Bulletin du Cercle juif /, 1 juin 1965, Juin - Juillet
[" Bibliotheque st.> 1700, rue St.Denis, Montreal, P.Q.Lulletin du CE RCL Sulpice, 13 Au 1965 E JUIF © METER © compreupl 148812 Cues Montréal Juin-Juillet 1965 No.104 Onziéme Année LETTRE DE PARIS par notre correspondant Arnold Mandel I \u2014 Mimetisme Il est à la fois curieux et un peu affligeant de constater combien agissent toujours les réflexes du mimétisme dans le microcosme juif, décidément incapable de déterminer ses propres voies sur la base d\u2019une indépendance de pensée et d\u2019attitude, D\u2019innombrables exemples viennent confirmer ce jugement et, entre autres, la nouvelle percée d\u2019anti- germanisme \u201cjuif\u201d, derechef \u201cautorisé\u201d par le récent tournant de la politique gaulliste d\u2019éloignement de l\u2019Allemagne et de rapprochement avec 'U.R.S.S.Mais situons une autre donnée de cet aspect.Les gens un peu au courant du climat politique en France connaissent la relative importance de 'UN.E.F,, \u201cl\u2019Union Nationale des Etudiants de France\u201d qui acquit au cours de la longue période de la guerre d\u2019Algérie une mentalité rebelle \u2014 sinon révolutionnaire \u2014 par rapport à la politique gouvernementale, des directives officielles et des mensonges de la raison d\u2019Etat.Après les accords d\u2019Evian, l\u2019'U.N.E.F, persévérera dans ses positions en flèche dans son avant- gardisme.Toutefois, les dernières manifestations de 'UN.E.F.en faveur du soutien du mouvement des étudiants espagnols en lutte contre le régime de Franco semblent avoir épuisé, en la résorbant, l\u2019ardeur politique des jeunes militants.A présent c\u2019est le reflux et les revendications aux fins d\u2019une dépolitisation du mouvement des étudiants se font valoir avec de plus en plus d\u2019impatience.À cet égard, le dernier congrès de l'U.N.E.F.a été significatif.It ne faut pas oublier que les étudiants ne sont pas un prolétariat révolutionnaire \u2014 un tel prolétariat n\u2019existe plus en France \u2014 mais de jeunes bourgeois ou des ressortissants de ce \u201ctiers secteur\u201d de techniciens et de cadres rétif aux idéologies.Seuls, à peu près, les étudiants chrétiens continuent d'envisager le problème de leur insertion dans la société sous le rapport de catégories morales et spirituelles globales.Ils se débattent dans d\u2019éprouvantes difficultés.Or, les étudiants juifs de France, groupés en tant que tels, ne représentent à aucun point une sorte d\u2019équivalent ou d\u2019homologue juif des étudiants chrétiens.Ils forment bien davantage une sorte de petite U.N.E.F.juive et les traits de la mentalité U.N.E.F.\u2014 lecture de \u201cl\u2019Observateur\u201d ou de \u201cI\u2019Ex press\u201d, anti-colonialisme théorique et un peu verbeux, pro- proto et para-marxisme (mais pas le marxisme pour de bon) sont bien les leurs.Il s\u2019ensuit que l\u2019évolution aussi est semblable.Durant toutes ces dernières années, I'U.E.J.F.(\u201cUnion des Etudiants Juifs de France\u201d: 2,000 membres sur environ 15,000 étudiants juifs) s\u2019est investie entièrement presque dans un anti-colonialisme de principe, certes juste et généreux, mais n\u2019exprimant que très partiellement la vocation spécifique qui devait être la sienne.Et à présent, dans ce groupement, qui vient de célébrer le vingtième anniversaire de son existence, c\u2019est aussi le reflux, le retour vers les positions traditionnelles: sionisme, pro-israélisme, prise en considération des intérêts spécifiques des étudiants juifs, En soi, c\u2019est évidemment une bonne chose, et cela faisait plaisir à voir, tout récemment, l\u2019Union des étudiants juifs organisant une rencontre avec les écrivains juifs de France, ces derniers enfin considérés comme aussi dignes d\u2019attention que les poètes de l\u2019Afrique noire par exemple.Mais la motivation \u201cprofonde\u201d de tels revirements indique que les orientations et les réorientations ne s\u2019opèrent qu\u2019en référence à une directive générale et \u201cautorisée\u201d.IL \u2014 D'une vérité bonne à dire Le récent gros bouquin du R.P.Bruckberger, qui fut durant les premières années de l\u2019après-guerre, en titre et par excellence, un peu scandaleusement aussi, \u201cle (Lire la suite en page 4) MELANGES Les groupes religieux et le centenaire du Canada Quelle contribution les groupes religieux peuvent-ils apporter aux célébrations du centenaire du Canada en 1967?Voilà la question à laquelle soixante-dix représentants de vingt- quatre groupes religieux ont essayé de répondre au cours d\u2019une conférence qui a duré une journée et qui a été tenue au Château Laurier, à Ottawa, au début de juillet.On à rarement vu au Canada autant de personnalités, professant des confessions aussi diverses, se retrouver dans une même salle de réunion.Presbytériens, Mennonites, Musulmans, Bahaïis, Juifs, Catholiques, Eglise Unie et Grecs orthodoxes rendaient tous grâce au même Créateur, le remerciant pour le pain qu\u2019ils mangeaient ensemble dans l\u2019amitié.Sur ce plan- là, cette réunion revêtait un caractère exceptionnel.Au cours de cette journée d\u2019étude, nombreuses furent les sug- aestions pour que le centenaire du Canada s'inspire de l'esprit reli- dieux qui anime la grande majorité de la population du pavs.Certaines églises et groupes religieux ont fait part de leurs projets pour cette grande occasion.La plupart des conférences données au cours de cette journée servaient de point de départ pour les discussions qui se poursuivaient ensuite dans six différents groupes.An cours de la séance du matin, le Rév Père John Keating a décrit l\u2019évolution du climat religieux au Canada, mettant l\u2019accent sur les diverses manifestations de collaboration inter-confessionnelle.Ensuite, M.Roby Kidd signala \u2019importance de l\u2019aide que les Canadiens peuvent apporter aux pays étrangers.Au déjeuner, lhon.Maurice TLamontaane fit part de l'important rôle que les aroubes relidieux peuvent îouer dans la célébration du centenaire.Au banauet de cléture, le directeur du Devoir, M.Claude Rwan, entretint les convives du rôle des églises dans un Canada en pleine effervescence.L'esprit religieux devrait inspirer davantage, selon lui, le comportement des individus et des groupes.On verrait alors, dans les affaires temporelles, un peu plus de sérénité.L'avenir des Juifs du Maroc Dans le deuxième numéro des \u201cNouveaux cahiers\u201d, l\u2019excellente revue publiée à Paris sous les auspices de Alliance Israélite Universelle, nous relevons ces renseignements sur la situation actuelle des Juifs au Maroc: Selon des statistiques récentes, la population juive du Maroc est évaluée actuellement à 70,000 personnes environ, La majeure partie de cette population vit à Casablanca, capitale économique du pays, la population juive des autres grandes villes est ainsi répartie: Tan- ger: 4,000; Rabat: 4,000; Fès: 3,000, Meknès: 2,500; Marrakech: 2,000.Il existe encore quelques communautés de seconde importance à El Jadida, Kémitra, Lara- che, Tétouan, Béni-Mellal, Oujda, Sefrou, Agadir, etc.mais les villes du Sud (Taourirt, Toudgha, Deb- dou, Missour, etc) se sont vidées de leur population juive.Lors du recensement effectué en 1961, la communauté juive du Maroc comptait 165,000 âmes alors qu\u2019en 1963 elle atteignait seulement le chiffre de 125,000 (A titre de comparaison, signalons qu\u2019il v a actuellement 4,000 juifs en Algérie et un peu moins de 20,000 en Tunisie.) St les choses continuent au rythme actuel, on peut estimer que dans quelques années la population juive du Maroc se sera stabilisée autour de 25,000 âmes; certains pensent cependant que la population juive ne descendra pas au-dessous de 50,000 personnes.On peut se poser la question de savoir quel sera l\u2019avenir de cette communauté quelle qu\u2019en soit l\u2019importance numérique.Il nous semble tout d\u2019abord qu'il faut souligner qu\u2019il ne s'agira pas d\u2019une so- (Lire la suite en page 2) 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF RE ER RR BR IR] ba Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANÇAISE ji 493 ouest, rue Sherbrooke, Montréal Tel:.Victor 4-8621 (local 293) 5 Ba Président du comité exécutif: bg S.DB.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: NAIM KATTAN - Bg \u201cLe Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et 5 l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.\u201d Bai Bd XE RB DE DA ASE) ED TORIAL FAUT-IL EXPORTER LA CULTURE CANADIENNE?Les critiques parisiens ont accueilli froidement la pièce de Françoise Loranger \u201cUne saison, un jour\u201d, présentée par le Rideau Vert.Invitée par le Gouvernement français, subventionnée par le Ministère québecois des Affaires culturelles, la troupe montréalaise a présenté, en outre, une pièce de Shakespeare qui fut mieux reçue par la critique et le public français.Si la troupe avait fait ce voyage à ses propres frais, on n\u2019aurait pu que regretter la réserve des journaux parisiens et lui souhaiter plus de chance dans l\u2019avenir.Mais comme cette troupe a entrepris ce voyage grâce aux deniers publics, il est légitime de se poser des questions sur le bien-fondé de tels échanges culturels.D\u2019aucuns ont déjà exprimé l\u2019opinion qu\u2019avant d\u2019aller présenter leurs productions devant les publics étrangers, les troupes canadiennes rempliraient mieux leur rôle en faisant des tournées dans tous les centres de la province.Nous serions en face d\u2019un dilemme.Faudrait-il utiliser les subventions de l\u2019Etat pour servir l\u2019ensemble du public canadien ou serait-on mieux avisés de dépenser cet argent pour aller chercher, sur des scènes étrangères, des louanges qui ne servent qu\u2019à flatter l\u2019amour-propre?C\u2019est un faux dilemme à notre avis.Parlant des échanges culturels franco-canadiens, l\u2019hon.Paul Gérin-Lajoie, ministre de l\u2019Education, remarquait récemment que ces échanges ne peuvent jamais s\u2019établir sur une base d\u2019égalité.Le Canadien-français n\u2019a ni les ressources humaines ni les grandes traditions que possède la France.Ceci ne veut pas dire que malgré cette inégalité de fait ces échanges ne devraient pas se poursuivre.Pour maintenir la culture française au Canada, nous pouvons difficilement nous passer de la France, Il est évident, en revanche, que la France n\u2019a pas besoin des ressources culturelles du Canada français pour survivre et progresser.Et pourtant il faudra toujours essayer malgré les échecs et les déconfitures, de présenter nos produits culturels à Paris.Et ceci pour plusieurs raisons: d\u2019abord, cela nous permet d\u2019échapper au provincialisme.On oublie que le provincialisme ne consiste pas uniquement à aller chercher dans des grandes métropoles des assurances mais tout autant à se terrer à l\u2019intérieur d\u2019étroites frontières, évitant ainsi de se mesurer avec l\u2019étranger.Pour avoir une juste perspective sur notre culture il faut confronter cette culture avec celle des autres pays.Mais il y a aussi autre chose.Accepter d\u2019être toujours ceux qui accueillent et qui reçoivent c\u2019est-reconnaitre un état de dépendance.C\u2019est admettre le colonialisme culturel.Cela ne veut pas dire que si nous exportons nos productions en France, ce n\u2019est qu\u2019en raison de nos propres besoins.La France peut-elle se passer de la culture canadienne-fran- çaise?Oui, mais pas tout à fait.Car si la culture française est vivante et universelle c\u2019est que Paris a su de tout temps être un foyer international.Et la France s\u2019appauvrirait si les apports étrangers, aussi modestes qu\u2019ils soient individuellement, lui étaient coupés.S\u2019il est nécessaire d\u2019assurer la présence canadienne à l\u2019étranger, il n\u2019est pas moins nécessaire de servir les besoins culturels de tous les Canadiens à l\u2019intérieur des frontières du pays.Les deux tâches ne sont pas antinomiques.Elles doivent être menées de concert l\u2019une et l\u2019autre.Juin-Juillet 1965 LE THEATRE Le cirque aux illusions, piéce musicale de René Aubert, au Théâtre de Quat\u2019sous, Centre d\u2019Art de Repentigny.Le Théâtre de Quat\u2019sous change de statut et de caractère.La troupe d'amateurs qui amusait enfants et grands dans les parcs de Montréal se donne maintenant un caractère professionnel.De l\u2019ancienne équipe qui animait la troupe, seul le directeur et le fondateur Paul Buissonneau persiste.La nouvelle troupe s\u2019installe, durant l\u2019été, au Centre d\u2019art de Re- pentigny.Paul Buissonneau exploite à fond toutes ses ressources d\u2019imagination pour créer une atmosphère de cirque et d\u2019illusion.Cette oeuvre de René Aubert s\u2019apparente à la traditionnelle opérette: poésie factice, quelques soupirs de nostalgie, quelques sentences pseu- do-philosophiques sur le présent, le passé, le bonheur et l\u2019amour.Paul Buissonneau s\u2019est heurté cependant à une difficulté: qui dit opérette dit musique et c\u2019est l\u2019élément faible du spectacle.Jeannine Sutto et Léo Ilial sont les excellents comédiens qu\u2019on connaît.Mais c\u2019était peut-être mal les servir que de leur demander de chanter.Il existe au Canada français un engouement pour la comédie musicale, Les metteurs en scène se rendront compte sans doute que les meilleurs comédiens sont parfois de médiocres chanteurs.Languirand sera joué en Israël A Tel-Aviv, on répète actuellement \u201cLes Violons de l'automne\u201d sous la direction du metteur en scène Léonard Shah La pièce de Languirand, traduite en hébreu, prendra l'affiche à la mi-juillet au \u201cMoadone Hatheatron\u201d, un théâtre de 150 places que dirige Yitshaac-Mikael Shilo, acteur israélien de grand renom qui, pendant plusieurs années, a été pensionnaire du Théä- tre National Habimah et du Théa- tre Municipal de Haffa.Tl est possible que l\u2019Ambassadeur du \u2018Canada en Israël préside officiellement la première.Mélanges.(Suite de la page 1) ciété résiduelle.En effet, ne resteront au Maroc mis à part quelques vieillards pour qui un changement de vie est traumatisant, que des israélites dont le désir de vivre en milieu musulman traditionnel est évident.Cette communauté changera de structure, elle sera fondamentalement marocaine et non pas, comme ce fut le cas, en fait, depuis les origines, une sorte de minorité religieuse juive tolérée par l'autorité en place.Cela ne signifie pas que la nouvelle société juive du Maroc sera une communauté laïque au sens où l'Occident comprend ce terme.La structure même de la cité maro- caîne empêche une telle conception.On peut donc estimer que les liens rattachant les juifs à leur patrimoine spirituel ne seront pas distendus dans le Maroc de demain.Il en résulte qu\u2019il sera toujours nécessaire de maintenir un réseau scolaire juif pour assurer à la fois une bonne connaissance du judaïsme et de la culture juive, de l\u2019arabe classique et du français qui est devenu la langue maternelle de la nouvelle génération des israëli- tes marocains.C'est pourquoi, l\u2019Alllance Israélite Universelle et son successeur au Maroc, le réseau Ittihad, prévoient pour les années qui viennent le maintien d\u2019un nombre d'écoles aussi important qu\u2019il sera nécessaire (dans les limites des ressources dont disposera l\u2019Ittihad), groupées autour de l\u2019Ecole Normale Hébraïque de Casablanca d\u2019où sortiront non seulement les cadres, mais encore les membres achfs de cette communauté de l\u2019avenir.Mais revenons à l'exode des juifs marocains.On peut s\u2019interroger sur les raisons d'un tel exode.Son caractère massif ne manquera pas d'étonner l\u2019observateur et plus tard l'historien lorsque l\u2019on considère qu\u2019aucune mesure discriminatoire n'est prise à l\u2019égard des juifs dans le Maroc indépendant et que dans les faits, aucun événement grave, aucune injustice, aucune violation des droits de la personne humaine n'est constaté, D'autre part, le fait que cette émigration dure depuis des années aurait dû entraîner un certain tarissement ou tout au moins un certain ralenhssement du mouvement migratoire.En effet, les israélites auraient pu penser que les portes étant et demeurant ouvertes, il leur était loisible de rester le plus longtemps possible à l'ombre du trône chérifien.On peut également s'interroger sur les motifs qui inspirent en la circonstance le gouvernement marocain.Il y a certes, la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme à laquelle le royaume chérifien a souscrit et dont l\u2019article 13 prévoit la libre circulation des personnes à l\u2019intérieur du pays et vers l'extérieur.Mais il y a probablement une autre raison, qui est, celle-là d\u2019or- (Lire la suite en page3) Juin-Juillet 1965 BULLETIN DU CERCLE JUIF LES LIVRES Sous le soleil de la pitié \u2014 par Jean-Paul Desbiens (Frère Untel), Les Editions du Jour, Montréal.L'auteur nous prévient.I] n\u2019a pas de prétention littéraire.11 nous semble donc inutile de nous attarder sur les insuffisances d\u2019écriture de ce deuxième ouvrage du l\u2018rère Untel.I] nous livre ici ses confidences et c\u2019est à la fois un document et un témoignage qu\u2019il nous offre.Né d\u2019une famille pauvre, enracinée dans le sol, les deux faits qui ont définitivement marqué sa vie furent sa vocation religieuse et sa longue maladie.Un appétit et une soif de vivre traversent ces pages.Cet homme qui a côtoyé l\u2019ombre de la mort durant des années, donne tout son prix aux joies les plus simples et les plus quotidiennes.Cependant, pour lui, les plaisirs et les déceptions, les rencontres et les amitiés, les lectures et les méditations s\u2019inscrivent dans une ligne de conduite qui tire son inspiration d\u2019une grande spiritualité.La brutalité de certains mots, la violence de certaines phrases ne sont que de surface.Le fond de cet homme est la douceur.On comprend que le Frère Untel réagisse très fortement contre la violence, Il a vécu la condition du Canadien-français minoritaire et 1l l\u2019a assumée.Pour lui, le dépassement de cette condition n\u2019est possible que par effort personnel d\u2019où l'importance qu\u2019il accorde à l\u2019enseignement.Il ne suffit pas, d\u2019après lui, de proclamer la fin de la condition minoritaire pour que cela devienne une réalité.Il croit possible que le Canadien-français, malgré sa condition minoritaire, puisse s\u2019épanouir.La vie à trois, par Gilles Ar- chambault, Le Cercle du Livre de France, Montréal.Voici la chronique d\u2019une mal- aimée.La narratrice tente d\u2019échapper à sa détresse et à ses frustrations: \u201cJe suis une femme de trente ans, épouse d\u2019un professeur sans envergure, et je demande à alcool certaines compensations qu\u2019il me donne avec fidélité.\u201d Le mari, Henri, n\u2019a jamais pu s\u2019habituer à la tristesse d\u2019une classe : \u201cAucun lieu au monde ne lui semble plus morne que ce local sombre dans lequel, trois fois par semaine, il doit affronter les élèves de deuxième.\u201d Lui aussi cherche l\u2019évasion, piètre satisfaction, qu\u2019il trouve dans une aventure avec une institutrice.Rien ne peut raccommoder l\u2019union de l\u2019homme et de sa femme qui n\u2019arrivent pas à s\u2019adapter à leur petite vie.Il s\u2019accrochent à leur fille mais celle-ci devient un motif supplémentaire de discorde.Gilles Archambault fait ici la chronique d\u2019un drame semblable à mille autres que recèle la vie d\u2019une grande métropole.La fleur de peau, de Hélène Ouvrard, Les Editions du Jour, Montréal.La sexualité et la religion, voilà les deux thèmes de ce roman.Hélène Ouvrard retrace les aventures et les mésaventures d\u2019une jeune canadienne qui se dégage de son adolescence.Destinée par ses institutrices religieuses à une vie monacale, elle se révolte contre les soeurs, cherchent douloureusement sa voie dans les méandres de milieux pseudo-artistiques.Elle est prête à se donner au premier homme qui se présente.Dure épreuve pour Anne.Stéphane, qui l\u2019éveille à l\u2019amour et au désir, a un goût plus prononcé pour les hommes que pour les femmes.Pour pénétrer les secrets et les mystères de ce personnage, l\u2019auteur se fait psychologue mais sa science est sommaire.Finalement, ces deux âmes perdues se retrouvent et dans l'union physique, scellée par la passion, cet homme et cette femme tentent l\u2019un et l\u2019autre de se libérer de leurs cauchemars et de leurs obsessions.Ce roman vibre de la volonté de connaître et d\u2019exposer les recoins les plus dissimulés des êtres.Tentative audacieuse qui n\u2019en cache pas moins une connaissance des êtres qui manque encore de nuances et de profondeur.Conteurs canadiens - français, par Adrien Thério, Librairie Déom, Montréal.Adrien Thério a eu l\u2019excellente idée de réunir en une anthologie des contes d'auteurs canadiens- français parmi les plus représentatifs.On aurait souhaité connai- tre la ligne directrice qui a guidé cette sélection.Nous savons qu\u2019il a choisi des écrivains contemporains et qu\u2019il a opté pour la variété des genres.Il est vrai que toute anthologie est oeuvre subjective et l\u2019on doit reconnaître à celle de M.Thério la justesse et l\u2019honnêteté.Ce maudit soleil \u2014 roman par Marcel Godin, Editions Robert Laffont, Paris.Dans un camp de bucherons enfoui dans la solitude et la neige, la vie est réduite à l\u2019état animal.Des hommes seuls s\u2019ennuient, travaillent, mangent, dorment et, à la première occasion, cherchent l\u2019oubli dans des farces puériles et brutales.Et voilà que le narrateur, un commis, donc un \u201cinstruit,\u201d tente de s'adapter à ces moeurs primitives et d'oublier ce qu\u2019il a appris à l\u2019école.Il se lie à la seule femme qui demeure dans ces immensités perdues.Et dans ce cadre violent, il découvre la fraicheur de la jeunesse et de l\u2019amour, Est-ce l\u2019amour ou le simple désir aiguisé par le décor et la solitude?I histoire finit mal car cette femme rappelle trop aux biicherons ce que peut être une vie normale pour qu\u2019ils ne la convoitent pas.Marcel Godin a saisi, tout à la fois, la brutalité, la fraîcheur et la détresse de ces hommes, Il dépeint, dans sa violence et sa monotonie, ce décor qui oblige les hommes à se voir tels qu\u2019ils sont, à mesurer leur force de résistance.Cette oeuvre se situe à mi-chemin entre les romans d'aventures et un certain genre de roman américain dominé par la découverte des grands espaces de l\u2019Ouest.Dix pour un \u2014 le pari confédé- ratif, par Marcel Faribault et Robert M.Fowler, les Presses de l\u2019Université de Montréal \u2014 Ten to one, McClel- land and Stewart Limited, Toronto.Deux éminents Canadiens, l\u2019un de langue française, l\u2019autre de langue anglaise, l\u2019un Conservateur, l\u2019autre Libéral, se sont rencontrés pendant plusieurs semaines, ont joint leurs expériences dans le but de relever le défi que pose à tous les Canadiens, la crise que traverse à l\u2019heure actuelle le système fédéral.De cette rencontre de tempéraments, de pensées et de bonnes volontés est né ce livre que les auteurs présentent à leurs concitoyens comme document de travail.\u201cPour fabriquer une constitution, disent les auteurs, on peut partir d\u2019une idée ou d\u2019un principe et réduire la masse environnante jusqu\u2019à ce qu\u2019on ait atteint une forme acceptable.Ou bien l\u2019on peut construire une constitution à partir de conditions particulières, examinant chacune à son mérite, dans sa perspective historique propre et avec ses problèmes individuels et accumulant les résultats jusqu\u2019à ce qu\u2019on atteigne le dessin national complet.\u201d Les auteurs ont suivi cette der- niére méthode.Il n\u2019est pas dans notre intention de discuter les articles de ce projet de constitution mais on doit reconnaître le souci des auteurs de demeurer toujours raisonnables et de présenter un brouillon acceptable.Mélanges.(Suite de la page 2) dre économique: il est certain que depuis que I Alliance Israélite Universelle a exercé une action de masse au Maroc, c\u2019est-à-dire dès apres la fin de la seconde guerre mondiale, une grande partie de la population juive est passée de l\u2019état sous-prolétarien à l\u2019état de classe moyenne instruite et dynamique, de sorte que, bien vite, la plupart des emplois intermédiaires: secrétaires, employés de bureau, employés des postes, instituteurs, furent souvent occupés par des israélites.On sait les difficultés économiques que le Maroc a rencontrées dès son indépendance.On comprend que certains aient souhaité que ces postes fussent libérés pour la génération montante des musulmans que l\u2019indépendance avait émancipée.C\u2019est ce qui se produit aujourd\u2019hui.Dans le Maroc de demain, une communauté juve transformée mais vivante tentera d'assurer la continuité d'une présence millénaire.L\u2019émigration des Canadiens- Francais aux Etats-Unis Le dernier numéro de Recherches Sociographiques, l'excellente revue que publie le Département de sociologie et d'anthropologie, de la Faculté des Sciences sociales de l\u2019Université Laval, contient trois articles sur l'émigration des Canadiens-Français vers la Nouvelle Angleterre à la fin du dix- neuvième siècle et au début du vingtième siècle.Citons la conclusion que tire le Professeur Albert Faucher de ce phénomène social qui a marqué la vie canadienne: \u201cDu point de vue international, les migrations canadiennes-fran- çaises du XIXe siècle nous paraissent être un événement normal.C\u2019était d\u2019ailleurs le siècle des grandes migrations, parce que c\u2019était le siècle des changements structurels.Du point de vue canadien, les migrations canadiennes-françaises n'étaient qu\u2019une manifestation régionale ou provinciale d\u2019un phénomène d'envergure nationale.Toutes les régions canadiennes ont été exposées à l'attraction des Etats limitrophes.Bien entendu, les plaines laurentiennes, pour des raisons géographiques et historiques, étaient \u2018particulièrement exposées, parce qu'elles étaient situées au carrefour d\u2019un réseau de navigation intérieure, et parce qu\u2019elles constituaient, avec les Etats voisins, l'Ohio en particulier, une aire d\u2019affinités économiques.\u201d \u201cL\u2019on émigre pour améliorer son niveau de vie, ou parce qu'on espère l\u2019améliorer ainsi, mais on émigre vers les régions les plus rapprochées, i.e.au coût minimum de transport.Il y eut exode de (Tire la suite en page +) Lettre de Paris.(Suite de la page 1) moine de Saint-Germain des Prés\u201d est trop important et trop composite pour que je puisse me dispenser d\u2019en parler \u201csérieusement\u201d quelque jour.Mais ce n\u2019est pas pour aujourd\u2019hui.En principe, ce livre est une histoire du Christ (*).Mais à travers le commentaire des scènes relatées par les Evangiles, ce dominicain plein de tempérament se laisse aller à de multiples considérations, fréquemment explosives, ayant trait au rationalisme et à l\u2019athéisme modernes, à l'existentialisme, au Judaïsme, et, plus généralement, aux mentalités et conduites contemporaines.Le R.P.Bruckberger n\u2019a rien d\u2019onctueux.Il ne ménage pas ses mots et sa plume sait très vraiment ce que parler veut dire.C\u2019est avec un sentiment de pleine conformité d\u201d\u2018appréhension\u201d que j'ai lu, par exemple, ce passage concernant Evtouchenko, célèbre nullité poétique et soviétique, qui s\u2019est fait un nom avec des \u201cbons sentiments\u201d philosémitiques, ce dont un certain \u201cjudaïsme reconnaissant\u201d, (mais qui ne semble pas être apte à \u201creconnaître\u201d\u2019 la différence entre la poésie et le déclamatoire vers de mirliton) entouré d\u2019innombrables autres badauds lui sut une infinie gratitude: \u201cEvtouchenko, auquel on a fait tant de publicité, écrivait ces paroles effarantes: \u201cPour moi, le monde entier est composé de deux nations seulement: celle des hommes bons et celle des hommes mauvais.Je suis patriote de la nation internationale des hommes bons.\u201d Evidemment ! cette maxime est à la mesure de ce poète.Elle est idiote.\u201d Rappelons que lors de sa visite à Paris, il a deux ans, Evtouchen- ko fut accueilli par des salles délirantes.Il était la destalinisation, le dégel, la \u201créhabilitation\u201d des Juifs de l'U.R.S.S.C\u2019est un bon jeune homme, bien docile, mais outrageusement \u201cpompier\u201d, aussi doué pour la poésie que Khrouchtchev pour la métaphysique.Il était proprement révoltant de voir le déploiement d\u2019obséquiosité et de flatterie autour d\u2019un garçon glapissant et bredouillant à peu près en ces termes: \u201cJuifs pas mauvais; anti- sétimisme pas juste, camarade Capitaine Dreyfus, victime bourgeoisie fasciste\u201d.(1! était la déstalinisation victime bourgeoisie fasciste.) Il n\u2019y eut qu\u2019un seul personnage connu dans le milieu littéraire parisien pour poser au \u201cgrand homme\u201d une question de paysan du Danube.Ce fut Isidore Isou qui, lors du \u201cmeeting poétique triomphal\u201d, s\u2019adressant à Evtouchenko, lui dit: \u201cvous avez cent pour cent raison; comment ne serais-je pas avec vous, pour la bonté contre la méchanceté, pour le non-antisémi- tisme contre l\u2019antisémitisme?Je suis juif moi-méme, et Juif roumain de surcroit, mais expliquez- moi, mon cher, pourquoi, oh! pourquoi, vos poèmes sont tellement mauvais?On attend encore la réponse.La cause juive est-elle si mauvaise qu\u2019il faille, non seulement agréer, mais aussi porter en triomphe n\u2019importe lequel de ses défenseurs d'office pour aussi ignoré et maladroit qu\u2019il soit?III.Le chant nouveau La bonne période pour le folklore musical israélien c\u2019était aux jours de la guerre de Libération, en 1948.Bracha Zefira était à Montparnasse en \u201ccostume national\u201d, et quand elle entonnait le \u201cChant du Neguev\u201d ou \u201cla marche des saboteurs\u201d (\u201ctaminou yom yavo\u201d) on ne résistait pas à l\u2019envoûtement.On était \u201cgonflé\u201d; et tant pis pour intelligence critique et la subtile analyse des qualités mélodiques d\u2019un chant.Nous savions qu\u2019il n\u2019y avait pas une réelle originalité dans ces airs entrai- nants et nostalgiques.Que cela venait un peu des cosaques du Don ou de l'emprunt et un peu des Bédouimns, pour se déployer sur les ailes de la sentimentalité yiddish.Mais qu\u2019importait! Cela réchauffait le coeur et donnait du courage.Les noirs américains eux- mêmes devenaient attentifs et sensibles à ces \u201cIsraélo-spirituals\u201d.Dans un cabaret des environs de la gare de l\u2019Est, j\u2019entendis aux environs de 1950, l\u2019un de ces artistes à la peau sombre, chanter d\u2019une manière vraiment bouleversante \u201cartzénou\u201d.Puis les Israéliens, à la guitare, s\u2019étant mis à l\u2019affut du \u201cmoderne\u201d s\u2019en furent bafouiller à travers l\u2019Europe et le monde en essayant d\u2019être à \u201cla hauteur\u201d des résonances de l\u2019up- to-date en la matière.Comme dans les caves de Saint-Germain des Prés, la mode était aux chanteurs livides, drogués, et totalement dépourvus de voix, censés exprimer la déréliction existentielle.On tenta de faire quelque chose d\u2019approchant dans les \u201cboites\u201d encore très provinciales de la rue Hayarkon à Tel-Aviv, C\u2019était absolument lamentable, mais on pensait que cela passerait.Cela a passé en effet mais pour déboucher sur un genre encore plus mauvais.Les chorales israéliennes qui à présent parcourent l\u2019Europe, n\u2019osent plus se produire avec les chants de la guerre de Libération, trop primitifs, emphatiques sentimentaux, pour tout dire: juifs.Le new-orléans, le Saint-Ger- main des Prés 1950, ainsi que les pseudoplantation songs (on entend \u201cl\u2019artiste\u201d, un type complètement apathique et à moitié aphone, expliquer à sa guitare qu\u2019il est fauché, qu\u2019il aimerait cependant se BULLETIN DU CERCLE JUIF payer des corn-flakes mais qu\u2019au fond il s\u2019en fout) étant bien périmés à leur tour, c\u2019est le \u201cretour au classique\u201d ce qui signifie, plus ou moins, motets du commencement de la Renaissance, canons francais des XVI et XITe siècles, chansons populaires françaises, épouvantablement stylisées et guindées par des harmonisateurs en perruque.Nous avons récemment eu dans Paris et sa banlieue la chorale israélienne \u201cRinath\u201d.C\u2019était une vraie catastrophe.L'ancien tempérament, entièrement réprimé, des chanteuses et des chanteurs israéliens, était remplacé par une extinction de voix prétentieusement orchestrée et d\u2019un ennui mortel.Et il ne pouvait pas en être autrement.Pourquoi voulez-vous que les garçons et les filles du Saron et de la Haute Galilée se montrent supérieurs, dans l\u2019exécution affectée d\u2019une bergerie ou d\u2019une berceuse du XVIIIe siècle angevin aux membres de la chorale \u201cCaecillia\u201d d\u2019Angers ou d\u2019Ambroise qui ne sont déjà pas si fameux que cela?J'ai assisté à l\u2019un de ces récitals.J'étais consterné.J\u2019ai regardé autour de moi.Malheureusement, il n\u2019y avait pas beaucoup de monde.Autrement, j'aurais certainement essayé de déclencher une revendication du tonnerre sur l\u2019air des lampions.(1) R.L.Bruckberger: \u201cL\u2019Histoire de Jésus-Christ\u201d, Editions Grasset.Mélanges.(Suite de la page 3) Yankees vers l'Ouest, il y eut exode de Canadiens vers le Sud.Le Middle-West promettait plus que la Nouvelle-Angleterre, la Nou- velle-Angleterre davantage que la province de Québec.\u201d Le gouvernement britannique dépose une loi sur la discrimination raciale Le projet de loi sur les relations raciales, que vient de déposer le gouvernement britannique, vise à intégrer les immigrants de couleur toujours plus nombreux et à créer, pour l'avenir, des conditions qui favorisent l'harmonie entre les races.Il propose de faire un délit de toute mesure d'exception que prendrait le propriétaire ou le gérant d'un établissement public et dont le motif serait la race ou l\u2019origine ethnique ou nahonale de la victime.Sans doute ce sont les gens de couleur que vise d\u2019abord à protéger le projet de loi, mais ses dispositions contre la discrimination vont plus loin et englobent non seulement les personnes de couleur, mais aussi les personnes de toutes origines qui résident en Grande-Bretagne et même les res- Juin-Juillet 1965 sortissants étrangers de passage en Grande-Bretagne.Le terme établissement public s\u2019étend aux hôtels et aux auberges qui accueillent surtout des gens de passage, ainsi qu'aux restaurants et aux débits de boissons.Il comprend également tous les lieux de spectacles et de récréation, depuis les théâtres jusqu'aux piscines.Déjà commet une infraction le conducteur de taxi qui, sans raison valable, refuse sa voiture à un client.Dorénavant, exception faite des véhicules loués privé- ment, tous les transports terrestres, maritimes et aériens, sous quelque forme que ce soit, devront être accessibles à tous.Le projet de loi ne limite pas l'infraction au refus de service ou d'accès, mais il interdit également toute néghgence dans la prestation du service et toute vexation sous forme de retard indu ou de prix excessif.Une première faute vaudra à son auteur une amende maximum de $150 et les infractions subséquentes, des peines pécuniaires allant jusqu'à $300.Pour éviter tout semblant de procédures, les poursuites seront intentées par le directeur des poursuites publiques Où en son Rom.Pour facilitier l\u2019intégration des immigrants de couleur dans la collectivité, le projet de loi §efforce de faire disparaître des baux les clauses discriminatoires qui, pour des motifs de couleur, de race ou d\u2019origine ethnique, empêchent le locataire de sous-louer un logement.En outre quiconque préconiserait la haine raciale par écrit ou de vive voix se rendait passible, sur condamnation par procédures sommaires, ou bien d'un emprisonnement de six mois ou bien d\u2019une amende de $600, ou bien des deux.Dans le cas d'accusation par le Ministre public, la peine serait de deux ans de prison ou de $3000 d'amende, ou bien les deux.Les lois actuelles seraient-elles modifiées de facon à interdire la diffusion et l'affichage en public de tout écrit de caractère comminatoire, \u2018injurieux ou \u2018insultant dont le but ou le résultant probable serait de nuire à la paix publique.Le gouvernement espère faire débattre aux Communes le projet de loi sur les relations raciales, et le faire adopter en deuxième lecture, au cours du mois de mai.Entre-temps toute la population de l'immigration fait l\u2019objet d\u2019une étude approfondie de la part du gouvernement britannique.Dans le cadre de cette étude, le comte Mounbatten vient d'être chargé d'examiner avec les pays du Commonwealth les moyens à prendre, surtout dans les pays d'origine, pour réglementer le flot d'immigrants vers la Grande-Bretagne."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.