Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec
Éditeur :
  • Québec :Impr. générale A. Côté et cie,1887-
Contenu spécifique :
1943-1954
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec, 1943, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" ¦.¦¦¦ \u2022 -1 ¦ ' V' \u2022 l y ' V ''-V -'J *V v'.y I ¦\u2022CT : \u2022\u2022 vu y; *Uv \\u:r$ ¦ \u2019 VJcV.y.v yv \u2022 v'v v; xv, y'.\".- ;*'*\u2022 î v>v\t:.?hwv \u2022 V- \u2022 < $ ¦ :\u2022 1 \u2022'\u2022\u2022 ¦ \u2022 ?! \u2022 y- \u2022 ¦\t\u2022 > '\t.-\u2022%* a \u2022}}\t.¦ ; t -y-*.«\u2022.yr.-y.; -.\u2022 - :\\Y:> i\tlï : 5\tvr- .;y/ÿ'tv* \u2022 \u2022 H-'iy.yy,'> * >\u2022 ;k M ;:é y.-.'; -y ,\\.?.\u2022 1 ¦;& 3- I jj® ;.-Sr MANDEMENTS LETTRES PASTORALES ET CIRCULAIRES DES ÉVÊQUES DE QUÉBEC ¦ ».\"^vv\\AAAAA sanctions plus sévères.Pourquoi, tout spécialement, ne pas interdire aux femmes et aux jeunes filles ces endroits où se consomment des liqueurs alcooliques en dehors des heures de repas ?On sait en effet les dangers et les suites fâcheuses des rencontres faites en ces lieux appelés \u201cgrills\u201d.Nous avons confiance, qu\u2019en des circonstances si graves, les juges je I appliqueront la loi avec rigueur, sans se laisser arrêter trop facilement par ces difficultés d\u2019ordre technique qui ne servent, trop souvent, que les forces du mal.D\u2019ailleurs, Nous u>.¦ j et I avons des preuves récentes et combien consolantes de leur pleine collaboration à la croisade de moralité.L\\g de i\\ 45.L\u2019action du pouvoir civil est légitime et nécessaire en cette matière.Le bien temporel, dont le pouvoir séculier a le soin, ne dépend-il pas, dans une large mesure, du niveau moral des citoyens, donc de la vertu qui doit diriger l\u2019homme dans l\u2019usage des biens matériels ?Cette vertu est même l\u2019élément principal du bien commun temporel.De là découlent, non seulement le droit, mais aussi le devoir du pouvoir civil en matière de moralité publique.Si l\u2019on s\u2019empresse d\u2019enrayer une épidémie qui menace la santé publique, de protéger la propriété des citoyens contre le vol, il n\u2019est que plus indiqué que l\u2019Etat ramène à l\u2019ordre les ennemis de la santé morale et les voleurs de consciences, eux qui n\u2019écoutent ni la voix de la raison ni la voix de la Révélation, mais qui peuvent encore comprendre les conséquences d\u2019une mesure do police.Ils sont un danger pour le bien public, à l\u2019Etat d\u2019aider à les mettre à la raison.b) Moyens surnaturels es I 1 ns 46.Cette action extérieure des autorités civiles, pour jis louable qu\u2019elle soit, ne peut cependant pas suffire à opérer 256 le redressement moral qui s\u2019impose.Comme la moralité a pour appuis premiers la conscience et la foi, il faut avant tout une action qui s\u2019exerce sur les âmes, qui atteigne les consciences, qui enseigne la vertu et donne les moyens de la pratiquer.Or, c\u2019est à l\u2019Eglise qu\u2019il revient d\u2019opérer ces bienfaits dans les âmes.47.\tL\u2019Eglise agit ici de trois manières.D\u2019abord elle met en garde, elle dénonce les dangers, elle prohibe les amusements, les danses, les lectures et autres choses qui peuvent être des occasions de péché.C\u2019est une mère qui prend soin de ses enfants.Elle n\u2019a en vue que la protection surnaturelle des siens.Rien d\u2019autre ne la pousse à agir.Ecoutons-la, Nos très chers frères, avec respect et soumission.48.\tEnsuite et surtout, l\u2019Eglise vise à guérir les plaies morales par le dedans.Elle sait que, pour être efficace et de bonne durée, son action doit être surtout positive.Aussi elle inculque les principes chrétiens dans l\u2019esprit de ses enfants ; elle prêche la nécessité de l\u2019état de grâce comme condition obligatoire et normale pour tout chrétien ; elle fait voir aux yeux de l\u2019homme d\u2019honneur et du chrétien convaincu la nécessité d\u2019être conséquent avec lui-même, de vivre en intimité avec la Trinité qui habite en l\u2019âme.En conséquence, ses fidèles sont disposés à se refuser toute complaisance et tout risque qui pourraient faire perdre l\u2019amitié de Dieu.En un mot, c\u2019est par la prédication des richesses de la vie divine, c\u2019est par la distribution de ces richesses au moyen des sacrements, que l\u2019Eglise détourne ses enfants de l\u2019immoralité.49.\tL\u2019Eglise, enfin, convoque ses fidèles, elle rallie autour d\u2019elle toutes les bonnes volontés, catholiques ou non, afin de créer en ce monde un climat moral sain, \u201cpour que le combat spirituel nécessaire ne soit pas rendu aux âmes plus difficile, plus périlleux par les circonstances extérieures, par l\u2019atmosphère où les cœurs qui en souffrent les assauts doivent le soutenir et le poursuivre\u201d.24 StVOll Nie \u2014 257 \u2014 50.\tDans cette croisade de pureté, à l\u2019action de l\u2019Etat et de l\u2019Eglise se joindront les efforts de chacun, hommes et femmes, jeunes gens et jeunes filles.Personne ne voudra oublier que \u201cla pureté des âmes, vivant de la grâce surnaturelle, ne se conservera jamais sans combat\u201d.La grâce purifiante et sanctifiante, qui nous a réconciliés avec Dieu comme fils d\u2019adoption et héritiers du ciel, a effacé dans notre âme le péché originel ; mais le déséquilibre intérieur, la lutte entre la chair et l\u2019esprit, conséquence du péché d\u2019Adam, demeure en chacun de nous.L\u2019Apôtre, \u201ctout en prenant plaisir à la loi de Dieu selon l\u2019homme intérieur, voyait dans ses membres une autre loi du péché : loi des passions et des inclinations désordonnées qui ne se laissent jamais pleinement dompter .\u201d 25 N\u2019est-ce pas l\u2019expérience de toute vie humaine ?51.\tLa lutte est donc inévitable.Vous l\u2019accepterez courageusement, et pour en sortir victorieux, vous surveillerez les occasions de péché, vous les éviterez avec la grâce de Dieu : vous n\u2019entretiendrez pas de pensées mauvaises, vous ne réchaufferez aucun désir inavouable, vous fuirez les mauvaises compagnies, vous refuserez de laisser corrompre votre esprit par une littérature obscène et des illustrations provocatrices, vous conserverez votre cœur ferme et droit en évitant les fréquentations risquées, les danses immorales, le cinéma corrupteur, les réunions sociales païennes, l\u2019oisiveté, mère de tous les vices, et l\u2019intempérance dans l\u2019usage des boissons enivrantes.En un mot, pour pratiquer la pureté, vous cultiverez la pudeur, qui est une crainte instinctive de l\u2019âme aux premières approches du mal ; vous cultiverez la modestie, qui est la modération, le sens de la mesure, qui fait éviter habituellement tout ce qui est de nature à exciter en vous-mêmes et dans les autres la passion sexuelle.La pudeur et la modestie, tels sont les ornements et les gardiennes de la puretA 52.\tPour être victorieux, vous ne manquerez pas de prier, spécialement dans le temps des tentations.Vous aimerez \u2014 258 \u2014 recourir à la Très Sainte Vierge, la Mère Immaculée ; vous recevrez fréquemment les sacrements de pénitence et d\u2019Eu-charistie, dans le but de vous guérir et de vous aguerrir.53.\tJamais il ne vous faudra craindre la mortification de la chair et de l\u2019esprit.\u201cSi ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le et jette-le loin de toi.Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi\u201d.26 Prenez donc les moyens légitimes de supprimer les causes et les occasions de chute.\u201cQue tous aujourd\u2019hui, s\u2019écrie Pie XII, se fassent un devoir de renoncer aux vices, aux séductions du monde, aux plaisirs effrénés du corps, ainsi qu\u2019à la vanité et à la futilité des biens de la terre, qui ne servent de rien pour la formation chrétienne de l\u2019esprit, de rien pour la conquête du Ciel.Nous devons bien plutôt, ajoute Pie XII, graver en nos intelligences les paroles si autorisées de notre immortel prédécesseur Léon le Grand quand il affirmait que par le baptême nous étions devenus la chair du Crucifié, et la splendide prière de saint Ambroise :\t\u201cPorte-moi, ô Christ, sur la Croix, qui est le salut des égarés, en laquelle seule se trouvent le repos de ceux qui sont fatigués et la vie de ceux qui meurent\u201d.27 54.\tConvaincu, du reste, qu\u2019il est impossible de supprimer totalement cette lutte entre la chair et l\u2019esprit, chacun de vous voudra cependant mettre tous ses soins à la rendre moins difficile.Et chacun de vous, si humble soit-il, peut exercer ici une large influence.55.\tEn premier lieu, nous demandons aux pères et mères de famille, de se livrer sans relâche, avec amour et fermeté, à leur noble travail d\u2019éducateurs.Il vous revient, parents chrétiens, de former le cœur et l\u2019esprit de vos enfants.La préparation que vous aurez acquise, soit auprès de vos i parents, soit par l\u2019action féconde d\u2019œuvres de préparation au mariage, perfectionnez-la, ne cessez pas de l\u2019accroître j diverses associations bien méritantes vous offrent leur concours.Ne craignez pas de donner à vos enfants, au moment \u2014 259 \u2014 -, voulu et d\u2019une façon adaptée à leur âge, les renseignements dont ils ont besoin sur les matières si délicates de la pureté.Par une vie simple et sérieuse, aidez vos enfants, avant tout, à se former une volonté ferme et éclairée ; enseignez-leur un sain usage de leur liberté.56.\tQue jamais vos exemples ou vos faiblesses ne viennent détruire l\u2019influence de votre parole.Bannissez de vos foyers toute littérature malsaine, tout illustré indécent.Surveillez discrètement les fréquentations et les sorties de vos grands.Eduquez vos enfants dans le sens d\u2019un usage chrétien de la mode, du cinéma, de la radio.57.\tVotre action éducatrice s\u2019exercera dès le bas âge, à cette période où se créent des habitudes qui influenceront toute la vie.De grâce, n\u2019habituez pas vos enfants au déshabillé, nous oserions dire, au nudisme.\u201cO mères chrétiennes, s\u2019exclame le Souverain Pontife, si vous saviez quel avenir d\u2019angoisses et d\u2019e périls, de honte mal contenues, vous préparez à vos fils et à vos filles en les accoutumant s imprudemment à vivre à peine couverts, et en leur faisant *\tperdre le sens de la modestie, vous rougiriez de vous-mêmes ¦ et vous redouteriez l\u2019injure que vous vous faites à vous- *\tmêmes et le tort que vous causez aux enfants que le ciel vous a confiés pour les élever chrétiennement\u201d.2S 58.\tParents chrétiens, soyez en un mot des guides et des exemples vivants pour ces jeunes âmes que vous avez mission de préparer à l\u2019héritage céleste.59.\tEn général, que chacun exige de ses fournisseurs des vêtements, des livres, des journaux, des revues, des films mêmes, qui respectent la modestie et n\u2019offensent pas la morale.Ah ! si nous voulions être conséquents avec notre foi ! Comme nous aurions vite fait de purifier les étalages de modes, les librairies, les kiosques de journaux et de revues, l\u2019écran même ! Quand la conscience n\u2019est plus écoutée, il est nécessaire de faire entendre à certains exploiteurs la voix de l\u2019intérêt matériel.Devant une baisse possible des \u2014 260 profits, on consentira bien à bonifier ce qu\u2019on offre.Faisons encore des protestations bien chrétiennes auprès des manufacturiers et des commerçants qui utilisent l\u2019appel de la chair pour attirer les clients.Refusons même d\u2019acheter les produits ainsi annoncés .C\u2019est de beaucoup la faute de l\u2019acheteur et du consommateur, si les modes indécentes ont pénétré en nos milieux, si les annonces sont si peu respectueuses de nos mœurs, si, en un mot, la moralité publique a subi un grave fléchissement.Des forces du mal ont tendu l\u2019appât, trop des nôtres s\u2019y sont laissé prendre, sans plus y réfléchir.Si chacun avait su résister et protester, la situation serait bien différente.60.\tNos très chers frères, pour mener à bien la croisade de pureté, pour prendre avec succès toutes les mesures d\u2019éducation et de protection qui sont devenues nécessaires, une action individuelle n\u2019aurait qu\u2019une efficacité relative.Seule une action commune et concertée exercera une pression efficace sur les milieux et les courants d\u2019idées qu\u2019il y a lieu d\u2019atteindre.\u201cSi l\u2019union fait la force, seul un groupe compact, aussi nombreux que possible, d\u2019esprits chrétiens résolus et sans crainte, saura, selon les exigences de la conscience, secouer le joug de certains milieux, secouer le joug de la tyrannie, aujourd\u2019hui plus forte que jamais, des modes de toute sorte, modes du vêtement, modes dans les usages et les coutumes de la vie\u201d.29 61.\tEn conséquence, nous jugeons opportun et nécessaire de confier la direction de cette croisade de pureté à l\u2019Action catholique organisée.En conformité avec les principes énoncés dans cette lettre collective, en étroite union et sous l\u2019autorité de la hiérarchie dont elle sollicitera les avis et suivra les directives, l\u2019Action catholique continuera de travailler au rétablissement de la moralité publique, par tous les moyens adaptés à cette fin.A cette croisade, elle donnera comme mot d\u2019ordre : éducation et protection de la pureté.Elle veillera à s\u2019assurer le concours de toutes les organisations saines de notre province : associations religieuses, \u2014 261 \u2014 ! nationales et professionnelles ; journaux catholiques ; œuvres de presse et de bonne chanson ; organismes d\u2019éducation î familiale, et tant d\u2019autres qu\u2019il suffira d\u2019inviter à la croisade 1 pour qu\u2019ils donnent une réponse efficace.Lorsque l\u2019autorité 3 compétente le jugera utile et prudent, elle s\u2019emploiera à î mettre sur pied de ces ligues qui, en d\u2019autres pays, ont fait ] œuvre si méritante : associations générales de défense de i la moralité publique, ligues de décence et de moralité des ! modes, de la littérature, de la radio, du cinéma, dessins de modes décentes, publications honnêtes, films propres, chansons ; morales, programmes de radio mieux choisis, et d\u2019autres encore.Ainsi l\u2019Action catholique aura la consolation, non : seulement de combattre les abus, mais encore d\u2019appliquer sûrement le remède au mal.CONCLUSION i .' t 62.Tous unis par la même foi et le même idéal de pureté, sous l\u2019autorité de vos pasteurs, allez livrer côte à côte.Nos très chers frères, le bon combat du Christ.La parole et l\u2019exemple seront vos armes.De nouveau vos luttes et vos victoires réaliseront la prédiction du psalmiste disant au Christ-Roi : \u201cDomine au milieu de tes ennemis.Ton peuple s\u2019offre spontanément au j oui- où tu rassembles ton armée .Du sein de l\u2019aurore vient à toi La rosée de tes jeunes guerriers\u201d.30 63.Nous songeons en terminant à la grandeur du combat qui s\u2019engage contre satan, le monde et la chair, aux résistances que vous rencontrerez, aux chocs qui ne manqueront pas de se produire.Mais la victoire ne peut être douteuse au cœur croyant.C\u2019est avec confiance que vous livrerez la lutte. 64.\tNotre-Seigneur et ses Apôtres ont prêché l\u2019Evangile dans un monde de mœurs dissolues ; avec de bien pauvres moyens humains qui ont reçu leur valeur des richesses de la grâce, ils ont purifié, remis la famille en honneur, redonné à la femme sa noblesse et sa dignité, moralisé la société.65.\tNous reprenons ce travail de moralisation, ou plutôt, Nous voulons lui donner un regain de vie et une vigueur renouvelée.Nos moyens humains sont puissants ; la grâce de Dieu nous sera d\u2019un plus grand secours encore et fera porter des fruits abondants à nos travaux.Demandons-la avec ferveur par l\u2019intercession de Marie, la Mère du Bel Amour, sous le patronage de laquelle Nous plaçons cette campagne de pureté.Reportons à Dieu toute gloire et tout honneur, et rappelons-nous la parole du Maître : \u201cAyez confiance, j\u2019ai vaincu le monde\u201d.31 Sera Notre présente Lettre pastorale collective lue et publiée au prône dans toutes les églises paroissiales et en Chapitre dans les Communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception, et les dimanches suivants.Donné à Québec, au Palais cardinalice, sous Nos seings et sous le contreseing du Chancelier de l\u2019Archevêché de Québec, le dimanche du Bon Pasteur, le cinquième jour de mai, l\u2019an du Seigneur mil neuf cent quarante-six.f J.-M.-Rodrigue Cardinal Villeneuve, o.m.i., Archevêque de Québec.f Alexandre, Archevêque d\u2019Ottawa.f Joseph, Archevêque de Montréal.j- Georges, Archevêque de Rimouski.f Joseph-Eugène, Evêque de Mont-Laurier.f Louis, o.m.i., Evêque de Timmins.f Joseph-Alfred, Evêque de Valleyfield.f Joseph-Omer, Evêque titulaire de Dobero, Auxiliaire de Québec. \u2014 263 \u2014 f Joseph-Arthur, Evêque de Joliette.f Joseph-AldÉE, Evêque d\u2019Amos.f Anastase, Evêque de Saint-Jean-de-Québec.f Philippe, Evêque de Sherbrooke.f Napoléon-Alexandre, c.j.m., Evêque du Golfe Saint-Laurent.f Albini, Evêque de Nicolet.f Arthur, Evêque de Saint-Hyacinthe.f Henri, o.m.i., Evêque titulaire de Perrhé, Vicaire Apostolique de la Baie James.f Georges, Evêque de Chicoutimi.f Albini, Evêque de Gaspé.f Conrad, Evêque titulaire d\u2019Aréna, Auxiliaire de Montréal.t Lawrence Patrick, Evêque titulaire d\u2019Opos, Auxiliaire de Montréal.f Georges-Léon, Evêque titulaire d\u2019Ephestus.Auxiliaire de Québec.\u2022f Charles-Eugène, Evêque titulaire de Diana, Auxiliaire de Rimouski.t James, Evêque de Charlottetown.f William, Evêque de Pembroke.f Lionel, o.m.i., Evêque titulaire d\u2019isba, Vicaire Apostolique au Labrador.f Georges-L., Evêque de Hearst.f Maurice, Evêque des Trois-Rivières.Par mandement de Son Eminence et de Leurs Excellences.Bruno Desrochers, chanoine, Chancelier de l\u2019Archevêché de Québec. \u2014 265 \u2014 RÉFÉRENCES Dr Bates, Directeur de la Ligue Canadienne de Santé, Le Devoir, 19 janvier 1946.Mgr Albert Valois, P.A., V.G., \u201c11 doit y a ,oir des limites\u201d, Le Devoir, 17 janvier 1946.Mgr Hormisdas Trudel, Vicaire capitulaire des Trois-Rivières, Action Catholique, 10 décembre 1945.La Moralité publique, R.P.J.-Papin Archambault, s.j., E.S.P., no 383, décembre 1945.Pie XII, La Mode, Discours du 22 mai 1941, E.S.P.Pie XII, La Mode, Discours du 22 mai 1941, E.S.P.Pie XII, La Mode, Discours du 22 mai 1941, E.S.P.Synode de Québec (1940), Décret 102, note :\t\u201cQue si 1 on demande en quoi consiste un habit modeste et décent pour une chrétienne, on comprendra que c\u2019est celui qui couvre la poitrine et les bras d\u2019étoffes non transparentes, qui descend au moins à mi-jambe, et dont la coupe d\u2019une ampleur convenable protège la pudeur en dissimulant les lignes du corps\" (Cardinal Rouleau, 8 décembre 1930.Mandements des Evêques de Québec, vol.XIII, Supplément 45).S.E.le Cardinal Villeneuve.Communication de l'Archevêché de Québec contre les modes païennes, 27 juin 1945.Semaine Religieuse de Québec, 57e année, no 44, 5 juillet 1945.p.690.S.E.Mgr Arthur Douville, Mandements des Evêques de Saint-Hyacinthe, vol.XXI, p.354.7\t\u2014 Pie XII, La Mode, Discours du 22 mai 1941, E.S.P.8\t\u2014 Pie XII, Discours aux ouvriers, Pentecôte 1943, E.S.P.9\t\u2014 Pie XII, Discours aux gens de théâtre, 27 août 1945.10\t- Isaïe, III, 17.11\t\u2014 Chantiers, (II, 5).Montréal, 15 novembre 1945.12\t\u2014 The Brooklin Tablet, 26 jan- vier 1946.\u201cBirth Controllers note 25 years of sabotage\", par le Rev.Edgar Schmiedeler, directeur de \u201cFamily Life Bureau\u201d de la \"N.C.W.C\u201d, Washington.L\u2019article porte sur la 25e réunion annuelle de la \"Birth Control Federation of America\u201d.13\t\u2014 Le Devoir, 16 novembre 1945.Taux de natalité des régions rurales : 28.6.Taux de natalité des agglomérations urbaines : 25.7.Québec\t28.3 Montréal\t21.9 Chicoutimi\t67.0 Sorel\t42.6 St-Hyacinthe\t25.1 Granby\t38.6,\tetc.14\t\u2014 Major général Chisholm, Sous- ministre canadien de la Santé et du Bien-être social.Le Front Ouvrier, 17 nov.1945.Action Catholique,\t21 nov.1945 et 11 décembre 1945.15\t\u2014 Genèse, I, 28.16\t\u2014 II Pierre, I, 4. \u2014 266 17\t-\u2014 I Cor., VI.13-20.18\t\u2014 Eph., Ill, 5.19\u20141 Cor., VI, 9-11.20\t- Job, XXXVI, 32.21\t\u2014 Sertum Lætitiæ, 1 nov.1939, Œuvre des Xracts> no 246, p.10 et pp.7-8.22\t- Mt\u201e V, 8.23\t- Gal., I, 4.24\t\u2014 Pie XII, La Mode, Discours du 22 mai 1941, E.S.P.25\t\u2014 Pie XII, La Mode, Discours du 22 mai 1941, E.S.P.26\t- Mt\u201e XVIII, 8-9.27\t\u2014 Pie XII, Corps Mystique, E.S.P., pp.60-61.28\t\u2014 Pie XII, La Mode, Discours du 22 mai 1941, E.S.P.29\t\u2014 Pie XII, La Mode, Discours du 22 mai 1941, E.S.P.30\t\u2014 Ps.CIX, 2-3, traduction de Crampon.31\t- Jean, XVI, 33. (No 115) LETTRE de Son Éminence le Cardinal Archevêque en convalescence à Neuville.Nos très chers Frères, Nous n\u2019avons pas à vous apprendre la réœnte miséricorde du Seigneur à Notre endroit.Tombé sous le faix de Nos sollicitudes et de Nos travaux.Nous Nous sommes acheminé vers les portes du tombeau.Mais vos prières se sont élevées si ferventes vers le ciel, les prières du clergé, des communautés religieuses, des âmes ferventes, les prières même de ces innombrables amis dans la foi que Nous comptons en divers pays: au Mexique où le souvenir de Notre mission au sanctuaire de la Vierge de Guadeloupe Nous a acquis t&nt de fidélité aussi pieuse que tendre, en France, en Italie, et ailleurs; les prières de toute la chère Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée à laquelle il Nous est si précieux d\u2019appartenir; les prières de Nos vénérés Collègues dans l\u2019Épiscopat; les prières elles-mêmes, Nous le disons avec autant de profonde confusion que de filiale gratitude, de Sa Sainteté le Souverain Pontife Pie XII; tant de prières ont touché le cœur de Dieu en Notre faveur et Nous ont retiré des périls de la mort.Il nous plaît d\u2019ajouter que conformément à l\u2019enseignement que Nous avons publiquement donné, c\u2019est par le moyen lui-même des derniers Sacrements, que Nous avons eu la consolation de recevoir avec foi et confiance, que la santé,comme il plaît souvent à l\u2019Auteur de toute grâce, Nous a été rendue.Et enfin, Nous croyons devoir en rendre un témoignage public, ç\u2019a été au jour même de la canonisation de sainte Françoise Cabrini, vers laquelle Notre dévotion s\u2019était portée, que la maladie a changé son cours.Nous avons depuis quitté l\u2019hôpital pour Notre maison de campagne, à Neuville, où la Faculté Nous impose encore un repos absolu bAundements des Evêques de Québec, VOLUME XVII. et prolongé.Mais Nous ne pouvons plus longtemps retarder de vous exprimer, Nos très chers Frères, Notre reconnaissance pour la pieuse sollicitude dont vous Nous avez entouré, et de vous exhorter à mêler à Nos actions de grâces vos louanges au Seigneur de toute miséricorde .Pour quelques mois encore Nous devons Nous priver de la consolation d\u2019aller vous voir et de vous recevoir auprès de Nous.Mais Notre esprit et Notre coeur sont au milieu de vous.D\u2019autre part, assuré de la sagesse et du dévouement dë Nosseigneurs Nos dévoués Auxiliaires et de Nos Vicaires généraux, Nous Nous abandonnons en toute confiance à la divine volonté du Maître.Nous vous exhortons tous à progresser dans la piété chrétienne, dans l\u2019amour surtout du Cœur Sacré de notre divin Rédempteur, et dans une tendresse toute filiale envers le Cœur Immaculé de Marie.Exaltons cette Vierge surtout en ces fêtes de l\u2019Assomption, que Sa Sainteté le Pape Pie XII espère bientôt proclamer comme un dogme de foi, et obtenons de cette Reine de l\u2019univers qu\u2019elle ramène la paix au monde.f j.-M.- Rodrigue Card.Villeneuve, o.m.i., Arch, de Québec.Donné à Neuville, ce 15 août 1946. \u2014 269 (No 116) LETTRE PASTORALE COLLECTIVE Ide Son Éminence le Cardinal Archevêque de Québec et de Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Évêques de la Province Civile de Québec sur la Colonisation.Nous, PAR LA GRÂCE DE DlEU ET DU SlÈGE APOSTOLIQUE, ! Archevêques et Évêques de la Province de Québec.Au Clergé séculier et régulier, aux Communautés religieuses et à tous les fidèles de Nos diocèses, Salut et Bénédiction en Noire-Seigneur.\\ Nos très chers frères, Introduction L\u2019Église est l\u2019amie de la terre 1.\tL\u2019 Église n\u2019a jamais ménagé ses encouragements à l\u2019agriculture.Héritière universelle de la Révélation, elle s\u2019est toujours plu à montrer que l\u2019occupation qui nourrit les corps a pris naissance au paradis terrestre, en même temps que la religion qui nourrit les âmes.Elle rappelle avec fierté les bénédictions promises par Dieu aux patriarches de l\u2019ancienne loi, ainsi qu\u2019à tous les ouvriers de la terre.C\u2019est avec une pieuse émotion qu\u2019elle recueille sur les lèvres de son Maître les touchantes allégories qu\u2019il a empruntées à la vie des champs et qui consacrent tout son culte pour la terre.2.\tIl ne faut donc pas nous étonner de la voir, au cours des siècles, à la tête des grands mouvements de colonisation Mandements des Évêques de Québec, volume XVII. \u2014 270 \u2014 qui ont ouvert la voie à la prise de possession du sol, et amélioré sur tous les continents le sort de T humanité.Par ses Ordres jours à sa noble mission de pourvoyeuse du sol, en encourageant ses fils à s\u2019y établir.3.\tLes Souverains Pontifes ont souvent prôné l\u2019attachement ou le retour à la terre comme une sauvegarde de la vie cation relisons les témoignages les plus récents.Léon XIII le 1er mai 1927, rappelle à des pèlerins venus de Belgique que l\u2019industrie la plus naturelle, la plus vitale et la plus importante\u201d.4.\tDans une allocution qu\u2019il prononçait le jour de la Pentecôte 1941, Pie XII recommande la colonisation comme remède à l\u2019entassement des grandes villes et comme moyen de protéger la vie de famille.\u201c Avant toute chose, dit-il, il faudrait aujourd\u2019hui penser à créer de l\u2019espace vital pour libérer la famille des liens qui l\u2019empêchent de se développer et de concevoir même l\u2019idée d\u2019une maison à elle.Notre planète ne manque pas de régions et de lieux propres à la vie, qui pourraient bien s\u2019adapter aux besoins et aux activités de la civilisation, s\u2019ils étaient cultivés par la main de l\u2019homme, au lieu d\u2019être abandonnés aux caprices d\u2019une végétation spontanée 5.\tCes paroles du Souverain Pontife s\u2019appliquent aussi bien à notre pays qu\u2019aux autres parties du monde.Nous ne manquons certes pas chez nous \u201c de régions et de lieux propres à la vie \u201d ; mais ils ne font qu\u2019enrichir les exploiteurs de la forêt, alors qu\u2019ils devraient servir à la colonisation.Des gens bien renseignés estiment que le domaine colonisable de notre religieux et ses monastères, elle a chéri d\u2019un même amour la culture de la terre et celle des âmes.Elle reste fidèle de nos montre dans \u201c la participation à la propriété du sol le moyen de combler l\u2019abîme qui sépare l\u2019opulence de la misère \u201d.Pie XI, U religieuse et morale.Pour notre enseignement et notre édifi- le sol est la première richesse d\u2019une nation, et l\u2019agriculture, province compte au bas mot dix millions d\u2019âcres de terre cul tivable.C\u2019est tout l\u2019espace nécessaire pour fonder 500 parois 271 Isfes nouvelles de 200 familles.Et il reste des milliers de lots vacants dans les colonies déjà ouvertes.Combien de nos jeunes gens trouveraient là \u201c l\u2019espace vital \u201d qui leur permet-; trait de fonder un foyer et de rester à la campagne qu\u2019ils doivent aujourd\u2019hui quitter, faute de terres disponibles dans Iles vieilles paroisses.6.\tForts de ces directives et soucieux de remplir Notre charge pastorale, Nous croyons opportun, Nos très chers Frères, de poser sous son vrai jour, le problème de la colonisation, d\u2019en souligner la nécessité et les avantages, de rappeler les devoirs qu\u2019elle impose et les moyens qui en assureront le succès.Comment concevoir le problème de la colonisation 7.\tUne première constatation s\u2019impose : l\u2019opinion publique n\u2019a pas toujours attaché assez d\u2019importance à la colonisation.On l\u2019a ou ignorée, ou négligée, voire même décriée, sous prétexte qu\u2019elle coûtait trop cher aux pouvoirs publics et qu\u2019elle rapportait trop peu au pays.Confondant les deux idées de colonisation et de misère, on a plaint les colons, au lieu de les admirer, de les encourager et de les aider.8.\tMême s\u2019ils ne suffisent point à l\u2019excuser, les faits expliquent un tel état d\u2019esprit.Dans les débuts, la colonisation a trop souvent consisté en des établissements de fortune, en bordure des vieilles paroisses.C\u2019était là sans doute des essais fort louables, mais dont les résultats s\u2019avéraient insuffisants à résoudre le problème de l\u2019accroissement naturel de la population.Plus tard, la construction de nouvelles voies ferrées a ouvert d\u2019immenses espaces à la civilisation.9.\tDes milliers de colons qui ont tenté \u201c la rude aventure\u201d, les plus courageux se sont cramponnés au sol qui les accueillait.Us durent travailler ferme et s\u2019imposer de pénibles sa- 272 orifices pour \u201c tenir \u201d sur leurs lots.Aussi possèdent-ils aujourd\u2019hui des établissements qui font leur orgueil et l\u2019admiration des visiteurs.Ils n\u2019ont plus à envier le sort des parents et des amis qu\u2019ils ont quittés pour devenir colons.D\u2019autres, en plus grand nombre peut-être, ont failli à la tâche, ou bien parce qu\u2019ils n\u2019étaient pas de taille à l\u2019accomplir, ou bien parce que leur a manqué l\u2019assistance qui les aurait soutenus dans leur dur labeur.Désabusés, ces sujets inaptes sont revenus vers leur ancien milieu et ont dénigré l\u2019œuvre éminemment sociale de la colonisation.Pourquoi- aussi les avoir choisis et dirigés vers des terres neuves ?Il peut être facile après coup de blâmer les responsables de ces échecs, et de prétendre que par là ils ont voulu débarrasser les vieilles paroisses et les villes de citoyens indésirables et de chômeurs encombrants.Il faut tenir compte, cependant, que le mouvement de colonisation d\u2019il y a dix ou quinze ans a commencé dans un temps de chômage et de crise économique.On a cru qu\u2019il fallait donner à tous ceux qui étaient dans la misère la chance d\u2019en sortir par la culture de la terre.On a voulu faire œuvre utile, mais en de trop nombreux cas les réalisations ont démenti les espérances.Retenons de l\u2019expérience qu\u2019il ne faut pas attendre une autre crise aiguë pour accentuer et améliorer notre mouvement de colonisation.10.\tC\u2019est autrement qu\u2019il faut concevoir la colonisation, ou la prise de possession d\u2019une région par des individus qui en exploiteront toutes les ressources.Il ne suffit pas de l\u2019envisager comme une mesure transitoire, soit pour remédier à une crise passagère, comme palliatif au chômage ou à la mendicité, soit pour rétablir l\u2019équilibre entre les consommateurs de la ville et les producteurs de la campagne.Il faut plutôt la considérer comme une œuvre permanente et de longue portée, une œuvre destinée à favoriser l\u2019épanouissement normal de la famille et à résoudre le problème difficile de l\u2019établissement de notre population.11.\tLe Créateur, en faisant au premier couple humain le devoir de se multiplier, avait dessein de peupler toute la sur- \u2014 273 \u2014 face du globe.Il a fallu que des courants de migration s\u2019établissent pour permettre aux générations successives de se fixer sur différents points de notre planète.Dans ce partage du monde, la Providence nous a réservé une place de choix sur cette terre canadienne.12.\tMalheureusement, par suite de l\u2019impossibilité où s\u2019est trouvée notre population de s\u2019établir au rythme de son accroissement naturel, faute d\u2019organisations capables de diriger nos familles vers les terres neuves et les vastes espaces inoccupés, nos gens durent prendre la route de l\u2019exil ou la direction des grandes villes.13.\tIl est donc urgent, d\u2019une part, de combler les vides créés par cette émigration à l\u2019étranger et, d\u2019autre part, d\u2019arrêter l\u2019exode de nos campagnes vers les grands centres.Il importe par ailleurs de faciliter l\u2019obéissance à la loi de fécondité, imposée à l\u2019homme par le Créateur.La colonisation permettra d\u2019atteindre cette fin en assurant à notre peuple, avec la possession du sol, la stabilité économique et l\u2019espace vital nécessaire à la conservation, à l\u2019accroissement et à l\u2019utilisation aussi parfaite que possible de notre capital humain.\u2014 C\u2019est à cette hauteur, Nos très chers Frères, que doit s\u2019élever notre conception de l\u2019œuvre colonisatrice, et c\u2019est sur ce plan que nous devons travailler à l\u2019organiser.II Nécessité et avantages de la colonisation 14.\tSi T on Nous demande quand devra commencer ce mouvement de colonisation, Nous répondrons sans hésiter que le temps presse.Le mal dont souffre notre peuple, et qui ne peut que s\u2019aggraver avec le recul du temps, est assez ancien pour que l\u2019on ne retarde pas davantage l\u2019application du remède.D\u2019ailleurs, en ces lendemains de guerre, qui nous assure que ne se dressera pas de nouveau le spectre du chô- \u2014 274 \u2014 mage, qui, il n\u2019y a pas si longtemps, nous a fait tant de mal et causé tant de soucis ! 15.\tC\u2019est à notre chère jeunesse que pense d\u2019abord Notre sollicitude pastorale.Seulement dans nos paroisses rurales, des milliers de jeunes atteignent chaque année l\u2019âge de fonder un foyer.Si l\u2019on ne veut pas qu\u2019ils prennent forcément le chemin de la ville, il faut leur procurer des facilités de s\u2019établir à la campagne.Avant de regarder au loin, il importe sans doute de voir à combler les vides et à renforcer les cadres des vieilles paroisses.Une culture plus rationnelle, de petites industries nées de la terre et travaillant à son profit pourraient, semble-t-il, donner des résultats appréciables.Ce serait un commencement de solution qu\u2019il importe de ne pas négliger.Il reste, cependant, que le problème de rétablissement des jeunes réclame davantage.Les vieilles paroisses ne peuvent absorber tout le surplus de l\u2019accroissement naturel de la population rurale.16.\tIl y a encore les jeunes ruraux qui, attirés par une publicité conquérante et cédant à l\u2019appât des hauts salaires, se sont embauchés dans les industries de guerre.Plusieurs sans doute ne voudront jamais revenir à la campagne.Mais il y en a, et ce n\u2019est pas l\u2019exception, qui ont gardé au cœur l\u2019amour de la terre et y retourneraient volontiers si elle leur offrait les moyens de faire leur vie.17.\tIl y a aussi les soldats qui, après avoir glorieusement combattu et grandement souffert, sont maintenant revenus à la vie civile.Us ont entendu l\u2019appel de la patrie.Nombre d\u2019entre eux voudront maintenant écouter la voix de la terre.Il n\u2019y a pas moins de gloire à conquérir son pays qu\u2019à le défendre.Ecoutons à ce propos le grand Éveque patriote que fut Monseigneur Laflèche : \u201c L\u2019auréole glorieuse qui couronne le défenseur de son pays au champ d\u2019honneur, l\u2019exemple des chefs et des vaillants compagnons d\u2019armes, surexcitent les sentiments les plus élevés du cœur.Cette vue enthousiasme \u2014 275 \u2014 facilement même les plus froids, et rend plus faciles l\u2019abnégation et le dévouement que demande la patrie.Il y a un autre champ d\u2019honneur, moins brillant à la vérité et plus méritoire en réalité, où la patrie appelle ses enfants.C\u2019est la conquête et la mise en valeur, par le travail, de son sol encore inhabité.Le courageux pionnier de la colonisation a certainement autant de droits à la reconnaissance de son pays que le plus vaillant soldat.Si celui-ci fait respecter son territoire, l\u2019autre l\u2019en met en possession, après l\u2019avoir fertilisé de ses sueurs et quelquefois de ses larmes \u201d.\u2014 Ce parallèle saisissant montre bien la nécessité de l\u2019œuvre colonisatrice.Voyons-en maintenant les avantages.18.Il va sans dire, Nos très chers Frères, que Nous plaçons au premier rang les intérêts de la religion, que la colonisation favorise singulièrement.L\u2019histoire atteste que le désir de frayer un chemin à l\u2019Evangile animait nos découvreurs et nos fondateurs.Tous les documents officiels de l\u2019époque mettent au premier plan cette préoccupation apostolique.La France se souciait toujours d\u2019envoyer des missionnaires avec ses explorateurs.Le roi lui-même avait à cœur la conversion des infidèles.On savait que le meilleur moyen d\u2019amener les Indiens à la civilisation était de les gagner d\u2019abord à la vraie foi.à 11 £.é 16 lie e> 19.Il serait trop long de rappeler ici la vie héroïque de nos missionnaires et de nos martyrs, de nos premiers défricheurs et colons, toute cette glorieuse épopée de la terre qui naît et de la civilisation qui trace pied à pied son lumineux sillon à travers la sauvagerie inculte des hommes et des bois.Qu\u2019il suffise de dire que, chez nous, la foi s\u2019est implantée par l\u2019œuvre colonisatrice.Aussi, chaque fois qu\u2019on l\u2019a sentie menacée, que ce soit par l\u2019émigration à l\u2019étranger, comme au temps de Mgr Bourgët, ou par la fascination des villes, comme il arrive de nos jours, on a élevé la voix pour signaler le danger, déplorer l\u2019affaiblissement de l\u2019esprit chrétien et pousser vers les terres neuves. 20.\tAux descendants des défricheurs apôtres de comprendre les avantages qu\u2019il y a à continuer leur mission, à agrandir le corps mystique du Christ, en ouvrant des paroisses nouvelles et en baptisant la terre canadienne pour qu\u2019elle garde bien vivantes et la foi et les vertus de nos ancêtres.Plus on plantera de croix sur nos sillons, plus on élèvera de clochers, plus on multipliera les centres de la prière, mieux on sauvegardera chez nous les intérêts de la religion.21.\tLa Patrie conme l\u2019Église y trouvera son profit.Nos ancêtres qui aimaient \u201c la croix mieux que la lance \u201d sont venus en Amérique, non pas tant pour faire du commerce et s\u2019enrichir, que pour s\u2019y créer une autre patrie à l\u2019image de celle qu\u2019ils avaient quittée.Voilà pourquoi, comme base de leur établissement ils ont choisi la terre, qu\u2019ils ont défrichée et transformée en champs fertiles.Comme cadre social, ils ont voulu la paroisse dont l\u2019église est le centre, le foyer national autant que religieux.On comprend pourquoi les familles, qui vivaient à l\u2019ombre du clocher paroissial, unissaient en leur esprit et en leur cœur, la terre qui leur donnait le pain matériel et l\u2019Église qui leur dispensait la nourriture spirituelle.22.\tA l\u2019exemple de leurs devanciers, les colons d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019auront pas d\u2019autre ambition que de faire revivre, dans une région nouvelle, la paroisse qu\u2019ils ont quittée.Groupés autour du prêtre, comme jadis autour du missionnaire, ils conjugueront leurs efforts pour agrandir le domaine national, en bâtissant de nouvelles paroisses.On a dit avec raison que celui qui fait pousser un brin d\u2019herbe là où il n\u2019en poussait point, a bien mérité de la patrie.Quelle reconnaissance un pays ne doit-il pas à ceux qui, par leurs labeurs, agrandissent et enrichissent son patrimoine ?23.\tAprès la famille, a-t-on dit, rien ne fait plus aimer la patrie que la terre.On peut citer avec autant d\u2019à-propos et non moing de vérité le mot du poète : \u201c Celui qui fait aimer les champs fait aimer la vertu \u201d.La vie rude du défricheur ou 277 \u2014 du laboureur, son attachement à la terre, sa patience et son endurance au travail, la pureté de ses sentiments, l\u2019élévation de sa pensée, le spectacle continuel des splendeurs et des mystères de la nature, sa constante collaboration avec le Créa-¦ teur dans l\u2019œuvre de vie qu\u2019il voit s\u2019épanouir sous ses yeux, s autant de facteurs qui rapprochent de Dieu l\u2019homme des champs, et contribuent à Le lui faire plus aimer et mieux servir.Plus que d\u2019autres, il apprécie et recherche les bénédictions que Dieu a promis de répandre sur les enfants qui se mul-$1 tiplient dans sa maison, comme sur les produits qui poussent t dans son champ : \u201c Tu vivras du travail de tes mains, lisons-itj nous au livre des Psaumes, tu seras heureux et prospère.Ta e femme sera comme une vigne abondante au milieu de ta mai-e son, et tes enfants autour de ta table comme des plants d\u2019oli-«I vier.C\u2019est ainsi que Dieu bénit celui qui le craint\u201d (Ps.127).l il in pt r- t J j b 24.La colonisation n\u2019est pas moins bienfaisante au point de vue économique et social.Ne soyez pas surpris, Nos très chers Frères, de Nous voir aborder cet aspect du problème.Chaque fois que les questions d\u2019ordre économico-social ont des répercussions très nettes, comme c\u2019est ici le cas, sur la vie morale et religieuse, il est de Notre ressort et même de Notre devoir d\u2019intervenir.Qu\u2019aucun membre du clergé, a écrit Benoît XV, ne s\u2019imagine que pareille action est étrangère au ministère sacerdotal, sous prétexte qu\u2019elle s\u2019exerce sur le terrain économique ; car c\u2019est précisément sur ce terrain que le salut des âmes est en danger.(Lettre Soliti nos, 11 mars 1920.) 25.La famille est la cellule sociale par excellence.Elle un constitue notre principale richesse.Un pays qui favorise la J : multiplication des familles fortes s\u2019enrichit et sert la paix sociale.Or la campagne plus que la ville permet l\u2019éclosion et l\u2019épanouissement de familles nombreuses et fortes.L\u2019usine, |3 l\u2019atelier, le magasin, le bureau dispersent la famille ; ils )0j l\u2019affaiblissent et finissent parfois par en tarir la fécondité, jet L\u2019exploitation d\u2019une ferme, au contraire, grâce à la collabo-J : ration étroite qu\u2019elle exige de chacun de ses membres, unit les \u2014 278 \u2014 foyers ; elle réalise cette merveille que l\u2019on a appelée \u201c la |j soudure intime de la famille\tfi fil 26.\tIl importe donc de multiplier les foyers de cette sorte.Il faut pour cela ouvrir les régions neuves à la colonisation et i compléter les cadres des vieilles paroisses.En ce faisant, on jie travaillera à rétablir l\u2019équilibre social et économique, rompu «ço par l\u2019exode rural et l\u2019entassement dans nos villes d\u2019un sur- U croît de population.111\tI l( Devoirs de chacun et moyens d\u2019assurer le succès 27.\tL\u2019 œuvre colonisatrice impose à tous des devoirs.Les j .plus intéressés sont les parents, surtout ceux qui vivent à la I campagne et dont le bon Dieu a visiblement béni l\u2019union.|| r Ils ont reçu de la Providence la mission d\u2019élever leurs enfants.I(i Ils se doivent de veiller à leur formation, de les préserver des p dangers et de les mettre en état de vivre honorablement, dans ^ des conditions de nature et de milieu favorables.Malheureusement, on comprend parfois mal ce devoir.28.\tIl arrive souvent, dans les vieilles paroisses, que le bien paternel passe au plus jeune des garçons.Les autres grandissent avec la conviction qu\u2019il leur sera impossible d\u2019acquérir i une terre et de s\u2019établir.Ces derniers se désintéressent de la culture, louent au petit bonheur leurs services ou cherchent à apprendre un métier.Comme ils n\u2019entrevoient pas le jour i où ils pourront fonder un foyer à la campagne, ils la désertent et s\u2019en vont en ville grossir le nombre des journaliers.29.\tLes parents peuvent et doivent éviter pareils déboires : à leurs grands garçons.A cette fin, qu\u2019ils s\u2019appliquent à leur faire aimer la terre, qu\u2019ils nourrissent chez eux l\u2019ambition de posséder un jour un beau domaine, qu\u2019ils les intéressent finan- : cièrement à l\u2019exploitation de la ferme, qu\u2019ils se renseignent à \u2014 279 \u2014 bonne source sur les possibilités et les facilités d\u2019établir leurs fils dans les régions nouvelles, qu\u2019ils songent eux-mêmes à se diriger, avec toute leur famille, vers les pays neufs.30.\tLes colons, qui réussissent le mieux et sont le plus heureux, sont précisément ceux qui se transplantent dans de telles conditions.La famille restant unie, l\u2019ennui est moins à craindre.On ne sent pas l\u2019éloignement quand on reste avec les siens.C\u2019est tout simplement la vie qui continue, sans doute dans des cadres nouveaux, mais aussi avec des perspectives tellement plus souriantes pour l\u2019avenir.On voit alors se reproduire le spectacle de ces familles-souches qui, après avoir établi tout près d\u2019elles leurs descendants, baptisent de leurs noms les rangs qu\u2019elles ont peuplés.Il faut louer ces courageux pionniers.Ils font mieux que d\u2019aligner leurs noms dans les colonnes des guides d\u2019adresses de nos villes, où l\u2019on peut vivre des années sur la même rue, sans connaître ses voisins.Grâce à leur esprit de foi et à leur énergie indomptable, ils prolongent ce qu\u2019on a appelé le miracle de notre survivance.31.\tLes éducateurs ont aussi leur part à faire en vue de créer une atmosphère favorable à la colonisation.Ils ne peuvent se désintéresser du développement de notre pays, de la mise en valeur de ses ressources naturelles, de l\u2019établissement de notre jeunesse.On ne comprendra jamais bien le problème et l\u2019on n\u2019y trouvera que des solutions partielles, tant que tous les esprits sérieux ne s\u2019y intéresseront point et n\u2019en feront pas l\u2019objet de leur active sollicitude.32.\tQue de renseignements utiles, de connaissances pratiques les éducateurs peuvent donner à leurs élèves, à l\u2019occasion de l\u2019enseignement de l\u2019histoire et de la géographie ! S\u2019il n\u2019est pas inutile d\u2019apprendre la géographie des états étrangers, il importe davantage de connaître la carte de notre pays, de savoir les beautés naturelles et les ressources que recèlent, par exemple, le Nord-Ouest québécois, le nouvel Ontario et l\u2019Ouest canadien.Nos jeunes gens surtout doivent être mieux 280 \u2014 renseignés sur nos centres de colonisation, sur les forêts à défricher, les cantons à prendre, les paroisses à créer.33.\tIl faut en dire autant de l\u2019histoire, grande et petite qui, pour un grand nombre reste un \u201c écrin de perles ignorées \u201d, selon le mot de Louis Fréchette.Les élèves ne doivent pas ignorer les buts qui ont présidé aux grands mouvements de colonisation, et les résultats qu\u2019ils ont donnés.Ils ne doivent pas non plus ignorer les noms de ceux qui en sont responsables : les rois de France, leurs ministres, leurs intendants, surtout Jean Talon avec ses merveilleux établissements de la côte de Beaupré, Mgr de Laval et quelques-uns de ses successeurs, les missionnaires Récollets, Jésuites, Sulpiciens, les explorateurs et les découvreurs.Connaissent-ils davantage l\u2019œuvre colonisatrice qui s\u2019est accomplie, au siècle dernier?Savent-ils au moins ce qui s\u2019est fait depuis quinze ans?¦ 34.\tDonc, que les éducateurs tournent les regards de leurs élèves vers les régions pleines de promesses, où l\u2019on peut se diriger et s\u2019établir sans avoir à quitter sa province ou son pays.Qu\u2019ils fassent revivre les gestes des anciens Canadiens, et montrent comment nos pères ont accompli leur devoir et mis en valeur nos richesses nationales.Ce faisant, ils éveilleront des espoirs bien fondés et de légitimes ambitions, et ils serviront intelligemment la cause de la colonisation.35.\tNous en venons maintenant au rôle qui revient à l\u2019État en matière de colonisation.Loin de Nous l\u2019idée de dicter une ligne de conduite aux pouvoirs publics.Nous voulons simplement rappeler quelques principes.Pour mener à bonne fin une entreprise de cette envergure, il faut un plan d\u2019ensemble, de l\u2019argent pour le réaliser, des colons pour peupler les régions nouvelles.36.\tLe plan d\u2019ensemble existe déjà.A la demande des autorités de la province, des experts ont enquêté et soumis un rapport qui a fait impression dans tous les milieux.Retenons-en \u2014 281 \u2014 les idées maîtresses.Ce rapport insiste 1) sur l\u2019obligation d\u2019adapter toute politique de colonisation aux exigences de chaque région ; 2) sur l\u2019importance d\u2019assurer au colon un travail rémunérateur durant les douze mois de l\u2019année, de le protéger contre les pilleurs de lots, les marchands de bois, les compagnies forestières et, parfois, contre lui-même quand, par ignorance ou mauvais calculs, il dessert ses propres intérêts et ceux de sa famille ; 3) sur le caractère familial et coopératif qu\u2019il faut conserver aux établissements de colonisation, en encourageant l\u2019artisanat, la petite industrie, les syndicats de travail, les chantiers coopératifs, etc.; 4) sur la nécessité d\u2019accorder des secours spéciaux aux régions les plus éloignées des centres organisés, en vue de les doter le plus tôt possible des institutions indispensables à la vie sociale.37.\tPour réaliser un tel plan, il faut de l\u2019argent.Il ne faut pas toutefois exagérer les choses et prétendre qu\u2019il en coûte toujours trop cher de faire de la colonisation, sous prétexte que cela rapporte trop peu au pays .Est-ce qu\u2019il n\u2019est pas aussi onéreux, et beaucoup moins profitable, de laisser l\u2019excédent de notre population rurale s\u2019entasser dans les villes, où sa seule présence crée toute uns série de problèmes sociaux, dont la solution est extrêmement compliquée et très coûteuse?De plus, n\u2019oublions pas que la stabilité et l\u2019indépendance des travailleurs autonomes représentent pour la nation un actif très appréciable, alors que l\u2019état d\u2019insécurité et de sujétion des salariés des villes constitue souvent un passif qui grève lourdement le budget de l\u2019État.38.\tOn pense trop au capital argent et pas assez au capital humain, comme si la richesse des hommes ne l\u2019emportait pas, et de beaucoup, sur les valeurs monnayées.\u201c Des hommes ! disait avec raison le romancier français de Vogué ; ne regrettez pas votre argent, mettez-y le prix : on ne paiera jamais trop cher cette denrée-là \u201d.Un autre écrivain, un sociologue ontarien, ne pense pas autrement.D\u2019après lui, l\u2019établissement sur la terre a toujours été et sera toujours l\u2019une des mesures les plus salutaires, le meilleur des placements que puisse faire un pays.Avec un brin d\u2019amertume il constate que seule la province de Québec est en mesure de lancer un vaste programme de colonisation, parce que seule elle possède l\u2019élément humain capable de se titrer d\u2019affaire sur un lot ; en mesure aussi, à cause de ses dispositions psychologiques, d\u2019accepter les sacrifices inhérents au dur métier de défricheurs.Il conclut par ces mots qui sont à retenir : \u201c Québec est très fortuné de compter parmi sa population des hommes et des femmes encore capables, dans le siècle d\u2019aisance que nous traversons, de tenter la grande aventure de se tailler un domaine viable à même la forêt vierge \u201d.H i 39.\tBien inspirés sont donc les gouvernants qui ne craignent pas d\u2019augmenter les subsides destinés à la colonisation, et qui voient à leur faire produire tout leur rendement.Une politique d\u2019établissement qui voit grand et loin n\u2019est réalisable qu\u2019à la condition d\u2019être largement subventionnée.40.\tLe meilleur plan de colonisation est celui qui, en plus ?de s\u2019assurer le concours de toutes les bonnes volontés, sait tirer le meilleur parti de l\u2019effort individuel.D\u2019où l\u2019importance de choisir judicieusement les colons.Dans le Québec, ce choix relève d\u2019un organisme tripartite formé d\u2019un comité paroissial, d\u2019une société diocésaine et d\u2019une commission de retour à la terre qui dépend du ministère de la colonisation.41.\tSi tous les rouages de cet organisme sont importants, il reste que le Comité paroissial a une singulière responsabilité.Il est seul à bien connaître les candidats.Qu\u2019il tienne compte toujours des qualités d\u2019ordre physique et moral que doit posséder un bon colon : une santé convenable, certaines aptitudes pour la culture de la terre, l\u2019amour du travail, de l\u2019endurance, de l\u2019esprit de sacrifice, de l\u2019initiative, de la facilité d\u2019adaptation à un milieu nouveau.Qu\u2019il ne néglige pas de faire enquête sur la valeur morale de l\u2019épouse, sur sa décision de partager courageusement le sort de son mari.Qu\u2019il 283 écarte résolument les indésirables, dont la présence dans une colonie constitue une charge et cause de sérieux ennuis.42.\tMais ce n\u2019est pas tout de trouver de bons colons.Les meilleurs mêmes ne tiendront pas, si on leur fait des conditions de vie humainement inacceptables.Un de nos économistes les plus éclairés note justement que la colonisation ne peut se faire de nos jours à aussi peu de frais et avec les mêmes méthodes qu\u2019il y a cent ans.\u201c La politique, dit-il, qui consiste à placer un homme en forêt vierge, en bordure d\u2019un chemin de pénétration, à lui bâtir un camp et à lui servir des primes calculées de façon à tout juste lui conserver la vie, est pour le moins inhumaine, sans compter qu\u2019elle coûte à la Province un prix exhorbitant \u201d.43.\tD\u2019aucuns suggèrent à l\u2019État de bâtir lui-même, à ses frais, les colonies, comme il bâtit ses immeubles, et d\u2019offrir aux colons, au prix coûtant et à des conditions faciles, des fermes à exploiter, défrichées sur une certaine étendue, avec des bâtiments, des animaux et des instruments aratoires, en nombre suffisant.Ce plan mérite qu\u2019on l\u2019étudie et qu\u2019on en fasse l\u2019expérience.Peut-être coûterait-il moins cher à l\u2019État, parce qu\u2019il éliminerait le régime des primes qui ressemblent tellement à des secours directs.Il donnerait libre cours à l\u2019initiative du colon, en lui laissant l\u2019entière responsabilité de sa vie.Il susciterait aussi plus d\u2019intérêt chez les fils de cultivateurs, qui désirent s\u2019établir sur des fermes, mais qui ne sont pas plus aptes au défrichement que l\u2019ouvrier des villes.d PJi éd' U il 44.\tLes parents, les éducateurs et l\u2019État doivent s\u2019intéresser à la colonisation.Le clergé aussi.Il faut lui rendre le témoignage qu\u2019il s\u2019y est dévoué dans le passé.A l\u2019époque des grandes découvertes, le prêtre a inspiré aux premiers colons le courage de tenir.A la faveur de ses bénédictions, sous son regard protecteur et avec son appui, nos ancêtres ont aligné le long du fleuve des centres prometteurs de vie religieuse et nationale.Toute l\u2019histoire de la colonisation en \u2014 284 \u2014 notre pays porte une profonde empreinte religieuse.Le Canada est tout autant, sinon plus, l\u2019œuvre de l\u2019Église que celle de la politique.Il serait long d\u2019inscrire au tableau d\u2019hon- [P1 neur les noms de tous les apôtres de la colonisation.Qu\u2019il |[B suffise d\u2019évoquer le souvenir du Curé Labelle, dans ses pays d\u2019en-haut, du Père Martineau, jésuite, au Nominingue, de Mgr Latulippe, au Témiscamingue et en Abitibi, du Curé Hébert, au Lac Saint-Jean, de Mgr Marquis, dans les Bois Francs.!i 45.\tBeaux modèles pour les curés de nos paroisses et les missionnaires colonisateurs.Les uns et les autres, Nous n\u2019en doutons pas, ne refuseront point de partager Notre sollicitude pastorale à l\u2019endroit de la classe agricole, en particulier des 1 J colons, établis ou à établir.A cette fin, ils voudront diffuser A Notre enseignement par des exhortations du haut de la chaire, des visites aux écoles, des conseils aux parents, des directives i aux jeunes gens.Ils pourront encore utiliser les cercles d\u2019étu- | des, les conférences, les forums, les projections, pour créer une atmosphère sympathique à la cause.Il est encore souhai- r table que s\u2019accentuent, si possible, les relations amicales et, surtout, profitables, entre les vieilles paroisses et les nouvelles, que les visites des missionnaires colonisateurs soient toujours bien accueillies, que les appels au secours soient libéralement ¦ entendus.C\u2019est aussi Notre désir que l\u2019on profite de la solennité de la Saint-Jean-Baptiste pour parler du sujet que présentement Nous traitons.Enfin, ce jour-là, dans toutes les églises et les chapelles publiques, la quête devra être faite au profit des sociétés diocésaines de colonisation.Conclusion 46.\tU11 jour, par partisannerie politique, quelqu\u2019un reprochait à Honoré Mercier de favoriser le projet du chemin de fer que caressait le Curé Labelle.\u201c La vraie politique, rétorqua l\u2019homme d\u2019État, n\u2019est pas de faire échec aux projets des adversaires, mais de les réaliser ou d\u2019en compléter l\u2019exé- \u2014 285 \u2014 cution.Le Curé Labelle a mis sa main dans la mienne ; nous irons au-devant du colon, nous lui porterons secours ; ce ne sera pas un parti qui triomphera, mais T Eglise et l\u2019Etat qui se donneront la main.\u201d 47.\tFier langage, d\u2019où nous pouvons dégager un mot d\u2019ordre et un principe d\u2019action concertée, qui constitue une base solide à tous les programmes de vie religieuse et d\u2019action nationale.Quelle force que l\u2019Église et l\u2019État qui se donnent la main ! Ne cherchons pas ailleurs la source de notre salut dans le passé, et retenons que ce sera notre sauvegarde dans l\u2019avenir.L\u2019on peut tout attendre de cette union conquérante.48.\tIl ne Nous reste plus, Nos très chers Frères, qu\u2019à prier Dieu de vous inspirer les attitudes qui conviennent à l\u2019endroit du grand mouvement de colonisation que Nous préconisons.Il importe souverainement que chacun fasse sa part, vu qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une œuvre qui concourt puissamment à l\u2019extension du règne du Christ, en même temps qu\u2019au bonheur et à la prospérité de notre peuple.49.\tDaignent le Cœur de Jésus, la Vierge Immaculée, nos saints Martyrs canadiens et saint Jean-Baptiste nous entourer de leur puissante protection et nous aider à préparer au Seigneur, selon le mot de saint Paul, \u201c un peuple qui lui appartienne et qui soit zélé pour les bonnes œuvres \u201d (Tite, II, 4).Sera Notre présente Lettre collective lue et publiée au prône dans les églises paroissiales et chapelles publiques, ainsi qu\u2019en Chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception, et les dimanches suivants.Donné à Québec, au Palais cardinalice, sous Nos seings et le contreseing du Chancelier de l\u2019Archevêché de Québec, en la fête de la Maternité de la Sainte Vierge, le onzième jour d\u2019octobre l\u2019an du Seigneur mil neuf cent quarante-six.t J.-M.-Rodrigue Cardinal Villeneuve, o.m.i., Archevêque de Québec. 28G f Alexandre, Archevêque d\u2019Ottawa.f Joseph, Archevêque de Montréal.t Georges, Archevêque de Rimouski.t Joseph-Eugène, Evêque de Mont-Laurier.f Louis, o.m.i., Evêque de Tim7nins.t Joseph-Alfred, Evêque de Valley field.t Joseph-Arthur, Evêque de Joliette.t Joseph-Aldée, Evêque d\u2019Amos.f Anastase, Evêque de Saint-Jean-de-Québec.f Philippe, Evêque de Sherbrooke.t Napoléon-Alexandre, c.j.m., Évêque du Golfe Saint-Laurent.t Albini, Évêque de Nicolet.t Arthur, Evêque de Saint-Hyacinthe.t Georges, Évêque de Chicoutimi.t Albini, Evêque de Gaspé.t William, Évêque de Pembroke.t Georges-L., Évêque de Hearst.t Maurice, Évêque des Trois-Rivières.t Henri, o.m.i., Évêque titulaire de Perrhé, Vicaire Apostolique de la Baie James.t Lionel, o.m.i., Évêque titulaire d\u2019Isba, Vicaire Apostolique au Labrador.Par mandement de Son Eminence et de Leurs Excellences.Bruno Desrochers, prêtre, Chancelier de l\u2019Archevêché de Québec. \u2014 287 \u2014 (No 117) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec, le 31 décembre 1946.La présente Circulaire comporte la série chronologique, précédé d\u2019une table alphabétique, des principaux communiqués d\u2019ordre disciplinaire ou historique, parus dans la \u201c Semaine Religieuse \u201d, au cours de l\u2019année.TABLE ALPHABÉTIQUE ASSOCIATION PATRONALE, des Services Hospitaliers de Québec.Journées sociales de 1\u2019\t306 CINÉMA, Lettre de S.Exc.Mgr Pelletier aux Curés et aux Supérieurs des Communautés religieuses\t291 *\tCONFESSEURS EXTRAORDINAIRES, des Communautés religieuses (Décret).\t295 *\tCONSEIL DES OEUVRES, Première souscription du\t293 *\tENFANTS VICTIMES, de la guerre.Secours aux\t289 J-E.C.Réunion en un seul mouvement d\u2019A.G., de la double organisation de la\t302 JOURNÉES SOCIALES de l\u2019Association patronale des Services Hospitaliers de Québec\t306 MARIAGE, Service de \u201c préparation au.\u201d.Lettre de S.Exc.Mgr Pelletier\t305 MONSEIGNEUR STEPINAC, Prières publiques pour\t306 MORALITÉ, Croisade de prières préparant la campagne de moralité 297 *\tNEUTRALITÉ RELIGIEUSE.\t294 Mandements des Evêques de Québec, volume XVII. \u2014 288 \u2014 PRIÈRES publiques pour Monseigneur Stepinac\t306 PRIÈRES réparatrices demandées par le Saint-Père\t301 RECRUTEMENT SACERDOTAL, L\u2019Oeuvre du .(aggrégation à l\u2019Oeuvre Pontificale)\t290 *\tSECOURS aux enfants victimes de la guerre\t289 *\tSÉMINAIRE DE SAINT-GEORGES, Lettre de Son Éminence à M.l\u2019abbé Joseph Lacroix, supérieur du\t303 Décret d\u2019érection du\t299 TÉMOINS DE JÉHOVAH\t306 L\u2019Assemblée épiscopale et les\t307\tfl V .289 \u2014 * Secours aux enfants victimes de la guerre.Le Souverain Pontife s\u2019adresse de nouveau à l\u2019univers catholique, et cette fois il demande des secours en faveur des enfants victimes de la guerre.Nous n\u2019avons pas à refaire le tableau des misères, du dénuement et des souffrances où la guerre a plongé les populations.Nous savons que toutes ont souffert.Aujourd\u2019hui, le Souverain Pontife se penche dans sa tendresse paternelle sur les petits.Plusieurs de Nos prêtres et de Nos fidèles ont entendu déjà Son auguste appel.Mais tous Nos diocésains, Nous le savons, veulent se faire les protecteurs des enfants miséreux et verser une obole dans la main de notre Saint-Père le Pape afin d\u2019apporter à ces enfants, par son intermédiaire, soulagement et réconfort.Pour Nous rendre à la demande du Pape, il est de Notre devoir pastoral de prescrire pour le dimanche 20 janvier une collecte dans les églises, et dont le produit Nous sera envoyé par Messieurs les Curés en entier et immédiatement.Nous Nous chargerons de remettre Nous-même ces offrandes au Pape.En plus d\u2019exciter la générosité de leurs paroissiens Messieurs les Curés et les Recteurs d\u2019églises intéresseront les enfants à cette souscription.Dans toutes les écoles, après s\u2019être assurés de l\u2019autorisation des Commissaires, dans les séminaires et dans les collèges, durant la semaine du 13 janvier, les professeurs recueilleront ou feront recueillir par des zélateurs ou zélatrices, les aumônes, si minimes soient-elles, des enfants.Ceux-ci auront à cœur de retenir sur leur petit avoir ou de s\u2019imposer les sacrifices requis pour ajouter quelques sous à l\u2019offrande de leurs parents.Nous les y encourageons vivement, * L\u2019astérisque avant le numéro du document indique que le communiqué est signé par Son Eminence le Cardinal. \u2014 290 \u2014 car Nous y voyons une heureuse occasion d\u2019exercer leur charité envers leurs frères moins favorisés.D\u2019avance Nous remercions les donateurs au nom du Sou- ¦ r verain Pontife et les assurons de Notre bénédiction particulière en Notre-Seigneur et Marie Immaculée.\u2014 11 janvier | 1946.L\u2019Oeuvre du recrutement sacerdotal LETTRE DE S.ÉM.LE CARD.PIZZARDO Sacha Congregatio\tRome, le 21 novembre 1945 de Seminariis et Studiorum Universitatibus Prot.Num.1256/45 Eminence R évéren dissime, Nous remercions Votre Eminence Rév.me pour Sa lettre j du 27 septembre 1945, par laquelle Elle a bien voulu deinan- : der l\u2019aggrégation à l\u2019Oeuvre Pontificale des Vocations Sacer- \u2022 dotales pour celle du meme genre que Votre Eminence vient d\u2019établir dans Son Diocèse.Heureux d\u2019accueillir l\u2019\u201c Oeuvre du Recrutement sacerdotal \u201d de Québec parmi les affiliées à l\u2019Oeuvre Pontificale, nous communiquons que l\u2019aggrégation a eu lieu aujourd\u2019hui, fête de la Présentation de la Très Sainte Vierge Marie.Dès qu'il nous sera possible, nous ferons parvenir à Votre Eminence Rév.me le diplôme.C\u2019est avec le plus vif intérêt que nous avons lu la Lettre Pastorale du 22 août et les Statuts de l\u2019Oeuvre Diocésaine, en nous réjouissant pour les claires et efficaces directives contenues dans ces documents.Nous exprimons nos vœux sincères pour que les sollicitudes de Votre Éminence trouvent un accueil chaleureux parmi les fidèles et produisent les meil- \u2014 291 \u2014 eurs résultats, pour le bien spirituel des âmes et aussi pour a consolation de Votre Éminence.En invoquant de N.S.Jésus-Christ Prêtre Suprême et éternel, par l\u2019intercession de la sainte Vierge, les plus amples )énédictions sur Votre Éminence et sur cette Oeuvre Diocé-aine du Recrutement Sacerdotal, nous baisons très liumble-nent la main de Votre Éminence Rév.me, en Lui exprimant es sentiments de notre respectueuse dévotion.Card.Pizzardo, t J.Rossini.A Son Éminence Rév.me Le Cardinal Rodrigue Villeneuve, Archevêque de Québec.\u2014 2 février 1946.Lettre de S.Exc.Mgi Pelletier.Lettre Circulaire de Son Exc.Mgr Pelletier, directeur de h Action catholique diocésaine, à Messieurs les Curés et aux Supérieurs des Communautés religieuses.Chers collaborateurs et collaboratrices, Il est hors de conteste que pour la bonne éducation ou la léformation de nos fidèles, le cinéma joue un rôle sans cesse grandissant.On connaît la ruée actuelle du mal contre toutes les valeurs spirituelles.Le problème revêt dès lors une gravité qui s\u2019accroît avec l\u2019expansion inévitable de cette arme puissante.A part les cinémas réguliers que nous nous devons de rendre meilleurs, les salles paroissiales, les maisons d\u2019éducation ainsi que diverses institutions religieuses donnent avec une fréquence plus ou moins régulière des projections animées et sonores.Le point n\u2019est pas de multiplier ces représentations 292 \u2014 plus que de juste.Ce moyen d\u2019éducation et de divertissement formateur est soumis, comme toute autre chose, à un medium rationis qu\u2019il est oiseux de dépasser.Le tout doit être jugé selon les circonstances et les besoins réels du milieu.Cependant vous avez constaté maintes fois que cette arme est d\u2019un maniement délicat et dangereux.Peu de films sont vraiment bons.Certains peuvent convenir à un milieu donné, mais sont néfastes ailleurs.On rencontre des représentations à images acceptables ; par contre les idées qu\u2019elles prônent sont totalement à réprouver.Plus subtil que le livre à de multiples points de vue, le film requiert dans son choix une extrême vigilance que d\u2019ordinaire possèdent les seules personnes averties en la matière.Si déjà le premier venu ne peut juger la valeur d\u2019un livre, à plus forte raison ne devons-nous pas nous reposer sur n\u2019importe qui pour nous fixer sur la moralité d\u2019une représentation cinématographique.C\u2019est en songeant à votre lourde responsabilité des âmes (pie vous partagez avec elle, que l\u2019autorité diocésaine a mis sur pied, il y a six ans, un organisme destiné à vous donner la sécurité dans ce domaine.A date, cette initiative nécessaire a coûté des sacrifices héroïques pour des succès modestes dont il y a lieu d\u2019être her.Mais pour développer davantage cette œuvre et la mettre en état de vous rendre les services souhaités, votre collaboration confiante et continue est indispensable.En vous adressant au Comité diocésain d\u2019Action catholique (3 boulevard Charest), vous obtiendrez les informations que vous désirez.Si dans le passé, nous avons gardé le silence, c\u2019est parce que nous étions gênés de tirer à votre place une conclusion trop facile.Dans ce champ difficile, peut-être plus qu\u2019ailleurs, les considérations de bien commun remportent sur des motifs particuliers quelque louables qu\u2019ils puissent paraître.Aussi i ai-je l\u2019assurance que vous nous aiderez pleinement à vous rendre service. \u2014 293 \u2014 Avec l\u2019expression de mes bons sentiments et l\u2019assurance de mes prières.t Georges-Léon Pelletier, Evêque auxiliaire de Québec, Directeur général de VA.C.et des Oeuvres diocésaines.\u2014 2 févier 1946.* Première sousciiption du Corseil des Oeuvres en faveur des oeuvres d\u2019assistance et de charité.Le Service financier du Conseil des Oeuvres organise du 27 février au 7 mars une souscription en faveur des œuvres de charité.Depuis un certain temps on songeait à une centralisation des diverses œuvres tie secours à l\u2019effet de diriger la collaboration entre les nombreux organismes d\u2019assistance et de charité, d\u2019assurer une meilleure distribution des argents reçus, et enfin, de diminuer, sinon de faire disparaître des maintenant les sollicitations de tout genre répétées tant par les individus que par les associations.De distingués apôtres laïcs ont consenti de diriger la souscription.Dans chacune des paroisses de Québec et de Lévis ainsi que dans leur banlieue respective des comités ont été formés à cette fin, mais c\u2019est toute la population qu\u2019il faut rallier au sentiment de l\u2019importance de cette première souscription.Les mieux fortunés y apporteront leur généreuse offrande, les pauvres leurs deniers.Mais tous seconderont de leurs prières cette campagne de souscription et d\u2019éducation sociale.Comme gage de succès, j\u2019assure de mes bénédictions tous ceux qui prendront part à la souscription d\u2019une façon ou d\u2019une autre ; je leur exprime mes encouragements et mes vœux les meilleurs de succès.\u2014 2 février 1936. 294 * Neutralité religieuse.Un article récent et diverses autres manifestations révèlent que la question est à l\u2019ordre du jour.Sans entrer pour le moment dans une étude approfondie du sujet, rappelons simplement quelques principes élémentaires.La neutralité ou indifférence religieuse peut se considérer soit du côté de l\u2019objet, soit du côté des personnes.Du côté de l\u2019objet, il est clair que dans les actions ou dans les affaires humaines, il en est qui sont bonnes en soi, ou mauvaises en soi, ou indifférentes en soi.Par exemple, les actes de culte envers le vrai Dieu sont bons et religieux en soi ; la franc-maçonnerie est mauvaise en soi ; des entreprises ou groupements économiques sont indifférents en soi.Mais du côté des personnes, cette indifférence n\u2019existe plus.Car même les choses indifférentes doivent être dirigées actuellement ou virtuellement à la gloire de Dieu et à l\u2019édification du prochain.De même, des groupements de personnes, fut-ce pour des intérêts d\u2019ordre matériel ou d\u2019ordre indifférent au point de vue religieux, doivent en principe être régis par les règles de la morale de Jésus-Christ, et contribuer à l\u2019extension et à raffermissement du royaume du Christ.Ce commandement sans doute n\u2019oblige pas semper et pro semper, c\u2019est-à-dire par des actes de tout instant, mais il oblige tout de même semper, c\u2019est-à-dire qu\u2019il oblige tout le temps aux actes opportuns.D\u2019où la neutralité religieuse, non seulement absolue à l\u2019égarcl du vrai Dieu, mais relativement aux diverses confessions religieuses, même chrétiennes, est-elle inadmissible.Et, en raison ties personnes, faut-il que toutes les organisations sociales et économiques favorisent la vraie religion, l\u2019Eglise et les fidèles.Telle est la logique de la foi.Si en diverses conjonctures, il paraît mieux ne pas affirmer cette exclusivité catholique, pour éviter un plus grand mal, à \u2014 295 \u2014 savoir une plus grande injure à Dieu, une plus grande difficulté à établir le royaume de Dieu, ce n\u2019est alors que par tolérance qu\u2019on aura des relations avec des non-catholiques, afin de marquer à ceux-ci de bons égards, en vue de les attirer à la vraie religion et si possible de la leur faire embrasser.La tolérance toutefois n\u2019est pas un droit ; elle est une condescendance pour des raisons de meilleur bien ; et elle ne peut se légitimer que dans la mesure où elle n\u2019expose pas trop prochainement les catholiques eux-mêmes à perdre la foi ou à l\u2019affaiblir.Dans les institutions publiques, il appartient aux Évêques, le Saint Siège l\u2019a souvent affirmé, de déterminer selon les temps et les milieux, quelle mesure de tolérance est nécessaire et prudente.Les Evêquës de notre Province ont toujours recommandé, conformément aux principes et en raison de l\u2019apostolat social de l\u2019Église, que les groupements sociaux et les organisations même d\u2019ordre économique chez les nôtres se fassent ordinairement entre catholiques.Jusqu\u2019à nouvel ordre, on doit s\u2019en tenir à ces directives.\u2014 10 février 1946.* Confesseurs extraordinaires et confesseurs adjoints des Communautés religieuses.DÉCRET Les prêtres à qui Nous confions ici les fonctions de confesseur adjoint ou de confesseur extraordinaire obtiennent juridiction spéciale pour les religieuses et les novices des maisons où ils sont nommés par le fait même (ipso fado) de leur prise de possession de l\u2019office auquel sont annexés ces fonctions, ou de leur assignation par leur Supérieur.De même cette 296 \u2014 juridiction spéciale cesse avec l\u2019office auquel les mêmes fonctions sont attachées O).Pour ceux qui sont désignés personnellement ou qui sont déjà en possession d\u2019office, leur juridiction est concédée ou confirmée, selon le cas, à la date des présentes.Nous rappelons que les fonctions de confesseur extraordinaire obligent véritablement, et que l\u2019on ne peut s\u2019y dérober sous aucun prétexte.Il faut une demande spéciale faite à l\u2019Ordinaire ou au Visiteur délégué des Communautés religieuses, et motivée par des raisons sérieuses, pour être relevé, soit pour une fois soit de façon définitive de ses fonctions de confesseur extraordinaire.Le confesseur extraordinaire doit se rendre, après entente avec le Supérieur ou la Supérieure, à la maison religieuse pour lequelle il est désigné, quatre fois par année, soit dans la semaine des Quatre-Temps, soit dans la semaine qui précède ou celle qui suit immédiatement^).Le présent décret annule les précédents, et en particulier celui du 30 septembre 1940.Les Supérieurs ecclésiastiques ou religieux à qui revient le choix de prêtres ou de religieux de leur communauté comme Confesseurs extraordinaires ou Confesseurs adjoints, feront chaque année, en janvier, connaître à l\u2019Ordinaire, par l\u2019entremise du Visiteur délégué des Communautés religieuses, le nom de ceux qu\u2019ils ont choisis pour l\u2019année courante, eu égard aux prescriptions du canon 524.\u2014 11 avril 1946.(1)\tSauf disposition spéciale de l\u2019Ordinaire, le titre de premier ou de second Vicaire s\u2019établit, comme l\u2019ordre de préséance entre Vicaires, suivant la date de l\u2019ordination sacerdotale.(Synode diocésain, décret 122 § 2).(2)\tLe confesseur extraordinaire exerce gratuitement son ministère, mais il peut réclamer de la communauté le remboursement de ses frais de voyage, quand ceux-ci sont appréciables (SD., décret 142 § 2). Croisade de prières préparant la camuagne de Moralité.Il Lettre de Son Exc.Mgr Pelletier aux Curés et Aumôniers Chers collaborateurs, Le problème de la moralité devient de plus eil plus angoissant.Presque chaque jour les journaux et la radio nous rapportent des signes inquiétants d\u2019un abaissement de la moralité qui émeut même les meilleurs fidèles.Le vice paraît vouloir s\u2019installer partout avec cynisme.Ses fauteurs, avec une astuce diabolique, emploient à sa diffusion les raffinements aguichants de la publicité que peuvent offrir les perfectionnements récents de la presse, du cinéma, de la radio, du livre et des affiches.Tantôt on invite directement au dévergondage des sens ; en d\u2019autres circonstances on a l\u2019audace éhontée de couvrir cette provocation corruptrice d\u2019un prétendu avantage pour la santé, l\u2019hygiène ou l\u2019expérience à acquérir.Pourtant ceux qui visent à égarer ainsi les consciences par ce procédé subtil ont déjà été fustigés par le prophète Isaïe en ces termes : \u201c Malheur à ceux qui appellent bien le mal \u201d (Is.5, 20).Ai-je besoin de souligner que cette propagande impie exerce ses ravages destructeurs?Un tel étalage de mœurs sans retenue donne facilement prise à l\u2019impureté.Il s\u2019en suit une recherche effrénée de la jouissance et un abus du plaisir qui ruinent le corps, tuent le sens de la responsabilité et mettent trêve à la lutte que doit mener tout chrétien pour marcher dignement dans la vocation à laquelle il a été appelé.Même dans le sanctuaire sacré de la famille pénètrént trop souvent des habitudes païennes amenant peu à peu les parents à se départir des responsabilités intangibles qu\u2019ils sont pourtant tenu à exercer au nom de Dieu.Leurs enfants, ne recevant plus au foyer l\u2019édification et les conseils évangéliques qui les protègent, dès lors en arrivent à ne plus pratiquer les vertus de leur état.Comment se surprendre alors du nombre gran- - 298 \u2014 dissant de jeunes délinquants déjà engagés dans la voie de la criminalité.C\u2019est pour opérer avec efficacité la réaction chrétienne qui s\u2019impose devant cette conduite immorale chez plusieurs etj tourner la réclame'en faveur des bonnes mœurs, que Nos-1 seigneurs les Archevêques et Évêques de la Province, toujours en alerte contre les maux de notre société, ont confié au Comité national de l\u2019Action catholique le soin d\u2019organiser une vaste campagne de moralité.Pour répondre à cet appel pressant de l\u2019autorité religieuse on a commencé un peu partout un tra vail de moralisation.Déjà les nouvelles nous font connaître d\u2019encourageants résultats.Pour notre diocèse, une commission de moralité annexée à la direction des mouvements cl\u2019Ac-tion catholique, vient de se mettre à l\u2019œuvre.Continuant le travail de leurs devanciers les membres ont déjà pris plusieurs mesures de redressement.Bientôt des mots d\u2019ordre précis pour la marche à suivre sur le sujet vous seront communiqués.Si Notre Éminentissime Archevêque compte particulièrement sur les forces organisées de l\u2019Action catholique, il demande aussi à tous les fidèles d\u2019emboîter le pas dans cet effort concerté en vue du relèvement de la conscience chrétienne.Mais pour assurer le succès de ce redressement de la moralité, pour gagner les esprits et les cœurs à l\u2019austérité bienfaisante de l\u2019évangile et faire régner la vertu dans toutes les sphères de l\u2019activité humaine, la prière accompagnée de sacrifice est indispensable.En conséquence, je vous exhorte à entreprendre dès le début de mai une croisade intense de prières.Vous aurez soin d\u2019y intéresser tous les groupes de vos fidèles.; Les exercices du mois de Marie pourraient être faits à cette intention.Pourquoi ne réciterions-nous pas aussi chaque jour cette engageante oraison de saint Bernard à Notre-Dame : le \u201c Souvenez-vous.\u201d Joignons à cette prière l\u2019invocation : \u201c O Marie conçue sans péché \u201d en demandant pour tous à la Vierge très pure une vie conforme à la sienne.Que l\u2019on s\u2019im- : pose enfin quelque sacrifice quotidien dans ce but.J\u2019ai la grande joie de souligner que nous entrerons particulièrement dans ; 299 \u2014 les vues du Souverain Pontife.En effet, l\u2019Apostolat cle la Prière a comme intention générale du mois de mai : La lutte contre l\u2019immoralité.Ainsi placée sous le patronage et la protection de la Reine de la Pureté, enrichie par l\u2019apport invincible de trésors spirituels surabondants la présente campagne de moralité chrétienne opérera les redressements nécessaires et triomphera de tous les obstacles.Recevez l\u2019expression de mes meilleurs sentiments avec l\u2019assurance de ma constante collaboration et de mes humbles prières.t Georges-Léon Pelletier, Evêque tit.d\u2019Ephestus, Auxiliaire de Québec.Directeur général de l\u2019Action catholique et des œuvres diocésaines.\u2014 25 avril 1946.* Décret d\u2019érection du Séminaire de Saint-Georges de Beauce.Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve Cardinal Prêtre de la Sainte Église Romaine du Titre de Sainte-Marie-des-Anges aux Thermes ARCHEVEQUE DE QUEBEC Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.Ainsi soit-il.A tous ceux qui verront les présentes, Salut et Bénédiction.Considérant le grand nombre de vocations sacerdotales que peuvent fournir Nos excellentes familles de la région de la Beauce ; Considérant le nombre grandissant des jeunes gens aptes à faire des études classiques ; Considérant aussi que les institutions classiques existant déjà dans Notre diocèse sont devenues incapables de répondre à toutes les demandes ; Nous avons érigé, en vertu de Notre autorité archiépiscopale, et par les présentes érigeons dans la ville et paroisse de Saint-Georges de Beauce, sur les terrains déjà choisis ad hoc par Monsieur l\u2019Abbé Edouard Beaudoin, curé de ladite paroisse, une institution dite Petit Séminaire de Saint-Georges de Beauce, sous le patronage spécial de l\u2019Immaculée-Conception.La fin du susdit Petit Séminaire sera de préparer, par le cours classique ordinaire, des jeunes gens au Grand Séminaire.Selon l\u2019usage reçu en notre Province toutefois, on y accueillera aussi des jeunes gens qui se destinent aux carrières professionnelles par les études classiques et qui accepteront la discipline établie dans Nos institutions du genre.L\u2019institution sera autonome dans la mesure que le lui permettent les lois canoniques et ses propres constitutions.En conséquence, elle sera totalement subordonnée à l\u2019autorité de l\u2019Ordinaire, comme toute institution ecclésiastique.Sa charte civile devra le comporter.Dès qu\u2019elle aura sa charte civile, toutes les ressources qui lui sont destinées seront remises aux autorités de la maison.Celles-ci auront exclusivement le droit d\u2019organiser des souscriptions et de prendre les autres moyens légitimes d\u2019assurer l\u2019existence économique de l\u2019institution.D 100: lu ; lain ¦I pl era p y laib L itior le Le Séminaire de Québec veut bien lui accorder son patronage de manière à lui fournir autant que possible, au jugement de l\u2019Archevêque, des directeurs et des professeurs expérimentés jusqu\u2019à ce que le Petit Séminaire de Saint-Georges puisse se pourvoir.Le nouveau Petit Séminaire gardera l\u2019esprit et suivra les programmes du Petit Séminaire de Québec. \u2014 301 \u2014 D\u2019ores et déjà, d\u2019accord avec les règles ci-dessus, Nous nommons Monsieur l\u2019Abbé Joseph Lacroix, prêtre agrégé du Séminaire de Québec, directeur du Petit Séminaire de Saint-Georges ; Monsieur l\u2019Abbé Eugène Garant, prêtre auxiliaire de la même institution, l\u2019accompagnera et travaillera sous sa direction.Le Petit Séminaire de Saint-Georges ouvrira ses portes en septembre, comme Externat, et donnera dès lors les cours réguliers de la classe des Éléments latins.Nous exhortons le clergé et les fidèles de Notre diocèse, dans la région de la Beauce, à apprécier la valeur morale et civilisatrice de l\u2019institution que Nous mettons à leur disposition, et à coopérer de tous leurs efforts à son plein épanouissement.Sera le présent décret lu en chaire dans l\u2019église paroissiale de Saint-Georges de Beauce, le dimanche qui suivra sa réception.Donné à Québec, sous Notre seing, sous le sceau de l\u2019Ar-chidiocèse et le contreseing de Notre Chancelier, le seizième jour du mois de juin mil neuf cent quarante-six, en la fête de la Très Sainte et Indivisible Trinité.f J.-M.-Rodrigue Cardinal Villeneuve, O.M.I., Archevêque de Québec.L.^ S.Bruno Desrochers, ptre, Chancelier.\u2014 16 juin 1946.* Prières réparatrices demandées pai le Saint-Père.Sa Sainteté le Souverain Pontife vient de recommander au monde de consacrer le mois de juin à des exercices de prières réparatrices pour obtenir la miséricorde de Notre-Seigneur sur les nations.Il n\u2019est guère besoin de motiver longuement ces recommandations. 302 \u2014 D\u2019autre part, émus de l\u2019envahissement de notre peuple par les lectures, les modes et les usages lés plus contraires à l\u2019esprit chrétien, les Archevêques et Evêques de la Province font appel à leurs fidèles en vue d\u2019une campagne de moralité, qui mette fin ou du moins atténue le flot envahisseur de l\u2019immoralité la plus éhontée.Dans ces sentiments, Nous invitons notre clergé et Nos diocésains à célébrer partout cette année d\u2019une façon éclatante la fête du Sacré-Cœur.Pour qu\u2019on puisse multiplier à cette occasion les prédications les plus ardentes, Nous autorisons, partout où il sera jugé opportun, un triduum préparatoire à la fête elle-même ou à sa sollennité.Là où les curés le croiront expédient, on pourra faire à l\u2019extérieur une procession extraordinaire le vendredi de la fête ou le dimanche qui suivra.) ux ux e i;i Poi at iOH1 t; j;-: .! m Les fidèles seront exhortés à la communion réparatrice.Une heure d\u2019adoration est aussi autorisée dans toutes les églises et oratoires publics ou semi-publics, le vendredi 28 juin, ou le dimanche, 30 juin.Dans la Ville archiépiscopale, Nous invitons le clergé et les fidèles à prendre part à la procession organisée par le Révérend Père Lelièvre, au soir de la fête du Sacré-Cœur, selon une tradition qui constitue maintenant une espèce de droit.I f fi't On y priera pour l\u2019établissement du règne du Sacré-Cœur, pour la paix sociale en notre pays et la paix internationale dans le monde.A cette fin, Nous invitons spécialement les patrons et les ouvriers, et aussi les combattants de retour du front, à y paraître pour y témoigner hautement de leur foi.\u2014 16 juin ^ 1946.\t^\t! i Réunion en un seul mouvement d\u2019A.C., de la double organisation de la J.E.C.Lettre de Son Exc.Mgr Pelletier p lit % \u2014 303 Québec, 12 juillet 1946.A MM.les aumôniers, ii| aux directeurs-adjoints, aux directrices-adjointes sj de la Jeunesse Etudiante Catholique i Pour des motifs de continuité et plus étroite collaboration, il a été jugé opportun de fondre en un seul mouvement d\u2019Action Catholique, la double organisation de Jeunesse Étudiante Catholique (Secondaire, Primaire-Supérieure) que nous avions jusqu\u2019ici.Il va sans dire que seront encore respectées les distinctions qui s\u2019imposent et que Ton tiendra compte des divers besoins.En rendant grâces au Seigneur pour le beau travail de formation chrétienne et de rayonnement apostolique accompli par les deux groupements, nous avons confiance que cette unification facilitera la tâche des uns et des autres pour l\u2019avancement du règne du Christ au sein de ce milieu prometteur.Avec l\u2019expression de mon attachement profond, de ma constante collaboration et de mes meilleures prières.t Gorges-Léon Pelletier, évêque auxiliaire de Québec, Direcreur général de VAction Catholique et des Oeuvres diocésaines.* Lettre de Son Éminence à M.Pabbé Joseph Lacroix Supérieur du Petit Séminaire de Saint-Georges.Neuville, le 14 août 1946.Monsieur l\u2019abbé Joseph Lacroix, Supérieur du Petit Séminaire, Saint-Georges de Beauce, P.Q.Cher Monsieur le Supérieur, Le décret par lequel j\u2019ai constitué le Petit Séminaire de Saint-Georges de Beauce dit assez la considération que j\u2019y \u2014 304 attache et les fruits heureux que j\u2019en attends.Il va de soi que cette œuvre ne peut s\u2019accomplir sans ressources.Et il appartient particulièrement aux fidèles de la Beauce de les procurer, comme d\u2019ailleurs ils en ont marqué la disposition.Voilà pourquoi je recommande la souscription en cours à cet effet-, et je suis heureux de bénir le zèle de ceux qui voudront bien s\u2019y employer.J\u2019autorise Monsieur le Chanoine Philibert Grondin à s\u2019en faire le propagandiste, et d\u2019ajouter cette nouvelle campagne de bien à tant d\u2019autres auxquelles depuis quarante ans il a consacré son zèle sacerdotal spécialement dans la région de la Beauce.Messieurs les Curés des Vicariats forains X, XII et XIII, pour commencer, voudront bien accueillir favorablement et faciliter l\u2019accès auprès de leurs paroissiens de Monsieur le Propagandiste de l\u2019Oeuvre du Petit Séminaire de Saint-Georges de Beauce et de ses collaborateurs dûment accrédités par les autorités du susdit Petit Séminaire.Nous accordons une indulgence de trois cents jours à tous ceux qui feront quelque offrande pour l\u2019Oeuvre du Petit Séminaire de Saint-Georges de Beauce.Veuillez croire, Monsieur le Supérieur, à mes dévoués sentiments en Notre-Seigneur et Marie Immaculée.(Signé) t M.-M.-Rod.Card.Villeneuve, o.m.l, Arch, de Québec.N.B.Son Éminence tout en accordant cette permission n\u2019entend pas délier les curés des Vicariats ci-dessus mentionnés de l\u2019obligation de recevoir le propagandiste de l\u2019Oeuvre du Recrutement sacerdotal et de lui remettre toute la quête.D\u2019ailleurs le Petit Séminaire de Saint-Georges est appelé à bénéficier de cette Oeuvre tout comme les autres séminaires et collèges diocésains.\u2014 14 août 1946. - 305 Lettre de Son Exc.Mgr Pelletier A MM.les Curés, Vicaires et Aumôniers Service de \u201c Préparation au Mariage Bien chers Collaborateurs, Le service de \u201c Préparation au Mariage \u201d organisé par la J.O.C., doit recommencer incessamment.Il n\u2019y a pas lieu de douter des bienfaits nombreux que cette initiative multiplie chez nous depuis bientôt quatre ans.C\u2019est dans la mesure où nos jeunes, appelés à la vocation sainte du mariage, comprendront la grandeur du sacrement qui les consacre dans cet état sanctifiant, qu\u2019ils verront l\u2019importance absolue de s\u2019y préparer selon le cœur de Dieu.Il va de soi que, connaissant mieux encore les obligations de ce saint état, ils pourront remplir plus parfaitement les engagements de sa mission sublime qui est dans la fécondité des vies, d\u2019écli-fier avec bonheur des temples du Dieu vivant.Cependant, comme ce service de Préparation au Mariage est aussi délicat que difficile d\u2019exécution, nous continuons de le mettre sous sa responsabilité de l\u2019aumônier de la J.O.C., Monsieur l\u2019Abbé Henri Giguère.On voudra bien ne pas entreprendre aucune initiative de ce genre sans conférer avec lui et s\u2019en tenir à ses directives.Il saura vous faire éviter les écueils que cela comporte.Ainsi, pour ne référer qu\u2019aux deux points suivants : tous les noms des conférenciers, de même que les textes qui seront mis entre les mains des jeunes gens et jeunes filles fiances, devront porter son approbation.Recevez, chers Collaborateurs, l\u2019expression de mon entier dévouement avec l\u2019assurance de mes constantes prières.Bénédiction.f Georges-Léon Pelletier, év.aux.Québec.Directeur général de VAction catholique et des Oeuvres diocésaines.En la fête de la Maternité divine, \u201411 octobre 1946. 306 Journées sociales de l\u2019Association patronale des Services Hospi- liers de Québec.Comme nous vivons en société, il existe des vertus qu\u2019il est nécessaire de connaître et de pratiquer afin que cette vie soit un bienfait croissant et concoure à l\u2019avantage de tous.Aussi les études et discussions de ces journées qui porteront sur la lettre pastorale collective de Nosseigneurs les Evêques touchant La Restauration de l\u2019Ordre social se recommandent d\u2019elles-mêmes.Il est à souhaiter que de nombreux représentants de nos Maisons d\u2019enseignement puissent aussi prendre part à ces importantes réunions.On 11e saurait en effet jamais trop accentuer le rôle capital que doivent jouer les éducateurs et les éducatrices dans la formation sociale nécessaire à tous 110s responsables de demain.\u2014 12 octobre 1946.Prières publiques pour Monseigneur Stepinac.Son Éminence le Cardinal Archevêque de Québec a exprimé le désir qu\u2019011 fit, dans le diocèse, des prières publiques pour Son Excellence Monseigneur Stepinac, archevêque de Zagreb, et les autres victimes de la persécution en Yougloslavie.Messieurs les Curés dans leurs paroisses et Messieurs les Aumôniers dans les communautés religieuses voudront bien faire à cette intention une heure d\u2019adoration, dimanche le 3 novembre, dans l\u2019après-midi ou le soir.Le prêtre qui présidera cette cérémonie en expliquera l\u2019objet ; 011 récitera le Rosaire, et on chantera le Miserere.t J.-Omer Plante, Évêque de Dobero, Auxiliaire de Québec.\u2014 25 octobre 1946.Les Témoins de Jéhovah.On a souvent mis les fidèles en garde contre la Propagande hérétique, et particulièrement celle qui profane les Saintes 307 \u2014 Écritures par des interprétations fantaisistes et pernicieuses.Aussi la campagne de moralisation chrétienne en cours s\u2019ap-plique-t-elle entre autres choses à protéger les fidèles contre toute littérature préjudiciable à la foi et aux mœurs.Or il est évident que les Témoins de Jéhovah font actuellement de grands efforts pour gagner plus de sympathisants.Nous avons confiance que les fidèles comprendront le grave danger d\u2019une propagande aussi subversive, tant au point de vue social que religieux.\u2014 19 décembre 1946.L\u2019Assemblée épiscopale et les Témoins de Jéhovah.En septembre 1943, alors que notre pays était encore en guerre, l\u2019Assemblée des Archevêques et Évêques de la Province civile de Québec s\u2019inquiétait déjà des effets subversifs de la doctrine des Témoins de Jéhovah, et en faisait part aux autorités civiles.Réunis à Québec le 10 décembre 1946, les membres de ce même Épiscopat tiennent à affirmer qu\u2019ils n\u2019ont pas changé d\u2019avis depuis cette époque et ils croient devoir dénoncer de nouveau les menées anarchiques de cette secte, dangereuse en temps de paix comme en temps de guerre.\u2014 26 décembre 1946 Document privé (No 118) LETTRE COLLECTIVE sur le Prêtre et la Croisade de pureté Nous, PAR LA GRACE DE DlEU ET DU SlÈGE APOSTOLIQUE, Archevêques et Évêques de la province civile de Québec.Au Clergé séculier et régulier de nos diocèses respectifs, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.Messieurs et chers collaborateurs, 1.\tLe 5 mai dernier, dans une lettre pastorale collective, Nous avons signalé à l\u2019attention des fidèles de cette province les maux et les menaces d\u2019une immoralité toujours croissante, de même que la pensée chrétienne sur la pureté des mœurs.Par la même occasion, Nous les invitions à la CROISADE DE PURETÉ, montrant ainsi que toute action en vue d\u2019améliorer la moralité publique doit être positive et viser en définitive la protection, la sauvegarde et le progrès de la vertu de pureté, qu\u2019il appartient à chacun de pratiquer selon les devoirs de son état.2.\tLes commentaires favorables des journaux et des revues1, même de l\u2019étranger2, les adhésions nombreuses à cette croisade3 de la part des associations les plus diverses et des municipalités civiles sont un signe réconfortant de la foi profonde de nos fidèles et marquent à l\u2019envi leurs bonnes dispositions et leur volonté bien arrêtée de corriger au plus tôt une situation déplorable.Les apôtres de la moralité4, prêtres, laïcs et mouvements d\u2019Action catholique, ont trouvé dans Notre message réconfort et soutien; ils ont continué la lutte Mandements des Evêques de Québec. \u2014 310 \u2014 avec la force et le courage qui conviennent.L\u2019action d\u2019ensemble menée jusqu\u2019à date mérite Nos félicitations et ouvre pour l\u2019avenir des perspectives très encourageantes pour le bien de l\u2019Église et de la religion.3.\tNous ne voulons attacher aucune importance à l\u2019attitude de certaine presse qui, par des articulets ou des caricatures, a tenté de jeter du ridicule sur certains aspects de cette croisade, tout en ne manquant pas une occasion d\u2019affirmer son adhésion à la rehgion catholique.L\u2019hypocrisie des responsables de cette presse n\u2019a d\u2019égal que leur manque de soumission aux directives de la Hiérarchie et leur insouciance honteuse en présence d\u2019un mal que tous constatent et voudraient supprimer.4.\tLes résultats acquis à l\u2019heure actuelle sont très consolants, mais ils ne doivent pas nous endormir dans un optimisme béat.Il reste beaucoup à faire.Il vous revient, chers collaborateurs, d\u2019entretenir le feu de l\u2019apostolat, de susciter et d\u2019orienter les initiatives fécondes du laïcat catholique.En conséquence Nous voulons maintenant vous inviter à méditer avec Nous sur deux moyens bien propres à rendre fructueuse la « Croisade de pureté )), c\u2019est-à-dire votre vie personnelle et votre vie apostolique.Première partie : VOTRE VIE PERSONNELLE.5.\tParler' de votre vie personnelle, chers collaborateurs, comme d\u2019un moyen de rendre plus féconde encore la « Croisade de pureté )), n\u2019est-ce pas faire appel aux relations mystérieuses qui existent entre la sainteté d\u2019un pasteur et la ferveur de ses brebis?N\u2019est-ce pas rappeler à votre attention l\u2019économie de la vie surnaturelle?Notre ministère ne porte de fruits que par Dieu : \u201c Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire \u201d, nous avertit Notre-Seigneur5, et saint Paul ajoute : \u201c Moi j\u2019ai planté, Apollos a arrosé ; mais Dieu a fait croître.\u201d6 Et Dieu se plaît à faire porter du fruit au mi- \u2014 311 \u2014 Inistère de ceux qui sont davantage ses amis, et cela en proportion même de leur amitié.Sans doute, dans Sa bonté, a-t-Il le donné aux sacrements et à la messe une efficacité et une validité \u201c ex opéré operato \u201d ; mais, en toute action sacerdo-tale demeure P\u201c opus operantis \u201d, qui est plus riche de grâces .selon la sainteté du prêtre.te Sainteté du prêtre.6.C\u2019est pourquoi l\u2019Église dit aux clercs leur obligation d\u2019être plus saints que les laïcs, intérieurement et extérieure-i ment, et de briller au dessus d\u2019eux par l\u2019exemple de leur vertu Îet de leurs actions.7 A chaque pas franchi par le candidat au sacerdoce, l\u2019Évêque insiste sur le devoir qu\u2019il a d\u2019être saint.Souvenez-vous seulement de quelques-unes des paroles m que vous avez entendues, d\u2019abord, à votre prise de soutane : ti- \u201c Seigneur Jésus,., faites que ces jeunes gens, qui veulent jrs vous servir, en revêtant cette soutane se revêtent en même ; temps de vous, et qu\u2019au milieu des autres hommes, par la i sainteté de leur vie, il apparaisse à tous qu\u2019ils vous sont tota-ii- lement dévoués.\u201d8; puis, au moment où vous deveniez K- prêtres: \u201cVeuillez donc, ô Père tout-puissant, donner à er-l vos serviteurs que voici la dignité de la Prêtrise.Répandez à nouveau dans leur âme l\u2019Esprit de sainteté !.Puissent-ils faire pénétrer la réforme des mœurs par l\u2019exemple de leur conduite! .Que la sainteté, sous toutes ses formes, resplendisse en leur vie .! enfin, après votre première messe : \u201c Fils très aimés, considérez bien l\u2019Ordre que vous ,0j.î venez de recevoir et le fardeau désormais placé sur vos épau-$ Il les.Appliquez-vous à vivre saintement, religieusement, 'ef.et à plaire au Dieu tout-puissant.\u201d9 Dans leurs lettres et joJ ! leurs instructions, vos Pasteurs, de leur côté, remettent sou-$ vent devant vos yeux l\u2019idéal de perfection que vous devez vfî I poursuivre et atteindre.Pourquoi ces appels réitérés sinon ,all[i pour rendre la vie cléricale, déjà louable en regard de la fai-uj blesse humaine, de plus en plus conforme à l\u2019idéal sacerdo-, tal,10 sinon aussi pour rendre plus fructueux votre ministère auprès des âmes? 312 \u2014 Lumière du monde.\t1 7.\tCette vérité d\u2019ordre général s\u2019applique fort bien au problème particulier qui nous occupe.Dans la \u201c Croisade de J* pureté \u201d, la vie et les mœurs du prêtre servent d\u2019exemple aux fidèles et deviennent ainsi un remède aux maux actuels.J1' Votre sainte vocation de ministres de Jésus-Christ vous constitue \u201c lumière du monde \u201d et \u201c sel de la terre \u201dn.La vie l8 * * 11 chaste du prêtre est par elle-même un enseignement et un \\b stimulant pour les fidèles ; pour eux elle est une lumière qui P brille et qui leur montre la possibilité de pratiquer, selon leur condition, une vertu qu\u2019ils voient si belle dans leurs prêtres.¦ \u201c Que votre lumière brille devant les hommes.recom- ?mande le Maître à ses disciples12.C\u2019est clairement nous lp faire entendre que telle doit être, dans le prêtre, la plénitude Ijp et la perfection de la vertu, qu\u2019il puisse servir comme de miroir à ceux qui portent sur lui leurs regards.Sel de la terre.8.\tPar votre vie chaste, vous êtes aussi le sel de la terre.Votre présence dans le monde agit mystérieusement sur la pureté des mœurs à la manière du sel qui assaisonne les ali- ments et qui préserve de la corruption les substances péris- i sables.Qui peut dire l\u2019influence secrète exercée par votre vie de renoncement aux plaisirs de la chair, influence qui ne se peut mesurer, mais dont la réalité et la force ne laissent aucun doute ?Dans un monde qui facilite la corruption des âmes, la chasteté du prêtre est un sel qui purifie par ses mérites et son contact, un sel qui préserve par sa présence.N\u2019allez pas vous méprendre : notre intention n\u2019est pas d\u2019attribuer la respon- < sabilité du déclin de la moralité publique à une baisse de la chasteté sacerdotale ! Non ! Nous ne considérons que l\u2019as- ; pect positif de cette chasteté ; nous n\u2019envisageons que l\u2019influence positive exercée par elle sur une société en proie à la corruption morale. \u2014 313 \u2014 Lumière éteinte et sel affadi.9.\u201c Perle brillante \u201d, \u201c une des gloires les plus pures du sacerdoce catholique \u201d, selon les paroles de Sa Sainteté le pape Pie XI13, votre chasteté, chers collaborateurs, est un trésor inestimable, riche en exemple et en influence, pour le peuple chrétien.Aussi est-il de première importance que rien ne vienne voiler l\u2019éclat de cette lumière ni affaiblir la vertu active de ce sel.La vaillance vous est nécessaire pour lutter contre les mauvaises passions et vous garder du péché impur.Le prêtre n\u2019a pas le droit de se croire à l\u2019abri de ce péché.Par fausse tranquillité ou par irréflexion il peut lui aussi glisser lentement vers les pires déchéances.Et quelle horreur en réalité qu\u2019un prêtre infidèle à ses serments, ne fût-ce que par accident ! C\u2019est une lumière éteinte et un sel affadi.Il devait rayonner la pureté, il répand, souvent au loin, la corruption.Un sel affadi \u201c n\u2019est plus bon qu\u2019à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes.\u201d14 Quelle terrible parole ! .Nous 11e voulons pas insister sur ce point : Nous savons trop, chers collaborateurs, l\u2019estime en laquelle vous tenez la chasteté, qui est l\u2019ornement de vos vies.Il suffit d\u2019avoir attiré votre attention sur la stérilité dont le péché impur frapperait votre ministère pour que, chaque jour, vous redisiez avec grande ferveur : \u201c Seigneur, 11e nous induisez pas en tentation \u201d,15 et pour que, en même temps, vous gardiez vos sens intérieurs et extérieurs, de toute compromission avec le mal.E11 un temps où les rencontres de rues, les journaux, les revues, les affiches, offrent tant d\u2019appât à la convoitise des sens, vous veillerez spécialement sur vos yeux : la modestie du regard est le signe évident de la pureté d\u2019âme.Prudence du prêtre.10.Le prêtre craint le péché impur et prend bien garde d\u2019y tomber.Niais il lui arrive parfois, par une légèreté inconsciente, de s\u2019exposer à déchoir ou à se relâcher, ou simplement d\u2019exposer sa réputation à d\u2019inutiles dangers.Sous pré- 314 \u2014 texte que telle attitude ne comporte aucune faute, on affaiblit alors ses forces, ou au moins on prête flanc à des soupçons qui nuisent à la bonne renommée.C\u2019est en ces matières que le prêtre a besoin d\u2019une constante vigilance.Que votre préoccupation de tous les instants soit donc d\u2019éviter même toute apparence de péché : en ce faisant, vous fuirez les occasions et vous préserverez votre réputation de toute atteinte ; votre chasteté brillera de tout son éclat, elle sera une lumière vive et pleine ; votre chasteté sera un sel plein de vigueur purificatrice.Pour atteindre ce but, soyez fidèles, chers collaborateurs, à suivre à la lettre, sauf permission de l\u2019Ordinaire, les prescriptions ecclésiastiques tant de droit général que de droit diocésain qui regardent les relations avec les personnes de l\u2019autre sexe ; elles sont le fruit de l\u2019expérience de l\u2019Église ; on 11e les néglige jamais sans danger.Repassez avec Nous quelques-unes des précautions les plus utiles.Ne rencontrez jamais les personnes de l\u2019autre sexe, fussent-elles des religieuses ou des parentes, (sauf les proches), que par nécessité de ministère ou de réelle convenance.Réservez pour le confessionnal la direction spirituelle ; Nous 11e saurions trop insister sur ce point.Que les conversations au parloir, dans les salles de réunions ou ailleurs 11e soient jamais longues.Que votre manière de converser 11e sente jamais la familiarité : Nous devons regretter certains badinages et la facilité avec laquelle des prêtres, même assez jeunes, tutoient les personnes qu\u2019ils rencontrent.Enfin, n\u2019allez pas seul, à pied ou en voiture, avec une femme, qu\u2019elle soit votre parente ou votre ménagère.Quant aux dames ou demoiselles qui habitent le presbytère, par nécessité de service domestique, n\u2019oublie-t-on pas trop facilement la règle qui fixe leur âge et l\u2019endroit de leur logement?Veuillez toujours à ce qu\u2019elles soient de réputation intègre et de tenue irréprochable.11.A certains qui iront pas l\u2019esprit du sacerdoce, ces précautions peuvent sembler d\u2019un autre siècle.Telle n\u2019est pas votre pensée.Vous admettez qu\u2019elles ont leur raison d\u2019être, ne serait-ce que pour la sauvegarde de la réputation du prêtre, \u2014 315 \u2014 sinon pour sa propre protection.A l\u2019occasion de cette lettre, que chacun de vous relise les directives diocésaines ; qu\u2019il revoie en détails les mesures de prudence qui y sont fixées ; qu\u2019il y compare sa manière de faire ; qu\u2019en toute franchise et simplicité il corrige ensuite les oublis qu\u2019il aurait pu commettre sur tel ou tel point.Cette invitation s\u2019adresse à tous les prêtres, réguliers et séculiers, curés, vicaires, professeurs et aumôniers.Aux aumôniers d\u2019œuvres, Nous la faisons plus pressante ; ils sont plus exposés que d\u2019autres, et c\u2019est précisément parce que Nous admirons et louons leur travail que Nous les voudrions à l\u2019abri de tout reproche.12.Pour vous tous et pour Nous, aussi, ce sera une consolation de penser, après cet examen de conscience, que vous agissez en toutes choses conformément à cet article du Concile plénier de Québec : \u201c Qui in sortem Domini vocati sunt non ea tantum quae mala sunt, sed et omnem mali speciem, cunctaque malo ansam praebentia, vel quae fidelibus offen-sioni esse possunt, vel sacerdotem a suis muneribus rite sancte-que exercendis avertunt, quaque virum gravem ac Christi ministrum non decent, fugiant necesse est.\u201d16 Auditions radiophoniques.13.Nous Nous demandons parfois avec inquiétude si quelques prêtres n\u2019abusent pas des auditions radiophoniques.\u201c L\u2019abus de la radio est une perte et en quelque sorte un vol du temps que le prêtre doit < onsacrer au service de Dieu et des âmes \u201d.17 L\u2019usage de la radio peut cependant être utile.Mais s\u2019il est des émissions bonnes, élevantes et instructives, il en est malheureusement trop qui sont l\u2019occasion d\u2019un danger moral, même pour le prêtre : Nous songeons spécialement aux programmes ie chansons légères et de musique amollissante, de même qu\u2019à certains sketches et romans mis sur les ondes.Ecoutez à ce sujet les remarques si apostoliques d\u2019un pasteur d\u2019âmes à ses prêtres : \u2014 316 14.\t\u201c Alors, chers confrères, ne sentez-vous pas le danger effroyable auquel s\u2019expose le pauvre prêtre qui, croyant seulement s\u2019accorder une distraction honnête, va ouvrir toute grande son âme sacerdotale à l\u2019invasion de l\u2019esprit du monde, de ce monde que le Christ a maudit à cause de ses scandales, et dont déjà un païen, Tacite, disait que son but unique était de diffuser sa corruption profonde ?\u201d \u201c Tout d\u2019abord, ce sera le trouble, l\u2019inquiétude, la tentation, peut-être.Tout le fond de sa nature honnête, toutes les énergies de son baptême et de son sacerdoce réagiront contre l\u2019empoisonnement.Puis, peu à peu, le calme se fera,un calme apparent et redoutable, sous le couvert duquel, lentement, mais d\u2019une marche inexorable, se poursuivra la déchristianisation profonde, la paganisation progressive de cette âme sacerdotale.\u201d \u201c Quand ce travail souterrain sera assez avancé; quand peu à peu, cette pauvre âme, envahie par l\u2019esprit mondain, aura perdu ses moyens de défense, le démon, qui la guette, circuit quaerens quem devoret, fera surgir l\u2019occasion, la tentation.\u201d \u201c Et ce sera peut-être la chute, la chute lourde et profonde ! \u201d18 15.\tDe toute Notre âme, Nous souscrivons à ces paroles, et Nous sommes convaincus que votre esprit ecclésiastique vous portera à y adhérer pleinement et à supprimer le danger, si, par malheur, il s\u2019est introduit chez vous.Lectures et études.16.\tLes lectures peuvent présenter pour vous le même danger que les auditions radiophoniques, avec les mêmes phases d\u2019inquiétude et de réaction, de tentation et de lutte, peut-être d\u2019empoisonnement et de chute.Vous le savez bien, chers collaborateurs, c\u2019est perdre son temps, c\u2019est voler du temps aux âmes que de s\u2019adonner à la lecture de romans mondains, 317 que de consacrer des heures à lire les journaux.Disons aussi que c\u2019est une cause de déformation intellectuelle : la culture intense de l\u2019imagination par le roman et la nouvelle, la connaissance fragmentaire de la vérité par les articles de journaux ne donnent pas à l\u2019esprit la possession tranquille du vrai, la sérénité du jugement et le sens des valeurs.17.A cette déformation de l\u2019esprit peut s\u2019ajouter le péril d\u2019empoisonnement moral.Et ce danger existe pour le prêtre.Pour la sauvegarde de sa chasteté, il doit refuser à ses yeux et à son imagination la pâture offerte par les photographies immorales ou risquées que reproduisent certains journaux et certaines revues.Que de telles publications n\u2019apparaissent jamais sur la table de travail d\u2019un prêtre ! De grâce qu\u2019on ne les surprenne jamais entre ses mains dans les endroits publics, sur les trains de voyageurs par exemple ! En plus d\u2019un danger pour votre âme, ce serait un scandale pour le peuple.Nous disons ici avec tristesse Notre étonnement de la facilité avec laquelle certains prêtres se permettent de lire .! des romans malsains, des livres douteux, des publications hérétiques :\tbibles, feuillets de propagande, etc.\u201c Ah ! disent-ils, nous n\u2019avons qu\u2019un but : mieux connaître la littérature pour mieux en préserver les fidèles.\u201d Vain prétexte, à la vérité, dans la plupart des cas.Parfois même, légèreté !.De fait il vous est nécessaire de connaître la valeur morale et is|! théologique des livres, des brochures, etc.C\u2019est votre devoir de mettre votre peuple en garde contre la propagande hérétique ; faites-le au besoin, lorsque par exemple vous constaterez un regain d\u2019activités des propagandistes de l\u2019hérésie.Mais, d\u2019une façon générale, vous trouverez tous les renseignements désirés dans une revue canadienne récente : \u201c Lec-).\ttures ',19 ou dans les publications françaises d\u2019égale valeur.;s i Et puis, en chaque diocèse, il est des prêtres chargés de la fj\tcensure des livres et de la surveillance de la morale.Faites- js\tleur confiance, signalez à leur attention les publications que p?\tl\u2019on vous présenterait comme dangereuses et attendez leur jugement.La sagesse de l\u2019Église défend de plus, même \u2014 318 \u2014 aux prêtres, de lire et de conserver, sans permission spéciale, les publications hérétiques20 : il faut classer sous cette étiquette les bibles, les plaquettes et les feuillets de propagande qui émanent des sociétés bibliques protestantes, sous quelque nom qu\u2019elles se déguisent.18.A l\u2019origine de telles lectures, Nous reconnaissons que |01 l'intention est souvent bonne, mais on compte sans la curio- ! r sité, sans battrait du mystère, sans les blessures du péché originel.Et on se laisse entraîner, on en vient à lire par plaisir plutôt que par devoir, souvent on expose la pureté de sa foi et de ses mœurs.A ces lectures légères et dangereuses, vous préférerez, chers collaborateurs, les lectures sérieuses et instructives.Sans négliger la science profane, approfondissez la science acquise durant vos années de formation sacerdotale.Écriture sainte, dogme et morale, théologie ascétique et mystique, patrologie, histoire de l\u2019Eglise, liturgie, théolo- 1 \\ gie pastorale, questions sociales, voilà un vaste champ ouvert à votre curiosité intellectuelle.Cultivez-le avec soin et vous chasserez bien vite la tentation des lectures légères et faciles.Ces études et ces lectures bien sacerdotales nourriront votre âme et l\u2019élèveront au lieu de la dessécher et de la rabaisser.Elargissez le domaine de votre culture par la fréquentation des bonnes revues21.Nombreux sont les problèmes du ministère moderne.Les revues ecclésiastiques, en plus de vous donner une vue plus profonde des vérités immuables, vous : enseigneront des méthodes d\u2019adaptation de votre apostolat aux conditions actuelles.Ainsi c\u2019est tout votre ministère qui s\u2019enrichit, c\u2019est votre zèle qui s\u2019accroît, c\u2019est votre vie qui jj devient plus féconde et plus pleine.Quelle belle récompense ! Tel est le lot de nombreux prêtres saints et savants.A marcher sur leurs traces, tous auront la joie du devoir accompli.Vacances du 'prêtre.19.Le ministère moderne, pour celui qui veut se donner, est source de fatigues et d\u2019épuisement.Aussi est-il juste et \u2014 319 \u2014 prudent, pour le prêtre qui travaille, de se réserver chaque année quelques jours de repos.Mais le temps des vacances comporte des dangers : l\u2019absence du cadre habituel de vie, la présence autour de soi de personnes à qui on est souvent inconnu, la légèreté des plaisirs modernes aux endroits de villégiature, la nécessité même de se distraire de la contrainte ordinaire peuvent facilement conduire le prêtre à se relâcher ou à donner plus ou moins dans la vie mondaine.Sachez éviter ces écueils en vous rappelant que le prêtre doit s\u2019interdire non seulement ce qui est défendu aux laïcs, mais même ce qui peut être toléré chez eux22.20.Pour la sauvegarde de votre réputation aussi bien que pour votre propre protection, Nous vous demandons, dès votre arrivée au lieu choisi pour vos vacances, de vous présenter chez l\u2019Ordinaire de ce lieu ou chez son représentant.Nous vous recommandons de loger de préférence dans ces maisons ecclésiastiques spécialement aménagées pour assurer au prêtre et le repos qu\u2019il cherche et la sainteté de vie dont il ne doit jamais se départir.Sauf quand une légitime coutume l\u2019exige, par exemple aux Etats-Unis et dans certaines régions canadiennes de langue anglaise, gardez-vous de déposer la soutane ; et quelle que soit la coutume, qui dans ce cas ne pourrait être qu\u2019abusive, ne vous permettez jamais de déposer le col romain.N\u2019allez pas surtout pratiquer \u201c l\u2019exhibitionisme \u201d de la chair, si révélateur chez l\u2019homme d\u2019une moralité déformée.N\u2019a-t-on pas vu des prêtres, séculiers et réguliers, porter les \u201c shorts \u201d en certains camps de vacances?Exception sans doute ; mais contre elle il faut réagir sans retard !.Enfin est-il besoin de souligner que le prêtre ne doit pas fréquenter, même en vacances, et même sous un déguisement, les théâtres, les cinémas, les bains publics, les réunions mondaines : ce sont des lieux où il ne sied pas à un clerc de se trouver23.Les vacances que vous prendrez avec cette prudence sacerdotale vous donneront le repos de corps et d\u2019esprit, sans laisser aucun souvenir amer.Reposez-vous donc en Dieu et avec Dieu. 320 \u2014 Discipline.21.\tSouvenez-vous, chers collaborateurs, que certains genres de démon ne se chassent que par le jeûne et la prière24.Il ne faudrait pas l\u2019oublier, dans cette \u201c Croisade de pureté \u201d, ni pour vous ni pour les fidèles qui relèvent de votre sollicitude.Les prescriptions ecclésiastiques et les conseils que Nous venons de rappeler à votre prudence imposent des sacrifices à votre liberté.La vie sacerdotale, don de soi au service du prochain, en entraîne d\u2019autres : simplicité de vie, absence de luxe, régularité et précision aux offices divins, patience de tous les instants, et le reste.Ces sacrifices, ajoutés aux jeûnes commandés ou généreusement consentis, formeront une belle gerbe de mortifications qui vous permettront de garder le trésor de votre chasteté.Piété.22.\tIl est nécessaire toutefois que la piété vienne donner une âme à ces mortifications, \u201c in jejunio et oratione \u201d.La piété convient au prêtre plus qu\u2019à tout autre.N\u2019est-elle pas en effet cette vertu qui nous fait voir en Dieu un Père, en Jésus-Christ un frère, et qui nous tient à l\u2019égard de Dieu dans les relations d\u2019un fils à l\u2019égard de son Père?Mais comme prêtres, nous sommes les fils privilégiés de Dieu, les frères de Notre-Seigneur au sacerdoce duquel nous participons.N\u2019allons pas nous méprendre.\u201c La piété dont Nous parlons, n\u2019est pas cette fausse piété, inconstante et superficielle, qui plaît, mais ne nourrit pas, qui flatte, mais ne sanctifie pas.Il s\u2019agit de cette piété solide, qui n\u2019est pas soumise aux fluctuations incessantes du sentiment, mais s\u2019appuie sur les principes de la doctrine la plus sûre, et est faite de convictions solides qui résistent aux assauts et aux séductions de la tentation \u201d25.23.\tCette piété est intimement unie à la chasteté à qui elle donne éclat et fermeté26.Que la piété vous aide en consé- quence à aimer les sacrifices inhérents à la vie sacerdotale f Qu\u2019elle fasse sortir de la routine les saintes pratiques et les augustes rites du ministère sacré ! Qu\u2019elle vous porte à goûter, comme un besoin et un soutien, les exercices de piété sacerdotale : oraison quotidienne, bréviaire, chapelet et examen de conscience ! Qu\u2019elle vous entraîne à fréquenter, chaque semaine ou au moins tous les quinze jours,27 le sacrement de pénitence, avec tout le sérieux qu\u2019exige ce puissant instrument de purification et de progrès spirituels !\t\u201c Pour avancer avec une ardeur croissante dans le chemin de la vertu* enseigne Pie XII, Nous tenons à recommander vivement ce pieux usage introduit par l\u2019Église sous l\u2019impulsion du Saint-Esprit, de la confession fréquente, qui augmente la vraie connaissance de soi, favorise l\u2019humilité chrétienne, tend à déraciner les mauvaises habitudes, combat la négligence spirituelle et la tiédeur, purifie la conscience, fortifie la volonté, se prête à la direction spirituelle, et, par l\u2019effet propre du sacrement, augmente la grâce.\u201d28 Grâce à tous ces moyens, considérés comme des actes d\u2019amour d\u2019un fils pour son Père qui est aux cieux, votre chasteté sera éclatante et ferme, capable d\u2019affronter, si nécessaire, tous les assauts d\u2019un monde corrupteur.Votre vie de chasteté sera un service d\u2019amour pour Dieu, une imitation du Christ-Prêtre et de sa sainte Mère, à qui vous ne manquerez jamais de dire avec confiance : \u201c Vitam praesta puram, iter para tutum \u201d29.Deuxième partie :\tVOTRE VIE APOSTOLIQUE.24.Prémunis contre certains dangers qui peuvent ou diminuer votre bonne renommée ou même, provoquer la tentation, acceptant en service d\u2019amour cette vie de chasteté qui vous rapproche du Souverain Prêtre, vous êtes, chers collaborateurs, un enseignement vivant et un moyen de préservation pour les âmes.Vous êtes lumière et sel, comme Nous venons de l\u2019expliquer.Votre vie personnelle est donc par elle-même un apostolat de pureté.A son tour, l\u2019exercice du ministère vous met en mesure de jouer un rôle plus consi- \u2014 322 \u2014 \u2022dérable encore dans la \u201c Croisade de Pureté Notre intention est d\u2019insister maintenant sur certains aspects seulement de votre ministère.Nous les choisissons pour leur actualité plus grande en fonction de la campagne de moralité.Nous laissons à votre zèle le soin de méditer sur l\u2019ensemble du ministère en regard de la \u201c Croisade de pureté \u201d.Prédication.25.Le dimanche et les jours de fêtes amènent à l\u2019église paroissiale la très grande majorité des catholiques.A chaque messe il vous est donné de servir aux fidèles la nourriture de la doctrine et des préceptes chrétiens.A cette instruction dominicale s\u2019ajoutent de nombreuses allocutions, conférences, etc, en assemblées d\u2019œuvres ou en cercles d\u2019études.Songez-vous assez à la puissance du prêtre qui est alors le guide et le maître de ses auditeurs.Grande est l\u2019influence que vous pouvez exercer sur les âmes.En effet il n\u2019y a pas lieu d\u2019être pessimiste.Si vous savez faire un bon usage de la chaire de vérité, votre parole produira des fruits.Grâce à une préparation soignée, qui consistera surtout à vous mettre Dieu plein le cœur, vous prêcherez par un besoin de l\u2019âme et par souci de bien ; le feu qui jaillira de votre cœur pieux et croyant enflammera le cœur de vos auditeurs.On sera tout yeux et tout oreilles, car vous prêcherez la parole de Dieu ; et cette parole est puissante : \u201c Elle est vivante la parole de Dieu ; elle est efficace, plus acérée qu\u2019aucune épée à deux tranchants ; si pénétrante qu\u2019elle va jusqu\u2019à séparer l\u2019âme et l\u2019esprit, les jointures et les moelles ; elle démêle les sentiments et les pensées du cœur.\u201d30 L\u2019important est que vous donniez à votre préparation le temps nécessaire, et que vous mettiez cette préparation en priorité sur tout souci d\u2019ordre matériel ou de moindre gravité.Prenez les Apôtres comme modèles : \u201c Il ne convient pas, disaient-ils, que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables.\u201d31 De plus, n\u2019allez pas renverser l\u2019échelle des valeurs, en consacrant beaucoup de temps aux annonces les plus variées et peu à l\u2019instruction proprement dite.On tombe facilement dans ce travers : n\u2019est-ce pas que l\u2019annonce est vite préparée et que l\u2019instruction, exige plus de soin ?Il faut donc réagir au besoin et réserver à l\u2019instruction proprement dite la très large part du temps alloué aux sermons.S\u2019il faut tailler, taillez dans les annonces.26.\tRecevez pour vous les salutaires avis que Noire Saint Père le Pape donnait, en mars dernier, aux curés et aux prédicateurs du carême de la ville de Rome : \u201cDe tout prêtre, de tout pasteur d\u2019âmes, de chacun de vous, on attend une parole soignée et digne.Et chacun de vous peut réellement la donner.En effet, il n\u2019est pas tant question d\u2019art, de faconde,, d\u2019habileté oratoire que d\u2019intime conviction personnelle.Quand saint Paul se refusait à prêcher avec artifice et recherche, ce qu\u2019il repoussait c\u2019était précisément les ornements superflus, les subtilités vaines, les boursouflures, les phrases à effet,, tout le fatras qui jure avec la dignité et la majesté de la chaire.Mais la force de l\u2019Esprit qui était en lui, qui donnait à sa parole puissance et efficacité (cf.I Cor., II, 1-4), mettait en valeur tous les dons de sa riche nature.Paul, poussé par l\u2019Esprit, restait cependant toujours lui-même, D\u2019une telle union de l\u2019Esprit et de la nature naissait son incomparable, son inimitable éloquence.Dans une mesure modeste, même la plus modeste qui se puisse concevoir, tout prédicateur participe à cette éloquence, pourvu que, assisté du Saint-Esprit, il reste constamment lui-même, et pourvu que, grâce à l\u2019usage qu\u2019il fait des dons de sa nature, la parole jaillisse de ses lèvres avec une chaleur, un coloris, un son propre, qui donnent à la vérité, identique en tous, une forme personnelle et spontanée.Celui qui est rempli du Christ ne trouvera pas difficile de conquérir les autres au Christ.\u201d32 27.\tSuivez ces règles de vraie prédication dans les multiples occasions que vous avez d\u2019instruire et d\u2019édifier les fidèles et,, avec toute la confiance du succès, qui couronnera sûrement vos efforts, comparez l\u2019état actuel des mœurs privées et publiques à la mesure de l\u2019Évangile et des divins commandements.' 1 Ne soyez pas enclins à fermer les yeux sur tout et à \u2014 324 \u2014 minimiser le mal.D\u2019un autre côté, ne vous laissez pas aller au défaitisme qui, devant la grandeur du mal, juge sans combat que la partie est perdue.Non, prêchez avec zèle et prudence, à l\u2019exemple de Notre-Seigneur.28.\tRelisez l\u2019épisode de sa conversation avec la Samaritaine au puits de Jacob33.De même qu\u2019il reprocha à cette pécheresse la vie déréglée qu\u2019elle menait, dénoncez vous aussi les dangers que courent la pureté des fidèles et la sainteté du mariage, devant les torrents de l\u2019immoralité.Cette dénonciation sera prudente.Elle saura distinguer, dans les usages nouveaux où se manifeste le laisser-aller des mœurs, ce qui est intrinsèquement mauvais de ce qui est simplement dangereux.Vous condamnerez les usages de la première catégorie ; vous montrerez comment il est possible de réglementer et de moraliser ceux de la seconde espèce.Trop de rigueur ferait manquer le but de vos efforts34.29.\tToutefois la dénonciation des dangers et des maux ne devra pas être votre principale préoccupation.D\u2019un mot Notre-Seigneur découvre à la Samaritaine les fautes dont elle est coupable.Il lui parle surtout du \u201c don de Dieu \u201d, de cette \u201c eau vive \u201d qui étanche la soif et qui devient \u201c une source d\u2019eau jaillissant jusqu\u2019à la vie éternelle.\u201d Vous de même, ¦que votre prédication soit positive.Montrez comment l\u2019immoralité et l\u2019impureté détruisent l\u2019ordre établi par Dieu et font perdre les richesses de la grâce.Faites aimer cet ordre divin, la vie de grâce et la belle vertu de pureté qui protège cet ordre et que suppose la grâce.Les âmes pures le deviendront davantage ; les âmes chancelantes se raffermiront ; beaucoup d\u2019âmes tombées se relèveront.Toutes voudront se donner à la campagne de moralité, même les dernières, comme la Samaritaine : \u201cLa femme.s\u2019en alla dans la ville et dit aux habitants : Venez voir un homme qui m\u2019a dit ce que j\u2019ai fait ; ne serait-ce pas le Christ ?\u2014 Ils sortirent de la ville et vinrent à Lui.\u201d35 30.\tIl Nous est agréable, chers collaborateurs, de reconnaître le grand effort de prédication développé en faveur de \u2014 325 \u2014 la moralité.Vous avez d\u2019abord donné à vos paroissiens lecture de Notre lettre pastorale.Plusieurs ont voulu faire plus.Les uns ont suggéré à diverses associations de distribuer cette lettre à leurs membres.D\u2019autres, à l\u2019occasion de leur visite de paroisse, l\u2019ont donnée à toutes les familles.Puis, soit d\u2019assemblée en assemblée, soit de dimanche en dimanche, les uns et les autres ont repris chaque paragraphe de la Lettre.Ils l\u2019ont expliqué à leurs fidèles, avec les adaptations utiles aux besoins de leur paroisse ou de leur milieu.C\u2019est un heureux emploi des Lettres pastorales.Nous le louons fortement.En effet, si une première, lecture en chaire attire l\u2019attention (à condition qu\u2019elle soit bien faite), la reprise par paragraphe fait pénétrer lentement la vérité et germer les résolutions ; elle pousse encore à méditer seul, pour le pénétrer mieux, un enseignement dont on saisit davantage l\u2019importance.31.\tUtiliser ainsi les Lettres pastorales, en faire le fond de sa prédication, n\u2019est-ce pas une sécurité pour le prêtre, collaborateur de son évêque?En effet, selon l\u2019enseignement de saint Ignace, \u201c vous ne devez avoir avec votre évêque qu\u2019une seule et même pensée.\u201d Vous devez être unis à l\u2019évêque \u201c comme les cordes à la lyre, et c\u2019est ainsi que du parfait accord de vos sentiments et de votre charité s\u2019élève vers Jésus-Christ un concert de louanges.\u201d36 Cette pensée du grand évêque vous apportera, chers collaborateurs, consolation et tranquillité dans le travail de prédication que vous accomplissez en harmonie avec Notre enseignement.Sacrement de 'pénitence.32.\tVotre parole chaude et pleine de l\u2019Esprit conduira beaucoup d\u2019âmes au tribunal de la pénitence.Elles viendront y recouvrer l\u2019état de grâce perdu dans l\u2019impureté ou encore y chercher lumière et soutien dans la lutte qu\u2019elles livrent à leurs mauvais penchants.Que de bien le sacrement de pénitence vous permettra d\u2019accomplir, si vous l\u2019administrez avec prudence, science et bonté ! Vous possédez un pouvoir divin : \u2014 326 \u2014 remettre les péchés, communiquer la vie, faire aimer et pratiquer la vertu jusqu\u2019aux plus hauts sommets.Avec quel soin ne devez-vous pas vous préparer à ce saint ministère ! Entretenez votre science théologique par des études quotidiennes.Exercez-vous à l\u2019application des principes aux situations concrètes, au cas de tel pénitent qui est à vos pieds.Suivez bien les Conférences ecclésiastiques.Priez enfin avec ferveur pour être de dignes ministres d\u2019un si grand sacrement.Alors vous serez fermes dans les jugements que vous porterez, ne vous rendant coupables d\u2019aucune acception de personnes.Vous serez bons, très bons dans vos procédés.Vous ne rebuterez personne par un ton indigné et dur.Au contraire votre bonté sans faiblesse attirera les pécheurs et les personnes vertueuses.Elles se réjouiront de trouver en votre cœur de prêtre les nobles sentiments d\u2019un gardien de la justice et d\u2019un ministre de la charité.33.Un sérieux examen de conscience pourrait faire frémir d\u2019horreur certains confesseurs.Demandons-nous bien si le sacrement de pénitence produit tous ses fruits?s\u2019il déracine par exemple une habitude vicieuse?s\u2019il éclaire suffisamment les consciences?Le sacrement est source de grâces, grâce sanctifiante et grâces sacramentelles.Il agit par lui-même, \u201c ex opéré operato \u201d.Mais le confesseur, en rendant meilleures les dispositions de son pénitent, peut faire porter à son absolution plus de fruits surnaturels.Obtiendra-t-il ce résultat, si l\u2019administration du sacrement lui est à charge, s\u2019il s\u2019endort dans une routine criminelle, s\u2019il devient une machine automatique à absolutions, s\u2019il s\u2019inquiète plus des personnes qui s\u2019alignent à la porte de son confessionnal que de ce pénitent qui attend de lui, à ses pieds, des conseils de juge et de père et pour qui seul il aura à répondre devant Dieu?Ces attitudes, ces travers si contraires à l\u2019esprit sacerdotal, ne peuvent se traduire que par une diminution de la grâce sacramentelle en ceux qui viennent se confesser.Et pourtant une direction qui relève, encourage et oriente leur aurait valu sans doute d\u2019être guéris, d\u2019être préservés de ces habitudes si dom- \u2014 327 \u2014 mageables à leur vie chrétienne.Les vrais confesseurs se préoccupent des dispositions de leurs pénitents ; ils n\u2019ont pas la réputation de tout absoudre, sans se soucier des sentiments de regrets et du ferme propos des pécheurs.Ils s\u2019efforcent de les faire sortir d\u2019une habitude mauvaise.Ils travaillent à leur avancement spirituel.Ils ne sont ni trop lents ni trop longs.Sans scrupule, mais avec une franchise surnaturelle et courageuse, que chacun fasse un retour sur lui-même, sur la façon dont il s\u2019acquitte de cet important ministère de la confession.Le cas échéant, qu\u2019une forte résolution, prise devant Dieu et non devant les hommes, corrige sans tarder ce qui pourrait être susceptible d\u2019amélioration ! Aucun de vous, chers collaborateurs, ne voudrait mériter le reproche d\u2019être un aveugle qui guide des aveugles.Vous connaissez le reproche in-.fligé par Notre-Seigneur aux Pharisiens : \u2018l Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles.Or si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse.\u201d37 Afin qu\u2019on ne porte jamais ce jugement sur votre ministère au confessionnal, réfléchissez souvent au compte sévère que le Juge suprême vous demandera de toute négligence au tribunal de la pénitence.'VJo \u2018\t«\t\u2022 34.L\u2019administratâop du sacrement de pénitence exige en tout une grande prudence.Le confesseur doit assurer l\u2019intégrité du sacrement et voir au bien du pénitent, de sorte qu\u2019il lui arrivera nécessairement de poser des questions, d\u2019interroger la personne qui s\u2019adresse à lui.Qui ne voit cependant les précautions dont il doit user, surtout en ces matières qui relèvent du sixième commandement de Dieu ?C\u2019est de celles-là qu\u2019il s\u2019agit ici.Il importe donc que le confesseur procède avec prudence et réflexion.L\u2019expérience des âmes vous mettra en mesure de suppléer souvent, sans aucune interrogation, à une accusation incomplète.D\u2019autre part Une solide connaissance de la théologie morale vous permettra de distinguer entre questions et questions.Vous jugerez les unes indispensables ou utiles ; vous verrez que d\u2019autos seraient indiscrètes, inutiles et même dangereuses.Vous éviterez avec soin \u2014 328 \u2014 Ces dernières.S\u2019il vous faut interroger, parce que vous le croyez indispensable ou utile, que vos questions soient d\u2019abord générales ; s\u2019il en est besoin, faites-les ensuite plus précises.De toutes manières, elles seront brèves, discrètes, d\u2019une délicatesse parfaite, ne contenant aucune expression capable d\u2019échauffer l\u2019imagination ou de troubler les sens38.Enfin il vaudra mieux vous abstenir d\u2019interroger, si, dans un cas particulier, vous doutez de l\u2019utilité de votre interrogation.35.\tAu confessionnal le prêtre doit aussi instruire son pénitent.Mais c\u2019est de Pâme de celui-ci qu\u2019il doit prendre soin et non de son corps.Il se limitera donc aux sujets d\u2019ordre moral ; car il n\u2019est pas en soi et il ne doit pas être un professeur d\u2019hygiène, d\u2019anatomie ou de physiologie.En conséquence il évitera de donner ce genre d\u2019avis qui relèvent de l\u2019hygiène ou de la médecine.Si la conscience du pénitent a besoin de tels conseils, le devoir du prêtre est de le renvoyer à un médecin ou à une infirmière dont la compétence, le jugement et la prudence lui sont connus.De même il revient au médecin et à l\u2019infirmière de renseigner les fiancés ou les époux sur la nature et le mode de l\u2019acte conjugal.Que le prêtre ne se laisse pour aucun prétexte entraîner en ce domaine.Tel n\u2019est pas son rôle.Donnez toutefois, chers collaborateurs, avec prudence et délicatesse, les conseils d\u2019ordre moral, et ceux-là seulement, exigés par l\u2019état du pénitent.Ainsi on ne dira jamais de vous que vous n\u2019avez d\u2019attention et de souci que pour les fautes d\u2019impureté et les choses du mariage.Les remarques précédentes s\u2019appliquent, non seulement au confessionnal, mais encore aux Cours de préparation au mariage et à l\u2019éducation de la pureté chez les jeunes, dont il sera question plus loin.36.\tLe confesseur redoublera de prudence dans ses relations avec les pénitentes, religieuses ou laïques.Il donnera au confessionnal, et là seulement, la direction spirituelle opportune.Toutefois il évitera les longues conversations et les sujets qui n\u2019ont aucun rapport avec la confession.Ce n\u2019est qu\u2019après mûre réflexion, et dans les cas de vraie néces- \u2014 329 sité seulement, qu\u2019il se résoudra à commencer des relations t épistolaires avec des pénitentes ou à recevoir leur visite ailleurs qu\u2019au confessionnal.De toutes façons il sera bref et ne prolongera pas de tels entretiens.Des sentiments trop humains peuvent si facilement, sous le couvert de la piété, s\u2019in-: r troduire dans l\u2019âme du prêtre ou de la pénitente.Le prêtre [ ne sera jamais trop prudent.37.Tous ces conseils, toutes ces remarques, chers collaborateurs, n\u2019ont qu\u2019un but : rendre plus fructueuse votre [ vie pastorale par une meilleure administration du sacrement de pénitence, surtout en cette période de croisade de pureté.IChez les uns la fatigue, l\u2019esprit de routine, la paresse intellectuelle sont cause ou occasion d\u2019une diminution des fruits j [ du sacrement.Chez d\u2019autres, l\u2019inexpérience, la naïveté, s parfois la légèreté font prendre des attitudes ou poser des jj actes de nature à affaiblir la haute estime que tous les fidè-.du christianisme, respectueuse des besoins particuliers de chaque groupe professionnel, unissant dans une Confédération du Patronat les fédérations d\u2019employeurs des diverses professions.Une organisation patronale de ce genre serait un pas de plus dans la voie de 1 \u2019organisation corporative.138.La vie des associations patronales est soumise aux mêmes conditions que celles des syndicats ouvriers (nos 113-115).Il est d\u2019abord indispensable que les chefs d\u2019entreprise, malgré leurs multiples préoccupations,s\u2019arrêtent à l\u2019étude du problème social en tenant compte à la fois des normes de la morale et des données économiques.Le temps qu\u2019ils consacreront à la méditation de leur rôle social et à la recherche des moyens de le remplir efficacement leur rapportera un profit durable, profit d\u2019autant plus élevé que ces études auront été poursuivies dans des équipes appropriées à leurs besoins et opérant, non seulement avant, mais encore après la formation de l\u2019association.De même les mouvements d\u2019Action catholique adaptés à ces milieux, s\u2019ils étaient plus encouragés, pourraient avantageusement contribuer à accroître le nombre des apôtres parmi les employeurs.139.C\u2019est à ces conditions que se développeront les groupements patronaux remarquables par les convictions profondes et le sens chrétien de leurs membres et outillés pour les servir économiquement dans le respect de la justice.Les employeurs deviendront des membres vivants de leur association en participant réellement à sa vie.Ils auront entre autres soucis celui de bien choisir leurs chefs et leurs officiers, souci d\u2019autant plus nécessaire dans le mouvement patronal que les employeurs, attirés de tous côtés, laissent une plus grande liberté d\u2019action à leurs représentants.Ces derniers, jouissant de plus de latitude, créent eux-mêmes la mentalité de l\u2019association et lui donnent une orientation dont tous les membres se ressentent. 547 \u2014 Collaboration entre associations professionnelles patronales ET OUVRIÈRES 140.\tComme Nous l\u2019avons indiqué pour les syndicats ouvriers (nas 105 \u2014 106), l\u2019Église n\u2019a jamais encouragé une association patronale née du désir d\u2019organiser une guerre offensive ou défensive.Non.Les groupements d\u2019employeurs ne sont pas formés pour s\u2019opposer aux organisations ouvrières, comme une force à une autre force.Un tel esprit aurait pour résultat de provoquer ou d\u2019aggraver la lutte des classes.Et l\u2019autorité dont jouissent les employeurs accroît leur responsabilité en ce domaine.Leur attitude bienveillante ou hostile favorisera ou empêchera, pour une large part, l\u2019établissement de relations cordiales et l\u2019épanouissement d\u2019un esprit de collaboration au sein de l\u2019entreprise, diminuera ou accentuera le rôle revendicatif des organisations ouvrières.141.\tNous devons plutôt, N.T.C.F., comparer toutes les associations professionnelles, patronales ou ouvrières, à un pont qui unit.Une belle collaboration est réalisable entre elles ou entre un patron et ses travailleurs unis en syndicat.Cette collaboration tendra d\u2019abord à l'établissement, au sein de l\u2019entreprise, de relations ordonnées entre employeurs et employés, \u201c de rapports personnels entre participants., même des rapports de commune responsabilité \u201d(79).En définitive, elle s\u2019épanouira vraiment dans l\u2019organisation corporative préconisée par les Souverains Pontifes Pie XI et Pie XII comme le grand moyen de remédier au mal social actuel.Dans notre pays, bien des éléments \u2014 associations professionnelles, conventions collectives, comités paritaires, différents conseils mixtes, organisation de l\u2019apprentissage \u2014 sont en principe et ordinairement en fait favorables à cette montée vers le corporatisme.Bâtirons-nous sur ces bases?Ou fournirons-nous \u201c un exemple de ces occasions opportunes qu;on laisse échapper, faute de les saisir à temps \u201d(80)?N.T.C.F., notre région serait plus responsable que d\u2019autres d\u2019une omission en une affaire si importante.Mission des patrons 142.\tSoucieux de leurs droits et fidèles à leurs devoirs de justice ¦et de charité dans les sphères d\u2019activités que Nous venons d\u2019examiner, les patrons compteront parmi les principaux artisans de la paix sociale et de l\u2019entente harmonieuse du capital et du travail ; ils répondront ainsi à Notre appel de collaboration en vue de la restau- 548 ration de la vie ouvrière.L\u2019action des employeurs catholiques est irremplaçable auprès des industriels et des chefs d\u2019entreprise étrangers à notre foi.Armés de vérité et de force morale, grâce à leur participation à des associations patronales d\u2019inspiration catholique, ils seront en mesure de faire pénétrer dans le monde de l\u2019économie la doctrine sociale chrétienne et de contribuer, pour une large part,, à doter notre région d\u2019un ordre social conforme à l\u2019enseignement des encycliques pontificales et donc aux exigences de la nature elle-même.Cet ordre social ne serait-il pas, pour les autres pays d\u2019Amérique, une apologie vivante de la valeur du christianisme ?Que les patrons veuillent bien ne pas s\u2019effrayer ou se récuser devant la tâche à poursuivre ! Ils ne seront pas seuls à désirer le but.Qu\u2019ils relisent à l\u2019occasion, conjointement avec les chefs ouvriers, ces précieux conseils de Pie XII : \u201c Nombre d\u2019hommes, industriels comme vous,, catholiques, et non catholiques aussi, ont, en maintes circonstances, expressément déclaré que la doctrine sociale de l\u2019Église -\u2014 et elle seule \u2022\u2014 est en mesure de fournir les éléments essentiels pour une solution de la question sociale.Assurément la mise en œuvre et l\u2019application de cette doctrine ne peuvent être l\u2019ouvrage d\u2019un jour.Sa réalisation exige de tous les participants une sagesse clairvoyante et prévoyante, une forte dose de bon sens et de bon vouloir.Elle réclame d\u2019eux surtout une réaction radicale contre la tentation de chercher chacun son propre avantage aux dépens des autres participants, quelle que soit la nature et la forme de leur participation, et au détriment du bien commun.Elle requiert enfin un désintéressement tel que seule une authentique vertu chrétienne, soutenue par l\u2019aide et la grâce de Dieu, peut l\u2019inspirer \u201d(81).Être porteurs de la vérité chrétienne dans le monde de l\u2019économie, quelle responsabilité, mais aussi quel honneur pour les patrons comme pour les ouvriers ! \u2014 C \u2014 PAR L\u2019ACTION DE TOUS LES CITOYENS Appel a toutes les bonnes volontés 143.Les efforts des travailleurs et des patrons pour restaurer la vie ouvrière doivent être soutenus et complétés par l\u2019action bienveillante de tous les citoyens, en particulier des membres des profession libérales et des éducateurs.A plusieurs reprises, les Souverains Pontifes ont lancé de vigoureux appels à toutes les bonnes \u2014 549 volontés les pressant de collaborer à'la restauration de l\u2019ordre social.Pie XII, dans son message de Noël 1942, rappelle ce devoir en termes pathétiques : \u201c quel homme, surtout quel prêtre et quel chrétien, pourrait demeurer sourd au cri parti du profond de la masse, qui, dans le monde d\u2019un Dieu juste, appelle la justice et la fraternité?\u201d(82).144.\tSur le terrain social l\u2019Église n\u2019entend pas rester neutre ; c\u2019est pourquoi, N.T.C.F., tous ceux qui se réclament du titre de chrétien ne peuvent afficher une indifférence indolente et passive, ou prendre des attitudes de déserteur.\u201c Lorsque le demandaient la défense du patrimoine de la vérité chrétienne comme aussi les prescriptions de la justice sociale, l\u2019Église n\u2019a pas hésité à descendre courageusement sur le terrain de l\u2019action pratique, en bénissant et en favorisant ces activités et ces organisations qui semblaient le mieux protéger et favoriser les légitimes intérêts des travailleurs.Récentes sont les vigoureuses et chaleureuses exhortations du Pontife régnant au clergé et au laicat catholique, afin qu\u2019on estime u comme un devoir d\u2019apostolat le fait de se consacrer aux études et à l\u2019action sociale \u201d (Lettre de la secrétairerie d\u2019Êtat de Sa Sainteté à l\u2019épiscopat italien, 12 janvier 1946) \u201d(83).Les membres des professions libérales 145.\tLes classes plus fortunées, celles dont l\u2019influence est plus marquante et auxquelles une meilleure instruction donne un prestige plus grand doivent comprendre leur devoir social et y être fidèles.Plus on occupe un poste élevé, plus on a l\u2019obligation de servir.L\u2019égoïsme ambitieux et profiteur, l\u2019orgueil satisfait, quand ils se rencontrent dans les classes dirigeantes, portent scandale aux plus faibles, les aigrissent avec raison et les poussent à des colères vengeresses.\u2022 146.\tL\u2019Église met au service de la jeunesse dans les collèges classiques et les universités des centaines de prêtres.Ces maisons d\u2019enseignement secondaire et supérieur, l\u2019Église les a fondées et les a fait grandir au prix de grands sacrifices et d\u2019héroïques dévouements.Tous ceux qui y ont trouvé la formation intellectuelle et morale leur permettant de réussir une belle carrière et de se ranger dans l\u2019élite de la société ont un nouveau motif d\u2019accomplir leur devoir social.L\u2019Église leur a tant donné qu elle a le droit de leur demander leur plus entière coopération pour la diffusion et la mise en pratique - 550 - de sa doctrine sociale.Ils ne peuvent s\u2019y refuser sans faire preuve d\u2019une ingratitude dont ils seraient d\u2019ailleurs les premières victimes.147.I .es membres des professions libérales devraient toujours montrer une grande modération dans les honoraires exigés pour leurs services, et savoir même, à l\u2019occasion, défendre les intérêts des ouvriers ! Serait-il vrai, selon des accusations parfois entendues, que certains ingénieurs dressent des plans d\u2019exploitation avec l\u2019unique ambition de grossir démesurément la production sans considérer l\u2019ouvrier plus qu\u2019un boulon et sans tenir compte de ses besoins humains?que certains comptables s\u2019évertuent à monter des bilans afin d\u2019éviter à leur employeur le paiement de justes impôts et l\u2019octroi de légitimes augmentations de salaires?que certains avocats jonglent avec les lois pour soutenir des patrons qui refusent de négocier avec bonne foi et de traiter leur personnel selon les exigences de la justice?que certains médecins ne traitent pas avec impartialité les victimes d\u2019accidents de travail ou de maladies industrielles?Ne serait-ce que des cas d\u2019exception, comme Nous voulons bien le croire, de telles attitudes ou de telles déficiences de conscience professionnelle contribueraient à diminuer la confiance populaire dans les classes dirigeantes, à provoquer des divisions qui seraient facilement irrémédiables et à accroître, par le mauvais exemple, le manque de responsabilité au travail.148.Les membres des professions libérales doivent, N.T.C.F., accomplir leur fonction sociale avec désintéressement, sans connivence malheureuse avec les puissances chargent et sans de mesquins calculs, politiques ou autres.Ils seront des apôtres cl\u2019une restauration de l\u2019ordre social auprès des dirigeants de la finance, du commerce et de l\u2019industrie avec qui ils ont des contacts et dônt ils peuvent influencer la pensée.Ils seront ainsi des agents de paix sociale et serviront d\u2019intermédiaires loyaux et justes entre le capital et le travail qu\u2019oppose un conflit apparent d\u2019intérêts.Enfin ils essaieront de comprendre les réclamations ouvrières et prêteront volontiers leurs bons offices et leur collaboration aux divers mouvements qu\u2019entreprennent les ouvriers, leurs frères, pour améliorer leur condition ; ils en seront, au besoin, les conseillers d\u2019autant plus avertis que leurs propres associations leur auront inculqué le sens social. 551 149.\tLe peuple entoure encore de beaucoup de respect et d\u2019estime les professionnels qui occupent dans notre société un rang privilégié.Cette situation, il ne faut pas qu\u2019ils en abusent ; elle doit plutôt les inciter à se monter à la hauteur de leur responsabilité.Ces paroles que Pie XII adressait au patriciat et à la noblesse romaine, le 8 janvier 1947, s\u2019appliquent parfaitement à eux : \u201c Votre rôle est bien loin d\u2019être négatif : il suppose en vous beaucoup d\u2019étude, beaucoup de travail, beaucoup d\u2019abnégation et surtout beaucoup d\u2019amour.Ce qu\u2019il requiert par ailleurs de vous.c\u2019est le sentiment délicat et la volonté de ne vous prévaloir de votre condition \u2014- privilège aujourd\u2019hui bien souvent grave et austère \u2014 que pour servir \u201d(84).Les éducateurs 150.\tN.T.C.F., notre époque plus qu\u2019aucune autre a besoin de catholiques convaincus, à la générosité vaillante, qui connaissent toutes les beautés et toutes les exigences de la religion, y compris celles de la doctrine sociale de l\u2019Église ; de catholiques éclairés qui déploient leur activité féconde dans les domaines politique, économique et social pour hâter la régénération de l\u2019individu et de la famille, la restauration de la société et surtout de la classe ouvrière.Où acquerront-ils l\u2019initiation sociale, des convictions lucides et ardentes qui seules garantiront l\u2019efficacité de leur action ?De qui apprendront-ils la doctrine sociale de l\u2019Église qui doit guider leur déni arche, sinon des éducateurs ?151.\tSi les éducateurs n\u2019ont pas le soin de donner une préparation doctrinale suffisante à ce sujet ; s\u2019ils n\u2019orientent pas leurs élèves vers les belles réalités de la vie généreuse qu\u2019ils doivent mener, nos jeunes gens s\u2019y soustrairont aisément, plus attirés vers l\u2019égoïsme ambitieux et jouisseur, bientôt prêts à tout sacrifier pour le succès d\u2019une carrière payante, mais socialement inutile, quand elle n\u2019est pas malfaisante.L\u2019homme emporte dans la vie les habitudes de penser et d\u2019agir qu\u2019il a acquises et qu\u2019on lui a inspirées dans son jeune âge.Tous ceux qui ont la responsabilité de l\u2019éducation de la jeunesse doivent donc se préoccuper de sa foimation sociale.Les éducateurs des milieux urbains adapteront leur enseignement aux nécessités et aux besoins particuliers de leurs élèves.152.\tLes Souverains Pontifes ont souvent rappelé l\u2019obligation d\u2019enseigner la doctrine sociale chrétienne.Pie XI écrivait dans son \u2014 552 encyclique Divini Redemptoris : \u201c Si la conduite de certains catholiques a laissé à désirer dans le domaine économique et social, la cause en fut souvent, que ces catholiques ne connaissaient pas assez, n\u2019avaient pas assez médité les enseignements des Souverains Pontifes sur ce sujet.Aussi est-il absolument nécessaire de développer dans toutes les classes de la société une formation sociale plus intense, en rapport avec les degrés divers de culture intellectuelle, et de n\u2019épargner aucun soin, aucune industrie pour assurer aux enseignements de l\u2019Église la plus large diffusion, surtout parmi la classe ouvrière.Que les esprits soient éclairés par la sûre lumière de la doctrine catholique ; que les volontés soient inclinées à la suivre et à l\u2019appliquer, comme norme de la vie morale, par l\u2019accomplissement consciencieux des multiples devoirs sociaux ! On combattra ainsi cette incohérence, cette discontinuité de la vie chrétienne, que Nous avons déplorée tant de fois, et qui fait que certains hommes, apparemment fidèles à remplir leurs devoirs religieux, mènent, avec cela, par un déplorable dédoublement de conscience, dans le domaine du travail, de l\u2019industrie ou de la profession, dans leur commerce ou leur emploi, une vie trop peu conforme aux exigences de la justice et de la charité chrétiennes ; d\u2019où scandale pour les faibles, et facile prétexte offert aux méchants de jeter sur l\u2019Église elle-même le discrédit \u201d(85).153.\tS ils se conforment à ces directives, les éducateurs, prêtres, religieux ou laïques, prendront une part des plus méritantes dans le relèvement de la classe ouvrière.A quelque stage de l\u2019enseignement qu\u2019ils soient placés, ils s\u2019efforceront de comprendre les réels besoins des travailleurs, leurs problèmes et les solutions qu\u2019il faut y appor ter.Ils communiqueront cette connaissance à leurs élèves.Ils auront recours aux meilleures méthodes pédagogiques pour enseigner la doctrine sociale de l\u2019Église en l\u2019adaptant aux intelligences qu\u2019ils ont à éclairer.Ils inculqueront à leurs élèves le sens social en développant chez eux la préoccupation du bien commun et l\u2019amour de la société qu\u2019ils doivent servir selon la mesure des talents reçus.La vie scolaire fournit de multiples occasions de mater l\u2019égoïsme naturel.C'est aux maîtres d\u2019en tirer profit pour ouvrir les jeunes cœurs à la générosité et à l\u2019amour de toutes les classes sociales.154.\tLes éducateurs trouveront dans la doctrine du Corps mystique du Christ, fondement de la morale sociale chrétienne et \u2014 553 \u2014 raison profonde de la grande fraternité humaine, une source intarissable d\u2019enseignement et de conseils.Les jeunes acquerront alors facilement la conviction qu\u2019ils apprennent pour donner, qu\u2019ils doivent utiliser leur savoir pour contribuer au développement harmonieux de cet.organisme social et religieux dont ils sont membres et qui n\u2019est autre que le Corps mystique du Christ-Jésus.\u2014 D \u2014 PAR L\u2019ACTION DE L\u2019ÉTAT Role de l\u2019État 155.\tLes ouvriers, qui sont les premiers intéressés, les patrons, les membres des professions libérales et les éducateurs qui, à des degrés divers, influencent considérablement la vie des travailleurs, doivent avoir en vue de concourir, chacun pour sa part, à restaurer la vie ouvrière, à \u201c améliorer graduellement et pacifiquement les conditions matérielles et spirituelles de l\u2019ouvrier \u201d (86).A leur service, l\u2019État exerce l\u2019autorité dans le but de faciliter à tous, et donc aux travailleurs, l\u2019accession à des conditions de vie conformes à leur dignité.S\u2019il n\u2019appartient pas à l\u2019État de supplanter l\u2019action des individus et des groupements inférieurs, il est de son ressort, en accordant un soin particulier aux plus faibles, de faire fleurir, par ses lois, une atmosphère générale de prospérité et de tranquillité dont tous les citoyens bénéficient.Le respect de l\u2019autorité, la santé physique et morale des travailleurs, le droit d\u2019association, la prévention des conflits par la conciliation et l\u2019arbitrage, la saine application des lois, la lutte contre le communisme, tels sont les domaines précis sur les quels l\u2019État peut exercer son influence bienfaisante pour une juste promotion ouvrière et pour la sauvegarde des droits de tous les citoyens.L\u2019Église et l\u2019État 156.\tPersonne ne s\u2019étonnera, N.T.C.F., que Nous indiquions le rôle de l\u2019État dans l\u2019œuvre de restauration de la vie ouvrière.Tous connaissent en effet \u201c l\u2019incontestable compétence de l\u2019Église dans cette part de l\u2019ordre social qui entre en contact avec la morale, pour juger si les bases d\u2019une organisation sociale donnée sont conformes à l\u2019ordre immuable des choses que Dieu a manifesté par le droit naturel et la révélation.\u201d Et comme l\u2019ajoute Pie XII, \u201c l\u2019Église,. \u2014 554 \u2014 gardienne de l\u2019ordre surnaturel chrétien, dans lequel s\u2019unissent nature et grâce, a la mission de former les consciences, les consciences donc aussi de ceux qui sont appelés à trouver des solutions pour les problèmes et les devoirs imposés par la vie sociale \u201d(87).C\u2019est donc un devoir de Notre charge pastorale d\u2019éclairer les consciences de tous, gouvernants et gouvernés, et de fortifier les volontés vers l\u2019établissement d\u2019un ordre social conforme aux commandements du Souverain Législateur.157.\tL\u2019Église professe le plus grand respect pour l\u2019État et pour la mission dont il est investi.Elle enseigne que l\u2019État a la.lourde responsabilité de promouvoir le bien commun temporel et d\u2019obtenir à l\u2019ensemble des citoyens les conditions extérieures'nécessaires au développement normal de leur vie matérielle, intellectuelle et religieuse.Elle reconnaît l\u2019autorité souveraine de l\u2019État dans sa sphère et dans l\u2019exercice de sa mission propre.158.\tMais l\u2019Église doit être partout où il y a des âmes à sauver, des consciences à éclairer et des volontés à fortifier.Aux régimes qui se succèdent, elle demande le respect de la loi divine en toutes leurs activités, la sauvegarde de ses libertés, la possibilité de remplir efficacement toute sa mission spirituelle et sociale.S\u2019il arrive que l\u2019Église trouve nécessaire de manifester sa désapprobation au sujet d\u2019une attitude ou d\u2019une loi, ou simplement de mettre en garde contre une tendance ou un projet, elle n\u2019a jamais pour but de s\u2019immiscer dans le domaine politique, de favoriser un parti au détriment d\u2019un autre, de diminuer le respect dû à l\u2019autorité civile.Elle veut plutôt rendre service aux gouvernants et aux gouvernés en remettant devant leurs yeux les principes de l\u2019ordre voulu par Dieu.159.\tEn un mot, dans le respect des pouvoirs, l\u2019Église offre sa loyale collaboration aux détenteurs de l\u2019autorité civile, mais en dehors et au-dessus de tous les partis politiques.Elle n\u2019a partie liée avec aucun d\u2019eux.Elle s\u2019accommode de tous ceux qui sont aptes à procurer le bien des citoyens.Dans notre pays, et surtout dans notre province, N.T.C.F., le travail de l\u2019État et le ministère de l\u2019Église se sont associés dans le passé, à l\u2019avantage de la classe ouvrière, selon les principes de cette collaboration intelligente, sincère et efficace.Que de nouveaux bienfaits n\u2019en faut-il pas espérer pour la rénovation de l\u2019ordre social et pour l\u2019avènement de conditions toujours meilleures pour les ouvriers. 555 \u2014 Respect de l\u2019autorité 160.\tLa vie ouvrière ne saurait être saine sans un profond respect pour l\u2019autorité civile, respect indispensable et chez ceux qui exercent cette autorité et chez ceux qui doivent s\u2019y soumettre.Comme la société civile est voulue par Dieu et ne peut exister sans une autorité, cette autorité est aussi voulue par Dieu et a Dieu pour origine.Nous devons donc, N.T.C.F., insister sur le sens de l\u2019autorité et sur la soumission au pouvoir légitimement établi.Exercice de l\u2019autorité 161.\tToute autorité légitime sur terre vient de Dieu.Ceux donc qui la détiennent dans la société civile reçoivent de Lui un dépôt sacré dont ils devront rendre compte au moment du jugement.Le Souverain Législateur leur donne le droit et leur impose le devoir de l\u2019exercer conformément aux lois divines, à la saine raison et aux exigences du bien commun.En effet, cette autorité leur est concédée pour le bien de la collectivité ; ils sont au service de ceux qu\u2019ils gouvernent.Une démocratie ne serait plus digne de ce nom si les gouvernants la faisaient servir soit à leurs propres intérêts, soit à l\u2019intérêt de leur parti ou d\u2019un groupe de citoyens.Une fausse conception de l\u2019autorité conduit inévitablement à de graves conséquences tant pour le prestige de l\u2019autorité elle-même que pour le bon ordre de la société.Soumission a l\u2019autorité 162.\tDautre part ceux qui sont subordonnés à une autorité légitime doivent lui obéir en tout ce qu\u2019elle impose de juste, puisque cette autorité participe à celle de Dieu même.Les lois justes émanant de cette autorité obligent donc en conscience, encore qu\u2019elles n\u2019obligent pas toutes de la même manière.Mais, l\u2019autorité légitime participe à l\u2019autorité divine, elle est vraiment l\u2019autorité dans la mesure où elle respecte les droits de Dieu, des citoyens et des diverses classes de la société, dans la mesure aussi où elle tient compte des aspirations et des intérêts légitimes des membres de la communauté humaine qui lui est soumise.D\u2019où l\u2019on voit qu\u2019une loi peut être injuste en elle-même ou dans son application, si ces conditions ne sont pas réalisées.Les citoyens prendraient évidemment une attitude dangereuse pour l\u2019ordre public s\u2019ils en venaient à conclure trop rapidement et sans motifs suffisants qu\u2019une loi va à l\u2019encontre de leurs \u2014 556 droits ; ils doivent se rappeler que dans le doute la présomption est en faveur de la loi.Mais si, de fait, d\u2019après l\u2019estimation commune, une loi humaine était manifestement injuste, ils ne seraient plus tenus en vertu de l\u2019obéissance de s\u2019y soumettre.Cependant des motifs supérieurs de prudence pourraient parfois demander qu\u2019ils conforment leur conduite à une loi qui, sans nier le droit naturel, s\u2019y opposerait en ses déterminations concrètes ou même dans ses applications.En effet, même la violation d\u2019une loi injuste entraîne des maux qui doivent être compensés par un bien proportionné.Dans un tel cas d\u2019une loi injuste en elle-même ou dans son application, l\u2019État doit s\u2019empresser d\u2019v trouver remède ; pour y arriver, gouvernants et gouvernés ont l\u2019obligation de se donner la main et de rechercher, dans line commune pensée de justice et dans la plus grande charité, la formule légale et le moyen d\u2019exécution répondant le mieux au bien de la société.163.\tVous le comprenez, N.T.C.F., les catholiques doivent donner à tous l\u2019exemple des vertus civiques, telles que le sain exercice de l\u2019autorité, l\u2019obéissance généreuse aux lois du pays, le concours empressé à toutes les mesures qui ont pour objet le bien commun.Cependant le respect et l'amour des pouvoirs établis n\u2019excluent pas le droit de critique et le désir d\u2019amélioration.En effet, en régime démocratique, plus qu\u2019en tout autre régime politique, les citoyens ont le droit et un devoir spécial de participer, de quelque manière, à l\u2019administration de la chose publique.Entre autres façons, ils le font en exerçant une vigilance éclairée sur les actes publics des représentants du peuple et en formulant, en temps opportun, des suggestions et des critiques constructives, dans la mesure où le bien commun l\u2019exige.Collaboration 164.\tL\u2019 amour du bien commun doit inspirer à la fois les chefs et les subordonnés.Le sens retrouvé ou accru du bien commun fera éviter les préjugés, les antipathies et les recours à l\u2019arbitraire.Il incitera gouvernants et gouvernés à travailler d\u2019un cœur unanime à l\u2019établissement d\u2019une société heureuse et prospère dans laquelle des conditions de vie économiques et sociales permettront au plus grand ncmbre d\u2019hommes d\u2019opérer plus facilement l\u2019œuvre, seule nécessaire,, de leur salut éternel. \u2014 557 \u2014 165.\t\u201c Seule la claire intelligence des fins assignées par Dieu à toute société humaine, jointe au sentiment profond des sublimes devoirs de l\u2019œuvre sociale, peut mettre ceux à qui est confié le pouvoir en mesure d\u2019accomplir leurs propres obligations dans l\u2019ordre législatif, judiciaire ou exécutif, avec cette conscience de leur propre responsabilité, avec cette objectivité, cette impartialité, cette loyauté, cette générosité, cette incorruptibilité, sans lesquelles un gouvernement démocratique réussirait difficilement à obtenir le respect, la confiance et l\u2019adhésion de la meilleure partie du peuple \u201d(88).Devoirs de l\u2019heure 166.\tNous venons de rappeler, N.T.C.F., des principes généraux applicables à tous les pays et à toutes les époques.Voyons maintenant les devoirs plus particuliers que les circonstances présentes imposent à l\u2019État dans le domaine économique et social.Les transformations profondes qu\u2019ont amenées chez nous l\u2019industrialisation et l\u2019avènement d\u2019un nombre de plus en plus grand de personnes qui vivent du travail industriel, font un impérieux devoir à l\u2019autorité publique de mettre tout en œuvre pour adapter le plus tôt possible les institutions traditionnelles aux besoins nouveaux, pour obliger les industries à rendre à la société les services qu\u2019elle est en droit d\u2019en attendre.Une législation saine et adéquate doit procurer à la classe des travailleurs les moyens de prendre la place qui lui revient dans la communauté nationale, et lui permettre d\u2019accéder aux avantages que procurent le progrès et la culture contemporaine.Domaine économique et social 167.\tL\u2019action de l\u2019État dans le domaine économique et social doit tendre principalement \u201c à ce que, par tout l\u2019ensemble des lois et des institutions, la constitution et l\u2019administration de la société.fassent fleurir naturellement la prospérité tant publique que privée \u201d(89).168.\tPar ses institutions et par ses lois, l\u2019État doit aider les membres du corps social, et non pas les détruire ni les absorber.L\u2019ordre social serait troublé si l\u2019autorité publique enlevait aux particuliers ou aux groupements d\u2019ordre inférieur les attributions dont ils sont capables de s\u2019acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens.Toutefois, lorsque l\u2019initiative privée est insuffisante, l\u2019État \u2014 558 \u2014 doit intervenir dans la mesure où le bien commun l\u2019exige, selon le principe de la fonction supplétive.\u2022 169.\tPlus grandes seront l\u2019autorité et la puissance sociale, plus heureuse et plus prospère la condition des affaires publiques, si l\u2019État consacre tous ses efforts à remplir efficacement les fonctions qui n\u2019appartiennent qu\u2019à lui, parce que lui seul peut les remplir : \u201c diriger, surveiller, stimuler, contenir selon que le comportent les circonstances ou l\u2019exige la nécessité \u201d(90).170.\tSir autorité publique a le devoir de protéger les droits de tous les citoyens, elle doit veiller à sauvegarder d\u2019une façon particulière ceux des faibles et des indigents.\u201c La classe riche, disait Léon XIII, se fait comme un rempart de ses richesses et a moins besoin de la tutelle publique.La classe indigente, au contraire, sans richesse pour la mettre à couvert des injustices, compte surtout sur la protection de l\u2019État.L\u2019État doit donc entourer de soins et d\u2019une sollicitude toute particulière les travailleurs qui appartiennent à la classe pauvre en général \u201d(91).\u201c Cette sollicitude, bien loin de préjudicier à personne, tournera au contraire au profit de tous \u201d(92).Santé des travailleurs 171.\tDa ns Notre lettre de 1941, Nous avions rappelé en les appliquant à notre région, ces paroles qu\u2019écrivait Pie XI en 1931 : \u201c On est effrayé quand on songe aux graves dangers que courent, dans les ateliers modernes, la moralité des travailleurs, celle des plus jeunes surtout, la pudeur des femmes et des jeunes hiles, quand on pense aux obstacles que souvent le régime actuel du travail, et surtout les conditions déplorables de l\u2019habitation, apportent à la cohésion et à l\u2019intimité de la vie familiale \u201d(93).172.\tSans doute les associations professionnelles, les mouvements d\u2019Action catholique, la Ligue du dimanche et les Ligues de moralité ont déjà accompli un travail considérable pour assainir la situation dans le cadre des lois existantes.Sans doute patrons et gouvernants sont heureusement intervenus dans bien des cas.Mais ne serait-il pas temps qu\u2019une législation stricte et sévèrement appliquée partout vienne appuyer les efforts de ces mouvements pour que les usines, les ateliers, les bureaux jouissent de cette atmosphère bienfaisante qui prépare nos jeunes gens et nos jeunes filles à leurs responsabilités de parents chrétiens.173.\tParmi les lois propres à favoriser un relèvement de la condition des ouvriers et le plein épanouissement de la personnalité de chacun des travailleurs et des membres de leur famille, il est nécessaire qu\u2019une législation particulière, sans cesse adaptée aux besoins nouveaux, sauvegarde efficacement le droit des travailleurs à leur santé et à leur vie.Cette législation existe déjà et Nous constatons avec joie, N.T.C.F., les progrès accomplis.Cependant il reste encore beaucoup à faire avant d\u2019obtenir une protection adéquate, efficace, de tous les ouvriers, dans tous les milieux de travail.L\u2019État devra donc s\u2019efforcer d\u2019améliorer encore la législation sur l\u2019hygiène industrielle et s\u2019assurer la collaboration de toutes les bonnes volontés pour prévenir toute négligence et toute injustice.Droit d\u2019association 174.\tLe droit d\u2019association est un droit fondamental pour les travailleurs.Il est octroyé par la nature même.L\u2019État a le devoir de protéger ce droit et d\u2019en faciliter l\u2019exercice.Aucun pouvoir ne peut le contester à quelque catégorie de travailleurs que ce soit, du moment que rien, dans une association donnée, ne s\u2019oppose au bien commun et à la sécurité de l\u2019État.175.\tII est du devoir de l\u2019autorité publique de prendre des mesures afin que les groupements ouvriers s\u2019insèrent dans la communauté nationale et coordonnent leurs activités avec les autres éléments de la société dans le service du bien commun.Mais elle doit s\u2019appliquer à respecter scrupuleusement les directives si sages que, dès 1891, formulait Léon XIII : \u201c Que l\u2019État protège ces sociétés fondées selon le droit ; que toutefois il ne s\u2019immisce point dans leur gouvernement intérieur, et ne touche point aux ressorts intimes qui lui donnent la vie ; car le mouvement vital procède essentiellement d\u2019un principe intérieur et s\u2019éteint très facilement sous l\u2019action cl\u2019une cause externe.A ces organisations il faut évidemment, pour qu\u2019il y ait unité d\u2019action et accord des volontés, une organisation et une discipline sage et prudente.Si donc, comme il est certain, les citoyens sont libres de s\u2019associer, ils doivent l\u2019être également de se donner les statuts et règlements qui leur paraissent les plus appropriés au but qu\u2019ils poursuivent \u201d(94). \u2014 550 \u2014 176.\tLa législation sur le droit d\u2019association, qui a déjà subi d\u2019heureuses modifications, doit s\u2019améliorer sans cesse pour prévenir les abus de ceux qui, sous un prétexte ou sous uîi autre, ne comprennent pas la nécessité du syndicalisme sain et le rôle d\u2019ordre et de paix sociale qu\u2019il est appelé à remplir.Si les travailleurs ne peuvent négocier librement avec leurs employeurs des conventions collectives de travail qui sauvegardent tous leurs intérêts légitimes, s\u2019ils n\u2019ont pas les moyens légaux de parer à la mauvaise foi dans ces négociations, leur droit d\u2019association est illusoire.Restreindre indûment le champ d'application des conventions collectives, empêcher même partiellement les groupements ouvriers d\u2019exercer leur fonction représentative, ce serait encore porter atteinte au droit d\u2019association.177.\tLe droit syndical doit être élaboré de telle sorte qu\u2019il garantisse au syndicalisme libre et sain une représentation adéquate dans tous les organismes qui réglementent l\u2019activité économique et sociale, ce qui serait une généralisation de l\u2019excellente méthode employée dans les commissions d'apprentissage qui se sont formées en vertu de la loi de l\u2019Aide à l\u2019apprentissage.De plus, la liberté syndicale doit être reconnue en pratique, notamment grâce à des sanctions efficaces que déterminerait la loi au sujet des congédiements ou des pressions exercées à cause d\u2019activité syndicale.Enfin, le pouvoir exécutif de l\u2019Etat ne doit pas s\u2019immiscer comme tel dans les problèmes de relations du travail sinon dans les cas de grave nécessité, pour aider par exemple à rétablir un équilibre rompu par la prépondérance de ceux qui détiennent une trop grande force économique.Conciliation et arbitrage 178.\tSurtout dans un régime économique où l\u2019organisation corporative, telle que demandée par les Souverains Pontifes, n\u2019existe pas, il faut s\u2019attendre à voir s\u2019élever, de temps à autre, des conflits d\u2019intérêts dans les relations entre employeurs et employés.Il est du devoir des législateurs de prévenir le plus possible ces mésententes, de pourvoir à un mécanisme efficace de conciliation et d\u2019arbitrage auquel les parties pourront recourir avec confiance et avec la certitude que leurs droits seront protégés.Toutefois, dans une économie non parfaitement organisée, il est pratiquement impossible d\u2019éviter tout conflit; il peut se produire des \u201c lock-out \u201d ou des grèves.Les principes moraux qui règlent les cas où il est permis de recourir à ces moyens extrêmes sont bien connus. 561 - 179.\tIl est certaines catégories de salariés qui mettraient en grave péril le bien commun par un arrêt concerté de travail.Dans ces cas, d\u2019ailleurs peu nombreux, la loi peut supprimer ou suspendre l\u2019exercice du droit de grève, mais jamais sans donner en même temps à toutes ces catégories de salariés des moyens compensateurs adéquats d\u2019obtenir justice ; la loi, devra, par exemple, prévoir Iun arbitrage à sentence exécutoire, muni de garanties suffisantes d\u2019impartialité, d\u2019efficacité et de rapidité.180.\tComme la grève entraîne toujours des conséquences désastreuses et qu\u2019elle est justifiable seulement après épuisement de tous les moyens normaux d\u2019en venir à une juste entente, la loi peut, pour tous les salariés, limiter l\u2019exercice du droit de grève en imposant aux parties l\u2019obligation de se soumettre à certaines procédures comme la négociation, la conciliation et l\u2019arbitrage, avant de recourir à une cessation de travail.181.\tLes exigences juridiques relatives à la prévention des grèves auront toujours en vue et pour effet ordinaire de faciliter l\u2019entente entre les parties en cause, de maintenir l\u2019équilibre entre elles pour les amener à continuer le dialogue de la négociation.Elles doivent éviter jusqu\u2019à l\u2019apparence de mesures partiales ou dilatoires.Dans un domaine aussi délicat, toute législation incomplète ou inefficace, qui n\u2019aurait pas le pouvoir de créer chez les travailleurs et chez les patrons une atmosphère de juste confiance, mais qui leur donnerait plutôt le sentiment d\u2019une frustration, serait préjudiciable à l\u2019ordre public, car elle les pousserait à se faire justice eux-mêmes et à mépriser les lois.L\u2019État devrait alors s\u2019empresser de corriger la loi et de l\u2019améliorer.Léon XIII, en parlant des méfaits de la grève et des remèdes à apporter, disait, avec combien de sagesse : \u201cIl est plus efficace et plus salutaire que l\u2019autorité des lois prévienne le mal et l\u2019empêche de se produire, en écartant avec sagesse les causes qui paraissent de nature à exciter des conflits entre ouvriers et patrons \u201d(95).Surveillance et application des lois 182.\tIl est bien évident que toutes les lois n\u2019obtiennent leur bon effet que si elles sont appliquées avec la préoccupation constante du bien commun et si elles sont l\u2019objet d\u2019une surveillance adéquate.Alors elles inspirent confiance, facilitent l\u2019obéissance et font respecter l\u2019autorité.Il en irait tout autrement si des préoccupations parti- 562 \u2014 'sanes ou le souci de plaire à des puissances financières en venaient -à guider le pouvoir public dans la surveillance et l\u2019application des lois.Les meilleures lois pourraient être détournées de leur fin ; leur mécanisme serait faussé.Inévitablement naîtraient chez les travailleurs défiance et indignation susceptibles d\u2019engendrer à leur tour Violence et mépris de l\u2019autorité.Équilibre social 183.\tLe bien commun requiert, N.T.C.F., qu\u2019entre toutes les elas-'¦ses sociales existe un équilibre sain et une collaboration harmonieuse.Dans toute mesure législative, de même que dans leurs attitudes, les hommes publics doivent veiller à ne pas créer d\u2019opposition ou de suscipion entre les divers groupes de la société, mais tendre plutôt à susciter un esprit de bonne entente en levant tous les obstacles qui s\u2019y opposent.Comme l\u2019Église, l\u2019État ne peut être allié ou complice d\u2019aucune classe.Au-dessus de tous les groupes qu\u2019il intègre et ordonne, l\u2019État exerce son autorité sociale, supérieure et modératrice.Et comme, dans le monde économique, c\u2019est la faiblesse des travailleurs qui empêche le maintien de l\u2019équilibre, c\u2019est à eux plutôt que l\u2019État accorde ses sympathies.Lutte contre le communisme 184.\tPour préserver la paix publique, l\u2019État a raison de réprimer la diffusion des idées subversives qui attaquent notre civilisation chrétienne.Depuis la fin de la guerre surtout, bien des gens qui étaient restés sourds aux avertissements répétés des Souverains Pontifes, ont compris le danger de l\u2019erreur communiste et redoutent les terribles conséquences religieuses et sociales qu\u2019elle entraîne partout où elle établit son joug de fer.185.\tLa position de l\u2019Église, N.T.C.F., n\u2019a pas changé dans les méthodes à prendre pour combattre la funeste doctrine du matérialisme marxiste.La propagande du communisme obtient ses plus grands succès par l\u2019exploitation des misères, du mécontentement et des rancœurs qu\u2019engendrent les injustices, les privations inexplicables longtemps subies par les travailleurs et auxquelles la société paraît se résigner.186.\tIls sont bien inspirés les gouvernements qui, par des mesures appropriées ou par des lois, cherchent à enrayer les activités du corn- \u2014 563 \u2014 munisme et des autres sociétés subversives de l\u2019ordre social chrétien.Les mesures répressives sont nécessaires, mais elles ne seront vraiment efficaces que si elles sont accompagnées d\u2019efforts sincères en vue de créer un ordre social à base de justice et de charité.Il importe avant tout de favoriser une meilleure distribution des richesses, un état de sécurité pour tous les travailleurs honnêtes et consciencieux et un régime de travail qui respecte la dignité humaine de l\u2019ouvrier.Les autorités publiques, Nous en sommes certains, continueront de s\u2019y employer de toutes leurs forces et de s\u2019assurer la collaboration loyale de tous les citoyens, de toutes les associations professionnelles, de tous les mouvements.Cette action concertée restaurera, avec l\u2019aide de l\u2019Église, l\u2019équilibre et l\u2019harmonie entre les différentes classes sociales.\u2014 E \u2014 PAR L\u2019ACTION DU CLERGÉ Le clergé et la restauration de la vie ouvrière 187.\tL\u2019œuvre de restauration de la vie ouvrière, N.T.C.F., ne saurait s\u2019accomplir sans l\u2019appui et l\u2019inspiration de la religion et donc de l\u2019Église qui doit être partout où il y a des âmes à sauver.Ces vérités, Nous les avons exposées plus haut (voir nos 39-45 et no 158).Mais comment l\u2019Église agit-Elle?Il va de soi qu\u2019elle agit par le Souverain Pontife et les Évêques.Sous leur direction travaillent prêtres et fidèles.L\u2019Église agit par ses laïcs, par ceux qui, comprenant bien leur vocation de témoins de vérité et de vie chrétienne, exercent l\u2019apostolat de la parole et de l'exemple.Elle agit surtout par son clergé.La mission générale du clergé est déjà féconde en bienfaits sociaux.D\u2019une façon spéciale, vu les circonstances, tous les prêtres ont l\u2019obligation d\u2019accorder une attention particulière aux problèmes sociaux ; quelques-uns consacrent même leur vie à propager dans les milieux du travail l\u2019incomparable pensée de l\u2019Église.Telle est en résumé l\u2019action du clergé en vue du progrès temporel et surnaturel des travailleurs pour lesquels T Église se montre particulièrement maternelle.Mission générale du clergé 188.\tLa mission du clergé est de sanctifier, de gouverner, de prêcher.Les prêtres doivent rendre témoignage à la vérité, à la justice et \u2014 564 donner intégralement l\u2019austère et sublime message évangélique.Par leur ministère, ils élèvent les âmes vers les réalités surnaturelles, les poussent à la pratique des vertus chrétiennes qui donnent à le personnalité humaine une splendeur nouvelle et assurent une paix harmonieuse dans le monde.L\u2019Église, bien qu\u2019elle soit tout entière directement orientée vers le règne de Dieu et le salut éternel des âmes, contribue très efficacement par son action spirituelle à augmenter le bonheur meme temporel des hommes en l\u2019édifiant sur les bases inébranlables de la foi et de la morale.Ministère spécial auprès des ouvriers 169.L\u2019évolution sociale dont notre siècle est témoin exige davantage.Aussi les Souverains Pontifes demandent aux prêtres une action directe pour aider au relèvement des prolétaires ou de la classe des travailleurs.\u201c Nous rappelons aux prêtres, dit Pie XI, l\u2019exhortation si souvent répétée de Notre Prédécesseur Léon XIII, d\u2019aller à l\u2019ouvrier.Cette exhortation, Nous la faisons Nôtre et la complétons : \u201c Allez à l\u2019ouvrier, spécialement à l\u2019ouvrier pauvre, et en général allez aux pauvres \u201d, suivant en cela les enseignements de Jésus et de son Église \u201d(9G).190.Ce n\u2019est pas la peur du communisme (pii pousse les prêtres à s\u2019occuper des ouvriers.Vous le savez bien, N.T.C.F., l\u2019apostolat du clergé n\u2019a pas surtout pour but de mettre les travailleurs en garde contre les préjugés et les fausses doctrines.Comme le Christ qui avait pitié de la foule, \u201c Misereor super turbam \u201d, le clergé veut le bonheur temporel et spirituel de la classe des travailleurs.Sa Sainteté Pie XII l\u2019affirmait l\u2019an dernier : \u201c L\u2019impulsion propre de l\u2019Église et des chrétiens dignes de ce nom pour l\u2019action sociale ne leur vient pas du dehors ; ni la peur de la révolution ni celle du soulèvement des masses ne les poussent au travail pour le peuple.Non.L\u2019amour fait battre leur cœur, ce même amour qui faisait battre le Cœur du Christ, et leur inspire le souci de la défense et du respect de la dignité du travailleur moderne, ainsi que le zèle attentif, pour le placer dans des conditions de vie matérielles et sociales en harmonie avec cette dignité \u201d(97).Devoir de tous les prêtres 191.Fidèles aux directives des Souverains Pontifes et des Évêques, ]cr prêtres rc renseignent sur les misères propres à notre temps et 565 \u2014 prêchent les remèdes proposés par le catholicisme social.Ils rappellent à tous le devoir de respecter les droits des autres : en particulier à l\u2019ouvrier l\u2019obligation de fournir un travail honnête et consciencieux, au patron de payer un juste salaire et de ne rechercher qu\u2019un profit raisonnable.Ils publient l\u2019ordre des droits et des devoirs pour les personnes humaines, les familles, les collectivités, les autorités.Mais la discrétion et la prudence les obligent à laisser aux Évêques et aux prêtres chargés de les représenter, le soin d\u2019intervenir publiquement, s\u2019il y a lieu, dans les conflits sociaux.192.Les prêtres montrent comment l\u2019esprit chrétien pousse à l\u2019action sociale : l\u2019amour de Dieu entraîne nécessairement l\u2019amour du prochain et cet amour ne se conçoit pas sans le sens social, sans la volonté d\u2019une justice parfaite.Animés d\u2019un zèle universel, ils fréquentent tous les milieux, mais ils mesurent leur déférence à la dignité de leur âme et non à la richesse ou à l\u2019influence dont les hommes disposent.Que les prêtres méditent souvent ces paroles de l\u2019apôtre saint Jacques : \u201c Mes frères, n\u2019alliez aucune acception de personnes avec la foi en Jésus-Christ, notre Seigneur de gloire.Si, par exemple, il entre dans votre assemblée un homme qui ait un anneau d\u2019or et un vêtement magnifique, et qu\u2019il y entre aussi un pauvre avec un habit sordide ; et que tournant vos regards vers celui qui est magnifiquement vêtu, vous lui disiez : \u201c Vous, asseyez-vous ici.à cette place d\u2019honneur \u201d, et que vous disiez au pauvre : \u201c Toi, tiens-toi là debout, ou assieds-toi ici, au bas de mon marche-pied \u201d, n\u2019est-ce pas faire entre vous des distinctions, et vous établir juges aux pensées diverses?\u201d(98).A l\u2019exemple du divin Maître, ils montrent une prédilection pour les pauvres, pour leurs fidèles qui souffrent davantage et qui éprouvent les plus grands besoins.193.Il faut donc s\u2019attendre à ce que le clergé, suivant Nos directives, donne ses préférences aux ouvriers et aux patrons qui acceptent l\u2019enseignement de l\u2019Église sur le syndicalisme ouvrier et patronal.Il ne faut pas non plus se surprendre si les prêtres se font les défenseurs des travailleurs dans leurs revendications légitimes.Toutes leurs attitudes doivent proclamer la vérité de ces paroles que Pie XII adressait aux travailleurs italiens, réunis devant lui le 12 juin 1943 : \u201c Vous n\u2019ignorez pas, fils et filles bien aimés, que l\u2019Église vous aime tendrement, Vous n\u2019ignorez pas qu\u2019elle a, avec l\u2019affection 566 d\u2019un cœur de mère et un sens aigu de la réalité, examiné les questions qui vous touchent \u201d(99).194.\tPour le prêtre, le plus efficace moyen d\u2019apostolat est l\u2019exemple de toutes les vertus sacerdotales.Une vie humble, pauvre, désintéressée, vraiment apostolique, donnée à Dieu et indifférente aux attaques et aux opinions du\u2018monde, bref une vie qui est une copie fidèle de celle du divin Maître, fait du prêtre, dans le monde du travail, le \u201c sel de la terre et la lumière \u201d des hommes.Pour exercer, par sa prédication et son exemple, cet apostolat de vérité et de vie, le prêtre doit se préparer.Aussi sommes-Nous heureux de constater que, dans les Grands Séminaires et les Scolasticats, on prépare de plus en plus les lévites au rôle social qu\u2019ils rempliront demain par une formation surnaturelle plus intense et par des cours et conférences sur l\u2019Action catholique et la doctrine sociale de l\u2019Église.Prêtres spécialement-consacrés a l\u2019action sociale 195.\tMais en plus de ce rôle que l\u2019Église demande à tout son clergé d\u2019exercer vaillamment, elle est heureuse de mettre spécialement au sendee de l\u2019action sociale les efforts généreux de plusieurs de ses prêtres qu\u2019elle prépare adéquatement à cette tâche difficile, même au prix de sacrifices.Les uns cherchent à former des dirigeants et des militants pour les mouvements d\u2019Action catholique en vue d\u2019imprégner de christianisme tout le milieu ouvrier ; d\u2019autres s\u2019occupent d\u2019organisations économico-sociales, en particulier des associations ouvrières et patronales, en qualité d\u2019aumôniers.196.\tS\u2019il se rencontrait encore des esprits peu renseignés pour contester au clergé le droit et le devoir de descendre sur le terrain économique et social afin d\u2019y faire appliquer la doctrine de l\u2019Église, Nous pourions leur répéter les paroles que Benoît XV écrivait dans une lettre à l\u2019évêque de Bcrgame (Italie) en 1920 : \u201c Qu\u2019aucun membre du clergé ne s\u2019imagine que pareille action \u2014 (s\u2019occuper du syndicalisme) -\u2014 est étrangère au ministère sacerdotal sous prétexte qu\u2019elle s\u2019exerce sur le terrain économique ; car c\u2019est précisément sur ce terrain que le salut éternel des âmes est en péril \u201d(100).Pie XI adressait la même consigne dans une lettre au cardinal Segura Y Saenz, \u2014 567 \u2014 primat d'Espagne :\t\u201c Les pasteurs sacrés de l\u2019Église, en raison même de leur charge, ne peuvent se désintéresser des organisations économico-sociales ; bien au contraire, ils doivent, par leur habile intervention et leur active impulsion, en diriger les initiatives et les formes, avec le plus de diligence possible, selon les enseignements et les préceptes de la religion catholique \u201d(101).197.\tIl est donc dans l\u2019ordre de l\u2019action sacerdotale que des prêtres exercent leur dévouement auprès des ouvriers et des patrons dans les associations qui s\u2019inspirent de la doctrine sociale de l\u2019Église.Leur présence, requise d\u2019ailleurs par les membres eux-mêmes, y est bienfaisante et nécessaire.Dans ces associations économico-sociales, le prêtre remplit le rôle d\u2019aumônier.Comme tel, il n\u2019est ni chef, ni directeur, ni propagandiste, ni agent d\u2019affaires.Les besoins du début ont parfois demandé à l\u2019aumônier d\u2019aller plus loin que son rôle normal.la situation actuelle du syndicalisme n\u2019exige plus cette action extraordinaire.L\u2019aumônier doit assumer les nobles fonctions d\u2019éducateur.C\u2019est à lui qu\u2019il revient de stimuler et d\u2019encourager dans les épreuves, mais surtout d\u2019imprégner les âmes de la merveilleuse doctrine sociale de l\u2019Église, de développer, avec la grâce de Dieu, chez tous les membres et plus particulièrement chez les chefs, l\u2019esprit surnaturel, les vertus de justice et de charité, le sens social, les vertus de force, de tempérance et de.prudence.198.\tLes prêtres consacrés à l\u2019action sociale \u201c devront posséder, dit Pie XI, un sens très délicat de la justice, savoir s\u2019opposer avec une constante fermeté aux revendications exagérées et aux injustices, d\u2019ou qu\u2019elles viennent, se distinguer par leur sage modération éloignée de toute exagération ; qu\u2019ils soient par-dessus tout intimement pénétrés de la charité du Christ, qui seule peut soumettre, avec force et suavité, les volontés et les cœurs aux lois de la justice et de l\u2019équité ;\u2019(102).199.\tVous le comprenez, N.T.C.F., le rôle des prêtres désignés plus particulièrement pour ce ministère d\u2019apôtres sociaux est parfois bien ingrat et exige beaucoup de sacrifices.L\u2019accomplissement de leur tâche présente une foule d\u2019embûches et de difficultés.Spécialement dans les cas concrets et les conflits d\u2019intérêts, il n\u2019est pas toujours facile d\u2019appliquer adéquatement les normes de la justice.Leur action et leurs attitudes risquent de froisser des susceptibilités, \u2014 568 \u2014 de heurter des préjugés et de leur attirer des oppositions et des critiques.Nous les encourageons à poursuivre leur périlleux apostolat avec charité et prudence, mais sans vaine peur.Ils trouveront dans les membres des associations une correspondance généreuse à leur zèle et une abondance de fruits qui les récompensera de leur pénible labeur.Ils auront toujours l\u2019appui et l\u2019estime des honnêtes gens et des hommes droits qui veulent le règne de la justice et de la charité.De toutes façons, dans l\u2019exercice de leur apostolat, ils relèvent de l'autorité de leur Evêque propre, à qui il appartient de surveiller et d\u2019orienter leur action sociale.Commission sacerdotale d\u2019études sociales.200.Pour assurer l\u2019unité de pensée et d\u2019action de tous les prêtres engagés dans l\u2019action sociale, Nous avons établi la Commission sacerdotale d\u2019études sociales dont les membres ont été choisis pour la connaissance des questions sociales qu\u2019ils ont acquise soit comme aumôniers d\u2019associations ouvrières ou patronales, soit comme professeurs de sciences sociales dans les Facultés universitaires.Chaque année, cette Commission rassemble dans des journées d\u2019études les prêtres adonnés à l\u2019apostolat social.L\u2019influence heureuse qu\u2019elle a déjà exercée Nous fait espérer qu\u2019en unissant les esprits et en coordonnant les efforts, elle continuera d\u2019imprimer un élan puissant à l\u2019action nécessaire des prêtres, voire des fidèles, dans l\u2019œuvre de la restauration sociale et du relèvement de la classe ouvrière.CONCLUSION 201.Au terme de cette Lettre sur l\u2019instauration chrétienne d\u2019une meilleure condition de vie pour les travailleurs, Nous avons la conviction que vous comprenez mieux que \u201c dans cet ensemble de problèmes formidables concernant la constitution d\u2019un ordre économique et social qui réponde mieux à l\u2019éternelle loi divine et à la dignité humaine.la pensée chrétienne envisage comme un élément essentiel le relèvement du prolétariat, relèvement dont la réalisation énergique et généreuse apparaît à tout vrai disciple du Christ non seulement comme un progrès temporel, mais comme l\u2019accomplissement d\u2019un devoir moral \u201d(103). \u2014 569 \u2014 202.\tNous avons cru le moment choisi de traiter ce problème d\u2019actualité chez nous comme ailleurs, et d\u2019indiquer l\u2019esprit et l\u2019orientation des solutions qui s\u2019imposent à la lumière des principes chrétiens et des exigences pratiques de notre milieu.Nous n\u2019avons eu en vue que le bien des âmes, la paix et la tranquillité de notre pays.Nous avons confiance que nos enseignements et nos directives seront reçus avec foi et compréhension par tous ceux qui sont intéressés à voir la classe ouvrière réaliser ses destinées dans une société mieux équilibrée.203.\tQue les apôtres sociaux, prêtres et laïcs, redoublent de zèle ! Nous revendiquons pour eux la liberté de signaler les abus de notre régime économique, dans le respect de la vérité telle qu\u2019ils la connaissent après avoir utilisé tous les moyens d\u2019informations dont ils peuvent disposer, la liberté aussi de proposer des remèdes aux maux dont souffre notre vie économique et sociale.Nous demandons aux journaux, aux revues, aux postes de radio, à tous les catholiques de soutenir ces apôtres sociaux, d\u2019appuyer avec courage et fermeté les légitimes revendications des travailleurs et les idées sociales des patrons chrétiens.Puissent les laïques catholiques, à la lumière des enseignements de l\u2019Église, mettre sur pied les structures économiques et sociales par lesquelles notre société procurera à tous les citoyens une juste participation à tous les biens de la nation.Leur devoir est d\u2019autant plus urgent que des énergies récemment découvertes et dont l\u2019utilisation industrielle est prévue, apporteront sans doute à l\u2019économie mondiale et à la vie industrielle des modifications profondes.204.\tNous faisons appel à la générosité de tous les responsables de la vie sociale, dans quelque sphère que ce soit.Nous leur disons avec le ferme espoir d\u2019être entendus : Appliquez-vous de votre mieux à l\u2019étude et à l\u2019action indispensables pour faire passer dans la vie privée et publique le message de fraternité que Nous avons exposé.Efforcez-vous \u201c d\u2019entraîner les autres vers cette justice sociale dont doivent avoir faim et soif tous les vrais disciples du Christ \u201d(104).Surtout puisez profondément dans l\u2019âme de l\u2019Église et gardez vif en vous \u201c le sentiment de la responsabilité collective de tous pour tous, ce sentiment qui a poussé et pousse encore les âmes jusqu\u2019à l\u2019héroïsme charitable des moines agricoles, des libérateurs d\u2019esclaves, des guérisseurs de malades, des messagers de foi, de civilisation et \u2014 570 \u2014 de science à toutes les générations et à tous les peuples, en vue de créer des conditions sociales qui n\u2019ont de valeur que pour rendre à tous possible et aisée une vie digne de l\u2019homme et du chrétien.Vous, conscients et convaincus de cette responsabilité sacrée, ne vous contentez jamais, au fond de votre âme, d\u2019une médiocrité générale des conditions publiques, dans laquelle la masse des hommes ne puisse, sinon par des actes de vertu héroïques, observer les divins commandements, inviolables toujours et dans tous les cas \u201d(105).Enfin, pour garder \u201c la noble flamme de fraternel esprit social qu\u2019il y a un demi-siècle la torche lumineuse et rayonnante de Léon XIII a rallumée dans le cœur de vos pères \u201d(106), vivez résolument fidèles au Cœur de Jésus, foyer d\u2019amour, et poursuivez l\u2019idéal de rendre possible à toutes nos familles ouvrières une vie conforme au sublime modèle offert par la Sainte Famille.Donnée à Québec, le quatorzième jour de février mil neuf cent cinquante.f Alexandre, Archevêque d\u2019Ottawa.f Georges, Archevêque de Rimouski.t Maurice, Archevêque de Québec.t Joseph-Eugène, Évêque de Mont-Laurier.t Louis, o.m.i., Évêque de Timmins.t Joseph-Alfred, Évêque de Valley field.f Joseph-Arthur, Évêque de Joliette.f Joseph-Aldée, Évêque d'Amos.t Anastase, Évêque de Saint-Jean-de-Québec.f Philippe, Évêque de Sherbrooke.f Napoléon-Alexandre, c.j.m., Évêque du Golfe Saint-Laurent.t Albini, Évêque de Nicolet.f Arthur, Évêque de Saint-Hyacinthe.t Georges, Évêque de Chicoutimi.t Albini, Évêque de Gaspé.t Georges-Léon, Évêque de Trois-Rivières.t William, J., Évêque de Pembroke.t Henri, o.m.i., Évêque titulaire de Perrhé, Vicaire Apostolique de la Baie James.f Lionel, o.m.i., Évêque titulaire d\u2019Jsbor Vicaire Apostolique çlu Labrador, 571 \u2014 f Conrad, Évêque titulaire d\u2019Arena, Administrateur Apostolique de Montréal.t Lawrence Patrick, Évêque titulaire d\u2019Opos, Auxiliaire à Montréal.t Charles-Eugène, Évêque titulaire de Diana, Auxiliaire à RimousH.f Edouard, Évêque titulaire de Tabe, Auxiliaire à Joliette.t Charles-Omer, Évêque titulaire de Zorolus, Auxiliaire à Québec.t Percival, Évêque titulaire d\u2019Albule, Auxiliaire à Valley field. \u2014 572 \u2014 INDEX DES RÉFÉRENCES 1\u2014\tPie XII, A l\u2019Action catholique italienne, 29 avril 1945.Actes Pont., No 16, p.2.2\u2014\tPie XII, A l\u2019Action catholique italienne, 29 avril 1945.Actes Poni., No 16, p.2.3\u2014\tCF.Q.A., 19.4\u2014\tLettre pastorale collective sur le Problème rural au regard de la doctrine sociale de l\u2019Église, No 2 5\u2014\tIdem, No 7.6\u2014\tLettre pastorale collective sur la Colonisation, No 2.7\u2014\tPie XII, Au congrès de la Fédé- ration nationale des cultivateurs d\u2019Italie, 16 nov.1946.Actes Pont., No 13, p.ll.8\u2014\tLettre pastorale collective sur la Restauration de l\u2019ordre social Nos 74-77.9\u2014\tPie XII, A l\u2019Action catholique italienne, 29 avril 1945.Actes Pont., No 16, p.2 10\u2014\tPie XII, Idem.11\u2014\tPie XII, Aux membres du con- grès des échanges internationaux, 7 mars 1948.Actes Pont., No 23, p.7.12\u2014\tPs 126, I.13\u2014\tPie XII, Aux ouvriers des Éta- blissements Fiat, 31 oct.1948.Actes Pont., No 26, p 9 14\u2014\tPie XII, Aux ouvriers des Éta- blissements Fiat, 31 oct.1948.Actes Pont., No 26, pp.9-10, 15\u2014\tPie XII, Directives aux travail- leurs, 13 juin 1943.E.S.P.No 359, pp.23-24.16\u2014\tPie XII, A l\u2019occasion du 50e an- niversaire de Renan Novarum, 1er juin 1941.E.S.P.No 335 pp.16-17.17\u2014\tPie XII, A l\u2019Action catholique féminine d\u2019Italie, 24 juillet 1949.Documentation catholique No 1050, Tome 46 col.1093.18\u2014\tPie XII, A l\u2019Association interna- tionale de la famille, 21 sept 1949.AAS.XXXXI (1949) p.553.19\u2014\tPie XII, Radiomessage, Noël 1942.\tE.S.P., No 354, p.23.20\u2014\tPie XI, Q.A., 58.21\u2014\tPie XII, Fulgens radiatur, 21 mars 1947.Actes Pont., No 14.p.15.22\u2014\tPie XII, Aux agriculteurs, 16 novembre 1946.Actes Pont., No 13, p.16.23\u2014\tPie XII; Aux agriculteurs, 16 no- vembre 1946.Actes Pont., No 13, p.14.24\u2014\tPie XI, Caritate Chrisli, 3 mai 1932.O.T., No 156, p.15.25\u2014\tPie XII, Radiomessage, Noël 1943.\tE.S.P., No 363, p.17.26\u2014\tPie XI ,Q.A., 146.27\u2014\tPie XII, Lettre à M.Flory, 17 août 1947.Documentation catholique, No 997, tome 44, col.1026.28\u2014\tPie XII, Radiomessage, Noel 1942.E.S.P., No 354, pp.27-28.29\u2014\tPie XII.Aux travailleurs, Pen- tecôte 1943.E.S.P., No 359, p.23.30\u2014\tPie XII, Radiomessage, 1 sep- tembre 1944.Actes Pont., No 13, p.6.31\u2014\tPie XII, Au congrès internatio- nal des patrons chrétiens, 7 mai 1949 Actes Pont., No 26, pp.21-22.32\u2014\tPie XI, Q.A., 72.33\u2014\tPie XII, Radiomessage, 1 sep- tembre 1944.Actes Pont.No 13, p.6.34\u2014\tPie XII, Au congrès internatio- nal des patrons chrétiens, 7 mai 1949, Actes Pont., No 26, p.23 573 \u2014 35\u2014\tPie XII, Au congrès internatio- nal des patrons chrétiens, 7 mai 1949.Actes Pont., No 26, p.23 36\u2014\tPie XII, Aux travailleurs ita- liens, 11 mars 1945.Actes Pont., No 7, p.12.37\u2014\tPie XI, D.R., 54.38\u2014\tPie XII, Aux tiavailleurs ita- liens, 11 mars 1945.Actes Pont., No 7, pp.12-13.39\u2014\tPie XII, Au congrès des échanges internationaux, 7 mars 1948.Actes Pont., No 23, p.7.40\u2014\tLéon XIII, 11.N., Rutten, p.275.41\u2014\tPie XII, Au congrès international des patrons chrétiens, 7 mai 1949.Actes Pont., No 26, p.22 42\u2014\tPie XII, Au congrès des échanges internationaux, 7 mars 1947.Actes Pont., No 23, p.9.43\u2014\tPie XII, Allocution au Sacré Col- lège, 2 juin 1947, Actes Pont., No 17, p.6.44\u2014\tPie XII, Au congrès international d\u2019étude sur l'humanisme, 26 sept.1949.A AS.XXXXI (1949) p.556.45\u2014\tPie XII, A l\u2019A.C.L.I., 29 juin 1949.Actes Pont., No 26, p.4.46\u2014\tPie XII, Aux ouvriers des éta- blissements Fiat, 31 oct.1948.Actes Pont., No 26, p.9.47\u2014\tIdem p.10.48\u2014\tPie XI, Mit brennender Sorge, 14 mars 1937.\tE.S.P., Nos 280-1, p.48.49\u2014\tPie XII, A l\u2019A.C.LI., 29 juin 1948.Actes Pont., No 26, p.5.50\u2014\tPie XII, Lettre au chanoine Car- dijn, 21 mars 1949.Actes Pont.No 26, p.14.51 Pie XII, Radiomessage aux catholiques suisses, 4 sept.1949.Documentation catholique No 1053 Tome 46 col.1301.52\u2014Pie XII, Lettre au chanoine Car dijn, 21 mars 1949.Actes Pont., No 26, p.14.53\u2014\tLéon XIII, Longinqua Oceani, 6 janvier 1895, Actes de Léon XIII, Bonne Presse, tome IV, pp.174-75.54\u2014\tLettre de la Sacrée Congrégation du Concile à Mgr Liénart, 5 juin 1929.O.T., No 123, pp.6-8.55\u2014\tLéon XIII, Graves de communi, 18 janvier 1901.Actes de Léon XIII, Bonne Presse, tome VI, pp.214-215, 212-213.56\u2014\tPie XII, Au Mouvement ouvrier chrétien de Belgique, 11 sept.1949.Document Catholique No 1053, Tome 46, col.1283.57\u2014\tPie XII, A l\u2019industrie électrique italienne, 25 janvier 1946.Actes Pont., No 7, p.15.58\u2014\tPie XII, Au Mouvement ouvrier chrétien de Belgique, 11 sept.1949, Documentation Catholique No 1053, tome 46, col.1283.59\u2014\tConstitution et règlements de la C.T.C.C., 1947, art.I, pp.7-8.60\u2014\tLéon XIII, R.N.42., 61\u2014\tPie XII, Aux catholiques alle- mands, 4 sept.1949.Documentation Catholique, No 1055, tome 46, col.1444.62\u2014\tPie XII, A l\u2019A.C.L.I., 29 juin 1948.Actes Pont., No 26, p.2.63\u2014\tPie XII, A l\u2019A.C.L.I., 29 juin 1948.Actes Pont., No 26, p.4, 64\u2014\tPie XII, A l\u2019A.C.L.I., 29 juin 1948.\tActes Pont., No 26, p.6.65\u2014\tPie XI D.R., No 50.66\u2014\tPie XII, Radiomessage, 1 sept.1944.Actes Pont., No 13, p.6.67\u2014\tPie XII, Radiomessage, 1 sept.1944.Actes Pont., No 13, p.2.68:\u2014Pie XII, Radiomessage, 1 dsept.1944.Actes Pont., No 13, p.6.69\u2014\tPie XII, Au Mouvement ouvrier chrétien de Belgique, 11 sept.1949.\tDocumentation Catholique, No 1053, tome 46, col.1286.70\u2014\tPie XII, Radiomessage, 1 sept.1944.Actes Pont.No 13, p.6. .1 \u2014 574 \u2014 71\u2014\tPie XII, Radiomessage, 1 sept.1944.Acies Point., No 13, pp.4-5.72\u2014\t\u2014Pie XII, Radiomessage, 1 sept.1944.Actes Pont , No 13, p.5.73\u2014\tPie XII, Radiomessage, 1 sept.1944.Actes Pont., No 13, p.6.74\u2014\tPie XI, D.R., 46.75\u2014\tPie XI, D.R., 50.76\u2014\tPie XII, Au congrès international des patrons chrétiens, 7 mai 1949.Actes Pont., No 26, p.23.77\u2014\tPie XI, Q.A., 56.78\u2014\tPie XI.D.R., 53.79\u2014\tPie XII, Au congrès des associa- tions patronales catholiques, 7 mai 1949.Actes Pont., No 26, p.23.80\u2014\tPie XII, Au congrès des associa- tions patronales catholiques, 7 mai 1949.Actes Pont., No 26, p.22.81\u2014\tPie XII, Au congrès des associa- tions patronales catholiques, 7 mai 1949.Actes Pont., No 26, pp.23-24.82\u2014\tPie XII, Radiomessage Noël 1942.E.S.P, No 354, p.23.83\u2014\tS.E.Mgr Montini., Lettie à S.E.Mgr Bernareggi, 12 nov.1946.Documentation Catholique, 8 décembre 1946, No 979, col.1416 84\u2014\tPie XII, Au patriciat et à la no- blesse de Rome, 8 janv.1947.Documentation Catholique, 16 lev.1947.No 984, col.196-7.85\u2014\tPie XI, D.R., 55, 19 mars 1937.86\u2014\tPie XII, A l\u2019occasion du 50e an- niversaire de Rerum Novarum, 1 juin 1941 E.S.P., No 335, p.19 87\u2014\tPie XII, A l\u2019occasion du 50e anni- versaire de Rerum Novarum, 1 juin 1941.E.S.P., No 335, p.18.88\u2014\tPie XII, Message de Noel 1944.E.S.P., No 375, pp.21-22.89\u2014\tPie XI, Q.A., 27 et Léon XIII, R.N.26.90\u2014\tPie XI, Q.A., 88.91\u2014\tLéon XIII, R.N., 29.92\u2014\tLéon XIII, R.N., 27.93\u2014\tPie XI, Q.A., 146.94\u2014\tLéon XIII, R,N., 41-42.95\u2014\tLéon XIII, R.N., 31.96\u2014\tPie XI, D.R., 61.97\u2014\tPie XII, A l\u2019A.C.L.I., 29 juin 1948.Actes Pont., No 26, pp.3-4.98\u2014\tJac 2, 1-4.99\u2014\tPie XII, Aux travailleurs ita- liens, 12 juin 1946.E.S.P., No 359, p.23.100\u2014\tBenoît XV, Lettre à Mgr Ma- relli, évêque de Bergame, 11 mars 1920.Texte cité dans Lettre de la S.C.du Concile A Mgr Liénart, O.T., No 123, p.715.101\u2014\tPie XI, Lettre au cardinal Segura V Saenz, 6 novembre 1929.O.T., No 206, p.7.102\u2014\tP e XI, Q.A., 153.103\u2014\tPie XII, Radiomessage, 1 sep- tembre 1944.Actes Pont., No 13, p.4.104\u2014\tPie XII, Radiomessage, 1 sep- tembre 1944.Actes Pont., No 13, p.7.105\u2014\tPie XII, Allocution, Pentecôte 1941.E.S.P., No 335, pp.29-30 106\u2014\t-Pie XII, Allocution, Pentecôte 1941.E.S.P., No 335, p.30. 575 \u2014 TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION x Numéros Mission de l\u2019Église .1- 4 Directives passées .5- 7 Sollicitudes de l\u2019Église peur tous.:.8 Devoir de rappeler la doctrine sociale de l\u2019Église.9 Problème ouvrier.'.10 But et division de la Lettre .11 PREMIERE PARTIE CONDITIONS ACTUELLES DE LA VIE OUVRIÈRE Introduction .12 Niveau matériel de vie.13- 14 Développement industriel .15 Accroissement de la population urbaine.16 Adaptation à la vie urbaine .17 La vie de famille.18-\t20 Les loisirs .21-\t23 L\u2019ouvrier au travail .24-\t26 Montée du matérialisme.27-\t28 Prise de conscience de la classe ouvrière.29-\t33 Conclusion .,.34- 36 Deuxième partie RESTAURATION CHRÉTIENNE DE LA VIE OUVRIÈRE Introduction Numéros Regarder le problème ouvrier dans le plan de Dieu.37 Montrer la voie vers une restauration chrétienne.38 \u2014 A \u2014 LA RELIGION, BASE DE TOUTE RESTAURATION Restaurer la vie ouvrière .\t39 La religion, fondement indispensable.40 La religion n\u2019endort pas l\u2019ouvrier.41 L\u2019Église n\u2019est pas l\u2019alliée des puissants.42 La religion inspiratrice de vérité et de force .43 576 La religion plus puissante que la technique et l\u2019organisation.44 La religion source de collaboration .45 \u2014 B \u2014 RESPECT DES VALEURS FAMILIALES Numéros Importance de la famille .46 Politique familiale .47 Habitation familiale.48 Spiritualité familiale .49 Famille ouvrière chrétienne .50 \u2014 C \u2014 VRAI SENS DES LOISIRS Lo sirs et restauration de la vie ouvrière.51 Loisirs et vie familiale.52 Loisirs et vie sociale .53 Loisirs et culture de \u2019esprit .54 Loisirs et divertissements .55 Résultats bienfaisants .56 \u2014 D \u2014 CONCEPTION CHRÉTIENNE DU TRAVAIL Travail et restauration de la vie ouvrière.57 Travail industriel et plan de Dieu.58- 60 Le travail, domination de la matière.61 Le travail, seivice de l\u2019humanité .62- 64 Le travail, perfectionnement de l\u2019homme.65 Le travail, service de Dieu.66 Application au travail industriel .67 \u2014 E \u2014 MEILLEUR RÉGIME DE TRAVAIL Régime de travail et restauration de la vie ouvrière.68 Régime de travail et valeurs spirituelles.69- 71 Réformes sur le plan de l\u2019entreprise lo\u2014 Le progrès technique.72-\t73 2o\u2014 La structure de l\u2019entreprise.74-\t77 Réformes sur le plan de la profession.78-80 Réformes sur le plan de l\u2019économie nationale.81-\t82 Prudence et courage dans la voie des réformes.83 577 \u2014 CONCLUSION Condition chrétienne de l\u2019ouvrier.84 Troisième partie AGENTS DE RESTAURATION DE LA VIE OUVRIÈRE Introduction Numéros Devoir de tous.85 Sympathie indispensable.~i.86- 88 \u2014 A \u2014 \\ PAR L\u2019ACTION DES TRAVAILLEURS Action nécessaire des premiers intéressés.89 La religion sera leur guide.90- 91 Vie personnelle et familiale.\u2022.92- 94 Efforts collectifs .95 Action catholique.96- 98 Organisations professionnelles .99-115 Coopératives .116-118 Conclusion .119 \u2014 R \u2014 PAR L\u2019ACTION DES PATRONS Importance de leur action.120 Respect de la propriété privée .121-124 Décentralisation industrielle .125 Bonne marche de l\u2019entreprise .126-128 Relations avec les employés .129-132 Attitude à l\u2019égard des organisations ouvrières.133 Nécessité des associations patronales .134-139 Collaboration entre associations professionnelles patronales et ouvrières 140-141 Mission des pstrons.142 \u2014 C \u2014 PAR L\u2019ACTION DE TOUS LES CITOYENS Appel à toutes les bonnes volontés.143-144 Les membres des professions libérales.145-149 Les éducateurs .150-154 578 \u2014 D \u2014 PAR L\u2019ACTION DE L\u2019ÉTAT N uméros Rôle de l\u2019État .155 L\u2019Église et l\u2019État.156-159 Respect de l\u2019autorité .160 Exercice de l\u2019autorité .161 Soumission à l\u2019autorité .162-163 Collaboration .164-165 Devoirs de l\u2019heure.166 Domaine économique et social .167-170 Santé des travailleurs .171-173 Droit d\u2019association .174-177 Conciliation et arbitrage.178-181 Surveillance et application des lois.182 Équilibre social.183 Lutte contre le communisme .184-186 \u2014 E \u2014 PAR L\u2019ACTION DU CLERGÉ Numéros Le clergé et la restauration de la vie ouvrière .187 Mission générale du clergé.188 Ministère spécial auprès des ouvriers .189-190 Devoir de tous les prêtres .191-194 Prêtres spécialement consacrés à l\u2019action sociale.195-199 Commission sacerdotale d\u2019études sociales.200 CONCLUSION Invitation à l\u2019étude et à l\u2019action .201-204 Pages Références .572-574 Table des matières .575-578 \u2014 579 ( No 10 bis ) Résumé de la LETTRE PASTORALE COLLECTIVE de Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Évêques de la province civile de Québec sur le Problème Ouvrier en regard de la Doctrine sociale de l\u2019Église.Nous, PAR LA GRÂCE DE DlEU ET DU SlÈGE APOSTOLIQUE, ARCHEVÊQUES et Évêques de la province civile de Québec.Au clergé séculier et régulier, aux communautés religieuses et à tous les fidèles de Nos diocèses, salut et bénédiction en Notre-Seigneur.Nos très chers frères, 1.\t(1-2)1 Messagère de justice et de charité, l\u2019Église cherche à fortifier la fraternité humaine, à resserrer les liens qui doivent unir les créatures d\u2019un même Dieu, les fils d\u2019un même Père, les frères de l\u2019unique Rédempteur.A cette fin, l\u2019Église a le droit et le devoir d\u2019exposer, en les adaptant aux conditions particulières de chaque époque, les enseignements qu\u2019Elle a reçus du Christ sur \u201c les rapports essentiels et multiples qui rattachent et subordonnent l\u2019ordre social aux questions religieuses et morales \u201d(1).2 2.\t(3) Cette doctrine sociale de l\u2019Église, élaborée au cours des siècles, exprimée avec ampleur et maîtrise surtout depuis Léon XIII, 1\t\u2014 Les chiffres entre parenthèses au début des paragraphes renvoient aux paragraphes de la Lettre pastorale collective.2\t\u2014 Les chiffres qui accompagnent les citations réfèrent aux mêmes citations dans la Lettre pastorale collective.Mandements des Evêques de Québec, volume XVII. 580 \u2014 forme une admirable unité avec les principes mêmes de l\u2019Évangile et avec l\u2019enseignement traditionnel.\u201c Elle est claire dans tous ses aspects ; elle est obligatoire ; nul ne peut s\u2019en écarter sans danger pour la foi et l\u2019ordre moral \u201d (2).3.\t(8-11) Devant les changements profonds survenus dans la vie économique, devant l\u2019agitation sociale qui marque toujours les années d\u2019après-guerre, devant la confusion des esprits qui menace de troubler notre peuple et ralentit son progrès social, conscients de Notre charge de pasteurs, Nous venons, N.T.C.F., vous rappeler la doctrine de l'Église sur les problèmes des travailleurs de chez nous.Nous devons Nous pencher avec une affection particulière sur cette portion de notre troupeau, car Nous voulons être fidèles à cette exhortation de Pie XII : \u201c Dites également partout et hautement : l\u2019Église a soutenu et soutient toujours ceux qui n\u2019ont que leur travail pour se procurer à eux-mêmes et à leurs familles le pain quotidien; elle a pris et prend toujours la défense de leurs justes droits et de leurs revendications raisonnables \u201d (9).Nous sommes assurés que nos paroles seront reçues avec foi et Nous espérons que jamais la réalité de chez nous ne pourra faire l\u2019objet de cette pénible constatation du Souverain Pontife devant les succès du communisme en certains pays : \u201cNous n\u2019ignorons pas que l\u2019Église a été, parfois, jusque parmi les rangs des catholiques injustement soupçonnée d\u2019avoir, par sa doctrine sociale, favorisé les systèmes subversifs ou de leur avoir frayé la voie.Ceux qui pensent ou parlent ainsi, qui n\u2019ont pas voulu s\u2019incliner devant l\u2019autorité de l\u2019Église n\u2019ont plus maintenant qu\u2019à se courber devant l\u2019inévitable réalité \u201d(10).4.\tDans ces vues, après avoir brièvement décrit les conditions actuelles de la vie ouvrière, Nous chercherons dans la doctrine sociale de l\u2019Église les principaux éléments de restauration chrétienne de cette vie ; Nous indiquerons ensuite la responsabilité et la part de chacun dans cette œuvre nécessaire.Première partie CONDITIONS ACTUELLES DE LA VIE OUVRIÈRE 5.\t(12) Nous ne saurions trop insister, N.T.C.F., sur la nécessité de bien voir d\u2019abord les conditions actuelles de la vie ouvrière qui. \u2014 581 \u2014 prises dans leur ensemble, constituent le Problème Ouvrier.Que chacun de vous, par ses observations et ses réflexions sur la vie industrielle en général, sur la famille ouvrière, sur les loisirs, sur rambiance matérialiste de notre époque, sur le travail et sur la complexité des relations du travail, complète le tableau que nous esquisserons ici à larges traits.6.\t(13-14) Nous devons reconnaître, N.T.C.F., que la situation économique de notre pays se compare avantageusement à celle de la plupart des contrées du monde.Nous en sommes redevables avant tout à la divine Providence ; elle a doté notre sol de richesses considérables et épargné à notre continent les dévastations causées par les récents conflits mondiaux.Notre classe ouvrière a profité de cette situation ; et elle jouit, dans son ensemble, d'un niveau de vie assez élevé.Cette constatation générale ne doit pas toutefois nous faire oublier les maux dont souffre encore notre classe ouvrière.Il existe de nombreux groupes régionaux ou professionnels dont les revenus ne sont pas suffisants ; nul ne saurait soutenir que la richesse nationale est équitablement répartie.Et puis chez nous, pas plus qu\u2019ailleurs, n\u2019a été résolu le problème fondamental de la vie ouvrière, le problème de la sécurité économique et social du travailleur.7.\t(15-1G) L\u2019industrialisation n\u2019est pas un phénomène nouveau dans notre pays.Mais, au cours de la dernière décade, elle s\u2019est accrue considérablement.Le travail féminin s\u2019est développé à un rythme accéléré.La population des villes a augmenté de façon très notable.Le progrès industriel a même accentué la désertion des campagnes.Et ainsi la situation dans les centres urbains s\u2019est compliquée.8.\t(17) Le rural ne retrouve plus à la ville ses traditions et habitudes de vie.Les institutions qui le protégeaient n\u2019ont plus le même caractère, certaines ont perdu de leur vigueur.Ce problème d\u2019adaptation est à la source de multiples difficultés, parfois de lourdes misères pour les individus, et constitue pour la communauté urbaine un obstacle à l\u2019établissement de son équilibre et à l\u2019organisation de son progrès religieux, social et économique.9.\t(18-20) L\u2019augmentation rapide de la population urbaine a créé aussi un problème aigu du logement avec toutes ses conséquences néfastes : entassement des familles qui entraine la limitation des naissances ; délaissement de la maison qui accentue la délinquence \u2014 582 juvénile, l\u2019alcoolisme et le débordement des mœurs ; déséquilibre enfin de la vie familiale causé par la négligence malheureuse du devoir précis que Dieu a assigné à chacun des membres de la famille.10.\t(24-26) Autre conséquence du développement industriel rapide, un grand nombre d\u2019ouvriers sont entrés dans les nouvelles industries sans pouvoir acquérir une préparation suffisante.Leur présence à l\u2019usine a davantage compliqué les problèmes de la vie industrielle et étendu les effets déplorables qui pouvaient être reprochés au régime économique.On sait par exemple la place occupée par le travail en série dans l\u2019industrie moderne.Or il ne satisfait pas, dans l\u2019état actuel de son organisation, les besoins culturels et psychologiques du travailleur.Comme conséquence l\u2019ouvrier d\u2019usine n\u2019est pas intéressé à son travail.Aussi entre-t-il trop souvent à l\u2019atelier avec la hâte d\u2019en sortir au plus tôt pour chercher ailleurs un dérivatif qui réponde à son besoin d\u2019épanouissement.On constate de plus dans le monde du travail, comme d\u2019ailleurs dans les autres classes, une diminution du sens des responsabilités ; la conscience professionnelle s\u2019y est affaiblie.Les conditions d\u2019hygiène industrielle ne se sont pas améliorées au point d\u2019atténuer, dans toute la mesure du possible, les dangers qui menacent la santé des travailleurs.Enfin les sollicitations au mal, dans les milieux de travail, à cause bien souvent de la promiscuité, sont une mencace à la vie chrétienne, surtout des jeunes.11.\t(29-33) Mais on ne peut avoir une juste idée de la vie ouvrière moderne sans jeter un coup d\u2019œil sur les relations du travail et sur les associations qui encadrent les travailleurs.Pendant la guerre, les ouvriers ont pu comprendre mieux l\u2019importance de leur rôle dans l\u2019économie nationale.Une plus grande indépendance vis-à-vis leur emploi leur a permis d\u2019exprimer des demandes refoulées jusque-là.Libérés de la crainte, ils sont entrés en plus grand nombre dans les associations ouvrières par lesquelles ils ont fait connaître leurs revendications.La classe ouvrière prend donc de plus en plus une conscience collective de ses droits et de sa force : elle entend défendre ses droits et les faire respecter.Voilà qui inquiète les uns alors que d\u2019autres gardent confiance.12.\t(34-36) Devant ce tableau de notre classe ouvrière dont la grandeur d\u2019âme n\u2019est pas à démontrer mais qui souffre de réelles difficultés et n\u2019échappe pas à l\u2019influence du matérialisme ambiant, 583 \u2014 oublieux ou négateur des droits de Dieu sur l\u2019homme, la famille et la profession, il ne faut pas se contenter d\u2019une constatation stérile, mais chercher plutôt la pensée de l\u2019Église sur la restauration de la vie ouvrière.Deuxième partie RESTAURATION CHRÉTIENNE DE LA VIE OUVRIÈRE 13.\t(37) Si la vie ouvrière des villes, dans les conditions où elle s\u2019est développée dans le passé, s\u2019est montrée moins saine et moins protectrice des valeurs humaines que la vie rurale, il ne faudrait pas croire qu\u2019elle est nécessairement meurtrière des âmes.La ville et le travail industriel ne sont pas en dehors du plan de Dieu et ne conduisent pas fatalement au matérialisme et à la déchristianisation des âmes.Le milieu ouvrier et industriel peut être sanctificateur.14.\t(38) C\u2019est Notre devoir de montrer la voie vers une saine restauration de cette vie ouvrière.Estime et mise en pratique des valeurs religieuses, respect de la personne humaine, épanouissement de la vie familiale, bon emploi des loisirs, juste conception du travail, de ses fins et des conséquences qui en découlent, réalisation d\u2019un régime de travail fidèle conforme à ces données, tels sont les facteurs qui restaureront la condition ouvrière selon les principes chrétiens pour permettre à la classe des travailleurs de mener une vie dignement humaine, de s\u2019épanouir chrétiennement et de jouer un rôle dans la société, en collaboration avec les autres classes.15.\t(39-45) Toute œuvre de restauration, N.T.C.F., doit s\u2019appuyer sur la religion, sur.Dieu.\u201c Si Dieu ne bâtit pas la maison, en vain travaillent ceux qui la bâtissent \u201d(12).Il n\u2019en va pas autrement de la restauration de la vie ouvrière.Sans le fondement inébranlable des vérités religieuses, sans la pratique des vertus chrétiennes, source de vie féconde et de progrès, les plus généreux efforts resteront vains.Que l\u2019on se garde de penser que la religion endort l\u2019ouvrier ou (pie l\u2019Église est l\u2019alliée des puissants ! La religion est inspiratrice de vérité et de force.L\u2019Église prêche l\u2019éminente grandeur de l\u2019ouvrier ; elle indique à chacun la vue nette de sa fonction respective dans la société, de la nécessaire collaboration de tous au bien commun ; elle donne aux hommes la force surnaturelle de remplir leurs devoirs. 584 \u2014 16.\t(46-50) Ceux qui ont à cœur la restauration de la vie ouvrière doivent envisager tous les problèmes qu\u2019elle pose et les réformes qu\u2019elle exige sous l\u2019angle de la famille, cellule première de l\u2019organisme social.Revenu suffisant, habitation familiale, mesures de sécurité sociale, dégrèvement d\u2019impôt, climat moral, voilà autant de conditions qui permettront à l\u2019ouvrier de fournir à sa famille une subsistance dignement humaine et de pourvoir, avec son épouse, à l\u2019éducation et à l\u2019instruction de ses enfants.L\u2019ouvrier et son épouse seront alors en état de remplir leurs devoirs et de conserver à nos familles leur fécondité admirable, leurs mœurs simples et leurs caractéristiques chrétiennes.Le problème ouvrier ne sera pas résolu à moins que l\u2019ordre économique, politique et social ne facilite chez les travailleurs une grande et belle vie familiale.17.\t(51-56) Un des heureux effets du machinisme moderne a été de diminuer les heures'de travail.Ce progrès sera un vrai gain pour la classe ouvrière et la société, si les travailleurs savent tirer profit de leurs loisirs plus abondants.L\u2019amour de l\u2019argent a fait surgir une quantité d\u2019amuseurs sans conscience qui exploitent le désœuvrement et la naïveté populaires.Ces gens, prenant pour complices les passions humaines qu\u2019ils excitent par des méthodes ingénieuses, dépouillent les ouvriers de leur argent et les rendent moins hommes.Les divertissements ne doivent pas répondre aux goûts les plus faciles et les moins nobles.Les loisirs ne sont pas le but de la vie.Bien employés cependant, ils rendent plus forte la vie familiale, accroissent le sens des responsabilités, contribuent au plein épanouissement de la personne par l\u2019entretien des forces physiques, par le développement des facultés intellectuelles et des vertus morales.18.\t(38 et 57) La restauration de la condition ouvrière demande que l\u2019on s\u2019attaque hardiment au problème du travail et de son organisation.Le travail de l\u2019ouvrier en lui-même et dam le régime qui lui est fait, est à la base du problème ouvrier et il devient à la longue le principal élément formateur ou déformateur de sa vie personnelle, familiale et même religieuse.19.\t(58) Dans la vie économique moderne, le travail n\u2019a pas la place à laquelle il a droit selon la justice.Pie XII le constatait : \u201c l\u2019ouvrier, dans son effort pour améliorer sa situation, se heurte à tout un système qui, loin d\u2019être conforme à la nature,.est en opposition avec l\u2019ordre de Dieu et avec la fin assignée par Dieu \u2014 585 aux biens terrestres \u201d(19).C\u2019est que dans la grande entreprise telle qu\u2019elle existe actuellement et qui donne le ton au monde industriel, l\u2019efficacité de la machine fournie par le capital relègue au second rang l\u2019apport du travail, renversant ainsi la véritable échelle des valeurs qui doit s\u2019établir entre les divers agents de la production industrielle.20.\t(60) Tout doit être mis en œuvre afin de donner au travailleur sa part légitime de responsabilité, de culture et de biens matériels, dans un ordre social pleinement humain.Pour atteindre ce but, il faut voir le travail tel qu\u2019il doit être selon le plan providentiel.Seule une conception chrétienne du travail lui assure ainsi qu\u2019au travailleur grandeur et dignité.21.\t(61-66) Par le travail, l\u2019homme domine la matière, humanise la terre ; il continue en quelque sorte l\u2019œuvre de la création en transformant, en rendant utilisables les biens créés.En plus d\u2019en tirer le moyen normal de subsistance pour lui et les siens, l\u2019homme doit pouvoir trouver dans son travail une occasion de développer sa personnalité, de mieux servir Dieu et son prochain.22.\t(67) L\u2019agriculteur et l\u2019artisan peuvent aisément faire rendre à leur travail toutes ses possibilités de perfectionnement humain et de mérite surnaturel.Il n\u2019en va pas de même pour l\u2019ouvrier industriel et la plupart des salariés.Car elle est encore vraie dans un trop grand nombre de cas cette parole de Pie XI : \u201cLa matière sort ennoblie de l\u2019atelier, tandis que l\u2019homme s\u2019y corrompt et s\u2019y dégrade \u2019\u2019(26).De plus, la technique moderne a conduit à une séparation plus marquée entre le capital et le travail et a causé bien des mésententes et des conflits.C\u2019est le sens retrouvé du travail et de ses fins qui corrigera cette situation déplorable et rétablira l\u2019ordre dans les relations professionnelles.23.\t(68) Il importe donc que la vie économique soit ordonnée de façon à reconnaître le sens chrétien du travail.Un mauvais régime de travail compromet toute œuvre de restauration, parce qu il conduit à un matérialisme abject.Il existe, en effet, un rapport direct entre l\u2019insatisfaction que les masses ouvrières retirent de l\u2019accomplissement de leur travail et la déchéance des mœurs privées et publiques, et donc la baisse de l\u2019esprit, chrétien. 586 24.\t(69-71) Il ne faudra pas perdre de vue, N.T.C.F., que l'ins- tauration d\u2019un meilleur régime du travail se rattache aux véritables valeurs spirituelles que l\u2019Église reconnaît dans le travail et dans l\u2019homme qui l\u2019exécute.Les réformes économiques devront tenir compte des exigences qui dérivent de la noblesse morale du travail et de la primauté de l\u2019homme sur la matière.Outre une juste rémunération, vitale, familiale et humaine, ces exigences comportent aussi d\u2019une part, l\u2019adaptation du travail à l\u2019homme : durée, rythme, méthodes, hygiène, apprentissage, milieu professionnel, et, d\u2019autre part, une organisation du travail qui repose sur un statut efficacement protecteur du droit syndical tant patronal qu\u2019ouvrier et qui achemine normalement les associations d\u2019employeurs et d\u2019employés vers l\u2019organisation corporative.La mise en œuvre de ces conditions révélera que \u201c la structure complexe de la société., tout en- tière, a besoin de redressements et d\u2019améliorations .(29).25.\t(72-74) C\u2019est d\u2019abord dans l\u2019entreprise, cellule de la vie économique et sphère d\u2019action quotidienne, que doit être organisé plus humainement le travail industriel, caractérisé par la mécanisation, la standardisation et la spécialisation des tâches.Des réformes de structure chercheront à intéresser de plus en plus les travailleurs à la vie même de l\u2019entreprise, de façon que tous ceux qui y participent, chefs d\u2019entreprise et ouvriers, réalisent leur \u201c communauté d\u2019activité et d\u2019intérêts \u201d (31).26.\t(75-77) Il faut bien constater que le régime du simple salariat, dans une économie imprégnée de libéralisme économique, a une tendance à favoriser la lutte des classes, à creuser le fossé qui sépare le capital du travail, à porter les détenteurs de capitaux à la poursuite de profits abusifs, à diminuer chez l\u2019ouvrier le souci d\u2019un travail honnête et compétent, en ne l\u2019intégrant pas suffisamment dans la vie de l\u2019entreprise.Nous croyons devoir orienter l\u2019action sociale vers une réforme de l\u2019entreprise de façon que les travailleurs organisés soient amenés graduellement à participer à sa gestion, à ses profits et à sa propriété, selon une juste conception de la nature privée de l\u2019entreprise et des droits légitimes des propriétaires des biens de production.27.\t(78-82) C\u2019est par l\u2019organisation corporative, par la démocratisation de l\u2019économie, que l\u2019on assurera à la vie économique et sociale un fonctionnement en vue du bien de tous les membres de \u2014 587 la société.Cette organisation reconnaîtra juridiquement et en fait par des institutions permanentes la commune responsabilité de tous ceux qui prennent part à la production.Par le moyen de leurs syndicats auxquels l\u2019institution corporative donnera un couronnement naturel, comme Nous le disions dans Notre Lettre de 1941, les travailleurs assumeront leur part de responsabilité dans la bonne ordonnance de la profession et dans \u201c la constitution et le développement de l\u2019économie nationale \u201d(41).28.\t(83) La prudence avec laquelle doivent s\u2019opérer ces réformes ne doit pas masquer leur urgente nécessité ni voiler la netteté de leur orientation.C\u2019est le maintien de l\u2019ordre social qui exige l\u2019organisation de cette solidarité économique.Si l\u2019on veut hâter chez nous \u201c l\u2019avènement d\u2019un ordre public qui réalise au plus haut point possible une saine économie et la justice sociale \u201d (43), tous les intéressés doivent apporter leur effort, honnêtement et courageusement.Troisième partie AGENTS DE RESTAURATION DE LA VIE OUVRIÈRE \u2014 A \u2014 Par l\u2019action des travailleurs 29.\t(89) La restauration de la condition des ouvriers ne pourra se faire que si les travailleurs ont d\u2019eux-mêmes une appréciation noble et vraiment chrétienne et que s\u2019ils sont foncièrement disposés à coopérer et à s\u2019aider.\u201c Avant de compter sur l\u2019aide des autres, ils doivent compter sur leurs propres efforts, sur leur propre défense, sur leur mutuelle assistance \u201d(45).30.\t(90-94) En prenant la religion pour guide et pour inspiratrice de leur vie, les travailleurs éviteront les amères désillusions que se préparent inévitablement ceux qui mettent tous leurs espoirs dans les biens éphémères de ce monde et qui sacrifient leur éminente dignité d\u2019hommes \u201c aux idoles d\u2019un progrès terrestre mal compris \u201d(46).Us doivent prendre conscience de la grandeur de leur travail, de l\u2019importance de leur fonction et de la noblesse de la classe ouvrière.La pratique des vertus chrétiennes pourra seule permet- \u2014 588 tre aux travailleurs d\u2019accomplir fidèlement les multiples devoirs que leur vie comporte et d\u2019obtenir, par le respect, de leurs obligations envers autrui, tout le respect dû à leurs propres droits.31.\t(95) Cependant l\u2019action des travailleurs isolés n\u2019aboutira jamais à des résultats suffisants.L\u2019ampleur de la tâche réclame des efforts collectifs.Car il s\u2019agit d\u2019un vaste mouvement d\u2019ensemble visant à rendre plus chrétienne l\u2019âme de la classe ouvrière et à créer, pour cela, un climat favorable autour d\u2019elle en restaurant les institutions et le milieu qui encadrent sa vie.Ce mouvement rénovateur suppose la convergence de deux actions simultanées, l\u2019une d\u2019ordre religieux et l\u2019autre d\u2019ordre temporel.Les travailleurs poursuivront cette double action en s\u2019unissant dans des groupements d\u2019Action catholique et dans des organisations professionnelles, économiques et sociales.C\u2019est une responsabilité collective qu\u2019il est du devoir de la classe ouvrière d\u2019assumer.32.\t(96-98) L\u2019apostolat sacerdotal, tout essentiel qu\u2019il est, ne peut suffire à promouvoir l\u2019établissement et l\u2019expansion du règne de Dieu sur la terre.Tl faut le compléter par l\u2019apostolat irremplaçable des laïcs unis dans l\u2019armée des militants d\u2019Action catholique afin de propager autour d\u2019eux un christianisme vivant et introduire le Christ dans tous les milieux et les domaines où s\u2019exercent les activités humaines.33.\t(99-115) Pour remplir le rôle qui leur revient dans l\u2019économie nationale, pour promouvoir leurs intérêts professionnels, pour faire valoir leurs légitimes revendications économiques et sociales, les travailleurs doivent s\u2019unir dans de solides organisations professionnelles qui s\u2019inspirent de la doctrine sociale de l\u2019Église.Les circonstances présentes rendent encore plus pressante et plus impérieuse l\u2019obligation pour les ouvriers, comme pour les patrons d\u2019ailleurs, d\u2019exercer leur droit et de s\u2019unir en association afin de pourvoir à leurs intérêts.On doit y voir la condition indispensable de la promotion de la classe ouvrière.Des membres qui vivent leur syndicalisme, des chefs éclairés et apôtres font donner à l\u2019organisation professionnelle ouvrière son plein rendement.34.\t(116-118) Les travailleurs doivent aussi unir leurs efforts et leurs ressources dans des organismes coopératifs en vue de leur prospérité économique et de leur avancement social.Des services inap- \u2014 589 \u2014 préciables peuvent leur être rendus par leurs coopératives, en particulier pour la solution du problème du logement.En conséquence ils doivent s\u2019employer à les promouvoir et à les développer.35.\t(119) Les efforts individuels des ouvriers, leurs efforts collectifs par l\u2019Action catholique, les Associations professionnelles et le Mouvement coopératif, sont donc les conditions indispensables de restauration de la vie ouvrière.La bonne conduite de la vie personnelle et familiale de même que l\u2019exercice des responsabilités dont les associations fournissent l\u2019occasion, feront lever au sein de la classe ouvrière une élite de plus en plus nombreuse et apostolique, qui considérera comme un très grand honneur de demeurer dans la classe ouvrière pour la mieux servir et l\u2019aider à atteindre le plus haut niveau possible de vie morale et religieuse, professionnelle et culturelle.Cette élite aura constamment devant les yeux la haute fin vers laquelle doit tendre tout mouvement ouvrier, c\u2019est-à-dire \u201c la formation de travailleurs vraiment chrétiens qui, excellant également en capacité dans l\u2019exercice de leur art et en conscience religieuse, sachent mettre en harmonie la ferme protection de leurs intérêts économiques avec le sentiment le plus strict de la justice et avec la sincère volonté de collaborer avec les autres classes de la société au renouveau de la vie sociale tout entière \u201d (64.).\u2014 B \u2014 Par l\u2019action des patrons 36.\t(120-125) Les employeurs peuvent et doivent apporter une contribution très importante à l\u2019avancement personnel, familial et social des travailleurs.Nous connaissons leurs problèmes et Nous savons, N.T.C.F., que les patrons \u201c portent le lourd héritage d\u2019un régime économique injuste qui a exercé ses ravages durant plusieurs générations\u201d (65).Ils ne doivent pas oublier toutefois que sur eux pèse, en grande partie, la responsabilité de rendre ce régime conforme aux prescriptions de la loi naturelle et de la loi divine, même au prix de certains sacrifices.Fermement attachée au droit de propriété privée, l\u2019Église demande aux patrons de ne pas oublier l\u2019aspect social qu\u2019il comporte ni de négliger leur obligation de subordonner l\u2019exercice de ce droit aux exigences du bien commun et aux limites imposées par les droits des employés, des consommateurs et des autres patrons, surtout de la petite et moyenne entreprise. \u2014 590 \u2014 37.\t(126-133) Les patrons sont les premiers responsables de la vie économique de leur entreprise.C\u2019est leur droit et leur devoir d\u2019en assurer la prospérité matérielle et la stabilité financière.Pour atteindre ce but, ils doivent employer les moyens techniques les plus appropriés.Mais s\u2019ils estiment leurs employés pour leur dignité d\u2019hommes et de chrétiens, s\u2019ils donnent constamment l\u2019exemple d\u2019une vie authentiquement chrétienne, s\u2019ils s\u2019efforcent de développer une atmosphère de cordiale collaboration, s\u2019ils versent des salaires justes et améliorent sans cesse les conditions de travail, s\u2019ils acceptent loyalement la collaboration avec le syndicat de leurs employés, ils favoriseront la paix sociale et l\u2019entente harmonieuse du capital et du travail, ils obtiendront personnellement des succès temporels que d\u2019autres essaieront en vain de réaliser par l\u2019emploi exclusif de moyens techniques et financiers.38.\t(134-141) Plusieurs patrons se plaignent, avec raison, de pouvoir difficilement pratiquer la justice à cause de la concurrence effrénée existant dans la vie économique actuelle.En s\u2019unissant dans des associations professionnelles qui s\u2019inspirent de la doctrine sociale de l\u2019Église, ils retireront de nombreux avantages d\u2019ordre économique, social et moral.Par l\u2019étude plus approfondie de la doctrine catholique, par l\u2019union des connaissances et des efforts, ils pourront plus facilement perfectionner la technique de leurs entreprises, concourir à l\u2019amélioration des lois qui concernent le travail, l\u2019industrie et le commerce, développer leur sens social, collaborer avec les associations ouvrières, trouver les moyens de remplir toutes leurs obligations de justice et de charité.39.\t(142) Les patrons catholiques peuvent aider efficacement à la restauration de la vie ouvrière, à \u201c faire pénétrer dans le monde de l\u2019économie la doctrine sociale chrétienne \u201d.(Pie XII, au Congrès des associations patronales catholiques, 7 mai 1949).Nous attendons beaucoup de leur courage, de leur générosité, de leur esprit \u2022 chrétien.Qu\u2019ils relisent à l\u2019occasion, conjointement avec les chefs ouvriers, ces précieux conseils de Pie XII à des patrons catholiques : \u201c Nombre d\u2019hommes, industriels comme vous, catholiques, et non catholiques aussi, ont, en maintes circonstances, expressément déclaré que la doctrine sociale de l\u2019Église \u2014 et elle seule \u2014 est en mesure de fournir les éléments essentiels pour une solution de la question sociale.Assurément la mise en œuvre et l\u2019application de cette doc- \u2014 591 \u2014 trine ne peuvent être l\u2019ouvrage d\u2019un jour.Sa réalisation exige de tous les participants une sagesse clairvoyante et prévoyante, une forte dose de bon sens et de bon vouloir.Elle réclame d\u2019eux surtout une réaction radicale contre la tentation de chercher chacun son propre avantage aux dépens des autres participants, quelle que soit la nature et la forme de leur participation, et au détriment du bien commun.Elle requiert enfin un désintéressement tel que seule, une authentique vertu chrétienne soutenue par l\u2019aide et la grâce de Dieu, peut l\u2019inspirer \u201d(81).Être porteurs de la vérité chrétienne dans le monde de l\u2019économie, quelle responsabilité, mais aussi quel honneur pour les patrons comme pour les ouvriers ! \u2014 C \u2014 Par l\u2019action de tous les citoyens 40.\t(143-144) Les efforts des travailleurs et des patrons pour restaurer la vie ouvrière doivent être soutenus et complétés par l\u2019action bienveillante de tous les citoyens, en particulier des membres des professions libérales et des éducateurs.41.\t(145-146) Les classes plus fortunées, celles dont l\u2019influence est plus marquante et auxquelles une meilleure instruction donne un prestige plus grand doivent comprendre leur devoir social et y être fidèles.Plus on occupe un poste élevé, plus on a l\u2019obligation de servir.Tous ceux qui ont eu l\u2019avantage de bénéficier d\u2019une formation intellectuelle et morale supérieure qui leur a permis de réussir une belle carrière et de se ranger dans l\u2019élite de la société ont un nouveau motif d\u2019accomplir ce devoir social.42.\t(147-149) Les membres des professions libérales devraient toujours montrer une grande modération dans les honoraires exigés pour leurs services.Ils remplissent une fonction sociale qu\u2019ils doivent accomplir avec désintéressement, sans connivence malheureuse avec les puissances d\u2019argent et sans de mesquins calculs, politiques ou autres.Ils seront des apôtres d\u2019une restauration de l\u2019ordre social auprès des dirigeants de la finance, du commerce et de l\u2019industrie avec qui ils ont des contacts et dont ils peuvent influencer la pensée.Ils essaieront de comprendre les réclamations ouvrières et prêteront volontiers leurs bons offices en vue de la collaboration du capital et du travail et en vue de la paix sociale. \u2014 592 \u2014 43.\t(150-152) Notre époque plus qu\u2019aucune autre a besoin de catholiques convaincus à la générosité vaillante, qui connaissent toutes les beautés et toutes les exigences de la religion, y compris celles de la doctrine sociale de l\u2019Église.Si les éducateurs n\u2019ont pas le soin de donner un enseignement social suffisant ; s\u2019ils n\u2019orientent pas leurs élèves vers les belles réalités de la vie généreuse qu\u2019ils doivent mener, nos jeunes gens s\u2019y soustrairont aisément, plus attirés vers l'égoïsme ambitieux et jouisseur, bientôt prêts à tout sacrifier pour le succès d\u2019une carrière payante, mais socialement inutile, quand elle n\u2019est pas malfaisante.44.\t(153-154) A quelque stage de l\u2019enseignement où les éducateurs sont placés, ils s\u2019efforceront de comprendre les réels besoins des travailleurs, leurs problèmes et les solutions qu\u2019il faut y apporter.Ils communiqueront cette connaissance à leurs élèves.Ils auront recours aux meilleures méthodes pédagogiques pour enseigner la doctrine sociale de l\u2019Église en l\u2019adaptant aux intelligences qu\u2019ils ont à éclairer.Ils inculqueront à leurs élèves le sens social en développant chez eux la préoccupation du bien commun et l\u2019amour de la société qu\u2019ils doivent servir selon la mesure des talents qu\u2019ils ont reçus.Les éducateurs trouveront dans la doctrine du corps mystique du Christ, fondement de morale sociale chrétienne et raison profonde de la grande fraternité humaine, une source intarissable d\u2019enseignements et de conseils.\u2014 D \u2014 Par l\u2019action de l\u2019État 45.\t(155-159) L\u2019État aussi peut et doit exercer son influence bienfaisante pour améliorer le sort des travailleurs et de leurs familles.Il porte la lourde responsabilité de promouvoir le bien temporel de tous les citoyens sans exception, tout en accordant un soin particulier aux plus faibles.Et l\u2019Église, en dehors et au-dessus de tous les partis politiques, offre sa loyale collaboration aux détenteurs de l\u2019autorité civile.46.\t(160-165) N.T.C.F., l\u2019autorité civile mérite un profond respect, car toute autorité légitime sur terre vient de Dieu.Ce respect doit se trouver chez ceux qui exercent cette autorité ; en effet, c\u2019est un v \u2014 593 \u2014 dépôt sacré qui leur est confié par Dieu, pour le bien de toute la collectivité.Il doit se trouver aussi chez tous les citoyens les amenant à se soumettre volontiers aux lois, en tout ce qu\u2019elles imposent de juste.47.\t(166-170) Ce qu\u2019on demande aux gouvernants, c\u2019est un ensemble de lois et d\u2019institutions qui puissent faire fleurir la prospérité tant publique que privée, la paix et l\u2019ordre social.Car le rôle principal de l\u2019État est de \u201c diriger, surveiller, stimuler, contenir selon que le comportent les circonstances ou l\u2019exige la nécessité\u201d (90).Il doit avant tout aider les citoyens, les familles et les associations à remplir les fonctions qu\u2019ils sont en mesure d\u2019exercer eux-mêmes.48.\t(171-183) N.T.C.F., des devoirs plus particuliers s\u2019imposent à l\u2019État pour Je relèvement de la condition des ouvriers.Par une législation sans cesse adaptée aux besoins nouveaux, par une application et une surveillance adéquate des lois, il doit sauvegarder efficacement le droit des travailleurs à un juste salaire, à des conditions saines de travail au point de vue physique et moral.La législation sur le droit d\u2019association doit sans cesse s\u2019améliorer afin de permettre au syndicalisme sain de remplir son rôle nécessaire d\u2019agent d\u2019ordre ét de paix sociale.En conséquence, les lois sur les relations du travail, sur les conventions collectives, sur la prévention des conflits par la conciliation et l\u2019arbitrage, doivent être telles qu\u2019elles protègent tous les intérêts légitimes des travailleurs.49.\t(184-186) Ils sont bien inspirés les gouvernements qui, par des mesures appropriées ou par des lois, cherchent à enrayer les activités du communisme et des autres sociétés subversives deTordre social chrétien.Les mesures répressives sont nécessaires, mais elles ne seront vraiment efficaces que si elles sont accompagnées d\u2019efforts sincères en vue de créer un ordre social à base de justice et de charité.Il importe avant tout de favoriser une meilleure distribution des richesses, un état de sécurité pour tous les travailleurs honnêtes et consciencieux et un régime de travail qui respecte la dignité humaine de l\u2019ouvrier.Les autorités publiques, Nous en sommes certains, continueront de s\u2019y employer de toutes leurs forces et de s\u2019assurer la collaboration loyale de tous les citoyens, de toutes les associations professionnelles, de tous les mouvements.Cette action concertée restaurera, avec l\u2019aide de l\u2019Église, l\u2019équilibre et l\u2019harmonie entre les différentes classes sociales. 594 \u2014 E \u2014 P AK L\u2019ACTION DU CLERGÉ 50.\t(187-194) L\u2019œuvre de restauration de la vie ouvrière, N.T.C.F., ne saurait s\u2019accomplir sans l\u2019appui et l\u2019inspiration de la religion et donc de l\u2019Église qui doit être partout où il y a des âmes à sauver.Par leur ministère, les prêtres exercent une influence irremplaçable; ils élèvent les âmes vers les réalités surnaturelles et poussent les fidèles à la pratique des vertus chrétiennes.Cette action est bien plus importante pour la vie économique et sociale qu\u2019on ne se l\u2019imagine habituellement.Car la religion contribue très efficacement à augmenter le bonheur temporel des hommes en l\u2019édifiant sur les bases inébranlables des vertus chrétiennes, en particulier sur les vertus de foi, d\u2019espérance et de charité.Sans l\u2019esprit chrétien, \u201c tous les efforts seraient vains, on construirait non sur le roc, mais sur un sable mouvant \u201d (Q.A.no 138).51.\t(195-200) De plus, l\u2019Église est heureuse d\u2019offrir les efforts généreux de prêtres, particulièrement expérimentés, qu\u2019elle met spécialement au service de l\u2019Action catholique et de l\u2019action sociale.Qu\u2019elle est noble et délicate la tâche de ces.prêtres qui accomplissent leur fonction apostolique dans les associations d\u2019ouvriers et de patrons ! Dans l\u2019exercice de leur apostolat, ils relèvent de l\u2019autorité de leur Évêque propre, à qui il appartient de surveiller et d\u2019orienter leur action sociale.Ces aumôniers doivent accomplir un travail d\u2019éducation et de formation.C\u2019est à eux qu\u2019il revient de stimuler et d\u2019encourager dans les épreuves, mais surtout d\u2019imprégner les âmes de la merveilleuse doctrine sociale de l\u2019Église, de développer, avec la grâce de Dieu, chez tous les membres et plus particulièrement chez les chefs, l\u2019esprit surnaturel avec tout son cortège de vertus chrétiennes.Pour assurer l\u2019unité de pensée et d\u2019action de tous les prêtres engagés dans l\u2019action sociale, Nous avons établi la Commission sacerdotale d\u2019études sociales.L\u2019influence heureuse qu\u2019elle a déjà exercée Nous fait espérer qu'elle imprimera un élan puissant à l\u2019action nécessaire des prêtres, voire des fidèles, dans l\u2019œuvre de la restauration sociale et du relèvement de la classe ouvrière.52.\t(190) Le zèle attendit des prêtres en vue de placer le travailleur moderne dans des conditions de vie matérielles et sociales en \u2014 595 \u2014 harmonie avec sa dignité s'explique seulement par l\u2019amour qui fait battre leur cœur, \u201c ce même amour qui faisait battre le cœur du Christ \u201d(97).' CONCLUSION 53.\t(201-203) Au terme de cette Lettre, Nous avons la conviction, N.T.C.F., que vous comprenez mieux la nécessité pour tout vrai disciple du Christ de travailler, d\u2019une façon énergique et généreuse, à l\u2019instauration chrétienne d\u2019une meilleure condition de vie pour les travailleurs.Nous avons confiance que nos enseignements et nos directives seront reçues par tous avec foi et compréhension.Que les apôtres sociaux, prêtres et laïcs, redoublent de zèle ! Puissent les laïques, à la lumière des enseignements de l\u2019Eglise, édifier les structures économiques et sociales par lesquelles notre société procurera à tous les citoyens une plus juste participation aux biens de notre pays.54.\t(204) Nous faisons appel à la générosité, au courage, à l\u2019esprit chrétien de tous les responsables de la vie sociale, dans quelque sphère que ce soit.Nous leur disons avec le ferme espoir d\u2019être entendus : \u201c Appliquez-vous de votre mieux à l\u2019étude et à l\u2019action indispensables pour faire passer dans la vie privée et publique le message de fraternité que Nous avons exposé.Efforcez-vous \u201c d\u2019entraîner les autres vers cette justice sociale dont doivent avoir faim et soif tous les vrais disciples du Christ \u201d (104).Enfin vivez résolument fidèles au Cœur de Jésus, foyer d\u2019amour, et poursuivez l\u2019idéal de rendre possible à toutes nos familles ouvrières une vie conforme au sublime modèle offert par la Sainte Famille.Donnée à Québec, le quatorzième jour de février mil neuf cent cinquante.t Alexandre, Archevêque d\u2019Ottawa.t Georges, Archevêque de Rimouski.t Maurice, Archevêque de Québec.t Joseph-Eugène, Évêque de Mont-Laurier.t Louis, o.m.i., Évêque de Timmins.t Joseph-Alfred, Évêque de Valley field.t Joseph-Arthur, Évêque de Joliette.t Joseph-Aldée, Évêque d\u2019Amos. \u2014 596 f Anastase, Évêque de Saint-J ean-de-Québec.f Philippe, Évêque de Sherbrooke.t Napoléon-Alexandre, c.j.m., Évêque du Golfe Saint-Laurent.t Albini, Évêque de Nicolet.t Arthur, Évêque de Saint-Hyacinthe.f Georges, Évêque de Chicoutimi.t Albini, Évêque de Gaspé.t Georges-Léon, Évêque de Trois-Rivières.t William, J., Évêque de Pembroke.t Henri, o.m.i., Évêque titulaire de Perrhé, Vicaire Apostolique de la Baie James.t Lionel, o.m.i., Évêque titulaire d\u2019Isbo, Vicaire Apostolique du Labrador.f Conrad, Evêque titulaire d\u2019Arena, Administrateur Apostolique de Montréal.f Lawrence Patrick, Évêque titulaire d\u2019Opos, Auxiliaire à Montréal.t Charles-Eugène, Evêque titulaire de Diana, Auxiliaire à Rimouski.t Edouard, Évêque titulaire de Tabe, Auxiliaire à Joliette.t Charles-Omer, Évêque titulaire de Zorolus, Auxiliaire à Québec.t Percival, Évêque titulaire cVAlbule, Auxiliaire à Valley field. \u2014 497 \u2014 (No 11) LETTRE PASTORALE COLLECTIVE de Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Évêques de la Province civile de Québec et de la Province du Nouveau-Brunswick Sur la Croisade du Rosaire.Nous, PAR LA GRÂCE DE DlEU ET DU SlÈGE APOSTOLIQUE, Archevêques et Évêques de la Province civile de Québec et de la Province du Nouveau-Brunswick, Au clergé séculier et régulier, aux communautés religieuses et à tous les fidèles de Nos diocèses, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.Nos très chers Frères, 1.\tLa prière a toujours été la supplication de notre terre indigente vers la richesse éternelle d\u2019amour.Aux époques où le matérialisme étouffe le spirituel, où la justice et la charité paraissent n\u2019avoir plus leur place, où la paix semble avoir perdu son droit de cité, où les angoisses de toutes sortes diminuent les courages, où les mœurs de plus en plus légères veulent affranchir le monde de la pénitence et du sacrifice, ce moyen par excellence du retour au bien et à la vertu devient particulièrement indispensable.2.\tPar sa vie, le divin Maître montre bien cette nécessité fondamentale de la prière.Voulant nous servir d\u2019exemple, Mandements des Évêques de Québec, volume XVII. \u2014 498 le Rédempteur, source de toute grâce et de toute vertu, s\u2019est retiré à l\u2019écart pour prier(l).Une autre fois, Il s\u2019en alla sur la montagne et passa toute la nuit à prier Dieu (2).A la veille de Son sacrifice suprême, le Christ priait plus instamment (3).Saint Paul dira plus tard : \u201c C\u2019est Lui qui dans les jours de Sa chair, ayant avec de grands cris et avec larmes offert des prières et des supplications.a été exaucé pour Sa piété.\u201d(4) 3.\tNon seulement Dieu veut faire du bien aux hommes, mais encore R a promis de dispenser largement les trésors célestes à qui les Lui demanderait.\u201c Tout ce que vous demanderez au Père en Mon Nom, Je le ferai.\u201d (5).Comme moyen de retour à une meilleure vie chrétienne, l\u2019apôtre saint Jacques nous invite à prier les uns pour les autres afin d\u2019obtenir la guérison de nos âmes (6).Contre les mouvements désordonnés des passions, contre les embûches du démon qui nous entoure pour nous induire au mal, contre la haine qui étreint les cœurs, le divin Rédempteur nous presse de supplier le ciel.\u201c Veillez et priez, afin de ne point entrer en tentation.\u201d (7) N\u2019en doutons pas, la prière faite avec piété, touche le cœur de Dieu et attire sur notre monde la divine miséricorde.4.\tNotre Mère la sainte Eglise fortifie par la prière l\u2019élan de sa vie conquérante.En levant vers le ciel ses yeux et ses mains suppliantes, elle s\u2019avance d\u2019un pas tranquille et sûr à travers les difficultés des siècles, pour en dissiper les ténèbres et donner à tous, dans une force qui n\u2019est jamais vaincue le réconfort de sa tendresse et de sa paix.A ses enfants, elle proclame que la prière exprime la foi, témoigne de l\u2019espérance, alimente l\u2019amour et demande la pain quotidien.5.\tN.T.C.F., c\u2019est sous l\u2019inspiration de ces pensées, de même que pour faire écho aux instances de la Très Sainte Vierge à Lourdes et Fatima, aux appels réitérés des Souverains Pontifes, aux vœux de Sa Sainteté Pie XII pour le grand retour et le grand pardon durant la présente Année Sainte (8), et à la toute récente invitation du Souverain Pontife pour instaurer 499 \u2014 la paix véritable au sein des peuples (9), que Nous avons cru bon d\u2019intensifier chez nos fidèles l\u2019amour et la pratique de la prière en organisant une grande Croisade du Rosaire au foyer.Cette Croisade de prières aura lieu du 15 septembre au 15 octobre prochain.Nous supplions toutes nos familles de s\u2019enrôler sous l\u2019étendard de la Reine du Rosaire en récitant chaque jour, au foyer, au moins la troisième partie de cette prière.6.\tC\u2019est la Sainte Vierge elle-même qui, en octobre 1213, enseignait le Rosaire à saint Dominique, pour sauver les nations chrétiennes de l\u2019hérésie des Albigeois.L\u2019histoire nous rapporte que cette prière, non seulement arrêta par une victoire militaire les flots de l\u2019erreur, mais, ce qui est plus grand, opéra la conversion des hérétiques.Trois siècles plus tard, le Pape saint Pie V, en demandant aux princes chrétiens de combattre les Turcs qui menaçaient d\u2019imposer à l\u2019Europe leur joug de superstition et de barbarie, confia le succès de sa cause à Notre-Dame-du-Rosaire.La réponse aux Avé de l\u2019Eglise fut la bataille victorieuse de Lépante qui repoussa définitivement l\u2019envahisseur.7.\tNous n\u2019avons pas à faire ici, N.T.C.F., l\u2019apologie complète du Rosaire, ni à montrer longuement qu\u2019il est un moyen facile d\u2019inculquer dans les esprits et les cœurs, les principaux dogmes de notre foi.Qu\u2019ils Nous suffise de souligner que, là où la pratique du Rosaire est restée en honneur, la foi n\u2019a pas eu, en général, à souffrir de l\u2019ignorance, prélude des souffles empoisonnés de l\u2019erreur.Car, dans cette prière de choix, récitée quotidiennement, chaque fidèle, chaque famille, chaque peuple, alimente sa foi aux sources pures de l\u2019éternelle vérité.8.\t\u201c Cette pratique de piété, écrit Sa Sainteté Pie XI(10), admirablement répandue par saint Dominique, non sans l\u2019inspiration de la Vierge Mère de Dieu et un avertissement céleste, est certainement utile à tous, même aux ignorants et aux âmes simples.Mais combien sont éloignés du chemin de la vérité, \u2014 500 ceux qui regardent cette dévotion comme une formule fastidieuse, répétée avec une cantilène monotone et la rejettent comme bonne tout au plus pour les enfants et les bonnes femmes ! Il est à remarquer à ce propos que, même lorsque la piété et b amour répètent fois sur lois les mêmes paroles, ils ne répètent pas pour cela la même chose, mais expriment toujours quelque chose de nouveau, jaillissant du sentiment intime de charité.De plus, cette façon de prier a le parfum de la simplicité évangélique et requiert l\u2019humilité de l\u2019esprit, dont le mépris, comme nous l\u2019enseigne le divin Rédempteur, nous rend impossible l\u2019acquisition du royaume céleste : \u2018 Je vous le dis, en vérité, si vous ne devenez semblables à des petits enfants, vous n\u2019entrerez pas dans le royaume des cieux \u2019(St Matt., 18,3).\u201d 9.\tIl reste donc que la dévotion au Rosaire, par son caractère et son efficacité toujours actuels, répond aux besoins les plus urgents de nos temps difficiles.Il est un cri angoissant pour ramener les âmes à une pratique plus austère de l\u2019Evangile, pour rappeler à chacun ses devoirs, pour instaurer dans le monde la justice et la charité, et pour susciter chez les fidèles un apostolat qui collabore à l\u2019œuvre de Dieu.Cette prière, faite avec dévotion et amour, détournera du cœur des peuples le péché qui les rend misérables pour y instaurer la justice qui les élève (11).Faire régner le Christ en plénitude chez les individus, dans les familles et au sein des nations, avec le rayonnement de surabondance spirituelle et temporelle qui en découle, voilà, en définitive, ce que par le Rosaire, nous demandons à la divine Médiatrice de toutes grâces.Comme par le passé, que de victoires bienfaisantes ne pourrait pas remporter dans notre monde matérialisé cette arme par excellence du combat chrétien.10.\tChez nous, la dévotion mariale par le Rosaire a contribué largement à maintenir notre vie catholique.Par cette prière, nous sommes toujours certains d\u2019atteindre Marie, \u201c secours des pécheurs, source de notre joie, rempart de notre force et siège de la sagesse ! \u201d(12).La patronne céleste du genre hu- \u2014 501 \u2014 main ne donne-t-elle pas aux âmes qui la prient cette foi profonde, cette espérance ferme et cette charité ardente qui les mettent à l\u2019abri des flots du mal, et leur montrent la route sûre de la perfection chrétienne ?Dans la méditation des mystères du Rosaire, nous apprenons, à sanctifier nos joies comme nos douleurs, et à garder, par-dessus tout, nos yeux et nos cœurs tournés vers la patrie céleste.11.\tL\u2019organisation de la Croisade est confiée aux Révérends Pères Oblats de Marie-Immaculée, gardiens du Sanctuaire National du Cap-de-la-Madeleine.De ce centre consacré à Notre-Dame-du-Rosaire, partiront les mots d\u2019ordre qui nous agenouilleront tous devant la Mère de Dieu.Les organismes diocésains d\u2019Action catholique, désignés à cette fin, transmettront aux paroisses les publications nécessaires.On devra se conformer aux consignes données.Également, le Centre de la Croisade fournira les détails particuliers concernant la prédication et les journées de prières.Il sollicitera aussi la participation empressée de la radio et de la presse.Nous avons confiance que tous, et particulièrement les mouvements d\u2019Action catholique et les Associations pieuses, sauront faire les sacrifices nécessaires pour collaborer efficacement à ce travail de restauration spirituelle.12.\tN.T.C.F., Nous attendons de cette Croisade du Rosaire au foyer un grand renouveau de vie chrétienne.Notre espoir est que toutes les classes sociales bénéficient de la récitation du Saint-Rosaire et de la méditation des Saints Mystères.Les chefs temporels y trouveront la lumière dont ils ont besoin pour conduire le peuple à travers les difficultés actuelles ; les patrons, en même temps que les ouvriers, puiseront dans la récitation du chapelet, un plus grand souci d\u2019appliquer, dans leurs relations sociales, la justice et la charité ; les époux resserreront encore les liens qui les unissent dans le sacrement de mariage ; les parents recueilleront de cette dévotion l\u2019inestimable consolation de mieux voir grandir le Christ dans leurs enfants ; ils rendront leurs foyers plus propices à l\u2019éclosion des \u2014 502 vocations divines ; les enfants aimeront davantage les auteurs de leurs jours, comme les représentants d'è Dieu ; enfin, les jeunes gens et les jeunes filles pratiqueront avec une courageuse perfection la belle vertu qu\u2019ils contempleront dans la Reine du Rosaire.13.\tEn vous enrôlant tous sous la bannière de Marie, par la récitation fervente du Rosaire, vous apporterez une contribution nouvelle à l\u2019Année Sainte, si chère à notre bien-aimé Pontife Pie XII et à toute l\u2019Église.Vous aurez soin, dans ces prières, de vous unir aux intentions mêmes que soulignait Notre Très Saint Père le Pape pour cette année du Jubilé.Si tous saisissent avec confiance cette arme de salut, Marie, la toute-puissance suppliante, saura donner la victoire à la vertu, à l\u2019amour et à la paix.14.\tD \u2019une voix commune, supplions donc la Reine des anges et des hommes.\u201c De même qu\u2019au temps des Croisades s\u2019élevait dans toute l\u2019Europe, de tous les peuples, une seule voix, une supplication unique, qu\u2019aujourd\u2019hui également, dans le monde entier, dans les villes et dans les plus petits pays, tous cherchent, unis par le cœur et l\u2019effort, au moyen d\u2019instances filiales et constamment répétées, à obtenir de la Mère de Dieu que soient défaits les ennemis de la civilisation chrétienne et humaine, afin que sur les hommes fatigués et égarés puisse resplendir la véritable paix! \u201d(13).Sera Notre présente Lettre pastorale collective lue et publiée au prône dans toutes les églises paroissiales et en Chapitre dans les Communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception.Donné à Québec, le quinzième jour du mois d\u2019août, en la Fête de l\u2019Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie.f Alexandre, Archevêque d\u2019Ottawa.f Norbert, Archevêque de Moncton. \u2014 503 f Georges, Archevêque de Rimouski.f Maurice, Archevêque de Québec.f Paul-Emile, Archevêque de Montréal.f Joseph-Eugène, Évêque de Mont-Laurier.f Louis, o.m.i., Évêque de Timmins.f Joseph-Alfred, Évêque de Valley field.f Joseph-Arthur, Évêque de Joliette.t Joseph-Aldée, Évêque d\u2019Amos.f Anastase, Évêque de Saint-Jean-de-Québec.t Patrick-Albert, Évêque de Saint-Jean (N.B.).f Philippe, Évêque de Sherbrooke.f Napoléon-Alexandre, c.j.m., Évêque du Golfe Saint-Laurent.f Albini, Évêque de Nicolet.f Arthur, Évêque de Saint-Hyacinthe.t Georges, Evêque de Chicoutimi.t Albini, Évêque de Gaspé.f Camille-André, Évêque de Bathurst.f Georges-Léon, Évêque de Trois-Rivières.t William J., Évêque de Pembrooke.f Joseph-Roméo, Évêque d\u2019Edmundston.f Henri, o.m.i., Évêque titulaire de Perrhé, Vicaire apostolique de la Baie James.t Lionel, o.m.i., Évêque titulaire d\u2019Isbo, Vicaire apostolique du Labrador.t Conrad, Évêque titulaire d\u2019Arena, Auxiliaire à Montréal.t Lawrence Patrick, Évêque titulaire d\u2019Opos, Auxiliaire à Montréal.f Charles-Eugène, Évêque titulaire de Diana, Auxiliaire à Rimouski.f Edouard, Évêque titulaire de Tabe, Auxiliaire à Joliette.f Charles-Omer, Évêque titulaire de Zorolus, Auxiliaire à Québec.t Percival, Évêque titulaire d\u2019Albule, Auxiliaire à Valley-field. \u2014 504 INDEX DES\tRÉFÉRENCES 1\u2014\tSt Marc, 1,35 ; 2\u2014\tSt Luc, 6, 12 ; 3\u2014\tSt Luc, 22, 43 ; 4\u2014\tHébreux, 5, 7 ; 5\u2014\tSt Jean, 14, 13 ; 6\u2014\tSt Jacques, 5, 16 ; 7\u2014\tSt Matthieu, 26, 41 ; 8\u2014\tPie XII, Bulle d\u2019indiction du\t9\u2014Pie XII, Summae Moeroris, 26 juillet 1950 ; 10\u2014\tPie XI, Ingravescentibus Malis, 29 sept.1937 ; 11\u2014\tProverbes, 14, 34 ; 12\u2014\tLitanies de la Sainte Vierge ; 13\u2014\tPie XI, Ingravescentibus Malis, 29 sept.1937.Jubilé Universel, 26 mai 1949 ;\t\u2022 \u2014 505 (No 12) CIRCULAIRE AU CLERGÉ Archevêché de Québec, le 1 Janvier 1951.La présente Circulaire comporte la série chronologique, précédée d\u2019une table alphabétique, des principaux communiqués d\u2019ordre disciplinaire ou historique, parus dans la \u201c Semaine Religieuse \u201d, au cours de l\u2019année 1950.TABLE ALPHABÉTIQUE ABSTINENCE, Dispense partielle de 1\u2019.508 ANNÉE SAINTE, Prières prescrites pour 1\u2019.506 ASSOMPTION, A l\u2019occasion de la proclamation du dogme de 1\u2019.512 .Messe votive de 1\u2019.514 BINAGE, Rapport mensuel des messes de.516 COLPORTEURS, Solliciteurs et.506 CROISADE du Rosaire en famille\t509 FÊTE du Christ-Roi, 25ème anniversaire de la.511 HONORAIRES de messes.507 MARGUERITE BOURGEOYS, \u201c Te Deum \u201d d\u2019Action de grâces (béatification) .514 MINISTRES de la PENTECÔTE (mise en garde).516 OBIOU, Prières pour les Victimes de l\u2019accident de 1\u2019.515 PRIÈRES, pour les Victimes de l\u2019accident de l\u2019Obiou\t515 .pour la Paix\t516 .prescrites pour l\u2019Année Sainte\t506 .spéciale du dimanche de la Passion\t507 QUÊTES, pour les Oeuvres du S.-Père\t510 .pour les Sinistrés de Rimouski\t508 .Répartition des Zones Missionnaires pour les.516 RETRAITES SACERDOTALES, hausse du prix de la pension des.510 Mandements des Évêques de Québec, volume XVII. 506 ROSAIRE, Remerciement de l\u2019Épiscopat,\t516 ., Croisade du .en famille\t506 SAINTS-MARTYRS-CANADIENS, Messe Votive des.506 SOLLICITEURS et Colporteurs\t506 TÉMOINS de JÉHOVAH (mise en garde).516 ZONES MISSIONNAIRES, répartition des.pour les Quêtes\t516 Prières prescrites pour l\u2019Année Sainte Une fois par semaine, dans toutes les églises et oratoires publics et semi-publics du diocèse, on récitera à haute voix la prière de Sa Sainteté le Pape Pie XII pour l\u2019Année Sainte, soit à la messe, soit au cours d\u2019un autre exercice public de dévotion.Jusqu\u2019à nouvel ordre, les prêtres réciteront à la messe, comme oraison impérée, l\u2019oraison \u201cAd postulandam caritatem \u201d (Ora-tiones diversae, No 29).\u2014 23 février 1950.Solliciteurs et colporteurs Messieurs les curés sont priés de communiquer à leurs paroissiens l\u2019avis suivant, qui vient du directeur régional des allocations familiales, monsieur Lionel Lafrance : \u201c Il est venu à notre connaissance que des solliciteurs et colporteurs s\u2019adressent aux familles de la province de Québec en déclarant faussement représenter ou avoir l\u2019appui des autorités du bureau des Allocations familiales afin de faciliter la vente de leurs diverses marchandises.Ces gens ne se gênent pas pour intimider les mères de familles en leur faisant croire que si elles n\u2019achètent rien d\u2019eux, leur refus pourra affecter le versement futur des allocations familiales.Ces fausses représentations nous ont été signalées de plusieurs endroits de la province. \u2014 '507 Nous désirons rappeler à toutes les mères de familles, qui reçoivent les allocations familiales, qu\u2019elles seules peuvent décider de l\u2019emploi des chèques d\u2019allocations familiales reçus en faveur de leurs enfants ; le bureau des allocations n\u2019auto-rise et ne donne son appui à nulle personne pour la vente de marchandise de quelque sorte que ce soit.\u201d\u2014 le 6 mars 1950.t Maurice, .»¦¦¦:\tArchevêque de Québec.Prières spéciales du dimanche de la Passion Dans son Encyclique dont le texte vient d\u2019être publié, Sa Sainteté le Pape demande que l\u2019on fasse partout des prières publiques le Dimanche de la Passion, en union avec les souffrances de Notre-Seigneur.Sa Sainteté le Pape Pie XII descendra ce jour-là à Saint-Pierre de Rome pour y prier avec la foule des pèlerins., ,\t.Nous vous demandons d\u2019exhorter vos paroissiens à se joindre à cette croisade de prière pour le salut du monde.;\t1 i Nous vous laissons le soin de déterminer la forme que prendra cette prière publique en union avec le Pape.Que ce soit une heure sainte, au cours de laquelle on pourra chanter les Vêpres devant le Saint-Sacrement exposé, ou l\u2019exercice du Chemin de la Cioix, 1 Heure du Rosaire ou encore une série d\u2019exercices qui, dans les paroisses plus nombreuses, appelleront successivement plusieurs groupes de paroissiens à l\u2019Église, Nous av ons confiance que votre zele saura trouver la formule la mieux adaptée à votre milieu.Nous vous permettons d\u2019exposer le Saint-Sacrement après la dernière messe et de le laisser expose toute la journée, si vous le jugez à propos.Vous n\u2019oublierez pas de réciter la prière de Sa Sainteté le Pape pour l\u2019Année Sainte et de proposer aux fidèles les intentions auxquelles Sa Sainteté leur demande instamment de prier.\u2014 23 mars 1950.Honoraires de Messes Les honoraires de Messes semblent se faire plus rares au point qu\u2019il Nous a été impossible d\u2019en donner à tous les prêtres., \u2014 508 \u2014 même du diocèse, qui Nous en avaient fait la demande.Il n\u2019est pas normal que les prêtres en manquent dans un diocèse comme le nôtre.J\u2019invite donc MM.les Curés, les autres prêtres ainsi que les Communautés religieuses et les exécuteurs testamentaires qui auraient un surcroît d\u2019offrandes de Messes dont ils peuvent disposer, à bien vouloir les faire parvenir, conformément aux décrets synodaux 222 et 223, à M.le Procureur de l\u2019Archevêché de Québec.Celui-ci pourra tout d\u2019abord satisfaire équitablement aux demandes des prêtres du diocèse et s\u2019il y a lieu, disposer du surplus selon les désirs et les instructions du Saint-Siège.\u2014\u2022 27 mars 1950.t Maurice Roy, Archevêque de Québec.Dispense partielle de l\u2019abstinence Pous les raisons particulières exposées par les Aumôniers des bûcherons, et vu la difficulté actuelle de se procurer des aliments maigres dans les chantiers du diocèse.Nous accordons par les présentes dispense partielle de l\u2019abstinence- à nos diocésains travaillant dans les chantiers où se trouvant, même temporairement, dans les camps de bûcherons, de sorte qu\u2019ils pourront manger gras aux repas du matin et du midi, le vendredi et les autres jours d\u2019abstinence ; on restera tenu toutefois de faire maigre au repas du soir ces mêmes jours ainsi qu\u2019aux trois repas du Vendredi Saint.\u2014 6 avril 1950.t Charles-Omer Garant, V.G., Aux.à Québec.\u2022 ) Quête pour les sinistrés de Rimouski Par décision de Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Évêques de Québec, réunis en assemblée à l\u2019Archevêché de Québec, une quête sera faite dans toutes les églises. \u2014 509 \u2014 de leurs diocèses, dimanche le 21 mai prochain, pour venir en aide aux victimes des deux conflagrations qui, depuis quelques jours, ont éprouvé l\u2019Archidiocèse de Rimouski.\u2014 9 mai 1950.t Charles-Omer Garant, Secrétaire de l\u2019Assemblée.Croisade du Rosaire en famille Par décisions de Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Évêques de la Province de Québec, il y aura, en septembre et octobre, dans les Provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa et Rimouski une grande Croisade du Rosaire en famille.L\u2019organisation de cette croisade a été confiée aux Révérends Pères Oblats du Cap-de-la-Madeleine ; le Révérend Père Edmond Lemieux, O.M.I., en sera le directeur.Au nom de Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Évêques, Nous demandons à tous ceux qui seront appelés à collaborer à cette croisade, de prêter généreusement leur concours et Nous sommes assuré que Notre-Dame du Rosaire se plaira à répandre sur tous ceux qui y participeront des grâces de choix.-\u2014 30 juin 1950.t Charles-Omer Garant, Secrétaire de l\u2019Assemblée.Messe votive des Saints Martyrs Canadiens Sacra Congregatio\tD.8/950.RITUUM.Ditionis Canadensis Instantibus Exc.mis ac Rev.mis Archiepiscopis et Episcopis Canadensis Ditionis, Sacra Rituum Congregatio, utendo facultatibus sibi specialiter a Sanctissimo Domino nostro Pio Papa XII tributis, benigne induisit ut sacerdotes pere-grini et duces peregrinorum, Sacrum litantes in ecclesia ubi 510 \u2014 corpora Sanctorum Martyrum Canadensium, Midland, Ontario, asservantur, Missam votivam eorundem Sanctorum Martyrum singulis per annum deibus celebrare valeant, dummodo non occurat duplex I.vel II.classis et Dominica, nec non Feria, Octava et Vigilia quae sint ex privilegiatis ; excepto quoque Quadragesimali tempore.Servatis de cetero Rubricis.Ad proximum quinquennium.Contrariis non obs-tantibus quibuscumque.Die 17 Martii 1950.Sigillum.\tf C.Card.Micara, Praef.f A.Carinci, Arch.Seleuden., Secretarius.\u2014 20 juillet 1950.Retraites sacerdotales Depuis plusieurs années, vu la hausse du coût de la vie et Tinsuffisance des contributions versées par les retraitants, les institutions où ont lieu les retraites diocésaines ont eu un déficit.Pour remédier à cet état de choses, il est devenu nécessaire d\u2019augmenter le prix de la pension.A partir de cette année, le prix de la pension sera de dix dollars pour les prêtres qui ont vingt ans et plus de prêtrise, et de sept dollars pour les autres.\u2014 28 juillet 1950.f Maurice Roy, Archevêque de Québec.Quête pour les Oeuvres du Saint Père On fera dans tout le Canada, au cours du mois de septembre, une quête pour les oeuvres de charité de Notre Saint Père le Pape.Cette quête se fera dans notre diocèse le dimanche 17 septembre.On devra en envoyer le produit à Monsieur le Procureur de l\u2019Archevêché avant la fin de ce mois.Je prie Messieurs les Curés de bien attirer l\u2019attention de leurs fidèles sur l\u2019importance de cette collecte ; ils voudront bien l\u2019annoncer le 10 septembre et rappeler, le 17, à quelle \u2014 511 \u2014 fin est faite la quête du jour.Ils pourront lire en chaire le communiqué suivant : La quête pour les œuvres du Pape se fait dans tout le Canada pour mettre entre les mains de Sa Sainteté de quoi soulager la misère de ceux qui se tournent vers le Souverain Pontife pour lui demander la charité.Innombrables sont les malades, les orphelins, les pauvres des pays éprouvés par la guerre ou la persécution qui s\u2019adressent au Vatican pour demander secours.La moitié du produit de cette quête sera .envoyée directement au Pape ; l\u2019autre moitié servira à maintenir les œuvres que Sa Sainteté a confiées aux évêques canadiens, en particulier l\u2019assistance aux orphelins de guerre qui arrivent au Canada dans le plus complet dénuement.Que Dieu bénisse tous ceux qui aideront l\u2019Église à accomplir son œuvre de charité envers les pauvres et les affligés \u2014 4 septembre 1950.f Maurice Roy, Archevêque de Québec.Fête du Christ-Roi Vingt-cinquième anniversaire L\u2019Église universelle célébrera, le dimanche 29 octobre ¦courant, le 25ème anniversaire de l\u2019institution de la Fête du Christ-Roi.Cette fête rappelle à tout homme, à toute famille et à toute société que le Christ a des droits souverains sur l\u2019univers tout entier, et que cette souveraineté absolue, lorsqu\u2019elle est reconnue et acceptée, est l\u2019unique gage de paix, de bonheur et de prospérité.Il importe donc cette année, de célébrer avec une ferveur uncore plus grande ce religieux événement.Si l\u2019humanité est accablée de calamités, si l\u2019Église, plus particulièrement, souffre en Ses membres les plus cruelles persécutions, n\u2019est-ce \u2014 512 pas dû, comme l\u2019affirmait Pie XI d\u2019immortelle mémoire, au fait que \u201c la plupart des hommes ont banni Jésus-Christ et Sa loi très sainte de leurs coutumes et de leur vie particulière comme de la Société familiale et de l\u2019État.\u201d Que chacun de nous fasse un sérieux examen de conscience : qu\u2019il se demande franchement quelle a été la mesure de sa contribution dans le travail de restauration du règne du Christ, et s\u2019il n\u2019a pas été plutôt parmi ceux dont Pie XI a dit que l\u2019inaction et la faiblesse avaient contribué à favoriser l\u2019œuvre néfaste des adversaires du Christ.Nous avons l\u2019espoir que, durant les quelques jours qui nous séparent de la fête du Christ-Roi, tous s\u2019efforceront de la bien préparer par une vie plus conforme aux préceptes évangéliques et par la réception plus fréquente et plus fervente du sacrement de l\u2019Eucharistie.la Croisade du Rosaire, actuellement en cours et dans laquelle, Nous l\u2019espérons, tous se sont généreusement enrôlés, aidera à cette préparation.Le règne de Jésus par le règne de Marie, c\u2019est la formule la plus sûre.La récitation du chapelet dans chaque famille servira à instaurer le règne du Christ-Roi dans tous les foyers.Il importe qu\u2019à l\u2019occasion du 25ème anniversaire de son institution, la fête du Christ-Roi soit célébrée avec la plus grande ferveur.Qu\u2019on en profite pour renouveler sa consécration personnelle, celle des familles, des paroisses, des municipalités.Ayons le fervent désir \u201c Qu\u2019il règne sur nous et sur nos foyers \u201d, et par là le Christ-Roi régnera sur les sociétés et sur le monde.Puisse le dimanche 29 octobre assurer un nouveau triomphe à notre divin Roi, Jésus-Christ.\u2014 13 octobre 1950.f Charles-Omer Garant, Aux.à Québec.A l\u2019occasion de la proclamation du dogme de l\u2019Assomption de la Sainte Vierge La définition du dogme de l\u2019Assomption donnera lieu, dans l\u2019univers catholique, à des célébrations grandioses.A Rome, \u2014 513 sur la Place Saint-Pierre, où se fera la proclamation solennelle-en présence de nombreux cardinaux, archevêques et évêques, aux acclamations de milliers de pèlerins venus de toutes les parties du monde, la Mère de Dieu sera l\u2019objet d\u2019un triomphe unique dans l\u2019histoire.L\u2019Église universelle fêtera dans l\u2019allégresse cet événement qui ajoute, pour ainsi dire, un nouveau joyau à la couronne de gloire de la Reine des Cieux.Les fidèles du diocèse de Québec se doivent de proclamer solennellement leur foi au nouveau dogme, de rendre à la Vierge Marie un hommage public en cette occasion.A cette fin, et pour mieux souligner ce jour de gloire mariale, Nous prescrivons ce qui suit : a)\tLà où la chose est possible, qu\u2019on organise, en la veille de la Toussaint au soir, la récitation du Rosaire, avec un commentaire des mystères ou encore que l\u2019on assure, durant la journée, la récitation continue du chapelet.Tous ceux qui ne pourront se rendre à l\u2019église auront à cœur de le réciter en famille ou individuellement.b)\tLe 1er novembre, jour de la définition du dogme, dans toutes les églises et les oratoires publics et semi-publics du diocèse, on chantera un Te Deum d\u2019action de grâces à la suite de la grand\u2019messe ou de la messe principale.c)\tL\u2019après-midi, à 2 heures, l\u2019on fera sonner pendant quinze minutes les cloches des églises et chapelles.Enfin, pour faire écho aux pieuses acclamations qui, de la Place Saint-Pierre, accueilleront la proclamation solennelle de l\u2019Assomption de Marie, nous convoquons tous les fidèles de la ville et de la banlieue à une démonstration publique au Colisée, à 3 heures de l\u2019après-midi.Nous demandons à Messieurs les Curés d\u2019inviter leurs fidèles à participer, en plus grand nombre possible, à cette manifestation de foi catholique et de piété mariale.Nous chargeons le Comité diocésain d\u2019Action catholique de voir aux détails de cette fête et Nous comptons que tous 514 \u2014 se conformeront à ses directives.Il faut un triomphe digne de la Vierge Marie et de sa glorieuse Assomption.\u2014 20 octobre 1950.t Charles-Omer Garant, Aux.à Québec.Messe votive de l\u2019Assomption La Délégation Apostolique, dans une communication transmise aux Excellentissimes et Révérendissimes Ordinaires du Canada, les informe que le Souverain Pontife a bien voulu autoriser, pour le premier novembre prochain, dans les églises, dans les oratoires publics et semi-publics, la célébration d\u2019une messe chantée \u201c de Assumptione Beatae Mariae Virginis \u201d, en y ajoutant, sous une seule conclusion, l\u2019oraison de la messe du jour.Toutes les autres messes, chantées ou non, seront de la fête de la Toussaint.\u2014 25 octobre 1950.t Charles-Omer Garant, Auxiliaire à Québec.Te Deum d\u2019actions de grâces Dimanche prochain, 12 novembre, Sa Sainteté le Pape Pie XII proclamera Bienheureuse la Vénérable Mère Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame.Pour nous unir au triomphe dont sera l\u2019objet dans la Ville éternelle la nouvelle Bienheureuse en ce jour de gloire et pour marquer notre reconnaissance envers Notre Saint-Père le Pape pour la glorification de cette fondatrice de l\u2019Église canadienne, Nous prescrivons que, dans toutes les églises et dans tous les oratoires publics et semi-publics du diocèse, un Te Deum d\u2019action de grâces soit chanté après la grand\u2019messe paroissiale ou la messe principale.\u2014 6 novembre 1950.f Charles-Omer Garant, Aux.à Québec. 515 Prières pour les Victimes de l\u2019accident de l\u2019Obiou La terrible nouvelle d\u2019un accident arrivé à un groupe de pèlerins canadiens revenant de Rome a plongé le diocèse dans une immense tristesse.La liste de ceux qui sont morts ou blessés n\u2019est pas encore définitive mais Nous savons déjà que plusieurs prêtres et fidèles du diocèse sont au nombre des victimes.Son Excellence Monseigneur l\u2019Archevêque, rejoint à Rome par téléphone, Nous a dit sa peine et sa consternation en Nous priant d\u2019assurer toutes les familles éprouvées de sa profonde sympathie et de ses prières.C\u2019est dans les mêmes sentiments que Nous chanterons Nous-même, dans la cathédrale, jeudi matin, à 9.30 hres, une messe de Requiem.De plus, pour permettre aux fidèles du diocèse de s\u2019associer à ce deuil, Nous demandons que, dimanche prochain, dans toutes les églises paroissiales un Libera soit chanté pour le repos de l\u2019âme de ceux qui ont perdu la vie dans cette tragédie.\u2014 13 novembre 1950.t Charles-Omer Garant, Auxiliaire à Québec.Rapport mensuel des messes de binage Monsieur le Procureur remarque que plusieurs prêtres, obligés d\u2019appliquer les messes de binage et certaines messes pro populo aux intentions de Monseigneur l\u2019Archevêque, oublient ou négligent de faire leur rapport mensuel à ce sujet ; on est prié d\u2019y porter une particulière attention, de façon que l\u2019Oeuvre du Grand Séminaire reste chère à chacun des prêtres et qu\u2019elle ne soit pas ainsi privée des honoraires de messes que l\u2019induit nous autorise à accepter en sa faveur \u2014 30 novembre 1950. \u2014 516 Remerciements de l\u2019Épiscopat \u2014 Prière pour la paix \u2014 Mise en garde LL.EE.NN.SS.les Archevêques et Évêques des Provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa et Rimouski réunis en assemblée plénière à l\u2019Archevêché de Québec, ce douzième jour de décembre, mil neuf cent cinquante.lo remercient les fidèles de leurs diocèses de la spontanéité avec laquelle ils ont répondu à leur invitation, lors de la Croisade du chapelet en famille ; 2o invitent instamment leurs fidèles à la prière et à la confiance en ces jours où les problèmes internationaux prennent une ampleur dont la solution semble dépasser la puissance et l\u2019intelligence humaines.Aussi ils demandent à tous d\u2019offrir leurs prières pour la Paix, spécialement durant la neuvaine qui précédera la Fête de Noël (du 16 au 24 décembre), neuvaine recommandée par Notre Très Saint Père le Pape.Les Évêques profitent de l\u2019occasion pour exprimer le souhait que bientôt, à la même heure, un réseau de prières mariales enveloppe toute notre province ; 3o dénoncent les actes et les procédés de propagande de certaines sectes pseudo-religieuses qui sont un danger sérieux pour la foi.Par des moyens, dont le but principal est de prendre en défaut la bonne foi de nos fidèles, ces sectes propagent l\u2019erreur.Seuls les évêques sont gardiens de la foi et ils demandent à leurs fidèles d\u2019être vigilants et de ne jamais écouter ces colporteurs d\u2019erreurs qui s\u2019appellent eux-mêmes \u201c Témoins de Jéhovah \u201d ou \u201c Ministres de la Pentecôte \u201d.\u2014 12 décembre 1950.t Charles-Omer Garant, Secrétaire de l\u2019Assemblée.Répartition des Zones missionnaires Zone \u201cA \u201d Sainte-Thérèse de VEnfant-Jésus Cette zone se compose des paroisses du Vicariat Lrbain No I et des Vicariats Forains Nos I à VI inclusivement, ainsi 517 \u2014 que des paroisses de Notre-Dame de Lévis et de Sainte-Jeanne d\u2019Arc.Les communautés et instituts suivants sont autorisés à y quêter : Les Prêtres des Missions Etrangères et les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie.De plus, les Pères Jésuites pourront visiter Notre-Dame-des-Victoires de Québec et les paroisses du Vicariat Forain No III ; les Pères Franciscains, Saint-Dominique de Québec et les paroisses du Vicariat Forain No I ; les Clercs de Saint Viateur, Notre-Dame de Québec et les paroisses du Vicariat Forain No V.Zone \u201cB\u201d Saint-Jean-de-Brébeuf Cette zone est formée du Vicariat Urbain No II et des Vicariats Forains Nos VII à XIII inclusivement, ainsi que des paroisses de Lauzon, Bienville et Sainte-Bernadette.Communautés et instituts autorisés : Les Pères Oblats, les Missionnaires du Sacré-Cœur, les Pères Maristes et les Sœurs Blanches.L\u2019Oeuvre d\u2019Orient a la même autorisation.Zone \u201cC\u201d Saint-François-X avier Cette zone comprend le Vicariat Urbain No III et les Vicariats Forains Nos XIV à XXI inclusivement, ainsi que les paroisses de Christ-Roi, Saint-David et Saint-Romuald.Communautés et instituts autorisés : les Pères Blancs, les Pères Dominicains et les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.De plus, les Pères Capucins se présenteront à Saint-Pascal-Baylon et aux paroisses du Vicariat Forain No XVIII ; Les Pères Rédemptoristes, à Stadacona et aux paroisses du Vicariat Forain No XX. 518 \u2014 Son Excellence Monseigneur l\u2019Archevêque a bien voulu ratifier la présente distribution et accorder pour un an aux: communautés ci-dessus désignées la permission nécessaire.Remarques Cependant même les instituts autorisés ne peuvent organiser dans leur zone des souscriptions, loteries, râfles, parties de cartes, etc., sans autorisation spéciale du Comité de la Coopération missionnaire.L\u2019article suivant du Règlement est toujours en vigueur : Art.4.La permission de solliciter des aumônes pour les missions par la voie des journaux ou autres périodiques n\u2019est accordée qu\u2019à la condition lo qu\u2019il y soit clairement indiqué que les aumônes doivent être remises non à tel missionnaire en particulier mais à l\u2019administration majeure de la communauté ou de la mission ; 2o que l\u2019administration majeure fasse chaque année au Comité diocésain rapport des aumônes-perçues dans les limites du diocèse.\u2014 28 décembre 1950. 519 \u2014 (No 13) ALLOCUTION PRONONCÉE dans la Cathédrale de Québec, le 8 avril 1951, a l\u2019occasion de la visite de Monsieur Vincent Auriol, Président de la République Française, ET DE AI AD AME AURIOL.Alonsieur le Président de la République, Aies bien chers Frères, Permettez-moi, Alonsieur le Président, de vous souhaiter la bienvenue dans l\u2019Église-Mère du Canada et de vous dire combien nous sommes sensibles au très grand honneur que vous nous faites.En nommant Monseigneur de Laval premier Évêque de Québec, le Roi de France le chargeait d\u2019assurer la croissance d\u2019une nouvelle nation chrétienne et française.Les vingt évêques qui se sont succédé sur le siège de Québec ont tous travaillé à cette oeuvre : notre peuple est resté chrétien et il est resté français.Au moment où, pour la première fois dans l\u2019histoire de notre pays, nous avons l\u2019insigne honneur de recevoir dans cette Cathédrale le Chef de l\u2019État français, ce n\u2019est pas sans fierté que Nous lui rendons compte de notre administration.Alonsieur le Président, c\u2019est de tout cœur que Nous continuerons de remplir la mission qui nous fut confiée il y a trois cents ans.Dans un geste qui nous touche profondément, vous avez voulu vous associer à notre prière en rendant hommage aux soldats de France, du Canada et de tous les pays alliés qui sont Mandements des Évêques de Québec, volume XVII. \u2014 520 \u2014 morts au champ d\u2019honneur au cours des deux guerres mondiales.Notre pensée se reporte en ce moment, avec une émotion pleine de gratitude, vers tous ceux qui dorment là-bas et qui ont donné leur vie pour libérer le sol de France.Où qu\u2019ils fussent nés, ces hommes aimaient la France ; ils admiraient ses paysages paisibles et ses magnifiques monuments, leurs cœurs avaient été conquis par son peuple laborieux et spirituel, fier et charitable.En veillant sur leurs tombes, la France n\u2019a cessé de leur témoigner sa gratitude.Nous devons avoir la même fidélité.Devant Dieu et devant les hommes, gardons à nos morts un constant et fraternel souvenir.Prenons garde d\u2019oublier tout ce que nous leur devons.Par dessus toute chose, ils ont voulu que nous puissions jouir de la paix ; pour l\u2019obtenir, ils ont tout donné.Que la paix soit encore précaire, cela ne diminue en rien la grandeur de leur œuvre ni la noblesse de leur sacrifice.Ce n\u2019est pas leur faute si, par suite des bouleversements de la société humaine, nous craignons d\u2019avoir à recommencer demain l\u2019œuvre que nous pensions avoir achevée.Regardant bien droit devant eux, ils ont généreusement accompli la mission qui leur était assignée ; ils nous ont montré de quelle manière, dans la paix comme dans la guerre, on doit remplir son devoir.Que Dieu daigne leur accorder la récompense promise aux âmes de bonne volonté.En priant, dans cette Basilique de Québec, pour ceux qui reposent en France, comment n\u2019évoquerions-nous pas également tous ceux qui dorment en terre canadienne après avoir réalisé, au cours de trois siècles, une grande œuvre catholique et française.Québec a exercé son rayonnement spirituel sur presque toute l\u2019Amérique du Nord, car le diocèse de Monseigneur de Laval avait les mêmes dimensions que la Nouvelle-France : il s\u2019étendait de l\u2019Atlantique au Pacifique et de l\u2019Océan Glacial au Golfe du Mexique.C\u2019est à Québec qu\u2019arrivaient sur les \u2014 521 \u2014 navires venus de France, les hardis pionniers qui devaient fonder une nouvelle chrétienté.C\u2019est d\u2019ici que sont partis, pour se répandre dans toute l\u2019Amérique du Nord, les découvreurs et les missionnaires, les défricheurs et les soldats.Gestes glorieux des martyrs torturés par les Indiens, vie obscure mais féconde de ces humbles femmes de France qui ont laissé dans nos foyers la solidité de leur foi et le charme de leurs chansons, labeur caché ou actions héroïques, c\u2019est cet héritage français gardé dans le pays de Québec qui assure aujourd\u2019hui encore l\u2019extraordinaire vitalité de notre race.Aussi voulons-nous retrouver, toujours semblable à lui-même, le visage de notre Mère-Patrie, et cela, beaucoup moins par culte du passé que par souci de l\u2019avenir.Car rien ne peut mieux assurer la grandeur de la France que les fortes vertus chrétiennes dont elle nous a tant de fois donné l\u2019exemple.Tout récemment encore, n\u2019avions-nous pas une nouvelle preuve de son courage et de sa générosité, quand, à la suite du désastre aérien qui a plongé Québec dans le deuil, la France nous a témoigné, avec une spontanéité qui nous a profondément émus, une sympathie si active et si fraternelle.Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous exprimer ici, du fond du cœur, notre immense gratitude.Français venus jadis au Canada, Canadiens qui reposent dans les cimetières de France, il suffit d\u2019évoquer leur mémoire pour voir par quels liens de l\u2019histoire et de la foi nos deux pays sont unis.Ce fut le vœu des morts et c\u2019est aussi la prière des vivants que ces liens gardent nos deux nations étroitement associées pour faire croître les richesses spirituelles dont elles ont hérité et pour les défendre contre toutes les attaques.Qu\u2019elles restent deux nations sœurs ; qu\u2019elles aident tous les peuples à mieux se comprendre et à mieux s\u2019aimer, afin qu\u2019ils se laissent toucher, selon la parole de Sa Sainteté le Pape Pie XII, par \u2014 522 \u201c la voix puissante du précepte divin de la paix et le regard doucement pénétrant du divin Enfant de la Crèche Nous nous tournons avec confiance vers Celle en qui tant de cités de France et du Canada ont vu leur Reine et leur Protectrice, qu\u2019on l\u2019appelle Notre-Dame de Paris ou Notre-Dame de Québec, Notre-Dame de Lourdes ou Notre-Dame des Victoires : la Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère des hommes, afin que, sur nos deux pays et sur le monde entier, son intercession assure le règne de la paix.Ainsi soit-il. \u2014 523 \u2014 (No 14) PANÉGYRIQUE DE LA BIENHEUREUSE MARGUERITE BOURGEOYS Prononcé par SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR MAURICE ROY ARCHEVEQUE DE QüÉBEC dans la Basilique-Cathédrale de Québec, le 22 avril 1951.Excellence, Mes Révérendes Sœurs, Mes bien chers Frères, Quand, au terme d\u2019une longue et pénible traversée, le navire qui amenait M.de Maisonneuve et sa recrue de cent huit soldats accosta à Québec, le 22 septembre 1653, la joie fut grande dans toute la ville.Après de longs mois d\u2019attente, on voyait enfin arriver le fondateur de Ville-Marie et les renforts nécessaires pour défendre lTle du Mont-Royal et, avec elle, toute la Nouvelle France.En acclamant le chef et ses soldats, on remarqua à peine, parmi les colons qui débarquaient à Québec, la présence d\u2019une humble champenoise qui était partie de Troyes pour devenir institutrice à Ville-Marie.D\u2019ailleurs celle-ci demeura tout d\u2019abord à la basse-ville, dans un coin de l\u2019entrepôt de la Compagnie de Montréal transformé en hôpital temporaire, où plusieurs soldats de la recrue de 1653 achevaient de se remettre des fièvres contractées pendant la traversée.Guidée par Jeanne Mance, que son arrivée avait comblée de joie, elle gravit bientôt la côte de la Montagne et aperçut, non sans désillusion, les cinq ou six maisons qui, avec quelques misérables cabanes, formaient la capitale de la Nouvelle-France.Il y avait là le Mandements des Évêques de Québec, volume XVII. \u2014 524 château Saint-Louis, résidence du gouverneur, avec le fort qui défendait la ville ; le magasin des Cent Associés ; la petite chapelle qui servait d\u2019église paroissiale, le collège des jésuites, le couvent des Ursulines et l\u2019Hôtel-Dieu.Dans la pauvre maison où l\u2019on éduquait ensemble les petites Françaises et les Indiennes, Marguerite Bourgeoys s\u2019entretint longuement avec Marie de l\u2019Incarnation.Le peu que nous savons de leurs relations nous permet de croire que, dès cette rencontre, ces deux grandes âmes se comprirent et que, par la suite, malgré tant de circonstances défavorables qui tendaient à les opposer l\u2019une et l\u2019autre, elles restèrent fraternellement unies.Au début de novembre, après avoir grelotté pendant une semaine dans une barque à voile, Marguerite Bourgeoys arrivait à Ville-Marie.Elle y venait pour enseigner, mais elle n\u2019y trouva pas d\u2019élèves : les quelques enfants qui s\u2019y trouvaient n\u2019avaient pas encore l\u2019âge de raison.Elle se contentera de faire le ménage dans la maison de Maisonneuve et de rendre mille services aux colons, jusqu\u2019au jour où elle pourra faire la classe à quelques petites filles.Malgré la menace constante des Iroquois, et les privations de toute sorte, l\u2019œuvre, commencée dans une étable, grandira lentement.Quelques compagnes viendront enfin se joindre à la première institutrice de Montréal.Marguerite Bourgeoys croit le moment venu de réaliser l\u2019idéal qu\u2019elle s\u2019était proposé avant son départ de France : celui de former une communauté de religieuses non cloîtrées qui iraient enseigner dans les écoles de campagne.A cette œuvre, elle consacre tous ses efforts.Mais ce n\u2019est que deux ans avant sa mort qu\u2019elle la verra pleinement réalisée.Le premier évêque de Québec, Mgr de Laval, admire l\u2019œuvre de Marguerite Bourgeoys, il permet à la fondatrice de former avec ses compagnes une sorte de confrérie appelée \u201c Les filles séculières de la Congrégation de Montréal \u201d ; mais il ne peut se résoudre à leur donner les constitutions et les vœux qui feraient d\u2019elles des religieuses.Soucieux de mettre un peu d\u2019unité dans son immense diocèse, qui compte à peine plus de deux mille âmes, il hésite à ajouter encore une \u2014 525 \u2014 communauté aux quatre maisons qui ont déjà tant de peine à vivre.Mais surtout, l\u2019idée d\u2019une congrégation de sœurs non cloîtrées était alors toute nouvelle ; on concevait mal qu\u2019une religieuse ne fut pas protégée par les murs et la grille de son couvent.Saint François de Sales qui, au début du siècle, s\u2019était proposé de fonder une congrégation de religieuses qui iraient visiter les pauvres, avait bientôt renoncé à son projet.Reprise un peu plus tard par saint Vincent de Paul, l\u2019idée commençait à faire son chemin ; mais Mgr de Laval attendait un signe de la Providence avant d\u2019autoriser une fondation d\u2019un genre si nouveau dans un pays où des instituts religieux anciens et solidement appuyés sur leurs maisons de France avaient eux-mêmes tant de peine à subsister.Enfin, en 1698, Mgr de Saint-Vallier approuvera les constitutions de la Congrégation et, entourée de ses compagnes, la fondatrice pourra prononcer publiquement ses vœux.Il ne lui restait plus que deux ans à vivre.Le 13 janvier 1700, après avoir offert sa vie pour obtenir la guérison d\u2019une de ses sœurs, elle est terrassée par la fièvre et meurt au bout de quelques jours.En quarante-sept ans de pauvreté, de sacrifices et de travail, elle avait fondé huit écoles et formé un peu plus de quarante religieuses.Voilà ce que fut, dans ses grandes lignes, la vie de la bienheureuse Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame.Vie tout intérieure, riche d\u2019oraison, de sacrifices héroïques, d\u2019ardente charité, mais vie sans éclat et apparemment sans succès.Et pourtant, c\u2019est vers cette humble fille que nos éducateurs et nos éducatrices doivent maintenant se tourner pour la prendre comme guide et comme modèle.* .* * Grâce aux recherches méthodiques et aux merveilleuses découvertes de la médecine et de la psychologie, la pédagogie moderne a fait des pas de géant.Elle a appris à l\u2019adulte à 526 \u2014 comprendre l\u2019âme de l\u2019enfant ; elle lui permet de suivre, dans ses phases les plus subtiles, le développement de sa sensibilité et de ses facultés intellectuelles, d\u2019utiliser toutes les ressources de son esprit et de son cœur pour l\u2019attirer vers la science qu\u2019il doit acquérir et, au lieu de le traiter comme une matière inerte, de mettre si bien en jeu toutes ses activités qu\u2019il collabore à sa propre éducation.Elle a pourvu les maîtres de manuels attrayants, d\u2019ouvrages de référence qui résument des bibliothèques entières, de programmes savamment étudiés de façon à faire acquérir les connaissances les plus nécessaires d\u2019une manière aussi méthodique et aussi efficace que possible.Ce sont là de réels et de merveilleux progrès.L\u2019Église les a toujours encouragés ; elle ordonne à tous les maîtres de retenir et d\u2019utiliser tout ce qu\u2019il y a de vrai et de bon dans la pédagogie moderne.Aussi l\u2019éducateur entre-t-il aujourd\u2019hui dans l\u2019école avec la juste conscience de savoir beaucoup mieux qu\u2019autrefois ce qu\u2019il doit enseigner aux enfants et de quelle manière il pourra obtenir leur attention et leur confiance.Il se sent riche de tout ce que la science a mis à sa disposition ; ses idées sont plus claires, sa tête est mieux meublée.Et pourtant c\u2019est à lui que, avec une sainte audace, l\u2019Église propose, comme modèle et comme protectrice, non un grand docteur, mais une humble fille du peuple, intelligente et avisée sans doute, mais peu instruite ; une carrière qui, loin de ré-fléter la belle ordonnance que la science met en toute chose, semble à première vue une longue succession de retards, de tâtonnements et d\u2019échecs ; une femme qui fut pendant longtemps une éducatrice sans programme, une institutrice sans élèves, une religieuse sans communauté.Quel acte de foi l\u2019Église nous demande, quand elle place, en face de nos magnifiques institutions, l\u2019étable humide et froide dans laquelle une pauvre fille aux vêtements rapiécés montrait leurs lettres à trois enfants de Ville-Marie.\u201c Et nunc reges intelligite.\u201d Venez vous instruire, vous qui êtes puissants et riches par votre science : voici la leçon \u2014 527 que Dieu vous donne.Leçon déconcertante sans doute, dont on serait tenté de dire, en reprenant les paroles de l'apôtre saint Paul, qu\u2019elle est \u201c un scandale pour les Juifs et une folie pour les Gentils Mais c\u2019est la leçon de l\u2019Évangile.Elle nous dit que, si précieuse, si nécessaire et si grande que soit notre science de l\u2019homme et de la nature, elle se résume à bien peu de chose devant cette immensité qu\u2019est l\u2019âme d\u2019un enfant.Elle nous dit que cette immensité demande à être comblée et que rien ne peut vraiment la satisfaire que Celui qui est infiniment plus grand qu\u2019elle, parce qu\u2019il est le Créateur de toutes choses.Ce dont l\u2019enfant a le plus besoin, même s\u2019il n\u2019a pas de mots pour dire de quelle faim il souffre, ce qu\u2019il exige, en vertu du droit le plus inaliénable qui soit, c\u2019est Dieu lui-même rayonnant dans l\u2019âme de ses éducateurs.Sans Lui, on peut encombrer les mémoires, mais on ne forme pas les cœurs ; on peut apprendre à compter, mais on ne montre pas à vivre, et l\u2019âme de l\u2019enfant devient tôt ou tard agitée et inquiète, comme celle d\u2019Augustin avant sa conversion, parce qu\u2019elle ne connaît pas Celui en qui seul elle peut trouver son repos.Le véritable éducateur, c\u2019est celui dont l\u2019âme est remplie de Dieu.Mais pour qu\u2019une âme soit remplie de Dieu, il faut tout d\u2019abord qu\u2019elle se vide d\u2019elle-même, qu\u2019elle se dépouille de plus en plus de tout ce qui peut être un obstacle à l\u2019action divine, en pratiquant l\u2019humilité, le détachement, la mortification et la pauvreté.Marguerite Bourgeoys a senti tout cela confusément dès l\u2019année 1640.Un jour, jetant la vue sur la statue de la Sainte Vierge, elle la trouva très belle et sentit son âme transformée par une grâce si puissante, qu\u2019elle pouvait écrire plus tard : Je me trouvai si touchée et si changée, que je ne me reconnaissais plus.\u201d Avec la simplicité qui la caractérise, elle décrira ce qui s\u2019est passé en disant : \u201c Je me donnai à Dieu en l\u2019année 1640.\u201d Dès ce moment, elle entendait bien que ce don fut total.Mais Dieu ne se contente pas de nos résolutions 528 et de nos promesses : il veut un don ratifié par toute une vie.Et pour qu\u2019une âme lui appartienne, il faut qu\u2019elle soit lentement arrachée à tout ce qui, par suite du péché originel, la retient encore du côté du monde.C\u2019est par les épreuves et les contradictions, par les souffrances et les angoisses, par toutes les purifications des sens et de l\u2019esprit, que l\u2019âme engagée dans la voie de la perfection, s\u2019élève vers un sommet, pour être placée, non sur le Thabor, mais sur le Calvaire ; pour ressembler de plus en plus à Notre-Seigneur Jésus-Christ, jusqu\u2019à ce qu\u2019elle puisse dire avec saint Paul : \u201c Christo confixus sum Cruci : Je suis cloué avec le Christ sur la Croix.\u201d Cette longue série d\u2019épreuves relie pour Marguerite Bour-geoys les années qui s\u2019écoulèrent de 1640 à 1700.Doutes sur sa vocation, délais interminables avant de pouvoir s\u2019embarquer pour le Canada, longue et pénible traversée au milieu des malades et des mourants, extrême pauvreté du premier établissement de Ville-Marie, où la dureté des saisons et les incursions continuelles des Iroquois faisaient continuellement planer sur toutes les têtes la double menace de la torture et de la faim ; attente décevante, dans la pauvre bourgade, où pendant plusieurs années tous les enfants mouraient avant même d\u2019avoir atteint l\u2019âge de raison ; état précaire du jeune institut des filles séculières de Notre-Dame , menacé tantôt de se dissoudre et tantôt de se diviser ; cette suite ininterrompue de privations et d\u2019inquiétudes a vidé le cœur de Marguerite Bourgeoys de toute affection humaine et l\u2019a rempli de l\u2019amour de Dieu.Elle fut le grain de sénevé destiné à devenir un grand arbre : mais avec quelle rigueur Dieu n\u2019a-t-il pas illustré, en fécondant cette semence choisie, la parole de l\u2019Évangile : En vérité, en vérité je vous le dis : Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s\u2019il meurt, il porte beaucoup de fruit (s.Jean, 12, 24).Dans cette âme vraiment morte à elle-même et ne vivant plus que pour Dieu et pour ses enfants, le Saint-Esprit fit grandir jusqu\u2019aux plus hauts degrés une foi profonde et limpide, une espérance dépouillée de toute 529 \u2014 illusion terrestre et appuyée sur la seule efficacité du bon vouloir divin, une charité dont aucune attache sensible ne venait ralentir l\u2019élan.Et c\u2019est pourquoi, des humbles racines enfouies dans le sol, il est sorti une tige puissante.A cause de ses vertus héroïques, Marguerite Bourgeoys est devenue la mère d\u2019un grand institut qui groupe plus de trois mille religieuses enseignant à soixante cinq mille élèves.C\u2019est parce qu\u2019elle s\u2019est élevée si haut vers le sommet de la perfection chrétienne qu\u2019elle montre à tous, avec une autorité singulière, ce qu\u2019il y a de plus nécessaire et en même temps de plus parfait dans la véritable pédagogie.Peut-être sera-t-on tenté de dire que si un tel exemple est bien fait pour inspirer les âmes consacrées à Dieu, il est trop grand ou du moins trop extraordinaires pour qu\u2019on puisse le proposer à tous les éducateurs.Bien au contraire, c\u2019est pour tous qu\u2019elle est un modèle, car c\u2019est à tous que Notre-Seigneur a dit : Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait (S.Matthieu, 5, 48).Quoi de plus simple, quoi de plus universel que la spiritualité de Marguerite Bourgeoys?C\u2019est la spiritualité d\u2019une femme qui, humble \u201c voyagère \u201d comme la Vierge Marie, a su s\u2019adapter aux conditions les plus diverses, exerçant sa mission charitable aussi bien auprès des soldats que dans une classe enfantine, poursuivant son ascension intérieure sans jamais se laisser distraire, sur les navires et dans les auberges tout comme dans son couvent, dans les palais des nobles comme dans les chaumières de nos campagnes ou dans l\u2019étable qui fut la première école de Ville-Marie.Cette doctrine spirituelle, elle peut être appliquée dans tous les états de vie, par les âmes qui ne refusent pas de comprendre qu\u2019une seule chose est nécessaire, pour le maître comme pour l\u2019élève.Elle ne s\u2019oppose qu\u2019à la médiocrité.Cette grande leçon que l\u2019Église nous donne, elle est particulièrement opportune de nos jours.Car l\u2019abondance des lumières que l\u2019éducateur moderne peut maintenant tirer de la science et de la nature tend souvent à l\u2019éblouir, à le rendre moins attentif et moins sensible à la souveraine clarté de la foi. 530 \u2014 Nous voyons malheureusement dans bien des esprits un manque d\u2019équilibre, une ignorance de la valeur relative des choses, qui vicie parfois, par un usage malhabile, des techniques excellentes en elles-mêmes.Du légitime souci de respecter la spontanéité de l\u2019enfant on en viendra à proscrire tout effort et à considérer une invitation au sacrifice comme une cruauté ; sous prétexte d\u2019utiliser pleinement les merveilleuses ressources de sa sensibilité, on le laissera s\u2019ensevelir dans un monde d\u2019images, sans faire appel aux riches énergies des vertus chrétiennes, par lesquelles \u201c une âme héroïque est maîtresse du corps qu\u2019elle anime \u201d ; en employant sans discernement et sans préparation spirituelle suffisante le précieux et délicat instrument de la psychologie expérimentale, on traitera parfois l\u2019enfant comme un mécanisme dont on démonte sans scrupule tous les rouages; on pratiquera sur son âme délicate des analyses faites sans discrétion et sans pudeur et, après s\u2019être installé en maître au plus intime de sa conscience, on le détournera d\u2019aller chercher, dans la parole du prêtre et dans le sacrement de pénitence, la lumière et le remède que Dieu a préparés pour lui ; parce qu\u2019on aura constaté chez un sujet telle aptitude manuelle ou tel talent artistique, on l\u2019orientera d\u2019autorité vers une carrière déterminée, sans tenir compte de l\u2019orientation surnaturelle, de la vocation que Dieu lui a donnée et qui seule lui assurera, sur un plan supérieur, le plein épanouissement de ses facultés ; enfin, en cédant à un engouement d\u2019autant plus funeste qu\u2019il devient plus fréquent, et en mélangeant à des observations réelles les imaginations plus folles, on arrivera à ne plus regarder l\u2019âme que par en bas, à confondre l\u2019esprit avec ce qu\u2019il y a de plus trouble dans la chair, à ne voir que le refoulement d\u2019un instinct par un autre là où une énergie surnaturelle vient mettre de l\u2019ordre et de la lumière au plus intime de l\u2019être ; on appellera enfin sublimation d\u2019un appétit inavouable l\u2019humble et magnifique idéal d\u2019une âme que la puissante action de la grâce a détachée du monde pour l\u2019orienter totalement vers sa fin dernière.En face du vain fatras de la fausse science et de l\u2019orgueil, devant cet affreux pessimisme moral qui, tout en refusant d\u2019appeler le péché par \u2014 531 \u2014 son nom, voudrait définir l\u2019homme tout entier par les seules traces qu\u2019a laissées en lui la faute originelle, comme nous avons besoin du fin sourire, de l\u2019exquise pureté, de la confiance en Dieu, de la charité triomphante de Marguerite Bourgeoys.Rendons grâces à Dieu qui nous l\u2019a donnée.Rendons lui grâces aussi de ce que cette semence a porté tant de fruit.\u201c Sans Marguerite Bourgeoys, nous disait Sa Sainteté le Pape Pie XII, le Canada serait-il ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui?\u201d Parmi les admirables fondateurs que Dieu avait choisis pour la Nouvelle France, elle a pris une place d\u2019honneur, tout à côté de nos saints martyrs.Ne lui devons-nous pas, pour une large part, l\u2019esprit chrétien qui anime nos instituteurs et nos institutrices laïques, qui se penchent avec un respect plein de sollicitude sur les jeunes âmes que les parents et l\u2019Église elle-même leur confient.Ne lui devons-nous pas surtout cette grande et vaillante phalange d\u2019éducatrices qui, consacrées par les mêmes vœux, restent fidèles au même idéal : les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.Des deux pauvres maisons fondées l\u2019une à Sainte Famille de l\u2019Ile d\u2019Orléans en 1685 et l\u2019autre à Québec, l\u2019année suivante, que de grandes et belles institutions sont sorties, qui répandent aujourd\u2019hui la science et la foi chrétienne dans notre diocèse.A ces ouvrières discrètes et charitables, dont l\u2019œuvre est trop souvent méconnue, je veux exprimer aujourd\u2019hui notre commune gratitude.Que la bienheureuse Marguerite Bourgeoys daigne veiller toujours sur sa chère famille religieuse : qu\u2019elle lui assure un constant progrès dans la voie de la perfection chrétienne.Qu\u2019elle étende à nous tous sa maternelle sollicitude, nous l\u2019en prions aujourd\u2019hui avec ardeur, afin que sa brûlante charité et son humble dévotion à Notre-Dame ne cessent de rayonner sur la Nouvelle France.Ainsi soit-il. \u2014 533 \u2014 (No 15) LETTRE PASTORALE COLLECTIVE de Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Évêques de la Province de Québec, DEMANDANT DE CONSACRER L\u2019ANNÉE 1952 À LA MÉMOIRE ET X LA GLORIFICATION DU VÉNÉRABLE FRANÇOIS DE MONTMORENCY-LAVAL.NOUS, PAR LA GRACE DE DlEU ET DU SlÈGE APOSTOLIQUE, Archevêques et Évêques de la Province de Québec, Au Clergé séculier et régulier, aux Communautés religieuses et à tous les fidèles de Nos diocèses, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.Nos très chers Frères, La campagne de prières et de propagande en l\u2019honneur des fondateurs de l\u2019Église du Canada, que Nous lancions en 1942 (*), connaîtra bientôt son dixième anniversaire.Depuis le début de cette croisade, Nos très chers Frères, Nous avons eu lieu d\u2019offrir à la divine Providence de ferventes actions de grâces pour les faveurs de toutes sortes que sa bonté nous a octroyées, grâce à l\u2019intercession des éminents serviteurs et servantes de Dieu, Marguerite Bourgeoys, François de Montmorency-Laval, Marie de l\u2019Incarnation, Catherine de Saint-Augustin et Jeanne Mance.Ces années de bénédictions ont été auréolées par l\u2019exaltation de l\u2019une de ces figures admirables, peut-être la plus proche de notre peuple par ses humbles origines et par son apostolat auprès des enfants et des jeunes foyers de Ville-Marie, la Bienheureuse Marguerite Bourgeoys.Cette insigne faveur de la béatification de Mère (1) Lettre pastorale collective et mandement prescrivant une croisade de prières en faveur de la béatification et de la canonisation des Fondateurs de l\u2019Église du Canada, 25 juillet 1942.Mandements des Évêques de Québec, volume XVII. \u2014 534 \u2014 Bourgeoys, nous la devons à la Divine Providence qui a daigné écouter les supplications des fidèles du Canada et combler l\u2019espérance des Filles de la Bienheureuse, les si méritantes religieuses de la Congrégation de Notre-Dame.Nous en sommes aussi redevables à la bonté de Sa Sainteté Pie XII, qui a bien voulu hâter les ultimes étapes de la glorification solennelle.Ce geste de paternelle bonté fut de la part du Très Saint Père une nouvelle preuve de son amour de prédilection pour le Canada.Puisque les bienfaits d\u2019un tel privilège sont impérissables, Nos très chers frères, nous continuerons sans cesse, en les intensifiant, les actions de grâces que nous avons déjà adressées à Dieu pour avoir daigné nous accorder la béatification de Marguerite Bourgeoys.La pensée des nombreuses faveurs déjà obtenues par l\u2019intercession de nos glorieux Fondateurs devrait aussi entretenir en nous une confiance toujours plus grande dans la puissance de leur protection.Les bienfaits de leur patronage et l\u2019exemple de leur vie sont, d\u2019ailleurs, plus que jamais nécessaires au milieu de l\u2019épreuve que traverse notre peuple et qui menace d\u2019effacer en lui les vertus de ses origines.Il est impossible, en effet, Nos très chers frères, de ne pas constater un fléchissement inquiétant de ces vertus familiales et de cette foi ardente qui le caractérisaient au moment où la Providence établissait sur les bords du Saint-Laurent une Église digne des premiers chrétiens.Comment ne pas déplorer les vices qui se glissent aujourd\u2019hui trop facilement dans nos vies : blasphèmes qui portent atteinte à la majesté divine elle-même, profanation du dimanche, mépris des lois les plus élémentaires de l\u2019honnêteté, égoïsme ennemi de l\u2019éducation et destructeur des foyers, immoralité qui triomphe insolemment et s\u2019affiche sans gêne, ivrognerie qui tue les âmes et les corps ! N\u2019est-il pas grandement temps, Nos très chers frères, de nous ressaisir, de reprendre la lutte avec un courage nouveau, pour retrouver les qualités qui faisaient notre grandeur?N\u2019est-ce pas pour nous un devoir d\u2019honneur et de reconnaissance tout à la fois de nous montrer fidèles à notre mission providentielle, en donnant à cette terre d\u2019Amérique l\u2019exemple d\u2019un peuple honnête et digne, animé d\u2019une vie religieuse intense, éclairé et guidé par une foi consciente et apostolique?Aussi, louons-Nous de tout cœur le projet que forment le Comité des Fondateurs de l\u2019Église Canadienne et les autorités du Séminaire \u2014 535 \u2014 de Québec de glorifier d\u2019une façon toute particulière la mémoire du Vénérable François de Montmorency-Laval durant toute une année, du 8 décembre 1951 au 8 décembre 1952.Cette date du 8 décembre veut signaler et proposer à notre imitation la grande dévotion du premier Évêque de Québec à l\u2019Immaculée-Conception.L\u2019année 1952, Nos très chers frères, Nous semble des plus propices à une telle célébration.D\u2019une part, elle marque le dixième anniversaire de Notre Lettre pastorale et collective prescrivant une croisade de prières en faveur de la béatification et de la canonisation des Fondateurs de VEglise du Canada, comme Nous le rappelions au début de la présente Lettre, et elle coïncide avec le centenaire de l\u2019Université Laval, prolongement de l\u2019œuvre et des traditions inaugurées par le grand prélat dans son Séminaire.D\u2019autre part, l\u2019étape décisive où en est arrivée la cause du Vénérable sera vite franchie, lorsqu\u2019un courant puissant de dévotion populaire aura obtenu de Dieu, par l\u2019intercession de son Serviteur, les miracles qu\u2019exige la reconnaissance d\u2019un nouveau bienheureux.La gloire du premier Évêque du Canada ne saurait Nous laisser indifférents.Monseigneur de Laval est le véritable Père de l\u2019Église canadienne.Son diocèse contenait le Canada tout entier et tous les évêques canadiens sont en quelque sorte ses successeurs.C\u2019est donc une obligation de Notre charge pastorale en même temps qu\u2019un devoir de reconnaissance envers la Providence que d\u2019inviter les pasteurs et les fidèles à prier pour la glorification de ce Fondateur de l\u2019Église canadienne.Rien de plus édifiant que le spectacle de la vie toute sainte de Monseigneur de Laval.Rappelons-nous son œuvre d\u2019éducation, dont le Séminaire et l\u2019Université sont des monuments impérissables, sa piété ardente, son austérité si \u2018rigoureuse, ses courses apostoliques et ses travaux missionnaires qui le portèrent jusqu\u2019aux coins les plus reculés de son immense diocèse.Il y a toutefois deux aspects de son œuvre qui Nous semblent répondre plus spécialement aux besoins de notre époque: sa prédilection pour les humbles et les pauvres ainsi que sa lutte contre l\u2019ivrognerie.Le premier Évêque de Québec vécut une vie toute de dévouement et de charité.Libéré des soucis de l\u2019administration de son immense diocèse, après l\u2019arrivée de son successeur, Monseigneur de Saint-Vallier, il consacra tout particulièrement ses vingt dernières années \u2014 536 \u2014 au soulagement et au service des petites gens, des ouvriers.« Levé le matin de très bonne heure, Mgr de Laval faisait avec grand soin et régulièrement ses exercices de piété, puis disait la première messe pour les ouvriers, les serviteurs, les gens du peuple.Sa journée se partageait entre le travail, la prière et les œuvres de charité pour le prochain : celles-ci constituaient sa principale distraction.Il avait un petit magasin d\u2019étoffes, de lingerie, de hardes, de couvertures, qu\u2019il se procurait avec des économies et distribuait aux pauvres.Les pauvres étaient ses meilleurs amis ; il les accueillait toujours avec une grande bonté, les assistait, accompagnant toujours ses aumônes de quelques bons conseils » (2).Cette grande charité de Monseigneur de Laval pour les petites gens ne se démentit jamais.Aussi, le frère Houssart, qui avait vécu vingt ans dans l\u2019intimité du vieil Évêque, a-t-il pu écrire après sa mort : « .l\u2019automne dernier avant sa mort se voyant sans avoir de quoi faire l\u2019aumône.Sa Grandeur.me dit d\u2019une manière fort triste et fort touchante qu\u2019elle ne pouvait plus vivre longtemps si elle n\u2019avait pas de quoi donner aux pauvres, et effectivement Sa Grandeur n\u2019a plus vécu que six mois après, et elle s\u2019est trouvée si dénuée des biens de ce monde qu\u2019elle n\u2019avait pas en mourant la valeur d\u2019un sou dont elle pût disposer en faveur des pauvres ».(3) Puisse cet exemple de Monseigneur de Laval, largement imité par ses successeurs, convaincre notre population de fermer l\u2019oreille aux mauvais conseils de la haine et de la misère ! Puisse-t-il la persuader de se tourner toujours vers Rome où elle trouvera lumière et réconfort ! Par son enseignement et toutes ses œuvres, l\u2019Église ne cessera jamais de travailler à l\u2019amélioration du sort de tous ceux qui souffrent sur cette terre, sans préjudice de l\u2019éternelle espérance qui ne trompe pas.Également admirable et fertile en leçons pratiques, l\u2019œuvre antialcoolique de Monseigneur de Laval.Elle remplit une bonne partie de sa vie et mit en lumière ses qualités éminentes de pasteur et d\u2019évêque : intrépédité devant le mal, désintéressement personnel, éléva- (2)\tL\u2019abbé Auguste Gosselin, Le Vénérable François de Montmorency-Laval (1923), p.347.(3)\tLettre du Frère Houssart adressée à monsieur l\u2019abbé Tremblay, directeur du Séminaire des Missions Étrangères de Paris et procureur du Séminaire de Québec en France.Le Frère Houssart a fait lui-même une copie de cette lettre, qui est conservée dans les archives du Séminaire de Québec, \u2014 537 tion surnaturelle des motifs et des sentiments.Monseigneur de Laval avait surtout en vue d\u2019arrêter les ravages de l\u2019alcool parmi les peuplades sauvages.Les principaux obstacles, il les trouva chez ses compatriotes.Il dut affronter des adversaires de tout rang intéressés au commerce de l\u2019eau-de-vie ; il eût même à vaincre la résistance des autorités civiles tant au pays qu\u2019en France.Monseigneur de Laval resta courageusement fidèle à son devoir de pasteur et de chef spirituel responsable de la moralité publique et du salut des âmes.Il y a quelques années, Nos très chers frères, alarmés par les progrès effarants de l\u2019alcoolisme et de l\u2019ivrognerie, Nous avons voulu alerter les consciences et rappeler gouvernants et gouvernés au sens de leurs responsabilités, par la publication, le 4 octobre 1938, de Notre Lettre collective sur la Tempérance.Depuis cette époque, nonobstant les efforts méritoires de plusieurs, tels les Sociétés de Tempérance, les Ligues du Sacré-Cœur et les Cercles Jeanne d\u2019Arc et Lacordaire, nonobstant les campagnes lancées à différentes époques par les mouvements d\u2019Action Catholique, la situation a-t-elle vraiment changé?Les responsables, il faut en convenir, sont trop souvent restés sourds à Notre appel collectif, comme à Nos avertissements périodiques, en dépit de l\u2019évidence des preuves accumulées pour montrer les ravages causés dans notre peuple par l\u2019abus des boissons enivrantes ?À l\u2019exemple de Monseigneur de Laval, défenseur de la tempérance, Nous ne pouvons pas ne pas condamner de nouveau, et très fortement, l\u2019abus des boissons enivrantes, réprimander ceux qui ne coopèrent pas aux campagnes antialcooliques ou même ceux qui s\u2019y opposent et les supplier de revenir à de meilleurs sentiments.Cette œuvre apostolique du grand Évêque, Nos très chers frères, ne s\u2019explique pas sans une vie intérieure d\u2019une singulière intensité.Monseigneur de Laval s\u2019éleva aux plus hauts sommets de la charité et de l\u2019union divine.Croyons-en le frère Houssart qui fut le témoin constant des dernières années du prélat, alors que ses vertus purifiées par les épreuves resplendirent dans tout leur éclat.Mortification extrême et en toute chose, longues heures consacrées à la prière, humilité héroïque, patience inaltérable, esprit de pauvreté et de dépouillement au profit des pauvres, autant de preuves de l\u2019amour qu\u2019il avait pour Dieu et le prochain.Si au début de son gouvernement les circonstances lui avaient imposé une attitude inflexible, \u2014 538 \u2014 ses dernières années lui permirent de montrer quels trésors de tendresse et de compréhension recelait son cœur.Aussi, les contemporains ont-ils proclamé hautement la sainteté du prélat.Le frère Houssart écrit : « La consolation qui s\u2019est mêlée parmi la tristesse, en voyant un saint mourir en saint après avoir vécu en saint, a été un très grand soulagement à ma peine, aussi bien qu\u2019à celle de tout le Séminaire et de tous les peuples du Canada ; et la haute idée que nous avons tous de la grande gloire que possède dans le ciel notre St défunt et notre commun Père, nous fait espérer que par son intercession et son crédit auprès de Dieu, il nous dédommagera copieusement de la perte que nous avons faite de sa Ste présence.Plusieurs l\u2019ont déjà éprouvé dans le soulagement qu\u2019ils ont reçu dans leurs peines et infirmités, par l\u2019invocation et le recours qu\u2019ils ont eu à notre dit St défunt, comme vous l\u2019apprendrez par une autre voie ».Pareil exemple, Nos très chers frères, devrait nous faire mieux comprendre la valeur d\u2019une vie chrétienne saintement vécue.Il nous montre aussi que la véritable sainteté est impossible, sans l\u2019amour du prochain et la lutte contre le mal corrupteur.Puisse le Vénérable François de Montmorency-Laval, par son intercession, nous obtenir la grâce de profiter des leçons admirables de sa vie sainte et féconde ! Vous comprendrez mieux maintenant, Nos très chers frères, pourquoi Nous Nous sommes empressés de bénir la campagne entreprise par le Comité des Fondateurs avec les autorités du Séminaire de Québec et de l\u2019Université Laval pour faire mieux connaître le Vénérable François de Montmorency-Laval.Aussi, Nous vous demandons une sympathique attention et une généreuse collaboration aux diverses initiatives, manifestations et cérémonies par lesquelles on voudra souligner dignement l\u2019année, du 8 décembre 1951 au 8 décembre 1952, que Nous désirons voir consacrée à la mémoire et à la glorification du premier Évêque de Québec.Il faudra faire votre profit des émissions radiophoniques qui seront données en l\u2019honneur de Monseigneur de Laval.En particulier, Nous vous recommandons les émissions préparées par le Comité des Fondateurs, avec la collaboration de Radio-Canada.Ces émissions font partie du programme « Le ciel par-dessus les toits », qui, depuis plusieurs années, s\u2019est acquis un auditoire de plus en plus nombreux, à la gloire des Fondateurs de l\u2019Église canadienne. -539- Les institutions d\u2019enseignement, spécialement Nos collèges classiques et Nos Séminaires, commémoreront la mémoire du fondateur de la première maison d\u2019enseignement classique au Canada, par des séances publiques et toute autre célébration appropriée.Nos paroisses ne devraient pas laisser passer cette année particulière sans adresser au Ciel des prières en commun, qui seront d\u2019un grand secours pour obtenir du Bon Dieu la parfaite glorification sur terre du Père de l\u2019Église du Canada.Nous osons espérer que tous ceux qui le peuvent assez facilement se feront un devoir de visiter le magnifique tombeau de Monseigneur de Laval que la piété de ses fils a érigé dans la chapelle du Séminaire de Québec.Nos très chers frères, priez surtout avec ferveur; demandez à Dieu, si c\u2019est sa sainte volonté, de manifester par des faveurs spirituelles et même temporelles les vertus de son Serviteur.Cette prière vous vaudra des grâces de choix, en même temps qu\u2019elle permettra, si tel est le bon vouloir divin, d\u2019obtenir les miracles nécessaires à la béatification de Monseigneur de Laval.La réalisation de ces saintes espérances, Nous la confions d\u2019une façon toute particulière aux malades qui, à la maison, dans les hôpitaux et dans les hospices, offrent à Dieu avec un courage admirable l\u2019encens de leurs souffrances et de leur résignation chrétienne.Nous prions instamment le cœur aimant de Notre-Seigneur, par l\u2019intercession de l\u2019immaculée Mère de Dieu, de saint Jean-Baptiste, de saint Joseph, des saints Martyrs Canadiens et de la Bienheureuse Marguerite Bourgeoys, de bénir cette année consacrée à la mémoire du Vénérable François de Montmorency-Laval et de répandre sur vous tous, Nos très chers frères, les grâces les plus précieuses.Sera Notre présente Lettre pastorale collective lue et publiée au prône dans toutes les églises paroissiales et en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception.Donné à Québec, au Palais archiépiscopal, sous Notre seing, le vingt et unième jour de novembre, l\u2019an du Seigneur mil neuf cent cinquante et un, en la Fête de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie.t Alexandre, Archevêque d'Ottawa.t Maurice, Archevêque de Québec.f Paul-Emile, Archevêque de Montréal. \u2014 540 f Philippe, Archevêque de Sherbrooke.f Charles-Eugène, A rchevêque de Rimouski.f Joseph-Eugène, Évêque de Mont-Laurier.f Louis, o.m.i., Évêque de Timmins.f Joseph-Alfred, Évêque de V alley field.t Joseph-Arthur, Évêque de Joliette.f Joseph-Aldée, Évêque d\u2019Amos.t Anastase, Évêque de Saint-Jean-de-Quêbec.f Napoléon-Alexandre,\tÉvêque du Golfe Saint-Laurent.t Arthur, Évêque de Saint-Hyacinthe.f Georges, Évêque de Chicoutimi.t Albini, Évêque de Gaspé.t Georges-Léon, Évêque de Trois-Rivières.f William J., Évêque de Pembroke.t Albertus, Évêque de Nicolet.f Emilien, Évêque de Saint-Jérôme.f Bruno, Évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.f Henri, o.m.i., Évêque titulaire de Perrhé, 'Vicaire apostolique de la Baie James.t Lionel, o.m.i., Évêque titulaire d\u2019Isbo, Vicaire apostolique du Labrador.t Gérard-M., Évêque-Coadjuteur de Saint-Jèan-de-Québec.f Conrad, Évêque titulaire d\u2019Arena, Auxiliaire à Montréal.f Lawrence Patrick, Évêque titidaire d\u2019Opos, Auxiliaire à Montréal f Edouard, Évêque titulaire de Tabe, Auxiliaire à Joliette.f Charles-Omer, Évêque titulaire de Zorolus, Auxiliaire à Québec.f Percival, Évêque titulaire d\u2019Albule, Auxiliaire à Valleyfield.f NI anime, Évêque titulaire de Christopolis, Auxiliaire à Ottawa. \u2014 541 \u2014 CIRCULAIRE AU CLERGÉ (No 16) Archevêché de Québec, le 1er Janvier 1952.La présente Circulaire comporte la série chronologique, précédée d\u2019une table alphabétique, des principaux communiqués d\u2019ordre disciplinaire ou historique, parus dans la \u201c Semaine Religieuse \u201d, au cours de l\u2019année 1951.TABLE ALPHABÉTIQUE ASSOMPTION, célébration de la fête de 1\u2019.557 CHRIST-ROI, la fête du._\t559 COLLECTE du 1er novembre.(pour Église Nationale à Rome)\t559 COMMANDEURS nouveaux.de S.Grégoire le Grand\t553 CONSEIL de Vigilance\t552 ÉGLISE NATIONALE à Rome, Collecte du 1er novembre\t559 FETE, célébration de la.de l\u2019Assomption\t557 .du Christ-Roi\t559 IMMACULÉE, soirée triomphale en l\u2019honneur de 1\u2019.563 IMMIGRANTS, Société du Bien-Etre des.556 JEUX, les.de hasard sont défendus\t552 JUBILÉ\t558 LUMINAIRE liturgique\t542 MARGUERITE BOURGEOYS, Triduum en\tl\u2019honneur de la Bse\t544 MARIAGE, Service de préparation au\t560 MESSE dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier\t544 .tarif des\t568 MUSIQUE SACRÉE, Code de\t.\t557 RERUM NOVARUM, Quarantième anniversaire\tde\t553 Mandements des Évêques de Québec, volume XVII. \u2014 542 \u2014 ROSAIRE, pour couvrir les frais de la campagne du.en famille\t545 SAMEDI SAINT, cérémonie du\t552 SERVICE de préparation au mariage\t560 SYNODI, Decretum in Ditionis\t554 TARIF, des messes\t568 TRIDUUM en l'honneur de la Bsc Marguerite Bourgeoys\t544 VERITAS\t,\t562 VICARIATS FORAINS\t562 ZONES MISSIONNAIRES, répartition des.pour l\u2019année 1052\t563 Le Luminaire liturgique En raison de leur symbolisme de noblesse et de pureté, la tradition a toujours regardé ihuile d\u2019olives et la cire d\u2019abeilles comme les matières les plus aptes à alimenter la flamme de la lampe du sanctuaire et des cierges liturgiques.Le Code de Droit canonique et la Sacrée Congrégation des Rites sanctionnent cette tradition : La lampe du sanctuaire doit être alimentée avec de l\u2019huile d\u2019olives ou avec de la cire d\u2019abeilles ; là où il est impossible de se procurer l\u2019huile d\u2019olives, l\u2019Ordinaire du lieu pourra, dans sa prudence, permettre qu\u2019on se serve d\u2019autres huiles, mais, autant que possible, d\u2019huiles végétales (c.1271) ; Les cierges liturgiques destinés à l\u2019autel doivent être en cire d\u2019abeilles (S.R.C., n.3376, ad 3) ; cette cire peut être mélangée à d\u2019autres matières, mais les cierges requis pour la messe et le cierge pascal doivent toujours en être faits de la plus grande partie notable {in maiori vel notabili quantitate) que pourra déterminer l\u2019Ordinaire (S.R.C., n.4147).Ayant en vue ces prescriptions du Droit commun, mais considérant que l\u2019huile d\u2019olives authentique est ici très rare ; considérant aussi que la cire d\u2019abeilles est un produit habituellement importé, et que le prix en est élevé ; l\u2019Assemblée épiscopale croit devoir déterminer comme suit les données du Droit commun, en vue d\u2019assurer dans nos diocèses une uni- \u2014 543 \u2014 formité qui rendra plus faciles et moins dispendieux les services des manufacturiers et fournisseurs de ces matières liturgiques, tout en sauvegardant la dignité du luminaire liturgique.Lampe du sanctuaire 1.\tLa Lampe du sanctuaire devra être alimentée _ soit de cire d\u2019abeilles, soit d\u2019huile d\u2019olives, soit d\u2019une autre huile végétale authentique, même hydrogénée, soit encore d\u2019un mélange de ces matières (S.R.C.4205) ; 2.\tCe composé pourra même comprendre certaines matières minérales (stéarine, paraffine, etc.), mais celles-ci ne doivent jamais s\u2019y trouver dans une proportion supérieure à 33%.3.\tLes bougies destinées à la lampe du sanctuaire doivent être marquées d\u2019un chiffre indiquant la proportion de cire d\u2019abeilles ou d\u2019huiles végétales qu\u2019elles contiennent.Cierges liturgiques 4.\tLe cierge pascal et les cierges de la messe devront contenir au moins 66% de cire d\u2019abeilles.5.\tLes autres cierges que la liturgie requiert de mettre sur l\u2019autel soit pour l\u2019office divin : Matines et Laudes, Petites Heures, Vêpres et Complies, soit pour l\u2019Exposition du Saint-Sacrement : Quarante-Heures, Saluts, devront contenir au moins 33% de cire d\u2019abeilles.6.\tPour tout autre luminaire la cire d\u2019abeilles m\u2019est pas re-quise.Entrent dans cette catégorie tous les cierges pour lesquels le Saint-Siège n\u2019a jamais exigé la cire d\u2019abeilles : chandeliers d\u2019acolytes ; bougies, flambeaux ; cierges du catafalque, cierge d\u2019offrande aux sacrements et sacramentaux : baptême, ordinations, consécration des évêques, émission des vœux, bénédiction des gorges à la S.Biaise, etc.7.\tTout luminaire à la fabrication duquel la cire d\u2019abeilles est requise, doit être marqué d\u2019un chiffre indiquant la proportion de cire d\u2019abeilles qu\u2019il contient. 644 L\u2019Assemblée épiscopale croit devoir adopter la règle suivante, déjà portée pour certains diocèses, il y a quelques années, et que Messieurs les manufacturiers avaient acceptée de bonne grâce ; Chaque Ordinaire se réserve le droit de faire prélever à intervalles irréguliers certains échantillons de ces matières liturgiques pour les faire analyser par des experts aux irais du fabricant ; Messieurs les Curés seront avertis de 11e plus acheter les produits des fabricants qui auront été trouvés en faute par l\u2019analyse susdite.\u2014 12 décembre 1950.Messe dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier E11 vertu des facultés spéciales accordées par Notre Très Saint Père le Pape, Nous autorisons par les présentes la célébration de la Sainte Messe et la distribution de la Sainte Communion dans la nuit du 31 décembre au premier janvier prochain, dans les églises et les oratoires ou chapelles où se tiennent annuellement les Quarante-Heures.La Messe sera précédée d\u2019une heure de prières, au cours de laquelle on pourra faire l\u2019exposition solennelle du Saint Sacrement.Ces prières seront offertes pour obtenir le grand don de la paix.Nous désirons que cette heure soit un hommage à la Très Sainte Vierge Marie dans sa glorieuse Assomption ; on récitera au moins une partie du Rosaire en commentant les Mystères.La cérémonie entière devra durer de 11.00 heures du soir à 1.00 heure du matin.\u2014 20 décembre 1951.Triduum en l\u2019honneur de la Bse Marguerite Bourgeoys En vertu des facultés concédées par la Sacrée Congrégation des Rites le 27 octobre 1950, la messe de la Bienheureuse Marguerite Bourgeoys pourra être célébrée dans les couvents des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame et dans certaines 545 églises paroissiales à l\u2019occasion d\u2019un triduum en l\u2019honneur de la Bienheureuse.Ces fêtes seront célébrées successivement dans les différents couvents des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame à la demande des Religieuses de la Congrégation dans le diocèse de Québec.Ces fêtes commenceront au mois d\u2019avril.\u2014 14 janvier 1951.Pour couvrir les frais de la campagne du Rosaire en famille Québec, le 17 janvier 1951.Cher Monsieur le Curé, La Croisade du Rosaire semble avoir obtenu un succès dépassant même nos plus belles espérances.Nous savons que ce succès est attribuable, pour une très grande part, au zèle de notre clergé paroissial et nous vous en remercions de tout cœur.Il avait été proposé d\u2019abord de faire une quête spéciale pour couvrir les frais de cette campagne.Dans l\u2019Ouest canadien, on a demandé un dollar par famille.- Les dépenses ayant été moins considérables dans notre région, il suffira que chaque paroisse fournisse dix sous par famille.Les curés sont autorisés à prélever cette somme sur la quête ordinaire du dimanche.On voudra bien envoyer cette contribution au Procureur de l\u2019Archevêché au cours du mois de février.Veuillez agréer, cher Monsieur le Curé, avec mes remerciements anticipés, l\u2019expression de mes sentiments dévoués en Jésus et Marie.\u2014 17 janvier 1951.f Maurice Roy, Archevêque de Québec.Le Jubilé Par la récente Constitution (Per Annum Sacrum) de Sa Sainteté Pie XII, le Jubilé célébré à Rome l\u2019an|dernier, a été étendu à l\u2019univers catholique pendant toute la présente année. \u2014 546 Les intentions que le Saint Père a mentionnées dans la bulle d\u2019indiction du Jubilé à Rome, sont les suivantes : lo Que la paix revienne dans les âmes, les familles, les nations et toute la communauté des peuples ; 2o Que ceux qui sont persécutés à cause de la foi aient le courage des martyrs ; 3o Que ceux qui sont prisonniers ou exilés puissent rentrer dans leur patrie ; 4o Que toutes les classes de la société s\u2019unissent dans un esprit de justice et de fraternité ; 5o Que les droits de l\u2019Eglise soient reconnus malgré les attaques de ses ennemis ; 60 Que le Jubilé soit l\u2019occasion d\u2019un grand mouvement de pénitence et qu\u2019il hâte le retour universel des hommes au Christ Rédempteur ; 7o Que les chrétiens soient irréductiblement fidèles à Jésus-Christ et à son Église ; 80 Que les ignorants et les infidèles, les athées et même les blasphémateurs et les ennemis de Dieu reçoivent la lumière de sa grâce et se convertissent ; 9o Que la paix règne dans le monde ; que les Lieux Saints de Palestine soient respectés ; lOo Que tous ceux qui souffrent obtiennent des consolations surnaturelles ; llo Que les chrétiens plus avancés en âge aident les plus jeunes, par leur exemple, à grandir dans la pureté et la force chrétienne ; que tous fassent des progrès dans la grâce et la sainteté gage de l\u2019éternelle béatitude.Le Pape a insisté surtout sur les cinq premières intentions mentionnées.La même Constitution détermine les conditions requises pour le gain du Jubilé, et les pouvoirs spéciaux accordés aux confesseurs à cette occasion.On peut les résumer dans les points suivants, en tenant compte aussi de certaines directives émanées de la S.Pénitencerie apostolique relativement à l\u2019usage des pouvoirs des confesseurs durant l\u2019Année Sainte. \u2014 547 \u2014 Conditions générales 1.\t\u2014L\u2019indulgence plénière du Jubilé sera accordée à tous les fidèles, dûment réconciliés par le sacrement de pénitence et réconfortés par la sainte communion, qui auront accompli, avec piété et dans le temps voulu, quatre visites dans les églises désignées à cet effet, et y auront récité les prières demandées.2.\t\u2014Les fidèles peuvent gagner cette même indulgence soit pour eux-mêmes soit en faveur des défunts autant dœfois qu\u2019ils auront rempli les conditions imposées.3.\t\u2014Cependant aucune œuvre pour gagner un second jubilé ne peut être faite avant d\u2019avoir complètement terminé les œuvres commencées pour le premier.4.\t\u2014L\u2019ordre des diverses œuvres à accomplir est indifférent mais il faut que l\u2019acte final des œuvres prescrites s\u2019accomplisse en état de grâce.5.\t\u2014Ceux qui, après avoir commencé les œuvres prescrites, avec l\u2019intention de gagner le Jubilé, sont empêchés par la maladie de faire' toutes les visites exigées, peuvent gagner quand même l\u2019indulgence, à condition de se confesser et de communier comme il est dit plus haut.Confession 6.\t\u2014Pour la confession du jubilé, on ne peut faire compter ni une confession nulle, ni la confession annuelle de précepte.Elle doit toujours être faite avec l\u2019intention de gagner le Jubilé.7.\t\u2014Personne ne peut être dispensé de la confession prescrite pour le gain du jubilé, pas même celui qui n\u2019aurait que des péchés véniels à accuser.Communion 8.\t\u2014Quant à la sainte communion, il est interdit aux confesseurs de commuer cette condition en d\u2019autres œuvres pies, 548 \u2014 excepté en faveur des malades dans l\u2019impossibilité absolue de communier.9.\u2014La communion obligatoire du temps pascal ne saurait compter pour celle du jubilé, mais la communion en viatique est suffisante.Visites d\u2019églises 10.\tSelon la faculté qui en est accordée par le Souverain Pontife aux Ordinaires, nous régions que, dans la ville de Québec, on devra accomplir les visites jubilaires dans les églises suivantes : la cathédrale, Notre-Dame du Chemin, Saint-Koch et Saint-Sauveur.11.\t-\u2014Dans les autres parties du diocèse, les visites devront être faites dans l\u2019église paroissiale.12.\t\u2014Dans la ville de Québec, il faut visiter une fois chacune des quatre églises ; dans les autres parties du diocèse, il faudra visiter quatre fois l\u2019église paroissiale.13.\t-\u2014Les fidèles peuvent faire les visites du jubilé même en dehors des limites de leur paroisse ou de leur diocèse, pourvu qu\u2019ils les fassent dans les églises légitimement déterminées pour chaque endroit.Facultés accordées a certaines catégories de fidèles 14.\t\u2014Toutes les religieuses ou pieuses femmes vivant dans les communautés ; toutes les jeunes lilies dans les pensionnats ; tous les malades dans les hôpitaux et ceux qui les assistent comme infirmiers ou infirmières ; tous les vieillards dans les hospices ; tous les captifs dans les maisons de détention, de correction ou de santé ; tous les autres enfin même du sexe masculin, jugés par l\u2019aumônier de l\u2019institution qui les loge ou par leur confesseur incapables de sortir commodément, pourront faire les quatre visites prescrites dans la chapelle ou l\u2019oratoire de la maison qu\u2019ils habitent, et où l\u2019on garde le Saint Sacrement.15.\t\u2014Les vieillards qui ont dépassé l\u2019âge de soixante-dix \u2014 549 \u2014 ans et les ouvriers manuels qui vivent de leur travail quotidien et ne peuvent le quitter pendant le temps requis pour les visites pourront obtenir de leur confesseur ou de leur curé la commutation de ces visites en d\u2019autres œuvres plus faciles (nn.18-20).16.\t\u2014Les marins et employés sur les bateaux peuvent les faire dans n\u2019importe quelle église des lieux où ils font escale.17.\t\u2014Les visites susdites peuvent se faire dans n\u2019importe quel ordre, le même jour ou à des jours différents ; mais elles doivent être distinctes de telle façon qu\u2019on sorte de l\u2019édifice sacré la visite accomplie, quitte à y rentrer aussitôt si l\u2019on veut en faire une autre.18.\t\u2014Pour ceux qui sont empêchés de faire la visite des quatre églises désignées, les confesseurs peuvent, soit commuer la visite d\u2019une église en une autre, soit réduire le nombre de visites ; ils peuvent aussi, pour cause de maladie ou autre empêchement légitime, commuer les visites en d\u2019autres œuvres pieuses plus faciles ; toutefois, ils manqueraient à leur devoir s\u2019ils accordaient ces privilèges à la légère et sans motifs suffisants.19.\t\u2014Les curés peuvent user du pouvoir indiqué à l\u2019article précédent même hors du confessional, en faveur de chaque fidèle ou de chaque famille de leurs paroisses respectives.20.\t\u2014Les confesseurs ou les curés ne peuvent permettre de remplacer l\u2019obligation des visites par d\u2019autres œuvres qui obligent déjà le pénitent, comme par la messe du dimanche.Prières prescrites 21.\t\u2014Les prières à réciter à chaque visite sont les suivantes : cinq Pater, Ave et Gloria ; plus un Pater, Ave et Gloria spécialement aux intentions du Souverain Pontife ; une fois le Je Crois en Dieu et trois fois le Je vous salue, Marie, avec l\u2019invocation : Reine de la Paix, priez pour nous ; enfin une fois le Salve Regina (Salut, ô Reine, Mère de Miséricorde.).A cela, on pourra ajouter la prière copaposée par le Saint-Père pour l\u2019Année Sainte. \u2014 550 22.\t\u2014La dispense ou la commutation de l\u2019obligation des visites régulièrement prescrites ne comporte point celle des prières indiquées par le Souverain Pontife, car celles-ci peuvent être séparées de la visite.23.\t\u2014Les prières vocales prescrites peuvent aussi être récitées en alternant les voix.24.\t\u2014Les muets peuvent s\u2019unir de cœur aux autres fidèles qui les récitent dans le même lieu, ou bien les dire intérieurement, les exprimer en signes ou les lire des yeux.Pouvoirs spéciaux des confesseurs 25.\t\u2014Pour la confession jubilaire, les religieuses auront le droit de se choisir n\u2019importe quel confesseur approuvé pour entendre les fidèles des deux sexes.26.\t\u2014Tous les confesseurs, durant l\u2019Année Sainte, pourront par eux-mêmes, et seulement au cours de la confession sacramentelle, absoudre leurs pénitents de toute censure et péché réservé, mais au for de la conscience seulement.Ils exigeront cependant les dispositions convenables et imposeront une salutaire pénitence.27.\t\u2014Néanmoins, pour les censures réservées personnellement au Souverain Pontife ou très spécialement au Saint-Siège, on devra tenir compte des prescriptions du canon 2254, sauf en ce qui concerne la censure encourue aux termes du canon 2388.28.\t\u2014On ne peut absoudre les apostats (comme sont les communistes), les hérétiques, ou les schismatiques ayant enseigné publiquement leurs erreurs, ou ceux qui sont inscrits même secrètement à des sectes maçonniques ou autres du genre avant d\u2019avoir exigé d\u2019eux les dispositions requises par le droit.29.\t\u2014Les confesseurs peuvent commuer les vœux privés sans exception, mais non au préjudice d\u2019un tiers, et en plus, quand il s\u2019agit d\u2019un vœu pénal, non sans imposer des conditions qui ne préservent pas moins du péché que le vœu lui-même.30.\t\u2014Pour les dispenses, au for de la conscience, d\u2019irrégula- \u2014 551 \u2014 rité et d\u2019empêchement secrets, les confesseurs s\u2019en tiendront aux termes de la Constitution pontificale.31.\t\u2014Les confesseurs peuvent user des pouvoirs indiqués ci-dessus à l\u2019égard même des fidèles de l\u2019Église orientale, mais il faut que ceux qui se présentent à eux aient l\u2019intention et la volonté sincère et bien arrêtée de gagner l\u2019indulgence du jubilé.32.\t\u2014Du pouvoir d\u2019absoudre des péchés et censures et de dispenser des irrégularités dont on vient de parler, le confesseur ne peut user qu\u2019une seule fois pour le même pénitent, c\u2019est-à-dire lorsque celui-ci gagne l\u2019indulgence du jubilé pour la première fois.33.\t\u2014Mais les confesseurs peuvent toujours user, fut-ce en faveur du même pénitent, des autres pouvoirs, comme de celui de réduire ou de commuer le nombre des visites.34.\t\u2014-Vous ne manquerez point, Messieurs et chers Collaborateurs, d\u2019exposer à vos fidèles l\u2019importance de la grâce du Jubilé, surtout en ces temps difficiles, et de leur en expliquer les conditions, au moins en leur donnant lecture de la présente circulaire.Les confesseurs recourront aux textes pontificaux pour les cas qui ne sont pas expliqués ici.\u2014 23 janvier 1951.t Maurice Roy, Archevêque de Québec.Conseil de Vigilance Dans un décret en date du 21 février dernier, Son Excellence Monseigneur l\u2019Archevêque a reconstitué le Conseil de Vigilance.En seront désormais membres : Monseigneur Alphonse Gagnon, Monsieur le chanoine Ernest Lemieux, Messieurs les abbés Joseph Gingras, St-Georges Bergeron, Adrien Falar-deau, Louis-Philippe Garon, David Lambert, Lionel Audet, Henri Giguère et Jean-Marie Garant ; puis le Père Stanislas Bolduc, s.v.\u2014 26 février 1951. \u2014 552 » -* J Les jeux de hasard sont défendus Le décret no 98 du Synode de Québec met en garde contre les dangers du jeu et demande qu\u2019on s\u2019abstienne \u201c des jeux de hasard qui sont défendus par la loi civile et sont de nature à exciter la passion du jeu et un appétit exagéré du gain.\u201d Toutefois, à la faveur de certaines interprétations de la loi et pour des fins de charité, on a cru bon ici et là, d\u2019organiser des soirées-bazars genre \u201c bingos \u201d ou des tirages dans lesquels on donne des prix d\u2019une valeur considérable.On l\u2019a fait sans doute de bonne foi, les inconvénients de ces jeux n\u2019étant pas toujours évidents surtout quand les occasions de s\u2019y livrer sont plutôt rares.Mais avec le temps ces jeux de hasard se sont multipliés de telle manière qu\u2019ils deviennent pour beaucoup une invitation au gaspillage et qu\u2019ils développent chez nos fidèles l\u2019habitude et la passion du jeu.C\u2019est pourquoi nous devons exiger qu\u2019on observe plus fidèlement la loi, et nous défendons absolument à toutes les œuvres paroissiales ou autres, d\u2019organiser ou de patronner des jeux de hasard, comme les \u201c bingos \u201d, ou des loteries (qu\u2019on les appelle tirages ou \u201c clubs \u201d), qui ne peuvent être permises par l\u2019autorité civile.Nous sommes persuadés que tous comprendront les raisons très sérieuses qui motivent cette défense et nous avons confiance que la pure charité de nos fidèles, qui n\u2019a jamais fait défaut dans le passé, donnera toujours à nos œuvres toute l\u2019aide dont elles ont besoin.\u2014 6 mars 1951.f Maurice üoy, Archevêque de Québec.Cérémonie du Samedi Saint Cette année la cérémonie du Samedi Saint peut avoir lieu soit le matin soit le soir, le matin les rubriques ne sont pas chargées ; si elle a lieu le soir on doit suivre les rubriques données dans l\u2019instruction qu\u2019a publiée la Semaine Religieuse. \u2014 553 \u2014 Messieurs les curés pourront suivre ces nouvelles rubriques s\u2019ils le désirent, mais aux conditions suivantes : 1.\t\u2014 Il faut suivre l\u2019instruction strictement et en tous points : ainsi, on ne peut faire la cérémonie le soir en gardant les rubriques propres à l\u2019office du matin du Samedi Saint ; 2.\t\u2014 Seules les fonctions solennelles (avec diacre et sous-diacre) peuvent se faire selon les nouvelles rubriques ; pour le rite simple, il faut s\u2019en tenir aux rubriques du Memoriale Rituum, et conséquemment avoir ces fonctions aux heures et selon les cérémonies habituelles ; 3.\t\u2014 les curés qui auront fait les cérémonies le soir devront faire rapport dans la semaine suivante à la Chancellerie, pour souligner les avantages et les inconvénients qu\u2019ils pourraient voir à ce nouveau cérémonial.Enfin, pour éviter que les fidèles n\u2019ayant pas assisté à la fonction entière se pressent en trop grand nombre à la messe de minuit, on pourra annoncer que l\u2019entrée à l\u2019église sera interdite après 11.00 hr es le samedi soir.15 mars 1951.\u2014 f Maurice Roy, Archevêque de Québec.Nouveaux Commandeurs de Saint Grégoire le Grand Sa Sainteté le Pape Pie XII a daigné accorder le titre de Commandeur de Saint Grégoire le Grand à M.Ernest Beaubien, ancien président de L\u2019Action Sociale, Limitée, à M.le notaire Oscar Hamel, secrétaire de l\u2019Action Sociale Catholique, et à M.le docteur Louis-Philippe Roy, rédacteur en chef à V Action Catholique.\u2014 29 mars 1951.Soixantième anniversaire de «Rerum Novarum» Le Soixantième anniversaire de l\u2019encyclique Rerum novarum sera célébré à Rome les 14 et 15 mai 1951.Ce doit être pour 554 nous l\u2019occasion de reconnaître publiquement l\u2019influence si bienfaisante que cette encyclique a eue sur nos institutions et sur nos lois.Nous avons été particulièrement heureux de voir naître chez nous des associations professionnelles catholiques, tant chez les patrons que chez les ouvriers : ces syndicats ont rendu plus facile une loyale collaboration entre toutes les classes de la société.Nous invitons ces associations à envoyer des représentants à Rome pour exprimer au Souverain Pontife notre commune, gratitude en notre indéfectible attachement à la doctrine sociale de l\u2019Église.\u2014 11 avril 1951.t Maurice Roy, Archevêque de Québec.DECRETUM INDICTIONIS SYNODI DKECESANÆ QUEBECENSIS TERTIÆ Mauritius Roy Dei et Apostolicae Sedis Gratia Archiepiscopus Quebecensis Bilectis in Christo utriusque Cleri Sacerdotibus Archi-dicecesis Nostræ Quebecensis, Salutem et Benedictionem in Domino.Iuris canonici præscriptis et præsertim Codicis canonibus 356-362, ut Nostri officii et muneris est, obsequi volentes, cum iam ab ultima Synodo celebrata decem anni sint elapsi ; In honorem sanctæ et individuæ Trinitatis, ad laudem et gloriam Domini Nostri Iesu Christi, Immaculatæ Conceptionis Beatæ Mariæ Virginis, et Sancti Ludovici Regis, SYNODUM DKECESANAM inde a promulgatione Codicis pio-benedictini TERTIAM indicendam et convocandam esse decrevimus, et per præsentes litteras indicimus et convocamus, in Ecclesia Nostra metropolitana inchoandam die quinta mensis novem-bris vertentis anni, ut de iis agatur quæ ad particulares cleri populique archidiœcesis Nostræ necessitates et utilitates, referentur. \u2014 555 \u2014 Et ad dictam Synodum, eos omnes, qui de iure vocandi sunt, vocamus, nempe : 1.\tYicarios Nostros Generales ; 2.\tCanonicos titulares Ecclesiæ Nostræ Metropolitanæ ; 3.\tRectorem Seminarii Nostri Maioris et Minoris ; 4.\tYicarios Urbanos et Vicarios Foraneos ; 5.\tParochos civitatis Nostræ archiepiscopalis Qiiebecensis ; 6.\tUnum parochum ex unoque vicariatu urbano et foraneo, ante diem primam mensis Iulii eligendum ab omnibus qui curam animarum actu inibi habeant ; 7.\tUnum e Superioribus cuiusque religionis clericalis qui in archidiœcesi Nostra commorantur, pariter ante diem primam mensis Iulii designandum a Superiore provin-ciali, nisi domus provincialis sit in dioecesi et Superior provincialis interesse ipse maluerit.Yocamus etiam, et ius suffragii in omnibus, perinde ac cete-ros, habere volumus : 8.\tCanonicos ad honorem Ecclesiæ Nostræ Metropolitanæ ; 9.\tFamiliares, etiam honoris tantum, Summi Pontificis ; 10.\tRectorem Collegii a Sancta Anna de la Pocatière, Colle-gii Nostræ JDominæ Levisiensis, Seminarii a SSmo Corde Iesu, Scholæ Apostolicæ Nostræ Dominæ, Collegii a sancto Carolo Garnier, Collegii a Sancto Ioanne Eudes, et Seminarii Sancti Georgii ; 11.\tModeratores seu Assessores diœcesanos Actionis Catho-licæ eiusque sectionum specialium (vulgo \u201c mouvements spécialisés \u201d) ; 12.\tYiros ecclesiasticos qui, tempore suo, ad efformandas COMMISSIONES Synodi PRÆPARATORIAS seu PRÆ-SYNODALES nominabuntur.Prædictis equidem omnibus auctoritate Nostra ordinaria districte, sub pœnis quibus de iure, præcipimus, ut ad Synodum celebrandam conveniant et personaliter compareant, nisi legitimo detineantur impedimento, de quo Nos certiores fece- rint.Omnes aulem de Clero enixe rogamus ut, si quid in disciplina \u2014 556 diœcesana Cleri populive corrigendum, variandum, addendum aut tollendum in Domino æstimaverint, qua par est reverentia, fide ac sinceritate significare velint sive Nobis ipsis sive COM-MISSIONIBUS a Nobis instituendis, sive Procuratoribus Cleri tempore opportuno nominandis.Mandamus tandem ut tribus proximis diebus Dominicis ante Synodi inchoationem, tarn in ipsa ecclesia Nostra Metro-politana per concionatorem, quam in singulis parœcialibus per parochos, iterum atque iterum denuntietur Synodus, popu-lique ficleles ad devotionem, orationes, ieiunia, sacramentum Pœnitentiæ, sanctissimæ Eucharistiæ sumptionem, aliaque pia opera adhortentur, ut actio huiusmodi, Deo opitulante, dignum sortiatur exordium, felicemque et fructuosum progres-sum et exitum habeat ; mandamus pariter ut die dominica immediate prsecedente Synodum, tam in Ecclesia Nostra Metropo-litana quam in_singulis ecclesiis parœcialibus cantentur Lita-niæ SanctorunPcum versiculis et orationibus.Datum Quebeci, ex ædibus episcopalibus, sub signo sigilloque Nostro, et sub Cancellarii Curiæ Nostræ Metropolitanæ chi-rographo, die quinta mensis Maii, anno salutis millesimo nongentesimo quinquagesimo primo.f Mauritius, L.8.\tArchiepiscopus Quebecensis Bruno Desrochers, Cancellarius.Société du Bien-Etre des Immigrants Bientôt, plusieurs immigrants viendront s\u2019établir dans nos paroisses.La charité chrétienne nous oblige à traiter ces personnes avec bienveillance et à faciliter leur intégration dans notre milieu.Nous invitons donc les divers groupements paroissiaux à accueillir charitablement ces néo-canadiens.Nous sommes d\u2019ailleurs persuadés que nos Pasteurs se feront un devoir d\u2019aider ces nouveaux paroissiens à s\u2019adapter à nos conditions de vie.La Société du Bien-Etre des Immigrants de notre diocèse s\u2019occupe d\u2019assister les immigrés établis chez nous.On est prié \u2014 557 \u2014 de signaler à cet organisme tous les problèmes qui se posent, en s\u2019adressant à Madame J.-L.Beaulieu, 24, ave Belvédère, Québec.\u2014 10 mai 1951.Célébration de la fête de l\u2019Assomption A la suite de la proclamation du dogme de l\u2019Assomption de la Très Sainte Vierge Marie il convient que la célébration de la fête de l\u2019Assomption revête une solennité toute particulière.Cette grande fête doit offrir à notre peuple l\u2019occasion de proclamer bien haut sa foi en la vérité qui lui est proposée par le magistère solennel de l\u2019Eglise ; elle devrait marquer en même temps un nouvel élan de piété mariale.Nous demandons à tous ceux qui ont charge d\u2019âmes, aux membres du clergé séculier et régulier, aux parents et aux éducateurs de ne rien négliger à cette fin.Partout où la chose sera possible, nous désirons qu\u2019une lieu vaine ou à tout le moins un triduum préparatoire dispose les fidèles à recevoir les sacrements de Pénitence et d\u2019Eucharistie ; nous devons les y inviter avec d\u2019autant plus de zèle que la saison d\u2019été est pour un grand nombre l\u2019occasion de négligence et de relâchement.Que partout cette fête soit célébrée avec ferveur ; qu\u2019elle soit un hommage triomphal à la Reine de l\u2019Assomption.\u2014 31 juillet 1951 f Maurice Roy, Archevêque de Québec.Code de Musique Sacrée L\u2019an dernier à l\u2019occasion de l\u2019Année Sainte, la Congrégation des Séminaires et des Universités a demandé aux Évêques de veiller avec soin sur l\u2019enseignement et l\u2019exercice de la musique sacrée.C\u2019est pourquoi, les Archevêques et Évêques de la Province de Québec, désirant uniformiser la législation particulière de chaque diocèse ont formé un Comité interdiocésain composé de musiciens et liturgistes éminents.Ce Comité a préparé un Code de musique sacrée qui a été \u2014 558 approuvé par l\u2019Assemblée épiscopale, tenue à Québec, le 13 février 1951.Ce Code aura désormais force de loi dans l\u2019Archidiocèse de Québec.Dans les paroisses, les collèges, dans les couvents et les écoles, dans les communautés et autres institutions du diocèse, on devra donc s\u2019y soumettre docilement.Un catalogue de pièces recommandées est actuellement en préparation.Il facilitera le choix de la bonne musique religieuse et par suite le respect des directives pontificales et diocésaines en ce domaine.\u2014 6 octobre 1951.t Maurice Roy, Archevêque de Québec.Le Jubilé Pour dissiper tout doute sur la date d\u2019expiration du Jubilé et les conditions requises pour le gain des Indulgences, Nous rappelons que, de par la Constitution PER ANNUM SACRUM, Sa Sainteté le Pape Pie XII a étendu à l\u2019univers catholique et pour toute la présente année, le Jubilé qui a été célébré à Rome au cours de l\u2019année 1950.Quant aux conditions, elles demeurent toujours les mêmes, telles que données clans Notre communiqué du 23 janvier dernier Cf.Semaine Religieuse, 1950-51, No 22, p.338.Nous réitérons à tous Nos diocésains Notre pressante invitation de profiter des quelques mois qui restent pour bénéficier des nombreuses richesses surnaturelles mises à la disposition de tous à l\u2019occasion de ce Jubilé.Enfin, que l\u2019on n\u2019oublie pas de prier avec une ferveur accrue aux intentions mentionnées par le Saint Père, et à celles qu\u2019il a particulièrement recommandées à savoir : Le retour de la paix dans le monde, la résignation et le courage pour ceux qui sont persécutés à cause de la foi ; le retour des prisonniers ou exilés dans leur patrie ; l\u2019union des diverses classes sociales dans un esprit de justice et de charité, et la reconnaissance des droits de l\u2019Église.\u2014 6 octobre^ôl. \u2014 559 La Fête du Christ-Roi Le dimanche, 28 octobre, ramènera la célébration de la fete du Christ-Roi.Ce sera une excellente occasion de renouveler au Sacré-Cœur sa consécration personnelle, celle des familles, des paroisses, des municipalités elles-mêmes.MM.les Curés voudront bien recommander, comme par le passé, de telles pratiques.Des motifs spéciaux en accentuent h urgence actuelle : L\u2019Année Sainte, dont la ferveur doit être maintenue jusqu\u2019à la fin, et le dernier appel de l\u2019Episcopat canadien réclamant de tous les fidèles, en face d\u2019un laïcisme qui ignore pratiquement Dieu, le témoignage d\u2019une vie chrétienne exemplaire.Pour mieux célébrer cette Royauté universelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous rappelons le vœu de Sa Sainteté le Pape Pie XI qui demandait expressément qu\u2019bavant la fête annuelle du Christ-Roi, des instructions soient données.à tous les paroissiens, de sorte que pleinement informés sur la nature de la fête, sa signification et son importance, le peuple mène une vie chrétienne digne des serviteurs fidèles et dévoués du Roi Divin \u201d.(Quas Primas).Un triduum préparatoire, là où c\u2019est possible, serait donc à souhaiter à cette fin.Qu\u2019au moins la prédication du dimanche précédent expose l\u2019essentiel sur cette fête si importante, et invite les fidèles à la célébrer avec ferveur ; le jour même de la fête, que toutes les manifestations coutumières d\u2019hommage au Christ-Roi soient organisées avec la plus grande piété.\u2014 15 octobre 1951.f Maurice Roy, Archevêque de Québec.Collecte du 1er novembre Messieurs les Curés voudront bien annoncer à leurs paroissiens que la quête du premier novembre, demandée jusqu\u2019ici pour promouvoir les causes des Fondateurs de l\u2019Église canadienne, sera faite cette année au profit d\u2019une église nationale canadienne à Rome.Ce sont les Révérends Pères du Saint-Sacrement qui s\u2019occuperont de la construction de cette église et en auront la garde. 560 \u2014 Le projet d\u2019une église nationale à Rome ayant été présenté au Souverain Pontife, Sa Sainteté le Pape Pie XII l\u2019accueillit en ces termes : Nous encourageons de tout cœur le projet de Nos fils du Canada d\u2019ériger à Rome une église nationale dédiée aux Martyrs Canadiens et Nous accordons à l\u2019Episcopat et aux fidèles de cette noble nation, aux méritants Pères du Saint-Sacrement qui seront les gardiens de ce sanctuaire et à tous ceux qui, par leur générosité, contribueront à la réalisation de la pieuse entreprise, une particulière Bénédiction Apostolique.A la suite de cet encouragement donné par le Pape, Nosseigneurs les Archevêques et Evêques du Canada ont accepté avec joie d\u2019aider à la réalisation du projet.Dans tous les diocèses on sollicitera donc à cette fin l\u2019aumône des catholiques.Nous avons confiance que Nos fidèles accueilleront avec empressement le désir du Souverain Pontife et qu\u2019à l\u2019exemple de plusieurs autres nations ils contribueront généreusement à l\u2019érection d\u2019une église nationale au cœur même de la chrétienté Ce nouveau temple érigé dans un quartier dépourvu d\u2019église, sera un témoignage de la foi des catholiques canadiens et de leur filial attachement à Notre Saint Père le Pape.\u2014 24 octobre 1951.f Charles-Omer Garant, Evêque Auxiliaire à Québec Se vice de Préparation au Mariage 11 y aura bientôt dix ans, la Jeunesse Ouvrièré Catholique (J.O.C., et J.O.C.F.), faisant écho à l\u2019appel pressant de Sa Sainteté le Pape Pie XI, dans son encyclique sur le Mariage chrétien, prenait l\u2019initiative d\u2019organiser, dans le diocèse, poulies jeunes appelés à la sainte vocation du mariage, un service justement apprécié et qui restera comme l\u2019un de ses plus beaux titres à la reconnaissance de l\u2019Eglise, à savoir : le Service de Préparation au Mariage (S.P.M.). 561 Cette initiative dont les milliers de foyers qui en ont profité se plaisent à reconnaître ouvertement la nécessité et les bienfaits, n\u2019a cessé de grandir depuis ; elle a pris une ampleur qui déborde les cadres des premières années.Nous savons gré aux organisations sociales, patriotiques ou autres, de l\u2019aide moral et même financier qu\u2019en certains milieux ils apportent à cette œuvre si digne de leur sympathie, en vue de son expansion et de son perfectionnement ; Nous les invitons à les continuer et à les accentuer si possible.Soucieux de suivre de plus près la marche de ce Service dont la répercussion est lourde de conséquences, et désireux d\u2019en assurer de plus en plus l\u2019unité et l\u2019efficacité, Nous voulons que les Mouvements d\u2019Action Catholique pour la Jeunesse soient les organismes responsables des cours de préparation au mariage et que chaque Mouvement ait la responsabilité immédiate de toute initiative de ce genre prise dans le milieu (pii lui est propre.C\u2019est donc à l\u2019un d\u2019eux qu\u2019on doit s\u2019adresser avant d\u2019entreprendre l\u2019organisation de tels cours.Là où les Mouvements mandatés n\u2019existeraient pas, on recourra à l\u2019aumônier diocésain de l\u2019un ou l\u2019autre des Mouvements.Un Comité spécial, formé des Aumôniers diocésains de la J.O.C., de la J.A.C., de la J.I.C., de la J.U.C., des Scouts et des Guides aînés, et du Chancelier de l\u2019Archevêché, s\u2019occupera des problèmes plus délicats qui se posent dans l\u2019organisation de ces cours, en particulier, du choix des conférenciers et du choix des textes qui seront mis entre les mains des jeunes gens et jeunes filles fiancés.Assuré de la généreuse et bienveillante collaboration de tous, Nous avons confiance qu\u2019un grand nombre de fiancés bénéficieront de ces cours et prépareront ainsi des foyers plus heureux, plus cln-étiens et plus dignes de la sublime mission que Dieu leur confie.\u2014 24 octobre 1951.t Charles-Omer Garant, Evêque Auxiliaire à Québec.Directeur général de l\u2019Action catholique et des Oeuvres diocésaines. \u2014 562 \u2014 Vicarias Forains Par décision de Son Excellence Monseigneur l'Archevêque : Les paroisses de Saint-Michel, de Saint-Gabriel-de-la-Durantaye, de Saint-Charles et de Saint-Vallier qui, avant l\u2019érection du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, faisaient partie du Vicariat forain de Montmagny, seront désormais rattachées au Vicariat No XVI, dont M.l\u2019abbé Napoléon Morissette, curé d\u2019Armagh, est actuellement le Vicaire Forain.Quant aux paroisses du Comté tie Charlevoix : celles qui, avant l\u2019annexion de ce comté au diocèse de Québec, appartenaient au Vicariat de Baie Saint-Paul, feront désormais partie du Vicariat No XVIII, et celles du Vicariat de La Malbaie seront du Vicariat No XIX, de l\u2019Archidiocèse de Québec, \u2014 29 octobre 1951.L\u2019Institut \u201c VERITAS \u201d Il faut éviter de voir le communisme partout mais d\u2019autre part on ne peut nier son existence et ses activités croissantes et néfastes.L\u2019Institut Veritas qui vient d\u2019être fondé à Montréal, s\u2019est donné pour but de coordonner les efforts de tous contre les méfaits du parti communiste.Il mettra à la disposition de chacun une bibliothèque spécialisée, un bureau de recherches et un service d\u2019information.Notre plus grand souhait est que cet organisme si opportun et si bienfaisant connaisse un plein succès, qu\u2019il soit encouragé par tous les catholiques sincères et préoccupés de défendre leur foi et leurs institutions, et qu\u2019un grand nombre s\u2019abonne au bulletin bimensuel Veritas-Information.Cette collaboration de tous sera le plus grand encouragement pour les responsables de l\u2019Institut Veritas, que je tiens à féliciter.\u2014 10 novembre 1951.t Charles-Omer Garant, Evêque Auxiliaire à Québec. - 563 \u2014 Soirée triomphale en l\u2019honneur de l\u2019immaculée Nous bénissons le projet des Tertiaires de Saint François d\u2019organiser une soirée triomphale en l\u2019honneur de I\u2019Immaculée Conception de la très sainte Vierge Marie, le 9 décembre, à Sy2 heures, à l\u2019Ancien Colisée.Cette manifestation en l\u2019honneur de l\u2019immaculée Conception marquera également pour la population du Québec, l\u2019inauguration de l\u2019année du Centenaire de l\u2019Université Laval et sera une préparation éloignée au Centenaire de la proclamation du grand dogme de l\u2019immaculée Conception.Nous souhaitons qu\u2019on profite également de cette occasion pour apporter l\u2019appui le plus efficace possible à l\u2019œuvre nationale d\u2019action catholique mariale du Centre Marial Canadien dont la grande revue \u201c MARIE \u201d a été tant de fois honorée par les plus bienveillants témoignages de la Hiérarchie catholique et du Souverain Pontife lui-même.\u2014 6 décembre 1951.t Maurice Roy, A rchevêque de Québec.Répartition des zones missionnaires pour l\u2019année 1952 Zone \u201c A \u201d Sainte Thérèse de VEnfant-Jésus Cette zone se compose du Vicariat urbain No I et des Vicariats forains Nos 1, 2, 3, 4, 5, 6, 18 et 19.Les Pères Missionnaires du Sacré-Cœur pourront également passer partout dans cette zone sauf dans les trois secteurs attribués aux communautés suivantes : a)\tLes Pères Capucins : SS.-Martyrs-Canadiens de Québec et les paroisses du Vicariat forain No 2 ; b)\tLes Pères Rédemptoristes : St-Patrice de Québec et les paroisses du Vicariat forain No 4 ; c)\tLes Clercs de St-Viateur : St-Charles-Garnier et les paroisses du Vicariat forain No 6. \u2014 5G4 Zone \u201cB \u201d Saint-J ean-de-Brébeuf Cette zone comprend le Vicariat urbain No II, et les paroisses des Vicariats forains Nos 7 à 11 inclusivement plus les paroisses de Lauzon, Ste-Bernadette, Bienville, N.-Dame-de-Lévis, Christ-Roi et Ste-Jeanne-d\u2019Arc.Les Pères Blancs et les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception pourront quêter dans toutes les paroisses de cette zone ; Les Pères Dominicains visiteront aussi cette zone moins le secteur suivant : a) Les Pères Maristes auront St-Sauveur de Québec et les paroisses du Vicariat forain No 11.Zone \u201cC\u201d Saint-René Goupil Cette zone est formée du Vicariat urbain No III et des Vicariats forains Nos 12, 13, 14, 15 (moins les paroisses des villes de Lauzon, Bienville et Lévis), 16 et 17.Les Prêtres des Missions Étrangères et les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, dans toutes les paroisses de la zone ; L\u2019Oeuvre d\u2019Orient, dans toute la zone sauf dans les paroisses attribuées aux communautés suivantes : a)\tLes Pères Franciscains : St-François d\u2019Assise de Québec et les paroisses du Vicariat forain No 12 ; b)\tLes Pères Jésuites : St-Charles de Limoilou et les paroisses du Vicariat forain No 13.Son Excellence Monseigneur l\u2019Archevêque a bien voulu approuver la présente répartition et accorder pour un an aux communautés mentionnées l\u2019autorisation de quêter dans les zones déterminées. \u2014 565 Remarques 1.\tDe l\u2019avis du Comité de Coopération missionnaire, Son Excellence Monseigneur T Archevêque a décidé que dorénavant, sans préjudice des Oeuvres Missionnaires Pontificales, chaque paroisse ne serait pas tenue de recevoir plus de deux communautés missionnaires d\u2019hommes et une de femmes par année.La nouvelle distribution tient compte de ce principe.2.\tDans le diocèse les religieuses ne sont pas admises à quêter dans les églises ni aux portes des églises.Nouvelle distribution des zones missionnaires La création du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et l\u2019annexion à Québec du comté de Charlevoix obligent le Comité diocésain de la Coopération missionnaire à un remaniement des zones et des paroisses qui sera en vigueur à partir du 1er janvier 1952.Zone \u201cA\u201d Sainte-Thérèse de VEnfant-Jésus Vicariat urbain No I : Notre-Dame de Québec, St-Patrice, N.-D.de la Garde, St-Jean-Baptiste, St-Vincent de Paul, N.-Dame du Chemin, St-Cœur de Marie, T.-S.-Sacrement, St-Dominique, SS.-MM.Canadiens, N.-Damc des Victoires, Sillery, St-Char-les-Garnier, St-Thomas d\u2019Aquin.Dans les Vicariats forains : No 1.L\u2019Ange-Gardien, Boischatel, Château-Richer, Ste-Amie-de-Beaupré, St-Joachim, St-Tite, St-Ferréol, Beaupré No 2.Ste-Pétronille, St-Laurent, St-Jean, St-François, Ste-Famille et St-Pierre de Pile d\u2019Orléans, St-Grégoire, Cour-ville, Laval, Beauport, Ste-Thérèse.No 3.Ste-Foy, Cap-Rouge, Ancienne-Lorette, St-Gérard-Majella, Village-Huron, Loretteville, St-Émile, Charlesbourg, \u2014 566 N.-Darne des Laurentides, Ste-Monique-des-Saules, Ste-Fran-çoise Cabrini (Lac Saint-Charles), St-Rodrigue, Stoneham et Tewkesbury, Yalcartier.No 4.Ste-Catherine, St-Basile, Ste-Christine, St-Léonard, St-Raymond, Rivière-à-Pierre, Pont-Rouge, Lac Edouard.No 5.St-Augustin, Neuville, Les Écureuils, Donnacona, Cap-Santé, Portneuf, Portneuf-Station, Deschambault, Gron-dines.No 6.St-Casimir, St-Thuribe, St-Ubald, Lac-aux-Sables, Montauban-les-Mines, N.-Daine des Anges, St-Alban, St-Marc-des-Carrières, St-Gilbert.No 18.Baie-St.-Paul, St-Urbain, Les Éboulements, Saint-Louis et St-Bernard de lTsle-aux-Coudres, La Petite-Rivière, St-Hilarion, St-Placide, St-Joseph de la Rive, St-Philippe-de-Clermont.No 19.La Malbaie, St-Raphael, N.-Dame des Monts, Pointe-au-Pic, Ste-Agnès, St.-Aimé, St-Fidèle, St-Irénée, St-Siméon, Baie-Ste-Catherinc.Zone \u201c B\u201d Saint-J ean-de-Brébeuf Vicariat urbain No II : N.-Dame des Anges (Hôpital-Général), St-Roch, N.-Dame de la Paix, St-Sauveur, St-Malo, Jacques-Cartier, Sacré-Cœur de Jésus, N.-Darne de Grâce, St-Joseph, Québec-Ouest, N.-Dame de Pitié.Lauzon (St-Joseph, Ste-Bernadette), Lévis (N.-Dame, Christ-Roi, Ste-Jeanne d\u2019Arc, Bienville).Dans les Vicariats forains : No 7.St-Jean-Deschaillons, Parisville, Ste-Philomène (Fortierville), Ste-Françoise-Romaine, Villeroy, Val-Alain, Joly, Ste-Emmélie, Lotbinière, St-Edouard, Ste-Croix, Issoudun, St-Flavien.No 8.St-Jacques de Leeds, Dosquet, St-Antoine-de-Tilly, St-Apollinaire, St-Agapit, St-Gilles, St-Narcisse, St-Patrice-de-Beaurivage, St-Sylvestre, Ste-Agathe, St-Bernard. \u2014 567 .No 9.Plessis ville, Lourdes, Ste-Julie, Ste-Anastasie, Ste-Sophie, St-Ferdinand, St-Adrien, St-Jean-Vianney, St-Pierre-Baptiste, Inverness.No 10.Thetford-les-Mines, (S.-Alphonse, S.-Maurice, S.-Noël-Chabanel, La Présentation), St-Jean-de-Brébeuf, Lac-Noir, Coleraine, Pontbriand, Robertson ville, Saint-Cœur-de-Marie, St-Pierre-de-Broughton, Sacré-Cœur de Jésus, St-Méthode, St-Antoine-Daniel.No 11.St-Victor, St-Alfred, St-Jules, St-Eplirem, Ste-Clotilde, St-Évariste, N.-Dame-de-la-Guadeloupe, St-Honoré, St-Hilaire, St-Sébastien, St-Samuel, Courcelles, Lambton.Zone \u201cC\u201d Saint René-Goupil Vicariat Urbain No III.Stadacona, St-Micliel-Archange , Limoilou, St-François d\u2019Assise, St-Pascal, St-Fidèle, St-Esprit, St-Albert-le-Grand, Ste-Claire d\u2019Assise, Giffard.Dans les vicariats forains : No 12.St-Georges, St-Benoît, St-Jean-de-la-Lande, St-Martin, St-René-Goupil, St-Gédéon, St-Ludger, St-Tliéopliile, St-Côme, St-Philibert, St-Zacliarie, Ste-Aurélie, St-Prosper, St-R obert-Bellarmin.No 13.St-Sévérin, St-Frédéric, Beauceville, St-Simon-les-Mines, N.-Dame des-Pins, St-Benjamin, St-Odilon de Cran-bourne, SS.-Anges, St-Joseph, L\u2019Enfant-Jésus, Ste-AIarie, St-Elzéar, St-Maxime-de-Scott.No 14.Pintendre, St-Henri, St-Isidore, St-Lambert, St-Anselme, Honfleur, Ste-Claire, St-Malacliie, St-Nazaire, Frampton, Ste-Marguerite, Ste-Hénédine, St-Léon de Standon.No 15.St-Jean-Chrysostome, St-Romuald, St-Nicolas, Char-ny, Ste-Hélène de Breakeyville, St-Rédempteur, St-Étienne, St-David, Beaumont.No 16.St-Raphael, Armagh, St-Nérée, St-Gervais, St- \u2014 568 \u2014 Lazare, St-Damien, N.-Dame de Buckland, St-Philémon, St-Magloire, St-Michel, LaDurantaye, St-Charles, St-Vallier.No 17.Ste-Germaine, Ste-Justine, St-Cyprien, St-Luc, Ste-Sabine, St-Camille, St-Louis-de-Gonzague, Ste-Rose.\u2014 20 décembre 1951.Tarif des messes A partir du 1er janvier prochain, le tarif des messes chantées dans toutes les églises du diocèse sera de $5.00, et la répartition des honoraires est celle déterminée par le Synode diocésain au décret 215.Toutes les messes recueillies jusqu\u2019à date, au tarif de $3.50 devront être chantées les premières.Le tarif des messes basses, dites \u201c Manuales \u201d, qui était autrefois de 0.50, sera désormais de $1.00.Nous rappelons qu\u2019on doit transmettre à l\u2019Archevêché les honoraires des grand\u2019messes ou des basses messes qui ne pourraient être célébrées dans un délai convenable.C\u2019est à l\u2019Archevêque qu\u2019il revient normalement de transmettre ces honoraires au Vatican et aux paroisses ou missions qui en manquent le plus.\u2014 31 décembre 1951. \u2014 569 \u2014 CIRCULAIRE AU CLERGÉ (No 17) A l\u2019occasion du jubilé sacerdotal de Son Excellence Monseigneur l\u2019Archevêque Archevêché de Québec, le 5 mai 1952.Aux membres du clergé, aux communautés religieuses et aux fidèles du diocèse.Nos très chers frères, Le douze juin prochain marquera le vingt-cinquième anniversaire d\u2019ordination sacerdotale de notre bien-aimé archevêque, Son Excellence Monseigneur MAURICE ROY; c\u2019est, en effet, le douze juin 1927, dans la Basilique de Québec, qu\u2019il fut ordonné prêtre par Son Eminence le Cardinal Raymond-Marie Rouleau, O.P.Quel prêtre n\u2019a pas désiré, au fond de son cœur, célébrer dans la plus stricte intimité les anniversaires du jour où Notre-Seigneur Jésus-Christ lui a donné une participation à son divin sacerdoce?Monseigneur l\u2019Archevêque, lui aussi, eût préféré vivre ces jours dans la retraite et le recueillement, afin de pouvoir dire à Dieu sa reconnaissance, sans être distrait par aucune célébration extérieure.Mais nous ne pouvons pas, nous, ses enfants, ne pas souligner un événement aussi heureux.N\u2019est-ce pas, très chers frères, répondre à vos désirs les plus ardents que de vous invi- Mandements des Evêques de Québec, volume XVII. \u2014 570 ter à participer au jubilé sacerdotal de celui qui préside aux destinées de notre diocèse ?Le Christ, qui joint indissolublement dans sa personne et la nature divine et la nature humaine, est le médiateur par excellence entre le ciel et la terre, le Pontife souverain, le Prêtre éternel.Mais, avant de remonter vers son Père, Notre-Seigneur a voulu confier à des hommes la mission de continuer son œuvre ici-bas.A la dernière Cène, la veille de sa mort, après nous avoir donné rEucharistie, il institue le sacerdoce en disant à ses Apôtres : \u201c Faites ceci en mémoire de moi \u201d (Luc, 22, 19).Et ces pauvres pêcheurs sont tout transformés, marqués à l\u2019effigie de Notre divin Sauveur, chargés de perpétuer le sacerdoce et le sacrifice du Fils de Dieu.Depuis ce jour, sans interruption, des milliers et des milliers d\u2019hommes ont été revêtus de cette incomparable dignité pour le bonheur et le salut- de riiumanité.Le prêtre, en effet, est prêtre \u201c pour les hommes \u201d, ses frères (Héb.5, 1).C\u2019est pour se dépenser au service des âmes qu\u2019il devient prêtre, tenant la place de Jésus-Christ auprès d\u2019elles.Les vingt-cinq années de prêtrise de Son Excellence Monseigneur MAURICE ROY ont été une merveilleuse réalisation de cet idéal sacerdotal.Au Séminaire de Québec, comme professeur à la Faculté de Théologie et comme aumônier des étudiants, dans les camps militaires et sur le champs de bataille durant la dernière guerre, à Trois-Rivières et ici dans l\u2019exercice de sa charge pastorale depuis qu\u2019il est évêque, il a été d\u2019un dévouement inlassable pour les âmes.Sa piété profonde, ses remarquables qualités d\u2019esprit, sa grande bonté pour tous, eu particulier pour les enfants, font de lui un modèle attachant, un guide sûr, un père aimé.La reconnaissance nous fait un devoir impérieux d\u2019avoir une pensée quotidienne pour notre Archevêque dans nos prières et nos sacrifices, et nous aurons grande joie à le fêter au début du mois prochain.Nous n\u2019avons pas l\u2019intention de détailler ici le programme des fêtes ; disons seulement que chacun aura sa part : les enfants, les adultes, les communautés religieuses d\u2019hommes et de femmes, le clergé séculier et régulier. \u2014 571 \u2014 Ainsi, prêtres, religieux et laïques auront l\u2019occasion de rendre leurs hommages et de manifester leur affectueux attachement au prélat si distingué que la divine Providence nous a donné pour pasteur.Les vocations sacerdotales sont l\u2019objet d\u2019une préoccupation constante de Monseigneur l\u2019Archevêque.Ne désire-t-il pas lui-même que 1952 soit une année consacrée d\u2019une façon particulière au recrutement sacerdotal ?Aussi, le comité chargé de préparer les fêtes a-t-il pensé qu\u2019à l\u2019occasion de son jubilé d\u2019argent une souscription pourrait être organisée dans le diocèse ; les offrandes ainsi recueillies seraient remises à notre Pasteur pour ses œuvres de vocations sacerdotales.Nous sommes assurés, Nos très chers frères, que tous voudront faire leur part pour aider au recrutement des ouvriers nécessaires à la moisson des âmes, en même temps que pour donner à Monseigneur l\u2019Archevêque une preuve tangible de leur vénération et de leur estime.Quand Messieurs les curés feront appel à votre générosité, vous répondrez donc avec empressement, dans toute la mesure de vos moyens.S\u2019il en est ainsi, la bourse qui sera présentée à notre Père et Pasteur, à l\u2019occasion de ses fêtes, sera digne de lui et de vous.Nous écrirons, avec ce jubilé sacerdotal, une nouvelle page de l\u2019histoire de notre diocèse.Si tous collaborent, cette page enrichira encore les annales déjà si glorieuses de l\u2019Église de Québec.D\u2019avance, nous vous disons un cordial merci et nous demandons au Bon Dieu de récompenser votre charité en vous comblant de ses grâces et de ses bénédictions.Veuillez agréer, Nos très chers frères, l\u2019assurance de notre dévouement en Jésus et Marie f Charles-Omer Garant, Evêque tit.de Zorolus.f Lionel Audet, Evêque tit.de Tibari Auxiliaires à Québec. \u2014 573 \u2014 CIRCULAIRE AU CLERGÉ (No 18) Archevêché de Québec, le 1er janvier 1953.La présente circulaire comporte la série chronologique, précédée d\u2019une table alphabétique, des principaux communiqués d\u2019ordre disciplinaire ou historique, parus dans la \u201c Semaine Religieuse de Québec \u201d au cours de l\u2019année 1952.TABLE ALPHABÉTIQUE ABSTINENCE (Règlement du Carême).574 .et jeûne en dehors du carême.590 CARÊME (Règlement du.) .574 CŒUR IMMACULÉ de Marie \u2014 Messe Votive.581 ELISABETH II \u2014 Avènement de Sa Majesté la Reine.578 FÊTE de Sainte Françoise Cabrini .581 .de Notre-Dame des Écoles étendue à tout le Canada.587 GEORGES VI \u2014 Déclaration et décision de Mgr l\u2019Archevêque à l\u2019occasion de sa mort .577 HYPNOTISME .578 INDULGENCES attachées à la récitation du Chapelet à la radio.585 JEÛNE (Règlement du Carême) .574 .Abstinence et .en dehors du Carême.590 MESSES \u2014 Tarif des.574 .Votive du Cœur Immaculé de Marie.581 MONSEIGNEUR DE LAVAL \u2014 Postulateur et Vice-Postulateur dans la cause de.583 MORT du Roi Georges VI.577 NOTRE-DAME des Écoles, Fête de .587 POSTULATEUR et Vice-Postulateur dans la cause de Mgr de Laval .583 QUÊTES en faveur des Oeuvres du Pape .584 Mandements des Evêques de Québec, volume XVH. \u2014 574 RÈGLEMENT DU CAREME.574 REPRÉSENTATIONS cinématographiques .586 REX FILM (Représentations cinématographiques) .586 SAINTE FRANÇOISE Cabrini \u2014 Fête de.581 SAMEDI-SAINT (Vigile Pascale).578 TARIF DES MESSES.574 VIGILE PASCALE .578 Tarif des messes A-partir du 1er-janvier prochain, le tarif des messes chantées dans toutes les églises du diocèse sera de $5.00, et la répartition des honoraires est celle déterminée par le Synode diocésain au décret 215.Toutes les messes recueillies jusqu a date, au tarif de $3.00 devront être chantées les premières.Le tarif des messes basses, dites \u201c Manuales \u201d, qui était autrefois de 0.50, sera désormais de $1.00.Xous rappelons qu\u2019on doit transmettre à l\u2019Archevêché les honoraires des grand\u2019messes ou des basses messes qui ne pourraient être célébrées dans un délai convenable.C\u2019est à l\u2019Archevêque qu\u2019il revient normalement de transmettre ces honoraires au Vatican et aux paroisses ou missions qui en manquent le plus.\u2014 31 décembre 1951.Règlement du Carême Fidèle à renseignement de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a dit à ses disciples \u201c Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous \u201d (s.Luc, XIII, 5), notre Mère la Sainte Église nous impose la loi du jeûne et de l\u2019abstinence.Elle veut ainsi nous encourager à offrir une juste réparation pour nos péchés et à marcher généreusement à la suite de notre Sauveur qui a souffert et qui est mort pour nous. \u2014 575 Abstinence Tous les fidèles qui ont sept ans accomplis et l\u2019usage de raison sont tenus à la loi de l\u2019abstinence (canons 12 et 1254 §1).La loi de l\u2019abstinence défend de se nourrir de viande et de jus de viande, de même que du sang, de la graisse et de la moelle des animaux qui naissent et vivent sur la terre.Elle ne détend ni les œuts, ni le laitage (lait, crème, beurre, fromage), ni l\u2019oléomargarine, non plus que les condiments et les assaisonnements même s\u2019ils proviennent de la graisse des animaux (canon 1250).En vertu des facultés accordées par le Saint-Siège à tous les évêques, la loi de l\u2019abstinence a été modifiée comme suit : Le mercredi des Cendres et tous les vendredis sont des jours d\u2019abstinence complète, c\u2019est-à-dire qu\u2019on devra faire maigre toute la journée.Le mercredi et le samedi des Quatre-Temps sont des jours d\u2019abstinence partielle, c\u2019est-à-dire qu\u2019il est permis de faire gras à un seul repas.Le Samedi Saint, il faut faire maigre jusqu\u2019à midi.Jeune Tous les fidèles, depuis l\u2019âge de 21 ans jusqu\u2019à 59 ans accomplis, sont tenus à la loi du jeûne (canon 1254 §2).Tous les jours du Carême (sauf les dimanches) sont des jours de jeûne d\u2019obligation (can.1253 §3).Le jeûne quadragésimal cesse le Samedi Saint à midi (canon 1252, §4).La loi du jeûne prescrit de ne faire qu\u2019un seul repas complet par jour (canon 1251 §1).La coutume autorisée permet de prendre deux repas maigres ; la quantité de nourriture de ces deux repas réunis ne doit pas égaler la quantité de nourriture du repas principal.Les jours de jeûne, la viande est permise au repas principal, excepté les vendredis et le Mercredi des Cendres.On ne peut pas manger entre les repas, mais les liquides, y compris le lait et les jus de fruit, sont permis. \u2014 576 \u2014 Si l\u2019on ne peut suivre la loi du jeûne ou de l\u2019abstinence sans nuire à sa santé, ou sans se mettre dans l\u2019incapacité de vaquer à ses occupations ordinaires, on se trouve par le fait même exempté.En cas de doute, on consultera son Curé ou son con fesseur en temps opportun.Nous exhortons instamment les fidèles durant le saint temps du Carême à assistei quotidiennement à la messe, à communier fréquemment, à prendre part plus souvent aux exercices publics de piété, à réciter le chapelet en famille, à donner généreusement aux œuvres de charité, à visiter et secourir les malades, les vieillards et les pauvres, à s\u2019abstenir des boissons alcooliques et des amusements mondains et à prier avec une ferveur redoublée, particulièrement aux intentions du Souverain Pontife.Autres directives 1.\t\u2014L\u2019Aumône étant le complément nécessaire de la pénitence, elle doit suppléer, durant le Carême, aux anciennes rigueurs, aujourd\u2019hui abolies : elle s\u2019impose surtout à ceux qui sont dispensés du jeûne.2.\t\u2014Pour faciliter aux fidèles l\u2019accomplissement de ce devoir, les aumônes du Caiême seront recueillies sous enveloppes à la fin du Carême ; elles seront remises à Monseigneur l\u2019Archevêque.3.\t\u201411 y aura dans chaque paroisse, au jour et à l\u2019heure désignés par le curé, des exercices publics de piété comprenant, une fois par semaine, celui du Chemin de la Croix.4.\t\u2014Les fidèles peuvent satisfaire au précepte de la Communion pascale depuis le Mercredi des Cendres jusqu\u2019au dimanche de la Quasimodo (Induit accordé à l\u2019Archidiocèse de Québec pour cinq ans, le 18 juillet 1949), les premiers communiants jusqu\u2019à la Trinité.\u2014 11 février 1952.t Maurice Roy, Archevêque de Québec. \u2014 577 \u2014 Déclaration de Son Excellence Mgr l\u2019Archevêque à l\u2019occasion de la mort de Sa Majesté le Roi Georges VI La mort si soudaine de Sa Majesté le Roi Georges VI afflige profondément tous ses sujets du Canada.Comme Souverain, Sa Majesté le Roi, admirablement secondé par Sa Majesté la Reine Elisabeth, s\u2019est consacré à ses hautes fonctions avec un dévouement vraiment héroïque ; il s\u2019est prodigué auprès des malades et des blessés, auprès des militaires, auprès des civils éprouvés par les bombardements aériens.La dignité de sa vie, le bel exemple des vertus domestiques qu\u2019il a donné à son peuple, avec toute la famille royale, lui ont attiré le respect et l\u2019affection de tous.Il laissera le souvenir d\u2019un roi plein de noblesse et de bonté.\u2014 6 février 1952.En Signe de Deuil A Voccasion de la mort du Roi Georges VI.Par décision de S.Exc.Mgr l\u2019Archevêque, on sonnera les cloches des églises, durant deux minutes, demain matin, à 11 heures, en signe de deuil public, à l\u2019occasion de la mort du Roi Georges VI.\u2014 6 février 1952.Messe solennelle le jour des funérailles de Sa Majesté le Roi Georges VI Le vendredi, 15 féviier, jour des funérailles de Sa Majesté le Roi Georges VI, la messe solennelle \u201c Pro Pace \u201d sera chantée dans la Basilique-Cathédrale de Québec, à neuf heures et demie, pour implorer l\u2019assistance de Dieu sur le Canada, la Grande Bretagne et les autres pays en deuil du Roi défunt, et ses bénédictions sur le règne qui commence. 578 \u2014 Son Excellence Monseigneur PArchevêque présidera au trône et prononcera une allocution.11 février 1952.Avènement de Sa Majesté la Reine Elisabeth II Le dimanche 17 février, on chantera dans toutes les églises du diocèse de Québec un Te Deum d\u2019action de grâces à l\u2019occasion de l\u2019avènement au trône de Sa Majesté la Reine Elisabeth II.\u2014 11 février 1952.La Vigile Pascale Un décret de la Sacrée Congrégation des Rites promulgué dans les Acta Apostolicœ Sedis (25 janvier 1952) autorise les Ordinaires à permettre dans leur diocèse respectif la célébration de la vigile de Pâques dans la soirée du Samedi Saint.Le Souverain Pontife a renouvelé pour trois ans, en les modifiant, les facultés données aux Évêques l\u2019an dernier au sujet de cet office.Se prévalant de ces pouvoirs, Son Excellence Monseigneur l\u2019Archevêque autorise les curés et les recteurs d\u2019églises ou de chapelles, à célébrer dès huit heures du soir, selon le rite solennel (avec ministres sacrés) ou selon le rite simple (sans ministres sacrés) la vigile de Pâques, d\u2019après les nouvelles rubriques.On trouvera un commentaire du décret et des facultés qu\u2019il accorde, dans la partie non officielle du numéro de la Semaine Religieuse de Québec.\u2014 10 mars 1952.Hypnotisme L\u2019hypnotisme est de nos jours l\u2019objet d\u2019un véritable engouement.Le Concile plénier de Québec et le Synode diocésain demandent aux pasteurs d\u2019âmes d\u2019éloigner soigneusement les fidèles de ces pratiques qui comportent de sérieux dangers au point de vue physique et mental. 579 L\u2019Église n\u2019a jamais défendu l\u2019hypnotisme comme tel, au contraire, en diverses circonstances, le St-Office a expressément déclaré que l\u2019hypnotisme pratiqué dans certaines conditions et avec certaines garanties morales pouvait être permis.Les théologiens ont l\u2019habitude de distinguer trois sortes d\u2019hypnotisme : médical, vulgaire, diabolique.1.\tU hypnotisme médical ou thérapeutique : c\u2019est celui que l\u2019on pratique dans un but médical ou scientifique, comme la correction de certains défauts ou habitudes chez les enfants, la guérison de certaines phobies ou idées fixes, etc.Cette forme d\u2019hypnotisme est permise aux conditions ordinaires du volontaire indirect.Il faut le consentement de l\u2019intéressé, (dans certains cas, il suffit que ce consentement soit présumé) ; une raison grave, telle une maladie qu\u2019on ne peut guérir par d\u2019autres moyens ; du côté de l\u2019hypnotiseur, habileté, prudence et honnêteté.2.\tL\u2019Hypnotisme vulgaire ou d\u2019amateur ; c\u2019est celui qui est provoqué par des hommes légers pour amuser, satisfaire une curiosité malsaine, gagner de l\u2019argent.Cet hypnotisme est défendu, parce qu\u2019il n\u2019y a pas de raison suffisante pour l\u2019autoriser ou pour y recourir, étant donné ses inconvénients et ses dangers.3.\tL\u2019Hypnotisme diabolique ou supérieur : c\u2019est celui qui fait appel à l\u2019intervention des mauvais esprits.Il est condamné par la loi naturelle et la loi positive ; c\u2019est de la superstition comme le spiritisme.On voit ce qu\u2019il faut penser de ces séances publiques d\u2019hypnotisme qui se donnent un peu partout.Ces séances sont facilement inconvenantes et dangereuses.De toute évidence, c\u2019est une pratique abusive de l\u2019hypnotisme, c\u2019est de l\u2019hypnotisme vulgaire qui ne saurait en aucune façon se justifier au point de vue moral.Nul ne peut donc encourager de semblables spectacles, ni louer salles ou chambres à ces fins.Les prêtres et les éducateurs doivent détourner les fidèles de ces abus. \u2014 580 \u2014 En résumé : l\u2019hypnotisme médical est permis quand se vérifient les conditions du volontaire indirect ; l\u2019hypnotisme vulgaire est défendu parce que non justifié ; l\u2019hypnotisme diabolique est toujours gravement illicite.\u2014\t10 avril 1952.Abstinence et Jeûne en dehors du Carême Abstinence L\u2019abstinence complète consiste à faire maigre toute la journée ; elle doit être observée le vendredi de chaque semaine, les vigiles de Noël et de la solennité de l\u2019Assomption.L\u2019abstinence partielle permet de faire gras à un seul repas ; elle est obligatoire le mercredi et le samedi des Quatre-Temps, les vigiles de la Pentecôte et de la Toussaint.Ainsi, par exemple, le 31 mai prochain, vigile de la Pentecôte, les fidèles devront observer l\u2019abstinence partielle.De même, la semaine du 1er juin, qui est la prochaine semaine des Quatre-Temps, le vendredi sera évidemment un jour d\u2019abstinence complète; les mercredi et samedi seront des jours d\u2019abstinence partielle.Jeune Le jeûne est obligatoire les mercredi, vendredi et samedi, des Quatre-Temps, les vigiles de la Pentecôte, de la Toussaint, de Noël et de la solennité de l\u2019Assomption.Donc, samedi le 31 mai, de même que les mercredi, vendredi et samedi de la semaine du 1er juin, seront des jours de jeûne d\u2019obligation.Ceux qui sont exemptés du jeûne ne sont pas, par le fait meme, exemptés de l\u2019abstinence complète ou partielle.Pour ce qui est du jeûne, rappelons que la quantité de nourriture absorbée le matin et le soir ne doit pas égaler la quantité de nourriture du repas principal.Depuis cette année, le lait et les jus de fruit sont permis, même entre les repas.\u2014\t14 mai 1952, 581 \u2014 (a Messe votive du Cœur Immaculé de Marie (b Fête de Sainte Françoise Cabrini A la demande de T Épiscopat du Canada, la Sacrée Congrégation des Rites vient de concéder les deux induits suivants : Le premier accorde pour cinq ans le privilège de célébrer, le premier samedi de chaque mois, une messe votive en l\u2019honneur du Cœur Immaculé de Marie, aux conditions mentionnées dans le rescrit pontifical.En vertu du second, la fête de Sainte Françoise Cabrini.Vierge, patronne des émigrants, qui se célèbre le 22 décembre, est étendue à tout le Canada, avec office et messe propres.Voici les deux textes de ces deux induits : Sacra Congregatio\tProt.N.D.919/52.RITUTJM Ditionis Canadensis Instantibus Exc.mis ac Rev.mis Canadensis Ditionis Or-dinariis, Sacra Rituum Congregatio, vigore facultatum sibi a Sanctissimo Domino Nostro PIO Divina Providentia PAPA XIIo specialiter tributarum, benigne indulget ut, ad proximum quiquennium, in omnibus ecclesiis præfatæ Ditionis, celebrari possit, singulis primis Sabbatis cuiusvis mensis, unica Missa votiva de Immaculato Corde Beatæ Mariæ Virginis, dummo-do non occurrat Festum deplex primæ et secundæ classis Feria, Vigilia aut Octava privilegiata, Festum, Vigilia seu Octava ipsius Deiparæ Virginis, ac insuper aliquod pium exercitium in honorem eiusdem B.M.V.mane peragatur.(*) (*) Conformément à cette prescription, ceux qui useront de ce privilège, devront réciter, après la messe chantée ou lue, l\u2019acte de consécration à la sainte Vierge dont ils trouveront le texte ci-dessous : 682 \u2014 Servatis de cetero Rubricis.Contrariis non obstantibus qui-buscumque.Romæ, die Aprilis 1952.f C.Card.Micara, Pro-Prœf.t A.Carinci, Arch.Seleucien, Secretarius Sacra Congregatio RITUIJM Prot.N.D.919/52.Ditionis Canadensis Exc.mi ac Rev.mi Ditionis Canadensis Ordinarii, in Ple-nario Cœtu Octaviæ coadunati, ad fidelium terras Canadenses immigrantium pietati ac spirituali curæ providendum, Sanc-tissimum Dominnm Nostrum PIUM PAP AM XII enixe ad-precati sunt ut Festum Sanctæ Franciscæ Xaveriæ, Emigran-tium Patronæ, ad totam prædictam Ditionem extendere bénigne dignaretur.Sacra porro Rituum Congregatio, vigore facultatum sibi ab Eodem Sanctissimo Domino Nostro spe-cialiter tributarum, attentis expositis, benigne annuit pro gratia juxta preces, et Festum S.Franciscæ Xaveriæ Cabrini, Virginis, quotannis, sub ritu duplici minori, cum Officio et Missa propriis et approbatis, in universa Canadensi Ditione recolendum benigne induisit.Servatis de cetero Rubricis.Contrariis non obstantibus quibuscumque.Romæ, die Aprilis 1952.f C.Card.Micara, Pro-Prœf.f A.Carinci, Arch.Seleucien, Secretarius. \u2014 583 Acte de consécration 0 Marie, Vierge puissante et Mère de miséricorde, Reine du ciel et refuge des pécheurs, nous nous consacrons à votre Cœur immaculé.Nous vous consacrons notre être et notre vie tout entière ; tout ce que nous avons, tout ce que nous aimons, tout ce que nous sommes.A vous nos corps, nos cœurs, nos âmes.A vous nos foyeis, nos familles, notre patrie.Nous voulons que tout en nous, tout autour de nous vous appartienne, et participe aux bienfaits de vos bénédictions maternelles Et pour que cette consécration soit vraiment efficace et durable nous renouvelons aujourd\u2019hui à vos pieds, ô Marie, les promesses de notre baptême et de notre première Communion.Nous nous engageons à professer courageusement et toujours les vérités de la Foi, à vivre en catholiques pleinement soumis à toutes les directives du Pape et des Évêques en communion avec lui.Nous nous engageons à observer les Commandements de Dieu et de l\u2019Église, et particulièrement la sanctification du Dimanche.Nous nous engageons à faire entrei dans notre vie \u2014 autant qu\u2019il nous sera possible \u2014 les consolantes pratiques de la Religion chrétienne et surtout la sainte Communion.Nous vous promettons enfin, ô glorieuse Mère de Dieu et tendre Mère des hommes, de mettre tout notre cœur au service de votre culte béni, afin de hâter, d\u2019assurer, par le règne de votre Cœur immaculé, le règne du Cœur de votre adorable Fils dans nos âmes et dans toutes les âmes, dans notre cher pays et dans tout l\u2019univers, sur la terre comme au ciel.Ainsi soit-il.P.P.O.No 390.\t5 juin 1952.Postulateur et Vice Postulateur dans la Cause de Mgr de Laval La fonction de Postulateur dans la cause de Mgr de Laval étant devenue vacante par la nomination de S.Exc.Mgr Léger comme Archevêque de Montréal, c\u2019est le Révérend Père Romain St-Cyr, de la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement, \u2014 584 \u2014 qui a été désigné pour remplir cette charge, avec l\u2019approbation du Saint-Siège.Conformément aux prescriptions canoniques, le R.P.St-Cyr a nommé l\u2019abbé Jean-Marie Fortier, du Séminaire de Québec, comme Vice-Postulateur dans cette même cause.\u2014 7 juillet 1952.Quête en faveur des Oeuvres du Pape L\u2019Episcopat canadien organise de nouveau cette année, à travers tout le Canada, le 14 septembre prochain, une quête en laveur des œuvres de charité de Notre Très Saint-Père le Pape et pour les victimes de la guerre.Une campagne de publicité sera faite dans les journaux catholiques du pays et les prêtres pourront en suivre les développements dès la semaine du 17 août.Il ne fait aucun doute cependant que le succès de la collecte des \u201c Charités papales \u201d repose surtout et avant tout sur la collaboration du Clergé.A cette fin, le \u201c Service Homélitique \u201d du Centre Catholique d\u2019Ottawa publiera dans son numéro de septembre un plan de sermon qui sera reproduit dans la Semaine Religieuse pour la prédication du 7 ou du 14 septembre, on pourra l\u2019utiliser de même que les documents et statistiques qui paraîtront dans les journaux.Nous prions les prédicateurs d\u2019insister sur le concept chrétien de la vertu de charité et sur les grandes responsabilités tant spirituelles que temporelles qui incombent à Pie XII comme \u201c père \u201d de toute la chrétienté et continuateur du Christ lui-même : il est le \u201c doux Christ sur terre Le produit de cette quête Nous sera remis en entier.Nous demandons au Divin Maître, par l\u2019intercession de Notre-Dame de toutes grâces, de répandre sur cette Campagne de Charité, Ses plus précieuses bénédictions.11 août 1952. \u2014 585 \u2014 Indulgences attachées à la récitation du Chapelet à la Radio Lettre du Saint-Père Segreteria di Stato Du Vatican, 2 septembre 1952 DI Sua Santita N.279587 Monseigneur, Vous aviez demandé au Souverain Pontife, dans une récente lettre une concession d\u2019indulgences particulières en faveur de ceux qui s\u2019associent à la pieuse pratique du chapelet à la Radio, si heureusement organisée par Votre Excellence dans l\u2019archidiocèse de Québec.Je suis chargé de vous faire savoir que le Saint-Père a daigné réserver un accueil favorable à cette filiale requête, et qu\u2019Elle daigne attacher à cette forme de récitation du chapelet les mêmes indulgences qu\u2019à la récitation selon le mode ordinaire.Il sera bien toutefois \u2014 connue c\u2019est d\u2019ailleurs le cas jusqu\u2019ici \u2014 que Votre Excellence ou celui qui la remplacerait au micro soit toujours assisté, à l\u2019endroit même où s\u2019effectue la transmission, par une ou plusieurs au ties personnes répondant \u201c more solito \u201d.Veuillez agréer, Monseigneur, l\u2019assurance de mes sentiments très dévoués en N.S.J.-B.Montini, Subst.S.Exc.Rév.rne Mgr Maurice Roy Archevêque de Québec. 586 \u2014 Représentations cinématographiques Depuis plusieurs années, le problème du cinéma préoccupe les pasteurs de T Église.Sa Sainteté Pie XII, alors secrétaire d\u2019État, commentant rEncyclique \u201c VIGILANTI CUR A \u201d disait : \u201c Que les Centrales Catholiques de Cinéma veillent dans chaque pays, à ce que les cinémas paroissiaux ou ceux des œuvres d\u2019action catholique ne puissent disposer que des films qui ont une cote morale acceptable.En imposant à ces salles une discipline et une organisation sérieuses, on en fera une clientèle avec qui les producteurs devront compter.\u201d Pour réussir à amélioier la situation il ques se groupent, ajoutait-il ! faut que les catboli- \u201c Pour réaliser ce souhait de l\u2019Encyclique, il convient de grouper en un seul bloc des salles importantes dans chaque région \u201d.C\u2019est à cette fin qu\u2019a été organisée, avec l\u2019approbation de l\u2019épiscopat, la Société REX FILM, société catholique de distribution de films, dont les bureaux se trouvent dans l\u2019Édifice de l\u2019Action Catholique, 3, Place Jean-Talon, Québec.Elle doit d\u2019une part assurer un choix convenable de films, et d\u2019autre part servir d\u2019intermédiaire entre les salles qui donnent du cinéma et les grandes compagnies qui distribuent les films.Par conséquent, les responsables de séances cinématographiques dans les paroisses, les institutions religieuses, les maisons d\u2019éducation et centres de loisirs devront désormais s\u2019adresser uniquement à REX FILM pour tous leurs contrats de location de films cinématographiques.Cet organisme \u2014 587 \u2014 catholique de distribution de films doit être considéré comme le seul intermédiaire autorisé à pourvoir de films les salles catholiques.\u2014 11 novembre 1952.Fête de Notre-Dame des Écoles étendue à tout le Canada A la demande des Archevêques et Évêques du Canada, la Sacrée Congrégation des Rites, par un rescrit en date du 12 novembre 1952, a étendu, avec les mêmes privilèges, à toutes les écoles et à toute la jeunesse du Canada le patronage de \u201c Notre-Dame des Écoles \u201d, jusqu\u2019ici limité à la seule province de Québec.\\ \u2014 589 \u2014 (No 19 ) LETTRE PASTORALE COLLECTIVE de Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Évêques de la Province de Québec, AU SUJET DU SÉMINAIRE DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES NOUS, PAR LA GRÂCE DE DlEU ET DU SlÉGE APOSTOLIQUE, Archevêques et Évêques de la Province de Québec, Au Clergé séculier et régulier, aux Communautés religieuses et à tous les fidèles de Nos diocèses, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.Nos très chers Frères, Le 2 juin 1951, Sa Sainteté le Pape Pie XII, glorieusement régnant, adressait au monde une Lettre encyclique sur les développements^des Missions catholiques.1 Après avoir loué avec la plus grande joie le travail aceompli^par las ouvriers de l\u2019Évangile, il demandait la collaboration de tous les baptisés à cette œuvre si importante : « Nous vous exhortons tous, disait-il, à poursuivre toujours ce travail avec la plus grande ardeur, par des prières adressées à Dieu, par la formation et l\u2019aide apportées aux candidats se destinant aux Missions ou bien enfin par des aumônes.» Nous sommes heureux, Nos très chers Frères, de vous rendre le témoignage que depuis longtemps vous déployez le zèle le plus ardent et le plus éclairé en faveur des Oeuvres de l\u2019évangélisation.L\u2019Église du Canada, parvenue à l\u2019état de plénitude de « la croissance du Christ », envoie chaque année un batail- (1) Evanqelii Præcones, Actes Pontificaux, Institut Social Populaire,(39), Montréal, p.l.Mandements des Évêques de Québec, volume XVII. 590 \u2014 Ion d\u2019élite porter l\u2019Évangile en terre païenne et y répandre les merveilles de la Rédemption.Nous constatons aussi avec la plus vive satisfaction que les fidèles confiés à Nos soins sont missionnaires par la pensée et par le cœur.Nous en voyons la preuve dans les prières ferventes que vous adressez chaque jour au Maître de la moisson pour la conversion des infidèles, dans l\u2019affectueuse sympathie avec laquelle vous recevez nos missionnaires de retour au pays, dans les aumônes si généreuses que vous ne cessez de verser à tous les apôtres qui vous tendent fréquemment la main au nom du bon Dieu.Nous sommes donc à l\u2019aise pour vous rappeler deux anniversaires qui contribueront sûrement à raviver votre zèle apostolique, et un troisième qui vous fournira de nouveau l\u2019occasion d\u2019exercer votre générosité missionnaire.Le 2 décembre 1952 marquait le quatrième centenaire de la mort de ce géant de l\u2019apostolat que fut saint François Xavier, courageux messager de l\u2019Evangile aux Indes et au Japon.Le premier évêque de Québec, Mgr de Laval, lui confia spécialement l\u2019Église naissante de la Nouvelle-France; depuis lors, sa dévotion n\u2019a cessé de grandir\u2019 dans notre pays, dont il est devenu le puissant protecteur et le second patron.Demandons à ce grand saint de bénir l\u2019Église du Canada, de garder notre peuple toujours fort dans la foi et de susciter dans nos familles encore si profondément chrétiennes de nombreuses vocations missionnaires, afin que le bon Dieu puisse dire de nous : « Vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte » (Ex.19, 6).Il y a eu vingt-cinq ans, le 14 décembre dernier, Sa Sainteté le Pape Pie XI, d\u2019immortelle mémoire, déclarait sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus patronne des Missions, au même titre que saint François Xavier.On se rappelle avec quelle joie cette nouvelle a été accueillie dans le monde catholique, et en particulier au Canada.Le Souverain Pontife voulait redire aux chrétiens que ce ne sont pas nécessairement les actions extraordinaires qui iont les saints et les apôtres, mais que ce sont les saints qui, par leur esprit de foi et d\u2019amour, ennoblissent et rendent surnaturellement efficaces les moindres actions de leur \u2014 591 \u2014 vie.Soyez donc de plus en plus convaincus, Nos très chers Frères, qu\u2019en offrant tous les jours, comme sainte Thérèse, l\u2019encens de vos piières et les fleurs de vos petits sacrifices, vous pouvez sauver une multitude d\u2019âmes et travailler ainsi (( à l\u2019édification du Corps mystique de Jésus-Christ, jusqu\u2019à ce que nous parvenions tous ensemble à l\u2019unité de la foi, à la pleine communion des fils de Dieu, selon la pleine grandeur du Christ » (Eph., 4, 12-13).Il y a trente ans, l\u2019épiscopat de cette Province annonçait la fondation de la Société des Missions-Étrangères de la Province de Québec.Peu de temps, après, le Séminaire Saint-François-Xavier ouvrait ses portes aux finissants de nos collèges qui aspiraient à faire partie de cette Société de prêtres séculiers vivant en communauté.Les Archevêques et Évêques de la Province civile de Québec, soucieux non seulement du bien spirituel de leurs ouailles mais aussi de la conversion des païens, ont toujours porté le plus vif intérêt à cette Société missionnaire à qui ils ont donné l\u2019existence et son esprit propre.Cette Société qui est Nôtre, a bien mérité de l\u2019Église depuis sa fondation et vous pouvez en être fiers.Vous avez droit de savoir ce qu\u2019elle a accompli et les espoirs qu\u2019elle entretient pour l\u2019avenir.Elle a formé jusqu\u2019ici cent soixante prêtres dont plus d\u2019une centaine sont actuellement en missions.En 1929, le Pape confiait à la jeune Société un vaste territoire en Mandchourie, au nord de la Chine, où a été fondé le diocèse de Szepingkai.En 1937, deux nouvelles circonscriptions étaient ouvertes en Extrême-Orient : Lintung en Mandchourie et Davao aux Philippines.En 1942, nos prêtres des Missions-Étrangères entraient à Cuba et, en 1949, au Japon.Entre temps, on jetait à Québec les bases d\u2019une maison de Probation où les jeunes gens qui veulent devenir missionnaires doivent s\u2019initier, durant un an, aux mystères de la vie spirituelle.De plus, on répandait dans les familles la revue (( Missions-Étrangères » afin de faire mieux apprécier le travail de nos ouvriers évan- \u2014 592 \u2014 géliques et de maintenir avec eux un lien de sympathie et de solidarité.Vous n\u2019ignorez pas, Nos très chers Frères, les épreuves qu\u2019eurent à subir, en ces dernières années, les chrétientés naissantes de l\u2019Extrême-Orient.La plupart des missionnaires de Notre Société ont connu les horreurs de la guerre avec ses bombardements, les camps de concentration avec leurs misères inouïes.Quelques-uns y ont même laissé leur vie, presque tous y ont usé leur santé.La Chine est victime en ce moment de la persécution ouverte.L\u2019héroïque évêque de Szepingkai, Mgr Louis-A.Lapierre, qui vient de mourir à son poste, laissait dans ses prêtres compagnons, les derniers représentants de l\u2019Église en ce malheureux pays.Comment ne pas admirer ces grands bienfaiteurs de l\u2019humanité qui, avec saint Paul, « ont souffert les dangers de toute sorte, les travaux et les peines, les veilles nombreuses, la faim, la soif, les jeûnes multipliés, le froid, la nudité, l\u2019ingratitude des hommes )) ?(2 Cor., 11, 26).Mais la souffrance de ces athlètes du sacerdoce, qui font tant d\u2019honneur à notre pa}7s, ne peut rester stérile.C\u2019est Notre-Seigneur lui-même qui nous le dit : (( Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s\u2019il meurt, il porte beaucoup de fruits » (Jean, 12, 24-25).Les fruits s\u2019annoncent déjà très abondants, le bon Dieu bénit visiblement Notre Société missionnaire.Les vocations se multiplient et les jeunes gens prennent d\u2019assaut le Séminaire dek Pont-Viau.*} En septembre dernier, trente-deux probanistes ont revêtu la soutane au noviciat de Québec et soixante-trois grands séminaristes poursuivent actuellement leurs études théologiques au Séminaire de Pont-Viau, devenu trop étroit.Nous devons agrandir ce Séminaire afin qu\u2019il puisse accepter tous les futurs prêtres que la divine Providence nous envoie.Il vous appartient, Nos très chers Frères, de continuer cette œuvre si bien commencée chez nous et de fournir un gîte suffisant à la relève qui monte toujours plus nombreuse.En conséquence nous vous demandons instamment d\u2019être plus généreux que jamais à la quête commandée annuelle des Missions-Étrangères laquelle sera remise en totalité pour 593 \u2014 aider à la construction d'une aile nouvelle à Notre Séminaire de Pont-Viau.Nous prions la Très Sainte Trinité par l'intercession de Marie Médiatrice, de faire descendre sur chacun de vous, en récompense de votre inépuisable charité, une surabondance de grâce et de paix ! Sera Notre présente Lettre pastorale collective lue et publiée au prône dans toutes les églises paroissiales et en chapitre dans les communautés religieuses, le dimanche précédant la quête pour le Séminaire.Donné à Québec, au Palais archiépiscopal, sous Notre seing, le quinzième jour de janvier, l\u2019an du Seigneur mil neuf cent cinquante-trois.f Paui^Émile, Cardinal Léger, Archevêque de Montréal.f Alexandre, Archevêque d\u2019Ottawa.f Maurice, Archevêque de Québec.t Georges, Archevêque de Sherbrooke.f Charles-Eugène, Archevêque de Rimouski.t Joseph-Eugène, Évêque de Mont-Laurier.f Louis, o.m.i., Évêque de Timmins.f Joseph-Alfred, Évêque de Valley field.f Joseph-Arthur, Évêque de Joliette.f Joseph-Aldée, Évêque d\u2019Amos.f Anastase, Évêque de Saint-Jean-de-Québec.f Napoléon-Alexandre, c.j.m., Évêque du Golfe Saint-Laurent.f Arthur, Évêque de Saint-Hyacinthe.t Georges, Évêque de Chicoutimi.f Albini, Évêque de Gaspé.t Georges-Léon, Évêque de Trois-Rivières.t William J., Évêque de Pembroke.t Albertus, Évêque de Nicolet.t Émilien, Évêque de Saint-Jérôme.t Bruno, Évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.t Henri, o.m.i., Évêque titulaire de Perrhê, Vicaire apostolique de la Baie James. \u2014 594 f Lionel, o.m.i., Évêque titulaire d\u2019Isbo, Vicaire apostolique du Labrador.f Gérard-M., Évêque-Coadjuteur de Saint-Jean-de-Québec.f Conrad, Évêque titulaire d\u2019Arena, Auxiliaire à Montréal f Lawrence Patrick, Évêque titulaire d\u2019Opos, Auxiliaire à Montréal.f Edouard, Évêque titulaire de Tabe, Auxiliaire à Joliette.f Charles-Omer, Évêque titulaire de Zorolus, Auxiliaire à Québec.f Percival, Évêque titulaire d\u2019Albule, Auxiliaire à V alley-field.t Maxime, Évêque titulaire de Christopolis, Auxiliaire à Ottawa.t Lionel, Évêque titulaire de Tibari, Auxiliaire à Québec. \u2014 595 \u2014 (No 20) COMMUNIQUÉ de Son Éminence le Cardinal Archevêque de Montréal et de Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Évêques des Provinces ecclésiastiques de Québec, Mont-tréal, Ottawa, Rimouski et Sherbrooke au sujet des nouveaux règlements du jeûne eucharistique.Nous, par la grâce de Dieu et l\u2019autorité du Siège Apostolique, Archevêques et Évêques de la Province civile de Québec.Au Clergé séculier et régulier, aux Communautés religieuses et à à tous les fidèles de Nos diocèses, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.Le présent communiqué apporte aux fidèles et aux prêtres de Nos diocèses les directives que Nous croyons nécessaire de donner afin d\u2019assurer, conformément à la volonté du Saint-Siège, l\u2019observance stricte et uniforme des nouvelles prescriptions de la loi du jeûne eucharistique.A \u2014 Directives aux fidèles Nos très chers Frères, Nous vous faisons connaître les modifications apportées à la loi du jeûne eucharistique par la Constitution \u2018* Christus Dominus \u201d.L\u2019Église a séparé très tôt le Saint Sacrifice de la Messe des agapes qui le précédaient aux premiers temps du christianisme et a introduit le jeûne eucharistique avant la communion.Cette coutume s\u2019appuie sur de très graves motifs.L\u2019abstention de la nourriture et de la boisson convient au profond respect que nous devons avoir envers la Majesté suprême de Jésus-Christ, quand nous nous apprê- Mandements des Évêques de Québec, volume XVII. \u2014 596 \u2014 tons à le recevoir caché sous les voiles de l'Eucharistie.Ce jeûne favorise également la piété et peut, par conséquent, contribuer à augmenter les fruits si salutaires que Jésus-Christ nous demande de produire avec l'aide de la grâce.Toutefois, déjà dans le passé, l\u2019Église a cru opportun de relâcher cette loi du jeûne pour des raisons particulières, comme la maladie ou une autre nécessité.Les conditions nouvelles créées par la vie moderne inspirent aujourd\u2019hui à l\u2019Église de concéder des privilèges plus étendus.Nous sommes heureux de constater que la dévotion envers l\u2019Auguste Sacrement de l\u2019Autel se développe sans cesse dans l\u2019esprit des fidèles.Puissent les modifications apportées à la loi du jeûne eucharistique rendre encore plus ardent le désir de participer aux mystères divins.Voici les nouvelles dispositions de la loi du jeûne eucharistique : I) Principe général : a)\tL\u2019eau naturelle ne rompt plus le jeûne eucharistique.Tous peuvent donc désormais, même sans raison particulière, absorber de l\u2019eau naturelle avant de communier.Aucune permission n\u2019est requise pour agir ainsi.b)\tA part cette modification, la loi du jeûne eucharistique reste la même et comporte les mêmes obligations qu\u2019auparavant pour toutes les personnes qui ne se trouvent pas dans les conditions spéciales indiquées ci-après.il) Catégories spéciales de fidèles : a)\tSur le conseil prudent d\u2019un prêtre, les fidèles malades, même non alités, incapables de rester complètement à jeun sans un inconvénient sérieux, peuvent prendre du liquide ou un vrai remède même solide (à l\u2019exclusion des boissons alcooliques).Ils peuvent faire usage de ce privilège même juste avant la communion.b)\tSur le conseil prudent d\u2019un prêtre, les fidèles qui ne sont pas malades mais qui ne peuvent pas rester complètement à jeun sans un inconvénient sérieux, peuvent prendre quelques chose \u2014 597 sous forme de liquide (à l\u2019exclusion des boissons alcooliques, telles que bière, vin et autres liqueurs enivrantes), jusqu\u2019à une heure avant de communier.Selon la nouvelle loi de l\u2019Église, les cas dans lesquels il y a sérieux inconvénient sont au nombre de trois seulement : i)\tLn travail fatigant accompli avant la communion.Accomplissent un travail fatigant : les ouvriers ou employés qui travaillent par équipes de jour et de nuit ; ceux qui par devoir ou par charité doivent veiller la nuit ; les femmes enceintes ou nourrices, les mères de famille ou autres personnes qui avant de pouvoir se rendre à l\u2019église doivent se livrer à un travail prolongé.ii)\tL\u2019heure tardive de la communion : 11 y a, en effet, des fidèles qui ne peuvent communier qu\u2019à une heure tardive, des enfants pour qui il est trop difficile avant d\u2019aller à l\u2019école, de se rendre à l\u2019église pour communier et de revenir ensuite à la maison pour déjeûner.iii)\tLong trajet pour atteindre l\u2019église : Par long trajet, l\u2019on entend ici un parcours de plus d\u2019un mille à pied (de 20 à 30 minutes de marche) ou un trajet proportionnellement plus long si l\u2019on se sert d\u2019un véhicule, compte tenu de la difficulté du voyage et de l\u2019état du fidèle.c) Il ne faut pas oublier que chaque fidèle, avant de profiter de ces avantages, doit soumettre son cas à un prêtre.Le prêtre peut accorder ce privilège une fois pour toutes, aussi longtemps que le fidèle sera dans les mêmes conditions.III) Messes du soir : 1)\tLe Saint-Siège accorde aux Évêques la faculté de permettre dans leur diocèse la célébration des messes du soir, à certains jours et quand les circonstances rendent cette célébration nécessaire.2)\tCes messes ne peuvent commencer avant quatre heures de l\u2019après-midi. 598 \u2014 3)\tLes dimanches et fêtes d\u2019obligation, les fidèles, en assistant à ces messes du soir, peuvent satisfaire au précepte de l\u2019assistance à la messe.4)\tA ces messes du soir, tous les fidèles peuvent communier pendant la messe ou même immédiatement avant ou tout de suite après : i)\tA condition de rester trois heures sans manger et une heure sans boire avant la communion (On se rappellera cependant qu\u2019il est permis en tout temps de prendre de l\u2019eau naturelle).ii)\tA condition de s\u2019abstenir de toute boisson alcoolique, quelle qu\u2019elle soit, depuis minuit jusqu\u2019au moment de la communion.Cependant, au repas, mais seulement pendant le repas, il est permis de prendre, avec modération convenable, les boissons alcoolisées habituellement en usage pendant les repas (p.e.vin, bière, cidre, etc., mais non les liqueurs fortes, telles que gin, cognac, whisky, etc.) iii)\tA condition de ne pas avoir déjà communié le matin du même jour.IV) Règles d\u2019interprétation : a)\tLes fidèles qui sont dans les conditions voulues pour bénéficier des privilèges accordés peuvent en jouir tous les jours.b)\tLe Saint-Siège prescrit que l\u2019on s\u2019en tienne fidèlement au texte du document pontifical et qu\u2019on n\u2019élargisse en aucune façon les privilèges si grands qu\u2019il a accordés.c)\tSuivant la pratique traditionnelle de l\u2019Église qui a coutume, lorsqu\u2019Elle adoucit la loi du jeûne, de prescrire d\u2019autres bonnes œuvres, ceux qui se servent des privilèges accordés, doivent compenser, dans la mesure du possible, soit par la pénitence intérieure, soit d\u2019une autre façon. d) Afin que les fidèles observent uniformément et exactement cette nouvelle discipline, tous les privilèges et induits accordés antérieurement par le Saint-Siège, de quelque manière que ce soit, sont abolis.V) Entrée en vigueur des modifications : Les présentes modifications apportées à la loi du jeûne eucharistique sont déjà en vigueur.Les présentes directives aux fidèles seront lues et publiées au prône dans les églises paroissiales et chapelles publiques, ainsi qu\u2019en Chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après leur réception. 600 \u2014 B.\u2014 DIRECTIVES AUX PRETRES I)\tPrincipe général : a)\tL\u2019eau naturelle ne rompt plus le jeûne eucharistique.Tous peuvent donc désormais, même sans raison particulière, absorber de l\u2019eau naturelle avant de communier.Aucune permission n\u2019est requise pour agir ainsi.b)\tA part cette modification, la loi du jeûne eucharistique (qui demande de ne pas avoir mangé ni bu depuis minuit pour communier) reste la même et comporte les mêmes obligations qu\u2019auparavant pour tous les prêtres qui ne se trouvent pas dans les conditions spéciales indiquées ci-après.II)\tCatégories spéciales de pretres : a)\tLes prêtres malades, même non alités, incapables de rester complètement à jeun sans sérieux inconvénient peuvent, tout comme les fidèles, prendre du liquide ou un vrai remède même solide (à l\u2019exclusion des boissons alcooliques).Ils peuvent faire usage de ce privilège, même juste avant de célébrer la messe ou de recevoir la sainte Communion.b)\tLes prêtres qui ne sont pas malades peuvent prendre quelque chose sous forme de liquide (à l\u2019exclusion des boissons alcooliques), jusqu\u2019à une heure avant la sainte messe, dans les trois cas suivants : i)\ts\u2019ils célèbrent à une heure tardive (après 9 heures) ; ii)\ts\u2019ils célèbrent après un ministère fatigant (p.e.confessions, distribution de la communion, visite des malades) ; le ministère est considéré comme fatigant quand il est accompli de très bonne heure (par ex.avant 6 heures) ou s\u2019il dure assez longtemps (par ex.1 heure avant la messe) ; iii)\ts\u2019ils célèbrent après un long trajet.Par long trajet, l\u2019on entend ici un parcours de plus d\u2019un mille à pied (de \u2014 601 \u2014 20 à 30 minutes de marche) ou un trajet proportionnellement plus long si l\u2019on se sert d\u2019im véhicule, compte tenu de la difficulté du voyage et de l\u2019état du prêtre.c)\ti) Les prêtres autorisés à dire deux ou trois messes, peuvent à la première et à la seconde messe prendre les deux ablutions prescrites par les rubriques, mais en se servant uniquement de l\u2019eau.Cependant à Noël et au Jour des Morts, le prêtre qui célèbre les trois messes de suite, est tenu de suivre les rubriques en ce qui regarde les ablutions.ii) Si par inadvertance, un prêtre qui doit célébrer deux ou trois messes, prend du vin aux ablutions, il peut quand même célébrer la deuxième et la troisième messe.d)\tPour jouir de ces privilèges, les prêtres n\u2019ont pas à prendre-l\u2019avis d\u2019un confesseur.III) Messes du soin : 1)\tLe Saint-Siège accorde aux Ordinaires la faculté de permettre la célébration des messes du soir dans leur diocèse à certains jours et quand les circonstances rendent cette célébration nécessaire : par exemple, pour les ouvriers de certaines industries qui se relayent au travail même les jours de fête, pour certaines catégories de travailleurs qui sont employés pendant la matinée des jours de fête ; à l\u2019occasion de réunions de caractère religieux ou social, auxquelles prennent part un grand nombre de fidèles provenant même de régions éloignées, etc.2)\tCes messes du soir ne peuvent être permises qu\u2019aux jours^ suivants : i)\tles dimanches ; ii)\tles fêtes d\u2019obligation actuellement en vigueur ou même-celles qui ont été supprimées : Immaculée Conception (8 décembre) Noël (25 décembre) Circoncision (1er janvier) Epiphanie (6 janvier) Ascension Toussaint (1er novembre) Saint André (30 novembre) Saint Thomas (21 décembre) Saint Etienne (26 décembre) Saint Jean (27 décembre) Les Saints Innocents (28 décembre) Saint Sylvestre (31 décembre) La Purification de la B.Vierge Marie (2 février) Saint Mathias (24 ou 25 février) Saint Joseph (19 mars) L\u2019Annonciation de la B.Vierge Marie (25 mars) Lundi et mardi de Pâques Lundi et mardi de la Pentecôte La fête-Dieu Saint Philippe et saint Jacques (1er mai) Invention de la Sainte Croix (3 mai) Saint Jean-Baptiste (24 juin) Saint Pierre et saint Paul (29 juin) Saint Jacques (25 juillet) Sainte Anne (26 juillet) Saint Laurent (10 août) Assomption de la B.Vierge Marie (15 août) Saint Barthélémy (24 août) Saint Matthieu (21 septembre) Saint Michel (29 septembre) Saint Simon et saint Jude (28 octobre) La fête patronale du pays La fête patronale du diocèse La fête patronale de la paroisse iii)\tLes premiers vendredis du mois ; iv)\tLes jours de sollennités célébrées avec un grand concours de peuple ; v)\tUn jour par semaine, à part ceux qu\u2019on vient d\u2019énumérer, quand cela est nécessaire pour des catégories déterminées de personnes ; 3) Ces messes ne peuvent commencer avant quatre heures de l\u2019après-midi. J \u2014 603 \u2014 4) Les prêtres peuvent célébrer les messes du soir : i)\tA condition d\u2019en avoir reçu l\u2019autorisation expresse de' l\u2019Ordinaire ; ii)\tà condition de rester trois heures sans manger et une heure sans boire avant la messe (on se rappellera cepen* dant qu\u2019il est permis en tout temps de prendre de l\u2019eau, naturelle) ; iii)\tà condition de s\u2019abstenir de toute boisson alcoolique quelle qu\u2019elle soit, depuis minuit jusqu\u2019à la messe.Cependant aux repas, mais aux repas seulement, ils pourront prendre, avec la modération convenable, les boissons alcoolisées habituellement en usage pendant les repas (par ex.: vin, bière, cidre, mais non les liqueurs fortes telles que gin, cognac, whisky, etc.) iv)\tà condition de ne pas avoir célébré la sainte Messe le matin du même jour, à moins qu\u2019ils n\u2019aient obtenu la permission de biner ou de triner.IV) Règles d\u2019interprétation : a)\tLes prêtres qui sont dans les conditions voulues pour bénéficier des privilèges accordés peuvent en jouir tous les jours.b)\tSuivant la pratique traditionnelle de l\u2019Église qui a coutume, lorsqu\u2019Elle adoucit la loi du jeûne, de prescrire d\u2019autres bonnes œuvres, ceux qui se servent des privilèges accordés, doivent compenser, dans la mesure du possible, soit par la pénitence intérieure, soit d\u2019une autre façon.c)\tLe Saint-Siège prescrit que l\u2019on s\u2019en tienne fidèlement au texte du document pontifical et qu\u2019on n\u2019élargisse en aucune façon les privilèges si grands qu\u2019il a accordés.d)\tAfin que les prêtres observent uniformément et exactement cette nouvelle discipline, tous les privilèges et induits accordés antérieurement par le Saint-Siège, de quelque manière que ce soit, sont abolis. \u2014 604 \u2014 V) Entrée en vigueur des modifications : Les présentes modifications apportées à la loi du jeûne eucharistique sont déjà en vigueur.Donné à Québec, le dixième jour de février l\u2019an du Seigneur mil neuf cent cinquante trois.t Paul-Emile, Cardinal Léger, Archevêque de Montréal.t Alexandre, Archevêque d\u2019Ottawa.f Georges, Archevêque de Sherbrooke.f Maurice, Archevêque de Québec.t Charles-Eugène, Archevêque de Rimouski.t Joseph-Eugène, Évêque de Mont-Laurier.t Louis, o.m.i., Évêque de Timmins.t Joseph-Alfred, Évêque de Valley field.t Joseph-Arthur, Évêque de Joliette.t Joseph-Aldée, Évêque d\u2019Amos.t Anastase, Évêque de Saint-Jéan-de-Québec.f Napoléon-Alexandre, c.j.m., Évêque du Golfe Saint-Laurent.t Arthur, Évêque de Saint-Hyacinthe.f Georges, Évêque de Chicoutimi.f Albini, Évêque de Gaspé.t Georges-Léon, Évêque de Trois-Rivières.t William, J., Évêque de Pembroke.f Albertus, Évêque de Nicolet.f Emilien, Évêque de Saint-Jérôme.t Bruno, Évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.f Henri, o.m.i., Évêque titulaire de Perrhé, Vicaire Apostolique de la Baie James.f Lionel, o.m.i., Évêque titulaire d\u2019Isbo, Vicaire Apostolique du Labrador.f Gérard-Marie, Évêque titulaire d\u2019Égée, Coadjuteur de Saint-Jean-de-Québec.t Conrad, Évêque titulaire d\u2019Arena, Auxiliaire à Montréal.f Lawrence-Patrick, Évêque titulaire d\u2019Opos, Auxiliaire à Montréal.t Edouard, Évêque titulaire de Tabe, Auxiliaire à Joliette.t Charles-Omer, Évêque titulaire de Zorolus, Auxiliaire à Québec.t Per ci val, Évêque titulaire d\u2019Albule, Auxiliaire à Valley field.t Maxime, Évêque titulaire de Christopolis, Auxiliaire à Ottawa.t Lionel, Évêque titulaire de Tibari, Auxiliaire à Québec. \u2014 605 \u2014 APPENDICE Constitution apostolique \u201c Christus Dominus \u201d et Instruction du Saint-Office I\t\u2014 Texte latin SANCTISSIMI DOMINI NOSTRI PII DIVINA PROYIDENTIA PAPAE XII CONSTITUTIO APOSTOLICA De Disciplina servanda Quoad ieiunium Eucharisticum PIUS EPISCOPUS SERYUS SERVORUM DEI AD PERPETUAM REI MEMORIAM Christus Dominus, «in qua nocte tradebatur1 », cum postrema vice veteris Legis celebravit Pascha, coena facta2, panem dédit discipulis suis dicens : « Hoc est corpus meum, quod pro vobis tra-detur »3 ; itemque calicem eis porrexit asseverans : « Hic est sanguis meus novi testamenti, qui pro multis effundetur » 4, « Hoc facite in meam commemorationem »5.Quibus ex Sacrarum Litterarum locis omnino patet Divinum Redemptorem ultimae huic paschali cele- 1\t\u2014 Cor.XI, 23 2\t\u2014 Cfr.Luc,.XXII, 20.3\t\u2014 1 Cor.XI, 24.4\t\u2014 Matth., XXVI.28.5\t\u2014 Cfr.I Cor., XI, 24-25. \u2014 606 brationi, in qua agnus ex Hebraeorum ritibus manducabatur, voluisse substituere novum Pascha, ad saeculorum usque obitum perman-surum, esum videlicet immaculati Agni, immolandi pro mundi vita ita ut novum Pascha novae Legis Phase vêtus terminaret, et umbram fugaret veritas6.Quandoquidem autem utriusque coenae eiusmodi coniunctio id-circo habita fuit, ut ex antiquo Paschate ad novum significaretur transitus, facile perspici potest cur Ecclesia, in Eucharistico Sacri-ficio ex Divini Redemptoris iussu in eius commemorationem reno-vando, a veteris agapes more discedere potuerit, et Eucharisticum ieiunium in usum inducere.Etenim inde ab antiquissima aetate consuetudo invaluit Eucha-ristiam christifidelibus ieiunis administrandi7.Saeculo autem exeunte quarto iam in variis Conciliis ieiunium iis praecipiebatur, qui Eucharisticum celebraturi essent Sacrificium.Itaque anno CCCLXXXXIII Hipponense Concilium haec decrevit : (( Sacramenta altaris non nisi a ieiunis hominibus celebrentur )) 8; quod praeceptum paulo post, hoc est anno CCCLXXXXVII, ex Carthaginensi Conciho III iisdem^verbis edebatur 9; ac saeculo ineunte quinto haec consuetudo satis communis et immemorabilis dici potest ; quamobrem S.Augustinus affirmât sanctissimam Eucharistiam a ieiunis semper accipi itemque per universum orbem morem istum servari10.Procul dubio haec agendi ratio gravissimis innitebatur causis, in quibus ea ante omnia memorari potest, quam Apostolus gentium lamentatur, cum de fraterna christianorum agape agit* 11.Etenim cibo potuque se abstinere cum summa ilia reverentia congruit, quam supremae Iesu Christi maiestati debemus, cum eum Eucharisticis delitescentem velis sumpturi sumus.Ac praeterea, dum ante quod-libet alimentum, eius pretiosissimo Corpore ac Sanguine vescimur, luculenter demonstramus illud esse primum ac summum nutrimen-tum, quo animus alatur noster eiusque augeatur sanctitas.Qua-propter idem Augustinus haec monet : « Placuit Spiritui Sancto ut in honorem tanti Sacramenti in os christiani prius Dominicum Cor- 6\t\u2014 Cfr.hymn.Lauda Sion (Missale Rom.).7\t\u2014 Cfr.Ben.XIY, De Syn.Diœc., 1, 6.c.8, n.10.8\t\u2014 Cone.Hipp., can.£8: Mansi, III, 923.9\t\u2014 Cone.Carth.Ill, cap.29:Mansi, III, 885.10\t\u2014 Cfr.S.August., Ep.LIV ad Ian., cap.6: Migne, PL, XXXIII, 203» 11\t\u2014 Cfr.I Cor., XI 21 sq. 607 \u2014 pus intraret, quam ceteri cibi ))12.Neque debitum solummodo honoris munus hoc ieiunium Divino tribuit Redemptori, sed pietatem etiam fovet ; ideoque ad saluber-rimos illos sanctitatis fructus augendos conferre potest, quos bono-rum omnium fons et auctor Christus a nobis, gratia ditatis, ehci postulat.Nemo ceteroquin est, qui experiundo non agnoscat ex ipsis huma-nae naturae legibus contingere ut, cum corpus cibo oneratum non sit, mens erigatur agilior, atque impensiore moveatur virtute ad arcanum illud excelsumque meditandum mysterium, quod in animo, tamquam in templo, agitur, divinam adaugens caritatem.Quanta cura Ecclesia Eucharisticum ieiunium servandum cura-verit ex eo etiam erui potest, quod illud, gravibus quoque poenis violatoribus impositis, imperavit.Etenim Concilium Toletanum VII, anno DCXXXXVI, excommunicationem ei comminatum est, qui non ieiunus sacris fuisset operatus13 ; anno autem DLXXII Concilium Bracarense III14, et anno DLXXXV Concilium Matisconen-se II 15 iam decreverant eum, qui huius rei evasisset reus, de sui muneris honorisque sede deponendum esse.Attamen, volventibus saeculis, illud quoque diligenter conside-ratum est, interdum nempe esse opportunum, ob pecuharia rerum adiuncta, hanc ieiunii legem, ad christifideles quod attinet, aliquate-nus relaxare.Quam ad rem Constantiae Concilium, anno MCCCCXV, dum eiusmodi sacrosanetam legem confirmât, addit quoque quod-dam temperamentum : «.sacrorum canonum auctorita&, lauda-bilis et approbata consuetudo Ecclesiae servavit et servat, quod huiusmodi sacramentum non debet confici post coenam, neque a fidelibus recipi non ieiunis, nisi in casu infirmitatis aut alterius necessitatis a iure vel Ecclesia concesso vel admisso ))16.Placuit haec in memoriam ea de causa reducere, ut omnes perspec-tum habeant Nos, quam vis novae temporum rerumque condiciones suadeant ut non paucas facultates ac venias hac in re concedamus velle tamen per Apostolicas has Lifteras suinmam huius legis consue-tudinisque vim confirmare ad Eucharisticum quod attinet ieiunium ; ac velle etiam eos admonere, qui eidem legi obtemperare queant, ut 12\t\u2022\u2014 S.August., 1.c.13\t\u2014 Cone.Tolet.VII, cap.2: Mansi, X, 768.14\t\u2014 Cone.Bracar.Ill, can.10: Mansi, IX, 841.15\t\u2014 Cone.Matiscon, II, can.6: Mansi IX .952.16\t\u2014 Cone.Constant., sess XIII: Mansi, XXVII, 727. \u2014 608 \u2014 id facere pergant diligenter, ita quidem ut ii solummodo, qui in necessitate versentur, hisce concessionibus frui possint secundum eiusdem necessitatis rationes.Suavissimo Nos solacio afficimur -\u2014 quod libet heic, etsi breviter, declarare \u2014 cum pietatem cernimus erga Augustum altaris Sacra-mentum cotidie magis increbrescere non modo in christifidelium ani-mis, sed ad divini cultus etiam splendorem quod pertinet, qui ex publicis populorum manifestationibus saepenumero emicat.Quam ad rem haud pamm procul dubio contulere sollicitae Summorum Pontificum curae, ac praesertim Beati Pii X, qui quidem, ad priscam Ecclesiae consuetudinem renovandam omnes advocans, eos adhor-tatus est, ut quam creberrime, immo cotidie si possent, ad Angelo-rum mensam accederent17 ; ac parvulos quoque ad caeleste hoc pabulum invitans, sapienti consilio statuit praeceptum sacrae Con-fessionis sacraeque Communionis ad eos singulos universos spectare, qui iam ad rationis usum pervenissent18 ; quod etiam in iuris cano-nici Codice sancitum est19.Hisce Summorum Pontificum curis christifideles ultro libenterque respondentes, ad sacram Synaxim frequentiores usque accessere.Atque utinam haec caelestis Panis fames divinique Sanguinis sitis in omnibus cuiusvis aetatis homini-bus in omnibusque civium ordinibus exardescant ! Animadvertendum tamen est ea quibus vivimus tempora eorum-que peculiares condiciones multa in societatis usum in communisque vitae actionem induxisse, ex quibus graves difficultates oriantur, quae possint homines a divinis participandis mysteriis abstrahere, si Eucharistici ieiunii legi eo prorsus modo ab omnibus obtemperan-dum sit, quo ad praesens usque tempus obtemperandum erat.Jmprimisque patet omnibus clerum hodie ingravescentibus chris-tianorum necessitatibus numéro imparem esse ; qui quidem festis praesertim diebus nimium saepe laborem tolerare debet, cum serius Eucharisticum Sacrificium ac non raro etiam bis vel ter celebrare debeat, cumque interdum officio quoque teneatur longinquum fa-ciendi iter, ut sacra ne desint haud parvis sui gregis partibus.Enervantes eiusmodi apostolici labores sacerdotum valetudinem procul dubio debihtant ; idque eo vel magis quod non modo Missac litan- 17\t\u2014 S.Congr.Concilii, Decretum Sacra Trideutina Synodus, d d.XX mensis Decembris, an MCIMV : Acta S.Sedis, XXXVIII, 400 sq.18\t\u2014 S.Congr.de Sacramentis, Decretum Quam singulari, d.d.VII mensis Augusti, an.MCMX: Acta Ap.Sedis, II, p.577 sq.19\t\u2014 C.I.C, can.863; efr.can.854 § 5. \u2014 609 dae cum Evangelii explicatione, itemque sacris Confessionibus au-diendis, catechesi impertiendae, ceterisque sui muneris partibus increscenti studio increscentique opera vacare debent, sed iis etiam rationibus rebusque diligenter prospicere ac consulere, quas aspe-rum illud certamen adversus Deum eiusque Ecclesiam postulat, tam late hodie, tam callide acriterque excitatum.At mens animusque noster ad eos potissimum advolat, qui procul a patria cuiusque sua, in longinquis opérantes terris, huic Divini Magistri invitationi iussionique generosi responderunt : (( Euntes ergo docete omnes gentes »20; ad Evangelii praecones dicimus, qui gravissimis etiam exantlatis laboribus atque itinerum difficultatibus omne genus superatis, eo omni nisu contendunt, ut christianae reli-gionis lumen omnibus pro facultate affulgeat, utque suos greges, saepenumero a catholica suscepta fide adhuc recentes, angelico illo enutriant cibo, qui virtutem alat pietatemque refoveat.Iisdem fere in rerum adiunctis ii quoque christifideles versantur, qui vel in non paucis regionibus a catholicis Missionalibus excultis, vel in aliis locis commorantes, cum proprium apud se non habeant sacrorum administrum, alterius sacerdotis adventum in seras horas exspectare debent, ut Eucharisticum participare queant Sacrificium, seseque divino enutrire pabulo.Ac praeterea, postquam machinae omne genus in usum inductae fuere, saepissime contingit ut opifices non pauci vel officinis, vel véhicularibus maritimisque muneribus, vel aliis publicae utilitatis ofïiciis addicti, non modo per diem sed per noctem etiam alternis iteratisque laboris vicibus occupentur, ita quidem ut debilitatae eorum vires eos interdum compellere possint ad aliquid nutrimenti accipiendum, atque adeo iidem impediantur quominus ad Eucharis-ticam mensam ieiuni accédant.Ad liane eamdem mensam matres quoque familias saepenumero venire nequeunt, antequam domesticis curis prospexerint, quae multas saepe ab eis postulant laboris horas.Parique modo evenit ut in puerorum puellarumque scholis ac litterarum ludis plurimi habeantur, qui divino illi invitamento res-pondere cupiant : (( Sinite parvulos venire ad me ))21, cum fore omnino confidant ut ille, qui (( pascitur in ter lilia )>22 suum ipsorum animi candorem morumque integritatem contra iuvenilis aetatis 20\t\u2014 Matth., XXVIII, 19.21\t\u2014 Marc., X, 14.22\t\u2014 Cant., II, 16: Vi, 2. \u2014 610 \u2014 illecebras ac mundi insidias tutetur ; verumtamen perdifficile inter-dum iisdem est, antequam ad scholam se conférant, sacras adiré aedes ibique sese Angelico enutrire Pane, postea vero domum redire ut necessarium suscipiant nutrimentum.Hoc praeterea animadvertendum est saepe hodie contingere ut frequentissiraae populi multitudines ex alio ad aliura locum post-meridianis horis ea de causa transgrediantur, ut religiosas celebra-tiones, vel coetus de re sociali habendos participent ; si igitur hisce etiam datis occasionibus liceat Eucharisticum peragere Mysterium, quod divinae gratiae vitalis fons est voluntatesque iubet ad virtutem adipiscendam exarclescere, hand dubium est inde vim hauriri posse, qua omnes ad christiane penitus sentiendum operandumque exciten-tur, et ad legitimis etiam obtemperandum legibus.Peculiaribus hisce considerationibus liaec adicere opportunum videtur, quae ad omnes spectant ; quamvis nempe nostris hisce temporibus ars medica ac disciplina ilia, quae hygiene dicitur, tant os progressus fecerint, tantumque contulerint ad mortuorum numerum in puerili praesertim aetate minuendum, nihilo secius praesentis vitae condiciones atque ea, quae ex immanibus buius saeculi bellis consecuta sunt incommoda, eiusmodi sunt, ut non parum corporum uonstitutionem valetudinemque debilitaverint.Hisce de causis, quo praesertim experrecta in Eucharistiam pietas facilius augeatur, e variis Nationibus Episcopi non pauci, officiosis datis htteris petiere, ut liaec ieiunii lex aliquantulum mitigaretur ; atque iam liaec Apostolica Sedes peculiares hac in re facilitates ac veoias sacroi'um administré ac christifidelibus benigne concessit.Ad quas concessiones quod attinet, memorare libet Decretum, quod Post Ediium inscribitur, a S.Congregatione Concilii die VII mensis Decembris, anno MCMV1, pro inlirmis datum 2S ; ac lutteras die XXII mensis Maii, anno MCMXX111, Locorum Ordinariis a S.S.C.t5.Officii pro sacerdotibus datas24.Postremis hisce temporibus, Episcoporum hac de re petitiones crebriores impensioresque fuere, atque amphores pariter fuerunt facultates concessae, eae potissimum quae belli occasione dilargitae sunt.Id procul dubio luculenter indicat novas, graves, non inter-missas ac satis generales exstare causas, quibus nimis difficile sit, 23\t- Acta S.Sedis.XXXIX, p.603, sq.24\t\u2014 S.S.Congr.S.Officii Litterae Jocorum Ordinariis datae super ieiunio eucharistico ante Missam: Acta Ap.Sedis.XV, p.151 sq. \u2014 611 \u2014 multiplicibus in rerum adiunctis, cum sacerdotes Eucharisticum sacrificium celebrare, turn christifideles Angelico vesci Pane ieiunos.Quamobrem, ut gravibus hisce incommodis- ac difficultatibus oc-curramus, utque indultorum diversitas in actionum discrepantiam ne cedat, necessarium ducimus Eucharistici ieiunii disciplinam ita mitigando statuere, ut, quam largissime fieri potest, in peculiaribus, etiam temporum locorum ac christifidelium condicionibus, eiusmodi legi omnes obtemperare facilius queant.Haec Nos decernentes, fore confidimus ut haud parum conferre possimus ad Eucharisticae pieta-tis incrementum, atque adeo aptius permovere atque excitare omnes ad Angelorum participandam Mensam, audaucta procul dubio Dei gloria ac Mystici Iesu Christi Corporis sanctimonia.Haec igitur omnia, quae sequuntur, Apostolica auctoritate Nostra decernimus ac statuimus : I.\tIeiunii eucharistici lex, a media nocte pro iis omnibus vigere pergit, qui in peculiaribus conclitionibus non versentur, quas per Apostolicas has Litteras exposituri sumus.Principium tamen gene-rale et commune omnibus in posterum esto, sive sacerdotibus, sive christifidelibus : aquam videhcet naturalem Eucharisticum ieiunium non frangere.II.\tInfirmi, etiamsi non decumbant, aliquid sumere possunt, de prudenti confessarii consilio, per modum potus, vel verae medicinae, exceptis alcoholicis.Eadem facultas sacerdotibus infirmis conce-ditur Missam celebraturis.III.\tSacerdotes, qui vel tardioribus horis.vel post gravem sacri ministerii laborem, vel post longum iter celebraturi sunt, aliquid sumere possunt per modum potus, exclusis alcoholicis ; a quo tamen se abstineant saltern per spatium unius horae, ante quam sacris operentur.IV.\tQui autem bis, vel ter Missam celebrent, ablutiones sumere possunt, quae tamen, in hoc casu, non vino, sed aqua tantum fieri debent.V.\tChristifideles pariter, etiamsi non infirmi, qui ob grave in-commodum \u2014 hoc est, ob debilitantem laborem, ob tardiores horas, quibus tantum ad Sacram Synaxim accedere possint, vel ob longin-quum iter, quod suscipere debeant \u2014 ad Eucharisticam mensam omnino ieiuni adiré nequeant, de prudenti confessarii consilio, hac perdurante necessitate, aliquid sumere possunt per modum potus, exclusis alcoholicis ; a quo tamen se abstineant saltern per spatium unius horae, antequam Angelico enutriantur Pane. 612 VI.Si rerum adimcta id necessario postulant, locorum Ordina-riis concedimus ut Missae celebrationem vespertinis, ut diximus, horis permittere queant, ita tamen ut haec initium non habeat ante horam IV post meridiem, sive in festis de praecepto, quae adhuc vigent, sive.in illis quae olim viguerunt, sive primis uniuscuiusque mensis feriis sextis, sive denique in illis sollemnibus.quae cum magno populi concursu celebrentur, atque etiam, praeter hos dies, semel in hebdomada, servato a sacerdote ieiunio trium horarum quoad cibum solidum et potus alcoholicos, unius autem horae quoad ceteros potus non alcoholicos.In his autem Missis christifideles ad Sacram Synaxim accedere poterunt, hac eadem servata norma ad ieiunium Eucharisticum quod attinet, firmo praescripto can.857.Evangelii autem praeconibus, in territoriis Missionum, peculia-rissimis perpensis condicionibus in quibus versantur, ob quas raro plerumque habentur sacerdotes, qui longinquas stationes invisere queant, Locorum Ordinarii eiusmodi facultates concedere poterunt ceteris etiam hebdomadis diebus.Locorum tamen Ordinarii diligenter curent, ut quaelibet vitetur interpretatio, quae concessas facultates amplificet, utque ab omni abusu et irreverentia hac in re caveatur ; in hisce enim dilargiendis facultatibus, quas hominum, locorum temporumque condiciones hodie postulant, Nos etiam atque etiam volumus Eucharistici ieiunii momentum, vim atque efficacitatem confirmare ad eos quod attinet, qui Divinum Redemptorem sub Eucharisticis velis latentem accep-turi sunt.Ac praeterea, quotiescumque corporis incommodum mi-nuitur, animus debet pro facilitate rem supplere, sive interna paeni-tentia, sive aliis modis, ex tradito Ecclesiae more ; quae quidem cum ieiunium mitigat, alia opera adimplenda imperare, solet.Qui igitur datis hac in re facultatibus perfrui queant, impensiores ad Caelum admoveant preces, quibus Deum adorent, eidem grates agant, ac praesertim admissa expient novaque impetrent superna auxilia.Cum omnes perspectum habeant oporteat Eucharistiam « tamquam passionis suae memoriale perenne »25 a Iesu Christo institutam fuisse, ex animis sensus illos eliciant christianae humili-tatis christianaeque paenitentiae, quos Divini Redemptoris crucia-tuum ac mortis meditatio excitare debet.Itemque eidem Divino Redemptori, qui, perpetuo in altaribus se immolans, maximum re- 25 \u2014 S.Thom, Opusc.LVII.Offic.de Festo Corporis Christi, lect.IV, Opera oirmia, Romae, MDLXX, vol.XVII. 613 \u2014 novat sui amoris documentum, adauctos offerant omnes suae erga proximos caritatis, fructus.Hac profecto ratione confèrent omnes ad illud Apostoli gentium cotidie magis explendum : ((Unus panis, unum corpus multi sumus, omnes qui de uno pane participamus )>26.Quaecumque autem hisce Litteris décréta continentur, ea omnia stabilia, rata ac valida esse volumus, contrariis quibuslibet non obstantibus, peculiarissima etiam mentione dignis ; atque abolitis ceteris omnibus privilegiis ac facultatibus, quomodocumque a Sancta Sede concessis, ut ubique omnes banc disciplinam aeque riteque servent.Quae quidem omnia, supra statuta, vim suam obtineant a promul-gationis die per Acta Apostolicae Sedis factae.Datum Romae, apud S.Petrum, anno Domini millesimo nongen-tesimo quinquagesimo tertio, die sexta mensis Ianuarii, in Epipha-nia Domini, Pontificatus Nostri anno quarto decimo.PIUS PP.XII 26 \u2014 1 Cor , X, 17. 614 \u2014 INSTRUCTIO DE DISCIPLINA CIRCA IEIUNIUM EUCHARISTICUM SERVANDA Constitutio Apostolica Christus Dominus, hoc ipso die a Summo Pontifice Pio XII, féliciter régnante, data, largitur quidem non pau-cas facultates ac dispensai ones circa legis ieiunii eucharistici obser-vantiam.sed normas maxima ex parte quoad suostantiam quoque confirmât Codicis Iuris Canonici (can 808 et 858, § 1) impositas sacerdotibus et fidelibus, qui eidem legi obtemperare queant.Atta-men hisce etiam extenditur favorabile ipsius Constitutionis primum praescriptum, cuius vi aqua naturaiis (id est sine ulla cuiuslibet elementi adiectione) non amplius frangit ieiunium eucharisticum (Const., n.I).Quod vero attinet ad ceteras concessiones, iis tantum uti possunt sacerdotes et fideles, qui in peculiaribus versantur con-dicioniDus, de quibus in Constitutione cautum est, vel Missas ves-pertinas celebrant aut in iisdem sacram communionem recipiunt ex licentia Ordinariorum, int.ra limites novarum facultatum, quae iisdem tributae sunt.Itaque, ut normae ad huiusmodi concessiones pertinentes ubique conformi ratione serventur atque evitetur quaelibet interpretatio quae concessas facultates amplificet, utque ab omni abusu hac de re caveatur, Suprema haec Sacra Congregatio Sancti Officii, iussu mandatuque Summi ipsius Pontifîcis, statuit quae sequuntur : Quoad infirmos sive fideles sive sacerdotes (Const., n.II) 1.Fideles infirmi, etiamsi non decumbant, aliquid sumere possunt per modum potus, exceptis alcoholicis, si, suae infirmitatis causa, usque ad sacrae communionis receptionem ieiunium, absque gravi incommodo, nequeunt servare integrum ; possunt etiam aliquid sumere per modum medicinae, sive liquidum (exclusis alcoholicis), sive solidum, dummodo de vera medicina agatur, a medico praes-cripta vel uti tali vulgo recepta.Advertendum autem est, non posse \u2014 615 \u2014 tamquam medicina haberi quodlibet solidum pro nutrimento sump-tum.2.\tCondiciones, quibus quis dispensatione a lege ieiunii frui possit, nulla adiecta ante communionem temporis limitatione, prudenter a confessario perpendendae sunt, neque quisquam sine eius consilio uti potest.Confessarius autem suum consilium dare poterit sive in foro interno sacramentali, sive in foro interno extra-sacramentali, etiam semel pro semper, perdurantibus eiusdem infirmitatis condi-cionibus.3.\tSacerdotes infirmi, etiamsi non decumbant, dispensatione pa-riter uti possunt, sive sint Missam celebraturi, sive sanctissimam Eucharistiam recepturi.Quoad sacerdotes qui in peculiaribus adiunctis versantur (Const., nn.Ill et IV) 4.\tSacerdotes non infirmi, qui a) vel tardioribus horis (i.e.post lioram nonam), b) vel post gravem.sacri ministerii laborem (v.gr.iam a summo mane seu per longum tern pus), c) vel post longum iter (i.e.saltern 2 km.circiter pedibus percurrendum, vel proportionate longius pro variis vehiculis adhibitis, difficultatis, quoque itineris vel personae habita ratione), celebraturi sunt, aliquid su-mere possunt per modum potus, exclusis alcoholicis.5.\tTrès casus supra numerati tales sunt, ut omnia comprehendant rerum adiuncta, in quibus legislator praefatam facultatem concedere intendit ideoque quaelibet vitetur interpretatio quae facilitates con-cessas amplificet.6.\tSacerdotes, qui in hisce adiunctis versantur aliquid sumere possunt per modum potus semel vel pluries, servato ieiunio unius horae ante Missae celebrationem.7.\tPraeterea omnes sacerdotes, qui bis vel ter sunt Missam celebraturi, possunt in prioribus Missis duas ablutiones a rubricis Mis-salis praescriptas sumere, sed tantum adhibita aqua, quae quidem, iuxta novum principium, ieiunium non frangit.Qui tamen die Nativitatis Domini vel in Commémoratione omnium fidelium defunctorum très Missas sine intermissione célébrât, quod ad ablutiones attinet, rubricas observare tenetur.8.\tSi vero sacerdos, qui bis vel ter Missam celebrare debet, per inadvertentiam vinum quoque in ablutione sumat, non vetatur quo-minus secundam et tertiam Missam celebret. \u2014 616 Quoad Jideles qui in peculiaribus adiunclis versantur (Const., n.V) 9.\tFidelibus pariter, qui non infirmitatis causa, sed oh aliud grave incommodum ieiunium eucharisticum servare nequeunt, aliquid su-mere licet per modum potus, exceptis tamen alcoholicis et servato ieiunio unius horae ante sacrae communionis receptionem.10.\tCasus autem, in quibus grave incommodum habetur, très enume-rantur, quos extendere non licet : a) Labor débilitons ante sacram coramunionem susceptus.Hoc labore affieiuntur turn opifices, qui, officinis vel vehicularibus mari-timisque muneribus vel aliis publicae utilitatis officiis addicti, diu noctuque per vices occupantur ; turn illi, qui ex officio vel ex cari-tate noctem vigilem transigunt (v.gr.valetudinarii, custodes noc-turni, etc.) ; turn mulieres praegnantes et matresfamilias quae, an-tequam ecclesiam adiré queant, in domesticis negotiis per longum tempus incumbere debent, etc.1)) Horn tardior, qua sacra communio recipitur.Sunt enim haud pauci fideles, qui tantummodo serioribus horis possunt apud se sacerdotem habere, qui Sacris operetur ; sunt pueri complures, quibus nimis grave est, antequam ad scholam se conférant, ecclesiam adiré, angelico pane vesci, postea vero domum revert i, ientaculi sumendi gratia.c) Longum iter peragendum, ut ad ecclesiam perveniatur.Longum autem hac super re habendum iter, ut supra explicatum est (n.4), si saltern 2 km.circiter pedibus percurrendum, vel proportionate longius pro variis vehiculis adhibitis, difficultatis quoque itineris vel personae habita ratione.11.\tCausae quidem gravis incommodi sunt prudenter a confes-sario perpendendae in foro interno sacramentali vel non sacramentali ; neque absque eiusdem consilio fideles non ieiuni sanctissimam Eu-charistiam recipere possunt.Confessarius autem consilium eius-modi dare potest etiam semel pro semper, causa eadem gravis incommodi perdurante.Quoad Missas vespertinas (Const., n.VI) Constitutionis vi Ordinarii locorum (cfr.can.198) facultate fruun-tur permittendi in proprio territorio Missae vespertinae celebratio- \u2014 617 \u2014 nem, si adiuncta id necessario exigunt, praescripto can.821, § 1, non obstante.Bonum enim commune aliquando sacrorum mysteriorum celebrationem post meridiem expostulat : v.gr.pro quarundam in-dustriarum opificibus, qui festis quoque diebus laboribus succedunt in vices ; pro illis operariorum classibus, qui matutinis festorum lioris occupantur, ut muneribus portuum addicti ; pro iis pariter, qui ex dissitis etiam regionibus maxima frequentia in unum locum conveniunt, ad quandam festivitatem religiosam vel socialem cele-brandam, etc.12.\tTamen eiusmodi Missae celebrari possunt non ante lioram quartam post meridiem, ac tantummodo in certis diebus taxative statutis seu a)\tfestis de praecepto vigentibus, ad normam can.1247, § 1 ; b)\tfestis de praecepto suppressis, iuxta Indicem a S.Congrega-tione Concilii editum, die 28 Decembris 1919 (cf.A.A.S.,vol.XII (1920), pp.42-43).c)\tprimis cuiusque mensis feriis sextis ; d)\tceteris sollemnibus, qui cum magno populi concursu cele-brantur : e)\tdie uno in hebdomada, praeter dies supra memoratos, si bonum peculiarum personarum classium id postulat.13.\tSacerdotes, qui pomeridianis horis Missam celebrant, itemque fideles qui in eadem sacram communionem recipiunt, possunt inter refedionem, permissam usque ad très horas ante Missae vel commu-nionis initium, sumere congrua moderatione alcoholicas quoque po-tiones inter mensapi suetas (v.gr.vinum, cerevisiam, etc.), exclusis quidem liquoribus.Ante vel post dictam refectionem sumere possunt (exceptis omne genus alcoholicis), aliquid per modum potus, usque as unam horam ante Missam vel communionem.14.\tSacerdotes, eodem die, nequeunt mane et vespere Sacrum litare, nisi potestatem expressam bis terve Missam celebrandi ha-beant, ad normam can.806.Fideles pariter, eodem die, nequeunt mane et vespere ad sacram Synaxim accedere, ad praescriptum can.857.15.\tFideles, quamvis non sint de eorum numéro, pro quibus Missa vespertina forte instituta sit, ad sacram Synaxim libere accedere possunt, infra dictam Missam vel proxime ante et statim post (cfr.can.846, ) servatis, quod attinet ad ieiunium eucharisticum, nor-mis supra relatis. \u2014 618 \u2014 16.\tIn locis vero, nbi non ius commune, sed ius missionum viget, Ordinarii Missas vespertinas omnibus in hebdomada diebus, iisdem condicionibus permittere possunt.Monita ad normas exsequendas 17.\tOrdinarii sedulo invigilent, ut omnis abusus et irreverentia erga sanctissimum Sacramentum plane vitetur.18.\tPariter curent, ut nova disciplina a cunctis subditis unifor-miter observetur, eosque doceant, omnes facultates et dispensations, turn territoriales turn personales, hactenus a Sancta Sede concessas, abrogatas esse.19.\tConstitutionis atque huius Instructionis interpretatio textui fideliter adhaereat, neque ullo modo facultates tam favorabiles am-plificet.Quod ad consuetudines attinet, quibus a nova disciplina discrepare contingat, clausula ilia abrogativa animadvertenda est : (( contrariis quibuslibet non obstantibus, peculiarissima etiam men-tione d ignis )).20.\tOrdinarii et sacerdotes, qui datis a Sancta Sede facultatibus perfrui debent, fideles studiose excitent, ut frequenter Missae Sa-crificio adstare velint et pane eucharistico reficiantur, opportunisque inceptis, praesertim sacra praedicatione, illud promoveant spiri-tuale bonum, cuius adipiscendi gratia Summus Pontifex Pius XII Constitutionem edere voluit.Summus Pontifex, hanc Instructionem approbans, statuit, ut ipsa promulgetur per editionem in Adis Apostolicae Sedis una cum Constitution Apostolica Christus Dominas.Ex Aedibus Sancti Officii, die VI mensis Ianuarii, anno MDCCCCLIII.f I Card.Pi7zardo, a Secretis.L.^ S.A.Ottaviani, Adsessor. \u2014 619 \u2014 II \u2014 Texte français CONSTITUTION APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE XII CONCERNANT LA DISCIPLINE DU JEUNE EUCHARISTIQUE Lorsque Notre Seigneur Jésus-Christ, « la nuit où il fut livré » (1 Cor., 11, 23), célébra pour la dernière fois la Pâque de l\u2019Ancien Testament, il distribua, après la cène (cfr.Luc, 22, 20), le pain à ses disciples en disant : (( Ceci est mon corps, qui sera immolé pour vous )) (I Cor.11, 24) ; de même il leur présenta le calice en disant : « Ceci est mon sang, le sang de la Nouvelle Alliance, qui va être versé pour un grand nombre » (Matth.26, 28), « Faites cela en mémoire de moi )) (cfr.1 Cor.11, 24-25).Ces passages de la Sainte Écriture manifestent clairement que le Divin Rédempteur, voulut substituer à cette dernière célébration pascale, où l\u2019on mangeait l'agneau selon le rite hébraïque, la nouvelle Pâque, destinée à durer jusqu\u2019à la fin des siècles, c\u2019est-à-dire la consommation de l\u2019Agneau immaculé qui devait être immolé pour le salut du monde, afin que la nouvelle Pâque de la nouvelle Loi clôturât l\u2019antique Phase et que la vérité chassât l\u2019ombre (cfr.Hymne Lauda Sion \u2014 Missel Rom.).L\u2019union des deux cènes ayant eu lieu pour signifier le passage de l'ancienne Pâque à la nouvelle, on peut facilement comprendre pourquoi l\u2019Église, dans le Sacrifice eucharistique (qui, selon le commandement du Divin Rédempteur doit se renouveler en mémoire de Lui, a pu s\u2019écarter des règles observées dans l\u2019antique agape, et introduire l\u2019usage du jeune eucharistique.En effet, dès l\u2019époque la plus ancienne, s\u2019établit l\u2019habitude de dis.tribuer l\u2019Eucharistie aux fidèles à jeun (cfr.Ben.XIY, De Syn-Dioec.1, 6, c.8 n.10).Déjà, vers la fin du IYe siècle, il fut décrété dans divers Conciles que ceux qui devaient célébrer le sacrifice eucharistique observeraient le jeune.En 393, le Concile d\u2019Hippone prescrivit : (( Le Sacrement de l\u2019Autel ne doit pas être célébré sinon par des personnes à jeun » (Conc.d\u2019Hippone can.28 : Mansi, III 923).Peu après, c\u2019est-à-dire en l\u2019an 397, ce précepte fut promulgué avec les mêmes paroles par le 111e Concile de Carthage (Conc.Car* 620 \u2014 thage III., cap.29: Mansi III, 88) ; au début du Ye siècle, cet usage pouvait être considéré comme assez commun et « ab immemorabili », aussi saint Augustin put-il affirmer :
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.