Bulletin du Cercle juif /, 1 novembre 1959, Novembre
[" 61° Bibliotheque St.Sulpice, 1700, rue St.Denis, Lulletin of 030 6 tontresh, 2 CERCLE J No.49 UIF Sixième Année Montréal, Novembre 1959 LES ASSISES DU JUDAISME LA CHRONIQUE PARISIENNE CANADIEN par Etienne Milhaud Le Congrès canadien Juif s\u2019est réuni en session plénière à Montréal, du 29 octobre au ler novembre.Plus de 500 délégués, représentant toutes les communautés juives du Canada, sont venus de toutes les provinces pour assister à cette grande assemblée.Le thème de \u2018la session plénière cette année était la célébration du bicentenaire de l\u2019établissement du premier juif au Canada.L'une des plus grandes manifestations de cette assemblée fut la réunion du samedi 31 octobre, dont l\u2019invité d'honneur fut le premier ministre du Canada, \"Honorable John Diefenbaker.Dans un discours fort applaud, le premier ministre a loué la contribution de la communauté juive au développement et au progrès de notre pays.\u201cLes Canadiens français et les Canadiens anglais, a déclaré le premier ministre, appelés à se tolérer mutuellement, ont appris à maitriser l\u2019art de la compréhension et du compromis respectueux des principes: l\u2019atmosphère qui accueille les nouveaux arrivants de nationalité et de langue différentes est socialement et psychologiquement favorable à l\u2019aplanissement des divergences d\u2019ordre racial.\u201cLe bill des droits que le parlement fédéral sera appelé à étudier de nouveau au cours de la prochaine session sera, autant qu\u2019une redéclaration de nos droits et de nos libertés fondamentales, un moyen de faire l\u2019équilibre entre prit de tolérance qui croît dans le coeur des hommes et les dispositions législatives visant à prévenir ou à châtier les dérèglements.Il fournira à tous \u201cnon seulement des chances égales, mais principalement l\u2019égalité de sentiment et d\u2019émotivité.\u201d Le Cercle Juif Pendant cette session, le Cercle Juif de langue française fut à lhonneur.En effet, le vendredi 30 octobre, une réunion spéciale fut tenue en langue française avec comme invité d'honneur le lieute- nant-gouverneur de la Province, Son Excellence Onésime Gagnon.Monsieur S.D.Cohen, président du Cercle qui fut élu ensuite vice- président honoraire du Congrès a ouvert la réunion par une brève allocution dont voici quelques extraits : \u201cCette réunion représente pour nous un très grand évènement.Elle est le fruit de grands efforts que nous entreprenons depuis de nombreuses années.Nous fêtons cette année, comme vous le savez, le bicentenaire de l\u2019établissement du premier juif au Canada.\u201cCet illustre ancêtre s\u2019est établi aux Trois-Rivières dans la Province de Québec.C\u2019est cette province qui a accordé aux Juifs les droits civils en 1832 et maintenant.après deux siècles, la communauté juive de Montréal est la plus 1m- portante communauté juive au Canada.Ainsi, une grande partie des Juifs Canadiens a toujours vécu parmi les Canadiens de langue française.Certes, nous avons connu parfois quelques difficultés.Il y a eu des malentendus entre les Canadiens français et nous, malentendus que certains ont voulu exploiter et exagérer.Il faut cependant reconnaître que notre histoire dans cette province fut l\u2019histoire d\u2019un peuple libre mais aussi d\u2019un groupe qui, tout en essayant de s\u2019établir dans un pays neuf, a toujours apporté sa contribution au bien-être de toute la société, Nous avons fondé des hôpitaux, des dispensaires et nous avons ouvert les portes de ces établissements à tout le monde sans distinction de race ou de religion.Nos philantropes se sont dévoués non seulement à des causes spécifiquement juives mais également à des causes sociales et culturelles du peuple canadien.Nos rapports avec nos frères de Jangue francaise ne furent jamais aussi harmonieux qu\u2019a I'heure actuelle, Nous sommes intéressés à vivre en paix avec tous les autres Canadiens mais notre intérét dans la cause francaise au Canada va au-delà de cela car nous croyons que l\u2019existence des groupes de langue française au Canada est un enrichissement pour tous les Canadiens.Le Cercle Juif qui fut établi il y a plus de 10 ans marque l\u2019intérêt de notre communauté pour la culture et la langue française.Et nos réunions mensuelles sont ouvertes non seulement à ns creliginnaires mais également à tous les autres Canadiens.: \u201cEt ce n'est pas sans émotion que (Lire la suite en page 3) La sève du Nouveau-Monde .La critique parisienne a fait un accueil enthousiaste au roman de l\u2019écrivain juif-américain Saul Bellow: \u201cLes aventures d\u2019Augie March\u201d, qui vient de paraître chez Plon, On a parlé de la \u201cplus grande révélation américaine après Faulkner\u201d, on a cité pêle-mêle James Joyce, Thomas Wolfe.Henry James et Proust.À Saul Bellow, cela ne lui fait ni chaud.ni froid.Je me souviens de ce cocktail parisien où je le rencontrai, timide et pétillant d\u2019humour.tentant de s'approcher d\u2019un buffet pris d'assaut par les voraces.\u201cA quoi aspirez-vous!\u201d lui avait-je demandé, sortant mon bloc-note.\u201cA une tartelette et à un cure- dent\u201d me répondit-il du tac au tac.A T\u2019heure ou nous nous battons les flancs, dans le vieux monde, pour trouver un écrivain juif digne de ce nom, qui porte témoignage de notre calvaire et de notre survivance, on ne peut qu\u2019être frappé par l\u2019extraordinaire vitalité du judaisme américain dans le domaine de la création littéraire.L\u2019an dernier nous avons eu la révélation du canadien Mor- dechai Richler, de Lionel Trilling (Le Responsable).Cette année voici Bellow, Bernard Malamud.Sam Astrachan, et j'en oublie.TI s\u2019agit dans tous les cas d'hommes jeunes, \u2014 la quarantaine ou moins \u2014 des représentants de cette \u201cgénération de transition\u201d qui est sous nos latitudes la génération perdue.Bien que vivant aux USA, Saul Bellow est d\u2019origine canadienne (il est né à Lachine, Québec, en 1915).On est surpris ici par la façon naturelle, spontanée, \u201callant de soi\u201d en quelque sorte dont ces écrivains du Nouveau Monde.assument leur condition juive.Ils ne justifient rien, ils n\u2019expliquent rien, ils ne dépeignent pas de scènes folkloriques (à l\u2019exception d\u2019un Irwin Shaw ou d\u2019un Herman Wouk qui sont loin de valoir les écrivains précédemment cités).La \u201ccivilisation juive\u201d est une donnée de fait en Amérique.Elle reste chez nous une nostalgie, une recherche, une interrogation! Faut-il reconstituer le \u201cshtetl\u201d?L\u2019afflux des réfugiés égyptiens et nord-africains a posé à la communauté juive de France de graves problèmes immobiliers, particu- fièrement à Paris où la situation du logement est angoissante depuis la libération.Des investissements énormes ont permis la cons- struction de blocs d'habitation aux portes de la capitale.De plus la communauté a pris des participations dans des programmes de construction généraux.Deux conceptions s'affrontent cependant dans nos instances communautaires.Les uns, \u2014 les éléments religieux orthodoxes en particulier \u2014 desirent grouper les juifs de façon homogéne, si possible dans les mêmes quartiers, voire dans les mêmes immeubles.Dans une publication religieuse a même paru un plan assez curieux d'un building comportant une \u201cmikwah\u201d et un dépot de nourriture \u201ccasher\u201d au rez de chaussée et une synagogue sur la terrasse.Les autres entendent disperser les familles juives dans les immeubles parisiens, jugeant la création de \u201cghettos\u201d peu opportune et dangereuse ?Ces derniers semblent faire prévaloir leur opinion, mais les polémiques et les mots aigre-doux n\u2019en continuent pas moins dans les publications et dans \u201cla rue juive\u201d.Déception Rencontré mon ami R., universitaire, qui n\u2019a qu\u2019une passion, l\u2019onomastique, et singulièrement l\u2019onomastique juive.Le \u201cLittré\u201d donne la définition suivante de ce vocable quelque peu barbare: \u201cscience qui a rapport aux noms propres\u201d.R.a sur fiches quelques 20.000 noms portés par les juifs des cinq continents et prépare un très sérieux ouvrage sur cet aride sujet.Il est toujours à l\u2019affut d\u2019un patronyme nouveau, et ses amis, connaissant sa douce manie, lui envoient périodiquement des brassées dea noms nouveaux.Malheureusement, il ignore l\u2019hébreu.Quelle ne fut pas son amère surprise lorsque je dus lui avouer que les superbes patronymes néo-hé- breux étaient dans la plupart des cas des traductions littérales des \u201cGoldberg\u201d, \u201cWeinstock\u201d, et au- (Lire la suite en page 4) 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Tel.: VIctor 4-8621 (local 293) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: NAIM KATTAN \u201cAutorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des postes, Ottawa.\u2019 EDITORIAL UN LIVRE BOULEVERSANT André Schwartz-Bart, un jeune écrivain juif-français, hier encore pauvre et inconnu, est aujourd\u2019hui Prix Goucourt pour son premier roman \u201cLe dernier des justes\u201d, promis a toutes les gloires littéraires véritables et éphémères.Cela n\u2019a rien de surprenant ou d\u2019unique dans un certain milieu littéraire où la publicité, les fausses valeurs jouent au moins un rôle égal à celui du talent pour assurer le succès.Ce qui est unique dans ce triomphe fulgu- Novembre 1959 LES LIVRES The Apprenticeship of Duddy Kravitz par Mordecai Rich- ler, Editions André Deutsch, Toronto.Le romancier montréalais, Mor- decai Richler, se place au premier rang des jeunes écrivains canadiens.Son dernier roman \u201cThe Apprenticeship of Duddy Krav- itz\u201d vient d\u2019étre publié simultanément à Toronto, Londres et New- York.Il y a quelques mois un de ses romans \u201cLe Choix des ennemis\u201d fut traduit en français et publié à Paris aux Editions du Seuil.Mor- decai Richler qui demeure à l\u2019henre actuelle à Londres, n\u2019a pas trente ans ; 1l appartient à une famille juive de la métropole et deux de ses romans \u201cLe fils du héros\u201d et celui qu\u2019il vient de publier ont ger et redoutable.Sur les bancs de l\u2019école, il rêve de succès et de puissance.C\u2019est là que débute la course frénétique du jeune adolescent.Atteindre l\u2019âge adulte avec la perspective d\u2019y joindre les rangs des personnages ratés qui forment l\u2019entourage de son père lui semble non seulement une démission mais un échec et tout échec est plus grave quand il est accepté à l\u2019avance.Il se meut avec la frénésie de celui qui ne veut pas manquer son rendez-vous avec le destin.Son premier emploi est celui d\u2019un garçon d\u2019hôtel dans les Iaurentides ; c\u2019est là qu\u2019il rencontre les jeunes juifs de la classe moyenne, dont l\u2019avenir est assuré grâce à l\u2019acharnement, aux privations et aux sacrifices de leurs parents.Mais lui est seul et ne peut compter que sur son propre effort.Il travaille seize heures par jour, mettant sur pied une entreprise de distribution de films, une compagnie de pro- 0; Te pour cadre la communauté juive de Montréal.Manifestement cet écrivain a eu une enfance triste ; ses rêves et ses rant, c\u2019est que Schwartz-Bart n\u2019y aspirait pas.Il a vécu dans sa chair et dans son sang le drame qu\u2019il décrit dans son roman, celui que les Juifs connaissent depuis des siècles: : persécution, massacre et humiliation, mais aussi foi ardente et espoir inébranlable.ss Ze ns ne = Schwartz-Bart a voulu comprendre le sens de cette tragédie qui a emporté des millions de Juifs dont ses parents et plusieurs de ses frères dans les années de la grande tourmente.Dans son roman, il remonte au XIIe siècle pour expliquer les camps de concentration, les chambres à gaz et les fours crématoires.Son livre est bouleversant.Nous n\u2019avons pas l\u2019intention de l\u2019analyser ici.Nous nous contentons de conseillr à tous nos lecteurs de le lire et, si possible, de le méditer.C\u2019est un livre sur la terreur et sur les horreurs; c\u2019est cependant un livre fait d'humour, de tendresse, de pitié, de compassion et d\u2019amour.C\u2019est surtout un livre qu\u2019une foi vivante anime à chaque page.Depuis la fin de la guerre des dizaines de livres furent consacrés aux crimes commis par les nazis et à l\u2019holocauste de six millions de Juifs.Nous disposons d\u2019une quantité abondante de publications: poèmes, témoignages, documents.Certains de ces ouvrages décrivent une réalité tellement terrible qu\u2019elle devient insoutenable.D\u2019autres ont eu pour auteurs non des témoins oculaires mais des écrivains qui ont ressenti le drame dans toute son intensité.Je songe surtou taux pièces de Rabi, au beau roman de Manès Sperber: \u201cQu\u2019une larme dans l\u2019océan\u201d auquel Malraux, dans Une remarquable introduction, prédisait un grand retentissement littéraire.Cependent, de toute cette littérature, le seul livre qui ait atteint véritablement le grand public fut le \u201cJournal d\u2019Anne Frank\u201d et il semble que le roman de Schwartz-Bart soit destiné à un aussi grand retentissement.Précisons que nous ne songeons pas à un succès commercial.Comme \u201cLe journal d\u2019Anne Frank\u201d, Le dernier des justes\u201d suscite chez n\u2019importe quel lecteur un véritable choc.Ce livre qui baigne dans une atmosphère totalement et authentiquement juive a su rejoindre des personnes aussi engagées dans la foi chrétienne que le critique de \u201cLa Croix\u201d et celui du \u201cFigaro Littéraire\u201d.La lecture de ce livre est, comme le disait le professeur Ricoeur, dure pour un chrétien.Schwartz-Bart n\u2019a cependant ni essayé d\u2019attaquer ou de condamner les chrétiens, ni d'attirer leur sympathie ou de susciter chez eux des regrets et des remords.Il raconte tout simplement comment le drame juif est vécu et ressenti de l\u2019intérieur.D\u2019où la beauté et souvent même la douceur de chaque page.Les Juifs qui ont pu faire face à tous les persécuteurs qui ont tenté de mutilier leur âme n\u2019ont pu le faire qu\u2019en acceptant toutes les mutilations corporelles à condition que l\u2019âme reste intacte.Ainsi la fraîcheur, la candeur et surtout la force des Juifs pieux devant leurs bourreaux, devient compréhensible.On retrouve dans ce livre la même foi en l\u2019homme que dans \u201cLe journal d\u2019Anne Frank\u201d.Mais Anne Frank est morte enfant et son livre est posthume.Schwartz-Bart avait l\u2019âge de celle-ci lors des heures sombres.Mais, lui, a survécu.Il a su surtout aller plus loin dans la compréhension du drame.Face à tout ce qui peut salir l\u2019âme, la seule possibilité de sauvegarder la dignité humaine c\u2019est la foi dans la force de l\u2019homme et dans sa capacité de préserver sa noblesse.Il n\u2019y a aucun message dans \u201cLe dernier des justes\u201d.L\u2019auteur ne veut rien enseigner.Il est animé par l\u2019une des qualités caractéristiques de l\u2019esprit juif: il sait que seule la présence compte.Sa présence à lui est en même temps celle de l\u2019homme et celle de l\u2019artiste.espoirs d\u2019adolescent furent bafoués par des réalités dûres et frop cruelles pour un être dont la sensibilité est à fleur de peau.Dans \u201cLe Fils du Héros\u201d Richler décrivait la révolte d\u2019un adolescent contre son ambiance familiale.A Montréal où les groupes minoritaires vivent isolés dans des îlots ethniques, la famille est pour l\u2019enfant le seul monde et le seul univers.Sa révolte était alors grin- cante avec une pointe de nihilisme.Il essayait de se moquer de certaines hypocrisies sociales mais ne réussissait malheureusement qu\u2019à ricaner.C\u2019était le roman d\u2019un adolescent brillant et plein de talent mais auquel son immaturité ne permettait pas d\u2019entrevoir la richesse complexe et faite de contradictions des hommes et de la société.Richler revient au monde familier du \u201cFils du Héros\u201d dans son dernier roman.Duddy Kravitz est le fils d\u2019un chauffeur de taxi de la rue St-Urbain; son monde est celui de la misére et du réve.Sa mère étant morte quand il n\u2019avait que cinq ans, il a vécu avec un père qui échappait à sa vie sordide en vantant les mérites d\u2019un frère riche et d\u2019un ami encore plus fortuné, L\u2019image fabuleuse de ce dernier qu'on surnommait le \u201cwonder boy\u201d projetait le désir de cette liberté fastueuse que représente l\u2019argent pour les habitants des taudis.Duddy est le mouton noir de sa famille.On ne le croit pas intelligent et on mise surtout sur son frère dont l\u2019oncle, qui veut en faire un médecin, assure l\u2019éducation.Duddy grandit dans ce milieu à part; il vit parmi les juifs et tous ceux qui ne le sont pas, à l\u2019école comme dans le voisinage, lui semblent appartenir à un autre monde, monde dont il entrevoit les sortilèges, le charme, l\u2019immensité, mais qui lui restera toujours étran- duction de courts métrages et, tout en conduisant la nuit le taxi de son père, il achète petit à petit un lac dans les Laurentides.Etre le maître d\u2019un lac signifie pour lui avoir sa place à lui sous le soleil.Son frère lui aussi veut échapper à ce petit monde sordide.A l\u2019Université 11 devient l\u2019ami de quelques anglo-protestants riches et bien huppés.Cette fraternisation se fait sous le signe de l\u2019alcool, mais il découvre aussitôt que ce monde, dont l\u2019accès si facile l\u2019émerveille, n\u2019est ni beau ni désintéressé.Ce que ses amis lui demandent comme véritable gentleman et comme preuve d\u2019amitié, c\u2019est de mettre à contribution ses connaissances médicales pour procéder à un avortement.Son jeune frère vient à sa rescousse.Pour Duddy, ce monde n\u2019a rien de la splendeur de l\u2019inaccessible.Il est fait des mêmes hypocrisies, des mêmes bassesses qu\u2019il trouve chez ceux qui l\u2019entourent.La seule différence est un vernis de politesse.Petit à petit Duddy se durcit ; il se dépouille des quelques domaines privilégiés de pureté et de vérité: comme l'amitié d\u2019un épileptique, l\u2019amour sincère et solide d\u2019une serveuse canadienne française qu\u2019il a connue dans les Laurentides.Celle-ci est demeurée à ses côtés aussi longtemps que son rêve de succès restait celui d\u2019un enfant qui convoite un jouet mécanique.Mais le monde des adultes ne s\u2019abandonne pas aux rêveurs au coeur tendre.Pour Duddyv Kravitz le succès a un gout amer.Il réussit à acheter son lac, mais l\u2019eau calme et les étoiles étincelantes ne reflètent que sa solitude.On l\u2019envie, on veut s\u2019allier à lui, mais à la place de l\u2019amour et de l\u2019amitié il ne gagne que l\u2019admiration des médiocres.Le roman de Richler n\u2019est pas une étude sociale sur la communauté juive de Montréal ni une Novembre 1959 BULLETIN DU CERCLE JUIF LE THEATRE Edwige de Maurice Gagnon au Théâtre du Rideau Vert Il est heureux que presque toutes les troupes théâtrales de Montréal fassent un effort particulier pour présenter des pièces canadiennes.L\u2019entreprise est hasardeuse, surtout pour des troupes qui ont toujours besoin d\u2019un succès immédiat et assuré pour survivre.Le Rideau Vert a couru le risque.En effet, présenter Edwige, première pièce du romancier Maurice Gagnon était une gageure.L\u2019auteur n\u2019a pu se libèrer entièrement de la technique du roman en écrivant sa pièce, De plus, il doit son apprentissage du théâtre à la télévision.Disons tout de tsuite que cet auteur est plein de bonnes intentions et que sa pièce est honnête.Il a indéniablement une grande facilité pour écrire des dialogues.Ce qui fait surtout défaut à cette pièce, c\u2019est une certaine logique théâtrale.On dirait que les évènements surviennent sans obéir à une nécessité dramatique.Ils interviennent à point nommé pour permettre à l\u2019auteur l\u2019enchai- description de la mentalité d\u2019une minorité.C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un adolescent qui aborde le monde des adultes les poings fermés et les dents serrées.Pour lui, mordre est plus que manger et le seul moyen de se prouver à lui-même c\u2019est de manifester sa force aux autres : cette force n\u2019est que dureté et l\u2019appétit de Duddy Kravitz ne con- nait pas de bornes puisqu\u2019il ne s\u2019alimente que de vent.Et en fin de compte le monde du succès, de la réussite et de la puissance, ce monde qui lui permet d\u2019être admis dans le cercle des forts, est un monde irréel.Le héros de ce roman court derrière un rêve qu\u2019il n\u2019atteindra jamais, puisque pour lui l\u2019essentiel est de courir.Dans cette poursuite d\u2019une proie d\u2019ombre, tout n\u2019est que jeu et le joueur est dévoré par une passion que ni l\u2019amour, ni l\u2019amitié, ni même l\u2019affection et la tendresse ne peuvent apaiser.Dans ce roman Richler fait un grand pas en avant.Son style fait penser à Hemingway; il en a la facilité, le mordant et le brio.Grâce à un humour et à un sarcasme qu\u2019il vient de découvrir, Richler surmonte l\u2019aigreur qu'on décelait dans ses romans précédents.Cependant il n\u2019a pas vidé la hargne qu\u2019a laissée au fond de lui son enfance triste et son sourire reste plaqué sur le visage sans atteindre le coeur.The Apprenticeship of Duddy Kravitz est un très bon roman mais où on perçoit les limites de l\u2019auteur.Si ses personnages ont gagné en complexité et en épaisseur, ils ont perdu la poésie que l\u2019instinct brutal leur insufflait.Quant à la description d\u2019un certain milieu juif, elle nous semble souvent caricaturale.nement d\u2019une trame arbitraire.Ainsi quand Jean-Louis Renaud doit se séparer d\u2019Edwige, dont il était devenu amoureux, l\u2019auteur nous apprend soudain l\u2019existence d\u2019une guerre pour que le héros puisse s'engager dans la marine; ensuite pour que ce héros, qui était déjà marié, puisse épouser Edwige, l\u2019auteur annonce la mort de sa femme, Le même manque de rigueur existe dans le développement psychologique de chaque personnage.Certains des personnages, notamment celui d\u2019Fdwige, sont, au départ, bien dessinés mais on a l\u2019impression qu\u2019ils sont mûs davantage par la volonté de l\u2019auteur ou par les caprices du hasard que par leurs émotions et leurs passions.La pièce est dans l\u2019ensemble bien interprétée.Citons parmi les comédiens Yvette Brind\u2019Amour, Denise St-Pierre etc.Les Taupes de Francois Moreau, au Théâtre du Nouveau-Monde C\u2019est à une pièce d\u2019une écriture dramatique rigoureuse que le Théâtre du Nouveau-Monde nous a convié.\u201cLes Taupes\u201d est la première pièce du jeune écrivain Francois Moreau.L'auteur nous introduit dans le monde étouffant d\u2019une famille bourgeoise où tout n\u2019est que fausse apparence, et où la règle est de s\u2019interdire toute lumière.Et quand ces \u201ctaupes\u201d sortent de leur obscurité, elles sont emportées dans un tourbillon qui détruit leur monde.Dès le départ la situation dramatique est créée.Ce monde est totalement bâti sur le mensonge et, dès que les personnages se trouvent en face de leur vérité, tout s\u2019écroule.Rien d'extérieur n\u2019arrive.Les protagonistes portent déjà en eux-mêmes leur drame.Il suffit de les placer face à face pour que le mécanisme se déclenche.Ce monde est noir.La pièce cependant ne peut provoquer chez les spectateurs aucune réaction vive de refus ou de rejet.En effet, si les situations sont d\u2019une certaine crudité, elles n\u2019ont rien de vulgaire ou d\u2019obscène.De plus, aucun des personnages n\u2019a assez d'énergie pour faire croire à sa méchanceté, sauf peut-être Julie, cette belle-soeur provocante dont les propos sont si libres et si cinglants.Cependant, elle est plus pathétique que révoltante.Certes, les personnages de Moreau sont les victimes de la société à laquelle ils appartiennent.Ils sont surtout les victimes de leur propre faiblesse; et malgré les quelques remarques ironiques de l\u2019auteur, la satire est si peu appuyée qu'elle n\u2019intervient dans l\u2019action que comme un détail.Le spectateur ne ressent aucune hostilité envers ces personnages : il les plaint.Charlotte Boisjoli fut étonnante en Julie; elle est provocante sans A la dernière réunion du Cercle juif CONFERENCE DU PROFESSEUR PAUL RICOEUR Ce que la pensée occidentale doit au peuple juif Dans une remarquable conférence sur la pensée juive et son insertion dans le monde occidental, monsieur Paul Ricoeur, professeur de métaphysique à la Sorbonne, a tout d\u2019abord affirmé qu\u2019il a contracté une grande dette envers la pensée juive.Abordant ensuite ce vaste sujet qu\u2019il reprendra d\u2019ailleurs dans son prochain livre, le conférencier précisa que la culture occidentale est née d\u2019une rencontre qu\u2019on peut dire fondatrice de la pensée hébraïque et de la fensée grecque.Il n\u2019y a pas eu uniquement une hellénisation du judaïsme mais également une ju- daisation de l\u2019hellénisme.L\u2019homme occidental est l\u2019héritier de cette greffe réciproque.Le Judaïsme atteint par analogie ce qui est inaccessible à la pensée discursive et ouvre ainsi un domaine qui autrement resterait fermé.Les grands svmboles hébraïques sont inhérents à la pensée occidentale.Monsieur Ricoeur fait ressortir trois ensembles de symboles qui englobent toute cette pensée.TI y a d\u2019abord le symbolisme de l\u2019AI- lance.Le grand symbolisme hébraïque n\u2019est ni sur Dieu ni sur l\u2019homme mais sur leur relation, sur ce que Héschel appelle la situation dialogale.11 v a ensuite le symbolisme du péché.TI ne s\u2019agit pas dans la pensée juive d\u2019une idée abstraite du péché et du mal mais d\u2019un sens concret, d\u2019une relation distendue ou rompue, Il y a enfin le symbolisme de la rédemption; cette rédemption n\u2019est pas une notion conceptuelle du pardon et de la conversion.C\u2019est une réconciliation que seule la logique du symbolisme peut expliquer : logique qui n\u2019est pas celle des concepts.À côté des symboles il y a les figures.En effet, les mythes hébraïques ne sont pas du même ordre que les mythes babyloniens et cananéens.Ils sont plutôt des \u201cfigures\u201d et des \u201ctypes\u201d.Parmi ces figures, le professeur Ricoeur a mentionné trois: la figure du roi et le symbole du royaume ; le symbole de l\u2019homme primordial où l\u2019image de l\u2019exil et la figure du serviteur de Dieu.Le conférencier a illustré ces figures par des exemples puisés dans la Bible.Fn conclusion, le professeur Ricoeur fait ressortir ce qu\u2019il y a d\u2019universel dans ce symbolisme.Le symbole donne à penser.Il est plus riche que toute spéculation et que toute dialectique, et à l\u2019homme occidental il a beaucoup été donné par la riche symbolique portée çar Israël pendant trois millénaires.Les assises du judaisme canadien (Suite de la page 1) J\u2019accueille parmi nous aujourd\u2019hui Son Excellence Onésime Gagnon, Lieute- nant-Gouverneur de la Province qui a occupé depuis plus de 20 ans différents postes ministériels.La présence du Lieutenant-Gouverneur parmi nous est un honneur pour tous les Juifs de cette province, Elle marque l\u2019harmonie qui être vulgaire.C\u2019est la femme qui soumet l\u2019homme à sa volonté et qui se donne à lui sans se dégrader.Pour elle, ce n\u2019est qu\u2019un jeu.Tout ce qu\u2019elle veut faire, c\u2019est de s\u2019évader d\u2019une réalité qui l\u2019a blessée et qui a laissé en elle une crainte durable.Gisèle Schmidt joue le rôle d\u2019une candide bourgeoise qui fait confiance à la vie et qui est emportée par le torrent qu\u2019elle provoque elle-même, Georges Groulx c\u2019est le personnage veule et lâche dont la fausse dignité donne l\u2019apparence de respectabilité.Il est regrettable que cet acteur ne sache pas parler fort sans crier.Quant à Patricia Nolin elle est juste même si elle manque encore de métier.Benoit Girard est habile mais manque d\u2019éclat.Une bonne mise en scène de Jean-Louis Roux et un décor fonctionnel de Robert Prévost.existe entre les Juifs et tous les autres Canadiens.\u201d Son Excellence O.Gagnon Ensuite le Lieutenant-Gouverneur de la Province a dit quelques mots: \u201cPuis-je vous dire tout d\u2019abord, au début de cette allocution, combien je m\u2019estime heureux d\u2019être au milieu de vous aujourd\u2019hui, pour célébrer ensemble une des phases du deuxième centenaire de l\u2019établissement des Israélites au Canada.\u201cComme le rappelait la semaine dernière l'honorable Paul Beanlieu, Ministre provincial du Commerce et de l'Industrie, au dévoilement du monument élevé à Trois-Rivières à la mémoire d\u2019Ezéchiel Hart, la Province de Québec a été le premier Etat du Commonwealth à admettre un Juif à la Législature, 25 ans même avant l\u2019entrée de Disraeli au Parlement de Westminster.\u201cEn ce faisant\u201d, disait-il, \u201cles Cana- diens-français non seulement reconnaissaient de façon manifeste des droits égaux à tous les Canadiens, mais voulaient donner à leur député juif les libertés démocratiques qu\u2019ils voulaient pour eux-mêmes.\u201d \u201cEt je suis fier, à titre de représentant de Sa Majesté la Reine dans le Québec, d\u2019endosser ces déclarations, et de proclamer hautement que nous continuerons d\u2019accorder à la minorité juive toute l\u2019estime à laquelle elle a droit, (Lire la suite en page 4) Etudes sur le cancer L'Institut Weizmann de Reho- voth a été le mois dernier le siège d\u2019un important colloque international sur les origines du cancer.Venus de France, des Etats-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne, les plus grands spécialistes de la terrible maladie ont échangé des idées et écouté diverses communications et conférences qui auront contribué à élargir la collaboration entre savants et chercheurs des divers pays.Il est significatif qu\u2019Israël ait été choisi comme siège de cette rencontre et le nouveau Président de l\u2019Institut Weizmann, M.Abba Even.l\u2019a souligné dans son discours d\u2019ouverture en déclarant entre autres \u201cnous savons que nous sommes un petits pays, mais nous savons aussi que de petits pays lorsau\u2019ils sont animés comme nous d\u2019une fervente volonté de paix, peuvent contribuer au progrès de la science pour le bonheur de l\u2019humanité.\u201d Devant le grand intérêt suscité dans le pays par ce colloque, les participants ont accepté de bonne grâce de prendre part à une réunion publique au cours de laquelle des questions leur seraient posées.Le Palais de la Culture à Tel-Aviv, la plus grande salle du pays, a connu ce jour-là affluence des grandes premières.Le public, avide de satisfaire sa curiosité sur une maladie encore mystérieuse, a posé des questions par dizaines et les doctes savants y ont répondu avec précision en s\u2019ingéniant à donner à leurs explications une forme accessible aux profanes.Et c'est ainsi que les Professeurs Antoine Lacassagne et Charles Oberlin de Paris, Charles Philippe Lebon de Montréal, Berenblum d\u2019Israël, nous ont appris que le cancer n\u2019est pas une maladie héréditaire, que moins on absorbe de calories moins on risque d\u2019en être atteint, qu\u2019un excès de viandes est dangereux et que les radiations solaires excessives jouent un rôle dans la genèse du cancer.Ceci ne nous a tout de même pas empêché de savourer un chichlick bien gras dans un petit restaurant de la plage et de nous dorer ensuite tout l\u2019après- midi, recto-verso, sur les pelouses de la piscine municipale de Tel- Aviv.Le vaccin Salk Parallèlement et indépendamment du colloque de Rehovoth, des chefs de laboratoires et des savants du monde entier se sont réunis à Jérusalem pour discuter des meilleures méthodes d\u2019immunisation à mettre au service de la médecine moderne.Ce cinquième Congrès de standardisation biologique a été placé en quelque sorte sous le signe de la lutte contre la poliomyélite.Depuis la découverte du Docteur Salk, des résultats assez spectaculaires ont été obte- BULLETIN DU CERCLE JUIF LETTRE DE JERUSALEM par Maurice Saporta nus.Avec les Etats-Unis et certains pays scandinaves, Israël a été parmi les premiers à vacciner tous les enfants en bas âge.Mais s\u2019il est maintenant établi que le vaccin Salk est bénéfique, 11 comporte néanmoins quelques inconvénients.Le Dr.Sabine qui a mis au point un nouveau vaccin a trouvé ici des adeptes et des essais de sa méthode ont été entrepris sur une petite échelle.Les deux méthodes ont donc fait leurs preuves et ce Congrès qui a réuni une centaine de savants de 26 pays différents a été une des meilleures plateformes de rencontre où les mérites respectifs des deux procédés ont pu être étudiés.D\u2019autres questions non moins moins importantes ont fait l\u2019objet d\u2019intéressantes séances de travail, notamment sous la direction du Président de l\u2019Académie des Sciences de Moscou qui se trouvait à la tête de la délégation soviétique, la plus importante après la délégation française qui groupait 20 biologistes et bactériolo- gues.La harpe et le Roi David David jouait-il de la harpe?Oui.S\u2019il faut en croire l'Office National du Tourisme qui tranchant ainsi la question a organisé, dans ce qui est la ville du grand Roi, le premier concours international de Harpe.Trente deux concurrents de onze pays (France, Angleterre, Hollande, Canada, Italie, Espagne, Israël, Brésil, Belgique, Suisse et Etats-Unis).Les éliminatoires ont eu lieu à Jérusalem et les épreuves finales à Tel-Aviv.Aux dires des jurés, ce fut un concours difficile et d\u2019un niveau très élevé ce qui ne fait qu\u2019augmenter les mérites de la lauréate, Suzanne Mildonian, une brune vénitienne de 19 ans.Le jury, présidé par M.Raymond Loucheur, Directeur du Conservatoire de Paris lui a remis une harpe d'une valeur de $3500 dollars.Suzanne Mildonian qui a joué en soliste avec l\u2019Orchestre Philharmonique et l\u2019Orchestre de la Radiodiffusion a signé en Israël même des contrats avec des orchestres de Paris, Rome et Amsterdam.D'origine arménienne, la jeune harpiste née en Italie, parle le français avec aisance et c\u2019est avec un très léger accent chantant qu\u2019elle nous a dit sa joie d\u2019avoir gagné le concours, bien sûr, mais d\u2019avoir aussi vu ce merveilleux pays, bien plus beau que ce qu'elle avait imaginé.Marius en hébreu J'appréhendais ce lever de rideau sur la première scène de Marcel Pagnol.Mais dès les premières répliques il devenait évident que le Caméri avait surmonté la crise qui a suivi le départ de son metteur en scène Joseph Pilho.Les acteurs Novembre 1959 Les assises du judaisme canadien (Suite de la page 3) \u201cCette minorité a pris une place éminente dans le développement de la vie économique politique, religieuse, sociale et culturelle de notre pays.Elle a répondu généreusement à l\u2019appel de la patrie dans les ères de paix comme dans les périodes de guerre.Elle fait honneur et rend service au Canada tout entier.\u201d Le Consul Général d\u2019Israël Le Consul Général d\u2019Israël, monsieur Michael Simon, a prononcé un remarquable discours où il a fait un rapprochement entre l\u2019histoire du Canada français et celle de l\u2019Etat d'Israël.\u201cOn pourrait se demander, dit monsieur Simon, et ce serait une question tout à fait légitime, quelle est le rapport entre la célébration du bicente- maire d\u2019un groupe ethnique qui s\u2019est établi, il v a deux cents ans, dans ce beau pays, et l'Etat d\u2019Israël, un état ami, mais étranger\u201d Cependant, je crois avoir un certain droit de vous adresser la parole aujourd\u2019hui.Ce n\u2019est pas seulement le sentiment de fraternité qui lie les juifs d'Israël à leurs coreligionnaires dans le monde, ou le sentiment de gratitude que nous en Israël sentons envers le judaïsme canadien pour son aide et son intérêt dans la reconstruction de notre pays, mais c\u2019est aussi pour démontrer l\u2019affinité qui existe entre le peuple juif et les canadiens d\u2019origine française, une affinité qui n\u2019est pas seulement basée sur la parenté de l\u2019esprit français et de l\u2019esprit hébraïque, sur le même tempérament qui caractérise les races méditerranéennes, mais surtout sur le parallélisme de l\u2019oeuvre française au Canada et de notre oeuvre en Terre Sainte, S.de Champlain et les cultivateurs israéliens \u201cQuand Samuel de Champlain partit en 1603 de Honfleur pour aboutir à ont compris l\u2019esprit de cette pièce, profondément humaine et où les héros ne sont pas des cas psvchi- ques mais des hommes et des femmes sains et raisonnables.L\u2019excellente traduction de Haim Gouri y est sans doute pour quelque chose.On y retrouve le language coloré des habitants de la Canebière et il n\u2019est pas une réplique qui n\u2019ait trouvé son équivalent en hébreu jusqu\u2019à la fameuse répartie d\u2019Es- cartefigues sur la marine fran- caise.Zalmane Léviouch, toujours égal à lui-même a campé un César à la fois bonhomme et rusé, Ori Lévy, un jeune, a tenu le rôle de Marius avec un naturel de très bon augure, Guila Almagor, une blonde Sabra de 22 ans a été une adorable Fanny.M.Brun.guêtré et coiffé du traditionnel canotier a été l\u2019honorable nordique bien que le traducteur ait trouvé utile d\u2019en faire un citoyen de Toulouse alors que celui de Pagnol est lyonnais.Bref, à part les décors un peu ternes et l\u2019accent marseillais, tout y était.Cette représentation de Mariousse (puisque l\u2019hébreu ne comporte pas de U) donne un bon départ à la nouvelle saison.Québec, poursuivit le Consul Général d'Israël, il vint dans un pays où, aux dires de Marie de l\u2019Incarnation, \u201cles fleurs étaient aussi sauvages que les hommes\u201d, Un des collaborateurs les plus intimes de Champlain fut Louis Hébert, le premier colon de la Nouvelle France.Comme son chef, qui s'était déja fait une grande réputation comme explorateur, géographe et écrivain, Hébert était aussi un homme érudit; cependant il sentit que la base de chaque culture est l\u2019agriculture et que ni les chasseurs, ni les commerçants ne réussiraient à créer un organisme national solide, mais seulement ceux qui s\u2019enracinaient dans le sol de la patrie pourraient le faire.C\u2019est pour cette raison que l\u2019apothicaire de Paris, qui n\u2019était plus jeune, prit la pioche dans la main et commença à cultiver la terre.\u201cLe même idéal anima quelques groupes de jeunes juifs qui, en 1882, quittèrent les ghettos de Russie et de Roumanie pour se rendre en Palestine, qui était dans ces jours-là une province désertique de l\u2019empire ottoman.Ce furent des étudiants, des intellectuels, des petits marchands, mais ils savaient que la renaissance du peuple d\u2019Israël dans son ancien pays ne pouvait se réaliser que sur un fondement agricole.Ce furent eux qui établirent les premiers villages juifs en Terre Sainte, auxquels donnèrent les noms Petah- Tikva \u2014 \u201cLa Porte des Espérances\u201d.et Rishon-le-Zion \u2014 \u201cLe Premier en Sion\u201d.Ces deux hameaux devinrent les mères des 750 villages juifs qui couvrent aujourd\u2019hui Israël, des montagnes de la Galilée jusqu\u2019au bord de la Mer Rouge, de même que Sault- au-Matelot et Lespinay, les fiefs de Louis Hébert, furent les précurseurs de l\u2019agriculture canadienne.Chronique Parisienne .(Suite de la page 1) tres \u201cSteinberg\u201d recensés déjà dans ses sections \u201cAllemagne\u201d ou \u201cPologne\u201d.Un pasteur zélé Mon ami Gudmundsson m\u2019écrit de Reykjavik, capitale de l'Islande, une bien amusante histoire.J'ai quelques faiblesses pour l\u2019île des glaces, depuis un mémorable voyage que j'y accomplis il y a quelques années.Les habitants y sont rudes, un peu bohèmes, souvent très cultivés.T1 y a là quelques familles juives, réfugiées du Danemark et de Norvège pendant la guerre, mais durant ma visite, il n\u2019y avait ni communauté organisée, ni bien sir, de synagogue, Or, me relate Gudmundsson, les choses ont changé.Après un séjour en Israël qui l\u2019a enthousiasmé, le pasteur luthérien R., a fustigé l\u2019indifférence religieuse des juifs islandais (tout le monde se connait pratiquement dans ce pays d\u2019une centaine de milliers d\u2019âmes) et les a littéralement conduit à s'organiser.La construction d'une petite synagogue est prévue.Demain, grâce à un pasteur, le monde juif va connaître une communauté située sur le cercle arctique."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.