Bulletin du Cercle juif /, 1 novembre 1955, Novembre
[" Lulletin du CERCLE JUIF Vol.2 No.9 CONGRES DES JOURNALISTES DE Novembre, 1955 LES AMITIES JUDEO- CHRETIENNES DE QUEBE Il est réconfortant de savoir.même après coup, que des personnes animées du même esprit que nous, accomplissent dans le silence et sans aucune publicité un travail qui ressemble à plusieurs points de vue au nôtre.Nous avons appris l\u2019été dernier l\u2019existence à Québec d\u2019un cercle d\u2019étude qui se réunit tous les mois : Les Amitiés Judéo-chrétiennes.A l\u2019occasion de l'inauguration de ses activités cette année, les dirigeants de ce Cercle d\u2019étude ont bien voulu inviter à leur réunion un représentant du Cercle Juif de Langue Française, en vue d\u2019établir des relations étroites et des contacts personnels entre les deux groupes.La réunion avait lieu à la Maison Montmorency (le Kent House d\u2019auparavant), résidence actuelle des Pères Dominicains qui, sous la conduite du T.R.P.G.-H.Levesque o.p., veulent en faire l\u2019un des hauts-lieux de la culture et la mettent à la disposition de différents groupes pour s\u2019y réunir.Nous avons été émerveillés par la qualité et le sérieux de tous ceux qui participaient à cette réunion.Les Amitiés Judéo-chrétiennes existent depuis trois ans grâce à l\u2019initiative de Madame Rostra.Des personnes appartenant aux trois confessions catholiques, protestante et juive y participent.Nous avons rencontré à cette réunion des membres éminents du clergé comme Monseigneur Lemieux, le T.R.P.G.H.Levesque, le R.PG.Lamarche, l\u2019Abbé O'Neill ainsi que le Révérend Butcher, pasteur de l\u2019Eglise Presbytérienne de Québec, le Rabbin Wolfish de la synagogue de cette ville etc.Il y avait également des journalistes, des professeurs d\u2019université, des industriels, des employés.Les réunions de ce groupe ont lieu successivement dans une église ou une institution catholique, dans un temple protestant et à la synagogue de Québec.Les sujets de discussion sont d\u2019ordre théologique.On ne discute pas les mérites d\u2019une religion ou de l\u2019autre mais on peut recueillir des renseignements précieux et utiles sur les rites de chaque religion.À la première réunion de cette année, on a essayé de faire le bilan des activités du cercle pendant les trois ans de son existence.On est arrivé à la conclusion que la connaissance des autres religions ne nuit pas à notre propre foi.Se familiariser avec une autre religion nous induit à approfondir la nôtre en essayant de l\u2019étudier, d\u2019en acquérir une connaissance plus approfondie, ce qui conduit en fin de compte non à affaiblir notre foi mais à l\u2019affermir.Qu\u2019un tel groupe naisse à Québec nous semble plus que symbolique: c\u2019est tout-à-fait naturel.Dans cette ville, plus peut-être que dans d\u2019autres villes canadiennes, la religion fait partie de la vie quotidienne de la grande majorité de la population.Nous ne pouvons que nous en réjouir.Car si chacun connaissait et pratiquait réellement et sincèrement sa religion, tout fanatisme disparaitrait et les préjugés deviendrait un souvenir du passé.Notre bulletin est la première publication à consacrer un article aux \u201cAmitiés\u201d.Nous considérons cela comme un privilège.Nous sommes heureux d\u2019avoir établi le contact avec nos amis de Québec.Nous sommes persuadés que nous aurons maintes occasions de travailler en commun.Ceux qui ont choisi la même voie, se rencontrent inéluctablement.Longue vie et tout le succès possible aux Amitiés Judéo-chrétien- nes de Québec.Don d\u2019un catholique M.Alexis Nihon, agent d'immeuble catholique, a été l\u2019hôte de la communauté juive de Ville St- Laurent, mardi soir, pour avoir donné un terrain d\u2019une valeur de $40,000 pour la construction d\u2019une synagogue.M.Nihon, âgé de 48 ans, qui est venu de Belgique à Montréal, a déclaré aux personnes réunies en son honneur que \u201cla chose la plus importante dans la vie c\u2019est \u201cl'amour du prochain.\u201d C LANGUE FRANCAISE A MONTREAL L\u2019Association Internationale des Journalistes de Langue l\u2018rançaise a tenu, le mois dernier, son congrès annuel pour la première fois au Canada.Il ne nous est pas possible de donner ici un compte-rendu détaillé des travaux de cet important congrès.Les journaux quotidiens lui ont consacré, du reste, de nombreuses colonnes et nos lecteurs auront ainsi suivi les travaux du Congrès au jour le jour.Il y eut abondance de banquets, de réceptions et de discours.Les autorités fédérales, provinciales et municipales ont déployé une grande générosité.On doit également remercier, pour leur accueil, de nombreuses organisations telles que les Sociétés Saint-Jean-Baptiste de Montréal, le Conseil de la Vie Française, les journaux \u201cLa Presse\u201d et \u201cLe Petit Journal\u201d, l'Ambassade de France, les universités de Montréal et Laval, le Pacifique Canadien, etc.Nous ne pouvons non plus que mentionner les grands et importants discours prononcés par le Premier Ministre du Canada, l\u2019honorable Louis Saint-Laurent, l\u2019honorable Antoine Rivard, ministre des Tranports et solliciteur général au gouvernement provincial, Son honneur le Maire de Montréal, Me Jean Drapeau, etc.etc.Nous croyons, pourtant, devoir souligner ici deux faits qui nous semblent revétir une signification toute particulière.Le premier, c\u2019est le choix du Canada comme lieu de ce rendez-vous international.L'importance des délégations étrangères, française, belge.suisse, haitienne, ne pouvait ne pas retenir l\u2019attention.Bien sûr, tous ces grands serviteurs de la pensée et de l\u2019expression françaises éprouvaient une certaine nostalgie envers leurs cousins éloignés, demeurés si profondément fidèles.L\u2019enthousiasme qu\u2019ils ont manifesté, leur joie de se trouver parmi nous ne pouvaient nous laisser insensibles.Nous ne pouvons pourtant prétendre que ce sont ces seuls sentiments qui nous ont valu ces visites.Les journalistes ont été précédés ces dernières années par de nombreuses délégations françaises.Les progrès révolutionnaires des moyens de transport ont grandement facilité ces visites.T1 v a plus que cela.Les francais constatent, malheureusement, et chaque jour davantage que la grandeur de la culture et de la civilisation françaises est mise de plus en plus en question et particulièrement par nos grands voisins.La croissance de la puissance du Canada et de son influence internationale nous attire une multitude de visiteurs.Les français savent qu\u2019ils trouveront en leur cousins canadiens des alliés naturels en Amérique du Nord.Au lieu de nous offusquer, cela doit nous rassurer, Les relations très étroites entre les canadiens français et les français sont bénéfiques pour les deux peuples.Elles ne sont plus uniquement basées sur les bons sentiments, mais constituent un besoin qui s\u2019inscrit dans les nécessités et les circonstances actuelles.Bénissons donc, ces circonstances qui ont facilité ce raç- prochement, cette reprise de contact.Tout le monde sait, au Canada français que le prestige de la culture canadienne française augmente ou décroit jusqu\u2019à un certain degré en fonction de la diminution ou de la croissance du prestige de la France comme grande puissance mondiale et comme dispensatrice de culture et de civilisation à tous les peuples.La participation d\u2019un délégué du Cercle Juif à ce Congrès est un autre fait significatif.Notre bulletin fut exposé en bonne place parmi d\u2019autres périodiques canadiens à la grande exposition de la presse française dans le monde qui fût organisée à l\u2019occasion de ce Congrès dans le hall de l\u2019Université de Montréal.Notre délégué était, croyons-nous, le seul représentant de la presse juive de langue française à ce Congrès.Parmi les 107 quotidiens, hebdomadaires, périodiques juifs publiés en lan- que francaise dans différents pays, de la Turquie jusqu\u2019à la Belgique en passant par Israël, la France, et la Suisse, notre bulletin occupe une place bien modeste. Rte © tete ame sr 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Tel.: BElair 8621 (local 295) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Président: M.H.MYERSON Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: N.KATTAN \u201cAutorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des postes, Ottawa.\u201d Editorial SURVIVANCE OU EXPANSION?Dans un article paru récemment dans l\u2019hebdomadaire américain The Nation, l\u2019un des éditorialistes du Toronto Star, M.Ross Harkness écrit: \u201cUn grand mouvement soulève actuellement la Province de Québec et est en passe de devenir le plus grand mouvement de renaissance au vingtième siècle sur ce continent\u201d.Et l\u2019auteur, de poursuivre: \u201cDes romanciers publient des romans qu\u2019ils n\u2019auraient pas osé écrire il y a cing ans; la seule troupe théâtrale authentique au Canada produit des pièces dans la Province de Québec qui peuvent être comparées avec les meilleures productions du théâtre français; les programmes anglais de la télévision paraissent teintés d\u2019amateurisme à côté de ceux de langue francaise .\u201d Est-ce exagéré?Je ne le pense pas.En tous cas, là n\u2019est pas la question.Ce qui nous semble significatif c\u2019est qu\u2019un canadien anglais rende un tel hommage au Canada français dans un journal de New-York.Nos compatriotes canadiens anglais se rendent compte de plus en plus qu\u2019une culture canadienne française, dynamique et vivante se développe, progresse et conquiert chaque jour du terrain.Pendant deux siècles, les canadiens français, pour défendre leur patrimoine culturel et religieux ont dû adopter une attitude de repliement et être constamment sur la défensive.La survivance française au Canada constitue un exploit dans l\u2019ordre de l\u2019esprit et presque un défi l\u2019Histoire.Elle est une grande victoire sur des forces matérielles imposantes, souvent écrasantes.Il faut dire que cette épopée grandiose est dûe, en grande partie, à la lutte courageuse et aux efforts incessants et inlassables du clergé catholique.La Vie française a succédé à la Survivance française.Bien sûr, cette vie n\u2019est pas toujours ce que les défenseurs de la culture française voudraient qu\u2019elle soit.Ils savent pourtant que toute vie comporte des risques et des imperfections.Elle est surtout ce que nous en faisons.Nous croyons que l\u2019attitude de repliement a fait son temps.Comme le disait l\u2019Honorable Antoine Rivard à la séance de clôture du congrès international des journalistes de langue française: \u201cLa condition de la survivance pour les canadiens français c\u2019est l\u2019expansion.\u201d Nous ne devons jamais perdre de vue qu\u2019il faut toujours défendre les droits du français, rendre le bilinguisme un fait reconnu, acquis dans tout le Canada et assurer par tous les moyens juridiques le bilinguisme officiel.Toutes les campagnes qu\u2019on mène à cette fin sont utiles, nêces- saires même.Elles sont, néanmoins insuffisantes.Une langue vivante est nécessairement l'instrument d\u2019une culture vivante.Assurer la vitalité d\u2019une culture est un moyen, des plus efficaces pour défendre les droits d\u2019une langue.Dans cet ordre d\u2019idées, l\u2019aide consentie par le gouvernement de notre Province au Théâtre du Nouveau-Monde revêt une importance capitale pour l\u2019avenir de la culture française au Canada.Nous devons reconnaître malheureusement que trop d\u2019écrivains, d\u2019artistes, d\u2019acteurs de notre ville, manquent d\u2019encouragement, travaillent dans le silence et l\u2019ombre \u2014 finissent souvent par se taire ou choisissent des professions plus rémunératrices.Indéniablement, la grande marque de la puissance créatrice d\u2019une culture c\u2019est sa capacité de faire vivre ses porte-parole et ses tenants.La culture française vivra de son plein droit au Canada quand on aura des grandes troupes théâtrales, une salle de concert qui peut devenir un point de mire pour tous les canadiens, des grandes maisons d\u2019édition.Novembre, 1955 LES LIVRES SON OF A SMALLER HERO Par Mordecai Richler, André Deutch, Londres Après le roman d\u2019une canadienne anglaise Earth & High Heaven, par G.Graham et celui d\u2019un canadien français Aaron par Yves Thériault, c\u2019est au tour d\u2019un juif de Montréal d\u2019écrire un roman dont l\u2019action se déroule dans le milieu juif de cette ville, L'auteur de ce roman, qui vient d\u2019être publié à Londres, est un jeune montréalais de 24 ans: Mor- decai Richler.Il a quitté notre ville depuis cinq ans pour s\u2019installer à Londres.Le roman traite sensiblement le même thème que celui traité par Thériault: le drame engendré par la différence de mentalité de deux générations.Noah Adler, le héros, est un adolescent sensible, avide de justice et prêt à tous les dévouements pour sa famille et sa communauté.Sa soif de pureté, de vérité, et d\u2019amour; son rêve d\u2019innocence, de bonté et d\u2019honnêteté sont bafoués et déçus par les réalités de la vie quotidienne.Il se trouve plongé dans un monde d\u2019hypocrisie, de mensonge et d\u2019intérêts sordides, La religion se présente lui anémiée, enserrée dans un cadre étouffant de rites et d\u2019apparences.Une spiritualité profonde et généreuse qui peut emporter l\u2019enthousiasme, les réserves d\u2019énergie et d\u2019amour de ce coeur d\u2019adolescent n\u2019y trouve pas de place.Noah ne peut s\u2019adapter à son milieu et c\u2019est tant mieux pour lui.Il rejette le conformisme ambiant, l\u2019arrivisme facile et la course pour la conquête des biens matériels.Il quitte sa maison familiale et va vivre dans une maison de chambres.Cette évasion, car c\u2019en est une, lui démontre que malgré tout il demeure attaché à son milieu et que ce rejet, loin d\u2019être l\u2019aboutissement de la haine ou l'indifférence, n\u2019émerge que du dépt.Suit une deuxième tentative d\u2019évasion.Noah enlève la femme non-juive de son professeur de littérature.C\u2019est un autre échec qui l\u2019attend.Cet échec est précipité par la mort de son père sous les débris d\u2019un incendie qui a ravagé son bureau.Il a bravé les flammes pour sauver une cassette qui contenait des rouleaux de la Torah.Il croyait, en vérité, que la cassette contenait de l\u2019argent.Le grand-père de Noah mystifie tout le monde en faisant croire à l\u2019héroisme de son fils, Les rapports entre Noah et son grand- père nous rappellent ceux de Jethro et d\u2019Aaron dans le roman de Thériault.Ici aussi, le père joue un rôle secondaire dans la vie du jeune héros.Pour un jeune juif, immigrant ou fils d\u2019immigrant, le grand père représente dans ce nouveau pays, un monde dont il est ou dont il aspire à se détacher.Ajoutons que l\u2019attitude de ce jeune juif est parfois ambivalente.Car, ce grand-père qui appartient à un monde étrange et inconnu et qui parle la langue du pays avec accent, représente malgré tout la traditoin, et le respect qu\u2019on lui porte peut être l\u2019expression de l\u2019attachement et de la fidélité aux origines.Dans les dernières pages du livre, Noah décide de partir pour l\u2019Europe.Cette fois 11 ne s\u2019agit plus d\u2019une simple évasion car, dit- il, il veut cesser de dire non.Il veut retrouver l\u2019innocence, la beauté.Dans une rencontre ultime avec son grand père, il lui demande de lui donner un rouleau de la Torah qu\u2019il a lui-même copié.C\u2019est loin d\u2019être un geste uniquement symbolique.Noah a commencé à dire \u201cOui\u201d.Les critiques londoniens ont fait grand cas de Richler.Le Times le considère comme l\u2019une des plus grands romanciers canadiens.Indéniablement, Son of a Smaller Hero est un bon roman.C'est loin d\u2019être un chef-d\u2019oeuvre.On peut reprocher à l\u2019auteur quelques exagérations.Ses héros sont des individus et ne peuvent aucunement être considérés comme représentatifs.Dans l\u2019nesemble, on peut accuser l\u2019auteur d\u2019avoir parfois trop trahi la vérité.Le ton excessif fait souvent sentir la voix de l\u2019auteur dans la bouche de son héros principal.Il ne décrit que les travers et les vices de son milieu parcequ\u2019ils l\u2019ont révolté.T1 n\u2019a pas eu le temps de voir le côté positif et attachant de son entourage.(A suivre en page 4) A ce moment-là, les canadiens de langue anglaise, au lieu de s\u2019opposer à cette culture s\u2019enorgueilleront et y trouveront matière de fierté, même s\u2019ils en auront entendu parler pour la première fois à New York, à Paris ou à Londres.Ce qui nous rassure encore plus, c\u2019est que la culture canadienne française est de plus en plus ouverte à tous ceux qui sont attachés aux valeurs culturelles françaises, à tous ceux qui préfèrent s\u2019exprimer en français.L'influence des canadiens français ne peut, en conséquence, que s\u2019élargir et devenir plus pénétrante.Le progres de notre Cercle est dû, en grande partie, à cette porte que nos amis canadiens français nous ouvrent si généreusement et si largement.csr EAT TT Tam met.DS $0 TTT TEC rire = Novembre, 1955 BULLETIN DU CERCLE LE THEATRE LA NOUVELLE SAISON La saison théâtrale est en pleine activité à Montréal.Plusieurs troupes de théâtre, quatre si on veut être exact ont déjà présenté leurs spectacles au public mont- réalais.La saison a été ouverte par une nouvelle troupe constituée par deux membres seulement.Il s\u2019agit de Jean Duceppe et Robert Ga- douas qui nous présentent au petit théâtre de l\u2019Anjou une pièce de Jean-Bernard Luc: Nuit des Hommes.L\u2019intrigue est assez banale.Deux hommes aiment la même femme.Ils en on été respectivement le mari et l\u2019amant.L\u2019action se déroule à Paris au moment de la libération.La mort étant à chaque coin de rue, on a toutes les audaces, surtout celle des confidences.L'intérêt de la pièce réside surtout dans sa technique et dans la puissance dramatique du dialogue.On ne parle que de l'héroïne, mais, telle l\u2019Arlésien- ne, on ne la voit jamais.L'auteur a pu accomplir ce tour de force de nous présenter une pièce construite uniquement d\u2019un long dia- lcgue, où, apparemment, il ne se passe rien, mais où l\u2019action éclate dans chaque phrase.Il faut dire que les deux acteurs, Jean Du- ceppe et Robert Gadouas servent grandement l\u2019auteur.Marcel Marceau Marcel Marceau nous est revenu après une série de succès et de triomphes, à Stratford, à Toronto, et surtout à New-York.C\u2019est avec une grande joie et avec un émerveillement toujours frais que nous avons assisté à son programme, en partie renouvelé, au Monument National.Le célèbre mime était cette fois accompagné par Pierre Very et Alec Sandro.Mentionnons que c\u2019est grâce au Théâtre du Nouveau Monde et à Jean de Rigault que nous avons eu encore une fois l\u2019occasion d\u2019admirer Marceau.Le Théâtre-Club C\u2019est un spectacle \u201cauthentiquement\u201d canadien que le Théâtre- Club nous a présenté.\u201cBarrage\u201d est en effet dû à la plume d\u2019un de nos plus brillants jeunes dramaturges: Marcel Dubé.L\u2019action de la pièce se déroule au Canada et les personnages sont tous canadiens.Néanmoins l\u2019intrigue ne contient rien de tvpique de notre pays et des moeurs de notre peuple.Un jeune ingénieur, John Smith, arrive dans une petite ville construite pour les employés et les ouvriers d\u2019un barrage.Il a quitté son cadre familial de Montréal, en quête d'un idéal et du sens de sa vie.Il tombe tour à tour amoureux de deux femmes mariées qui le paient de retour, chacune à sa façon.Ayant manqué de vigilance dans son travail, 11 provoque un accident qui aurait pu se transformer en tragédie.Renvoyé de son travail et de la ville, on trouve quleques jours plus tard, son corps dans l\u2019eau.Le drame du jeune homme à la recherche de son âme a fait l\u2019objet d\u2019un nombre considérable de pièces et de romans à toutes les époques et dans toutes les littératures du monde.C\u2019est un drame qui a une portée humaine générale et on ne peut que louer Dubé pour avoir tenter de faire vivre devant nous l'Homme à travers le Canadien.Ce jeune auteur a le sens du théa- tre.Et pourtant, il nous a semblé que \u201cBarrage\u201d n\u2019atteint pas l'intensité dramatique de \u201cChambres à louer\u201d et ne présente pas le même intérêt humain.\u201cBarrage\u201d est extrêmement bien servi par le Théâtre-Club.Nous avons beaucoup admiré Melles Monique Lepage et Janine Sutto.Guy Godin a su faire ressortir toutes les nuances du caractère de John Smith.Cette pièce nous prouve d\u2019une manière éclatante que le théâtre canadien vit.Et nous voudrions à cet effet citer quelques passages de ce que les organisateurs de la troupe eux-mêmes disent dans une page du programme : \u201cOn ne sait trop quel vent d'inspiration a soufflé sur nos terres longtemps stériles; une abondance, une richesse de production théâtrale se dessinent, qui font écarquiller les yeux! Nos auteurs sont à la recherche de troupes; nos troupes en quête d\u2019auteurs: nous voici plongés en pleine période \u2018des sept vaches grasses\u201d.Touchons du bois.\u201cPlusieurs créations canadiennes sont déjà annoncées pour l\u2019année qui vient: outre \u201cLa Louve\u201d et \u201cLe Barrage\u201d, Thériault, Sinclair, Carrier, De Grandmont, peut-être Lemelin, Filiatreault, Leclerc et Dubé (une deuxième fois), sans compter les manuscrits que chaque directeur retient précieusement sur sa table de travail, en vue de quelques retouches ou par crainte du concurrent à l\u2019affût, nous promettent un \u201ccru\u201d sans pareil.\u201cA l\u2019aube de cette saison tant attendue, où nous connaîtrons peut-être le bonheur inquiet d\u2019assister à la naissance d\u2019une dramaturgie authentiquement canadienne, le Théâtre-Club veut souhaiter le plus franc succès à tous ceux de nos acteurs qui tenteront, au cours de la saison, l\u2019exaltante, mais toujours incertaine expérience des \u201ctréteaux\u201d.JUIF PAR-CI.CO A PAR-LA A Moncton, le rabbin retrace l\u2019histoire du peuple juif au Club Richelieu Les rapports entre les canadiens français et les juifs se ressèrent et acquièrent un caractère de plus en plus amical, non seulement à Montréal, mais dans plusieurs autres villes canadiennes.En effet, /\u2019Evangeline de Monc- ton vient de publier le compte- rendu d\u2019une conférence que le rabbin de cette ville a donnée au Club Ricelieu-Moncton.Mais citons le journal lui-même : Le rabbin L.Medjuck, de la synagogue juive de Moncton, était le conférencier invité, hier soir, au souper hebdomadaire du club Richelieu de Moncton.De l\u2019avis de tous, il fut un des meilleurs conférenciers entendus cette année à ces réunions.M.Medjuck a parlé de l\u2019histoire du peuple Juif.Un peuple dont l\u2019histoire remonte à il y a 6,000 ans peut difficilement se faire connaître dans une aussi brève conférence, a-t-il dit.Rappelant que dans toute leur longue histoire, les Juifs n\u2019ont connu que 800 ans de bonheur, dans deux périodes de l\u2019Ancien Testament, il a souligné que ce peuple est persécuté partout.La dernière guerre, a-t-il ajouté, a retardé d'un siècle le progrès de la nation juive.De 16,000,000 de Juifs qu\u2019on comptait au début du conflit, il n\u2019en Le secrétaire du Cercle Juif à Québec Le secrétaire du Cercle Juif vient de donner deux conférences à Québec.Le 8 novembre il fut le conférencier des Mardis Universitaires, à l\u2019Université Laval.Il parla des \u201cProblèmes actuels du monde arabe\u201d.M.André Patry, directeur des Relations Culturelles à l\u2019Université Laval le présenta.La conférence eut lieu en présence de Monseigneur A.-M.Parent, recteur de l\u2019Université Laval.Le 10 novembre, notre secrétaire fut le conférencier du Cercle des Femmes Canadiennes, Devant un public imposant, 1! parla de la Femme et la Famille dans les Pays Arabes, à la salle de Bal du Château Frontenac.Il fut présenté par Madame Jules Savard, présidente du Cercle des Femmes Canadiennes.Ces conférences furent commentées dans les colonnes de tous les journaux de la capitale provinciale.Notre secrétaire fut interviewé à la télévision (poste CFCM-TV) par Mlle Paule Gauthier et à la radio (Poste CBV- Radio-Canada) par M.Roland Leliévre, restait plus que 11,000,000 en 1945.Les Juifs sont disséminés partout dans le monde.On en trouve dans tous les pays et dans toutes les classes de la société.Le conférencier a insisté sur l\u2019unité de la race humaine.Rappelant que lorsque Dieu a créé les animaux, il en a fait plusieurs espèces et même plusieurs genres de chaque espèce, il n\u2019a fait qu\u2019un seul homme.C\u2019est donc un être unique en son genre et tous les hommes sont fondamentalement semblables.Il a déploré la multiplicité des langues, provenant de la tour de Babel, et véritable punition pour les hommes car elle a fermé aux autres peuples les trésors de chaque littérature.M.Medjuck a déclaré que la foi catholique et la foi juive sont les deux seules qui sont fixes.Ces deux fois ont des croyances et des prières qui ne varient pas et qui sont toujours les mêmes.La Conférence de l\u2019Association des Rabbins d\u2019Europe \u201cLes communautés d'Europe doivent collaborer ou périr.Aucune d\u2019elles ne saurait résoudre par elle-même ses problèmes d\u2019après-guerre.Ce n\u2019est qu\u2019en travaillant ensemble qu\u2019elles peuvent réaliser les lourdes tâches de la \u2018nouvelle ère\u201d, qui verra peut-être la réunion des communautés juives de l\u2019Est à celles de l\u2019Ouest.\u201d Tel est l\u2019avertissement adressé par le Rabbin Leo Baeck à la conférence de l\u2019Association des Rabbins d\u2019Europe, qui s\u2019est tenue à Luxembourg la semaine dernière.Près de vingt délégués de différents pays étaient réunis dans la salle attenante à la Grande Synagogue de Luxembourg.La conférence commença par une prière.Après quoi le Dr.Baeck, qui présidait, déclara que l\u2019établissement d\u2019une Académie européenne du Judaïsme \u2014 institution qui serait totalement indépendante des organisations religieuses existantes \u2014 serait la première tâche à accomplir si on voulait mettre fin à l\u2019absence d\u2019une direction spirituelle pour les communautés juives d'Europe.Parlant de l\u2019attitude des Eglises chrétiennes vis-à-vis du Judaïsme et de leur désir d\u2019en connaître davantage, le Dr.Baeck a dit que le devoir des dirigeants spirituels juifs n\u2019est pas seulement de répondre aux questions posées par les Juifs mais aussi de donner suite à celles que posent les chrétiens. SE oe TED = SHEE ra ET SEIT (ig TN se TE Er PERS === Hess Notre Bulletin BULLETIN DU CERCLE JUIF COMMENTAIRES .Ie dernier numéro de notre bulletin a suscité un très grand 1n- térêt.Nous avons reçu une grande quantité de lettres et plusieurs journaux ont commenté la parution de ce bulletin, imprimé pour la première fois.M.Conrad Lan- glois qui a toujours suivi nos activités avec amitié et sympathie et qui fait preuve dans ses articles et éditoriaux d'une connaissance profondedes questions relatives aux relations entre les différents groupes ethniques a Montréal, a consacré à ce numéro un long article dans la Patrie Hebdomadaire (23 octobre 1955).En voici quelques passages : Le \u201cBulletin du Cercle Juif\u201d, maintenant imprimé comme un journal, et non plus miméographié comme autrefois, est, croyons- nous, le premier journal juif de langue française du Canada et, sans doute, de l\u2019Amérique du Nord.Le nouveau journal est presque de format tabloid.Imprimé sur papier de bonne qualité, sa présentation typographique est excellente et sa lecture agréable.Comme le journal est la continuation du bulletin miméographié qui l'a précédé, le premier éditorial ne traite par du journal comme tel.(Nous pourrions croire que ce fut peut-être une erreur, puisque tout nouveau journal, ou toute publication qui devient véritablement un journal, devrait faire le plus de promotion possible), mais à bien y songer, toutefois, le sujet de l'éditorial, \u201cLangue et religion\u201d, est exactement celui qui convenait.Et M.Langlois cite en entier l'éditorial publié dans notre der- ner numéro.Il poursuit: Un tel éditorial, écrit par un juif de langue française, devrait être d\u2019un grand réconfort pour tous ceux qui s\u2019intéressent non seulement à la \u201csurvivance\u2019\u201d\u2019, mais à la \u201cvie\u201d francaise, en Amérique du Nord.Surtout quand on sait que cela s'ajoute a des 1dées semblables au sein du groupe du Forum Protestant Trançais.Voici des gens qui ne partagent même pas nos croyances, mais qui nous demandent de les accepter comme Canadiens français, parce qu\u2019ils veulent rester fidèles à leur langue maternelle, qui est aussi la nôtre! Par la force des choses, notre intérêt le plus élémentaire nous commande de nous en faire des alliés.Mais ils veulent plus que cela: se sentir acceptés, à l\u2019aise, dans les milieux canadiens-fran- çais.Ils nous demandent : Où fe- rons-nous instruire nos enfants\u201d Pourront-ils être élevés dans des institutions canadiennes-françai- ses?Où trouverons-nous des écoles non-catholiques de langue fran- caise?Les collèges canadiens- français accepteront-ils nos fils et nos filles?Pourquoi ne sommes- nous pas acceptés, par exemple, dans la Société Saint-Jean-Bap- tiste ?A tout ceci nous répondrons qu\u2019il n\u2019y a pas de problème sans solution et qu\u2019on trouvera sans doute des moyens de répondre à ces besoins nouveaux.Il s\u2019est accompli, au cours des dernières années, avec l\u2019appui même des autorités religieuses de notre milieu catholique, un grand effort de rapprochement entre catholique, protestants et juifs.I! n\u2019y a donc pas lieu de désespérer.Dans une autre colonne, le rédacteur fait lui-même une constatation qui permet tous les espoirs, lorsqu\u2019il écrit (dans une critique du livre de Miriam Chapin: Quebec Now): \u201cLe Canada fran- cais est en pleine transformation\u201d.Le Bulletin du Cercle Juif, dans sa nouvelle présentation, rendra de nombreux services, croyons-nous.En plus de servir de lien entre les juifs de langue française, entre eux, le Bulletin sera aussi un trait- d'union entre les groupes juif, catholique et protestant de langue française.Et c\u2019est une affirmation de plus de la volonté des gens de langue française de survivre et de conserver notre langue, même s\u2019ils ne partagent pas notre foi catholique.Il existe ailleurs dans le monde (en Europe, en Asie et en Afrique) des journaux juifs de langue francaise, (Le Cercle Juif de Langue Francaise annonca, dans le Bulletin, sa participation au congrès de l\u2019Association internationale des journalistes de langue française, à Montréal, Québec, Ottawa et Trois-Rivières).Qu'il y ait des gens de foi juive et de langue française, des gens éminents même à Montréal, le Cercle Juif en donne la preuve en invitant Sarah Fischer comme première conférencière de la saison.Comme autres nouvelles d\u2019intérêt juif et canadien-français, dans le premier numéro de ce journal, mentionnons la participation d\u2019un délégué juif de langue française aux journées d\u2019études du Camp Laquemac, l\u2019été dernier, le départ du R.P.Stéphane Valiquette, S.J.ancien directeur du Conseil canadien des Chrétiens et Juifs, le don d\u2019une somme de $2,000 à l\u2019Université de Montréal, par le Dr.H.-Maurice Weisberg, la fondation d\u2019une nouvelle publication juive française (de Paris) \u201cJu- daica\u201d, des commentaires sur le début, récent, de la nouvelle année juive, une critique du chef-d\u2019oeu- Novembre, 1955 LA VIE MUSICALE A MONTREAL i Sen Mlle S.Fischer et M.J.Lallemand à la dernière réunion du Cercle Juif vre de l\u2019écrivain juif français Edmond Fleg, \u201cEcoute Israël\u201d, des photos de la participation des scouts juif français et nord-africains, lors du Jamborée mondial, etc.Longue vie, donc, à ce nouveau journal, publié chaque mois par le Cercle Juif de Langue Française.Réjouissons-nous de voir que de nouveaux alliés viennent à nous.N\u2019allons pas leur refuser notre collaboration et notre appui.Les lecteurs de la Patrie nous ont, addressé à la suite de cet article, un nombre considérable de lettres.I! nous est impossible de les mentionner toutes ici.Conten- tons-nous de citer la très émou- ante lettre que l\u2019Abbé J.A.Normandeau nous a adressée d\u2019Edmonton : Messieurs, Le journal La Patrie a publié un article épatant par Conrad Lan- glois.Jy trouve des considérations qui posent le problème et le rédacteur lui-même fait une constatation qui permet tous les espoirs lorsqu\u2019il laisse entedre que le Bulletin rendra de nombreux services.En même temps, c\u2019est une affirmation de plus de la volonté des gens de langue française de survivre et de conserver notre langue, même s\u2019ils ne sont pas de foi catholique.Donc félicitations d\u2019un vieux missionnaire canadien francais qui habite l\u2019Alberta depuis 55 ans et a 82 ans, et qui désire plus que jamais la conservation de la langue française par tous les moyens à notre disposition, dont le nouvel organe de langue francaise \u201cBulletin du Cercle Juif.\u201d > \u201cOn n\u2019a pas besoin de traverser l\u2019océan pour trouver des musiciens de talent.Nous en avons, et en grand nombre, ici, à Montréal\u201d a déclaré Mlle Sarah Fischer à la dernière réunion du Cercle Juif de Langue l'rançaise.Mlle Fischer, surnommée \u201cla prima donna la plus distinguée au Canada\u201d a évoqué ses débuts en musique en 1919.À ce moment-là le folklore canadien était bien conservé et on ne se fatiguait pas de chanter pendant toute une soirée.Elle a déploré certains aspects de la vie musicale à Montréal.\u201cOn écoute trop hâtivement la musique et on est fatigué avant d\u2019arriver à la salle de concert\u201d.La conférencière a ensuite parlé des Concerts Sarah Fischer dont elle est l\u2019animatrice et dont le but est de présenter au public mont- réalais les jeunes talents qu\u2019elle découvre.C\u2019est la tâche qu'elle s\u2019est assignée depuis son retour au pays voilà seize ans et elle n\u2019a pas caché sa satisfaction d\u2019avoir fait connaître au public des jeunes musiciens qui ont, depuis acquis une grande célébrité.M.Jean Lallemand, présenta la conférencière et Madame Robinson la remercia, Son of a Hero .(Suite de la Page 2) Le détachement, la tendresse, la sympathie et la générosité qui abondent dans chaque page du roman de Gabrielle Roy: Bonheur d\u2019Occasion et qui sont la marque d\u2019un grand romancier, et même le sarcasme amical et affectueux de Lemelin font grandement défaut dans le roman de Richler."]
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