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Titre :
Bulletin du Cercle juif /
Éditeurs :
  • Montréal :Cercle juif de langue française,1954-1985,
  • Montréal :Congrès juif canadien
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Bulletin du Congrès Juif canadien (Région du Québec)
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Bulletin du Cercle juif /, 1961-05, Collections de BAnQ.

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[" Bulletin du CERCLE 617 Bibliotheque 3t.1700, rue st, Denis, Montreal, p,q, 148812 UIF Montréal, Mai 1961 No.65 A la dernière réunion du Cercle Juif L\u2019AFRIQUE A L\u2019HEURE DE L\u2019INDEPENDANCE Causerie de M.Georges Galipeau Le réveil de l\u2019Afrique, notamment de l\u2019Afrique noire, est incontestablement et de loin le fait dominant de la seconde moitié de ce XXème siècle.Il m\u2019a été donné récemment, à l\u2019occasion d\u2019une mission qui m'avait été confiée par l'UNESCO de prendre le pouls de l\u2019Afrique nouvelle.De par mon travail à Dakar, j'ai été en contact suivi avec des jeunes de 12 pays africains d\u2019expression française.nommément du Congo-Brazzaville, du Togo, du Caméroun, de la Côte d\u2019Ivoire, du Niger, du Dahomev, de la Haute-Volta, de la République Centrafricaine, de la Mauritanie, du Tchad, du Sénégal, de même que de Madagascar.Ces jeunes, faisant, sous l\u2019égide de lUNESCO, Jl\u2019apprentissage du journalisme, ont mis leur âme à nue dans leurs articles, leurs conversations, leurs discussions.Les journalistes suisses, français, canadiens et turcs, qui ont été appelés à les guider, se trouvaient donc à un poste d\u2019observation idéal, au coeur de l\u2019Afrique francophone, ou du moins d\u2019une certaine Afrique francophone, puisque la Guinée et le Mali, faisant bande à part.étaient absents.Au moment même où se déroulait à Dakar cette session de formation en matière d\u2019information organisée par l'UNESCO, la Guinée inaugurait à Conakry sa propre école de journalisme.avec, pour professeurs, deux Tchèques, deux Polonais et un français d\u2019ex- tréme gauche.Le stage de journalisme à Dakar L\u2019Université où nous travaillions est une véritable merveille.Un immense campus, où chaque faculté occupe un pavillon séparé, de style différent, le tout entouré de jardins fleuris et de pelouses, à la manière des plus modernes universités californiennes.Quatre facultés fonctionnent déjà: mixte médecine-pharmacie, lettres, droit et sciences.Plus loin, des chantiers prometteurs d\u2019autres facultés.La cité universitaire, fraiche \u2018et coquette, est à l\u2019avenant: de quoi faire rêver les pauvres étudiants français qui s\u2019entassent dans les locaux sales et vieillots de la Sor- bonne.Tout cela est démesuré quand on pense que le Sénégal a une population d\u2019à peine trois millions, où domine la masse des 1llé- trés.L\u2019avenir de Dakar?Ce n\u2019est pas le commerce de la cacahuète qui va l\u2019assurer.Peut-être est-ce le destin de cette grande ville champignon de devenir la capitale intellectuelle de l\u2019Afrique francophone, attirant dans sa magnifique université des étudiants de tous les pays qui composaient autrefois l\u2019Afrique française.Un des administrateurs de l\u2019Université m\u2019a dit, le premier jour: \u201cDonnez-nous encore deux ans.Ils (les Sénégalais) vont nommer ici un recteur noir et alors, nous aurons, nous aussi.notre coup de pied là où vous savez\u201d.Pourquoi, je vous le demande.Lui, peut-être, ce monsieur, mais pourquoi l\u2019ensemble du corps professoral français, s\u2019il ne se fait pas le défenseur de positions politiques indéfendables dans l'Afrique neuve, et s\u2019il se borne à illuminer du flambeau de la culture française, admirée et aimée de tous, les ténèbres déjà moins épaisses de l\u2019Afrique.L'initiative de l'UNESCO, à laquelle j'ai pris part, était une amorce dans ce sens.Pour la première fois, dans une salle de la Faculté de Droit de Dakar, des étudiants de douze pays de l\u2019Afrique d'expression française étaient réunis.Comment vous regardaient- ils, ces jeunes Africains?\u2014 Etrange question qu\u2019on m\u2019a posée à diverses reprises depuis mon retour.Vous le dirai-je?Ils ont en horreur les bons blancs qui ont l\u2019air de se donner une mission auprès des pauvres noirs (nous a-t-on assez rabattu les oreilles avec ce mythe hypocrite?.) Tls n\u2019aiment pas non plus les blancs qui avouent avoir mauvaise conscience parce que leurs encêtres ont fait le trafic des esclaves et qui avouent candidement vouloir se racheter un peu en faisant quelque chose pour aider les noirs.Par contre, ils acceptent les hommes dont le coeur et la volonté n\u2019ont pas de couleur et qui sont prêts à travailler dans la (Lire la suite en page 4) Septième Année LETTRE DE JERUSALEM par MAURICE SAPORTA Le procès \u201cJuges d\u2019Israël, ici, devant vous, j'accuse Fichmann.Mais je ne suis pas seul.Six millions d\u2019accusateurs sont en ce moment avec moi, six millions qui ne peuvent pointer le doigt vers cette cage de verre et crier \u2018\u201cj\u2019accuse\u201d.Leurs cendres ont été éparpillées dans les champs d\u2019Auchwitz et de Tréblinka ou jetées dans les rivières de Pologne et leurs tombes sont dispersées à travers toute l\u2019Europe.Leur sang crie justice, mais leur voix ne peut se faire entendre.Il est donc de mon devoir de parler en leur nom.\u201d Après cinq séances consacrées à la lecture de l\u2019acte d\u2019accusation et aux questions de procédure, c\u2019est le réquisitoire le plus accablant de l\u2019histoire décrivant l\u2019un des crimes les plus monstrueux qui aient jamais été commis.L\u2019accusé est 1a dans une cage de verre, complet sombre, chemise d\u2019un blanc immaculé, cravate rayée, lunettes 2 grosse monture d\u2019écaille.Quelques minutes avant ouverture du procès, il était visiblement nerveux.tenant ses mains croisées sur ses genoux dans une attitude coupable, la tête légèrement penchée, n\u2019osant tourner le regard vers la salle du tribunal remplie de centaines de journalistes venus du monde entier, Mais à l\u2019énoncé de son nom, lorsque le Président du Tribunal lui a demandé de décliner son identité, il a retrouvé son assurance et sans un tremblement dans la voix, sans aucun signe d\u2019émotion nous l\u2019entendons dire \u201cJawohl.oui je suis Karl Adolf Eichman.\u201d Nous sommes tous dans cette salle à nous demander au cours de ces premières séances si c\u2019est bien cela que les initiateurs du procès ont voulu.Nous voici en effet enfoncés dans le dédale de la procédure.Le Dr.Servatius, défenseur d\u2019Eichman, pose la question de compétence.Le tribunal est-il habilité à juger Eichman?Les juges eux-mêmes ou des membres de leur famille ayant souffert des Nazis, comment pourraient-ils juger avec objestivité?Israël n\u2019existait pas du temps du ITIème Reich, il n\u2019a donc pas le droit de juger son client, etc.Le Tribunal, après avoir entendu les arguments irrévocables du Gouverneur-Général Guid\u2019one Hausner et s\u2019être consultés, se déclare compétent.Le procès commence maintenant.Et c\u2019est après le réquisitoire du Procureur Général, la longue litanie des dépositions de l\u2019accusation.Séance après séance nous voyons défiler à la barre des témoins, des rescapés de la tourmente, Chacun d\u2019eux raconte avec simplicité, sans haine, les horreurs qu\u2019il a vécues et les souffrances du peuple juif en Allemagne d\u2019abord puis en Autriche, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Belgique, en France, en Lithuanie, partout où la bête nazie avait décidé d'établir sa loi de brutalité, de crime, d\u2019injustice, de sang innocemment versé.Des noms terribles sonnent à nos oreilles: Auschwitz, Treblinka.Maidanek où par centaines de milliers les Juifs étaient affamés, torturés avant d\u2019être enfermés dans ces chambres à gaz dont l\u2019entrée s\u2019ornait d'une étoile de David.Les témoins racontent les scènes qu\u2019ils ont vécues comme ce massacre en masse de 10,000 enfants juifs que l\u2019on entassait dans les wagons de la mort au son de berceuses couvrant les cris effroyables des mères.Ou encore, l\u2019assassinat méthodique de ces Juifs qui, après avoir creusé leur propre tombe, devaient s\u2019y coucher la face contre terre pour faciliter le travail des bourreaux.Et dans toutes ces opérations de destruction, de la méthode, de 1a minutie.de l\u2019ordre et de l\u2019efficience, qualités bien allemandes.La révolte des ghettos, de la plus connue d\u2019entre elles \u2014 on ne peut dire la plus héroïque, car elles le furent toutes \u2014 la révolte du ghetto de Varsovie est racontée dans le détail par une survivante Madame Zvia Lubetkine, aujourd\u2019hui membre du Kibouts Lokhamé Hagué- taoth (combattants des ghettos).Après avoir brossé avec une précision toute historique un tableau de la vie au ghetto, des premiers jours de sa création jusqu\u2019à la révolte.Mme Lubetkine qui a parlé d\u2019une Voix neutre, avec calme, se rémé- morant toute cette tragédie, termine sa déposition par un souvenir qui ne la quitte plus.Le soir.(Lire la suite en page 3) 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF LES LIVRES Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Tel.: VIctor 4-8621 (local 293) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: NAIM KATTAN 1 4 \u201cAutorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère de postes, Ottawa.\u201d EDITORIAL LES DROITS DES MINORITES L'existence de minorités religieuses et culturelles a toujours posé dans tous les pays et dans les périodes les plus diverses de l\u2019histoire, des problèmes qui ne furent jamais complètement résolus.Le comportement de groupes majoritaires peut varier selon les circonstances.Dans les périodes de crise et d\u2019incertitude, certaines nations se libèrent de leur inquiétude aux dépens de groupes minoritaires qu\u2019elles transforment en boucs émissaires.Cependant, même dans les périodes plus calmes où une plus grande compréhension règne, les tensions ne disparaissent pas.Souvent on proclame bruyamment un esprit de tolérance pour camoufler de trop réels préjugés.Il est évident que le voisinage de deux groupes humains posera toujours un problème.Le plus qu\u2019on puisse espérer c\u2019est l\u2019établissement d\u2019un équilibre aussi harmonieux que possible.Un tel équilibre ne peut résulter que de la reconnaissance franche et claire de manières de voir et de vivre différentes sinon opposées.Souvent les majorités érigent en oppression la loi du nombre.Elles rendent intolérable la vie aux minorités et prévoient les étapes de leur disparition complète.Ainsi, une majorité peut arriver à édifier un conformisme sans faille.Mais il y a un autre genre de conformisme.C\u2019est celui qui englobe majorités et minorités dans un moule unique.L\u2019uniformité devient la règle générale.Au Canada, nous vivons depuis toujours avec ce problème et des générations de Canadiens ont constamment recherché, malaisément, avec conviction ou tout simplement obéissant aux lois de la vie, un équilibre qui ne peut jamais être complètement atteint.Entre la démission collective des majorités et des minorités et l\u2019oppression des minoritaires par les majoritaires, il y a toujours un moyen terme, c\u2019est celui du respect et de la reconnaissance de ses propres droits en même temps que des droits des autres.Dans l'édification d\u2019un tel équilibre, les rôles respectifs de la majorité et de la minorité sont d\u2019égale importance.La minorité rappelle à la majorité son droit à l\u2019existence.La tentation est toujours grande de la part des groupes majoritaires de consentir quelques concessions marginales à des groupes minoritaires à condition que ceux-ci admettent la loi de la majorité.Il est entendu qu\u2019en démocratie, la majorité règne.Mais cette majorité doit ou s\u2019efforcer d\u2019obtenir le consentement de la minorité ou admettre le droit de celle-ci à opposition.I] peut arriver que des groupes minoritaires exercent une pression constante sur la majorité.De là, l\u2019importance pour la majorité d\u2019assumer ses responsibilités.Ce sont des majorités qui n\u2019ont pas le courage et l\u2019énergie de défendre leurs convictions et leurs conceptions qui permettent à l\u2019apathie conformiste de s\u2019installer.Les majorités qui démissionnent et celles qui oppriment faussent le fonctionnement du régime démocratique.Dieu et son Juif, par François Fetjô, Editions Grasset, Paris.Voici un livre bien déroutant.C\u2019est un mélange de généralisations péremptoires et d\u2019un témoignages dont l\u2019accent personnel ne peut tromper.M.Fetjô s\u2019applique à décrie les rapports entre les juifs et Dieu.Ces rapports se placent au-delà de l\u2019antisémitisme.On est souvent tenté de lui demander de quels juifs il parle.Puis on s\u2019aperçoit que pour lui le Judaïsme est davantage une attitude philosophique qu\u2019une religion où la vie communautaire joue un rôle primordial.Pour Fetjô, cette religion se résume en une quête incessante de l\u2019absolu.Si l\u2019absolu ne peut être atteint que par l\u2019avènement des temps messianiques, le juif dont parle Fetjà ne peut jamais connaître le repos.Cela semble agacer fortement l\u2019auteur quoiqu\u2019une telle attitude exerce sur lui une fascination réelle.M.Fetjô emprunte à la Carte du Tendre toute une gamme de mots.Ainsi le juif selon lui éprouve pour Dieu un amour jaloux.Si on veut utiliser le même vocabulaire que l\u2019auteur, on peut dire que son livre est l'expression d\u2019un dépit amoureux.Deux innocents en Chine Rouge, par Jacques Hébert et Pierre E.Trudeau, Les Editions de l\u2019Homme, Montréal.Avant de juger l\u2019expérience communiste en Chine, il faut la voir de près.Voilà, sans doute, la seule idée préalable qui a présidé au voyage d\u2019étude effectué par Jacques Hébert et Pierre E.Trudeau en Chine.A leur arrivée dans cet immense pays, ils étaient prêts à se laisser convaincre par le côté positif du régime mais ils pouvaient aussi voir ce que ce régime pouvait présenter de négatif.On voulait leur montrer des usines mais eux aimalent aussi se promener seuls, le soir, dans les rues des villes inconnues.Leur livre est d\u2019une grande honnêteté et nous présente fidèlement ce pays gigantesque tel qu\u2019ils l\u2019ont vu.Malgré les fatigues du voyage, ils ont poursuivi leur périple avec entrain.Des pointes d'humour percent dans ce livre où abondent les observations de caractère éminemment sérieux.Le lecteur ferme le livre partagé entre l\u2019admiration que suscitent cette énergie et ce dynamisme énormes et une certaine frayeur que peuvent provoquer les dimensions hallucinantes d\u2019une expérience dont un quart de l\u2019humanité cueille les fruits mais dont il fait aussi les frais.Mai, 1961 La Dualité Canadienne - Canadian Dualism, Presses Universitaires Laval, University of Toronto Press.Ce livre volumineux est le fruit d\u2019un travail considérable ébauché voici plusieurs années par deux professeurs dont la compétence et l\u2019honnêteté intellectuelle sont incontestables: M.Jean-Charles Fa- lardeau et M.Mason Wade.On connait ce dernier pour son oeuvre monumentale, puisqu'elle comporte plus de mille pages, \u201cThe French Canadians\u201d ou il retrace l\u2019histoire des canadiens-français.M.Wade est lui-même américain et enseigne à l\u2019Université de Rochester.Avec la collaboration de M.Jean-Charles Falardeau, professeur à la faculté des sciences sociales de l\u2019Université Laval, il a invité un nombre considérable de professeurs de toutes les provinces canadiennes à étudier les différents aspects de cette dualité canadienne.Tous ont adopté un ton de franchise et leur vaste travail abonde en renseignements.Certes, on s\u2019attend à ce que ces professeurs soient objectifs.Ils le sont bien sûr mais ceci ne les empé- chent pas, le cas échéant, d\u2019avoir des convictions personnelles et profondes et de les exprimer.Ainsi, les questions religieuses qu\u2019on n\u2019aborde rarement de front au Canada de crainte, sans doute, de provoquer des controverses inutiles, sont étudiées dans ce livre avec pondération mais aussi, ouvertement Le professeur Kirkconnell, président de l\u2019Université Acadia, expose le point de vue des protestants canadiens face au catholicisme.Le Père Régis, doyen de la faculté de philosophie à l\u2019Université de Montréal, écrit, lui, sur la religion et la philosophie du Canada français.Il n\u2019y a pas là, à pro- proment parler, un dialogue mais deux points de vue franchement et honnêtement exposés et dont la juxtaposition peut aboutir au dialogue.Le ton serein n'empêche ni l\u2019un ni l\u2019autre des professeurs d\u2019avoir des opinions personnelles.Les autres collaborateurs de cet ouvrage abordent d'autres aspects du problème de la dualité canadiennes; aspect juridique, aspect démographique, économique, social.On peut regretter, sans doute, qu\u2019on ne se soit pas occupé dans ce livre de l\u2019aspect proprement culturel de cette dualité.Ce n\u2019est pas là une omission involontaire car MM.Falardeau et Wade ont consciemment limité leur enquête.De toute façon, on peut dire que ce livre peut fournir un élément essentiel à une étude ultérieure sur les aspects culturels de cette dualité.Il y aurait deux remarques à faire sur ce livre.D\u2019abord, les essais qui y sont publiés et qui % Mai, 1961 datent parfois de deux, trois ou quatre ans, nécessitent certaines additions ou mises au point.On mesure, en lisant ce livre, la rapidité des changements qui s\u2019opèrent dans notre pays dans les domaines les plus divers.La seconde remarque est à l\u2019avantage des auteurs du livre.En effet, ils pratiquent ce qu\u2019ils prêchent et cet ouvrage sur la dualité canadienne est bilingue dans le meilleur sens du mot.Les Canadiens de langue française utilisent leur propre langue pour s\u2019exprimer et ceux de langue anglaise écrivent eux aussi dans leur langue natale.Autrement dit, ceux qui veulent lire le livre doivent connaître les deux langues et c\u2019est très bien ainsi car pour que la dualité se transforme en véritable dialogue 1l faut que chaque groupe puisse garder ses caractéristiques et en premier lieu parler sa langue.* * * Le Consulat Général d\u2019Allemagne nous a fait parvenir un très beau livre: Israël - Pays de l\u2019Espérance.Le texte est de Kurt Schubert.C\u2019est une histoire du sionisme et de l\u2019Etat d\u2019Israël.La partie illustrée est due au photographe Rolf Vogel.Le livre est publié par Schwabenverlag \u2014 Stuttgart.Traduction française de François Eberlin.This is the Holy Land \u2014 Hawthorn Books, Inc.New York.Mer.Fulton Sheen vient de faire un pèlerinage en Terre Sainte.Le photographe canadien de réputation mondiale, Yousuf Karsh, l\u2019a accompagné.Le texte de Mgr.Sheen et surtout les photos de Karsh représentent une excellente introduction qui prépare à un pèlerinage à la terre de naissance du christianisme.La Mort Attendra.par André Malavoy, Les Editions de l'Homme, Montréal.M.André Malavoy a joué un rôle actif dans la résistance en France.Arrêté par les Allemands, il a passé plusieurs années dans des prisons et des camps de concentration.Il nous raconte dans ce petit livre émouvant les affres de la solitude, de la faim, de la souffrance.Il a su résister grace a sa foi religieuse, à son attachement à une grande culture et à son esprit patriotique.André Malavoy ne parle pas d\u2019héroisme.11 a la modestie des véritables hommes de courage qui suivent la voix de leur conscience pour accomplir leur devoir.Leur héroisme est fait de petits gestes quotidiens et de tena- cité.André Malavov nous rappelle, après tant d\u2019autres, ce que fut la persécution nazie qui s\u2019est abattue sur l\u2019Europe.Si les nazis s\u2019acharnaient sur les Juifs, leurs ennemis et leurs victimes n\u2019étaient pas tous des Juifs: ils apparte- BULLETIN DU CERCLE JUIF LA FORMATION DES PREJUGES CHEZ L\u2019ENFANT a Réunion d\u2019experts à l\u2019Institut de l\u2019Unesco pour la Jeunesse L'influence des normes sociales dominantes sur les préjugés racistes et autres vient d\u2019être mise en évidence par un groupe de sociologues qui s\u2019est réuni récemment à l\u2019Institut de l\u2019Unesco pour la jeunesse, situé à Gauting, près de Munich.Au cours de leur discussions ces spécialistes, venus de huit pays d\u2019Europe (République fédérale d\u2019Allemagne, Autriche, Finlande, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas et Pologne) et des Etats- Unis d\u2019Amérique, ont analysé sous divers angles la nature de la discrimination et des préjugés qui s\u2019y rattachent.Ils se sont trouvés d\u2019accord notamment pour souligner que les préjugés sont toujours acquis et que, si les facteurs psychologiques ont leur importance, tout comme les influences qui s\u2019exercent dès les premières années de la vie, les individus ont tendance à se conformer aux attitudes acceptées ou conseillées par la majorité.Ainsi les experts ont-il noté l\u2019influence de l\u2019attitude officielle de l\u2019Etat, du climat général de l\u2019opi- mon publique, du comportement de la presse, des dirigeants, de l\u2019école et autres institutions.Ils ont souligné surtout le rôle de l\u2019école dans la lutte contre la discrimination, ainsi que l\u2019importance de la formation des maîtres, qui doivent notamment apprendre les techniques destinées à combattre les préjugés et à encourager l\u2019impartialité et la tolérance.La réunion de Gauting demande donc à l\u2019Unesco de procéder à une enquête sociologique portant sur plusieurs pays, enquête destinés à servir de base à des études plus approfondies sur la nature des préjugés et des attitudes partisanes.La direction de ce projet serait confiée au Professeur Melvin M.Tumin (Etats-Unis), du Départ- ment de sociologie et d\u2019anthropologie de l\u2019Université de Princeton, spécialiste des recherches sur la discrimination raciale en Amérique.La réunion a également recommandé la création d\u2019un Centre d\u2019information de l\u2019Unesco sur les préjugés intergroupes.Cet organisme pourrait, dans l\u2019avenir, établir une bibliothèque de recherche et de documentation pédagogique, centraliser les rapports sur les cas de préjugés dans l\u2019enseignement et envover des équipes de démonstration dans différents pays afin d\u2019aider les écoles, et en particulier les écoles normales, à élaborer leurs programmes concernant les préjugés.Lettre de Jérusalem.(Suite de la page 1) dans ce ghetto plongé dans la terreur et le silence, le plus terrible à supporter n\u2019était pas la famine, mais les cris des enfants demandant \u201cun petit morceau de pain\u201d sans que personne n\u2019ait à leur donner ce petit morceau de pain.L\u2019organisateur diabolique de cette immense misère, de cet in- commesurable malheur, est là qui écoute, attentif, serrant les écouteurs de ses deux mains pour mieux entendre la traduction allemande des dépositions.La défense veut prouver qu\u2019Eichman n\u2019était qu\u2019un simple exécutant obéissant aux ordres de ses supérieurs.mais le Procureur de l\u2019Etat présente document sur document, des lettres, des ordres portant la signature d\u2019Eichman, des photocopies, des dépositions recueillies à l\u2019étranger qui pèseront lourdement dans le verdict du tribunal.Nous sommes à la 33ième séance et la déposition des témoins de l\u2019accusation n\u2019est pas encore terminée.Le Dr.Servatius a exprimé le désir d\u2019emmener ses témoins en naient à l\u2019immense masse d\u2019hommes libres qui, face à l\u2019oppression, élevaient leurs voix et qui dans les heures les plus sombres ne songeaient jamais à se résigner et à démissionner.Israël, tous Nazis notoires, encore en vie et qui ne se cachent nullement.Il s\u2019agit entre autres du commandant du camp de Tréblin- ka.Kurt Franz, dont le chien spécialement dressé ne lâchait ses victimes qu\u2019après les avoir complètement déchiquetées, Le Procureur a informé le Tribunal que toute personne ç énétrant en Israël et coupable de crime, selon la loi sur les criminels nazis et leurs aides, serait arrétée et traduite en justice.Leurs témoignages seront donc recueillis à l\u2019étranger.Maintenant seulement, tous le Israéliens sans exception, comprennent le sens et l\u2019importance du procès, Que le monde apprenne ce qu\u2019il a ignoré ou qu\u2019il a vite oublié sur la tragédie juive est déjà un résultat appréciable.Mais 11 fallait aussi faire comprendre à la jeune génération israélienne, aux Sabras nés dans le pays, comment leurs pères et leurs ainés ont souffert et lutté avec héroisme et ne sont pas partout allés à la mort avec la passivité docile d\u2019un troupeau qu\u2019on mène à l\u2019abattoir, Anatole France en hébreu Il est fort probable que les oeuvres d\u2019Anatole France soient considérées comme un peu vieillottes dans le pays où elles sont nées.Par contre, elles trouvent ici une assez large audience surtout parmi les lecteurs des kiboutzim.LE THEATRE La Folle Nuit, de MM.Félix Gandera et Mouezy-Eon, à la Poudriére.La saison d\u2019été commence bien au théâtre de la Poudrière.Voici une pièce sans prétention.Des situations inattendues, parfois équivoques, des mots d\u2019esprit, des phrases a double sens.Tous ces éléments sont mis à contribution pour nous faire rire.Tl faut dire que la mise en scène d\u2019Eric Gut- tinguer fait ressortir toutes les ressources comiques de cette pièce.Louise Marleau, ravissante et pleine de fraicheur, fait ses débuts à la scène.Elle est entourée de comédiens qui s\u2019amusent et nous amusent: Robert Gadouas, Elizabeth Chouvalidzé, Marcel Gabay etc.La Brune que voilà, comédie de Robert Lamoureux, par le Rideau Vert, au Théâtre Stella.Le Rideau Vert nous offre un autre succès du répertoire du boulevard.Le rôle principal a été con- cu par l\u2019auteur pour lui-même.On imagine Lamoureux surnommé le roi des camelots, faire son numéro de chansonnier en vendant une voiture par téléphone.Il faut dire qu\u2019il rend ses clients suffisamment naifs pour qu\u2019il puisse les faire marcher.Mais ce camelot est aussi un homme couvert de femmes qui.cependant, ne lui apportent que des ennuis.Gérard Poirier ne donne peut-être pas à ce personnage toute sa couleur.Parmi les jolies filles qui l\u2019entourent: Lise LaSalle, Louise Latraverse .Lucie de Vienne joue le rôle d\u2019une bonne marseillaise et François Cartier celui de l\u2019ami fidèle.C\u2019est Yvette Brind\u2019Amour qui a fait la mise en scène.La Maison d\u2019édition \u201cAm Oved\u201d dirigée par Monsieur Moché Shar- ret vient de sortir dans sa série de livres de poche, le célèbre ouvrage \u201cla Rôtisserie de la Reine Pédau- que\u201d dans une traduction de Haim Abrévaya.Le traducteur nourri de culture française a dépà traduit plusieurs oeuvres de la littérature française en hébreuu Tl nous donne ici, une image fidéle du style d\u2019Anatole France et on à plaisir à retrouver toute l'atmosphère de l\u2019oeuvre dans une langue assez peu faite pour en être l\u2019inter-prète.La Rétisserie de la Reine Pédauque, s\u2019ajoute ainsi à deux autres oeuvres d\u2019Anatole France que le lecteur hébraique à sa disposition : \u201cL\u2019Ile des Pingouins\u201d et \u201cLes Dieux ont soif\u201d. 4 \u201cDepuis Joyce, depuis les grands Faulkner, rien d\u2019aussi important, rien qui aille plus loin et plus profond ne nous a été offert par la littérature étrangère que le roman de Malcolm Lowry: \u201cAu-dessous du Volcan\u201d est l\u2019un des rares livres que notre temps imposera à l\u2019avenir et je plains ceux qui ne sauront pas le reconnaître\u201d.Voilà comment le critique fran- cais, Max-Paul Fouchet parle de Malcolm Lowry.Or, cet écrivain fut un Canadien d\u2019adoption.Né en Angleterre, Lowry a beaucoup voyagé, avant de venir s\u2019installer à Dollarton, petit village de pêcheurs de la Colombie Britannique, situé à dix miles de Vancouver.Le roman de Lowry parut pour la première fois aux Etats-Unis et en Angleterre, en 1947.11 fut publié en France 3 ans plus tard.\u201cAu- dessous du Volcan\u201d fut salué par la critique française comme l\u2019un des grands évènements littéraires de l\u2019époque.Il y a 3 ans, Lowry mourait à 47 ans.Nul doute, c\u2019est au Canada que Lowry a écrit son célèbre roman, le seul qui soit publié.Il reste malheureusement presque inconnu ici.Et ce Canadien d\u2019adoption, qui aurait pu être l\u2019honneur de la littérature canadienne anglaise, est surtout connu aux Etats-Unis et en France.Et c\u2019est en France même qu\u2019on célèbre sa mémoire.Il y a quelques semaines, la revue parisienne, \u201cLes Lettres Nouvelles\u201d, publia un numéro spécial consacré à Lowry.On y trouve des nouvelles et des poèmes inédits de cet écrivain, ainsi que plusieurs études consacrées à son oeuvre.À Dollarton, où il s\u2019est installé, il habita une petite maison qu\u2019il avait lui-même construite.C\u2019est, dit-il à sa traductrice française, Clarisse Fran- cillon, en parlant de ce village canadien, \u201cC\u2019est le plus beau pays du monde, oui, le plus beau.\u201d Là, dans cette maison, lui et sa femme s\u2019éclairaient au pétrole et tiraient l\u2019eau d\u2019un puits.Cependant, on ne peut pas dire que Lowry ait aimé Vancouver.Il s\u2019en faut.Voici ce qu\u2019il en dit dans une lettre adressée à Clarisse Francillon : \u201cVancouver est un nauséabond trou plein de mouchards, crimes, policiers, mauvaises maniéres, ennui, hypocrisie, hoteliers indicateurs, répressions, mensonges et brutalité.Je le déteste autant que l'enfer lui-même.Et, parfois, je déteste aussi les Canadiens, du moins leurs autorités médisantes.La Genève calviniste et l\u2019Angleterre royaliste eussent paru de joyeux endroits, comparés à celui- ci, où il est interdit d\u2019annoncer un concert symphonique du dimanche.Pourtant, ils emploient encore le supplice du fouet et condamnent des enfants de 15 ans à la pendaison pour viol, comme c\u2019est arrivé dernièrement.\u201d MALCOLM BULLETIN DU CERCLE JUIF LOWRY Il faut ajouter, à la décharge de Vancouver, que Lowry s\u2019adaptait très mal aux villes où il habitait.En tous cas, on n\u2019a pas l\u2019impression qu'on lui en veut trop pour cela à Vancouver.En effet, dans le dernier numéro de la revue \u201cCanadian Litterature\u201d, publiée justement à Vancouver, le directeur de la revue George Woodcock regrette que cet écrivain soit aussi peu connu au Canada.Il ajoute que le meilleure hommage que le Canada pourrait rendre à Lowry serait la publication d\u2019un roman qu\u2019il a terminé avant sa mort et qui est encore inédit.Le roman de Lowry \u201cAu-dessous du Volcan\u201d est d\u2019une lecture extrêmement difficile.Le critique français Maurice Nadeau, souligne qu\u2019on n\u2019y entre pas comme dans un moulin et que, comme toutes grandes oeuvres, \u201cAu-dessous du Volcan\u201d exige des lecteurs qui la méritent.Il y faut peut-être même une certaine initiation, que suffit parfois à donner une première lecture.Aux lectures suivantes, le monde de Lowry apparaît dans sa richesse et sa profondeur.\u201d On ne peut que souhaiter que les Canadiens se décident eux aussi, à pénétrer dans ce monde riche de Lowry.l\u2019Afrique .(Suite de la page 1) jungle pour le progrès de l\u2019humanité tout court.Ils sont rau- gués de se faire dire qu\u2019on les déteste à cause de leur couleur ou qu\u2019on les aime malgré leur couleur.\u201cVous savez, moi, j'ai de bons amis parmi les noirs\u2026\u201d.C\u2019est subtil, mais cela signifie nettement : \u201cBien qu\u2019ils soient noirs, moi qui suis bon et généreux, je les aime quand même\u201d.Et cela les insulte.Ce qu\u2019ils veulent, et combien 1ls ont raison, c\u2019est que cette question de pigmentation disparaisse à jamais de la conscience et de la subconscience des hommes et que désormais on juge chacun selon ses qualités de coeur et d\u2019esprit.Il y a des hommes, il v a des femmes, il v a des enfants: un point, c\u2019est tout.Faut-il ajouter que, tel étant la mentalité de l'UNESCO, ses chargés de mission jouissent d\u2019un préjugé favorable qu\u2019il ne tient qu\u2019à eux de ne pas démolir.Peut-être est-il indiqué ici de noter la réaction unanime de mes stagiaires au cours d\u2019une discussion faisant suite à un discours du président du Sénégal.Dans une brilliante improvisation, M.Léo- pold Senghor, avait développé un thème qui lui est cher: la négritude.\u201cNous n\u2019aliénerons jamais notre négritude\u201d.À ma grande surprise, ils ont tenu à peu près ce langage: \u201cLa négritude est peut- être un thème poétique, mais ce n\u2019est pas un thème politique.Ie problème n\u2019est pas que nous soyons des hommes noirs, mais que nous soyons des hommes en retard sur le reste de l\u2019humanité.On ne rè- glera rien en mettant l\u2019accent sur la négritude.La sous-alimentation, les taudis, l\u2019analphabétisme, le chômage, l'exploitation sociale, le retard économique, voilà nos problèmes et ces problèmes appellent les mêmes solutions que dans n'importe quelle autre région du monde.\u201d Et les plus audacieux ajoutaient : \u201cLa négritude, c\u2019est un mythe flatteur, ce ne sera jamais la base d\u2019une politique de progrès\u201d.Et remarquez que je ne dis pas cela pour critiquer de quelque fa- gon que ce soit le remarquable chef d\u2019Etat qui a prononcé ces paroles, mais uniquement pour souligner le fait que, d\u2019après mes constatations, le nationalisme des jeunes Africains n\u2019est pas du tout anti-blanc.\u201cNous ne sommes pas anti-blancs, ni anti-français, nous sommes anti- domination\u201d, aimait à répéter un de mes jeunes amis.Quelles étaient leurs préoceu- pations à ces jeunes Africains?Dans tous les pays d\u2019Afrique francophone avec lesquels j'ai été en contact par l'intermédiaire de mes jeunes stagiaires, l\u2019opinion publique semble sensibilisée à l\u2019extrême par tous les grands problèmes africains: Algérie, Congo, Afrique du Sud et apartheid au premier chef.Le jour de la mort de Lumumba dans les circonstances tragiques que l\u2019on sait, au grand étonnement des autorités, tous les étudiants de l\u2019Université de Dakar sont descendus dans la rue pour protester.Nos stagiaires aussi.On sentait que pour eux, cet homme, malgré ses erreurs et ses fautes, représentait le nationalisme africain à l\u2019état pur, sans compromis, presque à l\u2019état de désespoir.Afrique nouvelle, hebdomadaire catholique, rendait le même son de cloche.Ft pendant que le gouvernement du Sénégal réprimandait les étudiants pour avoir organisé une manifestation, le président du Sénégal, se trouvant à Accra, chez Monsieur N\u2019krumah, s\u2019inclinait devant l\u2019image de Lumumba, en compagnie de son collègue Ghanéen.Ceci n\u2019est jas une approbation globale de Lumumba, c\u2019est la constatation d\u2019un fait.Le Congo les fait souffrir, parce qu\u2019il permet aux racistes de dire: Voyez ce qui arrive quand on laisse les noirs se gouverner.Ils savent que ces erreurs étaient inévitables et ils savent que dans les autres pays nouvellement indépendants, les choses se passent autrement.Algérie: et Afrique du Sud: aux deux extrémités du continent, se prolonge une injustice qui leur fait mal.L\u2019apartheid, c\u2019est la suprême humiliation, celle qui laisse prévoir une terrible hécatombe de blancs dans le sud de l\u2019Afrique si les blancs n\u2019ont pas l\u2019intelligence de laisser les noirs s'asseoir sur les Mai, 1961 mêmes bancs qu\u2019eux.Remarquez que c\u2019est moi qui le dis, les Noirs, au contraire, ils sont d\u2019une infinie patience.On la bien vu au procès qui vient de se terminer à Joannes- burg (130 inculpés qui se sont dressés contre la tyrannie).Les Journalistes ont remarqué que ces hommes parlaient sans exaltation des droits de l\u2019homme, de ses libertés fondamentales (\u201cNous y mettrons le temps, mais nous finirons par avoir raison .Nous ne voulons opprimer personne .Comment imaginer que nous puissions substituer un racisme à un autre dont nous avons tant souffert, une dictature noire à une dictature blanche?Nous ne sommes pas des racistes.Un premier ministre blanc?pourquoi pas s\u2019il est compétent et honnête.\u201d ) C\u2019est à vous faire monter le rouge au front .Il n\u2019est pas trop tard.Les Etats-Unis d\u2019Afrique Unafrica, le Trait d\u2019Union.Umité de l\u2019Afrique, Afrique unie.le croira-t-on, ce sont les titres que nos stagiaires donnaient spontanément aux petits journaux que nous leur faisions faire.Ils ont la hantise des Etats-Unis d\u2019Afrique.Je peux me tromper lourdement, mais je croix que tel est l\u2019avenir de l\u2019Afrique.Les fédérations éclatent l\u2019une après l\u2019autre, mais inévitablement on tend à en former d\u2019autres.Un obstacle: la tribu Détribaliser l\u2019Afrique, un de nos grands problèmes, me confiait un homme politique africain.Ce problème s\u2019est posé à toute civilisation dès qu\u2019elle a constaté qu\u2019il n\u2019y avait plus de progrès possible par la tribu.Rome a commencé par détribaliser la Gaulle.Les tribus faussent le jeu des partis politiques.L'expérience de Sékou Touré en Guinée polarise l\u2019attention de tous les pays francophones d\u2019Afrique.La jeunesse ailleurs ne se sent pas pleinement indépendante.Ces garcons bouillants, traversent une époque prodigieuse où tout autour du globe des jeunes comme eux se somt battus pour arracher à un oppresseur la libération de leur lopin de terre traditionnel.Ils sont frustrés de n\u2019avoir pas eu leur révolution, un peu sanglante.Cependant, comme le reste du tiers- monde, je crois qu\u2019ils y vont, inévitablement aussi, vers le neutralisme positif.Tout dépend de la formule la plus efficace.Si, dans 20 ans, la Guinée et le Ghana ont distancé leurs voisins, leurs voisins les imiteront.Et c\u2019est alors qu\u2019il y aura les Etats-Unis d\u2019Afrique.Que sera \"Afrique de demain?Que fera-t-elle de sa liberté et de son indépendance?Nul ne le sait exactement.Ce qui est certain, et ce à quoi nous devons être préparés, c\u2019est qu\u2019elle inventera ses propres solutions aux problèmes qui sont les siens."]
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