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Titre :
Bulletin du Cercle juif /
Éditeurs :
  • Montréal :Cercle juif de langue française,1954-1985,
  • Montréal :Congrès juif canadien
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Bulletin du Congrès Juif canadien (Région du Québec)
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Bulletin du Cercle juif /, 1959-01, Collections de BAnQ.

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[" CERCLE Li?Bibliotheque St.Sulpice, 1700, rue St.Denis, Bulletin du «SO /meTER BY conte (48812 JUIF Montréal, Janvier 1959 No.41 Cinquième Année A la dernière réunion du Cercle Juif LES INTELLECTUELS ET LA LIBERTE CONFERENCE DE M.JEAN-LOUIS GAGNON \u201cNous, canadiens francais, sommes peu nombreux.Nous ne pouvons survivre qu\u2019en autant que, comme groupe, nous aurons quelque chose à apporter aux au- Jean-Louis Gagnon tres\u201d.C\u2019est dans ces termes que s\u2019est exprimé Monsieur Jean-Louis Gagnon, directeur de la rédaction du journal LA PRESSE, à la dernière réunion du Cercle Juif de langue française.Le conférencier a choisi comme thème: Les intellectuels et la liberté.\u201cQuand on parle de liberté chez nous,\u201d dit-il, \u201con pense davantage à la liberté des canadiens français qu\u2019à celle de l\u2019homme tout court.Nous avons si souvent parlé de la liberté sur l'échelle nationale que nous avons tendu à oublier les droits de l\u2019homme.Nous refusons à l\u2019individu de ne pas être comme les autres, de ne pas être conformiste.Ceci a amené la pauvreté de notre littérature, de notre politique et a failli tuer notre presse.Heureusement que nous constatons de plus en plus, un éveil, éveil des intellectuels qui sont prêts à se battre pour des idées.Le droit d\u2019avoir des idées guarantit, autant que les droits politiques et économinues, l\u2019avenir de la minorité canadienne française.Et pour que cette minorité vive en fonction de quelque chose, il faut que les intellectuels canadiens français aient quelque chose à dire, possèdent le courage de l\u2019exprimer, et la liberté de plaire à certains et de déplaire à d\u2019autres.L\u2019intellectuel doit être intégré dans la société et ne doit pas jouer un rôle marginal, car si la société a besoin de tous les corps de métiers, elle a aussi besoin d'hommes qui pensent.La société moderne ne peut pas se passer des intellectuels.L\u2019exemple des Etats-Unis, où on n\u2019a pas fait la place qu\u2019il faut aux intellectuels, est là pour le prouver.Les intellectuels, une fois intégrés, doivent être au service de la liberté, Certes, la sécurité économique est très importante, mais un être humain a besoin d\u2019autre chose.Il a le droit de faire usage de la liberté, militer là où il veut.Nous devons tout d\u2019abord nous respecter nous-mêmes.Un homme qui a le sens de sa dignité ne peut pas se passer de liberté.S\u2019il accepte la tutelle, il perd le sens de la dignité et devient un objet.Le conférencier a terminé en disant que les canadiens français doivent en ce moment ne plus seulement prendre, mais donner.Comme minorité appartenant à l\u2019'humanisme français et chrétien, ils doivent être à la pointe de la liberté.Séminaire d\u2019études religieuses Conformément à une vieille tradition juive, renouvelée par l\u2019Etat d\u2019Israël moderne, un certain nombre d\u2019israéliens se sont réunis dans la petite ville de Bnei Brak pour participer à un séminaire de quinze jours destiné aux études de la religion.A l\u2019époque du second exil babylonien, il y a près de 1700 ans, les théologiens juifs et les gens du peuple se réunissaient par milliers deux fois par an, au printemps et en automne, pour se consacrer à l\u2019étude des lois juives.Cette vieille méthode d\u2019éducation populaire se répandit plus tard sous formes diverses, dans les communautés juives du monde entier, contribuant ainsi à la propagation du savoir juif parmi les masses populaires, Le choix de Bnei Brak comme site du réveil de ces anciennes coutumes danas l\u2019Israël du XXe CHRONIQUE DE NEW YORK par notre correspondant Armand Salomon Le Cercle Juif à New York Les rapports entre les cercles juifs de langue française à New York et à Montréal ont été intensifiés ce mois dernier par le séjour parmi nous de M.Kattan, directeur du cercle montréalais.Une centaine de personnes ont bravé les rigueurs du grand froid pour venir a l'auditorium de la Synagogue portugaise écouter une magnifique conférence sur \u201cLes Canadiens francais et la communauté juive\u201d, Après avoir été présenté par votre correspondant, M.Kat- tan a fait d\u2019abord l'historique de l\u2019épopée française en terre américaine.Il s\u2019est étendu ensuite sur la venue des premiers juifs dans le Québec après la chute du régime français, Le conférencier a détaillé les activités des premières familles, les Hart de Trois-Rivières, les Joseph de Québec, et les juifs por- -tugais de Montréal, pour aboutir à la grande vague d'immigration d'il v a un demi-siècle.Les malentendus qui ont subsisté longtemps entre Canadiens français et juifs s\u2019effacent de plus en plus, selon le conférencier, et une ère nouvelle s\u2019ouvre actuellement depuis la fondation du Cercle juif de langue française.Canadiens français et juifs de langue française s\u2019unissent par-delà les barrières religieuses dans un unanime élan en faveur de la langue et de la culture française, gardiennes non d\u2019une seule foi, mais de l\u2019originalité canadienne en Amérique du Nord.La conférence a été suivie par de nombreuses questions de la part de l\u2019assistance, qui manifestait un vif intérêt dans tous les aspects de la question à l\u2019étude.Des membres de la synagogue \u201cfrançaise\u201d Orach Chaïm, de la Société Israëlite française et de l\u2019Alliance Israélite Universelle s\u2019étaient joints aux habitués du Cercle français, et l\u2019on remarquait également la présence de plusieurs personnalités canadiennes-fran- caises de New York.siècle est particulièrement symbolique: Bnei Brak était l\u2019un des centres les plus réputés de l\u2019enseignement religieux dans l\u2019antique Israël.Exposition de livres juifs La vitrine donnant sur la 70ème rue et appartenant au centre culturel de Shearith Israel, la plus ancienne synagogue et New York, est égayée depuis plusieurs semaines par une grande carte de France.Elle sert de titre à une exposition sur la récente littérature juive en langue française.Outre la \u201cPrière pour la République\u201d (récitée tous les samedis dans les temples de France), la vitrine renferme des exemplaires de plusieurs revues franco-juives, comme La Terre Retrouvée, le Trait d\u2019Union, Le Journal des communautés, L\u2019Arche et, bien entendu, Le Bulletin du Cercle Juif de Montréal.Les nouveauté de l\u2019édition retiennent particulièrement l\u2019attention des passants : Israel, par David Catarivas, Le Commentaire de Rachi en français, par une société de rabbins, Histoire du Judaïsme, et les Psaumes par André Chouraqui et Moise par André Néher.On se souvient .La société Israélite francaise de New-York a tenu le 25 janvier une réunion générale au cours de laquelle le Rabbi Edward Klein de la synagogue Stephen Wise a parlé du rôle des israélites fran- cais en Amérique, notamment Darius Milhaud et Pierre Monteux.Cette société fut fondée le ler mai, 1873, par des juifs alsaciens et lorrains qui préféraient l\u2019exil au régime allemand d\u2019annexion.Depuis 85 ans, sans interruption aucune (!), la société se réunit le quatrième dimanche de chaque mois.Tous les fondateurs sont d\u2019ores et déjà disparus, mais leurs descendants de la deuxième et de la troisième génération continuent à participer aux meetings et à manier avec aisance la: langue ancestrale.La société.contribua $200,000, aux oeuvres françaises au cours de la dernière guerre, et se vit décerner la médaille de la reconnaissance française par le Président Coty; M.René Lévy, qui dirige la S.I.P., détient la Croix de guerre avec étoiles d\u2019argent.Il n\u2019y a pas que dans la province de Québec qu\u2019on \u201cse souvient\u201d ! Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Tel.: VIctor 4-8621 (local 293) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: NAIM KATTAN \u2018\u2019Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des postes, Ottawa.\u201d EDITORIAL LA CRISE DE RADIO-CANADA La crise de Radio-Canada est loin d\u2019être uniquement un simple conflit de travail.Par ailleurs, les répercussions que peut avoir un arrêt trop prolongé des émissions régulières des réseaux français sont incalculables.Car, pour tout canadien, et particulièrement pour tous ceux qui sont de langue française, Radio- Canada n\u2019est pas simplement une entreprise de divertissement.La radio et la télévision cent, ces dernières années, joué un rôle unique au Canada.Elles ont permis un certain rapprochement entre les différents citoyens dans un pays aux dimensions si vastes qu\u2019elles deviennent quasi inhumaines, où les cloisons ethniques et linquistiques dressent des barrières parfois infranchissables ou que souvent personne ne veut franchir.Aux canadiens français, la radio et la télévision ont permis de prendre conscience des problèmes de leur collectivité et de participer aux discussions qui se sont engagées depuis plusieurs années pour définir la situation présente, et pour sauvegarder l\u2019avenir d\u2019une culture française dans le pays.De plus, la radio, et surtout la télévision, ont mis le monde à notre portée, ont élargi nos horizons, et nous ont permis d\u2019avoir une vision plus juste du monde, et par conséquent, du Canada.Pour cette raison, toute menace qui touche Radio-Canada nous concerne tous.Ceux qui croient dans l\u2019importance de la culture française au Canada ne peuvent se désintéresser de l\u2019avenir des moyens d\u2019expression les plus efficaces et les plus importants qui soient à la disposition des canadiens de langue française.Radio-Canada a réussi à faire sentir aux canadiens français la force et la faiblesse de leur culture, ainsi que les liens qui les unissent à la France et à tous les hommes.Mais cette institution s\u2019est développée trop rapidement, et au coeur du conflit se trouve indubitablement une crise de croissance.Le problème fondamental réside semble-t-il, dans la difficulté de passer d\u2019un travail accompli sous l\u2019égide d\u2019un rapport personnel et direct entre les employés et la direction au cadre d'une institution où tout est régi par un système bien défini dans lequel chaque personne a son statut.Il n\u2019est pas dans notre intention de parler du mérite d\u2019un système ou d\u2019un autre.Les rapports directs et personnels entre employés et direction peuvent sans doute faciliter le travail d\u2019équipe, mais peuvent être gênés par les chocs de personnalité.D\u2019autre part, un système bien défini assure le respect de chaque individu en dehors de tout sentiment personnel mais ouvre la voie à une bureaucracie qui peut devenir aveugle.Il faut dire que le choix n\u2019existe presque plus, car la croissance gigantesque de la radio et de la télévision au Canada français nécessite et impose un changement.On doit trouver une solution à ce problème immédiat si on ne veut pas assister à la désintégration de ce puissant moyen d\u2019expression de la culture française au Canada, Mais cette crise nous a révélé qu\u2019à long terme un autre problème se pose à cette entreprise.On a vu comme cette crise, qui a soulevé et bouleversé l\u2019opinion publique du Canada français, est passée presque inaperçue à Vancouver et a soulevé très peu d\u2019échos à Toronto.Comme institution publique et nationale, Radio-Canada doit s\u2019efforcer de plus en plus de créer des liens entre les différentes parties du pays.Bien sûr, le régionalisme, qui est à la base de la vie canadienne, empêche les habitants d\u2019une province de s\u2019intéresser aux affaires des habitants des autres provinces.Mais c\u2019est à Radio- Canada de susciter un tel intérêt.Voilà une tâche ardue, mais sans doute décisive pour l\u2019avenir du pays.Et voilà une raison supplémentaire pour défendre et sauvegarder l\u2019avenir de Radio-Canada.BULLETIN DU CERCLE JUIF Janvier 1959 LE THEATRE Venise sauvée de Morvan Lebesque, d\u2019après Thomas Otway, au Théâtre du Nouveau-Monde Le Théâtre du Nouveau-Monde nous a fait longtemps attendre sa première création de l\u2019année.Il ne nous a pas décus.Venise sauvée est un beau spectacle.Il faut tout d\u2019abord louer l\u2019excellente mise en scène.Jean Gascon, grâce à la col- Jean Gascon laboration du décorateur Robert Prévost, a su créer d\u2019emblée un atmosphère et en même temps donner un ton à l'interprétation.Ceci donne au spectacle son unité, La pièce est une adaptation libre d\u2019une oeuvre de l\u2019écrivain anglais Thomas Otway faite par Morvan Lebesque.On peut dire que le thème de la pièce est la duplicité.Presque tous les protagonistes du drame en donnent l\u2019illustration.Ils sont presque tous acteurs ou victimes d\u2019un double jeu: un doge qui joue la sincérité, un sénateur vicieux et perverti qui joue le tyran, un officier héros et une fille du sénateur qui se trouvent presque malgré eux dans les rangs de conjurés, une courtisane partagée entre son goût de l\u2019argent et son amour.Cette duplicité qui inspire souvent au spectateur le dégoût, donne à la pièce son atmosphère sinistre et, sans doute, sa signification.Mais c\u2019est peut-être à cause des personnages qui sont au départ faux, que la pièce n\u2019atteint pas la grandeur.L\u2019interprétation est, dans l\u2019ensemble, bonne.Jean Gascon a de l\u2019autorité, Guy Hoffman est plein de truculence, de nuances, et de subtilité, Monique Chabot est émouvante surtout dans sa scène avec Guy Provost, Jean-Louis Roux fait ressortir la force et la jeunesse de son personnage, mais non la candeur et la naïveté.Dyne Mousso est belle, mais on aurait souhaité un peu plus de truculence dans son interprétation.Livre sur le Théâtre Les écrits du Canada français viennent de publier le texte de quatre pièces qui furent jouées à la radio ou a la télévision: La Mercière assassinée, d\u2019Anne Hébert, Florence, de Marcel Dubé, Le coureur de Marathon, de Muriel Guilbault et Claude Gauvreau et Le samaritain, d'Yves Thériault.Toutes ces pièces gagnent à être Dyne Mousso lues.On est surtout ému par Florence, qui est sans doute la meilleure pièce de Marcel Dubé, Le Cercle du livre de France a publié une oeuvre encylclopédique de Jean Béraud: 350 ans de théa- tre au Canada francais.Cette histoire du théatre abonde en noms, dates, anecdotes.On aurait souhaité parfois, quelques analyses sur les tendances et sur le contexte social et culturel dans lequel le théâtre s\u2019est développé.Ce livre nous révèle l\u2019influence des acteurs français sur notre théâtre local.Les efforts de ces acteurs semblent avoir eu une caractère plutôt éphémère et leurs entreprises ont, dans l\u2019ensemble, avorté.Les troupes formées par les canadiens semblent plus stables même si elles doivent faire face à de nombreuses difficultés.Exposition d\u2019oeuvres littéraires sur la Bible Une exposition d\u2019oeuvres littéraires sur la Bible a été ouverte le mois dernier à Beit Hasofer \u201cLa Maison de l\u2019Ecrivain\u201d, à Tel Aviv.Plus de 1.000 ouvrages traitant de divers sujets bibliques, traductions, commentaires, littéraire, manuscrits, etc.y sont exposés.On y trouve des traductions de la Bible en japonais, en abyssin, en eskimo, ainsi que de nombreux manuscrits rares.ep rr + Janvier 1959 Tel-Aviv, la colline du printemps \u2014 par Jean Milhaud, Editions Jeheber, Paris, France.Voici un reportage vivant où un esprit humaniste et alerte s\u2019allie au don de l\u2019observation.M.Jean Milhaud est un industriel français.À ce double titre, sa vision d\u2019Israël est hautement intéressante.En tant que francais, il s\u2019intéresse à la culture française dans ce jeune état, à l\u2019oeuvre de l\u2019Alllance TIsraélite Universelle (dont il est, d\u2019ailleurs, un des dirigeants à Paris), et à tous les problèmes humains d\u2019un pays en édification.En tant qu'industriel qui s\u2019est occupé des problèmes humains de l\u2019organisation du travail, il s\u2019est fortement intéressé aux Kibboutz, aux unions ouvrières, aux coopératives, etc.Ce livre, d\u2019une présentation impeccable, est d\u2019une lecture très agréable.Les chambres de bois \u2014 par Anne Hébert, les Editions du Seuil, Paris.Nous avons tous admiré la poésie d\u2019Anne Hébert.Flle a exprimé la difficulté d\u2019être, la dureté de la solitude.Cet univers poétique, elle a essayé de le transposer dans son roman \u201cLes chambres de bois\u201d.L'histoire qu\u2019elle nous raconte est toute simple, Une femme qui aime un homme perdu dans ses rêves et qui ne peut se détacher de l\u2019emprise de sa soeur et de son enfance.Pour ne pas être annihilée complètement, elle le fuit et retrouve une plénitude nouvelle au contact d\u2019un homme simple, près de la nature, et qui n\u2019a pas peur de la vie.Elle se replonge dans le réel.Dans sa longue préface, M.Samuel S.De Sacy découvre dans ce roman une réalité proprement canadienne.Avouons qu\u2019on la discerne mal.Il y a dans ce roman une ambi- guité: un thème qui n\u2019a rien de poétique et un style qui se veut poétique.On a l\u2019impression que la poésie y est voulue et qu\u2019elle ne s'impose pas.Des images, souvent belles, semblent surajoutées et par conséquent, sans nécessité.Cela donne au roman un aspect artificiel tel un devoir bien fait.Il ne faut certes pas chercher des lignes qui délimitent les personnages, mais dès que ceux-ci prennent une certaine consistance, on sent que la lutte qu\u2019il mènent n\u2019est pas celle de l\u2019homme aux prises avec son destin.Leurs conflits ne naissent pas d\u2019un affrontement de caractères qui s'opposent, mais sont plutôt ceux d\u2019êtres mal définis qui se débattent dans les affres de l\u2019adolescence.L\u2019Eté indien \u2014 par Claude Vi- gée, Editions Galliamard, Paris.Le dernier livre de Claude Vi- gée, l'Eté indien, comporte des poè- BULLETIN DU CERCLE JUIF LES LIVRES mes, un journal et une méditation sur un verset de la Genèse.Ces textes, selon les mots de l\u2019auteur lui-même, sont des \u201cmiroirs jumeaux qui révèlent le visage simn- ple d\u2019une saison humaine\u201d.Claude Vigée, que les membres du Cercle Juif ont eu l\u2019occasion d'entendre lors d\u2019une récente réunion de ce Cercle, habite depuis 1943 aux Etats-Unis, Son expérience fut, à plusieurs égards, douloureuse.D\u2019abord, il n\u2019a pas choisi à immigrer dans ce pays.Juif et résistant, il a dû quitter la Trance pour échapper à la persécution nazie.Poète d\u2019une grande sensibilité, son adaptation à la réalité américaine fut ardue.Mais le point crucial dans cette existence et qui constitue presqu\u2019un paradoxe, est que ce poète et cet écrivain éminemment français a commencé à écrire en terre anglo-saxonne.De ce livre, et surtout du journal de I'\u201cEté indien\u201d, se dégage une grande force.Claude Vigée n\u2019a pas essayé de contourner les conflits d\u2019une existence déchirée, il ne s\u2019est pas cantonné dans une attitude plaintive, il n\u2019a pas éludé l\u2019hostilité d\u2019une terre étrangère par des jeux intelligents de l\u2019esprit.Il a pleinement assumé la dure réalité de l\u2019exil et a presque réussi à la vaincre, Sa poésie et son journal ne sont ças des cris tourmentés, mais un chant de vie.Le judaïsme est au coeur même de son oeuvre.Ce n\u2019en est pas le thème, et l\u2019auteur en parle peu explicitement.Mais son retour à ses sources profondes lui a permis d'accepter la vie en refusant, au départ, tout dualisme.Pour des lecteurs canadiens, le livre de Vigée est sans doute d\u2019une résonnance particulière.Sa volonté d\u2019être et de demeurer un poète français en terre d\u2019Amérique rappelle sur un plan individuel la lutte de toute la collectivité canadienne française pour rendre la civilisation française une réalité vivante sur le continent américain.Les minorités en Israël M.Robert Storey, membre de la Commission des Droits Civiques, formée par le président Fisen- hower aux Etats-Unis, après une tournée dans les régions à peuplement arabe des provinces septentrionales d'Israël, a déclaré qu\u201d\u201cIsraël donne une belle leçon dans le domaine des rapports avec les minorités\u201d par la manière dont il s\u2019acquitte à leur égard du respect des droits humains dans l'exercice de l\u2019autorité gouvernementale et administrative.M.Storey a déclaré qu\u2019il admire particulièrement l\u2019aide apportée aux populations arabe pour leur développement dans le domaine de l\u2019éducation.COMITE POUR L\u2019ENTENTE RELIGIEUSE EN ISRAEL ET DANS LE MONDE Un comité pour \u201cl\u2019entente religieuse en Israël et dans le monde\u201d vient de se constituer à Jérusalem et a publié un manifeste, signé par M.Benjamin Mazar, recteur de l\u2019Université Hébraïque de la Ville Sainte.Le comité d\u2019entente, auquel participent une centaine de personnalités israéliennes, dont les maires de Jérusalem, de Tel-Aviv, de Nazareth, de Hdiffa, ainsi que de nombreux universitaires entend créer des commissions de travail pour l'échange d\u2019'infortmations.Il a pour but de \u201cpromouvoir l'esprit de fraternité et de tolérance dans Pesprit de l'intégrité de toutes les communautés rehgieuses\u201d et d\u2019entreprendre une vaste action culturelle au moyen de conférences et de congrès.À l\u2019occasion de la création de ce comité, des messages lui ont été adressés par Mgr Verganmi, vicaire général pour la Palestine du patriarche latin de Jérusalem, Son Exc.Mgr Alberio Gori, par M.Isaac Ben Zui, président de la République israélienne, et par le philosophe Martin Buber.Voici le texte du manifeste de ce comité: Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu\u2019on te fit.Hillel l\u2019Ancien 1.Le création de l\u2019Etat d\u2019Israël pose, avec une acuité morale inconnue jusqu\u2019alors, le problème humain des relations entre les Juifs et les fidèles des autres religions.2.Israël compte des adeptes de presque toutes les confessions, des Lieux saints, des institutions religieuses répandus dans tout le pays.Des millions d\u2019êtres humains, dans le monde entier, puisent là le plus profond de leur inspiration spirituelle et sont attachés là par les liens du coeur.3.Israël exerce sa souveraineté sur des citoyens de différentes religions et sur un pays qui, dans la tradition des peuples, est la Terre sainte.Ce fait est générateur d\u2019une responsabilité morale aussi grande pour l'individu que pour la communauté israélienne tout entière.4.Cette situation souligne en premier lieu l'importance des relations entre la majorité juive de ce pays et les autres religions; ces rapports sont révélateurs de la qualité humaine et spirituelle d\u2019Israël comme ils marquent de leur empreinte les relations de ce pays avec les nations du monde entier.5.Par surcroît, de larges cercles, chez les Juifs et chez les Gentils, ont été marqués, au long des siècles, par de profonds antagonismes religieux.Des préjugés invétérés, ici et là, troublent les cons- clences et entretiennent les incompréhensions.6.Ainsi le malentendu persiste dans certains cercles en Occident.Par contre, dans de vastes parties du monde, les mouvements religieux et spirituels qui tiennent une si grande place dans l\u2019histoire d'Israël sont souvent ignorés.En Asie comme en Afrique, on a parfois tendance à ne voir qu\u2019un processus politique dans les événe- ments qui ont marqué la renaissance de ce pays.7, La resurgence d\u2019Israël en tant qu\u2019Etat souverain dans une région qui se situe au carrefour des continents et des religions; l\u2019existence de grandes communautés juives dans le monde ; les différentes variétés d\u2019antisémitisme, sont des faits qui incitent Israël à accorder une importance particulière au problème des relations entre les fidèles des différentes religions.DIRECTIVE 8.Pour ces raisons, nous avons décidé la création d\u2019un Comité pour l'entente religieuse, consacré à l\u2019étude des problèmes soulevés par les relations interconfession- nelles dans le but de promouvoir leur solution.Buts du Comité Le Comité pour l\u2019Entente Religieuse en Israël et dans le Monde a pour but: (a) de promouvoir un esprit de fraternité et de l\u2019identité de toutes les communautés religieuses; d'entreprendre une large action culturelle au moyen de conférences, causeries et congrès ainsi que par la diffusion de la parole écrite ; d\u2019exercer sa vigilance contre tout froissement des sentiments de l\u2019homme fidèle à sa foi ; (b) de diffuser des informations exactes et précises; de dissiper l'inquiétude et la suspicion: de renseigner, sans voiler les difficultés existantes ; de renforcer la confiance réciproque et de préparer la voie à l\u2019union des coeurs: (c) d\u2019établir des contacts avec les organisations analogues de l\u2019étranger en vue de consultations sur des questions d'actualité ; d\u2019échanger avec elles des publications et des informations.Composition du Comité Le comité, décidé à mettre en oeuvre ce programme, est composé de représentants des différentes sphères et tendances de toutes les communautés d\u2019Israël.Pour le Comité Benjamin Mazar Président de l\u2019Université Hébraïque Jérusalem, le 29 décembre 1958 Certains lecteurs du Bulletin de décembre se sont étonnés des \u201caventures\u201d vécues par Rachi, auteur du commentaire le plus populaire sur la Bible et le Talmud.Les événements décrits par M.Sam Lévy sont en effet.apocryphes, car la vie du Rabbin Schelomo ben Izak est très peu connus.Certes, nous savons qu\u2019il est né dans la ville de Troyes en Champagne en 1040, et qu\u2019il est mort dans certe ville à l\u2019âge de 65 ans (ler juiilet 1105).Même le fait que la tradition a conservé la date exacte du jour de sa mort est chose rare dans les annales de la littérature médiévale et témoigne de la célébrité du grand savant.(Cf.Rachi, Sa vie et ses oeuvres, Simon Langer, Paris, 1957).Le commentaire est rédigé en hébreu classique, mais afin de rendre ses explications aussi claires que possible, Rachi utilisa fréquemment une expression française pour interpréter un mot dif- file ou en donner l\u2019équivalent.On a relevé 3,157 de ces expressions, appelées \u201cLaazim\u201d.Elles constituent un document de premier ordre pour l\u2019étude du Vieux Français.(Ibid, p.5) Dans le seul commentaire scur la Bible, on compte 967 gloses françaises.L\u2019étude linguistique de la langue du moyen âge s\u2019enrichit singulièrement à cette époque.Mais, chose surprenante, l\u2019étude exhaustive des \u201cLa\u2019azim\u201d reste encore à faire, malgré leur trés grande importance pour la reconstitution de notre langue au 1liéme siécle.Les travaux préliminaires ont été accomplis par le grand linguiste juif français Arsène Darmesteter, né à Château-Salins (1846-1888).Ce fut d\u2019ailleurs ce dernier qui développa en France l\u2019étude des langues romanes.Aidé dans ses travaux par une subvention du gouvernement français, il examina les manuscrits de Rachi en France, en Angleterre et en Italie.Darmes- teter conçut son projet lorsqu\u2019il était encore étudiant à l\u2019école rabbinique.Mais la mort le faucha dans sa 42ème année, et mit fin à son oeuvre, qui attend pour être complétée un savant de la même compétence.L\u2019influence de Rachi se fit sentir dans tous les lexiques hébreu- français jusqu\u2019au 15ème siècle, car ces glossaires tirent de lui leur matière.Un glossaire hébreu-fran- çais du 13ème siècle fut publié récemment, qui démontre clairement l\u2019influence de Rachi.(Cf.Bernard Bergman, Tradition, Vol.1, p.112).Même avant Rachi, la littérature rabbinique fournit de précieux documents pour l\u2019étude du vieux langage français.Le plus ancien de tous est attribué à \u201cNotre rabbin Gerchom\u201d, et il contient environ 120 gloses datant du 10ème siècle (Cf.L.Brandin, Revue des Etudes Juives, XLII, p.48, XLII, p.72).Devançant Rachi de peu, le BULLETIN DU CERCLE JUIF RACHI ET LA LANGUE FRANCAISE commentaire biblique de Mena- hem de Chelbeau contient 15 gloses françaises.Le moine français Nicolas de Lyra apprit sa Bible à l\u2019aide du commentaire de Rachi, qu'il traduisit en latin.A son tour, Luther se servit beaucoup de Lyra pour sa version allemande de la Bible.Les plaisantins disaient à cette époque: \u201cSi Lyra non lyrasset, Lutherus non saltasset.\u201d Nicolas de Lyra suivit Rachi de si prés qu'on lappelait couramment \u201cLe singe de Rachi\u201d! (Ibid, p.113).Armand Salomon Le R.P.Jean-Marie Audet, O.P., Professeur A Jérusalem Le R.P.Jean-Paul Audet, dominicain, chargé de cours à l\u2019Institut d\u2019études médiévales de l\u2019Université de Montréal, vient d\u2019être nommé professeur à l\u2019Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem.C\u2019est la première fois que cette célèbre institution d\u2019enseignement et de recherche accueille un Canadien dans son corps professoral.L\u2019Ecole biblique, fondée et dirigée par les Dominicains français est depuis 1920 sous le haut patronage de l\u2019Académie des inscriptions et belles-lettres de France.À ce titre, elle est reconnue officiellement comme Ecole archéologique fran- caise.La qualité des travaux publiés par l\u2019Ecole lui a assuré une très grande autorité à travers le monde.Nouvelles possibilités pour les activités culturelles Concerts, récitals, débats, peuvent désormais pénétrer jusque dans les communautés les plus isolées, les organisations les plus modestes.Le service \u201cCommunauté\u201d, créé par l\u2019Alliance Israélite Universelle, l'American Jewish Committee, l\u2019Anglo-Jewish Association, met en effet à la disposition de tous les groupements de jeunes et d\u2019adultes des séries de programmes enregistrés sur bande magnétique.Ces programmes, dont 12 sont disponibles dès à présent, couvrent les domaines juifs les plus variés et peuvent, soit remplir une réunion, soit servir d'illustration pour un exposé, permettant d\u2019assurer partout la continuité et la variété des activités culturelles.La liste complète de ces programmes est pubilée dans le No.5 de la revue \u201cCommunauté\u201d, qui vient de paraître (30 rue La Boë- tie, Paris-8e).Dans le méme numéro figure également, entre autres articles, une monographie décrivant en détails la population juive d\u2019une com- Janvier 1959 CORRESPONDANCE N\u2019oublions pas nos morts Nous avons reçu la lettre suivante.Monsieur, Il y a un peu moins de quinze ans que la Seconde Guerre mondiale a pris fin.Et déjà, alors que les plaies sont encore si vives, une vaste conspiration du silence semble s\u2019emparer de l\u2019opinion publique afin d\u2019oublier l\u2019horrible crime contre l\u2019humanité perpétré par un peuple tout entier.Pourtant, quelques survivants, portant dans leurs entrailles les stigmates de ce massacre des innocents, sont encore là pour rappeler, dans toute son hideur, la tragédie dont fut frappé l\u2019élite du peuple juif.Ils sont encore là, ces enfants devenus adultes, pour se souvenir de l\u2019inutile holocauste de six millions des leurs.Mais ils sont devenus des témoins gênants pour certains apôtres de l\u2019oubli, pour qui l\u2019évocation d\u2019Auschwitz et de Bergen- Belsen ne représentent plus qu\u2019une irritante notion géographique, Et nous assistons aujourd\u2019hui.Et spectacle équivoque où on se livre à des spéculations académiques sur l\u2019utilité de tourner une page de l\u2019histoire de la civilisation occidentale.On se perd en conjectures sur les motifs de cette attitude qui tente d\u2019affaiblir la vérité historique.Parmi ceux qui se sont engagés dans cette voie, combien ont élevé la voix alors que le génocide fut érigé en svstème d\u2019Etat et que des millions d\u2019enfants, de femmes et de veillards juifs furent froidement assassinés?Le jugement des générations à venir sera accablant à cet égard.Bien sûr, des hommes ont accompli des choses admirables afin de sauver des vies juives.Mais ce ne furent là que des actions isolées, forcément limitées.Les dirigeants des nations et des grandes organizations humanitaires ont failli à leur tâche.Aujour- d\u2019hui, le grand silence qui entoure la décimation de plus de la moitié du judaisme européen est intolérable.Parfois la voix de la conscience humaine perce un tel défi à la mémoire des morts.Ft c\u2019est avec émotion qu\u2019on relit le journal d\u2019Anne Frank, cette petite juive qui, avant de mourir dans un camp d\u2019extermination, a écrit des pages pathétiques.Anne Frank, \u201cl\u2019en- munauté de 300 familles: structure par âges, origines et professions, et aussi les attitudes et aspirations des différentes couches de cette population.Cet article résulte de la première enquête démographique et psvcho-sociologique menée en Europe avec des moyens scientifiques sur l\u2019ensemble d\u2019une communauté juive.fant chérie du monde\u201d, comme l'appelle un journal catholique français, se refusait à croire qu\u2019à l\u2019âge de la puberté une fillette devait mourir, parce qu'elle est née juive.Cette histoire poignante, qui devrait étre lue dans toutes les écoles du monde, demeurera un témoignage authentique de la cruauté des hommes du vingtième siècle.Hélas! les manifestations de remords sur les lieux mêmes du forfait, ne ressusciteront ni Anne, ni les millions d'adolescents qui ont péri avec elle.Le massacre des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ne fut pas un accident de l\u2019histoire: ce fut un acte délibérément exécuté dont le raffinement de cruauté dépasse l\u2019entendement humain.L'heure du pardon, l\u2019heure de l\u2019oubli n\u2019a pas encore sonné.À travers le tumulte des passions humaines, les rescapés juifs veulent garder le souvenir de leurs morts tel un sanctuaire inviolé.Norbert Gutter Haj Ibrahim a 120 ans Une vieille histoire de bédouins veut qu\u2019à la fin des siècles, lorsque le crime aura disparu de la terre et que l'homme aimera son prochain, la vie deviendra plus longue, au point que le fils pourra dire à son grand-père: \u201cgrand- père, ton grand-père te demande.\u201d Des bédouins de la tribu de Abu- Kureinat dans le Néguev prétendent que la fin des siècles est proche.Comme preuve, ils citent le cas de Haj Ibrahim Ibn Omar, dont les petits enfants ont des petits enfants.Dans la tribu, il est acquis que Haj Ibrahim a 120 ans.Haj Ibrahim est une brillante personnalité de sa tribu: grand de taille, vêtu du traditionnel \u201ckom- baz\u201d (robe blanche), sa tête est ornée de la kefiya, il a une barbe en pointe et les traits ridés.Il marche sans canne et a la vue perçante.Seul le sens de l\u2019ouie a été quelque peu affecté par l\u2019âge.Les gens de sa tribu racontent que jusqu\u2019à tout récemment encore, il chevauchait et se tenait droit en selle.Quand on lui parle de son age, Haj Ibrahim ne cesse de dire: c\u2019est la volonté de Dieu.Une fois cependant, il se mit en colère et dit: \u201cPourquoi voulez-vous savoir : moins vous en saurez, plus longtemps vous vivrez.\u201d Lauréats arabes Quinze jeunes Israélites arabes se sont vu décerner différents prix littéraires pour des ouvrages comprenant des romans, des nouvelles et un drame.Au nombre des lauréats on compte un garçon de 13 ans, de Galilée septentrionale, qu: a été récompensé pour une longue ode en Arabe classique, à la gloire du Xe Anniversaire de l\u2019Etat d\u2019Israël."]
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