Bulletin du Cercle juif /, 1 octobre 1958, Octobre
[" Bibtiotheque St.Sulpice, 1700, rue St.Denis, Montreal, P.Q.2 ~~ sr nt amps a i488!2 UIF Montréal, Octobre 1958 A la dernière réunion du Cercle Juif REVOLTE ET LOUANGES: DEUX ASPECTS DE LA POESIE FRANÇAISE ACTUELLE Conférence de M.Claude Vigée \u201cIl est difficile pour un poète de faire le point de la situation de sa génération.Ne pas prendre part dans la constellation actuelle le condamnerait à ne plus exister en tant que poète.\u201d Ainsi s\u2019est exprimé le professeur Claude Vigée à la dernière réunion du Cercle Juif de Langue Française.M.Vigée est le chef du département des Langues et Littératures Européennes à l\u2019Université Brandeis, à Waltham, Massachusetts.Il est lui-même l\u2019un des meilleurs poètes français et juifs de la jeune génération.Il a intitulé sa causerie: Révolte et Louanges, deux aspects de la poésie fran- caise depuis la Guerre.Il a tout d\u2019abord dressé le bilan des poètes de la révolte.\u2018Dans l\u2019histoire de la poésie française\u201d, dit-il, \u201cla décade écoulée ne peut être comprise qu\u2019en fonction des tendances majeures de la sensibilité occidentale, telles qu\u2019elles se sont manifestées depuis cent ans au moins, si l\u2019on remonte aux débuts du romantisme.Là furent semés les germes dont l\u2019homme Faustien, en évoluant du rationalisme classique à l\u2019égotisme romantique et au nihilisme moderne, n\u2019a cessé de récolter les étranges fruits.La poésie récapitule, ou reproduit dans son propre cadre, le drame moral et spirituel par lequel passe notre culture elle-même.L\u2019obscurité apparente de son développement contemporain tient à ce que la poésie mette en jeu l\u2019ensemble des valeurs propres à l\u2019existence terrestre, ceci à une époque où un ordre de valeurs et la notion même de valeurs manquent à l\u2019humanité occidentale.Comment s\u2019at- tendrait-on à une poésie ordonnée, affirmative, dans un monde si longtemps voué à la négation et à la parodie de la réalité?La poésie témoigne de l\u2019homme, et ne peut être que ce qu\u2019il se fait lui-même.Il semble bien que nous nous trouvions aujourd\u2019hui entre deux systémes majeurs de culture humaine, et d\u2019expérience de la vie.Nous sommes rejetés aux confins extrémes d\u2019une nébuleuse que nous nous obstinons à considérer comme le lieu de notre existence, parce que nous sommes nés dans son sillage; mais cette nébuleuse historique dont le nihilisme moderne constitue la phase ultime, nous abandonne à la vitesse de la pensée qui révolutionne si visiblement l'héritage du passé occidental.Liquidation de l\u2019héritage désormais classique légué par la M.CLAUDE VIGEE sensibilité nihiliste des cent dernières années \u2014 quête d\u2019un monde réel où l\u2019homme puisse vivre avec son chant: Voilà les deux pôles magnétiques entre lesquels se tendent les lignes de force dans le champ de la poésie française actuelle.La problématique poétique issue du romantisme est désormais à son point de crise extrême ; 11 se propose à l\u2019homme dans une ambiance qui ne tolère ni les pirouettes a la Cocteau, ni les échappatoires en direction de la magie et du merveilleux.Ce n\u2019est plus seulement de littérature qu\u2019il s\u2019agit, ni de bel-esprit, ni des moyens d\u2019échapper aux ennuis du quotidien, mais de la possibilité même de survivre en tant qu\u2019homme libre.Le poète actuel s\u2019interroge sur le sens qu\u2019il convient de donner à sa mise en doute du lendemain.T1 s\u2019agit aussi pour lui de formuler les principes d\u2019expression régissant cette interrogation fondamentale de l\u2019existence.À l\u2019imposture du monde, de la vie humaine, de l\u2019his- (Lire la suite en page 4) Cinquième Année LA CHRONIQUE PARISIENNE par Etienne Milhaud Après le référendum Paris vit à la fois dans l\u2019euphorie d\u2019un référendum qui satisfait l\u2019érasante majorité des français et dans une crainte assez vague des nouveaux actes de folie que peuvent commettre les \u201cdesesperados\u201d du FLN.On se demande à l\u2019étranger comment une poignée de terroristes peuvent défier la police et la population d\u2019une grande capitale d\u2019Occident.Cette relative inefficacité est tout à l'honneur de la démocratie française, TI faut trier avec patience le bon grain de l\u2019ivraie, éviter toute atteinte collective aux droits des algériens, citoyens français de plein droit, empêcher le FLN de creuser ce fossé de haine et de sang entre parisiens et musulmans qui est précisément le but des terroristes.Ces jours-ci, un propriétaire de café de banlieue, juif originaire d\u2019Algérie, était sauvagement assassiné dans son établissement.Il s\u2019était réfugié en France depuis de nombreuses années, avec sa petite famille.On ne lui connaissait pas d\u2019ennemis.Son café, à l\u2019écart de tout cartier algérien, n\u2019avait qu\u2019une clientèle française.Pourquoi l\u2019a-t-on tué?On a connu le fin mot de la question quelques jours après, quand les assassins ont été arrêtés.C\u2019était, bien entendu, des hommes de main du FLN qui étaient venus le raçon- ner, arguant de son origine algérienne pour lui demander une raçon patriotique.\u2014\u201cJe un Français\u201d a répondu le cafetier.\u2014\u201cNon, tu es un \u201cyahoud\u201d (un juif) lui ont rétorqué les tueurs, en déchargeant leurs armes sur le malheureux.Un assassinat entre mille, \u2014 la liste des victimes juives en Algérie est innombrable \u2014 sinistre présage qui laisse augurer quel serait le sort des communautés juives d\u2019AI- gérie, si, par on ne sait quel miracle aberrant, M.Ferhat Abbas et son équipe venaient faire régner leur Loi de l\u2019autre côté de la Méditerranée.Dans un manuscrit Lue dans le manuscrit de mon ami B., écrivain yiddish de Pologne, qui fut l\u2019un des chefs du maquis socialiste \u2014 sa vie est l\u2019un des plus extraordinaires romans d'aventures que je connaisse \u2014 l\u2019effarante histoire kafkaenne que je résumerai comme suit: En 1942, un jeune allemand de la Wehrmacht déserte son unité C\u2019est un paysan fruste qui ne peut oublier sa ferme et sa famille.Mais bientôt traqué par la \u201cfeld- gendarmerie\u201d, il essaie de se cacher dans le chaos apocalyptique qu\u2019est la Pologne à cette époque.Les paysans polonais auxquels il demande l\u2019hospitalité le reçoivent à coups de fourche, les maquisards polonais le chassent à coups de fusil.Le malheureux déserteur en est réduit à supplier les juifs d\u2019un ghetto de l\u2019accueillir parmi eux.Il se laisse pousser les favoris et vit au milieu d\u2019un peuple qui déjà est promis à l\u2019abottoir.Quelques mois après son \u201cadoption\u201d, Hans, paysan poméranien, est jeté avec ses hôtes dans une chambre à gaz.Quel cauchemar rêvé, quelle horreur imaginaire peut égaler cette réalité ?Martin Buber, docteur honoris causa de l\u2019Université de Paris?Le bruit circule avec insistance : Martin Buber qui vient d\u2019éprouver cruellement la perte de sa femme, sera en novembre dans nos murs pour y recevolr le titre de \u201cDocteur honoris causa\u201d de la Sorbonne.Deux de ses ouvrages doivent incessamment sortir des presses en France, ses \u201crécits has- sidiques\u201d (chez Plon) et Gog et Magog (Gallimard).Avec beaucoup de retard sur les pays germaniques et anglo-saxons, la France, qui met les bouchées doubles il est vrai, honore l\u2019un des plus puissants génies philosophiques de notre temps; celui qu\u2019une grande revue catholique appelle: \u2018\u201cl\u2019âme la plus fervente que nous ait donné le peuple juif depuis Spinoza.\u201d Nouvelles bréves: \u2014Parution prochaine (chez Robert Laffont, à Paris) de la traduction française du fameux \u201cjournal du ghetto de Varsovie\u201d de Ringelblum.Le texte français sera beaucoup plus abondant et précis que celui des éditions américaines .Il sera en effet directe- (Lire la suite en page 4) BULLETIN D 2 A > N 2 oa x.U CERCLE JUIF Octobre 1958 Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 rue Sherbrooke Quest, Montréal Tel.: Victor 4-8621 (local 293) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletrm: NAIM KATTAN \u201cAutorisé comme envoi postal de la deuxidme classe, Ministire des postes, Ottawa.\u201d EDITORIAL LES DECHETS DE LA DEMOCRATIE La démocratie charrie périodiquement des déchets.Un nouvel exemple nous en est donné par les dynamitages de synagogues, perpétrés chez nos voisins du Sud.On peut minimiser I'importance de tels actes, en nier le danger, et ne les considérer que comme le fait de malades mentaux ou d\u2019extrémistes irresponsables.Certes, les dirigeants de ces petites organisations antisémites, souvent clandestines, sont presque toujours des malades mentaux, obsédés par une idée-fixe, qui leur enlève le sens des réalités.Si l\u2019humanité ne vit pas dans le meilleur des mondes et si la société dans laquelle vivent ces semeurs de haine ne convient pas à leurs tempéraments personels et met des limites à leurs intérêts et à leurs privilèges, la faute incombe forcément, selon eux, à quelqu\u2019un; et quoi de plus facile que de choisir comme responsable, une minorité que la tradition culturelle et religieuse différencie de la masse de la population.Et voilà les juifs condamnés! Il n\u2019y a rien de nouveau dans tout cela.Les juifs qui, depuis plusieurs siècles, font les frais de cette dialectique monstrueuse, ont appris à reconnaître presque instinctivement ce phénomène.Or, si les extrémistes sont eux-mêmes peu nombreux, dans les périodes de crise et de malaise, ils acquièrent une grande audience.À l\u2019heure actuelle, le problème noir bouleverse la société américaine dans ses fondements.Une partie du pays se dresse contre l\u2019autre; d'un côté, le pouvoir judiciaire, le Gouvernement et le Président lui-même; de l\u2019autre, une minorité régionale qui refuse de se plier aux circonstances nouvelles et qui s\u2019obstine à défendre ses intérêts et ses privilèges.Ce ne sont sûrement pas les juifs qui ont créé ce problème.Ceux qui, parmi eux habitent dans les états du Sud sont déchirés et doivent faire face presque quotidiennement à une crise de conscience.D\u2019une part, ils sont soumis à des sollicitations et à des pressions continuelles pour joindre les défenseurs de la pureté de la race blanche et pour lutter contre tout relâchement de la ségrégation, et d\u2019autre part, ils doivent se conformer à leurs traditions, à leur religion, et à leurs propres intérêts.Car toute discrimination, contre qui que ce soit, finit par les atteindre.Et on ne peut pas défendre la liberté individuelle si on veut la refuser à une partie de la population.Bien sûr, il existe des juifs qui adoptent les mots-d\u2019ordre de Faubus; mais pour les activistes, les juifs sont parmi les blancs ceux dont la loyauté ænvers la race blanche peut prêter à certains doutes.C\u2019est surtout une minorité vulnérable contre qui on peut soulever l\u2019ire d\u2019une masse frustrée et insatisfaite.Tout cela ne peut ébranler notre confiance dans le régime démocratique.C\u2019est le seul qui nous permet de réagir et de nous défendre.C\u2019est surtout le seul qui nous protège, en protégeant tous les citoyens sans distinction de race et de religion.Les dynamitages des synagogues seront punis, et on peut espérer que de tels actes de violence seront réprimés.Mais la menace demeure, «æt même si l\u2019antisémisme est à son déclin dans la plupart des pays, il n\u2019a point disparu.Son danger existe aux Etats-Unis, et 1e Canada n\u2019en est pas complètement immunisé.Les juifs doivent résister à deux tentations: celle du douter de la force du régime démocratique, et celle, plus grave, de voir dans le Judaïsme, sinon une tare, du moins un poids lourd à porter, voire une charge inutile.Dans de tels moments, on peut être portés à vouloir se débarrasser de ce poids ou bien de le porter dans la honte et la peur.Pourtant, il est évident que nous ne pouvons défendre la démocratie que si nous restons nous-mêmes et que si nous nous cffor- çons de défendre nos valeurs et notre dignité.LES LIVRES Naissance d\u2019Israël par Chaim Weizmann, Editions Galli- mard, Paris.Les mémoires du premier président de l\u2019Etat d\u2019Israël, Chaim Weizmann, viennent de paraître en traduction française.Ce livre volumineux est d\u2019une lecture passionnante.Comme tous les hommes d\u2019état, Weizmann donne son interprétation personnelle des faits qu\u2019il relate.Ce grand chimiste a consacré toute sa vie au peuple juif et a mis sa réputation de savant au service de l\u2019idéal sioniste qui l\u2019a animé toute sa vie.Vue dans son ensemble, la vie de Weizmann nous frappe par sa grandeur, son héroïsme même.Cette lutte pour le droit de vivre des juifs fut un combat obscur de tous les jours.Elle fut menée dans les couloirs des chancelleries, par des entretiens multiples avec des personnalités juives et non- juives.Certes, les détails qu\u2019on trouve dans chaque page de ce livre sont loin d\u2019être héroiques.Dans cette grande lutte, que de petitesses et que de mesquineries.Weizmann lui-même a ses faiblesses.Il n\u2019a pas toujours combattu certains dirigeants juifs uniquement en raison de leurs opinions.Heureusement, la noblesse de son idéal, sa grande sincérité l\u2019ont toujours soustrait à l\u2019effet destructeur de ce combat sourd où les échecs furent plus nombreux que les victoires.La première partie du livre est la plus belle et la plus émouvante.Weizmann y raconte son enfance et décrit la vie des communautés juives dans les petites bourgades de Russie et de Pologne avant la révolution communiste.Les Jeunes Auteurs: Société Radio-Canada, Montréal.Il faut remercier Radio-Canada d\u2019avoir publié les textes primés au concours des jeunes auteurs.A vrai dire, peu de ces textes ont une valeur littéraire réelle.Nous flimes impressionnés en regardant a la télévision Le Renvoi de Marc Beaulé.A la lecture, le texte dé- coit.C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un jeune étudiant dont le renvoi du collège est injuste mais qui peut être justifié par des considérations d\u2019intérêt général ou de bien commun.Les arguments lucides, sages et, il faut bien le dire, qui dénotent une profonde résignation, n\u2019étonnent pas dans la bouche d\u2019un supérieur de collège qui a cinquante ans.Mais que ce soit un jeune homme de dix-sept qui les écrive surprend et même consterne.Ajoutons que le talent de Beaulé ne fait pas de doute.Pourtant, en face d\u2019une telle résignation, d\u2019une telle lucidité désenchantée, on peut se demander s'il n\u2019a pas vieilli avant l\u2019âge.Tel n\u2019est pas le cas de Michel Brûlé qui lui est authentiquement jeune.Sa révolte est saine.Il est normal qu\u2019à son premier contact avec la société, un adolescent refuse les conventions hypocrites, rejette les faux honneurs et s\u2019en prenne au manque de courage et de sincérité.Pour Brûlé, cette révolte n\u2019est qu\u2019une étape.Dans dix ans, dans vingt ans, il sera peut-être aussi résigné que Beau- lé, mais, entretemps, il aura peut- être contribué à éliminer certaines injustices.Brève Histoire du Sydicalisme Ouvrier du Canada \u2014 par L.- Laurent Hardy \u2014 Editions de l\u2019Hexagone, Montréal.Le travail organisé est devenu l\u2019une des forces majeures de la société canadienne.La fusion des grandes organizations ouvrières du Canada nous offre une manifestation tangible de cette force.Les ouvrages consacrés au Syndicalisme Canadien sont extréme- ment rares.Le livre de Monsieur Hardy comble donc une lacune.L\u2019auteur nous retrace avec objectivité et avec clarté l\u2019histoire du mouvement ouvrier au Canada.Il s\u2019est efforcé de donner des faits.Mais ces faits, dans leur brutalité et leur ordonnance, nous permettent de tirer nous-mêmes nos conclusions.Cette Brève Histoire du Swndi- calisme Ouvrier au Canada devra être un instrument d\u2019éducation à l\u2019usage de tous les dirigeants ouvriers, Ils peuvent, dans cette description de passé et de présent de leur mouvement, puiser des enseignements pour l'avenir.Ce livre intéressera aussi tous ceux qui reconnaissent l\u2019importance du syndicalisme ouvrier et la place qu\u2019il occupe dans la société.Marguerite Bourgeoys \u2014 Bré- beuf \u2014 Albert Lozeau \u2014 Collection Classiques Canadiens \u2014 Editions FIDES \u2014 Montréal.L\u2019excellente Collection Classiques Canadiens vient de publier trois nouveaux titres.Chaque livre comporte un choix de textes, une introduction, et une bibliographie consacrée à ceux qui jetèrent les bases d\u2019une littérature canadienne française.Hélène Bernier a rédigé l'introduction et fait le choix des \u2018textes de Marguerite Bour- geoys.L\u2019introduction et le choix des textes de Saint Jean de Brébeuf, du Rév.Père René Latourelle, s.j., nous donnent une idée très claire de la personalité du célèbre ethnographe apôtre et mystique.C\u2019est Yves de Margerie qui a fait le choix des poêmes d\u2019Albert Lo- reau.Ces livres, qui sont destinés particulièrement aux étudiants, peuvent également intéresser un public beaucoup plus large.LA sa EEE Octobre 1958 BULLETIN DU JOURNAL D'UN VOYAGE DANS LE QUEBEC par Armand Salomon IT Que de changements à Montréal Je prends chambre dans un \u201ctourist-home\u201d de la rue Sherbrooke, au coin de la rue Stanley.Que de changements à Montréal depuis mon dernier voyage, voici cing ans! La rue Stanley elle- même est devenue une sorte de quartier hongrois, car on n\u2019entend parler que cette langue dans les très nombreux espresso-bars qui la sillonnent.Je découvre de l\u2019excellent café dans l\u2019un d\u2019entre-eux, mais constate que les Hongrois sont sous l\u2019impression que Montréal est une ville anglaise.Je passe ma commande à la hongroise de service, en me servant de la langue francaise, et tout le personnel m\u2019observe avec curiosité.J\u2019essaye vainement de leur faire comprendre (en anglais) qu\u2019ils sont venus habiter un pays francais, dont ils devraient apprendre la langue.Sur la rue Drummond plusieurs nouveaux immeubles de style radicalement \u201cmoderne\u201d frappent la vue.Sur la rue Dorchester s\u2019élève le nouvel hôtel Queen Fliza- beth.Montréal semble être partout en pleine transformation immobilière.La rue Sainte-Catherine est terriblement étroite pour une artère principale de métropole, mais combien vivante, haute en couleurs et cosmopolite! Vers St.Laurent en allant du côté Est elle est restée franchement sordide, plus sordide que jamais, mais la construction de la nouvelle Comédie-Cana- dienne entraînera, espérons-le, d\u2019autres transformations.Le mystérieux immeuble dit les \u201cBuissonnets\u201d, prétendu home d\u2019enfants, mais apparemment désert depuis dix ans, reste dang mes souvenirs de toujours comme l\u2019endroit le plus laid de Montréal.Les Laurentides Premier arrêt: St.-Jérôme à l'heure du déjeuner.Comme je suis content de me trouver dans cette aimable ville toute française! Je prends place dans la belle salle- à-manger de l\u2019Hôtel Maurice, où le menu \u201cmaigre\u201d du vendredi convient parfaitement à mon régime israélite.La carte spécifie \u2018Truite du lac pochée\u201d, clients et serveuses parlent français, le plat est excellent, mais.la note jette une note discordante! Jy lis \u201cPoached trout, tomato juice.\u201d \u201cMademoiselle, je n'ai point mangé cette affaire-là!\u201d \u201cSi, Monsieur, vous avez mangé la truite\u201d.\u2018Truite, oui, mais trout, non.\u201d Sourires.La correction est faite, je reprends le chemin de Ste-Aga- the.La Télévision Ste-Agathe, justement appelée \u201cla perle des Laurentides\u201d est la station la plus fréquentée par mes coreligionnaires.Mais pourquoi, 6 pourquoi s\u2019acharnent-ils (incon- sciemment peut-être) à remplacer le cachet français de ce village par une fausse façade anglaise\u201d A l\u2019hôtel strictement cachère où je descends la cuisine est certes excellente, les propriétaires charmants et francophones (ils ont longtemps vécu en Belgique), mais les menus ne sont rédigés qu\u2019en anglais.De vieilles dames parlant le yiddich à exclusivité, auquel, étant séfardi et occidental, je n\u2019entends rien du tout, sont acoquinées toute la soirée au canal anglais de la télévision.Je me hasarde à tourner le bouton sur le canal 2.Horreur! \u201cFrench?!?!\u201d Réclamations! je suis obligé de chercher accueil auprès d\u2019une famille canadienne voisine pour voir les programmes français et j'y passe d'excellentes soirées.Voilà une belle réalisation, que ces programmes quotidiens français dont le niveau artistique et culturel, même durant l\u2019été, est bien supérieur à tout ce qu'on nous offre aux Etats.Spécialement les \u201cquiz\u201d.comme \u201cFaites vos jeux\u201d et \u201cSa- vez-vous voyager\u201d retiennent mon aftention.ainsi que les programmes hebdomadaires \u201cThéâtre d'été\u201d, \u201cMon pays, mes amours\u201d, \u201cComment dirais-je\u201d, etc.Ainsi J'ai pu voir de très intéressants programmes sur Villefranche en France, sur l\u2019Italie, la France, les bibliothèques ainsi qu\u2019une pièce de Strindberg et des pièces canadiennes.La synagogue de Ste-Agathe affiche en grosses lettres hébrai- ques Beth Israel ainsi qu\u2019en anglais \u201cHouse of Israel\u201d, mais pas trace de \u201cMaison d'Israël\u201d.Une plaque en souvenir de l\u2019inauguration du temple, bien en vue sur le mur, ne comporte qu\u2019un texte anglais.Le rabbin, d\u2019origine allemande, ne prêche que dans la seule langue anglaise.Evidemment tout cela n\u2019avance en rien les rapports entre la communauté juive et la population française du village.Le Cercle Juif de langue française ne pourrait-il rien entreprendre là-haut pour changer cet état de fait?Autre chose: les enfants juifs du village, incapables de s\u2019exprimer en français, sont privés de tout contact avec leurs camarades canadiens.C\u2019est qu\u2019ils fréquentent tous l\u2019école anglaise protestante, dont la clientèle se recrute presque exclusivement parmi les juifs.Pourquoi, au coeur des Laurentides, nos coreligionnaires canadiens deviendraient-ils les champions d\u2019une cause minoritaire qui n\u2019est pas la leur?Tartuffe Mes vacances à Ste-Agathe sont consacrées au tennis, à la natation, à la danse et à la lecture.La représentation du Tartuffe à Montréal donne lieu à une excursion divertissante et instructive, car je recrute parmi les clients de l\u2019hôtel un rabbin américain, sa femme et CERCLE JUIF x sa fille, à qui j'explique la pièce à fond, pour ensuite les amener à la Comédie-Canadienne où Fernand Ledoux campe le meilleur et plus réaliste Tartuffe qu\u2019il m\u2019a été donné d'admirer.À la suite d\u2019un \u201ccours public\u201d sur Molière et le Tartuffe, donné à l'hôtel je fais apprécier la représentation télévisée de la pièce à une dizaine de personnes (pas devant le téléviseur de l'hôtel, bien sûr, gare aux vieilles !) La Foire des livres Jai pu jouir d\u2019une autre manifestation française, à savoir la Foire des livres et produits français de Ste-Adèle.Ce dernier village s\u2019est maintenu bien plus français que son pendant au nord.j'hésite à me demander pourquoi.Le Chantecler est sans doute un des plus beaux hôtels que je connaisse, À la foire je me procure une jolie édition de Caligrammes d\u2019Apollinaire, des plaquettes de poèmes canadiens, des échantillons gratuits de maintes revues françaises, et un disque de Guy Béart.Mon séjour dans les Lau- rentides se termine par une excursion dans une région que développe personnellement un ami cana- dien-français, et une randonnée en voiture autour du Lac Masson, par le charmant village de Ste- Marguerite.Randonnéee à Montréal De retour à Montréal je visite les belles librairies françaises Flammarion et Pony, le magasin de musique Archambault, Dupuis Frères, le restaurant cachère Epstein où les serveuses ne comprennent pas le français, mais où l\u2019on sert quand-méme un bon steak canadien (sur planche).Je fais également un pèlerinage au Cercle Juif de langue française, situé au troisième étage de l\u2019immeuble de la communauté juive sur la devanture duquel, hélas, rien n\u2019indique la présence française.Te deviens propriétaire de tous les numéros du Bulletin, qui exprime, à mon sens, ce que les juifs de Montréal ont de mieux à dire, et qui l\u2019exprime dans une langue châtiée et claire.Retour aux USA J'entreprends le retour à New York par la route 9, assez difficile à trouver passé la rue Dorchester.J'atteins la frontière à l\u2019ouest de Lacolle, et suis agréablement surpris de pouvoir parler français des deux côtés de la frontière.Le douanier est en effet originaire de Manchester, New Hampshire, grand centre franco-américain.Champlain, premier village américain a l\u2019aspect désuet, présente des enfants en \u201cblue jeans\u201d et \u201ct-shirts\u201d, qui m'\u2019interpellent en anglais à propos de ma voiture, mais qui savent aussi bien se défendre en français.La tradition veut que ce village fut colonisé par les vétérans canadiens-fran- çais qui avaient combattu aux côtés des révolutionnaires américains en 1776, et de ce fait, proscrits dans le Québec.M.L\u2019Aventure, propriétaire de l\u2019American Hotel, me montre la nouvelle école franco-américaine, en pleine construction.Le village suivant, Cha- zy, est 100% français.Et voici Plattsburgh, où réapparaît le lac Champlain.Comme les gens dans la rue semblent mornes et distants en comparaison avec les \u201chabitants\u201d du Québec.On sent bien l'atmosphère puritaine.Ausable Chasm, dont la réclame se fait à travers le continent, est bondé de touristes.Et c\u2019est bientôt la région montagneuse des Adirondack, préservée de toute construction par la loi, gardant ainsi son aspect sauvage.Les Vestiges de la Hollande Albany a d\u2019ailleurs une réputation de gourmandise.Je descends à l\u2019hôtel Ten Eyck au nom bien hollandais (l\u2019autre hôtel est le De Witt) et décide de consacrer tout le lendemain au \u201csight-seeing\u201d.A voir surtout: l\u2019église réformée hollandaise, construite en 1799, dont la chaire fut importée de Hollande en 1654.Attaché au chêne sculpté de la chaire se trouve un gros sablier en verre de même époque.Comme aide-mémoire supplémentaire une grosse montre se trouve également encastrée dans le bois.Sur le mur de fond de l\u2019église on discerne le grand écusson de l\u2019église hollandaise: un lis encerclé d\u2019épines, et tout autour la devise en langue néerlandaise, tirée du Cantique, (2,2) \u201cGelijk een lelie onder de doornen so is mijne vriendinne onder de dochteren\u201d (Tel un lis au milieu des épines, telle est mon amie parmi les filles).L\u2019extérieur de l\u2019église est de style Louis Napoléon hollandais, très harmonieux dans l\u2019ensemble.Les clochers sont superbes.Le Musée de l\u2019Etat vaut une visite de plusieurs heures.On v admire des reconstitutions de la vie des indiens de la région, et des salles consacrées à la géologie, la géographie, l\u2019ornithologie, la zoologie, les champignons, etc.de l'Etat de New York.Le Musée historique conserve quantité de souvenirs et de vestiges du régime hollandais.Les familles hollandaises sont encore bien représentées, mais la langue et la culture des Pays-Bas ont disparu.Cela fait penser à ce qu\u2019aurait pu être le sort de Québec dans d\u2019autres circonstances.D\u2019Albanv (ci-devant Fort Orange) je prend le nouveau \u201cThruway\u201d (Autostrade) qui traverse les montagnes Catskill et longe le Hudson sans qu\u2019on puisse les admirer (on les sacrifie à la vitesse, et c\u2019était vendredi) et trois heures plus tard je me retrouve à New York City. Tv On assista alors à un comédie haute en couleur ! Le député Planté proposa un amendement à la motion du député Mondelet à l\u2019effet que la Chambre d\u2019Assemblée demande à Hart de s\u2019abstenir de siè- ger jusqu\u2019à ce \u201cqu\u2019il soit prouvé qu\u2019il avait abandonné la religion juive et était devenu Chrétien\u201d! Cet amendement était tellement saugrenu que Planté ne put trouver personne pour seconder sa motion, tous les députés sachant parfaitement bien que Hart était toujours juif.Même si Hart était prêt à n\u2019importe quel compromis pour garder son siège, il est dou- Conférence de .(Suite de la page 1) toire, de la société, s\u2019ajoute celle de la parole, qui les réfléchit toutes.La poésie apparaît dès lors comme le suprême mensonge, un travesti déguisant le sens de la vie humaine, qui est absence de poésie, impossibilité radicale de la poésie.\u201d Le conférencier a ensuite fait part de la réaction qui s\u2019est fait jour contre cette poésie de révolte et de désespoir.D'abord, cette réaction s\u2019était amorcée au cours de la guerre en faveur d\u2019une restauration de la dignité du langage.Cette réaction a présenté aussi la forme d\u2019une restauration de l\u2019homme lui-même, dégradé par la société.La poésie se fait alors revendication brutale et directe.M, Vigée a longuement parlé de la poésie de René Char et de Francis Ponge avant d\u2019en arriver\u2019 à la poésie de la jeune génération, celle de Lucien Becker, d\u2019Alain Bosquet, et surtout d\u2019Yves Bonnefoy.\u201cA l\u2019orgueil métaphysique de la tradition mallarméenne, au refus stérile et hautain de M.Teste, Yves Bonnefoy substitute l\u2019expression du drame existentiel lui-même : thème plus humble, mais combien authentique que celui de la conscience même qui s\u2019efforce dans l\u2019angoisse vers le réel, par un élan venu du plus profond d\u2019elle-même, et retombe, comme la poésie, qui en est le miroir verbal, dans les ténèbres de l\u2019absence.L'oeuvre de M.Bonnefoy, née du choc de la conscience avec l\u2019instant toujours imminent de sa mort.Le but de cette recherche spirituelle et de cette poésie n\u2019est autre que l\u2019approivoisement intérieur de la mort, l\u2019apprentissage continuel du mourir comme expérience maîtresse de la vie de la conscience et, par extension, de la vie poétique.La poésie de Bonnefoy comporte une interrogation angoissée, qui contient à la fois un espoir, un défi, et l\u2019appréhension d\u2019une défaite.C\u2019est ainsi que s\u2019exprime dans la génération actuelle la voix de la poésie consciente, qui est celle de la vérité.BULLETIN DU CERCLE JUIF EZEKIEL HART PREMIER DEPUTE JUIF AU CANADA par J.A.Robert Pichette teux qu\u2019il soit allé jusqu\u2019à renoncer à la Foi de ses pères.Un autre député proposa que la Chambre adopte à l\u2019égard de Hart la même résolution que lors de la dernière Session, mais les députés James Cuthbert et Mure, espérant sans doute gagner du temps, proposèrent à leur tour que la motion Mondelet et l\u2019amendement soient remis au 15 mai suivant afin que la Chambre puisse l\u2019étudier à loisir.Monsieur J.Cuthbert voulait que la Chambre informe Hart de la motion Planté puisque Hart était absent de l\u2019Assemblée au moment où elle fut faite.C\u2019est donc dire que Cuthbert espérait que Hart abjure sa Foi! Pressé d\u2019en finir, on fit remarquer à Cuthbert que Hart avait eu tout le temps qu\u2019il fallait pour informer la Chambre si oui ou non il s\u2019était \u201cconverti\u201d au Christianisme et l\u2019on passa immédiatement au vote sur l'amendement visant à expulser le député des Trois-Rivières tout comme en 1808.Cette résolution, présentée par Pierre Bédard et secondée par Ls.-Joseph Papineau, fut votée par une majorité de dix-huit voix contre huit; ceux qui votèrent en faveur de l\u2019expulsion furent les députés Durocher, L.Turgeon, M.Caron, Jos.Tur- geon, Ferréol Roi, Langlois, De- lorme, Bourdages, Papineau, Huot, Bédard, Planté, Mondelet, Robitaille, Coffin, Martineau, L.Roi et Borgia.Cette deuxiéme expulsion nous réserve quelques surprises, puisque l\u2019on retrouve parmi ceux qui votèrent contre la motion de Pierre Bédard le Solliciteur-Géné- ral Stuart et le Juge de Bonne; il faut croire que le temps change bien des choses et efface bien des souvenirs ! Hart ne s\u2019était sûrement pas fait d\u2019illusion sur son sort puis- qu\u2019il avait quitté Québec dès le 20 avril, accompagné de son collègue Badeaux qui le suivit peut- être par esprit de solidarité.Malgré l\u2019expulsion de Hart, les débats n\u2019en continuèrent pas moins le lendemain, 6 mai.Le député Planté s\u2019étant trouvé un secon- deur pour appuyer sa surprenante motion, placée devant la Chambre la veille, force fut à l\u2019Orateur de la mettre au vote malgré une opposition unanime.Le résultat fut que l\u2019expulsion fut maintenue sans autre discussion ; seuls Planté et son secondeur ayant voté contre.Profitant de la ré-ouverture des débats, le député Mure proposa d\u2019amender encore une fois la résolution passée la veille sous prétexte que Hart avait été régulièrement élu député et qu\u2019il avait prêté le serment requis par la loi et que conséquemment, \u201cil avait un droit légal et constitutionel de sièger dans la Chambre\u201d.(1) C\u2019était plaider une cause perdue, aussi sa motion fut-elle défaite par seize voix contre six.L\u2019expulsion de Hart causait une vacance parmi les députés; fallait donc que la Chambre avise sur les moyens à prendre pour remplir la vacance.Aussi, le 8 mai, jour du débat sur le fameux Bill des Juifs, le député Mondelet attira-t-il l\u2019attention de l\u2019Orateur sur ce fait.On passa ensuite à la lecture du Bill pour empêcher les Juifs de sièger au Parlement.Quoique Hart ait été expulsé une seconde fois de la Chambre, celle-ci ne prisait guère l\u2019idée que les électeurs des Trois-Rivières puissent le réélire une troisième fois et que les interminables débats recommencent encore! Ce bill visait à empêcher l\u2019élection d\u2019un Juif une fois pour toutes.Or ce n\u2019est qu\u2019en 1832 qu\u2019une loi fut passée par le Parlement du Bas Canada, permettant aux juifs l\u2019accès aux grades civils et militaires, et leur permettant de sièger au Parlement.(2) Les députés discouraient encore sur l\u2019éligibilté des Juifs à sièger au Parlement lorsque le Gouverneur, Sir James Craig, s\u2019avisa de dissoudre la Chambre le 15 mai 1809.La Session avait duré à peine un mois! Ezekiel Hart fut vengé des tracasseries de ses ex-collègues lorsque dans son discours de dissolution, Sir James laissa clairement entendre qu\u2019entre autres raisons, l\u2019expulsion de Hart avait contribué à le décider à cette spectaculaire dissolution.\u201cJe ne veux point citer particulièrement\u201d, dit-il, \u201cd\u2019autres actes qui paraissent être des infractions inconstitutionelles sur les droits du sujet; qui répugnent à la lettre même de cet acte du parlement impérial sous lequel vous mêmes tenez vos sièges.\u201d L\u2019allusion était à peine voilée d'autant plus que le Juge de Bonne, même s\u2019il s\u2019était tenu prudemment coi durant la Session précédente avait déclaré en 1808 qu\u2019il ne voulait pas voir de Juifs sièger à la Chambre d\u2019Assemblée pour la simple raison que les Catholiques ne pouvaient sièger au Parlement de la Grande-Bretagne et que les Catholiques n\u2019étaient que tolérés dans celui du Bas Canada.Il était donc d\u2019avis que l\u2019admission des Juifs à la Chambre \u201cdonnerait la préférence à la religion juive sur la religion catholique, ce que les Catholiques ne doivent pas faire\u201d.En 1809, le Juge de Bonne avait changé d\u2019opinion puisqu\u2019il avait voté cette fois contre expulsion de Hart et disait que \u201cnous Chrétiens, nous serions plus cruels que les Juifs qui criaient Tolle, Tolle, (1) Le Canadien, Vol.III, numéro 23, mercredi 26 avril 1809.(2) Canadian Jewish Archives, Vol.1, No.3, June 1957).Octobre 1958 Crucifige eum, si nous persistions à exclure Monsieur Hart.\u201d Après deux tentatives infructueuses pour se faire admettre au sein de l\u2019Assemblée, tout autre que Hart aurait renoncé à se faire élire.On ne peut qu\u2019admirer le courage et la tenacité de cet homme qui, au mois d\u2019août 1809, sollicitait un autre mandat des électeurs des Trois-Rivières.Malheureusement pour lui, Joseph Ba- deaux et M.Bell, le candidat défait par Hart en 1807, remportèrent la victoire.Cette défaite son_ na le glas des ambitions politiques tu tenace Ezekiel Hart.\u2014FIN\u2014 Chronique Parisienne (Suite de la page 1) ment traduit du manuserit viddish par l'historien Poliakov, soit un tiers de textes en plus.\u2014Prochaine arrivée à Paris (vers le 15 octobre) de la troupe du théâtre yiddish de Varsovie qui donnera une série de représentations au théâtre Sarah Bernhardt.La visite s'effectue dans le cadre des échanges culturels fran- co-polonais.\u2014A un journaliste qui lui demandait ses impressions sur le \u201cpetit\u201d pays d'Israël, Charles Tre- net \u2014 retour d\u2019une tournée de chant en Terre Promise \u2014 répond: \u201cc\u2019est un concentré de grande nation\u201d.Exposition de M.David Mazur Notre ami, M.David Mazur, expose ses oeuvres à la Bibliothèque Juive, 4499, avenue de l\u2019Esplanade, à Montréal, du 19 octobre au 2 novembre.Le public est cordialement invité à visiter cette exposition.Récitals Bibliques à la Comédie Canadienne René-Salvator Catta présentera quatre récitals bibliques à la Comédie Canadienne de Gratien Gé- linas.La série comprendra les spectacles suivants: \u201cJoseph, Grand Vizir de Pharaon\u201d, \u201cDavid, Berger Royal\u201d, \u201cAbraham, Père des Croyants\u201d, et \u201cJob, le Juste Souffrant\u201d.M.Catta a donc puisé aux sources les plus riches de l\u2019Ancien Testament le répertoire qu\u2019il entend offrir au public avec cette sensibilité et cette souplesse qui le caractérisent comme interprète.La série des récitals biblique de Salvator Catta se tiendra en matinée les dimanches 2, 16, 23 et 30 novembre à la Comédie Canadienne, 84 ouest, rue Ste-Catherine.Les billets pour chacun ou la série des spectacles sont en vente aux guichets du théâtre.On peut aussi réserver par téléphone à UN.1-3339."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.