle de leur paroisse, de vouloir bien se hâter \u2014 211 \u2014 de la transmettre à M.Bolduc, durant mon absence pour la visite.Je leur serai très reconnaissant pour les prières qu\u2019ils adresseront au ciel en faveur de cette nouvelle institution appelée à procurer tant de gloire à Dieu et de bien aux âmes, dans cette vaste et importante région du Saguenay.Y La nouvelle édition de Y Appendice du Rituel sera bientôt en vente chez P.G.Delisle imprimeur.Le prix est de $2 l\u2019exemplaire relié.Ayez soin de demander les exemplaires qui ont le supplément du diocèse de Québec.Chaque curé doit se le procurer au plus tôt, afin de pouvoir se conformer, dès cette année, au modèle du rapport annuel que tous sont tenus de faire avant le premier septembre.Les questions auxquelles il faut répondre ont été préparées durant notre dernier concile.A commencer au premier octobre prochain, on devra se servir de ce nouvel appendice pour toutes les annonces du prône, dont quelques-unes sont nouvelles et d\u2019autres ont été modifiées.Je crois utile d\u2019appeler votre attention spéciale sur plusieurs points.1° Formule pour la publication des bans de mariage (page 7 et 230).2° Manière de faire le prône et obligation d\u2019inscrire les annonces dans un cahier (page 11 et 234).3° Annonce de la première communion (page 33 et 256), et instruction à faire le dimanche suivant (page 35 et 257).4° Prône sur la confirmation (page 40 et 262) avec la note importante qui la suit.5° Annonce de la visite annuelle de la paroisse par le curé (page 52 et 273) avec l\u2019instruction sur la manière de la faire (page 115). \u2014 212 \u2014 6° Formule du rapport annuel à faire par les curés (page 119).Vous êtes prié de faire bien attention aux recommandations sur la manière de le faire.7° Formules des actes de baptême, etc., (page 152 et 366).Il est important que l\u2019on suive exactement les dispositions des lois qui sont citées.8° (page 174 et 388) Manière d\u2019enregistrer et de compter la sépulture des enfants ondoyés à la maison, ou morts sans baptême.9° Enregistrement de noms des personnes confirmées (page 176 et 390).Ce point est trop souvent négligé, quoique formellement prescrit par le rituel romain.10° Enregistrement des acquisitions d\u2019immeubles en certain cas (page 201).Voir si cette formalité a été remplie pour votre paroisse ou mission.11° Comptes de fabriques (page 205).Matière très importante.A commencer par la reddition annuelle des comptes de 1874, on devra se conformer au modèle donné dans cet Appendice (page 206).Au premier octobre prochain, on devra commencer à tenir les comptes courants en la manière indiquée.Pour établir l\u2019uniformité et assurer la tenue régulière des comptes de fabriques, il est nécessaire et strictement d\u2019obligation que chacun renonce à ses systèmes particuliers pour suivre un mode préparé avec soin et qui, une fois bien connu, sera trouvé à la fois simple et commode.De cette manière un prêtre, en changeant de cure, n\u2019aura aucune peine à comprendre et à continuer les comptes tenus par son prédécesseur.A cette occasion, je crois devoir rappeler que les cahiers de comptes de la fabrique, les cahiers de prônes et d\u2019annonces, ne sont pas la propriété privée du curé, mais doivent être laissés à son successeur.En toutes ces choses, on ne doit pas se fier sur la routine, ni sur ses prédécesseurs en office, mais sur les règles de discipline en vigueur dans le diocèse.Je suis résolu de me montrer très sévère à cet égard dans les visites pastorales. \u2014 213 \u2014 VI On vient d\u2019achever l\u2019impression d\u2019un Petit Cérémonial à l\u2019usage de toute la Province Ecclésiastique de Québec.Il sera bientôt en vente chez P.G.Delisle, imprimeur, pour la somme de $0.30 l\u2019exemplaire relié.Vous verrez par l\u2019approbation qui se trouve au commencement, que le Cérémonial devra être mis en pratique au premier octobre prochain.A la cathédrale, on commencera à le suivre aussitôt après les vacances.Mon intention formelle est que l\u2019on ne s\u2019en écarte point sous prétexte d\u2019usage contraire, de coutume, d\u2019incommodité, et autres que je n\u2019admets point.Quelques exercices suffiront pour mettre les clercs au fait des changements qui sont peu nombreux et peu importants.Si l\u2019on veut obtenir l\u2019uniformité, il est absolument nécessaire que l\u2019on s\u2019en tienne à ce qui est prescrit.Dans les cas qui paraîtront douteux, on devra me consulter, afin que, sous prétexte d\u2019obscurité, on n\u2019introduise pas des interprétations, et, par suite, des usages, qui finiraient par détruire l\u2019uniformité.J\u2019appelle votre attention spéciale sur les points suivants : 1° La barrette à trois cornes (N° 8).2° Signes de croix à faire (N° 36).3° Manière d\u2019encenser (N° 55) : l\u2019encensement au bout de la chaîne est aboli.4° Tenue du peuple (N° 67) : il faut établir l\u2019uniformité.En appelant ainsi votre attention sur quelques points plus saillants, je n\u2019entends nullement vous dispenser d\u2019étudier le cérémonial tout entier, ni de le mettre en pratique dans les autres articles.VII Sur le sommet du Gap Tourmente, se trouve aujourd\u2019hui érigée une petite chapelle dédiée à la très Sainte Vierge.De ces hauteurs, la Reine du Ciel aimera sans doute à jeter ses regards sur notre pays tout entier.Ne voit-on pas qu\u2019elle adopte \u2014 214 \u2014 de'préférence les montagnes pour théâtres de ses apparitions ?Cette préférence ne saurait être pour nous sans instruction : car Marie semble par là nous inviter à quitter nos goûts terrestres et à tourner nos regards et nos cœurs vers les biens éternels.Le modeste sanctuaire de « Notre-Dame du Cap Tourmente» vient d\u2019être enrichi de précieuses indulgences ; et les navigateurs n\u2019ont pas été oubliés dans le partage de ces faveurs spirituelles.Cent jours d\u2019indulgence sont accordés à tous les fidèles qui, passant par eau dans le voisinage du Cap Tourmente, réciteront avec un cœur contrit le «Notre Père, etc,» le «Je vous salue, Marie, etc.,» et le «Gloire soit au Père, etc.,» le visage tourné, s\u2019ils le peuvent, vers la chapelle de Notre-Dame du Cap Tourmente.Cette indulgence peut être gagnée aussi souvent qu\u2019on récite les prières susdites, dans les mêmes conditions, pourvu toutefois que les voyageurs ne se trouvent pas à plus de cinq lieues du Cap Tourmente.Pour les personnes qui sont sur terre, à quelque distance qu\u2019elles se trouvent, pourvu qu\u2019elles tournent leurs regards vers la croix placée sur le Cap Tourmente, dans le voisinage de la chapelle, elles peuvent gagner les mêmes indulgences, en récitant les mêmes prières aux intentions du Souverain Pontife.Puissent ces faveurs contribuer à encourager la dévotion envers notre bonne Mère, et engager les navigateurs, surtout dans le danger, à mettre leur confiance dans celle que l\u2019Église appelle à si juste titre /\u2019 Etoile de la mer ! Si vos paroissiens sont dans une position à profiter de ces faveurs, soit sur terre, soit parce qu\u2019ils ont occasion de voyager par eau dans les environs du Cap Tourmente, vous êtes invité à leur donner connaissance de cette indulgence et des conditions à remplir pour la gagner.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.\u2022f E.-A., Arch, de Québec. \u2014 215 CIRCULAIRE A MESSIEURS LES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ECCLÉSIASTIQUE DE SAINT-MICHEL DU DIOCÈSE DE QUÉBEC Archevêché de Québec, 3 septembre 1874.Monsieur, Les obstacles qui ont jusqu'à présent empêché la séparation à l\u2019amiable, de la Société ecclésiastique de Saint-Michel, en autant de sociétés distinctes qu\u2019il y a de diocèses intéressés, étant levés, et ceux qui s\u2019opposaient le plus fortement à nette séparation, paraissant disposés à l\u2019accepter, je viens aujourd\u2019hui vous demander votre consentement formel et écrit à un plan de division dont voici les bases.1° Les fonds accumulés de la Société Saint-Michel seront répartis entre les diocèses de Québec, des Trois-Rivières et de Rimouski, en proportion du nombre de membres respectifs, valides et infirmes existants au 31 août 1874.Ceux qui ont été admis le lendemain à faire partie de la société, n\u2019ayant encore rien contribué aux fonds de la société, ne seront point comptés, mais ils ont droit, comme les autres, de voter dans une question qui intéresse la société entière.2° La séparation des fonds une fois faite, chaque diocèse demeurera chargé de ses membres infirmes.Mais comme il y a quatre membres qui sont d\u2019autres diocèses, la part et la contribution annuelle de ces quatre membres seront partagées dans la môme proportion que ci-dessus, et les diocèses de Québec, des Trois-Rivières et de Rimouski contribueront dans la même proportion à la pension qui sera allouée de concert à ces quatre membres.3° La Société de Saint-Joseph, telle que définie dans ma circulaire du 10 octobre 1873, sera dès lors substituée dans le diocèse \u2014 216 \u2014 de Québec à celle de Saint-Michel, qui se trouvera dissoute.Pour subvenir aux besoins de ses membres infirmes, la Société Saint-Joseph aura : 1° le revenu provenant de sa part des fonds accumulés ; 2° le cinquantième des revenus ecclésiastiques tel que réglé par les constitutions de la Société Saint-Michel ; 3° enfin, le cinquantième du casuel reçu et des honoraires de messes basses perçus.Je profite de cette occasion pour faire connaître aux membres de la société, qu\u2019après avoir examiné les règlements de la Société Saint-Michel, et surtout l\u2019article 7, le bureau a reconnu unanimement comme certain, que tout membre qui cesse d\u2019appartenir à la société par mort, par résignation, ou par exclusion, doit payer, outre les arrérages, s\u2019il y en a, sa contribution annuelle au pro rata du temps écoulé depuis le premier octobre précédent jusqu\u2019au moment de la mort, de la résignation, ou de l\u2019exclusion.Il est juste, en effet, qu\u2019ayant joui jusqu\u2019à ce moment du droit d\u2019avoir une pension viagère en cas d\u2019infirmité, il soit tenu de porter sa part des charges de la société.Et comme ce n\u2019est pas une nouvelle règle, mais l\u2019application d\u2019une loi fondamentale, les anciens membres qui se trouveraient avoir négligé de remplir ce devoir de justice, sont encore tenus en conscience de s\u2019y conformer au plus tôt.Vous ôtes prié, Monsieur, de me répondre le plus tôt possible et par écrit suivant la formule ci-jointe.Le plus tôt, de peur que l\u2019oubli ne vous fasse perdre de vue cette affaire.Par écrit, parce que j\u2019ai absolument besoin d\u2019avoir une preuve de votre consentement ou de votre refus.Si vous acceptez, il faut répondre, parce que, dans une affaire de cette gravité, le silence ne peut pas être admis comme une approbation suffisante.Si vous n'acceptez pas, il faut également répondre, pour que l\u2019on sache à quoi s\u2019en tenir.Tous doivent répondre au plus tôt et par écrit : les infirmes, les nouveaux membres, comme ceux qui font partie delà société depuis longtemps. \u2014 211 \u2014 Vous connaissez déjà les raisons qui rendent désirable et comme nécessaire cette séparation ; elles vous ont été exposées à plusieurs reprises.J\u2019espère que chacun de vous se fera un devoir de me répondre sans délai.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.f E.-A., Arch, de Québec, Président de la S.E.de S.M.FORMULE A SIGNER ET A RENVOYER AU PLUS TÔT A MONSEIGNEUR L\u2019aRCHEVÊQUE DE QUÉBEC.(N.B.Après le mot Michel, écrivez accepte ou rejette.) Je soussigné, membre de la Société Ecclésiastique de Saint-Michel,\tpar ces présentes le mode de partage des fonds accumulés de la dite société, et de la formation de la Société de Saint-Joseph, proposé dans la circulaire de Monseigneur l\u2019Archevêque de Québec, en date du 3 septembre 1874.Fait à 1874.le \u2014 218 \u2014 (N° 34) MANDEMENT A L\u2019OCCASION DU DEUX-CENTIÈME ANNIVERSAIRE DE L\u2019ÉRECTION DU SIÈGE DK QUÉBEC ELZÉAR ALEXANDRE TASCHEREAU, par la Grace de Dieu et du Siège Apostolique, Archevêque de Québec, Au clergé Séculier et Régulier, aux communautés religieuses et à tous les Fidèles cle VArchidiocèse de Québec, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Dans quelques semaines, Nos Très Chers Frères, il y aura deux cents ans que le Souverain Pontife Clément X, d\u2019heureuse mémoire, a érigé le diocèse de Québec, gouverné depuis quinze ans déjà par l\u2019illustre François de Montmorency-Laval, en qualité de vicaire Apostolique.Dans un pays nouveau, comme le nôtre, où tout est, pour ainsi dire, d\u2019hier, une pareille durée est un fait remarquable et digne d\u2019être célébré.C\u2019est pourquoi j\u2019ai résolu d\u2019en faire la mémoire au premier octobre prochain, qui est le propre jour où fut signée la bulle d\u2019érection du diocèse de Québec.Deux sentiments devront en ce jour se partager nos cœurs : la reconnaissance et la confiance.Oui, Nos Très Chers Frères, rendons grâces en tout temps et pour toutes choses, au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, à Dieu le Père.Grattas agentes semper pro omnibus, in nomine Domini Nostri Jesu Christi, Deo et Patri (Eph.V.20).Rendons grâces au Dieu de toute miséricorde, qui a voulu que ce beau et vaste continent lui fût consacré dès sa découverte par des croix plantées ça et là le long de nos lacs, et que ce signe du salut fût porté jusqu'à ses extrémités le plus reculées.Quand les premiers chrétiens venus de l\u2019Europe remontèrent notre majestueux Saint-Laurent, ils ne virent de tous côtés que \u2014 219 \u2014 des forêts à perte de vue, habitées par des peuplades errantes assises à l'ombre de la mort et ensevelies dans les erreurs de l\u2019idolâtrie.La religion commença dès lors à remplir sa mission divine ; le Christ avait dit : Je suis venu allumer le feu sur la terre et que veux-je sinon que ce feu s'étende de plus en plus ?(Luc XII.49.) O saints missionnaires ! pénétrez donc dans ces immenses forêts, portez-y le flambeau de la vérité et de la charité comme le veut le Prophète Royal (Ps.LXXXII.15.).Sicut ignis qui comburit sylvam et flamma comburens montes.Allez verser vos sueurs et votre sang sur cette terre bénie d\u2019où surgiront, jusqu\u2019à la fin des siècles, des moissons abondantes pour le Père de Famille.D\u2019un océan à l\u2019autre, depuis le pôle nord jusqu\u2019au Mexique, les vallées immenses de deux fleuves larges et profonds, quelle étendue de territoire à découvrir, à parcourir, à évangéliser ! Ah ! si le premier évêque de Québec, le pieux et zélé de Laval, revenait sur la terre, quel cri d\u2019admiration et de reconnaissance il pousserait du fond de son cœur, en voyant les progrès qu\u2019a faits l\u2019Évangile dans ce continent ! L\u2019Église de Québec, si petite, si humble, si faible dans ses commencements, chargée néanmoins de porter la parole divine et la bonne nouvelle dans un territoire plus vaste que l\u2019Europe entière, cette Église n\u2019a point failli à sa mission, elle n\u2019a pas succombé sous le fardeau, et aujourd\u2019hui elle compte avec orgueil les provinces, les diocèses et les vicariats apostoliques dont elle est la mère féconde.Ces merveilles, ce n\u2019est pas une main d\u2019homme qui les a opérées ; à Dieu seul en doit revenir la gloire ; à Dieu seul donc reconnaissance sans bornes ! A l\u2019exemple des Machabées, chantons des hymnes, bénissons Dieu, hautement parce qu'il est bon et que sa miséricorde s\u2019étend dans tous les siècles\u2014Et conversi, hym-num canebant et benedicebant Dcum in cœlum, quoniam bonus, quoniam in sæculum misericordia ejus (I Mach.IV, 24.).Après avoir ainsi jeté un regard de complaisance sur le passé, nous pouvons bien contempler l\u2019avenir avec une ferme confiance, et compter que Dieu, qui a béni si prodigieusement cette église, ne laissera pas son ouvrage inachevé. \u2014 220 \u2014 Cette ferme confiance ne doit pas néanmoins ralentir en nous la ferveur de la prière.Vous le savez, Nos Très Chers Frères, Dieu aime que nos cœurs soient toujours dirigés vers lui, comme vers un père plein de bonté ; ce qu\u2019il veut faire de bien à ses créatures, il désire que nous le lui demandions pour reconnaître son souverain domaine ; la prière nous donne occasion d\u2019approcher de son trône et de venir réchauffer nos cœurs au contact de cette charité infinie qui est Dieu lui-même\u2014Deus chantas est (I.Jean IV.8.).Toutes ces merveilles admirables que sa main toute puissante opère à chaque instant dans l\u2019ordre surnaturel, Dieu aime à nous y associer par la prière qui, montant vers son trône comme un parfum de bonne odeur, redescend sur nous comme une rosée bienfaisante tout imprégnée de grâce et de bénédiction.Voilà pourquoi, Nos Très Chers Frères, après avoir entonné l\u2019hymne de la reconnaissance pour de si grands bienfaits, nous ne devons jamais cesser de tenir nos cœurs et nos mains élevés vers le trône de la grâce pour y obtenir miséricorde et trouver grâce dans un secours opportun \u2014 Adeamus cum fid.ucia ad thronum gratiæ, ut misericordiam inveniamus in auxilio opportuno.(Hébr.IV.16.) Demandons à Dieu qu\u2019il continue de verser sur notre chère Église, et sur celles qui en sont sorties, ses bénédictions les plus abondantes jusqu\u2019à la consommation des siècles, afin que, suivant la parole d\u2019Isaie, (LIV.3.) elle s'étende encore à droite et à gauche et que sa postérité ait les nations pour héritage et habite les villes maintenant désertes\u2014Ad dexteram et ad lævam penetrabis : et semen tuum gentes hereditabit et civitates désertas inhabitabit.Afin que notre reconnaissance se manifeste avec plus d\u2019éclat et que nos prières soient plus efficaces, nous avons invité les cinquante-neuf évêques, dont les diocèses ont autrefois fait partie de celui de Québec, à venir rendre grâces avec nous et à unir leurs prières aux nôtres dans celte circonstance solennelle.Bon nombre d\u2019entre eux ont déjà promis de venir ou d\u2019envoyer quelqu\u2019un pour les représenter, et ainsi s\u2019accomplira, au milieu de notre cité, la consolante promesse du même prophète (LI.3.) : La joie et Vallégresse y paraîtront de tous côtés ; on y entendra les actions cle grâces et les cantiques.\u2014Gaudium et lætitia invenietur in eâ: gratiarum actio et vox laudis. \u2014 221 \u2014 Mais voici, Nos Très Chers Frères, une autre voix bien plus autorisée qui daigne s\u2019unir à nous dans ce concert de reconnaissance et de prières.Notre Saint-Père le Pape, à qui nous avons demandé, pour cette occasion, la faveur d\u2019une indulgence plénière et la faculté de donner la bénédiction apostolique, nous a accordé volontiers ce double bienfait.Nous savons de bonne source qu\u2019il a manifesté sa joie et son admiration à la vue de la bénédiction répandue sur notre église de Québec, devenue la mère féconde de tant d\u2019autres églises dans l\u2019Amérique du Nord.Pour mieux exprimer les sentiments de son cœur paternel, il a voulu y ajouter deux autres faveurs qui demeureront comme un monument éternel de la belle fête que nous allons célébrer.L\u2019Église de Notre-Dame de Québec, d\u2019abord humble chapelle où se réunissaient les rares familles qui composaient alors toute la population française et catholique de ces vastes régions, devint successivement paroissiale, cathédrale et métropole.Le Saint Père a voulu lui conférer le Litre plus auguste de Basilique Mineure.Basilique signifie maison royale ; et de même que les palais des princes sont distingués des autres demeures et participent au rèspecl qu\u2019inspire la majesté royale, ainsi les basiliques tiennent un rang à part dans la hiérarchie des édifices consacrés à Dieu.Il y a, dans la ville de Rome, cinq basiliques, qu\u2019on appelle majeures, à cause de leur antiquité, de leur splendeur et des souvenirs qu\u2019elles sont destinées à perpétuer.En dehors de la ville sainte, aucune église du monde ne porte le même titre, mais il y a des basiliques mineures en nombre assez restreint, décorées de ce titre par un bienfait tout spécial du Siège Apostolique.Il est donc vrai de dire, Nos Très Chers Frères, que pour témoigner tout l\u2019intérêt qu\u2019il porte à la belle fête que nous allons célébrer, l\u2019Immortel Pie IX a daigné placer l\u2019église de Notre-Dame de Québec au nombre de celles qui figurent au premier rang en dehors de la ville de Rome. \u2014 222 \u2014 Salut donc, ô vénérable basilique ! consacrée à la Vierge Immaculée, reine des anges et des hommes ! vraie maison royale où tant de pontifes ont reçu l\u2019onction pontificale qui les a établis pasteurs, non seulement pour l\u2019église de Québec, mais aussi pour un grand nombre de diocèses qui lui doivent le jour ! Maison royale où depuis deux siècles tant de Lévites sont venus recevoir l\u2019imposition des mains qui leur ont conféré le Sacerdoce Royal (I.Pierre IL 9.).C\u2019est de votre sanctuaire qu\u2019ils sont ensuite partis pour aller évangéliser, les uns, les côtes brumeuses de Terre-Neuve, les autres, les rivages lointains de l\u2019océan Pacifique ; ceux-ci ont dirigé leurs pas vers les froides régions du Nord-Ouest, ceux-là ont suivi le cours du Mississipi et ont porté jusque sur les bords du golfe du Mexique la bonne nouvelle envoyée de Québec ! Réjouissez-vous donc, ô vénérable basilique, car il est écrit :\tDes enfants vous sont nés pour succéder à vos pères ; vous les établirez princes sur toute la terre.Ils se souviendront de votre nom de génération en génération.Et pour cela les peuples publieront éternellement vos louanges.\u2014Pro patribus tuis nati sunt tibi filii; constitues eos principes super omnem terram.Memores erunt nominis tui in omni generatione et generationem.Proptereà populi confitebuntur tibi in æternum (Ps.XLIV.17.).A ce privilège si honorable pour le diocèse de Québec, l\u2019immortel Pie IX a voulu ajouter le don d\u2019une magnifique mosaïque qui représente la Sainte Vierge.Elle sera placée dans notre basilique et y demeurera comme un monument perpétuel de l\u2019amour et de l\u2019intérêt paternel que notre bien-aimé Pontife porte à ses enfants du Canada.Ce sera pour nous un nouveau motif de prier avec ferveur le Dieu infiniment bon, de prolonger les jours de notre père, et de lui donner la suprême consolation de voir le triomphe de la Sainte Église catholique sur tous ses ennemis.O Dieu de clémence, dirons-nous avec le Prophète Royal, laissez-vous fléchir en faveur de vos serviteurs ; comblez-nous de votre miséricorde dès le matin et remplissez-nous de consolation, afin que nous puissions nous réjouir à proportion des jours où nous avons été humiliés et des années où nous avons éprouvé des maux.\u2014Lætati sumus pro diebus quibus nos humiliasti ; annis quibus vidimus mala (Ps.LXXXIX.13.).A ces causes et le saint nom de Dieu invoqué, nous réglons ce qui suit : \u2014 223 \u2014 1° Le mardi 29 septembre courant, commencera dans la basilique de Notre-Dame de Québec un Triduum, durant lequel il y aura indulgence plénière en faveur de tous ceux qui s\u2019étant confessés et ayant communié, visiteront la dite basilique et y prieront pour la conservation et l\u2019augmentation de la foi dans tout ce vaste territoire qui a été autrefois ou qui est encore, sous la juridiction des Évêques de Québec.Le Saint-Sacrement demeurera exposé ces trois jours, depuis la messe de 5 heures jusqu\u2019à celle de 8 heures inclusivement.Le mardi et le mercredi, à 6 heures du soir, il y aura salut et bénédiction du Saint-Sacrement.2° Le jeudi, premier octobre, qui sera le dernier jour du dit Triduum, il y aura à 9 heures, messe solennelle pontificale avec bénédiction apostolique et Te Deum.3° Le dimanche suivant, on chantera le Te Deum après la messe paroissiale ou conventuelle dans toutes les églises, où cette messe se célèbre avec chant.Si cette messe n\u2019est pas chantée, on pourra se contenter de le réciter.Sera le présent mandement lu et publié au prône de toutes les églises ou chapelles paroissiales et autres où l\u2019on fait l\u2019office public, ainsi qu\u2019en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception.Donné à Québec, sous notre seing, le sceau de l\u2019Archidiocèse et le contre-seing de notre secrétaire, en la fête de la Nativité de la Bienheureuse et Immaculée Mère de Dieu, huit septembre mil huit cent soixante-quatorze.-j- E.-A., Arch, de Québec.Par Monseigneur, G.A.Collet, prêtre, Secrétaire. \u2014 224 \u2014 (N° 35) CIRCULAIRE AU CLERGÉ ( Archevêché de Québec, (\t16 septembre 1874.I.\tFête du premier octobre prochain.II.\tSouscription pour le Collège de Sainte-Anne.III.\tObligation du Petit Cérémonial remise à une époq»e ultérieure.IV.\tSociété Ecclésiastique de Saint-Michel.Monsieur, Vous avez dû recevoir en son temps le mandement au sujet de la fête du 1er octobre.Les prêtres du diocèse qui ont des connaissances dans la ville ou dans les environs, feront bien de s\u2019assurer un logement pour cette occasion, parce que l\u2019aflluence des évêques et des prêtres étrangers qui sont attendus, ne permettra guère de compter sur l\u2019archevêché et sur le séminaire.Vous êtes prié d\u2019apporter un surplis avec vous pour la même raison et vous rendriez service en en apportant un second que vous prêteriez à quelque étranger à qui on n\u2019aurait pu en fournir.Il sera bon d\u2019y mettre une marque pour le retrouver facilement.Il Cette année, comme l\u2019année dernière, le comité de la souscription pour le Collège de Sainte-Anne, a examiné avec soin les livres de comptes et entendu les explications de M.le Supérieur.Quoique le résultat des opérations de l\u2019année dernière n\u2019ait pas été tout à fait aussi considérable que celui des années précédentes, néanmoins le comité a été unanime à reconnaître que la souscription doit continuer et atteindre son but.Sur la souscription, il reste à recevoir encore $32,000 en sept années ; si à cela l\u2019on ajoute $20,000 que, durant le même espace de \u2014 225 \u2014 temps, le collège compte recevoir en partie du gouvernement et en partie de ses fermes pour aider la souscription, nous aurons une somme de $52,000 pour rencontrer les $41,000 auxquelles il faut faire honneur après avoir déduit de la dette totale: 1° ce qui se trouve contrebalancé par des dettes actives certaines ; 2° les capitaux qui ne sont pas à rembourser, tels que sont ceux des rentes viagères et des bourses fondées.Je tiens à contredire une certaine rumeur qui s\u2019est répandue, ¦savoir que le Collège de Sainte-Anne faisait de nouveaux emprunts.La vérité est que l\u2019on a emprunté à 5 ou G par cent pour rembourser aussitôt des capitaux portant intérêt de 7 par cent : ce qui est tout à l\u2019avantage de l\u2019institution, comme on le voit.Je remercie Messieurs les Souscripteurs qui ont contribué à la bonne œuvre.Reconnaissance aussi à quelques créanciers qui ont fait remise d\u2019une partie de l\u2019intérêt.III Ayant trouvé que les questions proposées sur le Petit Cérémonial demandaient un temps assez long pour être résolues de manière à n\u2019avoir pas à y revenir, j\u2019ai annoncé durant la retraite que je suspendais jusqu\u2019à nouvel ordre l\u2019obligation de le mettre en pratique.Il doit être bien entendu que je n\u2019v ai pas renoncé.J\u2019invite ceux qui ont des questions à faire sur ce Cérémonial à me les présenter le plus tôt possible par écrit, en indiquant le numéro dont il s\u2019agit.Cette demande que je vous adresserait assez connaître combien je désire que cet ouvrage soit étudié dès maintenant par tous les membres du clergé.IV Si vous n\u2019avez pas encore répondu à.ma circulaire du 3 septembre, au sujet de la Société Ecclésiastique de Saint-Miche], vous êtes instamment prié de le faire au plus tôt.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement, f E.-A., Arch, de Québec.15 226 CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec,, 17 septembre 1874.Monsieur le Curé, Dans le cours des deux dernières retraites ecclésiastiques, j\u2019ai invité Messieurs les Curés à bien accueillir, dans leurs paroisses, les religieuses du Bon-Pasteur, à qui j\u2019ai dû permettre de faire une collecte générale dans le diocèse.Je crois maintenant devoir de plus leur recommander par écrit l\u2019œuvre pour laquelle elles sont obligées d\u2019entreprendre cette tâche pénible.Comme il leur reste encore bien des dettes à payer pour la construction des différentes parties de leur asile, elles voudraient les acquitter toutes, s\u2019il est possible, avant d\u2019en contracter de nouvelles, pour ajouter?une aile considérable à eet établissement de charité.Il leur devient, en effet, urgent de ne pas différer davantage la construction projetée, pour pouvoir recueillir toutes les filles repentantes qui viennent leur demander un refuge.Cette entreprise est digne de l\u2019encouragement de toutes les personnes qui apprécient l\u2019œuvre de la conversion des pécheurs, puisque, meme pour le retour d\u2019un seul d\u2019entre eux à la grâce, il y a plus de joie dans le Ciel que pour la persévérance de quatre-vingt-dix-neuf jpstes.J\u2019ai donc la confiance que vous ne manquerez pas de la favoriser de tout votre pouvoir auprès de vos paroissiens.Ceux-ci, encouragés par votre parole, voudront contribuer par leurs aumônes à retirer du vice, et à ramener à Dieu tant de malheureuses victimes des séductions du monde, qui soupirent après le moment où elles pourront secouer le joug de leur esclavage.Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019ils sont appelés à prendre part à l\u2019Œuvre du Bon Pasteur.Déjà, sur la demande de deux de mes illustres prédécesseurs, Messeigneurs Turgeon et Baillar-geon, ils ont montré, par de généreuses contributions, combien ils avaient à cœur de la faire prospérer.J\u2019ai l\u2019assurance que la nouvelle demande, que je fais en sa faveur, sera accueillie par \u2014 227 \u2014 eux avec la môme charité, et qu\u2019ils s\u2019estimeront heureux de concourir de la sorte à augmenter son action bienfaisante.Je vous prie de lire la présente à votre prône, le dimanche qui précédera les jours où les bonnes religieuses feront la collecte dans votre paroisse, et de faire comprendre à votre peuple combien l\u2019on acquiert de mérite en y prenant part.Je demeure avec un bien sincère attachement, Monsieur le Curé, Votre très humble et très obéissant serviteur, -j- E.-A., Arch, de Québec.(N° 36) CIRCULAIRE AU CLERGÉ j Archevêché de Quéhec, 1\t18 décembre 1874.I.Office et messe de S.Boniface.ÏI.Petit Cérémonial.Monsieur, I Par un décret du 11 juin 1874, rofïice de Saint Boniface, apôtre de l\u2019Allemagne, a été rendu obligatoire dans toute l\u2019Église.Ayant reçu ce décret tout dernièrement, j\u2019ai immédiatement pris des mesures pour que YOrclo et le calendrier de 1875 renfermassent l\u2019indication de cet office à son jour propre, qui est le 5 juin.J1 en est résulté plusieurs translations d\u2019offices, qui ont nécessité un nouveau tirage de ce mois et retardé la publication de YOrclo.Il y aura aussi un nouveau tirage du calendrier : quelques corrections faites à la plume sur le calendrier non corrigé suffiront pour guider les sacristains et les chantres. \u2014 228 \u2014 L\u2019office de Saint Boniface, approuvé dès 1855 pour l\u2019Allemagne seulement, se trouve dans le supplément de beaucoup d\u2019éditions récentes du bréviaire.J\u2019en fais imprimer un certain nombre de copies que vous pourrez acheter chez P.G.Delisle.La messe est propre et comme elle ne se trouve pas au supplément de nos missels, môme les plus récents, je la fais aussi imprimer.Lorsque vous la ferez demander, ayez soin d\u2019indiquer le format que vous désirez, selon les missels que vous avez.Il Après avoir examiné avec soin toutes les observations et questions qui m\u2019ont été adressées au sujet du Petit Cérémonial, j\u2019ai reconnu qu\u2019un bon nombre de ces questions pouvaient se résoudre facilement d\u2019elles-mômes par une étude plus attentive du Petit Cérémonial.Je n\u2019ai tenu compte que des difficultés réelles qui m\u2019ont été signalées.Il ne faut pas oublier que ce Petit Cérémonial est destiné aux enfants de chœur et ne renferme point tout ce qui est nécessaire au célébrant et aux ministres sacrés, qui doivent recourir comme ci-devant à Baldeschi pour -connaître ce qu\u2019ils ont à faire.Je vous envoie sur une feuille séparée certaines remarques que vous aurez soin de coller à la fin du Petit Cérémonial, pour pouvoir y recourir au besoin.Si vous désirez en avoir plusieurs exemplaires, vous en trouverez chez l\u2019imprimeur.Le Petit Cérémonial avec les notes ci-jointes commencera à être obligatoire dans le diocèse de Québec, le 15 février prochain, dimanche de la Quinquagésime.On pourra commencer plus tôt à le mettre en pratique, soit tout à la fois, soit par parties, si on trouve que ce soit plus facile.Quelques prêtres qui l\u2019ont déjà introduit dans leurs églises, ici et dans d\u2019autres diocèses, sont unanimes à exprimer leur satisfaction : j\u2019ai tout lieu de croire qu\u2019avec de la bonne volonté et de la persévérance, il en sera de même partout.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement.4- E.-A., Arch, de Québec. \u2014 229 \u2014 CIRCULAIRE A MESSIEURS LES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ECCLÉSIASTIQUE DE SAINT-MICHEL DU DIOCÈSE DE QUÉBEC Monsieur, { Archevêché de Quéhec, 23 décembre 1874.Dans ma circulaire du 3 septembre dernier, je vous ai proposé un mode de partage des fonds accumulés de la Société Ecclésiastique de Saint-Michel, et un plan de constitution pour la formation d\u2019une nouvelle société, dite de Saint-Joseph, destinée à remplacer, dans le diocèse de Québec, la société de Saint-Michel.Malgré les pressantes invitations adressées à tous les membres, de répondre au plus tôt, il m\u2019est arrivé des réponses encore ces jours derniers, et vingt-cinq membres n\u2019ont point rempli ce devoir.Sur les 246 membres qui appartiennent à ce diocèse, 212 ont accepté sans restriction le mode de partage des fonds et la constitution de la nouvelle société.Quatre ont accepté le mode de partage, mais désirent que la société de Saint-Michel continue comme société diocésaine.Cinq ont répondu négativement à toute proposition départagé et de formation de la société Saint-Joseph.Monseigneur de Rimouski m\u2019informe que sur les 49 membres qui sont de son diocèse, 42 ont accepté le mode de répartition des fonds accumulés et 7 n\u2019ont pas répondu.Dans le diocèse des Trois-Rivières, sur les 100 membres, 81 ont accepté le mode de division des fonds, 5 ont refusé et 14 n\u2019ont pas répondu.La minorité est donc très faible, puisque sans compter ceux qui ont gardé le silence, il n\u2019v a eu que dix voix négatives contre 339 affirmatives. \u2014 230 Mais comme il aurait fallu Vunanimité pour arriver à une séparation à l\u2019amiable, il devient nécessaire de recourir aux moyens primitivement proposés pour amener graduellement une séparation jugée nécessaire, et voulue par l\u2019immense majorité des membres.Déjà le diocèse des Trois-Rivières a formé une nouvelle société, dite de Saint-Thomas ; les officiers en sont môme élus depuis le mois de mars dernier; les membres qui la composent n\u2019ont pas encore renoncé à la société Saint-Michel, parce qu\u2019ils espéraient que la division des fonds pourrait se faire à l\u2019amiable.Dans ce cas, avec leur paid dans les fonds, ils se seraient chargés de payer des pensions aux invalides de leur diocèse.Cet arrangement si désirable et si avantageux étant devenu impossible, tous les membres payant du diocèse des Trois-Rivières vont se retirer de la société Saint-Michel, en laissant à celle-ci la charge de continuer aux infirmes les pensions dont ils jouissent.Il est évident que les revenus étant diminués d\u2019un quart et les charges restant les mômes, les fonds accumulés de la société Saint-Michel finiront par s\u2019épuiser.Si, comme quelques-uns en ont manifesté le désir, la môme société continuait dans le diocèse de Québec, elle se trouverait nécessairement chargée de tous les infirmes qui sont étrangers au diocèse.Il est donc nécessaire que le diocèse de Québec jette dès maintenant les bases d\u2019une nouvelle société qui, dans un avenir plus ou#moins éloigné, remplace celle de Saint-Michel, sans avoir la charge de pourvoir à tous ces infirmes, dont les diocèses respectifs devront tôt ou tard prendre soin.La très grande majorité des membres du diocèse de Québec ayant accepté la formation de la société de Saint-Joseph, telle que définie dans ma circulaire du 10 octobre 1873, et expliquée dans celle du 3 septembre 1874, cette Société peut être considérée comme formée et organisée à partir de ce jour, sur les bases suivantes que je rappelle ici pour plus grande clarté.1° Les seuls membres actuels de la Société Ecclésiastique de Saint-Michel appartenant au diocèse de Québec, sont maintenant admis à faire partie de la Société de Saint-Joseph : plus tard, en en admettra d\u2019autres. \u2014 231 \u2014 2° Tout en continuant de faire partie de l\u2019ancienne Société et de lui payer la somme fixée par les règlements actuels, nous payerons à la meme époque, entre les mains d'un trésorier spécial, désigné par l\u2019Archevêque le cinquantième du casuel reçu, et des honoraires de messes basses perçus.Ce trésorier sera M.Henri Têtu, assistant-secrétaire.3° Cette somme sera capitalisée à mesure qu\u2019elle sera perçue et mise à rente, et on n\u2019en dépensera rien jusqu\u2019au moment où.la nouvelle association aura un capital suffisant pour que nous puissions abandonner l\u2019ancienne société.Nous aurons alors pour atteindre le but de notre association 1» la rente de ces fonds accumulés; 2° le cinquantième des revenus ecclésiastiques que nous cesserons de verser à la caisse de Saint-Micliel pour le mettre à la disposition de la nouvelle société ; 3° le cinquantième du casuel reçu et des honoraires de messes basses perçus.Nous pourrons ainsi donner aux pauvres invalides du diocèse une pension convenable.4° Si quelque membre de la rfcuvelle association devient invalide avant la dissolution de la Société Saint-Michel, il ne pourra réclamer de la Société de Saint-Joseph aucun secours, mais il s\u2019adressera comme ci-devant à la Société Saint-Michel.5° Les membres de l\u2019association de Saint-Joseph élus procureurs de la Société Saint-Michel, seront ex officio procureurs de la dite association sous la présidence de l\u2019Archevêque de Québec.S'ils ne sont pas au nombre au moins de cinq, l\u2019Archevêque, sur l\u2019avis des procureurs existants, en nommera pour compléter ce nombre.G° Lorsqu\u2019il s\u2019agira d\u2019effectuer la séparation, on prendra l\u2019avis des membres, suivant le mode établi dans la Société Saint-Michel, dont les règles sont provisoirement adoptées par la nouvelle association, sauf les modifications marquées dans la présente circulaire.1° Si quelque prêtre ordonné avant la séparation, retarde de faire partie de la nouvelle association,il ne sera admis qu\u2019en payant pour les années de retard, outre le cinquantième du casuel et des honoraires comme ci-dessus, l\u2019intérêt de ce même cinquantième à six par cent, à compter du 1er octobre 1874, s\u2019il a été ordonné avant cette dernière époque, ou bien à compter du Ie'- 232 \u2014 octobre qui suivra son ordination, si elle a lieu après le îer octobre 1874.La raison de cette disposition est que cette contribution devant être capitalisée et mise à rente à mesure qu\u2019elle sera perçue, ceux qui retarderaient à entrer dans la nouvelle association, se trouveraient avoir moins contribué que les autres.Mais une fois la séparation faite, on suivra la règle établie dans la Société Saint-Michel, à moins que la majorité des membres n\u2019en décide autrement.8° Ceux qui se retireront de l\u2019association n\u2019auront point droit de réclamer ce qu\u2019ils auront contribué.Il reste encore un point à éclaircir.MM.Joseph Aubry, Jean-François Gagnon et John MacDonald, aujourd\u2019hui pensionnaires de la Société Saint-Michel, n\u2019appartiennent à aucun des trois diocèses entre lesquels la dite Société va se partager.On peut y ajouter le vénérable Archevêque d\u2019Orégon-City, qui depuis plus d\u2019un demi siècle paye fidèlement à la Société Saint-Michel le cinquantième voulu par les règlements.Il serait certainement cruel, lorsque cette société se dissoudra faute de fonds et de membres, de laisser sans ressources ces vénérables vieillards.D\u2019un autre côté, il serait injuste de faire peser sur un seul diocèse toute la charge de leur pension.Voilà pourquoi j\u2019ai proposé à Nos Seigneurs les Évêques des Trois-Rivières et de Rimouski, que la pension dont ils jouissent, ou dont ils pourront avoir besoin plus tard, soit fixée d\u2019un commun accord par les présidents respectifs et payée par chacune des trois nouvelles sociétés au pro-rata du nombre de membres de chaque diocèse existants le 31 août 1874 dans la société Saint-Michel.Je n\u2019ai aucun doute que les nouvelles sociétés, formées dans ces diocèses, accepteront volontiers cette proposition, que je soumets à l\u2019approbation des membres de la Société de Saint-Joseph.Mais comme rien ne presse pour le moment, il en sera question à la prochaine assemblée.Agréez, Monsieur, l\u2019assurance de mon sincère attachement, et les vœux que je forme pour vous à l\u2019occasion de la nouvelle année.*j- E.-A., Arch, de Québec. \u2014 233 \u2014 (N° 37) MANDEMENT POUR LA SECONDE VISITE PASTORALE DES PAROISSES ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU, par la grace de Dieu et du Siège Apostolique, Archevêque de Québec, A tous les curés, missionnaires, vicaires et autres ecclésiastiques chargés clu soin des cimes, et à tous les fidèles de notre archidio-cèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Pour la seconde fois, Nos Très Chers Frères, depuis que la volonté divine nous a chargé du soin de vos âmes, nous allons visiter toutes les paroisses et missions de ce vaste diocèse.Dans notre mandement pour annoncer la première visite, nous vous disions combien nos prédécesseurs avaient éprouvé de joie et de consolation durant leurs visites pastorales.Maintenant nous pouvons parler par notre propre expérience et nous sommes heureux de vous rendre ce témoignage que partout nous avons été accueilli avec la joie, le respect et la soumission que nous attendions de votre foi et de votre piété.Grâces éternelles en soient rendues à Notre Seigneur, notre passage au milieu de vous a été l\u2019occasion pour son cœur divin et adorable, de verser à grands flots dans vos cœurs, la consolation, la lumière et la force, comme nous l\u2019avions espéré.Et la grâce d\u2019une fidèle correspondance aux desseins miséricordieux de ce cœur divin, ne vous a pas été non plus ménagée, car nous avons bien des fois eu occasion d'en admirer les merveilleux effets.Les justes sont devenus plus justes; les tièdes ont été embrasés du feu de la charité; les pauvres pécheurs surtout ont eu recours au sacrement de la réconciliation ; grâces soient rendues à Dieu pour ses dons ineffables ; gralias Deo super inenarrabili dono ejus (II.Cor.IX, 15). \u2014 234 Entre huit et neuf mille enfants ont été, chaque année, rendus parfaits chrétiens par l\u2019onction du Saint-Esprit, dans le sacrement de la confirmation.Voilà, Nos Très Chers Frères, les grâces dont il a plu à Notre Divin Sauveur de nous rendre le dispensateur durant la première visite que nous avons faite dans toute l\u2019étendue du diocèse.Et puisque sa miséricorde est infinie et ses trésors inépuisables, nous avons droit de compter que la seconde visite ne sera pas moins fructueuse.Car, remarquez-le bien, Nos Très Chers Frères, ce n\u2019est pas en notre propre nom que nous venons vous visiter; c\u2019est au nom et par l\u2019ordre de Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, qui est venu visiter et racheter son peuple, visitavil et fecit redemptionem plcbis suæ (Luc I.68.), et qui nous envoie pour donner à son peuple la science du salut, pour la rémission des pêchés, ad dandam scientiam salutis plebi ejus, in remis-sionem peccatorum corum (V.77.).Nous vous dirons avec le grand apôtre : Nous sommes les ambassadeurs de Jésus-Christ auprès de vous et c'est lui qui vous exhorte par notre bouche à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu.Car il dit : Au temps favorable je vous ai exaucés et au jour du salut je vous ai secourus.Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut (IL Cor.V.20 et VI.1.2.).En vertu d\u2019un induit spécial, nous sommes autorisé à accorder dans chaque paroisse ou mission que nous visitons, une indulgence plénière, en faveur de toutes les personnes qui, s\u2019étant confessées et ayant communié, prieront pour la propagation de la foi et suivant les intentions du Souverain Pontife.C\u2019est une faveur précieuse dont nous savons par expérience que vous vous empressez toujours de profiter.Mais vous savez, Nos Très Chers Frères, qu\u2019il faut pour cela détester sincèrement tous vos péchés, avoir un ferme propos de ne plus jamais les commettre, de pardonner les injures reçues et de réparer les torts faits au prochain.Mettez-vous d\u2019avance dans ces bonnes dispositions, efforcez-vous surtout de vous réconcilier avec votre prochain et de lui rendre ce qui lui est dû ; car la charité et la justice sont deux vertus absolument nécessaires à quiconque veut obtenir miséricorde de la part de Dieu.Avant toutes choses, dit l\u2019apôtre Saint Pierre (I.Ep.IV.8), ayez les uns pour les autres une charité constante, car la charité couvre la multitude des péchés.Notre Seigneur veut \u2014 235 \u2014 que ce commandement soit considéré comme le premier, après celui qui nous enjoint d\u2019aimer Dieu, et il se propose lui-même comme notre modèle : Voici mon commandement, dit-il, c'est que vous voies aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés.Personne n'a un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis (S.Jean, XV.12, 13.).La justice envers le prochain est une conséquence rigoureuse de la charité que nous lui devons : Rendez à chacun ce qui lui est dû, dit Saint Paul, le tribut à qui le tribut, l'impôt à qui l'impôt, la crainte à qui la crainte et l'honneur à qui l'honneur (Rom.XIII.7).Aussi Notre Seigneur a-t-il réuni ensemble ces deux vertus, quand il nous commande de remplir à l\u2019égard de nos frères tout devoir de charité et de justice, avant d\u2019offrir un sacrifice à Dieu: Si vous présentez votre offrande a l'autel, dit-il, et que là vous vous souveniez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez là votre offrande devant l'autel et allez vous réconcilier auparavant avec votre frère, et alors revenant, vous offrirez votre don (Matth.V.23, 24).Appliquez-vous également à détruire au dedans de vous-mêmes toute affection au péché.Éloignez-vous de toute occasion dangereuse.Si par malheur vous êtes enchaînés par quelque mauvaise habitude, efforcez-vous de la déraciner par la prière, par la vigilance, par le recours fréquent aux avis de votre confesseur et aux grâces des sacrements.Ne vous découragez point si vos premiers efforts ne sont pas couronnés de succès; il est juste qu\u2019après vous être livrés volontairement à l\u2019esclavage du démon, vous ayez à supporter les fatigues d\u2019un long combat pour briser ses chaînes; toute cette pénible conquête de votre liberté est la plus belle et la plus méritoire pénitence que vous puissiez faire.Telles sont, Nos Très Chers Frères, les principales dispositions qui vous feront profiter des grâces spéciales que Notre Seigneur, dans sa bonté infinie, veut bien attacher à la visite de votre premier pasteur.De même qu\u2019une terre préparée avec soin reproduit au centuple la semence qu\u2019on y jette, de même la grâce de Dieu tombant sur un cœur bien disposé, produit des fruits de vie éternelle.Puisse-t-il en être ainsi, Nos Très Chers Frères, durant cette visite que nous allons faire à votre paroisse ! Tout dépendra de vous, car du côté de Dieh rien ne sera épargné : aucune force, aucune lumière, aucun secours ne vous sera \u2014 236 \u2014 refusé pour le salut et la sanctification de vos âmes rachetées par le sang précieux de Jésus-Christ.Adressez sans cesse des prières ferventes à son cœur divin et à sa sainte mère, pour obtenir pour \u2018vous-mêmes et pour vos chers enfants qui doivent être confirmés, la grâce d\u2019une bonne préparation aux bienfaits de la visite et ensuite une persévérance constante qui en assure les fruits pour la vie éternelle.Demandez aussi pour nous, et pour votre pasteur, et pour ceux qui nous accompagneront dans cette visite, le zèle, la lumière et les forces nécessaires pour que nous puissions nous acquitter dignement de ce ministère redoutable qui nous est confié.A ces causes et le saint nom de Dieu invoqué, nous réglons ce qui suit : 1° Les trois dimanches qui précéderont notre arrivée dans chaque paroisse ou mission, conformément au tableau ci-joint, on récitera trois fois l\u2019oraison dominicale et la salutation angélique, à la suite de la grand\u2019messe, afin d\u2019implorer la grâce de Dieu sur nous et sur les prêtres qui nous accompagneront, ainsi que sur la paroisse ou mission que nous devons visiter.2° Environ un quart d\u2019heure après notre arrivée, il sera donné une instruction familière, après laquelle nous ferons notre entrée solennelle en la manière prescrite dans l\u2019appendice du rituel.Après l\u2019entrée, l\u2019ordre des exercices sera expliqué au peuple, puis nous ferons la visite du tabernacle et nous donnerons la bénédiction du Saint-Sacrement, 3° Nous ferons, en temps commode, la visite des ornements, des fonts baptismaux, du cimetière, de l\u2019église et de ses dépendances.4° Nous donnerons une attention particulière à l\u2019exécution des ordonnances rendues dans les visites précédentes et aux comptes de la fabrique, lesquels, à l\u2019exception de ceux de l\u2019année courante, doivent être tous rendus, clos et arrêtés en la forme prescrite dans Vappendice du rituel (édition de 1874).5° Nous nous ferons un devoir de recevoir et d\u2019entendre toutes les personnes qui désireront nous parler en particulier. \u2014 237 \u2014 6° Messieurs les Marguilliers auront l'attention de procurer les voitures nécessaires pour transporter à la paroisse ou mission suivante, le personnel et le bagage de la visite.Sera le présent mandement lu au prône de la messe paroissiale, le premier dimanche après sa réception.Donné à l\u2019Archevêché de Québec, sons notre seing, le sceau de l\u2019archidiocèse, et le contre-seing de notre Secrétaire, en la fête de la Purification de la Sainte Vierge, deux février mil huit cent soixante-quinze.E.-A., Arch, de Québec.Par.Monseigneur, G.-A.Collet, prêtre, Secrétaire.Notes.\u2014 1° Messieurs les curés doivent préparer toutes choses conformément à l\u2019Appendice du Rituel (édition de 1874), sauf les exceptions mentionnées dans nos notes sur le N° 451 du Petit Cérémonial.Le rapport annuel doit nous être présenté à notre arrivée, avec l\u2019inventaire, les comptes, les registres, tableau des indulgences et fondations, et autres papiers de l\u2019église.2° Il faut préparer les chantres et les clercs et exercer les cérémonies suivant la remarque que nous avons faite au N° 451 du Petit Cérémonial.3° Le départ se fait ordinairement à une heure après-midi.Messieurs les Curés peuvent ainsi calculer à peu près l\u2019heure de l\u2019arrivée dans leur paroisse, en tenant compte de la longueur et de l\u2019état de la route à parcourir.Dans certains cas, le départ sera avancé de manière à ce que l\u2019arrivée ait lieu au plus tard à 4^- heures.Le départ peut être avancé jusqu\u2019à 9 heures du matin, surtout quand il y a à faire des voyages par eau, afin de profiter de la marée.Messieurs les Curés voudront bien prendre d\u2019avance à cet égard les informations et arrangements nécessaires.4° Afin que les personnes qui doivent être confirmées soient mieux préparées à recevoir ce grand sacrement, nous aurons \u2014 238 \u2014 avec nous deux prêtres de plus qu\u2019à l\u2019ordinaire, qui nous précéderont alternativement dans les paroisses ou missions à visiter, afin d\u2019aider Messieurs les Curés à examiner, exhorter et confesser ces personnes dans une retraite de deux jours, en sorte qu\u2019au moment de notre arrivée dans une paroisse ou mission, il ne reste plus un seul confirmand à confesser.5° A cause des accidents qui peuvent arriver à l\u2019occasion des coups de fusil ou de canon que l\u2019on tire quelquefois durant la visite pastorale, nous prions Messieurs les Curés de défendre absolument ces démonstrations bien intentionnées sans doute, mais dangereuses.-J- E.-A., Arch, de Québec.(N° 38) MANDEMENT SUR UE JUBILÉ DE 1875 ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU, par la grace de Dieu et du Siège Apostolique, Archevêque de Québec, Au Clergé Séculier et Régulier, aux Communautés Religieuses et à tous les Fidèles de VArchidiocèse de Québec, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.Par une Encyclique datée du 24 décembre 1874, Notre Saint-Père le Pape accorde à tous les enfants de l\u2019Église Catholique une indulgence plénière en forme de jubilé, que chacun pourra gagner une fois dans le cours de cette année 1875.Cette indulgence est applicable aux défunts.Nous n\u2019insisterons pas, Nos Très Chers Frères, sur les motifs qui ont engagé le Souverain Pontife à accorder ce jubilé ; il les expose lui-même dans sa bulle dont nous ordonnions la promub \u2014 239 \u2014 gatioa dans toutes les communautés, paroisses et missions de ce diocèse.IL nous suffira de dire que les maux dont l\u2019Église est affligée en ce moment et ceux dont elle est menacée, nous font un devoir de prier Dieu avec plus d\u2019instance que jamais, afin que dans sa miséricorde il abrège ces jours de terrible épreuve et rende à L\u2019Église cette paix dont elle a besoin pour remplir sa mission divine.Sans doute, Nos Très Chers Frères, Dieu n\u2019a pas besoin de nos prières pour soutenir cette Église contre laquelle il a déclaré que les portes de Venfer ne prévaudraient jamais, portæ inferi non prævelabunt adversus earn (Matth.XVI.18) ; mais ce triomphe éclatant qui doit avoir lieu tôt ou tard, Dieu, dans sa miséricorde infinie, veut nous y associer par les prières et par les bonnes œuvres que nous ferons à cette intention.Par les calamités dont nous sommes les témoins ou les victimes, il veut nous forcer à reconnaître son souverain domaine, nous faire tomber à genoux devant son trône pour exprimer le repentir de nos fautes et manifester la confiance filiale dont nos cœurs doivent être remplis.Mais parce que les iniquités qui ont débordé comme un torrent sur la terre, ont été la cause de tous les malheurs sur lesquels nous avons à gémir, il est juste que les enfants de l\u2019Église n\u2019omettent rien de ce qni peut les rendre plus purs et plus dignes d\u2019etre exaucés par la clémence divine.C\u2019est pourquoi,, ouvrant les trésors spirituels de l\u2019Église, Notre Saint-Père, non seulement accorde une indulgence plénière en la forme la plus large possible, mais aussi favorise la rémission des péchés en accordant à tous les confesseurs les pouvoirs les plus extraordinaires en faveur de ceux qui, étant sincèrement contrits de leurs-fautes et étant fermement résolus de ne plus les commettre, se présenteront au saint tribunal de la pénitence avec l\u2019intention sérieuse et sincère de gagner cette indulgence du jubilé.Dans l\u2019ancienne loi, l\u2019année du grand jubilé' devait être pour tous une époque de joie et de bonheur : l\u2019esclave recouvrait sa liberté ; le pauvre rentrait en possession de l\u2019héritage qu\u2019une dure nécessité l\u2019avait forcé d\u2019aliéner ; la terre elle-même devait participer à cette délivrance universelle, et il était défendu de la cultiver, parce que chacun devait attendre de la seule bénédiction, divine les moissons nécessaires à la vie (Lévitique, XXY). \u2014 240 \u2014 Tout cela n\u2019était qu\u2019une figure de ce jubilé que la sainte Église du Christ devait offrir à ses enfants pour les délivrer du joug du péché, les faire rentrer en possession de leurs droits à l\u2019héritage céleste et leur donner une plus abondante part aux bénédictions divines.Vous vous empresserez donc, Nos Très Chers Frères, de profiter de ces grandes grâces.Car voici véritablement ce temps favorable et ces jours de salut dont parle le grand apôtre, ecce nunc tempus acceptabile, ecce nunc dies salutis (II Cor.VI, 2).Si vous ¦ entendez la voix de Dieu qui vous appelle, si vocem Domini audie-rilis, n\u2019 endurcissez pas vos cœurs, nolite ob dur are corda vestra.(Ps.XCIV.8.) Faites en sorte que ce temps soit pour vous un temps de méditation et de miséricorde.Vous méditerez donc ces années éternelles, dont le souvenir remplissait d\u2019effroi l\u2019âme du Prophète Royal (Ps.LXVI.6.).Avec lui vous comparerez, d\u2019un côté, la brièveté du temps qui passe comme une ombre (Ps.CI.12), et de l\u2019autre, cette éternité qui doit survivre au ciel et à la terre, parce qu\u2019elle n\u2019est autre chose que la durée de l\u2019être infini (Ps.CI.27).Vous vous rappellerez aussi que c\u2019est une loi irrévocable de la puissance et de la justice divine, que tout homme doit mourir et apres cela être jugé, statutum est omnibus hominibus semel mori, post hoc autem judicium (Héb.IX, 27).Puis descendant dans votre propre cœur et scrutant votre propre histoire à la lueur du jugement terrible qu\u2019il faudra subir tôt ou tard, vous écouterez le grand Apôtre qui vous adresse cette question :\tQuel fruit avez vous donc retiré jusqu1 ici de ces iniquités dont vous rougissez maintenant ?Quem ergo fructum habuistis tunc in illis in quibus nunc erubescitis ?Quel autre fruit, sinon la mort ?Nam finis illorum mors est (Rom.VI.21).Voyez d\u2019un autre côté combien la miséricorde divine se multiplie, pour ainsi dire, afin que rien ne manque à votre cœur pour se purifier, s\u2019il en a besoin, pour se sanctifier de plus en plus, s\u2019il a déjà le bonheur d\u2019être dans la grâce de Dieu.Du haut de sa croix, le Sauveur du monde vous invite tendrement : Réconciliez-vous avec Dieu, dit-il ; Reconciliamini Deo (II.Cor.V.20).Convertissez-vous à moi, et je me tournerai vers vous; Couverte-mini ad me, et convertar ad vos (Zacharie I.3).Celui qui vient à \u2014 241 \u2014 moi ne sera point rejeté ; Eum qui venil ad me, non cjiciam foras (Jean VI.37).Considérez avec quelle bonté Dieu attend le pécheur, malgré l\u2019horreur que le péché inspire à sa sainteté infinie.Il vous attend, dit Isaïe (XXX, 18), pour vous faire miséricorde ; expectal ut misereatur vestri ; il déploie sa patience, dit Saint Pierre (Il Ep.III, 9), ne voulant pas que le pécheur périsse, mais désirant que tous reviennent à récipiscence ; Patienter agit, nolens aliquos perire, secl omnes ad pœnitentiam reverti.Non seulement il attend le pécheur, mais il le recherche avec sollicitude.Il semble que le péché aurait dû élever un mur infranchissable entre le pécheur et la sainteté infinie; néanmoins Dieu franchit ce mur ; il est ce pasteur qui s\u2019épuise à courir après la brebis égarée; c\u2019est la mère de famille qui cherche avec inquiétude la drachme perdue; c\u2019est le père tendre qui accourt au-devant du prodigue pour lui témoigner un amour paternel qu\u2019aucun outrage n\u2019a pu éteindre.O Dieu de clémence, ne comprendrons-nous donc jamais que vous êtes un Dieu plein de compassion et de charité, de patience et de miséricorde infinie ?Et tu, Domine, Deus miserator, et misericors, patiens et multæ misericordiæ (Ps.LXXXV.14).Et quand le pauvre pécheur, répondant à cette voix de la miséricorde, se frappe la poitrine, reconnaît sa faute, et en demande pardon, oh ! quelle promptitude à accorder ce pardon ! quelle joie dans la cour céleste ! quel festin dans la maison du père de famille ! quels prodiges de grâce pour purifier cette âme et lui rendre sa beauté première ! Quam magna misericordia Domini, et propiliatio illius, convertentibus ad se (Eccli.XVII.28).Tels doivent être, Nos Très Chers Frères, les sujets de nos méditations en ces jours de miséricorde.Tous ont péché, dit Saint Paul (Rom.III, 23), et ont besoin de la gloire de Dieu ; omnes peccaverunt et egent gloria Dei ; la gloire de Dieu sera de nous faire miséricorde ; notre gloire à nous sera de nous humilier devant le trône de cette majesté infinie en reconnaissant notre néant et notre indignité.C\u2019est alors que nous pourrons avec pleine confiance élever nos mains suppliantes vers le trône de la grâce pour y trouver miséricorde en temps opportun ; adeamus 16 ¦\u2014 242 \u2014 cum fiducia ad thronum gratix, ut misericorcliam inveniamus in auxilio opporluno (Hebr.IV.16).Dieu qui aime à déployer ses richesses en faveur de ceux qui l'invoquent ; dives in omnes qui invocant ilium (Rom.X, 12), nous exaucera et nous accordera les biens après lesquels nous devons soupirer: l\u2019amour de Dieu et du prochain, la délivrance de notre mère la sainte Église, la conservation de notre Saint-Père le Pape, l\u2019extension du royaume de Dieu, la conversion de tous les pécheurs, la cessation des persécutions et le triomphe de la foi et de la charité dans tous les cœurs.Nous demanderons aussi que Dieu veuille bien dans sa miséricorde infinie, mettre un terme aux erreurs monstrueuses qui ébranlent la société moderne jusque dans ses fondements; aux blasphèmes que l\u2019enfer vomit contre Dieu et contre son Christ, contre la sainte mère du Sauveur, contre tous les saints du ciel, contre l\u2019Église de la terre et contre son auguste chef.Le parjure qui outrage la véracité du Dieu trois fois saint, le scandale qui cherche à anéantir dans les cœurs les fruits de la rédemption, l\u2019intempérance qui ruine les âmes et les corps, le luxe qui naît de l\u2019orgueil et conduit à toute sorte d\u2019injustices et d\u2019excès : tous ces maux et tant d\u2019autres qui doivent remplir nos cœurs d\u2019amertume, seront durant ce jubilé l'objet de nos gémissements et de nos pleurs devant le Seigneur qui nous a créés, car il est notre Dieu et nous sommes son peuple et les brebis de son troupeau; ploremus coram Domino qui fecit nos, quia ipse est Dominus Deus noster, nos autem populus ejus et oves pascuæ ejus (Ps.XCIV.6.7).A la prière nous joindrons les bonnes œuvres ; car la main qui donne pour l\u2019amour de Dieu touche plus efficacement la miséricorde divine que toutes les plus belles formules.Notre Saint-Père le Pape nous recommande de pratiquer l\u2019aumône surtout en faveur des établissements de charité et d\u2019éducation; dans les premiers, c\u2019est Jésus-Christ qui est soulagé en la personne des pauvres, car lui-même a dit: Ce que vous aurez fait pour le plus ¦petit d'entre ceux qui croient en mon nom, c'est à moi que vous l'aurez fait ; quamcliu fecistis uni ex his fratribus meis minimis, mihi fecistis (Matth.XXV.40).Dans les maisons d\u2019éducation, c\u2019est encore ce divin Sauveur qui est accueilli comme il l\u2019a été lui 243 \u2014 même dans la sainte demeure de Nazareth, pour i] croître et se fortifier, se remplir de la sagesse et de la grâce de Dieu ; puer aulem crescebat et cenfortabatur, plenus sapienlia et gratia Dei erat in illo (Luc II, 40).Il y a encore en faveur de ces maisons d\u2019éducation une raison spéciale qui doit engager tous les vrais enfants de l\u2019Église à y contribuer ; c\u2019est que, de nos jours, l\u2019enfer redouble d\u2019efforts pour soustraire l\u2019enfance et la jeunesse à l\u2019influence salutaire de la religion et empoisonner dans sa source même la société entière.Ces œuvres de charité sont aussi la meilleure expiation que nous puissions faire de nos injustices, de nos scandales, de nos blasphèmes et de nos autres iniquités, car la charité tend directement à réparer les outrages faits à la majesté divine.Voilà donc, Nos Très Chers Frères, les moyens que vous devez prendre pour bien profiter de ces grandes grâces du jubilé, suivant le désir de Notre Seigneur Jésus-Christ nous parlant par la bouche de son Vicaire.Sans doute, il nous est toujours commandé de conserver nos cœurs exempts de toute souillure; toujours nous devons offrir à Dieu des sacrifices de justice, produire de dignes fruits de pénitence et semer dans les larmes du repentir, afin de recueillir dans la joie les fruits délicieux de la miséricorde divine : mais ces devoirs sont bien plus rigoureux dans les temps de calamité, d\u2019erreur, de persécution, d\u2019infernale méchanceté où nous vivons.C\u2019est pourquoi nous avons la douce et ferme confiance que tous les fidèles de ce diocèse feront tout en leur pouvoir pour profiter de ce jubilé, de cette occasion favorable qui se présente de puiser à pleines mains dans les trésors de la miséricorde et de la clémence divine et d\u2019obtenir la paix de Dieu en ce monde et dans l\u2019autre la récompense des justes.C\u2019est là ce que nous vous souhaitons à tous avec le grand Apôtre: Que la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ et la charité de Dieu et la communication du Saint-Esprit, soient avec vous tous.Amen.Gratia Domini nostri Jesu Christi et charitas Dei et commu-nicatio Sancti Spiritus: sit cum omnibus vobis.Amen.(II.Cor.XIII.13.) A ces causes et le saint nom de Dieu invoqué, nous réglons et ordonnons ce qui suit: 1° La traduction ci-jointe de l\u2019Encyclique de Notre Saint-Père 244 \u2014 îe Pape sera lue et publiée au prône à la suite du présent mandement, 2° Les trois conditions à remplir pendant le cours de cette année 1875, pour gagner l\u2019indulgence du jubilé, sont les suivantes : En premier lieu, la confession et la communion avec les dispositions requises ; en second lieu, quinze visites en des jours différents, successifs ou non successifs, aux églises ci-après désignées ; en/m, dans chacune de ces visites, une prière pour la prospérité et l\u2019exaltation de l\u2019Église Catholique et du Siège Apostolique, l\u2019extirpation des hérésies, la conversion des pécheurs, la paix et l\u2019unité du peuple chrétien, et suivant les intentions du Souverain Pontife.Cinq Pater et cinq Ave dans chaque visite, peuvent suffire.3° Les jours peuvent être comptés ou naturellement, c\u2019est-à-dire, d\u2019un minuit à l\u2019autre ; ou ecclésiastiquement, c\u2019est-à-dire, à commencer aux premières vêpres pour finir le lendemain, au crépuscule du soir.4° Les paroissiens de Notre-Dame de Québec, de Saint-Patrice, de la desserte de Saint-Jean, devront visiter les églises suivantes, savoir : la Basilique de Notre-Dame, l\u2019église de Saint-Patrice, l\u2019église de Saint-Jean et la chapelle du Séminaire ; ces quatre églises devront être visitées le même jour, quinze fois en autant de jours différents.5° Les paroissiens de Saint-Roch et de Saint-Sauveur visiteront de la même manière les quatre églises suivantes, savoir : la Basilique de Notre-Dame, les églises de Saint-Roch et de Saint-Sauveur et la chapelle des Congréganistes, à Saint-Roch.G0 En dehors des paroisses de la ville nommées ci-dessus, chaque paroissien visitera son église paroissiale, quinze fois en autant de jours différents.La bulle du Souverain Pontife nous autorise à réduire ainsi le nombre des églises à visiter, dans le Cas où il y aurait nécessité ; or, nous jugeons qu-\u2019à raison de l\u2019éloignement où sont nos églises de campagne les unes des autres, il serait moralement impossible d\u2019exiger la visite de quatre églises par jour durant quinze jours différents.Mais la bulle nous obligeant à commuer en d\u2019autres œuvres pies, les visites dont nous dispensons, nous réglons que, dans chacune des quinze visites susdites à leur église paroissiale, les paroissiens. de la campagne devront, à leur choix, ou bien entendre la messe, ou dire le chapelet, ou faire le chemin de la croix, ou dire vingt fois le Pater et autant à'Ave Maria.Si c\u2019est un dimanche ou fête d\u2019obligation, la messe d\u2019obligation ne suffira point ; mais une seconde messe entendue suffira.7° Chaque confesseur est autorisé par la bulle à commuer en d\u2019autres œuvres de piété, de cliarité et de religion, en tout ou en partie, les visites d\u2019église prescrites, en faveur des prisonniers, des infirmes, et en général de tous ceux qui se trouvent empêchés de les faire en tout ou en partie.8° Chaque confesseur peut aussi dispenser de la communion requise, seulement les enfants qui n\u2019ont pas encore fait leur première communion ; mais il doit leur prescrire une autre œuvre de piété, de charité et de religion.9° Les navigateurs et les voyageurs, une fois revenus à leur domicile, ou arrêtés quelque part pour un temps suffisant, visiteront quinze fois en autant de jours différents, l\u2019église cathédrale ou principale, ou paroissiale, du lieu de leur domicile ou de leur station.10° Les religieuses cloîtrées ou non cloîtrées, leurs élèves pensionnaires, les personnes du sexe vivant dans les monastères, visiteront quinze fois la chapelle ou l\u2019oratoire du couvent, et, à chaque fois, y entendront la messe, ou diront le chapelet, ou feront le chemin de la croix, ou diront vingt fois le Pater et autant d'Ave Maria.La messe de communauté, entendue avec dévotion un jour qui n\u2019est pas d\u2019obligation, peut suffire.Aux jours d\u2019obligation, une seconde messe entendue peut être regardée comme remplissant la condition du jubilé.11° Les membres des chapitres, des congrégations, tant séculières que régulières, des confréries, des universités et des collèges, qui feront processionnellement la visite des églises, pourront être dispensés par nous d\u2019un certain nombre de ces visites.12° Les religieuses cloîtrées ou non cloîtrées et leurs novices, sont autorisées à faire leur confession du jubilé à tout confesseur approuvé dans ce diocèse pour entendre les confessions des religieuses, \u2014 246 \u2014 13° Tout fidèle qui a l\u2019intention sérieuse et sincère de gagner l\u2019indulgence du jubilé et d\u2019accomplir pour cela tout ce qui est prescrit, peut faire sa confession à tout prêtre séculier ou régulier approuvé dans ce diocèse ; et tout confesseur est autorisé, dans ce cas, à absoudre de toute faute et censure réservée au Pape ou à l\u2019ordinaire, et à commuer les vœux suivant l\u2019instruction spéciale annexée à ce mandement.14° Conformément à la bulle, nous déclarons : 1° Que ceux qui après s\u2019être confessés et avoir communié, avec l\u2019intention sincère et sérieuse de gagner le jubilé, viendraient à mourir avant d\u2019avoir accompli les visites d\u2019église prescrites, ne seront pas néanmoins privés de la grâce et de l\u2019indulgence du jubilé ; 2° que si quelqu\u2019un, après avoir reçu de son confesseur l\u2019absolution de ses péchés et de ses censures, ou la dispense d\u2019une irrégularité, ou la commutation d\u2019un vœu, avec l\u2019intention sincère et sérieuse d\u2019accomplir les œuvres prescrites pour le jubilé, change ensuite de volonté et néglige de remplir toutes les conditions de l\u2019indulgence, il ne sera pas pour cela privé de l\u2019effet des dites absolutions, dispenses et commutations; mais il pourra être difficilement excusé de péché.Sera le présent mandement lu et publié au prône de toutes les églises ou chapelles paroissiales et autres où l\u2019on fait l\u2019office public, ainsi qu\u2019en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception.Donné à Québec, sous notre seing, le sceau de l\u2019Archidiocès© et le contre-seing de notre secrétaire, le cinquième jour de février, mil huit cent soixante-quinze.-J- E.-A., Arch, de Québec.Par Monseigneur, G.A.Collet, Prêtre, Secrétaire, \u2014 247 PIUS PP.IX VENERABILES PRATRES ET MLECTI PILII SALUTEM ET APOSTOLICAM BENEDICTIOAUEM Gravibus Ecclesiæ et liujus sæculi calamitatibus ac divini præsidii implorandi necessitate permoti, nunqnam Nos Ponti-ficatus Nostri tempore excita re prætermisimus christianum populum, ut Dei Majestatem placare et cælestem Glementiam sanctis vitæ moribus, pœnitentiæ operibus, et piis snpplicatio-nuin officiis promereri adniteretur.In hunc finem pluries spirituales indulgentiarum thesauros Apostolica liberalitate Christ! fldelibus reseravimns, ut inde ad veram pcenitentiam incensi et per reconciliationis sacramentnm a peccatorum macnlis expiati, ad thronum gratiæ fidentius accederent, ac digni lièrent lit .eorum preces benigne a Deo exciperentur.Hoc autem utl alias, sic præsertim occasione Sacrosancti OEcumenici Vaticani Concilii præstandum censuimus, ut gravissimum opus ab Ecclesiæ precibus apud Deum adjuvaretur, ac suspensa licet ob tem-porum calamitates ejusdem Concilii celebratione, indulgentiam tamen in forma Jubilæi consequendam ea occasione promulga-tam, in su a vi, lirmitate et vigore manere, uti manet adhuc, ad populi fidelis bonum ediximus et declaravimus.Yerum, proce-dente miserorum tempornm cursu, adest jam annus septuagesi-mus quintus supra millesimum octingentesimum, annus nempe qui sacrum illud temporis spatium signal, quod sancta majorum nostrorum consuetudo, et Romanorum Pontiflcum Prædecesso-rum Nostrorum instituta universalis Jubilæi solemnitati cele-brandæ consecrarunt.Quanta Jubilæi annus, ubi tranquilla Ecclesiæ tempora ilium rite celebrari annuerunt, veneratione et religione sit cultus, vetera ac recentiora historiæ monumenta testantur ; habitus enim semper fuit uti annus salutaris expia-tionis totius christiani populi, uti annus redemptionis et gratiæ, remissionis et indulgentiæ quo ad liane Almam Urbem Nostram et Petri Sedem ex toto orbe concurrebatur, et üdelibus universis ad pietatis officia excitatis, cumulatissima quæque reconciliationis et gratiæ præsidia in animarum salutem offerebantur.Qnam piam sanctamque solemnitatem hoc ipsum nostrum sæcu-ium viditjCum nempe Leone XII fel.record.Pnædeeessore Nostro, \u2014 248 \u2014 Jubilæum, anno 1825, indiceme, tanto christiani populi fervore hoc benefîcium exceptnra fuit, ut idem Pontifex perpetuum in banc Urbem peregrinorum per totum annum concursum ad-fuisse, et religionis, pietatis, fidei, caritatis, omniumque virtu-tum splendorem in ea mirifice eluxisse gratolari potuerit.Uti-nam ea nunc Nostra et civilium ac sacrarum rerum conditio esset, ut quam Jubilæi maximi solemnitatem anno hujus sæculi 1850 occurrentem, propter luctuosam temporum rationem Nos omittere debuimus, nunc saltern féliciter celebrare possemus juxta veterem ilium ritum et morem quem majores nostri ser-vare consueverunt ! At, Deo sic permittente, non modo non sublatæ sed auctæ magis in dies sunt magnæ illæ difficultates, quæ tune temporis Nos ab indicendo Jubilæo prohibuerunt.Yerumtamen reputantes Nos animo tot mala quæ Ecclesiam affligunt, tôt conatus hostium ejus ad Christi üdem ex animis revellendam, ad sanam doctrinam corrumpendam et impietatis virus propagandum converso, tôt scandala quæ in Christo credentials ubique objiciuntur, corruptelam morum late manan-tem, ac turpem divinorum humanorumque jurium eversionem tam late diffus am, tot fecundam minis, quæ ad ipsum recti sen-sum in hominum animis labefactandum spectat ; ac considérantes in tanta congerie malorum, majori etiam Nobis pro Apos-tolico Nostro munere curæ esse debere, ut fides, religio aepietas muniaturac vigeat, ut precum spiritus late foveatur et augeatur, ut lapsi ad cordis pcenitentiam et morum emendationem exc-i-tentur, ut peccata, quæ iram Dei meruerunt, sanctis operibus redirnantur, quos ad fructus maximi Jubilæi celebratio precipue dirigitur ; pati Nos non debere putavimus, ut hoc salutari bene-ficio, servata ea forma, quam temporum conditio sinit, christia-nus populus hac occasione destitueretur, ut inde confortatus spiritu in viis justitiæ in dies alacrior incedat, et expiatus culpis facilius ac uberius divinam propitiationem et veniam assequatur.Excipiat igitur universa Christi militans Ecclesia voces Nostras, quibus ad ejus exaltationem, ad Christiani populi sanctificatio-nem et ad Dei gloriam, universale maximumque Jnbilæum in-tegro anno 1875 proxime insequenti duratururo, indicimus, an-nunciamus et promulgamus; cujus Jubilæi causa et intuitu, superius memoratam indulgentiam occasione Vaticani Concilii in forma Jubilæi concessam, ad beneplacitum Nostrum et hujus 249 \u2014 Apostolieæ Sedis suspendentes ac suspensam déclarantes, cæles-tem ilium thesaurum latissime recludimus, quem ex Christ! Domini, ejusque Virginis Matris, omniumque sanctorum meritis, passionibus ac virtutibus comparatum, auctor salutis humanæ dispensationi Nostræ concredidit.Itaque Dei misericordia et Beatorum Petri et Pauli Apostolo-rum ejus, auctoritate confisi, ex suprema ligandi atque solvendi, quam NobisDominus,licet immeritis,contulit, potestate,omnibus et singulis Christifidelibus, turn in almaUrbe Nostra degentibus, vel ad earn advenientibus, tum extra Urbem prædictam, in quacumque mundi parte existentibus, et in Apostolieæ Sedis gratia et obedientia manentibus, vere pœnitentibus, et confessis et sacra communione refectis, quorum primi BB.Petri et Pauli, neenon S.Joannis Lateranensis et S.Mariæ Majoris de Urbe Basilicas semel saltern indie perquindecim continuos ant interpolates dies, sive naturales, sive etiam ecclesiasticos, nimirum a primis vesperis nnius diei usque ad integrum ipsius subsequentis diei vespertinum crepusculum computandos; alteri autem Ecclesiam ipsam Cathedralem seu majorera, aliasque très ejusdem Civitatis aut loci sive in illius suburbiis existentes, ab Ordinariis locorum vel eornm Yicariis, aliisve de ipsorum mandato, postquam ad illorum notitiam hæ Nostræ litteræ pervenerint, designandas, semel pariter in die per quindecim continuos aut interpolates dies, ut supra, devote visitaverint, ibique pro Catholicæ Ecclesiæ et hujus Apostolieæ Sedis prosperitate et exaltatione, pro extirpations hseresum, omniumque errantium conversione, pro totius Populi Christiani pace et imitate ac juxta mentem Nostram, pias ad Deum preces effuderint, ut plenissimam anni Jubilæi omnium peccatorum suorurn indulgentiam, remissionem et veniam, annuo temporis spatio superius memorato semel con-sequantur, misericorditer in Domino concedimus et impertimus annuentes, etiam ut hæc indulgentia animabus quæ Deo in caritate conjunctæ ex bac vita migraverint, per modum suffragii applicari possit ac valeat.Navigantes vero et iter agentes, ut, ubi ad su a domicilia seu alio ad certam stationem se receperint, suprascriptis peractis et visitata totidem vicibus Ecclesia Cathedrali vel majori, ant Parochiali loci eornm domicilii seu stationis hujusmodi, eamdem \u2014 250 \u2014 indulgentiam consequi possint et valeant.Nec non prædictis locornm Ordinariis, nt cum Monialibus, oblatis, aliisque puellis ant mulieribus, sive in Monasteriornm clausura, sive in aliis religiosis ant piis domibus et communitatibus vitam dncentibus, Anachoretis quoqne et Eremitis,ac aliisquibuscumque tam laicis, quam ecclesiasticis personis sæcularibus, vel regularibus in car-cere, aut captivitate existentibns, vel aliqna corporis inffrmitate, seu alio quocumque impedimento detentis, quominus supra expressas visitationes exequi possint, super præscriptis hujusmodi visitationibus tantummodo ; cum pueris autem, qui nondum ad primam Communionem admissi sint, etiam super Communione hujusmodi dispensare, ac illis omnibus, et singulis sive per se ipsos,sive per eorum,earumque regulares Prælatos aut superiores, vel per prudentes Confessarios alia pietatis, caritatis aut reli-gionis opera in locum visitationum hujusmodi seu respective in locum sacramentalis Communionis prædictæ abipsis adimplenda, præscribere ; atque etiam Gapitulis et Congregationibus tam sæcularium, quam regularium, sodalitatibus, confraternitatibus, universitatibus, seu collegiis quibuscumque, Ecclesias hujusmodi processionaliter visitantibus, easdem visitationes ad mino-rem numerum pro suo prudenti arbitrio reducere possint ac valeant, earumdem tenore præsentium concedimus pariter et indulgemus.Insuper iisdem Monialibus, earumque novitiis, ut sibi ad hunc effectum Gonfessarium quemcumque ad excipiendas Monialium confessiones ab actuali Ordiuario loci, in quo earum monasteria sunt, constituant approbatum ; cæteris autem omnibus et singulis utriusque sexus Ghristifidelibus tam laicis quam ecclesiasticis sæcularibus, et cujusvis ordinis, congregationis, et instituti etiam specialiter nominandi regularibus, licentiam concedimus et facultatem, ut sibi ad eumdem effectum eligere possint quemcumque Presbyterum Gonfessarium tam sæcularem quam cujusvis etiam diversi ordinis, et instituti regularem, ab actualibus pariter Ordinariis, in quorum civitatibus, diœcesibus, et territo-riis confessiones hujusmodi excipiendae erunt, ad personarum sæcularium confessiones audiendas approbatum.qui intra dictum anni spatium illas, et illos, qui scilicet præsens Jubilæum consequi etserio statuerint, atque ex hoc animo ipsum lucrandi, et reliqua opera ad id lucrandum necessaria adimplendi, ad confessionem \u2014 251 \u2014 apud ipsos peragendam accédant, hac vice, et in foro conscientise dumtaxat, ab excommunicationis, suspensions, et aliis Ec-clesiasticis sententiis, et censnris, a jure vel ab homine quavis de causa latis sen inflictis, etiam Ordinariis locorum, et Nobis sen Sedi Apostolicæ, etiam in casibus cuicumque, ac Summo Pontifici, et Sedi Apostolicæ speciali licet forma reservatis, et qui alias in concessione quantumvis ampla non intelligerentur, nec non ab omnibus peccatis, et excessibus quantumcumque gravibus et enormibus, etiam iisdem Ordinariis, ac Nobis et Sedi Apostolicæ, ut præfertur, reservatis, injuncta ipsis pcenitentia salutari, aliisque de jure injungendis, absolvere ; necnon vota quæcumque etiam jurata ac Sedi Apostolicæ reservata (castitatis, religionis, et obligations, quæ a tertio acceptata fuerint, seu in quibus agatur de præjudicio tertii semper exceptis, nec non pœnalibus quæ præservativa a peccato nuncupantur, nisi com-mutatio futura judicetur ejusmodi, ut non minus a peccato committendo refrenet, quam prior voti materia) in alia pia et salutaria opera commutare, et cum pœnitentibus hujusmodi in sacris ordinibus constitutis, etiam regularibus, super occulta irregularitate ad exercitium eorumdem ordinum, et ad superio-rum assecutionem, ob censurarum violationem dumtaxat contracta, dispensare possint et valeant, eadem auctoritate, et Apostolicæ benignitatis amplitudine concedimus et indulgemus.Non intendimus autem per præsentes super aliqua alia irregularitate, vel publica vel occulta, seu defectu aut nota, aliave incapacitate, aut inhabilitate quoquomodo contractis, dispensare, vel aliquam facultatem tribuere super præmissos dispensandi, seu habilitandi, et in pristinum statum restituendi etiam in foro conscientise, neque etiam derogare Constitutioni cum opportunis declarationibus editæafel.record.Benedicto XIV, Prædecessore Nostro, incipien.Sacramentum pœnitentiœ, sub datum Kalendis junii anno Incarnationis dominicæ 1741, PonLificatus sui anno primo.Neque demum easdem præsentes, iis qui a Nobis et Apostolica Sede, vel ab aliquo Prælato, seu judice ecclesiastico, nominatim excommunicati, suspensi, interdicti, seu alias in sententias et censuras incidisse declarati, vel publice denunciati fuerint, nisi intra tempus anni prædicti satisfecerint, et cum partibus, ubi opus fuerit, concordaverint, ullo modo suffragari posse, aut debere. - 252 \u2014 Cæternm si qui post inclioatum hujus Jubilæi consequendi animo præscriptorum operum implementum morte præventi præfinitum visitationum numerum complere nequiverint, Nos piæ promptæque illorum voluntati benigne favere cnpientes, eosdem vere poenitentes, et confessos, ac sacra Communione refectos, prædictæ Indulgentiæ et remissionis participes perinde fieri volumus, ac si prædictas Ecclesias diebus præscriptis reipsa visitassent.Si qui autem post obtentas vigore præsentium abso-lutiones a censuris, aut votorum commutationes, seu dispensa-tioues prædictas, serium illud ac sincerum ad id alias requisi-tum propositum ejusdem Jubilæi lucrandi, ac proinde reliqua ad id lucrandum necessaria opera adimplendi mutaverint, licet propter id ipsum a peccati reatu immunes censeri vix possint; nihilominus hujusmodi absolutiones, commutationes, et dispen-sationes ab ipsis cum prædicta dispositione obtentas, in suo vigore persistere decernimus ac declaramus.Præsentes quoque litteras per omnia validas et efficaces existere, suosque plenarios effectus ubicumque per locorum Ordinarios publicatæ et executioni demandatæ fuerint, sortiri, obtinere, omnibusque Gbristiüdelibus in Apostolicæ Sedis gratia et obedientia manentibus in hujusmodi locis commorantibus, sive ad ilia postmodum ex navigatione et itinere se recipientibus, plenissime suffragari volumus, atque decernimus : non obstan-tibus de Indulgentiis non concedendis ad instar, aliisque Apos-tolicis, et in universalibus, provincialibus, et svnodalibus, conciliis editis constitutionibus, ordinationibus, et generalibus seu specialibus absolutionum, seu relaxationum, ac dispensa-tionum reservationibus, necnon quorumcumque, etiam Mendi-cantium, et Militarium ordinum, congregationum, et Institu-torum etiam juramento, confirmatione Apostolica, vel quavis ürmitate alia roboratis statutis, legibus, usibus, et consuetudi-nibus, privilegiis quoque, indultis, et litteris Apostolicis eisdem concessis, præsertim in quibus caveatur expresse, quod alicujus ordinis, congregationis, et instituti hujusmodi professores extra propriam religionem peccata sua confiteri prohibeantur.Quibus omnibus et singulis etiamsi pro illorum sufficienti derogatione de illis, eorumque totis tenoribus specialis, speciüca, expressa, et individua mentio facienda, vel alia exquisita forma ad id servanda foret, hujusmodi tenores pro insertis, et formas pro 253 exactissime servatis habentes pro hac vice, et ad præmissorum effectum dumtaxat, plenissime derogamus cæterisque contrariis quibuscumque.Dum vero pro Apostolico munere quo fungimnr, et pro ea sollicitudine qua universum Christi gregem complecti debemus, salutarem hanc remissionis et gratiæ consequendæ opportune tatem proponimus, facere non possumus, quin omnes Patriar-clias, Primates, Archiepiscopos, Episcopos, aliosve Ordinarios locorum, Prælatos sive ordinariam localem jurisdictionem in defectu Episcoporum et Prælatorum hujusmodi legitime exer-centes, gratiam et communionem Sedis Apostolicæ habentes, per nomen Domini Nostri et omnium Pastorum Principis Jesu Christi, enixe rogamus et obsecramus, ut populis fidei suæ com-missis tantum bonum annuntient, summoque studio agant ut fideles omnes per pcenitentiam Deo reconciliati, Jubilæi gratiam in animarum suarum lucrum utilitatemque convertant.Itaque Yestræ imprimis curse erit, Yenerabiles Fratres, ut implorata primum publicis precibus Divina dementia ad hoc ut omnium mentes et corda sua luce et gratia perfundat, opportunis instruc-tionibus et admonitionibus Christiana plebs ad percipiendum Jubilæi fructum dirigatXir, atque accurate intelligat quæ sit christiani Jubilæi ad animarum utilitatem ac lucrum vis et natura, in quo spirituali ratione ea bona per Christi Domini virtutem cumulatissime complentur, quæ anno quolibet quin-quagesimo apud Judaicum Populum lex velus nuncia futurorum invexerat : utque simul apte edoceatur de indulgentiarum vi, ac de iis omnibus, quæ ad fructuosam peccatorum confessionem et ad Sacramentum Eucharistiæ sancte percipiendum peragere debeat.Quoniam vero nedum exemplum sed ministerii eccle-siastici opera omnino requiritur, ut in populo Dei optati sancti-ficationis fructus habeantur, vestrorum Sacerdotum zelum, Y Y : Fratres, ad ministerium salutis hoc potissimum tempore alacriter exercendum inflammare non omittite ; atque ad commune bonum, ubi hoc fieri possit, plurimum conferet, si ipsi pietatis et religionis exemplo christiano populo præeuntes, spiri-tualium exercitationum ope, suæ sanctæ vocationis spiritum renovent, ut deinde utilius ac salutarius in suis muneribus explendis, et in sacris Missionibus apud populum habendis, statuto a Yobis ordine et ratione versentur.Cum porro tôt sint 254 \u2014 hoc sæculo mala, quæ reparentur, et bona quæ promoveantnr, assumentes gladium spiritus, quod est verbum Dei, omnem curam impendite, ut populus vester ad detestandum immane crimen blasphemiae adducatur, quo nihil est tarn sanctum, quod hoc tempore non violetur, utque de diebus festis sancte colendis, de jejunii et abstinentiæ legibus ex Ecclesiæ Dei præscripto servandis sua officia cognoscat et impleat, atque ita vitare possit pœnas, quas harum rerum contemptus evocavit in terras.In tuenda Cleri disciplina, in recta Clericorum institutione curanda vestrum pari ter studium ac zelus constanter advigilet, omnique qua potestis ratione auxilium circonventæ juventuti afferte, quæ in quanto discrimine sit posita, et quamgravi ruinæ obnoxia, a Vobis non ignoratur.Hoc mali genus ita acerbum fuitDivini Ipsius Redemptoris cordi, ut in ejus auctores ea verba protulerit quisquis scandalizaverit unum ex his pusillis creclentibus in me, bonum est ei magis si circumdaretur mold asinaria in collo ejus et in mare mitlerctur.(a) Nihil autem magis dignum est sacri Jubilæi tempore, quam ut omnigenæ caritatis opera impen-sius exerceantur : ac propterea vestri etiam zeli erit, Vene-rabiles Fratres, stimulos addere, ut subveniatur pauperi ut peccata eleemosynis redimantur, quarum tarn multa bona in scripturis sacris recensetur : et quo latius caritatis fructus manet ac stabilior evadat, opportunum admodum erit ut caritatis sub-sidia ad fovenda vel excitanda pia ilia instituta conferantur, quæ utilitati animarum et corporum plurimum conducere hoc tempore existimantur.Si ad hæc bona assequenda omnium vestrum mentes et studia consenserint, fieri non potest, quin Regnum Christi etjustitia ejus magna incrementa suscipiat, et hoc tempore acceptabili his diebus salutis, magnam supernorum munerum copiam super filios dilectionis dementia coelestis ef-fundat.Ad Vos denique, Catholicæ Ecclesiæ Filii universi, sermonem Nostrum convertimus, omnesque et singulos paterno affectu cohortamur, ut hac Jubilæi veniæ assequendæ occasione ita utamini, quemadmodum sincerum salutis vestræ studium a vobis exposcit.Si unquam alias nunc certe pernecessarium est, Filii dilectissimi, conscientiam emundare ab operihus mortuis, sacri- (a) Marcus IX.41. 255 \u2014 ficare sacrificia justitiæ, facere fructus dignos pœniLentiæ, et seminare in lacrimis ut cum exultatione metamus.Satis innuit divina Majestas quid a nobis postulet, cum jamdiu ob pravita-tem nostram sub increpatione ejus, sub inspiratione spiritus iræ suæ laboremus.Jamvero soient homines quotiescumque nécessitât cm arduam nimis patiuntur, ad proximas gentes auxilii causa destinare legatos.Nos, quod est melius, legationem ad Deum desti-nemus ; ab Ipso imploremus auxilia, ad ipsum nos corde, ora-tionibus, jejuniis et eleemosynis conferamus.Nam quanto Deo viciniores fuerimus, tanto adversarii nostria nobis longius rcpellen-tur.{a) Sed vos præcipue audite Apostolicam vocem, pro Christo enim legatione fungimur, vos qui laboratis et onerati estis, et a semita salutis errantes sub jugo pravarum cupiditatum et diabo-licæ servitutis urgemini.Ne vos divitias bonitatis, patientiæ, longanimitatis Dei contemnatis; et dum tam ampla, tarn facilis veniæ consequendæ copia paratur vobis, nolite contumacia ves-tra inexcusabiles vos facere apud Divinum Judicem, et thesau-rizare vobis iram in die iræ et revelationis justi judicii Dei.Redite itaque prævaricatores ad cor; reconciliamini Deo; mun-dus transit et concupiscentia ejus ; abjicite opera tenebrarum ; induimini arma lucis ; desinite esse hostes animæ vestræ, ut ei tandem pacem in hoc sæculo, et in altero æterna justorum præ-mia concilietis.Hæc sunt vota Nostra: hæc a Clementissimo Domino postulare non cesssabimus ; atque omnibus Catholicæ Ecciesiæ Filiis, hac precum societate Nobiscum conjunctis, hæc ipsa bona a Pâtre Misericordiarum Nos cumulate assecuturos esse confidimus.Ad fauslum interea et salutarem hujus sancti operis fructum sit auspex omnium gratiarum omniumque cceles-tium munerum Apostolica Benedictio quam vobis omnibus, Venerabiles Fratres, et vobis Dilecti Filii, quolquot in Catholica Ecclesia censemini, ex intimo corde depromptam, peramanter in Domino impertimus.Datum Romæ, apud S.Petrum, die vicesima quarta Decembris, Anno MDCCCLXXIV, Pontiûcatus Nostri Anno vicesimonono.puis pp.ix.(«) S.Maximus Taurinen Horn.XCI. 256 LETTRE ENCYCLIQUE A tous les Patriarches, Primats, Archevêques, Évêques et autres Ordinaires, en grâce et en communion avec le Siège Apostolique, et à tous les Fidèles du monde entier, PTE IX PAPE.Vénérables Frères et Chers Fils, Salut et Bénédiction Apostolique.Touché des graves calamités de l\u2019Église et de ce siècle, et de la nécessité d\u2019implorer le secours divin, Nous n\u2019avons jamais négligé, pendant le temps de Notre Pontificat, d\u2019exciter le peuple chrétien à apaiser la Majesté de Dieu et à s\u2019efforcer de mériter la céleste clémence par la sainteté de la vie, par les œuvres de la pénitence et par de pieuses supplications.Dans ce but, Nous avons plusieurs fois ouvert aux fidèles de Jésus-Christ, avec une apostolique libéralité les trésors spirituels des indulgences, afin qu\u2019enflammés d\u2019un véritable esprit de pénitence et purifiés des taches du péché par le sacrement de la réconciliation, ils s\u2019approchassent avec plus de confiance du trône de la grâce et devinssent dignes de voir leurs prières favorablement accueillies par Dieu.C\u2019est ainsi qu\u2019entre autres circonstances, nous avons jugé-opportun de faire spécialement à l\u2019occasion du très saint Concile œcuménique du Vatican, afin que cette œuvre très importante, entreprise pour l\u2019utilité de l\u2019Église universelle, fut aidée auprès de Dieu par les prières de l\u2019Église entière : et bien que la célébration de ce même Concile ait été suspendue à cause des calamités des temps, Nous avons toutefois décrété et déclaré pour le bien du peuple fidèle, que l\u2019indulgence en forme de Jubilé, qui devait être gagnée à cette occasion demeurât dans sa force, sa fermeté et sa vigueur, comme de fait elle demeure encore maintenant.Mais le cours des temps malheureux continuant toujours, nous voici déjà arrivés à l\u2019année 1875, à l\u2019année par conséquent qui désigne cet espace sacré de temps qu\u2019une sainte coutume de nos ancêtres et les décrets de nos prédécesseurs les Pontifes romains, consacrèrent à la célébration de la solennité du Jubilé universel. \u2014 25Y \u2014 Les monuments anciens et modernes de l\u2019histoire attestent avec quelle vénération et religion était célébrée l\u2019année du Jubilé, toutes les fois que la tranquillité dont jouissait l\u2019Église a permis de la célébrer suivant les rites ; cette année fut en effet toujours regardée comme une année de salutaire expiation pour tout le peuple chrétien, comme une année de rédemption et de grâce, de rémission et d\u2019indulgence, pendant laquelle on accourait de toutes les parties du monde dans cette Ville Sainte et auprès de la Chaire de Pierre, et de très abondants secours de réconciliation et de grâce pour le salut des âmes étaient offerts aux fidèles du monde entier, excités aux devoirs de la piété.Notre siècle lui-même a vu cetLe pieuse et sainte solennité, lorsque Léon XII, Notre prédécesseur d\u2019heureuse mémoire, ayant ordonné le Jubilé en l\u2019année 1825, ce bienfait fut accueilli avec tant de ferveur par le peuple chrétien, que ce même Pontife put se réjouir, à la vue du perpétuel concours de pèlerins dans cette ville pendant toute l\u2019année, et de l\u2019éclat des sentiments de religion, de piété, de foi, de charité et de toutes les vertus qui brillèrent à cette occasion.Plût au ciel que notre condition et celle des choses civiles et sacrées fût telle que la solennité du grand Jubilé, qui se rencontrait eu l\u2019année de ce siècle 1850, et que nous dûmes omettre à cause de la misère des temps, pût être aujourd\u2019hui célébrée heureusement, suivant le rite ancien et l\u2019usage de nos ancêtres ! Mais Dieu l\u2019ayant ainsi permis, ces grandes difficultés qui nous empêchèrent à cette époque d\u2019ordonner le Jubilé, non seulement n\u2019ont point diminué, mais elles n\u2019ont fait qu\u2019augmenter tous les jours.Nous avons considéré tous les maux qui affligent l\u2019Église, les efforts employés par ses ennemis pour arracher des cœurs la foi de Jésus-Christ, pour corrompre la saine doctrine et propager le poison de l\u2019impiété, tant de scandales qui sont offerts partout à ceux qui croient en Jésus-Christ, la corruption des mœurs qui s\u2019étend au loin, et le honteux renversement général des droits divins et humains, qui est si fécond en ruines et qui a pour but de détruire dans l\u2019esprit des hommes le sentiment même de la justice.Nous avons pensé également que dans cette grande accumulation de maux, nous devions avoir un plus grand soin, à raison de notre charge apostolique, de faire en sorte que la foi, la religion et la piété soient soutenues et vivi 17 \u2014 258 \u2014 fiées, que l\u2019esprit de prière soit partout enflammé et augmenté, que ceux qui sont tombés soient excités à la pénitence du cœur et à l\u2019amendement, des mœurs, que les péchés qui ont mérité la colère de Dieu, soient rachetés par de saintes œuvres ; car tels sont les fruits qu\u2019est destinée à produire la célébration du grand Jubilé.C\u2019est pourquoi Nous avons pensé que Nous ne devions pas permettre que le peuple chrétien fût privé dans cette circonstance de ce salutaire bienfait, autant que le permet la condition des temps, afin que ce môme peuple soit encouragé à faire de jour en jour de plus grand progrès dans les voies de la justice, et que, purifié de ses fautes, il obtienne plus facilement et plus abondamment pardon et miséricorde.Que toute l\u2019église militante de Jésus-Christ accueille donc nos paroles par lesquelles Nous ordonnons, Nous annonçons et Nous promulguons pour la sanctification du peuple chrétien et la gloire de Dieu, le grand Jubilé universel qui devra durer pendant toute l\u2019année prochaine de 1875 .; à cause et en vu duquel Jubilé nous suspendons et déclarons suspendre, suivant notre bon plaisir et celui de ce Siège apostolique, l\u2019indulgence dont il a été parlé plus haut accordée en forme de Jubilé à l\u2019occasion du Concile œcuménique du Vatican.Nous ouvrons le plus largement possible ce trésor céleste qui, formé de la réunion des mérites, des souffrances et des vertus de Notre Seigneur Jésus-Christ, de la Sainte Vierge, sa mère, et de tous les Saints, a été confié à notre administration par l\u2019auteur du salut des hommes.C\u2019est pourquoi, confiant dans la miséricorde divine et appuyé sur l'autorité des bienheureux apôtres Pierre et Paul, en vertu du pouvoir suprême de lier et de délier que le Seigneur Nous a accordé, quoique nous en soyons indigne, Nous concédons et Nous accordons miséricordieusement dans le Seigneur, la faculté de gagner une fois, pendant tout l\u2019espace de temps dont il a été parlé plus haut, la très plénière indulgence de l\u2019année du Jubilé, la rémission et le pardon de leurs péchés, permettant en outre que cette indulgence puisse être appliquée par manière de suffrage aux âmes qui étant unies avec Dieu par la charité ont quitté cette vie ; et cette faculté, Nous l\u2019accordons et la concédons miséricordieusement dans le Seigneur à tous et à chacun des fidèles, tant à ceux qui habitent dans cette Ville Sainte ou 259 \u2014¦ qui y viendront, qu\u2019à ceux qui se trouvent au dehors de cette Ville dans une partie quelconque du monde, et qui demeurent dans la grâce et l\u2019obéissance du Siège apostolique, pourvu qu\u2019étant vraiment repentants, s\u2019étant confessés et ayant reçu la sainte communion, ils visitent dévotement, les premiers, les basiliques de Saint-Pierre, de Saint-Paul, de Saint-Jean de Latran et do Sainte-Marie-Majeure, une fois par jour au moins, pendant quinze jours, soit continus, soit interrompus, soit ordinaires, soit ecclésiastiques, c\u2019cst-à-dire depuis les premières vêpres d\u2019un our jusqu\u2019à la fin du crépuscule du soir du jour suivant ; les autres au contraire, l\u2019église cathédrale ou majeure et trois autres églises de la même ville ou du même lieu, ou existant dans les environs, lesquelles doivent être désignées par les ordinaires des lieux ou par leurs vicaires ou par d\u2019autres sur leur ordre, après que ces lettres seront parvenues à leur connaissance, une fois également par jour, pendant quinze jours, ou continus ou interrompus, comme nous avons dit plus haut, et qu\u2019en visitant ces églises, ils y prient pour la prospérité et l\u2019exaltation de l\u2019Église catholique et de ce Siège apostolique, pour l\u2019extirpation des hérésies, pour la conversion de tous ceux qui sont égarés de la voie du salut, pour la paix et l\u2019union de tout le peuple chrétien et suivant Nos intentions.Les navigateurs et les voyageurs, dès qu\u2019ils seront revenus à leur domicile, ou bien arrêtés quelque part pour un temps suffisant, pourront gagner cette indulgence en accomplissant les conditions prescrites et en visitant le nombre de fois voulu, l\u2019église cathédrale, ou paroissiale, du lieu de leur domicile ou de leur station.Quant aux religieuses, oblates et autres jeunes filles ou femmes qui vivent soit dans la clôture des monastères, soit dans d\u2019autres maisons religieuses ou communautés, aux anachorètes et aux ermites, et à toutes les autres personnes tant laïques qu\u2019ecclésiastiques, régulières ou séculières, détenues en prison ou en captivité, ou empêchées par quelque infirmité du corps ou par toute autre difficulté, de pouvoir accomplir les visites aux églises ci-dessus prescrites, Nous accordons également aux Ordinaires, soit par eux-mêmes, soit par leurs délégués, la faculté de dispenser de ces visites seulement; mais pour ce qui est des enfants qui n\u2019ont pas encore été admis à la première communion, Nous accordons pareillement la faculté \u2014 260 de les dispenser de cette communion, et Nous leur permettons de prescrire à toutes ces personnes et à chacune d\u2019elles en particulier, d'autres œuvres de piété, de charité ou de religion, au lieu de ces visites ou respectivement au lieu de la communion sacramentelle susdite, et cela soit par eux-mêmes, soit par les prélats ou supérieurs réguliers de ces memes personnes, soit par de prudents confesseurs.Nous accordons aux mômes Ordinaires le pouvoir de réduire le nombre de visites aux églises, en faveur des chapitres et congrégations, tant de séculiers que de réguliers, des corporations, des confréries, des universités ou de tous les collèges quelconques, qui visiteront processionnelle-ment ces memes églises.En outre, Nous accordons la permission et la faculté à ces mômes religieuses et à leurs novices, de se choisir pour cet effet, un confesseur quelconque approuvé par l\u2019Ordinaire du lieu pour recevoir les confessions des religieuses.Quant à tous les autres fidèles de Jésus-Christ, et à chacun d\u2019eux en particulier, tant laïques qu\u2019ecclésiastiques, séculiers ou réguliers de tout ordre, de toute congrégation et de tout institut, môme devant être nommés spécialement, Nous leur accordons la permission et la faculté de se choisir pour confesseur, un prêtre quelconque, tant séculier que régulier d\u2019un ordre, d\u2019un institut quelconque, pourvu que le dit prêtre soit approuvé pour recevoir les confessions des personnes séculières par les Ordinaires actuels des cités, diocèses et territoires où ces confessions doivent être entendues.En faveur des susdites religieuses ou autres personnes qui, ayant la volonté sincère et sérieuse de gagner le présent Jubilé et d\u2019accomplir les autres œuvres nécessaires pour le gagner, se présenteront à eux pendant le susdit espace d\u2019un an pour faire leur confession, Nous accordons à ces confesseurs pouvoir de les absoudre pour cette fois et dans le for de la conscience seulement, de l\u2019excommunication, de la suspense et des autres sentences ecclésiastiques et censures portées et infligées par le droit, ou par un supérieur pour quelque cause que ce soit, môme de celles réservées aux ordinaires des lieux et à Nous ou au Siège apostolique ; môme dans les cas réservés à qui que ce soit, et au Souverain Pontife et au Siège apostolique, môme d\u2019une manière spéciale et qui autrement ne seraient pas considérés comme renfermés dans une concession quelque ample 261 \u2014 qu\u2019elle fût ; de les absoudre aussi de tous les péchés et de tous les excès, quelque graves et énormes qu\u2019ils soient, môme de ceux réservés, comme Nous avons dit plus haut, aux mêmes Ordinaires et à Nous et au Siège apostolique ; ayant soin toutefois d\u2019enjoindre une pénitence salutaire et les autres choses qui doivent être enjointes de droit.Par la même autorité et plénitude de la bénignité apostolique, Nous accordons et Nous concédons à ces mêmes confesseurs, pouvoir de commuer en d\u2019autres œuvres pies et salutaires, les vœux quelconques, même ceux confirmés par serment et réservés au Siège apostolique (excepté les vœux de chasteté, de religion et ceux qui renferment une obligation acceptée par un tiers ou dans lesquels il s\u2019agit du préjudice d\u2019un tiers ;\u2022 excepté aussi les promesses pénales qui sont appelées preservatives du péché, à moins que la commutation ne soit jugée au moins aussi capable d\u2019éloigner du péché que la première matière du vœu).Nous leur accordons aussi de dispenser ces mêmes pénitents constitués dans les ordres sacrés, mêmes les réguliers, de l\u2019irrégularité occulte, mais seulement de celle qui à l\u2019occasion de la violation d\u2019une censure, prive de l\u2019exercice de ces mêmes ordres ou de la faculté de monter à un ordre supérieur.Nous n\u2019entendons pas toutefois, par les présentes Lettres, dispenser de quelque autre irrégularité publique, ou occulte, ou défaut ou qualité, ou autre incapacité ou inhabileté contractée de quelque manière que ce soit ; ni d'accorder dans ces cas aucune faculté de dispenser, ou d\u2019habiliter et de restituer dans le premier état même au for de la conscience ; et Nous n\u2019entendons pas non plus déroger à la Constitution et aux déclarations qui s\u2019y rapportent, données par Notre prédécesseur le Pape Benoît XIV d\u2019heureuse mémoire, commençant par ces mots : Sacramentum Pœnitenliæ, constitution publiée aux Calendes de juin de l\u2019an 1741 de l\u2019Incarnation de Notre Seigneur et le premier de son Pontificat.Et enfin ces mêmes lettres ne pourront et ne devront en aucune manière favoriser ceux qui auront été nommément excommuniés, suspendus, interdits par nous et par le Siège apostolique ou par quelque prélat ou juge ecclésiastique, ou auront été déclarés liés par d\u2019autres sentences ou censures, ou auront été dénoncés \u2014 262 \u2014 publiquement, à moins qu\u2019ils n\u2019aient donné satisfaction dans le courant de l\u2019année dont il a été parlé plus haut, ou qu\u2019ils ne se soient accordés dans le même temps avec les parties intéressées, dans les cas où ce serait nécessaire.Au reste, si quelques-uns, après avoir commencé à accomplir les œuvres prescrites pour ce jubilé, avec intention de le gagner, se trouvent surpris par la mort, sans avoir pu faire toutes les visites requises, Nous, désirant favoriser avec bonté leur pieuse et bonne volonté, voulons que ces mêmes fidèles, s\u2019ils se sont confessés de leurs péchés avec un sincère repentir et ont reçu la sainte communion, participent à l\u2019indulgence du jubilé et à la rémission des péchés, de la même manière que s\u2019ils avaient réellement visité les églises aux jours prescrits.Si quelques-uns toutefois, après avoir obtenu, en vertu des présentes lettres, l\u2019absolution des censures, ou la commutation des vœux, ou les dispenses ci-dessus énoncées, abandonnent le dessein sérieux et sincère qu\u2019ils avaient et qu\u2019ils devaient avoir de gagner le jubilé et négligent de remplir les autres œuvres nécessaires pour le gagner, bien que pour ce motif même ils puissent difficilement être excusés de péché, néanmoins Nous décrétons et Nous déclarons que ces absolutions, ces commutations et ces dispenses obtenues par eux avec la susdite disposition, subsistent dans leur force.Nous voulons aussi et Nous décrétons que les présentes lettres soient en tout point valides et efficaces et reçoivent et obtiennent leurs pleins effets partout où elles auront été publiées et mises à exécution par les Ordinaires des lieux et qu\u2019elles soient tout à fait favorables et utiles à tous Jes fidèles du Christ qui, demeurant dans la grâce et l\u2019obéissance du Siège Apostolique, habitent dans ces mêmes lieux ou s\u2019y rendront plus tard après une navigation ou un voyage : et cela, nonobstant les constitutions, comme celles-de ne pas accorder des indulgences semblables et les autres constitutions, ordonnances générales ou spéciales, réserves d\u2019absolutions ou de remises et de dispenses, tant apostoliques que publiées dans les conciles universels, provinciaux et synodaux, nonobstant encore les statuts, les usages et les coutumes, comme aussi les privilèges et les induits des ordres quelconques, mendiants et militaires, des congrégations et des instituts, 263 \u2014 appuyés par serment, par confirmation apostolique, ou par toute autre autorité, nonobstant encore les lettres apostoliques accordées aux memes, surtout celles où l\u2019on a expressément réglé que les profès d\u2019un certain ordre, d\u2019une certaine institution et d\u2019un tel institut ne pourront nullement confesser leurs péchés en dehors de leur propre institut religieux.Nous dérogeons complètement à toutes ces règles et à chacune en particulier, quand môme, pour leur suffisante dérogation, il serait nécessaire de faire d\u2019elles et de toutes leurs dispositions, une mention spéciale, spécifique, expresse et individuelle, et quand môme il serait commandé de se servir pour cela d\u2019une autre formule, car nous voulons que ces dispositions soient regardées comme insérées dans ces lettres et ces formes comme très exactement observées pour cette fois seulement et uniquement à l\u2019effet des présentes.Enfin nous dérogeons à toutes les autres règles contraires, quelles qu\u2019elles soient.Mais tandis que, cà cause de la charge apostolique qui nous incombe et de cette sollicitude dont Nous devons entourer tout le troupeau du Christ, Nous offrons ce moyen salutaire d\u2019obtenir la rémission et la grâce, Nous ne pouvons Nous empêcher de prier ardemment et de supplier, au nom de Jésus-Christ, Notre Seigneur et Prince de tous les Pasteurs, tous les patriarches, primats, archevêques, évêques, ou les autres ordinaires des lieux et les prélats ou ceux qui exercent légitimement la juridiction ordinaire locale à défaut des évêques ou de ces prélats d\u2019annoncer un si grand bonheur aux peuples confiés à leur foi et de veiller avec grand soin à ce que tous les fidèles réconciliés avec Dieu par la pénitence, fassent tourner cette grâce du jubilé au profit et l\u2019utilité de leurs âmes.C\u2019est pourquoi, Vénérables Frères, après avoir imploré d\u2019abord par des prières publiques la divine clémence, afin qu\u2019elle remplisse de sa lumière et de sa grâce les esprits et les cœurs de tous, vous devrez surtout engager le peuple chrétien par des instructions et exhortations convenables à recueillir le fruit du Jubilé et lui faire comprendre soigneusement quelle est la force et la nature du Jubilé chrétien pour l\u2019utilité et l\u2019avantage des âmes, du Jubilé dans lequel ont leur accomplissement au point de vue spirituel, par la vertu de Noire-Seigneur Jésus-Christ, tous ces 264 \u2014 biens que la loi ancienne, figure de la nouvelle, apportait au peuple juif chaque cinquantième année.Votre premier soin devra être en môme temps d\u2019instruire le peuple chrétien sur la vertu des indulgences et sur toutes les conditions qu\u2019il doit accomplir pour faire une utile confession de ses péchés et pour recevoir saintement l\u2019Eucharistie.Mais comme l\u2019exemple ne suffit pas et que l\u2019œuvre du ministère ecclésiastique est absolument nécessaire, afin de produire dans le peuple de Dieu les fruits désirés de sanctification, n\u2019omettez pas, Vénérables Frères, d\u2019enflammer le zèle de vos prêtres à exercer avec plus d\u2019activité que jamais le ministère du salut ; et ils contribueront beaucoup au bien commun, là où cela pourra se faire, si, donnant eux-mêmes au peuple chrétien l\u2019exemple de la piété et de la religion, ils renouvellent l\u2019esprit de leur sainte vocation, au moyen d\u2019exercices spirituels pour se livrer ensuite plus utilement et plus efficacement à l\u2019accomplissement de leurs devoirs, dans l\u2019ordre et la manière que vous aurez prescrits.Toutefois, comme il y a dans ce siècle tant de maux à réparer et tant de biens à soutenir, saisissez le glaive de l\u2019esprit, c\u2019est-à-dire, la parole de Dieu, et employez tous vos soins à ce que votre peuple soit porté à détester le terrible crime du blasphème, par lequel est violé à cette époque tout ce qu\u2019il y a de plus saint, et à ce qu\u2019il connaisse et remplisse ses devoirs sur la sanctification des jours de fête et sur l\u2019observation des lois du jeûne et l\u2019abstinence prescrites par l\u2019Église de Dieu, afin qu\u2019il puisse ainsi éviter les châtiments que le mépris de ces choses saintes a attirés sur la terre.Veillez également avec un zèle constant à conserver la discipline du clergé et à soigner la bonne éducation des clercs.Venez par tous les moyens en votre pouvoir au secours de la jeunesse, car vous n\u2019ignorez pas en quel péril elle se trouve et à quelle terrible ruine elle est exposée.Ce genre de mal a si cruellement affligé le cœur du divin Rédempteur lui-même, qu\u2019il a prononcé contre ses auteurs ces terribles paroles : Quiconque scandalisera un cle ces petits qui croient en moi : il vaudrait mieux pour lui qu\u2019on lui attachât une meule de moulin au cou et qu\u2019on le jetât à la mer.(Marc IX, 41.) Il n\u2019y a rien de plus digne du saint temps du Jubilé qu\u2019un plus généreux exercice des œuvres de charité en tout genre.C\u2019est \u2014265 S pourquoi un des effets de voire zèle, Vénérables Frères, sera d\u2019exciter et de stimuler les fidèles à secourir les pauvres et à racheter leurs péchés par les aumônes qui sont la source de tant de biens énumérés dans les saintes écritures ; et pour que le fruit de la charité s\u2019étende plus au loin et devienne plus stable, il sera très opportun d\u2019appliquer les produits de la charité à favoriser et soutenir ces pieuses institutions qui sont regardées à juste titre comme les plus propres à procurer en ces temps le bien des âmes et des corps.Si toutes vos pensées et vos soins tendent à obtenir ces biens, nul doute que le règne du Christ et sa justice n\u2019en reçoivent de grands accroissements, et que la céleste clémence ne verse pendant ce temps favorable et ces jours de salut, une grande abondance de faveurs divines sur les fils de sa prédilection.Enfin nous nous adressons à vous tous, O enfants de l\u2019Église catholique, et nous vous exhortons tous et chacun en particulier, avec une paternelle affection, à profiter de cette occasion d\u2019obtenir le pardon du Jubilé, autant que l\u2019exige de vous le désir sincère que vous devez avoir de votre salut.Il est certes plus nécessaire que jamais, Fils bien-aimés, de purifier votre conscience des oeuvres mortes, d\u2019offrir des sacrifices de justice, de faire de dignes fruits de pénitence et de semer dans les larmes, pour recueillir dans la joie.La Majesté divine nous montre assez ce qu\u2019elle demande de nous, puisque nous gémissons depuis longtemps sous le poids de son indignation et sous le souffle de sa colère, à cause de notre perversité.«Les hommes ont coutume, « toutes les fois qu'ils se trouvent dans une position trop difficile « d'envoyer des ambassadeurs aux nations voisines pour implorer leur « secours.Nous, à notre tour, envoyons une ambassade à Dieu, ce « qui est mieux.Implorons son aide, recourons à lui de tout notre « cœur par nos prières, nos jeûnes et nos aumônes, car nos adver-» saires seront repoussés d'autant plus loin de nous que nous serons « plus voisins de Dieu.» (a) Mais vous surtout, écoutez Notre voix apostolique, car Nous vous parlons ici au nom de Jésus-Christ, vous qui êtes fatigués et accablés et qui, vous étant égarés du sentier du salut, êtes écrasés sous le joug des mauvaises passions et de la servitude du démon.Ne méprisez point les richesses de la bonté, de la patience et de (a) S.Maxime de Turin, Horn.XCI. \u2014 266 la longanimité de Dieu ; et quand un pardon si entier et si facile à obtenir vous est offert, ne vous rendez pas par votre obstination, inexcusables auprès du divin juge, et n\u2019amassez pas sur votre tète un trésor de colère pour le jour de la vengeance et de la révélation du juste jugement de Dieu.Rentrez donc dans votre cœur, o hommes prévaricateurs; réconciliez-vous avec Dieu; le monde et sa concupiscence passent avec rapidité ; renonçez aux œuvres des ténèbres; revêtez-vous des armes de la lumière; cessez d\u2019être les ennemis de votre âme pour obtenir enfin la paix dans ce monde, et dans l\u2019autre la récompense éternelle des justes.Tels sont les vœux que nous formons: voilà ce que Nous ne cesserons de demander au Seigneur très clément ; et Nous avons la confiance que Nous obtiendrons avec abondance tous ces biens du Père des Miséricordes pour tousles enfants de l\u2019Église catholique, unis à Nous dans ces prières communes.Dans l\u2019espérance que cette œuvre sainte du Jubilé produira des fruits de bonheur et de salut, puisse la bénédiction apostolique que nous vous accordons au nom du Seigneur, avec amour et du fond de Notre cœur, être pour vous tous, Vénérables Frères et chers Fils, enfan ts de l\u2019Église catholique, le gage de toutes sortes de bienfaits, et de grâces célestes.Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 24ème jour de décembre de» l\u2019an MDGGGLXXIV, de notre Pontificat le vingt-neuvième.PIE IX, PAPE.INSTEUCTIO Ad Clerum Quebecensem circa Jubileum anni 1875.I.PAROCHI.1° Optât Summus Pontifex ut fideles ad uberius consequendam Jubilei gratiam præparentur missionibus.Fiantigitur, quantum possibile erit, in singulis parochiis spiritualia exercitia trium saltern dierum.2° Juxta mentem ejusdem, exponantur natura et conditiones indulgentiarum, dispositiones requisitæ in sacramentis Pœni \u2014 26Ÿ \u2014 tentiæ et Eucharistiæ ; contra vitia communia in loco, necnon perjurium, blasphemias, scandala, intemperantiam, luxum, jejunii et abstinentiæ omissionem, fiant sermones.3° Permittimus ut in dictis missionibus exponatur Sanctis-simum Sacramentum semel in die, hora convenienti, et detur benedictio.4° Hortandi erunt fideles, præter opera injuucta, ad eleemo-synas tribuendas præsertim in favorem piorum institutorum quæ utilitati animarum et corporum plurimum conducunt.IL Confess aril Quilibet sacerdos approbatus in hac dicecesi, potest in tota diœcesi, semel tantum erga unumquemque pœnitentem et in foro conscientise tantum, in favorem fidelium qui ad sacrum tribunal accedunt cum serio ac sincero proposito lucrandi Jubileum, et reliqua ad id lucrandum necessaria opera adim-plendi, exercere sequentes facilitates, imposita.tamen sain tari pœnitentia et injunctis injungendis de jure : 1° Absolvere ab omnibus excommunicationibus, suspensioni-bus et aliis ecclesiasticis sententiis et censuris, a jure vel ab homine quavis de causa latis seu inflictis, etiam Ordinario, vel Summo Pontifici seu Sedi Apostolicæ, etiam speciali modo, reservatis.(Videatur exceptio infra.) 2° Absolvere ab omnibus peccatis etiam specialiter reservatis Ordinario, vel Summo Pontifici, seu Sanctæ Sedi.3° Commutare in alia pia et salutaria opera, quæcumque vota etiam juramento confîrmata, vel Sedi Apostolicæ reservata, EXCEPTIS votis 1° Castitatis perpetuæ ; 2° religionis ; 3° obliga-tionis quæ a tertio acceptata fuerit ; 4° iis in quibus agatur de prejudicio tertii ; 5° pœnalibus quæ præservativa a peccato mmcupantur, nisi commutatio fiat in aliud opus quod judicetur futurum non minus a peccato præservativum.4° Dispensare, in casibus occultis tantum, cum clericis in saci'is ordinibns constitutis, qui ob violatam aliquam censuram, privati fuissent exercitio ordinis suscepti, vel facilitate ascendendi ad ordinem snperiorem. 268 5° Commutare debitam ecclesiarum visitationem, in toto vel in parte, in alia opera pietatis, cliaritatis et religionis, (v.g.in auditionem missse, vel viam crucis, vel rosarii recitationem, vel &c.),in favorem eornm qui verè impediuntur,prout sunt captivi, infirmi, &c.G° Eodem modo imponere aliud opus loco communionis, in favorem eorum qui nondum ad sac-ram synaxim admissi sunt.NON POSSUNT autem Confessarii.1° Dispensare super quacumque alia irregularitate, vel defec-tu, vel nota, vel inhabilitate, præter illam de qua supra in 4°.2° Absolvere proprium complicem in turpi.3° Absolvere pœnitentes quos noverint fuisse sollicitatos in confessione et qui renuerint denuntiare sollicitantem, juxta bullam Benedicti XIV « Sacramentum Pœnitentiæ.» 4° Absolvere eos qui a summo Pontifice vel a Sancta Sede, vel ab aliquo Prælato sen judice ecclesiastico nominatim excom-municati, snspensi, interdicti, seu alias in sententias et censuras incidisse declarati, vel publice denuntiati fuerint, nisi intra annum 1875 satisfecerint et cum partibus, ubi opus fuerit, con-cordaverint.Quebeci, die 5 februarii 1875.\u2022J* E.-A., Archpus Quebecen./ \u2014 269 \u2014 (No 39) CIRCULAIRE AU CLERGÉ f Archevêché de Québec, 1 1er mars 1875.I.\tSéminaire de Chicoutimi.II.\tEnvoi de la bulle de Léon XII sur le Jubilé.III.\tPetit Manuel du Jubilé, pour le Diocèse de Québec.IV.\tColporteurs des sociétés bibliques.V.\tOuvrage et conférences sur l\u2019agriculture, à encourager.Monsieur, I Dans ma circulaire (N° 31) du 1er mars 1874, j\u2019ai ordonné une quête en faveur du Séminaire cle Chicoutimi.Je demandais un centin par année, pendant trois ans, par chaque personne du diocèse.Nous voici rendus au mois destiné à honorer spécialement Saint Joseph, le chef de cette Sainte Famille, à laquelle ce nouvel établissement est consacré.L\u2019année dernière, ces quêtes, en y comprenant quelques dons généreux, ont donné $7,670.66, auxquelles sont venues s\u2019adjoindre depuis le commencement de l\u2019année $195.Ces sommes ont été employées à la construction d\u2019une aile de 108 pieds sur 52, à quatre étages pleins et une mansarde haute de 14 pieds.L\u2019édifice, construit en belle et bonne pierre trouvée sur place, est maintenant clos et couvert en planches, et dans le courant de l\u2019été il sera mis en état de recevoir la nombreuse famille que le Saint Enfant Jésus attire auprès de lui dans ce Séminaire.Cette année, près de 90 élèves ont fréquenté les classes et, à cause de l\u2019exiguité du local, il a fallu louer une couple de maisons dans le voisinage de l\u2019ancien collège, que l\u2019on croyait d\u2019abord capable de suffire pour plusieurs années.La bénédiction du Divin Enfant sur cet établissement nous donne l\u2019assurance que ceux qui contribueront à son achè- \u2014 270 \u2014 vement auront une bonne part aux largesses de Jésus, Marie et Joseph.J\u2019ai la ferme confiance que cette seconde quête d\u2019un centin par personne, ne sera pas moins fructueuse que la première, afin que nous puissions, au mois de septembre, installer Notre Seigneur dans cette nouvelle demeure que le diocèse de Québec tout entier a généreusement contribué à ériger.Il est à espérer que tous les bienfaiteurs spéciaux de l\u2019année dernière, se signaleront encore cette fois, car il reste encore beaucoup à faire dans l\u2019intérieur pour rendre logeables les parties de l\u2019édifice que l\u2019on se propose d\u2019occuper cet automne.Il faut songer aussi qu\u2019on a dû emprunter quelques milliers de piastres pour rendre l\u2019édifice au point où il est.L\u2019année dernière, je vous disais :\t« Je demande bien peu de » chose; je demande si peu que je crains presque de paraître faire » injure à la charité de mes diocésains ! Un centin par année.par » chaque personne ! Quelle est la personne si pauvre, qu\u2019elle ne » puisse pas donner à Saint Joseph un centin cette année encore » et autant l\u2019année prochaine?Quel est l\u2019enfant si jeune qui ne » veuille contribuer un centin pour aider à construire la demeure » de l\u2019Enfant Jésus ! Quels sont les parents qui ne donneront.» pas volontiers un centin au nom de leur enfant encore au ber-» ceau, pour attirer sur ce cher objet de leur tendresse, la béné-» diction de Jésus, de Marie et de Joseph ?Il va sans dire que » je recevrai avec double reconnaissance l\u2019offrande immédiate de » ces trois centins que bien des personnes voudront faire.» » Chaque curé connaissant le nombre total d\u2019âmes qu\u2019il y a » dans sa paroisse, arrivera facilement à connaître si la paroisse » a fourni à Saint Joseph le petit contingent que je demande au » nom de ce Saint Patriarche.» «.Le district du Saguenay, malgré les cruelles épreuves aux- » quelles il a été soumis, continue à faire des progrès et deviendra » avec le temps, une partie importante de notre province.Sa » position exceptionnelle demande qu'il puisse trouver dans ses » propres limites tout ce dont il a besoin pour prospérer sous le » rapport intellectuel, aussi bien que sous le rapport matériel.Or » une institution de haute éducation contribuera éminemment à \u2014 271 \u2014 » retenir et à attirer dans ce territoire bon nombre denoscompa-» triotes, qui autrement seraient perdus pour notre province.» C\u2019est aussi pour le môme but que notre Gouvernement Pro-» vincial se montre disposé à favoriser la construction d\u2019un » chemin de fer qui reliera ce territoire avec la vallée du Saint-» Laurent.» A ces paroles que je vous adressais l\u2019année dernière, je n\u2019ajouterai qu\u2019une considération nouvelle, ou plutôt, une nouvelle autorité en faveur d\u2019une considération que je faisais valoir en 1874.Dans sa bulle du jubilé, Notre Saint Père le Pape nous recommande de pratiquer l\u2019aumône surtout en faveur des établissements de charité et d\u2019éducation.De nos jours l\u2019enfer redouble d\u2019efforts pour soustraire i\u2019enfance et la jeunesse à l\u2019influence salutaire de la religion et empoisonner dans sa source môme la société entière.« Or contribuer à répandre les bienfaits de » l\u2019éducation, est une des principales œuvres de la divine vertu » de charité.Lorsque plus tard, comme on a lieu de l\u2019espérer, un » siège épiscopal sera établi à Chicoutimi, la religion trouvera » dans ce séminaire le clergé dont elle aura besoin.Lorsque » nous verrons ces belles espérances se réaliser, nous nous rap-» pellerons avec bonheur que notre petite aumône d\u2019un centin » par année, pendant trois ans, aura contribué à faire ces grandes » choses.» (Circulaire du 1er Mars 1874.) Vous voudrez bien, M.le Curé, agréer l\u2019expression de ma vive reconnaissance pour le zèle que vous avez déployé l\u2019année dernière en faveur de cette œuvre et recueillir encore cette année ces offrandres pendant le mois de Saint Joseph.Veuillez m\u2019en faire tenir le montant aussitôt que possible, en y ajoutant votre aumône que vous distinguerez -dans votre liste, afin que les archives de cette maison puissent en conserver le souvenir.MM.les Curés du Saguenay pourront remettre leurs offrandes à M.le Grand Vicaire Racine.Que la bénédiction de Jésus et la protection de Marie et de Joseph soient à jamais sur vous et sur tous ceux qui contribueront à cette bonne œuvre ! \u2014 2Y2 \u2014 II Le Saint-Père, en envoyant aux évêques son encyclique du jubilé de 1875, y a joint une copie de la bulle de Léon XII, en date du 25 décembre 1825.De concert avec les évêques des deux provinces de Québec et de Toronto, je l\u2019ai fait imprimer pour en distribuer une copie à tous les membres du clergé ; vous la recevrez avec la présente.Cette bulle est célèbre dans le monde catholique, à cause des conseils vraiment admirables qu\u2019elle renferme pour la direction des âmes dans le saint tribunal, en tout temps, mais surtout durant le jubilé.Depuis cette époque, les conciles et les théologiens en ont cité des extraits ; et notre second concile de Québec en a inséré une partie assez considérable dans son décret IX.L\u2019envoi que Pie IX en a fait à tous les évêques, montre assez clairement combien ce grand pontife désire que cette bulle soit étudiée, méditée et pratiquée dans tout l\u2019univers catholique.J\u2019ai la confiance que vous vous conformerez de grand cœur à ce désir qui doit être pour nous comme un ordre.La bénédiction de Notre Seigneur ne peut manquer de se répandre avec abondance sur les travaux de ceux dont le zèle sera guidé et éclairé par cette parole apostolique.Attende lectioni, exhortationi et doctrinæ.Noli ncgligere gratiam quæ in te est.Ilæc me dit are, in his esto ; ut pro fee tus tuus manifèstus sit omnibus.Attende tibi et doctrinæ ; insta in illis.Hoc enim faciens et teipsum salvum faciès et cos qui te audiunt (I.Tim.IV.13.).Ill J\u2019ai fait préparer et imprimer un Petit Manuel pour le Jubilé de 1875 dans le diocèse de Québec.Il est destiné à faire connaître aussi clairement que possible les conditions à remplir pour gagner l\u2019indulgence du jubilé.Il sera très utile aux fidèles et même au clergé, parce qu\u2019il entre dans plusieurs détails qu\u2019il eut été impossible de mettre dans un mandement.J\u2019invite MM.les Curés à en répandre quelques douzaines dans leurs paroisses.Il est nécessaire de faire les demandes au plus vite, parce que l\u2019imprimeur gardera ses caractères sur pied \u2014 273 \u2014 pendant quelques semaines seulement, afin de pouvoir plus aisément satisfaire toutes les demandes, mais ensuite il sera difficile de s\u2019en procurer des exemplaires.Il se vend 4 centins la pièce et 3 centins à la douzaine.On le trouvera chez M.Crémazie, en face du presbytère, à Québec.IY J'ai vu récemment dans le compte-rendu d\u2019une assemblée des sociétés bibliques, que deux colporteurs français ont été chargés l\u2019année dernière de distribuer des bibles et des tracts le long des deux rives du Saint-Laurent et qu\u2019on se propose de continuer encore cette année.Je n\u2019ai pas besoin de vous dire avec quel soin et quel zèle vous devez prémunir vos fidèles contre les pièges que l\u2019erreur tend à leur foi.Il suffit que vous en soyez prévenus.Y Le Gouvernement de cette province fait en ce moment de louables efforts pour améliorer l\u2019état de l\u2019agriculture.Comme nous le lisons dans un rapport fait par un homme compétent, qui venait de parcourir presque toute la partie Canadienne Française de notre province, «il faut bien l\u2019admettre, notre agriculture « souffre au delà de toute expression, et il est grand temps de eur.V LE RÔLE DU CLERGÉ DANS LA POLITIQUE Des hommes qui veulent vous tromper, Nos Très Chers Frères,, vous répètent que la religion n\u2019a rien à voir dans la politique qu\u2019il ne faut tenir aucun compte des principes religieux dans la discussion des affaires publiques; que le clergé n\u2019a de fonctions à remplir qu\u2019à l\u2019Église et à la sacristie et que le peuple doit en politique pratiquer l\u2019indépendance morale ! Erreurs monstrueuses, Nos Très Chers Frères, et malheur au pays où elles viendraient à prendre racine ! En excluant le clergé, on exclut l\u2019Église, et en mettant de côté l\u2019Église, on se prive de tout ce qu\u2019elle renferme de salutaire et d\u2019immuable : Dieu, la morale, la justice, la vérité, et quand on a fait ainsi main basse sur tout le reste, on n\u2019a plus à compter qu\u2019avec la force ! Tout homme qui a son salut à cœur, doit régler ses actes selon la loi divine, dont la religion est l\u2019expression et la gardienne.Qui ne comprendra quelle justice et quelle rectitude régneraient partout, si les gouvernants et les peuples avaient toujours devant les yeux cette loi divine qui est l\u2019équité même, et ce jugement formidable qu\u2019ils auront à subir devant celui au regard et au bras de qui personne 11e saurait échapper?Les plus grands ennemis du peuple sont donc ceux qui veulent bannir la religion de la politique ; car sous prétexte d\u2019affranchir le peuple de ce qu\u2019ils appellent la tyrannie du prêtre., l'influence indue du prêtre, ils préparent à ce môme peuple les chaînes les plus pesantes et les plus difficiles à secouer: ils mettent la force au dessus du droit et ôtent à la puissance civile le seul frein moral qui puisse l\u2019empêcher de dégénérer en despotisme et en tyrannie ! \u2014 327 \u2014 On veut reléguer le prêtre dans la sacristie! Pourquoi ?Est-ce parce qu\u2019il a puisé dans ses études des notions saines et certaines sur les droits et les devoirs de chacun des fidèles confiés à ses soins?Est-ce parce qu\u2019il sacrifie ses ressources, son temps, sa santé, sa vie même pour le bien de ses semblables ?N\u2019est-il pas citoyen au même titre que les autres?Eh quoi! le premier venu peut écrire, parler et agir ; on voit quelquefois affluer vers un comté, ou une paroisse, des étrangers qui viennent pour y faire prévaloir leurs opinions politiques : seul le prêtre ne pourra parler et écrire ! il sera permis à quiconque le veut de venir dans une paroisse débiter toutes sortes de principes, et le prêtre qui est au milieu de ses paroissiens comme un père au milieu de ses enfants, n\u2019aura aucun droit de parler, aucun droit de protester contre les énormités qu\u2019on leur apporte ! Tel qui aujourd\u2019hui crie très fort que le prêtre n\u2019a rien à voir dans la politique, trouvait naguère cette influence salutaire ; tel qui nie aujourd\u2019hui la compétence du clergé dans ces questions, exaltait jadis la sûreté des principes que donne à un homme l\u2019étude de la morale chrétienne ! D\u2019où vient ce changement, sinon de ce que l\u2019on sent agir contre soi cette influence que l\u2019on a la conscience de ne plus mériter ! Sans doute, Nos Très Chers Frères, l\u2019exercice de tous les droits de citoyen par un prêtre n\u2019est pas toujours opportun, il peut même avoir ses inconvénients et ses dangers ; mais il ne faut pas oublier que c\u2019est à l\u2019Église seule qu\u2019il appartient de donner à ses ministres les instructions qu\u2019elle juge convenables, et à reprendre ceux qui s\u2019en écartent, et les évêques de cette Province n\u2019ont pas manqué à leur devoir sur ce point.Jusqu\u2019ici nous avons considéré le prêtre comme citoyen et parlant politique en son propre et privé nom, comme tout autre membre de la société civile, Y a-t-il des questions où l\u2019Évêque et le prêtre puissent, et même quelquefois doivent, intervenir au nom de la religion?Nous répondrons sans hésitation : Oui, il y a des questions politiques où le clergé peut et même doit intervenir au nom de la religion.La règle de ce droit et de ce devoir se trouve dans 328 \u2014 la distinction môme que nous avons déjà signalée, entre l\u2019Église et l\u2019État.11 y a en effet des questions politiques qui touchent aux intérêts spirituels des âmes, soit parce qu\u2019elles ont rapport à la foi ou à la morale, soit parce qu\u2019elles peuvent affecter la liberté, l\u2019indépendance ou l\u2019existence de l\u2019Église, meme sous le rapport temporel.Il peut se présenter un candidat dont le programme soit hostile à l\u2019Église, ou bien dont les antécédents soient tels que sa candidature soit une menace pour ces mômes intérêts.De même un parti politique peut être jugé dangereux, non seulement par son programme et par ses antécédents, mais encore par les programmes et les antécédents particuliers de ses chefs, de ses principaux membres et de sa presse, si ce parti ne les désavoue point et ne se sépare point définitivement d\u2019eux, dans le cas où ils persistent dans leur erreur après en avoir été avertis.Dans ces cas, un catholique peut-il, sans renier sa foi, sans se montrer hostile à l\u2019Église dont il est membre, un catholique, peut-il, disons-nous, refuser à l\u2019Église le droit de défendre les intérêts spirituels des âmes qui lui sont confiées ?Mais l\u2019Église parle, agit et combat par son clergé, et refuser ses droits au clergé, c\u2019est les refuser à l\u2019Église.Alors le prêtre et l\u2019Évêque peuvent en toute justice et doivent en toute conscience élever la voix, signaler le danger, déclarer avec autorité que voter en tel sens est un péché, que faire tel acte expose aux censures de l\u2019Église.Ils peuvent et doivent parler non seulement aux électeurs et aux candidats, mais même aux autorités constituées, car le devoir de tout homme, qui veut sauver son âme, est tracé par la loi divine ; et l\u2019Église, comme une bonne mère, doit à tous ses enfants, de quelque rang qu\u2019ils soient, l\u2019amour, et, par conséquent, la vigilance spirituelle.Ce n\u2019est donc point convertir la chaire en tribune politique que d\u2019éclairer la conscience des fidèles sur toutes ces questions où le salut se trouve intéressé.Sans doute, Nos Très Chers Frères, de semblablas questions ne se présentent pas tous les jours ; mais le droit n\u2019en est pas moins certain.Il est évident, par la nature même de la question, qu\u2019à l\u2019Église seule doit appartenir l\u2019appréciation des circonstances où il faut 329 \u2014 ainsi élever la voix en faveur de la foi et de la morale chrétienne.L\u2019on objectera peut-être que le prêtre est exposé comme tout homme, à dépasser la limite qui lui est assignée et qu\u2019alors c\u2019est à l\u2019État à le faire rentrer dans le devoir.A cela nous répondrons d\u2019abord que c'est faire gratuitement injure à l\u2019Église entière que de supposer qu\u2019il n\u2019y a pas dans sa hiérarchie un remède à l\u2019injustice ou à l\u2019erreur d\u2019un de ses ministres.En effet, l\u2019Église a ses tribunaux régulièrement constitués, et si quelqu\u2019un croit avoir droit de se plaindre d\u2019un ministre de l\u2019Église, ce n\u2019est pas au tribunal civil qu\u2019il doit le citer, mais bien au tribunal ecclésiastique, seul compétent à juger la doctrine et les actes du Prêtre.Voilà pourquoi Pie IX, dans sa bulle Apostolicæ Sedis, octobre 1899, déclare frappés d\u2019une excommunication majeure ceux qui obligent directement ou indirectement les juges laïques a citer devant leur tribunal les personnes ecclésiastiques, contre les dispositions du droit canonique.En second lieu, quand l\u2019État envahira les droits de l\u2019Église, foulera aux pieds ses privilèges les plus sacrés, comme cela arrive en Italie, en Allemagne et en Suisse, ne serait-ce pas le comble de la dérision que de donner à ce même État le droit de bâillonner sa victime ?En troisième lieu, si l\u2019on pose en principe qu\u2019un pouvoir n\u2019existe pas, parce qu\u2019il peut arriver que quelqu\u2019un en abuse, il faudra nier tous les pouvoirs civils, car tous ceux qui en sont revêtus, sont faillibles.VI LA PRESSE ET SES DEVOIRS Dans notre siècle, la presse joue un rôle dont on ne peut se dissimuler l\u2019importance pour le bien comme pour le mal.L\u2019Église ne saurait demeurer spectatrice indifférente de ces luttes journalières qui se font soit dans les livres, soit dans les journaux.Ces écrits que la presse éternise en quelque sorte et jette aux quatre vents du ciel, sont bien autrement féconds, pour l\u2019édifica- \u2014 330 tion ou le scandale, qu\u2019une parole presque aussitôt oubliée qu\u2019entendue par un petit nombre d\u2019auditeurs.Honneur et gloire à ces écrivains catholiques qui se proposent avant tout de propager et de défendre la vérité ; qui approfondissent avec un soin scrupuleux les questions importantes qu\u2019ils sont appelés à traiter ! Mais que répondront au Souverain Juge les écrivains pour qui la politique telle qu\u2019ils l\u2019entendent, c\u2019est-à-dire, l\u2019intérêt de leur parti, est la règle suprême ; qui ne tiennent pas compte de l\u2019Église ; qui voudraient faire de cette Épouse du Christ, la vile esclave de César ; qui négligent ou même méprisent les avis de ceux que Jésus-Christ a chargés d\u2019enseigner les vérités de la religion ?Les devoirs de la presse, tels que tracés par notre dernier Concile de Québec, peuvent se résumer ainsi : 1° Traiter toujours ses adversaires avec charité, modération et respect, car le zèle pour la vérité ne saurait excuser aucun excès de langage ; 2° juger ses adversaires avec impartialité et justice, comme on voudrait être jugé soi-même ; 3° ne point se hâter de condamner avant d\u2019avoir bien examiné toutes choses ; 4° prendre en bonne part ce qui est ambigu ; 5° éviter les railleries, les sarcasmes, les suppositions injurieuses à la réputation, les accusations mal fondées, l\u2019imputation d\u2019intentions que Dieu seul connaît.Ce que l\u2019Église n\u2019a point condamné, on peut bien le combattre, mais non pas le mal noter.Quand il s\u2019agit des autorités Écclésiastiques ou Civiles, le langage doit toujours être convenable et respectueux.Il ne faut pas traduire devant le tribunal incompétent de l\u2019opinion publique des établissements dont les Évêques sont les protecteurs et les juges naturels.Ajoutons que le prêtre, et, à plus forte raison, l\u2019Evêque dans l\u2019exercice de son ministère, n\u2019est pas justifiable de l\u2019opinion publique, mais de ses seuls supérieurs hiérarchiques.Si quelqu\u2019un croit avoir droit de se plaindre, il peut toujours le faire devant ceux qui ont droit de lui rendre justice ; du prêtre on peut appeler à l\u2019Évêque, de celui-ci à l\u2019Archevêque et de l\u2019Archevêque au Souverain Pontife ; mais il ne peut jamais être permis de répéter sur les journaux les mille et mille bruits que les excitations politiques font surgir comme les vagues d\u2019une mer en furie. \u2014 331 \u2014 Il ne faut pas non plus oublier que si les lois particulières faites par un Évêque n\u2019obligent pas en dehors de son diocèse, les principes qu\u2019il expose dans ses lettres pastorales sont de tous les temps et de tous les lieux.Si quelqu\u2019un, ecclésiastique ou laïque, se croit en droit de ne pas écouter la voix d\u2019un pasteur qui n\u2019est pas le sien, il n\u2019a pas le droit pour cela de le critiquer et de le juger.VII DU SERAI EN ï Le nom de Dieu est saint et terrible (Ps.GX.9.) ; il ne doit être prononcé qu\u2019avec le plus profond respect, et le Seigneur ne tiendra pas pour innocent celui qui aura pris en vain le nom du Seigneur son Dieu (Exode XX.7.).Il est encore écrit dans nos livres saints : Vous ferez serment en disant : Vive le Seigneur ; mais que ce soit avec véritéT avec discrétion, avec justice (Jérémie IV.2.j.Le serment est un acte de religion, et, par conséquent, il appartient avant tout à l\u2019Église, qui seule a mission pour en définir et en exposer la nature et les conditions.Dans tout serment il y a deux parties distinctes, 1° Vaffirmation de quelque fait, ou de quelque volonté ; 2° l'invocation de Dieu comme témoin de la vérité de ce fait ou de cette volonté.Cette affirmation prend le nom de formule, quand les expressions en sont déterminées par autorité, mais au fond, cette diversité de nom ne change rien à la nature même de cette partie du serment.Tout dépend de la conformité de cette affirmation ou formule, avec la vérité telle que connue par celui qui prête serment.Si l\u2019affirmation ou la formule est vraie dans toutes ses parties,, le serment est bon et vrai.Il y a parjure du moment que dans l\u2019affirmation ou la formule il se trouve quelque chose de faux, connu comme tel par celui\t* qui prête le serment.Quand même dans voLre affirmation ou formule, il y aurait un millier de vérités, si vous y mêlez sciemment un seul mot qui ne soit pas vrai, ce seul mensonge suffit pour vous rendre coupable de parjure. \u2014 332 \u2014 De là il résulte deux conséquences pratiques fort importantes : 1° Avant de prêter serment, il faut bien examiner et comprendre la formule qu\u2019on est appelé à affirmer, de peur qu\u2019il ne s\u2019y trouve quelque chose de contraire à la vérité telle qu\u2019on la connaît; s\u2019il y a quelque chose que l\u2019on ne comprenne pas bien, s\u2019il y a quelque doute, il faut se la faire expliquer et refuser de prêter serment jusqu\u2019à ce que la conscience soit bien formée à ce sujet ; autrement, on s\u2019expose à faire un parjure, et, par conséquent, on commet un péché grave ; 2° On ne doit jamais parler de la formule d\u2019un serment, comme d\u2019une chose de peu d'importance : et nous condamnons absolument la distinction que l\u2019on voudrait faire entre les diverses formules pour en mépriser quelques-unes, ou pour leur donner un sens que ne peuvent comporter les expressions qu\u2019elles renferment.Des paroles claires par elles-mêmes ne souffrent point d\u2019interprétation, comme la lumière n\u2019a pas besoin d\u2019une autre lumière pour être aperçue.Quand une formule dit clairement et formellement que telle chose existe, il n\u2019y a point d\u2019interprétation possible pous lui faire dire que cette chose n\u2019existe point.En entrant dans l\u2019exercice de leur charge, les fonctionnaires publics sont tenus à prêter ce qu\u2019on appelle un serment d'office.Ils promettent solennellement, en présence du Dieu Tout-Puissant, de remplir avec exactitude certains devoirs qui leur sont imposés.Ce n\u2019est pas une vaine formule, une promesse vide de sens, mais une obligation des plus graves et qui dure aussi longtemps que l\u2019on est en office.Ce doit être l\u2019objet d\u2019un examen de conscience spécial et sérieux quand on se prépare à s\u2019approcher des sacrements.Si l\u2019on doit respecter le serment en soi-même, on ne doit pas moins le respecter dans les autres.Nous saisissons cette occasion pour condamner comme une impiété et une espèce de scandale, la pratique de certains hommes de loi qui, pour les besoins de leur cause, ne craignent point de transquestionner les témoins jusqu\u2019au point de les embrouiller et de les faire contredire et parjurer.Il ne suffit pas qu\u2019une cause soit bonne; il faut que les moyens employés pour la faire triompher soient conformes aux règles immuables de la vérité, de la justice et de la charité. \u2014 333 \u2014 VIII DE LA SÉPULTURE ECCLÉSIASTIQUE La sépulture ecclésiastique n\u2019a pas, sans doute, le même degré de sainteté que les sacrements, mais elle n\u2019en appartient pas moins tout entière et uniquement au jugement de l\u2019Église.Nous voulons parler de la sépulture ecclésiastique telle que définie et réglée par les lois canoniques, c\u2019est-à-dire, non seulement des prières et des rites religieux qui accompagnent les funérailles, mais aussi du lieu sanctifié et consacré spécialement par des prières et des bénédictions, pour la sépulture de ceux qui meurent dans la paix de l\u2019Église catholique.Nulle puissance temporelle ne peut prescrire à l\u2019Église de venir prier sur la tombe d\u2019un mort qu\u2019elle a jugé indigne de ses prières ; c\u2019est un attentat sacrilège que de violer par la force la sainteté de la terre consacrée par les prières et les bénédictions de l\u2019Église.On dira peut-être que la privation des honneurs de la sépulture ecclésiastique emporte une dégradation et une infamie, et qu\u2019ainsi considérée elle est du ressort de l\u2019autorité civile chargée de protéger l\u2019honneur des citoyens.Nous répondons que le déshonneur et l\u2019infamie sont plutôt dans la révolte d\u2019un enfant contre sa mère et que rien ne peut laver la tache d\u2019une désobéissance grave qui persévère jusqu\u2019à la mort.Tous les procès, tous les appels, toutes les sentences du monde, ne feront que donner un plus grand retentissement à la faute et rendre la dégradation et l\u2019infamie plus notoires et plus déplorables aux yeux des vrais catholiques.Jésus-Christ, dit l\u2019Apôtre Saint PaulT a aimé son Église et s'est livré lui-même pour elle (Eph.V.25).A l\u2019exemple de notre Divin Maître et Modèle, rien ne doit nous être plus cher en ce monde que cette même Église, dont nous sommes les membres sous un même chef qui est Jésus-Christ.Elle est notre mère, puisqu\u2019elle nous a engendrés à la vie de la grâce ; nous devons l\u2019aimer d\u2019un amour filial, nous réjouir de ses triomphes, partager ses tristesses et au besoin élever la voix pour la défendre.Quand donc nous \u2014 334 voyons sa liberté et sa dignité méconnues, il ne pent être permis à ses enfants, et encore moins à ses pasteurs, de garder un silence qui équivaudrait à une trahison.La Sainte Église Catholique, fidèle aux enseignements de son Divin Maître, apprend à ses enfants à rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui esta Dieu (Matth.XXII.21.).Elle leur répète avec le grand Apôtre : Rendez à chacun ce qui lui est dû; le tribut à qui le tribut ; l'impôt à qui l'impôt ; la crainte à qui la crainte ; l'honneur à qui l'honneur (Rom.XIII, 7.).Ce devoir de justice et de respect qu\u2019elle ne cesse de proclamer, elle a plus que personne le droit d\u2019attendre qu\u2019on l\u2019accomplira à son égard et qu\u2019on rendra à l\u2019Église de Dieu ce qui est à l\u2019Église de Dieu.Or, Nos Très Chers Frères, nous devons le dire avec douleur, une affaire tristement célèbre nous prouve que l\u2019Église Catholique du Canada est menacée dans sa liberté et ses droits les plus précieux.Et ce qui met le comble à notre affliction, c\u2019est que l'Église peut dire comme le prophète : J'ai nourri des enfants, je les ai comblés de bienfaits et ils m'ont méprisé: ülios enutrivi et exaltavi, ipsiautem spreverunt me (Isaïe I, 2) ! Les premiers auteurs de cet attentat ont été élevés sur les genoux d\u2019une mère catholique, ils se sont assis dans leur enfance à la table sainte, ils ont reçu le caractère ineffaçable de la confirmation, et encore aujourd\u2019hui, malgré leur révolte, ils se disent catholiques, pour avoir le droit de faire ouvrir par la force l\u2019entrée d\u2019un cimetière consacré par les prières de l\u2019Église et destiné par elle à la sépulture de ses enfants fidèles.Pour déguiser cette usurpation criminelle, on a invoqué les prétendues libertés gallicanes, comme si l\u2019unité catholique fondée par Jésus-Christ sur l\u2019autorité suprême de Pierre et de ses successeurs, n\u2019était qu\u2019un vain nom ! Qu\u2019est-ce en effet qu\u2019une autorité contre laquelle il serait permis au sujet de se pourvoir en invoquant ses libertés ! Quel prince, quelle république voudrait reconnaître un pareil principe invoqué par une province, malgré les déclarations cent fois répétées de la constitution et des tribunaux suprêmes de l'état ?Que ceux qui sont en dehors de l\u2019Église, trouvent de pareils principes bons et admirables, nous ne pouvons nous en étonner; car ils ne croient pas à cette autorité qui fait le fondement de \u2014 335 \u2014 l\u2019Église catholique.Mais que des hommes qui osent encore se dire enfants de l\u2019Église, en méconnaissent jusqu\u2019à ce point l\u2019enseignement et la hiérarchie, c\u2019est une inconcevable erreur.Ceux qui ont commencé, soutenu, ou encouragé par leurs souscriptions, cet inqualifiable attentat contre les droits les plus certains de l\u2019Église, nous les tenons pour coupables d\u2019une révolte ouverte contre l\u2019Église et d\u2019une grave injustice dont ils ne peuvent recevoir le pardon, s\u2019ils ne s\u2019efforcent de la réparer par tous les moyens en leur pouvoir.Nous invitons tous les véritables enfants de l\u2019Eglise à demander au Cœur divin de Notre Seigneur d\u2019avoir pitié de ceux qui se sont ainsi égarés des sentiers de la foi et de la justice, afin que reconnaissant leur péché et le réparant, ils obtiennent miséricorde.CONCLUSION Tels sont, Nos Très Chers Frères, les avis importants que nous croyons devoir vous donner dans les circonstances actuelles.Défiez-vous surtout de ce libéralisme qui veut se décorer du beau nom de catholique pour accomplir plus sûrement son œuvre criminelle.Vous le reconnaîtrez facilement à la peinture qu\u2019en a faite souvent le Souverain Pontife :\t1° Efforts pour asservir l\u2019Église à l\u2019État ; 2° tentatives incessantes pour briser les liens qui unissent les enfants de l\u2019Église entre eux et avec le clergé ; 3U alliance monstrueuse de la vérité avec l\u2019erreur, sous prétexte de concilier toutes choses et d'éviter des conflits ; 4° enfin, illusion et quelquefois hypocrisie, qui sous des dehors religieux et de belles protestations de soumission à l\u2019Église, cache un orgueil sans mesure.Souvenez-vous que la véritable politique chrétienne n\u2019a qu\u2019un but qui est le bien public, qu\u2019un seul moyen qui est la conformité parfaite des lois avec la vérité et la justice.Respectez le serment comme un acte religieux de grande importance : avant de le prêter, examinez bien si la formule est vraie en tous points au meilleur de votre connaissance; accomplissez scrupuleusement les devoirs de votre serment d\u2019office et gardez-vous d\u2019induire votre prochain au parjure. 336 Sera le présent mandement lu et publié au prône de toutes les églises et chapelles de paroisses et de missions où se fait l\u2019office public, le premier dimanche après sa réception.Donné sous nos signatures, le sceau de l\u2019Archidiocèse et le contreseing du secrétaire de F Archevêché,le vingt-deux septembre mil huit cent soixante-quinze.f E.-A., Arch, de Québec.-J- Ig., Év.de Montréal, f- L.-F., Év.des Trois-Rivières.\u2022J* Jean, Év.de St-G.de Rimouski.-j- E.-C., Év.de Gratianopolis.-J- Antoine, Év.de Sherbrooke.-j- J.Thomas, Év.d\u2019Ottawa.L.-Z.Moreau, ptre, Adm.de Saint-Hyacinthe.Par Messeigneurs, G.-A.Collet, prêtre, Secrétaire.(No 481 CIRCULAIRE DES ÉVÊQUES DE LA PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE DE QUÉBEC AU CLERGÉ DE LA DITE PROVINCE 22 Septembre 1875.Messieurs, Après avoir adressé aux Fidèles qui Nous sont confiés, les instructions et les avis que nécessitent les circonstances où nous nous trouvons, Nous croyons de notre devoir de donner aussi au clergé des règles de conduite qui puissent le diriger au milieu des difficultés de l\u2019heure présente. \u2014 337 \u2014 Avant tout, Nous insisterons sur l\u2019union qui doit régner entre tous les membres de l\u2019ordre sacerdotal.Cette harmonie fera notre force dans l\u2019avenir comme elle l\u2019a faite par le passé.C\u2019est à elle que le Clergé doit en grande partie la salutaire influence qu\u2019il exerce sur le peuple.Unis tous ensemble de cœur et d\u2019esprit, de sentiments et de pensées, sous la direction de leurs chefs, les prêtres forment comme un tout complet, homogène et indivisible, comme une phalange impénétrable et invincible ; « ut castrorum acies ordinatan (Cant.VI.9.).Dans la véritable Église seule peut ainsi exister, non seulement l\u2019unité de foi, mais encore l\u2019unité de discipline : « Observantia enim hæc indubia est tessera filiorum Ecclesiæ, » nous dit l\u2019immortel Pie IX.Cette belle union seule donne à l\u2019Église la puissance de repousser la fureur, la ruse et l\u2019audace de ses ennemis : ipsa conslituit inexpugnabilem vim Marri unitalis, quæ sola retundere potesl osorurn illius furorem, dolum, audaciam.» Voilà aussi pourquoi l\u2019Apôtre Saint Paul nous dit : Quod si invicem mordetis et oomeditis, videte ne ab invicem-consumamini (Gal.V.15.).Ah ! Messieurs, les adversaires du Clergé et de la Pœligion l\u2019ont bien compris partout, ici comme ailleurs ~ aussi ont-ils concentré tous leurs efforts pour diviser les esprits, pour rompre l\u2019unité, et affaiblir ainsi des forces, qui toutes de concert devraient être dirigées contre l\u2019ennemi commun : «dissociant animos, unitatem discerpunt, viresque conjunctiva opponcndas adversariis infirmant.)) Et le moyen le plus direct, le plus assuré, qu\u2019ils adoptent pour opérer cette malheureuse, cette désastreuse division, dans les rangs du Clergé, c\u2019est de briser d\u2019abord les liens qui unissent les peuples aux Évêques, pour essayer ensuite de relâcher ceux qui unissent les Évêques au Vicaire de Jésus-Christ : « omnes Ecclesiæ hostium machinationes eo
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