Laval médical, 1 janvier 1959, Janvier
[" Sa mee = A >.tte mil ERITH @ re; =: ro == - vm = ee YSN \u2018w = \u2014\u2014 \u2014 Se == = \u2014 \u2014 qq l= - eo \u2014\" \u2014_\u2014 \u2014_\u2014 {| \u2014 \u2014 TN ) =F 1684 - \u201c1914 = \u2014 = _ Pa \u2014_ BILIOTHEGE SAIN T-SVLPICF, MONIRFAL \u2018 its fp oe\" op\u201d +}, If J 39 L.dé Vol.27 \u2014 No | QUEBEC JANVIER 1959 BULL:.TIN DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE LAVAL : MÉDICAL DIRECTION \u2014 FACULTÉ DE MÉDECINE, UNIVERSITÉ LAVAL, QUÉBEC.SOMMAIRE COMMUNICATIONS André MAROIS et Gaston MERCIER.ciiviveernnnnnes .THYREOTOXICOSE ET BERIBERI CONCOMITANTS.PR .\u2026.veo Page ll Louis BERLINGUET, Fernand MARTEL et Didier DUFOUR.ESSAIS CHIMIOTHÉRAPEUTIQUES SUR QUEL- Paul-Émile GAREAU.Charles PLAMONDON et BRUNET.Fernand MARTEL.Jean GRANDBOIS.,,.Charles-A, MARTIN: i JOHNSON.ces QUES TUMEURS CANCEREUSES CHEZ LE RAT.page 19 IN COMMISSUROTOMIE MITRALE APRÈS QUARANTE-CINQ ANS .uvireeereescenersoansensess Dage33 Jacques reese MALADIE D'ADDISON ASSOCIEE A UNE HYPER- THYROIDIE CHEZ UNE ADOLESCENTE.page 46 e eo eo AN ETUDE DE LA DISTRIBUTION DES ACIDES AMI- NES SANGUINS CHEZ DES SUJETS CANCEREUX page 54 .FPREUVES, ov, ost CUTANES ALLERGIQUES * EN DERMATO LOGIE.Serer vevesess Page 63 seo ee *@ : Rees à l\u2019Hôpital du Saimnt-Sacrement.à l\u2019Hôpital Saint-Joseph, T.-R.à l\u2019Hôpital Saint-Joseph, T.-R.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de médecine.- - A .à l\u2019Hôpital Laval.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital Samt-Joseph, T.-R.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hètel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.a la Faculte de médecine.\"Hopital Samt-Michel-Archange.à l\u2019Hôprtal Saint-Joseph, T.-R.à l\u2019Hôtel-Dieu.a \u2019Hoétel-Dieu de Chicoutimi.\u2018 A\u2019 A - - A - > à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu. Lavar.MépicaL MM.Houcp, Fernand, Hupon, Fernando, JACQUES, André, JACQUES, Guy, JEAN, Clément, JoBIN, Jean-Baptiste, JoBIN, Joachim, JoBIN, Pierre, JoHNsoN, Gérard, JOLICŒUR, Amyot, LABERGE, Martin, LACERTE, Jean, Lacuance, Wilfrid, LALIBERTÉ, Charles, LALIBERTÉ, Henri, LAMARCHE, Guy, LAMBERT, Jules, LAMONTAGNE, A., Lamoureux, Chs-Edouard, LaNcLois, Marcel, LAPERRIERE, Vincent, LAPOINTE, André, LAPOINTE, Donat, LAPOINTE, Gaston, LAPOINTE, Henri, LAPOINTE, Marcel, LAROCHELLE, Jean-Louis, LAROCHELLE, Napoléon, LAROCHELLE, Paul, LARUE, Antoine, Larug, G.-H., LaruE, Lucien, LAURIER, Jean-Jacques, LAVERGNE, J.-Nérée, Janvier 1959 l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôtel-Dieu.po fo l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.a la Faculté de médecine.Qo »- à Ja Faculté de médecine.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôpital Samt-Michel-Archange.à l\u2019Hôprtal Sainte-Foy.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôprtal de l\u2019Enfant-Jésus.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital Saint-François-d\u2019Assise.à l\u2019Hôpital Samt-Joseph, T.-R.à l\u2019Hôpital Samt-François-d\u2019Assise.à l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de la Crèche.à l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.P Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôpital de la Crèche.l\u2019Hôpital Samt-Michel-Archange.l\u2019Hôpital Samt-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital Samt-Joseph, T.-R.x à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.9» pp p pe 5 foe © Janvier 1959 MM.Lavoig, Jean-Charles, La voire, René, Lavoig, Roland, LEBLANC, Jacques, LEBLANC, Jean-Baptiste, LEBLoND, Sylvio, Lesronp, Wilfrid, Lecrerc, Ls-Philippe, Lemieux, Hector, LEMIEUX, Jean-Marie, Lemieux, Lionel, LEMIEUX, Renaud, LEMONDE, André LESAGE, Roger, L\u2019EsPÉRANCE, Alphonse, L\u2019EspéraNcE, Paul, Lessarp, Camille, LessAarD, Jean-Marc, Lessarp, Richard, LEssARD, Robert, LETARTE, François, LÉTIENNE, Louis, LEVASSEUR, Louis, LoiseLLE, Jean-Marie, Lou, Wu, MADORE, Fernand, MAGNAN, Antonio, MARANDA, Émilien, MARCEAU, Gilles, MARCHAND, René, Marcoux, Gendron, Marcoux, Henri, Marois, Andre, MARTEL, Antonio, MARTEL, Fernand, LavaL\u2026 MÉDICAL l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.la Faculté de médecine.l Hôpital Saint-Joseph, T.-R.l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi.à l\u2019Hôpital du Samt-Sacrement.pr pr oo ®-ou9 Lg £ EE J v st Ë EE u v ~ 2% 28 |B, ggg 29s ZF Ze aéë| 42,1 au + 5.5 à = BTE 5 © a 50 9.55 BES \u201c.© < Boss SEY| Cg Beg B2%\u201d A , Figure 3.\u2014 Aspect d\u2019un cobaye soumis à une déficience vitaminique aiguë jo Figure 4.\u2014 Aspect d\u2019un cobaye soumis à une déficience vitaminique chronique. 84 Lavar MÉpricau Janvier 1959 chez l\u2019homme par Holst et Frôlich (78).Pour Jackson (84), cependant, il s\u2019agirait là uniquement de variations mdividuelles.Furst (59), au contraire, suggère la possibilité de l\u2019existence d\u2019une certame résistance héréditaire au scorbut chez certames souches de cobayes : selon lui, une telle différence naturelle ou acquise dans la résistance au scorbut permettrait le développement de souches particulièrement résistantes de cobayes.Meyer (111), tout en ne rejetant pas cette hypothèse que les différences dans l\u2019aptitude à résister au scorbut soient d\u2019origine Figure 5.\u2014 Aspect d\u2019un cobaye normal.héréditaire, croit plutôt qu\u2019une telle origine héréditaire n\u2019est, cn réalité, qu\u2019apparente et qu\u2019elle peut être vraisemblablement expliquée par une prédilection réelle différente pour la nourriture ; de plus, si la flore bactérienne de l\u2019intestin est susceptible d\u2019avoir une influence, les habitudes des animaux pourraient également jouer un rôle dans les différences apparemment héréditaires de résistance au scorbut.De telles explications n\u2019apparaissent toutefois pas satisfaisantes ct le comportement des animaux tout au cours de l\u2019expérience, de mème que l\u2019étude des résultats obtenus à l\u2019autopsie (tableau III), orientent vers une TApLEAU II! A % Constatations autopsiques chez des cobaves jeunes ou adultes, carencés ou non en acide ascorbique 1 y Te l SURREN ALES : ACIDE ASCOR BIQUE Hémor- POIDS FRAIS, EN MG (mg\u2019g) Mortalité, .; Thyroide : Poids ragies, en hauteur de GROUPES corporel, en \u2014 pourcen- I'épithélinm, en g pourcentage cn uy tage \u2019ourcen- Absolu Pourcen Surrénales Foie Cœur tage DIÈTE NORMALE : Cobayes jeunes.\u2026.0,0 351,0 + 8,20 0,0 [189.9% 6,50 54,1 0,460 + 0,012| 0,120 + 0,004) 0,070 + 0,003| 5,04 + 0,202 Cobayes adultes.0,0 [649,31 12,32 0,0 [369,7+10,6 56,9 0,495 + 0,042| 0,085 + 0,002| 0,080 + 0,002] 4,25 + 0,332 RÉGIME SCORBUTIGÈNE : Cobayes jeunes.50,0 |l118,5 + 6,25 1,0 [262,4 + 7,06] 221,4 0,328 + 0,036| 0,438 + 0,062| 0,793 + 0,048 6,93 + 0,432 Cobayes adultes.\u2026.0,0 |553,8+ 11,50 2,7 |741,0 14,2 133,8 0,045 1+ 0,004] 0,036 + 0,002| 0,030 + 0,002| 5,54 + 0,240 6£6G1 JorAURF TVOIQIN TVAVT ¢8 164 86 Lavar.MÉDICAL Janvier 1959 explication plus rationnelle et plus logique du phénomène.Ccemme il en a déjà été fait mention, la chute initiale et rapide de la résistance capillaire chez les animaux carencés du groupe I (cobayes jeunes) est véritablement due à une déficience vitamimique C, dont les manifestations sont particulièrement précoces et évidentes chez les animaux jeunes.Mais, alors que la carence n\u2019influence initialement que très peu la croissance d\u2019animaux adultes, elle entrave rapidement et radicalement la croissance des animaux jeunes, dont toutes les fonctions organiques semblent totalement atteintes, comme sidérées, par le processus.Or les animaux jeunes ne meurent pas de scorbut, comme l\u2019indiquent les hautes concentrations d\u2019acide ascorbique présentes dans les surrénales, le foie ou le cœur.L\u2019évolution des animaux permet d\u2019ailleurs de constater que la seule avitamimose C n\u2019est pas uniquement en cause ou responsable des phénomènes observés, mais qu\u2019elle agit plutôt comme l\u2019agent conditionnant ou le facteur déterminant des carences multiples qui conduisent rapidement à une anorexie totale et absolue, se termmant par une véritable cachexie d\u2019origme uniquement alimentaire.Le jeûne ou l\u2019imanition, résultant des perturbations diététiques et métaboliques consécutives à l\u2019avitaminose C, agit secondairement comme agent stressant et entraîne conséquemment le renversement observé dans la courbe de la résistance capillaire.La répartition inégale, irrégulière et anormale de l\u2019acide ascorbique dans les différents viscères étudiés permet enfin de conclure à des désordres métaboliques importants, distincts des manifestations assez caractéristiques rencontrées lors de l\u2019exitus par scorbut seul.Il est donc évident que les animaux jeunes n\u2019ont pas présenté une pure avitaminose C, puisque, avant même la manifestation des signes classiques du scorbut, l\u2019état carentiel est déjà installé depuis longtemps.En réalité, la mort résulte non pas de l\u2019absence complète primitive de l\u2019acide ascorbique, mais d\u2019un ensemble complique de déséquilibres métaboliques et hormonaux, dont l\u2019origine et la nature doivent cependant être attribuées ici à l\u2019absence de la seule vitamine C.| D'autre part, il semble vraisemblable que la forte résistance capillaire atteinte sous l\u2019influence du jeûne, pendant la période d\u2019inanition consé- éutive à l\u2019avitaminose C, soit l\u2019expression d\u2019une augmentation de la | Janvier 1959 LavaL.MÉDpicaAL 87 production de glucocorticoïdes, probablement sous l\u2019influence d\u2019une décharge de corticotrophime hypophysaire.L\u2019hypertrophie considérable des surrénales constatée à l\u2019autopsie des animaux du groupe I (jeunes cobayes) légitime d\u2019ailleurs un tel raisonnement.Une meilleure compréhension de l\u2019influence du stress sur la résistance capillaire sera toutefois donnée ultérieurement : qu\u2019il suffise présentement de dire que le stress qui s\u2019accompagne d\u2019une augmentation des hormones corticales, de quelque nature qu\u2019il soit, entraînera nécessairement une élévation de la résistance capillaire.Enfin, l\u2019étude de la thyroïde vient confirmer notre explication : trés active chez animal jeune, où elle doit tendre à équilibrer l\u2019hyper- fonctionnement cortical présent, elle est beaucoup moins active chez l\u2019animal adulte, où l\u2019avitaminose n\u2019a pas engendré le stress du jeûne et où l\u2019équilibre hormonal a pu s\u2019établir plus régulièrement.L\u2019observation des modifications histologiques qui paraissent traduire l\u2019activation de la glande semblent donc entièrement contirmer les nombreux travaux (17, 27 et 100) qui, à la suite des premières constatations de McCarrisson (106) concernant l\u2019augmentation du volume de la thyroïde et de sa teneur en 1ode, ont signalé que l\u2019activation de la thyroïde était constante au cours du scorbut expérimental.Certamms auteurs (104 et 148) ont cru pouvoir expliquer cette hyperthyroïdie par la suppression de l\u2019action antagoniste directe de la vitamme C et de l\u2019hormone thyréotrope cireu- lante, mais notre conception, basée sur les nombreuses observations recueillies au cours de ce travail, est bien différente.Il semble, en effet, que l\u2019absence de vitamme C dimmue l\u2019activité périphérique de la thyroxine : les tissus étant moins sensibles à la thyroxine, l\u2019hyperthyroïdie traduirait la réaction de l\u2019organisme à maintenir son activité métabolique et cellulaire.Quant au rôle spécifique de la surrénale au cours du scorbut, peu d\u2019auteurs sont concluants à ce sujet : la plupart reconnaissent l\u2019hypertrophie, mais très peu veulent l\u2019expliquer.Pour McCarrisson (107), elle serait uniquement due à l\u2019inanition, bien que Hess (74) ait appuyé sur le fait que les conditions de l\u2019inanition et du scorbut étaient passablement différentes.Mever (111), cependant refuse d\u2019admettre une 88 Lava\u2026 MÉDicaL Janvier 1959 hypertrophie autre qu\u2019un simple accroissement de volume et affirme (111) qu\u2019aucune hyperactivité réelle de la surrénale n\u2019a jamais pu être mise en évidence.L\u2019explication de l\u2019hypertrophie de la surrénale chez les animaux Jeunes a été donnée antérieurement : consécutive à un stress, elle est activement fonctionnelle.Chez les animaux carencés du groupe II (adultes) l\u2019hypertrophie n\u2019est cependant pas fonctionnelle : résultant d\u2019abord de la carence en acide ascorbique, et ultérieurement favorisée par l\u2019hyperthyroïdie (42 et 138), l\u2019hypertrophie de la surrénale n\u2019est en réalité que morphologique : qualitativement et quantitativement, les corticostéroïdes de la surrénale du cobave scorbutique diffèrent de ceux de la surrénale du cobaye normal (124).Bien que pouvant répondre à une stimulation hypophysaire, la surrénale scorbutique est, en effet, hypofonctionnelle et, précisément par suite de sa faible teneur en acide ascorbique, l\u2019organisme ne peut utiliser les hormones sécrétées.Tout se passe comme si, dans la surrénale du cobaye scorbutique, le pouvoir de synthése en corticostéroides actifs se trouvait trés réduit et les cortico- stéroïdes qui contmuent d\u2019être présents n\u2019agiraient plus spécifiquement.Ces divers faits expliquent pourquoi le cobaye scorbutique ne peut pas être maintenu indéfiniment en vie par administration d\u2019extrait cortical (128) de même qu\u2019ils expliquent l\u2019action synergique de ce dernier avec l\u2019acrde ascorbique (64 et 128).Cette notion sera d\u2019ailleurs discutée plus longuement au cours de la troisième expérience.Conclusion I existe véritablement une différence dans la résistance au scorbut chez des cobayes Jeunes et chez des cobayes adultes d\u2019un poids moyen mitialement plus élevé.Alors que chez ces derniers, la carence en acide ascorbique est plus lente à s\u2019établir ou à se manifester, l\u2019avitaminose C, chez les animaux Jeunes, entraîne rapidement l\u2019apparition de carences multiples conduisant inévitablement à une manition sévère, dont la répercussion sur l\u2019axe hypophyso-surrénal traduira la réalité de la réponse de l\u2019organisme à l\u2019agression ou au stress que représente le jeûne ; la mort survient alors beaucoup plus dans un véritable état de cachexie Janvier 1959 Lavar.MÉDicaL 89 par déficience nutritive ou alimentaire que sous l\u2019influence du seul scorbut.DEUXIÈME EXPÉRIENCE Influence des vitamines À et D sur la croissance et la résistance capillaire du cobaye carencé ou non en acide ascorbique (carence lente).Le but de cette expérience était d\u2019étudier les effets des vitamines À et D en fonction de la vitamine C.Dans un article sur l\u2019acide ascorbique, Ratsimamanga (129) passe en revue les relations entre la vitamine C et les autres éléments du régime.Les observations rapportées sur l\u2019interrelation des vitamines A, C et D sont contradictoires ; d\u2019ailleurs, rien n\u2019est mentionné concernant l\u2019action de ces vitamines sur la résistance capillaire.Protocole expérimental L'expérience a été effectuée chez des cobayes mâles de pelage blanc, d\u2019un poids moyen de 499,6 g (400 à 600 g).Le régime de base a consisté en cubes pulvérisés de nourriture Purina pour lapins (régime scorbutigène mitigé).Les animaux étaient nourris ad libitum, et ce régime s\u2019est avéré scorbutigène chez ceux qui ne recevaient aucun apport exogène d\u2019acide ascorbique.Les cobayes furent divisés, dès le début de l\u2019expérience, en quatre groupes de 15 animaux chacun, recevant les traitements décrits dans le tableau IV.Toutes les vitamines ont été administrées par voie orale, (l\u2019ascorbate de sodium en solution aqueuse, le calciférol et le B-carotène en solution dans l\u2019huile de maïs), en une seule prise quotidienne de 0,5 cm3 pour la vitamine C et de 0,1 cm* pour les vitamines À et D.La croissance des animaux a été suivie pendant toute la durée de l\u2019expérience, et les courbes ont été tracées d\u2019après le poids corporel corrigé par rapport au poids moyen de tous les animaux au début de l\u2019expérience, selon la méthode employée par Héroux et Hart (386).Les mesures de la résistance capillaire ont été effectuées à intervalles fixes, suivant la technique usuelle antérieurement décrite. Lavar.MÉDICAL TasLEAU IV Janvier 1959 Protocole de la quatrième expérience chez des cobayes gardés à température constante (24°C.) et soumis à un régime scorbutigène TRAITEMEN1S GROUPES Nombre \u2019 d'animaux Dose quoti- Voie .dienne, d'admi- Durée Nature .\u2014 nistra- en jour en mg tion Témoins non traités.15 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Vitamine D.15 Calciférol.0,075 Orale 0-16 puis Vitamine A.B \u2014caroténe.0,075 Orale 17-56 Vitamine C.15 Ascorbate de Na.5,0 Orale 0-56 Vitamine D.15 Calciférolet.0,075 Orale 0-16 puis Ascorbate de Na.5,0 Vitamine À | Carotdneet.0,075 Orale [17-56 Ce ., Vitamine C J Ascorbatede Na.5,0 Orale Croissance : Résultats Les résultats, compilés dans le tableau V, ont été représentés sur la figure 6.La croissance des animaux recevant quotidiennement 5 mg d\u2019acide ascorbique (groupe C) est sensiblement normale.Par contre, chez les animaux non traités, la carence se répercute sur la croissance dès le début de l\u2019expérience, et la croissance totale est diminuée de 80 g en 56 jours, correspondant à une différence de 17,5 pour cent.Chez les animaux des groupes D,A et D,A + C, l\u2019administration de vitamine D (calciférol) pendant les 16 premiers jours de l\u2019expértence retarde visiblement la croissance, que les animaux reçoivent ou non un: % i\" {4 Croissance de cobayes soumis d un régime scorbutigéne recevant ou non des vitamines D, A et C TABLEAU V JOUR DE LA MESURE COBAYES NON TRAITES COBAYES TRAITES VITAMINE D, PUIS VITAMINE À VITAMINE C VITAMINE D, PUIS VITAMINE À + VITAMINE C OL.LL LL LL 541,1 + 4,48 481,3 + 8,39 460,4 + 3,78 515,5 + 7,99 Gov 561,3 + 6,12 498,4 + 9,74 496,2 + 4,48 537,9 + 9.37 10.578,6 + 7,40 512,1 + 10,82 500,1 + 4,86 544,8 + 11,26 CES 597,1 + 9,76 516,1 + 11,40 522,3 + 5,62 556,1 + 12,56 22 LL ALL 597,8 + 9,64 539,1 + 13,04 532,9 + 7,14 556,9 + 12,38 28.LL LL 608,1 + 10,08 556,5 + 13,93 551,0 + 8,31 578,1 + 14,25 32 LL 616 4* 10,39 564,0 + 12,98 575,8 + 10,23 596,4 + 13,96 ES 616,4 + 9,58 568,2 + 12,64 588,2 + 9,75 609,5 + 13,74 A.LL LL 623,6 + 9,97 582,0 + 14,22 609,9 + 11,06 634,8 + 15,42 50.LL LL LL 641,8 + 10,34 606,1 + 15.06 622,1 + 11,97 656,8 + 14,75 B6LLLLLL LL 220 658 4* 11,27 613,5 + 14,14 636,3 + 12,43 673,5 + 15,08 Variations totales, en pourcentage : 1.0\u2014~16.+ 10,3 + 7,2 + 13,4 + 6,3 2216 \u2014-56.+ 10,3 + 18,9 + 21,8 + 22,9 Valeurs de \u20ac p » 1.0\u2014=16.< 0,001 < 0,05 < 0,001 < 0,02 2216 \u201456.< 0,001 < 0,001 < 0,001 < 0,001 0461 IdlAuBf TVIIGAIN TVAYT] 16 92 Lavar MEbpicaL Jaw Janvier 1959 i Groupes: 0 eo \u2014\u2014e ft Poids vif en g, ol C D\u2014>A o \u2014\u20140( ce ni (D \u2014 A)4C 0 === 0 ft 680 600 \u2014 560 \u2014 ° 520 \u2014 ha ! 4, 460 Jours ! 0 0 6 16 46 56 Figure 6.\u2014 Courbes de croissance de cobayes soumis à un régime scorbutigène recevant ou non des vitamines D, À et C, ~~) \u201c0 ~0 Janvier 1959 LavaLr MÉDICAL 93 supplement d\u2019acide ascorbique.La substitution de la vitamine A (B-carotène) à la vitamine D, à partir du dix-septième jour, rétablit la croissance à son taux normal, bien que les animaux ne rattrapent point ce qu\u2019ils ont perdu pendant les 16 jours de traitement à la vitamine D.De plus, il semble bien que I'effet de la vitamine A sur la reprise de la croissance ne soit pas beaucoup plus marqué (différence de 20 g ou 4,0 pour cent seulement), lorsque la vitamine C [ut est associée.Résistance capillaire : Les variations de la résistance capillaire, dont les valeurs ont été représentées dans le tableau VI peuvent être suivies sur la figure 7.On voit que, chez les animaux non traités, la résistance capillaire s\u2019abaisse progressivement jusqu\u2019à atteindre des valeurs très faibles après 40 Jours de carence, correspondant à une diminution termimale de 88,5 pour cent.Chez les animaux traités à l\u2019acide ascorbique (groupe C), au contraire, la résistance capillaire s\u2019élève dès le début de l\u2019expérience (augmentation maximum de 30,5 pour cent) ; l\u2019augmentation est cependant fugace, puisque la résistance capillaire redevient normale vers le vingt-sixième jour.Pendant les 20 jours qui suivent, la résistance capillaire continue de s\u2019abaisser, pour se stabiliser à des valeurs légèrement inférieures aux chiffres initiaux après 46 jours de traitement.L\u2019administration de vitamine D aux animaux carencés (groupe D,A), pendant les 16 premiers jours de l\u2019expérience, ne semble pas modifier les effets de la carence sur la résistance capillaire ; par ailleurs, chez les animaux recevant de l\u2019acide ascorbique (groupe D,A + C), le même traitement exerce une action dépressive sur la résistance capillaire.Enfin, le substitution de la vitamine À à la vitamme D, à partir du dlix-septième Jour, stabilise la résistance capillaire des animaux carencés (groupe D,A), alors que chez les animaux non carencés, la substitution ramène la résistance capillaire à des valeurs normales.Discussion La fugacité de l\u2019action de la vitamine C sur la résistance capillaire a déjà été notée par Lavollay et Sevestre (92).Nous étudierons le mécanisme de ce phénomène au cours d\u2019une expérience ultérieure. TABLEAU VI Résistance capillaire chez des cobayes soumis à un régime scorbutigènc recevant ou non des vitamines D, À et C JOUR DE LA MESURE COBAYES NON-TRAITÉS COBAYES TRAITÉS VITAMINES D et À VITAMINE C VITAMINES D, À + C OS 11,3 + 0,17 10,8 + 0,16 11,8 + 0,17 10,8 + 0,16 4.8,2+ 0,16 8,4 + 0,15 15,4 + 0,17 9,0 + 0,15 10.1 Lan 6,3 + 0,16 6,7 + 0,14 14,0 + 0,18 7,1 + 0,13 16.5,3+ 0,17 5,3 + 0,13 13,2 + 0,19 6,2+ 0,12 22.111111 LL LL LL 4,1 + 0,17 4,7 + 0,13 12,0 + 0,17 7,0 + 0,12 28.LL ane 2,0 + 0,16 5,8 + 0,14 10,6 + 0,15 9,1 + 0,14 CYR 1,6 + 0,16 7,0 + 0,13 8,3 + 0,16 10,0 + 0,15 38.LL LL 1,4 + 0,15 8,0 + 0,13 7,8 + 0,15 11,4 + 0,16 ML LL LL LL 1,4 + 0,15 7,5 + 0,12 7,7 + 0,12 12,9 + 0,15 J 1,3 + 0,14 7,5 + 0,11 7,5 + 0,10 11,4 + 0,11 56 a ann 1,3 +0,14 7,5 + 0,11 7,5 + 0,10 11,4 + 0,11 Variations totales, en pourcentage : 1.0\u201416.\u2014 53,1 \u2014 50,9 + 11,9 \u2014 42,6 2.16 \u2014=56.\u2014 75,5 + 41,5 \u2014 43,2 + 83,9 Valeurs de « p » : 1.0\u201416.< 0,001 < 0,001 < 0,001 < 0,001 216 \u201456.< 0.001 < 0,001 < 0,001 < 0,001 v6 TVOICFIN TVAVT] 6561 191AUE[ Janvier 1959 Lava\u2026 MÉDICAL 95 S1 l\u2019effet inhibiteur de la vitamine D sur la croissance a déjà été noté par Hendricks (72), c\u2019est la première fois que l\u2019on observe son action dépressive sur la résistance capillaire.Puisque cette action dépressive ne semble s\u2019exercer que chez les animaux recevant un apport Résistance capillaire en cm Hg.Groupes : 0 0 \u2014 ® C 8 ee ® 0 T I I \u2014] Jours 0 6 16 46 56 Figure 7.\u2014 Résistance capillaire, en cm de Hg, de cobayes soumis à un régime scorbutigène recevant ou non des vitamines À, D et C.normalement suffisant de vitamine C, on pourrait croire que la vitamine D à forte dose élève les besoins en acide ascorbique, comme l\u2019ont déjà noté Euler et Widdel (53).De plus, étant donné que l\u2019effet inhibiteur de la vitamine D sur la croissance se manifeste aussi bien chez les animaux carencés que chez les non carencés, il semble que [a mesure de la résis- 96 Lava\u2026 MÉDICAL Janvier 1959 tance capillaire aurait avantage à être utilisée pour établir les relations quantitatives de l\u2019antagonisme entre les vitamines D et C.Après l\u2019arrêt du traitement à la vitamine D, l\u2019administration de vitamine À stabilise la résistance capillaire chez les animaux carencés, alors que le même traitement, chez les animaux recevant de l\u2019acide ascorbique, ramène la résistance capillaire à la normale.Il est alors permis de se demander si ce dernier effet est dû à l\u2019association des vita- mmes À et C, ou s\u2019il n\u2019aurait pas été aussi bien observé chez les animaux ne recevant que la vitamine C.Les résultats de l\u2019expérience suivante nous permettront de montrer que la vitamine À possède une action propre sur la résistance capillaire.Comme pour la vitamine D, les effets de la vitamine A semblent différents lorsqu\u2019ils sont appréciés d\u2019après la croissance ; le résultat est, en effet, le même chez les animaux carencés et les animaux non carencés.Sadhu et Brodie (134) ont déjà signalé que l\u2019administration de vitamine À à forte dose ne semblait pas affecter la croissance.Nos résultats con- frrment les leurs.De plus, nos observations sur la résistance capillaire, aussi bien que sur la croissance, suggèrent, en conformité avec l\u2019opinion de Mèlka (109), que l\u2019admimistration de vitamine A n\u2019éléve pas les besoms de l\u2019organisme en vitamine C.Ces résultats viennent en contradiction avec ceux de André et Gauzin (24), montrant que l\u2019hyper- vitaminose À entraîne un déficit en vitamme C.Ce dernier problème sera étudié de plus près au cours de l\u2019expérience suivante.Conclusion L'action favorable de la vitamme C sur la résistance capillaire est vérifiée : cette action est rapide et marquée, mais fugace.Il a, de plus, été observé que la vitamine D a un effet déprimant sur la croissance et la résistance capillaire des cobayes soumis à un régime scorbutigène et ne recevant que cinq mg d\u2019acide ascorbique par jour.Enfin, la vitamine À élève rapidement la résistance capillaire abaissée par la vitamine D et permet, par la suite, une croissance normale.Son association à l\u2019acide ascorbique permet d\u2019entrevoir un synergisme d\u2019action entre ces deux vitamines. Janvier 1959 Lavar MÉDicaL 97 TROISIÈME EXPÉRIENCE Influence des vitamines À et D sur la croissance et la résistance capillaire du cobaye carencé ou non en acide ascorbique (carence rapide).L\u2019expérience précédente a confirmé l\u2019action des vitammes À et D sur la résistance capillaire : la nécessité d\u2019un équilibre entre les vitamines A, D et C est indiscutable, puisque toute surcharge en vitamine À ou D peut mfluencer l\u2019action de la vitamine C sur la résistance capillaire.Mais comment expliquer la nature du phénomène ou, plutôt, par quel mécanisme les vitamines À et D agissent-elles sur la résistance capillaire ?Est-ce là la manifestation d\u2019une action directe de ces vitammes, ou ne serait-ce qu\u2019une action indirecte et médiée par l\u2019acide ascorbique?Tel est le problème que cette expérience voudrait élucider.Il est certain qu\u2019il existe une corrélation étroite entre ces trois vitamines, mals sa nature reste inconnue : la question n\u2019est pas résolue et la plupart des observations rapportées sont contradictoires.D'ailleurs aucun de ces travaux n\u2019a étudié l\u2019action de ces vitamines sur la résistance capillaire ou n\u2019a utilisé la mesure de la résistance capillaire comme méthode d'investigation dans l\u2019étude de ces vitamines.Selon certains auteurs (53), toute augmentation des vitamines À et D exigerait celle de la vitamme C.Le principal argument pour juger de l\u2019antagonisme des vitamines À et C préconisé d\u2019abord par Mouri- quand et Michel (115), et repris ensuite par Widenbauer (161), était que l\u2019admmistration de jus d\u2019orange chez le cobaye ne prévenait pas le scorbut s1 l\u2019animal recevait en même temps de l\u2019huile de foie de morue.Ce fait fut d\u2019ailleurs confirmé plus tard par les observations de Ammon (8) et de Vedder (154) que l\u2019hypervitammose À pouvait être empêchée par un excès des vitamines C et B.L\u2019idée d\u2019un effet protecteur de l\u2019acide ascorbique dans l\u2019hypervitammose À fut reprise par Mayer et Krehl (105), à la suite de diverses observations de Rodhal (133, qui tendaient à démontrer qu\u2019un excès de vitamme À pouvait provoquer une affection rappelant le scorbut.Mais l\u2019argument le plus important en faveur de cet antagonisme des vitammes A et C devait être la découverte de Wendt et Schrœder (159) qu\u2019il était possible de prévenir, chez le cobaye, le développement (7) 98 Lavar MÉDicaL Janvier 1959 des effets toxiques de la vitamme À par un excès de vitamine C.Toujours selon ces auteurs, un apport important de vitamine C semblerait empêcher l\u2019enrichissement du foie en vitamme A.De plus, l\u2019administration d\u2019acide ascorbique corrigerait le syndrome scorbutique (clinique et chimique) produit par l\u2019enrichissement du régime en protéines au cours de l\u2019avitaminose À (104), et prolongerait la vie des animaux.Ce fait que le scorbut accompagnerait l\u2019avitammose À chez le rat n\u2019a cependant pu être confirmé (132).Scheunert (139) affirme, au contraire, qu\u2019il ne faut pas admettre la possibilité d\u2019un tel antagonisme entre les vitammes À et C.D'ailleurs, contrairement aux observations déjà signalées de Mouriquand (115) et de Widenbauer (161), von Euler (50) et Bezssonoff (19) ont constaté que le mélange de citron et d\u2019huile de foie de morue n\u2019a plus d\u2019action scorbutique.De plus, le carotène protégerait, in vitro, l\u2019acide ascorbique contre l\u2019oxydation (52).Enfin, Randoin a montré (126) que la carence en vitamine À Influait sur la synthèse de l\u2019acide ascorbique.Si l\u2019étude de l\u2019interrelation de l\u2019acide ascorbique et de la vitamine À semble difficile, elle n\u2019apparait pas moins obscure quand il s\u2019agit de la vitamine D.Weld (158) prétend que, chez l\u2019homme, la vitamme D, dans certaines conditions, est plus efficace que l\u2019acide ascorbique à augmenter la résistance capillaire.Par ailleurs, Bruce et Philips (23) n\u2019ont observé, chez le rat, aucun effet appréciable d\u2019une petite dose de vitamine D sur l\u2019acide ascorbique.Il est toutefois possible que l\u2019utilisation de plus fortes doses de vitamme D ait pu détermmer quelque effet, bien que Kyrki (89) ait montré que l\u2019admmistration de vitamme D, chez des enfants rachitiques, n\u2019entraînait aucun abaissement de l\u2019ascorbémie.Les observations de Lecoq et collaborateurs (93) semblent, au contraire, favoriser une action dépressive du calciférol sur les concentrations tissulaires de l\u2019acide ascorbique chez le cobaye.D\u2019autres auteurs, dont Bezssonoff (19), Agduhr (3 et 4) et Leight (95) ont également été amenés à penser à la réalité d\u2019un antagonisme entre les vitamines C et D.Il pourrait fort bien, cependant, s\u2019agir uniquement d\u2019un déséquilibre d\u2019ordre quantitatif, car, selon Boock (21) et Grant (67), référant aux conclusions de Mouriquand (114) et Leight (95), qu\u2019une rupture de l\u2019équilibre des vitamines D et C faisait rapidement apparaître le syndrome rachitique, Janvier 1959 Lava\u2026 MÉDicaL 99 un régime équilibré en acide ascorbique, en vitamine D et en calcium n\u2019engendrerait aucun trouble.L\u2019idée de cette expérience est donc de trouver une solution satisfaisante à ce problème de l\u2019antagonisme biologique des vitamines A, D et C dans l\u2019organisme du cobaye, les vitamines À et D étant administrées en excès, et l\u2019acide ascorbique en quantité Juste suffisante pour prévenir l\u2019apparition du scorbut.Il sera, de plus, discuté du mécanisme d\u2019action de ces substances sur la résistance capillaire.Protocole expérimental Pour une identification plus définitive et une compréhension plus précise de l\u2019interinfluence des vitammes A, D et C tant sur la croissance corporelle que sur la résistance capillaire, 11 nous a semblé judicieux d\u2019étudier l\u2019action de ces différentes vitamines chez des animaux plutôt Jeunes qui, plus sensibles à une action vitaminique déterminée, traduiront plus facilement et plus spécifiquement les différentes manifestations propres à chacune de ces vitamines.L\u2019expérience a donc été effectuée chez des cobayes albimos mâles, d\u2019un poids initial moyen de 233,3 g (200 à 275 g).Le régime de base consistait en cubes pulvérisés de nourriture Purina pour chiens.Les animaux étaient nourris ad libitum, et ce régime s\u2019est avéré scorbutigène chez ceux qui ne recevaient aucun apport exogène d\u2019acide ascorbique.Les cobayes furent divisés, dès Ile début de l\u2019expérience, en huit groupes d\u2019au moins huit animaux chacun, recevant les traitements décrits dans le tableau VII.Toutes les vitammes ont été administrées par voie orale, suivant la technique antérieurement décrite.Il serait peut-être opportun de mentionner que les besoins quotidiens du cobaye en ces vitamines sont extrêmement bas et qu\u2019ils ont été fixés assez justement à 0,024 mg par kilogramme de poids pour le B-carotène (68), et à un à deux mg pour l\u2019acide ascorbique (147) ; quant à la vitamine D, rien n\u2019a encore été fait pour préciser les besoins des petits animaux de laboratoire : 1l semble toutefois que la dose quotidienne de 0,0025 mg ou de dix unités internationales soit assez exacte et non excessive.Les variations de la croissance et de la résistance capillaire ont été suivies quotidiennement pendant toute l\u2019expérience, qui à duré 21 jours. Tapreau VII Protocole de la troisième expérience chez des cobaves gardés à température constante (24°C.) et soumis à un régime scorbutique ze TRAITEMENTS GROUPES poombre Voie Autopsie Nature Dose en mg Cac on joues tion Témoins non traités.10 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 22° jour Vitamine A.10 B-caroténe .0,075 Orale 21 22° jour Vitamine C.10 Ascorbate de Na.5,0 Orale 21 22° jour Vitamine D.9 Caleiférol.0,075 Orale 21 22° jour Vitamines A et C.8 Caroténe + Ascorbate.0,075 + 5,0 Orale 21 22° jour Vitamines A et D.9 Carotène + Caletférol.| 0,075 + 0,075 Orale 21 22° jour Vitamines Cet D.12 Ascorbate + CalciféroI 1111.5,0 +0,75 Orale 21 22° jour Vitamines A, Cet D.12 Carotène + Ascorbate + Calciférog| 0,075 + 5,0 + 0,075} Orale 21 22° jour 001 TVOIAFN TVAV] 6561 Jo1Auer Janvier 1959 Lavar.MÉpicaL 101 Une étude nécropsique, comportant le protocole habituel, fut faite le vingt-deuxième jour chez tous les animaux restés vivants.Résultats Croissance : Les résultats apparaissent au tableau VIII, et les variations du taux quotidien de la croissance peuvent être suivies sur les figures 8 et 9.La croissance des animaux recevant quotidiennement 5 mg d\u2019acide ascorbi- que (groupe C) est sensiblement normale et peut servir de point de comparaison.Par contre, l\u2019absence d\u2019acide ascorbique se répercute fortement sur la croissance des animaux qui en sont carencés, bien que l\u2019administration des vitamines À et D semble légèrement modifrer l\u2019évolution de la carence.L\u2019adjonction, au régime scorbutigène, du B-carotène (groupe A) semble, en effet, permettre une croissance mitiale plus normale et plus soutenue (figure 9, en même temps qu\u2019elle retarde l\u2019apparition du scorbut ou qu\u2019elle en ralentit l\u2019échéance.Le calciférol (groupe D), au contraire, semble accentuer la carence ou, du moins, en accélérer les manifestations puisque l\u2019arrêt de la croissance est déjà évident dès le quatorzième jour et que la croissance terminale est diminuée de 6,9 pour cent.C\u2019est d\u2019ailleurs dans ce groupe que la mortalité est la plus précoce et la plus élevée (55,5 pour cent).L'association, enfin, des vitamines À et D (groupe AD) n\u2019influence aucunement l\u2019évolution de la carence : même si le taux de croissance y est mitialement plus élevé que chez les animaux non traités (34,5 g comparativement à 25,3 g pour les sept premiers jours), les courbes de croissance apparaissent passablement superposables tout au cours de l\u2019expérience et les valeurs termmales sont pratiquement les mêmes dans les deux groupes.La vitamine À semblerait amortir ou même neutraliser l\u2019effet de la vitamine D, à moins que ce ne soit plutôt la vitamine D qui tende à diminuer l\u2019action protectrice de la vitamine À.Quoiqu\u2019il en soit, un tel phénomène que la vitamine À peut effectivement atténuer la toxicité de la vitamine D a déjà été observé chez l\u2019animal normal (68 et 113), ce qui a d\u2019ailleurs été confirmé ict dans le groupe ACD.Il semblerait TasrLeau VIII Variations du poids, en grammes, de cobayes soumis à un régime scorbutigène recevant ou non des vitamines A, D et C JOUR DE LA MESURE COBAYES NON TRAITÉS COBAYES RECEVANT DIVERSES VITAMINES A C D AC AD CD ACD 0.243,2 + 5,20 246,9 + 4,53 239,6 + 6,24 213,2 + 3,95 231,4 + 2,70 204,0 + 2,41 245,5 + 6,07 243,1 +3,05 To 268,5 + 7,45 276,2 + 7,68 261,6 + 8,94 247,5 + 7,18 273,0 + 5,22 238,5+6,49| 251,9+6,42| 259,9+ 5,68 4.272,6 + 10,14 290,0 + 10,42 281,8 9,37 220,7 + 6,42 284,4 + 7,47 238,0 + 7,23 285,5 + 9,23 265,3 + 6,84 18.259,2 + 9,86 271,5 + 9,74 300,2 + 8,53 208,2 + 4,26 302,7+9,36| 224,5+5,18| 294,1+7,75| 271,0+8,12 21.111111 242,6 + 10,33 245,1 + 7,17 311,6 7,69 198,5 + 3,38 326,1 + 8,54 204,7 + 4,07 305,1 + 8,94 278,2 + 9,33 Variations totales : 1.absolues.\u2026.\u2014 0,6 +92 + 72,0 \u2014 14,7 + 94,7 +0,7 + 59,6 + 35,1 2.en pourcentage \u2014 0,2 +3,7 + 30,0 \u2014 6,9 + 40,9 + 0,3 + 24,3 + 14,4 Valeurs de «p».> 0,90 >0,30 < 0,001 < 0,05 < 0,001 > 0,90 < 0,001 < 0,01 ¢01 TVOICAN TVAVT] 6E61 Toray Janvier 1959 LavaL.MÉDICAL 103 donc qu\u2019un excès de vitamine À ait quelque action protectrice contre les manifestations observées au cours de l\u2019hypervitaminose D.Dans tous les groupes où les animaux reçoivent un apport exogène de vitamme C, la croissance est constante, bien que différente survant l\u2019association des vitamines considérée.L\u2019addition de vitamine A (grou- Poids en g, Groupes : -2 | T T ] Jours 0 7 14 16 21 Figure 8.\u2014 Poids, en grammes, de cobayes soumis à un régime scorbutigène recevant ou non des vitamines À, D et C.pe AC) est certes la plus efficace et entraîne une augmentation totale de de 40,9 pour cent (comparativement à 30,0 pour cent pour le groupe ne recevant que de l\u2019acide ascorbique), alors que l\u2019addition de vitamine D, dans le groupe CD, où l\u2019augmentation terminale n\u2019est effectivement que de 24,3 pour cent, semble diminuer l\u2019effet de la vitamine C : l\u2019association Groupes roi Poids en g.C a a (TI +100 \u2014 == a AN 80 \u2014 - ho \u2014 TVIIAIN TVAYT] 20 \u2014 0 \u2014 «20 Jours 7 14 16 4 6561 Jor1Auer Figure 9.\u2014 Poids, en grammes, de cobayes soumis à un régime scorbutigène recevant ou non des vitamines À, D et C. Janvier 1959 Lavar.MÉpicaL 105 des vitammes D et C est, en effet, moms active qu: la vitamine C administrée isolément (groupe C).De plus, la divergence d\u2019action des vitamines A et D apparaît évidente dès le septième jour, ou il existe déjà entre ces deux groupes une dénivellation de 35,2 g, dans le taux de croissance, correspondant à une différence de 15,4 pour cent.Dans ces deux groupes AC et CD, cependant, comme d\u2019ailleurs dans le groupe C, l\u2019augmentation respective de croissance est hautement significative (p< 0,001) ; par contre, elle le devient beaucoup moins (p< 0,01) dans le groupe ACD, qui met en présence les trois vitamines.Dans ce dernier groupe, en effet, la croissance, bien que mitialement supérieure au groupe CD, demeure très lente tout au cours de l\u2019expérience et ne s\u2019exprime que par une augmentation totale de 14,4 pour cent en fin d\u2019expérience.Le taux de mortalité (25,0 pour cent) y est d\u2019ailleurs le plus élevé parmi les groupes recevant de l\u2019acide ascorbique.Résistance capillaire : Les courbes de la résistance capillaire sont représentées sur la figure 10.L\u2019étude du tableau IX, ou sont compilées les différentes valeurs, montre que toutes les variations observées sont significatives, que les animaux reçoivent ou non de l'acide ascorbique.Mais ces mêmes variations sont extrêmement diverses suivant le traitement admmistré ou le groupe considéré.Alors que la carence se manifestait, au niveau de la croissance, dans tous les groupes ne recevant aucun apport exogène d\u2019acide ascorbique, elle ne modifre véritablement la résistance capillaire que dans deux groupes : chez les animaux non traités d\u2019abord, où la carence est d\u2019ailleurs imparfaite, comme le montre la valeur relativement élevée de la résistance capillaire (11,8 cm de Hg) ; et ensuite, chez les animaux recevant du calciférol, où la résistance capillaire s\u2019abaisse même à des valeurs lëgère- ment inférieures (différence de 6,7 pour cent).L'association des vitamines À et D (groupe AD) maintient, en effet, la résistance capillaire à des chiffres sensiblement normaux, alors que l\u2019administration isolée de la vitamine À l\u2019élève fortement (augmentation totale de 160,5 pour cent).L\u2019addition de B-carotène (groupe AC), à part peut-être de permettre une élévation mitiale plus marquée, ne semble pas modifier l\u2019action de la vitamine C (groupe C) sur la résistance capillaire, et les valeurs terminales 106 Lava\u2026 MÉDicaL Janvier 1959 o \u2014 \u2014 \u2014 Q \u2014e- \u2014 ou 2 -0 V Jours 21 600 es as ee ae o983 : ° \u2014\u2014-\u2014e \u2014.e-e o
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