Bulletin du Cercle juif /, 1 juillet 1964, Juillet - Août
[" Bibliotheque St.Sulpice, 1700, rue St.Denis, Montreal, P.Q.ulletin du CERC LE {etal 148812 se, JUIF Montréal, Juillet-Août 1964 No.95 Dixième Année L\u2019EGLISE ET LA SYNAGOGUE (Suite et fin) Grande enquête du Bulletin du Cercle Juif Le Bulletin du Cercle Juif a mené, au cours des derniers mois, une grande enquête sur les relations entre l\u2019Eglise et la Synagogue.Des personnalités canadiennes de toutes confessions ont répondu aux questions que nous leur avions adressées.Nous arrivons aujourd\u2019hui au terme de cette enquête, M.Saul Hayes, CR, Vice-président et directeur-général du Congrés juif canadien, ne répond pas précisément a nos questions mais donne un commentaire de caractére général sur les rapports entre l\u2019Eglise et la Synagogue à la lumière des évènements de ces dernier mois: Le Vatican a rarement captivé Pimagination du monde juif au cours de la longue histoire du catholicisme comme il l\u2019a fait durant les trois dernières années.L'action entreprise par le Pape Jean X XIII et la mission qu\u2019il a léguée à son successeur, le Pape Paul VI, ont suscité une grande émotion dans le monde juif.Le Pape Jean XXIII jouissait d\u2019une vision historique, d\u2019une qualité rare qui a exercé une profonde influence sur son action.Il a su percevoir le caractère du monde actuel dominé par la machine et entraîné dans un vaste mouvement de changement.Dans de telles conditions, la civilisation occidentale et chrétienne ne peut plus dominer le monde et le catholicisme doit faire face à de nouvelles forces tels que le communisme et l\u2019athéisme.Les jeunes nations qui ont accédé, ces dernières années, à l\u2019indépendance, n\u2019ont connu du christianisme que les écoles, les hôpitaux et les chapelles établis par les missionnaires.Le Pape Jean XXIII, conscient des forces en jeu, a réuni les chefs de l\u2019Eglise au Concile oecuménique.Le Pape Paul VI a poursuivi l\u2019oeuvre commencée par son prédécesseur.La troisième session du Concile est d\u2019un intérêt particulier pour les Juifs puisqu'il est question de modifier des attitudes traditionnelles qui ont permis les ravages de l\u2019antisémitisme.T1 ne faut cependant pas croire que la condamnation officielle de l\u2019antisémitisme par l\u2019Église mettra fin automatiquement aux effets de cette maladie séculaire.Notre réserve à l\u2019égard des cris de victoire et des effusions émotives auxquels nous avons assisté ces derniers temps dans certains milieux juifs ne doit pas nous amener, comme ce fut le cas de certains éléments dans notre communauté, à interpréter les efforts de l\u2019Eglise de reconnaître certaines injustices du passé comme une intention de conversion.Notre attachement aux valeurs juives doit, au contraire, nous inciter à réagir favorablement face à certaines réalités du monde moderne.Nous devons avoir la sagesse d\u2019examiner les changements qui interviennent dans le monde actuel et saisir toutes les occasions pour changer favorablement le cours de l\u2019histoire.Si la papauté modifie fondamentalement certaines de ses attitudes sous la pression de forces qu\u2019elle ne contrôle pas, la communauté juive commettrait une grande erreur envers la génération présente et envers les générations futures si elle ne comprenait pas ces changements et si, les comprenant, elle n\u2019agissait pas en conséquence.Tout en respectant notre passé nous pouvons, dans la dignité, applaudir toutes les âmes nobles qui veulent insuffler dans l\u2019Eglise catholique l\u2019esprit de changement dans l\u2019espoir que l\u2019avenir sera dif- férent et que cet antagonisme envers les Juifs, qui a duré tant de siècles, sera définitivement effacé.Le Prof, Perry Meyer nommé au Conseil de l\u2019Education Le Ministre de l'Education, l\u2019Honorable Paul Gérin-Lajoie, a annoncé la nomination de M.Perry Meyer, professeur à la Faculté de Droit de l\u2019Université McGill comme membre du Conseil Supérieur de l\u2019Education.Le professeur Meyer est vice-président du Comité exécutif du Cercle Juif.Nous lui présentons nos plus chaleureuses félicitations.MELANGES Les chanteurs du Québec remportent un grand succès en Israël Pour la première fois, cette année, le Canada a participé à l\u2019Assemblée Mondiale des chorales tenue à Jérusalem.C\u2019est un ensemble choral choisi dans toutes les parties de la province de Québec qui représentait notre pays.Le groupe, sélectionné par les Jeunesses Musicales du Canada, adopta le nom des Chanteurs du Québec.M.Fernand Gratton dirigeait cette chorale.En plus de leur participation à l\u2019Assemblée mondiale, les Chanteurs du Québec ont donné des récitals dans des kibboutz, des parcs publics, dans plusieurs villes et villages d'Israël.Partout on leur a réservé un accueil enthousiaste.La presse aussi bien que le public ne leur ont pas ménagé leurs louanges.La participation canadienne a été rendue possible grâce à l\u2019aide du ministère des Affaires culturelles du Québec qui a délégué, à cet effet, comme représentant, le chef d'orchestre M.Wilfrid Pelletier.La tournée de cette chorale canadienne a été organisée avec le concours des Amitiés culturelles Canada français-Israël et du Conseil de la musique juive du Congrès Canadien Juif.Monument à la mémoire des victimes du nazisme La Société des Amis de France et de Belgique inaugurera, le 13 septembre prochain, un monument élevé à la mémoire des victimes de la barbarie nazie.Cette cérémome aura lieu sur le terrain de son c- .metière à Duvernay.De hautes personnalités prendront la parole: M.le Consul Général de France; M.le Consul Général de Belgique; M.le Consul Général d'Israël; Un représentant du Congrès juif; Un représentant des déportés, et diverses autres personnalités.Le cortège se formera au Centre d'Achat Wilderton, et partira à dix heures précises.Vous êtes tous invités à cet évènement.Des autobus seront mis à votre disposition.Vue catholique sur le judaisme \u201cThe Jews and Ourselves\u201d est une revue trimestrielle, publiée à Paris en langue anglaise, et comprend des études sur le Judaïsme, les rapports des Juifs et des Chrétiens, des nouvelles, ainsi qu\u2019une chronique des livres qui traitent du judaisme et de ses rapports avec le christianisme.La revue est d\u2019une haute tenue intellectuelle et constitue un excellent instrument de travail pour les Juifs et les Chrétiens qui veulent mieux se connaître.Prix littéraire de la Pièce Juive Le Bureau J Animation et de Coordination des Centres Communautaires, le Department culturel de l\u2019agence juive, le Service \u201cCommunauté\u201d et le Théâtre juif d'expression française organisent un concours d'art dramatique, ouvert à tous les auteurs de langue française.Il est doté d\u2019un prix de 1,000 francs qui peut être divisi- e.Ce concours a pour but de susciter et si possible de révéler des auteurs de pièces juives.La pièce doit être inédite, n'avoir jamais été portée à la scène, ni avoir fait l\u2019objet d\u2019une diffusion à la radio ou à la télévision.Toutes les formes d'art dramatique peuvent concourir: tragédie, comédie, vaudeville, etc.Mais l'ouvrage devra obligatoirement être marqué d\u2019un caractère juif ou d\u2019une inspiration biblique ou sioniste.Le texte ne devra pas dépasser 90 minutes de représentation pour une pièce en trois actes et 30 minutes pour une pièce en un acte.En outre, le département culturel de l\u2019agence juive offre un prix (Suite à la page 2) 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 ouest, rue Sherbrooke, Montréal Tel.: VIctor 4-8621 (local 293) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: NAIM KATTAN \u201cLe Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.\u201d EDITORIAL OBJECTIVITE ET LIBERTE D\u2019OPINION Le Ministre fédéral des Postes a déclaré récemment, à la Chambre des Communes, que les fonctionnaires de son ministère s\u2019emploient à intercepter et à interdire la diffusion des publications racistes et antisémites qui proviennent en grande partie des Etats-Unis et qui utilisent les services postaux pour propager la haine.Sur tout un autre plan et à un autre niveau, les journalistes à l\u2019emploi du quotidien La Presse sont en conflit avec l\u2019administration de leur journal et luttent pour sauvegarder leur droit d\u2019exprimer leurs opinions.Voilà les deux points extrêmes qui circonscrivent le débat concernant la liberté de presse et d\u2019opinion.On reproche souvent aux journalistes de manquer d\u2019objectivité.Rien de plus difficile que de définir le sens exact de ce mot.Souvent on conclut hâtivement, nous semble-t-il, que l\u2019objectivité est le respect des faits et qu\u2019une ligne de démarcation doit permettre au lecteur de distinguer ce qui est l\u2019énoncé exact d\u2019un fait de ce qui est commentaire, réflexion ou opinion.Ce débat n\u2019a rien de neuf en Amérique du Nord.Il se poursuit chez nos voisins depuis de longues années.Dans son livre, Science, the glorious entertainment, l\u2019un des intellectuels américains les plus respectés, Jacques Barzun, estime que le \u201cculte du fait\u201d n\u2019est souvent qu\u2019une manière détournée d\u2019exprimer la peur des idées.On prétend convaincre non pas en mettant en oeuvre les ressources de pensée, de jugement et de logique mais par un affichage de faits bruts.Or, on peut manipuler la présentation des faits à un point tel que toute prétention d\u2019objectivité apparaîtrait comme une plaisanterie.L'absence d\u2019opinion devient alors une atteinte réelle à l\u2019objectivité.Si on réclame l\u2019honnêteté la plus grande dans la présentation d\u2019une nouvelle, il faut demander avec non moins d\u2019insistance que cette nouvelle soit située, commentée et qu\u2019un journal porte un jugement et exprime des opinions aussi bien sur les événements que sur les hommes engagés dans la vie publique.L\u2019expression libre des opinions est indispensable pour le fonctionnement de toute démocratie.Il est normal que, parmi ceux qui émettent des opinions, il se trouve des hommes engagés dans l\u2019action.Du reste, l\u2019appel à l\u2019action donne sa mesure et sa démocratie.Il existe cependant une différence entre une campagne d\u2019opinion, une prise de position idéologique et Un appel au crime.La propagande haineuse des racistes et des antisémites ressortit à l\u2019acte criminel et non point à la libre expression de l\u2019opinion.Il est nécessaire de faire cette distinction car ceux qui posent de tels gestes s\u2019efforcent toujours de se cacher sous le masque de la liberté d\u2019expression.Mélanges ve.Les auteurs devront faire parve- (Suite de la page 1) nir leur ouvrage, si possible en trois exemplaires dactylographiés, de 500 francs, également divisible avant le 15 octobre 1964, à minuit, sur décision du jury pour une à: pièce d'inspiration sioniste ou israélienne, ou une adaptation de pièce israélienne.Le jury sera composé de personnalités du monde des arts, du théâtre et de slettres et proclamera les résultats à partir du 15 décembre 1964.Monsieur Gilbert CHIKLY, Directeur du Théâtre Juif d\u2019expression française, \u2014 4, rue de Turin, Montmorency (Seine et Oise) qui adressera également sur demande le réglement du concours.Les manuscrits ne devront pas porter de noms d'auteurs.Les can- Juillet-Août 1964 ARTS ET SPECTACLES LES FESTIVALS DE MONTREAL La musique fut à l\u2019honneur cette année aux Festivals de Montréal.L\u2019orchestre symphonique des Festivals inaugurait les manifestations par un concert symphonique.Signalons la présence d\u2019un excellent pianiste, Lorin Hollander, comme soliste.L\u2019Orchestre National de la Jeunesse du Canada, dirigée par Victor Feldbrill, nous a permis de constater que la nouvelle génération de musiciens dépasse le stade des promesses, Comme chaque année, les Jeunesses Musicales du Canada ont organisé un concours.Les trois finalistes ont donné un concert au cours duquel on a annoncé les noms des lauréats.C\u2019est M.Dale Bartlett qui a gagné le premier prix.La Société des Festivals n\u2019a pas négligé le jazz.Les meilleurs ensembles du jazz sont venus donner trois concerts.Signalons tout particulièrement les ensembles de Dizzy Gillespie, Dave Brubeck et surtout le quatuor Max Roach qui, accompagné de la chanteuse Abbey Lincoln, nous a permis d\u2019écouter une trés émouvante Suite: Freedom now.Les amateurs d\u2019opéra ont eu l\u2019avantage d\u2019écouter les meilleurs chanteurs du Canada, notamment Richard Verreau et Maureen For- rester, dans une soirée consacrée à l'opéra français.Nous avons pu entendre des extraits d\u2019oeuvres de Gounod, de Massenet et d\u2019Ambroise Thomas.Ce concert a été dirigé par M.Wilfrid Pelletier.Les Festivals ont invité le chef d\u2019orchestre japonais Seiji Ozawa pour diriger l\u2019Orchestre symphonique dans un concert consacré à la musique russe.Ce fut un triomphe pour M, Ozawa.La troupe de pantomime de Prague, dirigée par Ladislav Fial- ka, a donné plusieurs représentations.Cette troupe mêle la danse au pantomime et les résultats sont très heureux, LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM De nombreux pays ont participé cette année au Festival du film de Montréal.Nous n\u2019avons pas eu droit aux meilleures productions nationales mais le Japon les Etats- Unis, la France nous ont envoyé quelques films intéressants.didats devront obligatoirement faire parvenir séparément, dans une enveloppe cachetée, le titre de leur pièce ainsi que leurs noms et adresses.PE fn Le Festival de Montréal cherche encore sa voie.Son succès auprès du public est désormais assuré.Nous savons qu\u2019il existe à Montréal des milliers d\u2019amateurs de films audacieux, neufs, avant-gardistes.Certains films répondaient à leur attente, entre autres, The Cool World, de Shirley Clarke, de même que le film japonais La Femme des Dunes.Il est possible que la production cinématographique moyenne de par le monde soit frappée depuis quelques années de médiocrité.II n\u2019y a pas que cela.Le Festival de Montréal fait la concurrence à d\u2019autres entreprises du genre, plus anciennes et plus prestigieuses.On en a eu la preuve par le désistement de dernière heure des producteurs du film français, La Peau Douce.Ils préféraient réserver la première de leur film au Festival de Venise.Aussi, le besoin se fait sentir de doter le Festival de Montréal d\u2019un caractère particulier.Dans le cas de ce Festival, on décerne des prix à des films canadiens.Cette année, à part les documentaires, les cinéastes canadiens ont présenté trois longs métrages.C\u2019est le film de Gilles Groulx, Le Chat dans le sac, qui a remporté le prix du meilleur film canadien.DE VENISE A JERUSALEM Au grand Musée National en construction à Jérusalem (l\u2019inauguration est prévue pour l\u2019année prochaine), une des sections abritera deux monuments dart religieux juif: les portes massives en bois de la synagogue de Maimoni- de, du Caire (12e siècle) et l\u2019intérieur de la synagogue Vittorio Veneto de Venise, acquise grâce à la munificence d\u2019un Juif américain.Elle a été offerte à la condition que des offices y fussent célébrés le Sabbath et aux Fêtes.À l'approche de l\u2019ouverture, les donations affluent au Betsalel.De Paris sont arrivés, entre autres, des peintures de Victor Vasarely et des sculptures de Hajdu.D\u2019autre part, le Betsalel retrouve dans ses entrepôts des objets précieux qui y étaient enfouis depuis longtemps.La pièce la plus rare est une figurine égyptienne en faïence, du Moyen Empire.Le musée nettoie actuellement et polit des milliers de pièces en argent et en cuivre qui seront montrées dans les nouvelles salles, À ce propos, on apprend qu\u2019une expédition travaillant dans le Né- guev a découvert un campement antique de mineurs occupés à l\u2019ex- tration du cuivre (Mines de Salo- mon). Juillet-Août 1964 BULLETIN DU CERCLE JUIF COMPLAINTE DANS LE JOUR par ARNOLD MANDEL Notre habituel correspond parisien, Arnold Mandel, se trouve actuellement en Israël.Ce déplacement n\u2019ayant pas adouci son caractère, il nous envoie de là-bas un aperçu assez incisif d\u2019une certaine situation.Nous publions cet article à titre documentaire en laissant à l\u2019auteur assumer la responsabilité de son point de vue.Je le savais déjà avant de l\u2018expérimenter à présent en qualité de résident temporaire; cela se chuchotait, se murmurait, s\u2019insinuait ou était suggéré, mais on ne le disait pas ouvertement à cause du préjugé favorable.Je partage, moi, entièrement ce préjugé.Il représente pour moi une option spirituelle et un élan de l\u2019âme.Et cependant, je vais \u201cmanger le morceau\u201d.Et tant pis pour la raison d\u2019État, fût-elle sentimentalement fondée ; En Israël, très souvent, trop souvent, on n\u2019est pas sérieux.Voilà le mot lâché, dévoilé le secret public.Et j'entends comme on se récrie: \u201cpas sérieux! Deux guerres de gagnées contre une coalition de peuples hostiles et armés par de grandes puissances, des centaines de milliers de nouveaux émigrants installés et adaptés, les villes nouvelles dans le Néguev, une participation au Marché commun de Bruxelles, la prospérité avec son indice en chevaux-vapeur dans les artères de Tel-Aviv, Levy Echkel reçu par Johnson et de Gaulle et.pas sérieux?Qu'est-ce qu\u2019il vous faut alors?À ceci, je répondrai: la \u201créalisation\u201d même grandiose au niveau global est une chose, la réalité et l'efficacité dans les humbles démarches quotidiennes en est une autre.Je ne dirai pas: \u201cà quoi vous sert-il de me conquérir un empire, si vous n\u2019êtes pas capable de m\u2019acheminer un colis postal vers son destinataire\u201d?Car Israël n\u2019est pas un conquérant.Mais il faut bien convenir que le développement merveilleux de Beercheba perd de sa signification et de son pouvoir de stimulant pour un nouvel émigrant, par example, qui se heurte constamment à l'indifférence, à la carence, à la maldonne et au quiproquo et faux \u201ctuyau\u201d.Les exemples sont innombrables et le petit nombre héroïque de nos Algériens ayant choisi l\u2019aliya en sait quelque chose .En Israël, les gens ne tiennent pas leurs promesses et quand trois, quatre, cinq relations, voire \u201camis\u201d vous ont fait succèsivement faux- bond, la colère vous saisit et, devenu excessif et injuste, vous dites: \u2018ici tout le monde ment\u201d.Ceci est toutefois une erreur et on pourrait même dire, au contraire, qu\u2019en Israël nul ne ment, mais qu\u2019à peu près tout le monde se trompe.Ici les personnes qui promettent sans tenir ne sont pas des cyniques pensant : \u201cune parole cela ne coûte rien\u201d.Les propositions qu\u2019elles émettent, n\u2019ayant en vue que votre bien, procèdent non seulement d\u2019un bon naturel, mais encore surgissent avec une spontanéité charmante dans le sillage d\u2019un optimisme toujours excessif, Quand les difficultés se présentent on fait valoir un autre projet jusqu\u2019à ce que de guerre lasse, le \u201cprotégé\u201d, épuisé par les démarches vaines se résigne à son sort incertain ou s\u2019en remet au hasard.Ailleurs, une promesse est fonction de sa perspective.Elle débouche en principe sur le possible.Ici elle est la moitié d\u2019un bienfait.Si l\u2019autre moitié ne s\u2019accomplit pas, c\u2019est que l\u2019on ne saurait tout avoir.Telle est la conduite des particuliers.Quant à l\u2019administration \u2014 et tant de choses sont administratives en Israël qui ne le sont pas ailleurs \u2014 le contact avec elle dépasse la déception, l\u2019amertume, voire l\u2019indignation.Pour celui qui n\u2019est pas habitué à de tels comportements, c\u2019est la stupeur qui domine.Comment peut-on être grossier et absurde à tel point et pourquoi l\u2019est-on?Obtenir un simple renseignement c\u2019est fréquemment la croix et la bannière.Les services d\u2019information se font une gloire de leur ignorance et le \u201ceineni yodéa\u201d (\u201cJe ne sais pas\u201d) s\u2019articule sur un ton de triomphe hargneux.Mais très souvent vous n\u2018obtenez aucune réponse, un simple geste de dénégation en tenant lieu.Secouer négativement la téte est devenu un réflexe conditionné chez une foule de petits fonctionnaires.J'en ai fait personnellement l\u2019expérience à l\u2019aide d\u2019un test.M\u2019adressant au préposé aux renseignements de la station centrale des autobus de Tel-Aviv, je lui ai demandé si Ben-Gourion était toujours à la tête du gouvernement.\u201cNon\u201d, fit-il de la tête.Ce fut l\u2019une des rares fois où j\u2019obtins un renseignement exact donné, il est vrai, par coutumière inadvertance.Et le téléphone .Je ne parlerai pas du téléphone.On m\u2019accuserait de faire du roman noir.Qu\u2019il me soit seulement permis d'indiquer au titre de prolé- gomène qu\u2019à l\u2019échelle interurbaine, l\u2019obtention d\u2019une communication à partir d\u2019une cabine publique (et il n\u2019y a pas de préposés au service téléphonique dans les postes israéliens) relève du plus pur idéalisme ce qui veut dire qu\u2019il ne faut pas en attendre la réalisation ici-bas.Je ne m'\u2019attarderai pas non plus sur la grossièreté de beaucoup de boutiquiers en émulation avec celle des petits fonctionnaires, dédain de la clientèle favorisée par la prospérité et l\u2019argent facile.Ici, le client a toujours tort, chez nous vous n\u2019êtes pas chez vous et notre unique souci est de mal vous servir.Les marchands de cigarettes, par exemple, semblent se recruter exclusivement parmi les antitaba- gistes.Demander à l\u2019un d\u2019eux un conseil sur la marque à choisir, c\u2019est s\u2019attirer à peu près la réponse suivante: \u201cPour ce qui me concerne, je suis non-fumeur et, Dieu merci, je ne m\u2019y connais pas du tout en matière de tabac.Je me suis d\u2019ailleurs souvent demandé à quoi rimait cette manie idiote de fumer.Ne peut-on contracter le cancer du poumon par simple injection et en une fois et est-ce que cela ne reviendrait pas moins cher?Alors ce sera avec bout filtré ou sans?\u201d Pourquoi?Le manque de politesse des commerçants fait penser par contraste à la relative gentillesse de la police.En Israël, en effet, l\u2019agent de police est un peu paradoxalement l\u2019une des trop fréquentes concrétisations de la société précisément policiée.Mais, par exemple, le ministère de l'Intérieur ce n\u2019est pas la police et dans ses pas-perdus on se heurte plus souvent au geste muet de dénégation qu\u2019à la cordiale indication de la marche à suivre, Mais il faut arrêter ici l\u2019énumération récriminatoire et voir un peu le comment et le pourquoi des incuries et carences israéliennes.On doit avoir parfois le courage de poser des questions à la fois fondamentales et primitives, pour aussi pénibles ou même redoutables qu\u2019elles puissent être.Israël est un pays juif et les quelques dessins animés que nous venons de présenter découpent des silhouettes juives.Les Juifs pris collectivement sont-ils ainsi, le manque de sérieux, les comportement absurdes, l\u2019absence d\u2019égards pour autrui seraient-elles les caractéristiques d\u2019une mentalité juive collective?Ou bien s\u2019agit-il d\u2019une ambiance critique conditionnée par des circonstances particulières.J\u2019ai posé la question à Claude Vigée, qui vit dans le pays depuis plusieurs années et semble saisir son \u201cgénie\u201d non seulement à la hauteur de la signification et de la résonance poétiques, mais encore au niveau de sa réalité psycho-so- ciale.Vigée pense que l\u2019état de choses décrit ci-dessus est dû à un certain processus de levantinisa- tion de la société israélienne, elle- même consécutive à la progressive déperdition de la substance morale dont l\u2019ancien yichouv sioniste était pénétré.T1 y a lieu de noter que levantinisation ne signifie pas orientalisation.Tout au contraire, le levantinisme est-il une superficielle imitation de l\u2019occidentalisme et, aujourd\u2019hui surtout, de l\u2019américanisme.Le levantinisme Une petite communauté idéolo- giquement cohérente et fondamen- talemen idéaliste \u2014 la Palestine sioniste \u2014 s\u2019est transformée au cours des derniers quinze ans en une société complexe et pluraliste où dominent, comme dans toute société étatique, les rapports de force, le dénominateur commun étant réduit aux nécessités de l\u2019instinct de conservation collectif et immédiat, soit l\u2019idée de patrie et la disponibilité généralisée à préserver cette patrie du malheur d\u2019une extirpation par les puissances hostiles.La solidarité ne se manifeste que peu ou pas du tout hors de la pression du danger.Israël est certes un pays civilisé, mais les normes de civilisation ont été transportées hic et nunc à partir d\u2019un autre espace ou d\u2019un autre temps.L'\u201cIsraélisme\u201d (au sens où l\u2019on dirait le gallicanisme, l\u2019italia- nité, le germanisme) n\u2019existe pas encore et le judaïsme en tant que conscience morale \u2014 et surtout sous l\u2019aspect de la solidarité juive \u2014 trait de caractère et réflexe de minoritaires, autrement dit, expression galouthique, a été ici dérouté, sans être réorienté.La prospérité marginale, mais très voyante, est un facteur de démoralisation.Les nouveaux riches arrogants, durs, ostensiblement mufles, se montrent tout simplement odieux quand ils s\u2019exhibent avec leurs compagnes maniérées et sophistiquées dans les lieux de plaisir.Ils ne sont pas vraiment respectés, mais cependant \u2018considérés\u201d et, pour le plus grand nombre, ils figurent la mesure du but que l\u2019on aimerait atteindre à son tour, car ils signifient la puissance visible, tangible, évidente et effective.En tant que tenus moral de la communauté nationale, l\u2019idéalisme sioniste a sombré, ne laissant subsister qu\u2019un peu de rhétorique creuse dans les discours officiels.L\u2019aliya, par exemple, est toujours envisagée comme une nécessité politique et politico-militaire à longue échéance, Mais la chaleur humaine, la fervente fraternité qui accueillaient jadis les nouveaux émigrants \u2014 et surtout ceux de l\u2019aliya clandestine qui, dès qu\u2019ils avaient débarqué, se savaient entourés de la sollicitude et de l\u2019affection de chaque habitant juif du pays, tous formant un irréductible rampart de protection autour du nouveau venu contre la police et l\u2019armée de l\u2019occupant britannique, tout cela appartient au passé.L'âme juive Aucune réalité n\u2019étant idéale, la réalité israélienne ne l\u2019étant pas (Lire la suite en page 4) Complainte dans .(Suite de la page 3) non plus, plus se ressent cependant d\u2019une frustration supplémentaire; il lui manque actuellement ce qui précisément permet à d\u2019autres de se passer d\u2019options idéales, à savoir une vocation, un rûle implicitement spirituels qui n\u2019auraient pas besoin d\u2019être précisés ou définis ou énumérés, mais vivraient en tant que réalité sensible dans la conscience collective.On peut aussi appeler cette chose-là une âme.L'âme juive, bien sûr, se déploie et vibre encore en Israël, mais elle ne recouvre pas une âme \u201cisraélienne\u201d.En fait, l\u2019âme juive est surtout le privilège, la qualité et la nature des Juifs fidèles à Dieu, des Juifs en la foi dont la raison d\u2019être et d\u2019agir sur la terre d'Israël est immédiate et peut se passer des schèmes de justification du genre \u201cfacteur de progrès dans le Moyen-Orient\u201d, \u201cdémocratie et progrès\u201d toutes notions relatives et devises incertaines sur le marché monétaire de l\u2019esprit.Mais ceci \u2014 la situation de Dieu dans le pays ancestral \u2014 est une autre histoire et nous éloigne quelque peu du problème de la carence des postes et télégraphes.Ou peut-être pas tant que cela.Si c\u2019est permis nous y reviendrons.Indices réconfortants Au terme de cet aperçu, j'en suis à me demander si je n\u2019ai pas inopportunément \u201céreinté\u201d l\u2019un des aspects d\u2019Israël que l\u2019on pour- tait sans doute cerner autrement, avec une autre approche.Et puis je me rassure et me réponds négativement, car j'ai fait ressortir seulement des indices significatifs et qui ne prétendent pas à l\u2019exhaustivité.Il en est d\u2019autres, moins déplorables et même réconfortants.Il y a aussi que j'écris tout cela à et de Tel-Aviv.Or, cette métropole qui contient à peu près un cinquième de la population du pays ne témoigne à maints égards que pour elle-même.Jérusalem c\u2019est \u2014 malgré les ministères \u2014 un tout autre monde.Haifa c\u2019est déjà un autre climat: Quant au kibboutz \u2014 un vingtième de la population \u2014 s\u2019il reflète lui aussi une crise, ce n\u2019est pas celle de la débâcle morale du surexcédent citadin.Dans une récente anthologie de la jeune littérature arabe, l\u2019auteur de l\u2019introduction dit des Arabes d\u2019aujourd\u2019hui pour situer leur désarroi, que ce qu\u2019ils font ne recouvre pas ce qu\u2019ils sont.Nous autres Juifs sommes dans la même situation que ces frères ennemis, et pas seulement en Israël.A Jérusalem, dans la merveilleuse rue du Rav Harlap, bercée par la cantilation talmudique de deux yechivoth vit, dans un pavillon en contrebas, mon vieil ami le poète Joseph Milbauer dont je ne voudrais pas encourir les reproches.J'ai été chez lui l\u2019autre jour BULLETIN DU CERCLE JUIF LES LIVRES Le Village abandonné \u2014 par Mendel Mann, traduit du Yiddish par E.Fridman, Editions Calmann-Lévy, Paris.Né dans un petit village de Pologne, Mendel Mann aimait le travail de la terre et communiait avec la nature.Tl aurait pu avoir une vie simple et paisible mais le destin en a voulu autrement.En 1939, il est soldat dans l\u2019armée polonaise et c\u2019est dans les rues de Varsovie qu\u2019il est fait prisonnier et il est enfermé dans un camp en Prusse Orientale.Il s\u2019en évade, traverse son pays occupé par l\u2019armée rouge et s\u2019établit dans une ferme collective sur la Volga.Il s\u2019occupe des enfants ayant été, dans ses jeunes années, instituteur, et travaille la terre.En 1941, il est volontaire dans l\u2019armée soviétique et il est l\u2019un des premiers Juifs à entrer à Berlin, Il a fait le récit de ses longues péripéties dans trois romans que les Editions Calmann-Lévy ont publié en français ces dernières années: \u201cAux Portes de Moscou\u201d ; \u201cSur la Vistule\u201d et \u201cLa Chute de Berlin\u201d.Tl arrive en Israël au moment de la fondation du jeune Etat.Il s\u2019installe dans un village arabe abandonné, tout près de Jaffa.Dans \u201cLe Village abandonné\u201d, il raconte l\u2019aventure de Moiné, lui aussi originaire de Pologne, qui élit domicile dans un village arabe abandonné.C\u2019est le roman du ressourcement, de la redécouverte de soi dans la communion avec la nature.Moïné réapprend à vivre en prenant conscience de la vie des champs, des animaux, des arbres et durant tout un après-midi, devant sa fenêtre, j'ai regardé se plier au vent de Judée les branches de deux poivriers.La pure lumière qui rayonnait était celle du premier jour de la création, Et la lucide sérénité de l\u2019atmosphère écartait la possibilité même de la conscience malheureuse ou ténébreuse.Cette ville, sainte et fervente, était dévoulue par Dieu, comme bien et héritage, à la descendance de Jacob.Cependant, s\u2019il nous était donné à nous, dans le présent, de rompre ici, chaque matin, le pain de la vie et de l\u2019amitié, en sécurité, cela était dû, tout de même, en grande partie, à tous ces hommes, si souvent faillibles qui ont fait de la terre et du pays d\u2019Israël, le nouveau Royaume \u2014 sans royauté \u2014 d'Israël, règne dont nous venons de dire quelques graves carences, les doléances étant à la hauteur d\u2019une exigence qu\u2019il ne faut pas laisser diminuer.Jamais une complainte n\u2019a mis en question une raison d\u2019être.Et ceci n\u2019est pas une complainte dans la nuit, mais tout au long du jour et de sa plénitude, et des plantes.Il laboure ce sol et il en fait sa patrie.Mais la rhapsodie villageoise trouve sa plénitude et se transforme en chant d'accueil à la vie parce qu\u2019elle est faite aussi de mélodies tristes et de sons tragiques.Moïné revit les années de la tourmente et sa mélancolie ne le quitte qu\u2019au moment où sa femme, fille de la terre, héritière d\u2019un Orient immuable, lui donne un enfant.Le mariage de la Yéménite et du Polonais donne un fruit, celui-là même qui donne son sens à l\u2019Etat d\u2019Israël.Roman héroïque que Le Village abandonné où le destin de l\u2019individu rejoint celui de tout un peuple.Le Jardin des Finzi-Contini \u2014 par Giorgio Bassani, traduit de l\u2019italien par Michel Arnaud, Editions Gallimard, Paris.Dans ce roman, Giorgio Bas- sani fait la chronique de la communauté juive de Ferrare qui fut décimée par les persécutions raciales.Quand le fascisme s\u2019installe en Italie, les Juifs de Ferrare réagissent de la même manière que tous les autres Italiens.La bourgeoisie provinciale ne ressent pas les atteintes de la dictature et donne son adhésion au régime de Mussolini.Puis ce fut le grand réveil.En 1938, les lois raciales s\u2019abattirent sur une communauté qui a soudain découvert son isolement.Le narrateur nous fait participer à la vie quotidienne des Finzi-Con- tini, l\u2019une des grandes familles juives de la bourgeoisie de Fer- rare.Attachés aux traditions de leurs ancêtres, leur foi, qui les séparait des autres Italiens, devint un bouclier.Ils acceptèrent l\u2019exil dans leur propre maison et, quand les dirigeants fascistes eurent interdit aux Juifs l\u2019accès aux clubs de tennis, à la bibliothèque, les Finzi-Contini firent de leur jardin un château fort où l\u2019on ignore l\u2019existence du monde pour ne pas en subir trop violemment l\u2019assaut.Ce n\u2019était qu\u2019une halte.Quelques années plus tard, les Nazis, investissant ce refuge illusoire, ont mis un terme à ce destin, Georgio Bassani raconte surtout l\u2019histoire de Micol, la fille des Finzi-Contini, de son frère Alberto et de leur ami communiste Mal- nate.Bassani analyse les rapports complexes entre le narrateur et la famille Finzi-Contini.Amoureux de Micol, il supporte mal que celle- ci n\u2019ait à lui offrir que l\u2019amitié.Elle lui est très attachée et les raisons qu\u2019elle donne de son refus ne semblent plausibles qu\u2019à moitié.\u201cNous sommes trop semblables\u201d, lui dit-elle.Mais est-ce vraiment cela?Micol accepte cette grande vacance précédant l\u2019épreuve définitive sans se faire d\u2019illusions.Elle Juillet-Août 1964 aperçoit les nuages noirs qui couvrent le ciel de Ferrare et qui ne trompent pas.Tout projet individuel s\u2019écoule devant le destin collectif.L\u2019orage se lèvera bientôt et il lui semble ridicule de se fiancer et de se marier.Pour elle et pour sa famille, le temps s\u2019est arrêté.Ils vivent en sursis.Et dans cette attente de l\u2019évènement fatal, le présent a le goût d\u2019un passé enterré qu\u2019on vit avec mélancolie et nostalgie.C\u2019est un très beau roman et la communauté juive de Ferrare, annéantie sous les décombres du barbarisme, apparaît comme le symbole d\u2019un souffle de vie éteint avec une brutalité aveugle.On n\u2019arrive pas à comprendre, Il ne nous reste que le souvenir.Manuels d histoire, Collection Jules Isaac, Editions Hachette, Paris.Des millions d\u2019éléves en France et dans les pays francophones ont acquis leurs premiéres connaissances de l\u2019histoire grâce aux manuels célèbres de Jules Isaac.Les Editions Hachette viennent de rajeunir le texte du regretté éducateur.Les documents photographiques, les illustrations en couleurs donnent à l\u2019histoire ancienne une vie et une actualité qu\u2019on retrouve rarement dans les manuels scolaires.Histoire du Canada, par Gustave Lanctôt, Editions Beau- chemin, Montréal.Le troisième tome de l\u2019Histoire du Canada, de Gustave Lanctôt, vient de paraître.L'auteur fait revivre pour nous la fin du régime français \u2014 1713-1763.On sait que M.Lanctôt ne veut rien prouver.Dans son oeuvre, il s\u2019appuie sur une documentation abondante exhumant parfois des pièces inédites.Il bouscule les opinions et les interprétations d\u2019autres historiens et rétablit certains faits grâce à sa méthode scientifique.Ainsi, il démontre que le Canada n\u2019a pas souffert du despotisme royal et que la bourgeoisie des affaires n\u2019a pas véritablement existé à l\u2019époque.Par conséquent, aucune élite n\u2019a pu déserter le pays à la suite de la conquête.Théâtre de Félix Leclerc \u2014 Editions Beauchemin.Les Editions Beauchemin viennent de lancer une nouvelle collection : Théâtre de Félix Leclerc.Les trois premiers titres de cette collection sont des pièces qui ont connu un grand succès populaire : Sonnez les Matines, L'Auberge des Morts Subites, et Le Petit Bonheur.Félix Leclerc, par ses chansons et l'interprétation qu\u2019il en donne, est devenu un personnage légendaire.Ses pièces confirment sa popularité auprès d\u2019un public friand d\u2019une poésie naïve, sentimentale et touchante."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.