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Titre :
Laval médical
Éditeur :
  • Québec :Faculté de médecine, Université Laval,1936-1971
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec
  • Successeur :
  • Vie médicale au Canada français
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Laval médical, 1955-04, Collections de BAnQ.

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[" LAVAL MÉDICAL VOL.20 N° 4 AVRIL 1955 COMMUNICATIONS QUELQUES ASPECTS DE LA COMMISSUROTOMIE MITRALE * par Joffre-A.GRAVEL, F.R.C.S.(C), M.S, F.A.C.S.du Service de chirurgie de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec Nous désirons vous exposer dans ce travail deux cas de commissuro- tomie mitrale.m ns d\u2019abord l\u2019existen e én mi , même que la Admettons d\u2019abord l\u2019existence de la sténose mitrale, de [ possibilité de son traitement chirurgical.Quelles sont les indications précises de la commissurotomie mitrale?Si nous discutions ce point, des opinions diverses et nombreuses devraient être examinées.Simplifions, en précisant qu\u2019il existe deux grandes indications de la commissu- rotomie mitrale : 1° L'existence d\u2019une sténose mitrale ; 2° La présence de symptômes.Nous avons vu et opéré des cas de cette affection à tous les degrés ye ~ ., f F - d'insuffisance cardiaque.Nous préférons opérer les beaux cas avec des symptômes minimes : les résultats sont tellement meilleurs.Nous ne * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 24 septembre 1954.(10) + 444 Lavar MÉDICAL Avril 1955 refusons cependant pas les mauvais cas avec des symptômes graves : c\u2019est souvent leur chance de survie.Jusqu\u2019à ces derniers mois, nous n\u2019avions pas pensé qu\u2019il pourrait exister des indications d\u2019urgence de la commissurotomie mitrale.Les deux cas que nous allons relater semblent bien démontrer l\u2019existence de telles indications.PREMIER CAS M.W.O., 36 ans, est adn is à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, en décen bre 1952, pour des douleurs vives à la jambe droite.; L\u2019examen physique révèle un jeune homme bien constitué, amputé de la jambe gauche au tiers inférieur de la cuisse.La jambe droite est froide ; on ne sent le pouls ni au pied, ni au creux poplité.La douleur est vive et est ressentie avec un maximum d\u2019intensité au tiers inférieur de la cuisse, bien qu\u2019elle s\u2019étende à toute la jambe.Cette douleur éprouvée subitement au cours de la nuit persiste depuis 12 heures.L'histoire révèle un épisode vague de rhumatisne articulaire aigu en bas âge.Le malade a fait deux stages en clinique pour névrose obsessionnelle.En octobre 1952, il avait été admis d\u2019urgence dans un hôpital régional pour exactement la même symptomatologie qu\u2019au- jourd\u2019hui, mais a la jambe gauche.On avait dû lui amputer la jambe.Il a toujours réussi à travailler un peu.De temps en ten ps, il faisait une hémoptysie.Il était toujours dyspnéique à l\u2019effort.II n\u2019a jamais, et ceci est à bien noter, présenté d\u2019ædème pulmonaire ni malléolaire.En somme, il n\u2019a jamais montré de signes d\u2019insuffisance cardiaque.Le tension artérielle est de 130,85 mm de Hg.Le diagnostic d\u2019embolie à la jambe droite est porté et il est décidé d\u2019instituer un traitement conservateur.Le malade est traité à l\u2019héparine et on lui installe une péridurale continue.L\u2019état de la jambe s\u2019améliore et au bout de cinq jours, la péridurale est discontinuée.L'examen cardiaque révèle une sténose iritrale avec fibrillation auriculaire, confirmée par l\u2019électrocardiogramme et la radiographie.Une radiographie du cœur avant la commissurotomie (figure 1) montre un gros cœur et un gros arc pulmonaire.Les artères pulmonaires Avril 1955 LAavAL MÉDiCAL 445 8x = RN 5 Se sx ee #8 re F o> wa = yc .À H Figure 2.M > * .z # \u201c% +; age =, pe KY ED E rs a * Po m e A \u201c se 1.ak Figure à \u201cWE $ > = = EM Ne A 3 A z 5 Wo ¥ f és ilststiness : 446 LavaL MEbicaL Avril 1955 sont proéminentes.Une seconde radiographie préopératoire, prise de profil, montre une hypertrophie du cœur droit (figure 2).Le malade nous est présenté pour chirurgie cardiaque.Nous ne croyons pas exagérer en disant que la commissurotomie mitrale, l\u2019appendicectomie auriculaire surtout, devaient être pratiquées d\u2019urgence, ce malade étant en danger de faire une autre embolie qui, cette fois, serait mortelle.Le malade est digitalisé et la thoracotomie suit de près.À l\u2019opération nous trouvons une oreillette gauche énorme et une valvule rétrécie au point de ne pouvoir y passer le bout de l\u2019index.La commissurotomie digitale est réussie avec ouverture valvulaire d\u2019environ trois em.L\u2019appendice auriculaire est amputé.Les suites opératoires sont normales ; après quelques jours, la fréquence cardiaque est à 80 et le malade se lève.Dans les suites opératoires, le malade fait une escarre à la cheville droite.Une artériographie (figure 3) révèle un blocage l\u2019artère féemorale à son tiers inférieur.Un mois après l\u2019intervention, l\u2019artère femorale est explorée et on en retire un vieux thrombus s\u2019étendant de l\u2019anneau des adducteurs à la bifurcation de l\u2019artère poplité.La plaie de la cheville est greffée.Le malade entre chez lui avec de la digitoxine, à raison de 0,2 mg par jour, comme dose de soutien.Six mois plus tard, un électro- cardiogramme révèle que le cœur est encore en fibrillation.Toutefois le cœur a sensiblement diminué de volume (figure 4).Le malade se sent bien, 1l travaille même un peu.Il marche à l\u2019aide de ses béquilles.En dépit de certains signes stéthacoustiques persistants, il peut monter un escalier sans dvspnée et peut maintenant dormir avec un seul oreiller.DEUXIÈME CAS G.B., âgé de 25 ans, nous est envoyé pour un abcès pulmonaire avec des hémoptysies marquées.II s\u2019agit d\u2019un jeune homme très pâle, amaigri, chez lequel nous retrouvons un pneumopéritoine.Il est dyspnéique au moindre effort.ug de mal ann de r jie (UE or it mre rrr Avril 1955 LavaL MEbicAL 447 Il n\u2019a que 2,820,000 globules rouges.L\u2019examen pulmonaire fait découvir des râles bronchiques.L\u2019examen cardiaque permet de diagnostiquer une sténose mitrale.Le patient ne semble pas avoir fait de rhumatisme articulaire aigu.Il a jour d\u2019une bonne santé jusqu\u2019en 1951, alors qu\u2019il subit une fracture Figure 4.du crâne.Depuis ce temps, il est dyspnéique à l\u2019effort.Il tousse et fait des rares hémoptysies.Il n\u2019a jamais présenté d\u2019ædème pulmonaire ni malléolaire.Toutefois, 11 parvient à travailler jusqu\u2019en février de cette année alors que, subitement, 1l fait une hémoptysie importante.Il est hospitalisé en province et saigne tous les jours.À un moment, sa formule sanguine descend jusqu\u2019à 1,900,000 globules rouges.Il reçoit de multiples transfusions. 448 Lavar MEbpicaL Avril 1955 Une radiographie (figure 5) prise pendant les hémoptysies révéle un tacheté diffus dans les deux plages pulmonaires ; elle démontre aussi une surcharge des artères pulmonaires.Un pneumothorax droit est tenté afin de contrôler les hémoptysies.Une seconde radiographie (figure 6) montre l\u2019état pulmonaire après l\u2019injection d\u2019air dans la cavité pleurale droite.Ce traitement est discontinué.Un pneumopéritoine est installé.Une tomographie (figure 7) de la plage droite prise à ce moment, révèle une image vacuolaire à la base droite.C\u2019est cette image qui fait croire à un abcès du poumon.Nous croyons qu\u2019il ne s\u2019agissait que d\u2019une quantité d\u2019air résiduel après le pneumo-thorax.Trois mois plus tard de nouvelles radiographies (figures & et 9) montrent un tacheté encore plus diffus des champs pulmonaires.Les expectorations sont négatives au bacille de Koch.Devant ce malade atteint d\u2019une sténose mitrale, chez qui il était question d\u2019abcès pulmonaire et qui présentait une anémie assez marquée, nous décidons de temporiser.D\u2019abord, nous lui prescrivons des transfusions et le digitalisons.Un électrocardiogramme démontre une hypertrophie auriculaire compatible avec le diagnostic clinique de sténose mitrale.Après avoir remonté l\u2019état général, nous demandons au docteur P.Painchaud de pratiquer une bronchoscopie : il trouve des bronches inondées de sang et, de plus, une petite artère saigne sur la paroi externe, au tiers inférieur de la bronche souche gauche.Pendant les jours qui suivent, il crache du sang régu- fièrement.Une journée, il en crache 1,300 cm3.Nous avons alors définitivement l\u2019impression que nous perdons du terrain.A ce moment, nous décidons de lui faire une commissurotomie d\u2019urgence.Le malade en très mauvais état, nous l\u2019opérons sur le dos plutôt qu\u2019en position latérale habituelle.A l\u2019opération, nous trouvons une valvule rétrécie, très calcifiée qui ne s\u2019ouvre que devant le couteau.Le pouron a un aspect hépatique infarci.Une biopsie, pratiquée en périphérie, nous révèle une hypertension très marquée.L'air est enlevé de l\u2019abdomen ce qui nous permet de constater que le foie est hypertrophié à au moins trois travers de doigts en bas des côtes. Avril 1955 Lavar.MEDICAL 449 * ey 3 ¢ & of > Lt £ a i.% Figure 6.re: À *% à \u201c- Wut Tol * + ar x sy?> yi\u201d % & | | se Figure 5.ta, RR oN ww f ï 5 &.4% EN Aww Wide i tr 450 LavA\u2026 MÉDicAL Avril 1955 PS he.a J od + 4 # Figure 8.#4 e ' 8 * i = \u2018 nil >» 2 se 4% 5 \u201ctee ge Figure 7.= She So yy - ~ dt EE * # p ne £S6L [Hay is 3 a ar a8 off \u201ca sa \u2014% +.# \u2018 à \u2018 Bh Sn % gmt wf Se + ww © a 4 si x À TVOIGA]N TYAYT 4 « x $ Figure 9.Figure 10 1SŸ 452 LavaL MEbpicaL Avril 1955 Les suites opératoires sont normales.Les hémoptysies et les expectorations sanglantes cessent subitement.Revu trois mois plus tard, le malade n\u2019a plus expectoré de sang et il ne présente qu\u2019une dyspnée modérée à l\u2019effort.Une nouvelle radiographie (figure 10) montre des plages pulmonaires plus nettes, et une amélioration de l\u2019image cardiaque.Une nouvelle bronchoscopie de contrôle s\u2019avére normale.L\u2019électrocardiogramme montre un tracé amélioré.Discussion Dans les deux cas que nous venons de décrire, nous croyons que la commissurotomie mitrale, non pas élective, mais d\u2019urgence, a non seulement permis de prolonger la vie des patients, mais de la sauver.Le premier aurait certes bénéficié d\u2019être opéré avant de perdre une jambe et d\u2019être sur le point de perdre l\u2019autre.Veinard tout de même de n\u2019avoir pas fait son embolie au cerveau.Quant au deuxième sujet, il fut opéré dans des conditions très défavorables.Le succès de l\u2019intervention est en grande partie dû à la technique parfaite du personnel de notre Service d\u2019anesthésie.N\u2019aurait- il pas pu être opéré dans de meilleurs conditions?Encore aurait-il fallu que le diagnostic eut été posé plus tôt.En conclusion, nous avons apporté notre contribution à l\u2019établissement de deux indications d\u2019interventions urgentes chez les sténosés mitraux : 1° L\u2019embolie simple ou répétée ; 2° L\u2019hémoptysie solitaire ou multiple.Mais nous croyons aussi que ce sont des indications qu\u2019il ne faut pas attendre avant d\u2019intervenir. MALADES TRAITÉS A LA BUTAZOLIDINE A L\u2019HOPITAL SAINTE-FOY * par Jean ROUSSEAU et Jacques BERGERON du Service de médecine de l'Hôpital Sainte-Foy La butazolidine, ou phénylbutazone, est une médication anti- inflammatoire qui fut préparée par les Laboratoires Geigy, de Suisse, il y a quelque six ans, et qui a été essayée avec de bons résultats dans tous les pays.Il est intéressant de noter que cette substance, avant que l\u2019on en connaisse les propriétés pharmacologiques définies, était employée comme solvant de la diméthyl-amino-antipyrine qui, elle, est insoluble.Elle fut donc employée au début en combinaison avec cette dernière sous le nom, d\u2019irgapyrine.On nota son effet favorable sur les maladies rhumatismales et constata que la phénylbutazone, indépendamment de la diméthyl-amino-antipyrine conservait son effet antirhumatismal.La butazolidine se présente sous deux formes : le comprimé dosé à 100 mg et l\u2019ampoule qui s\u2019administre par voie intramusculaire.Nous avons employé la voie orale pour tous les cas dont 1l est question dans ce travail.La posologie habituelle est de 600 à 800 mg par jour pendant trois jours ; si au bout de ces trois Jours la médication n\u2019a pas apporté un soulagement appréciable, 1l est inutile de la continuer : elle restera inefficace.Après les trois premiers jours d\u2019essai, 1l y a lieu de baisser * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 19 novembre 1954. 454 Lavar MÉDicaAL Avril 1955 la dose à 400, 300 et même 100 mg par jour, en se guidant sur l\u2019amélioration.Comme pour la cortisone, son effet est réversible et, après cessation de la médication, on voit l\u2019amélioration obtenue s\u2019estomper et l\u2019arthrite reprendre son cours.Les effets secondaires qu\u2019elle peut entraîner sont des nausées, des œdèmes et des exanthèmes médicamenteux dont nous avons à rapporter un cas dans notre série.Il y a lieu de prescrire une diète pauvre en sel à nos patients sous traitement.Elle peut aussi entraîner une granulopénie et au cours du traitement, il faut contrôler la formule blanche.Les contre-indications au médicament sont les maladies hémorra- gipares, les lésions rénales, les lésions cardiaques avec décompensation, les troubles hépatiques, ainsi que les ulcères gastriques ou duodénaux qu\u2019il peut réactiver.Dans ces derniers cas, il n\u2019est pas à conseiller de l\u2019employer ; toutefois nous rapporterons le cas d\u2019un de nos patients, qui, bien qu\u2019il ait déjà fait un ulcère duodénal, emploie le médicament sans accident jusqu\u2019à ce jour.On conseille de ne pas le donner aux hypertendus.Toutefois, dans un numéro récent de l\u2019Union médicale, un médecin rapporte qu\u2019il l\u2019a administré à un de ses patients hypertendus à qui il ne pouvait donner de la cortisone pour la même raison et que ce patient s\u2019en est bien trouvé Jusqu\u2019à ce jour tout au moins.En contrepartie, nous en avons administré, en ville, à un goutteux qui a fait une poussée hypertensive impressionnante.Nous devons ajouter que ce patient ne se faisait pas suivre de façon satisfaisante : les déboires nous arrivent généralement lorsque la collaboration patient-médecin laisse à désirer.Sans plus de préambule, nous rapporterons maintenant les cas qui ont été traités avec la butazolidine à l\u2019Hôpital Sainte-Foy.A moins d\u2019indication contraire, nos patients ont donc reçu la dose usuelle de 600 mg par Jour par voie orale pendant trois jours et par la suite une dose décroissante à 400, 300, 200 et même 100 mg par jour selon le maintien de l\u2019amélioration du sujet.Nous exposerons d\u2019abord les cas qui ont bien répondu au traitement, puis ceux chez lesquels, pour une raison quelconque, nous avons dù Avril 1955 Lavar.MÉDICAL 455 discontinuer la médication, enfin ceux qui n\u2019ont reçu de la butazolidine aucune amélioration.PREMIER CAS Le premier cas de notre première série est celui de C.S.P., un mécanicien qui souffre de spondylite ankylosante depuis quelques années.Il y a deux ans, il fut soumis à la radiothérapie profonde, traitement qui l\u2019a amélioré au point qu\u2019il put retourner à son travail sans ressentir de douleur.Il nous est revenu, il y à un mois, se plaignant de nouveau de douleurs lombaires basses, d\u2019une certaine gêne respiratoire et de douleurs aux articulations des genoux, des coudes et des hanches.L\u2019examen physique révélait un redressement de l\u2019ensellure [lombaire sans rien de plus, à la flexion de la colonne.Sa sédimentation était de six mm après une heure, ses globules rouges au nombre de 4,800,000 et sa leucocytose de 6,500.Nous avons donné a ce patient, comme traitement de consolidation, 300 mg par jour de butazolidine réduisant par la suite à 200 mg par jour.Actuellement, il peut poursuivre son travail de mécanicien sans ressentir aucune douleur et son état général est florissant.DEUXIÈME CAS Monsieur S.B., homme de peine, âgé de 46 ans, est un monsieur qui a souffert de fibrosite depuis de nombreuses années.Il s\u2019est présenté dernièrement à la Consultation externe de cet hôpital se plaignant de douleurs avec gonflement du genou gauche et de douleurs à la région lombaire.Au coude droit, à deux pouces sous l\u2019olécrâne, on notait un nodule rhumatoïde.Ses globules rouges étaient au nombre de 5,100,000 et sa leucocytose de 12,300.Il est vrai que sa sédimentation n\u2019était que de neuf mm après une heure, mais avec cette atteinte au genou et ce nodule, nous avons cru à une arthrite rhumatoïde au début et lui avons donné de la phénylbutazone.Nous l\u2019avons remis sur pied dans une semaine et après 15 Jours, il reprit son travail en continuant la médication. 456 Lavar MÉDpicaL Avril 1955 TROISIÈME CAS Monsieur R.P., arthritique rhumatoïde depuis quatre ans, a déjà été traité à la cortisone qui lui a apporté une certaine amélioration.À cette nouvelle hospitalisation, 1l avait des douleurs aux mains et aux coudes qui montraient des manifestations évidentes d\u2019arthrite rhumatoïde.Sa sédimentation était de 24 mm après une heure, avant la médication ; après, elle fut de 27 mm après une heure.Son hémo- globimométrie était de 80 pour cent et sa leucocytose de 9,450.La butazolidine l\u2019a immédiatement soulagé de ses douleurs ; l\u2019amplitude des mouvements des articulations atteintes s\u2019est accrue et 1l nous a confirmé que la cortisone ne lui avait jamais procuré une telle amélioration.QUATRIÈME CAS Monsieur E.M, âgé de 32 ans, souffre d\u2019arthrite rhumatoïde depuis deux à trois mois.Les articulations atteintes sont le poignet gauche et la cheville droite.Il se plaint de douleurs à la région lombaire.Son poignet et sa cheville sont le siège de gonflement, sa colonne est limitée dans ses mouvements.Sa sédimentation est de 100 mm après une heure avant le traitement, ses globules rouges au nombre de 3,900,000, son hémoglobinométrie de 80 pour cent et sa leucocytose de 10,800.La médication jugule rapidement l\u2019évolution à ce point qu\u2019après trois jours Il nous « danse une gigue ».Après 15 Jours de traitement, sa sédimentation est de 50 mm après une heure, ses globules rouges au nombre de 4,400,000, son hémoglobinométrie est demeurée la même et sa leucocytose est de 8,500.Il quitte pour reprendre son travail, très satisfait du bien- a .étre acquis.CINQUIEME CAS Monsieur G.D., médecin, souffre d\u2019arthrite rhumatoïde depuis de nombreuses années.Il a pris de la cortisone et a fait un infarctus du myocarde.De plus, il a également fait, il y a quelques années, un ulcére duodénal.Il a déjà reçu de la chrysothérapie et fait une albu- bu Avril 1955 Lava\u2026 MÉDicAL 457 minurie qui nous a imposé de discontinuer l\u2019administration de ce métal lourd.Devant l\u2019évolution implacable de son arthrite, 11 a décidé avec l\u2019assentiment de plusieurs spécialistes en la matière de faire l\u2019essai de la butazolidine.Nous continuons de le suivre ; quatre cents mg par jour de cette substance le maintiennent dans un état convenable.Il suffit d\u2019interrompre pendant quelques jours l\u2019emploi des comprimés pour faire la démonstration du soulagement qu\u2019ils [ui apportent.Sa sédimentation est de 66 mm après une heure, ses globules rouges sont au nombre de 4,500,000 et sa leucocytose à 8,350.Jusqu\u2019à ce jour, son ulcère n\u2019a pas saigné et nous souhaitons qu\u2019il continue ainsi.SIXIÈME CAS Monsieur B.F., âgé de 29 ans, souffre d\u2019une bursite deltoïdienne droite qui l\u2019empêche de dormir ou de tendre la main.La butazolidine l\u2019améliore grandement en trois jours et il est guéri après une semaine.Nous aimons répêter ce mot « guérison ) lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019arthrite ou de maladie connexe ; la chose est si peu fréquente.SEPTIÈME CAS Enfin, notre septième et dernier cas de la première série est celui de monsieur X.F., âgé de 40 ans, qui, il y a un an, subit une déviation de ses uretères dans le gros Intestin pour cause de néoplasie vésicale.Depuis cinq mois, il a constaté des signes d\u2019arthrite rhumatoïde à l\u2019annulaire gauche et au premier doigt du pied gauche, avec une sédimentation de 33 mm après une heure, une hémoglobinométrie à 80 pour cent et une leucocytose de 11,800.La butazolidine a soulagé ses douleurs, diminué le gonflement articulaire, fait baisser sa sédimentation de 5 mm après une heure et amélioré son état général.II prenait au début 300 mg par jour et il continue d\u2019en absorber la même quantité.Nous en arrivons à la série des patients chez lesquels la phényl- butazone apportait une amélioration, mais qui ont dù discontinuer leur 458 Lavar.MÉDiCAL Avril 1955 médication pour une raison que nous exposerons : ils sont au nombre de quatre.HUITIÈME Cas Monsieur L.L., est un spondylitique qui avait très mal supporté la radiothérapie profonde et qui continuait de souffrir de sa spondylose au point que nous avons dû l\u2019hospitaliser.Il reçoit de la butazolidine qui, d\u2019un malade quasi grabataire, en fait un patient ambulant d\u2019allure joviale et reconnaissante.Malheureusement, après une semaine de médication, sa leucocytose passe de 5,250 à 3,100 et nous devons discontinuer la butazolidine.B Nous croyons intéressant de noter que la radiothérapie profonde, en plus d\u2019exacerber ses douleurs, avait également produit une leucopénie, ce qui, d\u2019ailleurs, n\u2019est pas rare.NEUVIÈME CAS Monsieur G.-W.B., âgé de 32 ans, souffre d\u2019arthrite rhumatoïde depuis six mois.Cet employé du gouvernement, comme manœuvre, a pu retourner à son travail avec l\u2019aide de la médication.À notre grande déception, il s\u2019est présenté avec les lésions cutanées au fourreau de la verge (figure 1) et aux membres et nous avons dû discontmuer le médicament.Ce patient pourra peut-être plus tard reprendre de la butazolidine à dose réduite.DIXIÈME cas Monsieur R.L.souffre d\u2019arthrite rhumatoïde depuis un an.La phénylbutazone l\u2019améliore d\u2019une façon très satisfaisante, mais nous notons l\u2019apparition d\u2019albumine dans ses urines et nous supprimons la médication.ONZIÈME CAS Enfin, notre quatrième et dernier cas d\u2019arrêt de la médication est celui d\u2019une jeune femme souffrant de spondylite ankylosante dont la fi Co ls Avril 1955 Lavar MEbicaL 459 sedimentation est de 14 mm après une heure et qui montre une remarquable amélioration de l\u2019amplitude de ses mouvements avec la butazo- lidine.Toutefois, après deux semaines, elle montre un œdème marqué de la figure et un état dyspnéique qui nous poussent à discontinuer le traitement.Figure 1.\u2014 Lésion du fourreau de la verge observée au cours du traitement.La cortisone qu\u2019elle avait prise, il v a deux ans, avait provoqué les mêmes symptômes.Nous en arrivons, pour terminer notre série, à deux cas qui n\u2019ont aucunement répondu à notre médicament.Ce sont des cas noirs qui (11) TABLEAU Î Compilation des cas et des résultats thérapeutiques EXAMENS DE LABORATOIRE Hémo- ; _ LL Sédi- Gl.glo- NOM LT RT LOCALISATION ; ; .DIAGNOSTIC ) CT LIMITATION GONFLEMENT menta- rouges bine .AGE DES DOULEURS .Globules _ Urine tion (en (en j RÉSULTAIS .blancs (en mil- pour- mn) lions) cen- tage) C.-S.P.Spondylite Rég.lombaire Aucune Ancun Av.: N.6 4,8 6,500 Diminution des ankylosante Genoux An.douleurs et Coudes amélioration de Hanches l'état général S.B.Fibrosite de la Genou g.Aucune Genou g.Av.: N.9 5,1 99 12,300 Amélioration 46 ans rég.lonibaire Rég.lombaire Ap.: \u2019 Arthrite rhumatoide R.P.Arthrite Doigts Doigts Doigts Av.: N.24 80 9,450 Tres 41 ans rhumatoïde Coudes Coudes Ap.: N.27 9,400 amélioré Épaules Épaules E.M.Arthrite Poignet gauche Poignet gauclic Av.: N.100 3,9 80 10,800 Très amélioré 32 ans rhumatoïde Rég.lombaire Cheville droite Ap.: N.50 4,4 80 8,500 Cheville droite G.D.Arthrite Doigts, Doigts, Doigts.Ap.: N 66 4,5 88 8,350 Très amélioré 36 ans rhumatoïde etc.etc.etc.B.F.Bursite Deltoide Deltoide Deltoide Amélioration 29 ans deltoïdienne Guérison TALIA I Coesite)d 09% TYOIad[\\ TVAYT SOI [HAY nent tre trees T'ABLEAU I (suite) Compilation des cus et des résultats thérapeutiques EXAMENS DE LABORATOIRE Hémo- _ .Sédi- Gl.glo- N° Nom ET DIAGNOSTIC LocALISATION LIMITATION GONFLEMENT menta- rouges bine AGE DES DOULEURS .Globules - i Urine tion (en (en RESULTATS .blancs (en mil- pour- mm) lions) cen- tage) 7 X.F.Arthrite 1 doigt du picd 1 doigt du 1\u20acF doigt du pied Av.: Alb.33 4,6 80 11,800 Amélioration 40 ans rhumatoide gauche pied gauche gauche Ap.: Pus 28 5,650 Annulaire Annulaire Annulaire gauche gauche gauche 8 L.L.Spondylite Rég.lomb.Rég.lomb.Aucun Av.: N.4 5,3 99 5,250 Amélioration 32 ans ankylosante An.: N.18 4,7 88 3,100 | Étourdissements Leucopénie 9 G.W.B.Arthrite Chevilles Chevilles Chevilles Av.: N.69 5,1 9,000 Amélioration 32 ans rhumatoide Ap.: N.73 4,8 87 10,000 Nausées Ulcérations 10 R.L Arthrite Col.cerv.Col.cerv.Poignet d.Av.: N.26 5,3 94 6,850 Amélioration rhumatoide Épaules Épaules Main d.Ap.: Alb 33 4,7 80 7,800 Amélioration Mains Mains 11 Mme M.Spondylite Rég.lomb Rég.lomb.Aucun Ap N.17 5,3 93 14,800 Très améliorée 40 ans ankylosante Œdème - Dyspnée 12 J.-0.C.Spondylite Rég.lomb.Rég.lomb.Aucun Av.: N.21 4,5 94 6,500 Aucune amélioration 29 ans ankylosante Artic.coxo- Ap.: 16 fémorale Présternales 13 M.G.Fibrosite Rég.lomb.Aucune Aucun Av.: 5 84 5,850 Aucune 23 ans An.: 4,600 amélioration SS61 [MAY TVOIAIN TVAV] 19% 462 LavaL MEeEbicaL Avril 1955 sont probablement là pour nous mieux faire apprécier les résultats que nous avons obtenus chez les autres.DOUZIÈME Cas Monsieur J.-O.C., âgé de 29 ans, souffre de spondylite ankylosante depuis six ans.Il a reçu de la radiothérapie profonde qui a apporté une amélioration notable.À sa dernière hospitalisation, 1l se plaint de douleurs à la région lombaire, aux articulations coxofémorales et de douleurs présternales.Nous voulons consolider le traitement radiothérapique par la phényl- butazone, mais nos efforts restent vains.TREIZIEME CAS Enfin, le dernier cas est celui d\u2019un jeune homme de 23 ans qui souffre de fibrosite lombaire.Sa sédimentation est de 5 mm après une heure, son hémoglobinométrie est de 84 pour cent et sa leucocytose de 5,250.La butazolidine est inopérante chez lui et nous la discontinuons.COMMENTAIRES La butazolidine influence favorablement onze des treize arthritiques que nous avons traités.Nous devons suspendre la médication chez quatre de nos patients et deux ne répondent pas au médicament.Bien que le nombre de nos cas soit trop petit pour en tirer une valeur statistique définitive, il n\u2019en reste pas moins que les résultats sont plus que satisfaisants dans 85 pour cent des cas, bien que nous ayons dû suspendre la médication dans 30 pour cent des cas.La phénylbutazone ne s\u2019est révélée inefficace que dans 15 pour cent des cas.Y a-t-il lieu de s\u2019emballer devant une telle médication ?Nous croyons qu\u2019il serait imprudent de négliger toute autre médication qui a déjà fait ses preuves, mais il est intéressant de constater les résultats qu jes une ab 008 la des Aou ; qi tats Avril 1955 Lavar MÉDICAL 463 surprenants que nous avons obtenus.Gardons-nous, toutefois, d\u2019être trop optimistes et laissons au temps sa fonction de donner à toute chose sa propre valeur.Contentons-nous pour le moment d\u2019espérer de n\u2019avoir pas à corriger l\u2019impression heureuse que nous donne cette arme relativement nouvelle contre le rhumatisme.Discussion a) Le docteur Sylvio Leblond demande si la butazolidine peut être utilisée de façon indéfinie et st on peut alterner avec la cortisone avec profit.b) Le docteur Maurice Giroux demande si la butazolidine ne peut provoquer l\u2019apparition d\u2019un ulcère peptique chez l\u2019homme.Chez le rat, l\u2019injection de 100 mg produit ce résultat.c) Le docteur Joachim Jobin fait remarquer qu\u2019après la suppression du traitement par la cortisone, l\u2019amélroration se maintient plus longtemps qu\u2019après la suppression de la butazolidine.d) Le docteur Sylvio Caron veut savoir s\u2019il est possible que les douleurs rhumatismales diminuent ou disparaissent sans médication.e) Le docteur Eustace Morin demande si la coexistence d\u2019ulcère gastroduodénal et d\u2019arthrite est fréquente.f) Le docteur Benoit Boucher demande si la butazolidine a un effet positif sur les lésions arthritiques ou seulement un effet analgésique.g) Le docteur Émile Gaumond s\u2019informe de l\u2019interprétation qu\u2019on a faite des lésions cutanées observées dans un cas.S\u2019agissait-il d\u2019une fix drug eruption, ou des premières manifestations d\u2019une éruption pouvant aboutir à une érythrodermie plus étendue.Il a eu l\u2019occasion de voir une malade du docteur Richard Lessard qui, après usage de butazolidine, a fait une érythrodermie intense avec perte des cheveux et diminution du nombre des globules blancs.Le docteur Rousseau apporte les précisions suivantes : a) Certains malades reçoivent de la butazolidine depuis trois ou quatre ans maintenant ; il ne peut se prononcer sur le profit qu\u2019on peut retirer de l\u2019association à la cortisone ; 464 Lava\u2026 MÉDicAL Avril 1955 b) On a traité avec hésitation, un malade avec un ulcère duodénal : on n\u2019a observé chez lui que des spasmes digestifs, mais en cours de traitement, on n\u2019a pas retrouvé de sang dans les selles, ni d\u2019évolution de l\u2019image radiologique ; c) Il n\u2019a pas observé de différence dans la durée de l\u2019amélioration après l\u2019arrêt de la butazolidine ou de la cortisone ; d) Chez plusieurs arthritiques, le repos prolongé peut procurer autant de profit que la médication, mais la cure est lente et dispendieuse ; e) A l\u2019Hôpital Sainte-Foy, l\u2019association d\u2019ulcus et de rhumatisme a été observée deux fois ; f) Quant au mode d\u2019action, tout ce qu\u2019on peut dire, c\u2019est que la butazolidine, sans être une hormone, agit comme la cortisone ; g) Il a eu l\u2019impression que les lésions cutanées observées auraient pu conduire à une érythrodermie généralisée.Il préférerait demander l\u2019avis du docteur Gaumond là-dessus.Ce dernier souligne l\u2019importance de supprimer rapidement le médicament, surtout s\u2019il s\u2019agit de manifestations cutanées primitives. EFFETS DE LA CORTISONE, DE L\u2019ACTH ET DE LA VITAMINE «C» SUR L\u2019HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE A LA DCA *t par Georges-A.BERGERON ! et Gustave BOURBEAU Département de phvsiologie humaine, Université Laval Des travaux antérieurs de Héroux et Dugal (7 et 8) ont démontré l\u2019effet inhibiteur de l\u2019acide ascorbique chez des rats hypertendus par des injections quotidiennes de DCA.Ces auteurs ont également observé que, chez des animaux surrénalectomisés au cours de la période expérimentale (extirpation d\u2019une surrénale au début de l\u2019expérience et de la deuxième surrénale le dixième jour), la vitamine C n\u2019a plus cet effet inhibiteur sur l\u2019hypertension expérimentale.Ils émettent l\u2019hypothèse que cette action hypotensive résulterait de la production accrue d'une hormone antipressive d\u2019origine surrénalienne.Dans une communication antérieure devant cette société nous pouvions vérifier cette réduction de l\u2019hypertension expérimentale à la DCA par la vitamine mais nous démontrions qu\u2019elle est incomplète et ne * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 3 décembre 1954.t Travail subventionné par The Medical Advisory Committee du Conseil nationa des recherches.1.Boursier Markel. 466 Lava\u2026 MÉDICAL Avril 1955 se manifeste qu\u2019après un certain délai (1).Nos expériences, nous permet- talent encore de conclure que cette propriété de l\u2019acide ascorbique est indépendante de l\u2019action de l\u2019hypophyse (1) puisqu\u2019elle se manifeste même en son absence mais que, par contre, elle est inhibée par la surrénalec- tomie (2).Il semble donc que la surrénale soit indispensable à la réduction de l\u2019hypertension par la vitamine C.Nos travaux nous conduisaient naturellement à explorer l\u2019action de la cortisone et de l'ACTH, et ce sont les résultats de ces expériences que nous présentons dans cette communication.Pour ce qui est de l\u2019influence de la cortisone sur la pression artérielle, la littérature nous apporte des conclusions contradictoires.En effet, si Friedman et al.(4) observent que la cortisone n\u2019a que peu ou pas d\u2019effet sur la pression artérielle, par contre, Selye (15), Knowlton et al.(10), de même que Guillemin (6) rapportent qu\u2019elle déclenche une hypertension très nette.Quant a ACTH son influence sur la pression artérielle semble Je plus souvent négligeable (14).Cliniquement, on rapporte occasionnellement des hypertensions (17) qui, selon Margolis et Caplan (11), seraient réversibles à la simple réduction de la dose administrée.D\u2019aprés Sprague (18) lACTH serait susceptible de déclencher de l\u2019hypertension chez des patients dont le rein est déjà touché.Dans une première partie nous présenterons nos observations relatives à l\u2019influence de la cortisone associée ou non à la DCA et la vitamine C et dans une seconde nous exposerons nos résultats avec l\u2019'ACTH dans des conditions analogues.|.\u2014 - INFLUENCE DE LA CORTISONE ET DE L\u2019ACIDE ASCORBIQUE SUR L\u2019HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE A LA DCA Déterminisme expérimental L'expérience est conduite chez 78 rats mâles de race Wistar, d\u2019un poids moyen de 109 grammes au début de l\u2019expérience.Tous les animaux sont néphrectomisés unilatéralement, puis cinq jours plus tard divisés en cinq groupes recevant respectivement les traitements suivants : 5 Avril 1955 Lavar MÉDICAL 467 a) DCA ; b) Cortisone ; ¢) DCA et cortisone ; d) Cortisone et vitamine C ; e) DCA, cortisone et vitamine C.La DCA ! est administrée en injections sous-cutanées à la dose quotidienne de 2,5 mg de DCA en suspension aqueuse sous un volume de 0,1 cm3, selon la technique décrite par Selye et al.(16) et utilisée par Masson et al.(12).La cortisone est injectée par voie sous-cutanée à la dose de un mg par jour.La vitamine C, ?sous forme d\u2019ascorbate de Na per os, est répartie en quatre doses quotidiennes de 40 mg chacune.La pression artérielle est mesurée par la méthode pléthysmographique de Friedman (4), sous anesthésie générale a I\u2019éther.Les rats sont nourris aux cubes purina et abreuvés d\u2019une solution de chlorure de sodium à un pour cent depuis le moment où ils reçoivent de la DCA ou de la cortisone.OBSERVATIONS Toxicité : La mortalité est assez élevée au cours de la période expérimentale.Les rats traités à la cortisone ou à la DCA succombent d\u2019infections intercurrentes, le plus souvent localisées à l\u2019arbre respiratoire.La mortalité est encore plus élevée chez les animaux qui reçoivent et la cortisone et la DCA simultanément.A l\u2019autopsie, l\u2019œdème et l\u2019ascite sont fréquemment observés chez les animaux traités à la DCA, qu\u2019ils reçoivent de la cortisone ou non.Letableau I résume la survie des rats selon les groupes.On voit que l\u2019addition de vitamine C à la cortisone et à la DCA n\u2019accroit pas la résistance dans ces conditions expérimentales.La figure 1, montre l\u2019influence de ces substances sur la courbe de croissance des animaux.Les courbes des animaux traités à la DCA traduisent bien la présence d\u2019œdème surtout une semaine après le début des injections.1.La DCA utilisée pour cette expérience nous fut gracieusement fournie par la Compagnie Ciba de Montréal.2.L\u2019ascorbate de Na nécessaire à cette expérience nous fut gracieusement fourni par la Compagnie Hoffman-La Roche. 468 Lavar MéÉDpicaL Avril 1955 TaBLeau Î Suirie des rats au cours de la période expérimentale rares lotr | Surv Soient Soient DCA.LL LL LL 16 15 14 10 Cortisone.16 16 14 13 Cortisone et vitamme C.15 14 13 12 Bh DCA et Cortisone.15 14 13 7 DCA, cortisone et vitaminc C.16 12 10 6 Pression artérielle : Le tableau II et la figure 2 présentent les variations de la pression artérielle au cours de l\u2019expérience.Aux fins de compilation, seuls les animaux ayant survécu au moins pendant les quatorze premiers jours sont retenus.On constate d\u2019abord que la cortisone seule, à la dose de un mg par Jour, exerce un effet hypertenseur très net, statistiquement aussi important que celui obtenu par la DCA seule.Cependant, et contrairement aux animaux traités à la DCA, cette hypertension est fugace et disparaît dès que l\u2019on suspend l\u2019administration de la cortisone.L\u2019admmistration conjointe de la cortisone et de la DCA ne provoque pas d\u2019hypertension plus importante que la DCA seule, mais la réponse est plus rapide et déjà, au bout d\u2019une semaine, la pression est nettement plus élevée chez les animaux recevant les deux hormones simultanément.Dans l\u2019un et l\u2019autre cas, que l\u2019hypertension soit provoquée par la cortisone seule ou l\u2019action conjointe de la cortisone et de la DCA, l\u2019acide ascorbique n\u2019exerce aucun effet inhibiteur sur cette hypertension.Discussion La cortisone seule ou administrée conjointement à la DCA provoque une hypertension artérielle importante et nettement significative. ch \u201cde ogit five \u201cx = _ Avril 1955 LavaL MéEbpicaL 469 £ 9 o 8 e =.ac 2 3 8 ox os 28 © 0 i b wi vd ® © od » > +» $ 53 §5e 35 3 o oO 8 86% 8e 9 o v 1 2 e 4 0 4 o AS ® \\ ~ e 8 © - = Q 0 = a \u2014_ a \u2014 © Î 8 ke = o \u201c0 % 0 2 4 Je - Sven a £ £ 2 EE > = cs 3 a> + 08 2 18 3a | 8 : cs 3 a< 3 #0 5 oA o us 4 © \u2014jo LD ~ 3 © 9 - v \"© * \\ S eTYIFIETIUN dfwojdeaydyy \u2014 \\ 2 db \\\\ = et vitamine C \u2014 po ] À -7 4 7 11 14 25 TEMPS EN JOURS SS6E [MAV Figure 4.\u2014 Courbes de pression artérielle chez des rats traités à l\u2019'ACTH avec ou sans vitamine C. lle chem Ham rmte Crmicks A I\" ACT FE avec ou sme vicars irne «.Ts.nes > TaBLEAU V < Effets de l'ACTH et de la vitamine C sur l\u2019bypertension expérimentale à la DCA © Ur MOYENNES DES VARIATIONS DE PRESSION ARTERIELLE, EN MM DE Ho TRAITEMENT Î Pression Après t Après 1 Après t Initiale 11 jrs 18 jrs 25 jrs ACTH 103 +19,4 +33,7 +35,5 (13)* +17,0 +23,8 +20,5 +18,7 A - 1, > ACTH 97 +26,5 +41,5 +47,4 < et vitamine C +14,9 +23,8 +18,7 +22,2 = 12 1,8 = Témoins 94 +24,0 +35,7 +30,1 ris (9)* +17,3 +15,6 +19,4 +19,8 = 5,4 ACTH, DCA 93,7 +61,6 +62,9 = et vitamine C +10,6 +7,5 4,7 +48,3 (8)* (5)* 6 (3)* 1, ACTH et DCA 102,6 +80,6 +42,1 +19,6 +28,1 +43,8 (9)* (8)* (6)* 2,0 DCA 87,0 +80,0 +93,4 +5,9 +30,4 +33,3 (8)* (5)* (5)* t Tous les animaux sont néphrectomisés unilatéralement et abreuvés à l\u2019eau salée.* Nombre d\u2019animaux.8 SN 478 LavaL MÉDicAL Avril 1955 O ACTH - DCA - Vit.C © ACTH - DCA 18 / / 7 / / / x LT A Témoins a ° 14 ~N ~ >» o\u2014\u2014\" \u2014 ] e 0 oO ya / / / / / / 7 | 7 TEMPS EN JOURS Injections: ACTH DCA et vit.C / i OTS.1930TTNM Smo deydey \u2014P D oe À -7 ] | 170} 160p 190} 10} 4 Le 4 L 10 | 8 § 8 § 3 8 & 8 34 bp wm ue \u2018FTTATUNINY NOISSDUL Figure 5.\u2014 Courbes de pression artérielle chez des rats traités à l\u2019ACTH et à la DCA avec ou sans + i | i ! | ! i RESUME ET CONCLUSIONS \"1.La cortisone seule, chez des rats sensibilisés par une néphrectomie unilatérale et ingestion d\u2019eau salée, provoque une hypertension très nette mais réversible dès l\u2019interruption du traitement ; vitamine C, vit avai es Sn \u2014- CE ouaur immenses AS A SR ESS Figure 5- i Avril 1955 LLavaL MEpicAaL 479 2.En présence de DCA, la cortisone induit rapidement une hypertension qui se maintient mème après interruption du traitement ; 3.L\u2019ACTH est sans influence sur la pression artérielle de rats sensibilisés ; 4.L\u2019ACTH ne modifie pas l\u2019hypertension expérimentale à la DCA ; 5.L\u2019acide ascorbique est sans influence sur l\u2019hypertension induite par la cortisone et ne modifie pas la pression artérielle de rats traités à ACTH ; 6.La vitamine C n\u2019exerce aucun effet inhibiteur sur l\u2019hypertension expérimentale à Ia DCA en présence de cortisone ou d\u2019ACTH ; 7.La vitamine C n\u2019accroit pas la résistance de rats soumis à de fortes doses de DCA ou de cortisone, après néphrectomie unilatérale et ingestion d\u2019eau salée.BIBLIOGRAPHIE 1.BERGERON, G.-A., BoOURBEAU, G., et DuGaL, L.-P., Acide ascorbique et hypertension expérimentale chez des rats hypophysectomisés, R.can.biol., 11 : 484, 1953.2.BERGERON, G.-A., BourBEAU, G., et LAMARRE, J., Effets de l\u2019acide ascorbique, de la cortisone et de la surrénalectomie sur l\u2019hypertension expérimentale à la DCA, R.can.biol., 13 : 106, 1954.3.Friepman, M.,, et Freep, S.C., Microphonic manometer for indirect determination of systolic blood pressure in the rat, Proc.Soc.Exper.Biol.e= Med., 70 : 450, 1949.4, FRIEDMAN, S.M., FRIEDMAN, C.L., et NuxuUsHIMA, M., Action of Cortisone on cardiovascular-renal effects of desoxycorticosterone acetate, Am.J.Physio., 163 : 319, 1950.GROLLMAN, À., et KONNERTH, A., Effect of cortisone and adreno- Vi corticotrophic hormone of pituitary on blood pressure in experimental renal hypertension, Endocrinology, 48 : 213, 1950.6.GUILLEMIN, R., Production d\u2019hypertension artérielle par la cortisone en l\u2019absence de sodium, R.can.biol., 11 : 500, 1953.7.HEroux, O., et Ducar, L.-P., Effet de l\u2019acide ascorbique sur l\u2019hypertension provoquée par l\u2019acétate de désoxycorticostérone (DCA), R.can.biol., 10 : 123, 1951. 480 Lava\u2026 MépicaL Avril 1955 8.Héroux, O., et Ducar, L.-P., Effet de l\u2019acide ascorbique sur l\u2019hypertension expérimentale, Can.J.Med.Sc, 29 : 164, 1951.9.KnowLToON, A.I, LEB, E.N., STrœrx, H.C., et SEEGaz, B.P., The development of hypertension and nephritis In normal and adrenalectomized rats treated with cortisone, Proc.Soc.Exper.Biol.& Med., 72 : 722, 1949.10.KnowzTon, À.I., Lœs, H.C., WHITE, J.P., et HEFFERMAN, J.F_, Induction of arterial hypertension in normal and adrenalectomized rats given cortisone acetate, J.Exper.Med., 96 : 187, 1952.11.MaArGouis, H.M., et CapLaN, P.S., Effects of pituitary adreno- corticotrophic hormone (ACTH) in rheumatoid arthristis, J.A.MA., 145 : 382, 1951.12.Masson, G., HaAzarp, J.B., Corcoran, A.C, et Pace, I.H,, Experimental vascular disease due to desoxycorticosterone and anterior pituitary 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SUR LA CHONDRODYSPLASIE ÉPIPHYSAIRE (Maladie de Hunnerman) * t par Paul-E.CÔTÉ de l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus Au cours du mois de juin 1954, nous dûmes interpréter des radiographies qui nous créèrent un problème diagnostique quelque peu ardu.En effet, un bébé âgé d\u2019environ trois mois avait été hospitalisé parce qu\u2019il présentait des lésions eczématiformes diffuses et des troubles d\u2019ordre général.On avait fait radiographier ses deux genoux parce qu\u2019ils étaient gonflés et apparemment rigides et douloureux.L\u2019aspect des radiographies nous laïssa quelque peu perplexe.A cause de la similitude des lésions aux deux genoux, il nous sembla qu\u2019il devait s\u2019agir d\u2019une affection systémique et, pour obtenir plus de renseignements et en même temps gagner quelque temps pour poser un diagnostic, nous demandâmes des informations cliniques en même temps que des radiographies de tout le squelette.Ces nouvelles radiographies nous montrèrent que l\u2019affection était en effet généralisée et que l\u2019enfant présentait des formations anormales * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, Ie 17 décembre 1954, t Cas présenté grâce à la courtoisie du docteur J.G.Hardman, de Québec. 482 Lava\u2026 MÉDICAL Avril 1955 sous forme de taches calcifrées très denses, irrégulières et fragmentées au site présumé des épiphyses des différents os.Aux genoux, en particulier, on pouvait observer des formations calcaires volumineuses qui semblaient s\u2019étendre bien en dehors de la situation probable des épiphyses ou des noyaux d\u2019ossification des rotules.Il y avait aussi des dépôts de même type à l\u2019épiphyse calcanéenne, aux épiphyses de chaque extrémité du tibia et du péroné de même qu\u2019à tous les os du bassin, mais plus particulièrement aux ischions, au pubis et aux têtes fémorales.De plus, les radiographies montraient de façon très nette un raccourcissement, avec aspect trapu, des deux humérus et des deux fémurs.La colonne en latérale seulement ne montrait que des déformations banales telles que celles rencontrées dans les chondrodystrophies de l\u2019enfance.Au point de vue de l\u2019histoire clinique, le médecin traitant nous apprit que ce bébé de sexe mâle, âgé de trois mois, avait été amené à l\u2019hôpital parce qu\u2019il souffrait d\u2019une lésion cutanée de type eczématiforme et de gonflement apparemment douloureux de ses articulations.À l\u2019examen d\u2019entrée, on constata, de plus, une fissure palatine assez marquée, une peau caoutchoutée, une hernie ingumale bilatérale, des raideurs articulaires et un raccourcissement évident des deux bras et des deux cuisses, donnant à cet enfant un aspect particulier, qui fit porter le diagnostic de chondrodystrophie généralisée.L'histoire révéla qu\u2019il était né dans un autre hôpital de cette ville.Nous avons appris de cet hôpital qu\u2019il y avait été gardé huit jours après sa naissance et que, pendant cet intervalle, on avait dû le nourrir par un tube de gavage à cause de la déformation palatine.Une formule sanguine avait été trouvée entièrement normale.Au départ de l\u2019enfant, on avait porté le diagnostic d\u2019ostéo-chondrodystrophie.À la lumière des nouvelles radiographies et de ces renseignements, nous avons informé le médecin qu\u2019il s\u2019agissait là, sans aucun doute, d\u2019un type particulier de dyschondroplasie possiblement entaché d\u2019un certain crétinisme hypothyroïdien qu\u2019il faudrait élimmer.Une nouvelle formule sanguine fut trouvée normale de même qu\u2019un examen d\u2019urine.Le dosage \u2018du cholestérol donna le taux normal de 168 mg nous forçant à abandonner l\u2019hypothèse d\u2019hypothyroïdie.Entre temps, peu satisfait de notre pre- SS67 [MAY > < > rr > ly ti Z oO > r Figure 1.\u2014 Radiographie de face.Noter particu- Figure 2.\u2014 Thorax et abdomen de profil.Noter lièrement la brièveté des humérus et des fémurs et l\u2019aspect particulier des vertèbres qui présentent » l\u2019aspect fortement déchiqueté des os du bassin et encore leur canal nourricier, mais ne montrent pas © ow des têtes fémorales.d\u2019autre déformation importante. 484 Lava\u2026.MÉDICAL Avril 1955 mier diagnostic, nous avions discuté le problème avec le personnel du Service radiologie de l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.Il nous fut alors possible de déterminer qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une dyschondroplasie mais d\u2019un type très particulier et très rare, connue sous le nom de dysplasie épiphy- saire ponctuée ou de maladie de Hunnerman.y viene ee en dd Figure 3.\u2014 Les deux avant-bras montrent des dépôts calciques très denses aux deux extrémités des os longs.Aucune thérapie ne pouvait être entreprise et l\u2019enfant quitta l\u2019hôpital pour des raisons qui n\u2019étaient pas reliées à l\u2019affection.Quelques jours plus tard, il décédait, apparemment à cause de troubles de nutrition qui ne pouvaient être résolus à domicile.Cependant, nous avons pu obtenir une pièce anatomique, sous forme d\u2019un genou entier, qui fut envoyé au Laboratoire d\u2019histopathologie de Avril 1955 Lava\u2026 MéDicaL 485 l\u2019université Laval pour étude et rapport.Voici le texte du rapport que nous en avons reçu.« Le prélèvement examiné histologiquement comprend l\u2019articulation du genou avec la rotulè et l\u2019épiphyse du fémur et du tibia.La synoviale articulaire est sans particularité.Les épiphyses sont formées de tissu cartilagineux hyalin avec quelques points d\u2019ossification.Ils contiennent, en plus, plusieurs petits dépôts de sels calcaires et de petites plages arrondies de tissu fibreux très lâche avec des pelotons de capillaires.» Figure 4.\u2014 Radiographie latérale des deux membres inférieurs.Remarquer la haute densité et la fragmentation des dépôts calcaires dans la région des deux genoux ainsi qu\u2019au niveau de l\u2019épiphyse du calcanéum gauche.Entre temps, nous avions également radiographié les parents qui s\u2019y étaient facilement prêtés afin de déterminer si ces caractères pouvaient exister chez les ascendants.Rien d\u2019anormal ne put être démontré.Le seul renseignement intéressant obtenu par ailleurs fut celui d\u2019un mariage entre cousins germains.Le premier cas de cette affection signalé remonte à 1914 (Conradi) ; il était confirmé par des radiographies.L\u2019auteur de la dernière publi- 486 LavAr MÉDICAL Avril 1955 cation sur le même sujet, en juin 1954, après revue de la littérature, n\u2019a pu relever que 16 autres cas qui pouvaient répondre à cette description.L\u2019affection se rencontre plus souvent chez le bébé de sexe féminin que chez Ie bébé de sexe masculin, dans une proportion de deux à un.L\u2019hérédité ou un caractère familial n\u2019ont pas pu être démontrés.Il est indiscutable que l\u2019affection apparaît très tôt dans la vie puisque dans au moins deux cas diagnostiqués radiographiquement on avait déjà pu observer in utero des signes qui ont été de nouveau vérifiés après la naissance.Dans les cas généralisés, l\u2019aspect général, à première vue, suggère un crétinisme banal.Mais il arrive que la maladie n\u2019intéresse parfois qu\u2019un seul segment et prenne l\u2019aspect monomélique.Parmi les signes constants rapportés, on note l\u2019épaississement de la peau, le gonflement douloureux des articulations des genoux, des coudes, des poignets et des chevilles, le raccourcissement des bras et des cuisses par atteinte des fémurs et des humérus et, en Angleterre, dans 60 pour cent des cas, l\u2019existence de cataractes bilatérales.Cependant, en dehors de ce pays, un seul des cas observés étant atteint d\u2019une cataracte.Les examens du sang, des urines et des humeurs n\u2019ont jamais rien démontré de particulier.En général, Ie pronostic est mauvais, surtout dans les cas généralisés, puisque la mort survient dans les douze premiers mois de la vie, dans au moins 50 pour cent des cas et, le plus souvent, sous forme d\u2019une général!- sation tuberculeuse de type miliaire.Par contre, dans les cas [imités à un segment, Il est de règle que la régénération se produise.On comprendra que les observations histologiques aient été peu nombreuses, mais on a cependant pu observer aux épiphyses malades des phénomènes de dégénérescence mucoïde aux cartilages avec présence d\u2019espaces kystiques, surtout près de la surface articulaire.On a aussi noté la présence de vaisseaux sanguins anormaux et de paquets de fibres élastiques.Mais ce qui a été vu de façon constante, c\u2019est la présence de dépôts polymorphes de substance calcique d\u2019aspect crayeux.Chez des enfants devenus plus âgés, on a pu constater que le tissu *: x * r A osseux avait tendance à remplacer progressivement ces dépôts de calcium, et il semble que le point culminant de cette tendance puisse être observé vers l\u2019âge de trois ans. Avril 1955 Lavar MÉDICAL 487 Il est clair que le diagnostic puisse être soupçonné.par l\u2019examen clinique, mais qu\u2019il ne peut être définitivement arrêté que sur le témoignage des radiographies.L'aspect radiologique est en effet très frappant et, une fois observé, ne peut plus prêter à une erreur puisqu\u2019il ne ressemble à aucun autre état : si l\u2019on fait la revue de toutes les maladies Figure 5.\u2014 Radiographie latérale de la jambe gauche et du genou droit.Même aspect que celui de la figure 4 mais mieux isolé et démontrant davantage la situation des dépôts calcaires en rapport avec les tissus mous.entrainant des calcifications anormales dans les tissus nous ou dans les os, on n\u2019en trouve aucune qui donne cet aspect particulier.Avant de terminer cette brève présentation, nous voudrions résumer en quelques mots la plus récente publication à ce sujet (juin 1954) dans laquelle l\u2019auteur relate l\u2019histoire d\u2019un enfant qui fut amené à l\u2019hôpital de Madison, au Wisconsin, en très bas âge, simplement parce 488 LavaL MÉDicAL Avril 1955 qu\u2019il présentait un membre plus court que l\u2019autre.Une radiographie fut faite et, devant l\u2019aspect particulier, le diagnostic de dysplasie épi- physaire ponctuée fut porté.L\u2019enfant, qui présentait une forme monomélique, fut retourné chez lui sans autre traitement.Par la suite, il fut suivi régulièrement et radiographié pendant une période de neuf ans.Ce précieux document médical a permis de vérifier les observations antérieures en démontrant la disparition progressive de tous les signes radiologiques à partir de l\u2019âge de trois ans.Par ailleurs, l\u2019évolution générale de cet enfant était entièrement normale et, aujourd\u2019hui, à l\u2019âge de 9 ans, il ne présente aucune anomalie si ce n\u2019est que son membre est demeuré un peu plus court que l\u2019autre.Le cas de chondrodysplasie épiphysaire que nous avons rapporté ne doit retenir l\u2019attention que par sa grande rareté et peut-être aussi parce qu\u2019il illustre bien le fait que les cas peu ordinaires ne sont pas uniquement l\u2019apanage des grands centres.SOMMAIRE Nous avons brièvement rapporté l\u2019observation d\u2019une affection épiphysaire rare dont seulement 17 autres cas sont connus.Il s\u2019agit de la dysplasie épiphysaire ponctuée dont l\u2019évolution est fatale chez les enfants dans plus de 50 pour cent des cas avant 12 mois et dont le point de départ est prénatal.Parmi les signes généraux, on note l\u2019aspect crétinoïde, le gonflement douloureux des articulations, le raccourcissement des bras et des cuisses, et, très souvent, des cataractes.L\u2019étude histologique ne révèle rien de particulier, sauf l\u2019existence de multiples dépôts calciques démontrés par les radiographies.Le diagnostic est exclusivement radiologique ; sila guérison survient avec la survie, elle se fait sans laisser de séquelles et les épiphyses se développent normalement.SUMMARY A case of a rare epiphyseal dysplasia of which there are only 17 other known cases is briefly summarized. ¢ Avril 1955 LLavar MeEbicaL 489 It 1s known under the name of dysplasia epiphysialis punctata and when generalized is fatal to 50 per cent of the patients in their first twelve months.The general symptoms are thickning of the skin, swelling with stiffness of the articulations, shortening of the humeri and femori.The diagnosis is radiological and confirmed by the finding of multiple chalk like deposits in the area of the epiphysis.No treatment 1s known.Recovery happens without sequellæ when early death does not occur.BIBLIOGRAPHIE 1.FAIRBANK, H.A.T., General diseases of the skeleton, Brit.J.Surg., 15 : 120-142, 1927.2.FAIRBANK, H.A.T., Dysplasia epiphysialis punctata, J.Bone & Joint Surg., 31-B : 114-122, 1940.3.Haynes, E.R., et WANGNER, W.F., Chondro-angiopathia calcarea seu punctata, Radiology, 57 : 547-550, 1951.4.Raap, G., Chondrodystrophia calcificans congenita, Am.J.Rengenol.& Radiumtberapy, 49 : 77-82, 1943.Paur, L.W., Punctate epiphyseal dysplasia (chondrodystrophia calcificans congenita), Am.J.Ræntgenol.& Radiumtherapy, 71 : 941-946, 1954.Va Discussion Le docteur W.Leblond demande des renseignements supplémentaires au sujet du gargoylisme.Le docteur Côté ajoute qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une forme de dystrophie congénitale.Il comporte un crétinisme osseux avec angulation de la colonne vertébrale accompagnée de troubles endocriniens.La dysplasie craniofaciale donne à ces sujets l\u2019aspect d\u2019une gargouille.Cette affection s\u2019appelle encore lipochondrodystrophie ou maladie de Hurler.Par contre, chez les nains achondroplasiques, l\u2019intelligence n\u2019est pas affectée. LES CÉPHALÉES EN OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE ET EN OPHTALMOLOGIE * par Roland LAVOIE de Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus Cette courte étude a pour but de faire ressortir brièvement un aspect particulier du problème des céphalées, en vue d\u2019une meilleure compréhension et d\u2019une thérapie plus rationnelle de ce syndrome fréquent.Le nombre de patients qui consultent pour des maux de tête semble augmenter et si l\u2019otolaryngologiste en voit sa large part, c\u2019est que les manifestations de cette affection sont fréquentes chez les malades qui relèvent de sa compétence.La réaction du spécialiste devant ce problème peut se manifester de deux façons : l\u2019un, familiarisé avec une région particulière du corps humain en voit l\u2019influence s\u2019exercer sur l\u2019organisme tout entier ; l\u2019autre, considère l\u2019organisme comme un tout et apprécie son influence sur le bon ou mauvais fonctionnement d\u2019une région en particulier.II va sans dire que l\u2019avenir et le rendement des spécialités médicales sont entre les mains du second groupe : le spécialiste ne peut jamais se départir de sa culture médicale générale.* Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 17 décembre 1954.le ter 85 Da Un fp Avril 1955 Lavar MÉpicaL 491 Il serait certes dangereux de vouloir simplifier en quelques mots un problème aussi complexe, mais cette crainte ne doit pas interdire la recherche des bases physiologiques qui permettront d\u2019en mieux saisir le mécanisme.Les polypes, les tumeurs, les kystes du nez et des sinus, l\u2019infection aiguë ou chronique, les infections dentaires, le syndrome de l\u2019articulation temporo-maxillaire, les anciens traumatismes craniens, les maladies de l\u2019œil, les lésions craniennes ou intracraniennes, l\u2019artérite des vaisseaux de la base, la myosite, l\u2019arthrite cervicale, l\u2019otite chronique cholestéato- mateuse ou non, enfin, les facteurs psychogéniques sont autant de causes de céphalées accompagnées de symptômes concomitants assez précis.Nous n\u2019avons nullement l\u2019intention d\u2019en décrire ici leur pathognomonie ni leur symptomatologie.Qu\u2019il suffise de dire que dans l\u2019étude diagnostique de son patient, l\u2019otolaryngologiste se doit de procéder selon un plan bien ordonné, en serutant chaque hypothèse locale et en procédant par élimination.Part faite de ces différentes causes locales susceptibles d\u2019engendrer la céphalée et pour lesquelles un traitement chirurgical peut être appliqué, il existe un très grand nombre de patients chez lesquels aucune lésion locale n\u2019entre directement en ligne de compte et qui n\u2019en constituent pas moins la moitié de ceux qui consultent pour des maux de tête.Ce groupe est formé de toute une série de patients présentant des déséquilibres du système autonome, des débalancements endocriniens, de l\u2019allergie.Le résultat final, un transsudat, est le même pour tous ; les symptômes sont difficilement dissociables.Ces trois facteurs, différents dans leur origine, mais identiques dans leurs symptômes, se présentent en otolaryngologie sous forme de rhinite vasomotrice, de rhinite hypertrophique, de douleurs vasculaires, souvent temporales, de myaigies cervicales ou pharyngées, le tout accompagné, assez souvent, de tinnitus, de vertiges ou de modifications de l\u2019audition.Dans ce groupe, ces phénomènes se rattachent à une cause commune, une extravasation plasmatique anormale.De nombreuses théories ont été formulées de tout temps pour expliquer la nature des facteurs produisant des maux de tête.Une des plus anciennes croit à l\u2019existence de substances toxiques dans le sang, (13) 402 Lavar.MÉDicAL Avril 1955 une autre, invoque des troubles biliaires et hépatiques ; certains auteurs parlent de troubles moteurs centraux et, enfin, Valery-Radot attribue les céphalées à des spasmes.En ce qui a trait à la théorie qui nous intéresse, il semble bien que les auteurs s\u2019entendent sur le mécanisme de l\u2019exsudat.L\u2019état d\u2019allergie implique dans l\u2019organisme altéré de l\u2019individu, la présence d\u2019anticorps en association intime avec le muscle lisse, principalement aux parois artériolaires.Les anticorps sont la réponse immuno- logique à la stimulation antigénique.On croit que cette immuno- réaction se fait par l\u2019entremise ou la surveillance des noyaux de la base, principalement de la région thalamique.L\u2019anticorps ainsi associé au muscle lisse, stimule ce dernier et y provoque des spasmes chaque fois que l\u2019organisme est exposé à l\u2019antigène.Possiblement à cause de l\u2019ischémie artériolaire qui en résulte et de la privation en oxygène de l\u2019endothélium, les capillaires deviennent anormalement perméables et le plasma fuit dans les espaces intercellulaires.Ce n\u2019est pas d\u2019hier que l\u2019on inclut l\u2019allergie comme cause possible des céphalées puisque, il y a déjà plus de cent ans, Trousseau et Dieulafoy associaient certaines variétés de maux de tête à l\u2019asthme, à l\u2019eczéma et à d\u2019autres manifestations allergiques du même ordre.Ces allergiques présentent, en général, une histoire familiale, une céphalée sévère non améliorée par l\u2019épinéphrine ou l\u2019ergotamine, due à l\u2019ædème cérébral plutôt qu\u2019à une dilatation vasculaire.Il peut y avoir association d\u2019autres manifestations allergiques, telles que l\u2019urticaire, l\u2019angio-œdème, l\u2019eczéma, les troubles gastro-intestinaux, ces derniers apparaissant souvent comme prodromes.Dans ces cas, les étourdissements et les vertiges ne font pas exception.La localisation de la douleur est très variable, puisque l\u2019ædème cérébral, plus précisément celui des cellules de l\u2019épendyme constituerait la douleur.Vus en crises, ces patients présentent des muqueuses œdématiées et décolorées, un transsudat aqueux intermittent et ce, souvent, à tout l\u2019arbre respiratoire.Si une radiographie des sinus est obtenue durant ce cycle, on peut noter un épaississement notable des muqueuses et même un niveau liquide, transsudat aseptique.Une grande quantité de ces gens sont soumis, sans succès, il va s\u2019en dire, à de multiples interventions nasales et sinusales.C\u2019est aussi le patient qui Avril 1955 LAavAL MÉDICAL 493 reçoit la traditionnelle charge d\u2019antibiotiques, laquelle, donnée à ce moment, a de bonnes chances de le sensibiliser à tout jamais à ce médicament.Une seconde cause des céphalées, dont le mécanisme est encore attribuable à un transsudat, est le déséquilibre du système nerveux autonome.Comme on se plait à le croire, les activités neurovasculaires, neuromusculaires et neurosécrétoires sont sous le contrôle des noyaux de la base.Les réflexes de la surface du corps stimulés soit par la chaleur, le froid, la lumière, les variations barométriques ou, dans un ordre plus élevé, les impulsions psychomotrices, jouent, en passant par ces centres, sur l\u2019activité des organes périphériques.Ainsi, si à ce niveau l\u2019interprétation ou l\u2019intégration de ces réflexes est perturbée, on aura, comme résultante, une expression défectueuse dans l\u2019organe périphérique.L\u2019impulsion neurovascularre là encore exerce son influence principale sur les artérioles avec le même mécanisme : spasmes et lésions de l\u2019endothélium capillaire.Le résultat, le même que dans l\u2019allergie, en est difficilement dissociable et se traduit encore par un transsudat, des douleurs céphaliques et des troubles du même ordre.Beaucoup d\u2019auteurs s\u2019accordent pour attribuer à ce mécanisme les céphalées dites vasculaires.L\u2019incidence élevée des phénomènes vasculaires qui intéressent les structures de la tête et du cou, requiert une attention particulière de la part de l\u2019otolaryngologiste.Il est très important de reconnaître les irradiations inusitées que décrivent les malades atteints de tels troubles : pharynx, larynx, langue, mâchoire, région parotidienne ou parties profondes de la face et du cou.À l\u2019examen physique, on ne trouve aucune condition pathologique susceptible d\u2019expliquer ces sensations d\u2019algies, de pressions ou même de corps étrangers.Ces patients sont souvent qualifiés de neurotiques.Cependant, une étude plus fouillée des symptômes acheminera le chercheur vers une localisation artérielle plus précise, concernant, par exemple, l\u2019artère temporale.Cette fonction plus ou moins défectueuse du système central peut être un caractère inhérent à tout un groupe familial mais elle est beaucoup plus souvent acquise soit par artériosclérose, soit par auto-intoxication des noyaux gris de la base.Il ne faudrait pas minimiser l\u2019importance du 494 Lavar MÉDICAL Avril 1955 stress nerveux auquel est soumis le patient de notre siècle, l\u2019instabilité sociale et familiale, l\u2019agitation constante, l\u2019hygiène de vie défectueuse, toutes causes éventuelles de perturbation du système nerveux autonome.II existe enfin un troisième groupe de victimes des céphalées dont les troubles de la régulation des humeurs est attribuable aux déséquilibres endocriniens.Îci, cependant, le mécanisme est beaucoup moins connu et les théories émises sont parsemées de nombreuses incertitudes.On sait que la thyroïde, les gonades et les hormones corticosurrénaliennes jouent un rôle de premier plan dans le contrôle des humeurs de l\u2019organisme, le tout sous la médiation de l\u2019hypophyse.Le résultat final sera encore le même : trouble endothélial à l\u2019organe périphérique.Ces troubles doivent être soupçonnés et recherchés, car le patient qui consulte pour des maux de tête et qui montre des signes évidents de déséquilibre endocrinien est l\u2019exception et non la règle.Ainsi, par exemple, la femme enceinte qui, dans le premier trimestre de sa grossesse, se plaint de céphalées et d\u2019obstruction nasale avec des sécrétions mucoïdes, présente, assez fréquemment, une perturbation endocrinienne acquise.Cette autre patiente qui éprouve des troubles superposables avec des myalgies pharyngées intenses à l\u2019approche de ses règles n\u2019est souvent que la victime de l\u2019accumulation exagérée de liquides dans les espaces extravasculaires avec hypertension endolymphatique.L\u2019hypothyroïdie est souvent un facteur méconnu de ces troubles.H arrive parfois que, dans l\u2019allergie, la désensibilisation à un agent causal bien déterminé n\u2019améliore que partiellement le patient : on v ajoute de la thyroïde et le succès est complet.Le climatère de même que la ménopause s\u2019accompagnent souvent de céphalées, résultat d\u2019une déficience en testotérone ou en substances œstrogènes.Il serait illusoire de vouloir exposer dans ce court travail le traitement de ces céphalées.Un fait demeure cependant certain : ces différents troubles, auxquels nous venons de faire allusion et qui s\u2019accompagnent de rhinite, de congestion sinusale, de myalgies ou de troubles de l\u2019oreulle interne, ne doivent pas être attaqués d\u2019emblée par un traitement prédéterminé et rigide, que ce soit par les hormones, la thérapie de déshydratation, la cortisone, l\u2019histamine, la diète d\u2019élimination, la psychothérapie ou même un placebo.La clef du succès réside dans la découverte du ot de Avril 1955 LavaL MEbicAL 495 facteur causal et dans l\u2019élimination des facteurs pathologiques secondaires qui peuvent s\u2019y greffer.Le problème sera jugé, en définitive, non pas en partant de données étroites et routinières où pourrait s\u2019acheminer inconsciemment le spécialiste, mais bien par la coopération intelligente des différentes disciplines médicales et ce, pour le plus grand bénéfice du patient.Nous avons tenté de mettre en relief, en l\u2019effleurant à peine, un aspect particulier du problème des céphalées dont les modalités cliniques attirent plus spécialement l\u2019attention de l\u2019otolaryngologiste.Même s\u2019il existe encore de nombreuses inconnues aux chapitres de l\u2019allergie et des déséquilibres endocriniens et du système autonome, il faut au moins en reconnaître l\u2019existence si l\u2019on veut traiter les algies qui en découlent.BIBLIOGRAPHIE 1.HaAnNse1, Allergy of the nose and paranasal sinuses, Mosby.2.HiLger, Common ground of allergy and endocrine imbalance, Transact.of A.A.0.0., 1953.3.KENNEDY, Cerebral symptoms induced by angioneurotic edema, Arch.Neurology, 1926.SLUDER, Nasal neurology, headhaches and eyes disorders, Mosby.WoLrr, Headhaches and other headpains, Univ.Press, 1948.Ms HA Discussion Le docteur Louis Royer insiste pour qu\u2019en présence d\u2019une céphalée chronique, les examens soient poussés à fond, plutôt que de recourir trop hâtivement au réflexe d\u2019un diagnostic de céphalée névrotique.Sur 500 cas examinés sérieusement, un auteur n\u2019a rapporté que 8 pour cent de céphalée névrotique vraie.Même chez les enfants gâtés, qu\u2019on serait porté à croire capricieux, l\u2019examen révèle souvent l\u2019existence d\u2019une sinusite ethmoïdienne ou maxillaire.Le docteur Roger Lesage rappelle qu\u2019une enquête faite aux États- Unis, il y a un ou deux ans, avait révélé que les étudiants en médecine étaient la classe de gens la plus affectée par les maux de tête. 496 Lavar MEbicaL Avril 1955 Le docteur Eugéne Allard rapporte que le blocage du sympathique cervical indiqué dans certains cas donne un assez grand nombre de guérisons et d\u2019améliorations.Le docteur Jean Sirois précise qu\u2019il ne s\u2019agit là que d\u2019un traitement symptomatique qui rétablit momentanément l\u2019équilibre sympathique.Dans la boîte cranienne, il n\u2019y a que les méninges et les vaisseaux qui soient sensibles.Il n\u2019y a pas assez de médecins qui ont la patience de prendre l\u2019heure nécessaire pour faire préciser le site, l\u2019horaire, les caractères de la céphalée et c\u2019est pourtant ce questionnaire qui oriente le mieux.Le docteur Lavoie remercie les confrères qui ont bien voulu ajouter ces considérations supplémentaires. INFESTATION PAR LE TÉNIA : NOUVEAU PROCÉDÉ DE TRAITEMENT * par Marcel GUAY du Service de médecine de l\u2019Hôtel-Dieu En 1947, nous avons introduit à l\u2019Hôtel-Dieu une méthode jusqu\u2019alors inconnue dans notre milieu, pour combattre l\u2019infestation par le ténia saginata et le ténia sollum.Cette techniquUë nous avait été enseignée par le docteur Wilkinson de la clinique Lahey, de Boston.Cette méthode, de provenance sud-américaine, le docteur Wilkinson l\u2019utilisait de façon courante chez les porteurs de ténia qui le consultalent.Nous nous proposons de vous exposer brièvement cette technique et de discuter de ses avantages et de ses inconvénients.Nous présenterons les résultats obtenus par cette méthode qui fut utilisée dans un bon nombre de cas, au cours des huit dernières années.Nous essalerons d\u2019apprécier ces résultats en les comparant avec ceux obtenus par les méthodes usuelles de traitement dans notre milieu.TECHNIQUE Cette méthode nécessite l\u2019introduction d\u2019un tube d\u2019Einhorn dans le duodénum et la position de ce tube doit être contrôlée sous écran fluoroscopique.Il est en effet difficile sinon impossible d\u2019être certain * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires, le 21 janvier 1955. 498 Lavar MÉDicAaL Avril 1955 de la position de l\u2019ampoule sans recourir à l\u2019écran et, par ailleurs, l\u2019injection des solutions dans l\u2019estomac serait sûrement mal tolérée et provoquerait leur rejet à l\u2019extérieur par vomissements.Le tube en place, la technicienne procède à l\u2019injection de 50 cm3 de glycérine, puis de 50 cm3 d\u2019une solution de sulfate de magnésie à 50 pour cent, et, enfin, d\u2019un mélange à parties égales renfermant 50 cm3 de chacun de ces deux ingrédients.Avant de retirer le tube, la technicienne injecte rapidement 500 cm3 de soluté physiologique.Évidemment cette méthode comporte de sérieux inconvénients.L\u2019hospitalisation est indispensable pour une période de vingt-quatre à quarante-huit heures.Cette technique mobilise partiellement durant quelques heures une infrrmière expérimentée qui doit surveiller la descente du tube.Il arrive assez souvent qu\u2019une première tentative soit infructueuse et quelquefois une deuxième, l\u2019ampoule ne franchissant pas Ie pylore.Certains malades, instables, acceptent mal ou refusent absolument le traitement comme trop pénible et préfèrent, momentanément tout au moins, continuer à héberger leur ténia.Et enfin, un malade coopératif, une ampoule qui franchit heureusement le pylore, ne sont pas des gages assurés de succès comme vous le verrez par l\u2019analyse de nos résultats ; car même alors, le nombre des échecs demeure élevé.Ce traitement, pour être inoffensif, n\u2019en est pas moins désagréable.L\u2019injection de glycérine et de sulfate de magnésie suivi du soluté physiologique possède un effet purgatif intense et, très souvent, le malade, à la suite de l\u2019injection se plaint d\u2019une sensation de grande faiblesse, devient très pâle, transpire abondamment et, pour quelques instants, est en instance de lipothymie.L\u2019état de faiblesse et une céphalée de sévérité médiocre peuvent persister durant quelques heures et quelquefois plusieurs.En général, cependant, vers la fin de l\u2019après-midi, le malade se sent vidé mais confortable.Aucune réaction tardive désagréable n\u2019a été signalée à la suite de l\u2019emploi de cette méthode.Quand le résultat est heureux Ie ténia est expulsé rapidement, souvent durant l\u2019injection des solutions ou peu de temps après ; plus rarement durant les quelques heures qui suivent le traitement.| En général, le ténia est évacué en masse, en un seul temps ; il \u2018arrive que l\u2019évacuation s\u2019arrête brusquement après un début rapide Avril 1955 Lavar MepicaL 499 et que le parasite demeure accroché dans l\u2019intestin.Dans cette éventualité, on a eu recours à une injection de Prostigmine au malade et, d\u2019autres fois, à une injection de morphine dans le parasite.Il est difficile d\u2019apprécier les résultats de cette dernière manœuvre due à l\u2019ingéniosité d\u2019une infirmière préoccupée de voir le parasite en suspens et craignant une évacuation incomplète.A deux reprises le ténia fut expulsé en masse par la bouche.RÉSULTATS Nous avons considéré comme succès dans l\u2019appréciation des résultats, les seuls cas où la tête fut identifiée.Sans aucun doute, la tête fut expulsée dans un certain nombre d\u2019autres cas, mais non reconnue ou encore le parasite fut jeté à l\u2019égout avant d\u2019être examiné.Certains malades furent traités sans preuve définie récente qu\u2019ils étaient, lors de leur hospitalisation, porteur d\u2019un ténia.Quand il fut impossible d'introduire l\u2019ampoule dans le duodénum, ceci fut classé comme un échec, bien qu\u2019en réalité le traitement n\u2019ait pas été effectué dans ces cas.Ces différents facteurs sus-mentionnés contribuent sûrement au taux plutôt faible de guérison que nous rapportons ici.Nous avons comparé les résultats obtenus par cette méthode avec ceux donnés par la fougère mâle.Les autres agents utilisés comme le stannoxyl, l\u2019hexylrésoreinol, le tétrachlorure de carbone semblent dénués d\u2019efficacité réelle.La fougère mâle fut employée chez 43 malades au cours des huit dernières années ; en général, le vermifuge de Duhourceau fut prescrit : quinze malades furent débarrassés de leur ténia par cette médication.Durant cette même période de temps, le tubage duodénal avec injection de glycérine et de sulfate de magnésie fut prescrit 113 fois chez 104 malades.L\u2019expulsion du ténia fut obtenue dans 51 cas.En 1954, le tubage fut utilisé chez 12 porteurs de ténia et le parasite évacué neuf fois.Durant cette même année, la fougère mâle fut utilisée seulement dans deux cas avec un bon résultat et un échec.Nous ne saurions dire si la technique fut mieux utilisée ou les parasites plus sensibles, de toute façon les résultats de 1954 furent supérieurs à ceux des années précédentes.Ces chiffres démontrent bien que cette méthode 500 LavaL MEbicaL Avril 1955 a été acceptée par plusieurs médecins de notre hopital et, ceci, en dépit des nombreux inconvénients qu\u2019elle comporte.II est certain que cette méthode a permis l\u2019expulsion de ténias qui avaient résisté à plusieurs tentatives de traitement dans le passé.Par ailleurs, le lendemain d\u2019un échec avec cette méthode quelques parasites furent expulsés à la suite de l\u2019administration de fougère mâle.RÉSUMÉ L\u2019injection de glycérine et de sulfate de magnésie dans le duodénum permet l\u2019expulsion du ténia dans un bon nombre de cas.Malheureusement cette méthode nécessite l\u2019hospitalisation, est désagréable pour le malade et requiert beaucoup de temps de la part du personnel hospitalier.Chez les malades qui désirent être débarrassés de leur ténia, elle mérite certainement un essai quand les autres méthodes ont échoué.Discussion Le docteur Henri Marcoux informe qu\u2019il est inutile de s\u2019adresser au laboratoire de coprologie pour établir la présence d\u2019un tænia, parce que les œufs de ce parasite ne se retrouvent habituellement pas dans les matières fécales.Le diagnostic s\u2019établit plutôt macroscopiquement par la présence de segments.Les œufs sont si peu nombreux qu\u2019on risque de ne pas les voir même sur trois ou même six étalements.Le laboratoire peut être mis à contribution après l\u2019expulsion du tænia pour en identifier l\u2019espèce et pour vérifier la présence de la tête.Le docteur Rosario Potvin nous informe qu\u2019il a dans sa collection de lames histologiques une couple d\u2019appendice contenant un œuf de tenia.I! demande au docteur Marcoux s\u2019il a déjà retrouvé dans son laboratoire des tænia solium ou s\u2019il n\u2019observe que.des tænia bovis.Le docteur Marcoux n\u2019a jamais vu de tania solium. CULDOSCOPIE * par Grégoire SAINT-ARNAUD et Maurice CAOUETTE, F.R.C.S.(C) du Service de gynécologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec L\u2019état anatomique des organes génitaux internes de la femme est généralement apprécié par le toucher vaginal combiné au palper abdominal.II reste que cette méthode, basée sur l\u2019impression tactile de l\u2019examinateur, peut, à l\u2019occasion, ne pas renseigner de façon satisfaisante ; c\u2019est pourquoi, depuis longtemps, on s\u2019est ingénié à trouver des moyens d\u2019apprécier l\u2019état du contenu du petit bassin par vision directe.C\u2019est en fait l\u2019intérêt que présente la vision directe d\u2019une région suspecte qui a donné naissance à l\u2019endoscopie.Cette manœuvre a été appliquée à l\u2019abdomen comme à toutes les autres cavités de l\u2019organisme : la péritonéoscopie s\u2019avère d\u2019une utilité indiscutable lorsqu\u2019on ne lui demande que ce qu\u2019elle peut donner.Toutefois ceux qui ont tenté de diriger vers le petit bassin un appareil optique introduit à travers la paroi abdominale furent grandement désappointés de voir leur champ visuel obstrué par les anses grêles et cette tendance spontanée qu\u2019ont les organes de cette région à demeurer au contact les uns des autres : cet inconvénient se produit quelle que soit l\u2019importance du pneumopéritoine créé ou la position imposée à la malade.* Travail préparé dans le Service du professeur Oscar Garant et présenté à la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec, le 21 janvier 1955. 502 Lavar MeEpicaL Avril 1955 On a même tenté d\u2019introduire un péritonéoscope à travers le cul- de-sac de Douglas en plaçant la malade en position de Trendelenbourg exagéré mais les mêmes inconvénients furent retrouvés.Ce n\u2019est que vers 1944 que le docteur Decker, de New-York, réussit à rendre l\u2019endoscopie du bassin non seulement possible mais relativement facile.Il désigna sa technique sous le terme de culdoscopie.II s\u2019est probablement inspiré d\u2019un principe appliqué en urologie par ceux qui font des cystoscopies en milieu aérien.Cette cystoscopie en milieu aérien a l\u2019avantage de pouvoir s\u2019effectuer même en présence d\u2019une large fistule vésicale.Il s\u2019agit de placer la malade en position génu-pectorale, les épaules, ou mieux le diaphragme à un niveau inférieur à celui du bassin.Ainsi la pression atmosphérique vient spontanément gonfler la vessie dès qu\u2019on permet à l\u2019air d\u2019y entrer.Cette manœuvre de cystoscopie en milieu aérien fut préconisée par le docteur Kelly, de Baltimore, il y a quelque quarante ans.Par le même mécanisme, lorsqu\u2019on entrouvre l\u2019orifice vulvaire d\u2019une malade en position génu-pectorale, le vagin se gonfle au point de devenir une cavité réelle de forme globuleuse et l\u2019utérus a alors tendance à tomber vers le pubis de façon à tendre le cul-de-sac postérieur qui prend la forme d\u2019une cloison quasi verticale tendue entre le col et le rectum.Les ligaments sacrés viennent parfois faire saillie en forme de U dans la cavité vaginale et on peut les palper au doigt.Cette cloison formée par la muqueuse vaginale, de quelques éléments fibro-musculaires et de l\u2019épithéllum péritonéal sépare la pression atmosphérique ambiante du vide intrapéritonéal relatif.Les limites formées par les ligaments sacrés nous encadrent l\u2019endroit où il est possible de pénétrer dans le ventre sans danger de faire fausse route.Lorsqu\u2019on introduit le trocart à travers la cloison les deux pressions s\u2019équilibrent spontanément et il se produit automatiquement un pneumopéritoine de l\u2019ordre de 800 cm°.Ce pneumopéritoine a pour effet de permettre aux anses intestinales de tomber vers le diaphragme vu que l\u2019entonnoi constitué par le petit bassin est ouvert vers le bas du fait de la position génu-pectorale.L\u2019endoscope, muni d\u2019une source lumineuse, est alors Introduit : il permet une vision parfaite des ovaires, des trompes, des ligaments larges, de la surface péritonéale du bassin, du sigmoide et parfois même D Avril 1955 Lavar MÉDICAL 503 de l\u2019appendice.Cette culdoscopie se fait habituellement sous anesthésie locale de l\u2019endroit de pénétration de l\u2019appareil.Le premier danger qui nous vient à l\u2019esprit est bien celui de la fausse route.Cet accident est peu probable si la malade est bien placée, puisque l\u2019espace dont on dispose pour pénétrer dans l\u2019abdomen est assez grand pour offrir une marge de sécurité : il mesure environ de deux à quatre cm de hauteur par deux cm de largeur.S\u2019il arrivait toutefois que la paroi postérieure de l\u2019utérus soit le siège d\u2019adhérences, l\u2019orifice créé serait d\u2019avance scellé du reste de la cavité péritonéale et le danger demeurerait alors minime.Mais lorsqu\u2019il existe des adhérences assez importantes pour permettre une fausse route, celles-ci sont sûrement soupçonnées, soit au moment du toucher vaginal qui précède la scopie, soit au moment où la pression atmosphérique gonfle le vagin puisque celui-ci prend alors une forme anormale ; dans ces conditions, on doit donc s\u2019abstenir de faire l\u2019examen endoscopique.D'ailleurs, les quelques cas où la ponction fit fausse route n\u2019ont jamais été suivis de complications fâcheuses.L\u2019innocuité de la manœuvre a aussi été confirmée par l\u2019expérience de gynécologues de renom comme Rock, de Boston, Telinde, de Baltimore, Malcovati, de Milan, en plus du docteur Decker ; tous ont pratiqué plusieurs centaines de culdoscopies depuis 1947-48.Aussi un éditorial du Lancet (juillet 1949) n\u2019a que des louanges pour cette technique.Un chapitre sur la culdoscopie fut ajouté par John Ridley au Dean Leurs Practice of surgerv- et à l\u2019Operative Gynecology de Telinde.Nous n\u2019avons pas encore un nombre suffisant de cas pour présenter des statistiques, mais nous pouvons affirmer que ce mode d'examen nous fut plusieurs fois utile.Il nous a permis d\u2019infirmer ou de confirmer certains diagnostics douteux de grossesse ectopique.Ainsi, à titre d\u2019exemple, une de nos malades présentait une symptomatologie qui justifiait une laparotomie : la culdoscopie a permis de l\u2019éviter en montrant une minime quantité de sang qui tapissait le petit bassin et un ovaire qui contenait un kyste fraîchement rupturé mais qui ne saignait plus.Certaines malades soupçonnées d\u2019être atteintes de grossesse ectopique doivent demeurer dans l\u2019attente d\u2019une intervention chirurgicale 504 LAavar.MÉDICAL Avril 1955 lorsque les éléments diagnostiques sont insuffisants pour justifier l\u2019ouverture de l\u2019abdomen ; la culdoscopie apporte alors une réponse précise et rapide qui, en plus d\u2019être utile à la malade, évite au médecin cette attitude d\u2019attente désagréable à l\u2019égard de l\u2019entourage.Même en permettant d\u2019éclaircir un diagnostic douteux de grossesse ectopique, cet examen n\u2019affecte aucunement une grossesse normale actuelle ou à venir et peut se pratiquer au cours d\u2019une grossesse assez avancée.Des malades qui ont subi plusieurs culdoscopies ont eu par la suite des grossesses normales.Deux de nos malades sont devenues enceintes et ont accouché normalement après une culdoscopie.Ce mode d\u2019examen permet aussi la découverte de lésions trop minimes pour pouvoir être palpées et qui sont parfois à l\u2019origine des troubles accusés.Il peut par exemple permettre de voir certaines petites lésions d\u2019endométriose ou, comme dans le cas d\u2019une de nos malades, faire constater l\u2019aspect microscopique caractéristique des ovaires dans un syndrome de Stein Leuventhal.Dans un cas de stérilité, la culdoscopie, aidée de l\u2019injection simultanée de substance colorée intratubaire, a permis de localiser le siège d\u2019une obstruction tubaire.En somme, cette culdoscopie permet un diagnostic de visu et nous croyons que si elle est utilisée à bon escient et comme complément occasionnel des moyens ordinaires elle peut être parfois extrèmement utile.Elle offre tous les avantages de l\u2019endoscopie en permettant de faire des biopsies, des prélèvements microbiens ou de matériel à frottis.C\u2019est en somme un moyen complémentaire de diagnostic qui peut être utile à certaines malades en permettant d\u2019utiliser la vision qui demeure sans contredit, infiniment plus précise que la sensation tactile des doigts du gynécologue même le plus averti.RÉSUME En résumé, ce travail montre pourquoi l\u2019endoscopie du bassin n\u2019a jamais donné de résultats pratiques jusqu\u2019à ce que le docteur Decker préconise sa technique qu\u2019il a désignée sous le terme de culdoscopie. Avril 1955 Lavar MéDpicaL 505 Il s\u2019agit de faire pénétrer un endoscope spécial, le culdoscope, à travers le cul-de-sac de Douglas en ayant soin de placer la malade en position génu-pectorale.Cette position permet un pneumopéritoine qui rend possible l\u2019inspection des organes génitaux internes de la femme.Cet examen possède des indications précises et est sans inconvénient si la technique est minutieusement suivie.Il peut être parfois extrêmement utile.Discussion Le docteur Carbotte a été vivement Intéressé par cette communication au sujet d\u2019une technique qu\u2019il qualifie d\u2019utile, facile, offensive, pas indispensable et presque ingrate.Il a vécu à Paris dans l\u2019orbite de Palmer qui en faisait beaucoup, n\u2019utilisant que des méthodes grossières de stérilité à une période de pénurie générale où les malades devaient apporter leur literie.Et on ne rencontrait aucun ennui, aucune infection.La culdoscopie peut rendre des services, comme dans le cas d\u2019une grossesse ectopique avant la rupture, encore que le diagnostic puisse se faire sans elle.Les accidents rapportés sont la perforation du rectum et l\u2019emphysème dans l\u2019espace alvéolaire péri-utérin, et ils se sont arrangés tout seuls.Le docteur Carbotte demande ce qu\u2019il faut entendre par syndrome de Stein Leuventhal.Le docteur St-Arnaud répond qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019association d\u2019ovaire polykystique avec aménorrhée et stérilité.Pour le docteur Carbotte, il ajoute qu\u2019il n\u2019a pas insisté sur l\u2019asepsie en pensant qu\u2019avec des précautions bien ordinaires, on réalise régulièrement et sans infection, par voie vaginale des manœuvres bien plus Importantes. HISTOIRE DE LA MÉDECINE PROPOS SUR LA BIOLOGIE MÉDICALE par Charles-M.BOISSONNAULT DE LA MÉDECINE A L\u2019ATOME DANS L\u2019ANTIQUITÉ De toutes les disciplines scientifiques, la biochimie est à la fois la plus jeune et la plus ancienne, la plus jeune a cause des transformations incomparables que les découvertes de notre temps lui ont fait subir, la plus ancienne parce que, en réalité, dès qu\u2019il a eu conscience de vivre, l\u2019homme a cherché à se rendre compte de la structure intime des êtres vivants.Aussitôt, il a commencé de scruter les divers phénomènes qui accompagnent les différentes manifestations de la vie, phénomènes qui, nous le savons aujourd\u2019hui, sont d\u2019origine chimique, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils se rapportent tous à la transformation de la matière.Les premières conceptions de l\u2019homme quant à la structure de son corps, au fonctionnement de ses organes, à l\u2019activité vitale, sont demeurées, pendant des siècles et des siècles, « des espèces de fictions poétiques, vives, animées, agréables à l\u2019imagination, inintelligibles et insupportables Avril 1955 LLavaL MEbpicaL 507 a la raison ».Lorsqu\u2019il prononça ce jugement, Fontenelle se montra aussi injuste envers les philosophes de l\u2019antiquité qu\u2019à l\u2019égard des chercheurs du moyen âge.Les solutions que les hommes de science du xx° siècle ont apportées aux innombrables problèmes que tant de générations de biologistes, de physiciens, de médecins et de chimistes n\u2019ont pu résoudre, proviennent quand même, il faut bien le reconnaître, d\u2019un fond scientifique auquel Empédocle d\u2019Agrigente, Anaxagore de Clazomènes, Diogène d\u2019Apollonie, Hippocrate, Platon, Aristote, Galien, pour ne nommer que des Grecs, ont fourni leur quote-part.La médecine, la biologie et Ia chimie sont trop étroitement unies entre elles pour qu\u2019on puisse Jes isoler les unes des autres sans les fausser.L\u2019acquisition de telles connaissances scientifiques par l\u2019homme apporta à la thérapeutique des moyens nombreux et variés, plus ou moins efficaces, de combattre les maladies et la vieillesse, ces deux éternels ennemis de l\u2019être humain.Les premières recherches portèrent sur l\u2019anatomie.II fallait d\u2019abord connaître la forme et l\u2019aspect du corps humain.Les descriptions que nous en ont laissé les savants de la Chaldée ne cadrent guère avec ce que nous en savons aujourd\u2019hui.Dans le Banquet, Platon résume ce portrait étrange de l\u2019homme tel qu\u2019on l\u2019a conçu un jour sur les rives du Tigre et de l\u2019Euphrate : « Jadis, la nature humaine était bien différente de ce qu\u2019elle est maintenant.Au commencement, il y avait trois espèces d\u2019hommes, non deux comme aujourd\u2019hui, mâle et femelle, mais une troisième composée de ces deux sexes ; le nom seul de cette espèce est resté ; elle-même a péri.Il y avait donc alors un androgyne d\u2019apparence et de nom, qui réunissait le sexe mâle et Ie sexe femelle ; il n\u2019existe plus, et son nom est un opprobre.Puis, tous les hommes présentaient la forme ronde ; ils avaient le dos et les côtes rangés en cercle, quatre bras, quatre jambes, deux visages supportés par un cou arrondi et parfaitement semblables ; une seule tête qui réunissait ces deux visages opposés l\u2019un à l\u2019autre ; quatre oreilles, deux organes de la génération, et le reste dans la même proportion.Les androgynes mar- chaïent tout droit, comme nous, et sans avoir besoin de se tourner pour prendre tous les chemins qu\u2019ils voulaient.Quand ils voulaient aller plus vite, ils s\u2019appuyaient successivement sur leurs huit membres et s\u2019avan- (14) 508 Lavar MéÉpicaL Avril 1955 çaient rapidement par un mouvement circulaire, comme ceux qui, les pieds en l\u2019air, font la roue.» ! Puissant, l\u2019homme voulut conquérir le Ciel.Jupiter, comme il l\u2019avait fait pour les Géants, songea à le détruire, mais, dit Aristophane, il y renonça sur les instances des autres dieux, « car alors le culte et les sacrifices que les hommes leur offraient auraient disparu ».En conséquence, Jupiter sépare l\u2019homme en deux.Apollon façonna «le ventre avec les peaux coupées et en articulant la poitrine ».Cette description de l\u2019homme pré-babylonien n\u2019offre qu\u2019un intérêt de curiosité.II faut attendre Hippocrate pour trouver une véritable description de l\u2019homme, non pas qu\u2019il soit le premier à nous le décrire, mais parce que toutes les œuvres antérieures à la sienne sont disparues.À l\u2019origine, on le sait, religion, philosophie, sciences, ne font qu\u2019une seule et même chose.La maladie, non seulement est de source théurgique, mais ce que nous appelons aujourd\u2019hui agents pathogènes n\u2019était aux yeux des primitifs que des esprits malins acharnés à la perte de leurs victimes.On les combattaut à l\u2019aide de quelques remèdes rudimentaires, d\u2019incantations et de formules magiques dans lesquelles on avait une con- france absolue.On conçoit qu\u2019avec de telles 1dées la science ne se soit développée que fort lentement.Néanmoins, les acquisitions des Sumériens et des Égyptiens, des Grecs et des Arabes, si éloignées qu\u2019elles soient des nôtres, n\u2019en forment pas moins la base sur laquelle s\u2019est élevé, peu à peu, tout l\u2019édifice de la science contemporaine.Même si les vues d\u2019un Empé- docle diffèrent des nôtres, on ne saurait nier qu\u2019il fut dans l\u2019état actuel de nos connaissances historiques, l\u2019un des premiers, sinon le premier savant, à donner une couleur scientifique aux conceptions qu\u2019en son temps on se faisait des lois générales qui gouvernent le monde physique.Rien ne vient de rien, estiment-t-ils : «\u20ac II y a seulement des combinaisons diverses d\u2019un nombre immense de très petits corpuscules, dont chacun est immuable et doué de propriétés tout à fait permanentes.Autant de manières d\u2019imaginer ces corpuscules et les modes de leur union et de leur séparation, autant de cosmologies différentes.» 2 Évidemment, la langue scienti- 1.PLaToNn, Le Banquet.2.BréniEr, Émile, Histoire de la philosophie, tome premier, L\u2019Antiquité et le moyen âge, cinquième édition, Paris, 1938, p.67. Avril 1955 LavAL MÉDicaL 509 fique d\u2019Empédocle ne se saurait avoir ni la précision étymologique, ni l\u2019exactitude rigoureuse des grands idiomes de notre temps, mais on sent chez lui le désir de comprendre et d\u2019expliquer.« En un poème chargé d\u2019images, Empédocle expose la doctrine des quatre éléments ou plutôt racines des choses : le feu, l\u2019air, l\u2019eau et la terre ; ils sont au monde comme les couleurs dont se sert le peintre ou comme l\u2019eau et la farine avec laquelle on fait la pâte ; tout vient de leur réunion, de leur séparation, de leurs divers dosages.» 3 Quelle est la matière dont sont faites les choses ?Telle est la grande question que s\u2019est posée le monde antique.On peut se demander si nous avons, nous qui sommes si fiers de nos connaissances, trouvé la réponse.Héraclrte se la posait déjà quand, après avoir défini la santé comme l\u2019ajustement de deux forces opposées, le feu moteur et l\u2019eau nourrissante, 1l continuait, « non sans virtuosité de style », écrit Bréhier, en ces termes : «Tout est semblable, étant dissemblable ; tout identique, étant diffé- rent ; tout en relations et sans relation ; tout intelligent et sans intelligence.» 4 Il est assez étonnant de constater que, chaque fois qu\u2019un philosophe de l\u2019antiquité essaie d\u2019expliquer scientifiquement le monde et ses lois, 1l aboutit à la médecine.C\u2019est qu\u2019en vérité l\u2019homme s\u2019inquiète avant tout et par-dessus tout de sa propre nature et qu\u2019il veut s\u2019expliquer lui-même à lui-même.Au ve siècle, les efforts des chercheurs portent de plus en plus sur la médecine et ils n\u2019acceptent plus les solutions théurgiques : « Je pense que l\u2019épilepsie, appelée aussi maladie sacrée, déclare Hippocrate de Cos, n\u2019a rien de plus divin et n\u2019est pas plus sacrée que les autres ; les hommes lui donnèrent d\u2019abord une origine et des causes divines par ignorance.» 2 Hippocrate nous a laissé quarante et un traités médicaux, écrit Bré- hier, cinquante-neuf affirme Neuberger.Avec lui, les superstitions et les pratiques Incantatoires cèdent le pas à la recherche expérimentale et clinique.On lui doit d\u2019admirables descriptions des frèvres puerpérales, de la tuberculose, de l\u2019épilepsie.En chirurgie, il s\u2019avéra un maître.Il possédait la somme des connaissances médicales de son temps ; ses Ibid, p.68.BREHIER, ibid., p.60.Pratox, Le Cratyle.Cité par BREHIER, 1bid., p.74.Vode Lu ~ 510 LavaL MeEpbicaL Avril 1955 œuvres en sont le témoignage irréfutable.Outre des vues générales sur la médecine, elles contiennent des études particulières touchant l\u2019anatomie et la physiologie, la diététique, la pathologie générale, la thérapeutique, la chirurgie, l\u2019ophtalmologie, la gynécologie, l\u2019obstétrique, la pédiatrie, etc.Voici comment Littré a reconstitué et résumé les connaissances d\u2019Hippocrate : « Hippocrate part du principe qu\u2019il n\u2019y a pas dans le corps humain d\u2019autre force interne que la chaleur innée.Dans ces conditions la cause essentielle des maladies doit être cherchée dans les changements de saison qui se répercutent sur la constitution de l\u2019homme.L\u2019air joue ainsi un grand rôle.» Hippocrate estime que le régime n\u2019offre qu\u2019une importance individuelle parce qu\u2019il n\u2019a pas les mêmes effets sur tous.« En fait, observe Littré, la doctrine pathogénique d\u2019Hippo- crate est purement humorale ; elle a ses racines dans la philosophie présocratique et s\u2019inspira avant tout d\u2019Aleméon.» Le plus illustre des prédécesseurs d\u2019Hippocrate, Aleméon de Croton, fut un contemporain de Pythagore et probablement l\u2019un de ses disciples.On lui attribue la découverte du nerf optique.Il aurait été le premier à s\u2019apercevoir que le cerveau est le siège de l\u2019activité intellectuelle et à se rendre compte de la présence des veines dans un cadavre.Il expliqua le sommeil et révéla l\u2019origine du sperme.Hippocrate lur doit beaucoup.ll avait emprunté à Aleméon la doctrine qui veut que la santé parfaite corresponde « à l\u2019équilibre exact qui existe dans la proportion et les qualités des quatre humeurs radicales : sang, phlegme ou pituite, bile jaune et bile noire.Inversement la maladie provient de la surabondance, de l\u2019altération, ou du déplacement de l\u2019une de ces humeurs.Viciées, celles-ci peuvent se concentrer et être évacuées (il y a alors crise).Si l\u2019évacuation n\u2019est pas complète, 1l en résulte des engorgements, des gangrènes.La crise, du reste, peut être prévue et l\u2019art du médecin consiste à la favoriser.» 6 Hippocrate possédait également une connaissance remarquable de l\u2019art du diagnostic : « Il faut examiner les urines, les selles, la transpiration, la respiration, l\u2019état de sommeil, la température, etc.Il faut aussi 6.Littré résumé par Arnold REYMOND dans Histoire des sciences exactes et naturelles dans l\u2019antiquité gréco-romaine, Paris, 1924. Avril 1955 LavaL MEDICAL 511 examiner le corps dans son ensemble.Il n\u2019est pas difficile de reconnaître l\u2019état de santé d\u2019un homme que l\u2019on voit nu sur la palestre.» Quant a la description des maladies et de leur évolution, Hippocrate l\u2019a faite avec tant de précision que les médecins de notre temps ont pu en identifier plusieurs dont la diphtérie.Leurs confrères d\u2019avant 1860 se perdaient en conjectures devant cette description.Grâce aux découvertes de la seconde moitié du x1x° siècle, on s\u2019est aperçu que le Maître avait mieux qu\u2019une foule de savants, venus après lui, compris la nature de ce terrible Photo de l'Institut archéologique allemand.L\u2019Asklépieion.mal.Dans ses ouvrages, Hippocrate décrit minutieusement le traitement approprié des fractures et des luxations, traitement fort important chez les Grecs, ce peuple qui consacrait à la gymnastique tout le temps qu\u2019il n\u2019employait pas à la guerre.D\u2019ailleurs, l\u2019École de Cos possédait l\u2019art d\u2019amputer les membres, art qu\u2019on ne pratiquait qu\u2019avec beaucoup de prudence parce que, pour mettre un terme à l\u2019écoulement du sang, on ne connaissait pas d\u2019autres moyens que le fer rougi au feu.« Lorsqu\u2019une intervention chirurgicale est possible, dit le praticien grec, le pa- 512 Lavar MÉDicaL Avril 1955 tient doit crier pour faciliter l\u2019opération.Autrement il faut attendre, pour enlever le membre condamné, que la gangrène ait atteint une articulation.» Ces médecins pratiquaient même la trépanation.Sont-ce là les premières connaissances positives de la médecine ?On n\u2019en sait rien.Environ ce temps, aux Indes, Atreya et Sueruta dirigeaient des écoles de médecine.Si l\u2019on ajoute foi aux Védas, là aussi on connaissait l\u2019anatomie et la chirurgie.Sueruta, qui exerçait au temps de Boudha, enseignait à l\u2019université de Bénarès et Atreya à celle de Taxila.Les opérations césariennes, la réduction des hernies, l\u2019ablation du cristallin, la Irthotomie, la chirurgie plastique même sont décrites dans les œuvres que nous a laissées Sueruta ainsi qu\u2019une foule d\u2019instruments de chirurgie.Il connaissait également la botanique : dans un traité, il mentionne près de huit cents plantes possédant des propriétés curatives.La physiologie, l\u2019anatomie, la pathologie, la gynécologie, la pédiatrie et le diagnostic font l\u2019objet de ses observations, de même que l\u2019alimentation (diète), les bains, les soporifiques.Sueruta était aussi célèbre aux Indes que Démocèdes en Perse.On sait en effet que ce dernier fut le médecin de Darius et de la reine Atossa.Si l\u2019on tient compte du fait qu\u2019en ces temps reculés la dissection était interdite, il faut reconnaître que les médecins grecs étaient quand même bien informés, car Ils nous ont laissé de précises descriptions du corps humain.La circulation du sang qu\u2019Harvey devait découvrir des siècles et des siècles plus tard, Diogène d\u2019Apollonie l\u2019a au moins pressentie.Aristote nous rapporte la description de la disposition des veines dans Je corps humain, description de ce Diogène.Elle résume la somme des connaissances du v£ siècle dans ce domaine : « Telle est la disposition des veines dans l\u2019homme.Il y en a deux grosses ; elles traversent le ventre le long de l\u2019épine du dos, l\u2019une à droite, l\u2019autre à gauche ; chacune d\u2019elles descend d\u2019une part dans la cuisse qui [ui répond ; vers le haut, elles montent à la tête en passant près des clavicules et traversant la gorge.Ces deux veines distribuent des rameaux dans tout le corps, celle qui est à droite dans le côté droit, celle qui est à gauche dans le côté gauche.Les deux grandes se rendent au cœur auprès de l\u2019épine du dos.D\u2019autres veines, qui se trouvent en un peu plus haut, traversent la poitrine, et, passant sous l\u2019aisselle, vont chacune à celle des mains qui est de son côté. Avril 1955 Lavar MÉDicAL 513 L'une s\u2019appelle la splénique, l\u2019autre l\u2019hépatique.Leur extrémité se divise : une partie est destinée au pouce, l\u2019autre au poignet : et de là naissent une multitude de petites veines qui se distribuent dans toute la main et les doigts.» Ainsi, Diogène d\u2019Apollonie suit les diverses ramifications des veines et parcourt tout le corps humain : « D\u2019autres rameaux plus faibles sortent des premières veines, poursuit-il ; ceux qui partent de la veine droite vont au foie, ceux qui partent de la veine gauche à la rate, ensuite aux reins.Les veines destinées aux extrémités Inférieures se partagent vers l\u2019endroit où ces parties s\u2019attachent au tronc, et elles se répandent dans toute la cuisse.Le rameau le plus fort descend derrière la cuisse où sa grosseur est sensible ; l\u2019autre rameau descend en dedans de la cuisse et a un peu moins de grosseur.De la, ils passent l\u2019un et l\u2019autre le long du genou, à la jambe et aux pieds, de même que les rameaux supérieurs se portent aux mains ; et, parvenus au cou-de-pied, ils se distribuent aux doigts.Des principales veines, il en naît un grand nombre de petites qui se répandent sur le ventre et sur la région des côtes.» Quand on songe au vocabulaire restreint que la science médicale avait alors à sa disposition, on est émerveillé de la précision scientifique, de l\u2019abondance des détails et de la variété des renseignements que le savant du v£\u20ac siècle parvient à nous communiquer.Voici qu\u2019il arrive à la description des veines de la tête, ce qui est particulièrement compliqué et difficile à exposer : « On voit au col des veines qui se portent à la tête en traversant la gorge, dit-il ; elles y paraissent grosses, et se terminent auprès de l\u2019oreille ; chacune se divise, à son extrémité, en une multitude d\u2019autres, qui vont à la tête en se portant, celles de la droite à gauche, et celles de la gauche à droite.Il passe dans le cou une autre veine, de chaque côté le long de la grosse, mais qui est un peu moins considérable; la plupart des veines de la tête viennent s\u2019y réunir, elles rentrent en dedans, par le gosier, et chacune donne naissance à d\u2019autres qui passent sous l\u2019omoplate et descendent aux mains.On les distingue facilement de la splénique et de l\u2019hépatique dont elles suivent le cours, parce qu\u2019elles ont un volume un peu moins considérable.On ouvre ces veines dans les douleurs qui se font sentir sous la peau ; mais dans celles qui affectent la région de l\u2019estomac, on ouvre la splénique et l\u2019hépatique.Ces der- 514 Lava\u2026.MÉDicAL Avril 1955 nières veines fournissent des rameaux aux mamelles, et d\u2019autres rameaux plus faibles qui, partant de chacune et traversant la moelle épinière, tendent aux testicules.D\u2019autres, qui passent sous la peau, traversent les chairs et vont aux reins, se terminent aux testicules dans les hommes, à l\u2019utérus chez les femmes.Les premières sont plus larges au moment où elles sortent du ventre, elles diminuent ensuite, jusqu\u2019à ce qu\u2019elles se croisent pour passer d\u2019un côté à l\u2019autre : on les appelle spermatiques.» 7 La conception que Diogène d\u2019Apollonie se.faisait du sang ne correspond pas à la nôtre : « La partie la plus épaisse du sang, écrivait-il, est absorbée par les chairs ; ce qui en reste et va se rendre aux différents endroits qui ont été indiqués, est un sang subtil, chaud, écumeux.» S1 l\u2019on connaissait alors la circulation du sang jusqu\u2019à un certain point, on n\u2019avait aucune idée des muscles et l\u2019on ne soupçonnait pas encore l\u2019existence du système nerveux.L\u2019explication du mouvement se bornait a une vue rudimentaire des articulations.Littré, qui note plus volontiers les faits ignorés par Hippocrate et ses confrères, rappelle cependant qu\u2019ils avaient « remarqué que dans les lésions du cerveau les effets sont croisés, c\u2019est-à-dire que, si la lésion affecte le côté droit du cerveau, c\u2019est le côté gauche du corps qui se paralyse, et inversement.Bien plus, écrit-il, on trouve dans leurs lrvres la description d\u2019une maladie qui n\u2019a peut-être été vue par eux qu\u2019à l\u2019état épidémique \u2014 la luxation spontanée des vertèbres cervicales.Or, parmi les symptômes qu\u2019ils y ont observés, ils signalent la paralysie d\u2019une moitié du voile du palais », observation que les modernes ont également faite.On ne saurait passer sous silence les travaux de l\u2019École rivale de Cos, celle de Cnide.Là, Euryphon professait l\u2019anatomie.Il enseignait que la pleurésie est une affection des poumons et traitait la tuberculose par le moyen d\u2019un fer rougi au feu et du lait.Le médecin le plus remarquable de l\u2019École de Cnide fut sans contredit Cyésias qui exerça son art chez les Perses dont 1l devint le prisonnier vers l\u2019an 415.On lui doit une étude de l\u2019hellébore.Quel est l\u2019apport du génie grec?Que doit-il aux autres pays?Il est bien difficile de le dire.Les historiens recherchent presque tou- 7.Soury, Jules, Théories naturalistes du monde et de la vie dans l\u2019antiquité, Paris, 1881, 131-134. Ee Avril 1955 Lavar MÉDicar 515 jours l\u2019origine de nos civilisations en Égypte.La médecine a également fait des progrès sur les bords du Nil, progrès souvent parallèles à ceux de la médecine grecque.S\u2019il faut en croire Hérodote, la médécine égyptienne sort des sanctuaires.Aux sacrifices et aux prières succédèrent des pratiques plus concrètes, chacun se voyant confié, selon ses aptitudes, une partie du corps humain.Les uns soignaient le ventre, les autres la tête ou les jambes.« Ils s\u2019occupèrent, écrit Paul de Rémusat 8, d\u2019hygiène et firent un pays très sain d\u2019une terre d\u2019abord inhabitable, où la lèpre et les ophtalmies étaient très fréquentes, et où cette dernière maladie fait encore aujourd\u2019hui de grands ravages (1855).Des règles très précises pour tous les cas étaient consignées dans les livres sacrés, l\u2019Encyclopédie ber- métique, et les médecins étaient obligés de les suivre, sous peine de mort.» Le médecin égyptien, s\u2019il violait ces règles, le faisait à ses risques et périls.On le tenait responsable de ses insuccès.Il est probable que la somme des connaissances médicales de l\u2019ancienne Égypte était déjà assez précise puisque les lois en prescrivaient le respect à ce point.Les Égyptiens avaient d\u2019ailleurs trouvé un moyen excellent de recueillir les observations de chacun au sujet des différentes maladies.Au dire de Diodore de Sicile, les connaissances médicales reposaient sur des enquêtes conduites auprès des anciens malades autant qu\u2019auprès des praticiens : « On exposait les malades sur le grand chemin, et tous les passants étaient appelés à donner leur avis, à raconter comment 1ls avaient guéri des maladies analogues.Ces observations recueillies composaient une sorte de manuel.L'\u2019anatomie n\u2019était pas inconnue, et les pharaons avalent ordonné des dissections.L\u2019embaumement même contribuait à faire connaître les organes, et les momies prouvent, par l\u2019excellent état de leurs membres et de leurs dents, le savoir et l\u2019habileté des médecins qui les avaient soignées de leur vivant.» ?Au 1v\u20ac siècle, la Sicile possédait également une grande École de médecine, illustrée par Philistion de Locroi, disciple d\u2019Empédocle et ami de Platon qu\u2019il rencontra à Syracuse.Pour cette école, le cœur est le grand régulateur de la vie, l\u2019organe principal et le siège de l\u2019âme.Phi- listion enseignait ce que nous appelons aujourd\u2019hui l\u2019hygiène alimentaire.8.REmusaT Paul, Hippocrate, sa vie et ses écrits dans La Revue des Deux-Mondes, août 1855, pp.538-539.9.Ibid. 516 LavarL MEDICAL Avril 1955 Comme 1l connaissait parfaitement les doctrines professées 4 Cos et a Cnide, 1l les utilisait autant que faire se pouvait, préconisant la fusion de toutes les écoles et recherchant avant tout le progrès scientifique.II exerça une grande influence sur Chrysippe, l\u2019auteur d\u2019un livre sur les légumes dans lequel !l faisait grand état des vertus du chou.Il dénonçait les purgatifs, recommandait l\u2019immobilisation des membres pendant les hémorragies, interdisait la phlébotomie.On lui attribue l\u2019invention des cataplasmes.L\u2019idée de fondre ensemble les diverses doctrines médicales de ce temps lancée par Chrysippe trouva un partisan dans la personne de Dioclès de Caryste.Le premier médecin grec à écrire dans le dialecte particulier des Athéniens, Dioclès a laissé une œuvre considérable.En physiologie, 1l suit Philistin de Locroi auquel il n\u2019ajoute guère.La ou se manifestent son esprit de synthèse et son intelligence des données médicales de son temps, c\u2019est quand il traite de pathologie, mettant au point les vues des Écoles de Cos et de Sicile et les renouvelant.On lui doit de remarquables observations sur la fièvre qu\u2019il considère comme le symptôme de maints autres troubles décelant diverses maladies.Selon lui, les deux sexes contribuent à la formation de l\u2019embryon.Il a décrit d\u2019une façon assez exacte le germe fécondé et dans son premier état de développement au sein de la mère.Outre d\u2019importantes contributions aux connaissances obstétricales et gynécologiques de son temps, Dioclès de Caryste pratiqua la dissection et publia le premier ouvrage qui se soit intitulé Anatomie.II possédait également de grandes connaissances en botanique, connaissances dont Théophraste s\u2019est largement inspiré.Malgré toutes ces découvertes, les contemporains d\u2019Hippocrate et de Dioclès de Caryste discutaient encore du contenu des artères et des veines.Renfermaient-elles de l\u2019air ou du sang?Qu\u2019était-ce que la vie?Le médecin grec estime que ce principe qui anime les plantes et les animaux n\u2019a aucun rapport avec les organes.« Ce principe est indépendant de l\u2019organisation, dit-il.Tel ou tel organe peut manquer sans qu\u2019il soit altéré.C\u2019est, comme l\u2019a dit Hippocrate, un agent inconnu qui travaille pour le tout et pour les parties.La matière est inerte, et pour former avec de la matière un être vivant, il faut lui ajouter quelque chose, un principe animateur, la vie en un mot ; mens agitat molem.» Avril 1955 \u2014 Lavar MEDICAL 517 Les uns placent ce principe dans le cœur, d\u2019autres dans le corps tout entier.À certaines époques, on le voit dans le cerveau ou dans le diaphragme.L\u2019école de Cos opte pour le cerveau et en donne les motifs suivants : « Ainsi, le phron (diaphragme) doit son nom au hasard et non à la réalité et à la nature.Je ne vois pas quelle influence il peut avoir sur la pensée et l\u2019intelligence.A la vérité quand on éprouve à l\u2019improviste un excès de joie ou de chagrin, il tressaille et cause des soubresauts, mais cela tient à ce qu\u2019il est très mince et très large.Il n\u2019a point d\u2019ailleurs de cavité où 1l puisse recevoir le bien ou le mal qui survient, et il n\u2019est troublé par les passions qu\u2019à cause de la faiblesse de sa nature.Il ne ressent rien avant les autres parties du corps, et s\u2019appelle ainsi sans raison, comme un des appendices du cœur s\u2019appelle oreillette, quoïqu\u2019il ne contribue en rien à l\u2019ouïe.» 10 Le mouvement faisait également l\u2019objet de recherches qui s\u2019avéraient extrêmement difficiles.On ne connaissait pas le rôle des tendons et l\u2019on s\u2019ingéniait à expliquer l\u2019action par laquelle un corps ou quelqu\u2019une de ses parties passe d\u2019un lieu à un autre, d\u2019une place à un autre.Plus férus d\u2019astronomie que de biologie, les Grecs étudiaient toutes les manifestations terrestres a la lumiére du firmament qui était devenu leur point préféré de comparaison.L\u2019infinie diversité des choses étonnait les chercheurs de l\u2019antiquité.On voyait des dieux partout et spécialement dans les astres.Aussi, lorsque le sage de Clazomènes, Anaxagore, proclama que les astres sont de simples corps matériels, il fut dénoncé comme athée et, malgré la haute protection de Périclès, il dut s\u2019exiler.Selon lui, les êtres n\u2019ont ni commencement ni fin, la matière se compose et se décompose, l\u2019univers fut d\u2019abord un véritable chaos où tout se trouvait en puissance.Les choses se forment par un mouvement de rotation qui provient du Nous, c\u2019est-à-dire de l\u2019Intelligence, définie comme une force orgnisatrice, omnisciente, à la fois corporelle et impersonnelle, relevant de l\u2019ordre physique et non pas de l\u2019ordre moral.C\u2019est du moins ce que nous apprend Platon dans le Phédon.« Par rapport au petit il n\u2019y a pas de minimum ; mais Il y a toujours un plus petit, car il n\u2019est pas possible que l\u2019être sort anéanti par la division.De même par rapport au grand, il n\u2019y a pas un 10.Traité de la maladie sacrée cité par Rémusat, pp.553-4. 518 Lavar MÉprcAarL Avril 1955 plus grand et 1l est égal au petit en pluralité et en elle-même chaque chose est à la fois grande et petite, » 11 En somme, Anaxagore indiquait par là que « le monde est une grandeur qui croît au-delà de toute limite » et que « la matière est indéfiniment divisible ».Qu\u2019on la divise indéfiniment \u20ac ou qu\u2019on l\u2019ajoute indéfiniment à elle-même, la même chose peut être dite infiniment grande ou infiniment petite ».Ici se pose la question à laquelle tous les chimistes de tous les temps cherchent à répondre.Puisque divisible et continue, comment la matière peut-elle se transformer en individualités distinctes ?Comment peut-elle produire l\u2019infrnie diversité des êtres et des choses ?Anaxagore estime que tout contient tout et qu\u2019il suffit d\u2019opérer des séparations pour obtenir de nouveaux êtres : « D\u2019un état où les choses sont mélangées et où, à cause de ce mélange, on ne peut les distinguer les unes des autres, on passe à un état où elles se séparent.Bien plus, à l\u2019art du peintre qui combine, la nature serait comparable à l\u2019art du métallurgiste qui extrait le fer du minerai.Mais les transformations des choses sont infinies, nulle chose ne cesse de donner naissance à d\u2019autres ; Il faut donc que chaque chose contienne, en elle, mélangées et invisibles à cause de leur mélange, les semences de toutes choses.» 12 Anaxagore se livra à la dissection.Croyant que «les éléments infinitésimaux de la matière sont de même nature que la matière prise dans son ensemble y, 1l voulut vérifier ses opinions et s\u2019attaqua au cerveau, le disséquant et découvrant les cavités latérales ou ventricules de cet organe.Pour lui, le tourbillon est en quelque sorte le premier moteur.On retrouvera de telles idées chez Fontenelle, chez Descartes et, sous une forme modifiée, chez Kant et Lamark.Descartes, nous dit La Place qui y croyait bien un peu lui aussi, « imagina des tourbillons de matière subtile, au centre desquels il plaça les corps (célestes) ; les tourbillons des planètes entraînaient les satellites, et Ie tourbillon du soleil entrainait les planètes, les satellites et leurs tourbillons y, si bien que Molière crut devoir faire usage de cette théorie dans Les Femmes savantes : Un monde près de nous a passé tout du long, Est chu tout au travers de notre tourbillon.11.Diers, H., Alte und neue Kämpfe um die Freibeit der Wissenschaft, 1908- Mieri, Aldo, La teoria di Anagora e la chimica moderna dans Isis, I, pp.370-76, 1908.Cf.aussi Soury, Théories naturalistes dans l\u2019antiquité.12.BRÉHIER, ibid., pp.71-73. Tes en a a een \u2014 Avril 1955 LavaL MEbicaL 519 Sans probablement le savoir, Molière rendait hommage à celui qui, le premier, avait découvert les possibilités et les Jeux de la perspective au théâtre : Anaxagore.Après avoir tenté de résoudre la quadrature du cercle, le philosophe de Clazomène se trouva dans l\u2019obligation d\u2019étudier un phénomène qui pouvait être une illustration de ses théories, la chute d\u2019un météore tombé quelque part le long de l\u2019Aeges-Potamos.Il déclarait que l\u2019aérolithe provenait du soleil.En biologie, Anaxagore soutenait que les plantes et tous les êtres vivants possèdent une sorte d\u2019intelligence.De ces conceptions touchant la dissociation de la matière à l\u2019atome, il n\u2019y v avait qu\u2019un pas.Leucippe et Démocrite le franchirent.Selon Bréhier, « la physique démocritéenne est la première physique corpusculaire bien nette : la masse infinie où se trouvent mélangées les semences de tous les mondes est faite d\u2019une infinité de petits corpuscules, invisibles à cause de leur petitesse, indivisibles (atomes), complètement pleins, éternels, gardant chacun la même forme, mais présentant une infinité de formes différentes, à qui il donne le nom d\u2019idées, celui même que Platon donnera plus tard à des essences également éternelles y.13 Leucippe et Démocrite d\u2019Abdère sont les premiers chercheurs qui aient affirmé l\u2019existence du vide, celui-ci étant indispensable au mouvement des corpuscules.Indestructibles, ces corpuscules doivent l\u2019être sans quoi ils se perdraïient dans le néant.On a là une première idée de ce qui deviendra dans quelques siècles la théorie de la conservation de la matière et de l\u2019énergie.Démocrite estimait que ces corpuscules ou atomes ont un poids proportionnel à leur étendue.Armés de cette théorie, Leucippe et Démocrite d\u2019Abdère expliquent les différents phénomènes de la vie : « Les changements, la naissance et la mort, disent-ils, résultent de la combinaison et de la dissociation des atomes.Tout se fait d\u2019une façon purement mécanique et là où nous croyons constater une action à distance il existe un milieu intermédiaire qui transmet l\u2019action.» Déjà, ces deux savants distinguent la pesanteur, la densité, la couleur et la saveur.Il n\u2019est pas jusqu\u2019à l\u2019Âme humaine qui ne soit, selon eux, formée « d\u2019atomes de nature ignée, ronds et extrêmement ténus.Grâce à leur subtilité ces atomes tendent sans cesse à quitter le corps ; mais la respiration en renouvelle constamment le nombre.Lorsque 13.Ibid p.78. 520 LavaL MegpicaL Avril 1955 celle-ci se ralentit, 11 y a sommeil et quelquefois léthargie ; lorsqu\u2019elle cesse tout à fait, la mort survient ».Comme tous les savants grecs, Démocrite d\u2019Abdère s\u2019occupa de médecine et fit de la dissection.Il poursuivit des recherches anatomiques sur le caméléon, étudia la physiologie des sens et celle de la reproduction, les maladies infectieuses et l\u2019hydrophobie.I! attribuait les inflammations à l\u2019accumulation du phlegme, l\u2019une des quatre humeurs cardinales des anciens, dite aussi pituite.Parmi ses œuvres, on trouve un livre sur la psychothérapie et un autre sur la thérapeutique musicale.Le premier, Il tenta d\u2019expliquer scientifiquement les rêves qui, comme on le sait, firent durant toute l\u2019antiquité l\u2019objet de croyances aussi fantaisistes que folichonnes.C\u2019est qu\u2019il aurait bien voulu comprendre le fonctionnement de la pensée.Quoiqu\u2019il en soit, ses recherches, qui se confondent presque toujours avec celles de Leucippe, ont donné à la science de son temps une impulsion féconde.Elles marquent une nouvelle orientation des connaissances positives.II BIOLOGIE ET MÉDECINE Le sens des mots varie avec chaque siècle et, souvent dans une même époque, avec chaque individu.Derrière le moindre vocable se trouve l\u2019immense région des allusions qui les firent naître.Chaque terme cache des centaines d\u2019impressions fugaces, de pensées à peine écloses, d\u2019associations d\u2019idées même quand 1l s\u2019agit des choses les plus simples, les moins compliquées.Durant des siècles, les sciences elles-mêmes ont souffert de ces imprécisions.Aujourd\u2019hui encore, malgré les dictionnaires et les lexiques qui cherchent à fixer les termes, à en déterminer bien nettement les limites, la langue scientifique n\u2019a pas toujours la subtilité voulue et laisse quelquefois place à l\u2019interprétation.Ce problème, nul plus que l\u2019historien s\u2019en rend compte.Aussi, lui faut-il une grande perspicacité, une pénétration ingénieuse, un flair incomparable pour retrouver sous les mots de telle ou telle époque le sens véritable que leur accordaient les hommes de tel ou tel âge.Le mot biologie n\u2019évoque pas les mêmes 1dées au xx® siècle qu\u2019au siècle d\u2019Aristote.Le mot médecine non plus.Les veines et les er 0 Avril 1955 LavAL MÉDICAL 521 artères dont parle Anaxagore ne sont pas celles qu\u2019Harvey a étudiées.D'ailleurs le mot biologie n\u2019existe que depuis 1802 alors que Lamarck dans ses Recherches sur l\u2019organisation des êtres vivants, l\u2019employa pour la première fois.Voici commentl l'avait définie : « La biologie comprend tout ce qui se rapporte aux corps vivants et particulièrement à leur développement, à leur complication croissante dans l\u2019exercice prolongé des mouvements de la vie.» La même année, Tréviranus intitula un ouvrage : Biologie ou philosphie de la nature vivante.Lamarck était un savant, Tréviranus croyait encore à la spéculation dogmatique.Toutefois, la définition de Lamarck s\u2019applique aussi bien aux recherches des naturalistes de l\u2019antiquité qu\u2019à celles des biologistes de notre temps.Que l\u2019on constate que l\u2019homme se compose d\u2019azote, de soufre, d\u2019oxygène, d\u2019hydrogène, de chlore, de phosphore, de potassium, de sodium, de calcium de magnésium et de fer comme le font les biochimistes de notre temps ou qu\u2019on s\u2019imagine comme Aristote que l\u2019homme possède un espace vide à l\u2019occiput, que le crâne des femmes, contrairement à celui des hommes, a une suture circulaire et que leur matrice est bicorne, on fait quand même de la biologie, c\u2019est-à-dire que l\u2019on étudie Ies êtres vivants.Un grand savant comme Léon Brunschvigg considère Aristote et le proclame grand biologiste.Il prétend même « que son système, logique dans la mesure où 1l vise à la classification du réel, est foncièrement biologique » ! Les œuvres d\u2019Aristote constituent une encyclopédie des connaissances de son temps.Par exemple, dans les sciences de la vie, « non content de coordonner et d\u2019expliquer tout ce qui a été fait avant lui, Aristote crée la zoologie scientifique et l\u2019anatomie comparée.Il classe les animaux avec une sûreté remarquable, plaçant la baleine parmi les mammifères contrairement à l\u2019opinion courante de son époque.Ses deux ouvrages, intitulés De partibus animalium et De generatione anima- lium abondent en observations et en raisonnements analogiques d\u2019une grande exactitude ».2 Quand on songe qu\u2019il n\u2019avait pas même un simple microscope à sa disposition, on s\u2019étonne de la précision de ses données scientifiques.C\u2019est qu\u2019il dissèque, examine, médite, compare et vérifie les renseigne- 1.Brunscuvice, Léon, Les Étapes de la philosophie mathématique, Paris, 1912, p.72.2.REeymonp, ibid., p.63. 522 Lavar MÉDicaL Avril 1955 ments qu\u2019il puise partout, aussi bien auprès d\u2019un berger que d\u2019un pêcheur, d\u2019un médecin (son père pratiquait cet art) que d\u2019un chasseur.Qui dit vie dit mouvement.Aussi, les premiers biologistes, qui étaient tous médecins, s\u2019occupèrent du mouvement et de sa nature.Il est probable que les premiers hommes n\u2019ont pas immédiatement réfléchi sur ce phénomène.Il leur suffisait sans doute de constater que leurs pieds et leurs mains étaient doués de vie, ce qui expliquait parfaitement, à leur entendement, la faculté qu\u2019ils avaient de se mouvoir.Quand, par accident ou autrement, pour la première fois, l\u2019homme aperçut les entrailles de son semblable, ils constata que les chairs et les os étaient reliés par toutes sortes de lamelles ou cordages.Aucun mot ne se présenta à son esprit pour désigner ce que nous appelons les vaisseaux et les canaux, les glandes et les vertèbres.D'\u2019ailleurs, 1l ne les distingua point.L\u2019horrible mélange dont parle le poète n\u2019est probablement qu\u2019une description complète pour ce frère lointain.Homère, qui décrit avec tant de soin les blessures de ses héros, ne parle jamais des muscles pour l\u2019excellente raison qu\u2019il ne les connaissait pas et que ce mot lui-même n\u2019existait pas encore.D\u2019Aristote à Galien, la biologie fait de grands progrès.Toujours unie à la médecine, elle précise les données antérieures.C\u2019est ainsi qu\u2019Hérophile décrit le pouls dont Aristote soupçonnait l\u2019existence et constate que les veines et les artères ne doivent pas se confondre, « celles-ci contenant le sang, celles-là l\u2019esprit vital, opinion déjà courante du temps d\u2019Aristote et soutenue par Proxagoras.Quant à l\u2019esprit animal, il est fourni par l\u2019inspiration et ne va pas directement au cerveau par les narines, mais y est transporté du cœur par les artères.Le cœur et les artères ne se contractent pas et ne se dilatent pas ensemble, le cœur envoie d\u2019abord l'esprit aux artères les plus proches ; les mouvements de diastole et de systole sont d\u2019autant plus forts qu\u2019ils sont plus près du cœur ».3 Il faudra attendre des siècles pour réparer cette erreur qui, jusqu\u2019à Harvey, tiendra les biologistes-médecins et les physiologistes en échec.Galien prétend qu\u2019Hérophile a été le premier médecin à faire des dissections en public.Grâce à ses études, l\u2019anatomie a fait d\u2019importants progrès.Ses observations portent sur le cerveau, sur les tendons, sur les 3.MEuniEr, L., Histoire de la médecine, 1924, p.84 et suivantes. Avril 1955 Lavar MÉDicaL 523 nerfs, sur l\u2019œil et la rétine, sur le foie, les glandes salivaires, le pancréas, les organes génitaux.Il rejette la suprématie du cœur.Son disciple, Érasistrate, gendre d\u2019Aristote, fonde la physiologie et l\u2019anatomie pathologique comparée.Les théories atomistiques lui ont permis de renouveler la physiologie de son temps.Au grand scandale de ses contemporains, il s\u2019efforca de Platon et Aristote.Groupe central de l\u2019École d\u2019Athènes.tout expliquer par des causes naturelles.Il a décrit les fonctions de l\u2019épiglotte et comprit le mécanisme des mouvements, se rendant même compte du jeu des artères et des poumons.Celse, Tertullien et saint Augustin l\u2019ont accusé d\u2019avoir pratiqué la vivisection.Ces trois noms indiquent bien que la science vient de quitter la Grèce pour se transporter à Rome.Après les victoires de Lucullus et de (15) 524 Lavar MéÉDicar Avril 1955 Pompée, en Grèce et en Asie, la science grecque émigra vers les bords du Tibre.Une foule de philosophes, de rhéteurs, de physiciens, de botanistes de médecins-biologistes se transportèrent dans la nouvelle capitale du monde.Le premier grand médecin grec à pratiquer à Rome fut Asclépiade de Bythinie.Absolument opposé à la théorie des humeurs prônée par Hippocrate, c\u2019était un partisan de la théorie atomistique.II professait que la maladie est tout simplement provoquée par des perturbations qui surviennent dans le champ des atomes constituant le corps humain.Quand la perturbation disparaît, la santé revient.Adversaire de l\u2019anatomie qu\u2019il méprisait, on ne sait pourquoi, il préconisait l\u2019opération chirurgicale dans laquelle on établit une communication entre la trachée et l\u2019extérieur au-dessous du larynx, c\u2019est-à-dire la trachéotomie.Son disciple, Thémison de Laodicée, réunit les observations et les opinions qu\u2019il lui avait transmises et en fit un corps de doctrine.Thémi- son classifia les maladies selon les pores de la peau.Marchant sur ses traces, Glaucias de Tarente écrivit un dictionnaire hippocratique, imagina un remède contre l\u2019érésypèle et fabriqua une sorte de bandage qui porte son nom.Thémison est le fondateur de ce que l\u2019on a appelé le méthodisme.Il professait que « la médecine est une méthode contemplative des phénomènes communs aux maladies ».II avait fondé sa classification sur deux idées qui paraissent étranges à un esprit du xx° siècle : l\u2019excès de resserrement (status strictus) et l\u2019excès de relâchement (status laxus).Plus tard, 1l se rendit compte que toutes les maladies ne pouvaient entrer dans ces deux classifications.En conséquence, 1l en créa une troisième qu\u2019il nomma status mixtus, dans laquelle 1l fit entrer les maladies participant à la fois du relâchement et du resserrement.On croît que Thémison fut le premier médecin à utiliser l\u2019opium pour les personnes atteintes de phrénétisme.C\u2019est à cette époque que les guérisseurs reçurent de Jules César le droit de cité.Citant Pline, Meunier nous apprend que « l\u2019esclave Antonius Musa, qui eut le bonheur de guérir Auguste d\u2019une affection grave, et qui, bientôt affranchi, eut sa statue dans le temple d\u2019Esculape ».Un autre guérisseur, Victus Valens, amant de Messaline, devint également célèbre.« Les médecins pullulent à Rome, écrit Pline.Ils sont très considérés et amassent de grandes fortunes.Parmi les plus fameux, Cassius, Calpetanus, Aruntius, Albutius et Rubrius Avril 1955 LavarL MÉDICAL 525 reçoivent des empereurs deux cent cinquante mille sesterces par an.Il en est dent la succession monta à 30 millions de sesterces », soit plus d\u2019un million de dollars.En ce temps-là, trois tendances partageaient le monde médical.Ily avait d\u2019abord les empiriques qui, suivant les principes de Philinus de Cos, disciple d\u2019Hérophile, et de Sérapion, rejetaient tout raisonnement dogmatique, y compris les connaissances anatomiques.Aujourd\u2019hui, un empirique, c\u2019est un homme qui traite les maladies par des remèdes secrets, et sans aucune notion scientifique du corps et des maladies.Voici comment Fontenelle les décrit : « Sortes de médecins, d\u2019autant plus accrédités qu\u2019ils sont moins médecins, et qui, ordinairement, se font un titre ou d\u2019un savoir incompréhensible et visionnaire ou même de leur ignorance.Ils ont trop souvent puni la crédulité de leurs malades.» L\u2019auteur de Fagon n\u2019aurait pu mieux définir les charlatanes de tout acabit.La deuxième tendance avait comme partisans les dogmatiques.C\u2019étaient des médecins qui se consacraient à [a recherche par le moyen du raisonnement de l\u2019essence même des maladies et de leurs causes cachées.Par compensation et en vertu même de leurs idées, ils recommandaient l\u2019étude de l\u2019anatomie.La troisième et dernière secte se composait des méthodistes, ces champions du resserrement et du relâchement (Thémison).Jusqu\u2019à cette époque, il y avait eu des écoles de médecine, mais c\u2019étaient des groupements de disciples autour d\u2019un maître dont 1ls reconnaissaient la compétence et la supériorité.Vers la fin du règne d\u2019Auguste, plusieurs écoles de ce genre s\u2019unirent et constituèrent un établissement où l\u2019on exerça l\u2019enseignement méthodiquement.Ce fut la Schola medt- corum.Cette institution prit une telle ampleur que, sous Vespasien, les professeurs devinrent fonctionnaires de l\u2019État.On estime que cette école fonctionna jusqu\u2019à la mort de Théodoric.A mesure que le monde romain s\u2019étendait il se fondait d\u2019autres écoles sur le modèle de la Schola medicorum.Bientôt Marseille, Bordeaux, Saragosse eurent la leur.Sous Tibére, Aurelius Cornelius Celse publia sa grande encyclopédie intitulée Artes.Charles Daremberg en donna une traduction en 1859.Rhétorique, philosophie, droit, stratégie et tactique, agriculture, médecine s\u2019y trouvent.Comme il croyait à l\u2019utilité de la théorie et de la pratique, il a fait œuvre scientifique.On trouve dans cette encyclopédie nombre 526 Lavar MÉDicaL Avril 1955 de renseignements de nature biologique.Les sciences de la vie y sont bien résumées.Au cours du premier siècle de notre ère, Moschion sans qui, dit-on, Agrippine n\u2019aurait pas été féconde, a rédigé un manuel d\u2019obstétrique qui contient les connaissances de ce temps touchant la femme.Voic1 comment 1l décrit la matrice : « Elle a la forme d\u2019une courge et on lui distingue l\u2019orifice, le col, le cou (isthme), le fond et Ja base : elle est en rapport en avant avec la vessie en arrière avec le rectum.Il n\u2019est pas question des ligaments.Les ovaires sont mentionnés, placés de chaque côté du corps de l\u2019utérus, arrondis, plus larges à leur base où se trouve un orifice excrétoire par lequel les femmes émettent leur semence.» 4 Ainsi, peu à peu, l\u2019homme pénètre les secrets de la vie.Évidemment, en ces époques reculées, l\u2019organisation systématique du monde vivant est loin d\u2019être complète.Cependant, on peut dire que le biologiste du premier siècle s\u2019occupe déjà des deux grandes sciences qui formeront bientôt la biologie telle que nous l\u2019entendons aujourd\u2019hui, la structure ou science des formes, le fonctionnement ou physiologie.Sous Trajan, Rufus d\u2019Éphèse, disciple d\u2019Hérophile et d\u2019Érasistrate, atteint à une connaissance, extraordinaire pour cette époque, de l\u2019œil et du système nerveux.On lui doit la plus ancienne nomenclature anatomique connue.Le cristallin, le foie, le pouls, le rôle de la systole dans le battement du pouls, tels qu\u2019il les a décrits, témoignent de l\u2019étendue de ses observations et de l\u2019ingéniosité de ses conceptions biologiques.Le premier, 1l a fondé la pathologie sur l\u2019anatomie et la physiologie.L\u2019un de ses contemporains, Soranos, également d\u2019Éphèse, nous a laissé un important traité d\u2019obstétrique.Vers cette époque vivait Métrodora, une femme médecin.Elle fut probablement la première de son sexe à rédiger une étude sur la matrice, étude dont Je manuscrit est conservé à Florence °.II ne faudrait pas croire, cependant, que toutes ces descriptions des organes, si minutieuses qu\u2019elles soient, sont fondées sur une connaissance réelle de leur fonctionnement.Le biologiste de l\u2019antiquité n\u2019allait pas st loin.Faire du cerveau un centre de rafraîchissement pour le cœur comme le pensait Aristote n\u2019indique pas une science biologique bien poussée.Il fallut attendre Galien pour connaître la distinction entre 4.MEUNIER, ibid, p.112.5.On trouvera des renseignements sur Métrodora dans la Revue des études grecques sous la signature de G.A.CosTomiris, 1890, tome 111, p.147. Avril 1955 Lavar MÉDpicaL 527 une fonction sensible et une fonction motrice des nerfs.Avant lui, on ignorait non seulement que le cerveau est le siège de la pensée, mais on ne savait pas qu\u2019il est l\u2019agent des mouvements volontaires.Il a donné une impulsion féconde à l\u2019art de disséquer les différentes parties des corps organisés.Jusqu\u2019à Vésale, c\u2019est-à-dire pendant douze siècles, ses théories anatomiques ont eu force de loi.Grec d\u2019Asie, Galien, de son vrai nom Nicon, naquit à Pergame en l\u2019an 129 de notre ère et vécut à Rome au temps de Marc-Aurèle, de Commode et de Pertinax.Son père, architecte, géomètre et médecin, lui enseigna l\u2019art d\u2019Hippocrate sans se douter qu\u2019il deviendrait aussi célèbre que cet illustre savant.Galien signifie calme, tranquille.Il possédait la sérénité orientale et les Arabes, à cause de ses origines asiatiques autant que de sa sagesse, en firent leur auteur favori.Outre son père, Aeschrion, Quintus, Ficianus, Satyrus et Pelops furent ses maîtres.II fit un stage a [école de médecine d\u2019Alexandrie et, sous Numesianus, a Corinthe.Lemnos, l\u2019île de Chypre, la Palestine le virent tour à tour étudier les terres sigillées, les métaux, les baumes et les aromates.A 29 ans, de retour à Pergame, 1l fut nommé médecin des gladiateurs.Il y manifesta une grande connaissance de l\u2019art de guérir les blessures, les fractures et les luxations.Quatre ans plus tard, il quittait Pergame pour Rome et s\u2019y créa rapidement une si grande notoriété qu\u2019il dut s\u2019en éloigner.Trop de jaloux s\u2019acharnaient contre lui.Mare- Aurèle le rappela auprès de lui et 1l revint dans la capitale du monde.Vaniteux, il croyait que la renommée d\u2019un homme n\u2019est jamais mieux servie que par lui-même.Aussi, écrit-il dans l\u2019un de ses livres que : « C\u2019est par des œuvres d'art et non par des raisonnements de sophiste que je me suis fait connaître à Rome des principaux citoyens et de tous les empereurs.C\u2019est ainsi qu\u2019ayant exercé la médecine jusqu\u2019à la vieillesse (70 ans), jamais jusqu\u2019à ce jour je n\u2019al eu à rougir d\u2019un traitement ou d\u2019un pronostic, ce que j'ai vu arriver à beaucoup de médecins très illustres.Si quelqu\u2019un veut devenir célèbre par les œuvres de l\u2019art et non par des raisonnements de sophiste, 1l peut sans fatigue recueillir ce que J\u2019ai découvert après beaucoup de recherches dans le cours de ma vie.» Quel biographe aurait pu faire un plus bel éloge de Galien! Il savait ce dont il parlait. 528 LavaL MEbicarL Avril 1955 Vraiment, quand on songe aux observations qu\u2019il nous a laissées sur la hernie, la rétention d\u2019urine ou le tétanos, quand on examine sa physiologie et ses notions générales de médecine, on ne peut s\u2019empêcher de l\u2019admirer, sachant qu\u2019il ne disposait ni des instruments que nous possédons aujourd\u2019hui, ni des immenses compilations médicales de notre temps.« L\u2019entérocèle, écrit-il, est l\u2019entrée progressive ou soudaine de l\u2019intestin dans le scrotum : elle peut être due à un effort, à un coup ou à une distension du péritoine.» Ailleurs, il déclare : « L\u2019ischurie ou rétention de l\u2019urine reconnaît plusieurs causes : l\u2019inflammation, le cancer, les caillots de sang, la paralysie vésicale, la Iithiase vésicale, l\u2019enclavement d\u2019un calcul, une maladie des reins.» Mentionnons encore ce qu\u2019il dit du tétanos : c\u2019est « une contracture des muscles et des tendons de tout le corps ; les mâchoires et le cou sont contracturés ».Si les théories anatomiques de Galien persistent pendant douze siècles, sa conception de notre système nerveux dure encore plus longtemps.En effet, pendant seize siècles, c\u2019est-à-dire durant les premiers siècles de notre ère, pendant tout le moyen âge, la Renaissance, le XVII.et le XVIII siècle, on partage ses opinions à l\u2019égard du système nerveux.Voulant prouver à l\u2019encontre de Platon, d\u2019Aristote et des Stoïciens en général, que le cœur n\u2019est ni le siège de l\u2019âme, ni le point de départ des nerfs, 1l découvrit que le cerveau et la moelle épinière régissent les mouvements du corps humain : « Le cerveau n\u2019est-il pas placé dans le crâne comme un grand roi dans la citadelle, avec pour appariteurs et satellites tous les sens réunis autour de lui ; ce qui fait conclure que c\u2019est dans cette partie qu\u2019est le siège de l\u2019âme.» Galien fit de nombreuses expériences sur les singes, les porcs et autres animaux.C\u2019est ainsi que, dans une séance publique, il démontra « que le thorax se distend par l\u2019inspiration et se rétracte pendant l\u2019expiration, 1l fit voir quels muscles entrent en Jeu pour cela ; quels nerfs les animent, de quelle partie de Ja moelle 1ls émergent ».S\u2019il possédait des notions assez avancées de mécanique respiratoire, il avait également des connaissances remarquables sur la circulation et les fonctions circulatoires.Il soupçonnaiut les transformations énergétiques appropriées à la défense de l\u2019organisme, du moins l\u2019observation suivante semble l\u2019indiquer : « Pour qu\u2019un médicament arrive au poumon, écrit-il q q i Avril 1955 Lavar MÉDicaL 529 dans la méthode thérapeutique à Glaucon, il aura à suivre le chemin suivant : de la bouche dans le pharynx et l\u2019æsophage, l\u2019estomac, les intestins grêles, les veines du mésentère, puis celles de la concavité du foie, de là dans la veine cave, dans le cœur, puis dans le poumon.» À la [lumière de la biologie contemporaine, ce sont là des erreurs, mais quand on compare ces notions à celles des médecins qui l\u2019ont précédé, on constate que Galien venait de faire franchir une étape considérable à la science de la vie.Galien nous a laissé une curieuse description de l\u2019origine et du travail de la fièvre dans le corps humain, description qui contient probablement toutes les notions qu\u2019un médecin de son temps pouvait avoir à ce sujet : « Il peut se faire dans le ventre de mauvaises coctions ; ce qui est apporté peut tourner en pituite ou en bile ou se corrompre autrement en restant à l\u2019état de crudité, en ne subissant pas les transformations nécessaires à une bonne nutrition.Si bien que le sang produit est de mauvaise qualité et que les humeurs ne sont plus dans un état normal par le fait d\u2019une digestion incomplète dans les organes abdominaux.Et comme tout ce qui est chaud et humide se putrêfie facilement surtout quand il se trouve dans un endroit chaud, 1l s\u2019en suit nécessairement que les éléments distribués par le ventre, s\u2019ils ne sont pas utilisés conformément aux lois naturelles et convertis en génération de sang de bonne nature, engendrent la putridité.Et comme de cette matière des éléments plus chauds se putréfient, il se dégage d\u2019eux des éléments plus chauds qui font que le sang devenu plus chaud se putréfie également.Et quand Il sera devenu plus chaud la partie dans laquelle 1l se putréfiera sera sensiblement plus chaude, et cette chaleur gagnera de proche en proche vers le cœur qui par lui- même est très chaud et qui, une fois allumé, échauffera en même temps tout le corps comme un foyer de chaleur échauffe la pièce où 1l se trouve.» 0 Suit une longue énumération de moyens thérapeutiques propres, selon Galiïen, à guérir de la fièvre.Il a écrit seize ouvrages sur ce sujet et fixe à vingt-sept le nombre des fièvres qu\u2019il a observées.En somme, on peut conclure avec Charles Daremberg et les autres savants qui ont étudié son œuvre que Galien a fait faire des progrès immenses aux sciences médicales de son temps.Après sa mort, les médecins renoncent à la recherche et se bornent à suivre ses enseignements, 6.MEUNIER, ibid., p.133. 530 Lavar MéÉpicar Avril 1955 L\u2019un de ses successeurs, Quintus Serenus Sammonicus, nous est surtout connu parce que Caracalla le fit assassiner.Un autre, Antyllus, réduit la thérapeutique à la gymnastique.Il accordait un grand crédit aux exercices de la voix « qui se faisaient à jeun le matin après avoir été à la selle, et après une friction sèche et douce sur les parties inférieures et un lavage de la face avec une éponge.Cet exercice consistait à émettre d\u2019abord quelques exclamations, puis à réciter des vers : vers i1ambiques, vers élégiaques.Les déclamer de mémoire valait mieux que de les Îire.Par ce moyen on aidait au développement du thorax et des organes de la voix et on augmentait la chaleur naturelle.La vocifération était bonne pour les maladies de l\u2019estomac : digestion difficile, acidités, vomissements, pituite ; et mauvaise pour les bilieux 7 ».Si Vindigianus que saint Augustin appelle le grand médecin de son siècle, Théodore Priscianus, médecin des femmes, Sextus Empiricus que l\u2019on cite trop souvent sans le connaître, Marcus Empirricus, spécialiste des médicaments, Psychrestus qui eut sa statue de son vivant près du bain de Zeuxippe, ne nous ont rien laissé de neuf, il n\u2019en fut pas de même d\u2019Aétius d\u2019Amide, originaire de la Mésopotamie et médecin de l\u2019empereur de Constantinople.I! fut Je premier des médecins grecs à se convertir au christianisme.À cette époque, le système cérébro-spinal est loin d\u2019être connu.Il suffit de lire de ce que Posidonius et Archigène disent de la folie pour s\u2019en rendre compte.Le dérangement de l\u2019esprit, dans son acception la plus large, se produit quand le sang «se porte au cerveau et.le rend malade, soit simplement par son abondance, comme cela se produit chez les gens ivres, et aussi parfois quand il s\u2019y mêle de la bile jaune.S\u2019il y a mélange avec le sang de bile jaune, disent-ils encore, ce n\u2019est plus de la gaieté mais de la tristesse, de la colère ».Inutile d\u2019insister, on se rend compte des conceptions de Posidonius et d\u2019Archigène.Quant au cancer, voici comment on opérait, selon Lonides, le sein d\u2019une malade : « Je fais coucher la malade sur le dos, puis fais une incision au-dessus du cancer sur la partie saine de la mamelle que je cautérise jusqu\u2019à ce qu\u2019une croûte se produise indiquant l\u2019arrêt du sang.Puis Je fais une nouvelle incision et dissèque profondément la mamelle, et de 7.Ibid., p.145. Avril 1955 Lavar MÉDICAL 531 nouveau je brûle ce qui a été coupé, Je coupe, Je brûle pour arrêter le sang.Ainsi est arrêté le danger d\u2019une hémorragie.Après l\u2019amputation complètement finie je brûle de nouveau toutes les parties jusqu\u2019à ce qu\u2019elles soient sèches.Les premières cautérisations ont pour but d\u2019arrêter le sang ; les dernières de détruire tout ce qui peut rester du mal.» On notera les précautions que prenait l\u2019opérateur pour prévenir l\u2019hémorragie, c\u2019est qu\u2019au v° siècle on ne connaissait pas encore d\u2019autres moyens d\u2019arrêter l\u2019écoulement du sang.En l\u2019an 543 de notre ère, Constantinople fut ravagée par la peste bubonique appelée ainsi du fait qu\u2019elle se manifestait par l\u2019apparition chez le malade d\u2019une tumeur inflammatoire siégeant dans les ganglions lymphatiques sous-cutanés.On l\u2019a également appelée peste d\u2019Orient.Procope, historien, en donne une description dans laquelle 1! signale que des bubons apparaissent à l\u2019aine, aux aisselles et derrière les oreilles.Ce mal s\u2019est propagé en Europe et Grégoire de Tours nous en a décrit les symptômes : « La fièvre prenait les malades tout-à-coup, les uns au.moment de leur réveil, les autres à la promenade, plusieurs au milieu de leurs occupations habituelles.Leur corps ne changeait pas de nature et leur température n\u2019était pas celle de l\u2019état fébrile.On n\u2019apercevait aucun indice d\u2019inflammation.Aucun de ceux qui présentaient ces symptômes ne paraissaient en danger de mort.Mais dès le premier jour chez les uns, Ie lendemain chez les autres, ou quelques jours après chez plusieurs, on voyait naître et s\u2019élever un bubon, non seulement à la région inférieure de l\u2019abdomen, qu\u2019on appelle aines, mais encore dans le creux des aisselles ; parfois derrière les oreilles ou sur les cuisses.» Telles sont les observations que l\u2019on cueille dans les œuvres des médecins grecs et romains touchant le fonctionnement de la vie chez l\u2019homme.Le protoplasma et le travail chimique de la cellule, les fonctions de nutrition, la localisation des organes essentiels, le système cérébro-spinal, l\u2019énergétique leur sont inconnus.Malgré cela, ils ont apporté à la connaissance des êtres vivants un certain nombre de renseignements de base sur lesquels vont travailler les biologistes et les chimistes de notre ère, bien souvent sans se douter qu\u2019ils doivent à tel obscur chercheur de l\u2019Hellade ou de l\u2019Égypte le moyen de pénétrer chaque jour un peu plus profondément dans les secrets de la matière et de la vie. MOUVEMENT MÉDICAL VIE SPIRITUELLE ET PSYCHOLOGIE DES PROFONDEURS SELON LE DOCTEUR C.-H.NODET par Abbé Jean-Pierre SCHALLER, s.T.D.Sans être grand clerc chacun, aujourd\u2019hui, a entendu parler de la psychanalyse.Le mot est à la page et souvent 1l est employé de manière fort inexacte.Parmi ceux qui s\u2019intéressent plus scientifiquement au subconscient les avis sont partagés.Certains se déclarent partisans enthousiastes de cette méthode de recherches en des domaines fréquemment obscurs pour le patient.D\u2019autres se montrent peu satisfaits d\u2019une façon de scruter des régions qui devraient, selon eux, rester davantage dans l\u2019ombre.Il y a des médecins, professeurs de Faculté, il y a des prêtres, experts dans la direction des âmes, qui assurent que la psychanalyse fait plus de mal que de bien, ou en tout cas qu\u2019elle ne résout aucunement les conflits.Or tel n\u2019est pas l\u2019opinion du docteur Charles-Henr1 Nodet, ancien chef de clinique à la Faculté de Paris, médecin-chef à l\u2019Hôpital psychiatrique Saint-Georges, à Bourg-en- Bresse, en France.Ce médecin relève, par de nombreux articles, la bienfaisance de la psychanalyse pratiquée consciencieusement.Par- Avril 1955 Lavar MÉbpicaL 533 tant de ses expériences l\u2019auteur arrive à des conclusions qui méritent certes la plus grande attention.Elles dépassent d\u2019ailleurs le simple cadre des questions psychiatriques pour présenter une image de la vie où chacun peut puiser de fructueuses leçons.C\u2019est dans cet esprit que nous voudrions considérer l\u2019œuvre du docteur Nodet, afin de recueillir des éclaircissements utiles à tous les hommes, aussi bien à ceux dont un trouble du subconscient ou un désordre provenant de l\u2019enfance dérangent l\u2019équilibre intérieur, qu\u2019à ceux qui veulent éviter de tomber dans une disharmonie due à un conflit mal résolu.En approfondissant les articles du docteur C.-H.Nodet on est parfois bouleversé et même on se demande ici et là ce qui est encore normal dans nos réactions et ce qui ne l\u2019est plus.Il y a ainsi un certain danger représenté par de pareilles analyses subtiles et des remarques si étrangement perspicaces.L\u2019auteur a deviné l\u2019objection et voilà pourquoi 1l écrivait : «La psychologie analytique a l\u2019ingrat privilège de paraître toujours suspecter les intentions droites : ne voir qu\u2019infantilisme affectif derrière la soumission à une orthodoxie, homosexualité latente derrière un vœu de chasteté, retard sexuel derrière une vocation de métaphysicien, agressivité derrière des convictions apologétiques.On la taxerait vite de scepticisme réducteur et destructeur.La réalité ne serait-elle pas autre?Ne faut-il pas, au contraire, une conviction profonde dans la transcendance des valeurs métaphysiques et morales pour ne pas craindre de déceler tous les relents affectifs qui pourraient contaminer le sujet en qui ces valeurs s\u2019incarnent?Cette exigence de pureté ne témoigne-t-elle pas d\u2019une évidence rationnelle, d\u2019une foi ?» 1 Ainsi le docteur Nodet n\u2019entend pas que la psychanalyse devienne un art malsain d\u2019introspection pour le seul plaisir de mettre à nu les réactions les plus cachées d\u2019un individu.L\u2019auteur veut uniquement que sa science éclaire l\u2019homme dans sa manière d\u2019agir et lui montre que les puissances rationnelles et affectives peuvent être contaminées par des influences qui, à première vue, ne se déclarent aucunement.La vie religieuse et la vie surnaturelle ne doivent pas souffrir de cette mise en évidence.C\u2019est à une âme incarnée que la grâce s\u2019adresse et par conséquent 1.Docteur C.-H.NopET, Ce qu\u2019une psychologie en profondeur peut apporter au directeur de conscience.Dans Direction spirituelle et psychologie, Études carmélitaines.Desclée de Brouwer, Paris-Bruges, 1951, p.315. 534 LAavaL.MÉDICAL Avril 1955 tout ce qui dans la nature bénéficiera d\u2019une plus grande compréhension des actes humains favorisera un épanouissement plus large du surnaturel.TOUT ACTE HUMAIN DEMEURE LOURD DE MYSTÈRE Dès les temps les plus reculés les penseurs ont rappelé toutes les nuances et les influences qui se mêlent et collaborent à l\u2019activité humaine.Voilà pourquoi il est souvent ardu de distinguer exactement, surtout en matière morale ou ascétique, la part qui revient à un désir désintéressé de s\u2019approcher toujours plus de Dieu et celle qui est du ressort naturel d\u2019un subconscient troublé.Or la psychanalyse, découvrant ce qu\u2019il y a de plus caché dans l\u2019esprit du malade, veut révéler les idées subconscientes ou inconscientes qui seraient à l\u2019origine des troubles du patient.Si l\u2019on veut transformer en idée consciente cette substruction d\u2019abord obscure le malade pourra guérir, ou en tout cas améliorer une situation douloureuse et nocive.Ainsi la psychanalyse, pratiquée par un investigateur honnête et capable, ne sera pas étrangère à ce qui soutiendra la vie authentiquement religieuse du sujet.Elle x contribuera à éviter des naïvetés dans la direction des âmes mais elle n\u2019oubliera pas que la grâce a des chemins qui échappent parfois aux prévisions humaines.C\u2019est en songeant à un juste milieu que le docteur Nodet écrivait : « Il y a des motifs authentiquement moraux qui évoluent dans l\u2019univers clair de la conscience, et celui plus nuancé des habitudes préconscientes ; il y a des motifs inconscients qui ne sont que des répétitions plus ou moins tyranniques de situations perturbées remontant à la petite enfance.Les moralistes ne pourront manquer de se réjouir si on leur apporte des lumières pouvant expliquer ces paradoxes fréquents contre lesquels se heurtent vainement leurs recettes : l\u2019échec social et moral où aboutissent fréquemment des vies très sincèrement éprises d\u2019idéal ; et d\u2019autres fois, l\u2019amère disproportion entre l\u2019intensité des efforts exigés et la médiocrité de la montée vertueuse.» 2 2.Docteur C.-H.NopeT, À propos du livre du docteur Odier : Les deux sources, consciente et inconsciente, de la vie morale.Extrait de la Revue L\u2019Évolution psychiatrique, Paris, 1, rue Cabanis, (janvier-mars) 1948, p.2.Et à la page 4 l\u2019auteur écrivait : «Tous les apports psychologiques, psychanalytiques compris, rajeunissent certainement les problèmes des faits moraux, de la liberté, de la responsabilité.Mais ils ne peuvent les faire quitter le vrai plan métaphysique où ils se situent et où ils doivent finalement se discuter.L'apport analytique, en particulier, précise les chemins souterrains parcourus, les mécanismes engagés, mais n\u2019apportent rien sur l\u2019essence même du fait moral, ni rien non plus, du reste, sur l\u2019essence même de la vie de l\u2019instinct.» VI Ww Vi Avril 1955 Lavar MÉDICAL Ailleurs l\u2019auteur observait que «la psychologie analytique amène le chrétien à des méditations philosophiques très riches sur l\u2019unité de la vie psychique et la hiérarchie nécessaire de ses différents plans.» 3 Le docteur Nodet ajoutait alors : « La théologie chrétienne a toujours affirmé que l\u2019action de la grâce, dont l\u2019existence est de foi, est psychologiquement indiscernable des mécanismes vitaux créés par le Seigneur » (ibidem).Enfin l\u2019auteur fait une remarque montrant précisément qu\u2019il faut être sur ses gardes lorsque, pratiquement, on doit évaluer la nature d\u2019un acte religieux : | « La technique analytique rappelle que, sous un dialogue à vocabulaire moral et sacramentel, il y a toujours un dialogue humain dont la valeur souvent ignorée ne doit jamais être sous-estimée » (Ce qu\u2019une psychologie en profondeur peut apporter au directeur de conscience, art.cit, p.304).Ainsi le docteur Nodet désire essentiellement que la psychanalyse épure notre connaissance de nous-même, et avertisse ceux qui dirigent | les autres des aberrations possibles dans toute entreprise apparemment | Ja plus désintéressée.Un prêtre, un médecin et un juriste gagneront, a la lecture des articles du docteur Nodet, la perspicacité nécessaire pour découvrir les mobiles, conscients ou inconscients, capables de faire agir un sujet dans telle ou telle direction.Si, par exemple, on rencontre un être faisant preuve de chasteté sans aucun effort Il ne faudra pas trop vite annoncer un cas extraordinaire de sainteté.« Au lieu de qualifier trop tôt de providentielle cette facilité chez un adolescent à éviter les embûches de la chair, il convient de bien préciser la part qui revient à des habitudes vertueuses vrai- x u ment conquérantes, et celle due à un trop vigoureux surmoi ma- | | ternel.» 4 | 3.Docteur NopeT, Psychanalyse et morale.Cabiers Laënnec, 1948, n° 2 : Psv- chanalyse et Conscience morale, p.14.; | 4.Docteur C.-H.Noper, Psychanalyse et spiritualité (Vie affective infantile et vie morale adulte, notions analogues) : Supplément de la vie spitiruelle, Paris, Éditions du | Cerf, février 1948, p.21.La même remarque se trouve dans l\u2019article cité Psychanalyse et morale, p.13. 536 LavarL MÉDICAL Avril 1955 N\u2019est-ce pas utile pour diriger sagement une âme de savoir distinguer entre vertu et déséquilibre ?N\u2019est-ce pas opportun d\u2019éviter à un malade, ou à un pénitent, de flatter des inclinations qui sont davantage une fuite devant la vie qu\u2019une ascension spirituelle?L'auteur disait : « Derrière l\u2019ascétisme, 1l faut savoir que peuvent se dissimuler des tendances masochistes ; derrière la chasteté, une répulsion infantile de la sexualité ou une homosexualité plus ou moins consciente ; derrière l\u2019adhésion à une orthodoxie, le besoin de la sécurité qui donne l\u2019appartenance à une communauté ; derrière une culture religieuse, une compensation à la difficulté d\u2019asseoir sa virilité sur le plan affectif et sexuel, ou pour une femme, un moyen de nier sa féminité.» 5 Le docteur Nodet ajoute que la liste serait encore longue.Il demande fréquemment que sous les aspects de la pénitence on ne se laisse pas aller à favoriser une recherche masochiste.Il est certain que sans tomber dans le scepticisme méthodique on peut devenir méfiant lorsqu\u2019on se plonge dans l\u2019hagiographie.Diverses flagellations ou quelques autres souffrances physiques imposées par un prétendu désir de mortification prennent parfois un aspect douteux.On ne saurait oublier que la pénitence exactement comprise consiste en un détachement dou- Joureux, sans doute, mais accepté pour autoriser un attachement à une valeur plus haute.Saint Thomas d\u2019Aquin a ce mot tout empreint de bon sens : « le pénitent se décide à une douleur modérée (assumit mo- deratum dolorem) des péchés passés, avec l\u2019intention de les écarter » (Somme théologique, III, q.85, a.I, c.).La modération s\u2019impose aussi bien lorsqu\u2019il s\u2019agit de déplorer ses propres fautes que lorsqu\u2019on désire satisfaire pour les péchés d\u2019autrui.Fênelon, de Versailles, écrivait un Jour à une religieuse : « Pour les austérités, elles ne sont pas exemptes d\u2019illusions non plus que le reste ; l\u2019esprit se remplit souvent de lui-même à mesure qu\u2019il abat la chair.La mortification de la chair ne produit pas la mort de la volonté.» 6 Ce que d\u2019illustres directeurs d\u2019âÂme affirrmaient déjà, le docteur Nodet le relève de manière plus systématique : Sachant «les conta- - 5.Docteur C.-H.NopET, Renoncement à soi-même ou masochisme affectif?(A propos de Grabam Greene et du « whisky-priest » de « La puissance et la gloire »).Études carmélitaines.Desclée de Brouwer, Paris-Bruges, 1953 : Limites de l\u2019bumain, p.326.6.FÉNELON, Correspondance.Paris, Ferra Jeune, libraire, 1827, t.v, p.393. Avril 1955 Lavar MÉDicAL 537 minations qui peuvent se dissimuler sous la notion de pénitence » l\u2019auteur écrit : « 11 faut connaître l\u2019existence souterraine d\u2019une tendance instinctive de pénitence, c\u2019est-à-dire une satisfaction instinctive trouvée dans la douleur.C\u2019est le « masochisme » dont 1l ne faut pas connaître que les manifestations grossièrement perverses.Devant une macération pénitentielle d\u2019un de ses dirigés, un directeur de conscience doit pressentir la double motivation possible d\u2019une telle attitude.II peut y avoir une vertu rédemptrice.Il peut y avoir également une pseudo-vertu masochiste.Et il ne faut pas attendre l\u2019éclosion, quinze ans plus tard, d\u2019une névrose caractérisée, pour faire le point exact » (Psychanalyse et morale, art.cit, p.13).La psychanalyse, pratiquée à la manière du docteur Nodet, a comme heureux résultat d\u2019aider un confesseur, un médecin ou un éducateur à éviter des impairs quand ils se penchent sur ceux qui leur demandent secours.Les sciences psychanalytiques ont servi le ministère pastoral en ce sens également qu\u2019aujourd\u2019hui moins que jadis on accepte, sans une objective critique, des « révélations » éventuelles ou des faits héroïques en matière religieuse.Plus on découvre ce qui peut être latent dans un cœur humain plus on devient prudent.Le docteur Nodet remarquait : « La légèreté du cœur et de la démarche au sortir du confessionnal peut ressortir aux deux registres, sacramentel et psychologique, qui ont nécessairement joué tous les deux.Il y a là une double signification qui est parfois difficile à élucider pleinement : il ne faut jamais oublier, en effet, en matière de psychologie ana- [ytique, que la réussite d\u2019une intervention n\u2019est pas toujours la preuve qu\u2019elle se situe bien sur le plan où l\u2019on croyait intervenir » (Ce qu\u2019une psychologie en profondeur peut apporter au directeur de conscience, art.cit., p.310).C\u2019est le rôle de n\u2019importe quelle spiritualité de ne pas confondre les plans et sans vouloir trop analyser cet ensemble étrange qu\u2019est l\u2019homme Il faut cependant Jeter assez de lumière sur les actes humains pour savoir les maintenir en de sages limites.D\u2019ignorer sur quel plan on travaille risque d\u2019entraîner des confusions dangereuses.Diverses crises observées chez des gens qui ne laissaient pas prévoir pareille réaction sont dues fréquemment à ce mélange des ordres.On croyait servir Dieu et la morale alors qu\u2019on flattait des appétits malsains.La vieille sagesse grecque du « connais-toi toi-même » n\u2019est pas étrangère à la 538 Lavar MÉDICAL Avril 1955 vie religieuse sainement comprise.L\u2019inscription du temple de Delphes invite encore l\u2019homme moderne à savoir posséder son âme et à fuir des déviations qui seraient dissimulées sous le jour d\u2019une apparente vertu.Lorsque le docteur Nodet écrit que «tout acte humain demeure lourd de mystère » 7 c\u2019est que la pratique lui a appris que, souvent, l\u2019homme, sans même bien s\u2019en rendre compte, se donne l\u2019illusion d\u2019être dans le droit chemin afin de tranquilliser quelque inquiétude latente.Désireux d\u2019aller au fond des choses l\u2019auteur place le lecteur devant des interrogations lourdes de conséquences s\u2019il accepte de leur donner des réponses absolument objectives, pour autant que faire se peut.Traitant de la virginité, le docteur Nodet distingue, par exemple, un célibat librement accepté, par vocation, d\u2019une façon quelconque de résoudre une déception ou une impuissance.L'auteur écrit : « Une virginité consacrée à Dieu, que la théologie catholique maintient, depuis l\u2019Évangile et saint Paul, supérieure au mariage, ne peut se concevoir que comme le refus d\u2019un bien excellent, dont on serait capable, pour aller à Dieu plus directement par la voie des conseils.Cette virginité ne se justifle que pour un motif théologal.» 8 Si le docteur Nodet affirme ainsi catégoriquement la nature de la virginité vertueuse c\u2019est qu\u2019il a certainement rencontré des cas où le célibat fut une fuite.II dit ailleurs : « Psychologiquement on ne peut concevoir la chasteté votive que comme le refus conscient et le dépassement harmonieux d\u2019un état naturel dont on aurait été capable.Il serait paradoxal que l\u2019état supérieur de la virginité dissimulât une déficience de nature.» A la vérité on rencontre des cas où telle femme ou tel prêtre ont peut- être été appelés vers la vie religieuse en se rendant plus ou moins parfaitement compte que le mariage aurait été un échec au point de vue sexuel.Pensons à un cas de lesbisme ou d\u2019homosexualité ou encore d\u2019impuis- 7.Docteur NopeT, Note sur l\u2019aspect psychologique de l\u2019angoisse.Supplément de la Vie spirituelle, Paris, Édit.du Cerf, (15 février) 1954, p: 57.8.Névrose et vie religieuse.La névrose en tant qu\u2019obstacle à la vie religieuse et la névrose, conséquence de l\u2019inbibition religieuse.Docteur C.DURAND et docteur C.-H Noper.Dans Praxis, Revue suisse de médecine, n° 32, (12 août) 1954, p.689.9.Docteur C.-H.NopeT, L\u2019amour du prochain et la psychanalyse.Dans L'amour du prochain, Paris, Édit.du Cerf, 1954, p.282. Avril 1955 Lavar.MÉDicaL 539 sance incurable.Les chemins de Dieu ne sont pas les nôtres (Is, Lv, 8) et on peut admettre que dans sa providence le Créateur ait décidé ceci ou cela pour favoriser une vocation.Une « déficience de nature » n\u2019est pas encore le signe que cette religieuse ou cet ecclésiastique ne saurait faire du bien autour d\u2019eux.Il y aura des lacunes dans leur activité ; 1l y aura presque immanquablement diverses déficiences dans l\u2019art de conduire les autres.La prudence s\u2019impose dès lors pour permettre à ces êtres de choisir une voie où non seulement la grâce du sacerdoce et des vœux est nécessaire mais où l\u2019équilibre de la nature est extrêmement souhaitable.Aussi l\u2019idéal est-il de découvrir dans cette continence librement consentie ce « refus conscient » dont parle le docteur Nodet, et ce « dépassement harmonieux » d\u2019un état de vie qu\u2019on aurait pu également choisir.L'auteur donne la raison profonde de ce célibat accepté par un acte volontaire : c\u2019est encore et toujours l\u2019amour car « pour être capable d\u2019aimer vraiment et pleinement dans l\u2019acception la plus large et la plus vivante du terme, l\u2019homme doit être totalement homme, la femme totalement femme, même si pour des motifs de haute valeur, ils n\u2019utilisent pas cette réalisation naturelle \u2014 et sacramentelle \u2014 qu\u2019est le mariage » 10.Ainsi l\u2019amour subsiste, mais voué à d\u2019autres fins, ou mieux utilisé d\u2019une autre manière.C\u2019est l\u2019équilibre dont nous parlions, ce refus calme et conscient d\u2019une vie conjugale dont on aurait été capable, cette volonté de servir davantage un maître qui n\u2019est pas mortel.LE PASSE DOIT TOUJOURS ÊTRE ACCEPTÉ ET DÉPASSÉ Sans relâche le docteur C.-H.Nodet relève le caractère nocif des « blessures infantiles mal cicatrisées ».C\u2019est un des mérites de la psychanalyse d\u2019avoir dirigé l\u2019attention vers ce qui regarde les vestiges de l\u2019enfance et du passé.Souvent un conflit actuel trouve son origine dans un événement qui semble révolu et qui continue cependant d\u2019exercer une influence malsaine.L'auteur remarque fréquemment que c\u2019est autour de l\u2019âge de sept ans qu\u2019un enfant doit réaliser son équilibre, 10.Sexualué et psychanalyse, docteur C.-H.Noper.Dans Morale sexuelle et difficultés contemporaines, Éditions familiales de France, Paris (86, rue de Gergovie) 1953, p.128.(16) 540 Lavar MeEpicaL Avril 1966 architecturer sa structure primitive.C\u2019est avant sept ans que le développement harmonieux aboutit à son terme, que « l\u2019équilibre essentiel » est obtenu.Cet âge, dit de raison, paraît donc «être un âge de conduite morale où l\u2019enfant est capable de différer son propre plaisir pour le plaisir même de celui qu\u2019il aime » (Psychanalyse et spiritualité, art.cit., p.8).Dès lors on comprend que le docteur Nodet nomme une période ( manifestement cruciale » celle du développement de l\u2019enfant avant sept ans.Le médecin sait qu\u2019il existe parfois une « persistance possible de références inconscientes à ce registre infantile prémoral ».Il importe donc de prendre garde « aux conflits de la vie infantile mal liquidés, qui, tout en demeurant inconscients, demeurent comme une épine permanente ayant perturbé les développements psychiques ultérieurs » (Psichanalyse et morale, art.cit., p.2).On sait que c\u2019est Freud qui a jeté le cri d\u2019alarme en ces questions qui, connues sans doute avant lui, n\u2019avaient pas encore été traitées systématiquement.Le docteur Nodet relève tout ce que représente pour le directeur d\u2019âme, le maître ou le moraliste cet aperçu sur le passé du pénitent, de l\u2019élève ou du dirigé, car «la vie affective et morale de l\u2019adulte est le prolongement et le couronnement de la vie de l\u2019enfant » 11.Ainsi la morale qui doit considérer la valeur des actes humains ne saurait ignorer l\u2019influence du passé.Ce qui ne veut pas dire que le passé enlève à la démarche actuelle toute responsabilité.Mais 1l éclaire et explique la manière d\u2019agir du sujet ; 1l peut dans certains cas, sI pas excuser, du moins atténuer le caractère coupable d\u2019une action.« Sous une forme qu\u2019il est malaisé de définir, tout notre passé se joue dans nos gestes.L'acte moral posé demeure en continuité avec les drames insoupçonnés de notre première enfance (A propos du livre du docteur Oder, art.cu., p.10).Tout un système réflexe 11.Docteur C.-H.NopeT, Brèves remarques sur la morale psychologique.Dans Psychologie moderne et réflexion chrétienne, Paris, À.Fayard, 1953, p.178. Avril 1955 LavarL Megbpicar 541 inconscient s\u2019inspire des expériences infantiles pendant les toutes premières années en face du « permis » et du « défendu ».Le résultat de ces expériences demeure inscrit dans le psychisme, et persistera tout au cours de la vie » (Brèves remarques sur la morale psychologique, art.cit, p.174).Non seulement le docteur Nodet, mais tous les psychanalystes, et même tous les psychothérapeutes, soulignent l\u2019importance du passé chez un sujet souffrant de ne pouvoir s\u2019épanouir comme il le souhaiterait.Ce fut d\u2019ailleurs le propre de tous les directeurs d\u2019Âme un peu perspicaces d\u2019aider leurs dirigés à sortir du passé, tant 1l est stérile le rappel d\u2019événements antérieurs qui ont bouleversé l\u2019existence.Le docteur C.Durand, dans un article écrit en collaboration avec le docteur C.-H.Nodet, disait que «la vie religieuse trouve son épanouissement le plus harmonieux dans une psychologie saine, débarrassée d\u2019inclusions infantiles inconscientes » (Névroses et vie religieuse, art.cit., p.686).Si les médecins désirent ainsi un « terrain déblayé, rénové, authentique » c\u2019est qu\u2019ils savent que ce qui compte dans une vie c\u2019est l\u2019élaboration de nouvelles énergies et non pas le regret de jours heureux ou le souvenir d\u2019aventures malheureuses, d\u2019années troubles et déprimantes, voire d\u2019une éducation erronée.Il faut arriver, écrit le docteur Nodet, à une « disparition psychologique d\u2019exigences infantiles qui suppose le passé dépassé, liquidé, relégué à sa valeur spécifique de passé.C\u2019est dire que les rancunes, les frustrations dont le passé infantile est souvent si riche, sont définitivement abandonnées, sans persistance d\u2019un bilan au passif revendicateur.C\u2019est, à la limite, le pardon, qui permet au passé d\u2019être véritablement passé, ne collant plus au présent dont 1l accepte de ne plus rien attendre.Le présent s\u2019ouvre alors spontanément à l\u2019avenir » (Névrose et vie religieuse, art.cit, p.687).L\u2019auteur prend cette doctrine très à cœur.Il en parle aussi dans un travail fouillé paru dans un tome des Études carmélitaines.On sait combien cette collection d\u2019ouvrages présente des sujets approfondis par des érudits d\u2019origines diverses ; ainsi le problème soulevé est en quelque sorte épuisé, tant il est considéré sous des aspects variés.Le docteur Nodet observait donc que l\u2019abandon du passé au passé LavAL MéDpicar Avril 1955 Cest une nécessité vitale de santé psychologique.Le présent, dépouillé de ces références conscientes ou inconscientes au passé, faites de peurs, de revendications, de rancunes, s\u2019ouvre alors spontanément à l\u2019avenir, dans un dynamisme naturellement conquérant » (Ce qu\u2019une psychologie en profondeur peut apporter au directeur de conscience, art.cit., p.309).On sent avec quelle insistance l\u2019auteur stigmatise le rôle du passé dans la vie de l\u2019individu.Il disait, lors d\u2019une conférence destinée à des maîtresses de novices : « Il faut vivre dans le présent, pour l\u2019avenir.Le passé doit toujours être accepté et dépassé.Tout regret ne peut qu\u2019étre stérile.» 12 Si l\u2019on témoigne quelque surprise devant ces allusions multiples de l\u2019auteur concernant l\u2019enfance c\u2019est qu\u2019on oublie que la mission de la psychanalyse est de découvrir les traces d\u2019un passé mal résolu, afin de , .; .,[ i ; résoudre une crise ou d\u2019expliquer un conflit.La peur qui galvanise un effort ou détourne une tentative de sa fin propre est souvent un reste du temps jadis ! L\u2019enfant doit dépasser le « climat de peur».Une vocation religieuse peut être une manière de fuir sa peur ou son angoisse.On songe à Blanche de la Force, dans les Dialogues des Carmélites, l\u2019œuvre de Bernanos.Il est toujours alors ardu de distinguer s\u2019il s\u2019agit d\u2019une vocation véritable, car comme disait le docteur Nodet aux maîtresses de novices : «Le couvent ne saurait avoir une valeur d\u2019échappatoire.Le premier but d\u2019un couvent ne doit pas être de permettre une fuite devant les responsabilités, ni la recherche d\u2019un refuge par peur de la vie, ni une compensation à des déceptions affectives, familiales ou sentimentales » (Conditionnement psychologique de la vocation religieuse, art.cit., p.12-13).LA SANCTIFICATION EST TOUJOURS POSSIBLE Un point capital dans l\u2019œuvre du docteur C.-H.Nodet est que ses investigations qui pénètrent si avant dans nos attitudes et nos manières 12.Docteur C.-H.Noper, Conditionnement psychologique de la vocation religieuse.Tirage à part.Imprimerie Tardy, Bourges, p.10; cf.Pouvrage paru aux Editions du Cerf, Paris, 1949 : Pour les maîtresses des norices, ou encore le Supplément de la Vie spirituelle, 1949 : Considérations psychanalvtiques à propos des attraus névrotiques pour la vocation religieuse (Editions du Cerf, Paris). Avril 1955 Lavar MÉDicaL 543 d\u2019agir ne ravissent aucunement l\u2019espérance.On pourrait imaginer en effet que de se sentir pareillement analysé \u2014 au point qu\u2019il faille soigneusement se demander quelle est la part de l\u2019animal et celle de la raison, le rôle du volontaire et celui de l\u2019inconscient \u2014 enlève le courage, tant on découvre des mobiles divers dans notre façon de réagir.Or le docteur Nodet, au contraire, rappelle simplement que la psychanalyse bien comprise détermine le rouage compliqué qui préside aux actes humains, comme de tendances connues, supposées ou ignorées.Et c\u2019est sous ces influences que, peu à peu, l\u2019homme tend vers la sainteté, telle que l\u2019autorise la condition psychosomatique.« L\u2019analyse psychologique \u2014 écrit l\u2019auteur \u2014 ne prétend pas scruter le secret des cœurs, puisqu\u2019elle se tient sur le plan phénoménal.Il est traditionnel, croyons-nous, de maintenir que la sanctification, dans son économie mystérieuse et ses promesses divines, demeure toujours possible, même dans le psychisme le plus disgracié.Mais nos exigences de méthode ne visent que les att1- tudes proposées à notre admiration (voire à notre imitation quand il s\u2019agit de sainteté exemplaire).Même radieuse devant Dieu, une âme s\u2019exprime en gestes humains dont certains peuvent être lourds de névrose, par conséquent d\u2019équivoques » (Renoncement à soi-même ou masochisme affectif ?art.cat, p.326).Ces lignes n\u2019entendent aucunement ruiner les efforts d\u2019un chrétien pour devenir meilleur, pour répondre toujours mieux à sa dignité d\u2019enfant de Dieu.Au contraire on sentira davantage que pour chacun un poids de complications entrave l\u2019élan vers la perfection.Il y a des exceptions mais elles sont rares et voilà pourquoi le docteur Nodet remarquait : «C\u2019est une vieille constatation que si la majorité des névrosés est un poids stérile pour l\u2019humanité, les plus belles conquêtes de l\u2019esprit et de l\u2019art ne sont que rarement le fait de gens parfaitement équilibrés.Saint Thomas d\u2019Aquin et Bach demeurent des exceptions, sans que cela puisse gêner pour admirer l\u2019art d\u2019un Baudelaire ou d\u2019un Van Gogh » (Note sur l\u2019aspect psychologique de l\u2019angoisse, art.cit, p.55).La médecine éclaire et conseille sur la situation du somatique, sur l\u2019état du psychisme, bref sur les valeurs des organes et des fonctions qui sont les instruments de l\u2019âme pour acquérir la sainteté.« Tout le monde doit aller au Christ, même en boitant ou en faisant l\u2019école buissonnière.Mais ceux qui veulent y aller directe- 544 Lavar.MéÉDicaL Avril 1955 ment par la voie des conseils doivent être objectivement avertis sur leur force et sur leur clairvoyance à ne pas prendre des impasses pour des raccourcis » (Conditionnement psychologique de la vocation religieuse, art.cit, p.4).C\u2019est un des rôles de la psychanalyse : nantir un sujet de sa force et du degré de capacité lui permettant d\u2019envisager telle ou telle voie.La vocation, et n\u2019importe laquelle, n\u2019est pas une entité abstraite : c\u2019est un chemin à suivre, mais il faut connaître la résistance du voyageur.Et il vaut beaucoup mieux réussir son pèlerinage en un modeste lieu que de s\u2019engager en de lointains voyages qui jamais ne pourront faire atteindre le but.Lorsque le docteur Nodet souhaite que la grâce rencontre « une souple et authentique disponibilité » c\u2019est que, précisément, il sait qu\u2019on ne doit se rendre disponible que d\u2019après ses possibilités.C\u2019est un piège de l\u2019orgueil que de tenter des ascensions où 1l faudrait une résistance et un entrainement qu\u2019on ne possède pas.« Faire les petites choses comme grandes, à cause de la majesté de Jésus-Christ qui les fait en nous et qui vit notre vie », disait Pascal dans le Mystère de Jésus.Cette petite chose dépend parfois d\u2019un sérieux effort, tant la nature peut être défectueuse.On comprend que le docteur Nodet mette en garde les théologiens « sensibles aux bauts dépassements » et leur rappelle qu\u2019 «il est indispensable que les hauts dépassements ne fassent pas oublier la base essentielle, c\u2019est-à-dire la structure psychologique valablement adulte, sur laquelle seule ils peuvent s\u2019édifier valablement » 13.Ce langage est pétri de bon sens.La psychanalyse, qui peut devenir ravageuse lorsqu\u2019elle est pratiquée sans discrétion et sans discernement, a le privilége de donner des avertissements a ceux qui voudraient atteindre une sainteté non proportionnée a leur état ou guider les autres 13.Docteur C.-H.NopeT, Névrose et vie religieuse, art.cit., p.688.Dans le même article on peut lire, p.684 : « D\u2019une part, la religion catholique, dans son message authentique, ne peut conduire à la névrose.Si un climat catholique a aidé ou contribué à l\u2019éclosion d\u2019une névrose, cela ne peut venir que de causes extrinsèques à l\u2019essence même des vérités dogmatiques.D\u2019autre part, si nous pensons que la sanctification par la grâce, dans son économie mystérieuse et ses promesses divines demeure toujours possible même dans le psychisme le plus disgracié, il n\u2019en reste pas moins qu\u2019il y a, de constatation objective, une relation entre l\u2019équilibre psychique et la marche vers une sainteté digne d\u2019exemple, dans son existence concrète.» tends eh ne NMA hs ie V3 Avril 1955 Lavar MEbpicaL 54 vers un idéal ne pouvant correspondre à leur situation.La grâce a des détours imprévisibles mais ceci n\u2019autorise point à manquer de logique et de mesure dans les questions religieuses.Il y a le danger de mettre sur le compte de la grâce des aspirations qui flattent des satisfactions égoïstes.C\u2019est ce qui fait écrire au docteur Nodet : - « Il convient de bien remarquer que la santé morale ne coincide nullement avec la perfection morale.Et on ne peut que constater et déplorer que plus une valeur est haute, plus elle est en danger d\u2019une contamination parfois étrangement subtile.II faut une oreille très humble et très prudente pour savoir écouter Dieu, sans lui prêter le langage du Sur-moi » (A propos du livre du docteur Odier, p.7).L\u2019humilité contribue à ne pas trop s\u2019abandonner à ses propres forces et la prudence aide à ne pas trop exiger de son propre zèle.La vertu est exercée à meilleur escient si des directives médicales solides et consciencieuses ont éclairé des recoins un peu obscurs et confus de l\u2019âme.Dans un petit ouvrage intitulé : Sainteté et santé, Joseph Gold- brunner, après avoir observé que « la vraie sainteté est toujours liée à une existence humaine authentique », écrivait : « Le travail psychiatrique fait naître l\u2019espoir que le dévoilement de la nature de l\u2019âme, bien qu\u2019il ramène incontestablement homme aux choses du monde et de la terre, conduira les hommes vers plus de richesse intérieure : la vie religieuse deviendra plus vivante, plus plemne, plus libre et plus profonde.» 14 C\u2019est bien ce que recherche le docteur Nodet car son œuvre prouve le but très spirituel qué l\u2019auteur s\u2019est assigné.Il ne souhaite pas de subtiles analyses par amour de la subtilité : 1l les désire parce qu\u2019elles contribuent à voir clair en soi-même et donc à augmenter sa « richesse intérieure ».Celle-ci dépend d\u2019une saine direction de la vie et cette direction est autre pour chacun, car il y a des gens équilibrés et des névrosés, mais il y a surtout, comme dit l\u2019auteur, « les cas intermédiaires qui relient insensiblement les premiers aux seconds ».Or la sainteté, ou simplement la sanctification, dépend ainsi des faiblesses somatiques ou psychiques.14.Josep h GOLDBRUNNER, Sainteté et santé.Paris, Desclée de Brouwer, Présence chrétienne, 1954, p.30 (traduit de l\u2019allemand par Lucienne FoucrAULT). 346 Lavar MÉDICAL Avril 1955 « Toute difficulté dans la progression morale n\u2019est peut-être pas uniquement l\u2019œuvre perverse de la concupiscence et du démon » (Psychanalyse et spiritualité, p.17).Ces hgnes de l\u2019auteur désignent une rectification souvent nécessaire, tant il est vrai qu\u2019un jugement trop hâtif a l\u2019habitude de confondre péché et maladie.Cette dernière ne supprime certes pas la nécessité de tendre vers la sainteté.Le docteur Nodet affirme que «la vie morale du petit nerveux ne peut être moyenne : s\u2019il ne consent pas à son piétinement peu productif, 1l faut qu\u2019il consente à une vocation de sainteté » (1bidem, p.18).Pareil consentement exige une suite continue d\u2019efforts, et vraisemblablement une succession de défaites et de victoires.C\u2019est la condition de l\u2019homme après le péché originel.Et pour rendre les victoires tou- Jours plus nombreuses et les chutes plus rares 1l ne suffit pas de beaucoup prier, de s\u2019approcher des sacrements, de fréquenter les services religieux : il faut que l\u2019on sache encore où est l\u2019origine de la défaite éventuelle.« Le psychologue \u2014 écrit l\u2019auteur \u2014 est en droit d\u2019attirer l\u2019attention du moraliste pour que ce dernier n\u2019œuvre pas sur une fleur séparée.Qu\u2019il connaisse et les feuilles, et la tige, et les racines, le sol et les vents » (Ce qu\u2019une psychologie en profondeur peut apporter au directeur de conscience, art.cit, p.280).Ce conseil est sage, sinon le terme sanctification risque de cacher des recherches peu louables et malfaisantes.« Il ne faudrait pas mettre à l\u2019actif de ce mystère qu\u2019est l\u2019action de la grâce et du sacrement ce qui ne serait en réalité que l\u2019inconnu de démarches inconscientes négligées » (ibidem, p.281).Ce mot de l\u2019auteur est illustré par divers exemples pratiques mentionnés peu après : « des préoccupations intellectuelles peuvent avoir servi à dépasser un retard affectif ; une vocation de prêtre a pu utiliser une inap- pétence sexuelle ; un goût à diriger les autres peut servir un besoin de dominer ou de se faire aimer en faisant du bien : ; une prédilection pour les œuvres de jeunesse peut être une nécessité pour sublimer une homosexualité connue ou latente » (p.311).Ici encore on témoignera peut-être quelque effroi devant un aperçu des choses qui risque de tout ramener à des vices éventuels ou à des Avril 1955 LavaL\u2026 MÉDICAL 547 perversions possibles.Le docteur Nodet veut simplement relever que les termes et les usages religieux, que le dévouement et la charité, sont parfois entachés d\u2019intérêts qu\u2019il est nécessaire de déceler ou d\u2019épurer.L\u2019auteur ne généralise pas : il met en garde.D\u2019affirmer qu\u2019il y a des choses qu\u2019il vaut mieux ne pas savoir peut cacher une coupable passivité ou une pénible trahison.L\u2019ignorance est rarement salutaire.Un élément, reconnu par tous capital, est la personnalité de celui qui scrute et qui dirige.« L\u2019interrogateur \u2014 médecin, parent, éducateur, directeur \u2014 doit non seulement avoir des connaissances élémentaires, mais être personnellement à son aise sur ces problèmes ; 1l risque autrement par des hésitations, des oublis, des silences, des périphrases em- rouillées, des euphémismes inutiles, de réactiver les culpabilités névrotiques et obscures » (Sexualité et psvchanalvse, art.cit\u2026 p.160).Un texte du chanoine P.Tiberghien fait écho à ces lignes du docteur Nodet.Le professeur de la Faculté de Lille rappelait, en effet, «toutes les qualités de bon jugement, de discrétion et de droiture qu\u2019exige, chez le médecin, une bonne cure psychanalytique », et Il ajoutait : « Que le psychanalyste s\u2019examine lui-même et voie, non seulement s\u2019il a ces qualités au départ, mais aussi s\u2019il les entretient en cours de route ; sinon il ne fera jamais que de la mauvaise besogne.» 15 On comprend dés lors que le docteur Nodet déplore de constater un manque de connaissance, un manque d\u2019équilibre ou une fausse pudeur chez des étres qui devraient maitriser la question, puisque d\u2019autres font appel à eux pour sortir de conflits d\u2019ordre sexuel.L\u2019auteur nomme paradoxal le fait « que la sexualité soit si peu connue et si peu étudiée dans les milieux qui font vœu d\u2019y renoncer » 15.P.TiBerGHIEN, Médecine et morale.Paris-Tournai, Desclée & Cie, 1953, p.211.L\u2019auteur, traitant de la psychanalyse, fait cette prudente remarque : « Il ne faut pas croire que renseigner le malade sur les causes profondes de son trouble mental est toujours opportun au point de vue thérapeutique.Nous connaissons des cas où une révélation imprudente a aggravé des troubles mentaux.Tout le monde admet qu\u2019il ne faut pas imprudemment révéler à un cancéreux la nature de son mal ! Pourquoi ne pas appliquer ici la même règle ?» (p.210, 2). 548 Lavar.MÉDiCAL Avril 1955 ou ce « défaut d\u2019information chez des personnes qui ont justement dû renoncer à l\u2019exercice de leur sexualité par vocation sacerdotale, et dont on attend des conseils pour intégrer la vie sexuelle dans des préoccupations morales ».L\u2019auteur veut qu\u2019on utilise tout ce qui est nécessaire pour permettre à l\u2019espérance de demeurer tranquille dans le cœur de l\u2019homme.La sanctification ici-bas, et la sainteté dans l\u2019Au-delà, ne sont refusées à personne.Prenons le cas de l\u2019homosexuel, auquel très souvent le docteur Nodet fait allusion dans son œuvre.Il écrit par exemple : « Sur le plan culturel, 1 est indiscutable que les tendances homosexuelles sont des aiguillons précieux pour les conquêtes dans le domaine intellectuel, artistique et religieux.Le processus n\u2019est pas toujours clair : on peut en tout cas y voir une façon de conquérir une maîtrise adulte, qu\u2019il a été impossible d\u2019instaurer sur le plan proprement instinctif \u2014 affectif et sexuel.Bien qu\u2019appuyées sur un porte-à-faux évolutif qui perturbe parfois gravement les relations humaines (conjugales en particulier), ces conquêtes culturelles peuvent garder leur valeur intrinsèque, encore que leur rôle de compensation puisse commander des exclusives, des raidissements, des oublis, des choix privilégiés » (Sexualité et psychanalyse, art.cat, p.154).Partant d\u2019une pareille conception des choses l\u2019auteur laisse donc entendre que le christianisme ne ferme pas ses portes à ceux que tourmente quelque anomalie et que même les sujets peuvent tirer parti de leurs déficiences et tout ramener à l\u2019épanouissement de leur sanctification.Ce n\u2019est pas que le docteur Nodet approuve les tendances d\u2019un inverti sexuel : il ne s\u2019agit pas ici d\u2019approuver ou de condamner mais d\u2019utiliser au mieux la situation.Quant à l\u2019origine du mal, l\u2019auteur y consacre de sérieuses études.Une fois encore on pourra éviter aux adultes des préoccupations douloureuses si on a su développer heureusement l\u2019enfance.Certaines remarques du docteur Nodet, désignant les raisons éventuelles d\u2019une anomalie sexuelle, font sentir l\u2019importance de l\u2019éducation et de la direction premières d\u2019un être.« L\u2019étude de la sexualité infantile permet de comprendre ces perversions en les rattachant, comme des fixations ou des régressions à des étapes infantiles, qui, anormalement, n\u2019ont pas été dépassées.L\u2019étude des névroses y montre également un retard dans Avril 1955 Lavar.MÉDicar 549 l\u2019évolution et l\u2019épanouissement adulte de la sexualité » (ibidem, p.135).L\u2019action de la grâce évolue dans un terrain qu\u2019il faut ensemencer sagement et sainement.La sanctification dépendra de ce terrain.Le docteur C.-H.Nodet partage l\u2019aspiration que l\u2019on devine chez de nombreux écrivains modernes, théologiens, médecins, moralistes, à savoir : faire penser que la vertu et la sainteté chez l\u2019homme sont celles d\u2019un être incarné et non d\u2019un esprit pur ou d\u2019une vague entité libre de passions et d\u2019animalité.« Le plus grand acte de vertu, même s\u2019il est exceptionnel, n\u2019est jamais contre nature.C\u2019est une impossibilité non seulement métaphysique, mais encore psychologique.Même dans ses activités les plus hautes, l\u2019homme demeure toujours un esprit incarné et ce n\u2019est pas refuser l\u2019originalité de la vie de l\u2019esprit que d\u2019en approfondir avec plus de lumière la permanente incarnation » (Psychanalyse et spiritualité, art.cit, p.16).Ce texte mérite qu\u2019on le médite car il est lourd de conséquences.Et lorsqu\u2019on lit l\u2019Évangile ou les épitres de saint Paul on ne doit pas perdre de vue que cet enseignement s\u2019adresse à un ensemble complexe de matière et d\u2019esprit.La foi, toute surnaturelle qu\u2019elle soit, utilise l\u2019esprit incarné.L\u2019espérance, vertu théologale également, est dépendante, pour œuvrer, d\u2019un cerveau compliqué.La charité, très désintéressée et gratuite, est reçue de Dieu par un être capable d\u2019un autre amour, charnel celui-là, lié au corps.C\u2019est encore le docteur Nodet qui écrivait : « L\u2019amour le plus haut et le plus authentique Jaillira du plus profond, du plus organique de notre être incarné, aspiré par notre esprit vigilant à poursuivre cet effort de le détacher des buts inférieurs et primitifs et de le fixer à un plan supérieur.Ceci permet de considérer que l\u2019ascèse ne crée pas directement, à proprement parler, d\u2019énergie psychique, d\u2019amour.Elle aide à libérer, pour une finalité meilleure, des forces qui s\u2019incurveraient spontanément à des finalités inférieures.» 16 16.Docteur NopeT, Conditionnement psychologique de la vocation religieuse, art.cit., p.6.L'auteur dit encore, p.11 : « Mais un amour, si haut et exceptionnel qu\u2019il soit, demeure incarné.Notre science médicale étudie cette incarnation et tous les mécanismes qui y sont engagés.Elle sait les illusions qui peuvent fleurir sous des apparences vertueuses à la suite de perturbations situées ds des domaines beaucoup moins nobles.» U3 VI a) Lavar MÉDICAL Avril 1955 L'auteur s\u2019adressait à un monde religieux, en disant cela, et il ajoutait des paroles que jamais nous ne voudrions condamner : « Je ne sais si les théologiens me traiteraient d\u2019impie si je proposais de rendre parfois au Dieu Créateur certaines activités, certains élans, que l\u2019on prête au Dieu de la grâce.Je crois que la présence réelle et mystérieuse de la grâce ne doit jamais faire négliger les lois du monde créé.L\u2019authenticité de son action exige que soient connus tous les mécanismes engagés \u2014 et parfois faussés \u2014 qu\u2019elle présuppose et dont elle demeure indiscernable.Le plus grand contemplatif n\u2019est jamais un esprit pur.Et chez le commun des pécheurs, toute déficience d\u2019apparence morale ou spirituelle, n\u2019est pas forcément d\u2019ordre exclusivement moral ou spirituel » (p.16).LA GRACE DOIT EXALTER ET COURONNER LA CRÉATION Le docteur C.-H.Nodet sait soutenir ceux qui, animés de bonne volonté, mais ployant un peu sous le poids d\u2019une neurose ou d\u2019une anomalie, veulent malgré tout réussir leur vie.L'auteur, certainement, expose la confiante doctrine du « malgré tout ».Il ne découvre le mal ou n\u2019indique la déviation que pour construire plus sûrement.Il faut à tout prix édifier la citadelle même si l\u2019on n\u2019a, à sa disposition, que des pierres branlantes ou des forces chancelantes.Et le docteur Nodet, aucunement défaitiste, veut traverser la nuit pour voir surgir la lumière.« Pascal ou Kierkegaardt auront utilisé leur angoisse névrotique pour déboucher sur l\u2019angoisse religieuse ou métaphysique.Léonard de Vinci aura sublimé son homosexualité en recherche de la perfection picturale.» 17 Le docteur Nodet va plus loin encore.Sentant combien une dé- ficlence physique ou mentale peut être un ressort, l\u2019origine d\u2019un dynamisme fructueux, il voit la nécessité de poser la question : « Quelle recette proposer à l\u2019angoisse qui alourdit une existence?La thérapeutique a-t-elle humainement le droit de la faire disparaître complètement ?N'est-ce pas éteindre une flamme qui 17.Docteur NopET, À propos du Journal de Nijinsky.Dans L\u2019Évolution psychiatrique, 1953, n° IV, p.707.L'auteur continue : « Mais toute tendance névrotique ne se sublime pas nécessairement dans une réalisation culturelle.Hélas! Tous les homosexuels, même s\u2019ils prennent un pinceau, ne sont pas des Léonard de Vinci.Toute angoisse ne devient pas pascalienne.Le tremplin névrotique n\u2019explique pas le saut du génie, ni même celui d\u2019un acte authentiquement humain » (ibidem). Avril 1955 Lava\u2026.MÉDICAL 551 peut jouer un rôle salutaire?Inversement, une angoisse qui s\u2019apaise ou disparaît par une très sincère expérience chrétienne était- elle d\u2019ordre exclusivement moral?Toutes ces expériences à thème religieux ou moral comportent nécessairement une signification interpsychologique qu\u2019il ne convient pas de sous-estimer.La légèreté de cœur après une confession ou un témoignage oxfordien ne peuvent-ils pas faire illusion?L'absence de l\u2019angoisse pose autant de problèmes que sa présence » (Note sur l\u2019aspect psvchologique de l\u2019angoisse, art.cit., p.62).Ces interrogations montrent que nul ne doit perdre courage : tout fardeau peut devenir la source de bienfaits autant dans l\u2019ordre naturel que dans celui de la grâce.C\u2019est parce que les desseins du Créateur sont insondables que le docteur Nodet est obligé de constater : « La psychologie spécifique du saint, du héros, du martyr, du torturé, du grand homme, de l\u2019assujetti, semble encore fort mal connue » (ibidem, p.63).On peut se demander si cette psychologie sera un jour exactement établie.C\u2019est assez invraisemblable car il y aura constamment des surprises réservées par Dieu à l\u2019endroit des humains.Le médecin en voit quotidiennement dans la nature et le prêtre en découvre sans relâche dans la vie surnaturelle des fidèles.Le psalmiste enseignait que « ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans l\u2019allégresse » (Ps.126, 5).Ces larmes, dont parle l\u2019Écriture, seront peut-être une constitution névropathique, une obsession ou une névrose sexuelle.Le médecin a comme mission de lutter contre ces déficiences naturelles.Mais en certains cas les larmes ne pourront jamais être taries parce que Dieu songe à l\u2019allégresse prochaine.Le docteur Nodet respecte cette hiérarchie et cette succession des valeurs dépassant la commune mesure humaine.L'auteur admet ces possibilités que le théologien range dans le gouvernement providentiel.Le médecin, cependant, rencontre le prêtre dans ces mots du docteur Nodet : «On ne doit pas concevoir un chrétien qui ne serait pas totalement un homme.La surnature ne peut renier la nature.La grâce doit exalter et couronner la création » (Névrose et vie religieuse, art.cit, p.689).Dans l\u2019œuvre entière du docteur Nodet on retrouve ce profond respect de l\u2019ordre naturel.C\u2019est pour cela sans doute que l\u2019auteur fait 552 Lava\u2026.MÉDICAL Avril 1955 sienne la « morale psychologique » du docteur Odier et qu\u2019il la loue à maintes reprises.Il s\u2019agit d\u2019 « une honnêteté intérieure qui ose voir objectivement la vérité sur soi et sur les autres, qui accepte cette vérité, et qui accepte de ce fait toutes les responsabilités qui en découlent ».18 Egalement lorsqu\u2019il traite du mariage le docteur Nodet fait preuve d\u2019une grande considération pour la nature, ne voulant en rien aller contre la volonté du Créateur.II écrit : « Sur le plan des valeurs pures, l\u2019enfant est le premier but du mariage.Sur le plan psychologique vécu, le père \u2014 ou la mère \u2014 ne doit atteindre son enfant que par l\u2019amour qu\u2019il a puisé dans ce premier amour, unique et irremplaçable, qui le lie 3 son conjoint.Il ne semble pas qu\u2019il y ait contradiction entre ces deux aspects qui recouvrent les mêmes faits.Un enfant n\u2019est vraiment et bien aimé, c\u2019est-à-dire ne reçoit l\u2019amour qui lur est nécessaire, que cI ses parents s'aiment d\u2019abord totalement » (Sexualité et psychanalyse, p.152).Il est heureux d\u2019entendre un médecin mettre ainsi chaque chose à sa place et admettre que « l\u2019enfant est le but biologique et anthropologique du mariage », tout en insistant sur la valeur du don que se font les parents par un véritable amour.On saisit pourquoi le docteur Nodet a tenu à montrer que les Pères de l\u2019Église n\u2019ont pas toujours témoigné une très exacte compréhension du problème lorsqu\u2019ils traitaïient de la vie conjugale.Une étude de l\u2019auteur, extrêmement fouillée, consacrée à saint Jérôme, a relevé que ce Père n\u2019était guère le Docteur du mariage, car sa rhétorique ne présente que « lassitude et déception » en ce qui regarde le sujet en question 19.Enfin lorsqu\u2019il parle de la sexualité le docteur Nodet, on a déjà pu le voir, respecte l\u2019ordre naturel.Il la considère d\u2019un regard tranquille et lui attribue sa véritable dignité.« L\u2019homme est un être sexué.Sa sexualité colore toute sa vie.L\u2019amour étant le « lien de la perfection », il est nécessaire que la sexualité soit intégrée explicitement dans une vision d\u2019ensemble 18.Docteur NopeT, Sexualité et psychanalyse, pp.131-132.Le docteur Odier a traité de la morale psychologique dans un ouvrage paru à Neuchâtel (Suisse), La Baconnière, Ile édition, 1947, intitulé : Les deux sources, consciente et inconsciente, de la vie morale.19.Docteur C.-H.NopeT, Position de saint Jérôme en face des problèmes sexuels.Dans Mystique et continence, Les Etudes carmélitaines, Desclée de Brouwer, Paris, 1952, pp.308-356. Avril 1955 Lavar MéÉpicAL 553 de la destinée de la personne, où convergent des exigences théologiques, métaphysiques et morales » (Sexualité et psychanalyse, p.162).Le docteur Nodet déclare la guerre à ceux qui voudraient, dans un but prétendu vertueux, ignorer la sexualité.Au contraire la vertu consiste à réserver une place à des valeurs qui, quoique affaiblies par le péché originel, n\u2019en demeurent pas moins lourdes de dignité.« Le climat familial harmonieux est celui qui n\u2019oublie pas cette vérité élémentaire et primordiale que l\u2019enfant doit devenir un adulte de son sexe.On ne saurait trop répéter que la sexualité chez I\u2019 individu équilibré doit étre épanouie et lucidement intégrée » (Ce qu\u2019une psychologie en profondeur peut apporter au directeur de conscience, art.cit., p.292 et 294).Celui que de pareilles affirmations surprendraient ne serait pas habitué aux études modernes sur le problème sexuel.Cette littérature actuelle donne raison au docteur Nodet affirmant que « toute la psychologie moderne a tenté de revaloriser la sexualité en insistant sur le fait qu\u2019un individu est impensable en dehors de son sexe ».Mais l\u2019auteur déplore que l\u2019on confonde parfois sexuel et génital, alors que le premier déborde le second.Cependant on revient actuellement à cette distinction et pour le plus grand avantage de la saine morale.L'\u2019action de la grâce attend également pareille discrimination.Le Père E.Tesson, s.J., spécialiste en ces questions, écrivait lui aussi dans un tome des Études carmélitaines : «Toute la personnalité est donc marquée par le sexe.Une femme n\u2019a pas du monde, des relations sociales, de la morale, de la religion, les mêmes conceptions que l\u2019homme.Et par conséquent nous ne nous étonnerons plus de trouver des influences sexuelles dans des domaines qui en semblaient totalement exempts lorsque l\u2019on identifrait à peu près complètement le sexuel avec le génital » (Sexualité, morale et mystique.In Mystique et continence, op.cit., p.358).On doit saluer avec reconnaissance une conception des choses où la création, loin d\u2019être considérée avec effroi ou détournée des fins que le Créateur lui assigne, est introduite dans une synthèse où la grâce se sent à l\u2019aise.Ce n\u2019est pas en cherchant les oppositions mais bien plutôt en 554 Lavar.MÉDicaL Avril 1955 développant les harmonies qu\u2019on favorisera une théologie et une morale capables de s\u2019adresser aux humains dans leurs préoccupations les plus intimes.CONCLUSION : PSYCHANALYSE ET JUSTE MESURE En appliquant la psychologie freudienne à l\u2019étude de la vocation d\u2019un saint, le docteur Nodet affirme qu\u2019il n\u2019est aucunement gêné (Psv- chanalyse et spiritualité, p.21).C\u2019est que, comprise à la manière de cet auteur, la psychanalyse n\u2019a rien d\u2019effrayant.La prudence s\u2019impose lorsqu\u2019on use d\u2019une science qui entre si avant dans la vie privée d\u2019un individu.Le Saint-Père lui-même a mis en garde le corps médical contre un abus de méthodes aptes à réveiller des appétits qu\u2019il vaudrait mieux laisser somnoler.Nous avons déjà cité, dans de précédents articles, ce discours prononcé par le pape Pie XII, en septembre 1952, lors d\u2019un Congrès d\u2019histopathologie du système nerveux, à Rome (À.À.S., vol.XXXXIV, 1952, pp.779-789).Mais cela ne signifie pas que Jamais le médecin ne doit consacrer son attention a ces appétits du malade, ou aux origines sexuelles d\u2019un conflit à résoudre.Autant il serait malfaisant de généraliser et de se faire pansexualiste à outrance, autant il serait sot et périlleux d\u2019ignorer des sphères qui, en l\u2019homme, jouent un rôle si capital.Dans un ouvrage fondamental en psychanalyse, intitulé : De l\u2019instinct à l\u2019esprit, Charles Baudouin écrit : « Pas plus qu\u2019à la vie spirituelle, la psychologie analytique, pensée dans une juste perspective, ne saurait faire courir de danger réel ala vie morale.» 20 Or cette juste perspective est précisément ce qui caractérise l\u2019œuvre du docteur Nodet : on y sent un équilibre qui demeure respectueux de la vocation de l\u2019homme et qui souhaite servir cette vocation tant naturelle que surnaturelle.Si l\u2019auteur affirme que «la sécurité que peut donner l\u2019amour de Dieu ou celui des autres ne doit ni camoufler ni compenser une avidité infantile à toujours se sentir aimé » (L\u2019amour du prochain et la psychanalyse, art.cat, p.277), 20.Charles BAuDoiN, De l\u2019instinct a esprit.Précis de psychologie analytique.Études carmélitaines, Desclée de Brouwer, Paris, 1950, p.304.On s\u2019enrichira également à la lecture d\u2019un autre volume des Études carmélitaines : Nos sens et Dieu, paru en 1954. Vi VI vi Avril 1955 Lavar MÉDicaL c\u2019est qu\u2019il sait que des cicatrices mal fermées sont à même de perturber ensuite la vie du sujet jusqu\u2019en ses aspirations les plus hautes.Ainsi c\u2019est dans un but consciencieusement thérapeutique que le docteur Nodet précise de manière si singulièrement profonde les mobiles qui dirigent un homme dans ses divers efforts.Ce qui dit effort ne dit pas encore tentative louable car on peut mal comprendre le zèle et surtout mal l\u2019appliquer.Dès lors les fouilles exécutées par le médecin dans ces terrains que le patient ne peut connaître objectivement qu\u2019avec de très grandes difficultés, sont précieuses pour montrer au malade, ou simplement à un tourmenté, le chemin à suivre ou la voie à éviter.Ce n\u2019est pas un caprice que ce souci constant de la psychanalyse de revenir à l\u2019enfance et d\u2019y déceler ce qui aurait été réfréné à tort ou cultivé avec outrance.Le but de cette méthode est uniquement de subvenir aux déficiences éventuelles de l\u2019adulte.Voilà pourquoi le docteur Nodet enseigne : « Guérir, c\u2019est revivre tous les risques que représentait le passage de l\u2019état d\u2019enfance à l\u2019état d\u2019 adulte, et en Intégrer dans une personnalité de plus en plus épanoule toutes les réussites structurales, qui autrefois avaient été impossibles ou incomplètes » (Ce qu\u2019une psychologie en profondeur peut apporter au directeur de conscience, art.cit, p.303).Ces lignes désignent le but poursuivi : développer la personnalité et veiller à son épanouissement.On rencontre peut-être divers psychanalystes qui abusent de leur influence, qui demeurent peu fidèles à la méthode scientifique exacte, ou qui se laissent entraîner par une fin lucrative.Ceci ne saurait autoriser de condamner alors la psychanalyse comme telle.Consciencieusement pratiquée cette science soutient les démarches du moraliste tandis qu\u2019elle les ruine si elle sort de ses limites précises.La psychologie analytique fait éviter un double écueil : elle défend de voir trop promptement partout des péchés et elle refuse de nier, en principe, la responsabilité d\u2019un malade.Il faut distinguer le juste milieu et cet effort s\u2019avère aujourd\u2019hui de première nécessité.Le docteur Nodet y insiste lorsqu\u2019il écrit : « Le matérialisme empirique du x1xe siècle avait voulu accaparer la philosophie, la morale, au profit de la science : le péché était pur désordre psychologique ou psychopathologique.Au xxe siècle un spiritualisme réactionnel se plut, dans ses positions (17) VI VI AN Lavar MeEbpicaL Avril 1955 extrémes, a renverser la formule : les désordres psychiques sont le fruit du péché.Double sophisme qui fut, du reste, exprimé aussi en termes psychiatriques et psychanalytiques, et qui trahit une confusion implicite entre le plan philosophique et le plan scientifique » (A propos du livre du docteur Odier, art.cit., p.3).Ces constatations relèvent l\u2019urgence de l\u2019effort à entreprendre.Il ne faut pas revenir à une échelle rigide et aveugle des responsabilités, sous prétexte que la médecine pardonne tout trop aisément.II faut, en plus, ne pas laisser à Ia psychologie une emprise telle sur toutes les sciences au point d'arriver, si elle dévie de sa mission, à prétendre apporter l\u2019explication de toute faiblesse et l\u2019excuse à chaque péché.Voilà pourquoi la métaphysique est irremplacable.Si elle manque c\u2019est que l\u2019on fait fausse route.« Chacun \u2014 écrit l\u2019auteur \u2014 demeure libre de son option métaphysique, mais 1l est inutile de se dissimuler que personne ne pense ni n\u2019agit sans une référence, souvent implicite, à une certaine option.Le bon sens est déjà une métaphysique et l\u2019homme est un animal métaphysicien.Mais la métaphysique a toujours eu mauvaise presse chez les médecins : cependant leur métier, par son objet humain, les a toujours poussés à en faire une large consommation » (Brèves remarques sur la Morale psychologique, art.cit, p.181).Cette « consommation » évite précisément au thérapeute d\u2019omettre les valeurs spirituelles qui entrent dans la constitution de l\u2019humain.Un premier excès est ainsi supprimé.Le second, à son tour, est écarté, car «de leur côté, le métaphysicien et le théologien utilisent chaque jour des données psychologiques.Mais ils risquent d\u2019oublier d\u2019en vérifier le contenu exact, et de se tenir au courant d\u2019acquisitions mieux élaborées » (Note sur l\u2019aspect psvchologique de l\u2019angoisse, p.56).Ainsi le pasteur d\u2019âme et le théologien, s\u2019ils veulent « se tenir au courant », ne travailleront pas à côté de la réalité mais demeureront sur un terrain solide, sur un sol où peinent et souffrent des hommes désireux de compréhension efficace et de consolations intelligentes.Car des directions vaporeuses, qui prouvent que l\u2019interrogation ne fut pas comprise, sont plus nocives que bienfaisantes pour le pécheur qui désire mieux agir.Les études du docteur C.-H.Nodet ont donc le privilège de Avril 1955 LavAL\u2026 MÉDICAL 557 révéler que la psychanalyse, utilisée comme une science véritable, c\u2019est-à-dire en tant qu\u2019une connaissance par les causes, est utile et capable de se ranger parmi les moyens naturels légitimes, aptes à aider l\u2019homme dans ses difficultés.Dans un ouvrage écrit par un prêtre et un médecin on posait la question de savoir si la psychanalyse était un danger pour la foi reli- gleuse.Les auteurs répondaient : « Non seulement elle n\u2019est pas un danger, maïs \u2014 lorsqu\u2019elle est administrée par un psychiatre qui s\u2019appuie sur le roc de la philosophie chrétienne, c\u2019est une aide véritable.Par contre, la psychanalyse est dangereuse \u2014 et même très dangereuse \u2014 lorsque le psychiatre est guidé en même temps que par la technique analytique, par la philosophie matérialiste de la nature humaine dont Freud s\u2019est fait un si ardent champion.» 21 Ce que nous avons dit et cité du docteur Nodet suffit à démontrer que ce médecin est un chrétien convaincu qui fait passer sa croyance dans le respect de la personne qu\u2019il veut secourir par sa science.II n\u2019a conservé des doctrines de Freud que ce qui mérite l\u2019estime.S\u2019il a su découvrir dans le freudisme les éléments capables de faire mieux comprendre certaines crises des enfants des hommes, il n\u2019a pas oublié d\u2019intégrer ces éléments dans une synthèse où le spirituel ne souffre pas des analyses nouvelles de la matière ou du psychisme.Et c\u2019est la tâche humaniste, lourde de conséquences, de tous les érudits chrétiens, que d\u2019œuvrer, chacun dans son domaine, en désirant réaliser le programme que saint Benoît, au chapitre LVIIe de la Règle, résumait si merveilleusement, souhaitant « qu\u2019en toutes choses Dieu soit glorifié »., 21.J.-H.VANDERVELDT et R.P.Openwaup, Psychiatrie et catholicisme.Traduit de l\u2019américain par M.LOUTREL-TscHIRRET.Mame, Tours, 1954, pp.235-236. ANALYSES Jorgen ROJEL.Interrelation entre le cancer de l\u2019utérus et la syphilis : Etude patho-démographique.Statius serum Institut de Copenhague.Dès le début du x viiie siècle, Baillon et Sauvage affirment qu\u2019il existe une relation entre la syphilis et le cancer.Cruveilher, Lanceraux et Verneuil, à la fin du siècle dernier, affirmaient que la syphilis faisait le lit du cancer.Depuis lors cette notion s\u2019est généralisée et tout le monde est d\u2019accord pour affirmer que l\u2019incidence de la syphilis est trois à quatre fois plus fréquente chez les cancéreux que dans la population en général ; tout au moins ceci est indiscutable pour le cancer du col chez la femme et le cancer de la cavité buccale et plus particulièrement de la langue chez l\u2019homme.Après une étude critique des divers travaux qui ont porté sur cette relation l\u2019auteur fait un rapport de ses recherches personnelles effectuées dans la ville de Copenhague ; ce travail est grandement facilité au Danemark où tous les cas de syphilis et de cancer doivent être rapportés à des organisations d\u2019État.Ses recherches confirment les opinions antérieures : la syphilis est quatre fois plus fréquente chez les femmes qui souffrent de cancer du col que chez les témoins.Le contrôle a été établi en choisissant des femmes du même immeuble ou de la même rue, du même âge et de la même condition sociale.Ceci tient compte du fait que la syphilis se reporte également dans toutes les sphères de la société tandis que le cancer du col est une maladie de pauvreté.Pour établir ses positions l\u2019auteur a cru bon de rechercher l\u2019incidence du cancer du col chez la prostituée où la syphilis est très fréquente étant en quelque sorte une maladie professionnelle.La prostitution n\u2019est pas tolérée au Danemark et toute prostituée est passible d\u2019amende et même d\u2019un an d\u2019emprisonnement.Toutes ces filles sont examinées et possèdent une fiche au commissariat central de police.Cette étude nous apprend que le cancer est quatre fois plus fréquent chez les prostituées que chez les femmes du même âge dans la Avril 1955 Lavar MéÉDicaL 559 population générale.Toutefois le cancer n\u2019est pas plus fréquent chez la prostituée syphilitique que chez celle qui ne l\u2019est pas.L\u2019auteur conclut qu\u2019il existe un facteur cancérique puissant chez la prostituée, facteur qui n\u2019a pas de relation avec la syphilis.Cette cause de cancer doit être portée au compte de l\u2019hyperactivité sexuelle et ce serait le même tempérament qui serait responsable de la profession, de la syphilis et du cancer.L'auteur n\u2019admet pas non plus la syphilis comme agent causal du cancer de la langue chez l\u2019homme mais estime, à la suite de Fischer Wasels, quelles leucoplasies fréquentes chez les syphilitiques subiraient une transformation maligne sous l\u2019action des arsenicaux utilisés dans le traitement de cette maladie.Marcel CARBOTTE A.TAYLOR et J.V.BErry.Primary Carcinoma of residual ureters.(Cancer primitif d\u2019un moignon urétéral.) J.Urol., 72 : 817, (nov.) 1954.L\u2019épithélioma primitif d\u2019un moignon urétéral restant, alors que le rein avait été enlevé en raison d\u2019une hydronéphrose congénitale infectée est l\u2019une des tumeurs les plus rares que l\u2019on puisse rencontrer.Le patient étudié, un homme de 57 ans, avait été vu pour la première fois en août 1947 pour une douleur à point de départ lombaire droit avec irradiation au testicule droit.A ce moment, un drainage du bassinet est fait et le patient refuse tout autre traitement.Cependant, les auteurs insistent sur l\u2019histoire médicale antérieure et plus particulièrement sur le fait, qu\u2019en 1933, 1l aurait subi une appendicectomie pour une douleur semblable à celle pour laquelle il est venu consulter.Le malade est réadmis en mars 1948, parce qu\u2019il présente de fréquentes crises avec, en plus, de l\u2019anorexie et des indigestions.Une pyélographie révèle une hydronéphrose droite.Une néphrectomie et une urétérectomie partielle sont effectuées.Au cours de l\u2019intervention l\u2019uretère inférieur paraît normal.Le diagnostic anatomo-pathologique est celui d\u2019hydronéphrose et de pyélo- néphrite chronique.Le patient quitte l\u2019hôpital guéri et jouit d\u2019une parfaite santé pendant trois ans et demi.En septembre 1951, 1l est réadmis à l\u2019hôpital pour une sensation de pesanteur à la région lombaire droite avec, de temps à autre, des douleurs en coup de poignard.En plus, s\u2019ajoutent de la pollakiurie et de l\u2019hématurie.Un examen cystoscopique montre une petite excroissance frangée sortant du méat urétéral droit.L'introduction d\u2019une sonde urétérale à quelques centimètres à peine provoque une hémorragie abondante.Une urétérographie démontre l\u2019évidence d\u2019une lésion intrinsèque très minime.Une série de coupes histologiques prélevées par voie endoscopique donne le diagnostic d\u2019un épithélioma à cellules de transition (transitional cells).Le patient est soumis à une urétérectomie.La 560 Lavar MÉDicaL Avril 1955 surface externe de l\u2019uretère semble normale ; mais à l\u2019ouverture de l\u2019uretère on remarque un grand nombre de végétations mollasses grisitres sur toute la longueur de l\u2019endo-uretère.L'examen microscopique démontre qu\u2019elles étaient composées d\u2019un stroma fibreux délicat, peu abondant, vascularisé, enveloppé par une mince couche de cellules épithéliales de type transitoire.Les excroissances tumorales paraissent être superficielles, car on ne peut mettre en évidence une invasion de la sous-mu- queuse.En mars 1952, le patient est revu pour des douleurs au sternum.- Une biopsie à cette région révèle la présence de métastases.En juin 1952, un Ictère progressif s\u2019installe et en juillet de la même année le malade décède.Discussion Les auteurs concluent qu\u2019ils ont toutes les raisons de croire que la première manifestation de cette maladie a eu lieu en 1933, soit 14 ans avant le moment où le patient aurait présenté une pseudo-crise d\u2019appendicite, alors qu\u2019au cours de l\u2019appendicectomie on na pu mettre en évidence aucune inflammation de l\u2019appendice.De plus, à plusieurs reprises ce patient a présenté des douleurs lombo-abdominales droites.En conclusion, d\u2019après les auteurs, l\u2019épithélioma primitif de l\u2019urétère avec métastases secondaires apparaît plus fréquemment qu\u2019on ne le croit.Ils citent Saloway qui affirme pour sa part que 50 pour cent de ces découvertes ne se font qu\u2019à l\u2019autopsie.Cette tumeur a surtout été retrouvée au tiers inférieur de l\u2019uretère et chez les hommes entre 60 et 70 ans dans 50 pour cent des cas.Le symptôme le plus fréquent est l\u2019hématurie.La douleur et l\u2019hydronéphrose lui sont souvent associées.Les auteurs mentionnent encore le fait que ces tumeurs sont à prédominance maligne.Le traitement chirurgical (néphro-urétérectomie totale et cystectomie partielle) est décevant.On l\u2019attribue au fait qu\u2019au moment du diagnostic, même si elle est encore circonscrite, la tumeur a déjà donné des métastases.Saloway rapporte que de 149 patients opérés, 33 seulement survivent encore.Donc le diagnostic précoce s\u2019impose car cette tumeur est maligne et la guérison rare.Arthur MERCIER A.DESAUX.Affections de la chevelure et du cuir chevelu.Masson er Cie, 1953.On ne peut que louer l\u2019auteur d\u2019avoir réuni en un volume toutes les connaissances actuelles qu\u2019un médecin, dermatologiste ou non, doit posséder concernant le cuir chevelu et les différentes affections de la chevelure.L\u2019auteur a droit en plus à des félicitations pour la belle présentation d\u2019un volume agréable à consulter et rempli de renseignements sinon toujours nouveaux du moins toujours utiles et pratiques. Avril 1955 LavAL\u2026 MÉDICAL 561 L\u2019ouvrage se divise en quatre parties : q La première partie constitue une vue d\u2019ensemble des affections le plus souvent rencontrées au cuir chevelu.La deuxième traite de l\u2019anatomie, de la physiologie et de l\u2019hygiène de la chevelure et du cuir chevelu.La troisième concerne les différentes affections du cuir chevelu et de la chevelure groupées par ordre alphabétique.La quatrième partie comprend les affections du cuir chevelu et de la chevelure chez le nouveau-né et le nourrisson, la chirurgie, la psychopathologie de même que certaines questions de médecine légale.Cet ouvrage de A.Desaux fait en collaboration avec quelques-uns des dermatologistes les plus réputés de Saint-Louis : Touraine, Civatte, Pignot, Rabut et autres, contient de nombreuses et excellentes photographies.Nous ne pouvons que conseiller à ceux que la question intéresse de consulter Affections de la chevelure et du cuir chevelu de A.Desaux.Ils y trouveront largement leur profit.~ Emile GAUMOND Henry I.RUSSEK, Burton L.ZOHMAN et Virgil J.DORSET.Effects of tobacco and whiskey on the cardiovascular system.(Effets du tabac et du whisky sur le système cardiovasculaire.) J.A.M.A., 157 : 563, (12 fév.) 1955 Une étude sur les réactions à la cigarette, entreprise chez 65 sujets dont 28 étaient normaux et 37 souffraient d\u2019une coronarite, a montré une augmentation marquée du rythme cardiaque et de la pression artérielle après avoir fumé une cigarette, chez le sujet normal et chez le coronaire.Seize des vingt-huit sujets normaux présentant des symptômes attribués à la cigarette ont présenté des variations significatives à l\u2019électrocardiographie, parmi lesquelles on trouve principalement une dépression de 1 à 5 mm d\u2019amplitude de l\u2019onde T, en dérivation 1 et 2.Puisqu\u2019on observe des anomalies constantes à l\u2019électrocardiogramme et au balisto- cardiogramme chez les sujets normaux, hypertendus au tabac, qui fument leur quota habituel de cigarettes, on peut facilement poser un faux diagnostic de maladie des coronaires si la sensibilité à la nicotine est méconnue.On trouve, en climique, de véritables maladies de cœur dues à l\u2019abus de la cigarette, le cœur tabagique, et présentant un dérèglement fonctionnel du cœur dû à la nicotine : angoisse précordiale, extrasystoles, tachycardie, vertige, dyspnée et variations à l\u2019électrocardiogramme et au balistocardiogramme.L\u2019abstinence totale de la cigarette élimine tous ces troubles : l\u2019électrocardiogramme et le balistocardiogramme redeviennent normaux.Chez ces sujets, les cigarettes dénicotinisées sont moins dommageables, puisque la gravité des symptômes est en rapport avec la dose de nicotine.Les principaux effets du tabac sur le système 262 Lavar MÉDICAL Avril 1955 cardiovasculaire chez un sujet normal ne sont pas dus à la vasoconstriction vasculaire mais semblent plutôt être attribuables à une action directe sur le myocarde et/ou à l\u2019effet de la nicotine sur les plexus cardiaques.Dix-huit des trente-sept sujets souffrant de coronarite ont enregistré une baisse au balistocardiogramme après avoir fumé une cigarette ordinaire.L\u2019électrocardiogramme de ces mêmes sujets présentait des variations relativement minimes.Les cigarettes dénicotinisées ne sont pas supérieures aux cigarettes ordinaires quand on les compare balistocardiographiquement.Les effets du nitrite d\u2019amyle et du whisky, respectivement observés au point de vue de leur réaction au tabac, semblent indiquer que l\u2019action de la nicotine est basée principalement sur la constriction vasculaire périphérique et non sur les troubles de Ia circulation du sang dans les coronaires.Il semble alors que le tabac ne présente pas un danger immédiat de vasoconstriction coronaire et que le whisky n\u2019est pas un vasodilatateur efficace ni un antidote contre la nicotine.Toutefois, d\u2019autres troubles cardiovasculaires, locaux et généraux, indiquent clairement que l\u2019habitude du tabac est à déconseiller chez les sujets atteints d\u2019une maladie de cœur.Pierre JoBIN Isidore E.BUFF.Effect of cigarette smoking in the normal person.(Effets du tabac chez le sujet normal.) J.A.M.A., 157 : 569, (12 fév.) 1955.Le moyen le plus simple et le plus facile de déterminer les effets physiologiques du tabac sur le cœur est le balistocardiogramme.Quatre cents sujets normaux, dont 150 femmes et 250 hommes, ont subi cette épreuve.Tous étaient âgés de moins de quarante ans.Il est intéressant de noter que la plupart des sujets de moins de quarante ans ne présentant aucun trouble cardiaque ont eu un balisto- cardiogramme normal.Le malade subit un premier test au moins deux heures avant de fumer une cigarette, puis à des intervalles de cinq et dix minutes après en avoir fumé une.Des 400 balistocardiogrammes chez des sujets normaux, 42 présen- talent des anomalies, c\u2019est-à-dire 10 pour cent.Chez des sujets de vingt à trente ans, sur 82 femmes, quatre présentèrent une réaction anormale et, sur 112 hommes, cinq, ce qui donne 5 pour cent.Chez des sujets de trente à quarante ans, 11 des 68 femmes présentaient des anomalies et 22 des 138 hommes, ce qui donne environ 15 pour cent.Ce chiffre n\u2019est pas surprenant, car à mesure que l\u2019âge augmente les réactions à la cigarette augmentent aussi.Les sujets arrivent à « l\u2019âge coronaire » et les effets se font d\u2019autant plus sentir que les sujets fument depuis plus longtemps.Il est nécessaire que la personne qui présente un balistocardiogramme anormal après avoir fumé une cigarette abandonne cette pratique.Pierre JoBIN Avril 1955 LAava\u2026 MÉDICAL 563 Ad.DUPONT.Le kérato-scanthome.(Kyste sébacé végétant : Molluscum sebaceum), Ann.de dermatologie et svphiligraphie, 81 : 621, (nov.-déc.) 1954.L\u2019auteur rapporte ses conclusions après avoir observé vingt-huit tumeurs dont il avait décrit la première en 1930 sous le nom de « kyste sébacé à paroi végétante ».Depuis ce temps, d\u2019autres dermatologistes se sont intéressés à la question et ont proposé le terme de « kérato- acanthome », dénomination acceptée par l\u2019auteur.Le kérato-acanthome est une petite tumeur cutanée de la grosseur d\u2019un pois à une noisette, habituellement, hémisphérique ou discoïde, qui laisse échapper, au centre, un magma de substance cornée.Ces petites tumeurs surviennent surtout chez des gens âgés, de soixante à quatre-vingts ans dans la présente série, des hommes plus particulièrement, et siègent de préférence au visage et aux mains.Leur durée peut être assez longue ; elles peuvent disparaître spontanément mais elles peuvent aussi se transformer en épithélioma spino-cellulaire.L\u2019aspect de la tumeur rappelle de très près, dans certains cas, le molluscum contagiosum.A l\u2019examen histo-pathologique, on ne rencontre toutefois pas les grains caractéristiques du molluscum contagiosum.Le point de départ habituel semble être l\u2019infundibulum des follicules pileux, mais le développement peut aussi se faire aux dépens de l\u2019épithélium de surface.L\u2019auteur rapproche le kérato-acanthome des cornes cutanées en admettant que, dans ce dernier cas, le bouchon corné central, au lieu de se désagréger, se condense en une masse cohérente et dure.Vu au microscope, le kérato-acanthome apparaît comme un sac dont la paroi en continuité avec l\u2019épiderme a une allure extrêmement végétante et fait penser à l\u2019épithélioma spinocellulaire.La lumière, en communication avec l\u2019extérieur par un pertuis plus ou moins large, est remplie de squames cornées.L\u2019ablation chirurgicale de la tumeur, en plus d\u2019en permettre l\u2019examen complet histologique, semble être le traitement de choix.Emile GAUMOND Pierre LOMBARD.A propos du malentendu du B.C.G.Le Monde médical, (août-sept.-oct.) 1954, Je laisse aux savants biologistes le soin de nous prouver que la tuberculose est une maladie qui confère l\u2019immunité.M.Weull Halle fait allusion au drame de Lubeck : 1929, 29 morts ; en 1930, dans le petit village de Ujpest, en Hongrie, sur 359 nourrissons vaccinés au B.C.G., on en découvre trois qui, quelques mois plus tard, présentent des lésions de tuberculose pulmonaire évolutive rapidement mortelles.L'enquête permet de retrouver la trace de neuf autres enfants avant succombé dans des conditions identiques, mais pour lesquels la 564 LavaL.MÉDICAL Avril 1955 démonstration de la nature tuberculeuse de l\u2019accident n\u2019est plus possible ; en 1931, au Chili, dans un hôpital, dix enfants sur soixante recoivent à la naissance du B.C.G.par voie buccale quatre d\u2019entre eux ont ensuite une réaction de Mantoux positive et deux de ces derniers présentent, un peu plus tard, des ombres hilaires.Il faut remarquer que le drame de Lubeck et les deux histoires de Hongrie et du Chili, que Je viens de résumer, datent de 1930 et que, depuis cette époque, il n\u2019a plus été question d'accidents du même ordre.Il y a là une constatation assez troublante d\u2019autant que, pour ma part, j\u2019ai rapporté au Congrès de pédiatrie d\u2019Alger les faits suivants : adénites suppurées, ganglions hilarres, tuberculose pulmonaire.En U.R.S.S., on a administré le B.C.G.à dix millions d\u2019enfants.Puzik rapporte le résultat d\u2019autopsies pratiquées sur cinquante-sept enfants vaccinés avec le B.C.G.et sur ving-cinq enfants-témoins non vaccinés : dans les deux groupes, la cause de la mort était la même : broncho-pneumonie, gastro-entérite ou méningite.Sur quatorze des cinquante-sept enfants vaccinés par le B.C.G.(soit dans 25 pour cent des cas) on a trouvé des manifestations tuberculeuses, une aux poumons, les autres dans le système glandulaire lymphatique.De ces cinquante-sept enfants vaccinés par le B.C.G., quatorze n\u2019en sont pas moins morts, sinon de tuberculose, du moins porteurs de lésions tuberculeuses.A la lumière des rapports de toute une série d\u2019Instituts, Institut de tuberculose, Institut de morphologie normale et pathologique, Institut d\u2019hygiène industrielle et Institut de bactériologie, tenant compte des dix millions de cas vaccinés par le B.C.G., le rapport sur le plan quinquennal de l\u2019Académie des sciences médicales de l\u2019U.R.S.S.arrive aux conclusions suivantes : « Les observations faites depuis quelques années indiquent que le vaccin de Calmette (B.C.G.) peut diminuer le taux des mortalités tuberculeuses chez le nouveau-né .» «.Mais 1l a été établi que l\u2019efficacité du vaccin de Calmette n\u2019a pas été complètement démontrée .» «.Ces faits doivent nous porter à activer nos travaux de recherches en vue de trouver d\u2019autres vaccins possédant une action immuno- génique plus puissante.» J\u2019ai fait une enquête parmi les enfants amenés à ma consultation d\u2019hôpital (Alger) pour les affections chirurgicales les plus diverses : j\u2019en ai trouvé 350 qui avaient reçu, à la naissance, la vaccination par voie buccale ou par scarification : 25 pour cent d\u2019entre eux étaient porteurs de lésions tuberculeuses indiscutables.K.Nirville Irvine a consacré à la vaccination par le B.C.G.un travail absolument remarquable, basé sur tous les documents publiés jusqu\u2019en 1950 et discutés avec une objectivité vraiment scientifique.L\u2019auteur arrive aux conclusions suivantes : « Il est très difficile de mesurer exactement l\u2019efficacité du vaccin, comme le dit Wilson, cette efficacité peut varier d\u2019une race à l\u2019autre.Si la résistance antituberculeuse du vacciné représente la somme de sa résistance naturelle et celle conférée par le B.C.G., cette dernière étant supposée constante, la résistance naturelle reste variable d\u2019une race et Avril 1955 Lavar MÉDICAL 565 même d\u2019un individu à l\u2019autre.Il semble que la vaccination au B.C.G.devrait se montrer d'autant plus efficace que la résistance naturelle est plus faible.Nous manquons encore de précisions à ce sujet.II serait très important de connaître exactement le degré d\u2019efficacité du B.C.G.si la vaccination était appelée à remplacer toutes les mesures habituelles de lutte antituberculeuse existant déjà.Dans ces conditions, la seule question qui nous intéresse est de savoir si, oul ou non, le vaccin B.C.G.a fait ses preuves pour augmenter la résistance antituberculeuse.Je me suis efforcé d\u2019exposer, sans aucun parti pris, les faits qui pourront nous aider à répondre à cette question.» L\u2019auteur a donc essayé de choisir dans la littérature les statistiques les plus propres à fournir un pourcentage exact des sujets efficacement protégés contre la contagion.Mais on découvre que ces statistiques sont extrêmement variables.Ainsi, l\u2019une, rapportée par Hyje, qui porte sur une quarantaine de cas, donne une proportion d\u2019efficacité de 96 pour cent.Les autres varient entre 70 et 100 pour cent, cependant que Scheel et Levine et Saket donnent un pourcentage variant entre 57 et 0 pour cent.Malgré tout, en conclusion de son très beau travail, Irvine écrit : « Enfin, après de longues hésitations, la vaccination du B.C.G.a été universellement reconnue comme une arme de valeur pour notre lutte contre la tuberculose : l\u2019humanité a une grande dette de reconnaissance vis-à-vis du regretté professeur Albert Calmette et du docteur Camille Guérin, qui, seul, survit pour être témoin du plein épanouissement de leur commun effort.» Sans diminuer l\u2019incontestable, l\u2019immense mérite de À.Calmette et C.Guérin, on a le droit de dire que, dans l\u2019état actuel et certainement très provisoire de nos connaissances, l\u2019obligation légale de la vaccination par le B.C.G.est une mesure au moins prématurée ; elle a, en outre, le grave inconvénient de laisser croire aux pouvoirs publics, qui n\u2019ont que trop tendance à l\u2019admettre, que l\u2019essentiel est fait, la tâche accomplie.Il n\u2019en est rien : dans la lutte antituberculeuse, c\u2019est aux antibiotiques, en même temps qu\u2019à l\u2019hygiène du logement, de l\u2019atelier et du bureau, qu\u2019appartient la primauté.Pierre JoBIN REVUE DES LIVRES Les syndromes viscéro-digestifs (interréactions viscérales) et leurs traitements, par Adolphe BERNARD, professeur à la Faculté de médecine de Lille.Un volume in-8° de 518 pages (1952).3,400 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VIE), France.Dans le concert harmonieux des interréactions viscérales, le tube digestif Joue un rôle de premier plan par l\u2019acte digestif qui se répète plusieurs fois par jour, qui retentit sur tous les organes et par l\u2019apport des matériaux alimentaires qui, à la suite de métabolismes successifs, sont destinés à l\u2019édification et à la réparation des tissus.Les affections organiques ou fonctionnelles du tube digestif et de ses glandes annexes ont donc une répercussion sur un ou plusieurs viscères et forment des groupements de symptômes dont la clinique montre la variété et la complexité.Inversement, les maladies viscérales et glandulaires retentissent sur le tractus gastro-intestinal.Il était opportun de réunir ces connaissances éparses et d\u2019en donner un aperçu avant tout clinique.C\u2019est dans cet esprit que l\u2019auteur a tenté, pour la première fois, de faire le point sur les réactions viscéro-digestives.Chaque chapitre comprend l\u2019action des maladies digestives sur un des organes suivants : poumons, cœur et vaisseaux, reins, organes génitaux, glandes endocrines, système merveux et articulations ; et en retour, le retentissement pathologique de ces différents viscéres sur le tube digestif.Une abondante bibliographie termine chaque groupement viscéro- digestif.Cet ouvrage est un point de départ, susceptible d\u2019être augmenté ou modifié suivant l\u2019évolution de nos connaissances sur les relations normales et pathologiques interviscérales.De ce fait, 1l s\u2019adresse aux chercheurs, aux cliniciens et à tous les spécialistes. Avril 1955 LAavAaL MÉDICAL 567 Chirurgie plastique cutanée \u2014 Pratique courante, par J.FRAN- CILLON, chirurgien des Hôpitaux de Lyon, et P.TRUCHET, ancien chef de clinique à la Faculté de Lyon, chirurgien de l\u2019Hôtel- Dieu de Chambéry.Un volume in-8° de 188 pages avec 210 figures en noir dans le texte et 10 figures en couleurs hors texte (1953).2,200 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VIE), France.La chirurgie plastique cutanée représente une spécialité en plein essor, à laquelle plusieurs écoles se consacrent entièrement et qui fait l\u2019objet de nombreuses publications périodiques.Les auteurs mettent à la portée du chirurgien praticien les grandes règles et les modalités pratiques d\u2019application de cette chirurgie.Il manquait un ouvrage synthétique, faisant le point des notions classiques et apportant, en outre, les éléments nouveaux qui ont profondément transformé la chirurgie plastique depuis une dizaine d\u2019années.Après un rappel histologique, les auteurs étudient successivement les autoplasties, les lambeaux, les greffes et leurs modalités, les conditions générales qui président à cette chirurgie et, enfin, d\u2019une façon minutieuse et fouillée, les indications qui se présentent dans la pratique courante.L'ouvrage est richement illustré de 210 figures en noir qui rendent facilement assimilable toute la partie technique ; de belles planches en couleur enrichissent l\u2019iconographie.Ce livre contribuera largement à la diffusion d\u2019une branche insuffisamment exploitée de nos possibilités chirurgicales.La Typologie et ses applications thérapeutiques, par le docteur Léon VANNIER.Première partie : Généralités et constitutions.3\u20ac édition revue et corrigée.Un volume In-8° de 176 pages avec 46 figures (1952).950 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI®), France.L\u2019étude des constitutions est nécessaire au praticien qui, en regardant le malade, distingue immédiatement à quelle constitution il appartient : carbonique, phosphorique ou fluorique, et se rend aussitôt compte de l\u2019hérédité transmise par les générations antérieures, hérédité tubercu- [nique ou syphilitique, ainsi que des prédispositions morbides du sujet.La connaissance de la constitution permet de prévoir le comportement général de l\u2019individu, statique, dynamique et psychique.Il en résulte l\u2019acquisition d\u2019une connaissance nécessaire pour la détermination d\u2019une thérapeutique individuelle et de l\u2019orientation qui correspond aux possibilités du sujet, enfant ou adulte.L\u2019humanité se comprend comme une vraie série naturelle dont le genre peut être défini par la constitution, et l\u2019espèce par la définition du 568 Lavar MÉDICAL Avril 1955 tempérament.La constitution est invariable, elle ne change jamais pendant la vie de l\u2019Être.Le tempérament donne la notion des possibilités de l\u2019individu, c\u2019est une « variable » qui se meurt dans des limites qui peuvent être définies pour chaque sujet.Précis de génétique médicale, par Maurice LAMY, professeur de génétique médicale à la Faculté de médecine de Paris, médecin de \"Hopital des enfants malades.Un volume in-8° de 256 pages avec 108 figures et 38 tableaux (1952).Broché : 1,400 fr.; relié : 1,800 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI®), France.Ce précis n\u2019est autre chose, sous un titre nouveau, que la 3° édition très remaniée et très augmentée des Applications de la génétique à la médecine, dont la réédition, parue en 1944, était épuisée depuis longtemps.À vrai dire, c\u2019est moins une édition nouvelle qu\u2019un ouvrage neuf qui est proposé aujourd\u2019hui.La génétique de l\u2019homme \u2014 l\u2019ensemble des faits d\u2019hérédité morbide \u2014 est une science en continuelle transformation et les remarquables acquisitions qu\u2019elle a néanmoins enregistrées méri- talent une nouvelle mise au point.Ainsi l\u2019auteur a-t-il largement étoffé la plupart des chapitres et en a-t-il ajouté de nouveaux consacrés aux facteurs léthaux, à l\u2019hérédité cytoplasmique, et aussi à cette science neuve qu\u2019est l\u2019eugénique.En raison de l\u2019impossibilité d\u2019écrire sur l\u2019hérédité sans faire appel aux données numériques, il a choisi d\u2019exposer dans le cours du volume les méthodes les plus accessibles et groupé dans un appendice un certain nombre de notions élémentaires touchant la biométrie et la statistique.Une abondante illustration, de nombreux tableaux, un index des noms cités, enfin une ample bibliographie complètent de façon heureuse cet ouvrage qui s\u2019adresse à tous ceux, médecins et étudiants, qui sont soucieux de s\u2019initier aux conceptions modernes de la pathologie hérédr- taire.Précis de séméiologie chirurgicale élémentaire, par le professeur Yves BOURBE.2° édition revue et mise à jour par le professeur R.de VERNEJOUL avec la collaboration de C.BourDE et R.DEvin.Un volume in-8° de 664 pages avec 222 figures dans le texte (1953).2,500 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI®), France.Le professeur Yves Bourde, dans la première édition de son Précis de séméiologie chirurgicale élémentaire, n\u2019avait, de propos délibéré, con- Avril 1955 LavaL\u2026 MÉDICAL 569 sacré qu\u2019un développement limité à la radiologie.Or, depuis 1945, ce mode d\u2019exploration a connu une telle extension et s\u2019est \u2018révèlé d\u2019un tel appoint dans l'étude, principalement, des affections digestives et circulatoires qu\u2019il paraît aujourd\u2019hui indispensable de lui réserver une place plus étendue.Ce faisant, les continuateurs d\u2019Yves Bourde ont conscience de ne pas être allés à l\u2019encontre des désirs de leur devancier puisqu\u2019aussi bien les parties de séméiologie purement clinique de ce Précis, loin d\u2019avoir été réduites, se sont au contraire enrichies de notions nouvelles concernant en particulier les brûlures, Ie choc traumatique, les thromboses veineuses des membres.Le professeur de Vernejoul et ses collaborateurs, les docteurs R.Devin, chirurgien des Hôpitaux, et C.Bourde se sont efforcés de rédiger ces nouveaux chapitres dans l\u2019esprit qui animait le professeur Yves Bourde : rester conforme à la réalité clinique quotidienne, proposer à l\u2019étudiant des cas simples mais précis afin de le familiariser avec les bases fondamentales de la clinique chirurgicale, sans surcharger inutilement sa mémoire \u2014 tels sont les buts auxquels ils ont voulu rester fidèles.Cette deuxième édition, sans avoir eu à subir de remaniements importants, comporte donc désormais une troisième partie consacrée aux investigations radiologiques les plus propres à consolider, tout en les éclairant d\u2019un jour nouveau, certaines notions élémentaires déjà fournies par l\u2019examen au lit du malade.Elle est donc appelée à rendre de grands services aux stagiaires de première et de deuxième année auxquels l\u2019ouvrage s\u2019adresse plus particulièrement mais sans doute les candidats aux examens cliniques et aux concours en feuilleteront-ils également les pages avec profit.Occlusion intestinale.Travail de la Clinique chirurgicale de l\u2019Hôp:- tal Cochin, sous la direction du professeur Jean QUÉNU.Un volume In-8° de 446 pages avec 117 figures dans le texte (1953).3,600 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI®), France.Ce sujet immense, fluide, le professeur J.Quénu et ses assistants n\u2019ont pas craint de l\u2019aborder dans ce livre qui, sans prétendre à l\u2019importance d\u2019un traité, représente l\u2019état actuel de la question, en un temps où celle-ci vient de subir de profondes transformations.L\u2019ouvrage comprend trois parties : 1° la statistique du Service : 300 cas opérés en 25 ans ; 2° une étude de l\u2019occlusion intestinale en général, envisagée successIvement sous les divers angles de la clinique, de la radiologie, de la physiologie et de la thérapeutique ; | 3° une étude des occlusions intestinales en particulier, suivant leurs causes. 570 Lavar MÉDICAL Avril 1955 Le syndrome humoral de l\u2019occlusion et son corollaire thérapeutique, l\u2019aspiration au tube, l\u2019anesthésie dans les laparotomies pour occlusion, l\u2019opération de Noble constituent autant de chapitres nouveaux, à côté des chapitres classiques.Les hernies internes sont minutieusement décrites et classées.Les occlusions spéciales au nourrisson et mème au nouveau- né n\u2019ont pas été oubliées.La documentation personnelle abondante, riche en observations et en images inédites, se trouve complétée, en ce qu\u2019elle pouvait avoir d\u2019insuffisant pour un sujet de cette ampleur, par les apports les plus récents de la littérature francaise et étrangère.Écrit par des chirurgiens pour des chirurgiens, ce livre n\u2019est pas tant un livre de pathologie qu\u2019un livre de chirurgie, axé tout entier sur la pratique.De toutes ses pages émerge le souci majeur du traitement : non seulement de l\u2019acte opératoire, minutieusement décrit, mais encore de son opportunité et de tout ce qui doit le préparer, l\u2019escorter, le suivre pour le rendre efficace et bénin.Sans faire table rase des enseignements du passé, les chirurgiens- auteurs ont su rompre avec une routine séculaire, dénoncer les dogmes périmés, trouver dans les moyens que la science et la technique modernes ont mis entre nos mais une révision des principes et des méthodes du traitement de l\u2019occlusion intestinale.Si bien que de ce livre se dégage sinon une doctrine révolutionnaire, du moins une ligne thérapeutique bien définie, neuve mais déjà suffisamment éprouvée pour servir de guide aux Jeunes confrères qui, parfois seuls, se trouvent obligés aux décisions les plus graves imposées à leur observation et à leur intervention par cet accident fréquent et redoutable : l\u2019occlusion intestinale.Manuel d\u2019analgésie obstétricale \u2014 Accouchement dirigé et analgésie \u2014 par Jacques GAILLARD, ancien interne des Hôpitaux libres de Paris, chirurgien-chef du Centre hospitalier de Réthel.Un volume in-16° de 74 pages (1952).290 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI\u20ac), France.Ce petit livre est le premier manuel de ce genre paru en langue française : Il deviendra très rapidement indispensable au praticien car, de plus en plus, les futures mamans savent qu\u2019il existe des méthodes efficaces pour rendre l\u2019accouchement supportable.Dégagé de toutes considérations théoriques, ce manuel est avant tout pratique et il rendra d\u2019immenses services aux médecins et aux sages-femmes.Bien que, chirurgien, l\u2019auteur possède une formation obstétricale très approfondie, et 1l se trouve en contact permanent avec les praticiens qui font souvent appel à lui ; les besoins du médecin « général » n\u2019ont pas de secrets pour lui ; sou ouvrage se trouve parfaitement adapté aux désiderata de l\u2019omnipraticien.L\u2019accoucheur spécialisé lira aussi avec profit ce livre qui lui propose toutes les techniques d\u2019analgésie applicables en maison de santé. Avril 1955 Lava\u2026 MÉDICAL 571 Dentisterie opératoire, par P.NESPOULOUS, stomatologiste honoraire des Hôpitaux de Paris, et G.CARLER, professeur à la Faculté de médecine de Lille.Tome 1v de la Collection La Pratique stoma- tologique, publiée sous la direction du docteur CHompreT.2° édition entièrement refondue et augmentée.Un volume de 650 pages, avec 430 figures (16X24).Broché : 2,550 fr.; cartonné : 3,100 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI¢), France.Depuis ces derniéres décades, la stomatologie et trés particuliérement la dentisterie opératoire, ont suivi une évolution considérable.Primitivement et presque exclusivement mécanique, la technique commence à subir les influences du développement de la biologie et l\u2019on assiste actuellement à sa pénétration par la physiologie et par la physiopathologie.En dentisterie, autrefois, le souci essentiel du praticien était de réaliser des mortaises idéales sans reculer devant des résections denti- naires dans la mesure où elles ne troublaient pas la solidité mécanique du matériel de support.Aujourd\u2019hui, une réaction apparaît contre ces conceptions mathématiques de la dentisterie qui s\u2019inquiète des conséquences vitales de telle mutilation, de l\u2019application de tel topique ou de l\u2019action de telle matière obturatrice sur les tissus qui la supportent.Le spécialiste a perdu son caractère d\u2019ingénieur s\u2019adressant à une matière morte, pour devenir plus réellement médecin, soucieux d\u2019abord des immenses forces qu\u2019il peut trouver dans la matière vivante.La seconde édition de la « dentisterie opératoire » se devait d\u2019introduire ces transformations dans sa nouvelle rédaction.Elle rappelle néanmoins, ne serait-ce que comme des survivances, certaines techniques anciennes.Le lecteur y trouvera donc des indications sur les nouveaux matériaux acryliques, les traitements conservateurs pulpaires, les médicaments d\u2019emploi récent, etc.; mais encore des chapitres consacrés à l\u2019aurification, aux antiseptiques formolés, etc.Pour le reste, l\u2019esprit dans lequel a été conçue cette seconde édition est resté fidèle à celui de la Collection : 1l s\u2019agit d\u2019une « Pratique » écrite par des « praticiens ) ayant une expérience personnelle et ne décrivant et conseillant que ce qu\u2019ils savent faire et font effectivement.Les techniques, les traitements préconisés sont ceux qu\u2019ils jugent comme les meilleurs dans tous les cas dont 1ls auront fait le diagnostic grâce à une base anatomique et physiologique toujours rappelée, et grâce à une étude clinique aussi précise que possible.GRANDES DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE I.Anatomie et physiologie de la bouche et des dents (70 pages) : La cavité buccale.\u2014 Les dents : morphologie dentaire, structure des dents.(18) 572 Lava\u2026 MÉDICAL Avril 1955 II.Généralités.Organisation matérielle.Technique générale (132 pages) : Orga- pisation matérielle.\u2014 Technique générale : Examen du patient.Assèchement des dents.Séparation des dents.Quelques opérations élémentaires.II.Traitements des lésions dentaires (198 pages) : Tartre et détartrage : Etude du tartre dentaire.Ablation du tartre dentaire ou détartrage.Complications du détartrage.\u2014 Traitement des lésions des tissus durs de la dent : émail, dentine (hyperesthésie dentinaire) ; traitement de la carie de l\u2019émail ; traitement de la carie de la dentine ; traitement de l\u2019hyperesthésie dentinaire.Traitement des lésions pulpaires : généralités ; traitements pulpaires conservateurs ; traitements pulpaires non conservateurs : pulpectomie totale ; traitement de la mortification et de la gangrène pulpaire ; complications des traitements pulpaires ; traitement des lésions périapexiennes.IV.Préparation des cavités (79 pages) : Considérations générales : Classification et nomenclature ; conditions d\u2019une préparation correcte ; préparation d\u2019une cavité type.\u2014 Préparation des diverses cavités : Cavités simples ; cavités composées ; cavités atypiques ; remarques importantes.V.Matières obturatrices et obturations des cavités (131 pages) : Notions générales.Matières obturatrices de base (plastiques).Matières obturatrices de contour (non adhérentes) : matières plastiques ; matières non plastiques ; Obturations mixtes.VI.La dentisterie chez l\u2019enfant (29 pages) : Généralités.Denture temporaire.Denture permanente : Généralités.Traitement de la denture de lait.Traitement des dents permanentes.Conclusions.Index alphabétique des matières.Pathogénie et traitement de l\u2019amibiase intestinale, par François DALENCOUR, ex-médecin sanitaire maritime à Saint-Marc (Haïti), ex-médecin de l\u2019Hôpital militaire de Port-au-Prince (Haïti), ex-mé- decin d\u2019Assistance sociale au Vénézuela.Un volume in-16° de 76 pages avec figures dans le texte (1953).290 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI), France.Ce petit volume peut être considéré comme un complément utile des traités de médecine tropicale, qui eussent été quelque peu alourdis par certains détails pourtant fort intéressants de pathologie et de thérapeutique.Bien que l\u2019amibiase soit une des matières les plus étudiées, 1l y avait cependant dans le mécanisme méthodique de sa pathogénie quelques lacunes sur lesquelles, l\u2019auteur, ayant professé pendant de nombreuses années dans la zone tropicale de l\u2019Amérique centrale et des Antilles, a jugé intéressant d\u2019appeler l\u2019attention et de combler en mettant en relief certaines particularités d\u2019ordre parasitologique et pathogénique.Ainsi, il a bien décrit une forme clinique spéciale non encore bien dégagée, la forme anémique de l\u2019amibiase intestimale, et démontré que l\u2019anémie est une des manifestations climiques essentielles de cette maladie.C\u2019est la partie la plus neuve du livre.La thérapeutique de l\u2019amibiase intestinale a été brossée avec une rigueur scientifique qui a éliminé une foule de drogues dont l\u2019inutile Avril 1955 Lava\u2026 MÉDICAL 573 abondance, énumérée avec complaisance par les auteurs, déroutait les praticiens aux prises avec les difficultés cliniques, et hésitant sur le choix de telle ou telle médication.Enfin, Ja partie non moins importante et intéressante est le régime alimentaire et l\u2019hygiène de l\u2019amibiasique : deux problèmes sans la solution desquels la thérapeutique ne peut donner que des résultats partiels et souvent décevants.Deux problèmes qui sont à peine effleurés dans les gros ouvrages de médecine tropicale.Aussi, ce livre sera utile non seulement aux médecins praticiens, mais aussi aux nombreux malades des pays chauds, qui n\u2019arrivent pas toujours à voir leur état s\u2019améliorer d\u2019une façon sérieuse.D\u2019autant qu\u2019il est écrit avec clarté, simplicité, précision et surtout concision.Infection tubo-tympanique et surdités labyrinthiques, par René MAYOUX, professeur agrégé et Henri MARTIN, chef de clinique, tous deux de la Faculté de médecine de Lyon.Un volume de 158 pages, avec 169 figures (16,5 x 24).1,200fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac), France.La muqueuse des voies aériennes supérieures est, plus que tout autre tissu, exposée aux agressions venues du dehors.Le voisinage de la caisse du tympan, dont la sépare seulement la membrane mince de la fenêtre ronde, rend l\u2019oreille interne particulièrement vulnérable.Or, la caisse est ouverte à toutes les infections venues du pharynx.D\u2019ou la part importante des très fréquentes lésions de la caïsse du tympan dans la pathologie du labyrinthe.D'autre part, les lésions de l\u2019oreille moyenne peuvent aussi favoriser la fixation sur le labyrinthe des germes ou des toxines en circulation dans le sang.Les auteurs enfin ont précédemment montré qu\u2019une lésion unilatérale de la caisse peut, dans certaines conditions, retentir sur l\u2019oreille opposée en abaissant la conduction osseuse et en diminuant l\u2019audition aérienne des sons aigus.Ce sont ces trois modes d\u2019atteintes de l\u2019oreille interne qui font l\u2019objet de Ia présente monographie.Les auteurs les étudient d\u2019abord sur des observations cliniques et des audiogrammes.Ils les démontrent ensuite expérimentalement à l\u2019aide de méthodes nouvelles ou incomplètement expérimentées chez l\u2019homme : le massage tubaire, les injections de sérum hypertonique et d\u2019eau distillée, les injections de cocaïne dans la caisse du tympan.L\u2019expérimentation chez l\u2019animal confirme une partie de ces faits.Les incidences thérapeutiques sont enfin précisées.« SI ce livre a une originalité, précisent les auteurs, c\u2019est l\u2019esprit qui \"anime.Imprégnés de l\u2019œuvre de Leriche, nous avons voulu que toute thérapeutique, toute opération soit une expérience.Comme lui, nous avons largement utilisé le sérum hypertonique et l\u2019eau distillée qui explorent les \u201ciquides labyrinthiques, et la merveilleuse infiltration 574 Lavar MÉDICAL Avril 1955 cocaïnique, l\u2019infiltration directe du labyrinthe, jamais réalisée Jusqu\u2019ici dans un but expérimental.Nous avons sans cesse essayé de modifier les symptômes, de les créer, de les aggraver ou de les supprimer, l\u2019attention toujours fixée sur les variations de la courbe audiométrique.Mais cette attitude expérimentale devant la maladie ne nous dispense nullement de l\u2019expérimentation chez l\u2019animal, qui reste le plus souvent indispensable pour isoler chaque facteur et donner toute leur rigueur aux faits.» Divisions DE L\u2019OUVRAGE I.Faits cliniques : L\u2019atteinte labyrinthique directe.\u2014 Le catarrhe tubotym- panique vecteur d\u2019atteinte labyrinthique.\u2014 L\u2019interdépendance.II.Faüs expérimentaux : Les injections de cocaïne dans la caisse du tympan.\u2014 Les injections de sérum hypertonique.\u2014 Le massage tubaire.\u2014 La fenestration.\u2014Ex- périmentation chez l\u2019animal.II.Thérapeutique et pronostic : Le massage tubaire.Les injections de cocaïne dans la carsse et le sérum hypertonique.La fenestration.Le pronostic.Conclusion.Insufflation utéro-tubaire kymographique \u2014 Méthode pour le diagnostic et le traitement de la stérilité tubaire \u2014 par Louis BON - NET, ancien chef de clinique à la Faculté de médecine de Paris.Préface du professeur I.-C.RtBIN.Un volume de 274 pages, avec 88 figures et 4 transparents sous pochette (16,5 x 25).1,600 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI¢), France.Ce livre ne saurait être mieux présenté que par le professeur I.-C.Rubin (de New-York), créateur et maitre incontesté de l\u2019insufflation kymographique : « Je suis très heureux de l\u2019occasion qui m\u2019est donnée d\u2019écrire cette préface pour le livre du docteur Bonnet, dont J\u2019apprécie toutes les acquisitions inestimables sur l\u2019insufflation utéro-tubaire kymographique.Depuis plus de quinze ans, 1l s\u2019est attaché à l\u2019aspect physique et dynamique de cette méthode et a grandement contribué à améliorer nos connaissances sur la théorie et sur la pratique de cette dernière.« Doué d\u2019un esprit mathématique, le docteur Bonnet à pu appliquer les lois de la physique a ce sujet et.il a pu interpréter les divers éléments des tracés enregistrés au cours de l\u2019insufflation utérotubaire, augmentant ainsi la précision du Rubin-test.L\u2019ouvrage présente une partie expérimentale très importante, tant par sa longueur (110 pages), que par son entière originalité, puisque rien n\u2019avait été fait auparavant dans cet ordre d\u2019idée.Ce chapitre groupe une série d\u2019études expérimentales, qui ont toutes été entreprises, et sou vent complétées, au fur et à mesure que des détails enregistrés clinique\u2018 | ! i i Avril 1955 Lavar MÉDICAL 575 ment restaient sans Interprétation et nécessitaient de nouvelles expérimentations pour les comprendre ; quelques-unes, déjà publiées, ont été reprises et complétées, mais la plupart sont inédites.La transposition des conclusions expérimentales à la clinique est justifiée par le fait qu\u2019il est toujours possible d\u2019obtenir expérimentalement des tracés absolument analogues à ceux enregistrés cliniquement.Pour se mettre dans les conditions réalisées cliniquement par les trompes perméables, les ténoses, les dilatations tubaires (hydrosalpinx), l\u2019auteur a étudié minutieusement, dans les conditions de l\u2019enregistrement clinique, la montée de pression dans une cavité fermée, l\u2019écoulement des gaz à travers des tubes étroits, le rôle d\u2019une cavité supplémentaire, etc.C\u2019est cette étude expérimentale qui lui a permis : \u2014- d\u2019étayer son opinion sur l\u2019interprétation des oscillations enregistrées en cas de perméabilité tubaire ; \u2014- d\u2019établir la théorie du robinet débitmétrique de son appareil, permettant d\u2019obtenir un débit constant et pratiquement indépendant de la pression en aval, dans les limites d\u2019enregistrement ; \u2014 de permettre le diagnostic des trompes sténosées, c\u2019est-à-dire de celles qui, sans être imperméables, présentent un calibre réduit, ainsi que le diagnostic des hydrosalpinx ; \u2014 d'introduire dans la méthode la notion de mesure : mesure de la capacité de la cavité utérine, mesure du calibre des trompes normales, mesure des sténoses, mesure de la capacité des dilatations tubaires, etc., qui permettent en outre d\u2019apprécier les améliorations de perméabilité obtenues.Mais le livre est avant tout un livre de pratique de l\u2019insufflation kymographique, car les conclusions du chapitre espérimental sont incluses dans les chapitres de technique, dans lesquels l\u2019auteur expose avec détails les résultats de sa grande expérience, signale les écueils et la façon de les éviter, montre l\u2019interprétation des tracés, tant normaux que sortant du cadre habituel.Enfin, un chapitre est consacré à l\u2019exposé des résultats thérapeutiques : améliorations de la perméabilité, grossesses consécutives.Préface.\u2014 Historique et généralités.\u2014 Principes de la méthode.\u2014 Appareil d\u2019insufflation.\u2014 Théorie du robinet débitmétrique.\u2014 Étude expérimentale.\u2014 Technique de l\u2019insufflation.\u2014 Insufflation des trompes perméables.\u2014 Insufflation des trompes imperméables.\u2014 Insufflation des trompes avec spasme.\u2014 Insufflation des trompes sténosées.\u2014 Étude des hydrosalpinx par l\u2019insufflation kymographique.\u2014 Résultats au point de vue diagnostique.\u2014 Résultats au point de vue thérapeutique.\u2014 Indications.Contre-indications.Complications.\u2014 Comparaison de l\u2019insufflation ky- mographique avec les autres procédés d\u2019exploration tubaire.Conclusions, CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES Fondation de la Société de chirurgie de Québec En mars, une Société de chirurgie de Québec a pris naissance à l\u2019occasion d\u2019une réunion qui groupait 45 chirurgiens des diverses spécialités chirurgicales.Le but de cette nouvelle société scientifique est de stimuler et de patronner les initiatives susceptibles de contribuer au développement de la chirurgie dans tous les domaines.Les fondateurs entendent donner à la nouvelle société un caractère absolument bilingue.Les travaux pourront donc être présentés soit en français soit en anglais.De même aussi, on pourra participer aux discussions dans l\u2019une ou l\u2019autre langue.L\u2019admission des membres est réservée aux chirurgiens qualifiés qui détiennent des certificats du Collège royal des chirurgiens du Canada ou du Collège des médecins-chirurgiens de Québec.La plupart des membres seront des résidents de la ville de Québec mais l\u2019admission sera aussi ouverte aux chirurgiens des villes situées dans le territoire de Québec.La société aura sa première réunion scientifique l\u2019automne prochain.Les membres-fondateurs projettent de tenir plusieurs réunions au cours de l\u2019année académique et d\u2019organiser de plus chaque année une grande journée d\u2019étude.Au cours de cette « journée chirurgicale », il y aura des cliniques dans les hôpitaux le matin ; l\u2019après-midi on organisera un forum sur des problèmes de chirurgie.Ces réunions scientifiques seront suivies de l\u2019assemblée générale.C\u2019est aussi l\u2019intention des membres d\u2019inviter à chaque année un chirurgien de renom comme conférencier d'honneur.Cette journée de la société se terminerait par le dîner annuel.Au cours de la réunion tenue le 9 mars dernier, les statuts et règlements ont été adoptés par l\u2019assemblée et on a procédé à l\u2019élection des officiers pour l\u2019année courante : le docteur Paul-A.Poliquin, président- fondateur ; le docteur Florian Trempe, président élu ; le docteur Louis- Philippe Roy, vice-président ; le docteur Wilfrid Caron, secrétaire ; Avril 1955 Lavar MÉDICAL 577 le docteur Hector Beaudet, trésorier ; les docteurs James M.Elliott, François Roy, Roland Cauchon et Jacques Turcot, directeurs.Le docteur Paul-M.Gagnon obtient la bourse Markle Foundation Le docteur Paul-M.Gagnon, assistant en anatomie à la Faculté de médecine, vient d\u2019obtenir par concours une bourse de cing ans de la Jobn & Mary R.Markle Foundation.Le docteur Gagnon est un gradué de Laval 1951.Après une année de résidence en médecine, 1l s\u2019est consacré à la préparation d\u2019un doctorat en sciences, section biologie, sous la direction du professeur Louis-Paul Dugal ; il soutiendra sa thèse en juillet prochain sur le rôle de la vitamine C dans l\u2019axe bypophyse- surrénale.Depuis deux ans, il a servi comme aide d\u2019anatomie à temps partiel.Pour obtenir la bourse Markle il a présenté son curriculum nite, 1 une demande du professeur d\u2019anatomie, le docteur Pierre Jobin, et il a subi une épreuve, en compétition avec quatre autres candidats canadiens.Cette épreuve a duré trois jours ; c\u2019est à Montebello en Québec qu\u2019ont eu lieu les entrevues et les discussions qui ont porté sur des sujets non directement reliés à la recherche et à la médecine mais à la ; culture générale et à la valeur de l\u2019homme.D'ailleurs les juges n\u2019étaient ; pas des médecins mais plutôt des littérateurs ou des admmistrateurs, gens de haute culture.; La Markle Foundation a accordé cette année vingt-deux bourses , parmi cinquante-deux candidats des États-Unis et du Canada.Au Canada, il y en eut trois pour cinq candidats : Laval, Saskatoon et | Winnipeg.Ces bourses sont accordées, à d\u2019excellents candidats, évidemment, dans le but d\u2019aider les universités à organiser et à maintenir des départements de Facultés de médecine ; elles sont accordées à la condition que le récipiendaire demeure en permanence dans le laboratoire ou le département qui a appuyé la candidature.Ces besoins en hommes dans les institutions sont à peu près semblables dans toutes les universités nord-américaines.Le docteur Gagnon par sa compétence répond donc à l\u2019orientation nouvelle que prend le département d\u2019anatomie de Laval en organisant, à côté de l\u2019enseignement, une section de recherches en anatomie ; cette anatomie n\u2019est plus celle du cadavre mais bien plutôt celle de l\u2019organe vivant.Aussi faut-il pour accepter cette tâche avoir en plus d\u2019une formation médicale une formation d\u2019homme de science à base de chimie, de physique, d\u2019histologie et de biologie.Le docteur Gagnon est le deuxième de la Faculté de médecine de Laval à obtenir cette distinction car le docteur Georges-Albert Bergeron, assistant dans le département de physiologie, en a obtenu \u2019 une semblable en 1950. 578 Lava\u2026.MÉDicaL Avril 1955 « Nos confrères du siècle dernier » L\u2019Association des médecins de langue française des Cantons de l\u2019Est a récemment tenu une réunion à Sherbrooke.Le docteur Sylvio Leblond, professeur à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval de Québec et chef du Service de médecine de l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi, était le conférencier invité.Sa causerie était intitulée : Nos confrères du siècle dernier.Conférence du docteur Alphonse Lespérance Lors d\u2019une réunion de l\u2019Association française de phtisiologie, tenue à l\u2019hôpital de La Salpétriére, à Paris, le conférencier d\u2019honneur était le docteur Alphonse l\u2019Espérance, directeur de l\u2019Hôpital Laval, de Québec, et président du Comité provincial de défense contre la tuberculose.Le docteur L\u2019Espérance a parlé de la lutte antituberculeuse dans la province de Québec.Le docteur Fernando Hudon à l\u2019O.M.S.Le docteur Fernando Hudon, professeur titulaire d\u2019anesthésie à la Faculté de médecine, a été invité par l\u2019Organisation mondiale de la santé à donner une série de cours théoriques, pratiques et cliniques à la Faculté de médecine du Danemark.Après ces cinq semaines d\u2019enseignement, il prononcera une série de conférences à Paris comme professeur invité au Centre d\u2019anesthésiologie.Puis il se rendra à Genève rendre compte de son enseignement qui a lieu sous les auspices de Po.M.S.Heureuse initiative Le Collège de médecine générale du Canada et Jobn Wyeth ¢ Brother (Canada) Limited ont organisé une Discussion académique internationale télévisée en circuit fermé, sur le Traitement des infections streptococciques et de leurs complications à laquelle ont pris part un groupe de médecins distingués, les docteurs W.B.Hildebrand, président de l\u2019Académie américaine de médecine générale ; Burtis B.Breese, professeur assistant en pédiatrie, université de Rochester, N.Y.; Keith Hammond, membre de l\u2019Académie américaine de médecine générale, Paoli, Indiana ; John D.Keith, médecin en chef de la Clinique cardiaque Avril 1955 Lavar MéÉDicaAL 579 et du Service hospitalier des enfants malades, Toronto, Canada ; Charles H.Rammelkamp, jr, directeur du laboratoire des affections streptococciques, Cheyenne, Wyoming ; Lowell Rantz, professeur associé de médecine, université Stanford, Californie ; Gene H.Stollerman, directeur médical de la Clinique d\u2019Irvington pour enfants cardiaques, Irvington, N.Y.Cette discussion s\u2019est tenue dans cinquante-huit villes aux Etats- Unis et au Canada, le jeudi 24 février 1955.Au Canada, le programme a été présenté aux endroits suivants : à Montréal, à l\u2019Hôtel Sheraton-Mont-Royal ; à Québec, au Château- Frontenac ; à Ottawa, au Château-Laurier ; à Kingston, dans Grant Hall de l\u2019université Queens ; à Toronto, au Royal Ontario Museum.Quatrième cours de perfectionnement du Comité provincial de défense contre la tuberculose TUBERCULOSE ET MALADIES DU THORAX Les 3, 6 et 7 mar à Hôpital Laval Le Comité provincial de défense contre la tuberculose invite tous ies médecins de la province de Québec, phtisiologues et praticiens, à un cours de perfectionnement : Tuberculose et maladies du thorax, qui aura lieu les 5, 6 et 7 mai 1955 au nouveau pavillon de l\u2019Hôpital Laval.Ce cours, le quatrième organisé depuis 1950, portera sur le diagnostic des maladies pulmonaires et thoraciques, les conceptions les plus récentes du traitement de ces affections, la prophylaxie de la tuberculose, la réadaptation et les problémes sociaux du tuberculeux.Ces sujets seront traités du point de vue théorique d\u2019abord mais en accordant le maximum de temps au point de vue pratique (présentation de cas pour diagnostic, forums, etc.).Comme on pourra le constater à la lecture du programme, les conférenciers et rapporteurs ont été choisis avec beaucoup de soin et l\u2019intérêt ne devrait pas manquer un instant.Le Comité provincial de défense a même invité un médecin français éminent, le docteur Georges Brouet, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris et chef du Service de pneumologie à l\u2019Hôpital Lariboisière.Le docteur Brouet, un élève de Bariéty, est l\u2019auteur de traités médicaux qui font autorité en France.Le cours de perfectionnement sera marqué de divers événements, entre autres l\u2019assemblée générale du Comité provincial de défense contre 580 Lavar MÉDicaL Avril 1955 la tuberculose, celle du Chapitre de Québec de l\u2019American College o} Chest Physicians et la réunion du printemps de la Société de phtisiologie de Québec.Le président de l'A.C.C.P, le docteur William Andrew Hudson, sera présent et participera à l\u2019 hommage que rendra le Chapitre de Québec à trois pionniers de la lutte antituberculeuse chez nous : les docteurs Archibald, Dubé et Rousseau.Cette dernière manifestation se déroulera au Cercle universitaire, rue d\u2019Auteuil.Toutes les autres séances auront lieu à l\u2019Hôpital Laval, mis gracieusement à la disposition des congressistes par les dames religieuses du conseil d\u2019administration.Les docteurs Alphonse L\u2019Espérance, président du Comité provincial de défense contre la tuberculose et directeur médical de l\u2019Hôpital Laval, Guy Bégin, chirurgien thoracique à l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur (Cartier- ville), Philippe Landry, secrétaire-trésorier du Comité provincial, Maurice Beaulieu, chirurgien thoracique à l\u2019Hôpital Laval, et Lionel Montminy, médecin de service et bronchoscopiste à Laval, ont été chargés de la préparation du IV® cours de perfectionnement.PROGRAMME JEUDI, LE 5 MAI 1955 Séance de l\u2019avant-midi, présidée par le docteur Georges-Henri COURCHESNE, président de la Société médicale de Québec, directeur médical de PHôpital Notre-Dame-de-l\u2019Espérance.9 h.00 \u2014 Inscription à l\u2019Hôpital Laval.9 h.20 \u2014 Bienvenue par le président du Comité provincial de défense contre la tuberculose, le docteur Alphonse L\u2019EsPÉRANCE, directeur médical de PHôpital Laval, DIAGNOSTIC DES MALADIES PULMONAIRES 9 h.30 \u2014 La clinique, aide au diagnostic : Docteur Philippe Rica arp, chef de clinique à l\u2019Hôpital Laval.9 h.45 \u2014 Le laboratoire, aide au diagnostic : Docteur Paul DionNNE, bactériologiste à l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur (Cartier- ville).10 h.00 \u2014 La bronchologie, aide au diagnostic : Docteur André Pornier, chef de Service et bronchoscopiste au Sanatorium Cooke.10 h.15 \u2014 La radiologie, aide au diagnostic : Docteur Jules GossELIN, chef des Services de radiologie à l\u2019Hôpital Laval et à l\u2019Hôpital Saint-Sacrement, Avril 1955 Lava.MÉDicaL 581 10 h.30 \u2014 La chirurgie, aide au diagnostic : Docteur Ernest BOUSQUET, chirurgien-en-chef au Sanatorium Saint-Joseph de Rosemont, chirurgien consultant au Royal Edward Laurentian Hospital et à la Clinique du BCG (Montréal).10 h.45 \u2014 Présentation de cas pour diagnostic : Ces cas seront présentés par un groupe de médecins de la région de Québec.L\u2019animateur de la discussion sera le docteur Roland DesmeuLEs, chef du Service de médecine à l\u2019Hôpital Laval.Un groupe de médecins de la région de Montréal essayera d\u2019établir le diagnostic en demandant aux rapporteurs les renseignements cliniques, radiologiques et de laboratoires appropriés.Le groupe de Montréal sera formé des docteurs Marcel VERSCHELDEN, directeur médical du Sanatorium Saint-Joseph de Rosemont, Gaétan Jarry, directeur médical de l\u2019Institut Bruchési, Omer M ANSE AU, directeur de la clinique du thorax à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, André Macxay, secrétaire de la clinique du thorax et endoscopiste à l\u2019Hôpital Notre-Dame, Roland Guy, pathologiste à l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur, R.PAULIN, chirurgien au Sanatorium Saint-Joseph, et Jean LABERGE, bronchoscopiste à l\u2019Institut Lavoisier.Le docteur Carlton AuGER, chef des Services d\u2019anatomie pathologique à l\u2019Hôtel-Dieu et à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec), a été invité à se joindre au groupe de Montréal.12 h.30 \u2014 Déjeuner, suivi d\u2019une causerie par le docteur Georges BROUET, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris et chef du Service de pneumologie de l\u2019Hôpital Lariboisière.Le docteur Alphonse L\u2019EsPÉRANCE, présidera, et les invités d\u2019honneur seront l\u2019honorable Albiny PAQUETTE, ministre de la Santé de la province de Québec, le docteur J.-B.JoB1N, doyen de la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, le docteur Hugh E.BURKE, directeur médical du Royal Edward Laurentian Hospital, division de Montréal, et le docteur G.J.WHERRETT, secrétaire de l\u2019exécutif de l\u2019Association canadienne antituberculeuse.Séance de l'après-midi, présidée par le docteur J.-Émile FORTIER, chef du Service de médecine à l\u2019Hôpital Saint-François-d\u2019Assise.CONCEPTIONS LES PLUS RÉCENTES DU TRAITEMENT DE LA | TUBERCULOSE PULMONAIRE 2 h.30 \u2014 La cure de repos : Docteur Fernand HÉBERT, directeur médical de l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur.2 h.45 \u2014 Les antibiotiques : Docteur Georges BroueT (France).3 h.00 \u2014 Le traitement bronchoscapique : | Docteur Jules HALLE, chef des Services d\u2019oto-rhino-laryngologie et.de bronchoscopie à l\u2019Hôpital Laval. 582 Lavar MépicaL Avril 1955 3 h, 15 \u2014 La collapsothérapie : Docteur J.-P.PAQUETTE, chef de clinique à l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur.3 h.30 \u2014 La chirurgie d\u2019exérèse : Docteur Joffre GRAVEL, chirurgien à l\u2019Hôpita] Laval et à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.3 h.45 \u2014 Présentation de cas pour discussion du traitement : Ces cas seront présentés par des médecins de la région de Montréal.L\u2019animateur sera le docteur B.-G.BÉGIN, chirurgien thoracique à l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur.Un groupe de médecins de la région de Québec suggérera un traitement dont la valeur théorique et pratique sera mise en évidence par les rapporteurs.Le groupe de la région de Québec sera formé des docteurs Aimé GAGNON, directeur médical du Sanatorium Bégin, Jules GossELIN, de Laval et Saint-Sacrement, H.BEAUDET, chef de clinique chirurgicale à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus, Maurice Giroux, chef des laboratoires de biologie et d\u2019histologie à l\u2019Hôpital Laval, C.-H.Dorvaz, médecin de Service à l\u2019Hôpital Laval, Maurice BEauLIEU, chirurgien thoracique à l\u2019Hôpital Laval et consultant à l\u2019Hôpital Saint-Sacrement et à l\u2019Hôpital Saint-François-d\u2019Assise, et Lionel MOMTNINY, médecin de Service et bronchoscopiste à l\u2019Hôpital Laval.VENDREDI, LE 6 MAI Séance de l\u2019avant-midi, présidée par le docteur Herman GAUTHIER, directeur médical du Sanatorium Saint-Georges de Mont-Joli, président de Ia Société de phtisiologie de Québec.9 h.30 \u2014 Les méningites tuberculeuses : Docteur Georges BROUET (France).9 h, 45 \u2014 Problème du choix de l\u2019anesthésie chez un tuberculeux pulmonaire, guéri ou non : p 8 Docteur Fernando Hupon, chef anesthésiste à l\u2019Hôpital Laval et à l\u2019Hôtel- Dieu de Québec, et docteur Jean-Paul DÉcHÈNE, anesthésiste à l'Hôpital Laval.10 h.00 \u2014 Données les plus récentes sur la tuberculose osseuse et articulaire : Docteur Jean-Paul RocEr, chef du Service de chirurgie à l\u2019Hôpital Laval et du Service d\u2019orthopédie à l\u2019Hôpital Saint-Sacrement, et docteur Jean LEMIEUX, orthopédiste à Laval et à Saint-Sacrement.10 h.15 \u2014 Réadaptation médicale des insuffisants respiratoires : Docteur Fernand GRÉGOIRE, directeur médical de l\u2019Institut Lavoisier.PROBLÈMES MÉDICAUX-SOCIAUX 10 b.30 \u2014 Problèmes médico-sociaux de nos tuberculeux : Docteur Gérard MrcHAUD, directeur médical du Sanatorium Saint-Michel de Roberval. Avril 1955 LavaL MÉDICAL 583 10 h.45 \u2014 12 h.30 \u2014 Présentation de problèmes concernant : a) les enfants des tuberculeux ; b) la réadaptation des tuberculeux au sanatorium ; c) la réadaptation des tuberculeux à la sortie du sanatorium.Les cas-problèmes seront posés : pour le groupe a) : par l\u2019Institut Bruchési de Montréal ; pour le groupe b) : par Hopital du Sacré-Cœur (Mile L.Laing, 1h.) et par l\u2019Hôpital Laval (M.François Roy, officier de réadaptation) ; pour le groupe c) : par le dispensaire antituberculeux de Québec et l\u2019Association de la Croix de Lorraine, section de Québec (M.Marcel VACHON, vice-président).Le groupe de spécialistes qui tentera de résoudre ces problèmes se composera des docteurs J.-A.VIDAL, directeur des Services antituberculeux de la province, animateur de la discussion, J.-A.MiLLET, chef de clinique a l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur, et de Miles A.DELAND, de l\u2019Institut Bruchési, Françoise Furois, du dispensaire antituberculeux de Québec, et G.Ba- DEAUX, Lh., du ministère de la Santé à Montréal.Le président général de l\u2019Association de la Croix de Lorraine apportera également son concours.Déjeuner, présidé par le docteur J.-A.Vidal, directeur des Services antituberculeux de la province.Les invités d\u2019honneur seront les docteurs Jean GREGOIRE, sous-ministre de Ia Santé, Rosaire GINGRAS, secrétaire de la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Lucien LARUE, surintendant de l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange, Jean-Charles BEAUDET, sous-ministre adjoint de la Santé, et Napoléon TremBLAY, directeur général au ministère de la Santé, Montréal.Le nom du conférencier sera annoncé plus tard.Après-midi : 2 h.00 \u2014 5 h.00 \u2014 Assemblée générale annuelle du Comité provincial de défense contre la tuberculose et conférence du Timbre de Noël : Présentation des rapports des officiers du Comité provincial, élection des nouveaux directeurs et causerie par le docteur Georges BROUET, professeur agrégé et chef du Service de pneumologie à l\u2019Hôpital Lariboisière, Paris.L'assemblée aura lieu à l\u2019Hôpital Laval.Manifestation en l\u2019honneur de trois pionniers de la lutte antituberculeuse, les docteurs Edward Archibald, Edmond Dubé et Arthur Rousseau, organisée sous les auspices du chapitre de la province de Québec de l\u2019American College of Chest Physicians (présidence du docteur F.L.Phelps, directeur médical du Royal Edward Laurentian Hospital, division de Sainte-Agathe).Le docteur W.A.Hubson, president général de l\u2019American College of Chest Physicians, fera l\u2019éloge du docteur Archibald ; le docteur J.-A.Vipar, celui du docteur Dubé, et le docteur Renaud LEMIEUX, directeur médical de PHôpital Saint-Sacrement, celui du docteur Rousseau.L'élection des officiers et directeurs du Chapitre de Québec suivra cette démonstration qui aura lieu au Cercle Universitaire, 65 rue d\u2019Auteuil, Québec. 584 Lava\u2026 MépicaL Avril 1955 SAMEDI, LE 7 MAI Séance de l\u2019avant-midi, présidée par le docteur J.-J.LAURIER, directeur médical adjoint de l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur, président de la Société de phtisiologie de Montréal.PROPHYLAXIE DE LA TUBERCULOSE 9 h.30 \u2014 Le dépistage par radiographie pulmonaire doit-il subir une nouvelle orientation ?Docteur Herman GAUTHIER, directeur médical du Sanatorium Saint- Georges (Mont-Joli).9 h.45 \u2014 La cuti-réaction dans le dépistage de la tuberculose est-elle réalisable ?Docteur Léo LApouceur, directeur de la division de la tuberculose au Service de santé de Montréal.10 h.00 \u2014 La vaccination par le BCG.\u2014 Où en sommes-nous ?Docteur Armand FRAPPIER, directeur de l\u2019Institut de microbiologie et d\u2019hygiène de l\u2019université de Montréal.10 h.15 \u2014 Nécessité du « follow-up » de nos tuberculeux : Docteur Hervé Beaupoin, directeur médical du Sanatorium Cooke.10 h.30 \u2014 Trois rapporteurs, en collaboration avec le docteur A.-R.FoLey, directeur du Service d\u2019épidémiologie au ministère de la Santé, essayeront de résoudre des problèmes concernant la prophylaxie de la tuberculose.Ces problèmes seront présentés par les docteurs Philippe DuvaL, directeur médical du Sanatorium Saint-Jean de Macamice, Lassalle LABERGE, directeur du Sanatorium Saint-François de Sherbrooke, et un troisième participant dont le nom sera annoncé plus tard.11 h.00 \u2014 Fin du cours de perfectionnement.Congrès internationaux 1955 Voici une liste de congrès internationaux sur les sciences médicales qui seront tenus durant l\u2019année 1955 : 10 mar, à Mexico, 8° Assemblée de l\u2019Organisation mondiale de la Santé.Information : O.M.S., Palais des Nations, Genève, Suisse.23-26 mai, à Genève, Congrès du Collège international des chirurgiens.26-31 mai, à Lausanne, 7° Congrès international de la pathologie comparée. Avril 1955 Lavar.MÉDICAL 585 29 mai, 3 juin, à Lucerne, 9° Congrès international des Hôpitaux.18-19 juin, à Stockholm, 5° Congrès de l\u2019Association internationale pour l\u2019étude des bronches.4-8 juillet, à Cambridge, 2° Congrès de la Fédération internationale du diabète.Information : Diabetic Association, 152 Harley Street, London, W.1.U.K.18-23 juillet, à Londres, 12° Congrès de l\u2019Association internationale de psychologie appliquée.24-31 juillet, à Copenhague.16° Congrès de la Société internationale de chirurgie.25-30 juillet, à Paris, Congrès fédératif international d\u2019anatomie.Information : Professeur A.Demlas, 45, rue des Sarnts-Pères, Paris (VI®), France.1-6 août, à Bruxelles, 3° Congrès international de biochimie.21 août, Istamboul, 8° Assemblée annuelle de la Fédération mondiale pour les maladies mentales.Information : Mlle E.M.Thorton, W.F.M.H., 19 Manchester Street, London, W.1, U.K.2-5 septembre, à Fribourg, 2° Congrès international d\u2019angéiologie et d\u2019histo-pathologie.Information : Professeur A.Muller, Institut de physiologie, université de Fribourg, Suisse.5-10 septembre, à Scheveningen, Hollande, Congrès mondial des anesthésistes.Information : W.A.Fentener van Vlissingen, Bilthoven, Hollande.11-18 septembre, à Londres, 3° Congrès international de criminologie.Information : Docteur Carroll, 2B Weymouth Street, London W.1, U.K.12-17 septembre, à Londres, 2° Congrès international de neuropathologie.25-28 septembre, à Naples, Assemblée générale et Conférence internationale sur le controle des maladies vénériennes chez les marins.Information : Institut Alfred-Fournier, 25 boulevard Saint-Jacques, Paris (XIV®), France.19-23 septembre, à Londres, 16° Assemblée générale de Ia Fédération internationale de pharmacie.Information : Société pharmaceutique de Grande-Bretagne, a/s M.F.D.Lewis, 17 Bloomsbury Square, London, W.1.U.K.Semaine du 16 au 20 octobre, à Paris, Congrès de l\u2019Union internationale de la Presse médicale.20-26 octobre, à Vienne, 9° Assemblée générale de I\u2019Association mondiale de la médecine.6-12 novembre, à Rio de Janeiro, 2° Congrès international de l\u2019allergre. 586 Lavar MÉpicarL Avril 1955 Comité international de liaison des organismes professionnels de gynécologues et d\u2019obstétriciens Président : Docteur Maurice FABRE (France) ; Secrétaire général : Docteur Jacques CourTois (France).DEUXIÈME RÉUNION SYNDICALE INTERNATIONALE DES GYNÉCOLOGUES ET OBSTÉTRICIENS organisée par le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens français, présidé par M.le docteur E.Douay.Paris, lundi 27 juin 1955 Hôtel des Syndicats médicaux français, 60, boulevard de Latour- Maubourg, Paris (VIIe).Sous le haut patronage de : M.le ministre du Travail et de la Sécurité sociale ; M.le ministre de la Santé publique ; M.le président de la Confédération des Syndicats médicaux français.PRÉSIDENT : M.le professeur agrégé Jean RAvINA gvnécologue-accoucheur des Hôpitaux de Paris vice-président du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens francais A 9 h.30 : Ouverture des travaux sous la présidence de M.le ministre du Travail et de la Sécurité sociale.À 10 h.30 : Exposé des rapports sur : La position du gynécologue et de l\u2019obstétricien devant la médecine sociale (Assurances sociales, Mutualité, etc.) \u2014 Mode d\u2019exercice et rémunération.M.VERMELIN (France), Rapporteur général, chargé de la synthèse.Rapporteurs généraux : MM.BrEDLAND (Norvège), de Freitas SIMOES et Mario CARDIA (Portugal), Folke HoLTz (Suede), De Groot (Pays-Bas), Lee CHrEnG (Chine), Lopez de Nava (Mexique), LUQUE (Espagne), Manrouz (Egypte), Stellario MARTINES (Italie), RUEDER (Allemagne), TRAvLOS (Grèce), MAGENDIE (France), PrczaUD (France), Ravina (France), RapereT (Belgique). Avril 1955 Lava\u2026 MéÉpicar 587 A 14 h.30 : Continuation de l\u2019exposé des rapports et discussions.A 18 h.30 : Réception des congressistes par M.le président et Madame Jean RAVINA.VIIIe Congrès international de radiologie Mexico \u2014 22-28 juillet 1956 Le VIII Congrès international de radiologie aura lieu à Mexico du 22 jusqu\u2019au 28 juillet 1956, sous les auspices du gouvernement fédéral, de l\u2019université Nationale-Autonome, de la Sociedad mexicana de radio- logia, A.C.Le fait d\u2019avoir choisi le Mexique lors de l\u2019Assemblée générale du VII° Congrès à Copenhague, constitue un événement d\u2019une portée continentale pour toutes les nations latines de l\u2019Amérique.Orgueilleux de l\u2019honneur décerné, le Mexique veut s\u2019efforcer afin que le VIII, Congrès international de radiologie puisse jouer un rôle comparable, tant au point de vue scientifique que touristique, aux congrès qui l\u2019ont précédé.Le Mexique, outre son élan dans le domaine des disciplines médicales, offre un cadre incomparable des restes des civilisations précolombiennes et de l\u2019œuvre coloniale de l\u2019Espagne : un épanouissement magnifique d\u2019œuvres d\u2019art qui peuvent être admirées dans les innombrables églises, monastères, par tout le pays, dans différents climats, depuis les zones tropicales jusqu\u2019aux montagnes couronnées de neiges éternelles.L\u2019hospitalité du peuple mexicain est assuré aux collègues qui se feront inscrire au Congrès.Voici les données générales du programme du VIII® Congrès international de radiologie.PROGRAMME SCIENTIFIQUE Assemblées générales 1.\u2014 Exploration de l\u2019appareil circulatoire par des produits de contraste ; 2.\u2014 Conduite en cancer avancé ; 3.\u2014 Application pratique des nouvelles méthodes de dosimétrie et de distribution des doses ; 4.\u2014 Applications de la physique moderne dans le radiodiagnostic : a) L\u2019optique et la radiologie, (20) 588 Lavar MÉDicar Avril 1955 b) Agrandissement d\u2019images, c) Radiographie cinématographique ; 5.\u2014 Mécanisme de mort par irradiation corporelle totale.SYMPOSIUM DES SECTIONS Radiodiagnostic 1.\u2014 Étude radiologique des tumeurs du système nerveux central ; 2.\u2014 Radiologie osseuse (sauf néoplasies et traumatismes) ; 3.\u2014 Nouvelles méthodes d\u2019exploration hépato-biliaire.Radiothérapie 1.\u2014 Radiothérapie dans les tumeurs du système nerveux central ; 2.\u2014 Radiothérapie dans l\u2019ophtalmologie ; 3.\u2014 Résultats et indications cliniques de la thérapie dans le mouvement ; 4, \u2014 Radiothérapie des tumeurs vésicales.Physique et technologie 1.\u2014 Applications médicales des matières colloïdales radioactives ; 2.\u2014 Aspects physiques de la téléthérapie à grandes quantités de radioisotopes ; 3.\u2014 Dosimétrie et thérapie du mouvement.Radiobiologie .\u2014 Mécanisme de l\u2019action des radiations sur les cellules ; .\u2014 Isotopes en biologie ; .\u2014 Agents radiomimétiques associés à la radiothérapie ; .\u2014 Changements biochimiques et métaboliques produits par les radiations ; .\u2014 Effets de tolérance des radioisotopes absorbés intérieurement ; .\u2014 Protection biologique et biochimique de la radiation.SU 5 UN H\u2014 VIIe Congrès international de pathologie comparée Le VII° Congrès international de pathologie comparée se tiendra à Lausanne (Suisse) du 26 au 31 mai 1955 sous la présidence du professeur docteur Flückiger, directeur de l\u2019Office vétérinaire fédéral.Le programme prévoit le premier jour, à 16 heures, la séance inaugurale suivie d\u2019une réception offerte par le président du congrès.Les séances scientifiques comporteront des conférences suivies de discussions sur les viroses transmises à l\u2019homme par les animaux (ornithose des pigeons, psittacose), les conséquences pathologiques et hygiéniques de la pollution de l\u2019air (dans les villes modernes, poussières radioactives, cancérigènes et industrielles, propagation de germes phytopathogènes dans l\u2019atmosphère, propriétés toxiques du brouillard), les troubles de la croissance Avril 1955 LAvAL MÉDICAL 589 en pathologie comparée (carences vitaminiques, déficiences alimentaires, maladies bumorales).Les rapporteurs sont des spécialistes de réputation mondiale, dont on peut attendre un grand enrichissement des connaissances.Le 31 mai sera réservé à la séance de clôture avec des communications variées.Rapports et discussions seront publiés dans deux volumes dont le premier (conférences) paraîtra pour l\u2019ouverture du congrès.] Le dimanche 29 mai, dans l\u2019après-midi, un voyage à Evian est prévu où se tiendra une séance scientifique commune avec la Société médicale de cette ville.La belle traversée du lac, un diner-cocktail et une soirée donneront un cachet tout spécial à cette manifestation.Une autre soirée familiale aura lieu à Lausanne le 28 mai tandis que, le 30, un banquet officiel réunira les congressistes et leurs hôtes.Durant le congrès seront organisées des visites d\u2019instituts scientifiques, d\u2019abattoirs et d\u2019établissements d\u2019essais agricoles.Une exposition technique et scientifique est prévue pour les participants dans les locaux du congrès.Pendant et après le congrès, des excursions seront proposées aux participants dans les ravissants environs du siège du congrès.Toute personne s\u2019intéressant aux problèmes de la pathologie comparée peut participer à ce congrès à titre de membre.La carte de congressiste coûte 60 fr.suisses (rapports compris).Les personnes ne désirant pas présenter d\u2019exposé ni participer aux discussions pourront obtenir des cartes de membre-associé, donnant droit aux diverses réceptions pour le prix de 35 fr.suisses.Le secrétariat général, 19 rue César-Roux, à Lausanne, tient à disposition le programme en langues française, anglaise, allemande et italienne.On obtiendra à la même adresse tous renseignements complémentaires et on pourra s\u2019y inscrire pour le congrès.Nouvelle pharmaceutique La production du vaccin antipoliomyélitique bat son plein chez Eli Lilly and Company dans le but de pouvoir le mettre prochainement a la disposition des pharmacies.En 1950 la Fondation nationale contre Ja paralysie infantile aux États-Unis a invité la Compagnie à participer à un projet de fabrication du vaccin Salk en quantité suffisante pour en faire l\u2019essai sur une très grande échelle en 1954.Les difficultés que comportait la réalisation d\u2019un tel projet paraissaient insurmontables.L\u2019organisation Lilly avait heureusement établi, plusieurs années auparavant, un laboratoire destiné à l\u2019étude des méthodes de culture sur tissus, et on s\u2019est immédiatement rendu compte que l\u2019expérience et les connaissances ainsi acquises seraient d\u2019une valeur inappréciable dans l\u2019exécution de la tâche.Pour satisfaire aux besoins pressants de la fondation, El Lilly and Company n\u2019a épargné ni argent ni efforts.Tout un immeuble de (22) 590 Lavar.MÉDicaL Avril 1955 quatre étages a été complètement transformé et le matériel le plus moderne installé en seulement quatre-vingt-dix jours.Le personnel Lillv a travaillé d\u2019arrache-pied jour et nuit.Pendant un certain temps les travaux de construction et l\u2019installation du matériel marchaient de front avec la fabrication.Le sentiment de la Direction de la Compagnie, que les bienfaits qu\u2019on pouvait attendre du vaccin ne devaient pas être retardés même d\u2019une heure, anime tous les Services de l\u2019organisation et a été un facteur d'importance primordiale dans le succès des opérations de fabrication jusqu\u2019à ce jour.Une des opérations fondamentales de la technique employée pour la préparation du vaccin est la culture du virus sur du tissu rénal vivant provenant de singes.La compagnie a donc dû commencer par s\u2019assurer des fournitures suffisantes de singes, qui sont transportés par avion de l\u2019Inde directement aux laboratoires à Indianapolis.Ces singes subissent de rigoureux examens médicaux à diverses reprises, sont logés de façon adéquate et surveillés et soignés convenablement en tout temps.L\u2019essai en masse effectué l\u2019an dernier aux Etats-Unis a porté sur 1,830,000 écoliers en deuxième année d\u2019école primaire, ce qui en fait l\u2019entreprise la plus considérable de ce genre jamais mise sur pied, Sur ces enfants, 440,000 ont été moculés avec le vaccin antipoliomyélitique et un nombre égal ont été injectés avec un liquide inoffensif d\u2019apparence identique au vaccin mais dénué de propriétés médicinales.Les autres enfants ont été observés pour établir les antécédents naturels de la maladie.Le rapport final sur les résultats de cet essai est attendu d\u2019ici le 1er avril, alors que le docteur Thomas Francis, jr., de l\u2019université de Michigan, compte terminer la tiche formidable de classifier, dresser en tableaux et analyser 144,000,000 de renseignements.Le dernier mot sur la valeur immunisante du vaccin antipoliomyélitique de Salk doit attendre ces développements.Mais, comme les données actuellement connues permettent de croire que le rapport sera favorable, on peut considérer que l\u2019immunisation contre la poliomyélite sera bientôt une des réalités du domaine de la médecine préventive au même titre que l\u2019immunisation contre la diphtérie, le tétanos, la fièvre typhoïde, la coqueluche, le choléra, la grippe et les oreillons.El Lilly and Company est fière du rôle qu\u2019elle à joué dans cette gigantesque entreprise et s\u2019attend à ce que cet important nouveau vaccin reçoive prochainement la sanction qui le mettra à la disposition du corps médical dans le monde entier."]
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