Laval médical, 1 mai 1954, Mai
[" LAVAL MÉDICAL VOL.19 N° 5 MAI 1954 COMMUNICATIONS PRÉSENTATION D\u2019UN APPAREIL INJECTEUR AUTOMATIQUE POUR ARTÉRIOGRAPHIE * par Henri LAPOINTE chef du Service de radiologie à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus Dans un travail antérieur, traitant de l\u2019artériographie cérébrale (Laval méd., 18 : 1163, 1953), nous avons référé à un appareil destiné à pratiquer automatiquement sous pression l\u2019injection d\u2019un médium opaque, et à faciliter la prise des radiographies au temps optimum c\u2019est-à-dire, au moment de l\u2019opacification complète de l\u2019artère carotide interne et de ses branches.C\u2019est cet appareil utilisé déjà depuis quelques mois, à notre entière satisfaction, qui fera l\u2019objet de cette communication.Nous devons dire tout de suite que cet appareil n\u2019est pas de notre invention.Il a été construit, avec quelques modifications, d\u2019après un modèle, qu\u2019en 1949, nous avons vu fonctionner dans le Service de son inventeur, le professeur Ziedses des Plantes, de Rotterdam.* Présenté à la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec, le 18 décembre 1953.(5) 588 LavaL.MÉDICAL Mai 1954 Divers appareils mjecteurs ont été déjà préconisés par différents auteurs, utilisant comme force motrice, l\u2019air comprimé, la détente d\u2019un ressort ou encore un moteur électrique.Nous croyons que notre appareil est infiniment supérieur par le fait qu\u2019il utilise la gravité comme force de propulsion, force qui peut être graduée à volonté suivant qu\u2019on ajoute ou soustrait du poids.De plus, cette pression demeure égale à toutes les hauteurs de sorte que l\u2019injection est contimuée au même rythme pendant toute sa durée sans aucun ralentissement.DESCRIPTION Un solide bâti métallique rectangulaire (figure 1) est fixé sur une base et comporte deux colonnes servant à guider un plateau sur lequel sont posés des poids, comme sur une balance.Le plateau est solidaire d\u2019une tige centrale qui sert de guide en glissant dans un orifice à la partie moyenne de la barre transversale du support ainsi que dans une boîte fixée au même endroit, et sur laquelle est monté un système de levier servant à pousser horizontalement une petite tige dans des trous percés à différentes hauteurs dans le côté du guide.Ces trous correspondent a chaque graduation de cinq cm3 d\u2019une seringue de vingt cm3 ordinaire.Dans la position de fermeture, la pression peut être ainsi annulée jusqu\u2019au moment de l\u2019mjection.Le levier, quand tout est prêt, est poussé par un déclencheur électromagnétique, relié au contrôle de l\u2019appareil à rayons X, et est actionné par le bouton habituel du circuit de ces déclencheurs.Sous le plateau, un bouchon de caoutchouc appuie sur le piston de la seringue et absorbe le choc métallique sur celle-ci à un tel point qu\u2019une seringue en verre ordinaire peut être utilisée sans risque de cassure tout aussi bien qu\u2019une seringue Record à embout et piston métalliques.Fixée sur le côté du plateau, une lame métallique excède et vient pousser, à l\u2019extrémité de sa course, le levier d\u2019un microcontacteur installé sur une tige verticale accessoire, de telle façon, qu\u2019il puisse être déplacé en hauteur préalablement à l\u2019mjection, ce qui permet de régler le moment optimum de la prise de la radiographie, soit à l\u2019instant cri» ie se ve D D Mai 1954 LAavAL MÉDicAL 589 où le piston de la seringue arrive à la fin de sa course.Le contacteur est lui-même relié à l\u2019appareil à rayons X en parallèle avec le circuit du relai actionnant la haute tension.Le temps de l\u2019injection par cet appareil se rapproche sensiblement d\u2019une seconde.L\u2019mjection est bien continue et l\u2019exposition se fait Figure 1.automatiquement au temps voulu, ce qui est très difficile à pratiquer par une technique manuelle.L\u2019embout de la seringue s\u2019adapte à une conduite amovible et stérilisable, reliée à un système de tubulures inextensibles en plastique, pouvant supporter la pression donnée au liquide opacifiant (figure 2). 590 Lavar.MÉDiIcaL Mai 1954 Au moyen de robinets à trois voies, 1l est possible : 1° De laisser écouler un soluté glucosé goutte à goutte dans l\u2019intervalle des injections opacifiantes et d\u2019empêcher la coagulation sanguine dans le trocart ; la bouteille de soluté doit être placée aussi haut que possible de façon à vaincre la tension artérielle.Une hauteur maximum de seize pieds, lorsqu\u2019elle est possible, est avantageuse.sega EE ES Figure 2.2° De vérifier si on est bien dans l\u2019artère en ouvrant un robinet intermédiaire à deux voies, placé sur le circuit du soluté glucosé et par où s\u2019échappe le jet de sang artériel.3° D\u2019interrompre le débit du soluté glucosé et d\u2019ouvrir en même temps le circuit de la substance opaque lorsqu\u2019on est prêt à faire l\u2019in- Jection.Une injection de quinze cm* de Diodrast à trente-cinq pour cent est faite pour chaque prise de film et la seringue est rechargée par un aide après chacune. Mai 1954 LavarL MEbpicaL 591 Nous avons fait construire un porte-téte qui est arrange de telle façon qu\u2019on puisse y fixer la téte du malade définitivement avant 'introduction du trocart dans l\u2019artère et de permettre ensuite de prendre toutes les radiographies voulues en antéro-postérieure et en latérale sans avoir à déplacer la tête, ce qui risquerait de faire sauter l\u2019aiguille hors de la lumière artérielle.Le même arrangement s\u2019adapte tout aussi bien à la radiographie sur cassette simple qu\u2019à la radiographie en séries avec l\u2019angiographe Fairchild où un autre appareil similaire.Notre injecteur peut être, en surplus, utilisé pour toute autre manœuvre angiographique aussi bien que pour Pangiographie caroti- dienne.Nous devons signaler la précieuse collaboration reçue de monsieur Paul Kœnig, de la Faculté des sciences, qui a construit pour nous cet appareil suivant le modèle de Ziedses des Plantes et qui est actuellement à en construire trois semblables pour trois autres centres de neuro-radiologie de Québec, de Montréal et de Toronto, preuve de l\u2019intérêt que suscite dans les Services de neurochirurgie et de radiologie l\u2019utilisation d\u2019un tel appareil. PANNICULITE NODULAIRE RÉCIDIVANTE FÉBRILE (Maladie de Weber-Christian) * par Maurice BEAUDRY chef du Service de dermato-syphiligraphie Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus I[ ne nous est pas donné de rencontrer souvent en pratique Journalière, soit à l\u2019hôpital soit au cabinet de consultation, des malades souffrant d\u2019une affection comme celle qui fera l\u2019objet de cette communication.En effet, jusqu\u2019en 1948, 1l n\u2019y avait que trente cas de rapportés dans la littérature médicale mondiale ; peut-être y en a-t-il eu autant de publiés depuis.Le terme de panniculite, utilisé par les auteurs scandinaves, anglais et américains, pour désigner l\u2019mflammation chronique et fibreuse des tissus sous-cutanés (cellulite, fibrositis et fibro-myositis), a été repris par Parkes-Weber pour une affection à laquelle il donna le nom de Relapsing nodular non suppurative panniculitis (1925), et auquel Christian (1928) ajouta le qualificatif de « fébrile y.Il est difficile d\u2019affirmer l\u2019autonomie de cette affection, dont la plupart des observations ont été publiées aux États-Unis.On est en droit de se demander si l\u2019absence apparente de cette affection en France n\u2019est pas due, en partie, à une interprétation noso- logique et étiologique différente des hypodermites.* Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, Ie 18 décembre 1953. Mai 1954 Lavar MEbicaL 593 Cette dermatose se caractériserait par des nodules, purement hypodermiques ou plus souvent dermo-hypodermiques, avec rougeur de la peau.Les nodules ont souvent une évolution centrifuge, à centre livide et atrophique et 1ls disparaissent en quelques semaines ou en quelques mois, laissant après eux une dépression défmitive par atrophie hypodermique.La suppuration est très rare mais peut exister.La localisation des nodules est variable, 1ls sont souvent disséminés avec une prédilection pour les cuisses et pour le tronc.L\u2019évolution se fait par poussées uninodulaires, paucinodulaires ou multimodulaires à des intervalles variables, échelonnés sur plusieurs mois ou plusieurs années.Ces poussées s\u2019accompagnent habituellement de signes généraux et de fièvre, parfois du type ondulant, pouvant persister entre les poussées.On a même signalé des atteintes des séreuses ou des viscères (splénomégalie, hépatomégalie).L\u2019hémogramme est normal.Aucun de ces caractères un peu particuliers ne serait constant ; l\u2019évolution vers l\u2019atrophie et la fièvre peuvent manquer.De même, la structure histologique n\u2019a aucune spécificité : on trouve un infiltrat hypodermique polymorphe, à prédominance lymphocytaire, avec une réaction lipophagique intense.On a voulu faire de cette réaction Iipo- phagique \u2014 grosses cellules claires bourrées de graisse, envahissant et entourant les lobules adipeux en formations pseudo-glandulaires \u2014 un des caractères particuliers de cette affection ; mais ce sont des lésions de W'ucheratrophie si banales dans les inflammations de l\u2019hypoderme et très fréquentes dans l\u2019érythème induré de Bazin.On a également insisté sur la structure réticulaire et non folliculaire de I'infiltrat et sur la discrétion des lésions vasculaires.La panniculite nodulaire récidivante a été attribuée à des causes très diverses : infectieuses (focale ou générale, tuberculose, etc.), toxi- médicamenteuses.Il semble donc s\u2019agir d\u2019un syndrome et son autonomie clinique et histo-pathogénique reste douteuse.La confusion a encore été accentuée par de nombreux auteurs, qui ont étendu le cadre des panniculites à tous les processus inflammatoires circonscrits de l\u2019hypoderme.Mieux vaut conserver le cadre d\u2019hypodermites pour désigner, selon Gougerot (1916) les dermo-hypodermites scléro-dermiformes et selon Degos (1945) les dermo-hypodermites nodulaires streptococciques et erythema induratum. 594 Lavar MÉDicar Mai 1954 On peut cependant, concevoir l\u2019existence d\u2019un type anatomo-clinique qui se distinguerait des autres dermo-hypodermites par l\u2019évolution récidivante fébrile, par l\u2019atrophie hypodermique résiduelle, par l\u2019atteinte possible des viscères, par un pronostic plus réservé et par une structure histologique un peu particulière.Voici l\u2019observation d\u2019un malade qui peut, à mon avis, illustrer ce syndrome que je viens de décrire Monsieur N.L., est entré à l\u2019hôpital le 28 août 1953, parce qu\u2019il présentait de nombreuses tuméfactions nodulaires sous-cutanées douloureuses dont plusieurs étaient érythémateuses.Antécédents familiaux : Mère morte à 52 ans de tuberculose pulmonaire.Une sœur morte de pneumopathie.Antécédents personnels a) Infectieux : rougeole, oreillons, varicelle, otite à deux ans.Abcès à la jambe gauche à cinq ans.Pleurésie sèche à trente-trois ans.b) Médicaux : ulcères gastriques à cinquante ans.c) Chirurgicaux : appendicectomie et ablation d\u2019une tumeur bénigne au sem gauche.d) Traumatique : fracture de la jambe gauche, en décembre 1953.Histoire clinique : Le patient souffre d\u2019un état général plutôt déficient et mauvais depuis décembre 1952.Au cours du mois de mars 1953, il nota l\u2019apparition de nodules douloureux à l\u2019abdomen et aux lombes Ces nodules dont le volume varie de celui d\u2019un pois à celui d\u2019une noix piquée sont sous-cutanés et douloureux à la pression.De consistance ferme au début, ils se ramollissent par la suite, puis évoluent vers la résorption ou s\u2019ouvrent à la peau pour laisser couler un liquide graisseux.En séchant, ce nodule forme une croûte profonde et adhérente, qui, après sa chute, laisse une cicatrice atrophique indélébile et pigmentaire.Ces nodules cantonnés au début à l\u2019abdomen et aux lombes se sont attaqués après quelques poussées à la figure, aux membres et au tronc.Ces poussées s\u2019accompagnent d\u2019hyperthermie, de fatigue et d\u2019amaigrissement.Contrairement à l\u2019évolution habituelle des lésions, un gros Mai 1954 Lavar MÉDICAL 595 nodule de la cuisse droite s\u2019est infecté et ulcéré en profondeur, puis s\u2019est nécrosé pour former une large escarre qui suppure encore et n\u2019a pas tendance à guérir.Examen physique : Le cœur rapide, sans souffle ni bruits anormaux apparents ; la pression artérielle est de 112/80 mm de Hg.Aux poumons, quelques râles congestifs aux bases, légère dyspnée.Système digestif.Anorexie ; le foie, la rate et les reins sont sans particularités.Système nerveux.Réflexes ostéo-tendineux symétriques et normaux.Pas d\u2019adénopathie axillaire ni cervicale mais ganglion inguinal droit de réaction d\u2019infection.Examens de laboratoire : Urine normale ; cholestérinémie : 204 mg pour 1,000 ; azotémie : 0,54 g pour 1,000 ; glycémie : 0,44 g pour 1,000.La réaction de Kline dans le sang est négative.Formule sanguine : hémoglobme : 75 pour cent ; globules rouges : 3,880,000 ; globules blancs : 5,500 ; polynucléaires neutrophiles : 88 pour cent ; monocytes : 12 pour cent.Expectorations : recherche négative du bacille de Koch (deux examens).Liquide d\u2019écoulement des nodules : staphylocoque avec réaction de sensibilité à la chloromycétine.Liquide céphalo-rachidien : clair ; albumine : 0,35 g ; éléments : 2 ; réaction de Bordet-Wassermann : négative.Deux radiographies des poumons (31 août et 14 septembre 1953) révèlent des foyers inflammatoires aux deux bases avec une réaction pleurale costophrénique gauche ; mais une troisième, le 29 septembre, montre un nettoyage complet à gauche et un peu d\u2019infiltration à la base droite.Une première biopsie d\u2019un nodule, pratiquée le 20 mars 1953, à la demande du docteur Ernest Verge, nous donne le rapport suivant du docteur C.Auger, pathologiste : « Fragment de tissus adipeux sous- cutanés contenant un foyer granulomateux d\u2019environ 1,5 cm.Ce granulome est constitué par un infiltrat de polynucléaires, de plasmocytes et de lymphocytes mais surtout de petites cellules réticulaires ; il est parsemé de larges vacuoles généralement entourées de cellules 596 Lavar.MÉDicaL Mai 1954 géantes.Ces vacuoles sont très probablement de nature lipidique et semblent correspondre à des résidus de tissus adipeux.L\u2019aspect n\u2019est pas spécifique et fait penser à une lipodysthrophie secondaire.» Une deuxième biopsie, demandée par moi-même en septembre, nous apporte le rapport suivant : « Épiderme intact.Le derme et l\u2019hypoderme sont parsemés de larges et nombreux foyers inflammatoires constitués par des cellules histiocytaires à protoplasme spumeux entourant de grosses gouttelettes graisseuses.Il y a des foyers nécrotiques.Conclusion : aspect d\u2019un lipogranulome hypodermique envabissant le derme (ce phénomène est rare dans la maladie de Weber-Christian).» Voici en résumé la thérapeutique employée : Traitement général : Tranfusions (2), soluté mixte et vitammé (3), P.A.S., Rimifon, dihydrostreptomycine, chloromycétine, érythrocine, sulfamidés (elkosin), polyvitammes, acide ascorbique, vitamine D, ACTH, cortisone.Traitement local : Varidase, tyrothricine, solution de Dakin, chloromycétine, bacithra- cine, néomycine, streptocide.Rayons ultraviolets.Les meilleurs résultats semblent avoir été obtenus avec la dihydro- streptomycine, l\u2019acide para-amino-salicylique, les sulfamidés et la cortisone.Les rechutes se sont reproduites mais à des intervalles plus éloignés.Ainsi donc, je me permets de conclure que le syndrome présenté par notre malade est superposable à celui que j\u2019ai décrit plus haut et 1l n\u2019est je crois pour le moment que l\u2019extériorisation d\u2019une infection plus profonde que le docteur Verge et moi-même n\u2019avons pu encore mettre en évidence.Je le remercie de m'avoir dirigé ce malade, qui a fait le sujet de cette communication et surtout de sa collaboration sincère et soutenue.BIBLIOGRAPHIE 1.Drcos, Dermatologie, p.582.2.LEVER, Histopathology of the skin, p.102.3.WEINER, Skin manifestations of internal disorders, p.83. KYSTE SOLITAIRE DU REIN * par Antoine PETTIGREW, F.A.C.S.et Jacques COTE de l'Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus Le grand kyste séreux du rein est une entité anatomo-clmique peu fréquente, mais cependant pas aussi rare que nous osons le croire.Young affirmait que, jusqu\u2019à 1926, dans 12,500 cas d\u2019urologie, observés au Brady Urological Institute, aucun kyste solitaire du rein n\u2019avait été mis en évidence.Cependant G.W.Fish rapporte en avoir diagnostiqué, de 1928 à 1938, trente-deux cas sur un groupe de 11,879 malades.À la fondation Brady, au New York Hospital, dix-huit cas furent rapportés de 1921 à 1943.Hepler, en 1930, réunit une collection de 249 cas compilés de diverses publications, dont trente-sept étaient des kystes hémorragiques sans trace de malignité.A ce groupe, il ajoute sept cas de son expérience personnelle.Les cas rapportés depuis atteignent un total d\u2019au dela de 350.Le kyste solitaire du rein doit étre différencié des kystes par rétention qui apparaissent au cours de la néphrite chronique interstitielle aussi bien que des kystes hydatiques, des kystes dermoïdes et des kystes hémorragiques consécutifs à une dégénération néoplasique.Ajoutons de plus les reins polykystiques et les hydronéphroses qui peuvent former * Présenté à la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec, le 18 décembre 1954. 598 Lavar MÉDicaL Mai 1954 tumeur dans le parenchyme rénal mais qui demeurent en communication avec le pyélum.Le vrai kyste séreux du rein est le plus souvent solitaire.Il se développe aux dépens du parenchyme rénal, c\u2019est-à-dire de la substance propre du rein, soit dans la médullaire, mais le plus souvent dans la corticale.Son évolution est lente, mais progressive.D'origine intra- parenchymateuse, 1l tend à s\u2019extérioriser vers la surface du rein et à la dépasser pour former saillie.Il repousse la capsule rénale, mais demeure toujours intracapsulaire.Suivant son extériorisation, nous en distinguons quatre formes topographiques à incidence d\u2019inégale fréquence : (1) le kyste du pôle inférieur, dans la proportion de soixante pour cent ; (2) le kyste du pôle supérieur, dans vingt et un pour cent ; (3) le kyste de la convexité rénale, dans sept pour cent ; (4) les kystes des faces antérieure, postérieure et du hile rénal, dans douze pour cent des cas.Suivant son évolution, le kyste séreux peut atteindre un volume très variable, depuis celui d\u2019un pruneau jusqu\u2019à celui d\u2019une énorme cavité pouvant contenir vingt-cinq litres de liquide, tel que celui rapporté par Carling en 1934.Le contenu est une substance liquide, de couleur jaune citron, limpide, qui contient de l\u2019albumine, des chlorures, des phosphates et de l\u2019urée.Parfois, cette sérosité se modifie par des hémorragies pour offrir un critère important de transformation néoplasique ou d\u2019une association avec un cancer du rein.Le kyste est constitué d\u2019une mince lame de cellules épithéliales aplaties que recouvre la capsule très scléreuse du rein.Du côté rénal, l\u2019épithélium renforcé de tissu fibreux important se continue msensible- ment avec le parenchyme normal du rein.Cette notion a un intérêt primordial en chirurgie, car en aucun cas il n\u2019existe un plan de clivage entre le kyste et le tissu rénal adjacent.La physiopathologie du kyste rénal demeure encore un sujet de controverse et nombreux sont les auteurs qui admettent franchement que son étiologie est encore inconnue.Une école, cependant, favorise l\u2019origine congénitale et semble assimiler à une même pathogénie les rems polykystiques et le kyste séreux avec cette différence que, pour le dernier cas, un seul tubule serait affecté pour former le kyste séreux.Un deuxiè- Mai 1954 Lavar MÉDicaL 599 me groupe émet l\u2019hypothèse d\u2019un facteur acquis, depuis qu\u2019il est reconnu que cette affection ne touche que les adultes, période durant laquelle le rein est pius susceptible de présenter des dommages organiques.Hepler réussit expérimentalement à produire des kystes identiques en obstruant les tubules d\u2019une région et en y associant un état d\u2019ischémie.En définitive, le kyste serait dû à une obstruction tubulaire associée à une infarcisa- tion du tissu rénal.Le cas que nous voulons présenter bien qu\u2019il soit unique présente un certam intérêt.Il s\u2019agit d\u2019une patiente, âgée de 58 ans, multipare, sans passé pathologique notable, qui nous est référée pour prolapsus utérin du troisième degré avec rectocèle et cystocèéle.Le syndrome clinique qu\u2019elle présente ne fait que confirmer le diagnostic de prolapsus.Mais au cours de l\u2019examen physique complet, nous mettons en évidence une masse de la grosseur d\u2019un utérus gravide de cinq mois, situé à l\u2019hypocondre droit, empiétant de moitié sur le flanc droit et déviant vers Ja ligne médiane.Cette tumeur de forme ovalaire, lisse, à contours précis et réguliers, de consistance rénitente, présente une mobilité respiratoire bien définie.Le contact lombaire n\u2019est pas discutable, ni le ballottement intra-abdominal.Cette tumeur de topographie et de caractère aussi précis, même en l\u2019absence de symptomatologie urinaire et devant l\u2019intrication de symptômes difficilement rattachables à l\u2019une ou l\u2019autre de ces deux affections, se signe a priori d\u2019une origine rénale.La radiographie simple de l\u2019abdomen (figure 1) montra la présence d\u2019une large masse de tissu mou de vingt-cinq em de hauteur par quinze cm de largeur, de caractère réniforme, à contours très bien délimités, couvrant tout le flanc droit et débordant dans la fosse illiaque droite.La visualisation du côlon par un lavement baryté (figure 2) permet d\u2019apprécier le refoulement considérable du côlon ascendant et de l\u2019angle hépatique vers la ligne médiane, indice important d\u2019une localisation rétropérito- niale, car les tumeurs intrapéritoniales déplacent le côlon plutôt vers l\u2019extérieur.La clef du diagnostic réside cependant en l\u2019opacification des voies excrétrices par urographie intraveineuse (figure 3) et par urétéro-pyélogra- phie rétrograde (figure 4).La première radiographie indique nettement _ \u201cmn 009 Ww, «À oi 3 oF 4 = + + i & & WN ! 4 ta & ass à # TVOIQIA TVAV] ES rue Faux BH > Py f Ms * Wf hoo % + * # He Sy Figure 1.\u2014 Large masse couvrant tout le flanc droit Figure 2.\u2014 Refoulement du côlon ascendant et de et débordant dans la fosse iliaque droite.l\u2019angle hépatique du côlon vers la ligne médiane.v461 len a cop carie rere on VE, Ts age aa PSOI !EIN # ?# \u2019 \u201cÀ 4 > * ;.: > 4 Hsia me at TVOIGAN TVAYT x, Fe 3, He.a» yin tr Refoule- Ca- Figure 3.\u2014 Urographie intraveineuse.Figure 4.\u2014 Urétéro-pyélographie rétrograde.ment considérable des cavités rénales à droite.lices raccourcis, en forme de coupole coiffant le 109 pole supérieur de la masse tumorale. 602 Lava.MÉDicaL Mai 1954 un refoulement considérable des cavités rénales, tandis que la deuxième montre des calices raccourcis, en forme de coupole qui semblent coiffer le pôle supérieur de la masse ; le bassinet est légèrement globuleux tandis que l\u2019uretère se déplace en masse vers la région médiane pour prendre contact avec la colonne lombaire.En définitive, nous sommes en présence d\u2019une masse d\u2019origine rénale, de caractère kystique, mais de nature indéterminée.L\u2019absence d\u2019hématurie, la consistance de la masse, le raccourcissement plutôt que l\u2019élongation et la finesse des calices sont autant d\u2019arguments de valeur pour en élimmer la nature néoplasique, mais seule l\u2019exploration directe pouvait nous apporter la solution du problème.La voie d\u2019abord fut abdominale par incision paramédiane droite, au travers du grand droit.A l\u2019ouverture de l\u2019abdomen, la tumeur fait déjà hernie, le péritoine postérieur est incisé parallèlement et en dehors du mêso du côlon ascendant.Le kyste dénudé permet une exploration définitive du rein.Le parenchyme rénal correspond au cinquième du volume d\u2019un rein normal ; il est mollasse et présente quelques ilots indurés.La quasi-destruction de la substance rénale nous justifie d\u2019une néphrectomie.L\u2019anatomo-pathologiste nous décrit un kyste (figure 5) contenant 1,600 cm3 de liquide citrin, mesurant 11 cm d\u2019épasseur, 14 cm de largeur, et 32 cm de hauteur, attaché a la convexité rénale, ou il s\u2019enfonce profondément dans le parenchyme en le comprimant et en le divisant en deux lots secondaires.Le kyste unilobulaire est revêtu par une coque scléreuse assez mince et tapissé d\u2019un épithélium déjà atrophié.Le tissu rénal dans le voismage immédiat du kyste présente une sclérose intersti- tielle marquée, aucun indice de transformation maligne ne put être mise en évidence.Les suites opératoires furent sans incident bien que notre patiente ait quitté l\u2019hôpital vingt et un jours après son intervention.L\u2019hystérectomie ainsi que la colpo-périméorraphie étaient différées.Il aurait été téméraire de corriger le prolapsus de cette malade et d\u2019ignorer la tumeur rétropéritoniale.Il importait d\u2019en faire une exploration complète, d\u2019en défimir l\u2019origine et d\u2019en établir la nature ; ainsi le prolapsus devait passer au second plan.Mais avant toute laparotomie, ¢ Mai 1954 Lavar MÉDiIcaL 603 il importait aussi de reconnaître la présence et d\u2019évaluer la capacité fonctionnelle de l\u2019autre rein, pour ne pas s\u2019exposer à une catastrophe.Les épreuves d\u2019excrétion par catéthérisation urétérale établissaient une élim:- nation normale chez le rein gauche.Le choix de notre incision nous fut indiqué par le volume de la masse.En effet, par cette mcision la tumeur kd \u2014 ae À Figure 5.\u2014 Pièce anatomique.Kyste solitaire du rein.est plus facilement exposée, le pédicule rénal s\u2019extériorise mieux et peut être ligaturé plus précocement ; enfin, l\u2019extirpation de la masse peut être pratiquée avec le moins de risques possibles de blesser la veine cave et les autres viscères abdominaux.En résumé, nous avons rapporté une entité pathologique d\u2019origine rénale, d\u2019aspect clinique assez polymorphe et d\u2019une rareté relative : (6) 604 Lavar.MéÉDpicAaL Mai 1954 le vrai kyste séreux du rein.Aujourd\u2019hui, grâce à l\u2019indispensable collaboration des radiologistes, ce kyste relève bien plus souvent du protocole opératoire que du protocole autopsique.BIBLIOGRAPHIE 1.Airp, I., A companion in surgical studies.2.Dopson, A.I, Urological Surgery.3.PRATHER, G.C., Urol., 64 : 193-199, 1950.4.Suivers, C.H.de T., et AxiLrop, H.D., Urol., 69 : 193-202, 1953. INSUFFLATION RETROPERITONEALE * par Louis COULONVAL, F.R.C.S.(C) du Département d\u2019urologie, Hôtel-Dieu de Québec et André LAPOINTE du Département de radiologie, Hôtel-Dieu de Québec L\u2019injection d\u2019air ou d\u2019oxygène dans le fascia de Gerota par voie lombaire, dans le but de radiographier les reins, a été simultanément décrite par Carelli et Sardelli (1921) et par Rosentem.La popularité initiale de cette technique a graduellement diminué du fait du danger d\u2019embolies gazeuses, spécialement dans les tumeurs vasculaires et nécro- tiques, et aussi à cause des difficultés techniques associées à la néphrop- tose et à l\u2019ectopie rénale.La nécessité de faire deux mjections était un autre désavantage.Les travaux de Rivas (1948-1950) ont fait renaître l\u2019msufflation rétropéritonéale et lui ont apporté un intérêt nouveau.Sa technique d\u2019insufflation à l\u2019oxygène par voie présacrée, en une seule Injection, est beaucoup plus simple, plus sûre et plus certaine pour la visualisation des deux reins indépendamment de leur position.En effet, Il n\u2019y a { Présenté à la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec, le 22 Janvier 1954. 606 Lava\u2026.MÉDICAL Mai 1954 aucun vaisseau ni aucune structure anatomique importante dans cette région ; le péritoine postérieur se réfléchit beaucoup plus haut.Cette technique repose sur la constatation physique que l\u2019air, par sa densité et son poids atomique très bas, absorbe très peu les rayons X, en comparaison des tissus mous environnants.Ce procédé, de plus, démontre une intercommunication des tissus cellulaires profonds aux différents étages (pelvien, abdominal, thoracique et cervical).En effet, après une injection paracoccygienne d\u2019oxygène, à cause de la laxité du tissu cellulaire, de la position du sujet et de la pression du gaz, un emphysème entoure tous les organes rétropéritonéaux, depuis les élévateurs de l\u2019anus jusqu\u2019à la coupole diaphragmatique.L'air fuse à travers les points faibles de l\u2019abdomen postérieur, le long du psoas, des gros vaisseaux, à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur du fascia de Gerota par son orifice inférieur, délimitant ainsi les rems et les surrénales.Dans un de nos cas, nous sommes arrivés à bien délimiter le pancréas entouré du cadre duodénal, image que Rivas et d\u2019autres chercheurs n\u2019ont pu obtenir.L\u2019emphysème peut même s\u2019étendre au thorax par les divers hiatus diaphragmatiques et donner un pneumomédiastin et même un emphysème cervical : à preuve la douleur pharyngienne à la déglutition éprouvée par presque tous nos malades, le soir de l\u2019examen.Le procédé d\u2019injection est très simple.L\u2019index gauche de l\u2019opérateur est introduit dans le rectum du malade placé en position genu- pectorale, afin de palper l\u2019extrémité du coccyx et de diriger l\u2019aiguille vers la concavité du sacrum.Après asepsie et anesthésie à la novocaïne à un pour cent de la région coccygienne, une aiguille de trois à quatre pouces (n° 18) est introduite à mi-chemin entre l\u2019anus et l\u2019extrémité du coccyx et à deux cm à droite de la Iigne médiane.D\u2019abord perpendiculaire au rectum, l\u2019aiguille, perçue par le doigt rectal, est dirigée en haut environ deux cm au-dessus de l\u2019articulation sacrococcygienne.Après aspiration pour s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y a pas perforation d\u2019un vaisseau sanguin, on injecte de six cents à quinze cents cm* d\u2019oxygène au rythme de cent cm* par minute ; mille cm3 est la quantité idéale.Nous avons préféré l\u2019oxygène à l\u2019hélium pour son coût très bas et son elimination rapide.En effet, Ritter et Kramer, de la Polyclinique de New-York, rapportent qu\u2019après six jours, on constate la pn ne Mai 1954 LavaL MEpicaL 607 rétention d\u2019environ quatre-vingt pour cent du gaz injecté ; tandis qu\u2019avec l\u2019oxygène, après dix-huit heures, on n\u2019en retrouve que trente pour cent, et, après six jours, il n\u2019en reste que des traces.Une fois l\u2019injection complétée, le patient est placé en position ventrale pendant quinze minutes pour que l\u2019oxygène ne s\u2019étende pas à l\u2019abdomen antérieur.Un film est alors pris en décubitus dorsal.Si on désire plus d\u2019oxygène à gauche ou à droite ou plus haut pour mettre en évidence le pôle supérieur des reins, on demande au patient de se coucher sur le côté droit ou gauche, ou de s\u2019asseoir pendant dix minutes, selon le cas.Une heure après la fin de l\u2019insufflation, les clichés nécessaires sont tirés et le patient peut retourner à son lit.Nous sommes satisfaits de ce procédé quoique certains préfèrent attendre trois heures avant de tirer leurs clichés.Depuis un an, nous avons eu l\u2019occasion d\u2019utiliser ce mode d\u2019exploration chez huit malades, dont nous résumerons les observations.Premier cas : M.J.-B.M., X-48909, âgé de 77 ans, nous est confié pour une tuméfaction rénale droite, lisse, fixe, constatée au cours d\u2019une laparotomie pour un syndrome abdominal aigu.L\u2019exploration urologique de routine révèle un calcul du bassinet droit ; mais, avec la notion per-opératoire de tumeur, nous pratiquons une insufflation rétropéritonéale par voie paracoccygienne de mille cm* d\u2019oxygène.Malheureusement, la mauvaise direction de l\u2019aiguille donne un emphysème cutané de toute la paroi abdominale et des lombes.Le malade ne manifeste aucune réaction : il est ambulant l\u2019après-midi méme de \"examen.Une lombo- tomie droite, le lendemain matin, confirme le diagnostic de calcul du bassinet droit avec une hydronéphrose de grade II.En conclusion, malgré son âge et une injection sous-cutanée de mille cm3 d\u2019oxygène, le malade ne s\u2019en porte pas plus mal, si ce n\u2019est qu\u2019il éprouve une légère dysphagre.Deuxième cas : M.A.B., X-50354, âgé de 53 ans, est un hypertendu (T.A.: 230/160) avec insuffisance rénale, hypertrophie cardiaque et rétinite hypertensive 608 Lavar.MEbicat Mai 1954 maligne bilatérale, de grade IV.Le test à la rogitine étant positif, une insufflation rétropéritonéale est demandée : un phéochromocytome est soupçonné.La surrénale droite est normale, mais celle de gauche est augmentée de volume, et sa densité est accrue au rebord inférieur.Malheureusement, le malade quitte l\u2019hôpital avant la fin des examens.En conclusion, nous soupçonnons une tumeur surrénalienne gauche.De plus, malgré l\u2019altération de son état général, le patient a bien supporté l'examen.Mais Ici, encore, il y eut dysphagie le soir de l\u2019examen.Troisième cas : M\"° A.C., X-16849, âgée de 55 ans, est hospitalisée pour un syndrome infectieux et une masse douloureuse lombaire gauche que les antibiotiques ont fait régresser.L\u2019insufflation rétropéritonéale montre une hypertrophie du rein gauche et des signes de périnéphrite, car l\u2019emphysème au rein gauche ne peut être obtenu même après un décubitus latéral droit prolongé.Un diagnostic final de pyélonéphrite aiguë avec réaction pérméphritique est donc porté.Ici encore la malade éprouve des douleurs à la déglutition le soir de l\u2019examen.Quatrième cas : M\" E.C., X-38069, âgée de 30 ans, est hospitalisée pour hirsutisme, stérilité et douleurs abdominales.Les tests biochimiques sont négatifs.Un examen gynécologique révèle des organes génitaux internes et externes normaux, si ce n\u2019est que les ovaires sont augmentés de volume.Même si les 17-cétostéroïdes sont normaux, on pratique une insufflation et, du côté gauche, on croit à une augmentation du volume de la surrénale.L\u2019exploration chirurgicale infirme le diagnostic radiologique tandis que les deux ovaires sont kystiques ; l\u2019étude histologique fait penser au syndrome de Smith-Levanthal avec hirsutisme et stérilité, mais sans virilisme.Cinquième cas : M.R.B., X-26723, âgé de 18 ans, est hospitalisé pour des troubles rénaux avec douleurs lombaires gauches, température et pyurie depuis Mai 1954 LavaL MégEpicaL 609 quatre ans.L\u2019urographie intraveineuse révèle un rein gauche afonc- tionnel et augmenté de volume.Après une insufflation rétropéritonéale, l\u2019emphysème de la région du rein gauche ne peut être obtenu et la portion interne semble lobulée.L\u2019ablation par morcellement d\u2019un rein nécrotique confirme le diagnostic préopératoire de pyonéphrose avec réaction périnéphrétique.Sixième cas : M\"° J.G., X-51379, âgée de 30 ans, hospitalisée pour endocervicite et sclérose utérine, présente des paroxysmes d\u2019hypertension artérielle après une hystérectomie.On soupçonna un phéochromocytome.L\u2019hyperglycémie provoquée, le test à l\u2019histamme et l\u2019msufllation rétro- péritonéale furent tous négatifs.Le cardiologue consulté (docteur G.Saulnier) conclut à une hypertension artérielle paroxystique d\u2019origme surrénalienne fonctionnelle et non tumorale.C\u2019est le seul cas où l\u2019insufflation fut très douloureuse.Après une injection de cinq cents cm3, la malade étant très souffrante, nous fûmes obligé d\u2019abréger l\u2019examen.Nous nous sommes demandé si des phénomènes inflammatoires postopératoires (15° jour) n\u2019étaient pas encore en cours.Un deuxième pneumorétropéritoine, sept jours plus tard, n\u2019entraina aucun incident sérieux sauf encore la dysphagie.Septième cas : M.G.P., X-51387, âgé de 64 ans, est admis pour de la pyurie et des douleurs lombaires gauches.L\u2019exploration urographique intraveineuse et rétrograde démontre une hydronéphrose gauche de grade II sur un rein en fer à cheval.Une insufflation rétropéritonéale de sept cents cm* d\u2019oxygène par voie paracoccygienne confirme le diagnostic, et, de plus, nous donne une 1dée de l\u2019épaisseur de l\u2019isthme à sectionner.De plus, elle nous permet de visualiser les contours de l\u2019anse duodénale, la tête du pancréas, la face droite de l\u2019aorte abdominale jusqu\u2019à sa bifurcation iliaque.Le soir de \"examen et le lendemain, des radios de la région cervicale confirmérent les conclusions de Rivas à savoir l\u2019intercommunication de wr 019 LE sir Lo 7 % \u201d i$ Ÿ 4 #2 x Fd : a Ff ed at & Z # TIVOIGZIN TVAVT] % À § \u201d - Septiéme cas.\u2014 M.G.P.Figure 1.\u2014 Image d\u2019un rein en fer à cheval avec le Figure 2.\u2014 Visualisation du pancréas.cadre duodénal.vsol IBN Mai 1954 LavarL MEbicaL 611 l\u2019espace rétropéritonéal avec les régions médiastinale et cervicale.D'ailleurs ce malade, comme tous les autres, a accusé de la dysphagie.9 Huitième cas : M.À.B., X-51267, âgé de 39 ans.À son admission, ce patient éprouve une douleur lombaire gauche profonde ayant débuté lors d\u2019une partie de balle molle, trois mois auparavant.L\u2019année précédente, son médecin lui aurait fait une castration gauche pour épididymite tuberculeuse mais aucun rapport histologique ne put confirmer le diagnostic.Une radiographie de l\u2019abdomen montre une masse refoulant à l\u2019extérieur le pôle inférieur du rein gauche.On émit l\u2019hypothèse d\u2019un abcès ou d\u2019un hématome se rattachant au traumatisme sportif.L\u2019insufflation rétropéritonéale démontre l\u2019irrégularité de la masse et la présence de plusieurs autres nodules au-dessous.On conclut à des tumeurs rétropéritonéales secondaires à un cancer et possiblement à un séminome selon la description macroscopique faite pour le médecin traitant.Ces masses sont disparues à la radiothérapie profonde.Cette observation est d\u2019ailleurs en accord avec les conclusions que le docteur J.-Arthur Desjardins, de la Clinique Mayo, publiait en 1937 à savoir que les patients, ayant subi une opération pour cancer du testicule ou de l\u2019ovaire et se plaignant de douleurs abdominales, sont porteurs de métastases rétropéritonéales.Il ajoutait que ce réseau ganglionnaire, dans la maladie de Hodgkin ou lymphosarcome, est atteint bien avant les réseaux ganglionnaires cliniques, soit cervical, axillaire ou inguinal.CONCLUSIONS Les détails anatomiques et techniques de l\u2019insufflation rétropérito- néale sont énumérés.L\u2019étude de huit cas démontre que cette méthode est facile et sans danger.Dans six de nos observations, les informations obtenues contribuent au traitement médical ou chirurgical. cron ve wo CI9 Ha 4 | % La agé fe # L HERE 05 * # A TVOIGF{Y TVAYT | Huitième cas.\u2014 M.À.B.Figure 3.- Image périnéphrétique gauche ; pré- Figure 4.- \u2014 Profil gauche, mettant bien en évidence les nodules.FOI TEIX sence de plusieurs nodules.oe nm = ee in Mai 1954 LavaL MÉDicaL 613 Dans un cas, l\u2019interprétation radiologique est erronée, car aucune tumeur de la surrénale gauche n\u2019est retrouvée à l\u2019opération.Le chirur- = f A ° I : ç 7 r gien note cependant que les dépôts graisseux périrénaux sont exagérés, ce qui pourrait expliquer l\u2019erreur d\u2019interprétation de la radiographie.Enfin, dans le cas du séminome, l\u2019insufflation prévient une exploration chirurgicale qui aurait pu être nuisible au patient.BIBLIOGRAPHIE 1.HAmM, F.C., et Harun, H.C., Perirenal pneumography with arteriography, J.Urol., 69 : 721, 1953.2.Rerse, L., et MacLEaN, J.T., Presacral insufflation of oxygen for outlining the contents of the retroperitoneal space, Can.M.A.J., 67 : 632, (déc.) 1952.3.Riches, E.W., Modern trends in urology, Butterworths, 1953, pp.35 seq.4.RITTER, J.S., et KrRAINER, S.E., The hypoplastic kidney and the atrophic pyelonephritic kidney, J.Urol., 63 : 48, 1950.Rivas, R., Extraperitoneal insufflation, Am.J.Reenigenol., 64 : 723-734, 1950.6.Rorurerp, S.H., Hamm, F.C., et Haruin, H.C., Perirenal air msufflation by paracoccygeal method, J.Urol., 69 : 721, 1953.7.SMITH, D.R., STEINBACK, H.L., et ALIE, Extra-peritoneal pneumo- graphy, J.Urol., 68 : 953, 1953.8.WALKER, R.C., et Goopwin, W.E., Aortography and retroperitoneal Di oxygen In urologic diagnosis, J.Urol., 70 : 526, 1953. MÉDECINE SOCIALE LE PROBLÈME DE LA DÉFICIENCE MENTALE CHEZ L\u2019ENFANT DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC * par Jean DELÂGE Clinique Roy-Rousseau et Centre médico-social pour enfants L\u2019étude de la déficience mentale a pris depuis quelques années un essor marqué dans tous les pays qui se préoccupent intensivement d\u2019hygiène mentale.La notion même de déficience mentale a varié et elle comporte aujourd\u2019hui un pronostic beaucoup moins sombre qu\u2019auparavant.L\u2019introduction des méthodes spéciales pédagogiques dans la seconde décade du xx?siècle a transformé le sort de ces enfants : L\u2019accent porte maintenant plus sur l\u2019enseignement, l\u2019entraînement et l\u2019orientation sociale de l\u2019enfant que sur sa classification uniquement.Les barrières qui existaient entre la médecine, la psychologie, la sociologie, l\u2019anthropologie et l\u2019éducation tombent graduellement.Ceux qui s\u2019intéressent au problème de la déficience mentale ont utilisé ces développements ; ils reconnaissent aujourd\u2019hui la nécessité de tirer de ces différentes * Conférence présentée à l\u2019Association des pédiatres de la province de Québec, le 12 mars 1954, à Montréal. Mai 1954 Lavar MÉDiIcaL 615 disciplines les éléments indispensables à la connaissance et à l\u2019utilisation sociale de ces enfants, quand la chose est possible.Tous les efforts tendent à appliquer des méthodes pédagogiques et des traitements qui fassent de l\u2019enfant un individu indépendant et utile à la société.L\u2019intérêt des travailleurs dans ce domaine s\u2019est donc porté plutôt vers le déficient mental que vers le grand arriéré, dont on ne peut attendre beaucoup.Toutefois, afin de faire une étude compréhensive du problème dans la province, nous devons inclure tous les enfants dont le fonctionnement intellectuel constitue le principal handicap.Nous pouvons diviser les déficients mentaux en trois principales catégories : l\u2019arriéré profond, iméducable ; le déficient mental éducable et perfectible et le pseudo-déficient.Nous n\u2019étudierons pas ici cette dernière catégorie, car elle constitue un problème particulier de diagnostic et de traitement.Cette division a l\u2019avantage de nous laisser une certame marge dans les catégories parfois trop rigides de déficients mentaux.Le grand arriéré (idiot ou imbécile) dont le quotient intellectuel varie entre 0 et 40 est surtout un sujet pour l\u2019hospice ou l\u2019asile, quand il ne peut être gardé dans son milieu familial.Sa présence dans le milieu familial est très discutable au point de vue de l\u2019hygiène mentale de la famille.Le déficient mental éducable et perfectible, dont le quotient intellectuel varie de 40-45 à 75 ou 80, est le sujet idéal pour un institut médical pédagogique.Surtout si son niveau se situe entre 60 et 80, il pourra atteindre dans de bonnes conditions un développement suffisant pour pourvoir à ses besoms et ne pas être une charge pour la communauté à laquelle il appartient.Une notion importante à considérer ici dans l\u2019appréciation de ces déficients, surtout au point de vue pronostic, est la notion d\u2019harmonie.Le débile mental harmonique, dont le retard intellectuel ne se complique d\u2019aucun trouble caractériel, montre un certain équilibre dans son comportement.Il a de la difficulté à s\u2019assimiler les connaissances habituelles à son âge et doit bénéficier d\u2019un enseignement spécialisé, mais il sera capable de s'adapter à son milieu social, de se conformer aux normes établies ; il a besoin d\u2019assistance, mais il est souvent capable d\u2019apprendre un métier et de l\u2019exercer.À l\u2019opposé, le débile dysharmonique, instable, excité, apathique ou pré- 616 Lavar MéeEbicaL Mai 1954 sentant des tendances perverses, offre un pronostic beaucoup plus sombre et comme il n\u2019existe pas encore ici d\u2019établissements spéciaux pour lui, 1l convient de réserver les institutions existantes, malheureusement trop peu nombreuses, pour l\u2019enfant qui offre les meilleures garanties de succès.Chaque cas doit être étudié individuellement afin de déterminer le profil personnel de l\u2019enfant : facteurs génétiques (hérédité, intelligence des parents, causes médicales de la déficience, etc.), facteurs culturels (milieu économique et social), facteurs physiques (état physique, médical et neurologique), facteurs psychologiques (niveau mental, quotient intellectuel, possibilité d\u2019apprentissage) et facteurs émotionnels (comment l\u2019enfant est accepté des parents, de la famille, etc.).Il ne semble pas y avoir actuellement plus de déficients mentaux qu\u2019auparavant ; il y en a probablement moins, si l\u2019on songe au progrès accompli en médecine, particulièrement en ce qui concerne les traumatismes obstétricaux, l\u2019anoxie de la naissance, la prématurité, les mcompatibilités feeto-maternelles, les dysfonctions endocriniennes de la mère, etc.Si les statistiques indiquent une augmentation, cette augmentation s\u2019explique par un meilleur dépistage dans la famille, à l\u2019école, dans les unités sanitaires et les organismes d\u2019aide maternelle.De plus, certains facteurs sociaux, comme le problème du logement pour n\u2019en citer qu\u2019un, forcent les familles à diriger vers les mstitutions, les déficients mentaux qui, autrefois, demeuraient dans leur foyer.Nous devons enfim mentionner les enfants qui ont un niveau frontière au point de vue intellectuel (de 75 à 85-90 environ) et qui ont parfois beaucoup de difficulté à suivre les classes régulières ; quoiqu\u2019ils ne soient pas des sujets pour instituts médico-pédagogiques, ils constituent souvent une entrave à la marche régulière des classes.Ce sont les enfants qui bénéficient des classes auxiliaires ou spéciales dans les écoles elles-mêmes.Elles permettent à l\u2019enfant de recevoir l\u2019attention pédagogique appropriée et de suivre un enseignement à peu près régulier sans entraîner les dépenses de la vie d\u2019internat. ) N Mai 1954 Lavar MÉDICAL 617 Voilà, rapidement esquissés, les différents degrés de la déficience mentale.Une étude aussi courte que celle-ci ne nous permet pas de nous étendre davantage sur la description, les causes, etc.En général, il est possible de prévoir l\u2019avenir et les possibilités d\u2019adaptation sociale des déficients mentaux.Mais il est nécessaire d\u2019étudier chacun d\u2019eux dans la totalité de sa personne.Un niveau mental ne permet pas d\u2019engager l\u2019avenir.Il faut souvent une longue observation ; les tests psychologiques ne sont qu\u2019un des éléments du diagnostic et du pronostic.Considérés isolément, ils risquent d\u2019être une cause d\u2019erreur.Tout ce qu\u2019on peut dire de plus général, c\u2019est que les déficients intellectuels simples, harmonieux, placés dans de bonnes conditions pédagogiques, sociales et professionnelles, ont les plus grandes chances de s\u2019adapter.Pour tous les autres, 1l s\u2019agit de cas d\u2019espèce : psychologues, pédagogues et psychiatres doivent étudier le degré apparent et la forme de la déficience, le milieu affectif et social, l\u2019état physique, mtellectuel et émotionnel, avant de déterminer les possibilités d\u2019adaptation.En principe, nous pouvons dire que le débile mental est utilisable et dans certaines conditions à déterminer, adaptable socialement.Nous voulons msister sur le fait que la notion de déficience mentale reste complexe.La rigidité des classifications risque d\u2019établir des catégories artificielles qui ne répondent pas à la réalité vivante.Le retard mental indique seulement un déficit, un handicap que peuvent combler certaines conditions d\u2019adaptation.Une situation de déficient ne doit pas être considérée comme désespérée quand elle ne dépasse pas certaines limites et l\u2019adaptation sociale des déficients mentaux doit être envisagée dans son ensemble avec optimisme, quand la société répond au besoin que cette situation crée.Quelle est cette situation, chez nous, et comment pouvons-nous y répondre?Les quelques chiffres que nous apportons ne représentent pas une étude statistique complète.Le manque de coordimation des différents organismes qui s\u2019occupent de déficience mentale nous prive de renseignements adéquats.Toutefois, nous croyons pouvoir brosser un tableau assez exact de la situation des enfants de langue française 618 Lavar MÉDICAL Mai 1954 présentant une déficience mentale dans la province de Québec.Si ce tableau est un peu sombre, nous croyons justement que c\u2019est devant une assemblée comme celle-ci qu\u2019il a le plus de chances d\u2019être compris.Nous dresserons ce tableau en partant des degrés les plus marqués de déficience jusqu\u2019aux plus évolués.Pour ce qui est des arriérations mentales graves, peu éducables, il est difficile d\u2019établir une évaluation exacte de la situation et du besoin, car beaucoup d\u2019enfants sont gardés dans leur famille, d\u2019autres sont dans les hospices, orphelinats, etc.Dans les asiles et hôpitaux psychiatriques de la province, il y en a beaucoup de placés, mais dans les rapports statistiques, à l\u2019item déficience mentale, ils ne sont pas distingués des adultes, ce qui ne facilite pas le travail.Il faut avoir à répondre quotidiennement aux demandes de placement de la part des parents pour comprendre le tragique de la situation.A l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange (et la situation est la même à Samt-Jean-de-Dieu), il est presque impossible d\u2019admettre un enfant, la situation étant déjà alarmante en ce qui concerne les adultes.Les enfants sont référés à la Baie-Saint-Paul et à Saint-Ferdimand-d\u2019Halifax.Il y a à Samt-Michel-Archange environ 50 arriérés profonds.À Saint-Jean-de-Dieu, l\u2019école Émilie-Tavernier compte actuellement 120 enfants d\u2019un quotient intellectuel d\u2019environ 60-70, qui ne peuvent être envoyés dans un institut médico-psychologique, soit à cause de conditions spéciales (syphilis, par exemple) ou parce qu\u2019ils ne peuvent se charger eux-mêmes de leurs soins personnels.La liste d\u2019attente à Saint-Jean-de-Dieu, pour les enfants arriérés, est de près de 200 (187 : 73 filles, 114 garçons).Quant aux hôpitaux psychiatriques spéciaux pour enfants, leur situation est nette : ils débordent d\u2019enfants et ne peuvent qu\u2019occasionnellement répondre à nos demandes.A Samt-Ferdinand-d\u2019Halifax, il y a entre 200 et 300 filles, mais nous n\u2019avons pu avoir la liste d\u2019attente.Notons que Samt-Ferdinand est actuellement en voie d\u2019agrandissement et qu\u2019environ 200 enfants arriérés devaient y trouver place.Toutefois, avec l\u2019urgence que pose le problème des malades mentaux adultes, il est très peu probable que ce nombre de lits puisse être réservé aux enfants. Mai 1954 Lava\u2026 MÉDICAL 619 À l\u2019Hôpital de Baie-Samnt-Paul, 1,143 enfants, principalement des garçons, sont actuellement internés.Nous avons pu obtenir la liste d\u2019attente de cet hôpital et je crois qu\u2019elle est très démonstrative de l\u2019urgence du problème.Cette liste d\u2019attente est de 561.Comme je l\u2019ar dit plus haut, 1l faut avoir à répondre aux parents qui implorent le placement d\u2019un encéphalopathe, d\u2019un mongolien, d\u2019un imbécile pervers ou destructeur, pour comprendre le tragique problème d\u2019hygiène mentale que cette situation peut créer au point de vue familial et social.Devant une assemblée composée principalement de pédiatres, je n\u2019ai pas besoin d\u2019insister sur le nombre d\u2019enfants de cette catégorie qui existent dans notre population.Prenons maintenant le problème des débiles mentaux éducables, dont nous fixerons le quotient intellectuel entre 50 et 80.Il y a environ 600,000 enfants d\u2019Age scolaire dans la province dont 500,000 canadiens- français ; de ces 500,000 enfants canadiens-français, 7 pour cent environ devraient bénéficier d\u2019un programme spécial, c\u2019est-à-dire 35 à 40,000 enfants.Sur ce nombre, 5,000 devraient être en institutions médico- pédagogiques, ou psycho-pédagogiques, peu importe le nom.Quelles sont les mstitutions organisées pour recevoir ces enfants ?Notre enquête n\u2019a pas la prétention d\u2019être absolument complète, mais nous croyons y avoir inclus toutes les institutions importantes.Il est possible que quelques institutions, privées ou autres, aient été omises, mais nous ne croyons pas que le nombre d\u2019enfants de ces institutions puisse modifier sensiblement l\u2019exposé de la situation.Nous n\u2019avons mentionné que les institutions ou il se fait de l\u2019enseignement pour sous-doués.1° La première en importance de ces institutions médico-pédagogiques est le Mont-Providence, de Montréal.La capacité du Mont-Provi- dence est de 900 enfants.Actuellement, 1l s\u2019y trouve 600 enfants (470 garçons, 120 filles) entre 6 et 12 ans, et dont le quotient varie de 50 à 75.Sont admis au Mont-Providence des déficients mentaux éducables, sans handicap physique important et ne présentant pas de troubles marqués du caractère.C\u2019est aussi un centre d\u2019études pour la formation (7) 620 Lavar MÉDICAL Mai 1954 du personnel spécialisé.On y garde les enfants jusqu\u2019à 18 ans ; ils y reçoivent des cours spéciaux, adaptés à leurs capacité intellectuelle et une préparation pratique à divers métiers (boulangerie, menuiserie, peinture, travaux domestiques, etc.).2° A la Société de réhabilitation de Sherbrooke, la section médico- pédagogique compte 209 enfants, garçons et filles, de 7 à 16 ans.Le quotient intellectuel varie entre 50 et 80.Il y a environ 10 pour cent d\u2019arriérés pédagogiques et d\u2019infirrmes.C\u2019est aussi un centre d\u2019études pour spécialistes.3° L\u2019Institution ME\"-Guay à Lauzon, près de Québec, compte 160 enfants sous-doués, éducables, de 6 à 12 ans.La liste d\u2019attente est de 40 à 50.4° Il existe, à Québec et aux environs, sept autres institutions organisées complètement ou en partie pour les déficients mentaux et qui entrent dans le champ d\u2019action de la Sauvegarde de l\u2019Enfance.Elles reçoivent en tout 235 enfants, de 2 à 18 ans, et leur liste d\u2019attente est environ de 200.Capacité Hospice de Lyster : garcons et filles: 24 10 ans.100 Couvent spécialisé de Sainte-Foy : filles : 5 à 12 ans.23 Mont-Saint-Aubert : garcons: 124 18 ans.25 Mont-Villeneuve : gar¢ons: 12a 18 ans.15 Hospice Saint-Charles, Cap-Rouge : filles: 6 4 17 ans.20 École maternelle de Neuville : garçons et filles: 3 à 7 ans.40 Crèche Saint-Vincent-de-Paul : garçons : 3 à 5 ans.10 Remarquons immédiatement que la majorité de ces institutions ne reçoivent les enfants que jusqu\u2019à 12 ans et qu\u2019il existe à peine trois imstitutions (comptant une centaine d\u2019enfants) où l\u2019on prépare l\u2019enfant directement pour la vie en lui enseignant le travail de la terre ou un métier quelconque.Pour les enfants d\u2019intelligence-limite (Q.I.: de 80 à 90 environ) ou qui présentent un retard pédagogique, nous avons vu que la solution idéale est la classe spéciale ou auxiliaire, au sein même de l\u2019école régulière.D\u2019après ce que nous avons dit plus haut, de 30 à 35,000 enfants devraient bénéficier de ces classes auxiliaires ou spéciales.Leur nécessité Mai 1954 Lavar MEbicaL 621 a été mise en évidence par des sondages et des enquétes dans les écoles, ainsi que par le nombre vraiment impressionnant de doubleurs, de tripleurs et J\u2019oserais dire de quadrupleurs de classes.D\u2019autres causes que l\u2019intelligence-limite peuvent intervenir dans ces cas, mais ces facteurs ont été considérés dans l\u2019appréciation des résultats de ces enquêtes.La seule réalisation importante dans ce domaine est celle de la Commission des écoles catholiques de Montréal ; elle compte un peu plus de 100 classes spéciales dans les écoles de Montréal, groupant 2,000 enfants.A Trois-Rivières, l\u2019Institut psycho-social a formé quelques classes auxiliaires dans divers externats, groupant une cinquantaine d\u2019enfants, dont le quotient varie entre 60 et 80 ; il ne s\u2019agit donc pas de véritables classes auxiliaires, mais d\u2019un moyen qui a été pris pour pallier à l\u2019absence d\u2019institutions pour déficients mentaux dans la région.Environ 75 enfants déficients ont été vus par cette seule clinique, cette année, dont 25 auraient nécessité un placement et 50 des cours spéciaux.A Québec, 1l n\u2019existe malheureusement qu\u2019une classe auxiliaire pour 25,000 enfants d\u2019âge scolaire.Disons toutefois qu\u2019un vaste plan de dépistage dans les écoles est actuellement en voie d\u2019organisation.Pour terminer cette étude forcément incomplète, voici quelques chiffres : au Centre médico-social pour enfants de Québec, en 1952 sur 302 nouveaux cas, il y avait 137 cas d\u2019enfants déficients de toutes catégories ; les statistiques de 1953 pour le même centre sont à peu près équivalentes.Dans la région du Lac-Sain:-Jean, il n\u2019existe ni institution spécialisée, ni classe spéciale ; en cinq ans, le Service social de l\u2019enfance a diagnostiqué 300 déficients mentaux, dont 56 seulement ont pu être orientés d\u2019une façon satisfaisante (Baie-Saint-Paul : 45, écoles spécialisées : 11).Inutile de dire que le dépistage dans ces diverses régions, quand 1] a été possible et quoi que imparfait, permet de tirer des conclusions analogues pour les autres régions de la province.x * x 622 Lavar MÉDICAL Mai 1954 S1 nous revenons aux chiffres cités plus haut et qui correspondent aux besoms de la population infantile, nous arrivons aux résultats suivants : a) Pour les grands arriérés, nécessitant l\u2019hôpital psychiatrique, nous n\u2019avons pas de chiffres exacts, mais la pratique journalière, les longues listes d\u2019attente des hôpitaux spécialisés et les demandes pressantes des centres de dépistage suffisent à indiquer l\u2019urgence de la situation ; b) Sur environ 5,000 enfants d\u2019âge scolaire qui devraient bénéficier de méthodes pédagogiques spéciales dans des institutions appropriées, 1,300 au maximum ont cette facilité et parfois dans des conditions qui répondent plus ou moms adéquatement à leur situation ; c) Sur 30 à 35,000 enfants des écoles qui devraient être placés, temporairement ou pendant toute la durée de leur cours primaire, dans des classes spéciales, dites auxiliaires ou de rattrapage, et qui demardent une attention pédagogique particulière, à peine 2,100 jouissent actuellement d\u2019un tel avantage.Cette déficience est comblée en faible partie par les cours privés, etc.(Indiquons incidemment qu\u2019en Ontario, 8,200 enfants sont mscrits dans les classes spéciales ou auxiliaires des écoles publiques.) Quelles conclusions pouvons-nous tirer de cette étude?Je n\u2019ai eu qu\u2019à extraire certains passages des lettres qui accompagnaient mes demandes de renseignements pour répondre à cette question ; je cite quelques-uns de ces passages, ils seront plus éloquents qu\u2019une discussion académique car ils proviennent de ceux-là même qui, chaque jour, doivent envisager des situations concrètes : «Nes mstitutions actuelles ne peuvent pas faire face aux grands problèmes que pose la rééducation des enfants déficients ; nous manquons de centres médico-pédagogiques, d\u2019institutions spécialisées, de personnel qualifié, de centres d\u2019apprentissage pour adolescents sousdoues.» « Disons à toute fin pratique que nous n\u2019avons pas réussi à accorder une attention adéquate à cette situation faute d\u2019organisation spécialisée au sein de notre agence.Disons de plus que même avec les meilleures directives scientifiques pour l\u2019orientation d\u2019un déficient, il n\u2019y a guère à espérer Ici, faute d\u2019une organisation pour recevoir ces déficients, Mai 1954 Lava\u2026.MÉDICAL 623 lorsqu\u2019une recommandation de placement approprié a été faite par un spécialiste en la matière.Nous pourrions ajouter à titre de commentaire que la situation des déficients mentaux dans le Québec est tout à fait tragique en raison de l\u2019absence absolue des moyens.» Je ne voudrais pas terminer sur une note aussi pessimiste et je crois qu\u2019au contraire nous devons espérer améliorer la situation.Tout ne peut être entrepris à la fois et rares sont les pays, mème très avancés en hygiène, qui peuvent se vanter d\u2019avoir une organisation parfaite.Nos institutions existantes font un travail magnifique, et souvent avec très peu de moyens à leur disposition.Le manque de personnel spécialisé et les octrois nécessaires pour sa formation constitue certainement un des premiers problèmes à envisager.D\u2019autre part, certains préjugés doivent tomber.On nous dit souvent par exemple qu\u2019il est inutile d\u2019engager autant de capitaux et de spécialistes pour obtenir des résultats très aléatoires, ces enfants devenant tôt ou tard un fardeau pour la société.Je crois qu\u2019en économie humaine, il n\u2019y a pas de résultats négatifs.De plus, l\u2019expérience des pays qui depuis de nombreuses années ont entrepris une œuvre analogue dans ce domaine est très encourageante.En Suède, en particulier, où de telles mesures pour aider les enfants déficients ont été entreprises dès 1909, on constate aujourd\u2019hui que 60 pour cent au minimum de ces sujets ont pu se passer totalement des secours publics et que plus de 90 pour cent n\u2019ont pas eu à solliciter les pensions d\u2019invalidité.(Disons qu\u2019il s\u2019agissait surtout des débiles supérieurs entre 65 et 80 de quotient intellectuel.) Une étude récente des mêmes conditions dans le Connec- ticutt donne des résultats comparables.Il nous semble donc que les efforts conjugués des gouvernements, des municipalités et des commissions scolaires, sans parler évidemment des spécialités et des disciplines concernées, doivent tendre de plus en plus à aider l\u2019enfant déficient, soit en le protégeant et en protégeant l\u2019équilibre interne de sa famille et celui de la société, quand 1l est trop sérieusement retardé, soit en favorisant son développement dans les conditions qui lui sont nécessaires, afin d\u2019en faire dans la mesure du possible, un citoyen utile et indépendant.* , * Nous remercions toutes les institutions et toutes les agences sociales concernées qui ont répondu avec empressement et précision à notre enquête. CHRONIQUE HÉMATOLOGIQUE LES SYNDROMES HÉMORRAGIQUES L\u2019hémophilie et les syndromes apparentés par Jean-Marie DELÂGE, F.R.C.P.(C) hématologiste a l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement I.\u2014 L\u2019HÉMOPHILIE L\u2019hémophilie est connue depuis des millénaires.Le Talmud de Babylone note l\u2019existence d\u2019une maladie hémorragique qui frappe les garçons exclusivement.Fordyce en signale, en 1754, la transmission par les femmes.La premiére description compléte de cette entité clinique a été faite par Otto, de Philadelphie, en 1803.C\u2019est une maladie héréditaire qui se maniteste a la suite de traumatismes souvent infimes.Au laboratoire, elle est caractérisée par un allongement considérable du temps de coagulation.Cliniquement, l\u2019affection apparaît très tôt, en général, entre deux et trois ans.Les Juifs connaissaient bien les hémorragies consécutives à la circoncision rituelle.Une simple éraflure, une piqûre insignifiante, suffisent à déclencher des saignements prolongés.Ce qui frappe, ce n\u2019est pas tant l\u2019intensité du saignement que sa durée, sa persistance obstinée. Mai 1954 Lavar.MÉDICAL 625 En principe et en fait, toutes les régions du corps, tous les organes, peuvent être le siège de l\u2019hémorragie.Il est cependant des localisations sur lesquelles nous insisterons davantage.Le purpura, ou hémorragie cutanée, est rarissime, ce qui constitue un excellent moyen de diagnostic différentiel avec les thrombopénies.On ne l\u2019observe que dans les hémophilies extrêmement graves et à l\u2019acmé des crises.Les hématomes sont fréquents.On est frappé par leur extraordinaire extension.Un épanchement sanguin peut s\u2019étendre au point d\u2019occuper toute une moitié du corps.Il arrive que son accroissement rapide et progressif amène de dangereux troubles de compression : tel un hématome du cou obstruant plus ou moins complètement les voies aériennes supérieures ou un hématome d\u2019un membre comprimant une artère et conduisant à la gangrène.Les hémorragies de la bouche et de la langue, souvent par morsure accidentelle, sont d\u2019observation courante.Notons que la période de dentition peut être marquée d\u2019hémorragies graves, parfois mortelles.Au tube digestif, les hémorragies peuvent simuler toutes les variétés d\u2019états communément qualifiés d\u2019« abdomens aigus ».Elles s\u2019accompagnent volontiers de douleur et de péristaltisme exagéré.Signalons, à titre d\u2019exemples : \u2014 des hémorragies péritonéales qui ressemblent à une péritonite septique ; \u2014 une douleur abdominale supérieure qui fait parfois porter le diagnostic d\u2019ulcère perforé ; \u2014 une douleur abdominale basse, par hémorragie dans le côlon et le méso, donnant le tableau clinique d\u2019une obstruction partielle ; \u2014 une hémorragie dans le psoas simulant une crise de type appendiculaire.L\u2019épistaxis est quasi-invariable.On observe des saignements pulmonaires ou pleuraux.Contrairement à ce qui se passe dans la maladie de Werlhof, les accidents neurologiques sont exceptionnels.Cependant, il ne faut pas oublier que les 626 Lavar.MÉDicAL Mai 1954 nerfs périphériques peuvent être atteints par compression.L\u2019hématurie n\u2019est pas rare et peut durer des semaines.Les hémarthroses sont typiques de l\u2019hémophilie.La plupart des hémophiles qui survivent à leurs premiers accès montrent une ou plusieurs déformations articulaires.Par ordre de fréquence, les genoux, les chevilles et les coudes sont affectés.L\u2019épanchement gonfle l\u2019articulation qui devient douloureuse et chaude : le malade tient son membre en flexion.Cet état peut durer des semaines.Puis la résorption se fait, presque toujours de façon incomplète.Le sang provoque une inflammation de la synoviale.Les hémorragies se répètent, diminuant de plus en plus la capacité fonctionnelle de l\u2019articulation jusqu\u2019au jour où l\u2019ankylose s\u2019mstalle, avec des déformations considérables.L\u2019examen physique ne révèle rien d\u2019anormal à l\u2019exception des hémorragies.Le niveau mental des hémophiles est bon, en général.On a même noté chez eux une intelligence au-dessus de la moyenne et, chez les jeunes, de la précocité intellectuelle.L\u2019évolution varie selon la gravité intrmsèque de la diathèse chez un sujet donné.On connaît des hémophilies légères permettant une existence presque normale.Brinkhous et ses collaborateurs (1954) divisent l\u2019hémophilie vraie en quatre groupes, selon la gravité de l\u2019évolution : l\u2019hémophilie classique avec des accidents graves et répétés, l\u2019hémophilie modérée, l\u2019hémophilie légère et la subhémophilie.De plus, certams hémophiles sont assez chanceux pour échapper aux traumatismes et, de ce fait, vivre de longues périodes sans hémorragie.Mais le pronostic d\u2019ensemble est grave.La survie probable d\u2019un nouveau-né hémophile n\u2019est que du douzième de celle d\u2019un enfant normal.«La moitié des hémophiles meurent avant cinq ans et les quatre-cinquièmes d\u2019entre eux ont succombé à vingt ans » (J.Bernard, 1940).Les études de Birch (1937), basées sur un grand nombre de cas, donnent et précisent les causes immédiates de la mort des hémophiles.Vingt-trois pour cent meurent à la suite d\u2019interventions chirurgicales (y compris ouverture des hématomes).Vingt pour cent succombent à la suite de petites coupures.Les autres décèdent d\u2019hémorragies Mai 1954 Lavar MéÉDpicaL 627 internes, d\u2019épistaxis, d\u2019hémorragies du système nerveux central, d\u2019hématuries, de saignement du cordon ombilical ou du poumon, ou encore d\u2019hémorragies gastro-intestinales.Les données récentes sont moins pessimistes.L\u2019amélioration de la thérapeutique a assez nettement augmenté la chance de survie de ces malades.LES EXAMENS DE L\u2019HÉMOSTASE CHEZ L\u2019HÉMOPHILE On a trouvé des temps de coagulation de une ou deux heures ; parfois même après vingt-quatre heures, le sang n\u2019est pas encore coagulé.Chez un même malade, la coagulation peut varier et redevenir normale.Merskey (1951) a rapporté des cas d\u2019hémophilie typique avec temps de coagulation normal.La lenteur de la coagulation entraîne le phénomène de la coagulation plasmatique : les hématies sédimentent et le caillot finit par se gélifier.Ce caillot plasmatique se rétracte bien.Le temps de saignement, les plaquettes, le temps de prothrombmne, le signe du lacet ne présentent aucune anomalie.Par contre, la consommation de la prothrombme est faible.Il y a une forte quantite de prothrombine résiduelle dans le sérum.Cela indique un trouble de la coagulation à la première phase.On écarte, par un temps de Quick normal, toute anomalie quantitative de la prothrombme.Le temps de coagulation du plasma recalcifié est allongé.Comme toujours, il faut se méfier, en prélevant le sang, de le contaminer par du liquide tissulaire riche en thromboplastine et susceptible de fausser les résultats.Une ponction laborieuse peut aspirer assez de thromboplastine tissulaire pour ramener à la normale un temps de coagulation qui serait de deux heures (Quick, 1951).HÉRÉDITÉ DE L\u2019HÉMOPHILIE L'étude de familles hémophiles devenues classiques (famille Mempel) a permis d\u2019établir les faits suivants : a) La maladie frappe exclusivement les garçons ; b) Elle se transmet par les femmes : hérédité matriarcale ; 628 Lavar.MÉDICAL Mai 1954 c) Les femmes sont conductrices de la tare et restent saines : d) Le sujet hémophile naît d\u2019un père et d\u2019une mère cliniquement indemnes ; e) Tous les enfants de l\u2019hémophile sont également indemnes, quoique les filles puissent être conductrices ; f) L\u2019hémophilie peut sauter une ou plusieurs générations (Jean Bernard, 1949).PATHOGÉNIE DE L\u2019HÉMOPHILIE Le retard de la coagulation constitue l\u2019anomalie fondamentale de la maladie.On a démontré qu\u2019il n\u2019est dû ni à un manque de calcium ou de fibrinogéne, ni à un défaut de la prothrombine ou des accélérateurs.On a tenté d\u2019apporter une explication au défaut de la coagulation.Les uns attribuent l\u2019anomalie au déficit d\u2019un facteur procoagulant.Les autres l\u2019attribuent à la présence en excès d\u2019un inhibiteur de la première phase.Le déficit d\u2019un facteur de la coagulation : Cette hypothèse se base sur l\u2019effet correcteur que possède sur le sang hémophilique l\u2019addition de sang ou de plasma normal.Sahli disait que le sang normal contient quelque chose qui manque au sang hémophilique (Wintrobe, 1951).On a pensé d\u2019abord aux plaquettes.Quoique en nombre normal, elles fourniraient moins de thromboplastine que celles des sujets sains.Cependant, il a été démontré que la transfusion de plasma filtré et débarrassé de plaquettes agissait tout aussi bien que le plasma non privé de ses thrombocytes par filtration.C\u2019est du côté du plasma qu\u2019on se dirigea ensuite.Les travaux de Franck et Hartmann (1927) ont montré l\u2019effet correcteur d\u2019une euglo- buline, extraite du plasma normal, sur la coagulation de l\u2019hémophile.Minot, Patek, Taylor ont repris ces travaux et ont séparé du plasma une substance active, par précipitation acide.Minot et Taylor ont ensuite étudié, plus en détail, Ies globulines obtenues par fractionnement multiple du plasma (procédé de Cohn), selon leur activité antihémophilique.La fraction I et la fraction II Mai 1954 LavaL MépicaL 629 sont les plus riches.L\u2019injection de deux cents a six cents mg de la fraction I, dissous dans cinq à dix em3 de soluté salé physiologique, raccourcit le temps de coagulation des hémophiles aussi bien que le ferait du sang total en plus grande quantité.Ces constatations appuient la théorie d\u2019un déficit plasmatique.Brinkhous (1941) propose une explication qui fait rebondir la question des plaquettes.Travaillant sur du plasma d\u2019hémophile, il fait les expériences suivantes : 1l retire les plaquettes par centrifugation puis, Il essaie, sans succès, de faire coaguler ce plasma en y ajoutant des plaquettes normales ou des plaquettes d\u2019hémophile.Ce n\u2019est que lorsqu\u2019il ajoute du plasma hémophilique, non seulement les plaquettes normales ou hémophiliques, mais aussi une petite quantité de plasma normal que le plasma hémophilique coagule.Ces expériences semblent prouver la nécessité et des plaquettes et d\u2019un facteur plasmatique pour l\u2019activité thromboplastique.Brinkhous croit que le facteur plasmacique déficient dans l\u2019hémophilie est la « thrombocytolysine » dont le rôle serait de faire éclater les plaquettes pour libérer de la thromboplastine.Quick croît à un déficit en thromboplastimogène, facteur plasmatique qui, selon lui, s\u2019unit à la thromboplastinogénase plaquettaire pour former de la thromboplastine.On croit à l\u2019identité du thromboplastinogène et de la globuline antihémophilique.L\u2019excès d\u2019inbibiteur : Tocantins (1951) raisonne tout autrement.Selon lui, l\u2019hemophilie résulte de l\u2019excès dans le sang d\u2019un anticoagulant naturel, l\u2019anti- thromboplastine.Pavlovsky, de Buenos-Ayres, et Chevallier, de Paris, partagent cette manière de voir.La théorie de Tocantins a pour fondement le fait suivant : la dilution raccourcit considérablement le temps de coagulation tant du sang normal que du sang hémophilique.L\u2019expérience est très simple à faire.Elle consiste à ajouter du NaCI à 8,5 pour cent au sang (ou au plasma), à tester de telle sorte qu\u2019on obtienne des dilutions de quatre- vingts, soixante-dix, cinquante, trente pour cent, etc.Ainsi, tel plasma 630 Lavar MÉDicaL Mai 1954 normal coagule en vingt minutes (technique en silicone).Dilué à quarante pour cent, il coagule en douze minutes.Un plasma hémo- philique incoagulable, coagule en cinquante minutes si on le dilue à quarante pour cent.Tocantins précisant ses expériences, en est venu à affirmer qu\u2019on peut ramener à la normale le temps de coagulation du plasma hémo- philique, pourvu qu\u2019on le dilue de façon appropriée.D\u2019après lui, si l\u2019hémophilie était due au déficit d\u2019un facteur plasmatique, la dilution ne ferait qu\u2019accentuer le trouble et prolongerait le temps de coagulation.Aussi est-il amené à supposer la présence dans le sang hémophilique d\u2019un inhibiteur normal, mais en quantité excessive.Cet inhibiteur ralentirait la conversion de la prothrombine en thrombine, soit en inactivant la thromboplastine, soit en inactivant le facteur V avec qui il existerait en combinaison lache (Tocantins, 1951).L\u2019accord est loin d\u2019être fait ; nous avons donné, dans les grandes lignes, quelques-unes des explications proposées à l\u2019énigme de l\u2019hémophilie.Il est un point sur lequel tous les auteurs sont d\u2019accord : l\u2019hémophilie est due à une mauvaise activation de la thromboplastime.C\u2019est une maladie qui atteint le premier stade du phénomène de la coagulation.Ce défaut d\u2019activation thromboplastique rend compte de l\u2019allongement du temps de coagulation et de la faible consommation de la prothrombine.II.\u2014 LES SYNDROMES APPARENTÉS A L\u2019HÉMOPHILIE On a récemment rapporté des cas de maladies hémorragiques qui ressemblent cliniquement à l\u2019hémophilie mais s\u2019en séparent du côté technique.Telle est l\u2019anomalie de Moëna.Décrite par Koller et ses collaborateurs, en 1950, elle apparaît comme une maladie familiale à hérédité identique à celle de l\u2019hémophilie.Des ecchymoses spontanées, des épistaxis, des hémorragies postopératoires (après avulsions dentaires, amygdalectomie) sont les accidents les plus souvent notés.A la différence de l\u2019hémophilie vraie, le temps de coagulation est normal.Seule, la consommation de la prothrombine est dimmuée.Fait remarquable, Koller a vu que la consommation de la prothrombine était dimmuée chez les conductrices.L\u2019anomalie de Moéna se rapproche par plusieurs Mas 1954 Lavar MÉDICAL 631 points de la Christmas disease}, une autre variante de l\u2019hémophilie.Biggs et ses collaborateurs en ont publié la première description en 1952.Ils en ont réuni sept cas.L'histoire familiale manque chez quelques malades.Chez un malade, le temps de coagulation est normal.Mais six patients sur sept ont un trouble de la consommation de la prothrombine.L\u2019affection ressemble par ailleurs à l\u2019hémophilie.Les auteurs ont démontré que la maladie de leurs patients n\u2019était pas de l\u2019hémophilie vraie en pratiquant l\u2019épreuve de Merskey.Cette dernière consiste à mettre du sang d\u2019hémophile en présence de sang normal.Le sang normal raccourcit le temps de coagulation du sang hémophilique.Ce phénomène ne se produit pas si on ajoute du sang d\u2019hémophile à celui d\u2019un autre hémophile.Or, Biggs et ses collaborateurs ont vu que le sang de leurs sept malades raccourcissait le temps de coagulation du sang d\u2019hémophile vrai, comme le fait le sang normal.De cela, ils déduisent que leurs malades possèdent dans le sang le facteur qui fait défaut à l\u2019hémophile vrai et que, par contre, leur propre trouble de coagulation vient du déficit d\u2019un facteur plasmatique différent du facteur antihémophilique et présent aussi bien chez le sujet normal que chez l\u2019hémophile vrai.À ce nouveau facteur, ils ont donné le nom de Christmas factor, Christmas étant le nom de famille du premier malade étudié.Les auteurs ont noté des similitudes entre le Christmas factor et le facteur VII de Koller, telle l\u2019adsorption sur sulfate de baryum.Le temps de Quick est normal chez les patients de Biggs.On croit (Brmkhous, 1954) que le Christmas factor et le plasma thromboplastin component (PTC) sont identiques.Le déficit en PTC a été décrit, en 1952, par Aggeler et ses collaborateurs.Le déficit en plasma thromboplastin antecedent (PTA) de Rosenthal (1953), un autre facteur thromboplastique, appartient au groupe hémo- philique.On n\u2019en connaît que trois cas.St l\u2019on s\u2019en tient aux descriptions des auteurs ayant rapporté ces différentes maladies de type hémophilique, Christmas disease, déficit en PTC, déficit en PTA, il faut conclure que ce qu\u2019on appelle la thromboplastine serait, en réalité, un complexe formé d\u2019au moins trois substances : 1.Un article récent de Koller (Blood, mars 1954) montre que le trouble sanguin de la famille Moéna est une forme atténuée de l\u2019hémophilie vraie et non une maladie du type de la Christmas disease comme on l\u2019avait pensé tout d\u2019abord. 632 Lavar MÉDicaL Mai 1954 le facteur antihémophilique, qui manque dans l\u2019hémophilie vraie, le facteur Christmas (le plasma thromboplastin component y serait identique), et le plasma thromboplastin antecedent.S\u2019agit-il de trois substances réellement différentes comme on pourrait le croire à la lecture des observations, ou bien y aurait-il 1dentité ou confusion, soit entre elles, soit avec d\u2019autres éléments procoagulants déjà connus?Ainsi, le Christmas factor partage certains caractères avec le facteur VII de Koller ou convertine d\u2019Owren.Les chercheurs qui ont travaillé cette question emploient des méthodes qui ne sont pas toujours surperposables.On sait que dans le domaine de la coagulation la moindre variante dans une technique peut introduire des différences d\u2019interprétation très sérieuses.Il est à prévoir qu\u2019on saura à quoi s\u2019en tenir dans peu de temps puisque plusieurs savants (Stefanmi, 1953 ; Quick, 1953 ; Brink- hous, 1954 ; Soulier, 1952 ; Owren, 1953, et autres) s\u2019intéressent à ces différents facteurs et tâchent de leur trouver une individualité physico-chimique grâce aux moyens les plus modernes d\u2019investigation.Notons que Soulier (1953) désigne sous le nom d\u2019hémophilie A la maladie classique et appelle hémophilie B ce que Biggs a décrit sous le nom de Christmas disease.LES ANTICOAGULANTS CIRCULANTS On a décrit récemment des syndromes hémorragiques dus à la présence dans le sang d\u2019un anticoagulant.Les cas rapportés appartiennent à deux groupes distincts : 1° Le groupe des hémophiles qui développent un anticoagulant après avoir reçu de nombreuses transfusions de sang, de plasma ou de fractions plasmatiques ; 2° Le groupe des diathèses hémorragiques qui se manifestent de novo sans antécédents hémophiliques.Le premier groupe (Lawrence et Johnson, 1942 ; Munro et Jones, 1943 ; Lamy, Burstein et Soulier, 1946) comprend des hémophiles vrais qui sont devenus réfractaires à tout traitement.L\u2019addition de leur sang au sang normal retarde la coagulation de ce dernier.On a supposé Mai 1954 Lavar.MÉDICAL 633 que ceci était dû à l\u2019apparition chez les malades d\u2019une 1s0-immunisation contre la globuline antihémophilique qui leur fut injectée à plusieurs reprises sous forme de sang total, de plasma ou de sous-fractions.Il semble que, dans la plupart des observations rapportées, l\u2019anticoagulant soit différent de l\u2019antithromboplastine naturelle décrite par Tocantins.Le deuxième groupe rassemble des diathèses hémorragiques survenues de novo.Seul l\u2019allongement du temps de coagulation et les hémorragies les rapprochent de l\u2019hémophilie.Ici, on ne retrouve pas d\u2019antécédents héréditaires, ni d\u2019histoire typique d\u2019hémophilie.Biggs et Macfarlane (1953), Dreskin et Rosenthal (1950) décrivent une diathèse hémorragique chez la femme.Un anticoagulant circulant, qui agit au premier stade de la coagulation, en est responsable.Les accidents sont survenus quelques semaines ou quelques mois après un accouchement.Un syndrome semblable a été rapporté dans un cas de tuberculose, chez un syphilitique attemt de néphrite chronique, au cours d\u2019une maladie de Dühring-Brocq et dans un cas de pemphigus.Ces phénomènes cliniques se rapprochent de ce qu\u2019ont observé Cronkite, chez l\u2019animal, et Allen, chez l\u2019homme.Cronkite (1950) a décrit, chez les chèvres et les porcs exposés aux radiations de l\u2019explosion atomique, à Bikini, un syndrome hémorragique d\u2019une extrême gravité.La thrombocytopénie et l\u2019atteinte vasculaire suffisent à expliquer les accidents dans la grande majorité des cas.Cependant, chez quelques animaux, il a noté un syndrome hémorragique particulier qu\u2019ila attribué à la présence dans le sang circulant d\u2019un anticoagulant du type de l\u2019héparine.Ces constatations rejoignent celles d\u2019Allen et de ses collaborateurs (1949).Ces auteurs, utilisant la méthode de titrage de l\u2019héparine par le sulfate de protamine ou le bleu de toluidine, ont décelé un anticoagulant du type de l\u2019héparme dans quelques cas d\u2019hémorragies chez des sujets atteints de leucémie, de maladie de Werlhof, de maladie de Hodgkin, d\u2019anémie aplastique, de mycosis fongoïde, de néphrite, de ménorragie et de métrorragies isolées.En imjectant du sulfate de protamine ou du bleu de toluidme, reconnus comme antagonistes de l\u2019héparine, ils ont obtenu des succès cliniques appréciables.On a décrit un cas identique chez des patients irradiés ou ayant reçu la moutarde à l\u2019azote.Les travaux d\u2019Allen (1949) n\u2019ont pas reçu de confirmation. 634 Lavar MÉDICAL Mai 1954 L'auteur reconnaît lui-même que, dans la plupart des cas où il a retrouvé un anticoagulant du type de l\u2019héparine, d\u2019autres facteurs, ceux-là évidents et reconnus, étaient associés et suffisaient à eux seuls à expliquer les hémorragies, qu\u2019il s\u2019agisse de thrombocytopénies, d\u2019hypoprothrom- binémies, ou de lésions capillaires.Mais deux faits restent importants : les dosages au bleu de toluidine ou au sulfate de protamine qui ont bien révélé la présence d\u2019une substance du type de l\u2019héparine et, surtout, l\u2019action apparemment indiscutable des injections de bleu de toluidine ou de sulfate de protamine.En résumé, des accès hémorragiques peuvent survenir, soit chez l\u2019hémophile, soit chez un sujet jusque-là indemne d\u2019accidents de ce genre, par la présence d\u2019un anticoagulant circulant.L'aspect clinique est celui de l\u2019hémophilie et le sang du malade mêlé à un sang normal allonge le temps de coagulation de ce dernier.L\u2019anticoagulant agit au premier stade de la coagulation.C\u2019est une antithromboplastine.L\u2019HÉMOPHILIE FÉMININE Possible, en théorie, l\u2019hémophilie féminine est d\u2019une extrème rareté.Les cas publiés jusqu\u2019à ces dernières années sous ce vocable correspon- daïent, en réalité, à des thrombopénies, des hypoprothrombinémies ou autres troubles de la coagulation.On peut cependant accepter comme vraisemblables quelque six cas d\u2019hémophilie fémimime observés par Merskey (1951), Quick (1952), Israels (1951), Soulier (1953), Alexander et Goldstein (1953).Le temps de coagulation est allongé et on retrouve une perturbation importante de la consommation de la prothrombine.Le plasma normal corrige l\u2019anomalie plasmatique mais non le plasma d\u2019hémophile.Désormais, on ne peut rejeter a priori le diagnostic d\u2019hémophilie chez la femme sous prétexte qu\u2019elle est impossible.Il n\u2019en reste pas moms qu\u2019un tel diagnostic ne doit être posé qu\u2019avec la plus extrême prudence et seulement lorsqu\u2019on s\u2019est assuré par tous les moyens techniques de sa validité.Le tableau I résume la question de l\u2019hémophilie et des syndromes apparentés. Mai 1954 Lavar MÉDricaL 635 TapLeau Î Hémopbilie et syndromes apparentés .L\u2019hémophilie vraie (hémophilie classique, hémophilie À de Soulier) ; 2.L\u2019hémophilie B de Soulier (Christmas disease de Biggs, déficit en plasma thrombo- plastin component d\u2019Aggeler, deutérohémophilie) ; 3.Le déficit en plasma thromboplastin antecedent de Rosenthal ; 4.Les diathéses hémorragiques par anticoagulant circulant ; 5.L\u2019hémophilie féminine.BIBLIOGRAPHIE 1.AGGELER, P.M,, et coll, Proc.Soc.Exper.Biol.\u20ac Med., 79 : 692, 1952.2.ALEXANDER, B., et GoLDSTEIN, B., J.Clin.Invest, 32 : 551, 1953.3.ALLEN, J., et coll, J.Lab.ë& Clin.Med., 34 : 473, 1949.4.BERNARD, J., Maladies du sang, Flammarion, Paris, 1949.5.Biccs, R., et coll, Brit.M.J., 11 : 1378, 1952.6.Bios, R.M., et MACFARLANE, R.G., Human blood coagulation and its disorders, Oxford, Blackwell scientific publications, 1953.7.Birch, C.L., cité in WINTROBE, 1951.8.BrinkHous, K.M., Proc.Soc.Exper.Biol.& Med., 66 : 117, 1947.9.BRINKHOUSs, K.M, et coll., J.A.M.A., 154 : 487, 1954.10.ConLey, C.L., et HARTMANN, R.C., J.Clin.Invest, 31 : 621, 1952.11.CronkiTE, E.P., Blood, 5 : 32, 1950.12.Dreskin, O.H., et RosenTHAL, R.L., Blood, 5 : 46, 1950.13.FRANK, E., et HARTMANN, E., cité in ToCANTINs, 1951.14.IsraE.s, M.G.G., LEMPERT, H., et GiLBERTsoN, E., Lancet, 260 : 1375, 1951.15.KoLLER, F., et coll, cité in WINTROBE 1951.16.Lamy, M., BURSTEIN, M., et SouLiER, J.-P., Rev.bémat., 1 : 421, 1946.17.LAWRENCE S., et Jounson, T.B., Tr.Am.Clin.& Climatol.A., 57 : 223, 1942.18.Merskey, C., Brit.M.J., 1 : 906, 1951.(8) 636 19.20.21.22.23.24.25.26.27.28.29.30.31.Lavar MEpicaL Mai 1954 MEerskey, C., Quart.J.M., 20 : 299, 1951.Munro, F.L., et Jones, M.W., Am.J.M.Sc., 206 : 710, 1943.OrTo, J.C., Med.reposit, 1803, reproduit in Am.J.Med, 11 : 557, 1951.OwreN, P.A, Am.J.Med., 14 : 201, 1953.Quick, A.J., The hemorrhagic diseases and the physiology of hemostasis, Charles C.Thomas, Sprinfield, 1951.Quick, A.J., Chicago M.Soc.Bull., (mai) 1952.Quick, A.J., Am.J.Med., 14 : 349, 1953.RosentHAL, R.L., DRESKIN, H., et RosEnTHAL, N., Proc.Soc.Exper.Biol.er Med., 82 : 171, 1953.STEFANINI, M, Am.J.Med, 14 : 64, 1953.SouLiEr, J.-P., et Larrieu, M.J., Sang, 24 : 205, 1953.SOULIER, J.-P, et LArriEU, M.J., Rev.bémat., 8 : 361, 1953.TocaANTINs, L.M., Blood, 6 : 720, 1951.WinTrosE, M.M., Clinical hematology, Lea and Febiger, Phila- delphie, 1951. PHARMACOLOGIE EXPÉRIMENTALE ÉTUDE CHIMIQUE ET PHARMACOLOGIQUE DE TAXUS CANADENSIS par Gustave BOURBEAU, D.Sc.(biol.) * du Département de physiologie bumaine, Faculté de médecine, Université Laval Deuxième Partie ÉTUDE PHARMACOLOGIQUE DE L\u2019ALCALOÏDE EXTRAIT DES FEUILLES DE TAXUS CANADENSIS CHAPITRE PREMIER GÉNÉRALITÉS ET DÉTERMINISME EXPÉRIMENTAL Dans la seconde partie de ce travail, nous exposerons les différents essais pharmacodynamiques que nous avons effectués avec l\u2019alcaloïde isolé de Taxus canadensis.Comme nous l\u2019avons déjà mentionné, c\u2019est son emploi dans nos régions rurales sous forme d\u2019infusions de feuilles, comme hypotenseur, qui nous a incité à entreprendre ces recherches.* Professeur agrégé à la Faculté des sciences (École de Pharmacie). 638 Lavar MÉDicaL Mai 1954 Étant donné sa très faible teneur en glucoside, nous avons a priori présumé que les propriétés de l\u2019if canadien ne pouvaient être attribuées au glucoside mais relevaient plutôt de l\u2019alcaloïde, qui fut dès lors l\u2019objet de nos recherches.Le genre Taxus comprend quatre espèces dont l\u2019une, le Taxus brevifolia, n\u2019est pas utilisée en médecme populaire ; on n\u2019y retrouve d\u2019ailleurs aucun principe actif et spécifiquement aucun alcaloïde ni aucun glucoside.Par ailleurs, les espèces Taxus baccata et Taxus cuspidata sont riches en taxine, un alcaloïde très toxique, qui justifie de certams usages des feuilles de ces espèces.On mentionne, surtout en Angleterre, en France et en Allemagne les propriétés abortives des feuilles de Taxus baccata.Bryan Brown (4) et Nicholson (23) ont fait une brève étude de l\u2019alcaloïde isolé de Taxus baccata ; de ces travaux, 1l découle que la taxine est très toxique, arrête le cœur en diastole et provoque l\u2019avortement chez les animaux de laboratoire.Quant à notre alcaloïde, la taxinine, nous n\u2019avons retrouvé aucune publication sur son isolement ni sur ses propriétés.L\u2019étude pharmacologique de la taxinine a porté sur la recherche de sa toxicité chez trois espèces animales, l\u2019étude de ses propriétés sur la circulation, la respiration, les musculatures lisse et striée et, enfin sur le système nerveux.Déterminisme expérimental Au cours de nos expériences pharmacodynamiques, nous avons utilisé l\u2019alcaloïde à l\u2019état basique.Aussi chaque dose mentionnée sera-t-elle exprimée en milligrammes de la base.Pour les perfusions de cœurs de chats ou de grenouilles, de segments d\u2019intestm ou d\u2019utérus, la quantité nécessaire de la base pour obtenir la concentration désirée était dissoute dans quelques centimètres cubes de solution de Locke-Ringer acidifiée, car les alcaloides, à l\u2019état de base, sont en général msolubles dans l\u2019eau mais soluble dans les acides.puis, la solution était ajustée avec du soluté de Locke-Ringer jusqu\u2019au volume désiré. Mai 1954 Lavar MEbicaL 639 Pour les autres expériences, l\u2019alcaloïde était dissous dans du soluté physiologique légérement acidifié, et le pH reporté approximativement a un pH 5,0 en neutralisant lentement avec du bicarbonate de soude anhydre.Les solutions ainsi préparées furent toujours conservées à la glacière et renouvelées après trois ou quatre semaines.Tous les animaux employés étaient sains et normaux et avaient été maintenus avant l\u2019expérience dans de bonnes conditions alimentaires et hygiéniques.Chaque expérience a été répétée dans les mêmes conditions au moins trois fois, quelquefois plus, si les résultats paraissaient assez divergents.CHAPITRE Il A.\u2014 TOXICOLOGIE a) Toxicrré La recherche pharmacodynamique de la dose toxique des substances dont on veut expliquer le mécanisme d\u2019action ne fournit évidemment pas des valeurs strictement applicables à l\u2019homme, mais plutôt aux différentes espèces animales sur lesquelles porte l\u2019expérience.La dose toxique est habituellement exprimée en dose moyenne léthale, DL 50, c\u2019est-à-dire la dose qui provoquerait la mort de cinquante pour cent des animaux soumis à cet essai, en exprimant cette valeur en milligrammes ou grammes par rapport au poids corporel, exprimé en kilogrammes ou en grammes.Pour calculer cette dose moyenne léthale, on doit faire intervenir dans les calculs, toutes les doses fatales, quelque soit le taux de la mortalité.De cette façon, la dose obtenue se rapproche beaucoup plus de la réalité que si on s\u2019avisait de n\u2019accepter comme dose stricte celle qui tuerait cinquante pour cent des animaux, sans compter que, pour avoir un degré de certitude acceptable, il faudrait employer un grand nombre d\u2019animaux, ce qui n\u2019est pas toujours facile.Nous avons détermmé la toxicité moyenne (DL 50), en employant la méthode préconisée par Behrens et décrite par Burn (5). 640 Lavar MépicaL Mai 1954 100 90 70 TE Son 60 50 meme D.L.so =81.5 M6MS.Je.Yo MORTAL yo 20 10 2 L 2 f 2 65 75 95 95 105 115 MORS.Figure 4.\u2014 Toxicité de la taxinine, injectée par voie intrapéritonéale, chez la souris. Mai 1954 LavaL MEbicaL 641 Cette technique, qui permet d\u2019opérer sur un nombre plutôt restreint d\u2019animaux, consiste à rechercher d\u2019abord les doses extrèmes, soit celles qui sont fatales à tous les animaux et celles qui n\u2019en tuent aucun.En- /00 JL TE © v à Dlg 105mems 4 % MoR TALI ® 3 v I > © v 605 Lecce SI Î 4 4 À À A 1 3 À 70 80 30 00 10 (20 1320 146 1$0 MGRS Figure 5.\u2014 Toxicité de la taxinine, injectée par voie intrapéritonéale, chez le rat.suite, on choisit, entre ces limites, une série de doses que l\u2019on administre par voie intrapéritonéale, à des groupes d\u2019animaux de poids et de sexes répartis assez uniformément. 642 Lava\u2026 MÉDICAL Mai 1954 On calcule le taux de mortalité ; la mortalité déduite, pour chaque groupe ou mieux pour chaque dose, s\u2019exprime de la façon suivante : 100 go} \u2018 % MORTALITE & 60} | 1 | 20 | | | io fF ' | °r | [ } à 3 § 3 à 3 À à Yo so Go 70 80 90 monms Figure 6.\u2014 Toxicité de la taxinine, injectée dans le sac lymphatique dorsal de la grenouille.a) Un numérateur, dont la somme est formée du nombre des animaux tués par cette dose plus celui des animaux tués par des doses inférieures ; Mai 1954 LavaL MEbicaL 643 b) Un dénominateur, obtenu par la somme du nombre des animaux qui ont reçu la dose étudiée, plus celui de ceux qui ont survécu aux doses supérieures et de ceux qui sont morts aux doses inférieures.Ces deux valeurs nous donnent une fraction pour chacune des doses étudiées ; la dose qui correspond à la fraction une demie est la dose léthale moyenne, DL 50.En portant en abscisses les doses étudiées et en ordonnées le pourcentage de mortalité déduite, on obtient alors une représentation graphique de la dose recherchée.RÉSULTATS : Dans le tableau VIII, nous avons compilé les valeurs obtenues pour le calcul de la DL 50 chez la souris.Les tableaux IX et X donnent les résultats obtenus au cours de la recherche de Ja dose léthale 50 chez le rat et la grenouille, tandis que les figures 4, 5 et 6 en sont les représentations graphiques.L\u2019alcaloïde se montre très toxique comme on peut s\u2019en rendre compte.Comparée avec la taxme, extraite des autres espéces de Taxus, la taxmine possède une dose léthale beaucoup moms élevée, puisque Bryan Brown (4) et Nicholson (23) ont trouvé que la DL 50 était de vingt mg/kg pour la souris et douze mg/kg pour la grenouille.TasLeau VIII Toxicité de la taxinine chez la souris Dose NOMBRE Poips MOYEN MORTALITÉ MORTALITÉ EN MG/KG D'ANIMAUX EN GRAMMES OBSERVÉE DÉDUITE 115 6 25,6 6 \u2014 105 10 24,8 10 \u2014- 95 10 27,9 8 6/7 85 10 24,1 3 4/13 75 10 24,5 1 1/17 65 10 33,8 0 \u2014 644 Lavar MÉDricaL Mai 1954 TABLEAU IX Toxicité de la taxinine chez le rat DosE NOMBRE POIDS MOYEN MORTALITÉ MORTALITÉ EN MG/KG D'ANIMAUX EN GRAMMES OBSERVÉE DÉDUITE 140 6 163,8 6 \u2014 130 5 144,1 4 19/20 120 7 138,9 5 5/6 110 6 165,3 4 2/3 100 6 195,0 3 3/7 90 6 179.2 2 1/5 80 6 188.1 1 1/18 70 6 191.1 0 \u2014 TABLEAU X Toxicité de la taxinine chez la grenouille Dose NOMBRE Poips MOYEN MORTALITÉ MORTALITÉ EN MG/KG D'ANIMAUX EN GRAMMES OBSERVÉE DÉDUITE 90 5 21,1 5 \u2014 80 5 21,5 4 10/11 70 4 25,6 3 3/4 60 5 21,5 2 3/8 50 5 18.8 1 1/10 40 5 23,8 0 \u2014 b) ÉTUDE DES EFFETS TOXIQUES CHEZ LA SOURIS : Chez les souris recevant une dose toxique, la mort survient dans un délai de dix à quarante-cinq minutes après l\u2019injection.Au tout début, on observe une phase d\u2019engourdissement qui, graduellement, se transforme en période d\u2019agitation avec des contractions musculaires cloniques aux membres postérieurs.L\u2019animal éprouve de la difficulté à respirer : périodiquement, il ouvre la gueule puis la referme brusque- Mai 1954 LavaLr MEbicaL 645 ment, ce qui produit un claquement sec.On observe de la cyanose au museau, aux oreilles et à l\u2019extrémité des pattes.Puis, l\u2019animal se jette sur le côté et tente d\u2019avancer en se roulant sur lui-même, de sorte qu\u2019il progresse en accomplissant une sorte de mouvement en vrille ; après quelques minutes de cette activité 1l cesse de bouger : c\u2019est la mort.Quant aux animaux qui survivent, on n\u2019observe aucun symptôme immédiat si ce n\u2019est un peu d\u2019engourdissement chez ceux qui reçoivent des doses rapprochées de la dose toxique moyenne.Cependant, après quelques heures, une nouvelle observation permet de noter une légère difficulté dans la marche : les muscles semblent être quelque peu paralysés.Après quarante-huit heures, tout rentre dans l\u2019ordre et les souris sont apparemment normales.CHEZ LE RAT : Les rats qui reçoivent des doses toxiques présentent les mèmes symptômes que les souris, sauf que la phase d\u2019excitation accompagnée de spasmes cloniques des muscles des membres inférieurs et supérieurs est plus intense et plus prolongée.Les animaux placés dans une cage tentent de sortir la tête par les trous du grillage.La cyanose est très accentuée, et l\u2019animal meurt dans un délai de trente à soixante minutes.Aussitôt après la mort, à l\u2019ouverture du thorax, nous notons que les ventricules sont arrêtés en diastole, alors que les oreillettes battent encore faiblement.Le sang est noirâtre, il y a stase pulmonaire et ischémie assez marquée des masses musculaires qui ont une teinte rouge.Les animaux qui survivent présentent, à des degrés divers, un état de paralysie partielle des membres antérieurs et postérieurs qui disparait après vingt-quatre heures.CHEZ LA GRENOUILLE : Les symptômes observés chez les grenouilles qui ont reçu des doses toxiques sont peu apparents : en fait, on ne constate que de l\u2019engourdissement.Pour se rendre compte de la mort, il faut vérifier le réflexe pupillaire, les réflexes médullaires ; le passage de vie à trépas se fait donc dans une période de léthargie ; les animaux sont flasques, gardent les positions 646 LavaL MEbpicaL Mai 1954 qu\u2019on leur fait prendre ; de plus les animaux ouvrent la gueule et la referment brusquement.A l\u2019ouverture des grenouilles apparemment mortes, on constate que le ventricule est arrêté en diastole et que les oreillettes battent encore faiblement.L\u2019ischémie au niveau des muscles est marquée.La persistance de cette paralysie déjà mentionnée est très caractéristique chez les individus qui ont survécu.Dès le lendemain, on observe que ces animaux sont incapables de se placer en position accroupie, position caractéristique du batracien ; ils essaient de sauter, mais restent sur le ventre, leurs pattes battent faiblement comme les rames d\u2019une embarcation.Selon la dose reçue, ces animaux ne réagissent pas ou ne réagissent que très peu aux excitations, aux piqûres.Au bout de quarante-huit heures, tous ces symptômes sont disparus.Discussion De cette étude toxicologique on peut conclure que la taxinine est beaucoup moins toxique que la taxine.Néanmoms, elle garde encore une toxicité importante.L'examen post mortem des animaux révèle que la mort s\u2019accompagne de l\u2019arrêt des ventricules en diastole.De plus, il faut noter que, chez les batraciens surtout, les oreillettes continuent de se contracter longtemps après l\u2019arrêt du ventricule.Par ailleurs, on a noté des symptômes d\u2019asphyxie : cyanose, sang noirâtre, spasmes respiratoires.Une étude plus poussée de l\u2019alcaloïde permettra sans doute de donner une explication plus exacte de son action toxique.B.\u2014 ACTION DE LA TAXININE SUR LA MUSCULATURE LISSE L\u2019action pharmacodynamique des médicaments sur le muscle lisse peut s\u2019étudier sur des segments d\u2019intestin, généralement prélevés au niveau du duodénum, ou encore sur des segments d\u2019artère, d\u2019uretère ou d\u2019utérus.Les réponses sont très variables ; s1 la substance étudiée se comporte comme l\u2019adrénaline, on observe tous les effets de l\u2019action du sympathique Mai 1954 Lavar MÉDicaL 647 sur l\u2019organe perfusé ; si, au contraire, la réponse s\u2019identifie à celle de l\u2019acétylcholine, l\u2019effet est identique à celui de l\u2019excitation des branches du parasympathique innervant cet organe.II peut arriver que la substance agisse directement sur la cellule elle-même ; dans ces cas, la discrimination de l\u2019activité pharmacodynamique exige un contrôle expérimental assez poussé.Pour nos expériences, nous avons utilisé des segments d\u2019intestin et d\u2019utérus de lapins et de rats.1° ACTION DE LA TAXININE SUR L\u2019INTESTIN DE LAPIN Déterminisme expérimental Nous opérons selon la technique de Magnus (9).L'animal à jeun est assommé et, sans retard, on prélève cinq à six centimètres d\u2019une anse intestinale, au duodénum.Le segment est placé dans une capsule contenant du liquide de Tyrode à 37°C.Sans exercer de traction ou de pincement, on nettoie le segment en n\u2019utilisant qu\u2019un minimum de manipulations.On sectionne un segment de deux centimètres qui est rapidement fixé dans un bécher rempli de solution de Tyrode et chauffé à 37°C, dans un bain à température constante.Le segment est fixé à l\u2019une de ses extrémités, par une serre-fme attachée à une tige de verre coudée, qui plonge dans le fond du bécher et alimente le liquide perfusant en oxygène ; l\u2019autre bout du segment est relié à un levier cardiaque par une autre serre-fine fixée de façon à ne pas obstruer la lumière intestmale.On équilibre le levier qui, par une pointe en celluloïde, inscrit ses mouvements sur un kymographe tournant lentement.Après quelques minutes, les mouvements pendulaires, provoqués par la contraction des fibres longitudinales atteignent leur maximum d\u2019amplitude et de régularité.On fait alors une inscription normale et, sans arrêter le kymographe, on ajoute au bain perfuseur, l\u2019alcaloïde dissous dans du soluté de Tyrode acidifié, puis neutralisé par du bicarbonate de soude. 648 Lavar MéÉDicaL Mai 1954 Chaque essai est répété au moins trois fois pour chacune des concentrations étudiées et, autant que possible, à partir d\u2019un segment provenant d\u2019un autre animal.RÉSULTATS : Nous avons utilisé des concentrations variant de 1: 20,000 4 1: 80,000.a) Effet sur le tonus : Quelle que soit la concentration de l\u2019alcaloïde, le premier effet observé est une diminution graduelle du tonus des fibres musculaires de l\u2019intestm qui tend vers un palier d\u2019autant plus rapidement que la concentration de la substance est plus élevée (tableau XI).Ainsi, avec une concentration de 1: 40,000, on obtient ce palier après quatre minutes, alors qu\u2019il faut au delà de neuf minutes pour que le même résultat se produise avec une concentration de 1: 60,000 (figures 7 et.8).TABLEAU XI Action de l\u2019alcaloïde sur l\u2019intestin de lapin perfusé Diminution du tonus.21 mm 20 mm 14 mm Délai avant l\u2019obtention du palier.120 sec.420 sec.750 sec.Concentration de la taxinine, (g/cm3).| 1: 30,000 1: 40,000 1: 80,000 b) Effet sur la fréquence des contractions : Sous l\u2019mfluence de la taxinine, nous observons une diminution dans la fréquence des contractions du segment isolé.Ce ralentissement est proportionnel à la concentration de l\u2019alcaloïde dans le liquide de Tyrode perfusant (figures 7 et 8).Nous avons noté qu\u2019après quinze minutes de perfusion, cette diminution dans la fréquence des contractions pouvait atteindre 23 à 40 pour cent de la fréquence mitiale (tableau XII).Le it ms 1 M 10 rS6I IEN Mammo iy D'un IY di \"oy I Ù Alealoide IE otèr pme 00.00 | 1) 000 Eu: po ao bh Wo ere TA : ro TVOIGHIN TVAYT A LP IYI In Per LY eT SN ee ER | Semen BE BOA mer rm tnt ma.ONO.JEON TOPO -moee tA AMY \u2014\u2014 te \u2014 Figure 7.\u2014 Action de la taxinine sur l\u2019intestin isolé de lapin.Intervalle de dix minutes entre chaque segment d\u2019un même graphique.679 650 LavaL MEbicaL Mai 1954 TaBLeau XII Variations de la fréquence des contractions de l'intestin sous action de la taxinine a diverses concentrations Fréquence mnitiale.22 /min, 15/min.17/min.Fréquence après addition de taxirine.14/min.12/min.15/min.Rapport entre les deux fréquences.1,5 1,3 1,1 Concentration de la taxinine (g/em3).| 1: 30,000 1: 40,000 1: 80,000 c) Effet sur l\u2019amplitude des contractions : À la concentration de 1: 80,000 il ne semble pas y avoir de modification dans \"amplitude des contractions ; bien plus, dans certains cas, nous avons pu noter une légére augmentation au cours de la chute du tonus, bien que, peu à peu, l\u2019amplitude revienne à sa valeur initiale (figure 7).À la concentration de 1: 60,000, l\u2019amplitude augmente généralement durant la chute de tonus puis, graduellement, décroît pour atteindre une valeur égale à la moitié de celle des amplitudes initiales (figure 7).Enfin, à la concentration de 1: 30,000 et plus, l\u2019amplitude des mouvements pendulaires diminue.On observe, de plus, de l\u2019irrégularité dans les contractions (figure 8 et tableau XIII).TasLeau XIII Variations de amplitude des contractions intestinales sous l\u2019action de la taxinine à diverses concentrations Amplitude inttiale.12 mm 8 mm 14 mm Amplitude aprés addition de taxinine.3 mm 4 mm 12 mm Rapport entre les deux amplitudes.4,0 2.0 1.1 Concentration de la taxinine (g/cm3).| 1: 30,000 1: 40,000 1: 80,000 us a (6) 7561 TEN In EN IP ET It LS 1:80.00 1 min.oxsmsecte Ka z TVOIGAJN TVAV] 3 Ly er ers] : 100, TR épée rate os ed \\ À EU) ?4 (CaS ue ad Figure 8.\u2014 Action de l\u2019alcaloïde sur l\u2019intestin isolé de lapin et réponse a la pilocarpine.9 C 652 Lavar MÉDICAL Mai 1954 d) Réversibilité de l\u2019action de l\u2019alcaloïde : Le lavage au Tyrode, plus ou moins prolongé selon la concentration utilisée, redonne au segment intestinal son tonus mitial, bien que l\u2019amplitude et la fréquence originales soient difficiles à retrouver surtout aux concentrations supérieures à 1: 80,000.e) Antagonisme pharmacologique : L\u2019addition de nitrate de pilocarpine (2,5 mg) au soluté de Tyrode contenant l\u2019alcaloïde ne redonne ni l\u2019amplitude ni le tonus initiaux, comme on peut l\u2019observer sur des préparations analogues déprimées par la plupart des agents sympathicomimétiques (figure 8).De plus, un segment déjà soumis à l\u2019action de la taxinine, mais lavé plusieurs fois au soluté de Tyrode, même s\u2019il a regagné son tonus mitial, ne répond que peu à l\u2019addition de pilocarpine et, bien plus, l\u2019amplitude dimmue rapidement jusqu\u2019au tiers de sa valeur initiale.2° ACTION DE LA TAXININE SUR L\u2019INTESTIN DU RAT Déterminisme expérimental Pour l\u2019étude des réactions de l\u2019intestin de rat nous avons utilisé des segments de duodénum prélevés chez des rats albinos adultes, saignés par décapitation.La technique d\u2019inscription est la même que pour les expériences sur l\u2019imtestm de lapm.Les contrôles, les lavages et l\u2019addition de l\u2019alcaloïde dans le Tyrode perfusant se font selon la même technique que dans l\u2019expérience précédente.RÉSULTATS : a) Effet sur le tonus : La musculature lisse duodénale subit une chute de tonus à toutes les concentrations.Cette diminution est d\u2019autant plus rapide et accentuée que la concentration de l\u2019alcaloïde dans le Tyrode est plus élevée ; graduellement les contractions rythmiques atteignent un palier (figure 9 et tableau XIV). Mai 1954 Lavar MÉDricaL 653 TasLeau XIV Variations du tonus de l\u2019intestin de rat sous l\u2019action de la taxinine à diverses concentrations Diminution du tonus.12 mm 10 mm 9 mm Délai avant l\u2019obtention du palier.10 min.15 min.19 min.Concentration de la taxinine (g/cm3).| 1: 30,000 1: 50,000 1: 100,000 b) Effet sur la fréquence des contractions : La fréquence des contractions est considérablement ralentie sous l\u2019action de l\u2019alcaloïde.C\u2019est ainsi qu\u2019à une dilution de 1: 30,000 la fréquence passe de trente-huit à vingt-trois par minute, deux minutes après l\u2019addition de la substance.Au bout de quinze minutes, le duodénum ne se contracte que dix-huit fois par minute (tableau XV).Pour une concentration de 1: 100,000 la fréquence passe de trente- six contractions à vingt-huit en deux minutes ; après quinze minutes elle tombe à dix-huit (figure 9).TasLEau XV Variations de la fréquence des contractions intestinales sous l\u2019action de la taxinine à diverses concentrations Fréquence initiale.111121122000 38 30 35 Fréquence après addition de taxinine.| 18 | 0 | 3 Rapport entre les deux fréquences.| 21 | 16 | 12 \u2014 Concentration de la caxinine (e/em3)\u2026.* 1:30,000 1: 50,000 1: 100,000 ¢) Effet sur amplitude : Quelques secondes après l\u2019addition de l\u2019alcaloïde, on note brusquement une forte augmentation dans l\u2019amplitude des mouvements pendulaires.Mais en même temps, le rythme devient très irrégulier. vs9 void te a Ih 1:30,000 IA { [omin Lave Re = mia x es TL lo mn Arr Tea Te mop pere \u201cFy & i TVIIAI\\ TVAYT hE 4 2} pa tl LL fr Une) IR QI M qq pie a ATEN Pa SRR, JR SRN Noa wR Eee a Figure 9.\u2014 Action de la taxinine sur l\u2019intestin isolé du rat tS6I EN mtr pr ces rage ttn fr Mai 1954 Lavar MÉDiCAL 655 Puis, progressivement, cette arythmie disparaît, les fibres musculaires se remettent à se contracter avec régularité, mais l\u2019amplitude de leur contraction reste importante surtout avec les concentrations les plus faibles, 1: 50,000 et 1: 100,000, alors qu\u2019à la concentration de 1: 30,000, l\u2019amplitude des contractions n\u2019est que peu augmentée (figure 9 et tableau XVI).TasLEau XVI Variations de amplitude des contractions du segment intestinal isolé sous l\u2019action de la p ontraction | taxinine à diverses concentrations Amplitude Initiale.7 mm 8 mm 8 mm Amplitude apres addition de taxinine.7 mm 10 mm 16 mm Rapport entre les deux amplitudes.1.0 0,8 0,5 Concentration de la taxinine (g/em3).| 1:30,000 1: 50,000 1: 100,000 | d) Réversibilité de l\u2019action de l\u2019alcaloïde : | Le lavage du segment duodénal au soluté de Tyrode à 37°C.redonne à la préparation son tonus mitial.Cependant, même après un lavage prolongé (trente minutes), on observe encore une diminution de la fré- quence et la persistance de l\u2019arythmie.e) Antagonisme pharmacologique : L\u2019addition de nitrate de pilocarpine (3 mg) consécutivement à celle de l\u2019alcaloïde ne relève pas le tonus de la musculature duodénale mais, au contraire, abolit complètement les contractions, même si le segment a été lavé.Discussion La musculature lisse est caractérisée par l\u2019automatisme de ses contractions rythmiques.Cette propriété, observée dans tous les organes possédant un tel tissu dans leur structure, est particulièrement développée 656 Lavar MÉDicaL Mai 1954 dans l'intestin.C\u2019est pourquoi, c\u2019est surtout cet organe qui est utilisé pour étudier, in vitro, l\u2019effet des agents pharmacodynamiques sur le muscle lisse.Le système nerveux organo-végétatif exerce constamment, par ses deux fractions, une sorte de contrôle sur l\u2019activité de ce tissu musculaire.La modalité d\u2019action de l\u2019une ou l\u2019autre portion varie d\u2019un système à l\u2019autre ; c\u2019est amsi que l\u2019adrénalme relâche les muscles lisses de l\u2019intestin et, par contre, stimule la contraction des muscles lisses des artérioles.Le fait que de tels organes, riches en fibres musculaires lisses, puissent continuer à se contracter même in vitro semble prouver que cet automatisme est une propriété intrinsèque de la fibre lisse.Néanmoins, dans le cas de l\u2019intestin on ne peut négliger le rôle que Jouent les plexus intramuraux, représentés par le plexus sous-muqueux de Meissner et le plexus myo-entérique d\u2019Auerbach.On reconnait au plexus de Meissner un role sensitif alors que «les nombreux neurones multipolaires du plexus d\u2019Auerbach transmettent aux fibres intestmales la résultante de l\u2019activité motrice dont le complexe entérique est le siège » (3).Aussi bien, les plexus, surtout celui d\u2019Auerbach, en plus de transmettre l\u2019influx moteur, peuvent aussi par d\u2019autres terminaisons nerveuses exercer une action inhibitrice.Enfin, 1l faut noter que le muscle lisse possède un état de tonicité propre tout comme le muscle strié.Après ces considérations préliminaires, tentons d\u2019expliquer les différentes réponses observées sur l\u2019intestin in vitro soumis à l\u2019action de l\u2019alcaloïde.L\u2019étude des réactions de l\u2019anse intestmale de lapm nous montre d\u2019abord, qu\u2019à toutes les concentrations, il se produit une chute graduelle du tonus ; cependant, cette perte est récupérée plus ou moins rapidement par les lavages du segment intestinal.Une telle réponse provient sans équivoque d\u2019une augmentation dans la chronoxie de la fibre musculaire, de sorte que ces mflux nerveux, provenant des plexus d\u2019Auerbach, responsables de cette tonicité, sont devenus de moins en moms efficaces.Un autre aspect de l\u2019action de l\u2019alcaloïde se traduit par une augmentation de l\u2019amplitude des contractions, lorsque nous utilisons une faible concentration, mais par une diminution, lorsque la concentration Mai 1954 Lava\u2026 MÉDicaL 657 de la substance est supérieure à 1: 70,000 ; de plus, la fréquence est diminuée à toutes les doses.Les substances sympathicomimétiques, comme l\u2019adrénalime, l\u2019éphé- drine, produisent des effets identiques ; sous l\u2019influence de l\u2019adrénaline, constamment libérée par les terminaisons sympathiques des plexus d\u2019Auerbach, les stimulations par l\u2019acétylcholime libérée par les termr- naisons vagales du niveau de ces mêmes plexus sont constamment inhibées, de sorte que, non seulement la fibre musculaire reçoit moins d\u2019influx moteurs, mais, de plus elle est soumise à l\u2019activité paralysante de ces substances sympathicomimétiques.Mais peut-on vraiment attribuer à la taxinime, un rôle sympathico- mimétique sur l\u2019intestin de lapin ?Nous ne le croyons pas, car toutes les substances qui appartiennent à cette catégorie d\u2019agents pharmacodynamiques voient leur action dépressive au niveau de l\u2019intestin, bloquée par les vagomimétiques, comme ['acétylcholine, la pilocarpme ou le chlorure de baryum.Or, dans nos expériences, jamais les segments d\u2019intestm de lapm déprimés par l\u2019alcaloïde, n\u2019ont repris leur tonus ni leur amplitude mitiaux, sous l\u2019action, notamment, de la pilocarpme (figure 8).Bien plus, même lavées, ces fibres musculaires ne répondent que faiblement à la pilocarpme.De ces faits, nous devons conclure que les fibres musculaires de l\u2019intestin du lapin sont les seules touchées par l\u2019alcaloïde.Cette intoxication graduelle par la taxinine se traduit essentiellement par une augmentation de la chronaxie, déjà longue, de la cellule musculaire lisse, de sorte que les excitations motrices des plexus d\u2019Auerbach, deviennent de moins en moins efficaces, bien qu\u2019à des doses faibles, alors que la fibre musculaire n\u2019est pas trop inhibée, les excitations motrices parasympathiques s\u2019additionnent au point de forcer la fibre musculaire à fournir des contractions ralenties, mais d\u2019amplitude plus grande, vu que l\u2019excitation aura pris une intensité beaucoup plus considérable qu\u2019à l\u2019ordinaire, à la suite d\u2019une sommation des excitations inefficaces des mflux provenant des terminaisons du vague.L\u2019imtestin de rat s\u2019est comporté de façon différente, comme on l\u2019a noté dans l\u2019énoncè des résultats obtenus.Néanmoms la chute graduelle 658 Lavar MÉDICAL Mai 1954 du tonus, proportionnelle à la concentration, est une réponse dont l\u2019explication et le mécanisme sont d\u2019ordre musculaire, comme dans le cas de l\u2019intestin de lapin.Mais au lieu de voir une augmentation ou une diminution des amplitudes avec un rythme régulier, nous observons d\u2019abord une phase d\u2019irrégularités, marquée par des contractions très amples, suivies de plus faibles (figure 9).Ces contractions arythmiques sont probablement dues à une incoordination entre les contractions des fibres longitudinales et celles des fibres circulaires, ce qui affecte nécessairement l\u2019inscription des mouvements pendulaires du segment intestinal.On admet bien que le myogramme inscrit relève uniquement de la contraction des fibres longitudinales de la tunique intestinale, mais si, à un certain moment, les fibres circulaires se contractent de façon importante, il est certain qu\u2019il en résulte un effet mécanique sur les mouvements pendulaires.L\u2019examen de nos graphiques (figure 9) nous laisse voir nettement qu\u2019au début de l\u2019action de l\u2019alcaloïde, les fibres longitudinales sont soumises à une traction, en différents points, de la part des fibres circulaires qui entrent en contraction.Un tel résultat s\u2019observe a toutes les concentrations.Il ne traduit sûrement pas une activité sympathicomimétique de l\u2019alcaloïde, car, on admet que l\u2019intestin de rat, spécialement la portion duodénale, est très sensible à l\u2019adrénaline (3).Nous croyons plutôt, comme nous venons de le dire, que la coordination initiale qui existait entre les fibres longitudinales, les fibres circulaires, et les excitations motrices ou inhibitrices des plexus d\u2019Auer- bach, est temporairement suspendue ; nous assistons à une manifestation d\u2019hétérochronisme produisant, comme résultat les contractions incoor- données observées.Graduellement, cependant, le rythme devient plus régulier, les contractions des fibres longitudinales sont de plus en plus égales, mais aussi de plus en plus fortes, tout en conservant une fréquence très ralentie.Un tel comportement de la fibre lisse intestinale du rat semble d\u2019abord une réponse à une augmentation de la chronaxie.L\u2019alcaloïde © mari aan Mai 1954 Lavar MÉDicaL 659 réagit probablement avec certains constituants du sarcoplasme ou des myofibrilles, en rendant ces éléments imsensibles ou sûrement moins susceptibles à l\u2019excitant moteur parasympathique ; il en résulte qu\u2019il faut une excitation plus forte pour qu\u2019on observe une réponse musculaire ; ceci se produit par l\u2019addition de plusieurs excitations inefficaces qui en s\u2019additionnant provoquent une réponse plus marquée (figure 9).Pour conclure, mème si à première vue l\u2019alcaloïde se comporte comme un sympathicomimétique sur l\u2019intestin de lapin, nous devons admettre que les agents vagomimétiques ne font pas retrouver le tonus ou le rythme perdus.De plus, on pourrait croire à une double action de la substance sur l\u2019anse duodénale de rat : action dépressive sur le tonus et la fréquence, qui serait de nature sympathicomimétique ; action motrice vagomimétique qui se traduit par une série de mouvements pendulaires très accentués.Or, 1l est difficile d\u2019admettre une dualité d\u2019action surtout si les agents vagomimétiques, comme la pilocarpine, sont incapables de reproduire leur activité propre sur un segment intestinal traité par la taxmine.Une dépression purement cellulaire, agissant sur le protoplasme de la fibre musculaire, pourrait s\u2019expliquer par Ja possibilité d\u2019une intoxication qui se traduisait par une diminution dans l\u2019excitabilité de la cellule, d\u2019où hétérochronisme entre la cellule et les excitants nés au niveau des plexus intramuraux d\u2019Auerbach, chute graduelle du tonus et diminution de la fréquence.De plus, l\u2019amplitude des contractions est plus grande avec des doses faibles, chez le lapin, alors qu\u2019à des concentrations plus élevées, les cellules de la tunique musculaire de l\u2019intestm de cet animal sont totalement inhibées.Or, si l\u2019on admet que le lapin est un animal à tonus sympathique, l\u2019inhibition des mouvements pendulaires serait accrue par une libération plus importante d\u2019adrénaline au niveau des plexus intramuraux de l\u2019intestin d\u2019un tel animal.Chez le rat, même si l\u2019alcaloïde imbibe considérablement le protoplasme, les excitations par les terminaisons vagales aux plexus d\u2019Auerbach, qui sont naturellement prédominantes chez un animal de ce type nerveux, s\u2019additionnent et se traduisent par une contraction plus forte. 660 LavaL MEbicaL Mai 1954 3° ACTION DE LA TAXININE SUR L\u2019UTÉRUS L\u2019utérus est un autre organe riche en fibres musculaires lisses qui se contractent spontanément lorsqu\u2019on en perfuse un segment, à l\u2019exception de l\u2019utérus de cobaye non gravide qui est absolument inerte in vitro.L\u2019innervation de l\u2019utérus, qui est presque exclusivement sympathique, lus est fournie par des fibres provenant du nerf hypogastrique inférieur ; les fibres sont mixtes : les unes motrices, les autres inhibitrices.Enfin, une branche du nerf pelvien enverrait de ses terminaisons parasympathiques au niveau de cet organe.Les contractions rythmiques de l\u2019utérus sont plutôt lentes ; ceci est dû, selon Gley (10), au développement peu marqué des fibres musculaires de cet organe.Suivant l\u2019état, gravide ou non, les utérus de certains animaux réagissent différemment aux agents pharmacodynamiques.On admet généralement que cette dualité provient du fait que, chez certains animaux, au cours de la grossesse, on note un développement plus marqué des fibres accélératrices du sympathique ou des fibres mhibitrices.Au cours de ces travaux nous avons mis à profit cette contraction rythmique de l\u2019utérus in vitro afim de noter l\u2019action de notre alcaloïde sur cet organe.Nous avons utilisé des préparations prélevées sur des lapines et des rates, les unes vierges, les autres en gestation.Déterminisme expérimental Le prélèvement se fait chez des animaux saignés par section des carotides chez les lapines et décapitation chez les rates.Le montage est identique à celui que l\u2019on a décrit précédemment pour l\u2019mscription des mouvements pendulaires de l\u2019intestm.Au liquide de Tyrode, nous avons ajouté l\u2019alcaloïde, fraîchement mis en solution dans du Tyrode, à des concentrations variant de 1: 30,000 à 1: 100,000.Chaque essai a êté répété soit sur le même segment lavé, soit sur un segment frais, trois ou quatre fois.Fréquemment, nous avons voulu vérifier un pouvoir antagoniste ou identique avec l\u2019adrénalime ou la pilocarpine.Dans ces conditions, nous avons utilisé des solutions récemment préparées de ces substances, Mai 1954 LavaL MEpicaL 661 que nous avons subséquemment diluées afin d\u2019obtenir la concentration désirée.RÉSULTATS : Les segments utérins, vierges ou gravides, de rates et de lapines ont tous réagi de façon identique à toutes les concentrations de l\u2019alcaloïde.a) Tonus : Quelles que soient les concentrations, le tonus de la musculature utérime subit un relâchement et ce, aussi bien dans l\u2019état de grossesse que de non gravidité (figures 10 et 11).Cette chute est plus marquée aux concentrations élevées ; le lavage redonne au segment son tonus initial : la fibre musculaire est touchée.b) Amplitude et rvthme : Encore ici, les mêmes résultats s\u2019observent chez les deux espèces, que l\u2019animal soit gravide ou non.Avec l\u2019augmentation des quantités d\u2019alcaloide ajoutées au liquide perfusant, on voit \"amplitude décroitre proportionnellement (figures 10 et 11).En méme temps, on note une augmentation de la fréquence, qui peut atteindre une valeur de quatre à six fois plus élevée que celle de la fréquence initiale (figures 10 et 11).Le lavage ne redonne pas toujours aux contractions leur amplitude ni leur fréquence initiales.c) Antagonisme pharmacodynamique : L\u2019addition aux préparations soumises à l\u2019action de la taxinine d\u2019adrénaline ou de pilocarpine, deux agents pharmacodynamiques qui provoquent une augmentation du tonus et de l\u2019amplitude des contractions des utérus de lapines et de rates (29) se révèle sans effets (figures 10 et 11).Discussion Comme les segments déprimés par l\u2019alcaloïde ne répondent pas aux excitants, on doit en conclure à une intoxication de la cellule musculaire. c99 à » wu Wa) RP, ALc.1:100,000 us a a a a Aa da 6H % BRT yds J Fei er Aa iw « & > er ti A « TVOIAQI[y TVAYT] vas A Ana tale: | 50,00 Ady ON Og à i A A : Ldn?fes Figure 10.\u2014 Action[de la taxinine sur l\u2019utérus de lapin.Intervalle de dix minutes entre chaque segment d\u2019un même graphique.veo TeX Mai 1954 Lavar.MÉDICAL 663 L\u2019action de l\u2019alcaloïde provoquerait une augmentation de la chronaxie de la fibre lisse, ce qui entraîne une chute de tonus ; l\u2019imtoxication de la cellule se poursuivant, les contractions deviennent de moins en moins énergiques.Par ailleurs, les influx moteurs s\u2019additionnent de sorte que les contractions doivent augmenter dans leur fréquence, même si, comme on l\u2019a vu, la chronaxie est dimmuée ; nous assistons donc à l\u2019apparition d\u2019un tétanos incomplet.C.\u2014 ACTION DE LA TAXININE SUR LA MUSCULATURE STRIÉE Comme nous l\u2019avons fait observer plus haut, lors de la recherche des doses léthales, nous avons constaté, chez les animaux qui survivaient, une paralysie plus ou moins marquée au niveau des membres, qui se manifestait par une démarche difficile, incoordonnée.La paralysie disparaît au bout de vingt-quatre heures et son intensité est proportionnelle à la dose donnée.Dans le but d\u2019étudier le mécanisme et la nature de cette paralysie nous avons poursuivi chez la grenouille une série d\u2019expériences dont nous présentons les résultats.Déterminisme expérimental Nous avons inscrit les contractions du gastrocnémien in situ en l\u2019excitant par l\u2019intermédiaire du sciatique.Dans une première série, nous avons noté l\u2019action de l\u2019alcaloïde en lavant constamment le muscle avec des solutions de concentrations variant de 1: 3,000 à 1: 8,000.La technique suivie est celle que l\u2019on utilise dans l\u2019étude de la secousse musculaire chez la grenouille.Après avoir détermmé le seuil du choc efficace en ouverture, nous avons soumis la préparation à des excitations électriques tombant à toutes les secondes.à toutes les cinq secondes, et à toutes les minutes.Dans une seconde série, nous avons injecté dans le sac lymphatique dorsal, des doses variant de trente à soixante mg par kilogramme de poids corporel, à des grenouilles dont une patte est ligaturée, à l\u2019exclusion de son nerf sciatique.Au bout de deux heures, les grenouilles sont endormies à l\u2019uréthane et les secousses musculaires de la patte ligaturée sont inscrites en notant 2 Alzalade 1.27000 y J [ST BY Q 6 vais.ae at ia EE Tn ti hb baie CETTE = TD LIE TVOIAIN IVAYT Figure 11.\u2014 Action de la taxinine sur l\u2019utérus de rat.Intervalle de dix minutes entre chaque segment d\u2019un même graphique.Jame Pa ¢ NemmALEg [A Figure 12.\u2014 Action de la taxinine a la concentration de 1: 3,000, sur la contraction du gastrocnémien de grenouille in situ.VSOI !EIN em \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 ei \u2014 = \u2014 \u2014 \u2014 Mai 1954 Lavar MÉDicaL 665 le seuil en ouverture auquel l\u2019excitation électrique donne une contraction maximum, puis on soumet ensuite l\u2019autre patte, où la circulation n\u2019a pas été bloquée par la ligature, à des excitations de même intensité.RÉSULTATS : Le lavage du gastrocnémien avec des solutions à 1: 3,000 et à 1: 5,000, entraîne après quatre a six minutes une diminution dans Pamplitude des contractions qui, graduellement, deviennent de plus en plus faibles.La figure 12 représente une série de secousses simples inscrites a toutes les minutes, sur un gastrocnémien lavé avec une solution à 1:5,000.On peut noter, à la fin du graphique, que des excitations efficaces en ouverture ne provoquent que des contractions n\u2019ayant que la moitié, ou moins, de l\u2019amplitude initiale.Par ailleurs, l\u2019excitation directe du muscle, par un choc en ouverture identique, donne une contraction semblable à celle que l\u2019on obtient par l\u2019intermédiaire du sciatique ; toutefois, la contraction a moins d\u2019amplitude.Les résultats obtenus en excitant la préparation ci-haut décrite par des chocs d\u2019ouverture, tombant à toutes les cinq secondes, ou à toutes les secondes, sont encore identiques.Rapidement, l\u2019amplitude des secousses musculaires décroît et même quelquefois devient négligeable (figure 13).La figure 14 représente une réponse typique obtenue avec le muscle d\u2019une grenouille qui a reçu l\u2019alcaloïde en mjection.La patte ligaturée donne des contractions maxima à un seuil d\u2019ouverture qui se localise sur le chariot inducteur de DuBois-Raymond, à une valeur empirique de \u2014 1.Notons qu\u2019à 0, le choc de fermeture provoque lui aussi une contraction.Le gastrocnémien à circulation intacte se contracte seulement lorsque nous poussons la bobine du secondaire à la valeur Ô et, encore, faut-il noter que les contractions ne sont pas égales, certaines ayant à peine le quart de l\u2019amplitude des autres ; notons aussi qu\u2019en poussant le secondaire pour donner un choc qui triple la valeur seuil de la patte ligaturée, nous avons des contractions qui n\u2019atteignent pas l\u2019amplitude de celles du témoin. 999 AY Lavage low ¥)7 3000 ÿ EU) i i | | pl i | | I fit ji [el | | \u2018 | | 1 a \u201c1 NY Q LIE ON En Ll ITE RVA B INT, LIS / IN TVOICAN TYAYT .i Seuil ss 4 Ay tm x 0 Qi q IN ir \u201col bi | \" dining T= adhd fina Tu SE kT a alarm «uri pd L INTERVALLE « di Figure 13 Action de la taxinine sur la contraction in situ, du gastrocnémien de grenouille, par lavage du muscle l\u2019alcaloïde en concentrations de 1: 3,000 (A) et de 1: 5,000 (B) vS61 !EIN Mai 1954 LavAaL\u2026 MÉDicaAL 667 Il est évident que les chiffres mentionnés ne valent que pour l\u2019expérience décrite et n\u2019ont qu\u2019une valeur relative.Discussion Les résultats que nous venons de décrire laissent nettement voir que, dans son ensemble, le muscle strié, soumis à l\u2019action de la taxmme, répond moins bien aux excitations-seuil qui, normalement, le font se contracter.Ceci nous porte à croire que les constituants protoplasmi- ques ont subi, temporairement, l\u2019action dépressive de l\u2019alcaloïde qui les rend moins excitables par l\u2019influx nerveux, car il faut augmenter considérablement l\u2019intensité de l\u2019excitation électrique pour obtenir des contractions dont la force n\u2019est pas toujours égale à la valeur mitiale.En somme, il s\u2019est établi un état d\u2019hétérochronisme entre le nerf et le muscle, dû à \"augmentation de la chronaxie du gastrocnémien.Ce phénomène s\u2019observe aussi bien chez l\u2019animal entier qu\u2019avec la préparation nerf-muscle.D.\u2014 ACTION DE LA TAXININE SUR LA CIRCULATION La physiologie si délicate du cœur et de ses annexes, l\u2019étroite relation qui existe entre ces organes et le système nerveux autonome, le rein, le foie, sont autant de motifs qui expliquent que rarement les organes de la circulation, notamment le cœur, échappent à l\u2019action des substances introduites dans un organisme animal.Évidemment certains corps, ont une action plus marquée sur le cœur sans toucher aux autres organes et inversement 1l faut parfois des doses massives pour qu\u2019une substance quelconque touche le myocarde et ses dépendances.L\u2019appareil circulatoire peut subir certaines modifications dans son fonctionnement par une action directe sur la cellule musculaire du cœur et des vaisseaux, action qui peut soit relâcher le tonus du myocarde et des tuniques lisses des vaisseaux, et alors amener une chute dans la pression artérielle, soit encore augmenter le tonus de ces mêmes formations, ce qui se traduit par une hausse plus ou moms marquée de la pression artérielle.Par ailleurs, une stimulation du système nerveux (10) 899 fr t, « nd fl ) fi + op w a» f) t> 4b{ gy «> | M du sven adéwat- LL a [lk TL I ob amply «à +» 9 Te LU \u2014 A __ APE os TIP \u2014 Do tg Br y = =f Ld EJ a PT pr uy Induct *.tr » @ x TVOICZJY TVAYT 0 \u2018ran «db » .- x ?| R \u201c \"ai à ashaspŸ ai dk $ fis.oe i Bee, will 4 Pas varier.den M emer.EÉE\u2026.\u2014 i _ rN LE a .V2 NAS Lu 0 © Figure 14.\u2014 Action de la taxinine, injectée dans le sac lymphatique dorsal de la grenouille, sur la contraction du gastrocnémien A) contraction de la patte ligaturée ; B) contraction de la patte non ligaturée VSOT !EIN Mai 1954 LavAL.MÉDICAL 669 autonome, central ou périphérique, par un agent pharmacodynamique, peut se manifester par une augmentation de la tension artérielle, causée par une vasoconstriction et une accélération, temporaire du moins, de la fréquence cardiaque, si c\u2019est le sympathique qui est excité, tandis que l\u2019excitation du parasympathique ou tout simplement la présence dans l\u2019organisme d\u2019une substance qui possède les caractéristiques pharmacodynamiques de l\u2019acétylcholime, intermédiaire chimique du parasympathique, provoque le ralentissement du cœur, de la vasodilatation surtout au niveau des artérioles et, comme résultat, une chute de la pression artérielle.La stimulation de la surrénale, l\u2019action sur la thyroïde, peuvent aussi indirectement être responsables de changements dans la fonction normale du cœur.Bref, comme on peut s\u2019en rendre compte, l\u2019étude de l\u2019action d\u2019une substance sur l\u2019activité fonctionnelle du cœur est extrêmement complexe et exige en plus d\u2019un grand nombre de minutieux essais, des réserves assez sérieuses quelquefois sur les explications du mécanisme qui a déclenché certains effets observés.Nous avons vérifié l\u2019activité de l\u2019alcaloïde sur l\u2019appareil circulatoire en étudiant ses effets sur les cœurs perfusés de grenouilles et de chats, sur l\u2019ëlectrocardiogramme du lapin et du chat, et sur la pression artérielle du chat.1° ACTION SUR LE CŒUR ISOLÉ En faisant circuler dans un cœur isolé une substance dissoute dans du soluté de Locke-Ringer, il est possible d\u2019observer ses effets directement sur le muscle cardiaque isolé de toutes ses connections nerveuses.On peut aussi perfuser un cœur, tout en le laissant dans l\u2019organisme ; cette technique très élégante, utile surtout dans les observations faites sur les batraciens, nous donne des résultats identiques.Déterminisme expérimental Nous avons employé trois techniques dans la préparation des cœurs perfusés.La première, imagmée par Straub, fut utilisée pour des cœurs de grenouille perfusés hors de l\u2019animal.La seconde, consistait en une 670 Lava\u2026.MÉDICAL Mai 1954 perfusion in vitro.Enfin, pour la perfusion du cœur de chat nous avons utilisé le montage de Langendorff, à quelques modifications près.a) Technique de Straub (9) : Cette méthode très simple consiste, après avoir ligaturé le sinus veineux d\u2019une grenouille décérébrée, à mtroduire dans le ventricule, par l\u2019une des branches de l\u2019aorte, une fine canule de verre.On ligature la canule par un fil passant sous les deux branches de l\u2019aorte, et on sectionne les tissus qui retiennent le cœur.Par ses contractions, le cœur chasse ses ondées ventriculaires dans la canule et le liquide redescend dans le ventricule à chaque diastole.I! faut évidemment laver plusieurs fois le ventricule avec du soluté de Locke-Ringer introduit dans la canule ; puis, on place la préparation dans une chambre humide où barbotte de l\u2019oxygène et on enregistre les contractions sur un tambour de Marey, par un levier cardiaque relié à l\u2019apex du ventricule.On peut essayer la substance en l\u2019introduisant sous sa forme solide dans la canule ; en connaissant le volume exact de liquide qui s\u2019y trouve, on obtient alors sa concentration ; ou encore, on peut préparer des solutions fraiches, de concentrations variables, de la substance à étudier et, après avoir vidé le cœur du soluté qui s\u2019y trouve, avec une pipette de verre très effilée, introduire ces solutions dans la canule en prenant som de ne pas dépasser le volume du liquide qui s\u2019y trouvait antérieurement.b) Méthode de Howell et Cook (27) : Ici, la grenouille est décérébrée et après l\u2019ouverture du thorax, on libère le cœur de ses enveloppes et on le relève à l\u2019aide d\u2019une serre-fine et d\u2019un fil.La veine cave inférieure est incisée en V à quelque distance du sinus et une canule, dirigée vers le cœur, est fixée par une ligature.Cette canule est reliée à l\u2019appareil de perfusion constitué de deux flacons de Mariotte contenant l\u2019un du liquide de Locke-Ringer, l\u2019autre une solution dans ce liquide de la substance à essayer.Ces flacons, où barbotte de l\u2019oxygène, sont placés à une hauteur de trois centimètres.Des robinets et un tube en Y complètent l\u2019appareil.Après avoir chassé Mai 1954 Lavar MÉDicaAL 671 l\u2019air des tubes, on fixe la canule au tube principal et on laisse passer le liquide de perfusion, en ayant soin de sectionner une des branches de l\u2019aorte, par où va s\u2019écouler le liquide.Les contractions sont inscrites, en fixant l\u2019apex du myocarde à un stylet inscrivant, sur un tambour de Marey ; en changeant le liquide de Locke-Ringer pour la solution à essayer on peut alors noter les effets de cette dernière.¢) Méthode de Langendorff : Cette technique (14) est très employée pour la perfusion des cœurs de mammifères.Il s\u2019agit, en principe, d\u2019un réfrigérant dont l\u2019un des bouts est effilé en canule pour y recevoir le cœur qui y est fixé par l'aorte.Dans le canal du réfrigérant, un thermomètre permet de noter la température du liquide de perfusion qui arrive à l\u2019extrémité supérieure de ce canal.Dans le manchon du réfrigérant on fait circuler de l\u2019eau chauffée à 41°C.par un bain à température constante : ceci permet de donner aux liquides de perfusion une température de 37°C.\u2014 37,5°C.considérée comme la température idéale.Quant aux liquides de perfusion, Locke-Ringer ou solution dans ce liquide des substances à essayer, 1ls proviennent de flacons où on maintient une pression constante et dans lesquels on fait barbotter de l\u2019oxygène ; ces flacons sont placés à une hauteur permettant de perfuser à une pression d\u2019environ quatre-vingts centimètres d\u2019eau.Le prélèvement se fait sur l\u2019animal, un chat adulte, à jeun, légèrement anesthésié par une injection intrapéritonéale de pentobarbital de sodium, à la dose de vingt milligrammes par kilogramme de poids corporel.Dès que l\u2019animal est somnolent, 1l est assommé.Très rapidement, on sectionne le thorax puis, l\u2019opérateur saisit le cœur, sectionne l\u2019aorte le plus loin possible de son origine, et les vaisseaux pulmonaires auprès du hile pulmonaire.On place alors le cœur et les masses de tissus qui y adhèrent dans une capsule remplie de soluté de Locke-Ringer à 38°C.On lave, et en pressant légèrement les ventricules on chasse le sang qui s\u2019y trouve.Après un second lavage le cœur est fixé par l\u2019aorte, à l\u2019extrémité mférieure 672 Lavar MéÉDicar Mai 1954 du tube central du réfrigérant.On ajuste pour que l\u2019extrémité du tube arrive le plus près possible de l\u2019origine de l\u2019aorte.Après avoir bien fixé le cœur, on laisse arriver le liquide perfusant.Les contractions ventriculaires sont inscrites par un stylet relié à la pomte du ventricule gauche.En même temps, on dispose un entonnoir sous le cœur, afin que le liquide qui s\u2019échappe du cœur puisse être recueilli dans un gradué et mesuré.Dans un tel montage, il faut noter que le cœur se contracte à vide.En effet, le liquide qui arrive sous pression dans l\u2019aorte fait fermer les valvules sigmoïdes et gagne les artères coronaires qui naissent au-dessus des sigmoïdes aortiques.Le liquide, après avoir irriguë tout le myocarde revient par les veines coronaires qui débouchent dans l\u2019oreillette droite et s\u2019en échappe par les ouvertures que laissent les vaisseaux sectionnés.Le liquide en s\u2019écoulant le long du myocarde l\u2019humecte et le maintient à une température constante.RÉSULTATS : a) Perfusion du cœur de grenouille « Rana catesbiana » : La perfusion in vitro, selon la technique de Straub, nous permet de constater que l\u2019alcaloïde, en concentrations de 1: 500,000 à 1: 100,000 possède des propriétés suivantes : 1) L\u2019amplitude des contractions est quelquefois temporairement augmentée, Immédiatement après l\u2019addition de l\u2019alcaloïde ; toutefois, après un temps plus ou moins prolongé, on note une diminution graduelle de cette amplitude qui devient nulle aux concentrations de 1: 200,000.A ce moment, le cœur arrête en diastole ventriculaire, bien que les oreillettes soient encore actives (figure 15).11) A toutes les concentrations, la fréquence initiale est considérablement réduite et ce, d\u2019autant plus rapidement que la concentration est plus élevée.it) Le lavage, au soluté Locke-Ringer frais, redonne habituellement la fréquence initiale.Toutefois, il faut noter que cette fréquence n\u2019est pas atteinte d\u2019emblée, surtout aux concentrations de 1: 100,000 qui ont provoqué un arrêt en diastole.Dans ces cas, les contractions sont au début très amples, mais aussi très irrégulières.Graduellement, le \u2014 7461 IEN Joh bear RA pin?oh 7 50,000, so (ITY a iH ir : i Yi 4 i ! fH | : pl i \\ fi A | hp IEE EEE T= ol La nes ni di a NM A Swe CY NASA at ee in PS Li = oasis [a ee = | Lavas Û H ar Ë * 18 at hye Jt 9 14 its 1 we à | j SR iy pa) + : A : of iT ; i | su H ; {4 weg + Li jf | \u2019 I i H f A TVOIAQIA TVAV] il i I | | i ; a ph A A ki pa En [RE 3:3 a > \" Ee , Ka Eo Bo ~~ WW Figure 15.\u2014 Action de la taxinine sur le cœur de grenouille perfusé in vitro.A) Action de l\u2019alcaloïde, à la concentration de 1: 150,000.B) Récupération après lavage au soluté de Locke-Ringer.\u20acL9 674 Lavar MÉDICAL Mai 1954 rythme, cependant, redevient régulier, l\u2019amplitude diminue pour redevenir ce qu\u2019elle était avant l\u2019addition de l\u2019alcaloïde (figure 15).b) Perfusion du cœur de grenouille « in situ » : Nous avons davantage utilisé cette technique parce que même s1 le cœur est en circulation artificielle, 11 garde néanmoins ses connexions nerveuses avec l\u2019animal et ainsi fonctionne dans des conditions plus normales.Nous avons perfusé les cœurs avec l\u2019alcaloïde en solution dans du liquide de Locke-Ringer, en concentration variant de 1: 100,000 à 1: 800,000.Nous avons ainsi fait une centaine d\u2019essais, toujours dans les mêmes conditions en répétant le lavage au soluté de Locke-Ringer entre chaque perfusion a la taxinine.RÉSULTATS : 1) L\u2019amplitude de la systole ventriculaire dimmue d\u2019autant plus rapidement que les concentrations sont plus élevées.Ainsi, après deux minutes de perfusion avec une concentration à 1: 100,000 les amplitudes sont réduites d\u2019environ cinquante pour cent, alors qu\u2019il faut près de cinquante minutes pour avoir la même réduction sur un cœur perfusé avec une solution à la dilution de 1: 500,000 (figure 16).u) La fréquence est diminuée et c\u2019est là une seconde manifestation constante de l\u2019action de l\u2019alcaloïde.Ce ralentissement peut aller jusqu\u2019à l\u2019arrêt complet en diastole.En même temps, il s\u2019établit des phases de dissociation auriculo-ventriculaire, Encore ici, le début du ralentissement varie selon les concentrations utilisées.Ainsi à 1: 100,000, la fréquence des contractions est réduite de soixante pour cent après deux minutes, tandis qu\u2019à une concentration de 1: 500,000 la fréquence, après douze minutes, a encore une valeur de soixante-quinze pour cent de sa valeur initiale (figure 15).Ce n\u2019est qu\u2019après au moins cinquante minutes de perfusion que l\u2019on commence à observer de l\u2019arythmie si l\u2019on perfuse un cœur avec une solution à 7401 TEN ww W (AXES Si +r SR.par 2s Yt PEER LL ARE 100.000 EL Givin E:T) Sin.nd SA ty LIYTAE oS) Cae [ETRY da.tad} 5° rtyverr Sas LAS fom IIA LU) LE Le om LL] | ri IH > | A 77088 TVOIGFJN TVAYT] | by, 4 IR :400,000 RLM (TE CHEN : #58.beadddt ad 02 En bas Action de la taxinine sur le cœur Figure 16.\u2014 Action de la taxinine sur le cœur de grenouille perfusé in vivo.perfusé de chat, présentant de l\u2019arythmie. ay GR Cy .A AVR ) TE 2 Le A CN TVOIAIN TVAYT Pas dE oR Corry Figure 20.\u2014 Action de la taxinine sur la pression carotidienne de chat (2 mg/kg).Intervalle de dix minutes entre les segments À et B.7461 !IEN AB A MN EL 4, 1 i HELL ST v461 IEN » La NA ory - L411 ao ; -\u2014 \u2014 - Tr AA.nix.om 7 : +7 ad GTi) | \u2018 ut + ASS dt as -vr ond VV \"ET, - MS \u201cAGI ph A milite i \u2014 te.A.frite.\u2026 RA TP TVOICAIN TVAV] ad] LN LL \u201cwr or = TR mp a PTR MRT TRY wat =.Im 124 Smeg Ka rm i} so -~ SE Figure 21.\u2014 Action de la taxinine sur la pression carotidienne de chat (3 mg/kg).Intervalle de dix minutes entre les segments A et B.L89 688 Lavar MÉDrcaL Mai 1954 L\u2019analyse de ce tableau montre que la chute maximum est sensiblement proportionnelle à la dose.De plus, on peut voir qu\u2019après dix minutes, la valeur de la pression est encore inférieure à celle de la pression mitiale.u) La fréquence cardiaque est également modifiée.En effet, les tracés permettent d\u2019observer un ralentissement marqué dans la fréquence des systoles ventriculaires.Ce ralentissement est proportionnel aux doses et accompagne la chute de tension artérielle.En même temps que s\u2019établit la chute de la tension artérielle et la diminution de la fréquence, on observe une augmentation de l\u2019amplitude du pouls.A des doses de plus de huit milligrammes, la fréquence devient très diminuée et nous pouvons assister soit à une chute brusque de la tension artérielle qui devient nulle, soit à une succession de hausse et de baisse, avec ralentissement puis graduellement un retour vers une valeur plus stable, mais très basse.Nous avons compilé dans le tableau XXIII les fréquences cardiaques de quelques-uns des animaux mis en expérience.Comme on peut le constater, même à la faible dose de deux milligrammes, elles sont encore diminuées dix minutes aprés I'injection de la taxinine.111) Le blocage des terminaisons du vague par injection intraveineuse de 0.05 mg d\u2019atropme par kilogramme de poids corporel, ou encore la vagotonie bilatérale n\u2019ont pas empêché les effets observés chez les animaux Intacts de se manifester (figures 22 et 23).L\u2019intensité de la chute de la pression et le ralentissement dans le rythme ont gardé les mêmes proportions (tableaux XXII et XXIII).b) Respiration : Aux doses de deux a cing milligrammes par kilogramme de poids corporel, nous ne pouvons mettre en évidence qu\u2019une légère augmentation dans l\u2019amplitude des mouvements respiratoires (figures 20, 21 et 22) accompagnée d\u2019un ralentissement de la fréquence.Aux doses plus élevées, nous notons une respiration plus rapide, plus superficielle, d\u2019amplitude diminuée, s\u2019orientant vers un type de dyspné expiratoire et, si l\u2019intoxication est poussée, on observe une PSS c® ald R\u2019 A 561 EN wali 1 æ abs My agp attunethasntioques Ü \"3 rn.ee.eam te À VYVVAAA \u2018 \u201crs A « TAA'Y pr\" ee y Addn 8 a AAARAAAAAMALAAANA NARS KX! de aânana 80 tawis AL rel TVOIGF}N TVAVT] EL TIVE DC Lu) LA [ed L' 2na®= __ WN ys aa.A Figure 22.\u2014 Action de la taxinine sur la pression carotidienne de chat (5 mg/kg).Intervalle de dix minutes entre les segments À et B.689 690 Lavar MÉDICAL TapLEau NXIII Taxinine et fréquence cardiaque Mai 1954 Fréquence Fréquence | Fréquence Chute Animal en Dose, Fréquence une deux dix maximum expérience en mg/kg initiale minute minutes minutes en pour- après après après centage Pinjection l\u2019injection l\u2019injection C14 * 2 180 150 154 160 17% C8 2 246 220 222 210 15% C5 2 120 108 96 94 22% C1 3 252 220 216 214 15% C3 3 246 225 222 218 16% C15 3 204 162 160 175 22% C17 3 234 210 210 200 15% C4 4 270 150 186 210 45% C9 8 162 66 65 72 60% * Animal vagotomisé.respiration d\u2019abord saccadée qui s\u2019arrête en expiration, précédant toujours la syncope cardiaque.Discussion Aux cours de cette série d\u2019expériences nous nous proposions de vérifier le rôle hypotenseur de la taxinme et le mécanisme de son activité.Les résultats obtenus démontrent que la taxinine entraîne une chute rapide de la pression artérielle qui se fixe à un palier mférieur ; le retour à la tension initiale se fait très lentement.Par ailleurs, cette chute de pression artérielle est accompagnée d\u2019un ralentissement de la fréquence cardiaque.Est-ce que ce phénomène est dû à une excitation vagale?Non, car ni le blocage du vague par l\u2019atropine, ni la vagotomie ne font disparaître l\u2019action hypotensive ni l\u2019action chronotrope négative de l\u2019alcaloïde. hs ety, AAO Fo (se 7501 !EIN 45 nd vot wa FH Wg Onan AT nm Her ce a dim x à\u2019 % LAMA S Cw, ore VA TVOICZ]N TVAVT Ke 3 IN.(IV 2mens ALCALOIDE veus Ke, pr na VS\u201d yr.Ai YY AN Yr Figure 23.\u2014 Action de la taxinine sur la pression carotidienne d\u2019un chat ayant subi une vagotomie bilatérale avant 169 l\u2019injection Intervalles de dix minutes entre les segments A, B et]C 692 LavaL MEbicaL Mai 1954 Les perfusions nous ont de plus permis de constater que l\u2019amplitude des systoles et le tonus du myocarde sont réduits au cours de la perfusion avec l\u2019alcaloïde.Considérant qu\u2019un des facteurs du maintien de la pression artérielle est la force et la fréquence des systoles ventriculaires, nous devons admettre que la taxinme, en diminuant l\u2019amplitude et le rythme des contractions, peut sûrement abaisser la tension artérielle d\u2019un animal normal, probablement par action sur le tissu nodal du cœur.De plus, l\u2019action dépressive directe observée sur les fibres musculaires lisses avec diminution de tonus doit également atteindre les tuniques musculaires lisses des artérioles et ainsi contribuer à la chute de la pression artérielle.Enfin, on note que la fréquence cardiaque revient à sa valeur initiale alors que la tension est encore abaissée, ce qui nous incite à admettre qu\u2019en plus du mécanisme cardiaque, il faille faire intervenir une vasodilatation au niveau des artérioles.Cette action hypotensive de la taxinine résulte donc d\u2019une vasodilatation des artérioles, en même temps que d\u2019une action chronothrome et inotrope négative sur le cœur.CHAPITRE Ill CONCLUSIONS L'étude pharmacodynamique de la taxinine, alcaloide que nous avons isolé du Taxus canadensis, nous a permis de retrouver l\u2019agent pharmacodynamique responsable de l\u2019emploi populaire des feuilles de cet arbuste.Cet alcaloïde possède une action hypotensive qui résulte, à notre avis, d\u2019une intoxication des cellules musculaires lisses des vaisseaux, des cellules musculaires cardiaques et du tissu nodal.Une telle intoxication se traduit par une augmentation considérable de la chronaxie, d\u2019où relâchement des fibres et contractions moins fréquentes du cœur.Aux doses utilisées nous n\u2019avons pas noté d\u2019action sur le système nerveux central ; la pupille reste normale et la température centrale ne semble pas affectée. Mai 1954 Lavar.MÉDICAL 693 Les doses qui ont amené une chute de pression sont encore loin de celles qui ont provoqué certains accidents, tels le relichement du tonus intestinal, l\u2019action paralysante sur la cellule du muscle strié, les accidents respiratoires.En entreprenant ce travail, nous nous étions orienté vers l\u2019isolement et l\u2019étude sur la tension artérielle d\u2019un principe contenu dans les feuilles de Taxus canadensis.Après ces recherches nous devons admettre que c\u2019est bien l\u2019alcaloïde, que nous avons appelé taxmime, qui est responsable de ces effets hypo- tenseurs ; car quelques essais, sur la toxicité, la pression artérielle, la musculature lisse, avec le glucoside que nous en avons isolé, se sont tous montrés négatifs même à des doses énormes.REMERCIEMENTS Nous désirons remercier les docteurs Elphège Bois et Emile Cliche qui ont bien voulu accepter de nous diriger dans nos travaux concernant l\u2019aspect chimique de cette étude.Ces travaux ont été exécutés aux départements de biochimie et de pharmacie de la Faculté des sciences de l\u2019université Laval.Nos remerciements vont encore au docteur Roméo Blanchet, directeur du département de physiologie de la Faculté de médecine, où nous avons exécuté la partie pharmacodynamique de notre travail, pour ses conseils éclairés et les facilités qu\u2019il à mises à notre disposition.Le docteur Georges-A.Bergeron, du même département, nous a dirigé dans l\u2019exécution de ces travaux.Nous voulons enfin témoigner notre gratitude à l\u2019Office provincial des recherches scientifiques de la province de Québec et au Conseil national des recherches pour leurs octrois qui nous ont permis de poursuivre ces travaux.BIBLIOGRAPHIE I.A.O.A.C., Methods of analysis of the association of official agricultural chemists, 5° éd., Washington, D.C.2.BourquELoT, P., J.soc.de chimie, Abs.386, 1906.M 694 Lavar MÉDICAL Mai 1954 BruNARD, M., et GERMAIN, J., Rev.canad.biol., 5 : 135, 1946.Bryan-Brown, T., Quart.J.Pharm.e Pharmacol., 5 : 205, 1932.Burn, J.H., Biological standardization, Oxford University Press, Londres, 1937.6.Carrow, R.K., CurrLanp, J.M., et Virpen, G.J., J.Chem.Soc., 2 : 2138, 1931.7.FORTIN, L., Communication personnelle.Bow Vi 8.GATTERMAN, L., Laboratory methods of organic chemistry, Me- Mullan Co., New-York, 1937.9.GAUTRELET, J., Eléments de technique physiologique, Masson ¢ Cie, 1932.10.Grey, E., Traité élémentaire de physiologie, 8° éd., J.-B.Bailliére et Fils, 1934.11.Haas, P., et Hrur, T.G., Chemistry of plants products, pp.32-34, 4° éd., Longmans, Green ¢» Co., 1928.12.Hocx, B.J., J.Am.Pharm.A., 23 : 221, 1933.13.Husa, W.S., J.Am.Pharm.A., 23 : 891, 980 et 1187, 1934.14.Jackson, D.E., Experimental pharmacology and materia medica., 2¢¢éd., C.V.Mosby Co., 1939.15.JENKINs, S.L., et DuMez, A.D., Quantitative pharmaceutical analysis, McGraw-Hill, New-York.16.Jones, I., et Lynn, E.V., J.Am.Pharm.A., 22 : 528, 1933.17.Jorpan, C.B., et DEK AY, G., Qualitative analysis for students of medicine and pharmacy, 2° éd., McGraw-Hill, 1948.18.Konpo, H., et Takanasui, J.Pharm.Soc.Japan, 68 : 4901, 1922.19.KUMIKAGU et YOSHIMURA, J.Japanese Med.A., (English abstracts), 27 : 289, 1937.20.KuxN À, et SCHÆFFER, G., Apotheker Zeitung, 80 : 1265, 1937.21.Lerepvre, J., Extraction et identification de la taxicalme (thèse), 1907, Chemical abstracts, 2 : 300, 1908.22.Masson, G., Comptes rendus de l\u2019Office provincial des recherches scientifiques, pp.42-46, 1942. Mai 1954 Lavar MÉDicaL 695 23.NicuoLson, J.A, Univ.Cambridge Ins., Ann.Patb., pp.169-198, 1932-1933.24.ONETA, J.F., J.Am.Pharm.A, 7 : 204, 1947.25.Pharmacopæœia of the United States, 13° éd.26.RoseNTHALER, L., The chemical investigation of plants, 1930.27.SOLLMANN, T.A., et HanzLik, P.S., Fundamentals of experimental pharmacology, 2° éd., J.W.Stacey, San Francisco.28.WINFERSTEIN, E., et IaTRIDEs, D., Ztsch.Physiol.Chem., 117 : 240, 1921.29.ZunTz, E., Pharmacodynamie spéciale, 1'° éd, tome 1, pp.312 et 353, Masson et Cie, 1930. HISTOIRE DE LA MÉDECINE L\u2019ÉPIDÉMIE DE CHOLÉRA DE 1832 A QUÉBEC par B.DUFEBVRE «C\u2019est à partir de ce moment que la peur, et la réflexion avec elle, commencèrent.» (Albert Camus, La Peste.) Une terrible épidémie de choléra, qui paraît avoir eu son origine à la Mecque et en Arabie en 1830, se répandit rapidement, d\u2019une part vers l\u2019Afghanistan, le Thibet et la Sibérie, d\u2019autre part en direction de l\u2019Afrique du nord, de la Syrie, de la Turquie et de la Grèce, En 1831, l\u2019épidémie, continuant sa progression, passait de Sibérie en Russie, de là en Allemagne et, au début de 1832, éclatait en France, puis en Angleterre et en Irlande, d\u2019où les immigrants irlandais allaient l\u2019apporter en Amérique du nord et, singulièrement, au Canada et à Québec.Mais, avant d\u2019évoquer les ravages que cette pestilence allait faire dans les rangs de notre population, on me permettra d\u2019abord de raconter brièvement les « coupes sombres » qu\u2019elle pratiqua à Paris.La population parisienne crut d\u2019abord qu\u2019il ne s\u2019agissait que d\u2019un « honnête et pacifique » choléra-morbus, mais elle dut bientôt déchanter quand la terrible maladie, quittant les banlieues pauvres, où elle s'était Mai 1954 Lava\u2026 MÉDicaL 697 d\u2019abord installée, envahit brusquement les quartiers chics.En quelques jours, on compta plus de deux cents décès quotidiennement.« Paris était lugubre, a écrit Lucas-Dubreton, dans l\u2019ouvrage qu\u2019il a consacré à Casimir Périer, une des victimes du fléau.« Pour assainir l\u2019atmosphère, de grands vases d\u2019eau chlorurée étaient placés dans tous les endroits publics ; et les habitants se prémunissaient contre le choléra, ainsi qu\u2019on le faisait au moyen âge contre la peste, à l\u2019aide d\u2019aromates, de flacons d\u2019odeur, de sachets de camphre et d\u2019autres électuaires que les pharmaciens leur vendaiïent à prix d\u2019or.« La politique, cependant, ne perdait pomt ses droits (et l\u2019on verra qu\u2019il en fut de même au Canada).Un journal, La Tribune, prenant prétexte d\u2019une mesure municipale relative à l\u2019enlèvement des boues, écrivit que c\u2019était là laisser sans ressource la classe nombreuse des chiffonniers (il y en avait tout au plus 1,800 à Paris !).Mais le gouvernement était coupable d\u2019un attentat autrement grave : « Sous prétexte d\u2019un fléau prétendu, on empoisonne le peuple dans les hôpitaux, on l\u2019assassine dans les prisons !.On a vu des agents de la police secrète Jeter des matières infectes dans les brocs des marchands de vin .« Le peuple est (bientôt) monté au degré voulu.Rue Saint-Denis, rue Saint-Martin, aux Halles, sur les quais, dans la Cité, place de Grève, faubourg Saint-Antoine, une multitude en haillons vocifère : « À la lanterne, les empoisonneurs !» Maladroitement (on) dément, dans une circulaire qui est affichée, les faux bruits destinés à effrayer la population, et ce qui n\u2019était que soupçon pour celle-ci devient désormais vérité reconnue.Alors les jJustices sommaires commencent : un jeune homme est massacré « pour s\u2019être penché à la porte d\u2019un marchand de vin », un autre parce qu\u2019il s\u2019est arrêté près d\u2019un puits ; un troisième, poursuivi par la populace, se réfugie au poste de l\u2019hôtel de ville, on l\u2019en arrache, on l\u2019éventre et ses entrailles sont dévorées par les chiens .« Peste et Liberté ! s\u2019écrie l\u2019Allemand Borne au comble de la joie.Jamais mère plus Jaide n\u2019aura fille plus belle.» En effet, quelles brillantes perspectives d\u2019avenir ! « Remèdes contre le choléra-morbus, dit une affiche signée : un décoré de juillet.Prenez 200 têtes de la Chambre des pairs, 150 de celle des députés qu\u2019on vous désignera, celles de Périer, Sebastiani et d\u2019Argout, celles de Philippe (le roi) et de son fils ; faites-les 698 Lavar.MÉDicaL Mai 1954 rouler sur la place de la Révolution et l\u2019atmosphère de la France sera purifiée.» Et les professeurs d\u2019émeute montrent à leurs troupes les demeures des riches qui ont fui devant l\u2019épidémie, le Palais-Royal abandonné par Louis-Philippe et qui n\u2019est plus qu\u2019un dortoir pour les valets ! « Ces jours de panique où se conjuguaient la peur de la mort, la hame de l\u2019autorité, le besom de tuer et de détruire, Philarète Chasles, fils d\u2019un conventionnel, les a caractérisés ainsi : « La maladie morale de la nation paraissait plus digne de pitié que son mal physique.» Voilà à quelles extrémités, à quelle sauvagerie s\u2019abandonnait la population de la capitale d\u2019un des pays les plus civilisés de l\u2019Europe ! Mais traversons la Manche et arrêtons-nous un instant à Londres où le choléra asiatique fait également rage.Les Anglais sont-ils plus flegmatiques que les Français?Toujours est-il qu\u2019ils surent mieux conserver leur sang-froid, et je puis dire tout de suite qu\u2019il en fut de même des Canadiens, tant d\u2019origine française que de langue anglaise.Entrée en Angleterre par le nord, la pestilence se fraya rapidement un chemin du Sunderland à Newcastle et aux faubourgs de Londres où, pendant un temps, elle confina ses ravages.Mais, bientôt, et, tout comme à Paris, elle s\u2019en prit à tout venant et passant de la capitale aux provinces du sud, il ne fut plus un seul coin ou elle n\u2019eut exercé ses méfaits.L\u2019Irlande fut encore plus durement frappée.Un Bureau de santé, créé par le gouvernement, publia de nombreux rapports, dont le moins qu\u2019on puisse dire est qu\u2019ils étaient remarquables par la variété des opinions émises, par les médecins qui le composailent, sur les causes probables du choléra.Mais voilà le moment venu de voir ce qui se passait au Canada au début de cette année 1832.Nous avions comme gouverneur-général, depuis deux ans, lord Aylmer venu au pays avec les instructions les plus précises du ministre des colonies, lord Goderich, de faire tout en son possible pour pacifier nos propres libéraux, autrement dit Louis- Joseph Papmeau et ses partisans.Mais les relations entre le gouverneur et l\u2019orateur de la Chambre d\u2019assemblée sont déjà tendues à se rompre au lendemain de la session de 1831-32.Aylmer réalise enfin que Papineau ne veut rien d\u2019autre que l\u2019indépendance ou, comme pis aller, que l\u2019anne- q mr Mai 1954 Lava.MÉDicaL 699 xion du Bas-Canada aux États-Unis.De son côté, le clergé s\u2019émeut de l\u2019attitude de plus en plus agressive des patriotes.« De réformateurs, ils se transformaient en démagogues, a dit fort justement Thomas Chapais.On pouvait dorénavant se demander si le mouvement politique dirigé par eux n\u2019allait pas nous conduire à une impasse dangereuse, à de périlleuses extrémités.» De fait, on s\u2019est souvent demandé pourquoi la rébellion n\u2019a pas éclaté en 1832 plutôt qu\u2019en 1837.La raison de ce retard ne serait-elle pas tout simplement l\u2019apparition du choléra \u2014 qui nous revint de nouveau, d\u2019ailleurs, en 1834?Quoi qu\u2019il en soit, les Québécois, en janvier 1832, ne songeaïent guère au choléra.L\u2019ouverture de la navigation était encore loin et la Chambre d\u2019assemblée, en session, fournissait matière aux conversations.Les esprits allaient s\u2019échauffant et, à une réunion tenue dans une taverne, le 19, on verra quelque deux cents patriotes voter de nombreuses résolutions appuyant la politique de M.Papineau, le tout aux cris de « À bas le Conseil législatif ! A bas le juge en chef ! A bas les Anglais !» Pendant ce temps, les Amateurs de la Garnison donnent un spectacle au théâtre Royal, à l\u2019occasion de la réouverture de la salle, remise à neuf.Lord et lady Aylmer assistent à la représentation.Le samedi, 18 février, cependant, les lecteurs attentifs du Quebec Mercury ont peut-être remarqué dans un coin de page, en caractères minuscules, cet entrefilet : «On nous signale que le choléra-morbus exerce ses ravages dans le nord de l\u2019Angleterre.Ne peut-on redouter que le premier navire à nous apporter du charbon de Newcastle ne transporte également jusque dans nos foyers cette redoutable pestilence?D\u2019après ce que nous avons pu savoir, les ravages du choléra sont presque entièrement confmés aux personnes dissolues ou malades, ou encore à celles de faible constitution ou Inclinées à la peur.» De son côté, le pharmacien Musson, qui a son officme rue Buade, annonce discrètement qu\u2019il est «en mesure de fournir de la chlorure de chaux pour la destruction des infections ».Le théâtre Royal ayant repris ses activités, on y voit, le 28 février, un M.Prud\u2019homme, « élève de Talma », jouer Hamlet, d\u2019après la tra- (12) ces 00Z ss Pe 2 x 2 a pe Ê = À nd LEE ; 3 TVIICHIN IVAV] Se 3d 223 5 2 i ss us Te L\u2019église Notre-Dame-des-Victoires et la place du marché de la basse-ville, aux environs de 1832.Aquarelle du colonel James Pattison Cockburn, de l\u2019Artillerie royale.Archives du Séminaire de uébec (Photo Inventaire des Œuvres d\u2019Art).PSOI !EIN rise an 25 bi ci ATA Mai 1954 Lavar.MÉDICAL 701 duction de M.Ducis, ainsi qu\u2019une comédie, La famille du baron, de Scribe, que certains spectateurs trouveront «Impudique ».Cequi n\u2019empêchera M.Prud\u2019homme de donner, au début de mars, Zaïre, de Voltaire, Cinna, de Corneille et, pour clôturer son séjour à Québec Napoléon à Sainte-Hélène (« M.Prud\u2019homme personnifiera Napoléon comme seul 1l sait Ie faire »).Le 15 mars, le bibliothécaire de la Chambre d\u2019assemblée réclame par voix des journaux, les livres empruntés et non retournés.On remarque parmi la longue liste des titres : Les œuvres de Mirabeau, 6 volumes ; l\u2019Ami des hommes, 6 volumes ; Histoire des rois, des reines, Voyages du Père Crespel, Voyages de Lahontan, de Hennepin ; les Crimes des reines de France, les Œuvres de Cicéron, etc, etc.Le 17 mars, la Gazette de Québec annonce en deux lignes que le choléra a fait son apparition en Écosse et que, sur 2,377 personnes atteintes par le mal à Londres, 801 sont mortes.Le 22, le Quebec Mercury y va, à son tour, de quelques statistiques plutôt lugubres, mais qui n\u2019ont pas trait au choléra : « Proportion des déces comparés au nombre de patients traités dans les hôpitaux, tant en Europe qu\u2019en Amérique.En Italie \u2014 à Rome, un décès sur 9 ; à Gênes, un sur 6 ; à Turin, un sur 7.En France \u2014 Paris (Hôtel-Dieu), un sur 18.En Angleterre \u2014 un sur 10.Au Canada \u2014 Hôpital-Général de Montréal, un sur 20 ; Hôtel-Dieu de Québec, un sur 19.» Comme on le voit, ces statistiques étaient tout à l\u2019honneur de nos médecins et de nos Hospitalières.Le 10 avril, c\u2019est encore le Mercury qui emprunte au Liverpool Mercury, la nouvelle qui suit : « Il ne peut y avoir de doute que le choléra se propage d\u2019un mdividu à un autre, par contact, à travers l\u2019atmosphère, à une distance indéfinie, par les vêtements, la literie, etc.Les malades devraient être 1solés immédiatement, les maisons « purifiées ».La propreté et une bonne alimentation sont parmi les meilleurs préventifs.» Les Journaux annoncent pour le 25 avril, un grand concert par Met M\"\"S Anderson (sœur de la célèbre Madame Vestris).Leur programme sera entièrement consacré à des airs de Rossini et l\u2019orchestre du 32° régiment, en garnison à Québec, exécutera les ouvertures de Cenerentola, 702 Lavar MÉDICAL Mai 1954 de Guglielmo Tell et de Sémiramis du méme Rossini.Le gouverneur et lady Aylmer ont accordé leur patronage à ce concert, à la gloire du grand musicien dont raffolait en ce moment l\u2019Europe entière.Une élection, qui fera couler beaucoup d\u2019encre et entraînera la mort de quelques individus, est en cours dans le quartier ouest de Montréal, entre le docteur Tracey, candidat de Papineau, et M.Bagg !.Au début de mai, la Gazette de Quebec signale qu\u2019en 24 heures, de 4 heures p.m.le 1\" avril, à la même heure, le 2 avril, 158 hommes et 96 femmes ont été atteints du choléra à Paris .Cependant, la navigation est maintenant ouverte sur le Saint- Laurent et, dès le 12 mai, on peut lire ceci dans le Quebec Mercury : « La nouvelle que le choléra a fait son apparition à bord du navire à passagers Mentor, arrivé de Londres et maintenant à la Quarantaine de la Grosse-Ile, est de nature à créer et a, en fait, jeté l\u2019alarme dans la ville.Le Mentor a perdu quatre passagers et un matelot au cours de la traversée.La maladie de ce dernier ressemblait au choléra.» Le même Jour où paraissait cette inquiétante nouvelle, à Montréal, les candedats Tracey et Bagg avaient chacun 633 votes et l\u2019on commençait à se demander comment finirait cette élection, dont le résultat, toujours incertain, passionnait autrement l\u2019opinion que l\u2019arrivée à la Grosse-Ile du terrible choléra asiatique.Car 1l était là et rien ne pouvait plus l\u2019empêcher d\u2019exercer, à brève échéance, ses affreux ravages sur les rives du Saint-Laurent.Ceci n\u2019empêche que des négociants portent plainte au Bureau de santé parce que les autorités retiennent trop longtemps à la Quarantaine des cargos chargés de marchandises qu\u2019ils attendent avec impatience ! Le Bureau de santé convoque le docteur Griffin, officier médical en charge du lazaret de la Grosse-Ile, et lui enjoint de se justifier.Les événements vont se charger de le faire pour lui.Le 19 mai, le Quebec Mercury publie une lettre d\u2019un lecteur qui prétend que le choléra n\u2019est pas contagieux.Dans le même numéro, on apprend que, en date du 5 avril, Londres comptait 2,127 cas de choléra et 1,131 décès, cependant qu\u2019à Glasgow les morts s\u2019éle- valent à 340 sur 678 cas déclarés.1.Voir « L\u2019émeute du 21 mai 1832 à Montréal », Supplément de L\u2019Action Catbo- lique, 25 janvier 1953. Mai 1954 Lavar MÉDicaL 703 A Montréal, le 21 mai, après une émeute qui a entrainé l\u2019intervention des troupes, le docteur Tracey est déclaré élu et le coroner enquête sur la mort de trois pauvres diables.M.Papineau est là et il ne laissera pas passer cette occasion de tonner contre .lord Aylmer, qu\u2019il tiendra moralement responsable de l\u2019échauffourée.Bien enteadu, les Anglais sont embêtés, car, même si la troupe n\u2019a fait que son devoir, ils savent trop bien que Papineau va exploiter cet événement pour soulever davantage les esprits contre la tyrannie « bretonne».Dix Jours plus tard, les journaux arrivés de Paris révèlent que, depuis le début de l\u2019épidémie, 7,131 personnes sont mortes du choléra et que 769 nouveaux cas ont été signalés pour la seule journée du 8 avril.Le 9 juin, le Quebec Mercury publie deux bonnes nouvelles et une troisième qui l\u2019est beaucoup moins.D\u2019abord les bonnes nouvelles : «Le D' Morrm, commissaire de la santé, et M' Young, secrétaire du Bureau de Santé, sont revenus hier soir de la Quarantaine.La rumeur qui voulait qu\u2019il y eut là des personnes atteintes du choléra est sans fondement.Une autre rumeur voulant qu\u2019un individu soit mort du choléra à l\u2019Hôpital des Immigrants à Québec est également sans aucun fondement.» Cependant, un navire, le Carrick, ayant à son bord 133 passagers, venait d\u2019arriver de Dublin et il avait perdu 39 passagers pendant la traversée, mais, disaient les deux médecins, tous les bagages avaient été désinfectés et on ne redoutait aucun danger (Cf.J.-Edm.Roy, Histoire de la seigneurie de Lauzon, vol.V).Deuxième bonne nouvelle : On apprend d\u2019Angleterre que la reine a décrété l\u2019incorporation en cité de la ville de Québec.Mais il y à également la troisième nouvelle, et celle-là fera encore plus vite le tour de la nouvelle cité que les deux autres et pour cause : « C\u2019est notre pénible devoir d\u2019avertir le public que le choléra vient de faire son apparition dans nos murs.Depuis hier matin, on a relevé huit cas qui ont été reconnus par onze membres de la faculté comme ayant tous les symptômes du choléra spasmodique.À midi, aujourd\u2019hui, on comptait déjà trois décès et 1l y a deux autres malades dont on désespère de sauver les jours.Cette maladie a fait son apparition dans une pension de la rue Champlain, tenue par une personne du nom de 704 Lavar MeEbicaL Mai 1954 Roach.Les malades sont des immigrants et l\u2019on dit qu\u2019ils appartiennent au groupe descendu du navire à vapeur Voyageur, libéré jeudi soir dernier.Un Canadien a été atteint à son tour ; il avait travaillé à bord d\u2019un navire.On rapporte également qu\u2019une femme du Cap-Blanc a eu une attaque.Les autorités songent à ouvrir un hôpital pour cholériques à la basse-ville.Inutile de dire que les classes pauvres, tout particulièrement, sont dans l\u2019inquiétude.La plus grande activité règne chez les messieurs de la médecine et ils se multiplient, avec leur humanité habituelle, pour porter leur assistance partout où on la réclame.» Mais ce n\u2019est pas tout.Il y a encore, dans ce numéro, une information de la dernière heure : « TROIS HEURES.\u2014 Nous apprenons à l\u2019instant d\u2019une autorité indiscutable que 15 cas de choléra se sont déclarés depuis hier matin et que sept se sont terminés fatalement.» Deux jours plus tard, soit le 11 juin (Je rappelle ici que le Quebec Mercury et Le Canadien paraissaient trois fois la semaine, et la Quebec Gazette, deux fois), le 11 juin, donc, c\u2019est au tour de la Gazette de Québec d\u2019entretenir ses lecteurs du fléau qui vient d\u2019envahir Québec : «4 p.m.Nous croyons que ce qui suit est un exposé à peu près exact des cas, des décès, etc., jusqu\u2019à midi, aujourd\u2019hui.A l\u2019Hôpital des Immigrants : 39 cas ; 26 décès ; 2 convalescences.Dans les résidences privées : Environ 20 cas ; 15 décès.Total des décès au cours des trois derniers jours \u2014 samedi, 4 ; dimanche et lundi, 31.« Le plus grand nombre de ces cas viennent de la rue Champlain.Mais de 5 à 8 décès ont été signalés dans le faubourg Saint-Roch, quelques-uns dans le Cul-de-Sac et la rue Samt-Pierre.Trois ou quatre à la haute-ville et dans le faubourg Saint-Jean.« La mort est survenue en cinq ou six heures.Les défunts ne sont pas transportés aux églises.Les catholiques sont déposés dans le nouveau cimetière hors du faubourg Saint-Jean 2.« Un magasin, sur le quai de la Cape Diamond Brewery, a été loué par le Bureau de santé pour y placer les personnes attaquées par le choléra.2.Ce cimetière était situé à peu près dans le quadrilatère actuellement formé par les rues Grande-Allée, Salaberry, Maisonneuve et de la Tour. ss mer se tecol BIN 5 se SE LE IVOIdAJN TVAYT] JOP Ao on 3 Ge ve fr os La rue Saint-Vallier, à Québec, vue en direction de l\u2019est et du pied de la côte du Palais.Sépia du .colonel James Pattison Cockburn.On peut lire au verso .6 août 1831.Archives du Séminaire de Québec (Photo Inventaire des Œuvres d\u2019Ari).£0L 706 Lavar MÉDicaL Mai 1954 « Depuis l\u2019apparition du choléra, vendredi dernier, la ville est dans le plus grand désarroi et des nouvelles de tous genres ont circulé, toutes étant de nature à affoler la population.Jusqu\u2019ici la Faculté n\u2019a pas eu la moindre chance d\u2019arrèter les progrès de la maladie, trop de temps s\u2019étant écoulé entre sa première apparition et le moment où le médecin a été appelé auprès du malade.» Et la gazette suggère quelques médicaments : pastilles d\u2019opium (24 grams pour 24 pastilles), clystères, emplâtres de moutarde, bains d\u2019air chaud.Il y a eu une assemblée de citoyens convoquée d\u2019urgence chez M.Louis Lagueux, chef patriote, mais on se sépara sans avoir rien décidé .Le 14 juin, le Quebec Mercury tente de son mieux de rendre un peu de sang-froid à une population de plus en plus effrayée : « Nous regrettons d\u2019avoir à signaler que l\u2019alarme augmente en ville ; nous voyons des familles s\u2019enfuyant avec précipitation comme d\u2019une cité frappée par la peste ; nous admettons qu\u2019il y a de bonnes raisons pour déprimer les timides, mais un instant de réflexion devrait réassurer même ceux-ci, et leur démontrer que leur fuite n\u2019est pas une sécurité contre la maladie, alors qu\u2019ils s\u2019exposent davantage en se rendant loin de tout secours médical.En agissant de la sorte, ils ajoutent à la panique de leurs voisins plus pauvres, à qui ils se devraient de donner l\u2019exemple du courage en demeurant en ville et en continuant de vaquer à leurs occupations.» De son côté, Le Canadien signale que beaucoup de citoyens sont dangereusement déprimés par la procession continuelle des malades et des morts à travers les rues de la ville.Le même journal recommande encore qu\u2019on cesse de sonner le glas tant à la cathédrale anglicane qu\u2019aux églises catholiques.Au seul Hôpital des Immigrants, on compte alors 77 cas, dont 40 décès.Au cours de la seule journée du 13, on a enregistré en ville 48 nouveaux cas et 41 décès ! Mais le choléra a atteint Montréal : du 10 au 12 juin, on y a enregistré 94 cas et 23 décès.Il faut mentionner ici que, depuis l\u2019ouverture de la navigation jusqu\u2019au 16 juin, il était arrivé à Québec \u2014 tenez-vous bien ! \u2014 28,000 immigrants, la plupart venus de l\u2019Irlande, et que la grande majorité d\u2019entre eux s\u2019était mise aussitôt en route vers Montréal et le Haut- Canada, semant les malades et les morts le long de la route.Un con- Mai 1954 LavaL MEpbicaL 707 temporain a pu écrire : « Ils remontèrent la vallée du Saint-Laurent comme une armée désorganisée, laissant aux habitants le som de soigner leurs malades et d\u2019ensevelir leurs morts.» J\u2019ouvre ici une parenthèse, afin de vous conduire à la Grosse-Ile et voir un peu ce qui se passait là.Nous possédons, cette fois, le récit d\u2019un témoin oculaire qui savait voir et écrire : l\u2019abbë J.-B.-A.Ferland, dont on connaît bien l\u2019Histoire du Canada sous le régime français, et qui était alors vicaire à Saint-Roch de Québec.Voici d\u2019abord, sur le rôle qu\u2019il fut appelé à jouer, le témoignage de son biographe A.Gérm-Lajoie : « A la Grosse-Ile, à Québec, à Montréal, les hôpitaux étaient encombrés ; des appentis étaient érigés aux frais du gouvernement, pour recevoir temporairement les pestiférés.Ces foyers de mort et de corruption répandaient autour d\u2019eux la terreur et l\u2019effror.Mais, c\u2019est dans les grandes circonstances que se montrent les grands courages.Le pays fut témoin d\u2019un beau spectacle.Prêtres et médecins volèrent au secours des malades ; plusieurs devinrent les victimes de leur dévouement.Cinq prêtres du diocèse de Quêbec, huit capitames de vaisseaux, plusieurs jeunes médecins devinrent les victimes du fléau.On peut donc dire sans exagération que les personnes dévouées qui consentaient alors à soigner ou secourir les malades, faisaient héroïquement le sacrifice de leur vie.Mais, disons-le avec orgueil, les héros ne manquèrent pas à la circonstance, et il nous serait facile de les indiquer tous par leurs noms, si plusieurs ne vivaient encore.Messire Ferland fut un de ces héros.» Et maintenant, je suis certain qu\u2019on lira avec intérêt le navrant récit de l\u2019abbé Ferland, rédigé au retour de sa première visite au lazaret : « À l\u2019établissement de la quarantaine à la Grosse-Ile, le personnel se composait de deux médecins et quelques gardes-malades ; une centaine de lits étaient dressés dans l\u2019hôpital, les « sheds » pouvaient mettre à l\u2019abri 5 à 600 personnes.Avec cela, que pouvait-on craindre?Les résultats, vous les connaissez, le pays tout entier les connaît comme moi.Le torrent de l\u2019immigration, entraînant à sa suite la famine et la peste, vient tout à coup fondre sur nous après avoir renversé le misérable échafaudage élevé à la Grosse-Ile ; ses vagues pressées se répandent sur le pays, et vont successivement déferler sur Québec, sur 708 Lavar.MÉDrcaL Mai 1954 Montréal, sur Kingston, sur Toronto et jusque sur Ambherstburg, l\u2019Ultima Thule du Haut-Canada.L\u2019épidémie se répand encore jusque dans les chantiers les plus reculés de l\u2019Ottawa .« Le nombre des malades augmentant à la Grosse-Ile, on se détermina à dresser des tentes envoyées de Québec par les agents du gouvernement militaire.Ces frêles couvertures servirent à abriter la plus grande partie des malades, qu\u2019on étendait sur la terre nue.Beaucoup, déposés sur les rochers du rivage, y expiraient avant qu\u2019on ait pu les transporter.Bientôt l\u2019émoi s\u2019empare des chefs de l\u2019établissement sanitaire ; les provisions de bouche, les médicaments, les lits, les ustensiles de cuisine, les gardes-malades, tout manque.Les deux seuls médecins attachés à la station sont chargés de visiter les vaisseaux, de soigner les malades, d\u2019organiser et surveiller toutes les branches de l\u2019administration du lazaret.Aussi, malgré leurs efforts continuels, malgré leurs travaux du jour et de la nuit, l\u2019ordre ne pouvait pénétrer dans ce chaos.Force leur fut donc de troubler le repos des ministres et de réclamer des secours devenus mdispensables .Alors de nouveaux hôpitaux furent commencés, le matériel de l\u2019établissement fut considérablement augmenté, les provisions devinrent plus abondantes, de Jeunes médecins arrivèrent.Les choses allèrent un peu moins mal.« C\u2019est vers ce temps que je visitai la Grosse-Ile et que de mes yeux je pus contempler les spectacles hideux que renfermaient les tentes et les abris.Environ 200 tentes avaient été dressées pour la réception de ceux des malades qui ne pouvaient trouver place dans les hôpitaux.Autour de chaque tente fermentaient des immondices qu\u2019on n\u2019avait pas le temps de porter plus loin.À l\u2019intérieur, sur deux et même sur trois rangs, gisaient des squelettes vivants, n\u2019ayant qu\u2019un peu de paille pour y étendre leurs membres.Hommes, femmes, enfants y étaient pêle-mêle, et tellement pressés les uns contre les autres que le pied trouvait à peine place pour se poser sans heurter quelque partie de cette masse vivante.Presque tous attaqués de la dysenterie aussi bien que de la fièvre, et trop faibles pour se traîner dehors, ils étaient réduits à se vautrer dans leurs ordures.Ajoutez à cela l\u2019odeur des haillons qui les couvrent, et vous avez une légère idée de l\u2019infection de ces bouges.Vers le milieu du jour, sous un soleil de juillet, la Mai 1954 Lava\u2026 MÉDicaL 709 chaleur est suffocante, tandis que, la nuit, le vent froid du nord, s\u2019engouffrant sous ces toiles, glace les malades.Mais vient-il à pleuvoir, leurs souffrances sont encore plus cruelles ; l\u2019eau envahit les parties les plus basses de la tente et s\u2019élève à la hauteur des lits.« Dans les « sheds », la situation des malades n\u2019est guère plus supportable.L'air y est imprégné d\u2019une odeur si fétide qu\u2019il affecte les cerveaux les plus robustes .» Mais le moment est venu de tirer le rideau sur cet affreux tableau, digne de l\u2019Enfer de Dante, et je ferme la parenthèse.Pendant ce temps, l\u2019épidémie s\u2019était étendue aux environs de Québec et de Montréal ; on annonçait son apparition à Cornwall, Brockville, Kingston et Prescott.Dans l\u2019État de New-York, «la population était encore plus effrayée que celle du Canada, rapporte M.J.-Edm.Roy, dans son Histoire de la seigneurie de Lauzon.Les troupes furent appelées pour chasser les immigrants partis du Canada et 1ls étaient chassés de village en village comme des fauves.Nombre d\u2019entre eux moururent de faim le long des routes.» Le 22 jum, Toronto enregistre ses premiers cas de choléra.Heureusement pour elles, la plupart de nos campagnes échappèrent au fléau.A Québec, a l\u2019Hôpital des Immigrants, lady Aylmer se dévoue sans relèche auprès des malades.Le 19 juin, on apprend que 450 malades ont été admis à date au seul Hopital des Immigrants et que 257 sont morts.Alors que la panique règne en ville et que s\u2019enfuient à la campagne tous ceux qui le peuvent, les Journaux, manquant du personnel nécessaire, ne paraissent plus que sur une demi-feuille (2 pages).Cependant, le Bureau de santé ne s\u2019affole pas.Il fait afficher le communiqué que voici : « Le Bureau de santé a la grande satisfaction de publier l\u2019opmion suivante exprimée à une réunion de la Faculté hier : L\u2019épidémie en cours a beaucoup diminué pendant les deux derniers jours en ce qui a trait à la violence de ses symptômes et à la fatalité de ses conséquences.» Le même jour, on apprend la mort du docteur Perrault 3, le fils du protonotaire Joseph-François ! Les marchés sont à peu près déserts, les cultivateurs 3.Une autre victime du choléra sera l\u2019hon.Jean-Thomas Taschereau, conseiller législatif, seigneur de la Nouvelle-Beauce. 710 Lava\u2026.MÉDICAL Mai 1954 redoutant de se rendre en ville par peur d\u2019y contracter le terrible mal.Il en est de même de leurs femmes qui ont brusquement cessé de venir chercher les « lavages » de la bourgeoisie ou de les rapporter.Le 24 juin, fête de Saint-Jean-Baptiste, on annonce que 712 personnes ont été admises à date à l\u2019Hôpital des Immigrants ainsi qu\u2019à l\u2019hôpital temporaire de la basse-ville.De ce nombre 440 sont décédés ! Les rapports venus de Montréal, du Haut-Canada et des États-Unis ne sont pas plus encourageants.Au début de juillet, Le Canadien signale que le dimanche précédant des prières spéciales ont été offertes à la cathédrale pour plus de 800 personnes, dont on suppose qu\u2019environ 750 sont mortes du choléra.Il en avait été de même à l\u2019église de Saint-Roch pour 200 personnes.Et la gazette de continuer : « Si l\u2019on ajoute les protestants à ce nombre, on arrive à un total d\u2019environ 1,400 décès dus au choléra en 25 jours.» Le 5 juillet, c\u2019est au tour du Bureau de santé de publier le rapport suivant : Du 8 juin au 3 juillet, on a enregistré, à Québec, 1,421 décès, dont 999 chez les catholiques et 412 chez les protestants.Les pires journées ont été celles des 15, 16, 18 et 20 juin, alors que le choléra a fait 143, 120, 117 et 122 victimes.Tout au long du mois de juillet, il n\u2019est pas une journée où ne meurent de nouvelles victimes.Le 31, le seul Hôpital des Immigrants reconnaît avoir admis à date 938 malades dont 589 ont succombé.Les nouvelles de New-York signalent 72 morts le 17 juillet, et 84 le lendemain.On rapporte également des décès à Samt-Eustache, à Saint-Benoît, aux Cèdres et à Bytown.A Montréal, l\u2019épidémie continue ses ravages.Au début du mois d\u2019août, on apprend l\u2019arrivée au pays du docteur Pierre de Sales Laterrière.On dit qu\u2019il sera candidat dans le comté de Saguenay, pour succèder à son frère nommé conseiller législatif.Le 1°\" septembre, le Quebec Mercury annonce que 295 personnes ont été mhumées au cours du mois d\u2019août dans le cimetière protestant.L\u2019Hôpital des Immigrants rapporte 1,151 admissions depuis le début de l\u2019épidémie et 712 décès.Inutile d\u2019ajouter que ces chiffres ne tiennent pas compte des décès à domicile.La Minerve, de Montréal, publie une lettre ouverte d\u2019un de ses lecteurs : « La maladie qui sévit ici n\u2019est pas le choléra asiatique.Ce n\u2019est pas du tout le choléra.Mon remède Mai 1954 LavAaL MÉDICAL 711 est de vomir ou purger les matières offensantes .» Et le correspondant continue sur ce ton pendant des paragraphes et des paragraphes ! Le vent de nord-est s\u2019étant mis à souffler pendant quelques jours et le nombre des malades ayant subitement augmenté, les bonnes gens en tiennent le vent responsable.Il n\u2019empêche que le nombre des Victimes va diminuant et c\u2019est ainsi que on peut lire la nouvelle que voici dans l\u2019une de nos gazettes au début de septembre : « Depuis quelques jours, quatre Italiens parcourent les rues de notre ville.On dit qu\u2019ils sont venus de Gibraltar.Deux d\u2019entre eux jouent de la harpe, pendant que les deux autres instrumentistes jouent du violon et de la clarmette.Tous les quatre sont fort convenables.Quelques personnes parlent de lancer une souscription pour récompenser ces musiciens ambulants et les engager à jouer sur l\u2019Esplanade, où leur musique servira à la distraction des habitants de la ville.» II n\u2019y a pas à dire, l\u2019épidémie décroît, puisqu\u2019on pense enfin à se distraire un peu ! Le 15 septembre, on se réjouit qu\u2019aucun nouveau cas n\u2019ait été signalé depuis quelques jours.A la fin du mois, un rapport du Bureau de santé fixe à 3,292 le nombre des inhumations à Québec depuis le 8 juin : Dans les cimetières protestants \u2014 1,244 ; cimetières catholiques de la haute-ville et cimetière des cholériques \u2014 1,574 ; cimetière de Saint-Roch \u2014 474 4, On établira à environ 8,000 le nombre des victimes dans toute la province.L\u2019épidémie paraissant en voie de disparaître, les médecins songent à en tirer quelques conclusions et les leçons qui s\u2019imposent.Résultat : une polémique acerbe éclate entre quelques praticiens de la Faculté de Québec et le docteur Joseph Painchaud, à savoir si, oui ou non, le choléra peut être considéré comme une maladie contagieuse ! Oui, vraiment, l\u2019épidémie est bien en régression.Le 17 novembre, s\u2019ouvre la session.Le moment est venu de songer aux affaires sérieuses et à «l\u2019état de la province du Bas-Canada ».Tout de suite, c\u2019est le début de « l\u2019affaire Mondelet ».Si cette histoire vous intéresse, vous en trouverez le récit détaillé dans l\u2019excellent Cours d\u2019Histoire du Canada, 1760-1867, de Thomas Chapais ; n\u2019y cherchez pas, 4.La population de Québec en 1832 était d\u2019environ 28,000 âmes ! 712 Lavar.MÉDicaAL Mai 1954 cependant, aucune allusion à l\u2019épidémie de choléra de 1832.Ce fléau n\u2019ayant, paraît-il, rien à voir avec la politique.Mais sans doute la politique était-elle encore le meilleur préventif contre le choléra lui-même, puisque les documents de l\u2019époque ne nous signalent la mort prématurée et intempestive d\u2019aucun de nos députés et politiciens d\u2019alors.Évidemment, ils s\u2019étaient presque tous terrés au cours des quatre mois pendant lesquels avait sévi le fléau, mais il va falloir reprendre le temps perdu ! Va-t-on s\u2019occuper de venir en aide à un millier d\u2019orphelins, à des centaines de familles privées d\u2019un père ou d\u2019une mère?Allons donc ! la charité privée y pourvoira.Alors, par où commencera-t-on?Tout simplement en accusant lord Aylmer d\u2019être le principal responsable du choléra ! Ehoui! Nous avions, en effet, à Québec et à Montréal, à cette époque, et tout comme la France, nos Homais, nos Tribulat Bonhomet, nos M.Cardinal et surtout notre Joseph Prud\u2019homme national, M.I\u2019Orateur Papineau lui-même, synthèse de la suffisance bourgeoise et voltairienne.Quel magnifique bonhomme ! Comme Prud\u2019homme, Papineau était « matérialiste dans l\u2019âme.En politique, il croyait, lui aussi, aux immortels principes, au libre jeu des forces économiques, au progrès des lumières et à la poésie de Béranger », cette autre personnification de la niaiserie suffisante et sûre de soi.Papineau était ami de l\u2019ordre \u2014 Il le disait et 1l le croyait \u2014 mais de l\u2019ordre établi par lui et pour lui.Oui, l\u2019épidémie de choléra de 1832 était bien finie.L\u2019épidémie endémique de politique allait reprendre ses droits et nous acheminer vers 1837-38, alors qu\u2019elle atteindra sa crise aiguë.ii ANALYSES R.M.SALASSA, R.KEATING et R.G.SPRAGUE.Clinical aspects of suppression of adrenal function after use of cortisone.(Aspects cliniques de l\u2019activité cortico-surrénale après l\u2019emploi de cortisone.) Proc.Staff Meet.Mayo Clin, 28: 662, (18 nov.) 1953.On sait que l'administration d\u2019une hormone puissante à des doses égales ou supérieures à celles des exigences physiologiques supprime la fonction de la glande qui la sécrète normalement.Cette inhibition fonctionnelle peut se prolonger longtemps après l\u2019interruption du traitement ; ainsi, après un traitement aux extraits thyroidiens on peut observer un délai de quatre à six semaines avant le retour à une activité thyroïdienne normale, et dans le cas de l\u2019hormone testiculaire, ce délai peut atteindre trois ou même six mois.Il devient évident que la cortico-surrénale n\u2019échappe pas à cette règle générale après l\u2019admmnis- tration de cortisone.Si l\u2019admmistration de cortisone entraîne une atrophie de la cortico- surrénale chez l\u2019animal intact ou hypophysectomisé, par contre, Padministration simultanée d\u2019extraits hypophysaires contenant de lACTH supprime cet effet inhibiteur sur la surrénale.D\u2019ou l\u2019atrophie de la cortico-surrénale secondaire à l\u2019administration de cortisone résulte d\u2019une inhibition de sécrétion de corticostimuline par l\u2019hypophyse.Cliniquement cet effet secondaire à l\u2019administration de la cortisone est suggéré par : 1° la faiblesse et la fatigabilité éprouvées par certains patients après la suppression de la cortisone ; 2° le prolongement de la diminution de la sécrétion des 17-céto- stéroïdes après l\u2019interruption du traitement ; 3° la diminution des signes secondaires à l\u2019administration d\u2019une ou de plusieurs doses de corticostimuline, tel, la diminution des éosinophiles circulants et une augmentation des stéroïdes urinaires ; et, enfin, 714 LavaL MEbicaL Mai 1954 4° des modifications anatomiques des surrénales et de l\u2019hypophyse observées à l\u2019autopsie de patients qui avaient été traités à la cortisone.Les auteurs rapportent les cas de deux patients, antérieurement traités à la cortisone, qui succombèrent apparemment d\u2019insuffisance corticale aiguë après des interventions chirurgicales.A l\u2019autopsie les surrénales étaient atrophiées et les hypophyses plus petites que normalement, avec hyalinisation des cellules basophiles.Cliniquement, il y a donc lieu de songer à la possibilité d\u2019une insuffisance surrénale aiguë chez les patients déjà traités à la cortisone, non seulement chez les opérés mais encore chez tous ceux qui pourraient être soumis à un stress quelconque tel un traumatisme ou une maladie fébrile.Jusqu\u2019à présent le dépistage des sujets susceptibles d\u2019une telle msuffisance n\u2019est pas facile.Habituellement les surrénales retrouvent un poids normal en moyenne vingt jours après l\u2019interruption d\u2019un traitement à la cortisone, mais parfois l\u2019atrophie peut se prolonger beaucoup plus longtemps.Aujourd\u2019hui, il semble prudent de traiter prophylactiquement tout opéré qui a reçu d\u2019importantes doses de cortisone depuis un délai de trois à six mois et même, dans les cas d\u2019hyper- cortisonisme, de prolonger ce délai jusqu\u2019à douze ou dix-huit mois.La dose et la durée minimum d\u2019un traitement à la cortisone qui supprimerait la fonction de la surrénale n\u2019est pas connu.Un traitement de cinq jours et des doses aussi faibles que vingt mg par jour pourraient parfois être suffisantes.Dans tous les cas suspects, les auteurs suggèrent une administration préopératoire par voie intramusculaire de deux cents mg quarante- huit heures, vmgt-quatre heures et une ou deux heures avant l\u2019intervention.La dose est rapidement réduite après l\u2019intervention et habituellement supprimée après trois ou quatre jours.Les auteurs suggèrent également le traitement à appliquer dans les cas ou une insuffisance surrénale aiguë se déclencherait malgré toutes les précautions prises.Marcel Guay A.MORRIS.Diabetic vulvovaginitis with vitamin E suppositories.(Vulvo-vaginite diabétique traitée par la vitamine E en suppositoires.) Am.J.Obst.¢= Gynec., 67 : 407-410, (féev.) 1954.L\u2019auteur décrit d\u2019abord cette vulvo-vaginite qui est souvent le premier symptôme conduisant le clinicien à rechercher le diabète.Les traitements ordinaires par les antibiotiques et les hormones sont la plupart du temps mefficaces quand ils n\u2019aggravent pas ces lésions même si le diabète est traité.L\u2019auteur passe ensuite en revue les divers travaux qui l\u2019ont amené à utiliser la vitamine E dans le traitement de cette affection.AE.ot re Mai 1954 Lava\u2026 MÉDicaL 715 Butterini, dès 1949, rapporte qu\u2019on peut traiter certains petits diabètes par la vitamine E seule et que celle-ci prolonge l\u2019effet hypo- glycémiant de l\u2019msulme.Joller démontre, chez le rat, que la vitamme E a une action très marquée dans la résistance aux infections.Faria provoque de la fibrose utérine chez les rates par des régimes carencés en vitamine E.Kaunitz admet que la stérilité par avitamimnose E est d\u2019origine utérme et non ovarienne.L\u2019étude de l\u2019auteur porte sur quarante-quatre cas de vulvo-vagimnite : vingt-quatre cas de vulvo-vaginite chez des diabétiques, vingt cas, chez des patientes présentant divers troubles du métabolisme des hydrates de carbone.La vitamine E a été utilisée en suppositoires contenant de l\u2019huile de germe de blé et de tocophérol dans une base spéciale, non irritante, miscible à l\u2019eau permettant ainsi une bonne absorption de la vitamine E.En quelques jours, il note une amélioration marquée, avec dimmu- tion de l\u2019œdème, du prurit et de la leucorrhée.Toutes ces malades ont été rapidement améliorées et un bon nombre guéries.Marcel CARBOTTE Paul CHEVALIER, Jean BERNARD, G.BILSKI-PASQUIER et D.CHRISTOL.Sur douze cas de lymphome giganto-folliculaire (Maladie de Bryll-Symmers).Le sang, 24 : 665, 1953.L\u2019individualisation de cette maladie remonte à une trentaine d\u2019années.C\u2019est en 1925 que les premiers cas sont publiés aux Etats- Unis, par Bryll.De 1927 à 1948, Symmers consacre à ce sujet une importante série de travaux.Les auteurs, se basant sur douze cas qu\u2019ils ont observés, font une étude anatomo-clinique de la maladie.DIAGNOSTIC ANATOMIQUE Le fait capital et caractéristique est l\u2019hypertrophie considérable des follicules lymphatiques ; ils sont si gros qu\u2019ils se voient en général très facilement à l\u2019œil nu sous forme de gros grains blancs.Les follicules ne sont pas seulement hypertrophiés, ils semblent aussi augmentés en nombre.La périphérie du follicule est dessinée par un anneau relativement étroit de lymphocytes typiques.Le centre folliculaire est énorme.Il apparaît clair.Les cellules réticulaires y sont en quantité exagérée.Mais le plus souvent, la figure des cellules centrales est celle de grands lymphocytes.Les sinus sont comprimés.Le diagnostic peut être difficile au début, alors que l\u2019aspect n\u2019est pas encore complètement constitué.Aussi est-il préférable de ne prélever pour biopsie qu\u2019un ganglion apparu depuis au moins un mois.(13) 716 Lavar.MÉDpicaL Mai 1954 À un stade avancé, trois phénomènes peuvent se produire : a) Les follicules se fusionnent de sorte que le ganglion ressemble à une vaste plage lobulée ; b) La maladie s\u2019étend suivant le mode néoplasique avec métastases ; c) Il apparaît de grosses monstruosités cellulaires ; c\u2019est l\u2019aspect du sarcome.On a signalé l\u2019association de ce lymphome avec la leucémie lymphoide ou la maladie de Hodgkin.Les auteurs doutent qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019association morbide mais plutôt d\u2019aspect difficile à interpréter au point de vue histologique.Ils admettent cependant la fréquente transformation sarcomateuse.DIAGNOSTIC CLINIQUE La maladie peut se présenter comme une mono-adénopathie, alors que dans d\u2019autres cas plusieurs groupes ganglionnaires sont atteints simultanément.En pareil cas, il y a symétrie.Les ganglions peuvent croître très vite, ou assez lentement.Les masses médiastinales sont possibles, de même que les ganglions médiastinaux.L\u2019état général n\u2019est pas atteint.Parfois, c\u2019est une splénomégalie isolée qui attire l\u2019attention, une splénomégalie banale, le plus souvent découverte par hasard.L\u2019association d\u2019adénopathie et de splénomégalie se voit assez tardivement.Dans les formes compliquées, l\u2019hypertrophie du foie, des épanchements pleuraux ou de l\u2019ascite, voire des localisations osseuses, peuvent s\u2019ajouter au syndrome adéno-splénique.EvoLUTION L\u2019état général est presque toujours bon.On n\u2019observe ni fièvre, ni amaigrissement, ni fatigue.De sorte qu\u2019il s\u2019agit presque toujours d\u2019un sujet qui présente toutes les apparences de la santé et ne se plaint d\u2019aucun malaise, qui vient consulter pour une adénomégalie ou une masse dans l\u2019hypochondre gauche.On dit que la maladie peut guérir spontanément ou entraîner la mort du patient.La guérison ne se produit jamais avant plusieurs années.Elle paraît rare aux auteurs.« Jusqu\u2019ici, à notre connaissance et d\u2019après notre expérience personnelle, chaque fois que nous avons recherché un malade présumé guéri, tantôt nous apprenions sa mort, tantôt nous ne pouvions le retrouver.» La mort se fait dans la cachexie avec un tableau de lvmphosarcome.L\u2019extension viscérale, parfois très tardive, se caractérise par l\u2019apparition d\u2019une forte hépatomégalie, d\u2019une ascite, d\u2019une pleurésie.C\u2019est à cette période que l\u2019état général s\u2019altère.La formule sanguine normale sert à élimmer les hémopathies malignes.TRAITEMENT Dans les formes splénomégaliques pures, la splénectomie donne immédiatement d\u2019excellents résultats.Mais une rechute se fait du côté Mai 1954 Lavar MÉDICAL 717 des ganglions.L\u2019ablation des ganglions est, en règle, suivie d\u2019une rechute locale, en attendant la généralisation.La radiothérapie est excellente.Les auteurs ont réussi dans quelques cas avec de la moutarde à l\u2019azote.D\u2019autres ont eu du succès avec l\u2019'ACTH ou la cortisone.Jean-Marie DELAGE R.CATTAN et P.FRUMUSAN.Note préliminaire sur le traitement de l\u2019ulcère de l\u2019estomac par l\u2019héparine.Arch.mal.app.digest., 42 : 1288, (nov.) 1953.Par analogie à l\u2019emploi favorable de l\u2019héparine dans le traitement de l\u2019angme de poitrine et, tenant compte de l\u2019hypothèse de l\u2019importance du facteur vasculaire dans la pathogénie de l\u2019ulcère de l\u2019estomac, les auteurs ont également utilisé l\u2019héparme pour le traitement de l\u2019ulcère gastrique.Ils utilisent de petites doses, de l\u2019ordre de cinquante milligrammes par jour, par voie intraveineuse.À cette dose, l\u2019héparine n\u2019aurait pas de propriété anticoagulante mais aurait une action de dispersion sur les plaquettes, les hématies et les molécules lipido-protidiques.Elle provoquerait également un certain degré d\u2019hyperhémie.Les auteurs rapportent deux cas d\u2019ulcère gastrique et un cas d\u2019ulcère duodénal pour lesquels l\u2019héparine entraîne une rapide disparition des douleurs et une importante dimmution et même, dans un cas, une disparition des signes radiologiques.André JACQUES REVUE DES LIVRES Atlas de radiologie pulmonaire, par R.ANGAMMARE, médecin électroradiologiste des Hôpitaux de Paris.Avant-propos de Louis DELHERM, médecin électroradiologiste des Hôpitaux de Paris.Préface de Roger EvEN, médecin des Hôpitaux de Paris, médecin- chef du Service de pneumologie à l\u2019Hôpital Laënnec.Un volume de 19 X 27 avec 18 figures et 312 radios sur papier couché.Broché : 4,500 fr.; cartonné : 5,000 fr.Librairie Maloine, éditeurs, 27, rue de l\u2019École-de-Médecine, Paris (VI©), France.L\u2019auteur présente, sous une forme inédite, un Atlas de radiologie pulmonaire d\u2019une grande variété, avec une\u2019 clarté et une simplicité surprenantes.168 observations ont été méthodiquement classées.Elles montrent la diversité des aspects radiologiques en un saisissant raccourci de la pathologie respiratoire.La tuberculose, le cancer, la silicose occupent une place prépondérante mais non exclusive.Chaque observation, minutieusement contrôlée, est précédée d\u2019un résumé clinique qui, en peu de mots, contient l\u2019essentiel de ce qu\u2019il faut connaître ; il est suivi d\u2019un compte rendu radiologique utilisant une terminologie « claire et précise » et complété par une conclusion sobre et nette.Ce livre richement documenté (18 figures + 312 radios) bien présenté, facile à consulter est destiné à rendre de grands services aux médecins désireux de confronter leurs cas particuliers avec ceux publiés dans l\u2019atlas.L'introduction comporte une série de conseils pratiques et judicieux et un exposé convaincu des idées personnelles de l\u2019auteur sur [a terminologie et la rédaction du compte rendu.RÉSUMÉ DE LA TABLE DES MATIÈRES Première partie : Le film normal.\u2014 La technique de l\u2019examen radro- logique.\u2014 Le poumon normal.\u2014 Les lobes et les segments.\u2014 Les troubles de la ventilation.\u2014 La terminologie.\u2014 Le compte rendu du radiologiste. Mai 1954 LavarL MEbicaL 719 Deuxième partie: La tuberculose : La primo-infection (30 radiographies) ; la tuberculose confirmée (43).\u2014 Le cancer : les cancers bronchiques (38) ; les cancers bronchiolaires (20) ; les cancers métastati- ques (11) ; les tumeurs spéciales (9).\u2014 Les silicoses (27).\u2014 La maladie de Hodgkin (4).\u2014 La maladie de Besnier-Boeck-Schaumann (6).\u2014 Les pleurésies (6).\u2014 Les affections aigués (8).\u2014 Les abcès (12).\u2014 Les kystes : Jes hystes pleins (7) ; les pneumatocelles (5).\u2014 Anomalies \u2014 Malformations congénitales \u2014 Affections diverses (24).\u2014 Les angio- pneumocardiographies (9).Les principales positions utilisées en radiographies, par L.DEL- HERM et M.MOREL-KAHN }* électroradiologistes des Hopi- taux de Paris.3° édition revue et complétée par R.ANGAM- MARE, médecin électroradiologiste des Hôpitaux de Paris.Un volume 15 X 23,5 de 290 pages avec 285 figures.Broché : 1,800 fr.; cartonné : 2,000 fr.Librairie Maloine, éditeurs, 27, rue de l\u2019École-de-Médecine, Paris (VI¢), France.Cet ouvrage, unique en son genre, est destiné aussi bien au praticien radiologue qu\u2019à l\u2019étudiant ou au candidat au concours d\u2019attache.Il ne présente, exposées avec clarté et précision, que les techniques essentielles, celles qui seront sûrement nécessaires et plus souvent suffisantes dans la pratique courante.Les procédés trop complexes qui varient d\u2019un infime détail d\u2019un auteur à l\u2019autre ont été simplifies.Un choix a été fait qui tient compte de la qualité du résultat mais également de la facilité de la réalisation.La virtuosité n\u2019étant pas le but proposé, les auteurs ont recherché l\u2019efficacité en accord avec la simplicité des moyens.De nombreux schémas, de nombreuses figures éclairent un texte clair et volontairement pratique.Le succès des deux éditions précédentes prouve la faveur immense de cet ouvrage auprès du public spécialisé.C\u2019est vraiment l\u2019indispensable en radiographie.Neurochirurgie du praticien, par E.WOLINETZ.Préface de A.Tournay.Un volume de 13,5 x 20 de 198 pages, avec 62 figures.1,200 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac), France.La neurochirurgie est une des dernières venues parmi les spécialités difficiles qu\u2019à fait naître le deuxième quart de ce siècle.Les médecins omnipraticiens qui ont fait leurs études aux alentours de la Grande Guerre ont vu se créer, s'implanter et se répandre cette nouvelle méthode thérapeutique, sans avoir eu la possibilité d\u2019en assimiler les éléments de base, comme ils l\u2019avaient fait pour d\u2019autres disciplines plus anciennes.Absorbés par leur travail quotidien, ces praticiens éprouvent d\u2019autant 720 Lavar MÉDiCAI Mai 1954 plus de difficulté à se tenir au courant de ses progrès qu\u2019elle en est encore à un stade mouvant et ondoyant et que, d\u2019une année sur l\u2019autre, tel ou tel précepte peut s\u2019effacer devant une meilleure interprétation des faits.À côté de la génération des médecins arrivés à maturité, il y a celle des jeunes.Ceux-ci ont pu, sinon fréquenter les Services neurochirurgicaux, du moins apprécier les liaisons existant entre les Services neurologiques et ceux de neurochirurgie proprement dits.Mais un enseignement logique et progressif leur a souvent manqué.C\u2019est essentiellement à l\u2019usage de ces deux générations de praticiens que l\u2019auteur a rédigé ce livre.Mais les étudiants en cours d\u2019étude et les neurologistes confirmés trouveront sans doute profit à sa lecture.Le livre est didactique.Les chapitres en sont faciles à lire et vivants, certains véritablement nouveaux, en particulier celui qui est consacré à la neuro-chirurgie infantile.Il arrive souvent que le praticien, se trouvant en présence de certains cas, oublie de penser à l\u2019aspect neurochirurgical du problème.Par les associations d\u2019idées qu\u2019il éprouvera après la lecture de cet ouvrage, on peut dire qu\u2019il sera désormais à l\u2019abri de tels oublis.Voulant avant tout être court, l\u2019auteur se heurtait à une difficulté : séparer la neurochirurgie proprement dite de son support neurologique, pourtant indispensable à toute approche de cette discipline.C\u2019est pourquoi, supposant s\u2019adresser à des lecteurs déjà informés de la neurologie courante, il a usé d\u2019un stratagème : son plan, musité, consiste à exposer succinctement les méthodes et les lésions neurochirurgicales et, en abordant les indications, à donner au lecteur la clé nécessaire pour effectuer personnellement la synthèse de ces trois ordres d\u2019enseignement.Cette clë consiste essentiellement en l\u2019exposition détaillée de chapitres modèles, les « paralysies d\u2019origme centrale » et l\u2019« aphasie », comprenant l\u2019examen des malades, la manière de raisonner et de se comporter devant ces cas.Les autres indications sont ensuite réduites à l\u2019état de schémas, et ainsi est tenue la gageure de donner une vue très complète de cette discipline en deux cents pages.De nombreux schémas illustrent le texte ; certains plairont par leur origmalité.L\u2019ouvrage est divisé en deux parties mégales : la première et plus importante, neurochirurgie cranienne, est elle-même scindée en deux sous-chapitres, neurochirurgie de l\u2019adulte et de l\u2019enfant, l\u2019auteur estimant que les problèmes ne se posent pas de la même façon à ces deux âges dela vie.La seconde partie est consacrée à la neurochirurgie du rachis.Pour chacune de ces trois divisions, sont exposés successivement : Les généralités, avec bref rappel anatomo-physiologique.\u2014 Les méthodes, comportant un exposé des éléments clmiques, radrologiques, électro-encéphalographiques et surtout des techniques plus proprement neuro-chirurgicales : artériographie, ventriculographie, etc.\u2014 Les lésions : énumération sans détails histologiques des diverses maladies qui sont susceptibles d\u2019entraîner une action chirurgicale.\u2014 Les syndromes, enfin, tels qu\u2019ils se présentent au climicien dans la pratique courante, avec une étude soigneuse des éléments pour ou contre une Intervention.Dans chaque cycle, les indications vitales impératives ont éte distinguées des indications fonctionnelles, où le risque opératoire doit être longuement confronté avec l\u2019imcommodité de l\u2019affection en cause. Mai 1954 Lavar.MÉDicaL 721 Constamment oriente vers l\u2019utilité pratique, cet ouvrage n\u2019en constitue pas moins un état remarquablement au point de la neurochirurgie actuelle, et, comme tel, intéresse tous ceux qui désirent accroître leur bagage médical.Comment traiter par les antibiotiques, par René MARTIN, médecin chef de l\u2019Hôpital de l\u2019Institut Pasteur.Un volume de 144 pages, relié, 550 fr., de la collection Comment traiter.Éditions médicales Flammarion, Paris, France.Dans ce petit livre, l\u2019auteur a réussi à réunir en un minimum de pages l\u2019essentiel de ce que doit connaître le praticien sur les indications et l\u2019admmistration des antibiotiques, dont l\u2019emploi est actuellement si répandu dans un grand nombre de spécialités.Plan de l\u2019ouvrage : \u2014 Les antibiotiques : pénicillme \u2014 streptomycimne \u2014 chloromycétine ou chloramphénicol \u2014 auréomycine \u2014 terramycine \u2014 antibiotiques secondaires (érythromycine, magnamycine, batricine, polymyxine ou aérosporine, néomycine et viomycine, tyrothricine, gramicidine, subtiline).\u2014 Techniques particuliéres d\u2019administration des antibiotiques et traitements adjuvants.\u2014 Choix et prescription des antibiotiques.\u2014 Complications de l\u2019antibiothérapie.\u2014 Rôle du laboratoire dans l\u2019antibiothérapie.Le gliome de la rétine (rétinoblastome) et les pseudogliomes \u2014 Étude clinique, génétique et thérapeutique, Marc-Adrien DOLL- FUS, ophtalmologiste de la Pitié et Bertranne AUVERT, assistante des Hôpitaux de Paris.Rapport présenté à la Société française d\u2019ophtalmologie (juin 1953).Un volume de 526 pages, avec 101 figures, 9 planches en couleurs (19 x 25,5), 3,300 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Samt-Germain, Paris (VI°), France.Le gliome de la rétine de l\u2019enfant (rétinoblastome des auteurs anglo-saxons) soulève du fait de sa malignité extrême des problèmes clmiques, thérapeutiques et même génétiques souvent angoissants pour les ophtalmologistes.C\u2019est pourquoi la Société française d\u2019ophtalmologie a choisi son étude pour le Rapport du Congrès de juin 1953.Les auteurs ont divisé cet ouvrage en deux parties.La première est consacrée au gliome de la rétine ; la deuxième décrit longuement les affections d\u2019étiologie et de pathogénie très diverses que leur ressemblance clinique avec la tumeur maligne de la rétine que l\u2019enfant a fait rassemblera sous le nom de pseudogliomes. 722 Lavar MÉDpicaL Mai 1954 Le gliome de la rétine de l\u2019enfant est une des rares tumeurs malignes présentant des caractères héréditaires et familiaux certains.C\u2019est pourquoi les auteurs ont étudié particulièrement la génétique de cette tumeur et ont rassemblé 125 tableaux généalogiques de familles de gliomateux.Un chapitre a été consacré à l\u2019anatomie pathologique de cette tumeur qui a autrefois soulevé de nombreuses discussions, exposées par les auteurs.Dans I\u2019étude clinique, ils soulignent l\u2019intérêt diagnostique de la radiographie du globe oculaire faisant apparaitre des calcifications.L\u2019étude du traitement constitue la majeure partie de l\u2019ouvrage, où sont décrits avec détails non seulement les traitements chirurgicaux, mais surtout les thérapeutiques par irradiations ou électro-coagulation.Les progrès accomplis dans le domaine de la curiethérapie et de la rœntgenthérapie permettent maintenant dans un nombre appréciable de cas de tumeurs bilatérales, de conserver non seulement la vie mais un certain degré de vision.Un chapitre est cependant réservé aux complications oculaires des irradiations.La seconde partie, consacrée aux pseudogliomes, constitue le développement du chapitre « diagnostic ».Un des chapitres principaux de cette seconde partie étudie en détail la fibrose rétrocristallinienne (Rétrolental fibroplasie), affection récemment reconnue qui affecte principalement les prématurés.À côté de cette curieuse affection, les auteurs ont étudié les malformations congénitales, particulièrement la persistance du vitré primitif, les unéites de l\u2019enfance d\u2019étiologies diverses et les décollements de la rétine non inflammatoires de l\u2019enfant dont le diagnostic est particulièrement délicat.L\u2019ouvrage intéresse donc, outre les ophtalmologistes, les radiothérapeutes, les cancérologues, les généticiens et les pédiatres.DiIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE Le gliome de la rétine Avant-propos.\u2014 Généralités.\u2014 Etiologie et pathogénie.\u2014 L\u2019hérédité dans le gliome de la rétine.\u2014 Anatomie pathologique.\u2014 Étude clinique (radiographie des gliomes, métastases, etc.).\u2014 Diagnostic.Traitement.T'echniques chirurgicales (énucléation ; exentération orbitaire ; double énucléation ; opérations combinées Intracraniennes et crbitaires ; traitement prophylactique par irradiation après énucléation.) \u2014 Diathermocoagulation.\u2014 Curiethérapie (en surface à distance, par aiguillage, en surface au contact de la sclérotique).\u2014 Rœntgenthérapie.\u2014 Complications des irradiations.\u2014 Indications et résultats comparatifs des traitements conservateurs.\u2014 Conclusions.Les pseudogliomes Généralités.\u2014 Persistance et hyperplasie du vitré primitif.Dysplasie rétinienne.\u2014 Pli congénital de la rétine et décollement falciforme.\u2014 Fibroplasie rétrocristallinienne.\u2014 Les uvéites.\u2014 Les décollements de la rétine non inflammatoires.\u2014 Les glioses localisées de la rétine.\u2014 Pseudo- gliome et rétinite de Coats, et angiomatose.\u2014 Pseudogliome et hérédité.Conclusions.\u2014 Bibliographie. CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES La fondation Macy et la Conférence sur le froid I.\u2014 Les docteurs Louis-Paul Dugal et Édouard Pagé à Churchill, Manitoba : Le docteur Louis-Paul Dugal et le docteur Édouard Pagé, professeurs de physiologie expérimentale 4 la Faculté de médecine de Laval, ont été les invités de la Josiab Macy Foundation à la conférence tenue a Churchill sur la Physiologie du froid.La fondation américaine Josiahb Macy organise des conférences sur les recherches médicales, genre symposium ou séminaire.L\u2019une de ces conférences porte sur la Physiologie du froid et elle vient d\u2019avoir lieu au début de mars à Churchill, dans le nord du Manitoba, sous la présidence du docteur John Talbor, m.d., professeur de médecine à l\u2019université de Buffalo.La Macy organise chaque année une conférence par sujet et chaque sujet peut tenir la vedette pendant une période maximale de cinq ans.La Fondation nomme pour chaque sujet des membres permanents en nombre limité ; de plus, elle mvite à ces conférences des spécialistes qui présentent des communications et qui participent à la discussion.Tous les travaux sont sténographiés puis publiés en volume.A Churchill, c\u2019était la troisième conférence sur le froid ; y assis- talent une vingtaine de personnes dont quatre invités conférenciers : le docteur Edouard Pagé, de Laval, y a présenté un travail sur le métabolisme lipidique dans l\u2019adaptation au froid (voir détails plus loin) ; le docteur Carlson, de Seattle, Washington, a parlé de la thermogénèse et de son mécanisme de régulation au froid chez l\u2019homme et l\u2019animal ; le docteur M.Brown de l\u2019université Queen\u2019s, en Ontario, a traité du métabolisme basal chez les Esquimaux et des réactions vasculaires chez l\u2019homme exposé au froid ; enfin, le docteur Stevenson a présenté une étude expérimentale portant sur les rations de survie. 724 LavaL MEbicaL Mai 1954 Cette conférence a duré quatre jours.Les deux invités de Laval, les docteurs Dugal et Pagé, y ont rencontré le docteur Jacques Leblanc, un gradué de l\u2019Institut de physiologie, qui est établi à Churchill en permanence pour poursuivre des recherches sur la physiologie du froid chez l\u2019homme.II.\u2014 Voici le résumé de la conférence du docteur Édouard Pagé, « Métabolisme lipidique et adaptation au froid » : Les régimes hyperlipidiques favorisent tout particulièrement la survie et la croissance de rats soumis à de basses températures ambiantes.1 Cet effet favorable ne découle pas d\u2019une distribution plus efficace des graisses corporelles du point de vue de l\u2019isolation thermique de l\u2019animai 2 et il semble que les lipides interviennent plutôt dans les mécanismes de thermo-régulation chimique.C\u2019est ce que nous avons pu préciser par l\u2019étude du quotient respiratoire chez le rat adapté au froid 3.Amsi, ces quotients révèlent une oxydation préférentielle des Irpides chez l\u2019animal adapté au froid et à jeûn, bien qu\u2019à ce moment ses réserves de glycogène soient plus élevées que celles d\u2019animaux témoms non adaptés 4.Par contre, la mesure du quotient respiratoire après administration de maltose dénote une utilisation accrue de glucose chez le rat adapté au froid.Nous avons par la suite démontré que ce phénomène découlait d\u2019une accélération marquée de l\u2019absorption du glucose mtestinal.D\u2019autres études portant sur le tissu adipeux brun 5 et sur les régimes alimentaires mettent en lumière des analogies très nettes entre le métabolisme d\u2019animaux adaptés au froid ou soumis à des régimes hyperlipidiques.III.\u2014 Le docteur Louis-Paul Dugal, membre de la fondation Macy : Le docteur Lours-Paul Dugal, professeur titulaire de physiologie expérimentale à la Faculté de médecine de Laval, vient d\u2019être nommé membre permanent de la fondation Josiab Macy, de New-York.La lettre qui nous annonce cette nomination rappelle que les conférences sont groupées sous plusieurs titres : médecine administrative ; le cortex surrénalien ; la gériatrie, les antioxydants en biologie ; le caillot sanguin ; la pression artérielle ; la psychologie clinique ; la résistance au froid ; le tissu conjonctif ; la vigilance ; la convalescence ; la cybernétique ; l\u2019enfance ; les lésions du fore ; les interactions métaboliques ; l\u2019influx nerveux ; la fonction rénale ; le choc et l\u2019homéostase circulatorres.Au cours de ces conférences, la discussion est libre et sans apprêt ; afin non seulement de promouvoir la science dans un sujet donné mais aussi de favoriser l\u2019interrelation des disciplmes, les membres échangent librement leurs idées.Cette attitude des membres s\u2019avére stimulante et profitable.Ducaz, L.P., LeBLonD, C.P,, et TuERIEN, M., Can.J.Res.E., 23 : 244, 1945.Pack, E., et BaBinEau, L.-M., Can.J.Med.Sci, 31 : 22, 1953.Pack, E., et CHENIER, L.-P., Rev.Can.Biol, 12 : 530, 1953.Pack, E., et BABINEAU, L.-M,, Can.J.Biochem.Physiol., (sous presse).PacGE, E., et BaBineau, L.-M., Can.J.Res.E., 28 : 196, 1950.Uo WN orem rf Mai 1954 Lavar.MEeEpicaL < No VI L\u2019Association de psychiatrie tient sa première réunion Sous la présidence du docteur Lucien LaRue, surintendant médical de l\u2019Hôpital Samt-Michel-Archange à Québec, l\u2019Association de psychiatrie de la province de Québec vient de tenir sa première réunion générale, à l\u2019Hôpital de la Reine-Marie.Les docteurs G.Ewen Cameron, vice-président ; Gaston Loignon, secrétaire ; George P.Reed, trésorier ; Gustave Desrochers, archiviste ; A.E.Moll, et Paul Lariviére, membres de [exécutif, participaient a cette réunion.La nouvelle Association de psychiatrie se propose de grouper les psychiatres certifiés de la provmce dans l\u2019intérêt de la science comme dans celui du public.Elle cherchera à resserrer les liens entre ces spécialistes et les hommes de loi, les psychologues, les éducateurs, les agences sociales, amsi qu\u2019avec tous ceux qui, de façon générale, sont intéressés au progrès de l\u2019hygiène et de la santé mentale.IV®° Congrès de l\u2019Association internationale pour l\u2019étude des bronches Genève \u2014 5-6 juin 1954 Cet important congrès, qui se tiendra à Genève sous la présidence du professeur Montandon, directeur de la Clinique universitaire d\u2019oto- rhino-laryngologie de Genève, au printemps prochain, a mis à l\u2019ordre du Jour de ses séances les questions suivantes (chaque question étant traitée par 3 rapporteurs) : 1.\u2014 La vascularisation sanguine des bronches \u2014 Rapporteurs : professeur Bruni (Milan), professeur von Hayek (Vienne) et professeur agrégé Latarjet (Lyon).2.\u2014 La place nosologique des « adénomes bronchiques de Jackson » \u2014 Rapporteurs déjà annoncés : professeur von Albertini (Zurich) ; professeur agrégé docteur Galy (Lyon).3.\u2014 Les indications et les résultats des traitements chirurgicaux des bronchiectasies \u2014 Rapporteurs déjà annoncés : professeur Brunner (Zurich).Pour tous renseignements s\u2019adresser au professeur À.Montandon, Clinique universitaire d\u2019oto-rhino-laryngologie, Hôpital cantonal, Ge- x nève. 726 Lava\u2026 MÉDICAL Mai 1954 Prix du premier Quinquennium La Revista Brasileira de Gastroenterologia commémorant le premier lustre de sa fondation (1949-1954) réalisera, le 15 juillet 1954, son premier concours.ÇCe concours consistera en la présentation d\u2019un article original sur la gastro-entérologie, la proctologie médicale ou chirurgicale, ou sur un thème s\u2019y rattachant.À l\u2019auteur du meilleur article, il sera alloué un prix de dix mille cruzeiros, soit environ 200 dollars, ainsi qu\u2019un certificat de mérite, qui seront remis à l\u2019intéressé par le canal du ministère des Affaires étrangères.Il sera en outre concédé des mentions honorables aux médecins dont les articles seront jugés valables.Tous les articles relatifs au prix du premier Quinquennium ne pourront pas dépasser 15 pages de la taille de 22 X 29 centimétres, écrits à la machme, 2 espaces et pourront être rédigés en n\u2019importe quelle langue, suivis d\u2019un résumé et remis en triple exemplaires, le tout accompagné d\u2019une lettre d\u2019envoi.La Commission organisatrice du concours espère recevoir les adhésions des collègues sud-américams, nord-américaimns et européens.Pour toute information, s\u2019adresser à l\u2019éditeur.Élections à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus de Québec Récemment eurent lieu à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus de Québec les élections des officiers du Conseil médical et du Bureau médical.Le Conseil médical a choisi, pour l\u2019année courante, les médecins suivants ; Président : le docteur Antoine Pouliot ; 1\u201d vice-président : le docteur Paul Poliquin ; 2 vice-président : le docteur Henri Laliberté ; secrétaire : le docteur de la Broquerie Fortier ; trésorier : le docteur Henri Lapointe.Le docteur de la Broquerie Fortier a été nommé président du Bureau médical, dont le secrétaire sera le docteur Maurice Samson et dont le représentant au Conseil médical sera le docteur Maurice Turcotte.Cinquième congrès international de la santé mentale Le programme prévu pour le cinquième congrès de la santé mentale aura pour thème : La santé mentale dans la vie publique.Ce congrès se tiendra à l\u2019université de Toronto, du 14 au 31 août 1954. Mai 1954 Lava\u2026.MÉDicaL 727 Aperçu des séances plénières Liste des aspects particuliers qu\u2019exposeront les conférenciers : SAMEDI : Séance d\u2019ouverture.DIMANCHE : Santé mentale et religion, M.Leonard W.Brockington, Q.c., Canada.LuNDp1 : Allocution du président, docteur H.C.Rumke, Hollande.Conclusions de recherches de grande importance en hygiène mentale, docteur Wm.Malamud, États-Unis., MARDI : Progrès de l\u2019hygiène mentale dans le monde, conférencier à designer.Association de l\u2019hygiène mentale et de l\u2019hygiène publique, docteur G.R.Hargreaves, o.m.s.JEUDI : La situation mondiale et sa portée sur l\u2019bygiène mentale, conférencier à désigner.La responsabilité de chaque citoyen concernant la santé mentale, M™\u20ac Eleanor Roosevelt, États-Unis.VENDREDI et SAMEDI seront consacrés à la présentation des rapports des sections techniques, des commissions et des groupes de discussion à l\u2019ensemble du congrès.Sections techniques Liste des aspects généraux qu\u2019étudieront respectivement les sections techniques et des conférenciers qui les exposeront : À.\u2014 SPHÈRES D'ASSOCIATION DE L\u2019HYGIÈNE MENTALE ET DE L'HYGIÈNE PUBLIQUE.\u2014 Santé mentale et perturbations mentales : docteur J.L.Halliday, Ecosse ; docteur Paul V.Lemkau, États-Unis ; docteur G.E.Hobbs, Canada.Association de l\u2019hygiène mentale et de l\u2019hygiène publique : docteur W.P.Warner, Canada, et autres.L\u2019hygiène mentale dans l\u2019industrie : docteur Georges Friedman, France, et autres.Alcoolisme et toxicomanie : docteur C.A.Roberts, Canada, et autres.B.\u2014 SANTÉ MENTALE CHEZ LES ENFANTS ET LES ADOLESCENTS.\u2014 Première enfance : Conférencier à désigner.La santé mentale dans l'éducation : docteur W.D.Wall, UNESCO ; Mille N.L, Giggs, Royaume- Uni, et autres.Les besoins des enfants désavantagés en matière d'hygiène mentale : docteur Carlos Nassar, Chili ; docteur John Rose, États-Unis, et autres.C.\u2014 LES BESOINS D'HYGIÈNE MENTALE DANS LES AFFAIRES GOU- VERMENTALES.\u2014 Rôle du sociologue dans les affaires gouvermentales : S.E.William Borberg, Nations-Unies ; MMe Alve Myrdal, UNESCO.Santé mentale et progrès technologiques : docteur Margaret Mead, Etats- Unis, et autres, Santé mentale et déplacements des populations: M.Wm.T.Kirk, États-Unis, et autres.La santé mentale dans l\u2019administration de la justice : Conférencier à désigner.D.\u2014 LA PARTICIPATION DU PUBLIC AU PROGRAMME DE LA SANTÉ MENTALE.\u2014 Fonction et organisation des sociétés d\u2019hygiène mentale : docteur E.E.Krapf, Argentine ; Lady Norman, Angleterre ; docteur 728 LavaL MEbpicaL Mai 0954 M.V.Arguelles, Philippines, et autres.L\u2019éducation du public : docteur André Repond, Suisse; docteur Nina Ridenour, É.-U.; M.Neil Morrison, Canada, et autres.Organisation locale en faveur de I'bygiéne mentale : docteur H.V.Dicks, Angleterre ; M™¢ Moise Cahn, Etats- Unis, et autres.Relations entre les sociétés d\u2019hygiène mentale et les gouvernements : docteur J.R.Rees, Angleterre ; docteur Frank Cal- derone, Nations-Unis, et autres.E.\u2014 LES PROGRÈS PROFESSIONNELS DANS LE DOMAINE DE LA SANTÉ MENTALE.\u2014 Aspects chirurgicaux du traitement efficace : Conférencier à désigner.La recherche biologique en hygiène mentale : docteur Hans Selye, Canada, et autres.La santé mentale et les troubles psychosomatiques : docteur Iago Galdston, États-Unis, et autres.La thérapie de groupe en bygiène mentale : Conférencier à désigner.XIX° Réunion neurologique internationale Paris \u2014 1°\" et 2 juin 1954 La dix-neuvième réunion neurologique internationale, organisée par la Société française de neurologie, tiendra ses assises à Paris le mardi 1\u20ac jum et le mercredi 2 juin 1954.Le 3 juin, la Société française de neurologie tiendra dans la matimée sa séance mensuelle.La réunion est consacrée à l\u2019étude des séquelles neuro-psychiatriques de la méningite tuberculeuse traitée.Les rapports suivants seront présentés : Les aspects anatomo-cliniques des séquelles des méningites tuberculeuses traités : MM.R.Moreau, G.Boudin et F.Lhermitte ; Les séquelles neuro-psychiques des méningites tuberculeuses traitées : MM.G.Heuyer et R.Boileau ; Les séquelles otologiques des méningites tuberculeuses traitées : M.M.Aubry.Une discussion suivra la présentation des rapports.Des communications sur le sujet des rapports pourront être faites par les neurologistes participant à la réunion.Des communications sur des thèmes libres pourront être présentées à l\u2019occasion de cette réunion, mais le titre devra en être communiqué avant le 1°\" mai au secrétariat général de la Société de neurologie et elles devront être acceptées par le bureau de la société.Les membres participant à la réunion qui désirent projeter un film sont priés de s\u2019inscrire avant le 1°\" mai en indiquant le format de leur film et la durée approximative de la projection.ie AE Mai 1954 Lava\u2026.MÉDicaL 729 Tous les membres de la Société française de neurologie sont inscrits de droit à la réunion.Cependant, les membres associés et les membres d\u2019honneur à titre étranger qui ont l\u2019intention d\u2019y participer sont priés de s\u2019inscrire chez le secrétaire général avant le 1\u20ac\u2019 mai 1954.Les médecins français et étrangers qui ne font pas partie de la Société française de neurologie peuvent demander leur inscription au secrétariat général qui soumettra celle-ci à l\u2019approbation du bureau de la société ; une cotisation de 2,000 fr.leur sera demandée comme droit d\u2019inscription.Le volume des rapports sera adressé à tous les membres participant à la réunion.Tous les neurologistes désirant participer à la XIX®© Réunion neurologique internationale sont priés de s\u2019inscrire avant le 1°\" mai chez le secrétaire général de la société, le docteur Jean Sigwald, 68, boulevard de Courcelles, Paris (XVII°).La cotisation devra être versée au trésorier de la Société française de neurologie, M™\u20ac Sorrel Déjerine, 123, rue de Lille, Paris (VII°).L\u2019organisation matérielle de la réunion est assurée par M™\u20ac Seznec, S.O.C.F.1., 1ter, rue Chanez, Paris (XVI¢).MIRabeau 92-57.Congrès international de gynécologie et d\u2019obstétrique Genève \u2014 26 au 31 juillet 1954 Le bulletin d\u2019information vient de paraître ; il contient tous les détails d\u2019organisation et peut être demandé au secrétariat général, Maternité, Genève, ou dans toutes les agences de l\u2019American Express Company.Les conférences magistrales seront faites par MM.les professeurs Butenandt (Tubingue), Caspersson (Stockholm), Houssay (Buenos Aires), Oberling (Paris), Penrose (Londres), Sigerist (Yale et Zurich), Warkany (Cincinnati).30 à 35 gynécologues émments du monde entier présenteront des rapports sur le thème général de la prophylaxie en gynécologie et obstétrique et 100 à 120 rapporteurs adjoints compléteront les exposés et les discuteront.Les orateurs pourront s\u2019exprimer à leur choix dans l\u2019une des cinq langues officielles du congrès, le français, l\u2019anglais, l\u2019allemand, l\u2019espagnol et l\u2019italien ; l\u2019interprétation simultanée par ondes courtes et par casques se fera en français et en anglais.Un programme de 60 communications libres, non traduites, est en préparation.Les expositions scientifiques et techniques suscitent le plus grand intérêt et de nombreuses inscriptions sont déjà parvenues.(15) 730 Lavar.MÉDICAL Mai 1954 Plusieurs films scientifiques ont été annoncés pour étre présentés en première vision au cinéma du congrès.Pour tous renseignements, s\u2019adresser au Secrétariat du Congrès, Maternité, Genève.Bourses en hygiène publique à l\u2019université Harvard L\u2019université Harvard offre des bourses de $5,000.00 pour la formation postscolaire en hygiène publique et en médecine préventive pour l\u2019année 1954-55.Le but que poursuit cette université de Boston est d\u2019encourager les professionnels qui ont déjà une certame expérience à acquérir une science plus approfondie, soit pour les médecins, les dentistes, les vétérinaires, soit pour les infirmières en hygiène publique.Ces études doivent conduire à la maîtrise et au doctorat en hygiène publique ou en médecme industrielle, On peut obtenir des renseignements supplémentaires en écrivant au secrétaire de l\u2019École d\u2019hygiène publique de Harvard, 55, rue Shattuck, Boston, Mass.Pierre JoBIN =.XR 1% N « TA A! op 3 AA hs.À 4; ; A ko A ly 7 \u2014~\u2014 « CF fr 7) mére + z 4 \"| i\" + ce 1\" iy j ~~ a+ NAS , Ps % i AN Not A | }.)f N f À - \u201cWhe 4 #4 : É \u201c J À a = a A uly A 34 A Sy { \\e ( \\ en À a "]
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