Bulletin du Cercle juif /, 1 février 1958, Février
[" LÀ * Bibliotheque St.Sulpice, 1700, rue St.Denis, Montreal, P.Q.Bulletin du CERCLE umo J J ?) $ { { \u2018 Février 1958 No.32 A la dernière réunion du Cercle Juif M.CHAIM VARDI PARLE DE LA LIBERTE RELIGIEUSE EN ISRAEL \u201cIsraël est un pays où la liberté religieuse est une réalité vivante\u201d.Ainsi s\u2019est exprimé M.Chaim Vardi à la dernière réunion du Cercle Juif de Langue Française.Chaim Vardi Le conférencier, qui est conseiller des affaires chrétiennes au Ministère des Cultes en Israël donna ensuite un bref aperçu sur les différents groupes confessionnels qui existent en Israël.Quoique la majorité des israéliens appartient à la religion juive, un dixième des israéliens pratgiuent d\u2019autres religions.Il y a en Israël 150 mille musulmans, 45 mille chrétiens et 20 mille druses.Les catholiques constitu- tent la majorité des chrétiens.Il existe en Israël des catholiques grecs, latins et maronites.Tls sont tous rattachés à Rome, Selon M.Vardi les communautés religieuses jouissent d\u2019une grande autonomie dans son pays.Il y a là en effet des tribunaux ecclésiastiques dont les décisions sont entérinées par l\u2019Etat.Les mariages religieux sont les seuls qui existent.La liberté religieuse se traduit également par le choix offert aux israéliens d\u2019envoyer leurs enfants aux écoies confessionneiles ou aux écoles gouvernementales laiques.M.Vardi termine sa causerie en déclarant que la liberté religieuse est tout d\u2019abord dictée par l\u2019histoire toute particulière d'Israël.En effet, c\u2019est la Terre Sainte pour les chrétiens, les musulmans et les juifs.De plus, Israël veut donner au monde l\u2019exemple d\u2019une vie harmonieuse entre les ressortissants de personnes de religions différentes.LETTRE DE JERUSALEM de notre correspondant particulier M.Saporta Prix littéraires Le plus recherché des prix israéliens le prix Bialik a été décerné cette année encore par la Municipalité de Tel-Aviv le 10 Téveth, anniversaire de la naissance du poète.À l\u2019encontre des années précédentes la cérémonie ne s\u2019est pas déroulée dans la maison de Bialik, dans la rue qui porte son nom, mais au nouveau siège de la Société des gens de Lettres, au foyer Tchernikovsky qui a été récemment inauguré.Le prix Bialik est divisé on le sait en deux parts: l\u2019une pour la littérature et l\u2019autre pour les oeuvres scientifiques relatives au judaïsme.Le jury a porté son choix pour le prix de littérature sur Nathan Alterman pour son recueil de poèmes \u201cIr Ha- yona\u201d (la ville d\u2019oppression).Surtout connu pour les poèmes que publie Davar tous les vendredi, Nathan Alterman chante dans son recueil la ville aux mille tentacules que les Juifs ont bâtie sur le sable: Tel-Aviv.Alterman qui connait plusieurs langues a subi l'influence de plusieurs littératures.Il a fait ses études d\u2019agronome à l\u2019Institut agronomique de Nancy et s\u2019est durablement enrichi de sa rencontre avec la France.Israélien moins fidèle que Nathan Alterman, le Professeur Chaoul Lieberman qui enseigne depuis une vingtaine d'année au Séminaire Théologique de New (Lire la suite en page 4) Quatrième Année LA CHRONIQUE PARISIENNE de notre correspondant particulier Etienne Le miracle de Strasbourg En mars prochain, Strasbourg va inaugurer sa nouvelle synagogue.Un grand programme de festivités a été mis sur pied avec participation de ministres \u2014 ceux du culte cela va sans dire, mais aussi les autres.\u2014, de préfets et de toutes les \u201cVery Important Persons\u201d des départements de l\u2019Est.Saisissons cette occasion pour évoquer brièvement ici ce qu\u2019est le judaïsme alsacien, com- munauté-pilote, qui malgré ses effectifs réduits \u2014 12% du judaïsme français \u2014 constitue l\u2019une des concentrations juives les plus valables de France et peut-être de toute la diaspora d\u2019Europe occidentale, L\u2019extraordinaire vitalité du judaïsme strasbourgeois ne se manifeste pas seulement par les nombreuses institutions juives qui font de la capitale du Bas-Rhin une petite Jérusalem de l'Est \u2014 la prestigieuse nouvelle synagogue.le Collège Aquiba, la Maison des Etudiants, le Foyer des Jeunes, la Clinique Hadassa, etc.mais aussi par la qualité des élites de la communauté, et l\u2019accueil que celles- ci \u2014 clercs ou laïcs \u2014 reçoivent du grand public juif.Les cours de civilisation juive de l\u2019Université de Strasbourg qu\u2019assure André Né- hér, l\u2019une des plus sûres promesses parmi les hébraïsants de France sont suivis, les synagogues sont pleines, l\u2019ivrith est une seconde langue pour des centaines de \u201cbas- rhinois\u201d, etc.Comment cela est- il possible?Pourquoi ce miracle de ferveur collective dans le morne désert qu\u2019est le judaïsme français d'aujourd'hui.Certes le sociologue peut évoquer la très vivace tradition du judaïsme rhénan, l\u2019une des plus vieilles communautés, l\u2019une des plus enracinées aussi du vieux continent; il peut faire état de la situation \u201c\u2018concordataire\u201d des minorités religieuses d\u2019Alsace, les seules à ne pas connaître dans toute sa rigueur le régime de la séparation de l\u2019Eglise et de l\u2019Etat qui est imposé en deca des Vosges, il peut souligner le fait que l'influence religieuse est plus vivace dans des régions qui connaissent, sur le plan Milhaud social et culturel tout au moins, l\u2019influence germanique, toutes ces vérités partielles n\u2019expliquent pas la flambée de foi, le sursaut de dignité qu\u2019a connu le Strasbourg juif après l\u2019Apocalypse hitlérienne.Peut-être, pour avoir touché le fond du désespoir, le judaïsme alsacien s\u2019est-t-il d\u2019autant plus ardemment relevé de ses ruines matérielles et spirituelles.Peu importe du reste les raisons qui ont amené le judaïsme alsacien à relever le défi du sort.T1 suffit qu\u2019il soit aujourd\u2019hui un lumineux exemple pour les trois cent mille juifs de France métropolitaine.On conçoit qu\u2019à ce titre, l'inauguration de la vagogue nouvelle de Strasbourg dépasse de beaucoup les limites de la petite province rhénane.Albert Camus en Israël La gloire du prix Nobel n\u2019a pas changé Albert Camus.Timide, austère, son beau visage comme torturé sous les flashs des photographes, il reste l\u2019être impitoyablement intégre, qui se refuse aux propos et aux poignées de mains démagogiques.Prenant récemment la parole au cours d\u2019une manifestation organisée en son honneur, il dit à propos d\u2019Israël ces quelques mots qui valent tous les discours amphigouriques et prétentieux dont on nous accamble toujours à l\u2019issue des meetings et des banquets : \u201cJe vous salue, mes amis de l\u2019exemplaire Israël que l\u2019on voudrait détruire au nom d\u2019un pseudo- colonialisme mais dont nous défendrons le droit de vivre, nous qui avons été témoins du massacre de six millions de Juifs et qui trouvons juste et bon que leurs fils rebâtissent leur patrie que nous n\u2019avons pas su leur donner\u201d.A Tissue de la manifestation, Camus nous a confirmé son intention d\u2019aller en Israël où l\u2019essentiel de son oeuvre a été traduite en hébreu et exerce une grande influence sur la jeunesse.\u201cIsraël et la Vocation Juive\u201d à Radio-Paris Les juifs de France auront été rarement à pareille fête.Du- (Lire la suite en page 2) » © mMOHANOY
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