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Titre :
Bulletin du Cercle juif /
Éditeurs :
  • Montréal :Cercle juif de langue française,1954-1985,
  • Montréal :Congrès juif canadien
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Bulletin du Congrès Juif canadien (Région du Québec)
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Bulletin du Cercle juif /, 1956-10, Collections de BAnQ.

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[" Lulletin du CE CLE JUI Octobre, 1956 No.18 LETTRE DE JERUSALEM de notre correspondant particulier David Catarivas Tishri tragique C\u2019est sous le signe de la paix que les habitants d\u2019Israël auraient vcoulu voir commencer la nouvelle année; en fait les premières journées du mois de Tishri ont été marquées par des incidents de frontière et le deuil est venu se mêler à la joie.Comme s\u2019il en fallait un symbole c\u2019est au moment où le Président Ben Tzvi recevait en sa résidence à Jérusalem des milliers de visiteurs montés en pélerinage de Souccoth à Jérusalem que des Légionnaires arabes ouvrirent le feu sur les membres du Congrès archéologique qui visitaient les sites antiques du kiboutz Ramath Rahèle.Le thème du Congrès était cette année \u201cJérusalem et la Judée\u201d et la situation particulière de la capitale d\u2019Israël, étudiée sous tous ses aspects par les divers spécialistes, était mise encore plus en évidence par les opérations mil- taires qui se déroulaient dans les villages proches de la Ville Eter- nelle.A son corps défendant, l\u2019Armée d'Israël venait illustrer sur le champs de bataille les récits faits par les savants historiens qui expliquèrent importance des monts de Judée pour la domination du pays, les difficultés de la conquête de la citadelle des Jébu- séens, ou les exploits des soldats de Juda Maccabée.Malgré la tension, malgré le deuil, lse fêtes de Simhath Thora se sont déroulées dans la ferveur et dans la joie habiutelles et après cette longue période de festivités et de vie un peu au ralenti, Israël se prépare à se mettre au travail à son rythme habituel avec l\u2019arrivée de la saison des pluies.Une attente est dans l\u2019air.Celle du \u201cyoré\u201d, la première pluie d\u2019automne, que les gosses accueilleront avec des chants et les paysans avec soulagement.Films et atomes L\u2019on attendait avec impatience le premier film israélien, entièrement israélien, conçu, réalisé, joué, tourné, financé en Israël sans aucune intervention étrangère, Il vient d\u2019être présenté au public.C\u2019est \u201cBe\u2019ène Molédeth\u201d \u201cSans Patrie\u201d qui compte l\u2019exode d\u2019un groupe de Juifs fuyant les persécutions dans un pays arabe pour atteindre à travers une longue marche dans le désert la Terre d\u2019Israél.Le symbolisme est trop évident.C\u2019est la sortie d\u2019Egypte avec ses miracles, la manne, la révolte de Corah et même les morsures de serpent que le réalisateur a voulu évoquer.Mais il le fait trop naïvement, trop primairement avec des moyens techniques imparfaits et le film est une déception pour les spectateurs habitués à la conception occidentale de l\u2019oeuvre cinématographique.Mais \u2014 et le producteur a à son actif un certain nombre de films tournés en Perse avant son immigration en Israël \u2014 le public qui réagit aux mélodrames orientaux, qui est sensible à ce mélange de naïveté et de pathos qui caractérise certaines oeuvres orientales, sera satisfait.Quelques bonnes photos, quelques paysages extraordinaires du Néguev laissent au- guerer de la possibilité de faire un jour en Israël des films que l\u2019on pourra présenter \u2014 sans réticence mentales \u2014 sur tous les écrans du monde.S\u2019il nous reste donc beaucoup à faire dans le domaine cinématographique pour pouvoir subir la comparaison avec l\u2019industrie américaine par exemple, nous sommes \u2014 et de beaucoup \u2014 plus évolués dans le domaine de la science atomique et la présentation, à Beth Dagane \u2014 de l\u2019exposition \u201cL\u2019Atome au service de la Paix\u201d l\u2019a confirmé.Cette exposition itinérante qui vient de parcourir plusieurs pays comprend deux parties: la partie américaine et la partie israélienne et s\u2019ils ne se font pas d\u2019illusions sur la \u201cpuissance\u201d atomique de leur patrie, les Israéliens ont néanmoins pu se convaincre que leurs savants avaient déjà à leur actif nombre de contributions importantes \u201cau service (À suivre en page 4) Troisième Année LA CHRONIQUE PARISIENNE de notre correspondant particulier Etienne Milhaud Survivre par la culture! Du 8 au 11 octobre se tiendra à Paris, dans le cadre au luxe un peu désuet de l\u2019hôtel Crillon, place de la Concorde, une rencontre in- ter-européenne sur l\u2019éducation et l\u2019enseignement juifs, conférence dont le Joint et l\u2019administration des \u201cClaims\u201d sont les promoteurs.Une cinquantaine de \u201ctechniciens\u201d donc, professeurs et administrateurs d\u2019écoles juives à plein temps, pédagogues, rabbins, dirigeants de centres communautaires, etc.dresseront un bilan \u2014 qu\u2019il faut prévoir peu réjouissant, hélas \u2014 de la situation actuelle dans le domaine de l\u2019éducation juive, et élaboreront des directives pour l\u2019avenir.T1 était temps de pousser un cri d'alarme.Sait-on que le pourcentage des jeunes juifs de France mis en présence du fait juif, sous une forme ou une autre, par le canal d\u2019une école, d\u2019un club ou d\u2019un mouvement de jeunesse, n\u2019excède par 10% ?Certes la France est particulièrement défavorisée, mais les communautées européennes les plus heureuses à cet égard, Anvers, Helsinki ou Milan par exemple comptent encore une majorité de jeunes juifs inorganisés et ignorants de leur beau patrimoine ancestral.L'école juive en Europe pose un problème de forme et un problème de fond.Problème de forme: l\u2019intégration des matières juives dans un programme d\u2019enseignement général, qui, à quelques exceptions près, est extrêmement chargé.Par rapport au Nouveau-Monde dont les programmes scolaires nous semblent un peu.légers, le \u201cgavage\u201d intellectuel d\u2019un jeune européen est impressionnant.En France même, on ignore l\u2019adage de Rabelais, selon laquelle, mieux vaut \u2018tête bien faite que tête bien pleine\u201d .Aussi la tendance estelle de plus en plus de donner la préséance, parmi les matières juives, à une solide connaissance de la langue hébraïque, fut-ce au détriment des connaissances théoriques sur l\u2019histoire et les rites.\u201cDès lors, nous précisait Emma- nuel Levinas, qui est non seulement un des grands noms de la philosophie existentielle en France, mais encore le dynamique directeur de l\u2019Ecole Normale de l\u2019Alliance Israélite, se comprend la fonction de l\u2019hébreu; véhicule de valeurs éternelles, source de tout amour pour le judaïsme, il permettra à l\u2019enfant de rester juif sans prédeterminer les formes que prendra cette fidélité\u201d Ainsi, par le truchement de la langue et de l\u2019humanisme hébraiques peuvent être évités les conflits de préséance entre matières d\u2019enseginement général et matières juives d\u2019une part, entre les différentes formes sous lesquels on conçoit l\u2019éducation juive ; religieuses, sionistes, etc.d\u2019autre part.Le problème de fond que pose l\u2019école juive, pour être plus subtil, n\u2019en est pas moins important.Dans une récente étude, l\u2019essayiste Arnold Mandel, soulignait avec une cruelle lucidité : \u201cLe judaïsme étant ignoré dans les écoles en tant que source de civilisation, par la suite, hors de l\u2019école, chaque fois que surgit la notion ou le fait juddiques, c'est sur un fond d'ignorance et de faux-savoir reminiscent .L\u2019éternelle conspiration du silence, autour de la réalité du judaïsme perpetue tacitement l'optique de Moyen-Age chrétien en la ldïcisant; l\u2019idée du caractère prétendument \u2018inactuel et périmé du Judaïsme, l\u2019idée d\u2019après laquelle les Tuifs, leur foi et leur culture ne constitueraient plus qu'une survivance\u201d.Ainsi se précise la nécessité non seulement d\u2019une adaptation formelle, d\u2019une exigence d\u2019horaires, mais encore le besoin d\u2019un enseignement juif \u201ccomplet\u201d, \u201cglobal\u201d, fut-il en conflit ouvert avec des notions communément admises par l\u2019école \u201clai- que, gratuite et obligatoire\u201d.Là encore, le judaïsme est un défi!\u2026 Le Maire de Montréal a Paris M.Drapeau, maire de Montréal, (À suivre en page 4) Gi ca \u2014\u2014 Ww 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Octobre, 1956 ] POUR CONNAITRE LECANADA FRANCAIS | Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal 3 Tel.: BElair 8621 (local 295) 3 Président du comité exécutif: S.D.COHEN Président: M.H.MYERSON Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: N.KATTAN \u201cAutorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des postes, Ottawa.\u201d EDITORIAL LES ASSISES DU JUDAISME CANADIEN Le Congrès canadien juif se réunira en session plénière du 18 au 21 octobre.C\u2019est un évènement d\u2019une portée considérable dans la vie de la communauté juive au Canada.Ces assises du judaïsme Canadien auront lieu à Montréal et les communautés juives de toutes les villes canadiennes de Halifax à Vancouver se feront représenter par des délégués.i Le Congrès canadien juif, en raison des activités multiples i qu'il déploie est sans conteste, le porte-parole des juifs au Canada.| Cette organisation s\u2019occupe de la vie juive dans le pays dans ses i aspects les plus divers: organisation communautaire, éducation des jeunes et des adultes, relations inter-communautaires, rela- Les enfants jouent .Faire connaître le Canada français aux enfants juifs: voilà l\u2019excellente idée qu\u2019a eue l\u2019organisation de la jeunesse juive de Montréal (YM-YWHA) cette année.Dans le cadre des camps d\u2019été deux moniteurs et fut joué par un groupe de jeunes.Le second aspect du programme fut la mise en pratique par les jeunes, des connaissances acquises pendant les semaines de vacances.sr RE Ter = rE een APRES tions avec les autres groupes ethniques au pays, contacts avec les communautés juives des autres pays, etc.Elle entreprend son action soit directement soit en coordonnant celle d\u2019autres organisations.C\u2019est dire que la session plénière n\u2019intéressera pas uniquement les juifs.En effet le rôle que jouent les juifs dans notre pays et leurs relations avec les autres groupes ethniques seront longuement étudiés.Le premier ministre du Canada, le T.H.Louis Saint-Laurent sera le conférencier de marque qui prononcera un discours le 19 octobre dans le cadre de cette session plénière.Le Congrès canadien juif se réunit cette année avec une toile de fond différente.Aux sessions précédentes les juifs canadiens devaient faire face à des problèmes urgents et pressants, nécessitant des solutions ou, au moins, une action immédiate: menace hitlérienne, guerre, destruction des communautés juives en Europe, massacre de millions de juifs dans les camps de concentration nazis, sauvetage des rescapés, des orphelins délivrés par la victoire alliée.Les problèmes ne manquent assurément pas en ce moment.Ils sont de nature différente.La menace pèsera sur l\u2019Etat d\u2019Israël tant que la paix ne sera pas établie dans le Proche-Orient; un demi-million de juifs d\u2019Afrique du Nord vivent dans la misère et sous la terreur craginant, à tout moment, que le fanatisme nationaliste ne se déchaîne contre eux.Comme on le voit, on a encore besoin de notre aide, Nous devons néanmoins remercier Dieu car ici au Canada notre communauté est florissante.Notre pays est prospère et les différents groupes ethniques semblent vivre dans une assez bonne harmonie.D\u2019autre part, notre communauté donne l'impression d\u2019être d\u2019une énergie soutenue et d\u2019une activité incessante.De nombreuses nouvelles synagogues sont contruites; l\u2019assistance aux services religieux augmente considérablement d\u2019année en année.Et pourtant les motifs d\u2019inquiétude ne manquent pas.Parfois on admire tellement la grandeur et la beauté d\u2019un édifice qu\u2019on oublie de s\u2019en servir.On dit que l\u2019étude constante est la couronne de la vie juive, Mais cette couronne n\u2019a jamais été facile à porter.Nous en devons pas nous contenter de laisser à la génération montante des édifices si nous ne lui apprenons pas à s\u2019en servir, et si nous ne lui donnons pas le goût de l\u2019étude et le désir de connaître les traditions ancestrales.Le judaïsme risquerait ainsi de se limiter à une expression bien superficielle: quelques mots ou phrases en yiddich sortis au cours d\u2019une conversation, une préférence nostaligue pour les mets juifs, un intérêt fortuit pour les juifs des autres pays.Ce serait offrir à la génération qui nous suit, Un judaïsme vidé de sens et coupé de tout contact avec notre grand patrimoine culturel.Les mêmes facteurs qui rendent une société vivante ou sclérosée font d\u2019une organisation sociale un corps animé ou une association de fantômes.La démocratie n\u2019est pas la forme que seuls les états et les nations choisissent pour se gouverner.Dans organisés par cette association, une série d'activités culturelles et artistiques a été élaborée.On voulait, tout d\u2019abord, permettre aux jeunes gens et jeunes filles juifs de se faire une idée directe et positive de la culture canadienne fran- caise, On leur a appris donc des danses folkloriques; une chorale fut formée dans chaque camp urbain pour chanter en français; un groupe s\u2019est occupé des décorations canadiennes et enfin un sketch fut écrit spécialement par On organisa une exposition sur la Province de Québec.Les jeunes furent divisés en plusieurs groupes et chacun de ces groupes fut chargé de représenter un des aspects de la vie commerciale ou industrielle de notre province.Ce n\u2019est qu\u2019un essai.Le succès qu\u2019il a remporté nous permet de souhaiter que de telles initiatives, non seulement se poursuivent mais se multiplient et se répandent parmi les autres groupes ethniques.vs eT .et exposent une société occidentale vivante, elle doit se traduire dans tous les domaines et à tous les échelons.Ainsi, pour que la communauté juive au Canada soit à la hauteur des tâches qui lui incombent, il faut que chacun de ses membres soit conscient de ses devoirs et désireux de se mettre au travail pour accomplir, au moins, l\u2019essentiel.Les dirigeants de notre communauté se sentiraient plus forts et puiseraient un surcroit d\u2019énergie s\u2019ils savaient qu\u2019une opinion publique informée est là pour les appuyer et leur donner des directives.On a dit que chaque pays a les juifs qu\u2019il mérite.Nous ne devons pas nous contenter d\u2019être à la hauteur des exigences d\u2019un grand pays en pleine croissance: nous voulons être un élément de fierté pour tous les canadiens. i Octobre, 1596 BULLETIN DU CERCLE JUIF LES LIVRES LE CANADA, SUJET FAVORI Un grand nombre de livres publiés ces derniers mois ici, sont consacrés aux affaires canadiennes.Voilà un phénomène remarquable et significatif.Le professeur Marrou disait récemment que les canadiens ont à peine le temps de vivre dans le présent car l\u2019avenir les rejoint à pas de géant.Ce présent est un constant mouvement, un continuel devenir.De tous côtés des chercheurs, des écrivains, des sociologues, des historiens essaient de saisir, de circonscrire en quelque sorte cette réalité canadienne tellement fuyante en délimitant ses grandeurs et ses faiblesses.Cette \u201cprise de conscience\u201d globale, est, indéniablement un indice de santé et on ne peut que s\u2019en féliciter.La grève de l\u2019amiante C\u2019est sans doute l\u2019ouvrage le plus retentissant parmi tous ceux publiés dernièrement.Il s\u2019agit d\u2019un recueil d\u2019une dizaine d\u2019études consacrées à cette grève qui a bouleversé la Province de Québec il y a quelques années.Cette grève qui fut un tournant dans l\u2019histoire sociale de notre province, \u201cune étape de la révolution industrielle au Québec\u201d permet aux auteurs de ces études et surtout à M.Pierre-Elliott Trudeau, auteur de l\u2019introduction et de l\u2019épilogue, de retracer le chemin parcouru par la société québécoise pendant les dernières cinquante années.Les cent pages écrites par M.Trudeau constituent indiscutablement la partie la plus importante, la plus stimulante aussi du recueil.L'auteur est plein de verve et de conviction.Son style est alerte.Le tout étayé par une documentation abondante.Il loue, condamne, se révolte se choque et exprime sa satisfaction et ses préférences avec une égale franchise.Est-il objectif?Il ne semble pas.À certains moments, on a l'impression que l\u2019avocat l\u2019emporte sur historien et le polémiste sur l\u2019observateur impartial.Ceci ne diminue nullement la valeur de l\u2019essai.I] faut tout simplement le lire comme une plaidoirie et ne pas y chercher de l\u2019histoire.Et justement l\u2019une des grandes qualités de cette étude est qu\u2019il suscite des objections, qu\u2019il invite à la reflexion, qu\u2019il mène à la discussion.Les pages de Trudeau ne doivent pas nous faire oublier les autres parties de l\u2019ouvrage.On y trouve un travail de recherche consciencieux et une documentation sûre.M.Jean-Gérin Lajoie retrace l\u2019histoire financière de La Grève de l\u2019Amiante, Editions Cité Libre, Montréal; La Guerre de la Conquête, Editions Fides, Montréal; Atlantic Canada, Ryerson Press, Toronto.l\u2019industrie de l\u2019amiante; le jeune et brillant professeur de Laval, Fernand Dumont, étudie l\u2019histoire du syndicalisme dans l\u2019industrie de l\u2019amiante; Gilles Beausoleil, celle de la grève à Asbestos.L\u2019abbé Gérard Dion nous décrit l\u2019attitude et le rôle joué par l\u2019Eglise dans ce conflit.Des études de Charles Lus- sier sur la \u201cgrève dans nos cadres juridiques, de Gérard Pelletier sur l\u2019attitude de la presse, de Maurice Sauvé \u201cSix ans après\u201d et de Régi- nald Boisvert sur la \u201cgrève et le mouvement ouvrier\u201d s'ajoutent aux études précédantes et les complètent.La Guerre de la Conquête C\u2019est à l\u2019histoire que fait appel Guy Frégault pour essayer de nous donner un image réel de la situation actuelle du Canada français.Dans un fort volume de 500 pages, l\u2019auteur, qui est professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Montréal, retrace les faits et analyse les forces qui s\u2019opposaient avant, pendant et après la guerre de la conquête.Le conflit ne mettait pas uniquement face à face deux armées, mais deux empires et deux blocs nationaux.La défaite a amené un bouleversement profond dans la vie sociale, économique et culturelle du Canada.Elle a changé la structure du Canada et brisé les cadres de la société cana- dienne-française.Cette dernière ne s\u2019en est pas encore tout-à-fait remise.L'oeuvre de Frégault n\u2019est pas une suite de petits points de détails, ni une simple relation des faits.Elle est écrite en fonction de la situation présente.En effet, l\u2019auteur lui-même écrit dans sa conclusion : Si, comme le dit un excellent méthodologiste anglais, l\u2019histoire est une hypothèse permettant d\u2019expliquer les situations actuelles par celles qui les ont précédées, un examen attentif de la façon systématique et décisive dont le peuple canadien fut \u201cbrisé\u201d doit nous mettre à même de voir sous son vrai jour la crise, d'ailleurs évidente, de la société canadienne- française et de constater qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une crise de conjoncture, mais bien de structure, \u2014 de structure démolie et jamais convenablement relevée.Plus loin, l\u2019auteur ajoute: C\u2019est justement une des fonctions de l\u2019histoire \u2014 la principale, a mon Sens, \u2014 que de corriger systématiquement la tradition selon laquelle un groube humain ordonne sa vie.À elle d'expliquer le présent en montrant comment il s\u2019est fait.Si elle refuse cette tâche, la société laissera dériver son EXPOSITION ZADKINE Une exposition d\u2019oeuvres d\u2019Os- sip Zadkine se tient à la Galerie Nationale.Elle est même plus considérable que celle d\u2019Henry Moore qui avait lieu à Ottawa, 1l y a six mois.Elle comprend trente-six sculptures dont dix ont jusqu\u2019à huit pieds de hauteur.Un article remarquable de ce groupe est la réplique du célèbre monument qui rappelle la destruction de Rotterdam.Comme Zadkine a été chargé de l\u2019exécution d\u2019un bon nombre de monuments publics, il en sera montré plusieurs modèles à l\u2019exposition.Né en Russie en 1890, de parents juifs, Ossip Zadkine vit en France depuis 1909.Français par naturalisation, Zadkine est considéré l\u2019un des meilleurs sculpteurs contemporains de France.À l\u2019instar d\u2019Henry Moore en Angleterre, il a suivi les progrès des sculpteurs d'avant-garde et s\u2019est acquis un style très personnel qui traduit sous des formes plastiques la richesse de son imagination.Il convient de noter que c\u2019est le Canada qui tiendra la première exposition importante de Zadkine dans l\u2019Amérique du Nord.Les trente-six sculptures seront montrées en tournée au Canada, aussi à Seattle et à San Francisco.Montréal les verra en janvier.attention sur les faux problèmes parce que ce sont les plus faciles ou, ce qui revient au même, elle cédera à la tentation absurde de regarder les problèmes les plus graves comme de vieilles questions depuis longtemps réglées.Il nous semble que cet examen minutieux de ce qui fait la réalité canadienne urgeait et devrait intéresser non seulement les historiens et les spécialistes mais le grand public.Atlantic Canada L\u2019auteur de \u201cQuebec Now\u201d, (dont nous avons parlé l\u2019an dernier) Miriam Chapin, nous promène dans son nouvel ouvrage Atlantic Canada dans une région assez mal connue de notre pays: les provinces maritimes.Madame Chapin nous donne un aperçu rapide des problèmes de la Nouvelle Ecosse, du Nouveau-Brunswick, de I'lle du Prince Edouard et de Terre-Neuve.Région un peu négligée et dont les habitants n\u2019ont pas les contacts souhaités avec le reste du pays.Pourtant, ces pécheurs et ces marins, ne se sont pas repliés sur eux-mêmes, car s\u2019ils ne connaissent pas bien le Canada, ils connaissent d\u2019autres pays.Dans ce livre Madame Chapin prouve encore une fois qu'elle ne sait pas seulement voir et décrire mais comprendre et analyser.Notre Bulletin Nous continuons à recevoir un nombre croissant de lettres d\u2019encouragement.Nous en mentionnerons quelques-unes dans un prochain numéro.En attendant, nous avons le plaisir de signaler à nos lecteurs que plusieurs journaux commentent nos articles et les reproduisent, Ainsi, le \u201cDevoir\u201d (30.7.56) reproduit notre éditorial \u201cLe nationalisme est-il dépassé ?\u201d le commentant dans les termes suivants: \u201cLe Cercle Juif de Langue Française dont nous avons déjà signalé l\u2019excellent travail, publie un Bulletin mensuel dont le rédacteur en chef est M.Naim Kattan.Le Bulletin suit d\u2019assez près les activités culturelles du Canada français; il le fait avec tact, intelligence et sympathie.On en jugera par l\u2019éditorial que nous reproduisons plus bas.\u201d De son côté \u201cLa Feuille d\u2019Era- ble\u201d de Tecumseh reproduit le même éditorial, le faisant précéder des mots suivants: \u201cLe Bulletin du Cercle Juif de Langue Française publié à Montréal, et dont nous avons dans le passé publié certains articles intéressants, surveille d\u2019un oeil sympathique les manifestations de la vie française au Canada.On ne saurait douter de l\u2019autorité de ces gens en la matière.D'ailleurs on peut en juger par l\u2019article suivant.\u201d Le \u201cDroit\u201d d\u2019Ottawa a lui aussi reproduit trois éditoriaux de nos récents bulletins.Le Congrès International pour l\u2019étude de l\u2019Ancien Testament Deux cent cinquante congressistes de onze nations Ont assisté à cette rencontre qui a eu lieu à Strasbourg à la fin du mois d\u2019août.Parmi les délégués d\u2019Israël on remarquait MM.Mazar, recteur de l\u2019Université hébraïque, Grottstein, Talman, Auerbach.La présidence ae ce congrès a été confiée au Père de Vaux, directeur de l\u2019école biblique de Jérusalem.Les professeurs Thomas, de Cambridge, W.F.AL bright, de Baltimore, et Milik, de Jordanie, ont parlé à un public attentif des plus récentes découvertes archéologiques.Des rabbins de Zurich, d\u2019Oxford, de Manchester ont participé a ces travaux.Le Consistoire du Bas-Rhin et la communauté juive de Strasbourg ont reçu les congressistes.M.André Neher, maître de conférences à la Faculté des Lettres, a traduit le discours du recteur Mazar.Le docteur Joseph Weill, président du Consistoire, s\u2019exprimant en hébreu, a dit sa joie de saluer l\u2019élite intellectuelle du judaïsme. L\u2019éditorial \u201cLes écoles ne suffisent pas\u201d publié dans notre dernier numéro a suscité un grand nombre de commentaires.\u201cLe Devoir\u201d et \u201cLa Patrie\u201d lui ont consacré des éditoriaux.Il nous fait plaisir d\u2019en donner quelques extraits à nos lecteurs.Pierre Vi geant écrit dans le \u201cDevoir\u201d: Les protestants de langue française, nous l\u2019avons déjà signalé à nos lecteurs, réclament des écoles françaises pour leurs enfants.Ils n\u2019ont pas obtenu grand-chose jusqu\u2019ici, mais la Commission des Ecoles protestantes de Montréal a tout de même consenti cette année à mettre à leur disposition un ancien pensionnat qu\u2019elle a acquis à la Pointe-aux-Trembles.C\u2019est peu de chose, mais c\u2019est tout de même mieux que rien.Ils ont trouvé des alliés, non pas chez les Canadiens français catholiques, que le rayonnement du français parait laisser indifférents, mais chez les Juifs.La dernière livraison du Bulletin du Cercle juif français renferme à ce propos un article qui mérite de retenir l\u2019attention.L\u2019auteur de l\u2019article cite plusieurs passages de notre éditorial puis ajoute: Idéologiquement, les Juifs sont encore plus éloignés de nous que les protestants français.Par contre ils sont beaucoup plus nombreux.Si la majorité d\u2019entre eux se mettaient à appuyer les revendications des protestants de langue française, ils pourraient bien forcer les commissaires à s\u2019occuper sérieusement de l\u2019affaire.Ce serait tout de même humiliant pour nous de voir les Juifs entreprendre en faveur du français un mouvement que nous aurions négligé.Parmi les Juifs, il s\u2019en trouve qui sont attirés vers la culture française çar goût et par tradition, d\u2019autres qui veulent y accéder pour des motifs d'intérêt bien compris.Nombre d\u2019immigrants juifs venus depuis la guerre nous sont venus de pays où la culture francaise était en honneur, de pays où le français était au moins plus répandu que l\u2019anglais.Entre les langues officielles du Canada, ils seraient tout naturellement portés à opter pour le français.Quant aux autres Juifs de la province de Québec qui ont adopté l'anglais comme langue de communication, il se dessine parmi eux un fort mouvement en faveur du français.Ce mouvement a l\u2019appui des chefs de la communauté juive qui se sont rendu compte que la survivance du français était acquise, au moins dnas la province de Québec.Le Cercle juif de langue française qui poursuit depuis quelques années une campagne de rapproche- BULLETIN DU CERCLE JUIF COMMENTAIRE.ment entre les deux groupes est soutenu par le Congrès juif du Canada.C\u2019est dire que parmi les non- catholiques, il existe un bon nombre de gens qui désirent faire donner à leurs enfants un enseignement français et probablement un nombre plus considérable qui s\u2019en prévaudraient s\u2019il était mis à leur disposition.De son côté, M.Conrad Lan- glois écrit dans la Patrie: .L\u2019auteur de l\u2019article est trop poli et il cherche trop à favoriser la bonne entente entre son groupe et le nôtre pour nous dire carrément que c\u2019est beaucoup de notre faute si nous ne rayonnons pas davantage, mais nous croyons franchement qu\u2019il aurait eu raison de l\u2019affirmer.Sans doute, tous les torts ne sont pas de notre côté.S'il y a tellement peu de non-ca- tholiques (et nous ajouterions: tellement peu de catholiques de langue anglaise) qui ignorent notre culture française, c\u2019est que la plupart des gens, quelles que soient leur langue ou leurs croyances, ne s\u2019intéressent pas à la culture, intellectuelle, artistique ou scientifique, pas plus à la leur qu\u2019à celle des autres.Mais il reste que si nous prenions les moyens de rayonner davantage, nous pourrions attirer à nous un plus grand nombre de gens, non seulement dans le Québec, mais également dans les provinces anglaises et même ailleurs.En tout cas, nous pourrions plus facilement garder de notre côté tous ceux qui connaissent déjà notre langue, même s\u2019ils ne professent pas tous notre religion.Si notre culture était plus vivante et si nous étions davantage accueillants pour les étrangers, 1l y aurait plus de parents qui insisteraient pour envoyer leurs enfants aux écoles françaises.Et le jour où la demande serait plus forte, la Commission scolaire protestante se verrait bien obligée d\u2019ouvrir des écoles protestantes françaises à Montréal même.Et il s\u2019enseignerait alors également plus de français, au moins comme langue seconde, dans les écoles catholiques anglaises, protestantes anglaises, juives ou autres.Journey to Israel \u2014 Monde Publishers, Inc, New York Voici un recueil de photos qui permettent au lecteur de se promener à travers Israël, lui présentant à côté des sites historiques, des rues et des villages modernes.Même si le choix des photos est sans grande originalité, l\u2019album n\u2019en demeure pas moins intéressant.L\u2019hon.Theodore R.Mc- Keldin, gouverneur du Maryland a écrit l'introduction.Lettre de Jérusalem.(Suite de la page 1) de la paix.\u201d L'Université hébrai- que de Jérusalem, le Collège Polytechnique de Haifa et surtout l\u2019Institut Weizmann de Rehovoth, qui présentent leurs réalisation et leurs projets laissent entrevoir un avenir \u201catomique\u201d brillant pour Israël.Et c\u2019est avec justice que le Professeur Bergmann président de la Commission israélienne de l\u2019énergie atomique a rendu, dans son discours d\u2019inauguration, hommage à Monsieur Ben Gourion grâce auquel la recherche atomique en Israël s\u2019est développée.Dès 1948, malgré tous les problèmes exigeant une solution immédiate, le chef du gouvernement d\u2019Israël mettait sur pied la Commission de l\u2019énergtie atomique qui devait doter Israël du cadre de spécialistes et des moyens lui permettant de tenir déjà très honorablement sa place dans l\u2019illustre confrérie des puissances atomiques.Les 70 ans de Monsieur Ben Gourion Le 70ème anniversaire de Monsieur Ben Gourion, célébré dans la plus stricte modestie et sans aucune manifestation officielle, a d\u2019ailleurs été une occasion pour le pays de rendre hommage à l\u2019homme qui aura marqué de son empreinte les premières années de l\u2019Etat d\u2019Israël.Les deux traits dominants du caractère du \u201cvieux\u201d, traits qui doivent également être les dominantes de notre vie nationale, sont la faculté de rêver et le pouvoir de réaliser.B.G.est aujourd\u2019hui l\u2019un des rares leaders nationaux qui savent échapper aux réalités pour se réfugier dans la \u201cvision\u201d mais il est aussi l\u2019homme qui sait réaliser, pratiquement, pragmatiquement, cette vision.Et Israël a aujour- d\u2019hui tout autant de rêve que de ralisations.Israël a besoin tout autant de construction de logements et de fabriques, de tracés de voies ferrées et de routes, que de vision d\u2019une reconquête du Désert, d\u2019une fusion des Communautés, d\u2019une époque messiannique.Si David Ben Gourion domine de si haut la scène israélienne c\u2019est précisément parce qu\u2019il fait en lui-même cette synthèse, parce qu\u2019il est l\u2019homme qui est parti dans le désert, à Sédé Boker, rêver à un Néguev repeuplé et florissant et qu\u2019il est aussi le ministre de la Défense nationale qui a forgé une armée que nos voisins craignent, parce qu\u2019il est l'homme que la vision d\u2019un avenir, tel que le décrivent les prophètes, ne quitte pas un instant mais qui par ailleurs sait se pencher avec énergie sur les difficultés immédiates de Ia lutte politique ou économique.Il se veut, et il est, le trait d\u2019union entre le passé d\u2019Israël qu\u2019il ne cesse jamais d\u2019évoquer, Bible en Octobre, 1956 La chronique parisienne (Suite de la page 1) a reçu un accueil chaleureux de la population parisienne, toute étonnée d'apprendre que votre cité est la seconde ville de langue fran- aise du globe.Mais les juifs de France savent-ils que 92,000 de leurs correligionnaires vivent dans la métropole canadienne?Que le judaïsme de langue française y soit minoritaire importe peu au regard des possibilités de rayonnement que peut y trouver \u2014 par le truchement de la langue de Descartes qui est aussi celle d\u2019Henry Franck et d\u2019Albert Cohen \u2014 notre communauté renaissante.La résurrection des N.J.M.J'avais annoncé trop vite la disparition des \u201cNouvelles Tuives Mondiales\u201d.Dieu merci, cette excellente agence de presse juive \u2014 la seule de langue française \u2014 a repris ses activités et diffuse de nouveau son bulletin quotidien.Ceci m\u2019amène à l\u2019extraordinaire développement de la presse juive depuis la fin de la guerre mondiale.D\u2019aucuns le déplorent, y voient un gaspillage inutile d\u2019énergies et d\u2019argent.Je ne suis pas de cet avis.Je pense plutôt que ces journaux, du grand hebdomadaire à la feuille paroissiale si je puis dire, la plus modeste, témoignent de la vitalité des communautés, et de notre souci presque lancinant d\u2019être renseignés, rassurés, sur le développement de l\u2019expérience israélienne.Sans doute y a- t-il la presse générale d\u2019information?Ce que notre public désire, Je l\u2019ai constaté à maintes reprises, c\u2019est d\u2019être renseigné par le menu sur les évènements les plus insignifiants qui se déroulent entre Dan et Flath; l\u2019inauguration d\u2019un tronçon de route, la fondation d\u2019un nouveau kibboutz, d\u2019une usine de plus, etc.Israël vit et se développe sous l\u2019objectif d\u2019un gigantesque téléscope, surveillé avec anxiété et ferveur par le judaïsme mondial.C\u2019est à cette tâche de vigilance fraternelle mais objective, comme à l\u2019éveil des vocations juives au sein de nos communautées que se consacre la presse juive.Flle le fait avec plus ou moins de bonheur, mais avec une continuité et un dévouement dont les lecteurs ne se rendent généralement pas compte.Parce que non parée des séductions publicitaires et du prestige de la presse dite générale, parce que \u201cmarginaux\u201d, nos journaux n\u2019ont souvent pas l\u2019appui qu\u2019ils méritent.Mais quel vide dans nos communautés s\u2019ils disparaissaient?Méditez cela, O abonnés rétifs et supporteurs tièdes, chers et précieux lecteurs.main et l\u2019avenir d\u2019Israël auquel 1l travaille de toutes ses forces et il sait faire partager sa confiance à tout le pays.I "]
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