Laval médical, 1 janvier 1958, Janvier
[" rw \"es Ge > N sv * + +3 ~ a LY z > .; ; N° nS fs / # ; { A 5 LÉ A oo » »% 1 \u20ac .x 7 ve ~ }, A at.; / LA AN A fo va A £a 24 % Fy à l\u2019Hôpital Saint-François-d\u2019Assise.à l\u2019Hôpital Sainte-Foy.3 à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôprtal du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital Saint-Joseph, T.-R.l\u2019Hôprtal de l\u2019Enfant-Jésus.la Clinique Roy-Rousseau.l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital Saint-Joseph, T.-R.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.a » pp + Lava\u2026 MÉDICAL MM.PaoueT, Berchmans, Parapis, Bernard, Parapis, Gérard, Paranpis, Guy, PARENT, Roger, PaTry, Laurent, PAyEur, Léo, PELLETIER, Alphonse, PELLETIER, Émile, Pion, René, PLAMONDOoN, Charles, PLAMONDON, Marc, PLAMONDON, Marcel, PoLiquin, Paul, PoTvin, André, Porvin, A.-R,, PouuioT, Louis, Rein, Léonide, REINHARDT, Georges, RicHARD, Maurice, Ricuarp, Philippe, RinrreT, Lucien, RoBERGE, Raoul, RocHETTE, Paul, ROGER, Jean-Paul, RouLEAau, Yves, Rousseau, Jean, Rousseau, Louis, Rousseau, Marie, Roy, François, Roy, Ls-Ph., Rover, Louis, SAINT-ARNAUD, Grégoire, SAINT-PIERRE, Rosaire, Janvier 1958 J\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital Laval.l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.l\u2019Hôpital Saint-Mrchel-Archange.la Clinique Roy-Rousseau.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital Samnt-Michel-Archange.l\u2019Hôtel-Dieu.la Clinique Roy-Rousseau.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.a l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital Saint-François-d\u2019Assise.fos fos 4 oe ÿp- 95 pp »- Os foe © a \"Hopital de I\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital Laval.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Samnt-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital Sainte-Foy.à l\u2019Hôpital Laval.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital Saint-Joseph, T.-R. Janvier 1958 Lava\u2026 MÉDicaL MM.Samson, Euchariste, à l\u2019Hôtel-Dieu.Samson, Mathieu, à la Clinique Roy-Rousseau.SAMsoN, Maurice, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.SAULNIER, Georges, à l\u2019Hôtel-Dieu.SAvaARD, Lucien, à l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.SCHERRER, Roland, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.SimarD, Emile, à l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.SimArD, Ls-Ph., à l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.SIMARD, René, à l\u2019Hôpital de la Miséricorde.Sirois, Jean, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.SYLVESTRE, Ernest, à l\u2019Hôpital Laval.Leu TÉTREAULT, Adélard, l\u2019Hôpital Saint-Joseph, T.-R.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.> THERRIEN, Richard, fo THIBAUDEAU, Roland, TREMBLAY, Gilles, à l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.TrEmBLaYy, G.-W., à l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.TrEMBLAY, Léonidas, à l\u2019Hôpital Laval.TREMPE, Florian, à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.Turcor, Jacques, à l\u2019Hôtel-Dieu.Turcor, Roland, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.TurcorTE, Maurice, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.TurMEL, Jacques, à la Clinique-Roy-Rousseau.Vachon, Malcolm, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.VERREAULT, J.-E,, à la Faculté de médecine. RÈGLEMENTS de la SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC MEMBRES La Société se compose de membres titulaires, de membres adhérents et de membres correspondants.Peuvent devenir membres titulaires : les professeurs et les agrégés de la Faculté de médecine ; les chefs de Service dans les hôpitaux universitaires et les chefs de département à la Faculté de médecine.Peuvent devenir membres adhérents : les assistants dans les Services hospitaliers et dans les laboratoires universitaires.Les membres adhérents ne font partie de la Société que pendant la durée de leurs fonctions universitaires ou hospitalières.Les membres correspondants sont élus parmi les notabilités médicales canadiennes et parmi les médecins et savants étrangers qui peuvent apporter à la Société une contribution utile ou qui ont des titres à sa reconnaissance.Pour être élu membre de la Société, à quelque titre que ce soit, il faut : 1° Que le candidat soit proposé par écrit au Bureau de direction par un membre titulaire ; 2° Que sa candidature soit soumise aux membres de la Société lors d\u2019une séance régulière ; 3° Que le candidat recueille la majorité des suffrages des membres présents à la séance suivante. Janvier 1958 Lavar MÉDicaL 11 La qualité de membre de la Société se perd, 1° Par la démission ; 2° Par la radiation prononcée, pour motifs graves, par l\u2019assemblée générale comprenant au moins la moitié des titulaires, à la majorité des deux tiers des membres présents ; 3° Par le refus de régler sa cotisation annuelle pendant deux années consécutives, un mois après avis du trésorier.OFFICIERS Le Bureau de la Société se compose d\u2019un président, d\u2019un vice- président, d\u2019un secrétaire et d\u2019un trésorier.Le Conseil d\u2019administration se compose des membres du Bureau et de cinq membres de la Société élus pour trois ans.Ces derniers, de même que le secrétaire et le trésorier qui sont élus pour un an, sont indéfiniment rééligibles.Le président et le vice-président sont élus pour un an.Ils ne sont rééligibles qu\u2019une fois.COMITÉ DE NOMINATION Le Comité de nomination est composé de trois membres, soit le président sortant de charge et deux anciens présidents.Ce Comité est chargé de présenter une liste de candidats pour élection à l\u2019Assemblée générale.D\u2019autre part, chaque groupe de dix membres, en règle avec la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec, et comprenant au moins trois membres titulaires, peut également présenter une liste de candidats à être soumise à l\u2019élection, pourvu que cette liste parvienne au secrétaire, un (1) mois avant la date fixée pour l\u2019assemblée générale de janvier.RESSOURCES Les ressources de la Société proviennent des cotisations et souscriptions de ses membres ; des dons et legs ; des subventions qui pourraient lui être accordées. 12 Lavar MÉDicaL Janvier 1958 La cotisation annuelle, payable en janvier, est de $5.pour les membres titulaires et de $3, pour les membres adhérents.Les membres reçus lors des séances d'octobre, novembre et décembre, ne sont pas sujets à la cotisation pour l\u2019année courante.La cotisation n\u2019est pas exigée des professeurs émérites.RÉUNIONS A.\u2014 Une assemblée générale des membres de la Société se réunit au moins une fois l\u2019an : 1° Pour entendre le rapport du Conseil d\u2019administration sur la situation générale de la Société ; 2° Pour entendre le compte rendu, par le secrétaire, des travaux de la Société pendant le cours de l\u2019année ; 3° Pour entendre le rapport du trésorier ; 4° Pour procéder à l\u2019élection des officiers.L\u2019Assemblée générale des membres de la Société aura lieu à l\u2019École de médecine.B.\u2014 Les séances.En dehors de la période des vacances (juillet et août) les séances ont lieu tous les premier et troisième vendredis de chaque mois, sauf le premier vendredi de janvier et le Vendredi saint.Les séances ont lieu soit à l\u2019École de médecine, soit dans les hôpitaux universitaires.On tient un procès-verbal des séances.Ordre des séances 1° Lecture et adoption du procés-verbal ; 2° Discussion à propos du procès-verbal ; 3° Correspondance ; 4° Présentation de malades ; 5° Présentation des travaux.Les séances ne doivent pas durer plus de deux heures. Janvier 1958 Lavar.MÉDicaL 13 A moins d\u2019une autorisation préalable et exceptionnelle du président, quinze minutes seulement sont allouées pour chaque présentation ou communication.La discussion consécutive à chaque présentation ou communication est limitée à cinq minutes.Texte et résumé des communications Le texte de toute communication faite devant la Société doit être déposé séance tenante entre les mains du secrétaire pour publication dans le Laval médical.Un résumé succinct (une vingtaine de lignes) des travaux doit être ft ° r annexé au texte intégral.Ces formalités sont de rigueur absolue.INVITÉS Les membres de la Société médicale de Québec sont admis aux séances de la Société médicale des Hôpitaux universitaires.PUBLICATIONS Aucune communication ne peut être publiée au nom de la Société sans l\u2019approbation du Bureau.ae Ae, CT COMMUNICATIONS LES BRÛLURES * (Compilation de quatre-vingt-douze cas) par François BRISSON et Roméo LAFRANCE de l'Hôtel-Dieu Saint-Vallier de Chicoutimi Depuis dix ans le traitement des brûlures s\u2019est considérablement amélioré.C\u2019est grâce à une meilleure compréhension des phénomènes physio-pathologiques provoqués chez les brûlés, que nous pouvons maintenant sauver certains malades qui, Il y a dix ans, étaient condamnés à une mort certaine.En présence d\u2019un grand brûlé, 1l faut tout de suite penser à l\u2019évolution probable de ses lésions, évolution qui sera longue et susceptible d\u2019entrainer des complications variées.Dans les premiers jours, ce sont les déséquilibres du volume sanguin qui dominent la scène et, dans les jours suivants, les troubles métaboliques.Puis, viennent les complications respiratorres, l\u2019infection, l\u2019anémie, les amputations inévitables, les ankyloses.Dès le début 1l faut * Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 21 septembre 1956. Janvier 1958 Lavar MEbicaL 15 penser à toutes ces éventualités pour pouvoir les prévenir ou en diminuer l\u2019importance.Au cours de ce travail, nous rapporterons les cas de brûlures que nous avons traités et résumerons la conduite générale du traitement que nous avons appliqué.| Appréciation des brûlures L\u2019appréciation de la gravité d\u2019une brûlure se fait en considérant l\u2019étendue et la profondeur de la surface brûlée.a) Étendue : On connaît la règle classique de Berkow pour apprécier l\u2019étendue de la brûlure.Ces dernières années, des auteurs ont préconisé une règle plus simple, dite « règle des neuf », qui est beaucoup plus facile d\u2019application.Chaque membre supérieur correspond à neuf pour cent de la surface du corps, la tête à neuf pour cent, la face antérieure du tronc et de l\u2019abdomen à 18 pour cent, la face postérieure à 18 pour cent également, chaque membre inférieur à 18 pour cent.D\u2019une façon générale, on surestime l\u2019étendue d\u2019une brûlure et on sousestime sa profondeur.TaBLEAU | Étendue des brûlures SURFACE BRULÉE NOMBRE DE PATIENTS POURCENTAGE 0 à 10% 68 73,9 11 à 25% 12 13,0 25% et plus 10 10,9 non évaluée 2 2,2 Moyenne de la surface brilée.13,7% 16 LavaL MEbpicaL Janvier 1958 b) Profondeur : IB Nous connaissons tous la classification de Dupuytren concernant la profondeur des brûlures.Au lieu des six degrés de cette classification, on reconnaît qu\u2019il est plus simple de classer les brûlures en trois degrés : soit l\u2019érythème, la phlyctène et l\u2019escharre.Le premier degré c\u2019est tout simplement de l\u2019hyperhémie cutanée ; dans le deuxième degré, la nécrose du derme est plus ou moins profonde, mais toujours partielle ; dans le troisième degré, la nécrose du derme est totale ou encore partielle, mais très profonde et les cellules restantes sont détruites par l\u2019infection.La nécrose peut dépasser la peau et même se rendre jusqu\u2019à l\u2019os.Un relevé de nos cas personnels nous montre la distribution suivante (tableau Il) quant à l\u2019étendue et à la profondeur des brûlures que nous avons traitées.TasrLeau II Profondeur des brûlures NOMBRE DE PATIENTS DEGRÉ POURCENTAGE 9 1\u20acF 9,8 25 2e 27,7 13 3e 14,8 6 1°', 2\u20ac et 3° 6,7 26 1°\" et 2° 26,9 11 2\u20ac et 3° 11,9 2 1°\" et 3° 2.3 Classification des brûlures En vue de leur traitement, Curtis et Soroff, de l\u2019Armée américaine, classifient les brûlures en trois groupes : A.Les brûlures graves qui doivent être traitées dans un hôpital desservi par un personnel entraîné, et comportant toutes les facilités matérielles ; Janvier 1958 Lavar MéDicAL 17 B.Les brûlures de moyenne gravité susceptibles d\u2019être convenablement traitées dans n\u2019importe quel centre ; C.Les petites brûlures qui n\u2019entraînent pas la nécessité de l\u2019hospitalisation.Ces auteurs groupent les brûlures de la façon suivante : A.Brûlures graves : 1.Les brûlures compliquées de Iésions des voies respiratoires ; 2.Les brûlures du deuxième degré dont l\u2019étendue dépasse 30 pour cent de la surface du corps ; 3.Les brûlures du troisième degré à la face, aux mains, aux pieds, aux organes génitaux ou toute autre brûlure du troisième degré dont l\u2019étendue dépasse 10 pour cent de la surface corporelle ; 4.Les brûlures compliquées de fractures ou de lésions des tissus mous; 5.Les brûlures électriques.B.Brûlures de movenne gravité : 1.Les brûlures du deuxième degré dont l\u2019étendue est de 15 à 30 pour cent de la surface du corps.2.Les brûlures du deuxième degré d\u2019une étendue de moins de 10 pour cent de la surface du corps lorsque les mains, la face, les pieds ou les organes génitaux sont impliqués C.Brtlures légères : 1.Les brûlures du deuxième degré dont l\u2019étendue n\u2019atteint pas 15 pour cent de la surface corporelle ; 2.Les brûlures du troisième degré affectant moins de deux pour cent de la surface du corps.Traitement Nous discuterons des différentes phases du traitement d\u2019après les étapes les les suivantes : 1.Le premier jour ; 2.Du deuxième au cinquième jour ; 3.Du cinquième au quinzième jour; 4, Du quinzième jour à trois mois et plus.(11) 18 Lavar MÉDpicaL Janvier 1958 1.Le premier jour : Dès le début, 1l faut soulager la douleur.On tente la sédation par les barbituriques, et s\u2019ils s\u2019avèrent insuffisants on peut recourir à la morphine mais avec prudence afin de ne pas provoquer de dépression respiratoire ; le largacti! peut être avantageusement associé aux barbituriques et aux autres sédatifs : il potentialise leur action.L'histoire et l\u2019examen du brûlé permettent d\u2019apprécier l\u2019étendue et la profondeur des brûlures.On a soin de faire un cathétérisme vésical et de laisser une sonde à demeure afin de recueillir les urines à toutes les heures.Dès ce moment 1l faut penser : 1° A maintenir l\u2019équilibre du volume sanguin ; 2° À déterminer la nature et la quantité des liquides à administrer.On sait que dans les brûlures étendues, une quantité considérable de plasma est attirée hors des vaisseaux et vient se loger dans les espaces Interstitiels des tissus environnant les brûlures.De plus, à la surface même de la brûlure, on observe un suintement considérable de plasma, ce qui réduit le volume du plasma circulant.Si la diminution du volume du plasma circulant est assez accusée, il peut s\u2019ensuivre un collapsus circulatoire aboutissant à l\u2019anurie et, parfois, à la mort.Il faut alors prévoir d\u2019une façon approximative au moins, la quantité de liquides à administrer.Il existe plusieurs formules qui peuvent toutes être utiles.Toutefois, le médecin doit les utiliser en tenant compte des besoins individuels de chaque malade, de son état général, de son cœur, de son âge.Francis D.Moore, a établi une règle qui peut nous servir de guide : une brûlure de plus de 25 pour cent de la surface du corps demande environ dix pour cent du poids du corps en plasma dans les premières 48 heures, pour remplacer les pertes de liquides dues à l\u2019ædème ou à l\u2019exsudation.De plus, les pertes de liquides par les poumons, la peau et le rein doivent être remplacées, la première par du soluté glucose, les deux Janvier 1958 Lavar MÉDicAL 19 dernières par du soluté mixte, soit environ 3 000 cm3 de l\u2019un et de l\u2019autre par 48 heures.Environ la moitié de ces solutés doit être administrée dans les premières douze heures, l\u2019autre moitié plus lentement dans les 36 heures suivantes.Une transfusion de 500 cm3 de sang est donnée dans les premières 48 heures.Ainsi, un malade qui a une brûlure de 40 pour cent du tronc et des extrémités et qui pèse 60 kg doit recevoir, dans les premières 48 heures : 1° 6 000 cm3 de plasma, pour les pertes de liquides dues à l\u2019œdème ou à l\u2019exsudation : 2° 3 000 cm3 de soluté glucosé pour les pertes pulmonaires ; 3° 3 000 cm3 de soluté mixte pour les pertes rénales ; 4° 500 cm3 de sang.Ces 12,5 litres liquides seront administrés comme suit : 6 000 cm3 au cours des 12 premières heures ; 3 000 cm3 au cours des 12 heures subséquentes ; et 3 500 cm3, dont 500 cm3 de sang au cours de la deuxième journée.On règle le débit des liquides perfusés en calculant le nombre de gouttes à la minute.Si 15 gouttes équivalent à un cm}, il faut administrer 125 gouttes à la minute pour donner 6 000 cm3 en 12 heures; aussi, pour obtenir la perfusion de tout ce liquide on doit installer au moins deux appareils à solutés qui fonctionnent simultanément.Pour savoir si la quantité des liquides perfusés est suffisante on note le débit urinaire par heure.La moyenne doit être de 25 à 60 cm?par heure, soit 500 à 1 200 cm3 par 24 heures.Si le débit atteint ou dépasse 100 cm3 à l\u2019heure, il faut diminuer les liquides.Et si Ie débit n\u2019est que de dix cm3 ou moins par heure on doit craindre un blocage tubulaire rénal, qui peut entraîner une insuffisance rénale aiguë et, conséquemment, une acidose et une azotémie élevées.Mais 1l peut ne s\u2019agir que d\u2019une quantité insuffisante de liquides.On fait alors le test suivant : on injecte 1 000 cm3 de plasma ou de soluté rapidement, soit en une heure.Si le débit urinaire baisse quand même il s\u2019agit d\u2019une insuffisance urinaire 20 Lavar MEbpicaL Janvier 1958 aiguë ; si le débit urinaire monte : c\u2019est que la thérapeutique était insuffisante.MÉDICATION.a) Locale.Au cours des premières heures nous faisons généralement un pansement de vaseline sur la surface brûlée en employant de la gaze de Jelonet ; toutefois il arrive que dans certains cas nous ne faisons aucun pansement et laissons la surface brûlée à l\u2019air libre.Certains auteurs préconisent un traitement local à l\u2019air libre, d\u2019autres veulent que toutes les lésions soient fermées et isolées.Il semble que les deux méthodes ne constituent pas deux écoles de pensées différentes mais deux techniques qui doivent être employées alternativement.Le tableau II résume les méthodes que nous avons employées : TapLEAU III NOMBRE DE PATIENTS TRAITEMENT POURCENTAGE 62 Lésions fermées 62,58 7 ['ésions ouvertes 7,60 21 Traitement mixte 22,82 23 Greffes 25,0 Durée moyenne d\u2019hospitalisation : 33,38 jours.Deux patients sont décédés avant tout traitement.b) Générale.La médication générale comprend des antibiotiques, le sérum antitétanique et les hormones.Les soins particuliers demandent un personnel médical et hospitalier spécialisé.II faut, entre autres mesures, vérifier le volume des urines à toutes les heures, relever le pouls, la fréquence respiratoire et la pression artérielle.Il importe enfin de surveiller les voies respiratoires. Janvier 1958 LavarL MÉpicaL 21 Les principaux examens de laboratoire demandés sont les examens d\u2019urine, l\u2019hématocrite, l\u2019azotémie et la protéinémie.2.Du deuxième au cinquième jour : Cette période est caractérisée par la formation d\u2019ædèmes à la surface brûlée.Comme on l\u2019a déjà mentionné, cet œdème est constitué de plasma de haute teneur en protéines et est responsable du trouble fondamental dans l\u2019équilibre hydrique et le volume plasmatique.C\u2019est pourquoi on attend avec anxiété le début de la diurèse spontanée.Soudainement, souvent en une heure ou deux, le volume des urines augmente sans aucun changement dans le traitement ; de 25 cm3 à l\u2019heure, 1l passe, par exemple, à 150 cm3.II faut alors réduire l\u2019administration des liquides et même, dans la majorité des cas, cesser l\u2019administration des liquides par voie intraveineuse et donner par la bouche des quantités suffisantes de liquides pour remplacer les pertes insensibles.II est inutile et même nuisible d\u2019alimenter le malade durant cette période et les pansements ne doivent pas être touchés sauf pour assurer le confort au patient.II est de plus important de surveiller les voies respiratoires qui peuvent être l\u2019objet d\u2019une obstruction tardive.3.Du cinquième au quinzième jour : a) Alimentation.On note que les pertes de protéines sont considérables.C\u2019est le temps d\u2019alimenter le malade.L'objectif doit être de lui donner 3 500 calories, 450 g de glucides, 250 g de protémes et des vitamines, en injections de préférence.b) Antibiotiques.Il est bon de changer d\u2019antibiotiques à intervalles réguliers au cours du traitement.L\u2019emploi prolongé des antibiotiques augmente la résistance microbienne à leur action.c) Transfusions.On donne environ deux transfusions par semaine.d) Examens.On contrôle la formule sanguine, le fonctionnement renal, le volume sanguin, l\u2019équilibre hydrique et les électrolytes en faisant les examens suivants une ou deux fois par semaine selon Iles besoins : azotémie, hématocrite, protéinémie et bilan électrolytique.e) Pansements.A partir du septième au huitième jour, on change les pansements une fois par semaine, sous anesthésie générale ou sous hibernation.A plusieurs reprises, le docteur Comtois a utilisé un 22 Lavar MÉDicaL Janvier 1958 cocktail hibernant à la satisfaction de tous.On enlève les tissus nécro- tiques et on commence les greffes vers le quinzième jour.Le temps idéal pour greffer se situe entre la troisième semaine et le troisième mois.S\u2019il n\u2019a pas été possible de couvrir les surfaces brûlées durant cette période, on aura beaucoup de difficultés dans la suite, parce que l\u2019état général du malade est de moins en moins bon.Dès qu\u2019on a commencé à greffer, on change les pansements et on greffe à tous les cinq Jours en autant que possible.Les tableaux IV et V résument les résultats que nous avons obtenus.TasLEaU IV État des malades au départ de I\u2019bépital ÉTAT NOMBRE DE PATIENTS POURCENTAGE En voledeguérison.37 40,3 GUErTIS.«ooo ana 52 56,5 Décédés .ooiii i.3 3,2 TaBLEAU V Complications observées COMPLICATIONS NOMBRE DE PATIENTS POURCENTAGE Infection.ccc.18 19,6 Chéloide.coo iii.1 1,1 Paraphymosis.1 1,1 Amputation.c.iuiuan.2 2,1 Décés.aa ea aa nee ve 3 3,2 Janvier 1958 LavaL MEbpicaL 23 BIBLIOGRAPHIE 1.ARTZ et Sororr, Modern concept in the treatment of burns, J.A.M.A., p.411, (oct.) 1955.2.BErkow, S.G., An outline for emergency treatment of catastrophic burns, J.Internat.Coll.Surgeons, p.355, (sept.) 1955.3.COLSON, STAGNARA, et al., Le traitement accéléré des grands brilés, Lyon Chir., p.16, (jan.) 1915.4.Dupont, C., Les brolures.Modifications locales et générales, immédiates et médiates.Leur traitement général, Union méd.du Canada, p.1047, (sept.) 1956.Harpy, et al, Thermal burns in man.IV.Body weight changes Oy during therapy, Surgery, p.685, (oct.) 1955.6.LAGROT, ANTOINE et CÉSAIRE, Les troubles du métabolisme protidique chez les brûlés : essai d\u2019étude physio-pathologique, Lyon chir., p.191, ({év.-mars) 1955.MARTIN et Evans, The treatment of acute burns, M.Clin.North America, p.119, (juil.) 1953.8.MONSAINGEON, Contribution à la pathologie expérimentale des 1 brûlures cutanées, Lyon chir., p.269, (avril) 1954.9.Moore, F.D., Burns, an annotated outline for practical treatment M.Clin.North America, p.1201, (sept.) 1952.10.WarracE, A.B., Assessment and emergency treatment of burns, Brit.M.J., p.1136, (5 nov.) 1955.11.WiLson, C.E., The exposure method of burn treatment, A.M.A.Arch.Surg., 71 : 424.(sept.) 1955.Discussion Le docteur Paul Poliquin souligne que si le traitement général des brûlés est très bien établi depuis la guerre, les opinions sur le traitement local des brûlures restent bien divergentes dans l\u2019esprit des thérapeutes.Après la période empirique est venue la période du tannin de Davidson.Puis plus récemment on a recommandé diverses catégories de pansements, jJusqu\u2019aux pansements occlusifs dans le plâtre.L\u2019expérience du docteur Poliquin se limite à une vingtaine de cas atteints de 20 à 35 pour cent de la surface corporelle.Il recommande 24 LavarL MéEbpicaL Janvier 1958 instamment la méthode dite des trois teintures préconisée par Firror et Aldrecht, de Boston, dont il a obtenu d\u2019excellents résultats.Il s\u2019agit de dévêtir le malade dans une chambre chaude et de pulvériser les brûlures débarrassées de leurs phlyctènes avec une solution à deux pour cent de vert brillant, d\u2019acriflavine neutre et de violet de gentiane.La peau teintée noir se chamoise, cesse de suinter, ne fait plus mal, ne s\u2019infecte pas et cicatrise parfaitement.Si des croûtes apparaissent près des orifices, 1l suffrt de les enlever aux ciseaux et de pulvériser de nouveau.On garde le malade au chaud revêtu d\u2019un drap stérile.[1 ne semble pas que ces teintures soient toxiques.L\u2019inconvénient est que le linge demeure taché.Si les brûlures ont été antérieurement recouvertes de pommade, 1l faut dégraisser complètement, ce qui n\u2019est pas facile.Le docteur Paul Lacroix demande si ce mélange se vend tout préparé dans le commerce.Le docteur Poliquin répond qu\u2019il faut le faire préparer.On vend bien une pommade contenant deux des ingrédients mentionnés, mais elle ne donne pas de si bons résultats que la pulvérisation.Le docteur Louis-Joseph Gobeil, en clientèle générale, a emplové l\u2019acide tannique, le violet de gentiane, les sulfamidés seuls ou avec de l\u2019huile de foie de morue ce qui favorise les chéloïdes.Parce que la couleur importe dans les traitements à domicile, 1l a fini par adopter la pommade au picrate de butésine recouverte d\u2019une gaze, qu\u2019on peut répéter, qui ne tache pas et qui fournit de belles cicatrices.Le docteur Maurice Giroux demande si on a l\u2019expérience d\u2019un examen de laboratoire intéressant pour le pronostic des brûlures, le dosage de l\u2019hémoglobine plasmatique.Plus il est élevé, plus mauvais est le pronostic.Pour terminer, le docteur Brisson dit du traitement local que si les fonctions générales tiennent, les brûlures du premier et du deuxième degré guérissent parfaitement sans traitement local.Un pansement sec aseptique suffit.On le laisse en place 15 Jours sans y toucher.Une brûlure du troisième degré ne peut guérir autrement que par bourgeonnement ou par greffe. TUMEURS BÉNIGNES DE LA PEAU ET THUYA ! par Émile GAUMOND et Jean GRANDBOIS, F.R.C.P.(C) du Service de dermatologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec Certaines tumeurs bénignes sont si nombreuses et si peu esthétiques qu\u2019elles causent souvent plus de soucis au dermatologiste que certaines tumeurs malignes.Les femmes plus particulièrement les considèrent comme une atteinte à la beauté, et certaines, comme une véritable catastrophe.Les verrues vulgaires, les verrues planes et les condylomes sont de ces tumeurs que l\u2019on considère souvent avec mépris et que l\u2019on traite pour cette raison avec plus ou moins d\u2019enthousiasme.Les résultats que nous rapportons ici en rapport avec le traitement de certaines tumeurs bénignes ont été obtenus par l\u2019emploi de deux préparations contenant le même produit actif, le Thuva occidentalis, ou cèdre (white cedar).Cet arbre, qui pousse bien dans le Québec, a été reconnu depuis la plus haute antiquité pour posséder des propriétés thérapeutiques variées.Le Thuya, employé comme hémostatique par les Arabes, fut aussi utilisé, per os, comme expectorant sudorifique, antirhumatismal et diurétique.I.Travail présenté à la Socitté médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 28 septembre 1956. 26 LavaL\u2026 MépicaL Janvier 1958 Le Thuya fut, selon certains botanistes, le remède qui sauva Jacques Cartier et ses hommes d\u2019équipage de la mort lors de l\u2019épidémie de scorbut qui les atteignit durant l\u2019hiver de 1535-1536 au deuxième voyage du découvreur du Canada.Disons, en passant, qu\u2019à cette occasion fut pratiquée la première autopsie au confluent de la rivière Saint-Charles et Lairet, dans la cité de Québec actuelle.Rappelons encore que Cartier et ses marins purent survivre grâce à l\u2019infusion de Thuya pour les uns, d\u2019épinette pour les autres, infusion qui fut conseillée à Cartier par les Indiens sous le nom d\u2019Ameda ou Anedda.Dès avant 1890, J.R.Leaming, de New-York, a fait prendre la teinture de Thuya préparée avec les feuilles dans les affections cancéreuses et a employé avec succès la même préparation localement contre les excroissances de « mauvaise nature ».En 1828, des médecins allemands recommandèrent l\u2019huile éthérée de Thuya comme anthelmintique.Plus tard, un médecin polonais vanta cette huile essentielle comme un moyen topique des plus précieux contre les condylomes rebelles.L\u2019emploi de la teinture alcoolique des feuilles de Thuya a donné au docteur Mohnike, de Berlin, de très belles cures dans ces dernières affections.Le produit que nous avons utilisé est un extrait alcoolique de Thuya préparé avec les feuilles et l\u2019écorce d\u2019arbres jeunes.La préparation de cet extrait a été faite dans les laboratoires de la pharmacie de l\u2019Hôtel- Dieu de Québec par Sœur Marie-Médiatrice, pharmacienne.Préparation de l\u2019extrait de Thuya : L\u2019extrait se prépare en laissant macérer dans de l\u2019alcool à 95 pour cent des feuilles et branches jeunes de Thuya.Cette macération se fait durant vingt-quatre heures et trois jours de suite.Chaque jour le produit de la macération est conservé à part et de l\u2019alcool frais à 95 pour cent est ajouté aux branches et feuilles déjà macérées.Tout le produit des trois jours de macération est alors réuni et évaporé jusqu\u2019à ce que un cm* d\u2019extrait corresponde à un gramme de substance fraiche.Deux formules ont été employées : l\u2019une (Grandbois), sous forme d\u2019une pommade contenant dix pour cent d\u2019extrait de Thuya dans l\u2019axonge, Janvier 1958 LavaL MEbpicaL 27 selon la formule recommandée par Perrin, l\u2019autre (Gaumond), sous forme de collodion contenant 50 pour cent d\u2019extrait additionné ou non d\u2019acide salicylique, formule personnelle.Le tableau I indique le nombre de cas traités de même que les différentes variétés de tumeurs bénignes qui ont été soumises à cette thérapeutique par les deux préparations déjà mentionnées.TABLEAU | Tumeurs bénignes traitées par des applications locales d\u2019un extrait de Thuya TUMEURS VARIÉTÉ NOMBRE DE CAS Verrues vulgaires 95 Verrues planes juvéniles 12 Verrues plantaires 4 Condylomes 2 Kératoses arsénicale et 1 sur radiodermite 1 Total : 115 Le nombre total de malades traités est de 115 ; de ces cas nous n\u2019en retiendrons que 78 (tableau 1I) que nous avons pu suivre ou qui ont répondu au questionnaire qui leur fut adressé.De ces 78 cas, 36 avaient été traités par la pommade et 42 par le collodion au Thuya.De ces malades, les uns avaient deux ou trois verrues, les autres plusieurs, jusqu\u2019à trente ou quarante, et dans un cas soixante-et-cinq verrues vulgaires.Dans le groupe traité au collodion au Thuya 1l n\u2019y eu en réalité que trente-cinq malades traités pour verrues car deux sur les trente-sept malades ont été traités pour des cors aux pieds, l\u2019un pour cor sur les TABLEAU Il Résultats obtenus chez 78 malades traités par un extrait de Tbuya à concentration variable et duns des véhicules différents.8C EXTRAIT bE THuyA A 10\"5 DANS L\u2019AXONGE ExTRAIT DE TiruyA A 50% DANS LE COLLODION TUMEURS V ARIETE TT Nombre Guéris Ameliorss Nom Nombre Guéris Améliores Nom de cas guéris de cas guéris Verrues vulgaires 30 15 4 11 37 31 2 4 Verrues planes juvéniles 3 3 0 0 0 Verrues plantaires 2 1 0 1 2 1 0 1 Condylomes 0 2 2 0 0 arsénicale 1 1 Kératoses sur radiodermite 1 0 1 0 Résultat en pourcentage 36% 52,86 11,1% 36,1% 429.80,9, 2,47 16,7 TVIOITQIIN TVAVT] 8461 J9IAUE[ Janvier 1958 LavaL MEpicaL 29 orteils, l\u2019autre aussi mais en plus pour un « ceil de perdrix ».Ces deux malades, deux femmes, ont été très satisfaites d\u2019un traitement qui enlevait la tumeur douloureuse, sans douleur ! Le collodion au Thuya semble plus actif que la pommade : 80,9 pour cent de guérison par rapport à 52,8 pour cent mais il semble bien par ailleurs qu\u2019il prenne un peu plus de temps à se manifester.La pommade manifeste ses résultats dans les premières semaines le plus souvent ; le collodion ne donne quelquefois un résultat qu\u2019après plusieurs semaines, trois mois dans un cas.Ajoutons toutefois que les malades utilisent volontiers plus longtemps le collodion que la pommade.Si le collodion est plus facile d\u2019emploi que la pommade 1l a cet inconvénient de s\u2019évaporer rapidement.La pommade au Thuya, la seule qui fut utilisée, a amené une guérison dans trois cas sur trois de verrues planes juvéniles : excellent résultat par conséquent.Deux cas de condylomes ont été traités.Un de ces malades était un diabétique.Même si les cas sont peu nombreux 1l nous a paru que ce traitement avait l\u2019avantage sur le podophyllin d\u2019être sans douleur et sans danger, l\u2019effet caustique étant moins violent.Sur les quatre malades atteints de verrues plantaires, deux ont été gueris.Un malade, médecin, a vu disparaitre les trois quarts de nombreuses lésions kératosiques des doigts consécutives à l\u2019usage sans protection suffisante de la radioscopie.Une de ces kératoses, non traitée au Thuya était transformée en épithélioma et a nécessité l\u2019amputation d\u2019un doigt.Nous n\u2019ignorons pas combien sont nombreux les traitements utilisés pour la guérison de certaines tumeurs bénignes, en particulier des verrues ; ils vont de la suggestion a la reentgenthérapie, a différents topiques, injections ou prises de médicaments, vaccins, etc.L\u2019extrait de Thuya s\u2019ajoute a cette liste.Ce produit, s\u2019il a déjà été employé en Amérique, semble bien oublié.Il nous a paru convenable que deux dermatologistes canadiens dont les ancêtres sont venus de France 1l y a trois cents ans, quelques années seulement après la fondation de Québec, le fassent revivre à votre mémoire. 30 LavaL MeEpicaL Janvier 1958 BIBLIOGRAPHIE 1.DERVAULT, revisé par Wurtz, F., Officine de pharmacie pratique, 1898.2.PERRIN, L., La teinture de Thuya en pommade dans le traitement des verrues, Ann.derm.syph., 81 : 43, (jan.-fév.) 1954.3.PERRIN, L., Bull.Soc.franc.derm.syph., pp.219-220, (13 juil.) 1955.VICTORIN, Fr.M.-, Flore laurentienne, 1947.~ 5.Traité élémentaire de matière médicale des Sœurs de la Providence, 1890. LE LORPHAN EN OBSTÉTRIQUE * par Oscar GARANT, Grégoire SAINT-ARNAUD et Maurice CAOUETTE de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.Le but de cette communication est de faire part des résultats obtenus avec le Lorphan, marque commerciale du tartrate de levallor- phan, dans le Service d\u2019obstétrique de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.C\u2019est grâce au docteur Fernando Hudon, chef du Service d\u2019anesthésie de l\u2019Hôtel-Dieu, que nous avons pu utiliser ce médicament à titre gracieux.Nous avons relevé 280 dossiers de patientes qui ont accouché dans notre milieu au cours de l\u2019année 1956.Notre étude a été faite dans un but tout à fait désintéressé et objectif, et nous sommes parfaitement conscients de la discutabilité des conclusions tirées de statistiques.Cliniquement, le tartrate de levallorphan est le tartrate de levo-3- hydroxy-N-allymorphinan et c\u2019est un antagoniste des narcotiques.Ceci a été démontré par l\u2019expérimentation sur les animaux de laboratoire tels que la souris, le rat, Ie lapin et le cobaye.Chez l\u2019homme également, l\u2019utilisation du lorphan a permis de contir- mer son action antagoniste sur les narcotiques qui ont pour ennui d\u2019occasionner une dépression respiratoire caractérisée par une diminution du débit et du volume de la respiration.Cependant, le lorphan est inefficace pour lutter contre la dépression respiratoire causée par les barbituriques, * Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 25 janvier 1957. 32 Lavar MÉDicaL Janvier 1958 les anesthésiques et les agents non narcotiques ou la dépression due à des causes pathologiques.«Le mécanisme d\u2019action des antagonistes des narcotiques n\u2019est pas totalement connu et ne peut être expliqué entièrement à cause de l\u2019imperfection de nos connaissances en pharmacologie cellulaire.Une hypothèse intéressante (1 et 2) a été exposée selon laquelle 1l existerait une compétition entre le narcotique et son antagoniste pour la prise de possession des cellules des centres sensoriels et respiratoires.L\u2019administration d\u2019un antagoniste du narcotique après une forte dose de narcotique produit toujours, selon cette théorie, un déplacement de l\u2019analgésique de la plupart des cellules respiratoires et de quelques cellules sensorielles réceptives.II se produit alors une diminution de la dépression respiratoire accompagnée d\u2019une réduction modérée de l\u2019analgésie.» En clinique, le lorphan est utilisé avec succès selon plusieurs observateurs dans le traitement de la dépression causée par un surdosage de narcotiques.pour prévenir la dépression respiratoire chez les futurs opérés et chez les patients qui reçoivent des analgésiques narcotiques.En obstétrique, le lorphan peut être utilisé dans le traitement de la dépression respiratoire de la mère due aux narcotiques et dans la prévention de cette dépression respiratoire chez la mère et le nouveau-né.Pour cette communication nous nous sommes limités à étudier les effets du lorphan administré à la mère à titre de préventif de la dépression respiratoire chez le nouveau-né.Nous avons relevé les dossiers de 280 cas d\u2019accouchement qui eurent lieu à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec au cours de l\u2019année 1956.L\u2019âge des patientes variait de 16 à 43 ans ; il y avait 97 primi- gestes, soit 34,6 pour cent et 183 multigestes, soit 65,4 pour cent.De ces 280 accouchements, 249 furent à terme, 24 avant terme et 7 dépassant terme.1! y eut 265 grossesses normales, et dans 15 cas 1l y eut des troubles de grossesse tels qu\u2019intoxication gravidique ou placenta præna.Quant aux présentations, il y eut 94,6 pour cent de présentations céphaliques, 3,2 de présentations podaliques, et 2,2 pour cent de grossesses gémellaires (tableau I).Le forceps fut utilisé dans 87 cas, soit 31 pour cent, et l\u2019épisiotomie pratiquée dans 75 cas, soit 27 pour cent. Janvier 1958 Lavar MépicaL 33 TapLEau | Classification des présentations observées Cas Co 1.Présentations cépbaligues \u2014 .265 |.94,6 Antérieures.|.206 73,6 Postérieures.|.59 21,0 2.Presentations podaliques \u2014 .9 |.3,2 Antérieures.|.4 1,4 Postérieures.{.5 1,8 3.Grossesses gémellaires \u2014 1111111 LL 6 |.2,2 OIDP et SIGA ; SIGA et OIGA OIGA et OIGA ; OIGA et OIDP SIDA et OIGA ; SIDA et OIDP Pour enregistrer les observations que nous faisons sur l\u2019enfant à sa naissance, nous utilisons une feuille dite d\u2019Évaluation du nouveau-né qui fut introduite ici par le docteur Maurice Richard, chef du Service de pédiatrie.C\u2019est la version française d\u2019une formule qui existe déjà dans certains hôpitaux américains.ÉVALUATION DU NOUVEAU-NÉ Un pronostic de vie peut être porté sur tout nouveau-né une minute après sa sortie des voies génitales, que le cordon soit coupé ou non.x Deux points sont accordés à chacune des cinq parties de l\u2019examen qui s'avèrent satisfaisantes : 1° Pulsations cardiaques : Entre 100 et 140.2 points Moms de 100.1 point Aucun battement.0 (12) 34 Lavar MÉDicaAL Janvier 1958 2° Respiration : 40/minute.2 points Intervalles d\u2019apnée.1 point Apnée.canne 0 Rosée.o.aan 2 points Ni rosée, ni cyanosée.1 pomt Cyanosée ou blanche.0 4° Réflexe d\u2019irritabilité : L'introduction du cathéter et l\u2019aspiration de sécrétions pharyngées entraînant la production d\u2019une grimace.2 points L\u2019enfant neréagitpas.0 5° Tonus musculaire : L\u2019enfant résiste a \u2019extension de la jambe 2 points L\u2019enfant résiste faiblement.1 point L\u2019enfant est atonique.0 Les statistiques montrent que les enfants ayant conservé de huit à dix points ont un taux de mortalité de 0,13 pour cent, que ceux qui ont obtenu de deux à sept points ont un taux de mortalité de 1,1 pour cent et qu\u2019enfin le taux de mortalité est de 14 pour cent pour ceux qui conservent moins de deux points.OBSERVATIONS Le tableau IT indique l\u2019état, à la naissance, des bébés dont la mère n\u2019avait reçu aucun médicament au cours du travail.Il est à noter que 68,2 pour cent de ces bébés ont conservé le total des points, soit dix.De plus, les substances anesthésiques utilisées chez nos accouchées ont toujours été les mêmes soit le protoxyde d\u2019azote, le cyclopropane et l\u2019oxygène.Par ailleurs, les substances analgésiques employées ont varié ; ce furent soit le démérol, soit le nisentil, soit le nembutal et hyoscine. te, es Janvier 1958 Lavar MÉDICAL 35 TasrLeau II Patientes n\u2019ayant reçu aucun médicament au cours de leur travail (66 cas, soit 23,6%) ÉTAT DES BÉBÉS A LEUR NAISSANCE 10 points.LL LL LL LL ann 45, soit 68,2% OPoINtS.0 LL LL LL LL LL Lane 8, soit 12,19, points.LL Lane 8, soit 12,1% 7 points.11111100 0020 ALL a a LL Lane 2, soit 3,0% OG POINES.LL LL a aa aan» 1, soit 1,8% 4poINtS.Lo La La La Lee aan» 2, soit 3,0% Le tableau FI montre l\u2019état, à la naissance, des bébés dont la mère avait reçu 50 mg de démérol seulement : TasrLeau [II Patientes ayant regu 50 mg de démérol (25 cas, soit 9%) ETAT DES BEBES A LA NAISSANCE 10 points.111111211020 LL LL LL LL Le 17, soit 689 OpoInNts.o.oo AL LL Lane 4, soit 16% points.LL Lea LL Le 3, soit 12% 7 points.1220 0010 aa ea LL LL ae 1,soit 4% Si nous étudions maintenant l\u2019état à la naissance, des bébés dont la mère avait reçu 4,5 gr de nembutal et 0,01 gr d\u2019hyoscine (tableau IV), nous constatons que 40,5 pour cent seulement de ces enfants ont eu tous leurs points.C\u2019est une diminution de 28 pour cent.On se rend compte tout de suite, comme on pouvait le prévoir d\u2019ailleurs, que cette méthode d\u2019analgésie obstétricale, même si elle est agréable pour la mère, n\u2019en est pas moins dangereuse pour l\u2019enfant.Une forte proportion de ces enfants 36 LavaL MÉDICAL Janvier 1958 ont présenté une dépression respiratoire plus ou moins marquée.Malheureusement, le lorphan n\u2019étant pas un antagoniste des barbituriques, nous n\u2019avons pas pu l\u2019utiliser dans ces cas.TaBLEaU IV Patientes ayant reçu 4,5 gr de nembutal et 0,01 gr d\u2019hyoscine (37 cas, soit 13,2%) ÉTAT DES BÉBÉS A LA NAISSANCE 10 points.000000 00 0a eee eee ee 15, soit 40,5% 9 points.22000 022 Lea a LL ses 8, soit 21,6% POINTS.«ote 5, soit 13,5% 7 points.20000 0000 e aa eee aa 4, soit 10,8% GB POINTES.«ott eee 3, soit 8,0% À points.000000 02e ea aa aa aa este ee 1,soit 2,8% 1 point.0200000 200 ess aa eee eee sean 6 1, soit 2,89; De nos 280 cas relevés pour cette étude, 79, soit 28,2 pour cent ont reçu du lorphan.Si nous étudions maintenant les patientes qui ont reçu 50 mg de démérol et 1 ampoule de lorphan (tableau V), nous avons 64% des bébés qui ont obtenu dix points à la naissance.Les résultats dans ces cas n\u2019ont pas été améliorés par le lorphan.TaBLEaU V Patientes ayant reçu 50 mg de démérol et 1 ampoule de lorpban (11 cas, soit 4%) ÉTAT DES BÉBÉS A LA NAISSANCE 10 points.202000000 00 Lea a aa eee eee eee « 7, soit 64% QO POINES.ott tite i 1, soit 9% 8 points.0000000Le eee aa eee 2, soit 18% 7 points.2000000000 e a Lane e nas es 1,soit 9% À Janvier 1958 Lavar MeEbicaL 37 Le tableau VI rapporte l\u2019état des bébés dont les mères avaient reçu 100 mg de démérol.TasLEAU VI Patientes ayant reçu 100 mg de démérol (23 cas, soit 8,2%) ÉTAT DES BÉBÉS A LA NAISSANCE 10 points.1111L10 LL LL LL LL 9, soit 39,1% 9 points.12120201 ALL LL LL ALL 7, soit 30,4% points.1 LL LL LL Le 3, soit 13,0% 7 points.110101 01 LL LL LL A 1, soit 4,3% OPOINTS.ot LL LL LA 1, soit 4,3% 2POINtS.LL A LL LL LL 1, soit 4,3% Tpoint.coo La aa a 1, soit 4,39, Les résultats sont alors sensiblement les mêmes que ceux que nous avions obtenus avec le nembutal et l\u2019hyoscine.Les bébés sont autant déprimés.Maintenant si nous relevons les cas où la mère, ayant reçu 100 mg de démérol et 2 ampoules de lorphan (tableau VII) nous constatons une légère amélioration : 46,4 pour cent des enfants obtiennent dix points au lieu de 39,1 pour cent lorsque les 100 mg de démérol ont été utilisés seuls.Tapreau VII Patientes ayant reçu 100 mg de démérol et 2 ampoules de lorphan (28 cas, soit 10%) ÉTAT DES BÉBÉS A LA NAISSANCE 10 points.12200204 11 Le LL LL LL LL ana ne 13, soit 46,4% OpoInts.LL LL LA a La Le 4, soit 14,3% 8 points.1.121111 0 LL LL LL LL LL aa 6, soit 21,4% 7 points.1.111011 111 LL LL LL ALL LL 2, soit 7,1% 6 points.110121 1011 L LL A LA La 1, soit 3,5% POINTS.LL LL La La a 2,soit 71% 38 Lavar MÉpicaL Janvier 1958 Le tableau VIII montre que 12,1 pour cent de nos patientes ont reçu de 30 à 60 mg de nisentil seul, et qu\u2019alors 41,2 pour cent des bébés ont eu dix points à la naissance.TaBsrLeau VIII Patientes ayant reçu 30 a 60 mg de nisentil (34 cas, soit 12,1%) ÉTAT DES BÉBÉS A LA NAISSANCE 10 points.1111111011 LL LL LA LL 14, soit 41,2% OPOINtS.oo.LL LL LL 7, soit 20,6% 8 points.1111121 LL LL LL LL 8, soit 24,7% 7 points.111111 11111 LL LL 1, soit 3,0% BS POINES.La LL La Le 1, soit 3,0% 2POINtS.LL La LL ae 2, soit 4,5% QO point.AS 1, soit 9,0% Par ailleurs, nous avons 32 patientes qui ont reçu 30 mg de nisentil et deux ampoules de lorphan (tableau IX).Dans ces cas, 56,2 pour cent des enfants ont conservé dix points à la naissance.Il y a donc ici une amélioration importante dans la condition des bébés à la naissance qui semble bien attribuable à l\u2019effet antagoniste du lorphan dans la dépression respiratoire.TaBrLeau IX Patientes ayant reçu 30 mg de nisentil et 2 ampoules de lorphan (32 cas, soit 11,9%) ÉTAT DES BÉBÉS A LA NAISSANCE 10 points.LL 18, soit 56,2% OpOINtS.LL LL LL LL LL 5, soit 15,6% Points.1 LL LL LL LL LL LL 2, soit 6,2% 7 points.111111111111 ALL LL LL 3, soit 9,4% 6 points.111111L LL LL LL LL LL 2, soit 6,2% 2 points.1111111111 L LL LL RL LL |, soit 3,2% 1 point.LL LL 1, soit 3,27 Janvier 1958 Lavar.MÉDICAL 39 Viennent ensuite huit patientes qui reçurent 60 mg de nisentil et deux ampoules'de lorphan.Dans leurs cas (tableau X) on remarque que 37,5 pour cent des enfants seulement eurent dix points.On sait en effet que le nisentil a un effet qui peut être nuisible à l\u2019enfant lorsqu\u2019il \u201cest administré à la dose de 60mg.II semble que dans ces cas, Ie lorphan n\u2019ait pas rendu service.TABLEAU X Patientes ayant reçu 60 mg de nisentil et 2 ampoules de lorphan (8 cas, soit 3%) ÉTAT DES BÉBÉS A LA NAISSANCE 10 POINTS.«Lo A A aa ee 3, soit 37,5% 8 points.1120101 00 LL LA Las aa na ee 3, soit 37,59, 6 points.1111111011 LL LL ane 1, soit 12,5% À points.1111211111 LL LL La a Lane 1, soit 12,59, Enfin nous avons étudié dix cas où les mères ont reçu 30 mg de nisentil, 50 mg de démérol et une ampoule de lorphan.Alors, 50 pour cent des bébés ont obtenu dix points à leur naissance (tableau XI).TABLEAU XI Patientes ayant reçu 30 mg de nisentil, 50 mg de démérol et 1 ampoule de lorphan (10 cas, soit 2,8%) ÉTAT DES BÉBÉS A LA NAISSANCE 10 points.1.111210 LL La a La aa aa ee 5, soit 50% 9 points.L1LLL LL LL LL aa 1, soit 10%, points.LL La La LL a Lea 2, soit 20% 7 points.1111111101 ALL La Lane 1, soit 10% 6 points.111111 11104 a aa Le LL 1, soit 10% En résumé, il nous semble à la suite de cette étude sur le lorphan que ce médicament a rendu des services importants pour prévenir la 40 Lavar.MÉDICAL Janvier 1958 dépression respiratoire du nouveau-né, lorsque nous l\u2019avons utilisé chez des mères ayant reçu 30 mg de nisentil.Cependant, dans les cas où la mère avait reçu 60 mg de nisentil, nous n\u2019avons pas remarqué que le lorphan ait amélioré la condition des bébés a la naissance.BIBLIOGRAPHIE 1.LANDMESSER, CoBB et CONVEISE, Anasthesiol., 14 : 535, 1953.2.LANDMESSER, CoBB et CONVEISE, Anæsthesiol., 16 : 520, 1955.Discussion Le docteur Garant souligne que malgré les progrès de l\u2019obstétrique, chaque fois qu\u2019on intervient contre les douleurs maternelles, c\u2019est au détriment de l\u2019enfant.Le docteur Marc-André Demers demande si le lorphan a une parenté avec la naline.Le docteur Jean-Paul Dechène répond que la naline, autre anti- biote des opiacés a une formule bien différente.C\u2019est de la morphine dont un groupe CH?a été remplacé par un radical allyl. ÉVALUATION DE LA RÉSECTION PULMONAIRE EN TUBERCULOSE * par Maurice BEAULIEU, Joffre-A.GRAVEL, Jean-Paul ROGER Jean-Marie LEMIEUX et W.LOU de Hôpital Laval De septembre 1951 à avril 1957, près de 700 résections pulmonaires pour tuberculose furent effectuées à l\u2019Hôpital Laval.A ce stage, il semble bien qu\u2019à'la lumière des résultats obtenus, nous puissions mieux préciser les indications de cette thérapeutique chirurgicale.La tuberculose est une maladie générale qui évolue souvent par poussées et rémissions.L\u2019ablation des foyers pulmonaires actifs peut freiner la maladie, mais la réactivation est toujours possible.Pour évaluer les résultats d\u2019une thérapeutique antituberculeuse, 1l faut donc forcément prendre en considération une bonne période d\u2019observation étroite.De plus, certaines complications chirurgicales de la résection peuvent se manifester tardivement.C\u2019est en raison de ces différents facteurs que nous avons limité notre étude aux 500 premiers cas.Ces excisions pulmonaires ont été effectuées chez 486 malades entre septembre 1951 et avril 1956.La période d\u2019observation postopératoire varie donc de un à six ans.* Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 5 avril 1957. 42 Lavar MÉpicaL Janvier 1958 Indications : Les indications de la résection pulmonaire en tuberculose peuvent être classifiées en quatre groupes (tableau 1).TABLEAU Î Indications pour résection pulmonaire GROUPES NOMBRE EXPECTORATIONS DE CAS POSITIVES 1.Lésions cavitaires rebelles.350 278 (79,49 2.Lésions caséeuses résiduelles.63 37 (54,4%) 3.Destructions pulmonaires.42 39 (92,997) 4.Echecs de thoracoplastie.40 38 (95,0%) ToraL.aa aa aa ae 500 392 (78,497) Le groupe des lésions cavitaires rebelles comprend les cas où l\u2019ulcération a persisté en dépit du repos, des antibiotiques et peut-être de la collapsothérapie (pneumothorax, pneumopéritoine).C\u2019est l\u2019indication Ja plus fréquente.Lorsqu'il ne persiste dans le poumon qu\u2019une lésion caséeuse résiduelle sans évidence de cavité, la question litigieuse est de savoir s\u2019il faut recommander la prolongation du traitement médical ou l\u2019ablation chirurgicale.Nous croyons que l\u2019on doit recommander l\u2019intervention chirurgicale devant une histoire de poussées et de rémissions surtout chez le jeune, de pauvres conditions socio-économiques et lorsque Ie malade refuse de coopérer au traitement médical.A noter que nous classons le tuberculome dans ce groupe.Le groupe des poumons détruits inclut les cas où tout un poumon est fortement atteint avec de multiples cavités et souvent avec des zones de bronchiectasies et d\u2019atélectasie.Enfin, l\u2019échec de la thoracoplastie est une autre indication de la résection pulmonaire.Nous avons observé que la thoracoplastie (ou le Janvier 1958 Lavar MÉpicaL 43 plombage) manque habituellement son but lorsqu\u2019elle est effectuée pour une cavité géante ou pour une lésion multicavitaire.De plus, l\u2019association d\u2019une tuberculose endobronchique ou de lésions bronchiectasiques peut conduire facilement à l\u2019êchec du collapsus.Disons que dans le traitement chirurgical de la tuberculose pulmonaire nos préférences sont nettement à la résection.En présence de lésions tuberculeuses étendues, Ja thoracoplastie obtiendra rarement un résultat complet ; en présence de lésions peu étendues, la résection touche beaucoup moins la fonction respiratoire totale.L\u2019essarmage de la maladie est plus fréquent à la suite de la thoracoplastie ; on l\u2019observe plus rarement à la suite de la résection.On obtient un résultat plus rapide et plus stable avec la résection pulmonaire qui, de plus, ne nécessite qu\u2019un seul temps opératoire et ne laisse pas de déformation thoracique.Il semble bien que la thoracoplastie doive être réservée au malade dont l\u2019état général est plus déficient et à qui on ne peut offrir plus qu\u2019une amélioration de son état.La figure 1 illustre notre application de ces principes ; de 1951 à 1955, le nombre des thoracoplasties passe de 238 à 7 alors que celui des résections augmente de 17 à 138.Préparation chirurgicale : On ne procède à la résection pulmonaire que lorsque le traitement médical a produit une réduction maximum des lésions.Avant de procéder à l\u2019excision, il faut bien localiser ces lésions.On y arrive par la tomographie dans les plans antéro-postérieur et latéral.La bronchoscopie permet d\u2019évaluer l\u2019état de l\u2019endobronche surtout au point précis où l\u2019on devra procéder à une section et à une suture bronchique.Technique : Dans les deux tiers des cas à la base de notre étude, l\u2019intervention fut effectuée en position latérale et dans le tiers restant en position ventrale.Dans la première position, l\u2019intubation fut pratiquée à l\u2019aide d\u2019un tube à double lumière (tube de Carlens) et dans la deuxième par un tube endotrachéal ordinaire.L\u2019une ou l\u2019autre méthode a ses avantages et ses désavantages.Le calcul de la perte sanguine par la pesée des 240 200 THORACOPLASTIES 160 mem P® a 120 80 Nn J 0 I A RESECTIONS P NS 1951 52 53 54 55 Figure 1. Janvier 1958 Lavar.MÉDiCAL 45 éponges semble nous permettre de pourvoir au remplacement sanguin avec une assez bonne précision.Soins postopératorres : À la suite de toute résection pulmonaire totale ou partielle, il faut éviter la rétention de sécrétions et l\u2019atélectasie.II faut faire respirer les malades, les faire tousser ou même recourir à l\u2019aspiration endo- bronchique.À cette fin, on ne saurait trop insister sur l\u2019importance des services d\u2019un bon physiothérapiste.À la suite d\u2019une résection pulmonaire partielle, il est nécessaire que les tubes de drainage soient reliés à un appareil à succion avec une pression négative d\u2019au moins 20 cm de H7O.On élimine ainsi l\u2019air et le sang qui s'accumulent dans l\u2019hémi- thorax opéré.Une expansion rapide et complète du poumon restant constitue le moyen le plus sûr de prévenir les complications postopératoires.Analyse du matériel : Le matériel étudié inclut 500 cas de résections pulmonaires pratiquées sur 486 malades tuberculeux.La distribution est égale selon les sexes : 243 cas pour chacun.L'âge varie de 7 4 61 ans et \"Age moyen est de 31 ans (tableau II).Les variétés d\u2019interventions apparaissent au tableau III.Une résection bilatérale fut pratiquée chez huit malades, dont six pour réactivation et deux pour fistule broncho-pleurale.TABLEAU I! Répartition selon l\u2019âge (486 patients) Age.0-9 10-19 20-29 30-39 40-49 50 et plus Nombre de cas.| 42 196 147 87 13 AE MIO OI.Lotte Ad 4e Re LA a A a da a a R ea 20 .31 ans 46 Lavar MEbicaL Janvier 1958 TABLEAU III Variétés de résection pulmonaire Pneumonectomie.LA A ALL 125 Lobectomie.LL LL A LR LL LL LL 209 Résection segmentaire.ALL a A a ee 127 Résection cunéiforme.Le a a a aa 39 TOTAL.11112111 LL LA LA A AR A A A AA 4e AR A a a a a a a eee 500 Résultats : L\u2019étude statistique de la valeur de la chirurgie excisionnelle en tuberculose pulmonaire est basée sur trois points : 1° L\u2019étude de la mortalité ; 2° L\u2019étude des complications postopératoires ; 3° L'état actuel des malades vivants.Afin de bien démontrer ces points, le matériel clinique soumis a été divisé en deux sous-groupes : a) Deux cents opérés au cours des années 1951, 1952 et 1953 ; b) Trois cents opérés au cours des années 1954, 1955 et 1956.Mortalité : Dans le premier groupe, la mortalité fut de 8 pour cent (16 cas) ; dans le second groupe, elle fut de 3,4 pour cent (10 cas).Le taux de mortalité totale fut de 5,2 pour cent (26 cas).Il y eut 17 cas de décès précoces (durant les 60 premiers jours subséquents à l\u2019opératron) et neuf cas de décès tardifs (après 60 jours) (tableau IV).Le tableau V montre les causes de la mortalité et le tableau VI démontre que le taux de mortalité s\u2019est accru avec l\u2019étendue de la résection pulmonaire. Janvier 1958 Lava\u2026 MÉDICAL TaBLeau IV Mortalité 47 Premier groupe |Deuxième groupe 1951-52-53 1954-55-56 ToTraux (200 cas) (300 cas) Précoce.11 5,5%) 6 (2,0%) 17 (3,4%) Tardive.5 (2,5%) 4 (1,3%) 9 (1,8%) Toravx.| 16 (8,0%) 10 (34%) 26 (5,2%) TaBLEAU V Causes de mortalité CAUSES OrÉRa- Précoce TARDIVE ToTAL TOIRE Fistule broncho-pleurale et empyème.20220012 0022 0 3 5 8 Empyéme.0 2 0 2 (Edéme pulmonaire aigu.0 3 0 3 Hémorragie.0 2 1 3 Insuffisance respiratoire.0 3 0 3 Broncho-pneumonie.0 2 0 2 Embolie pulmonaire.0 1 0 1 Arrét cardiaque.1 0 1 2 Infarctus du myocarde.0 1 0 1 Inconnue.2 0 0 1 1 Tovar.1 17 8 26 (5,2%) Évaluation des complications postopératoires : Les principales complications rencontrées dans les suites opératoires furent la fistule broncho-pleurale, l\u2019essaimage ou la réactivation, et les sinus cutanés (tableau VIT). 48 Lavar MEpicaL TasrLeau VI Mortalité en regard de la variété de résection Janvier 1958 VARIÉTÉ D\u2019OPÉRATION Nombre MonrTaALITÉ DE CAS Pneumonectomie.125 15 (12,0% Lobectomie.209 8 (3,8¢0) Résection segmentaire.127 2 (1,69) Résection cunéiforme.39 0 TaBLEau VII Complications VARIETES ons > De rane Toraux (200 cas) (300 cas) (300 cas) Empyémes.6 (3,09) 9 (3,09) 15 (3,09) Fistules broncho-pleurales.28 (14,07) 13 (4,4%¢) 41 (8,2%) Essaimages ou réactivations.6 (3,0%) 6 (2,050) 12 (2,49) Sinus cutanés.8 (3,5%) 5 (1,7\u20ac0) 12 (2,40) Empyème : Quinze malades firent des empyèmes sans fistule broncho-pleurale ; le taux d\u2019empyème fut de trois pour cent pour chaque groupe.Treize malades furent traités avec succès par la chirurgie, soit au moyen de thoracoplastie, de plombage ou de drarnage.de leur complication (tableau VIII).Deux patients décédèrent Janvier 1958 Lava\u2026 MÉpicaL 49 TasrLeau VIII Empyème TRAITEMENT NomBRE Guéris |PErSISTANT| MoOrTs DE CAS Thoracoplastie ou plombage.8 7 0 1 Drainage.7 6 0 1 Torav.15 13 0 2 Fistules broncho-pleurales : La fistule broncho-pleurale fut la complication la plus fréquente et entraîna la mort de huit malades.Il y eut 41 cas, soit 8,2 pour cent de fistules diagnostiquées.Toutefois, dans le deuxième groupe de malades opérés, 1l n\u2019y eut que 13 cas de fistules, soit un taux de 4,4 pour cent.II semble significatif que près d\u2019un tiers des fistules suivirent une lobectomie supérieure droite.Le taux des fistules broncho-pleurales augmenta avec l\u2019étendue de la résection (tableau IX).Dans 41 cas de fistules, nous déplorämes huit décès ; vingt-quatre fistules furent refermées par chirurgie, dont 16 par TaBLeau IX Fistules broncho-pleurales en regard de l\u2019étendue de la résection NOMBRE DE FISTULES VARIÉTÉS D\u2019OPÉRATIONS NOMBRE BRONCHO-PLEURALES ET POURCENTAGE Pneumonectomie.125 15 (12,0%) Lobectomie o.oo RU 209 18 ( 8,6%) Résection segmentaire.127 7 (5,5%) Résection cunéiforme.39 1 (2,6% (13) 50 LavaL.MÉDicaL Janvier 1958 thoracoplastie, cinq par thoracoplastie et bronchoplastie, une par excision complémentaire et deux par simple drainage.Le tableau X illustre bien le fait que la simple thoracoplastie fut la méthode de choix dans le traitement de la fistule broncho-pleurale.TABLEAU X Traitement des fistules broncho-pleurales TRAITEMENT Nombre GuÉriIS |PERSISTANT| Morts DE CAS Thoracoplastie.20 16 4 0 Thoracoplastie et bronchoplastie.10 5 0 5 Excision complémentaire.4 1 1 2 Drainage.- 7 2 4 1 Toraux.B 41 24 9 8 Essaimage ou réactivation : Pendant les six mois qui suivirent la résection, 12 cas subirent une progression de leur maladie ou une exacerbation.Il n\u2019y eut pas de mort attribuable à cette complication.Six des malades furent subséquemment mis sous contrôle soit par un traitement médical ou par de la chirurgie complémentaire (tableau XI).Sans vouloir surestimer la valeur de la résection pour la tuberculose pulmonaire, nous pouvons dire que nous avons eu peu de réactivations, surtout si l\u2019on se souvient qu\u2019au moment de la résection, 78,4 pour cent des malades avaient des bacilles de Koch dans leurs expectorations, ou encore, étaient atteints de lésions contro-latérales.Sinus cutanés : Douze malades firent des infections cutanées dans les suites opératoires.Tous, sauf trois, sont maintenant guéris.= Ky Py Janvier 1958 Lava\u2026.MÉDICAL 51 TAaprEaU XI Essaimage précoce ou réactivation TRAITEMENT Nomsre INACTIFS Acris MORTALITÉ DE CAS Médical.9 3 6 0 Thoracoplastie ou plombage.1 1 0 0 Excision complémentaire.2 2 0 0 Toraux.12 6 6 0 Le tableau XII illustre bien la relation entre la durée de la maladie et incidence des complications postopératoires.II convient de noter que les patients qui ont succombé étaient ceux dont la maladie comportait la plus longue évolution, soit une moyenne de 6,6 années.TaBrLeau XII Complications en regard de la durée de la maladie NOMBRE DE CAS Durée MOYENNE EN ANNÉES Sans complication.406 4,9 Avec complications.94 Empyémes.15 5,4 Fistules broncho-pleurales.41 6,1 Essaimages ou réactivations.12 5,2 Mortalités.26 6,6 ToraL.coi Lee 500 Etat actuel des malades vivants : Sur un total de 460 malades vivants, nous avons perdu la trace de 28.Par contre, nous en surveillons 432.Dans notre groupe hospitalier, 52 Lavar.MÉDicaL Janvier 1958 nous éprouvons une satisfaction profonde de pouvoir démontrer une relation maintenue entre le chirurgien et le malade qui atteint le taux imposant de 93,9 pour cent.Ces malades ont été suivis durant une période allant de une année à cing ans.Des malades revus à la clinique externe, 377, soit 87,3 pour cent travaillent ou sont en état de travailler.Le fait de savoir que ces malades sont retournés à une situation utile dans la vie, souvent après des années de sanatorium, constitue pour nous une source d\u2019encouragement et de stimulation (tableau XIII).TABLEAU XIII Résumé des résultats Nombre total d\u2019opérations.500 Nombre total de malades.486 Nombre total de malades vivants.460 SUIVIS.ooo AAA R AA AA A 432 Non SUIVIS.222002 00002 LA LA A a a a Na ee 28 Bien et au travail.111100 010 LL A AL a ae 377 (87,3\u201c 4) Cinquante-cinq malades ne peuvent travailler ; de ceux-ci 40 sont encore hospitalisés et 39 sont positifs au bacille de Koch (tableau XIV).Ce dernier tableau illustre les causes d\u2019incapacité.Huit malades ne peuvent travailler à cause d\u2019une tuberculose bilatérale préexistante à l\u2019opération, vingt et un du fait de complications postopératoires non corrigées et vingt-six à cause de réactivation tardive de la maladie.En conclusion, nous pouvons affirmer qu\u2019à mesure que la chirurgie excisionnelle approche de l\u2019âge mûr et que ses indications deviennent plus définies, les résultats continuent à s\u2019améliorer. Janvier 1958 Lavar MÉprcaL 53 TasLEau XIV Distribution des cas d\u2019incapacité CAS DONT LES EXPECTORA- NOMBRE DE CAS TIONS CONTIENNENT DU BACILLE DE KocH CAUSES .Non .n Hospr- .Hospi- No .ob hospi- ToraL 4 hospi- ToTAL talisés or talisés 25, talisés talisés Tuberculose bilatérale préexistante.6 ty 20 x > Oo Complications postopéra- toires.\u2014 14 7 21 4 3 7 Réactivation.20 6 26 20 6 26 ToTatX.40 15 55 30 9 39 RESUME Les auteurs présentent les résultats obtenus au cours de 500 résections pulmonaires chez 486 malades opérés à l\u2019Hôpital Laval et discutent des indications de ces interventions chirurgicales.Les complications observées dans un premier groupe de 200 cas et dans un deuxième groupe de 300 cas et les 26 cas de décès sont discutées, Le traitement des complications postopératoires et les résultats sont exposés.Enfin, le sort ultime des malades est apprécié. A PROPOS DES TUMEURS MALIGNES DE LA SURRÉNALE * par Sylvio LEBLOND et Édouard BEAUDRY de l\u2019Hôtel-Dieu Saint-Vallier de Chicoutimi M\"\"° H.S., est une jeune femme de 27 ans, sourde-muette, mariée à un sourd-muet.Cette surdi-mutité serait survenue à la suite d\u2019une méningite aiguë, de nature indéterminée, à l\u2019âge de 8 ans.La patiente a fréquenté un Institut éducationnel.Elle peut parler, émettre des sons intelligibles d\u2019une façon explosive, saisit bien le mouvement des lèvres de son interlocuteur.| Menstruée à l\u2019âge de 10 ans, sans incident, elle se marie il y a 3 ou 4 ans et, en août 1955, elle accouche d\u2019un enfant normal, à la suite d\u2019une grossesse non compliquée.En mai 1956, elle fait un avortement.Peu après son premier accouchement, er août 1955, elle prend du poids et elle remarque qu\u2019elle engraisse surtout des épaules et du visage qui s\u2019arrondit.Des poils apparaissent au menton et aux joues.Ses cheveux tombent et elle se plaint de prurit généralisé.Elle devient enceinte de nouveau peu après.En mai 1956, elle avorte et fait une hémorragie abondante.* Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 13 septembre 1957. Janvier 1958 Lavar MépicaL 55 À ce moment, sa maladie, qui couve depuis son dernier accouchement, prend plus d\u2019importance et les signes se dessinent.Ses poils deviennent plus abondants à la face qui s\u2019arrondit davantage.Des vergetures foncées apparaissent à l\u2019abdomen et aux cuisses.Elle engraisse du tronc, des épaules et de la nuque.Ses cheveux tombent en plus grande abondance.Elle devient nerveuse, et surtout, asthénique et fatiguée.La peau est lisse, mince, sèche.Elle est toujours fatiguée et le moindre effort lui est pénible.Elle a des vertiges, se sent lourde, bouffre, engourdie.Ses règles n\u2019apparaissent plus, et la libido disparaît.Elle consulte son médecin qui, suspectant une anomalie hypophysaire ou surrénalienne, nous l\u2019adresse.Elle est admise à l\u2019hôpital le 3 septembre 1956.C\u2019est une petite femme, brune, pesant 108 livres, mesurant à peine cinq pieds.Elle a l\u2019aspect figé des sourds, indifférents à ce qui se passe autour d\u2019eux et qui concentrent leur attention sur les lèvres de ceux à qui ils parlent.Sa chevelure est clairsemée.Son facies a l\u2019aspect lunaire.Des poils poussent aux joues, en avant des oreilles et rejoignent un bouquet pileux au menton.La lèvre supérieure est velue.Les paupières sont œdématiées, la face est rouge, les yeux sont légèrement saillants.La thyroïde apparaît normale dans un cou élargi et court.La malade a une obésité tronculaire patente et une bosse graisseuse marquée à la nuque (buffalo bump).La colonne dorsale est arrondie.Les poils existent, assez abondants, entre les seins qui sont bien proportionnés.Les poumons et le cœur sont normaux à l\u2019auscultation, mais la pression artérielle est à 200/100.Le ventre est ballonné, parsemé de stries pourprées.Le foie et la rate ne sont pas palpables.Le clitoris n\u2019est pas augmenté de volume.Les membres n\u2019offrent rien de particulier.La selle turcique apparaît petite, presque fermée.Les urines contiennent des traces d\u2019albumine.L\u2019hématocrite est à 48 pour cent et la formule sanguine contient 5 000 000 de globules rouges avec 100 pour cent d\u2019hémoglobine.La leucocytose est à 9 300 avec prédominance neutrophilique à 88 pour cent.Il n\u2019y a pas d\u2019éosino- 56 Lava\u2026 MÉDicaL Janvier 1958 philie.La glvcémie est à 0,85 g pour mille.Le métabolisme basal est de 15 pour cent.Les urines contiennent 69 mg/24 heures de 17-cétostéroïdes.Le cholestérol du sang est à 3,20 g pour mille et le cholestérol estérifié à 1,40 pour mille.Le bilan électrolytique est normal.Le décompte des éosinophiles total est à 200 et un nouveau dosage des 17-cétostéroïdes donne 45 mg/24 heures, quinze jours plus tard.L\u2019électrocardiogramme est normal.Le fond d\u2019œil est normal.Une insufflation d\u2019air rétropéritonéal est tentée sans succès appréciable, mais une urographie intraveineuse faite le 21 septembre laisse suspecter l\u2019existence d\u2019une tuméfaction surplombant le rein gauche.La malade est opérée par l\u2019un de nous (E.Beaudrv) le 26 septembre 1956, après une bonne préparation.«On constate qu\u2019il existe à la surrénale gauche une tumeur lobulée, du volume d\u2019un poing.Le rein est légèrement basculé de sorte que son pôle inférieur est aplati et semble inversé vers la gauche.Le pédicule est presque vertical.Le pôle inférieur du rein se trouve ainsi rapproché de la colonne vertébrale.La veine surrénale tombe à la partie moyenne du pédicule rénal.La tumeur surrénale est enlevée sans trop de difficulté malgré quelques adhérences au diaphragme.» La pièce portée au laboratoire est examinée soigneusement et voici le rapport que nous fournit le docteur Bruneau : «Nous avons reçu une glande surrénale augmentée de volume.La tranche de section nous montre qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une tumeur puisque la médullaire est complètement disparue et remplacée par la masse tumorale qui provient de la corticale.La tumeur, dans son ensemble, nous apparaît encapsulée.Elle est de consistance plutôt molle, friable, et on note en plus de nombreuses zones hémorragiques et des zones de nécrose.» « Au point de vue microscopique, la glande surrénale présente une morphologie modifiée.Il n\u2019existe plus de médullaire.La surrénale hypertrophiée est exclusivement composée de cellules de la corticale.Les cellules ont plutôt l\u2019aspect à peu près normal de la cellule atypique alors qu\u2019à d\u2019autres endroits, la cellule présente une anaplasie marquée.Le dessin lobulaire est assez bien conserve.La capsule entoure très Janvier 1958 Lava\u2026 MÉDicaL 57 bien l\u2019organe, cependant, en plusieurs endroits, elle s\u2019amincit et le tissu conjonctif collagène est pénétré par la masse tumorale.Le pléio- morphisme est apparent 1ci et là alors qu\u2019à d\u2019autres endroits, 1l n\u2019existe pas.Dans l\u2019ensemble Ie cytoplasme cellulaire est pauvre en lipides.La tumeur est bien vascularisée.En somme il s\u2019agit d\u2019un épithéiioma de la cortico-surrénale (adéno-carcinome).» La malade supporte bien l\u2019opération.Sa pression tombe à 175/115.Elle reçoit 100 mg de cortisone tous les jours.Son bilan électrolytique se maintient.La diurèse monte jusqu\u2019à quatre litres pendant quelques jours.Le 2 octobre, la pression artérielle est a 142/100, le pouls à 88 et la diurèse à 1 300 em\u201d.Le 10 octobre les cétostéroïdes sont à 8,5 mg/24 heures.La patiente fait par la suite des troubles psychopathiques qui sont attribués à la cortisone, et ne durent que quelques jours.Au départ, le 25 octobre 1956, elle va assez bien et ne prend plus que 25 mg de cortisone.Son facies est déboufh, la pilosité est moins marquée, mais elle conserve sa fatigabilité et son asthénie.Elle revient en décembre 1956.Elle se plaint de douleurs abdominales et de faiblesse.Elle peut à peine se lever.Elle crie, se lamente, parle seule, et est plus ou moins obnubilée.Les 17-cétostéroïdes sont à 32,8 mg/24 heures.La malade n\u2019a pas revu ses menstruations.Le potassium sanguin est à 2,5.La pression artérielle est à 180/130 et la patiente ne pèse plus que 87 livres.Les éosinophiles totaux sont à 55 et une injection d\u2019ACTH les fait descendre à 44 seulement.Elle fait sûrement encore de l\u2019hypersurréna- lisme.Elle revient le 14 janvier de cette année.Son état ne s\u2019est pas amélioré.Elle a peine à marcher et à mouvoir ses membres inférieurs.Elle est confuse, hirsute.Une radiographie du rachis lombaire montre une ostéoporose marquée et on suspecte des taches métastatiques aux vertèbres.Le potassium sanguin est à 2,5 mEq/l malgré administration assez régulière, depuis la dernière hospitalisation, de potassium sous forme de solution de Randall.Le sodium est à 149 mÉq/l.Le cholestérol sanguin est à 3,28 g pour mille.Les 17-cétostéroïdes sont à 58 LavaL MEbicaL Janvier 1958 40 mg/24 heures, ils atteignent 69 mg/24 heures le 2 février, alors que le potassium est remonté à 4,4 mÉq/l.La malade est très agitée, les pupilles sont en myosis.Elle a des maux de tête, des vomissements.Les papilles sont pâles.Elle fait de l\u2019incontinence sphinctérienne.Le ventre est ballonné.On croit y percevoir un peu de liquide d\u2019ascite.La pression artérielle est à 210/160.Le pouls varie entre 90 et 100.Brusquement, le 5 février, la pression artérielle tombe à 90/60.La température s\u2019élève à 104°, le pouls à 130.Elle devient comateuse, inconsciente, présente du Cheyne-Stokes, et elle meurt le 6 février au matin.Nous n\u2019avons pu obtenir l\u2019autopsie.Les tumeurs malignes de la surrénale ne sont pas fréquentes, et elles se rencontrent chez la femme plus que chez l\u2019homme, aux environs de 30 ans.Chez notre malade, 1l n\u2019a pas été très difficile d\u2019établir le diagnostic d\u2019hyperfonctionnement du cortex surrénal : l\u2019apparence physique, les stries violacées, l\u2019hirsutisme, le facies lunaire, l\u2019hypertension artérielle, l\u2019aménorrhée en avaient fait poser le diagnostic assez facilement.Cette malade, cependant, n\u2019a jamais présenté de glycosurie et la glycémie est toujours restée normale.L\u2019hyperglycémie provoquée a donné une courbe subnormale (0,82 \u2014 1,04 \u2014 0,82 et 0,79).Il s\u2019agissait d\u2019établir l\u2019étiologie de cette hyperplasie surrénalienne.L\u2019âge de la malade, la rapidité de l\u2019évolution de la maladie laissaient suspecter une formation tumorale hypophysaire ou surrénalienne, plutôt qu\u2019une hyperplasie adénomateuse bilatérale qui apparaît insidieusement, et évolue lentement.La radiographie de la selle turcique n\u2019est cependant pas toujours suffisante pour affirmer ou nier l\u2019existence d\u2019une tumeur basophile de l\u2019hypophyse.C\u2019est la forte augmentation des hormones androgènes dans les urines, en particulier, des 17-cétostéroïdes qui nous a incités à penser à une tumeur maligne de la surrénale.Il est admis aujourd\u2019hui que des taux dépassant 50 mg/24 heures sont très suggestifs d\u2019une carcinomatose corticale, et à plus forte raison si l\u2019éosinophilie totale ne dépasse pas 50 au mm.À son arrivée, notre malade avait encore 200 éosinophiles au mm°.Ils sont descendus par la Janvier 1958 Lavar MÉpicaL 59 suite jusqu\u2019à 55 au mm*, malgré une leucocytose à 11 600 et une neutro- philie & 75 pour cent.Le potassium sérique était à 4,4 mÉq/I à son arrivée à l\u2019hôpital, mais 1l baissa rapidement au cours de la maladie et d\u2019une façon rebelle.Les seuls éléments suspects du début, chez notre malade, étaient donc l\u2019histoire clinique, l\u2019mstallation rapide de la maladie et des 17-céto- stéroïdes à 69 mg/24 heures.Sil\u2019insufflation rétro-péritonéale n\u2019a pu révéler la tumeur, l\u2019urographie intraveineuse a laissé deviner une masse qui coiffait le rein gauche, en aplatissait le pôle supérieur et le refoulait vers le bas.C\u2019est sur ces indications assez précises que nous nous sommes basés pour mettre en évidence une tumeur carcinomateuse qui a été enlevée.L\u2019évolution subséquente de la maladie a laissé croire qu\u2019il y eut des métastases in situ ou ailleurs puisque l\u2019hyperfonctionnement corticale a continué de se manifester avec une intensité devenue incontrôlable qui a emporté la malade en l\u2019espace de 17 mois.Les tumeurs malignes de la surrénale sont rares chez l\u2019homme.Il faut toujours y penser en face d\u2019un syndrome de Cushing chez la femme.Quand, en 1932, Cushing décrivit la maladie qui porte son nom, 1l l\u2019attribua à un adénome basophile de l\u2019hypophyse.Dans la suite et plus spécialement, depuis l\u2019avènement de la cortisone, on a compris le rôle important que joue la surrénale dans l\u2019établissement d\u2019un syndrome.L'action de l\u2019hypophyse dans la maladie de Cushing n\u2019est pas bien établie.Certains auteurs ont conservé le concept original d\u2019un hyperfonctionne- ment de l\u2019hypophyse stimulant la sécrétion des stéroïdes surrénaliens.Cependant, l\u2019opinion dominante attribue à la surrénale la déviation pathologique : en possédant une quantité trop importante de stéroides, elle entraîne l\u2019apparition du syndrome de Cushing et les altérations basophiles à la glande hypophysaire.On décrit, anatomiquement, dans le cortex surrénal trois zones : la gloméruleuse, la fasciculée et, sous ces deux, la zone réticulée, qui sécrètent des hormones qu\u2019on peut diviser en trois groupes principaux : a) Les minéralocorticoïdes, qui maintiennent le bon équilibre de l\u2019eau et des électrolytes dans l\u2019organisme.Le désoxycorticostérone (DOCA) en est le prototype ; l\u2019aldostérone ferait partie de ce groupe. 60 Lavar MÉpicaL Janvier 1958 b) Les glucocorticoïdes de Sélyé ou « S » (sugar-producing hormones) d\u2019Albright ; ce groupe comprend les stérols qui déterminent les réactions organiques du stress.II catabolise les protéines et les transforme en hydrates de carbone.La cortisone est un glucocorticoide.c) Les « N » hormones d\u2019Albright, c\u2019est-à-dire, les hormones andro- géniques et œstrogéniques dont le métabolisme aboutit aux 17-céto- stéroides urinaires que l\u2019on peut doser.On attribuerait aux cellules de la zone gloméruleuse la production des premières, à la zone fasciculée, celle des hormones « S », et à la zone réticulaire la formation des androgènes et des cestrogénes.L\u2019ACTH n\u2019aurait, en réalité, une action stimulante que sur les gluco-corticoides, soit les hormones du type de hydrocortisone et de la cortisone.L\u2019hyperplasie congénitale du cortex peut donner lieu à un excès de production androgénique et déterminer Ie pseudohermaphrodisme femelle ou la macrogénitosomie précoce.Elle peut donner lieu, à l\u2019encontre, à un excès de sécrétion œstrogénique et produire le pseudohermaphrodisme mâle ou une puberté précoce chez la femme avec apparition des règles chez la fillette.L\u2019hyperfonctionnement de la corticosurrénale est dû à un processus dont la nature peut varier : tantôt 1l s\u2019agit de simples hyperplasies qui peuvent constituer une anomalie congénitale du métabolisme des cortico- stéroïdes, tantôt de tumeurs corticales bénignes adénomateuses qui peuvent se rencontrer simultanément des deux côtés, tantôt même, d\u2019épithéliomas corticaux.Ces différentes lésions donneront toutes les signes qui caractérisent le syndrome de Cushing.Cependant, le pronostic et l\u2019évolution seront différents suivant les caractères de la lésion primitive.L\u2019hyperfonctionnement acquis engendre le syndrome de Cushing qui peut être attribué à une hyperplasie banale des surrénales ou à une tumeur.II donne aussi naissance aux syndromes adréno-métaboliques et aux syndromes soit du type androgénique, soit du type œstrogénique, d\u2019origine hyperplasique ou tumorale.La tumeur carcinomateuse va donner lieu à un excès de production de toutes les hormones de la corticale comme en font foi les troubles du métabolisme minéral, la virilisation rapide avec hirsutisme, la perte de la libido, l\u2019aménorrhée, l\u2019impotence Janvier 1958 Lavar MÉDICAL 61 chez l\u2019homme et les anomalies rattachables aux hormones du groupe hydrocortisone et cortisone telles que l\u2019hypertension, le diabète, l\u2019ostéoporose et l\u2019obésité.Notre malade présentait la presque totalité de ces déviations, comme il arrive dans la tumeur carcinomateuse qui s\u2019attaque activement et rapidement à toutes les cellules de chacune des zones du cortex de la glande.La présence d\u2019une tumeur cortico-surrénalienne détermine un traitement chirurgical.Il ne faut pas perdre de temps avec un traitement purement médical qui ne saurait qu\u2019assurer une amélioration temporaire.En ce qui concerne la radiothérapie, les résultats sont bien aléatoires.Immédiatement après l\u2019exérèse chirurgicale 1l se produit une grande amélioration des principaux symptômes.Les résultats éloignés sont naturellement conditionnés par la nature des lésions surré- naliennes.Dans l\u2019éprthélioma les malades succombent le plus souvent à des métastases variées.Ce fut le cas des trois malades rapportés par Walters, Wilder et Kepler.* Ce fut également le cas de notre patiente.Elle n\u2019a pu subsister même à l\u2019ablation de la tumeur-mère.Déjà sourde- muette, elle est morte, jeune, succombant à une tumeur de la cortico- surrénale.* Ann.Surg., 6: 1934. CALCULS DE L\u2019URETÈRE INFÉRIEUR * par René MATTEAU chef du Service d\u2019urologie de l'Hôpital Saint-Joseph, Trois-Rivières Le traitement des calculs du système urinaire comporte de fréquents problèmes.Bien souvent il présente de telles difficultés que même le plus expérimenté des urologistes doit y penser longuement avant de décider de la conduite à tenir dans tel cas particulier.En effet, il faut avant tout songer à la possibilité d\u2019une récidive.Et autant une première intervention pour des calculs du système urinaire peut être facile et rapidement exécutée, autant une seconde peut poser des problèmes tant pour la technique opératoire que pour l\u2019intégrité future de l\u2019arbre urinaire.Une incidence de récidive de l\u2019ordre de 8 à 15 pour cent est un facteur non négligeable lorsqu\u2019il s\u2019agit du traitement de toute affection organique et particulièrement de calculs du système urinaire supérieur.Nous n\u2019avons pas l\u2019intention de discuter 1c1 de la pathologie ni de l\u2019étiologie des calculs urinaires, lesquelles demeurent encore passablement obscures ni, non plus, de disserter des meilleurs moyens de prévenir la formation de calculs urinaires.Nous voulons simplement présenter notre façon de traiter les calculs du tiers inférieur de l\u2019uretère, notre technique opératoire qui n\u2019a rien d\u2019original mails qui tend à être très * Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 11 octobre 1957. Janvier 1958 Lavar MÉDicaL 63 conservatrice et, enfin, faire une brève récapitulation des résultats obtenus.Chacun connaît bien, pour l\u2019avoir souvent observé, le tableau clinique d\u2019une crise de colique néphritique.C\u2019est apparemment une des plus fortes crises douloureuses qui puisse se présenter.On comprend alors facilement l\u2019angoisse du patient et sa hâte d\u2019être délivré de ce cauchemar.Jusqu\u2019à 1935, le malade devait évacuer spontanément son calcul après de longues journées de souffrance, ou se soumettre à une intervention sanglante dans un bref délai.C\u2019est alors que Zerss introduisit l\u2019usage d\u2019un cathéter urétéral recourbé en boucle qui permettait d\u2019extraire le calcul par voire endoscopique.En 1937, Johnson remplace le cathéter Zeiss par un panier fait de fines broches d\u2019acier disposées en arc de cercle et c\u2019est à partir de ce moment que la manipulation endoscopique des calculs de l\u2019uretère commence surtout à prendre de l\u2019ampleur.Au début, ces instruments furent employés pour extraire des calculs de toutes dimensions dans toutes les portions de l\u2019uretère et souvent avec des résultats désastreux.Cependant avec l\u2019usage, on finit par en connaître les avantages et les inconvénients et, subséquemment, on limita leur usage aux petits calculs du tiers intérieur de l\u2019uretère, c\u2019est-à-dire aux calculs n\u2019ayant pas plus de 8 mm dans leur plus grand diamètre et descendus en bas du croisement de l\u2019uretère sur les vaisseaux iliaques.L\u2019urétérolithotomie est demeurée le traitement de choix pour les gros calculs de l\u2019uretère inférieur et même pour les plus petits qui peuvent s\u2019arrêter dans l\u2019uretère supérieur.Aujourd\u2019hui, la manipulation endoscopique des petits calculs de l\u2019uretère inférieur est d\u2019usage courant parmi les urologistes et l\u2019instrument le plus en vogue et qui donne les meilleurs résultats est certainement le panier mis au point par Johnson en 1937.II est fait de quatre fines broches d\u2019acier montées en arc de cercle, derrière une bougie urétérale d\u2019environ 7 à 8 cm de long ; le tout est fixé à un manche d\u2019environ 20 cm.de long en acier flexible.L\u2019instrument se manipule très bien dans un cystoscope 24F ou 21F.Étant donné le matériel dont l\u2019instrument est fait, il est facile de comprendre que malgré sa grande utilité, il n\u2019en demeure pas moins un 64 Lavar MÉDicAL Janvier 1958 instrument qui peut être très dangereux et qui ne doit être manié qu\u2019avec les plus grandes précautions.Il y a trois principes fondamentaux qu\u2019il ne faut pas oublier lors de la manipulation des calculs : 1° Un calcul ne doit jamais être extrait de force d\u2019un uretère non suffisamment dilaté ; 2° Il faut avoir de la patience et de la gentillesse dans la manipulation du panier de peur de créer des lésions urétérales ; 3° Le chirurgien doit être familier avec l\u2019instrument, connaître ses limitations et les dangers inhérents à son usage.Si l\u2019on ne demande pas au panier de Johnson plus qu\u2019il ne peut donner, 1l est intéressant de voir jusqu\u2019à quel point cet instrument s\u2019avère utile et peut éviter au malade une intervention sanglante avec tout son cortège d\u2019inconvénients et de dangers.En présence d\u2019un malade souffrant de colique néphrétique, notre premier souci est évidemment de soulager la crise, de faire disparaître le spasme de l\u2019uretère et de rendre le malade confortable.Ce n\u2019est qu\u2019ensuite que nous nous préoccupons d\u2019avoir des radiographies qui vont nous révéler la présence du calcul, sa situation, ses dimensions et \u2018état des voies urinaires supérieures.S\u2019il a moins de huit mm dans son plus grand diamètre, s\u2019il est franchement descendu dans le tiers inférieur de l\u2019uretère, alors nous pouvons tenter une manipulation endoscopique avec le panier de Johnson.Le malade est conduit à la salle de cystoscopie et après une rachianesthésie nous introduisons un cystoscope B B 21F pour inspecter la vessie et les orifices urétéraux.Le panier de Johnson est ensuite lentement introduit, sans force indue, dans l\u2019orifice urétéral du côté du calcul et monté jusqu\u2019à ce que nous soyons sûr qu\u2019il soit à la hauteur du calcul ou même un peu au-dessus.Le panier est ensuite retiré très lentement, régulièrement, en le tournant dans le sens des aiguilles d\u2019une montre.Habituellement, lorsque le calcul est engagé, nous constatons que le papier offre un peu de résistance, surtout en arrivant à l\u2019orifice urétéral.Une traction lente et régulière, mais sans trop de force, peut vaincre cette résistance sans difficulté.Lorsque une première tentative ne ramène pas de calcul, nous n\u2019hésitons pas à réintroduire le panier de nouveau, Janvier 1958 Lavar MÉDicAL 65 deux, trois et même quatre fois, en prenant toujours les mêmes précautions.Il est très rare, lorsque le panier peut être introduit, qu\u2019il ne ramène pas le calcul.Par ailleurs, il arrive dans un certain nombre de cas que la bougie urétérale ne peut être introduite à côté du calcul de façon à conduire le panier à sa hauteur.Les principales causes en sont : 1° Une anesthésie générale au lieu d\u2019une anesthésie rachidienne : sous rachi-anesthésie ; la fibre Iisse de l\u2019uretère est complètement atone et ne peut se contracter, tandis que l\u2019anesthésie générale ne préviendra pas un spasme de l\u2019uretère lorsque celui-ci sera irrité par la bougie ; 2° La localisation du calcul dans la portion intramurale de l\u2019uretère rend la plupart du temps l\u2019introduction du panier très difficile : c\u2019est Ia la cause prépondérante de nos échecs ; 3° La manipulation trop brusque du panier peut déplacer un calcul de façon à ce que son plus grand diamètre devienne transversal à l\u2019uretère et en obstrue complètement la lumière ; 4° Une atrésie marquée de l\u2019orifice urétéral peut faire obstacle à l\u2019introduction de la bougie urétérale ; 5° Certaines hypertrophies prostatiques, de même que certaines tumeurs de la vessie peuvent cacher l\u2019orifice urétéral de façon à rendre le cathétérisme techniquement impossible.En plus de servir à la manipulation endoscopique des calculs, le panier de Johnson peut être encore précieux au cours de certaines techniques sanglantes.Mathias et ses associés l\u2019ont employé avec succès pour des calculs multiples de l\u2019uretère, en l\u2019introduisant par une Incision d\u2019urérotomie, pour des calculs situés dans la portion intramurale de l\u2019uretère en passant par une incision de cystostomie, ou encore lorsque, au cours d\u2019une urétérotomie, ils constataient que le calcul avait émigré vers le rein ou vers la vessie.Notre expérience de la manipulation des calculs lors d\u2019interventions chirurgicales se limite malheureusement à un seul cas, où nous nous sommes servi du panier par une incision de cystotomie pour un calcul de la portion intramurale de l\u2019uretère.Cet essai fut très heureux et nous nous proposons bien de recommencer chaque fois que l\u2019occasion s\u2019en présentera.Nous avons déjà mentionné que le panier de Johnson doit être manié avec beaucoup de prudence de façon à éviter des complications fâcheuses (14) 66 Lavar MÉDicAL Janvier 1958 et, parfois, graves, telles que la perforation de l\u2019uretère avec extravasation consécutive d\u2019urine dans l\u2019espace rétropéritonéal, le rétrécissement ultérieur de l\u2019orifice urétéral avec hydronéphrose consécutive.Une autre complication assez fréquente est celle qui peut survenir lors de la tentative d\u2019extraction d\u2019un trop gros calcul.Celui-ci entre dans le panier et peut être retiré Jusqu\u2019à la portion intramurale de l\u2019uretère, mais ne peut passer à cet endroit.II n\u2019y a alors qu\u2019un recours, c\u2019est de faire une cystotomie et une méatotomie urétérale qui permet de délivrer le panier et le calcul.Ce n\u2019est pas une catastrophe, mais le pourcentage de rétrécissements après une méatotomie de l\u2019orifice urétéral est assez élevé et cette intervention peut être suivie d\u2019une hydronéphrose progressive.Nous exposerons maintenant les résultats que nous avons obtenus avec le panier de Johnson.Disons tout d\u2019abord que nous avons compilé Ici tous les cas de calculs du tiers inférieur de l\u2019uretère observés à l\u2019Hôpital Saint-Joseph des Trois-Riviéres de janvier 1956, 4 septembre 1957.En tout, nous avons relevé 28 cas, à l\u2019exclusion de trois cas dont les calculs passèrent spontanément, sans manœuvre de notre part.Des 28 cas étudiés, 19, soit 67 pour cent, étaient de sexe masculin.Cette proportion de deux hommes pour une femme est plus élevée que celle qu\u2019on rapporte généralement.L\u2019âÂge moyen de notre série est de 40 ans, variant de 22 à 65 ans.Cependant l\u2019âge moyen chez les hommes est de 43 ans, avec des extrêmes de 22 à 65 ans, tandis que l\u2019âge moyen chez les femmes est de 33 ans, avec des extrêmes de 24 à 52 ans.Fau- drait-il conclure que les calculs urinaires sont moins fréquents chez la femme que chez l\u2019homme, mais qu\u2019ils se manifestent plus précocement ?Nous avons observé.autant de calculs à droite qu\u2019à gauche, soit 15 du côté droit et 13 du côté gauche.Au total, nous avons fait 18 extractions endoscopiques avec le panier de Johnson, soit 64,2 pour cent et dix urétérolithotomies, soit 35,8 pour cent.Ici encore, il n\u2019y a aucune prépondérance en ce qui regarde les côtés droit ou gauche : neuf extractions endoscopiques furent pratiquées de chaque côté, six urétérolithotomies à droites et quatre à gauche.Chez cinq patients pour lesquels nous n\u2019avions pas les indications requises pour une extraction endoscopique, nous avons fait Janvier 1958 LavaL MéeEbicaL 67 une urétérolithotomie d\u2019emblée.Chez les autres, soit 23, 1l y eut huit tentatives infructueuses d\u2019extractions endoscopiques.Cependant trois d\u2019entre elles se sont avérées réunies lors d\u2019une deuxième tentative et, malheureusement, cinq cas durent subir une intervention sanglante.C\u2019est ainsi que nous pouvons établir l\u2019efficacité du panier de Johnson dans 18 cas sur 23 tentatives, soit à 78 pour cent.Le séjour hospitalier postopératoire est en moyenne de 3,5 jours dans les cas d\u2019extraction endoscopique, variant de deux à 11 jours, tandis qu\u2019il s\u2019établit à 13,2 jours dans les cas d\u2019urétérolithotomie, variant de 8 à 36 jours.Dans ces derniers cas, le drainage d\u2019urine par la plaie opératoire est en moyenne de 9,7 jours.Cependant si on exclut de cette série deux cas de fistules urétéro-cutanées, l\u2019une de 18 jours et l\u2019autre de 35 jours, on obtient un pansement sec au bout de 5,5 jours après l\u2019intervention.En ce qui regarde les complications postopératoires, nous n\u2019avons eu à déplorer que deux cas de fistules urétéro-cutanées.Nous considérons comme complication un drainage postopératoire qui dure plus de dix jours.Sans que nous ayons eu à faire de manipulations spéciales, l\u2019une se ferma spontanément après 18 jours et l\u2019autre se tarit d\u2019elle-même en 35 Jours, après maintes vaines tentatives d\u2019introduire une sonde urétérale.Ce sont là les deux seules complications de nos urétérolitho- tomies.Nous fûmes aussi heureux dans nos cas d\u2019extraction endoscopique où nous n\u2019avons pas eu de complications fâcheuses.Cependant quatre de nos patients nous ont causé les mêmes ennuis, soit des douleurs lombo-abdominales très fortes ressemblant étrangement à de nouvelles crises de coligque néphrétique, qui survenaient cinq à six heures après l\u2019extraction du calcul, mais qui cédaient facilement à la médication.Ces douleurs, que nous attribuons à l\u2019œdème de la muqueuse urétérale qui devient assez important pour produire un bloquage complet mais temporaire de l\u2019évacuation de l\u2019urine, ne durent, pas plus de 24 heures.En un cas, elles se prolongèrent plus longtemps, et on dut introduire une sonde urétérale que nous avons laissée à demeure pendant 24 heures, ce qui régla le problème.Evidemment, notre période d\u2019observation est trop courte pour savoir si quelques-uns de nos patients ne feront un rétrécissement de l\u2019orifice 68 Lava.MÉDicaL Janvier 1958 urétéral avec hydronéphrose.Pour la même raison, nous ne pouvons pas apprécier la fréquence de récidive des calculs.Nous désirons surtout insister ici, sur la bénignité de l\u2019intervention endoscopique pour les calculs du tiers inférieur de l\u2019uretère, lorsqu'on respecte les indications opératoires, sur l\u2019énorme diminution du séjour hospitalier, soit 3,5 jours en comparaison à 13,2, facteur excessivement important pour le patient et, enfin, sur la suppression d\u2019une intervention sanglante avec toutes ses conséquences.Nous avons particulièrement apprécié l\u2019extraction endoscopique des calculs, lorsque nous l'avons réussie chez une patiente enceinte depuis sept mois et demi.Une intervention sanglante chez cette malade, en plus de poser des problèmes de technique opératoire assez importants, aurait eu de fortes chances de proyoquer un accouchement prématuré avec tous les inconvénients qu\u2019il entraîne tant pour la mère que pour le bébé.En résumé, cette compilation de 28 cas de calculs au tiers inférieur de l\u2019uretère montre que 64,2 pour cent des calculs peuvent être extraits par voie endoscopique et que cette méthode s\u2019est avérée fructueuse dans 78 pour cent des cas.Cette intervention, simple et bénigne, est très facilement acceptée par le patient et le favorise grandement à cause de la réduction de la durée du séjour hospitalier, de l\u2019absence de plaies opératoires parfois assez longues à guérir, de la jouissance d\u2019un arbre urinaire non lésé chirurgicalement, ce qui est très Important si, dans Pavenir, le patient doit subir une intervention pour quelque cause que ce soit.L'âge moyen des patients atteints de calculs du système urinaire supérieur tombant dans la troisième décade de la vie, ce dernier avantage prend une importance particulière.Discussion Le docteur P.-A.Poliquin souligne la fréquence de cette affection.Pour démontrer les difficultés et les incidents qu\u2019on peut rencontrer en cette matière, il rapporte les deux cas suivants : Un militaire hébergeait depuis des mois quatre gros calculs à facettes dans son uretère droit.C\u2019était avant l\u2019usage du panier.On fit des séances de dilatation urétérale, mais, après trois semaines, rien n\u2019était passé. Janvier 1958 Lavar Mépicar 69 Après un contrôle radiologique une urétérolithotomie fut décidée.On fit une cystostomie à la dernière minute et on eut la surprise de retrouver les quatre calculs rendus dans la vessie.L\u2019autre cas est celui d\u2019une femme venue consulter pour des troubles gynécologiques.À l\u2019examen vaginal on découvrit une grosse masse dans l\u2019uretère gauche.Elle présentait une uronéphrose volumineuse.À l\u2019intervention, on retrouva un uretère très dilaté et un calcul de 58 grammes, qui fut facile à enlever.Malheureusement le dramage fut plus compliqué et on dut enlever le rein plus tard.Le docteur Normand demande pourquoi ces manœuvres d\u2019extraction sont contre-indiquées dans le cas des calculs bloqués au tiers moyen.Le docteur Matteau fait remarquer que le premier cas cité par le docteur Poliquin démontre l\u2019importance de prendre la précaution d\u2019une radiographie immédiatement avant l\u2019intervention.II a vu chez une malade de 55 à 60 ans un calcul gros comme le pouce, logé près de la vessie qui n\u2019avait donné ni colique, ni douleur lombaire, mais une hématurie.Il n\u2019en a jamais vu de si lourds que 58 grammes.II mentionne un incident qu\u2019il a observé ailleurs.On intervenait sous anesthésie générale.Le calcul entré dans le panier restait bloqué à l\u2019orifice urétéral.Des tractions pas très fortes n\u2019ont ramené que le manche.On voyait le bout du panier, mais il ne voulait pas venir.Il fallut faire une cystostomie et une méatotomie et expliquer ensuite au malade pourquoi 1l avait fallu inciser.Au docteur Normand il explique qu\u2019en cas de caleul du tiers moyen, l\u2019uretère probablement lësé peut avoir une paroi mince comme du papier et que la partie métallique de l\u2019instrument pourrait le déchirer, tandis que l\u2019extraction sanglante est plus facile à cet endroit qu\u2019au tiers inférieur. LE TRAITEMENT DE LA SPONDYLITE RHIZOMÉLIQUE PAR LES AGENTS PHYSIQUES par Maurice DELÂGE Le but du traitement de la spondylite ankylosante est de soulager le patient de sa douleur et de prévenir, dimmuer ou retarder autant que possible l\u2019ankylose.Les agents physiques tendent vers cet objectif.Nous pouvons utiliser à cet effet les agents producteurs de chaleur, le massage, l\u2019ionisation et les exercices.L\u2019application de la chaleur produit une vasodilatation qui augmente la circulation sanguine, accélère le métabolisme cellulaire et produit un effet sédatif.Cette sédation entraîne l\u2019atténuation ou la disparition de la douleur et de la contracture.Nous utilisons en ce sens les infrarouges, les ondes courtes et ultra- sonores.La lampe à infrarouge peut être considérée comme la meilleure productrice de chaleur pour le traitement à domicile.Son coût minime et sa facilité d\u2019opération en font un appareil très recommandable.Manipulée par des gens le moindrement intelligents elle ne présente pratiquement aucun risque sérieux.Le pad électrique est également utile à domicile, mais n\u2019est pas aussi efficace que la lampe à infrarouge.La chaleur produite est moins intense.Son seul avantage, à notre avis, est qu\u2019il peut être toléré pendant de longues séances, voire une nuit entière, en autant que la surface douloureuse est restreinte. Janvier 1958 LavaL MEeEbicaL 71 Également à domicile, le bain chaud peut être utile pour calmer la douleur, faire relâcher la contracture et servir d\u2019assouplissement chez Ie patient en train de s\u2019ankyloser et à qui on a prescrit des exercices.On le prescrit pour 20 à 30 minutes, à une température de 100 degrés.En milieu hospitalier, les infrarouges sont peu utilisés dans le traitement de la spondylite ankylosante.Le bain de lumière local (Baker) est indiqué chez le patient alité, lorsqu\u2019il est impossible de le conduire au département de physiothérapie.Dans la grande majorité des cas, les ondes courtes sont encore ce que la physiothérapie possède de plus efficace contre la douleur, la raideur et la contracture musculaire des spondylitiques.Elles produisent une chaleur profonde, uniforme et confortable.L\u2019agencement des électrodes nous permet de traiter de petites et de grandes surfaces.Les séances peuvent être répétées aussi longtemps qu\u2019on le désire.Souvent, on note une exagération de la douleur au cours des deux ou trois premiers traitements, puis la douleur s\u2019atténue graduellement.La période d\u2019accalmie qui suit chaque traitement se prolonge avec la répétition des séances.La douleur disparaît généralement entre le dixième et le vingtième traitement.Les ondes ultrasonores sont venues s\u2019ajouter à l\u2019arsenal thérapeutique.Leur action thermique est analoque à celle des ondes courtes.L\u2019expérience nous a démontré que, dans la spondylite ankylosante, leurs effets sont sensiblement les mêmes que ceux des ondes courtes.Ces deux agents semblent d\u2019ailleurs se compléter dans leur lutte contre la douleur et la contracture.Nous remarquons que lorsque nous n\u2019obtenons pas avec les ondes courtes la sédation désirée, nous l\u2019obtenons presque à coup sûr en les remplaçant pas les ultrasons.Nous constatons également les mêmes phénomènes en remplaçant les ultrasons par la diathermie là où ceux-ci ne semblent pas vouloir agir.Si nous donnons la préférence aux ondes courtes, c\u2019est uniquement parce que les ultrasons ont le désavantage d\u2019immobiliser un technicien pendant la durée de la séance.Le ralentissement de la circulation locale par la contracture qui, secondairement, entraîne une restriction du mouvement, justifie l\u2019application du massage.Son action mécanique supplée à la réduction de l\u2019activité musculaire et stimule la nutrition et le tonus du muscle.En plus de son effet mécanique, on note, par voie réflexe, une sédation de la 72 LavarL MEbpicaL Janvier 1958 douleur et de la contracture.Le massage est toujours précédé d\u2019une application de chaleur dont les effets se complétent.L\u2019ionisation peut aussi rendre quelques services.Cependant, dans ce domaine, les ions analgésiques du type salicylé cèdent la place aux ions vasodilatateurs comme l\u2019histamine et les dérivés de la choline dont le Mecholyl (chlorure d\u2019acétyl-béta-méthylcholine) est le plus employé.Ces vasodilatateurs agissent d\u2019ailleurs bien dans toutes les affections rhumatismales du type rhumatoïde.Si la douleur, la raideur et la contracture sont des symptômes qui attirent notre attention, l\u2019ankylose vers laquelle s\u2019achemine le patient, demeure toujours le point vers lequel doivent converger tous nos efforts thérapeutiques.C\u2019est en ce sens que les exercices physiques peuvent Jouer un grand rôle.La conservation de l\u2019amplitude du mouvement n\u2019est possible que par l\u2019exécution de ce mouvement qui entretiendra et développera la force musculaire.Du même coup, l\u2019équilibre statique de la colonne se conservera, car cet équilibre n\u2019est possible que par le maintien d\u2019une bonne musculature.Nécessairement, le patient doit être mis au courant de l\u2019ankylose à laquelle il s\u2019expose s\u2019il ne suit pas nos recommandations.Il devra se soumettre à une série d\u2019exercices répétés, soutenus, qui, en somme, devront s\u2019incorporer à ses activités quotidiennes.SI, durant l\u2019évolution de sa maladie, Ie patient est laissé à lui-même et continue à vaquer à ses occupations, sa colonne dorso-lombaire se fléchira graduellement.Selon la posture qu\u2019il adoptera sa colonne cervicale prendre la position de flexion ou d\u2019hyperextension.Pour marcher, son centre de gravité étant porté à l\u2019avant, 1l devra maintenir ses hanches et ses genoux en flexion.Si, par contre, il s\u2019alite s\u2019entoure d\u2019oreillers, ou s\u2019installe confortablement dans un fauteuil, sa colonne dorso-lombaire se fléchira graduellement, la tête se déjetera à l\u2019avant et la colonne cervicale se fixera en flexion.Comme le processus peut intéresser toutes les articulations, celles qui sont adjacentes seront naturellement les plus touchées.Les mouvements des épaules, de la cage thoracique et des hanches verront leur amplitude diminuer et même disparaître.Pour prévenir ces complications, le patient doit se maintenir en bonne position.Il doit utiliser un lit rigide, un matelas dur, sur lequel 1l Janvier 1958 LavaL MEbpicaL 73 s\u2019étendra sur le dos, les jambes allongées.La tête ne doit pas reposer sur un oreiller.Si, toutefois, cette position n\u2019est pas confortable, l\u2019oreiller ne doit pas être épais et doit être éliminé aussitôt que possible.On conseille, lorsque le patient est couché, de placer pendant de courtes périodes un petit coussin ou une couverture roulée, transversalement à Ja colonne lombaire pour obtenir une extension du segment lombaire.On peut également placer ce petit coussin entre les épaules, parallèlement à la colonne dorsale, pour contrecarrer l\u2019amorce d\u2019une voussure dorsale.Lorsqu\u2019il se tient debout, le patient doit constamment surveiller sa posture : l\u2019abdomen légèrement porté à l\u2019avant, les épaules à l\u2019arrière et la tête droite.Assis, il doit reposer au fond de la chaise, le segment lombaire à plat sur le dossier, les épaules légèrement déjetées à l\u2019arrière et la tête droite.En somme, 1l doit, comme dit l\u2019expression anglaise, être toujours posture conscious.En prévision de la diminution de l\u2019expansion thoracique et de l\u2019amplitude respiratoire, le patient doit être soumis à une gymnastique respiratoire quotidienne, la séance doit durer 4 à 5 minutes.Il devra comprendre la nécessité, durant la séance, de ne respirer autant que possible qu\u2019avec son thorax.La contraction volontaire des muscles abdominaux pendant la respiration immobilisera le diaphragme, forçant ainsi x le thorax à s\u2019étendre davantage.On peut également éliminer la respiration abdominale, lorsque le patient est couché, en lui installant une bande abdominale serrée.Il sera de plus astreint à un programme d\u2019exercices généraux.Ces exercices intéresseront tous les mouvements de toute la colonne, de la ceinture scapulaire et des hanches.Selon la position à prendre pour l\u2019exécution de ces exercices nous les divisons en exercices en position assise, debout, couchée sur le dos et sur le ventre.Ce programme, lorsqu\u2019il est bien suivi, dure presque deux heures, et c\u2019est celui que nous suivons en milieu hospitalier lorsque, évidemment, la condition du patient nous le permet.À sa libération, nous insistons pour qu\u2019il suive la même routine.Cependant, s\u2019il reprend son travail, on peut modifier le programme en retranchant les exercices qu\u2019il aura nécessairement à faire au cours de ses activités. REVUE MÉDICALE ENTERITE REGIONALE 1! par Gérard GAGNON, F.A.C.S., F.I.C.S., M.Sc., professeur agrégé, Diplomatie American Board of Surgery, chef du Service de chirurgie de l\u2019Hôtel-Dieu Saint-Vallier de Chicoutimi OBSERVATIONS CLINIQUES PREMIÈRE OBSERVATION : M.P.L., 41 ans (dossier 49050) se présente à l\u2019hôpital le 22 février 1947, pour des douleurs abdominales.Depuis environ six mois, ce malade accuse des douleurs abdominales mal localisées, survenant par crises et se répétant à des intervalles de plus en plus rapprochés, soit presque tous les Jours.De plus, il se plaint de ballonnement abdominal et de diarrhée légère.Il a maigri d\u2019une trentaine de livres.Les antécédents personnels et familiaux ne comportent rien de particulier.A l\u2019examen physique, on constate que l\u2019abdomen est distendu et douloureux a la palpation.On note une contracture musculaire dans le flanc gauche.1.Cf.Laval médical, 24 : 365, (décembre) 1957. Janvier 1958 LavaL MEpbicaL 75 La formule sanguine est sans particularité.L\u2019examen d\u2019urine révèle des traces marquées d\u2019acétone.On porte le diagnostic d\u2019obstruction intestinale et, le 27 février 1947, une laparotomie est pratiquée par le docteur D.Gaudry.Ce dernier rapporte les constatations suivantes : « Péritoine épaissi, œdématié, liquide séreux dans la cavité péritonéale.La portion moyenne du jéjunum est fermement épaissie et congestionnée.Le mésentére de cette portion contient une grosse masse ganglionnaire.» Un ganglion mésentérique est prélevé pour examen histologique.Le pathologiste remarque une légère hyperplasie lymphocytaire et réti- culo-endothéliale avec une bande de tissu scléreux en bordure du ganglion contenant ici et là quelques rares lymphocytes et plasmocytes.Il ne relève aucune indice de malignité et porte le diagnostic d\u2019iléite régionale.Le malade quitte l\u2019hôpital sans autorisation, deux semaines après l\u2019intervention.Le malade est réhospitalisé Ie 20 août 1947.Son état s\u2019est quelque peu amélioré quoiqu\u2019il conserve certains signes d\u2019obstruction intestinale avec un peu de diarrhée.Il continue de se plaindre de nausées et de douleurs associées à une asthénie marquée.A l\u2019examen physique, on note un abdomen distendu et douloureux dans toute son étendue.La formule sanguine révèle une leucocytose à 18 000 dont 76 pour cent de polynucléaires neutrophiles.L\u2019azotémie, la glycémie, l\u2019urine sont sans particularité.Le 27 août 1947, on pratique une laparotomie paramédiane droite pour une obstruction intestinale.L\u2019intervention comprend : 1° Une anastomose de dérivation entre l\u2019iléon en amont et en aval de la lésion et suture du mésentère au niveau de l\u2019anastomose ; 2° Une appendicectomie.À l\u2019intervention, on constate que l\u2019iléon est fortement épaissi, sur une longueur d\u2019environ douze pouces, dans sa portion terminale, à environ dix-huit pouces du cæcum.La masse ganglionnaire du mésentère constatée à la dernière intervention est disparue.L\u2019appendice est rétro- 76 Lavar MéDpicar Janvier 1958 cæcal, long et congestionné.Un liquide séreux abondant est observé dans la cavité péritonéale.Les suites opératoires sont normales.Le malade quitte l\u2019hôpital le 23 septembre, soit vingt-six jours après l'intervention.Le malade est réadmis trois jours après sa sortie de Phôpital.I se plaint de ballonnement abdominal, de diarrhée profuse, d\u2019inappétence et d\u2019cedéme des membres inférieurs.À l'examen physique, on remarque que la langue est sèche et que la rate est percutable.La palpation de l\u2019abdomen révèle une douleur diffuse.La percussion démontre du météorisme.L'examen d\u2019urine révèle des traces d\u2019albumine, de sucre et d\u2019acétone ; la formule sanguine démontre une anémie légère.On porte le diagnostic de cirrhose diffuse ou d\u2019hypoprotéinémie avec avitaminose, due à la longue période d\u2019hyponutrition.Un traitement médical est institué.On permet au patient de quitter l\u2019hôpital le 15 décembre 1947.On rapporte qu\u2019il est fortement amélioré.1] est réadmis Ie 13 août 1948 pour de l\u2019amaigrissement, de la faiblesse et de la dénutrition.L\u2019abdomen est souple, mais on palpe une masse dans la fosse iliaque et le flanc droits.Le malade fait des vomissements et éprouve des douleurs très fortes après les repas ; 1l ne s\u2019alimente pratiquement pas.Malgré un traitement médical intensif, le malade continue de dépérir.Un lavement baryté, pratiqué le 1°\" août 1948, révèle une colite diffuse.L\u2019étude du relief muqueux montre une altération et une irritabilité marquée au côlon sigmoïdien.Le transit digestif pratiqué le 21 août 1948 ne révèle rien d\u2019anormal.Les urines sont normales.Par contre, la formule sanguine révèle une anémie légère.La protéinémie est a 5,80 grammes.La sédimentation est de 8 millimétres.L\u2019azotémie est à 0,35 g.La recherche du sang dans les selles est positive.Une gastroscopie pratiquée le 24 août 1948, révèle un estomac normal.L\u2019état général du patient continue de se détériorer.II est alors référé à un autre chirurgien qui pratique une résection intestinale avec anastomose termino-terminale.On enlève toute la région de l\u2019anastomose de chaque côté.Di Le un | Sup ma Tent Oy I don, Janvier 1958 Lavar MÉDiCAL 77 Rapport anatomo-pathologique : L\u2019anse intestinale examinée présente une entérite aiguë, ulcéreuse et purulente, sans aucune spécificité histologique.A un endroit, deux segments de cette anse sont accolés l\u2019un à l\u2019autre et à cet endroit, la sous- muqueuse et la musculeuse contiennent quelques corps étrangers amorphes qui pourraient à la rigueur correspondre à des fragments de suture récente.Les suites opératoires sont marquées par le développement d\u2019un iléëus adynamique avec péritonite.Malgré un traitement énergique, le malade expire le 20 octobre 1948.Cette observation 1llustre bien que l\u2019entérite régionale est une maladie décourageante et difficile A traiter.DEUXIEME OBSERVATION : M.M.C., 20 ans (dossier 4950), commissionnaire, est hospitalisé à l\u2019Hôtel-Dieu le 27 mai 1941, pour un syndrome digestif imprécis.Depuis plusieurs mois, 1l se plaint de douleurs abdominales basses, sans caractère défini ; ces douleurs sont sans horaire et n\u2019ont pas de relation avec les repas.À celles-ci, s\u2019ajoutent une constipation chronique et un état nauséeux presque continuel, mais sans vomissement.Dans les antécédents, tant héréditaires que personnels, il n\u2019y a rien à signaler.L\u2019état général semble bon.La température est à 98,4°F.et le pouls à 80 à la minute.A l\u2019examen physique, on note un abdomen plat et souple.La palpation révèle une sensibilité diffuse.Le péristaltisme est normal.L\u2019examen d\u2019urine et la formule sanguine sont sans particularité.Après un lavement baryté, le radiologiste conclut à une perméabilité exagérée de la valvule 1léo-cæcale et à un état inflammatoire péricæcal.On soupçonne une Iléite régionale.Le 29 mai 1951, une laparotomie est pratiquée par le docteur E.Simard, qui découvre un appendice sensiblement normal.A l\u2019abouchement iléo-cæcal et sur une distance de trois pouces, l\u2019iléon est épaissi, sa séreuse est dépolie ; la palpation donne l\u2019impression d\u2019un tuyau d\u2019arrosage ; le mésentère de la région iléo-cæcale est farci de gros ganglions. 78 Lavar MÉpicaL Janvier 1958 Le pathologiste confirme le diagnostic clinique comme suit : « II s\u2019agit d\u2019une 1léite régionale, communément appelée maladie de Crohn, avec ulcération de la muqueuse.» Les suites opératoires furent normales et le malade quittait l\u2019hôpital le 7 juin 1941, en bonne voie de guérison.Le dernier examen périodique fut fait le 11 janvier 1956.Le patient a engraissé de quinze livres depuis son opération.II ne ressent aucune douleur et n\u2019a pas de diarrhée.ll ne passe pas de sang dans ses selles.Le patient affirme qu\u2019il n\u2019a aucun trouble intestinal et se considère guéri.TROISIÈME OBSERVATION : Mlle C.J., 24 ans (dossier 7256), est hospitalisée le 4 août 1951.Depuis vingt-quatre heures, elle se plaint de douleurs abdominales, surtout localisées au quadrant inférieur droit de l\u2019abdomen et associées à des nausées, des vomissements et de la diarrhée.L\u2019état général est bon, la température est à 98,3°F.et le pouls à 84.L'examen physique révèle un abdomen souple, avec une douleur ou un point de MacBurney, mais sans défense, ni contracture.L'examen d\u2019urine est normal.La leucocytose est à 14 200, avec 85 pour cent de polynucléaires neutrophiles.On porte le diagnostic d\u2019appendicite aiguë.Une laparotomie d\u2019urgence est pratiquée par le docteur E.Simard.À l\u2019ouverture de la cavité péritonéale, on remarque une certaine quantité de liquide séreux.L\u2019appendice est sensiblement normal, sauf un petit calcul dans sa lumière.La dernière portion de l\u2019intestin grêle, sur une longueur de dix-huit à vingt pouces est fortement épaissie, avec un piqueté hémorragique sous-séreux.Le mésentère de ce segment de l\u2019iléon est œdématié et contient plusieurs ganglions hypertrophiés.On découvre quatre placards nécrotiques (coloration violacée, presque noire, de la grandeur d\u2019une pièce de cing sous) sur l\u2019intestin.Une résection intestinale avec 1léo-transversostomie est pratiquée en un temps.Le pathologiste rapporte qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une iléite inflammatoire aigué ou maladie de Crohn.ni pat Janvier 1958 Lavar MÉDpicaL 79 La patiente fut réhospitalisée le 25 novembre 1951, pour un épisode diarrhéique, apparaissant surtout à l\u2019occasion d\u2019une émotion ou d\u2019un refroidissement.Elle est mariée depuis mai 1952, mais n\u2019est jamais devenue enceinte.Elle fut examinée à intervalles réguliers depuis son départ de l\u2019hôpital.Elle déclare faire encore de la diarrhée et de l\u2019anémie.Une étude radiologique du tractus digestif pratiquée le 25 janvier 1954, a révélé un intestin grêle d\u2019apparence normale.Elle se plaint également de douleurs dans le bas-ventre.On revoit la malade Ie 11 janvier 1956 et on note que la température est normale, et que le poids à 155 livres indique un amaigrissement de six ou sept livres.Elle se plaint d\u2019une douleur abdominale diffuse, postprandiale.Elle fait trois selles diarrhéiques par jour ; depuis son opération toutefois, elle ne passe pas de sang dans ses selles.Nous considérons cette malade comme améliorée, mais nous ne pouvons éliminer la possibilité d\u2019une récidive.QUATRIÈME OBSERVATION : M.T.B., 23 ans (dossier 24223), est hospitalrsé le 26 mai 1953, pour des douleurs à la fosse 1liaque droite.Depuis deux mois environ, trois à quatre heures après les repas, le patient dit éprouver une sensation de ballonnement abdominal qui dure quelques minutes et s\u2019accompagne de borborygme.Depuis cette époque également, 1l a deux selles molles par jour.A l\u2019examen, on note une forte douleur au point de MacBurney, avec rigidité musculaire.La température est à 100°F.et Ie pouls à 80.Les urines sont normales.La leucocytose est à 16 400, avec 84 pour cent de polynucléaires neutrophiles.Une appendicectomie est décidée le 27 mai.Une incision de Mac- Burney découvre un appendice en état d\u2019inflammation aiguë, recouvert d\u2019un exsudat fibrineux intense.Après avoir enlevé l\u2019appendice, on extériorise le grêle pour élimmer la présence d\u2019un diverticule de Meckel.A notre grande surprise, l\u2019iléon terminal, depuis la valvule iléo-czcale, et sur une longueur de 24 centimètres est rouge feu et a la consistance du caoutchouc.La paroi de l\u2019intestin à cet endroit, semble avoir plus de deux centimètres d\u2019épaisseur.Sa lumière est réduite au minimum.Nous avons l\u2019impression de palper un organe solide plutôt qu\u2019un organe 80 Lavar MÉDicaAL Janvier 1958 creux.Certains ganglions du mésentère ont la grosseur d\u2019une noix anglaise.Nous croyons être en présence d\u2019une iléite segmentaire.On ferme la paroi abdominale.L\u2019examen histo-pathologique révèle un appendice en état d\u2019inflammation aiguë avec gangrène.Le 15 juin, après une préparation médicale (sulfathalidine et streptomycine), nous pratiquons une résection intestinale, comprenant le cæcum, le côlon ascendant, l\u2019angle hépatique, la moitié droite du côlon transverse et plus de deux pieds de l\u2019iléon, avec une anastomose termino- latérale, entre l\u2019iléon et Ie côlon transverse.La convalescence est rapide et sans complication.Le malade quitte l\u2019hôpital, le 25 juin 1953, et laisse la région immédiatement pour retourner dans sa famille.En janvier 1956, le malade déclare qu\u2019il pèse 143 livres.Son poids est demeuré stationnaire.Sa température est normale.Cependant, il a toujours des selles diarrhéiques.Il a repris toutes ses activités et se dit guéri.Nous classons ce patient dans la catégorie des patients guéris.CINQUIÈME OBSERVATION : M.L.M., 26 ans (dossier 11956), est admis à l\u2019hôpital le 15 novembre 1953, pour une diarrhée chronique.La maladie, au dire du patient, aurait débuté en 1951, alors qu\u2019il a commencé à faire de la diarrhée.Il avait alors au moins six évacuations par jour.Il fut hospitalisé en 1952, pour une diarrhée aiguë qui céda après trois jours de traitement médical.La diarrhée est réapparue à intervalles réguliers depuis son départ de l\u2019hôpital.Il n\u2019a pas passé de sang dans les selles ; il n\u2019a pas eu de nausée, ni de vomissement ; 1l n\u2019a pas perdu de poids.L\u2019examen physique de l\u2019abdomen ne révèle rien d\u2019anormal.Le foie, la rate et les reins ne sont pas palpables, ni percutables.Le repas baryté révèle la présence d\u2019une entérite régionale.La calcémie est à 8,8 mg pour cent et la phosphorémie est à 4,7 mg pour cent.L\u2019épreuve à l\u2019histamine est normale.Les urines sont normales.La recherche du sang dans les selles est positive sur trois échantillons.La formule sanguine est normale. Janvier 1958 Lava\u2026 MÉDICAL 81 On demande une consultation chirurgicale.Le docteur E.Si- mard recommande et pratique une laparotomie exploratrice.Le diagnostic d\u2019entérite régionale est porté avant l\u2019intervention.Constatations opératoires.A l\u2019ouverture de l\u2019abdomen, nous dirigeons notre exploration immédiatement vers l\u2019estomac ; celui-ci n\u2019offre aucun signe pouvant faire penser à la présence d\u2019une linite plastique, d\u2019une ulcération ou de tout autre état pathologique.La vésicule biliaire, le foie et le duodénum paraissent normaux, de même que le côlon transverse.L\u2019exploration de l\u2019intestin grêle est intéressante : le jéjunum, depuis l\u2019angle duodéno-jéjunal et sur une longueur d\u2019environ trois pieds, présente un épaississement considérable de la paroi.De plus, l\u2019intestin dans son ensemble est distendu et hypertrophié et il est Ie siège d\u2019une hyperhémie sous-séreuse marquée.Faisant immédiatement suite à ce segment dilaté, nous voyons un segment d\u2019environ un pied et demi de longueur où la paroi intestinale nous paraît quelque peu rétrécie.Toutes les anses intestinales faisant suite à celles que nous venons de décrire, présentent une consistance et une apparence normales.Le mésentère est farci de ganglions tuméfiés, allant du volume d\u2019une fève à celui d\u2019une olive.La majorité de ces ganglions se retrouve près de la région intestinale qui est le siège des phénomènes décrits plus haut.Il est à remarquer, cependant, qu\u2019il existe des ganglions tuméfiés, mais moins nombreux et moins gros, dans les segments sous-jacents du mésentère vis-à-vis desquels l\u2019intestin nous parait normal.La région 1léo-cæcale semble normale, excepté l\u2019appendice qui contient un volumineux calcul ; toutefois, l\u2019appendice n\u2019est pas le siège de réaction inflammatoire apparente.Les côlons sont normaux, à l\u2019exception d\u2019une boucle sigmoïdienne mobile et longue qu\u2019on pourrait considérer comme un dolichosigmoïde moyen.L\u2019exploration abdominale nous donne franchement l\u2019impression d\u2019une maladie de Crohn dont le siège actuel est localisé au jéjunum et au début de l\u2019iléon.Nous prélevons un ganglion pour étude histo-pathologique.Le rapport de cet examen se lit comme suit : « Adénite subaigué avec appendicite aiguë catarrhale.» (15) 82 Lavar MÉpicaL Janvier 1958 La convalescence fut rapide et sans complication.Le patient quitta l\u2019hôpital le 12 décembre 1953, soit dix Jours après l\u2019intervention.Il est sous traitement médical pour entérite régionale depuis cette époque.Nous l\u2019avons revu le 20 janvier 1956.Sa température est normale ; son poids est demeuré le même.I! ne ressent aucune douleur.L\u2019opération n\u2019a cependant pas modifié la diarrhée : il a quatre ou cing selles par jour, presque toutes semi-liquides.Les selles sont plutôt pales, sans sang ni fausse-membrane.La digestion est un peu difficile.Il se plaint d\u2019une flatulence postprandiale.Le patient travaille régulièrement depuis son départ de l\u2019hôpital.Nous considérons que la maladie évolue lentement vers l\u2019obstruction intestinale qui nécessitera une intervention chirurgicale.SIXIÈME OBSERVATION : J.-G.C., un enfant de 8 ans (dossier 27681), est admis à l\u2019hôpital dans le Service de médecine, le 8 mai 1954, pour des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements, ainsi que de la constipation.Le début de la maladie remonterait à huit jours.Les troubles se seraient installés progressivement.Dans les antécédents personnels, on remarque que l\u2019enfant fut opéré d\u2019urgence le 15 octobre 1953.Le diagnostic préopératoire était d\u2019appendicite aiguë et le diagnostic postopératoire d\u2019adéno-lymphite mésentérique.L\u2019appendice fut enlevé.La convalescence fut compliquée d\u2019un iléus adynamique.Le patient put cependant quitter l\u2019hôpital huit jours après son opération.L\u2019examen histo-pathologique indiquait un appendice normal.Le médecin de famille l\u2019aurait également traité pour un rhumatisme articulaire aigu à forme abdominale.Une radiographie simple de l\u2019abdomen révèle une dilation des anses du grêle avec un niveau liquide.On porte le diagnostic d\u2019iléus adyna- mique.La formule sanguine est banale : Hémoglobine.11 grammes Erythrocytes.4 570 000 Leucocvtes.10 200 Janvier 1958 Lavar MÉDicaL 83 Valeur globulamre.0,85 Polynucléaires neutrophiles.77% Lymphocytes.12% Grands monocytes.10% Polynucléaires basophiles.1% Deux jours après son admission, on demande une consultation chirurgicale.Le consultant recommande une laparotomie qui est pratiquée le 11 mai 1954, par le docteur E.Beaudry.On porte le diagnostic préopératoire d\u2019obstruction intestinale par bride, mais on le modifie après intervention en celui d\u2019obstruction par iléite terminale perforée.À l\u2019opération, on fait une résection intestinale (quinze cm d\u2019iléon) avec anastomose termino-terminale.Constatations opératoires.Cet enfant présente des douleurs abdominales depuis six à sept jours.II s\u2019est progressivement développé une obstruction et une distension de l\u2019abdomen.La radiographie a démontré une obstruction siégeant sur l\u2019intestin grêle seulement.A l\u2019opération, on constate qu\u2019il existe dans l\u2019abdomen, un liquide libre, séro-purulent.A environ 12 cm du cæcum, on retrouve une 1léite segmentaire avec nécrose partielle de l\u2019intestin et perforation.Cette perforation s\u2019est cloisonnée par de multiples adhérences et des membranes fibrineuses.L\u2019examen du cæcum et des autres organes de l\u2019abdomen ne révèle rien d\u2019anormal.L\u2019examen histo-pathologique du segment intestinal confirme le diagnostic d\u2019iléite régionale terminale.La convalescence est normale.La plaie guérit par première intention.Le patient quitte l\u2019hôpital dix-huit jours après son admission et quinze jours après son opération.Ce patient est actuellement pensionnaire dans un collège classique.La famille n\u2019a jamais constaté la nécessité d\u2019un examen périodique, tellement l\u2019enfant se porte bien.Nous le classons dans la catégorie des sujets guéris.SEPTIÈME OBSERVATION : M™\u20ac J.-P.G., 26 ans (dossier 34001), est admise à l\u2019hôpital le 18 août 1954, pour des douleurs dans la fosse iliaque droite.La maladie 84 Lavar MÉDicaL Janvier 1958 actuelle aurait commencé 1l y a trois jours.La patiente raconte qu\u2019elle a commencé à ressentir un malaise dans la fosse iliaque droite, accompagné de frissons et de vomissements.La patiente dit avoir vécu un épisode semblable au mois de juillet dernier, quelques jours avant ses menstruations.Dans les antécédents, on relève que les amygdaies ont été enlevées plusieurs années auparavant.À l\u2019examen physique, on constate une douleur objective diffuse dans tout l\u2019abdomen.Il y à une rigidité musculaire marquée à la fosse iliaque droite.La formule sanguine démontre : Hémoglobine.12 grammes Erythrocytes.3 840 000 Leucocytes.10 800 Polynucléaires neutrophiles.749, Lymphocytes.249, Grands monocytes.297, On porte le diagnostic d\u2019appendicite aiguë et on recommande une laparotomie d\u2019urgence qui est pratiquée par le docteur E.Simard.On enlève l\u2019appendice.Le diagnostic postopératoire est celui d\u2019appendicite aiguë et d\u2019iléite terminale (maladie de Crohn).Constatations opératoires.Cette patiente présente un syndrome appendiculaire aigu.A l\u2019ouverture de l\u2019abdomen, on constate que l\u2019appendice est modérément congestionné et que la base du cæcum, surtout à l\u2019implantation de l\u2019appendice, semble entièrement normal.Par ailleurs, la dernière anse du grêle sur une distance d\u2019environ cinq à sIx pouces, présente un épaississement marqué et un dépoli de la séreuse et une hyperhémie sous-séreuse marquée.Dans le mésentère du grêle, près de cette anse, on constate de très nombreux ganglions, tuméfiés et œdématiés, formant une masse plus grosse qu\u2019un œuf.Le tout nous apparaît assez caractéristique d\u2019une iléite terminale ou maladie de Crohn, localisée à la dernière anse de l\u2019iléon.Il est à remarquer que le cæcum ne participe en aucune façon au processus inflammatoire qui se termine Janvier 1958 Lavar MépicaL brusquement à la valvule iléo-cæcale.C\u2019est la raison pour laquelle nous avons tout de même pratiqué une appendicectomie.L\u2019utérus et les annexes nous apparaissent normaux.Nous explorons le grêle sur une certaine distance et nous ne trouvons aucune autre zone atteinte d\u2019entérite régionale.L\u2019examen histologique révèle une appendicite aiguë suppurée avec réaction péritonéale.La convalescence est rapide et sans complication.La plaie guérit par première intention.La malade quitte l\u2019hôpital six jours après son admission à l\u2019hôpital.Elle est toujours soumise à un traitement médical.Elle est réadmise à l\u2019hôpital le 6 août 1955, pour un avortement incomplet.En janvier 1956, la patiente continue de jouir d\u2019une bonne santé.Nous croyons que la maladie a guéri spontanément.HUITIÈMF OBSERVATION : M.O.B., 28 ans (dossier 33637), est hospitalisé une première fois Ie 3 août 1954, pour des douleurs abdominales, accompagnées de vomissements.Il y a trois Jours, le patient a subitement ressenti après son repas du soir, une vive douleur au creux épigastrique.Quelques hevres plus tard, les vomissements alimentaires sont apparus.Le patient ne pouvait même pas tolérer l\u2019eau.Vingt-quatre heures auparavant, le patient aurait vomi des matières fécales.Le patient dit avoir eu une défécation normale quelque temps avant son admission à l\u2019hôpital.Les antécédents personnels et héréditaires ne révèlent rien de particulier.Le patient eut la rougeole en bas âge et subit une amygdalectomie 1l y à quatre ans.Le patient raconte également que depuis cing ans, 1Ïl éprouve beaucoup de troubles digestifs qui se caractérisent par une diarrhée fréquente et abondante.Il raconte avoir vécu un épisode semblable il y a deux mois.Le tout serait entré dans l\u2019ordre après quelques jours.A l\u2019examen physique, on constate un abdomen souple et plat ; la palpation provoque une douleur subjective légère, à la fosse 1liaque droite et à l\u2019ombilic.L\u2019auscultation de l\u2019abdomen révèle un péristaltisme normal.Le toucher rectal n\u2019indique rien d\u2019anormal. 86 LavarL MEbpicaL Janvier 1958 La recherche des parasites dans les selles est négative.L\u2019épreuve à l\u2019histamine est normale.La formule sanguine démontre : Hémoglobine.11,5 grammes Erythrocytes.3 980 000 Leucocytes.5 400 Valeur globulaire.0,94 Polynucléaires neutrophiles.609, Polynucléaires éosinophiles.2% Lymphocytes.299, Grands monocytes.9% Un lavement baryté ne révèle rien d\u2019anormal au côlon.On pratique un examen radiologique du tractus digestif par l\u2019administration de bouillie opaque ; le radiologiste déclare que l\u2019estomac, le duodénum et l\u2019intestin grêle sont normaux.Il signale cependant une dilatation du jéjunum.Devant ce rapport, nous portons le diagnostic d\u2019appendicite à rechute ou de diverticule de Meckel.Le malade quitte l\u2019hôpital amélioré, sept Jours après son admission.Le 11 février 1955, le patient est réadmis à l\u2019hôpital pour de la diarrhée, des vomissements fétides et de la constipation.Le patient raconte que, depuis son départ de l\u2019hôpital au mois d'août dernier, il a ressenti par intervalles irréguliers une forte douleur péri-ombilicale associée à des vomissements bilieux et fécaloïdes.Le patient prétend que son abdomen devient parfois distendu et qu\u2019il peut même observer une tuméfaction abdominale qui se déplace d\u2019un côté à l\u2019autre de l\u2019abdomen.Enfin, il dit avoir perdu vingt-cinq livres depuis sa dernière hospitalisation.A l\u2019examen physique, on constate que le patient n'apparait pas souffrant.La tension systolique est à 115 et la tension diastolique est à 80 mm de Hg.L\u2019examen physique de l\u2019abdomen révèle une sensibilité diffuse.On ne palpe pas de masse.Le toucher rectal indique un empâtement dans la fosse 1liaque droite.Les urines sont normales. Janvier 1958 LavaL MEbpicaL 87 La formule sanguine se lit ainsi : Hémoglobine.14,2 grammes Erythrocytes.4 680 000 Leucocytes.6 200 Valeur globulaire.1,0 Polynucléaires neutrophiles.62% Lymphocytes.34% Grands monocytes.4% On porte le diagnostic d\u2019entérite régionale ou maladie de Crohn.Le 14 février 1955, une laparotomie est pratiquée sous anesthésie générale.Constatations opératoires.A l\u2019ouverture de la cavité péritonéale, nous constatons la présence d\u2019un liquide clair.L'\u2019intestin grêle est dilaté jusqu\u2019à plusieurs fois son diamètre normal.La partie terminale de l\u2019iléon, sur une longueur de dix-huit pouces environ a la consistance d\u2019un saucisson.La lumière intestinale à cet endroit est réduite à un millimètre au plus.La paroi de l\u2019intestin a au moins deux centimètres d\u2019épaisseur.Le mésentére intestinal est épaissi.On peut voir plusieurs ganglions lymphatiques en état d\u2019inflammation aiguë.L\u2019inflammation intéresse également l\u2019appendice, mais se termine brusquement à la valvule Iléo-cæcale.L'\u2019anse Iléale malade est fortement adhérente à la vessie et à la paroi abdominale postérieure.Il s\u2019agit d\u2019un cas classique de maladie de Crohn ou 1léite segmentaire, produisant une obstruction intestinale complète.L'intestin grêle a au moins trois fois le diamètre du côlon.Ce serait violer un des principes élémentaires de la chirurgie que de vouloir tenter une résection intestinale d\u2019emblée.Nous nous contentons de pratiquer une iléotransversostomie sans rien réséquer.Dans quelques mois, nous retournerons pour pratiquer la résection de l\u2019iléon et la moitié droite du côlon.Nous laissons l\u2019appendice en place bien qu\u2019il soit inflammé.La convalescence est rapide et sans complication.La plaie guérit par première intention.Le malade quitte l\u2019hôpital onze jours après son admission, soit huit jours après son opération.Il est maintenant sous traitement médical et se rapporte régulièrement pour examens périodiques. 88 Lavar.MÉDICAL Janvier 1958 Le 23 mars 1955, nous constatons que le patient a gagné trois livres de poids ; sa température est alors à 98°F.Le 27 juin 1955, 11 pèse 150 livres.Il a repris son travail.Il ne veut pas être hospitalisé, mais préfère attendre d\u2019avoir des troubles avant de se soumettre à une résection intestinale.Nous le revoyons le 21 septembre 1955.I! pèse à cette époque 153 livres.La température est toujours normale.Il donne une forte journée de travail.Enfin, 1l vient en consultation le 4 janvier 1956.Le poids s\u2019est maintenu à 152 livres.La température est toujours normale, à 98°F.Il ne passe pas de sang dans ses selles.Il n\u2019a pas de diarrhée.Il préfère attendre encore avant de se soumettre à une intervention chirurgicale pour résection intestinale.Nous n\u2019avons pas assez de recul du temps pour classer ce patient dans la catégorie des guéris.Nous présumons qu\u2019une résection intestinale deviendra nécessaire.PRONOSTIC Même avec tous les moyens thérapeutiques dont nous disposons, l\u2019entérite régionale continue souvent de progresser.Le pronostic dans tous les cas doit demeurer réservé non seulement pour un an, deux ans, mais encore pour plusieurs années.Il n\u2019est pas rare de constater une récidive de la maladie après avoir pratiqué une résection jugée idéale.La persistance, la progression ou la récidive de la maladie sont plus fréquentes que le laissaient croire les communications originales.La fréquence des récidives semble directement proportionnelle à la durée des examens périodiques postopératoires.Selon les auteurs et selon les modes de traitement, nous retrouvons des pourcentages différents.Colp (18) rapporte un taux de récidive de 28,9 pour cent chez 781 patients ayant subi une 1léo-colostomie avec exclusion et de 21,8 pour cent chez 2 209 patients ayant subi une résection intestinale.Rhoads (75) a rapporté 25 cas de résection intestinale pour entérite régionale avec un taux de mortalité de 8,8 pour cent et un taux de récidive de 92 pour cent.Marshall (60) rapporte 269 résections pour entérite régionale avec un taux de mortalité de 2,6 pour OÙ iy 5 al) tlh êtab al fe, 0 Ms of Ie tof le me À re | pouf Janvier 1958 Lavar MÉDicaL 89 cent et un taux de récidive de 15,7 pour cent.Van Patter (84) a rapporté un taux de récidive de 64 pour cent, tandis que Hawthorne et Frobèse (44) signalent un taux de récidive de 73 pour cent.Les récidives apparaissent le plus souvent dans les deux premières années qui suivent l\u2019opération, mais sont susceptibles de se manifester même plusieurs années après l\u2019opération Initiale.Connelly (21) rapporte un cas de récidive survenu dix-neuf ans et demi après l\u2019institution du traitement chirurgical.Liber (56) fut le premier à signaler la présence de cellules ressemblant aux cellules de Brunner dans la muqueuse de l\u2019iléon, dans les cas d\u2019entérite régionale.Kawel et Tesluk (51) ont observé la présence de ces cellules dans 16 des 34 cas soumis à une résection.Parmi ces 16 cas, 67 pour cent subirent une récidive, tandis qu\u2019aucune récidive n\u2019est apparue chez les 18 patients qui n\u2019exhibaïlent pas de cellules de Brunner dans la muqueuse du segment intestinal réséqué.Qu\u2019il s\u2019agisse de métaplasie ou d\u2019hétérotopie, la présence de ces cellules constitue, d\u2019après ces auteurs, un critère important dans l\u2019établissement du pronostic.DIAGNOSTIC DE L\u2019ENTÉRITE RÉCIDIVANTE On doit penser à une récidive de la maladie quand réapparaissent les symptômes caractéristiques de la maladie initiale.Ces symptômes sont la diarrhée, la douleur abdominale, l\u2019anémie, l\u2019amaigrissement, la fièvre, l\u2019hypoprotéinémie, l\u2019œædème périphérique, la formation d\u2019abcès ou de fistules.La diarrhée, à elle seule, ne suffit pas pour porter le diagnostic de récidive.Cependant, si une diarrhée sévère s\u2019accompagne, soit de fièvre, soit de perte de poids, soit d\u2019anémie, soit d\u2019augmentation du taux de sédimentation, soit du renversement du rapport albumine- globuline, soit de signes radiologiques, le diagnostic de l\u2019entérite est établi.DIAGNOSTIC RADIOLOGIQUE Le repas baryté est la meilleure méthode de diagnostic.En général, on constate la présence d\u2019un segment intestinal épaissi, rigide, dont 90 Lavar MÉDricar Janvier 1958 la lumière peut être réduite jusqu\u2019à l\u2019obstruction.On doit compléter l\u2019examen par une sigmoïdoscopie et un lavement baryté, car la propagation colique est une complication assez fréquente.TRAITEMENT DE L\u2019ENTÉRITE RÉCIDIVANTE Le traitement de l\u2019entérite récidivante est médical ou médico- chirurgical.Pour le choix du traitement, on doit se baser sur les mêmes critères que ceux qui ont motivé le choix de la thérapeutique de l\u2019entérite primaire.Le traitement médical doit être institué si la maladie dure depuis quelque temps seulement et s\u2019il semble s\u2019agir d\u2019un processus Inflammatoire aigu et non pas d\u2019un processus chronique fibrosant sténosant.L\u2019exérèse chirurgicale est particulièrement indiquée quand il s\u2019agit d\u2019une zone localisée avec sténose marquée.On doit nécessairement songer au traitement chirurgical devant une obstruction chronique, une perforation avec formation d\u2019abcès ou de fistules, une hémorragie ou l\u2019échec du traitement médical.L\u2019iléo-jéjunite diffuse n\u2019est pas une contre-indication absolue du traitement chirurgical.Le traitement médical de l\u2019entérite régionale, primitive ou secondaire, est entièrement non spécifique et symptomatique.Le repos au lit est capital.La suralimentation, la vitaminothérapie, la surveillance de l\u2019équilibre électrolytique, les transfusions sanguines sont également Importants.Les antibiotiques ont une valeur thérapeutique réelle, mais aucun n\u2019est reconnu comme spécifique.Si l\u2019un s\u2019avère Ineffrcace, on doit l\u2019écarter pour en essayer un autre.I! faut préférer l\u2019administration énergique pendant une courte durée, à l\u2019administration prolongée de faibles doses.L\u2019ACTH, comme les antibiotiques, n\u2019est pas un médicament spécifique ; c\u2019est une médication de support qui place le patient en meilleure condition, en augmentant sa résistance à la maladie.Dans la grande majorité des cas, la résection chirurgicale de l\u2019intestin malade devient nécessaire.Cependant, quand on est rendu à envisager une troisième ou même une quatrième résection, on doit sérieusement mettre en doute la valeur du traitement chirurgical.Dans certains milieux, le traitement chirurgical est réservé aux cas compliqués comme $ it Janvier 1958 LavaL MEbpicaL 91 un pis aller parce que nous n\u2019avons rien de meilleur à offrir.C\u2019est pourquoi on ne doit pas hésiter à faire le point et à rapporter tous les cas d\u2019entérite régionale.Il semble qu\u2019en ce faisant, on finira par résoudre le problème.Le chirurgien a toujours été Iimité par les troubles de la nutrition qui résultaient d\u2019une résection considérable de l'intestin grêle.On s\u2019accorde à dire que l\u2019activité de la maladie est un facteur beaucoup plus important comme cause de troubles de la nutrition, que la perte d\u2019un segment plus ou moins étendu de l\u2019intestin grêle.On peut sacrifier 50 pour cent de l\u2019intestin grêle sans produire de troubles de la nutrition, si l\u2019intestin restant est sain.Il est possible de maintenir l\u2019équilibre de la nutrition avec cinq pieds d\u2019intestin normal.Malheureusement, on ne peut être sûr de la qualité de l\u2019intestin restant quand 1l s\u2019agit d\u2019entérite régionale.La persistance d\u2019une hypermotilité fonctionnelle apparente, consécutive à une résection, fait mettre en doute l\u2019intégrité de l\u2019intestin restant.L\u2019ingéniosité du clinicien est surtout taxée quand 1l est appelé à traiter un patient atteint d\u2019un syndrome intestinal et dont une quantité [imite d\u2019intestin a été réséquée.Le tableau clinique ressemble alors à celui qui est provoqué par une brûlure cutanée étendue.En effet, en plus des troubles d\u2019absorption, 1l se produit une exsudation marquée de sang et de sérum.Une anémie sévère est un symptôme pratiquement constant, La plupart du temps, Il s\u2019agit d\u2019une anémie hypochrome par hémorragie ou pauvre absorption de fer.Cette anémie peut parfois être secondaire à la déficience d\u2019un facteur hématopoïétique spécifique.L\u2019hémorragie intestinale peut être discrète, occulte ou massive, si l\u2019ulcère de l\u2019intestin est assez grand et assez profond.Dans certains cas, l\u2019hémorragie est imputable à une hypoprotéinémie ou à une déficience en vitamine K.L\u2019augmentation du taux de la sédimentation et l\u2019inversion du rapport albumine,'globuline sont un indice important de l\u2019activité de la maladie.Le taux d\u2019albumine peut descendre jusqu\u2019à un gramme ou moins.L\u2019œdème périphérique disparaît quand l\u2019équilibre protéinique du sérum est rétabli.Le jeûne prolongé peut donner une protéinémie qui ressemble à celle de l\u2019entérite régionale.Dans cette dernière maladie, une rétention élevée du bromesulfaléine indique que l\u2019insuffisance 92 Lavar MéDpicaL Janvier 1958 fonctionnelle de la cellule hépatique peut être un facteur de cette hypo- protéinémie.On combat l\u2019anémie et l\u2019hypoprotéinémie par des transfusions de sang complet ou de facteur albumine.Le plasma n\u2019est pas conseillé tant pour éviter le danger d\u2019une hépatite à virus que parce que les quantités requises de plasma sont trop grandes.L\u2019hypocalcémie est assez fréquente.On la contrôle par l\u2019administration par voie orale de calcium et de vitamine D.Le déséquilibre électrolytique est fréquent et souvent sévère.A un taux de chlore élevé s\u2019aioute une chute des ions sodium et potassium.La déficience en potassium peut être supérieure à celle qui est indiquée par la détermination du potassium du sérum.C\u2019est pourquoi on conseille l\u2019admmnistration du potassium quand la diarrhée existe.PROPHYLAXIE DE L\u2019ENTÉRITE RÉCIDIVANTE Il n\u2019y a pas de mesure prophylactique.On doit cependant éviter de commettre l\u2019erreur d\u2019abandonner le traitement médical à la sortie de la salle d\u2019opération.Le traitement médical énergique est aussi impératif après qu\u2019avant l\u2019intervention, pour une durée minimum de six mois.Ces patients sont comme certains repris de justice libérés sur parole : ils doivent se rapporter à leur médecin traitant à intervalles réguliers.CONCLUSIONS L\u2019entérite régionale est une maladie difficile à traiter.Le traitement chirurgical, comme le traitement médical est souvent inefficace.La fréquence des récidives porte à considérer le traitement chirurgical comme une mesure symptomatique et non pas curative.L\u2019éradication complète de la maladie est probablement rare.Des foyers occultes demeureraient à l\u2019état latent dans la paroi intestinale ou encore dans les ganglions et les lymphatiques du mésentère.Ce fait décourageant ne doit pas cependant nous rendre pessimiste au point de rejeter le traitement chirurgical, même après deux ou trois échecs sur le même patient.Il y a un fait certain : devant une forme compliquée, la chirurgie est li Janvier 1958 Lavar MÉDICAL 93 reine.De plus, le seul fait d\u2019enlever la lésion macroscopique sémble donner au patient un avantage décisif sur sa maladie.C\u2019est pourquoi la résection nous apparaît plus avantageuse que la dérivation.Enfin, la récidive postopératoire, quoique déplorable, n\u2019est pas synonyme de catastrophe.Si le traitement médical intensif et prolongé s\u2019avère impuissant à enrayer la maladie, un nouvel essai du traitement chirurgical ne doit pas être refusé au patient.Quoique les résultats laissent encore à désirer, beaucoup sont renfloués d\u2019une situation apparemment désespérée.BIBLIOGRAPHIE 1.ARMITAGE, A., et WiLsoN, N., Crohn\u2019s disease, a survey of the literature and a report on 34 cases, Brit.J.Surg., 38 : 182-192, (oct.) 1950.2.BARGEN, J.A., et WEBER, D.M., Chronic ulcerative colitis, Surg., Gynec.¢» Obst., 50 : 964, 1930.3.BernsTEIN, M., KonzLEMANN, F.W., et Siprick, D.M, Bœck\u2019s sarcoid : report of a case with visceral involvement, Arch.Int Med., 44 : 721-734, (nov.) 1929.4.Biscarp, J.W., et HENskE, J.A., Regional ileitis (Crohn), J.A.MA., 108 : 550, (13 fev.) 1937.BLACKBURN, G., HADFIELD, G., et Hunt, A.H., Regional 1leitis, St.-Barth.Hosp.J., 72 : 181-224, 1939.6.Brain, A., KennNEDY, J.D., Carian, R.J., et Harkins, H.N., Effect of penicillin in experimental intestinal obstruction ; cure \u201cUy of strangulated ileal obstructions treated with penicillin prior to late resection, Arch.Surg., 53 : 378-386, (oct.) 1946.7.BLUMENTHAL, J.S., et BERMAN, R., Terminal ileitis with extension into the cæcum following non perforating abdominal 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HISTOIRE DE LA MÉDECINE PROPOS SUR LA BIOLOGIE MÉDICALE par Charles-Marie BOISSONNAULT ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET CLINIQUE MODERNE IV Laënnec ne voyait rien de pratique dans la subdivision des maladies en genres et en espèces, subdivision empruntée aux naturalistes et qui ne saurait, à son avis, s\u2019appliquer à des catégories toutes différentes les unes des autres.« Les espèces zoologiques et botaniques sont des êtres, et les maladies ne sont que des modifications dans la texture des organes de l\u2019économie animale, dans la composition de ses liquides ou dans l\u2019ordre de ses fonctions.» 22 ) Laënnec jugeait vaine la recherche des causes prochaines des maladies, estimant que «l\u2019oubli profond où sont successivement tombées 22.Ibid., p.133.« Je tenterai encore moins de remonter aux causes premières, ou, pour me servir du terme des écoles, aux causes prochaines des malades.La vanité de ce genre de recherches est suffisamment prouvée par l\u2019oubli profond où sont successivement tombées toutes les théories de ce genre, excepté celles dont les auteurs sont encoré vivants : encore subissent-elles chaque jour tant de modifications, que leur auteurs mfèmes montrent assez par là combien ils sont peu sûrs d\u2019avoir trouvé la vérité.Brown pourrait-il reconnaître aujourd\u2019hui ses disciples avoués et sans aveu ?» 1&8 les ie ans ra (mit Janvier 1958 Lavar MÉDrcAL 101 toutes les théories de ce genre ) est une preuve évidente de leur inutilité.Il entendait se borner à décrire les cas pathologiques tranchés et distincts les uns des autres, à déterminer les phénomènes insolites qui se manifestent dans la constitution matérielle des organes ou dans leurs fonctions pendant une maladie.Par cette méthode et grâce à son nouveau procédé d\u2019investigation, Laënnec rénova entièrement la pathologie des poumons.On peut même affirmer qu\u2019il en fut le véritable créateur.Adversaire des théories, 11 accumula tant d\u2019observations, tant de faits, tant de constatations qu\u2019il finit lui-même par construire toute une doctrine fondée sur la comparaison des bruits normaux de l\u2019organisme chez les gens sains avec les sons et les râles des malades.Par une étude attentive des lésions organiques, 1l parvint à lever le voile qui cachait Jusqu\u2019alors aux praticiens les différentes maladies des poumons et à les classifier.Des inflammations de la membrane muqueuse bronchique à la dilatation des bronches, de l\u2019inflammation plastique de la membrane muqueuse des voies aériennes (croup) à l\u2019hémorrhagie bronchique aux polypes de la membrane muqueuse bronchique, des ulcères des bronches aux affections des glandes, Laënnec, passe en revue les différentes affections dont peuvent souffrir les poumons et les individualise, alors qu\u2019avant lui c\u2019est à peine si l\u2019on connaissait la pneumonie et la gangréne pulmonaire.Dans son Traité de I\u2019Auscultation médiate et des Maladies des Poumons et du Cœur, il décrit en détail chacune des affections qu\u2019il a identifiées ainsi que leur marche mystérieuse dans l\u2019organisme, ouvrant amnsi à la pathologie un champ aussi neuf que bien exploré.x Que connaissait-on à cette époque de la structure intime du poumon?«Les cellules aériennes étaient formées, pensait Malpighi, par la membrane interne des bronches, qui, en se terminant, se divisait en cellules analogues à celles d\u2019une éponge.» Helvétius, de son côté, a la suite de nombreuses expériences sur les vésicules, conclut qu\u2019elles étaient constituées « par un simple tissu cellulaire disposé sans ordre régulier et né des enveloppes celluleuses de tous les vaisseaux qui parcourent le poumon ». 102 LavaL MEbpicaL Janvier 1958 Haller et la majeure partie des anatomistes de son temps partageaient cette opinion.23 En 1823, un étudiant en médecine du nom de Picard fit souffler un poumon et le fit dessécher.Il le trancha ensuite avec un bistouri bien alguisé et constata, affrrma-t-il, « que, dans quelque direction qu\u2019on fasse les coupes, on aperçoit des canaux perpendiculaires et d\u2019autres obliques à leur surface ».Il en conclut «queleramuscule bronchique principal qui se distribue à chaque lobule pulmonaire se divise à son entrée dans le lobule en deux rameaux qui en donnent quatre, lesquels en donnent huit et que cette bifurcation, répétée ainsi plusieurs fois donne lieu à des conduits qui se croisent dans tous les sens possibles, et dont chacun marche accompagné d\u2019un ramuscule des veines et de l\u2019artère pulmonaire ».Laënnec reprit cette expérience sans toutefois parvenir à la confirmer, disant que, « au contraire, outre les ramuscules bronchiques très-ténus reconnaissable à leur forme allongée », 1l avait vu quantité de petites vésicules.Laënnec estime dangereuse la recherche des « causes de maladies graves dans des altérations microscopiques des organes ».24 Pour lui, un poumon sain se compose d\u2019une multitude de petites vésicules 1rré- gulièrement sphéroïdes ou ovoïdes pleines d\u2019air et séparées par des cloisons blanches et opaques.Si, comme on le voit dans la discussion précédente, Laënnec étudie avec une grande sympathie les théories médicales de ses contemporains, il les rejette ou les réfute avec une extrême courtoisie, soucieux avant tout de ne blesser personne ; ceux de ses confrères qui ne partagent pas ses vues n\u2019ont pas la même politesse.Des professeurs éminents comme Broussais, l\u2019attaquent avec une violence voisine de la haine, employant des termes d\u2019un incivilité remarquable et d\u2019un ton qui n\u2019a rien de scientifique.23.Ibid, p.277.« M.Reisseissen, après un grand nombre d\u2019observations microscopiques et d\u2019injections au mercure, a trouvé que les bronches, à leurs extrémités, se subdivisent en une multitude de petits canaux terminés par des culs-de-sac globuleux dont le rapprochement présente un aspect analogue à celui de la terminaison des rameaux du chou-fleur » (De Fabricd pulmonum a reg.Acad.Scient.Berolin.prem.ornata., 1822).24.Ibid, p.280.« .Il est impossible de ne pas tomber dans des conséquences absurdes, et l\u2019anatomie pathologique, ainsi que celle de l\u2019homme sain cultivées de cette manière, perdraient bientôt le rang qu\u2019elles occupent parmi les sciences physiques, pour se changer en un vaste champs d\u2019hypothèses fondées sur des illusions d\u2019optiques et des spéculations, sans aucune utilité pour la médecine.» Janvier 1958 Lavar MÉDICAL 103 Voici, par exemple, comment s\u2019exprime, à propos du stéthoscope, un futur président de l\u2019Académie de médecine, Jean-Baptiste Nac- quart : « L\u2019oreille est maintenant investie du droit d\u2019apprécier la circulation du cœur et l'entrée de l\u2019air dans les cellules du poumon.Une main de papier roulé en cylindre, approchée de l\u2019oreille et placée successivement sur les différents points de la poitrine, est l'instrument dont s\u2019est servi d\u2019abord M.Laennec.II vient de substituer un cylindre creux de bois tendre et léger ; avec cet instrument appelé pectori- loque, l\u2019intérieur de la poitrine n\u2019a plus de secret pour le médecin.Le son est différent suivant qu il y a une phlegmasie aiguë ou chronr- que, suivant la place même qu\u2019elle occupe.Un simple tubercule tenterait veinement d\u2019échapper.Sa présence est trahie par une pectori- loquie différente.Je crains bien que les plaisants ne voient quelque analogie entre cet instrument et le Kaleidoscope.Pour moi, j'avoue, à ma honte, ne pas m\u2019en être encore servi et ne pouvoir prendre dans cette affaire que la qualité d\u2019historien.» 25 Naquart ne fut pas, évidemment, le seul médecin à se moquer de Laënnee.À chaque invention, aussi loin que l\u2019on remonte dans l\u2019histoire de l\u2019humanité, on voit ainsi de grands esprits se buter contre les innovations et dénoncer les inventions nouvelles avec d\u2019autant plus de force, peut-on dire, qu\u2019elles sont plus utiles et plus normales.L'histoire des sciences est jonchée de ces déclarations qui jettent plus de ridicule sur leurs auteurs que sur les innovateurs.Il en est qui doivent quand méme pressentir leurs erreurs de jugement car ils se couvrent de l\u2019anonymat quand 1ls veulent dénigrer leurs confrères.Laënnec a également rencontré des gens de cet acabit.Des médecins condamnaient l\u2019usage du stéthoscope pour toutes sortes de raisons dont la plupart n\u2019avaient rien à voir avec la science.Un correspondant de la Gazette de Santé 26 se moque des hommes de l\u2019art et « du motif qui les porte à se livrer si vite à l\u2019emploi d\u2019un instrument qui, par plus d\u2019un côté, donne prise au ridicule et d\u2019une méthode qui paraît plutôt une manœuvre de charlatanisme qu\u2019un moyen de diagnostic avantageux ».25.SARRADON, Paul, Le docteur Laënnec, pp.147-148.26.15 janvier 1820.Cité par Sarradon, p.148. 104 Lavar MÉDicaL Janvier 1958 Le dictionnaire des Sciences médicales contient un article de Mérat, condisciple de Laënnec, sur le pectoriloque, dans lequel 11 condamne l\u2019usage du mot stéthoscope : « La méthode a peu de chance de passer dans la pratique, écrit- il, car il faut du temps pour arriver à discerner tous ces bruits que l\u2019auteur, à force de travail, a pu rendre familiers.» 27 Mérat termine en invitant les praticiens à n\u2019utiliser ce procédé qu\u2019avec le plus de circonspection possible ; non seulement, 1l trouve la me- thode singulière, mais prétend qu\u2019elle peut induire en erreur.Ce sont là les paroles d\u2019un ami.La critique de Mérat fit sourire Laënnec : « J\u2019aime beaucoup l\u2019inconvénient qu\u2019il trouve à une méthode purement mécanique et qui tend à détourner les médecins de s\u2019exercer à conjecturer habilement sur le pouls, la face, les excréments.Autant vaudrait refuser de courir Paris en cabriolet de peur de perdre l\u2019habitude de marcher sur la pointe des pieds sans se crotter .» 28 D\u2019autres rivaux, aussi envieux que Jaloux, s\u2019en prennent à Laënnec et condamnent avec véhémence son invention.Tout le monde sait qu\u2019il a eu un adversaire irréductible dans la personne de Broussais qui jouissait alors d\u2019une grande réputation plutôt imméritée.L\u2019anatomie pathologique, tel que conçue par Laënnec, avait le don de déplaire profondément à Broussais.Tout en reconnaissant que I'inventeur du stéthoscope est « un anatomo-pathologiste scrupuleux, et fort exact dans les descriptions qu\u2019il donne des altérations organiques qu\u2019il étudie », il lui reproche de ne pas tenir « compte de toutes celles qui existent dans les cadavres qu\u2019il explore ».Laénnec « a toujours pour objet, écrit Broussais, 29 dans chaque nécroscopie, de faire ressortir une altération organique à laquelle il veut rapporter tous les symptômes, et prodigue les sophismes pour amener ses lecteurs à son opinion ».On sait que Laënnec est un des intellectuels les plus probes du x1x° siècle.Aussi, quand Broussais l\u2019accuse de « dissimuler l\u2019importance des lésions 27.Ibid., pp.148-149.28.DucLos, Henri, Laënnec, p.236.29.Examen des Doctrines Médicales et des Svstèmes de Nosologie, 1834.T.1v.p.332. Janvier 1958 Lava\u2026 MÉDICAL 105 qu\u2019il regarde comme secondaires, et souvent de n\u2019en pas dire un seul mot », il fait une grossière erreur.Que le stéthoscope soit considéré « comme le seul moyen d\u2019obtenir le diagnostic des maladies de la poitrine », cela Broussais ne saurait l\u2019admettre.En conséquence, 1l accuse Laënnec de toujours commencer par ce qu\u2019il appelle grossièrement « l\u2019exposition des signes tirés des autres moyens d\u2019exploration », et 1l l\u2019accuse de « les entourer tous d\u2019incertitude avant d\u2019exposer les signes stéthoscopiques qui, seuls, selon lui, peuvent fixer le caractère précis de la maladie ».30 L\u2019esprit de recherche de Laënnec et ses conceptions scientifiques deviennent sous la plume de Broussais des défauts : « Laënnec, écrit-il, est un homme opmiâtre, dominé par un petit nombre d\u2019idées fixes et n\u2019épargnant pas les sophismes pour les faire prévaloir ; ce qui le conduit souvent aux contradictions.» La façon de raisonner de Broussais nous apparaît aussi fautive que discourtoise.On peut prendre au hasard dans les quelque deux cents pages du IV® tome de son Examen des phrases qui trahissent chez leur auteur plus de haine que de jugement.Quand 1l écrit que Laënnec s\u2019est « proposé pour problème de deviner pendant la vie quelle espèce d\u2019altération on doit trouver après la mort, afin d\u2019ajuster les symptômes aux différentes formes des altérations organiques ), 11 manifeste une mauvaise foi évidente.« Laënnec trouve dans les inflammations pulmonaires la cause la plus fréquente des maladies graves et de la mort », écrit ailleurs Broussais.3! « Cette sentence est irréfléchie ; elle montre un médecin qui n\u2019a pensé qu\u2019aux régions froides et humides où il a passé sa vie, et c\u2019est un pareil homme qui nous accuse d\u2019exclusivisme ».Jamais Laënnec n\u2019a condamné l\u2019examen du thorax comme moyen d\u2019exploration, Jamais Il n\u2019a nié le rôle du cœur et l\u2019influence du sang.Broussais, pourtant, l\u2019en accuse comme 1l l\u2019accuse de vouloir passer pour un inventeur.Mais là où Il se trompe encore plus c\u2019est quand il dénonce d\u2019un seul couple Traité d\u2019Auscultation, le qualiflant de « Roman sublime, sombre et triste roman qui n\u2019est qu\u2019un amas fastidieux de faits indigestes ou de 30.Ibid., pp.332-333.31.Ibid, p.161. 106 Lavar MÉDpicaL Janvier 1958 découvertes inutiles ».On sent chez Broussais la colère d\u2019un homme qui se rend compte de son infériorité en face d\u2019un rival heureux : « M.Laënnec, ce grand explicateur, malgré sa sagacité à observer avec le stéthoscope, est le moins propre des hommes à suivre un raisonnement sévère pour arriver à des conclusions rigoureuses.» L\u2019usage des poisons en thérapeutique le fait bondir et il fustige ceux qui « manient chaque jour avec une hardiesse inconcevable, les poisons les plus formidables et qui se font gloire de les avoir portés à des doses épouvantables ».Si on lui reproche la virulence de ses expressions, il réitère dans sa réponse le verdict qu\u2019il a déjà prononcé : «Quand nous disons que certains rasoriens déterminent des gastrites mortelles et même des déchirures de l\u2019estomac avec des doses forcées d\u2019émétique, on nous accuse de les injurier, car, enfin, il s\u2019agit d\u2019une doctrine qui ordonne de traiter les maladies par des substances vénéneuses à des doses plus fortes même que celles dont l\u2019admmistration place les criminels sous le glaive de la loi.» L\u2019oncle de Laënnec, Guillaume, n\u2019y allait pas par quatre chemins quand 1l expliquait à son neveu que tous ces détracteurs n\u2019étaïent en somme qu\u2019une bande de jaloux, de rivaux, de mauvais plaisants et d\u2019imbéciles.C\u2019était un véritable débordement d\u2019injures contre le savant.On le donnait en ridicule dans les feurlles satiriques et humoristiques ainsi que sur certaines scènes ; on ne le désignait plus que par l\u2019expression : l\u2019homme au cornet ou au pectoriloque ! En revanche, d\u2019autres savants, de grands praticiens, des écrivains même, lui adressaient de lettres de louange et publiaient des articles fort élogieux à son adresse.En accusant réception du Traité, le professeur Hallé le félicitait en ces termes : «J\u2019ai reçu avec reconnaissance votre bon et utile ouvrage.J\u2019y vois avec plaisir développer l'utilité d\u2019un moyen qui est propre a donner beaucoup de précision a un diagnostic difficile ; J\u2019y vois de très utiles observations faites avec probité et sagacité.Aussi, Je vous remercie et pour moi personnellement et pour l\u2019art, du cadeau que vous venez de nous faire.» 32 32.30 août 1819.Cité par SARRADON, p.152. Janvier 1958 Lavar.MÉDICAL 107 Un autre professeur, Husson, reconnaît que le Traité contient une foule de renseignements utiles et nécessaires : « Je veux puiser dans votre travail toutes les notions que vous avez rassemblées et qui me paraissent une indispensable nécessité pour la pratique de la médecine.Libre au 1°\" octobre, c\u2019est cette période que j\u2019ai choisie pour m\u2019occuper sérieusement d\u2019éduquer mon oreille.Votre aimable souvenir me fait vivement regretter que votre hôpital soit si éloigné du mien, J'aurais sollicité vous être compté parmi les élèves que vous formez à l\u2019auscultation.» De tous les témoignages reçus par Laënnec, celui qui porte la signature la plus célèbre se trouve dans les Mélanges littéraires de Château- briand.Le voici : « Après avoir traité de l'histoire, il conviendrait de parler des sciences, mais nous manquons de ce courage, si commun aujourd\u2019hui, de raisonner sur des choses que nous n\u2019entendons pas.Dans la crainte de prendre le Pirée pour un homme nous nous abstiendrons.« Néanmoins, nous ne pouvons résister à l\u2019envie de dire un mot d\u2019un ouvrage de science que nous avons sous les yeux : il est intitulé De l\u2019Auscultation médiate.« Au moyen d\u2019un tube appliqué aux parties extérieures du corps, notre savant compatriote breton, le docteur Laënnec, est parvenu à reconnaître, par la nature du bruit de la respiration, la nature des affections du cœur et de la poitrine.Cette belle et grande découverte fera époque dans l\u2019histoire de l\u2019art.S1 l\u2019on pouvait inventer une machine pour entendre ce qui se passe dans la conscience des hommes, cela serait bien utile au temps où nous vivons.C\u2019est dans son génie que le médecin doit trouver des remèdes, a dit un autre médecin dans ses ingénieuses maximes, et l\u2019ouvrage du docteur Laënnec prouve la justesse de cette observation.Nous pensons aussi, comme l\u2019Ecclésiaste, que toute médecine vient de Dieu et qu\u2019un bon ami est la médecine du cœur.» Laënnec expliquait, certes, la médecine du Cœur.Ses recherches, il les faisait autant par générosité envers les malades que par esprit scientifique.Il consacrait tout son temps à son travail.Dans une lettre qu\u2019il a écrite à l\u2019un de ses amis, il donne l\u2019emploi de son temps : «.Je me lève à 7 ou même 8 heures, car j'ai besoin de beaucoup de sommeil.Je m'\u2019habille Ie plus souvent en donnant des consultations.Je vais faire ma visite d\u2019hôpital et ensuite un bout de clinique aux élèves qui le suivent.Cela me mène à 10.30 heures et déjà le temps me presse assez pour que le plus souvent je ne puisse rentrer chez moi pour déjeuner.« Je commence donc une journée qui ne finit que vers 5.30 heures.Après diner, c\u2019est-à-dire vers 6.30 heures j\u2019en commence une autre 108 Lavar.MÉpicar Janvier 1958 jusqu\u2019à 10 heures.II me reste ensuite une heure jusqu\u2019à 11 heures que je me couche, plus quelques minutes de temps en temps avant de déjeuner et de diner, pour tenir à jour mes correspondances de toute espèce, corriger et mettre en ordre les observaitons recueillies par les élèves dans mon hôpital, règler mes petites affaires.» La découverte de la séméiologie pulmonaire, Laënnec la fit dans l\u2019espace relativement court de vingt-deux mois et, pendant cette même période, 1l écrivit la première version de son traité de l\u2019Auscultation médiate.Il fit ce travail si important alors que la maladie ne cessait de s\u2019attaquer à son organisme : 1817, violente attaque de goutte qui se termina par une syncope, 1818, céphalées atroces, vertiges, étourdissements.Homme d\u2019une santé frêèle, il n\u2019en travaille pas moins, autant qu\u2019il le put.Voici comment son biographe, Henri Duclos, peint cette époque de sa , P poq vie : « Cet homme, qui, chaque matin, se hâtait vers Necker, et que beaucoup de ses contemporains ne connaissaient que pour ses grands chapeaux et le nombre de ses breloques, personne n\u2019aurait soupçonné qu\u2019il roulait un monde dans son cerveau.» De concert avec ses élèves, il faisait régulièrement, au moyen de stéthoscope, l\u2019examen de chaque malade, cherchant à découvrir de nouveaux symptômes ou la confirmation de ses diagnostics antérieurs.Il procédait également à d\u2019imnombra- bles autopsies et comparait, comme le lui a reproché Broussais, les lésions anatomiques post mortem avec les observations enregistrées avant la mort du malade.Sa famille s\u2019inquiétait d\u2019autant plus de sa santé qu\u2019il était moins prudent.Seule son énergie, lui permettait de résister au mal qui le minait.Il faut dire aussi que la pensée de résoudre le grave problème qui le hantait le soutenait.L\u2019un de ses cousins, Mériadec, exprime dans une lettre 33 les inquiétudes qui troublaient sa famille : « Depuis quelque temps, notre bon cousin est un peu malade et cela me fait de la peine.Quoiqu\u2019il soit maintenant assez bien, il n\u2019est pas encore comme je le voudrais.Il s\u2019était livré avec trop d\u2019ardeur à son travail sur ce nouveau moyen de reconnaître les maladies de poitrine, dont je t\u2019ai déjà, je crois, parlé ou dont Ambroise du moins a dû te dire quelque chose.Cette maladie, qui était une affection nerveuse assez difficile à caractériser et dont le principal symptôme était un embarras du cerveau qui ne lui permettait pas de fixer trop fortement son attention, quoique non dangereuse par elle-même, n\u2019a pas été sans faire maigrir ce pauvre Théophile et 33.16 avril 1818.ia li Tet, ; È tai qi pme dans Janvier 1958 LLavaL MEDICAL 109 tu sais que déjà Il n\u2019était pas trop gras.Heureusement, il va bien mieux, l\u2019 \u2018appétit lui revient, 1l se donne de l\u2019exercice à jardiner avec moi après sa visite d\u2019 hôpital (et l\u2019exercice est pour lui un remède d\u2019élection), en sorte que J'espère que, dans quelques jours, il sera tout à fait dans son état naturel.» La famille de Laënnec avait bien raison de s\u2019inquiéter de sa santé.Depuis dix-neuf ans, il travaillait sans relâche, usant sa santé, dépensant le peu d\u2019argent qu\u2019il avait et sacrifiant son bonheur personnel à la science.En avril 1819, son ouvrage De l\u2019Auscultation médiate, allait être publié.C\u2019est le dix-neuf de ce mois qu\u2019il signa le contrat avec les éditeurs Bresson & Chaudé.Voici comment il annonçait peu après, la nouvelle : « Je suis accablé de malades et occupé de mon livre, comme un cuisinier dans son coup de feu.Il est vendu et on l\u2019imprime.Il paraîtra au 1°\" juillet, non pas en trois bateaux, mais en deux volumes et, ce qui m\u2019étonne pour une chose de cette nature, précédé de préventions favorables.J\u2019ai été étonné du prix que J\u2019en ai obtenu, comparé à celui des premières éditions des ouvrages de médecine qui ont eu le plus de succès.J'ai vendu les deux premières éditions à faire, formant ensemble 3 500 exemplaires, 7 000 francs payables six mois après la mise en vente de chaque édition.Bichat n\u2019a vendu la propriété de son Anatomie générale en quatre volumes que 3 000 francs ; et moi, Je me réserve la propriété.» 34 La goutte et l\u2019asthme minaient son organisme surmené.Au moment où 1l allait recueillir la récompense de ses travaux, sa santé l\u2019abandonnait.Il s\u2019en rendait parfaitement compte et 1l en souffrait vivement.Quand on a mis toutes ses expériences dans une seule chose ou un seul être, 1l est souverainement pénible de les voir s\u2019envoler.Ainsi, la vie meurtrit les plus délicieux de nos rêves.Déjà, Laënnec le sentait, 1l n\u2019était plus en état d\u2019enseigner et si son livre le désignait pour la première chaire de médecine vacante à l\u2019école, sa santé ne lui permettait pas de l\u2019accepter.Le mal s\u2019aggravait à mesure et Laënnec songeait de plus en plus à sa retraite, comme on peut le constater à la lecture de la lettre suivante : «Je suis retenu chez moi depuis cinq jours par une attaque d\u2019asthme.J\u2019espère qu\u2019elle ne sera pas longue, car elle diminue beaucoup depuis hier ; mais, comme c\u2019est la plus forte que j'aie eue Jusqu\u2019ici et que l\u2019expérience m\u2019a prouvé que le moyen de prévenir et de guérir ce mal et beaucoup d\u2019autres, chez moi, c\u2019est l'exercice habt- 34.DucLos, Henri, Laënnec, pp.216-217. 110 Lavar MéEpicaL Janvier 1958 tuel et un peu violent, je suis tout à fait décidé à quitter Paris.Je compte dire adieu à Paris à la fin d\u2019août, au plus tard.Bien des gens à ma place seraient désespérés et j'avoue que j'aurais beaucoup mieux aimé devenir professeur à l\u2019École, donner des consultations pendant huit mois et passer les quatre autres en Bretagne avec l\u2019agrément qu\u2019a partout un homme qui a de l\u2019aisance, et il est certain qu\u2019après la publication de mon ouvrage je pourrais me borner à faire de la médecine de consultation.II est certain aussi que je suis à la porte de l\u2019École et que, sans injustice manifeste, on ne peut me refuser une des deux ou trois premières places vacantes.Mais je ne suis plus capable, sans danger pour ma vie, du degré de contention d\u2019esprit que demande la préparation d\u2019une leçon et mes nerfs me forceraient d\u2019en laisser, ou d\u2019en faire mal, vingt sur quarante.Je ne me chargerai Jamais d\u2019un pareille tâche pour m\u2019en acquitter aussi mal.Jaime beaucoup mieux aller végéter et faire ce que je pourrai de bien à Kerlouarnec et, au fond, pourvu que j\u2019y aie de quoi Joindre les deux bouts de l\u2019année, je m\u2019y trouverai très heureux.Il y a dix ans que j'ai prévu et commencé à préparer ma retraite.Je n\u2019ai été trompé que par des circonstances politiques qui m\u2019ont forcé à manger pendant deux ans mes économies de deux autres années et qui ne m\u2019ont pas permis d\u2019en faire depuis.» 35 Quelle était la portée des vérités découvertes par Laënnec?On l\u2019ignorait encore de son temps.Koch et Villemin allaient plus tard en faire comprendre toute l\u2019utilité féconde.Laënnec avait reconnu par l\u2019exploration scientifique des poumons les signes indispensables au diagnostic le plus précis.II avait analysé tous les bruits de la poitrine, depuis ceux des bronches jusqu\u2019aux souffles les plus divers, les identifiant et les classant avec soin.Honoré et les flottements pleuraux, Trousseau et le bruit d\u2019airain, Bacelli et la pectoriloquie aphone, Monnerat et Gran- cher distinguant les vibrations et leurs variations, ont pu accomplir leurs œuvres et réussir leurs observations grâce aux travaux de Laënnec, il faut l\u2019admettre.La biologie médicale pouvait donc naître.On saurait bientôt que la tuberculose est une maladie infectieuse spécifique, que son agent peut être vaincu.Calmette pourrait pousser ses recherches vers la vaccination.Sans les constatations de Laënnec, combien d\u2019années se seraient écoulées avant que l\u2019on établisse la notion de bacille tuberculeux infiltrant?Nul n\u2019a fait franchir une étape aussi décisive à nos connaissances touchant la tuberculose ! Depuis les temps les plus reculés, cette terrible maladie était un véritable fléau.L\u2019antiquité lui avait donné 35.Ibid., pp.218-219.iE Que is, ne Janvier 1958 LavaL MegpicaL 111 le nom de phtisie, mot tiré d\u2019un verbe grec signifiant sécher, mais tout en en décrivant les symptômes et les conséquences, les prédécesseurs de Laënnec, depuis vingt-trois siècles, ne s\u2019étaient même pas rendus compte de son unicité.Lésions et troubles présentés par les malades portaient les médecins à croire à l\u2019existence de douze ou quatorze maladies auxquelles ils donnaient ce nom au hasard de leurs observations et selon l\u2019apparence des malades qu\u2019ils recevaient dans leur cabinet ou rencontraient dans leurs hôpitaux.Laënnec eût l\u2019heureuse idée « de mener parallèlement l\u2019observation clinique et la recherche anatomo-pathologique, afin de contrôler l\u2019une au moyen de l\u2019autre».En procédant ainsi, 1l créait du coup la mêde- cine moderne.Toutefois, Laënnec ne croyait pas à la contagiosité de la tuberculose.Ce grand savant, qui avait identifié les granulations, les tubercules et les infiltrations, n\u2019avait pas vu que si «le tubercule engendre le tubercule d\u2019un tissu à l\u2019autre, il pourrait bien se faire qu\u2019il produisit aussi ce tubercule d\u2019un organisme à un autre ».Villemin s\u2019en rendit compte.Il est vrai qu\u2019il ne faut pas condamner Laënnec trop vite.Le terme contagion était alors presque synonyme du mot épidémie.Or, la contagion est le passage d\u2019une infection d\u2019un sujet à un autre ; c\u2019est la communication d\u2019une maladie par contact médiat ou immédiat.On appelait contagion morte la transmission par contact d\u2019effets provenant d\u2019un malade.«On voit souvent chez les personnes qui ont peu d\u2019aisance, une famille nombreuse couchée dans la même chambre qu\u2019un phtisique, un mari partager Jusqu\u2019au dernier moment le lit de sa femme phtisique, sans que la maladie se communique », écrit Laënnec, ce en quoi l\u2019auteur du Traité d\u2019auscultation se trompe grandement.Villemin ne commit pas la même erreur.Il décida d\u2019élucider la question et procéda comme Magendie aurait pu le faire en conduisant diverses expériences.Des lapins lui permirent de constater que la tu- 112 Lava\u2026 MÉpicaL Janvier 1958 berculose est inoculable.II! en conclut qu\u2019elle est « l\u2019effet d\u2019un agent causal physique, un virus ».Malheureusement, la découverte de Ville- min n\u2019eut pas la publicité requise et on l\u2019ignore.Toutefois, elle confirmait l\u2019opinion de Laënnec touchant l\u2019unicité de cette affection.On 1gno- rait encore son origine microbienne ; la voie ouverte par Laënnec devait nécessairement y conduire, mais cela appartient à une époque ultérieure, celle de Claude Bernard, de Pasteur, et, dans le cas de la phtisie, celle de Robert Koch.La chimie médicale va bientôt prendre son essor.Sans la clinique moderne et l\u2019anatomo-pathologie, cet essor aurait encore été retardé.Laënnec a brisé l\u2019esprit de système et prouvé que « la médecine a comme fondement le plus solide, l\u2019observation ».Il a établi « que celle-e: doit embrasser à la fois les symptômes de la maladie et les lésions des tissus et des organes, en réalisant la corrélation entre celle-c1 et ceux-là ».À la base des recherches expérimentales touchant la modalité de la contagion tuberculeuse, les facteurs d\u2019éclosion et les procédés thérapeutiques, demeure la clinique, telle que Laënnec l\u2019a comprise et enseignée.Les progrès de la biochimie, dans ces domaines, ont largement bénéficié de ses découvertes et de ses travaux sans lesquels chimistes et biologistes n\u2019auraient peut-être pas su orienter leurs propres recherches vers les activités physico-chimiques de la machine vivante. ANALYSES P.WERTHEIMER et J.DESCOTES.Les névralgies essentielles bilatérales du trijumeau.La Presse médicale, (13 février) 1957.Le traitement chirurgical de la névralgie faciale passe à juste titre pour un des chapitres les plus satisfaisants de la chirurgie de la douleur.Pourtant, l\u2019analyse des résultats éloignés de la radiocotomie rétro- ganglionnaire nous avait montré que des résultats demeurés satisfaisants, pendant plusieurs années, pouvaient se détériorer ; de tels faits tempèrent quelque peu l\u2019optimisme du chirurgien dans son espoir de faire céder définitivement une névralgie trigéminale par l\u2019opération simple et rationnelle qu\u2019est l\u2019interruption de la voie sensitive.La possibilité de récidives contro-latérales nous était apparue également, dans l\u2019analyse de nos résultats éloignés, comme une éventualité non négligeable, pleine d\u2019enseignements pour la conception pathogénique de la prosopalgie et pour sa thérapeutique.La névralgie faciale bilatérale se présente fréquemment, tout au moins au chirurgien, comme une récidive.Elle est, en effet, exceptionnellement bilatérale d\u2019emblée.Frazier, en 1924, publie une statistique de 754 neurotomies et ne fait mention d\u2019aucune névralgie bilatérale.Horrax et Poppen (1935) rapportent 4,1% de névralgies bilatérales (sur 468 névralgies).Coleman Meredith et Froland colligeant 600 observations rapportent un seul cas de névralgie bilatérale.Les recherches effectuées sur un ensemble de plus de 500 cas de névralgies faciales traités par l\u2019un de nous ont permis de retrouver 13 observations de névralgies bilatérales : 3% ; nous n\u2019avons bien entendu retenu que les observations de névralgie faciale authentique, à l\u2019exclusion de toutes les algies faciales atypiques (postzoostérienne, sympa- thalgies, etc.) dans lesquelles la bilatéralité n\u2019est pas rare.COMMENTAIRES ET RÉFLEXIONS Nous avons retrouvé 200 malades neurotomisés depuis plus d\u2019un an, une trentaine de malades non opérés ; nous aboutissons à un total de 230 (18) 114 Lavar MÉpicaL Janvier 1958 malades environ suivis plusieurs années et auquel se rapportent les 13 observations.On aboutit ainsi au chiffre de 5 ou 6% de récidives controlatérales, qui paraît correspondre de plus près à la réelle fréquence des névralgies faciales bilatérales.La névralgie faciale bilatérale semble l\u2019apanage des gens âgés.Neuf de ces cas étaient des femmes.Dans deux des cas seulement, la maladie a été vue et traitée pour la première fois, au stade de névralgie bilatérale.Les onze autres cas entrent dans la catégorie des récidives controlatérales.D'autre part, il est intéressant de noter que tous ces récidivistes controlatéraux, sauf un, ont eu un résultat qui s\u2019est maintenu excellent du côté opéré.TRAITEMENT DES NÉVRALGIES BILATÉRALES Douze cas ont été traités.Six malades ont été traités médicalement (alcoolisations, vitamines B12, dihydan, etc.).Les six autres prosopalgiques furent opérés selon la technique habituelle par voie temporale : radicotomie totale avec conservation de la racine motrice qui doit être vue et soigneusement préservée.L\u2019ÉTUDE DES RÉSULTATS Ils s'avèrent très favorables ; leur étude écarte bien des objections adressées à l\u2019opération de Spiller-Frazier, en matière de névralgie faciale bilatérale.Les suites opératoires ont été simples dans les 6 cas, et le résultat immédiat a été excellent, tant au point de vue sensitif que moteur.Pas de paralysie faciale, aucune complication oculaire et, surtout, à lointaine échéance, pas de troubles de la mastication ; nous avons été, comme Frazier et Stookey, surpris par l\u2019erreur de cette objection faite à la radico- tomie.En fin de compte, les troubles de la mastication n\u2019existent pas chez ces malades opérés à plusieurs années d\u2019intervalle même si un déficit transitoire a suivi une des interventions.Sur le plan de la douleur, les résultats ont été remarquables et la guérison obtenue dans tous les cas (même dans l\u2019observation V où la malade récidiva au bout de dix-huit ans du côté opéré en premier), 3 résultats connus depuis plus de huit ans se sont maintenus excellents (observations IX, VIII et XII).Nous partageons l\u2019opinion de Byron Stookey : les réserves apportées à l\u2019endroit de la neurotomie rétro-gassé- rienne avec conservation de la racine motrice en matière de névralgie faciale bilatérale ne nous paraissent pas devoir être retenues.En effet, les conditions étiologiques : caractères exceptionnels de la névralgie bilatérale vraie, sujets âgés, sont autant d\u2019 arguments en faveur de l\u2019opération de Spiller-Frazier qui, effectuée des deux côtés à des années d\u2019intervalle, n\u2019a pas les inconvénients qu\u2019on lui prête.Nous admettrions l\u2019indication de tractotomie bulbo-spinale chez un sujet Jeune, présentant une névralgie bilatérale, mais le cas est rare et dans la Janvier 1958 LavaL MÉDICAL 115 forme habituelle c\u2019est-à-dire celle des névralgies « bilatéralisées » nous restons fidèles à la radicotomie.Le plus large crédit est accordé à l\u2019opération de Spiller-Frazier et celle-ci reste parfaitement valable dans les cas bilatéraux.Une expérience de près de trente années, appuyée sur une analyse récente des résultats éloignés, a prouvé à l\u2019un de nous la valeur de la radicotomie.Les névralgies faciales bilatérales, bien loin de constituer une exception à cette thérapeutique, lui fournissent, au contraire, une justification supplémentaire.RÉSUMÉ Les névralgies bilatérales du trijumeau se présentent Ie plus souvent comme des récidives controlatérales tardives.Elles représentent 5 à 6% des névralgies faciales essentielles.L'absence de simultanéité permet d\u2019appliquer aux formes bilatérales la thérapeutique propre à soulager durablement les formes unilatérales.La radicotomie rétroganglionnaire, pratiquée d\u2019après la méthode de Spiller-Frazier, n\u2019entraîne pas habituellement de troubles de la mastication et fournit un résultat fonctionnel satisfaisant et durable, ainsi qu\u2019en témoignent les six observations rapportées.Pierre JoBIN W.G.Van KETEL.Rosacea-like tuberculid of Lewandowsky.(Les tuberculides genre rosacée de Lewandowsky.) Excerpta Medt- ca, vol.11, n° 5 (mai) 1957, 187-188.Les tuberculides genre rosacée décrites par Lewandowsky en 1927 ont fait l\u2019objet de nombreuses publications et de présentations de malades entre 1930 et 1940 surtout aux Etats-Unis.Les lésions de tuberculides genre rosacée siègent à la face, sur le nez mais surtout sur les joues et le cou.L'examen à la vitropression révélerait la présence de tubercules et l\u2019examen histopathologique démontrerait la formation de follicules tuberculoïdes.L\u2019auteur s\u2019est appliqué à contrôler ces différentes constatations chez cinquante-cinq malades.Ila trouvé que, cliniquement il était impossible de faire la différentiation entre l\u2019acnée rosacée papuleuse et les tuberculides genre rosacée.L\u2019histopathologie n\u2019est pas plus caractéristique car on retrouve le follicule tuberculoïde dans un cas comme dans l\u2019autre.Le terrain tuberculeux ne semble pas se rencontrer plus souvent dans le premier cas que dans le second.L'auteur en conclut que les tuberculides genre rosacée ne doivent pas être considérées comme une maladie autonome mais une simple vari- cté de l\u2019acnée rosacée papuleuse ou papulo-pustuleuse.Emile GAUMOND (20) 116 Lavar MéÉpicaL Janvier 1958 G.GINESTET et L.MIVILLE.Communications bucco-sinuso- nasales.Encycl.méd.-chir., Oto-rhino-laryngologie, 20480 M\" (3-1956), 14 pages, 33 fig.Sont étudiées 1c1 les fistules bucco-sinuso-nasales acquises, à l\u2019exclusion des communications congénitales qui représentent un type bien particulier et qui sont étudiées dans d\u2019autres chapitres du traité.Les causes de ces communications acquises sont multiples et variées : ostéites de diverses origines, et surtout traumatismes, qu\u2019ils soient accidentels, balistiques ou chirurgicaux.Après une étude symptomatologique très précise, G.Ginestet et L.Miville accordent la plus grande place à la thérapeutique : traitement préventif, traitement Immédiat, traitement tardif, principes et technique des procédés chirurgicaux utilrsés.Cette thérapeutique constitue un des gros progrès récents de la chirurgie maxillo-faciale.J.RICHIER et J.MERCIER.Anatomie des sinus : sinus frontal, sinus ethmoidal, sinus sphénoïdal, sinus maxillaire.Encycl.méd.-chir.Oto-rhino-laryngologie, 20415 A!, 20415 C\u2019, 20415 Er, 20415 G0 (3-1956), 18 pages, 22 fig.Une connaissance précise de l\u2019anatomie des sinus est évidemment indispensable à la pratique oto-rhino-laryngologique, médicale ou chirurgicale.Bien 1llustrés, les fascicules de J.Richier et de J.Mercier doivent être d\u2019une grande utilité pour les étudiants, comme pour les praticiens.Pour chaque sinus, les caractères anatomiques constants, les rapports anatomiques et les nombreuses variations individuelles font l\u2019objet d\u2019une étude très précise.R.MASPETIOL et P.ABOULKER.Tympanoplastie : principes et indications; technique.Encycl.méd.-chir., Oto-rhino-laryngologie, 20190 Bo, 20190 B®, (3-1956), 11 pages, 10 fig.La tympanoplastie, dont les promoteurs sont deux chirurgiens allemands, Zollner et Wullstein, permet d\u2019opposer aux otites chroniques, à côté de l\u2019antro-atticotomie classique, une méthode chirurgicale nouvelle, réparatrice et fonctionnelle.Son but est double : \u2014 d\u2019une part, fermer une perforation tympanique par greffe cutanée ; \u2014 d\u2019autre part, vérifier la chaîne des osselets, la conserver dans la mesure du possible ou, sinon redonner à la fenêtre ovale et à la fenêtre ronde la meilleure capacité fonctionnelle.fon ft fey Janvier 1958 Lavar MÉDicaL 117 On sait que cette méthode permet d\u2019obtenir une amélioration notable de l'audition dans une grande proportion des cas opérés.R.Maspétiol et P.Aboulker, se basant sur une expérience étendue de cette chirurgie, en étudient les indications selon le type de l\u2019otite chronique, selon l\u2019état de l\u2019audition, selon l\u2019âge du malade et, enfin, selon la perméabilité tubaire.La technique de l\u2019intervention est présentée en détails et abondamment illustrée ; elle varie selon les lésions anatomiques, aussi bien pour la greffe tympanique que pour la libération des fenêtres ; elle doit donc être discutée dans chaque cas particulier.Y.BOQUIEN.Complications digestives des antibiotiques.En- cycl.méd.-chir, Estomac-Intestin, 9110 A (2-1956), 3 pages.L\u2019avènement des antibiotiques, en provoquant un changement radical de la flore microbienne du tube digestif, par stérilisation de tous ses hôtes normaux, et parfois pullulation secondaire de micro-organismes résistants, a créé de toutes pièces une pathologie nouvelle, dont les manifestations peuvent se voir à tous les étages du tube digestif.II importe de connaître ces manifestations, afin d\u2019en prévenir l\u2019apparition chaque fois que la chose est possible, de les rattacher à leur cause quand elles sont déclarées, et de les traiter correctement.Le lecteur trouvera, dans le fascicule de Y.Boquien, toutes les indications utiles à ce propos, qu\u2019il s\u2019agisse des manifestation buccopharyngées, œsophagiennes ou gastriques, des complications gastro-intestinales, ou des anites et anorectites.C.COUINAUD.Invagination intestinale.Encycl.méd.-chir., Esto- mac-Intestin, 9042 A\", A#% (2-1956), 14 pages, 10 fig.L\u2019invagination intestinale réalise une occlusion par étranglement dont l\u2019évolution est essentiellement variable selon l\u2019âge : \u2014 chez le nourrisson, c\u2019est une occlusion « aiguë ) nécessitant une intervention d\u2019urgence ; \u2014 chez le grand enfant, elle réalise un syndrome abdominal aigu faisant penser à l\u2019appendicite ; \u2014 chez l\u2019aduÎte, c\u2019est, en règle, un accident subaigu ou chronique, survenant le plus souvent comme complication d\u2019une lésion intestinale persistante.Chez le nourrisson, 1l s\u2019agit d\u2019une affection de toute première importance et, devant tout syndrome abdominal survenant chez un nourrisson, le premier devoir du médecin est de penser à l\u2019invagination intestinale.C.Couinaud en précise très exactement la symptomatologie, les formes cliniques, le diagnostic et le traitement.Chez le grand enfant et chez l\u2019adulte, les caractères cliniques sont très différents : leurs différents aspects sont étudiés de façon complète par C.Couinaud.(22) 118 Lava\u2026 MÉDicaL Janvier 1958 B.DUHAMEL, J.SAUVEGRAIN et J.DUHAMEL.Hernies gastriques par l\u2019hiatus œsophagien.Encycl.méd.-chir., Estomac- Intestin, 9029 D1 (2-1956), 10 pages, 16 fig.Ce n\u2019est que depuis quelques années que les progrés du diagnostic radiologique et de la technique chirurgicale ont éclairé les différents problèmes étiologiques, anatomiques et physiopathologiques posés par les hernies gastriques franchissant l\u2019hiatus œsophagien du diaphragme.L\u2019aspect clinique et radiologique de ces hernies est étudié tour à tour chez l\u2019enfant et chez l\u2019adulte avec, dans chaque cas, une importante série d\u2019illustrations.Chez l\u2019enfant, les hernies œsophagiennes const1- tuent, de loin, la variété la plus fréquente des hernies diaphragmatiques ; leurs indications thérapeutiques doivent être exactement précisées.Chez l\u2019adulte également, les hernies par l\u2019hiatus œsophagien apparaissent très fréquentes depuis que l\u2019on sait les mettre en évidence radiologique- ment grâce à une technique appropriée.Les formes cliniques en sont très diverses ; l\u2019examen radiologique doit être conduit de façon svstéma- tique ; les indications thérapeutiques sont rarement chirurgicales.H.GALLIARD.Maladies parasitaires.Encycl.méd.-chir, Maladies infectieuses et parasitaires, 8078 A! (2-1956), 6 pages.Ce nouveau fascicule du professeur Galliard précède, dans l\u2019Encyclopédie médico-chirurgicale, l\u2019étude des différents groupes de maladies parasitaires.Il examine quelques problèmes généraux, d\u2019une grande portée clinique : comment définir les maladies parasitaires ; problèmes des protozooses ; problèmes des helminthiases.Soulignons le grand intérêt partique des derniers paragraphes du fascicule où H.Galliard, se fondant sur une expérience considérable, insiste sur un certain nombre d\u2019écueils : difficultés du diagnostic d\u2019exception ; danger du diagnostic d\u2019habitude ; dangers surtout des thérapeutiques inopportunes : « Il est bon d\u2019hésiter parfois entre le risque d\u2019intoxication et la satisfaction de débarrasser l\u2019organisme d\u2019un parasite souvent anodin » et « mieux vaut parfois négliger un parasite peu pathogène que provoquer la mort du malade », n\u2019hésite pas à écrire le professeur Galliard.A.TOURAINE.Dermatoses précancéreuses.Encvcl.méd.-chir., Dermatologie, 12102 A (3-1956), 6 pages, 7 fig.L\u2019usage est de 1éunir, sous ce nom, des dermatoses dont l\u2019évolution en cancer est une éventualité plus ou moins fréquente.Ce groupe a été Jugé digne d\u2019être maintenu, car 1l s\u2019agit de dermatoses de morphologie et de structures très spéciales, d\u2019évolution assez lente pour que, pendant de nombreuses années, elles ne montrent aucune manifestation d\u2019évolution maligne, qui n\u2019est d\u2019ailleurs pas inéluctable.L\u2019hyperplasie caracté- Janvier 1958 Lavar MÉDICAL 119 ristique de ces dermatoses précancéreuses est tantôt primitive, tantôt secondaire et réactionnelle ; elle peut revêtir un type d\u2019hyperplasie pure, simple prolifération quantitative, ou un type de métaplasie, avec altérations de la structure cellulaire, ou enfin un type mixte.On voit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un sujet de grande importance clinique, en pratique médicale générale comme en pratique dermatologique.Parmi les dermatoses dont l\u2019évolution cancéreuse est accessoire, ne représentant pas la règle générale, on trouve les cicatrices de brûlures, les lésions cutanées provoquées par les radiations, les granulomes et de multiples autres affections dermatologiques.Parmi les dermatoses particulièrement précancéreuses, en dehors de la kératose sénile et des leucoplasies, on trouve l\u2019érythroplasie, ou épithélioma papillaire, la maladie de Bosen et la maladie cutanée de Paget.P.DEBRÉ, P.GRENET et G.MATHÉ.Lymphocytose infectieuse.Encycl.méd.-chir., Maladies infectieuses et parasitaires, 8057 M\" (2-1956), 4 pages, 2 fig.Il s\u2019agit d\u2019une affection spécifique, décrite par Carl Smith, 1l y a quelques années, de cause inconnue, infectieuse et contagieuse, d\u2019 apparition sporadique ou épidémique, caractérisée par l\u2019hyperleucocytose lymphocytaire et la courte durée de l\u2019évolution, toujours bénigne.Le fascicule du professeur Debré, de P.Grenet et de G.Mathé présente le bilan de nos connaissances actuelles sur cette maladie.L\u2019étude clinique, l\u2019étude hématologique et la discussion du diagnostic sont particulièrement intéressantes.J.PARAF et A.PARAF.Tétanos.Encycl.méd.-chir., Maladies infectieuses et parasitaires, 8032 A, A% (2-1956), 15 pages, 2 fig.La mort est encore la terminaison fréquente du tétanos.Cependant, depuis plusieurs années, la prophylaxie et la thérapeutique de cette maladie se sont enrichies d\u2019acquisitions nouvelles.D\u2019une part, la vaccination par l\u2019anatoxine donne la possibilité de diminuer considérablement la fréquence du tétanos ou même de le faire disparaître.D'autre part, la sérothérapie curative a été très heureusement complétée par des techniques nouvelles (anesthésie, barbituriques, antibiotiques, curarisation), ce qui permet de guérir des cas de plus en plus nombreux de tétanos déclaré, même dans ses formes graves.Les points de vue les plus récents sont exposés par J.et A.Paraf dans leur étude très complète de cette affection ; signalons notamment l\u2019étude clinique des diverses formes d\u2019infection tétanique et l\u2019étude thérapeutique, préventive et curative. REVUE DES LIVRES Maladies du sang et des organes hématopoiétiques, par le docteur R.JOURNOUD, ex-interne de l\u2019hôpital Samt-Joseph de Lyon, membre de la Société française d\u2019hématologie.Dans la collection Petits Précis.Un volume 12 X 16 de 352 pages : 800 fr.(port et taxe locale en sus, 70 fr.).Éditeurs : Librairie Maloine, 27, rue de l\u2019École-de-Mëdecine, Paris (VI\u20ac).Faire tenir l\u2019essentiel de l\u2019étude du sang normal et pathologique en un petit précis de 350 pages, telle est la gageure à laquelle s\u2019est attaqué l\u2019auteur.Après un rappel substantiel des caractères du sang normal et de sa genèse, et des formules normales des sucs de ponction des organes san- guiformateurs, l\u2019auteur passe en revue les anémies ; les myéloses ; les hémopathies toxiques ; les diathèses hémorragiques (à propos desquelles est faite une étude originale de l\u2019hémostase normale et de son exploration) ; les maladies du système lymphoïde ; les réticulo-endothé- lioses ; les polyglobulies ; les maladies de la rate ; le retentissement sanguin des états pathologiques des divers appareils.Une étude très claire des groupes sanguins et de la transfusion sanguine termme ce petit précis.Cependant l\u2019ouvrage n\u2019est pas réduit à un exposé aride et sommaire, et chacune des principales hémopathies comporte une étude clinique et thérapeutique complète, qui sera précieuse au praticien aussi bien qu\u2019à l\u2019étudiant.L\u2019auteur s\u2019est appliqué à rendre vivant et facilement compréhensible l\u2019exposé d\u2019une discipline médicale qui passe d\u2019ordinaire pour aride et peu attrayante ; des développements nosologiques indispensables permettent au lecteur d'acquérir une parfaite compréhension de l\u2019ensemble des problèmes hématologiques modernes, et de la façon dont se relient les unes aux autres les diverses maladies du sang et des organes hémato- poiétiques.Désireux de faciliter au maximum l\u2019utilisation de l\u2019ouvrage, le docteur Journoud l\u2019a muni non seulement de la table analytique hab:- tuelle, mais aussi d\u2019une table alphabétique fort complète. Janvier 1958 LavarL MEbpicaL 121 C\u2019est dire que, devant l\u2019extension prise actuellement par les hémopathies, ce petit précis, complet et maniable, à Jour des connaissances les plus récentes en la matière, a sa place sur la table de travail de tout étudiant et de tout praticien.Syndromes pathologiques de la gravido-puerpéralité, par Edmond LEVY-SOLAL, professeur, et Jacques GRASSET, professeur agrégé, à la Faculté de médecine de Paris.Un volume de 574 pages, avec 219 figures (17 X 25).Prix : broché 3.600 fr.; cartonné toile, 4,200 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac).Les considérables progrès réalisés ces dernières années dans les diverses branches de la médecine et des sciences fondamentales, ont eu d\u2019importantes répercussions dans le domamne de l\u2019obstétrique et des fonctions de reproduction : bien des notions théoriques classiques ont dû être revisées, bien des entités clmiques nouvelles ont dû être décrites, de nombreuses et très intéressantes acquisitions thérapeutiques ont été réalisées, Il était devenu nécessaire de mettre à la disposition du praticien une mise au point simple et précise des conceptions actuelles et des données essentiellement pratiques qu\u2019il doit en tirer dans l\u2019exercice jJour- nalier de sa profession.C\u2019est ce que réalise parfaitement cet ouvrage.Le mérite des auteurs est encore d\u2019avoir inauguré une forme nouvelle d'exposition clinique.Ils partent des divers syndromes généraux eux-mêmes ou de leurs variétés particulières, pour aboutir au diagnostic nosologique et de là, à des directives thérapeutiques rationnelles.L\u2019ouvrage envisage successivement, en un plan essentiellement clinique : les syndromes hémorragiques ; les syndromes douloureux ; les syndromes infectieux ; les syndromes traumatiques \u2014 à chacune des périodes de la gestation, du travail ou des suites de couches où on peut les observer.Suivant leur date d\u2019apparition, ces syndromes revêtent des allures souvent très particulières et posent des problèmes diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques fort différents.Le livre n\u2019est pas qu\u2019un simple précis : certains développements, intéressants par leurs nouveautés et utiles au point de vue diagnostic et thérapeutique, ont été à dessem exagérés.Pour mieux éclairer certaines acquisitions nouvelles, une large place a été parfois consacrée aux notions physio-pathologiques de base qui constituent les points d\u2019appui les plus sûrs de la thérapeutique.Le praticien trouvera donc dans cette étude, un guide clinique particulièrement précieux, sûr et facile à suivre.L'étudiant lui aussi l\u2019utilisera avec profit ; chaque chapitre, en effet, est précédé d\u2019un bref rappel des principales notions théoriques destinées à faciliter la compréhension du mécanisme de production des manifestations cliniques observées.Une riche Iconographie, abondamment et clairement commentée, aide encore à mieux saisir le sens du texte.(25) 122 Lavar MÉDICAL Janvier 1958 Divisions DE L\u2019OUVRAGE 1.Les syndromes pathologiques de la gestation (130 pages).Le syndrome « vomissements graves».Les syndromes dermatologiques de la gestation.Les syndromes douloureux et infectieux de la gestation.Les syndromes hémorragiques gravidiques de la gestation.Les syndromes d\u2019interruption de la gestation.\u2014 2.Les syndromes pathologiques du travail (230 p.).Les syndromes de dystocie d\u2019engagement.Syndromes de non progression de la présentation de excavation.Syndromes de dystocie de dégagement.Syndromes de dystocie mécanique.Syndromes de ruptures intempestives des membranes au voisinage du terme et au cours du travail.Syndromes d\u2019infection amniotique.Syndromes traumatiques et lésions des voies génitales au cours du travail.Les syndromes douloureux et infectieux au cours dutravail.Syndromes hémorragiques au cours du travail.Les syndromes de souffrance fœtale et de mort apparente du nouveau-né.Syndromes d\u2019érythroblastose congénitale.\u2014 3.Les syndromes de la période de délivrance et des suites de couches (84 p.).Complications de la délivrance.Les syndromes de choc au cours de la puerpéralité.Syndrome de mort subite au cours de la puerpéralité.Les hémorragies tardives des suites de couches.Syndromes douloureux et infectieux des suites de couches.Complications opératoires et postopératoires des interventions en chirurgie obstétricale.Syndromes phlébitiques des suites de couches.\u2014 4.Les syndromes organiques ou associés au cours de la gravido-puer- péralité (100 p.).Syndromes rénaux de l\u2019état gravido-puerpéral.Les syndromes urinaires au cours de l\u2019état gravido-puerpéral.Les syndromes diabétiques au cours de la gestation.Les syndromes anémiques au cours de la gestation.Association cardiopathie et gestation.Association tuberculeuse pulmonaire et gestation.Syphilis et gravido- puerpéralité.Association cancer du col de l\u2019utérus et fonction de reproduction.Index alphabétique des matières.Les fonctions hépatiques \u2014 Étude physio-pathologique \u2014 par H.BÉNARD, professeur à la Faculté de médecine de Paris, membre de l\u2019Académie de médecme, et A.GATDOS, chef de laboratoire à la Faculté de médecine de Paris, membres de la Société de biologie.Un volume de 420 pages, avec 75 figures (19,5 x 28.3) : 5,000 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac).Cet ouvrage constitue un exposé critique des connaissances actuelles sur les fonctions du foie.Les auteurs montrent comment les notions classiques ont été, dans ce vaste domaine, enrichies, complétées et souvent renouvelées à la lumière des recherches modernes, portant sur la biochimie d\u2019une façon dominante.Ils montrent également que ces recherches ont apporté non seulement un immense matériel expérimental, Me pro né foe hy pa Janvier 1958 LavaL.MÉDICAL 123 intéressant avant tout les chercheurs, mais qu\u2019elles ont aussi modifié, dans plusieurs chapitres de la pathologie hépatique, les conceptions étiologiques, pathogéniques et thérapeutiques.Ce remaniement important de la physiopathologie hépatique est décrit avec un souci constant d\u2019être en même temps complet et clair.Une très importante bibliographie, ajoutée à chaque chapitre, contribue à faire de l\u2019ouvrage un véritable mstrument de travail, tant pour l\u2019étude bioclinique, que pour les recherches expérimentales.Bien que conçus dans un esprit didactique, tous les chapitres de cette monographie comportent l\u2019exposé des vues personnelles des auteurs.Ces vues personnelles, confrontées avec d\u2019autres données concordantes ou contraires, laissent par là même les éléments d\u2019une discussion critique.Malgré la prépondérance du tissu hépatique dans les réactions biochimiques, les auteurs insistent constamment sur les relations qui unissent, de ce point de vue, le foie et le reste de l\u2019économie.Comme ils le soulignent, il est peu de métabolisme, en effet, où le foie ne joue sa note souvent prépondérante et il n\u2019en est guère non plus où 1l intervienne exclusivement.Le rappel constant de ce fait est le guide le plus sûr dans l\u2019interprétation des problèmes extrèmement complexes de la physiopathologie hépatique.Comme le disent les auteurs eux-mêmes, cet ouvrage n\u2019est ni un livre de physiologie, ni un exposé de biochimie, ni un manuel d\u2019exploration fonctionnelle.C\u2019est une mise au point nécessaire à l\u2019étude de la pathologie hépatique, destinée à faciliter l\u2019analyse des troubles complexes qui marquent l\u2019évolution des maladies du foie.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE I.\u2014 Introduction anatomique.Structure et fonction.II.\u2014 Les grandes techniques de l\u2019étude expérimentale des fonctions du fore.III.\u2014 La fonction biliaire.Pigments biliaires, sels biliaires (83 pages).IV.\u2014 Métabolisme bydrocarboné.Fonction glycogénique du foie (62 pages) : Les glucides du foie.Origme et destmée du glycogène.Facteurs intervenant sur la fonction glycogénique du foie, Dégradation du glucose au niveau du foie.Applications cliniques.Bibliographie.V.\u2014 Métabolisme des protides (75 pages) : Le rôle du foie dans le métabolisme des aminoacides.Le role du foie dans la régulation de la protéinémie.Enzymes d\u2019origme hépatique.Le rôle du foie dans le métabolisme des nucléo-protéides et des bases puriques.Le rôle du foie dans le métabolisme des chromoprotéides porphyriques et des por- phyrines.Foie et action dynamique spécifique des protides.Bibliographie.VI.\u2014 Métabolisme des lipides (55 pages) : Mode d\u2019arrivée au foie des lipides alimentaires.Métabolisme hépatique des acides gras.Métabolisme des phospho-lipides.Métabolisme du cholestérol.Surcharge graisseuse et dégénérescence hépatique.Troubles du méta- (27) 124 Lavar MéDicar Janvier 1958 bolisme hépatique des lipides en pathologie humaine.Bibliographie.VIT.\u2014 Rôle du foie dans le métabolisme de l\u2019eau et des électrolyvtes (24 pages).VIII.\u2014 Vitamines et physiopathologie hépatique (46 pages).IX.~~ Interrelations endocriniennes (25 pages).X.\u2014 Actinité enzymatique du foie.XI.\u2014 Rôle du- foie dans la composition cvtologique du sang et dans l\u2019hématopoiïèse.XII.\u2014 Foire et phénomènes de défense de l\u2019organisme (20 pages) : Fixation et élimination.Défense antimicrobienne, Détoxication chimique.XIII.\u2014 Fote et thermogenése.XIV.\u2014 Le foie vasculaire (15 pages).XV.\u2014 Physiopathologie des vores biliaires extrabépatiques (21 pages).Index alphabétique.Vade-Mecum encyclopédique du médecin-praticien \u2014 Le médecin et son malade \u2014 par H.DOUSSET.Un volume 12 x 19 de 1,000 pages avec 225 figures : broché, 2,000 fr.; reliure souple, sous emboîtage en matière plastique, 3,000 fr.(port et taxe locale en sus, 160 fr.).Éditeurs : Librairie Maloine, 27, rue de l\u2019École-de-Mêde- cine, Paris (VI\u20ac).Ecrit pour compléter sur le plan thérapeutique l\u2019Examen du malade en clientèle, cet ouvrage uniquement rédigé en vue de servir d\u2019instrument de travail maniable et précis, a été délibérément allégé de toutes considérations théoriques et de la description de toutes techniques irréalisables en clientèle courante.Après quelques considérations relatives à l\u2019attitude professionnelle et morale du médecin vis-à-vis de ses malades ou de ses confrères et quelques pages consacrées à l\u2019art de formuler et au rappel des techniques élémentaires l\u2019auteur entre bientôt dans le vif du sujet : le traitement du malade en clientèle, en s\u2019attachant à préciser : ce qu\u2019il faut savoir, ce qu\u2019il faut faire, et ce qu\u2019il faut éviter, en présence d\u2019un malade, d\u2019un blessé \u2014 ou d\u2019une parturiente.Sont aussi successivement abordées, après un bref rappel des caractéristiques cliniques et évolutives de chacun des principaux cas : \u2014 Les urgences ; \u2014 La médecine générale (et ce terme englobe l\u2019ophtalmologie, l\u2019oto-rhino-laryngologie, la dermatologie et l\u2019urologie du praticien) \u2014 avec indication du mode d\u2019action des thérapeutiques les plus efficaces, et exposé, pour chaque cas, de quelques formules types aisément modifiables suivant les besoins ; a a gr mules Janvier 1958 Lavar MéEbpicaL 125 \u2014 La petite chirurgie avec description des techniques et interventions que tout praticien isolé doit savoir et pouvoir réaliser ; \u2014 La gynécologie clinique et endocrinologique.\u2014 Enfin l\u2019obstétrique avec indication de la conduite à tenir, du détail et de l\u2019opportunité des manœuvres que chaque médecin aura obligatoirement à pratiquer au cours d\u2019un accouchement, d\u2019un avortement ou d\u2019une complication imprévue.\u2014 Cet ouvrage comporte en outre un chapitre consacré à la médecine sociale groupant toutes les notions Indispensables au praticien dans l\u2019application des lois médico-sociales (A.M.G.\u2014 Soins aux victimes de la guerre \u2014 Sécurité sociale et assurances sociales agricoles \u2014 Soins aux accidentés du travail, etc.).Ainsi conçu et présenté, muni d\u2019autre part, à la fois d\u2019un Index alphabétique très complet et d\u2019une table systématique des matières permettant de trouver immédiatement les renseignements recherchés, le Vade- mecum du médecin praticien, constitue pour le médecin, l\u2019étudiant, ou la sage-femme, un instrument de travail d\u2019une utilité certaine \u2014 en même temps qu\u2019il réunit avec L\u2019Examen du malade en clientèle, l\u2019ensemble des connaissances pratiques nécessaires et suffisantes à l\u2019exercice correct et rationnel de la médecine courante.EXTRAIT DE LA TABLE DES MATIÈRES CHAPITRE J.\u2014 Quelques conseils d\u2019ordre général.\u2014 Attitude et présentation.\u2014 Interrogatcire.\u2014 Examen du malade.\u2014 L\u2019exposé au malade ct à son entourage.\u2014 Prescriptions et ordonnances.\u2014 Fréquence des visites.\u2014 Consultation avec un confrère.\u2014 Rapport avec les autres médecins.CHAPITRE II.\u2014 Le matériel et les techniques indispensables.\u2014 L'art de formuler.\u2014 Le cabinet - Équipement et appareillage.\u2014 La mallette de visite.\u2014 Soins élémentaires.\u2014 Petites interventions.\u2014 Le maniement des médicaments et l\u2019art de formuler.\u2014 Prescription des toxiques et stupéfiants.\u2014 Tableaux des moyennes biologiques.CHAPITRE III.\u2014 URCENCES MÉDICALES.\u2014 Syndromes douloureux.\u2014 Affections chirurgicales abdominales avec infection.\u2014 Affections chirurgicales abdominales sans infection.\u2014 Syndromes douloureux thoraciques.\u2014 Syndromes douloureux des membres.\u2014 Syndromes dyspnéiques.\u2014 Dyspnees laryngées, \u2014 Dyspnées d\u2019origine bronchique ou pulmonaire.\u2014 Dyspnées des cardiaques.\u2014 Les bémorragies.\u2014 Syncopes et états de schock.\u2014 Les comas.\u2014 Les rétentions d\u2019urine.\u2014 Empoisonnements et intoxications.\u2014 Les crises d\u2019agitations \u2014 Les délires \u2014 Les troubles mentaux aigus.CHAPITRE IV.\u2014MALADIES INFECTIEUSES.\u2014 Généralités.\u2014 Infections générales imputables À des intravirus.\u2014 Fièvres éruptives.\u2014 Septicémies.\u2014 Infections intestinales ou d\u2019origine alimentaire.\u2014 Maladies infectieuses et localisations ou manifestations effectivement nerveuses.\u2014 Maladies parasitaires.CHAPITRE V.\u2014 MALADIES DE LA TÊTE ET DU COU.\u2014 Affections douloureuses \u2014 Névralgies et névrites de la tête et du cou.\u2014 Affections des téguments et du cuir chevelu.\u2014 Maladies du nez.\u2014 Maladies de la bouche et de la gorge.\u2014 Maladies des yeux.\u2014 Maladies des oreilles.\u2014 Maladies des glandes et des ganglions cervicaux.CHAPITRE VI.\u2014 MALADIES DE L\u2019APPAREIL RESPIRATOIRE.\u2014 Médications pulmonaires.\u2014 Affections respiratoires nécessitant une médication d\u2019urgence.\u2014 Affections respiratoires aiguës.\u2014 Affections respiratoires d\u2019évolution lente ou chronique.(29) 126 Lavar MÉDicaL Janvier 1958 CHAPITRE VII.\u2014 MALADIES DE L\u2019APPAREIL CIRCULATOIRE ET TROUBLES TEN- SIONNELS.\u2014Médications cardio-vasculaires.\u2014 Les insuffisances cardiaques.\u2014 Maladies de l\u2019endocarde et du myocarde.\u2014 Troubles de l\u2019excitabilité cardiaque.\u2014 Péricar- dites.\u2014 Aortites et anévrysme de l\u2019aorte.\u2014 Troubles tensionnels.CHAPITRE VIT.\u2014 MALADIES DE L\u2019Esromac, \u2014Médications gastriques.\u2014 Troubles fonctionnels et dyspepsies.\u2014 Affections lésionnelles.CHAPITRE IX.-\u2014 AFFECTIONS DU FOJE ET DES VOIES BILIAIRES.\u2014 Médicaments hépato-biliaires.\u2014 Maladies de la vésicule et des voies biliaires.\u2014 Maladies du foie.CHAPITRE X.\u2014 MALADIES DES INTESTINS.\u2014 Médications intestinales.\u2014 Les grands syndromes intestinaux.\u2014 Entérites et entérocolites infectieuses ou parasitaires.\u2014 Affections diverses.CHAPITRE XI.\u2014 MALADIES DE L\u2019APPAREIL URINAIRE.\u2014 Médication de l\u2019appareil urinaire.\u2014 Maladies de la vessie.CHAPITRE XII.\u2014 MALADIES VENERIENNES.\u2014 La syphilis \u2014 La blennorragie.CHAPITRE XIII.\u2014 AFFECTION DE L\u2019APPAREIL GÉNITAL MASCULIN.\u2014 Affections de la verge.\u2014 Affections des bourses et des testicules.\u2014 Affections de la prostate et des vésicules.\u2014 Infections urinaires.\u2014 Troubles fonctionnels.CHAPITRE XIV.\u2014 GynécoLoGIE.\u2014 Maladies de la vulve et du vagin.\u2014 Maladies de l\u2019utérus.\u2014 Maladies des annexes.\u2014 Troubles fonctionnels.\u2014 Affections \u2014 Inflammations et tumeurs du sein.CHAPITRE XV.\u2014 MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.\u2014 Affections du système végétatif.\u2014 Maladies du système cérébro-spinal.\u2014 Maladies du système nerveux périphérique.CHAPITRE XVI.\u2014 MALADIES DU SANG.\u2014 Généralités.\u2014 Affections intéressant surtout les globules rouges.\u2014 Maladies intéressant surtout les globules blancs.\u2014 Affections endothélio-plasmatique et syndromes hémorragiques.CHAPITRE XVII, \u2014 MALADIES ET TROUBLES DE LA NUTRITION.\u2014 Troubles pancréatiques, hypophysaires et thyroïdiens.\u2014 Obésité \u2014 Maigreur \u2014 Asthénies.\u2014 Avitaminoses et hypoavitaminoses.CHAPITRE XVIII.\u2014AFFECTIONS MÉDICALES DES MEMBRES.\u2014Affections des vaisseaux.\u2014 Affections des nerfs et des muscles.\u2014 Affections articulaires ou juxta-articu- laires.\u2014 Affections articulaires ou juxta-articulaires.\u2014 Affections des os et des cartilages.CHAPITRE XIX.\u2014 DERMATOLOGIE.\u2014 Généralités.\u2014 Pyodermites.\u2014 Lésions parasitaires mycosiques.\u2014 Dermatoses prurigineuses et prurits.\u2014 Les érythèmes.\u2014 Lésions bulleuses.\u2014 Gommes \u2014 Nodules ~ Nodosités \u2014 Tumeurs cutanées.\u2014 Troubles et modifications de la couche cornée.\u2014 Troubles et modifications de la pigmentation.\u2014 Troubles de la sécrétion cutanée.\u2014 Quelques rappels cliniques.CHAPITRE XX.\u2014 PETITE CHIRURGIE.\u2014 Généralités.\u2014 Anesthésies.\u2014 Incisions ~ Sutures \u2014 Pansements.\u2014 Suppurations et abcès.\u2014 Plaies accidentelles.\u2014 Brûlures et gelures.\u2014 Contusions.\u2014 Entorses \u2014 Foulures \u2014 Luxations.\u2014 Fractures.\u2014 Petites interventions courantes.CHAPITRE XXI.\u2014 OBSsTÉTRIQUE.\u2014 La grossesse.\u2014 L'accouchement.\u2014 Suites de couches.\u2014 Le nouveau-né et le nourrisson.res Ge Dog Ha ich tg Mar lue anh tion de var tile 51058 65.\u201d ables i us re Petes Gites Janvier 1958 Lavar MéEbicar 127 Actualités pharmacologiques, publiées sous la direction de René HAZARD, professeur à la Faculté de médecme de Paris.Quatrième série.Par MM.J.DALLEMAGNE, J.-A.GAUTHIER, P.-F.GIRARD, P.CLEY, R.HAZARD, H.SIMONNET, M.TAUSK et J.TREFOUEL.Un volume de 192 pages avec 44 figures : 1,200 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Samt-Germam, Paris (VI).Quatrième série d\u2019Actualités pharmaceutiques qui ont pour but de présenter un travail de simplification et de synthèse.Si cette simplification s'impose déjà quand 1l s\u2019agit des notions de pharmacologie classique, elle est indispensable lorsqu\u2019on aborde des sujets en pleine évolution, sur lesquels on ne peut trouver que des renseignements épars, fragmentaires, parfois même contradictoires.Aussi ces conférences pré- sentent-elles, sous une forme assimilable, l\u2019ensemble des connaissances présentes sur des sujets d\u2019mtérêt actuel, qu\u2019il s\u2019agisse de recherches or:- ginales ou de mises au point.DiVISIONS DE L\u2019OUVRAGE Pharmacodynamie des dérivés de l\u2019ammonium quaternaire, par M.-J.Dallemagne.\u2014 Les méthodes d\u2019analyse chimique au service de la pharmacologie, par J.-A.Gautier.\u2014 Les nouveaux médicaments anti- parkinsoniens, par P.-F.Girard.\u2014 La substance trophique du pancréas, par P.Gley.\u2014 Obscurités et paradoxes en pharmacodynamie, par R.Hazard.\u2014 Mécanisme d\u2019action de quelques hormones, par H.Simonnet.\u2014 L\u2019hormone cortico-stimulante (A.C.T.H.) comme agent physiologique et pharmacodynamique, par M.Tausk.\u2014- Les synergies en chimiothérapie antituberculeuse, par J.Trefouel.PRÉCÉDEMMENT PARU : Actualités pharmacologiques, 1'° série.Curares naturels et curares de synthèse, par J.Cheymol.\u2014 Principes de pharmacodynamie non spécifique, par D.Daniélopolu.\u2014 La procaine (novocaine), réactif pharmacologique et biologique, par R.Hazard.\u2014 Le diabète alloxanique, par J.La Barre.\u2014 La résorption cutanée des médicaments, par G.Valette.\u2014 Les succédanés synthétiques de l\u2019oprum, par À.Lespagnol.Actualités pharmacologiques, 2¢ série.Crises convulsives expérimentales et médicaments antiépileptiques, par J.Cheymol.\u2014 Principes de l\u2019étude pharmacologique des antipaludiques, par Ph.Decourt.\u2014 Les accidents des médications chimiques et antibiotiques, par C.Huriez.\u2014 Etudes biochimiques sur le mode d\u2019action des trois antibiotiques : pénicillme, streptomycine et tyrothrvcine, (31) 128 LavarL MÉDicaL Janvier 1958 par M.Machebœuf.\u2014 Les antithyroïdiens de synthèse, par M.Perrault.\u2014 Intoxications endogènes chez les brûlés, par A.Simonart.\u2014 Ressemblance chimique et action synergique des molécules organiques, par C.Mentzer.\u2014 Métabolisme des glucides dans les trypanosomoses.Conséquences thérapeutiques de cette étude, par L.Launoy.\u2014 Chimiothérapie des maladies à bacilles acido-résistants, par M.Chambon.Actualités pharmacologiques, 3° série.Conditions et facteurs de sécrétion de l\u2019hormone médullo-surrénale, par F.Jourdan.\u2014 Les analgésiques centraux de synthèse, par A.Les- pagnol.\u2014 Les bases pharmacodynamiques de la médication « préanes- thésique », par F.Mercier.\u2014 Mécanisme d\u2019action des substances digi- taliques, par A.Loubatières.\u2014 Étude pharmacodynamique et thérapeutique des antipaludiques de synthèse chez l\u2019homme, par J.Schneider.\u2014 Les relations des alcaloides de l\u2019opium avec la colimergie, par Ed.Frommel, avec la collaboration de M.Beck, I.T.Beck, D, Melkonian, R.Wys, F.Valette et M.Ducommun.\u2014 Physiologie et pathologie de la douleur, par A.Baudouin.\u2014 Les hormones cortico-surrénales et plus particulièrement les 11-oxycorticostéroïdes.Étude biochimique, par H.Bénard et A.Horn.Films médicaux et chirurgicaux français, réunis par le docteur Philippe DÉTRIE.Catalogue basé sur la rubrique cinématographique de La Presse médicale.Un volume de 302 pages (15,5 x 22,5) : 1 600 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VIE).Grouper en un volume les renseignements relatifs aux films médicaux réalisés en France jusqu\u2019à ce Jour était une entreprise indispensable à l\u2019essor du cinéma médico-chirurgical dans notre pays.Que l\u2019on s\u2019intéresse à la production, à la diffusion ou même à l\u2019organisation générale du cinéma scientifique en France, il importe d\u2019avoir entre les mains un bilan de ce qui a été faut.En l\u2019absence de cinémathèque médicale, les films ont en effet un caractère éphémère ; Ils sont présentés par leurs auteurs à une société savante ou à un Congrès, puis disparaissent, soit que leurs auteurs les jugent périmés, soit qu\u2019ils n\u2019aient plus l\u2019occasion de les présenter à nouveau.Depuis peu, des centres de production ou de diffusion sont nés qui sont des sources de renseignements, malheureusement incomplètes.Ce catalogue constitue la première tentative de ce genre en France.Ses bases ont été tirées de la rubrique cinématographique de La Presse médicale, seul journal médical français assurant régulièrement une chronique de comptes rendus et d\u2019informations cinématographiques.Les films ont été classés par spécialités.Chaque titre est suivi des noms de l\u2019auteur et du réalisateur-technicien, et d\u2019une analyse du scénario.Suivent les indications techniques : année de production, format Ie Im qi ste Sie, la ha le me Proche | usu Bar Jy Janvier 1958 Lavar.MÉDICAL 129 (16 ou 35 mm.), mode de sonorisation, emploi de la couleur, longueur, cadence et durée de projection.Enfin le mode de diffusion est précisé : personne ou organisme à qui il faut s'adresser pour obtenir éventuellement le prêt, la location ou une copie du film.L\u2019ouvrage se termine par deux index destinés à en faciliter la consultation : un index des auteurs et un index détaillé des sujets (28 pages).Quel que soit l\u2019empressement que la plupart des auteurs de films aient pu mettre à renseigner la rédaction, une telle entreprise ne pouvait aboutir d\u2019emblée à un inventaire complet.Aussi les éditeurs annoncent- ils un supplément à ce catalogue, qui présentera les films dont la rédaction de La Presse médicale aura eu connaissance après la publication du volume.Ce supplément sera envoyé gratuitement à tous les acheteurs du volume.Chirurgie des glandes salivaires, par Henri REDON, chirurgien des hôpitaux de Paris.Collection Henri-Mondor, section des monographies chirurgicales.Un volume de 282 pages, avec 77 figures (17 X 25,5).Broché : 2 300 fr.; cartonné toile : 2900 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI®).En concevant l\u2019idée de cette nouvelle collection chirurgicale, le professeur Mondor a pensé qu\u2019à côté des Traités, des Manuels et de tous les livres impersonnels, indispensables sans doute d\u2019un point de vue didactique et documentaire, il v avait place pour des ouvrages d\u2019un caractère différent.Il a donc demandé à un groupe de Jeunes chirurgiens, qualifiés par leur esprit et leur activité, d\u2019écrire, chacun en fonction de son expérience, une Monographie qui, sans méconnaître ce qui a paru par ailleurs, exposerait avant tout les conclusions tirées de son activité personnelle.C\u2019est dire que ces livres ne doivent nécessairement obéir, ni dans leur étendue, ni dans leur présentation, ni même dans leur esprit, à des canons identiques.Forme et fond, selon la compétence personnelle de l\u2019auteur, sont adaptés au sujet traité.Le quatrième volume de la collection, dû au docteur Henri Redon, est consacré à la chirurgie des glandes salivaires.L\u2019 auteur a pris connaissance de toute la littérature concernant ce sujet, qui n\u2019a jamais encore été traité dans une étude d\u2019ensemble.Mais la base de ce travail reste la très importante statistique personnelle de l\u2019auteur, qui a observé depuis quinze ans près de 500 tumeurs ou fausses tumeurs de la région parotidienne.Plus de 450 ont été opérées par lui ou par ses collaborateurs les plus proches, ce qui réalise la plus importante statistique homogène publiée jusqu\u2019à ce jour.De plus, toutes les pièces opératoires ont été examinées par deux anatomo-pathologistes de même formation : le professeur Jacques Delarue et le docteur Vermès.(33) 130 LavaL.MÉDICAL Janvier 1958 Comme 1l était logique, ce livre est centré sur la pathologie parotidienne ; les nouvelles méthodes de diagnostic \u2014 sialographies et forage bropsique \u2014 y sont étudiées et dicutées.D\u2019importants chapitres sont consacrés aux affections inflammatoires, aux épithéliomas remaniés et aux cystoadénolymphomes.; Le traitement chirurgical de la paralysie faciale est aussi exposé, ainsi que la conduite à tenir en présence des tumeurs nerveuses, et des métastases intraparotidiennes.Les chapitres primordiaux du traitement des tumeurs et des affections inflammatoires sont longuement développés, ainsi que les techniques opératoires.L'auteur montre en particulier la valeur et la place de la parotidectomie totale avec conservation du nerf facial, qu\u2019il a été un des premiers à défendre et à vulgariser.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE I.\u2014 Traumatismes de la glande parotide et du canal de Sténon.\u2014 II.Les tumeurs parotidiennes.\u2014 Diversité des tumeurs de la région parotidienne.\u2014 Tumeurs glandulaires vraies.\u2014 Essai de classification.\u2014 Épithéliomas remaniés.\u2014 Cysto- adénolymphomes papillaires.\u2014 Adénomes parotidiens.\u2014 Kystes parotidiens.\u2014Cy- lindromes.\u2014 Cancers glandulaires.\u2014 Tumeurs de la parotide chez l\u2019enfant.\u2014 Diagnostic des tumeurs de la parotide.\u2014 IIT.Parotidites et paratidoses.\u2014 Parotidites infectieuses.\u2014 Parotidites aiguës.\u2014 Parotidites chroniques non spécifiques.\u2014 Parotidites chroniques spécifiques.\u2014 Parotidoses.\u2014 IV.Chirurgie de Ia glande sous-maxil- laire.\u2014 V.Tumeurs salivaires des glandes annexes.Bibliographie.Table alphabétique des matières.Le cancer du plancher de la bouche, par Marcel DARGENT, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Lyon, chirurgien des hôpitaux, chef du Service de chirurgie du Centre anticancéreux de Lyon, et Jean PAPILLON, radiologiste des hôpitaux, chef du Service des radiothérapie du Centre anticancéreux de Lyon, avec la collaboration de J.-F.MONTBARBON, assistant de radiothérapie du Centre anticancéreux de Lyon.Préface du professeur P.SANTy.Un volume de 170 pages, avec 48 figures (16,5 X 25) : 1800 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac).La possibilité d\u2019étudier un lot important de cancers du plancher de la bouche a permis aux auteurs de fixer un certain nombre de traits tout à fait caractéristiques de cette localisation maligne.Comme le fait remarquer le professeur Santy dans sa préface, le seul fait de l\u2019apparition de ces tumeurs chez des hommes presque toujours grands imprégnés éthyliques, apporte une notion étiologique tout à fait intéressante.De même, les longs délais d\u2019observation de certains cas suivis plus de dix ans Janvier 1958 Lavar MÉpricaL 131 ont permis d\u2019attirer l\u2019attention sur la relative fréquence des cancers digestifs succédant à la localisation pelvi-buccale.Une autre particularité de ces épithéliomas est la diffrculté de réalisation correcte d\u2019un traitement radical.La chirurgie pose des problèmes difficiles à partir du moment où 1l faut sacrifier une partie ou tout le squelette mentonnier et la langue.La fragilité particulière de ces malades crée un risque opératoire considérable dont la prévention est longuement discutée.Il est pourtant intéressant de remarquer que des mutilations considérables pour des lésions avancées ont permis de très longues survies.Le chapitre de l\u2019électro- chirurgie et de ses résultats permet également d\u2019envisager les ressources et les inconvénients de ce procédé.L\u2019étude des avantages et des risques de la rœntgenthérapie sous toutes ses formes permet à la fois d\u2019attirer l\u2019attention sur les dangers de l\u2019ostéo-radio-nécrose qui menace tout spécialement ces malades et de limiter les indications de ce traitement.Ainsi, ce sont à des formules très éclectiques de traitements qu\u2019aboutissent les auteurs en sélectionnant les différents types anatomo-cliniques des lésions.Ce livre, bien Illustré, à la fois clinique et thérapeutique, rendra les plus grands services aux praticiens, aux stomalotogistes, aux chirurgiens et aux radiothérapeutes.Il fournit même aux cancérologues des notions intéressantes sur quelques points particuliers de l\u2019étiologie de cette localisation de cancer bien définie.DiIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE Introduction.\u2014 Données étiologiques.\u2014 Étude anatomo-clinique.\u2014 Les problèmes de diagnostic.\u2014 Le traitement chirurgical.\u2014 L\u2019électro-coagulation.\u2014 Le traitement radiothérapique.\u2014 L'association radio-chirurgicale.\u2014 Traitement des adénopathies.\u2014 Les traitements palliatifs.\u2014 Les résultats d\u2019ensemble.\u2014 Indications thérapeutiques.\u2014 Bibliographie.Oxygénothérapie, par Léon BINET, doyen de la Faculté de médecine de Paris, membre de l\u2019Institut, et Madeleine BOCHET, assistante au laboratoire de physiologie de la Faculté de médecine de Paris.Un volume de 180 pages, avec 28 figures (16 X 24,5) : 1 300 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI®).La mise en service de la technique des inhalations d\u2019oxygène est devenue aujourd\u2019hui rapide et facile, à la fois par suite de l\u2019extension des distributions d\u2019oxygène au lit du malade et par le perfectionnement de l\u2019appareillage.Les résultats sont très convaincants dans de nombreux états d\u2019anoxie de l\u2019organisme d\u2019origine très diverse.Effcace comme traitement d\u2019extrême urgence dans l\u2019hémorragie, le choc, l\u2019asphyxie, l\u2019inhalation d\u2019oxygène a une action bienfaisante dans de nombreuses affections de l\u2019appareil respiratoire et dans divers cas de troubles circulatoires.Son action détoxiquante est depuis longtemps 132 Lavar MÉDicaL Janvier 1958 reconnue non seulement dans l\u2019intoxication par l\u2019oxyde de carbone, par les barbituriques et certains gaz anesthésiques, mais aussi dans l\u2019intoxication par l\u2019alcool.Les résultats en pathologie infantile, en obstétrique, sont remarquables et déjà classiques.En chirurgie, l\u2019action de l\u2019oxygène est dominante.Non seulement son association avec l\u2019anesthésique a transformé la perspective opératoire, mais son utilisation courante se montre indispensable, soit en chirurgie générale, soit dans la chirurgie du thorax, pulmonaire et cardiaque.Dans la médecine du travail, l\u2019oxygène s\u2019impose comme l\u2019un des éléments les plus nécessaires du secours d\u2019urgence ; l\u2019efficacité de son action défatigante est expérimentalement établie.Ajoutons que chez les sujets atteints d\u2019une insuffisance respiratoire chronique, l\u2019oxygénothérapie conserve son efficacité, à condition d\u2019être rationnellement administrée.Cette énumération souligne à la fois l\u2019intérêt et le contenu de cette monographie d\u2019ensemble au courant des dernières acquisitions.Le doyen L.Binet a consacré d\u2019importantes recherches en son laboratoire de physiologie à l\u2019étude expérimentale des réactions de l\u2019organisme à l\u2019anoxie et aux moyens de lutter contre l\u2019asphyxie.Avec Mlle Bochet, Il a apporté une contribution personnelle importante à l\u2019oxygénothérapie par la réalisation de procédés techniques et d\u2019appareillages particulièrement adaptés à l\u2019utilisation pratique.II présente ici avec sa collaboratrice une mise au point qui rendra les plus grands services aux pédiatres, aux spécialistes de la pathologie cardio-pulmonaire, aux anesthésistes-réanimateurs, aux chirurgiens, aux obstétriciens et aux physiologistes.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE Bases physiologiques et cliniques.\u2014 Réactions biologiques à l\u2019anoxie aiguë.\u2014 Bases physiologiques de l\u2019oxygénothérapie.\u2014 Le séjour prolongé dans l\u2019oxygène pur.\u2014 Effets de l\u2019inhalation d\u2019oxygène pur chez l\u2019homme.\u2014 Oxygénothérapie et syndromes d\u2019urgence.\u2014 Oxygénothérapie dans certaines affections respiratoires ou circulatoires.\u2014 Oxygénothérapie en pédiatrie.\u2014 Anesthésie et oxygénothérapie.\u2014 Oxygène et fatigue musculaire.L\u2019action défatigante de l\u2019oxygène.L\u2019oxygénothérapie en pratique médico-chirurgicale.Problèmes pratiques et dispositifs inhalateurs.\u2014 Appareils de débit.\u2014 Oxygénothérapie collective.\u2014 Oxygénothérapie en pratique courante.\u2014 Méthodes et dispositifs d\u2019inhalation.\u2014 Utilisation thérapeutique de la pression réduite.\u2014 Chambre à oxygène.\u2014 Tente à oxygène.\u2014 Tente à oxygène utilisée pour la production d\u2019aérosols.\u2014 Tente à réfrigération électromécanique.\u2014 Technique de l\u2019oxygénothérapie en pédiatrie.\u2014 Tente à oxygène de nourrissons.\u2014 Utilisation et entretien des appareils de contrôles de fonctionnement.\u2014 Contrôle de l\u2019oxygénothérapie.\u2014 Nettoyage et désinfection des appareils inhalateurs.\u2014 Mesures de sécurité.Bibliographie. CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES Fondation de nouveaux départements Monsieur le doyen a annoncé, à la séance du Conseil de la Faculté en décembre, la fondation de quatre nouveaux départements médicaux et la nomination de leur directeur.Le docteur Fernando Hudon, f.r.c.p., chef du Service d\u2019anesthésie à l\u2019Hôtel-Dieu, à l\u2019Hôpital Sainte-Foy et à l\u2019Hôpital Laval, professeur titulaire d\u2019anesthésie à la Faculté, est nommé directeur du département d\u2019anesthésiologie.Le docteur Donat Lapointe, professeur titulaire de clinique pédia- trique et chef de Service à la Crèche Saint-Vincent-de-Paul, est nommé directeur du département de pédiatrie.Le docteur Paul Painchaud, f.r.c.s., chef du Service et professeur titulaire de clinique oto-rhino-laryngologique à l\u2019Hôtel-Dieu, est nommé directeur du département d\u2019oto-rhino-laryngo-ophtalmologie.Le docteur René Simard, professeur titulaire de clinique obstétricale et chef de Service à l\u2019Hôpital de la Miséricorde, est nommé directeur du département d\u2019obstétrique et de gynécologie.Chargés de cours Le docteur Arthur Bédard, professeur agrégé et chef du Service d\u2019urologie à l\u2019Hôtel-Dieu, est chargé du cours d\u2019urologie à la Faculté en remplacement du docteur Nérée Lavergne.Le docteur Jean Grandbois, f.r.c.p., professeur agrégé et assistant dans les Services de dermatologie à l\u2019Hôtel-Dieu et à l\u2019Hôpital du Saint- 134 Lavar MéÉDicarL Janvier 1958 Sacrement, est chargé du cours de dermatologie et de syphiligraphie en remplacement du docteur Emile Gaumond.Le docteur Maurice Richard, chef de Service pédiatrique à l\u2019Hôtel- Dieu, est chargé du cours de pédiatrie en remplacement du docteur Euclide Déchène.Le docteur Robert Côté, maître en chirurgie Le docteur Robert Côté, m.d.1951, vient de terminer un fellowship en chirurgie à la Fondation Mayo, qui est rattachée à l\u2019Ecole des gradués de l\u2019université de Minnesota.Il a reçu le titre de maître en chirurgie et 1l commence son service à l\u2019hôpital du Saint-Sacrement où 1l est attaché au département de chirurgie comme assistant.De plus, 1l fréquente le département d\u2019anatomie à titre d\u2019aide.Prix de la Edward John Noble Foundation Le docteur Martin Laberge vient de compléter un fellowship en chirurgie à la Fondation Mayo, Rochester, Minn., et il a regu le prix de la Edward Jobn Noble Foundation, de New-York, qui est attribué à un résident par année parmi tous les hôpitaux américains et qui honore chez le candidat son esprit d\u2019initiative et ses qualités de chef.Le docteur Laberge, m.d, 1951, est fellow du Collège royal et il est assistant dans le Service de chirurgie de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.Grâce à ce prix, il voyagera en Europe à partir de janvier prochain pour visiter les principaux centres de chirurgie de France et d'Angleterre.Don pour la recherche en chirurgie cardiaque Le département d\u2019anatomie de la Faculté de médecine s\u2019est vu octroyer $100.pour fins de recherches sur le cceur de la part de la Compagnie Canadian Shipbuilding and Ship Repairing Association en me- moire du regretté président de la George T.Davie & Sons, monsieur André Delagrave, décédé récemment à Québec.Dans le département d\u2019 anatomie en effet, on poursuit des travaux de recherche depuis quelques années déjà sur la chirurgie du cœur et des vaisseaux et particulièrement sur l\u2019hypothermie et la circulation extracorporéale.Gy 1, Ten Tac ian Janvier 1958 LAvAL MÉDICAL 135 Neuf pédiatres bénéficient de la bourse Mead Johnson M.David L.Menzies, président de Mead Johnson of Canada, Ltd, vient d'annoncer que, pour la cinquième année consécutive, les trois * * , I * x universités du Québec se partagent la somme de $10,000 mise à leur disposition par la maison Mead Johnson pour favoriser les études post- médicales en pédiatrie.Les boursiers pour l\u2019année universitaire en cours sont les suivants : À l\u2019université Laval : Docteur Claude Roy, Docteur Roch Simard, Docteur André Letarte.A l\u2019université de Montréal : Docteur Raymond Chicoine, Docteur Jean Joncas, Docteur André Soucy.A l\u2019université McGill : Docteur Léo Stern, Docteur M.Ruth Bell.Les gagnants de la bourse Mead Johnson ont complété leur internat et sont maintenant prêts à devenir résidents en pédiatrie.Dans chacun des cas, la Faculté de médecine et le département de pédiatrie de l\u2019université concernée agissent en qualité de dépositaires et administrateurs des fonds.Médecine de France La revue Médecine de France, numéro 85, a publié dans la forme artistique qui lui est familière un fascicule entièrement consacré au Canada français et particulièrement à la médecine.L'occasion était belle de saluer les instigateurs d\u2019une réussite architecturale d\u2019un haut rendement et ils ont entouré des photographies éloquentes d\u2019un texte racontant la réalisation physique et fonctionnelle du nouveau pavillon de la médecine dans la cité universitaire de Sainte-Foy (Lucien Mainguy et docteur Rosaire Gingras).Au centre d\u2019un ensemble médical, il y a la Faculté ; la disposition de ses masses et de ses départements s\u2019effectue autour de ses amphithéâtres ; l\u2019enseignement, la recherche et l\u2019administration s\u2019engrènent logiquement.Le professeur Emile Gaumond relate les cent ans d\u2019existence de la Faculté ; le professeur Renaud Lemieux puise dans sa mémoire émue des souvenirs dynamiques du grand doyen que fut Arthur Rousseau ; le doyen, Jean-Baptiste Jobin, et le sous-secrétaire, le docteur Georges- 136 Lavar MÉDicCaL Janvier 1958 Albert Bergeron, indiquent à grands traits l\u2019influence de la culture française sur l\u2019enseignement médical au Canada, œuvre de perfectionnement difficile dans un milieu anglophone et américain.L'éditeur profite de la circonstance pour publier de nombreuses photographies d\u2019édifices, de monuments et d\u2019œuvres d\u2019art, d\u2019inspiration et d\u2019exécution canadiennes, sous la plume de Gérard Morisset.Sans transition, monsieur Luc Lacourcière parle de l\u2019influence que Rabelais a pu avoir sur les mœurs canadiennes et, enfin, M8\" Féelix-Antome Savard signe un poème La coquille de Saint-Jacques.Il va sans dire que monsieur Robert de Roquebrune parle en connaissance de cause de l\u2019origine des Canadiens.C\u2019est ainsi que l\u2019on peut feuilleter un album d\u2019une rare beauté qui parle éloquemment de médecine au Canada français, difficultés, mérites et réalisations.Pour l\u2019avancement de la chirurgie * Grâce à la sévérité des examens éliminatoires au cours des études préliminaires, on trouve chez les étudiants en médecine un nombre imposant d\u2019hommes bien doués et avides de connaissances.De nos jours, la qualité des candidats inscrits au cours de médecine est impressionnante.Ils savent qu\u2019ils doivent rivaliser, 1ls ont soif de connaissances nouvelles et leur attitude est combative.A l\u2019aide d\u2019une assistance bien dirigée, de conseils prudents et du stimulus de l\u2019exemple, ils mûrissent rapidement et bien.Certaines écoles s\u2019appulent surtout sur l\u2019enseignement théorique.C\u2019est une façon d'apprendre aux élèves qu\u2019il y a différentes méthodes pédagogiques.Parfois ce système se complète de résumés et de données générales qui sont pour l'étudiant une base solide sur laquelle s \u2019appuieront ses connaissances futures.D\u2019un autre côté, à moins que l\u2019étudiant n\u2019ait été encouragé à consulter les publications récentes, 1l ne connaîtra jamais l\u2019importance de la bibliographie.De plus, habitué à ce que les autres pensent pour lui, il perd tout esprit d\u2019initiative et de discernement car 1l n\u2019a jamais appris l\u2019art et la science de l\u2019éducation.Ce n\u2019est qu\u2019en apprenant très tôt à se suffire à lui-même que l\u2019élève peut accroître ses connaissances et, peut-être même, parvenir à la sagesse.Le programme de la résidence en chirurgie En voulant juger la valeur de la chirurgie, il faut examiner les différents programmes d\u2019études des résidents en chirurgie.Ceci est de première importance car toutes les dispositions prises en vue d\u2019améliorer la chirurgie sont nécessairement basées sur le nombre et la qualité des hommes que l\u2019on veut former.* If Surgery ts to thrive, Richard L.Varco, ».p., Minneapolis, Minn.Surgery, (July) 1956.{+ Nous publions ici la traduction partielle et libre d\u2019un article que nous avons lu avec beaucoup d\u2019intérêt, extrait d\u2019un discours que prononçait, il y a un an, un médecin de Minneapolis, le docteur Richard L.Varco, à la Société des chirurgiens universitaires américains.% I ir lès ol 8 Jame: qu Sri i gush aie y pt qe Janvier 1958 LavaL MEbpicaAL 137 En effet, des données précises ont été établies et acceptées par un grand nombre d\u2019institutions qui ont certains problèmes en commun.C\u2019est un fait reconnu que l\u2019on doit confier au chirurgien de demain une autorité et une responsabilité sans cesse grandissante.On ne s\u2019accorde pas cependant à reconnaître l\u2019obligation qu\u2019a le tuteur d\u2019éviter au candidat une charge trop lourde auprès des malades.La salle d\u2019opération attire le néophyte ; en dépit de nombreux avertissements, il peut facilement être victime de ses goûts.II faut donc au tout début de son entraînement lui laisser le temps de réfléchir et d\u2019en venir à un compromis.De plus, s\u2019il est continuellement débordé de travail technique, il n\u2019aura pas le loisir de réfléchir.Je reconnais que l\u2019idée de limiter les heures consacrées à la salle d'opération est une innovation et va à l\u2019encontre des principes fondamentaux qui sont à la base même de bien des programmes d\u2019études.Je tiens à souligner, cependant, que ce que je propose n'est pas un entraînement à demi- temps.Pour obtenir une résidence sénior, le candidat doit avoir complété les trois phases de l\u2019entraînement technique.Premièrement, 1l apprend à assister le chirurgien avec compétence tout en demandant à ce dernier l\u2019application des principes chirurgicaux et le protocole à suivre au cours des différentes séances opératoires.Deuxièmement, lorsqu\u2019il a acquis une certaine maturité, l\u2019élève doit à son tour montrer ses connaissances tandis que le professeur joue le rôle d'assistant en même temps que celui de critique et de consultant.Troisièmement, ayant mérité le titre de résident sénior, 1l doit faire ses preuves.Il assume les mêmes responsabilités que le chirurgien et doit compléter un certain nombre d\u2019opérations majeures.Au cours de ces années, le résident a acquis une vaste connaissance des méthodes cliniques et des diagnostics différentiels.A cette habileté clinique, il doit ajouter le souci des soins pré- et postopératoires.Son expérience et son habileté se développent proportionnellement à la justesse de ses observations.À tout ceci s\u2019ajoute un élément essentiel : la connaissance de la littérature médicale.Il a appris de ses professeurs les plus hauts standards de la morale et de l\u2019éthique.Nous croyons que ses malades trouveront en lui un jeune homme sympathique et attentif à leur moindre problème ; 1l saura pratiquer la médecine avec art aussi bien qu\u2019avec science.Un esprit souple et créateur Il y a une autre influence majeure qui entrave le progrès de la médecine : c\u2019est le culte du conformisme dont le but est d\u2019élever plus d'hommes à un niveau scientifique médiocre.Celui qui n\u2019est pas ou qui refuse de devenir conformiste mérite évidemment d\u2019être puni.Il faut l\u2019empêcher de porter son regard au-dessus des sentiers battus pour scruter l\u2019horizon.Je ne suis pas de cet avis et je proteste vigoureusement.Pour moi, le but ultime dans la formation du chirurgien est l\u2019acquisition d\u2019un esprit souple et ouvert.Certains programmes d\u2019études ont justement tendance à détruire chez le jeune cette maniabilité naturelle des choses de l\u2019esprit.Sa raison est faite de dogmes, d\u2019aphorismes, de préceptes arbitraires, de 138 Lavar MÉDicaL Janvier 1958 pratiques démodées et encroûtées par la tradition.Le jeune devient un conformiste et il paie la rançon aux méthodes qui l\u2019obligent à stéréotyper son esprit et ses pensées.Le conformiste est rarement un homme d'initiative.Par conséquent, ceux qui exigent de leurs élèves une uniformité outrée, sans tenir compte des talents individuels, gaspillent une Immense ressource naturelle, l\u2019esprit inventif.Ceux qui rendent ces techniques obligatoires dans leurs institutions créent une citadelle de médiocrité peuplée de gens hypnotisés et incapables d\u2019agir par eux- mêmes.Nous avons grandement besoin de locaux académiques où le chercheur se sentira à l\u2019aise et pourra donner libre cours à ses 1dées.Ce chercheur, nous l\u2019appellerons un non-conformiste en opposition au conformiste décrit plus haut.L\u2019on peut compter que ce non-conformiste ne se gênera nullement pour émettre des opinions contraires et pour démasquer l\u2019incompétence et l\u2019ignorance.Il saura stimuler la discussion en y apportant des connaissances nouvelles et deviendra ainsi la cible de la critique.Ses décisions découleront de l\u2019application des méthodes scientifiques dans le laboratoire et auprès du malade.Nous avons besoin d\u2019un plus grand nombre de ces jeunes chercheurs enthousiastes, capables et décidés.Dans les institutions où les laboratoires de recherche restent vides, ou presque déserts, la formation même de l\u2019élève s\u2019en ressentira.Les responsables de cet état de choses n\u2019ont plus foi en l\u2019opportunité de la recherche comme moyen de formation.Notre non-conformiste est souvent un homme mal à l\u2019aise.Cependant, si nous découvrons en lui un homme d'action et non un parasite, 1l mérite bien un conseiller sympathique et compréhensif dans ses moments d\u2019incertitude.Parfois, en défendant ses idées 1l fera preuve de trop d\u2019impétuosité et d\u2019agressivité maïs cet enthousiasme de la jeunesse est cette force même qui le pousse d\u2019avant sur le chemin du progrès scientifique.Pourquoi alors étouffer cet enthousiasme ?Le temps et les collègues antipathiques s\u2019en chargeront bien assez vite.À moins qu\u2019il ne le demande lui-même, 1l est futile et peut-être même Imprudent d\u2019intervenir dans ses recherches et ses problèmes quotidiens.Les conseils doivent servir de bride à son enthousiasme.Nous pouvons dès lors choisir entre le conformiste satisfait et le non-conformiste qui est un mécontent, un batailleur, un homme d\u2019initiative.Cependant, si nous lui refusons les promotions et les nominations qu\u2019il est en droit d'attendre, nous entravons par le fait même le progrès de la science.Au moment de se prononcer pour ou contre le non- -conformiste, nous devons nous rappeler qu\u2019il est rare que celui qui se soumet aisément au conventionnel produise de grandes choses.La méthode scientifique Tout élève qui en vaut la peine mérite de recevoir une bonne formation scientifique.Une excellente façon de garantir cette formation, à cause de l\u2019affinité qui existe entre les sciences de base et la chirurgie, c\u2019est de permettre à l\u2019élève de se consacrer entièrement à la recherche et à l\u2019enseignement dans un département soit de physiologie, de biochimie ou de bactériologie.La connaissance et l\u2019étude de ces sciences biologiques el à pO ily Janvier 1958 LavarL MEbpicaL 139 ont à la longue d\u2019heureux effets.L\u2019enseignement et [a recherche initient le chirurgien à une discipline scientifique et son travail de tous les jours en bénéficiera.Il apprendra à reconnaître la valeur des techniques établies par l\u2019expérience, l\u2019importance d\u2019une observation objective et d\u2019un dossier précis.La critique et l\u2019analyse des résultats obtenus se fera sous la direction de chercheurs expérimentés.Il développe ainsi ses connaissances scientifiques et son esprit d\u2019initiative.La résidence Qu\u2019est-ce que la résidence ?Les bases fondamentales de la résidence sont faciles à décrire ; il est plus difficile d\u2019en saisir les nuances.En résumé, c\u2019est l\u2019esprit même qui anime le chef de Service qui Influencera la formation de ses résidents.Dans ce domaine, personne n\u2019a réussi mieux que Owen H.Wangensteen à organiser un programme d\u2019 études plus vivant et plus efficace.Je parle en connaissance de cause car j'ai eu le privilège de vivre un certain temps sous sa direction.Si je le pouvais, je mettrais encore plus de vigueur, à justifier ses idées et ses aspirations.De plus en plus on en reconnaît la justesse et ces données nouvelles qui se développent simultanément dans d\u2019autres milieux, gagnent la faveur et l\u2019appur de plusieurs.Le temps plus que la rhétorique justifiera leur mérite et leur valeur.Dans les milieux où l\u2019on a adopté cette nouvelle formule, le résident se consacre en égale proportion aux activités cliniques auprès des malades et à la chirurgie ; à l\u2019étude d\u2019une science fondamentale particulière et, par l\u2019application de cette science, au développement de ses aptitudes et de ses goûts pour la recherche ; à la lecture des ouvrages de médecine et à la préparation des communications scientifiques ; à l\u2019adoption et à la pratique des meilleures techniques chirurgicales et à la découverte des méthodes nouvelles qui, à la lumière d\u2019une étude approfondie, se sont avérées supérieures aux méthodes traditionnelles.Toutes ces charges et ces responsabilités mirissent le résident mais elles ne doivent pas étouffer la flamme de son enthousiasme et de son ambition.Le candidat désireux d\u2019acqueérir une telle formation, doit donc être un jeune homme de tout premier choix et qui a déjà une certaine maturité d'esprit car à toutes ces exigences s\u2019ajoutent souvent des problèmes d\u2019ordre pécuniaire.L'avenir du non-conformiste Notre non-conformiste, à cause même de son tempérament aussi bien que du milieu où 1l reçoit sa formation, peut prévoir certaines difficultés à atteindre le sommet de l\u2019échelle académique.Quoique sa réputation d\u2019enseigneur, de chirurgien et d\u2019homme de science le rende apte à diriger un département ou un Service, il ne parviendra peut-être jamais à ce dernier échelon, car l\u2019on peut facilement comprendre avec quelle hésitation on lui confrerait une telle charge.Cette hésitation peut s\u2019expliquer mais est-elle raisonnable?Considérons un instant la composition d\u2019un comité chargé d\u2019assister le doyen dans le choix d\u2019un chef de Service de chirurgie.On y trouvera certainement le chef de médecine, probable- 140 Lavar MEpicaL Janvier 1958 ment le pédiatre et le gynécologue, peut-étre le radiologiste et, finalement, des représentants de la pathologie et de l\u2019anatomie ainsi que des autres disciplines de base.Ceux-ci après enquête feront rapport au doyen.Ils reprocheront au candidat proposé son originalité (il cherche constamment à s'éloigner du conventionnel) ; son agressivité (1l est enthousiaste); son esprit tranchant et combatif Gi défend ses idées, n\u2019est pas partisan des dogmes et ne s\u2019appuie que sur l\u2019évidence scientifique).Le chef de médecine craint de voir diminuer le nombre de lits dans l\u2019hôpital et de devoir se soumettre à la volonté du plus fort ; 1l en est de même du pédiatre et du gynécologue ; le radiologiste, lui, redoute l\u2019 application de techniques spéciales qui exigeraient plus de compétence et de surveillance de la part de ses techniciens et les reproches qu\u2019on pourrait lui adresser s\u2019il posait un mauvais diagnostic ; le pathologiste constate qu\u2019on lui demande des coupes spéciales, des méthodes de coloration nouvelles, des recherches particulières et inhabituelles au cours de l\u2019autopsie, toutes activités qui surchargent son laboratoire.Dans ce groupe de conseillers, seuls le physiologiste et le biochimiste accepteraient sans trop de réserve un tel collègue.Une aussi grande divergence d\u2019idées et d\u2019intérêts ne se rencontre qu\u2019en chirurgie ; l\u2019antagonisme de ces gens est presque involontaire et l\u2019on ne peut nier qu\u2019une telle association soit souvent insupportable.Les membres de ce comité doivent donc s\u2019élever au-dessus des personnalités et du conventionnel, sinon 1ls entraveront la marche du progrès.Ils doivent sortir de l\u2019ornière de la routine et des préjugés car cette orniére est souvent une tranchée qui les empêche de voir à l\u2019horizon.C\u2019est facile de remettre à plus tard un examen de conscience.Si nos prédécesseurs avaient choisi une vie paisible et facile plutôt que le progrès et ses dérangements, notre monde nous paraîtrait moins brillant.Pierre JoBIN Deuxième congrès mondial de la Fédération internationale de gynécologie et d\u2019obstétrique Le deuxième Congrès mondial de la Fédération internationale de gynécologie et d\u2019obstétrique se tiendra dans le nouvel hôtel Reine- Elizabeth à Montréal, Canada, du 22 au 28 juin 1958.Des discussions en table ronde auront lieu en gynécologie et en obstétrique.Les sujets sont les suivants : Gynécologie : 1.Les limites de la chirurgie pelvienne dans le traitement du cancer du col ; 2.La physiologie et la pathologie de la contraction de l\u2019utérus bumain gravide ; 3.Le diagnostic du cancer du col ; 4.Tuberculose génitale.Ir êtai Mey Ho Cit Cône, le de ene Cl ar wif OY pune Castro (Brésil) ; Jarvier 1958 Lavar MEpicaL Obstétrique : 1.Psycho-prophylaxie préparatoire au travail ; 2.La physiologie et la pathologie de la contraction de l'utérus humain gravide ; 3.Anémie de la grossesse ; 4, Toxémies de la grossesse.N.B.\u2014 En raison du retard dans la distribution du Bulletin d\u2019information dans certains pays, le délai d'inscription pour la présentation d\u2019une communication libre, d\u2019un film, ou d\u2019une exposition scientifique, a été prolongé jusqu\u2019au 31 janvier 1958.Toute correspondance doit être adressée au Comité de Montréal, Deuxième Congrès mondial, Fédération internationale de gynécologie et d\u2019obstétrique, Suite 220, 1414, rue Drummond, Montréal 25, Canada.Conférence internationale sur l\u2019influence des conditions de vie et de travail sur la santé La Conférence internationale sur I\u2019 Influence des conditions de vie et de travail sur la santé, s\u2019est tenue du 27 au 29 septembre sous la présidence du professeur Parisot, doyen honoraire de la Faculté de médecine de Nancy, ancien président de l\u2019Assemblée mondiale de la santé et du professeur Josué de Castro, directeur de l\u2019Institut de la nutrition de l\u2019université du Brésil, apcien président de la F.A.C.Elle a réuni 250 participants appartenant à 31 pays répartis dans le monde entier, parmi lesquels plusieurs personnalités officielles, 52 professeurs de Facultés et directeurs d\u2019Instituts et un très grand nombre de sommités médicales et scientifiques.Toutes les disciplines médicales y étaient représentées.L'apport scientifique des rapports et des communications est extrêmement important.Ces travaux ont permis, à propos de chacun des trois thèmes, d\u2019aboutir aux conclusions données par le président de Castro, dans son discours de clôture.Voict les titres des principaux travaux et leurs auteurs, le texte des conclusions et la liste des pays représentés.PRINCIPAUX TRAVAUX DE LA CONFÉRENCE I.Influence des facteurs alimentaires sur le développement des maladies Rapports : 1° L\u2019Alimentation et la faim, rapporteur : professeur Josué de 142 Lava.MÉDicaL Janvier 1958 2° Détermination de la valeur nutritive de régimes alimentaires riches en céréales, rapporteur : professeur Y ANG-EN-FU (Chine) ; 3° Types différents de régimes alimentaires deséquilibrés et leurs influences sur la nutrition, rapporteur : docteur Cicely WiLLiams (Grande-Bretagne).Ces rapports ont été suivis de 12 communications.4° Le facteur nutrition dans la lutte contre la tuberculose, envisagée comme maladie de masse, Discussion ouverte par le docteur D\u2019Arcy- HART (Grande-Bretagne), survie de 5 communications.II.Effets du travail sur la santé physique et mentale Rapports : 1° Effets de la fatigue sur la santé des travailleurs, rapporteur : professeur H.DESOILLE et docteur L.LE GUILLANT (France) ; , 2° Méthodes nouvelles de prophylaxie des maladies d\u2019origine industrielle, en particulier dans le domaine de l\u2019industrie textile, rapporteur : professeur LETAvET (U.R.S.S.).Ces rapports ont été suivis de 19 communications.* * * Étude de quelques parasitoses peu connues et liées aux conditions de vie et de travail en Italie : 4 communications de l\u2019Institut de para- sitologie de l\u2019université de Rome.III.Effets tardifs des radiations r0nisantes sur la vie de l\u2019homme Rapports : 1° Effets tardifs des radiations ionisantes sur la santé de l\u2019homme, rapporteur : professeur LACASSAGNE (France) ; 2° Effets tardifs des substances radioactives produites par l\u2019explosion d\u2019Hiroshima sur la moelle osseuse de l\u2019homme, rapporteur : Y.Kono (Japon) ; 3° A propos des conditions de régénération de la moelle osseuse après exposition totale du corps aux radiations iomisantes, rapporteurs : professeur BECKER et docteur Th.FLIEDNER (Rép.féd.allemande) ; 4° Aperçu sommaire sur les effets cliniques tardifs de l\u2019explosion de la Mai bombe atomique, rapporteur : professeur N.KusANno (Japon) ; Qué 5° Effets cancérigènes des radiations ionisantes, rapporteur : profes- | seur PEacock (Ecosse) ; i 6° Danger des radiations ionisantes pour l\u2019hérédité chez l\u2019homme, Ney rapporteur : professeur R.W.KarLAN (Rep.féd.allemande).Ces rapports ont été suivis de 6 communications.Moh Janvier 1958 Lavar MÉDICAL 143 CONCLUSIONS DE LA CONFÉRENCE Thème I : Influence des facteurs alimentaires sur le développement des maladies I.La malnutrition est la maladie la plus répandue au monde.Elle se présente sous trois aspects principaux : 1° La sous-nutrition et les maladies de carence ; 2° La suralimentation, l\u2019obésité et ses conséquences ; 3° Les déséquilibres variés.II.Les carences décrites dans les traités sont maintenant assez rares, mais Il est admis que chaque cas de malnutrition est souvent le résultat d\u2019une étiologie compliquée et que les conditions générales de la malnutrition doivent continuer à être étudiées.IIT.De nombreux cas de malnutrition ne résultent pas seulement de la pénurie de certains aliments, mais aussi d\u2019habitudes alimentaires nuisibles, de fautes dans la préparation et de désordres digestifs tels que les dyspepsies, les gastro-entérites, dysentries, etc.IV.La malnutrition n\u2019est pas seulement grave en elle-méme, elle peut aussi provoquer ou aggraver d\u2019autres maladies.V.La Conférence, en considérant la situation actuelle du monde, reconnaît qu\u2019il faut faire un effort universel pour promouvoir le développement économique et social des différents groupes humains, de manière qu\u2019ils puissent obtenir les ressources alimentaires suffisantes et adéquates à leur alimentation équilibrée.VI.La Conférence reconnaît aussi l\u2019importance des facteurs médicaux et des facteurs éducationnels qui pourraient permettre l\u2019utilisation plus rationnelle des ressources alimentaires disponibles.Thème 2 : Effets du travail sur la santé physique et mentale La Conférence a constaté que, malgré les progrès qu\u2019il a pu entraîner, le développement de l\u2019industrie a provoqué l\u2019apparition ou l\u2019aggravation de certaines maladies professionnelles : 1° On constate que beaucoup de méthodes de prévention des maladies et des accidents déjà connues donnent, lorsqu\u2019elles sont appliquées, des résultats pratiques certains.2° Des législations existent déjà.à cet égard.D\u2019autres mesures doivent les complêter, mais il y a lieu de veiller à ce qu\u2019elles soient réellement appliquées ; car leurs prescriptions ne sont pas toujours respectées.3° Des études scientifiques doivent être poursuivies à propos des problèmes nouveaux ou incomplètement élucidés.Par exemple, le 144 Lavar MÉDicar Janvier 1958 surmenage nerveux entraîné par des rythmes de travail trop raides apparaît comme le plus important.Des moyens nécessaires doivent être fournis par les pouvoirs publics à des chercheurs compétents afin qu\u2019ils puissent élucider ces problèmes.4° Comme dans les autres domaines, les échanges scientifiques entre les chercheurs des différents pays doivent être facilités et intensifrés.Thème : Effets tardifs des radiations romisantes sur la vie de l\u2019homme Les différents rapporteurs ont particulièrement Insisté sur les dangers résultant des effets mutagènes et cancérogènes des radiations.Deux rapporteurs japonais ont apporté des Informations précises sur les accidents tardifs d'ordre hématologique et cancérologique qui continuent d\u2019être observés parmi les populations survivantes après les bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasak1.Un bilan de l\u2019augmentation rapide, depuis quelques années, de l\u2019exposition aux radiations ionisantes que subit l\u2019ensemble des populations du globe a été établi en fonction des différentes utilisations : médicale, industrielle, expérimentale (explosions atomiques).Dans l\u2019état actuel de nos connaissances, et devant les risques graves éventuels, 1l est indiqué de réduire au strict minimum les causes d\u2019absorption de radiations lonisantes par les individus et les collectivités.La Conférence internationale joint sa voix à celles des grands savants des É.U.d\u2019A., del\u2019 Allemagne, de l\u2019U.R.S.S., de la Grande-Bretagne et des autres pays qui font connaître aux populations, aux Parlements et aux gouvernements du monde entier le grave danger qui les menace, et leur demande de faire cesser les expériences portant sur les armes nucléaires et thermonucléaires ainsi que leur production.Au nom de la Conférence, nous proposons aussi que l\u2019on convoque une conférence internationale pour discuter des mesures efficaces devant être adoptées afin que l\u2019énergie atomique ne soit utilisée que pour le plus grand bien de l\u2019humanité.Liste des pays représentés : Afrique du sud, Allemagne (Rép.féd.), Allemagne (Rép.dém.), Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Chine, Danemark, Espagne, Etats-Unis, France, Grande- Bretagne, Grèce, Inde, Iran, Israël, Italie, Japon, Luxembourg, Maroc, Principauté de Monaco, Pays- Bas, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, U.R.S.S., Yougoslavie. NOUVELLES PHARMACEUTIQUES Succès des essais sur la Perphénazine La clinique Crease de l\u2019Hôpital pour maladies mentales, de Essondale, C.B., a effectué avec succès des essais sur la perphénazine, un nouveau et puissant médicament qui s\u2019ajoute aux tranquillisants bien connus.Le docteur N.-L.Mason Browne, qui a récemment rédigé un rapport sur ses nombreux essais de la perphénazine sur des patients dans l\u2019hôprtal local, a fourni, dans un interview aux journaux, de plus amples explications sur ses résultats qui ont été publiés dans la revue Diseases of the Nervous System.La perphénazine, un médicament qu\u2019on ne peut se procurer que sur ordonnance, est mis à la disposition du corps médical sous le nom de trilafon.Il appartient à la même famille de médicaments que les tranquillisants en vogue genre chlorpromazine.Toutefois, d\u2019après le docteur Mason Browne, la perphénazine a une action de cing a dix fois plus puissante ; 1l peut donc être employé à des doses proportionnellement plus faibles et, par conséquent, produit des effets secondaires moins nombreux et moins Intenses.Le docteur Mason Browne a choisi pour ses essais 75 patients troublés, hyperactifs, qui étaient hospitalisés depuis une moyenne de 12,7 ans et pour qui les médecins entretenaient peu d\u2019espoir de guérison.Ils ont été divisés en trois groupes de 25 patients chacun, aussi semblables que possible du point de vue age, sexe et durée de la maladie.Vingt- cing des patients ont reçu trois fois par jour un comprimé de placebo, c\u2019est-à-dire, un comprimé ne contenant que du sucre.25 autres ont reçu la même dose de comprimés titrés à 16 mg.de perphénazine, et les 25 derniers ont reçu des comprimés à 25 mg.de tranquillisant chlor- promazine, toujours à raison de trois par jour.Tous les comprimés avaient une apparence identique, et le docteur Mason Browne a tenu à ne pas savoir lesquels des patients recevaient les différents comprimés.A la fin de l\u2019essai, qui a duré 30 jours, le docteur Mason Browne et ses collaborateurs ont fait séparément une évaluation clinique de chacun des patients ainsi que des examens psychologiques qui donnaient vrai- (34) 146 Lavar MÉDiCaL Janvier 1938 ment une mesure de l\u2019amélioration ou de l\u2019aggravation de l\u2019état de chacun en comparaison de son état avant l\u2019essar.Les pointages ainsi obtenus ont ensuite été classifiés à la lumière du code secret du pharmacien de l\u2019hôpital indiquant à qui les différents comprimés avaient été administrés.Cette expérience a démontré que, des patients traités par la perphé- nazine, 11 ont présenté une amélioration, 7 sont demeurés inchangés, et l\u2019état de 4 s\u2019est aggravé.Parmi ceux qui ont reçu de la chlorproma- zine, seulement 3 se sont améliorés, 16 sont demeurés inchangés, et l\u2019état de 4 a empiré.De ceux qui ont reçu le placebo, un s\u2019est effectivement amélioré, 19 sont demeurés inchangés, et chez 4 1l y a eu aggravation.Chez le reste des 75 sur qui on a commencé l\u2019essai, il a fallu le discontinuer à cause d\u2019effets secondaires dont aucun toutefois, n\u2019a été sérieux.Satisfait de cette première expérience, le docteur Mason Browne et ses collaborateurs ont maintenant plus de 100 patients à Essondale sous traitement par la perphénazine et beaucoup d\u2019entre eux ont déjà pu retourner dans leurs familles.Symposium Ciba \u2014 N° 5 (Vol.V) Sommaire du fascicule C\u2019est la contribution d\u2019un clinicien français célèbre, Ie professeur Pasteur Vallery-Radot, membre de l\u2019Académie française, qui se trouve en tête du fascicule.Petit-fils de Louis Pasteur, 1l parle de l\u2019enchaînement des découvertes de son illustre aïeul.Deux reproductions en couleurs accompagnent l\u2019article : celle d\u2019une peinture de A.G.Edelfelt, représentant Louis Pasteur dans son laboratoire, et une photographie de la crypte où repose le savant, à l\u2019Institut Pasteur.Puis vient un exposé \u2018richement Illustré, du professeur K.H.Bauer, d\u2019Heidelberg, chirurgien allemand bien connu, qui traite des accidents dus à la circulation.L'auteur s\u2019arrête notamment au problème de la prévention des accidents et, s\u2019appuyant sur son expérience, 1l demande Instamment qu\u2019on limite la vitesse des véhicules.Les perturbations de l\u2019équilibre anionique au cours de l\u2019urémie aiguë et leurs conséquences cliniques font l\u2019objet d\u2019un article du docteur G.Richet, de Paris, spécialiste français en la matière.La rubrique Iconographie anatomique se poursuit par un deuxième chapitre de MM A.-M.Cetto, historienne de l\u2019art, consacré à La dissection dans les miniatures du moyen âge ; relevons que l\u2019exposé est orné de reproductions en couleurs dont certaines encore inédites.La rubrique Notre service de documentation rapporte .traite de l\u2019emploi du serpasil en cardiothérapie, sous le titre Un calmant approprié pour le cardiaque. Janvier 1958 LavaL MEbpicaL 147 Diagnex bleu « Squibb » Description : Résine carbacrylique de substitution cationique en combinaison réversible avec le colorant azur À.Cette substance sert à apprécier le degré d\u2019acidité gastrique au moyen d\u2019un réactif colorant qui dispense du tubage, n\u2019exige pas d\u2019éclairage fluorescent ni d\u2019autre appareil spécial.Analyse qualitative sûre, simple, juste et expéditive.Indications : Diagnostic des états liés À une sécrétion anormale d'acide gastrique.Sans danger pour les cas d\u2019ulcères, de varices œsophagiques et d'autres lésions du tube digestif.Auxiliaire diagnostique précieux en présence du cancer de l\u2019estomac, d\u2019anémie pernicieuse et de polypes du tube digestif.Agent pratique et économique de dépistage collectif des anomalies de la sécrétion gastrique.Administration : On donne au malade le nécessaire Diagnex bleu qui comprend : 1.Les granules de résine colorante ; 2.Les comprimés de benzoate de caféine sodique pour stimuler la sécrétion acide ; 3.Les étiquettes pour les spécimens d\u2019urine.On lui demande de se conformer aux Instructions simples mais claires que renferme l'emballage et d\u2019envoyer les spécimens d\u2019urine au médecin ou au laboratoire afin de terminer l\u2019examen.On trouvera les renseignements détaillés dans l\u2019emballage.Présentation : En emballage de cinq étuis de 2 grammes renfermant environ 100 mg de colorant azur A.Un comparateur colorimétrique accompagne chacun d\u2019eux.Les tubes à essai et le réactif ne sont pas fournis.Stocks chez votre fournisseur habituel.Nouveau produit antitussif récemment découvert Des essais cliniques récents concernant un nouveau produit antitussif non-narcotique ont été rapportés dans I\u2019édition de mars du Practitioner, par le docteur Clifford T.Roberts, de Leeds, Angleterre. 148 Lavar MEpicaL Janvier 1958 Ce nouveau produit oxeladin (citrate de diéthylamino-ethoxy- éthyl-a a-diéthylphénylacétate) agit directement sur le système nerveux central.L'effet se manifeste de façon remarquable, en supprimant la toux sèche, Irritante qui est la cause principale de perturbation du sommeil.En plus de son action antitussive, les avantages principaux de l\u2019oxeladin sont : palatabilité remarquable, absence d\u2019effets fâcheux tels que somnolence, constipation, anorexie, qui résultent souvent de l\u2019administration des narcotiques que l\u2019on emploie actuellement avec les sirops.L\u2019Oxeladin a été produit par les laboratoires de recherches de The British Drug Houses, et est actuellement présenté à Ia profession sous le nom de sirop Pectamol.Nomination à la Schering Corporation Schering Corporation, Limited annonce la nomination de Jean Lachance au poste de représentant professionnel des Hôpitaux du Québec.Monsieur Lachance est entré au service de Schering Corporation Limited comme représentant médical en 1941 après avoir acquis une vaste expérience en pharmacie de détail."]
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