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Titre :
La petite revue de philosophie
Éditeur :
  • Longueuil :Collège Edouard-Montpetit,1979-1990
Contenu spécifique :
Automne
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Horizons philosophiques
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La petite revue de philosophie, 1980, Collections de BAnQ.

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[" 2 2e ES ESS HA PETITE REVUE DE PHILOSOPHIE SOMMAIRE Automne 1980 Vol.2, no 1 Liminaire .i.p.|ll Les positions épistémologiques des collégiens + 0 en sciences humaines Philippe Thiriart .p.1 Discours scientifique et néologie Louis Armantier .p.27 La sagesse, un art non-duel Reynold Clément .p.45 L'amour conjugal contre, l'amour scortatoire Claude Gagnon .020000000 p.57 Réflexions inactuelles | PierreBertrand .Ce p.95 La controverse Habermas-Popper Jacques G.Ruelland .p.105 Sartre ici Roland Houde .p.137 Collége Edouard-Montpetit, Longueuil, Québec.BL ERC TREC TTI ZI \u2014\u2014\u2014 mn no Br Ti AREA ri CNE > 1120 FEA Se Ei SE ELEM RRA Ie CEE SCRRNA ORI BFR PR PRR EL TH RLY TRA A NN MELD IEEE Ce troisième numéro de La petite revue de Philosophie est subventionné par les services de l'Edition du Collège Édouard-Montpetit.Comité de rédaction: Pierre Aubry Claude Gagnon Claude Giasson Louise B.Guérin Réal Rodrigue Administrateur délégué: Robert Spickler Dactylographie des manuscrits: Agathe Larose Maquette: Philippe Côté Composition et montage: Typo Graphica 2000 Inc.1411 Fort, Suite 401 | Montréal (Québec) H3H 2N6 ==> = Impression: | Imprimerie Lithographie Renaud Limitée 7059 A Christophe-Colomb Montréal (Québec) H2S 2H4 Correspondance: Secrétariat général Collège ÉdouarG-Montpetit 945, Chemin de Chambly Longueuil (Québec) J4H 3M6 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale, troisième trimestre de 1980 Bibliothèque Nationale du Canada: ISSN 0709-4469 Périodique semestriel: prix du numéro S2.50 (S2.00 étudiants) abonnement institutionnel annuel S10.00 Vol.2, no 1, automne 1980. 7e - .~ Toe - - ~~ nw \u2014 x = 2 -\u2014 =.~ - - - - CET a - ma = = STN -\u2014 == 22e = x me 0 0 a ar a.- ey = - _ - rg - -\u2014 > wt oY.vs < - - LE od Poe \u201cuo a Ta vs n ES ~ dyn + EY SN - [Cd \u2014\u2014 a - - 7 - a = Kop aw -\u2014 ETT NL TL TEL Ta ae - - LEC ERE) -~ a 2 - > - - = 20 76 = ae re _- 2 _ Li Le REI ; £ CN Sea A fA Ce 3 _ ny DCA ir we - Ces EN res) - Le < ro eS Toe se = pe rg ee [2 > - \u2014 em - oy 2-2 pe \u2014 2.pers - pn _ ca LI ts = = Pye pea a \"vy PR PE ee Capua ER tod = _ ERC I RAs au bp A Py pr ty CIC RE EER Prada Fe PITY [A pty [open ahd Lo \u2014.FH EURE Sr à A TIE he TRE a An oo LED ame IE TEE Wa ea = at ee a La de Philosophie La petite revue ane a eee Ted - Pr, Tom me Ly = a pp ~ a - ns ~~.Copy - a _ Le arly - ro Sa See 2 oe a ~ a pa me orp 0 vr se - ee - A fr.= = = YN ER er yr ~ Po a Se 70 .~~ Wom er vr 5 nr ui, ms Ta wr ra Pd \u201cty a A ~~ Et cp pe 2 = I on a - Pr se de Cara pe a2 cu pda psy a goes + Pig \"ae.ap tee ab Ce re de a da rie EA Crp ptr JE vraag eee Poe pur vary D 20 u 0e va Es Lp sit pe pig erp, CRT i A a Catt ptf ro Wr Cp Hy sw des wt r= EN Pra tag J me a PP ager bya PY v= reps 4 i MDE aye ogre = aged 2 JE _ Se a pv) 2e 2 - re ~ ee = DE BES CIOL Pye ru pg rg rpg 6 - I IP rv Fw 2 ry bey = MP er p=) res ~~ pi ep t= py ye oy Pr rtp ery = = SESE ERE ay S ld Par USN pe = = = => pére re Post RTE TE RES Pa .A jhe gd Four a AE re 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question est plus long que le choix 1.Je fournis une sorte de preuve: «Beaucoup moins de personnes se déclarent heureuses dans des pays pauvres comme les Indes et le Brésil, qu'au Canada et en France».Malgré ce biais, seulement 39 pour cent de mes étudiants ont adopté le choix 2.Parmi les répondant du choix 1, certains ont argué que dans les pays riches les gens sont conditionnés à se croire heureux, alors que dans les pays pauvres les gens ne se rendent pas compte de leur bonheur essentiel.D'après ces quelques étudiants, on ferait croire aux gens des pays pauvres qu'ils sont malheureux en les conditionnant à désirer plus de biens matériels.2.Les buts de la connaissance 4.D'après Kant, un phénomène est tout ce qui apparaît dans l'espace et dans le temps.Les phénomènes correspondent à la réalité sensible.Un noumène est par contre une chose pensée, un objet de la raison, une réalité intelligible.Pour Platon et de nombreux philosophes, une chose pensée est plus réelle qu'une chose sensible.La Femme est plus réelle que les femmes.Quelle est votre position?1) Il est plus important de connaître la nature profonde de la Femme.Les différentes femmes, telles qu'elles existent, ne sont que des reflets imparfaits de la Femme.(44 pour cent) 2) La Femme n'existe pas.Elle n\u2019est qu'une idée ou une abstraction.|! n'existe pas de nature profonde de la Fem- ad 5 ng SLT AY PIP tH WU me.Seules existent les femmes dans leurs diversités.(56 pour cent) 5.Quel est le but de la connaissance?1) Comprendre la nature profonde des choses.Aller au delà des apparences pour découvrir l'essence des choses.(65 pour cent) 2) Décrire les phénomènes qui constituent l'existence, afin de savoie ce qui se passe, ce qui va se passer et afin de pouvoir influencer ce qui va se passer.(35 pour cent) 6.À quelle question, la connaissance doit-elle principalement chercher à répondre\u201d | 1) Pourquoi?(57 pour cent) 2) Comment?(43 pour cent) 19.Quelle est la phrase qui correspond le mieux a votre position?1) L'objet de la vraie connaissance est de découvrir la signification des choses, de répondre à la question «pourquoi»?(37 pour cent) 2) L'objet de la connaissance est de découvrir comment les choses se passent, de les décrire afin de pouvoir les prévoir et les influencer.La signification des choses ne se trouve pas derrière les choses.Elle.est créée par nous.Chaque idéologie invente sa propre signification des choses (christianisme, freudisme, marxisme).(63 pour cent) 20.Quelle est la phrase qui correspond le mieux à votre position?1) Nous devons chercher à dépasser les apparences (les phénomènes).Derrière les apparences se trouve caché un ordre de réalité à la fois plus profond et supérieur (noumérnal), qui est l\u2019objet de la vraie connaissance.(50 pour cent) 2) Derrière les apparences, nous découvrons d'autres LE CORRE ES EE = k ANGER M RRR LE Tony fo eg LL TA es ne TO.Sh R RI III PP MASH _\u2026\u2026 A ry Pe A a Ege NES = YR A 2 os Fr a, IY ER eee 7 0 WRT LA _ eA UY NRT apparences.Nous ne pouvons connaître que les phénomènes, par conséquent nous ne pouvons avoir aucune connaissance certaine de ce qu'il y aurait derrière les phénomènes.Toute tentative de connaître une réalité noumérnale aboutit à l'invention d'entités métaphysiques.(50 pour cent) Ma position est toujours représentée par le deuxième choix.Les réponses à la question 20 résument la situation: moitié d'un bord, moitié de l'autre.Au début de la session, j'avais consacré une demi- heure en classe à montrer à mes étudiants que nous pouvions distinguer deux sortes de connaissances.J'appelais la première: connaissance philosophico - religieuse.Depuis l'aube de l'histoire, les hommes essaient de s'expliquer leur univers.Ils ont inventé des religions puis des philosophies dans ce but.Cette approche vise à apaiser une inquiétude métaphysique.La deuxième sorte de connaissance vise à améliorer notre pouvoir de prévision et d'action sur le monde des phénomènes.C'est la connaissance scientifique et technique.À plusieurs reprises, j'ai affirmé en classe que le succès de la théorie de Freud repose sur son pouvoir explicatif.La psychanalyse peut tout expliquer, elle ne change pas grand-chose.Quand j'étais écolier, on me faisait lire la vie de Don Bosco ou de saint François d'Assises pour me «prouver» que l'Eglise catholique était la meilleure et la plus généreuse au monde.Aujourd'hui, l'exemple de Marie Cardinal sert à «prouver» que la psychanalyse est la meilleure et la plus efficace des approches thérapeutiques.Malgré mes efforts, la moitié de mes étudiants m'envoient promener.Pour eux, la vraie connaissance est philosophico-religieuse.D'après moi, ils veulent s\u2019expliquer à eux-mêmes et connaître leur vraie personna- Er lite.lls croient que lorsqu'ils se seront vraiment compris, p leurs comportements s'amélioreront tout seul.À une 3 autre époque, le pécheur était sauvé lorsqu\u2019il entrait en Eo contact avec Dieu et qu'il acceptait sa Grace.Aujour- E d\u2019hui, le névrosé est guérilorsqu'il entre en contact avec son vrai soi et qu'il en accepte la vérité profonde.i.3.Les attitudes ontologiques i 9.Quelle est votre conception de l'univers?| 1) Il existe deux substances fondamentales dans l'univers: Hee la matérielle et la spirituelle.Chaque substance obéit à fil ses lois propres.(57 pour cent) a 2) Il existe une substance fondamentale dans l'univers: la Er matière qui prend diverses formes selon son organisa- ; tion.Ce qu'on appelle l'esprit n'est qu\u2019une forme particulière d'organisation de la matière.(43 pour cent) 10.Peut-il y avoir de la pensée sans matière?1) Oui, la pensée relève de la substance spirituelle.Elle se Bt passe donc de la matiére.(28 pour cent) , 2) Non, il ne peut pas y avoir de pensée sans matière.ui Autrement dit, toute pensée est produite par le fonc- a tionnement d'un cerveau.(72 pour cent) f° 11.Si vous soutenez que la pensée dépend de la substance 8 spirituelle, montrez comment la pensée peut agir sur notre i corps materiel.Montrez par exemple par quel mécanisme bo la pensée de nourriture nous fera saliver.Montrez aussi i comment notre corps matériel peut influencer notre pen- i see spirituelle.Par exemple, lorsque nous avons bu trop i d'alcool, par quel mécanisme ce processus matériel peut-il or influencer notre pensée spirituelle?iy 13.Que pensez-vous de la relation entre le psychologique, le BE biologique et le psychico-chimique?\u201c0 J Sté RQ } i is i] Let it TR Pan | a) CN \u20ac - Yo on jy cg pam Sd, RY EE 2 - C2 TO me aPC Pipi bre a ti re ete TES EI a pa ani Re ue Pa Ce Re J I TREN: pr pte pawl AAP RE Pets ea pa oo IY _ I Ca yx os J pi wir i gy PAA iy LR rer ant pry i JETER an ur > ee a a TEE En a Rr RR RT I EE DIU Gr Ye) Ae CP yr = ~ VE drag gt pt veri ASL API SACHS .rr Te Tar 22 T0 - = 2?= = - mes \u2014 = = = mas x \u2014\u2014 - - or ml a \u2014 x pe Xo 40 = = = = = \u2014~ wz = = # m8 - 1 I - - 3 oF = pcs me + ~~ Pa fy - a a = =I Ee = Pon ww -~ io L pe pe __ - a C= - .= = phage \u2014 = rte a ae foe prey pe de Oh mm mae ve FA i.ep a a a Fatirhirt4 prey Co Eh eager Sry ar \u2014 int pe S cree Jar ea C3 garg Cag pps 7 poy pra ~~ re pray CH ey mm a = = Crt cz = = gary ar a \u2014 = ses py = a eon Vague Cab rr D = 2 Py pa io xy = : > - + = = AREA [1] J An « A ras VE hy EAD] tn = 3 , 3 A pe 8 _ th oo 3 ; aps J ros mens _ an are Tas ™ A DA sa an = ca ry ce PE w + -v ay Sd Leen pe \u201ca mike PA rr a pg Me Sol LI re ry \"ACE: py ow *% a i > esd ann = SR rene 2 F7 soda 3 ton tama _ Jie Byrn pa 2 por ys had ak La & § CE len RCE SN Lan ae ape 5 - | a pen py xr Fra yas CTR Le Na AT PE A en Tons nl Cr a.LS JRE So n°80 PPS ores Yoga Onn ro rer aE PARA rs et [RRS = CPE a aay can = a res 4 = ~~ 5 Pr ra Fade ue § Bd i ro Rat vw) x URE Teun Al 4d cas pre Patte pape ré are Pre SRN a Pape À) a NE CRE ys [PINES PRM prie Pa Pi pr Pour i Pape Savio ER We Eh EES I IE PAP, [ARRAN ï | RE ete a a pe \u201c+, a I Pa La e Eo se os ea a ique a tif e I et à (C.F.P.C.) néologie Louis Armantier p= oS o ISCOUrsS scien D = Professeur au Bureau des langues Ri ITE \u2018a IAA AN RI Ia tei RL 4 198 [AUN BARMERA TAPE BLL LAHIRI SCR, Bi FASE SENN] way 4 ENTRY [LAPSE FN PATA MER A RN LAL RAN SUCRE RESIN RN a 3 aT di SEH ne RSS SR AE MAO ORNE RAT PA ER Hier encore, le développement des sciences était accordé au rythme de la pensée philosophique.La néologie pouvait y trouver, à travers une langue claire, la validité de son usage.Même la rigueur intellectuelle d'un Bachelard pouvait s'accommoder de métaphores poétiques plus ornementales que scientifiques'!.La tradition «littéraire» et «humaniste» exigeait, il est vrai, que l\u2019on renonçât à tout hermétisme du vocabulaire et de l'expression: un art de définir tenait alors, en quelque sorte, lieu de principe premier.Mais, dussions-nous le regretter, les âges classiques sont révolus.C'est désor- 1.«Les forces psychiques en action dans la connaissance scientifique sont plus confuses, plus essoufflées, plus hésitantes, qu'on ne l'imagine quand on les, mesure du dehors, dans les livres où elles attendent le lecteur (.).Même chez un esprit clair, il y a des zones obscures, des cavernes où continuent à vivre des ombres.» La Formation de l'esprit scientifique, Paris, Vrin, 1960, p.20-21.28 mais au jargon ésotérique qu'est dévolu la tâche de «clarifier» les procédures et les concepts, toujours plus féconds et plus complexes, de notre modernité.Et cela, sous le flot d'une publication pléthorique que le spécialiste même désespère de ne jamais épuiser.De là, la vogue et le besoin grandissants des lexiques de terminologie dont il siérait d'interroger le rôle et la portée.Il semble en effet que le babélisme terminologique soit l'irréductible rançon des théories scientifiques contemporaines dont la dynamique se nourrit toujours de la création de nouveaux concepts.Chaque discipline ne cesse de maintenir à jour un outillage théorique adapté à son objet: sciences nouvelles, résurgences et perfectionnement d'anciennes techniques, développement industriel etc.participent de néologies spécifiques souvent \u2014 de par l'accélération du progrès \u2014 en substitution à un lexique devenu désuet ou imprécis en raison d'inévitables glissements sémantiques.La rupture épistémologique C'est ainsi que les grands bouleversements terminologiques de notre temps ont trouvé, entre autres, leur raison dans le nouvel «espace épistémologique» analysé par Foucault?.Une hétérogénéité irréconciliable sépare désormais le discours scientifique des anciennes saisies du savoir.Non seulement l\u2019«épistémè» classique, mais les modes opératoires de l'histoire pré- saussurienne ont été relayés par le structuralisme dont les audacieuses formulations ont su offrir, à bien des 2.Les Mots et les Choses, Paris, Gallimard, 1966.29 = AREA NI WN a; 33 RI AE eK sigh =, he 2 4 IRE [SAA PL LO OIE 50 pr; dg AP ITS ) a E +$* 4 _ ATES TERR TIC AN PIR A su RAR vue [REA OIC EEA PAARL LL égards, certains modèles épistémologiques communs aux sciences humaines, avec la linguistique comme principal pôle référentiel.De là, tout un nouveau vocabulaire né de l\u2019'hyperformalisme du langage d'analyse ou de ses relativisations reliées aux projections conceptua- lisantes provisoires.En ce sens, l'oeuvre de, C.Lévi-Strauss est une remarquable application de la terminologie et des concepts structuralistes de l\u2019école phonologique de Prague à laquelle il attribue le mérite d'être passée «de l'étude des phénomènes linguistiques «conscients» à celle de leur infrastructure \u2018inconscientes» »°.Cette appréhension de l'ordre des relations formelles des phénomènes, en débordant sur les disciplines sociales, s'est révélée avoir «le même rôle novateur que la physique nucléaire, par exemple, a joué dans l'ensemble des sciences exactes\u201c.C'est dans cette perspective que s'est inscrit l'avènement de la psychiatrie lacanienne dont la sémiotique de l'inconscient opère aussi sur d'audacieux remaniements de la terminologie saussurienne.A cet égard, les Ecrits® sont l'exemple même des quêtes contemporaines du champ de la parole et du langage ou les créations néolô- giques participent du nouvel espace de projection des significations vécues dans l\u2019ordre de l'humain.Dans cet esprit, le structuralisme philosophique ne pouvait que concourir à la transformation de son outillage conceptuel, qui a trouvé avec Les Mots et les 3.Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958, p.40.4.|bid., p.39.5.Paris, Seuil, 1966.30 DERERCACt are a ee ee pe re ne = nv rt tt re PT 0 ve rt tr re re ere ve cet te Pre ae MPEP Se ot ane va arr ere - Choses de M.Foucault une de ses plus brillantes formulations selon laquelle l'homme se révèle n'être qu'un bref épisode de l'histoire de la connaissance.Ainsi, le vocabulaire de la nouvelle conscience épistémologique a radicalement balayé de son champ d'investigation le lourd héritage de notre anthropocentrisme instinctif.On ne s'attache plus à l'homme en tant que sujet de la pensée: l'étude des relations de signifiés doit désormais faire place à celle des relations de signifiants.Avec Le degré zéro de l'écriture, Barthes donne alors à la critique littéraire les nouveaux éléments d\u2019une analyse de l'écriture romanesque.Quant à ses Mythologies, elles auront contribué à une certaine validation du lexique de la sémiologie dans le traitement des systèmes de représentations collectives.Pour n'être pas encore achevée, la «mutation épistémologique de l'histoire» participe aussi de l'évolution terminologique des sciences humaines.C'est'en effet à l'enseigne du jargon structuraliste\u201d que les derniers postulats historiques ont remis en cause les possibilités de 6.M.Foucault, L'archéologie du savoir, Patis, Gallimard, 1969, p.21.Cf.aussi: E.Leroy-Ladurie, Le territoire de l'historien, Paris, Gallimard, 1973, p.23.7.«Il se peut en \u2018effet que l'originalité des transformations diachroniques réside dans le caractère irréversible de leur démarche: |! suffirait pour cela de pouvoir définir avec précision un certain type de corrélations permettant de situer de la façon suivante: étant donné deux structures du contenu S1 et S2 et la corrélation R, qui existe entre elles, la structure S2 peut être la transformation de la structure S1 et non inversement.» A.-J.Greimas, «Structure et histoire», Temps modernes, nov.1966, p.286-287.Cf.aussi: C.Lévi-Strauss, La Pensée sauvage, Paris, Plon, 1962, p.344.31 [I | A ERE I PE BE A AA SER IT REBEL FRE Vite td ala] VS MORE NE NA EE Ut + VERSET VUS SE ET A ARNO IE CT RARE la totalisation®: ici, l'étude de la discontinuité historique et de ses relations sérielles a également pris la relève des méthodes déterministes de la causalité temporelle.La logique étant, encore une fois, préfigurée dans les codes que révèlent les infrastructures formelles.À tous ces égards, l\u2019on conçoit qu'il a pu s'élaborer dans le public spécialisé \u2014 la vogue structuraliste aidant \u2014 une sorte d\u2019axiomatisation du réel presque exclusivement conçue en termes de manipulations et de création de mots, dont on ne peut que regretter parfois les excès.Le mouvement néologique Par-delà ces causes spécifiquement épistémologiques du développement terminologique, s'ajoutent aussi celles de la «néologite» que G.Mounin attribue à une sorte de «psychopathologie»®?du chercheur chez qui les concepts reformulés font croire à une nouvelle découverte.Et la liste est longue de ces «couples» \u2014 tels que les termes de locuteur-auditeur, émetteur-récepteur, encodeur-décodeur etc.1° \u2014 qui constituent les exemples les plus patents de nos modes sémantiques.Certes, chaque époque a eu son mouvement néologique relié à une certaine conscience linguistique du moment comme en témoignent l&s développements lexicographiques de notre passé scientifique et littéraire'!.Mais l'accélération de l'histoire a prêté à l'effervescence intellectuelle 8, M.Foucault, op.cit., p.16.9.Dictionnaire de la linguistique, Paris, P.U.F., 1974, p.XII-XIHH.10./bid., p.XIII.| 11.G.Matoré, Histoire des dictionnaires francais, Paris, Larousse, 1968, p.16-167.32 de notre temps l'intensité des formulations conceptuelles que l'on connaît.Car, si certains écrivains «inventent»'\u201d des mots en récusant les règles du sens commun et même les lois du langage courant, d'autres se font fort de ne penser, semble-t-il, qu'à l'intérieur du vocabulaire qu'ils se sont constitué.Nous n'en voulons pour preuve que l'étendue du lexique créé par Teilhard de Chardin, qui touche à presque toutes les lettres de l'alphabet: anthropogénèse, cosmicité, néosphère, transphénomé- nal, vortex etc.3 pour ne citer que les termes les plus communs.Rien d'étonnant alors à ce que l'on ait pu parler des «idiolectes» de Guillaume, Jakobson, Hyemslev, Ben- véniste et de tant d'autres encore auxquels l\u2019on ne saurait oublier d'adjoindre les noms de Damourette et Pin- chon, dont la «jargonite»!\u201c fait désormais partie des exemples classiques versés au compte de notre fureur logomachique.Mais, indépendamment de ces cas extré- mes, certains savants ont voulu aussi se prémunir contre le développement anarchique des vocabulaires en cherchant à donner à leur lexique la concision de l'univocité: la néologie est alors «moins la manifestation d'une (mode) 12.Comme ce fut le cas pour Fourier et Céline.13.C.Cuénot, Teilhard de Chardin, Paris, Seuil, 1963, p.176-187.14.«Comme la catadmeéte nominale est le seul épiplérome antérieur non strumental des substantifs nominaux, et qu'elle ne paraît jouer de rôle que minime ou nul dans la collation de l'assiette, l\u2019on n\u2019a guère à considérer comme y travaillant que des épipléromes postérieurs.Ce troisième genre de présentatoriété reçoit de nous le nom de présenta- toriété séquentale par opposition à la présentatoriété prétéritale\u2026» \u2014 Cité par G.Galichet, Grammaire structurale du français, Montréal, H.M.H., 1967, p.220-221.33 Oe Ws RIERA \u2018ie i rT aA a AE ee ct ie 7er pus Ary rr - Ry ee = _ CTT it ty - Cy ayer vir J A pw pra (lado poh ys vo pre wp wir sary pe = pere\u201d dre pray Capua PP ay Fon id arr er \u2014 ew Cree er Le Tit ppm 7 dy P= cw.ye pr Boy Sela a pe PTR rT Beare Elite Anessa ural Coma bre que d'une exigence profonde»'s.Ainsi dans sa Sémantique structurale, Greimas s'attache notamment à différencier les «lexèmes nucléaires» (appartenant au noyau du contenu du lexème) des «sèmes contextuels» (caractérisés comme «classèémes»)'8.Tout ceci, non sans s'élever contre le «fourmillement terminologique (qui) ne révèle que l'embarras et la confusion» dans l'emploi concurrentiel de certains termes.C'est ainsi que la prolifération lexicale a pu s'étendre à toutes les entreprises humaines de l'ordre de la réflexion comme de celui des activités sociales, industrielles ou commerciales.Et cela avec, dans chaque sphère d'action, des modes particuliers de formation néologique: abréviation dans la vulgarisation technique (météo, polio); emploi de sigles et de leur dérivation dans les désignations officielles (ONU, onusien); emprunts étrangers venus de l'accroissement des échanges linguistiques et scientifiques ( «feedback», «gestalt-theorie» ), etc.\u20188.Mais encore, ce ne sont là que les procédés les plus voyants du mouvement sémantique contemporain, dont la vogue se retrouve aussi dans le «snobisme jar- gonneun)° du «sabir atlantique», ou «franglais», tant décrié par Etiemble.Non pas que chaque langue doive se développer en autarcie, mais que l'invasion du vocabulaire par des termes d'emprunts se fasse en dehors de contrefaçons 15.R.L.Wagner, Les vocabulaires français, Paris, Didier, 1967, p.27.16.Paris, Larousse, 1966, p.54-55.17.Ibid., p.7.18.G.Matoré, op.cit., p.208.19.H.Mitterand, Les mots francais, Paris, P.U.F., 1968, p.69.34 inutiles, d'impropriétés et de détournements de sens qui obscurcissent les textes \u2014 comme c'est fréquemmentle cas dans les traductions \u2014 et desservent la pensée de l\u2019auteur.À tous ces égards, les sémanticiens n'ont pas fini de déterminer l'ampleur et les limites des champs lexicaux dans «l'écheveau complexe des relations qui unissent le mouvement formel et sémantique des mots au mouvement des modes de production (techniques) et des rapports de production (classes et groupes sociaux) »°°.Les représentations collectives || s'avère de fait que les bouleversements terminologiques les plus profonds, et peut-être les plus insidieux, se situent au niveau des nouvelles formes de représentations sociales, jusqu'alors délimitées, dans leur domaine respectif, par toute une tradition culturelle: on dissociait le domaine littéraire du domaine scientifique où chaque ordre de pensée avait un langage que le sens commun laissait aux «spécialistes».Mais depuis, sous la constante impulsion des développements culturels et techniques, les anciennes assignations ont été irrémédiablement balayées au profit d'un langage de la convergence placé sous le signe des sciences pilotes de l'heure: sociologie (anthropologie, ethnologie), psychologie (psychanalyse) et linguistique (discipline qui, selon le goût scientifique du jour, peut être métaphoriquement appelée «mathématique des sciences humaines»?t).ll n'est donc de personne «cultivée» actuellement qui se 20.Ibid., p.88.21.Ph.Riviere, Linguistique et culture nouvelle, Paris, Ed.Univ., 1971, p.11.35 SARL tour 410 ! ) CE HM REIN oth! \"uy, ARE EE RR ge.EAH et TOUR D HERR AM RES DE SE A de ECC are SD EE ROM RIEU nel, I RET RRR PARTS EE D OCR AU a prive de toute une terminologie à coloration marxiste ou freudienne.Ce phénomène de pénétration des sciences sociales constitue une des grandes causes de l'inflation verbale des propositions scientifiques de départ, ainsi que de la dégradation des concepts.La remarquable étude de S.Moscovici \u2014 qui a pris pour champ d'observation les distorsions et les simplifications abusives dont la psychanalyse a pu être l'objet \u2014 est des plus éclairantes à cet égard: la fréquence d'emploi des mots comme «refoulement», «complexe», «libido», «subconscient» etc.**, témoigne non seulement de l'importance que cette science a prise dans la conscience du public, mais aussi de la «naissance d'un sens commun» relié à la «socialisation d'une discipline»** et aux glissements sémantiques de ses instruments opératoires.Aidés en cela par la révolution technique, ces facteurs de socialisation ont ainsi donné à la science un prestige dont l'envahissante mythologie a pu faire croire à certains penseurs que notre civilisation a insensiblement régressé du «logos» au «muthos»: l'immense développement des moyens audio-visuels de diffusion ayant, en quelque sorte, façonné la vie sociale selon les exigences de son langage et de sa liturgie.Quoiqu'il en soit, de gré ou de force, l'homme contemporain est devenu l'utilisateur, souvent inconscient, de tout un jargon scientifique forgé à la bonne fortune des contaminations terminologiques du jour.22.La psychanalyse, son image et son public, Paris, P.UF.1976, p.238.23.Ibid., p.24.36 ES NEON a a. L'intérêt des lexiques de terminologie Cette détérioration du vocabulaire spécialisé a donc conféré à l'étude des problèmes de terminologie une nécessité et un intérêt croissants.En Europe Occidentale notamment, différents travaux et commissions ont révélé que de nombreuses disciplines sientifiques s\u2019attachaient à une terminologie plus conforme à l'esprit de rigueur dont elles se réclament.Aussi la liste des initiatives recensées naguère par J.Marouzeau?* s'estelle considérablement allongée depuis de groupes d'enquêtes et de recherche qui se sont donné pour tâche d\u2019émonder les lexiques spécialisés de leurs impropriétés: tâche à laquelle s'est consacré, entre autres, le «Comité d\u2019étude des termes médicaux français» dont le G/ossaire de psychiatrie®® est l'exemple même des préoccupations terminologiques de l'heure.Et de fait, le glossaire socio-professionnel est un indispensable outil de référence mnémonique: il représente, à l'intérieur d'un corpus défini, la compétence lexicale la plus exhaustive vers laquelle tout spécialiste s'efforce.À cet égard, le dictionnaire de terminologie est un instrument didactique incomparable, qui permet, à l'heure de l\u2019'approximation et de la phraséologie barbare, une constante remise à jour du vocabulaire de ceux qui en ont le souci.De plus, on ne saurait oublier le caractère hautement opératoire du lexique de terminologie, qui est le 24.Lexique de la terminologie linguistique, Paris, Geuthner, 1961, pp.VI-VII.25.Paris, Masson et Cie, 1970.37 m «tn RTE TE TT RE UN Ma: nf a , i WH ' ) ty OR en IEE SE ver j oA OO EN 4 RIGOR TANS SOM AMAR A lieu de convergence de la théorie et de la pratique non seulement d'un langage, mais encore d'un certain métalangage et d'un ensemble de concepts méthodologiques sans lesquels toute science serait sans objet.De là aussi les aspects apparemment contradictoires de sa spécificité: tout vocabulaire, circonscrit dans sa discipline, se voit confronté en même temps à la pluralité des savoirs, qui est renouvellement au sens des correspondances et de l'imagination créatrice.La norme et la définition scientifique Sans doute est-ce là l'expression paradoxale des problèmes auxquels sont confrontés les dictionnaires: circonscrire d'une part les imprécisions de l'usage; de l'autre, souvrir à la mouvante et complexe réalité de l'évolution terminologique.Générateur de concepts, le vocabulaire scientifique est en effet dynamique par essence et non statique et fixiste.Ce qui met directement en cause le perfectionnement de l'outil linguistique duquel dépend le rapport dialectique entre la méthode scientifique et son objet.Aussi, les impératifs terminologiques doivent-ils être conçus non pas en fonction de certaines règles d'usage, mais'bien en fonction des exigences du bon déroulement des stratégies, des procédures et des concepts développés.Il serait ainsi impensable, par exemple, «qu'un dictionnaire de terminologie linguistique soit normatif, et s'arroge le droit de choisir et de proclamer la bonne terminologie.Il ne peut donc être que descriptif de l'usage, ou plutôt des usages.Tout au plus peut-il avertir sur l'étendue ou l\u2019étroitesse, l'actualité ou la vétusté de tel ou tel de ces usages»2é.En 26.G.Mounin, op.cit., p.XXV.38 définitive, l\u2019orthodoxie de l'usage importe moins dans le discours scientifique que la cohérence interne de ses éléments constitutifs.C'est d\u2019ailleurs à cette cohérence que s'attache l\u2019un des points les plus complexes du lexique de terminologie: la définition scientifique?\u201d.Celle-ci, en effet, \u2014 contrairement à la procédure sémasiologique de la définition lexicographique courante \u2014 doit faire appel à la procédure onomasiologique*8.Cette démarche du concept vers les formes avait étË autrefois ainsi formulée par F.de Saussure: «Bien loin que l\u2019objet précède le point de vue, on dirait que c'est le point de vue qui crée l'objet (.).C'est pourquoi toute définition faite à propos d'un mot est vaine: c\u2019est une mauvaise méthode que de partir des mots pour définir les choses»°*.Mais en réalité l\u2019entreprise est bien moins simple, qui bute de plus sur les multiples écueils de la réalisation pratique: pièges de la technicité excessive, nécessitant pour chaque définition un complément lexicographique\u201c®: CLICK, «phonème avulsif caractéristique de certains idio- 27.Dont la problématique contemporaine n\u2019est en fait que le prolongement de préoccupations aristotéliciennes.28.G.Mounin, op.cit., p.XVIII.29.Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1969, p.23, 31.30.Pascal conseillait ainsi de «n\u2018'employer dans la définition que des mots parfaitement connus ou déjà expliqués».(De l'esprit géométrique, Brunschvicg, p.189).Néanmoins, cette recommandation souffre quel-ques réserves, puisque le lexique spécialisé s'adresse à des usagers, ayant déjà une certaine compétence lexicale.En fait, la difficulté ré-side ici surtout dans le choix des degrés de technicité à adopter.39 ht AARNE FC +H Coy Ca ade Caracaiien 0 Shocation nose LAN oh aa Khu M acces ae ft IMA CORN TT ee mes khoisans»; tendance à l'explication cursive fondée sur le renvoi synonymique: ALALIE, «sorte d'aphasie»; goût de la surcharge néologique; emplois indifférenciés de notions appartenant à différentes écoles: le terme FONCTION en glossématique ne saurait recouvrir les mêmes distinctions qu'en grammaire générative, etc.D'ailleurs, c'est à ces derniers égards que les termes définis gagneraient à être développés selon les procédés, entre autres, du dictionnaire de linguistique de Martinet*', où l'article PHONOLOGIE renvoie à phonologie 1, phonologie 2, phonologie 3, etc.: le concept-clef permettant d'accéder, par renvois successifs, à des sens et domaines plus spécifiques.Ceci, conformément aux règles d'une «hygiène épistémologique»*2 toujours attentive à l'élaboration de définitions rigoureusement opératoires et univoques.Toutefois dans les sciences en pleine évolution, on ne peut «attacher avec rigueur le signifiant au signifié»**.Et cela d'autant plus qu'en sciences humaines, la terminologie ne saurait être totalement astreinte aux critères de précision des sciences exactes.Ainsi, «il n'existe pas généralement «une» définition d\u2019un terme économique, mais des acceptions plus ou moins nombreuses et plus ou moins divergentes»34.Ces implications avaient d'ailleurs été judicieusement pressenties par Saussure \u2014 dont on connaît pourtant la forte opposition au naturisme de l'école comparatiste5 \u2014 qui s'était 31.Lalinguistique -guide alphabétique, Paris, Denoël-Gonthier, 1969.32.G.Mounin, op.cit., p.XIX.33.J.Marouzeau, op.cit., p.IX.34.J.Romeuf, Dictionnaire des sciences économiques, p.X.35.Op.cit., p.19.40 TET ae Cr Ur prévalu, pour le linguiste, de créations métaphoriques: «Il y a certaines images dont on ne peut se passer.Exiger qu'on ne se serve que de termes répondant aux réalités du langage, c'est prétendre que ces réalités n'ont plus de mystères pour nous.Or il s'en faut de beaucoup; aussi n'hésiterons-nous pas à employer à l\u2019occasion telle des expressions qui ont été blâmées à l'époque»*ê., De là, la relativisation de l'instrument terminologique dont la véritable valeur n'est qu'une valeur opératoire provisoire, toujours soumise à un dépassement conforme à la nature indéfiniment perfectible de toute recherche.Les lexiques spécialisés et les dictionnaires généraux Le lexique de terminologie technique et scientifique est avant tout un dictionnaire de «choses».À cet effet, il ne donne pas d'informations sur le signe mais sur le concept que recouvre le mot.En cela, il se distingue du dictionnaire de langue qui s'attache principalement à la nature du signe linguistique, à ses valeurs d'emploi, à sa signification, à sa forme phonique et graphique ainsi qu'à ses différents niveaux d'usage, en n'excluant pas la définition.Ex.: le Petit Robert.Certains dictionnaires hétérogènes ne correspondent évidemment pas à ces distinctions succintes.Le Petit Larousse est l'illustration type de ces lexiques ou les développements encyclopédiques (informations sur les choses) sont concurremment menés, avec les renseignements sur la langue (informations sur le signe).De plus, les lexiques spécialisés s'en tiennent uni- 36./bid.41 PI OO = Po «- os - Eee EE pates 4 A Go # PEUT ROIS Mrtritica total plate laché MORK to ca ANNI GIA Ah Ra en ERISA AS quement à l'étude des unités codées desquelles ils ne relèvent que les lexemes, les occurences et les lexies; tandis que les dictionnaires généraux ajoutent au contraire a leur corpus tout le vaste ensemble des morphemes: mots dérivés et composés; éléments de préfixation, de flexion, etc.|| est vrai que cette hiérarchie est toute relative si l'on tient compte que les dictionnaires de linguistique peuvent aussi, à l'instar des grammaires, se préoccuper de l'analyse de certaines unités non codées comme le syntagme et la phrase.Aussi ne peut-on totalement rendre compte de la complexité des problèmes de la terminologie spécialisée, dont le contenu dépasse évidemment de beaucoup les limites du cadre étroit \u2014 et outrageusement grossier pour le spécialiste \u2014 du tableau comparatif ci-après.En définitive, la compénétration terminologique entre différentes disciplines participe d'une certaine manière à une espèce d'unification lexicale immanente\u201c\"\u201d.On assiste ainsi, à travers l'apport de la réflexion structuraliste notamment, à une épistémologie de la convergence ou se trouve mise en lumière la mutualité des significations entre les divers domaines des sciences humaines.37.G.Mounin, op.cit, p.XXVIII.42 Brean LES DICTIONNAIRES GÉNÉRAUX ET LES GRAMMAIRES Il- Les dictionnaires généraux Unités signifiantes étudiées Niveau d\u2019analyse Unités codées lexicaux (lexemes) morphémes e grammaticaux (grammemes) ire articulation lexies°® occurences * grammaticales lexicales Il- Les grammaires Ire lexies et Ile grammèmes articulation occurences * grammaticales e lexicales Unités non codées syntagme phrase (à l'exception des dictons, des adages et des proverbes qui sont en réalité, des phrases codées)*° 38.Mots complexes (terminologie de Pottier).39.J.Rey-Debove, «Lexique et dictionnaire» dans Comprendre la linguistique, Marabout Univ., 1975, p.179.43 Ni K wo Res ks 3 - - ar y w Nj Ch 3 J RANTLE HA ISL A MASE he SES Ill- Les lexiques de terminologie Niveau d\u2019analyse Ire articulation lexémes: Ex: lexies: lle articulation?\u2019 occurences: e lexicales*!: Unités codées parakinésie*° paralexie paralogique encéphalopneumothérapie athléto-leptosome neuropsychologie discordance = ataxie intropsychique eurysome = psychique egrammaticales : ataraxique ou ataractique (adj.) Le syntagme, la phrase (principalement pour les dictionnaires de linguistique) 40.Le vocabulaire qui illustre cette partie provient du G/ossaire de psychiatrie de Marchais.41.Il s'agit ici de «variantes» selon Pottier, et non d'apparitions successives en discours d'une même unité de langue (Dictionnaire de linguistique de Dubois).42.Celle-ci n'est étudiée que par les dictionnaires de linguistique.44 LE ~X La sagesse, un art non-duel Reynold Clément Professeur au département de philosophie LE A Is oly ; se A al Es oH fy ; tqs : - .\u201cah >} - \u2019 qi Ke ho) KV CRAN 4H aN Bn Ak Rey OO DEEE EH ETES AEE RIN i Il y eut, jadis, des cités entières qui semblaient He avoir pour principal objectif le développement d'unartde i vivre plus justement.Les hommes et femmes qui mirent i leur énergie au service de cette recherche furent nom- È més: philosophes, sages, prophètes ou avatars.Athé- CR niennes ou autres, ces cités et les penseurs qu'elles yo produisirent ont fortement influencé les hommes et les a temps, ne serait-ce que par leurs attitudes dans les moments de crise qu'ils eurent à traverser: crises politi- 5 ques, économiques, sociales et autres.4 Aujourd\u2019hui,encettefindemillénaire, larecherche i de cet art de vivre semble très éloignée de nos préoccu- R.pations quotidiennes et de nos cités.Pourtant nous sommes en une situation de crise sans aucun précédent, A c'est la première fois dans toute l'histoire de l'humanité ER que les menaces de destruction et d'autodestruction i: eg 46 sont si intenses.Si les moments de crise sont l'occasion de poser des choix fondamentaux pour ceux qui les vivent, comment l'homme contemporain peut-il choisir, solutionner ses problèmes, tout en étant si éloigné de cette sagesse antique qu'on retrouve chez un Socrate par exemple?Les chefs d'Etats, les idéologues et les dogmatistes semblent inaptes à régler les problèmes si cruellement posés dans l'actualité de tous les jours.En effet, pour reprendre l'interrogation de Krishnamurti dans son ouvrage Se libérer du Connu: comment peuvent-ils assurer un avenir meilleur pour l'espèce humaine?Ne proclament-ils pas tous et sans exception qu'une vie meilleure repose d'emblée sur l'élimination physique, idéologique ou spirituelle d'une faction de l'humanité, qu\u2019elle soit un pays ennemi, la bourgeoisie, une secte opposée.Une vie meilleure peut-elle reposer sur l'élimination de la vie ou d'une partie de la vie elle-même?Comment ces habiles chirurgiens de l'existence humaine peuvent-ils prétendre que l'amputation d'un groupe d'individus gênants, différents ou injustes assurera cette hypothétique meilleure vie?Peut-on espérer une réponse positive aux questions que soulèvent les crises nationales et internationales?Ou devons-nous, vous et moi, capituler devant tant d'interrogations?Devons-nous nous enfermer dans un fatalisme sans issue ou dans un idéalisme béat?Doit-on rester inactif et attendre que tout cela se passe, attendre la fin d'un mauvais rêve dans l'espoir d'un matin plus ensoleillé, d'un jour plus radieux\u201d?Nous est-il possible à vous comme à moi de trouver ne serait-ce qu'un élément de solution à toutes ces ques- 47 as EE PR = CEA AU Ls y= a tions sans pour cela souhaiter la mort d\u2019un seul individu 8 sinon de l'espèce toute entière\u201d?| Ma Chez Aldous Huxley dans sa Philosophia peren- i nis, il semble y avoir une continuité synthétique dans la a transmission de la sagesse depuis 25 siecles.Que cette a sagesse soit d'origine occidentale ou orientale, cela A importe peu puisque la sagesse humaine se réfère davan- hi tage à un territoire philosophique qu'à un territoire géo- of graphique.Tous les sages de l'histoire semblent, à notre fi avis, admettre un seul et méme principe de base.Quoi- pit que différemment formulé suivant les moeurs, us ou A coutumes, ce principe pourrait se réduire à la formula- ji tion socratique: connais-toi, toi-méme.Si nous prenions ce principe comme démarche personnelle, cela nécessi- | 4 terait pour chacun de nous, conscients de l'énormité des | 4 problèmes socio-économico-politiques nationaux et inter- fii nationaux, une radicale transformation intérieure.i Aristote affirmait que l'homme est un animal social, ii ce qui situe l'homme comme un être en relation constante wi avec d'autres êtres de la même espèce.Dans cette affir- Hy mation aristotélicienne, l'homme ne peut se poser comme i un individu totalement indépendant des autres.Se transi former soi-méme signifierait donc agir sur les autres ue avec qui nous sommes nécessairement en relation.Ainsi hi se transformer soi-méme ne pourrait étre, en aucun cas, le principe d'une secte d'adorateurs du nombril.Cet 4 exigeant principe pourrait être cet élément de solution aux authentiques angoisses de l'homme du XXe siècle.Ri: Pour certains, cet élément de solution apparaitra aléa- i toire parce que non radical.Son efficacité pour résoudre ul tant de problèmes, ne peut se compter en termes de ve 48 A jours, de mois, ni même d'années; la voie de la sagesse n'apparaissant prometteuse qu'à long terme, transformant l'individu, elle pourrait transformer les sociétés.Combien de fois me suis-je posé toutes ces questions?Combien de livres n'ai-je lus sur ce sujet?Combien de discussions\u201d?De pratiques sociales et politiques?Combien de cours de philosophie n'\u2019ai-je pas orientés vers cette recherche si fondamentale?Ce furent pourtant quelques expériences empiriques qui ont apporté le plus d'éléments à ma recherche.A cet effet, laissez-moi vous raconter deux de ces expériences, qui furent pour Moi une source d'enseignements d'une grande richesse.BARCELONE, JUILLET 1977 La Ramblas, c'est un vaste et long mail bordé de deux petites rues latérales; vous pouvez y voir des gens de tout pays y compris des catalans, de grands arbres qui rafraîchissent la place, des tables et de larges parasols, des commerçants et des commerces de toutes sortes.La Ramblas c'est un endroit charmant.Un soir, je me promène sur cette Ramblas et soudainement, des voitures militaires foncent très rapidement sur le passage réservé ordinairement aux piétons.Les passants fort nombreux, doivent se rejeter hâtivement sur les petites voies latérales, celles-là réservées habituellement aux automobilistes; c'est la déroute et la confusion générale.Pendant ce temps, la milice disparaît au loin; on peut entendre encore hurler les sirènes et voir briller les lumières bleues quicoiffent leurs véhicules.49 PE IE SEINE RE IN SPOT SY 5 LDR 3 NYS EAE Ba PERTE ERREURS pom ce Ai 6 = , 56 f 148 avan Th yap te reer Ctr gps I er at apr RY i \u2018 p \u201cRCE KR HY N A a X AN CON RARL AM (OE hd WEIGHS ANA HERR OR : : ; ER Rh ARS (RER THN yan AN hte; YUN X [Rh HPC] By - - uk 3 +.= fre + : ça: .GUNS NIRA D NE, NE ENT ER SO SN ae eme pI, SHR SNS a eR NE AE XIOUD Tout aussi rapidement qu'ils étaient disparus, les militaires reviennent; ils roulent toujours sur la voie pédestre.La peur se manifeste chez les passants; certains courent, certains tombent, d'autres encore s'affolent.Par les fenêtres ouvertes des voitures militaires apparaissent les canons de carabines.Des coups de feu sont tirés, des grenades lacrymogènes explosent, des feux sont allumés et jonchent le sol à plusieurs endroits.La panique gagne la foule, des piétons tentent d'enjamber les automobiles qui bloquent les voies latérales, c'est le bruit des coups sur les capots et sur les toits des autos.J'ai peur, j'ai très peur et je tente de me frayer un passage dans cette cohue.Je me retourne et je vois un militaire pointer son arme dans ma direction, il est près, trop près à mon goût, à quelques mètres à peine.Et là, juste avant de me précipiter au sol, je vois son regard, jamais je n'avais vu une telle tension dans un regard.Le soldat tire, je n'ai rien, je me relève et cours éperdument.Par la suite, cela devient confus, je me retrouve dans le hall de mon hôtel qui donne sur la Ramblas ou je retrouve un peu de calme.C'était la première fois de ma vie que je vivais une panique collective.Plus tard, on m'a dit que les armes étaient équipées de pelotas (balles de caoutchouc).MONTRÉAL, JUIN 1979 Je vais faire une course au marché d'alimentation près de chez moi.J'entre et me dirige vers les tablettes qui contiennent les articles qui m'intéressent.À l'entrée, à la première caisse, j'entends derrière moi une voix qui crie violemment: «C'est un hold-up, tout le monde à 50 terre.» Je me retourne et je vois, quoiqu'en partie caché par des tablettes, un jeune homme de 16 ou 17 ans qui braque une arme à feu à hauteur du visage d'une caissière à peine plus âgée que lui.Pendant que les gens à l'avant se couchent par terre, je recule de quelques pas.A l'abri derrière les tablettes, je marche lentement vers l\u2019arrière du marché.Protégé par la distance, je ressens moins cruellement la peur qui m'habite et celle des gens qui me côtoient.| Le coup fut vite fait, sans effusion de sang.Par la suite, je vis la jeune caissière fondre en larmes, visiblement traumatisée.Une indicible compassion m'envahit lentement, et pour le jeune homme et pour la jeune fille.Je rentrai chez moi, interrogatif et perplexe.L'homme en tant qu'être objectif est un être qui souffre.Avoir des sens signifie souffrir.C\u2019est là, la nature même de l'homme.Ces mots, je les ai empruntés à Karl Marx dans ses Manuscrits de 1844; ils me vinrent à l'esprit parce que c'est la souffrance, la douleur partagée qui me fit voir dans les deux événements racontés, une situation de connaissance.En effet, ce qui me frappa le plus dans ces deux événements, ne fut pas uniquement la peur bien naturelle d'être atteint; ce fut, ce regard du soldat, cette voix douloureusement tendue du jeune homme au hold-up.Ce regard, cette voix, j'en ai acquis l'intime certitude étaient le regard et la voix de la même douleur, de cette indicible et profonde douleur humaine.Dans le champ de ma connaissance que vaut cette perception, 51 ET SI 32s HRY 3 > ESS reste pe \u2014 pre zen pere me re (Yt im in Sy EE et PLT Sr La Avr a tery CoA 0 20\u201d \u201cer g TROT a i CM NO EOC nti Et i MT OI SACU I OI ROE SA AE Lee SEE cette connaissance empirique?Ne serait-ce là que pure subjectivité sans aucune valeur?Pour moi, la connaissance empirique de la douleur ne laisse pas de place pour l'amertume, le ressentiment, la haine; c'est aussi l'éclatement de la dualité agresseur-agressé en l'unité douleur-douleur et c'est ainsi que je pus vivre la compassion, le partage aussi bien avec le jeune homme du hold-up qu'avec la jeune caissière; pourquoi le regard du soldat était-il aussi intense?N'\u2019était-il pas mon propre regard, ma propre douleur?Qu'il m'apparaît étrange de me rencontrer moi-même dans les autres et d'y voir une connaissance «objectivement» valable.Une connaissance théorique découle de cette connaissance empirique; elle se formule ainsi: il existe une possibilité réelle et objectivement valable de vivre quotidiennement un autre niveau de réalité que celui de la dualité.Nous avons vu la relation agresseur-agressé, ajoutons qu'il y a d'autres dualités par exemple: intelligent-idiot, bon-mauvais, violeur-violee, bourgeois-proletaire, etc., etc.Cet apprentissage m'apparaît être une nouvelle perspective de vie et peut-étre une authentique connaissance de soi dans le sens socratique du terme, un pas vers la sagesse telle qu'interrogée au début de cet article.Je fis part de ces réflexions à un collègue de mon département qui eût la gentillesse de me conseiller la lecture de deux ouvrages: L'Agression de Konrad Lorenz et La Passion de détruire d'Erich Fromm; il m'indiquait que je pouvais approfondir davantage le sujet de l'agressivité humaine soit d'une façon duelle ou non-duelle.52 DE - = \u201c #æ = ie x \u2014\u2014\u2014 = TT TW WTR Apa -\u2014__ mp wey A a - a eee Ce qui a retenu mon attention chez Lorenz fut la théorie de l'innéité.L'agressivité est innée aussi bien chez l'animal que chez l'homme.Pour ce dernier, il y aurait une assez bonne disponibilité à l'apprentissage de comportements et de techniques agressives.|| y aurait pour l'homme une correspondance entre agressivité innée et apprentissage de comportements-techniques d'agression.Nous devons constater que ces comportements- techniques d'agression se sont particulièrement développés depuis la dernière guerre mondiale; nous n'avons qu'à penser aux développements des armes bactériologiques et aux progrès de la balistique ou encore aux développements de la télévision et de la publicité.J'aitoujours perçu Konrad Lorenz comme étant un éminent psychologue, c'est pourquoi je fis part de ma lecture à un collègue du département de psychologie.Selon lui, l\u2019agressivité innée de l'homme ne semble avoir d'autre issue que la propre extinction de l'espèce.L'exemple qu'il apportait et qui soutenait sa théorie était qu'entre l'arc et la flèche et l'ogive nucléaire à têtes multiples, il n'y avait somme toute que peu de différences sinon que, d'un point de vue technique, l'une est la conséquence inéluctable de l'autre mue par l'agressivité toute naturelle de l'homme.J'appris par la suite que beaucoup d'intellectuels partageaient cette vision apocalyptique.D'autre part, je sus également que plusieurs mouvements religieux défendaient une thèse semblable pour des motifs sans doute fort différents.Est-ce quel agressivité de l'homme est innée?Le conduit-elle nécessairement à sa destruction?Près d'Erich Fromm, et en partie contre Lorenz, je soutiens 53 2 3 A Hath I eus ce _ rg = tr S Ps Rag un Cho que l'agressivité humaine dans son caractère bénin (qui assure la vie) ou malin (qui assure la mort) n'est pas innée.Ce caractère ne réside pas dans la nature humaine.En effet, il s'agirait ici d'un choix individuel et/ou collectif d'un usage de l'agressivité; il s'agirait d'un apprentissage.Ce ne sont jamais les situations objectives d'agressivité qui en déterminent le caractère bénin ou malin mais le choix humain de ce caractère, l'attitude mentale que développe chaque homme et que développe la collectivité.L'argument que je soumets pour m'opposer à la thèse fataliste de l\u2019'autodestruction de l'humanité est celui de la faible programmation génétique de l'homme.À la différence des autres espèces animales dont la forte programmation génétique laisse peu de place aux choix individuels ou collectifs, l'homme est la seule espèce animale qui se voit dans l'obligation de choisir presque constamment, individuellement et collectivement.Ainsi en raison même de cette faible programmation génétique, l'homme est le seul animal dont la possibilité de choisir est si élevée.En quelque sorte, il est «l'alchimiste» capable de transformer le désespoir en espoir, l'espoir en désespoir, la réussite en fatalité, la fatalité en réussite, l'agressivité bénigne en agressivité maligne, l'agressivité maligne en agressivité bénigne, la dualité en non-dualité, la non-dualité en dualité etc.Ce qui permet cette «alchimie» me semble être la conséquence la plus directement liée à sa faible programmation génétique, la conséquence la plus directement liée à son extraordinaire possibilité de choisir: la créativité, la non- dualité.En cette fin de millénaire où les périls apparais- 54 POrREUUPE es gerer at rem-rn reer a er ree \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014 - sent nombreux et par voie de conséquence où les choix individuels et collectifs apparaissent également nombreux, la créativité humaine est une solution authentique à la survie de l'homme aussi bien en tant qu'individu qu'en tant qu'espèce.Références bibliographiques Erich Fromm, La passion de détruire, Anatomie de la destructivité humaine, trad.Théo Carlier, coll.Réponses, Paris, Robert Laffont, 1975.Aldous Huxley, La Philosophie éternelle, Philosophia perennis, trad.Jules Castier, coll.Points, sagesses, Paris, Seuil, 1977.Krishnamurti, Se libérer du connu, trad.Carlo Suares, Paris, Stock Plus, 1978.Konrad Lorenz, L'agression, une histoire naturelle du mal, Nouv.Biblio.scient., Paris, Flammarion, 1969.Karl Marx, Manuscrits de 1844, prés., trad., notes Emile Bottigelli, Paris, Editions sociales, 1969.DD PS 14 ERE wy yt ei ~ 4 Ea?À es x I 4 2 A « es - ~~ me _ - > ~ - - \u2014 pe -~ - AT de me Se ap pe re vy pr pCi are.~~ ie __ er er Snap dag ar - ta ss 07 qe po Carry er oe Am veo ee pres 2207 ~ ron Pr ry \"a px plo fu a.rey \u2014 > Po fp pe EE ur == = mur x Ce \"\u2026 .we Quay Sv at LB Te 2s = Te ow és FE PS pe \u2014 er > an \u201cF enh oe Sea = ae re Ar pe Pa - == JRE PO FP VIS Sy ca (ey + - Lav hey ON fed Fee Og wn Ly pos pray Ci equates it) CTE Tr Dee.cree a po CRE aber peer Tar apt paie dtée née he a rar pes TITI pay nig ry npr pros Rl Pre yar pen peg ey CRIN ae a = pue\u201d pad pag ee = po pee pi te Va = paresse config ub} rap Rede Pair airstrip AE ES pop pr par Spry ig rors Spay pap Sl PF ae Er ee RS ap Pape piper Tig ob ol py = pps of a Co Seg Te red Pay rs pr > F2 fb) rl at ad - sa vo = Se 2 bd 4 par > ns Te es Fee pr ig Prprveks SPC) ca pel 3 » pra Sa pain = I SRT SU Ea 0 Ea APP a IS CHEN = pone} page WREST at past peuple Pa (ate ul A Page Phe = = Bi pe pts rare are Le ta es ; 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Claude Gagnon amour conjuga L\u2019 contre l'amour scortatoire Professeur au département de philosophie fe 3 te es a mene am mn + ere mmm re en ein ren me + ae \u2014 armee 1.0 A 1 BINNS nn > IRR ue Ny 2.apse t | , : v : À TN ME LA ni NT Ae 1 to Tefen \\ .NA LAA LAN Chen EARL AL ALE FAIR SORE RAAT i Lal OCA AAD sa Pinca: (CRNA AARA cat KAY ) AR RAMA Lol) Hh «lls allérent consommer leur union a Niagara et, ce Te faisant, lancèrent une mode qui depuis, n'a cessé de we se répandre.» (Serge Grenier, «Niagara Story», L'Ac- a tualité) |.On m'a demandé d'ouvrir cette série de conféren- : ces d'intérêt général.! Ce soir, comme vous l'avez vu i annoncé, j'ai mis au programme un thème concernant la i philosophie de la sexualité: un thème que j'ai travaillé = depuis quelques années.J'avais quatre groupes d\u2019étu- 4 diants au premier semestre pour le cours de philosophie i de la sexualité et quatre groupes au second semestre.i J'y ai abordé différents aspects de la sexualité et sans 3 vouloir apporter un bilan de ce que jai fait avec ces bo étudiants, je vais essayer ce soir de formuler les hypo- hn 1.Conférence inaugurale donnée dans ie cadre de la série d'automne i de l'Éducation des adultes, Collège Edouard-Montpetit, 10 octo- ve bre 1979.HE + 1 i 58 thèses qui me viennent à l'espritaprès quelques mois de réflexion suite à cette expérience concernant le sens que nous donnons à la sexualité et à l'amour dans notre société.J'ai intitulé mon exposé «L'amour conjugal contre l'amour scortatoire» parce que je considère qu'aujour- d'hui les gens ne savent pas davantage ce que veut dire «conjugal» que ce que veut dire «scortatoire».Vous êtes peut-être conscients que vous ne savez pas ce que veut dire «scortatoire»; j'émets l'hypothèse que vous ne savez pas, non plus, ce que veut dire «conjugal».Et pour ce faire, je vais vous inviter à faire un petit voyage dans le passé au cours duquel nous allons étudier les fondements de cette conjonction qui est l'origine linguistique de ce qu'on appelle l'amour «conjugal», pratique qui est certainement passée de mode aujourd'hui.Je ne vous apprends rien en vous disant qu'au- jourd'hui il y a énormément de livres qui se publient sur l'amour et la sexualité.J'aurais donc pu vous inonder avec les best-sellers de la sexualité.Je vais plutôt vous présenter un couple (composé d'une femme et d'un homme) et commencer tout de suite à être conjugal, c'est-à-dire, vous présenter un couple stable qui, tout au long de mon exposé, restera fidèle, fidèle à lui-même.Ce couple est composé d'une Danoise et d'un Suédois.J'en appelle à la réputation de ces nationalités dans notre Amérique puritaine.Malheureusement pour eux et heureusement pour nous, voyeurs de l'histoire, ils n'ont pas vécu à la même époque.Je commence tout de suite par la plus belle des deux moitiés: la Danoise.|! s'agit d'une contemporaine, journaliste, philosophe de 59 SEEN \u2018 LEE CRM pa 0 RE RETENUE NO NT NN LA AEA PC FAERIE PA ST Sh formation, qui se nomme Suzanne Brogger.Elle vient i de publier un livre, titré Et délivrez-nous de l'amour, i dont I'édition francaise fut assurée par la maison Bel- pi fond en 1978.Je m'arrête à Suzanne Brôgger parce 1 qu'elle convient au Suédois que nous rencontrerons A plus tard.Comme je le disais, son livre Et délivrez-nous he de l'amour, arrive dans un flot d'ouvrages concernant la 1 sexualité et concernant le sens que nous devons donner à l'amour aujourd'hui.Cette femme auteur, je l'ai choisie bi: parce qu'elle m'apparaît être authentique dans son témoi- io gnage.fe C'est une femme qui a une formation théorique 48 mais elle fait aussi des actes pratiques, ce qu'on appelle A une pratique concrète dans certains milieux.Elle est i deja une cause de scandale en Hollande, une cause de i pornographie bien sur, et les Danois eux-mémes se la bi partagent, se la dechirent, dans les hebdomadaires du He Danemark à toutes les fins de semaine.Il y a les pro etles 48 contra; ceux qui sont pour Brogger et ceux qui sont 1 contre Brôgger.Elle a tout simplement décidé de faire A ce qu'Henry Miller avait fait chez les hommes.Elle a i décidé de décrire sa sexualité propre, avec ses fantas- ae mes, ses pratiques, ses faillites, ses erreurs et ses espoirs.hi: Et elle le fait dans un langage assez précis, assez direct; i la lecture en est tout a fait agréable.Je vais cependant 4 adopter ce que ma profession me recommande de faire, i c\u2019est-à-dire, une position critique bien sûr et en toute i égalité sexuelle avec le Suédois qui comparaitra plus i loin.V8 ai \u2018 .: .44 Dès la couverture, le livre de Suzanne Brôgger pose un problème parce qu'on y affiche une magnifique rye pipe ae de ES - etes Eid Api age av alt gy Sai Canali di AR Ay hd ge = Th Epon eu ete ye Ary Copied TS 227 Sy rer a rex our 60 - _ : _ cata re pee pe Am ae rae po ar ty cu | coin x Ep SES SET ED 4 coeurs Stn Av + Len pre Arar - _ x Ltrs - pan ES Ed = TU - ape _ CN \u2014 Ape rhe PCT 3 nam ro we A OYE FOIE VIN TRI Le ui POV mR ORT NTE f y \u2019 A : He ; ¢ 3 TY ' \u2014 > A + #6 CE ECON 50 D [SEEN blonde nue.Ca fait partie du marketing de la sexualité dans notre société.Vous savez comment nous sommes sollicités a la télévision pour le moindre shampooing; dans les hebdomadaires familiaux, qu'ils s'appellent Jour de France ou Vendredi, Samedi, Dimanche, on exploite énormément les corps pour le moindre objet de vente.Donc, pour un ouvrage sur la sexualité et sur l'amour qui s'appelle: Et délivrez-nous de l'amour, on affiche une blonde.La préface rédigée par Emmanuelle Arsan nous apprend que cette blonde est très belle et nous la décrit de façon telle que moi je n'arrive pas à savoir si c'est l\u2019auteur elle-même qui s'affiche sur la couverture.Une de mes collègues en philosophie, Denyse Valois, me dit que ce n\u2019est pas Suzanne Brôgger et qu'on n'a pas consulté cette dernière sur ce point.Mais un autre témoignage vient contredire ce dernier: Suzanne Brôgger s'est fait photographier, comme elle le dit elle-même (p.78), pour la revue Suck dirigée par Germaine Greer.Elle s'était laissé photographier nue pour qu'un de ses articles puisse être publié.Alors au niveau du principe je pense qu'il n\u2018y a pas de problème à imaginer que c'est Suzanne Brog- ger qu'il y a sur la couverture.Je parle de la couverture, je m'étends un peu là-dessus parce que pour moi un livre c\u2019est d'abord une couverture; ainsi le témoignage d'Henry Miller sur cette même jaquette de couverture écrivant: «Je n'ai rien lu d'aussi audacieux et d'aussi courageux depuis Rabelais (donc depuis 400 ans)?que ce livre écrit pas une Danoise», m'apparaît comme un procédé d'édi- ting d'intention plutôt douteuse.Ensuite, quand on lit la préface d'Emmanuelle Arsan qui nous dit que non seu- 2.Parenthèse de Claude Gagnon.61 CSSS X COPIE - Vga \u201c0 po yom sou ROCA - ~~ \u2014 Ny wy em pT eb -\u2014 pr po peut amr Rester tar en - = or 3; 3 es A ro + \u2018 = __.= ray ~ - TR a a Cw = CRT _ A Ym \u201cgp im ¢ Se nw VO Ra Tae 5 * } > cu £ 4 Pn qb 26 v 4H J 8 Mari sa Bil colin JNM ie EASA SRR a COCOGBL EMA TAC OS 0 1a ra MACH SLBA lement Suzanne Brôgger est plus agréable à lire encore qu'à regarder, que non seulement elle fait tout ce qu'elle dit mais qu\u2019en plus son écriture, qui ressemble a des écritures antiques, est même plus belle que les hiéroglyphes égyptiens et chinois, je trouve qu'on commence à fréquenter une divinité plus qu'une femme.Emma- nuelle Arsan dit: «Les lettres larges et rondes tracées par Suzanne sont plus fascinantes et superbes que les signes chinois et les idéogrammes d\u2019Ancienne Égypte» (p.7).C'est un peu rendre mauvais service à quelqu'un qui vient témoigner simplement et authentiquement de ses expériences dans le domaine.Et, heureusement, l'authenticité de Suzanne Brôgger nous fait oublier très vite ces traits de marketing en nous livrant l'ensemble de sa réflexion.Je vais m'attarder seulement à un point de l\u2019ensemble de sa réflexion, un point précis, parce que c\u2019est le domaine qui correspond à ma spécialisation; cela concerne l'origine historique du mal d'amour.Suzanne Brôgger bien sûr, pense souvent comme nous.Elle dit que l'amour se fait partout de la même façon, c'est-à-dire mal, et que nos sexologues essaient de tirer le meilleur de la pire des cultures imaginables.Elle nous brosse un tableau de notre normalité, qui n'est pas des plus joviales, et on est porté à lui donner raison dans la mesure où ses données correspondent à ce qu'on peut nous-même recueillir autour de nous.Elle pose le problème féministe et elle prétend, comme tous les écrivains, comme tous ceux qui interviennent à cette tribune, le résoudre à sa façon.Ce problème, nous le verrons tantôt.Elle donne plusieurs définitions utiles.Par exemple, dans la mesure où elle est Danoise et 62 THT TOO baru ty ET EL Lo so EL NSN TY POLAR BOO ICO TVET LECTIN Ls LETRAS! sb Ren 9 TO FO RA TR SERA TS IR TR TOO A A FFI qu'elle vit encore au Danemark, elle nous donne des définitions précises de ce qu'est la pornographie, de ce qu'elle n'est pas: «La pornographie n'est pas un art mais bien une technique pour représenter les choses telles qu\u2019elles sont» (p.89).Au niveau des prototypes sexuels mâle/femme, Brôgger arrive à ne pas nous introduire dans une opposition trop simpliste, savoir: les hommes sont les méchants et les femmes sont les bonnes.Elle nous dit que les hommes et les femmes sont comme les fous et les cavaliers sur un jeu d'échecs.Ils n'ont pas la même fonction et ils doivent avoir une complémentarité dans leurs fonctions qui ne peut se réduire à un régime d'opposition.Dans la mesure où l'auteur possède une formation théorique, toutes ses expériences, elle essaie de les comprendre et d'en donner une signification globale à l'intérieur même de l'histoire qui est la sienne et qui est un peu aussi la nôtre parce que nous faisons partie de l'Occident.Elle s'interroge précisément sur notre notion d'amour et sur son origine historique.Se basant sur les théories de Serge Moscovici, elle nous apprend que l'amour est un sentiment tout à fait récent, que les mariages d'amour n'existent qu'à peu près depuis un siècle.Quand on regarde un peu le passé, on s aperçoit que les mariages étaient exclusivement des institutions d'ordre politique et n'avaient rien à voir avec ce sentiment amoureux qui lui, par contre, se vivait tout à fait dans l'interdit et 'occultation.Et pour situer un peu cet interdit, elle remonte aux périodes jusqu'ou la plupart des historiens remontent, c'est-à-dire, elle remonte au Moyen Âge et elle nous parle de ce qu\u2019on nomme aujourd'hui «l'amour courtois»: l'amour de cour, l'amour de chevalerie.Elle essaie de situer là l\u2019origine de notre 63 BERG Sat R + [had A Lo . OU ARTY problème concernant l'amour d'aujourd'hui, elle essaie de comprendre quel sens on a donné à l'amour par rapport à ce qui est arrivé à ce moment-là.On peut voir les erreurs d'un auteur aux moments les plus chauds de sa démonstration.Etlorsque Suzanne Brôgger veut exposer le prototype de l'amour chevaleresque, de l'amour de chevalerie, elle fait référence à un mythe (parce qu'un mythe explique toujours une société): «Un mythe n'est pas un mensonge, dans la mesure ou il exprime un désir profond» (p.276).Un jour, on pourra peut-être lire, par exemple, l'opéra rock Starmania, qui vient d'être écrit et qui parle beaucoup de sexualité et d'amour, et y voir quelques tracés, quelques dominantes de notre forme sociale.Brôgger fait cela avec le mythe de Tristan et Iseut.Et lorsqu'elle le fait, je vois un glissement dans son analyse.Nous connaissons tous, pour en avoir entendu parler, le mythe de Tristan et /seut: deux amoureux fictifs qui se sont beaucoup aimés.On sait, par exemple, que Jean Cocteau en a fait un film: L\u2019Eternel retour.Quand Brôgger parle de Tristan et Iseut, on a la révélation de son intention par la façon dont elle parle du mythe.Lorsqu'elle parle de Tristan et Iseut, elle parle de «l'éternel triangle» qui peut-être naquit à ce moment-là: c'est-à-dire, le roi Marc, le cocu de l'histoire, Iseut, promise au roi Marc, et Tristan, le chevalier avec lequel Iseut a une aventure interférant dans le projet de mariage planifié avec le roi Marc.Et pour Brôgger, le mythe de Tristan et Iseut, c'est cela.Iseut, promise au roi Marc, qui s'en va dans l'interdit, dans le hasard de la circonstance avec Tristan vivre l'éternel amour.Je pense que l\u2019auteur 64 A Ca rd pe se ge dee RN ETL TT SC APS SP AIR 9 ir Rr tite 3 Pa , RE qu WAY - Aa : IVE TR > ne considère que la moitié du mythe: car si on lit Tristan et Iseut, on s'aperçoit qu'il n'y a pas trois personnages dans cette histoire-là, c'est-à-dire le roi Marc, Iseut et Tristan, mais Il y en a quatre: c'est l'amour à quatre.Et le quatrième personnage, c'est une autre Iseut, une deuxième Iseut qui aime tout autant Tristan que la première.Et le probleme, si vous avez vu le film de Cocteau, se pose tres clairement a la séquence finale.Tristan mourant demande à la deuxième |seut si elle voit venir la première à l'horizon.Celle-ci s'en vient effectivement en bateau.Mais la deuxième |seut dit à Tristan: «Non, elle ne vient pas».Est-ce que la deuxième femme unique a le droit, elle aussi, de capitaliser sur l'éternité du sentiment?C'est le problème fondamental de Tristan et /seut et les deux Iseut sont beaucoup plus constitutives du mythe de Tristan que peut l'être le roi Marc qui, à mon avis, joue un rôle secondaire dans cette histoire.Donc, par sa façon de se remémorer le mythe et en ne nous parlant pas de la deuxième Iseut, déjà on peut penser que la lecture de Brôgger sur l'origine de notre complexe amoureux va biaiser la définition du sentiment amoureux.En effet, on apprend quelques chapitres plus loin que le propre de la chevalerie, le propre de l'attitude du chevalier face à la dame inaccessible (nous sommes toujours au Moyen Âge, au début du XIe ou du XIIe siècle), le propre du chevalier, dis-je, est de dire à sa dame: «Fais ce que je veux ou je te fais violer par tous mes amis!» Brôgger le dit trés clairement, le code d'éthique proposé par le chevalier à sa dame c'est: «Je ne te viole pas si tu veux bien être ma servante et ma mai- tresse quand je le désire» (p.85).Moi, je trouve ça un peu réducteur pour l'amour courtois et j'ai des réserves 65 MIRE § EN TE A aa GE Fs Cor vn a al od LR I JJ J CE Or Ur A a) JP « Rae ee at a A PIR TT rs Sl me >.LP \u2018 >.Ra Er TY - CE pe! Lo al Te GIE god MEME PLE ~ 4 PT.ERY LA AL, me 4202008 CRE = 08 N.i: 2068 quand elle dit que l\u2019archétype de l'amour chevalereque se limite à ça.Elle a, par ailleurs, de bonnes définitions bien sûr.Il y a, par exemple, la dame inaccessible qu'on aime toujours lorsqu'elle est inaccessible et lorsqu'elle devient accessible on ne l'aime plus.Un amant en aimant un autre quand l\u2019autre ne l'aime pas et, inversement, quand le deuxième commence à aimer le premier, le premier n'aime plus le deuxième.Pour que toujours la rencontre soit impossible.Si on veut voir un exemple caricatural de cet archétype, on peut lire La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette où, systématiquement dans cet ouvrage, tous les amoureux ne sont pas aimés par la personne qu'ils aiment et font un peu l'espèce de figure du cochon qui se mord la queue: la première personne aime une deuxième qui ne l'aime pas mais qui aime une troisième qui n'aime pas la deuxième mais qui aime une quatrième qui n'aime pas cette troisième mais qui aime une cinquième, et on revient dans le roman à la cinquième qui aime la première mais qui n'est pas aimée par la première.On se plaît, en ce monde, âne jamais vivre la rencontre amoureuse.Brôgger a quelque raison de l\u2019'exposer ainsi mais je pense que dans sa définition du traitement chevaleresque qui consisterait pour la femme exclusivement à ne pas être violée, elle exagère.Elle exagère aussi quand elle dit que la chevalerie a provoqué chez l'homme une schizophrénie sexuelle, et pas chez la femme semble-t-il (p.85), et puis qu'ensuite les choses se sont gâtées à la Renaissance du XVIe siècle.Trois siècles plus tard triomphent le capitalisme, la famille nucléaire et la culture patriarcale avec une 66 culture masculine qui est rattachée au pouvoir, dit Brôg- ger.Parce que l\u2019auteur réduit, comme beaucoup d'analystes, la structure politique à la structure du pouvoir et oublie la structure de l'autorité.Associant donc la sexualité masculine au pouvoir, elle en arrive à la conclusion que l'Occident a été beaucoup plus perturbateur pour les femmes que pour les hommes.Je pense que rien n\u2019est moins certain.Par exemple, si on parle exclusivement en terme de violence matérielle, on pourrait compter beaucoup plus de circoncisions et de castrations en Occident qu'il n\u2019y a de clitoridectomies.On nepourrait faire le même énoncé pour les sociétés islamiques.|! n\u2019est donc pas certain que cette société patriarcale issue du code du chevalier qui consiste à s'approprier une femme sous la menace de ses amis, que le type de relation amoureuse défini trop brièvement de cette façon-là, il n'est pas certain, dis-je, que ce type de relation ait pu donner une société où les hommes sont privilégiés par rapport aux femmes.Bien sûr, l'amour courtois s\u2019est répandu dans une structure littéraire, une instance littéraire qui s'appelle le roman (p.138).Le roman comme genre correspond aussi à cette période où les chevaliers courtisaient les dames et, jusqu'à un certain point, on peut dire que tout roman est roman d'amour et que la littérature romanesque a véhiculé un certain modèle chevaleresque entre d'abord les gens de la noblesse, puis ensuite chez certains clercs, pour finalement imprégner les classes moyennes lorsque les romans se sont popularisés, lorsque les formes de littérature romanesque se sont répandues avec l'imprimerie.Le code chevaleresque aurait été un cul de sac surtout pour l'homme.Pourtant, Brôgger nous dit que la société contrôle da- 67 6 vine 11353 N 3 +, o y 4 bu ORE NP, dE A ARERR WA 20 Sl a AFA AND EAR OR tte ar ot IR ua AA A aden 1 fo wa RFRA S ES RA BPA Reda AA IRA Nola REL AANA ER AR vantage la conduite des femmes que la conduite des hommes (p.89).Concernant la référence au mythe de Tristan et Iseut et la définition du code de chevalerie, Brogger me semble passer beaucoup trop brievement.Cette simplification dans le traitement des textes historiques contribue au fait que la société, dans laquelle vit Brôgger, ne comprend plus rien à l'amour.On s'en aperçoit au chapitre au cours duquel l\u2019auteur se fait laver dans un pays de l'Est par une laveuse professionnelle.Elle raconte aussi comment elle interviewe un travesti, faisant finalement l'amour avec lui, elle raconte aussi comment elle est amoureuse d'une jeune femme.Chacun de ces chapitres se solde, si je compile les jugements de Brôgoger, par une incompréhension.Brôgger ne comprend rien à l'amour.C'est peut-être pour cela qu'elle veut en être délivrée.Je donne ici comme exemple la mésaventure racontée au chapitre «Bonnie en prison».Bonnie est une amie de Suzanne Brogger.Tout aussi libérée, elle fait du théâtre et décide a un moment donné de répondre à un psychopathe ayant vu une pièce jouée par la troupe dans laquelle elle figure.Le psychopathe lui dit qu'il a écrit une pièce de théâtre de quatre-vinat-huit actes et qu'il veut la lui montrer.Que si elle veut bien aller le voir à l'asile, ça lui fera bien plaisir de la recevoir.La jeune femme y va, très libre, très ouverte, assez ouverte pour que le psychopathe commence à se réchauffer.jusqu'à proposer des ententes sexuelles acceptées par Bonnie (il se masturbe et éjacule devant elle) qui revient le soir par la suite et lui dit qu'elle a bien aimé ça.Le psychopathe cherche absolu- 68 Rr RITE ment à se faire libérer par les psychiatres.Il réussit, stimulé par une rencontre aussi riche et positive, sort de l'asile, vient frapper à la porte de Bonnie en pleine nuit et la viole.Bonnie ne comprend pas.Et le jugement de Brogger est un peu dur pour les hommes parce qu'elle dit qu'au fond il n'y a pas de différences qualitatives entre ce psychopathe et les hommes en général: «La seule différence entre lui et les hommes qu'on n'enferme pas c'est que lui, ça /ui est difficile de vivre avec» (p.127).Vous lirez la description physique du psychopathe et aussi ses intentions.S'il y a ça à l'intérieur de tout homme et bien je postulerai à mon tour qu'il y a une Bonnie (bonniche) à l'intérieur de toute femme.Ne comprenant pas différents phénomènes comme celui-là (pourquoi une de ses amies se fait violer quand elle va exciter un psychopathe), Brôgger pose aussi différents jugements, différents énoncés que je considère comme étant faux.Elle considère que la phase de l\u2019amour où on s'expose voluptueusement toutes les vérités au grand jour est la dernière phase (p.15).Alors qu'on pourrait tout aussi bien rétorquer que c'est la première, et qu'avant cela les partenaires ne s'étaient pas vraiment rencontrés, que c'est parce qu'elle, l'auteur, appartient à une société européenne puritaine décadente qu'elle considère le niveau du dialogue verbal ouvert entre deux partenaires comme la toute fin, alors que ce serait peut-être le tout début.Là, Brôgger est prisonnière de sa propre historicité.Nous allons la quitter en lui empruntant une définition du conjugal qu'elle a pourtant très bien cerné.Elle ne parle pas souvent de l'union conjugale.En fait, en Suède, en Europe, en Occident, 69 RE RE FEE SEN ER BTR 2ER CMT Te leh Te a REPT EAT EIT TUT dans le monde moderne en général on ne parle plus tellement de l'union conjugale.Mais elle définit cette union tout de même trés bien en disant que «l'union conjugale devrait durer foute la vie, que les vaches soient grasses ou maigres.Or, les statistiques sur le divorce disent le contraire et le mariage a perdu sa signification» (p.133).Là, encore, elle ne comprend pas ce qui va arriver si le mariage perd sa signification et si on est délivré de l'amour.Il lui reste peut-être seulement une chose: la sexualité.Passons à l'autre partenaire de ce couple: le Suédois.Je n'ai pas fait comme certaines agences de rencontres qui font se rencontrer des partenaires qui ne vont pas bien ensemble sur l'avis erroné de l'ordinateur.J'ai été chercher un partenaire qui pourrait nous permettre de comprendre pourquoi Suzanne Brôgger ne comprend plus rien.Ce partenaire, je l'ai trouvé dans le monde de la philosophie.|| s'appelle Emmanuel Swedenborg.C'est un Suédois, le plus grand philosophe suédois.|! n'est pas un marginal, mais un philosophe qui a enseigné dans les universités suédoises, dont les ouvrages ont fait l'objet d'une édition critique par L'Académie Royale de Suède.Ces ouvrages ayant été traduits par de multiples maisons d'édition, Swedenborg nous apparaît alors comme un chef de file de la pensée du XViIIle siècle.Consultez, sur ce point, l'ouvrage de Martin Lamm de l'Académie de Suède: Swedenborg (préface de Paul Valéry, Paris, Stock, 1935).Swedenborg est un philosophe du XVIIIe siècle et ce siècle connaît une réapparition du savoir magique et des sciences occultes.Grossiè- 70 rement, on pourrait dire que la Renaissance de Platon au XVIe siècle, atténuée cependant par le mécanisme de Descartes, se prolonge au XVIIIe et notamment par l'intermédiaire des universités anglaises, dont celle de Cambridge.Au XVIIIe siècle, le classicisme subit un recul et on se retrouve à un drôle de carrefour concernant le savoir.Emmanuel Swedenborg est un homme de son temps.Il est fils de pasteur, donc fils de piétiste.Un fils de pasteur protestant qui connaît la science de Descartes diffusée depuis près d'un siècle maintenant, un Emmanuel fasciné par le modèle mécanique du monde et qui voulait arriver à donner une explication matérialiste de la spiritualité de l\u2019âÂme.Un jeune savant épris du meca- nisme cartésien, qui habite chez des horlogers, qui comprend le monde comme une immense machine, et qui pensait comme les cartésiens, que les animaux n'étaient que des automates très complexes.|| fera le contraire, comme tout philosophe, de ce qu'il voulait faire.Swedenborg se laissera envahir peu à peu dans sa recherche par son sentiment religieux et à la fin de sa vie en arrivera à donner une explication animiste des objets et des corps les plus matériels.Swedenborg a énormément publié et je ne veux pas faire le bilan total de ses recherches.Je veux simplement montrer brièvement où se situe, dans son oeuvre, sa publication sur l'amour scortatoire.|| y a certains principes généraux que j'aimerais d'abord énoncer.Par exemple, j'ai parlé de piétisme.Aussitôt qu'on pense à piétisme, on pense tout de suite à austérité et on pense tout de suite à froideur et à frigidité.On commet alors 71 ry + = Aaya a rr rr mo pt a ro a SO =.| Cn ew ye ST ST 116 [AR PTT IT FRR ATT RI TR IN RL RT HRY \u2019 H J 3 14, # Cop ee qe re ithe AER (HINA): AARNE ERAN A une erreur de jugement, carles piétistes du XVIIIe siècle précisément sont des êtres chaleureux; ce sont eux, entre autres, qui donneront les fondements du puritanisme mais qui aussi seront les ancêtres des Quakers qui viendront s'implanter en Nouvelle-Angleterre.Cet aspect chaleureux des piétistes s'oppose à l'idéologie protestante sévère du XVIIe.Si on veut s'imaginer un être sévère complètement abstrait de son corps, qui n\u2019a aucune chaleur humaine et aucune émotivité, on ne doit pas se représenter un piétiste du XVIIle siècle mais plutôt un piétiste du XVIIe.Le théologien Melanchthon serait le prototype de cette espèce d'orthodoxie protestante; dur, rigide, alors qu'au XVIIIe siècle il y a une renaissance néoplatonicienne, une espèce de vitalité, de chaleur, une hystérie qui va nous permettre de comprendre certains des postulats de Swedenborg concernant l'amour.Un mot encore concernant ce siècle.|| ne faut pas penser, même si c'est le siècle des encyclopédistes et des premières systématisations de la science, qu\u2019il n\u2019y ait que science et raison au XVIIIe.Prenons, par exemple, l'Essai sur l'entendement humain de John Locke, philosophe de premier plan à cette époque.Quand on le lit, on n'y trouve pas que des abstractions scientifiques mais on y repère aussi les plus beaux délires.On ne doit pas s'imaginer que dans une société, par exemple celle du XVIIIe, il y a d'un côté les savants qui sont austères et déductifs et d'autre part des gens qui délirent et qui agissent selon une pure émotivité.Les deux composantes se retrouvent souvent chez les mêmes individus, fussent-ils scientifiques.Les historiens nous disent que 72 la société du XVIIIe siècle est une société voluptueusement curieuse.Il y a une volupté de la science et c'est par volupté que Swedenborg tranquillement va passer du modèle mécaniste du monde au modèle animiste de théosophie qui domine à la fin de sa vie.Swedenborg est un homme de science de son siècle: il est fasciné par le prodigieux, par toutes les mécaniques.C\u2019est la période ou l'on voit apparaître pour la première fois les automates dans les cirques, machines fascinantes parce qu\u2019elles reproduisent apparemment les mouvements de la vie.On trouve déjà une préoccupation bionique à cette période.On fabrique artificiellement les mouvements de la vie; cela est important pour notre question de sexualité.Swedenborg va représenter pleinement sa période.Il va s'adonner à l\u2019activité intellectuelle typique du savant de son époque, c'est-à-dire non pas en réfléchissant de façon aride et purement rationnelle mais bien en rêvant.Comme beaucoup d'hommes intelligents de cette période-là, Swedenborg est un rêveur qui pratique le rêve et le songe méthodiquement.Swedenborg pratiquait, a ce qu'on lit dans l\u2019ouvrage du professeur Lamm, un exercice de respiration faisant qu'il pouvait prendre deux ou trois respirations à l'heure seulement, et par cette technique-là en arriver à correspondre avec des êtres d'un autre niveau que le nôtre.Ces êtres d'un autre niveau apparaissent dans son oeuvre en 1738.Swedenborg nous dit qu'il commence à entrer en contact avec les anges.Soulignons cette existence des anges.John Locke, figure de proue de l\u2019empirisme philosophique, disait dans son Essai sur l\u2019entendement humain que nous ne savons pas si les êtres des 73 ST TE STA ET Ie IP vn adel Bog ir ; gai 4 Do y Bow oe 4 5 0 2» : EP TARA PPR ., > #7 \" 2 & \u2019 - oe 7% PEEP RLY 5 4 pan FE NEE ET A PA EU yr - a a a ~ ar \u2014 v2 es de part C = Ce Te rte TY ~ Ta - - PE 1e re 1 RE - a \u2014 ow nw 0 ~ nl - =, +, - _- te = _ > -\u2014 [oe ro cy 7m 0 Lo .-, 5 - + 21e 4 .- ov .- > ze = \"IE 2\" LS coy po - - Ç + ne.> yr Car ages 5 pr - ~ = 4e re ~ - we me =~ .= - Fe PL - = - we pes = \u2014 RE vu ae au DS SE a tei de nee nor pe > \" =a are ry Es nca \u201cSS Jw sar .~ ~~ = 2 a ; ro = 35 \u2014 - 0 = .- Lee == .~ Fy - - oo \u2014\"\"m Ercépréer ester satremachi armée ape ar RUE (OI Pee a Sr ARDENNE de réa NET EP ee TT pA Png ar gi PAT St rt pli pT MAP RDI Ce Psp A [oes rt Se > Z A ; p Cy ue pr * FF ue - ~ ~ - cu LS 3 J - \u2014 - Ses En 0 A - A RAR A PRI ier YA dria rép ep Pie aa ip APT WCU CHET SSC CARE EE A OR DES DRE RE EEE EE SE Re A M JA TA Sy ea.= > pn pyar ever air ta va\" mg\" m2 ig Rr Ci fn Ta > a \u2014 pe \u2014 = 4\u201d +0 ue ~ rr el madd ae = ae = - ro = D D A pra A ra ._ 1 Rs D FAA) [YR iy D 5 AT RE pan LR MPS a pa PA Wh SD ai EN PUSECMERE MIT Si Jur ry Pape pir mp pied we edad poire pif pap © bi\" pe ma AD paie EE pe PU A ET ES pers a pa PC A pa Js BR I] or YI od D ms Fy - -.J pr va Pp a pa PR - Bilt AE S - Pg TAPS TE IT EE A A A AE Fa 5 - Fe AR PASE ae DIT I SL SES TT ET TS Te ME dra te me ee EE ee RE ee D AR DE A AT MR A RAA RE Re Me RE EE : a A ST Ra PA LL h [Ra z cote \u2018 A Pb A a a act a sata AO A OS RE NE NE Far A A B i - A Fai Len SRE PA AE mL PRE A PR Pda Et Any a wr = A a ww Le a pa ps = - Lf: ~~ aan byrdohary 3 Pru daha Ar SA AIT > ~ \u2014 oT - | En SE prior wr yy Ct Rar Amp pe ar due ap ape A on a 2 Eee Ces parer = + LAPP] SRNR BY RAF Peace MA MA cac AMAR PA Fre.mathématiques et les lois de la physique existent davantage que les anges (Lamm, p.26).Qui nous dit, en effet, que ces lois de géométrie, ces lois de chimie et toutes ces lois scientifiques qui sont dans des manuels et qui semblent planer quelque part, existent plus que les anges.Or, tous les hommes de science au XVIIIe croient à l'existence des anges.Et ce sont les anges qui rensel- gneront Swedenborg sur la façon de faire l'amour.En sexualité on ne sait jamais, de nos jours, si on est dans la matière ou si on est dans l\u2019esprit, accordant parfois trop d'importance à l'organe, parfois pas assez d'importance aux fantasmes, parfois trop d'importance à la lumière, au téléphone qui vient de sonner.La matérialité compte, certes, mais ne serait-ce pas justement une espèce de lieu entre le matériel et le non-matériel qui constituerait l'expérience érotique qu'on a de la difficulté à vivre.John Locke pose un principe général: les substances matérielles comme la table, le plancher, le lit, n'existent pas de façon plus certaine que les substances spirituelles.Qui peut affirmer que, lorsqu'on a un chagrin d'amour et qu'on ne mange pas depuis trois jours, l'on est dans l\u2019abstrait.Personne ne peut soutenir cela.Nous ne sommes pas dans l'abstrait quand nous vivons un chagrin d'amour, nous sommes dans le concret, dans un concret intérieur.Ca ne se voit pas si la personne ne nous connaît pas mais quand on vit une expérience amoureuse, une expérience dramatique, une expérience intérieure, on ne vit pas moins que s'il s'agissait d'une expérience extérieure.Ce lieu intérieur, cette substance spirituelle qui est niée dans notre société, serait précisément le véhi- 74 EC PRE ARE SET OCR Tr FTN Fy TT EEE ART OCT PRET ET BOIRE PROS LE PLR SRF cule de l'amour.Et la négation de cette substance nous empécherait d\u2019habiter cet espace intérieur dans lequel l'amour peut se déplacer et se communiquer.C'estcomme si l'on retirait le poisson de son eau.Or, cette négation de la substance, ce vide pourrait-on dire, correspond précisément à une découverte scientifique du XVIIIe siècle.Newton, la figure scientifique de ce temps, découvre la loi de l'attraction terrestre: la terre aurait une influence sur la lune, le soleil aurait une influence sur la terre.Ainsi, ces astres, bien qu'éloignés l'un de l'autre seraient en relation et exerceraient une attraction mutuelle.Comment l'attraction peut-elle s'exercer à distance?Comment la vibration peut-elle se propager?|| faut un lieu de déplacement.C'est peut-être dans un milieu semblable que peuvent voyager concrètement les sentiments amoureux.Newton venait donc de formuler la loi de la gravité.Swedenborg va tenter d'être l'anti-Newton en rejetant la théorie du vide et en posant l\u2019existence d\u2019une substance immatérielle.La sexualité devient alors une manifestation de cette substance par laquelle voyageraient les ondes érotiques.Pour le philosophe, cette substance sera essentiellement de nature spirituelle, son ombre étant la matière ignée, ou encore la matière du soleil.Swedenborg dira que, dans le soleil, vivent les anges, les archanges, les dominations, les principautés et toutes les charges d'amour: chaleur égalant amour, matière ignée, matière solaire, voire les comètes.Toute matière ignée devient le milieu ambiant permettant la communication amoureuse.Ici, l'expression «brûler du feu de l'amour» retrouve tout son sens.75 RIE, oe ina oe a NES = EE que = Mage \u201c0 \u2014_ Roh Mie] - - > o en \u201c2 \u201cyo RE I a \" 2 = _ me ae LT i re a ma Te eam se rma ie Te TS * [i EROS Xd aL ww Sh } Ty RRNA [ORIEL FA Le INS PE CRIN AEA domaine du savoir dans les questions politiques»?\u201d, c'est-à-dire la crainte du totalitarisme.Nous nous demandons si c'est toutefois un juste prix à payer que d'empêcher le développement des sciences pour ne pas les voir se développer dans une perspective politique que l'on ne souhaite pas.Popper ne fait-il pas oeuvre de métaphysicien plus que d'épistémologue?Encore là, nous ne voyons aucun point commun avec l'oeuvre de Haber- mas sauf une seule chose: Popper préconise la libre concurrence des cerveaux, et Habermas choisit comme intérêt des sciences historico-nherméneutiques la communication intersubjective.Peut-être y aurait-il là une certaine similitude d'opinion sur un point précis à l'intérieur du deuxième monde.Mais ce ne serait que l'affaire d'opinions bien générales, car le problème de la dialectique des intérêts ne manquerait pas de diviser à nouveau Popper et Habermas.L'examen des positions de Popper et de Haber- mas sur les sciences empiriques et les sciences sociales nous a permis de mettre à jour les principales ressemblances entre les deux pensées, et de montrer l'ampleur de leurs divergences.Dans la première partie de cet article, nous avons déterminé la position médiane de Popper, entre Carnap et Habermas.Dans la seconde partie de notre texte, Popper et Habermas sont apparus comme beaucoup plus éloignés.Ce n'est pas par hasard.|! est en effet 27.Jean-François Malherbe, op.cit., p.288.134 VITRE RIRES TEE EEE PO RO EI EE M TE ECO STU TON ROUE ; A 9 # Yi T4 nr ace H RTF > GA : KM SE a Me o_o.mm constant dans l'oeuvre de Popper que les problèmes sociaux et l'évolution sociale sont des points qu'il aborde pour ne faire ressortir qu'une seule idée qui semble l\u2019obséder: le combat contre le totalitarisme.Ceci semble moins évident dans ses oeuvres plus spécifiquement épistémologiques, où sa «bête noire» est alors l'induction, qu'il s'acharne à démolir, même si, par ailleurs, il reconnaît du sens à tout énoncé métaphysique.Haber- mas, au contraire, semble beaucoup plus serein; il aborde les problèmes avec une perspective qui ne semble jamais varier: tout est affaire d'intérêt et de dialectique, d'interaction entre les intérêts, peu importe le contenu même de la science.La controverse Habermas-Popper tourne donc autour d'un malentendu, comme la plupart des controverses: la nature des problèmes abordés par Habermas et par Popper qui, parlant toutefois des mêmes choses, n'y reconnaissent pas le même contenu\u201d®.28.Les lecteurs intéressés peuvent se référer aux textes suivants: Jürgen Habermas, Théorie et pratique, Paris, Payot, 1963, 2 tomes.Et aussi du même auteur, Profils philosophiques et politiques, Paris, Gallimard, 1973.Theodor W.Adorno, Hans Albert, Ralf Dahrendorf, Jurgen Habermas, Harald Pilot, Karl R.Popper, The Positivist Dispute in German Sociology, London, Heinemann, 1976.Thomas McCarthy, The Critical Theory of Jirgen Habermas, Cambridge (Mass.), The MIT Press, 1979.Martin Jay, The Dialectical Imagination.A History of the Frankfurt School and the Institute of Social Research, 1923-1950, Boston, Little, Brown and Company, 1973.Ze\" 135 OL.0 err y BEY: gs fy Eger: Sales og dh BAe FR FTL mo rr 8 EE a a a doi mp To MS Np ala ECAR pcs NE I Ts - E3855 gids rs \u201cdren 5 SSRs LT re es AL BE or wr pps PO RE 3 Id P ZN pi = ES a La a RA ENTLY a .- > Tera Ep re rt fae at LES EE A Re TE PAs TE 22405 ES aque Fo re ww ya - Te -_ ow ~ - ms = 0 a uw 4 \u2026 mu\u201d er - \u201cou + vw.cre - =, IT ES Mr se me i amr - eo \u2014 4 OA me a Se a - - pen \u201c re - - TES a Ze ~~ Cn priv a errr a Tre ae ee ~~ sy Du gr Sater pd pertes a ee v.LNCS a a \u2014 \u2014 a rie LY nr ager dd = Ro JN Dr Sota) ry a > cn 7 =, rr ar us an ar 25 Savoie IT Ce \u2014 Morro Pe \u201cpd = pus ra per] \u2026 v2 C2 pe pe tr) a - es at Bb Tors» Sra Tel af oo ed SR gd Te aire t Neale only oa Sey ___ pre arme.rT 2e] - _- - 2 i \u2014 Fr san err FC der AT , prier ie berceau Pvc py Ay RE ire it ae a TE pe Cpr writ = pe - ECS ur PTE A 5 a Nv pray Snel ei pe RE Ee aie ns Ps Cr a foo SEEK TE ere CrATS yg pe ce i - : x\u201c ab Fe > SN pres) a papa Sa 27 = a rr Sree tad 3 sy Zi a Se FE ass RCC af rr rE Ae) Es LI) = Pp rie Praag A Eye Shia Fake Zs = x 2 D Ri RMA ERY A ll LRH Li [ATL \" : pa oN - [BATA ARR RAD OO RNCS AREA [|] .1 [RY 3 D EUR + [ERI Li .LY * ACRE | \\ iy [AROMA] \\ ELON \u2014\u2014 \u2014 \u2014 da errr \u2014\u2014 tr QU me = a \u2014 ne 32 7e ; a A, - ~e Lak 2 RE) Po ur >; > a \u201d PY ee P - \u201ca ae Serve EPI pies Rae ve res pps pp aies a ert pe R va TE 5 poli 104534 Suara ity psg dr etre in - priés i 00 rics gun aon adt ae Pan, pa er ES pre A ae J et Pr, pret IEP TA tan I ir Ty Ee NES RIE gy ER RIPE Pid PE Ser fh le an at re PSE, ERR RRO didi a a Ia pine Ral pig za \u2018at Etats PRRs - am \u2014 \" - 7 a done p au y it, \u2026 te pe EL CEE or te a Fras Py [ERY Frys PAE RI a EE tes pus FOR at 0S Ray NEP : he æ Eg Ee ind Piet abetted Ae Ce [oy - Conan ES n Er - IEE AAP OE AE UE Pa a J PARR a tu Say PE FN Leurs FR N EE PES LE Ce er) a Ca A YE TL a PNY Addn IE : ete ECO EEE EE SEE A Lea A A ey Le Ras E de ae at es ee fr 5 EXP PR MILI x= pe Laas .BI A « Ais ses PS EE iR Py N - bras Mare ECS = a 9 \u201c | CS ë a so [> a Pp, > \u201c Te » \u20ac * .IVIErES ) a - a ICI - - iminaire Sartre Roland Houde (prel du Québec à Trois-R La e t .bibliographie anatomique .IVE\u20acISI Un Professeur au département de philosophie _\u2014_ __ \u2014\u2014 ss re DER AN RONA RATES «L'écrivain est en situation dans son époque: chaque parole a des retentissements.Chaque silence aussi.» (Sartre, Situations !!, Gallimard, 1948, p.13.) «Le reste \u2014 c'est-à-dire la fortune de son oeuvre.\u2014 c'est la part du diable.Et l'on ne doit pas jouer avec le diable.» (Sartre, «La nationalisation de la littérature», Les Temps Modernes, 1re année, no 2, nov.1945, p.211.) Pour commencer, il faut que je l'avoue: ayant accepté d'écrire sur Sartre* (sans doute parce que j'ai d'abord beaucoup désiré le faire sans me demander en + «Sartre ici»: dans les limites proposées, «ici» signifie vers la fin de 1945 alors que Romeo Trudel, o.m.i., analyse les «Aspects généraux de l'existentialisme» dans la Revue de l'Université d'Ottawa, vol.15, p.121*-146*.Exposantle problème de l'existence concrète, il rappelle la pluralité des solutions avancées depuis Kierkegaard: Scheler, Karl Barth, Jean Wahl, Denis de Rougemont, Gabriel Marcel, Jaspers, Heidegger, Benjamin Fondane, L.Chestov, Husserl, Le Senne, Lavelle.Celui qui avait «la passion de comprendre les hommes» est absent du tableau.138 = aaa A A quel lieu), me voici bien embarrassé.Douze idées plus fuyantes que les truites du Bruneau.Rappelons-le brièvement.Né en 1905, Jean-Paul Sartre étudia à l\u2019École Normale Supérieure pour débuter dans l'enseignement au Lycée du Havre.|| pratiqua au Lycée Henri |V avant de se joindre à l'Institut Français de Berlin en 1934.L'année suivante il professe au Lycée Condorcet.Dans l\u2019armée de 1939 à 1941, il passe neuf mois en captivité en Allemagne.Libéré, il participe aux mouvements de résistance de 1941 à 1944.En 1942, Sartre décide de se confiner à son travail littéraire.Sans préavis, L\u2019être et le néant paraît en 1943.Et la guerre terminée, une autre résistance sem- parera de son oeuvre et fera toute son oeuvre.À preuve: Pierre Boutang, Sartre est-il possede?(La Table Ronde, 1946); Henri Lefebvre, L\u2019Existentialisme (Ed.du Sagittaire, 1946) p.14.«L'étude objective de ces curieux phénomènes idéologiques amènera tout observateur de bonne foi à constater qu'en 1924-25 (dans l\u2019autre après-guerre) des philosophes, pouvant à bon droit se dire «existentialistes» se sont manifestés; ils ont tenté de constituer une doctrine, d'établir un programme, de fonder une école.Dans une forme moins nette qu'aujourd'hui, moins «pure» (si l'on peut dire!) les «existentialistes» de l'autre après-guerre ont publié une revue et différents écrits.D'ailleurs, le retentissement de ces écrits, sans avoir été nul, fut relativement faible; l'existentialisme «première manière» n'arriva pas, il y a vingt ans, à se transformer en un mouvement «sérieux); il côtoya le surréalisme, sans toujours bien s'en différencier.Rapidement, ce groupe de jeunes écrivains et philosophes se dissocia; les uns abandonnèrent l\u2019existentialisme, qui leur paraissait négateur et trop révolutionnaire, pour s'embourgeoiser et faire carrière; les autres, après une critique de leur propre position, parfois aussi 139 ERE re? re - PS © EI ms - Pa ES = es\u201d - .em SEE en rs ~~.5e ~~ 24 wd np.UE ~~ ada - a pes ce ppt cr \u201cde yea RY petal ~ 1 ww.- rer per (pt har g x re pates are at A SE TE ae ry p 3.10) 1, LI ARR aA ER RRR ELIE APR RAR ES ye ee C30 [RYH PETITE LLIN [F371 Peu è » T6 , 4 pu Le CARR} A PROS TEE Pi Ye ERPS bY 41 4 i a # + K \u201c MRE) ARMIES 25h Hoang PR \"RC TO NA TYPO AOL KANT A AR) 38 NME to DRE fate adil EA AIRE Nia ATTEN HARA BNA apres de dures épreuves personnelles, modifierent profondément leur conception du monde et passèrent \u2014 non sans difficultés, non sans souffrances \u2014 au marxisme.Libre à M.Sartre et à ses amis, lorsqu'ils se décideront à ne plus taire ces faits, d'expliquer l'insuccès de cette première école existentialiste» par un manque de talents ou d'audace.Admettons.Cette explication, cependant, pourrait n'être que partiellement exacte! .Et peut-être y a-t-il ici quelque chose de plus intéressant, qui permettrait de comprendre, dans un cas particulier et proche de nous, l'histoire idéologique d'une époque, ses sinuosités, ses détours, ses crises.Et d\u2019abord, ce ne serait pas la première fois que des écrivains exploitent (talentueusement une position philosophique et littéraire qu'un peu plus d'honnêteté intellectuelle leur ferait abandonner.On tire parti de ce qu'on est, n'est-ce pas?C'est une bonne manière d'exister! L'historien des idées et de la vie sociale ne se laisse pas duper par les mots: «talents», succès»), et cherche ce qu'ils recouvrent.Et si les talents provoquent le succès, encore faut-il que les conditions de ce succès existent; le succès possible \u2014 la demande sociale \u2014 appelle les talents, les mûrit, puis quelquefois les mène à leur perte.Premier fait a constater, sans acrimonie retrospective ou actuelle: la formation, à la suite de la guerre 1914-18, d'un mouvement «existentialiste»; caractère encore confus de ce mouvement.Deuxième fait: insuccès relatif.Troisième fait: dislocation, pour des raisons qui ne furent pas toutes et pas nécessairement médiocres.Il s'agit de savoir si ces faits apprennent quelque chose sur les conditions sociales de l'existentialisme, sur sa signification réelle, sur son avenir possible.Cette philosophie ne serait-elle pas un phénomène de décomposition, dont le succès actuel s'expliquerait par un degré accru de décadence d'une culture, d'une société ou du moins de certaines classes de cette société?Et les arguments qui obligèrent certains initiateurs à réviser leurs idées \u2014 arguments qu'ils découvrirent dans l'épreuve la plus directe de l'«existence» réelle \u2014 ne sont-ils pas valables contre l'existentialisme ressuscité ?|| n'est pas difficile aujourd'hui aux hommes de quarante ans 140 Ee ee de retrouver leur vingtième année, malgré l'immense éloignement apparent de ces époques révolues.Sous les apparences trompeuses de veulerie, de laisser-aller, d'absence de contours (apparences qui sautent aux yeux des intellectuels «(pénétrants») tout est aujourd'hui plus marqué, plus accusé, plus net qu'il y a vingt ans.La décomposition est devenue pourriture; l'odeur de renfermé et de faisandé que dégageaient déjà les classes «dirigeantes» se confirme en solide puanteur.L'inquiétude se nomme maintenant angoisse.» Et plus spécifiquement, Etienne Gilson, «Le Tho- misme et les philosophies existentielles» dans La Vie Intellectuelle (no 5, 1945, p.144-155); Claude-Edmonde Magny, «Système de Sartre» dans Esprit (1945, p.564-580 et 709-724): dans Deucalion, 1, 1946: p.13-37, \u201cHeidegger et Sartre\u201d par Alphonse De Waelhens; \u201cEssai sur le néant d'un problème\u201d, p.39-72, par Jean Wahl: «(Remarques sur une nouvelle doctrine de la liberté», p.73-92, par Aimé Patri: «C\u2019est par nécessité que fous avons la liberté.Mais parler ainsi de «condamnation, de (nécessité) n'est-ce pas retrouver le dur langage de la philosophie des essences à laquelle on voulait précisément échapper?Chaque chose est ce qu'elle est et ne peut être autre que ce qu'elle est.Si c'est par nature que l'homme est libre, on ne voit pas que son existence échappe à la juridiction du royaume des essences.Si l'homme ne peut échapper à sa liberté, il faudra bien dire que c'est parce que tel est son destin.semblable à celle du menteur qui déclare: Je mens», la doctrine existentialiste de la pure liberté se contredit elle-même dès qu'elle est énoncée.Elle donne lieu exactement au même type d'antinomie.Quel est le comble de la liberté?Être libre de tout, sauf de ne pas être libre de tout, même de renoncer à sa liberté?Quoi qu'en dise Sartre, il n'existe aucune raison logique de préférer une des deux hypothèses à l'autre.L'une et l\u2019autre satisfont également à la définition de la pure liberté qui est de ne se trouver limitée par rien d'autre que par elle-même.Mais dans un cas comme dans 141 FA 8° SAS ot Nd Se AEE ~ < 4 CRE RA FS Fh! SS A A RAA AN AN je 2 3 l\u2019autre, on voit la pure liberté secréter aussitôt le venin qui la tue.; Limitée par elle-même, la pure liberté est tout aussi bien détruite 3 que si elle se trouvait limitée par une cause étrangère.Dans l'hypo- + thèse admise explici-tement par Sartre, la limitation est effective et 4 constante: il y a un choix qui m'est interdit.Dans l'autre, on pourrait i penser que la limitation est seulement éventuelle: je puis renoncer % à ma liberté, ce qui ne veut pas dire que j'y renoncerais effective- B ment, mais seulement qu'à chaque moment je choisis d'être libre, i en côtoyant sans cesse l'abime ou je pourrais me plonger si je i renonçais a la liberté'.Que serait cependant une liberté destinée à i ne jamais s'exercer?Si je suis libre de renoncer à ma liberté, il faut bien qu'il y ait un cas au moins où cette liberté est effectivement A exercée.a Mais encore plus important ou utile pour le Québec, CS Po Sieg EXPT Ta aii comme nous le verrons plus loin: J.Mercier, «Le Ver dans le fruit» dans la revue européenne des Jésuites, Études, 1945, p.232-250; Benoît Pruche, Existentialisme et acte d'être, Arthaud, 1947, ainsi que L'Homme de or vue\" oe pt = - ZIP ry pret Cau pariah uit A St ge eg re antag sf co | Sartre, Grenoble, Arthaud, 1949; Gilbert Varet, L'onto- M logie de Sartre, PUF, 1948, p.15: a «La phénoménologie porte en elle une aspiration congénitale a à s'épanouir corrélativement en une ontologie et en une théorie i critique de la connaissance.4 Dans l\u2019idée critique, toute question sur l'être appelle l'examen i des conditions pour le connaître: naturellement, rien à redire jus- 4 qu'ici.Ainsi, chez Heidegger et chez Sartre, toute question philoso- i phique a pour propriété \u2014 c'est l'essence même d'une question 1! philosophique \u2014 de renvoyer aux possibles de cette question.Dans 1 ce sens précis, tout existentialiste conscient, phénoménologue ou A non, Sartre en particulier, est largement tributaire de la \u201cRévolu- 2 1.|! faudraitici songer au problème de la mort et notamment à celui A de la mort volontaire que Sartre esquisse beaucoup trop rapide- i ment dans un paragraphe de «L'être et le néant».Nous nous propo- A sons de revenir ultérieurement sur cette question.S'il est vrai qu'une 2 mort volontaire existe, de quel droit nierait-on que je puis par ma liberté mettre fin à ma liberté?» (p.79 avec note) 1 142 ite.[ol PERL 14 A ri JRA aes A VE OC HL PEP RI ATA STP Pad so RPE I A EROS PI SC IE] .i\u201d EE A Pr A 5 Jig A Ta FH ' PHY ow aol ÿ PIE a HRS FTW RATS RR I CE GORE PTE ER I, .10200 Tl wh OF RE 3 4 ! y TRA p TOR : Lt SPA a EY tion\u201d kantienne, qui est bien une des acquisitions fondamentales de la philosophie moderne: ce doit être désormais le caractère distinctif de toute philosophie que d'inclure dans sa propre problématique l'entreprise philosophique dans son ensemble, et partant le philosophe lui-même.Est-ce à dire toutefois que pour prétendre au titre de Science de l'être en tant qu'être, l'onto/logie soit suspendue à l'épistémologie, discipline dernière et indépendante?N'est-ce pas plutôt l'outrecui-dance, et au fond le motif de stérilité de la critique kantienne, que cette mise en tutelle de la théorie de l'Etre par la théorie du Savoir, \u2014 surtout si cette opération revient à ériger en norme de tout savoir les normes de tel savoir positif particulier, logique formelle, géométrie analytique ou encore, chez Kant, la physique Newtonienne?Montrons-nous donc plus radicalement critique que Kant lui-même: refusons de nous laisser imposer par aucune autorité, (pas même l'autorité des modernes sciences exactes».C'est a nouveau la phénoménologie qui nous autorise à refuser la tutelle qu'on nous offre.» Ainsi le problème est posé.À tout écrivain, engagé ou non, la demande est faite d'avouer s'il écrit pour s'engager ou s'il s'engage pour écrire?.Mais une autre exigence simpose pendant la reconstruction européenne et ces discussions autour du Sartrisme.L'Amérique l\u2019attires.Les attire.À commencer par New-York puis Mon- 2.Il y avait une autre possibilité qui consistait à voir les écrivains accepter une bonne fois, en toute modestie et avec bonne conscience, d'être pratiquement inutiles.À la Georges Bataille: «I| me semble Neureux de nous opposer à l'équivoque, et ne pouvant agir vraiment, de nous dérober sans ambages».3.Cf.J.-L.Loubet del Bayle, Les Non-Conformistes des années 30, Paris, Seuil, 1969, p.415: «Jean-Paul Sartre (.), non sans quelque exagération, à Denis de Rougemont stupéfait, lors d\u2019un voyage a New York à la fin de 1944: (Vous, les personnalistes, vous avez gagné.Tout le monde en France se dit personnaliste».» J.-P.Sartre, «Forgers of 143 ee RA] MES PP a PMP veus [eg DIRE OT DE PAA AEA RN SE [a A Mr Re \u201c Pp til Arshad id wy pe He TO = v Eux: x Bd RR HAY RN HU RAA A À SILER LENA EEN a I Fate eg pra TT = ea ad CAS fo NIET Er Sve Poe 'ACte ratet WORREN REYEDD S40: Coté0ts MANN SAME NN AAC AEDU MAMA NES 20 0 { RAKNN EACLE ANSI A aa NOUS REPAS Ai CCC WN ANN CA AS NA ACC roc CROQUER CARO tréal.En mars 1946, sous les auspices de la Société d'Etude et de Conférences (SEC)*.Ailleurs par la suite et pour la suite selon l'espace mis à notre disposition.Ce que nous avons pour nous guider au départ se retrouve dans /'A/bum - Souvenir de la SEC 1933-1958, Montréal, p.49: «1945-1946.Jean-Paul Sartre \u2014 Les tendances de la littérature francaise contemporaine: La pratique de I'enga-gement \u2014 Thé- causerie annuel».Avec le souvenir en plus de la lecture de «Les Autres», publié à l'origine dans L'Arbalêète, au titre alors et encore plus significatif que Huis-clos, pièce jouée à Montréal au début de l'année 1946.Voici donc une partie du dossier «Sartre au Québec».Chronologiquement.Je remercie Jacques Beau- dry, archilecteur et chercheur, d'avoir accepté de m assister dans ce travail*.Myth: The Young Playwrights of France», Theatre Arts, 30, 6, July 1946, p.324-335.Et Simone de Beauvoir, L'Amérique au jour le jour, Paris, Gallimard, 1954 - journal de l'auteur aux Etats-Unis du 25 janvier au 20 mai 1947; J.-P.Sartre, «American Novelists in French Eyes», Atlantic Monthly, 178:2, August 1946, p.114-118, traduction d\u2019une conférence donnée a Yale University; «| discovered Jazz in America», Saturday Review of Literature, 30:48, November 1947, p.48-49.4.Faut-il le répéter: la SEC a été établie «sous le patronage de la Faculté de Philosophie de l'U.de M.» en 1933-34, «sur la foi de son directeur», le Rév.Père Ceslas Forest, o.p.Là s'arrêtent les liens avec la «Faculté» contrairement à ce que le Répertoire des périodiques québécois consigne (no 326, BNQ, 1974, p.44).5.Pour de plus amples références ou interférences, cf.«(Résumé bibliographique (1936-1972)» par Michel Contant et Michel Rybalka dans Obliques, no 18-19, p.331-334; François et Claire Lapointe, 144 mar om rm tin smn annees on oer aa \u2014 - - - - 1.«Huis-clos» au Gesu (sic), Le Devoir, vol.XXXVII, no 15, 19 janvier 1946, p.6: «À compter du 27 janvier, l'Equipe en donnera une représentation à la salle du Gesu, et l'on pourra voir quel acharnement tragique les personnages mettent, après leur mort, à retrouver cette trace qu'ils ont laissée de leur passage terrestre.» 2.André Langevin, «Au Gesu (Huis Clos» de Jean-Paul Sartre», Le Devoir, vol.XXXVII, no 22, 28 janvier 1946, p.4: «Huis Clos) de Jean-Paul Sartre est une oeuvre de théâtre remarquable.C'est la première impression que l\u2019on garde du spectacle donné par |!\u2019 Equipe au Gesu hier soir.» 3.Jean-Louis Roux, «Sartre et Martindu Gard al\u2019 Equipe», Le Quartier Latin, 1 février 1946, p.3: «Que pensera-t-on de Sartre, dramaturge, dans vingt ans d'ici?Peut-être sera-t-il aussi insupportable à la génération de 1960 qu'Her- vieu l'est à la nôtre.Et qu'on ne se scandalise pas que je mette le nom d'Hervieu à côté de celui de Sartre.Car si Jean-Paul Sartre a une psychologie beaucoup plus forte que celle d'Hervieu, s'il a pour s'épauler une philosophie originale, sur la scène, il ne fait pas autre chose qu'Hervieu et tous les tenants du théâtre à thèses: animer des idées.Remarquez les réflexions des gens qui sont emballés au sortir de la pièce: «(Comme c'est fort) disent-ils.Exactement l'épithète qui convient à un système philosophique, mais pas à une pièce de théâtre.» 4.André Langevin, «Encore «Huis Clos» », Le Devoir, vol.XXXVII, no 27, 2 février 1945, p.6: «Ce texte est d'une grandeur tragique qui s'impose d'elle-même et réduit à néant notre faculté critique.Jean-Paul Sartre ne torture pas seulement ses personnages mais il torture aussi les spectateurs Jean-Paul Sartre and His Critics, An International Bibliography (1938-1975), Ohio, Bowling Green State University, 1975 ainsi que Robert Wilcocks, Jean-Paul Sartre: A Bibliography of International Criticism, Edmonton, U.of Alberta Press, 1975.145 ER FO PE A EE SE A BN NT FE I EE I | [FEI Lt 0 PE D a REE EEE PET PAT LM i, EEN N 5 TRS TE PA EE SPA AN ON CRI A : PAREN A Be J EA Ce ARI gen Eg NEY AU KA Los : \u2018 > y « = ARIAL SI Poe DAS Ng AE Lvl aka uid hg) AR N ete Fe Fa FEE TE 3 4 FEA NE A \u2018' LP i, ; MO Re PE pra pe a To\") Plo a LEIS rw roe te NES ere PS ee.dh Px taping sal pret STA lurr sighs hie tage Daal dab bt V2 m2 Cn pe Q pe Pre Sw anit firs Spt er ihc ny cn rm ea Pr em CRT Anan PUA Fata pr pp dr [pap aay Paie ECS CRE BN NR RRL ELA ne y j (PMD ra POE MEN REN MOR re SEN TONER ; NY: PEN uA ns; A NP ad D ai y \" 21a PAL SEA RE RENE RARE PERTE ES SO PRE RCE RE NOIRE EE ES RENTE Ms RAC AA AR AEE SHARAN NR GARNI RP RENE Wis RE OO OUR en les obligeant d'avancer sans regarder derrière, en les forçant à une tension cérébrale qui stérilise l'esprit et le rend insensible.» 5.Louis Beirnaert, «Les derniers Romans de Sartre», Le Devoir, vol.XXXVII, no 27, samedi 2 février 1946, p.9.Compte-rendu typique d'alors, ce qui compte n'est pas ce que nous en pensons ici mais plutôt «ce qu'en disent les (Études) d\u2019ailleurs».«Des Études, de Paris, numéo de novembre: Si les livres avaient une odeur, il faudrait se boucher le nez à la lecture des derniers romans de Sartre.Je ne suis pas spécialement délicat, mais j'avoue trouver insupportables les relents qui s'exhalent de ces personnages décomposés qui évoluent dans un décor de latrines, d'urinals et de vomissements.Dans un éclair de lucidité, le professeur de philosophie dont Sartre a fait son héros se voit (pourri jusqu'à l'infini.Pourri, Matthieu l'intellectuel, et pourris avec lui Daniel I'inverti, lvitch I'étudiante déboussolée, Boris le gigolo, Lola la chanteuse de boite de nuit.Il y a déjà dans le choix exclusif de tels êtres un étrange parti pris.Supposons un instant que dans la totalité des «existants» nous fassions un partage: d'un côté, ce qui est jeune, frais, sain; de l'autre, ce qui est frelaté, corrompu, déchu.Supprimons alors le premier lot et dilatons le second pour en faire le monde: nous aboutissons ainsi à faire de l'univers une sorte de poubelle où il n'y a plus que des déchets.Ne poser le problème de la vie qu'en fonction de ses excréments, rabaisser l'existence au niveau du ruisseau et du dépotoir, c'est, très exactement, le dessein de Sartre, et ce contre quoi nous protestons par simple souci de vérité: il y a autre chose dans le monde que des ratés, et tous les hommes ne passent pas leur vie entre les cafés de Montparnasse et les boîtes de nuit de Montmar- tre.» 6.Jean Ampleman, «Il faut voir (Huis-Clos) », Notre Temps, vol.1, no 16, 2 février 1946, p.5: «Vous n'avez jamais vu ça; vous n'avez jamais imaginé ça; l'enfer.Le génie de Jean-Paul Sartre l'a réalisé dans HUIS-CLOS.146 TEE Ce n\u2019est pas du réalisme; ce n'est pas de la fantaisie.C'est au-dessus de la réalité; ça dépasse l'imagination.Dans un monde, ou il n'y a plus de temps ni d'espace, plus de commencement ni de fin.C\u2019est de la surréalité.Du surréalisme.» 7.Jeanne Mercier, «Le Ver dans le fruit \u2014 A propos de l\u2019oeuvre de M.J.-P.Sartre», Le Devoir, samedi 16 février 1946, vol.XXXVII, no 39, p.8-9.(Comme l'avant-propos du Devoir l'indique, il s'agit ici d'un repiquage de l'essai paru dans la revue jésuite Etudes, 1946, t.244, p.232): (N.D.L.R.) Sous ce titre les Études de Paris ont publié un long article ou la pensée d'un des écrivains français les plus réputés a l'heure actuelle \u2014 dramaturge, romancier, philosophe \u2014 est analysée au point de vue chrétien.Nous n'avons pas l'espace nécessaire pour reproduire ces dix-huit pages.Mais nos lecteurs liront sans doute avec intérêt celles qui sont consacrées à la pièce de Sartre: Huis- Clos, jouée récemment à Montréal.Nous encadrons ce passage entre les premières lignes de l'article et les dernières qui en forment la conclusion.«Mais, outre que cet enfer n'est pas l'enfer chrétien, que l'absence de Dieu n'y porte pas son vrai nom, il représente pour M.Sartre la seule voie réellement ouverte à l'homme, ou, pour mieux dire, la seule impasse dans laquelle il est d'ores et déjà engagé.Car, enfin, cet enfer n'est pas loin de nous, il n'est pas ailleurs: c'est la condition humaine elle-même, c'est la vie devenue pleinement consciente des buts qu'elle sert et de l'oeuvre qu'elle fait, c'est la progression du mal et de la haine, c'est l'antagonisme irréductible de moi et d'autrui.Etcela dans le huis clos d'un univers sans porte ni fenêtre sur l'au-delà.Ces emmurés vivants, nous les rencontrons tous les jours.Le monde des réprouvés, pour M.Sartre, c'est le monde des hommes, c'est le nôtre.Et pour que nul ne s'\u2018ytrompe, un de ses personnages l'a dit: (L'enfer, c'est l'existence des autres).» 8.Marc Aubry, «La Querelle existentialiste», Revue Dominicaine, vol.52, t.|, février 1946, p.109-112.147 PA VE ER IR Te ht PEE Pa PE AT EE CESR WP 262 or; vv ali RT Ir Ts Pe RE = ea 4 ; > Parana (PR ER ES rs ws 5 SAP CTI bn Ry TIES AR hod: crow NE gf mi Pr es Ce oh NE Era SA Rely Desig Soils 2 lic ey 2 RSA a ee Br rt FRA AR Sey.J rs: > worried.i RETIRES.177 - 20e A ir hl ° ep = DEINE 1 > PE ES EE oy r= iy ry dbp vod Php Pra Sah [I _ Pedr mia ras LT EE Se Ea IEEE tae a LFS pd TES > | - ; OL I ET IY air md) [ETE Zapp pi rp _- RRR Ip pi A Aandi gi EE PR a 3 9.Elie Darnoux, «Les arcanes de l'existentialisme», Votre i Temps, vol.1, no 19, 23 février 1946, p.8: 4 «De M.Jean-Paul Sartre nous ignorons à peu près tout, si ce a n'est qu'il est le (leader d'un mouvement philosophique nouveau 48 qui fait circuler maints ragots troublants chez nos fréres de France.43 L'Equipe nous présentait récemment l'une des deux seules pièces \u2018 hi de théâtre de Sartre, «Huis Clos»; l'autre, que les Compagnons ne | mn joueront pas, s'intitule (Les Mouches».Les idées furent très parta- i A gées à l'issue de cette représentation.Les plus humbles, inquiets, 1 avouaient ne pas comprendre au juste ce que M.Sartre avait voulu | Le dire, et s'en retournaient songeurs avec l'espoir d'être éclairés quelque peu par nos critiques.Ces derniers, malheureusement, s'en sont tirés d'emblée par quelques vagues commentaires portant o Po ys peri eS a Re sai ge al sal aly CONTRE NS wy po nh .a a ve x.ve sur la technique de la pièce plutôt que sur l'idée-clef qui y est ia exposée.4 Du point de vue artistique: (Huis Clos) n'est pas une piece de théâtre.Cela va, si l'on rejette la différence entre le théâtre tout court, qui a pour but d'amuser, et le théâtre à thèse, qui sans être un ; exposé idéologique, a pour fin d'ensemencer l'auditoire ou de le préparer en l'inquiétant.M.Jean-L.Roux a savamment fait remarquer, dans son article du «Quartier Latin), que Pirandello avait déjà expérimenté l'idée d'un drame qui se passe dans l'immatériel: cependant le critique aborde fort brièvement la question philosophique.» rn he at oe Lait rrr v Cpe ais -\u2014 - 3 a ye pag pe Ned TTT RTRT FY Ata LE PO AS ar 10.Raymond Las Vergnas, «Sartre et son horreur de la beauté», Le Devoir, 2 mars 1946, vol.XXXVII,no51, p.8.(Reprise de la conclusion d'un texte paru dans Les Nouvelles Littéraires du 31 janvier 1946 (p.1-2) sous le titre \u2018 «Snobisme de la laideur» et signé par un «ancien camarade de lycée» de J.-P.S.Incidemment, pour Le Devoir, le texte repiqué aurait été titré: «(Pour un snobisme de la beauté»!) Las Vergnas, chef scout à la Gérard Granel, publia également en 1946 ce qu'on appela proprement | un sottisier, L'Affaire Sartre.| | y } 1 Ça id i yd ) hi) % ; Pen rary vw , C > al yz tery 2 = > et PPT es + J CATT ee Parr oben AL Ss Sl Sr pe Epa frie NTR mate pren CU ne er piste Rue mi referme PTE J Per RE ET TS D D NES SSSR EE RES mm ro i oe Si PPT ad ud pe ee rene = Coe 2 148 ne gy Ager ro Tue parie Fa \"> Sr rt a tp pI Fe ur a mu TL TER WE NT EE TTT = -» - 01 2 LR Re rte \u2014 Lai ces ver et = Fr or - - A ZI do er tn rn \u201carf ri ae Serer de STE ER RTE CR CEE LES _ men ar Sel un Seo (N.D.L.R.) Dans Les Nouvelles littéraires de Paris, numéro du 3 janvier, M.Raymond Las Vergnas, qui note incidemment qu'il est un ancien camarade de lycée de M.Jean-Paul Sartre, consacre a celui- ci, sous le titre Pour un snobisme de la beauté, un long article où il juge son oeuvre proprement littéraire du point de vue de la littérature pure.En voici la conclusion: Et surtout le défaut profond de cette littérature est sa haine persistante de la beauté.11.Julia Richer, «Thé annuel de la Société d'Etude», Notre Temps, 16 mars 1946, vol.1, no 22, p.5: «Monsieur Jean-Paul Sartre, a donné, au thé annuel de la Société d'Etude, une conférence sur les tendances de la littérature française contemporaine.|| a fait l'historique du mouvement clandestin littéraire de la résistance.Il a situé, dans l'évolution des événements tragiques qu'ils ont traversés, les écrivains: Georges Bataille, Albert Camus et Simone de Beauvoir.La résistance n'aura pas donné de grands trésors à la littérature française, a dit M.Sartre, mais elle aura servi à aggraver la responsabilité de l'écrivain, à lui révéler le côté austère de sa vocation et ce qu'elle doit avoir de militant.La littérature française, a conclu M.Sartre, a maintenant repris sa fonction traditionnelle qui consiste à prendre l'homme dans le concret et, à travers cela, à penser sa condition universelle.La conférence de M.Sartre, intéressante, avait une valeur de témoignage.Toutefois nous nous expliquons difficilement l'engouement colonial dont fait preuve le public montréalais à propos de M.Sartre (qui ne manque pas de qualités littéraires) dont les tendances philosophiques viennent nettement en contradiction avec notre idéal de catholiques.Qu'un public averti, curieux de se renseigner sur un mouvement révolutionnaire, assiste à une telle conférence, nous ne trou- Vvons rien à redire.Ce qui est moins admissible c'est que toute une jeunesse \u2014 et la proportion des jeunes dans l'auditoire, dimanche, 149 aah Rb ole Redes TL A a pr Se \u2014 i EO atl gd EE ber AX, A hl oL rr o - oo 4 me = Are > a pA Salen Te FE mime 2 \u201cA - pren pts pC pr ces PCa fe A iyo - rv LUA iy rie PRL ab Aa pes PNT me DST REA ~ ~~ mur LEE vu = per be i N , AML? « Lod Spina dit RES A RON, I Rl I Mary GK > ee .Lu ony parc FY LE LT es Perses aa = po are per re a SEEN ah - mw es pt \u2014 - a a = Et ~~ pe oid Le rt af Spry pe a me TE TETE ES orn =) Prey Pl a 00 - pre Par Ter ide je états rupee du oi - on 0 22 \u2014 Sa Toa pC Ya ii PCED rehire Aa HOE RÉ) AEE MUN 4 SN CPR SERN A EUR PE TO ARE CAAA SA PIMLICO ah he rt A 32% MONEE PS RRARARRM ERAN von, RANA Nn DEN RC AR NE CNN RNA AE RTE NE CREER EN SO SSD OUEN PSN de a OI RE NS 13.Jacques Tremblay, s.j., «Absence» à l'Europe de M.J.-P.Sartre», Relations, Vle année, no 64, avril 1946, p.115-117.(Texte repris par Le Devoir, vol.XXXVII, no 79, jeudi 4 avril 1946, p.5).Le professeur d'histoire de la philosophie du Collège Jean-de-Brébeuf se demande en conclusion «pourquoi, de grâce, M.Sartre a-t-il donc accepté ainsi d'être absent» à l'Europe?Serait-ce donc que par hasard il n'y resterait plus rien à démolir ou à nier?» 14.Guy Sylvestre, «Qu'est-èe que l'existentialisme?», La Nouvelle Relève, vol.|V, no 10, avril 1946, p.891-902: «Et, miracle des miracles, le Canada français, que l\u2019on a toujours dit vingt-cinq ou cinquante ans en retard sur Paris, fait de même.Nos journaux et revues les plus traditionalistes reproduisent des articles d'hebdomadaires parisiens, principalement ceux qui nous donnent de l'existentialisme une image fausse ou inadéquate.De jeunes journalistes y vont mème de leur boniment, nous présentant Sartre comme le créateur d'un mouvement philosophique nouveau.On joue Huis-Clos à Montréal et l'oeuvre est acclamée une semaine durant.Jean-Paul Sartre fait en moins d'un an deux grandes tournées de conférences à travers l'Amérique, séjournant à Montréal, Québec et Ottawa, où il est officiellement reçu par diverses sociétés culturelles.Tout cela est fort bien, mais fait un peu sourire.(p.891-892) Permettez-moi de signaler ici quelques petits faits qui indiquent que l'existentialisme n'intéresse vraiment à peu près personne.Bien qu'il soit centenaire, ce mouvement philosophique était totalement inconnu du public avant que les caricaturistes n'en lancent la mode.Avant la guerre, seules les revues philosophiques et quelques rares revues d'avant-garde ont publié des articles sur cette philosophie.La grande édition anglaise des oeuvres de Kierkegaard, que nous devons à l'Université Princeton, a passé à peu près complètement inaperçue.L'an dernier, Denis de Rougemont a publié à New York un volume d'exercices spirituels intitulé Les 152 cur. eee orage pme a spe oe tm ne Personnes du drame et cette oeuvre a été presque totalement ignorée de nos chroniqueurs littéraires; or, Les Personnes du drame est une oeuvre essentiellement existentialiste; mais la mode ne nous avait pas encore atteints et l'on ignorait d'ailleurs à peu près complètement la nature de cette philosophie.Confessons donc que la curiosité existentialiste est purement et simplement du snobisme.(p.895-896) Denis de Rougemont a d'ailleurs été un des premiers à faire pénétrer l\u2019existentialisme en France, notamment celui de Kierkegaard et de Barth, qui appartient comme lui à l'Eglise réformée.Il semble que l'existentialisme ait trouvé des adeptes surtout chez les théologiens protestants.Car ce mouvement philosophique n'est nullement athée de soi, comme certains l\u2019ont prétendu à propos de Sartre, et il est tout à fait illégitime d'identifier existentialisme et sartrisme.La pensée existentielle compte, en effet, des penseurs fort différents les uns des autres, et elle a subi des transformations considérables depuis un siècle.Sans doute est-il possible de retrouver des attitudes et des postulats à peu près identiques chez tous les existentialistes, attitudes et postulats que l'on retrouve parfois dans la pensée anté-kierkegaardienne, notamment chez Protagoras, Socrate et Pascal; mais l'existentialisme se divise en plusieurs courants, dont l'un, chrétien, va de Kierkegaard à Scheler et Gabriel Marcel, et l'autre, athée, de Heidegger à Sartre et Lévinas.Si l\u2019on ajoute à ces noms ceux de Soloviev, de Chestov, de Barth, de Jaspers, de Wahl, de Lavelle, de Berdiaeff, de Unamuno, on constatera facilement que l'existentialisme est un courant de pensée fort complexe et trés vaste.» (p.896-897) 15.Sylvestre, «Existentialism is new Philosophical Vogue, Saturday Night, 61, 1946, p.16-17.16.Guy Sylvestre, «Littérature et métaphysique», Notre Temps, vol.1, no 31, 18 mai 1946, p.4: «En plus d'avoir leur revue, les existentialistes sartriens ont leur club littéraire et philosophique, le club Maintenant.Je dis: les existentialistes sartriens, car il y a en France et ailleurs quantité d'existentialistes qui ne sont pas sartriens.Au club Maintenant vont, sans doute, en plus de gens sérieux avides de discuter de problè- 153 LD opts pa a eas ete Gatti.I aR A ENON LAER RENE or ERE) fa EH RAA / RP he sh Ky ER , Mri Ne Atv rena AA NO XE AA] Dot N be care aaa ERIN HEHREE ERA ROSE RS PE RÉEL AE ONE AG N NOR EST NES NN PAN tye pee 0 a+ \u201cus 4 0 pu - - eu = pe Fire PE PE PES .Ps) = - -\u2014 wm ar OUPS ere) Ki i i ES Eli - ~~ = Toi np rap grey RD SN EE FSI mis Semi LES EAR rar CA R NN Py bis Py Sp pr ager CENSOR DAS D mes fondamentaux de la destinée humaine, quantité de snobs et de curieux (ces parasites de la classe cultivée!), et les journaux français nous apprenaient il y a quelque temps que des milliers de personnes n'avaient pu être admises à la conférence inaugurale de Jean- Paul Sartre, et que le tout avait dégénéré en bagarre.La vie philosophique elle-même entre donc dans l'âge atomique! La fin du monde est prochaine! Vers la mi-décembre, Simone de Beauvoir donna au club Maintenant une conférence sur les relations de la littérature et de la métaphysique, conférence qui eut beaucoup de retentissement.Cette conférence faisait suite à celles de Sartre et de Caillois.À la suite de la conférence, la romancière engagea la discussion avec Jean Wahl, Alain Clément et Georges Blin.Le texte de cette conférence vient de paraitre dans les Temps Modernes (avril 1946) et c'est un texte remarquable qu'il convient de signaler et de commenter.La conférence de Sartre \u2014 l'existentialisme est un humanisme \u2014 a paru en brochure chez Nagel à Paris,mais n'a vraisemblablement pas atteint nos rives, non plus que celle de Caillois.» 17.Lucien Jaillard, «Le Sartrisme et l'opinion française», Notre Temps, vol.1, no 39, 13 juillet 1946, p.1 et 4: «En définitive, Sartre a décrit l'absurdité réelle d'une époque sans réussir davantage à nous convaincre à l'absurde que Voltaire n'avait réussi à nous détacher de l\u2019optimisme en nous décrivant les malheurs de Candide.C\u2019est dans la croyance au progrès moral de l'homme et des sociétés que l'homme et les sociétés trouveront la vertu de réaliser ce progrès, non dans un engagement occasionnel sans foi ni espérance.Le fait que l'existentialisme ait submergé l'opinion prouve, sans plus, que l'opinion est à qui sait la prendre.Le fait que tout le monde en France en fut obsédé, depuis les docteurs de Sorbonne jusqu'aux midinettes, en passant par les étudiants barbus et désoeuvrés du café de Flore, prouve à l'évidence qu'il s'agit d\u2019un phénomène collectif, d'une mode plus que d'une philosophie véritable, et que tout cela passera tout d\u2019un coup, comme l'engouement pour le Bo-Lo et les épaules carrées.Depuis quelque temps déjà les philosophes ont fini de rire et commencent à battre en brèche cette prétendue doctrine.Beau- 154 \u2014 eme Lee se = 22 2077 2 em \u2014\u2014 20 amr \u2014\u2014 \u20142mt ithe : ts | 4 Le E 4 5 coup d'étudiants, beaucoup de catholiques \u2014 les plus menacés \u2014 | réagissent et s'opposent.Dans un récent numéro d'un journal litté- ; raire, Armand Cuvillier, se référant à la pensée de Bréhier, de Wahl, de Blondel, a fort bien dit ce qu'en pensent déjà les gens sérieux de c France, lesquels sont bien plus nombreux qu'on ne l'imagine.Clau- i del, dans une récente interview, a pris soin de faire savoir qu'il E abomine les thèses de Sartre.Une fois de plus on va constater que, 2 s'il n'y a que Paris pour créer une mode, Paris sait aussi fort bien i reléguer dans l'oubli ce qui ne tenait sa raison d'être que d'un L caprice, d'une fantaisie, d'une circonstance.Amis Canadiens, voilà s une nouveauté qui commence à dater.Si j'étais à votre place je la i laisserais pour compte aux Français, et je leur renverrais par la i même occasion toutes les séquelles, toutes les élucubrations dadais- - tes, surréalistes, avec tous les autonomistes) et les @bstractions ; picturales qui vont finir un jour par vous faire des invendus.Et je i songerais aux modes de demain.Ou aux choses sérieuses».18.Guy Sylvestre, «L'Existentialisme est-il un humanisme?», Notre Temps, vol.1, nos 42-43, 10 août 1946, p.4: «En commentant la brillante conférence de Simone de Beauvoir sur la littérature etla métaphysique, je signalais qu'elle avait été prononcée au club Maintenant à la suite de conférences de Jean- Paul Sartre et de Roger Caillois.Le texte de la conférence du premier, suivi du débat entre Sartre et le marxiste Naville lors d'une reprise de cette conférence en privé, a été publié récemment: l'Existentialisme est un humanisme nous dit-il; c'est là une question qui mérite une sérieuse attention.L'auteur des Chemins de la Liberté veut MOINS exposer sa doctrine intégrale que réfuter les objections principales des marxistes et des personnalistes chrétiens contre son système.Les premiers lui reprochent surtout d'aboutir à un quiétisme du désespoir, et les seconds à la pure gratuité en supprimant les commandements de Dieu et les valeurs inscrites dans l'éternité.Les uns et les autres lui reprochent encore de trop souligner l'ignominie humaine et de montrer partout le sordide et le visqueux.; À ce sujet, Sartre rétorque que la sagesse des nations est encore ; plus triste que la sienne et que l'existentialisme est une doctrine qui 3 cherche à rendre la vie humaine possible.Si cette doctrine fait peur, an Rn qu 155 Se al SA i .ES EE Ty RE À ajoute-t-il, c'est qu'elle laisse une possibilité de choix à l'homme qui À préfère s'enliser dans des habitudes et se réfugier dans des cadres * de toute sécurité.» NS 19.Guy Sylvestre, «Existentialisme et littérature», La yi Revue de l'Université Laval, vol.1, no 5, février 1947, p.À 423-433: 4 «S'il est impossible de découvrir chez les poètes de la jeurie bi: génération un idéal commun, la soumission à une discipline com- fi mune, que nous pouvions observer chez les surréalistes entre les ji deux guerres, plusieurs romanciers de la jeune génération se récla- cn ment aujourd'hui de l'existentialisme ou manifestent des tendances i connexes, bien qu'il existe comme toujours des isolés qui, en dehors Hi de toute école, perpétuent les traditions réaliste ou romantique, 1 moraliste ou poétique, du roman français.Malgré les protestations Un de nombreux critiques et d'une partie considérable de la société littéraire, l'existentialisme a connu depuis trois ans une vogue que le goût du nouveau et du scandaleux ne suffit pas à expliquer.Le ES om I yr ae Le succès rapide et étendu des existentialistes, l'accueil enthousiaste ie qu'une grande partie de la jeunesse a ménagé à leurs oeuvres, A s'expliquent par le besoin que toute société ressent fortement de 1 découvrir de nouvelles valeurs à la suite d'un profond bouleverse- M ment social, par les relations étroites que Sartre a cherché, dans un i manifeste retentissant, à établir entre existentialisme, littérature engagée et résistance, par le contexte érotique, trivial et déses- i\" péré, accordé à la sensibilité tourmentée de notre temps, dont ces ME ahora romanciers et dramaturges ont entouré leur système, et enfin par les dons littéraires indéniables que ces oeuvres manifestent.En plus de leur valeur littéraire absolue, les oeuvres dites existentialistes ont une portée symptomatique qu'il importe de ne pas passer ; sous silence.Quel que soit le jugement que nous serons amenés à Hi porter sur cette école philosophico-littéraire, il serait injuste d'en fic nier l'importance et l'intérêt et de lui refuser la place qu'elle mérite i dans l'évolution culturelle de la France.-\u2026\u2026 - res ee Fn an a TNT Sv Tl a AA iv chard RTS hd Pa = ra vai) i Le coryphée, ou le prophète, de ce mouvement nouveau qui a i , .i provoqué de si profonds remous dans la conscience française et E remis en question toutes nos valeurs humaines, est le philosophe, A 156 AE PRIOR RA RE EL: eee ee JE romancier, dramaturge, critique et journaliste Jean-Paul Sartre, dont les principaux satellites sont Simone de Beauvoir et Maurice Merleau-Ponty.|| faut dire tout de suite que l'existentialisme est un mouvement philosophique au moins séculaire et fort complexe qui se divise en deux courants, dont l'un chrétien, va de Kierkegaard a Scheler et Gabriel Marcel, et l\u2019autre, athée, de Heidegger à Sartre et Lévinas.Si l'on ajoute à ces noms ceux de Soloviev et de Ches- tov, de Husserl et de Jaspers, de Barth et de Berdiaeff, de Lavelle et de Unamuno, on réduit le sartrisme à ses proportions véritables; le mérite de Jean-Paul Sartre est, en plus d'avoir approfondi et renouvelé certaines notions existentialistes, d'avoir incarné cette attitude intellectuelle dans des oeuvres romanesques ou dramatiques, d'avoir fait descendre la conscience dans les contingences de la viè contemporaine et d\u2019avoir ainsi assuré à la phénoménologie un mode d'expression qui lui permette d'atteindre un vaste public.Ce n'est pas ici le lieu d'étudier l\u2019existentialisme en lui-même, d'exposer et de commenter l'ontologie phénoménologique de /'Etre et/e Néant; qu'il me suffise d'indiquer quelques postulats de cette philosophie qui pourront nous aider à saisir le sens de l'oeuvre proprement tittéraire de Jean-Paul Sartre.* x x Alors que la philosophie traditionnelle, dans sa diversité même, cherchait à découvrir et à définir par-delà les phénomènes, la nature ou l'essence des choses qu\u2019elle exprimait dans un concept général ou universel, Jean-Paul Sartre, ayant nié l'existence de Dieu et ayant par voie de conséquence reconnu l'absolue subjectivité de toutes les valeurs, pose au point de départ de sa philosophie la primauté de l'existence sur l'essence chez l'homme, ce qui signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde et ne se définit qu'ensuite.L'homme se fait tel qu'il se conçoit et tel qu'il se veut, il est une conscience qui se projette dans l'avenir et n'est rien d'autre que ce qu'il devient par ses seules forces.II n'y pas de nature humaine, il n'y a que des hommes qui se réalisent eux- mêmes en s'engageant dans le monde, se définissent par rapport aux situations dans lesquelles ils ont à se créer.Puisque d'aprés Sartre, il n\u2019y a pas de Dieu, (chacun de nous fait l'absolu en respirant, en mangeant, en dormant ou en agissant d'une façoh quelconque».157 FT SU NC! D es B Al EET .M TA SPRY M 3 Var pa a RAFT A LEA ES BOT: 1 i als T1 : P 1 } A \u20ac A \\ ¥ 1 Ré A I 174 1 PE b iH RY ih YA R 5) Hi EN ei IN | VO EN = IN Vo ON \u20ac vu NN OR RY Co di BCH ROVE GTS WIT, RY SRY RENE ARAN AN HAR NY NN a SEAN As RUAN TREN \u2018u KN RR [CIT N RA NT MU» NR 4 RNY So 4 hh ven GENRE su | ; ee en AR AR HR NN HA RR nh in ih REIN RT RT sign Hi RH ER TS Wr roo pérage) br matin egy d= ery = ~ ry 7-2; Mag py pat Sa PT 2e erp Lol Sg ey Pipe Ny sr Ts Roa nin re PV US fete - rs ~~] dy SX Tyr A PAS vbr fag mit LEC plier a \u2014 BEIT er Pres [a pitied LI rid ph gps ant FLIP ry rar areas PEA RG Ea) IRL eR Cy A ex ay - poy 0 ri RYT prairie à Tg pug ug Pp pray BES Earp mb ea ap pacs rat as oar SX gh Cb pe CNL rad Pune ss 2A; J .Sp SORTER, ro a ppt apte PrN - Te dE Entièrement responsable de lui-même, il éprouve une sensation de délaissement ou d'angoisse en se découvrant libre, c'est-à-dire condamné à se choisir lui-même puisqu'il n'est que la somme des réalisations de son propre choix.Mais, cette liberté n'est pas la gratuité gidienne, car se découvrant conscience libre, l'homme se découvre simultanément conscience libre dans le monde et, de même qu'il est entièrement responsable de lui-même, il est aussi responsable des autres qui sont donnés en même temps que lui- même et dont il ne peut se dégager.|| n'y pas de nature humaine, mais il y a une conditon humaine et ce que les hommes ont en commun, ce n'est pas une somme de qualités intrinsèques, mais un ensemble de limites extérieures.C'est en se situant par rapport à ces limites, en s\u2018y soumettant, en cherchant à leur échapper ou à les dépasser, que l'homme se définit.Contrairement aux choses qui sont figées dans leur nature, l'homme est la poursuite de ses buts, et c'est en ne s'enfermant pas en lui-même mais en se faisant toujours de plus en plus présent dans un univers humain que l'homme crée ce que l'auteur de /'Etre et /e Néant appelle un humanisme existentialiste.Comme le dit Sartre lui-même, sa philosophie n'est pas autre chose qu'un «effort pour tirer toutes les conséquences d'une position athée cohérente».Ces thèmes de la contingence de l'existence humaine, de la liberté créatrice de l'homme et de l'engagement dans le monde, alliés à la sensation d'un corps périssable, au désespoir d'une humanité veuve de Dieu et à un érotisme sordide et inéluctable, constituent l'expérience fondamentale de l'auteur qui la rendra sensible en l'attribuant à ses personnages de roman.La Nausée, Le Mur, Les Mouches, Huis Clos, Les Chemins de la liberté et les oeuvres postérieures de Sartre ne sont toutefois pas des romans à thèse; ces récits et ces tragédies n'ont, en effet, pas pour objet d'établir une idée, mais de nous montrer des consciences humaines éprouvant ces sensations dans leur vie même.Chez l'auteur des Mouches, c'est moins le roman ou le drame qui se fait philosophie que la philosophie elle-même qui, se détournant des concepts abstraits, s'abaisse à l'existence concrète, au vécu contingent; l'essai philosophique d'une part, le roman et le drame d'autre part, ne sont que deux manières, l'une théorique, l\u2019autre créatrice, d'exprimer les 158 | mêmes expériences vécues, physiques ou conscientes.C'est en ce sens que l'on a pu parler de roman métaphysique ou de roman ontologique, mais il faut noter qu'il ne s'agit pas d'une métaphysique ou d'une ontologie abstraites, mais d'une phénoménologie qui, comme le signale Merleau-Ponty, se refuse à toute conceptualisation pour n'être qu'une méditation sans cesse continuée sur une existence toujours présente, et ne cherche pas à constituer le réel, mais seulement à le décrire.Ce problème des relations de la littérature et de la métaphysique, qui se pose à propos des oeuvres littéraires de Sartre, se pose de la même manière à propos de celles de Simone de Beauvoir, et qu'il Me soit permis, avant d'analyser les romans et les drames de l'un et de l'autre, d'exposer brièvement les vues de la romancière sur ce problème, ce qui d'ailleurs aidera a mieux comprendre le sens de ces deux oeuvres.Après avoir noté que, dans sa jeunesse, elle se sentait écartelée en découvrant dans les romans un monde concret, temporel, contingent, tandis que les traités de philosophie l'emportaient par- delà les apparences terrestres dans la sérénité d'un monde intemporel, Simone de Beauvoir dit que certains romanciers modernes ont cherché à abattre les barrières que le monde a toujours élevées entre la littérature et la philosophie.Alors que la philosophie traditionnelle livrait au lecteur une reconstruction intellectuelle de l'expérience, et que le romancier cherchait à décrire cette même expérience sur le plan imaginaire, l\u2019auteur des Bouches inutiles nous dit qu'il est possible d'exprimer dans un roman vivant cette expérience unique en mariant le monde de la conscience à celui des phénomènes sensibles, comme l'ont prouvé, par exemple,un Dostoiewsky ou un Kafka.De même que le romancier peut montrer l'homme comme jaloux, avare, poltron, orgueilleux ou luxurieux, \u2014 le roman est alors psychologique ou moral, \u2014 il peut également le montrer dans sa (dimension métaphysique: angoisse, révolte, volonté de puissance, crainte de la mort, fuite, soif d'absolu>» \u2014 le roman est alors métaphysique ou ontologique.Tous les êtres ne vivent pas sur le même plan et, si la passion amoureuse ou*la passion des biens de ce monde peuvent faire naître des drames que le roman peut évoquer, l'angoisse d'un homme qui cherche le sens de la vie, qui cherche à conquérir sa liberté, est aussi un drame vivant, vécu, dont le romancier peut faire l'objet de son oeuvre.159 : ERE EE TY marron 5 NESTA A IE EN NT EN NOUS IRR + PERRET CE NE RON TER ty ST A Ee ES A SIN NIN LN 3 ISAT YEY Le ut À REP (YIN TATA ME La wht 5 RNR i hy RR RR RR Rh RnR Qu RC CR SENS ath DEN EE SEA EE EE NON ENS CES EE REA VE TX TE TE OT CETTE k \\ TRE SHIRL OL SOA EY RENE TR THERES SURES 0 .y Q A) N AS N RIT a.» 947 D où 4) £ v He nN h ¥ D UE NNE (MATIERE ARRON RIAA FALE RN fr tn IATA [PPAR RCE La métaphysique existentialiste est moins un système qu'une aventure de l'esprit qui découvre sa condition dans le monde, et Simone de Beauvoir nous dit qu'elle ne veut pas faire de la métaphysique comme en font les professeurs, mais être métaphysique, c'est-à-dire «(se poser dans sa totalité en face de la totalité du monde), car l'homme est toujours engagé tout entier dans le monde tout entier.Les romans existentialistes ne sont donc pas des exploitations littéraires de notions d'abord établies sur le plan métaphysique ou intellectuel, mais la manifestation d'un \u2018aspect de l\u2019expérience métaphysique qui ne peut se manifester autrement: son caractère singulier, subjectif, dramatique».Cette position me paraît parfaitement légitime et justifiée d'ailleurs par l'oeuvre de Sartre et de Simone de Beauvoir, pourvu qu'elle ne nie pas la légitimité du roman psychologique, du roman poétique ou du roman théologique qui,eux aussi, expriment des expériences humaines.|| suffit que le romancier soit assez maître de son art pour ne pas tomber dans le didactisme et pour évoquer d'une manière sensible et vivante les expériences vécues d'un homme qui se débat dans son existence quotidienne contre les problèmes fondamentaux dont la solution oriente toute une vie.Le roman existentialiste contemporain est véritablement vivant parce qu'il fait vivre devant nous des êtres de chair et de sang, qui cherchent leur âme au milieu d'un monde pourri dont les objets, les événements et /es autres posent à leur conscience des problèmes qu'ils sentent, pensent et vivent à la fois.Jean-Paul Sartre est incontestablement le plus grand romancier et dramaturge que sa génération ait encore révélé, non seulement à cause de ses dons littéraires qui sont très grands \u2014 d'autres en ont d'égaux \u2014 mais parce qu'il a su créer un univers d'une intensité remarquable, où se retrouvent partout ses idées, ses sensations et ses obsessions, ce qui donne à son oeuvre un accent de vérité indéniable et en fait une sorte de bloc solide et homogène.On sent que toute cette oeuvre a été écrite sous le poids de la nécessité et que Sartre ne pouvait pas ne pas écrire cette oeuvre et ne pouvait pas l'écrire autre qu'elle est; on ne trouvera dans toute cette oeuvre imposante aucun jeu littéraire, l'auteur écrivant sous l'impérieux besoin de se délivrer de ses obsessions, d'extérioriser sa vision du monde.Cette oeuvre dans laquelle l'auteur est tout 160 entier engagé est de celles qui nous obligent à prendre position 5 devant elles, parce qu'elles ne sont pas un pur divertissement ou un B amusant exercice, mais remettent en question toutes nos valeurs, E: nous proposent une conception de la vie qu'il nous faut admettre ou id rejeter.Cette impression de nécessité s'imposait à nous dès La Nausée et jusqu'à ses dernières oeuvres, Jean-Paul Sartre est resté LA fidèle à lui-même \u2026» i Pour M.Guy Sylvestre E et quelques autres i T-R.(U.Q.T.R.) et Mtl (A.C.P.), 1-6 juin 1980 fr EE il i CS Ot) Vt irr i} IN i | ; \\ | \\ | | | * \\ À ) } | V HE 161 ., .3 NORRIE NH EN RETIRE a EE vo LE Dr Cee ENN I EE PERI DLAI I.WW IN N 4 HEN ao EE RON TE NN SN M dd SOI Ed Add SE NN EL Min RN iy RN ain Ne A vin > At N wo JL MN i NII N un 0 A IN su SN Bh RN » 4 RY Ea A NA I HA SRR RON \\ Aa RN RS + q % À a RN - Û A k NU R te Ne Mn : + \\ RX HL Rh Ne aH - - \u201caa = ow 2e \u2014 ne > 0 ~ - -\u2014 ~~ ~ - - .~~ - w= Ceri peer vy ~~ - Ta pre CRT oy Try > we eo tes mire, Se Yrs 2.2 vien 3 LZ tre YA ry PRIA TN pote aig Xp sey pag =m IPT ry \u2014 on po ed pr yaaa Chery ape papa mare un + ny my EY Jap [pe pale Ebr td = - tS es, re re ey po __ - a \u2014 =.ca mel Sry te cs eh.Bde Corts = PA gy : pots Rerrers Te Ter =.mn; Se Le DAS LZ de Mbratef] rd Pe Pac Sgr ety pay = ee OX S [Cy Str apr ds Le ES TEEN Pr pose raie var mp SE Te FT NT LR bri sb shite A ai BR J SNP A wae Thc i ay gs su ts yaw Cli reigned pan Fe) RR CA a ages PR 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art non-duel Reynold Clément .p.45 L'amour conjugal contre I'amour scortatoire Claude Gagnon .p.57 Réflexions inactuelles Pierre Bertrand .p.95 La controverse Habermas-Popper Jacques G.Ruelland .p.105 Sartre ici Roland Houde .p.137 163 en LE a ER rg es AE, Rec fé AES ti PAT CR ew oT ; Sas IR 4 1 A ER EH ARNO (XNA flew ALR A J AR NER \\ FREER i] REO [I th RE ARRAN ye [NEES KAN D LRAT) LOR TAA CS SAONE SX RN = ~ CS - pa \u201ca Ir ~~ æ car \u2014 \u2018 NH Ld % LIE Yi \"fi A qi ny je WM at > au a8 ig * ii i Il Ji A % I] hi 4) it 1 HW} it ÿl Bt WB) Wh N Hf X Lie LR LR i + ue sy BY fe En\" Wh iH À 3 > Bi - a Yep fe wre er pare \u201cap -~ py ~ Pra erage my Fy nr ee J Jue ert opted Ee paie = \"> a at \u2014 -~ ap i *A FAI HD A 3 Mx Bl OÙ Ju | i # | \u2018 | 4 à } Achevé d'imprimer sur les presses de Imprimerie Lithographie Renaud Ltée i fi Octobre 1980 1H] oil dé i { i À i i 47 4 hy Riis 1 9 ih H 164 A 3 A if} Je MH i] : | 4 ï i j j HW ole Py Hae) NUE nié RET Ce VOD PHI-ZERO Revue étudiante de Philosophie vol.VIII, no 2 France Giroux.Le fait féminin: un constat d\u2019'inégalité Gérard Raulet.La révolution impossible?En guise d'hommage à Herbert Marcuse Chantal Saint-Jarre.Pulsations COLLOQUE DE LA JEUNE PHILOSOPHIE: Nicole Godin.Apercu général Nicole Godin.Fonction sociale du philosophe et perspectives d\u2019emplois Serge Thérien.Situation de la philosophie au Québec Jocelyne Simard.Du soleil a .05 cents Muriel Buisson.Tolérance ou le Colloque de la Jeune Philosophie COMPTES RENDUS: Normand Beaudoin.Oui.se taire.Bernard La Riviere.John Cage ou l'an-archie Pierrette B.Blais.Correspondance Erratum \u2014\\ Abonnements: Adresse régulier : $ 5.00 soutien .: $10.00 PHI-ZERO institutionnel : $15.00 Département de philosophie Service de documentation Université de Montréal Case postale 6128 Montréal (Québec) H3C 3]7 \\_ 7 Pc rp ES NS PETS PO Si, (Ip Cg efi Mr le i JARI AS A Sy ë (Sori oe EH eS a CTS ion a Ta Ts ae Te] pry oy \u2018 fhe Cr 2 RATE, PE) aa 5 RS pe Pa TAD PRR FL PLPC So # Pan Fg PCR ebro Fg ial sa me = _ 23 a gape - et ph TE ty ge pe BEIT Jo Lm ps - ro Pena = pg piers Lu LTT ht ET ew Ta NT rt P-par abd - \u201c.ee por pub me us a _ = vp Tap ogg hate NN CR Te au re or rs rr PAY Spt sare I ar Ht rT Ct omy Tr Nh SA , HIE + LA i A (Hi a 0 Je désire recevoir \u2026 exemplaire(s) du livre \u201cOrientalisme et linguistique\u2019 au prix unitaire de $14.95.Ci-joint un chèque ou mandat-poste au montant de $ \u2019 : Cee CL PEER EI a Vee EI Ly J GC Tm 1 p a +, ;, AA a > a dr Sou = oy FRA wn a LYS NI pL < me.>.- 0, va Lor 25 PLL ms me ne cd re wo ~~ dy ~~ oy PIS vos sti en > Sa .SE ae gi > y a Wa pa MES foe 2a A Eg gi zag Gs pot A ae re ES - ç a \u2014 -\u2014- cd AT SN US x Ldn op er Co Uv PLY Ane A at Art es = ces Cu NT AT.ues SAT yo wk = Yow vo _ 3 a Co vo Eo PAO Ltr ves en eee Pet a PT Ce Cu EE EE ere Tr a reg rer PTS Tee pe EPCS Inr gly fall OI Val a Sf Be her ve ar AY SE) ger) ~ ee Cg Tren Eel se rrp er gly pe PY gay yay a ee.PPP srry JO I A A AY 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