Bulletin du Cercle juif /, 1 juin 1968, Juin
[" Bulletin du Bibliotheque St.Sulpice, 1700, rue St.Denis, Kontreal, P.Q.18 CERCLE JUIF > Montréal, Juin, 1968 MESSAGE DU PREMIER MINISTRE DU QUEBEC GOUVERNEMENT DU QUÉBEC No.LE PREMIER MINISTRE Le but premier de toute action politique, au sens large du terme, étant d'unir les hommes dans la poursuite du bien commun, je tiens à remercier le Congrès Juif Canadien et les divers organismes qui en émanent, en particulier le Cercle Juif de langue française, pour l'admirable esprit de compréhension et de solidarité qu'ils manifestent à l'égard de tous les aspects de la vie québecoise, 133 Quatorziéme Année Grandes lignes de la 15ème session plénière concernant le Québec M.Monroe Abbey, C.R.avocat éminent de Montréal, fut élu Président du Congrès Juif Canadien à la soirée de clôture de la 15ème session plénière qui fut tenue à l'Hôtel King Edward de Toronto du 16 au 20 mai 1968.Quelques 605 délégués et substituts, et plusieurs centaines d\u2019observateurs prirent part à la convention.La Communauté juive francophone fut bien présentée par des délégués de Toronto, Montréal et Winnipeg.M.Saul Hayes, C.R.dans son discours d'ouverture, fit une référence spécifique à la Communauté francophone juive et souligna l\u2019importance du rôle que cette Communauté avait à jouer dans les activités de la Communauté juive en général.Dans une partie de son discours, (Lire la suite en page 6) Message du nouveau Président élu du Congrès Juif Canadien à la Communauté Juive Cette compréhension et cette solidarité s'expriment d'une manière toute spéciale dans des publications en langue française, comme le Bulletin et les Cahiers du Cercle juif, dans l'intérêt qu'on y accorde à l'étude de nos problèmes constitutionnels et dans la volonté évidente de toute la communauté juive de participer au rayonnement de la culture française au Québec et dans tout le pays.Je profite de l'occasion pour présenter mes hommages et mes voeux au nouvel exécutif du Congrès Juif Canadien et à son président récemment élu, Me Monroe Abbey, C.R.Je confie ce message à Me V.Rodriguez, avec qui le personnel de mon bureau et moi-même avons eu des conversations extrêmement enrichissantes.Et par son entremise, je veux assurer nos compatriotes juifs qu'ils peuvent compter sur la coopération et l'amitié du gouvernement et de toute la population québecoise.ba an VO had M - Le Congrès Juif Canadien en la personne de M.Saul Hayes CR.adressa le 13 juin, 1968 au T.Hon.Daniel Johnson, Premier Ministre du Québec, ses remerciements par la lettre dont le texte suit: \u201cMonsieur e Premier Ministre, \u201cJai l'honneur de recevoir le message que vous avez bien voulu adresser par l'entremise de Maître V.Rodriguez au Congrès Juif Canadien, à son nouveau Président, M.Monroe Abbey, et à la population juive Québécoise, et dont je vous remercie sincèrement tant en leur nom, qu\u2019au mien personnel.\u201cC\u2019est avec beaucoup de considération et profonde reconnais sance, que le Congrès Juif Canadien et la Communauté Juive Québécoise toute entière apprécieront (Lire la suite en page 4) Chaque génération vit des périodes de grands changements, mais aujourd\u2019hui ceux-ci sont rapides ct immenses.L'ordre établi des choses est ré-examiné et ré-évalué et la société encourt de dramatiques sursauts dans sa recherche de nouvelles formules qui satisfassent des besoins pressants dans les domaines de l\u2019éducation, du progrès social et des libertés fondamentales.La Communauté Juive au Canada, avec tous les autres groupes dans ce pays et, assurément, à travers tout le monde de l\u2019Ouest, n'est pas épargnée par les changements qui sont en cours.En tant que communauté, nous ne devons pas craindre mais bien plutôt, faire du changement notre allié.Nous venons de clôre notre quinzième Session l\u2019lénière à Toronto, qui a permis à tous de constater que le Congrès Juif Canadien, après 50 ans d\u2019existence, demeure toujours un corps, aux idées et aux programmes dirigés vers l'avenir.Les délégués présents à la convention démontrèrent chaleureusement leur vif attachement envers les travaux et les idéaux du Congrès et la présence d\u2019autant de jeunes et de femmes qui s\u2019y intéressèrent aussi, augure favorablement pour le futur.L\u2019un des problèmes auquel nous avons à faire face et que nous devons essayer, tout au moins en partie, à surmonter.réside dans la communication de nos programmes et de nos idées, et l\u2019encouragement des échanges de vues en général.En tant que nouveau Président du Congrès, 1e suis profandé- ment conscient des devoirs ardus auxquels nous devons faire face.Cependant, ce n\u2019est pas la présidence qui fait le Congrès.Ce poste ne demeure rien qu\u2019un nom, sans la coopération et la bonne volonté de chaque membre de la Communauté Juive à tous les échelons de sa hiérachie.Dans le passé, le Congrès, fut comblé par le nombre de personnes de valeur qui se dédièrent à lui et ne s\u2019épargnèrent point, dans leur travail pour nous.J\u2019invite cordialement les organisations à participer, par l\u2019entremise de leurs délégués, dans toutes les phases de notre travail et de se faire représenter dans nos divers comités.Je demande une coopération continue et suis confiant qu\u2019elle sera donnée.Pour nous c\u2019est et ce sera un effort d\u2019équipe.TI nous incombe à tous de travailler ensemble en bonne harmonie et compréhension ans notre recherche de la justice et du progrès social.\u201d MONROE ABBEY, C.R.Président Congrès Juif Canadien 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Juin 1968 RE RD EDR EB BBD EIR] Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 ouest, rue Sherbrooke, Montréal Tel.: 844-8621 (local 293) XI RIKER) IX = Ba IR \u201cLe Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.\u201d EDITORIAL SUR UN PIED D\u2019ABSOLUE EGALITE Nombreux sont ceux qui, au Canada et notamment parmi les derniers immigrés au Québec, croient que le problème de l\u2019éducation n\u2019existe que depuis quelques années à peine et aussi, sans en connaître la profondeur et les difficultés qu\u2019il comporte, proposent des solutions empreintes de bonne volonté et de bonne foi il est vrai, mais malheureusement souvent irréalisables sur le champ, comme ils le désireraient.Le problème de l\u2019éducation au Québec remonte en effet aussi loin qu\u2019au 17ème siècle, lorsque le Québec passa des mains françaises à celles anglaises et devint par la suite un membre du Dominion du Canada.Dès ce moment là se posa le problème de la survie de la culture française, intimement liée à la religion catholique en opposition à la culture anglaise nouvellement imposée, intimement liée à la religion protestante.Ce n\u2019est qu\u2019en 1864-1867, lors de l\u2019élaboration de la Constitution et de la transformation de la colonie en un Dominion du Canada, que les \u2018Pères de la Confédération\u201d essayèrent de trouver une solution à la divergence de ces deux cultures et religions: cette divergence qui au- jourd\u2019hui, après une longue évolution aboutit au \u201cBilinguisme et Biculturalisme\u201d.A l\u2019époque, les \u201cPères de la Confédération\u201d, dans leur sagesse qui, de nos jours représente un anachronisme, écrivirent la Constitution en y incluant l\u2019article 93 destiné à régler le problème de l\u2019éducation au Canada pour le futur! Etait-ce trop prétendre?Pour une meilleure compréhension de la question, rappelons que cet article dispose que: \u201cDans chaque Province et pour chaque Province, la législature pourra exclusivement légiférer sur l\u2019éducation sous réserve que rien dans cette législation ne devra préjudicier à un droit ou privilège conféré par la loi lors de l\u2019Union à quelque classe particulière de personnes dans la Province relativement aux écoles confessionnelles.Tous les pouvoirs, privilèges et devoirs conférés ou imposés par la loi dans le Haut-Canada lors de l\u2019Union aux écoles séparées et aux syndics d\u2019écoles des sujets catholiques romains de la Reine, seront et sont par les présentes étendus aux écoles dissidentes des sujets protestants et catholiques romains de la Reine dans la Province du Québec\u201d.Ainsi naquit la dualité de l\u2019enseignement au Québec: l\u2019enseignement catholique et celui protestant.Il va de soi que la culture française au Québec devint l\u2019apanage de l\u2019enseignement catholique et que la culture anglaise eut son bastion dans l\u2019enseignement protestant.A ce moment, il ne fut pas question d\u2019écoles juives pour la raison péremptoire que les juifs au Canada et au Québec constituaient une minorité infime, incapable de faire valoir ses droits.Airsi prirent jour à Montréal les deux systèmes d\u2019enseignement, celui de la Commission Catholique et celui de la Commission Protestante, chacun étant constitutionnellement souverain dans son domaine.En vertu de ce système, chacun avait le droit et a le droit de fréquenter ces écoles protestantes ou catholiques, mais uniquement dans le cadre de sa confession.Ainsi, avec le temps les juifs, après avoir été exclus tant des écoles protestantes que des écoles catholiques en vertu de la Constitution, mais vu leur nombre croissant, furent dirigés vers les écoles protestantes en vertu d\u2019accords bilatéraux intervenus entre la Communauté Juive et le Protestant School Board.Dès avant ces accords, les enfants juifs qui n\u2019avaient accès à aucune institution scolaire, avaient fréquenté les externants juifs privés où une éducation hébraïque, anglaise et française leur était dispensée.Aux environs des années 1920-1930, la majorité des enfants juifs fréquentait déjà les écoles de la Commission Protestante et une minorité seulement suivant les cours des externats privés juifs.Au cours de cette décade de 1960, la Révolution tranquille Québécoise, prit corps, s\u2019épanouit et aux problèmes constitutionnels, vint s\u2019ajouter celui corollaire de l\u2019Education.Le peuple Québécois, aussi bien que le Gouvernement du Québec, furent conscients du fait que cette dualité du système éducatif dans la Province, ne pouvait que créer, non seulement des québécois imparfaite- ment bilingues, mais aussi un certain antagonisme linguistique et culturel inévitable.Les intellectuels, les écrivains, les fonctionnaires, les pédagogues, les étudiants demandèrent le renversement du système antérieur, désormais périmé, des Commissions Catholiques et Protestantes et la création d\u2019un système non plus religieux, mais laïque qui tendrait à unifier l\u2019enseignement des deux cultures des deux peuples fondateurs.Le Congrès Juif Canadien, ne se tint pas à l\u2019écart de ce mouvement et assuma dès le début, une attitude ferme et claire tant dans l\u2019intérêt du peuple Québécois et Canadien, que de ses propres corréligionnaires.C\u2019est ainsi qu\u2019en Mars 1962, il présenta un mémoire à la Commission Royale d\u2019Enquête sur l\u2019Enseignement dans la Province du Québec \u2014 La Commission Parent \u2014 et dont les conclusions furent incorporées au Rapport de cette Commission.Par la suite un second mémoire fut présenté par le Congrès Juif Canadien le 25 Octobre 1966 au Conseil Supérieur de l\u2019Education du Québec, portant sur les recommandations de la \u201cCommission Royale d\u2019Enquête sur l\u2019Enseignement dans la Province du Québec\u201d.Par ces deux documents, le Congrès Jui£ Canadien soutint que la meilleure solution au problème, aurait été la création d\u2019un seul et unique système d\u2019enseignement, grâce auquel les cultures française et anglaise auraient été enseignées à égalité absolue sans considération aucune de la confession de l\u2019étudiant.Cependant, vu le caractère constitutionnel intangible de la Commission Catholique et de celle Protestante, le Congrès Juif Canadien, soutint que cette égalité devait tout au moins être respectée dans les écoles de ces deux Commissions.Il est évident qu\u2019aux côtés de ces écoles, se développèrent les écoles externats juifs qui, aux programmes français et anglais ajoutèrent ceux hébraïques.De son côté le Gouvernement du Québec anxieux de promouvoir les réformes envisagées et de réduire l\u2019importance des écoles à dénomination religieuse, désormais désuètes, créa des Collèges laïques, qu\u2019il soutint par des allocations.Quant aux écoles juives elles continuèrent à exister, lutter et vivre par leurs propres moyens, n\u2019étant, ni catholiques, ni protestantes, ni laïques.Et \u2018\u201cl\u2019enfant juif payeur de taxes\u201d à la Commission Protestante, mais qui du fait des aspirations religieuses de sa famille fréquentait cependant les écoles-externats juifs et en payait les écolages, se trouvait devant le fait inique de devoir payer les taxes à une Commission Protestante dont il ne fréquentait pas les écoles! Heureusement qu\u2019en 1967, le Gouvernement du Québec, promulgua le Bill 37 qui édicta que les écoles privées \u2014 les écoles-externats juifs en sont \u2014 pouvaient conclure les accords de \u201cstatut associé\u201d avec les Commissions Régionales d\u2019Enseignement \u2014 la Commission Catholique ou celle Protestante\u2014.En vertu de ce \u201cstatut associé\u201d ces écoles privées, recevraient de la Commission Scolaire à laquelle elles seraient associées, une allocation \u2018\u201c\u2018per capita\u201d pour chacun de leurs élèves dont les parents paieraient déjà la taxe scolaire à cette Commission.C\u2019est dans ces conditions que le Congrès Juif Canadien, réunit des écoles-externats juifs et les fit bénéficier de ce \u201cstatut associé\u201d avec la Commission Scolaire Protestante du Grand Montréal et du Grand Saint-Martin.Cet accord de \u201cstatut associé\u201d devant, pour être exécuté, être ratifié par Monsieur le Ministre de l\u2019Education du Québec, l\u2019Hon.Jean-Guy Cardinal donna son accord le 8 Juin 1968 après avoir étudié et discuté la question avec Monsieur Saul Hayes C.R., Vice-Président Exécutif du Congrès Juif Canadien.En exécution de cet accord, les écoles-externats juifs privés, bénéficiant du \u201cstatut associé\u201d recevront donc, une allocation de $300 pour chacun de leurs élèves pour l\u2019année 1968-1969.Le fait de recevoir cette allocation ne constitue pas une ingérence du Gouvernement du Québec, ou de la Commission Protestante, dans le système éducatif juif, étant entendu que cette somme de $300, ne représente que le coût de l\u2019éducation /aïque des enfants juifs, les autres deux-cin- quièmes, assumés par la Communauté Juive représentant le coût de leur éducation religieuse qui ne dépend que des autorités juives exclusivement.Quel sera l\u2019avenir du système éducatif Québécois qui comprend celui juif?L\u2019idée fondamentale de toute vraie démocratie en matière d\u2019éducation est \u201cl\u2019école laïque unique\u201d.L'histoire des religions y devrait être enseignée à tous les élèves indifféremment en tant qu\u2019Histoire et Enseignement universels, sans entrer dans aucun détail de dogme ni de culte, Il incomberait aux parents, qui en formuleraient la demande, de faire suivre à leurs enfants, des cours de religion proprement dite \u2014 cathéchis- (Lire la suite en page 6) Juin 1968 BULLETIN DU CERCLE QUINZIEME SESSION PLENIERE: ATELIER DU CERCLE JUIF S .LL Ci-dessus: Les membres du panel (de gauche à droite) Ralph Lallouz; Raymond Mazur; Victor Goldbloom, MAL; et Haim Hazan.L'atelier du Cercle Juif se tint le Vendredi 17 Mai 1968 à l\u2019Hôtel King Edward de Toronto, devant un auditoire de plus de 50 personnes parmi lesquelles Messieurs Lavy Becker et Monroe Abbey C.R.qui par la suite fut élu Président du Congrès Juif Canadien.Le Panel était formé par le Dr.V, Goldbloom M.A.L., Président, et Messieurs R.Lallouz, R.Mazur et H.Hazan.Le Dr.Goldbloom expliqua que le Président du Cercle Juif, le Professeur Perry Meyer, étant retenu à Montréal, l\u2019avait prié de l\u2019excuser auprès de l'assistance.Il lut ensuite une dépêche de MA.J.Rosenstein qui venait de rentrer d\u2019un long voyage ne Europe et souhaitait que le travail fourni par cet atelier fut couronné de succès et donnait son appui total pour la création éventuelle d\u2019une école juive de langue française.Le Dr.Goldbloom donna ensuite la parole à M.Mazur qui lut le rapport du Président et s\u2019excusa d\u2019être aussi bref, préférant donner plus de temps au Panel afin de discuter avec l'auditoire les diverses questions soulevées, Le rapport fait à l'assemblée est le suivant: \u201cLe Cercle Juif de Langue Fran- caise a été fondé, comme vous le savez en 1948, par le Congrès Juit Canadien.\u201cM.A.J.Roseustein C.R.en füt le premier président.\u201cEn 1954, M.Naim Kattan en devint le secrétaire.\u201cVers cette époque, le regretté S.D.Cohen en devint président, et cela jusqu\u2019en 1965, peu avant son décès.\u201cLe Professeur Perry Meyer lui a succédé, et étant malheureusement retenu à Montréal, n\u2019a pu vous présenter ce rapport.\u201cJe vais donc essayer modestement de compenser son absence, et faire l'historique de l\u2019activité passée de notre cercle.\u201cFondé à une époque ou il paraissait inconcevable que des Juifs pussent dialoguer avec des non-Juifs, le Cercle Juif nous permet aujour- d'hui, en jetant un coup d'oeil en arrière, de ressentir Une certaine satisfaction.\u201cEn effet, il fût fondé au bon moment, et ces dix-sept années d\u2019activités passées, le prouvent d\u2019une manière irréfutable.\u201cNotre Cercle Juif de Langue Francaise a, depuis sa fondation, attiré à ses réunions quasi-mensuel- les, une audience recherchée et réceptive, et les conférenciers que nous eûmes l'honneur de recevoir étaient de qualité.\u201cPour vous permettre d'en juger et ne pouvant les citer tous, per mettez-moi de n\u2019en nommer que quelques-uns.\u201cGérard Pelletier.journaliste MP.et nouveau ministre, André Laurendeau, co-président de la Commission Laurendeau - Dunton; René Levesque.président du M.S.A.; Roger Duhamel, académicien et imprimeur de la Reine; Gérard Fillion, a son retour de Pologne, qui était antéricurement Directeur du Journal \u201cLe Devoir\u201d; Jacques Hébert, l\u2019éditeur: Fernand Beauregard, le publiciste; Elic We:- sel, l\u2019écrivain et romancier; André Chouraqui.l'écrivain et maire adjoint de Jérusalem; Claude Vigée, écrivain et professeur à l\u2019Université Hébraique.\u201cLe Cercle édite aussi un bulletin mensuel dont les 4.000 exemplaires sont distribués gratuitement à toutes les personnalités québécoises, canadiennes et étrangères, dont l\u2019activité se rattache à nos problèmes.\u201cCertaines associations, bibliothèques, qui en font la demande, en, sont pourvues régulièrement, comme le sont naturellement.tous ceux qui sont actifs parmi les Juifs et les non-Juifs d'expression française, qui le désirent.\u201cEn 1965, sous l'égide du Congrès Juif Canadien et du Cercle Juif, M.Naim Kattan publia une première édition d\u2019un cahier dont le titre est tout un programme: Les Juifs et la communauté française 2.000 exemplaires succès.Ce cahier distribué et vendu très ce fut un JUIF largement, fût apprécié en partieu- lier par les non-Juifs, qui suivent nos cfforts avec beaucoup d\u2019intérêt, \u201cEn 1966, toujours sous la responsabilité du Congrès Juif et du Cercle, une deuxième édition des cahiers vit le jour, cette fois le titre était: Juifs et Canadiens \u201cBénéficiant de l'expérience de la première, la mise en vente des 2.000 nouveaux exemplaires, nous montra l'intérêt croissant, que les lecteurs y attachent.\u201cPour illustrer ce fait, le Ministre des Affaires Culturelles du Québec en a acheté plusieurs centaines pour son départment.\u201cEn 1967, malheureusement pour rous, Naim Kattan nous a quitté.pour se consacrer à une tâche très lourde de conséquence, il est devenu: Directeur du Service des Lettres au Conseil des Arts du Canada et son bureau est à Ottawa.\u201cDans ses nouvelles fonctions, nous sommes certains, que M.Naim Kattan nous fait honneur.\u201cNous aurions voulu aujourd\u2019hui qu'il fût avec nous, ct nous adressit la parole; malheureusement, Naim n'a pu le faire, étant pris par les devoirs de sa charge.\u201cCet exposé terminé, il nous reste maintenant à analyser le passé ct en tirer les conclusions, puis, faire nos plans pour l'avenir.\u201cDes dix-sept ans d'activités (coulés, deux faits se dégagent: Le premier, quand la politique au Québec a commencé à évoluer, notre Cercle Juif de Langue Française existait déjà.\u201cDe sorte que l\u2019on ne peut nous accuser d'opportunisme.ou.d'avoir Été poussés par les événements, pour découvrir la Francophonie.\u201cLa, est la preuve de bonne volonté de la minorité juive, ct il faut en féliciter M.Saul Hayes, qui supervise personnellement, l\u2019activité du Cercle et qui a souvent écrit les éditoriaux de notre bulletin.\u201cEt puis, rendons à César ce qui est à César, il nous faut louer le Congrès Juif Canadien pour son initiative de créer, en temps utile, ce Cercle Juif de Langue Française.\u201cDeuxième fait important, nous avons fait de l\u2019oecuménique \u201cjuif\u201d avant Vatican I et II, ce qui n\u2019est pas une mince gloire, ct l\u2019on peut remarquer qu'au Québec, depuis des années déjà, les gens savent qu\u2019il existe des Juifs d'expression et de culture françaises, pas seulement des immigrants, mais aussi des Juifs canadiens, natifs du Québec, ou même d'autres provinces, dont ils ignoraient auparavant l'existence \u201cfrancophone\u201d si je puis me permettre d'appliquer cet adjectif.\u201cNous avons donc créé, par notre Cercle, certains contacts qui nous sont précieux, et, donné et trouvé ainsi la preuve que, lorsque les hommes et les femmes de bonne volonté, ont un langage commun, bien des préjugés peuvent disparaître, et bien des malendus se régler! \u201cEt dans notre recherche de la vérité et du progrès, peut-être avons-nous aussi, pu faire comprendre à d'autres individus, d\u2019une manière tangible, la valeur spirituelle et humaine du peuple juif, alliée à son ardent désir de paix, et de prospérité, pour tous les peuples, sans exception.\u201d \u201cAprès lecture du rapport, le Dr.Goldbloom ouvrit les débâts en invitant M.Hazan à dire quelques mots sur l'institution d\u2019une école juive pour l'enseignement du Français.M.Hazan élabora le programme que devrait entamer la Communauté juive afin d'aider les enfants à unc reconversion d\u2019une culture, I! insista sur le fait que plusieurs nouveaux canadiens arrivent dans le pays avec une connaissance de la langue française et vu le système actuel d'éducation, sont obligés par la force des choses de parfaire leur instruction en anglais.Il est vrai, dit-il, que les écoles juives existantes ont essayé d'attirer vers elles les enfants des nouveaux immigrants, mais les frais de scolarité sont trop élevés pour le nouvel immigrant qui n\u2019a pas les moyens d'introduire son enfant dans une école juive.Il insista sur la fondation d'une école juive de langue française dont la gratuité serait primordiale.Mr.Lallouz informa ensuite l\u2019assistance de la nouvelle orientation du Cercle Juif de Langue Française du fait qu'il assista aux travaux des ateliers des états généraux du Québec.Le Québec est en marche ct change et l'étude anglophone dont est affublée la Communauté juive en général doit aussi changer.M.Lallouz parla d\u2019un programme qui passa à Radio-Canada sur l\u2019avenir de la Communauté Juive au Quebec.Ce programme fut très bien reçu par une grande partie de la population de Montréal et Radio-Canada reçut des demandes de redonner ces programmes plus souvent.M.Lallouz demanda que le Congrès Juif Canadien mette le Cercle Juif de Langue Française sur le même pied d'égalité que ses autres Comités, surtout dans la Province de Québec, vu le rôle important qu'il est appelé à jouer dans les années à venir.M.Mazur parla de existence de la francophonie juive depuis l\u2019année 1950 ct le rôle joué par les membres de la Communauté envers les canadiens français.Il insista surtout sur les nouvelles rencontres qui eurent lieu grâce au travail assidu du Rev.Père Dom.J.A.Mathys.Ces réunions provoquèrent un certain échange d'idées, d'opinions avec nos concitoyens canadiens français et pour la période de l\u2019Expo, les membres de ce Cercle se réuniront à la Terre des Hommes.En remerciant les trois panélistes, le Dr.Goldbloom démontra l\u2019inté- oration de la Communauté juive francophone dans le Québec, et ex- (Lire la suite en page 5) Baisse ey an RE BULLETIN DU CERCLE JUIF ge Juin 1968 REPONSE DU CONGRES JUIF CANADIEN A Monsieur André Luchaire du Journal La Presse Le 25 Mai 1968, le journal La Presse publia sous le titre \u201cLe Congrès Juif Canadien accepte le principe des écoles juives françaises\u201d \u2014 principe qui a toujours été non seulement accepté mais appuyé par le Congrès Juif Canadien \u2014 un article inexactement inspiré signé À.Luchaire accusant le Congrès Juif Canadien \u201cd\u2019une longue tradition d\u2019indifférence au fait français au Canada\u201d.Le Bulletin du Cercle Juif de Langue Française du Congrès Juif Canadien reproduit ci-bas la lettre, qui fut adressée le 31 Mai 1968 à M.le Rédacteur en Chef du Journal La Presse : \u201cLe Congrès Juif Canadien prit connaissance de l\u2019article paru dans votre journal du 25 Mai 1968, sous le titre \u201cLe Congrès Juif Canadien accepte le principe des écoles juives françaises\u201d, signé André Lu- chaire, et tient par la présente à rectifier les appréciations personnelles ou inspirées par des tiers, souvent inexactes, tendancieuses et partiales, qui y sont exprimées.\u201cContrairement à ce qui y est affirmé: que le Congrès Juif Canadien aurait eu une \u201clongue tradition d\u2019indifférence au fait français au Canada\u201d, je relève : \u201c1\u2014Que depuis Novembre 1948, fut créé le \u201cCercle Juif de Langue Française\u201d et ensuite fut publié le \u201cBulletin du Cercle Juit de Langue Française\u201d qui a toujours été une publication mensuelle traitant aussi bien du problème juif francophone au Canada que des questions d\u2019intérêt général et d'actualité de caractère interne et international touchant le Canada et plus spécialement le Québec.\u201cLes séances du Comité du Cercle Juif se sont tenues depuis le premier jour, soit depuis vingt ans, en langue française exclusivement.\u201c2\u2014Le Congrès Juif Canadien publia en 1965 et 1967 les \u201cCahiers du Cercle Juif de Langue Française\u201d: le premier intitulé \u201cLes Juifs et la Communauté Française\u201d et le second \u201cJuifs et Canadiens\u201d; deux ouvrages de 130 pages chacun, qui ont bénéficié d'un accueil chaleureux dans le monde canadien francophone.Le prochain \u201cCahier du Cercle Juif de Langue Française\u201d paraîtra dans le courant de cette année.(1) Monsieur le Ministre de l'Education du Québec, l\u2019Hon.Jean-Guy Cardinal a ratifié les accords de \u201cstatut associé\u201d intervenus entre certaines écoles juives et le Protestant School Board of Greater Montreal \u2014 de sorte que ces écoles recevront \u2014 pour l\u2019année en cours \u2014 l\u2019allocation prévue.Le Congrès Juif Canadien remercie sincèrement l\u2019Hon.Jean-Guy Cardinal.\u201c3\u2014Au surplus, loin de méconnaître le fait français, ainsi que le prétend Monsieur André Lu- chaire, le Congrès Juif Canadien vient de publier en langue anglaise et française \u201cInformations et Commentaires \u2014 Libertés et Droits Fondamentaux au Canada\u201d, étude sur les \u201cDroits de l'Homme\u201d, L\u2019exemplaire français de cinquante pages, aussi bien que celui anglais, ont obtenu la haute appréciation du Gouvernement et des Universités du Québec, du Canada et de l\u2019étranger.\u201c4\u2014Te Congrès Juif Canadien et ses organismes ont toujours appuyé le principe de l\u2019enseignement du français comme langue seconde et depuis quelque temps, comme langue égalitaire avec l'anglais, non seulement dans les écoles juives du Québec, mais aussi dans les écoles dépendant de la Commission des Fcoles Protestantes du Grand Montréal et St.Martin.\u201cA ce propos, le Congrès Juif Canadien présenta à la Commission Royale d\u2019Enquête sur l\u2019Enseignement dans la Province de Québec \u2014 Rapport Parent \u2014 un mémoire daté de mars 1962 dont les conclusions furent incorporées dans le dit Rapport.\u201cUn second mémoire du 25 Octobre 1966 fut également adressé par le Congrès Juif Canadien au Conseil Supérieur de l'Education du Québec sur les recommandations de la Commission Royale d\u2019Enquéte sur l\u2019Enseigner ent, le \u201cRapport Parent\u201d.\u201cDans ces deux documents, le Congrès Juif Canadien soutint dès alors la nécessité de l\u2019introduction de la langue française à égalité avec celle anglaise dans les écoles juives ou protestantes ce que, au- jourd\u2019hui, l\u2019article de M.André Luchaire prétend qu\u2019il n\u2019aurait jamais soutenu.\u201c5\u2014L\u2019immigration au Canada d\u2019un grand nombre de juifs sé- pharades francophones provenant d\u2019Afrique du Nord a contribué certes à rendre la question plus aigue, question qui avait été déjà traitée comme il appert ci-haut par le Congrès Juif Canadien avant l\u2019arrivée d\u2019un bon nombre d\u2019entre eux.\u201cIl faut bien que les représentants de cette nouvelle communauté admettent avec nous qu\u2019il est aisé de répéter des résolutions déjà émises par le Congrès Juif Canadien depuis 1962-1966, mais beaucoup plus difficile de les réa- Îiser, en les faisant d\u2019abord admettre par les autorités gouvernementales compétentes et ensuite en les alimentant par des budgets spéciaux auxquels des sommes importantes doivent être allouées.\u201cTJusqu\u2019à ce jour, la communauté juive au Québec, principalement \u201cashkénaze\u201d, a alimenté ses propres budgets scolaires.La communauté sépharade francophone, qui exige d'urgence des écoles juives françaises, est prête à faire de même assurément.\u201c6\u2014Le Congrès Juif Canadien a lutté et lutte pour obtenir du Gouvernement du Québec la reconnaissance des droits de \u201cVen- fant juif payeur de taxes\u201d en exécution du Bill 37, Les négociations souvent difficiles mais qui doivent aboutir en vertu du principle d\u2019une juste démocratie égalitaire, suivent leur cours.(1) \u201cA ce propos, l\u2019article précité reproche, à mots couverts, au Congrès Juif Canadien de s'intéresser plus aux écoles juives déjà existantes, qu\u2019à celles à venir, réclamées par les nouveaux groupes sépharades juifs récemment immigrés.\u201cLe Congrès Juif Canadien a certes le devoir de s\u2019intéresser tout autant aux écoles juives déjà existantes qui dispensent l'instruction à une population de 110.000 juifs vivant aMontréal et qui, par leurs sacrifices et leur contribution financière remontant à plusieurs décades, ont rendu possible l\u2019établissement de ces écoles existantes.\u201c7\u2014L\u2019article de Monsieur André Luchaire affirme enfin que: \u201cqui dit juif sépharade à Montréal dit francophone\u201d.Cette affirmation est pour le moins incomplète, car le juif francophone n\u2019est pas nécessairement sépharade.Il serait plus exact de dire que le juif sé- pharade est souvent uniquement francophone.Tl n\u2019en demeure pas moins que désormais bon nombre de juifs \u201cashkénazes\u201d et notamment ceux de la nouvelle génération, soit exactement 38.234 individus, sont parfaitement bilingues et donc francophones aussi, et ont de ce fait également voix au chapitre puisqu\u2019ils représentent l\u2019émanation d\u2019une communauté d\u2019environ 110.000 âmes de beaucoup supérieure aux juifs sépharades qui s\u2019élèveraient à 10.000 au grand total.\u201cAussi, ces juifs \u201cashkénazes\u201d ont autant intérêt et droit, sinon plus, que les juifs \u201csépharades\u201d à un bon enseignement égalitaire de la langue française.En conséquence, M.André Luchaire a tendancieusement, erronément et avec beaucoup d\u2019exagération prétendu que ces derniers seraient \u201cl\u2019émanation authentique de la communauté juive de langue française qui se considère comme responsable de la survie de la culture française apportée ici par les immigrants d\u2019Afrique du Nord.\u201d \u201cEn réalité, ils constituent une minorité francophone juive sépha- rade dans la grande majorité francophone juive ashkénaze.\u201cAu surplus, cette \u201cculture française\u201d à laquelle M.André lu- chaire fait appel existe au Québec et au Canada depuis des siècles, et le Congrès Juif Canadien en a pris soin bien avant l\u2019arrivée de ses corréligionnaires d'Afrique du Nord! \u201cEn un mot, le Congrès Juif Canadien représentant aussi bien les juifs \u201cashkénazes\u201d que ceux \u201csépharades\u201d a toujours approuvé et soutenu ainsi qu\u2019il est établi ci- haut, la nécessité d'introduire la langue française à égalité avec celle anglaise danas les écoles fréquentées par la communauté juive de Montréal \u2014 que ce soit dans des écoles communautaires juives ou celles dépendant du Protentant School Board.\u201cAussi, ce n\u2019est pas par des articles pour le moins mal inspirés qui veulent faire croire d\u2019une part à une discrimination exercée contre les juifs sépharades, ou à un désintéressement du Congrès Juif Canadien à leur égard, et d\u2019autre part à leur monopole de la francophonie juive, alors qu\u2019ils n\u2019y représentent qu\u2019une minorité, que l\u2019on arrivera à la solution désirée qui intéresse aussi bien les ashkénazes que les sépharades.\u201cLe but principal de pareils articles semble être celui de pêcher en eau trouble et susciter des scissions, dans une communauté qui n\u2019a jamais été plus unie! \u2018Les résolutions sont toujours les bienvenues mais aussi faut-il qu\u2019elles soient commentées dans un esprit de solidarité communautaire dont M.André Luchaire, qui ignore tout de la question, a trahi le principe, \u201cEnfin, Monsieur André |lu- chaire a déjà publié dans votre journal deux longs articles nous concernant aussi nous vous prions de vouloir bien publier cette réponse dans son intégralité dans votre journal La Presse.* + * Cette lettre ne requiert aucun commentaire supplémentaire, étant explicite par elle-même.MESSAGE .(Suite de la page 1) les hauts principes de solidarité humaine et d'amitié du Gouvernement du Québec et de toute la population Québécoise, que vous avez bien voulu, une fois de plus, exprimer à leur égard.\u201cCe message de fraternité sera adressé à toute la population juive du Québec et du Canada par l\u2019organe des publications françaises ct anglaises du Congrès Juif Canadien.\u201cVeuillez agréer.Monsieur le Premier Ministre, l'expression des hommages du Congrès Juif Canadien et les miens personnels.\u201d Juin 1968 Vers des pourparlers de paix?Il y a quelques semaines, Mr.Lvy Echkol, Chef du Gouvernement, déclarait à une équipe de journalistes venue l\u2019interviewer: \u201cCe qui me préoccupe le plus, ce À quoi je m'attends, c\u2019est de voir Mr.Gunnar Jarring venir me dire qu'il est enfin possible de s'asseoir avec l\u2019autre partie.Les pourparlers de paix peuvent commencer\u201d.Telle est la position d'Israël depuis le cessez-le-feu.Les récentes déclarations de notre ambassadeur à l'ONU, selon lesquelles notre pays acceptait la résolution du Conseil de Sécurité du 22 Novembre dernier, parrallélement à l'accord donné par l'Egypte et la Jordanie, ont semé une certaine confusion au sein du Cabinet d\u2019Union Nationale et dans les milieux politiques.Les débats orageux qui ont laissé planer la menace d'une dissolution de la coalition actuelle, ont eu pour résultat, heureusement, la réaffirmation que les limites actuelles du cessez-le-feu demeureront en vi gueur tant que des pourparlers directs de paix ne seront pas ouverts.Le traité qui en découlera, vient de préciser Mr.Fchkol, devra être solennel, inconditionnel et engageant la responsabilité des parties en présences.La vraie paix, c'est l'acceptation par les pays arabes de l'existence d'Israël dans les limites de frontières sûres.Pas plus l'ONU que des garanties de l'étranger qui sont susceptibles de n\u2019être pas respectées, ne peuvent assurer la paix à notre région.On ne peut être plus clair, ni d'ailleurs plus logique.Les Arabes feront-ils preuve de réalisme en acceptant de s'asseoir avec nos délégués devant une table ronde pour des pourparlers directs?Israël, pour sa part, ne voit pas d'autre alternative, La réunification de Jérusalem La chance de Jérusalem est d'avoir retrouvé, sous l\u2019égide d\u2019Israël, son unité.Des barbelés ne séparent plus la vieille ville de la nouvelle.Hier, c\u2019était, comme le disait Villustre Jules Romains, deux portions d\u2019un incendie, aujourd'hui, la cité de David est une, cité de paix ouverte à tous.Arabes et Juifs s\u2019y coudoient dans l'attente d\u2019une définitive harmonisation des rapports, décidée à effacer la haine, cause des conflits de ces vingt dernières années, x x x Or donc, treize pays membres du Conseil de Sécurité ont voté une résolution demandant à Israël d\u2019annuler toutes les mesures administratives et juridiques prises à Jérusalem.Naturellement Israël a annoncé qu\u2019il ne changera pas le statut actuel de la Jérusalem unifiée.Il s\u2019est passé quelque chose, il y a un an.BULLETIN DU CERCLE JUIF LETTRE D'ISRAEL par notre correspondant Z.S.PEREZ Oublié, déjà?Quand Tzahal défonça les murs de la vieille ville, au cours de violents combats, son premier soin fut d'aller voir que les vestiges du Temple Saint, le Kotel, étaient aux Juifs durant vingt années, était là, debout, témoins impérissables de toute l'Histoire d\u2019Israël.Mais, constatations amères, les Arabes avaient profané les cimetières juifs du Har Habait, du Mont des Oliviers, arraché les marbres funéraires pour paver leurs latrines.La Cité de David, malgré le Conseil de Sécurité, ne retournera plus à la situation d'hier, elle restera une et indivisible, ouverte, en ce qui concerne les lieux saints, aux fidèles des trois grandes religions de tous les pays du monde.Israël accepte même que les Chrétiens aient le contrôle de leurs églises et les Musulmans, celui de leurs mosquées.Durant vingt années, personne n'a osé lever le petit doigt, pour protester contre la division de Jerusalem.Aujourd'hui treize pays trouvent sa réunification insupportable.Bizarre! Mélanges La sonnerie du Choffar a retenti dans l'enceinte de la Knesset pour saluer le Président de l'Etat, Mr.Zalman Chazar investi pour un second mandat de 5 ans.Prestation de serment, discours mettant le point sur les nécessités du prochain avenir: paix, immigration, intégration du pays dans la région.CERCLE .(Suite de la page 3) prima son optimisme sur les chances que, dans un avenir très proche, cette intégration deviendrait totale.L'éducation bilingue se dessine et le rapport de la Commission Royale sur le Bilinguisme et le Biculturalisme démontra que tout le Canada se dirige vers le bilinguisme.M.Barber dit qu\u2019il y avait une certaine différence entre l\u2019élément francophone de naissance et celui qui le devient par ses études, mais avec le temps nous verrons que le second élément sera de loin plus grand.La Communauté juive se transforme à travers tout le Canada et nous devons demander au Plénium de suivre plus attentivement l\u2019élaboration d\u2019un système d'éducation tant pour les francophones que pour les anglophones.M.Monroe Abbey dit combien il se sentait fort d\u2019avoir dans notre Communauté Québécoise des juifs de langue française.Il dit que le Congrès se fera un devoir d'appuyer les demandes faites par les juifs francophones pour l'institution d\u2019une école juive de langue française.RENCONTRE JUDEO-CHRETIENNE A L\u2019ABBAYE DE SAINT BENOIT DU LAC Environ soixante personnes cont près de la moitié étaient juives ont participé à une rencontre, à St- Benoît-du-Lac, le dimanche 16 juin 1968.Cette rencontre débuta par une Messe concélébree à laquelle les Juifs avaient tenu à être présents.Il y eut ensuite un vin d'honneur dans la salle des hôtes où le Révérendissime Père Abbé Dom Odule Sylvain fut présenté aux participants.Le déjeûner à \u201cla bonne franquette\u2019 qui suivit se déroula dans une atmosphère de gaieté et de fraternité.Ce fut ensuite la visite du Monastère pour les hommes, sous la direction d\u2019un moine; les dames visitèrent la Tour Saint-Benoît et reçurent des explications sur la vie bénédictine de Dom Jean-Anselme Mathys, Conseiller moral des Amis de St-Benoit-du-Lac.L'assistance se retrouva dans la salle des hôtes, à deux heures, où un forum sur la Bible eut lieu avec le concours de M.Haim Hazan, du Révérend Claude de Mestral et Dom J.A.Mathys; il était animé par François Desmarais, secrétaire général du mouvement.L'intérêt manifesté par les participants était évident: dans l'assistance planait un esprit qui faisait qu\u2019on se sentait tous frères \u2014 pas une note discordante, bien au contraire on avait l'impression que c'était cela l\u2019amour qui doit animer tous les hommes, selon le grand commandement que l\u2019on trouve dans la Bible.Cet échange fut suivi d\u2019un exposé par Dom J.A.Mathys sur le mystère de la Messe, lequel permit au Conférencier de répondre à des questions posées par les frères juifs.que tous se quittèrent un peu après C\u2019est avec une certaine nostalgie quatre heures de l'après-midi, après avoir passé de si bons moments dans la fraternité et la joie, dans le beau décor de St-Benoit-du-Lac, cet oasis de FOI, de PAIX et d\u2019UNITE.La prochaine réunion du Cercle du Roi-David aura lieu à la Terre des Hommes au Pavillon du Judaïsme, le mardi 9 Juillet 1968 à 7 h.30.HOMMAGE AUX HEROS DE VARSOVIE Le 25 avril écoulé, 800 personnes environ se réunirent à l\u2019audi- toritmm du Montreal High School pour commémorer le 25ème anniversaire du soulèvement des Juifs de Varsovie.La cérémonie présidée par Monsieur Albert Eaton revétit un caractère pieux, et glorieux à la fois.Dans un silence plein de recueillement, Monsieur le Rabbin Pin- chas Hirschprung alluma six flammes en souvenir des six millions de juifs exterminés par la criminalité nazie et fut suivi par le Cantor Samuel B.Taube qui récita la \u201cprière des morts\u201d.Le Lieutenant Colonel Dov Sinai, Consul Général d'Israël à Montréal s\u2019adressa aux assistants pour la plupart frappés par le deuil du Ghetti de Varsovie et leur adressa un message de la part de l\u2019Etat d\u2019Israël.Ce fut alors au tour de Monsieur Adam Herzig, ancien Président de la Loge B'nai Brith \u201cT\u2019ALLIANCE\u201d de Montréal, d'expression française, représentant toutes les Loges B'nai B\u2019rith de Montréal, survivant des persécutions de Pologne des années 1939-1945 de prendre la parole et pour la première fois, au cours de ces cérémonies annuelles, de faire en français l\u2019oraison de nos martyrs.Donner des extraits des paroles douloureuses et fières de Monsieur Adam Herzig serait les dépouiller de leur valeur et de leur portée.Aussi, donnons-nous ci- après le texte intégral de son allocution qui constitue une pensée pure, pieuse et reconaissante envers nos morts \u201cAu nom de B'NAI B'RITH je tiens a rendre I'hommage le plus profond à nos héros-martyrs Juifs.\u201cJe suis très ému, car il s\u2019agit de la commémoration des héros de la révolte du Ghetto de Varsovie et de toutes les victimes de l\u2019époque hitlérienne et au moment où le monde oublie de plus en plus les années tragiques de la dernière guerre et au moment où encore une fois, nous sommes les témoins d\u2019une vague honteuse d\u2019antisémitisme en Pologne, nous n\u2019avons pas le droit de cesser de penser à ceux qui ont été tués et massacrés uniquement parce qu\u2019ils étaient des Juifs.\u201cLa tragédie de plusieurs millions de victimes a été oubliée trop rapidement.La conscience du monde est endormie et il faut essayer de la réveiller en rendant hommage à ceux qui ont payé de leur vie.\u201cLes anées 1939-1945 que j'ai passées en Pologne, resteront gravées à jamais dans sa mémoire.Jai vu la machine hitlérienne en action de très près; j'ai vu des trains partant pour les camps de concentration; j'ai vu des gens sauter des wagons plombés, cherchant la liberté et qui ont été abattus quelques minutes plus tard, par les balles allemnandes, par les balles des Ukraniens et des autres serviteurs de la Police nazie.Plusieurs personnes de ma famille ont été tuées et les souvenirs de cette épo- (Lire la suite en page 6) BULLETIN DU CERCLE JUIF Juin 1968 VARSOVIE.que sont restés brûülants et terribles dans ma mémoire.\u201cMon père Dr.J.O.Herzig avait écrit un drame consacré à la révoite du Ghetto de Varsovie intitulé \u201cHonneur\u201d.Honneur à nos morts! \u201cL\u2019époque hitlérienne fut une ère de barbarisme, l\u2019ère des bourreaux, des fours crématoires, du sadisme, où le sang pur des malheureuses victimes coulait partout.\u201c1943, la troisième année de la guerre, presque toute l\u2019Europe était sous l\u2019occupation des soldats allemands.Au moment le plus tragique, sans espoir, où la barbarie atteignait son apogée, l\u2019étincelle de la liberté jaillissait, allumée par les combattants juifs du ghetto de Varsovie.\u201cCétait le lundi 19 avril 1943.Les Juifs étaient condamnés a mort.Derrière le mur érigé autour du ghetto, réduits à l\u2019esclavage, la terreur en avait fait des êtres résignés.Ils savaient qu\u2019ils allaient mourir, mais leur oif et leur dignité ne leur permettaient pas de se rendre sans combattre et les Juifs de Varsovie commencèrent à préparer la révolte contre leurs oppresseurs.Ils savaient que cette révolte était vouée à l\u2019échec, mais ils voulaient prouver que s\u2019ils cle- (Suite de la page 5) vaient mourir, ils mourraient en héros.Cette révolte symbolisa l\u2019esprit de liberté, d\u2019indépendance et le triomphe contre la tyrannie.\u201cLes horreurs des camps de concentration étaient bien connues des Juifs de Varsovie.Ils n\u2019étaient plus que 70,000 lorsque la révolte éclata, des 5000,000 qu\u2019ils étaient trois ans auparavant.\u201cLes Allemands voulaient offrir a Hitler le ghetto de Varsovie comme cadeau d\u2019aniversaire le 20 avril; mais ils se trompaient, car au lieu de liquider ce ghetto, ils devaient se battre pour sauver leur vie et ce jour-la les drapeaux avec l\u2019étoile de David et les drapeaux polonais flottaient sur les maisons du ghetto.\u201cDes centaines de soldats allemands furent tués et c\u2019était la première fois qu\u2019ils comprirent que si ce ghetto devait disparaître, ce serait seulement après une bataille sans merci.\u201cLa première bataille débuta aux coins des rues Nalewki et Mila.Les bataillons allemands étaient conduits par des S.S.choisis avec soin, mais cette pre- miére rencontre anéantit 200 allemands et un seul juif fut tué.Deux heures plus tard, les Allemands amenèrent des canons et un véritable siège commença.PLENIERE .M.Hayes releva que: \u201cDans cette période nous sommes arrivés au fin fond des aspirations des Canadiens français dans les grands débats sur l\u2019insistance du Canada français de vivre et s\u2019épanouir et ne pas être une victime culturelle et linguistique de génocide.Dans ce profond problème français, tous les Canadiens sont très anxieux, mais sûrement pas plus que la grande et bien établie Communauté juive de Québec.\u2018Malgré les risques considérables de cette situation, déclara M.Hayes, il est difficile de concevoir un Canada sans Québec et un Québec sans Canada.\u201cMais il faut ajouter qu\u2019au Québec, les événements créent de vastes changements dans la pensée ainsi que des transformations sociologiques.Nous réalisons tous que le peuple outré d\u2019hier est aujour- d\u2019hui en train de repenser sa destinée\u201d.M.Hayes se dit très satisfait de voir à cette session plénière du Congrès \u201cles représentants de notre considérable Communauté juive francophone et une fois de plus salua leur désir de faire partie de la Communauté en général.\u201cDans cette période d\u2019agitation, de profondes modifications sont possibles à cause du changement d\u2019attitude du peuple Canadien\u201d.Il cita tous les efforts de celui-ci de libéraliser les droits au divorce, l'immigration, les droits de l'homme, ainsi que ses projets de loi de (Suite de la page 1) reviser le Code Criminel pour combattre la propagande haineuse dans tous ses domaines et dans lesquels le Congrès Juif Canadien a joué un rôle actif.Tous ces efforts sont symptomatiques des profonds changements de la société et du renouvellement des valeurs de celle canadienne.Au cours des quatre jours de conférence furent considérés plusieurs problèmes dont le Congrès Juif Canadien se préoccupe et des ateliers simultanés furent tenus sur les services communautaires, le rôle de la femme juive dans le Congrès, le Yiddish, les appels de fonds et UJRA, les affaires religieuses, le Cercle Juif de Langue Française, les relations de la Communauté juive canadienne avec la Communauté juive mondiale, les relations communautaires, Israël et la Communauté juive canadienne, l\u2019éducation juive et son rôle dans le Congrès.Plusieurs résolutions furent adoptées à la session plénière, dont les trois suivantes sont d\u2019un intérêt primordial pour la Communauté Juive francophone: 1 \u2014 L'institution d\u2019une école juive de langue française à Montréal; 2 \u2014 Diffusion de l\u2019instruction de la langue française dans les écoles juives du Québec; 3 \u2014 Diffusion de l\u2019instruction de la langue française dans toutes les écoles juives à travers tout le Canada.Ces trois résolutions furent adoptées à l\u2019unanimité.\u201cCe jour-là, les Allemands abattirent cent otages juifs qui étaient détenus et parmi eux se trouvaient le Rabbin TANNENBAUM, écrivain très conu, Hillel GI- TERMAN, historien, et le Docteur Mayer BALABAN, ancien Directeur du Fonds National Juif et également historien.\u201cMais ni les tueries, ni les canons ne purent arrêter la révolte qui dura six semaines.Finalement, toutes les maisons furent détruites, une par une, par les canons et les bombes incendiaires et il ne resta bientôt plus que des ruines ! \u201cIl est impossible de donner en quelques minutes tous les détails.Chaque instant de cette récolte fut un exemple d\u2019héroisme sans limite, Le poète juif, Stanislas SZTEN- GIEL qui fut tué plus tard, écrivit que le ghetto avait cessé d\u2019être une jungle où on chassait les animaux, mais était devenu un champ de bataille.Sous le commandement de Mordechai ANIELEWICZ, âgé de vingt ans, fils d\u2019une famille pauvre, toutes les organisations juives s\u2019étaient réunies et combattirent jusqu\u2019à la fin.\u201cDes milliers de juifs furent tués et les allemands rasèrent le ghetto jusqu\u2019é la dernière pierre.La vie des juifs de Varsovie avait cessé d\u2019exister, mais leur héroisme restera gravé pour toujours dans la mémoire du monde libre.\u201cLe 19 avril 1948, un monument fut dévoilé à Varsovie portant le nom de \u201cMonument des héros du Ghetto\u201d.Ce monument a été dirigé pour rendre hommage à ceux qui avaient décidé de mourir avec honneur pour réveiller la conscience du monde.Le ghetto de Varsovie est devenu le sanctuaire de la liberté! Une bataille a eu lieu entre la civilisation et la barbarie.Les exploits des combattants du ghetto de Varsovie resteront gravés pour toujours dans les pages du mar- tyrologue et aussi dans le souvenir de la fierté des juifs polonais.\u201cl\u2019histoire écrira leur sacrifice en lettres d\u2019or et le monument des héros du ghetto de Varsovie restera le symbole tangible d\u2019une révolte contre la tyrannie, pour la liberté de l'Humanité! \u201cJe tiens à rendre hommage à tous ceux qui ont péri sans laisser de trace.Leur disparition n\u2019a pas été vaine, car elle a été la première bataille pour l'indépendance et finalement, elle a été une des causes de la naissance de l\u2019Etat Indépendant d\u2019Israël cinq ans plus tard, presque jour pour jour, le 29 avril 1948 Le T.Hon.Daniel Johnson, Premier Ministre du Québec, reçut le 11 et le 12 Juin 1968 Maître Vitto- rio Rodriguez, attaché au Congrès Juif Canadien qu\u2019il chargea de transmettre ses voeux à la Communauté Juive du Québec.Le message du T.Hon.Daniel Johnson est reproduit en première page de ce Bulletin.\u201cMalgré les siècles, les juifs n\u2019ont pas oublié Jérusalem.Six millions de juifs ont péri pendant la dernière guerre \u201cAl Kidush Hashem\u201d.Les juifs n\u2019oublieront jamais leurs martyrs.\u201cJe sais que parmi les soldats israéliens qui se battaient pour leur patrie, plusieurs se rappelaient de la révolte de Varsovie et de l\u2019esprit macabéen qui régnait dans ic ghetto.\u201cAujourd\u2019hui, en rendant hon:- mage à la mémoire des victimes de la barbarie nazie, nous nous inclinons très bas en pensant à eux; ces êtres ont péri \u201cAI Kidush Hashem\u201d uniquement parce qu\u2019ils étaient juifs, mais en mourant, ils étaient sûrs qu\u2019Hitler et ses bourreaux ne parviendraient pas à détruire le peuple juif.\u201cIls avaient la certitude que la vérité triompherait un jour, crov- ant fermement dans l\u2019avenir des juifs, persuadés que leurs persécuteurs disparaîtront et convaincus que malgré le sacrifice de leur vie \u201cAm Jisrael Chai\u201d.\u201d Aujourd\u2019hui encore, les survivants du ghetto de Varsovie, demeurés en Pologne, auprès de leurs morts, sont l\u2019objet d\u2019un renouveau de persécution, parce qu\u2019ils sont juifs.Que la fin du Nazisme serve d\u2019exemple et de prémonition à leurs persécuteurs.EDITORIAL.(Suite de la page 2) me ou torah \u2014 qui seraient donnés par des professeurs attitrés, délégués par leurs Communautés.Cette instruction devrait en outre être bilingue sur un pied d\u2019absolue égalité.C\u2019est ce qu\u2019une démocratie bien comprise exige, au Québec et au Canada."]
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