Laval médical, 1 février 1958, Février
[" LAVAL MÉDICAL VOL.25 N° 2 FÉVRIER 1958 COMMUNICATIONS CIRCULATION EXTRACORPORELLE ET CARDIOPLÉGIE * + (Rapport préliminaire) par André McCLISH et J.-A.GRAVEL des Services d\u2019anesthésie et de chirurgie de l\u2019Hôtel-Dieu HISTORIQUE Depuis 25 ans environ, la chirurgie thoracique connaît un essor sans précédent, conditionné en grande partie par les progrès de l\u2019anesthésie.En effet, grâce à l\u2019intubation endotrachéale et à la respiration contrôlée ou assistée (baronarcose), il devint possible d\u2019ouvrir un thorax sans danger, car on pouvait pallier à l\u2019entrée de l\u2019air dans la cavité thoracique qui, par le refoulement du cœur et des poumons, créait le dangereux flottement médiastinal.Jusque-là intangibles, les viscères thoraciques devenaient accessibles au chirurgien.Ce furent sans contredit les beaux jours de la chirurgie du poumon, du médiastin et de l\u2019œsophage.* Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 4 octobre 1957.t Ce travail effectué au département d\u2019anatomie de la Faculté de médecine, a été partiellement subventionné par un octroi du Conseil national des recherches.(10) 150 Lavar MEbicaL Février 1958 Malgré ces réalisations, le cœur et les gros vaisseaux semblaient garder en respect la main du chirvrgien.Bien sûr, 1l y avait eu quelques tentatives audacieuses au début du siècle.En 1912, Tuffier tentait de dilater une sténose aortique avec le doigt, à travers la paroi du vaisseau.L'année suivante, Doyen sectionnait un rétrécissement de l\u2019artère pulmonaire à l\u2019aide d\u2019un instrument tranchant introduit par le ventricule droit.Mais ces tentatives isolées et infructueuses furent sans lendemain, car beaucoup trop en avance sur la chirurgie de ce temps.Ce n\u2019est que vers 1940 que sont vraiment nées les techniques visant à la correction des malformations cardio-vasculaires.En 1939, Gross et Hubbard rapportent la première ligature du canal artériel.Six ans plus tard, en 1945, se font les premières sections de l\u2019isthme aortique sténosé par Crafoord et Nylin, puis par Gross.Vers la même époque, Blalock et Taussig publient leur technique opératoire destinée au traitement chirurgical de la tétralogie de Fallot.Des malformations juxtacardiaques, on passe au traitement chirurgical de certaines maladies cardiaques acquises.C\u2019est ainsi, qu\u2019à l\u2019aveugle, Baily puis Brock dilatent des sténoses mitrales et pratiquent [a commissurotomie.Alors que la chirurgie cardiaque à cœur fermé (sans contrôle visuel direct), après des progrès aussi enivrants que rapides, semblait parvenue à la Irmite de ses possibilités, l\u2019idée d\u2019interrompre la circulation à travers les cavités cardiaques en vue d\u2019un acte chirurgical plus précis, trouvait dans l\u2019esprit des chercheurs un regain d\u2019actualité.Cette idée avait été retardée par l\u2019absence de mesures efficaces pour obvier aux conséquences du clampage des gros vaisseaux.En effet, pour écarter tout dommage cérébral, les limites du clampage, à température ordinaire et sans aucune autre manœuvre, ne sont que de quelques minutes : trois à quatre minutes pour Bailey ; une minute trente pour Swan et Zeavin.La marge de sécurité est donc nettement insuffisante pour permettre, dans des conditions sereines, l\u2019exécution d\u2019un acte chirurgical intracardiaque.Au-delà de ce délai on observe l\u2019apparition rapide de signes d\u2019anoxie cérébrale (mydriase, abolition des réflexes, exorbitation oculaire, lésions irréversibles au cerveau) et cardiaque fra ga Tie bi Février 1958 LavaL MÉDicAL 151 (cyanose progressive du myocarde, bradycardie croissante et, finalement, fibrillation ventriculaire).Prolonger la durée du clampage, parer aux effets de l\u2019anoxie, telles furent les deux composantes du problème expérimental.Les chercheurs du monde entier s\u2019acharnèrent à le résoudre.De leurs travaux, émergèrent bientôt deux solutions intéressantes : l\u2019hypothermie et la circulation extracorporelle.\u2014 L\u2019hypothermie, par moyens physiques ou pharmacodynamiques provoque une réduction du métabolisme cellulaire et, partant, une diminution de la consommation d'oxygène ; elle autorise, sans trop craindre les stigmates de l\u2019anoxie, une prolongation du temps de clampage jusqu\u2019à dix et même quinze minutes.\u2014 Plus séduisante encore que l\u2019hypothermie, la circulation extra- corporelle, en établissant un shunt entre les veines caves et l\u2019aorte et en assurant artificiellement les fonctions du cœur et du poumon, permet une exclusion cardiaque d\u2019au moins 45 minutes et cela sans grand danger.Si l\u2019hypothermie a l\u2019avantage de lutter contre l\u2019anoxie, elle a l\u2019inconvénient de fournir au chirurgien un délai encore trop limité pour autoriser la réfection de certaines malformations intracardiaques, sans compter qu\u2019elle augmente de beaucoup le danger de la fibrillation.C\u2019est pourquoi la plupart des chercheurs ont finalement orienté leurs recherches vers la circulation extracorporelle comme la seule voie d\u2019avenir en chirurgie cardiaque.CIRCULATION EXTRACORPORELLE La circulation extracorporelle vise à l\u2019obtention d\u2019une vacuité cardiaque totale, maintenue assez longtemps et comportant le moins de risques possibles en vue de parfaire tout type d\u2019intervention endo- cardiaque.Théoriquement, cet asséchement complet est facile a provoquer par l\u2019aspiration du sang veineux au cœur droit puis son passage à travers un oxygénateur et son éjection, à l\u2019aide d\u2019une pompe, dans la grande circulation, technique qui assure l\u2019irrigation du système coronarien.Pratiquement, sa réalisation pose des problèmes techniques et biologiques très ardus, que seules l\u2019ingéniosité et la ténacité des cher- 152 Lavar.MÉDicaL Février 1958 cheurs, servies par des progrès récents dans les sciences biologiques et chimiques, parviendront à résoudre.C\u2019est à' Gibbon que revient le mérite d\u2019en être le pionnier.Dès 1937, dix ans avant les autres, il réalisait la dérivation extracorporelle totale et obtenait la survie d\u2019un animal, un chat.A ce mérite s\u2019en \u2018ajoute\u2018un autre, celui d\u2019en avoir poussé le perfectionnement à un point tel qu\u2019elle soit appliquée, depuis trois ans déjà, à la chirurgie cardiaque hümaine avec des conditions biologiques et hémodynamiques insur- passées.Jusqu\u2019à ce jour, plusieurs appareils de cœur-poumon artificiel ont Eté proposés.D\u2019après leur principe physiologique, ils se divisent en deux groupes : a) Ceux qui cherchent à respecter le débit cardiaque de base (170 cm3/min/kg) dont l\u2019appareil de Gibbon est le prototype ; b) Ceux qui utilisent un concept nouveau en physiologie, le débit azygos dont le système pompe-oxygénateur de Lillehe:-DeWall en est le modèle le plus authentique.C\u2019est depuis le début du mois d\u2019octobre 1956 que nous poursuivons des recherches sur la circulation extracorporelle dans le laboratoire du département d\u2019anatomie de l\u2019université Laval.Cette nouvelle orientation de nos travaux est la suite logique à nos expériences antérieures sur l\u2019hypothermie, associée ou non à l\u2019arrêt cardiaque provoqué.L\u2019appareil dont nous nous servons depuis tout près d\u2019un an est celui de Lillehei-DeWall.Notre choix s\u2019explique par le coût modique de l\u2019appareil, par son maniement simple et facile, par les résultats éclatants obtenus tant sur le plan expérimental qu\u2019en clique humaine.» .\u2026 Avant de traiter de la circulation extracorporelle, à laquelle nous avons adjoint comme mesure complémentaire la cardioplégie (arrêt cardiaque provoqué), nous dirons un mot du système pompe-oxygénateur de Lillehe:-DeWall.I.Système pompe-oxygénateur de Lillebei-DeWall Ce système pompe-oxygénateur, mis au point par l\u2019école de Minneapolis, est l\u2019aboutissant de nombreux travaux entrepris depuis 1952. 008 arr atel née 5) Février 1958 Lava\u2026.MÉpicar 153 Étudions-en brièvement les notions de base, les différents constituants et les conditions expérimentales.PRINCIPES : Le cœur-poumon artificiel de Lillehe:-DeWall repose sur cette notion fondamentale, d\u2019acquisition assez récente en physiologie, que le débit sanguin minimum compatible avec la survie est de beaucoup inférieur au débit cardiaque de base.Ce concept de débit sanguin minimum, prôné en 1952 par Andreason et Watson, puis approfondi en 1953-1954 par Cohen et Lillehei, porte le nom de débit azygos, lequel se définit : la quantité de sang en cm* par minute et par kg de poids ramené exclusivement par la veine azygos au cœur droit après clampage des veines caves supérieure et inférieure.Ce débit azygos, qui est de 8 à 14 cm3/min/kg (contre un débit cardiaque de base de 170 cm*/min/kg), peut être maintenu au-delà de quarante minutes avec une survie d\u2019environ 84 pour cent.Il a cependant l\u2019inconvénient de laisser s\u2019installer une asphyxie progressive des tissus, se traduisant au myocarde par une tendance à la fibrillation.Poussant plus loin leurs investigations, Cohen et Lillehei parvinrent à déterminer une nouvelle notion, celle du débit minimum compatible avec une cardiotomie.Après des expériences précises, il fut situé autour de 35 cm3/min/kg, soit trois fois et demie le débit azygos.L'avantage de cette nouvelle notion c\u2019est que la fibrillation ventriculaire, moins fréquente, est presque toujours réversible.Une fois prouvé qu\u2019il était possible de faire circuler une quantité de sang de beaucoup inférieure au débit cardiaque de base, ce qui était beaucoup plus maniable et simpliflait la question des donneurs, il ne restait plus, pour réaliser une circulation extracorporelle, qu\u2019à résoudre deux problèmes : celui de la circulation de ce sang, et celui de son oxygénation.f Le premier fut facilement élucidé : on fit appel à une pompe déjà utilisée dans l\u2019industrie : la pompe à doigts métalliques.Le second, plus épineux, fut l\u2019objet de solutions variées : circulation croisée, utilisation d\u2019un poumon de chien ou d\u2019une partie du poumon du sujet opéré, utilisation d\u2019un grand réservoir de sang préalablement artérialisé et, enfin, l\u2019oxygénateur de DeWall. 154 Lavar MÉDrcaL Février 1958 Ces oxygénateur en plastique de De Wall a supplanté tous les autres par sa simplicité, son efficacité et sa sûreté.II est l\u2019œuvre d\u2019un jeune résident de Minneapolis qui, tirant profit des derniers progrès réalisés dans le domaine des matières plastiques et des silicones, put utiliser Je principe « dv moussage du sang suivi du débullage » sans craindre la persistance de bulles, ni l\u2019altération des éléments figurés.ORGANES DE L'APPAREIL : Des principes, passons maintenant à l\u2019examen des différentes parties de l\u2019appareil de Lillehe:-DeWall qui sont : a) la pompe ; b) l\u2019oxygéna- teur ; c) les circuits artériel et veineux ; d) les cathéters et les connections ; et, e) le sang de chargea) Pompe : Connue dans Ie commerce sous le nom de pompe à doigts métalliques (finger pump ou sigma motor pump) elle est utilisée en industrie depuis plusieurs années.Véritable cœur mécanique, elle est constituée de deux éléments identiques, symétriquement disposés, agissant individuellement sur le circuit artériel et le circuit veineux (figures 1 et 2).Chaque élément présente les parties suivantes : \u2014 une cage, de forme rectangulaire, composée de deux parties semblables articulées à leur base.Sur deux de ses faces, et diamétralement opposés, sont ménagés trois orifices, de diamètre différents, destinés à livrer passage à des tubes de gomme ; \u2014 des contre-plagues doublant Ia partie interne de chaque demi- cage, et éloignées de celle-ci par des ressorts.La distance qui sépare la contre-plaque des doigts métalliques est réglable par quatre vis micrométriques extérieures, ce qui permet de varier le degré d\u2019écrasement des tubes ; \u2014 des doigts d\u2019acier: au nombre de douze, ils sont animés d\u2019un mouvement ondulatoire ; ils constituent les éléments moteurs responsables de la systole mécanique ; \u2014 un variateur de vitesse nécessaire à l\u2019obtention du débit désiré.C\u2019est une pompe aspirante et foulante qui engendre un flot discontinu, saccadé.Un moteur électrique de deux tiers de c.v., monophase, Février 1958 LavaL MEbpicaL 155 CLEMENT Act ANG Moleur va PS 7 + cu - To wx A à Aa te @ | Figure 1.\u2014 Vue d\u2019ensemble de la pompe a doigts métalliques DEME CAGE ha Conte.PLAQUE } E NCOCHES PESERVEES AUX TUYAUX \u201cvoicrs j ï ; 5 PRs = If ; + 7e ?bh by, f It 5 3 : 5 $ 3 Vip un tw of DE \u20ac réfiace wh 08 1956, Figure 2.\u2014 Parties composantes d\u2019un élément actif 156 Lavar MEbpicaL Février 1958 entraîne les deux éléments actifs.Deux manivelles facilement adaptables, permettent en cas de panne électrique ou de trouble mécanique d\u2019entretenir manuellement son fonctionnement.Assurer la suppléance mécanique du cœur d\u2019une part, exercer un contrôle constant sur le flux sanguin tant artériel que veineux d\u2019autre part, voilà le double rôle de la pompe.Ce contrôle sur le flux sanguin s\u2019exerce par le débit dont la qualité principale doit être la stabilité.Le débit est influencé par plusieurs facteurs : le diamètre des tuyaux, la résistance du circuit et surtout la vitesse de la pompe.En théorie, dans des conditions ordinaires, la pompe à doigt métallique permet un débit variant entre cinquante et deux mille cm3/min.Pratiquement, la limite supérieure est loin d\u2019être atteinte à cause de la résistance même du système.L'importance de la stabilité du débit est évidente.Un léger décalage de l\u2019ordre de 25 cm3/min se traduit après 25 minutes (durée moyenne d\u2019une perfusion) par un déficit de 625 cm3.D'autre part, il a été démontré que le débit est d\u2019autant plus stable qu\u2019il existe entre la contre- plaque et le doigt métallique le plus rapproché en aucun moment une distance égale à deux fois l\u2019épaisseur de la paroi du tube de gomme utilisé ce qui, autre avantage, entraîne moins d\u2019hémolyse.Pratiquement, cette position idéale est obtenue en installant par le tuyau engagé dans la pompe, un système de vases communicants.Par le jeu des vis de réglage, on recherche cette position a laquelle il n\u2019y a plus d\u2019écoulement, les vases, bien entendu, étant situés à des niveaux différents.A cet égard, la fidélité de la pompe à doigts métalliques est très satisfaisante.Si, avec des circuits de basse résistance, cette pompe a une gamme de débits allant de 50 cm3/min à 2000 cm3/min, il faut cependant reconnaître qu\u2019avec les circuits couramment utilisés, la pompe fournit son meilleur rendement avec des débits de l\u2019ordre de 850 à 900 cm3/min.Pour des débits supérieurs, il faut utiliser un autre tube de gomme monté en parallèle, ou augmenter le nombre des doigts de la pompe.yy 8 Février 1958 Lavar MEbpicaL 157 b) Oxygénateur : Marqué au coin de l'originalité, cet oxygénateur, résultat d\u2019intensives recherches poursuivies depuis 1952 à l\u2019université de Minneapolis, constitue un véritable poumon en plastique (figures 3, 4 et 5).Par ses avantages, il a vite détrôné les autres appareils.Figure 3.\u2014 Modèle original de l\u2019oxygénateur de DeWall.DESCRIPTION.Le modèle original, fabriqué en chlorure de polyvinyl, matière plastique assez coûteuse, comportait quatre éléments séparés : a) un tube vertical : l\u2019oxygénateur proprement dit ; b) un tube horizontal et incliné, de gros calibre : le débulleur ; c) une spire destinée à l\u2019élimination des dernières bulles ; d) un réservoir.Afin de répandre la pratique et les avantages de la chirurgie cardiaque à ciel ouvert et dans le but de généraliser l\u2019emploi de ce poumon artificiel, 158 Lavar.MÉDicAL Février 1958 DeWall et ses collaborateurs travaillèrent à la mise au point d\u2019un nouveau modèle, basé sur les mêmes principes, mais plus simple, moins coûteux et tout aussi efficace que le premier.C\u2019est ainsi que fut lancé sur le marché par les Laboratoires Travenol le Disposable bubble oxygenator.Pas EXCESS O, ANO CO; VONT REMOVE COTTON PLUG fé | Diff.seue Le AgtERAL SLOOD OUTLET\u2014IO FUME (M) L'oceneur ® & wow 2300 seit-mea afl) Figure 4.\u2014 Diagramme du modèle récent de l\u2019oxygénateur de DeWall.Le disposable bubble oxygenator est composé de deux feuilles transparentes (36 X 24 pouces) de polyvinyl, appliquées l\u2019une sur l\u2019autre.Les différentes parties de l\u2019oxygénateur sont dessinées et constituées par simple soudure linéaire à la chaleur de ces deux feuilles.Ainsi donc, en Fig tap, ley \u20ac qi Février 1958 Lavar MEbpicaL 159 un dispositif unique et trés malléable se trouvent réunis les divers éléments du modèle initial, à peu de variantes près : a) un tube vertical, l\u2019oxygénateur proprement dit, muni à sa partie inférieure d\u2019un diffuseur d\u2019oxygène et d\u2019une double voie d\u2019accès pour le sang veineux ; b) une Figure 5.\u2014 Vue d\u2019ensemble du cœur-poumon artificiel de Lillehei-DeWall.chambre supérieure, vaste, enduite d\u2019antimousse, faisant office de débul- leur et de réservoir et portant à sa partie la plus haute, un orifice de sortie pour les gaz (0?et CO?) ; c) un conduit incliné, sinueux (en marche d\u2019escalier) remplaçant la spire et affecté à l\u2019élimination des bulles non 160 Lava\u2026 MÉDicAL Février 1958 éclatées ; d) un filtre de saran, en doigt de gant (monofilament) auquel fait suite une voie de sortie pour le sang artériel.Trois lampes à infrarouges braquées sur la partie inférieure du disposable bubble oxygenator servent de système chauffant.Le degré de température est indiqué par un thermomètre ou réglé automatiquement par un thermostat, placé dans une petite pochette à même l\u2019oxygénateur (40°Cou 104°F.).Le tout peut être suspendu à un support rigide ou à un dynamomètre.Le disposable bubble oxygenator est venu prêt à servir : il est stérile et enduit d\u2019antimousse.FONCTIONNEMENT.L'oxygénateur de De Wall permet une hématose artificielle par moussage et débullage du sang.En outre, il intervient dans l\u2019équilibre de la volémie.De la son triple rôle : 1° oxygénation ; 2° débullage ; 3° contrôle de la volémie.Oxygénation.Au niveau du segment inférieur de la colonne montante de l\u2019oxygénateur, l\u2019oxvgène préalablement humidifié est, par passage dans le diffuseur, dispersé sous forme de bulles minuscules qui, en se mélangeant au sang veineux, créent une véritable mousse sanguine.Comme la surface de contact entre le sang et le gaz est très importante, il s\u2019ensuit que le phénomène d\u2019oxygénation du sang est grandement favorisé.De plus, 1l existe un rapport entre le débit d\u2019oxygène et le débit du sang qui permet d\u2019obtenir une oxygénation satisfaisante sans avoir les ennuis d\u2019un excès de mousse ou d\u2019un taux d\u2019hémolyse élevé.Ce rapport implique un courant d\u2019oxygène deux fois et demie à trois fois et demie plus fort que le courant sanguin.Un autre élément à retenir, c\u2019est que l\u2019oxygène a une action entrai- nante sur la phase liquide.I! suffit d\u2019arrêter en même temps le courant d\u2019oxygène et le flot sanguin pour constater que le conduit vertical de l\u2019oxygénateur ne contient du sang que dans sa partie basse sur une hauteur de 125cm3 environ alors que sa capacité est de 500 cm3.Débullage.Au moussage du sang font suite le débullage et l\u2019échappement des gaz.Le sang devenu spumeux se déverse à la partie haute de la colonne montante dans la chambre de débullage, enduite d\u2019une substance antimousse à base de silicone.Le silicone à comme propriété d\u2019abaisser la tension superficielle des bulles et de les faire éclater.Les a a ey \u2014 =.feng loge {ent : ty, chap haute due ls Février 1958 Lava\u2026 MÉpicaL 161 gaz en excès (CO?et O?) peuvent alors s\u2019échapper, et c\u2019est un sang dépourvu de bulles qui s\u2019écoule dans le reste de l\u2019appareil par simple gravité et sous une pression égale à la pression atmosphérique empêchant par là la dissolution de gaz susceptibles de se Iïbérer ultérieurement sous forme d\u2019embolies gazeuses.Contrôle de la volémie.Par la stabilité ou Iles variations du niveau sanguin du poumon artificiel pendant les séances de circulation extra- corporelle, on peut préjuger de l\u2019équilibre des masses sanguines intra- corporelles et extracorporelles.II existe une autre façon plus précise d\u2019évaluer les perturbations de la volémie, c\u2019est la pesée, à l\u2019aide d\u2019un dynamomètre ou d\u2019une balance ordinaire de l\u2019oxygénateur et de l\u2019animal opéré, au début et à la fin de la perfusion.Réchauffement du sang.Le principe même de l\u2019appareil (le barbot- tage) implique une forte déperdition de chaleur.Son réchauffement s\u2019impose donc.Il est obtenu dans le cas du disposable bubble oxygenator par le dégagement de chaleur de trois lampes à infrarouges, de 150 watts chacune, placées de 12 à 18 pouces du segment inférieur de l\u2019oxygénateur et dirigées sur la partie basse de la spire.A l\u2019aide d\u2019un thermostat ou d\u2019un thermomètre, la température est maintenue à 40°C.Malgré cela, la température rectale de l\u2019animal baisse de deux degrés centigrade en moyenne.Théoriquement, le disposable bubble oxygenator est capable d\u2019oxygéner de façon satisfaisante un flot sanguin de 1 500 cm3/min avec un débit d'oxygène variant de 2,5 à 5,0 litres.En pratique, pour les raisons citées plus haut, l\u2019appareil fournit son meilleur rendement pour des débits sanguins inférieurs à 1 000 cm3/min avec un courant d\u2019O?de trois litres.Au total, cet oxygénateur a un rendement suffrsant : bon pouvoir oxygénant (saturation d\u2019hémoglobine supérieur à 96 pour cent) et bonne élimination du CO\u201d.Après un essai expérimental prolongé, le disposable bubble oxy- genator fut utilisé chez l\u2019homme.Trois patients furent opérés avec succès.Le pourcentage de saturation d\u2019hémoglobine de 98 à 100 pourcent.Un seul patient décéda ultérieurement de sa maladie.c) Les circuits : Les circuits artériel et veineux (figure 6) sont les vaisseaux de la circulation extracorporelle.Ils constituent un espace mort considé- 162 LavaL MÉDicAL Février 1958 rable qu\u2019il y a intérêt à réduire le plus possible afin de restreindre les besoins en sang et la déperdition de chaleur.Le circuit artériel, rempli de sang artérialisé, s\u2019étend de l\u2019oxygéna- teur à la canule carotidienne.Schématiquement, il comprend les éléments suivants : un filtre, un tube afférent en plastique, un tube de gomme passant sous les doigts de la pompe, un tube efférent en plastique, la canule carotidienne.QD putls - VENER Figure 6.\u2014 Schéma d\u2019ensemble d\u2019une circulation extracorporelle totale.Le circuit veineux, plus étendu que l\u2019artériel, draine le sang prélevé aux deux veines caves dans le puits verneux, d\u2019où 1l est ensuite aspire et refoulé dans l\u2019oxygénateur.Il est constitué des parties suivantes : deux cathéters caves reliés par un raccord en Y, un tube en plastique, le puits veineux, un tube afférent en plastique, un tuyau de gomme engagé dans la pompe, un tube efférent en plastique, la colonne montante de l\u2019oxygénateur.fy Are Dui tabl eff \u201cnp tay \u201cDe \u2018 \u201cre fing, eles gr & Atel Sg fic gon Février 1958 Lavar MEbicaL 163 Puirs vEINEUX.Tout comme l\u2019oxygénateur, le puits veineux a un cachet d\u2019originalité.C\u2019est un tube vertical, de dimensions et de capacité variables, en matière plastique transparente (chlorure de polyvinyl), dont chaque extrémité est obstruée par un bouchon de caoutchouc.Le bouchon inférieur est percé d\u2019un orifice qui livre passage, à frottement dur, à un tuyau de plastique afférent reliant le puits à la pompe veineuse.Le bouchon supérieur est perforé à deux endroits : l\u2019un des trous établit une communication avec l\u2019extérieur, destinée à l\u2019équilibration des pressions interne et externe ; l\u2019autre traversé par un tube efférent, toujours en chlorure de polyvinyl, plonge jusqu\u2019au quart inférieur du puits, et unit les cathéters des veines caves au puits.Ce tube, dont la capacité est de l\u2019ordre de 600 cm3 est gradué aux 100 cm3 et maintenu en position verticale par un support métallique.Dans les débuts de la circulation extracorporelle, la pompe veineuse dont l\u2019action aspirante s\u2019exerçait directement sur les cathéters des veines caves, ne parvenait pas, dans certains cas (les gros débits surtout) à assurer un retour sanguin convenable en dépit d\u2019une augmentation de la vitesse de la pompe.C\u2019est que les veines caves, à cause de la minceur de leurs parois, sous l\u2019effet de la pression négative développée par la pompe, se collabaient sur les canules dont elles obstruaient les orifices, empêchant un drainage suffisant du retour veineux vers l\u2019oxygénateur.Avec l\u2019utilisation du puits, cet ennui est disparu.C\u2019est sur le principe du siphon que repose surtout le remplissage du puits veineux.Ce dernier étant situé à 1,5 ou 2,5 pieds plus bas que la table d\u2019opération, 1l se produit, une fois la tubulure remplie, un véritable effet siphon qui assure de façon efficace le retour veineux.Du puits, le sang est aspiré par la pompe et propulsé dans l\u2019oxygénateur.d) Connections et cathéters : Comme la.circulation extracorporelle implique l\u2019emploi de tubes de diamètres différents, les raccords sont rendus nécessaires.Il y a deux tvpes de connections : a) les raccords dégressifs unissant des tuyaux de calibres différents ; b) des raccords en Y pour tubes identiques ou oe diamètres variés.Les raccords, seules parties métalliques des circuits, 164 LavarL MÉpicaL Février 1958 sont en acier inoxydable possédant deux qualités essentielles ; la dégressivité et un polissage parfait de leurs parois internes.Les canules constituent les extrémités du circuit.Par elles, le sang est prélevé dans les veines caves et injecté dans la carotide.Elles sont en matière plastique transparente et facilement stérilisables.La canule artérielle est taillée en biseau.Quant aux sondes veineuses, celle qui est destinée à la veine cave supérieure a l\u2019extrémité mousse, largement perforée, avec un bon orifice latéral ; l\u2019autre, introduite dans la veine cave inférieure, a également une extrémité mousse et perforée avec trois trous latéraux.Les cathéters sont les éléments les plus rétrécis du circuit.Ils conditionnent en grande partie la résistance de ce dernier, « laquelle est proportionnelle à la longueur et inversement proportionnelle à la quatrième puissance du diamètre ».Aussi, faut-il les choisir aussi courts que possible et aussi gros que possible.e) Le sang de charge de l\u2019appareil : Le sang de charge, considéré comme un élément du matériel, joue un rôle important en circulation extracorporelle.II doit répondre à certaines conditions pour éviter des insuccès.Etudions son choix, son mode de prélèvement ainsi que son rôle.a) Cuorx.Le choix du sang de charge de l\u2019appareil repose sur trois exigences : 1° 1l doit être compatible avec celui du sang du receveur ; 2° 1l doit être artérialisé ; 3° 1l doit être prélevé juste avant le début de la circulation extracorporelle.Compatibilité avec le sujet perfusé.Bien qu\u2019évidente en pratique humaine, la compatibilité du sang de charge avec celui du chien perfusé, est discutée en expérimentation animale.Niés par les uns, les groupes sanguins sont au nombre de deux pour les autres.Sur 70 chiens entrecroisés, Lenfant a relevé 1,2 pour cent d\u2019incompatibilités.À cause de la faiblesse de ce pourcentage, la recherche systématique des incompatibilités sanguines chez le chien a été abandonnée.Jusqu\u2019à maintenant nous avons été, pour notre part, confrontés avec deux cas d\u2019incompatibilité sanguine confirmée.Artérialisation.Dvrant les premières minutes de la circulation extracorporelle, le chien ne recevra que le sang de l\u2019appareil.Aussi ce du de &t a0 or £0) Jatt s & Février 1958 LavaL MEDICAL 165 dernier doit-il avoir une haute teneur en oxyhémoglobine pour éloigner le risque d\u2019anoxie.À cette fin, le sang de charge est d\u2019abord prélevé sur un animal hyperventilé avec de l\u2019oxygène pur, puis passé une fois dans l\u2019oxygénateur.Prélèvement juste avant le début de la circulation extracorporelle.La raison, c\u2019est que la conservation influe beaucoup sur la qualité du sang.Les modifications des éléments figurés et les variations du pH en témoignent.Les hématies subissent des altérations morphologiques accentuées par la durée de la conservation, le volume du sang conservé et le degré de température.La température, si elle est quelque peu élevée, entretient le métabolisme des globules rouges avec, comme conséquence, une désatu- ration de l\u2019hémoglobine et une chute du pH.Les plaquettes, dont le rôle dans le phénomène de la circulation sanguine est très important, connaissent une chute de 53 pour cent après une conservation de trois heures à 37°C.Ils sont l\u2019objet d\u2019une agglutination, puis d\u2019une lyse véritable, favorisées par les phénomènes de contact et par l\u2019action chimique des ferments protéolytiques provenant de la destruction des leucocytes.La chute du pH dépend de la durée de la conservation mais surtout du degré de température.Même prélevé, le sang reste un tissu vivant dont le métabolisme est conditionné par la température.Plus celle-ci est élevée, plus le métabolisme est actif.Il en résulte une baisse dans la teneur en oxygène du sang ainsi qu\u2019une libération des substances acides (acide lactique) amenant une chute du pH.De là les avantages à collecter le sang de charge dans les minutes précédant la circulation extracorporelle.b) PRÉLÈVEMENT.Rien de plus simple que la technique de la saignée.Deux points méritent qu\u2019on s\u2019y arrête : le mode d\u2019anesthésie et la préparation spéciale des flacons.Mode d\u2019anesthésie.Le procédé de choix enseigné par DeWall est la curarisation massive associée à une anesthésie locale.Aucune prémédication préalable ; aucun emploi de barbituriques.Les barbituriques sont unanimement rejetés à cause de leur effet dépresseur sur le myocarde et le centre respiratoire.En outre.leur (11) 166 LavaL MEbpicaL Février 1958 action est liée à leur présence dans le sang circulant, À un taux très variable.Aussi, l\u2019apport d\u2019une dose supplémentaire de barbituriques par la masse du sang de charge approfondit-elle la narcose au début de la perfusion et cela non sans conséquences.Par contre, le curare semble rapidement fixé par des tissus et dispa- rait presque instantanément de la circulation du donneur à condition qu\u2019il n\u2019y ait pas de surdosage.D\u2019où son avantage sur les sédatifs.Le curare préféré est l\u2019anectine qui est administrée à raison de 5 à 20 mg.Dès qu\u2019il est paralysé, le chien est intubé et relié à un respirateur mécanique alimenté par de l\u2019oxygène pur.Comme le curare est dépourvu de propriété analgésique, la dénudation de l\u2019artère fémorale pour le prélèvement se fait sous anesthésie locale.Préparation des flacons de prélèvement.Le sang ne peut être prélevé dans n\u2019importe quel flacon.Les bouteilles en verre, à moins d\u2019être silico- nisées à l\u2019intérieur, doivent être systématiquement écartées, car en plus d\u2019accélérer l\u2019hémolyse des hématies, elles provoquent une chute des plaquettes donnant lieu à des hémorragies incoercibles dans les suites opératoires.C\u2019est du reste les raisons pour lesquelles le verre a été éliminé du système pompe-oxygénateur.Le siloconage des flacons, suivant une technique parfaite, vient parer à cette éventualité.En outre, chaque bouteille de 500 cm3 doit contenir une solution anticoagulante constituée de 18 mg d\u2019héparine et de 20 cm* de soluté physiologique.Après le prélèvement, le sang est passé dans l\u2019oxygénateur.Pour la saignée, on sacrifie un gros chien (70 kg en moyenne) duquel on soutire 2 000 cm environ, dont le quart est réservé pour la compensation sanguine postopératoire.Le sang de charge dont le prélèvement demande beaucoup de précautions, remplit les rôles suivants : 1° remplissage de l\u2019oxygénateur ; 2° remplissage complet du circuit artériel juste avant sa jonction avec la sonde carotidienne ; 3° prévention de la spoliation de l\u2019animal opéré pendant le délai nécessaire à la réplétion du circuit veineux ; 4° élément de sécurité très appréciable : 1l fournit un délai de une minute et demie environ en cas de difficulté opératoire ou d\u2019accident technique du côté veineux. Février 1958 Lavar MéÉDicAL 167 PROBLÈME EXPÉRIMENTAL : La pratique de la circulation extracorporelle s\u2019entoure de conditions biologiques particulières.Deux d\u2019entre elles appellent quelques remarques : l\u2019une est une condition indispensable, c\u2019est l\u2019incoagubilité san: guine absolue ; l\u2019autre, une conséquence inévitable, c\u2019est l\u2019hémolyse.soi a) Incoagubilité sanguine absolue : L\u2019incoagubilité sanguine est une nécessité impérieuse en circulation extracorporelle.Le problème se réduit au choix de l\u2019anticoagulant, à sa posologie et à son antidote.L\u2019anticoagulant de choix est l\u2019héparine.D'\u2019efficacité certaine, elle ne déclenché aucune réaction secondaire aux doses habituelles (avec le citrate, on obtient une hémodilution et une diminution de la viscosité sanguine).De plus, elle est facilement neutralisée par un antidote d\u2019action rapide, le sulfate de protamine.L\u2019effrcacité des solutions de citrate est indéniable, mais leur emploi est condamné en matière de chirurgie cardiaque à cause de l\u2019effet toxique de l\u2019ion citrique sur le cœur qu\u2019il peut arrêter en diastole par fixation du calcium.La posologie de l\u2019héparine a été longtemps l\u2019objet de discussion.Le procédé le plus employé actuellement est le suivant : Ie sang est collecté dans des flacons siliconisés de 500 cm3 contenant 18 mg d\u2019héparine et 20 cm3 de soluté physiologique ; quant à l'animal opéré, il est héparinisée juste avant l\u2019introduction des sondes vasculaires à raison de 1,5 mg/kg.Avec de telles doses, on n\u2019a rapporté aucun phénomène hémorragique incontrôlable, bien qu\u2019on ait souvent constaté de fines particules de fibrine dans les mailles du filtre.| L\u2019action de I\u2019héparine peut être facilement neutralisée par le sulfate de protamine.Un point important, c\u2019est que la préparation du sulfate de protamine doit être de même marque que l\u2019héparine et de concentration identique parce qu\u2019ils sont standardisés l\u2019un contre l\u2019autre par le fabricant.La dose est de une fois et demie celle de l\u2019héparine : 2,25 mg pour 1,5 mg d\u2019héparine.L\u2019injection de fortes doses de sulfate de pro- tamine, surtout si elle est poussée rapidement, peut être parfois suivie de chutes tensionnelles à cause de sa purification imparfaite. 168 Lava\u2026.MéDpicAL Février 1958 b) Hémolyse : .Toute séance de circulation extracorporelle s\u2019accompagne d\u2019un phénomène hémolytique inévitable, plus ou moins important, dont la nature, .les causes, et les conséquences méritent des commentaires.L\u2019hémolyse est une destruction des globules rouges avec passage de \u2019hémoglobine dans le plasma.I! y a deux sortes d\u2019hémolyse : 1° l\u2019hémolyse biologique, conséquence d\u2019incompatibilités sanguines ; c\u2019est la plus dangereuse à cause des lésions irréversibles qu\u2019elle détermine au rein ; elle est heureusement rare chez le chien ; 2° l\u2019hémolyse mécanique, témoin de l\u2019agression du système pompe-oxygénateur à l\u2019égard des hématies : c\u2019est la plus commune et la moins néfaste.Le degré d\u2019hémolyse s\u2019évalue par le dosage de l\u2019hémoglobine plasmatique.À un degré variable, chaque partie du cœur-poumon artificiel est hémolysante pour le sang.La cause principale réside dans un changement du régime d\u2019écoulement.Linéaire dans les conduits, 1l devient tourbillonnaire sous les doigts de la pompe, dans la colonne montante de l\u2019oxygénateur ainsi que dans le circuit auxiliaire affecté à récupérer le sang du sinus coronarien.Plusieurs moyens peuvent être mis en œuvre pour réduire au minr- mum l\u2019hémolyse mécanique : 1° l\u2019emploi de flacons siliconisés ; 2° la recherche de l\u2019occlusion limite des tubes de gomme lors de la calibration ; 3° le respect du rapport débit O?/débit du sang qui doit être égal à 2,5 à 3,5 ; 4° le réduction du temps de perfusion extracorporelle ; 5° l\u2019arrêt cardiaque, qui évite d\u2019aspirer le retour veineux coronarien (phénomène très hémolysant).Comparée à l\u2019hémolyse par iso-agglutination, l\u2019hémolyse mécanique est de beaucoup la moins dangereuse ; même s\u2019il s\u2019agit d\u2019un sang étranger, à condition que ce dernier soit du même groupe, l\u2019hémoglobine libérée se comporte exactement comme l\u2019hémoglobine du sujet lur- même.Tout de même, 1l faut s\u2019efforcer d\u2019en diminuer le taux, car elle masque une anémie latente, facteur d\u2019anoxie, et elle permet d\u2019éliminer un élément supplémentaire inhérent à Ia circulation extracorporelle.fy] fade Ud da 4 ie iy 11 ar met met n STE mag fie le Février 1958 LavAaL MÉDicAL 169 II.\u2014 Technique de la circulation extracorporelle associée à la cardioplégie Après avoir exposé les principes du cœur-poumon artificiel de Lillehei-DeWall, décrit et apprécié ses différentes parties constituantes et discuté de ses conditions d\u2019opération, Il nous reste à décrire la technique de la circulation extracorporelle associée à la cardioplégie, à en discuter et à exposer les résultats que nous avons obtenus.PROTOCOLE HABITUEL : Au cours de ces travaux, visant à jJomdre l\u2019arrêt cardiaque à la technique de la circulation extracorporelle, nous nous sommes astreints à un protocole rigoureux, toujours le même.II comprend deux phases : l\u2019une technique, le montagne de l\u2019appareil ; l\u2019autre chirurgicale, l\u2019acte opératoire lui-même.a) Montage de l\u2019appareil : C\u2019est un pas important qui ne doit pas être fait à la légère.II se divise en deux temps : 1° l\u2019assemblage des parties (figure 6) ; 2° l\u2019amorçage du système.1.AsseMBLAGE DES PARTIES.Ce temps est réduit de beaucoup depuis '\u2019emplor du disposable bubble oxygenator qui se présente comme un dispositif unique contenant toutes les parties de l\u2019ancien modèle.Après l\u2019avoir suspendu à un support horizontal ou à un dynamomètre, les raccords sont effectués de façon étanche avec le circuit artériel et veineux d\u2019une part et la source d\u2019oxygène d\u2019autre part.2.AMORÇAGE DU SYSTÈME.Ce deuxième temps comporte quatre opérations : 1° le remplissage du système avec du soluté physiologique ; 2° la recherche de l\u2019occlusion limite des tubes de gomme engagés dans la pompe ; 3° la calibration ; 4° un deuxième remplissage complet avec le sang prélevé.Le premier remplissage se fait avec du soluté physiologique lequel servira ensuite à la recherche de l\u2019occlusion limite et à la calibration.Un détail à ne point oublier, c\u2019est qu\u2019il faut d\u2019abord effectuer, de façon rétrograde, la réplétion du filtre avec 125 cm3 de soluté afin de chasser les bulles d\u2019air susceptibles de rester emprisonnées à cet endroit.Le reste du liqui- 170 Lava\u2026 MÉDicaL Février 1958 de est introduit dans l\u2019appareil par l\u2019orifice supérieur destiné à l\u2019issue des gaz.Une fois le système rempli, 1l faut rechercher l\u2019écrasement idéal des tubes de gomme tant sous l\u2019angle de l\u2019hémolyse que du rendement stable de la pompe.Pour l\u2019obtenir, il s\u2019agit de constituer avec chaque tuyau de gomme un système de vases communicants, et de rechercher en jouant avec les vis de réglage le degré d\u2019écrasement pour lequel il n\u2019y a plus d\u2019écoulement de liquide.La calibration consiste, par le jeu du variateur de vitesse, à donner à la pompe artérielle le débit recherché, lequel est calculé d\u2019après le poids de l\u2019animaÏl.Pour ce qui est du débit veineux, variable suivant les circonstances, il est fixé approximativement d\u2019après le débit artériel.La calibration se fait sur des circuits entièrement montés, les cathêters y compris.À cause de la différence de viscosité entre le soluté et le sang, il faut ajouter de 50 à 70 em\u201d au débit obtenu avec le soluté.La calibration terminée, l\u2019oxygénateur vidé de son soluté physiologique, sauf à la partie inférieure correspondant au filtre, le poumon en plastique est chargé avec le sang prélevé.Avec la pompe veineuse, celui- ci est aspiré des flacons de prélèvement et injecté dans la colonne montante de l\u2019oxygénateur où 1l est oxygéné, puis déversé dans la spire.Au fur et à mesure que celle-ci se remplit, on s\u2019emploie à la tapoter délicatement afin de chasser les bulles résiduelles.Il faut de la patience et de l\u2019entrainement.Puis, le circuit artériel est complètement rempli de sang après la chasse de l\u2019air et du soluté.Cette dernière opération doit se faire juste avant l\u2019introduction des canules vasculaires.Le montage de l\u2019appareil est peut-être simple, mais 1l réclame beaucoup de précautions et la connaissance de certains principes dont bd * x l\u2019ignorance se solde par des insuccès.p b) Protocole chirurgical : 0 À Le chien est sans contredit l\u2019animal de choix.Sa conformation anatomique rappelle celle de l\u2019homme et les incompatibilités sanguines sont plutôt rares ; mais il est très sensible à l\u2019anesthésie et à l\u2019anoxie.Une dr i 0 ath: yo etl Février 1958 LavaL MEbicaL 171 Dans nos travaux, nous avons utilisé des chiens métis, de poids variables bien que légers (11,5 4 17,0 kg).Leur âge, difficile à déterminer du reste, ne fut [objet d\u2019aucune discrémination.Le protocole opératoire comprend les points suivants : 1° l\u2019anesthésie ; 2° l\u2019acte chirurgical ; 3° la période de circulation extracorpo- relle et de cardioplégie ; 4° la période de surveillance postopératoire immédiate.1.ANESTHÉSIE.Sur ce point, nous avons adopté la technique de Minneapolis.L'animal, maintenu à jeun depuis 24 heures, est fortement prémédiqué par de la morphine et de l\u2019atropine 45 minutes avant le début de l\u2019intervention.La dose totale de morphine est calculée d\u2019après le poids de l\u2019animal (1,5 mg/kg) tandis que celle de l\u2019atropine est fixe (0,6 mg).L\u2019induction se fait au pentothal en solution de 2,5 pour cent.On injecte en moyenne 10 mg/kg.Une fois le chien intubé, sa respiration est entretenue par un respirateur mécanique à action positive intermittente, branché uniquement sur une source d\u2019oxygène.Au besoin, le maintien de l\u2019anesthésie s\u2019obtient par l\u2019injection fractionnée de pentothal dans le tube de perfusion intraveineuse ou dans la chambre supérieure de l\u2019oxygénateur en période de circulation extracorporelle.2.ACTE CHIRURGICAL.Dès que l\u2019animal est sous narcose, il est placé en décubitus latéral gauche sur la table d\u2019opération à laquelle il est bien fixé.Le garçon de laboratoire procède au rasage, puis à la désinfection de l\u2019hémothorax et de la région cervicale.On introduit une sonde thermo-électrique dans le rectum et la canule d\u2019un manomètre artériel dans la fémorale.On dissèque d\u2019abord le cou et fixe temporairement la carotide sur des fils laches.Elle ne sera canulée qu\u2019après l\u2019ouverture du thorax, une fois l\u2019héparine injectée (réduction du saignement).Puis, c\u2019est la thoracotomie au quatrième ou au cinquième espace intercostal et l\u2019hémostase soignée dans la paroi thoracique, obtenue parfois par la pose d\u2019un surjet sur son pourtour.Aussitôt le thorax ouvert, l\u2019azygos est localisée et ligaturée.Après une incision large, les deux lèvres du péricarde sont amarrées par des fils 172 Lavar MÉDICAL Février 1958 tendus aux berges de la thoracotomie.Successivement, les veines caves sont chargées sur des lacs.Puis, c\u2019est l\u2019injection d\u2019héparine.Environ deux minutes après, on introduit les sondes vasculaires.La mise en place du cathéter artériel ne présente pas de difficulté.Quant à l\u2019introduction des sondes veineuses, elle se fait par voie transauriculaire.Les cathéters sont poussés dans les veines caves à l\u2019aveugle en s\u2019aïdant du palper et fixés en place par des points en bourse.Les raccords sont effectués avec les circuits artériels et veineux : tout est prêt pour la circulation extracorporelle.3.PÉRIODE DE CIRCULATION EXTRACORPORELLE ET D\u2019ARRÊT CARDIAQUE.La mise en branle du système pompe-oxygénateur de Lillehei- DeWall implique l\u2019exécution de plusieurs temps dont voici la séquence : mise en marche du moteur ; arrêt ou diminution du respirateur mécanique ; contrôle visuel de la réplétion du circuit veineux, du fonctionnement de la colonne montante de l\u2019oxygénateur ainsi que les variations du niveau sanguin ; appréciation de la coloration de la langue et de l\u2019état des réflexes ; clampage exclusif de la veine cave inférieure sur son cathéter ; environ cinq minutes après le démarrage de l\u2019appareil, clampage de la veine cave supérieure suivi de la mise en place d\u2019un clamp sur l\u2019aorte ascendante ; injection de la solution de citrate de potassium dans le sinus de Vasalva ; contrôle de l\u2019arrêt cardiaque ; ventriculotomie droite suivie de près de sa fermeture partielle ; déclampage de l\u2019aorte et succion du retour veineux coronarien et de l\u2019air ; mise en fonction du respirateur mécanique ; fermeture complète de la ventriculotomie ; extraction des cathêters veineux et suture de l\u2019oreillette ; fermeture partielle du péricarde ; fermeture de la paroi thoracique après la mise en place de deux drains ; ablation du cathêter artériel ; suture de la plaie cervicale ; injection de sulfate de protamine.4, PÉRIODE DE SURVEILLANCE POSTOPÉRATOIRE.Dès la fin de l\u2019intervention, on fait le bilan de la perte sanguine, laquelle est compensée par du sang ou un substitut du plasma.Le chien laissé sur la table pendant les deux à trois heures qui suivent l\u2019intervention peut facilement être surveillé : vérification du pouls, du rythme respiratoire, de la température, de l\u2019état des réflexes, de la coloration de la langue, etc. , de oie | bl it | de hd Février 1958 Lavar MEpbicaL 173 DISCUSSION DU PROTOCOLE OPERATOIRE Certains points du protocole opératoire méritent d\u2019étre relevés et discutés, car ils sont des facteurs de succès.1.Anesthésie : À cause des avantages inhérents, il faut de toute nécessité chercher à obtenir une anesthésie légère, caractérisée plus ou moms par la conservation des réflexes oculaires, la persistance de mouvements respiratoires et même l\u2019apparition intermittente des signes de réveil.Ces avantages non négligeables se traduisent par une très faible inhibition des réactions de défense, une dépression minime du myocarde et du centre respiratoire ainsi que par un réveil, non seulement rapide mais aussi persistant, en fin d\u2019intervention.Cette anesthésie légère est d\u2019autant plus réalisable qu\u2019il s\u2019agit de chirurgie thoracique.À cette fin, nous avons essayé plusieurs agents anesthésiques isolés ou en association : nembutal ; pentothal ; combutal ; pentothal-curare ; curare-demerol.La méthode la plus satisfaisante reste encore celle de DeWall que nous utilisons maintenant ; elle consiste en une forte prémédication de morphine-atropine alliée à de petites doses répétées de pentothal.Cette méthode vise surtout à réduire au minimum la dose totale de barbituriques.À l\u2019heure actuelle, les barbituriques sont très décriés en chirurgie cardiaque tant clinique qu\u2019expérimentale ; d\u2019abord parce qu\u2019ils dépriment le cœur et la respiration et aussi parce que, pour certains d\u2019entre eux, l\u2019effet anesthésique est suivi d\u2019un effet hypnotique fâcheux, lequel est le résultat d\u2019un produit de dégradation à métabolisme ralenti.C\u2019est ce qui explique que certains chiens, après avoir montré des signes évidents de réveil, tombent dans un état de somnolence prolongée.De là l\u2019intérêt à utiliser des anesthésiques qui n\u2019ont pas ces inconvénients.2.Cardioplégie : Méme sous circulation extracorporelle, ouverture du cceur droit n\u2019est pas sans ennui pour le chirurgien.II se trouve confronté en effet avec deux problèmes : 174 Lavar MÉDICAL Février 1958 a) Le retour veineux coronarien (environ 15 à 25 pour cent du débit de l\u2019appareil), très aveuglant, qu\u2019il lui faut constamment aspirer ; b) Les contractions myocardiques qui gênent l\u2019exécution de l\u2019acte opératoire.À ces deux problèmes, une solution commune, d'autant plus élégante qu\u2019elle ne semble presque pas dangereuse : la cardioplégie, terme à la mode pour indiquer l\u2019arrêt cardiaque provoqué.Deux substances sont couramment employées pour provoquer la cardioplégie : le citrate de potassium et l\u2019acétylcholine.D'\u2019effrcacité éprouvée, elles ont toutes les deux des avantages et des inconvénients.Avec l\u2019acétylcholine, le cœur bien qu\u2019arrêté demeure excitable ; il répond par des contractions isolées à toute stimulation mécanique, ce qui peut permettre la mise en place de points de suture sans embrocher le faisceau de His.Par ailleurs, l\u2019apparition de contractions isolées chez un cœur arrêté dont la circulation coronarienne est temporar- rement interrompue, augmente le métabolisme du myocarde et, partant, sa consommation d\u2019oxygène, favorisant l\u2019anoxie.Pour ce qui est du citrate de potassium, il déclenche un arrêt cardiaque franc non troublé par les stimuli mécaniques.Comme il ne doit pas passer dans la circulation systémique par suite des phénomènes toxiques qu\u2019il peut déclencher, il doit être aspiré dans l\u2019oreillette droite lors de la reprise de la circulation coronarienne juste avant la fermeture totale de la ventriculotomie.Jusqu\u2019à maintenant, nous nous sommes limités à l\u2019emploi du citrate de potassium dont il faut diluer la solution dans plusieurs cm?de sang artériel héparinisé.L\u2019administration du citrate de potassium, pour être bien efficace, doit satisfaire à certaines conditions importantes.D'abord, l\u2019injection doit être poussée dans le sinus de Vasalva pour que les deux coronaires soient injectées en même temps.Elle doit en outre être assez rapide, assez forte, assez précise pour que tout l\u2019arbre coronarien soit perfusé au mème instant avec une quantité suffisante pour que l\u2019arrêt du cœur s\u2019établisse dans toutes les parties du myocarde.Au moment de la ranimation cardiaque, alors que l\u2019aorte est déclam- pée pour permettre à nouveau l\u2019irrigation des coronaires, 1l faut, avant Sou tur ver Une lin \u2018Ont tony ng ty j fay Février 1958 LavaL MEbpicaL 175 la mise en place du dernier point de la ventriculotomie, aspirer par cette brèche le retour veineux du cœur pendant quelques instants ; ce sang contient beaucoup de citrate de potassium.Autrement, la persistance de la substance dans certaines parties du cœur par suite d\u2019une perfusion coronarienne insuffisante peut précipiter l\u2019apparition d\u2019une fibrillation ventriculaire, qui rétrocède assez facilement, soit à une perfusion prolongée de l\u2019arbre coronarien, soit encore aux chocs du défibrillateur électrique.3.Hémostase : Plus que l\u2019homme peut-être, le chien semble sensible aux variations du volume sanguin.Une perte de dix pour cent de la masse sanguine peut être un élément de mauvais pronostic si elle ne peut être compensée par du sang total.Prévenir ces variations, doit être un souci constant en cours de toute perfusion.Le premier moyen, est de réduire au minimum la perte sanguine peropératoire.L\u2019hémostase doit être rigoureuse et continue.À tout moment, cette perte sanguine doit être quantitativement connue par la pesée des éponges, la quantité de sang dans la bouteille de succion, les variations du niveau artériel de l\u2019oxygénateur.Ainsi, la compensation peut se faire exactement.4.Surveillance postopératoire immédiate : C\u2019est là un moment difficile que seule une surveillance attentive et soutenue de l\u2019animal permet de franchir.Le pouls, la respiration, l\u2019état des réflexes, le drainage, la température, les signes de réveil, voilà autant de renseignements qui devraient être vérifiés et inscrits aux demi-heures au moins.C\u2019est la seule façon d\u2019avoir une impression clinique valable sur l\u2019état du chien opéré.Il importe d\u2019éviter l\u2019hémothorax et le pneumothorax.Pour cela, il faut utiliser des tubes de drainage de bon calibre, reliés à une succion continue de cing à dix cm d\u2019eau et vérifier à tout moment leur fonctionnement.En moyenne, il faut s\u2019attendre à soutirer du thorax une quantité de sang égale à cinq ou dix pour cent de la masse sanguine théorique.Si l\u2019épanchement excède dix pour cent du volume sanguin, Il faut le remplacer et, de préférence, avec du sang. 176 Lavar MépicAL Février 1958 L'administration d\u2019antibiotiques est une bonne mesure préventive contre l\u2019infection.Le tarissement de l\u2019épanchement marque la fin de la période de surveillance postopératoire immédiate.Les chiens, éveillés la plupart du temps s\u2019agitent sur la table ; 1ls sont remis dans leur cage dans les six heures qui suivent la fin de l\u2019intervention.RÉSULTATS ET COMMENTAIRES Nos travaux, destinés à compléter la circulation extracorporelle par une cardioplégie chimique ne comportent, jusqu\u2019à ce jour, que six chiens opérés suivant le protocole ci-haut-décrit, et dont les principales conditions expérimentales ont été réunies dans le tableau I.Le débit global résulte du produit du poids de l\u2019animal en kg par le débit/minute.Ce dernier est arbitrairement fixé à 50 cm3 par minute, pour une plus grande sécurité.La durée de l\u2019intervention, de la circulation extracorporelle, de la ventriculotomie, de l\u2019arrêt cardiaque, comportent dans le temps les limites suivantes : \u2014 Intervention : de l\u2019ouverture du thorax à sa fermeture ; \u2014 circulation extracorporelle : du démarrage de la pompe à son arrêt ; \u2014 ventriculotomie : de l\u2019ouverture franche du cœur à la fin sur surjet ; \u2014 arrêt cardiaque : de l\u2019arrêt des contractions (après injection de citrate de potassium) jusqu\u2019à la réanimation.Il est vrai qu\u2019un aussi petit nombre de cas sans aucune survie, ne permet pas de tirer de conclusions vraiment significatives.Par l\u2019analyse des décès et de la tolérance peropératoire des chiens opérés, nous avons cependant le sentiment que l\u2019emploi de la cardio- plégie, comme mesure adjuvante et complémentaire à la technique de la circulation extracorporelle, ne semble pas grever les statistiques de survie de cette dernière, prise 1solément, dont le pourcentage est voisin de 84 pour cent. = Row = = = = TABLEAU Î 0 < =.Circulation extracorporelle et cardioplégie œ Pp pleg \u2014 pa \\O Jl DEBIT DUREE DE co Durie pe LA CIRCU- DURÉE DE DURÉE DE N° Pois L'INTERVEN- parma.LA VEN- LA CAR- ~ DU EN KG TION, EN EXTRA- TRICULO- DIO- RÉSULTATS CHIEN GLOBAL cM?/kG/ HEURES PRE TOMIE, PLÉGIE, (CMS) MIN, EN MIN.EN MIN.EN MIN.63 15,5 775 50 5°05\u201d 21 8 10 D£cès \u2014 Hémorragie incontrôlée.y 64 15,0 750 50 2725\" 37 14 16 Décès en fin d'intervention sur la table d\u2019opération après < une circulation extracorporelle et un arrêt cardiaque > provoqué.Déchirure de l'aorte.Choc hémorragique.= ris oC 67 16,0 800 50 305\" 38 15 17 Décès 1 heure 55 après la fermeture de thoracotomie.O Syndrome hémorragique.Pas d'incompatibilité sanguine.> ~ 70 17.3 865 50 2720\" 27 7 8 Décès 3 heures après la fin de l'opération, Syndrome hémorragique et incompatibilité sanguine.Persistance de fibrillation ventriculaire.73 14,5 755 50 2°00\u201d\u201d 22 * 2 DEcis 5 heures apres la fin de I'intervention.Syndrome hémorragique.Pas d\u2019incompatibilité, 74 11,8 590 50 2/15\" 18 10 13 Décès 1 heure 15 après la fin de l'opération.Décéré- bration.Fibrillation ventriculaire.* Arrêt temporaire, incomplet, reprise des battements, fibrillation traitée.3 SI + Arrêt incomplet du cœur, réinjection de citrate de K. 178 Lavar MéÉDpicaL Février 1958 Analyse des causes de décès À l\u2019étude du tableau, un seul décès peut paraître avoir une relation avec l\u2019arrêt cardiaque.Un examen plus attentif du protocole opératoire montre qu\u2019il n\u2019en est rien.Ce chien, n° 74, présenta avant la période de circulation extra- corporelle des signes indubitables d\u2019anoxie (langue bleutée, dilatation de la pupille aux trois-quarts) imputables à l\u2019introduction précoce des canules veineuses (diminution du retour veineux) alors que le système pompe- oxygénateur n\u2019était pas encore prêt à fonctionner tel que prévu.En plus, l\u2019arrêt cardiaque ne fut que partiel à cause d\u2019une double faute de technique : la première, c\u2019est que le citrate de potassium n\u2019avait pas été dilué avec suffisamment de sang artériel héparinisé (dix cm3 au lieu de 20 cm3) ; la seconde, c\u2019est que l\u2019injection n\u2019avait pas été faite avec assez de force ni assez de rapidité (emploi d\u2019une petite aiguille).Les ventricules cessèrent de battre, mais l\u2019oreillette droite conserva son rythme, ce qui contribua à accentuer l\u2019anoxie du myocarde, attendu que la circulation coronarienne était arrêtée.Une seconde dose de citrate de potassium fut administrée qui, par inadvertance, fut mélangée avec du sang veineux.Cette fois, la cardio- plégie fut complète.Mais la ranimation du cœur présenta des difficultés.A peine l\u2019aorte fut-elle déclampée et le retour veineux coronarien succionné que le cœur se mit à fibriller à plusieurs reprises.Pour la première fois au cours de cette série d\u2019expériences, nous fûmes en présence d\u2019un cœur bleuté et hypotonique, l\u2019animal présentant par ailleurs une langue cyanosée, une pupille en mydriase complète et un œil exorbité à l\u2019aspect vitreux, signes évidents d\u2019une anoxie profonde.Malgré tout cela, avec les mesures de réanimation, le cœur finit par reprendre ses contractions, bien que de façon arythmique, et la paroi thoracique fut fermée.Une heure quinze après l\u2019animal décérébré mourait de fibrillation ventriculaire après avoir conservé un pouls irrégulier.Quant aux autres chiens, leur mort peut être aussi imputable à une cause technique ou chirurgicale.Rtg ie Février 1958 LavaL MEbicaL 179 Le chien n° 64 ayant subi avec succès l\u2019épreuve de la perfusion suivie d\u2019une réanimation bien réussie, mourait sur la table d\u2019opération d\u2019une hémorragie massive secondaire à une déchirure de l\u2019aorte par le clamp.Trois heures à peine après la fin de l\u2019intervention, le n° 70 décédait d\u2019un syndrome hémolytique typique (saignement incontrdlable, urine rouge) dû à une incompatibilité sanguine, confirmée par l\u2019examen du sang au microscope.Il faut dire que pour cette expérience, nous avions eu recours à deux donneurs : le sang de l\u2019un avait servi à charger l\u2019appareil, tandis que le sang de l\u2019autre fut réservé au remplacement sanguin postopératoire.C\u2019est après avoir transfusé le chien opéré avec le sang de ce dernier que survint l\u2019accident hémolytique.Les chiens n°° 67, 63 et 73, moururent, dans les deux heures qui suivirent l\u2019opération, d\u2019hémorragie incoercible sans qu\u2019on ait pu mettre en évidence une incompatibilité sanguine.La mort des deux premiers ne manqua pas de nous laisser fort perplexes quant à son étiologie.On soupçonna tout de même notre technique de siliconage (pour les flacons de prélèvement du sang) d\u2019en être peut-être la cause.Les circonstances qui entourèrent la mort du troisième transforma vite ce soupçon en probabilité.Pour cette expérience, le sang de l\u2019appareil avait été collecté dans un tube de plastique en chlorure de polyvinyl, non silico- nisé, contenant l\u2019héparine et le soluté physiologique aux doses appropriées.L'intervention se déroula sans incident.Lors du remplacement sanguin postopératoire, Il ne restait plus à notre disposition que le sang de l\u2019appareil, lequel fut prélevé cette fois dans une bouteille siliconisée pour administration en goutte-à-goutte intraveineux.Aussitôt que le sang fut administré, apparut l\u2019épisode hémolytique : saignement spontané et abondant de la paroi thoracique et cervicale, épanchement thoracique abondant apprécié par la bouteille de drainage, temps de coagulation impossible 4 minuter (aucune agglutination à l\u2019examen microscopique dusang).Après examen, la technique de siliconage des flacons a été incriminée.Dans un cas, cependant, 1! pouvait aussi s\u2019agir du contre-coup de l\u2019héparine.Tolérance peropératoire Tout comme l\u2019étude de l\u2019étiologie des décès, la tolérance peropé- ratoire de ces chiens qui, soit dit en passant, fut remarquable, ne semble 180 Lavar MépricaL Février 1958 pas incrimimner cette méthode de cardioplégie associée à la circulation extracorporelle.Aucune mortalité attribuable a la méthode même ne se produisit sur la table l\u2019opération.En outre, le cœur, bien qu\u2019arrété, garde l\u2019apparence d\u2019un cœur normal : mou parce que vide, 1l est très rosé et la tranche de section laisse perler quelques gouttes de sang d\u2019un rouge carmin.En l\u2019absence de tout phénomène d\u2019anoxie, le cœur reprend spontanément son rythme et son tonus comme si de rien n\u2019était, après la mise en œuvre des manœu- vres de réanimation.Jusqu\u2019à un certain point l\u2019étiologie des décès et la tolérance peropé- ratoire témoignent peut-être de l\u2019innocuité relative de cette méthode de cardioplégie associée à la circulation extracorporelle.Même si les résultats sont très mauvais, la cardioplégie chimique ne semble pas être un facteur contributoire très important.C\u2019est peut-être là une conclusion prématurée que seules d\u2019autres expériences nous permettront d\u2019infirmer ou de confirmer.Quoiqu'il en soit, cette expérimentation visant à apprécier les avantages et l\u2019absence relative de danger de l\u2019arrêt cardiaque provoqué au cours de circulation extracorporelle, pour insuffisante qu\u2019elle soit, nous a tout de même permis de donner aux membres de la Société des hôpitaux universitaires de Québec, un aperçu des recherches qui s\u2019effectuent dans ce domaine, au département d\u2019anatomie de l\u2019université Laval, lesquelles ont pour but principal d\u2019étudier la technique de la circulation extra- corporelle et le fonctionnement du système pompe-oxygénateur de Lillehei-DeWall en vue d\u2019une application prochaine chez l\u2019homme.Prouvée aussi bien en expérimentation animale qu\u2019en clinique humaine, « l\u2019excellente tolérance de l\u2019organisme à l\u2019exclusion cardiaque pendant des périodes pouvant aller jusqu\u2019à 45 minutes au moins, justifie les espoirs placés dans la circulation extracorporelle et offre à la chirurgie réparatrice à cœur ouvert des possibilités sans commune mesure avec les autres procédés utilisés antérieurement, et notamment l\u2019hypothermie ».L\u2019adjonction de la cardioplégie chimique, après avoir subi l\u2019épreuve expérimentale prouvant son innocuité relative, s\u2019avéra une mesure complémentaire vraiment précieuse. Février 1958 Lavar.MÉDICAL 181 Cette méthode n\u2019étant qu\u2019à ses débuts, les perspectives d\u2019avenir sont grandes.REMERCIEMENTS Ce travail a été effectué dans le laboratoire d\u2019anatomie de l\u2019université Laval, dirigé par le professeur Pierre Jobin que nous tenons à remercier sincèrement des possibilités de travail qu\u2019il nous a offertes en nous ouvrant toutes grandes les portes de son laboratoire, ainsi que de l\u2019appui moral qu\u2019il n\u2019a cessé de nous prodiguer.Qu\u2019il nous soit également permis de remercier le professeur Fernando Hudon pour l\u2019encouragement soutenu qu\u2019il nous a manifesté par sa présence à la plupart de nos expériences et pour les conseils judicieux qui nous ont permis de trouver une solution à certains problèmes d\u2019ordre expérimental.BIBLIOGRAPHIE 1.ANDREASEN, A.T., et WaTson, F., Experimental cardiovascular surgery : The azygos factor, Brit.J.Surg., 39 : 548, 1951.2.ANDREASEN, A.T., et Watson, F., Experimental cardiovascular surgery : Further experiences with the azygos factor, Brit.J.Surg., 40 : 616, 1952.3.ANDREASEN, A.T.et Watson, F., Experimental cardiovascular surgery : Discussion of results so far obtained and reports on experiments concerning a donor circulation, Brit.J.Surg., 41 : 195, 1953.4.Biork, V.O., Brain perfusion in dogs with artificially oxygenated blood, Acta Chir.Scand., Supp., 96 : 1 et 137, 1948.Crowep, H.H.A., et al., Factors contributing to success or failure NJ) in the use of a pump oxygenator for complete by-pass of the heart and lung experimental and clinical, Surgery, 36 : 557, 1954.6.Dennis, C., et al, Development of pump oxygenator to replace the heart and lungs ; an apparatus applicable to human patients, and application to one case, Ann.Surg., 134 : 709, 1951.Dennis, C., Karson, K.E., Eber, W., Nerson, R., Eppy, F., et SANDERsON, D., Pump oxygenator to supplant the heart and (12) NI 182 LavAL MÉDICAL Février 1958 Jungs for brief period, II.A method applicable the dogs, Surgerv, 29 : 697, 1951.8.Dopprirr, F.S., et GEriscH, R., Some physiologic aspects of the artificial heart problem, J.Thoracic Surg., 24 : 134, 1952.9.Donaun, D.E., et al., Experiences with a heart lung by-pass (Gibbon type) in the experimental laboratory.Preliminary report, Proc.Staff.Meet.Mayo Clin., (23 mars) 1955.10.Du SHANE, J., KirkLIN, J.W., et al., Ventricular septal defects with pulmonary hypertension, J.A.M.A., 160 : 950, 1956.11.DuBosT et al., Fermeture d\u2019une communication interventriculaire à cœur ouvert, sous circulation extracorporelle.Premier succès francais, Mém.Acad.chir., 82 : 207, 1956.12.HErMsworTH, J.À, et al, À method for complete drainage of the superior and inferior venæ cavæ into an extracorporeal circuit, Surgery, 33 : 835, 1953.13.HEIMsworTH, J.A., et al., Artificial oxygenation and circulation during complete by-pass of the heart, J.Thoracic Surg., 24: 117, 1952.14.HELMsworTH, J.À., et al, An oxygenator for use in total by-pass of heart and lung, J.Thoracic Surg., 26 : 617, 1953.15.Jones, R., et al., Apparatus of the gibbon type for mechanical bv- pass of the heart and lungs : Preliminary report, Proc.Staff Meet.~Mayo Clin., (23 mars) 1955.165» JonGBLED, J., The mechanical heart lung system, Surg., Gynec.& Obst., 89 : 684, 1959.17.Karson, K.E., Dennis, C., WESTOVER, D., et SANDERSON, D., Pump oxygenator to supplant the heart and lungs for brief periods.I.Evaluation of oxygenator techniques ; and efficient oxygenator, Surgery, 29 : 678, 1951.18.KirkLIN, J.W., et al, Studies in extracorporeal circulation.1: Applicability of Gibbon type oxygenator to human intracardiac surgery : 40 cases, Ann.of Surg., 144 : 2, (juil.) 1956.19.K1rKuin, J., et al., Intracardiac surgery with the aid of a mechanical pump oxygenator system (Gibbon type), report of 8 cases, Proc.Staff Meet.Mayo Chn., (18 mar) 1955. Février 1958 Lavar MÉDpicaL 183 20.21.22.23.24.25.26.27.28.29.30.31.32.33.LENFANT, C., Weiss, M., et al., Elargissement des limites du systéme pompe oxygénateur de Lillehei-DeWall pour chirurgie cardiaque exsangue.Étude expérimentale de deux modifications permettant l\u2019application des circulations extracorporelles à l\u2019adulte.Presse méd., (28 juin) 1956.LENFANT, C., Weiss, M., et al., Premiers résultats expérimentaux en France de chirurgie cardiaque exsangue avec le système pompe- oxygénateur de Lillehe:-DeWall, Presse méd., (9 mai) 1956.MerrosEe, D.G., À mechanical heart long for use in man, Brit.M.J., 2 : 57, 1953.Merrose, D.G., et al, Experimental physiology of a heart lung machine in parallel with normal circulation, Brit.M.J., 2 : 62, 1953.Merrose, D.G., et al., Elective cardiac arrest, Lancet, 21, (2 juil.) 1955.MirrEr, B.J., GiBBon, J.H., et GrBBoN, M.H., Recent advances in the development of a mechanical heart and lung apparatus, Ann.Surg., 134 : 694, 1951.MiLLER, B., GiBBoN, J., et FINEBERG, C., An improved mechanical heart and lung apparatus, M.Clin.North America, (nov.) 1953.MusTARD et al., Further observations of experimental extracorporeal circulation, Surgery, 32 : 803, 1952.Mustarp, W.T., et Cuutg, A.L., Experimental intracardiac surgery with extracorporeal circulation, Surgery, 30 : 684, 1951.Nanas, G.G., Le nouvel oxygénateur de DeWall, Presse méd., (5 juil.) 1956.PerTs, W.J., et al.Maintenance of life by homologous lungs and mechanical circulation, Surgery, 31 : 161, 1932.Sirak, H.D., et al, Cardiotomy into an empty left ventricule, Surgery, 28 : 225, 1950.STroxkEs, T.L., et GiBBon, J., Experimental maintenance of life by a mechanical heart and lung during occlusion of the venæ cavæ followed by survival, Surg., Gynec.& Obst., 91 : 138, 1950.WesoLowsk1, S.A., et al, Heart lung by-pass using pumps and isolated homologous lungs, Surg., Gynec.& Obst., 95 : 762, 1952. 184 Lavar MÉDICAL Février 1958 34.WesoLowsK1, S.A., et WercH, G.S., Experimental maintenance of the circulation by mechanical pumps, Surgerv, 31 : 769, 1952.Discussion Le docteur Bertho ajoute quelques remarques sur ce qui peut servir de critère permettant de transférer l\u2019usage de l\u2019appareil du laboratoire à la clinique.On recherche l\u2019arrêt cardiaque pour profiter d\u2019un cœur exsangue et au repos.Les moyens de l\u2019obtenir sont l\u2019anoxie cardiaque par clampage de l\u2019aorte intermittent d\u2019abord ou prolongé comme on l\u2019a récemment réalisé à Houston ; ou la cardioplégie par le citrate de potassium qui est trop brutal ou par l\u2019acétycholine qui est préférable, surtout dans les ças de sténose aortique où le cœur peut être diffreile à défibriller.0 ENDOCARDITE BACTÉRIENNE ET ANTISTREPTOLYSINE * par Gérald MAYRAND assistant dans le Service de médecine de l\u2019Hôpital Saint-Joseph, Trois-Rivières.Nous présentons dans ce travail trois cas d\u2019endocardite bactérienne, observés de septembre 1954 à septembre 1957.Première observation : Nous sommes appelé chez un hémiplégique de 69 ans que nous trouvons dans un taudis, couché par terre, c\u2019est-à-dire sur le sable.L\u2019examen, très difficile, nous révèle une hémiplégie droite et, de plus, une arythmie cardiaque ; nous décidons d\u2019hospitaliser ce patient.A l\u2019hôpital, nous trouvons de l\u2019artériosclérose, une pression artérielle de 160/95, un cœur régulier à 80 à la minute et un léger souffle systolique à la pointe.Nous vérifions de plus l\u2019hémiplégie droite.La radiographie pulmonaire révèle un poumon normal et un cœur légèrement augmenté de volume ; la réaction de Bordet-Wasserman est négative ; la numération globulaire, normale ; la sédimentation sanguine est de 25 mm ; la chlorurémie et la glycémie sont normales et le taux de l\u2019azote protéique est de 28,5 g.L\u2019électrocardiogramme donne un tracé dans les limites de la normalité.La température est de 100°F.* Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 11 octobre 1957.Co 186 Lavar MÉDicaL Février 1958 Dès le lendemain et le surlendemain nous voyons l\u2019hémiplégie régresser rapidement et, même, notre patient se promener dans les corridors.Après six jours, il veut absolument retourner chez lui sans autre traitement ni examen, ce que nous autorisons d\u2019emblée.Sept jours plus tard, nous sommes de nouveau demandé à son domicile.Nous le trouvons encore couché dans son lit de sable et présentant encore une hémiplégie mais, cette fois, une hémiplégie gauche.Nous recommandons immédiatement son hospitalisation craignant évidemment quelque chose de très sérieux.De fait, dès le lendemain, le malade reçoit les derniers sacrements et il succombe en 48 heures.À ce moment-là les épreuves de laboratoire sont encore normales, et le taux de l\u2019azote non protéique est diminuée à 24 g.Cependant, il est à remarquer que le malade avait une température rectale de 103°F.lors de son décès.L\u2019autopsie révèle une endocardite végétante et de l\u2019athérome avec un rétrécissement aortique, une hypertrophie du ventricule gauche, une embolie avec infarctus à la corticale de chacun des deux reins, un infarctus au lobe pulmonaire inférieur gauche du volume d\u2019une orange moyenne, de nombreuses adhérences pleurales et des infarctus nombreux et récents au ventricule gauche.De plus, on retrouve un épithélioma acineux et nécrotique du volume d\u2019un œuf de poule au corps du pancréas et de nombreuses métastases hépatiques.Nous avons perdu ce malade avant d\u2019avoir établi un diagnostic précis d\u2019endocardite quoique, lors de son décès, nous pensions sérieusement que ce malade puisse faire des embolies cérébrales.En effet, l\u2019autopsie nous révèle une double étiologie possible à l\u2019essaimage embo- lique, soit de la valvule aortique par suite de l\u2019endocardite végétante à cet endroit, soit de l\u2019endocarde mural, par suite d\u2019un infarctus du myocarde gauche.En l\u2019absence d\u2019athérome coronarien important, nous croyons que le myocarde gauche fut vraisemblablement victime d\u2019un processus embo- lique.Il faut ici remarquer qu\u2019à ce moment notre laboratoire ne pouvait doser les antistreptolysines ni effectuer le C-reactive protein test. ol hy at Février 1958 Lavar MÉpicaL 187 Deuxième observation : Une religieuse de 58 ans nous est envoyée de la campagne pour une hémiplégie gauche.A son arrivée à l\u2019hôpital, le 6 Janvier 1957, nous constatons cette hémiplégie gauche chez une patiente pâle souffrant de céphalée pariétale droite et de céphalée frontale.La température est de 99°F.Dès le lendemain nous procédons à un examen général : nous observons une amélioration marquée de son hémiplégie.La patiente nous révèle qu\u2019elle a toujours joui d\u2019une bonne santé mais que, depuis le 3 janvier, elle souffre d\u2019un état grippal ; elle se sentait fatiguée, anorexique et se plaignait de céphalées et de palpitations, lorsque subitement, elle s\u2019est affaissée, victime d\u2019une hémiplégie gauche accompagnée de vomissements répétés.A Texamen, la patiente est pâle ; au pourtour des lèvres nous constatons de l\u2019herpès et nous observons un lèger érythème de la gorge.Le thorax et les poumons sont normaux, les bruits du cœur sont bien frappés.L\u2019interne constate qu\u2019il n\u2019y a pas de souffle cardiaque à ce moment, mais note une tachycardie.Le pouls bat à 125 à la minute et la tension artérielle est de 95/70.L\u2019abdomen est souple ; il n\u2019y a pas de douleur ni de masse palpable ; nous n\u2019observons pas de spléno- hépatomégalie ni d\u2019œdème aux membres inférieurs.Les réflexes au membre inférieur gauche sont disparus mais on y retrouve un signe de Babinski.Le 7 janvier, les épreuves de laboratoire indiquent les résultats suivants : azotémie : 1,22 g ; urines normales ; glycémie : 94 mg ; sédi- mendation : 73 mm.Nous rappelant le premier cas, nous demandons immédiatement la recherche du streptocoque dans la gorge et le dosage des antistreptolysines O.Le premier rapport nous donne 333 unités.Les hémocultures à répétition demeurent négatives et le prélèvement de la gorge donne une culture pure de streptocoques hémolitiques.Au cours des huit jours suivants nous voyons s\u2019élever considérablement la vitesse de sédimentation ; le 16 janvier, la vitesse de sédimentation est de 110 mm, les antistreptolysines sont au taux de 625 unités et le C-reactive protein test à sept mm.Quelques jours plus tard, la sédimen- 188 Lavar MéÉDicaL Février 1958 tation demeure élevée, l\u2019antistreptolysine s\u2019élève 833 unités pour atteindre 1 250 unités, le 25 janvier.Entre temps, le soir du 13 janvier, soit le sixième jour de son hospitalisation, la patiente éprouve subitement une douleur aiguë à la base thoracique droite et entre dans un état de choc.Le lendemain, elle fait une poussée de température à 103°F., bien qu\u2019elle reçoive toujours 1 200 000 unités de pénicilline.Une radiographie pulmonaire prise le 14 janvier montre une image faisant penser à une embolie pulmonaire au poumon droit.Trois jours plus tard, la patiente ressent subitement une vive douleur à la jambe et au pied gauche ; le pied devient froid, livide ; nous portons le diagnostic d\u2019embolie au tronc tibio-péroné.D'ailleurs, l\u2019oscillométrie indique la suppression des oscillations en bas du genou gauche alors qu\u2019elles demeurent normales à droite.Entre temps, le cœur devient arythmique et nous entendons des souffles à la pointe indiquant un rétrécissement mitral assez marqué.Un électrocardiogramme (8 janvier) indique une tachycardie sinusale à 125 par minute, probablement d\u2019origine infectieuse ou thyroïdienne et un bloc de branche droit incomplet.Enfin un électrocardiogramme du 23 janvier révèle une tachycardie avec fibrillation auriculaire.Cette patiente fut traitée dès son arrivée à l\u2019hôpital à cause du taux élevé de ses antistreptolysines et d\u2019un C-reactive protein test également élevé.Par la suite, les signes cliniques nous permettent d\u2019établir un diagnostic d\u2019endocardite avec embolies multiples.Cette patiente peut quitter l\u2019hôpital un mois et demi après son admission apparemment en vole de guérison.A ce moment, le C-reactive protein test est redevenu négatif.Nous croyons que, dans ce cas, le dosage des antistreptolysines O nous fut d\u2019un secours précieux pour poser un diagnostic rapide et, dès lors en établissant un traitement approprié lui prolonger la vie de plusieurs années.Troisième observation : Le troisième cas est celui d\u2019une Jeune fille de 13 ans, auprès de laquelle nous sommes appelé parce qu\u2019à son retour de l\u2019école, en arrivant à la maison, elle perd connaissance.A notre arrivée, nous constatons de la Février 1958 LavaL MEbpicaL 189 pâleur, une légère élévation de la température, une bradycardie a 48, une gorge érythémateuse et, de plus, de la douleur et un léger érythème à la base des métatarsiens du pied gauche.Dès son arrivée à l\u2019hôpital, nous demandons la recherche du streptocoque dans la gorge et le dosage des antistreptolysines O, dont on retrouve 1 250 unités.La sédimentation sanguine est à 115 mm et le C-reactive protein test à un mm ; de plus, on retrouve de nombreux streptocoques hémolitiques dans la gorge.Cette patiente est Immédiatement mise sous traitement et dans les jours qui suivent nous observons des signes cardiaques intermittents.Tantôt nous percevons un souffle au foyer mitral, un bruit de galop ou encore un dédoublement du premier bruit, tantôt les bruits cardiaques sont normaux.La pression artérielle est à 110/60.Le poumon est normal de même que l\u2019abdomen.D\u2019après sa mère, cette patiente n\u2019avait Jamais été malade auparavant.Dans les jours qui suivent, nous voyons s\u2019établir une endocardite avec des lésions de rhumatisme articulaire.Un cardiologue en consultation, après examen et électrocardiogramme émet l\u2019opinion d\u2019un rétrécissement mitral rhumatismal évolutif.Le C-reactive protein test monte à 7 mm, les antistreptolysines demeurent à 1 250 unités et la sédimentation demeure élevée.Au bout de quelques jours de traitement la patiente se sent bien et n\u2019éprouve plus de douleur, le cœur est régulier alors qu\u2019il était devenu arythmique pendant quelques jours.Nous vovons alors le C-reactive protein test s\u2019abaisser à deux mm, puis devenir négatif.Les anti- streptolysines demeurent élevées, à 1 250 unités et, également, la sédimentation à 106 mm.Cette patiente fut hospitalisée pendant un mois.Pour des raisons non médicales, elle dut retourner à son domicile malgré un pronostic sévère : 1l persistait un souffle mitral.Nous n\u2019avons pas encore parlé des formules sanguines de nos malades.Les premiers jours la formule sanguine est entièrement normale.L\u2019hémoglobine est à plus de 80 pour cent, il y a au moins 4 000 000 de globules rouges et les globules blancs varient de 5 000 4 8 500.Les jours suivants, la formule sanguine s\u2019abaisse légèrement : les globules rouges 190 Lavar MÉDicAL Février 1958 diminuent à environ 3 500 000, l\u2019hémoglobine s\u2019abaisse à 70 pour cent ; toutefois, la leucocytose ne dépasse jamais 8 550.Bien que la température et la Jeucocytose ne présentaient pas un aspect infectieux au premier abord, le dosage précoce des antistrepto- Iysines O nous a permis d\u2019appliquer sur Je champ une médication appropriée chez les deux derniéres malades.Nous croyons donc qu\u2019il nous est permis de conclure que le dosage des antistreptolysines nous fut d\u2019un précieux secours, dans le traitement de ces malades. ANESTHÉSIE INTRAVEINEUSE ET BUTHALITONE SODIQUE * (Rapport préliminaire) par Jean-Paul DECHENE assistant universitaire dans le Service d\u2019anesthésie de Hôpital Laval INTRODUCTION Le Buthalitone sodique ! est l\u2019une des plus récentes additions à la liste des barbituriques à action ultracourte pour fin d\u2019anesthésie.Au point de vue chimique, il est le sel sodique de l\u2019acide 5,5 \u2014 (2 méthyl- TaBLEAU I Buthalitone sodique Chimie : Sel sodique de l\u2019acide 5,5 \u2014 (2 méthyl-propyl-thiobarbiturique) Présentation : Fioles de 1 gramme de poudre jaunâtre en solution à 10 pour cent dans l\u2019eau distillée.* Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 8 novembre 1957.j Le Buthalitone sodique utilisé au cours de ce travail nous a été gracieusement fourni par la Compagnie Poulenc. 192 Lavar MÉDICAL Février 1958 propyl-thiobarbiturique).C\u2019est une poudre jaunâtre, facilement soluble dans l\u2019eau et donnant une réaction alcaline.Le produit est présenté en fioles d\u2019un gramme et s\u2019emploie par voie intraveineuse en solution à dix pour cent dans l\u2019eau distillée.Depuis quelques mois, à l\u2019Hôpital Laval, nous avons eu l\u2019occasion d\u2019utiliser ce nouveau thio- barbiturate chez 75 patients subissant des interventions mineures dont la plupart des bronchoscopie pour aspiration postopératoire.Nous basant sur l\u2019expérience des auteurs et sur l\u2019étude clinique personnelle de 75 cas, nous voulons présenter brièvement la pharmacodynamie et la technique d'administration de ce nouveau thiobarbiturique et, enfin, discuter de ses indications et de ses contre-indications en anesthésie.PHARMACODYNAMIE DU BUTHALITONE SODIQUE 1.Durée de la narcose : Le buthalitone sodique a une action plus courte que celle des thio- barbiturates d\u2019usage courant, c\u2019est d\u2019ailleurs la raison fondamentale de son emploi pour les interventions à la fois mineures et de courte durée.Quoique la quantité d\u2019anesthésique nécessaire pour provoquer la narcose soit définitivement plus grande pour le buthalitone sodique qu\u2019avec les autres barbituriques d\u2019usage courant en anesthésie, le réveil n\u2019en est pas moins rapide et sans incident.Avec une dose de 400 à 600 mg, la durée de l\u2019anesthésie varie de deux à cinq minutes, suivie de cinq minutes de somnolence postanesthésique.Par cette somnolence postanesthésique nous entendons cette période qui va jusqu\u2019au réveil complet comprenant l\u2019orientation dans le temps et dans l\u2019espace.Tout au plus une quinzaine de minutes après son anesthésie, le malade externe peut retourner chez lui ; quant au malade hospitalisé, 11 peut retourner à son département immédiatement après la courte période de somnolence postanesthésique.Par exemple, le malade broncho-aspiré pour atélectasie postopératoire peut continuer immédiatement de tousser et d\u2019expectorer si nécessaire.En quelques minutes seulement, 1l recouvre son degré de conscience préanesthésique.En définitive, la durée de la narcose avec le butha- litone sodique est donc plus courte, par suite d\u2019une élimination plus rapide.5 ter cel DA - Rr YIP TET.WR.Te - Février 1958 Lavar MÉDicaL 193 2.Action sur la respiration et la circulation : D\u2019une part, la dépression respiratoire causée par le buthalrtone sodique est proportionnelle à la rapidité de l\u2019injection et à la dose administrée.Chez l\u2019homme, l\u2019injection lente de buthalitone sodique influence peu la respiration tandis qu\u2019une injection rapide de 600 mg et plus produit une apnée complète de 50 à 100 secondes.Cependant, une fois cette courte apnée terminée, la respiration reprend spontanément et intensément.D\u2019autre part, avec le buthalitone sodique, on observe une hypotension de 10 mm de Hg lors de l\u2019effet maximum de l\u2019injection intraveineuse.Dès qu\u2019on cesse l\u2019administration du produit, cette légère hypotension disparaît.En même temps que s\u2019installe cette hypotension, on note également une légère tachycardie.Toutes ces données pharmacodynamiques rapportées par les auteurs ont été vérifiées chez nos patients et nous pouvons conclure en disant qu\u2019avec le buthalrtone sodique on ; , ; , , ., n\u2019observe pas de dépression cardio-respiratoire marquée.3.Action sur le parasvmpathique : Contrairement aux autres thiobarbituriques, le buthalitone sodique semble peu vagomimétique.On observe en effet une dimmution presque complète de l\u2019irritabilité laryngée et glottique par rapport aux autres thiobarbituriques.C\u2019est ainsi que nous pouvons même l\u2019administrer aux malades en toute sécurité sans médication atropinique préalable.ANESTHÉSIE AU BUTHALITONE SODIQUE 1.Technique d\u2019administration et dosage : En présence de propriétés pharmacologiques aussi intéressantes : action ultra-brève, absence de dépression cardio-respiratoire marquée et absence d\u2019irritabilité larvngée et glottique, le buthalitone sodique est de plus en plus employé dans nos milieux.Tout d\u2019abord, on procède à la mise en place d\u2019une perfusion intraveineuse, soit un soluté mixte ou glucosé de 250 cm3.Par suite le buthalitone sodique est administré par intermittence et le soluté ne fait qu\u2019entretenir la voie veineuse.La dose, comme celle des autres anesthésiques intraveineux, varie selon les sujets et dé- 194 LavaL MEbpicaL Février 1958 pend, entre autres, de l\u2019âge, du sexe et du poids du patient et aussi de la stimulation causée par l\u2019opération.On commence par injecter de trois à quatre cm3, c\u2019est-à-dire de 300 à 400 mg de la solution à dix pour cent, par voie veineuse en 30 à 50 secondes et durant ce temps, on administre de l\u2019oxygène au patient en surveillant bien sa respiration et les autres réactions.Le patient s\u2019endort généralement après avoir reçu de 500 à 600 mg et le relâchement maximum ne tarde pas à commencer à se manifester.Si, toutefois, on commence l\u2019opération immédiatement, 1l n\u2019est pas rare que le patient réagisse par des mouvements de défense et que la toux laryngée se produise ; dans ce cas le cours de l\u2019anesthésie ainsi que le réveil ne seront pas exempts d\u2019ennuis.Il est donc de la plus haute importance d\u2019attendre encore une trentaine de secondes jusqu\u2019à ce que le patient soit rendu au stade où 1l ne répond plus aux stimuli douloureux.Ce stade dure environ de deux à cinq minutes, mais si l\u2019on désire prolonger la durée de l\u2019anesthésie, on peut administrer encore quelques cm3 de buthalitone sodique durant l\u2019opération.La substance n\u2019est pas employée pour des opérations de plus de 12 à 15 minutes et les doses totales n\u2019excède jamais dix em* de la solution à dix pour cent, soit un gramme.On n\u2019a jamais constaté d\u2019effets nocifs sur les tissus résultant de l\u2019injection extravasculaire, ni même d\u2019irritation veineuse, genre lymphangite ou phlébite superficielle, résultant de l\u2019injection intraveineuse.Par mesure de précaution, on doit toujours disposer d\u2019un nécessaire à intubation (laryngoscope, tubes endotrachéaux) et des facilités requises pour la respiration sous pression.Toutefois, il nous est nécessaire d\u2019intuber les patients sous buthalitone sodique seulement lorsqu\u2019il y a association de curarisant ou lorsque la nature elle-même de l\u2019intervention requiert cette intubation : bronchoscopie, extraction dentaire, etc.La plupart-des patients ne reçoivent aucune médication préliminaire à l\u2019anesthésie puisque, pharmacologiquement, avec le butha- litone elle n\u2019est plus indispensable.De plus, on ne peut établir au réveil aucune distinction entre les patients ayant reçu ou non une prémédication.Tel que mentionné plus haut, les patients externes quittent l\u2019hôpr- tal une vingtaine de minutes après l\u2019anesthésie et les patients hospitalisés peuvent retourner à leur chambre immédiatement après les cinq minutes dé somnolence postanesthésique. Février 1958 Lavar MEbicaL 195 2.Résultats cliniques : Nous présentons maintenant notre toute première expérience avec le buthalitone sodique, puisqu\u2019il s\u2019agit de nos 75 premiers cas avec ce nouvel anesthésique intraveineux à action ultrabrève.II est à remarquer que les cas rapportés ici n\u2019ont pas été choisis comme des cas faciles, mais que le seul critère de leur sélection fut celui de la brièveté de TapLeau Il Expérience clinique Nombre d\u2019interventions : 75 interventions mineures.Durée des interventions : 10 à 15 minutes.Genre d\u2019interventions : bronchoscopie ; immobilisation platrée ; extraction dentaire ; biopsie ; drainage thoracique ; chirurgie mineure de dispensaire.Age des sujets : 14 à 60 ans, sauf un cas de 10 ans.(La majorité des cas ont été de 20 à 40 ans.) Doses moyennes : 400 à 600 mg.Associations : Peut être associé, s\u2019il y a lieu : a) au protoxyde d\u2019azote ; b) à un curarisant de courte durée, Ie succinylcholine.l\u2019intervention (10 à 15 minutes au plus).Assez souvent, soit dans une proportion des deux tiers des cas le buthalitone sodique fut employé pour des patients chez qui il y avait risque d\u2019hypoxémie grave, soit des broncho- aspirations pour de l\u2019atélectasie consécutive à des résections pulmonaires et, pourtant, dans ces cas les résultats cliniques furent des plus satisfas- sants.Outre les bronchoscopies, le buthalitone sodique ne fut employé que pour des interventions mineures et de courte durée, soit des immobilisations plâtrées, des extractions dentaires, des biopsies, des drainages thoraciques, en un mot, pour des cas\u2019de chirurgie mineure de dispensaire de courte durée.| 196 Lavar.MéÉDicaL Février 1958 Le buthalitone sodique ne fut employé que chez l\u2019adulte de 14 à 60 ans, sans distinction de sexe, sauf dans un cas, chez un enfant de 10 ans pour une immobilisation forcée.Dans notre milieu hospitalier, le nombre d\u2019interventions courtes chez l\u2019enfant est trèsrestreint.D\u2019ailleurs, une solution à dix pour cent serait trop concentrée pour l\u2019enfant, chez qui nous avons l\u2019habitude d\u2019employer des solutions peu concentrées.Dans ces cas, Il serait avantageux d\u2019utiliser une solution à cinq pour cent.Chez nos patients, les doses moyennes de buthalitone employées furent de l\u2019ordre de 400 à 600 mg, avec des doses surajoutées jusqu\u2019au maximum d\u2019un gramme.Les patients les plus jeunes utilisèrent proportionnellement les plus fortes doses.TaBLeau 111 Résultats cliniques Réveil : Immédiat et complet après 5 minutes de somnolence postanesthésique.Effets secondaires : légère hypotension ; légère tachycardie ; nausées et vomissements chez seulement deux insuffisants hépathiques.Le réveil fut très rapide, avec une somnolence postanesthésique d\u2019au plus cinq à six minutes.Comme effets secondaires, nous n\u2019observâmes des nausées et des vomissements répétés que dans deux cas d\u2019insuffisance hépatique marquée.Les patients ayant reçu du buthalrtone sodique sont presque tous satisfaits et quelques-uns d\u2019entre eux, ayant connu une expérience avec d\u2019autres anesthésiques, parlent avec avantage du buthalitone.«II n\u2019y a pas d\u2019effets secondaires et le réveil est rapide », disent-ils.INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS Suivant les conclusions des auteurs et d\u2019après notre propre expérience clinique, nous présentons les contre-indications et les indications de ce nouvel anesthésique intraveineux.Parmi les principales contre- lo A Février 1958 LavaL MEbpicaL 197 indications du buthalitone sodique on en note plusieurs également propres aux autres thiobarbituriques : l\u2019anémie marquée, l\u2019hypertension fixe et sévère, l\u2019asthme et toute maladie importante du système cardio- vasculaire.Par ailleurs, certaines contre-indications sont propres au buthalitone sodique telles Ies lésions aiguës ou chroniques du foie, puisque le buthalitone est en grande partie détruit dans le foie.Toutefois, certains auteurs nient carrément cette contre-indication.De plus, 'enfant de moins de 15 ans ne devrait pas recevoir du buthalitone étant donné sa forte concentration (solution à dix pour cent).Si, toutefois, on veut employer cet agent, nous recommandons son emploi à plus grande dilution tel que mentionné plus haut.Enfin, il va de soi que, du fait de son action ultra-bréve, le buthalitone sodique n\u2019a aucune place dans les interventions chirurgicales de longue durée.Tel que mentionné d\u2019ailleurs au chapitre de la pharmacodynamie, le buthalitone sodique de par ses propriétés essentielles demeure un anesthésique intraveineux pour les interventions de courte durée.Il est avant tout un nouveau thio- barbiturique à action ultra-bréve, exempt de sensibilisation et d\u2019irritation laryngée.Dans notre milieu, cette technique s\u2019est particulièrement avérée utile dans le traitement subséquent de malades ayant subi une résection pulmonaire et chez lesquels l\u2019atélectasie postopératoirre demandait une aspiration endo-bronchique à l\u2019aide du bronchoscope.Dans des cas une petite dose de curarisant, 10 à 15 mg de succinylcholine, lux est associée par voie Intraveineuse et cette association s\u2019est révélée, la plupart du temps, des plus heureuses.La rapidité du réveil est telle que les sujets \u2018reprennent part à la conversation alors qu\u2019ils sont encore étendus sur la table d\u2019opération et qu\u2019ils peuvent dès ce moment continuer à tousser et à expectorer s\u2019il y a lieu.En suivant rigoureusement la technique d\u2019administration, le hoquet, les nausées et vomissements ne se voient pratiquement jamais.Enfin, les autres indications du buthalitone sodique sont les autres interventions mineures pour lesquelles nous l\u2019avons utilisé : chirurgie mineure de dispensaire, extraction dentaire (ici le temps requis pour pratiquer l\u2019intervention est plus court que si l\u2019on pratique l\u2019anesthésie locale), immobilisation platrée, drainage, biopsies, etc.(13) 198 LavaL MEbicaL Février 1958 CONCLUSION Dans cette étude préliminaire sur le buthalitone sodique, il ressort que ce nouvel anesthésique intraveineux est un excellent produit pour l\u2019anesthésie de courte durée.Selon certains, il serait toxique pour le foie, mais selon d\u2019autres la fonction hépatique ne serait pas atteinte.Dans notre milieu jusqu'ici, il nous a rendu grand service et, à notre avis, il mérite d\u2019être étudié davantage.BIBLIOGRAPHIE 1.DE Crsarr, E., et PAOLETTI, G., Clinical trials with 5,5 \u2014 allyl-(2- methyl-propyl)-sodrum-thiobarbiturate in general anæsthesia, Italiana Gazzetta internazionale di medicina e chirurgia, 50 : 1336, 1955.2.Gorpon, M.W., Aurez, B., et Kirpurr M.C.J., The effect of © buthalitone sodium (transithal) on liver and kidney function in man, Can.Anesth.Soc.J., 4 : 21, (janv.) 1957.3.MANNI, C., Moricca, G., et OTTOLENGHI, R., First results of the clinical use of a new ultrarapid action barbiturate, the sodic salt of 5,5 \u2014 Allyl (2-methyl-propyl)-thiobarbiturate, Min.Anastb., 32 : 72, 1956.4.MricHAEL, K., SZANTo, M.D., et LABARRE, J., Buthalitone sodium anæsthesia : drug consumption and serum studies, Can.Anesth.Soc.J., 4 : 338, (juil.) 1957.5.Noses, P., New short acting thiobarbiturate, Lancet, 1: 797, (16 avril) 1955.6.Noses, P., New short acting thiobarbiturate, Lancet, 1: 1296, (17 déc.) 1955.7.Poster, M., Un nouvel anesthésique pour narcose de trés courte durée, Presse méd., 62 : 1539, (10 nov.), 1954.8.RITTER, L., et SCHEFFER, G., Baytinal, a new short period anæsthe- tic, Miinch.Med.Woch., 96 : 1259, 1954.9.VoLiMER, H., et Haor, O.E., Our experience with the new ultra- short period anesthetic, Baytinal, Die Medizinisch, 49 : 561, 1954. Février 1958 LavaL MEbpicaL 199 10.WEEsE, H., et Koss, F.H., Un nouvel anesthésique d\u2019action ultra- brève, Deutsche Medizionishe Woch, 79 : 601, (16 avril) 1954.Discussion Le docteur Yves Rouleau demande si ce produit est connu sous un autre nom.Le docteur Déchène l\u2019informe qu\u2019il est encore connu dans le commerce sous les noms de Transital et de Baythynal. MÉTICORTEN DANS LE TRAITEMENT DE L\u2019ÉPIDIDYMITE par Yves GOURDEAU, F.R.C.S.(C), et J.-J.BERNIER du Service d\u2019urologie de l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus L\u2019épididymite est une maladie dont le pronostic est bénin mais dont la symptomatologie très désagréable et l\u2019évolution souvent longue ont toujours été un ennui tant pour le patient que pour l\u2019urologiste traitant.La plupart du temps, l\u2019épididymite est secondaire à une infection urinaire remontant à l\u2019épididyme par voie déférentielle.Aussi, une asepsie rigoureuse, une chimiothérapie préventive après les examens endoscopiques et la ligature peropératoire des canaux déférents au cours de la prostatectomie ont réduit considérablement le nombre de poussées d\u2019épididymite.Le traitement classique consiste à soulever le scrotum sur un sac de glace et à donner des antibiotiques et des analgésiques.Mais ce traitement est souvent décevant.La douleur, que l\u2019on peut soulager temporairement par une infiltration de novocaine du cordon spermatique, est tenace et s\u2019accompagne d\u2019une température élevée et oscillante pendant Février 1958 LavaL MEpicaL 201 les premiers jours pour faire place ensuite à un noyau inflammatoire dur et sensible qui tarde à involuer.L\u2019inefficacité thérapeutique de la chimiothérapie et des antibiotiques semble s\u2019expliquer par la complexité anatomique de l\u2019épididyme : un canal très long, replié sur lui-même et entouré d\u2019une enveloppe très dense.Le drainage n\u2019est pas favorisé et il se forme dans tous les replis de multiples petits abcès qui s\u2019entourent d\u2019une réaction inflammatoire constrictive qui isole une région faiblement vascularisée et mal drainée.Le Méticorten a été employé pour diminuer la réaction inflammatoire isolante et permettre aux antibiotiques administrés dès le début d\u2019atteindre et de contrôler l\u2019infection.Les patients soumis à ce traitement sont moins souffrants et leur guérison est plus rapide.Voici trois cas typiques, présentés brièvement, illustrant bien, semble-t-il, l\u2019effrcacité du traitement conjoint au Méti- corten et aux antibiotiques.J.L., 19 ans, souffre d\u2019une épididymite aiguë, depuis le 20 février 1956, sans cause connue.Il est traité avec de l\u2019achromycine, de la pénicilline, de la streptomycine et du Méticorten (5 mg au 8 h.).II est peu souffrant et le gonflement ne dure pas.Le 21 mars le contenu scrotal est normal.F.R., 33 ans, à la suite d\u2019une dilatation pour un rétrécissement de fait à la suite de ce cathétérisme une poussée d\u2019orchiépididymite débutant le 7 mars 1956.Le patient est soumis au même traitement et le 18 mars 1956 son épididyme et son testicule sont normaux.L\u2019évolutron rapide se fait avec très peu de douleur.F.R., 33 ans, à la suite d\u2019une dilatation pour un rétrécissement de l\u2019urèthre est atteint d\u2019une épididymite aiguë.I! est fiévreux et frissonnant depuis deux jours.L\u2019examen d\u2019urine révèle la présence de pus.Il est traité aux antibiotiques, aux sulfamidés et au Méticorten.Dix jours plus tard, ses urines sont normales et l\u2019épididyme est aussi normal.Il s\u2019agit ici de trois cas choisis parmi un groupe d\u2019une dizaine où Pin- fection est survenue en dehors de tout acte chirurgical.Nous n\u2019avons pas employé de Méticorten dans les cas d\u2019épididymites secondaires aux prostatectomies par crainte d\u2019entraver le processus de cicatrisation. 202 Lava\u2026 MÉDICAL Février 1958 Nous l\u2019avons aussi réservé pour les cas traités au début ; ce qui peut en partie expliquer l\u2019évolution plus rapide vers la guérison complète.Un autre avantage de ce médicament semble aussi être le fait d\u2019éviter la formation d\u2019un noyau fibreux douloureux à évolution chronique.BIBLIOGRAPHIE FLoreNCE, T.J.Cortisone in the treatment of epididymitis J.of Urology, 75 : 133-135 1956. MÉDECINE EXPÉRIMENTALE CONTRIBUTION A L\u2019ETUDE DES ANTICORPS INCOMPLETS * par Léo GAUVREAU professeur agrégé, assistant au département de bactériologie, Faculté de médecine, université Laval DÉFINITION On donne le nom d\u2019anticorps « incomplet ») ou « univalent » à une certaine catégorie d\u2019anticorps pouvant s\u2019unir à l\u2019antigène correspondant, mais incapable d\u2019entraîner l\u2019accolement des particules antigéniques pour former des précipités ou des agglutinats.HISTORIQUE Cette notion d\u2019anticorps incomplet remonte aux travaux d\u2019Eisenberg et Volk (18).Dès 1902, ces auteurs avaient remarqué qu\u2019un sérum agglutinant, soumis à l\u2019action*de la chaleur ou altéré par vieillissement, * Travail reçu pour publication le 23 février 1956. 204 Lavar MEbicaL Février 1958 perdait la faculté d\u2019entraîner l\u2019agglutination de l\u2019antigène homologue tout en conservant celle de s\u2019y fixer.Ils constatérent de plus que les bactéries traitées pendant une période d\u2019une à deux heures avec un immunsérum homologue chauffé à 65°\u201470°C., n\u2019étaient plus agglutinées par ce même sérum frais.Ils donnèrent à cet anticorps ainsi modifié le nom d\u2019 « agglutinoïde ».Et, s\u2019appuyant sur la conception d\u2019Erlich « à savoir que l\u2019anticorps serait formé de deux fractions : l\u2019une, l\u2019hapto- phore, qui se fixe sur la bactérie ; l\u2019autre, le zymophore, responsable de la floculation », ils conclurent que la transformation de l\u2019anticorps en « agglutinoide » serait due à la destruction du zymophore au cours du chauffage.Vingt ans plus tard, Coca et Kelley (5) remarquèrent, au cours de la préparation de sérums expérimentaux anti-Hemophilus influenzæ, qu\u2019un de leurs sérums actif à titre assez élevé sur diverses souches du même type, n\u2019agglutinait pas la souche homologue qui avait servi à la préparation de ce sérum.Ils démontrèrent alors que cette inhibition était due à une « substance inhibitrice spécifique » qui, se fixant sur l\u2019antigène homologue, empêche l\u2019action agglutinante des anticorps normaux, malgré la formation d\u2019un complexe antigéne-anticorps.Ils en conclurent que cette substance ne pouvait s\u2019identifier aux « agglutinoï- des » (agglutinines modifiées) d\u2019Eisenberg et Volk puisque, contrairement à ces dernières, cette « substance inhibitrice » disparaissait ou diminuait d\u2019activité avec le vieillissement.De plus, son affinité pour l\u2019antigène n\u2019était pas plus marquée que celle de l\u2019anticorps normal.Jones (26) observe, en 1928, que des sérums de lapin antr-Hog- cholers et anti-Bacillus abortus (chauffés à 75°C.pendant 20 minutes) mélangés à ces bactéries, inhibent l\u2019agglutination de ces dernières en présence d\u2019un sérum correspondant non chauffé, mais conservent l\u2019aptitude à fixer le complément.La même épreuve effectuée avec du sérum normal chauffé n\u2019empêche pas l\u2019agglutination.L'auteur démontre l\u2019absorption de protéines sériques sur les bactéries par l\u2019agglutination de bactéries sensibilisées, en présence d\u2019un sérum précipitant antilapin.3 En 1929, Shibley (44) rapporte que le chauffage à 67°C.pendant dix minutes d\u2019un sérum anti-Shiga produit un phénomène de pro-zone et que les bactéries sensibilisées dans la zone d\u2019inhibrtion (pro-zone) Février 1958 Lavar MéÉDicaL 205 cessent d\u2019être agglutinées par un sérum actif.Il en conclut à la transformation d\u2019agglutinines en « agglutinoïdes » désormais douées d\u2019une plus grande affinité pour l\u2019antigène correspondant que l\u2019agglutinine intacte, mais incapables d\u2019entraîner l\u2019agglutination.I! refuse cependant d\u2019admettre l\u2019hypothèse d\u2019Eisenberg et Volk.Heidelberger et Kendall (23), en 1935, démontrent, dans le sérum de lapin anti-ovalbumine, l\u2019existence d\u2019anticorps qu\u2019ils appellent anticorps de qualité inférieure (low grade antibodies), inaptes à provoquer la précipitation mais que l\u2019on retrouve dans le complexe antigène-anticorps actif.Pappenheimer (39) et Heidlberger, Treffers et Mayer (24), signalent, en 1940, la formation d\u2019un complexe antigène-anticorps complètement soluble lorsqu\u2019on utilise le sérum prélevé dans les premiers stages de l\u2019Iimmunisation.Ce sérum, mélangé à un sérum de lapin fortement précipitant et à l\u2019ovalbumine, inhibe la précipitation de ces deux derniers.Ces auteurs expliquent ce phénomène par la présence dans le sérum de cheval d\u2019un anticorps qu\u2019ils appellent « incomplet » ou « monovalent ».C\u2019est-à-dire que cet anticorps étant muni d\u2019un seul pôle actif (reacting site) serait incapable d\u2019entraîner l\u2019union des particules antigéniques.Travaillant dans le même sens, Klaczkowski (29) observe, en 1941, que les anticorps, chauffés en présence de la fraction « euglobuline » d\u2019un antisérum, floculent leurs antigènes ; alors que les complexes formés, lorsque les anticorps sont chauffés en présence des autres fractions sériques, tout particulièrement l\u2019albumine, ne floculent plus leurs antigènes, malgré qu\u2019ils se combinent avec eux.Cette combinaison inhibe l\u2019action floculante des anticorps correspondants normaux.Des résultats identiques furent obtenus au moyen de la photo-oxydation.En 1938, Ross (42), en soumettant des sérums antipneumococciques de lapin et de cheval, ainsi que des sérums humains de groupe O (anti-A et anti-B) à l\u2019action de la lumière en présence de bleu de méthylène, privait ces anticorps de leur pouvoir agglutinant, mais non de leur pouvoir sensibilisant.Tyler (46) obtenait, en 1945, les mêmes transformations d\u2019anticorps complets en anticorps « univalents ») par photo-oxydation en présence d\u2019éosine.À venir jusque-là, tous ces anticorps qu\u2019on appelait incomplets, de grade inférieur ou univalents avaient été le résultat de transformations 206 Lavar MÉpicaL Février 1958 artificielles au moyen d\u2019agents physiques.Et ce n\u2019est qu\u2019après la découverte du facteur Rh, par Landsteiner et Wiener (32), que les chercheurs mirent en évidence dans le sérum humain la présence d\u2019anticorps incomplets naturels.En mélangeant des sérums antr-Rh en vue de les concentrer par le relargage de la globuline, Diamond et Abelson (16), en 1944, remarquèrent que l\u2019addition d\u2019un sérum anti-Rh très actif (lequel agglutine les globules rouges Rh1) à un sérum anti-Rh, également actif (agglutinant les globules Rhy et Rhy) produisait un mélange mactif sur les globules rouges Rh.Plus tard dans la même année, Race (40) et Wiener (48) observèrent le même phénomène et y reconnurent l\u2019intervention d\u2019anticorps « imcom- plets ».Race avait remarqué que si des globules rouges RhzRh» ou RhaRh étaient émulsionnés dans un mélange de sérums anti-Rh (standard agglutinant Rhy et Rhy, et anti-Rhy n\u2019agglutinant que Rhy), l'agglutination qui devait être normalement due au sérum standard ne se produisait plus.Mais 1l ajoutait que le mélange n\u2019était pas nécessaire à l\u2019inhibition.Si les globules Rh2 étaient suspendus dans le sérum anti-Rhy et puis séparés de ce sérum, lavés et mis en présence du sérum standard, 1ls demeuraient encore inagglutinables.Il donna le nom d\u2019anticorps incomplet à cette substance inhibitrice et montre sa spécificité ; à savoir que cet anticorps était dirigé contre l\u2019antigène D seulement.Les globules traités par cet anticorps demeuraient agglutinables par les anticorps complets anti-E et antr-C.Quant à Wiener, il retrouva cet anticorps qu\u2019il appela « bloquant » ou « monovalent » dans le sérum d\u2019une femme qui avait donné naissance à un enfant érythroblastique.Il s\u2019aperçut que ce sérum, qui n\u2019agglutinait pas les globules Rh + donnait au titrage un phénomène de prozone assez marqué.I! montre aussi que ces anticorps incomplets pouvaient être décelés au moyen du blocking test qui consiste à rendre inagglutina- bles des globules rouges ORh par un sérum anti-Rh agglutinant, en les traitant d\u2019abord par un de ces sérums inactifs.En 1945, Coombs, Mourant et Race (6 et 7) imaginèrent de rechercher la présence des anticorps incomplets Rh absorbés sur les globules rouges, au moyen d\u2019un sérum de lapin anti-globuline humaine suivant une méthode que Moreschi (35), en 1908, et Jones (26), en 1928, avaient Février 1958 Lavar MÉDicaL 207 employée plusieurs années auparavant.Cette épreuve, maintenant très courante en sérologie et conrue sous le nom d\u2019épreuve de Coombs, consiste à faire agglutiner par un sérum de lapin, préalablement immunisé avec de la globuline sérique ou du sérum humain complet, des hématies sensibilisées par des anticorps anti-Rh et débarrassées du sérum par lavages.Cette technique s\u2019avéra plus sensible que le blocking test dans le décèlement des anticorps incomplets et les auteurs remarquérent que ce sérum agglutinait plus fortement les globules rouges sensibilisés par l\u2019anticorps incomplet que par les agglutinines complètes.Des recherches subséquentes sur les propriétés d\u2019immunsérums préparés contre le sérum humain et ses différentes fractions protéiques permirent à Coombs et Mourant (8), en 1947, de conclure que dans Ie sérum de lapin, le facteur responsable de I'agglutination des hématies, sensibilisées par le sérum anti-Rh, devait être un anticorps antiglobuline dirigé presque entièrement sinon entièrement contre la gamma-globuline, et que, par conséquent, l\u2019anticorps incomplet anti-Rh se retrouverait dans cette même fraction globulinique.La vulgarisation de l\u2019épreuve de Coombs rendit possible la découverte de nombreux autres types d\u2019anticorps incomplets au cours de divers syndromes hémolytiques ainsi que dans certaines maladies infectieuses.Coombs, Mourant et Race (9), en 1946, rencontrent une agglutinine irrégulière du type bloquant chez une femme qui avait mis au monde des enfants atteints de maladie hémolytique ; reconnaissant un facteur sanguin jusque-là non décrit, 1ls le nomment facteur Kell.La même année, Boorman et Dodd (2) mettent en évidence un anticorps incomplet, bloquant anti-À, dans le sérum de sujets ayant reçu des injections de substance À isolée de kystes pseudomucineux.Peu après, Boorman, Dodd et Loutit (3), Evans, Duane et Behrendt (19) et Sturgeon (45) constatent la présence d\u2019anticorps incomplets, décelés par le test de Coombs, dans le sérum de malades atteints d\u2019anémie hémolytique acquise.Sturgeon souligne que cet anticorps obtenu à l\u2019état pur par élution, contrairement aux anticorps isolés jusque-là, n\u2019est pas spécifique puis- qu\u2019il réagit avec tous les groupes du système ABO et Rh.Vient ensuite la découverte par Malley et Hickey (45), en 1949, et Ferriman, Dacie et collaborateurs (21), en 1951, d\u2019anticorps froids incom- 208 Lavar.MÉDICAL Février 1958 plets 1solés du sérum de malades souffrant d\u2019hémoglobinurie froide paroxystique essentielle.Notons cependant qu\u2019entretemps, Dacie (13) avait retrouvé la présence d\u2019auto-anticorps froids incomplets dans la plupart sinon dans tous les sérums normaux étudiés.L'application du test à l\u2019antiglobuline de Coombs à l\u2019étude du sérum d\u2019un malade ayant fait une réaction hémolytique posttransfusionnelle, permit à Cutbush, Molli- son et Parkin (12) de reconnaître un nouveau système sanguin, le système Duffy, et de décrire un anticorps incomplet en ce qu\u2019il était décelable uniquement par l\u2019épreuve de Coombs indirecte.Plus récemment, en 1951, Schuhardt, Woodfin et Knolle (43) mirent en évidence dans le sérum de malades souffrant de brucellose un facteur bloquant thermolabile décelable par l\u2019épreuve indirecte de Coombs après chauffage à 56°C.Enfin, en 1952, Carrière, Rufflé et Ducas (4) trouvent, chez des femmes ayant eu des grossesses conflictaires suivies d\u2019accidents érythroblas- tiques, des « glutinines » (anticorps du type bloquant anti-B).ÉTAT DE LA QUESTION Plusieurs méthodes ont été décrites par différents auteurs dans le but de mettre en évidence les anticorps incomplets, c\u2019est-à-dire les anticorps incapables de se manifester en milieu salin.La première méthode est le blocking test de Wiener (48) qui consiste à charger des globules rouges de l\u2019anticorps incomplet ou bloquant pour les rendre inagglutinables par l\u2019anticorps complet.La deuxième méthode est l\u2019agglutination en milieu sérique ou albumineux proposée par Diamond et Denton (17) ; la troisième est le test au sérum antiglobuline de Coombs (6).Nous avons, enfin, l\u2019utilisation de globules rouges partiellement digérés par la trypsine et décrite par Morton et Pickles (37).L\u2019emploi de ces différentes méthodes a permis à Hill, Habarman et Guy (25) de reconnaître dans un sérum anti-Rh, après séparation des différentes fractions sériques, trois catégories d\u2019anticorps.Les auteurs classent dans la première catégorie, ou premier ordre, l\u2019anticorps classique agglutinant en milieu salin.Le deuxième ordre comprend les anticorps bloquants, agglutinant en milieu sérique ou albumineux et Février 1958 LavaL.MÉDICAL 209 décelables par le test au sérum antiglobuline de Coombs.IIs donnent à ces anticorps le nom d\u2019 « agglutinoïdes ».Enfin, le troisième ordre d\u2019anticorps appelés « cryptagglutinoïdes ») comprend des anticorps dépourvus d\u2019effet bloquant, décelables ou non en milieu albumineux et décelables par le test de Coombs.Mohn et Witebsky (33) reconnaissent eux aussi des catégories analogues, mais placent les anticorps décelables uniquement par le test de Coombs dans une quatrième classe.Par l\u2019étude électrophorétique des différentes fractions sériques, Hill et ses collaborateurs retrouvent l\u2019agglutinine ordinaire, active en milieu salin, confinée uniquement dans la gamma-globuline.L\u2019agglutinoide ou anticorps bloquant se retrouve en très grande partie dans l\u2019euglobuline avec quelques traces dans l\u2019alpha-globuline et la béta-globuline.Quant à la cryptagglutinoide, elle se partage entre l\u2019euglobuline et la bêta- globuline.En ce qui regarde les autres variétés d\u2019anticorps incomplets, Van Loghem, Stallman et Hart (44) ont essayé de différencier du point de vue qualitatif les différents types d\u2019anticorps incomplets retrouvés dans le sérum de malades atteints de diverses formes d\u2019anémies hémolytiques acquises.Ils en concluent finalement à une différence simplement quantitative.Dacie (14) rapporte que le sérum de lapin antiglobuline humaine absorbé par de petites quantités de gamma-globuline cesse d\u2019agglutiner les hématies sensibilisées par un sérum anti-D ou par les anticorps « chauds » non spécifiques de l\u2019anémie hémolytique acquise.Par contre, l\u2019agglutrnation des hématies sensibilisées par les anticorps froids normaux, les anticorps froids de l\u2019anémie hémolytique acquise (en forte concentration) et par la forme incomplète de l\u2019anticorps anti-A, n\u2019est neutralisée que par l\u2019addition de fortes concentrations de gamma-globuline.D\u2019après l\u2019auteur, les premiers types d\u2019anticorps incomplets seraient des gamma- globulines alors que les seconds n\u2019en seraïient pas.Crawford et Molli- son (10) observent que le sérum antiglobuline contient des anticorps actifs sur divers types d\u2019anticorps incomplets, notamment les anticorps incomplets anti-Rh, anti-À, ceux de l\u2019anémie hémolytique acquise et les anticorps froids normaux.Renton (41) sépare, par absorption, le sérum de Coombs en deux fractions : une fraction I active sur l\u2019anticorps incomplet Rh et une 210 Lavar MépicaL Février 1958 fraction II active sur l\u2019anticorps froid incomplet naturel.1! remarque, en plus, qu\u2019il suffit d\u2019ajouter de la gamma-globuline à Ia dilution de 1:4000 à ce sérum pour inhiber la fraction I, alors que l\u2019inhibition de la fraction II nécessite l\u2019addition de gamma-globuline à l\u2019état pur.D\u2019après cet auteur, les anticorps incomplets du type antiKell et antiDuffy (Fy*) ainsi que l\u2019anticorps incomplet anti-A réagiraient avec la fraction I, alors que les 1so-agglutinines anti-A réagiraient avec la fraction II, suggérant ainsi une certaine parenté entre l\u2019anticorps incomplet naturel et l\u2019iso- agglutinine anti-A.Au cours de ce travail, nous nous sommes attaché tout particuliére- ment à l\u2019étude d\u2019un anticorps incomplet froid présent dans le sérum d\u2019un malade souffrant d\u2019hémoglobinurie froide paroxystique.II s\u2019agissait d\u2019un homme âgé de 56 ans, non syphilitique, présentant, depuis environ deux ans, des crises d\u2019hémoglobinurie paroxystique déclenchées par le froid, avec syndrome de Raynaud et un état d\u2019anémie hémolytique chronique.Son sérum contenait des agglutinines froides actives jusqu\u2019à la dilution de 1:250000.L\u2019agglutination était réversible à 37°C.La réaction de Donath-Landsteiner est négative.Enfin, la réaction de Coombs directe effectuée avec les sérums du commerce était positive.Notons cependant qu\u2019au moment où nous avons entrepris ce travail, elle était déjà redevenue négative, malgré la persistance du processus hémolytique.L\u2019étude de cet anticorps comprend donc : I.La préparation, chez le lapin, d\u2019un sérum anti-anticorps incomplet ; H.L\u2019étude des propriétés de cet anticorps en vue d\u2019une classification ; HT.L\u2019étude du rôle joué par cet anticorps dans l\u2019hémoiyse : 1.Étude in vitro ; 2.Étude in vivo : a) Reproduction in vivo des phénomènes hémolytiques par l\u2019injection d\u2019hématies ; Février 1958 Lava\u2026.MÉDicaL 211 b) Reproduction in vivo des phénomènes hémolytiques par injection du sérum ; IV.Étude de la spécificité de l\u2019anticorps incomplet : 1.A l\u2019égard de différentes variétés d\u2019érythrocytes ; 2.À l\u2019égard des bactéries ; V.Étude de la nature de cet anticorps : 1.Par la méthode de précipitation en milieu gélifié ; 2.Par la méthode immuno-électrophorétique.I.PRÉPARATION D\u2019UN SÉRUM ANTI-ANTICORPS INCOMPLET HFP PAR L\u2019 INJECTION CHEZ LE LAPIN DE GLOBULES ROUGES HFP CHARGÉS DE L\u2019ANTICORPS INCOMPLET Dans le but de faire une étude comparative de l\u2019anticorps incomplet froid HFP (hémoglobulinurie froide paroxystique) avec les autres types d\u2019anticorps incomplets, nous avons imaginé de préparer un sérum du type Coombs qui soit spécifique pour l\u2019anticorps incomplet HFP et un sérum antiglobuline de Coombs.Nous avons donc procédé de la façon suivante: 1.Sérum anti-HFP a) Préparation de la suspension globulaire : Le sang, prélevé chez le malade à raison de dix cm* en présence d\u2019une solution d\u2019héparine, est versé dans des tubes et immédiatement porté à 4°C.Après quelques heures à cette température, les globules sont lavés trois fois dans un volume d\u2019environ 50 cm3 de soluté physiologique froid et trois fois dans du soluté à 37°C.afin de les débarrasser de toute trace d\u2019agglutinines froides lesquelles sont rapidement éluées à cette température.Les lavages terminés, la purée globulaire est remise en suspension dans le soluté de façon à obtenir une dilution à dix pour cent.b) Immunisation des animaux : Les petites saignées sont effectuées chez le malade le vendredi de chaque semaine.Chaque prélèvement est divisé en deux portions : la première, inoculée aux lapins le jour même ; la deuxième, le lundi suivant. 212 Lavar MÉDicaL Février 1958 Deux lapins sont immunisés de cette façon et reçoivent deux injections intraveineuses de dix cm* chacune par semaine, pendant trois semaines consécutives.IIs sont ensuite saignés le dixième jour après la dernière injection.Les sérums prélevés par ponction cardiaque sont complètement débarrassés de toutes leurs agglutinines antihumaines par absorption en présence de plusieurs volumes de purée de globules rouges humains AB, Rh positifs.2.Sérum antiglobuline Le sérum antiglobuline est préparé suivant la méthode préconisée par Mollison et ses collaborateurs (34).Deux lapins reçoivent, par voie intraveineuse, deux injections de deux cm3 de sérum humain complet par semaine, pendant trois semaines consécutives.Les animaux sont saignés une semaine après la dernière injection et les sérums sont absorbés en présence de globules rouges humaine AB, Rh positifs, Jusqu\u2019à disparition complète des agglutinines antiglobules rouges humains.3.Spécificité du sérum de lapin anti-HFP Les sérums anti-HFP et antiglobuline sont titrés en présence des globules rouges de deux malades souffrant d\u2019hémoglobinurie froide paroxystique, c\u2019est-à-dire le nôtre (HFP-G) et un deuxième (HFP-L) dont les globules rouges nous sont fournis par le docteur Long, de Montréal.À ceux-ci, nous ajoutons des globules rouges de groupe O, Rh positifs, sensibilisés avec du sérum HFP-G, anti-Rh et un sérum de malade souffrant d\u2019anémie hémolytique acquise (AHA).Sensibilisation des bématies.Après lavage, des globules rouges O, Rh positifs ou Rh négatifs, sont mis en présence des différents sérums non dilués et laissés en contact pendant trente minutes à 4°C.et une heure à 37°C.sauf dans le cas de sérum anti-Rh où la sensibilisation est effectuée à 37°C.seulement, pendant soixante minutes.Les globules sont ensuite lavés trois fois en eau physiologique à 37°C.et remis en suspension à deux pour cent.Titrage.Les sérums sont élués de 1:1 à 1:2 048 dans plusieurs séries de tubes à hémolyse sous un volume de 0,2 cm3.A ces concentrations progressivement décroissantes de sérum, nous ajoutons 0,2 cm3 de (F1) TasLEAU | Étude de la spécificité du sérum anti-HFP SÉRUM ANTI-HFP SPÉCIFIQUE 1:4 1:8 1:16 1:32 : 64 1:128 1:256 1: 512 10 Globules rouges HFP-G.1111100001 L LL LA Aa LA ea ae 4 4 4 4 4 3 3 3 1 Globules rouges HFP-L.4 4 4 4 4 3 2 1 1 Globules rouges sensibilisés HFP-G.4 4 4 4 4 3 1 \u2014 \u2014 Globules rouges sensibilisés AHA .4 4 3 2 I \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Globhules rouges sensibilisés Rh.4 3 \u2014 \u2014 ros \u2014 \u2014 \u2014 \u2014- SÉRUM ANTIGLOBULINES HUMAIN Globules rouges HFP-G.1.11011L 001 LL La A a LL a Lee 3 3 2 1 1 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Giobulesrouges HFP-L.iin.4 4 4 4 4 3 2 1 \u2014 Globules rouges sensibilisés HFP-G .3 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Globules rouges sensiblisés AHA.4 4 3 3 1 \u2014 \u2014 _ \u2014 Globules rouges sensibilisés Rh 1.111100 oo LL.4 4 3 3 1 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 qd IIAQ 7 8561 TP TVDIGFJN TVAYT \u20aclc 214 LavaL MEbpicaL Février 1058 suspension à deux pour cent de globules de malades et de globules sensibilisés par tube.Les mélanges sont laissés à la température du Jabora- toire pendant vingt minutes et centrifugés à 1 000 tours à la minute pendant une minute.RÉSULTATS : On remarque au tableau I que le sérum anti-HFP agglutine au même titre de 1: 1 024 les globules HFP-G et HFP-L, ce qui confirme nos prévisions, car nous sommes en présence de deux syndromes cliniques identiques.Une différence marquée existe cependant entre l\u2019agglutination des globules rouges sensibilisés par le sérum HFP et le sérum anti- Rh.Le sérum anti-HFP agglutine Ies globules rouges sensibilisés HFP au titre de 1: 256 alors qu\u2019il ne dépasse pas 1:8 en présence de globules sensibilisés Rh.Et, inversement, le sérum antiglobulme n\u2019agglutine les globules rouges sensibilisés HFP qu\u2019à la dilution de 1: 4 alors que les globules rouges sensibilisés Rh sont agglutinés a 1: 64.On retrouve le même écart dans le titre agglutinant de ces deux sérums vis-à-vis des globules rouges HFP-G : alors que le sérum anti- HFP agglutine ces hématies à la dilution de 1:1 024, le sérum anti- globuline ne dépasse pas 1:64.Par contre, les globules rouges sensib1- lisés HFP-L et AHA réagissent au même titre avec les deux sérums.11 s\u2019ensuit toutefois que si cet antisérum HFP ne semble pas offrir d\u2019avantage sur le sérum antiglobuline dans la recherche des anticorps incomplets.il est, après dilution, suffisamment spécifique pour permettre de différencier la cryptagglutinoïde HFP des autres anticorps.On remarque, en effet, qu\u2019à une dilution aussi faible que 1: 10, nous pouvons le distinguer de l\u2019agglutinoïde Rh.Dilué à 1: 128, ce sérum n\u2019agglutine plus que les globules rouges sensibilisés HFP, que la sensibilisation ait eu lieu in vivo ou in vitro.Ajoutons enfin qu\u2019en raison de la faible sensibilité de la cryptagglutinoïde HFP à l\u2019égard du sérum antiglobulimne, le sérum anti- HFP devait s\u2019avérer pour nous un précieux instrument de travail au cours des expériences subséquentes.II.ÉTUDE DES PROPRIÉTÉS DE L\u2019ANTICORPS FROID HFP Cette étude a porté sur la recherche des caractères suivants : la thermo-résistance, l\u2019agglutination en milieu salin, l\u2019agglutination en Février 1958 Lavar MEbicaL 215 milieu albumineux, l\u2019agglutination des hématies trypsinisées, l\u2019action bloquante et le test de Coombs.MÉTHODE : Nous utilisons toujours des globules rouges du groupe O, Rh positifs.Dans les cas où le sérum complet est employé, les globules sont lavés après sensibilisation de façon à bien les débarrasser de toute trace d\u2019ag- glutinmne froide ainsi que des autres protéines sériques.1.Sensibilisation des globules rouges normaux par le sérum frais Des hématies sont lavées trois fois en soluté physiologique et remises en suspension à la concentration de deux pour cent.Une partie de cette suspension est mélangée à une égale partie de sérum HFP et le tout maintenu en contact pendant trente minutes à 4°C.et une heure à 37°C.Après ces deux phases de sensibilisation, les hématies sont lavées trois fois dans du soluté à 37°C.et remises en suspension à deux pour cent.Une égale quantité de sérum frais de cobaye dilué à 1:10 est ajoutée à la suspension et le mélange est portés à 4°C.pendant soixante minutes et à 37°C.pendant soixante minutes.Les globules sont ensuite centrifugés afin d\u2019observer l\u2019intensité de l\u2019hémolyse dans le liquide surnageant.Dans le cas des sérums chauffés à 56°C., la phase de sensibilisation à froid est prolongée d\u2019une heure supplémentaire.2.Préparation des éluats d\u2019anticorps incomplet L\u2019anticorps incomplet HFP est élué des globules rouges du malade par chauffage à 56°C.pendant cinq minutes.Deux cm3 de purée globulaire, mélangés à un égal volume de soluté physiologique, sont ainsi chauffés, centrifugés et le liquide surnageant recueilli et puis congelé Jusqu\u2019au moment de l\u2019emploi.3.Digestion tryptique des hématies Les hématies sont trypsinisées d\u2019après la méthode de Morton et Pickles (37).Un gramme de trypsine (Difco) est dilué dans 100 cm3 216 LavaL MÉDicaL Février 1958 d\u2019une solution d\u2019acide chlorhydrique N/20.Au moment de l\u2019emploi, un cm3 de cette solution est dilué dans neuf cm3 d\u2019une solution isotonique tamponée à pH 7,7 avec des sels de phosphate.A un cm3 de cette solution, 0,2 cm3 de purée globulaire est ajouté et le mélange placé au bain- marie à 37°C.pendant une heure.Les hématies trypsinisées sont ensuite lavées deux ou trois fois dans la solution saline et remises en suspension à deux pour cent.4.La solution d\u2019albumine La solution utilisée est de I\u2019albumine bovine (Armour) diluée à 20 pour cent et le sérum antiglobuline humain de Coombs est un sérum du commerce très actif sur les globules rouges sensibilisés par Ie sérum anti-D.TapLEaU Il Propriêtés de l\u2019anticorps incomplet froid HFP (Étudiées en présence de globules rouges normaux) G.R.G.R.NORMAUX NORMAUX HEMo- ANTI- ACTION ; Coomss EN SOLUTÉ EN LYSE HFP BLOQUANTE SALIN ALBUMINE Après sensibilisation par sérum fraiset lavage.\u2014 \u2014 (cy \u2014 \u2014 + \u2014 Après sensibilisation par le sérum chauffé à 56°C.pendant 5 min.(c\u201d) ® (c) \u2014 \u2014 (c) \u2014 56°C., pendant 30 min.(ce) \u2014 (ec) \u2014 \u2014 (e\u201d) \u2014 Éluat chauffé à 56°C.pendant 5 min à 56°C.pendant 30 min.(c) \u2014 \u2014 (c') \u2014 \u2014 +* (c\u201d) = Complément.RÉSULTATS : Le tableau II résume les résultats obtenus : on peut voir que les globules rouges normaux sensibilisés par le sérum HFP frais et débarras- rassés des agglutinines froides par lavages à 37°C.ne sont agglutinés ni en milieu salin, ni en milieu albumineux.Ils ne subissent pas, non plus, la Février 1958 Lavar MéÉpicaL 217 l[yse malgré l\u2019addition de complément et un séjour de deux heures a 4°Cet d\u2019une heure à 37°C.Les globules rouges ainsi sensibilisés ne sont pas agglutinés par le sérum de Coombs mais le sont fortement par notre sérum anti-HFP spécifique.Le sérum HFP complet, chauffé pendant cinq minutes seulement, perd la faculté de sensibiliser les hématies normales en dépit de l\u2019addition de complément, tel qu\u2019en témoigne la réaction négative à l\u2019antisérum HFP.L\u2019obtention à l\u2019état pur de l\u2019anticorps incomplet, par élution, démontre aussi que la neutralisation, par le chauffage, du pouvoir fixateur de cet anticorps sur les globules rouges normaux, est bien due à l\u2019altération de l\u2019anticorps incomplet et non pas à l\u2019intervention de substances inhibitrices présentes dans le sérum.Le sérum chauffé à 56°C.(tableau III) même pendant 30 minutes, conserve cependant la faculté de sensibiliser les hématies trypsinisées et TasLeau III Propriétés de l\u2019anticorps incomplet froid HFP (Étude sur les hématies trypsinisées) AGGLUTINA- HÉMOLYSE ANTI-HFP TION (ce) + (c) + (¢) \u2014 Sérum à 56°C.pendant 5 min .111240111101 00 00 (| + - - (| & + ) + ©) \u2014 56°C.pendant 30 min.{ \\ + - - ] { ©) \u2014 Eluat a 56°C.pendant Smin.1 + f (ec) \u2014 56°C.pendant 30 min .{ + | _ d\u2019en provoquer la lyse.Le complément est nécessaire a la lyse mais non pas à l\u2019agglutination.L'\u2019éluat contenant uniquement l\u2019anticorps incomplet, se fixe aussi sur les hématies trypsinisées.Dans ce cas, cepen- 218 Lavar.MÉDicAL Février 1958 dant, les globules rouges et l\u2019éluat doivent être gardés en présence pendant au moins deux heures à 4°C.pour obtenir une agglutination qui est réversible à 37°C.Cette dernière observation explique donc la réaction négative au sérum anti-HFP sur les globules rouges trypsinisés et sensibilisés avec le sérum complet par l\u2019élution de l\u2019anticorps au cours des lavages à 37°C.On remarque aussi que, contrairement au sérum complet, l\u2019éluat n\u2019est plus hémolytique sur les globules rouges trypsinisés malgré l\u2019adjonction de complément.Ajoutons enfin que cet anticorps incomplet est dépourvu d\u2019effet bloquant puisque nous n\u2019avons pas observé le moindre phénomène de zone au cours des titrages de la cryo- agglutinine et que le titre de ces agglutinines n\u2019est pas augmenté en milieu albumineux.Nous pouvons conclure qu\u2019un tel anticorps qui n\u2019est pas bloquant n\u2019agglutine pas en milieu albumineux et n\u2019est décelable que par le sérum anti-HFP et l\u2019agglutination des globules rouges trypsinisés doit se classer dans la catégorie des cryptagglutinoïdes ou plus exactement, à notre avis, parmi les anticorps de quatrième ordre de Witebski (33).III.ÉTUDE DU ROLE JOUÉ PAR L\u2019ANTICORPS INCOMPLET FROID DANS L\u2019HÉMOLYSE 1.Étude « in vitro » Comme nous l\u2019avons signalé plus haut, l\u2019expérience in vitro démontre bien que l\u2019anticorps incomplet purifié demeure incapable à lui seul de provoquer la lyse des érythrocytes, même trypsinisés.D\u2019autre part, le sérum HFP débarrassé de l\u2019anticorps imcomplet par absorption et désormais incapable de sensibiliser les globules rouges normaux, tel que démontré avec l\u2019antisérum HFP, n\u2019entraine pas la lyse des hématies normales, malgré un fort titre en cryo-agglutinines.A elles seules, ces deux notions seraient de nature à nous faire croire a la nécessité d\u2019une association de ces deux types d\u2019anticorps au phénomène d\u2019hémolyse.Cette hypothèse paraissait d\u2019autant plus vraisemblable que l\u2019addition de sérum frais de cobaye à des globules rouges normaux mélangés au sérum HFP provoque un certain degré d\u2019hémolyse.Pour essayer de Février 1958 Lavar MéDpicaL 219 préciser ce point, nous avons comparé l\u2019aptitude hémolytique des hématies du malade avec celle d\u2019hématies normales sensibilisées in vitro après addition de complément.MÉTHODE : Sensibilisation des bématies normales.Des hématies de groupe O sont mélangées à une égale quantité de sérum HFP dilué 4 1:8, prélevé depuis quelques heures et ayant un titre sensibilisant à 1:32.Après un contact de trente minutes à 4°C.et d\u2019une heure à 37°C.les globules sont lavés dans plusieurs volumes de soluté salin à 37°C.Les hématies du malade sont simplement lavées quatre fois dans un grand volume de soluté à la même température.Le sérum frais de cobaye est dilué à 1:10 (dilution à laquelle 1l n\u2019agglutine plus les globules rouges humains B) et ajouté à un égal volume de suspension globulaire à deux pour cent.Les mélanges sont placés au bain-marie à 37°C.pendant une heure et puis centrifugés.Deux tubes témoins contiennent les suspensions globulaires additionnées d\u2019une égale quantité de soluté isotonique, sans complément.TasLEaU IV Aptitude bémolytique des bématies sensibilisées « in vivo » et « in vitro » HÉMATIES HÉMOLYSE HFP + C'* 111111 LL LL LL AAA a aa aa + Globules normaux sensibilisés HFP + CC\u2019.\u2014 Globules normaux sensibilisés HFP.111111111101 \u2014 * C\u2019 = complément.RÉSULTATS : Nous constatons au tableau IV que seules les hématies du malade, c\u2019est-à-dire les hématies sensibilisées in vivo et débarrassées de toute trace 220 Lavar MÉpicaL Février 1958 d\u2019agglutinine froide sont hémolysées en présence de complément alors que les hématies sensibilisées in vitro même avec un sérum très frais demeurent intactes.Il ressort de ces dernières notions que l\u2019anticorps incomplet froid peut être seul responsable de l\u2019hémolyse des globules rouges normaux à condition toutefois que la sensibilisation des hématies soit effectuée in vivo.Ces observations nous ont donc incités à étudier chez le lapin le comportement des hématies HFP et des hématies normales sensibilisées in vitro ainsi que l\u2019action du sérum HFP sur les globules rouges de cet animal.2.Reproduction « in vivo » des phénomènes hémolytiques a) Injection intraveineuse de globules rouges HFP et de globules rouges normaux sensibilités par le sérum HFP : MÉTHODE : 1) Les globules rouges HFP prélevés le jour même de l\u2019expérience, sont lavés quatre fois en soluté physiologique à 37°C., remis en suspension dans dix cm3 de soluté de façon à donner une suspension à 20 pour cent, et injectés à un lapin par voie intraveineuse.11) Un deuxième lapin de même poids reçoit, par la même voie, dix cm* d\u2019une suspension de globules rouges O à 20 pour cent préalablement sensibilisés par du sérum HFP très frais et lavés quatre fois dans un grand volume de soluté physiologique à 37°C.it) Deux autres lapins reçoivent respectivement dix cm3 de suspension d\u2019hématies normales non sensibilisées, l\u2019un de groupe B et l\u2019autre de groupe O.Ces deux animaux témoins doivent servir à déceler toute hémolyse imputable à des hétéro-agglutinines naturelles anti- humaines.111) Enfin, comme deuxième mesure de précaution, le sérum de tous ces animaux est examiné pour la recherche des agglutinines anti- humaines avant l\u2019injection des suspensions d\u2019hématies.Dans tous les cas les recherches sont négatives. Février 1958 LavAL MéÉpicaL 221 v) Après l\u2019injection, les animaux sont immédiatement placés à \u2014 2°C.pendant trente minutes, ramenés ensuite à la température du laboratoire pour une autre demi-heure et, enfin, cathétérisés pour la recherche de l\u2019hémoglobine dans les urines.TABLEAU V Reproduction de l\u2019hémolyse chez le lapin par l\u2019injection d\u2019hématies sensibilisées et lavées URINES HÉMATEST PLASMA Globules rouge HFP .viii.Brunâtres +++ Rosé Globules rouge O sensibilisés sn vitro .Brunâtres +++ Rosé Globules rouges Bnormaux .Normales \u2014 Nurmal Globules rouges O normaux .1212220111 LL aan Normales \u2014 Normal RÉSULTATS : Nous constatons (tableau V) que les deux lapins qui ont reçu des hématies sensibilisées in vivo et in vitro ont également hémolysé ces globules chargés uniquement de l\u2019anticorps incomplet en dépit de l\u2019absence totale d\u2019agglutinines antihumaines chez ces animaux.L\u2019hémolyse, qui nous est révélée par la présence d\u2019hémoglobine dans les urines, n\u2019appa- rait pas chez les animaux témoins injectés avec des globules rouges normaux, qu\u2019ils soient du groupe O ou du groupe B.On remarque aussi que les hématies de groupe O sensibilisées in vitro subissent une lyse aussi intense que les hématies de groupe B sensibilisées in vivo, ce qui élimine donc l\u2019hypothèse d\u2019une plus grande affrnité de l\u2019anticorps pour les érythrocytes du groupe B.Par ailleurs, cette expérience confirme la première partie de notre hypothèse à savoir que la cryptagglutinoïde froide suffrrait à elle seule à provoquer l\u2019hémolyse des hématies normales (non trypsinisées).Cependant, si la sensibilisation in vivo est nécessaire à la lyse in vitro par l\u2019anticorps incomplet seul, cette condition n\u2019est pas indispensable à la lyse in vivo. 222 LAavaL MÉDicaL Février 1958 b) Reproduction « in vivo » des phénomènes bémolytiques par injection intraveineuse de sérum HFP : MÉTHODE : L'expérience comprend sept lapins dont six reçoivent quatre cm3 de sérum par voie intraveineuse dans les conditions suivantes : Lapin 1.Sérum frais HFP (hémoglobinurie froide paroxystique) ; Lapin 2.Sérum HFP frais préalablement réchauffé à 37°C.; Lapin 3.Sérum HFP inactivé à 56°C.pendant trente minutes ; Papin 4.Plasma HFP prélevé en présence d\u2019héparine ; Lapin 5.Sérum normal provenant d\u2019un sujet de même groupe que le malade ; Lapin 6.Sérum normal de même groupe inactivé à 56°C.pendant trente minutes ; Lapin 7.Ce lapin, qui doit servir de témoin au cours des séances de refroidissement, ne reçoit rien du tout.À l\u2019exception de l\u2019animal n° 2, tous les animaux sont exposés au froid, à une température de 0°C.à 5°C., pendant une demi-heure.L'exposition à basse température, effectuée en hiver, est accompagnée de frictions des oreilles avec de la neige.Les animaux sont ensuite ramenés à la température du laboratoire et examinés trente minutes après la fin de la séance de refroidissement.Le lapin n° 2 destiné à véri- frer la nécessité du refroidissement au cours du processus pathologique est maintenu à 29°C.pendant toute la durée de l\u2019expérience.Notons ic: qu\u2019afin d\u2019éliminer toute cause d\u2019erreur imputable au froid, nous avons la précaution de réchauffer le sérum, ainsi que la seringue et l\u2019aiguille avant de pratiquer l'injection intraveineuse.Cet animal est examiné trente minutes après l\u2019injection du sérum.EXAMEN DES ANIMAUX : Avant l\u2019injection d\u2019épreuve, tous les animaux subissent un examen de contrôle qui consiste en un cathétérisme de la vessie et un hémato- crite.Pour ce dernier examen, nous utilisons la microméthode de Van Alen et le sang est prélevé à la veine marginale de l\u2019oreille, après section de la veine au moyen d\u2019un bistouri.Après l\u2019injection du sérum, nous ajoutons à ces deux examens l\u2019examen du plasma sanguin prélevé par ponction cardiaque. Reproduction des phénomènes bémolytiques chez le lapin avec le sérum HFP TasLEAU VI yz AVANT L\u2019ÉPREUVE APRÈS L\u2019ÉPREUVE ; Teme.Lapins SERUM D\u2019EPREUVE PLASMA Urines Hémat.Urines Hémat.HFP 2°C.Normal 43 Rouge vin 28 Rouge vin (frais) PS HFP 29°C.Normal 39 Rouge vin 41 Rouge vin (37°C) 3 HFP 5°C.Normal 52 Normal 32 Normal 56°C.) CE Plasma 3°C.Normal 42 Rouge vin 36 Rouge orangé HFP BL LL LL Normal 2°C.Normal 43 Normal 35 Normal CH Normal 5°C.Normal 42 Normal 29 Normal 56°C.) 7.Nil 2°C.Normal 42 Normal 46 Normal 856] 1911A3 TVOIAQI TVAYT ECC LavaL.MÉDpicaL Fevrier 1938 RÉSULTATS : Le tableau VI résume cette expérience qui est reprise une seconde fois avec des résultats identiques.On constate donc que le sérum HFP frais, injecté à la dose de quatre cm* seulement, provoque chez le lapin, comme chez l\u2019être humain, une destruction rapide et brutale des hématies ainsi qu\u2019en témoignent l\u2019hémoglobinurie et la coloration rouge vin du plasma.L\u2019injection d\u2019une égale quantité de sérum humain provenant d\u2019un sujet de même groupe sanguin et assez riche en hétéro-agglutinines naturelles antilapin n\u2019entraîne pas la destruction des hématies du lapin.L\u2019hémolyse ne peut donc être attribuable à ces agglutinines d\u2019autant plus que, comme nous le verrons plus loin, le sérum HFP chauffé à 56°C.pendant trente minutes devient mactif alors que les hétéro-agglutinines ne sont pas touchées par cette température.II ne peut s\u2019agir non plus d\u2019anticorps du type Forssman étant donné que les globules rouges du lapin ne possèdent pas cet antigène.Mais, contrairement à ce qu\u2019on observe chez l\u2019humain, le refroidissement n\u2019est pas nécessaire à la Iyse des globules rouges du lapin.L\u2019animal n° 2 qui est maintenu à 29°C.durant toute la durée de l\u2019expérience fournit des signes d\u2019hémolyse aussi intenses que l\u2019animal soumis au froid.L\u2019inaptitude du sérum HFP, mactivé à 56°C.pendant 30 minutes, à provoquer l\u2019hémolyse n\u2019est certainement pas due à la destruction de l\u2019alexine, étant donné que cette perte est amplement compensée par l\u2019alexine présente dans le plasme du lapin.L\u2019hémoglobinurie observée chez le lapin ayant reçu du plasma HFP démontre bien que l\u2019inactivation du plasma par l\u2019héparine est plutôt l\u2019effet d\u2019un bloquage que d\u2019une destruction de l\u2019anticorps.La réaction serait rendue possible in vivo par la dilution de l\u2019anticoagulant dans la circulation.Le fait que le chauffage prive le sérum HFP de ses propriétés Iyti- ques in vivo, malgre la persistance de la cryoagglutinine qui est thermostable, nous incite, une fois de plus, à considérer la cryptagglutinoïde comme étant la substance thermolabile responsable de l\u2019hémolyse.Nous ne tenons pas compte des chiffres fournis par l\u2019hématocrite dans l\u2019interprétation de nos résultats en raison des facteurs d\u2019erreur que comporte cette méthode.On remarque, par exemple, que dans le cas du lapin n° 2, nous assistons à une légère augmentation de l\u2019hématocrite Février 1958 LavaL.MÉDICAL 225 et non pas à une chute comme dans le cas du lapin n° 1, alors que ces deux animaux ont donné des signes d\u2019hémolyse identiques.D\u2019autre part, chez le lapin n° 3 qui a reçu du sérum inactivé et n\u2019a présenté aucune hémoglobinurie, nous observons une chute de l\u2019hématocrite de 20.Nous observons aussi une augmentation chez l\u2019animal qui reçut le même sérum mactivé.Les résultats obtenus chez le lapin avec le sérum HFP nous incite à étendre cette expérience à d\u2019autres animaux de plus petite taille.Malheureusement, nous devons abandonner ce projet étant donné que la seule méthode d'investigation possible dans ces cas est l\u2019étude de l\u2019hématocrite par la micro-méthode.Les autres moyens étant traumatisants risquent d\u2019invalider nos observations.Quant aux animaux de plus forte taille, 11 n\u2019en est pas question parce que cela nécessiterait de trop fortes quantités de sérum.Nous limitons donc l\u2019étude de l\u2019anticorps incomplet HFP sur les hématies de ces animaux à des épreuves in vitro.III.ETUDE DE LA SPÉCIFICITÉ DE L\u2019ANTICORPS INCOMPLET FROID 1.Essais de sensibilisation de globules rouges de provenance animale PRINCIPE : Des essais préliminaires effectués sur des globules rouges de mouton, lapin, cobaye, bœuf, rat, souris et poule, ayant révélé la présence dans le sérum HFP d\u2019hétéro-agglutinines naturelles actives à 37°C.sur la plupart de ces hématies, la méthode de sensibilisation directe ne peut être utilisée.Et comme dans presque tous les cas, le titre en hétéro- agglutinines est supérieur au titre sensibilisant, 1] est impossible d\u2019obvier à cet inconvénient en diluant le sérum.Il ne peut être question, non plus, d\u2019utiliser des éluats d\u2019anticorps incomplet vu l\u2019inaptitude de cet anticorps à se fixer sur les globules rouges normaux même en présence de complément.Ces difficultés sont contournées en procédant de façon indirecte, c\u2019est-à-dire par absorption du sérum HFP sur les différents types d\u2019hématies pour ensuite apprécier son pouvoir sensibilisant sur les globules rouges humains de groupe O. 226 Lavar MÉDicaL Février 1958 TECHNIQUE : a) Titrage du pouvoir sensibilisant du sérum HFP : Le sérum est dilué de 1: 4 à 1:128 dans le soluté physiologique et chaque dilution est mélangée à un égal volume d\u2019une suspension à deux pour cent de globules rouges humains ORh positifs.Les mélanges sont laissés en contact pendant deux heures (une heure à 4°C.et une heure à 37°C.) après quoi les globules sont lavés quatre fois en eau physiologique a 37°C.et remis en présence du sérum de lapin anti-HFP spécifique.Les résultats obtenus se lisent ainsi : 1:4 1:8 1:16 1: 32 1: 64 1:128 4 4 3 1 \u2014 \u2014 Afin de rendre plus évidente la fixation de l\u2019anticorps incomplet sur les globules rouges d\u2019animaux, nous utilisons le sérum dilué a 1:4.Aussi, en travaillant avec un sérum assez concentré nous évitons de prendre pour de l\u2019absorption ce qui pourrait être le résultat de la dilution du sérum au cours des manipulations.b) Absorption du sérum HFP par les globules rouges d\u2019animaux : Des globules rouges de mouton, lapin, bœuf, cobaye, rat, souris et poule sont lavés de façon à faire disparaître toute trace de sérum et finalement ramenés à 0,4 cm3 de purée dans des tubes à centrifuger coniques.Chaque purée est additionnée d\u2019un égal volume de sérum dilué à 1:4.Ayant remarqué que le sérum HFP hémolyse les hématies du lapin maintenu à 29°C.au même titre que celles du lapin soumis au froid, nous préparons deux séries identiques dont une est placée à 37°C.pendant 60 minutes et l\u2019autre à 4°C.pendant 60 minutes et puis à 37°C.pendant encore 60 minutes.Le premier témoin consiste en un mélange de globules rouges ORh positifs et de sérum HFP, alors que le deuxième est simplement une dilution de sérum HFP en soluté physiologique soumise aux températures d\u2019absorption.Cette précaution devrait nous permettre d\u2019apprécier tout affaiblissement possible du sérum HFP qui serait indépendant des phénomènes d\u2019absorption.Une fois l\u2019absorption terminée, les mélanges sont centrifugés pendant 15 minutes à 1 500 tours par minute et les liquides surnageants récupérés. qu os qi pel anis Février 1958 Lavar MÉDicaL 227 c) Sensibilisation de globules rouges bumains ORb positifs par les liquides surna- geants : Chaque liquide surnageant est mélangé à une égale quantité de globules rouges humains ORh positifs en suspension à deux pour cent et les mélanges sont portés à la glacière à 4°C., pendant soixante minutes et puis à 37°C.pendant une autre heure.Les deux phases de sensibilisation terminées, les globules sont lavés trois fois en soluté isotonique à 37°C., remis en suspension à deux pour cent et additionnés de sérum de lapin ant1-HFP spécifique.d) Détermination de la sensibilisation à l\u2019aide du sérum anti-HFP : Un seul tube est utilisé pour chaque suspension globulaire.A deux gouttes (pipette Pasteur) de suspension globulaire nous ajoutons deux gouttes de sérum anti-HFP.Les mélanges sont laissés à la température TaApLEAU VII Pouvoir sensibilisant du sérum HFP éprouvé sur les bématies bumaines, après absorption par les bématies animales TEMPERATURE D\u2019 ADSORPTION HÉMATIES 37°C.4°C.et 37°C.Humamm O.++ 44+ \u2014 Beeuf.a sea ea a eee ++++ \u2014 MoOUtON.Lotte aa a aa ee ++++ \u2014 Lapin.aa a \u2014 \u2014 Cobaye.a aan ea nn \u2014 \u2014 Rat.o.oo + +++ ++++ Souris.202010 LL LL L LL aan ++++ ++++ } 11 ++++ ++++ Sérum 4.LL La Le ea ae ea aa as eee ++++ ++++ 228 Lava\u2026 MÉDicaL Février 1958 du laboratoire pendant vingt minutes, centrifugés à 1 000 tours par minute pendant une minute et observés pour la recherche de l\u2019agglutination.RÉSULTATS : Les signes + (tableau VIT) indiquent que le sérum HFP a conservé son pouvoir sensibilisant, alors que les signes \u2014 signifient qu\u2019il l\u2019a perdu.Autrement dit, au cours de la sensibilisation de première instance, certains globules rouges n\u2019ont pas fixé l\u2019anticorps incomplet froid, le laissant libre de venir sensibiliser les globules rouges humains, alors que d\u2019autres l\u2019ont fixé.On constate donc que l\u2019anticorps incomplet présent dans le sérum HFP n\u2019est pas dirigé spécifiquement contre les globules rouges humains et que, au contraire, il se fixe sur les hématies des différentes espèces animales, notamment : le mouton, le lapin, le cobaye et le bœuf.Il est sans action sur les globules rouges de rat, souris et poule.De plus, une constatation qui ne manque pas d\u2019intérêt, la phase de sensibilisation à 4°C., nécessaire dans le cas des globules humains, de bœuf et de mouton, n\u2019est pas indispensable à la fixation de l\u2019anticorps sur les globules de lapin et de cobaye.Cette épreuve confirme donc ce que nous avions observé in vivo chez le lapin.En 1948, Morgan et Watkins (36) 1isolèrent des globules rouges humains du groupe O un antigéne qu\u2019ils appelérent substance H.Cette substance se retrouvait aussi dans les globules A, B et AB mais en moins grande quantité.Selon ces auteurs, les hétéro-agglutinines présentes dans le sérum de bœuf normal et actives sur les globules rouges humains O seraient des agglutinines anti-H et non pas anti-O.Récemment, Crawford, Cutbush et Mollison (11) afffrmaient que l\u2019anticorps froid incomplet présent dans tous les sérums normaux avait la spécificité de cet antigène H de Morgan et Watkins.II nous semblait donc peu concevable que l\u2019anticorps incomplet HFP à l\u2019instar de l\u2019agglutinoïde froide normale soit dirigé spécifiquement contre l\u2019antigène H, à moins que cette substance ne se retrouve à la fois dans les hématies du bœuf, du lapin, du mouton et du cobaye.Afin de nous en convaincre, nous eümes l\u2019idée de rechercher cet antigène dans ces différents types de globules rouges en absorbant les agglutinines anti- TL LH ee (sh TapLEaUu VIII Essai d\u2019absorption des agglutinines de bœuf antibumaines par les bématies de lapin, mouton et cobaye 1:1 1:2 1:4 1:8 1:16 1:32 1:64 1: 128 :256 Avant absorption.++++ ++H4 +++4 +444 +++ ++ + + - Après absorption par : Globules rouges de boeuf.++++ +#+++ ++++ ++++ +++ +++ ++ + - Globules rouges de 1apini.++++ ++++ ++++ ++++ +++ +++ +++ ++ - Globules rouges de cobaye.++++ ++++ ++++ +++4 +++ +++ +++ ++ - Globules rouges de mouton.++++ ++++ ++++ FEE AEE HEE ++ |- - 856] 1911491 TVOICAJN TVAYT 6CC 230 LavaL MEpicaL Février 1958 humaines O présentes dans le sérum de bœuf, par ces mêmes globules rouges.MÉTHODE : Un sérum de bœuf, doué d\u2019un pouvoir agglutinant sur les globules rouges humains O de 1:128, est inactivé à 56°C.pendant trente minutes.A 0,5 cm3 de ce sérum est ajouté 0,5cm3 de purée globulaire concentrée.Les mélanges sont laissés à la température du laboratoire pendant trente minutes et puis centrifugés.Les liquides surnageants sont alors récupérés et titrés en présence d\u2019hématies O Rh positifs en suspension à un pour cent.Les tubes d\u2019épreuve sont placés à la température du laboratoire pendant trente minutes, centrifugés à 1 000 tours à la minute pendant une minute et examinés pour la recherche de l\u2019agglutination.Témoins.Afin d\u2019apprécier toute diminution dans le titre agglutinant imputable à la dilution du sérum par le liquide contenu dans la purée, le sérum est mélangé à un égal volume de purée de globule de bœuf et titré parallèlement aux autres liquides surnageants.RÉSULTATS : Il ne semble pas, d\u2019après cette expérience (tableau VIII), si le sérum de bœuf contient réellement des agglutinines anti-H, que les globules de bœuf, de mouton, de lapin et de cobaye possèdent cet antigène, étant donné que Ie sérum de bœuf absorbé par ces globules rouges conserve entièrement son pouvoir agglutinant à l\u2019égard des hématies humaines ORh positives.Ces résultats n\u2019infirment toutefois pas l\u2019idée d\u2019une affinité de l\u2019anticorps HFP pour la substance H, mais démontrent bien Ie peu de spécificité de cet anticorps.Encouragé par ces résultats et la notion mise en évidence par Lambert (31) et par Morgan et Watkins (36), à savoir que le Shigella dysenteriæ possède aussi l\u2019antigène H présent dans les globules rouges humains O, nous avons décidé de rechercher l\u2019affinité de cet anticorps à l\u2019égard du bacille de Shiga.Mais, en partant du point de vue qu\u2019une infection, même inapparente, aurait pu être à l\u2019origine de tels anticorps, et que, d\u2019autre part, l\u2019infection à bacille de Shiga est extrêmement rare dans notre pays, nous avons jugé à propos d\u2019étendre cette étude aux microbes commensaux de l\u2019homme.rnin bomen Février 1958 Lavar MEbpicaL 231 IV.ÉTUDE DE LA SPÉCIFICITÉ DE L\u2019ANTICORPS INCOMPLET HFP A L\u2019ÉGARD DES BACTÉRIES PRINCIPE DE LA MÉTHODE : Il s\u2019agit ici de procéder suivant la même méthode que nous avons utilisée avec les globules rouges d\u2019animaux.La technique consiste à mélanger le sérum HFP sur différentes suspensions bactériennes.Après un temps jugé suffisant, les mélanges sont centrifugés et les liquides surnageants sont remis en présence de globules rouges humains afin d'apprécier leur pouvoir sensibilisant.TECHNIQUE : a) Bactéries utilisées : Nous ajoutons au Shigella dvsenteriæ les microbes suivants : Staphy- loccus aureus, Streptococcus bemolyticus, Streptococcus viridans, Streptococcus faecalis, Neisseria catarrhalis, Escherichia coli, Proteus vulgaris, Diplococcus pneumonia, type I, et le Candida albicans.Toutes ces bactéries, à \"exception du Candida albicans, sont cultivées en bouillon- cervelle (Difco) additionné de sérum de boeuf.Le Candida albicans est cultivé sur milieu de Sabouraud.Les cultures sont maintenues à l\u2019étuve à 37°C.pendant 48 heures, après quoi elles sont centrifugées à haute vitesse de façon à donner des suspensions épaisses.Les suspensions sont ensuite stérilisées à 63°C.pendant une heure.b) Absorption du sérum par les suspensions bactériennes : Le sérum HFP, titré immédiatement avant l\u2019expérience, et ayant x un pouvoir sensibilisant de 1 à 1:32 \u20141:64, est réparti à raison de 0,1 cm3 dans une série de tubes coniques à centrifuger.Chaque tube reçoit 0.3 cm3 d\u2019une des suspensions bactériennes, donnant ainsi une dilution du sérum n\u2019excédant pas 1:4.Les mélanges sont placés à +°C.pendant une heure et puis à 37°C.pendant une autre heure.La deuxième phase d\u2019absorption terminée, les mélanges sont centrifugés à grande vitesse pendant trente minutes et les liquides surnageants récupérés.c) Le titrage des liquides surnageants : La recherche de l\u2019absorption ou de la non-absorption par l\u2019appréciation du pouvoir sensibilisant est faite exactement de la même façon que dans le cas des globules rouges. 232 Lavar MÉDicaL Février 1958 RÉSULTATS : Après un premier essai, tous les échantillons de sérum absorbés perdent leur pouvoir sensibilisant pour les hématies humaines, témoignant ainsi que l\u2019anticorps incomplet HFP peut se fixer sur toutes les bactéries étudiées.Devant des résultats aussi mattendus, nous revisons notre technique pour nous apercevoir que nos milieux de culture ainsi que le sérum de bœuf inactivent le pouvoir sensibilisant de notre sérum.L\u2019expérience est reprise une seconde fois, mais avec des suspensions bactériennes lavées trois fois dans un grand volume d\u2019eau physiologique.Afin d\u2019élimimner toute possibilité d\u2019absorption ou d\u2019inactivation par des produits solubles présents dans les liquides de suspension, des témoins comprenant du sérum et des liquides surnageants sont ajoutés.Comme autres témoins, nous ajoutons au sérum HFP du sérum de bœuf à un pour cent dans un tube et dans un autre, du bouillon-cervelle à un pour cent de manière à obtenir une dilution finale à 1: 4 du sérum HFP.En dépit de toutes ces précautions, les résultats obtenus après cette deuxième tentative sont en tous points superposables aux premiers, ainsi qu\u2019on peut le voir au tableau IX.Dans tous les cas, le sérum perd son pouvoir sensibilisant alors que les agglutinines froides sont respectées.Ces résultats nous paraissant toujours quelque peu invraisemblables, nous nous demandons si réellement l\u2019anticorps incomplet se fixe sur les bactéries ou bien s\u2019il se fixe sur des protéines provenant des milieux de cultures et absorbées sur les bactéries.Bien que cette dernière explication nous ait semblé peu probable, en raison du fait que le Candida albicans cultivé sur le milieu de Sabouraud ! prive aussi le sérum de l\u2019anticorps incomplet, nous essayons de vérifier cette hypothèse en absorbant le sérum avec des bactéries cultivées sur gélose nutritive ordinaire.Cinq suspensions sont préparées à partir de bactéries facilement cultivables sur ce milieu, c\u2019est-à-dire : Shigella dysenteriæ, Escherichia coli, Proteus vulgaris, Staphylococcus aureus et Neisseria catarrhalis ; dans chaque cas, le sérum HFP est complètement privé de l\u2019anticorps incomplet comme dans les deux premiers essais (tableau IX).En guise de corollaire à ces résultats, nous tentons alors de retracer la présence de l\u2019anticorps sur les bactéries par l\u2019agglutination des sus- 1.Le milieu de Sabouraud, formé d\u2019agar-agar et de maltose ne contient pas de protéines. Février 1958 Lavar MÉDICAL 233 TasLEAU IX Absorption de l\u2019anticorps incomplet HFP par les bactéries - as SUSPENSIONS BACTERIENNES NON-LAVEES LAVÉES SUR GÉLOSE : Shigella dysenteriae .a + + + Escherichia coli.0000 ses ea 0e ee ee ess sans 0 0000000 + + Proteus vulgaris 1020 as a sa aa sa sa a aa a aa as aa 000 0 + + + Staphylococcus aureus.102200 a a aa a een an ea ane à + + + Streptococcus hemolylicus.12000000 aa anses aan e 0 + + Streptococcus viridans.10000204 e sa aa ana eee es + + Streplococcus fæcalis .oo iii a a ea na ea nue ses ee» + + Neisseria catarrhalis LL.1101 Lea sa Lea aa aa a anne» + + + Diplococcus pneumoniæ .2.210 a aa aa sea aan ann» + + Candida elbicans 1.001020 ess sa ea as ae nee casa 0 0 + + + LIQUIDES SURNAGEANTS Escherichia colt.1122042024 e eee se a ee aa 0e» Cees - Proteus vulgaris.cuit ee 0 eee aa ane Cees \u2014 Neisseria catarrhalis.iin.Cees - Streplococeus faecalis.oie ee Cee.\u2014 Bouillon-cervelle, 1 pourcent.ce \u2014 Sérum beeuf, l pourcent.ce \u2014 pensions ayant servi à l\u2019absorption au moyen du sérum anti-HFP.Cette épreuve est négative en dépit d\u2019un séjour de douze heures à 37°C.des mélanges bactéries sensibilisées - sérum anti-HFP.Sachant, par ailleurs, que l\u2019anticorps incompletéluë des globules rouges conserve la faculté d\u2019agglutiner les hématies trypsinisées, nous essayons en dernier ressort de vérifier l\u2019absorption sur les bactéries en éluant l\u2019anticorps fixé sur ces dernières par un chauffage à 56°C.pour ensuite remettre l\u2019éluat en présence d\u2019hématies trypsinisées. 234 Lavar MÉDicaL Février 1958 TECHNIQUE : a) Le sérum HFP est réparti dans une série de tubes coniques a centrifuger à raison de 0,1 cm3 par tube.Chaque tube reçoit 0,2 cm3 d\u2019une des suspensions bactériennes et les mélanges sont placés à 4°C, pendant une heure et puis à 37°C.pendant une autre heure.Les deux phases d'absorption terminées, les mélanges sont centrifugés a grande vitesse et les liquides surnageants mis de côté.(Ces liquides doivent nous servir à contrôler l\u2019absorption de l\u2019anticorps par le titrage de leur pouvoir sensibilisant.) Les suspensions bactériennes sont ensuite lavées deux fois dans du soluté isotonique à 37°C.et ramenées à 0,2 cm3.Après chauffage à 56°C.pendant cinq minutes et au cours duquel les mélanges sont soumis à une agitation constante, les bactéries sont centrifugées à grande vitesse et les liquides surnageants (éluats) récupérés.b) Chaque éluat est additionné de quelques gouttes (à la pipette Pasteur) d\u2019une suspension de globules rouges trypsinisés à deux pour cent.Les mélanges sont placés à 4°C.et examinés macroscopiquement et microscopiquement après quatre heures et douze heures.RÉSULTAT : Cette première expérience, dans laquelle le sérum est mélangé à la suspension bactérienne dans la proportion de un pour deux et où la durée du chauffage destiné à réaliser l\u2019élution n\u2019est que de cinq minutes, ne nous permet pas de retracer la présence de l\u2019anticorps incomplet dans l\u2019éluat.Aucun des éluats ne provoque l\u2019agglutination des hématies trypsinisées (première colonne, tableau X).L\u2019épreuve est alors reprise avec six suspensions bactériennes.Mais, cette fois, le sérum est mélangé aux bactéries dans la proportion de un pour un et la durée du chauffage est portée à dix minutes.On remarque dans la deuxième colonne du tableau X que trois bactéries sur six éluent suffrsamment d\u2019anticorps pour agglutiner les hématies trypsinisées, ce sont : l\u2019Escherichia coli, le Neisseria catarrhalis et le Candida albicans.Ce succès partiel nous porte à croire que l\u2019élution par le chauffage n\u2019est possible qu\u2019à la condition que la bactérie soit chargée d\u2019un excès d\u2019anticorps ainsi qu\u2019il en est des hématies HFP.De nouvelles suspensions moins concentrées sont préparées et mélangées éu'sérum HFP (titrant 1: 64) dans la proportion de un pour deux.Cette fois, l\u2019épreuve doit comprendre un tube-témoin dans lequel TABLEAU X Elution de l\u2019anticorps incomplet après adsorntion sur les bactéries I IT 111 Vv ÉLUATS Éluats 5 min.Éluats 10 min.Éluats 10 min.Éluats 10 min.3 1 pour 2.1 pour I.1 pour 2.Surn.Ÿ 2 pour I.Surn, Ÿ Shigella dysenterize.\u2014 + * \u2014 \u2014 SE Escherichia coli.\u2014 + + * \u2014 \u2014 Proteus vulgaris.122222 210 sa na ee + * \u2014 \u2014 Staphyloccus aureus.\u2014 \u2014 _ \u2014 _ \u2014 Streptococcus hemolylicus.= + * \u2014 \u2014 \u2014 Streptococcus viridans.\u2014 \u2014 \u2014 _ \u2014 Streplococcus faecalis.\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014_ _\u2014 Neisseria catarrhalis.\u2014 + ee \u2014 \u2014_ \u2014 + Diplococcus pneumoniæ 1.\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Candida albicans.\u2014 + \u2014 \u2014 + Globules rouges humains O.+ * \u2014 \u2014 ++ * Agglutination visible au microscope seulement.+ Sérum sensibilisant à + + à 1: 32 et + à 1:64.8C6I 191143 TVOICH]N TYAYT SET 236 Lavar MEbpicaL Février 1958 le sérum est mélangé à une suspension de globules rouges humains.On remarque dans la troisième colonne que le chauffage des suspensions de Shigella dysenteriæ, d\u2019Escherichia coli, de Proteus vulgaris, de Streptococcus bemolyticus ainsi que la suspension globulaire ne fournissent que des éluats donnant une agglutination microscopiquement appréciable.Les autres éluats demeurent inactifs malgré la disparition complète de la cryptagglutinoïde du sérum surnageant après absorption.Reprise dans les mêmes conditions, cette épreuve donne des résultats différents en ce sens que seul l\u2019éluat obtenu du Shigella dysenteriæ se montre agglutinant alors que l\u2019éluat des globules rouges est inactif.Cette expérience est reprise une cinquième et dernière fois en mélangeant le sérum HFP aux suspensions bactériennes dans la proportion deux pour 1, soit 0,4 cm3 de sérum pour 0,2 cm?de suspension.La suspension globulaire témoin est à deux pour cent.Malgré l\u2019excès d\u2019anticorps mis en œuvre (ainsi qu\u2019en témoignent quelques surnageants) les résultats obtenus dans cette dernière tentative sont analogues aux premiers.Ici, seul l\u2019éluat du Candida albicans agglutine légèrement les hématies trypsi- nisées à l\u2019examen macroscopique.Comme ces expériences Infructueuses ne peuvent être invoquées pour nier la fixation de la cryptagglutinoïde sur toutes les bactéries étudiées, nous nous demandons si la fixation de l\u2019anticorps HFP sur les bactéries possède un caractère de spécificité ou s\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un simple phénomène d\u2019adsorption indépendant de toute réaction antigène- anticorps.Cette dernière hypothèse nous semble d\u2019autant plus plausible que la méthode d\u2019élution utilisée avec les globules rouges s\u2019avère presque toujours inopérante sur les bactéries.Pour essayer de définir ce point, nous tentons d\u2019adsorber la cryptag- glutinoïde sur une substance minérale inerte telle que le kaolin.Le sérum est alors mélangé à un égal volume d\u2019une solution concentrée de kaolin et placé à 4°C.pendant trente mmnutes et à 37°C.pendant une heure.Après ce temps, le mélange est centrifugé et le liquide surnageant récupéré pour la recherche de la cryptagglutinoïde suivant Ia méthode habituelle.Nous nous apercevons alors que l\u2019addition de kaolin prive complètement le sérum HFP de la cryptagglutinoïde.Cette constatation explique donc dans une certaine mesure les résultats obtenus avec Février 1958 Lavar MÉDpicaL 237 les bactéries.Si l\u2019anticorps incomplet HFP peut s\u2019adsorber sur une substance minérale, on peut facilement admettre que la fixation sur les bactéries, sans distinction de la parenté antigénique, soit le résultat d\u2019un simple phénomène d\u2019adsorption.V, ÉTUDE DE LA NATURE DE L\u2019ANTICORPS INCOMPLET FROID HFP 1.Étude par la méthode de précipitation en milieu gélifié PRINCIPE : La méthode de précipitation par diffusion double en milieu gélifié, décrite par Ouchterlony (38) consiste à faire diffuser un antigène et un mmun-sérum dans une plaque de gel après les avoir déposés dans des réservoirs découpés dans la gélose et séparés l\u2019un de l\u2019autre d\u2019environ un centimètre.Si l\u2019immun-sérum contient un anticorps correspondant à l\u2019antigène, 1l se produit un trait de précipitation dans l\u2019intérieur de la gélose (entre les deux réservoirs) au point de rencontre de l\u2019anticorps et de l\u2019antigène.La réaction de plusieurs solutions d\u2019antigènes diffusant à partir de plusieurs réservoirs en direction d\u2019un même immun-sérum constitue le moyen d\u2019identification le plus employé.Lorsque deux antigènes sont identiques (les deux réservoirs qui les contiennent étant séparés par une certaine distance), ils forment des zones de précipitation qui, après un certain temps, s\u2019infléchissent par leurs extrémités pour devenir coalescentes.Au contraire, si deux antigènes distincts diffusent à partir de deux réservoirs, on n\u2019observe pas de coalescence.Si deux antigènes donnent, l\u2019un, une réaction homologue, l\u2019autre, une réaction hétérologue avec l\u2019immun-sérum, la coalescence des zones ne sera que partielle.TECHNIQUE : Préparation de la gélose : Nous procédons suivant la méthode proposée par Bjorklund (1) laquelle est une variante de la méthode d\u2019Ouchterlony.Mais, au lieu d\u2019employer l\u2019agar-agar ordinaire nous employons l\u2019agar-agar spéciale de Difco, ce qui nous exempte de Ia purifier.Le milieu gélosé comprenait donc : Agar-agar spéciale.15 g Eau distillée .1 000 cm3 238 Lavar MeEpicaL Février 1958 CINa.0g Méthyl orange.3: 100 000 Merthiolate.1: 10000 Le pH du milieu est ensuite ajusté à 7,0-7,2 avec de la soude à un pour cent.Après quoi la gélose est filtrée à chaud sur entonnoir Buchner avec succion, ramenée à 50°C.et coulée en boîte de Pêtri sur une épaisseur de trois mm.Le fond de la boîte est préalablement recouvert d\u2019une mince couche de gélose à un pour cent qu\u2019on laisse sécher à 37°C.pendant 24 heures.Aprés solidification, les boites sont placées à la glacière et utilisées le lendemain.Au moment de l\u2019emploi, des cuves d\u2019un em?sont pratiquées dans la gélose au moyen d\u2019un emporte-pièce.Toutes les cuves sont espacées les unes des autres de un cm.Première épreuve.Dans une première épreuve, nous faisons réagir un sérum de lapin antihumain avec le sérum HFP-G, un sérum anti-Rh du commerce, le sérum HFP-L et un sérum normal.La cuve centrale contenant l\u2019immun-sérum antihumain ainsi que les cuves contenant les sérums antigènes sont chargées deux fois à 24 heures d\u2019intervalle.Deux photographies (figures 1 et 2), prises le troisième et le septième jour de la réaction, nous font voir qu\u2019il y a une identité complète entre le sérum humain normal (N) et les deux sérums HFP (F et L).Quant au sérum anti-Rh, il donne, en présence de l\u2019antisérum de lapin, des bandes de précipitation plus nombreuses et différentes des bandes obtenues avec les autres sérums.En effet, le sérum Rh fournit sept bandes de précipité alors que les trois autres sérums n\u2019en donnent que cinq et elles sont plus épaisses.De plus, on observe à l\u2019union des zones de précipitation de R et de L un croisement que l\u2019on interprète généralement comme une réaction de non-identité.Et, si on compare les bandes extérieures des sérums F et L avec la double bande extérieure du sérum Rh, 1l semble, malgré tout, que ces trois bandes tendent à s\u2019unir pour donner une réaction d\u2019identité.Or, comme chacun le sait, les sérums anti- Rh du commerce de fort titrage étant souvent dilués dans le sérum humain ou l\u2019albumine bovine, l\u2019effet de cette dilution suffirait peut-être à produire une fausse réaction de non-identité, et l\u2019apparition de bandes plus larges et moins nombreuses en présence d\u2019antigènes concentrés (sérums HFP et normal) pourrait s\u2019expliquer par la confluence de zones plus épaisses i Figure'1.\u2014 Précipitation spécifique en milieu gélifié par double diffusion.Aspect des précipités obtenus en faisant réagir un sérum antihumain complet (cuve centrale) avec deux sérums d\u2019hémoglobinurie froide paroxystique (F et L), un\u2018sérum anti-Rh (R) et un sérum normal (N).Photographie prise le troisième jour de l\u2019évolution de la plaque.Figure 2.\u2014 Même épreuve que sur la figure 1, le septième jour de l\u2019évolution de la plaque de gélose.: 240 Lavar MÉDICAL Février 1958 Deuxième épreuve.Dans une deuxième épreuve, nous reprenons une partie de [a première et rous comparons les traits de précipitation fournis par un sérum humain normal et un sérum humain contenant des anticorps bloquants Rh.Les deux sérums sont utilisés à l\u2019état pur et dilués à 1: 2.On constate donc (figure 3), par la coalescence de toutes les zones formant le groupe de précipités, que tous ces sérums sont identiques.En d\u2019autres termes, l\u2019emploi d\u2019un sérum antihumain complet ne permet pas de distinction entre ces différents types de sérums.Troisième épreuve.Dans la troisième épreuve, le sérum anti-HFP spécifique est placé en présence du sérum HFP-G, un sérum Rh, un sérum AHA provenant d\u2019un malade souffrant d\u2019anémie hémolytique acquise et un sérum humain normal.Contrairement aux épreuves précédentes et en raison du faible titre précipitant du sérum anti-HFP, la cuve centrale contenant ce sérum est rechargée trois fois à 24 heures d\u2019intervalle.Les cuves contenant les antigènes ne sont chargées qu\u2019une seule fois.On remarque (figure 4) que le sérum anti-HFP donne des bandes de précipitation identiques avec les trois sérums pathologiques.Il n\u2019apparaît aucun précipité du côté du sérum normal.Quatrième épreuve.La quatrième épreuve est pratiquée avec un sérum ant!-HFP complet.Ce sérum est préparé chez le lapin en inoculant le sérum HFP-G par voie intravemeuse.Avant l\u2019emploi, ce sérum est absorbé en présence d\u2019une égale quantité de sérum humain normal.Donc, Ici, nous faisons réagir avec le sérum anti-HFP complet ?: Ie sérum HFP-G, le sérum HFP-L, un sérum anti-Rh et un sérum normal.Les résultats obtenus dans cette épreuve (figure 5) montrent bien l\u2019identité des sérums HFP et la différence qui existe entre ces deux sérums d\u2019un part et les sérums anti-Rh et normal d\u2019autre part.En effet, on voit apparaitre au voisinage des réservoirs contenant les sérums HFP deux zones de précipitation qu\u2019on ne retrouve pas avec les deux autres sérums.2.Étude immuno-électrophorétique PRINCIPE : La méthode immuno-électrophorétique, telle que nous l\u2019appliquons, consiste à effectuer une électrophorèse du sérum à étudier dans un gel de 2.La petite quantité de sérum AHA dont nous disposions étant épuisée, il nous fut malheureusement{impossible de le faire réagir avec ce sérum. a lB em Figure 3.\u2014 Deuxiéme épreuve.Aspect des précipités obtenus en faisant réagir un sérum antihumain (cuve centrale) avec un sérum anti-Rh naturel pur (R), et dilué a1: 2 (R\"\u201d), et un sérum humain normal pur (N) et dilué à 1: 2 (N\u201d).Photographie prise le septiéme jour.Figure 4.\u2014 Troisième épreuve.Réaction de précipitation entre le sérum anti-HFP spécifique (cuve centrale), le sérum HFP (F), un sérum anti-Rh (R), un sérum d\u2019anémie hémolytique acquise (AH) et un sérum normal (N).Photographié après douze jours. 242 Lavar MéÉpicaL Février 1958 gélose et à faire ensuite diffuser dans ce gel, perpendiculairement à l\u2019axe de migration électrophorétique, le sérum d\u2019un animal immunisé avec les antigènes sériques humains.Quand l\u2019anticorps rencontre l\u2019antigène avec lequel il réagit spécifiquement, il se produit au sein du gel une fine bande de précipitation arquée.MÉTHODE : Nous nous inspirons de la méthode de Grabar et Williams (22) et nous opérons dans les conditions suivantes.Nous utilisons des plaques Figure 5.\u2014 Quatrième épreuve.Réaction de précipitation entre un sérum anti-HFP complet (cuve centrale), deux sérums HFP (F et L), un sérum anti-Rh (R) et un sérum humain normal (N).Photographie prise après quatorze jours.de plexiglass de 7 par 17 cm dont les bords sont limités par d\u2019étroites bandes de la même substance de trois mm d\u2019épaisseur.Nous y coulons sur une épaisseur de 3,0 à 3,5 mm de la gélose * à une concentration de 1,5 pour cent contenant un tampon au véronal de pH 8,2 et de force 1oni- que de 0,05.Des bandes de papier filtre devant servir à la Jonction entre [e gel et les vases à électrode sont incluses dans la gélose aux deux bouts 3.Gélose spéciale Difco. Février 1958 Lavar MÉDICAL 243 de la plaque avant que celle-ci ne fasse prise.Le sérum en étude est incorporé à une égale quantité de gélose de concentration double et déposé dans une cuve de un cm de diamètre, taillée à l\u2019emporte-pièce.La durée de l\u2019électrophorèse est de 4,5 à 5 heures avec un gradient de 5 volts/em.L\u2019électrophorèse terminée, la plaque est immergée dans une solution tampon au phosphate à pH 7,6 durant deux heures après quoi deux rigoles parallèles à l\u2019axe de migration sont découpées à 1,5 cm de la cuve au moyen d\u2019une petite spatule et d\u2019une matrice en plexiglass.La première rigole reçoit un immun-sérum de lapin antrhumain contenant des anticorps correspondant à toutes les fractions sériques ; la Figure 6.\u2014 Analyse immuno-électrophorétique de l\u2019anticorps incomplet froid contenu dans le sérum HFP.Godet central : sérum HFP ; gouttière du haut, sérum antihumain ; gouttière du bas : sérum anti-HFP spécifique.deuxième reçoit le sérum anti-HFP.Tous ces sérums sont gélifiés.Le sérum anti-HFP étant faible en précipitines, la rigole destinée à recevoir ce sérum dut être rechargée deux fois pour obtenir une précipitation.L'interprétation des résultats se fait en confrontant les bandes de précipités formées par l\u2019immun-sérum spécifique avec celles que forme l\u2019im- mun-sérum entier.Pour l\u2019identification des fractions, nous référons à un décalque du gel sur papier filtre coloré au bleu de bromophénol.RÉSULTATS : L'examen de la plaque d\u2019immuno-électrophorèse (figure 6) permet de retrouver le long de la rigole contenant le sérum anti-HFP spécifique trois Jignes de précipités correspondant aux globulines B et trois lignes corres- 244 Lavar MÉDICAL Février 1958 pondant aux globulines a.On n\u2019observe pas de précipitation dans la zone de l\u2019albumine ni dans celle de la globuline y.L\u2019anticorps incomplet froid de l\u2019hémoglobinurie froide paroxystique se confinerait uniquement dans les globulines a et B Contrairement aux autres types d\u2019anticorps incomplets, on ne le retrouverait pas dans l\u2019euglobuline (albumine hydrosoluble) (25).Discussion Si nous résumons l\u2019ensemble des notions recueillies dans la partie de nos expériences qui ont porté sur l\u2019étude des propriétés de l\u2019anticorps incomplet HFP et de son rôle dans le processus hémolytique, deux conclusions s\u2019imposent : 1° Ainsi que l\u2019a déjà suggéré Dacie (15), l\u2019anticorps incomplet froid HFP n\u2019est pas entièrement détruit par la chaleur, puisque l\u2019éluat conserve, après chauffage, la capacité d\u2019agglutiner les hématies trypsini- sées.Seule la fraction responsable de la fixation sur les hématies normales serait altérée ; 2° Des deux facteurs retrouvés dans le sérum HFP, c\u2019est-à-dire la cryo-agglutinine et l\u2019anticorps incomplet, ce dernier seulement Joue un rôle dans l\u2019hémolyse.Nous remarquons, en effet, que si le sérum frais (comprenant ces deux anticorps) lyse les hématies in vitro après addition de complément, ce même sérum, une fois privé de l\u2019anticorps incomplet par absorption et ne contenant plus que la cryo-agglutinine, cesse de lyser les hématies normales.De plus, le sérum HFP, chauffé à 56°C.perd ses propriétés hémolytiques in vitro et in vivo sur les hématies normales en même temps que son pouvoir de sensibilisation et ce, malgré la persistance de la cryo-agglutinine qui est thermostable.Ajoutons enfin que les hématies HFP, lavées et débarrassées du sérum, s\u2019hémolysent in vitro après addition du complément.Cependant, si l\u2019on considère, d\u2019une part, que l\u2019anticorps incomplet, obtenu à l\u2019état pur par élution, ne Iyse pas les hématies trypsinisées en dépit de l\u2019addition de complément, alors que le sérum complet chauffé à 56°C.conserve cette faculté et, d\u2019autre part, que les hématies normales sensibilisées 1 vitro et lavées ne subissent pas la Iyse in vitro malgré l\u2019addition de complément, on peut se demander si l\u2019anticorps incomplet seul avec Ie complé- Février 1958 Lavar MÉDicAL 245 ment est capable d\u2019entrainer l\u2019hémolyse.Il semble donc que l\u2019hémolyse soit conditionnée par l\u2019intervention d\u2019un troisième facteur thermostable, présent dans le sérum complet, mais distinct de la cryo-agglutinine et du complément.Nous pouvons éliminer le rôle de la cryoagglutinine au cours de la lyse puisque, ainsi qu\u2019il fut démontré, les globules rouges HFP, lavés à 37°C., subissent quand même la lyse in vitro en présence de complément.La présence de cette agglutinine au moment de la sensibilisation ne parait pas influencer la lyse puisque les hématies normales sensibilisées in vitro avec du sérum HFP complet ne sont pas lysées in vitro après lavage et addition de complément.Enfin, il ne semble pas que ce troisième facteur soit le complément même si celui-ci est nécessaire à la sensibilisation (15) et à l\u2019hémolyse.Si l\u2019on admet d\u2019une part que les hématies HFP sont lysées in vitro à la suite d\u2019une sensibilisation antérieure in vivo en présence d\u2019un excès de complément, et d\u2019autre part que la sensibilisation des hématies normales in vitro n\u2019entraine pas la lyse in vitro parce que ce mode de sensibilisation se fait en présence d\u2019une quantité insuffisante de complément, comment expliquer alors que les hématies normales sensibilisées in vitro et lavées puissent subir la lyse lorsqu\u2019on les injecte au lapin?Et, si nous nous rappelons, comme nous l\u2019avons signalé plut haut, que les hématies normales sensibilisées in vitro subissent la lyse pourvu qu\u2019elles soient maintenues en présence d\u2019un sérum complet, on peut en déduire que l\u2019hémolyse dépend de la présence constante d\u2019un troisième facteur présent dans le plasma du malade et celui du lapin ; au cours de la sensibilisation in vivo ce facteur s\u2019attacherait plus fermement aux hématies de sorte qu\u2019il n\u2019éluerait pas sous l\u2019effet des lavages contrairement à ce qui se passe dans le cas des hématies sensibilisées in vitro.Les hématies Injectées au lapin retrouveraient alors dans l\u2019organisme ce facteur indispensable à la lyse.Pour ce qui est de la spécificité de l\u2019anticorps incomplet HFP, on ne connaît à peu près pas d\u2019exemple d\u2019anticorps doués d\u2019une affinité pouvant s\u2019étendre à autant de variétés d\u2019érythrocytes.Cette absence de - spécificité le distingue nettement de l\u2019anticorps incomplet chaud de l\u2019anémie hémolytique acquise, si l\u2019on se reporte aux travaux de Kidd (28) et de Kominos et Rosenthal (30).Selon ces auteurs, la cryptaggluti- (16) 246 Lavar.MÉDicAL Février 1958 noïde de l\u2019anémie hémolytique n\u2019aurait d\u2019affrnité que pour les hématies de l\u2019homme et du rhésus.Notons cependant que la technique utilisée par ces auteurs consistait à sensibiliser directement les érythrocytes avec des éluats d\u2019anticorps incomplet au lieu de procéder par absorption ainsi que nous l\u2019avons fait.Un autre caractère assez singulier de ce type d\u2019anticorps est son comportement à l\u2019égard des différentes variétés d\u2019hématies.Bien qu\u2019on ne puisse pas l\u2019affrrmer de façon certaine, le fait que la phase froide ne soit pas nécessaire à son adsorption sur les hématies du lapin et du cobaye semble indiquer que l\u2019antigène en cause dans ces deux variétés d\u2019hématies est différent des antigènes présents chez l\u2019homme, chez Ile mouton et chez le bœuf.On note de plus que ceci s\u2019adresse à deux types d\u2019hématies appartenant à des espèces assez rapprochées l\u2019une de l\u2019autre.Il est peu probable que nous soyons en présence de deux anticorps distincts puisque, s\u2019il en était ainsi, nous aurions dû retrouver la fraction active sur les globules rouges humains dans le liquide surnageant après adsorption par les hématies de lapin et de cobaye.En ce qui concerne la spécificité de cet anticorps pour la substance H de Morgan et Watkins (36), elle ne peut entrer en ligne de compte étant donné, ainsi que nous l\u2019avons démontré au cours de nos expériences, que ces érythrocytes ne possèdent pas cet antigène.D'autre part, l\u2019adsorption sur les bactéries étant selon toute apparence un phénomène de simple adsorption sans caractére de spécificité, 11 est impossible de démontrer par cette méthode une affinité de I\u2019anticorps incomplet HFP pour la substance H ainsi que l\u2019ont fait Crawford, Catbush et Molli- son (11) dans le cas de l\u2019anticorps froid incomplet normal avec de la salive de sécréteurs de substance H.Mais, de toutes ces observations, la plus troublante réside dans le fait que cet anticorps, qui est principalement dirigé contre les globules rouges, montre un certain degré de spécificité vis-a-vis de ces cellules alors qu\u2019en présence de bactéries et de kaolin son pouvoir d\u2019absorption semble illimité.La complexité de ce problème ne nous ayant pas permis de nous étendre plus avant sur la question pour le moment, nous avons dû en reporter l\u2019étude à plus tard.II s\u2019agirait alors de déterminer si cette faculté d\u2019adsorption constitue une propriété acquise de la protéine- Février 1958 LavaL MEbicaL 247 anticorps ou s\u2019il s\u2019agit tout simplement d\u2019une propriété inhérente aux globulines a et B.Si l\u2019on considère les résultats fournis par la méthode de précipitation en gélose, on se rend compte, en ce qui nous concerne, que les renseignements qu\u2019elle peut nous donner sont plutôt Iimités et que cette méthode demeure assez difficile d\u2019interprétation.Ainsi, les résultats de la troisième épreuve, dans laquelle le sérum ant:-HFP spécifique précipite en présence des sérums HFP, AHA et Rh mais non pas avec le sérum normal, nous permettent de conclure tout au plus qu\u2019il existe dans les sérums Rh et AHA des susbtances chimiquement identiques à l\u2019anticorps incomplet froid HFP.La réaction négative avec le sérum normal serait la signature non pas d\u2019une absence de ces substances, mais plutôt le résultat d\u2019une teneur moindre de la fraction sérique constituant le substratum de l\u2019anticorps HFP.Dans la quatrième épreuve, où nous observons une différence bien marquée dans les réactions, 11 nous est permis de faire une distinction entre les sérums HFP et les autres sérums contrairement à ce que nous avons observé dans l\u2019épreuve précédente, même si cette fois les bandes de précipitation obtenues dans la première épreuve s\u2019y retrouvent.À toutes fins pratiques, dans les conditions où nous nous sommes placé, cette méthode n\u2019a pas fourni les renseignements que nous attendions puisque dans un cas, nous obtenons une réaction d\u2019identité et dans l\u2019autre une réaction de non-identité.La méthode, moins sensible, ne présente guère d\u2019avantage sur les épreuves d\u2019hémagglutination.Les données fournies par l\u2019immuno-électrophorèse apportent, par contre, des renseignements plus précis.Mais, si les résultats obtenus sont en concordance avec opinion de Dacie (14) sur la nature des anticorps incomplets froids, à savoir que ces anticorps ne seraient pas des globulines y, ils diffèrent cependant des résultats rapportés par Jordan et ses collaborateurs (27) qui, en utilisant la méthode de fractionnement, avaient localisé l\u2019anticorps incomplet dans la globuline y.Dans une communication récente, Faure et ses collaborateurs (20), grâce à la méthode immuno-électrophorétique, situent l\u2019anticorps bloquant Rh dans la zone de la globuline y alors qu\u2019ils retrouvent les agglutinoïdes anti-Rh dans les globulines 81 et az.L\u2019anticorps incomplet HFP serait 248 Lava\u2026 MÉDrcaL Février 1958 donc situé dans les mêmes fractions que les agglutinines anti-Rh, ce qui expliquerait la réaction d\u2019identité que nous avons obtenue entre Ie sérum antr-Rh et le sérum HFP par la méthode d\u2019Ouchterlony.RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS 1° Il est possible de préparer un sérum anti-anticorps par l\u2019injection au lapin d\u2019hématies porteuses d'anticorps incomplet HFP.Ce sérum permet le décèlement de l\u2019anticorps HFP alors que le sérum de Coombs du commerce est inefficace.En dilution convenable, le sérum anti-HFP est nettement spécifique pour l\u2019anticorps de l\u2019hémoglobinurie froide paroxystique et permet de différencier cet anticorps des anticorps incomplets du type Rh et de l\u2019anémie hémolytique acquise.2° Dans l\u2019hémoglobinurie froide paroxystique, des deux anticorps décelables par les moyens dont nous disposons, seule la cryptagglutinoïde Joue un rôle dans l\u2019hémolyse.Mais il semble bien que la lyse ne dépende \u2018pas uniquement de la cryptagglutinoïde et que l'intervention d\u2019un troisième facteur distinct du complément soit nécessaire.3° La cryptagglutinoïde HFP n\u2019est pas spécifiquement dirigée contre les hématies humaines et la phase froide n\u2019est pas nécessaire à la sensibilisation des hématies du lapin et du cobaye.4° Dans les conditions expérimentales où nous nous sommes placé, Il fut impossible de démontrer une affinité de l\u2019anticorps incomplet froid HFP pour l\u2019antigène H de Morgan et Watkins.5° L'\u2019affinité de l\u2019anticorps HFP pour les bactéries ne semble pas liée à une réaction antigène anticorps mais plutôt à un simple phénomène d\u2019absorption.6° L\u2019analyse Immuno-électrophorétique situe la cryptagglutinoïde HFP dans la zone des globulines a et A.REMERCIEMENTS L\u2019auteur tient à remercier mesdemoiselles Marie Leahyv et Juliette Simard pour leur généreuse assistance technique ainsi que le docteur Louis Berlinguet pour sa collaboration aux analyses électrophorétiques. Février 1958 LavaL MEbpicaL 249 10.11.12.13.14.15.BIBLIOGRAPHIE BJôrKLUND, B., Proc.Soc.Exp.Biol.& Med, 79 : 319-324, 1942.Boorman, K.E., et Dopp, B.E., An incomplete form of agglutinin, Nature, 158 : 589, 1946.Boorman, K.E., Dopp, B.E., et LouTiT, J.F., Hemolytic icterus (acholuric jaundice) congenital and acquired, Lancet, 1 : 812-814, 1946.CARRIÈRE, M., RurriE, J., et Ducas, J., Iso-Immunisation maternelle due aux facteurs À et B, Sang, 23 : 66-74, 1952.Coca, À.F., et KELLEY, M.F., A serological study of the bacillus of Pfeiffer, J.Immunol, 6 : 87-101, 1921.Coomss, R.R.A., MouranT, A.E., et Racg, R.R., Detection of weak and « incomplete » Rh agglutinins : a new test, Lancet, 2 : 15, 1945.Coomss, R.R.A., MouranT, A.E., et Racg, R.R., A new test for the detection of weak «incomplete » agglutinins, Brit.J.Exp.Path., 26 : 255-266, 1945.Coomss, R.R.A., et MouranT, A.E., J.Path.¢» Bact., 59 : 105- 111, 1947.Coomss, R., MOURANT, A.E., et RACE., In vivo isosensitization of red cells in babies with hæmolytic disease, Lancet, 1 : 264-266, 1946.CrAwWFORD, H., et Morrison, P.L., Demonstration of multiple antibodies in antiglobulin sera, Lancet, 2 : 955-957, 1951.CrawFrorp, H., CuTBusx, M., et Moiuison, P.L., Specificity of incomplete « cold » antibody in human serum, Lancet, 1 : 566- 567, 1953.CuTBusH, M., Morrison, P.L., et ParkiN, D.M., À new human blood group, Nature, 165 : 188, 1950.Dacig, J.V., Occurrence in normal human sera of « incomplete » forms of cold auto-antibodies, Nature, 166 : 36, 1950.Dacig, J.V., Difference in the behaviour of sensitized red cells to agglutination by antiglobuline sera, Lancet, 2 : 954-955, 1951.Dacig, J.V., The hemolytic anemia, J.er A.Churchill, Ltd., London, p.259, 1954. 250 Lavar MÉDicAL Février 1958 16.Diamonp, L.K., et ABE1son, N.M., The importance of Rh inhibitor substance in anti-Rh serums, J.Clin.Invest, 24 : 122- 126, 1945.17.DrAmonp, L.K., et DENTON, R.L., Rh agglutination in various media with particular reference to the value of albumin, J.Lab.er Clin.Med., 30 : 821-830, 1945.18.Ei1senBERG, P., et Vouk, P., Ztschr.Hyg., u.Infektionskr., cité par SHIBLEY, J.Exp.Med., 50 : 825-841, 1929.19.Eraus, R.S., Wang, R.T., et BEHrRenDT, V., Demonstration of antibodies In acquired haemolytic anzmia with anti-human globulin serum, Proc.Soc.Exp.Biol.¢» Med., 64 : 372-375, 1947.20.FAURE, R., FINE, J.-M., SaiNT-PauL, M., EyQUEM A., et GRABAR, P., Etude immuno-électrophorétique des hémagglutinines du sérum humain, Bull.Soc.chim.biol., 37 : 783-796, 1955.21.FERRIMAN, D.G., Dacig, J.V., KeeLEg, K.D., et FuLLERTON, J.M., The association of Raynaud\u2019s phenomenon, chronic haemolytic anemia, and the formation of cold antibodies, Quart.J.Med., 20 : 275-292, 1951.22.GraBar, P., et WiLLiams, C.A., Méthode immuno-électrophoré- tique d\u2019analyse de mélanges de substances antigéniques, Biochim.Biophys.Acta, 17 : 67-74, 1955.23.HripersercEer, M., et Kenpair, F.E., The reaction between crystalline egg albumin and 1ts homologous antibody, J.Exp.Med., 62 : 697-719, 1935.24.HEIDELBERGER, M., TREFFERS, H.P., et MAYER, M., A quantitative theory of the precipitin reaction, J.Exp.Med., 71 : 271-282, 1940.25.Hrrr, J.M., HABERMAN, S., et Guy R., Further evidence for antibodies of third order, Am.J.Clin.Path., 19 : 134-140, 1949.26.Jones, F.S., The effect on subsequent agglutination of the exposure of bacteria to heated antiserum, J.Exp.Med., 47 : 245-254, 1928.27.JorpaN, W.S., PiLLEMER, L., et DinGLE, J.H., The mechanism of hemolysis in paroxysmal cold hemoglobinuria : observation on the behavior and nature of the antibody, J.Clin.Invest., 30 : 22-30, 1951. 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HISTOIRE DE LA MÉDECINE LES OUVRAGES PHARMACEUTIQUES D\u2019AUTREFOIS par l\u2019abbé Arthur MAHEUX SOCIETE CANADIENNE D'HISTOIRE DE LA MÉDECINE Séance du 10 décembre 1956 Ce que je vous offre aujourd\u2019hui est vieux de quelque trois cents ans.Ce n\u2019est donc pas de l\u2019actualité.Cependant, j\u2019ose croire que vous y prendrez intérêt et amusement, comme Il m\u2019est arrivé à moi-même en furetant, à trouver les vieux livres conservés à la bibliothèque du Séminaire et de l\u2019université.Il s\u2019agit d\u2019ouvrages de pharmacie surtout ; mais à cette époque Médecine et Pharmacie et Chimie marchaient ensemble.Je m\u2019arréterai volontiers aux poésies mises en téte de ces vieux livres.En les lisant d\u2019un œil moderne, vous y découvrirez une forme de publicité bien éloignée du ton prosaïque de celle d\u2019avjourd\u2019hui.Certains textes sont en latin, en beaux vers latins, et je me suis permis de les traduire, estimant que vous auriez pu oublier un peu cette vieille langue, en dépit des prix de thème ou de version que vous auriez pu y obtenir jadis. 254 Lavar MÉDrcaL Février 1958 Couronner ces textes du beau nom de Poésie est sans doute exagération ; on pourrait se contenter du mot versification, et, dans certains cas, ce mot lui-même paraîtrait fort.Au moins, l\u2019intention était louable.Les textes français sont un peu dans le même cas ; rimes et rythme y sont, mais la Muse inspiratrice souffrait de migraine quand elle a soufflé à l\u2019oreille des rimailleurs.Il y a d\u2019abord un problème de vocabulaire.La Chymie d\u2019alors employait des mots qui ont disparu de l\u2019usage.| Les métaux employés dans la chimie et la pharmacie d\u2019alors portaient des noms de planètes.Pourquoi ces noms?Voici ce qu\u2019en dit Le Mery, un médecin chimiste du xvr1° siècle.Nicolas Leméry, né en 1645 à Rouen, mourut en: 1715.II jouit d\u2019excellente réputation comme savant chimiste.Il publia un Cours de chymie, in-4°, souvent réédité.Deux de ses fils marchèrent sur ses traces, en particulier Louis (1677-1708), qui a publié un Traité des aliments en 1702.Un médecin canadien-français, le docteur Ls-J.Roy, avait le Cours de chymie, de Le Méry, la 9° édition, celle de 1697.C\u2019est dans ce livre que Je prends l\u2019explication des noms de planètes pour les métaux.« Les métaux ! diffèrent des autres minéraux, en ce qu\u2019ils sont malléables, & que les minéraux ne le sont point.«On en conte sept, l\u2019or, l\u2019argent, le fer, l\u2019étain, le cuivre, le plomb & le vif argent ; ce dernier n\u2019est pas malléable, s\u2019il n\u2019est mêlé avec les autres ; mais comme on prétend que ce soit la semence des métaux, on l\u2019a mis en ce rang.«Les Astrologues ont prétendu qu\u2019il y avait une si grande affinité & tant de correspondance entre les sept métaux dont nous venons de parler & les sept planettes, que rien ne se passait dans les uns, que les autres n\u2019y prissent part; ils ont cri que cette correspondance se faisait par le moyen d\u2019une infinité de petits corps qui partent de la planette & du métal : & 1ls supposent que ces corpuscules qui sortent de l\u2019une & de l\u2019autre, sont figurez en sorte qu\u2019ils peuvent bien entrer dans les pores de la planette & du métal qui la représente, mais qu\u2019ils ne pourraient pas s\u2019introduire ailleurs, à cause de la figure des pores qui ne se trouve pas disposce à les recevoir ; ou bien s\u2019ils s\u2019introduisent dans quelqu\u2019autre matière que dans la planette ou dans le métal, ils ne peuvent point s\u2019y arrêter n\u2019y s\u2019y fixer pour servir à la nourriture de la chose : car ils prétendent que le métal est nourri & perfectionné par l\u2019influence 1.Le Mery, Cours de Chymie, 1697, pp.57-59. Février 1958 LavaL\u2026 MÉDICAL 255 qui luy vient de la planette, & que la planette reçoit fort précieusement ce qui sort du métal.« Pour ces raisons, ils ont donné à\u2019ces métaux le nom des sept planettes qui les gouvernent chacune en leur particulier, & ils ont appellé l\u2019or Soleil, l\u2019argent Lune, le fer Mars, le vif-argent Mercure, l\u2019étain Jupiter, le cuivre Vénus & le plomb Saturne.« Ils ont voulu aussi que ces planettes eussent leurs jours choisis pour verser leurs influence sur nostre Hémisphére : ainsi ils ont assuré que si l\u2019on travaillait le lundy sur l\u2019argent, le Mardy sur le fer & ainsi des autres, on réussirait bien mieux dans ce qu\u2019on aurait dessein de faire.« Ils ont dit encore, que les sept planettes dominaient chacune sur chacune partie principale de nostre corps : & comme les métaux représentent ces planettes, que ces métaux étaient propres & spécifiques pour guérir ces parties-là de leurs maladies & pour les entretenir dans leur vigueur ; ainsi ils ont donné l\u2019or pour le cœur, l\u2019argent pour la teste, le fer pour le foye, l\u2019étain pour les poulmons & pour la matrice, le cuivre pour les reins, & le plomb pour la ratte.« Voila en abrégé ce que croyent, touchant les métaux, les plus raisonnables de ceux qui suivent l\u2019Astrologie judiciaire, & 1ls en tirent des conséquences qui seraient trop longues à rapporter icy.Je dis les plus raisonnables ; car il n\u2019y a rien de plus étrange que ce que veulent établir quelques-uns d\u2019entre-eux.« Il n\u2019est pas difficile de voir que tout ce que nous venons de rapporter des influences, est très-mal sondé, puisqu\u2019il n\u2019y a personne qui ait vû d\u2019assez près les planettes, pour sçavoir si elles sont de la même nature que les métaux, n\u2019y qui ait aperçu qu\u2019il en sorte aucuns corps qui tombent sur la terre.« Néanmoins s1 nous remarquions que les expériences convinssent à ce qu\u2019ont avancé ces Messieurs, on pourrait conjecturer que si leurs principes n\u2019étaient tout à fait véritables, il y aurait assez de vraysemblance en ce qu\u2019ils ont étably ; mais il n\u2019y a rien qui confirme leur opinion, & nous reconnaissons tous les jours, que les facultez qu\u2019ils attribuent aux planettes & aux métaux, sont fausses.Les métaux à la vérité, nous servent dans la Médecine, & nous en tirons de bons remèdes, comme nous dirons dans la suite, mais leurs effets se peuvent mieux expliquer par des causes prochaines que par celles des astres.» Ces propos sont bien raisonnables pour une époque où l\u2019Alchimie exerçait encore son influence.Vers la fin du xvie siecle et le début du xvie il y eut une dynastie de pharmaciens, les Bauderon, les trois Bauderon, le père et ses deux fils.Brice Bauderon, médecin (1540) [?] - 1623) publia une Pharmacologie en 1588, in-8°, qui fut très souvent réimprimée, et une Praxis medica en 1620, in-4°. 256 Lavar MÉDiCAL Février 1958 L\u2019officine des Bauderon fut continuée par Sauvageon.Les diverses éditions sont ornées de pièces élogieuses, dont je donne des échantillons.Au sieur Bricius Bauderon très célèbre docteur en Médecine.défenseur très fidèle d\u2019Hippocrate, de Galien et d\u2019Avicenne, Épigramme.2 Les voici, eux qui donnent aux Médecins les règles des médicaments.Les voici tous les trois.Il n\u2019est pas bon de vouloir suivre les doctrines d\u2019un autre.Il y avait à corriger dans les écrits des trois.Bricius 1c1 à lui seul remplace les trois.Écrit en témoignage d\u2019amitié et de respect par Jacques Pellerin Delphinas doctor en médecine et praticien chez les Matisconenses.Philippe Foillard, patron à Matisco ., en cette épigramme félicite les deux pharmaciens, Bauderon, père et fils pour leurs travaux.3 Intestin, foie, cerveau, cœur, viscères, poitrine.Tout cela fut disséqué, puis enseigné, par Démocrite.Hippocrate, par diverses potions, a chassé les douleurs.PP ; LL Il a ouvert les sources du sang, l\u2019autre a disséqué.L\u2019un réprouve les plaisirs, Il méprise Venus ; L\u2019autre proscrit le vin, ennemi d\u2019un foie enflammé ; Enfin, le médecin utilise divers moyens Pour tuer les maladies par des soins varies.Mais qui donc, O Bauderon, Epidaure de notre temps, Se vanterait d\u2019avoir enseigné plus savamment et mieux que toi?Tu façonnes de doux remèdes avec un suc mielleux, Tu joins l\u2019utile à l\u2019agréable, les choses amères aux roses.J 2.Traduite du latin.3.Traduit du latin. Février 1958 LavaL MéeEbpicaL 257 Dans tes livres tu traites des choses qui se combattent, Le malade t\u2019honore, l\u2019homme sain t\u2019aime, Ainsi, ce livre-ci contient tout le monde de la Médecine, 11 mêle les choses rudes aux agréables, les remèdes agréables aux désagréables, Le Père avait donné un fils né d\u2019une semence divine, Le fils, quoi d\u2019étonnant, à son tour nous donne un frère.Ainsi Pollux prolonge les années, alternant avec Castor, Le père a marché le premier dans une voie que le fils suit, Le fils rend au père la vie, et confond ainsi la nature, Au lieu de cent ans il lui en donnera mille.Nulle force ne se trouve dans une herbe fertile pour un vieillard, Si ce n\u2019est celle qui se gonfle et fleurit au début du printemps.Quoi d\u2019étonnant si le jeune fils est l\u2019ornement de son père.Apollon a toujours existé pour les médecins imberbes.Après les Bauderon, Sauvageon exploita leur popularité, d\u2019après les mêmes méthodes.Il chercha, lui aussi, des rimeurs pour présenter ses éditions.Dystique au Sieur Bauderon « La pharmacopée, œuvre des dieux, habitait jadis maison de brique ; mais enfin la voici dans un palais de marbre et comme rajeunie et ressuscitée ».4 J.Balcet, D.M., agrégé au Collège des Médecins de Lyon.Au Sieur Sauvageon restaurateur de la Pharmacie Bauderon, Epigramme.5 S1 Pompée, qui vainqueur jadis vit les cassettes Pontiques, Voyait maintenant les nobles produits de nos jours, Il se moquerait de ces compositions faites de vils médicaments ; Mais qu\u2019on nous donne un grand ouvrage dûment couronné, Avec ce que trouvèrent les minutieuses parfumeries des Grecs, Avec tout ce que l\u2019ingénieuse main des Arabes a inventé, Avec ce que la race latine a donné de son propre gênie.Ici brillent les préparations de Bauderon, comme sortant d\u2019une corne d\u2019abondance.Grâce aux soins de Sauvageon, ce rejeton des Muses.4.Traduit du latin et du grec.5.Traduite du latin, 258 Lavar.MÉDicAL Février 1958 Ne chercher ailleurs ni la panacée, ni le moly, ni le nepenthes ; Si l\u2019'immortalité se peut voir sur terre, c\u2019est 1c1 qu\u2019on la trouve.Hugo de Vaux, Chanoine et Archidiacre d\u2019Au.Vous avez dû noter, au passage, l\u2019expression « les Cassettes Pon- tiques », et le personnage Pompée.Cela met en cause une région, le Pont, et le roi du Pont, Mithridate.Le nom de Mithridate resta longtemps lré à la pharmacopée et le Mithridat connut la popularité.Cela demande explication, et on peut la trouver dans l\u2019ouvrage de Nicolas Hovel.Mithridates Eupator, né en 132, décédé en 63 avant J.-C., fut roi du Pont de 120 à 63.Ses trouvailles en remèdes et contre-poisons furent traduites en latin par ordre de Pompée ; l\u2019immunité contre les poisons y occupait grande place.La bibliothèque du Séminaire possède un livre de Nicolas Hovel, Traité de la Thériaque et Mitbridat, publié à Paris en 1573 Reinach, Théodore a publié un livre sur Maithridate Eupator, roi de Pont, à Paris, en 1890.Voici la page-titre du livre de Hovel : TRAITÉ DE LA THÉRIAQUE ET MITHRIDAT, Contenant plusieurs questions generales & particulieres : Avec un entier examen des simples Medicamens qui y entrent.Le tout divisé en deux livres, pour le profit & utilité de ceux qui font profession de la Pharmacie, & aussi fort propre à ceux qui sont amateurs de la Medecine, & qui désirent la cognoissance des simples.Par Nicolas Hovel, Apothicaire à Paris.1 Février 1958 Lavar MÉDicAL 259 A Paris, Chez lean de Bordeaux, au mont S.Hilaire, a r enseigne de l\u2019Occasion.1573.Avec Privilege du Roy.Ce livre fut à l\u2019usage du Collège des Jésuites à Paris, et passa au Collège des Jésuites de Québec, où il porte la date de 1720.Hovel écrit : «Le semblable faisoit ce grand Mithridates Roy de Pont, lequel par la bonne cognoissance qu\u2019il avoyt de chasque simple qui luy avoyt esté apporté de divers païs, composa nostre Mithridat, lequel iI cacheta de son nom.A la mienne volonté, Sire, quà l\u2019exemple & imitation de ces braves Roys & Empereurs, il pleust à à vostre Majesté faire dispencer en vostre ville de Paris, ces tant celebres antidotes de la Theriaque & Mithridat, lesquels serviroyent grandement à eterniser la memoyre de vostre Majesté, & d\u2019ailleurs cela apporteroit un profit inestimable à vostre personne & à vos subiects : & pour ce faire choysir des hommes de bon entendement, bien versez en la Pharmacye & congnoissance des plantes, & liberale- ment survenir aux frais qu\u2019il conviendroit faire pour avoir les vrays simples d\u2019Alexandrie par les Françoys, d\u2019Asie par les Venitiens, d\u2019Aphrique & des Indes par les Portugois * certes tels remedes serovent beaucoup plus excellens qu\u2019ils ne sont, & ne doute point que les effets ne feussent tels que les anciens les ont descript.» On note ici la préoccupation de la santé publique, et la pression exercée sur le roi, chargé du bien public.Les médecins et pharmaciens de l\u2019époque \u2014 nous sommes à la fin du xviC siècle \u2014 tenaient à impressionner le roi, Charles IX, en faveur de la santé publique.Hovel voulut entourer de toutes précautions le lancement de son livre.II pria un rimeur, J.La Gessée, de composer la dédicace du livre au roi.Le poète se montra assez bavard ; il y alla de deux cent six vers alexandrins On y trouve naturellement un éloge pompeux de Sa Majesté, accablé par tant de guerres, même à l\u2019intérieur du pays, et des souhaits de bien rétablir la paix.Mais cela ne suffit pas, dit votre poète.« Pourtant il ne suffit au magnanime Prince De tenir comme vous paisible sa province, Restablir la police, embrasser l\u2019equité, Et pour l\u2019erreur sectaire y loger verité : Mais aussi (car Dieu seul est Roy des consciences) 260 Lavar MÉDICAL Février 1958 Qui fait remettre sus les arts, & les sciences, Qui ses faits valeureux rendront autant prisés Que si mille chappeaux de lauriers refrisés, Acquis par sa vaillance, environnoyent sa teste À plis entrelassés, en signe de conqueste.» Ainsi, le pouvoir ne suffit pas ; il faut le « savoir », Cela n\u2019est pas nouveau, a soin de dire le rimeur ; l\u2019Antiquité, même sur ce point, nous sert des leçons : « Aussi ces grands Heres de la vieille saison, Comme un vaillant Thesee, un Hercule & Iason Que Chiron le Centaure instruict en son 1eune aage, Et l\u2019Enfant que Phenix illustre personnage A sa mere Thetis rendit si bien apris, Furent preux & sçavans : galgnerent le prix De Chevaliers fameux parmy toute la Grece, Fut en science honneste, ou vaillante alegresse : Voire iusqu\u2019à laisser un genereux desir À leurs Puisnés de prendre aux Muses leur plaisir.» La science honnête, la disposition à cultiver les Muses, voilà qui convient aux Princes.En fait l\u2019Histoire nous montre de ces personnages adonnés à ces beaux travaux : « De là mille après eux ont or sçeu la pratique Du bel art d\u2019Oratoire, or la Mathématique.Aux uns le Poësie, & la Musique a pleu, Les autres moins gaillars ont les bistoires leu : Mais d\u2019autres agités d\u2019une ardeur plus gentile Pour plaisir ont choiss la Medecine utile, Comme amie de l\u2019homme, & qui soigneuse appert, Curant les corps soumis à son remede expert : Si qu\u2019une si loüable & parfaite doctrine, Dont le sage Hippocrat eut pleine la poitrine, Fit aux uns recercher son salutaire fruit Aux autres le scavoir dons elle nous instruit.» Parmi les rois qui ont cultivé les Muses, les Sciences, la Médecine, 1l en est un qui a dépassé tous les autres, et c\u2019est le grand Alexandre : « Sire, ce grand vainqueur des Medois & des Perses, Qui sur eux redoubla ses victoires diverses, Pour l\u2019Empire duquel ce qu\u2019enseignent les cieux Ne luv sembloit iadis estre assez spacieux : Ie dy ce grand monarque & guerrier Alexandre, ES Février 1958 LavaL MEbpicaL 261 Qui par tout \"univers sa gloire fit espandre, Sçeut bien tel art, qui l\u2019homme allege de ses maux.Et taschant mieux congnoistre au vray les animaux, Entretint à ses frais beaucoup des scavans hommes, (Dont les admirateurs à ce iourd\u2019huy nous sommes) En Asie, & dans Grece : & mesme, tant osa Son maistre, que d\u2019iceux l\u2019histoire 1l composa, Leur genre y comprenant, leurs vies & natures : Puis les Peintres tirant au vif leurs pourtraitures, Nous laisserent helas ! leur ouvrage si vain Que sans l\u2019heureux travail de ce noble Ecrivain On congnoistroit non plus la nature, & les sortes Des animaux, qu\u2019on fait leurs peintures 1amortes, Dont l\u2019aage ravisseur a fait un larrecin, Non de l\u2019œuvre immortel d\u2019un si bon Médecin.» Voilà pour le monde hellénique.Les Romains, les chefs de l\u2019Empire romain, se firent les disciples des Grecs, même en Médecine.Pompée trouva sur sa route un adversaire redoutable en Mithridate, le roi du Pont.Le meilleur résultat de la campagne de Pompée en cette région, ce fut de connaître l\u2019usage de certains remèdes et surtout le contrôle des poisons.Strabon écrit qu\u2019il pousse beaucoup de choses venimeuses dans la région du Pont.Mithridate commença à régner à l\u2019âge de douze ans et il régna un demi siècle.Il étudia spécialement les poisons ; il s\u2019y habitua même à petites doses.Hovel ne manque pas d\u2019en dire un mot : « D'autant que plusieurs belles choses dignes de remarque, que nous avons amplement exposees, en l\u2019explication de la theriaque, sont aussi communes au Mithridat, ie me suis deliberé de les repeter en parlant d\u2019iceluy : craignant qu\u2019on ne m\u2019objecte que ie ne fais que chanter une mesme chanson, mais 1e poursuivray seulement, ce qui est propre au Mithridat.Et combien que le Mithridat soit bien plus ancien que la Theriaque, d\u2019autant qu\u2019il a esté inventé, & premierement compté par ce grand Mithridate Roy de Pont & de Bithynie, lequel nous lisons avoir tant fait de peine aux Romains (mais finalement vaincu, & surmonté par le grand Pompee) toutesfois, nous avons voulu en premier lieu parler de la Theriaque, afin que plusieurs choses qui en ont esté escrites, par les anciens, peussent estre accommodees au Mithridat.C\u2019est une chose admirable de la grandeur & magnanimité de ce Prince, 1l avoit cela de particulier qu\u2019il s\u2019adonnoit fort à la Medecine : de sorte que luy qui tenoit soubssa domination une grande partie du monde, & qui estoit un des plus grands Princes de cest univers, avoit gens partout, pour luy (7) 262 Lavar MÉDICAL Février 1958 rapporter fidelement le naturel des simples : & spécialement de ceux qui estoyent condamnez à la mort.» Hovel insiste beaucoup sur ce point, et sur l\u2019exemple donné par les grands Princes : « En quelque nation que ce soit nous lisons les grands Seigneurs avoir esté tousiours songneux de quelques excellens & singuliers remedes, de la façon que Galien escrit au livre de la Theriaque ad Pis.que L'empereur Marc Aurelle a eu la Theriaque en honneur, comme choses precieuses & de grands delices : d\u2019autant que ce remede & tous autres sont venuz des Empereurs, lesquels se delectoyent à avoir quelque singulier remede pour en faire participant leur peuple, & ainsi approcher à la nature des Dieux.Le mesme Galien au premier des Antidotes escrit, que du temps de l\u2019empereur Antonius, tous les grands Seigneurs s\u2019occupoyent à preparer la Theriaque, pour-ce que l\u2019Empereur s\u2019y plaisoit.Ne lisons nous pas aussi que ce grand Mithridates Roy de Pont, & de tant d\u2019autres provinces, Prince fort belliqueux, encor\u2019 qu\u2019il eust obtenu plusieurs victoires en diverses batailles, & eut l\u2019usage de xx1j.langues, esquelles il oyoit & respondoit 2 a toutes nations qui luy estoyent subiectes, s \u2019est rendu plus renommé & plus illustre pour avoir inventé & composé plusieurs beaux Antidotes, & specialement celuy qui est de son nom appellé Mithridatium, ou Mithridatis Thereaca (duquel nous parlerons cy apres) que pour l\u2019opulence & grandeur de son Royaume : Aussi estant decedé, Pompee le grand serra plus diligemment son antidote, avec les memoires concernans le fait des simples, qu\u2019il ne fit les grands thresors qu\u2019il trouva en ses despouilles.» Ces dires valaient bien la peine d\u2019être mis en vers, et le sieur La Gessée s\u2019y emploie : « Car en la medecine 1l n\u2019est ouvrier qui treuve D\u2019antidotes plus grands où la bonté s\u2019espreuve De ce pere eternel envers le genre humain, Leur donnant leurs vertus par l\u2019œuvre de la main : Tant pour la quantité des beaux simples qu\u2019ils portent, Que pour les seurs effaits qui de leur ayde sortent.» Or, cette belle science des antidotes s\u2019était perdue ; Hovel l\u2019a retrouvée.« Desquels l\u2019usage helas ! n\u2019estoit pourtant venu A nostre temps, depuis le vieil age chenu, Sans un sçavant HOV E L, qui des sombres tenebres D\u2019oubliance, a tiré ces simples tant celebres, Pour les vous faire voir en ce livre nouveau, Que n\u2019agueres 1l conçeut de son docte cerveau.» \u2014 Février 1958 LavaL MEbpicaL 263 La trouvaille du sieur Hovel a donc une importance majeure pour la santé publique ; le roi doit s\u2019y intéresser.Comment?D\u2019abord en accordant son patronage au livre de Hovel : « Et bien qu\u2019estant parfait en l\u2019art de Pharmacie Il ait monstré deia que la parque endurcie, Ny la cource des ans, ny l\u2019effort enuieux, Ne feront qu\u2019il n\u2019egale & modernes & vieux : Il voudroit neanmoins, (& de son esperance Depend encor l\u2019espoir de toute vostre France) Que vous fussiez icy non seulement fauteur Par vostre authorité du livre, & de l\u2019Auteur.» C\u2019est le moins qu\u2019on puisse attendre de Sa Majesté ; mais ce serait trop peu.Il y a, pour ainsi dire, tout un département de la santé publique à organiser : « Mais qu\u2019il vous pleust aussi faire choix de personnes Qui sceussent ioindre à l\u2019art experiences bonnes, Et congneussent tresbien des plantes le pouvoir, Et que vostre faveur peust si fort esmouvorr, Qu'on le suivit au cours d\u2019une s1 belle affaire, Vous subvenant aux frais qu\u2019il y conviendroit faire.Lors nous serions fournis par les Venitiens De ces simples venans des endroits Asiens, Et par les Portugais de ceux d'Inde & d\u2019Afrique, Et des pays que tient le peuple Alexandrique Au moyen pratiqué de nos marchans François : Ce qui redonderoit à vostre gloire, aincois À vostre grand profit, & de vos subiets mesme : Et quand bien dans Paris vostre cité supreme Ces Antidotes bons vous faisiez dispenser, Et le chef de l\u2019emprise ainsi recompenser : Veu que la Theriaque estant bien mise en œuvre, Veut qu\u2019un Roy franchement liberal se decoeuvre.» César lui-même, note le rimeur, avait un tel département médical : « C\u2019est pourquoy Galien leur grand maistre, disoit Celle que pour Cesar iadis on composoit, Sur toutes autres estre excellente & meilleure, Ses propres medecins y travaillant à l\u2019heure Qu\u2019ils en estoyent requis, ausquels son ayde fit Tirer de sa largesse un merveilleurs porffit.» Evidemment, le roi de France ne peut faire moins que ces empereurs de jadis ; sa gloire et le bien public y sont intéressés. 264 Lavar MÉDicAL Février 1958 « La vie s\u2019en va comme un fantosme volage, Ou comme en l\u2019air s\u2019enfuit quelque large nuage, Quand l\u2019horrible Aquilon des Nochers redouté Rue ses tourbillons d\u2019un & d\u2019autre costé : Mais quand vous laisserez une si noble marque De vos ieunes vertus, sur qui la frere Parque N\u2019estendra son pouvoir, S 1 R E, vous revivrez, Et d\u2019un libre courage en cela vous suivrez Un brave Marc Aurelle, Adrien & Severe, Dont les noms fleurissans de nostre aage ou reveüe : Mesme ce preux Cesar, qui 1adis fit armer Les bras de son Empire & sur terre & sur mer : Et tels autres par qui mille palmes gaignees Furent de vaillantise, & d\u2019heur accompaignees, Estant si curieux, voire si diligens Que parfois au milieu d\u2019affaires bien urgens, Ausquels l\u2019extremité veut que tousiours on vaque, Ils faisoyent dispenser 1celle Theriaque, Faisant (comme l\u2019ay dit, ses beaux simples venir Dans Rome la fameuse, à fin d\u2019en retenir Le fruit si necessaire : ou d\u2019une main avare (comme riches royaux) gardoyent ce present rare, Pour en user pourtant en leur necessité, En dispersans au peuple en son adversité.» À ce beau discours il faut une péroraison ; La Gessée la condense en ses six derniers vers : « ST RE, par ce moyen la Deesse emplumee Que nous autres mortels appellons Renommée, Embouchant sa trompette au bruire de mes vers, Cornera vostre los par ce large univers : Et remplira tousiours les cœurs & les oreilles Des escoutans, revis au bruit de ces merveilles ».Comme frontispice à un traité de pharmacie, cette longue pièce de 206 vers aurait dû suffrre.Mais Hovel croit à l\u2019efficacité de la répétition du même thème, ce qui est bien le principe de la pratique de la publicité moderne.En conséquence 1l obtient d\u2019un autre rimeur un sonnet, destiné à faire comprendre à Sa Majesté que le plus beau cadeau à recevoir ce n\u2019est ni chevaux, ni chiens, ni bouffons, ni armes, mais un livre de médecine. Février 1958 Lavar MÉépicaL SONNET EN FAVEUR DE l\u2019autheur, sur ce qu\u2019il dedie son livre au Roy.« Je voy de toutes parts mainte offre aux Rois se faire, Les uns de bons chevaux leur feront un presant, Les autres de beaux chiens, autres en courtisant Offriront quelque esbat pour en tout leur complaire : Aucuns presenteront l\u2019instrument militaire Un tranchant Coutelas, ou le Poignart louysant : Mais ie ne trouve rien qui leur soit plus duisant, Que l\u2019offre qu\u2019aulourd\u2019huy fait un Appotiquaire : Un Hovel excité d\u2019un cœur franc & loyal À faire à nostre Roy ce don plusque Royal, Non pas que seulement d\u2019un Roy ce dont provienne, Ains pour aussi noter que le Roy doit avoir Congnoissance du corps, ayant sur luy pouvoir : Y a il donc present qui mieux aux Rovs convienne?» C.P.P.Ce méme rimeur renforce son sonnet par une ode en onze strophes, ou il célèbre le «divin» travail de Hovel, l\u2019égal d\u2019Esculape, voire d\u2019 Apollon.L\u2019un des exemples les plus curieux de la poésie publicitaire au xvi1\u20ac siècle est sans contredit l\u2019ouvrage de Marie Meurtrac.C\u2019est une curiosité, car il s\u2019agit d\u2019une femme-auteur, chose rare alors, et d\u2019une femme chimiste, chose plus rare encore, enfin d\u2019une femme chimiste qui ose publier un Traité de chimie.C\u2019est un tout petit livre divisé en six parties, dont la dernière traite des soins de beauté.Marie Meurdrac redoutait le lancement d\u2019un tel livre et elle s\u2019entoura de précautions.D\u2019abord un titre : La Chymie Charitable et facile, En faveur des Dames.Par Damoiselle M.M.Seconde Edition.Paris.Chez Jean d\u2019Houry, à l\u2019image S.Jean, sur le Quay des Augustins.Avec Privilège et Approbation.1674 266 Lavar MÉDicAL Février 1958 Ce livre était dans la bibliothèque du Collège des Jésuites.Après un titre alléchant, il fallait une patronne et protectrice, et ce fut la comtesse de Guiche, femme belle, aimée et chérie, populaire.Enfin, des louangeurs ne seraient pas de trop.Ils n\u2019y allérent pas de main-morte, comme on peut en juger par quelques extraits.A MADEMOISELLE MEURDRAC, Sur son Livre de Chymie, dédié a Madame la Comtesse de Guiche.SONNET.l\u2019Admire ta doctrine, et ton fameux Ouvrage Doit estre des Sçavans l\u2019entretien précieux : Tout brille dans ce Livre, et la première page Montre un objet qui charme et les cœurs, et les yeux.Il sçait Joindre aux beautez la qualité de sage ; Il donne de 'amour mesme aux plus envieux ; Et les plus beaux Esprits par un commun suffrage, Disent qu\u2019en ce modelle on voit \"effort des Cieux.C\u2019est de ton choix illustre une marque bien juste D\u2019avoir pour Protectrice une Personne auguste, Que la Terre et le Ciel contemplent à plaisir.Des sublimes vertus Minerve estant amie, Sans doute elle t\u2019apprit l\u2019art de si bien choisir ; Car ce secret n\u2019est point de ceux de la Chymie.Du PELLETIER A MADEMOISELLE MEURDRAC, Sur la dédicace de son Livre.SIXAIN.Quand vous auriez par vos Ouvrages Obtenu tous les avantages Qui sont justement deus aux fruits de vostre esprit, Vous n\u2019auriez jamais eu de si haute loüange Février 1958 Lavar MÉDICAL 267 Que lorsque vous avez consacré cet escrit À celle à qui l\u2019on voit les qualitez d\u2019un Ange.Angélique SALERNE A MADEMOISELLE MEURDRAC Sur la Chymie Charitable & facile.SONNET.Cessez, peuples, cessez d\u2019élever des Autels À ceux qui vous avaient donné quelque peinture Des secrets qu\u2019en son sein renfermait la Nature, Et ne les mettez plus au rang des Immortels.Non, non, c\u2019estait à tort qu\u2019on les tenait pour tels, Puis qu\u2019ils nous ont voilé à une nuict trés-obscure Ce que Dieu avait mis dans chaque créature, Pour l\u2019usage commun du reste des mortels.Nous te devons Meurdrac bien plutost les hommages Qu\u2019autrefois ont rendu les Anciens à leurs Sages ; Ils nous cachaient leur art d\u2019un soin trop affecté Et toy tu nous fais voir qu\u2019il n\u2019est plus diffreile, Et par un esprit plein de générosite Enfin tu nous le rends charitable et facile.PROSOPOPÉE D\u2019APOLLON, Sur l\u2019ouvrage de Mademoiselle Meurdrac.SONNET.La Médecine vient de mon invention, Et Je suis, après Dieu, l\u2019Opérateur du monde : Ma puissance n\u2019a point nulle part de seconde, Et toute chose naist de ma seule action.Les herbes et les fruicts sont ma production ; Les animaux dans l\u2019air, sur la terre, et dans l\u2019onde : Je fais les minéraux par la vertu seconde, Et le Rov des métaux en sa perfection. 268 Lavar.MÉDrcAL Février 1958 Jay parmy les Mortels pour Compagnes deux femmes, Dont l\u2019illustre de Gu 1che en dérobant mes flames, Esclate dans la Cour comme un autre Soleil : Et la docte M eur dr ac dans son genre d\u2019écrire, En imitant mon Art partage mon Empire : Et pas un de nous trois ne trouve son pareil.I.D.S.N.A MADEMOISELLE MEURDRAC, Sur son Livre de Chymie.SONNET.Cent fois J\u2019ay célébré les plus sublimes faits Des insignes Héros que l\u2019Histoire nous vante : Mais quand 1l faut parler d\u2019une 1llustre Sçavante, Ou je parle en tremblant, M eurdrac, ou je me tais.Ton livre nous fait voir de merveilleux effets, Qui des plus envieux ont surpassé l\u2019attente ; Ou foit que ton esprit imite, où qu\u2019il invente, Le curieux y voit la fin de ses souhaits.Que nos Neveux un jour te donneront de gloire ; Et pour dire le vray l\u2019on aura peine à croire Qu\u2019une femme jamais eut tant de sçavoir.Des secrets que ton Livre explique en chaque page, Pour ne te rien cacher, je ne voudrois avoir Que celuy de louer dignement ton Ouvrage.Du PELLETIER SONNET.Dites-nous quel Esprit, ou quelle Deite, Inspire le scavoir qu\u2019on voit en vostre Ouvrage, Et qui vous a donné ce bel art en partage De prolonger les jours, et rendre la santé ?Vous sçavez, dites-vous, conserver la beauté, Et des défauts du tein réparer le dommage ; Mais du Sexe galand j je vous promets l\u2019hommage, Si vous avez trouvé ce secret souhaité.Non qu\u2019il espère avoir cette délicatesse Qu\u2019on voit briller au tein de l\u2019armable Comtesse À qui vous dédiez cet Ouvrage parfait. Février 1958 LavaL MEbpicaL 269 La plus vaine de nous se souhaite moins belle, Et vos plus beaux secrets auront assez d\u2019effet S\u2019ils font suivre de loin cet 1llustre Modelle.Mlle D.I.Cing sonnets et un sixain, en rimes ronflantes, célébraient et la comtesse de Guiche, sans doute cliente de l\u2019officine de Marie Meurdrac, et celle-ci, l\u2019auteur.Ces deux dames montaient au firmament de la gloire rejoindre Apollon ! On ne fait pas mieux aujourd\u2019hui.Même les cérémonies de « lancement » d\u2019un nouvel ouvrage, dans Ies salons d\u2019un club élégant, ne sauraient surpasser le déploiement de sonnets que les lectrices trouvaient en tête d\u2019un livre.II est assez curieux que ce petit livre de Marie Meurdrac ait échoué sur les rayons de la bibliothèque des Jésuites à Québec.Le livre a pu être apporté de Paris par quelque femme élégante, épouse d\u2019un gouverneur, ou d\u2019un intendant ou d\u2019un officier.Qui sait?Il y eut peut-être à Québec une succursale de l\u2019officine parisienne Meurdrac?La clique de Bigot aurait suffi à la faire vivre, car les « soins de beauté » devaient faire partie du train de vie des dames de ce groupe, et d\u2019autres aussi.Je laisse à d\u2019autres le soin de commenter les recettes Meurdrac pour la beauté des femmes ; 1l y a là de quoi faire dresser les cheveux sur la tête ! Qu\u2019il me suffrse de résumer mon exposé : la poésie publicitaire ; la préoccupation de la santé publique ; le culte de l\u2019Antiquité ; le respectueux rappel au Roi de ses devoirs envers le peuple ; la venue des femmes dans le monde de la science, voilà ce qu\u2019on peut découvrir en ces vieux ouvrages de pharmacie et de chimie, vieux de trois siècles.(18) ANALYSES H.COLLOMB et G.MILETO.La place du mépobromate dans la thérapeutique neuro-psychiatrique.La Presse médicale, 69 : 1550, (28 sept.) 1957.Les substances ataraxiques, tranquillisantes, semblent s\u2019imposer dans un grand nombre de désordres psychiques et psycho-somatiques.Cependant, les possibilités d\u2019action de ces médicaments ne sont pas illimitées.Leur efficacité apparaît plus pleinement dans les états névrotiques, dans certaines affections viscérales organiques ou fonctionnelles qui s\u2019accompagnent de névropathies anxieuses.Dans les psychoses le mépobromate s\u2019est montré sans intérêt particulier ; tout au plus peut-il supprimer ou atténuer l\u2019état d\u2019appréhension du malade avant l\u2019électrochoc, corriger les effets secondaires déprimants de la réserpine.II peut encore diminuer l\u2019anxiété dans beaucoup de manifestations psychotiques, faciliter le sommeil nocturne, faciliter la reprise de l\u2019activité, la réinsertion familiale et sociale en diminuant l\u2019appréhension du contact avec la réalité après les cures de ganglioplégiques.Les états névrotiques constituent les principales indications du mépobromate.Les résultats obtenus, excellents dans certains cas, bons dans l\u2019ensemble, sont fonction de la forme et de la gravité de la névrose.Dans la névrose d'angoisse le mépobromate est souvent spectaculaire ; son action rapide apaise l\u2019anxiété, diminue l\u2019irritabilité générale, régularise le sommeil.Dans Îles phobies, les psychonévroses obsessionnelles, les résultats sont habituellement des plus satisfaisants.Les résultats sont moins heureux dans l\u2019hystérie, dans les états hypochondriaques.Par contre les états dépressifs réactionnels sont en général très favorablement influencés.Dans les états psycho-somatiques (névrose d\u2019organe) : troubles respiratoire (dyspnée, asthme), troubles cardio-vasculaires (instabilité tension- nelle, tachycardies, palpitations), désordres digestifs (dyspepsie gastrique, vomissements, dyskinésie biliaire), manifestations cutanées (prurit, dermatoses), dysfonctionnement endocrinien, symptômes neurologiques (algies, tremblements), etc., les résultats sont très variables.L\u2019amélioration est manifeste lorsque ces manifestations s\u2019accompagnent d\u2019inquié- Février 1958 Lavar MÉDicAL 271 tude, d\u2019anxiété.Le mépobromate apporte un apaisement à leur tension nerveuse à beaucoup d\u2019insomniques, de surmenés, d\u2019inquiets, de petits anxieux ; il leur procure un sommeil facile et calme.Pour certains d\u2019entre eux le mépobromate à faibles doses est devenu un « aliment complémentaire » dont ils ne peuvent se passer.Dans les toxicomanies le mépobromate a permis de sevrer rapidement certains opiomanes, en supprimant les troubles caractéristiques de \u2018état de besoin.Chez les alcooliques le mépobromate diminue l\u2019anxiété qui accompagne l\u2019abstinence.Dans le même ordre d\u2019idée, il a paru faciliter I\u2019 abandon du tabac.Des insomniques intoxiqués par les barbituriques ont pu s\u2019en libérer facilement avec des doses moyennes de 1,2 à 1,6 g par jour.Dans de nombreuses affections neurologiques ou ostéo-articulaires s\u2019accompagnant de contractures (Parkinson, sclérose multiloculaire, hémiplégies spasmodiques) l\u2019action sur les contractures musculaires n\u2019est pas très évidente.Cependant le malade en retire un bénéfice subjectif qui se traduit par une « détente physique et morale », ce qui facilite la rééducation motrice et permet une meilleure acceptation de la maladie: L\u2019épilepsie psycho-motrice n\u2019est pas modifiée par le mépobromate.Par contre son action paraît très intéressante dans l\u2019épilepsie petit-mal, le petit-mal idiopathique où 1l donnerait dans 85 pour cent des cas une amélioration sensible.Son action paraît nulle dans l\u2019épilepsie grand mal.Les troubles neuro-végétatifs qui accompagnent la colite chronique, les désordres endocriniens (syndrome nerveux de la période prémenstruelle), les affections cardio-vasculaires (angor coronarien, hypertension), ont réagi favorablement au mépobromate, ainsi que l\u2019irritabilité, l\u2019inquiétude ou l\u2019anxiété qui en sont les conséquences habituelles.Il apparaît donc à l\u2019usage que le mépobromate a des indications assez larges.Son effet principal est de rédurre l\u2019anxiété et l\u2019angoisse.L\u2019anxiété et I\u2019 angoisse accompagnent nombre d\u2019affections psychiques et somatiques, et même la vie quotidienne dont l\u2019« angoissement vital » est un des aspects fondamentaux.L'action du mépobromate est d\u2019autant plus spectaculaire qu\u2019il s\u2019attaque à l\u2019anxiété et à l\u2019angoisse nées de rencontres ou de situations traumatisantes.Le mépobromate est utile dans les psychoses, trés utiles dans les névroses, mais il ne saurait corriger la structure d\u2019une personnalité morbide.Honoré NA DEAU A.S.PRASAD, E.REINER et C.L.WATSON.Syndrome of hypogammaglobulinemia, splenomegaly and hypersplenism.(Syndrome d\u2019hypogammaglobulinémie, de splénomégalie et d\u2019hyper- splénisme.) Blood, 12 : 926, 1957.On connaît actuellement trois formes d\u2019agammaglobulinémie : 1° la forme physiologique ou passagère des très jeunes enfants ; 2° la forme congénitale ; et, 3° la forme acquise.On sait aussi que \"absence 272 Lavar MEbicaL Février 1958 totale de gammaglobulines n\u2019existe pas et qu\u2019on peut, par certaines techniques sensibles, en démontrer des traces.Les auteurs rapportent un cas d\u2019 hypogammaglobulinémie chez une de leurs patientes dont nous résumerons les principales caractéristiques.Il s\u2019agit d\u2019une femme de 65 ans qui est souffrante depuis 1949.Au cours des sept dernières années, la patiente a présenté 12 épisodes de pneumonie.Elle consulte pour de l\u2019anémie et on lui découvre une splénomégalie, en 1955.En août 1956, elle est admise à l\u2019hôpital pour de la fièvre, de l\u2019ictère et du purpura.L\u2019anémie est très grave, à 4,2 g d\u2019hémoglobine ; on note une leucopénie à 2 100 et les plaquettes sont abaissées à 50 000.A l\u2019électrophorèse sur papier, on trouve un taux très abaissé de gammaglobulines, soit 0,6 par rapport à la normale de 1,1.L\u2019échec des transfusions et de la prednisolone entraîne les auteurs à penser à la splénectomie.L'opération est pratiquée et est suivie d\u2019une hausse du nombre des plaquettes et des leucocytes.La rate ne présentait aucune anomalie spécifique à l\u2019examen histologique.La patiente quitte l'hôpital 11 Jours après son opération et reçoit des injections de gammaglobuline aux trois semaines.Son hémoglobine se maintient à 11,5 sans autre traitement.Deux mois après sa sortie de l\u2019hôpital la malade est réadmise pour une pneumonie bilatérale et décède.Après avoir rapporté cette histoire, les auteurs discutent de l\u2019association de l\u2019hypogammaglobulinémie à l\u2019anémie hémolytique.Dans trois cas de Brem et Morton, on parle de lymphoblastome folliculaire comme maladie causale.Un malade de Ramos a été opéré pour thy- mome.Dans plusieurs cas, on a retrouvé, comme seule lésion une hyperplasie des cellules réticulaires.Certains cas se sont accompagnés d\u2019une adénomégalie, d\u2019autres d\u2019une hépatomégalie, la plupart avec baisse de l\u2019un ou des trois éléments de la lignée myéloïde.Il existe un cas rapporté d\u2019hypogammaglobulinémie avec splénomégalie sans manifestations hématologiques.Analysant leurs observations et celles qu\u2019ils ont mentionnées les auteurs voient une relation étroite entre l'agammaglobulmémie, la splénomégalie et l\u2019état d\u2019hypersplénisme.Ils croient que l\u2019hypogamma- plobulinémie cause de multiples Infections et, conséquemment, une yperplasie du système réticulaire se développe, d\u2019où une splénomégalie et de l\u2019hypersplénisme.Cet article contient d\u2019intéressantes hypothèses et ouvre un vaste champ à la recherche clinique.Jean-Marie DELÂGE Harrell E.RICHARD et Arthur C.CURTIS.The treatment of North American blastomycosis with amphotericin B.(Le traitement de la blastomycose nord-américaine avec l\u2019amphotéri- cine B.) Arch.Derm., 76 : 561-569, (nov.) 1957.Les auteurs reconnaissent l\u2019efficacité des diamidines aromatiques dans le traitement de la blastomycose nord-américaine, mais constatent que, dans certains cas où l\u2019épreuve cutanée à la blastomycine est négative et Février 1958 Lavar MÉDICAL 273 l\u2019épreuve de la fixation du complément demeure positive, la stilbamidine et la 2- hydroxystilbamidine sont souvent inefficaces.Ces échecs les ont donc entraînés à traiter quatre patients avec un nouvel antibiotique, l\u2019amphotéricine B, qui a des propriétés fungicides in vitro.Cet antibiotique, qui se présente sous forme cristalline, a été administré à raison de 50 milligrammes par 1 000 cm3 de dextrose à cinq pour cent dans l\u2019eau distillée.L\u2019amphotéricine B se donne par voie intraveineuse en gouttes à gouttes sur une période de six à huit heures.La solution est filtrée comme pour l\u2019administration de sang.Les quatre patients traités souffraient d\u2019une blastomycose systémique qui avait résisté aux diamidines aromatiques.Tous avaient des lésions pulmonaires et cutanées.Deux d\u2019entre eux présentaient des lésions osseuses destructives et l\u2019un avait aussi une localisation à la prostate.Trois de ces patients reçurent une dose totale de un gramme et l\u2019autre 0,5 gramme d\u2019amphotéricine B.Les résultats de ce nouvel antibiotique furent rapides, car les lésions cutanées guérirent complètement dans trois semaines et Il fut impossible de mettre en évidence les blastomycètes dans les lésions cutanées et dans les expectorations.Les manifestations d\u2019intolérance se présentèrent chez les quatre patients sous forme de réactions fébriles et d\u2019anorexie importante.-Ces symptômes n\u2019empéchèrent pas les patients de gagner du poids.Les auteurs concluent à l\u2019efficacité de l\u2019amphotéricine B dans ces quatre cas de blastomycose systémique, mais ne peuvent pas conclure définitivement à cause de la courte période d'observation de leurs malades.Jean GRANDBOIS Paul WEBB, Lawrence N.CARLINGTON et Marvin J.SCHWARTS.Insensible weight lost at hight skin temperature.(Perte insensible de poids à températures cutanées élevées.) J.Applied Phys, 11 : 41, (juil.) 1957.La perspiration insensible ou mieux la perte insensible de poids est la légère perte de poids qui s\u2019opère graduellement du fait de la diffusion del eau au travers de la peau, de la perte d\u2019eau par les voles respiratoires de même que par la différence de poids entre l\u2019oxygène consumé et l\u2019anhydride carbonique exhalée.Cette perte de poids est indépendante de celle qui est causée par l\u2019activité des glandes sudorales.La perte insensible de poids peut varier de 0 à 40 grammes à l\u2019heure selon les variations de la température cutanée, du degré d\u2019humidité et de l\u2019importance des déplacements de l\u2019air ambiant de même que de la pression barométrique.Au cours de l\u2019expérience le sujet est couché sur un filet de nylon fixé à un cadre de métal et suspendu à la plate-forme d\u2019une balance indiquant continuellement le poids, à un gramme près.La perte d\u2019eau par (20) 274 Lavar MÉpicaL Février 1958 les voies respiratoires est supprimée soit en faisant respirer le sujet dans un circuit clos qui devient rapidement saturé d\u2019humidité soit encore en lui faisant respirer de l\u2019oxygène pur saturé d\u2019humidité par l\u2019intermédiaire d\u2019un masque.Pour éviter toute sécrétion des glandes sudorales susceptibles de se produire lorsque la température cutanée s\u2019élève au-delà de 32°C., les sujets reçoivent une dose initiale de cing mg d\u2019atropine par voie intra- véineuse et, si le test se prolonge et s\u2019il y a lieu, des doses additionnelles de deux mg d\u2019atropine par voie intramusculaire.Le test est conduit dans une chambre à température et à humidité contrôlées.L\u2019humidité est maintenue à une pression de vapeur d\u2019eau de cinq mm de mercure et la vélocité de l\u2019air est maintenue constante à 120 pieds par minute.La température de la peau est mesurée par 18 thermocouples distribués aux surfaces les plus représentatives.De plus, on tiènt continuellement compte de la température rectale et détermine occasionnellement la consommation d'oxygène par un appareil clinique et relève des tracés électrocardiographiques.Quatre sujets, respectivement de 23, 27, 28 et 32 ans, servirent à cette expérience.Comme on peut s\u2019y attendre le comportement des sujets-contrôles et des sujets qui ne transpirent pas est diamétralement opposé.1.En l\u2019absence de transpiration, l\u2019élévation de la température de la pièce ambiante entraîne une augmentation rapidement incontrôlable des températures cutanée et rectale.2.La perte insensible d\u2019eau s\u2019élève avec l\u2019augmentation de la température cutanée.Chez les sujets témoins dont la transpiration est normale on observe une rapide diminution de poids lorsque la température cutanée s\u2019élève au-dessus de 33 degrés centigrades.Par contre, chez les sujets atropinés la diminution de poids se fait de façon régulière et constante sans qu\u2019il y ait d\u2019accentuation marquée de la courbe quelle que soit la température cutanée.3.En établissant la relation entre la perte insensible de poids, le sujét ne transpirant pas, avec la pression de la vapeur d\u2019eau à la peau 1l semble que cette relation soit constante et que la perte de poids augmente au fur et à mesure que la pression de la vapeur d\u2019eau à la peau s\u2019élève.Comme la valeur réelle de la pression de la vapeur d\u2019eau à la peau n\u2019est pas définitivement connue, les auteurs estiment que la pression de la vapeur d\u2019eau à la peau est équivalente à la pression de la vapeur d\u2019eau à la température de la peau.L\u2019extrapolation de la courbe obtenue indique qu\u2019à une pression de vapeur d\u2019eau à la peau de 23 millimètres de mercure la perspiration devient pratiquement nulle.PHARMACODYNAMIE DE L\u2019ATROPINE Les fortes doses d\u2019atropine utilisées par les auteurs soit cinq mg par voie intraveineuse, leur ont permis d'observer des effets pharmacody - namiques très intéressants.Ces effets sont très rapides et à peine une à deux minutes après l\u2019injection on observe déjà de la tachycardie et un effet sur le système nerveux central.Quant à la transpiration elle est supprimée après un délai de dix à vingt minutes. Février 1958 LavaL MEbicaL 275 Systéme nerveux central: L\u2019influence sur le systéme nerveux central se manifeste d\u2019abord par de l\u2019euphorie et par des accès d\u2019anxiété, de l\u2019hébêtement et des rêves actifs.On observe encore une accélération et un empâtement du langage, de la perte d\u2019attention, de l\u2019ataxie, du vertige, de même qu\u2019une perte de la perception visuelle de profondeur et de l\u2019accommodation.Par contre, on observe pas de modification de l\u2019orientation, des réflexes, ni des sensations périphériques.Circulation : L\u2019injection de cinq mg d\u2019atropine par voie intraveineuse entraîne une tachycardie légère de l\u2019ordre de 110 à 120 à la minute de même qu\u2019une légère vasodilatation cutanée et un blocage de la vasoconstriction cutanée.Par contre, on observe pas de modification de I\u2019électrocardiogramme ni de variation de la pression artérielle.Système autonome : Les auteurs rapportent une légère dilatation des pupilles, un assèchement modéré des sécrétions vaso-pharyngées, une réduction marquée du tonus vésical et une réduction des bruits du péristaltisme intestinal.Respiration : Il semble n\u2019y avoir aucune influence sur la respiration si ce n\u2019est des accès de « besoin d\u2019air » (air bunger) associés à de l\u2019anxiété.Thermorégulation : Le blocage de la transpiration et de la ,vasoconstriction, provoquées par l\u2019 atropine, entraîne une perte des principaux mécanismes de contrôle de la température.Il devient dès lors possible de changer la température cutanée et même après un certain délai la température rectale.tout simplement en modifiant la température de la chambre.G.-A.BERGERON J.MARIE et E.ELIACHAR.Coqueluche : étiologie, épidémiologie, bactériologie.Encycl.méd.-chir., Maladies infectieuses et parasitaires, 8017 B!° (2-1956), 4 pages.L\u2019étude de la coqueluche s\u2019est notablement renouvelée depuis quelques années.La connaissance plus précise de la constitution anti- génique du bacille de Bordet-Gengou (connaissance qui a permis la préparation d\u2019un vaccin efficace), la description radio-clinique des pneumo-coqueluches, la préparation d\u2019un sérum hyperimmunisé actif et de gamma-globulines spécifiques, l\u2019introduction des antibiotiques dans la thérapeutique anticoquelucheuse constituent les principaux progrès (22) 276 Lavar MÉpicaL Février 1958 réalisés.Le lecteur trouvera donc ces nombreux points nouveaux dans le fascicule que J.Marie et E.Eliachar viennent de consacrer à l\u2019étiologie, l\u2019épidémiologie, la bactériologie et l\u2019immunologie de la coqueluche.P.ROYER et J.C.JOB.Accidents provoqués par les antibiotiques fungiques.Encycl.méd.-chir., Maladies infectieuses et parasitaires, 8005 B\"° (2-1956), 10 pages.Pour bénins que soient les incidents communs et pour exceptionnels que soient les accidents graves, l\u2019extraordinaire diffusion de l\u2019antibio- thérapie ne leur confère pas moins une grès grande importance clinique.P.Royer et J.C.Job distinguent : des accidents directs, de nature allergique, ou toxique et irritative ; des accidents indirects, par lyse de germes pathogènes ou par bouleversement de la flore microbienne saprophyte de l\u2019organisme.Les accidents allergiques sont surtout dus à la pénicilline et à la streptomycine ; leur prévention et leur traitement constituent une des parties les plus intéressantes de ce nouveau fascicule.Les accidents toxiques et par irritation (accidents sanguins et accidents cérébro- méningés surtout) résultent en grande partie d\u2019un excès de la dose ou de la concentration de l\u2019antibiotique administré.Ils sont bien plus rares que les accidents allergiques, généralement prévisibles et évitables par une posologie stricte.Parmi les accidents indirects, les accidents par lyse de germes pathogènes ne sont pas spécifiques de l\u2019antibiotique employé, mais de la maladie traitée ; quant aux accidents par déséquilibre de la flore saprophyte, ce sont actuellement les plus fréquents des accidents de l\u2019antibiothérapie, et certains sont parmi les plus graves ; leur prévention et leur traitement sont étudiés en détail par P.Royer et J.C.Job.Signalons enfin l\u2019intérêt d\u2019un tableau indiquant, pour chaque antibiotique, la fréquence des divers types d\u2019accidents rencontrés.H.WELTI et R.GERARD-MARCHAND.Histologie normale et pathologique des glandes parathyroides.Encycl.méd.-chir., Glandes endocrines, 10011 B!° (1-1956), 4 pages, 8 fig.En dehors de l\u2019intérêt chirurgical propre aux parathyroïdes, la connaissance parfaite de leur anatomie est indispensable pour les reconnaître au cours des thyroïdectomies ; en cours d\u2019opération, il faut aller au-devant de leur découverte, afin de les respecter.Il s\u2019agit donc ici d\u2019un sujet de première importance pour les chirurgiens comme pour les étudiants.Autant que le texte, la remarquable série de figures qui l\u2019accompagne apporte au lecteur les indications les plus claires et les plus précises sur l\u2019anatomie de cette région. Février 1958 Lavar MÉDicaL 277 Quant à l\u2019histologie de ces glandes, dont le polymorphisme cellulaire et architectural est considérable, sa connaissance est évidemment néêces- saire à la compréhension des nombreux syndromes pathologiques qui peuvent intéresser les parthyroïdes.Huit coupes histologiques illustrent un texte à la fois complet et concis.A.HADENGUE, M.DÉROT, L.POLLET.Mercure : généralités ; intoxications aiguës, subaigues médicamenteuses et professionnelles, Encycl.méd.-chir., 16003 A\", A2, A8, A5, (9-1955), 20 pages, 6 figures.L'ensemble de ces fascicules présente toutes les notions utiles à propos des divers types d\u2019intoxication mercurielle, ou hydrargyrisme.L\u2019intoxication par les organo-mercuriels, professionnelle ou accidentelle, doit en être distinguée.Elle a une expression clinique très différente et les accidents toxiques semblent résulter plus des propriétés des radicaux organiques que du mercure lui-même.Aussi l\u2019intoxication par les organo-mercuriels est-elle étudiée dans un autre fascicule de cette même mise au courant.Les fascicules de A.Hadengue, M.Dérot et L.Pollet font état des nombreuses acquisitions nouvelles qu\u2019ont apportées ces dernières années dans la clinique et la thérapeutique des intoxications par le mercure.Signalons particulièrement l\u2019étude clinique très poussée qu\u2019a rédigée M.Dérot à propos de l\u2019intoxication mercurielle aiguë, étude clinique qui s\u2019accompagne d\u2019une étude biologique très précise.Quant au chapitre de thérapeutique, il fait l\u2019objet d\u2019importants développements qui exposent les moyens thérapeutiques les plus modernes, du B.A.L.aux méthodes d\u2019 épuration extrarénale et aux injections du propionate de testostérone.L\u2019intoxication mercurielle médicamenteuse pose de nombreux problèmes à propos desquels A.Hadengue expose l\u2019état le plus récent de nos connaissances.Signalons notamment l\u2019intérêt des chapitres consacrés aux accidents des diurétiques mercuriels, accidents immédiats, accidents secondaires et accidents humoraux, aux rapports entre le mercure et l\u2019acrodynie infantile, enfin aux moyens prophylactiques qui doivent permettre d\u2019éviter ces accidents.Enfin, l\u2019intoxication professionnelle est étudiée par L.Pollet d\u2019une façon très complète ; le lecteur y trouvera de nombreux points nouveaux, de grand intérêt, à propos de la clinique, du diagnostic, de la prophylaxie et du traitement de cette intoxication.(24) LIVRES Les précis du praticien : les intoxications.P.BARDENNE.J.-B.Baillière er Fils, édit, Paris, 1958.Vade- mecum encyclopédique du médecin Le médecin et son malade : praticien.H.DousseT.Librairie Maloine, édit., Paris, 1958.Corticothérapie et infections microbiennes non tuberculeuses.P.Cueymor.Librairie Maloine, Edit.Paris, 1958.RECUS Thérèse Neumann.Pierre GŒMARE.Librairie Maloine, édit, Paris, 1958.Contribution à l\u2019étude de la périar- térite noueuse.P.LAMBERT.Li- rairie Maloine, édit, Paris 1958.Pour obtenir une voix meilleure.Jean TArnEaup.Librairie Maloine, édit, Paris, 1958.Techniques de biochimie.Pierre TH0o- MAS et Dominique Reymonp.J.-B.Baillière e Fils, édit, Paris, 1958. REVUE DES LIVRES Le parasitisme des cellules du sang chez l\u2019homme, en particulier dans le sang des cancéreux, par E.VILIÉQUEZ, chef de laboratoire du Centre de transfusion sanguine, professeur de médecine expérimentale à l\u2019École de médecine et de pharmacie de Dijon.Microphotographies de M.BIzoT, professeur à l\u2019École de médecine et de pharmacie de Dijon.Un volume 16 X 24 de 190 pages, avec 100 microphotographies et 5 tableaux.Libraire Maloine, éditeur, 27, rue de l\u2019École-de-Médecine, Paris (VI®).Dans cet ouvrage, de caractère entièrement original, la réalité de faits observables jusqu\u2019alors non admis, est présentée pour la première fois, au monde scientifique.La position ferme de l\u2019auteur paraîtrait insoutenable, si elle ne s\u2019appuyait sur une riche documentation de microphotographies.Les images retiennent, immédiatement, l\u2019attention par la précision d\u2019aspects polymorphes concernant la flore du parasitisme latent des cellules du sang.Ce travail rejoint l\u2019étude d\u2019un problème qui passionne tous les esprits, même en dehors des milieux médicaux : celui de la pathogénie du cancer et de la présence des formes évolutives de micro-organismes dans le sang et les tumeurs.Ainsi apparaît l\u2019intérêt d\u2019observations dont la réalité n\u2019a cessé d\u2019être mise en doute.Les omissions et les erreurs de cette opposition sont soulignées en termes nets qu\u2019autorisent la valeur de l\u2019exposé scientifique et la haute tenue du texte.L\u2019introduction présente le passé et l\u2019avenir de cette voie d\u2019étude inconnue.Les chapitres techniques, polymorphisme évolutif et cultures bactériennes sont traités avec clarté et précision.Le chapitre concernant les données expérimentales de la théorie infectieuse est une revue d\u2019ensemble des acquisitions sur la pathogénie du cancer.Un judicieux effort de rédaction a permis de réaliser avec concision un exposé cependant complet, accessible à tous les lecteurs.Une bibliographie abondante offre une documentation se rapportant aux nombreuses connaissances qu\u2019exigent, actuellement, les études de l\u2019étiologie du cancer.A la suite des travaux anciens tirés de l\u2019oubli, apparaissent les publications les plus (26) 280 Lavar MÉDicAL Février 1938 récentes sur les évolutions bactériennes, les virus, la cytologie, l\u2019optique électronique.La partie bibliographique intitulée : « La recherche scientifique, ses voies et ses obstacles ) paraîtra inattendue si on méconnaissait, combien intervient au cours d\u2019un long effort, la psychologie passionnée du chercheur.Le livre est illustré de 5 tableaux et surtout de 96 microphotographies originales qui, par leur valeur technique, représentent des documents précis qui feront accepter cette nouvelle base d\u2019étude.Bases pharmacodynamiques de la thérapeutique du système nerveux autonome, par René HAZARD, professeur de pharmacologie à la Faculté de médecine de Paris.Bibliothèque de thérapeutique médicale, professeur Raymond Turpin, directeur.Un volume in-8° de 126 pages (1956) : 1400 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI\u20ac).La pharmacodynamie se donne comme objet d\u2019étude le mécanisme de l\u2019action des substances toxiques ou médicamenteuses dans l\u2019organisme.Elle établit les modalités de leur action principale et de leurs effets secondaires, détermine leur toxicité et les moyens de la combattre, la valeur des associations synergiques ou antagonistes.Ce fascicule de la bibliothèque thérapeutique du professeur Turpin représente un exemple typique de cet apport de la pharmacodynamie à une thérapeutique rationnelle.Les médicaments qui agissent d\u2019une manière assez élective sur les organes et appareils innervés par le système nerveux autonome forment un groupe homogène dont l\u2019étude a été divisée en trois parties.I.SUBSTANCES AGISSANT DANS LE DOMAINE PARASYMPATHIQUE 1.Parasympathomimétiques.\u2014 Substances qui reproduisent les effets de l\u2019excitation des nerfs parasympathiques (vague, moteur oculaire commun, corde du tympan, etc.) Les principales sont la choline et ses dérivés, la pilocarpine, l\u2019ésérine, la néostigmine.2.\u2018Parasympatbolytiques.\u2014 Substances qui s \u2019opposent aux effets de l\u2019excitation des nerfs parasympathiques comme aussi: à l\u2019action des para- sympathomimétiques et notamment à celle de l\u2019acétylcholine considérée comme l\u2019intermédiaire chimique de cette excitation.Atropine et ses succédanés mydriatiques ou antispasmodiques ; hyoscyamine, scopolamine et ses succédanés synthétiques utilisés dans le traitement de la ma- Jadie de Parkinson.II.SUBSTANCES AGISSANT DANS LE DOMAINE SYMPATHIQUE 1.Sympathomimétiques.\u2014 Substances qui reproduisent les effets de l\u2019excitation des nerfs sympathiques.Adrénaline et tous les corps groupés Février 1958 Lavar MÉDICAL 281 autour d\u2019elle, dérivés (noradrénaline) ou succédanés (type éphédrine et substances voisines).2.Sympatholytiques et adrénalytiques.\u2014 Substances qui s\u2019opposent aux effets de l\u2019excitation des nerfs sympathiques (sympatholytiques) comme aussi à l\u2019action de l\u2019adrénaline considérée comme l\u2019intermédiaire chimique de cette excitation (adrénolytiques).Alcaloides de l\u2019ergot de seigle, et du Rauwolfia, yohimbine, sympatholytiques de synthèse et notamment les hypotenseurs.III.SUBSTANCES A ACTION GANGLIONNAIRE PREDOMINANTE Elles se divisent en deux classes suivant que leur action se montre soit d\u2019abord excitante puis inhibitrice, soit uniquement inhibitrice sur les ganglions autonomes.1.Gangliostimulants secondairement ganglioplégiques.\u2014 La nicotine est prise comme type de ce groupe car ses actions permettent de comprendre celles de produits comme la lobéline, à peu près seule substance de ce groupe utilisée en thérapeutique.2.Ganglioplégiques d\u2019emblée.\u2014 Spartéine et procaine (et procai- namide) ; chlorpromazine (largactil*) plus neuroplégique que ganglio- plégique ; ammoniums quaternaires ganglioplégiques, hypotenseurs ou curarisants.Pour chaque substance utilisée en thérapeutique sont exposées les actions physiologiques, de brèves indications thérapeutiques principales avec la posologie courante que le médecin adaptera au cas à traiter.Chaque chapitre comprend aussi l\u2019étude des actions secondaires dont 1l faut connaître les inconvénients quelquefois très importants ; l\u2019étude des effets toxiques et leur traitement.Ces renseignements de tous ordres permettront au médecin de bien connaître la puissance et éventuellement les dangers du médicament ; et le thérapeute pourra en toute connaissance de cause fixer son choix sur la médication la plus appropriée au traitement d\u2019un cas pathologique onné.Tuberculose initiale.Symptomatologie \u2014 Traitement \u2014 Le terrain et l\u2019évolution, par Franck TISSOT, médecin chef des Préventoriums de Saint-Gervais.Préface du professeur agrégé Kourirsxy.Un volume in-8° de 184 pages, avec 11 figures dans le texte et 21 radios hors-texte (1956) : 1 500 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI°).C\u2019est une synthèse, et non un ouvrage exhaustif sur la question, que l\u2019auteur présente.D\u2019une lecture facile, 11 fait le tour des problèmes essentiels de la tuberculose initiale, à la lumière des acquisitions les plus récentes.(28) 282 LavaL.MÉDicAL Février 1958 Sans entrer dans le détail des chapitres ardus de la bactériologie et de l\u2019anatomie pathologique, 1l fait, néanmoins, allusion, au cours de son exposé, aux travaux actuels qui présentent des connexions pratiques avec les problèmes quotidiens.C\u2019est donc un ouvrage de mise au point utile, dans lequel beaucoup de médecins pourront puiser pour préciser leurs idées sur une question extrêmement vaste, qu\u2019ils ne peuvent embrasser en grand détail.Ainsi, le chapitre du mode de contamination, celui si fameux des rapports de l\u2019allergie et de l\u2019immunité, celui, surtout, bien récent et encore souvent imprécis dans beaucoup d\u2019esprits, de l\u2019action des antibiotiques dans la tuberculose initiale, sont traités en quelques pages claires qui découlent des constatations scientifiques les plus récentes.La radiologie de la tuberculose initiale, bien illustrée, permet de pénétrer intimement le sujet.Cependant, cet ouvrage n\u2019est ni didactique ni trop théorique, car il fait perpétuellement référence au malade et au terrain.C\u2019est une de ses originalités que ce souci de cadrer la maladie dans son contexte humain.II se réfère, en particulier, dans un chapitre final, à la clinique du tempérament, qu\u2019il estime être une méthode accessible, pratique et synthétique bien conforme 2 à la nature humaine.Dans son esprit, cette clinique pourra un jour voir s\u2019ouvrir un chapitre connexe de laboratoire, mais, comme dans toute médecine, ces deux disciplines se compléteront toujours.Enfin, dans une conclusion, l\u2019auteur trace les grandes lignes de l\u2019évolution d\u2019ensemble de la tuberculose et termine sur une note optimiste.Le praticien et le spécialiste liront avec fruit cet ouvrage d\u2019un des phtisiologues les plus avertis de notre temps.Chirurgie du corps thyroïde, par Sylvain BLONDIN, chirurgien de l'hôpital Beaujon.Collection Henri-Mondor, section des monographies chirurgicales.Un volume de 292 pages, avec 37 figures (17 X 25,5).Broché : 2 000 fr.; cartonné toile : 2600 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120 boulevard, Saint-Germain, Paris (VI*).En concevant l\u2019idée de cette nouvelle collection chirurgicale, le professeur Mondor a pensé qu\u2019à côté des traités, des manuels et de tous les livres impersonnels indispensables sans doute d\u2019un point de vue didactique et documentaire, 1l y avait place pour des ouvrages d\u2019un caractère différent.Il a donc demandé à un groupe de jeunes chirurgiens, qualifiés par leur esprit et leur activité, d\u2019écrire chacun en fonction de son expérience, une monographie qui, sans méconnaître ce qui a paru par ailleurs, exposerait avant tout les conclusions tirées de son activité personnelle.C\u2019est dire que ces livres ne doivent nécessairement obéir, ni dans leur étendue, ni dans leur présentation, ni même dans leur esprit, à des canons identiques.Forme et fond, selon la compétence personnelle de l\u2019auteur, sont adaptés au sujet traité.Le premier volume, consacré à la chirurgie du corps thyroïde, est dû au docteur Sylvain Blondin. Février 1958 LavaL MEbicaL 283 La thyroidectomie bilaterale subtotale, qui a supplanté presque toujours les autres opérations, semblait avoir acquis une place solide dans le traitement des affections thyroidiennes.Mais la découverte, il y a une quinzaine d\u2019années, des antithyroidiens de synthèse d\u2019une part, de l\u2019iode radio-actif d\u2019autre part, rend nécessaire à nouveau une comparaison, sans parti-pris ni intransigeance, entre les résultats de ces traitements nouveaux et ceux, depuis longtemps connus, de la chirurgre.Il s\u2019agit d\u2019essayer de fixer la place actuelle des exérèses chirurgicales dans le traitement des affections thyroïdiennes.Les endocrinologistes, les cytologistes et les chimistes ont accumulé une somme de travaux si Importants qu\u2019il n\u2019est plus possible de conserver les descriptions un peu schématiques des goitres, telles qu\u2019on les trouve dans bien des monographies chirurgicales.Ces conceptions physio-pathologiques n\u2019ont pas qu\u2019un Intérêt théorique, elles éclairent d\u2019un jour tout différent la pathologie thyroïdienne et rendent plus complexe et plus nuancée la décision thérapeutique.Une opération, prestement Imposée, sans examen soigneux, menée sans discernement, expose à nombre d\u2019échecs ou, tout au moins, à des résutats qui se prouveront vite mauvais ou médiocres.S\u2019adressant surtout à des chirurgiens, cet ouvrage a pour but essentiel de préciser les indications thérapeutiques, d\u2019analyser les résultats, d\u2019essayer d\u2019éviter complications et incidents.C\u2019est ainsi que dans la description de la technique chirurgicale, seuls dont détaillés les points particuliers \u2014 sur lesquels trop souvent les auteurs sont brefs \u2014 dont la connaissance est nécessaire pour procéder, avec sécurité, à l\u2019ablation de tel ou tel goitre, ou pour éviter, dans les cas diffreiles, la blessure d\u2019un organe dangereusement exposé.Dans l\u2019esprit même de la collection, l\u2019auteur a voulu présenter, sous l\u2019éclairage des acquisitions que fixe une abondante littérature, sa vaste expérience personnelle de la chirurgie thyroïdienne, acquise dans les grands hôpitaux parisiens et en pratique privée.Son étude s\u2019appuie sur 667 thyroïdes opérées, dont 221 maladies de Basedow et 177 adénomes.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE I.La thyroïdectomie sub-totale.\u2014 Principes généraux.\u2014 Complications des thyroïdectomies.\u2014 II.Méthodes d\u2019examen.\u2014 Examen clinique.\u2014 Explorations fonctionnelles.\u2014 III.Le goitre dit « simple ».\u2014 Goiîtres diffus.\u2014 Goitres nodulaires.\u2014 Goitres intrathoraciques.\u2014 Kystes et faux kystes thyroïdiens.\u2014 IV.Les thyréo- toxicoses.\u2014 Maladie de Basedow.\u2014 Adénome toxique.\u2014 Cardiothyréoses.\u2014 V.La thyroïdectomie totale chez les cardiaques non basedowiens.\u2014 VI.Goitre et myxœædè- me.Crétins goitreux.\u2014 VII.Les cancers thyroïdiens.\u2014 Infections aiguës et chroniques.\u2014 Index alphabétique des matières.(30) ow CHRONIQUE, VARIETES ET NOUVELLES Société médicale des Hopitaux universitaires de Québec Séance du vendredi, 6 décembre 1957, à l\u2019École de médecine .Bernard BELLEAU (département de biochimie) : Étude biochimique du mode d\u2019action d\u2019agents adrénolytiques ; .Louis BERLINGUET, Didier Durour et Fernand MARTEL (département de biochimie) : Essais chimiothérapeutiques sur quelques tumeurs cancéreuses ; .Guy LAMARCHE (département de physiologie) : Le système spino- olivo-cérébelleux.Etudes oscillographiques ; André Porvin (département de bactériologie) : Infections a petits anaérobres ; André McCuisH et J.-A.GRAVEL (département d\u2019anatomie) : Circulation extracorporelle.Séance du vendredi, 20 décembre 1957, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus Paul GaAriBoIs : Anesthésie pour commissurotomie mitrale ; .J.-P.BERNIER, Henri LAPOINTE et Charles PLAMONDON : De l\u2019usage des radio-isotopes comme moyen de diagnostic ; .Maurice HÉoN : Un malade et ses maladies ; De la Broquerie FORTIER : À propos des réticulo-endothélioses malignes du nourrisson.Témoignage au doyen Jobin Les membres de la Faculté de médecine ont vivement apprécié la promotion de leur doyen à des fonctions académiques et administratives intégrales. Février 1958 Lavar MegbpicaL 285 À l\u2019occasion de cet heureux événement, les professeurs titulaires et les professeurs agrégés de la Faculté ont diné récemment avec leur chef de file et ont exprimé par la voix du professeur A.-R.Potvin, le témoignage de leur admiration et de leur amitié à leur distimgué doyen.Élections à la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec À l\u2019assemblée générale annuelle de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, tenue à l\u2019Ecole de médecine le 10 janvier 1958, le docteur Sylvio Leblond, professeur titulaire de la clinique médicale à l\u2019Hôtel-Dieu de Saint-Vallier de Chicoutimi a été élu à l\u2019unanimité président de cette société.Le docteur Honoré Nadeau, chef de clinique médicale de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement et professeur titulaire de diététique a été élu vice-président et les docteurs Charles-A.Martin, professeur agrégé, chef du Service de neuropsychiatrie à la Clinique Roy-Rousseau et le docteur Grégoire St-Arnaud, assistant universitaire dans le Service de gynécologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, respectivement secrétaire et trésorier.Les directeurs de la société sont les docteurs Arthur Bédard, Charles-Auguste Gauthier, Jean-Marie Lemieux, Alphonse Pelletier et René Simard.Prix Bergeron A l\u2019assemblée annuelle de la Socrété médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le docteur Maurice Giroux, président sortant de charge a communiqué les noms des récipiendaires des prix de la bourse C.-J.Bergeron, accordés par la maison Charles E.Frosst ¢» Co., aux auteurs des meilleurs travaux présentés au cours de l\u2019année.Le premier prix a été mérité par les docteurs Louis Berlinguet, Didier Dufour et Fernand Martel, du département de biochimie de la Faculté de médecine pour leur communication intitulée Essais thérapeutiques sur quelques tumeurs cancéreuses.Le deuxième prix a été attribué au docteur Jean Couture, du Service de chirurgie de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement pour sa communication intitulée Résection intestinale massive.(32) 286 Lavar MEbpicaL Février 1958 « Précis de puériculture et de pédiatrie » * Dans ce volume, le docteur Fortier se propose de diffuser les connaissances de la physiologie et de la pathologie infantile en réunissant «les notions aujourd\u2019hui reconnues essentielles et fondamentales au développement harmonieux et complet de la personnalité physique et psychique de l\u2019enfant ainsi qu\u2019à sa protection et au recouvrement de la santé lorsque la maladie l\u2019imprègne et, parfois hélas, le conduit à la mort ».« Dans un avant-propos l\u2019auteur définit ce que ce Précis a voulu être.Un guide d'hygiène infantile à l\u2019usage des écoles d\u2019infirmières, des étudiants en médecine, des assistantes sociales, des hygiénistes et des médecins de pratique générale.Que tous veuillent y voir le soucr de les familiariser avec l\u2019esprit médical et social de la puériculture ; qu\u2019ils y trouvent aussi un précis de pédiatrie élémentaire, soit à la compréhension de l\u2019enfant devant la maladie, soit à l\u2019établissement d\u2019un diagnostic rapide et précis des différentes affections dont l\u2019enfant est si fréquemment atteint.« Nous nous sommes abstenu d\u2019être, en pathologie infantile, descriptif de l\u2019évolution des maladies et de discourir sur leurs thérapeutiques.Sans cette limite volontaire nous nous serions acheminé obligatoirement vers un « traité de pédiatrie » et aurions dépassé les besoins essentiels de ceux à qui ce Précis est destiné.« La séquence suivie est voulue, à la fois par la chronologie de la vie infantile, par ses propres besoins hygiéniques, sociaux et médicaux.» Pour atteindre ce but, l\u2019auteur divise son livre en trois parties : la puériculture médicale, la puériculture sociale et la pédiatrie.f Après une étude démographique de la population, l\u2019étude des phénomènes de la croissance tant physique que psychique et un rappel des fonctions digestives chez le nourrisson, l\u2019auteur aborde l\u2019étude de la puériculture proprement dite en exposant successivement l\u2019allaitement maternel, l\u2019allaitement artificiel, avec une étude des laits industriels, et l\u2019ablactation.Il complète cette première partie par un exposé de l\u2019hygiène générale de l\u2019enfance traitant de l\u2019hygiène corporelle, de l\u2019hygiène vestimentaire, de l\u2019hygiène des loisirs et de l\u2019hygiène de l\u2019habitat.En puériculture sociale, après un \u2018exposé de la génétique médicale, l\u2019auteur traite d\u2019abord de l\u2019eugénisme, incluant une étude médicale et morale du « contrôle des naissances ».L\u2019assistance médico-sociale de la maternité, incluant l\u2019importance de l\u2019éducation de la population et du rôle de l\u2019État, fait l\u2019objet de la section de la puériculture sociale prénatale tandis que les Services de protection sociale de l\u2019enfance depuis le premier * Par de la Broquerie FORTIER, F.A.A.P., professeur titulaire de clinique pédia- trique à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, chef du Service de pédiatrie à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.Un volume 20 X 14 de 548 pages.Wilson et Lafleur Limitée, éditeurs, 39 ouest, rue Notre-Dame, Montréal, 1957. Février 1958 LavaL MEbpicaL 287 âge jusqu\u2019à l\u2019âge scolaire sont exposés dans la section de puériculture sociale postnatale.En pédiatrie, l\u2019auteur traite successivement de l\u2019infection, de la pathologie de la nutrition, de la prématurité, des affections des voies respiratoires, des affections cutanées, des affections du système nerveux, des affections du sang et des organes hématopoïétiques, des affections de l\u2019appareil urinaire, des troubles des métabolismes, de l\u2019appareil cardio- vasculaire, du foie et du pancréas, de l\u2019appareil locomoteur, et des glandes endocrines.Au total, un Précis de puériculture et de pédiatrie, bien présenté, que nous recommandons fortement à tous ceux que l\u2019auteur, à des titres divers, a voulu atteindre.Geo.-A.BERGERON L'Association des ophtalmologistes de la province de Québec Constituée légalement en vertu d\u2019une charte provinciale, l\u2019Association des ophtalmologistes de la province de Québec groupe tous les médecins spécialisés en ophtalmologie qui veulent en faire partie.Elle est reconnue comme telle par le Collège des médecins et chirurgiens de [a province de Québec auquel elle doit allégeance.Ses buts principaux sont de maintenir à un niveau élevé la compétence scientifique de ses membres, de mieux répondre ainsi aux exigences ophtalmologiques de la population, et de protéger efficacement les saines prérogatives de ses adhérents.Elle entend opérer dans tous les domaines de sa juridiction en s\u2019appuyant sur la sympathie active de tous les groupements médicaux déjà en existence.Voici la composition de son exécutif : Président : docteur René Charbonneau, Montréal.Vice-président : docteur John Nicholls, Montréal.Secrétaire-trésorier : docteur Michel Mathieu, Montréal.Conseillers : docteur Jules Brault, Montréal.docteur K.B.Johnston, Montréal.docteur J.-Arthur Fafard, Lévis.docteur Émile Pelletier, Québec.docteur François Badeau, Montréal.docteur J.-Rolland Viger, Montréal.docteur Jean Lacerte, Québec. 288 LavarL MÉpicaL Février 1958 Fondation À.de Rothschild ExPOSÉ ANNUEL SUR L\u2019ORGANISATION DU TRAVAIL DE LABORATOIRE ET SUR L'ACCÉLÉRATION DES EXAMENS DITS DE ( ROUTINE )» Démonstrations de techniques et instruments nouveaux Sujets trantés : \u2014 L'\u2019utilité des laboratoires spéciaux pour les examens dits de « routines » ; \u2014 Le dépistage systématique d\u2019états pathologiques inapparents ; \u2014 L\u2019unification des prélèvements de sang pour toute l\u2019hématologie et la sérologie ; \u2014 L\u2019unification des moyens de contention pour tous les appareils habituels de Iaboratoire ; \u2014 La suppression de l\u2019hémolyse des échantillons de sang et la centralisation des examens ; \u2014 Le classement unique des échantillons et la suppression des manr- pulations individuelles des tubes ; \u2014 L\u2019accélération de la répartition des liquides.La centrifugation de grandes séries.Techniques accélérées et en série : \u2014 de la sédimentation sanguine ; \u2014 de la recherche de l\u2019anémie par l\u2019hématocrite ; \u2014 de la détermination des groupes sanguins ; \u2014 de la recherche de la syphilis ; \u2014 des antistreptolysines ; \u2014 des réactions quantitatives biologiques ; \u2014 du sucre urinaire, de l\u2019albumine du sang urinaire.Techniques plus rationnelles : \u2014 de la numération des éléments figurés du sang ; \u2014 du taux de la prothrombine ; \u2014 des réactions de floculation des protéines sériques.Conseils concernant : \u2014 le classement des réactifs au laboratoire ; \u2014 le lavage de la verrerie. Février 1958 LavaL MEpbicaL 289 Ce cours sera fait du 3 au 7 mars 1958, tous les aprés-midi de 14 heures à 18 heures, par A.Suchet, chef de laboratoire.Il est destiné plus particulièrement aux médecins et techniciens des Services publics, des centres de transfusion, de la médecine du travail, de la médecine d\u2019outre-mer, de la médecine militaire, etc.Le nombre des participants est limité.Droits d\u2019inscription : 4 000 francs.Renseignements au laboratoire : 56, avenue Mathurin-Moreau, Paris (XIX*), téléphone NOR.63.63.(36) NOUVELLES PHARMACEUTIQUES Distinction honorifique conférée à un savant suisse Répondant à une invitation de l\u2019Académie royale suédoise des sciences de l\u2019ingénieur, M.Albert Wettstein, qui est à la tête de la recherche pharmaceutique chez Ciba-Bâle a donné le 6 décembre dernier une conférence sur les problèmes de la recherche et du développement de médicaments nouveaux.En reconnaissance des travaux qu\u2019il a entrepris dans ce domaine, M.A.Wettstein s\u2019est vu attribuer le prix d\u2019honneur de l\u2019Académie royale.Après avoir souligné le rôle de l\u2019expérimentation scientifique qui est de poursuivre la découverte de remèdes nouveaux, il a abordé certains problèmes particulièrement intéressants de son vaste domaine d\u2019activité.Il a été, à cette occasion, amené à parler des récents résultats de ses travaux sur les hormones cortico-surrénales qui ont acquis une réputation mondiale.Il a terminé son exposé en traitant pour la première fois d\u2019une nouvelle substance active, appelée le « facteur de la diurèse sodique », qui est très probablement de Ia plus haute importance biologique.Nomination à la Schering Corporation Schering Corporation Limited annonce la nomination de Claude Demers au poste de représentant médical.Natif de la ville de Québec, Monsieur Demers est diplômé en pharmacie de l\u2019université Laval et possède plusieurs années d\u2019expérience en pharmacie de détail.II habite à Montréal, 7300, rue Bordeaux.M.Demers est marié et père d\u2019un enfant. Février 1958 Lavar'MEpicai 261 Nomination d\u2019un dirécteur'médical:théz Frank 'W.Horner JE RE PT OSTETE oo : ve Cg ie x o 9 Me ay db gi won ean , Va + 4e à ! Fl) Le docteur J.R.MacDougal fut récemment-nommeé directeur médical de la maison Frank W.Horner Limited, Montréal.It a-déjà travaillé pendant trois ans et demi comme officier médical en chef\u2018de la Section des nouveaux médicaments pour le Conseil d\u2019administration de la nourri- Cy Docteur J.R.MacDougal ture et des produits pharmaceutiques, département du bien-être national à Ottawa.Le docteur MacDougal reçut son doctorat en médecine à l\u2019université de Toronto après plusieurs années de travail actif en chimie organique et pharmaceutique, er pharmacologie et en toxicologie.Recherches sur les anticoagulants Deux experts en recherches médicales de l\u2019université Queen ont trouvé un nouveau support dans \u2018leurs études.de nouveaux agents anticoagulants pour le traitement de la maladie coronaire.Le doc- (38) 292 LavaL MÉDicaL Février 1958 teur W.K.MacDonald, directeur de recherches de Schering Corporation Ltd., importants fabricants de produits pharmaceutiques à Montréal, a remis de la part de la compagnie un chèque de $6 750 au docteur Ford Connell, professeur de médecine à l\u2019université, et au docteur George Mayer qui collabore à ses recherches.Le docteur MacDonald a dit que Schering s\u2019intéresse vivement aux progrès du traitement de l\u2019athérosclérose, maladie des artères qui provoque des hémorragies cérébrales et la thrombose coronaire.La compagnie accorde régulièrement des subventions pour venir en aide aux recherches dans divers domaines de la médecine et en 1957 a fondé une bourse pour les recherches médicales dans les universités canadiennes.La subvention accordée pour les recherches sur les anticoagulants poursuivies à l\u2019université Queen\u2019s qui, jusqu\u2019à présent, étaient en grande partie entretenues par la Fondation J.P.Bickell, de Toronto, constitue une orientation nouvelle de la politique de Schering.Le docteur Connell et le docteur Mayer travaillent sur les anticoagulants depuis cing ans et ils ont mis au point des méthodes de contrôle entièrement nouvelles.Actuellement 1ls ont étendu le cadre de leurs travaux à l\u2019étude des effets des anticoagulants autres que la prévention de la formation de caillots.Directeur médical chez John Wyeth La nomination du docteur Donald A.Smith au poste de directeur médical de Jobn Wyeth & Brother (Canada) Limited, vient d\u2019être annoncée par M.Gordon Gray, président de cette compagnie.Le docteur Smith, qui était attaché au Service médical d\u2019outremer du ministère de la santé et du bien-être social, exerçait autrefois la médecine générale à Niagara-Falls.Né à Hamilton, il compléta ses études élémentaires en cette ville et obtint son doctorat en médecine à l\u2019université de Toronto.II! fit son internat aux hoépitaux General et Sunnybrook, de Toronto.Le traitement a long terme avec la Prednisone présente des avantages marqueés Les résultats d\u2019une expérience à long terme, pour l\u2019étude de l\u2019emploi de la prednisone et la prednisolone dans 132 cas d\u2019arthrite rhumatismale, ont prouvé que ces stéroïdes possèdent des propriétés remarquables et Février 1958 LavaL MEpbicaL 293 « sont supérieurs à la cortisone et hydrocortisone » selon un rapport publié par le docteur Abraham Cohen et collaborateurs dans un numéro récent du J.A.M.A.Ce rapport a signalé plusieurs avantages importants des cortico- stéroïdes les plus nouveaux sur la cortisone et l\u2019hydrocortisone.Les chercheurs constatèrent une rétention du sodium ; l\u2019absence d\u2019une augmentation d\u2019excrétion du potassium ; et le peu de risque d\u2019hypertension durant l\u2019administration de la prednisone, Meticorten, et de la prednisolone Meticortelone.Les auteurs déclaraient également que lors du traitement A la prednisone \"indice de fréquence de l\u2019ulcère peptique n\u2019est pas plus élevé que celui des premiers corticostéroides.Les auteurs déclaraient que « l\u2019observation d\u2019un traitement de l\u2019arthrite rhumatismale au moyen de la prednisone pendant plus d\u2019un an, laisse peu de doute sur le fait que la prednisone et son stéroide apparenté, la prednisolone, sont des stéroïdes supérieurs à la cortisone, à l\u2019hydrocortisone et a la corticotropine », et ils ajoutalent « une guérison ou une amélioration peut être obtenue parfois avec la prednisone chez les patients dont le traitement avec la cortisone ou l\u2019hydrocortisone n\u2019a pas été satisfaisant à cause d\u2019effets indésirables ou d\u2019une action réduite ».Parmi les 132 patients ayant bénéficié d\u2019une action favorable quatre ont été désignés dès le début comme cas aigus ; 36 patients souffraient de leur maladie depuis 6 - 12 mois, et 92 patients depuis un an ou plus.Plus de la moitié des patients avaient été traités au préalable avec de la cortisone, de l\u2019hydrocortisone ou soumis à l\u2019auro- thérapie.Au début du traitement, la prednisone était administrée à raison de 5 mg toutes les 6 heures, jour et nuit pendant une semaine.Grâce à ce traitement un soulagement symptomatique était obtenu en 12 heures dans la plupart des cas.À la fin de la première semaine de traitement satisfaisant, la posologie était réduite à 17,5 mg par jour.Ensuite on continuait à réduire la dose à raison de 2,5 mg par semaine aussi longtemps que les symptômes ne réapparaissaient pas.La durée du traitement variait de trois mois à un an, et quelques patients furent soumis au traitement pendant 18 mois, Deux nouveaux sulfamides à libération prolongée : le Sul-Spansion liquide et les comprimés Sul-Spantab À cause de la résistance accrue des staphylocoques à la pénicilline, et, dans une certaine mesure, aux antibiotiques, les infections causées par ces bactéries présentent souvent un problème thérapeutique sérieux.Les résultats excellents obtenus chez des patients traités avec un nouveau sulfamide, le sulfa-éthylthiodiazol, sous forme de suspension à libération prolongée (Sul-Spansion) ou de comprimés à désagrégation contrôlée (Sul-Spantab), indiquent que ce dernier est un complément précieux au 294 LavaL MÉDicAL Février.1938 petit nombre de médicaments qui gardent leur efficacrté contre.ces bactéries.: BAS : co D\u2019autre part, on a longtemps cherché a pouvoir obtenir, dahs la thérapeutique sulfamidée, des concentrations ininterrompues et prolongées de l\u2019élément actif dans le sang et dans l\u2019urine.Du fait que le Sul-Spansion est une adaptation liquide du principe Spansule, et que les comprimés Sul-Spantab sont également à libération prolongée, 1ls permettent d\u2019assurer des concentrations soutenues pendant toute la journée et toute la nuit, avec une seule dose orale toutes les 12 heures.It va sans dire que cette posologie offre des avantages incontestables au patient qui, d\u2019une part ne sera pas incommodé par une multitude de doses journalières et, d\u2019autre part, ne s\u2019exposera pas au risque des doses oubliées.Au cours des études menées sur cette nouvelle préparation chimio- thérapeutique, l\u2019absence complète de réactions d\u2019intolérance, graves ou moyennes, atteste l\u2019innocuité du sulfa-éthylthiodiazol.Un facteur important est la grande solubilité de ce sulfamide dans l\u2019urine et le peu de dérivés acétylés formés dans le sang (moins de 5%) et dans l\u2019urine (de 5 à 10%).La possibilité d\u2019effets nocifs sur les reins par suite de cristallisation est, pour ainsi dire, complètement éliminée.Le Sul-Spansion liquide et les comprimés Sul-Spantab assurent une activité antibactérienne puissante contre un grand nombre de bactéries Gram-positives et Gram-négatives.En outre, ils se sont avérés remarquablement efficaces contre beaucoup de bactéries qui ne sont pas sensibles aux autres sulfamides, et même, dans beaucoup de cas, là où des antibiotiques à spectre étendu étaient restés sans effet.Bishoff ! entreprit une étude sur 78 patients \u2014 35 adultes et 43 enfants \u2014 atteints d\u2019infection respiratoire ou urinaire.Il leur administra le sulfa-éthylthiodiazol à libération prolongée et obtint de bons résultats dans 97% des cas.Deux patients seulément ne répondirent pas au traitement, tandis que les 76 autres virent leur état s\u2019améliorer rapidement ; la température revint à la normale dans les 48 à 72 heures qui suivirent la dose d\u2019attaque du médicament.c « Les faits significatifs », dit l\u2019auteur, «étaient la très grande proportion des staphylocoques (98%) sensibles au médicament et les résultats cliniques excellents obtenus chez les malades.» Et Bishoff conclut : «&.la réponse clinique des patients au cours de cette évaluation indique que le sulfa-éthylthiodiazol, sous forme de médicament à libération prolongée, permet un traitement efficace des infections bénignes .réservant ainsi l\u2019emploi des antibiotiques aux maladies graves.» Cette double présentation du sulfa-éthylthiodiazol offre au médecin une grande flexibilité posologique.Le Sul-Spansion liquide constitue la préparation de choix pour usage en pédiatrie, alors que les comprimés Sul-Spantab sont indiqués pour les adultes.Co \u201cSea 1.BisHorF, R.J., The use of a new sustained release antibacterial agent ingeneral practice, Antibiotic Med.¢# Clin.Ther., (novembre) 1956.0 Février 1958 LavaL.MépicaAL 295 Nouveauté pharmaceutique : Kenacort Description.Kenacort (triamcinolone Squibb) est un dérivé de la prednisolone.Il se distingue des substances glucocorticoïdes antérieures par, ses propriétés anti- allergique, antirhumatismale et antiphlogistique qu\u2019il exerce sans provoquer de rétention aqueuse et sodique, ni modifier l'équilibre potassique, d\u2019où une sécurité plus grande que celle de toute autre substance corticoïde.Il offre en outre cette précieuse particularité de ne causer aucune stimulation psychique artificielle ce qui permet au médecin de diminuer le traitement corticoïde sans se buter à la résistance du malade asservi à une euphorie factice.Sans être un diurétique à proprement parler, Kenacort délivre peureusement les sujets d\u2019un excé- dent de sodium et d\u2019eau accumulé à la faveur d\u2019un traitement cortico- stéroïde précédent.Indications.Arthrite rhumatismale, dermatoses, lupus érythémateux disséminé, asthme bronchique, leucémies, néphropathie, rhinite vasomotrice, lymphosarcome, emphyséme pulmonaire, œdème angio- neurotique, maladie de Hodgkin, fibrose pulmonaire.Kenacort peut également offrir des avantages pour le traitement de la bursite aiguë, de la fièvre rhumatismale et de certaines dyscrasies sanguines.Administration.Le dosage le plus efficace varie pour chaque cas; il doit être établi individuellement et d\u2019après la maladie à traiter.On conseille une dose orale d\u2019attaque de huit à 20 mg par jour, en doses filées.On la diminuera graduellement dès qu\u2019une réaction satisfaisante se sera.produite (de deux mg tous les deux à trois Jours) jusqu\u2019à ce qu\u2019on ait atteint la dose d\u2019entretien la plus satisfaisante.Présentation.Comprimés rayés d\u2019un et de quatre mg ; flacons de 30.; Stocks.Chez votre fournisseur habituel.Présentation d\u2019un nouveau produit : Ecolid (® Fabricant.Compagnie Ciba, Limitée.Description.L\u2019Ecolid (chlorsondamine) est un nouvel agent de blocage ganglionnaire très efficace pour administration orale et parentérale aux malades affectés d\u2019hypertension modérée, grave et même maligne.L\u2019 effet obtenu avec Ecolid est plus doux, plus satisfaisant et plus facile à prévoir que celui obtenu avec les autres agents de blocage ganglionnaire.Ecolid est un agent antihypertensif puissant qui doit être administré avec soin comme tous les agents de blocage ganglionnaire.(R) Marque déposée.(39) 296 Lavar MEbicaL Février 1958 Indications., Ecolid est spécialament indiqué dans les cas d\u2019hypertension maligne et réfractaire, hypertension que les diétes, les cures de repos et la plupart des médicaments ne parviennent pas à soulager.Posologie.On peut obtenir des renseignements complets au sujet de la posologie à suivre en écrivant à Compagnie CIBA Limitée, 1235, avenue McGill College, Montréal 2, P.Q.Présentation.Comprimés Ecolid (Rotocotes) #, à 10 mg.(orange), 25 mg (ivoire) et à 50 mg (rose ; flacons de 100).Solution pour administration parentérale : Ampoules de 1 ml contenant 5 mg d\u2019Ecolid ; cartons de 5 mg.Schering lance un nouveau corticoide-antihistaminique Une nouvelle suspension ophtalmique, Metreton, puissant corticoide- antihistaminique, a été lancée sur le marché par Schering Corporation Limited, compagnie pharmaceutique de Montréal.Cette nouvelle préparation est l'association de chlor-tripolon, l\u2019antihistaminique le plus fréquemment prescrit, et d\u2019acétate de méticortelone.dans une solution isotonique pour application ophtalmique.La suspension ophtalmique Metreton est indiquée dans les phases exsudatives et inflammatoires des troubles oculaires, tels que la conjonctivite allergique et la blépharite ; l\u2019iritis et l\u2019irido-cyclite ; la kératite et la sclérite.La suspension soulage rapidement « l\u2019œil rouge » allergique de toute démangeaison, des brûlures et du larmoiement et est employée à titre prophylactique après les interventions chirurgicales et les extractions de corps étrangers ; elle diminue le risque de cicatrice oculaire.Chaque centimètre cube de suspension ophtalmique Metreton contient 2 mg (0,2%) d\u2019acétate de méticortélone (prednisolone) et 3 mg (0,3%) de gluconate de chloroprophènepyridamine.Cette suspension est présentée en flacons compte-gouttes de 5 c.c."]
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