Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Laval médical
Éditeur :
  • Québec :Faculté de médecine, Université Laval,1936-1971
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec
  • Successeur :
  • Vie médicale au Canada français
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Laval médical, 1954-11, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" LAVAL MÉDICAL VOL.19 N° 9 NOVEMBRE 1954 COMMUNICATIONS ANÉVRYSME DE LA CROSSE AORTIQUE DÉMONTRÉ PAR ANGIOCARDIOGRAPHIE * par André LAPOINTE Assistant au département de Radiologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec Le diagnostic différentiel des tumeurs médiastinales présente de grandes difficultés en raison de leurs rapports intimes avec les organes du médiastin, de la fréquente similitude de leurs contours et du manque d\u2019individualité dans leurs manifestations cliniques.Aussi faut-il s\u2019aider de tous les procédés en usage courant : examen clinique poussé, radioscopie soignée, prise de clichés en plusieurs incidences en vue d\u2019une description pré-opératoire qui, si, parfois, elle ne va pas jusqu\u2019à affirmer la nature de la lésion, du moins en montre le siège et l\u2019étendue.Parfois ces moyens habituels ne suffisent pas et 1l faut recourir à la tomographie et à l\u2019angiocardiographie.L'observation suivante illustre bien l\u2019utilité de ce dernier examen : Il s\u2019agit d\u2019un homme de soixante-huit ans, patient du docteur Jean-Baptiste Jobin, qui vient consulter pour des troubles de phonation, * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 22 janvier 1954.(6) 1170 LavaL MÉDicAL Novembre 1954 de l\u2019asthénie, de la dyspnée d\u2019effort, des engourdissements dans les membres inférieurs, un amaigrissement de quinze livres, des éructations, des sensations de gonflement dans l\u2019abdomen.L\u2019examen du tube digestif supérieur est négatif, mais la radioscopie nous révèle une masse à contours réguliers, non pulsatile, remplissant l\u2019apex gauche et le médiastin supérieur.Sur les clichés on ne peut dissocier cette tumeur , Figure 1.de la crosse aortique.L\u2019aorte ascendante et descendante est calciftée et déroulée.A l\u2019examen clinique, on note que la pulsation de l\u2019artère radiale gauche est diminuée, que la pression est aussi réduite de ce côté et qu\u2019il n\u2019existe aucun thrill ni souffle au sommet gauche. Novembre 1954 Lava\u2026.MÉDicAL 1171 Le diagnostic différentiel entre un anévrysme de l\u2019aorte et une tumeur médiastinale ou pulmonaire est à faire.La connaissance, dans ce cas, d\u2019une syphilis de longue durée est en faveur d\u2019un anévrysme.Cependant, l\u2019absence de pulsatilité, de thrill ou de souffle au niveau de la masse, favorise plutôt un diagnostic de tumeur non vasculaire : kyste dermoide, fibrome ou fibrosarcome.Pourtant, un diagnostic précis Figure 2.s\u2019impose, car l\u2019opération, même à cet âge, est tout indiquée s\u2019il s\u2019agit d\u2019une néoplasie, alors qu\u2019au contraire l\u2019intervention s\u2019avère fort hasardeuse s\u2019il s\u2019agit d\u2019un anévrysme.Le docteur Jobin nous demande de faire subir une angiocardiographie a ce patient.L\u2019injection de la substance opaque par une veine du pli 1172 Lavar MÉDicaL Novembre 1954 du coude est sans doute la voie la plus facile et donne en général de bons résultats.Elle a cependant l\u2019inconvénient de favoriser la dilution du diodraste au carrefour de la sous-clavière et des jugulaires ce qui, pour opacifier un anévrysme de cette taille, en dérivation sur un courant sanguin de gros calibre, est un désavantage.De plus, nous ne disposons que d\u2019un appareillage élémentaire que nous avons fabriqué nous-même \u20ac VERRE 7.Ee ES Figure 3.d\u2019une ancienne grille mobilisée par un petit moteur électrique sur laquelle on pousse trois cassettes (14 X 17) successives montées sur une tôle en forme de casserole.la grille permet une qualité de clichés très limitée, mais tout de même passable.Pour toutes ces raisons, nous décidons d\u2019injecter la substance plus directement et une sonde Nélathon n° 12 Novembre 1954 LavaL MEpbicaL 1173 est insérée par le docteur Joffre Gravel dans la jugulaire externe jusque dans l\u2019oreillette droite.Cinquante cm* de diodraste à 70 pour cent sont injectés en trois secondes au moyen d\u2019une seringue de 50 cm\u201d et les trois films successifs sont pris avec les facteurs suivants : \u2018/\\0e Sec, 80 KV.500 ma.En général, le temps de circulation de l\u2019oreillette droite à la crosse aortique est de huit secondes.Nous exposons donc ces clichés immédiatement à la fin de l\u2019injection puis de quatre en quatre secondes.La première radiographie (figure 1), à la fin de l\u2019injection, nous montre l\u2019opacification de l\u2019oreillette droite, du ventricule droit, de l\u2019artère pulmonaire et de ses embranchements.Il s\u2019agit du temps droit.Sur le deuxième cliché (figure 2), pris quatre secondes plus tard, apparaissent les veines pulmonaires, l\u2019oreillette gauche, le ventricule gauche et l\u2019aorte ascendante.C\u2019est le temps gauche.Enfin, quatre secondes plus tard, le dernier film (figure 3) fait voir l\u2019aorte et l\u2019anévrysme bien opacifiés ainsi que l\u2019artère sous-clavière droite.En voyant l\u2019épaisseur de la paroi anévrysmale, nous comprenons pourquoi il n\u2019y eut pas de thrill de perçu, ni de pulsation décelable à la radioscopie.À part une sensation de chaleur intense perçue dans tout le corps, le patient n\u2019a ressenti aucun effet désagréable.Le pouls est resté bien frappé.Nous connaissons déjà l\u2019importance de l\u2019angiocardiographie pour l\u2019étude des maladies congénitales du cœur.Cette observation souligne la grande utilité de cet examen dans le diagnostic des tumeurs mé- diastinales. L\u2019ANALGÉSIE OBSTÉTRICALE PAR LE NISENTIL * à par Georges DROUIN de l\u2019Hôpital de la Miséricorde Depuis toujours, à quelques exceptions près, les femmes enfantent dans la douleur.Et depuis que l\u2019analgésie obstétricale est admise, un bon nombre de médicaments ont été utilisés à cette fin.Aucun ne s\u2019est révélé l\u2019analgésique obstétrical parfait, c\u2019est-à-dire, pleinement efficace, ne ralentissant pas le travail et complètement inoffensif pour la mère et l\u2019enfant.En 1948, le Nisentil apparaissait sur le marché, et, depuis, 1l s\u2019est révélé utile comme agent analgésique au cours du travail.Cet analgésique synthétique est un chlorhydrate de dl!-alpha, 1, 3-diméthyl-4-phé- nyl-4-propionoxypipéridine (figure 1).Nous avons utilisé le Nisentil comme analgésique au cours du travail chez 244 patientes, dont 195 primigestes, 30 secondigestes et 19 multigestes.À l\u2019exception d\u2019un très petit nombre de patientes qui reçurent 60 mg de médicament dès la première dose, le Nisentil fut toujours administré à la dose de 40 mg, pour la dose initiale, et de 30 mg lorsqu\u2019il devenait nécessaire d\u2019administrer des doses subséquentes.Notons, ici, que quelques-unes de ces patientes, après une injection de * Présenté à la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec, le 19 mars 1954.{ Produit fabriqué et mis en vente par la maison Hoffmann-LaRoche. Novembre 1954 Lavar.MÉDicaL 1175 Nisentil, ont reçu un autre analgésique (Démérol, Spasmalgine ou autre), soit que le Nisentil n\u2019avait pas semblé agir de façon satisfaisante, soit que la dilatation était trop avancée au moment de la deuxième injection.On déconseille, en effet, de donner de l\u2019anesthésie par inhalation lorsque l\u2019effet du Nisentil est à son maximum.Et comme c\u2019est là Ile mode d\u2019anesthésie que nous employons habituellement, nous donnions parfois un autre analgésique, afin de pouvoir utiliser le « mélange » ou l\u2019éther comme anesthésique.Par la suite, toutefois, 1l nous est souvent arrivé de passer outre cet avertissement et cela sans aucun incident fâcheux ni pour la mère ni pour l\u2019enfant.CSH5 N / OCOCH5 \u2014 CH3 N | CH3 Figure 1.Dans les cas rapportés 1c1, le Nisentil a toujours été administré à des patientes bien en travail, c\u2019est-à-dire, à des patientes dont le col était effacé et qui présentaient des contractions utérines douloureuses et rythmées, suffisamment rapprochées les unes des autres.De plus, 98,3 pour cent de ces patientes présentaient des dilatations bien contrôlées, s\u2019échelonnant de dix sous à grande paume comme suit : 6,1%.LL LL 10 sous 20,09.LL 25 sous 26,59.LL 50 sous 24290.100 sous 18%.petite paume 07%.grande paume 1176 Lava\u2026 MÉDiICAL Novembre 1954 Pour ce qui est des trois autres patientes, deux d\u2019entre elles ont reçu du Nisentil sans qu\u2019il ne soit noté de dilatation au dossier, et la troisième ne présentait aucune dilatation, mais seulement un effacement du col.Étudions maintenant l\u2019effet de la médication sur la douleur.Disons tout de suite que cet effet, lorsqu\u2019il est présent, est généralement plus rapide que lorsque nous employons d\u2019autres analgésiques.II est peut-être de plus courte durée, mais nous n\u2019avons malheureuserr ent pas de chiffres précis à ce sujet.Nous avons toutefois l\u2019impression que le Nisentil, administré à la dose de 40 mg, a un effet moins prolongé que les autres analgésiques que nous employons couramment.En effet, après une première dose de Nisentil, nous avons dû répéter la médication dans 17,2 pour cent des cas et administrer un autre analgésique dans 17,5 pour cent des cas.Ce qui fait que 34,7 pour cent des patientes ayant reçu une première dose de 40 mg de Nisentil ont dû recevoir au moins une dose supplémentaire d\u2019analgésique au cours de leur travail.Quant aux patientes qui avaient reçu d\u2019abord un autre analgésique, seulement 12,7 pour cent d\u2019entre elles ont eu besoin de doses supplémentaires d\u2019analgésique.Quels auraient été les résultats si nous avions donné le Nisentil à la dose initiale de 60 mg?Nous n\u2019en savons rien.Nous l\u2019avons toujours donné à la dose de 40 mg, parce qu\u2019à cette dose l\u2019effet analgésique semblait suffisant en intensité, quoique de courte durée, apparemment.Pour ce travail, nous avons interprété l\u2019analgésie comme bonne, faible ou nulle, selon que les patientes avaient été bien, peu ou pas soulagées.Et voici les résultats de nos compilations selon cette classification : J 80% : primigestes, Analgésie bonne : 81,1% des cas : 10% : secondigestes, 10% : multigestes ; ( 83% : primigestes, Analgésie faible : 18,09, des cas : 4 10% : secondigestes, 7% : multigestes ; Analgésie nulle : 0,9% des cas : | 50% : primigestes, \\ 50% : secondigestes Novembre 1954 LavaL MégEbicaL 1177 S1 l\u2019on considère maintenant l\u2019effet du Nisentil sur la dilatation du col, nous pouvons dire immédiatement qu\u2019en aucun temps cette médication n\u2019a semblé être la cause d\u2019une panne de travail.Par ailleurs, nous avons étudié chaque cas suffisamment pour être en mesure d\u2019apprécier l\u2019effet sur la dilatation du col et sur la durée du travail.En effet, dans tous les cas, sauf deux, la dilatation était connue et notée au dossier au moment de l\u2019injection et dans tous les cas, sauf sept, elle a été recherchée et notée de nouveau au dossier une heure après cette injection.Voici les résultats obtenus sous cet aspect.Le Nisentil a êté administré une fois à une patiente qui ne présentait aucune dilatation et, une heure plus tard, la dilatation était encore nulle.Dans 15 cas où la médication a été administrée à des primigestes présentant une dilatation de dix sous, la dilatation trouvée une heure plus tard fut de : 10sous.LL LL Le 21,4% 2580US.LL LL LL 42,6% 100 sous.7,39, petite paume.21,4% dilatation complète.020222000 713% Chez les 49 patientes qui ont reçu du Nisentil à une dilatation de 25 sous, nous avons trouvé, après une heure, les dilatations suivantes : PRIMIGESTES |SECONDIGESTES| MULTIGESTES 2580US.28,0% \u2014 333% 5080US.LL 32,4% \u2014 \u2014 100sous.28,0% 50,0% 33,3% petite paume.4,69, 50,0% \u2014 grande paume.7,0% \u2014 \u2014 accouchées.\u2014 \u2014 33,3% 1178 LavaL MeEbpicaL Novembre 1954 La médication a été donnée a 50 sous chez 67 patientes.Après une heure, les dilatations trouvées furent de : PRIMIGESTES |SECONDIGESTES| MULTIGESTES 50 sous.111111 11111112 21,1% \u2014 33,3% 100sous.293% 50.0% \u2014 petite paume.18,49, 25,0% 33.3% grande paume.12,0% \u2014 \u2014 dilatation compléte .16,6% 25,0% 33,3% accouchées.1,6% \u2014 \u2014 Soixante patientes ont reçu le médicament alors qu\u2019elles présen- talent une dilatation de 100 sous.trouvées furent de : Après une heure, les dilatations PRIMIGESTES |SECONDIGESTES| MULTIGESTES 100sous.12,2% 9,29, \u2014 petite paume.24,49, 9,29, 28,59, grande paume.14,4% 27,2% 14,3% dilatation complète .44,0% 27,2% 14,3% accouchées.50% 27,2% 42.99%, Vingt-huit patientes ont reçu le Nisentil à petite paume, et après une heure nous avons trouvé chez elles les dilatations suivantes : PRIMIGESTES SECONDIGESTES| MULTIGESTES petite paume.14,3% 40,07; \u2014 grande paume.42 99, \u2014 50,0% dilatation complète.38,1% 60,0\u201c; 50,07, accouchées.4,7% \u2014 \u2014 Novembre 1954 LavaL MEbpicaL 1179 Enfin, vingt-neuf patientes ont recu le médicament a grande paume et présentaient les dilatations suivantes après une heure : PRIMIGESTES SECONDIGESTES| MULTIGESTES grande paume 55% 16,7% dilatation complète 77,7% 66,6% accouchées 16,8% 16,7% Que faut-il conclure de tous ces chiffres?Si l\u2019on considère l\u2019effet du médicament sur la dilatation du col pendant l\u2019heure qui suit l\u2019injection, il semble que le Nisentil ait assez peu d\u2019effet lorsqu\u2019on le donne à une dilatation de dix sous.En effet, nous voyons que 42,6 pour cent des patientes atteignent une dilatation de 25 sous en une heure, tandis que 21,4 pour cent demeurent stationnaires à dix sous et 36,0 pour cent arrivent à 100 sous ou davantage.Administré a une dilatation de 25 sous, le Nisentil ne semble pas non plus avoir beaucoup d\u2019effet sur la dilatation, du moins dans l\u2019heure qui suit l\u2019injection.Chez les primigestes, 32,4 pour cent atteignent 50 sous en une heure, tandis que 28,0 pour cent demeurent stationnaires à 25 sous et 39,6 pour cent atteignent 100 sous ou plus.Chez les secondigestes et les multigestes, 41,7 pour cent atteignent 100 sous, tandis que 16,6 pour cent demeurent stationnaires à 25 sous et 41,7 pour cent atteignent petite paume ou plus.L\u2019effet du Nisentil administré à la dilatation de 50 sous semble plus marqué, au point de vue de la dilatation du col.Chez les primigestes, 29,3 pour cent atteignent 100 sous en une heure, tandis que 22,1 pour cent demeurent stationnaires à 50 sous et 48,6 pour cent atteignent petite paume ou davantage.Chez les secondigestes et les multigestes, 29,2 pour cent sont à petite paume, tandis que 41,6 pour cent sont à des dilatations inférieures à petite paume et 29,2 pour cent sont à dilatation complète.Donné à 100 sous, le Nisentil semble nettement favoriser la dilatation du col utérin, du moins pendant l\u2019heure qui suit l\u2019administration 1180 Lavar.MÉDicaL Novembre 1954 du médicament.Chez les primigestes, 24,4 pour cent atteignent petite paume, tandis que 12,2 pour cent demeurent à 100 sous et 63,4 pour cent atteignent grande paume ou plus.Chez les secondigestes et les multi- gestes, 23,4 pour cent sont à des dilatations inférieures à grande paume, 20,8 pour cent sont à grande paume et 55,8 pour cent sont arrivées à dilatation complète ou sont déjà accouchées.Lorsque le médicament est donné à petite paume, il est assez difficile d\u2019apprécier son effet sur la dilatation.Chez les primigestes, après une heure, 14,3 pour cent demeurent à petite paume, 42,9 pour cent arrivent à grande paume et 42,8 pour cent sont soit en expulsion, soit déjà accouchées.Chez les secondigestes et les multigestes, 45,0 pour cent sont à petite ou grande paume, tandis que 55,0 pour cent sont en expulsion ou déjà accouchées.Enfin, à grande paume, l\u2019effet du Nisentil sur la dilatation du col se résume ainsi.Pour les primigestes, après une heure, 5,5 pour cent sont encore à grande paume, 77.7 pour cent sont en expulsion, et 16,8 pour cent sont accouchées.Chez les secondigestes et les multigestes, 8,3 pour cent sont encore à grande paume, 58,3 pour cent sont en expulsion et 33,4 pour cent sont accouchées.Il ressort de ces chiffres que le Nisentil ne semble pas nuire à la dilatation du col utérin, mais plutôt la favoriser légèrement, surtout lorsqu\u2019on l\u2019administre à des patientes présentant des dilatations d\u2019environ 100 sous.I! faut noter toutefois que nous n\u2019avons considéré l\u2019effet du médicament sur la dilatation que pendant la première heure qui suit l\u2019injection.Il ne faut donc pas conclure qu\u2019on doive nécessairement attendre que les patientes aient atteint une dilatation de 100 sous ou davantage pour administrer le Nisentil, car l\u2019effet analgésique est tout aussi bon à des dilatations beaucoup moindres.Si nous étudions maintenant non plus la dilatation atteinte une heure après l\u2019injection du médicament, mais le délai entre cette Injection de l\u2019accouchement, nous aurons une meilleure idée de l\u2019effet du Nisentil sur la durée du travail.A cet effet, il est assez Intéressant de comparer la durée du travail des patientes qui ont reçu du Nisentil comme analgésique, à la durée du travail de celles qui ont reçu d\u2019autres analgésiques. a) Analgésique donné avant toute dilatation c) Analgésique donné à une dilatation de 25 sous Z 2 DÉLAI AVANT NISENTIL AUTRES ., 3 L'ACCOUCHEMENT (1 primigeste) AN ALGÉSIQUES Nisentil | Autres analgésiques T (2 primigestes) o 44 primigestes 47 primigestes 2 Bheures.\u2014 50% 2 secondigestes 4 secondigestes y?4 heures.100% \u2014 3 multigestes 3 multigestes 12 heures.\u2014 100% b) Analgésique donne à une dilatation de dix sous DécaI AVANT NISENTIL AUTRES L\u2019ACCOUCHEMENT AN ALGÉSIQUES DÉLAI AVANT NISENTIL AUTRES Co L'ACCOUCHEMENT (15 primigestes)| ANALGESIQUES 30 minutes.2,0% \u2014 < (18 primigestes) 1 heure.6,09, 5,6% = 2 heures.11111211 110 20,3% 15,0% 1 heure.6,677, \u2014 3 «a 110 38,7% 24,49, = 2heures.10 19,9% \u2014 4 «Le 48,9% 39,5% o 3 \u20ac Le LL LL 53,2% \u2014 I SE 57,1% 51,8% a Ge LL LL LL 66,5% 5,5% 6 « 1 73,5% 63,1% = 5 «LL LL 731% 22,0% 7 « 1 81,7% 72,5% 6 « Le Lee eee ee 79,777 33,0% 8 « LL LL LL LL 85,8% 76,3% 70 LL LL \u2014 38,5% 9 « \u2014 83,8% 8 « LL LL \u2014 49,5% 10 « 1111111 LL 87,8% 89,59, 9 « \u2014 60,5% 11 «oo \u2014 93,3% 11 @ LL LL LL 86,30 \u2014 12 « 1111011111 89,8% 95,2% 12 @ 111 LL 92,96 77,9% 13 « LL 91,8% 97,1% 13 « LL LL \u2014 82,5% 14 « 93,89, _ 15 «oo \u2014 88,0% 16 « 95,8% 99,0% 16 «\u20ac 11111111 \u2014 93,5% 177 « 100,09, _ 18 « 2111111111 LL \u2014 100,0 % 25 « 111111 LL \u2014 100,0% en 23 « 100,0% \u2014 œ d) Analgésique donné à une dilatation de 50 sous Nisentil Autres analgésiques e) Analgésique donné à une dilatation de 100 sous 57 primigestes 5 secondigestes 3 multigestes 39 primigestes 6 secondigestes 3 multigestes DéLar AVANT NISENTIL AUTRES L\u2019ACCOUCHEMENT AN ALGÉSIQUES 30minutes.\u2014 2,0% lheure.6,0% 10,0% 2heures.24,0% 18,4% 3 «\u20ac LL LL LL 50,8% 36,8% 4 « Lane 62,8% 48,8% 5 «a 73,29, 64,8% 6 « LL LL LL LL 80,7% 68,8% TC 1 LL LL LL 114 82,2% 80,8% 8 « 85,2% \u2014 9 « LL LL LL LL 86,7% 86,8% 10 «\u20ac LL LL1 11212 89,7% \u2014 Vi \u2014 88,8% 13 « LL LL 111112 95,7% \u2014 14 « L.LLLLLL12 111 \u2014 92,8% 15 « 11111112 97,2% 94,89, 16 « 111111112110 98,7% \u2014 17 «\u20ac LL Lan LL 100,0 % \u2014 18 « 1111111111 \u2014 96,8% 20 «a \u2014 100,0% Nisentil Autres analgésiques 40 primigestes 12 secondigestes 7 multigestes 37 primigestes 14 secondigestes 10 multigestes Décai AVANT NISENTIL AUTRES L\u2019ACCOUCHEMENT AN ALGÉSIQUES 15minutes.3,2% 33% 30 \u201cLL LL La \u2014 5,0% lheure.20,8% 28,2% 2heures.61,8% 53,2% 3 \u20ac LL LL LL LL 71,6% 71,5% 4 « 79,8% 84,8% 50 LL 91,4% 91,4%, 6 « 11111111 ALL \u2014 93,19, TC ALL \u2014 96,4% 8 « 21114 LL 94,6% \u2014 9 « 11111 LL LL \u2014 98,1% 10 « 111111111112 96,2% \u2014 11 «a \u2014 99,7% 14 «a 97,8% \u2014 16 « 211112211121 \u2014 100,0% 18 « 211111111122 100,09, \u2014 c8Il TVOIGA]N TVAVT] PS6] 91GUI9A0N Novembre 1954 Lavar MEbpicaL 1183 f) Analgésique donné à une dilatation de petite paume Nisentil Autres analgésiques 22 primigestes 5 secondigestes 2 multigestes 31 primigestes 6 secondigestes 6 multigestes DÉLAI AVANT L\u2019ACCOUCHEMENT NISENTIL AUTRES ANALGESIQUES 30 minutes.oo.LL \u2014 4,7% theure.31,29% 39,7% 2heures.LL LL LL 48,5% 67,7% 3 «\u20ac LL LL LL LL LL 72,7% 81,7% 4 «LL LL LL LL LL aa 83,2% 93,49, 5 0 LL LL LL a 93,7% \u2014 6 «a 100,0 % \u2014 TC LL ae \u2014 95,7% 13 «\u20ac LL LL LL LL LL A LL \u2014 98,19, 14 «oe \u2014 100,0% g) Analgésique donné à une dilatation de grande paume Nisentil Autres analgésiques 14 primigestes 6 secondigestes 4 multigestes 13 primigestes 4 secondigestes 1 multigeste DÉLAI AVANT L\u2019ACCOUCHEMENT NIsENTIL AUTRES AN ALGÉSIQUES 15minutes.a.4,1% \u2014 30 «\u20ac LL LL LL LA Le La ane 12,5% 17,7% lheure.iii.53,59, 53,2% 2heures.a ane ae ee 95,59, 88,6% 3 100,0% 94,6% A ee \u2014 100,0% Il faut noter que, dans tous les cas, sauf lorsqu\u2019on a donné la médication à grande paume, la proportion des multigestes était moindre que 1184 Lavar MÉDICAL Novembre 1954 celles ayant reçu du Nisentil que chez les autres.Nous pouvons donc constater, d\u2019après ces chiffres, que de façon générale, les patientes qui ont reçu du Nisentil comme analgésique au cours du travail, accouchent un peu plus tôt que les autres.De plus, nous remarquons que la différence est plus prononcée lorsque la médication ou, du moins, la première dose est donnée à des patientes présentant de faibles dilatations.Cela semble entrer en contradiction avec les résultats cités précédemment, mais 1l n\u2019en est rien.A ce moment, nous étudions l\u2019effet du Nisentil sur la dilatation du col une heure seulement après l\u2019injection, tandis que maintenant nous considérons cet effet relativement au délai de l\u2019accouchement par rapport au moment de l\u2019administration de la première dose du médicament.Et il est certain que l\u2019effet du Nisentil n\u2019est pas terminé une heure seulement après l\u2019injection, ce qui explique cette contradiction qui n\u2019est qu\u2019apparente.Après avoir examiné les effets heureux de la médication, soit le soulagement de la douleur et l\u2019accélération du travail, voyons un peu l\u2019envers de la médaille, soit la toxicité du médicament, pour la mère et pour le fœtus.Ici, nous procéderons par comparaison entre les cas où le Nisentil seul fut employé comme analgésique, et un nombre égal de cas où d\u2019autres analgésiques furent utilisés Nous avons basé notre étude, à ce point de vue, sur deux cents cas, soit cent cas de chaque catégorie.Et voici les conclusions auxquelles nous sommes arrivé.D\u2019abord, du côté maternel, nous n\u2019avons eu aucun effet fâcheux parmi les deux cents cas étudiés.Et pour ce qui est de l\u2019enfant, nous avons recherché combien avaient nécessité des manœuvres de réanimation, autres que l\u2019aspiration des sécrétions, dans chacune des deux catégories.Et 1ci, nous avons eu des résultats très concluants.Onze des bébés nés de mères ayant reçu uniquement du Nisentil au cours du travail ont nécessité de telles manœuvres, comparativement à 29 chez les cent bébés nés de mères ayant reçu d\u2019autres analgésiques.Le rapport est donc de 1 à 2,63.Il est difficile d\u2019affrrmer que les apnées prolongées, ayant exigé l\u2019emploi du réanimateur, de l\u2019oxygène, de la respiration artificielle ou d\u2019autres manœuvres de réanimation, aient toutes été imputables à l\u2019analgésique employé pendant le travail.! Nous devons 1.Il faut noter que la plupart des patientes ont reçu de l\u2019éther comme anesthésique au moment de l\u2019accouchement. Novembre 1954 LAvAL MÉDICAL 1185 rappeler toutefois qu\u2019il s\u2019agit 1c1 de deux cents patientes, choisies au hasard, et qui ont accouché dans des conditions sensiblement comparables.Nous ajoutons, par ailleurs, que sur ces deux cents cas, nous n\u2019avons trouvé aucun cas de mort fœtale dont l\u2019analgésie, quelle qu\u2019elle soit, puisse être responsable.Nous devons donc admettre, devant ces données, que le Nisentil semble moins toxique pour l\u2019enfant que les autres analgésiques communément employés.C\u2019est un avantage appréciable, car en plus des rares cas de mortalité fœtale due aux analgésiques, il faut retenir l\u2019apnée prolongée du nouveau-né comme un accident redoutable.I! est en effet reconnu que cette apnée, si elle est importante, peut entraîner des troubles sérieux et définitifs au niveau des cellules nerveuses.En résumé, nous avons fait l\u2019essai du Nisentil chez quelque 250 patientes au cours du travail, et nous avons eu de bons résultats : analgésie suffisante et rapide, aucun ralentissement du travail, mais plutôt une légère accélération de celui-ci dans un bon nombre de cas.Au point de vue toxicité, nous n\u2019avons rien noté du côté maternel, tandis que du côté fœtal, 11 semble bien que cet analgésique ait été moins toxique dans le rapport de 1 à 2,63, comparativement aux autres analgésiques communément utilisés au cours du travail.Est-ce à dire que le Nisentil est un analgésique obstétrical parfait et qu\u2019il faille abandonner définitivement tous les autres?Certes pas.Mais nous croyons que ce médicament est efficace contre la douleur et relativement peu dangereux aux doses utiles.C\u2019est une arme de plus à utiliser contre les douleurs des parturiantes, que nous devons soulager sans nuire à l\u2019enfant qui va naître.(7) EXPANSION PULMONAIRE CONSÉCUTIVE A LA RÉSECTION * par Maurice BEAULIEU assistant universitaire dans le Service de chirurgie de l'Hôpital Laval Depuis quelques années, les indications de résection en tuberculose pulmonaire ont augmenté de façon progressivement imposante.Contrairement à la collapsothérapie, l\u2019exérèse permet l\u2019élimination des lésions tuberculeuses actives et jugées irréversibles ; le risque d\u2019ensemencement bronchogène au cours de l\u2019intervention et dans les suites opératoires est très réduit ; l\u2019expectoration est immédiatement néga- tivée et le résultat obtenu est plus rapide et plus complet.Malheureusement, la résection pulmonaire s\u2019accompagne parfois de complications fort désastreuses capables d\u2019annihiler le plus bel effort.Les principales sont l\u2019empyème, la fistule broncho-pleurale et la réactivation de lésions stables, fibrotiques ou nodulaires localisées dans le tissu pulmonaire restant.Nul doute que, si la hantise de ces échecs pouvait être éliminée, les indications de résections s\u2019en trouveralent, pour plusieurs raisons tant matérielles que physiopathologiques, singulièrement élargies aux dépens de la collapsothérpie.* Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 2 avril 1954. Novembre 1954 LavAL MÉDICAL 1187 La tuberculose est une maladie générale qui, au poumon, est le plus souvent bilatérale.A la suite de l\u2019ablation du foyer tuberculeux actif, l\u2019organisme est placé dans de meilleures conditons pour stabiliser définitivement des lésions résiduelles non évolutives.Cette lutte finale contre la maladie est de la plus haute importance et doit être secondée par tous les moyens disponibles.Nous présentons, ici, nos quarante premiers cas de résection pul- A monaire pour tuberculose.Ces patients furent opérés à l\u2019Hôpital Laval de façon consécutive et, pour la plupart, au cours de 1953.Nous Figure 1.\u2014 Réexpansion incomplète.n\u2019avons pas la prétention d\u2019avoir guéri des tuberculeux pulmonaires surtout à la suite d\u2019une période d\u2019observation aussi courte.Nous voulons vous faire part de notre effort assidu à contrôler l\u2019expansion pulmonaire.Ce facteur nous a semblé capital dans la prévention des complications postopératoires.Nous l\u2019étudierons en regard des résections partielles et des résections de tout un poumon.A la suite de résection pulmonaire partielle, un espace est créé par perte de substance.L\u2019oblitération de cet espace se fait principalement par l\u2019augmentation de volume ou la réexpansion du tissu pulmonaire restant.Plus l\u2019exérèse pulmonaire est large, évidemment, plus l\u2019espace 1188 Lavar.MÉDICAL Novembre 1954 est grand et plus la distention pulmonaire doit être marquée pour combler Ia cavité thoracique.Lorsque le poumon restant ne réussit pas a rejoindre la paroi thoracique et le plan médiastinal (figure 1), 1l persiste une poche résiduelle variable qui constitue un empyème potentiel.Le danger sera plus marqué, s\u2019il y a eu contamination accrue par l\u2019ouverture accidentelle d\u2019une cavité parenchymateuse tuberculeuse lors de intervention.Le moignon bronchique, lui-même septique, baigne dans un liquide séro-sanguinolent.De là, il n\u2019y a qu\u2019un pas à la transformation purulente et l\u2019absence de formation du tissu de granulation Figure 2.\u2014 Réexpansion complète.à la suture bronchique.Par ailleurs, l\u2019oblitération complète de la cavité pleurale réalisée par la ferme apposition et l\u2019adhérence hâtive du poumon restant à la paroi thoracique et au plan médiastinal (figure 2) constitue une barrière résistant à l\u2019installation d\u2019une poche empyémique.De plus, le poumon restant en bonne réexpansion recouvre le moignon bronchique réalisant ainsi non seulement une très bonne pleuralisation mais, de plus, un solide soutien à la ligne de suture bronchique même pour ceux qui préconisent son recouvrement par une greffe pédiculée musculaire ou pleurale.II semble donc que la prévention de complications telles que l\u2019empyème et la fistule broncho-pleurale réside dans Novembre 1954 LavAaL.MÉDICAL 1189 l\u2019oblitération complète et rapide de la cavité thoracique.Elle sera le plus facilement et le plus efficacement réalisée par l\u2019expansion des segments pulmonaires restants.Pour être efficaces, oblitération et expansion devront être obtenues à la fermeture du thorax et maintenues intactes durant toute la période postopératoire.A la phase opératoire, les lobes restants seront complétement libérés, par section, des adhérences qui peuvent les retenir à la paroi thoracique ou au diaphragme.On obtient ainsi une possibilité d\u2019expansion Figure 3.\u2014 Décortication.Ablation d\u2019une membrane fibrineuse, séquelle d\u2019un épanchement.du poumon restant a partir de toutes ses surfaces.S\u2019il s\u2019agit d\u2019une résection partielle supérieure, ce travail de distension uniforme est facilité par la section du ligament pulmonaire.Cette mesure permet aux lobes restants de s\u2019élever immédiatement plus haut dans le thorax et de s\u2019approcher du dome pleural.Il est aussi impératif de débarrasser Ies lobes restants d\u2019une gaine inélastique fibreuse parfois même conionc- tive pouvant les incarcérer (figure 3).Cette nécessité de décortication se présente surtout lorsqu\u2019on trouve une histoire d\u2019épanchement pleural ou de traitement par pneumothorax. 1190 LAvAaL MÉDICAL Novembre 1954 Le poumon restant, bien libéré, est ensuite gonflé sous pression positive par l\u2019anesthésiste.L\u2019oblitération obtenue est maintenant évaluée.Si elle est complète, rien de plus ne sera ajouté.Si le poumon refuse de rejoindre la paroi, il ne faut pas hésiter à amener la paroi thoracique sur le poumon par une thoracoplastie simultanée.Nous favorisons la thoracoplastie extra-musuclo-périostée avec plombage.Son étendue varie avec le volume du poumon restant.La thoracoplastie avec résection costale sans plombage entraîne souvent des suites opé- ratorres beaucoup plus difficiles.La paroi thoracique devenue flottante rend la toux difficile et inefficace.Il y a rétention de sécrétions entraînant souvent l\u2019atélectasie, qui est l\u2019absence d\u2019expansion pulmonaire.De plus, elle semble défavorable à la cicatrisation bronchique à cause du ballottement de la paroi et de l\u2019absence de la ferme apposition de tissu pulmonaire sur la suture bronchique.À la phase postopératoire, il est capital de maintenir la réexpansion et l\u2019oblitération réalisées à l\u2019intervention.Pour ce faire, la cavité thoracique doit être complètement débarrassée du sang et de l\u2019air qui peuvent s\u2019y accumuler et l\u2019arbre trachéo-bronchique doit être maintenu complètement libre de sécrétions.Si on permet au sang et à l\u2019air de demeurer dans la cavité pleurale, on accepte une oblitération incomplète.Les pertes sanguines sont surtout imposantes lorsque le pouron est très adhérent à la paroi et lorsque de larges manœuvres extrapleurales sont nécessaires.Les pertes gazeuses se présentent de façon routinière mais sont surtout marquées à la suite de résection segmentaire.Leur élimination est réalisée par le drainage thoracique continu avec succion sous une pression négative d\u2019environ \u201425 cm d\u2019eau.Si les pertes gazeuses sont importantes, il ne faut pas hésiter à porter la succion à \u2014 80 cm et même à \u2014 100 cm d\u2019eau.Deux tubes de drainage sont ordinairement insérés dans le thorax, l\u2019un à la partie haute de la cavité pleurale et l\u2019autre à la partie déclive.D\u2019autre part, si on permet la stagnation de sécrétions dans l\u2019arbre trachéo-bronchique, on limite l\u2019expansion pulmonaire et on s\u2019expose à l\u2019atélectasie qui est l\u2019absence d\u2019expansion pulmonaire.On ne saurait trop Insister sur la nécessité de faire fréquemment tousser les malades et de les faire respirer profondément.Ce travail sera beaucoup plus a a\u201d 56] 91QUISAON STE er ; a ; \u20ac x ê u es æ w 4e pa he * À.a \u2018 4 TVOIdAN TVAYT : É We bi inl ll À Figure 4.\u2014 W.L.\u2014 Lobectomie supérieure gauche, Figure 5.\u2014 W.L.\u2014 Oblitération de l\u2019espace résiduel réexpansion incomplète, par un plombage permanent.1611 1192 LavaL MEeEbicaL Novembre 1954 efficace si, à la phase préopératoire un physiothérapiste compétent s\u2019est appliqué à entraîner le malade à bien tousser et à bien ventiler ses poumons.Les aérosols à la Vaponéfrine ou à l\u2019Alevaire peuvent aussi aider en mobilisant les sécrétions et en provoquant le réflexe tussigène.Les sédatifs sont utilisés de façon parcimonieuse ; ils ne doivent pas déprimer la toux.Le malade est fréquemment déplacé dans son lit ; autant que possible, le lever précoce vingt-quatre heures après l\u2019intervention est exigé.La rétention de sécrétions ou l\u2019atélectasie rebelle à ces soins est énergiquement traitée par l\u2019aspiration bronchique à l\u2019aide d\u2019une sonde ou mieux à l\u2019aide du bronchoscope.Dans certains cas, la trachéotomie peut devenir nécessaire.En dépit d\u2019un bon drainage pleural et d\u2019une bonne toilette trachéo- bronchique, un espace résiduel peut persister (figure 4) ; celui-ci doit être oblitéré le plus tôt possible.Pour les raisons déjà énumérées, nous favorisons ici la thoracoplastie peu étendue extra-musculo-périostée avec plombage permanent (figure 5).On a reproché à la réexpansion pulmonaire de se compliquer parfois de surdistension alvéolaire entraînant une perte de fonction respiratoire et, par tiraillement, une réactivation de lésions stables résiduelles dans le parenchyme restant.A la suite de Cournand, cet en phy- sème compensateur ne nous a pas semblé pouvoir réduire la fonction pulmonaire de façon appréciable.Par ailleurs, la réactivation de lésions non évolutives semble un danger réel.Nous pratiquons l\u2019ablation de toute lésion nodulaire ayant un centimètre ou plus de diamètre.En ce qui concerne les lésions nodulaires plus petites et les lésions fibro- tiques, notre attitude est variable selon leur localisation dans le paren- chyrme restant.Si ces lésions siègent aux régions hautes et postérieures (figure 6), leur surdistension comporte un danger sérieux de réactivation.En effet, c\u2019est dans ces régions que la tuberculose pulmonaire de réinfec- tion évolue le plus facilement et laisse souvent persister des lésions actives cavitaires résistantes à la lutte de l\u2019organisme contre la maladie.Pour protéger ces régions facilement vulnérables, 1l faut leur éviter tout tiraillement par surdistension.Nous avons déjà mentionné l\u2019importance de bien libérer le poumon restant pour obtenir une réexpansion aux dépens de tous les segments pulmonaires.Il s\u2019agit donc d\u2019un bon Novembre 1954 LavAL.MÉDICAL 1193 moyen, en résection partielle supérieure surtout, de minimiser l\u2019expansion des portions hautes et postérieures du poumon restant.Si cette protection semble mitigée à cause de l\u2019importance des lésions résiduelles ou d\u2019un large espace à combler, il vaut mieux limiter la réexpansion pulmonaire et chercher à oblitérer la cavité pleurale par une thoracoplastie associée.Un plombage extra-musculo-périosté est pratiqué 1m- médiatement après la résection.Lorsque les lésions résiduelles sont localisées aux segments antéro-inférieurs du parenchyme restant, leur réactivation est exceptionnelle.Ici, nous favorisons au maximum l\u2019expansion pulmonaire car le poumon constitue la meilleure prothèse de remplissage de la cavité thoracique.Figure 6.\u2014 Localisation de la tuberculose pulmonaire.A l\u2019aide des principes énumérés, nous avons pratiqué vingt-six résections partielles (tableau I).Un patient a présenté une fistule bronchique.Il nous a été impossible de contrôler cette complication et le malade est décédé.Un patient souffre d\u2019une réactivation homo- latérale.Chez tous les autres, on ne retrouve plus de bacilles de Koch dans leurs expectorations ; ils sont libérés de l\u2019hôpital ou en voie de l\u2019être.Consécutivement à la résection de tout un poumon, le médiastin a régulièrement tendance à se déplacer du côté opéré surtout lorsque des manœuvres extrapleurales étendues du côté médiastinal ont été nécessaires.On sait qu\u2019à la période postopératoire, la cavité pleurale se 1194 Lavar MÉDicaL Novembre 1954 TaBLEAU | , Pour- RESECTIONS PARTIELLES CENTAGE NOMBRE DE CAS.11.111111 111 LL LL LL LL 26 \u2014 Fistule broncho-pleurale.1 3,8% Réactivation .LL LL LL LL 1 3,8% comble par du sang et du sérum.Éventuellement ces liquides coagulent, s\u2019organisent et par contraction attirent plus fortement le médiastin et le cœur dans l\u2019hémithorax opéré.Cette déviation peut entraîner une altération de la fonction cardio-vasculaire normale et un emphysème compensateur du poumon opposé avec le danger de réactivation de foyers non évolutifs (figure 7).Dans le but de prévenir ce déplacement médiastinal, on a proposé la thoracoplastie associée à la pneumonectomie.La thoracoplastie simultanée augmente le risque opératoire et s\u2019accompagne souvent de suites opératoires fort orageuses.La respiration paradoxale est difficile à contrôler même avec les meilleurs soins.La thoracoplastie pratiquée deux à trois semaines après la résection est une deuxième intervention majeure capable d\u2019ébranler le meilleur moral.Bien plus, la thoracoplastie même étendue ne semble pas pouvoir limiter la déviation mé- diastinale.En effet, elle entraîne souvent une scoliose homolatérale importante.On obtient alors la même déviation, la même surdistension du poumon restant et, de plus, il s\u2019ajoute une réduction de la ventilation par limitation de la mobilité costale de l\u2019hémithorax sain.Dans le but de retenir le médiastin, on a comblé la cavité pleurale avec de la paraffine ou certaines matières plastiques présentées sous forme de petites sphères ou d\u2019éponges.La présence de corps étrangers dans un milieu potentiellement infecté et constamment en mouvement a conduit à de sérieuses complications. Novembre 1954 Lavar MÉDicaL 1195 Notre attitude est plus conservatrice et varie selon la perte de sang anticipée.On sait que lorsque le poumon est très adhérent à la paroi et que de larges décollements extrapleuraux sont nécessaires, le suintement sanguin postopératoire est plus marqué.Lorsqu\u2019en fin d\u2019intervention, une perte minime de sang est anticipée, le poumon étant peu adhérent, la cavité pleurale n\u2019est pas drainée.A la fermeture du thorax, une certaine quantité d\u2019air est emprisonnée dans le thorax.L\u2019apparition progressive de sang et de sérum refoule cet air vers le haut et tend à le placer sous pression positive.Le médiastin est ainsi refoulé vers la ligne médiane et même, vers le côté sain.Dans cette dernière éventualité, l\u2019aspiration de quelques centimètres cubes d\u2019air replace le Médiastin dévié Médiastin centré Figure 7.\u2014 Pneumonectomie.médiastin sur la ligne médiane.La direction de la trachée au cou, la radiographie ou la fluoroscopie permettent de surveiller la position du médiastin.Lorsqu\u2019à la fermeture du thorax, une accumulation sanguine rapide est anticipée, nous favorisons le drainage sous eau de la cavité pleurale.Cette mesure a pour but d\u2019éviter le déplacement rapide et marqué du médiastin vers le poumon restant qui serait alors collabé.Une insuffisance cardio-respiratoire pourrait en résulter.Pour corriger cette situation, de très fréquentes aspirations thoraciques deviendraient nécessaires.De plus, il serait fort difficile au cours des premières heures de remplacer exactement une masse sanguine inconnue.Il semble donc qu\u2019il faille dramer.Tout de même, le drainage sous eau simple nous paraît inadéquat.En effet, s\u2019il permet l\u2019évacuation 1196 Lava\u2026.MÉDicarL Novembre 1954 sanguine, il chasse l\u2019air du thorax surtout lors des efforts de toux qu\u2019il faut encourager à cette période.Rapidement une haute pression négative s\u2019installe dans la cavité pleurale.Le déplacement initial et routinier du médiastin est ainsi fortement accentué.Le cœur et les organes du médiastin vont se loger dans l\u2019hémithorax opéré entraînant une forte augmentation de volume du poumon restant.Nous proposons un système de drainage à trois bouteilles permettant de maintenir constamment le médiastin en position centrale.La première bouteille recueille le sang.La troisième bouteille permet l\u2019évacuation de l\u2019air.La deuxième bouteille permet le maintien constant de la pression négative intrathoracique.A une pression de \u201415 cm d\u2019eau, le médiastin est le plus souvent en position médiane.Toute augmentation de la pression négative au delà de cette valeur est suivie d\u2019une entrée d\u2019air à la deuxième bouteille.Il y a retour immédiat à une pression de \u201415 cm d\u2019eau.Après 24 ou 48 heures, les tubes de drainage sont enlevés.Par la suite, le médiastin est maintenu en position médiane, de la façon mentionnée, lorsqu\u2019un drainage n\u2019était utilisé (figures 8 et 9).Nous avons pratiqué 14 pneumonectomies.Dans les suites opératoires, nous avons fait un effort pour toujours centrer le médiastin.Nous n\u2019avons eu aucune insuffisance respiratoire par emphysème compensateur du poumon restant et, Jusqu\u2019à ce jour, aucune réactivation.En pneumonectomie, l\u2019expansion pulmonaire ne semble pas intervenir, du moins de façon importante, dans l\u2019apparition de la fistule bronchique.Aloutons, toutefois, que cette complication s\u2019est présentée chez deux de nos malades.Le premier a été soumis, dès le diagnostic posé, à une bronchoplastie avec thoracoplastie simultanée.Cette méthode a immédiatement contrôlé la fistule bronchique.Le second n\u2019a pu subir qu\u2019une thoracoplastie.Il persiste une très petite fuite d\u2019air qui sen ble devoir se tarir sous peu (tableau IT).En résumé, les principales complications de la résection pulmonaire pour tuberculose sont : l\u2019empyème, la fistule broncho-pleurale et la réactivation de foyers non évolutifs qu\u2019on a forcément laissés en place lors de l\u2019acte chirurgical.[\u2019expansion pulmonaire semble jouer un réle important dans leur prévention. Figure 8.\u2014 Mme J.M.\u2014 Indication médico-chirur- gicale d\u2019une lobectomie supérieure droite.Figure 9.\u2014 Mme J.M.\u2014 Pneumonectomie nécessaire à cause de lésions nodulaires importantes de nature tuberculeuse dans les lobes moyen et inférieur.La réexpansion pulmonaire devenait dangereuse.Le médiastin est bien centré.PSG] 91GU9AON TVOIAI[y TVAV] L611 1198 Lava\u2026.MÉDicAL Novembre 1954 TasrLeavu II p Pour- NEUMONECTOMIES CENTAGE NOMBRE DE CAS.LA LL LL LL LL 14 Fistules broncho-pleurales.2 14,3% Réactivation.LL LL LL 0 0,0% En résection pulmonaire partielle, l\u2019oblitération de la cavité pleurale et l\u2019expansion pulmonaire doivent être parfaitement obtenues à la fermeture du thorax.Elles doivent être maintenues ainsi durant toute la période postopératoire par un bon drainage pleural et par une bonne toilette trachéo-bronchique.S\u2019il y a lieu de craindre une réactivation par surdistension pulmonaire, l\u2019oblitération désirée de la cavité pleurale est réalisée par une thoracoplastie simultanée extra-musculo-périostée avec plombage permanent.En pneumonectomie, 1l importe de maintenir le médiastin sur la ligne médiane afin de prévenir la surdistension pulmonaire controlatérale et ses dangers.TasLeavu III Pour- RÉSECTIONS PULMONAIRES POUR TUBERCULOSE CENTAGE NOMBRE DE CAS.otitis 14 Fistules broncho-pleurales.3 7,5% Réactivation .oo LL LL LL LL 1 2,5% Novembre 1954 LAava\u2026 MÉDICAL 1199 En conclusion, nous avons essayé de contrôler l\u2019expansion pulmonaire dans nos 40 premières résections pulmonaires pour tuberculose.La fistule broncho-pleurale s\u2019est présentée chez trois malades, soit un pourcentage de 7,5 ; nous avons eu à déplorer un cas de réactivation.Il serait fort prématuré et fort présomptueux de parler de guérison de tuberculose pulmonaire ou de solution aux complications consécutives à la résection pulmonaire chez les tuberculeux.Nous offrons simplement l\u2019analyse d\u2019une méthode qui nous a semblé pouvoir limiter certains problèmes connexes à la chirurgie d\u2019exérèse pour tuberculose pulmonaire.Cette chirurgie vient à peine de naître et nous espérons pouvoir faire mieux à mesure que nous connaîtrons mieux.BIBLIOGRAPHIE 1.CHAMBERLAIN, J.M., et Lorsrocx, R., Further experiences with segmental resection in tuberculosis, J.Thorac.Surg., 20 : 843, 1950.2.ConkuiN, W.S., Tuxny, J.E., et GuismER, J.T., Thoracoplasty combined with resection for pulmonary tuberculosis, J.Thorac.Surg., 22 : 271, 1951.3.COURNAND, À, HIMMELSTEIN, À, RiLEy, R.L., et LEsTEr, C.W., J.Thorac.Surg., 16 : 30,1947.4.Eiuis, F.H., CrocerT, O.T., et Carr, T.C., Simultaneous pulmonary resection and thoracoplasty in the treatment of pulmonary tuberculosis, Am.Rev.of Tuberc., 65 : 159, 1952.5.Jounson, J., Kirby, C., et Cocke, J.A., The clinical use of prosthesis to prevent overdistension of the remaining lung following pneumonectomy, J.Thorac.Surg., 18 : 164, 1949.6.SAROT, I.A., Extrapleural pneumonectomy and pleurectomy in pulmonary tuberculosis, Thorax, 4 : 173, 1949.7.Weiss, A.G., et HERrTzoc, Fistules bronchiques après exérèse pour tuberculose, Poumon, 51 : 559, 1951. TUBERCULOSE PULMONAIRE ET CANCER BRONCHOGÈNE * par R.DESMEULES, F.R.C.P.(C), P.-E.GAREAU et Ph.RICHARD de Hôpital Laval L'association de la tuberculose pulmonaire active au cancer broncho- gène est peu fréquente.Elle demeure presque exclusivement l\u2019apanage de l\u2019homme adulte.Robbins et Silverman (15) colligent, de 1932 à 1948, cent observations de coexistence dans la littérature médicale américaine.Nussle (14) obtient un taux de 6,4 pour cent sur 1,335 autopsies, soit 85 cas.Bayle (2) publie, en 1810, une observation magistrale de tuberculose et de cancer associés dans le même poumon.Nous pouvons la lire dans ses recherches sur la phtisie.Rokitansky (16) soutient, en 1884, que les deux entités sont antagonistes.Par contre, dès 1886, Ménétrier (12) considère la tuberculose des poumons comme une affection précancéreuse en opposition à la clinique qui démontre que la phtisie ne donne jamais naissance au cancer.Sergent (19) insiste, en 1937, sur la possibilité de réverls de la tuberculose à la faveur du cancer.* Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 2 avril 1954. Novembre 1954 Lava\u2026.MÉDicarL 1201 Cooper (7), aux États-Unis, Huguenin, Fauvet et Bourdin (6), en France, considèrent l\u2019association comme une simple coïncidence en rapport numérique avec la fréquence respective des deux maladies.Benda (3) recherche systématiquement le cancer à l\u2019apparition inopinée d\u2019une tuberculose pulmonaire après la quarantaine même si l\u2019évolution bacillaire est bénigne.Lemoine remarque que le cancer laryngé prédomine nettement en France dans l\u2019association de tuberculose pulmonaire et de cancer broncho- gène.Les processus cancéreux et tuberculeux peuvent se développer en parfaite contiguïté.Le tissu néoplastique est susceptible de subir la nécrose cancéreuse.La phtisiogenèse actuelle considère le développement d\u2019une tuberculose pulmonaire après la cinquantaine chez un sujet indemne de stigmates antérieurs de cette affection comme l\u2019aboutissement d\u2019un autre état pathologique, soit, le plus souvent, d\u2019une affection digestive, de carences graves, du diabète ou du cancer bronchogène.La tuberculose épouse la forme exsudative ou suppurative au cours du cancer.Elle n\u2019est que rarement fibro-calcaire.Il semble bien que le cancer exacerbe les lésions dues au bacille de Koch.La théorie du réveil de la tuberculose pulmonaire sous l\u2019influence de la tumeur maligne intrapulmonaire doit retenir notre attention.Le cancer bronchogène, découverte d\u2019autopsies au début du siècle, échappe de moins en moins aux investigations radiologiques.La biopsie endobronchique identifie précocement, mais trop peu souvent, le type histologique tumoral.Elle surpasse en précision et en rapidité le cytodiagnostic qui, même par la méthode de Morin (13), exige l\u2019opinion d\u2019un pathologiste averti.Les tumeurs malignes frappent électivement l\u2019homme dans une proportion de 20 à 1.Elles intéressent surtout le poumon droit pour des raisons jusqu\u2019ici inconnues.La clinique est silencieuse au début c\u2019est-à-dire au moment où la maladie cancéreuse est curable.Le malade ne consulte généralement pas, parce qu\u2019il n\u2019éprouve aucun malaise, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une néoformation périphérique.Toutefois lorsque la tumeur est centrale, le (8) 1202 Lava\u2026.MÉDICAL Novembre 1954 patient présente quelques signes obstructifs dont une toux qui n\u2019a rien de caractéristique.Cependant, la pneumonie à répétition, les grippes répétées à signes auscultatoires unilatéraux, la douleur thoracique tenace du même côté survenant après la quarantaine doivent systématiquement éveiller l\u2019attention du médecin.Elles doivent l\u2019alarmer bien avant l\u2019apparition de l\u2019hémoptysie qui est la signature tardive d\u2019une atteinte tissulaire.La dyspnée évoque l\u2019atélectasie lobaire ou segmen- taire.L\u2019asthénie et l\u2019amaigrissement Joints à un traitement inopérant après trois ou quatre semaines, s\u2019apparentent à l\u2019imprégnation néoplasique.Les radiographies antéro-postérieures et sagittales, les planigrammes successifs décèlent beaucoup plus précocement des anomalies parenchymateuses muables et polymorphes.Il faut les faire suivre d\u2019une bronchoscopie qui enrichit le dossier de la découverte de déformations ou d\u2019excroissances de la lumière endo- bronchique assez souvent remplie de sécrétions riches en cellules tumorales disposées en boyaux néoplasiques, mises en évidence lorsqu\u2019on peut complêter l\u2019examen par une biopsie.Le cyto-diagnostic exige au moins dix broncho-aspirations successives avant que la lecture du culot de centrifugation soit considérée comme négative.Il n\u2019est concluant que dans 12,7 pour cent des cas au début.Les « faux positifs » deviennent heureusement plus rares, avec l\u2019entraînement des pathologistes.Des pathologistes avertis refusent de faire la lecture des coupes congelées parce qu\u2019elles ne permettent pas toujours l\u2019identification précise de la nature histologique de la tumeur.La thoracotomie entre des mains expertes, est un procédé qui n\u2019offre pas plus de danger que la laparotomie exploratrice.Cioni (4) emploie, depuis 1928, la ponction-biopsie transpariétale pour les tumeurs dont la topographie ne dépasse pas la paroi de plus de deux ou trois centimètres, selon la lecture des tomogrammes antéro- postérieurs et latéraux.Elle est analogue à la ponction-biopsie abdominale pour les affections hépatiques.Maurice Marshal a introduit le pneumodensigramme, en 1946. Novembre 1954 Lavar MÉDICAL 1203 D\u2019après Kourilsky et ses collaborateurs (7, 8, 9 et 10), il traduit précocement et fidèlement les troubles vasculaires propres aux affections cancéreuses intrathoraciques et aux thromboses de l\u2019artère pulmonaire et de ses branches.La suppression des battements artériels, la disparition nette et diffuse des oscillations dans les néoformations juxta-hilaires, leur localisation dans les cancers bronchiolaires constitue un appoint important dans le diagnostic positif des cas douteux.L\u2019interprétation en est difficile.R.Savage et Garbray (17) considèrent le cinédensigramme comme une méthode d\u2019élection pour l\u2019enregistrement des troubles circulatoires propres au cancer.Il déborde largement l\u2019image tumorale.Par contre, l\u2019arrêt circulatoire n\u2019existe pas dans les alvéolites inflammatoires, les abcès, les atélectasies associées aux ectasies bronchiques ou dans les formes condensées de tuberculose pulmonaire.C\u2019est une précieuse technique d\u2019examen qui, dans les cas douteux, et avec le secours de la clinique, donne des informations décisives (figure 1).Marshal utilise maintenant la cinestatidensigraphie dont la valeur topographique est supérieure.Weiss et l\u2019école de Strasbourg, Sauvage et Hatt (18) sont de fidèles adeptes de l\u2019angiopneumogramme.Cette exploration signe l\u2019existence d\u2019un cancer par des images d\u2019amputation, de distension, d\u2019irrégularité de calibre ou de déformation des artères de deuxième ou de troisième ordre.On n\u2019observe aucune modification s\u2019il s\u2019agit de tumeurs bénignes.Comme l\u2019histopathologie tumorale conditionne dans une certaine mesure la thérapeutique, 1l est indispensable de la résumer ici.Bariéty, Delarue et Paillas (1) groupent, clairement et justement, les épithéliomas en trois classes : 1° Les épithéliomas malpighiens spino-cellulaires ; 2° Les épithéliomas à petites cellules ou oat cells des Anglo-saxons ; 3° Les épithéliomas cylindriques ou cubiques différenciés ou indifférenciés.Les cancers épidermoïdes se développent lentement et ne donnent des métastases que tardivement.Ils bénéficient de l\u2019exérèse chirurgicale 1204 Lavar MÉDicaL Novembre 1954 élective ou totale selon la précocité du diagnostic.Peu radio-sensibles, Ils groupent cinquante pour cent des cas.Les cancers à petites cellules se développent rapidement et métastasent précocement.Radio-sensibles et inopérables, ils sont médiastino- bronchiques ou bronchiolaires périphériques.Ils représentent de dix à vingt pour cent des tumeurs malignes.Les épithéliomas cylindriques atypiques indifférenciés ont la même évolution clinique et commandent la même thérapeutique que les iain.on bole tim 4e: Figure 1.\u2014 Pneumodensigranne.À gauche : diminution nette du tracé oscillatoire aux régions sous-claviculaire, parahilaire et basilaire chez un malade porteur d\u2019un cancer bronchogène parahilaire gauche.À droite : tracé pneumodensigraphique normal aux régions sous-claviculaire, parahilaire et basilaire.cancers à petites cellules.Ils totalisent environ vingt-cinq pour cent des carcinomes bronchiques.Il faut les distinguer des adénomes bronchiques des Américains et des épistomes des Français.Il s\u2019agit alors d\u2019un éprthélioma cylindrique bénin à stroma remanié et à potentialité maligne.Leur évolution est lente et leur traitement heureux relève de l'exérèse partielle ou totale.Ils totalisent cinq pour cent des tumeurs primitives.Ils frappent Novembre 1954 Lavar MÉDicAL 1205 électivement les femmes, puisque cinquante à cent pour cent de ce type tumoral les concerne.La médication physique comprend la cyclothérapie à doses massives et répétées pour les cancers inopérables d\u2019emblée.Elle sera complétée par l\u2019or 198 ou le cobalt 69, thérapeutique d\u2019une pratique trop récente pour nous permettre d\u2019émettre une opinion.Le traitement mixte, à base de radium et de radiothérapie concurrentes, l\u2019emporte sur la curiethérapie simple souvent provocatrice de chondronécrose.La télécuriethérapie, la télérœntgenthérapie, l\u2019hibernation de la cellule cancéreuse, l\u2019utilisation des isotopes radioactifs et instables ou celle des neutrons ont enrichi l\u2019arsenal thérapeutique.Elles impliquent une technique hautement spécialisée.L'utilisation du gaz moutarde se limite à certains cas inopérables.Trois observations illustrent les faits les plus importants.Première observation : J.G., pharmacien de 60 ans, remarque un amaigrissement progressif, inexplicable par des troubles digestifs.Le transit digestif est d\u2019ailleurs normal.La radiographie pulmonaire tirée subséquemment, à cause d\u2019une légère dyspnée, révèle des ombres parenchymateuses bilatérales.Les bacilles de Koch sont recherchés sans succès à trente-six reprises.Le malade est dirigé au sanatorium de Roberval en octobre 1944 alors qu\u2019il a perdu cinquante livres depuis août.Les examens bactériologiques mettent en évidence le bacille tuberculeux.Il est dirigé vers l\u2019Hôpital Laval, le 3 janvier 1945.Il présente du siffement pseudo-asthmatique, le wheezing des Anglo-saxons.La radiographie pulmonaire révéle un aspect tacheté dense avec des franges opaques intercléidohilaires droites et un aspect s\u2019étendant du sommet à la région paracardiaque où apparaissent de vagues contours annulaires à la projection antérieure du quatrième espace intercostal.Le profil situe postérieurement les anomalies hilaires gauches (figure 2).Les expectorations ne contiennent pas de cellules néoplasiques ; elles sont bacillifères.La biopsie d\u2019une masse tumorale siégeant à l\u2019éperon, obstruant presque complètement la bronche souche droite et particulièrement la 1206 Lavar MÉDicaL Novembre 1954 bronche souche gauche rend certaine la nature néoplasique de l\u2019excroissance.Elle comprend des cellules à protoplasme clair, vacuolaire, parfois homogène, entourées d\u2019une stroma-réaction avec des globes parakératosiques disposés en boyaux néoplasiques (figure 3).Il s\u2019agit d\u2019un épithélioma bronchogène avec métaplasie pavimenteuse chez un tuberculeux pulmonaire.Le malade décède le 21 janvier 1946.[\u2019autopsie confirme l\u2019association d\u2019une tuberculose miliaire et d\u2019un cancer épidermoïde bronch:- que (figure 3).Des métastases de même type histologique ont envahi les ganglions trachéo-bronchiques.Les faits importants sont les suivants : 1° L\u2019extrême difficulté d\u2019établir bactériologiquement le diagnostic de la tuberculose pulmonaire ; 2° L\u2019échec du cyto-diagnostic pour une tumeur aussi facilement accessible ; 3° La richesse radio-clinique de la sémérologie cancéreuse ; 4° Les métastases ganglio-hilaires pour un type histologique qui en est généralement dépourvu ; 5° La précession clinique cancéreuse ; 6° La bilatéralisation de I\u2019épithélioma primitif relativement peu fréquente, sauf pour le cancer des mineurs.Deuxième observation : À.C., tailleur de cuir de 64 ans, fume régulièrement vingt cigarettes par jour depuis trente ans.Il consulte à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec parce qu\u2019il a perdu dix livres en quatre mois.I! accomplit plus difficilement sa besogne quotidienne.II tousse et expectore une dizaine de crachats muco-purulents par jour.Le chirurgien thoracique consultant de l\u2019institution procède à une bronchoscopie qui se montre peu concluante.La radiographie pulmonaire, tirée immédiatement après, montre à la moitié supérieure gauche une infiltration en nid d\u2019abeille, et à la région péri-hilaire une ombre beaucoup plus dense à topographie postérieure.Le sommet droit est le siège d\u2019une ombre dense. n i} +H o a By «3X À 5 2 Nee i sa > ¥ of NE 4 = .7 ht \u201caL ae, i x, » E eat \"> 3 Sry 2 7 = 0) 4 ) « > x tr in UN F ; > ke Si = NX 4 ro, C4 \\ Wns ¥ \\ aN Sed Lh \"e % \u2019 ! 2% # 49% q> ; RY & WR > S 24 \u20ac oF Py ay ue, TVOIAZ]N TVAYT] HH yy SHE Ao) ® W Ss A va ia - « * > PR 4 ÿ 7 * - = - 137 a a S Cot.oy + ATT RN 4 NX à + = mx $e => +) « pe peta ER, se Li aù A 1 EL a es PLN HCP vi al Premiére observation.\u2014 J.G.Figure 2.\u2014 Aspect tacheté du tiers supérieur droit Figure 3.\u2014 Biopsie épithélioma bronchogéne de et aspect tacheté du sommet et de la région para- type pavimenteux.(X 133.) LOCT cardiaque. 1208 LAvar.MÉDICAL Novembre 1954 Les sécrétions broncho-aspirées de la bronche souche lobaire gauche contiennent des éléments pavimenteux stratifiés à noyaux irréguliers fort suspects de malignité.Le malade revient en août 1953 avec un mauvais état général.Les crachats sont riches en bacilles de Koch.Le doute qui planait sur la nature épithéliomateuse de l\u2019opacité gauche, la certitude de lésions pulmonaires bacillaires, le mauvais état général expliquent l\u2019abstention chirurgicale.La crainte d\u2019une poussée bacillaire postrésectionnelle droite nous semble pleinement motivée.Le malade est dirigé vers l\u2019Hôpital Laval, le 3 septembre 1953.Le culot de centrifugation des sécrétions broncho-aspirées directement ne contient pas d\u2019éléments probants de malignité.La radiographie pulmonaire démontre l\u2019augmentation de la masse arrondie et homogène périhilaire gauche que le profil permet de topo- graphier à la région postérieure (figure 4).La bronchoscopie met en évidence à Ia paroi inférieure de la bronche lobaire supérieure gauche une muqueuse mamelonnée et granuleuse ainsi que de l\u2019ædème de la bronche lobaire inférieure homolatérale.L\u2019examen histopathologique d\u2019une fraction du chorion permet d\u2019identifier, au niveau de l\u2019excroissance, des boyaux néoplasiques riches en cellules, à protoplasme clair, à noyaux hyperchromatiques et en mitose, disposés 1c1 et là en formation parakératosique (figure 5).Nous sommes donc en présence d\u2019un épithélioma bronchogène avec métaplasie pavimenteuse associé à une tuberculose pulmonaire évolutive.Des examens complémentaires démontrent l\u2019intégrité de la muqueuse rectale, de la prostate, de la colonne vertébrale au point de vue néoplasique.Nous devons cependant rejeter le projet d\u2019une thoracotomie exploratrice précurseur d\u2019une pneumonectomie pour soulager les douleurs de plus en plus prononcées du malade parce qu\u2019il présente des anomalies œsophagienne et gastrique importantes suggestives de métastases.Au surplus, la tomographie thoracique frontale comporte à dix et douze centimètres du point d\u2019appui dorsal des opacités plus que suspectes.En conclusion, devant une forme épidermoïde trop évoluée et compliquée de métastases, nous sommes thérapeutiquement désarmés tant PS6] 21QUISAON > < > = = t= 3 oO > = IAN ses age .CEE Deuxième observation.\u2014 À.C.Figure 4.\u2014 Opacité dense, homogène, à limites im- Figure 5.\u2014 Biopsie : épithélioma bronchogène de précises, à la base gauche.Cancer bronchogène, typeYpavimenteux.À noter, les formations para- prouvé histologiquement.Aspect tacheté diffus de kératosiques a la partie supérieure gauche.(X 133.) 60C1 la moitié supérieure gauche.Opacité apexienne droite.Tuberculose [pulmonaire vérifiée bactério- logiquement. 1210 Lavar.MÉDICAL Novembre 1954 au point de vue chirurgical que radiothérapique : il s\u2019agit d\u2019un type histologique qui n\u2019est pas radiosensible et, par ailleurs, la radiothérapie et la curiethérapie sont susceptibles de provoquer soit une exacerbation de la bacillose, soit un poumon radiothérapique.Troisième observation : M.B., employé civil de 50 ans, est inquiété par une perte pondérale de trente livres de novembre 1952 à avril 1953.Il est, de plus, atteint d\u2019une perte de voix.On porte à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement le diagnostic positif de tuberculose laryngo-pulmonaire.Il est admis à l\u2019Hôprital Laval le 29 août : 1l est complètement aphone, dyspnéique et émet des expectorations bacillaires.La radiographie pulmonaire situe un foyer dense et homogène de forme arrondie au tiers inféro-médian et postérieur droit (figures 6 et 7).Il augmente d\u2019étendue subséquemment.Les ombres apexiennes et l\u2019aspect tacheté gauche diminuent sous l\u2019influence de l\u2019antibiothérapie.La bronchoscopie découvre un écoulement purulent, Jaunâtre et visqueux à la bronche lobaire supérieure droite et une muqueuse hyper- plasiée à la bifurcation segmentaire des bronches lobaires moyenne et inférieure.La biopsie d\u2019une parcelle tumorale, les expectorations et les sécrétions broncho-aspirées ne contiennent pas d\u2019éléments néoplasiques.Les crachats sont riches en bacilles tuberculeux et exempts de champignons.La pneumonectomie droite permet l\u2019extraction au lobe inférieur d\u2019une masse grosse comme le poing (figure 8).Elle fut pratiquée avant même la lecture du rapport de la coupe à congélation.Cette dernière était riche en cellules à noyaux hyperchromatiques, souvent monstrueux, dont le type histologique fut impossible à préciser.La résection pulmonaire est complétée par une exploration abdominale transdiaphragmatique.Elle ne décèle aucune masse palpable.Le chirurgien complète le tout par la dissection et l\u2019extirpation d\u2019adénites répérées à la carène, Ie long de la veine cave, à la concavité postérieure de l\u2019aorte, aux faces latérales droites, antérieure et postérieure de la trachée.Les suites opératoires nécessitent des broncho-aspirations et une trachéotomie pour juguler des troubles respiratoires atélectasiques et PS6] 9IGU9AON lg > < > _ > rat tri~ 0 > lon Troisième observation.\u2014 M.B.Figure 6.\u2014 Opacité dense, homogène, arrondie à la Figure 7.\u2014 Opacité dense à topographie paraverté- \u2014 base droite.Cancer bronchogéne, prouvé histolo- brale droite.Cancer bronchogéne a localisation D giquement à la biopsie par le procédé de la congéla- postérieure.(Radiographie tirée en latérale droite.) \u2014 tion et à l\u2019autopsie. id .L Ng pr 2.se a \u201cna ep a Fa 15e WE sm = BS a, Tn En A i à | NY o 2 x à wy Th x po\u201d Be = in +1 & NOR: NOTE > +7 20 Hg > >.® JR » + = a ! +5 ¥ xl æ # £ bis #s Ë ZH ss + es A \u201c& Ft *% # > aly es \u201cet ; PoE dy Cancer primitif du poumon We EN *./ a\" or aH a mi ¥ #7 \u201cult sp e.\u201crp Bo é fe 3; 5 Figure 8.\u2014 Poumon gauche après résection totale.be eu Sud FN Pr F7 % 4% 2% 74 ~ 5 sf We me À N wo = Vol, de ré S Yoo rt Ady A : A0 x ee D A & 4 h ses.4h Troisième observation.\u2014 M.B.ver JN wf \"2 ve ve St 3.9 £ ais s'en re > Que wh of + La a 4 oo» +, .n° > ss a 2 x a Ÿ & we 2 1: Spa 4 3 # Rs ve = va % » 25 77 à, + se, #+ am, en SP am te sa fr ®t, 3 So» pr oth?3 VT 1 + LAS cu = ae, 4% * Ne A # Ne, 3 2 sn à £ 2 vi eur by \u201ca NX & di sé : â ve ph be A 4 = 3 oe » \"A Ay Aud à - = 5 pi = io ok tl 7 Ë \u201cTeh Féra.0 6 1 SA 7 { ! 2559 2 5\" _ rh ; à 5 Sa ve $ hy 4 v # type pavimenteux $3 > LY Te bo, 4 £1 # 5 ik ua FA, te rid Bb £4 ?> 2 VAS À ant ] & NS \u201cen, \u201cÀ fr.! .§ el # ; Los \u201c2 - 3, fo ot a hE i.5 (a rhe\u2019 \u201c7% rt = Fel da 43 #, 7 se = + al an ; = (X 133.) te ™ LA Yea, oy % >, gi Be - by a \u201c3 4 Ts = i q { Mtr 4 M 4 5 æ+ ; 7 wo ih =?; 4 2 $ ; A > és + EN NT) ; x\" 4 3% 0 2 A + À, \u201c, Gog, wa 2 Y.* ai 43 $e Ye 4 IL.* 12 \u2018 a i a, m5 X 345 A yo na = > XE > [Hd a Am = CER avy! Fibrinolyse Synonymes : Fibrinokinase : fibrinolysokinase Fibrinolysine : plasmine, tryptase, lysines tissulaires Antifibrinolysine : antiplasmin2 Profibrinolysine : plasminogène, tryptogène, prolysine, facteur Ÿlytique, proplasmine TABLEAU II Étiologie des troubles de la fibrine I.\u2014 LES HYPERFIBRINÉMIES : \u2014 infections : R.A.A., scarlatine, pneumonie, rougeole ; \u2014 maladie de Hodgkin ; myélome multiple ; \u2014 néphrose lipoidique ; hypertension a térielle ; \u2014 phase active de la maladie thrombo-embolique.II.\u2014 LES HYPOFIBRINÉMIES : 1.\u2014 Par vice de formation : \u2014 hypofibrinogénémie et afibrinogénémies constitutionnelles ; \u2014 maladies du foie ; plus rarement dans l\u2019anémie de Biermer et la leucémie myéloïde.2.\u2014 Par fibrinolyse : \u2014 Brilures étendues ; cancer généralisé ; hémorragies graves ; choc opératoire ou transfusionnel ; après injection d\u2019adrénaline ou de novocaïne ; dans tous ces cas, la fibrinolyse est le plus souvent latente ; \u2014 syndrome hémorragique aigu qui suit les exérèses pulmonaires ; \u2014 décollement prématuré du placenta ; \u2014 mort fœtale avec fœtus macéré, par incompatibilité Rh ; \u2014 cancer de la prostate. 1238 LavaL MÉDICAL Novembre 1954 scarlatine ; on l\u2019a également observée à la suite d\u2019hémorragies, dans Je myélome multiple, la néphrose lipoïdique et même l'hypertension artérielle.Favre-Gilly (1951) trouve une forte fibrinogémie dans les cas de thromboses et dans les embolies pulmonaires.Le dosage de la fibrine dans le sang n\u2019a rien de spécifique pour le diagnostic précoce des thromboses, mais il aurait une certaine valeur pronostique.L\u2019hyper- fibrinémie doit faire redouter une recrudescense du processus thrombosique ou une complication.Il faudra le recul du temps pour connaître la valeur réelle de cette notion.Les déficits de fibrine : Ils peuvent venir soit d\u2019un défaut de formation, soit d\u2019une destruction d\u2019une fibrine normalement formée.Les déficits par troubles de la fibrmopoièse se présentent comme diathèses congénitales ou comme syndromes d'accompagnement.Dans la forme congénitale, les premières manifestations hémorragiques sont précoces : elles apparaissent au cours de la première année de l\u2019existence.Elles rappellent par leur sévérité celles de l\u2019hémophilie.Presque toujours les accidents sont provoqués et il est surprenant d\u2019observer de longues périodes de répit chez des sujets quasi complètement dépourvus de fibrinogène.Rappelons que le déficit peut être complet (afibrmogénémies) ou mcomplet (hypo- fibrinogénémies).La plupart des auteurs, en particulier Revol (1953), insistent sur le fait qu\u2019il faut un déficit marqué pour que des troubles apparaissent.Au dela de 0,50 g les accidents sont rares (la fibrinémie normale se maintient entre deux et cinq grammes).Au laboratoire, le diagnostic se fait aisément par l\u2019étude du temps de coagulation.S\u2019il s\u2019agit d\u2019afibrinémie il n\u2019y aura tout simplement pas de coagulation.Le sang reste indéfiniment liquide.Dans l\u2019hypofibrimémie, l\u2019observation attentive montre que, derrière une apparente incoagulabilité, 11 y a formation d\u2019un petit caillot.C\u2019est le phénomène du micro-caillot.Devant ces faits, on pourra aussi penser à la présence d\u2019un anticoagulant cireu- lant.On éliminera cette hypothèse par le dosage pondéral de la fibrine qui, ici, donnera des valeurs très basses, inférieures à 0,50 g, tandis qu\u2019on trouvera un taux normal s\u2019il s\u2019agit d\u2019un anticoagulant circulant.Le temps de saignement est presque toujours allongé.Enfin, 1l ne faudra Novembre 1954 Lavar.MÉDicar 1239 pas se surprendre d\u2019un temps de Quick anormal : le plasma dont la teneur en prothrombine est normale ne peut coaguler faute de fibrinogène.Les observations de fibrinogénopénie constitutionnelle ne sont pas nombreuses.On n\u2019en connaît que quelques-unes (Rabe et Salomon, MacFarlane, 1938 ; Pinniger et Prunety, 1946 ; Revol et Favre-Gilly, 1947 ; Risak, 1935 ; Severino, 1937 ; et quelques autres).L\u2019hypofibrinémie acquise résulte presque toujours d\u2019une atteinte hépatique profonde (Quick, 1951).Une hyproprothrombinémie grave la précède presque toujours et Joue le plus grand rôle dans les troubles hémorragiques des hépatiques.Un déficit moms profond a pu être observé dans l\u2019anémie de Biermer, la leucémie myéloide, certains cancers métastatiques, dans les brûlures étendues, la grossesse ou l\u2019avortement, le décollement prématuré du placenta.Pour ce qui regarde les cas obstétricaux, de même que les brûlures étendues, il est fort possible que la fibrinolyse soit responsable des accidents plutôt qu\u2019un défaut de synthèse.Nous verrons ce problème plus loin.Le tableau clmique est celui d\u2019un purpura aigu.Les hémorragies cutanéo-muqueuses dominent la scène.Alors que l\u2019hypofibrimémie constitutionnelle évolue à la manière de l\u2019hémophilie, le déficit acquis affecte une allure hémogénique.Au laboratoire, on note les anomalies déjà décrites du temps de coagulation ; ici, le signe du lacet est positif ; une thrombopénie s\u2019ajoute souvent, ce qui fait dire à Revol (1953) que thrombopénie et fragilité capillaire contribuent à faire de ces défibrina- tions aiguës « un syndrome de défaillance globale des fonctions hématopoïétiques ».Il s\u2019en faut que les fibrmopénies acquises s\u2019affirment chaque fois en un drame aigu.Souvent, elles passent naperçues ou restent au second plan, derrière un syndrome clinique plus apparent.LES FIBRINOLYSES PATHOLOGIQUES On connaît depuis Nolf (1908) la fibrinolyse qui suit l\u2019hépatectomie ou le choc peptonique chez le chien.Whipple et Hurwitz ont observé le même phénomène après l\u2019intoxication au chloroforme.Chez l\u2019homme, on connaît la fibrimolyse qui suit la mort violente ; on l\u2019a notée au cours du choc opératoire et chez le grand brûlé, dans les réactions transfusion- 1240 Lavar\u2026 MÉDICAL Novembre 1954 nelles graves et même après une injection d\u2019adrénaline ou de novocaïne.Rappelons que l\u2019incoagulabilité du sang des règles a été depuis longtemps reconnue comme secondaire a une fibrinolyse locale (Soulier 1952).Plus récentes, sont les observations de syndromes hémorragiques survenant après l\u2019exérèse pulmonaire et après certains accidents obstétricaux.Mathey (1950) rapporte huit cas de fibrinolyse massive survenant au cours ou à la suite d\u2019intervention sur le poumon.Il s\u2019agissait de sujets sans antécédents hémorragiques et, dans tous les cas, l\u2019hémostase avait pu se faire normalement jusqu\u2019à ce que la région opérée se mette subitement à saigner.Tous les patients sont morts malgré l\u2019apport de transfusions massives.Chez les malades, on a pu démonter la présence de fibrinolyse par le phénomène de la lyse du caillot.Les hypo- fibrinogénémies de la grossesse surviennent en rapport avec le décollement prématuré du placenta ou avec la mort fœtale, avec fœtus macéré par Immunisation anti-Rh.Le syndrome hémorragique qui accompagne ces accidents, pour rare qu\u2019il soit, a une grande importance pratique en ce qu\u2019il peut se terminer par la mort de la mère.On connaît cinq cas de fibrinopénie accompagnant le décollement prématuré du placenta.Des pertes de sang à peine plus fortes que des pertes normales ont été notées dans trois cas.Deux autres malades, celle de Moloney (1949) et celle de Hodgkinson et de ses collaborateurs (1954) ont eu des hémorragies généralisées.Chez les cinq patientes, à la suite de manœuvres locales et de transfusions, I\u2019évolution fut favorable.Au contraire, dans le cas de mort fœtale en rapport avec le facteur Rh on a observé des saignements profus, tenaces.Des transfusions massives furent nécessaires mais ne purent éviter quelques mortalités.Comment expliquer ces phénomènes ?Notons que dans les deux groupes de malades (cas pulmonaires et obstétricaux), les tissus intéressés sont reconnus comme les plus riches sources d\u2019activateur de la profibrino- lysme.S\u2019agit-il de libération dans le torrent circulatoire de fibrino- lysokynase?Ou bien faut-il invoquer, à la suite de Schneider (1951), une défibrination par coagulation intravasculaire disséminée due à l\u2019absorption de thromboplastine tissulaire?La première hypothèse, celle de l\u2019activation de la profibrinolysine, trouve un appui solide dans les constatations de Mathey (1950) et de Soulier (1952).Hodgkinson, pour Novembre 1954 Lavar MÉDicaL 1241 sa part, a noté la lyse du caillot dans les cas d\u2019avortement avec fœtus macéré.Mais la théorie de l\u2019embolie de thromboplastine préconisée par Schneider (1951) ne peut être écartée.L\u2019absence de lyse évidente du caillot dans plusieurs cas n\u2019est pas en faveur d\u2019une fibrinolyse.De plus, l\u2019expérimentation montre que l\u2019injection d\u2019extraits placentaires (Page, 1953) ou de thrombine (Nolf, 1954) peut produire une défibrination aiguë.La question est loin d\u2019être résolue.Soulignons, enfin, la curieuse association d\u2019un syndrome hémorragique à une incompatibilité Rh dans les cas de mort fœtale dont nous avons parlé.Après le poumon et l\u2019utérus, la prostate vient d\u2019être mise en cause.Il s\u2019agit 1c1 d\u2019un syndrome hémorragique décrit chez des sujets souffrant d\u2019un cancer généralisé de la prostate.Tagnon (1952) a émis l\u2019hypothèse qu\u2019il y aurait mise en circulation, à partir de la prostate et des flots métastatiques, d\u2019une fibrinolysine immédiatement active.Cette explication des faits trouve confirmation, semble-t-il, dans les travaux de Huggms (1953) qui a isolé du tissu prostatique un agent fibrmolytique semblable mais non tout à fait identique à la frbrmolysine plasmatique.Devant des hémorragies survenues brusquement et que rien n\u2019explique, on doit penser à une fibrinolyse, particulièrement s\u2019il s\u2019agit de pathologie pulmonaire, obstétricale ou prostatique.Rappelons, pour terminer, que les déficits en fibrinogènes sont, pour la plupart, cliniquement latents et que ce n\u2019est que d\u2019une façon exceptionnelle qu\u2019ils donnent lieu aux accidents graves dont nous avons parlé.BIBLIOGRAPHIE 1.CROIZAT, P., REvoz, L., et FAvre-Girry, J., J.de méd.de Lyon, 28 : 717, 1947.2.DErace, J.-M, Laval méd., 18 : 1372, 1953.3.Doyvon et KAREFF, Compt.rend.Soc.biol., 56 : 112, 1904.4.FAVRE-GiLry, J., et coll, Sang, 8 : 667, 1951.5.Hopckinson, C.P., et coll., J.A.M.A., 154 : 557, 1954.6.Hucoins, C., et Var, V.C., Am.J.physiol., 139 : 129, 1943.7.MACFARLANE, R.G., Lancet, 1 : 309, 1938.8.MATHEY, J., et coll, Mém.Acad.chirur., 76 : 34, 1950. 1242 Lavar.MÉDicaL Novembre 1954 10.11.12.13.14.15.16.17.18.19.20.21.22.MoronNEY, W.C,, et coll, New England J.Med., 240 : 596, 1949.Nour, P., Arch.intern.physiol., 6 : 306, 1908.Nour, P., Sang, 25 : 195, 1954.Pace, E.W., et coll., Amer.J.Obst.e# Gynec., 65 : 789, 1953.PINNIGER, J.L., et PrRuNETY, F.T.G., Brit.J.Exper.Path, 27 : 200, 1946.Quick, A.J., The hemorrhagic diseases and the physiology of hemo- stasis, Lea et Fibiger, Springfield, 1951.RABE et SaLoMON, cités in REvoL, 1953.RevoL, L.et FAavre-Gyrry, J., Actualités hématologiques, J.-P.Glaunès, Paris, 1953.SCHNEIDER, C.L., Surg., Gyn.& Obs, 92 : 27, 1951.SEVERINO, J., Pediatria, 45 : 627, 1937.SOULIER, J.-P., Rev.bématol., 1 : 30 et 48, 1952.TAGNON, H.J., et coll, Cancer, 5 : 9, 1952.TiLLET, W.S., et GARNER, R.K., J.Exper.Med., 58 : 485, 1933.UNGAR, J., et DamGaarD, E., J.Exper.Med., 93 : 89, 1951. MOUVEMENT MÉDICAL L\u2019ART D\u2019ÉCRIRE AU SERVICE DE LA MÉDECINE par Abbé J.-P.SCHALLER, S.T.D.Plus que jamais peut-être on parle aujourd\u2019hui des médecins et de la\" médecine dans des ouvrages qui s\u2019adressent à un grand public et non pas seulement à un groupe d\u2019initiés.Les médecins eux-mêmes mult:- plient des travaux qui ne visent plus uniquement des questions de thérapeutique, de clinique ou de laboratoire mais qui veulent relever la dignité du praticien ou la noblesse de l\u2019art médical.Des essais, des articles divers, des romans provenant de médecins, s\u2019efforcent de tous côtés de décrire la grandeur et la misère de la médecine.C\u2019est peut- être une réaction contre l\u2019opinion commune qui, actuellement, est assez ironique ou méfiante à l\u2019égard du travail des médecins.C\u2019est une réaction contre l\u2019indignité de certains praticiens qui ont oublié le côté humain de leur art pour n\u2019aspirer qu\u2019à un but lucratif.C\u2019est encore un moyen de combattre une étatisation de la médecine et de rappeler que de soigner un être revient à un acte purement individuel puisque chaque malade est un monde à part.Bref cette littérature qu\u2019on pourrait nommer paramédicale désire favoriser le respect dû à celui qui est un 1244 Lavar MÉDiIcaL Novembre 1954 instrument de Dieu pour protéger l\u2019homme contre les maux qui nuisent à sa santé.Mais il arrive que ces travaux, spécialement divers romans, diminuent parfois la confiance à l\u2019endroit du médecin et de son art.Nous ne saurions cependant traiter ici à fond ce sujet car une pareille étude a déjà été entreprise, très consciencieusement, par le docteur F.Salières, dans un ouvrage fouillé : Écrivains contre médecins !.L\u2019auteur brosse un magistral tableau des critiques adressées aux médecins depuis le moyen âge et la Renaissance jusqu\u2019à notre époque.C\u2019est de cette dernière que le docteur Salières s\u2019occupe spécialement, allant de Léon Daudet et Jules Romains à Van der Meersch et Martin du Gard.On pourrait même dire que l\u2019ouvrage du docteur Salières est trop\u2019 négatif.Il a voulu stigmatiser cette manière parfois déloyale de présenter un médecin comme un incapable ou un être cupide.Il faut cependant reconnaître qu\u2019il y a de nombreux essais ou romans modernes où, au contraire, le lecteur découvre la valeur du médecin derrière les sacrifices obscurs imposés par une profession souvent ingrate.Et c\u2019est de cet aspect positif que nous voudrions dire quelques mots.Certes, tant on a parlé de médecine actuellement un peu partout, lèà commun des mortels se croit trop vite aujourd\u2019hui expert dans l\u2019art de déceler les maladies ou de les guérir.De savoir quelques noms assez ronflants de maladies célèbres ou de remèdes efficaces ne permet pas encore de résoudre un cas médical ni surtout de juger un praticien ou un spécialiste.Mais 1l n\u2019y a pas qu\u2019en médecine qu\u2019il faut déplorer cette vulgarisation outrée de la science.Chacun, de nos jours, se croit vite sociologue, théologien ou Juriste et c\u2019est là un signe déplorable de notre époque.Sans approuver l\u2019œuvre de Jean-Paul Sartre on peut cependant être d\u2019accord avec lui lorsqu\u2019il constate : « Naguère les philosophes étaient attaqués seulement par les autres philosophes.Le vulgaire n\u2019y comprenait rien, et ne s\u2019en souciait pas.Maintenant on fait descendre la philosophie sur la place publique.» 2 1.Docteur François SALIÈRES, Écrivains contre médecins.Éditions Denoël, Paris, 1948, 8e édition.La bibliographie qui termine l\u2019ouvrage est remarquable.2.Jean-Paul SarTRrE, L\u2019existentialisme est un bumanisme.Collections Pensées (Nagel), Paris, 1946, p.103.On sait que les œuvres de Sartre sont condamnées par l\u2019Église catholique. | Novembre 1954 Lavar MEbpicaL 1245 Pour lors nous voudrions brièvement relever ce qu\u2019il y a pourtant de constructif dans ces ouvrages qui, sans être strictement médicaux, parlent des médecins ou proviennent de médecins.Car sur la place du marché 1l peut se trouver des passants capables d\u2019assimiler la doctrine vendue à si bon compte.LA MÉDECINE EST C UNE VÉRITÉ RAREMENT GÉNÉRALE » Un effort caractéristique de tous les médecins, auteurs d\u2019essais ou de romans, est de présenter les héros de leurs œuvres comme des personnages très conscients des Iirmites de la médecine mais très désireux pour autant de persévérer dans leur zèle pour aider les malades.Une des raisons de ces limites dans l\u2019art de guérir est l\u2019individualité de chaque patient.Le principe général, face à l\u2019application pratique, rencontre des obstacles qui exigent de reprendre au point de départ n\u2019importe quelle thérapeutique.Le docteur André Soubiran le rappelle dans Les Hommes en blanc.Ces trois volumes décrivent de manière extrêmement vivante la carrière médicale du docteur Jean Nérac, un nom d\u2019emprunt utile à la narration.Il y a des pages bouleversantes dans cette œuvre qui font pardonner le ton brutal et direct de certains passages.Le docteur Soubiran montre sa façon de concevoir la vraie médecine et le vrai médecin.Il écrit par exemple : «La médecine n\u2019est pas une sèche et froide expérience de laboratoire, une sorte de mathématique suprême, mais une vérité du moment, une vérité fragmentaire et rarement générale, qui n\u2019est totalement vraie que pour chaque homme, pour son propre tempérament, pour sa propre maladie et pour un Instant.» 3 C\u2019est sans doute ce qu\u2019oublient de nombreux malades.Trop souvent ceux-ci estiment qu\u2019à peine arrivé près du patient le médecin devait sauver la situation, établir un diagnostic infaillible et prescrire le remède qui guérira sans tarder.On oublie les surprises et les imprévus qu\u2019aucun praticien, ni aucun spécialiste, ne peuvent totalement prévoir.Ces surprises proviennent, précisément, de tout ce qui fait l\u2019histoire du malade, non seulement son passé personnel, mais ses lointaines origines dans la lignée des ancêtres.3.André SouBiraN, Les Hommes en blanc, t.1, Paris, 1949, SEGEP, p.186. 1246 LavaL MEbicaL Novembre 1954 « À l\u2019hôpital j'ai appris qu\u2019à chacune de ses maladies l\u2019homme oppose, sans le savoir, tout son passé, qu\u2019il lutte avec toutes ses disponibilités acquises » (1bidem, p.16).Or nul ne peut deviner jJusqu\u2019où vont pareilles disponibilités.C\u2019est dans cet esprit que le docteur Pierre Mauriac, le frère du célèbre romancier, constatait : «Il n\u2019y a pas de maladies, disent les médecins, il y a des malades : car l\u2019observation journalière leur montre que tout être, de la naissance à la mort, dans la souffrance et dans la joie, dans la maladie et dans la santé, réagit suivant un mode individuel.» 4 Ce mode individuel, qui déroute si souvent les efforts du médecin le plus capable, et le plus sincère, donne à la médecine une valeur qui dépasse la pure technique ou la simple érudition.Le docteur P.Mauriac, après avoir rappelé « l\u2019influence précieuse de la philosophie sur la médecine » ajoutait : « L\u2019appréciation, pour chaque malade, de son mode réactionnel, I\u2019 analyse de son individualité biologique est la tâche qui s\u2019impose à tout médecin que l\u2019esprit de finesse servira bien davantage que la science » (op.cit, p.176).Cet esprit de finesse ne s\u2019acquiert pas uniquement à l\u2019université, au laboratoire ou à l\u2019hôpital, car, dit encore le docteur P.Mauriac, «l\u2019art médical n\u2019est que la manifestation du bon sens, de l\u2019esprit critique.C\u2019est l\u2019intelligence et le cœur au service de la science, ou la suppléant quand celle-ci est déficiente » (pp.68-69).Par là on sent très bien qu\u2019un médecin et un prêtre ne sont pas et ne doivent pas être des étrangers.Car puisque philosophie, esprit de finesse et bon sens s\u2019avèrent nécessaires à l\u2019art de comprendre le malade et de lui faire du bien, tout ce qu\u2019un prêtre pourra procurer au praticien en fait de connaissance de l\u2019homme sera extrêmement utile.Réciproquement le médecin aidera le prêtre de ses lumières, puisqu\u2019ils sont, au sens large du mot, deux confesseurs pour les humains.Henry Bordeaux y ajoutait le juriste : 4.Docteur Pierre M Aur1AC, Aux confins de la médecine.Grasset, Paris, 1926, p.34. Novembre 1954 Lavar.MEDICAL 1247 « Je recherche volontiers \u2014 écrivait l\u2019académicien \u2014 la conversation des avocats, des médecins, des prêtres, en un mot de ceux qui savent avec des faits observés, éclaircir la vie humaine au lieu de tenir de vains et banals propos comme en tiennent la plupart des gens.lls ont été de précieux témoins et des confidents avisés et, s\u2019ils ont quelque Jugement, ils ont acquis ainsi une expérience qui donne de l\u2019autorité à leurs paroles.L'avocat, le médecin, le prêtre, ce sont aujourd\u2019hui les trois confesseurs.» 5 Une telle conception du médecin éloigne le lecteur, et 1l faut s\u2019en réjouir, du portrait d\u2019un médecin froid et distant, se livrant à des pratiques d\u2019où le cœur serait totalement absent.Et si la littérature réapprend aux hommes que le médecin est un des leurs, qui sait compatir, donc souffrir avec eux, alors elle fait une œuvre salutaire.Car l\u2019automatisme de certains praticiens, le travail en série dans certains hôpitaux, ont estompé quelque peu le côté humain de l\u2019art médical.«Ce ne sont pas \u2014 écrit le docteur Soubiran \u2014 les gestes les plus spectaculaires ou les plus techniques qui, d\u2019un simple étudiant, font, un jour, un médecin, mais toutes les minutes accumulées où, seul dans un coin de salle, Il se penche avec piété sur le souffle désespéré d\u2019un mourant, chaque fois qu\u2019il apprend un peu mieux le langage de la charité en écoutant les mots secrets de la douleur » (op.cit., pp.46-47).Voilà encore une notion indispensable au médecin convaincu : la charité.Cette vertu est nécessaire précisément parce que la médecine n\u2019est pas une « vérité générale ».La douleur d\u2019un malade n\u2019est jamais identique à celle de son voisin.La charité qui désire comprendre cette douleur devra donc changer d\u2019aspect auprès de chaque patient.C\u2019est déjà saint Paul qui disait : « La charité est patiente, elle est bonne ; la charité n\u2019est pas envieuse, la charité n\u2019est point inconsidérée, elle ne s\u2019enfle point d\u2019orgueil ; elle ne fait rien d\u2019inconvenant, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s\u2019irrite point, elle ne tient pas compte du mal ; elle ne prend pas plaisir à l\u2019injustice, mais elle se réjouit de la vérité ; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout » (1 Cor, x111, 4-7).Il y a un passage des Hommes en blanc où le docteur Soubiran écrit des lignes qui sont un écho de saint Paul.L\u2019auteur.parle de 5.Henry Borne aux, Les trois confesseurs.Plon, Paris, 1935, p.1. 1248 Lavar MÉDICAL Novembre 1954 « la charité véritable, telle qu\u2019on devait la pratiquer dans les siècles de foi où le riche et le pauvre croyaient aux mêmes choses et, au moins 1déalement, vivaient sans séparation dans la même cité ».Le médecin continue : «À cette époque, faire la charité signifiait honorer Dieu à travers la médiocrité de l\u2019homme ; c\u2019était à l\u2019homme créé par Dieu que l\u2019on donnait, et ce don qui dépassait l\u2019individu pour atteindre son créateur n\u2019humiliait pas le bénéficiaire, pas plus qu\u2019il ne le ligotait des chaînes de la gratitude.Nous ne connaissons plus, maintenant, que la médiocre bonhomie du démagogue, les tapes d\u2019encouragement dans le dos, la fausse piété qui veut flatter et qui dégrade » (t.11, p.171).On comprend que dans le premier volume de l\u2019œuvre le docteur Soubiran ait déjà constaté : «Il ne faut pas faire à ceux qui souffrent l\u2019aumône sentimentale et molle d\u2019une piété fausse, mais le don authentique, agissant, de la sympathie » (p.98).Il est heureux de sentir dans des œuvres destinées à un vaste public le désir ardent de mêler à la pratique médicale non seulement la finesse et le bon sens mais encore la charité et la compréhension.Une pareille littérature ne diminue pas mais augmente le respect et la confiance qu\u2019il faut témoigner au médecin.En plus elle favorise, en ce siècle des machines, le respect de l\u2019individu et il est opportun de rappeler que lorsque l\u2019homme souffre il n\u2019y a plus de type standard, mais il y a un monde particulier qui échappe à tout classement général.Oublier cela, en médecine, c\u2019est prendre un mauvais chemin : certaines expériences lamentables l\u2019ont hélas ! montré.Il en va d\u2019ailleurs ainsi pour le ministère pastoral.Le \u2018prêtre qui s\u2019imaginerait traiter les fidèles de la même manière, sans aucune distinction, ferait fausse route.Il est également erroné de penser que pour une certaine catégorie d\u2019individus les mêmes règles sont applicables.Un scrupuleux n\u2019a jamais les inclinations ou les dispositions absolument identiques à celles d\u2019un autre pénitent scrupuleux.Le médecin et le prêtre doivent se donner la main pour s\u2019opposer à une thérapeutique ou à un ministère où l\u2019homme souffrant serait étiqueté dans une vaste « carthothèque », traité d\u2019après les méthodes conseillées à l\u2019endroit dé- Novembre 1954 Lavar MÉDICAL 1249 signé, et renvoyé chez lui sans amélioration certaine, ou guéri apparemment.L\u2019expression « suivre le malade » ou « suivre le pénitent » perd sa valeur en une époque où l\u2019on est très pressé et où, par conséquent, on omet de s\u2019arrêter aux détails qui entourent le mal.C\u2019est parfois, cependant, en ces détails que se trouve la clef du problème.Une fois de plus il faut déplorer la disparition du médecin de famille.La littérature « paramédicale » est souvent un appel au retour de ces vieux praticiens qui connaissaient l\u2019histoire du malade.L\u2019anamnèse sera peu consciencieuse si elle est élaborée d\u2019un crayon rapide, dans un bureau attenant à une salle d\u2019attente où vingt patients perdent patience.Plus le malade sera un inconnu pour le médecin, moins fructueuse sera la thérapeutique.C\u2019est aussi vrai pour le prêtre aidant les fidèles : on ne parcourt pas en quelques minutes les détours d\u2019une âme et le XVIIÉ siècle, parlant de «direction », déconseillait les changements subits et fréquents de « directeurs ».Aujourd\u2019hui souvent on passe d\u2019un prêtre à l\u2019autre comme on change de médecin.Il paraît que tel spécialiste a trouvé un remède surprenant, que celui-ci préconise un traitement remarquable, que tel psychiatre résout les difficultés les plus inextricables en quelques séances, et ainsi de suite.De la sorte le malade échappe à une synthèse qui, seule, permettrait au médecin de se faire une idée exacte du patient.Parfois le médecin est fautif, lorsqu\u2019il donne clairement l\u2019impression qu\u2019on le dérange, comme ce prêtre qui accorde, en passant, une audience, en attendant de courir diriger un patronage, organiser un camp, présider un conseil de vente de charité, ou guider la promenade d\u2019une société.Plus on se «répand » en mille activités, plus on oublie l\u2019essentiel, et moins le travail sera fécond.Le médecin et le prêtre doivent y songer.Il y a quelque regret mal dissimulé dans ce tableau colorié que le docteur À.Vincent faisait du médecin de famille de jadis : « Il soignait, dans chaque famille, trois ou quatre générations imbriquées.Parfois, des générations de médecins soignaient des générations de malades.Souvent impuissant le médecin de famille était toujours dévoué.Si, parfois, au rythme de sa monture, il arrivait trop tard, on ne lui en voulait pas, on savait qu\u2019il n\u2019en pouvait être autrement.Le prix de la visite était modeste.Le médecin soignait parfois des familles à l\u2019abonnement, à l\u2019année.Les poulets, les lapins, les douzaines d\u2019œufs, cadeau de clients, garnissalent son garde-manger.Il avait vu naître les Jeunes (11) 1250 LavarL MÉDicaL Novembre 1954 femmes qu\u2019il accouchait et dont il soignait ensuite les enfants, avantage incontestable pour la connaissance des tares héréditaires.» 6 Ce praticien savait que la médecine est « une vérité rarement générale » et il se penchait sur le malade avec la certitude qu\u2019il avait devant lui un être souffrant d\u2019une manière qui lui était propre et qui, dans l\u2019histoire de l\u2019humanité, constituait un cas qui ne se retrouverait plus jamais.(OUVRIERS D\u2019UN GRAND MÉTIER ) C\u2019est encore dans Les Hommes en blanc qu\u2019on découvre ces simples mots adressés par un vieux médecin à un jeune confrère : « Voyez-vous, mon petit, pour nous, médecins, qui avons la chance d\u2019être les ouvriers d\u2019un grand métier, le secret du bonheur est très simple ; il est dans l\u2019accomplissement sans défaillance de notre tâche de chaque jour » (t.111, p.305).Cette remarque, lourde d\u2019une vieille sagesse, est vraie également pour le prêtre ou le juriste, pour tous ceux dont le « métier » est d\u2019aider les autres dans les moments importants de la vie.Il est déplorable, dès lors, que certains Jeunes gens se vouent à la médecine en entrevoyant une vie luxueuse et aisée plutôt qu\u2019en désirant venir au secours de l\u2019homme.On a d\u2019ailleurs un peu trop volontiers prétendu ces derniers temps que la plupart des futurs médecins envisagent surtout dans la profession choisie une position lucrative.Il y a encore de l\u2019enthousiasme et de la foi, de la conviction et de l\u2019ardeur, chez les étudiants en médecine, même s\u2019il se trouve de pauvres natures dont l\u2019idéal est terre à terre.Parfois aussi on a poussé le jeune homme dans une voie qu\u2019il ne souhaitait point, et comme écrit le docteur F.Saliéres, « on fait mal ce qu\u2019on n\u2019aime pas » (Écrivains contre médecins, p.32).La littérature « paramédicale » n\u2019a pas présenté seulement des « ratés de la médecine » mais encore de vrais médecins, et ceci est heureux.Or les ouvrages modernes, essais ou romans, qui font entrer en scène le vrai médecin décrivent ce dernier comme un praticien qui sent que de se limiter au corporel ne suffit pas pour soigner efficacement le 6.Docteur Armand VINCENT, Vers une Médecine bumaine.Éditions Montaigne, Paris, 1937, Collection Esprit, p.10. Novembre 1954 Lavar MÉDicAL 1251 patient.Il faut tenir compte de la nature spirituelle de l\u2019homme.Le docteur F.Caviezel s\u2019est fait un devoir de rappeler cela dans ses ouvrages qui eurent un succès retentissant, non seulement en Suisse mais en de nombreux pays.Les romans de ce médecin traitent d\u2019une manière populaire mais très vivante de graves problèmes comme l\u2019avortement, la fidélité conjugale, le droit à la vie, la lutte contre l\u2019alcoolisme ou la morphinomanie ; bref l\u2019auteur a désiré faire du bien en soulignant le tragique de certaines circonstances où des faiblesses répétées ont en- trainé les malades 7.Les médecins qui évoluent dans l\u2019œuvre de Ca- viezel, et qui veulent sincèrement l\u2019amélioration de leurs patients, insistent tous sur la nécessité de prendre en considération l\u2019unité psychosomatique de l\u2019homme.Tel ce docteur Senn qui « savait que la technique opératoire toute seule ne suffit pas.On peut fort bien dégager, à l\u2019aide du bistouri, les fibres les plus ténues et les plus cachées du corps humain, mais pour atteindre les mystérieuses profondeurs de l\u2019être, son âme et sa personnalité, la technique la plus avisée n\u2019y saurait parvenir.Il devinait bien qu\u2019une technique moderne, qui tiendrait compte du spirituel, obtiendrait des résultats de beaucoup supérieurs à ceux que la technique seule opère » (Qui donc a tué ?, pp.174-175).Pareillement le docteur Peyer, un autre personnage du même roman, « considérait le malade non comme une simple unité numérique, mais avant tout comme une personnalité composée d\u2019un corps et d\u2019une âme.Il était convaincu, comme beaucoup de ses collègues, que l\u2019influence morale joue un rôle important, non seulement sur l\u2019élément spirituel de l\u2019homme, mais aussi sur son état physiologique.Il savait que, sous le coup d\u2019une vive émotion psychique, l\u2019organisme peut éliminer de l\u2019albumine.Comme d\u2019autres de ses collègues 1l était persuadé que la maladie affecte autant le corps que l\u2019âme.II était donc partisan d\u2019une médication qui s\u2019adresse à l\u2019homme tout entier » (pp.111-112).Partant de ces principes le docteur Caviezel va parfois un peu loin et on sent chez lui l\u2019influence nette des théories d\u2019un docteur P.Tournier 7.Les ouvrages du docteur Caviezel, écrits en allemand (Waldstatt Verlag A.G., Einsiedeln, Schweiz), furent traduits en diverses langues.Ils ont paru en français aux Éditions Salvator, à Mulhouse (France), et forment un roman de la Médecine au XXe siècle.Ce sont les quatre volumes suivants : Ne demande pas pourquoi (Frag\u2019nicht warum.1949) ; Oui.pour toujours (Das ewige Ja.1952) ; Et moi j'ai dit non (Ich bin das Nein.1953) : \u201cQui donc a tué ?(So sei es.1954). 1252 LavaL MEbicaL Novembre 1954 ou de C.G.Jung.Le facteur religieux deviendra un élément constitutif du traitement qui entraînera la guérison.« Médecin consciencieux, le docteur Peyer savait que très souvent les problèmes biologiques ne sont au fond que des problèmes religieux.À son avis la médecine était en rapport très étroit avec le ministère du prêtre.Il était persuadé que tous les bons conseils qu\u2019il donnait dans ses consultations, sur le seul plan technique et médical, ne servaient à rien.Une rénovation de l\u2019esprit, un profond changement d\u2019âme s\u2019imposait si l\u2019on voulait obtenir des résultats durables » (op.cit, p.112).Au cas où l\u2019on témoignerait quelque surprise devant cette équation entre biologique et religieux le docteur Peyer saura répondre.Ce personnage du roman de Caviezel explique en effet son attitude à un confrère étonné de le voir se mêler de questions spirituelles.« Je suis médecin.Pourquoi ne vous Indignez-vous pas, quand nous recourons à l\u2019électro-choc pour guérir les malades, sans être des physiciens?Pourquoi acceptez-vous un traitement à l\u2019insuline, bien que nous ne soyons pas chimiste?Pourquoi ne pour- rais-Je pas être pour vous un directeur de conscience, sans pour cela revêtir une soutane?Puisque l\u2019homme a un corps et une âme 1l faut le traiter dans son ensemble » (p.118).En parlant du docteur Tournier, dans un article précédent (Laval médical, avril 1954) nous avons déjà montré une prudente réserve à l\u2019endroit d\u2019une médecine qui prendrait la place de la religion.Il faut distinguer entre direction psychiatrique et direction spirituelle.Voilà pourquoi cette opinion du docteur Peyer dans l\u2019ouvrage de Caviezel est discutable : « Médecine et direction spirituelle étaient pour lui inséparables.Il savait par expérience que toutes les exhortations ou encouragements étaient des paroles en l\u2019air, \u2014 surtout avec les morphinomanes et les alcooliques, \u2014 quand ne s \u2019opérait pas en même temps chez ces malades une totale conversion intérieure.Il savait bien qu\u2019on devient rarement ivrogne pour étancher sa soif, mais aller boire est un prétexte que l\u2019alcoclique invente pour combler le vide de son cœur.Tous les bons conseils n\u2019y changeront rien, si un retour complet ne s\u2019opère chez le malade » (p.145).Certes un médecin, par sa personnalité et sa tenue morale, peut aider le patient à combler le vide de son cœur.Mais hélas ! chacun sait Novembre 1954 Lavar MÉDicaL 1253 que certains praticiens ne craignent pas de donner des directives douteuses à divers malades afin, précisément, de leur créer un dérivatif éventuellement favorable à leur santé psychique et, par voie de conséquence, à leur organisme.Divers médecins présentés par le docteur Caviezel ont une tenue souvent exemplaire mais ce serait périlleux de généraliser leurs enseignements car chaque praticien n\u2019aurait peut-être pas un tel respect de la personne du malade.Certes le docteur constatait que «toute psychothérapie ne saurait réussir que grâce à l\u2019autorité morale intacte et exempte de tout soupçon de celui qui s\u2019en charge.À cet égard le malade possède une perspicacité très aiguisee.Un médecin dont les manières déplaisent, qui ne vient pas à bout de ses propres difficultés, ou dont la solution qu\u2019il donne contredit les principes qu\u2019il affiche, ne peut compter avoir une influence efficace et guérir son malade » (p.113).Pareille observation est applicable au prêtre : les fidèles ont tôt fait de sentir qu\u2019un directeur d\u2019âme ou qu\u2019un confesseur parlent sans conviction ou si, au contraire, la sincérité de l\u2019accent désigne la profondeur de la vocation.Mais encore une fois la psychiatrie, ou simplement la psychologie, ne peuvent être mises sur pied d\u2019égalité avec une direction religieuse.Nous admettons ce que le docteur Peyer disait à son collègue dans le roman de Caviezel : « Tout doit s\u2019harmoniser avec les lois de la nature et les lois de Dieu.Car c\u2019est dans cette obéissance que nous trouverons les garanties les plus sûres de notre être.Vous devez vous orienter de nouveau vers Dieu, parce que tous les problèmes sont au fond des problèmes religieux » (p.125).Le véritable médecin, en effet, respecte les lois de la nature et celles de Dieu.Déjà Hippocrate, dans l\u2019Antiquité, ou Paracelse, à la Renaissance, enseignaient que la thérapeutique doit le plus grand respect à la nature puisque cette nature est l\u2019œuvre de Dieu.Mais la simple morale naturelle, même si elle comprend des valeurs religieuses, n\u2019est pas l\u2019unique secours que le malade peut rencontrer dans la vie.Il faut ré- pêter ici ce que nous avons déjà rappelé ailleurs : la grâce, et les sacrements qui la confèrent, sont du domaine surnaturel, exclusivement 1254 Lavar.MÉDicaL Novembre 1954 réservé au prêtre.Car on peut tenir compte du spirituel sans pénétrer dans des sphères qui ne nous sont connues que par la Révélation.Voilà pourquoi le médecin qui estimerait avoir en main tout ce qui est nécessaire pour aider le patient, corps et âme, dans son infortune, serait dans erreur.Un catholique spécialement puisera des réconforts à des sources qu\u2019on ne rencontre point dans un bureau de consultation ou dans une clinique modèle.Certaines pages de l\u2019œuvre de Caviezel risquent parfois de faire oublier que la profession médicale doit reconnaître ses limites et ne pas craindre de laisser la place à un autre serviteur de Dieu , A * , f I I .qui se nomme le prêtre.Et lorsque le cas sera jugé désespéré, au point de vue médical, c\u2019est encore le médecin qui songera qu\u2019il n\u2019a pas à demeurer seul au chevet du patient pour l\u2019aider à « faire le pas ».Aucun praticien ne doit se soustraire au devoir qui lui incombe alors et que résume le docteur L.Chantereau dans son ouvrage Médecin des bommes : « Ne désertons pas le poste \u2014 écrit l\u2019auteur \u2014 au moment où la mort va nous infliger une défaite.Nous y avons, pour commencer, ce devoir strict : annoncer explicitement aux proches la fin inévitable.Qu\u2019ils puissent faire ce qu\u2019il y a à faire, que cet homme ne soit pas pris en traître par la mort, qu \"il puisse se préparer une sortie conforme à sa volonté et à sa vie.» 8 Ces lignes montrent bien que le médecin, fût-il le plus zélé et le plus consciencieux, ne peut assurer seul tout le travail qui s'impose auprès d\u2019un malade.Si en médecine le métier est grand et l\u2019ouvrier digne d\u2019un grand respect il ne faudrait cependant pas croire que pareil artisan répare sans autre tout organisme dérangé, redonne la santé à tous ceux qui la souhaitent.La littérature « paramédicale », en montrant les limites de la médecine, a le mérite d\u2019effacer de l\u2019opinion populaire cette impression qu\u2019un praticien doit posséder dans sa trousse la santé et que son passage va immanquablement entraîner la guérison.Le docteur Delore, dans un ouvrage intitulé Notre frère Corps, écrit par exemple : « La santé ne s\u2019achète pas simplement chez le médecin, chez le pharmacien ou chez l\u2019architecte.Elle se mérite.Elle ne se con- 8.Docteur Luc CHAanTEREAU, Médecin des bommes.Paris, Flammarion, 1949, p.44.Nous avons parlé du devoir qu\u2019a le médecin de permettre au patient de se préparer à la mort dans notre ouvrage Prêtre et Médecin en face du malade (Porrentruy- Suisse, Le Jura, 1949), pp.143-147. Novembre 1954 LAvaL\u2026 MÉDICAL 1255 serve que par une discipline, une attention, une lutte quotidiennes contre soi-même.La conduite du corporel réclame la conduite du mental ; le code de la santé est d\u2019abord un code moral.» 9 Le docteur À.Vincent exprimait la même 1dée : « La santé ne s\u2019achéte pas.Elle se mérite par un effort constant de toute la vie.Effort pour éviter les causes d\u2019usure de la machine humaine, les intoxications, qu\u2019elles viennent de l\u2019extérieur ou prennent naissance dans l\u2019organisme dont on n\u2019a pas respecté les conditions naturelles de vie » (Vers une Médecine bumaine, p.182).Ainsi que l\u2019on se garde de négliger sa santé en pensant que le médecin n\u2019aura qu\u2019à tout remettre dans l\u2019ordre.Il y a dans Les Hommes en blanc un passage caractéristique montrant un paysan âgé, assis devant le médecin dans le bureau de consultation, et fixant sur le praticien «un regard calculateur».A la question du médecin demandant au vieillard où 1! avait mal, celui-ci répond : « Ah, non, ce n\u2019est pas à moi de vous le dire.C\u2019est à vous de le trouver » (t.111, p.47).Il y a là une mentalité primitive qui n\u2019a pas disparu dans les pays dits civilisés.Les médecins revenant des Missions rapportent qu\u2019ils rencontrent souvent cette attitude chez les malades indigènes.Il faudrait arriver cependant à ne pas voir dans le médecin un homme qui, instantanément, s\u2019avère capable de tout réparer ce qu\u2019ont entrainé, pendant des années, divers abus ou des imprudences.Les questions d\u2019hérédité et d\u2019antécédents, le climat nerveux actuel où doivent vivre la plupart des hommes, ne rendent pas aisé le travail de la thérapeutique.Il est bon que même les « romans médicaux » le rappellent au public.Dans un volume du docteur Caviezel la doctoresse Hedy Baer estimant que « la psychologie est la science qui nous est la plus indispensable » ajoutait que « guérir ceux qui sont atteints de névrose et de psychose, dans l\u2019état où se trouvent les nerfs de nos contemporains d\u2019aujourd\u2019hui, est une question difficile et angoissante » (Qui donc a tué ?, p.134).9.Docteur Pierre DELore, Notre frère Corps.Paris.Librairie de Médicis, 1938, p.142. 1256 LavaL.MÉDICAL Novembre 1954 Un des aspects fructueux, par conséquent, de cette littérature si goûtée de nos Jours, faisant jouer au médecin un rôle primordial, est de mettre en garde le lecteur contre des négligences nuisibles à leur santé.La médecine n\u2019arrive pas à transformer la nature.Malgré les progrès considérables de la chirurgie et de l\u2019hormonothérapie on ne construit pas un nouvel homme avec un corps usé.Et la psychiatrie ne pourra pas toujours faire remonter la pente à ceux qui, trop tard, ont désiré réagir contre des faiblesses démoralisantes ou contre une apathie qu\u2019ils auraient pu maîtriser, s\u2019ils s\u2019étaient entourés assez tôt d\u2019un climat qui les aide à repartir après quelques défaites, ou à reconstruire après certaines ruines.UN DÉVOUEMENT PRESQUE TOUJOURS MÉCONNU ) Cet ouvrier d\u2019un grand métier devra, pour répondre à sa vocation, accepter non seulement des sacrifices obscurs mais encore d\u2019être récompensé souvent par l\u2019ingratitude.C\u2019est le vieux docteur Delpuech, dans Les Hommes en blanc, qui disait à son Jeune collègue : « La médecine n\u2019est vraiment grande que parce que notre dévouement reste presque toujours méconnu et gratuit » (t.111, p.60).Quel prêtre ne pourrait également faire sienne pareille observation ?Le sacerdoce réserve aussi cette ingratitude.Les fidèles et les malades ont trop souvent tendance à estimer que tout est « réglé » si certains honoraires sont venus permettre, à ceux qui leur ont prodigué des secours, de vivre et de subsister.Volontiers notre siècle évalue toutes choses à coup de monnaie trébuchante.Certes Il arrive malheureusement que certains prêtres marquent une préférence à l\u2019endroit des fidèles capables de faire des dons importants pour les bonnes œuvres, comme il arrive que certains médecins appliquent davantage leur attention au cas des malades capables de recevoir une « note » plus corsée.Cette attitude peu louable n\u2019est pas un fait commun ou habituel.Il faut savoir gré à divers romans de présenter un médecin désintéressé dans ses efforts ou un prêtre uniquement soucieux des âmes dans son ministère.II est exact de nommer méconnu le dévouement du médecin car armes a SRN Novembre 1954 Lavar MÉDICAL 1257 on oublie souvent les soucis qu\u2019un patient procure au praticien.La médecine n\u2019étant pas une science exacte, le corps humain réservant toujours des surprises, il est inévitable que le médecin se demande fréquemment s\u2019il a au moins prescrit le traitement correspondant au mal.Le plus célèbre professeur peut encore faire une erreur ; le médecin de campagne peut voir son zèle aboutir à un échec parce qu\u2019il a dû «intervenir » dans des conditions lamentables au point de vue hygiénique ; le médecin d\u2019hôpital peut revenir de la clinique rongé d\u2019inquiétude parce qu\u2019il y laisse une patiente qui, peut-être, malgré tous les efforts, ne passera pas la nuit.Et le public, voyant ces médecins gagner leur demeure en de confortables automobiles, s\u2019imaginent que ce sont des gens heureux et qu\u2019aucune préoccupation ne les tourmente.II est bon que la littérature « paramédicale » rappelle toutes les souffrances cachées dans ces cerveaux et ces cœurs de médecins qui, toujours, posent et reposent le problème, sous toutes ses faces, concernant tel ou tel patient.Mais ceci ne se traduit pas dans le train de vie du praticien et beaucoup de malades ignorent qu\u2019ils ont parfois causé une nuit blanche à leur médecin.L\u2019ouvrier d\u2019un pareil métier ne peut pas, comme l\u2019artisan, laisser le rabot sur l\u2019établi et, le lendemain, reprendre le labeur sans trouver de changement dans l\u2019échoppe.Le médecin sincère a souvent comme compagne l'inquiétude et cette dernière est peut-être un aspect spécial de la charité.Grâce à cette charité le praticien saura demeurer très proche de son malade.C\u2019est ce qui faisait sans doute écrire au docteur Dumesnil que «l\u2019âÂme du médecin garde sa fraîcheur entretenue par la source jaillissante de la charité y.10 C\u2019est un ami, dès lors, et non un étranger qui se penche sur le malade car, ainsi que l\u2019écrivait encore le docteur Dumesnil : « Il faut s\u2019efforcer que l\u2019approche du médecin paraisse moins redoutable à cet homme qui, pendant de longs jours, va la subir, et plusieurs fois chaque jour.Il faut qu\u2019elle soit souhaitée, espérée, qu\u2019elle devienne à elle seule un premier soulagement moral à ses maux ) (op.cit, p.237).10.Docteur René DumesniL, L\u2019âme du médecin.Paris, Plon, 1938 (Présences), p.238. 1258 Lavar MÉDicaL Novembre 1954 La littérature qui nous occupe présentement parle beaucoup de ce « soulagement moral ».On souligne sans relâche les rapports étroits du physique et du moral.Ce que la vieille sagesse populaire savait déjà est exposé de manière plus explicite.Jamais autant qu\u2019aujourd\u2019hur de multiples ouvrages à la mode, qui n\u2019ont même pas un caractère purement scientifique, n\u2019ont souligné les influences réciproques du physique et du psychisme.De ce fait la personne du médecin revêt une importance spéciale puisqu\u2019il devra atteindre le patient non seulement dans son organisme malade mais 1l veillera ausss à influencer le « moral » du sujet.Le docteur Braun, un personnage d\u2019un roman de Caviezel, «savait qu\u2019il ne faut pas considérer le patient comme quelqu\u2019un qui souffre simplement dans son corps.L'état moral du malade est d\u2019une grande importance pour l\u2019évolution du mal et sa guérison, en sorte que d\u2019une part toute souffrance physique est influencée par l\u2019âme, et que toute attitude morale relève aussi de l\u2019état du corps » (Oui.pour toujours, p.192).Le médecin devra donc faire entrer le dévouement dans son activité, non plus seulement pour un motif de charité, mais encore pour une raison de devoir d\u2019état, puisque son influence compréhensive appartient, en quelque sorte, aux soins que nécessite le malade.Et c\u2019est bien au praticien qu\u2019il faut appliquer le mot du docteur À.Carrel : «Le devoir de chacun est, non seulement d\u2019aimer les autres, mais encore et surtout de se rendre soi-même digne d\u2019être aimé par les autres.» 11 Ces mots font penser à la constatation du docteur Delpuech, dans le dernier tome des Hommes en blanc, disant à un Jeune collègue, en parlant des malades : « S'ils vous ont quitté pour un autre, c\u2019est probablement parce que vous n\u2019avez pas su gagner ou retenir assez leur confiance, comprendre tout à fait l'homme qui vous était venu avec sa plainte, son espoir, que vous n\u2019avez pas su atteindre son cœur.La me- decine n\u2019est pas une science pure, elle reste par bien des côtés un art et le médecin, par mille traits psychologiques, est un artiste » (t.111, p.205).11.Docteur A.Carrer, Le Voyage de Lourdes, suivi de Fragments de Journal et de Méditations.Paris, Plon, 1949, p.114 (24 avril 1941). Novembre 1954 Lavar MÉDicar 1259 Cette même idée se retrouve chez le docteur J.Okinezyc, dans son ouvrage Humanisme et Médecine : « Chaque malade est un nouveau problème à résoudre, dont la solution ne se trouve pas dans les livres, mais dans l\u2019homme lus- même qu\u2019il convient d\u2019interroger avec notre science sans doute mais aussi avec notre intelligence, avec notre cœur, et c\u2019est là, à proprement parler, œuvre d\u2019art en même temps qu\u2019œuvre de science.» 12 Être un artiste qui sait atteindre le cœur et pas seulement un érudit qui connaît l\u2019organisme par les manuels et les dissections, c\u2019est Ie propre du médecin qu\u2019on rencontre dans de multiples livres modernes, dans ces ouvrages « paramédicaux » aussi recherchés aujourd\u2019hui que ceux qu\u2019un prêtre, un cardinal ou un curé de campagne anime de leur personnalité imposante ou fragile 13.On peut se demander si ce goût du public pour approfondir le destin d\u2019un prêtre ou d\u2019un médecin ne vient pas de la nécessité que l\u2019homme moderne ressent de pouvoir s\u2019accrocher à un être capable de l\u2019aider dans ses difficultés.Un peu perdu dans un monde où la machine, la catégorie et l\u2019automatisme règnent à plaisir l\u2019homme désire des responsables capables de le comprendre.Ce besoin s\u2019avère surtout impérieux au moment où une crise quelconque rappelle que la vie de l\u2019intelligence et celle du cœur échappent à la série, qu\u2019elles sont particulières à chacun et qu\u2019il faut un être essentiellement souple et disponible pour comprendre chaque cas.Le prêtre et le médecin se rangent parmi ces responsables et doivent avoir cette disponibilité qu\u2019ils ne pourront puiser que dans leurs propres valeurs, dans ces valeurs acquises par de solides études certes, mais aussi par une discipline et un idéal qui réclament des sacrifices.Ces exigences du public à l\u2019égard du prêtre et du médecin sont tout à l\u2019honneur de ces derniers.L\u2019intérêt que leur porte la littérature actuelle montre simplement que le médecin trop « commerçant » et le prêtre trop « activiste » ne sont pas et ne seront Jamais ceux que souhaitent rencontrer les malades ou les fidèles.12 Docteur J.OkINezyc, Humanisme et Médecine.Paris, Labergerie, Au service de l\u2019Homme, 1936, pp.22-23.13.Voir dans les Études l\u2019article de André BLANCHET, Un nouveau « tvpe » de prêtre dans le roman contemporain, t.280, n° 2 (février 1954), pp.145-164 et n° 3 (mars 1954), pp.301-313. 1260 LavaL.MÉDICAL Novembre 1954 UN RESPECT COMPRÉHENSIF DU MALADE La littérature « paramédicale » préche l\u2019indulgence à l\u2019égard des malades.Dans Les Hommes en blanc un médecin âgé confie à un prêtre de la contrée : « Si tu savais ce qu\u2019il peut y avoir d\u2019indulgence dans le cœur d\u2019un vieux médecin » (t.111, p.148).Ce qui dicte une pareille conduite au praticien c\u2019est de se souvenir que l\u2019homme est fréquemment doté d\u2019un fâcheux héritage physiologique ou psychique.Par conséquent le terme liberté doit se comprendre en fonction de ces tares dues aux générations précédentes.Un confesseur saura tirer avantage de cet enseignement.Quelques propos du docteur Delpuech, dans l\u2019œuvre de Soubiran, illustrent bien ceci : «Le médecin n\u2019a jamais le droit de mépriser ses malades, si misérables et si déchus qu\u2019ils puissent paraître, de s\u2019indigner, de crier au scandale ; peut-être ne se sent-il même pas assez de certitude pour se permettre de les juger .Comme médecin jJ\u2019ai da apprendre à les accepter tels qu\u2019ils sont dans le fond de leur nature, envieux, Vaniteux, vicieux, avides, prêts à devenir féroces lorsque leur égoïsme ou leur intérêt est en Jeu.Quarante années de médecine m\u2019ont montré des conséquences et des fatalités héréditaires presque aussi inéluctables que les lois physiques.Un certain déterminisme d\u2019humeurs et de sécrétions glandulaires ligote les hommes de leur naissance jusqu\u2019à leur mort.On n\u2019échappe Jamais complètement au lot de misères héritées et de hontes, qui est, pour chacun, l\u2019inexorable cadeau du destin.Non ! personne n\u2019est jamais tout a fait libre » (Les Hommes en blanc, t.111, pp.145- 146).S\u2019il est opportun que le médecin et le prêtre connaissent cette dépendance du sujet par rapport à ses antécédents, il est moins sage de le rappeler sans discernement aux malades ou aux fidèles.Car volontiers aujourd\u2019hui on excuse une faiblesse, on pardonne une faute en disant que les penchants hérédités sont là et que dès lors on n\u2019y peut rien.La liberté subsiste même pour celui chez qui des troubles mentaux ou certains désordres endocriniens viennent rendre l\u2019exercice de la vertu plus ardu.Il y a toujours un effort possible aussi longtemps que l\u2019usage de la raison permet d\u2019observer la hiérarchie des valeurs.Indulgence ne doit pas signifier paresse.Indulgence signifie qu\u2019il faut éviter des ju- Novembre 1954 LLavaL MEbicaL 1261 gements trop catégoriques, qu\u2019il faut se souvenir que seul Dieu est à même de distinguer parfaitement la part du volontaire et celle de l\u2019animal, mais que pour autant Il est indispensable de tendre à un redressement de la nature.Il ne faut pas non plus exagérer, \u2014 et le docteur R.Biot met en garde contre cet abus 1# \u2014, le côté négatif des questions d\u2019hérédité : s\u2019il y a parfois dégénérescence Il y a aussi régéneration.En plus une maladie peut revêtir un aspect positif.Le docteur Ca- viezel relève précisément les leçons que donne la souffrance à un malade bien disposé : elle lui indique que son corps a des limites, oubliées peut- être au temps d\u2019une brillante santé : « Ce corps dont, pourtant, l\u2019homme est si fier, devant qui l\u2019esprit s\u2019agenouille presque tous les jours ; ce corps qui peut escalader les pics de 4.000 m.les plus altiers ; ce corps élégant dont l\u2019attrait charme le cœur des belles ; ce corps que chaque semaine encensent les illustrés, et dont les exploits sportifs provoquent les paris les plus élevés .: Vienne une petite fièvre insidieuse, et voilà que se consume en quelques jours, ce qui, auparavant, était un objet d\u2019admiration ; force et beauté, 1l suffit d\u2019une légère perte de sang pour tout mettre en péril.Pauvres hommes à qui la maladie sert de banc d\u2019école pour apprendre à à lire dans ce livre mystérieux de leur âme, avec la gaucherie d\u2019un enfant qui déchiffre les grandes et les petites lettres de l\u2019alphabet ! » (Oui.pour toujours, pp.88-89).Ces réflexions d\u2019un médecin, dans l\u2019œuvre de Caviezel, trouvent un écho dans ce conseil d\u2019une doctoresse, personnage d\u2019un autre ouvrage du même auteur : «Il faut distraire les malades autant que possible, les occuper et leur montrer que, malgré leur maladie, ils sont encore des membres utiles à la société » (Qui donc a tué ?, p.137).Il est réconfortant pour un patient de rencontrer des médecins qui lui affirment qu\u2019il demeure utile à la société.Car c\u2019est un sentiment malsain et déprimant, chez le malade, de se dire qu\u2019il n\u2019est plus bon à rien et que sa vie n\u2019a plus aucun sens.Le théologien, grâce à la doctrine du Corps mystique, saura rappeler au patient toute l\u2019efficacité du pouvoir qu\u2019il exerce sur l\u2019ensemble des fidèles, puisque par une mystérieuse application des mérites Dieu permet qu\u2019un membre de l\u2019Église 14.Voir l\u2019ouvrage du docteur R.BioT, intitulé : Santé bumaine, Paris, Plon (Présences), 1942. 1262 LavarL MÉDicaL Novembre 1954 bénéficie de ce qu\u2019un autre offre en sa faveur.Un malade croyant, lisant les épitres de saint Paul, y puisera le courage le plus précieux et le plus substantiel.Cependant, il est salutaire pour le patient d\u2019entendre le praticien lui-même estimer que la maladie n\u2019empêche pas un être de conserver une insigne valeur.Ce n\u2019est pas qu\u2019au temps de Balzac, mais aujourd\u2019hui encore, que, psychologiquement, le médecin exerce une influence parfois plus directe sur le malade que le prêtre.De ce dernier on attend inévitablement une doctrine consolante, fondée sur des vues plus hautes que l\u2019opinion commune ou terre à terre.Mais du médecin on attend plutôt d\u2019abord piqûres, remèdes ou ordonnances ; aussi est-on d\u2019autant plus frappé s\u2019il se met, lui aussi, à inviter le patient à découvrir le sens profond de son mal, et l\u2019usage qu\u2019il peut en faire.Il faudra certes que ce praticien observe consciencieusement la hiérar- chre des valeurs et qu\u2019il ne devienne pas un obstacle à la mission du prêtre, se gardant de dénigrer les conseils ou l\u2019intervention de ce dernier.Il y a enfin des ouvrages impressionnants, qu\u2019on ne saurait ignorer, écrits par des malades eux-mêmes, qui révèlent avec une sincérité souvent prenante la somme de souffrances et de sacrifices cachés que représente une vie de malade.Ces travaux favorisent également la confiance et la considération dont les médecins sont dignes.L\u2019ouvrage de France Pastorelli, intitulé Servitude et Grandeur de la maladie (Paris, Plon, 1933) est une longue méditation sur l\u2019état de maladie.Cette lecture sera utile à tous ceux qui abordent les patients car l\u2019auteur parle du drame avec soi-même, et du drame avec l\u2019entourage, que représente chaque maladie.Et mieux on saisira ce drame, mieux on secourera le malade.Pareillement l\u2019œuvre de Suzanne Fouché : Souffrance, école de vie (Paris, Spes, 1933) et ce livre composé en collaboration : Dialogues avec la souffrance (Paris, Spes, 1941) seront des guides éclairés pour diriger ceux qui vouent leurs soins aux malades.On peut d\u2019ailleurs aussi ranger ces travaux parmi ceux qui sont au service de la médecine.Il en va de même pour un ouvrage comme celui de docteur M.Dalloni : Sous les armes de la Charité où l\u2019auteur relève la précarité d\u2019une médecine qui deviendrait purement une question de science et d\u2019érudition.Ce serait oublier que «la maladie plonge ses racines dans notre intimité physique, morale et spirituelle, en sorte qu\u2019il y a retentissement de toutes ces Novembre 1954 Lavar MÉDiCAL 1263 parties les unes sur les autres.Deux malades ne feront jamais une maladie de la même façon .».15 Nous avons déjà vu que cette dernière constatation se retrouve dans de multiples ouvrages médicaux ou paramédicaux.Il y a impossibilité de standardiser le malade ou la thérapeutique car la nature réserve toujours ce qu\u2019un esprit peu averti nommera une injustice.C\u2019est ce que traduisait ce dialogue d\u2019étudiants, dans Les Hommes en blanc (t.11, p.123) où un futur médecin dit à son collègue : « Ce que tu appelleras injustice est à tous les lits : deux pneumoniques, l\u2019un imbibé d\u2019alcool, l\u2019autre qui, toute sa vie, s\u2019est retenu de boire, et c\u2019est le sobre qui va mourir.» Un pareil état de choses montre qu\u2019en définitive c\u2019est Dieu qui dispose de la vie et de la mort et qu\u2019on n\u2019a pas le droit de s\u2019appuyer exagérément sur des estimations humaines qui ne sont jamais infaillibles.Ceci doit être dit d\u2019ailleurs sans aucune animosité à l\u2019égard de la thérapeutique mais simplement avec une tranquille objectivité, respectueuse de la réalité.MÉDECINS SOUS LA COUPOLE On sait que l\u2019Académie française aime à posséder dans son sein des représentants de milieux divers : s\u2019il y a 14 des gens de lettres Il y a aussi des gens d\u2019Église et d\u2019armée.La classe des médecins n\u2019y est pas ignorée non plus.Georges Duhamel, Pasteur Vallery-Radot, Henri Mon- dor sont, par exemple, de distingués académiciens qui joignent à leurs connaissances médicales l\u2019art de bien écrire.Duhamel s\u2019est surtout donné comme tâche de défendre l\u2019aspect individuel de l\u2019acte médical.Il se fait un ardent protecteur de tout ce qui peut favoriser la sauvegarde de la personne humaine car «les vertus qui distinguent l\u2019homme et qui, jusqu\u2019à cette heure de l\u2019histoire, ont déterminé sa précellence sont essentiellement des vertus individuelles.Tout ce qu\u2019il y a de grand dans le monde humain est l\u2019œuvre de l\u2019individu ou tout au moins conception de l\u2019individu.L'histoire des groupes est désespérante, inhumaine.Alors que l\u2019homme-individu, depuis des siècles, se montre capable 15.Docteur Marcelle DALLONI, Sous les armes de la Charité.Fribourg (Suisse), Imprimerie Saint-Paul, 1943, p.28. 1264 Lavar MÉDicaL Novembre 1954 de sainteté, de maîtrise, d\u2019abnégation, l\u2019homme-collectivité en est encore, dans ses tâtonnements, aux actions et réactions de l\u2019animalité.» 16 Partant de là Duhamel se montre, on le coniprend, très méfiant à l\u2019égard de tout étatisme désireux de régner sur la medecine.L'auteur respecte la vie comme une aventure à nulle autre pareille : ses romans témoignent sa sollicitude pour tout ce qui constitue la famille, pour ce qui développe les arts, pour tout ce qui donne à l\u2019existence un charme et une saveur.Et c\u2019est d\u2019abord l\u2019individu qui se doit de rendre la vie attirante et attachante.Le médecin sincère, qui va tenir compte de tout ce qui touche le malade, ne saurait dès lors imaginer une médecine « collective », usant de principes aveugles, et ignorant les difficultés nouvelles présentées par chaque nouveau patient.« L\u2019acte médical n\u2019est jamais comparable à celui de l\u2019architecte ou du mécanicien.» Ces mots de Duhamel (1bidem, p.281) montrent que le malade ne sera Jamais un automate dont les ressorts immanquablement répondent à telle ou telle nécessité, fonctionnant conformément aux exigences de l\u2019ensemble.Cette fonction chez l\u2019homme est subtile et la plus habile thérapeutique n\u2019arrive pas toujours à remettre en équilibre l\u2019harmonie troublée par la maladie.Le médecin ne s\u2019installe pas devant une machine mais devant un être rendu compliqué par l\u2019ensemble étonnant de matière et d\u2019esprit.Voilà pourquoi Duhamel écrit : « La médecine contraint l\u2019homme à regarder l\u2019homme.La médecine enseigne à voir les hommes et elle nous les montre presque toujours en état de crise.La naissance, la souffrance, la mort, les drames Infinis qu: précèdent, qui accompagnent ou qui suivent ces rot q p \u201cJA : .\u2019 .grands événements, voilà donc le spectacle ordinaire du médecin.» 17 On sent chez l\u2019académidien, lorsqu\u2019il parle de médecine, le désir de rendre constamment cet art et cette science un moyen de secourir l\u2019homme traversant une crise.Et pour réaliser cet idéal on comprend 16.Georges DUHAMEL, Les excès de l\u2019Étatisme et les responsabilités de la médecine.Revue des Deux-Mondes, (15 mai) 1934, p.298._ 17.Georges DUHAMEL, Paroles de médecin.Monaco, Éditions du Rocher, 1946, pp.63-64. Novembre 1954 Lava\u2026 MÉDICAL 1265 que Duhamel souhaite au praticien de faire appel également à d\u2019autres disciplines capables d\u2019augmenter sa connaissance de l\u2019homme.« Pour être digne de ses hautes destinées, la médecine doit consulter les philosophes, écouter les musiciens et les poètes, observer les travaux des sculpteurs et des peintres, surveiller les entreprises des architectes, en bref ne rien 1gnorer de tout ce qui est un signe de l\u2019homme, de tout ce qui fait la grandeur de l\u2019homme.» 18 Devant un tel programme on comprend que même le docteur F.Salières ait estimé que lorsque Duhamel « touche à la médecine dans ses livres il le fait avec un tact, une sagacité, une intelligence, un à-propos auxquels on ne saurait jamais rendre suffisamment hommage » (Écrivains contre médecins, p.170).Un hommage est di également à Pasteur Vallery-Radot pour la manière dont il parle des médecins et de leur mission.Il rappelle la relativité des connaissances médicales, sans pour cela les dénigrer, mais simplement pour faire éviter un goût de l\u2019absolu qui ne serait pas de mise lorsqu\u2019on soigne un malade.« Il faut n\u2019avoir jamais aproché de malades pour ne pas savoir : qu\u2019il n\u2019en est pas deux semblables.» 19 Encore une fois on sent ici cette méfiance à l\u2019égard d\u2019une médecine qui oublierait chez l\u2019homme la notion du microcosme.L'auteur écrivait : « La maladie est une déviation des processus normaux que nous connaissons à peine.Les réactions qu\u2019elle engendre dans l\u2019organisme nous apparaissent innombrables et bien différentes de ce que nous avait fait croire une science trop simpliste.Presque chaque jour, une découverte nouvelle remet en question une série de données que nous croyons définitivement acquise.» 20 Tout cela rend l\u2019office du praticien extrêmement compliqué mais il est inutile de se faire des illusions.Il faut admettre les difficultés de la 18.Georges DuHamEL, La Médecine et l\u2019Homme, « Connaître » : Cabiers de l\u2019bu- manisme médical, Paris, n° 1, 1945.L\u2019auteur présente le cahier.19.Pasteur VALLERY-RADOT, préface au livre déjà cité du docteur L.CHANTE- re au, Médecin des bommes, p.8.Cette même remarque se trouve dans un autre œuvre de Pasteur VALLERY-RApOT, Héros de l\u2019esprit français, p.153 (Amiot-Dumont, Paris, 1952).20.Pasteur VALLERY-RApOT, Clinique ou laboratoire ?Revue des Deux-Mondes, (15 février) 1937, p.891.(12) 1266 Lavar.MÉDICAL Novembre 1954 thérapeutique et s\u2019efforcer de les aplanir sans vouloir jouer au charlatan, sans espérer une précision impossible à réaliser dans un terrain aussi fluctuant que l\u2019organisme humain.C\u2019est ce qui explique ces lignes de l\u2019académicien : « Il serait aussi faux de faire table rase de la clinique qu\u2019il serait absurde de nier le laboratoire.Il faut les associer avec cet esprit de discernement sans lequel la médecine semblerait établie sur un sol mouvant, où scintilleraient mille feux follets, évanouis à peine apparus » (ibidem, p.895).L\u2019esprit de discernement est un don qu\u2019on n\u2019obtient pas nécessairement à l\u2019université.Il peut être un héritage mais il demande surtout qu\u2019on le cultive et qu\u2019on le développe, tant avec l\u2019intelligence qu\u2019avec le cœur.Il n\u2019est pas surprenant dès lors d\u2019entendre Pasteur Vallery- Radot, avec une pointe d\u2019ironie, lui aussi, contre l\u2019étatisation de la méde- cind, affirmer que «le législateur a oublié que, pour le médecin, les qualités de cœur sont aussi importantes que le savoir ».21 Puisqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019homme malade, et non point d\u2019une chose ina- 1 A : \u2019 L = : nimée, le cœur a son rôle irremplaçable.L\u2019académicien souhaite donc des relations d\u2019amitié entre médecin et patient.Il les veut parce qu\u2019à son tour il défend l\u2019individualisme en médecine.Vraiment on découvre un peu partout un plaidoyer général en faveur de l\u2019individu dans les ouvrages qui, de près ou de loin, traitent de questions médicales.La collectivisme qui gangrène notre époque suscite une inquiétude grandissante.« Lentement \u2014- écrit l\u2019auteur \u2014 notre civilisation s\u2019achemine, par la perte de l\u2019individualisme, vers une fin monstrueuse où les fonctions de la pensée prendront un caractère collectif » (ibidem, p.64).Dans la littérature « paramédicale » c\u2019est presque un refrain que cette reconnaissance des valeurs de l\u2019individu qu\u2019aucune institution n\u2019a le droit de noyer ou d\u2019oublier.Les académiciens ont senti le besoin, comme un grand nombre d\u2019écrivains, de se révéler les ennemis acharnés de tout ce qui nuirait à la dignité d\u2019un homme, en médecine comme dans 21.Pasteur VALLERY-RApor, Héros de esprit francais.Amiot-Dumont, Paris, 1952, p.167. Novembre 1954 Lava.MÉDicaL 1267 les autres sciences, pour permettre un prétendu développement de l\u2019humanité.L\u2019ensemble des êtres raisonnables doit profiter du bien que l\u2019on fait à chacun, mais l\u2019individu ne saurait souffrir de se voir sacrifier pour favoriser l\u2019idole moderne qui se nomme la collectivité.C\u2019est aussi ce que montre l\u2019ouvrage auquel Henri Mondor a donné comme titre : Crands médecins presque tous 22.L\u2019auteur y a retracé la vie de célèbres médecins et présenté certains textes fondamentaux de chacun d\u2019eux.L'histoire ic! indique que le respect de la personne a toujours été à la base des progrès réalisés par la médecine et le thérapeutique.De ne jamais oublier l\u2019unité psychosomatique de l\u2019homme a permis à la science d\u2019agir avec fruits et d\u2019arriver progressivement à des résultats toujours plus efficaces.Dëjà Ambroise Paré, au xvi\u201c siècle, ayant guéri le vicomte d\u2019Havré, « sait recommander, au convalescent, tant il tient pour solidaires Ie physique et le moral, et pour symétriques leurs équilibres, d\u2019avoir «des violes et des violons et quelque farceur pour le réjouir » ou d\u2019aller quelquefois non loin du château, en une halte familière, regarder pêle-mêle « les mâles et les filles du village danser et chanter à tire-larigot » (op.cit.p.28).D\u2019autre part l\u2019histoire, telle que la présente Henri Mondor, révèle que les grands médecins surent toujours tenir compte de la nécessité, devant chaque patient, de considérer la note individuelle du mal qui tourmente ce sujet et non pas un autre.« Chaque malade, imposant des traits particuliers à sa maladie, les résultats, en médecine, ne sauraient avoir la régularité, la fixité des résultats purement scientifiques » (p.249).Pour confirmer ses paroles, l\u2019académicien cite un texte de Trousseau, le célèbre clinicien de la première moitié du xix° siècle, disant : «Ce serait sans doute une chose bien désirable que de voir tous les médecins, une maladie étant donnée, en calculer les causes, l\u2019issue, le traitement, avec une précision, une identité mathématiques ; il serait beau de voir tous ceux qui seraient chargés de gérer la santé des populations, faire, chaque année, un bilan exact de leur pratique, et soumettre, avec orgueil, leurs inflexibles résultats à l\u2019inflexible examen d\u2019une cour médicale des comptes.Malheureusement, 1l n\u2019en sera jamais ainst : pour toujours nous serons appelés à gémir du vague déplorable de la médecine .» (ibidem).22.Henri Monpor, Grands médecins presque tous.Paris, Éditions Corréa, 1943. 1268 Lavar.Mépicar Novembre 1954 Enfin l\u2019ouvrage d\u2019Henri Mondor a l\u2019avantage de faire découvrir au public le courage de médecins 1llustres pour réaliser leur œuvre malgré des difficultés personnelles.Celui-ci a une santé très fragile, c\u2019est Laënnec ; un autre doit souffrir des perfidies et des détractions provenant des jaloux, c\u2019est Bichat, car «la célébrité a son revers et le meilleur zèle au profit des hemmes n\u2019entraîne pas toujours leur gratitude » (p.76) ; celui-là ne rencontre dans son foyer qu\u2019incompréhension et dureté, c\u2019est Claude Bernard.Et malgré tous les ennuis privés ou publics, ces chercheurs et ces savants poursuivent leur tâche.Ils mourront, épuisés souvent par leur zèle, mais ils auront servi l\u2019humanité en faisant progresser la médecine.CONCLUSION Ce bref aperçu de quelques ouvrages en vogue a désiré montrer combien volontiers on parle aujourd\u2019hui des médecins et de leur art.Les jugements moraux portés dans ces travaux, sur des problèmes d\u2019importance capitale, ne sont pas toujours à admettre sans réserve et sans critique.Il y a également un péril manifeste à trop vulgariser une science aussi subtile que la médecine et l\u2019on comprend un peu que certains praticiens ignorent, en principe, toute cette littérature « paramédicale ».Ils lui reprochent de nuire à leur art en inculquant au lecteur, si pas de fausses doctrines, du moins des opinions trop superficielles.ll arrive qu\u2019un médecin rencontre une certaine méfiance chez son patient, une hésitation à suivre le traitement indiqué, du simple fait qu\u2019une lecture peu objective, ou mal comprise par le lecteur, aura donné des renseignements imprécis.Mais nous avons tenu à relever qu\u2019il y a pourtant des valeurs dans cette littérature, et des valeurs qui soutiennent la cause médicale.Le docteur Salières estime que « les médecins ont toujours été plus ou moins bafoués par leurs contemporains » (Écrivains contre médecins, p.11).Les textes cités plus haut auront vraisemblablement eu l\u2019heur de montrer que, souvent aussi, les écrivains ont défendu le médecin, ont relevé tout l\u2019aspect méritoire de son activité et les lourds sacrifices que lui impose sa mission lorsqu\u2019elle est bien comprise.Le lecteur, doué de bon sens ou de perspicacité, saura découvrir Novembre 1954 Lavar MÉDicAL 1269 dans ces ouvrages ce qu\u2019il faut retenir et ce qu\u2019il faut abandonner à la trame du roman ou au développement de l\u2019essai.Le lecteur trop hâtif dans ses jugements ne gagnera alors rien à pareille lecture, car il verra alors plutôt le côté faible du médecin, oubliant qu\u2019aucune vie n\u2019est complètement exempte de mesquinerie.Le médecin enfin va se rappeler qu\u2019étant devenu la « pâture » d\u2019une quantité de lecteurs avides de savoir les secrets de son art et de sa science, il devra d\u2019autant plus se surveiller et faire preuve de droiture et de loyauté.En plus il se souviendra de ce que le docteur P.Baruk, médecin-chef de Charenton, écrivait Il y a quelques années : « Loin d\u2019être un juge et un justicier, le médecin doit être à l\u2019école de ses malades et savoir s\u2019adapter sans cesse à la réalité.» 23 La littérature « paramédicale » souligne précisément comment un praticien sincère tient à demeurer à pareille école, et comment 1l souhaite s\u2019adapter à chaque cas, sans étourdir de principes qui, dans sa science, ne seront jamais immuables.Ainsi, sagement comprise, la littérature à laquelle nous avons fait allusion aura une fonction utile : celle de rendre plus amis patient et médecin, d\u2019une amitié qui n\u2019est pas de la familiarité ou de la naïveté, mais qui désire simplement créer un climat de confiance et de collaboration pour lutter contre la maladie.Et si la présence du prêtre est agréée dans ce groupe, tout concourra à aider le patient à combattre spirituellement et physiquement le mal qui le mine.A ce moment-là on pourra utiliser le vieil adage qui est à la base de toute saine théologie : « Aide-toi, le Ciel t\u2019aidera.» Et les desseins du Ciel ce n\u2019est ni au malade, ni au pasteur d\u2019âme, ni au médecin de les sonder.I! faut redire à Dieu, avec Pascal 24 : « Je ne sçai lequel m\u2019est profitable de la santé ou de la maladie, du bien ou de la pauvreté, ny de toutes les choses du monde.C\u2019est un discernement qui passe la force des hommes et des Anges, et qui est caché dans les secrets de vostre Providence que j'adore, et que Je ne veux pas approfondir.» , 23.Docteur H.BArux, Psychiatrie morale expérimentale, individuelle et sociale.Paris, Presses universitaires de France, 1945 (Bibliothèque de Psychiatrie), p.12.24.Blaise PAsCAL : Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies.Œuvres.Les Grands Écrivains de la France, publication L.Brunscxvice, P.Bou- TROUX, F.GAZIER, t.1x, p.334.Paris, Hachette, 1914. PROPOS MÉDICO-PSYCHOLOGIQUES LE GÉNIE ET LA FOLIE par le docteur CAFFIAUX (Lille) * Les principaux caractères de l\u2019homme de génie semblent, croyons- nous, s\u2019étre dégagés au cours de cette tentative d\u2019examen critique.L\u2019homme de génie nous est apparu comme un être jouissant d\u2019une excellente santé physique et mentale.L'indice de longévité, l\u2019un des plus objectifs, fait justice de bien des légendes.Évidemment, il ne suffit pas d\u2019attemdre un âge avancé pour être considéré un génie mais la longévité est l\u2019un des imdices de la santé qui, ici, doit être intégrale et porter notamment sur le système nerveux.Lombroso et Laschi, qui comptent parmi les auteurs les moins défavorables à la thèse d\u2019un rapprochement entre le génie et la folie, écrivent d\u2019autre part : « On a démontré par des chiffres que, en général, en Italie, Ia ou sont les grandes intelligences, sont aussi les hautes statures (Florence, Naples, Lucques, Sienne, etc.) et les basses statures là où elles sont plus rares (Sassari, Grosseto, Lecce, etc.) ; et cela un peu à cause de la race mais beaucoup plus .parce que la stature élevée est l\u2019indice le plus délicat de la salubrité du pays, tellement qu\u2019elle disparaît même chez { Cf.Laval Médical, 19 : 978 et 1111, (sept.et oct.) 1954.* Chargé de cours à la Faculté de médecine de Lille, France. Novembre 1954 Lavar MÉDicArL 1271 des races naturellement grandes, là ou règnent la malaria et le goitre (Sondrio, Sassari).La marécageuse Grosseto n\u2019a donné aucun homme de génie ni de très grande taille et elle a fourni au contraire une série d\u2019exemptions pour la taille presque double de Florence.La Sardaigne 102 donne plus de basses statures et moins de génies que Livourne .» 103 « C\u2019est de la région sans pluies .que sont parties les races conquérantes du monde antique : Tartares, Aryens, Sémites .elles envahirent des pays relativement humides et ayant un caractère commun, l\u2019énergre, elles le perdrrent .Au Pérou, dans la région sans pluies se trouvèrent les traces les plus remarquables d\u2019une civilisation antérieure aux Incas, » 104 Quoiqu\u2019il en soit, nous admettons que le climat mflue sur la santé et par là favorise ou défavorise le génie.Pour Lombroso, la montagne 105 Jui est favorable, la plaine, défavorable et plus facile à soumettre à l\u2019envahisseur (pour une raison double par conséquent).Ces auteurs font 1c1 ressortir plus l\u2019mfluence du clrmat que celle de la topographie (comme le feraient les sociologues), point de vue qui doit être aussi pris en considération, 106 et que Lombroso et Laschi mentionnent d\u2019ailleurs à leur tour.La géologie peut aussi jouer un rôle.Pour Lombroso et Laschi, plus le terrain est de formation récente et plus 1l est favorable au génie.Toutefois, les exemples proposés par les auteurs sont mégalement convaincants.Même les meilleurs de ces exemples : populations misérables de Calabre et de Sardaigne, au terram primitif, ne sauraient faire 102.Les animaux importés y adoptent également une très petite taille en peu de générations.Pourtant cette thèse mériterait des études complémentaires, plus analytiques.103.Pour les mêmes raisons de climat, les auteurs expliquent par l\u2019électricité et la sécheresse de New-York le grand nombre de névropathes, d\u2019assassins politiques, les causes météoriques étant compliquées par les causes historiques et sociales.Celles-ci jouent aussi à Paris et viennent, avec le climat variable, augmenter encore la mutabilité spéciale à la race gauloise et la pousser aux révoltes.104.Lombroso et Laschi ne nous parlent pas de la Grèce antique, du Japon moderne .Ils pensent tirer une preuve très exacte de ce qu\u2019ils avancent de l\u2019orographie des départements français (d après Reclus) et de la distribution de la génialité pendant un siècle (d\u2019après Jacoby) .En chinois, air chaud et humide serait synonyme de stupidité.105.À l\u2019exception de la haute montagne et de certaines vallées.106.Là où les relations sont favorisées, des idées peuvent être échangées, des croisements de races peuvent s\u2019opérer, les maladies peuvent s\u2019échanger et se répandre. 1272 LAavAaL\u2026 MÉDICAL Novembre 1954 appel exclusivement à ce facteur.La nature du sol a toutefois sur la santé une indiscutable mfluence possible : nature des éléments mméraux, radioactivité, etc.107 « Cependant, écrivent Lombroso et Laschi, en étudiant sur une grande échelle la distribution de la génsalité en France par rapport aux terrains, on ne trouve de bien évident que ceci, savoir, que le minimum de génialité coïncide avec le maximum des terrains crétacés.» Les mêmes auteurs insistent sur le rôle favorable de la fertilité du sol (et par suite, de la richesse), à condition toutefois qu\u2019elle ne soit pas excessive, 108 Ils ont bien pressenti l\u2019existence d\u2019un rapport entre génie et santé et donc génie et mortalité mais l\u2019utilisation exclusive de statistiques administratives, départementales répondait d\u2019une part à un certain préjugé et constituait d\u2019autre part une base qu\u2019il n\u2019eut fallu utiliser que comme terme de comparaison.Les auteurs devaient aboutir ici à une Impasse et abandonner ce type d\u2019indrce.Nous avons vu que les statistiques pouvaient avoir quelque valeur, ici comme ailleurs, toutefois, notre tentative a revêtu un caractère entièrement différent de ce que l\u2019on observe chez ces auteurs.109 Enfin, Lombroso et Laschi font état de l\u2019alimentation, de la race.Les difficultés d\u2019origme sociale peuvent être un stimulant ou un frein selon les circonstances et les tempéraments, qu\u2019il s\u2019agisse de routine, de révolution, etc., ou même du passé historique, de l\u2019enseignement 110., Mais la santé est la première condition du génie (ou, si l\u2019on préfère : la sursanté).Et Montaigne y a songé : « Noz maistres ont tort dequoy, cherchant les causes des eslancements extraordinaires de nostre esprit, outre ce qu\u2019ils en attribuent à un ravissement divin, à l\u2019amour, à l\u2019aspreté guerrière, à la poësie, au vin, ils n\u2019en ont donné sa part à la Santé ; une santé bouillante, vigoureuse, pleine, orsifve, telle qu\u2019autrefois la verdeur des ans et la sécurité me la fournissent par venuës.Ce feu de gayeté 107.Différences entre les auvergnats de Segalas et de Caux et leur bétail.108.La richesse a sur la santé la même influence.109.Figures sous forme de courbes les chiffres obtenus conduisent à une courbe de Gauss.Ceci peut être regardé comme un indice de la validité de la statistique et de ce qu\u2019elle s\u2019appule sur un nombre de cas suffisant.110.La nécessité de l\u2019enseignement est évidente.Pourtant sa pédanterie, ses sophismes autoritaires, son corset orthopédique uniforme étouffent souvent le génie.(Notre enseignement ne lui est d\u2019ailleurs pas destiné .) Novembre 1954 Lavar MÉDICAL 1273 suscite en l\u2019esprit des eloises vives et claires, oustre notre portée naturelle et entre les enthousiasmes les plus gaillards smon les plus esperdus.Or bien ce n\u2019est pas merveille si un contraire estat affesse mon esprit, le cloue et faict un effect contraire.» \u2014 Sans doute, nous dira-t-on, sans doute parlez-vous du savant, peut-être du philosophe, mais l\u2019artiste ?le Irttérateur?Le romancier ne subit-il pas un véritable dédoublement de la personnalité?Le poète n\u2019est-il pas schizothyme?pour ne pas dire plus ?\u2014 Certes, nous y avons insisté, 1l est convenable de distinguer les divers types humams auxquels on attribue du génie, encore que cette distinction soit moms fondamentale qu\u2019il ne semblerait.Il y a pluralité des modes de raisonnement et de recherche mais sa polyvalence même, tant de fois éclatante, tend à montrer l\u2019unité du génie, 110 bis Psychopathie du romancier?Prenons l\u2019œuvre de Balzac et voyons, non pas s1 elle ne réflète rien de morbide (Balzac est un clinicien de l\u2019homme moyen, un pathologiste du « normal ») mais si elle suppose un dédoublement de l\u2019auteur.De toute évidence, 1l n\u2019en est rien ou du moms ce dédoublement (conscient) est un passage à travers tant d\u2019humanités diverses que le terme convenable pour désigner un tel phénomène est proprement celui de curiosité, de tendance à l\u2019humanisme et à l\u2019universalité.Voyons maintenant le poète.II s\u2019éloigne, dites-vous, du réel vécu, sombre dans le subjectif qui menace son équilibre psychique?Vous m\u2019offrez des exemples significatifs : Baudelaire sans doute.Le dissocié, l\u2019artificiel, le pervers, le fétichiste, que sais-je?Notre thèse semble balayée d\u2019un revers de main .Et pourtant ! Oublie-t-on Baudelaire critique?critique pictural, musical, littéraire, et grand critique?et ceci comporte équilibre, recherche d\u2019une synthèse, spontanéité et lucidité, conscience.Ainsi ce poète, dominé, inconscient, aveugle, ce poète qui perdait pied, oublieux de notre monde, c\u2019était un critique.Les lluminés, les naifs, ce furent nous, troublès une fois de plus par les apparences les plus grossières.Le 110 bis.Les « facultés » ont été trop disjointes l\u2019une de l\u2019autre et l\u2019intellectualité même trop radicalement séparée de l\u2019affectivité.On voit bien le lien par exemple sur le plan de l\u2019attention que Bleuler apparente à l\u2019affectivité.Il s\u2019agit moins de condamner l\u2019une à l\u2019avantage de l\u2019autre que de les vouloir adaptées, harmonieuses, étendues et disciplinées. 1274 Lavar MÉDicaL Novembre 1954 critique surveillait et mesurait les élans du poète mdompté, y introdur- sait doses et travail, ce travail que le vulgaire répugne à imagmer dans la poésie 111, qui doit sortir toute armée comme Mmerve, et que la culture déprécie à ses yeux, comme toute explication non mythique, 112 Baudelaire nourrit sa poésie de critique (picturale par exemple) et pour une bonne part, son génie.Nous trouvons ici encore, à la base, intégrité sensorielle 113 remarquable et puissance de cohésion ; sensibilité vive, associations riches, conscience lucide.L\u2019obsession de la psychologie géniale ne se fonderait-elle pas seulement par une méfiance, un refus, à l\u2019égard du témoignage Individuel, privé, original, unique?L\u2019individu, en tant que personne, doit s\u2019aliéner pour devenir un fidèle reflet de l\u2019homme majoritaire.Le rejet du mythe social, même purement intérieur, est crime ou folie.On aboutit à divr- niser la divagation grégaire pour elle-même et la réflexion mdividuelle est dès lors à elle seule un inadmissible attentat.La bête humaine ne doit pas s\u2019interroger si elle veut rester la bête humaine.Pour éviter la « folie », l\u2019individu doit « s\u2019aliéner » ! Dans le génie, c\u2019est déjà la personne qui est visée, 114 La vitalité géniale comporte comme une durable jeunesse et une estime de la vie.Léopold Levi rattache cela au fonctionnement normal du testicule.Jugement et concentration d\u2019esprit lur sont dus, selon cet auteur qui écrit d\u2019autre part : « Les vrais artistes présentent souvent une froideur de sentiments, une impressionnabilité, une ingénuité que J\u2019ai notée dans le psychisme de « génial » dans mon livre sur le tempérament et les glandes.» Et Émile Faguet n\u2019a-t-il pas écrit : « Le sens 111.Dans la peinture ou la sculpture, où le travail matériel est évident, le vulgaire le voit seul et apprécie selon le nombre supputé de coups de pinceau ou de marteau.(Que verrait-il d\u2019autre et ne peut-il se juger ainsi moins éloigné de l\u2019artiste ?) , 112.ou quelque peu blessante.Le travail, ici, peut éloigner, si le travail matériel donne l\u2019illusion de rapprocher.113.Don de voir, sens wagnérien de la musique, richesse des sensations tactiles, gustatives et olfactives.Les drogues étaient-elles chez lui un sédatif, un outil contrôlé, un risque calculé?114.Comment s'étonner de la plus grande génialité des peuples où la personne est estimée et de la haine ainsi que du mépris (plus ou moins sincère) que nourrissent à leur égard les peuples dépersonnalisés, aux réactions animales et aux « idées universellement valables », mais pour qui toute culture est « pose » et artifice et I\u2019 « humain » le débraillé, qui ne peuvent distinguer le pédant de l\u2019homme éduqué.Ces derniers peuples ne peuvent surmonter la difficulté qu\u2019est la nécessité de ne pas traiter de même qui doit être contenu et qui doit connaître l'expansion.À l'inverse des premiers, ils offrent la liberté aux instincts et la refusent à l\u2019esprit. Novembre 1954 LavaL MeEbicaL 1275 artistique n\u2019est pas autre chose, en son fond, que le sentiment vif de la vie.L\u2019artiste est avant tout celui qui vit au dehors de lui, ou, bien plutôt, en qui les choses extérieures vivent, d\u2019une vie ramassée et ardente.Pour être un artiste complet, il faut autre chose ; mais c\u2019est là le fond.» 115 Voici le témoignage d\u2019un poète : Celui qui trouve est un cerveau qui communie Avec la fourmillante et large humanité.L\u2019esprit plonge et s\u2019enivre en pleine immensité II faut aimer, pour découvrir avec génie.116 Une tendresse énorme emplit l\u2019âpre savoir Il exalte la force et la beauté des mondes II devine les liens et les causes profondes Ô vous qui me lirez, dans les siècles, un soir, Comprenez-vous pourquoi mon vers vous interpelle ?C\u2019est qu\u2019en vos temps quelqu\u2019un d\u2019ardent aura trié Du cœur de la nécessité même, le vrai, Bloc clair, pour y dresser l\u2019entente universelle, !!7 VERHÆREN Vie, vérité, intuition, sympathie, voici la génialité.Elle est pour Lombroso : mémoire, cerveau inépuisable, maltérable, constance de l\u2019attention et puissance de travail.L'unité du génie se retrouve dans ces qualités éthiques.Du général de la science au particulier de l\u2019art il est possible de trouver le terme auquel, en réalité, 1ls participent tous deux : le spécifique.Les variations de l\u2019un à l\u2019autre ne sont pas sans analogie avec un changement d\u2019ordre de grandeur.D\u2019autre part, pour Rignano, le raisonnement est une forme pratique de l\u2019imagmnation.La sensibilité élémentaire et adaptive en demeure la racine, 118 115.Ici encore : maximum de vie + maximum d\u2019information.116.humanité et Immensité auraient pu aussi bien être interchangés.117.Verhæren a le bonheur d'ignorer que le vrai est une des substances avec lesquelles l\u2019humanité forge l\u2019erreur.118.D'où, une fois encore, l\u2019importance de la santé neuro-musculo-sensorielle, \u2019 .- .a d\u2019un système nerveux central adapté et riche de connexions, sain, donc importance de la race et de l\u2019éducation et aussi hygiène favorable et éventuellement influence des agents utilisés en médecine.(L'expérience du chien au temporal sectionné montre-t-elle la voie d\u2019une chirurgie À cet égard ?) Mais, « les névropathes sont communément stériles ».(Ch.MAuRRas.) 1276 Lavar MEbicaL Novembre 1954 La passion s\u2019y oppose, qui est révolte instinctive contre les contrôles de la raison, dérèglement d\u2019un sentiment, retour à l\u2019automatisme, défaut de coordmation, d\u2019adaptation ou inhibition pure.L\u2019attention, la vigilance vigoureuse du génie, lui permettent de tout voir.Le fou, le faux génie, le vulgaire, prennent au sérieux leurs fantaisies, se laissent surprendre par ce qu\u2019ils croient voir !19 (l\u2019hallucination, 120 illusion, la « perception » servile de ce que la routine fait voir [faits mapercus]).Pourtant la perception du détail n\u2019est pas le génie, si elle masque l\u2019ensemble.Le jugement intervient dans ce choix.Le génie est-il jugement sûr ?(avec les qualités morales que cela comporte : discrimination, refus de confondre et de transposer, même dans un but hédoniste).Il tend à dépasser l\u2019hédonisme même en se dépersonalisant de la passion pour atteindre une conscience plus large.(Quelle énergie cela suppose ! ) L\u2019illusion et l\u2019hallucmation sont caricatures et ébauches tératologiques de l\u2019hypothèse scientifique ; la hâte paresseuse, la faiblesse d\u2019un cortex insuffisamment évolué ou malade, s\u2019en tiennent seulement aux premières apparences, incapables d\u2019attemdre le niveau le plus élevé d\u2019intégration.Le vulgaire a l\u2019expérience de la foire, non celle du génie ; parvenu au plan de l\u2019action, 1l soupçonne parfois à peine celui de la conscience et de la pensée.Ayant plutôt l\u2019expérience de la folie que celle du génie, il généralise à partir de son expérience propre, tout en cherchant plus ou moins inconsciemment à « faire la part du feu ».Le génie est conscience.Ceci est vrai pour la science tout d\u2019abord.Ce l\u2019est aussi pour l\u2019art si l\u2019on veut bien y réfléchir.121 119.Le commun croit ce qu\u2019il sait, le génie sait ce qu\u2019il croit.120.Erreur d\u2019interprétation.121.La réflexion serait le génie si de la sensibilité à l\u2019entendement il y avait la seule différence de la conscience obscure à la conscience claire, comme le pensait Leibnitz, observe M.Pradines.D\u2019autre part, en ce qui concerne la simple perception esthétique, il a été dit que c'était en se dissociant, non en se dépassant, que la perception devenait esthétique, mais cette dissociation ou cette libération géniale séparerait le souvenir ou encore la conscience de l\u2019adéquation, de la conscience de l\u2019instant.Ici, il y aurait accroissement de conscience et naissance de la pensée.Cependant la « mutation esthétique » des tendances adaptives de la perception ne constitue pas un plus grand déracinement mais une confrontation qui peut faciliter ou non une adaptation supérieure ou se cultiver pour elle-même.Le beau comme le Novembre 1954 Lava\u2026 MÉDicaL 1277 La passion se dissimule parfois derrière un simulacre de raison mais faire de la raison une passion?Peut-être la raison a-t-elle parfois besoin de se dissimuler, elle aussi .Dans un monde qui n\u2019est que probabilité, la pensée a pu apparaître comme un véritable délire d\u2019imterprétation.La génie consiste à asseoir cette pensée sur la base la plus large de probabilités et à voir en elle une approximation intéressante et une hypothèse de travail.La santé serait-elle dans une approximation plus grossière ou dans le refus de la vie?Dans une situation donnée, la santé (qui est notion relative) consiste en une adaptation convenable, non à renoncer à cette adaptation ni même à la tenter médiocrement 122, La nécessité crée l\u2019ingéniosité, biologique ou logique, et c\u2019est dans de sens que Rignano peut prétendre que le raisonnement !23 a un aspect dynamique, ajoutons réactionnel et d\u2019origine (non de nature) affective.Les situations données sont formées pour une bonne part de facteurs sociaux (ce ne sont pas les moins mouvants).Ces facteurs sollicitent l\u2019adaptation, favorisent ou étouffent le génie selon les circonstances.Ces facteurs, même les plus généraux, comme le langage, sont des armes souvent à double tranchant.Le langage, par exemple, est bien un outil, une base de départ, mais il est indispensable de ne pas s\u2019en tenir à ses approximations vagues et à ses fallacieuses évidences.L'importance de la langue apparaît bien dans cette perspective et semble avoir été notée par beaucoup (allemands notamment peut-être) de ce pomt de vue ou d\u2019un point de vue voisin.On peut y chercher aussi sans doute une explication de phénomènes différents au sein de populations variant par la langue et non par la race.(Les unes ayant conservé vrai, sollicite le contemplatif et se plait à différer l\u2019action.Esthétique et pensée s\u2019apparentent ici singulièrement.Le terme de jugement se présente inmédiatement à l\u2019esprit.\u2014 Ajoutons que le souvenir a par là lui-même, quelque valeur esthétique et que l\u2019imagination est tri et confrontation de souvenirs en vue de choix.122.Les phénomènes mentaux anormaux des psychoses, a-t-on dit, sont des reflets de la réalité objective, troublés et poussés par les troubles d\u2019intégration qui sont eux-mêmes des phénomènes réels et objectifs.\u2014 Par suite la différence entre l\u2019homme moyen et le fou est une question de degré.123.Cette impression est plus forte encore en ce qui concerne la forme moins ¢laborée qu\u2019est le jugement. 1278 Lava\u2026 MÉDicaL Novembre 1954 la langue ancestrale, les autres ayant tiré parti de la langue d\u2019envahisseurs,) 123bis Des Volkes Seele lebt in seiner Sprache, écrit Geethe.Là réside un élément constitutif important de ce que l\u2019on peut appeler le génie d\u2019un peuple, caractérisé par l\u2019ensemble des traits essentiels de sa culture et de sa civilisation.Le langage y est source et produit, pour une bonne part, de ses attitudes mentales.Plus apte à l\u2019expression qu\u2019à l\u2019euristique, on a pourtant mieux vu les services qu\u2019il rendait que les difficultés qu\u2019il créait.Une étape que l\u2019humanité devra un jour franchir consistera sans aucun doute en un dépassement, en une élévation « par-delà le langage ».Les mathématiques ont montré ses msuffisances et constituent en quelque sorte une tentative de cet ordre.Rignano ajouterait qu\u2019en l\u2019absence d\u2019un langage humain, les fourmis n\u2019en sont pas moins capables d\u2019une imagmation vive et par là de raisonnements « galiléens » .Dans une société faite pour le médiocre et qui va toujours en se hiérarchisant, en s\u2019encasernant davantage !24, aucune place n\u2019est prévue pour l\u2019homme fort ou pour le génie, 125 mais parce qu\u2019il détient une plus grande valeur humaine, 126 nous ne devons pas le confondre avec celui qui est moms qu\u2019un homme.Le génie est-il asocial?Il est suradapté.Le conformisme, base de toute société, n\u2019est que la mise en œuvre de recettes incomprises dont l\u2019origme et la portée sont perdues de vue.Le génie dépasse cet état de choses, distingue les valeurs, réintroduit la vie et la pensée, sépare les traditions vénérables que l\u2019on tire des guenilles auxquelles on s\u2019accroche.Face aux «évidences », au délire collectifs, il doute puis corrige, serre la vérité de plus près tandis que le vulgaire prend au pied de la lettre ses approximations.La vision debout, expliquée parce que la perception est déjà un degré de pensée synthétique, est une estimation approximative des 123 bis.Il est rare d\u2019ailleurs que la différence de langue soit exclusive de toutes les autres conséquences possibles de l\u2019invasion .124.Et la civilisation industrialiste n\u2019y contribue pas peu.125.La société, comme le polypier, est appui des faibles et prison des forts.126.Diogène le Sinopien, à qui l\u2019on demandait s\u2019il avait vu beaucoup d\u2019hommes répondit : Non.A un autre qui lui demandait s\u2019il y avait foule, il répondit : Our. Novembre 1954 LavaL MEDICAL 1279 formations venues de tous les points des sens.Elle est utile, nécessaire et représente une de ces synthéses dont on se défie en les nommant philosophiques.Les fausses perceptions s\u2019expliquent de même.Telle est, avec l\u2019identification en chaîne et la confusion verbale, I\u2019 « évidence » au nom de laquelle on peut appeler rêveur le penseur, quand on a « les pieds sur la terre ».L\u2019homme étant la mesure de toutes choses 127 (puis- qu\u2019il ne considère rien que relativement à lui) considérera aimablement deux groupes dans l\u2019humanité : les bons et les méchants 128 (par rapport à lui et qu\u2019il s\u2019agisse d'homme, d\u2019animaux, de plantes, d\u2019objets inanimés ou de phénomènes naturels), les fous et cruminels (qui diffèrent de lui) et les gens sensés (les plus semblables 129 à lui).La psychiatrie, statistique comme la médecine, comme la science, dans ses applications, ne peut s\u2019associer à cette distinction en deux groupes : normaux et anormaux.Elle voit les transitions msensibles par lesquelles on passe d\u2019un groupe à l\u2019autre et comment (s1 l\u2019on permet une image grossièrement schématique et didactique) l\u2019on passe du sous-adapté («fou ») à l\u2019homme du commun, à l\u2019adaptation plus ou moins précaire et limitée, puis au génie, précurseur peut-être d\u2019un véritable bomo sapiens, qui ne confond plus l\u2019imagmaire et l\u2019imaginé et chez qui l\u2019adéquation permet même d\u2019espérer la naissance d\u2019une véritable pensée et d\u2019une véritable logique.Cette adéquation lui épargne la sotte vanité.130 Cette adéquation qu\u2019il n\u2019est pas de taille à reconnaître, le vulgaire 131 la recherche tout de même d\u2019une certame manière, chez le guérisseur, le radiesthésiste, l\u2019acrobate, le calculateur prodige.C\u2019est sous l\u2019un de ces aspects qu\u2019il se représente le génie : automate, hystérique, prestidigitateur.Et sous cet angle, on peut comprendre qu\u2019il l\u2019identifie au psychopathe., 127.Beaucoup te louent, disait-on à Antisthène.\u2014 Quel mal ai-je donc encore fait ?répondit-il.128.Cette alternative, pourtant, se justifie, car on naît bon ou méchant.129.On accusera le génie d\u2019être asocial mais on appréciera l\u2019esprit de parti.Les partis ne représentent-ils pas pourtant, très généralement, les intérêts antisociaux ?Mais, il est vrai, ces intérêts, ces passions sordides sont intelligibles pour tout homme de parti alors que l\u2019homme de génie est difficile à comprendre et se laisse bien des fois à son tour dérouter par les manifestations de la bêtise humaine.130.Même l\u2019orgueil, chez lui, ne saurait être que relatif.131.et ce terme doit être pris en un sens extrêmement large. 1280 LavaL MÉDICAL Novembre 1954 Comment verrait-il, par exemple, en la dictinction d\u2019ordres de grandeur un remède contre la systématisation abusive et contre la description, à perte de vue des faits réels ?Platon, qui fait naître les maladies de l\u2019âme de nos dispositions corporelles aggravées des erreurs de l\u2019éducation, en reconnaît deux sortes : la folie et l\u2019ignorance.(Timée.) Voila le point de vue auquel la réflexion de l\u2019homme cultivé et sain le conduit fatalement.132 Synthèse et réflexion ; caractère global des plans d\u2019observation (voyez Gœthe) expliquent la volonté chez le grand homme, si le vouloir consiste bien dans la conscience des fins et moyens.La volonté paral- Jèle à la raison ; un enfant peut découvrir par lui-même cette vérité.N\u2019a-t-on pas dit que la volonté (non pas l\u2019obstination) était un plan de vie auquel nous étions élevés par les fonctions : imagination, mémoire, jugement (et :l conviendrait d\u2019ajouter : la force qui leur est nécessaire), qu\u2019elle n\u2019était pas une fonction mais le tout de l\u2019homme.La complexité des problèmes étudiés nécessite souvent de différer l\u2019action.L'état de tension 133 explique que l\u2019on puisse parfois alors parler, avec Toulemonde, d\u2019inquiets.Il n\u2019y a là aucune mcomptabilité avec l\u2019aisance du travail et ce que Jean Giraudoux remarque chez Racme, peut s\u2019écrire de plus d\u2019un grand homme, qui domine son sujet plus qu\u2019il n\u2019en est dominé : « Les découvertes sur les hommes, Racine les dégage avec une distraction, avec un détachement de l\u2019humanité aussi profond que celui du géomètre pour la vie courante et familiale des chiffres et des figures .» Cette aisance fait parfois un grand tort au génie.Elle ne fait pas sérieux.Elle rappelle le Jeu (qui, parfois, en tant qu\u2019indice d\u2019imagination notamment, a été signe précurseur du génie) en tant que puissance 134 de réaliser facilement ce que le travail effectue avec peine.Raison de 132.Ce sont ces traits de génie qui caractérisent le grand homme et peuvent lui faire pardonner quelques erreurs dues à l\u2019état de la science contemporaine.Ces traits sont lumineux et paraissent dire des choses toutes simples et pourtant .Quelle réflexion condensée dans cette phrase encore : « Le rythme.remédie au défaut de mesure et de grâce du caractère de la plupart des hommes.» (Timée.) 133.Qu'elle soit psychologique ou sociale.(Le trait de génie tend à faire disparaître cet état.) On ne confondra évidemment pas tension et déséquilibre ! .134.C\u2019est encore une des caractéristiques de ce groupe d\u2019activités, à rattacher surtout d\u2019ailleurs au jJeu-compensation. Novembre 1954 Lava\u2026 MÉDICAL 1281 plus pour attribuer les traits de génie au hasard ou nier leur portée.Ceci sera moins vrai pour les génies d'application, en réalité simples manœuvres de conversion de l\u2019esprit en action.Moins maccessibles, ils seront plus facilement appréciés.Il est pourtant de l\u2019irrationnel dans le génie, traduisant le courage de voir qui relève cet irrationnel dans la réalité, ou plutôt cet Irration- nalisme.On le rencontre, dans tout dépassement scientifique et à l\u2019origine de toute nouvelle théorie.En littérature, il est remarqué surtout dans le romantisme, mis en opposition avec le classicisme rationaliste.L\u2019un observe la vie avec sympathie, d\u2019une manière un peu panthéiste, a l\u2019allemande, l\u2019autre est expression du rationalisme français, appuyé sur le substantif, pivot de son langage et de sa pensée.Corneille, La Fontaine, illustrent et accentuent cette manière de voir.Le génie romantique a le souci du global de l\u2019unité du monde, du témoignage vécu.Il interprète quelquefois.(Le classicisme ne le fait- il pas?) Est-il morbide par essence ?La sincérité, l\u2019espoir (ou même le désespoir), les aspirations humaines, même mal définies, sont-ils, par essence, morbides 135?L\u2019homme est-il morbide, alors, qui ne peut borner ses préoccupations aux problèmes jugés résolus ou à la soupière fumante du sous-directeur Paulmann ?Était-ce folie que de dire : L'homme ne vit pas seulement de pam ?On a parlé de folie divme.Faut-il prendre au sérieux une telle expression?La connaissance suprême est déclarée ivresse, hypnose, aliénation, fièvre ou trépas.Certains hommes de génie ont peut-être parfois, par pudeur ou ironie, ou par une sorte de pédantisme, laissé la porte ouverte à ces interprétations des faibles et des lâches pour qui la réalité profonde ne doit être ni recherchée ni regardée en face et dont les plaisirs même sont de la qualité la plus grossière.Le chercheur et le sage seront peut-être toujours insultés, bafoués, proscrits, quand ils ne connaîtront pas le sort de Pythagore, de Socrate, de Chénier .Il leur faut encore les titres de héros et de martyrs.Discipline de pensée, maîtrise de soi, travail, courage intellectuel, 135.Morbide encore tout cadre qui ne serait pas tout conventionnellement romain, tout personnage concret et assez audacieux pour se présenter sans avoir enfilé une toge au vestiaire ?(13) 1282 LAvAL MÉDICAL Novembre 1954 honnêteté intellectuelle, sont la traduction en langage éthique de l\u2019esprit objectif.(Le subjectif peut lui aussi être traité avec objectivité.) Folie, le risque?Qu\u2019mmporte le sort d\u2019Eli Frébom (Les mines de Falun) aux éclaireurs de l\u2019humanité?Pourquoi la vie ne pourrait-elle n\u2019être jugée digne d\u2019être vécue qu\u2019à certaines conditions ?On concédera toutefois que la pensée féconde peut être plus vite rapprochée de la pensée manquée, anormale, que de l\u2019anidéisme .ou de l\u2019ébauche de pensée si timide qu\u2019elle ne s\u2019aventure pas même jusqu\u2019au délire qu\u2019elle préfigure et se contente de l\u2019erreur commune, si salutaire.136 Mais le génie est conscience (bris de l\u2019automatisme), il est pensée (tromphant du comportement associatif), il est liberté (triomphant du déterminisme artificiel).L\u2019épanouissement des fruits de la maîtrise du contrôle volontaire ne peut se confondre avec le relâchement de la tension de l\u2019appareil régulateur psychique libérant l\u2019activité automatique des centres psychosensoriels.Et cette incompatibilité (évidente d\u2019elle-mêème, déjà, semble-t-il) trouve partout des preuves nouvelles.Citons seulement, si l\u2019on y ajoute crédit, les expériences de Pavlov qui obtient bien des troubles mentaux expérimentaux chez le chien faible ou « colérique » (très excitable, instable) mais jamais chez le chien type fort (à inhibition et excitation équilibrées).137 et 137 bis 136.L\u2019égalitarisme tend à de tels points de vue.Dire que la philosophie est folie parce que des philosophies particulières ne renferment pas toute la vérité, serait analogue.\u2014 Si les hommes naissent égaux, le nombre seul intervient et le nombre souverain ne peut admettre le génie sans nier le principe auquel il doit tout.Un homme-valeur en soi choque et inquiète l\u2019égalitarisme étatiste tel que nous pouvons en connaître et qui avoue d\u2019ailleurs procéder d\u2019une impuissance 4 determiner une nouvelle échelle de valeurs et ses critères pratiques.\u2014 L'erreur commune est le salut des faibles et le carcan des forts.137.Ces troubles mentaux sont obtenus par l\u2019impossibilité pour le sujet d\u2019avoir une réponse adéquate à un stimulus donné.(Rappelons une fois de plus que le génie ne saurait consister en l\u2019impossibilité d\u2019une réponse adéquate.) Quant à à l\u2019association de l\u2019adéquation, de l\u2019adaptation optima avec quelque monstruosité, on a vu que l\u2019hypothèse en était plus que gratuite.Pourquoi l\u2019esprit, pour réussir, devrait-il être informe ou dystrophique ?refléter et trahir la réalité et ne la reflèter qu\u2019en la trahissant?I la reflète d\u2019autant plus qu\u2019il la traduit moins ! Les frères siamois, les cul-de-jatte, les aveugles ou les cancéreux excellent-ils mieux à la barre fixe que les sujets bien constitués ?Si la vérité n\u2019est que le compromis entre une infinité de choses, le génie, qui l\u2019approche, est bien le mieux équilibré.137 bis.La castration du chien facilite l\u2019obtention de la névrose.(PavLov.) Novembre 1954 Lavar MÉDICAL 1283 N\u2019injurions donc plus le génie que l\u2019utilitarisme mterdit de tuer.Il est difficile d\u2019en faire la plus haute valeur et simultanément une monstruosité.Revisons notre échelle des valeurs et renonçons plutôt à quelques grossiers sophismes dont nous avons trop longtemps vécu.Si un bon génie nous enseigne à nous dominer, à nous observer, à éviter l\u2019abandon ou l\u2019oubli, à regarder objectivement le monde.S\u2019i souffle sur les vanités, les apparences, ne lui en tenons pas rigueur.Nous avons tant besoin de lui et d\u2019oreilles pour l\u2019entendre, aujourd\u2019hui peut-être plus qu\u2019hier .et moins encore que demain .Loi d\u2019un égalitarisme haineux, négateur (qui va jusqu\u2019à déclarer la mort seule chose « Juste » car atteignant tout le monde [la méritant ou non]), légitimé par une échelle des valeurs ridicule et odieuse, il faut apprendre à « comprendre » (avec ce que cela comporte de sympathie et de synthèse), à versteben, à se placer autour d\u2019une chose, effort salubre, tragiquement nécessaire, 138 Hëlas ! Toute comparaison abstraite retombe dans le vulgaire sous forme de concrétisations nouvelles, absurdes mais difficiles à déraciner et si le trait de génie est exempt de folie, on sait bien y introduire, après coup, cet ingrédient par l\u2019usage que l\u2019on en fait.Combien de vies humaines sacrifiées pour un antique jeu de mots recondensé sous forme concrète, incompréhensible peut-être mais d\u2019autant moins discutée ! La faiblesse et la rigidité de l\u2019esprit se reposent sur de telles formules.Le génie se caractérise par la vigueur et la plasticité, comme la jeunesse.C\u2019est ce que Tite-Live admire en Caton : « Il avait l\u2019esprit si enclin à se plier également à tout que, quoi que ce fut qu\u2019il entreprit, on eût dit qu\u2019il était uniquement né pour cela.» (\u2014 Né pour cela, car, dit Montaigne : « Les inclinations naturelles s\u2019aident et fortifient par institution ; mais ne se changent guère et surmontent.») 139 Montaigne écrit dans le même esprit : « Nostre principalle suffisance c\u2019est de sçavoir s\u2019appliquer a divers usages.C\u2019est estre mais ce n\u2019est pas vivre que se tenir attaché 138.« Notre vérité de maintenant ce n\u2019est pas ce qui est mais ce qui se persuade à autruy.» « Le premier trait de la corruption des mœurs, c\u2019est le bannissement de la vérité.» « Aux Français, le mentir et se parjurer n\u2019est pas vice mais une façon de parler.Qui voudrait enchérir sur ce témoignage il pourrait dire que ce leur est à présent vertu.» (MONTAIGNE.) 139.On n\u2019insiste généralement pas assez sur les facteurs innés.L\u2019objectivité même de l\u2019esprit est plus souvent innée qu\u2019acquise.La culture ne fait qu\u2019aider au développement d\u2019un germe lorsque celui-ci préexistait. 1284 Lavar.MÉDicaL Novembre 1954 et obligé par nécessité à un seul train.Les plus belles âmes sont celles qui ont plus de variété et de soupplesse.» A l\u2019égard de cette vitalité, Montaigne observe bien l\u2019unité psycho-somatique de l\u2019homme : « L\u2019homme marche entier vers son croist et vers son décroist.» De fait, le génie est précoce.L'âge peut accroître l\u2019érudition, l\u2019autorité, peut permettre la moisson, il n\u2019accroît pas le génie.140 Le génie des peuples n\u2019est pas sans analogies, naturellement, avec celur des grands hommes qui en font partie.Ce génie des peuples semble évoluer [ur aussi dans une phase d\u2019accroissement puis une phase de sénescence.(Quoiqu\u2019il faille se garder de bien des apparences.) Nous ne saurions trop insister sur la distinction qui s\u2019impose entre le génie scientifique et le, généralement faux, génie politique.Nous avons vu que l\u2019épilepsie !41, l\u2019hystérie, etc., étaient assez fréquentes chez ces derniers, certams présentent des troubles particulièrement accentués, tel Cromwell.Le monstre d\u2019égoïsme envahissant que fut Napoléon était un type, semble-t-il, de génie d\u2019occasion.Il eut du génie la puissance de travail, assez habituelle au grand homme, 1l se sentit comme « étranger », déraciné, les mains très libres, mais 1l renia chacune de ses convictions.Son œuvre fut le contrepied, la négation de sa pensée.Face à semblable échec, Il ne lui resta plus qu\u2019à servir un aventurier : Napoléon.On peut aussi distinguer le génie introspectif ou rétrospectif 142 du poète et le génie prospectif du savant.Mais on ne confondra évidemment pas le premier avec la régression du rêve ou du délire.Quoi qu\u2019il en soit, on a eu sans doute raison d\u2019écrire qu\u2019une génération ne pouvait juger avec certitude de la fausseté d\u2019une idée.Quoi qu\u2019il en soit, encore, la distinction entre névrose et génie semble maintenant surabondamment démontrée.Si l\u2019on voit dans la névrose une madaptation à la vie sociale, il faut voir dans le génie une inadaptation 140.Voyez encore le détachement de Montaigne et son jugement sur les loisirs « quibus vivere est cogitare » : « .combien vaut le plaisir, le jeu et le passe-temps.À peine que je ne die toute autre fin estre ridicule.» 141.Épilepsie politique dont Lombroso et Laschi citent de nombreux cas.(Mahomet en particulier.) Hémiplégie des chefs communistes en fin de carrière .142.Le goût du passé n\u2019est déjà possible qu\u2019avec l'apparition d\u2019une conscience réfléchie et la connaissance du moi comme personne.Il y a là association des idées, puis jugement et raison. Novembre 1954 LavaL.MÉDicaL 1285 de la société.(Si l\u2019on veut développer le sentiment social comme prophylaxie de la névrose, en fera-t-on également une prophylaxie du génie ?) Si, dans l\u2019hystérie, la conscience s\u2019est rétrécie, en faisant une maladie de la synthèse personnelle, dans le génie vrai, c\u2019est exactement l\u2019inverse que l\u2019on observe.143 Souvent, le génie consistera à résister à l\u2019entraînement d\u2019une névrose de groupe.Le génie, dans ces cas, est particulièrement en danger.On connaît la haine du névrosé pour ce qui n\u2019est pas lui.Le génie se distingue aisément du crime vrai si l\u2019on fait de celui-ci, avec Adler, une exhibition de sentiments de supériorité, car la supé- rioté effective et l\u2019exhibition de sentiments de supériorité, ne sauraient se confondre.Le génie nous est apparu comme une forme supérieure de la santé.Les cas où le génie apparait dans une famille donnant des signes de dégénérescence n\u2019ont pas paru assez nombreux pour nécessiter impérieusement une hypothèse explicative, telle que celle de la mutation au sens propre qui n\u2019a raison de survenir que lorsque la majorité succombe par suite de l\u2019inadaptation et le vieillissement.Admettre le rôle des croisements de races, agissant sur le plan biologique et non pas culturel, dans la production du génie, serait à rapprocher de semblable hypothèse.Cette santé intellectuelle, physique et morale peut et devrait être diagnostiquée précocement par des personnes compétentes, tout de même que la maladie, somatique ou mentale, 144 Quelques cas de syndrome aparnétique relevés chez quelques grands hommes tuberculeux ne sauraient modifier ce pomt de vue et établir que 143.La condensation du dément s\u2019oppose à la conscience discriminatoire et reconstructive du génie, etc.144.50% des malades mentaux peuvent être diagnostiqués aisément dès le séjour à l\u2019école par des personnes d\u2019une compétence toute superficielle.Voilà ce qui résulterait de recherches américaines.(L\u2019absence d\u2019une véritable médecine sociale, comportant en premier chef une psychiatrie sociale, laisse pêle-mêle enfants normaux, pervers et psychopathes de toute nature.) [Nous touchons ici à l\u2019un des plus graves problèmes de l\u2019éducation.Un autre, aussi grave, procède du préjugé selon lequel un peu d\u2019 « instruction » à tous a du moins autant d'importance que la formation d\u2019un génie, préjugé d'autant plus pernicieux que l\u2019enseignement français est plus étroitement conçu en fonction des fins d\u2019ordre politique, \u2014 Le duel du fond et de la forme est un autre problème que l\u2019on a pu réussir à rendre grave.) : 1286 Lavar MéÉDicaL Novembre 1954 la tuberculose ou même la volonté de puissance, suffise à déterminer le génie, 144 bis La théorie de Pavlov, tendant à faire du réflexe conditionnel le principe d\u2019acquisition de toute connaissance peut, elle, très bien cadrer avec le point de vue qui se dégage de nos investigations.Enfin, si l\u2019homme de génie est mens sana in corpore sano, son œuvre peut être marquée cependant par son tempérament, bien que cette spécialisation ne soit peut-être pas le signe des plus grands génies et puisse être présentée un peu comme une impureté : type extraverti pensant, introverti de sensation .145 Certaines recherches introduiraient mème la notion d\u2019un véritable tempérament génial, au moins dans le sens d\u2019une inaptitude aux troubles mentaux 146 et surtout perceptible dans le génie intellectuel ou réellement polyvalent.Cet équilibre dans la force assure l\u2019éloignement des erreurs extrêmes, à égale distance du sommeil et des convulsions, car les extrêmes, les oppositions s\u2019apparentent.147 Cet état de choses est singulièrement facilité chez les membres de cette freischwebende Intelligenz seule apte à tenter, selon Mannheim, une œuvre de synthèse, couronnant un travail de philosophie perspect1- viste, écrivions-nous dans un précédent article.Nous sortons ici de la vitalité, des dons innés, pour ne considérer que l\u2019apport favorable de l\u2019éducation, de la polyculture, d\u2019une ascèse de déraciné ayant désappris à ne « gouster que selon l\u2019ordonnance de sa coutume et de l\u2019usage de son village 148.» (MONTAIGNE).Ce sont 144 bis.Rorschach, par exemple, tend à de tels diagnostics, de même qu\u2019il distingue soigneusement le praticien, reproductif du théoricien, productif.145.Extraverti pensant (chirurgien, ingénieur) qui manie tout comme des objets, à la rudesse choquante, aux pensées destructives quand elles n\u2019ont pas affaire à des objets.\u2014 Type introverti de sensation de l'artiste, etc.Mais ces types sont avant tout des attitudes.146.La névrose en tant que sensibilisation émotive est moins inconcevable chez le grand artiste que chez le grand savant.147.La vérité, qui domine de haut ces oppositions stériles, ne doit pas toutefois être confondue avec la moyenne des erreurs opposées.148.C\u2019est la double compréhension, que présente notre définition du mot comprendre : « Comprendre, c\u2019est voir l\u2019unité dans la multiplicité par une activité analy- tico-synthétique (définition par rapport à l\u2019objet).C\u2019est encore se mettre à la place d\u2019autrui pour voir les choses sous le même angle que lui (définition par rapport au sujet).» \u2014 Dom Caffiaux (1712-1777) était-il déjà perspectiviste lorsqu\u2019il écrivait : « Toute la Science ne consiste qu\u2019à nous connaître nous-même, à connaître les objets qui nous envirornent, à connaître la relation qui est entre ces objets et nous.» ? Novembre 1954 Lavar MÉDicaL 1287 là facteurs favorisants ou facteurs de mise en évidence.C\u2019est dans ce sens que l\u2019on a parlé de la supériorité de l\u2019enfant unique ou du premier- nél49.Mais cette dernière affirmation repose sur l\u2019action globale de tant de facteurs complexes, est confirmée et infirmée par tant d\u2019exemples divers, qu\u2019elle passe au second plan, après les données mnées.(Dont la première, insistons-y, est une intégrité particulière de l\u2019anatomo-physio- logie du système nerveux assurant perception et synthèse car, comme l\u2019écrit Kohler, !*0 la perception ne peut s\u2019élaborer qu\u2019au niveau cérébral ou viennent converger les excitations en provenance de tous les organes sensoriels.) A l\u2019opposé de ce maximum d\u2019intégration, toute psychose, déclare Simpson, a également une composante somatique qui reste au-dessous du seuil de la conscience mais mfluence l\u2019état neuro-psychique.Dans la santé mentale, il y a prédominance des fonctions corticales conscientes et inhibitrices, opposées aux fonctions plus anciennes, affectives, autonomes, avec leur cortège de suggestibilité et d\u2019instabilité émotive.Cette santé, nous l\u2019avons dit, a une valeur éthique.Pavlov, par exemple, 151 nous est dépemt comme doué «d\u2019une colossale vitalité, d\u2019une honnêteté absolue et d\u2019un grand courage .».Le grand homme véritable est un homme fort, aux tensions dominées souveramement par la réflexion imhibitrice.152 Cette maîtrise l\u2019élève très haut au-dessus d\u2019obstacles imfranchissables pour d\u2019autres.La démesure elle-même n\u2019apparaît pas chez le grand homme comme aliénation mais comme risque calculé d\u2019un génie intuitif.149.Celui-ci subit une éducation maternelle faite de plus d\u2019anxiété, de sévérité, de formalisme.II est donc plus tourmenté, plus sensible, plus inhibé mais plus dépendant.L'action est à la fois favorisante et défavorisante.Si l\u2019enfant est inférieur à la normale, l\u2019action sera également favorisante (sur la névrose) et défavorisante (encadrement .Il est inutile d'insister sur l\u2019action de la psychologie parentale, susceptible d\u2019influencer davantage les enfants peu nombreux, abstraction faite de leur position ordinale, (influence familiale pure et simple), sur la possibilité relativement plus grande d'assurer à des enfants plus nombreux des jouets, des livres .150.KoHLER.Ueber Aufbau und Wandlungen der Wabrnebmungswelt in : (Esterreichische Akademie des Wissenschaften, 1951.151.De combien n\u2019a-t-on pas dit que ce qui frappait surtout était leur extraordinaire puissance de travail, capable de compenser le risque de dispersion que ferait naître chez \u2019homme moyen un égal appétit de tout connaître et de tout tenter.152.Si l\u2019on peut employer le même terme d\u2019inhibition pour désigner l\u2019inexcita- bilité d\u2019un autre et l\u2019intervention de la volonté (ou de toute autre cause) qui suspend la réaction motrice alors que l\u2019excitation s\u2019est produite bel et bien. 1288 LAvAL MÉDICAL Novembre 1954 Le vulgaire fait volontiers de l\u2019audace une folie, de la conscience d\u2019un risque une peur.C\u2019est faire la part belle à I'Inconscience et à la lâcheté qui jouent, il est vrai, un si grand rôle dans tant de vies humaines.Mais la pensée ne doit pas être regardée comme la suprême folie ni la sagesse ramenée à une prudence conformiste d\u2019épicier.(Là, certes, il n\u2019est guère d\u2019aventure intellectuelle.) .Et, par quelque côté qu\u2019on l\u2019envisage, ce que l\u2019on note de plus général dans le génie, de plus constant et fondamental, c\u2019est la conscience.C\u2019est elle qu: surmonte le risque de névrose, elle qui se défie des mots et de leur « logique » et tautologie vague, qui rejette la croyance à l\u2019homogénéité du langage (même valeur!°3 accordée à tous les mots), apparence à laquelle tant de bons esprits se laissent si souvent surprendre 154, C\u2019est elle encore qui situe le débat bien au-dessus du simple exhibitionnisme auquel on voudrait ramener la littérature, la peinture et la sculpture.(Ce sont là modes d\u2019expression, supérieurs, durables sans doute, mais expression tout de mème, essentiellement.Entend-on que l\u2019expression soit exhibitionnisme?Méme en prenant ce dernier terme en un sens si étendu qu\u2019il risque de voir profondément altérer sa signi- x fication, cette assimilation est difficile à admettre 155, impossible à admettre et équivaudrait a faire de la vie sociale un exhibitionnisme.Avouons qu\u2019alors celui-ci aurait perdu tout caractère pathologique.) 153.Toujours cette égalité, base des mathématiques mais que rejette absolument le domaine des « observables ».154.Voyez les définitions tautologiques de notions telle que celle de probabilité par exemple.155.Lorsqu\u2019un fugitif supplie : « Cachez-moi », il y a bien expression mais non exhibitionnisme.\u2014 Mais, dira-t-on, il ne peint pas un tableau pour exprimer son besoin.\u2014 « J\u2019ai chaud » peut être un thème artistique ou littéraire.Dira-t-on qu\u2019il y a quelque chose de théâtral dans les modes d\u2019expression en question ?Nous répondrons que ce théâtral fait partie de la constitution humaine et qu\u2019il se retrouve beaucoup dans les psychopathies et fort peu dans le génie, orienté vers l\u2019intérieur ou soucieux de problèmes abstraits.(L\u2019écrivain qui déclare tout artiste un gladiateur qui amuse le public avec ses agonies, est un désabusé ou un demi-comédien prêt à faire commerce de tout.On ne peint pas d\u2019ailleurs que ses agonies et [orsqu\u2019on le fait, il est souhaitable que ce ne soit pas avec le but d\u2019 « amuser » le public.Il y a des œuvres qui ne sont pas publiées ou qui le sont sans y avoir été initialement destinées.D\u2019autres recherchent autre chose de la part du public que l\u2019obole ou la satisfaction de l\u2019avoir distrait.) En tout état de cause, il y a le génie silencieux et le prétentieux sans génie.Si l\u2019on tient à l\u2019exhibitionnisme dans le génie, au moins y a-t-il chez lui exhibrtionnisme de quelque chose. Novembre 1954 Lavar MÉDICAL 1289 C\u2019est elle qui caractérise le degré évolutif de la vie de relation et \u201c engendre l\u2019espérance d\u2019un peu de lumière au sein de la nuit de l\u2019erreur, 156 Nous avons vu que le poète (même les plus admirateurs du « dionysiaque »), étaient plemement conscients.(Débordement de vie n\u2019exclut pas conscience même si celle-ci s\u2019applique à décrire ou étudier les manifestations de cette vitalité 157 même.) Si l\u2019on hésite encore à l\u2019affirmer, que l\u2019on veuille bien prendre en considération un témoignage comme celui de Gœthe.Voici ce qu\u2019il écrit à Pâge de 82 ans, à l\u2019achèvement du Second Faust, à Guillaume von Humboldt : «,.SI vous vous donnez pour des poètes, et bien, commandez donc la poésie.Et grâce à une évolution psychique qui mérite peut-être d\u2019être étudiée, je crois m\u2019être haussé à un mode de production permettant dans un état de pleine conscience des choses que J\u2019approuve aujour- d\u2019hu1 encore sans que je sois d\u2019ailleurs capable de jamais plus nager dans le même fleuve 158 \u2014 des choses qu\u2019Aristote et autres prosaïste de son espèce attribuaïent à une sorte de délire.» Si l\u2019on accuse la conscience de polariser, de fragmenter l\u2019unité, la conscience qui cherche à tout explorer, qui s\u2019exerce dans toutes ses possibilités, apparaît comme prophylaxie de la folie.L\u2019esprit faible, fragmentaire, morbide ne reconnaît ni la valeur ni même la possibilité d\u2019un semblable humanisme.La conscience, degré supérieur d\u2019adaptation et de vie de relation, se présente de manière extrémememt variable selon les individus : race, sélection, santé, éducation .jouent ici un rôle.L\u2019inégalité fondamentale de l\u2019asynchro- nisme des stades évolutifs chez des imdividus contemporams est la consé- 156.O glücklich, wer noch hoffen kann Aus diesem Meer des Irrtums aufzutauchen ! Gœrne, Faust) 157.Quant au titanisme, aspiration tumultueuse à l\u2019infini, 11 devient sous le contrôle du génie un risque calculé.158.Geethe perçoit tous les changements imposés par le temps à son génie.II parle aussi de manière intéressante de sa puissance de productivité.Voyez ses confidences à Eckermann : «.Je ne pense pas, même en ma vieillese me plaindre de ma productivité.Mais ce qui dans mes jeunes années me réussissait chaque jour et dans n\u2019importe quelles circonstances, ne me réussit plus maintenant que par intervalles et dans des conditions favorables.Je ne puis travailler qu\u2019aux premières heures du jour, quand je me sens rafraichi et fortifié par le sommeil et que les niaiseries de la vie quotidienne ne m\u2019ont pas encore troublé .» 1290 LAavAaL\u2026 MÉDICAL Novembre 1954 quence de cette diversité et le génie apparaît toujours comme à demi enlisé au sein des masses d\u2019une humanité inférieure, encore très bestiale.Le génie s\u2019épouvante de cette dysharmonie qui rassure le vulgaire.Pour ce dernier, le type engloutit la personnalité.L\u2019ennemi c\u2019est la personne, l\u2019homme, surtout le grand.La monomanie prime.Le geste stéréotypé est surestimé par rapport à l\u2019athlétisme de esprit.C\u2019est pourtant ce dernier seul qui: pourra construire une sociâtrie dont les moyens apparaissent avec moins d\u2019évidence que d\u2019urgence.C\u2019est dans cet esprit que nous avons imsisté déjà sur la nécessité pour une culture réellement humame, d\u2019exercer la vertu de connaissance sous plusieurs de ses formes, de ne pas se limiter au niveau accessible au plus médiocre et d\u2019éviter la confusion des titres universitaires, de corriger les tendances « utilitaristes » parfois excessives de la pédagogre moderne et qui apparaissent si bien dans I\u2019 « mdustrialisme.» Au- dessus des spécialisations, 19 de celles où l\u2019arbre cache la forêt, un nouvel humanisme doit être admis et respecté.Le désespoir pourrait un jour en faire percevoir la nécessité.La nécessité, il est vrai, ne laisse plus poser la question préalable de la possibilité, mais elle met sa coquetterie à n\u2019apparaître que dans les circonstances qui semblent les plus défavorables à ses créations.Cet humanisme exige effort et amour ou du moins sympathie.Il n\u2019est donc sans doute accessible qu\u2019au petit nombre dont pourrait venir le salut.160 (Cette attitude est de nature à réhabiliter, face à l\u2019œuvre de réel premier plan, la critique littéraire ou scientifique.Que l\u2019on compare si l\u2019on en veut un exemple, le rôle enrichissant de la critique érudite du Second Faust de Gœthe à son interprétation psychiatrique.Dans un tel cas, cette dernière ne peut se présenter que comme un rameau, assez 159.Le mot Teilmenschb dépeint bien le « spécialiste » par défaut.160.« Auf strenges Ordnen, raschen Fleiss Erfolgt der allerschônste Preis ; Dass sich das grôsste Werk vollende, Genügt ein Gest für tausend Hände.» GŒTHE) \u2014_m Novembre 1954 Lavar MÉDicAL 1291 modeste, de la première.Isolé d\u2019elle, il court les plus grands périls et risque de voir le délire là où ne règne que souveraine maîtrise, 161) À l\u2019antipode du génie, trône l\u2019homme partiel, amputé, névrosé (maladroit et lâche dans son recul devant l\u2019obstacle).Mais ses caricatures sont la « science » sans sève qui croît sans savoir (science sans conscience) et cette autre forme de pédantisme qui réussit à ne s\u2019alimenter d\u2019aucune ébauche d\u2019information, d\u2019analyse ou de science, qui fleurit au siècle de la radiesthésie, forme nouvelle du pithiatisme endémique.Dans le premier cas : des matériaux épars sans l\u2019étincelle de la pensée.(Encore ces matériaux sont-ils en petit nombre car les facultés intellectuelles sont solidaires et le manque d'organisation freine l\u2019acquisition.) Dans le second : l\u2019érudition stérile fait elle-même défaut.Les matériaux rejetés, il ne brûle que la flamme d\u2019un orguerl morbide.Celui qui n\u2019est rien, et ne sait rien veut créer de rien.Qui donc lui reprocherait de chercher à tirer parti de son capital ?162 Loin de ces aridités désertiques, de ces vies moins qu\u2019humaines, la vitalité, l\u2019attention à la vie, donnent au génre une apparence de titanisme, de ce trtanisme qui, en développant ses dernières conséquences logiques, aboutit à la négation de la magie surnaturelle au profit de la magie naturelle.Son étude est amour.Ce génie, la société le supporte à la façon de l\u2019épingle dont le collectionneur soutient et crucifie l\u2019insecte.Le vulgaire tend à confondre l\u2019inhibition corticale inadaptée 163 de la psychose et de la névrose avec l\u2019inhibition volontaire, au jeu souple et adapté, de la pensée, à confondre l\u2019impuissance et l\u2019avortement de la pensée avec son plem épanouissement, à confondre l\u2019état hypnoïde avec la conscience claire, l\u2019inhibition de la pensée ou ses courts-circuits avec l\u2019inhibition ou plutôt la règlementation de la motricité.Le génie est véritablement personne, par sa mémoire intellectuelle, ui lui livre l\u2019usage du passé et du temps, par la présence et la q g Pp ps, Pp P 161.On citerait l\u2019œuvre toute entière, œuvre de peintre, de dramaturge et de poète, profond traité de psychologie .reflet du génie universel de l\u2019auteur, maître ès toutes activités humaines, excellent en toutes sciences d\u2019observation : géologie et politique, représentation et psychologie .162.Une étude clinique complète de la radiesthésie ne saurait trouver place ici.L\u2019occasion se présentera de revenir sur cette question.163.partielle et déséquilibrée. 1292 LavaL MEbicaL Novembre 1954 volonté qui travaillent sur les images avec un particulier bonheur, personnalisant sans cesse la mémoire.La conscience, activité d\u2019organisation, se retrouve Ici sous sa forme la plus complète et la plus personnelle.Le génie apparaît, de ce point de vue, comme la synthèse qui a réussi à ne rien laisser échapper de l\u2019expérience passée et à faire à toute expérience une place appropriée dans le tout.163 bis Plus l\u2019activité synthétique de l\u2019esprit laisse s\u2019écouler de faits hors de ses filets, plus ses systèmes sont délirants, plus elle s\u2019identifie à celle de l\u2019aliéné ou du médiocre.Plus l\u2019activité synthétique est forte, reconstruisant l\u2019édifice pour ne renoncer à aucun élément, plus nous approchons du génie.On pressent ce qu\u2019il y a dans cette attitude d\u2019intellectuel à la fois et de moral.La faiblesse de l\u2019attention, l\u2019absence de discipline mtellectuelle sont une grave maladie pour un mdividu, pour une famille et pour un peuple.L\u2019intégrité neuro-sensorielle et la vitalité du génie permettent son intérêt intellectuel et l\u2019aisance du jeu ou du travail organisateurs.164 L\u2019une des conséquences les plus immédiatement pratiques de ce qui précède consiste à remettre en mémoire l\u2019inanité de l\u2019appel à l\u2019incompétence (auquel nous assistons quotidiennement, en politique, en mêde- cine, etc.) et, d\u2019autre part, la fausseté de la formule : vous êtes ceci (médecin, par exemple, comme Schiller) vous n\u2019êtes pas cela (littérateur, par exemple), lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un homme supérieur.165 Encore faut-il admettre l\u2019existence de l\u2019homme supérieur.Dans ce monde où rien n\u2019est que probabilité, les passagers de la nef des fous sauront-il choisir leurs guides?La mutation qui le rendra possible sera très onéreuse pour l\u2019humanité.Pour le moment, le fusilleur de Potain a toujours la parole.(On sait qu\u2019un condamné de la commune eût la vie sauve pour avoir fait un 163 bis.La force est loin d\u2019exclure la coordination.164.La volonté, conscience des fins et moyens, est une personnification de cette fonction de règlementation.Elle trouve son accomplissement et son dénouement par une levée de l\u2019inhibition motrice provisoirement nécessaire, qui lui a été indispensable mais qu\u2019elle doit pouvoir lever.(Le frein doit pouvoir se désserrer.) C\u2019est à juste titre que l\u2019on a pu dire de telle personne : son génie, c\u2019était sa volonté.165.Si les sujets physiologiquement capables de survivre aux plus hautes altitudes sont numériquement de l\u2019ordre de 1 ou 2 pour un million d'individus, ceux capables d\u2019atteindre les plus hauts sommets du génie sont-ils plus nombreux!. Novembre 1954 LavarL MEDICAL 1293 ictére émotif au moment ou il était mis en joue.Voilà bien l\u2019activité rationnelle humaine.II est permis de penser que les motifs qui avaient fait décider la mort du semblable étaient aussi fondés que celui qui lus sauva la vie.) L\u2019affectivité dans ce qu\u2019elle comporte de plus grossier se fait heureusement ( ! ) plus d\u2019une fois baptiser sapience.Ces mêmes hommes appelleront délire l\u2019activité géniale, ; délire, fut-il divin, qu\u2019ont nié tant épr- curiens que stoiciens (à la pensée d\u2019ailleurs si voisine 166).CONCLUSIONS I.L\u2019esprit humain apparaît comme une donnée une, difficilement décomposable en facultés indépendantes.Il apparaît comme étroite- ment lié à la santé somatique et à l\u2019intégrité neuro-sensorielle ainsi qu\u2019au dynamisme vital 167 et à l\u2019harmonie endocrimienne.II.Son parfait fonctionnement, sur tous les plans, caractérise le génie.Son mauvais fonctionnement engendre les tares psychiques plus Ou moins accentuées qui peuvent être assez profondes pour situer l\u2019indr- vidu atteint au-dessous du niveau mental moyen des masses, que la tare s\u2019avère diffuse ou liée à une partie du champ de conscience normal, 168 III.La conscience psychologique claire est Ie phénomène qui traduit et caractérise le mieux le seuil d\u2019activité psychique minimum pour que l\u2019on puisse parler de génie.Cette conscience claire, au sens où nous l\u2019entendons, est à la fois intense et mtéresse, avec l\u2019aide de la mémoire qui la conditionne, un champétendu.Elle comporte volonté et synthèse, (coordination).Dans la mesure où on lui accorde intensité ou extension, elle suffit à caractériser le génie.Elle peut s\u2019orienter vers l\u2019extérieur.Elle peut aussi se retourner sur elle-même.Lorsqu\u2019elle fait appel à l\u2019inconscient, c\u2019est toujours en vue d\u2019amener quelque chose a la conscience.Elle peut encore, dans l\u2019art et la poésie, 166.Comme dans la plupart des couples d\u2019opposés.167.N\u2019est-ce pas en cela que réside ce qu\u2019il y a d\u2019 « involontaire » dans le génie.et, en un sens, dans la volonté elle-même ?168.On trouve chez d\u2019anciens auteurs de bonnes analyses des divers degrés de la conscience, de la pensée et de l\u2019affectivité.Voyez v.g.Th.RiBoT . 1294 Lavar MéDicaL Novembre 1954 manier consciemment des matériaux d\u2019origme subconsciente pour communiquer ce subconscient même.L'activité géniale est consciente dans ses fins et la mise en œuvre de ses méthodes.Elle est structurante et, par là, tire des faits objectifs l\u2019abstraction scientifique tout en concrétisant dans l\u2019art le subjectif.Par ces voies opposées mais analogues, elle exprime.L\u2019épithète homérique, l\u2019image poétique orientale ont de primitif et de commun avec le langage imagé du titi l\u2019mhabilité de l\u2019abstraction, l\u2019incapacité de se priver de références matérielles, concrètes.Voilà ce qu\u2019on peut lui reprocher si on l\u2019emploie en langage scientifique abstrait.Dans le langage de l\u2019art, dans celui des sciences d\u2019observation, 1l n\u2019en va plus de même.IV.Cette structuration est plus ou moins gauchement ébauchée chez le vulgaire, l\u2019aliéné et l\u2019animal.Elle donne au génie dans ce qu\u2019il a de communicable sa manifestation et ses limites.V.Une culture polyvalente, un large humanisme, sont de nature à favoriser le génie en lui apportant son aliment.Surtout si l\u2019autorité magistrale ne tend pas trop à étouffer sous le dogmatisme et favorise la spontanéité de l\u2019esprit.Cette dernière spontanéité explique les grandes Inventions dues souvent aux « Incompétents », aux non-« spécialistes », (mais spécialistes de l\u2019intelligence).VI.Les œuvres de génie sont inférieures au génie même.VII.Les attitudes à l\u2019égard du génie sont intéressantes à observer et varient selon le temps, le lieu ou le peuple.Elles peuvent être plus ou moins favorisantes ou défavorisantes.Elles semblent plus avantageuses là où règne le culte de la personne et de son origmalité.L\u2019étude de ces attitudes chez les primitifs et chez les civilisés (pour respecter une division d\u2019usage courant) permet de corriger certaines erreurs véhiculées par le langage de tous les jours et admises souvent par inadvertance.Cette étude constitue un intéressant chapitre de sociologie et de psychologie, par les ressorts qu\u2019elle met en évidence. Novembre 1954 : Lavar MéDicaL 1295 VIII.Les conclusions de ces diverses considérations intéressent la sociâtrie, la pédagogie et les aspects les plus divers de la vie sociale.x IX.Le génie, comme le fou, et bien plus encore, est tenu à l\u2019écart par le vulgaire (« cultivé ») ou non) car la communication sociale, pour ce dernier (qui est un amputé intellectuel) n\u2019est possible qu\u2019avec des individus qui percoivent objets et personnes dans les mémes cadres de références.Le génie est martyr en puissance au milieu d\u2019hommes partiels et de niveaux évolutifs différents, martyr de la bonne discipline et de la santé de l\u2019esprit (avec ce qu\u2019elles comportent d\u2019imné et d\u2019acquis).169 Le génie est mieux adapté à la réalité 170 que la moyenne des hommes, 171 Le fou est moins adapté que la moyenne des individus.\u2014 Cuique suum.Errata P.1123 du « Laval Médical » (oct.1954), avant D.ajouter : HERMANN RORSCHACH nous a proposé un mode d\u2019analyse et de diagnostic de l\u2019intelligence et du génie (acuité optima de la vision des formes, capacité de concentration, attention .originalité, contact intensif, grand nombre de moments introversifs et à la fois taux élevé de contact extratensif .).La parenté entre génie et épilepsie, génie et obsession, génie et folie maniaco-dépressive, apparaît comme l\u2019apparition entre un certain équilibre et les formes de déséquilibre qui lui correspondent.(Il est permis de dire en quelque sorte qu\u2019il y a une parenté entre la santé du travailleur et la pathologie professionnelle inhérente à son métier, une parenté entre l\u2019oreille normale et l\u2019otite plutôt que la rectite .) Chaque tempérament a ses formes normales et ses formes pathologiques, mais la plus normale (perfectionnée) des formes normales, même si elle est rare, s\u2019apparente au génie, avec son caractère ambiéqual.(Le blocage, une des formes morbides correspondantes, n\u2019apparait, 169.« Malheur à l\u2019homme qui invente et qui ose ») (STENDHAL).170.« .Et cependant, elle tourne ! » , 171.H est moins prisonnier, du mot, du symbole statique, de la formule (où le sujet moyen trouve son salut en un équilibre de pétrification et de mort), il les domine, les anime et les pèse. 1296 Lava.MÉDICAL Novembre 1954 naturellement, que là où certaines fonctions le permettent.Faut-il redire que la bicyclette a ses pannes propres mais qu\u2019elle échappe aux pannes de moteur que connaît l\u2019automobile?faut-il en déduire que l\u2019automobile est moins normale que la bicyclette ?dire encore d\u2019un moteur qui tourne qu\u2019il est une des variétés du moteur en panne ?) L\u2019analyse des névroses à l\u2019aide du Rorschach fait, par contraste, ressortir de manière particulièrement saisissante leur opposition à la plénitude du type doué.Ce dernier se caractérise par un certain type de résonnance intime.Le contenu et l\u2019action sont déterminés « par l\u2019appétit et par la pensée disciplinée ». REVUE DES LIVRES L\u2019œsophage en cardiologie \u2014 Étude radiologique de l\u2019œæsophage dans les cardiopathies congénitales et acquises, par Marcel SEGERS, chargé de cours à l\u2019université de Bruxelles et Marcel BROMBART, chef du Service de radiodiagnostic à la clinique cardiologique de Paepe.Préface du professeur Ch.LauBry.Un volume 16 x 25 de 202 pages, avec 135 figures : 1,248 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VIE), France.Ainsi que le souligne le professeur Laubry dans la préface de cet ouvrage, l\u2019image radiologique de l\u2019æsophage est utilisée depuis longtemps en sémiologie cardio-vasculaire.On ne saurait mieux préciser l\u2019importance de cette exploration et la contribution qu\u2019y apporte ce nouvel ouvrage, qu\u2019en reprenant les propres termes du professeur Laubry : « L\u2019æsophage s\u2019insmue entre la colonne vertébrale dure et résistante, et les organes du médiastin : trachée et bronches, gros vaisseaux de la base et leurs branches, face postérieure des cavités cardiaques.Il reflète pour tous ces organes les caprices ou les anomalies de leur siège ou de leur trajet, de leur forme ou de leur volume.II les traduit par des déviations par des empreintes, par de larges ou profondes encoches que la bouillie barytée révèle à l\u2019écran aussi fidèlement que les retards ou les arrêts de déglutition.« Reconnaissons toutefois qu\u2019un tel foyer d\u2019information n\u2019était exploré qu\u2019occasionnellement.Le fait d\u2019y recourir était plutôt considéré comme un supplément d'enquête qu\u2019on savait précieux et le plus souvent purement confirmatif.L\u2019exploration cesophagienne était pour ainsi dire réservée à l\u2019oreillette gauche à la mensuration du diamètre de l\u2019aorte selon la technique de Kreuzfuchs, ou au dépistage d\u2019affections congénitales, en présence d\u2019autres données objectives insuffisantes.En un mot, et bien qu\u2019on eût tendance à y recourir de plus en plus fréquemment, l\u2019interrogatoire systématique de l\u2019æsophage n\u2019entrait pas dans la pratique courante des cardiologues.« Avec MM.Segers et Brombart, il n\u2019en est plus ainsi.Ils n\u2019envisagent plus la question sous l\u2019angle étroit des préoccupations cardio- logiques plus ou moms inconstantes, mais sous l\u2019angle largement ouvert (14) 1298 Llavar.MÉDicaL Novembre 1954 d\u2019une impérieuse curiosité, avide d\u2019arracher, à un témoin bien placé et dûment informé, ses plus intimes secrets.On comprend qu\u2019une enquête ainsi poursuivie avec des buts exclusifs, ait grossi smgulièrement la gerbe modeste des faits connus et apporté même des données complètement inédites .« Je soulignerai également l\u2019importance pratique d\u2019une telle œuvre menée à bien.MM.Segers et Brombart l\u2019ont construite sans négliger aucune documentation étrangère ; mais sur ce fond solide, transparait pour moi le sérieux apport personnel qui se dégage de leur exposé et des nombreux clichés qui font de leur ouvrage un véritable atlas radio- graphique.Je suis convaincu que cette impression sera celle des médecins et en particulier de tous mes confrères cardiologues.» Précisons que l\u2019abondante iconographie de cet ouvrage, complétée par de nombreux schémas, en rend la lecture particulièrement agréable.Les chapitres les plus importants sont consacrés aux déviations et déformations de l\u2019œsophage rencontrées dans les cardiopathies gauches et dans les affections aortiques.Parmi celles-ci, l\u2019anévrisme et le déroulement aortiques entraînent sans nul doute les altérations les plus spectaculaires de l\u2019image œsophagienne.Mais il se manifeste aussi des empreintes œsophagiennes très tvpiques dans diverses malformations congénitales de l\u2019aorte et des gros vaisseaux de la base.Il s\u2019agit là d\u2019un champ d\u2019exploration qui ne saurait rester méconnu en raison de l\u2019essor actuel de la chirurgie cardio-vasculaire.L\u2019ouvrage ne s\u2019adresse pas seulement aux cardiologues et aux radiologues, mais aussi à tous ceux qui s\u2019intéressent au diagnostic des affections médiastinales, ainsi qu\u2019aux gastro-entérologues qui y trouveront tout un chapitre consacré aux dyskinésies œsophagiennes déterm1- nées par les affections cardio-aortiques.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE Introduction.-\u2014 Notions anatomiques et aspect normal de l\u2019æso- phage.\u2014 Technique radiologique.-\u2014 Oreillette gauche.\u2014 Ventricule gauche.\u2014 Cœur droit.\u2014 Aorte.\u2014 Malformations congénitales de l\u2019aorte et des gros vaisseaux de la base.\u2014 Les troubles de déglutition en rapport avec les affections cardio-aortiques.\u2014 Bibliographie.\u2014 Classification des aspects de l\u2019æsophage dans les affections cardio-aortique.\u2014 Classification des figures selon l\u2019aspect de l\u2019æsophage.Le Sevrage : Physiologie \u2014 Méthodes pratiques, par P.DEL- THILL, ancien chef de laboratoire à l\u2019Hôpital des Enfants-Malades.Préface du professeur R.Turpin.Un volume in-8° de 200 pages (1953).900 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI*), France.De nombreux ouvrages ont été consacrés à l\u2019alimentation du nourrisson ; quelques-uns sont de véritables traités, d\u2019autres de simples Novembre 1954 Lavar MÉDICAL 1299 manuels pratiques à l\u2019usage des médecins ou des puéricultrices.Mais la plupart se contentent d\u2019indiquer les rations correspondant aux différents âges des enfants, sans insister sur les modalités précises des changements de régime.De plus, les modifications radicales introduites depuis un quart de siècle dans l\u2019alimentation du nourrisson ont provoqué, chez beaucoup de puériculteurs, un peu de confusion et d\u2019incertitude : les uns restent fidèles aux méthodes classiques, d\u2019autres embrassent plus hardiment les conceptions nouvelles, sans garder toujours la prudence et le doigté qui permettent d\u2019éviter les accidents d\u2019intolérance.Le but de ce livre est de combler ces lacunes en précisant les détails de la technique du sevrage et en rajeunissant les données les plus classiques de la diététique telles que la supériorité incontestable de l\u2019allaitement maternel.Dans la première partie, les bases théoriques du sevrage sont analysées : si, dans l\u2019allaitement maternel, la séparation du sein doit être différée jusqu\u2019à ce que le lait de la mère ne suffise plus aux besoins de l\u2019enfant, dans l\u2019allaitement artificiel au contraire, le lait de vache, aliment hétérogène, doit être, le plus tôt possible, additionné d\u2019autres substances qui faciliteront l\u2019équilibre de la ration.Dans la seconde partie, l\u2019auteur après avoir exposé les besoms du nourrisson au point de vue quantitatif et qualitatif, étudie en détail la composition et les propriétés des différentes substances alimentaires introduites dans le régime de l\u2019enfant.Enfin la troisième partie, la plus originale de l\u2019ouvrage, est consacrée au détail de la pratique du sevrage.Celui-ci est étudié d\u2019abord chez le nourrisson normal au sein, avec les indications les plus précises sur l\u2019mtroduction des farines, puis des légumes, des protides et de tous les aliments complémentaires.Dans l\u2019allaitement artificiel, le sevrage devra commencer plus tôt, mais le souci de l\u2019équilibre alimentaire et de la digestibilité des divers aliments ne pourra être perdu de vue un seul instant.Dans les états pathologiques, la nécessité d\u2019un sevrage précoce et accéléré s\u2019impose fréquemment ; après un exposé rapide du sevrage brusque dans l\u2019allaitement maternel, l\u2019auteur étudie un par un les signes de l\u2019intolérance en lait de vache dont les diverses manifestations aboutiront à prescrire des régimes plus ou moins dépourvus de lait.La conduite à tenir est d\u2019autant plus délicate que l\u2019enfant est plus jeune ; les aliments de substitution du lait sont adoptés à l\u2019âge de l\u2019enfant, depuis le lait humain et le babeurre jusqu\u2019aux farines de légumineuses, aux légumes et aux protides.Une étude sommaire du régime des prématurés et des débiles permet de tirer quelques conclusions utiles à l\u2019alimentation du nourrisson normal.De même, un rapide tour d\u2019horizon sur les méthodes de sevrage utilisées chez quelques animaux domestiques, souligne la valeur de certaims principes tels que la supériorité de l\u2019allaitement maternel et l\u2019introduction prudente et progressive des aliments de remplacement du lait.Enfin, l\u2019ouvrage se termine par un tableau récapitulatif du sevrage normal.Ce livre est de lecture facile ; les notions théoriques y sont réduites au minimum Indispensable pour l\u2019exposé du sujet ; par contre, la méthode 1300 Lavar MÉDicaL Novembre 1954 pratique du sevrage y est décrite avec les détails d\u2019application les plus précis.Il est appelé à rendre service, non seulement aux pédiatres, mais aussi à tous les médecins aux prises avec les difficultés quotidiennes de la puériculture, aux sages-femmes ou puéricultrices désireuses d'amé- Iiorer leur formation théorique et même aux mères de famille mtelligentes qui tiennent à comprendre ce qu\u2019elles font.Les régulations neuro-végétatives, par Sandro BURGI, privatdocent à Ja Faculté de médecine de Berne.Préface du professeur J.LHERMITTE.Un volume de 176 pages (1953) : 680 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI©), France.Cette monographie, écrite d\u2019une façon très condensée, expose nos connaissances actuelles des régulations nerveuses de la vie végétative.Partant des données immédiates de la biologie, du besoin d\u2019alimentation par exemple, l\u2019auteur se demande quels sont les mécanismes nerveux qui provoquent la sensation de faim, la recherche de la nourriture, que président à la digestion, etc.C\u2019est dire qu\u2019il décrit tous ces processus non pas pour eux-mêmes, mais en fonction des besoins de l\u2019organisme.Cette méthode l\u2019amène, évidemment, à considérer les régulations que l\u2019on connaît, aussi bien que celles dont on ignore à peu près tout (la faim ou la soif, entre autres).Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019un précis d\u2019anatomo-physiologie du système nerveux végétatif, mais d\u2019une étude biologique de ses fonctions.L\u2019exposé des régulations au service de l\u2019alimentation est suivi par la description des mécanismes qui assurent le métabolisme de l\u2019eau, l\u2019introduction de l\u2019oxygène et l\u2019élimimation du CO?, l\u2019homéothermie, les fonctions génératives, etc.Un chapitre spécial est consacré aux régulations neuro- végétatives à intégration méso-diencéphalique.Il y est démontré que celles-ci servent en premier lieu à ajuster le comportement Instmctif et non pas à régler des métabolismes souvent imagmaires.Pour des raisons d\u2019économie et parce que l\u2019organisme ne procède jamais de façon schématique, quelques mécanismes qui concernent l\u2019homéothermee, l\u2019osmose et le métabolisme de l\u2019eau, peut-être la vie sexuelle, y sont également organisés.Quant aux régulations neuro-végétatives à l\u2019intégration corticale, très étudiés et très à la mode actuellement, un dernier chapitre en fait le bilan en tâchant de les grouper selon leur signification qui, cependant, correspond bien souvent à une perturbation plutôt qu\u2019à une régulation de la vie végétative, en aucun cas à une fonction supérieure.Comme il s\u2019agit d\u2019un ancien élève et collaborateur du professeur W.-R.Hess, prix Nobel, l\u2019auteur, tout en restant très personnel, fait connaître en même temps aux médecins français les grandes lignes qui ressortent des travaux et de l\u2019enseignement du Maître de Zurich.Traitant de la régulation nerveuse des organes internes, l\u2019ouvrage s\u2019adresse aux neurologues aussi bien qu\u2019aux pathologues et aux physiologistes dont ce sera le rôle de combler les lacunes qui y sont mises en lumière.Une bibliographie très étendue facilitera la tâche de tous les chercheurs. Novembre 1954 LavaL MEbicaL 1301 Précis de séméiologie médicale élémentaire, par P.RIMBAUD, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier.Avec la collaboration de L.GonpAaRrD, 3° édition revue et corrigée.Un volume in-8° de 330 pages avec 171 figures en noir dans le texte et 9 en couleurs hors-texte (1953) : 1,350 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI©), France.Ce Précis, dès sa publication en 1943, connut le plus grand succès auprès des étudiants privés d\u2019 \u2018ouvrages didactiques simples au moment où ils abordent pour la première fois les grands Services hospitaliers.Les stagiaires, en groupes parfois disparates, reçoivent un enseignement magistral qui trop souvent s\u2019appuie sur d\u2019innombrables recherches biologiques.L\u2019analyse des signes fournis par l\u2019auscultation d\u2019un poumon ou d\u2019un cœur, par exemple, s\u2019efface devant des clichés radiologiques, des électrocardiogrammes complexes.On consulte les ondes mystérieuses d\u2019un électroencéphalogramme sans avoir recherche les réflexes.Certes, ces renseignements « paracliniques » facilitent parfois le diagnostic.Mais le Jeune médecin dès ses premiers pas dans sa nou velle carrière en sera le plus souvent privé.L'identification des signes cliniques devra être rapide ; la décision thérapeutique ne peut attendre.La séméiologie demeurera donc la base de l\u2019enseignement quelle que soit l\u2019évolution médicale.La troisième édition qui paraît aujourd\u2019 hui tient compte de cette évolution ; une place plus importante a été faite aux reproductions radiographiques, aux explorations fonctionnelles rénales ou hépatiques.Le chapitre consacré aux modifications sanguines a été entièrement remanié.Mais cette mise à jour, ce rajeunissement, n\u2019ont entraîné aucune surcharge importante.Par sa clarté, sa concision, ce Précis de séméiologie médicale conservera la faveur des jeunes générations.Physiologie générale \u2014 Diététique et comportement de la vieillesse, par R.de GRAILLY, professeur à la Faculté de médecine de Bordeaux, médecin des Hôpitaux, et H.DESTREM, lauréat de l\u2019Académie de médecine.Un volume 16,5 x 25 de 220 pages : 1,500 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac), France.Les travaux relatifs a la vieillesse étaient jusqu\u2019a ce jour extréme- ment rares, mais plusieurs circonstances et considérations ont posé depuis quelques années ce problème avec plus d\u2019acuité, et ont suscité l\u2019mtérêt des médecins pour la question.C\u2019est d\u2019abord l\u2019augmentation de la durée de la vie, qui a fait que !/e° ou !/7° de la population est aujour- (15) 1302 LavarL MEbicaL Novembre 1954 d\u2019hui constitué par des sujets âges de plus de 60 ans.On a aussi tenu compte du fait que cet âge est une phase de la vie comme les autres, avec sa physiologie [imite aux confins de la physiologie normale et de la pathologie.Cette monographie établit une mise au point des problèmes généraux qui se posent au sujet de la vieillesse.Elle tient compte des travaux récents dont les congrès de gérontologie de ces dernières années sont le reflet.Elles apporte aussi des idées et des faits personnels que les auteurs ont pu acquérir au cours de leur travail dans les Services de vieillards.I s\u2019agit donc, non pas d\u2019un livre de gériatrie au sens spécialisé du terme, mais d\u2019un livre intéressant tous les médecins qui ont une part non négligeable de leur clientèle composée de personnes âgées.C\u2019est en quelque sorte le préambule à à un traité de pathologie de la vieillesse.Les trois premières parties sont consacrées à des données morphologiques, biologiques et physiologiques.Sont ensuite étudiés les causes du vieillissement, les essais de rajeunissement, les moyens prophylactiques permettant, dès l\u2019âge adulte, de retarder l\u2019échéance.Les derniers chapitres concernent les règles d\u2019hygiène et de diététique ainsi que l\u2019étude du comportement du vieillard.Actualités hématologiques \u2014 2° série.Sous la direction scientifique de J.-P.GLAUNES.Un volume in-8° de 182 pages avec 31 figures (1953).1,350 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI\u20ac), France.L\u2019accueil des plus favorables réservé au premier volume des Actualités bhématologiques a conduit J.-P.Glaunès à publier cette deuxième série avec cet esprit de synthèse qui avait fait le succès de la précédente publication.Sous le titre Les syndromes bémorragiques par défaut de fibrine (Fibrinopémies, Fibrinolyses et Défibrination pathologique), L.Revol et J.Favre-Gilly font le point des travaux de l\u2019Ecole [lyonnaise poursuivis à la fois dans le Service du professeur Croizat et au Centre régional de transfusion sanguine de Lyon.Ce travail commence par une étude physiologique du métabolisme de la fibrine et des défibrinations expérimentales.Puis les auteurs abordent l\u2019étude analytique des divers syndromes qu\u2019ils classent en afibrinémies et fibrmopénies constitutionnelles, en afibrmémies et fibrmopénies acquises, et en fibrinolyses hémorragiques dont ils étudient les diverses formes étiologiques, faisant ensuite l\u2019étude synthétique d\u2019ensemble.Les techniques de dosage sont 1c1 précisées.Enfm la troisième partie traite du diagnostic général des syndromes hémorragiques par défaut de fibrine.Une importante bibliographie complète ce mémoire.H.Dubois-Ferrière aborde dans L\u2019orientation actuelle de la thérapeutique des leucémies un brûlant sujet fort discuté.Il traite successivement de la radiothérapie, du phosphore radio-actif, de l\u2019arsenic, de Novembre 1954 LavaL MEpicaL 1303 Puréthane, des dérivés azotés du gaz moutarde, des transfusions, des antagonistes de l\u2019acide folique, de l\u2019acide para-amino-benzoïque, des œstrogènes, de la désoxypyridoxine, du méthylène mélanine, de la cortisone et de l\u2019'ACTH, des traitements associés.L'auteur rapporte son expérience personnelle avec de nombreuses observations dans ces différentes thérapeutiques, donnant amsi de précieux conseils de posologie.Bibliographie classée d\u2019après les différentes techniques envisagées.P.Cazal traite avec clarté ce problème pratique mais combien complexe et délicat pour l\u2019homme de laboratoire, de la Recherche et des groupes sanguins du système Rbésus et de l\u2019immunisation.La détermination des groupes Rh, sérums tests, réactions, différentes étapes du groupage sont traités avec la maîtrise que lui confère son expérience au Centre régional de transfusion de Montpellier.Puis il étudie les anticorps irréguliers et termme par les applications pratiques au cours des transfusions de la grossesse et pour le nouveau-né.Gambigliani-Zoccoli, hépatologue et hématologiste, vient apporter ses travaux personnels poursuivis depuis de nombreuses années sur l\u2019importante question de la Bilirubine.S\u2019il traite de l'origine et de la formation de la bilirubine, l\u2019intérêt de son article réside surtoutdansla description des techniques de dosages et sa méthode originale en particulier, ainsi que dans l\u2019interprétation remarquable qu\u2019il en fait sous forme de tableaux de rapports des plus démonstratifs.La cytologie est représentée par l\u2019article de P.Morel et A.-P.Bretin sur les Cellules cancéreuses métastasiques de la moelle osseuse.Caractères généraux de diagnostic, anomalies de structure de la cellule cancéreuse précédent l\u2019étude des aspects particuliers des cellules méta- stasiques.Le cyto-diagnostic différentiel, la fréquence des métastases complètent ce travail.De belles planches de microphotographies, une bibliographie font de cet article une parfaite mise au point.Ainsi composée cette deuxième série intéresse l\u2019homme de laboratoire par la description minutieuse de nouvelles techniques parfaitement mises au point, ainsi que le clinicien qui y trouvera et diagnostics ct données thérapeutiques nouvelles.Etude sur I\u2019épidémiologie de la poliomyélite, par Maurice DE- PARIS, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, médecin des Hôpitaux.Un volume 15 X 24 de 164 pages.950 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac), France.Cet ouvrage se compose de trois parties principales concernant l\u2019épidémiologie générale, les modes de début et la prophylaxie de la poliomyelite.Dans une première partie, l\u2019auteur analyse les divers modes de contamination invoquée à l\u2019origme de l\u2019infection neurotrope, en insistant spécialement sur le rôle possible des facteurs occasionnels et des causes favorisantes.De larges emprunts sont faits aux travaux publiés dans (16) 1304 Llavar MÉDicaL Novembre 1954 les récents congrès, en particulier à la Conférence internationale de Copenhague (1951), et une comparaison est donnée entre les foyers épidémiques et les cas sporadiques.Dans une seconde partie, ce sont les modalités du début clinique qui sont étudiées.À côté de la forme classique qui reste la plus courante, on peut observer des types différents qui avaient été bien décrits par les anciens auteurs, mais qui paraissent à l\u2019heure actuelle prendre une certaine Importance relative et qu\u2019il y a lieu de bien connaître.Après qu\u2019aient été rappelées les découvertes récentes les plus importantes sur la biologie de la maladie de Heine-Médin, un rapide résumé montre ce qu\u2019on peut proposer comme prophylaxie dans l\u2019état actuel des connaissances.Ce volume représente un résumé de ce qui est aujourd\u2019hui admis.Il sera lu utilement par les médecins qui ont pour mission de protéger la Santé publique, par les médecins hygiénistes, les épidémiologistes, les pédiatres, les spécialistes qui s\u2019intéressent aux maladies infectieuses, et de ce fait les médecins qui exercent la médecine générale.Maladies médicamenteuses d\u2019ordre thérapeutique et accidentel, par Claude ALBAHARY, avec le concours de D.CurisTo., B.Damoiseau, N.Parpon, R.Umbpenstock, J.VacHer.Préface de A.Tzanck.Un volume 17 x 25 de 752 pages avec 55 figures.Broché : 4,400 fr.; cartonné toile : 5,000 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac), France.On s\u2019est peu préoccupé jusqu\u2019à présent de grouper et de comparer les accidents que les médicaments sont susceptibles d\u2019engendrer.Et pourtant les drogues modernes de plus en plus actives sont souvent par là-même de plus en plus dangereuses.Les risques sont nombreux : l\u2019empoisonnement proprement dit, le simple surdosage, la brusque réaction d\u2019un organisme ou d\u2019un tissu sensibilisé, l\u2019intolérance, la fâcheuse incidence d\u2019une indication thérapeutique erronée.Un ouvrage manquait sur tous ces aspects de la « maladie médicamenteuse ».I! est indispensable au médecin qui désire prescrire un médicament qu\u2019il connaît peu, à celui qui se méfie des réactions de son malade, ou bien qui se trouve intrigué par des symptômes insolites au cours d\u2019une maladie en traitement.Certaines répercussions, imposées en quelque sorte à l\u2019organisme, sont facilement compréhensibles et évitables : tout se réduit à des questions de dosages.D\u2019autres sont complexes dans leur expression et surtout dans leur essence.Elles possèdent un caractère d\u2019aspécificité par lequel elles rejoignent toutes les préoccupations contemporaines qui visent à élucider le mystère de la prédisposition congénitale ou acquise et qu\u2019on aborde sous les angles les plus divers de l\u2019anaphylaxie, de l\u2019allergie, de l\u2019irritation vaso-motrice, de la pathologie de l\u2019adaptation, etc. Novembre 1954 Lavar\u2026 MÉDICAL 1305 L\u2019auteur, désireux de ne laisser de côté aucun chapitre essentiel de la thérapeutique, s\u2019est astreint à examiner les effets nocifs de médicaments très divers, des substances de synthèses aux sérums, des extraits végétaux aux hormones.I! a consacré un chapitre particulier à chaque corps ou groupe de corps, comme en témoigne la table sommaire ci- contre.Etant donné cette variété même, 1l a jugé utile de rappeler succinctement au début de chaque chapitre les circonstances dans lesquelles telle ou telle drogue s\u2019est imposée en médecine, son métabolisme, ses conditions d\u2019utilisation d\u2019après ses propriétés physiologiques ; ce qui rend déjà compte d\u2019un certain nombre de risques.Vient ensuite l\u2019étude clinique des troubles, leur diagnostic (toxicologique ou autre), leur interprétation physiopathologique, enfin la façon de les prévenir et de les traiter, compte tenu des références bibliographiques les plus modernes.L\u2019auteur, en fidèle élève du docteur Tzanck, souligne dans chaque cas, la différence entre les manifestations évitables du surdosage et celles qui sont l\u2019effet de l\u2019intolérance et de la sensibilisation.À cet égard certaines substances spécialement nocives méritent l\u2019ë étiquette de « réacto- gènes habituels ».Leur nombre s\u2019accroît au fur et à mesure des progrès de la chimiothérapie.Ce livre, en faisant électivement allusion aux mésaventures des traitements médicaux, ne met aucunement en doute la qualité des acquisitions modernes de la thérapeutique ; son but est au contraire d\u2019inciter à des prescriptions prudentes et orthodoxes pour le plus grand bien des patients, et de la sécurité morale du médecin.GRANDES DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE I.\u2014 Accidents dus aux composés minéraux : Thérapeutique argentique.Médicaments arsenicaux.Médication aurique.Produits bismu- thiques.Bromures.L'\u2019iode et ses composés.Produits mercuriels.II.\u2014 Accidents de certaines chimiothérapies : Composés de l\u2019acridine (Trypaflavine.Gonacrine.Quinacrine).Amphétamines.Anesthésiques (cocaine et succédanés synthétiques).Antipyrine et pyramidon.Acétanilide et ses composés (Exalgine.Phénacétine).Composés de l\u2019acide salicylique (Aspirme.Salicylate de soude.Acide para-amino- salicylique.Salicylate de méthyle.Salol).Acide phénylqumoléine carbonique (Atophan).Semicarbazides (Cryogénine) et les thiosemr- carbazones (TB1).Chloral, chloralose, sulfonal, trional.Barbituriques.Anticonvulsivants de synthése non barbituriques.Sédormid.Dinitrophénol.Les laxatifs dangereux.Principaux antrhelminthiques.Antihistammiques de synthèse.Antiparkmsoniens de synthèse.Anti- thyroïdiens de synthèse.Anticoagulants de synthèse (béparine et dicou- marol et ses dérivés).Bisulfure de tétraéthylthiurame (Antabuse) dans le traitement de l\u2019acoolisme-chronique.III.\u2014 Accidents dus aux antibiotiques majeurs : Sulfamides.Sulfones.Pénicillime.Streptomyeime, Chloramphénicol, auréomycine et terramycine.L\u2019hydrazide de l\u2019acide nicotinique (Isoniazide). 1306 LavAaL.MéÉDicaL Novembre 1954 IV.\u2014 Accidents de la pbytothérapie : Belladone.Jusquiame et Stramoine.Colchique et colchicine.Digitale et ses glucosides.Émétine.Opium et morphine.Quinine, quinidine et dérivés quinoléiques proches (Præquine, Rhodoquine, Nivaquine).Strychnine.Théobromine, théophylline et caféine.V.\u2014 Accidents de l\u2019opothérapie et de l\u2019hormonothérapie : Opothérapie hypophysaire.Opothérapie thyroïdienne.Opothérapie parathyroi- dienne.Extraits surrénaux naturels et de synthèse.Hormones sexuelles.Insuline.VI.\u2014 Accidents dus aux médicaments hématologiques et à la transfusion sanguine : Médicaments hématologiques.Transfusion sanguine.(Accidents hémolytiques ; accidents transfusionnels non hémolytiques ; accidents provoqués par l\u2019emploi du sang conservé, par le plasma et le sérum humams ; accidents liés aux conditions d\u2019administration du sang ; maladies moculables ; accidents observés chez les donneurs.) VII.\u2014 Accidents des sérums et des vaccins préventifs : Sérothérapie.Vaccinations.VIII.\u2014 Accidents des injections et des chocs médicamenteux thérapeutiques : Les méfaits communs aux injections médicamenteuses.Les accidents du choc médicamenteus thérapeutique (choc et diffusion d\u2019un microbisme endogène).IX.\u2014 Accidents de la vitaminothérapie : Hypervitammose A.Vitamine B1.Hypervitammose D.Index.Pour la plupart des chapitres ci-dessus sont envisagés successivement, après quelques généralités : les propriétés physiques et chimiques ; le métabolisme ; l\u2019étude clmique ; le diagnostic ; les indications thérapeutiques préventives et curatives.Affections de la chevelure et du cuir chevelu \u2014 Anatomie, physiologie, pathologie, hygiène et thérapeutique, publié sous la direction de À.DESAUX, par A.BourELIER, P.Broco, A.CivaTTE, A.Desaux, J.Gare, M.GAULTIER, J.-H.MonTLaur, M.Pinot, R.RABuT, J.-O.RAMADIER, E.RivALIER, J.RoussET, À.TOURAINE et G.VERDEAUX.Un volume 17X25 de 780 pages, avec 298 figures.Broché : 5,000 fr.; cartonné toile : 5,650 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI®), France.Il a paru opportun de « reconsidérer » la question du cuir chevelu et de ses affections, à la lumière des connaissances actuelles et des acquisitions récentes.Cet ouvrage comprend quatre parties. Novembre 1954 LavaL MEbicaL 1307 Les auteurs se sont efforcés d\u2019obtenir que la première partie, dont le titre est Introduction diagnostique, possède les qualités, la concision, la clarté d\u2019un Manuel ou d\u2019un Précis pratique.Elle a été écrite en effet pour l\u2019étudiant, Pomnipraticien, le jeune dermatologiste, auxquels elle offre, en quarante pages qu\u2019on peut rapidement parcourir, une vue clinique d\u2019ensemble des affections communes du cuir chevelu et de la chevelure, permettant d\u2019orienter rapidement des recherches.Chaque affection y est située dans son cadre dermatologique, entourée des lésions qui la simulent et dont 1l convient de la distinguer.Son nom est suivi d\u2019un numéro qui indique la page où elle est particulièrement étudiée et représentée.La seconde partie est consacrée à l\u2019anatomie, à la physiologie et à l\u2019hygiène de la chevelure et du cuir chevelu.Dans la troisième partie, les diverses affections du cuir chevelu et de la chevelure sont présentées dans l\u2019ordre alphabétique : de chacune d\u2019elles sont faites des études clinique, pathogénique et étiologique, thérapeutique.La quatrième partie groupe quatre questions : Affection du cuir chevelu et des cheveux du nouveau-né et du nourrisson \u2014 Chirurgie du cuir chevelu \u2014 Psychopathologie du cuir chevelu \u2014 Cuir chevelu et médecine légale.En résumé, alors que la première partie est, avant tout, un centre d\u2019aiguillages, d\u2019enquêtes cliniques, diagnostiques, pathogéniques et thérapeutiques, les trois dernières constituent un traité véritable, documenté, émaillé de conceptions personnelles, soutenu par deux cent quatre-vingt-dix-huit figures, et dans lequel les problèmes sont exposés et résolus dans un esprit nouveau, pour la plus grande satisfaction des dermatologistes avertis, sans que, toutefois, disparaisse ce caractère primordial, pratique, de l\u2019ouvrage qui intéresse aussi l\u2019étudiant, l\u2019omnipraticien et le jeune dermatologiste.L\u2019 Importance de la bibliographie, que les auteurs ont voulu abondante, prouve qu\u2019à côté de leur documentation personnelle (rassemblée, par la plupart d\u2019entre eux, au cours d\u2019une période de plusieurs dizamnes d\u2019années), ils ont fait une très large place aux autres travaux, français ou étrangers.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE PREMIÈRE PARTIE : Introduction diagnostique (40 pages) : 1.Variations de coloration des cheveux.\u2014 Canitie.\u2014 Rutilisme, Mélanisme, Flétérochromie.\u2014 Colorations artificielles.\u2014 2.Alopécies : diffuses, profuses, régionales, en aires.\u2014 3.Trichoclasies.\u2014 4.Prurits et dermatoses : Prurits.\u2014 Taches érythémateuses et vasculaires.Leuco- mélanodermies.\u2014 Dermatoses uniquement squameuses, érythémato- squameuses, érythémato-vésiculeuses.\u2014 Folliculoses.\u2014 Dermatoses croûteuses ou pseudo-croûteuses.\u2014 Tumeurs bénignes et malignes.DEUXIÈME PARTIE : Anatomie, physiologie, hygiène de la chevelure et du cuir chevelu (85 pages) : , 1.Anatomie de la chevelure et du cuir chevelu.\u2014 Généralités.\u2014 Etude histologique.\u2014 Histochimie.\u2014 Propriétés physiques du cheveu. 1308 Lavar MÉDicaL Novembre 1954 \u2014 2.Physiologie de l\u2019appareil pilosébacé.\u2014 Genèse, croissance et mort du poil.\u2014 La sécrétion sébacée.\u2014 Facteurs, mécanisme, physiopathologie de la croissance pilaire et de la sécrétion sébacée.- - 73.Hygiéne de la chevelure et du cuir chevelu.\u2014 Nettoyage.\u2014 Massage.- - Modes de coiffure.TROISIÈME PARTIE : Affections de la chevelure et du cuir chevelu (526 pages) : Acné chéloïdienne de la nuque.\u2014 Acné nécrotique du cuir chevelu \u2014 Affections artificielles du cuir chevelu et des cheveux.\u2014 Affections congénitales du cuir chevelu et des cheveux.\u2014 Eczéma vésiculeux et eczématides à desquamation psoriasiforme ou pityriasiforme.Epider- mite eczématiforme et épidermite à type d\u2019eczématide.\u2014 Erythéme desquamatif récidivant disséminé ou généralisé.\u2014 Kératose amiantacée.\u2014 Le cuir chevelu dans la lèpre.\u2014 Lichen plan.\u2014 Lupus érythémateux.\u2014 Pédiculose du cuir chevelu.\u2014 Pelades.\u2014 Pityriasis capitis simplex et pityriasis stéatoide.\u2014 Prurigo du cuir chevelu.\u2014- Prurit du cuir chevelu.\u2014 Prurit circonserit avec lichénification de Brocq.\u2014 Pseudo- pelade.\u2014 Psoriasis du cuir chevelu.\u2014 Sclérodermie.\u2014 Séborrhée du cuir chevelu et affections séborrhéiques.\u2014 Staphylococcie du cuir chevelu.\u2014 Streptococcie du cuir chevelu.\u2014 Syphilis du cuir chevelu.\u2014 Les teignes.\u2014 Tuberculose du curr chevelu.\u2014 Tumeurs du cuir chevelu.\u2014 L\u2019urticaire.QUATRIÈME PARTIE (95 pages) : 1.Affections du cuir chevelu et des cheveux du nouveau-né et du nourrisson ; 2.Chirurgie du cuir chevelu ; 3.Psychopathologie du cuir chevelu ; 4, Cuir chevelu et médecine légale (M.Gaultier).Index al Précis de physiologie, par L.-C.SOULA, professeur de physiologie a la Faculté de médecine de Toulouse.Deuxième édition revue et corrigée.Un volume 14,5 x 20,5 de 1,100 pages avec 337 figures.Broché : 2,900 fr.; cartonné toile : 3,500 fr.(Collection de Précis médicaux.) Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI), France.Cette nouvelle édition du Précis du professeur Soula a été augmentée des acquisitions récentes de la physiologie.Certaines sont importantes : elles portent principalement sur les faits nouveaux apportés par l\u2019utilisation des isotopes traceurs en biochimie, sur le cholestérol et les stéroïdes, dont le rôle fonctionnel se précise chaque jour, et sur l\u2019exploration électrique des centres nerveux, par laquelle s\u2019établit en ce moment la carte du système nerveux central.Ces additions, dépouillées de l\u2019appareil technique qui les alourdirait inutilement, n\u2019augmentent pas sensiblement le volume du livre. Novembre 1954 Lavar.MÉDICAL 1309 Bien que construit sur le plan didactique le plus classique, et divisé en étude des fonctions de nutrition et des fonctions de relation, l\u2019ouvrage constitue toujours, en même temps qu\u2019un manuel d\u2019enseignement, un livre de lecture qui répond à la curiosité des esprits désireux de trouver un exposé cohérent de l\u2019état de la physiologie contemporame.L\u2019origmalité de ce précis dans la littérature scientifique est d\u2019être le premier traité de physiologie écrit en français qui soit conçu dans l\u2019esprit des écoles de neurophysiologie modernes et principalement de celle de Sherrington.Il aligne la culture des milieux médicaux universitaires français, auxquels 1l est destiné, sur celle des jeunes médecins actuellement formés dans les universités anglo-saxonnes.Bien que les techniques ne soient point décrites ou tres succinctement esquissées dans l\u2019ouvrage, la part qui leur revient dans les transformations profondes subies par la physiologie au cours des trente dernières années est nettement soulignée.De plus, une nouveauté de ce Précis est d\u2019être construit sur la notion centrale d\u2019unité de l\u2019être vivant, très clairement indiquée par l\u2019auteur dans l\u2019avant-propos.Les données récentes de physiologie générale qui ont transformé la physiologie sont exposées dans les chapitres où leur énoncé est indispensable pour le médecin désireux de comprendre le mécanisme du fonctionnement de l\u2019organisme humain.L\u2019anatomie en poche, par Victor PAUCHET et S.DUPRET.6° édition revue et augmentée.Un volume in-16° (19X12) de 464 pages avec 434 planches en noir et en couleurs (1953).1,400 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI®), France.Depuis la 17\u20ac édition, publiée en 1926, l\u2019Anatomie en poche a fait, en raison de sa commodité, une magnifique carrière, celle que lui avait prédite Victor Pauchet.Rajeunie et augmentée, cette 6° édition sera, comme les précédentes, consultée par tous les étudiants qui dissèquent ou qui fréquentent les hôpitaux, par les candidats à l\u2019externat et à l\u2019internat, par les chirurgiens qui, à la veille d\u2019une opération mhabituelle, voudront repasser en quelques minutes les rapports des organes de la région où 1ls vont opérer.À tous, ce livre rappellera l\u2019Anatomie, sans effort grâce à la clarté de ses planches, et à tout instant car son petit format permet de l\u2019emporter toujours et partout avec soi.L\u2019homœopathie sans peine, par les docteurs Léon VANNIER et ILIOVICI.Un volume de 176 pages (1953).600 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI°), France.La curiosité s\u2019éveille de plus en plus vis-à-vis de l\u2019homæœopathie.Un nombre croissant de médecins et d\u2019étudiants désire l\u2019étudier puis la 1310 Lava\u2026 MéÉDpicaL Novembre 1954 pratiquer.Tous sont attirés par des résultats qui ont gagné l\u2019opinion publique, mais beaucoup sont rebutés par la réputation d\u2019obscurité qui s\u2019attache à l\u2019homœopathie et qui est absolument justifiée.C\u2019est à quoi ont pourvu les docteurs Léon Vannier et Iliovici.Sous la forme de lettres familières mais précises, ils envisagent tour à tour les points essentiels de la doctrine et de la pratique.Ils répondent dans les grandes lignes à toutes les questions que le non-initié se pose.L'ouvrage apparaît ainsi comme le préambule naturel à une étude plus approfondie.Il donne les premiers rudiments techniques et aide à façonner le nouvel esprit nécessaire pour la compréhension et l\u2019application de l\u2019homæœopathie.En même temps 1l montre bien l\u2019accord et non l\u2019antagonisme qui existe entre les différentes conceptions médicales.Une vraie synthèse est inconcevable sans la connaissance homæopathique.Traité de médecine (en 17 volumes), publié sous la direction de MM.les professeurs A.LEMIERRE, Ch.LENORMANT, Ph.PA- GNIEZ, P.SAVY, N.FIESSINGER, L.de GENNES, A.RAVINA.Secrétaires généraux : A.Ravina et J.Pater.Tome xvii (et dernier) : Maladies des muscles, des os, des articulations.Rbu- matismes chroniques.Addenda aux tomes 1, II, IV, V, XII et xvu.Table générale alphabétique des tomes 1 à xvi.Un volume, 1,062 pages, avec 237 figures.Prix : broché : 5,500 fr.; cartonné : 6,100 fr.(1953).Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI®), France.Avec le 17¢ et dernier tome qui vient de paraître, l\u2019important Traité de médecine dont la Librairie Masson avait entrepris la publication se trouve aujourd\u2019hui complet.Cet ensemble constitue l\u2019ouvrage le plus important et le plus riche de substance qui ait été publié au cours des trois dernières années.On peut dire que c\u2019est actuellement la base essentielle de toutes les recherches d\u2019ordre médical.L'ouvrage est devenu indispensable dans toutes les bibliothèques scientifiques et médicales et dans les universités et les Centres de recherches en France et à l\u2019étranger.Il n\u2019est que de consulter les monographies parues depuis ces dernières années pour s\u2019apercevoir de la place qu\u2019a prise le Traité comme ouvrage fondamental de référence.Il n\u2019est guère de bibliographie qui ne signale le chapitre du Traité de médecine se rapportant à la question envisagée.Le tome qui vient de paraître présente l\u2019étude des questions suivantes : Maladies des muscles, des os, des articulations et rhumatismes chroniques.De plus, il comporte toute une série d\u2019addenda aux tomes I, 11, IV, V, XII et xVII, mettant l\u2019ouvrage à jour des dernières réalr- sations dans les questions correspondantes : = im \u2014 Novembre 1954 LavaL MEbicaL 1311 Tome 1 : Traitement des méningites à bacilles de Pfeiffer.Embryopathies de la rubéole.Traitements récents de Ja coqueluche.Oreillons.Fièvre thyphoiïde.Tome 11: Brucelloses.Traitement de la maladie de Nicolas- Favre.Tularémie : lymphoréticulose bénigne.Autres adénopathies régionales subaiguës (pasteurelloses).Traitement de l\u2019amibiase : nouveaux médicaments.Typhus exanthématique.Fièvre de Queensland.\u2014 Tome 1v : Avitaminoses.Tome v : Asthme : nouveaux traitements.Pneumonies atypiques.Embolies pulmonaires.Infarctus pulmonaire.Œdème aigu du poumon.Pneumothorax spontané.Poumon et plèvres cardiaques.Tome x11: Progrès dans le traitement des anémies mégaloblasti- ques, Données récentes sur certaines maladies des globules blancs et des organes leucopoïétiques.Acquisitions récentes dans le domaine de la coagulation sanguine.Progrès dans le traitement des splénomégalies congestives.Tome xvi1 : Traitement des rhumatismes articulaires chroniques par la cortisone et la corticotrophine.Rappelons que le Traité de médecine a été conçu de telle sorte que chaque tome puisse être acquis et utilisé séparément, comme une monographie très poussée de la question traitée.Néanmoms l\u2019ouvrage possède une unité qui vient de sa conception d\u2019ensemble, le même esprit ayant présidé à l\u2019élaboration de l\u2019œuvre.Cette unité apparaît surtout si l\u2019on utilise l\u2019Index général qui termine le tome xvir.Cet Index alphabétique de 240 pages se présente comme un instrument de travail exceptionnel et sans doute unique, qui confère au traité des facilités de consultation rares, en le transformant en un véritable dictionnaire de médecine.Précis de thérapeutique homæopathique, par Léon VANNIER.32 édition revue et corrigée.Un volume 1n-16° de xxx+654 pages (1953).1,600 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de \u2019Odéon, Paris (VI\u20ac), France.Trop souvent, les confréres qui désirent pratiquer l\u2019homœæopathie sont embarrassés pour choisir le reméde qui convient exactement au cas qui leur est soumis, au malade qui leur est présenté.Nous avons pensé leur étre utile en leur offrant un livre qui leur permit de détermmer facilement et rapidement le remède nécessaire, sans attendre de posséder la connaissance complète de la matière médicale homœopathique dont nous savons combien l\u2019étude est difficile.Bien mieux, nous pensons que l\u2019usage de ce Précis les aidera à mieux comprendre les indications et les applications de nos remèdes ; à leur faire connaître et apprécier la médecme homæœopathique dont la pratique assure aux malades d\u2019admirables résultats et aux médecins une parfaite sécurité.(18) CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES Le Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec Avis concernant les spécialités Les Comités des spécialistes chargés de considérer les demandes de certification se réuniront au cours du mois de décembre 1954.+ Les médecins dont les études et l\u2019entraînement postscolaires sont terminés, voudront bien présenter leurs requétes avant le 15 novembre, ceci permettant aux Comités concernés d\u2019obtenir les renseignements juges nécessaires.Tout aspirant au certificat voudra bien noter que, conformément à nos règlements, des certificats sans examen pourront être émis Jusqu\u2019au 1e juin 1955.Pour fins d\u2019octroyer des certificats de compétence, le Bureau provincial de médecine du Québec reconnaît les spécialités survantes : 1.\u2014 Anesthésie.13.\u2014 Urologze.2.\u2014 Dermatologie et syphiligra- 14.\u2014 Chirurgie orthopédique.phe.15.\u2014 Otorbinolaryngologie.3.\u2014 Chirurgie générale.16.\u2014 Pédiatrie.4.\u2014 Médecine interne.17.\u2014 Pathologie clinique, bactério- 5.\u2014 Allergie.logie et anatomie pathologique.6.\u2014 Cardiologie.18.\u2014 Médecine physique.7.\u2014 Maladies pulmonaires & T.B.19.\u2014 Chirurgie plastique et recons- 8.\u2014 Gastro-entérologie.tructive.9.\u2014 Neurologie et/ou psychiatrie.20.\u2014 Radiologie : diagnostique et/ou 10.\u2014 Neuro-chirurgie.thérapeutique.11.\u2014 Obstétrique et/ou gynécologie.21.\u2014 Chirurgie thoracique.12.\u2014 Ophtalmologie.22.\u2014 Hyvgiéne. Novembre 1954 Lavar MÉDICAL 1313 Copie des Règlements et normes de formation postuniversitaire ainsi que des formules de demande peuvent être obtenues en s\u2019adressant au Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, 1896 ouest, rue Dorchester, Montréal, P.Q.\u2014 FI : 5205 La Société canadienne d\u2019orthopédie La Société canadienne d\u2019orthopédie s\u2019est réunie à l\u2019Hôpital de l\u2019En- fant-Jésus le 9 octobre dernier et elle y a présenté le programme suivant : Fracture de la hanche, par le docteur Louis Létienne.Arthropathie de Charcot post-traumatique, docteur Vincent Laperrière.Arthrite sacro-iliaque, docteur Jean-Louis Larochelle.Parathyroïdisme et lésions osseuses, docteur Jean Leclerc.Traitement des fractures du fémur chez l\u2019enfant, docteur Jean-Marc Lessard.Il y eût aussi élection : le docteur J.-C.Rossignol, d\u2019Ottawa, fut élu président, le docteur Léo Walker, de Montréal, vice-président et le docteur Édouard Lépine, secrétaire.Médecins français à la Faculté de médecine En septembre et octobre derniers nous avons reçu la visite des célèbres médecins français qui venalent de participer au Congrès des Médecins de langue française du Canada à Ottawa.A Québec, MM.Raoul Kourilsky, Jean Lenègre et René Cachera ont présenté à la Faculté et dans les divers hôpitaux universitaires des travaux de médecin indiquant l\u2019importance des sciences de base et de la recherche dans la clinique moderne.M.Kourilsky a traité des abcès du poumon, des pneumonies du sommet, des suppurations bronchiques et de la gangrène pulmonaire.M.Lenègre a parlé du rétrécissement mitral et des anticoagulants dans l\u2019infarctus du myocarde.M.Cachera a présenté deux travaux, l\u2019une sur les bépatites à virus, l\u2019autre sur l\u2019élimination rénale de l\u2019eau et du sodium dans les cirrboses avec ascite.20) 1314 LavAaL.MÉDICAL Novembre 1954 Le docteur Robert Garneau à Lyon Le docteur Robert Garneau, assistant universitaire a l\u2019Institut d\u2019anatomie pathologique de la Faculté de médecine, vient de recevoir le titre de « assistant étranger » de la Faculté de médecine de l\u2019université de Lyon, France, à la suite d\u2019un stage dans le Service d\u2019anatomie pathologique du professeur Robert Martin.Subvention fédérale accordée à une école de physiothérapie Le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social, en vertu du Programme national d\u2019hygiène, accorde une subvention fédérale, afin d\u2019aider à établir, à Montréal, une école où seront formés des physio- thérapeutistes et des ergothérapeutistes.Les physiothérapeutistes et les ergothérapeutistes, sont en nombre extrêmement restreint, et on a grandement besoin d\u2019un plus grand nombre de ces spécialistes dans les nouveaux programmes de réhabilitation médicale qui prenne actuellement tout leur essor.L'école, qui sera sous la direction du docteur G.Gingras, autorité bien connue dans le domaine de la réhabilitation médicale, pourra recevoir 20 étudiants annuellement chaque année, 40 étudiants recevront leur diplôme.Cette école, qui sera placée sous la directive de la Faculté de médecine de l\u2019université de Montréal, fonctionnera en collaboration avec un certain nombre d\u2019hôpitaux de Montréal.Les diplômés auront le droit de devenir membres de l\u2019Association canadienne de physiothérapie et de l\u2019Association canadienne d\u2019ergothérapie.La subvention fédérale, aidera à fournir un personnel enseignant compétent et le matériel de formation indispensable.Pierre JoBIN "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.