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Titre :
Bulletin du Cercle juif /
Éditeurs :
  • Montréal :Cercle juif de langue française,1954-1985,
  • Montréal :Congrès juif canadien
Contenu spécifique :
Août - Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Bulletin du Congrès Juif canadien (Région du Québec)
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Bulletin du Cercle juif /, 1965-08, Collections de BAnQ.

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[" Bibliotheque St.Sulpice, 1700, rue St.Denis, Montreal, P.Q.Lulletin du CERC 15 OCT 1965 comp EU 14BS8!2 E JUIF Montréal Août-Septembre 1965 No.105 Onzième Année LETTRE DE PARIS Par notre correspondant ARNOLD MANDEL \u201cLES JUIFS\u201d SONT LA Annoncé à grand fracas depuis plus de deux ans, le livre de Roger Peyrefitte, \u201cLes Juifs\u201d, vient de sortir des presses des Editions Flammarion avec tout l\u2019effet de scandale escompté.Il y a déjà une instance en justice pour demander la saisie du volume, la famille Rothschild se considérant diffamé.Il y a aussi une protestation de la Ligue contre l\u2019antisémitisme vouant aux gémonies ce spécimen du philosémitisme assez particulier de l\u2019auteur des \u201cAmitiés particu- liéres\u201d.En attendant, le bouquin en question se vend bien mieux que \u201cPEthique\u201d de Spinoza.Les vieilles rombiéres en cure à Vichy en font leur délices dans la verdure du grand Parc.Viennent grossir encore cette clientile les demoiselles de petite vertu friandes de gaillardises et les antisémites de province ravis de trouver une confirmation imprimée des propos qu\u2019ils n\u2019osaient plus tenir à haute voix et ce dans l\u2019encre d\u2019un \u201cami des Juifs\u201d.Il y a en plus, tout bonnement et plus généralement \u201cles gens\u201d, l\u2019homme de la rue dont quelqu\u2019un a dit un jour qu\u2019il représente l'intelligence comme la femme de la rue la morale.Pour ce qui concerne le livre en lui-même, il est surtout fondé sur \u2018\u201cl\u2019onomastique\u201d, et celle-ci montre que tout le monde est juif.Ainsi, du Président de la République, le Général de Gaulle.En vérité il s\u2019appelle Kolb, et s\u2019il ne se prénomme pas Isaac, comme cela se devrait, c\u2019est qu\u2019il cherche à camoufler ses origines, ce qui est d\u2019ailleurs strictement son droit \u2014 car M .Peyrefitte est un grand adversaire du racisme et un partisan de l\u2019assimilation, Cela dit, comment douter, par exemple, du \u201cprofond judaïsme\u201d de la mai- tresse d\u2019Adolf Hitler?Eva Braun - voyons! C\u2019est bien simple: tous les individus un peu en vue qui ont des patronymes germaniques, espagnols ou slaves, ou des noms fran- cais susceptibles de dériver d\u2019identités germaniques, espagnoles ou slaves sont nécessairement juifs.Par ailleurs, l\u2019\u2019onomastique\u201d prouve que la plupart des noms vraiment français sont des variantes ou des altérations de noms typiquement juiÏs italiens.Il en est d\u2019ailleurs de même des noms italiens non-juifs.Il en résulte donc que, dans l\u2019histoire et dans le présent, aux temps des Croisades ainsi qu\u2019à l\u2019époque du strip-tease, dans la politique, la diplomatie, la littérature, le haut-clergé, l\u2019armée et la magistrature, il n\u2019y a que des Juifs, à l\u2019exception, peut-être, de M.Mendès-France qui, lui, est un Bourbon.Mais comme cette famille régnante est très probablement juive elle-aussi dans ses déviations généalogiques, il y a lieu d'admettre qu\u2019en fin de compte, même Mendès-France est juif, et pas seulement le Maréchal Pétain, Jeanne d\u2019Arc, Landru, Mao- Tsé-Toung, Tartarin de Taras- con, Marie Antoinette, Eichmann, Shakespeare, ainsi que les respectives Saintes Thérése de Lisieux et d\u2019Avilla (Ceux qui portent des noms de lieux sont toujours juifs et à plus forte raison, ceux qui n\u2019en portent pas: la fameuse \u201capa- tridie\u201d juive).A la limite, la thèse \u201centira- ciste\u201d de Peyrefitte pourrait se déduire de cette situation même.Car, si tout'le monde est juif, c\u2019est comme si personne ne l\u2019était.Ainsi, de minorité non assimilable et virulente que les Juifs étaient jadis et naguère dans l\u2019optique de l\u2019antisémitisme classique, ils deviennent une majorité écrasante dont il conivent de s\u2019accommoder, quand bien même appartiendrait- on au négligeable petit nombre des non-juifs ce qui est d\u2019ailleurs peu probable dans chacun des cas étudié, pour peu que l\u2019on l\u2019examine à la lumière de l\u2019\u201conomastique\u201d.Comme on le voit, un tel aperçu (Lire la suite en page 4) MELANGES Martin Buber, un grand humaniste Un grand philosophe juif, Martin Buber, vient de mourir à Jérusalem, à l\u2019âge de 87 ans.Dans le dernier numéro de la revue l\u2019Arche, Emmanuel Levinas, lui-même philosophe, à la fois talmudiste et disciple des existentialistes allemands, lui rend hommage en ces termes: \u201cA l\u2019aube du XXe siècle, par delà toute théologie et toute culture nationale d\u2019une ortodoxie ou d\u2019un sionisme étroit, Buber avait abordé le Judaïsme post-Chrétien, notre judaïsme de juifs, comme une civilisation vivante, il l\u2019installa comme commensal à part entière au symposium du monde moderne.Seul Edmond Fleg en France \u2014 et en toute indépendance \u2014- osa une entreprise semblable.Toutes les études juives entreprises depuis lors et jusqu'à André Neher et ses amis et disciples, tous ces travaux qui rompent avec la \u201cscience du judaisme\u201d purement philologique de naguère, demandent aux sources bibliques, talmudiques et cabalistiques aussi un enseignement et une nourriture, toute cette quête de pensée et de vérité est redevable sinon aux idées mêmes de Buber, du moins à cette attitude nouvelle qu\u2019il a adoptée avec tant de liberté, de présence et de grâce, Sa voix n\u2019a jamais eu d\u2019accents provinciaux, sa langue ne se ressent d'aucun patois.L\u2019envergure de son propos l\u2019éloignait des intérêts locaux.Prophète?Faux-pro- phète?Laissons ces titres excessifs.Ce fut un grand seigneur du verbe.Avoir su parler en juif du judaïsme comme il a parlé est, sans conteste, la grande merveille de cette vie et, comme l\u2019apparition d'Edmond Fleg en France, le miracle de Phistoire intellectuelle juive des cent dernières années.À nos discours c\u2019est encore Buber qui, au sens le plus précis du terme, donnait le ton.Tous ses critiques \u2014 tous ceux à qui il paraissait trop ancien ou mieux trop vieux ou insuffisamment radical ou insuffisamment scientifique ou insuffisamment conséquent \u2014 devront le reconnaître en écoutant le silence qui vient de se faire.\u201d François Mauriac \u2014 le nationalisme allemand et les Juifs Abordant dans l\u2019un de ses récents bloc-notes le nationalisme allemand, le grand écrivain catholique François Mauriac écrit: \u201cC\u2019est une vue consolante et rassurante que celle d\u2019un peuple qui a tiré la leçon de ses folies et qui en a été guéri par leur horreur même.Qu\u2019en est-il dans la réalité?Nous nous en doutons: les survivants de Ravensbruck et du ghetto de Varsovie errent encore au milieu de nous et nous répètent: \u201cSouvenez-vous!\u201d Mais leur nombre diminue.Le temps est proche où il n\u2019y aura plus aucun vivant pour raconter ce que ses yeux ont vu.Il restera les témoignages écrits, sur lesquels nous faisons trop volontiers le silence.Combien de lecteurs trouvera-t-elle, cette Chronique de Varsovie, pour les années 1939-1943, que publie la Librairie académique Perrin?Comme des chiens abandonnés, c\u2019est le titre de ce recueil où Anna Feigenbaum Krakowski laisse la proie aux morts qui ont su être des témoins en même temps qu\u2019ils étaient des victimes, des témoins éternellement à charge, et qui ont fait ce qu\u2019il fallait et ce qui dépendait d'eux pour que les survivants n\u2019oublient pas: ils ont écrit.Peut-être Israël en tant que na- Hon n\u2019a-til pas d'autre vocation que de répéter au monde: \u201cSou- viens-toi\u201d, lorsque le dernier revenant des enfers nazis aura disparu.Je le répète à ceux que j'ai scandalisés: le crime serait d\u2019oublier.Il ne s\u2019agit pas de rancune, il s'agit de tenir compte de ce qui a été, de wêtre pas optimiste par principe, de ne pas professer que ce qui a été ne peut plus être.L'Allemagne vaincue, écrasée, mutilée a témoigné de sa puissance intacte.Son immédiate ré- (Lire la suite en page 2) 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Août-Septembre 1965 Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANÇAISE 493 ouest, rue Sherbrooke, Montréal Tel:.VIctor 4-8621 (local 293) A Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: NAIM KATTAN \u201cLe Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.\u201d ER GE Be EE ER RE SR CE RE pd FE RRR RES EDITORIAL LE CRIME ORGANISE ET LES MINORITES L\u2019honorable Claude Wagner, Ministre de la Justice, a bien fait de dissiper, dans un discours qu\u2019il prononcçait récemment devant une association d\u2019hommes d\u2019affaires italiens, les malentendus suscités par les déclarations qu\u2019on lui avait précédemment attribuées.M.Wagner dit sans ambages sa répugnance et son opposition à toute haine raciale.Il rend hommage au peuple italien.Il ne ménage pas ses mots à l\u2019endroit de la Mafia, mais il établit clairement une distinction entre cette organisation et l\u2019ensemble du peuple italien.Bien sûr, tout cela va de soi.Il serait aberrant de faire porter la responsabilité des méfaits d\u2019une organisation criminelle sur l\u2019ensemble des Italiens.On sait, et les statistiques le démontrent, que les Italiens du Canada ne comptent pas dans leurs rangs plus de criminels que d\u2019autres groupes.M.Wagner mentionne les noms de Rivard et de Lemay en disant que ces deux Canadiens- français ne représentent d\u2019aucune manière le groupe canadien- français dans son ensemble.Il est heureux que la communauté italienne ait protesté contre les déclarations attribuées au ministre.Il ne s\u2019agit pas là d\u2019une susceptibilité propre aux minoritaires.Les rapports entre la Mafia et les Italiens de Montréal et ceux des gangsters cana- diens-français avec le groupe canadien-français ne sont pas identiques.Les préjugés ne frappent pas la majorité mais, par contre, font beaucoup du tort aux minorités.Ainsi, quand le gouvernement de Rome s\u2019attaque au crime organisé, il s\u2019agit là du fonctionnement normal de l\u2019ordre public et la réputation du peuple italien n\u2019en est pas victime.Cependant, dès que les Italiens se trouvent en situation minoritaire, ce n\u2019est plus la même chose.Dire qu\u2019une minorité nourrit en son sein un groupe important de criminels, c\u2019est alimenter le préjugé.Les honnêtes gens, les pères de famille, ceux qui gagnent durement leur vie sentent planer autour d\u2019eux la méfiance, conséquence directe du préjugé.Dans la Province de Québec où les Canadiens français sont majoritaires, l\u2019existence de réseaux criminels n\u2019entache en rien leur réputation.Cependant, les minoritaires qui sont victimes de préjugés sentent le poids de l\u2019hostilité dans leur vie quotidienne.Certes, il existe et il existera des criminels dans tous les groupes et dans tous les pays.Mais les minorités connaissent bien la propension des majorités de se décharger sur elles des vices dont elles sont responsables.Qu\u2019un criminel soit Canadien, Américain, Italien, catholique, protestant ou juif n\u2019a rien à voir avec sa responsabilité criminelle.Il était nécessaire que le Ministre de la Justice le proclame clairement.ARTS ET SPECTACLES Les nourrices, de Romain Weinkarten \u2014 par Les Saltimbanques.Voila une piéce qui correspond parfaitement à la conception que se fait la troupe des Saltimbanques du théâtre: auteur d\u2019avant- garde, oeuvre expérimentale.C\u2019est la deuxième pièce de Weingarten que cette troupe nous présente.Ce dramaturge est de la lignée des surréalistes.Comme eux, il pousse le burlesque, la satire destructrice, la dénonciation de l\u2019absurde jusqu\u2019aux confins de la tragédie.La critique sociale aboutit ici à la dérision.Dans cette pièce, les multiples visages d\u2019un monde humilié et humiliant font leur apparition pour disparaitre rapidement dans l\u2019ombre.Il faut féliciter les Saltimbanques pour leur choix d\u2019abord, mais aussi pour la mise en scène et l\u2019interprétation.Mentionnons parmi les comédiens: Claude Gai, Micheline Valois, Marc Perron, Paula, Boulanger, Louise Thibault, Frédérique Colin, Francine Noël.La mise en scène est de Rodrig Mathieu.Le festival international du film de Montréal Le sixième festival du film fut sans doute l\u2019un des plus réussis.Non seulement pouvions-nous assister à des projections de films tournés sous toutes les latitudes mais aussi voir des productions très variées dans le style et les thèmes, Le Canada était bien représenté et c\u2019est le long métrage de Gilles Carle, La wie heureuse de Lépold Z, qui a obtenu le prix du meilleur film canadien.Les films les plus frappants cette année nous sont venus de l\u2019Europe orientale.Nous eûmes la surprise de voir des productions polonaises et hongroises où, malgré certaines prudences, la liberté d\u2019expression avait son droit.Ainsi, dans L\u2019âge des illusions, long métrage hongrois de Istvan Szabo, et Walk-over de Jerzy Skolimow- ski, nous fûmes mis en face des problèmes de la jeunesse de l\u2019Europe orientale qui se débat avec les problèmes de l'idéologie ainsi qu\u2019avec les crises d\u2019adolescence.Le film portugais de Carlos Vi- lardebo, Les îles enchantées, se caractérise surtout par la beauté plastique et s\u2019attache aux passions humaines sans référence aux problèmes sociaux ou politiques.C\u2019est le cas également du film japonais, Kwaidan, de Masaki Kobayashi, qui est d\u2019une rare beauté plastique.Le film le plus hallucinant dans sa nudité et sa sobriété est le long métrage brésilien \u201cSécheresse\u201d de N.P.Dos Santos.Nous vivons pendant deux heures la misère des paysans du Nord-est du Brésil.Mélanges.(Suite de la page 1) surrection a fait l\u2019admiration du monde.Nous avons applaudi et nous avons tremble, nous qui ne modelons pas le monde à notre idée, mais qui ne concevons rien en politique qu\u2019accordé à ce qui est réellement.\u201d Rencontre judéo-chrétienne sur les problèmes sociaux Récemment, se sont réunis, à l\u2019Institut oecuménique de Bossey, près de Genève, une trentaine de représentants des Eglises rattachées au Conseil oecuménique des Eglises et d\u2019organisations juives invitées par le Conseil des synagogues des Etats-Unis.Cette rencontre avoit pour but l\u2019étude des problèmes sociaux communs aux deux communautés.Les participants qui comprenaient non seulement des membres du clergé, mais des laïcs des deux communautés, venaient du Danemark, de France, d'Allemagne, du Royaume-Uni, de Grèce, des Pays-Bas, de Roumanie, de Suisse, del\u2019Inde et des Etats-Unis.Quelques exposés magistraux et a souligné à la fois les raisons d'étudier la situation dans laquelle se trouve l\u2019homme contemporain et les solutions que l\u2019on peut donner à ses problèmes du point de vue chrétien et du point de vue juif.Les participants chrétiens et juifs ont fait en commun l'analyse de la situation de l\u2019homme actuel eta souligné à la fois les raisons d'espérer et les éléments de danger qu\u2019elle comporte.Ils ont décrit les facteurs d\u2019unification et d\u2019aliénation à l\u2019oeuvre dans la société moderne.Il est apparu avec une évidence aveuglante que l\u2019homme moderne est marqué par les transformations technologiques et les nouvelles formes d'organisation industrielle (notamment l\u2019automation et le calcul électronique).Si ces éléments ont grandement accru les possibilités de liberté et de dignité offertes à l'homme, celui-ci n\u2019en souffre pas moins d'une aliénation, dun déracinement, d\u2019une perte de son identité.L\u2019effritement des traditions religieuses, les modifications des structures de la famille, les formes de communications modernes, les avions à réaction et l'extrême mobilité qui est devenue possible font peser leurs fardeaux sur l\u2019individu.Amenuisé par la conquête de l\u2019espace et privé de sa valeur spirituelle par le rôle de la machine dans la société industrielle, l\u2019homme moderne met en ques- Hon le but même de son existence.(Lire la suite en page 4) Août-Septembre 1965 BULLETIN DU LES LIVRES O Canada \u2014 par Edmund Wilson, Ambassador Books Limited, Toronto.Quand un grand critique américain se penche sur la littérature canadienne, peut-il éviter la tentation d\u2019émettre des jugements catégoriques, de parler ex cathedra et d\u2019adopter le ton de la condescendance?Un homme aussi perspicace qu\u2019Edmund Wilson se rendait sûrement compte de ces écueils.Il nous prévient, dès le départ, que son intention n\u2019est pas de présenter une étude exhaustive de la culture canadienne mais d\u2019exprimer ses opinions sur certains auteurs qu\u2019il a eu l\u2019occasion de lire et qui se sont signalés à son attention.Dans ce livre où il réunit des articles parus précédemment dans le New Yorker, il ne se limite pas à la critique littéraire.Il résume d\u2019abord l\u2019histoire du Canada et consacre une grande partie du livre au mouvement séparatiste québecois.Son livre est extrêmement décevant, Chez les Canadiens anglais, il aime Morley Callaghan, s'intéresse à Hugh MacLennan et s\u2019étonne que I\u2019historien Francis Parkman soit si peu connu dans son pays.Fort bien.Parmi les Canadiens français il distingue Emile Nelligan, André Langevin et Ma- rie-Claire Blais.Un critique littéraire a droit à ses préférences, Cependant, on ne peut s\u2019empêcher de sourciller quand Edmund Wilson rejette en bloc toute la poésie canadienne actuelle, qu\u2019elle soit de langue fran- caise ou de langue anglaise.Pourquoi?Il est différent à la poésie de William Carlos Williams qui a exercé une grande influence sur les poètes canadiens-anglais.Et cette indifférence enveloppe toute la poésie canadienne anglaise.M.Wilson nous dit, sur le même ton, que le vers libre français de Clau- del à Paul Eluard le laisse froid.C\u2019est fort dommage.Cependant quand il dit que toute la poésie canadienne-française contemporaine ne mérite point son attention, les jeunes poètes ayant commis le grave péché de lire et de subir l'influence des poètes francais qu\u2019il n\u2019aime pas, là on se pose carrément la question: Mais de quel droit parle-t-il de poésie?Que M.Wilson n\u2019aime pas tel ou tel poète, on le comprendrait facilement, mais qu\u2019il rejette l\u2019ensemble de la poésie française contemporaine et, par extension, la poésie canadienne, on peut se demander s\u2019il a la compétence de parler de littérature.Disons, toutefois, que M.Wilson décrit très bien la situation politique de la Province de Québec.Il fait là le travail d\u2019un bon reporter puisqu\u2019il se contente de résumer les livres du Frère Untel, de Pierre Laporte (sur Maurice Duplessis), etc.La pensée juive \u2014 par André Chouraqui, Presses Universitaires de France, Collection \u201cQue sais-je-.La pensée juive couvre quatre millénaires.On connaît la pensée biblique qui n\u2019en constitute qu\u2019une partie.Chouraqui, dans un petit ouvrage à la fois accessible aux non-initiés et sérieux, présente également les autres facettes du judaïsme.Il se penche sur la pensée talmudique puis sur la pensée théologique et mystique et, enfin, la pensée moderne.Le Talmud, né au début de notre ère, fournit l\u2019armature intellectuelle qui a permis aux Juifs dispersés de par le monde de sauvegarder l\u2019unité proclamée par la Bible.À partir du septième siècle, par le contact entre le Judaïsme, d\u2019une part, le christianisme et l\u2019Islam, d\u2019autre part, une nouvelle pensée prend forme, elle est à la fois théologique et mystique, Au dix-neuvième siècle surgit la pensée moderne qui se poursuit jusqu\u2019à nos jours.Chouraqui sait allier l'exposé lucide à l'émotion vibrante.Son livre porte la griffe du poète et du croyant qu\u2019il est profondément.Fin du peuple juif, par Georges Friedmann, Editions Galli- mard, Collection Idées.Georges Friedmann est un sociologue français dont les ouvrages sur le machinisme, le travail et la civilisation technique lui ont acquis une grande réputation.Parti voici quelques années pour faire une recherche sociologique en Israël, il a découvert non seulement son origine juive mais son attachement à la pensée juive.La partie la plus importante du livre est consacrée à Israël.Le sociologue est ici un observateur conservateur conserné par les problèmes qu\u2019il aborde, humaniste mais sans que jamais sa lucidité ne fasse défaut.On a beaucoup écrit sur l\u2019intégration des immigrants en Israël, sur les kibboutz, sur la place que la religion occupe dans ce jeune pays, mais on l\u2019a rarement fait avec autant de pénétration.Certes, si l\u2019on examinait à la loupe chacune des observations du sociologue, on pourrait le chicaner sur tel ou tel détail.T1 faut reconnaître cependant que la vue d\u2019ensemble est à la fois personnelle et juste.A la suite de sa grande enquête en Israël, Georges Friedmann s\u2019est posé la question : \u2018Est-ce la fin du peuple juif?\u201d D\u2019un côté, il y aurait des Israéliens, et d\u2019un autre CERCLE JUIF côté des Juifs assimilés au pays où ils résident.Certes, l\u2019antisemi- tisme pourrait rappeler aux Juifs qui l\u2019auraient oublié leur appartenance à une minorité.Friedmann ne croit pas, cependant, à une recrudescence notable des mouvements antisémites.Et pourtant son livre se termine sur un point d\u2019interrogation.Oubliant ses chiffres et ses interviews, le sociologue parle du bonheur, de l\u2019angoisse.Le choix qui se pose aux Juifs: vivre leurs particularismes dans la terre ancestrale ou se perdre dans la masse anonyme des grands ensembles, est celui de tous les hommes.Chaque homme, dans sa recherche d\u2019identité, est tiraillé entre la fidélité et l\u2019oubli.Les Juifs vivent cette expérience d\u2019une manière plus exacerbée, plus douloureuse, ayant eu à défendre leur identité pendant des générations, au prix de mille sacrifices.Georges Friedmann ne se range pas du côté des indifférents.On accepte son livre dans la mesure où l\u2019on voit en lui un homme qui revient au judaïsme et non pas un homme qui le quitte.Retour à Coolbrook, par Gilles Marcotte ,Editions Flamma- rion, Paris.Le véritable personnage central de ce livre est une ville: Cool- brook.Miroir aux alouettes et foyer de passions en méme temps.Cette ville des Cantons de l\u2019Est est réelle par le poids qu\u2019elle fait peser sur des existences mal définies, Elle est irrélle par l\u2019image dont se font des hommes et des femmes quelquge peu vides, timorés qui cherchent, dans le reflet de l\u2018extérieur, à combler un manque, une absence incompréhensibles.Maurice Parenteau est un journaliste qui revient à sa ville natale, Coolbrook, pour se lancer dans une grande carrière.\u201cJe ne suis ni beau ni charmant et je n\u2019imagine pas que Je puisse attiser de grandes passions\u201d, Voilà le jugement qu\u2019il porte sur sa personne.Il affiche des airs froids et évite les femmes.Ce qui le définit, en vérité, c\u2019est la peur mais aussi la timidité, Et quand il se lance dans la dénonciation d\u2019un scandale, il y met à toute la naïveté et la brusquerie des timides.Ce geste qui met fin à sa carrière est aussi un alibi.Il n\u2019a pas la force ni le courage d'affronter vraiment la vie.La femme qui brise sa carapace, Mariette Sainval, s\u2019identifie à la ville.Il n\u2019a pas su la conquérir.Il aurait pu la sortir de l\u2019ornière bourgeoise s\u2019il n\u2019avait pas abdiqué.Finalement, c\u2019est l\u2019indifférence qui prend le dessus.Cette existence demeure dans les limbes, elle ne se transforme pas en vie.Le roman est écrit à contre- temps.L\u2019ironie permet au lecteur de prendre ses distances avec la ville et les ombres qui la peuplent.Car Maurice Parenteau, malgré les apparences, se tient au-dessus de la mêlée, Retour à Coolbrook est un roman ambitieux qui mérite toute notre attention.L\u2019Alliance Israélite Universelle \u2014 par André Chouraqui, Presses universitaires de France, IL\u2019Alliance Israélite Universelle, grande organisation francaise, a célébré, voici quelques années, son centenaire, Le grand ouvrage historique d\u2019André Chouraqui retrace un siècle de vie française et de vie juive.Née de la volonté de défendre la dignité juive partout où elle est bafouée, l\u2019Alliance Israélite Universelle a combattu l\u2019an- ti-sémitisme sous toutes ses formes.Cependant, les fondateurs et les promoteurs de cette grande institution se sont rendu compte qu\u2019il ne suffit pas de défendre les Juifs contre la haine mais qu\u2019il est nécessaire d\u2019en réhabiliter les couches les plus démunies.Aussi, l\u2019A1- liance s\u2019est mise à l\u2019oeuvre, instituant des écoles en Afrique du Nord et dans le Bassin Méditerranéen.Ainsi, des communautés juives isolées, séparées du monde extérieur, ont pu découvrir, grâce à ces écoles, en même temps que leur culture propre la culture française.L'histoire de l\u2019Alliance est intimement liée aux événements mondiaux.Dans les années de débâcle, d\u2019occupation, elle est forcée d\u2019'unifier ses forces pour survivre.Aux périodes de paix, son oeuvre s\u2019étend, son message se répand.André Chouraqui qui, depuis de nombreuses années, participe à la grande oeuvre de l\u2019Alliance, sait en retracer l\u2019histoire, documents en main, avec grande maîtrise.une Bonheur d\u2019occasion, par Gabrielle Roy, Editions Beauche- min, Rarement roman canadien a-t-il atteint une audience internationale aussi vaste.Prix Fémina 1947, ce roman qui décrit la vie des petites gens dans un quartier ouvrier de Montréal a été traduit dans plusieurs langues.Plus d\u2019un million d\u2019exemplaires ont été vendus dans les seules éditions anglaise et fran- Les Editions Beauchemin viennent de rééditer en un seul caise.volume ce roman qui n\u2019a rien perdu de sa fraicheur et de sa force. BULLETIN DU CERCLE JUIF LES JUIFS ET LA COMMUNAUTE FRANCAISE Premier cahier du Cercle juif de langue française Les Canadiens français et les Juifs vivent côte à côte depuis des générations et pourtant ils ne se connaissent pas bien, Depuis quel- quelques années, une partie de plus en plus grandissante de la communauté juive s\u2019exprime en français.Entre ces Juifs francophones et les Canadiens français, il n\u2019existe aucune barrière linguistique.La culture et la civilisation françaises créent entre eux des liens.Ils ont des valeurs communes a défendre.Mais auparavant, il est indispensable qu\u2019ils se connaissent.\u201cLes Juifs et la communauté française\u201d, ouvrage collectif publié sous la direction de Naim Kattan aux Editions du Jour, a justement pour but de présenter les deux communautés.On y trouve donc des essais sur le Canada francais par des penseurs et des écrivains comme Jean Ethier-Blais, Jean-Marc Léger, Michel van Schendel qui traitent respectivement de l\u2019avenir culturel des Canadiens français, des perspectives de la langue française au Canada, et du rôle de l\u2019idéologie dans la poésie canadienne-fran- çaise.Les Juifs francophones sont les héritiers de la culture juive de langue française et c\u2019est cette culture que des écrivains et des penseurs présentent.Ce recueil contient des essais sur: La pensée juive en France (par le critique littéraire Rabi); Une petite communauté juive en France (par le romancier et l\u2019écrivain Arnold Mandel); De la vie d\u2019une revue juive en France (par le romancier Nicolas Baudy); et Plaidoyer pour les morts (par le romancier Elie Wiesel).Deux autres études complètent ce recueil: l\u2019une par le jeune historien canadien-français Denis Vaugeois, sur Bécancour et les Hart, et l'autre par Naim Kattan, sur le romancier juif montréalais Mordecai Richler.\u201cLes Juifs et la communauté francaise\u201d est le premier cahier du Cercle juif de langue fran- caise.Ce n\u2019est pas un livre de confrontation ni méme de juxtaposition entre deux communautés.Il s\u2019agit d\u2019une présentation franche, lucide et pénétrante de deux cultures.Les deux groupes qui les incarnent ont tout avantage à mieux se connaître.Lettre de Paris.(Suite de la page 1) procède davantage du canular ou de la galéjade que d\u2019une raison quelconque.Cela pourrait provoquer un grand éclat de rire si l\u2019auteur était un honnête farceur.Ce n\u2019est malheureusement pas le cas.M.Peyrefitte se prend fort au sérieux.Il veut nous instruire et nullement nous amuser.Comme il est dit dans sa prière d\u2019insérer : \u201cT1 s\u2019agit bien d\u2019une Somme.Depuis des années, Roger Peyre- fitte étudie le judaïsme sous tous ses aspects, arrache au Talmud les éléments les moins connus et les plus piquants, épluche des documents de toute nature pour en faire la synthèse au niveau le plus élevé\u201d.Une telle science d\u2019une telle envergure, cela ne nous donne cependant pratiquement que quelques histoires graveleuses de prépuces aberrants, ainsi qu\u2019une chronique de bain rituel d\u2019une obscénité plutôt morne que salace.Il faut citer encore la prière d\u2019insérer en son amalgame: \u201cC\u2019est avec la chaleur de la sympathie que l\u2019auteur fait le point sur le mar- tvre et l\u2019héroïsme des Juifs pendant la guerre; également avec sympathie mais sans rien perdre de sa malice habituelle qu\u2019il révèle certains aspects mal connus de la vie intime de la femme juive ou une certaine prédisposition de la OFFRE SPECIALE Ce livre sera vendu en librairie à $2.00, Vous pouvez l'obtenir au prix spécial de $1.50 en vous adressant directement au C ercle Juif de langue française, 493 ouest, rue Sherbrooke, Montréal.venir avec votre chèque ou mandat-poste.la communauté française\u201d.Ci-joint: Cheèque.\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026 Veuillez, à cet effet, remblir le coupon ci-dessous et le faire par- | Veuillez me faire parvenir un exemplaire du livre \u201cLes Juifs et [ | race (sic) à l'érotisme\u201d.En vérité, ce livre n\u2019est même pas réellement équivoque.Tout fourmillant de ragots stupides et nullement inédits, se servant pour la \u201cdocumentation\u201d des classiques les plus décriés ou les plus obscurs de la littérature antijuive, il semble inspiré à la fois par \u201cLa France juive\u201d de Drumont et les ouvrages \u201cjuifs\u201d des frères Tharaud, le talent en moins.Toute la nouveauté consiste à assaisonner cette vieille salade rance d\u2019un peu d\u2019huile d\u2019olive antiraciste.Peyrefitte se comporte comme s\u2019il y avait une rigoureuse censure empéchant la diffusion de l\u2019antisémitisme par voie de l\u2019écriture, comme si cette idéologie ne pouvait se répandre que sous l\u2019apparence de son contraire.C\u2019est pourquoi, il fait de l\u2019oeil aux Juifs et cligne de l'oeil aux anti-juifs.Pourtant, il serait exagéré de lui faire un procès de subtil double- jeu car 1l n\u2019est pas subtil du tout.L\u2019amalgame est très grossier et se présente en simples alternances.La visée est claire: atteindre le grand tirage et gagner le plus d'argent possible.Dans ce sens la prière d\u2019insérer a bien raison de dire : \u201cc\u2019est une Somme\u201d.La bétise n\u2019exclut pas nécessairement la ruse.Si d\u2019aucuns font l\u2019imbécile pour les besoins de la cause, tout en ne l\u2019étant pas du tout, d\u2019autres le font parce qu\u2019ils savent qu\u2019ils ont pour cela des dispositions naturelles et que c\u2019est juste le moment d\u2019en profiter.Tel semble être le cas de notre grand spécialiste de l\u2018\u2019onomastique\u201d.En sa qualité de prospecteur du marché, le compère a été assez malin pour comprendre que la conjoncture est favorable.D\u2019une part, Pantisémitisme est encore un peu une espéce de fruit défendu et, de l\u2019autre en raison de toutes sortes de reflux et de ressacs, parce que l\u2019on s\u2019est déjà trop attendri sur les Juifs, qu\u2019il leur a été attribué trop de prix Goncourt; parce qu\u2019il s\u2019agit de se mettre bien avec le monde arabe qui\u2026, parce que l\u2019on est anti-gaulliste, et que Pom- pidou c\u2019est la banque Rothschild, etc.ce méme antisémitisme est de nouveau de mise et trouve une nouvelle réceptivité.Entre autres significations, l\u2019affaire des \u201cJuifs\u201d de Peyrefitte indique une fois de plus le navrant \u201céternel retour\u201d, la versatilité de la multitude et le peu d\u2019efficacité de la littérature en général pour ce qui est de réformer les moeurs.Car, parmi la foule des acheteurs de ce bouquin déplorable, que de personnes, qui, naguère, ont pleuré en lisant le \u201cjournal\u201d de la petite Anne Frank.Août-Septembre 1965 Mélanges.(Suite de la page 2) L\u2019un de ses principaux soucis au XXiéme siècle est d\u2019en rechercher la signification.Le dramaturge Ionesco et le hassidisme Dans son dernier numéro, l\u2019excellente revue française Preuves publie des extraits du journal du célèbre dramaturge Eugène Ionesco.Il y parle, entre autres, du hassidisme.Ecoutons-le: \u201cD\u2019après les hassidéens le véritable enthousiasme ne procède wi de l\u2019esprit ni de la nature, mais bien de leur communion.Quand on pense qu'on accusait notamment les juifs d'être abstraits, de ne pas avoir le sens du concret, c\u2019était vraiment que l\u2019on ne savait rien sur eux ou qu\u2019on n\u2019en voulait rien savoir, Ils ont, plus que tout autre, le sens de l\u2019incarnation.Un des rabbins hassidéens condamnait ou réprimandait sévèrement les rabbins ou les simples fidèles d\u2019ê- tre trop détachés de la terre dans leur spiritualité excessixe, comme il réprimandait également ceux qui étaient trop attachés à la terre: la vérité, la plénitude ne peut résulter que du mariage du ciel et de la terre.C\u2019est cette voie qui nous laisse entrevoir que la manifestation de la vie n\u2019est pas dérisoire, et que le monde, la création, n\u2019est pas à dédaigner puisque cela ne sera pas perdu.I! faut, d'après cette même tradition, que la terre monte au ciel.C\u2019est ce que vous disent, dans un autre langage, à peine un autre langage, les psychothérapeutes modernes lorsqu'ils constatent que les maladies psychiques sont dues à la rupture de ces deux éléments, de l\u2019intuition et de la sensation.Le sens de l\u2019incarnation nous le retrouvons chez les chrétiens, chez Péguy notamment, qui pense et espère que tout ce qui a été existence sera \u201crêcu- péré\u201d par l\u2019éternité\u2026 Les hassi- déens ont ce récit: \u201cRabbi Dov Baer de Mezritsh, un jour, avait fait des supplications au ciel pour qu\u2019il lui fit donné de voir un homme véritablement sain dans chacun de ses membres et jusqu\u2019en la moindre des fibres.Ce fut alors l\u2019image du Baal-chem-tou qu\u2019il put voir : toute de feu incandescent.Il ne s\u2019y trouvait plus une parcelle de matière: elle n\u2019était toute qu\u2019une flamme.\u201d "]
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