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Titre :
Bulletin du Cercle juif /
Éditeurs :
  • Montréal :Cercle juif de langue française,1954-1985,
  • Montréal :Congrès juif canadien
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Successeur :
  • Bulletin du Congrès Juif canadien (Région du Québec)
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Bulletin du Cercle juif /, 1957-12, Collections de BAnQ.

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[" Bibliotheque St.Sulpice, {LT 1700, rue St.Denis, Montreal, P.Q.C.Q.ulletin 4 CERCLE JUIF \\45s7 Décembre No.30 À LA DERNIERE REUNION DU CERCLE JUIF CONFERENCE DU PROF.MICHEL BRUNET La survivance des Canadiens français est un fait sociologique normal \u201cLa survivance n'est pas un succes collectif digne d\u2019étonnement.Elle fut le résultat d\u2019un concours de circonstances que l'historien peut facilement analyser et qui Michel Brunet doivent très peu à l\u2019action éclairée des Canadiens eux-mêmes\u201d.C\u2019est dans ces termes que M.le professeur Michel Brunet s\u2019exprimait à la dernière réunion du Cercle Juif de langue française.M.Brunet a démontré que le principal facteur de la survivance canadienne-française est l\u2019impossibilité où se sont trouvés les Britanniques d\u2019assimiler complètement une population aussi importante que celle des Canadiens français.Renoncer aux légendes Au début de sa conférence, M.Brunet fit remarquer que tous les peuples faisaient de leur histoire un instrument de formation patriotique, ce qui entraîne pour les historiens un danger de partialité.On écrit une histoire émotive, romantique et patriotique.Selon M.Brunet, les Canadiens français ont acquis assez de maturité intellectuelle pour renoncer aux légendes et examiner objectivement leur histoire.Parmi les thèmes préférés de notre folklore partiotique, de dire M.Brunet, il y a la survivance.Les historiens, les poètes, les écrivains, les prédicateurs l'ont attribuée à des causes extraordinaires.On parle même de miracle.Les Canadiens français se seraient soustraits aux lois de l\u2019histoire.Examinons s\u2019il ne s\u2019agit pas au contraire d\u2019un fait sociologique normal.A la conquête, poursuit M.Brunet, la population de la colonie française était de 65,000 habitants soit 5 pour cent de la population totale des colonies anglaises de l'Amérique du Nord.Actuellement note en passani le conférencier, les Canadiens français sont moins de 214 Four cent de la population anglophone du Canada et des Etats-Unis.Ces 65,000 habitants formaient 12,000 familles établies en permanence sur un territoire défini, ls étaient organisés, avaient des traditions, des coutumes, des lois et une religion communes.Ils ne se posaient pas le choix entre survivre et disparaître; ils avaient conscience de former un groupe puissant.Ils gardaient la secrète conviction que la France n\u2019avait pas dit son dernier mot en Amérique du Nord.Ils n\u2019ignoraient pas qu\u2019ils formaient l\u2019immense majorité de la population de la colonie.Pour eux celle-ci continuerait de leur appartenir.Jamais ils ne se demandèrent s\u2019ils cesseraient d\u2019être français et catholiques.La question ne se posait même pas.Si les questions de religion et de l'administration de la justice causèrent certaines craintes parmi les dirigeants de 1763 à 1774, les mesures conciliantes de Murray, le choix de Mgr Briand comme évêque de Québec (1766), la consécration d\u2019un coadjuteur en 1772, et l\u2019adoption de l\u2019Acte de Québec les rassurèrent et ils prouvèrent leur satisfaction et leur loyalsime lors de l'invasion américaine en 1775- 1776.Une génération après la conquête, les Canadiens avaient aug- (Suite à la page 4) Quatrième Année LA CHRONIQUE PARISIENNE de notre correspondant particulier Etienne L\u2019exemple des U.S.A.Une nouvelle collection juive va paraître chez un grand éditeur de la Rive Gauche, Albin-Michel.Ceci portera à trois les grandes collections \u201cjudaïca\u201d en France, puisqu'il existait déjà la célèbre série d\u2019ouvrages savants \u201cSinai\u201d, éditée par André Chouraqui, sous le sigle du buisson ardent et le label commercial des \u201cPresses Universitaires de France\u201d, ainsi qu'un certain nombre d\u2019ouvrages, la plupart publiés sous les auspices du Congrés Juif Mondial, aux \u201cEditions de Minuit\u201d.Ainsi, après dix ans de tätonne- ments, l\u2019édition juive de langue française trouve enfin sa vole.Jusqu\u2019ici en effet, à grand renfort de subventions, s\u2019étaient créés un certain nombre d\u2019organismes destinés à promouvoir le livre juif.T1 serait injuste de ne pas ajouter, qu\u2019au stade de la conception et même de la réalisation elles firent oeuvre utile.Mais leurs méthodes de diffusion étaient archaïques.De plus, le public les bouda se méfiant à priori, et sans raison d\u2019ailleurs d\u2019une marchandise portant l\u2019estampille de tel ou tel groupement littéraire juif.Les responsables de l\u2019action culturelle au sein du judaïsme français s\u2019inspirèrent donc de l\u2019exemple américain où l\u2019on s\u2019est aperçu du fait suivant: la meilleure façon de faire lire un livre juif était encore de le faire aussi lire par les chrétiens.Les \u201cclubs du livre juif\u201d américains, se contentant d'aider en quelque sorte un éditeur ayant pignon sur rue comme Knopf ou Simon & Schuster, a sortir un ouvrage spécifique dans leur catalogue général, voient cet ouvrage sortir normalement sur le marché, et s\u2019imposer finalement s\u2019il est de qualité.Préparateurs d\u2019alibi.Une organisation juive communisante prépare actuellement la sortie d\u2019un journal dont les pages seront consacrées à des traductions des classiques en langue yiddish.La chose serait assez banale en soi, si on n\u2019assistait pas en ce moment, Milhaud dans l\u2019ensemble de la presse française d'obédience communiste à une tentative généralisée de donner le change sur la situation réelle de la culture juive au-delà du rideau de fer.\u201cEurope\u201d, le mensuel du Parti Communiste vient de consacrer des chroniques d\u2019ailleurs insignifiantes et quelques traduction de poèmes, à la littérature vid- dish.d\u2019avant-guerre.La malice est un peu grosse et je ne pense guère que les juifs de France, y compris les masses prolétarisées du Marais ou de Belleville, seront dupes.Une Association des journalistes juifs de langue française?Dans l\u2019arrière salle enfumée d'un café de la place de la République, à Paris, nous sommes un petit nombre, vétérans ou cadets, collaborateurs occasionnels ou permanents de la \u201cpetite presse\u201d juive, si décriée, et pourtant si chère à nos coeurs, à nous réunir autour des demis de bière, pour projeter une association (une de plus) qui manquait incontestablement à notre communauté.Au second demi, un enthousiaste propose d\u2019élargir l\u2019Association projetée, afin qu\u2019elle englobe \u2014 geste ample du quidam qui ouvre les bras pour embrasser la grande salle \u2014 non seulement les français de France, mais encore les journalistes francophones de Belgique, de Suisse romande, du Canada, d\u2019Is- raél et tutti quanti.Les statuts font l\u2019objet de discussions tatillones mais néanmoins passionées de robins échauffés.Un ex-juriste affirme qu\u2019on ne peut être à la fois juge et partie, ce qui provoque la consternation du futur éventuel secrétaire-général.Je quitte le café légèrement irrité d\u2019avoir perdu une soirée à ces jeux de clercs, mais au fond, assez enchanté, en parlant trois heures durant pour ne rien (Suite à la page 3) 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Décembre Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Tel.: BElair 8621 (loca! 295) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: N.KATTAN \u201cAutorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des postes, Ottawa.EDITORIAL LE CONFORMISME ET LA DEMOCRATIE Le conformisme semble être le phénomène social le mieux partagé par tous les régimes du monde actuel.Il varie d\u2019aspect d\u2019une contrée à l\u2019autre, prend des moyens plus ou moins subtils pour s\u2019installer, pour inspirer ensuite la pensée collective et pour, finalement dominer la vie sociale.Dans les pays totalitaires, fascistes ou communistes, le conformisme est le grand atout des dirigeants.Il est imposé par la force.Une pensée unique et uniforme a seule le droit d\u2019être exprimée.Ceux qui ne peuvent accepter les normes établies ont le choix entre le silence et la prison.S\u2019ils ont le courage de braver le danger et d\u2019exprimer une opinion qui ne suit pas la ligne officielle, ils iront croupir dans les geôles sous l\u2019accusation d\u2019être des ennemis du peuple, c\u2019est-à-dire de la majorité.Les régimes démocratiques s\u2019honorent de donner aux opinions minoritaires le droit et la liberté de s\u2019exprimer.Or, il semble que dans la société américaine et jusqu\u2019à un certain point, au Canada, ce droit inscrit dans la constitution et qui peut théoriquement être exercé est étouffé ou rendu inefficace par le fonctionnement de la société.En Europe les classes sociales sont souvent définies plus par leurs conformismes et traditions respectifs que par leur possession de biens matériels.En Amérique, c\u2019est la classe moyenne qui domine la vie sociale.Elle a fait du confort matériel, un idéal.Le confort matériel est suivi ou accompagné du confort intellectuel et moral.La pensée religieuse elle-même, et ceci est vrai pour toutes les dénominations, subit profondément le conformisme de cette société.La pression sociale sur l\u2019individu est forte et suit les voies les plus inattendues.Nous ne voulons pas parler des voitures et des frigidaires.Le confort matériel, comme tel, est fort souhaitable.Ce qui nous occupe c\u2019est la forme sournoise et quasi imperceptible que prend le conformisme collectif de la société américaine.Cette société rend presque inéluctable l\u2019appartenance de l\u2019individu à un groupe organisé.D\u2019où le foisonnement de centaines et de milliers d\u2019organisations plus ou moins fermées.Qu'il s\u2019agisse de buts charitables ou culturels, qu\u2019on exerce les sports, qu\u2019on aide les arts ou qu\u2019on soulage l\u2019enfance malheureuse, peu importe.Ce qu\u2019on affiche est, le plus souvent, secondaire.L\u2019important est de se rencontrer, de trinquer avec telle personne et d\u2019avoir, dans un banquet, comme voisin de table, telle autre.Qu\u2019on s\u2019occupe de l\u2019orchestre symphonique ou de la lutte contre le cancer il semble que ce qui prime c\u2019est d\u2019avoir son nom et sa photo dans le journal.Souvent des organisations fermées et des clubs de toute sorte adoptent un système de fonctionnement qui fait penser davantage à des jeux d\u2019enfants qu\u2019à des occupations d\u2019adultes.En maints et maints lieux, c\u2019est le conformisme qui crée l\u2019ambiance.Bien sûr, l\u2019individu peut rester en dehors de toutes ces formations.On ne le mettera pas en prison parce qu\u2019il diffère d\u2019opinion avec le chef de l\u2019état.Mais s\u2019il refuse d\u2019appartenir, de s\u2019insérer dans tel ou tel conformisme, il se trouve rejeté et reste en marge de la vie sociale, Son impuissance et son inutilité deviennent patentes.Pour éviter les conflits et les controverses, la société américaine pousse au compromis.Et pour que le compromis puisse opérer on essaie non de changer le fond mais de l\u2019ignorer.Pour éliminer les controverses, on arrive à éliminer toute discussion idéologique.Il en résulte que la démocratie elle-même est vidée de sens.Le conformisme serait moins dangereux pour les démocraties si la lutte qui oppose actuellement les deux blocs n\u2019était d\u2019abord idéologique.Dans cette lutte, la démocratie se trouve considérablement affaiblie à cause du confort intellectuel et de cette prédominance du conformisme bien-pensant.LES ARTS La plus discrète des peintures juives: SCHWARZ ABRYS Schwarz Abrys, que ses paysages de Ménilmontant, ses \u201cépaves\u201d, ses chardons, ont rendu célèbre, crée en effet, à jet continu, une oeuvre juive par l\u2019inspiration profonde, alors que ses thèmes (les masures délabrées du nord de Paris, les poissons morts, les bois vermoulus des barques pourrissant sur des plages) n\u2019empruntent rien à l\u2019anecdote juive.Ainsi, il n\u2019est que de regarder ses églises.Ses cactus dont terdiction religieuse de représenter l\u2019enveloppe charnelle des humains ?C\u2019est par ces caractères profonds que Schwarz Abrys est peut- être le plus authentique \u2014 et le plus discret \u2014 des peintres juifs.Il ne I'ignore qu\u2019en partie, et garde de son enfance de misère dans la petite juiverie d\u2019Ujhely, en Hongrie, le goût indéfectible de représenter la misère humaine.Mais par une transposition sur des objets inanimés, des murs, des Les poissons de Schwarz Abrys Schwarz Abrys ne dit pas qu ly voit la plante \u201chéraldique\u201d et symbolique d'Israél, a I\u2019égard presque du lys frangais, mais dont le choix appelle une explication; ses barques pourries, par lesquelles il réalise l\u2019un de ses plus vieux rêves d\u2019enfance: celui de peindre l\u2019arche de Noé, dont la vision, enfouie sous des couches géologiques, n\u2019a cessé de le hanter, et dont il est allé rechercher le souvenir dans les carcasses pourries, à moitié enfoncées dans la vase, entre Honfleur et Trouville.N\u2019est-il pas significatif, enfin, qu\u2019il soit le peintre attitré de Ménilmontant qui constitue l'un des \u201cghettos\u201d encore actuels de Paris?Mais ce caractére juif indirect, négatif méme, de la peinture de Schwarz Abrys se vérifie, se complète par la qualité juive de son inspiration que l\u2019on retrouve dans toutes les toiles actuellement exposées à la Galerie Lhomond à Paris.Peintre figuratif, Schwarz Abrys, pourtant, se refuse à représenter le corp humain.N\u2019y a-t-il pas là une étroite obédience à la discipline traditionelle de l\u2019éthique juive, qui puisait sa profonde recherche de la signification interne des objets représentés, dans l\u2019in- carcasses, des chardons morts, des arbres secs, et des ciels noirs \u2014 dans des couleurs sombres qui finissent, pourtant par faire un lumineux ensemble, comme la misère juive finit par engendrer le plus grand optimisme.PAUL GINIEWSKI Le comte de Paris fait l\u2019éloge d\u2019Israël Le comte de Paris a été l\u2019hôte d'honneur de la W.1.Z.O.de Genève, à l\u2019occasion de la conférence annuelle de cette organisation.Faisant part des impressions profondes que lui a laissées son voyage en Israël, effectué au lendemain de la campagne du Sinai, le comte de Paris a exalté le \u201ccivisme extraordinaire de la population israélienne, son dynamisme, sa foi, son esprit de sacrifice et le courage admirable de sa glorieuse armée\u201d.L'Etat d\u2019Israël, a-t-il dit, \u201cpeut servir d\u2019exemple éclatant pour le monde.\u201d le Décembre BULLETIN DU CERCLE JUIF LE THEATRE Pièces légères Les troupes montréalaises semblent s\u2019être données le mot pour présenter des spectacles légers dont le succès commercial peut presque être assuré.Après la disparition du Théâtre de Dix-Heures et le déménagement du Théâtre du Nouveau Monde à l\u2019Orphéum, on Jean Gascon a l'impression qu\u2019il ne reste plus de place aux pièces d'avant-garde ni même aux pièces solides et sérieuses qui peuvent n\u2019attirer qu\u2019un public restreint.Le Théâtre du Nouveau Monde à fait donc revivre un vieux succès de Sacha Guitry, Mon père avait raison.Pièce drôle où l\u2019esprit de Guitry fuse comme d'habitude.La cascade de \u201cmots\u201d peut réjouir certains, lasser ou agacer d\u2019autres.Il ne faut pourtant pas être trop exigeant: ce n\u2019est qu\u2019une pièce divertissante qu\u2019on oublie le lendemain.Grâce à la mise en scène de Jean Gascon, au décor de Robert Prévost et au jeu des interprètes, on passe une bonne soirée à l\u2019Or- phéum.François Rozet est magnifique et donne le ton.Denyse Saint-Pierre est vraie et même réussit à être émouvante.Parmi les autres comédiens mentionnons Jean Gascon Tania TFédor et Georges Groulx.Le Théâtre Club C\u2019est avec un autre vieux succès : Topaze de Pagnol que le Théâtre- Club reprend ses cativités.Topaze est un petit instituteur de campagne honnête et naïf qui grâce à un hasard joue le rôle d\u2019un brasseur d\u2019affaires louche, rôle qu\u2019il assume pleinement quand il accepte les conditions du succès dans une société où il faut se salir pour arriver.Gilles Pelletier est un meilleur homme d'affaires qu'instituteur André Fouché est très vivant dans le rôle de Castel-Bénac, politicien louche.Monique Lepage fait croire à son personnage.Sacha Tarride a sû faire ressortir la vélléité et la fausse autorité de Muche, le directeur de l\u2019école, tandis que Béatrice Picard a rendu Ernestine Muche, sa fille, un peu trop ridicule nous semble-t-il.Dans sa mise-en-scène, Jacques Létourneau a bien sû donner un mouvement vif à la pièce.Les décors sont signés Michel Am- brogi.Le Rideau Vert A son tour, le Rideau Vert à mis à l\u2019affiche une comédie qui a fait, depuis longtemps ses preuves : M.de Falindor de Georges Manoir et Armand Verhille.Le spectacle est bien enlevé grâce à la mise en scène d\u2019Yvette Brind\u2019Amour et à l\u2019interprétation.Andrée Lachapelle donne le piquant, le charme et la naïveté nécessaire à son personnage.Maud d\u2019Arcy et Maria Pa- come mettent dans leur jeu la malice et la vivacité voulues.François Carter nous semble trop vif tandis que Cioni Carpi ne l\u2019est pas assez.Le Théâtre Neuf Mentionnons enfin la naissance d\u2019une nouvelle troupe : le Théâtre- Neuf qui a présenté une farce de Guillaume Hanoteau: La Belle Rombière.L'auteur, dont nous connaissons déjà La Tour Eiffel qui tue veut, dans cette pièce, faire ressortir l\u2019aspect comique ou ridicule du mélodrame.Les personnages n\u2019ont donc aucune vérité.Les comédiens ont tous abondé dans ce sens, Ils ont souvent réussi à nous faire rire.Cette succession de pièces légères nous fait songer avec une certaine nostalgie à certains échecs ou demi-échecs de l\u2019an dernier.Chronique Parisienne (Suite de la page 1) dire, d\u2019avoir retrouvé l\u2019écho de mes vingt ans.Petite scéne des \u201cbeaux quartiers\u201d A Passy, Mme X., veuve d\u2019un richissime banquier marie sa fille.Qui se souvient encore des origines de ladite dame.Depuis la libération, avec un entêtement animal et presque pathétique Mme X.tente d\u2019abolir le passé.Nous sommes quelques uns à la connai- tre, à l\u2019avoir connue à l\u2019époque presque antédiluvienne ou elle fréquentait l\u2019oratoire libéral de N'euilly.Nous rencontre-t-elle par mégarde que ses yeux se font aussi suppliants que ceux d\u2019une biche forcée.\u201cSilence, silence par pitié.Je suis dorénavant Mme X, d\u2019une vieille lignée angevine.Dix ans, dix longues années durant, j'ai effacé l\u2019Orient de ma mémoire et de mes traits\u201d.Pitoyable vieille femme.LE GOLFE D\u2019EILAT L\u2019histoire est un éternel recommencement par Sam Levy Après la question du passage par le canal de Suez, le point névralgique de la querelle que la Jordanie, l\u2019Arabie Séoudite et l\u2019Egypte, sans compter les autres Etats voisins, cherchent à Israël, c\u2019est l\u2019interdiction de la navigation des ra- quebots allant de la mer Rouge vers le port d\u2019Eilat, ou en revenant.C\u2019est par cette voie d\u2019eau que les exportations et importations israéliennes peuvent s\u2019effectuer dans les conditions les plus rapides, et par conséquent les plus économiques.Le gouvernement Ben Gou- rion est parfaitement conscient de cet état des choses qui constitue une affaire de vie ou de mort pour la nation juive.Cette situation n\u2019échappe pas non plus à la sagacité des pays occidentaux et d'outre-mer.Israël ne ménage rien pour arriver à résoudre ce problème crucial, soit pacifiquement avec le concours effectif de la Société des Nations, soit, au besoin, par une intervention armée, Aussi, une activité fébrile est déployée pour créer de toutes pièces, une ville maritime de plus de cent mille habitants, munie d\u2019installations portuaires adéquates, et de voies de communications terrestres susceptibles d\u2019assurer le trafic le plus intense.Ce trafic profitable serait en même temps un facteur de paix et de prospérité non seulement pour Israël, mais aussi pour tous les pays riverains, ainsi que pour ceux du monde entier.+ # * Ce n\u2019est pas d\u2019aujourd\u2019hui que le problème d\u2019Eilat se pose à l\u2019at- tension de la.nation juive.Il est vieux comme le monde, et fut soulevé une premiére fois, avec la même acuité, il y a exactement trois mille ans, du temps du roi Salomon.Les livres nous enseignent que ce fastueux monarque, par sa puissance, ses richesses fabuleuses, son omniscience et sa sagesse légendaire, avait ébloui tous les peuples anciens, depuis la Judée jusqu'aux derniers confins de l\u2019Asie d\u2019un côté, et de l\u2019Afrique de l\u2019autre.Tous les chefs d\u2019Etat recherchaient son amitié et recouraient à ses bons offices.Parmi ces potentats il v avait surtout Hiram, rot de Tyr, pays extrêmement prospère, célèbre par son commerce, son industrie de la pourpre, sa marine et ses colonies, Hiram contracta une alliance avec Salomon, et entretint avec lui des échanges fructueux dans les domaines les plus variés: économiques, militaires, sociaux, moraux et culturels.C\u2019est du commerce maritime avec les contrées s\u2019étendant jusqu'aux Indes que Salomon tirait ses plus riches revenus.Mais la route était difficile.Les côtes de la mer Rouge, infestées, comme à présent, par des peuplades sauvages et pillardes, n\u2019offraient aucune sécurité et rebutaient les usagers.Les légions de Salomon qui étaient redoutables, leur livrèrent une guerre d\u2019extermination et les amenèrent à composition.De cette façon, la zone qui s\u2019étendait de la frontière méridionale de Juda au golfe oriental de la mer Rouge, jusqu\u2019à la pointe d\u2019Eilat, devint libre et tranquille.Les caravanes purent alors circuler sans crainte, de Jérusalem et de la mer, jusqu\u2019à l\u2019extrême nord de la mer Rouge.Sur les conseils de Hiram, Salo- mon fit construire et gréer une flotte de solides vaisseaux connus dans l\u2019Histoire sous le nom de \u201cCoursiers de Tarsis\u201d.Pour en former les équipages, Hiram envoya à Salomon ses meilleurs marins, rompus aux voyages au long cours, auxquels on adjoignit des Israélites habitants de la côte et familiarisés avec les caprices de l\u2019océan.La marine de Salomon apprit à faire la traversée qui aboutissait à l'embouchure de l'Indus.Le port d\u2019attach était alors la ville maritime d\u2019Eilat qui acquit par là une importance considérable.Tout comme dans les projets d\u2019aujour- d\u2019hui en voie d\u2019exécution, des Judéens s\u2019y établirent, les chemins furent nivelés, les buttes aplanies, les fondrières comblées et les terres veules raffermies.Dans l'intérêt vital des peuplades arabes arriérées; dans l\u2019intérêt de la paix mondiale et de la fraternité humaine, se trouve- ra-t-il à l'O.N.U.des Hiram, des Salomon modernes qui s\u2019attacheront fermement à rapprocher l\u2019Est et l\u2019Ouest, à pacifier le Moyen- Orient, et à envisager les perspectives, les horizons nouveaux que le lancement prodigieux par les savants soviétiques des satellites artificiels ouvre désormais aux masses studieuses qui s\u2019interrogent sur le COSMOS dont nous ne sommes que des infirmes atomes?Un centre culturel français à Eilat?Mlle Fisher, attaché culturel de l'ambassade de France en Israël, de passage à Paris, a déclaré qu\u2019elle a présenté au Quai d\u2019Orsay une demande pour obtenir les fonds nécessaires à la création d\u2019un centre culturel francais a Eilat. BULLETIN DU CERCLE JUIF CONFERENCE DE M.BRUNET (Suite de la page 1) menté à 135,000 âmes.\u201cCelui qui les aurait alors prévenus qu\u2019ils deviendraient une minorité dans un pays anglais ils l\u2019auraient traité de farceur ou d\u2019illuminé.Assimilation par immigration massive Pour faire disparaître un peuple un conquérant peut recourir au génocide, à la déportation et à l'immigration.Les Anglais n\u2019ont jamais songé au génocide.Quant à l\u2019inutile déportation des Acadiens, elle fut faite en temps de guerre.Il reste l\u2019assimilation par une politique d'immigration massive.Celle-ci fut d\u2019abord jugée impossible par Carleton qui, même s\u2019il changeait plus tard d'idée se disait convaincu, en 1767, que les Canadiens demeureraient toujours l'immense majorité de la population.C\u2019est pourquoi il recommande l\u2019adoption de l\u2019Acte de Québec qui accorde de nombreux avantages aux conquis.L'arrivée des loyalistes américains en 1780 donne de nouveaux espoirs aux colonisateurs britanniques qui rêvaient d\u2019une colonie anglaise dans la vallée du St-Lau- rent.Cette arrivée suscite un peu d'inquiétude chez les Canadiens mais ils se rassurent partiellement en les voyant s\u2019établir hors des régions qu\u2019ils habitaient, Les Anglais cependant crurent alors à la possibilité d\u2019assimiler les Canadiens français.Aussi, après les guerres napoléoniennes, chaque année, plusieurs milliers d\u2019immigrants sont venus s\u2019établir au pays.En 1837 la population britannique forme la majorité des habitants du Haut et du Bas-Cana- da.Durham, dans son fameux rapport, croit alors à la possibilité de peupler le Bas-Canada de colons anglais et d\u2019y mettre les Canadiens en minorité afin de les assimiler complètement.Ce plan était chimérique.Deux générations plus tot, il aurait peut- être été réalisable à condition de ne pas avoir adopté l\u2019Acte de Québec qui a certainement favorisé la survivance des Canadiens français.Mais vouloir, 80 ans après la conquête assimiler les 450,000 Canadiens supposait beaucoup de naiveté et de présomption.Durham espérait ainsi rendre service aux Canadiens français et leur éviter le pénible réveil d\u2019une minorité dans un pays qui autrefois leur appartenait.C\u2019est alors que M.Brunet déclara que la survivance n\u2019est pas un succès digne d\u2019étonnement.Le maintien d\u2019une collectivité canadienne-française, dit-il n\u2019a pas été une menace à la domination des Anglais.Si les immigrants n\u2019ont pas réussi à devenir la majorité dans la province de Québec, ils ont eu l\u2019entière liberté de construire au cours des années et avec l\u2019aide de leur mère-patrie, le vaste royaume qu\u2019est le reste du Canada.La conséquence de cette évolution a été l\u2019annexion des Canadiens par les Canadians qui se sont assurés la maîtrise politique et économique du pays.La collectivité canadienne-française avait perdu la liberté de diriger elle- même ses destinées.Les Canadiens français ont été provincialisés, c\u2019est-à-dire, mis en état de tutelle, de subordination.\u201cDe plus, ils ne sont pas seuls dans cette province.Celle-ci ne leur appartient que partiellement.Tout observateur lucide constate que la minorité anglo- québécoise forte de sa richesse et de l'appui de la majorité Canadian du pays est très puissante et parfois toute-puissante.\u201d Assimilation collective progressive A ce point de sa conférence, M.Brunet se demande jusqu\u2019à quel point, malgré la survivance, les Canadiens français ont échappé à l\u2019assimilation.\u201cLa fusion, dit-il ne s\u2019est jamais réalisée, et tout indique qu\u2019elle ne s\u2019accomplire jamais\u201d.Les Canadiens français du Québec et les franco-canadiens des autres provinces forment 30 pour cent de la population totale.Mais depuis la conquête, un phénomène complexe d\u2019assimilation est à l'oeuvre M.Brunet explique qu\u2019une collectivité s\u2019engage dans un processus d\u2019assimilation quand elle est obligée de se soumettre à une autre collectivité.Cette assimilation collective s\u2019opère à cause de la perte de la faculté de diriger pleinement ses destinées comme peuple.Peu à peu, les Anglais se sont emparés de l\u2019économie dont la politique est inséparable.Quand, en 1842-48, le Canada anglais devint autonome, la colonisation britannique avait réduit les Canadiens à un état permanent de subordination politique et économique.On ne peut s\u2019empêcher de survivre L\u2019assimilation des Canadiens complète à cause d\u2019une présence française ne sera cependant jamais majoritaire dans une région importante du pays et de la protection du régime fédéral qui assure un minimum de liberté collective.\u201cIls possédent les moyens d\u2019augmenter ou de diminuer les pressions assimilatrices de la majorité anglo- canadienne.Il leur appartient de décider s\u2019ils doivent favoriser le processus assimilateur ou y résister.\u201d \u2018\u2019Tout comme 1763, les Cana- dins français n\u2019ont pas le choix entre survivre ou disparaître.Ils sont appelés à se perpétuer sur le territoire auquel plus de trois siè- Décembre LE CONGRES DES JOURNALISTES DE LANGUE FRANCAISE Tel Aviv a été choisi aprés Paris, Neuchâtel, Dijon et Montréal comme lieu de réunion pour le Congrès international de l\u2019Association de la Presse de Langue française.Une cinquantaine de journalistes représentant des journaux de diverses tendances et de divers pays, sont arrivés pour prendre part aux assises et pour voir Israël, Les séances se sont déroulées, à la \u201cMaison Sokolov,\u201d siège de l\u2019Association des Journalistes israéliens.En présence d\u2019un nombreux public, M.Dapoigny, secrétaire- général de la rédaction de l\u2019Agence France-Presse, a ouvert le congrès et passé la parole au Ministre des Postes, M.Burg qui constata, que plus de 400,000 Israéliens ont eu le français comme langue maternelle ou comme langue d\u2019adoption.Le ministre rappela aussi que Marseille-Haïfa est le chemin qu'ont emprunté des milliers de Juifs des camps de la mort vers la liberté.Il invita ses hôtes à visiter ce pays; \u201cvous vous rendez compte qu\u2019à l\u2019époque supersonique où les forces de destruction ont été portées à l'infini, les valeurs pio- nières et humaines ont conservé tout leur sens.\u201d M.Dapoigny a donné lecture d\u2019un message du Président de l\u2019Etat au Congrès.M.Ben Zvi v exprime ses meilleurs voeux au Congrès et lui souhaite une bonne réussite.\u201cLa tenue du Congrès en Israël est un fait réconfortant et contribuera certainement au rap- cles d\u2019histoire commune les ont attachés.Eux seuls peuvent déterminer quelles seront la nature et la qualité de leur survivance.Tout dépendra de la politique qu\u2019ils adopteront.Celle-ci, selon qu\u2019elle accélère ou freine le processus d\u2019assimilation, peut les appauvrir ou les enrichir comme collectivité.En terminant M.Brunet fit une mise en garde contre l\u2019attitude de certains dirigeants et universitaires canadiens français qui penchent pour l'assimilation aussi complète que possible au Canada anglais.Ils n\u2019ont pas mesuré, dit-il, les conséquences de leur option ni tenu compte du vouloir-vivre de la masse canadienne française du Québec.\u201cToute politique réaliste destinée à servir le Canada français doit tenir compte de ce vou- loir-vivre collectif et l\u2019orienter vers des objectifs réalisables.Cette entreprise est un défi permanent lancé à nos classes dirigeantes.Elle devrait rallier tous les Canadiens français qui n\u2019ont pas renoncé à l\u2019avenir des leurs\u201dcomme collectivité distincte en Amérique du Nord.\u201d prochement des coeurs et au renforcement des liens d\u2019amitié existante entre Israël et les pays de culture française.\u201d Les séances de travail débutèrent par un exposé du Professeur Ephraïm Harpaz, de l\u2019Université Hébraïque de Jérusalem, qui parla de l\u2019influence de la culture fran- ¢aise dans le Proche Orient.L\u2019orateur attira en particulier l\u2019attention sur ce qui a été fait dans le domaine de la culture et de l\u2019enseignement du français en Israël, où cette langue est la deuxième langue étrangère enseignée dans les lycées.M.Dostaler O\u2019Leary, rédacteur à La Patrie\u201d de Montreal et ancien président international de l\u2019Association, a tenu, dans son discours de clôture, à exprimer son admiration pour l\u2019Etat d'Israël et ses réalisations, \u201cqui en font un foyer de progrès et de démocratie au Moyen Orient.\u201d Tl a également exprimé son appréciation pour les efforts faits dans ce pays en vue de Ia langue et de la culture francaise.Signalons, enfin, que le rédacteur en chef de notre Bulletin fut l\u2019un des délégués du Canada à ce congrès.Une loge B\u2019nai B\u2019rith de langue française L'Organisation juive de B\u2019nai B\u2019rith qui poursuit depuis un siècle en Amérique et en Europe des buts charitables et sociaux vient de fonder à Montréal une loge de langue française sous le nom de la \u201cLoge de l\u2019Alliance\u201d.C\u2019est la première fois qu\u2019une loge B\u2019nai B\u2019rith de langue française est fondée au Canada.Nous ne pouvons que nous en réjouir.La porte d\u2019une cité batie par le roi Salomon mise au jour en Galilée Les fouilles qui se poursuivent depuis trois ans sur le site ou s\u2019élevait la ville de Hatsor, en Galilée du nord, ont permis la mise au jour de la porte de la cité construite sur l\u2019ordre du roi Salomon (T- Rois-IX, 15) et la découverte des vestiges de plusieurs constructions dont l\u2019origine s\u2019échelonne entre 6,- 000 avant l\u2019ère chrétienne et le premier siècle de cette ère.Les travaux, dirigés par M.Yigal Yadin, ancien commandant en chef de l\u2019armée israélienne, sont effectués avec le concours de l\u2019Université Hébraïque et de la Fondation James de Rothschild.Sur l'emplacement probable d\u2019une autre cité biblique, Gath, découverte dans les ruines d\u2019une agglomération vieille d\u2019environ six mille ans, on a trouvé des grains de blé et d\u2019avoine carbonisés."]
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