Bulletin du Cercle juif /, 1 juillet 1974, Juillet - Août
[" pr lie lr, tel {0 fir heh 33 OS HE en : Jue.dues à bo bE LATED .] \u201ca.AC Lee, mein 2 oliotheque Vills De Montreal R10, rue Sherbrogke est \u2019 Montreal, 1 U .Port de retour garanti.1590 Avenue McGregor, Montréal H3G 1C5 Affranchissement en numéraire au tarif de la troisième classe_\u2014 \u2014 Permis No.10,020.J _ LED Montréal, Juillet-Août, 1974 No.169 \\__\u2014 Vingtiéme Année 17ème ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE DU CONGRÈS JUIF CANADIEN De gauche à droite: Le Trés Hon.Pierre-Elliott Trudeau, Premier Ministre du Canada, en conversation avec M.Saul Hayes, C.R., Vice-Président Exécutif du Congrès Juif Canadien, et M.Sol Kanee, LL.D., ancien président du Congrès Juif Canadien. LE TRES HON.PIERRE-ELLIOTT TRUDEAU ET M.SAUL HAYES, C.R.DIX-SEPTIEME ASSEMBLEE PLENIERE DU CONGRES JUIF CANADIEN Le 16 Juin 1974 en l\u2019Hôtel Royal York de Toronto, était donné un banquet en l'honneur de M.Saul Hayes, C.R., O.C., LL.D., à l\u2019occasion de sa prise de retraite après 35 ans de direction et de vice-présidence du Congrès Juif Canadien.M.le Premier Ministre l\u2019Hon.Pierre-Elliott Trudeau en était l\u2019orateur invité, Il tint à y prendre part afin d\u2019en rehausser le prestige en l\u2019honneur de son vieil ami M.S.Hayes.M.le Premier Ministre prononça une allocution portant surtout sur la politique étrangère du Canada et se référant, à l\u2019occasion, à ses relations avec Israël.Avant d'atteindre le fond du sujet, M.Trudeau tint à rappeler sa collaboration constante avec M.S.Hayes dans les diverses commissions et organisations, auxquelles chacun d\u2019eux apporta tout son précieux concours.Nous donnons ci-bas le texte intégral de cette allocution qui, par son importance, représente un document capital dans la vie politique du Canada.* * * \u201cAinsi que vous le dites si bien, Monsieur le Président, lorsque vous me présentiez a cette honorable assemblée, je suis trés heureux d\u2019étre en communion ici ce soir, avec votre Congrès, qui représente une voix qui est depuis longtemps connue, comme étant celle forte et influente du judaisme canadien.Je fus particuliérement heureux et en méme temps empressé d\u2019accepter votre invitation, puisqu\u2019il s\u2019agit de rendre hommage non seulement à votre collègue, mais également à mon vieil ami: Saul Hayes.C\u2019est un homme que je connais depuis longtemps et un homme dont j'ai toujours admiré la bienveillance; un Le Très-Hon.Pierre-Elliott Trudeau, Premier Ministre du Canada, prononçant son allocution devant les 2.000 représentants des organisahons juives de tout le Canada.2 ¢ homme que j'appelle \u201cami\u201d parce que vous venez de le rappeler.Et c\u2019est à ce propos, que j\u2019eus l\u2019occasion de connaître non seulement sa puissance intellectuelle profonde, mais également son grand sens de l\u2019équité et de l\u2019humanité.Je sais que votre Vice-Président Exécutif vous manquera, mais en ce qui me concerne, je continuerai à espérer d\u2019être associé avec Saul dans les années à venir, dans n\u2019importe quelle activité importante que nous pourrions découvrir à Montréal ou dans n\u2019importe quelle partie du pays.J'espère que vous ne penserez pas que cette prise de retraite de Saul soit contagieuse ! J'ai accepté il y a plusieurs mois, de venir ici m'adresser à vous, avant qu\u2019il n\u2019existe aucune question relative aux événements actuels, et mon seul souci ce soir, est de choisir un sujet qui, je pense, soit probablement le moins partisan.Le sujet que je veux traiter en ce moment, est celui des affaires étrangères, sur lequel tous les partis sont généralement d'accord.Je répète que mon seul regret est que je doive traiter devant vous d\u2019un sujet aussi important, qui n\u2019est point en accord avec les discours coutumiers que j'ai prononcés au cours de ces derniers jours.Ceci me fournit l\u2019occasion, pendant la campagne électorale, de vous entretenir du rôle du Canada sur la scène mondiale et de m\u2019adresser à des hommes et à des femmes responsables qui, depuis longtemps, manifestent un vif intérêt pour notre dimension internationale.\u201d * * * \u201cIl y a quatre ans que mon gouvernement a complétement revu sa politique étrangère, la première déclaration du genre préparée par un gouvernement canadien depuis les années d\u2019après-guerre.Nous l'avons fait car nous crovions alors que les relations extérieures du Canada avaient déjà pris une orientation nouvelle.Nous nous étions alors fixé six objectifs.Aucun ne ressortissait a un lieu géographique particulier.Aucun n\u2019était exclusivement axé sur l\u2019étranger.Aucune priorité n\u2019avait été définie.Nous avons dit alors, et je le répète, c\u2019est la pour- (Lire la suite à la page 3) pi i! Bi \u2014 i : jrs hi ir it ion me fa ons rs os qi ve fir ons LE TRES HON.PIERRE-ELLIOTT TRUDEAU.suite de ces objectifs, et non le souci de jouer un role particulier dans le monde, qui sous-tend la politique étrangere du Canada.Ces objectifs, vous vous en souviendrez, étaient: \u2014 la paix et la sécurité \u2014 la protection de l\u2019environnement naturel \u2014 l\u2019amélioration de la qualité de la vie \u2014 la justice sociale \u2014 la souveraineté et l\u2019indépendance \u2014 la croissance économique De temps à autre, l\u2019un de ces objectifs a préséance sur les autres ; ils représentent néanmoinns, dans l\u2019ensemble, l\u2019essentiel de la politique nationale du Canada.Celui qui, depuis 1968, veille à l\u2019application de la politique étrangère, c\u2019est un homme que vous connaissez bien, le secrétaire d\u2019Etat aux Affaires extérieures, M.Mitchell Sharp.Sous sa gouverne, le Canada s\u2019est rapidement acquis, dans la communauté des nations, la réputation d\u2019un membre actif et consciencieux.Dans le même temps, Mitchell Sharp se révèle, aux yeux de tous, un homme dévoué et un habile négociateur.On le considère comme l\u2019un des plus grands ministres des Affaires extérieures d\u2019aujourd\u2019hui.(Il sera l\u2019hôte cette semaine à Ottawa, d\u2019une délégation ministérielle venue de 14 pays pour la conférence de l'OTAN.) C\u2019est avec fierté que je constate les réalisations du Canada sur la scène internationale.Notre influence n\u2019est pas sans limite, nous le savons, mais nous ne nous soustrayons pas pour autant aux responsabilités qui incombent à toute société démocratique, à tout pays industrialisé.Chaque fois que nous l\u2019avons pu, nous avons collaboré avec les autres pour améliorer la condition de l\u2019homme dans la société.Pour qu\u2019on restreigne ou qu\u2019on supprime l\u2019usage des armes destructrices.Pour qu\u2019on règle les conflits.Pour qu\u2019on lutte contre le terrorisme et qu\u2019on l\u2019élimine, où qu\u2019il naisse et quelle qu\u2019en soit la cause.Pour qu\u2019on se partage les techniques, les moyens d\u2019enseignement et les ressources financières.Pour promouvoir la liberté d\u2019action et de pensée des peuples.Pour que les pays s\u2019engagent à établir des institutions internationales qui assurent l\u2019harmonie des relations entre les nations et la sauvegarde de l\u2019environnement.En outre, nous avons constamment cherché à protéger les intérêts du Canada partout où ils étaient en cause, en oeuvrant au sein des conseils internationaux, auprès des ministres des affaires étrangères d'autres pays, sur les marchés étrangers, sur nos propres côtes et dans nos propres eaux.Nous avons misé sur la coopération et la concurrence, parce que c\u2019était là la seule voie rationnelle à suivre.Au Canada, nous avons utilisé nos grands espaces, nos immenses richesses naturelles et les ressources humaines d\u2019un peuple pacifique, au jugement bien éclairé, pour créer chez nous une société qui aujourd\u2019hui fait l\u2019envie des autres nations.Mais nous ne pouvons nous soustraire aux responsabilités que nous avons au delà de nos frontières.Et je dis bien : nous ne le pouvons pas.Pareille attitude ne serait pas viable pour le Canada.Elle ne serait pas viable du point de vue économique; en effet, 24 cents de chaque dollar dépensé au pays proviennent de l\u2019exportation de nos biens et de nos services.Elle ne serait pas viable du point de vue politique, car un trés grand nombre de Canadiens ont des attaches profondes et des amitiés sincéres pour les pays étrangers.Elle ne serait pas viable méme du point de vue strictement moral, car ce qui fait la force du Canada, c\u2019est, à l'échelle du monde comme en deçà de ses propres frontières, sa volonté de partage et d\u2019entraide.Le Canada n\u2019est pas une île déserte et les Canadiens ne sont pas des ermites.Nous avons besoin des autres, comme les autres ont besoin de nous.Nous ne pouvons pas promouvoir nos intéréts au préjudice de ceux qui nous entourent.Mais nous ne pouvons pas non plus laisser les autres nous exploiter, que ce soit par bravade ou par véritable malice.Je crois sincérement que le Canada a su donner de lui-même à l\u2019étranger l\u2019image d\u2019un pays intègre, Nous n\u2019avons rien d\u2019une super-puissance aux pouvoirs sans limites.Mais nous jouissons d\u2019une solide crédibilité, d\u2019une crédibilité d\u2019autant plus précieuse qu'elle est difficile à acquérir.Et cette confiance qu\u2019on nous accorde, le gouvernement libéral vous promet de ne pas la trahir.Ce faisant, toutefois, nous ne compromettrons pas l\u2019efficacité des relations que nous entretenons avec l\u2019étranger.Bien au contraire, le Canada 3 (Suite de la page 2) s\u2019affirmera avec vigueur et ténacité dans la poursuite des six objectifs qu\u2019il s\u2019est fixés.Je ne saurais, en un simple discours, passer en revue toutes les activités du Canada ni vous énumérer tous ses sujets de préoccupation.Ce que j'aimerais faire cependant, c\u2019est vous parler de quelques-unes des politiques et des activités auxquelles mon gouvernement attache le plus d\u2019importance.Certaines relèvent du large secteur de la coopération, d\u2019autres de la concurrence.Si on me demandait de quel critère le monde se sert pour juger le Canada, j'aimerais pouvoir dire que c\u2019est son humanisme, son souci de justice sociale.Je ne parle pas d\u2019appuyer sans discernement toutes les causes épousées par tel ou tel organisme ou tel ou tel groupe d\u2019intellectuels pas plus que de s'intéresser aveuglément a toutes les questions soulevées par des journalistes un peu trop zélés.Je parle de s\u2019engager corps et âme à améliorer la condition humaine.Le Canada n\u2019a pas à pontifier sur les questions internationales ; son rôle n\u2019est pas non plus de diriger le monde.d'imposer ses vues aux autres, ou même seulement d\u2019enlever quelques plumes à l'aigle tout proche.Ce que les Canadiens souhaitent, pour eux mêmes et pour les autres c\u2019est une vie décente et digne.Nous ne sommes pas doués d\u2019un don spécial pour régler les problèmes et nous ne prétendons pas que nos jugements soient infaillibles.Ce que nous désirons, c\u2019est de vivre en harmonie avec les peuples de tous les pays dans un milieu sain et d'aider à soulager les maux de l\u2019humanité.Ce désir est sincère et profond.Nous n\u2019avons pas de formule magique pour venir en aide à tous ceux qui auraient besoin de nous.Mais il n\u2019y a pas non plus de remparts ou de tranchées qui nous séparent du reste du monde.La politique étrangère du Canada ne serait pas fidèle à l\u2019image des Canadiens si elle n\u2019était pas humanitaire.Comme l\u2019a dit le poète : \u201cSi quelque part, il meurt un homme C\u2019est un peu moi qui meurs en sorn- me.\u201d Ces vers devraient inspirer notre politique étrangère comme ils inspirent notre politique nationale.Si quelque part on tue un homme, tout le monde y perd.Que ce soit un homme, une femme ou un enfant, que ce soit un villa- (Lire la suite à la page 4) LE TRES HON.PIERRE-ELLIOTT TRUDEAU .geois de My Lai, un métis de la Saskatchewan, un berger du Niger ou un touriste en voyage, a Maalot.Notre compassion n\u2019a pas de frontières pas plus que nos efforts n\u2019ont de limites.J\u2019insiste sur le fait qu\u2019il vaut mieux agir en fonction de politiques bien établies plutôt que de se laisser guider par l\u2019instinct du moment.Les découvertes scientifiques et économiques ont fait disparaître les distances, dans le temps comme dans l\u2019espace.Si nous ne demeurons pas fermes dans nos convictions et nos buts nous nous ferons ballotter au gré de la conjoncture et nous ne servirons efficacement ni nos propres intérêts, ni ceux des autres.Nous avons la conviction par exemple, qu\u2019il faut ériger un système de relations internationales qui soit fiable.Si lent que soit le processus, si imparfait que soit le système actuel, nous n\u2019avons d\u2019autre choix que d\u2019y apporter notre contribution.Et nous le faisons, petit à petit, bribe par bribe.Voici les secteurs auxquels, depuis deux ans, nous avons apporté le gros de nos énergies et de nos efforts: Les propositions du Canada pour une révision du droit de la mer, qui ont donné un nouveau ton aux façons d'aborder les problèmes, anciens et nouveaux.Le Canada s\u2019est d\u2019ailleurs inspiré du nouveau droit pour prévenir la pollution de ses eaux arctiques.L\u2019élaboration et la mise en oeuvre d\u2019accords visant à stopper la piraterie et le sabotage aériens et à contrer le terrorisme international pour instaurer la paix et la sécurité.À notre grand regret, tous les pays n\u2019ont pas assumé leurs responsabilités à cet égard et n\u2019ont pas eu le courage politique qu\u2019il aurait fallu pour faire face à la piraterie.Mais le Canada, lui, va poursuivre ses efforts, tant aux Nations Unies, qu\u2019au sein du Commonwealth et dans le cadre de ses accords bilatéraux.En août dernier, les chefs d\u2019Etat des 32 pays membres du Commonwealth des Nations se sont réunis à Ottawa pour examiner des problèmes communs.Jamais conférence n\u2019avait rassemblé au Canada autant de participants et de hauts dignitaires.Tous les pays membres en parlent encore.L\u2019appui du Canada à l'idéal du Commonwealth et notre détermination à travailler sans relâche à son maintien ont fait naître à cette occasion un esprit et un optimismse qu\u2019on n\u2019est pas prêt d\u2019oublier.La réputation du Canada comme champion du Commonwealth n\u2019a ja- (Suite de la page 3) mais été meilleure, c\u2019est vrai, mais cela ne s\u2019est pas fait par hasard.Les préparatifs de la réunion ont été plus intenses et plus longs que pour n\u2019importe quelle autre assemblée jamais tenue au Canada.D\u2019importants secteurs de la communauté internationale ont à deux reprises, demandé au Canada, depuis les dernières élections de mettre ses forces armées au service de la paix en \u201cen\u201d assurant le maintien.Les Canadiens ont fini par quitter le Vietnam, l\u2019année dernière, après y avoir été pendant 19 ans des patrouilleurs de la paix.Plus récemment, vous le savez, les forces canadiennes sont allées au Moyen- Orient participer d\u2019abord à la Force d\u2019urgence des Nations Unies et, maintenant, à la Force des Nations Unies chargées de faire observer le désengagement militaire.Notre dévouement à la cause de la paix, notre constante disponibilité, la compétence et le dévouement superbes du personnel des forces armées canadiennes et du Service extérieur ont valu au Canada la réputation enviable de défenseur persévérant et impartial de la paix dans le monde.A l\u2019Assemblée générale et au sein des organismes des Nations Unies, à Genève, à Vienne ou ailleurs, le Canada s\u2019est engagé dans la recherche de solutions à certains problèmes irritants et veut, ce faisant, renforcer l\u2019ordre dans le monde.Nos efforts ne sont pas toujours fructueux mais nous continuerons néanmoins à avancer du même pas décidé.Nous avons dirigé nos efforts, notamment, vers l\u2019arrêt de tous les essais nucléaires et de la prolifération des armes atomiques.Le Canada a été l\u2019un des plus ardents promoteurs des moyens de protection et d\u2019inspection internationales établis par ce traité.Nous avons insisté pour que les précautions voulues soient prises à l\u2019égard de tous les travaux nucléaires auxquels nous participions partout où nous avions compétence pour les faire respecter.Dans un cas, malheureusement, on a procédé au partage des responsabilités techniques avant de mettre en place les garanties internationales nécessaires.Nous craignons que toute expansion du club nucléaire ne soit un grave recul dans l'effort de l'humanité pour contrôler la progression de cette technique affreuse, qui gaspille et qui détruit.La puissance nucléaire est à la portée du Canada depuis 30 ans, mais les gouvernements canadiens qui se, sont succédés ont décidé avec raison de ne pas s\u2019en servir.Nous soutenons 4 depuis longtemps que l\u2019énergie atomique ne devrait pas servir à déclencher des explosions mais être utilisée plutôt | à des fins pacifiques, tels la production d'énergie électrique, la recherche médicale et les traitements thérapeutiques.Aucun pays n\u2019a besoin de savoir faire exploser des bombes.L'obligation prévue par le traité de non-prolifération, et assumée par les Etats-Unis, d'effectuer sur demande des explosions nucléaires au-delà du plateau continental et à un prix qui ne comprend pas les frais de recherche ou de développement, assure à tous les pays le droit de se prévaloir de ce service, là où ces explosions sont jugées propices à des fins scientifiques.Nul n\u2019a besoin de faire servir ces ressources à d\u2019autres fins, pas plus qu\u2019on a besoin de réinventer la dynamite.Ne nous berçons pas d\u2019illusions : une explosion nucléaire, ce n\u2019est pas simplement une explosion un peu plus forte que les autres ; de plus on n\u2019a pas à distinguer entre un engin nucléaire d'utilisation pacifique et un autre d\u2019utilisation non pacifique.Une guerre nucléaire, dans toute son horreur, serait si terrible pour les générations actuelles et futures qu\u2019elle pourrait bien sonner le glas de l'humanité.Et que la guerre ait été déclenchée sciemment ou par accident, que les ogives nucléaires aient servi à l'attaque ou à la contre- attaque, le résultat serait le même.Ce pouvoir horrifiant doit être soumis à un contrôle international.Il l\u2019a été dans le cas de la stratosphère.Il l\u2019a été pour les fonds marins.Aux yeux d\u2019un grand nombre de pays, il l\u2019a été à des fins d\u2019essai, dans l\u2019atmosphère.Le Canada appuie fermement les efforts de l\u2019Union soviétique et des Etats-Unis pour parvenir à un accord sur la limitation des armes stratégiques.Le Canada pourrait alors se défaire des ogives nucléaires qu\u2019il conserve dans son arsenal de défense de l\u2019Amérique du Nord, de la même manière qu\u2019il a refusé de jouer un rôle nucléaire au sein de l'OTAN.La seule possession des armes ne résout aucun problème, dans quelque pays que ce soit.On peut retarder la guerre en s\u2019armant, mais non pas la prévenir.Ce qu\u2019i! faut, c\u2019est éliminer les causes sous-jacentes de la guerre \u2014 les injustices de toutes sortes \u2014 en affrontant les problèmes sans détours, comme nous essayons de le faire ici, au Canada.De toutes les injustices, aucune n\u2019inquiète autant le monde que la disparité des niveaux de vie entre les pays développés et les autres.Ce fossé, (Lire la suite à la page 5) \u2014 +4 amg \u2014 mee en LE TRES HON.PIERRE-ELLIOTT TRUDEAU .le Canada essaie de le combler par le truchement de l\u2018Agence canadienne de développement international et du Centre international de recherche et de développement.Même si la communauté des nations a commencé à travailler pour la paix, même si beaucoup d\u2019Etats augmentent leur pouvoir d'achat et que la population du globe s\u2019élève peu à peu au-dessus du strict minimum vital et se donne une vie culturelle plus créative, nous savons qu\u2019il reste énormément à faire.Il faut engager de nouveaux efforts et de nouvelles ressources dans cette immense entreprise.C\u2019est un défi gigantesque que nous avons à relever.Il ne suffit pas de pleurer devant ces sombres perspectives et de crier à la fin du monde ; il faut rétablir sur la planète un équilibre dynamique entre l\u2019homme et la nature, entre l\u2019homme et l'homme.C\u2019est un défi qui retiendra l\u2019attention de la jeunesse du monde, j'en suis sûr, et les jeunes Canadiens se feront les chefs de file.C\u2019est un défi qui donnera un sens à des vies souvent gâtées par l\u2019excès de biens matériels et pour le relever, nous devons mieux gérer nos ressources, nous laisser moins facilemente aveugler par les mirages de la quantité pour nous attacher plutôt à la permanence de la qualité.Pour cela, les jeunes n\u2019ont pas à rejeter leurs principes fondamentaux, Ils ont simplement à se montrer responsables.Mais leur responsabilité doit être si généreuse, si universelle, qu\u2019elle se distingue, par sa qualité, de l\u2019idéal classique.Cette responsabilité, c\u2019est une nouvelle valeur, une nuovelle morale.Mais quelle base solide pour la politique étrangère d\u2019un pays! Surtout pour le Canada, si riche en ressources, et qui ne connaît ni rancune ni jalousie.Il y a un moment, Monsieur le Président, j'ai dit que, sur le plan international le Canada favorisait la coopération chaque fois qu\u2019il le pouvait, mais non au détriment du marché concurrentiel du pays.Je vais vous donner un exemple.Depuis plusieurs mois, le gouvernement canadien participe à l\u2019élaboration d\u2019un nouveau projet avec ses partenaires commerciaux de la Communauté économique européenne, Les discussions sont en cours et c\u2019est le Canada qui en a fourni la matière grâce à un innovateur.Nous poursuivons notre effort pour intensifier nos relations (Suite de la page 4) avec le Japon et les rendre plus avantageuses pour les deux parties.Au printemps, mon adjoint spécial, Ivan Head, s\u2019est entretenu à ce sujet avec le premier ministre Tanaka, à Tokyo.Et M.Tanaka a accepté de venir au Canada poursuivre ces pourparlers.Nos relations avec l\u2019Union soviétique vont toujours en s\u2019améliorant.Il n\u2019est pas toujours facile d\u2019étabhr de bonnes relations entre deux gouvernements qui ont des vues politiques divergentes, mais les contacts de plus en plus nombreux entre les deux gouvernements sont sûrement plus constructifs que l\u2019apathie de la guerre froide.La visite que j'ai faite en URSS en 1971 et celle de M.Sharp à l'automne nous ont fourni l\u2019occasion de transmettre aux plus hautes instances, et dans une optique humanitaire, l\u2019inquiétude du gouvernement canadien et de bien des Canadiens à l\u2019égard de la situation des groupes minoritaires de l'URSS et de l\u2019impossibilité pour ceux qui le désirent de quitter l\u2019Union soviétique.Certains progrès ont été réalisés et, quand nous avons fait connaître l\u2019attitude du Canada en prévision de la future conférence européenne sur la sécurité, nous avons mis au premier rang des priorités le libre mouvement des peuples et des idées entre l\u2019Est et l'Ouest.Nous ne voulons pas d\u2019une conférence européenne sur la sécurité qui conserve le statu quo.Toutefois, nous considérons notre amitié avec les Ftats-Unis comme la plus importante de nos relations bilatérales.I! est important, c\u2019est vrai, d\u2019établir de bonnes relations avec l\u2019Union soviétique ou la Chine, et de resserrer les liens avec les pays d\u2019Europe ou le Japon, mais le pays qui revêt le plus d'importance à nos yeux, c\u2019est encore les Etats-Unis.Les Etats-Unis sont pour nous un partenaire commercial et un allié; ils partagent le méme continent et sont de bons voisins, aussi at- tachons-nous la plus grande importance a cette amitié.Cela ne veut pas dire que nous allons fléchir devant les A- mécains et les laisser s\u2019infiltrer dans notre pays, que ce soit sur le plan économique, culturel ou écologique.Mais nous applaudissons toute initiative américaine qui tend faire de la planète un endroit où il fasse bon vivre, et je songe en particulier à la mission dont Henry Kissinger s\u2019est acquitté avec tant de brio au Moyen-Orient ces dernières semaines.La démarche de M.Kissinger était en parfaite harmonie avec les politi- 5 à à ques fondamentales du Canada à l\u2019égard de cette région.Le Canada est d\u2019avis que l\u2019Etat d'Israël a le droit fondamental de vivre en paix à l\u2019intérieur de frontières sûres et par ses voisins reconnues, à l'abri des menaces et de tout acte de violence.Voilà la position du Canada, celle que nous avons prise lors de l\u2019adoption de la Résolution 242, et que Mitchell Sharp a rappelée lorsqu\u2019il a demandé à la Chambre des communes de tenir un débat d\u2019urgence à la suite des tragiques évêne- ments survenus à cette époque-là.Cette position, je la réaffirme encore au- jourd\u2019hui, Ni l\u2019'embargo mis sur le pétrole par les Arabes ni quelque autre raison que ce soit ne fera changer la politique du gouvernement canadien à l\u2019égard du Moyen-Orient.Il nous faut respecter et reconnaître la souveraineté, l\u2019intégrité territoriale et l\u2019indépendance politique d\u2019Israël et de tous les autres Etats du Moyen-Orient.C\u2019est pourquoi nous appuyons les interventions du secrétaire Kissinger et nous le félicitons de ses réalisations extraordinaires.Par le fait même, nous condamnons les activités terroristes des guérilleros arabes qui, défiant la politique des gouvernements arabes, cherchent à nuire aux négociations qui tendent vers un accord permanent.Nous avons été témoins d\u2019un autre de ces actes de violence il y a quelques jours.Le Canada entretient à l'heure actuelle d'excellentes relations avec Israël, peut-être même les meilleures qu\u2019il n\u2019ait jamais eues.Iit elles iront sans doute en s\u2019améliorant si chaque pays consent à y mettre du sien.Nos rapports sont d\u2019ailleurs tout aussi bons avec les gouvernements arabes.Nous n\u2019avons jamais souscrit à une politique anti-arabe, et je ne crois pas qu\u2019il soit dans l\u2019intérêt des Canadiens, y compris des Juifs canadiens, de durcir notre position.Sur la foi des lettres que Mitchell Sharp a reçues récemment de Mme Meir et de M.Eban, Israël n\u2019a jamais souhaité que le Canada prenne position contre les Etats arabes et n\u2019v a même jamais songé.Les Israéliens et les amis d\u2019Israël traversent une époque difficile.Il y a quelques semaines, nous avons vu disparaître de la scène politique cette remarquable femme qu\u2019est Golda Meir, chef d\u2019Etat dont le monde entier admirait la sagesse et le courage.Ayant vécu l\u2019expérience d\u2019un gouvernement minoritaire, je comprends fort bien la situation qu\u2019affronte le nouveau premier ministre d\u2019Israël.(Lire la suite à la page 6) Hommage a M.Saul Hayes, CR, 0.C, LLD.Au Cours de la 17ème Assemblée Plénière du Congrès Juif Canadien DISCOURS DE M.S.HAYES, C.R.Dans notre précédent Bulletin de Mars 1974, No.167, nous présentâmes à nos lecteurs M.Saul Hayes à l\u2019occasion de la distinction d\u2019Officier de l\u2019Ordre du Canada, qui lui fut décernée.Nous ne pensons pas qu\u2019il faille représenter M.Hayes, dont la prise de retraite volontaire et combien regrettée par nous, de son poste de Vice-Président Exécutif du Congrès Juif Canadien, a fait l\u2019objet d\u2019une manifestation grandiose de sympathie, d'affection, aussi bien que de respect, de la part de ses innombrables amis et admirateurs.Le Très Hon.Pierre-Elliott Trudeau, Premier Ministre du Canada, tint à être personnellement présent à cette manifestation, afin de témoigner une fois de plus, à son \u201cvieil ami\u201d et à toute la communauté juive du Canada, combien sont profonds ses sentiments d'appréciation, de grande estime et de respect, envers ce grand Canadien et ce grand Juif, qu\u2019est M.Saul Hayes.Nous reproduisons dans ce Bulletin, les discours prononcés à cette occasion, tant par le Trés Hon.Pierre-Elliot Trudeau, que par M.Saul Hayes, ainsi que quelques photos qui illustrent brillamment cet événement et cette amitié, + * * L\u2019AVENIR DE LA COMMUNAUTÉ JUIVE AU CANADA EXPOSE PAR M.SAUL HAYES, C.R., 0.C,, LL.DL\u2019événement dominant de l\u2019Assemblée Plénière du Congrès Juif Canadien, tenue à Toronto en l\u2019Hôtel Royal York, fut sans conteste, le discours tant attendu prononcé par M.Saul Hayes, lors du banquet du 16 Juin donné en son honneur à l\u2019occasion de sa prise de retraite en tant que Vice-Président Exécutif du Congrès Juif Canadien au cours des 35 dernières années.Ce discours prononcé devant les plus hautes personnalités juives et non-jui- ves du Canada, dont le Très Hon.Pierre-Elliott Trudeau, Premier Ministre du Canada, représente un document de premier plan, non seulement du point de vue de la communauté juive canadienne, mais aussi du point de vue canadien en général et même international.Dès ses premiers mots, M.S.Hayes déclara que: \u2018la vie doit être vécue progressivement, mais qu\u2019elle ne peut être comprise qu\u2019après coup\u201d et également \u201cque le changement en lui-même n\u2019est point désastreux, mais bien le défaut d\u2019y réagir à temps\u201d.Ces deux phrases peuvent en effet \u2014 dit M.Hayes \u2014 résumer théoriquement toute la situation actuelle et le développement futur de la communauté juive au Canada.C\u2019est à la lumière de ces principes que l\u2019orateur décrivit les changements démographiques de la communauté juive, ainsi que les mutations qui de- vralent y étre apportées.L'une des premières questions abordées par M.S.Hayes, fut celle des priorités.Toute l\u2019histoire du Congrès dit-il, est celle de déterminer les préférences à accorder à ce qui doit être fait et qui diffère d\u2019année en année.Aujourd\u2019hui, par exemple, l\u2019intégration n\u2019a point la vedette dans notre agenda mais dans quelques mois, elle pourrait accomplir un énorme bond et venir en tête.L'éducation juive constitue pour certains la seule pensée sans laquelle la vie ne vaudrait pas la peine d\u2019être vécue.Mais pour certains autres, l\u2019auto-défense devrait venir en premier lieu.En d\u2019autres termes, il serait sage de penser qu\u2019à tous moments, les questions des obligations nouvelles peuvent être inscrites dans notre agenda.Ce qui est vrai, c\u2019est qu\u2019un nombre de questions à notre époque, aujourd\u2019hui, demain, sont tellement interdépendantes que chacune représente une priorité en ce qui le concerne.En un mot, après 35 ans, \u201cje peux déclarer qu\u2019en aucun moment, l\u2019agenda du Congrès Juif Canadien comporte autre chose qu\u2019un sens global et universel.Les premiers faits viennent en premier lieu, mais non point en vue de négliger les deuxième, troisième et 6 TRUDEAU .(Suite de la page 5) Toutefois, le récent accord de désengagement négocié, avec l\u2019aide de M.Kissinger, entre le gouvernement de la Syrie et le nouveau gouvernement d\u2019Israël, nous laisse espérer qu\u2019Israël possède un gouvernement fort et qu\u2019on s\u2019achemine vers la paix au Moven- Orient.Espérons que le nouveau premier ministre d\u2019Israël verra s\u2019installer une paix juste et durable au Moyen- Orient dès le début de son mandat.Monsieur le Président, peu de Canadiens comprennent mieux l\u2019interdépendance de tous les hommes que ceux qui sont présents ici ce soir.Les membres de la communauté juive ont réussi à conserver leur patrimoine distinctif tout en respectant celui des autres.Vous avez cherché des débouchés au Canada et en avez trouvés mais vous n\u2019avez pas oublié vos frères qui n\u2019ont pas connu la même fortune ailleurs.Vous savez ce qu\u2019est la tolérance et vous la pratiquez, cette tolérance qui constitue précisément le fondement essentiel de notre société.Je vous salue et, par votre entremise, je demande à tous les Canadiens d\u2019adhérer à la morale du partage, à la morale de l\u2019obligation, à la morale de la responsabilité.Si nous respectons cette morale en toute conscience et sans faiblir, nous pourrons apporter une immense contribution à l'humanité tout entière tout en connaissant la joie et la satisfaction de servir nos concitoyens.Jamais les Canadiens n\u2019ont eu à répondre à un appel si grand.\u201d quatrième questions, mais il est bon que des groupes s\u2019intéressent à des questions spéciales et dédient leurs travaux et leur temps à ces questions.\u201d En ce qui nous concerne, étant un organisme communautaire juif, toutes les matières d\u2019un intérêt vital doivent être étudiées sans préjudicier à l\u2019une d\u2019entre elles.Il est du devoir de cette génération de considérer le rôle du judaisme canadien et d\u2019accepter toutes les obligations qui en découlent.Ceci inclut la (Lire la suite à la page 7) Is.th = 8 8 De gauche à droite: Le Trés Hon.Pierre-Elliott Trudeau, Premier Ministre du Canada, félicitant M.Saul Hayes, C.R.Vice-président Exécutif du Congrès Juif Canadien en présence de M.Sol Kanee, LL.D., ancien Président du Congrès Juif Canadien.préoccupation pour le judaïsme soviétique aussi bien que pour le judaïsme canadien, l\u2019instruction officielle juive et l'instruction nécessaire pour vivre dans le monde où nous sommes ; l\u2019intégrité et la souveraineté d\u2019Israël tout aussi bien que la situation des Juifs âgés ou malades.Plus une communauté agit et mieux se portera cette communauté.Lorsqu\u2019on demanda à l\u2019Abbé Sièyes que faisait-il durant la révolution française, il répondit : \u201cJe survécus\u201d.Changements démographiques Le Congrès Juif Canadien a subi de grands changements qui en 1974, doivent être reexaminés, à moins que nous ne continuions d\u2019agir comme si nous étions en 1934 et en 1954, bien que nous vivions ici et aujourd\u2019hui.En ce qui concerne notre communauté depuis la dernière décade, elle subit une grande baisse de natalité et un très petit accroissement grâce à l\u2019immigration: sa croissance \u201cnette\u201d est très réduite.D'autre part, un coup d\u2019oeil à l\u2019immigration au Canada nous démontre que les petites villes se réduisent en dimension.Plusieurs n\u2019ont plus désormais de population juive.La synagogue ne possède plus une très grande attraction pour la grande partie de la jeunesse et ce n\u2019est que la nécessité d\u2019une certaine éducation juive pour les Bar mitzvot et Bat mitzvot et aussi la nécessité de posséder un lopin de terre pour y être enterré, que la synagogue présente une signification externe minime pour la grande majorité des Juifs au Canada.Nous pouvons cependant assister à un influx d\u2019immigrants dû aux récents changements dans le Royaume Uni qui pourrait résulter en une émigration appréciable de britanniques y compris des citoyens juifs.Le Canada pourrait bien être leur destination.Il existe également une possibilité du côté de l\u2019émigration du judaisme soviétique avec Israël comme n\u2019étant point sa destination dernière.L'histoire de deux villes J'oserai dire cependant que le climat politique actuel du Québec fera qu\u2019un grand nombre d\u2019immigrants vont dorénavant se rendre en Ontario, principalement à Toronto et à Vancouver en Colombie Britannique.La période historique de Montréal, principal hâvre pour les Juifs nouveaux-venus, est à sa fin.Etant donné que les sources 7 principales des Juifs qui demandent le droit d\u2019entrer au Canada, proviennent de pays anglophones \u2014 les Etats-Unis ou le Royaume Uni et possiblement \"Australie \u2014 ou de ces pays dont la principale langue est l\u2019anglais \u2014 Israël et l'URSS \u2014 cela ne s'accorde point avec la haute politique du Gouvernement du Québec.La politique actuelle du Québec consiste à décourager les immigrants anglophones et d\u2019encourager au contraire très activement ceux provenant de contrées francophones.Robert Bourassa, pas plus tard qu\u2019en Mai écoulé, déclara ce qui était déjà connu par tout le monde \u2014 la raison d\u2019être est que l\u2019image lugubre d\u2019un Québec français sera éclaircie par une politique d\u2019immigration de cette nature.En d\u2019autres termes, l\u2019émigration ca- nadienne-française, le taux de naissance en baisse du canadien-français, le désir par les canadiens-français d\u2019obtenir des revenus supérieurs afin de donner à leurs enfants une instruction anglaise, tout ceci contribue à rendre le futur de l\u2019avenir de la langue française, sans protection.Pour prévenir ceci, la politique pu- (Lire la suite à la page 8) DISCOURS DE M.S.HAYES.blique \u2014 Libérale, Sociale Démocrate, du Parti Québécois, de l'Union Nationale \u2014 veut s\u2019assurer que les nouveaux venus redresseront les torts du peuple indigène.L'ironie saute aux veux.Durant des générations, le Québec fut inhospitalier envers l\u2019immigration.Aujourd\u2019hui, le Québec a un besoin pressant d\u2019immigrants: pourvu qu\u2019ils soient de provenance francophone.Ceci pourrait être un geste de désespoir et pas réellement sage, mais beaucoup de personnes croient en lui actuellement pour en faire une sagesse conventionnelle.Le résultat pour le judaïsme canadien peut être prévu.Il ne faudra point cing années pour que le judaïsme de Montréal devienne inférieur à celui de Toronto et plusieurs conséquences importantes en découleront.* * * Levée de fonds Abordant ensuite la question de la levée de fonds et de le leur distribution, M.Saul Hayes releva qu'elle devait étre résolue par une communion et une alliance, entre la démocratie et la plutocratie, au sein de la communauté juive.La plutocratie a pour champ d'action la levée de fonds et la démocratie celui de sa répartition.La collaboration devrait être absolue entre le Fonds de Bien-Etre de la communauté juive d\u2019une part, et le Congrès Juif Canadien d'autre part.Il faudrait, dit M.S.Hayes, que les critiques adressées par le Fonds de Bien-Etre au Congrès et qui se résument en deux points, prennent fin.\u201cTout ce que vous, Congrès, pouvez accomplir, nous pouvons mieux le faire\u201d et également \u201cTout ce que le Fonds de Bien-Etre veut accomplir, est ipso facto, la meilleure chose a étre accomplie.\u201d Ceci frise l\u2019infatuation et le narcissisme, dit M.S.Hayes.Tout ce que le Congrès accomplit de grand et, dit-il, depuis 1919 lorsqu\u2019il fut fondé et notamment durant la période de la seconde guerre mondiale et des années difficiles qu\u2019il a su vivre, \u201cne constitue point une cause de vénération\u2019.Mais trop souvent il est l\u2019objet de campagnes haineuses, de la part de ceux qui connaissent le moins au sujet de la vie juive et qui y sont le moins engagés.Le Congrès est composé d\u2019individus, dit l\u2019orateur, et en conséquence il n\u2019est point parfait et ses erreurs éventuelles, d\u2019omissions ou d\u2019accomplissements, constitueraient des erreurs humaines.(Suite de la page 7) Aussi, assistons-nous au désir insensé d\u2019individus sans envergure, de cacher leurs propres fautes en publiant et accentuant celles du Congrès et ceci constitue un aspect de la vie juive qui ne me rend pas fier.D'ailleurs ajouta-t-il, plusieurs des dirigeants des institutions juives ne sont point canadiens, ni d\u2019origine canadienne, mais bien plutôt proviennent des Etats-Unis et en tant que tels, ignorent les problèmes du judaisme canadien et leur remède.Ce fut déclara-t-il, une erreur historique de la part de la communauté juive canadienne, d\u2019engendrer un système dans lequel une organisation est en même temps : le juge, le jury et le seul témoin de la manière dont chaque dollar communautaire est dépensé.Le conflit d\u2019intérêt est inévitable.Ce système n\u2019a rien qui le recommande ; il est au contraire inéquitable, même inique ; mais cependant il existe.Aussi M.S.Hayes préconisa-t-il la création d\u2019un Conseil Communautaire du Congrès, formé de représentants de toutes les organisations juives qui deviendraient ainsi en effet la \u201cCommunauté Juive Unifiée\u201d.Si cela constitue une fusion, qu\u2019il en soit ainsi; et si ceci constitue des changements constitutionnels du Congrès, qu\u2019il en soit également ainsi.Mais si cela veut dire aussi que des individus, auparavant hostiles et dont les intérêts étaient principalement ceux de leur paroisse, deviendraient aujourd\u2019hui de grands chefs, cela également sera pour le mieux.Ainsi que M.Kanee le déclara dans un article publié dans le Bulletin anglais du Congrès Juif Canadien, il n\u2019y a point actuellement de lutte au sein du judaïsme canadien, en ce qui concerne ses structures et son rôle sur les questions nationales ou internationales.Aucun défi n\u2019est élevé contre le Congrès.La divergence existe sur la scène locale, où le Fonds de Bien-Etre s\u2019est développé et désire diriger les programmes, qui durant plusieurs années et en plusieurs sphères, ont été de la compétence des activités régionales du Congres.Les propositions pour un changement possèdent un long passé; qu\u2019il nous suffise de reconnaître que la controverse existe.+ * + Jeunesse En ce qui concerne le rôle de la jeunesse dans l\u2019organisation du Congrès Juif Canadien, des idées nouvelles ap- 8 plicables sont requises.Les jeunes veulent coopérer à la continuité de la vie juive et tiennent à démontrer leur sagesse ou expliquer leur but.Soyons-en heureux et accueillons-les.Recrutons- .les même.Qui seront donc nos successeurs ?Certainement le monde souffre d\u2019une carence de direction décisive et inspirée ; que ce soit en Israël, en Europe, aux Etats-Unis et au Canada, une direction inadéquate apparait en des douzaines d\u2019aspects.Que ce soit pour des questions d'importance majeure ou pour celles plus miniscules du juda- isme canadien, il existe une expectative constante, que la succession d\u2019une direction juive consciente, demeure assurée.Franchement, le Congrès Juif Canadien à l\u2019instar d\u2019autres institutions importantes, ne peut considérer l\u2019avenir avec complaisance et confiance.Pluralisme canadien M.S.Hayes aborda également les questions du pluralisme canadien, le Canada étant dit-il l\u2019antithèse d\u2019une société homogène.Il fut fondé en vue de créer la symbiose dans laquelle deux nations en guerre, étaient appelées à vivre et prospérer, Une politique tut adoptée par la suite, en vue d\u2019accueillir des centaines de milliers d\u2019immigrants d\u2019origine autre que celle anglo-saxonne ou française.En 1971, la population était approximativement d\u2019un tiers An- glo-Saxonne, un tiers Canadienne- française et un dernier tiers Allemande, Ukrainienne, Italienne, Juive et autre.Dans cette société de base, les cana- diens-francais refusérent de s\u2019assimiler à la culture anglo-saxonne nord-américaine, de même que les autres groupes.La Commission Royale sur le Bilinguisme et le Biculturalisme reconnut le problème et l\u2019étudia.Ses Commissaires aidés par des douzaines de chercheurs recommandèrent au Gouvernement une politique de bilinguisme au sein d\u2019une société multiculturelle.Celui-là recommanda au Parlement une législation promouvant une loi qui sanctionnerait les deux langues officielles et une politique d'aide et d\u2019assistance à tous les groupes formant la mosaïque de la population canadienne, en en perpétuant sa culture et son folklore.Ceci constitue en effet une politique remarquable de rejet de l\u2019assimilation et d'acceptation du pluralisme.Ceci (Lire la suite à la page 9) ui avr : 3 que jo æ DISCOURS DE M.S.HAYES.pouvait se vérifier au Canada, vu l\u2019ensemble des circonstances particulières, qui produisirent la conception des deux nations.Ainsi dans un certain sens, le Canada jugea nécessaire pour survivre, de vivre grâce à des traités minoritaires.Chacun au Canada, est membre d\u2019un groupe minoritaire.Je peux exprimer qu\u2019à Winnipeg, par exemple, ceux de provenance An- glo-Saxonne, constituent une minorité, aussi bien à Montréal que dans la Province du Québec.Je suis convaincu également que les deux siècles de lutte du Canada français afin de survivre, produisirent un environnement canadien pour le rejet de l\u2019assimilation et également, l\u2019acceptation de la lutte pour la survie de chaque groupe minoritaire.La communauté juive, grâce à un processus historique dans le monde occidental, se trouva dans une position plutôt avantageuse.Les Juifs ne durent pas se convertir, afin de pénétrer dans toutes les formes d\u2019une société ouverte à tous et dans laquelle la religion n\u2019avait plus une aussi grande importance dans la vie journalière de la nation.La politique canadienne d\u2019une société multiculturelle, agissant dans le cadre d\u2019une société bilingue, constitue- | t-elle une pièce de rhétorique politique ou un but réel qui mènera vers une nouvelle et meilleure patrie pour tous les canadiens ?En tant que membre du Comité Exécutif des \u201chuit\u201d du Conseil Consultatif sur le Multiculturalisme, je peux affirmer que celui-ci ne pourra vraiment aboutir à un succès, malgré les quelques millions dédiés à ses travaux, jusqu\u2019à ce que son budget soit décuplé.Cependant, c\u2019est toujours un bon projet pilote.Le pilote est supposé conduire le bateau, à travers de tortueux chenals vers le port.Les chenals sont en effet tortueux et le port existe, mais le pilote est lent.Je peux uniquement espérer que les pressions en vue d\u2019un budget supérieur aboutiront.Diaspora juive La Diaspora juive entre dans une nouvelle phase.À la suite de la dernière guerre du Grand Pardon, une leçon doit en être tirée: c\u2019est que la théorie de l\u2019Alya \u201cImmigration vers Israël de toute la Diaspora entière\u201d doit être revisée et modifiée, Il s\u2019agit de comprendre entre les lignes de l\u2019histoire d'Israël.En effet, si quelque chose de bon émergea de la guerre du Grand Pardon, c\u2019est bien la fin de la thèse qui niait l\u2019existence d\u2019une Diaspora.Nous devons reconnaître qu\u2019Is- (Suite de la page 8) raël en tant qu\u2019Etat, ne peut vivre dans une trâme de songes.Les actes de l\u2019Etat, la responsabilité de l\u2019Etat et de son auto-préservation, ne sont point résolus par des références aux écrits des sages et aux homilies sententieu- ses.Nous devrions même accepter le fait, que ce sont des êtres humains qui dirigent Israël et qu'en tant que tels, partout où ils se trouvent, ils commettent des erreurs et souvent sont les victimes d\u2019un mauvais jugement.Nous devons accepter que cette critique soit admise et non point prohibée au sein de la Diaspora, alors qu\u2019en fait elle est non seulement permise, mais prévalente cn Israël même.Après tout, l\u2019Etat d'Israël n\u2019a que 25 ans d'âge.L\u2019existence juive peut bien avoir 4.000 ans et les sentiments juifs pour la Palestine ou Sion peuvent bien remonter à 2.000 ans, mais gouverner un Etat et s\u2019engager dans une lutte de vie ou de mort constitue un fait nouveau.Israël trouvera la solution à ce problème, aidé par son histoire et une tradition hautement intelligente et savante.Aussi releva M.S.Hayes, ne de- vons-nous pas être traités comme des traîtres, si nous désirons construire des communautés fortes dans la Diaspora.Nous ne devons point être détournés de notre plan de continuité de la vie canadienne juive.Nous ne devons point être qualifiés d\u2019antisionistes, si nous critiquons certaines tendances et politiques de l\u2019Etat d'Israël.Je ne peux accepter la proposition selon laquelle je ne puis critiquer la politique de l\u2019Afrique du Sud, de l'URSS ou des Etats-Unis, sans être au préalable un citoyen du pays que je critique.Je ne puis accepter l\u2019ancien \u201cdictum\u201d, selon lequel que pour critiquer les institutions d'Israël, ses attitudes et sa politique gouvernementale, il faille faire d\u2019Israël mon foyer.Je pense que ce sera un mauvais jour pour Israël et pour les Juifs du Canada, si la liberté d'expression veut dire seulement la liberté de louer et la liberté d\u2019exalter, mais non point la liberté de condamner et celle de critiquer.Dans ce sens, les séquelles de la guerre du Grand Pardon, ont été une catharsie salutaire quoique terriblement coûteuse.Tels sont les faits tels qu\u2019ils se présentent.Reconnaissons comme un fait normal que le monde occidental est dans un constant état de révolution, de principes changeants et qu\u2019il n\u2019y a point de statu-quo.Que l\u2019on ne peut placer aucune confiance en un monde ordon- 9 né.Que ce n\u2019est point seulement une révolution post-industrielle ou technologique mais également une révolution sociale qui, inévitablement, avance côte à côte avec celle technologique et industrielle.Seulement, elles avancent si rapidement, que nous pouvons à peine nous ajuster aux nouveaux changements.Les anciennes digues de la religion, de la vérité, ne caractérisent plus notre monde.Afin de survivre, nous devons travailler plus que jamais, à cause de la faillite de la religion d\u2019être notre invisible appui et aussi à cause de la rapidité du changement doublé d\u2019une lente adaptation.Israël ne peut le faire pour nous.Les Etats-Unis ne peuvent le faire pour nous.Seulement, le judaïsme canadien grâce à la dévotion de ses propres créations et à l'appui de ses champions, peut garantir son propre futur et S.Hayes cita à ce propos Albert Camus: \u201cTI accepte la société, mais veut l\u2019améliorer ; Il accepte les contraintes, mais non le statu-quo ; Il rejette l\u2019absolutisme, mais non point le besoin des réformes ; Il rejette la violence, mais recherche le possible, Une partie de lui-même est religieuse et une partie se rapporte à son désir d\u2019un futur meilleur pour tous\u201d.La question qui se pose ainsi que nos devoirs, sont d\u2019exécuter un programme qui accentue le caractère positif inhérent à cette déclaration de foi.* * * C\u2019est sur ces mots que M.S.Hayes annonça sa prochaine retraite en tant que Vice-Président Exécutif du Congrès Juif Canadien et à cette occasion, il rendit hommage à tous ceux qui, au cours des 35 années de sa mission, le firent bénéficier soit de leurs conseils, soit de leur travail.Il cita Sam Bronfman, Irving Oel- baum, D.Lou Harris, Davir Kirsch, Abe Bronfman, Meyer Gassner.I] tint à rendre hommage à Sigmund Unterberg, Trésorier National Exécutif du Congrès qui, lui aussi, prit sa retraite : homme de dévotion, de zèle et d\u2019une haute intelligence.M.S.Hayes remercia également le Dr.Samuel Lewin, Directeur Exécutif de la Région de l\u2019Est, pour les services excellents rendus au Congrès et qui est désigné à d\u2019autres fonctions nationales.Enfin, M.S.Hayes présenta à l\u2019Assemblée M.Alan Rose, son successeur, Directeur Général Exécutif du Congrès Juif Canadien. EDITORIAL LA LOI No 22 SUR LA LANGUE OFFICIELLE DU QUÉBEC La Loi No.22 sur la langue francaise \u201clangue officielle du Québec\u201d et ses 130 articles d'application dans l\u2019administration publique, dans les entreprises d\u2019utilité publique et les professions, comme langue du travail, des affaires, de l\u2019enseignement et le contrôle instauré par la Régie de la Langue Française, ont fait couler beaucoup d\u2019encre, que ce soit pour la soutenir ou pour la combattre.Le Cercle Juif de Langue Française du Congrès Juif Canadien a depuis sa fondation en 1954, soutenu le principe de l\u2019affermissement et de l\u2019épanouissement de la langue française au Canada, afin qu\u2019elle devienne, librement, la langue du travail et de communication de tous les québécois au sein de la Province.Nous avons aussi toujours soutenu, que le principal atout qui aurait fait de la langue française la langue prioritaire, volontairement acceptée et désirée par toute la population de la Province, aurait été qu\u2019elle permettrait aussi bien à l\u2019immigrant tout dernièrement arrivé, jusqu\u2019aux canadiens-français établis au Québec depuis de très nombreuses générations, de gagner non seulement honorablement, mais aussi avantageusement leur vie au Québec.Pareille promotion de la langue française et de tous les francophones, aurait été disions-nous, un phénomène social dont l\u2019évolution se serait accomplie grâce à la bonne volonté et à l'appui non seulement du Gouvernement du Québec, mais également et surtout grâce à la bonne volonté des résidents du Québec de quelque origine fussent-ils.Nous avions dans le même ordre d\u2019idées, soutenu que cette promotion de la langue française, serait réalisée du fait de sa valeur propre intrinsèque, par incitation et non point par coercition, Nous savons en effet par expérience, que la promotion d\u2019une langue par coercition, n'amène que ressentiments, frustrations, mécontentements et enfin un sentiment de discrimination, qui, une fois éprouvé, est difficile sinon impossible à effacer.Rappelons immédiatement que sur 125.000 canadiens juifs au Québec, 25.000 sont francophones et 40% bilingues, soit 50.000 individus, qui viennent en nombre et en pourcentage, immédiatement après les canadiens-français.Aussi, en notre qualité de premier groupe ethnique francophone et bilingue, originairement étranger au Québec, nous prétendions et prétendons aujourd\u2019hui encore, connaître le problème en ses racines les plus profondes pour l\u2019avoir vécu, et en connaître ainsi la seule solution: l\u2019incitation.* * * Or, en fait d\u2019incitation à l\u2019emploi de la langue française, elle ne pouvait résulter que d'avantages concrets d\u2019intégration et de travail, qui, malheureusement ne se sont point vérifiés.En effet, l'italien, le grec, l\u2019hongrois, l\u2019ukranien, le juif, l\u2019espagnol ou le portugais, qui ont beau connaître le français, mais qui ne sont que des immi- grans d\u2019il y a à peine une génération, sont malgré tout 10 et malgré leur connaissance de cette langue, considérés en fait comme des citoyens de seconde zône \u2014 \u201cnouveaux québécois\u201d par opposition aux \u201cquébécois de souche\u201d\u2014.Aussi, nous sommes-nous trouvés en présence, non point d\u2019une incitation gouvernementale à connaître la langue française efficace et fructueuse, mais plutôt face à un découragement.C\u2019est pourquoi d\u2019ailleurs, ayant failli dans sa tentative d\u2019incitation, mal dirigée et demeurée aux yeux du public rien qu\u2019une simple bonne intention, sans avantages concrets, le Gouvernement s\u2019est trouvé contraint de recourir à la coercition.* + * Et c\u2019est là, quoiqu\u2019on en dise, le rôle de la Loi No 22.Que cette loi ait cru devoir déclarer la langue française langue officielle du Québec, avec toutes ses conséquences d\u2019impositions, constitue en fait, un surplus de preuve de l\u2019échec de l\u2019incitation.En effet, lorsqu\u2019une langue est déclarée officielle, c\u2019est que, soit cette langue est déjà la langue prioritaire absolue et incontestée du pays, à l'instar de la France, l\u2019Italie, l\u2019Allemagne ou l\u2019Angleterre \u2014 ce qui n\u2019est pas le cas pour la langue française au Québec \u2014 soit qu\u2019elle n\u2019est point, en fait, prioritaire, mais que l\u2019on entend l\u2019imposer comme telle en Ja rendant officielle.Pareille imposition est-elle conforme aux Droits de l\u2019Homme et au bilinguisme officiel reconnu, adopté, au Canada et au Québec.Nous ne le pensons pas! En voulant protéger la langue de la majorité numérique \u2014 la langue française \u2014 c\u2019est la langue de la minorité numérique qui est volontairement atteinte et sacrifiée.Ceci est contraire au principe même de l\u2019idée génératrice des Droits de l\u2019Homme.* + + Mais la langue française est une langue minoritaire au sein du Canada et de l\u2019Amérique du Nord et en conséquence à ce point de vue \u2014 d\u2019un point de vue pourrions-nous dire international et fédéral \u2014 cette langue y serait minoritaire et requiert donc protection.A ce propos, l\u2019on nous donne l\u2019exemple de la Suisse, dont les différents cantons possèdent des lois officielles, en vertu du principe de la territorialité de la langue, adopté au sein de la Confédération Helvétique.Cependant, pour qui connait la Suisse et ses problèmes, l\u2019adoption des trois langues officielles, subdivisées en langues territoriales suivant les régions, est le résultat non point d\u2019une idée de protection de ces langues, mais plutôt de nécessité économique et même de survie de ces différentes régions.Nous remarquons en effet que dans les cantons de Genève, de Vaud, du Jura et même du Valais, la lan- (Lire la suite à la page 11) fro ifs | co m tly ten tl a Ur dé JER a À fet: | \u2018 i ui | us sdb 1 vt pr pr ol Ci 15 & ar EDITORIAL .gue officielle est le frangais; que plus au nord et vers dans les régions de Zurich, de Shafhousen, la langue officielle est l\u2019allemand, et qu\u2019au Sud sur les frontières italiennes, la langue officielle territoriale est l\u2019italien.Or, les cantons de langue française sont limitrophes à la France, ceux de langue allemande sont limitrophes à l'Allemagne, et ceux de langue italienne sont limitrophes à l\u2019Italie.Ce n\u2019est donc point, en raison d\u2019une protection linguistique interne, mais bien plutôt en raison d\u2019un moyen de communication extérieur avec les pays voisins, que ces langues territoriales et régionales ont été adoptées.Et c\u2019est là que nous abordons le problème québécois du point de vue économique.* * * En effet, le Québec se trouve limitrophe non point sur certaines de ses frontières, mais sur toutes ses frontières, que ce soit au Nord, au Sud, à l\u2019Est, à l\u2019Ouest, avec des pays anglophones et avec lesquels il doit procéder à des échanges commerciaux et financiers pour survivre économiquement.La Suisse est devenue le banquier de l\u2019Europe, grâce en grande partie à la souplesse de son système linguistique, qui cherche à rejoindre le système linguistique de ses voisins limitrophes.Au contraire, nous assistons au Québec, à un rejet de cette souplesse linguistique, opposé aux tendances actuelles mondiales d\u2019internationalisation et de généralisation de la langue de communication.Aussi cette tendance de la loi No 22 ne pourra être que préjudiciable aux intérêts bien compris du Québec, c\u2019est-à-dire à son affermissement et à son épanouissement économique, industriel et financier.Vouloir faire en effet de la langue française la langue des entreprises, des organisations, des institutions publiques, de communication interne et soumettre cette imposition à un contrôle apparemment arbitraire de la part d\u2019une Régie de la Langue française qui possède tous les droits sans que ceux-ci soient ni déterminés, ni précisés, ni sujets à des termes de référence exacts, se résume à vouloir enfermer la liberté du moyen d\u2019expression au Québec, dans une cuirasse de fer qui l\u2019étouffera.A force de vouloir trop défendre et protéger la langue française au Québec, l\u2019on finira par atrophier la Province.C\u2019est là une loi de principe et inévitable de la nature.# * * Cela ne veut point dire que nous ne partagions point le sentiment profond du peuple québécois cana- dien-français, de vouloir protéger, maintenir et épanouir sa langue française.Au contraire, depuis que ce Bulletin du Cercle Juif fut édité en 1954 \u2014 c\u2019est-à-dire il y a deux décades \u2014 nous nous sommes faits non seulement les défenseurs, mais les promoteurs de la langue française au Québec, Notre communauté l\u2019adopta et l\u2019étudie de plus en plus.Nos écoles communautaires l\u2019enseignent, afin qu\u2019elle soit la première langue de cette communauté.11 (Suite de la page 10) Nous voulons que par sa valeur culturelle de tout premier plan, la langue française soit la langue prioritaire de tous les peuples vivant au Québec.Pour cela nous faisons appel, surtout aux québécois d\u2019expression française, afin qu\u2019ils n\u2019anglicisent point et n\u2019abatardisent leur langue.Mais aux côtés de cet épanouissement de la langue française au Québec, nous pensons sincèrement que l\u2019intérêt bien compris du Québec veut que la langue anglaise y doive maintenir sa valeur et son importance, car nous vivons dans un Canada et dans une Amérique du Nord anglophones.La survivance économique du Québec dépend pour une grande part, pour ne point dire complètement, de ses relations commerciales, industrielles et financières avec le reste du Canada et ses voisins du Sud qui, eux, sont anglophones, et n\u2019ont pas les problèmes linguistiques du Québec.C\u2019est là aussi une réalité, dont le Québec et son Gouvernement doivent se soucier.* * * Mais au-dessus de ces considérations pratiques et réalistes, vient s\u2019affirmer la volonté du peuple québé- cois-français de maintenir, épanouir et s\u2019il le faut, imposer sa langue dans sa Province.Des juristes, spécialistes en droit constitutionnel ou en droits de l\u2019homme, soutiennent avec plus ou moins de conviction et de succès, que le Québec n\u2019aurait point le droit de déclarer \u201cofficielle\u201d sa langue française, sans porter atteinte à l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord Britannique \u2014 qui est passablement obscur en la matière \u2014 et à l\u2019idée générale des droits de l\u2019homme et de la protection des minorités.Mais ces juristes oublient qu\u2019il a toujours existé de par le monde, aussi et surtout, les sacro-saints et intangibles principes de \u201cl\u2019autodétermination\u201d, la \u201csouveraineté des nations\u201d et la \u201cvolonté des peuples\u201d, qui priment en fait et en droit, toutes autres considérations contraires, plus ou moins sophistiquées et souvent intéressées.Si la \u201cvolonté du peuple-québécois\u201d veut que sa langue \u2014 celle frangaise \u2014 soit la langue prioritaire ou officielle du Québec, nous pensons qu\u2019aucune force extérieure, aucune argumentation, aucune pression, aucune influence, quelles qu\u2019elles soient et aussi fortes soient-elles, ne changeront le cours des événe- ments de l\u2019Histoire.Tout dépendra d\u2019une part, de la force et de la vigueur que le peuple québécois mettra dans l\u2019expression et la réalisation de son désir et de sa volonté, et d\u2019autre part de sa compréhension de l\u2019ensemble d\u2019une question qui présente de nombreux aspects malheureusement contradictoires, soit \u201cl\u2019intérêt économique\u201d et l\u2019expression de la \u2018volonté nationale\u201d.Enfin, souvenons-nous, de la réponse demeurée célèbre du pauvre charbonnier, au puissant François ler, Roi de France (1494-1547) qui voulait lui prodiguer .ses conseils: \u201cSire, ne vous en déplaise, Charbonnier est maître \u201d dans sa maison\u201d, V.R. a Es ss = = = | sul wk A Al \u2018Nf NP [PUOUDN f11199%77 IMMO] NP PUAPISIAS UIIIUD \u201cZPMOAXT UOIT AT \u2018DKD NP 1PUONDN 40140594] \u201cKYs3YIP M UNYON IN OLD PP anb1f190 J np 10162) Dj IP JUIPISIAG 2011 \u201c2f10 A 40PIST JY {DD BP 241040101 [0H] 42] [1ISU0I \u201c3D \u2018Komo105S uouk \u201cJ SIuasqy \u2018ID NP IP4ua) 01H PI IP JUIPISIA \u201cSUADE] WORTH \u201cJ DID NP ISH.IP uorhy PI op PUIPISIAS wnnqiapa I UOIT IN
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