Bulletin du Cercle juif /, 1 novembre 1960, Novembre
[" = bl Conservatoire de Husique et | | d'Art Dramatique, A RR ANAS 506 Ste-Catherine Est, 7 oN ae sa Montréal,Que.C.J.IN) a 0 2) To I esis £s LE 148812 Kulletin du + CERCLE UIF Montréal, Novembre 1960 No.59 Septième Année A la dernière réunion du Cercle Juif ISRAEL ET L'OCCIDENT Conférence de M.Jacques-Yvan Morin, professeur à la Faculté de Droit de l\u2019Université de Montréal Deux thèmes retiendront mon attention au cours de cette soirée.Israël, pays sous-développé: sujet économique ; Israël, clef du Moyen- Orient : sujet d\u2019ordre politique.Deux thèmes que je développerai d\u2019un point de vue occidental, puisque c\u2019est en Occidental (avec les défauts et qualités que comporte cette ascendance) que j'ai parcouru cette Terre deux fois promise au cours de l\u2019été.Israël, pays sous-développé Il n\u2019est pas besoin de parcourir Israël bien longtemps pour se rendre compte que nous sommes en face d\u2019un pays sous-développé et, ce qui est plus grave, d\u2019un pays dont les ressources sont très limitées.Il y a bien la vallée fertile de la Hulé, 'Emek Jezréel et la plaine de Sharon, l\u2019exploitation des sels de la mer Morte et les \u201cmines de cuivre du roi Salomon\u201d, mais si l\u2019on prend le train de Tel Aviv à Jérusalem ou si l'on va en Haute Galilée ou de Beersheba à Elath, on constate que nous avons affaire à un petit pays de pierre, de désert et de montagne.Le lait et le miel dont parle la Bible n\u2019y coulent que si les habitants s\u2019efforcent à la sueur de leur front.A plus forte raison ces constatations s\u2019appliquent-elles au Moyen- Orient tout entier.Cette région, si l\u2019on fait exception du pétrole, est mal pourvue en ressources naturelles, ce qui signifie que ses possibilités de mise en valeur ne sont pas illimitées.Mais ce qui est digne de remarque, c\u2019est que le Moyen- Orient est loin d\u2019avoir exploité toutes ces possibilités.La région est pauvre mais elle n\u2019a pas encore épuisé, tant s\u2019en faut, ses richesses virtuelles.Or, c\u2019est là une situation dans laquelle se trouvent de nombreux pays aujourd\u2019hui.Je songe surtout à ces Ftats d\u2019Asie et d\u2019Afrique, voire d\u2019Amérique latine, qui prennent une importance grandissante sur la scène internationale et que l\u2019Occident ne peut plus se permettre de négliger.Quelles seront nos relations avec ces pays?Quelle est la meilleure façon de les aïder?Suffit-il de distribuer les millions à gauche et à droite pour leur donner l\u2019impulsion dont ils ont besoin ?Ce sont là des questions qui me venaient à l\u2019esprit tandis que je parcourais le Négueb, la Galilée ou la Jordanie.Il me semble avoir trouvé au Moyen-Orient les éléments d\u2019une réponse.En Israël, l\u2019espace culti- _ vable est utilisé au maximum partout où l\u2019irrigation a pu être installée.L'industrie apparaît autour des grandes villes et même dans certains kibboutzim.Surtout, tout ce petit peuple est affairé : le chômage n\u2019est pas un problème israélien.Si l\u2019on voyage dans quelques pays arabes voisins, notamment en Syrie et en Jordanie, le contraste fait ressortir davantage la prospérité et le développement relatifs de l\u2019Etat juif.Aucun doute, l\u2019économie israélienne connaît l\u2019un des rythmes d\u2019accroissement les plus élevés: la production nationale totale augmentait récemment de 12% par an, l\u2019un des taux les plus forts du monde, tandis que le taux per capita s\u2019établissait à environ 6% (ces chiffres ont été obtenus en Israël).Ce dernier pourcentage s\u2019apprécie mieux si l\u2019on sait que les Etats-Unis connaissaient ces dernières années un taux de 2 à 3%.On dira que l\u2019accroissement de la population, de 750,000 âmes en 1948 à 2,100.000 aujourd\u2019hui, explique ces succès.Toutefois, on constate que, dans bien des pays sous-développés, semblable accroissement accentue le problème du sous-développement.Le rythme du développement s\u2019accélère mais il n\u2019arrive pas à rejoindre le rythme d'augmentation de la population.Comment l\u2019Etat d'Israël.avec une population qui a doublé en dix ans, a-t-il pu obtenir de tels ré- (Lire la suite en page 3) LA MAISON ANNE-FRANK EST OUVERTE Une fête simple a marqué récemment l\u2019ouverture, à Amsterdam, de la Maison Anne-Frank.La Maison du fond, dans laquelle Anne Frank tint son remarquable journal a été reconstruite et remise dans son état primitif; elle peut être visitée maintenant.Le journal manuscrit sera conservé sur place dès que la maison recevra officiellement son affectation définitive comme lieu de rencontre de la jeunesse internationale.Le père d\u2019Anne Frank, Otto Frank, seul survivant des familles Frank et Daan qui furent gazées dans les camps de concentration.exprima toute sa reconnaissance à ceux qui contribuèrent à la conservation de la maison du 263 Prin- sengracht.Très ému, Otto Frank dit: \u201cJe vous demande de m\u2019excuser si tout ce que me rappelle ce coin et les évènements qui s\u2019y sont passé m\u2019émeut si profondément.À tous ceux qui ont empêché la destruction de cette maison et qui ont réussi à la remettre en état s\u2019adres- semt mes remerciements sincères.\u201d Le maire d\u2019Amsterdam, M.van Hall, qui posa la première pierre de la Maison International d\u2019Etu- diants, juste à côté de la Maison d\u2019Anne Frank, dit que l\u2019ouverture de la Maison du Souvenir d\u2019Anne Frank ne défend pas seulement l\u2019idéal de cette jeune fille mais aussi le souvenir d\u2019une tradition séculaire dans cette ville: donner un asile aux réfugiés.La famille Frank était une famille de réfugiés dont les membres seraient devenus de bons citoyens hollandais et qui auraient participé à la vie et à la culture de la ville.À cette cérémonie participèrent aussi, auprès des membres de la Fondation Anne-Frank, les témoins des années de réclusion forcée des familles Frank et Daan et qui sont cités dans le journal: \u201cMiep\u201d, ainsi que la veuve de \u201cM.Koophuis\u201d.Tout l\u2019ensemble de Prinsen- gracht sera remis solennellement a la Jeunesse Internationale.Aux frais de restauration et de recou- struction, la République Fédérale d\u2019Allemagne participa avec 100.000 marks.Au premier projet de constitution d\u2019un Centre International de la Jeunesse \u201cFondation Anne- Frank\u201d 3 Amsterdam, s\u2019ajoute un plan de création d\u2019une Académie Anne-Frank, Elle deviendrait le centre d\u2019un mouvement mondial qui réunirait les groupes de travail et les clubs de travail de chaque pays en une vaste Assemblée de jeunes pour une meilleure collaboration et une meilleure compréhension.Les contacts pris avec le Cercle International du Travail de Son- nenberg dans le Harz, avec le mouvement Pax-Christi et avec l\u2019oeuvre d\u2019entr\u2019aide aux réfugiés dirigée par le Père Pire, prix Nobel de la Paix, seront étendus au Conseil Oecuménique et à l\u2019Unesco.Lors de la rencontrae internationale pour la création de centres de jeunesse, il fut indiqué que M.Otto Frank, président du centre, avait offert une somme très importante pour la création et la réalisation de cette académie.Le journal d\u2019Anne-Frank, dit le rabbi Sotendorp, a réussi à convaincre la jeunesse allemande, plus que tout autre argument, de la nature inhumaine de la domination nazie, Les réactions les plus profondes, après la lecture du journal, se sont produites en Allemagne et aux Etats-Unis.Ces pays se sont sentis fortement impressionnés par l\u2019appel prophétique du journal à la collaboration de la jeunesse pour une paix mondiale.La vente du journal a atteint en Allemagne 750.000 exemplaires, le tirage le plus fort.Dans le monde entier ont été vendus jusqu\u2019à ce jour plus de 4 millions de livres, Bientôt paraîtra en Allemagne un livre de nouvelles d\u2019Anne Frank, déjà publié en Hollande.À la construction, à Amsterdam, participèrent des élèves de l\u2019Ecole Professionelle de Cologne, le Consul Général d\u2019Allemagne à Amster- (Lire la suite en page 4) 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Novembre 1960 7 Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Tel.: Victor 4-8621 (local 293) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: NAIM KATTAN } \u201cAutorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère de postes, Ottawa.\u201d > EDITORIAL MINORITES Parlant à l\u2019Assemblée Générale de l\u2019Organisation Sioniste au Canada, l\u2019Honorable Jean Lesage déclara que l\u2019un des problèmes fondamentaux de la vie canadienne est celui des minorités.En effet, on peut dire que les relations entre les différents groupes ont conditionné toute l\u2019histoire canadienne.On peut aller plus loin et dire que presque tous les Canadiens se comportent, d\u2019une manière ou d\u2019une autre, comme minoritaires.Ce comportement peut revêtir différents aspects, et l\u2019histoire canadienne nous en fournit de multiples exemples, aspects qui convergent autour de deux attitudes.Il y a d\u2019abord celle qui est dictée par la crainte, la peur et le manque de confiance.La minorité ressent alors d\u2019une manière constante la menace de l\u2019effritement et de la disparition.Toute influence extérieure lui semble une ingérence et une intrusion qui mettent en danger un mode de vie et un système de valeurs traditionnelles et éprouvées.Dès lors, la minorité s\u2019entoure d\u2019une muraille protectrice.Elle s\u2019enferme dans un îlot ethnique et reçoit tout ce qui vient de l\u2019extérieur avec méfiance, inquiétude, voire hostilité.En même temps, une telle minorité s\u2019efforce de serrer les rangs, pour faire face au monde extérieur.Elle s\u2019impose, pour se donner une forte cohésion, un code simple et parfois très restrictif de pensée et de conduite.Toute dérogation à ce code est punie.La critique venue de l\u2019intérieure est considérée comme un acte de trahison, car cela ternit la belle image que la minorité doit présenter à un monde hostile.Il y a une autre attitude que peut adopter une minorité.C\u2019est une attitude de confiance et de force.La minorité est alors sûre de ses valeurs culturelles, spirituelles et sociales.Ses valeurs ne sont pas menacées car elles ont suffisamment de vitalité pour survivre.Au contraire, elle peuvent, quand elles sont connues, conquérir l\u2019adhésion de personnes qui ne font pas partie de ce groupe minoritaire.Certes, une telle attitude peut être, selon le cas, tour à tour et parfois en même temps, agressive ou généreuse.On a pris l\u2019habitude de considérer une telle attitude, même quand elle est adoptée par un groupe numériquement minoritaire, comme un comportement d\u2019un groupe majoritaire.En fait, un groupe véritablement majoritaire ignore les autres groupes.Il est vrai qu\u2019il assure à tous les groupes minoritaires, par la loi, la liberté et l\u2019égalité.Mais, l\u2019existence de minorités ne modifie pas son comportement.Du reste, il serait même inexact de dire qu\u2019une majorité de cette sorte représente un groupe.On peut dire que l\u2019histoire canadienne a toujours eu comme arrière-plan ce comportement minoritaire des groupes.On a assisté à une longue suite de compromis, de tensions et de conflits.Ajoutons que ces deux attitudes marquent des points extrêmes.On ne peut donc pas dire que les Canadiens français ou les Canadiens anglais ont adopté tout le temps l\u2019une ou l\u2019autre.Le comportement des Canadiens anglais et des Canadiens français s'est modifié, selon les circonstances, se rapprochant, de l\u2019un ou l\u2019autre des points extrêmes.D\u2019autre part, à l\u2019intérieur de chacun des deux groupes des tenants du protectionnisme conservateur, dicté par la crainte ou de l\u2019ouverture au monde extérieur, dicté par la vitalité et la confiance, ont mené un dialogue souvent houleux et violent à l\u2019intérieur de chacun des groupes.On peut dire que Canadiens anglais et Canadiens français ont toujours été tiraillés entre ces deux extrêmes.Les autres groupes minoritaires au Canada, les Juifs, les Ukrainiens .ont connu les mêmes expériences et les mêmes épreuves, quoiqu\u2019avec des différences marquées.UN VERITABLE BILINGUISME La maison d\u2019éditions Oxford University Press vient de publier deux anthologies canadiennes, l\u2019une consacrée au conte, l\u2019autre à la poésie.Ces deux anthologies représentent, à notre sens, un évène- ment qui dépasse le domaine de l\u2019édition.On assiste là à une attitude nouvelle et relativement récente, il faut le dire, qu\u2019adopte l\u2019élite culturelle canadienne anglaise envers la culture canadienne.C\u2019est M.Robert Weaver qui a fait le choix des textes pour le recueil des contes.M.Weaver est sans doute la personne qui connaît le mieux les tendances actuelles de la littérature canadienne, puisqu\u2019il dirige à la fois la revue littéraire Tamarack et les émissions littéraires au réseau anglais de Radio- Canada.M.Weaver s\u2019est toujours intéressé à la littérature canadienne française.Pour lui, cette littérature est l\u2019une des composantes essentielles de la culture canadienne.Il était donc naturel que, dan scette collection de contes canadiens, les écrivains canadiens français aient leur place.Ils sont représentés par trois écrivains qui illustrent très bien les diverses tendances de la littérature canadienne francaise: Ringuet, Roger Lemelin et Anne Hébert.M.A.J.M.Smith, l\u2019auteur de l\u2019anthologie de poésie canadienne, \u201cThe Oxford Book of Canadian Verse\u201d, va beaucoup plus loin.Si M.Weaver a donné les contes canadiens français en traduction, M.Smith, lui ,présente les poètes canadiens français dans la langue originale.Ce n\u2019est certes pas la première fois que les lecteurs de langue anglaise sont initiés à la poésie canadienne française, Il y a quel- Canadian Short Stories, selected by Robert Weaver; The Oxford Book of Canadian Verse chosen by A.J.M.Smith, Oxford University Press, Toronto London, New York, ques années, la maison Ryerson de Toronto publiait un choix de textes de poètes canadiens français, dans lequel le poème original paraissait en même temps que sa traduction.Dans l\u2019anthologie que vient de publier la maison Oxford, on ne donne même pas la traduction.De plus, cette anthologie accorde autant d\u2019importance aux poètes de langue française qu\u2019à ceux de langue anglaise.On ne peut qu\u2019applaudir au choix fait par M, Smith, qui est lui-même l\u2019un des poètes les plus remarquables du Canada.Presque tous les poètes canadiens français sont représentés, de Crémazie et Fréchette jusqu\u2019à Gilles Hénault, Roland Giguère et Jean- Guy Pilon, en passant par St-De- nis Garneau, Alain Grandbois et Anne Hébert.Dans son admirable introduction, M.Smith parle des poètes canadiens français et des poètes canadiens anglais en prenant pour acquis que tous ses lecteurs connaissent aussi bien la langue française que la langue anglaise.T1 n\u2019explique pas la présence, dans la langue originale, des poèmes de langue française.Et en fait, qu\u2019v a-t-il à expliquer?Si on parle de littérature canadienne, il est normal qu\u2019on prenne pour acquis que cette littérature est de langue anglaise et aussi de langue française et que, pour l\u2019apprécier.il faut connaître l\u2019une et l\u2019autre des deux langues.C\u2019est en cela que cette anthologie représente, à notre sens, un évènement.On découvre chez les poètes qui s\u2019expriment dans l\u2019une ou l\u2019autre langue.des réactions et des sensibilités semblables.Il y a là plus qu\u2019une juxtaposition; il y a une communauté née de la réaction de poètes appartenant à des traditions différentes, qui connaissent les mêmes couleurs, la même nature, les mêmes espaces et une même sollitude.Exprimer tout cela, j'allais dire le dévoiler, vaut beaucoup mieux que des dizaines de discours louant les avantages de bilinguisme et prônant la bonne entente.Depuis quelques années cependant, on se rend compte que l\u2019existence d\u2019un nomrbe considérable de néo-Canadiens modifient les rapports entre Canadiens français et Canadiens anglais.De plus, l\u2019invasion de l\u2019américanisme fait tomber les barrières que les deux groupes ont élevées pour marquer les frontières qui les séparent.Le Canada ne peut pas se protéger contre l\u2019américanisme en élevant des murailles et en agissant par crainte et par peur.Il faudrait commencer par avoir confiance dans des valeurs et des traditions assez fortes, assez généreuses et suffisamment universelles, pour survivre et pour mériter de vivre.Un comportement minoritaire négatif a malheureusement paralysé beaucoup d\u2019initiatives, épuisé beaucoup d\u2019énergie et ralenti des efforts.Cela fut peut-être nécessaire pour sauvegarder les droits de tous les Canadiens et pour protéger leurs libertés.Il semble qu\u2019à l\u2019heure actuelle, le comportement minoritaire peut être une source d\u2019épanouissement, à condition qu\u2019il pousse chaque groupe, non dans l\u2019engrenage d\u2019un protectionisme desuet, mais dans le sens d\u2019une grande vitalité.L\u2019émulation peut, à ce moment-là, être la source et la base d\u2019une entente et d\u2019une grande collaboration.ae ré me i EE Novembre 1960 BULLETIN DU CERCLE JUIF LES LIVRES L\u2019Elément Juif dans la Littérature Francaise, par M.Lehrmann, Editions Albin Michel, Paris.Ecrivains Juifs de Langue Française, par Ralph Feigel- son, Editions Grassin, Paris.C\u2019est dans le cadre de la collection \u201cPrésence du Judaisme\u201d que les éditions Albin Michel rééditent le livre de M.Lehrmamn, paru voici une vingtaine d\u2019année, en Suisse.L\u2019auteur s\u2019attache, dans cette première partie de son étude (la deuxième paraîtra prochainement), à trois éléments très importants de la littérature française: l\u2019influence de la Bible, des thèmes et des oeuvres juives sur des auteurs chrétiens divers, les oeuvres d\u2019auteurs juifs ensuite et, finalement, le problème politique, religieux, et social que pose, au cours des siècles, la présence des juifs parmi les chrétiens, et l\u2019attitude des auteurs non-juifs devant ce problème.Le sujet, on le voit, est vaste.Il faut reconnaître que M.Lehrmann a très bien su en faire ressortir les aspects les plus importants.Chez lui, la connaissance est servie par la rigueur de la pensée.Le livre est une incursion dans l\u2019histoire de la littérature francaise, des origines à la Révolution, vue sous l\u2019éclairage de l\u2019élément juif.Cet éclairage sera nouveau pour de nombreux lecteurs.Nous sommes persuadés que le livre aura autant d\u2019intérêt pour les lecteurs juifs que pour les lecteurs non-juifs.On peut dire que presque tous les grands écrivains français ont été influencés d\u2019tne manière ou d\u2019une autre, par le judaisme.Les chapitres que consacre M.Lehrmann à Racine, Pascal, Bossuet, ajoutent à ces écrivains un élément de grandeur.Par contre, l\u2019image de Voltaire est ternie par certaines mesquineries et petitesses de caractère qui affaiblissent sa pensée.Le rôle joué par les juifs dans la culture française, au Moyen-Age et à la Renaissance, est très bien décrit par l\u2019auteur.Le livre de M.Lehr- mann donne une image saisissante de l\u2019Université des deux cultures : la culture juive et la culture française, dont la rencontre ne s\u2019est pas toujours effectuée sans heurts: mais cette rencontre a toujours été la source d\u2019un grand enrichissement.C\u2019est au même sujet que M.Fei- gelson consacre son ouvrage.Le contraste est énorme.D\u2019abord, M.Feigelson est plus ambitieux, puis- qu\u2019il n\u2019arrête pas son enquête à la Révolution, mais la poursuit jusqu\u2019à nos jours.Pourtant, il se contente d\u2019une brochure pour embrasser tout ce vaste domaine.Nous ne savons pas ce que M.Feigelson entendait écrire.Sa brochure est un manifeste, un pamphlet.Il s\u2019insurge contre le judaisme religieux.Ce qu\u2019il essaie de déliminter, c\u2019est une vague culture juive, qui ne tient, d\u2019après lui, qu\u2019à les facteurs, de psychologie et de sentiments.La majeure partie de la brochure est consacrée à une interrogation sur l\u2019existence ou la non-existence d\u2019une culture juive.Dans un chapitre du livre, il semble contredire ses propres propos, et fait la nomenclature des écrivains juifs passés et présents.M.Feigelson, nous n\u2019en doutons pas, a un coeur généreux, mais sa pensée manque, malheureusement, de rigueur et de clarté.\u201cRameaux de la Famille Canadienne\u201d, Ministère de la Citoyenneté et de l\u2019Immigration, Ottawa.\u201cNew Canadians of Slavic Origin; A Problem in Creative Reorientation\u201d, by Anna Stearns, Slavistica, Winnipeg, Montreal.On s\u2019intéresse de plus en plus à l\u2019intégration culturelle des immigrants.Le sujet esct vaste et on commence à peine à en découvrir l\u2019ampleur.La Direction de la Citoyenneté Canadienne du Ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration à Ottawa s\u2019efforce, depuis quelques années, par la publication d\u2019un périodique : \u201cCitoven\u201d\u2019, de mettre à la portée du public des renseignements et des informations sur la vie et les activités des différents groupes ethniques au Canada.On vient de réunir, en un recueil, des articles parus précédemment dans cette publication, sur une vingtaine de groupes.Ces articles sont ex- trémement bien documentés.On ne porte aucun jugement dans cet Ouvrage; les faits et les évènements sont décrits et indiqués, On évite d\u2019en faire l\u2019analyse.L\u2019ouvrage représente donc un excellent point de départ pour tous ceux qui veulent connaître et étudier la contribution des immigrants à la vie canadienne.Notre collaboratrice, Madame stearns, s\u2019est vivement intéressée, depuis de nombreuses années, à l\u2019intégration des immigrants.Elle a, d\u2019une part, étudié le problème, et c\u2019était le sujet de sa thèse de doctorat à l\u2019Université de Montréal.D\u2019autre rart, elle a travaillé bénévolement dans des associations qui s\u2019occupent des immigrants.Son livre est le fruit, en même temps de ses lectures et de son expérience vêcue.Le sujet est ambitieux et on aurait souhaité que Madame Stearns approfondisse un peu plus les aspects bien divers de ce problème.On a l'impression qu\u2019elle hésite toujours entre les souvenirs personnels et une réflexion scientifique, c\u2019est-à-dire, détachée et impersonnelle.Son ouvrage manque donc de rigueur.Les connais- ISRAEL ET L\u2019OCCIDENT (Suite de la page 1) sultats?D\u2019aucuns croient qu\u2019il y a là un phénomène qui tient du prodige.S\u2019il existe quelque formule magique, nous aimerions bien la connaître: les pays sous-développés (et l\u2019Occident) ne pourraient qu\u2019en profiter ! On entend souvent dire qu\u2019Israël n\u2019a pu faire de progrès, voire survivre, que grâce aux investissements étrangers, aux subventions publiques et privées et à l\u2019assistance technique en provenance sur- totu des Etats-Unis, Il y a de plus les réparations allemandes qui représentent quelques 70 millions de dollars par an.Au total, ces apports extérieurs ont atteint au cours des années dernières des chiffres allant de 260 à 300 millions par an, ce qui représentent une somme de $130.à $150.par individu chaque année.Voilà qui semble énorme et on serait tenté d\u2019y voir la formule magique, l\u2019explication de tous les succès israéliens.Pourtant, la formule n\u2019a rien d\u2019exceptionnel aujour- d\u2019hui : presque tous les pays sous- développés doivent s\u2019appuver sur de pareilles subventions.Rien d\u2019anormal non plus: maints grands pays ont amorcé leur expansion avec des moyens identiques.Que les Ftats amis se substituent au- jourd\u2019hui au capital privé, cela n'a en soi rien d\u2019alarmant, si l\u2019aide n\u2019entraîne pas de sujétion politique.Comme le fait remarquer Jean Gottman, le fait d\u2019étre subventionné n\u2019est pas de nos jours plus regrettable pour un Etat que pour un théâtre, Il n\u2019empêche que la formule demeure artificielle, bien que nécessaire.Nous, Canadiens, en savons quelque chose.J'ai pu constater que les Israéliens sont eux-mêmes très conscients des dangers que comporte pour une économie un appui trop exclusif sur des sources de capital qui peuvent bien disparaître d\u2019une année à l\u2019autre.On a donc cherché à développer les investissements locaux.À vrai dire, les chiffres que j'ai vus sont impressionnants : on est arrivé à réinvestir jusqu\u2019à 22% du revenu national.Si l\u2019on compare ce pourcentage a ceux qu\u2019obtiennent certains autres pays (France, 19% ; Allemagne, 20%; Etats-Unis, 12%) et si l\u2019on tient compte de l\u2019accroissement de la population israélienne, on sera forcé de conclure que ce phénomène est l\u2019une des clefs du succès du nouvel Etat.De tout ce qui est recu de l\u2019étranger, rien ne se perd : le pouvoir de chaque dollar est littéralement multiplié., De la sorte, Israël espère réduire ses importations de capital de 300 à 150 millions d'environ.La chose n\u2019est pas facile, surtout si l\u2019on tient compte des déficits budgétaires entrainés par la défense.Mais avec un effort soutenu, je ne serais pas surpris de voir le pays réduire sa dépendance envers l\u2019étranger à 200 millions par an au cours des cinq ou six prochaines années (à moins que la situation politique ne s'aggrave davantage au Moyen-Orient).| Voilà déjà une leçon que doivent apprendre tous les pays sous-développés.Bien que l\u2019aide étrangère soit chose né- (lire la suite en page 4) sances de Madame Stearns ne se limitent pas à un domaine.Dans son ouvrage, elle ne sait pas résister au désir de communiquer ses connaissances diverses à ses lecteurs, même si le sujet lui-même ne s\u2019y prête qu\u2019indirectement, d\u2019où l\u2019abondance de parenthèses.On aimerait penser que ce livre ne constitue qu\u2019une ébauche d\u2019un ouvrage plus rigoureux et plus détaillé, que les dimensions du sujet lui-même rendent nécessaire.Doux-Amer, roman par Claire Martin, Editions Robert Laf- font, Paris.C\u2019est le premier roman de Claire Martin dont le recueil des nouvelles \u201cAvec ou sans amour\u201d, a suscité beaucoup d\u2019intérêt.L\u2019auteur nous raconte une histoire d\u2019amour, dont les protagonistes forment un trio: une femme et deux hommes, trio assez étrange.Claire Martin a le talent de compliquer les situations pour mieux déméler les sentiments et les passions.Ses personnages ne réussissent a se rejoindre qu\u2019en dernier ressort, par résignation.Ce que chacun cherche dans l\u2019autre, c\u2019est un instrument.Les buts poursuivis, que ce soit l\u2019accomplissement d\u2019une oeuvre ro- manesque comme dans le cas de Gabrielle ou la notoriété, comme dans celui de Michel Bullard, détruisent leur amour, et l\u2019affrontement de cet amour et de l\u2019ambition finit par écraser chaque personnage.Ce roman fourmille d\u2019observations justes, pénétrantes, quelque peu cyniques.On y trouve cependant moins de méchanceté que de désenchantement.Claire Martin n\u2019a pas situé son roman ni dans l\u2019espace qui dans le temps.Fille voulait sans doute réduire ses personnages à leur sentiments.Mais ces dimensions volontairement retranchés rendent les sentiments eux-mêmes moins précis.On peut même se demander parfois si l\u2019auteur n\u2019a pas trop voulu brouiller les cartes.Le roman est écrit à la première personne ; le conteur, cependant, est un homme et, malgré tous ses efforts de prouver sa masculinité, ses observations et ses remarques sont bien celles d\u2019une femme.T1 y a, dans ce roman, une volonté de se cacher.Certes, on peut se dissimuler derrière un écran, acquérir ainsi une liberté beaucoup plus grande ; mais les confidences, à force d\u2019être indirectes, finissent par manquer de vérité, BULLETIN DU CERCLE JUIF ISRAEL ET L\u2019OCCIDENT (Suite de la page 3) cessaire, le montant de la subvention et la dépendance relative qu\u2019elle entraine doivent préoccuper tout gouvernement qui en bénéficie.Plus un Etat arrive à financer lui même son développement plus son économie est saine, Ce n\u2019est pas là une formule magique: elle demande une administration dévouée exclusivement au progrès du pays ainsi que des politiques fiscale et monétaire adéquates.L'Occident peut ici apprendre quelque chose, ne serait-ce que de cesser d\u2019enfouir des millions (qui deviendront de plus en plus rares) là où ils ne produiront rien.Le coulage que l\u2019on peut constater dans certains pays sous-développés devait suffire à nous mettre en garde.Mais les Juifs ne doivent pas leur succès en Israël au seul désintéressement des gouvernants.Il faut sûrement attribuer une partie de ce succès à la rapidité avec laquelle les immigrants, et en particulier les immigrants d\u2019origine orientale (qui sont les plus nombreux depuis l\u2019établissement de l\u2019Etat), ont été intégrés dans la production.On a même observé que l\u2019intégration économique de ces immigrants était souvent plus facile à réaliser que leur intégration sociale! Ceci n\u2019a pu être obtenu que grâce à des cadres nombreux: techniciens et administrateurs.En Israël, il y a abondance de talent dans ce domaine à la suite des vagues d'immigration venues d\u2019Europe depuis le début du siècle.L\u2019attitude, réceptive de la population envers les connaissances scientifiques favorise le progrès technologique.C\u2019est encore là une leçon qu\u2019Israël peut donner au monde: l\u2019homme peut, avec des connaissances suffisantes, venir à bout de presque tous les obstacles d\u2019une nature revêche et peu généreuse.Encore faut-il \u2014 et c\u2019est la plus grande leçon que ce pays puisse donner \u2014 que l\u2019homme possède un idéal plus élevé que le lucre, la \u2018volonté de vaincre et une capacité de travail quasi illimité.Les dollars ne remplaceront jamais l\u2019effort; ils ne peuvent que le seconder.Une fois de plus, retournons a la Bible qui, en terre d\u2019Israël, prend tout son sens.Le jardin d\u2019Eden n\u2019est plus de ce monde et la prospérité, désormais, ne sera le fruit que du labeur des hommes.Ces leçons, quiconque va en Israël les apprend.En fait, on vient maintenant d\u2019Asie et d\u2019Afrique \u2014 de toutes les régions sous-développées \u2014 pour connaitre les formules du succés israélien.Demain, 24 novembre, sera signé entre la République du Mali et I'Etat d\u2019Israël un traité d\u2019amitié et de Coopération culturelle et technique.Ainsi se trouve confirmée ce qu\u2019on appelle depuis quelque temps la \u201cvocation africaine\u201d d'Israël.Le traité stipule que les Israéliens fourniront une assistance considérable au Mali dans les domaines de l\u2019agriculture, des transports, de la santé et de l\u2019enseignement technique; des bourses d\u2019étude seront accordées aux étudiants maliens.Pour apprécier pleinement l\u2019importance de cet accord, il suffit de souligner que le Mali est un pays dont la population est en majorité musulmane.On comprendra aussi l'importance de cette nouvelle vocation d\u2019Israël pour l\u2019Occident tout entier.La France, par exemple, ne peut voir que d\u2019un bon oeil cette influence d\u2019un pays occidentalisé qui n\u2019a pas de passé colonial.L'Etat d\u2019Israël est appelé à devenir, dans bien des pays, la relève de l\u2019'Europe.Cette constatation m\u2019amène tout naturellement à mon second thème.Israël, clef du Moyen-Orient Je me suis longtemps demandé \u2014 à vrai dire jusquà mon retour du Moyen-Orient \u2014 quelle signification un pays comme Israël pouvait avoir pour l'Occident.Après tout, ne sommes- nous pas responsables, nous Occidentaux, d\u2019un second exode des Juifs vers la Terre de Chanaan?11 v a chez maints Occidentaux un sentiment de responsabilité collective qui provoque un malaise inextinguible devant le cauchemar de l'antisémitisme, Beaucoup croient que nous devons soutenir l\u2019État d'Israël parce que cela constitue une sorte de compensation pour le passé.J'accepte bien volontiers cette attitude, mais elle me semble un peu sommaire, voire négative.D\u2019autant plus qu\u2019elle s\u2019allie facilement avec une intolérance renouvelée à l\u2019égard des Israélites de la diaspora.Il me semble qu\u2019il existe des raisons pliis sérieuses pour les Occidentaux de donner leur plein appui au jeune Etat.Je ne prétends pas effacer le pâs- sé, mais je me tourne résolument vers l\u2019avenir, me demandant quelle doit être la nature des relations qui nous uniront.JFy vois, à la lumière de l\u2019histoire, qu'Israël possède une signification de premier ordre pour l\u2019Occident.Le pays constituait, dans les temps anciens, le seul passage terrestre praticable entre les deux extrémités du croissant fertile: Mésopotamie et vallée du Nil.Ce seul fait explique une bonne partie de l\u2019histoire biblique.Assyriens, Hyksos, Egyptiens, Hittites, Grecs et Romains se sont arrachés cette terre de transit.Ce fait explique également les évènement qui s\u2019y produisent depuis quelques décennies.Les Juifs, en allant y réétablir leur patrie, se sont installées à la croisée des chemins du monde arabe et, ce qui est plus significatif, au carrefour de l\u2019Asie centrale et de l\u2019Afrique.A bien considérer la carte, on se rend compte que le petit Etat constitue en quelque sorte une porte verrouillée entre le bloc soviétique et l\u2019Afrique: verrou terrestre dont le pendant maritime serait constitué par les Dardanelles.Ces dernières étant bien gardées par l'OTAN, la tendance naturelle de l'impérialisme soviétique endigué de la sorte sera de tourner le dispositif occidental en passant par les pays arabes.De là l\u2019importance géopolitique du Moyen-Orient: la région toute entière, avec Israël en son centre, devient l\u2019une des plaques tournantes où s'affrontent les intérêts des grandes puissances.Or, point n\u2019est besoin de vivre longtemps en Israël pour se rendre compte qu'il s\u2019agit d\u2019un pays occidentalisé, d\u2019un Etat qui professe les idées économiques el sociales les plus avancées de l'Occident tout en sauvegardant le libéralisme (qui est notre critère ultime).Et tout cela avec une population qui est aujourd\u2019hui orientale au moins pour moitié.Le sionisme même n\u2019est-il pas que expression juice de ce qu'on appelait en Europe, au XIXe siècle, le \u201cprincipe des nationalités\u201d?Liens historiques profonds que ceux qui unissent Israël et l\u2019Occident.On reste songeur quand on voit ce peuple persécuté demeurer fidèle aux valeurs authentiques d\u2019un Occident qui leur a été si cruel.Bien sot qui verrait dans cet attachement paradoxal le résultat d\u2019une préoccupation d'ordre purement économique.Voici donc un pays tourné vers l\u2019Ouest, lié à ce dernier par mille attaches imperceptibles et situé au coeur de ce Moyen-Orient en état de fermentation, de cette région hostile à l\u2019Occident et qui demain peut glisser irrésistiblement dans l\u2019orbite soviétique.!l faut bien l\u2019avouer, le travail entrepris de ce côté par Moscou a porté fruit plus tôt qu'on ne s\u2019y attendait dans les chancelleries occidentales.En fin de compte, Israël, bastion juit assiégé par les Arabes, c\u2019est beaucoun plus qu\u2019Israël ; c\u2019est l'Occident implanté là, au milieu de forces qui lui sont hostiles.Le petit Etat est devenu un enjeu entre les deux blocs, ce qui rend sa position doublement précaire.Combien d\u2019Etats occidentaux l\u2019ont compris?L'Angleterre et les Etats-Unis, empêtrés dans leurs intérêts pétroliers, mènent une politique subtile au point d\u2019en être ambiguë.La France seule semble avoir fait un choix non équivoque: il Novembre 1960 L\u2019UNESCO et la lutte contre les préjugés de race Les préjugés raciaux, dont on aurait pu espérer qu\u2019un conflit mondial victorieux contre ceux qui s\u2019en étaient fait les zélateurs avoués viendrait définitivement à bout, reparaissent ou persistent un peu partout dans le monde, sous une forme larvée ou même parfois codifiée: les manifestations antisémites, les émeutes en certaines régions d\u2019Afrique du Sud, les épisodes de la lutte pour l\u2019intégration aux Etats-Unis, les rancoeurs qu\u2019expriment les peuples décolonisés, tous ces faits dont un numéro du Courrier de l\u2019Unesco résume les aspects, \u2014 montrent que le mal n\u2019est nullement extirpé.De par son Acte Constitutif et la mission qui lui est confiée d\u2019assurer la diffusion et l\u2019application de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, l\u2019Unesco, depuis ses débuts, poursuit la mise en oeuvre de principes qui \u201ccondamnent toute discrimination fondée sur la race, le religion et le sexe.\u201cAction normative touchant l\u2019application de la Déclaration et lutte concrète contre toutes les formes que peut assumer le préjugé racial.\u201d L\u2019une des dernières manifestations solennelles de cette action a été la résolution votée au printemps dernier par le Conseil Exécutif de l'Organisation, par laquelle, \u201cconstatant avec une profonde inquiétude la recrudescence des manifes- y a lieu d\u2019espérer qu\u2019Israël ne s\u2019avérera pas une simple carte dans le jeu serré qu\u2019elle joue en Afrique du Nord.I1 faudra donc le dire et le répéter : le môle que constitue Israël est situé, pour de longues années à venir en plein coeur de l\u2019histoire.Son destin dépend assurément de la tournure des évènements dans le conflit qui oppose les grandes puissances, mais le destin de l'Occident, qui se joue partout aujour- d'hui, est aussi lié de très près à ce qui se passe sur cette petite terre aux folles frontières.La Maison Anne Frank (Suite de la page 1) dam, Dr.Jordan, ainsi que des diplomates accrédités en Hollande.Les 50 élèves de l\u2019Fcole Professionnelle de Cologne qui participèrent à la construction remirent à Otto Frank une plaquette-sou- venir de la ville de Cologne.Elle trouvera une place, avec le document qui l\u2019accompagne, dans la Maison d\u2019Anne Frank.Le directeur de l\u2019ecole, le professeur F.Vondemberge, indiqua à la remise de cette plaquette que la jeunesse de Cologne est venue de son propre gré à Amsterdam pour prouver que la destinée d\u2019Anne Frank et l\u2019oeuvre de la terreur nazie sont profondément ressentie en Allemagne.La plaquette et le document sont destinés à prouver que la jeunesse allemande souhaite l\u2019ouverture de toutes les barrières.tations de haine et de discrimination raciale et d\u2019antisémitisme qui se produit depuis quelques mois dans diverses régions, et particulièrement dans l\u2019Union Sud-Africaine\u201d, l'organe exécutif de l\u2019Unesco \u201cfait appel aux gouvernements pour qu\u2019ils luttent par tous les moyens en leur pouvoir contre toutes formes de discrimination, de violence, de haines raciales et d\u2019an- ti-sémitisme, qui se manifestent sur leurs territoires.\u201d Une fonction essentielle des Sciences Sociales C\u2019est au Départment des Sciences Sociales qu\u2019est confiée cette activité considérable de l\u2019Organisation, son rôle devant consister, suivant le programme, à \u201cstimuler les études scientifiques sur les formes et les causes de la discrimination, et à mettre les résultats de ces études à la disposition des éducateurs et des organes d\u2019information.\u201d Devant la résurgence du racisme, le besoin s\u2019est fait sentir de procéder à une concentration du programme, afin de reprendre d\u2019une manière vigoureuse la lutte contre le fléau renaissant.C\u2019est à ce besoin que répond une augmentation substantielle du chapitre du budget concernant la mise en oeuvre des Droits de l\u2019'Homme, qui, de 17.000 dollars pour la période 1959-1960, devrait passer, suivant le project soumis à la prochaine Session de la Conférence Générale, à presque 48.000 dollars; notons que, là-dessus, plus de 41.000 dollars iront à l\u2019action spécifique contre les préjugés raciaux, \u201cpar le renouvellement du programme de diffusion des connaissances et de compréhension objective dans le grand public.\u201d L\u2019Etude scientifique et Idéologique du Préjugé Le racisme étant avant tout une attitude irrationnelle, il peut parai- tre vain de le combattre par les armes de la science, mais on sait que les racistes ont souvent tenté de se donner des justifications pseudo-scientifiques fondées sur la biologie, sur la sociologie ou sur histoire.II était donc indispensable de réaffirmer, par la voix de spécialistes d\u2019incontestable autorité, qu'aucune discipline scientifique ne peut fournir au racisme militant le moindre argument dont il puisse se prévaloir.À ce propos de connaissance objective du problème répond une première série de publications de l\u2019Unesco, en cours depuis 1950, sous le titre de \u201cLa question raciale devant la science moderne\u201d, et à laquelle ont collaboré des anthropologues, des biologistes, des sociologues."]
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