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Titre :
Bulletin du Cercle juif /
Éditeurs :
  • Montréal :Cercle juif de langue française,1954-1985,
  • Montréal :Congrès juif canadien
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Bulletin du Congrès Juif canadien (Région du Québec)
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Bulletin du Cercle juif /, 1957-10, Collections de BAnQ.

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[" Kulletin du CERCLE Bibliotheque St, Sulpice, 1700, rue St.Denis, Montreal, P.Q.JUIF Octobre /957 No.28 Quatrième Anne LETTRE DE JERUSALEM LA CHRONIQUE PARISIENNE de notre correspondant particulier de notre correspondant particulier M.Saporta L\u2019ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE TEL AVIV Il est rassurant de lire ces jours- ci dans la presse israélienne du matin qu\u2019un Congrès de savants atomistes se tiendra à Rehovoth, que des jeux olympiques auront lieu à Ramath Gan ou qu\u2019une nouvelle salle de concert sera inaugurée à Tel-Aviv.De ces trois manifestations que nous venons de rappeler et qui toutes trois ont fourni les journalistes en actualité pendant plusieurs semaines, la troisième a revêtu le caractère d\u2019un grand événement national.L\u2019orchestre philharmonique depuis sa fundation était \u2018le juif errant\u201d de la musique israélienne, allant de salle en salle à Tel-Aviv, louant tantôt l\u2019Ohel Shem, tantôt la Habima ou une salle de cinéma.Ces pérégrinations nuisibles d\u2019ailleurs aux progrès de l\u2019orchestre, ont pris fin il y a quelques semaines.Sioniste dévoué et mélomane, M.Frédéric Mann, un philanthrope américain touché par l\u2019infortune d\u2019un ensemble symphonique de valeur, décidait il y a deux ans environ d\u2019élever un \u201ctemple\u201d à l'orchestre philharmonique.Un don de plusieurs centaines de mil- fiers de dollars permettait de jeter les premières bases du projet qui, grâce à la collaboration du Fonds Norman et de la Municipalité de Tel-Aviv prenait corps et devenait une réalité.La soirée inaugurale a réuni dans la nouvelle salle qui, de l\u2019avis du violoncelliste Paul Torteilier est une des plus belles du monde, le tout Tel-Aviv mondain, artistique et officiel.Des amis de l\u2019orchestre ont affreté un avion spécial qui les a amenés des Etats-Unis et l'Ambassadeur américain à Athènes a répondu à l\u2019invitation qui lui avait été adressée.En dehors des personalités officielles israéliennes, M.Ben Zvi, Président de l\u2019Etat et Mme Ben Zvi, M.Ben Gourion, Président du Conseil et Mme Ben Gourion, le représentant du chef d\u2019Etat-Major, des ministres, des députés à la Knes- seth etc.on notait la présence de I'envoyé spécial du Président Eisenhower, M.Maxwell Rabb, un de ses chefs de cabinet.La salle elle-même est une brillante réalisation de l\u2019architecture israélienne.Les architectes Rechter et Carmi en ont conçu les plans en tenant compte des besoins de l'orchestre et des dernières exigences de l\u2019art moderne.Les lignes sobres de l\u2019extérieur sont une réplique du bon goût qui a présidé aux arrangements intérieurs.Tout a été agencé avec infiniment de soin, les fauteuils en gradins permettent d\u2019avoir de toutes les places une vue d\u2019ensemble de la scène.L\u2019éclairage discret, donne à cette salle qui comporte pourtant 2.800 places, une atmosphère d\u2019intimité que l\u2019on ne trouve nulle part ailleurs.Les murs lambrissés de bois blond ne comportent aucune fioriture, seul de loin en loin une moulure qui vient renforcer l\u2019élégance des lignes.C\u2019est dans ce cadre féérique que la direction de l\u2019orchestre a réuni pour le concert inaugural quatre célébrités musicales: Léonard Bernstein, Isaac Stern, Paul Tortelier et Arthur Rubinstein.Après les hymnes américains et israélien, l\u2019orchestre a interprété un prélude de Beethoven puis l\u2019œuvre d\u2019un jeune compositeur israélien de vingt-trois ans, Noam Shariff.Le \u201cPrélude pour la fête\u201d de Shariff a obtenu le premier prix au concours organisé par l\u2019orchestre et auquel vingt-trois compositeurs israéliens ont présenté leurs oeuvres.Le public a montré par ses applaudissements nourris qu\u2019il approuvait sans réserve le choix du jury.Shariff a, en effet, écrit une oeuvre originale dans laquelle il a exploité à fond toutes les possibilités que lui offrait l\u2019orchestre philharmonique.Ce jeune compositeur a, par ailleurs, un sens très développé de l\u2019écriture et de l\u2019orchestration, ce qui a, sans doute, décidé le jury à lui accorder le premier prix.Toujours sous la direction de Léonard Bernstein, Isaac Stern a interprété avec un peu trop de brio à notre avis, le concerto en mi Etienne Milhaud Un parisien en Israël Retour d\u2019Israël, je trouve le ciel maussade de l'automne parisien.Pluie et bruine se succèdent sans répit cependant que la crainte de la fameuse \u201cgrippe asiatique\u201d prend ici la forme d\u2019une psychose collective.Je songe avec nostalgie au ciel implaccablement bleu de la Terre Sainte.Ce qui, en fin de compte, me surprend toujours le plus en Israël, c\u2019est simplement la beauté de sa nature.Certes, le sioniste en moi se réjouit toujours de voir les nouvelles et spectaculaires réalisations, les quartiers d\u2019habitation qui poussent comme des champignons, les cités naissant comme par miracle dans le désert vierge, les usines, les champs ir- mineur pour violon et orchestre de Mendelsohn.La technique parfaite de Stern et la pureté des sons qui jaillissent de son violon ne sont plus à louer et il est en train de devenir un des meilleurs violonistes mondiaux.Cependant nous regrettons un certain manque de sensibilité qui provient peut-être de ce que Stern a joué ce concerto trop souvent.Le violonceliste Paul Tortellier qui, l\u2019on s\u2019en souvient, a vécu plus d\u2019un an au Kibouts Maabaroth, a interprété la Rapsodie Hébraique \u201cSalomon\u201d d\u2019Ernest Bloch.Le grand pianiste Arthur Rubinstein ne pouvait choisir mieux pour ce concert que le concerto No 5 de Beethoven.Rubinstein a été applaudi par toute la salle debout et il nous a confié au cours de la réception offerte à l\u2019issue de concert par le Président du Conseil, qu\u2019il n\u2019avait jamais été aussi ému au cours d\u2019un concert.Cette nouvelle salle inaugure une nouvelle époque dans la vie musicale de notre pays.D\u2019aucuns regretteront peut-être le hangar d\u2019un kibouts ou la petite salle de cinéma, où, en bras de chemise, ils ont entendu pour la première fois l\u2019orchestre philharmonique, mais les fervents de notre meilleur ensemble symphonique s\u2019accordent pour penser que l\u2019orchestre avait besoin d\u2019une salle digne de lui et de sa valeur artistique.rigués chaque année plus nombreux.Mais plus que les travaux des hommes, ce sont les inépuisables splendeurs de ce petit pays qui m\u2019émeuvent et m\u2019exaltent : les collines de Galilée, tour à tour sauvages et tendres, le Huleh, polder exotique, avec ses champs en damier et sa végétation tropicale, les sables roux du Néguev, comme une mer furieuse, soudain figée, Elath et sa baie si aggressivement parfaite qu\u2019on dirait un décor \u201ctrop léché\u201d pour film en cinémascope et technicolor.Qui ose prétendre que notre bon père Moïse nous a rendu un mauvais service en mettant le cap sur la terre de Canaan?C\u2019était peut-être un piètre économiste mais sûrement un grand artiste.Un écrivain non-conformiste Grande levée de boucliers a la suite de la sortie à Paris du dernier roman du jeune écrivain juif Arnold Mandel, \u201cLes Vaisseaux Brûlés\u201d.L'auteur a pris pour personnage principal de son oeuvre un de ces \u201cyordim\u201d, immigrants.en Israël qui s\u2019en retournent frustrés dans la Galouth.Le fait que- ce soit une oeuvre de fiction pure, le fait aussi, que le principal personnage, Wassermann, soit un névrosé, au demeurant peu svmpa- thique, n\u2019ont pas rendu plus indulgents certains milieux de la vie- juive à Paris, qui taxent Mandel de crime de lése-sionisme.Je ne pense pas que leur attitude soit bien fondée.Le conformisme est mauvais partout, y compris chez certains zélateurs de l\u2019expérience sioniste qui ne concoivent cette dernière qu\u2019en clichés éculés, err images d\u2019Epinal.Feu Dizengoff.le créateur de Tel-Aviv, était plus avisé qui se réjouissait de l\u2019appari- (Lire la suite en page 4) Anniversaire de l\u2019ONU On vient de célébrer dans le monde entier le douzième anniversaire de l\u2019Organisation des Nations Unies.Nous ne pouvons que souhaiter que cette organisation puisse poursuivre ses efforts pour sauvegarder la paix dans le monde. 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Octobre Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Tel: BElair 8621 (loca* 295) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: N.KATTAN \u2018\u201cAutorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des postes, Ottawa.\u201d | EDITORIAL NATIONALISME ET INTERNATIONALISME Lors de la conférence annuelle de l\u2019Institut canadien des affaires publiques, M.Raymond Aron faisait remarquer à certains de ses interlocuteurs qu\u2019il y avait une certaine contradiction entre leur nationalisme canadien anti-américain ou anti-britanni- que d\u2019une part et l\u2019internationalisme qui inspire la demande qu\u2019ils adressent au gouvernement canadien de s\u2019intéresser davantage aux affaires mondiales et d\u2019intensifier son aide aux pays sous- développés, d\u2019autre part.Cette contradiction peut sembler réelle.En fait, elle n\u2019est qu\u2019apparente.Il est légitime, il est normal que les canadiens de toutes les origines veuillent s\u2019affranchir de toute tutelle étrangère, économique ou culturelle, qu\u2019elle vienne du sud ou de l\u2019autre côté de l\u2019océan.On peut aller plus loin et dire que si une réaction semblable, si un nationalisme sain et vigoureux n\u2019existaient pas, on serait en droit de formuler des doutes sur l\u2019avenir du Canada.Ce qui ne veut pas dire que les canadiens ne doivent pas traduire leur générosité par des actes et partager une partie de leur richesse avec les peuples affamés.Le Canada doit montrer qu\u2019il est capable d\u2019assumer ses responsabilités à l\u2019égard de l\u2019humanité et de jouer le rôle que son importance stratégique et matérielle lui impose.Sur le plan culturel, pourtant, un problème assez grave se pose.Le développement culturel du Canada traîne bien loin derrière son développement économique.Est-ce la faute des canadiens eux-mêmes?Nous ne le pensons pas.Un peuple, peu nombreux, dispersé sur un vaste continent, ne peut pas faire surgir rapidement de grands centres de culture.De plus, deux cultures différentes existent au Canada.C\u2019est un facteur d\u2019enrichissement, certes, mais, à condition que chacune de ces deux cultures soit solidement enracinée.On ne peut dire malheureusement que c\u2019est toujours le cas.En effet, des menaces pèsent sur la vie culturelle du pays.Ainsi, par exemple, un nombre imposant d\u2019écrivains, de peintres, de comédiens, sans parler des ingénieurs, des chimistes et des hommes de science de toutes les catégories, quittent chaque année le Canada pour aller s'installer pour une longue période, parfois définitivement, aux Etats-Unis, en Angleterre, en France ou dans d\u2019autres pays.On peut être fier de trouver des canadiens dans tous les grands centres du monde où souffle l\u2019esprit.Mais, pour le Canada, ce n\u2019est là qu\u2019un prestige illusoire.Tout d\u2019abord, un grand nombre de ces artistes et de ces intellectuels adoptent entièrement et sans hésitation la culture de leur pays d\u2019adoption.Leur contribution à cette culture est tout- à-fait personnelle et ne se rattache au Canada que d\u2019une façon bien ténue, et pourquoi ne pas le dire, d\u2019une manière souvent négligeable.Parfois, on ne sait même pas dans les pays qui accueillent ces artistes qu\u2019ils sont canadiens.Pour tous ces intellectuels, il ne s\u2019agit même pas d\u2019un choix mûrement réfléchi.Il est autrement plus difficile de bâtir une culture neuve sur un terrain vierge que de puiser dans les sources vives de la culture -mondiale.La tentation d\u2019appartenir à la famille \u201cinternationale\u201d est grande, car pour se faire connaître sur le plan mondial tout en restant attaché à une réalité humaine locale nécessite la plu- Parfois du temps un très grand talent, parfois du génie.Dostoiev- sky et Ibsen nous prouvent certes qu\u2019on peut être russe ou norvégien et atteindre, néanmoins, le coeur de tous les hommes.Pour un grand nombre d\u2019écrivains et d\u2019artistes canadiens, le grand problème c\u2019est le public.Lionel Shapiro peut se contenter pendant un certain temps des colonnes de la Gazette mais dès qu\u2019il publie un roman à New-York, d\u2019immenses possibilités s\u2019ouvrent devant lui.Re roman devient un \u201cbest-seller\u201d avant qu\u2019on en tire un film à Hollywood.On ne peut le blâmer s\u2019il choisit une carrière amé- LES LIVRES Les juifs de France Les juifs français donnent l\u2019impression, depuis la fin de la guerre, d'effectuer un retour au judaïsme.Comme partout ailleurs, la création de l\u2019Etat d\u2019Israël a ranimé, en France, le sentiment juif.L\u2019antisémitisme nazi, la persécution, les camps de concentration, ont amené, par ailleurs, les survivants des massacres à repenser leur judais- me ou les vestiges du judaisme qui, chez eux, ont résisté a de longues années d\u2019assimilation.Souvent, une nostalgie lancinante pour un passé fait de traditions belles et solides mais à jamais révolu, perce le mur de l\u2019indifférence.Ces dernières années, le nombre de livres juifs publiés en France a considérablement augmenté.Nous disons bien des livres juifs et non des livres dont les auteurs sont d\u2019origine juive, car, nous ne pouvons voir comment on peut rattacher au judaïsme des romans d'André Maurois ou des poèmes de Fernand Gregh par exemple.C\u2019est un écrivain non-juif, Pierre Aubery un professeur français qui enseigne la littérature dans une littérature américaine qui a entrepris de dresser le bilan de la littérature ou plutôt de la pensée juive en France depuis le début de ce siècle jusqu\u2019à nos jours.Dans son ouvrage volumineux, Milieux juifs de la France contemporaine, (Plon, éditeur) l\u2019auteur n\u2019entend aucunement faire le travail d\u2019un critique littéraire ni même celui d\u2019un historien de la littérature.Il s\u2019agit là plutôt d\u2019une étude sociologique dont la matière brute est puisée dans la littérature et les idées.Aubery nous décrit ce qu\u2019a représenté le judaïsme pendant le dernier demi siècle aux juifs français qui ont senti le besoin de définir leur position et de délimiter leur situation en tant que juifs.On voit tout de suite les limites d\u2019une telle étude.On peut se demander, tout d\u2019abord, si la littérature est un critère suffisant et valable pour étudier la vie d\u2019une communauté.Nombreux sont les juifs pour qui leur religion n\u2019a posé aucun problème moral ou idéologique.D\u2019autres, pour qui le problème a existé, n\u2019ont pas toujours pris la plume pour communiquer leur inquiétude.D'autre part, M.Au- bery n\u2019a choisi, de tous les écrits juifs, que ceux qui peuvent s\u2019insérer dans son travail de recherche.11 fut obligé à donner une importance excessive à certains écrivains médiocres.Il a cité d\u2019autres qui ne peuvent être considérés représentatifs.Par ailleurs, il a laissé de côté les Oeuvres de nombreux penseurs religieux et même cer- tans poètes (comme Vigée par exemple).Ces réserves ne doivent pas nous empêcher de saluer la grande honnêteté intellectuelle de l\u2019auteur, Son souci d\u2019objectivité est tout à son honneur.Le lecteur juif ne peut demeurer insensible à la sympathie de l\u2019auteur envers les juifs, svm- pathie qui transperce à chaque page.* * * L'ouvrage de Mosché Catane, Des croisades à nos jours (Editions de Minuit) complète, en quelque sorte, celui d\u2019Aubery.L\u2019auteur, juif francais installé depuis quelques années en Israél, retrace l\u2019histoire des juifs de France depuis les croisades.Histoire grandiose.La contribution des juifs français à la pensée juive d\u2019une part, à la pensée et à la civilisation françaises et universelles d\u2019autre part est immense.Pour nous, juifs canadiens pour qui la langue et la culture fran- caises sont précieuses, la vitalité du judaïsme français ne peut être qu\u2019un encouragement.Exposition Mesdames Frances Benjamin et Monique Voyer exposent leurs , | .oeuvres récentes à la Galerie XIT au Musée des Beaux-Arts de Montréal du ler au 17 novembre prochain.ricaine, L\u2019exemple de Gabrielle Roy, attaché au terroir malgré tous les prix littéraires, est admirable mais peu suivi.On ne peut évidemment pas obliger les artistes et les écri- vains canadiens de rester dans leur pays.Dans une démocratie, la culture ne peut vivre que dans un climat de liberté.Heureusement un nombre grandissant de personnes fréquentent les salles de spectacles.On trouve plus de lecteurs pour les livres canadiens.Les autorités gouvernementales peuvent consacrer une plus grande attention à l\u2019encouragement des artistes et des écrivains.Un grand pays comme le Canada ne peut se contenter d\u2019exporter ses artistes un par un.Il faut qu\u2019il puisse apporter sa contribution propre, originale et unique à la civilisation mondiale.De leur côté les écrivains et les artistes canadiens comprennent ou finiront par comprendre qu\u2019avant d\u2019exprimer des réalités universelles, il s\u2019agit pour eux d\u2019exprimer les sentiments, les souffrances et les joies de l\u2019homme canadien.C\u2019est pour eux le meilleur moyen, peut-être le seul, d\u2019atteindre le grand humanisme.my Octobre BULLETIN DU CERCLE JUIF HAYM SALOMON Le plus illustre patriote juif d\u2019Amérique.Un des trois fondateurs des Etats-Unis avec Georges Washington et Benjamin Franklin PAR SAM LEVY Il v a exactement cent-quatre- vingt-deux ans,en 1775, la veille de Yom Kippour, dans la petite synagogue séfardite de Philadelphie, à l'heure où commençait la lecture du Kol Nidré, on entendit frapper à la porte.L\u2019office fut interrompu.Le Un courrier bedeau alla ouvrir.Haym Salomon du général Georges Washington se présenta dans l\u2019entrebaillement de la porte.Le visiteur inattendu demanda révérencieusement : \u2014 Monsieur Haym Salomon est- il ici?Un petit homme rablé, enveloppé de son Taleth, s\u2019avança, et s\u2019adressant à l\u2019officier lui dit : \u2014Je suis Haym Salomon, que me voulez-vous ?\u2014J'ai un message du général pour vous.Haym prit la missive, la déploya, la parcourut, et dit d\u2019une voix chaleureuse au messager qui attendait au garde-à-vous : \u2014Saluez respectueusement le général de la part de tous mes coreligionnaires et de la mienne.Son appel n\u2019aura pas été fait en vain.Tirai le voir après-demain à la première heure, mes devoirs religieux m\u2019empêchent de le faire demain même, Le courrier salua, s\u2019inclina et partit.Je donne ma fortune S\u2019adressant alors aux fidèles qui attendaient anxieux de connaître ce qui se passait, Haym Salomon leur dit : \u2014Mes frères, le général Georges Washington m\u2019informe que l\u2019armée a besoin de quatre cent mille dollars.Elle manque d\u2019armes, de ravitaillement et d\u2019uniformes.Je donne la totalité de ma fortune liquide.Flle n\u2019est pas suffisante pour assurer le salut de la patrie.Faisons tous notre devoir de bons citoyens.Séance tenante les quatre cent mille dollars furent parfaits.La minute suivante le service divin reprit.Le Hazan entonna très gravement le Kol Nidré.Le surlendemain matin, Haym Salomon, en compagnie de deux Gizbarim, se présentait au quartier général du chef de l\u2019armée et lui remettait les fonds demandés, en s\u2019excusant de n\u2019avoir pu le faire la veille pour les raisons déjà connues.Le général Georges Washington remercia avec effusion, ll n\u2019avait jamais douté des sentiments patriotiques qui ont toujours animé les citoyens juifs qui venaient de lui en donner une preuve si tangible.Trois années s\u2019écoulèrent.L'indépendance de l\u2019Amérique fut proclamée, mais le pays avait besoin de grands appuis économiques et financiers pour aller de l\u2019avant.Benjamin Franklin, s\u2019était consacré corps et âme, aux côtés du général Georges Washington, à la tâche de l\u2019organisation de la République, Ses talents, son incorruptible vertu, sa célébrité en Europe, le désignèrent au choix du Congrès pour aller solliciter l\u2019appui de la France, Confiance royale Paris lui réserva un accueil enthousiaste.Tl fut reçu solennellement par Louis Seize à qui il présenta la requête de son pays qui avait besoin d\u2019un concours financier.\u2014 Qui garantira notre concours, demanda le Roi?\u2014Haym Salomon, Majesté.\u2014C\u2019est bien, acquiesca Louis Seize, et les crédits furent aussitôt accordés.Le grand patriote juif-améri- cain, Haym Salomon est né à Lys- sa, en Pologne, en 1740, de père et mère hispano-portugais, par conséquent Séfardis, Ses parents, fuyant les persécutions auxquelles les marranes étaient en butte, se réfugièrent d\u2019abord en Allemagne d\u2019où ils passèrent en Pologne.C\u2019est là que notre héros national vit le jour.Jeune encore, voulant, comme on dit, voler de ses propres ailes, il s\u2019en alla à New-York qui était alors sous la domination britannique.Amoureux passionné de la liberté, Haym Salomon s\u2019affilia à l\u2019organisation clandestine: The Sons of Liberiv qui devint très puissante et déclara ouvertement la guerre aux forces occupantes.En présenec du mouvement révolutionnaire qui prenait des propor- tions inquiétantes, les britanniques concentrèrent toutes leurs forces à New-York et s\u2019emparèrent du plus fameux meneur Haym Salo- mon qui fut embastillé.Dans sa cellule, pareil au Joseph de la Légende, l\u2019incarcéré se révéla devin et polyglotte.Les Anglais le libérérent aprés avoir confisqué tous ses biens.Rendu à la liberté, Haym Salomon reprit son négoce d\u2019armateur.En peu de temps il refit sa fortune, la multipliant de jour en jour.Il employait ses deniers à soutenir les républicains, à aider financièrement les officiers, les généraux , et tous les partisans.Son action était purement patriotique et n\u2019avait aucun but lucratif.Nous avons décrit le concours que Haym et ses coreligionaires prétérent à l\u2019armée du général Georges Washington pour lui permettre de poursuivre la lutte et assurer ainsi la libération du territoire.Les anglais parvinrent à s'emparer une seconde fois de Haym Salomon et à le condamner à mort.Il fut alors enfermé dans la géole infâme de The Sugar House où le malheureux contracta la tuberculose.Mais la veille même de l\u2019échéance fatale de son exécution, grâce à des complicités secrètes, il réussit à s\u2019évader et à se réfugier en lieu sûr.Les années passèrent.La guerre de Sécession prit fin.Le délire des vainqueurs ne connut pas de bornes.Haym demeurait cloué dans sa chambre d\u2019agonisant.Toutefois, le Congrès pensa à lui en demandant les documents relatifs à la dette en espèces que la nation américaine avait contractée envers l\u2019illustre patriote à qui furent en- vovées les pièces à signer.C\u2019était le premier janvier 1785, jour de Sabbat.Homme pieux, fermement attaché aux principes orthodoxes de la religion juive qui interdit tout travail le jour de samedi, Haym ne voulut pas transgresser ce commandement.Le lendemain, il eut une crise qui l\u2019em- pécha de bouger de son lit de souffrance.Le jeudi, 6 janvier 1785, 11 rendit son dernier soupir.laissant son entourage plongé dans l\u2019affliction et dans la misère.La nation américaine n\u2019a pas rendu à Haym Salomon les honneurs auxquels 1l avait droit.T1 existe à Washington un modeste monument représentant les trois grands patriotes Washington, Haym Salomon, et Jefferson.Le privilège de réparer ce regrettable oubli de la nation américaine fut dévolu à la communauté juive de Los-Angeles qui est toujours à l'avant-garde des idées nobles et élevées à répandre.Un comité pour l\u2019érection d\u2019une statue a Haym Salomon fut constitué et déploya des efforts hautement méritoires.Malgré des difficultés presqu\u2019insurmontables, ce comité parvint à ses fins.Le 6 jan- Théâtre et Télévision On vient de fêter le cinquième anniversaire de la télévision au Canada.Cela nous a permis de mesurer le rôle que joue ce nouveau moyen de communication dans notre vie.Outre son apport culturel certain, la télévision a ouvert des horizons nouveaux à tous les canadiens et mis le monde, ses conflits, ses troubles et ses joies à la portée de l'homme de la rue.La télévision a surtout rapproché l\u2019avènement d\u2019une union large des différents groupes canadiens.Dans les villages éloignés et les petites villes isolées, l\u2019écran de la télévision apporte dans les foyers les bruits de la grande ville.Les prises de bec et autres idées en marche ont sorti de son silence un peuple habitué à se replier sur lui- même et lui ont appris les vertus de la discussion et du dialogue.La télévision a, avant tout, fait découvrir le Canada au canadiens.Ceux- ci se sont vite rendu compte qu\u2019ils possèdent des écrivains, des journalistes, des artistes de tous les genres.Loin de nuire au théâtre, elle lui fut d\u2019un grand secours en créant chez le public un engouement sinon pour le théâtre lui- même du moins pour certains comédiens.Les salaires relativement importants qu\u2019elle dispense, le prestige qu\u2019elle offre ont attiré à la profession de comédien des personnes qui n\u2019auraient jamais découvert autrement leur vocation.Par contre, la télévision qui fait une consommation ahurissante de textes et nécessite un nombre chaque jour grandissant de scripteurs, a draîné en quelque sorte une partie importante de la production littéraire du Canada français.Si elle a encouragé le théâtre, la télévision a retardé l\u2019éclosion d\u2019une littérature nationale durable.À l\u2019occasion de ce cinquième anniversaire, on peut formuler le voeu que la télévision continue à représenter la réalité multiple du Canada, donnant à tous les groupes la possibilité d\u2019exprimer leurs points de vue.vier 1944, cent cinquante neuvième anniversaire de la mort de Haym Salomon, une superbe statue lui fut élevée, à lui tout seul, dans le plus beau Park-Promenade de Los-An- gèles.La cérémonie inaugurale prit des proportions imposantes, grandioses, mémorables, vraiment historiques.Y participérent les autorités officielles, les représentants de tous les cultes, l\u2019élite de la société californienne et une foule immense.SAM LEVY Doven d'âge des Ecrivains Séfardis NOTA: Jai été secondé dans mes recherches par mes amis Rabbi I.M.Varon, de Los-Angéles, et Owvadia-E.Haim de Pasadena, Californie. CORRESPONDENCE Nous avons reçu les lettres suivantes : Le Vatican et les Juifs Permettez-moi de vous exprimer mes sentiments de reconnaissance pour l\u2019article intitulé \u201cLe Pape a reçu les dirigeants du Comité Juif américain\u201d paru dans le dernier Bulletin.Je crois que trop peu de Juifs sur le continent nord-américain connaissent l\u2019étendue du rôle que le clergé catholique a joué dans le sauvetage des victimes d\u2019Hitler en Europe (et surtout, en Pologne et les pays est-européens).C\u2019est en vertu de mon travail d\u2019assistante sociale aux nouveaux-ve- nus\u2014soit comme membre du Conseil des Femmes Juives soit comme membre de plusieurs ligues que j\u2019obtiens des informatinos de cette sorte par la voie la plus directe possible c\u2019est-à-dire de la bouche de ceux et de celles qui ont été sauvés par des religieux et religieuses catholiques.Je continuerai à l\u2019avenir de m\u2019exprimer franchement sur ce sujet.Mais comme je suis \u201cdeux fois\u201d membre d\u2019un groupe minoritaire étant juive et femme, j'ai l\u2019audace de combattre les préjugés moins avec des méthodes scientifiques qu\u2019avec l\u2019amour et l\u2019enthousiasme sincères à l'égard de tous les hommes de bonne volonté.Coopération intellectuelle ou coexistence des nations?Dans mon article paru sous ce titre, dans le Bulletin de Juin-Juillet 1957, une erreur s\u2019est glissée: Ce n\u2019est pas dans le livre de l\u2019Ecclesiaste qu\u2019il faut chercher le commandement \u201cAime ton prochain\u201d mais dans le livre du Lévitique.(Le chapitre et le vers indiqués dans mon article sont ceux du Lévitique.) ANNA STEARNS, M.A., Ph.D, Montréal Pour propager la langue Française .Sans doute, j\u2019exprime une opinion minoritaire, mais je pense, sérieusement parlant, qu\u2019il y a un grand besoin de faire quelque chose pour l\u2019avancement de la conversation et du bon parler français parmi nous.La colonie israélite montréalaise ne parle pas assez le français dans la deuxième ville française mondiale.Le Cercle Juif de Langue Française doit prendre l\u2019initiative de fonder une école ou un institut du bon parler français pour servir économiquement et culturellement notre jeunesse et nos adultes israélites.Je vous félicite pour le beau et bon travail que vous accomplissez ici dans les domaines de la fraternité et du civisme.Abraham J.Livinson, M.A.Westmount BULLETIN DU CERCLE JUIF A PROPOS DE JACOB DE HAAN Le doyen d'âge des écrivains séfardis de France nous a adressé la lettre suivante: Paris, 7 octobre 1957 Mon cher Directeur, Dans sa chronique mensuelle que publie le numéro de septembre du Bulletin, Monsieur Etienne Milhaud parle du poète hollandais, Jacob de Haan que je considère comme traître à la nation juive.Tout en précisant que ce triste personnage était pourri de vices honteux, votre correspondant parisien le qualifie de \u201cmilitant sioniste ardent\u201d.Et il rappelle qu\u2019il a été assassiné à Jérusalem, en 1924, à la suite \u201cd\u2019une sombre affaire de moeurs\u201d.Certainement sans s\u2019en douter, Monsieur Milhaud a été mal renseigné, ce qui lui a fait commettre deux graves erreurs que l'intérêt de la vérité historique me fait un devoir de rectifier.Au début de sa carrière, de Haan avait, en effet, milité en faveur du sionisme.C\u2019était dans le but égoïste et avoué d\u2019en devenir le grand manitou.Evincé dans ses ambitions grandiloquentes, il tourna casaque et devint l\u2019adversaire le plus implacable du sionisme, le combattant farouchement par les moyens lse plus inavouables et ignobles.Ne pouvant pas assouvir son animosité à distance, il quitta la Hollande où il jouait un rôle important dans le domaine des lettres, et s\u2019en alla à Jérusalem où il fit une guerre absolument déloyale à la doctrine sioniste, ainsi qu\u2019à l\u2019instauration de l\u2019Etat d\u2019Israël, Quant à l\u2019exécution de ce Gane- lon, elle n\u2019a pas été motivée par une sombre affaire de moeurs.Elle fut la conséquence inéluctable des manoeuvres ténébreuses de cet odieux individu, et accomplie dans des circonstances sur lesquelle je suis à même, mieux que quiconque, de porter un sérieux témoignage.Je les résume ci-après en quelques mots.En 1924, le vieux Sultan Hus- séin d\u2019Arabie, ancien député au premier Parlement de Turquie où j'ai eu l'honneur de le connaître, fut élu Khalife, et couronné à Amman, capitale de la Transjor- dannie, chez son fils aîné Abdal- lah.A cette occasion, Rébi Jacob Méir, Richon-Le-Sion, grand talmudiste et diplomate réputé, eut une très heureuse idée.Il engagea l\u2019Exécutif Sioniste à envoyer à Amman une délégation juive pour féliciter le nouveau chef spirituel de l\u2019Islam.Cette démarche causa une très vive satisfaction dans les milieux musulmans les plus haut placés.Le Mufti de Jérusalem, Emin- el-Husséini, et toute la sequelle arabe de Palestine, prirent ombrage de cette heureuse initiative juive.Ils formèrent eux aussi une délégation et mirent à sa tête, devinez qui?Je vous le donne en cent, je vous le donne en mille.Ils mirent à la tête de ladite délégation.Jacob de Haan lui-même! ! ! Ce traître à sa nation, habillé en bédouin, se rendit à Amman, et devant le Khalife entouré de ses ministres, dénonça les sionistes comme une bande de mauvais sujets venus en Palestine pour lutter contre les arabes autochtones, les démoraliser, les spolier et les chasser du pays.La presse à la solde des pourvoyeurs du Mufti, ennemi numéro zéro, avant Hitler, du mandat conféré aux Juifs d\u2019édifier un foyer national en Israël, donna une publicité on ne peut plus tapageuse à la visite de la délégation arabe à Amman, portant au pinacle l\u2019intervention providentielle du traître Jacob de Haan.Ce dernier, en rentrant à Jérusalem, recut la seule et juste récompense que méritait sa félonie.Tels sont les faits qui se sont passés à Jérusalem, en l\u2019an de grà- ce 1924, Au printemps suivant, me trouvant en tournée de conférences à Jérusalem, je consentis, sur les instances de Nahum Ouchinski, alors chef de l\u2019Exécutif sioniste, à me rendre à Amman où j'avais des accointances avec le ministre des fondations pieuses, le Dr.Riza Tewfik bey.Il me présenta au Khalife Husséin à qui j\u2019exposai la vie dépravée du dévoyé Jacob de Haan, Le sultan reconnut que le chef de la fameuse délégation arabe était aussi un déséquilibré.SAM LEVY Nous avons communiqué cette lettre à notre correspondant à Paris qui nous a fait parvenir les remarques suivantes: Je n\u2019ignorais certes pas le rôle néfaste joué par Jacob Israel de Haan, après que le poète se fut fourvoyé dans les méandres de la politique où il m'avait d\u2019ailleurs rien à faire.Je crois que M.Sam Levy exagère quelque peu l'influence pohtique que put atteindre cet homme \u201cen marge\u201d et certainement déséquilibré qu'était de Haan.Ce dernier, vint au nationalisme arabe, un peu comme certains fonctionnaires anglais du Colonial Office, par le biais, si Jose dire, de ho- moséxualité.Mais le probléme west pas la.De Haan a connu les prisons néerlandaises et a même êté expulsé, du fait de ses moeurs spéciales et de quelques indélicatesses en d\u2019autres domaines.Il wen est pas moins le \u201cRimbaud\u201d hollandais, lun des plus considérables poètes de langue néerlandai- Octobre se.Pardonnons à la brebis égarée, au faux prophète, à homme malade et inassouvi, au monstre peut- être qu\u2019 était Jacob Israel de Haan et ne rayons pas de notre mémoire, du patrimoine poétique de notre peuple, une oeuvre qui restera, d\u2019une bouleversante beauté, toute à la gloire de Sion, Etienne Milhaud Au conseil municipal Madame Saul Hayes fut nommée par le Conseil des Citoyens de Montréal comme délégué au Conseil municipal de notre ville.Madame Hayes s\u2019est toujours intéressée à l\u2019activité du Cercle Tuif et une telle nouvelle ne peut que nous réjouir.Nous sommes heureux de lui présenter nos félicitations.La Communauté Mondiale et le Canada L\u2019Institut canadien des affaires publiques a choisi comme thème générale pour sa quatrième conférence annuelle qui fut tenue à la fin de septembre à Sainte-Adèle : La communauté mondiale et le Canada.Le conférencier invité était M, Raymond Aron, professeur à la Sorbonne et écrivain bien connu.Pendant quatre jours, des journalistes, des hommes politiques, des professeurs ont discuté les différents aspects de la question.Parmi les sujets traités, signalons: Pluralisme de la communauté mondiale; l\u2019Asie et l\u2019Afrique entrent en scène, le Canada au carrefour des influences etc.CHRONIQUE PARISIENNE (Suite de la page 1) tion des premiers voleurs dans sa chère cité.Le livre de Mandel est certes sujet à critique \u2014 à d\u2019autres égards \u2014 mais c\u2019est une oeuvre drue, un beau roman âpre, frénétique et désespéré, l\u2019un des écrits les plus authentiquement juifs dans son inspiration qui aient parus ces dernières années, Plutôt que de lui chercher de mauvaises querelles, il serait préférable d\u2019encourager dans son effort l\u2019un des rares écrivains dignes de ce nom, que possèdent les juifs d\u2019expression française.Europe ou Asie?\u2014\u201c Mademoiselle\u201d dis-je à la charmante préposée du bureau de poste de mon quartier, j'aimerais envoyer cette lettre par avion.à Tel-Aviv, en Israël.La jeune personne, le nez froncé, cherche dans son annuaire.et ne trouve pas.Je me penche par dessus le guichet et lui souffle : \u2014\u201cSi vous me permettez.je vous conseillerai de chercher Israël sous la rubrique \u201cAsie\u201d et non sous celle de l\u2019Europe.Elle me remercie d\u2019un sourire légèrement intrigué, puis réveuse: \u2014\u201cC\u2019est curieux.je n\u2019aurais jamais cru qu\u2019un pays aussi civilisé puisse se trouver en Asie.\u201d "]
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