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Titre :
La petite revue de philosophie
Éditeur :
  • Longueuil :Collège Edouard-Montpetit,1979-1990
Contenu spécifique :
Automne
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Horizons philosophiques
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La petite revue de philosophie, 1981, Collections de BAnQ.

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[" se - ann a} a PER BNQ oo - eevee À SOMMAIRE Automne 1981 Vol.3, no 1 Liminaire .Ce LL LL p.HI Les femmes et les enfants sont arrivés Marc Chabot .ERSTERPEES p.1 Psychanalyse et efficacité thérapeutique Jean-Pierre Losson .p.25 De la substance Claude Girouard .p.49 L'élément conflictuel dans les relations Pierre Bertrand .Cee p.59 Des figures de pédagogues Jean-Claude Brès et François Leroux .p.69 Philosophie et dissidence Alexis Klimov .p.109 Est-ce qu'il existe une éthique marxiste?Alan Murphy .LL p.127 Présentation d'un répertoire des ouvrages ésotériques déposés à la Bibliothèque nationale du Québec | Patrice Beaudoin .ee p.141 Présence de La petite revue a 'ACFAS Claude Gagnon .p.157 Collège Édouard Montpetit, Longueuil, Québec. AMARA 1 Ce cinquième numéro de La petite revue de Philosophie È est subventionné parles services de l'Edition du Collège A Édouard Montpetit.of Comité de rédaction: i Pierre Aubry A Claude Gagnon i Claude Giasson A Louise B.Guérin Ju Réal Rodrigue na Administrateur délégué: Robert Spickler a Dactylographie des manuscrits: oe Agathe Larose i Ee Maquette: Al Philippe Coté 4 Distribution: ,Ç i Sylvie Lemay Composition et montage: Typo Graphica 2000 Inc.1411 Fort, Suite 401 bi Montréal (Québec) H3H 2N6 ÿ | Impression: i Imprimerie Rive-Sud i 345 rue Guillaume ie Longueuil, Québec hit Correspondance: 0 Secrétariat général 1 Collège Édouard Montpetit a 945, Chemin de Chambly i: Longueuil (Québec) | J4H 3M6 pi Les auteurs sont les seuls responsables du contenu de leur texte.i Dépôt légal: Bibliothèque Nationale, troisième trimestre de 1980 Bibliothèque Nationale du Canada: ISSN 0709-4469 © COLLÈGE ÉDOUARD MONTPETIT iv: Périodique semestriel: prix du numéro $2.50 (S2.00 étudiants) UE, abonnement institutionnel annuel S10.00 i Vol.3, no 1, automne 1981.EPI AE a era ere \u20ac 78 de philosophie La petite revue LS i A PE A) pe .a se \u2014 dha - a - - - ey - - x Ca ° - a midi) 2 «+ des gr = Cr \u201crte » - ed - oe.Ee [yu \"= fio REE] PE - op \u201cYel dL TE.- Zr -_ .Te 0e 7 raat - _ ped CET PTE -> CH a 2 Parts ce ae 2 2 ~ iy a A» T2 0e ee Rr ae ev ct \u2014 seu da a - a >» co Corus 4 = - x = = Ct Cory \u2014 Co x = ps pres - Cp ry >.vy Ea (von pren a un pe cures = mou pot NL (rorya rg or ea ws a eu 2 pt ee pre D7 Erte ea es ip oy Shri Ay Ni Cy PCA ~~ perp SO Svar a.> du 0000 Le a PS ae SAI wey _ 05° ue re Se 0 0e a - = a = ean.Fw a pos To ue = _ pee ss _ >.Pp.Lu BX E BY = = hey EEL a] pa Ca tee + pes = err : = Let pd See ed Dy > * er pc te CY pov gtr dae Oo SLs AAA nt ae ir \"ane \u201car a ~~ Cro er SrA ant PRA ~~ gr Asse wn pvr gn M TAS Sm TRA, SLE ARE Yop\" PCIe ru 29\u201d pair 10 ap bg Pl sid a eC PS SET RE NTT TL SALE A brodé wo À _ - _ rr! WJ roe pate por AA gt rei: re .~ TRE elle se plaît à vivre dans.les questions.Ses réponses sont toujours mièvres en comparaison de l'étendue de la solitude, de l'absurde, du drame humain qui se joue dans un individu, voire à l'intérieur de toute une collectivité.Comme le dit si bien Louky Bersianik, dans un texte de chanson pour Richard Séguin: «Savoir se poser les bonnes questions, c\u2019est bien plus dur que d'y répondre.» Comme si toute l'activité philosophique n\u2019était finalement qu'une recherche intensive des questions, au-delà même des réponses plausibles.Depuis le mois de juillet dernier, j'ai eu à coordonner un numéro spécial de la Revue de l'enseignement de la philosophie au Québec sur les femmes et la philosophie.Ce travail, mené de concert avec Alexandra Burgess, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, m'invite à faire quelques réflexions sur l'état des rapports hommes/femmes dans cette discipline.La cueillette des textes ne semblait pas au départ une entreprise trop difficile.La très grande majorité des femmes semblaient non seulement intéressées par le projet, mais avaient déjà une idée fort précise de ce qu\u2019elles pourraient dire.Il n'y avait pas du tout le même empressement chez les hommes.Comme si soudainement, les philosophes mâles, qui à l'habitude trouvent le mot juste pour tout, vous ramènent à la question principale avec une subtilité étonnante et une rhétorique non moins déconcertante, se voyaient accablés sous le poids de la problématique.La facilité coutumière qu'ont ces penseurs à dire les choses avait disparu.Pourtant dans leurs conversations quotidiennes, ils ont toujours la petite phrase 14 lapidaire pour effacer une question venant d'une femme ou la stratégie de séduction au bout des lèvres pour vous attirer entre une paire de draps.Parler des femmes, médire et profiter des femmes ça peut encore aller.Mais écrire sur elles ou mieux, penser avec elles le rapport hommes/femmes, voilà qui semblait être une tâche au-delà de leurs capacités.Bien sûr, on peut avancer théoriquement que ce n'est pas le moment, que l'on doit laisser la parole aux femmes en ce domaine.C'est là une politesse exemplaire, mais qui m'apparaît aussi être un excellent échappatoire.Ce qu'on ne veut généralement pas admettre dans certains milieux philosophiques, comme dans bien d\u2019autres d'ailleurs, c'est qu'on n'a absolument pas le goût, la patience et même le coeur de s'interroger sur un tel sujet ou pire que l'on est entièrement satisfait des tonnes de propos misogynes que l'histoire de la philosophie continue de déverser sur les hommes et les femmes du XXe siècle.On préfère se taire.On préfère rester dans son bureau pour lire Platon, Rousseau, Nietzsche, ou Saint Thomas et Aristote, dépendant, n\u2019est-ce-pas, de l\u2019université qui nous abrite.Et puis, dans ces milieux philosophiques, on ne vous le dira pas, mais on sait fort bien qu'il y a encore assez de filles faciles à ébranler pour ne pas trop se presser de questions sur les rapports hommes/femmes.Il y a encore assez de filles à qui l'on peut faire croire que baiser avec le «savoir universitaire» c'est gratifiant.Quand nos meilleurs concepts on les puise dans le Journal d'un séducteur de Kierkegaard ou dans 15 Wx Ded A sg: - \u2014\"-\"000) SN pme SY.pes ey er fe arr Ter ep \u2014\u2014~ a wr re - - FE rw 2 Ee oa Nev mr as apm a mn mur pn \u2018 LA ve _ - Ed \u2014 Ta 1 2,4 11108 WE \u2014_- a _ oar.= A TS Cat Te \u201c3 CT ST po - «oT Ferre spat tol gicar re po Ii pe pa D SS Hei ey ES Kool Wh ne HEN LE 108 : Wie A JH ir, ! i whe of oi A les mensonges calculés de L'art d'aimer d'Ovide, on n'a pas besoin de s'interroger sur l'avenir.On profite du présent, on répand la tristesse et la haine autour de soi.Puis, quand ça ne va plus on recommence ailleurs, les mêmes jeux mille fois répétés.Pour l'instant aucun danger.Les féministes qui longent les murs des universités sont majoritairement rassemblées dans des lieux précis qui les rendent inoffensives.Chaque département s'il le faut va aller jusqu'à leur concéder quelques cours et quelques salles qui sont comme des serres chaudes qu'il suffit d'éviter.N'oublions surtout pas que les grands philosophes produisent un effet, même lorsqu'ils profèrent des insanités sur les hommes et les femmes.Plus d\u2019un philosophe mâle rêve encore de pouvoir renvoyer les femmes de la même manière que Socrate le faisait avant d'aller boire sa ciguê.«Aussi nous étions-nous donné le mot pour venir le plus de bonne heure possible au rendez-vous habituel.Dès que nous fûmes là, le portier ( .) sortit au-devant de nous et nous dit d'attendre là et de ne pas nous présenter avant qu'il nous y eut invités: «Les Onze, nous dit-il, sont en effet en train de détacher Socrate et de lui annoncer qu'il doit mourir aujour- d'hui.» Au reste sa venue ne tarda pas bien longtemps et il nous invita à entrer.Or, une fois entrés, nous voilà en présence, non pas seulement de Socrate, qu\u2019on venait de détacher, mais de Xanthippe, qui avait sur elle leur plus jeune enfant et était assise contre son mari.Mais, aussitôt qu'elle nous vit, Xanthippe se mit à prononcer des imprécations et à tenir ces sortes de propos qui sont habituels aux femmes: «Ah! Socrate, c'est maintenant la dernière fois que tes familiers te parleront et que tu leur parleras!» Alors Socrate, regardant du côté de Criton: «Qu'on l'emmène à la maison, Criton!» dit-il.Et pendant que l'emmenaient quelques-uns des serviteurs de Criton, elle poussait de grands cris en se 16 frappant la tête.» Platon, Phédon, coll.Idées, no 150, Paris, Gallimard, p.103-104.Certains philosophes mâles n'ont pas grand- chose à dire sur les femmes.|! y a là comme ailleurs des repetitions malheureuses qui font mal, qui blessent et qui tuent toutes les possibilités de parvenir a de nouvelles interrogations sur ce que nous sommes les uns pour les autres.Le rapport femmes/philosophie n'est évidemment pas facile à penser.Mais j'ai le goût de dire que c'est justement ce qui devrait nous intéresser.Car, à bien y réfléchir, les rapports mai- tre/esclave n'étaient pas non plus faciles à théoriser.Hegel sy est adonné avec toute son énergie et la complexité de sa réflexion n'a pas empêché d'autres philosophes d'en reprendre les données essentielles pour proposer des changements radicaux dans l'ordre du réel.Des philosophes comme Emerson et Thoreau, dans leur petit village de Concord près de Boston, n'ont pas eu peur de dénoncer l\u2019esclavagisme des États-Unis, de contourner les lois, de défier l\u2019ordre établi, de manoeuvrer avec des Canadiens pour le transport clandestin des noirs du Sud vers le Canada.Alors, qu'est-ce qui nous effraie tant lorsqu'on nous demande de repenser le rapport homme/femme ou de parler et d'écrire sur femmes et philosophie?La minceur des écrits philosophiques masculins a quelque chose d'étonnant.D'une rareté incroyable, les quelques lignes qu'on peut trouver sont bien souvent d'un paternalisme déprimant, ou bien elles apparaissent à la fin d'un paragraphe comme si on se sentait obligé de les écrire, comme si on voulait souligner «au passage» l'autre moitié du monde.Pourquoi cette 17 ra peur de la part de la discipline philosophique, alors que son histoire n'est rien d\u2019autre qu'un combat inlassable pour préserver ou faire surgir des sociétés des consciences libres?Sans vouloir faire le tour de cette question, qui mérite à mon avis une étude toute spéciale, j'aimerais poser quelques hypothèses de départ, qui je l'espère nous permettront de sortir de la dissection textuelle et surtout de nous adonner à autre chose qu'une simple dénonciation.Premier point: Les philosophes ont fait une utilisation très bizarre du concept «homme».Parfois terme générique désignant les hommes, les femmes et les enfants, il a très souvent exclu les femmes et les enfants.Avant Marx, les individus particuliers n'intéressent pas beaucoup les philosophes, ou alors ils sont très rapidement enfouis sous des catégories hiérarchiques qui leur laissent peu de place pour agir (encore moins pour penser puisqu'il s'agit là d'une activité réservée à quelques- uns seulement).On peut le constater tout particulièrement chez Aristote dans son Traité des animaux.ll nous entretient longuement sur les différences entre les hommes et les femmes.Mais ce travail n'a pour but que de déterminer la «nature» des étres vivants.Travail scientifique appréciable pour l'époque, mais qu'on va traîner comme un boulet jusqu'au XVIIe siècle.Nous avons depuis dix ans supporté de nombreux textes philosophiques expliquant en long et en large ce que pouvait signifier la mort du concept «homme».!!| m'apparaît intéressant (et étonnant aussi!) 18 TL ES de constater que pas un seul de ces textes n'a montré ou souligné que la disparition de cet «homme théorique», coincide à bien des égards avec l'apparition très concrete des femmes et des enfants dans l'histoire.Le feminisme fait apparaitre les femmes et les enfants comme étres vivants et pensants dans le monde.Toute la géographie, tout l'environnement philosophique se transforme et personne (ou presque) chez les philosophes n'en fait clairement mention.Je crois que dans certains milieux philosophiques on n\u2019en est tout simplement pas encore revenu!!! Deuxième point: Si la philosophie joue avec les idées, on peut dire que de Platon à Deleuze elle est aussi un jeu conceptuel qui forme système.Or, dans la très grande majorité des systèmes philosophiques, il n'est pas très difficile de le démontrer, la femme est une idée avant d'être une réalité.La femme, j'insiste sur le singulier, apparaît ici comme une entité métaphysique.Une sorte d'étoile mystérieuse qui sert d\u2019alibi conceptuel et permet d'escamoter la réalité.Troisième point: En philosophie, on peut discourir très facilement et pendant des siècles, si on nous laisse aller, sur des concepts comme «l'âme», «l\u2019esprit», «le démon intérieur».Si jamais, par un coup de la science ou parce qu'ailleurs on semble avoir inventé un nouveau mot (ex: l'inconscient de la psychanalyse), les vieux concepts deviennent douteux, on n'hésitera pas à subtiliser les concepts de ces sciences, mais l'efficacité générale du discours philosophique n'est en rien at- 19 in i BNE teinte.Pas de tort irréparable fait à la discipline.Dans l'ordre du discours on peut rapidement intégrer de nouveaux concepts.Mais y faire entrer un tout petit morceau de réel peut prendre des années.Je crois que la psychanalyse, la sociologie, toutes les sciences.peut-être souffrent éventuellement du même problème.Dans l\u2019ordre des discours universitaires, des mots comme «femmes», «sexisme», «féminisme» et même l'ensemble des rapports hommes/femmes ne font pas partie des théories courantes et ce, parce qu'on continue dans ces milieux d'avoir des pratiques quotidiennes qui sont anti-féministes, sexistes, niant la spécificité des rapports hommes/femmes.Le même constat est possible pour tout ce qui touche la condition masculine.Quatrième point: On a souvent dit que la philosophie venait après les bouleversements sociaux.Ainsi Platon vieñt une fois que la démocratie grecque a connu ses heures les plus sombres.Kant met en théorie philosophique ce que la révolution scientifique vient d'accomplir.De même Hegel et Marx expliquent et préparent les révolutions sociales que nous avons connues en théorisant sur la Révolution française.Si le féminisme fait naître la moitié du monde, la philosophie devrait maintenant être en mesure de penser avec cette nouvelle moitié du monde.Il ne s'agit pas donc de se désoler d\u2019un retard, il s\u2019agit de penser de nouveau le plus difficile.Penser le plus difficile (je parle ici d\u2019une simple orientation pour la philosophie, on peut penser ailleurs dans les autres sciences et dans le quotidien «le plus 20 M PE TO I SITU EE M OO AE RO AVE I Tt A or eu pies 9 1 ay = = pbs Les difficile»), ça veut dire faire comme Sartre à la fin de la guerre alors qu\u2019il affirmait: «Nous n'avons jamais été aussi libres que sous l'occupation allemande.» Nous devrions aujourd'hui être en mesure d'affirmer: «Nous avons, hommes et femmes pratiquant la philosophie, à inventer des libertés dont nous ne connaissons pas encore les joies et les peines et dont l'histoire ne nous fournit que très peu d'exemples.» Cinquième point: Je pense qu'il n\u2019est pas très utile de continuer à dénigrer la philosophie phallocratique passée.|! faut inventer une philosophie non phallocratique, si les précédentes ne nous satisfont pas.Je pense aussi que nous sommes (hommes et femmes) de plus en plus nombreux à en faire le constat.Les philosophes devraient consacrer leurs énergies à ouvrir des horizons.La philosophie n\u2019est pas morte.D'Angela Davis à Elisabeth Badinter, toutes sortes d'idées nouvelles sont mises en circulation.Sixième point: Les institutions vont probablement résister et même nier leur résistance.Dans ces lieux, on manie la contradiction avec un art qui ferait peut-être rougir les anciens rhétoriciens.Ce n'est jamais là qu\u2019on prend des risques, ce n'est jamais là qu'on sait rire, ce n\u2019est jamais là que le monde change.On est encore occupé à surveiller, déchiqueter les anciens concepts.Septième point: L'invention de nouveaux rapports hommes/ femmes suppose l'apparition d\u2019une foule d'idées nou- 21 Vin ve ae) cA RR I oo ge RAP NAN velles sur le couple, I'amour, la solitude, le célibat, la sexualité, l'autonomie des individus, le travail, les enfants.Présentement toutes ces idées sont en circulation libre, vécues différemment par les hommes et par les femmes.Toutes nos expériences ne sont pas vaines, elles préparent du nouveau.Le recours à l'histoire n'est pas vain non plus, mais l\u2019histoire n\u2019est pas un simple amas de domination, de violence et de lâcheté masculines.Cette réduction est une exagération qui fausse non seulement notre vision du passé, mais prépare les erreurs de l'avenir.x * x x Le 7 mars 1974, Herbert Marcuse prononçait au Center Research on Women de la Standford University, une conférence intitulée «Marxisme et féminisme».|| terminait sa réflexion de la façon suivante: «Et voici ma conclusion personnelle; vous pouvez si vous voulez l'interpréter comme une capitulation ou une profession de Foi; je crois que nous les hommes, devons payer pour les péchés de la civilisation patriarcale et de sa tyrannie.Les femmes doivent devenir libres de déterminer leur propre vie, non pas en tant qu'épouse, mère, maîtresse ou petite amie, mais en tant qu'individu humain.Ce sera un combat plein de conflits amers, de tourments et de souffrances (mentales et physiques)».(in Actuels, Paris, Galilée, 1976, p.57) Peut-étre que certaines féministes se réjouiront de voir enfin un phisolophe mâle avouer au nom des hommes en général sa culpabilité.J'admets qu'il s\u2019agit là d'une phrase importante, mais elle n'a rien de véritablement réjouissant et il me semble que l'histoire de 22 la culpabilité a été si étroitement liée à l\u2019histoire des femmes que ce n'est pas à vous que je devrais justement démontrer les méfaits de la culpabilité.Le renversement des valeurs n'a vraiment rien de très révolutionnaire.| v L'ere des tourments et des conflits amers qu'an- nongait Marcuse est en train de se vivre.Les hommes et les femmes s'épient, se jugent, s'évaluent, s'écrasent.Marcuse identifiait deux lieux spécifiques, où les combats et les revendications seraient particulièrement difficiles: le travail et la sexualité.Sans le moindrement revendiquer pour ce «pauvre théoricien» \u2014 comme il se plaisait souvent à se définir \u2014 le statut de prophète, on peut au moins penser qu'il ne s'était pas beaucoup trompé.Je ne voudrais pas conclure sans vous donner une dernière hypothèse à considérer: se pourrait-il que les hommes et les femmes dans la situation actuelle qui les divise aient extraordinairement peur des contradictions qui les habitent?Sans avoir besoin d'identifier les vôtres, je peux tout de même faire quelques révélations à mon sujet puisque la mode est aussi aux témoignages et aux aveux.|| m'arrive de me sentir coupable, mais il y a aussi des matins où cette culpabilité, j'ai le goût de la refuser très sèchement parce qu'elle m'empêche de vivre autre chose, parce qu'elle m'écrase de sa tristesse.Il m'arrive de me lever avec l'impression que les nouveaux rapports hommes/femmes viendront et de gaffer quelques minutes plus tard en ouvrant la bouche pour adresser la parole à celle qui dort avec moi.Il 23 NM» MEH -: aor me yr ar pr vr - - - - ~~ -.2 pe ~~\u2019 - _ ~~ ~ ~ >» - = yin pg : rr Aen _ - = = Fr riba Aiea gi Srp su Ch pg Le a) pres pI pp ppg = - ii pir re NC a) & a\".Ip paar gti pug ep pa Pree Pe Rani Rpg ar pp pg a ae - sure Taliep galt papi ai yeh yy pre dre - \u2014 \"me -_ a alr re pair sri bap yugey EP I gl Rai) in pu ria ay A Ce ef ni ca\" a Te ae.A TLL LT RT Se Ee See TT TES RL A ST LT ATT TT TE ar pére DE EE RTS ET CUITS AT DT TT Se = cap LT Lat Pad A PR .LTT A SS FESS fd - PA A : Sr A pa Lo Lo A R - yr rs sof er FEI paie AA petit PE a pa nr abe pry ppd - - rt Ty Ed [oer air qu pee eur ie af Va sa grainy hla Yup Sar Tih pir oy = ar ar re mr re pe ey) TIA pére > - - ~ © ee er TO ns rag a a rr rn aus cs a ru ét veus\" 20 subg raat rat pas A 0 CD AD EE pag UE para a Pi UE TT or J rye Can a = ov = 2 me a ar may sm > ag ny pap Al Spal Sutra NP SC TCT rte pair péri\u201d 20e air EA a gc re To vo Ie - Nh edie li pp me me pri gee - > és + gh greedy cu par A ot PE EE Ati g ain Lah rat cales m'arrive d'être féministe jusqu'à l'exclusion, et de redouter en même temps cette manière de penser.|! m'arrive de penser que les hommes sont bouchés d'un bout à l'autre et que leur aliénation est trop grande pour espérer, mais j'ai aussi parfois le goût de les entendre et de les écouter.Si, à travers tout ce magma de contradictions, il n\u2019y avait pas des moments de bonheur, des livres à lire avec plaisir, des gestes joyeux de solidarité, quelques enfants au regard interrogateur pour me dire que j'exagère avec tout ce sérieux, et même quelques personnes des générations précédentes pour me lancer bien naïvement «vous ne trouvez pas que vous en mettez trop?», je crois que je capitulerais moi aussi, parce que vraiment nous avons des manières d'être sérieux qui font peur et qui font rire tous ceux et toutes celles qui posent comme nous leurs petits gestes d'amour sans vouloir en faire des théories.24 RAC À, A 1.Gr TE ERY Le ra AP PAPE EER DE prrrorr primi SIR a Et 3 A Sean ak Pa AR ath ast ET 1.A ph ml Fr pur PR an wr IR or od ye ks vd Ltd % x as, Ca Lar 2 gi TES us +.abe ¥ RIEL Va =O A Pars Bie Or) \" Boum cr NE ps (PE Py EE a EEE NET A Poa Rr Rr a 4 Pa ERNST a 4 Ar EX - - fod cs EA Sr An ph Ex - > wn 2) i CN 20 ue [A = Co 0 a La PY ed 3 g es LE pe kg Lace an Care, ak 2S XT Pr Pan Pa = e ique t o érapeu té th ® e ICACI Dr.Jean-Pierre Losson Psychanalyste, psychiatre Psychanalyse et eff LTS Ct a em nw rein Ange iy, Ie Se PUTT Ny RX vn em TTA 5e ET 0 va ES ET a sas PRIS PRET IPS 4 MI J AEE] tein OCIERA A ANE SES CI FRY EN SLCN \\ REA ER LEAR LUI AEDST RU RR SR SOU PAP On entend dire souvent que la psychanalyse est en crise.Et c'est sans doute vrai, comme c'est aussi le cas pour la plupart des entreprises dans notre présente civilisation.De plus, il est dans la nature même de la psychanalyse d'être associée à un état de crise puisque par définition, comme nous le verrons, son activité consiste à engendrer la crise, qui correspond toujours à une rupture d\u2019un certain équilibre.Mais les discours sur ce sujet sont confus parce que la psychanalyse n'est pas univoque, mais représente plusieurs choses à la fois; c'est: une théorie sur le développement du psychisme humain et sur son fonctionnement normal et pathologique; une méthode d'investigation psychologique, une méthode thérapeutique; elle ne constitue pas en elle-même une idéologie au sens où N.D.L.R.Conférence présentée dans le cadre du Service de l'éducation des adultes, au CÉGEP Édouard Montpetit, en novembre 1979.26 i PEPER SS It A hy arc { ï a.d WIRE EAE EA Se NAAFI AAA AIA ce mot est généralement employé, mais elle ne peut exister et se développer que dans un contexte où prévaut une certaine conception de l'homme.À ce titre, on peut dire qu'elle est coextensive d'une idéologie (ou d'idéologies) ou encore qu'il existe une anthropologie psychanalytique: Il a été écrit des bibliothèques entières sur chacun de ces différents aspects de l'analyse, et une des difficultés qui surgit le plus facilement dans les débats sur ce sujet vient de ce que les propos et les réponses concernent des aspects qui ne se correspondent pas.Ainsi, par exemple, on peut critiquer l'efficacité thérapeutique, ce qui ne disqualifie pas pour autant la valeur d'ensemble de la théorie en tant que modèle explicatif.I! est donc important de savoir de quoi on parle quand il est question de psychanalyse.Dans le présent exposé, notre ambition sera de présenter son intérêt sur le plan thérapeutique ou, plus exactement, de voir en quoi la théorie psychanalytique débouche sur des modalités d'approche de la pathologie mentale comportant des perspectives thérapeutiques.Et dans la mesure du possible, de montrer comment ça fonctionne.Mais nous n'aurons pas le loisir d'aborder les autres aspects de l'édifice psychanalytique.|| s'agit, c'est certain, d'une question importante qui est au coeur du problème des finalités de l'analyse; à ce propos se pose donc aussi celui de l'inscription sociale de l\u2019activité analytique; et c'est là un objet de polémique intense.Pour parvenir à une compréhension adéquate du sujet, il nous faut d'abord voir en quoi la psychanalyse a été une innovation dans son champ d'application; il faut donc faire un certain retour en arrière pour situer 27 PINE NR po TR ete OI A he ied Ld El Car rt re me Ses Ames Le a I A ROME te ot yn iam me ue § A LT i Am eed Ye a sa me ie Eh aE Ces gel EE ae pe Te A SATAN SRE Rpt A x: Err pC Ep PLP rey pale rye Lane en ma 22 arrete pe CARE ES PE all iy .= ~ - = \"IN ES cei PTE EPS nd TP rd ab ng Rl PE Tr eto Td aba «~~ Try \u2014 - oo AGE real SAP} PRE a pg pe J ie fal AANA A les choses \u2014 au moins superficiellement \u2014 dans une perspective historique.Avant l'âge classique, c'est-à- dire, grosso modo, jusqu'à la fin de la Renaissance, c'était une trés mauvaise affaire d'être fou.Trop souvent, en effet, celui-ci était pris pour un possédé du démon, pour un porteur de maléfices ou quelque chose de ce genre, et un nombre respectable d'hystériques, d'illuminés, de délirants ont tout simplement péri sur le bûcher.Cette attitude vis-à-vis de la folie était en rapport avec une conception théocentrique de tous les aspects de la vie, et la grille de lecture religieuse avait le pas sur toute autre compréhension possible de l'existence.À partir du XVIIe siècle, les choses se sont modifiées et l'élimination du fou a pris un caractère plus social.Il est alors regroupé avec tous les autres éléments non productifs et non délinquants, non utilisables par l'Etat (ce monstre naissant).Il se trouve éliminé dans le cadre d'un renfermement général qui s'est mis en place pour cette catégorie de sujets au moyen d'une institution nouvelle à l'époque: l'hôpital général dont un exemple célèbre est l'hôpital de la Salpétriére à Paris.Se retrouvaient là les infirmes de toutes espèces, les orphelins, les enfants abandonnés ou perdus, les débiles, les fous, les filles-mères rejetées par leur milieu, les prostituées, bref les déshérités, les incapables et les laissés-pour-compte.Tout ce beau monde était regroupé de façon à ce qu'il n'échappe point au contrôle du Prince\u2026 Le stade suivant, le plus important dans cette évolution, nous conduit au XIXe siècle.À ce moment- là, sopère un tri dans ce lot de défavorisés et on 28 EEE te reconnaît des différences entre les «fous», les orphelins ou les lépreux, pour prendre ces exemples.Et les fous que l'on reconnaît formellement comme des «aliénés» sont pris en charge par un type d'institution différente d'un hôpital général et qui deviendra l'asile psychiatrique.Encore faut-il préciser que la clientèle de l'asile est mal définie et le type de déficience qui y conduit recouvre un spectre assez large.Mais enfin, le fou est officiellement distingué des autres marginaux et ainsi que tous les traités en témoignent, il est généralement considéré comme un «insensé».Cela veut dire que ce qui le caractérise avant tout, sans doute, c'est qu'il présente un certain nombre de manifestations au niveau de son discours, comme au niveau de ses comportements, qui ne sont pas compréhensibles à autrui.Il se meut dans un univers qui n'a pas de sens et lui-même en est dépourvu.Notons, néanmoins, que cette caractéristique d'absence de sens n'est pas exactement nouvelle; c'est la façon de la considérer qui l\u2019est: mais lorsqu'au Moyen Âge on tenait pour un possédé du démon un délirant quelconque, on tentait bien de fournir une explication à ce qui était incompréhensible et mystérieux.Et cette explication relevait de la démonologie.Au XIXe siècle, devant ces gens curieux et bizarres qui disent «n'importe quoi», on trouve aussi une explication d'ensemble pour rendre compte du phénomène; on ne comprend toujours pas ce qui se passe avec les intéressés, mais on pense que, puisqu'ils sont ainsi, c\u2019est qu\u2019ils sont malades et on reconnaît que leur esprit est en proie à un certain nombre de troubles qu'il s'agit, dans la mesure du possible, de répertorier.En un mot, et c'est une nouveauté considérable, on considère le fou comme un 29 VUE ua r - at EERE ER MA An UT ps - Pr a TTY rea, pe Or d 3 pair sen rod VI 2d) \u201d; Ne A 7 .7 v Xa Boars d Eh: RPC i + HATE \"ar Serres gee ore ol are - RT A ER Pads a Tn A A AS LN ES NS ro ra aa ral Te rm P= str reps EI .fr ot REA malade.Et, puisqu'il est malade, il est légitime de le soigner.Mais l'important à ce stade est de réaliser que le concept de maladie mentale émergeant est une explication proposée pour situer une catégorie particulière d'individus qui ne se trouve pas dans le «mainstream» de la vie sociale.Donc, les fous sont des malades., mais ce qu'ils disent et font reste toujours aussi incompréhensible et énigmatique.On croit savoir ce qui leur arrive, mais on ne les comprend toujours pas et on ne parvient toujours pas à communiquer avec eux.Le fait d'avoir considéré le fou comme un malade mérite que l'on s'attarde un instant.ll en aura en effet résulté des conséquences capitales qui sont aujour- d'hui encore tout à fait d'actualité.Et d\u2019abord que le sort de ces individus particuliers a été confié au corps médical.Cette responsabilité est maintenant partagée dans une grande mesure, mais elle demeure entière.C'est un fait d'une indéniable importance, au plan de la philosophie sociale comme au plan proprement politique de l'organisation de la santé, et plus singulièrement de la santé mentale.Ensuite, il convient d'appeler l'attention sur les importantes conséquences scientifiques qui auront découlé de ce mouvement.Au XIXe siècle, il s'est produit, sur ce plan, un événement majeur qui est à l'origine d'un débat qui se poursuit pratiquement tel qu'il était voici un siècle: cet événement a été la découverte des lésions organiques responsables des manifestations mentales de la syphilis nerveuse.|| s'agit d'une démence qui survient au terme d'une évolution morbide, et les médecins de l'époque ont pu triomphalement annoncer que si les lésions d'une démence particulière pouvaient être individualisées, il devrait, par la suite, être possible 30 d'individualiser les lésions organiques de toutes les démences.À mesure que la biologie a fait des progrès, cet espoir a été entretenu, et on voit toujours des psychiatres et des «scientifiques» courir après les troubles biologiques qui expliqueraient enfin tous les troubles psychiques.Bref, une conception tres medi- cocentrique de la pathologie mentale (et une organisation sociale et sanitaire qui y correspondent) a été le résultat (par bien des côtés très heureux et bénéfiques.) de cette démarche de l'esprit d'un temps qui a consisté à trouver dans le fait pathologique la clé qui ouvre la compréhension de ce phénomène très vaste et complexe qu'est «la folie».Néanmoins, cette explication donnée à la folie a rapidement trouvé ses limites et tous les traités psychiatriques un peu anciens expliquent à longueur de rubrique que ces malades- là demeuraient des «aliénés», c'est-à-dire des gens «autres» avec lesquels on ne pouvait communiquer avec le langage commun, et que leurs caractéristiques premières étaient l'incompréhensibilité, la bizarrerie et l'énigme.Pour les grands auteurs du début du siècle présent qui ont individualisé le concept, le schizophrène c'est d'abord et avant tout un être incompréhensible.et c'est à ce niveau, et à ce propos justement, que la psychanalyse apporte une nouveauté radicale et que Freud peut être considéré comme un grand novateur.Son travail le conduit en effet à formuler les deux hypothèses de base sur lesquelles repose toute sa construction théorique.Notons d'ailleurs, que le but de Freud n'était pas de construire une théorie nouvelle.ll y fut conduit, mais son point de départ était simplement d'être plus efficace avec ses patients.|! n'est donc pas exagéré de dire que la psychanalyse a 31 IY LS Able tt >.ti IBS aa re 8 ue AE En.Es ROSE EE CELA LE CEE TE ESPN NE Ll RC THT RTE PUS ses EL ea tetes Va nd ER EE A ee SO EEE ES Jakob 29 ah cie x 2 et lid ad El icing Fabio Ll TR py ERB or i A TL ATR Tent AA ARS SO, Ty CE Ey SIRE dn auf ei FT oF Rll RY CIR SIR ler ov \u201c2e p : Ç WF ITE RE PE = 3 HE _ ee ee =, SP 00e 0 ES a a a re MEES Ti a ae rv righ pyri RR STR IE TRA PR RY TRE été enfantée par un espoir purement thérapeutique.Freud découvre donc que certains de ses patients souffrent de souvenirs oubliés (refoulés) et, pour expliquer les phénomènes auxquels il est confronté, il formule ses deux hypothèses fondamentales qui sont: 1.il existe un inconscient; 2.il existe ce qu'on appelle une causalité psychique.La première de ces deux hypothèses ne requiert pas ici de longues explications.Elle se définit d'\u2019elle- même (encore que les conceptions relatives à la nature de l'inconscient soient diverses!).La seconde, par contre, mérite quelques précisions et est moins connue du public.Dire qu'il existe un phénomène de causalité psychique revient à dire qu'aucune manifestation de la vie psychique n'est isolée ou sans lien avec quelque chose» qui précède, même si ce «quelque chose» n'est pas conscient.Autrement dit, il n'y a pas de solution de continuité dans la vie psychique et la discontinuité n'est qu'une affaire d'apparence.Un exemple: brusquement, sans raison apparente, une idée vient à l'esprit.On ne sait pas pourquoi.Mais, selon la causalité psychique, il y a une raison à cette pensée précise à ce moment-là; mais cette raison échappe à la conscience.Dès lors, le problème sera d'établir la raison de la pensée qui surgit on ne sait d'où, d'en déterminer la cause, d\u2019où le terme de causalité psychique.Notons ici que d\u2019un point de vue épis- témoiogique, la démarche psychanalytique s'inscrit dans le droit fil de la pensée médicale scientifique, dont les principes sont bien connus et que l\u2019on peut résumer de la manière suivante: on observe des phénomènes; on émet des hypothèses destinées à les 32 à: DER EEE) PPT REC PITY Sr ST 0 OCRTPEOE vu RTE pad Ve FRR YI PIETY A UNV PRITIAY wy 4 OTH dl TR RPL Hh # A.AJ AE » A TR .ae 561 68 ; RaSh cor at Rit ca MS expliquer (à leur donner un sens!); et le travail qui s'en suit a pour but de confirmer ou d\u2019'infirmer ces hypothèses.C'est ainsi que procèdent les analystes et c'est aussi une des raisons pour lesquelles on peut attribuer à Freud tant de propos contradictoires.Les «contradictions» ne sont pas autre chose que les reflets de ces vérifications dans une démarche dialectique.La psychanalyse donc est fille d'un projet thérapeutique.Voyons comment se présente maintenant ce projet en examinant tour à tour différents aspects de cette fonction thérapeutique.Le premier de ces aspects concerne directement le retour à la conscience de ce qui en est exclu.C'est l'aspect le plus ancien, celui par lequel Breuer et Freud ont commencé leur entreprise.L'origine de cette approche est un échec.En 1880, comme maintenant, on cherchait, auprès des spécialistes «des nerfs», des traitements pour les «troubles nerveux».C'est ainsi que se definissaient les hystériques qui présentaient des symptômes de conversion se situant dans la sphère neurologique.Le plus souvent, il s'agissait de troubles mal systématisés comportant, entre autres, des paralysies.Les différents moyens thérapeutiques employés à l'époque étaient surtout remarquables par leur inefficacité ou par leur effet très limité dans le temps.Et Freud a cherché autre chose.Or, il avait remarqué que certains de ces patients, en état de transe hypnotique, faisaient état de souvenirs se rapportant à des scènes (le plus souvent il s'agissait d'événements sexuels) dont le patient n'avait plus aucun souvenir en temps normal.Il en avait conclu un lien de cause à effet et conçu l'idée que les symptômes hystériques 33 Ge NY SH LR i# PE SRE NRE a EE Er re ae de récit [Age _ yup.or = bata br gai pa Or Farmer = 2e pea Ta Rr par vb EA a rR \u2014_ poy prey oo a rel PATE Yup] \u2018NTE RO TO etaient en quelque sorte une représentation de ces scènes «oubliées», c'est-à-dire refoulées.Et il avait pensé qu'en ramenant à la conscience le souvenir des scènes en question, les symptômes «neurologiques» qui les représentaient n'auraient plus leur raison d'être et disparaîtraient.Et de fait, c\u2019est ce qui se vérifia dans un certain nombre de cas.La révolution psychanalytique était commencée et comportait cette proposition qui nous paraît maintenant banale, mais qui était stupéfiante à l'époque: les symptômes voulaient dire quelque chose; ils étaient des éléments d'un langage; ils avaient un sens.D'une façon très concrète, on comprend bien que si l\u2019on fait disparaître un symptôme- maladie, en le remplaçant par un discours verbal et un vécu affectif, on a fait une oeuvre thérapeutique.Mais cet aspect de la fonction thérapeutique n\u2019est pas si simple et il comporte quelques implications non négligeables.Dans la mesure où le symptôme physique (ou mental) n'est pas considéré comme un élément d\u2019un langage, ce à quoi il renvoie est soustrait à la communication avec autrui.Lorsqu'un enfant dit qu'il a peur, on peut communiquer avec lui au sujet de ce qui lui fait peur et élaborer avec lui des mesures adéquates pour en surmonter la cause.Mais, si au lieu de vivre sa peur sur le plan mental, il a «mal au ventre», on aura beau soigner son ventre, on ne l'aidera pas avec sa peur.Or, la pathologie mentale est aussi (et peut-être surtout) une pathologie de la relation et il n'est guère compliqué de comprendre qu'on se sent mieux quand on est compris et que les difficultés sont partagées; que l'isolement est rompu.Ramener au langage commun ce qui n'en fait plus partie, c'est ce que réalise (ou devrait réaliser) en premier lieu la psycha- 34 - - - me cw ow weve op Bow \u2019 - mA\" = + ae - A.EE si ti (NY Sh IRR | ee JRE 007 immer sR pM pov nalyse.!! y a là un côté «retour d'exil» qui découle d\u2019une proposition thérapeutique qui postule que tout a une signification susceptible d'être mise à jour.Et c'est a propos de cet aspect de I'analyse qu'on est fondé de parler d'une anthropologie psychanalytique et que la psychanalyse a largement débordé le cadre de la médecine \u2014 ou de la pathologie.Prenons un exemple: traditionnellement, un enfant non reconnu comme déficient avait toutes les chances d'être considéré comme ün paresseux, et d'être traité comme tel, si ses performances scolaires étaient mauvaises.Par bonheur, cela peut encore se produire mais, dans les temps présents et dans notre civilisation industrialisée et occidentale, un tel enfant a aussi de bonnes chances d'être interrogé sur ce qui le tracasse ailleurs et qui vient gêner sa performance scolaire; autrement dit, l'on considère que sa paresse-symptôme est un message à décoder.Et si on y réfléchit, c\u2019est toute la conception du monde, des valeurs morales et des rapports entre les hommes qui bascule dès lors qu'on se situe dans une telle perspective.|| faut désormais «comprendre» les délinquants et même les criminels; les paresseux; ceux qui ne réussissent pas et ceux qui réussissent trop bien; les fous; les femmes au foyer qui se dépriment, etc.C\u2019est infernal! Tout a un sens! «lis ne se doutent pas que je leur apporte la peste.», disait Freud en 1908 a son arrivée aux U.S.A.Ce qu'il importe de voir ici, c'est que se situer dans une démarche thérapeutique qui consiste à chercher le sens des symptômes place le thérapeute et tous ceux avec qui il vit dans un monde très modifié par rapport à une réalité dont les éléments sont immanents, fixes, «donnés» et sans signification.Et on comprend bien pour- _ 35 ei ratèchi ts fans air NT quoi aucun régime politique totalitaire ne peut tolérer les psychanalystes! Et on comprend aussi pourquoi la préoccupation majeure de ces derniers, dans leur travail, concerne ce que l\u2019on appelle «les pensées latentes» qui sont ces éléments de la vie psychique remplacés par les symptômes, lesquels devraient disparaître lorsqu'ils reviennent au niveau du discours conscient.Tel est le premier intérêt de la psychanalyse sur le plan thérapeutique.Mais si les ambitions premières de ce traitement étaient de ramener à la conscience ce qui en avait été refoulé dans la perspective que nous venons d'\u2019indiquer, tres rapidement, la pratique a mis à jour des aspects nouveaux à l\u2019action thérapeutique.Freud s\u2019est ainsi aperçu très vite qu'il existait une dimension proprement économique à la maladie et au traitement.Il s'agit d'économie psychique bien entendu et, plus pré- cisement, de l\u2019économie des énergies pulsionnelles sur le plan psychique.Ceci veut dire que pour qu\u2019un refoulement soit effectué, il faut que l'appareil psychique fasse un certain travail et celui-ci consomme une certaine quantité d'énergie psychique.De même, pour maintenir le refoulement, il faut en permanence que le sujet y «investisse» une énergie appropriée.Or, à partir du moment où le refoulement est excessif ou inadéquat, comme cela se produit au cours d\u2019un processus névrotique, l'appareil psychique se trouve privé de l'usage d'une partie d'énergie qui est «liée» à une tâche indue.Il s'en suit une diminution de la vitalité du sujet \u2014 et de fait la fatigue ou l'impression que les performances sont en deçà de ce qu'elles devraient être, fait partie de tout tableau névrotique.Il en dé- 36 coule qu'en libérant le sujet de refoulements inappropriés, on lui restitue l'énergie qui devient disponible pour mieux vivre.C'est un autre des effets thérapeutiques de la psychanalyse que l'on désigne sous le terme de «libération des énergies liées».Naturellement, cette libération d'énergie pulsionnelle (que l\u2019on appelle aussi du mot «catharsis») ne se fait pas n'importe comment mais au moyen de la parole.Une des critiques les plus fréquemment entendues au sujet de la thérapie analytique, est qu'elle se limite à des mots.Et de considérer que c'est insuffisant, que «parler n'y changera rien», etc.Or, justement si! Nous avons appris avec la psychanalyse, qu'au moyen de la parole on obtient des décharges pulsionnelles et que dans une large mesure, parler c\u2019est aussi agir.Il n\u2019y a rien là d\u2019ailleurs qui soit de nature à faire violence au sens commun, et chacun sait \u2014 qu\u2019on prenne à nouveau un exemple \u2014 comment les adolescents s\u2019octroient des gratifications au niveau de leurs puisions sexuelles en parlant.Ou encore, on dit: «j'avais ça sur le coeur, fallait que je le dise!.», «ça fait du bien d'en parler.», etc.Autant de phrases usuelies qui désignent le processus d'action par la parole qui fait partie du déroulement analytique.Ceci nous conduit à envisager encore une autre facette de la valeur thérapeutique de la démarche psychanalytique.Dans le cheminement analytique, le sujet est arrêté par des noeuds conflictuels, des problé- mes, comme on dit.Et tant que le problème n'est pas résolu, l\u2019analysant sera comme au pied d'un obstacle qu'il n\u2019a pas franchi.Pour aller plus loin, il lui faudra effectuer un travail que l\u2019on appelle perlaboration 37 T ip ut v NER NNER EA SS 2) EY: RE HN ES ET HOHE pes i < Bs i: a (working through).Ce travail n'est pas I'apanage ex- M clusif de la psychanalyse et c'est ce que chacun fait A peu ou prou spontanément dans l\u2019évolution de son exis- a tence.Mais les conditions du déroulement de l'analyse Le en font une occasion très privilégiée de la perlabora- w tion.Il n'est guère possible ici d'entrer dans des détails techniques et théoriques pour expliquer en quoi cette perlaboration est un des chemins obligatoires de l'action thérapeutique.La notion centrale ici tourne autour du /abor, du travail et nous allons avoir recours à une comparaison se situant dans un autre champ d'\u2019activités pour éclairer de quoi il s'agit.Lorsqu'un musicien se trouve en présence d'une partition nouvelle qu'il va apprendre, celle-ci est d'abord comme un objet étranger par rapport a lui.C'est un objet qu'il lui faudra maîtriser en répétant d'innombrables fois les phrases musicales qui la constituent.Cela s'appelle d'ailleurs travailler une partition.Et au terme de ce travail qui est une perlaboration, ce qui était étranger au musicien ne le sera plus, mais fera partie de lui en quelque sorte.Il aura intégré quelque chose de nouveau dans son système psychique (au niveau du moi) qui sera ainsi enrichi et renforcé.Et plus le répertoire sera vaste, plus le musicien sera considérable.Il en va de même pour les représentations conflictuelles qui sont les problèmes à surmonter.Au terme de ce travail particulier, effectué en analyse, le sujet n'aura pas seulement levé des refoulements et appris des choses sur lui-même; il n'aura pas seulement libéré des énergies et agi des pulsions; il aura aussi enrichi son moi grâce à son travail, à la manière du musicien.Et par ailleurs, c\u2019est une lapalissade de dire que plus un moi est fort, plus le sujet est en bonne santé.38 ST POTRIPT RUE ely PIE TOUTE \u2018YY NYY NRT POPC ; RSEIES SORT ow F VPRIIAVOY rp we pre iss 4 POE OUR rh hh.co IRE gn vod a 1 .bo vide Can TTT PEN L'action de la psychanalyse s'apprécie encore à un autre niveau.C\u2019est le dernier «volet» thérapeutique que nous envisagerons ici et il requiert quelques propos préliminaires.Pour qu'un organisme vivant, quel qu'il soit, puisse se développer, il lui faut surmonter une certaine opposition et il n'est pas exagéré de dire que la vie n'existe qu'au détriment de ce qui s'y oppose.Ceci est une manière de dire qu'il existe, de façon inéluctable, une persécution fondamentale.Et une des tâches de chaque individu, au cours de la vie, est de s'en arranger.De même qu'une autre tâche fondamentale consiste à assurer son individuation tout en maintenant la communication avec le monde externe du non-soi.Ce par quoi la persécution sera contrebalancée d'abord, puis surmontée, est l'aptitude à repérer dans la réalité externe les éléments qui ne sont pas porteurs de persécution, mais au contraire source de gratification.Cette démarche effectuée par l'appareil psychique consiste à opérer une discrimination et, dans le développement psychique humain, c'est à ce niveau que se trouvent les embryons de la pensée.Le premier acte de la pensée est une sélection de ce qui est persécutoire de ce qui ne l'est pas.Les vicissitudes de la vie psychique, à ces stades précoces où se situent ces mécanismes archaïques, ont été davantage étudiés par des auteurs comme Karl Abraham et Mélanie Klein que par Freud lui-même.Mais maintenant ces aspects sont mieux connus et sont d'un grand secours dans l'abord psychanalytique des maladies mentales les plus graves: les psychoses.Le développement psychique donc passe nécessairement par la capacité de distinguer ce qui est per- 39 Cs (rT re Airgas oars yy wr ove 2 x Rare rte r= nares TT patra sir pbc Naber [perma Yura ~ ph = - - ~ Dr A iy mg sheer Spe rt APY urd et irr J Era TAC Aya AR ApS Spt arn pere pre eo \u2014 um rage ei re pat cap arin Ty Ea A a Lo Ar MAT Seo A TS or for nap wea aCe Sn wa r+ a Diy > = 2 5 \u2014\u2014 a ly wily ft deh rT ap ES = +5 SPS, FRIIS - ~ \u2014 _ AA ee ee eo apn A nA nary py ad pt aay py C04 ye Ce SECRET - = ren ty \u2018 A 2.} = Cd aanialion.Sue pantie ABHONCGNGE Beno a ati tb SRY EE TT NI a TA NES AR NA RL TG TH OO NEARER LENO OINAR ABHOR RE HR IONE sécution de ce qui ne l'est pas, et c'est grâce à ce clivage fondamental de la réalité externe (à ne pas confondre avec le clivage du moi) que le sujet va pouvoir développer son aire de relation avec le monde.Un des aspects des psychoses graves, et en particulier de la schizophrénie, est que la réalité n'est jamais vraiment clivée et qu\u2019elle reste fondamentalement persécutrice.Dès lors que la réalité externe est porteuse de gratifications, celles-ci peuvent être internali- sées dans le mouvement d'ensemble des identifications structurantes.Et c\u2019est à ce niveau que la relation analytique est potentiellement du plus haut intérêt thérapeutique.Voyons, en effet, la règle fondamentale de son déroulement.Il y a en présence un analyste et un analysant.Le premier signifie au second qu\u2019il lui est loisible de dire, sans aucune restriction consciente, ce qui se passe en lui.On ne peut imaginer dans une vie sociale de moyen plus radical pour signifier a I'analysant que tout ce qui se passe en iui est digne d'intérêt, que rien de ce qui est de lui n'est à éliminer.I! nous semble que c'est ainsi qu'il est possible d'approcher ce qu'a été la relation satisfaisante entre une mère et son bébé.De cette manière, l'analyste, et le cadre mis en place pour le fonctionnement analytique, sont très nettement isolés-individués dans la réalité du patient.La séance d'analyse devient un moment très singulier qui ne ressemble à rien d'autre.Il s'établit un clivage entre l'analyste et le reste de la réalité du patient et, dès lors, il dépend d'une bonne technique et d'une bonne compréhension de ce qui se passe au niveau de l\u2019analysant pour que toute cette procédure devienne un point d'appui essentiel dans la capacité du sujet à s'assurer des gratifications.Ceci est rendu possible par une 40 \u2014_ eee ane, pre sorte de dialectique relationnelle.Une identification se fait lorsqu'un sujet prend un ou des attributs de quel- qu\u2019un d'autre et les fait siens.|| les prend en lui.Dans des conditions normales et lorsque tout marche bien, ces derniers sont structurants et «bons».Mais le sujet n'internalise pas seulement le bon.Il internalise aussi ce qui ne l'est pas, ce qui est négatif, ce qui est mauvais.Lorsqu'il n'y a que des éléments persécutoires dans le vécu du sujet, c'est cela qu'il internalise seulement.Et par voie de conséquence, il se sentira porteur essentiellement d'aspects négatifs ou mauvais.C\u2019est de cela qu'est faite l'absence de confiance en soi.Dans une relation analytique satisfaisante, tout finit par se passer comme si le sujet pouvait se dire ceci: «Puisque je puis tout exprimer, ce qui est en moi est recevable, donc acceptable, donc bon.L'analyste qui permet ce vécu est un être tolérant qui s'intéresse à moi.En ceci, et pour ce qui est de moi, il est bon.Il est l\u2019opposé de ce qui est la persécution et, en ce sens, il est clivé de ce qui est source de persécution, etc.» Et dans ce mouvement relationnel, ce qui est proprement thérapeutique procède de la capacité que le sujet développe à partir de la confiance en lui, à gérer une part toujours plus importante de la réalité.C\u2019est là une façon de définir la bonne santé psychique et par conséquent, de reconnaître que la psychanalyse est porteuse d'une finalité thérapeutique.Il reste maintenant à expliquer brièvement comment ceci se fait.Tout le monde sait plus ou moins comment se déroule une séance d'analyse.Sur le plan matériel, le patient est détendu et allongé et l'analyste est assis hors de sa vue, de façon à ne point interférer 41 BIS, Ra: Qed RATA RAR) .% \u2018 wt A Ae Wh BEER A ae A sata A Tei ta al sean avec le type de discours qui prévaut en analyse: le discours associatif.|| s'agit d\u2019un discours où la logique formelle a moins d'importance que l'expression libre et spontanée de ce qui vient à l'esprit de l'analysant dont la tâche consiste à dire le plus de choses possibles en se censurant le moins possible.Mais on ne comprendrait rien si on ne prenait pas la peine de préciser ce qu'il en est de ce que l\u2019on appelle le transfert et le contre-transfert.Les idées se rapportant à ces deux notions ont beaucoup évolué au fil des années et, à ce jour, elles ne sont pas fixées.À l\u2019origine, Freud était tout occupé à ramener à la conscience les souvenirs traumatiques refoulés qui étaient, croyait-il, à l\u2019origine des symptômes morbides.Mais il fut assez vite dérangé par le fait que ses malades développaient pour lui des sentiments qui n'avaient pas leur place dans une relation médicin-malade convenable.De cette réalité, décrite et rapportée par Freud, a résulté une conception erronée et tronquée qui réduit le transfert à une «relation affective» positive ou négative, survenant entre le patient et son thérapeute en cours de traitement.Mais les choses sont un peu plus compliquées et ce que le transfert désigne est en fait une répétition.Chaque individu (un peu comme s'il se «programmait») fonctionne de manière plus ou moins répétitive, avec un stock de fantasmes conscients et inconscients limité.Et un registre affectif qui l\u2019est également.Et quelles que soient les circonstances, les éléments constitutifs de la personnalité vont toujours réapparaître.L'introduction dans la relation avec l'analyste de ces éléments fonde le transfert qui n'est donc pas autre chose que la répétition avec l'analyste des schémas relationnels qui sont ceux du patient.De plus, 42 lorsque ces éléments répétitifs s'organisent pour former un système relationnel, on parle de névrose de transfert.Et c'est en analysant, dans la relation, de quoi est fait le système relationnel du sujet, que l'on mettra à jour les éléments cachés et les fantasmes inconscients.En définitive donc, l'analyse c'est l'analyse de la relation concrète et actuelle avec l'analyste.Et on comprend dès lors sans peine la nécessité pour l'analyste d'être aussi discret et neutre que possible.Prenons un exemple et imaginons un cas idéal avec un analyste réellement neutre dont le patient ne sait rien.Tout ce que ce dernier dira de l'analyste sera donc le reflet de son imaginaire.Et au cours d'une séance le patient va reprocher amèrement à son analyste de se moquer de lui, d'être froid et sévère et de le traiter avec mépris.Étant donné que l'analyste n'aura effectivement rien manifesté de ses propres sentiments, tout ce que vient de dire le patient est imaginaire et se rapporte à une expérience vécue ailleurs antérieurement, qu'il imagine se répéter dans la séance.Et il sera possible dès lors de montrer au patient ce qu'il vient de faire et les idées qu'il transporte avec lui, dans sa tête.Par contre, si l'analyste se manifestait dans la réalité, était «gen- tib» avec le patient, ce dernier ne pourrait même pas imaginer librement à son propos.D'où le caractère socialement très particulier de la relation analytique, et les fantasmes qui circulent pour figurer les analystes comme des gens très à part, tantôt bizarres et ridicules, tantôt tout-puissants et au-dessus de toutes les contingences.Et, pour en finir avec cette question, c'est l\u2019analyse du système transférentiel, méthodique, concrètement perçu, qui va permettre à l'analyste de révéler au patient ce que ce dernier ne sait pas sur lui-même.43 N) TI EEA 131 REY: ; tara RL GA LEAN Naturellement, le psychanalyste devra opérer une sorte de sélection dans les propos du patient pour dégager une signification.Et comme il n'est pas un magicien, il est obligé d'avoir recours aux éléments symboliques présents dans le discours du patient.Mais il est un autre élément qui a été relativement négligé jusqu'à une époque récente: c'est l'ensemble des fantasmes, des sentiments, des vécus qui sont induits par le patient chez l'analyste.C'est ce qu'on appelle le contre-transfert.Ici encore, donnons un exemple: au cours d'une séance «ordinaire», alors que le patient associe tranquillement, l'analyste se met à éprouver un sentiment d'irritation intense.Étant donné qu'avant la séance, et dans sa réalité personnelle, rien ne vient justifier ce sentiment, il est fondé à le considérer comme relié à ce qui se passe avec le patient.Et c'est ce sentiment qu'il aura repéré au- dedans de lui-même, qui lui permettra, par exemple, de donner une valeur agressive à des propos qui auraient pu, après tout, être compris autrement.Ce qui importe, c'est de comprendre que le contre-transfert va servir de fil conducteur à la compréhension du discours associatif du patient.Nous espérons avoir montré quelques-unes des raisons qui justifient que l\u2019on attribue à la psychanalyse une finalité thérapeutique.Parce qu'elle se propose d'informer le sujet sur lui-même, en lui révélant des aspects inconscients de son psychisme; parce qu'elle ramène à la communication langagière ce qui en est exclu; parce qu'elle devrait assurer une meilleure décharge pulsionnelle; parce qu'elle introduit le sujet qui s'y prête à un travail mental enrichissant et 44 qui renforce tout le fonctionnement psychique; parce qu'elle constitue l'occasion d'une relation unique, dont le sujet devrait concevoir qu'il est raisonnable d'espérer, au lieu de s'attendre au pire dans la relation avec autrui, etc.Et pourtant, cette valeur thérapeutique de la psychanalyse est chaudement disputée, à l'intérieur comme à l'extérieur du monde psychanalytique.|! n'est pas possible, dans le cadre de cet exposé, de faire une étude exhaustive de ces discussions.Disons, néanmoins, que certaines critiques faites à la psychanalyse sont parfaitement légitimes, tandis que d'autres relèvent de la mauvaise foi ou de l'indigence intellectuelle et culturelle.Parmi les critiques fondées, il y a qu'il est difficile d'évaluer son efficacité.C'est vrai.Mais, il y aurait beaucoup à dire sur la notion d'efficacité dans les sciences humaines.D'abord, à notre avis, il s'agit d'un domaine qui se prête mal aux évaluations rigoureusement exactes et la statisticomanie qui tient lieu de pensée que l'on voit ici et la n'y changera rien.Ensuite, l'analyse ne fonctionne pas à la manière d'une intervention chirurgicale, avec un avant et un après et pas de «pendant».L'analyse est un processus évolutif qui s'intègre à la vie, et il est difficile de distinguer ce qui revient à une action proprement analytique, de ce qui se serait déroulé heureusement sans analyse.Et, à ce propos, un éclaircissement s'impose au sujet des indications.Il n'y a pas d'indication formelle.Celle-ci est déterminée par le sujet lui-même.Ceci peut parai- tre extravagant, mais ici encore un exemple nous permettra de mieux comprendre: soit un sujet qui présente un symptôme banal, une insomnie.Face à ce 45 ae ES 1 mette 0 4 0 0 VO ra Ta TG aly k 3 ea A NPs te \"ATR SRR Sota =a LEIA os YTS Te a { cat æ- - or -\u2014 ~~ - Tov AE ~The.mg Fe pT A A A A AE CEE symptome, le malade peut tenir a son médecin deux types de discours opposés.Le premier consiste à dire: «Docteur, je ne dors pas.\u2026, faites-moi dormir.Les raisons de mon insomnie ne m'intéressent pas; je veux dormir pour être dispos et pour pouvoir fonctionner normalement\u2026.» Tandis que le second discours serait plutôt: «Docteur, je ne dors pas; quelque chose en moi me gêne et m'empêche de dormir.Je voudrais bien savoir ce qui m'entrave de la sorte.» Dans les deux cas, le symptôme est le même, mais l'attitude du patient, vis-à-vis du symptôme, ne l\u2019est pas.L'insomnie du premier patient n'est pas une indication d'analyse, tandis que l'analyse va probablement constituer la reponse adequate a l'insomnie du second.Ce flou, quant au résultat et aux indications, est une source de critique légitime, encore qu'une observation attentive permettrait de constater qu'il en va plus ou moins de même dans tous les secteurs de la médecine.Par ailleurs, la psychanalyse évolue aussi, et à mesure que l'on apprend plus de choses sur le fonctionnement psychique, on est en mesure d'aider efficacement certains patients que les analystes ne pensaient pas pouvoir prendre en considération autrefois.Et puis les analystes eux-mêmes ont prêté le flanc à bien des critiques.Là encore, nous n'entrerons pas dans les détails.Mais, dans certains milieux culturels et à certains moments, la psychanalyse a été bel et bien utilisée comme un instrument pour asseoir une dominance sociale.Si Molière était notre contemporain, il n\u2019est pas douteux que c'est dans certains cercles psychanalytiques et universitaires qu'il aurait trouvé son Diafoi- rus, ses Femmes savantes et ses Précieuses ridicules.46 VTT ETT FT LPI Tt TU Sr STOTT TILE NITY RI DL Po A RTH PN SPE FV RRA VIN TRY 17 IL LPS VC) at aot wo po rcs tne = per ce Et puis c'est vrai aussi que les analystes ont participé pleinement à cette réalité du temps présent qui veut que toutes les finalités soient mal définies.Curieusement, tout se passe comme si on savait d\u2019autant moins à quoi sert l'analyse, qu'on l'utilise dans de nombreux domaines qui vont de l'analyse littéraire ou artistique aux entreprises thérapeutiques, en passant par la pédagogie et l'anthropologie sociale.Et finalement, comme pour se garder les mains propres et s'épargner l'effort de poser le problème de l'utilité sociale de l'analyse, certains semblent s\u2019y intéresser pour elle-même, en elle-même, un peu comme s\u2019il s'agissait d'une chose sacrée qui n'aurait pas à répondre aux interpellations des finalités sociales.De ia sans doute provient le caractère mystificateur et hermétique de certains textes et de certains propos.Mais là comme ailleurs, il y a des déviations.Par ailleurs, poser un problème n'est pas proposer une solution.Il nous semble qu'en la matière, l'important est de poser les problèmes et de les garder présents à l'esprit.Enfin, un dernier commentaire s'impose.Étant donné la nature de l'activité psychanalytique, elle ne peut pas ne pas susciter des oppositions.Et ce refus ne procède pas seulement d\u2019une espèce de pudibonderie morale qui voudrait que les choses soient claires.Certes, on ne peut accueillir sans résistance des informations qui viennent bousculer et parfois démonter toutes les idées sur lesquelles repose la paix sociale.On ne peut rester indifférent en apprenant que les héros sont aussi des monstres sadiques, que les mères veulent aussi détruire leurs enfants, que ceux-ci sont aussi l'objet de la convoitise sexuelle des parents, que les 47 TERA i AT IR pe RT ea -4 KN id pel PIR A RPO PAPI CF ok Le J BIR «vpn.vas 97 -. na 2-32 py oe ag a Top.Ep =a eg rob oa SR Py TE pL Pe Fr ear Sr pS pp Py Erg = Tw a mi ho th pi\u201d pom pip PN nb ola a S A vr = SETI = gu x ESET aE ETES SOARES Ze er pho parry bop pra pop pir adi yl Cw 5 Po NAA Tt EE [oe bd ere ria Satie Sor pal bh) as Ed use pb >, - ee - Dear ar Se A ar = ar a \u201cA : Ar eee is - ne 0e me ~ __ 2 But CAE meilleures idées sont aussi l'expression de pulsions moins avouables, etc.Mais ceci est le côté moral de la résistance.Or les valeurs morales changent et cependant les résistances demeurent.En fait, le problème est plus général et il faut bien reconnaître que ce qui vient mobiliser l\u2019opposition à la psychanalyse tient au fait que celle-ci ne cesse d'apporter de nouvelles informations relatives a toutes les situations humaines.Dés lors, un paisible équilibre n'est plus guère possible et ce n'est pas par hasard si les braves gens s'en prennent aux psychanalystes pour les accuser d'être responsables de la recrudescence de la criminalité par exemple (nous prenons cet exemple pour l'avoir vécu!).Tout système (y compris le système analytique évidemment) se donne pour finalité de survivre.C'est-à-dire de maintenir son niveau de structure.Et tout système résiste aux facteurs d\u2019entropie qui viennent le déstabiliser.Or l'information, dans les affaires humaines, est le facteur d'entropie le plus important (si non pourquoi les systèmes totalitaires seraient-ils aussi acharnés à monopoliser les moyens d'informations?), et il se trouve que la démarche psychanalytique ne cesse d'introduire de nouvelles informations.Elle est donc, par définition, un facteur d'entropie et a par définition une fonction subversive.À partir du moment où ceci est compris, le problème n\u2019est plus de récuser l'analyse, mais de poser les problèmes épistémologiques nouveaux qui résultent de la diffusion sans cesse étendue d'informations nouvelles.Et ceci étant dit, il faut bien remarquer que la psychanalyse fait partie de notre époque et de notre culture, comme la radio et la télévision, et il faut bien admettre que ce fait est plus souvent admis que niée_e#_#\u2014_>e_e 48 ag 0% 2 si LE: = D or wr \u2018Sh oR SN Ay PR [Pa Pedy a ey EN à coo \u201cdon a a Cr) of .9 AEH oa a 1 ça à La on Pi ir Br Rog TN cu Sah au.Papin ce SNS oo POM 4 re) Dat pre or tid \u2014 Oi ES ate.49 A o 7 TES rc \u2014 y és > eo, - gt - oe LER EE ES rE PR Pe PRE PA K EN LOL + ISR py oy: ys he arial Er ov DE ES abus 4 TN far or Pa Zs aa ea rs N TR EL eo PCA AS as Pacs re \u20140 ce Lu\u201d, = She cs Pape A RR ren IS Pind 48 pa 3 » ox > .: \"9 : \u201c4 A - Se cou Sr AT 5 - eu i Pash ES ne E Phd Claude Girouard De la substance 5 Professeur au département de philosophie ar a \u2014 ue po 4 - > - HTN RT RR EIU SL Get di AS IT] pT yg Ma CE x J} OP ENERGIE ZS Shp a aa «Aristote est l'inventeur de la logique formelle, c'est- â-dire de cette partie de la logique qui donne des règles de raisonnement indépendantes du contenu des pensées sur lesquelles on raisonne.» Émile Bréhier.L'attribution de catégories aussi générales que le genre, l'espèce, la différence, la substance première à des réalités aussi quotidiennes que l'homme, le boeuf, le blanc pose certains problèmes.«L'homme individuel n'est en rien plus substance que le boeuf individuel» (Aristote, Organon, traduction J.Tricot, Paris, Vrin, 1959, p.10).«Faute donc par ces substances premières d'exister, aucune autre chose ne pourrait exister» (/bid., p.9).Si aucune chose ne peut exister sans l'existence des substances premières, l'at- 50 preparer tribution des substances secondes aux objets individuels doit aussi être une attribution substantielle.La logique de l'identité postule l'existence d'objets individuels qu\u2019elle distribue par la suite dans un ensemble de catégories.La contradiction consiste à affirmer que l\u2019ensemble de catégories n\u2019est pas un objet individuel qui exigerait à son tour un nouvel ensemble de catégories dans lequel seraient inclus l'existence d'objets individuels et l'ensemble de catégories.Mais il faudrait un ensemble ||! de catégories pour classifier les deux premiers.\" Ce qui fait problème c'est l'existence sur le mode de l'identité individuelle de substances qui auraient à être distribuées dans un réseau de classifications.Le processus naturel d'accès à la connaissance renverse ce rapport.C'est l'émergence graduelie d'un réseau de catégories qui permet l'existence d'objets individuels.La psychologie de la forme nous a appris que connaître c'est percevoir une forme sur un fond.La phénoménologie de Maurice Merleau-Ponty explore les multipies variations possibles du schème formes-sur- fond.La psychanalyse de Freud montre que l'acquisition des connaissances chez l'être humain se fait en deux périodes distinctes.Pendant la période pré-oedi- pienne le rapport fond-sur-formes est dominant, dans la 1.ll est essentiel à la bonne compréhension du texte de questionner la logique de l'identité sur l'existence d'un hiatus entre des objets réels et un réseau de catégories qui en tant que réseau ne peut pas ne pas être réel bien qu'on puisse se demander si la réalité des catégories en tant que catégories est de même nature que la réalité des objets et du réseau.S51 ee 3 Be RIE PT UR, RY Tatts pL PPI Abe Sra yy yn a JIE meen, oar - oe an AN: le OY IRN nda LE EAA As SL TREE pa, Np eee es AJ + AEN i PSE ET hes Ly Er alle pe pe = > a.- Xorg] ry - me - \u201cTe Ie TAG AT a A rep en PP Pa ei yb i 1 Ce ST ee rte aa Es SE 2 Ey A Ee Et se Ee de 3 po x pre va PE ri AES AED a a A SI CL LI ry por pr roy pepe ES etes tH tt rabais ee ny > - Ce WT a er mo.~ ~ ; nA py = rd Sr SS y P r= pes - Tv re CTY Tp ; - ra = - = = ar rh st eg ay crie Denain a y 4 = oes Cry vv rE EEE ll pr esa oy BE aE RE reg a rat Tor ch pda pr : ee LE a RES SES EE EE ARS yi eb Tair me Tag cpl hd ia SNES BE oro RAGA ai pre EE EE dA Yar A) Mp or out drs pC Ya Spree MT pp?SL F = Seal oS I pa LEAL area ee pe = Pie Rie 3 A A FE A EE TE amor her arr as Rér ét és er A NE dora Or PAPAS brarate RAT PE A A [RAN h Es 3 om > = rT Ce tm peaapy=te foto atria yo £ Sein nro JT uns ita pri: Tap irra æ re ve paar pra ~ ~ - Ts aT a - = ~ ~~ - Tw ae - ~ = - - Cg prey rife nr day ay Tn 22 dau ze ane pe ge Tri ~~ ti ad a [REAR stabilisation post-oedipienne le rapport formes-sur-fond constitue le mode privilégié d'accès à la réalité.Ce qui signifie que l'acquisition symbolique liée a la deperdition sexuelle est encadrée par la structure conjugale binaire avant l'oedipe.La crise informationnelle oedipienne libère du noeud conjugal l\u2019ensemble symbolique de l'enfant en greffant son ensemble originaire sur l'ensemble symbolique social.Les trois phases sexuelles déterminent les grandes voies d'accès a la connaissance.Le brouillage oedipien fait table rase des categories originaires.L\u2019'en- culturation annonce que désormais le monde est ce qu'on en dit.Matériellement l'enfant est issu du corps maternel.Ses premières aptitudes perceptives se développent dans un rapport enveloppant-enveloppé ou en- globant-englobé.La réalité pour l'enfant, c'est le corps de la mere.Les choses réelles n'apparaîtront que dans le sillage de ces rapports mère-enfant.La fonction nutritive continue en la renversant la période utérine.Le rapport englobant-englobé devient englobé-englobant; la bouche est un utérus retourné, avec toutes les implications que ça comporte.Peu à peu, l'enfant apprend à se distinguer de sa mère.C'est dans cette séparation que naîtront le temps l\u2019espace, le sec l'humide, le chaud le froid, le dur le mou, l'aisance le malaise, le bien-être le mal-être, perpétuant la mémoire originaire de l'indivisibilité corporelle.Les objets individuels ne seront jamais que des obstacles à l'unité perdue; le discours que le remblai 52 ENN STIS illusoire d\u2019une promiscuité sonore; le monde même, le porte-à-faux d'un élan perturbé.Dans l\u2019activité orale l'enfant associe les premiers signaux qu'il émet \u2014 cris, pleurs \u2014 au corps de la mère comme quelque chose de chaud, de bon, d'accueillant.Suite à la castration orale l'objet originaire sera recherché dans des activités-substituts comme l\u2019exploration géologique, l'escalade de montagne, le ski, la spéléologie, la natation, reproduisant le bien- être utérin.La fonction de nutrition amène automatiquement la fonction de défécation.L'enfant apprend de sa relation mère-enfant à classifier sa première production.La matière excrémentielle est le second lieu en importance de rencontre entre la mère et l'enfant.Une attitude indulgente de la part de la mère entraîne nécessairement un climat de confiance face aux malaises ressentis à la suite du refroidissement des matières fécales.Un laisser-aller de bon aloi signifie à l'enfant que ce que son corps produit est quelque chose de naturel.Si la mère s'abstient de jugements de valeur sur la matière fécale, le corps de l'enfant en tant que corps producteur ne deviendra pas objet de conflit entre sa mère et lui.L'apprentissage de la propreté complète, qui ne peut se faire avant dix-huit mois, deux ans, subtilisera à l\u2019objet originaire des activités symboliques comme les pâtés de sable ou de boue, la manipulation de glaise, de plasticine.Des métiers comme la poterie, la mécanique, la sculpture, la peinture deviendront des activités productrices socialement valorisées.53 EE eee TE gt 3 SIR ie AE Re Eee SC SU Sot he ein COS RE EE Rta \u201d St hy pele EN = oii AER Sa) ATES, oa FT Phi Sl Tap sp pin aie Tati GHEY.ode ral Lh) a i Rp + -at AFRO pr pb ei CT NA wo sor pr wr - Yr - > La Eo ya pu PP aa lar rok ap ou po Sr este RO Feu mr\u201d Te et =.pr pe A \u2014 Lo \u201coar pry ry hh yur ip a aie) pe > Pa XLT am eo a - +5 ~~ ea Sarr a era tr A re\u201d oy 29e pcg ag ~~ \u2014 207\" ppm etl PER prpraabe Spr pr pr Sa 7 pre ae gulbs Ro ES SE A Pre MELLIN AE } Pre ~~ ee\" ES 2 05 Fee fr a \u2014\u2014 ee YS ge PY Ry hoe parer géant SE ru Fabri ast STI J tit safari] Patti prié PRE \u2014 =A Sry PCT) re pouce Comirbery samt pu Ie RYT a EFA = Ey lar ES EE pipe i ARN LH Reh PA.À Par contre si la relation mère-enfant est perçue à l\u2019intérieur d\u2019une morale et d\u2019une religion décadentes qui enseignent que le corps est quelque chose d'impur, de sale, de mauvais, les conséquences d'une telle attitude arriérée sont incommensurables.Une mère ignare, dénaturée peut aller jusqu'à faire manger son enfant sur le pot dans l'espoir sadique de lui inculquer le réflexe nutrition-défécation.Un apprentissage de la propreté qui ne se limite pas à empêcher l'enfant de manipuler ses excréments, qui n\u2019ont rien de repoussant pour lui, ne peut s'instaurer que sur le mode conduite réussie = récompense, conduite échouée = punition.L'association de la punition au fonctionnement normal d\u2019un organe fera de l'enfant un individu masochiste qui aura besoin de se punir pour justifier son activité corporelle.Si la punition est d'importance l'enfant deviendra sadique, maltraitant les autres pour justifier son sentiment de culpabilité.Regardons de plus près les implications de la transformation de la mère nourricière en mere nettoyeuse.Si la fonction anale provoque la colère de la mère ou une attitude négative, l'enfant conclura que son corps produit quelque chose de sale, de laid, de mauvais.L'enfant qui jusqu'ici a associé tout son bien-être à la mère n'aura que le choix entre l'inhibition de la fonction anale ou l'inhibition de la fonction symbolique.À cet âge l'enfant, incapable de contrôler ses sphincters, connaîtra une période de tension, d'angoisse car il a besoin de la mère nourricière et ne peut 54 supporter l\u2019image négative de la mère colérique.Ne pouvant inhiber la fonction anale qui fait venir la mere colérique, l\u2019enfant restreindra l'émission de signaux qui entraîne l'apparition de la mère colérique.Ne pouvant modifier son système de signes basé sur la positivité de la mère nourricière, l'enfant connaîtra une véritable crise de la fonction symbolique.Quelques signaux qu'il émette, il sait que l'apparition de la mère nourricière ou nettoyeuse suivra.S'il restreint ses signaux, il diminuera la probabilité de l'apparition de la mère colérique mais à condition d'inhiber sa fonction nutritive.Nous aurons un enfant qui mange du bout des lèvres, espaçant ses ingurgitations afin d'allonger au maximum ie temps entre le repas et la défécation pour séparer-éloigner la mère nourri- ciere de la mere nettoyeuse.À la limite l\u2019enfant refusera de manger envoyant à la mère le message suivant: «Fais-toi une idée, si ça rentre par un bout, il faut bien que ça sorte par l'autre», reportant sur la mère tout le poids de son attitude irrationnelle.Par delà la stupidité maternelle, le corps de l'enfant parle directement au corps maternel et !a montée du lait s\u2019interrompt chez la mère dégénérée.Le corps de la mère qui a produit l'enfant-est aussi ce corps, qui, doué d'organes et d'hormones, produit la substance qui nourrit, sous forme de lait, l'enfant.Le lait ingurgité se transforme par la fonction digestive en une sorte de fromage dont une partie sera assimilée pour former le corps de l'enfant, une autre partie pour subvenir à ses besoins énergétiques 55 re SE Co ars on ma ECTS Ee RI.se fA O SRS Mle NS Sar: - - a ~~ =~ Jur wtp Th rye ET Cn aan rs FR nas RTE PPh ath ap rn Ea ar Art eo are wrx SN eee aR ar A > \u201cnr\u201d a Go 7 psy eis po as 2 a 2 TE re TEL rn ame ie a ET = Lo Tree a em I Cry pr 0 ppt outre ae Pg fa eur Rec Pa Tn A ph proue taie repaire Bert SE SE RE up \u201ceee ve ar ur \"de A eg is prey Sores at - - - a .PS Pd ~~ .~~ = % Cr A tg A EE a mere ar Cae - Ca a Set NTL eT nr ar ae a RTT ae ee pep -acathiALAL Rata bhlakii+ DAS) AI OAC] et une autre partie non-utilisée ou transformée sera éliminée.Dans les différentes étapes qui ponctuent la métamorphose de la matière du corps maternel en matière fécale de l'enfant, il est évident que le jugement que la mere porte sur le produit de l'enfant est un jugement qu'elle porte sur elle-même.En conséquence la dévalorisation de l'enfant comme producteur est aussi une dévalorisation de la Mère comme productrice, ce qui implique que c'est la mère elle-même qui confond fécondation et défécation.La perturbation du système de signes de l\u2019enfant par une attitude dénaturée de la mere a pour résultat de terroriser l'enfant et, une fois que le système de signes perturbé est greffé à la fonction anale tyrannisée, de livrer l'enfant sans défense contre l'intervention discursive de n'importe quel individu sans liens bienveillants envers l'enfant.Toute société qui se prétend démocratique ne saurait, sous aucun prétexte, tolérer qu'on produise, en son sein, des citoyens pathologiques.La perception que la mère a d'elle-même est un élément fondamental du rapport mère-enfant.La femme qui ne conçoit pas son corps comme quelque chose de bon, de chaud, d'accueillant sera incapable de transmettre à son enfant une positivité corporelle qui est la base même de la capacité d'autonomie de l'enfant et plus tard, de l'adulte.Le temps d'allaitement différent que les mères consacrent à un nourrisson mâle ou femelle est un bon exemple des conséquences de l'auto-évaluation corporelle de la mère.Dans beaucoup de cas la mère 56 accorde au petit garçon un accès privilégié à son corps, soit par la durée du contact, soit par une attitude tolérante laissant l'enfant se nourrir à sa façon goulue, spontanée ou paresseuse.Ou bien, par une attitude intransigeante, comme c'est souvent le cas, avec la petite fille, la mère réduit le temps alloué, en pressant la petite fille par de fréquentes interruptions, en lui pinçant le nez afin de dompter son appétit.Ce que la mère craint dans sa relation avec sa fille, c'est l'homosexualité, ce que la mère recherche dans sa relation avec son garçon, c'est la chaleur paternelle dont elle fut elle-même privée.La double personnalité de la mère nourricière et de la mère nettoyeuse, la mère calorique et la mère colérique est le produit historique de l\u2019évolution de la division des tâches.Dans une société amérindienne dont la vie est centrée sur le boeuf, tout l'animal sert à la subsistance de la communauté.La chair fournit la nourriture, la peau le vêtement, les os les outils, et les excréments sont sources énergétiques pour la cuisson et le chauffage.L'animal entier, adoré, est la base du sentiment religieux.Encore aujourd'hui, à la campagne, le fumier est considéré comme un élément nécessaire et souvent coûteux pour la production agricole.Certaines sociétés pauvres en animaux utilisent l\u2019'engrais humain.La dévalorisation de la matière fécale et de la fonction anale est le résultat de l'urbanisation de l'être humain et de la domestification des tâches.Dans la société agricole qui adore sous forme de vénus de la fécondité la fonction de la reproduction 57 pbs 2 \"A ain = ~~ ed = or au point de la confondre avec la fertilité de la terre, les matieres organiques ou en decomposition ne sont que le prélude a la germination nouvelle.Dans ce cadre champêtre, les produits de la vie quels qu'ils soient sont perçus comme appartenant a des cycles fondamentaux que l'on a sacralisés par la suite et par manque d'imagination.Le cycle des saisons, le cycle des grossesses, le cycle des menstruations ont des périodes de préparations sommeilleuses, d'activités généreuses puis de repos évanescent.Les êtres et les choses ne sont pas séparés de leurs sources ni de leurs destins.L'homogénéité de leurs manifestations diverses est la respiration même de la nature ou le pouls de l'être vivant et le battement des choses scandent les liens rythmés des corps accordés a la nature accueillante.Transplantée dans une habitation urbanisée, comparée à de nouveaux métiers socialement valorisés, évaluée par des signes de la richesse fort éloignés de la satisfaction libidinale des besoins, la mère nettoyeuse voit son activité nettoyante sans proportion avec l'auréole indiscutable due aux tâches mythiques.La matière fécale devient un fardeau pour la mère parce qu'elle est un fardeau urbain.L'espace domestique devient une chose à nettoyer dans l'exacte mesure où il cesse d'être un espace naturel.Les fonctions biologiques n'échappent pas à cette claustrophobie.La pollution sonore et visuelle fera le reste.L'exaspération de la mère face aux matières excrémentielles, c'est le rétrécissement du champ naturel.Zee 58 + a « = Sel bel = 00e Pa pen \"53 =, Ry > os PS EN \u201cex mes, Noy la re vg SATE EY = 8 ae = -.Rene rei Py sale im pie Py i gre ann CBN = 25 a fr > \u2026 ue Cori nl rhe EEE ESE or a aig aon pe de Sa 2 7 Ra ery Jb NA SE IE Asia Poo Sey i.a ph ve PEAY \u2014e pe Spy el a a EN LE 1-0 8 oo pass gi EE IR - EASE Shen PEN r = 7 ES pres cn er ve Rp it ah SA 0 tra od PRES, Low re.2 co Lez Aen 244 \"a 3 fi pe, teas LF CEP DIAN PR point RE PARTE aka 2 5 Es I eles PES [PIN PAN PES a ER page N ps nt Be ES _ Les 02 pe - x Eat [pa [SAT a dre ra EAR JOR == av - nr Lu RIA TS a Le and 9 Zo LYptafi Se ERS Las ces ces par 3%; Ee Patty gr - a a Ca - or ea = Per \u2014 a - = \u2014- aay Sa EN PARSE A Es ass CRORE [Ss - iy [S- re 45 LH on - a.FR 2.e KA \u2026.pm LE LL) pe oa Pa a [2D a -, : = C A pon Pa (5 po Eat 2.- py oY « pr pe > 3 au, CS Pierre Bertrand Professeur au département de philosophie L'élément conflictuel dans les relations 8 Ca - = .\u2014 PE Te et a Croire = rai inoue rruradt ne ! , ar } Win } al, A 5.8 F, 8 Gale og ih na ih CE thls NN IGE ih 8 he ne iy A he 0 LA , À \" § \u2018 CA ER SA ut DA M pa (9K) ècen LUE) D at CA A Babar) La vie ne devient intéressante, n\u2019acquiert un sens profond que pour ceux qui sont réellement sérieux.Les autres passent leur vie à rechercher des plaisirs faciles et à fuir tout ce qui est désagréable.Il y a de très graves problèmes qui se posent dans notre vie de même que dans le monde.Ceci constitue le point de départ.Comment réagit-on face à ces problèmes?Avec indifférence, passivité, impuissance, cynisme?Notre manière de réagir déterminera notre capacité de résoudre ces problèmes.Car les problèmes de la vie, de la vie courante, quotidienne sont à ce point profonds, à ce point complexes que, pour les résoudre, si jamais on peut les résoudre, il faut y mettre toute notre attention, toute notre énergie, toute notre passion.Sinon, il n\u2019est pas possible pour nous de résoudre ces problèmes.Au point de départ, il faut 60 A 9 FC IY donc étre totalement habité par un probleme, en saisir toute l'importance, l'urgence et être déterminé à aller jusqu'au bout de ce qu'il est, sachant que si ce problème n'est pas résolu il sera là comme un fardeau, un empêchement de vivre jusqu'à notre mort.Tout cela devient très clair pour nous.Et aussi, qu'il nous faut résoudre nous-mêmes nos problèmes, et non pas aller quémander une réponse à quelque autorité ou quelque spécialiste.Car il s'agit de nous-mêmes là- dedans, et non pas d'un objet extérieur à nous, et pour nous connaître nous-mêmes, il faut nous habiter totalement, faire en sorte qu'il n'existe aucune distance, aucun intermédiaire entre l'objet étudié et nous- mêmes.C'est uniquement à cette condition que nous réussirons à dépasser ce qui est.Toute vie est relation.Relation avec les autres, relation avec la nature, relation avec nos idées, nos sentiments, avec nous-mêmes, etc.Il est absolument essentiel d'avoir des relations adéquates.Or, on constate, on sent qu'un énorme problème se pose au niveau de nos relations, problème consistant en une difficulté d'entrer en relation effective avec l\u2019autre.Quelle est la source de ce problème, de cette division, de ce sentiment d'isolement, de solitude?!| me faut habiter mes propres relations pour répondre à cette question.N'est-ce pas qu'il y a toujours un obstacle, un décalage entre moi-même et ce avec quoi je suis en relation?Et quel est cet obstacle, d'où vient ce décalage?Ma pensée elle-même constitue cet obstacle, c'est-à-dire tout mon bagage, mes connaissances, mes préjugés, les images que j'ai, etc.Tout cela fait en sorte que je ne peux pas entrer en contact direct et 61 EN remet.GA ES a Ss EW ats ol PSE Plaga, oA PTE ads Trek - EP na dE rd a ME SRE >,À i immédiat avec ce qui est en face de moi.Ma pensée i est une reponse de la mémoire, du passé alors que toute relation a lieu au présent, dans la réalité pré- i sente, ce qui fait qu'il y a un décalage, que mes répon- rE ses a ce qui est, ce qui arrive, sont toujours inadéqua- hi tes.C'est ce qui explique notamment le sentiment d'isolement, de solitude que je ressens tellement souvent au coeur même des relations que j'entretiens J avec les autres.Je me rends donc compte du méca- 0 nisme créateur de la division, de la séparation, de cn l'opposition, ce qui empêche toute réelle relation ou Hi communication.V4 Il s'agit pour moi de faire une recherche, une i investigation au coeur méme de la question afin de va parfaitement saisir de quoi il s\u2019agit.Je me rends donc ind compte que la pensée elle-méme, comme image, 4 comme passé, comme conditionnement est responsa- LA ble des problèmes que je rencontre au coeur de mes | relations.Mais pour m'en rendre réellement compte, je dois faire corps avec ce dont il s'agit, il ne doit y MA avoir aucune distance entre l'observateur et l\u2019observé.| A Car il n'y a en effet aucune différence entre moi-même un et ma propre pensée, ou encore entre moi-même et ig les relations que j'entretiens.C\u2019est uniquement en res- Wu tant immobile face à tout ce processus que je cesserai LE d'en être la victime.C\u2019est une question très complexe, HW très subtile bien que très concrète, au sens où c'est de \u201d notre vie elle-méme dont il est question.Si je me rends compte que l'image que j'ai d\u2019une autre personne m'empêche d'entrer en relation avec LÀ elle, au sens où ma relation se fait avec l'image et non i 3 pas avec l'autre, quelle sera ma réaction?Je vois le i oo i pu 62 ! 1 fs AH RH FN RS \u201coe SE ip ki dean ea ad ada eA ee \u201ca RER VON TOO ER RO OR PE TH TET ERATE) VIHA) (TES RER CEA wo \u2019 PF 3 FITTS 4 A A É w.2 y \u2018 he GUL Ce Fig ps \"TR AN t IU PS ne OST es RIRE APE [PRT AEE A ST danger de vivre avec des images, des attentes, des théories, des explications, des justifications, des condamnations, des souvenirs, etc.(tout cela fait partie de la pensée ou de l'image).Si ie vois le danger de cela, je ne laisserai pas d'emprise à la pensée ou à l'image, je vais les suivre de très près et je ne les laisserai pas créer leurs méfaits.Je ne veux pas mener une vie de laisser-aller, mais je veux aller au bout de la vie, c'est-à-dire vivre tout ce que je suis capable de vivre, comprendre tout ce que je suis capable de comprendre.Et je veux avoir des relations adéquates avec tout.Et j'ai constaté que pour ce faire, la pensée doit se taire, se vider, c'est-à-dire que je dois être totalement présent, totalement attentif, ne rien laisser passer, avoir pour ainsi dire des yeux tout autour de la tête.C'est uniquement par cette présence naturelle et non forcée de tout mon être, de tout mon corps, de tout mon coeur, de toute mon âme, de tout mon esprit que je peux traverser les énormes problèmes qui se posent à moi et qui constituent autant d'entraves sur le chemin de ma vie.L'enjeu d'un tel type de connaissance est extrêmement important.Il ne s'agit pas d'accumuler des connaissances, d'obtenir des satisfactions intellectuelles, mais de connaître avec une telle intensité, une telle force que toute connaissance est en même temps une action, une transformation.Car le tout part d\u2019un problème que je me pose et qui concerne ma vie quotidienne.Je vois l'importance de résoudre ce pro- bleme, le danger énorme qu'il constitue si je ne le résous pas.Et la seule perception du problème, du danger met en branle toutes mes énergies.À partir de ce moment, je vais aller au bout du problème, je ne le quitterai pas avant de l'avoir vidé, de l\u2019avoir suivi dans 63 I roe.ART A ET - .\" 2 a pe - - - # ~ 3 aw Pa a m6 X gf LA 4 4 UE ue 0 ~~ ar pare ae DT ET VU pw Sa _\u2014 - ou = para et ary Les 40.tous ses recoins, d'avoir découvert tous ses secrets, d'avoir vu à l'oeuvre comment cela fonctionnait.Et de voir tout cela constitue déjà un dépassement du problème, de bien voir ce qui est constitue déjà un dépassement de ce qui est.Nous devons employer des mots pour communiquer.Mais ce qui importe, ce ne sont pas les mots employés.Ce qui importe, ce n'est pas le mot, c'est la chose elle-même.Ce qui importe, c'est qu'il n'y ait aucune distance, aucune différence entre nous-mêmes et la chose elle-même, tellement notre investigation établit un contact intime avec la chose elle-même.Car c'est alors que nous sommes réellement, effectivement au présent, que tout le passé en nous s'est tu, pour n'être habités que par ce qui est là.Concrètement, pratiquement, cela signifie que mes relations s'en trouvent radicalement, totalement modifiées.J'ai compris quelque chose, et cette compréhension est action, il n'y a aucune distance entre la compréhension et l'action, comprendre est agir.Nous étudions quelque chose de vivant, c'est-à-dire quelque chose qui ne reste pas en place, quelque chose de mobile, et pour le comprendre, il nous faut nous-mêmes être vivants, mobiles.Nous ne pouvons pas arrêter, figer, contenir quelque chose de vivant dans une formule, une loi, une théorie, un jugement, une conclusion.Si nous voulons réellement entrer en contact avec la vie, nous devons être aussi subtils, aussi simples, aussi vivants qu'elle.|| faut pouvoir demeurer dans un éternel présent, car la vie se trouve dans un éternel présent.Il faut donc que la pensée se taise, car la pensée est le passé.Quand nous abordons un 64 problème comme celui de nos relations, il s'agit de quelque chose de vivant, il s'agit en fait de nous- mêmes, et il faut pouvoir suivre cela, et ne s'installer nulle part.Alors, apprendre n'est pas accumuler des connaissances.Les connaissances font partie du passé, font en sorte que le passé s' augmente, alors qu'apprendre a lieu dans un éternel présent.Tout cela ne constitue qu'une formulation particulière, et ce qui est important, ce n'est pas telle ou telle formulation, mais la chose elle-même que l'on tente d'exprimer, de communiquer.Il y a plusieurs façons d'aborder un problème, il y a plusieurs problèmes qui se posent, bien que tous soient reliés les uns aux autres.En en résolvant un totalement, nous résolvons tous les autres.Et pour résoudre un problème, il faut bien le poser.Un problème bien posé est un pro- bième presque résolu.Il faut poser un problème essentiel, et non pas un problème superficiel, un problème à la mode, un problème de détail.En nous attaquant à un détail, nous n'aboutissons pas, nous piétinons, nous tournons en rond, mais en nous attaquant à l'essentiel, tous les détails se trouvent résolus.L'image que j'ai d'un autre, d'une amoureuse, d'un amoureux, d'un étranger, d'un parent, etc.a été graduellement formée à partir de nombreuses sources, mon éducation, le passé de l'humanité et de ma race, les connaissances scientifiques ou non-scienti- fiques que j'ai acquises, mes lectures, les conversations que j'ai eues, les diverses propagandes que j'ai subies, religieuses, politiques, idéologiques, les différents déterminismes que j'ai subis, économiques, biologiques, climatiques, l'ensemble de mes expériences 65 un an CE MR SAC RC SA AAC ah EnRAtE nu caOnd uattt ai rate aDe retace OM CPUVITOTO UIC Gea © EL RAR Macaca MED Ada ce FA MAC Re PA CRAN A AO TA ot A Si AAS une RAs of RAM AM CA PA AR A CA NCA ESC nos) SACRE personnelles, les blessures, les plaisirs que j'ai vécus, les espoirs, les attentes, les peurs, etc.En fait, l'image que j'ai d'un autre a été construite avec le temps, elle est un produit du passé sous toutes ses facettes et dans tous ses aspects.Cette image se modifie avec le temps, elle s'adapte aux circonstances nouvelles, aux événements nouveaux.En fait, ce n'est pas avec l'au- tresque j'entre en contact, mais avec l'image que j'ai de l'autre.Je suis moi-même cette image, cette image est moi, ce qui fait que je ne sors pas réeilement de moi-même.Et sans cesse, il y a un conflit entre cette image et la réalité.Sans cesse, je dois réajuster cette image pour la conformer autant que possible à la réalité.Mais l'image est toujours en retard sur la réalité, car l'image vient du passé, aussi récent fut-il, alors que la réalité est toujours au présent.Et dès lors, il n'y a pas de communication instantanée, contemporaine entre moi et l'autre.En fait, il y a toujours conflit, il y a toujours une situation de conflit.L'image de l'autre est contradictoire, amour et haine, attachement et désir de détachement, attraction-répulsion, désir de possession et sentiment d'étouffement, etc.car l'image manifeste les contradictions de la pensée elle-même qui fonctionne fragmentairement.Conflit avec l'autre et conflit avec soi-même constituent un seul et même conflit.L'image est un fardeau, une projection de mes propres conflits, et à travers ce fardeau, je ne peux pas être réellement ouvert, sensible à l\u2019autre.L'image est une défense, une résistance face à l'autre.Il y a toujours un sentiment\u2019 de division, de séparation, d'isolement, d'incommunication.Et c'est l'image qui est responsable de cela.L'image est une prison dans laquelle je suis enfermé et dans laquelle j'essaie d'enfermer 66 l'autre.L'autre est pris dans le même problème que moi.J'entre en relation avec l'image de l\u2019autre et l\u2019autre entre en relation avec l'image qu'il se fait de moi.Aux images que j'ai de l\u2019autre correspondent les images que j'ai de moi-même.Dès lors, la question devient: est-il possible de vivre sans image?Pourquoi l'image est-elle formée, pourquoi prend-elle place, s'impose-t-elle, faisant en sorte que la vie au présent devient impossible?N'est-ce pas par inattention, par ignorance?Car si je suis conscient des méfaits de l'image, est-ce que cela ne crée pas un état d'attention qui va empêcher l'image de produire ses méfaits?Car maintenant, ie suis devenu conscient de quelque chose, j'ai appris quelque chose, quelque chose qui concerne toutes mes relations, la nature ou la structure même de toute relation.Je l'ai vu, je l'ai saisi, je l'ai senti.Et cela a transformé d\u2019un seul coup toutes mes relations.Mon investigation, ma recherche a eu pour effet de créer une autre attitude, une autre puissance, une autre dimension.Une autre manière de vivre.Une manière de vivre au présent, de faire face à quelque chose, qui a déjà commencé à s'exercer vis-a-vis de toute cette question de l'image.Car je deviens présent à l'image, à sa structure, à sa nature et à ses méfaits, et parce que je deviens présent à l'image, je deviens également présent à l\u2019autre.Et parce que tout se passe au présent, tout devient aussi subtil, aussi mobile et aussi ultimement inexprimable que la vie elle-même.Les mots sont limités, inadéquats, ce qui importe ce n'est pas le mot, mais la chose elle-même.Plusieurs formulations sont possibles de la même réalité ou du 67 EE A Ce A R Be + A D +, » te A rot + 4 = -\u2014 La wr ar A a ~ x.BG raat tara ee basses B- NAAM ORLA RMA FA AERC) même problème.C'est un problème qu'il s'agit de résoudre dans la vie réelle, et non pas dans la pensée.La pensée, ou l'image, est cela même qui crée la division, la séparation entre l'observateur et l'observé.Cette division est à la source de tous les conflits, elle est conflit.La pensée est la réponse de la mémoire, la pensée est conditionnée par le passé.La pensée est également limitée en ce qu'elle est fragmentaire, ce qui se manifeste par des contradictions à l'intérieur de la pensée.Le réel, quant à lui, est au présent et il est total, complet.La pensée ne peut donc pas avoir une relation adéquate avec la réalité.La pensée est l\u2019observateur, et elle invente l\u2019'observé comme différent d'elle, comme un objet extérieur.Mais en fait, la pensée est l'objet pensé.L'observateur est l\u2019observé.Cela constitue une intimité, une intensité immédiate.Cela signifie que la pensée n'est plus là pour créer la division, la séparation, le conflit.I! y a contact direct et immédiat entre l'observateur et l'observé, I'observateur et l'observé disparaissent, ne prévaut qu'un état d'attention, qu'un état d'observation.Et c'est à ce niveau vécu que le problème est résolu en ce qu'il cesse de se poser, en ce qu'il n'a plus lieu de se poser.68 RCI SAR SA pres CS + ps yom ve ERE 14 Pers ey ed ap RL vot un og Tp) Lee 38; , La per.© on © a Pon & Ry ¥ Fr week \u201ca Le cree LP ES TES A LE) LES ads ae EP IIA [NEP ES pi Lee yu thro na ue Pre pre Ci = an dt prete, LE en J 2 Xo - piv Lok pa wily dg oad Avs, 5 a Hw - EEE + pu os Be = ~~ LR CI PARSE Fy Dy Sil Arta A Wii ET TRON UEP Eyes brel dei Py a JUERRN pepe ET LE opt a Cy Pas lw de La Sail ts er +e Q to Pr a RE ré a papes Let J A RE Deh J Lac pes Bb \u2014 Py 2 I ry dr Lacan ce rs rogià - Pm aa oe vo._ > = Pas dO + J pe pes ™ 3 A = pe = : i + & = : A dd od PR Pas À François Leroux Jean-Claude Brès PS Des figures de pédagogue Professeurs au département de philosophie DE ee Pp a ptt ati pen Ppa ap ad pe == ya tel ru\u201d OT un 2p~atag gure Sven iy Pa Cpe) - Pir ST a a a ee ele ee 2e Sn, Ramer pie ou ps poy nl Ag wat Tae a a ne A Ty To a el = ie Po pra pep py epg ers = Wan.a ar ee pn en ai oh Frey RE a ~~ Fanfares, trompettes et orgues: la représentation ne débute qu'une fois la salle rangée.Rameau le Neveu soigne ses entrées et ses sorties et n'autorise personne à défaire la mise en scène .Concert! Concert dont les premiers accents sont à placer au bon temps du précepteur, dans sa relation à l'élève, relation qui, dans son redoublement, dit le confident du théâtre classique.Concert qui, dans l'institution organisée qu'est devenue l'école, a reçu droit aux critiques, aux éloges et aux sermons.Concert de pédagogue que tentent de moduler tant les représentants des Églises que les notables de l\u2019État.Chacun fixe les longueurs et les silences, organise le décodage pour faire bénéficier le pédadogue de ces vertus dont, jadis, seuls militaires et guerriers étaient les récipiendaires.70 Pourquoi, dans ce théâtre bien disposé, avons- nous pu penser, voilà une dizaine d'années, sans doute sous l'effet des récentes grandes contestations étudiantes, que l'art pédagogique autorisait les transgressions et permettait l'apprentissage d\u2019un savoir autonome?Les retombées de ces croyances et suppositions légères ont affecté nos démarches.L'intelligentsia a ses petits curieux et ses dissertateurs de mode.L'aubaine était trop forte! Les compositions des «pédadogies» les plus diverses ont alors foisonné, depuis les manuels de pédagogie libertaire (!) aux essouflements des vieux farceurs du professionnalisme.Le débat a même trouvé place dans nos salles de cours, pour savoir qui votait pour les libres enfants, qu'ils logent à Summerhill ou à Berlin.\u2018 Pourtant, le sentiment d'innovation s'épuisait lentement.Nous commencions tranquillement à douter que nos pratiques d'enseignant puissent, un jour, affecter la régularité des avenues administratives.Le vieux professeur d\u2019léna, que nous pensions réduit en cendres, ressurgissait avec ses conseils méthodologiques, dont il avait cru bon de faire une philosophie: Hegel n'avait cessé de jubiler sur ses notes de cours, d'élaborer des plans d'enseignement et même avait fini par réduire toute réalité à l'horizon «terne et gris» des concepts de salle de classe.Les pouvoirs publics paraissent avoir discerné, avant nous, ce changement d\u2019atmosphère.Alors que l\u2019institution des C.É.G.E.P.s'était présentée, voici dix années, comme une «expé- 1.A.S.Neil, Libres enfants de Summerhill, Paris, Francois Maspéro, 1973.Katia Sadoun, Valérie Schmidt, Eberhard Schultz, Les «boutiques» d'enfants de Berlin, Paris, François Maspéro, 1972.71 EY.+ À dn Mes .at 55 Def) i rience» enthousiasmante et nouvelle, peu a peu regle- À ments et méthodes ont ressurgi et se sont imposés i comme des «nécessités».Aujourd'hui, le retour aux ma- bi nuels, si longtemps décriés, apparait comme une me- i sure possible et même, nombre d'entre nous voient ces 4 dispositions nouvelles d'un oeil rassuré.Les lugubres i rappels de «l'anarchie» dans les C.É.G.E.P.sur le plan | pédagogique, que les autorités institutionnelles procla- A ment partout, invitent au retour à l'ordre, voire à l'ordon- i nance: pour le plus grand bien des étudiants, s'entend! i Questionnements de professeurs, c'est l'éviden- 3 ce; questionnements d'hommes de métier, non encore 2 résolus a I'obédience ou à la culpabilité.Nous n'avons, E.dans le présent texte, d'autre ambition que de question- i ner et de questionner comme enseignants.Les étu- a diants ont, nui doute, bien d'autres interrogations.Nous i n'entendons pas parler à leur place.Nous n'entendons hi pas non plus nous livrer a quelque critique que ce soit A des pédagogies multiples qui ont surgi depuis une ving- 0 taine d'années.Nous souhaitons seulement interroger i la pédagogie quant aux enjeux qui la concernent.Nous laissons aux nouveaux prophètes et à d'autres le soin i des grandes invocations et des petits anathèmes.?Nous i préférons demander si le métier que nous accomplis- E sons, et que nous aimons encore \u2014 bien qu'il soit de i bon ton de le décrier dans les nouvelles sociétés sa- A vantes \u2014 a d'autres effets que la répétition de normes \"i institutionnelles paralysantes.4 2.La lecture de Enseigner Spinoza aujourd'hui et de Les nouveaux ai Sa/vadoriens dont Le Nouveau Stigmate (Vol |, no 1, 1981) assurait gE récemment la publication, permettra d'en juger.Ces deux articles ih portent \u2014 le premier explicitement, mais le second tout autant en À 72 or | fie A j [RE .PETRY Sr UL SLY SS SS PRT [EER APE et RR RT LO SL LRT LTR TT LR ST LR ISTE TN) APES ETL A \u2014\u2014 1 semer ea Nos hypothèses de travail: ou d'une systématique de la séduction - La relation.professeur-élève a ses titres de noblesse.La métaphore classique la présente comme un doublet toujours indissociable.De l'élève au maître, le chemin indiqué par l'image est tantôt celui de la révérence, tantôt celui de la révolte, surtout quand il connote le rapport maître-esclave qui, depuis la lointaine Grèce, lui est parfois substitué.De l'éloge du «Maître» que Thomas d'Aquin professait au premier manuel de pédagogie que constitue l'Émile de Rousseau, l'accent ne s'est que fort peu déplacé.Qu'il soit directeur de conscience ou précepteur, le maître est censeur vigilant.Éduquer renvoie à élever, avertir, sortir des fâcheux sillons, apprendre.L'apprentissage est ainsi lié & la surveillance; l'apprentissage passe par la docilité et l'amour du maître.L'autodidacte-rr'est:que figure imparfaite, jamais comblée et toujours dévoyée.Emile est peut-être l'authentique remords de Jean-Jacques.Le condamné dépit du caractère apparemment plus circonstantiel de l'intervention \u2014 sur la relation pédagogique.Le propos veut que celle-ci loge à l'enseigne de la souffrance.Nul hasard dans le fait qu'en ce discours, y règne le ton de «Grand Seigneur».Rien de fortuit non plus dans le recours plus ou moins nettement attesté, mais facilement reconnaissable, à Nietzsche, à une certaine lecture de Nietzsche qui, il n'y a pas encore si longtemps, faisait les beaux jours des interprétations les plus tristes: il n'y a pas lieu ici d'en faire la démonstration.Nous y reviendrons dans un prochain article.|! y a en effet urgence à demander ce que veut dire lire Nietzsche au moment où, dans la conjoncture actuelle, les entreprises théoriques les plus douteuses lui empruntent son nom et quelques-unes de ses formulations les plus saisissantes.73 ER Rl HES .= -~ - - I - 20 a x AT Sa] SE 5 Re A Le Tantra ple AT Sal ray re a\u201d Ar Te Ce Coban er Te RE SEE SRE ERT Ta, SEER TS x CEE rca REAR RINE VAN WHY REE TA a mea ho a KRALL | Cie NRE ARR DEA TR RCA LARS ERR NARI by ROSH ponts té of] d'Athènes qui se flattait de n'avoir «ni maîtres ni fidé- les» est devenu l'image cuisante de la paternité philosophique.Et la recherche généalogique, empressée et équivoque, lui a vite trouvé des pères de renom.L'école a institué la pédadogie.L'«instituteur» en est le mythe.Son appellation témoigne de son activité.À lui incombe le relais: il retransmet aux jeunes esprits les connaissances qui furent celles de leurs pères.Son dévouement est signe de son autorité, sa longue patience, signe de sa grande connaissance.Dans le mystérieux rapport qui lie l'élève au maître, l'entente dénonce et/ou dit l'institutionnalisation du savoir.D'ou l\u2019acharnement que les Églises, les sociétés parentales de bon aloi, les divers États ont manifesté à dispenser des conseils aux maîtres, autrement appelés «éducateurs»; d'où aussi, les marques d'attention, les déclarations posthumes, les petites médailles que les vaillants enseignants ont reçues des autorités administratives.L'instituteur ne règle pas l'horloge; l'appariteur, l'employé de soutien se charge des basses besognes.Mais il place en rang et apprend à respecter l'horloge.Quel élève, d'ailleurs, garderait le moindre souvenir de son école, des réprimandes et obligations, des joyeux moments et des fugues si l'institution devait se réduire aux traits austères ou patelins d'un Directeur général?L'enseignant n'a pas pour seule préoccupation sa matière; ce qu'il enseigne à travers l'exercice de son talent, tout autant et bien plus que des connaissances, ce sont les règles institutionnelles qui figurent comme le paradigme des règles sociales.La pédagogie, alors, est par excellence le mode de transmission des occupations dominantes, ou, à l'image des bons pères, des 74 PCR PSI pr «valeurs morales».La pédagogie permet d'apprendre «comme il faut».Cependant, et c'est pourquoi il exige constante surveillance, le maître peut errer, divaguer, à son tour quitter le sillon.N'a-t-on pas vu de ces maîtres à scandale qui, loin de seulement reproduire les leçons autorisées, favorisaient l'émancipation des jeunes qui leur étaient confiés?La vigilance familiale est indispensable pour maintenir la relation maitre-éleve dans les limites que l'institution fixe.La pédagogie est le point limite du pouvoir institutionnel.En soi, elle condense la totalité des exigences et des règles, elle leur donne forme et sens.Mais aussi, marquant la limite, elle manifeste déjà la pauvreté de ces règles et leur caractère répétitif, invitant à une connaissance qui sen détache.La difficulté pour les surveillants comme pour les enseignants est de saisir les dépassements ou les transgressions possibles.Nous disions déjà en introduction les leurres multiples qui affectent ceux qui croient voir en chacune de leurs démarches pédagogiques, une atteinte à l'appareil scolaire.Tel dira qu'il renonce, par «progressisme», à noter l'étudiant de son propre chef, tel autre qu'il préfère le compagnonnage à l'exercice sévère du professeur classique.Rares sont les cas où ces formules ne disent pas, dans leur renversement, l'institution déguisée et non pas subvertie.Cette difficulté, nous voulons la traquer, attentifs à ne pas nous laisser duper par quelque formule clinquante et désireux de connaître les lieux ou le pouvoir du maître s'estompe et fait place au savoir libérateur.L'énoncé administratif, quant à lui, expose une contradiction quand il postule le rapport du maître à 75 Hy v 4% l'élève: à la fois il entend que le maître respecte les devoirs de sa profession, le code d'éthique implicite à son travail et en même temps qu'il fasse montre d'originalité; tout à la fois «répétiteur» et distinctif.Du maître, l'élève doit retenir le trait particulier, la lancée originale qui le conduit à consentir à l'autorité, à mieux apprendre ses propres devoirs.L'exigence de conscience professionnelle ne va pas sans appel à la «vocation», au talent particulier, à l'«esprit» du pédagogue.Un néophyte de l'enseignement, zélé et préoccupé par son travail, pourrait accomplir à la perfection chacune des tâches que la règle lui impose, même faire preuve d'initiative et d'autorité: rien n'indique qu'il serait «bon professeur».Le reste est affaire de singularité, de déploiement personnel dont personne ne peut lui fournir la moindre recette.Les guides pédagogiques s'arrêtent en chemin, là où la traversée devient ardue.Les confrères savent bien qu'ils ne peuvent fournir aucune clef à un collègue qui éprouve des difficultés dans son enseignement.Les formules qui conviennent aux uns font fiasco avec les autres.La conscience du professionnel renvoie exactement à son inverse, la manifestation licite de sa mauvaise foi.Faire croire que l'acte pédagogique se réduit à la réalisation trés consciencieuse de quelques pensums n'est pas seulement enivrant de médiocrité; l'hypocrisie y trouve encore sa place.Donc connaître la relation maître-élève oblige à interroger ce «supplément d'âme» nécessaire au pédagogue, pour le dépouiller de cette âme encombrante et esquisser les fantasmes qui s'y déploient.La larme et l'épanchement devant le talent ingénieux de l'éduca- 76 teur doivent céder la place au scalpel froid et muet qui réduit cette âme à ses dimensions authentiques.Le tracé de la relation maitre-eleve marque considération de pouvoir.Le savoir est discipliné et s'apprend par la leçon, par l'obligation.Cependant ce pouvoir n\u2019a de chance d'être aimé que s'il est dénié, habilement camouflé.La pédagogie, exercice difficile de dissimulation.Quel est donc ce jeu de dénégation qui forme fantasme dans la tête du maître?Qu'attend- on de celui qui donne leçon dans les officines du savoir?Qu'est-ce qui appelle l'enseigant dans sa «vocation»?La reconnaissance de l'élève, comme l'esclave reconnaît son maître.Reconnaissance abstraite si elle se limite à la menue considération des gestes corrigés que le professeur enseigne.Reconnaissance réussie quand l\u2019élève à part soi, désigne quel est son maître, le bon pédagogue qui lui a appris les rudiments de sa connaissance future.Alors le talent pédagogique passe, pour le maître, par la recherche de l'éblouissement.Éblouir la totalité, tel est le fantasme opérant qui assure maîtrise.Ce fanfaron dénie sa fanfaronnade, la présentant comme un geste singulier.Plaire pour assurer et maintenir la relation de pouvoir, énigme de la pédagogie.L'éblouissement ne dure pas s'il ne sac- compagne d\u2019une stratagème articulé de séduction.Séduire pour dominer, influencer, reprendre, «vocation» de l\u2019enseignant! Cette séduction ne peut évidemment se dire; l'enseignant perdrait alors toute considération.Quoi! celui qui transporte les jeunes esprits vers des considérations élevées n'est qu'un habile séducteur?Quoi! celui que l\u2019on estimait pour son indépendance et ses manies singulières ne cher- 77 - a I SAE A TE.EE A, a.si Q fes à ver PRR: - NS TI Rit 31] Cu a we v_~ er ne A ap > at 3 = , poutre ~~ > \u2014 a - _ = - - r-\u2014 \u2014 ps 2 \u2019 D 3 = BR _ - ms \u2014 \u2014 \u2014 ar, pr ey 3 4 ps Cr) POSE nl Saya fr SA Pp = ER ty Pe res = i \" = fa Yr a.es ETS PS PT TES aa ES A D OC Te para a BRA a a a EE de ra née at et ba Breer, - aa ae TI LES SO oA LA RNS HE tk aR ERA A RASA NL EL ARAN MOI ARC tL Lec SRN IITA CNR Rubi KE fia Ma cha i chait sournoisement qu'à plaire et dévoyer?Quelle institution pourrait l\u2019'admettre?L'école réclame du mai- tre qu\u2019il séduise, sans révéler à quiconque la clarté de son jeu.Une séduction qui se présente comme une opération de «talent», une mise en place du pouvoir par l'intermédiaire du plaisir, sans que ce dernier ne soit ni affirmé ni mené à son terme.Cette séduction reste en suspens, ce qui cautionne le mystère et n'al- tere pas l\u2019'éblouissement.Verrait-on, en effet, l'élève séduit par le maître ne plus se préoccuper de physique ou d'arts plastiques mais songer seulement aux appâts du maître?L'effet serait raté et les bonnes consciences ne tarderaient pas à s'inquiéter.Le séducteur lui-même risquerait déception et dépit.L'art de la séduction le retient, non la fin de son caprice.Si le maître sort avec l'élève, voir baise avec lui, le rapport pédagogique est supplanté par le rapport directement amoureux.Socrate, déjà, avait donné l'exemple: ne pas céder aux fantasques désirs d'Alcibiade était la condition pour exercer sur lui sa fascination.Y céder réduisait tout leur attrait à un simple jeu érotique.Comment s'achèverait d'ailleurs l'aventure amoureuse maître-élève?Soit par le constat d'indépendance: prendrait fin alors le rapport pédagogique; soit par la poursuite, dans le jeu de l'amour cette fois, de l'éblouissement.Le maître ne serait encore aimé que pour ce qu'il désigne: la possession d'un savoir affiné.Platon est le disciple reconnu, Alcibiade amuse; il s'est trompé de direction.La séduction exercée connaît son triomphe dans l'acte de reconnaissance.Nous connaissons, tous, ces jours d'apothéose quand un cours «a marché».Le plai- 78 sir paraît partagé; les étudiants ont participé au fantasme du maître.L'objet du cours est aperçu, disons- nous, l'élève a saisi la «visée de l'enseignant».La séduction est complétée puisque le maître a fasciné, sans jamais montrer que son pouvoir était en cause, quand il désignait l'objet de la fascination: un savoir qu'il aimerait voir acquis, avec intérêt, par les étudiants.À l'inverse, quand l'étudiant récuse le maître, force son savoir ou en indique les limites, le range comme bric à brac de la culture officielle, la grossièreté de la séduction est dénoncée.Plus subtil, l\u2019ensei- [SIE BY PLINY Lait?gnant eut gagné à sa cause les esprits; trop académique, il n'a connu que la solitude aride de ses connaissances.Bien plaisant est alors le confrère qui prétend ne s'intéresser qu'à l'objet, qui affirme s'en être, lui, dissocié complètement au point de se complaire dans le seul charme de l\u2019objet.Qu'il soit question de dérivées ou de Hegel, c'est alors fâcheuse identité à laquelle il est conduit.L'enseignant, dans sa naïveté, sest présenté comme l'objet à admirer, le texte à pénétrer.Feinte naïveté qui éclate, puisque c\u2019est l\u2019enseignant qui proteste quand l\u2019objet déplait.La pratique du charme a ses risques et ses embûüûches.L'enseignant n\u2018y échappe pas.Si son fantasme de conquérant essuie l'échec de la réalité, l\u2019enseignant risque la mort symbolique.Ce désir est même interne à sa représentation.Frôler et jouer avec la mort est le second aspect du tour du pédagogue.Mettre en échec la mort est le risque calculé qu\u2019il accepte, à charge de défi.Si, par inadvertance, l\u2019étudiant choisit la seule connaissance comme visée et l'indépendance comme condition expresse, le pédagogue n'est 79 + 4 A ay TOR justement perçu que comme un relais, sans qualités particulières.La mort du pédagogue est l'issue consentie du jeu.Le souhait pédagogique est donc plus complexe qu'un simple ravissement.Ce que le professeur cherche est la poursuite de sa mort, le jour où l'élève n'a plus besoin du maître pour se débrouiller avec la connaissance.Et, pourtant, combien jugerait-il ingrat l'étudiant, surtout le «bon étudiant» qui n'aurait nulle souvenance de son cours ou de l\u2019une des facéties qui a fait sa classe.L'excuse est légère; il passe sa vie à enseigner, comment des gens pourraient-ils faire aussi peu de cas de son existence?Mais l\u2019excuse est révélatrice: tout en visant sa mort, il la refuse, s'en détourne, essaie de la contourner.Le jeu amoureux perdrait de son piquant si, visant à connaître sa fin, il ne mettait pas tout en oeuvre pour l\u2019éviter.Ce jeu de séduction amoureuse est donc mimique, caricature, représentation.Le spectaculaire n\u2019est pas un incident de parcours dans la fantaisie du maître: il en est le corollaire.Représentation, qui, combinant désir et pouvoir, s'exerce évidemment sur le corps.Corps réels des étudiants, assis et assidus.Corps factices répondant aux nécessités de la leçon ou du dialogue.Corps investis de langage, puisque le discours de l'enseignant les façonne.Le précepteur d'Emile surveillait pas à pas la croissance de son jeune élève, voulant éviter pour lui ces poisons qui avilissent et ces morsures qui détournent l\u2019esprit des choses saines.Le précepteur inventait le corps d'Émile, dans son projet éducatif.L'enseignant des C.É.G.E.P.prétend ne plus avoir cette tâche.Même le professeur d'éducation physique ne voit pas à corriger les malices 80 ee ete cc Pre ou les excès érotiques de ses étudiants; il leur offre la technique pour mieux constituer leurs forces.Pourtant, le rêve de l'enseignant serait irréaliste et sans portée s'il n'inventait pas des corps, symboliques bien sûr, mais qui, par delà les accrocs du symbole, renvoient au corps réel de l'étudiant.Le professeur est encore l'émule du précepteur.L'«approche pédagogique», selon la terminologie en usage dans les bureaux, ne désigne pas seulement la proximité des notions.Elle redit en la niant l'approche des corps.Composer des corps, leur offrir espace, les distribuer dans l'ordre de la proximité du savoir, quelle tâche! Qui s'étonnerait alors que les corps aient été longtemps, par exemple dans l'école religieuse, recouverts de l'uniforme, signe éclatant, disait-on, de l'égalité de chacun devant le savoir.L'uniforme annule le corps dans ses particularités et autorise, aussitôt, la composition d'un corps qui sera à séduire: un corps ordonné, classé, dressé.La docilité de l'élève est jugée à son attitude corporelle, le je-m'en-foutisme au débraillé des corps désinvoltes.En l'absence-présence des corps réels, une série de corps fantasmés font leur apparition dans le langage académique: les corpus, qui désignent indifféremment un établissement, un groupe de matières, une concentration, une bâtisse, ensembles que le discours du maître forge et emplit.Le pédagogue aussi a horreur du vide.Une tête vide est pour lui l'exacte correspondance du «ventre creux» pour le cuisinier.Corps magiques que l'on emplit dans la proximité des corps réels et dans leur annulation.Le procédé de maîtrise opère sur les corps l'apprentissage de la soumission tout autant qu'il modèle la corporéité.Gestuelle ordonnée que celle des enseignants à laquelle répond une gesticulation à redresser.81 \u2019 | NE 35 B + @& Rp Fp A4 La É 2% % 1 . Er zy Ce ar x \u2014_ - A al i a Ty x] Fr LY Ry I \u2014 ray = pese a TASER NE pep Pen) Iv TE Age ai phd ye yer py Ved a yo > ay = à Para, ~ \u2014-\u2014 a PES RL LS rer er cr ea ar ça = ES RAT ET TE TO CE Sd ee ART IT Ou EH IIIT D ET Vi PORTIA he! \u201col i) Wy + Grand spectacle, donc, que, sur scène privée, joue l'enseignant; spectacle dont le dénouement évoque parfois l'appel de Don Juan.Quand viendra l'heure du Commandeur, comment la retarder en la sollicitant, comment la préparer en la repoussant?Show, plus ou moins applaudi par l'audience, show qui a ses ombres et ses retraits, ses inattendus et ses échéances.Show d'honneur, cela est entendu.Théâtre du savoir, grand gymnasium où Athéna règne: le savoir en actes, la répétition des connaissances, la représentation pédagogique.Aucun des artifices utilisés n'est inutile; le mai- tre brille dans le détail et le choix du tic inusité; à son trait particulier, il sera reconnu, privilégié parmi ses pairs.Le talent du pédagogue, qui affecte l'universalité, l'attention à l'autre ne se dit vraiment que dans l'épisode, la particularité, l'anecdote.Sans leurs petites manies individuelles, tous les pédagogues se ressemblent.Puisque la pédagogie doit apparaître comme un grand art, le produit d\u2019un talent inventif, presque comme un don de nature, elle ne peut s'affirmer réellement que dans l'apparence, donc dans le truc, la trouvaille surprenante, la manière.Apologie de la manière qui défie tout maniérisme en niant son caractère conventionnel, telle est la pédagogie du grand pédagogue.Nous avons, à ce point de notre travail, voulu tracer quelques-unes des mises en forme scéniques auxquelles invite cet art de la présentation.Mises en scène redoublées parce que transcrites, donc nécessairement caricaturales.Mises en scène qui nous ont paru se multiplier à partir d'un scénario originaire, toujours identique même s'il est occulté, le scénario de la 82 TP PEUT REPARTI ONE NT [EEA Nr a] leçon offerte.Aucune, sans doute, de ces répétitions n'est l'illustration complète de notre manière; nous ne fabriquons pas des typologies; nous esquissons seulement des figures qui, loin d'être exhaustives, nous rejoignent dans leur diversité.Ne sommes-nous pas tantôt l'instituteur classique, tantôt le mauvais professeur, tantôt le compagnon?Tracés qui ne visent donc qu'à indiquer les figures de cet art de plaire dont, jusqu'à présent, nous n'avons guère vu les transgressions possibles.1ère figure: le maître ébloui par son propre discours Cher Monsieur, Je vous remercie de votre lettre.Vous voudrez bien excuser le retard avec lequel ces quelques lignes vous parviendront.Que voilà de nombreuses questions! Il y a bien longtemps, elles se sont posées à moi.Il y aurait tant à dire.J'ai donc préféré pratiquer ici l'économie la plus stricte.Mais je ne suis plus à l'âge où l\u2019on marque le temps.Vous voilà inquiet; plus encore, vous lisant, j'ai senti la présence de ce vieil ennemi auquel tous les membres de notre profession se sont trouvés, un jour ou l'autre, confrontés.Autant vous le dire maintenant: ce démon ne s'exorcise pas facilement.C'est pourquoi vous devez, dès l'entrée, être convaincu de votre mission.«Rusé profès» m'a confié un jour l'un de mes maîtres: c'est ainsi qu'il dénommait ceux qui se préparaient à embrasser la carrière.Voyez l\u2019'anagramme! On m'a affublé de nombreux qualificatifs en mon temps.Un seul m'aura empli de rage: celui d'imposteur.On le dira aussi de vous.83 te ARM; LHe 7° Si Ni Vian RATT RETIN HAR RIT Tor 4141 > hie RST a] RFO N pal SO 4 Mais le doute qui vous accable quant à la valeur des gestes que vous posez me révèle que c'est bien ainsi que vous ressentez votre situation actuelle.Si le terme blesse, c'est qu'il nie tout ce que nous faisons.Car je vous le demande: où est l'imposture?J'entre en classe: bientôt le silence se fait et tous les regards se tournent vers moi.Je ne les fuis pas.Bien au contraire, je suis là pour les soutenir.Vous le saviez déjà: ils expriment une demande.Je fais porter ma voix à sa rencontre, enveloppant l'espace tout entier où les corps se trouvent rangés, ordonnés pour mieux l'entendre.Le spectacle qui se découvre à vous est celui d\u2019un auditoire suspendu à votre parole.Pour vous en faire une juste idée, comprenez l'événement comme celui d'un réquisitoire.Vous êtes procureur: et c'est le savoir lui-même dont vous assurez la défense.Vous sollicitez mes conseils; au fond je n'en aurais peut-être qu'un seul à vous donner: plaidez! Faites en sorte que votre discours retienne l'attention de tous.Trouvez le ton, la manière qui imprime aux mots le sceau de la revelation.Il n'y a donc pas véritablement en ce lieu de dialogue; n'acceptez d'interventions de vos élèves que si elles s'insèrent très exactement dans le tracé de votre plaidoirie.Applaudissez celle qui l'anticipe.Mais réprimez sévèrement tout ce qui pourrait venir le troubler.Déchiffrez sur le visage de vos auditeurs l'acquiescement silencieux: c'est l'indice de votre réussite.Doublez votre discours d'un second qui fera l'édification de ceux qui s'en tiennent à ces règles de l'écoute patiente: vous ferez sentir par là plus sûrement à ceux de vos élèves qui y dérogent que leur place n'est pas en ce lieu.Ce dernier est le vôtre: Occupez-le pleinement.Tous doivent voir votre ombre 84 TT TR, SAS se découper sur eux.Tôt ou tard, ils en mesureront l'immense bénéfice.Encore un mot.À tout ce que je viens de dire, j'anticipe l'objection.Ceux qui sont placés devant vous donnent à l'«instruction» que vous leur procurez un sens plus ancien: celui de la recherche des aveux, de la mise à la question.Et vous vous demandez comment faire pour annuler cette perspective sous l'angle de laquelle ils vous observent.Je vous dis: ne faites rien pour la transformer! Laissez cours à ce fantasme.Plus tard ils comprendront que cette souffrance était la leur; qu'il était inévitable que vos propos et vos exigences la leur fassent sentir avec plus d'acuité.Car vous et moi n'avons qu'une seule visée: faire en sorte qu'au terme du cheminement que nous leur indiquons, ils puissent donner la pleine mesure d'eux-mêmes.Encore une fois, je vous le dis: soyez ferme! Vous êtes un vicaire du savoir et il doit vaincre sans partage.Chassez les doutes qui vous assaillent et réclamez-vous franchement du titre qui vous a été attribué.Telle assurance, celle du maître, doit irradier de toute votre personne.Le reste s'ensuivra.Il y a quelques siècles, Rousseau écrivait: «Émile est orphelin.|! n'importe qu'il ait son père et sa mère.Chargé de leurs devoirs, je succède à tous leurs droits.Il doit honorer ses parents, mais il ne doit obéir qu'à moi.C'est ma première ou plutôt ma dernière condition.» Quelques lignes plus loin, it ajoutait: «Le disciple ne regarde le maître que comme l'enseigne et le fléau de l'enfance; le maître ne regarde le disciple que comme un lourd fardeau dont il brûle d'être déchargé; ils aspirent de concert au moment de se voir délivrés l'un de l'autre; et, comme il n'y a jamais entre eux de véritable attachement, l\u2019un doit avoir peu de vigilance, 85 3 \u2018 3 int.D 27-98 CN 1 : BE d ne Ta USE 4 hs ?+ 4 > + \u2019 ; \u2019 + ' hd \u20ac, 1 | ds: > 108 a, Hie 32 AH + - oN Ris.Le K, JE \u201c4 28 F } KE &, AIR A > i Fh ne y HE ) Me + \u201cDe ot q + i ra Mae ANI alhE l'autre peu de docilité.Mais, quand ils se regardent comme devant passer leurs jours ensemble, il -leur importe de se faire aimer l'un l'autre, et par cela même, ils se deviennent chers.L'élève ne rougit point de suivre dans son enfance l'ami qu'il doit avoir étant grand; le gouverneur prend intérêt à des soins dont il doit recueillir le fruit, et tout le mérite qu'il donne à l'élève est un fonds qu'il place au profit de ses vieux jours.» Votre lettre, cher Monsieur, montre que la distinction que fait Rousseau n'en est une que de degré.Derrière le maître (et Dieu sait combien d'années je l'ai été) se profile toujours l'ombre du gouverneur.Mais voilà que le premier éclipse trop souvent le second: aveuglement dont sont victimes trop de gens, dont malheureusement aussi de nombreux maîtres.Quittons-nous donc sur ces lignes de Rousseau et ces dernières remarques.Je vous abandonne à ce qu'elles produisent et surenchérissent d\u2019elles-mêmes.Ne perdez pas courage.Les figures familiales: /es deux modèles qui suivent se rejoignent, pour l'essentiel, dans leur opposition formelle au modèle précédent.Socrate ne se montre pas enseignant, mais entouré d'amis, réconforté, animé à son tour.Ne pas mourir tout seul est la donnée de base.Le rituel pédagogique, cette fois, est familial.86 EASES NE RAT NX 2ème figure: la variante fraternelle Cadre de la représentation: le lieu ouvert, I'exte- rieur par temps de lune; surtout éviter les endroits clos, les simulacres d'enfermement.Au loin, sur un arbre, un cadre Saint-Sulpice, retourné, donnant illusion d\u2019un faux décor.L'école dans la rue, la rue dans l\u2019école.Place des protagonistes, dès l'entrée en scène: en cercle, recréant la magie du rond et ré-instituant le leu aboli.Au centre, si l'on veut, le feu, tenace et allègre.Parfois, comme sous impulsion, un des protagonistes se lève, passe au centre du cercle, en avant du feu, produit une série de sons articulés, se rassoit.Les divers joueurs se renvoient des messages de bouche à oreille, comme s'ils jouaient au «téléphone».Après un temps mort, deux élèves font irruption et miment l\u2019opposition farouche, la guerre franche.Les assistants tendent leurs corps relâchés.Le protagoniste principal, mais ignoré, entre en scène, comme un simple assistant.Nul n'est censé le voir, tous le regardent.Jeu: le protagoniste, en silence, écarte les combattants.Après une ronde sacrée autour du feu, le protagoniste feint de disparaître, en un tour de magie.Les corps se relâchent à nouveau.lls garderont cette position, durant tout le mystère.De temps en temps, un touche l\u2019autre; ils restent quelques secondes liés, feignant grossièrement l\u2019enlacement.Ils se détachent, heureux, font alors quelques rondes autour du feu, puis se rassoient, dans la détente.Un assistant passe une bouteille.Tous font mine de boire, excepté un 87 pH \u2018 NE tatéfethrt RC sa eme dasace race MR ra patate: ASP CA AAA CAC e personnage, que l\u2019on ne voyait pas encore, qui se tient le dos tourné, l'air buté.Tour de piste de quatre participants.Mime.L'un a pris la tournure d'un arbre, un deuxième, avec un compas, trace dans le ciel des lignes imaginaires colorées, un troisième pleure en lavant son linge, le dernier mime le technicien des marteaux-piqueurs, à l\u2019aide d'un balai aux initiales CEM.Un chien passe et pisse.Un ban rythmé, commencé en douce par le protagoniste masqué, réunit les mains en cadence et ponctue la fin du mime.La veillée continue au rythme d'une vieille chanson folklorique.Le mime central débute.Le protagoniste masqué a tiré à lui deux participants, face au feu.|! dépioie sa mascarade.Montrant la tête, il crie «Papineau» et tous récitent: «Occiput, cervelet, hypophyse, hypothalamus.» Chanson clamée aux thèmes de biologie.Brusquement, un assistant ouvre la bouche et profère des sons.On doit comprendre qu'il s'agit d'une «joke».Tous considèrent, inquiets, le chef masqué.Lui se bat les côtes.Alors tous, rassurés, miment l\u2019hilarité sans fin.Le protagoniste continue alors la description du corps humain.Pour décrire ce qui n'est plus honteux mais qui le fut si longtemps, le personnage masqué, apres avoir montré l'herbe, les chiots qui passent et mimé l'accouplement des moutons, joue les séducteurs tendres et terribles avec une protagoniste désignée.Faux enlacement qui dure dans le silence, brisé par les applaudissements frénétiques.Comme le personnage, au dos tourné, se gausse ostensiblement, un consensus se fait: il est exilé du cercle sous les regards furieux et doit s'assoir plus loin, mimant la soif dans le désert.88 Decrescendo: la descente de la veillée prend la forme de l'éternel retour.Les flammes baissent d'\u2019intensité.Dans la nuit tombante, un participant récite: il témoigne de ses transformations et ses congénères le regardent avec approbation.Un choeur de voix off récite une vieille affaire de Saint-Denis Garneau, pieuse et nationale.D'autres font la moue.Le feu s'éteint.Au loin, la musique de «Ce n'est qu'un au- revoir mes frères» retentit en sourdine.Les élèves entourent, de leurs bras réunis, les épaules des participants.À la lueur d\u2019une flash-light, le protagoniste principal note sur un petit carnet les appréciations chiffrées qu'il porte sur chacun des participants.Fondu de lumière sur le carnet du maître.Ce dernier hésite à lancer un cri final puis s'éloigne, la démarche satisfaite.Aucun ne l'a reconnu.Soudain, démarche tressaillante.Un ricanement sort de l'ombre, plus exactement de la place occupée par l'exclu.Tout s'éteint sur le ricanement.x x x 3ème figure: la variante «bouddhiste» (15 avril) Pour la première fois de ma vie, j'ai éprouvé aujourd'hui une douleur libératrice.Pendant un bref instant, j'ai cru m'enfoncer dans un océan de lumière.Cet après-midi, le Maître nous a conduits un peu plus loin sur le chemin du détachement.Nous étions tous 89 EME: LE BN wf) [4 p= Wer pero a A r= il oy ee - Fr arom pa reine ar a 3 TT ed PV tas Re ES pr 1 rp er \u2014 - ~ EE ; ry rey ou as Er Fat Arar Tarp pe là, assis depuis deux heures dans la position de méditation, quand soudain le Maître me frappa de cette longue verge de bambou qui ne le quitte jamais.Immédiatement, je sentis mon dos se redresser et toute la fatigue de mes muscles disparaître.Il ne m'en fallait pas plus pour sortir de ma torpeur.Depuis quelques minutes, mon esprit réclamait le sommeil.Le geste du Maître vint le rappeler à l\u2019ordre: très vite je retrouvai l\u2019état de méditation.Et le monde me parut être tel une immense vague lumineuse vers laquelle je m'avançai et qui m'enveloppa entièrement.J'interrogeai plus tard les autres disciples.Peu connaissaient la méthode qu'avait employée le Maître.Certains me dirent qu'ils avaient ressenti quelque chose s'approchant de ma propre expérience: j'avais peine à le croire.(18 avril) Le Maître parle peu, tout compte fait.La voix est très douce, monotone même.Musique insaisissable où les paroles semblent presqu'entièrement abolies.Dès le début, les mêmes mots reviennent.Ils rappellent le rituel que nous devons scrupuleusement accomplir.Le Maître dit parfois à l'un tout le tort qu'il se fait en le prenant à la légère.Je dois chercher ailleurs que dans les mots la part importante de la signification de son enseignement.Progressivement, je prends conscience de la très grande sagesse que recèle sa gestuelle.Tant de vérité à saisir et à comprendre dans le calme, la précision, le caractère ample et pondéré de ses mouvements.Une grande force intérieure transparaît et force notre admiration.90 (22 mai) L\u2019anecdote mérite d'être rapportée.Ce midi, à mon travail, pendant l'heure du repas, je me suis rendu, comme à l'habitude, dans le parc.Le temps était radieux.Je voulais méditer, faire le calme intérieur avant de reprendre le travail.Je décidai de me rendre attentif au bruit des pierres.Un collègue à moi s'approche, hésitant, ne sachant pas s'il devait parler.Au bout de quelques minutes, il me demande ce que je fais au juste.Lentement, je lève les yeux et je lui réponds: «Je regarde les pierres grandir».L'expression sur son visage était indescriptible.La fureur pouvait se lire dans son regard quand je me suis mis a rire.ll n'a pas compris que je ne me moquais pas de lui.(Septembre) Sourires du Maître.J'en suis sûr, il avait, de loin, anticipé la situation présente.Petit à petit, le groupe s'est restreint.Découragement, lassitude, nombre d'entre nous n'ont pas voulu poursuivre l'épreuve.Pour nous inciter à l'effort, le Maître consent à nous faire le récit partiel de son propre cheminement.Tout à la fois simple mais fascinante, l\u2019histoire de ses progrès me force à mesurer l\u2019'abîme qu'il me faut encore franchir.J'estime que les confidences qu'il nous a faites ont resserré les liens de notre petit groupe.Peut-être aura- t-il jugé nécessaire de sortir de sa réserve habituelle et de nous faire voir le but à atteindre plus clairement.(Septembre) Parfois, je doute du sérieux de mon effort.J'ai l'impression que jusqu'ici, tout n'a été que jeu, aban- 91 RD = 4 \u2018 SM HI LHL i TER 5,0 2> 40,48 21 4,1 (ICN PARMAR y aa - \u201c Cr Fate or ~ pe ar ne - LL.| AR Rr ALIANT SETTERS Loe Etat or 7B i Ce PL DIE ET Cob E it Xe a ey PASSAT ASR don mitigé, curiosité mal aiguillonnée.Je me sens coupable de ce manque de rigueur.(Janvier) Le plus grand obstacle qu'il me faut vaincre est l\u2019impatience.Le Maitre n\u2019agit jamais de façon précipitée.Aux questions qui surgissent, il n'offre que rarement une réponse directe.Un geste, un proverbe de plus à méditer, et, souvent, les mêmes injonctions: répéter les mouvements prescrits, chercher leur signification, se remettre en mémoire que le rituel sévère auquel nous nous soumettons a ses origines dans une tradition qui est le plus sûr garant de sa vérité.Pourtant, je ressens intimement par moment cette lassitude qui semble avoir pesé lourdement dans la décision de ceux qui nous ont quitté.(Janvier) J'anticipe le moment où il me dira: «Va.Je n'ai plus rien à t'apprendre.Désormais, c'est en toi que tu chercheras la clef.C\u2019est en toi que tu puiseras l'énergie qui maintiendra l'harmonie péniblement acquise.» Pureté de cet instant encore à venir.Moment ou le disciple et le Maître seront confondus.Désormais, je ne daterai plus ces réflexions.Le temps n'est qu'une illusion.Je remarque que mes échanges avec les autres se raréfient.Ils me sont distants, apparaissent si étrangers à la tension qui m'envahit.Le monde est un vaste jardin sauvage qu'ils s'appliquent à détruire.Le Maître m'a dit: «Tue le Maître en toi» Je médite sans cesse ces mots: et je n'y trouve que para- 92 « RTT I\" EID RETR ICI WI TIL | = \u2014 em D D EE TE = doxes dont je ne tire aucun enseignement.Ainsi: Qui va tuer le Maître en moi?Tuer le Maître: est-ce que cela signifie le devenir?Mais que serait un Maître sans disciple?Puis-je devenir mon propre disciple?Dés lors je ne serais plus entièrement le Maître.Mais qui était donc alors celui vers lequel je n'ai pas cessé de me tourner?N'aurais-je été que le disciple d'un Maître qui rêve qu\u2019il ne meurt pas seul?Un épisode vite oublié dans la récit de son propre cheminement.4ème figure: la pédagogie narcissique ou le malheur partagé (Variation très brève sur le premier modèle, plus sournoise.L'enseignant affirme se confondre avec l'objet qu'il décrit.Détournement de la mort, feinte de la reconnaissance, modèle de l\u2019'universitaire.) «.ils collent à moi, dit-il, et jJ'aperçois encore leurs traits tirés! Ils commencent pourtant seulement leur longue démarche.Leur souffrance est mon extase, ils vont aussi me faire souffrir, me transpercer, me rejeter! Mais, pauvres loques, ils reviendront à moi au détour du chemin.Je renaîtrai avec eux dans leur parcours; je suis leur ombre fallacieuse.«Je ne m'amuse pas, dit-il en écho de soi; je suis le corps converti, hystérisé.Je suis l'itinéraire de la connaissance; je suis battu, indécis, souffrant, et je triomphe.Je suis anéanti parce que je suis l'objet.Demandez-leur: je suis le corps-Rousseau, le corps- 93 Ji BL: van * } b + bei Ci i: yl Ig We ) 5 hE fa Ph UE Re \"A peo el TH a DX Se ac ae er D \u2014 - oa Se data Tay Montaigne, le corps-Mallarmé; je suis la matrice en folie qui engendre ses épigones mathématiques.Corps- texte qui ne supporte pas l'absence d'onction, l'irrévérence des corps non-polis.Ils me traitent de senten- tieux, d\u2019élitiste, de suborneur, d'autoritaire; ils disent leur ennui.Ce sont tous des corps à dresser.N'ai-je pas reçu dressage efficace?Par des douleurs, j'ai enfanté pour m'approcher de moi.Par instants, je désire voir mon itinéraire écrit, lu, répété par eux.J'aime qu'ils disent mon nom, même pour le hair.Ils me disent deux fois, sans le savoir, quand ils disent le texte.Ils croient naïvement me rejeter en citant le texte.N'ont-ils pas compris que j'en étais l'ossature?Voilà maintenant qu\u2019ils me reprennent «à bras le corps»; comme j'aime être pris, sans me lâcher! Ils vont s'en souvenir.Je les blesserai et les marquerai longtemps, comme fer rouge.Qui discernera si je suis ou si le texte est?J'aurai gagné à la survie.«Regarde, reprit-il avec atonie, ils ont baissé les yeux.Ils se transforment au gré des persévérances du texte.Mais ils se fatiguent, certaines langues se tirent, certains commencent à être loin.«Très bien; ils ont perdu leurs airs de plaisir, ce n\u2019est pas ie bal ici! L'air est plutôt proche du bagne.En me haissant, ils vont me plaire.Ne suis-je pas haine de moi et mépris d'eux-mêmes?Tiens, je vais en profiter pour me gausser de mes petits confrères qui ne font que babioles.Leurs corps n'est pas limpide comme le mien.Ne suis-je pas tout le poème, toute la mathématique, toute la philosophie?Mon corps ivre est la totalité; mon corps hai s'inscrit à chaque ligne.Et je souffre mon corps, quelle aubaine! 94 PETE 7 GIA mas MR E171 +O TAMIR NOT, 1 oe «Je suis ma voix qui se déclame et se chante.La loi ne s'enseigne pas; elle se gargarise.Qu'ils écoutent donc, les pitres, ma voix de texte, mon humeur Pasca- lienne, mon ventre à la Voltaire.Qu'ils entendent le modulé de ma voix qui enrobe leurs propres corps et les fascine dans le texte qu'ils aiment.Ah! qu'ils écoutent au moins comment Verlaine pleure quand je le dis, comment La Rochefoucauld renaît quand j'en témoigne.Mon expérience est unique: pourquoi devrais- je suivre chacun de leurs vagabondages grossiers\u201d Je ne porte pas de bleu de travail, moi; je suis seulement recouvert des lignes du texte.Je suis le corps torturé, étiré qui ne s'enfle que dans le rythme modulaire de la voix que je deviens quand la lecture étreint mon texte, mon moi.N'est-ce pas alors que je suis en habit du dimanche et qu'eux sont en haillons, buvant et piaffant\u201d Mon corps qui se retourne les méprise tant qu'ils n'ont pas souffert leurs petites morts rapides.D'ailleurs, que sont leurs petites morts quand la mienne est en jeu\u201d Qui me pardonnerait si Nietzsche mourait étouffé dans leurs quolibets?Ah, je m'auto-détruirai plutôt.«lis s'avancent prudemment, dit-il à part soi, et ils ne se retournent plus.Quelques-uns seulement ont suivi.Les autres, je ne les vois même plus.Peut-être jouent-ils avec leur craie, peut-être sont-ils partis dissiper ailleurs leurs turbulences ou pisser leur cafe.Ils ne reviendront pas, nous allons pouvoir partager nos malheurs d'élus.N'avons-nous pas été choisis pour être raturés, effacés mais jamais oubliés?Ne suis-je pas le ressentiment en actes, la volonté de ne pas disparaître, la haine qui, tantôt, se comblera d'amour?95 Py a À, go = Js MIE hod ra er > =, .3 a Cre \u2014~ 7 - _ a i 1 a pra perte - Br PC ads ny 5 = de PSE ESA TETE FFSA oi = ~ a Pe EE a RCs rr SRF El SR EE pat ES A te TLL TEE ~, B .RR = Bl A PN A In nA LL TT EE te ae .D BR 2.A FE - is EXT SE pF oF Pe Pe re Ter S Ph aa 1 = 3 pu) J SAT ra DES - - - ee pars rey pe \u2014 age - - hye # vez - Bor To ed SEN Pa ae I ~ «Ou suis-je?Quel mal me saisit comme gorge?qui ai-je transpiré?Quel air vicié ai-je pu respirer pour m\u2019éloigner ainsi de moi?Je suis le texte sacré, le texte-tombeau.Quelle histoire m'attend encore?Je vais devenir voix pour leur crier que nous allons aboutir, que je suis le texte sans être, le texte qui s\u2019est multiplié en milliers de copies, que je suis le texte suspendu, que je respire en virgules, que je tonne en point d'exclamation! Pourquoi ne peuvent-ils pas m'admettre comme tel?Pourquoi soupçonnent-ils que le texte m'indiffère alors que je l'ai tant aimé, haï, porté?Ne me voient-ils pas comme fibre?Les imbéciles! «Ils disent: Si tu es le texte, alors, il n'est plus sacré.S'il est notre référence, alors, tu n\u2019es plus là! «Je le soupçonnais dès le début; ils veulent me détruire.lls sont trop fats.Je vais les renvoyer encore à moi, ils vont me voir briller en texte.Me lire, avec déchirements.«Ils disent: tu crois ne pas avoir d'identité.«J'en ai cent mille.Considérez: ne me suis-je pas brûlé les yeux au soleil de la caverne?j'ai rompu mes os avec Picasso, J'ai descendu la montagne avec Zarathoustra.Mes identités se combattent et s'affrontent.Une manière de ne plus souffrir en même temps qu'une esquive.Qu'ils ne croient pas m'attraper.Dès qu'ils me saisissent, je m'esquive en un autre moi.Je suis le chemin d'une histoire infinie.«lls disent: nous témoignerons que tu as vaincu le Sphinx.96 nee ro mme ae \u2014 = EE - «Je le vaincs tous les jours.Ce ne sont pas les tomates qui me font peur, ni leurs vulgaires haines qui me contrarient; au contraire, elles m'activent.Je me déposerai en répétitions et mon long texte sera ma substance.{ «Ils disent: «Tu balbuties, tu baves, et tu crois penser.«Je ne me rendrai jamais sur vos chemins; je suis en quête d'identification impossible.Je suis mort pour vous tuer.Jouez donc avec moi au miroir brisé.Qui s\u2019y reconnaîtra?Je suis le corps pantin, fracture, dont le texte-sang pend l'acrostiche et je me perds dans les soulagements de maitres.» 5éme figure: le professeur des techniques (Le clivage créé par l'institution scolaire entre l'enseignement au niveau dit «général» et l'enseignement au niveau dit «professionnel» confère à ce dernier des caractéristiques qui lui sont propres.Caractéristiques issues de la division sociale qui l'a engendré.Cependant, l\u2019art pédagogique en ce domaine n'en reste pas moins intimement lié au modèle classique décrit plus haut.) Bien chers amis, nous sommes réunis aujourd'hui pour souligner un événement bien peu ordinaire.Nous fêtons ensem- 97 D {+ 4 ob i + .+ 2 ne RTE boos tse ay fi RN I Be) i RAR MINCE ble le départ de deux de nos compagnons de travail que nous affectionnons beaucoup.On m'a demandé de prendre la parole et de témoigner notre reconnaissance unanime pour tout le travail qu'ils ont accompli dans notre institution.Je prends cette demande à la lettre.Je veux dire par là que je n\u2019insisterai pas sur leurs qualités respectives d'homme et de femme qui ont fait d\u2019eux des membres hautement estimés de notre groupe.Je n'ai pas besoin d'en dire davantage, ils savent tous les deux combien nous les apprécions.Je voudrais en peu de mots vous parler de leurs talents d'enseignants, de ces dispositions particulières qu\u2019ils ont su mettre en oeuvre tout au long de leur carrière.Vous ne lignorez pas: tous deux ont eu a enseigner dans des disciplines rattachées au champ des techniques.Cela explique peut-être \u2014 sans épuiser, tant s\u2019en faut, tout l'argument \u2014 qu'ils ont toujours fait part dans leur travail d'une grande rigueur, d'une grande minutie et d\u2019un sens hors pair de l\u2019organisation.lls n'ont pas simplement transmis à leurs étudiants des connaissances.Ce qu'ils ont d'abord enseigné, c'est un sens de l\u2019ordre.Je vois certains professeurs ici, qui ont été de leurs étudiants, et qui sourient.Ils savent bien que la discipline qu'ils ont regue dans leurs cours pourrait être interprétée comme étant de nature quasi «militaire».Souvent, en passant devant leur salle de cours, j'ai pu assister à deux spectacles entièrement différents, mais qui se rejoignaient par le but recherché.Tantôt on pouvait observer une classe attentive, tout entière tournée vers le maître qui présentait une explication au tableau: un silence et une écoute parfaites existaient alors.Tantôt régnait dans le laboratoire une activité intense où les étudiants, circulant sans 98 cesse d'une table à l'autre \u2014 sans pour autant donner l'impression d'un désordre massif \u2014 se consultaient, s'entraidaient et poursuivaient, de longues heures durant, les expériences préparées par le professeur.En retrait, surveillant du coin de l'oeil toute cette agitation, ce dernier s'affairait à quelque correction ou préparation.Si nos deux amis se sont signalés comme professeurs, cela est dû en grande partie à l'exemple qu'ils ont donné.Les témoignages que leurs étudiants ont donné de leur enseignement, témoignages que j'ai maintes fois entendus, allaient tous dans le même sens.On louait chez eux leur fermeté dans le travail à accomplir ainsi que leur capacité à rendre la matière étudiée concrète aux yeux des étudiants.On n'aura jamais vu dans notre institution des maîtres plus soucieux d'apprendre à leurs étudiants le respect du matériel avec lequel ils avaient à travailler.Avec une insistance qui leur a souvent valu l'appellation de «maniaques», ils se sont employés à inculquer à leurs élèves des habitudes de rangement, d'entretien et de vérification de leurs instruments.Ajoutez à cela qu'ils ont su aussi leur communiquer avec enthousiasme le plaisir qu'ils ressentaient à manipuler les divers matériaux mis à leur disposition et vous comprendrez pourquoi leurs étudiants disaient de leurs cours qu'ils étaient concrets et «utiles».Je m'en voudrais de passer sous silence un dernier aspect de la pédagogie que nos deux compagnons ont su déployer.On touche ici à quelques-unes des motivations les plus intimes de leur vocation d'enseignants.Pour l'un d'entre eux, je dirais que c'est le sentiment d'une très haute responsabilité lui incombant.C'est toujours avec fierté, mais aussi non sans gravité, qu'il nous parlait de «ses gars».99 Le ag ee Le ste eid $ _ «© > elie.ie + aT! te ; \u2014 vd - - > - .27.: .= -.~ 15 - qu - .=.- Rd - Ca 0 2e dde de CE Eee Se dec ete A SO ee rT PER Comme s'il avait été le chef d'une bande soumise aux multiples épreuves d\u2019une longue traversée.Ses étudiants, il les aura toujours traités en hommes, mais avec l'idée qu'ils ne l\u2019étaient pas encore tout à fait et donc avec le sentiment qu'il devait veiller avec une attention particulière à parfaire leur formation de manière à ce qu'ils deviennent des spécialistes accomplis.Je ne saurais dire si ses étudiants l\u2019auront souvent déçu: lui seul pourrait nous le confier.Mais si le cas s'est présenté, il ne m'a jamais semblé bouleversé outre mesure.Je crois qu'il les estimait trop pour se sentir trahi par quelques-uns qui n'auraient pas su répondre à ses attentes.Quant à la compagne dont nous saluons ce soir le départ, je dirais que c\u2019est une sollicitude et une tendresse toute maternelle qui l\u2019ont toujours guidée dans ses rapports avec ses étudiantes.C\u2019est avec beaucoup d'amour qu\u2019elle nous parlait de «ses filles».Mais c\u2019est un amour qu\u2019elle cherchait à dissimuler pour qu'il ne devienne pas trop envahissant ni trop exigeant.On pouvait deviner cependant cette grande affection quand ses étudiantes, ou certaines d'entre elles, n'avaient pas su respecter ses requisits: on la sentait alors plus déterminée encore à prendre la suite de son enseignement et à atteindre les objectifs qu\u2019elle s'était fixés.Au total, on doit louer les grandes qualités professionnelles de nos deux collègues: jamais ils n'auront douté de la valeur du travail qu'ils accomplissaient, même lorsque les circonstances les plus difficiles se seront présentées.Je m'adresse maintenant à vous deux: je veux vous féliciter pour votre dévouement et votre ardeur au travail.Je crois que vous rêviez \u2014 et le rêve s\u2019est accompli \u2014 de vieillir avec ces jeunes qui vous ont été confiés, avec 100 DE 34 PE une jeunesse un peu folle et insuffisamment préparée, offerte à votre volonté de les former, de les éduquer, prête à être taillée à la manière du sculpteur.Nous savons tous qu'en ce sens vous aurez été de grands artistes.Je veux vous dire que vous demeurerez pour nous tous une source constante d'inspiration.Notre enseignement en sera d'autant enrichi.Pour tout cela, et bien d'autres choses dont j'aurais voulu parler, nous vous disons encore une fois, Merci! 6ème et ultime figure: le mauvais professeur ou l'apologie de l'échec (Dernière figure, en porte à faux par rapport aux autres.En un sens la figure la plus intéressante à étudier.Ses procédés nous indiquent clairement et sans double jeu l\u2019outil institutionnel; son pouvoir frappé de mépris révèle la discipline; l'étudiant, délivré du charme de l'enseignant, pourrait, à la rigueur, songer à s'en passer.La peinture de ces «sans-âme» est complexe.Elle ne fait pas dessin original, figure marquante.La relation enseignant-savoir y est tant arbitraire qu'on ne saurait à partir d'elle tracer image.Ce qui demeure du mauvais prof: des textes épars, pêle- mêle, mal rangés ou trop rangés.Son image est le brouillon, même si l'individu est maniaque.De ce brouillon de documents enchevêtrés, nous retenons quelques débris pour circonscrire son image, sans leur donner cohérence.) 101 + 4 Eo L \u20ac 23 A RR TRIS A ee ST AN ETE ey 1.Fragment d'un mémo adressé a I'administration «.Vous m'en voyez navré; j'ai beau parcourir les couloirs, demander à mes collègues, je ne trouve plus à ma disposition les outils dont la liste accompagne le mémo.Je manque de cahiers d'examen comme vous le constaterez.Je n'ai plus, pour ma détresse, ni craie ni chiffon, à croire que les étudiants les ont fait volontairement disparaître.Vous comprendrez que je ne peux assurer ma charge d'enseignement sans ces outils précieux qui.» (Un bout de texte manque) «.\u2026.j'ai eu beau les prévenir, exiger d\u2019eux une parfaite conformité aux règles en vigueur en cas d'examen, je n\u2019en ai pas moins découvert, avec surprise, que deux individus auraient pu échapper à ma surveillance et copier tout le résultat du problème dans le manuel.Je ne sais comment agir devant une telle tromperie.J'estime que seule une sanction sévère que vous saurez porter contre eux permettra d'éloigner menteurs et fraudeurs, et de faire réfléchir l'ensemble.L'indulgence, je le crois, ne servirait qu'à entraîner d'autres étudiants dans la même voie fâcheuse.L'un d\u2019eux, pourtant bon élève à l'ordinaire, me l'a déclaré sans broncher.I! estimait que si personne ne punissait personne, cette licence.» 2.Esquisse d\u2019un tableau noir, aperçu par vent d'orage, recouvert d'inscriptions toutes liées entre elles.À gauche, une note: A) le système politique Canadien.En dessous, en petites lettres: a) les chambres, relié par flèche à une ligne parallèle où on peut lire: La loi du cadenas; au-dessus, souligné de trois traits: «les élections», relié par une flèche en bas du tableau à c) les diverses instances électorales, avec, 102 entre parenthèses, (le Sénat, choix et privilè.).Sur les lettres effacées, la mention «exercice»: 1) Relever, en termes politiques et sociaux, les principales composantes des partis.2) (après un passage effacé, probablement un ajout étudiant) «Toué, tais toué».3) Comment jugez-vous le caractère réformateur, en termes de constitution.(suite paraissant effacée, reliée par une flèche au haut du tableau à «Les mécanismes provinciaux.»).Un diagramme aussi inintelligible se poursuit sur toute l'étendue du tableau.3.Raisons d'annulation d\u2019un cours, données par un étudiant; extrait des archives des services d'Aide Pédagogique Individuelle: Raison de l'abandon: Mésentente avec le prof.Plus bas, on lit les explications suivantes: «Cours platte.À aucun moment, le prof n\u2019élève la voix.Il ne discute avec personne, ne répond que très partiellement aux questions posées.|| récite ses notes de cours, ou bedon les lit, la tête penchée sur ses feuilles.On ne sait jamais si on a vraiment compris.Les examens sont trop nombreux, et jamais en rapport direct avec ce qui a été vu dans le cours.Il se trompe parfois dans ses notes, sans le dire.|| murmure et bredouille.la moitié de la classe ne comprend rien.Ill s'en f.disant qu'on est des ignorants et qu'on le restera.Il ne nous parle pas; quand il entre en classe, il se confond avec le mur.Il entretient de longs monologues avec le tableau, sans jamais regarder personne.|! fait lire des livres aussi épais qu'il paraît l'être, lui.On se tait ou bien on dort.C\u2019est toujours les mêmes qui répondent à ses questions.J'en ai posé une, un jour.Il m'a insulté en guise de réponse, pensant que je me 103 RE REC NOT SENS TS EE Et te Cet HN an moquais de lui.On comprend rien à la matière, mais il veut rien entendre.Je sais que c'est à cause de lui, ki parce qu\u2019un autre prof qu'on a eu, il jasait avec nous, 9 même qu'il disait qu'on avait posé la bonne question.ji Récemment quatre d'entre nous lui ont proposé de i faire un travail choisi par eux.Il a hésité, tergiversé, dit i des choses incompréhensibles, il s'est fait rire tout 8 seul, puis, sans d'explications valables, il a dit non.1 Dans ce cas, vous comprendrez que j'abandonne mon a cours avant d'obtenir une mauvaise note, ce qui paraît i d'ailleurs être sa spécialité.» i 4.Notes d\u2019étudiants relevées dans le cahier de X., qui ia a bien voulu consentir a leur reproduction, a condition i de conserver I'anonymat: i i «Ca y est, le v'la qui pleure encore.Y dit qu'on i écoute pas assez, que nos travaux respirent l'odeur 4 des poubelles, qu'on aurait dû faire autre chose que i d\u2019étudier.1) Nombre d'habitants en Australie.Cul- ie tures principales.Le v\u2019la qui parle encore des ber- 1 gers.Il s'anime tout seul à propos du corral \u2026 Princi- of paux ports.Le tonnage de chacun d\u2019eux \u2026 J'arrive i pas a le suivre, c'est que des chiffres.! Il n'a pas É.arrêté de parler depuis une heure et trente.«Pis, ma ki blonde, tu dors?» qu\u2019a lancé Yves à toute volée \u2026 Là, in ça y est, il s'arrête de parler.Il a I'air d\u2019étre terrorisé .Ais Ca y est, il a même rien dit.I! nous parle maintenant de Hi Melbourne comme s'il y était allé.|| se démène, il s\u2019agite, vocifère.Il est en sueur \u2026.Ouf! || s'éponge.Y a 44 juste mis les breaks pour se moucher.Y est bien tout seul à voir le rapport avec Melbourne et l'histoire de la Hollande sur laquelle il est reparti.Ça l'air de l'inté- on resser.» 104 Patan 5.Copie de quelques questions d'examens, piquées ci et là: a) A votre avis, qui d\u2019Anaxagore ou de Périclés est le meilleur guerrier?b) De ce poéme de Saint- John Perse ou d'Anne Hébert, lequel vous fait vous sentir ie plus à l'aise?Décrivez abondamment vos émotions et tous vos sentiments nouveaux à la lecture de ces morceaux.c) En rendant vos cahiers de notes de cours, vous n'oublierez pas de souligner les principaux thèmes abordés dans le cours.6.«Le désordre emplissait les esprits.Comme s'il n'y avait personne.Chacun rêvait de sa future fin de semaine, quand l'un de nous l'a mis en boîte, en lui posant une question.Comme il ne connaissait pas la réponse, il a beaucoup parlé.Nous, nous n'avons guère suivi, mais Louise, qui a lu l'ouvrage cité, a repris puis a démonté son affaire pour lui indiquer qu'il ne comprenait rien.Ça été une telle foire que maintenant, il n'ose plus rien nous demander.» * * x Conclusion Nous avons fantasié.Les traits retenus, nous l'avons écrit, ne correspondent a aucun mais empruntent à tous.Nous sautons, selon l\u2019occasion, l'humeur ou la fatigue de l'un à l'autre.Même le pédagogue «surchargé d'âme» est, à ses heures, le mauvais prof.Fantaisie qui n'a d'autre achèvement qu'un mémento de rituels pédagogiques.105 Vie jus \u201ca 2 a AACN De l'institution, la pédagogie donne l'expression ultime, la «meilleure part».Lorsqu'inconsidérément sont opposés le caractère formel des règles institutionnelles et le désir du savoir, soulevé par le pédagogue d'envergure, la feinte l'emporte sur le réel.Sans travestissement, pas d'amour des normes.Sans feinte luxure, pas de punition.La pédagogie appartient au mode de la reproduction et non à la sphère de l'innovation.Naifs, nous estimions que la réflexion sur la pedagogie nous permettrait de vite saisir en quoi le rapport maitre-éleve suspend ou interrompt la sanction de l'école.Nous pensions aux démarches du savoir, nous avons retrouvé la comédie de sa transmission officielle.Mais, à travers la fantaisie, dans les délibérantes esquisses de nos modèles, nous avons perçu que se dessinait ici et là l'hypothèse d'un renversement.Renversement qu'il nous reste à inventorier, à décrire.dans un article subséquent.Le Neveu de Rameau se moquait tout en parodiant.Quelles sont les possibilités d'écart, de mise en cause dans la pédagogie?Du texte, nous retenons que les figures du mai- tre alternent et se cristallisent sur l'imago familiale: tantôt le père attentif mais sévère, tantôt la mère, aimable et retenue, tantôt l'assemblée des frères, tantôt enfin le père sacré, Dieu-le-texte ou l\u2019objet.Seul le mauvais prof se passe de corps symbolique et n'en invente aucun.Il se réduit aux outils que lui fournit l'institution.Quant au discours étudiant, nul détour ne l\u2019énonce, nulle scène ne le prévoit.Son absence qualifie la relation.Son discours est limité aux énoncés épars, aux 106 protestations ou redites.Rien, dans l'art pédagogique, ne paraît le corcerner au premier chef.De la ballade amoureuse au chant funèbre, se poursuit donc, interminable, la chanson du pédagogue, qui ne manque pas de couplets mais qui, à nos écoutes, n'est pas chanson a réponse.3.On aura remarqué, tantôt discrète, tantôt ostensible, la figure de l'étudiant apparaissant en contrepoint aux mises en scène que nous avons produites.C'est le cas notamment de notre troisième figure.Il arrive en effet que le maître, dans la relation pédagogique, joue volontiers de l'indicible, de l'allusif, du geste esquissé.Quant tout son jeu s'y résume, la dimension sacrée de la relation envahit toute la scène.Souvent jusqu'à la caricature (nous ne disons pas toujours).Dès lors, tout peut être prétexte à maternage, incitation au cheminement, périple en direction de cet horizon lointain que représente désormais l'image du maitre.|| semble, dans ces circonstances, y avoir peut-être un lieu plus propice que d'ordinaire qui se cree ou pourrait se loger un «discours» étudiant.Qu'on ne s\u2019y méprenne pas pour autant: l'art pédagogique reste ce qu'il est: invitation au voyage organisé évidemment.Il n'est pas innocent, enfin, d'apercevoir le «mauvais prof» à travers l'écriture de l'étudiant.Signe d'une parole?Non, constat qui ne concerne encore que l'enseignant aux prises avec le jugement péremptoire de l'élève.Cette reconnaissance («tu es un mauvais prof») ne peut évidemment lui être offerte que par l\u2019auditoire, non par ses pairs.Une deuxième raison a guidé inconsciemment le choix de l'écriture en un tel cas.Nous l'avons déjà indiqué: malgré ses volontés, le mauvais prof ne parvient jamais à tracer un «corps» étudiant, et donc, ici et là, dans la classe, l'élève retrouve des bribes d\u2019autonomie.Le savoir est débarrassé de toute auréole mystifiante comme de tout intermédiaire fascinant.Pourtant, dans la plupart des cas, la seule parole entendue est la complainte pour obtenir un meilleur maître.107 \u20ac; + A .~ \u20ac L rll hv HEY [I 3 : SATE ES AR Tanga Es i Références bibliographiques A Jean-Jacques Rousseau, Émile, ou de l'éducation, Pa- A ris, Garnier-Flammarion, 1970.i Diderot, Le Neveu de Rameau, coll.Les classiques du pi: peuple, Paris, Editions sociales, 1972.HUE a A.S.Neil, Libres enfants de Summerhill, Paris, Fran- Bh çois Maspéro, 1973.A Katia Sadoun, Valérie Schmidt, Eberhard Schultz, Les Ri: «boutiques» d'enfants de Berlin, Paris, François Mas- fit: péro, 1972.1 René Schérer, Émile perverti, ou des rapports entre ii I'éducation et la sexualité, coll.Libertés 2000, Paris, ji Robert Laffont, 1974.108 BE i au MES * PRA gs yaa oR Ua ~~ > > aride wig a = aa fo hay gor Lea ERS DE; 0) EPR ges 54 A mans co 5 EE Reset pp PF pe : care \u201d tf Folge = AR all ty Lota NS MN La RE PRN 2 _.mn Aras 4 og PRION os [BE NEPA rans = PEE (NE ex ga EEC Pr i Ow apes ce 4 gh SA > ads 34 Lors rene ES Dol 2 ETN [RS il ey Lr Par: nu.LE tad LT = IY ae crie tee EN pretaster pee PE OS aire mate roc CP à Lars er OS Mage roa Sr 2.cc EN OR z 3 : - od na Le - Fey = fl 5 Li 3 FE BT} 1 AT pit toc RN ~ A = pa % = 2 Z a vieres = Pe a bec à Trois-R # ; e a Alexis Klimov té du Qu .Professeur de philosophie ° IVEISI Philosophie et dissidence Un em PS __.\u2014 ee pe PES anh Tare eu pa \"ça\" Pa pd ee FET rycag gabe PEER TRS + ~ a rr ~~ Te at Ps Sr na Ia] 13 Xo pe Jb ro ORE TY I rl ph = hr = pe pt lie por Veer Ppa a yal nr Ape NSAP hai a NT BY [Zp x padded ps sag eet aw ÉT Te et pp TT ar a CN Slt.men - PI or a Br A rr Er Yr Yr viny PIE Jury - ~~ - 2 ~~ - [a thai FE Ria A nf ! à nf?+8 a 8 fil 8 oh Jy 08 nt.J Th i i: 8 y A Sooo 8 JR 4 ; ; A A} \u201c r 3 Pog >, À à 7 } pe iB a 8 bs \" SE i [hid Jalaiarathinibie ode ais 14; TATA] ER: +, + IS pe HE Quant a ces sages qui se croient autant de petits dieux, I'amitié ne les unit presque jamais, ou, si cela arrive quelquefois, c'est une amitié toujours triste et désagréable, et qui ne s'étend qu'à un très petit nombre de personnes.(\u2026 ) Si donc ces philosophes sévé- res se lient quelquefois entre eux par les noeuds mutuels d'une bienveillance réciproque, cette union peu solide ne saurait durer longtemps entre les gens toujours tristes et de mauvaise humeur.\u2026 Érasme Mieulx est de ris que de larmes escripre.Le grand Dieu feist les planettes et nous faisons les platz netz.Rabelais Sans.nezquivoque.Le Philosophe inconnu LUI.\u2014 Ah! ah! vous voila, monsieur le philosophe; et que faites-vous ici parmi ce tas de fainéants?110 PERE A i PTY a Bg ot i ar D ; MT PES RO yee I PI CR Ir IIe) IR RI PIT HARRIET RAY : RAGE ETS PRE ICE PCR : Lo v ¢ TPE 1% i=, Pr TL CYTE 5 SR = rf Ama aN 5 MOI.\u2014 Fainéant vous-même! ici, je suis parmi des gens sérieux et, ma foi, fort respectables.En tout cas, aucun d'eux ne pousserait la paresse\u2026 LUI.\u2014 Je sais, je sais.En vous abordant, j'aurais dû mettre des gants et ouvrir notre entretien avec une belle tirade de mon cru.Avec vous, ça aurait été du tout cuit! Mais parce que j'ai eu le malheur d'emprunter une phrase somme toute banale à un auteur qui, sans jamais tomber dans la bassesse, souvent dit drôlement ce qu'il a à dire, vous voici prêt à médire de moi.Et cela, uniquement, parce que, ayant le bonheur de posséder un peu d\u2019érudition, vous préférez en faire devant moi étalage plutôt que de vous abstenir de me lancer à la tête une remarque désobligeante.Dois-je, mon petit ami, vous rappeler que les autodidactes méritent autant le respect que les constipés de votre espèce?Si vous étiez mon neveu, je vous aurais fait détaler.N'oubliez pas le vieil adage: le bonheur des imbéciles fait toujours le malheur des autres.MOI.\u2014 Mais c'est vous qui avez commence.LUI.\u2014 L'impertinent! MOI.\u2014 C'est vous qui m'injuriez.LUI.\u2014 Hein?Monsieur se sentirait-il tout à coup dans la peau d'un juré au tribunal chargé de condamner non seulement les jurons que la jurisprudence réprouve, mais aussi les soi-disant affronts de ceux qui ont l'insolence d'avoir le front d'affronter le silence des sots\u201d?MOI.\u2014 Je m'en vais! En voilà assez! LUI.\u2014 Allez ressasser, si vous le pouvez, toutes 111 ji at pui - a E 4 raat say eh \u201d = perp aby vy oat NPT syed oy Ty pr ppc pa = = aE a p= de Fes = ra Ea HT RN LW AT AN RET WT NGC AAT PES A RS rfc Shea wk ui lt paca Pace Poli URS i= sis PES i Ee EE FS SIR DL PEE = PEPE SE CRN CE EE Sy pbk Jap SA Yet Jar Pee EY EE A Se ELA DE ET ES AT M A a LL TR Ae ST ATS ee rr ESS ACE z Pale] EE PAT RE RE IT A EE CEPI RE AR EER a Fe TE T ss : I RE HE a | - - ue - .Cm es 5 _ +215 = a mr 3 ; 2 ro Tr rancor va I rt [EJ I pa a Fy.NE JA age py yr PR tre ut of a aga rudd desert ee pi ré ape hd - ey ~ pat 20 a ~~ aby Lr Shin dy Rap pages DERE Jars A di tlh og 7 mi ES Jv ra rege ager posit J Fens.ror mA [x aeons ye = EESTI - wn ov AMAR Pre yr one pre ER x pe er A tp Prior vp rT vos rancunes chez le diable.Je dis bien: si vous le pouvez.|l est, en effet, aussi difficile, peut-être, de se rendre chez le diable que chez le bon dieu.Aucune visite organisée dans leurs domaines: y pénétrer est une affaire de coeur et non de rancoeur! Allez! Mais vous ne saurez pas ce que j'ai découvert: le.par Bouddha! nec plus ultra \u2014 sursum corda! \u2014 de la philosophie.MOI.\u2014 Vous me tendez encore un piège.Mais vous ne m'attraperez pas comme une mouche avec votre vinaigre.LUI.\u2014 Quand le vinaigre est tiré, il faut le boire.Auriez-vous le vinaigre triste?Suivez l'exemple de Tha- lès: mettez de l\u2019eau dans votre vinaigre.Une journée sans vinaigre est une journée sans soleil.MOI.\u2014 Arrêtez! LUI.\u2014 Pourquoi?Je vous veux du bien, mal luné que vous êtes! Et en voici la preuve.Sans vinaigre, vous dormirez bien.Pendant que vous dormez, vous ne vivez guère.Dans cet état, vous êtes un peu comme un objet, comme une chose.Vous vous perdez en tant qu'homme.Par conséquent, boire du vinaigre, c'est s'assurer le saiut.Cela ne vous sourit pas?MOI.\u2014 Non.Vos raisonnements sentent trop le suri.LUI.\u2014 Sournoise odeur de suri dans la souricière \u2026 Vous y tenez à vos pièges.Ne sourcillez pas.Je vous agace.D'accord.Mes jeux verbaux seraient indignes d'un évêque de Meaux.Mais pour l'ordinaire d'un homme simple, ils conviennent, ma foi, fort bien.lis ne sont pas brillants, certes.Mais sans eux, supporterais-je 112 .Pd © a - pre EE ES NA EE le sérieux de tous ces êtres ternes qui se veulent absolument modernes et dont les balivernes me consternent?De toute façon, avant de me maudire, de me vouer aux ténèbres et de prononcer sur moi votre oraison funèbre, attendez d'avoir entendu ces mots dont je repais, depuis quelque temps, ma réflexion.MOI.\u2014 Vos outrances déshonorent la philosophie.LUI.\u2014 Parce que, selon vous, le philosophe devrait être l'homme qui, la bouche en cul de poule, vous cause du juste milieu, de la modération, de la conciliation\u201d?MOI.\u2014 J'ai pas dit ça.LUI.\u2014 Heureusement.Je vous aurais botté les fesses.En vitesse, sans politesse et avec robustesse.MOI.\u2014 Qu'avez-vous à me dire?LUI.\u2014 Rien.MOI.\u2014 Vous vous moquez.LUI.\u2014 Choqué?MOI.\u2014 Vous m'emmerdez! LUI.\u2014 Quelle tristesse! Vous allez finir par me vilipender.Mais je ne suis pas rancunier.La rancune, se plaisait à répéter Aristote, c'est ce qui reste quand on a tout oublié.Et je n'en suis pas encore là.Aussi, et même si vous ne le méritez pas, je vais vous offrir le fruit de ma découverte.Un petit fruit de rien du tout, mais .avec beaucoup de pépins dedans.Le produit d'une expérience de culture intensive.Le voici: /a philosophie sera corrosive ou ne sera pas.Pas mal, n'est-ce-pas?Que de pas perdus par l'humanité avant d'en arriver à cette constatation! 113 ES a A4 - wad ar a 20 Pp ve PA & & OLA ME ER Tn TRAILRIL RT HA, 3 YE co Ey DRE TH MOI.\u2014 Vous devriez rougir de honte comme une écrevisse marxiste-léniniste qui n'a plus un radis pour payer sa cotisation au parti.Vous voyez: ce n'est pas bien sorcier de parler comme vous.Dans votre lancée paraphrastique, vous auriez pu ajouter: Klimov est calembouriste en méchanceté; Cauchy est abstentionniste dans le sadisme; Houde est péquiste dans l'exotisme; Gagné est excursionniste en politique; Brodeur est misérabiliste quand, ayant perdu son Grand Albert, il s'embête; Chevrette est rédemptoriste en amour, Panaccio existe dans le passé; Gagnon est optimiste dans la mort; Janelle est syndicaliste dans l'aventure; Dufresne est antoiniste dans la morale; Rioux est alarmiste dans la pratique de la vie et ailleurs; Renault est pessimiste dans la confidence; Beaudoin est rationaliste dans l'absinthe; Gauthier est séminariste dans le le baiser.LUI.\u2014 Arrétez! MOI.\u2014 Tiens, Tiens! On dirait que les rôles sont inversés.Que voulez-vous; qui se ressemble s'assemble! Que cela vous déplaise ou non, je continue: Naud est quelque chose en -iste dans le symbole, Nadeau est puriste dans l'atmosphère, Parent est terroriste en moi, Lafrance est capitaliste chez lui, Marcil-Lacoste est bouquiniste à distance, Lacharité est scientiste dans l'anecdote, etc.Et, pour conclure, je vous livre l'essence même de mes prolégomènes à une métaphysique future: les philosophes seront corrosifs ou ne seront pas.LUI.\u2014 Vous vous trouvez drôle, sans doute?À la rigole votre rigolade.Mon pauvre ami nabab raté, faudra-t-il que, comme Thomas l'Obscur, je vous dise: déconne, dingue, mais loin de moi.Sale plagiaire, va! 114 AEE Ee WTS Tee oe en MOI.\u2014 Ne devenez pas vulgaire.Vous risquez de ne pouvoir vous dépêtrer du vulgus pecus, et, si cela arrive, vous en garderez ad vitam aeternam un gros bleu in petto.LUI.\u2014 Vous avez raison de ne pas y aller par quatre doyens pour me remettre sur le droit chemin.Mais, de grace, ne faites pas cette téte-la.Vous ressemblez déja un peu trop a un pet-de-loup en train de bouffer un pet-de-nonne.MOI.\u2014 Nous voici repartis dans les impertinences.Faut-il pleurer, faut-il en rire?LUI.\u2014 Rire dans sa barbe, peut-étre.MOI.\u2014 Sinon, ça va barder.Les professeurs de philosophie sont susceptibles.LUI.\u2014 Et on risque de rire jaune.MOI.\u2014 Ou de rire aux larmes.On ne sait jamais, ça varie selon le cas.LUI.\u2014 Ah vous! Avec votre air de pince-sans-rire.MOI.\u2014 Que voulez-vous: ne sommes-nous pas dans l'ère du soupçon?Et on le doit aux gens qui pensent être vraiment sérieux parce qu'ils se prennent au sérieux.LUI.\u2014 Je ne vous suis pas tres bien.MOI.\u2014 Ce sont les moutons qui suivent.Cessez donc de bêler.Qui trop bêle mérite semelle de calotin sur l\u2019arrière-train.C'est facile à comprendre, pourtant.Aussi facile que d'attraper des cons avec du vinaigre.Bon, bon.N'en parlons plus.Ce dont il faut parler, comme le soutenait Wittgenstein, il est bien mieux de 115 I je) RY *, / MS og FT Pt a \u2018 i .+ : ow ay Be ¥ Pa - : à PP REE ERAN .PE 7] - Pye > Tr vv rs = EEE SEP = oy 2y rt gy hte RE ATRL LS TR SST Phar ear a le PbS Sool PP ~ - ; = RE ~ EE port CPE EEE EE Am tacarac le taire.Revenons à nos moutons.Quand vous êtes un imposteur, vous tremblez continuellement à l'idée d'être un jour démasqué.Et vous vous mettez à soupçonner tout le monde et personne.Lorsque vous jouez à l\u2019homme sérieux, vous savez très bien, au fond de vous-même, que l'habit ne fait pas le moine et que vous ne cherchez qu'à dissimuler votre médiocrité, votre absence de vie intérieure, votre insignifiance.Paraître au lieu d'être, selon la forte expression de votre ami Marcel.Vous-même, n'avez-vous jamais été frappé par la précipitation des gens à fêter \u2014 aux frais de la princesse, si possible \u2014 le lancement dans le monde d'un «vient de paraître»?LUI.\u2014 Parce que le véritable sérieux\u2026 MOI.\u2014 Ne s'affiche jamais.Et se fiche du qu'en- dira-t-on.LUI.\u2014 Vous me considérez comme infiniment plus bouché que je ne le suis.Incidemment, connaissez- vous l'origine de cette locution: bouché à l'émeri?Non?Vous l'utilisez à tort et à travers, et cela ne vous a jamais mis la puce à l'oreille?Vous me décevez.Vous me faites penser à tous ces individus qui défilent presque quotidiennement devant le clocher d'une église sans jamais s'être demandé pourquoi ce dernier est-il surmonté d'un coq.Par ailleurs, si j'étais réellement boucher, je serais probablement assez riche.La viande, même avariée, rapporte toujours plus que la philosophie.Passons.Pour une fois, je crois que nous allons tomber d'accord.Se prendre au sérieux, c'est, en définitive, n'attraper que soi.Farces et attrapes.On abso- lutise son petit moi.On en fait une idole et comme on ne voit pas plus loin que le bout de son nez pâle \u2014 116 VUE Oui, oui, oui, j'aurais pu me dispenser de celle-là \u2014, on finit assez rapidement par oublier l'existence de toute autre réalité que la sienne et celle de son idole.Comme l'encens coûte cher et que, de toute façon, personne \u2014 sinon forcé \u2014 n'est là pour en brûler, on se jette à corps perdu dans iles économies en s'idolâtrant soi-même.Avec fort peu de talent, \u2014 à condition, toutefois, qu'il soit compensé, j'insiste sur ce point, par une saine propension à l'indifférence \u2014 on peut sans peine s'élever dans la hiérarchie intellectuelle \u2014 je m'en tiens à celle- là parce qu\u2019elle est la plus accessible de toutes.Ainsi, on ne tarde pas à devenir le prêtre de son propre culte.C'est ce que d'aucuns appellent: devenir un homme cultivé.MOI.\u2014 Et comme un culte n\u2019est jamais susceptible d'être modifié à la légère, il est aisé de comprendre \u2014 même si l'on ne possède pas de diplômes, ces indispensables facteurs qui, selon leur nombre, vous font passer de l'état de brute naturelle, primitive et pauvre en schèmes opératoires, aux états humains secondaires ou supérieurs grâce auxquels vous pouvez utilement fonctionner dans une société ordonnée et policée \u2014 il est aisé, dis-je, de comprendre pourquoi les gens qui se prennent au sérieux sont si\u2026 susceptibles! LUI.\u2014 Vous n'avez toujours pas répondu à ma première question.A force de tourner autour du pot.MOI.\u2014 Vous craignez que l\u2019on découvre le pot aux roses?Que parmi les professeurs de philosophie, bien peu sont philosophes?LUI.\u2014 Fichtre! Vais-je devoir de nouveau lutter contre la tentation de vous donner un pot-de-vin pour vous faire taire\u201d?117 .A R 5 1 ME ratée [8 o « RE aS A Ro 5 14 Ares verre putt et 3 Sai apg mF apie né lr bir Jp rom Canby pry mes pd 0 en py age rf ee \u201d Tap el aie cs Le ee ras ae ie ATA fyb RY rg ptdr pra pepe par Fac Fair Rester de MOI.\u2014 Ne recommencez pa à être terre à terre! LUI.\u2014 Et vous, ne tergiversez plus! Que faisiez- vous, il y a quelques minutes, ici, zigzagant, agaçant, grimaçant, arrogant, provoquant, décadent, au milieu de tous ces fatigants?MOI.\u2014 Je pensais aux dissidents.LUI.\u2014 Encore! Je vois, je vois: vous ne vous préoccupez guère du sort des grévistes de la Murphy Plywood, de la Lagadec Air Craft, de la Quintin Iron, mais vous nous cassez les pieds avec vos sacro-saints dissidents qui n\u2019ont que faire de la glorieuse lutte prolétarienne que nous menons ici contre les forces idéologiques réactionnaires lancées par les fantoches, les renégats, les adversaires de la paix et de la détente, les partisans de la catastrophe généralisée, appartenant aux couches les plus oppressives de la bourgeoisie agonisante, égoïste, raciste, chauviniste et antidémocratique, afin de réaliser \u2014 malgré les campagnes diffamatoires des saboteurs, des traîtres, des cliques militaristes, des trotskystes et des colonialistes à la solde de la C.I.A.\u2014 la liquidation définitive et totale des vestiges odieux du capitalisme québécois, grâce au travail, à la coopération et à la vigilance face aux menées des fascistes déguisés en défenseurs des droits de l'homme, et bâtir ainsi la grande victoire qui marquera l'apogée de la normalisation indestructible des conditions rendant possibles les nouveaux rapports sociaux et économiques que le peuple et tous les vrais patriotes attendent de nous.MOI.\u2014 C'est tout?Seraient-ils sur le point de vous récupérer?Non.Je ne pense pas que vous ayez cette 118 chance.Malgré tous vos défauts \u2014 et, Dieu le sait, ils sont presque tous insupportables (ne souriez-pas: ceux qui restent tolérables suffiraient largement pour ouvrir toutes grandes les portes de l'enfer) \u2014, vous n'avez jamais réussi à ne pas être vous-même.D'un sain point de vue social, c'est très gênant.Et là où il y a de la gêne, il n\u2019y a pas de plaisir.LUI.\u2014 Tant mieux.Ah! Si vous eussiez étudié au temps de votre jeunesse folle, point ne serait besoin aujourd'hui de vous enfoncer dans la tête ce vers célèbre de François Villon: «Pour un plaisir mille douleurs».Au fait, une idée me traverse l'esprit: hier, on apprenait surtout par coeur; aujourd'hui, on apprend souvent à contrecoeur; demain, on apprendra peut-être par peur.MOI.\u2014 Vous finirez par me fendre le coeur.Qui êtes-vous?Comment vous classer?Comment vous cataloguer?On a bien essayé de faire tenir sur vous toutes sortes d'étiquettes.Mais elles tombent: vous remuez trop.Le baromètre de votre popularité ou de votre impopularité n\u2019a-t-il pas connu toutes les variations entre l'extrême droite et l\u2019extrême gauche?LUI.\u2014 Où voulez-vous en venir?MOI.\u2014 À ceci: que vous avec l\u2019étoffe d'un dissident.D'un don Quichotte, aussi.Mais ça revient au même.|! faut autant de folie pour se battre contre des moulins à vent que contre !|es machines bureaucrau- ques et policières du totalitarisme.L'erreur est de croire que le terme dissident ne s'applique qu'à ceux qui, dans les zones d'influence soviétique, refusent de piétiner leur dignité pour se mettre à hurler avec les 119 CI SE RE Li hy 1 9 BIE ct NY 3 [Rays 3 3 3 i» Of a loups ou ce qui est tout aussi grave, chercher refuge UE dans le silence de la lâcheté.Et comme la mauvaise i foi est la chose du monde la mieux partagée, il n'est PA que trop facile de justifier sa propre veulerie en pré- vi textant s occuper des affaires d'ici plutôt que de ce qui Ei se passe au diable.Le mal, la souffrance, la misère se CA moquent des frontières.Combien de fois ne vous ai-je E pas entendu crier cette parole de Soljénitsyne: «Qui i fera clairement comprendre à l'humanité ce qui est fi une souffrance réellement intolérable et ce qui n\u2019est Eo qu'une égratignure superficielle?Qui orientera la colére Rl des hommes contre ce qui est le plus terrible, et non i plus contre ce qui est le plus proche?» pits: LUI.\u2014 Sans doute, a cette double question de Sol- ie jénitsyne, allez-vous répondre: le philosophe.?i MOI.\u2014 Bien sir.Parce que seul le philosophe peut, i dans son exploration des profondeurs du coeur de ment \u2014, seule l'Université enfante des philosophes.Or, je crois que tout homme devient philosophe en vivant intensément et en s'interrogeant sur ce que, ce faisant, il découvre.L'érudition nous détourne souvent aussi sûrement de ia philosophie que la prétention de s'imaginer que l'on sait quelque chose alors que, d'un = point de vue existentiel, au départ, on ne sait rien.La i ee Joe va pt hr eat cases Cb darter: pese fl RST nd Catia] prepare i l'homme, distinguer ce qui est humain de ce qui est va inhumain.Oh! je devine votre objection: que faites- 8 vous de tous ceux qui ne sont pas philosophes?Et 0 patati, et patata! Nous avons l'esprit tellement déformé i \u2014 méme si nous avons des excuses pour cela \u2014, que, i pour nous, seule l'Université \u2014 «cette mère des cré- ; à tins toujours enceinte», comme le dit votre ami Roland 3 1 Houde au grand dam de ceux qui l'avalent difficile- | Arie dui gion paca ey [NTA rh utr vi Srv evs Su i Sic POA rir ASR Sr Sed ~ - AL Te aw Tae a PS wir 3h QT iat SUE Samir\u201d rely aby iy fA cn ve Arret, es Sarin PAT \u201cat hao Wa ve - .- ~ Po A= arr Ay a a ST ear < Ë 120 RS RER A CIRE rE preg Te] Sorin ee philosophie n'a rien à voir avec une spécialisation.Certes, elle devrait éclairer la démarche des spécialistes, \u2014 mais, dans ce cas, il n'y aurait peut-être plus de spécialistes.Elle doit surtout nous aider à prendre conscience de tout ce que la vie véhicule, draine avec elle, et que la raison ne saisit pas.LUI.\u2014 Un pas de plus et vous allez soutenir que le véritable philosophe est toujours un dissident, et vice versa.MOI.\u2014 Exactement, parce que toute quête de sagesse est, en elle-même, une dissidence au sein d'un monde où la raison commande de se mettre toujours du côté du plus fort, quitte à sacrifier la vérité pour l'évidence.Nous reparlerons de cela.|| faut que je parte.LUI.\u2014 Depuis un petit moment, la plaisanterie nous a lâchés.Rattrapons-la.MOI.\u2014 Mais non, qu\u2019elle aille courir la prétentaine.Je file.Un petit texte intitulé «Philosophie et dissidence» à fignoler.Un prétexte?Pas du tout, mais comme toujours, je suis en retard.Salut! N'allez pas courir le guilledou!.À bientôt!\" Alexis Klimov 1.Ainsi se termine ce premier entretien superflu \u2014 et donc, très nécessaire (Voltaire dixit) \u2014 de quelqu'un avec lui-même.Mais, à cette rencontre du superflu et du nécessaire, certains professeurs d'université sérieux ne peuvent comprendre grand-chose.Dans un monde en pleine ébullition, ils s'offrent le luxe \u2014 authentiquement bourgeois \u2014 de pondre, les pieds confortablement au chaud dans des pantoufles, leur prose académique, c'est-à-dire, narcissique, 121 SR Li py 7 ay pag pp Jap po PIR Pe re Heeb i pu iy pe ef ra mas ~~ - ee pare LFP = > yon pn = CHIN SES - cour = ; DA ASE vole 28 dnl al fnac er Py are pay PRA ÉTAT ETS - pores rigoureusement «élitiste» et incommensurablement ennuyeuse.Pendant ce temps-là, les forces de la haine et de la division peuvent se donner libre cours.Qu'ont-ils fait pour lutter contre elles?Ce n'est que trop facile, après coup, avec des trémolos dans la voix, de discourir, par exemple, sur un Jan Palach qui, dans un acte de courage surhumain, se sacrifie pour élever le feu de sa protestation dans le ciel de Prague, de sa protestation contre l'impuissance tissée par un faux esprit de profondeur et de rigueur dont certains universitaires conservent jalousement le secret.Jan Palach n'\u2019a-t-il pas été acculé à cette extrémité inqualifiable \u2014 par quel langage humain traduire, en effet, certains abîmes de souffrance?, notamment, par ceux qui, pouvant parler, se sont tus, parce qu'ils avaient à rédiger des études savantes, à diriger des thèses ou des publications sur la Vérité, sur la Morale et sur la Justice.Que ceux qui peuvent comprendre, comprennent! 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ra = STAR mms - A ery ~~.ATR aT oid pitt ard \u2014 > ae - ra oe PU ea - Ere ~ Sa LR Se - pa eT - \u2014\u2014\u2014 -~ - $3 yee) PAT PACE EE ec RAA AAC A AMAR NON Gabriel Marcel, Étre et Avoir, Paris, Aubier, 1951.Claude Duneton, La puce à l'oreille, Paris, Stock, 1979.Alan Murphy, «Hommage à Herbert M.Accuse», Bulletin de la Société de Philosophie du Québec, vol.4, no 4, décembre 1979.Claude Lagadec, «Le Comique et le Philosophique», Dialogue, vol.5, no 2, septembre 1966.Paul-André Quintin, «Le monde du vécu chez Husserl», Dialogue, vol.13, no 3, septembre 1974.Léonid Brejnev, Apporter une solution créatrice aux nouvelles tâches de l\u2019intensification de la lutte contre le klimovisme (Discours prononcé à la réunion électorale de /a circonscription «Nouveau Goulag», de Moscou le 12 juin 1970), Moscou, Editions de l'Agence de Presse Novosti, 1970.François Villon, Oeuvres, éd.A.Mary, Paris, Garnier, 1955.Cervantes, L'Ingénieux Hidalgo don Quichotte de la Manche.Jean-Louis Leuba, «Voyages intérieurs: Don Quichotte en Occident, l'Idiot en Orient», in Les pè/erins de l'Orient et les vagabonds de l'Occident, Paris, Berg International, 1978, «Cahiers de l'Université Saint Jean de Jérusalem».René Descartes, Discours de la méthode, commentaire par Etienne Gilson, Paris, Vrin, 1947.Alexandre Soljénitsyne, Les droits de l\u2019écrivain.Suivi de Discours de StokhoIm, Paris, Seuil, 1972.Roland Houde, Histoire et Philosophie au Québec.Anarchéologie du savoir historique, Trois-Rivières, Editions du Bien Public, 1979.COCOA 126 sur tra = fre IR al rn joy TT TUBE out tee ë = à a PRO PIE uta re a PEC MYM rat SY APE oe sa i PA AA Pere Pas pan \u201c= \u2014 Pr Los vaut Pap PII as arm Sor) Pin ay Slax Pas ayn pr ghey a roe eu we PO page 2) yg an ren spa es CRE EE CARE t au EI] a : a.?te e % .> IVI\u20acr\u20acS p o 5 = ique marxis du Québec à Trois-R a e t .Alan Murphy * Iversi A Etudiant à l'Un Est-ce qu'il existe une éth 7 I me e - \u201cww - - a.\u2014 = Ce Thee Emme IS LS Toot TIN a a \u2014 > Te Tee is OT SO DES IE - Xe Tee Cg IT .\u201c : : > ee aie ex ee ee ET STi aril a D D ar ee ou SA oe he ER A er or EE a dir chirp - Ce a - ~~ - Te iv.- 0 0 2 01 dE ~ ha Ta Lo EEL 5 Question difficile que celle-la, entourée de confusion et piégée!\u2018 Difficile, car les fondateurs du matérialisme historique, i.e.Marx, Engels et Lénine, et depuis que pour la première fois les fondements de celui-ci furent scientifiquement indiqués dans Misère de la philosophie, firent preuve d'un silence quasi omniprésent sur cette question, ne le rompant qu'à l'occasion de polémiques (par exemple, Engels contre Dühring et Lénine contre les populistes) et avec beau- 1.L'auteur tient à préciser qu'il présente ici, sans aucune modification, le texte de sa conférence prononcée le 4 juin 1980 dans le cadre du congrès annuel de l'Association Canadienne de Philosophie, tenu a l'Université du Québec à Montréal.Aucune distinction n'est faite dans cet exposé entre l'éthique, qui est un système de principes, et la morale, qui est le corpus propositionnel à visée normative qu'on déduit ou construit à partir d'une éthique; et si l'on n'a pas tenu compte de cette distinction, c'est uniquement: a) qu'elle est contemporaine; b) et que, conséquemment, elle est absente chez Marx, Engels et Lénine.128 coup de réticences (cf.l'introduction d'Engels à son Anti-Dühring) comme si cette question, mieux cette préoccupation, s'avérait impertinente, au sens strict, à leurs recherches, leur visée, leur méthode, leur conceptualisation, leur problématique, quoi!?Et pourtant cette question est entourée de confusion.Malgré le silence susmentionné qui dit beaucoup et est gros de toute un théorie, il existe une certaine tradition philosophique, à l'intérieur de laquelle se côtoient pêle- mêle Staline, Lukacs, Sève, Garaudy, Rubel, Calvez, Axelos, Marcuse .Cette tradition est motivée par des impératifs politiques bien précis et recourt à une interprétation et à un traitement abusif des oeuvres de jeunesse de Marx.Elle tente systématiquement de le présenter (donc Engels et Lénine aussi, quoique ce dernier se prête très peu sinon pas du tout à cette interprétation) comme un humaniste constamment soucieux, à partir d'un modèle de ce que devrait être l\u2019homme, de produire, de proposer une éthique.Sur celle-ci, pourrait être construite une morale qui permette aux hommes, nonobstant leur situation de classe, d'atteindre la plénitude et de vivre entre eux et avec la nature en harmonie.Ce qui est un moyen d'évacuer la lutte de classes pourtant centrale dans le marxisme.Et c'est précisément l'importance passée et présente de cette tradition, dénoncée vigoureusement et avec une force d'argumentation peu commune par 2.«Les points décisifs de notre conception furent pour la première fois indiqués scientifiquement, encore que sous la forme polémique, dans mon écrit Misère de la philosophie, publié en 1847 et dirigé contre Proudhon.» Marx, avant-propos à la Critique de l'économie politique, in Oeuvres, tome |, coll.La Pléiade, Paris, Galli- mard, 1965, p.274.129 *ky Erk Re 44 [ate pe - - a.a \u2014 = mr Ppt ot ap ps M NS a aa A le The aT CAL Aid] Louis Althusser, qui fait que cette question soit piégée.S'opposer a cette tradition en s'appuyant, tout en l\u2019expliquant, sur le silence lucide et volontaire des fondateurs du matérialisme historique, c'est, à l'évidence, risquer de soulever de vives polémiques.Mais qu'à cela ne tienne: ces polémiques doivent être soulevées pour qu'enfin l\u2019on puisse les dépasser et espérer poursuivre l\u2019oeuvre de Marx, Engels et Lénine.Maximilien Rubel, au-delà des nuances, peut être, de par son radicalisme et sa transparence, considéré à juste titre comme le représentant typique de cette tradition: pour lui, le projet de Marx en fut un exclusivement éthique: à l'instar de Nietzsche et Kierkegaard, il voulut proposer une nouvelle table de valeurs: «Le XIXième siècle a connu plusieurs tentatives fécondes pour apporter à un monde en gestation de nouvelles tables de valeurs, de nouvelles raisons de vivre, de nouvelles normes pour agir \u2014 une nouvelle éthique.Trois penseurs de génie du XIXième siècle exercent, par la voix de leur message, une influence considérable sur ce qui reste de conscience morale à notre temps: S.Kierkegaard, K.Marx et F.Nietzsche.Contemporains qui ne se sont jamais connus, ils se sont érigés en juges incorruptibles et impitoyables de leur époque, lui assignant des tâches nouvelles pour atteindre des buts nouveaux.» Et ce projet initial et fondamental engloberait le matérialisme historique: celui-ci serait une tentative pour doter l'éthique marxiste d'assises scientifiques.Autrement dit: Le Capital, par exemple et qui est, on 3.Pages de Karl Marx pour une éthique socialiste, choisies, traduites et présentées par Maximilien Rubel, tome |, Sociologie critique, coll.Petite bibliothèque Payot, no 166, Paris, Payot, 1970, p.7.130 ne le soulignera jamais suffisamment, l'oeuvre majeure du matérialisme historique, malgré ce qu'il dit et contre les visées mêmes de Marx, serait une oeuvre à vocation éthique.Bref, et pour user d\u2019une métaphore courante dans les milieux philosophiques, la substance du Capital! serait une éthique.Ainsi, le matérialisme historique serait à /a fois une science et une éthique: «En tant que méthode de recherche objective, le matérialisme historique a pour obiet l'analyse des faits historiques dont il dégage avec le maximum de précision scientifique la connexion causale: en tant que doctrine éthique, il vise à établir les principes destinés à guider l'action de classe du prolétariat en vue de son affranchissement et de la constitution d'une communauté humaine harmonieuse.» Et ces deux aspects du matérialisme historique, loin d'être contradictoires, sont dans une relation de complémentarité, quoique l'un soit subordonné à l\u2019autre: l'investigation scientifique, en démontant les mécanismes qui ont jusqu'ici présidé au développement historique, permettra à «l'énergie créatrice humaine» de trouver les moyens pour réaliser ses fins lointaines.En d'autres termes, la science permettra à l'homme, possiblement, d'échapper au «déterminisme causal», de s'en affranchir: «Au déterminisme causal qui régit les phénomènes historiques du passé (sic), correspond, dans la sphère des valeurs éthiques, le choix des moyens immédiats employés en vue d'une fin lointaine, fin et moyens devant psychologiquement coincider dans la pratique révolutionnaire qui implique la métamorphose simultanée du monde et des hommes.»® 4.Ibid., p.33.5.Ibid., p.38.6.Ibid.131 veut ri\u201d > ~ Pai - - - - .~ ~ : f (oh yy - - - _- > \u2014 .20.Hi Tree Tl Tela va Ç Ts I = : = = = = = = = oa : = > = ~ 25 c = 3 = \u2014- 2 PRE = - | = ; Fa le AJ Sc or ç pra po Yad om pags p-7 nt, irons or Pg a Pl = prie re te p - Ty Ary rp Yar pe - pi a agh- yh pry » fo ry Fo.- - - PE - no = Er x IN a Pratt wy ov 2 cernes SR TE a EE Eee AE EE EE ee nf de CO AS PE Ce ou SON ONE EE ee de I TEE ar S a go EE EE EE a EL PPE SE ed PES AS ESS E SE 5 7H PRIORI A 4 ERAN in It oF TS LIT mw \u2018 NP Ve MEN EIR A re VT A AEA ab.Mais que nous reste-t-il du matérialisme historique, près d'un siècle après la mort de Marx et sans qu'aient émergé les «lendemains qui chantent»?D'ou vient l\u2019actualité de Marx ainsi que sa pertinence existentielle?Dans un résumé des thèses de Rubel, résumé assurément approuvé par leur auteur, il est affirmé que seule demeure actuelle l'oeuvre éthique, et non scientifique, de Marx: «L'actualité de Karl Marx réside moins dans la valeur scientifique \u2014 donc relative et discutable \u2014 de sa théorie économique que dans la validité éthique de sa critique radicale des institutions sociales qui entravent l'épanouissement libre de chaque individu et, par conséquent, de l'humanité dans son ensemble»?Ainsi, le marxisme, dorénavant, ne serait qu'une éthique, critique de notre monde, et qui continuerait à nous interpeller en tant qu'individus, nous proposerait un modèle à réaliser.Telle est, grosso modo et fort maladroitement esquissée, du fait des limitations inhérentes au présent type de communication, la réponse qu'apporte une certaine tradition à la question ici abordée.Hélas! cette tradition, qui ne cesse de nous rabattre les oreilles et de noircir du papier avec l'éthique marxiste, la considère comme allant de soi au point de se taire continuellement sur ce qu'est concrètement cette éthique et sur ce quelle fut pour Marx, Engels et Lénine.C\u2019est donc eux que nous interrogerons, à partir du peu, tres suffisant cependant, qu'ils nous ont laissé.7.Présentation de l'ouvrage de Rubel.132 D'emblée, soulignons que les fondateurs du matérialisme historique ont toujours présenté celui-ci comme étant uniquement, exclusivement une science de l'histoire et du fonctionnement des sociétés.Et quant à ceux qui soutiennent que les ouvrages pertinents au matérialisme historique possèdent aussi un aspect éthique, ils seraient bien en peine d'étayer leur assertion par quelque texte que ce soit.Mais il y a plus! Marx, c'est indéniable, assimilait le développement de la société au développement de la nature et constata, suite à ses études, que ni les sociétés, ni les groupes, ni les individus ne peuvent se soustraire aux lois qui président a leur développement.C'est ainsi qu'il cita, dans sa postface a la seconde édition allemande du Capital, les commentaires suivants d'un critique qu'il acceptait comme fort justes: «ll envisage le mouvement social comme un enchainement naturel de phénomènes historiques, enchainement soumis a des lois qui, non seulement sont indépendants de la volonte, de ia conscience et des desseins de l'homme, mais qui, au contraire, déterminent sa volonté, sa conscience et ses desseins.»® Mais si nul ne peut échapper au déterminisme, s'en extirper ou s'en soustraire, il est possible, comme affirme Marx dans sa préface au Capital, d'abréger la durée d'un processus ou de modifier la forme d'un phénomène: «Lors même qu'une société est arrivée à découvrir la piste de la loi naturelle qui préside à son mouvement \u2014 et le but finale de cet ouvrage est de dévoiler la loi économique du mouvement de la société moderne \u2014 elle ne peut dépasser 8.Marx, op.cit., p.556.133 : ter tet RAE PE cout es de PP EL SA AA GPO A SE CEE NE RE iy Dé EEE UE LS Pr Se EE A EE SE SRE ~~ EERE IE ~~ PRR a Fal } - d'un saut ni abolir par des décrets les phases de son deve- loppement naturel; mais elle peut abréger la période de la gestation et adoucir les maux de leur enfantement.»° L'action révolutionnaire qui permettra d'influer sur ces processus ne peut découler que dune connaissance, juste, oserais-je ajouter, de ces lois.C'est pour cette raison que Marx, Engels et Lénine ont toujours privilégié, malgré leurs activités politiques, et clamé la nécessité de se doter d'une science'° de l\u2019histoire et, donc, du développement des sociétés, soit le matérialisme historique.D'où leur profond mépris pour tous ceux qui dilapidaient leur énergie à tenter de transformer le monde à l'aide d'une éthique ou qui opposaient une éthique aux autres, mépris qui transparait dans cette note du Capital ou Marx ironise sur Proudhon, trop épris a son gout de morale, d'éthique: «Que penserait-on d'un chimiste qui, au lieu d'étudier les lois des combinaisons moléculaires et de résoudre sur cette base des problèmes déterminés, voudrait transformer ces combinaisons d'après les «idées éternelles de l'affinité et de la naturalité»?Sait-on quelque chose de plus sur «l usure», par exemple, quand on dit qu'elle est en contradiction avec la «justice éternelle» et l'«équité éternelle» que n'en savaient les Pères de l'Eglise quand ils en disaient autant en proclamant sa contradiction avec la «grâce éternelle, la foi êter- nelle et la volonté éternelle de Dieu?»!' Cette reconnaissance de la nécessité ainsi que de la possibilité d'influer sur celle-ci nous permet 9.Ibid., p.550.10.Quon pense au celebre «sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire» de Lénine.11 Op.cit, p.620, note a.134 d'aborder le rapport entre l'éthique et le matérialisme historique.Si Marx, Engels et Lénine, entre autres mais surtout, ont très peu attaché d'importance à l'éthique c'est que, pour eux, elle est subordonnée au matérialisme historique et à la lutte des classes, ce qui a des conséquences bien spécifiques.Est très révélateur à ce sujet le texte qui suit de Lénine, à l'intérieur duquel il répondait aux attaques des populistes qui accusaient les marxistes d'être fatalistes\u2018?et de n'avoir aucune préoccupation morale, éthique: «Le rapport entre le marxisme et l'éthique vaut bien qu'on s'y arrête un moment.L'auteur cite (.) l'excellente explication du rapport entre la liberté et la nécessité formulée par Engels: «La liberté est la nécessité devenue consciente.» Loin d'impliquer le fatalisme, le déterminisme offre au contraire un terrain propice à une action raisonnée.|| importe d'ajouter que les subjectivistes russes n'ont pas su comprendre même une question aussi élémentaire que celle du libre arbitre.M.Mikhailovski, confondant dans son désarroi le déterminisme et le fatalisme, a trouvé une solution.qui consiste à s'asseoir entre deux chaises: ne voulant pas nier que nos actes sont régis par des lois, il affirme que le libre arbitre est un fait de conscience (.) et peut par conséquent servir de base à l'éthique.On conçoit qu'appliquées a la sociologie, ces idées ne pouvaient produire qu'une utopie ou une morale stérile méconnaissant la lutte des classes qui se livre dans la société.Sombart a donc raison de dire, convenons-en, que «d'un bout à l'autre le marxisme ne contient pas un grain d'éthique»: dans la théorie, il subordonne le «point de vue éthique» au «principe de la causalité»: dans la pratique il le ramène à la lutte de classes.»\u2018* 12.Plus ça change, plus c'est pareil, suis-je porté à ajouter.13.Lénine, Oeuvres complètes (quatrième édition), Paris-Moscou, Éditions sociales \u2014 Éditions du Progrès, 1977, tome |, p.454-455.135 ++ - 20e BH + ~ « - 3 se due pa LES TY PE pe ee EE de Te et > \u2014 a - ce y pti pla cer\" Pet de FO a ee EE rate porradétata Paire MER an } } ) 1 + r ', t À Li WY À 4 d 3 art 2e A a Cpt MEALS ROAR RAMA KALE TAR AACA PARMAR} Trois théses fondamentales quant a nos propos se dégagent de ce texte court, mais combien important.1) toute éthique qui ne se construirait pas a partir d\u2019une science, qui donc ne reconnaîtrait pas le déterminisme historico-social, ne pourrait qu'être stérile et utopique; 2) conséquemment, l'éthique marxiste (nous reviendrons plus loin sur l'affirmation de Lénine à l'effet que le marxisme ne contient pas d'éthique), si elle existe, ne peut qu'être dans un rapport de subordination au matérialisme historique; 3) l'éthique marxiste, à nouveau si elle existe, va s'insérer dans et être déterminée par la lutte de classes.Pour bien comprendre la portée et la signification de ces thèses, il est essentiel, primordial d'examiner les résultats auxquels sont parvenus les fondateurs du matérialisme historique.La conception matérialiste de l'histoire est trop connue, quoique peut-être incomprise, pour qu'il soit nécessaire de la présenter: contentons-nous de la résumer en soulignant que selon cette conception l'infrastructure, ou les rapports économiques, ou les rapports de production, déterminent la réalité superstruc- turelle, dont relève l'éthique.Conséquemment, les marxistes rejettent toutes les morales passées et existantes puisqu'elles possèdent un caractère de classe, reflètent et servent les intérêts des classes dominantes comme le dit Engels: «(.) Nous repoussons toute prétention de nous imposer quelque dogmatisme moral que ce soit comme loi éthique éternelle, définitive, désormais immuable, sous le prétexte que le monde moral a lui aussi ses principes permanents qui 136 A DES FI I SRN CES TI TLR py sont au-dessus de l'histoire et des différences nationales.Nous affirmons, au contraire, que toute théorie morale du passé est, en dernière analyse, le produit de la situation économique de la société de son temps.Et de même que la société a évolué jusqu'ici dans des oppositions de classes, la morale a été constamment une morale de classe (.) nous n'avons pas encore dépassé la morale de classe.»** Nécessairement insérée dans une société à structure de classes, la morale marxiste n'en sera pas une proposée à tous les individus, par-delà leur différenciation de classes.Au contraire, elle aura un caractère de classe: «En quel sens rejetons-nous la morale, rejetons-nous l\u2019éthique?(.) Toute cette moralité qui a pour point de départ des concepts extérieurs à l'humanité, extérieurs aux classes, nous la repoussons.n\u2019® Dans un texte précédemment cité, Lénine affirmait qu'il n'y avait pas au sein du marxisme «un grain d'éthique», et ce, parce que, entre autres, le marxisme ramène l'éthique à la lutte de classes, à l'intérieur de laquelle elle trouve sa détermination.Et ici, reprenant ce thème en l\u2019explicitant, il affirme qu'il existe une éthique marxiste; mais si on regarde à quelles proportions il la ramène, quand on contaste qu'il la réduit à n'être qu'un moyen, facultatif d'ailleurs, au service d'une visée politique \u2014 la lutte de classes est essentiellement voire uniquement, la lutte pour la prise du pouvoir \u2014 il nous est permis de ne pas voir la une contradiction, malgré ce que pourraient en penser certains éthiciens.14.Engels, Anti-Dühring, Paris, Éditions sociales, 1969, p.124.15.Lénine, op.cit., tome 31, p.300-301.137 ttes Ta » LL SET HIN Ts r Fab pa ata ~~ Cr a er me apo pe Tgp nn, ow oe re al lh oh ov to hh.+ SEP pe PE) PA fs yo pracy yu Jo Ms pen Ci) MH an ET ya yy ~~ Crary: wa Jad ET na \"a vor - na Cr \u2014\u2014 ail out potas pb age pyc arr Cem rel pre z d QE auger rat pb pw frees gb puri aga Pasir tu sn evo fy ahr vague agai abel poh Pair ry Pres [wr erm iy eT de can ad pers rares Poe pry a pray pere 1H RF IRAT EIN RAR NARAL Dès lors, il n'est guère étonnant que M.Rubel soit amené à caractériser ainsi l'éthique marxiste: «L\u2019éthigue marxienne se caractèrise négativement par son amoralisme, et positivement par sa démarche essentiellement pragmatique.» Essayez de comprendre! Un dernier mot concernant la conception marxiste de l'éthique sous le communisme, propos rendu nécessaire par le fait que maints auteurs ont écrit, et fortement, sur ce que serait la morale sous le communisme, sur les règles qui régiraient les rapports entre les hommes, etc.Immédiatement une considération générale s'impose: après le Manifeste communiste, oeuvre essentiellement politique et gauche, où les thèses du matérialisme historique étaient présentées à l'état d'hypothèses, Marx, Engels et Lénine nous ont trés peu et avec beaucoup de prudence entretenu du communisme, évitant, préoccupation majeure chez eux et évidente pour qui les ont lus, de sombrer dans l'utopie, et ce, parce qu'ils se sont refusé dès lors à prédire son avènement, se contentant, sur le mode du si et seulement du si, de souligner les présupposés nécessaires à son émergence (par exemple: Marx, Critique du programme du Parti Ouvrier Allemand).Tel est le cas de Lénine dans L'État et la Révolution, ouvrage écrit dans la tourmente révolutionnaire de 1917: «(.) 16.Rubel, op.cit., p.28-29.138 H n\u2019est venu à l'esprit d'aucun socialiste de «promettre» l'avènement de la phase supérieure du communisme (.)»\"\u201d Ceci dit, deux énoncés majeurs sur l'éthique sous le mode de production communiste ont été formulés par Engels, respectivement dans L'Anti-Dühring'® et L'origine de la famille, de la propriété privée et de l\u2019État.'° Le premier souligne que c'est seulement avec l'avènement de la société communiste qu'une morale pourra être proposée à tous les individus: «Une morale réellement humaine, placée au-dessus des oppositions de classes et de leur souvenir, ne devient possible qu'à un niveau de la société où on a non seulement vaincu, mais oublié pour la pratique de la vie, l'opposition des classes.» Et le second énoncé affirme que nous ne pouvons nous prononcer autrement que sur le mode de la négation sur le contenu, les prescriptions de cette morale: et c'est ce que nous révèle le texte suivant, fort curieux, où Engels s'interroge sur les moeurs sexuelles qui règneront dans la société communiste: «.) ce que nous pouvons coniecturer aujourd'hui de la manière dont s'ordonneront les rapports sexuels après l'imminent coup de balai à la production capitaliste est surtout de caractère négatif, et se borne principalement à ce qui disparaîtra.Mais quels éléments nouveaux viendront s'y agréger?Cela se décidera quand aura grandi une génération nouvelle (.) Quand ces gens-là existeront, du diable s'ils se soucieront de ce qu'on pense aujourd'hui qu'ils devraient faire; ils se forgeront à eux-mêmes leur propre pratique et 17.Pékin, Éditions en Langues étrangères, 1970, p.120.18.Engels, op.cit., p.124.19.Moscou, Éditions du Progrès, 1976, p.130-131.139 De REI 1 DT ETS\" PES AS COS OA A ES RECO ACR TE RDS Carre ere EE _ A 7 RR EE NOUS EN CENTS EE A LE POA NEO PEER de A AAC NO Ras SOS Pan dE NO OL EE EE EE RE SOS Noces A CP MAREE SALCOC RETA (AMARA gr créeront I'opinion publique adéquate selon laquelle ils juge- As ront le comportement de chacun \u2014 un point, c'est tout.» A En terminant, tentons de résumer l'ensemble A des thèses de Marx, Engels et Lénine sur l'éthique: M très critiques au niveau de la théorie des idéologies i des éthiques et/ou morales passées ou contemporai- i nes, ils ne furent pas du tout préoccupés par la créai tion d'une éthique et aucune n'est sous-jacente à leurs i écrits, considérant que les priorités devaient aller a la i construction d\u2019une science, le matérialisme historique, 0 et à des tâches politiques.De plus, se refusant à som- à brer dans l'utopie, ils ne se sont pas prononcés sur ve l'éthique qui serait celle d'une société communiste.Et id on serait bien en peine de trouver une trace de préoc- LA cupation éthique dans leurs thèses sur la dictature du il prolétariat! + Quant à ceux qui persistent à soutenir qu\u2019il 4 existe une éthique marxiste, c'est-à-dire ceux dont la ne Le uen 2 , [| A spécialité est de lire entre les lignes, question de trou- 9 ver ce qu'ils veulent trouver a tout prix, eh bien, qu'ils i 1 en fassent, enfin, la démonstration.Comme dirait \u201cÀ René Lévesque, «la balle est maintenant dans leur LÀ camp».nf \u201c8 NO Hy wo 4 140 i a , A + 4 « ; .+ .i .\u20186 wi dr.iP - A A 1 ii .FT TO SA TT 1 a oa ap or = ee Per a = ag & + = a a + - 3 > ~ oY = Tee To CL \u2014 pete re a, Ap > \u2014 rn LLL ac PT - we Ls Ps = Py ess ar a 4 2 re age aie tire fs ey Aw a rr TO IC ed ar HVT pry RO yt Safa fang) Pe ree) TC ra J LO sr =e Sd] ro S Er Pl Ja yoy ra Ceol aera pew re ~ LR ION A Te ES = Se Sl rd PA Te oreo a= a Fe pue A ot LO\u201d Si lr its Sep pir Me TL mr et ~~ por e pet Te pa De yet Po WE pe ps Dr ey =) EE er ere re peter ape pe Seyi pe?a ae = ayy ea Tt Sy a Se lg py Fr ari.ti ~~ alg.JO Poi ah, CRE pS Le eR SE SO AE rel Ny 05 eer py DS [Sed yd rd IRs FU Te) gg Je go ye US > ee PES I I wkd EL boy pore F7 - 5 Ex > < TT A x A LR ra ee rity Conte pute PLP PAPA oe Pi Sa hp AP A Sr Ar mr vars papers POPE as ee a et EEE pe cs Tig > ze Ye oo a I LRT TT SL TT Ca ro ty gr Rar La wey Pes oT Se pp ES REL TE Tr Peg bg [Rpg sea PPR i TET Le I a PT a rg rts æ gpg re er pg- Es Po oe Rs a = a et Ee Pgs - = Zs ; prepare Ta > Las & [IR Dee hE Xe veut V4 LON SN TRY A \u201c ASSIS INRA NEN EERO A, AEE) cu a re L Le) NE T4 0 [TATA 3 LO] ISL LME \\ INRA RAN \\ A 3 \u2018 va RE) [RET NES \\ 3 a NUN LRT ARE ATE A) F4 IN des SEI NL EIR JOANN bY \\ DR \\ N n ire N a IN) éposés \u2018 tL \\ LCR BS Qey d rto YA x, bye) \\ vaux i HRN vy 1 x \\ \\ A) a \\ IY \\ NWN A 5 \\ N 4 N 3! LI un répe ériques 2 té de Montréal t .# Iversi RI TTL TIA Patrice Beaudoin de I'Un P ouvrages éso Etudiant au département de philosophie Présentation d\u2019 a la Bibliotheque nationale du Québec ee I TS ETI _ + 225 D NA DY «L'ésotérisme excite I'esprit de 'homme a la recherche de la vérité.C\u2019est le voile de la pudeur fait pour irriter le désir.» Eliphas Lévi Clef des grands mystères.Question de méthodes Tout d'abord un répertoire comme celui-ci doit suivre les transformations que les bibliothécaires et leurs méthodes de classement font subir aux livres.Ces méthodes ne sont que l'une des multiples façons pour le milieu extérieur d'exercer une brisure dans la définition relative de l\u2019ésotérisme.J'ai trouvé des N.D.L.R.M.Patrice Beaudoin vient de constituer un répertoire ronéotypé des ouvrages ésotériques de la Bibliothèque nationale du Québec.On trouvera des copies de ce répertoire aux bibliothèques suivantes: Collège Edouard Montpetit de Longueuil; Centre de documentation en études québécoises (CEDEQ) de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières; Bibliothèque nationale du Québec à Montréal: Université du Québec à Montréal; Université de Montréal; Université Laval: Bibliothèque nationale du Canada à Ottawa.142 Dr Mobétoie ie A Ce) livres de prestidigitation dans le thème «magie», des livres sur les requins classés dans les thèmes concernant la démonologie, certains ouvrages sur la guerre éparpillés dans des thèmes concernant la spiritualité.C'est dire que le monde de la bibliothéconomie, avec son organisation des casiers pour ies idées que sont les livres, n'est en rien comparabie aux frontières abstraites que l'on croit les seules vraies dans une discipline.Face à ce problème, j'ai cru bon de proposer dans ce répertoire un nouvel! index thématique.Ce fut, en fait, mon intervention majeure.Je me suis efforcé de reclasser les ouvrages éparpillés par les méthodes de classement exotériques, dans une perspective vue de l'intérieur du corpus disciplinaire constitutif de la frontière de ma recherche.Ce classement dissout, pourrait-on dire, du mieux qu'il le peut, l'organisation bibliotechnique pour regrouper dans un arrangement qui se veut meilleur, les livres ainsi séparés de leur vieille écorce thématique.Partant du principe qu'une division thématique reste toujours un cadre rigide appliqué sur une réalité, que les enchevêtrements internes et l'unité de cette réalité ne peuvent totalement épouser le cadre et la structure, j'ai classé un grand nombre d'ouvrages dans plusieurs thèmes.C'est une tentative pour ménager la chèvre et le chou, objec- tera-t-on, c'est-à-dire un compromis entre l'unité utopique du répertoire et un morcellement trop maniaque.Le classement proposé n'en est que meilleur.|! est à la fois souple et musclé.Cet index thématique m'amène aussi à éliminer des ouvrages qui n'avaient rien à faire dans le cadre du répertoire.Certains livres, 143 AAA AAAI AMEN SANS Ps + > Apel cp e a A a nD a a er a a pe ene ms SE Tt ge TR Tr ee ee A Lt AI RP AL aT Tt SL LI SLA Silt Sd CR IR Tr Ur Te ELT Si Tt ra _- (fF fa PPA v4 CP \u201c rf oe, ep vg - = eve (py -, oy - hy 4 id PE pbs dti ide ra A APL i Iso SE Tr Cae TE aw ¥ AMA Mt =r PSE SE a ARS SON MERE REA Oe i : > £ z po - ; ; ee PE À RE a x Foal rn Sy Ses ve SE oc! EEE Xx SAREE PR ART Hae 2 = \u20ac 2x ré Pre : = KA: = ei RE lOc A at a z wo ne A Pc gear, ; he\u201d, pod > Mri che iio Pr Choi PU 2 od or a or eh Ce a pl oT vl SEK Le AE, ETI rs or a a ET rte 3 , J by ent \"05 > ds ca = RASE APA Arf bi oo Aly LM Jd pd os, - se ES JL.Read pue Ps Spe.\u201cJi INH v1 10 Mh » hf A a etre \u201cape\u201d ve pe SR \u2014 ~ vr rr rr lps lt ar ar 0 wn Caos EI ary Ns AE Sap A ute 1 ~~ eu pe vw www S pur {a Saou SPY Sh FAL NCI tt pratiquement introuvables par leur classement, m'ont fait constater que la pureté des principes de classement pouvait s'appliquer avec la plus haute fantaisie au niveau pratique.On trouve des livres dans certains thèmes seulement parce que le nom de la collection à laquelle ils appartiennent s'apparente avec le thème en question.La belle affaire! Le point de départ du répertoire: le fichier J'avoue que cette épuration a pu laisser dans l'ensemble des seize cent quatorze ouvrages répertoriés quelques objets indésirables, car ce répertoire est surtout un déblaiement de fond, une recherche d'ensemble, préliminaires d'éventuels travaux plus spécialisés.Pour ceux qui consulteront mon répertoire, afin qu'ils aient une idée de cette frontière dans sa vasti- tude face au classement bibliotechnique, je donne, dans les annexes | et || du répertoire, tous les themes explorés.Ces thèmes renvoient aux index de classement utilisés pour l'ancien et le nouveau fichier vedettes/matières de la Bibliothèque nationale.Disons-le, ces fichiers ne sont tout simplement pas en ordre.Ainsi, J'ai parfois découvert des livres qui n'étaient pas répertoriés dans le fichier auteurs.lls étaient seulement au fichier vedettes/matières, qui renvoyait pourtant au fichier auteurs pour plus de détails sur le livre.J'arrivais à une impasse! De plus, à la Bibliothèque nationale, si vous devez fouiller dans l'ancien fichier, celui des ouvrages acquis avant 1966, il vous faudra trouver des synonymes aux sujets explorés.Comme l'index thématique de ce fichier n'a jamais été établi, on ne sait pas sous 144 DOTE CN quels thèmes furent distribués les ouvrages au temps des Messieurs de Saint-Sulpice.Il existe bien un index, mais le fichier est plus ancien que la méthode de classement et que la grille théorique ayant servi pour ordonner les ouvrages subséquents.L'allumeur de réverbére Une seconde entrave a ma recherche vint des personnes chargées spécialement de rendre les sources accessibles.Ces personnes, malheureusement pour la plupart encore en poste sous des titres aussi sérieux que «chef de la consultation et du prêt à la bibliothèque de Montréal» ou encore «chef de section (par intérim) au service des bibliothèques d'enseignement du ministère de l'Éducation», ou encore, «directeur de la bibliothèque du collège de Maisonneuve», ne s'accquittent pas pleinement de leur tâche.Une longue note de mon introduction au répertoire explique en détail toutes les péripéties vécues avec ces gens.Le résultat de toutes mes recherches, c'est donc un répertoire, document qui réjouira sans doute le connaisseur et donnera au néophyte un champ d\u2019exploration livresque lui permettant de nourrir ses appétits les plus variés.Dans ce sens, le lecteur pourra découvrir quelques-uns des textes fondamentaux de la tradition ésotérique du point de vue de son élaboration fondamentale aussi bien que de son adaptation multiple des principes, ce qu'on appelle encore les sciences occultes.Au fil des lectures, l'amoureux de science aura à séparer «le subtil de l'épais».De par ma propre expérience, je reconnais qu'un bon nombre d'ouvra- 145 ETT SE TRE TT TUT TN CU TAN VE SE SENSE UNE EER NE ERE AR SR NON Û N ER a EE ET TT ES EE EN EC AE TE RIAL IE SE TSE NEM RE FO Hh 5 | DOS RL A G NON RENAN RENE EE RS NOR EN COLE E + UE NEA LAN RAN, fh a, \\ > NN M ei iM ve AIRE (SEES 13 TY IY REN BR MAY EE hha b ERS 4 +h, 1 + vi ges répertoriés sont à rejeter, ils constituent, pour- ig rait-on dire,des «grimoires modernes».Dans cette dis- si cipline, comme partout ailleurs, l'intensité de la lu- ; bE mière sur l\u2019objet provoque une ombre proportionnelle | it ou se réfugient toujours les occulteurs de la Science, MN les faussaires, les fabricants de faux livres faits pour la | | vente.De toute manière, j'ai terminé l'ensemble des i classeurs et jai produit cette recherche qui est, je i crois, une première dans le domaine s'appliquant à : i notre Bibliotheque nationale québécoise.i Puisqu\u2019on en est a parler du territoire, j'ai choisi A de rédiger ce répertoire à la Bibliothèque nationale du bi Québec (B.N.Q.) pour trois raisons principales.La pb première, c'est l'ancienneté des fonds de la bibliothe- i que.À l'époque où «l\u2019Oeuvre des Bons Livres» ouvrait i ses portes aux lecteurs (1844), il y avait déja deux | mille quatre cent ouvrages disponibles.La B.N.Q.est 4 considérée comme la première bibliothèque du terri- A toire de l'île de Montréal, de Laval et des secteurs 0 environnants.Pour cette raison, l\u2019éventail historique | des fonds de la bibliothèque est aussi plus large qu'ail- A leurs.J'avais de sérieuses raisons de penser qu'avec id ses cent trente-six ans d'existence, elle pouvait offrir A l'un des meilleurs coups d'oeil d'ensemble dans une a perspective historique.$i A La deuxième raison, c\u2019est que la Bibliothèque gh nationale du Québec est l\u2019une des plus grosses biblio- Hi thèques, avec ses cinquante cing mille Laurentiana et 4 les deux cent vingt mille autres volumes! (sans parler ih ih 1.Ces chiffres datant de 1976, vu l'accroissement de la collection il d'environ cinq mille volumes par an, la B.N.Q.possède actuellement a environ trois cent mille ouvrages.wi 4 146 ia | des périodiques et des manuscrits).Le fait que cette bibliothèque soit ouverte seulement à la consultation, sans prêt aucun, et qu'on puisse ainsi en tout temps disposer des trois cent mille ouvrages, facilite le travail sur les tablettes.I! faut considérer aussi la diversité d'intérêt de ces fonds puisqu'il s'agit d\u2019une bibliothèque publique.Elle pouvait donc recéler davantage de sources.La troisième raison mène vers ceux qui organisaient, dirigeaient et possédaient jusqu'à une époque encore récente la Bibliothèque nationale du Québec: les Messieurs de Saint-Sulpice.À cet égard, la spécificité d'un répertoire sur l'ésotérisme acquiert un sens particulier et donne une idée de l'action et de la réaction du milieu sur cette discipline.On connaît jusqu'à un certain point le rapprochement qui existe entre /e diable et ie bon Dieu, le clergé et !les pratiques condamnées comme hérétiques et participant à certaines techniques rattachées aux sciences occultes.Certains aspects de la définition de l\u2019'ésotérisme touchent à des pratiques qui sont mises à l'index par l\u2019Église catholique.Cette dernière, ayant perdu la clef de certaines pratiques, les condamne en retour.Pour le commun des mortels, c'est la magie noire, le satanisme, le diable dans toute son imagerie populaire.Cependant l\u2019Église catholique condamne aussi d'un même élan !e côté blanc de la médaille.La magie noire n'est que la perversion ignorante et bête des sciences de l'ésotérisme.Ne sachant plus distinguer le jour de la nuit, on excommunie le tout globalement.Un petit exemple illustrera l'immense univers que j'évoque brièvement dans le cadre restreint de cet 147 D; A PE A RFR _ dp a Lo o wt op = Fp - LC .- jet jt 3 ?: PS ce rot, i Cala 00 FFI GE. a pra Nw _, = el ts Pre CP ES Pb AE dE pee rn me fiter.Voilà l'espace métaphysique de notre PETITE revue.J'ai ensuite défini la clientèle de lecteurs que nous voulions acquérir.L'un de nos axes majeurs de développement est de «démétropoliser» ce type de réflexion, de cesser de croire qu'il faut être à Montréal ou à Québec pour faire de la philosophie.Platon disait que la réflexion philosophique était apparue en milieu rural.Nous cherchons donc à élargir l'échelle des témoignages recueillis.Nous avons déjà, aprés seulement deux années d'existence, non seulement des collaborateurs travaillant dans des départements de science ou de technique, mais nous avons publié des textes provenant de Trois-Rivières, Sherbrooke, Ottawa, ou encore provenant de milieux ayant peu à voir avec une institution collégiale d'enseignement; un linguiste et un médecin côtoient, dans nos sommaires, un psychologue ou un philosophe marginal qui n'enseigne plus qu'à la télévision.Nous donnons donc une une définition plutôt existentielle de l'activité philosophique et en ce sens aucune des revues de philosophie existantes n'est concurrente pour nous.Nous n'avons aucune rubrique pour l'instant; nous nous contentons d'ordonner un ensemble de textes que nous coiffons d'un court liminaire bien que parfois nous faisions des commandes.À la mort de Jean Piaget, nous avons demandé au département de psychologie une étude spécifique sur la déconversion philosophique de l'épistémologue.Corollairement, quand nous jugeons la chose pertinente, nous reproduisons des conférences offertes par le Service de l'éducation des adultes du Collège ou 160 | par d'autres départements.Nous voulons absolument conserver cet aspect «reflet du milieu» de notre intervention: La petite revue est un speculum (miroir).Quand nous nous apercevons qu'un étudiant a accompli une recherche exceptionnelle ou qu'un professeur de philosophie est en chômage à trois rues du Collège, nous faisons tout en notre pouvoir pour prendre contact avec ces gens qui ont quelque chose à dire.Finalement, j'ai souligné le travail de réécriture que nous faisons à la revue.|| arrive souvent que nous n'acceptions pas la première version d'un texte.Contrairement aux autres revues, nous proposons alors à l\u2019auteur de retravailler son texte en lui fournissant un maximum d'informations.I! n'est pas rare que nous retravaillions le texte en équipe ou même avec l'auteur sur rendez-vous.Ce travail nous considérons qu'il manque à la plupart des autres périodiques culturels; nous l'envisageons comme un prolongement bénévole de notre fonction dans le milieu pédagogique et social.Voilà en substance l'orientation et le marché que vise notre revue.L'échange avec l'assistance et les autres animateurs fut des plus cordiaux.Nous espérons vivement que de telles manifestations contribueront à améliorer le contenu futur de notre petit cahier semestriel.161 CW - - - ey x2 - ey 15 eu = eT me mise, - -\u2014 LS ei ES - a = A, a ar \u2014 nr ar ame Ts ue Mrs ue LE 00 Th PE ar ra RE 4 5 re _ re tr gre pr pere Ve a a na wy \u2014~ oe - ue [ty = - \u201c.ai ead airy re - _ ~~ fo ~~] pA - -_.ome gy > = yr pep uy pg Rupr por a -\u2014 al po yon \u2014 ar pt 4 2 _ T as EAC ia A = xh = parer te Low Ls Ts ERA Ao.pas.rr = x HE rase ee ds ee ere = raga vast Tr a8 pe art pp pe Rote par are ey pe pi\u201d Jur ny) Coin Ag are Te te a Ee oe SY Se) py Py py an ESS iim me x > ENTE a Po Ay a pe \u201cD Pa oh go a PE eh 2 per = 3 TT me cree Sa er A SET Pg ord - = = = >, TL Ep ry Esa arta taeda ds ESI Xo ~~ eos rere mmc mee me me ME a RE RS Se De ES TE TABLE DES MATIÈRES Liminaire .i.Les femmes et les enfants sont arrivés Marc Chabot .Psychanalyse et efficacité thérapeutique Jean-Pierre Losson .De la substance Claude Girouard .L'élément conflictuel dans les relations Pierre Bertrand .Des figures de pédagogues Jean-Claude Brès et François Leroux Philosophie et dissidence Alexis Klimov .Est-ce qu'il existe une éthique marxiste?Alan Murphy .Présentation d'un répertoire des ouvrages ésotériques déposés à la Bibliothèque nationale du Québec Patrice Beaudoin .Présence de La petite revue à l'ACFAS Claude Gagnon .163 p.25 p.49 p.59 PO PE IAE PTS Se EE EE Se OIA i ec = Se tle 24 A) po EY gad NY pag ee A EE AE a TPE A re.© Eo Yair Te pn?ho?a > \u2018 Le td eT zr \u2014 05 =.An pe ge bird se rt ; 6 x es ar EE À - pps LT Eke 2 rd Pee a ae ve fs Left été, re pa pence Hl Te Plog tray pw ym ie - es a py al ha { HE ti ANGE re 2 rare 2 3 A = À : Ù 2, Novembre 1981 CUR Imprimerie Rive-Sud ra Achevé d'imprimer sur les presses de + A LS = A \u20ac D pars Ps en A BUD 50 Xr I ITY $ 3 o ; ! \u20ac 43684 i I ve Pa 4 UN dy A 4 J nl |) 0 A) \\ è D 2s 0\u2019 5 ben ns PA E [ON - Le = Con 1A Ve > REA PAT ER pe IR) Sr ERR Pa 2.\u201ca po er Ag er 3 JI A PT EE AL + PE CIS an Lora CA [rio pm 5?= a ed = A TRL oo J i Rp TS a Pd a a A aT a a a a 3 oF Ce ot pony em a TE Co TE Yd he Loh J a TE os Sa Lah Ei 5 2.ES Te le a a Ta a 5 PET T * ww pe Ps Da = etat = td x.J 4x.= AE = => - vu, ER % es per AP he A vd SN eso.Kaa dma CO ox oer pres -\u2014 pee 2p ho a 2 pi Eo ry Vee a pals ocho Ay De To ye wi DE es pee Pt Ie fo Ty Ae NE ud PUPA Ae IC Ip tor PRT SR ype resale pe OCG em tp saa 2 #32 on Tes gy =I [tes Yow ag nd aar a 7e [2x lo oe pot oo.\u2014 Peo rye Bs i el = Bt re Be 0 Be [TOY Pre ; Pa Pr son = > >) \u201c Le ES pop A 4 x X k 3 - =, - > ad Ta Da = La \u2014 per dwt stair om LAAT rca forget ra Carll re Sr] ur prets an tn a, nN sje mer Yo Samper Mp POR PTI Ltr py prets Rt) mt ts ceog ys 204 ry Lr pry I Ye) ce Lipps AP Sn Ty a dt aa a py gate Pre EE ce pe es (3 YS pl HS gig mA oe.vo PER Sg Ya lu Rg i ep ge et rT Ip i i A er i rip i i A ye BP re NPI ir pr NN CIV SPs pp pp yi lin ir JAE pie gr pie yi ng ie Nig Se apres slr pe pr bn yoy rere pepo gE ier pig pf Vp pe bef ee ep FY Pr nui SP er Lee) FOI pg pry pp pod LOTS pr i ep Pa Sr ; p Zz pry p tb en pre n= Ea eri x Le - cu [ay - La Erica Per ap tac dt LS Des pry NPI hire CT ~e Nya RE De Rel Re LT ~.ENP pg ugh ath Be I I I I js Joie Hs Pr pa rrp atin e S Ca pate pue Lt ee pre cape ae pe - = 3 : 3 \u20ac \u2018 Lis FREIN TOURS 4 ee\" + - +.Co mers 7 : free - ! 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