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Titre :
Laval médical
Éditeur :
  • Québec :Faculté de médecine, Université Laval,1936-1971
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec
  • Successeur :
  • Vie médicale au Canada français
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Laval médical, 1959-10, Collections de BAnQ.

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[" Vol.28 \u2014 N° 3 QUEBEC OCTOBRE 1959 BULLETIN DE LA Ps SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HÔPITAUX UNIVERSITAIRES em _\u2014 - DE L AVAL DIRECTION \u2014 FACULTE DE MEDECINE, UNIVERSITE LAVAL, QUEBEC, SOMMAIRE COMMUNICATIONS Fernand MARTEL et Maurice GI- ROUX.eiiiiinerneenenense ETUDE DE LA DISTRIBUTION DES PROTEINES DU SERUM SANGUIN CHEZ DES PATIENTS HOSPITALISES POUR TUBERCULOSE.page 289 Didier DUFOUR.ccvvvvnnnn ACTION PROTECTRICE DU THYMUS CONTRE LE CANCER EXPERIMENTAL CHEZ LE RAT.page 298 Louis LEVASSEUR,.ves.DUPLICATION INTESTINALE.cve0uvueens page 311 Philippe BELLEFEUILLE ET Georges GROULX.ÉPIDÉMIE STAPHYLOCOCCIQUE HOSPITALIË- RE.\u2026.us0000e PARA AA ER page 320 Gilles MARCEAU.LES VARICES CHEZ HOMME .page 326 e e e Bernard PARADIS, Armand LA- MONTAGNE, Rita GAGNÉ- DESROSIERS etYvesLAMAR- CHE.ciiiviviiencnnans ASSOCIATION NOZINAN-FLUOTHANE EN ANES- THESIE .i iittiittenereerarennennsonsroncsnsans page 337 REVUE GENERALE Paul FORTIN.Cerri LA CHROMATINE DU SEXE.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026.page 345 MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES Louis-Philippe ROY.LES PIEDS DOULOUREUX .000cssnaneu00 page 365 » COMPOSE Thérapie vitamino-thyroïdienne et sédation Eloigne le danger de la lésion cutanée et psychique.KERABEC SIMPLE Plus d\u2019un demi-sil consacré à l\u2019avances des sciences médic au Cana LE ROI SS a DES § CON NEUROLEPTIQUES ; N A 24 À a INS QE Sa [hal] MIAN) chlorpromazine en 7 ans, plus de 8,000 publications ont Ld confirme sa valeur encore INEGALEE en AY EIN MÉDECINE INTERNE A= ANESTHESIE TES CHIRURGIE 11e Tiss tt I ver CET NT dr - === LAVAL MEDICAL VOL.28 N° 3 OCTOBRE 1959 COMMUNICATIONS ÉTUDE DE LA DISTRIBUTION DES PROTÉINES DU SÉRUM SANGUIN CHEZ DES PATIENTS HOSPITALISÉS POUR TUBERCULOSE * par Fernand MARTEL, D.Sc., et Maurice GIROUX, M.D.du Service des laboratoires de l\u2019Hôpaital Laval de Québec L\u2019électrophorèse sur papier permet de séparer les protémes du sérum sanguin en une fraction albumine et quatre fractions globulines, solent a1, a, B et v.Depuis dix ans, déja, on utilise cette méthode pour caractériser les variations du taux protéique chez des patients tuberculeux.Des études expérimentales et cliniques ont montré que la tuberculose s\u2019accompagne d\u2019une diminution de la fraction albumine et d\u2019une augmentation des globulines a et y (1, 2, 3, 4, 6, 8 et 9).Cependant, de l\u2019ensemble des travaux sur le sujet, 1l ressort que les modifications des fractions a sont les moins spécifiques car elles ne répondent pas au traitement capable d\u2019améliorer l\u2019état des patients (7), contrairement aux albumines et aux globulines y qui, selon quelques auteurs manifestent un retour vers la normale au cours d\u2019une régression de la maladie (5).* Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Laval, le 13 novembre 1958.(1) 290 Lavar MÉDicaL Octobre 1959 Il nous a semblé que les écarts de la normale de ces deux fractions pouvaient ne pas être eux-mêmes spécifiques à la tuberculose comme telle, mais qu\u2019ils pouvaient caractériser aussi bien une atteinte pulmonaire dont la tuberculose ne serait qu\u2019un aspect.À ce point de vue, notre travail a bénéficié de la présence, parmi les patients hospitalisés à l\u2019Hôpital Laval, de malades pulmonaires non atteints de tuberculose.Nous rapportons 1c1 les résultats d\u2019analyses électrophorétiques faites chez des patients atteints ou non de tuberculose, chez des tuberculeux, avant et après traitement, et chez des malades pulmonaires, tuberculeux ou non, avant et après une Intervention chirurgicale pulmonaire.Protocole expérimental : L'analyse par électrophorèse a été faite sur du sérum de patients à Jeun selon une technique utilisant les appareils de marque Spinco : cellule Durrum et Analytrol Spinco.La migration électrophorétique était provoquée à un pH de 8,6 par tamponnement au véronal, de force ionique 0,075, avec une intensité de courant de cing milliampéres maintenus durant 16 heures, puis par coloration des bandes au bromphénol bleu et lecture avec filtre de 500 millimicrons.Les patients étudiés se répartissent ainsi : 1° Un groupe de 48 patients pris au moment de leur admission à l\u2019Hôpital Laval, souffrant de tuberculose à un degré variable, soit de modérément avancé à très avancé ; 2° Un groupe de 29 de ces patients trois semaines après traitement a la streptomycine et au rimifon ; 3° Un groupe de 44 patients sur le point de subir une intervention chirurgicale pulmonaire ; 4° Un groupe constitué des mémes patients, mais de trois semaines x à un mois après l\u2019intervention et chez qui les suites opératoires avaient I été trouvées normales ; 5° Un cinquiéme groupe constitue un groupe témoin et comprend 12 personnes du personnel du laboratoire, sans affections pulmonaires et apparemment en bonne santé. Octobre 1959 Lava\u2026 MépicaL 291 Les résultats d\u2019analyse électrophorétique ont été étudiés par groupe de patients.Ils tiennent compte des moyennes et non des valeurs individuelles.Ils ont été soumis à l\u2019analyse statistique par une méthode selon laquelle on calcule la valeur « t » et par laquelle on peut évaluer l\u2019importance des différences observées entre deux groupes expérimentaux Toute valeur de « t » égale ou supérieure à 2 indique que les différences observées offrent une marge de sécurité de 95 pour cent.Résultats : Dans un premier tableau (tableau I), nous comparons des nouveaux patients aux témoins.TapLEAU | Distribution des protéines du sérum chez 48 nouveaux patients comparée à celle de 12 sujets normaux SUJETS NouvEAUX NORMAUX PATIENTS «tt (12 cas) (48 cas) Albumine.56,8 +1,56*| 41,9 +1,42 6,9 Globulinea,.4,0 +0,34 5,6 +0,66 2,1 Globulineag.10,2 +0,55 13,2 +0,56 3,8 GlobulineB.14,2 +0,37 14,2 +0,45 0,0 Globuliney.14,9 +0,34 23,4 +0,89 8,0 r , x \u2014M ?* Moyenne +Gm : Valeur calculée d\u2019après la formule \u2014= où m \\ n\u2014 représente chacune des valeurs individuelles d\u2019un groupe ; n, le nombre de ces valeurs et M, la moyenne du groupe.M! \u2014 M2 t Valeur de «t» calculée selon la formule entre les 2 moyennes de deux groupes.Jo 2 + (0m2) Disons d\u2019abord que les valeurs obtenues chez les témoins coincident parfaitement bien avec les valeurs que l\u2019on retrouve dans la littérature scientifique courante et sont l\u2019indice que la méthode employée donne des résultats comparables à ceux d\u2019autres laboratoires. 292 Lava\u2026 MÉDICAL Octobre 1959 Il est évident, d\u2019après ce tableau, que les patients nouvellement admis sont dans un état qui affecte de façon marquante la distribution de leurs protéines sanguines.Notons les différences obtenues au niveau de l\u2019albumine et des y-globulines principalement, mais aussi au niveau des a-globulines.Ces résultats sont en tous points comparables à ceux que rapportent Baldwin et Iland (1), pour des patients atteints de tuberculose.Le tableau II montre la distribution des protéines sériques chez 29 de ces nouveaux patients, avant et après traitement à l\u2019association TaABLEAU Il Distribution des protéines sériques, chez 29 tuberculeux, avant et après traitement APRÈS TRAITEMENT NouvEAUX PATIENTS (29 cas) Améliorés Ctr Non améliorés Ctr (11 cas) (18 cas) Albumine.43,3 +1,73 42,1 +1,70 0,5 37,0 +2,36 2,1 Globulinea,.5,6 +0,29 5,2 +0,33 0,9 6,7 +0,42 2,1 Globulinea;.13,8 +0,78 13,0 +0,87 0,7 14,4 +1,00 0,5 GlobulineG.14,4 +0,59 15,6 +0,61 1,4 16,2 +0,85 1,7 Globuliney.23,0 +1,09 23,5 +1,36 0,3 25,8 +1,21 1,7 streptomycine-rimifon.Le même tableau fait voir comment les protéines se répartissent chez les patients qui ont manifesté une amêé- lioration notable consécutive au traitement, comparativement à ceux où il n\u2019y eut pas d\u2019amélioration ou encore dont l\u2019état avait continué à s\u2019aggraver.L\u2019observation la plus remarquable ici est à l\u2019effet que l\u2019amélioration à la suite du traitement ne s\u2019accompagne pas d\u2019un retour à la normale des fractions étudiées.Par contre, chez ceux dont l\u2019état n\u2019a pas répondu au traitement, l\u2019écart de la normale semble s\u2019être accentué davantage (albumine, et globuline a; surtout).Avant une intervention chirurgicale, comme en fait foi le tableau III, les patients ont une distribution qui s'apparente à celle des nouveaux patients, du moins en ce qui concerne les fractions albumine et y- Octobre 1959 Lavar MEbpicaL TasrLeau III Distribution des protéines sériques chez 44 patients admis pour une intervention chirurgicale 293 SuseTs PATIENTS NORMAUX PREOPERATOIRES Ci» (12 cas) (44 cas) Albumine.56,8 +1,56 49,0 +1,07 4,0 Globuline ay.4,0 +0,34 4,8 +0,25 1,9 Globulinea,.10,2 +0,55 11,3 +0,41 1,6 Globulineg.14,2 +0,37 13,8 +0,45 0,7 Globuliney.14,9 +0,34 20,4 +0,70 7,0 globuline (taux bas de la première et élevé de la seconde) et qui se compare aux valeurs observées dans la littérature médicale pour des patients tuberculeux.SI on considère maintenant la distribution des protéines avant et après l\u2019opération (tableau IV), on constate que le sens des modifications TasLeau IV Distribution des protéines sériques avant et après l\u2019intervention chirurgicale PRÉOPÉRATOIRES PoOsTOPÉRATOIRES «Ly (44) (44) Albumine.] 49,0 +1,07 43,3 +1,37 3,3 Globulinea,.4,8 +0,35 6,0 +0,31 2,5 Globulinea,.11,3 +0,41 13,0 +0,57 2,4 Globulineg.13,8 +0,45 14,2 +0,54 0,6 Globuliney.20,4 +0,70 23,5 +1,06 2,4 n\u2019est pas changé et qu\u2019après l\u2019intervention, les fractions qui s\u2019éloirgnent de la normale en sont encore davantage différentes (albumine, globulines ay, ay ety). 294 Lava\u2026 MépicaL Octobre 1959 Enfin, si chez des opérés on cherche à grouper les tuberculeux séparément des non tuberculeux, on se rend compte que les variations observées pour tout le groupe n\u2019ont pas d\u2019orientation différente, qu\u2019il s\u2019agisse de tuberculeux ou non (tableaux V et VI).TaBLEAU V Effets de l\u2019opération chez les non tuberculeux (10 cas) PRÉOPÉRATOIRES POSTOPÉRATOIRES «ty Albumine.| 51,9 +0,98 45,2 +2,34 2,6 Globulinea,.| 3,6 +0,47 5,5 +0,57 2,6 Globuline a,.1121200 00000 11,1 +0,82 148 +1,26 1,9 Globuline8.À 13,3 +1,04 14,3 +1,23 0,6 Globulinev.| 19,6 +1,11 20,9 +2,09 0,5 TABLEAU VI Effets de l\u2019opération chez les tuberculeux (34 cas) PRÉOPÉRATOIRES POsTOPÉRATOIRES «ty Albumine.| 48,0 +1,35 43,1 +1,62 2,3 Globuline ay.5,2 +0,27 6,1 +0,38 2,9 Globuline az.112110000 000 11,4 +0,53 12,7 +0,65 1,5 GlobulineB.11211110000 14,3 +0,57 14,1 +0,62 0,2 Globuliney.| 21,0 +0,82 238 +1,19 1,9 DisCUSSION ET CONCLUSIONS Les patients hospitalisés pour tuberculose ont une distribution anormale de leurs fractions protéiques sanguines, mais le traitement employé pour améliorer leur état n\u2019affecte pas cette distribution.Il est possible qu\u2019un traitement plus prolongé ait fait revenir les fractions protéiques à des valeurs normales, mais 1l est également possible Octobre 1959 Lava.MÉDICAL 295 que ce ne soit pas la tuberculose comme telle qui a rendu les électro- phorogrammes anormaux.Chez les opérés, les modifications observées après intervention ne coïncident pas avec l\u2019amélioration des patients.Dans ce groupe il n\u2019est pas possible, non plus, d\u2019observer de différences entre ces effets qu\u2019il s\u2019agisse de tuberculeux ou de non tuberculeux.Ici encore, il semble bien que l\u2019anormalité de distribution des fractions protéiques ne puisse être liée à la présence ou à l\u2019intensité d\u2019un état tuberculeux, et que si les fractions protéiques sont altérées chez des tuberculeux, ces modifications n\u2019ont pas la spécificité que certains auteurs leur ont donnée.ADDENDUM Au cours de ce travail, nous avons eu l\u2019occasion d\u2019étudier les fractions protéiques sanguines chez des malades où l\u2019affection pulmonaire était accompagnée de néoplasie.Nous donnons les résultats obtenus chez neuf de ces patients (tableau VII).TasLeau VII Malades tuberculeux atteints de néoplasie (9 cas) DisPERSION FRACTION PROTEIQUE MoYENNE DES VALEURS INDIVIDUELLES Albumine.aa ae een 34,4 9,8\u2014 50,0 Globuline ay.a LL LL 6,5 0,0-10,1 Globuline a,.LL LL La Lea aa ee 16,7 12,5\u2014 23,0 Globuline 8.LA LA da aa ae 19,3 14,0- 26,0 Globuline y.1122000 2211 LL ea a Lee 22,8 16,9 - 33,0 On remarquera particulièrement l\u2019élévation accrue des fractions globulines a et B, par rapport même aux malades pulmonaires étudiés précédemment. 296 LavaL MÉDICAL Octobre 1959 BIBLIOGRAPHIE .Barpwin, R.W., et ILanD, C.N., Amer.Rev.Tuberc., 68 : 372, 1955.FLyNN, F.V., et De Mayo P., Lancet, 261 : 235, 1951.GirriLaND, L.C., Brit.Med.J., 2 : 1460, 1946.Housron, J., Brit.J.Tuberc.Dis.Chest., 39 : 119, 1955.LEGGAT, P.O., Brit.J.Tuberc.Dis.Chest., 41 : 139, 1957.SieBERT, F.B., Am.Rev.Tuberc., 70 : 344, 1954.Vork, B.W., Am.Rev.Tuberc., 67 : 299, 1953.WEIMER, E.H., Am.Rev.Tuberc., 70 : 344, 1954.WeTMar, R., Ophtalmologica (Basel), 127 : 315, 1954.OC NO Wh Discussion Le docteur Louis Berlinguet dit que l\u2019électrophorèse est une méthode nouvelle qui a suscité de nombreux espoirs dont plusieurs étaient prématurés.Rares sont les cas où, comme dans le myélome, elle permet de faire un diagnostic certain.Plus souvent les changements ne sont pas spécifiques et permettent d\u2019établir tout au plus des catégories.Ainsi les modifications observées dans la tuberculose sont du même ordre que ceux qu\u2019on rencontre dans d\u2019autres infections chroniques.C\u2019est une originalité de ce travail de démontrer que les patients pulmonaires non tuberculeux, ont une image électrophorétique qui est sensiblement la même que celle des tuberculeux.Il n\u2019y a pas à se surprendre de ce manque de spécificité quand on songe que la méthode ne permet qu\u2019une appréciation grossière des protéines en les sériant en quelques groupes alors qu\u2019il en existe plusieurs centaines.Il reste l\u2019espoir que la méthode pourra s\u2019affirmer.Déjà des auteurs japonais ont mis en évidence de nouvelles fractions en employant, au lieu du papier, de l\u2019amidon qui révèle des bandes très fines.Le docteur Berlinguet demande combien de temps après l\u2019opération, les échantillons ont été prélevés et s\u2019il n\u2019y aurait pas ÎIieu de vérifier, par des prélèvements répétés à divers intervalles, si les changements qui ne se sont pas manifestés au début n\u2019apparaissent pas ultérieurement pour revenir dans Jes limites normales après plusieurs semaines.Le docteur Martel répond au docteur Berlinguet que les prélèvements ont été faits dans un délai de trois à quatre semaines après l\u2019opération.Il aurait été intéressant de répéter les examens, mais à cause des succès opératoires les malades ont quitté l\u2019hôpital.Il y a certainement Octobre 1959 Lava\u2026.MépicaL 297 des cas où il serait possible de reprendre contact avec eux pour vérifier s\u2019il n\u2019y a pas un décalage dans la normalisation de la formule électro- phorétique, à cause de modifications résiduelles qui dureraient plus longtemps que les suites opératoires jugées cliniquement.A une question sur Ja nature des affections pulmonaires non tuberculeuses, le docteur Giroux répond que, les néoplasies mises à part, les affections pulmonaires étudiées étaient des kystes, des abcès pulmonaires et des bronchectasies.Le docteur G.-A.Bergeron, à propos de l\u2019augmentation des taux relatifs des globulines chez les cancéreux, veut savoir s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une dispersion considérable et significative.Le docteur Martel répond que cette dispersion n\u2019est pas grande, mais qu\u2019elle est assez constante pour permettre des diagnostics de présomption qui sont souvent confirmés.Le docteur Didier Dufour demande au docteur Martel s\u2019il voit dans les résultats qu\u2019il vient de rapporter une relation avec ce qu\u2019il a observé dans ses recherches sur la mobilisation des acides ammés.Le docteur Martel y voit une relation avec l\u2019apparition de protéines nouvelles dans l\u2019organisme, au cours de la carcinogénèse.L\u2019électrophorèse permet de les capter, d\u2019en apprécier la quantité et surtout la nature suivant la fraction où elles vont se loger.Le docteur Sylvio Leblond demande si l\u2019on sait quelque chose du rôle et de la signification fondamentale de ces diverses protéines.Le docteur Martel souligne que la fraction y-globuline semble associée à la production des anticorps et qu\u2019elle est diminuée dans bien des cas de manque de résistance aux infections.I] reste difficile, simplement en considérant l\u2019image globale que donne l\u2019électrophorèse, d\u2019iden- tifrer tous les éléments et de reconnaître le rôle qu\u2019ils ont à jouer.Le docteur Georges Filteau mentionne qu\u2019un autre chercheur a noté aussi au cours de la tuberculose une augmentation des séromucoides et des glucoprotéines qui semble être en relation directe avec la maladie.I! demande sur quelles variétés de cancer ces expériences ont été faites.Le docteur Martel répond qu\u2019il n\u2019est pas entré dans le champ des nucléoprotéines et que dans un hôpital pour maladies pulmonaires, on n\u2019a pas eu beaucoup de variétés de cancers, sept cas sur neuf étant des cancers du poumon. ACTION PROTECTRICE DU THYMUS CONTRE LE CANCER EXPÉRIMENTAL CHEZ LE RAT * par Didier DUFOUR assistant universitaire au département de biochimie de la Faculté de médecine, université Laval I.ACTION DES ACIDES NUCLEIQUES DU THYMUS SUR LA TUMEUR DE WALKER Les travaux de Bresnick et Cerecedo (2) ont montré que, sous influence du développement de Ja tumeur de Walker, les RNA et DNA de la rate, de la moelle osseuse, des ganglions lymphatiques et du thymus subissent des variations importantes, indice d\u2019une stimulation par la tumeur de Walker de l\u2019activité métabolique de ces organes lymphatiques.La chute des DNA du thymus nous a semblé surtout importante du fait que le thymus joue un rôle protecteur contre la tumeur de Walker comme l\u2019ont montré Parhon (10) et Cocciavillani (3).Étant donné, d\u2019une part, la richesse du thymus en désoxyribonucléo- protéines et, d\u2019autre part, cette chute considérable des DNA du thymus au cours du développement de la tumeur de Walker, signe d\u2019une métabolisation accrue de ces acides nucléiques, il était normal de se demander si l\u2019influence protectrice de l\u2019extrait thymique total était due * Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 13 novembre 1958.Cette recherche a été rendue possible grâce à un octroi de l\u2019Institut du cancer du Canada. Octobre 1959 LavaL.MépicaL 299 aux DNA et si les DNA devaient cette action à l\u2019apport d\u2019un métabolite devenu nécessaire en surplus pour fournir à l\u2019organisme atteint d\u2019un cancer des moyens supplémentaires de défense.Ceci, d\u2019ailleurs, peut s\u2019apparenter à la thèse de Dugal (5) selon laquelle la vitamine C augmente la résistance au stress au froid parce que l\u2019administration de cette vitamine remplace l\u2019acide ascorbique métabolisé par l\u2019organisme stressé.Le but de cette recherche a donc été de voir si l\u2019extrait thymique exerce son action anticancéreuse par l\u2019intermédiaire des acides désoxyribonucléiques.Conditions expérimentales 1.Transplantation de la tumeur : Nous avons utilisé la méthode du pneumoderme de Sélyé (13).Elle consiste en l\u2019introduction d\u2019une suspension de un cm* de cellules cancéreuses diluées 1:20 dans la poche d\u2019air constituée par l\u2019inoculation de 25 cm3 d\u2019air dans la couche conjonctive profonde de la région inter- scapulaire.2.Préparation de la fraction désoxyribonucléique : Nous nous sommes servi de la méthode de Mirsky et Pollister (9).Les ribonucléoprotéines sont séparées des désoxyribonucléoprotéines par la différence de solubilité en milieu NaCI 0,14M ; les RNA sont précipités dans le sédiment ; la méthode de Dishe (4) nous servant à doser les DNA liés aux purines.3.Arrangement expérimental : Cent quatre rats mâles d\u2019un poids moyen initial de 100 grammes ont servi à ce travail et ont été divisés en six groupes expérimentaux tels que décrits au tableau I.Les acides nucléiques ont été administrés par voie sous-cutanée à la dose de huit mg par jour, pendant 17 jours, aux animaux des groupes 3 et 6, pendant que les rats des groupes 2 et 5 rece- valent, comme Injection controle, le résidu cellulaire obtenu lors de la première centrifugation de la préparation de l\u2019extrait nucléique du thymus.L'action des acides nucléiques a été appréciée par les trois critères suivants : la croissance corporelle et tumorale et l\u2019image histologique de la tumeur. TABLEAU | Action des acides nucléiques du thymus sur la tumeur de Walker GROUPES EXPERIMENTAUX GAIN DE POIDS (grammes) CROISSANCE TUMORALE (17° jour) 7¢ jour 17% jour Exsudat (cm3) Tissu (g) Témoins absolus (10 rats).40,04 2,84 94,5+4,83 \u2014 = Témoins (injection contrôle) (10 rats).43,8+2,34 97,4+4,40 \u2014 \u2014 Extraits nucléique (16 rats).40,0+2,65 92,1+3,43 \u2014 \u2014 Walker (seul) (16 rats).41,2+2,31 85,6+5,60 10,6+1,5 43,0+4,22 Walker (injection contrôle) (16 rats).42,0+2,16 85,0+4,90 12,4+1,80 40,0+3,75 Walker et extrait nucléique (26 rats).65,0+2,58 112,3+1,80 32,1 +7,73 24,0+4,50 00\u20ac TVOICHIN TVAVT] 6561 9140150 Octobre 1959 Lavar MépicaL 301 Résultats Durant la première phase du développement du cancer, soit durant les sept premiers jours, les différents traitements, comme les acides nucléiques ou la tumeur de Walker, ne semblent pas avoir influencé la courbe normale de croissance.Il est à noter cependant que, chez l\u2019animal atteint de la tumeur, les acides nucléiques ont été capables d\u2019accentuer la croissance corporelle.À la fin de l\u2019expérience, nous constations un léger catabolisme chez les rats cancéreux.Ce catabolisme est inhibé par les acides nucléiques.Les DNA ont exercé une action inhibitrice considérable et durable sur la croissance tumorale.L'image histologique confirme d\u2019ailleurs, de façon signifrcative, cette action antitumorale.En effet, en présence des acides nucléiques, le tissu tumoral devient plus lâche, se perce de lacunes et montre des zones de nécrose ; chez les témoins, le tissu cancéreux est très compact et ne présente aucune région nécrotique.A un plus fort grossissement, l\u2019action des nucléoprotéines est plus apparente : chez l\u2019animal témoin, nous observons un très grand nombre de mitoses, tandis que, chez l\u2019animal traité, 1l y a cet aspect picnotique caractéristique chez les noyaux persistants.Discussion L\u2019interprétation de ces résultats nous semble pour l\u2019instant difhcile.Il nous est cependant permis de supposer que les nucléoprotéines sont le facteur du thymus responsable de l\u2019action protectrice mise en évidence par d\u2019autres auteurs.Nous pensons, d\u2019autre part, que la potentialisation de la croissance corporelle du rat porteur de la tumeur par la fraction nucléoprotéique pour s\u2019expliquer par un effet de déviation des métabolites produit normalement par Je cancer et subséquemment utilisé par l\u2019organisme porteur.Cette déviation nous est suggérée par les travaux de Fukuoka et Naora (6) et ceux de Miller (8).Fukuoka et Naora ont montré, d\u2019une part, que l\u2019activité anticancéreuse de la quinoléine se manifeste, au niveau de la tumeur d\u2019Ehrlich, par le blocage de l\u2019incorporation du P32.Miller, d\u2019autre part, a obtenu, avec un lyophylisat de tumeur de Walker donné dans la diète du rat, une augmentation de l\u2019appétit et de la croissance 302 LavaL MépicaL Octobre 1959 corporelle.Ainsi donc les principes anabolisants de la tumeur de Walker, grâce à la déviation produite par les nucléoprotéines, pourraient expliquer cette augmentation de la croissance corporelle et, conséquemment, la malnutrition de la tumeur et son développement ralenti consécutif.Résumé La fraction désoxyribonucléique du thymus de veau a été administrée à des rats porteurs de la tumeur de Walker pour en apprécier l\u2019action antitumorale possible.Les résultats obtenus indiquent que, d\u2019une part, ces acides nucléiques inhibent considérablement le développement de la tumeur de Walker, potentialisent le développement de la croissance corporelle du rat porteur et inhibent le catabolisme provoqué par la croissance tumorale.L\u2019image histologique nous a montré aussi très nettement, cette action anticancéreuse.II.ACTION DU THYMUS SUR LA RÉACTION NON SPÉCIFIQUE DU RAT PORTEUR DE L\u2019HÉPATOME DE NovIKOFF La participation du thymus à la réponse non spécifique de l\u2019organisme soumis à une agression, que les travaux de Sélyé ont bien établie (12), se caractérise par une involution de cet organe lymphatique, involution dont le degré et l\u2019importance sont fonction de l\u2019intensité du stress.D\u2019autre part, nous connaissons bien maintenant l\u2019action anti- tumorale de l\u2019extrait thymique (1, 3 et 11).Étant donné ces relations du thymus avec le cancer : relation stress-cancer et involution thymique de réaction et relation cancer et inhibition tumorale par le traitement thymique, 1l était nécessaire de voir si, chez le rat porteur d\u2019une tumeur, l\u2019extrait thymique pouvait influencer la réponse non spécifique à ce stress.Conditions expérimentales 1.Transplantation de la tumeur : Nous avons introduit dans la cavité péritonéale un cm* d\u2019une dilution 1:10 d\u2019une suspension cellulaire de l\u2019hépatome de Novikoff. Octobre 1959 LavaL MEDicAL 303 2.Arrangement expérimental : Quarante rats mâles d\u2019un poids initial moyen de 175 grammes ont été répartis en quatre groupes expérimentaux, tels que décrits au tableau II.Les groupes 2 et 4 ont reçu quotidiennement, durant sept Jours, soit la durée de l\u2019expérience, cinq mg d\u2019un Iyophilisat de thymus de veau, par vole sous-cutanée.Les animaux des groupes 1 et 3 reçurent, comme injection-contrôle, 0,2 cm3 de soluté salin.3.Évaluation de l\u2019action du thymus : L\u2019effet stressant de l\u2019implantation de la tumeur est mesuré pa: le poids frais du thymus et des surrénales.L'action protectrice du traitement à l\u2019extrait thymique est appréciée, à la tumeur, par le poids de la masse tumorale, le volume de l\u2019exsudat et l\u2019image histologique et, au niveau de la réaction non spécifique, par le degré de prévention de l\u2019involution thymique et de l\u2019hypertrophie des surrénales.Résultats La présence de l\u2019hépatome dans la cavité péritonéale provoque un stress violent caractérisé par une très forte involution du thymus, une hypertrophie considérable des surrénales et entraîne, en sept Jours, la mort de tous les rats porteurs.Sous l\u2019influence de l\u2019extrait thymique, nous observons que l'intensité de ce stress est fortement réduite : les surrénales ne sont que très peu hypertrophiques et le thymus beaucoup moins involué.Même la léthalité est réduite : au septième Jour, 70 pour cent des animaux traités survivent encore (tableau III).En ce qui concerne la croissance tumorale, nous constatons, sous l\u2019influence du traitement au thymus, une réduction significative de la masse et de l\u2019exsudat tumoraux ; l\u2019image histologique révélant, par ailleurs, dans les tumeurs des animaux traités, des changements cellulaires régressifs, tandis que, chez les témoins, nous voyons un tissu tumoral dense, fait de cellules épithéliales polymorphes, à noyaux atypiques où il y a des plages périphériques de nécrose, nécrose invariablement observée dans tout tissu tumoral. Action antitumorale du thymus chez le rat porteur de l\u2019hépatome de Norikoff TapLEaU II NOMBRE DE GAIN DE POIDS, PoIiDS DE LA TUMEUR, EsxUDAT, GROUPES 3 RATS ENG EN CM TMIOINS .ot ott ee A A AA a A A a ee A A a Ra a a aa a aa ee» 10 37,1+5,2 Thymus.01202020 LL LLLR AL AA AAA A A A A a A A a de A A a a ae 10 38,5+4,6 Hépatome.12020001 002 LL AA LA AA AAA A A A A Aa da A Ra a ea ee 10 11,3+2,5 9,3+0,62 15,3 Thymus et hépatome.LL LL AAA La LA Aa a aa Le 10 27,8+1,5 5,9+0,65 6,2 TasLeau III Effet du thymus sur le poids du thymus, des surrénales et sur la survie des rats porteurs de l\u2019hbépatome de Norikoff POIDS DES SURRÉNALES EN MG Poips DU THYMUS EN CG POURCEN- GROUPES TAGE DE SURVIE Poids absolu Poids relatif Poids absolu Poids relatif TEmMOINS .AA RAA RAR AAA AAA 36,0 +2,77 21,7+1,81 54,0 +3,74 31,3+2,70 100 Thymus.1101020204 LL a 40,3+2,06 22,5+1,50 48,0 +2,83 25,0+1,06 100 Hépatome.o.oo i i ee 60,0+5,05 41,2 42,44 14,0 +3,91 9,2+2,11 0 Hépatome et thymus.20040 00024 ae 4e 0 ee a sea ss a a 00 43,0+3,54 27,0+3,70 30,6+4,06 18,5+1,60 70 vOE TVOICZIN OYAYT] 6561 3149390 Octobre 1959 Lavar MÉDicaAL 305 Ainsi donc, l\u2019extrait thymique exercerait, en plus de son action proprement antitumorale, une protection efficace contre les phénomènes non spécifiques dus au stress ; protection manifestée par le bloquage du catabolisme, la prévention de la réaction surrénalienne d\u2019alarme et l\u2019inhibition de l\u2019involution du thymus.Discussion L\u2019action antitumorale du thymus nous semble, à la lumière de ces résultats, difficilement dissociable de l\u2019action de l\u2019extrait thymique sur la réaction non spécifique de défense.Peut-être donc, le thymus agirait comme la rate, contre le cancer.Comme l\u2019a en effet montré Barbazza (1), la rate hâte la résorption de implant de la tumeur d\u2019Ehrlich.Ces extraits lymphatiques pourraient suppléer pour la diminution de la défense lymphatique de l\u2019organisme soumis à une agression.On connaît bien en effet l\u2019inhibition que subit ce système de défense au cours du stress (14).Il semble bien, d\u2019autre part, par l\u2019action du thymus sur Jes surrénales, dont l\u2019hypertrophie est partiellement bloquée, que l\u2019extrait thymique tend à normaliser la sécrétion endocrinienne des surrénales.Cette normalisation de la sécrétion des hormones gluco-corticoïdes des surrénales qui, comme on le sait (7 et 14), abaissent le seuil de la barrière immuno-biologique, pourrait expliquer aussi l\u2019augmentation de la résistance des rats au stress provoqué par le cancer.Résumé L\u2019extrait lyophilisé de thymus de veau a été administré à des rats porteurs de l\u2019hépatome de Novikoff pour en apprécier l\u2019action sur la réaction non spécifique de défense contre ce stress.Les résultats obtenus montrent que l\u2019extrait thymique, en plus d\u2019inhiber le développement de la tumeur, diminue nettement la réaction non spécifique en prévenant le catabolisme, l\u2019hypertrophie des surrénales et l\u2019involution du thymus.(2) 306 Lavar MEDICAL Octobre 1959 Remerciements L\u2019auteur remercie les docteurs Carlton Auger et François Gagné, du département de pathologie pour l\u2019étude histologique des pièces.BIBLIOGRAPHIE 1.BarBazza, M.Influenza degli estratti di milza irradiata con raggi ultravioletti sull\u2019innesto di adenocarcinoma di Ehrlich, nel ratto albino, Neoplasie, Ital., 19 : 45-55, 1956.2.Bresnick, E., et CErecepo L.R., Nucleic acid patterns in the lymphatic organs of tumor bearing rats, J.biol.Chem., 225 : 297-303, 1957.3.CocciaviLLanT, E., Influenza degli estrati di timo di vitello trattato con idrocarburi cancerigeni sull\u2019attecchimento e sviluppo dell\u2019adenocarcinima di Ehrlich nel topo bianco, Neoplaste, Ital., 9 : 128-139, 1956.Discue, Z., Microbiochimie, 8 : 4, 1930.Ducaz, L.-P., Ascorbic acid and resistance to cold in cold injury, Jobn Macy, Jr, Conference, p.85, 1952.6.Fukuoka, F., et Naora, H., Inhibition of P32 incorporation in vitro into nucleic acids of Ehrlich carcinoma cells by quinoleine derivatives, Gann.Jap., 48 : 271, 1957.7.KiLBournE, E.D., Lethal infection with coxsackie virus of adult mice given cortisone, Proc.Soc Exper.Biol.er Med., 77 : 135, 1951.8.MILLER, F.K., et al., Walker carcinosarcoma 256 tissue as a dietary constituent, a stimulation of appetite and growth in the tumor-bearing rats, J.Nation.Cancer Institute, U.S.A., 19 : 957-967, 1957.9.Mirsky, A.E., et PoLLisTER, A.W., J.Gen.Pbysiol., 30 : 117, 1946.10.Parnon, C.I., et al., Contribution à l\u2019étude biochimique des processus tumoraux, in International conference on Radio-isotopes in scientific research, fasc.153, 13 p., UNESCO, Paris, 1957.11.Paruon, C.I, Bases, A., et PETREA, I., The action exercised by the thymus and several neurotropic substances in experimental cancer, Un.Internation.Cancrum, Acta.Belg., 13 : 404-408, 1957.12.SEvLyE, H., First annual report on stress, p.9, Montréal, 1951.13.SkLvé, H., Third annual report on stress, p.409, Montréal, 1953.14.SELvE, H.The influence of STH, ACTH, cortisone upon resistance to infection, Can.M.A.J., 64 : 477, 1951.LY Discussion Docteur Jacques Turcot : Ce travail du docteur Dufour est extrêmement intéressant et ouvre des avenues de discussion à propos de problèmes cliniques que nous rencontrons tous les jours. Octobre 1959 Lavar MépicaL 307 La tumeur de Walker, tumeur de type lympho-sarcome, se rapproche des lymphomes malins.En effet, il est possible de la comparer avec les tumeurs lymphoïdes et même, avec certaines tumeurs épithéliales chez l\u2019homme.Le fait que les acides nucléiques du thymus jouent un rôle protecteur contre la tumeur de Walker chez le rat, nous incite à nous demander quel rôle joue le système lymphoïde dans la protection contre le cancer en général.On sait, en effet, les grandes quantités d'acide désoxyribonucléique et ribonucléique que renferme le lymphocyte.Voici quelques faits cliniques intéressants à ce point de vue : 1° Il est notoire que la courbe d\u2019incidence du cancer augmente régulièrement avec l\u2019âge (4).Or, le système Iymphoide subit une régression à courbe similaire avec l\u2019âge.Donc, une diminution graduelle du nombre absolu des lymphocytes actifs, qui synthétisent et emmagasinent les divers acides nucléiques.2° Il existe une certaine défense organique contre le cancer et l\u2019envahissement tumoral, comme en font foi les quelques 47 cas de régression spontanée du cancer, cités dans la littérature (1).3° Il est de plus en plus certain que l\u2019excision de toutes les cellules cancéreuses n\u2019est pas réalisée, même dans les cas à pronostic heureux et par la meilleure technique.Il y a, en effet, très précocement, à partir des tumeurs malignes, des métastases par voile sanguine, comme le prouvent les travaux de Oberling, de Moore et Sandberg, de Potter et Malmgren (6).Or, ces cellules, dans bien des cas, sont détruites ou inhibées par les forces de résistance de l\u2019organisme, possiblement représentées par le système lymphoïde, ou encore par le taux de properdine du sang (7).Cette destruction ou cette inhibition explique les survies définitives ou prolongées, chez un grand nombre de cancéreux.La chirurgie radicale demeure efficace, en détruisant le plus grand nombre possible de cellules tumorales, de sorte que les moyens de défense peuvent concentrer leur action sur les quelques cellules tumorales restantes.4° L\u2019on peut voir autour de certains cancers des réactions lympho- plasmocytaires importantes, qui peuvent ralentir la progression tumorale 308 Lavar\u2026 MÉDicaL Octobre 1959 par une fibrocytose (3) marquée.Ce fait peut s\u2019expliquer, surtout si l\u2019on considère que certains cancers peuvent être considérés comme étant un groupe cellulaire de nature, presque étrangère, au milieu intérieur de l\u2019hôte.S\u2019agit-il, encore une fois, du rôle protecteur du système lymphoïde ?À Figure 1 \u2014 Irradiation de la région mammaire interne post-mastectomie radicale.Récidives locales, progressant plus rapidement dans la zone irradiée.5° Un exemple clinique peut être apporté par le lympho-sarcome de l'estomac.En effet, cette tumeur lymphoide, qui est une manifestation d\u2019une maladie systémique à localisations diverses, peut permettre d\u2019assez longues survies aux patients si la tumeur principale est excisée chirur- gicalement (9), et les autres localisations irradiées.6° Enfin, il est possible de constater que les méthodes physiques et chimiques de lutter contre le cancer, comme l\u2019irradiation et les mou- Octobre 1959 Lava\u2026.MÉDicaL 309 tardes azotées peuvent devenir nocives, si on les emploie contre des cellules tumorales résistantes à leur action.Il semble y avoir alors une diminution de la résistance tissulaire et le cancer peut croître plus rap1- dement (figure 1).Il est fort possible, que cette diminution de la résistance tissulaire soit due à Ja destruction lymphocytaire (5), car l\u2019on connaît l\u2019action très marquée de l\u2019irradiation et des moutardes azotées sur le système lymphoide.BIBLIOGRAPHIE 1.Everson, T.C., et Core, W.H.Spontaneous regression of cancer : preliminary, report, Ann.Surg., 144 : 366-380, (sept.) 1956.2.GRAHAM, J.B., GRAHAM, R.M., Antibodies elicited by cancer in patients, Cancer, 8 : 409, (mars) 1955.3.Kersarr, 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croit pas que l\u2019action antithyroïdienne du thymus puisse être spécifiquement dissociable d\u2019une action surrénalienne.Les glycocorti- coïdes ont aussi un effet antithyroïdien et leur administration diminue de moitié l\u2019effrcacité de la TSH sur l\u2019accroissement de l\u2019épithélium thyroïdien.Le docteur Fernand Martel suggère qu\u2019en plus ou au lieu de la relation humorale, 1l peut s\u2019agir d\u2019un remplacement par les acides nuclëi- ques du thymus des acides nucléiques du matériel cytoplasmique des cellules cancéreuses qui en sont transformées. 310 Larav MEbpicaL Octobre 1959 Le docteur Dufour dit que c\u2019est bien là la base de son hypothèse de travail : le remplacement des métabolites surmétabolisés dans des conditions pathologiques.II a l\u2019intention de continuer ces recherches avec des acides nucléiques extraits de différents organes lymphoïdes et même avec le DNA commercial, pour comparer les résultats avec ceux fournis par les extraits du thymus, afin de vérifier s\u2019il y a spécificité d\u2019organe ou une intervention purement métabolique.Le docteur Pau! Gagnon demande si ces expériences ont été répétées sur l\u2019animal hypophysectomisé.Le docteur Dufour répond que chez l\u2019animal hypophysoprive 1l a expérimenté avec des tumeurs non filtrables Iyophilisées, mais malheureusement pas avec la tumeur implantée.,II projette de répéter les mêmes recherches sur l\u2019animal hypophysoprive et peut être aussi, à la suggestion du docteur Lamarche, sur l\u2019animal thyréoprive.Il faudra tenir compte du fait que dans le thymus de l\u2019hypophysoprive, on retrouve des foyers erratiques de tissu thyroïdien non fonctionnels chez l\u2019animal entier, mais qui peuvent expérimentalement remplacer la thyroïde rendue hypofonctionnelle par l\u2019absence de TSH.Le docteur Gagnon veut savoir si la survie de 70 pour cent est relative et dans quelles limites.Le docteur Dufour dit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un résultat statistique dans un temps donné : soit sept jours.La voie péritonéale ne permet pas de continuer.On pourrait contrôler avec le pneumoderme.Le docteur Georges Filteau fait remarquer qu\u2019on peut faire régresser une tumeur par la seule hypophysectomie.Le docteur Martel précise qu\u2019on a par ce moyen fait régresser des cancers du sein, sans chirurgie locale.Le docteur Dufour note qu\u2019il s\u2019agit [à de tumeurs spécialisées qui se développent sous une stimulation humorale.Le docteur Robert Garneau dit que l\u2019examen histologique après hypophysectomie montre que les cellules de la tumeur sont nécrotiques. DUPLICATION INTESTINALE * par Louis LEVASSEUR assistant dans le Service de chirurgie de l\u2019Hôpital Saint-François-d\u2019Assise Grâce aux possibilités actuelles de la chirurgie infantile, les duplications intestinales nous sont maintenant familières et de plus en plus reconnues comme une cause d\u2019hémorragies digestives de l\u2019enfance.En général, le diagnostic s\u2019avère très difficile, simon impossible, et n\u2019est le plus souvent que la découverte fortuite d\u2019une laparotomie pratiquée en face d\u2019un cas obscur d\u2019hémorragie intestinale ou d\u2019obstruction.Voici l\u2019histoire d\u2019une fillette, âgée de 12 ans, hospitalisée à la suite d\u2019hémorragies rectales abondantes, sans symptôme d\u2019accompagnement.Il s\u2019agissait de pertes de sang rouge, non digéré, avec répercussion profonde sur l\u2019état général.L\u2019anamnèse nous révélait chez la patiente une première manifestation identique vers l\u2019âge de quatre mois, suivie ultérieurement d\u2019une période de silence prolongée.Ce laps de temps ne comportait que des intervalles de constipation suivis de débâcles diarrhéiques ; le tout s\u2019accompagnant de douleurs abdominales diffuses et légères.Brusquement, en juillet 1957, on observe une reprise grave des hémorragies rectales, avec un état de choc et une chute des globules rouges à 1 350 000 (hémoglobine à 3,5 g).La fillette était alors âgée de 11 ans et, comme auparavant, on ne trouvait pas d\u2019autre symptôme * Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Laval, le 27 novembre 1958. 312 Lavar MEbpicaL Octobre 1959 susceptible de nous orienter vers un diagnostic.L\u2019examen physique n\u2019apportait rien de précis, sauf une sensibilité au point de McBurney, mais sans défense musculaire ni masse palpable.Une fois l\u2019état général rétabli par de multiples transfusions (2 000 cm3 de sang complet), les diverses étapes du diagnostic furent alors entreprises, à savoir : une rectosigmoïdoscopie, un transit gastro-intestinal et un lavement baryté simple et avec double contraste.Malheureusement, 1l furent tous normaux.Il en fut de même des épreuves usuelles portant sur la crase sanguine.La patiente fut alors retournée chez elle en bonne condition, mais sans qu\u2019une opinion définitive n\u2019ait pu être portée sur l\u2019origine des hémorragies.Tout de même, à ce stade, une laparotomie fut sérieusement envisagée mais retardée pour diverses raisons.En mai 1958, voici que les hémorragies reprennent de plus belle, mais sans trop de gravité cette fois.La patiente est réadmise pour de nouvelles Investigations radiologiques et instrumentales complètes.Devant des résultats toujours négatifs, nous décidons de pratiquer une laparotomie avec un diagnostic préopératoire de diverticule de Meckel.Le 12 mai 1958, une cœliotomie transrectale droite est pratiquée, et dès l\u2019ouverture du péritoine, nous rencontrons un amas d\u2019anses intestinales agglomérées entre elles, en même temps que fixées au péritoine pariétal de la fosse iliaque droite.Une fois la viscérolyse terminée, nous constatons l\u2019existence d\u2019une duplication intestinale typique et assez extensive.En effet, commençant à environ 30 centimètres de la valvule 1léo-cœcale, le segment intéressé s\u2019étend approximativement sur une longueur de 30 centimètres.Plus haut, dans son prolongement immédiat et toujours dans les feuillets du mésentère, se trouvent deux formations kystiques de même origine et mesurant environ trois cm de diamètre chacun.Bref, en tout et partout, la duplication mesure 36 centimètres de long.Enfin, toujours dans le mésentère, mais près de sa racine, se trouve un troisième kyste de même dimension et que nous pouvons énucléer facilement.L\u2019exploration de tout le tractus digestif ne révèle, par ailleurs, rien d\u2019anormal.Comme traitement définitif, nous pratiquons une résection en bloc de tout le segment intestinal intéressé, en même temps que de la dupli- Octobre 1959 Lava\u2026 MépicaL 313 cation et des kystes.La continuité intestinale est rétablie par une anastomose termino-terminale.Les suites postopératoires sont relativement simples, dénuées de toute complication.La patiente revue à .\\ ., , , Le plusieurs reprises se porte à merveille et n\u2019a pas présenté de récidive.RAPPORT DE L\u2019EXAMEN ANATOMO-PATHOLOGIQUE (n° E 1249/58) Le prélèvement chirurgical comprend une portion d\u2019intestin grêle de 85 cm de longueur.L\u2019intestin présente, du côté mésentérique, un Figure 1.\u2014 Aspect extérieur du spécimen chirurgical.dédoublement d\u2019une longueur de 40 cm.Le segment dédoublé débute à 45 cm de la ligne de section chirurgicale haute et se termine à dix em de la section basse (figure 1).L\u2019extrémité proximale est borgne alors que l\u2019extrémité distale s\u2019ouvre dans la lumière intestinale.La muqueuse de l\u2019intestin grêle est de structure habituelle alors que celle du dédoublement est mamelonnée et rappelle celle de l\u2019estomac (figures 2 et 3).A l\u2019extrémité distale du dédoublement, juste à la jonction avec l\u2019intestion grêle, on observe une ulcération régulièrement ovalaire, mesurant huit mm dans son plus long diamètre par deux à trois mm de profondeur. 314 LavarL MÉpicaL Octobre 1959 mt sise Fe 204 ca\u201d y À Nes À ÿ ÿ * a, £X ; pe = ï of $ 2; \" \u201420°%; YX x w= LP.> 4 Ne 5 fA = D + à Figure 2.\u2014 Le prélèvement ouvert : à noter l\u2019aspect mamelonné de la mu- « queuse du dédoublement qui rappelle celui de l\u2019estomac.\\ \\ 4 } \\ 3 * i % { pod MH £ i 4 \u20ac \\ Fa SIR.hy \"+ 7 À + et = % + a % i : >.Figure 3.\u2014 Jonction du dédoublement (à droite) et de l\u2019intestin grêle présence d\u2019un ulcère à la partie centrale. Octobre 1959 Lavar MEbicaL 315 En amont du dédoublement, il y a deux formations kystiques de 25 et 30 mm, à contenu mucoïde, lesquelles sont accolées à la partie dédoublée mais ne communiquent pas avec sa lumière.Le prélèvement comprend en plus une autre formation kystique de 25 cm de diamètre.Ce dernier kyste, prélevé près de la racine du mésentère, présente un aspect identique.L\u2019examen histologique montre que le segment dédoublé est entouré sur tout son pourtour par une musculeuse et que la muqueuse est de type gastrique.L\u2019ulcération décrite à la partie basse correspond à un ulcère peptique classique.Les formations kystiques sont constituées par une paroi analogue à celle de l\u2019intestin grèle : la muqueuse, cependant, est atrophique.Discussion Origine : Les duplications ont déjà été décrites sous plusieurs termes suivant leur localisation et leur forme.C\u2019est ainsi qu\u2019on les a appelées : kystes entériques, diverticules géants, iléon duplex, kystes trachéaux ou œso- phagiens, etc.Les travaux plus récents nous ont démontré qu\u2019il s\u2019agit en fait d\u2019anomalies embryologiquement associées et devant être groupées sous le terme générique de duplication.On ne doit pas les confondre avec le diverticule de Meckel, qui présente une morphologie et une embryologie bien différentes.L\u2019origme des duplications a donné lieu à maintes théories, dont aucune Jusqu\u2019à ce jour n\u2019a plus expliquer définitivement la question.C\u2019est Bremer cependant qui a émis la théorie la plus plausible.Se basant sur les observations de Johnson, il associe cette anomalie à l\u2019âge embryonnaire de un mois et demi.L\u2019embryon mesure environ dix mm de longueur.Son tube digestif (2 à 2,5 mm de long) devient le siège d\u2019une hyperplasie épithéliale massive et même suffisante pour provoquer en certains endroits une oblitération plus ou moins complète de la lumière intestinale.Celle-ci est alors représentée par des masses cellulaires interrompues de multiples vacuoles disposées en chaînes ou rangées, suivant l\u2019axe longtitudinal.Plus tard, lors de l\u2019allongement du tube digestif, toutes ces vacuoles finissent par s\u2019ouvrir dans la lumière principale et s\u2019y confondre.I! n\u2019est pas improbable que cette fusion de quelques vacuoles 316 Lava\u2026.MéÉDicaL Octobre 1959 avec la lumière intestinale ne s\u2019effectue pas, entraînant ainsi leur exclusion définitive.De là, on peut facilement concevoir que leur développement ultérieur puisse engendrer une duplication avec tous ses caractères distinctifs, c\u2019est-à-dire, la présence de musculature dans la paroi, la variabilité de localisation et de rapport avec la lumière intestinale.Pathologie : On a rapporté la présence de duplication à tous les étages du tube digestif et, ce, depuis la base de la langue jusqu\u2019au rectum.Toutefois, on les rencontre surtout au niveau de l\u2019iléon terminal.Dans la majorité des cas, les duplications présentent une fusion intime avec l\u2019intestin adjacent, par suite de la coalescence des couches musculaires.Localisées sur le bord mésentérique, entre les feuillets du mésentère, elles en possèdent la même vascularisation.Ces faits comportent une importance primordiale pour la conduite du traitement chirurgical.L\u2019épithélium des duplications correspond toujours à un épithélium digestif qui n\u2019est pas nécessairement celui du segment intestinal contigu.À titre d\u2019exemples, on a noté des formations de la base de la langue tapissées d\u2019un épithélium colique, des rectales avec une muqueuse gastrique.Dans ce domaine, toutes les variétés semblent possibles et, comme dans le cas présent, on a trouvé des spécimens contenant plusieurs épithéliums différents.Il en est de même de ses formes et dimensions.Généralement, 1l s\u2019agit de structures cavitaires sphériques ou ovoïdes dont le diamètre peut varier de quelques centimètres à plusieurs.Les plus intéressantes sont ces duplications à forme tubulaire, parallèles au tube digestif, et lui donnant une apparence de canon de fusil double.Des quelques centimètres de long, elles peuvent s\u2019étendre jusqu\u2019à 50 centimètres.Tubulaires ou sphériques, les duplications peuvent communiquer à un ou plusieurs endroits avec le tube digestif normal adjacent.Elles peuvent, par contre, en être exclues totalement.Clinique : En général, les duplications se manifestent chez l\u2019enfant, quoiqu\u2019elles peuvent le faire à tout âge, et même passer totalement inaperçues la vie durant.Il va sans dire que la symptomatologie variera suivant le Octobre 1959 Lava\u2026 MÉDICAL 317 siège.En ce qui concerne l\u2019intestin, on a rencontré particulièrement des symptômes d\u2019obstruction ou d\u2019hémorragie.La compression extrinséque, par suite de distension excessive de la duplication, est à l\u2019origine de l\u2019obstruction.Les symptômes sont ceux de toute obstruction intestinale et dépendent du segment intéressé.Aucun n\u2019est caractéristique, de telle sorte que le diagnostic s\u2019avère impossible.L\u2019hémorragie est une seconde manifestation et, selon Gross, serait l\u2019apanage des formes tubulaires.Il s\u2019agit généralement d\u2019ulcère peptique dans les lésions tapissées de muqueuse gastrique fonctionnelle.Dans d\u2019autres cas, les hémorragies sont Ja conséquence de nécrose mésentérique, par compression vasculaire.Variables en intensité, ces hémorragies peuvent devenir graves, lorsqu\u2019elles ne le scnt pas d\u2019emblée, et compromettre sérieusement la vie du malade.Enfin, les duplications peuvent n\u2019engendrer que des douleurs abdominales sous formes de coliques intermittentes et accompagnées de constipation ou diarrhée, etc., le tout ne présentant rien de pathognomonique.Contrairement aux formes tubulaires, les sphériques deviennent parfois assez volumineuses pour donner une masse palpable et mobile.Radiologie : L\u2019investigation radiologique fournit souvent de précieux renseignements sur la forme de la duplication, ses dimensions et ses rapports de voisinage.Elle peut même nous permettre un diagnostic, en visualisant directement la lésion.Cette éventualité, malheureusement rare, se produit lorsque la substance de contraste s\u2019infiltre par une communication perméable dans la duplication.Le plus souvent, on obtient des clichés de distension gazeuse en amont, indiquant une obstruction en même temps que sa localisation.En résumé, à part la visualisation directe, tous les autres renseignements ne sont que partiels et n\u2019arrivent pas à préciser davantage la nature de la lésion en cause.Enfin, comme dans le cas rapporté, cet examen peut s'avérer absolument stérile.Traitement : Évidemment, le traitement est exclusivement chirurgical.Tel que mentionné déjà, ces anomalies présentent une fusion intime avec 318 Lavar MÉDicaL Octobre 1959 l\u2019intestin adjacent.Il s\u2019ensuit que toute tentative de séparation est dangereuse et même impossible sans pénétrer dans la lumière intestinale.De plus, en raison de la disposition des vaisseaux mésentériques autour de l\u2019anomalie, une telle manœuvre pourrait compromettre définitivement la viabilité intestinale.Il faut donc pratiquer une résection globale de tout le segment intéressé en même temps que la duplication.Conclusion : Nous avons rapporté une duplication iléale chez une fillette présentant des hémorragies rectales massives.La laparotomie seule nous a permis d\u2019en faire le diagnostic et ainsi de la traiter définitivement par la résection intestinale.[Il semble que cette anomalie ne soit pas si rare qu\u2019on était porté à le croire antérieurement.À toute fin pratique, elle devrait toujours être considérée dans le diagnostic différentiel des hémorragies intestinales de l\u2019enfance.BIBLIOGRAPHIE .Bonn, C.L.S., Duplication de l\u2019iléon, Acta Chirurgica Scandinavia, 3 : 294, 1956.2.BrEMER, J.L., Diverticula and duplication of the intestinal tract, Arch.Patb., 38 : 132, 1944.3.Donovan, E.J., et SANTULLI, V.T., Ann.Surg., 126 : 289, 1947.4.Gross, R.E., The surgery of infancy and childhood, Saunders Co., Philadelphia, ra pp.221-245.5.Grove, E.W., et Porcu., L.O., Duplication of the terminal ileum, Soutb M.J., 30 : 735, 1943.6.Fox R., et FowLER, J.T., Duplication of the alimentary tract, J.Pediat., 41 : 194, 1952.Discussion Le docteur Roland Cauchon présente un cas de duplication sphérique.Il s\u2019agit d\u2019un bébé qu\u2019il a vu il y a quelques années, le quatrième jour après sa naissance, pour une obstruction intestinale aiguë dont divers examens n\u2019ont pu préciser la nature.L'opération a mis en évidence la présence d\u2019un kyste intestinal, qu\u2019il est important de diagnostiquer d\u2019un kyste mésentérique banal, parce que celui-ci n\u2019entraîne pas la nécessité d\u2019une résection intestinale, tandis que le kyste intestinal partageant la même circulation que l\u2019intestin voisin impose une résection intestinale Octobre 1959 LAvAL MÉDICAL 319 qui dépasse le kyste assez largement de chaque côté.Une photographie montre que l\u2019intérieur du kyste est tapissé d\u2019un revêtement muqueux.Le docteur Carlton Auger souligne l\u2019imtérêt qu\u2019il y a de voir appa- raitre un ulcére dans une duplication.On en retrouve aussi dans les diverticules de Meckel lorsqu\u2019ils ont un revêtement muqueux de type gastrique.Il demande si \u2019hémorragie rapportée a été attribuée à l\u2019ulcère et si on a retrouvé dans la littérature mention de la proportion des cas où on a retrouvé des ulcères dans les duplications.Il mentionne qu\u2019on a rapporté dans presque 80 pour cent des cas de duplication intestinale la coexistence d\u2019un kyste du médiastin qui serait comme une duplication de l\u2019æsophage.Le docteur Levasseur répond que, d\u2019après les statistiques, la majorité des hémorragies seraient dues à un ulcère à la jonction de la muqueuse gastrique et la muqueuse intestinale.Dans le cas présenté, on a retrouvé au fond de l\u2019ulcère un vaisseau qui semblait être à l\u2019origine de l\u2019hémorragie.La nécrose mésentérique est une cause beaucoup plus rare d\u2019hémorragie dans les duplications.Les duplications de l\u2019appareil digestif sont souvent multiples et il faut les rechercher ailleurs.On peut les retrouver dans le médiastin ou elles peuvent étre d\u2019origine cesophagienne et méme trachéale.On a rapporté encore des duplications iléales qui se prolongeaint le long de l\u2019œæsophage Jusque dans le médiastin en passant par l\u2019hiatus œsophagien.S'agit-il de la même origine?Embryologiquement, c\u2019est discutable.Le docteur Jean-Paul Dugal demande s\u2019il y avait communication entre les deux segments, pour vérifier si l\u2019ulcération d\u2019une muqueuse de type gastrique nécessite un contact avec les sucs digestifs.Le docteur Levasseur répond qu\u2019en effet il y avait communication entre les deux cavités à la partie distale. ÉPIDÉMIE STAPHYLOCOCCIQUE HOSPITALIÈRE * par Philippe BELLEFEUILLE! et Georges GROULX 2 de 'Hépital Saint-Joseph, Trois-Riviéres L\u2019infection staphylococcique hospitalière semble des plus inquiétantes depuis l\u2019ère des antibiotiques.La littérature médicale abonde sur le sujet.Le Conseil national des recherches (5) fait enquête.Presque tous les Bureaux médicaux sont aux prises avec cette « nouvelle pourriture d'hôpital».C\u2019est ainsi qu\u2019au cours des récentes années, les faits et conclusions d\u2019hôpitaux de Philadelphie (1), du Texas (6) et de Saskatchewan (7) furent rendus publiques.On discourt sur le rôle des porteurs de germes nasaux, intestinaux et cutanés.Les uns les minimisent, les autres les accusent.Tous semblent cependant d\u2019accord pour noter l\u2019augmentation des infections staphylococciques hospitalières et affirmer l\u2019existence d\u2019une souche de staphylocoques, dite « d\u2019hôpital ».EPIDEMIE L\u2019hôpital Saint-Joseph de Trois-Rivières fut aux prises avec une épidémie staphylococcique au printemps 1958.Une vingtaine de pneumopathies staphylococciques dont trois fatales furent observées en quelques semaines.On se limita à rechercher les porteurs de germes nasaux (tableau I) et à les stériliser, sans leur attribuer une importance * Travail présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Laval, le 11 décembre 1958.1.Chef du département de médecine générale.2.Pathologiste et chef du Service des laboratoires. Octobre 1959 Lavar MÉDICAL 321 TaBLEAU I Inventaire des porteurs de germes nasaux selon diverses catégories NOMBRE S NoMBRE DE Pour- UJETS DE CAS PORTEURS CENTAGE DE GERMES Infirmières diplômees : Maternité.1220020 000022 a a aan 5 2 40,00 Pouponniére.6 5 83,33 Pédiatrie.ii.9 6 66,67 Médecine.i 14 6 42,86 Chirurgie (femmes).12 5 41,67 Chirurgie (hommes).22 12 54,55 Bloc opératoire.12 7 58,33 Tora.oe ee aa aa ea eee 80 43 53,75 Infirmières étudiantes : Premiére année.22 7 31,89 Deuxiéme année.21 15 71,43 Troisième année.102024202020 00 eee 16 13 81,25 TOTAL.ALL LL LA a 59 35 59,32 Laboratoire.112202200002 2 aa aa caen 11 3 27,27 Archives.4 1 25,00 Médecins.coi 27 12 44 44 GRAND TOTAL.122122020211 a ea aa aa ean 182 94 51,65 Nouveaux hospitalisés (18/3/58 \u2014 8/4/58).131 28 21,37 À noter : 1° Le taux élevé (83,33 pour cent) des porteurs de germes à la pouponnière, seul département non affecté par l\u2019épidémie staphylococcique et où régnait une asepsie rigoureuse ; 2° Le taux annuellement croissant des porteurs de germes chez les infirmières étudiantes (31,89 pour cent en première année, 71,43 pour cent en deuxième année, 81,25 pour cent en dernière année) ; (3) 322 LavaL MEbpicaL Octobre 1959 3° Le taux élevé des porteurs de germes chez les étudiantes pensionnaires de deuxième année (71,43 pour cent) et de troisième année (81,25 pour cent), comparativement à celui des infirmières diplômées non pensionnaires (53,75 pour cent) ; 4° Le taux relativement bas des porteurs de germes chez le personnel en dehors du bloc opératoire et des services cliniques (25,00 pour cent aux archives et 27,27 pour cent au laboratoire) ; 5° Le taux élevé des porteurs de germes en pédiatrie (66,67 pour cent) où se recrute généralement le plus grand nombre de pyodermites staphylococciques ; 6° Le taux relativement bas des porteurs de germes chez les nouveaux hospitalises (21,37 pour cent).capitale.La souche microbienne parut unique sans qu\u2019on ait pu le prouver.Elle ne fut pas typée à l\u2019aide du bactériophage.L\u2019anti- biogramme des cultures obtenues des porteurs nasaux, des expectorations des pneumoniques et du parenchyme pulmonaire des sujets autopsiés offraient des résistances et des sensibilités généralement analogues (tableau 11).Une staphylocoagulase très toxique semblait caractériser cette souche.Chez les deux sujets autopsiés on observait un infarcisse- ment massif des psoas et des grands droits de l\u2019abdomen par suite d\u2019une thrombose premortem non fibrmeuse.Enfin, l\u2019infection parut nette- TasrLeau II Moyenne des antibiogrammes chez les porteurs de germes, les pneumoniques et les autopsiés Bacitracine.trés sensible Oléandomycine.peu sensible Chloromycétine.résistant Pénicilline.résistant Erythromycine.trés sensible Streptomyecine.résistant Furadantin.très sensible Tétracyclines.très sensible Néomycine.moyennement sensible Thiosulfyl.résistant Novobiocine.très sensible Triplesulfa.résistant Observations : 1.Les cavités nasales des porteurs de germes furent facilement stérilisées avec une association bacitracine-néomycine en application locale ; 2.Les pneumoniques furent généralement traités à l\u2019érythromycine avec ou sans tétracyclines, les plus souvent en solutés intraveineux.Les rémissions cliniques, souvent rapides, se firent attendre chez certains.Un patient présenta sept cultures consécutives d\u2019expectorations presque entièrement staphylococciques et une hémoculture positive avant d\u2019évoluer vers la guérison ; 3.L\u2019antibiogramme des porteurs « de la rue » (nouveaux hospitalisés) offrait plus de variations, principalement en ce qui a trait à la chloromycétine et à Ja pénicilline. Octobre 1959 Lavar MEbicaL 323 ment hospitalière survenant chez des hospitalisés sans symptômes pulmonaires à leur admission.Un comité d\u2019infection médico-administratif réunit d\u2019urgence tout le personnel hospitalier pour exposer la situation et discuter des mesures à prendre.L'absence d\u2019infection à la pouponnière, habitat d\u2019êtres fragiles surveillés par un nombre imposant de porteurs de germes nasaux (83,33 pour cent) mais où l\u2019asepsie était plus scrupuleusement observée Incita les autorités à ne pas fermer l\u2019hôpital.Des mesures rigoureuses d\u2019asepsie (tableau III) enrayèrent sur le champ la marche ascendante de l\u2019infection.TaApLEau II z Techniques rigoureusement observées en cours d\u2019épidémie staphylococcique .Porter le masque-filtre pour approcher les malades.Porter le sarrot dans les cadres hospitaliers.Limiter les visiteurs au minimum.Retirer des Services hospitaliers les porteurs d\u2019infections cutanées.Dépister et traiter les porteurs nasaux de staphylocoques pyogènes.Désinfecter les chambres des pneumoniques après Ieur sortie de l\u2019hôpital.Rapporter tous les cas d'infection au chef du département.Se laver et se rincer les mains à l\u2019alcool après la toilette de chaque patient infecté, la manipulation des bassines et des pansements souillés.9.Exiger la culture microbienne de tous les produits pathologiques ou douteux.10.Éduquer les patients qui toussent et expectorent.11.Confier le chariot à pansements à une seule personne responsable.12.Manipuler les pansements stériles avec des pinces.13.Porter à l\u2019ébulfition les instruments souillés avant le lavage et la stérilisation.14.Déposer immédiatement les pansements souillés dans un sac de papier et brûler le tout.15.Limiter la chirurgie aux cas d\u2019urgence.16.Interdire le bloc opératoire au personnel non intéressé.17.Interdire l\u2019habit de rue au bloc opératoire.18.Revêtir les vêtements de chirurgie avant de pénétrer dans le bloc opératoire.19.Se laver (médecins et infirmières) les mains pendant dix minutes avant une première opération, cinq minutes avant chaque intervention ultérieure.Rinçage subséquent à l\u2019alcool.20.Changer de masque-filtre à chaque intervention.21.Pratiquer les interventions souillées en fin du programme opératoire.22.Désinfecter les salles d\u2019interventions souillées.23.Au début d\u2019une intervention, traiter à l\u2019alcool, à l\u2019éther et au merthiolate, le champ opératoire déjà préparé au lit du malade.24.Ne pas sortir du bloc opératoire avec les vêtements de chirurgie.DNAURBOUD- 324 Lavar MépicaL Octobre 1959 Discussion Cette histoire locale n\u2019est pas unique depuis qu\u2019on se repose trop aveuglément sur la fausse sécurité des antibiotiques.Ceux-ci ont créé des souches microbiennes résistantes dont le réservoir n\u2019est autre que lhôpital.L\u2019American Hospital Association croit que le taux des porteurs de staphylocoques est un excellent barème du pouvoir contaminant d\u2019un milieu hospitalier.Ce réservoir semble exister dans presque tous les hôpitaux.Il est responsable d\u2019infections plus ou moins graves.Survienne une déficience organique chez un hospitalisé, le Micrococcus a beau jeu et terrasse parfois sa victime.L\u2019épidémie à l\u2019hôpital Saint- Joseph s\u2019est produite en période de grippe asiatique.Il semble que le parenchyme pulmonaire des hospitalisés n\u2019offrit pas plus de résistance à l\u2019infection que le pied meurtri d\u2019un diabétique.Une asepsie plus rigoureuse circonscrit rapidement l\u2019étendue de la catastrophe avant même la stérilisation complète des porteurs de germes.Elle avait d\u2019ailleurs prouvé éloquemment son efficacité à la pouponnière.Cette mesure efficace, et trop souvent oublié de nos jours, a été éprouvée par de nombreux hôpitaux qui ont souffert d\u2019une expérience analogue.Tous les organismes médicaux majeurs s\u2019intéressent de plus en plus à la cause staphylococcique et prônent le même conseil de sécurité.La Commission conjointe pour l\u2019accréditation des Hôpitaux recommande fermement dans un récent bulletin la création dans tous les hôpitaux d\u2019un comité efficace afin de réduire au minimum l\u2019importance des porteurs de souches résistantes, de déconseiller l\u2019emploi abusif des antibiotiques et faire œuvre éducationnelle auprès d\u2019un personnel humainement enclin à simplifier ou à oublier les principes essentiels de l\u2019asepsie hospitalière.RÉsUMÉ Une expérience malheureuse, mais humaine et riche d\u2019enseignements, d\u2019une institution hospitalière s\u2019ajoute à bien d\u2019autres au pays et outre- frontière.Elle est révélée dans l\u2019espoir d\u2019attirer l\u2019attention des autorités médico-administratives sur le danger toujours présent des infections staphylococciques hospitalières et pour souligner une fois de plus l\u2019importance d\u2019une asepsie protectrice scrupuleusement observée. Octobre 1959 Lava\u2026 MÉDICAL BIBLIOGRAPHIE .CAswELL, H., Scurecx, M., BURNETT, W., CARRINGTON, R., LEARNER, N., Ho- WARD, H., Tyson, R.R,, et WricHT, W.C., Bacteriologic and clinical experiences and the methods of control of hospital infections due to antibiotic resistant staphylococci, Sur., Gyn.e* Obst., 106 : 1-10, 1958.GRiFFITH, R.S., Boniece, W.S., McGuire, J.M., WoLrg, R., Joiner, M., Wick, W.E., et Homes, D.H., Antibiotic sensitivity on * street staphylococei \u201d, Antibiotics Ann., p.370, 1957-58.Hurcnison, J.G.P.,, Green, C.A,, et Grimson, T.A., Nasal carriage of staphylococcus aureus in nurses, J.Clin.Path., 10 : 92-95, 1957.Kocn, M.L., LepLEy, sr, D., Scurœper, C.M., et SMiTH, M.B., Study of staphylo- coccic infections occurring on a surgical service, J.A.M.A., 169 : 99-105 (10 jan.) 1959.5.Murray, E.G.D., et STARKING, D.H., Enquête sur P'incidence des infections dans les hôpitaux, Formulaire du Conseil national des recherches, Canada, 1958.SmiTH, R.T., Staphylococcal disease in hospitals, Modern Med.Can., 13 : 63, 1958.SWANsoN, A.L., Controlling staphylococcus, Can.Hosp., pp.37-50, (mars) 1953. LES VARICES CHEZ L\u2019HOMME * par Gilles MARCEAU, F.R.C.S.(C), F.A.C.S.assistant universitaire dans le Service de chirurgie de l\u2019Hôpital Sainte-Foy et au département d\u2019anatomie de la Faculté de médecine Le résultat éloigné des opérations pour varices est très variable, selon l\u2019âge et le sexe des malades et la technique utilisée.Ce travail se limite à un groupe d\u2019hommes, de 25 à 60 ans, d\u2019un poids moyen de 155 livres, tous opérés de une à cinq fois pour des varices des membres inférieurs.Ce sont des vétérans, donc des hommes soumis pendant un certain temps à des exercices musculaires importants.Au- Jourd\u2019hui, on les retrouve dans tous les métiers et toutes les professions, depuis le Journalier jusqu\u2019au dentiste.Ils ont tous été opérés, au Canada ou même outre-mer, par des médecins qualifiés.Presque tous ont consulté pour de la fatigue aux jambes, prineipa- lement en position debout, fatigue très souvent accompagnée, le soir, d\u2019un léger œdème malléolaire.Un examen physique a révélé des varices avec incompétence valvulaire, le plus souvent à la crosse de la saphène interne ; le traitement idéal fut alors appliqué.* Travail présenté à la séance de la Clinical Sturgeons, en décembre 1958, et à la Société médicale des hôpitaux universitaire de Laval, le 12 février 1959.Une traduction anglaise de ce travail paraîtra dans le Medical Services Journal. Octobre 1959 Lavar MEbpicaL 327 Cette compilation statistique remonte à 1942.On sait que le traitement présumé idéal des varices à plusieurs fois changé ; c\u2019est ce qui explique la variété des traitements rapportés.Les 60 cas que nous analysons (tableaux I et II) incluent tous les malades observés au cours de cette période : nous n\u2019avons fait aucune TaBLEAU | Résultats obtenus chez les 28 sujets opérés depuis plus de dix ans, soit de 1943 à 1948 AGE A LA NOMBRE AGE , PREMIERE .RÉSULTATS D'OPÉRATIONS ACTUEL INTERVENTION 19.2 30 Bon 25.3 38 Douleurs, cedéme, ulcere 26.2 39 Douleurs, cedéme 26.3 39 Douleurs, cedéme 28.111112 2 42 Bon 29.111112 22 4 42 Douleurs, œdème, ulcère 29.LL.6 41 Douleurs, cedéme, ulcére 29.2 44 Douleurs, cedéme 30.0.2 46 Bon 30.1 41 Bon 30.111122 3 42 Douleurs, œdème, ulcère 32.0.2 44 Bon 34.2 45 Bon 38.1 49 Douleurs, œdème, ulcère 30.111112 0 ! 50 Bon 40.1 52 Bon 43.3 54 Légere claudication 43.4 54 Douleurs, cedéme, ulcere 4.3 57 Bon 4.3 57 Bon 45.2 56 Refuse traitement, varices, cedeme 46.3 62 Douleurs, cedéme, ulcére 47.LL.1 58 Douleurs, artérite, claudication 49.3 62 Douleurs, œdème, ulcère 49.11.1222 3 62 Douleurs, œdème, artérite 50.122222 2 61 Bon 51.3 65 Douleurs, cedéme, artérite St.3 64 Douleurs, œdème, ulcère, artérite, claudication.sélection.Ils ont été divisés en deux groupes, le premier comprenant tous les malades opérés depuis plus de dix ans et le second ceux qui le furent depuis au moins cing ans.Le premier groupe des opérés depuis plus de dix ans, soit de 1943 à 1948, comprend 28 cas : six ne furent opérés qu\u2019une fois ; neuf, deux 328 LavaLr MÉDicaL Octobre 1959 TapLEAU 1] Résultats obtenus chez 32 sujets opérés depuis plus de cing ans, soit de 1949 à 1953 AGE A LA .NOMBRE AGE PREMIERE , | RÉSULTATS ; D'OPÉRATIONS ACTUEL INTERVENTION 19.1 24 Bon 24.1 31 Bon 27.1 36 Bon 27.ee.1 32 Bon 29.4 38 Douleurs, œdème, ulcère.30.1 37 Bon 30.0 1 37 Douleurs, œdème, ulcère.30.122222 2 38 Douleurs, œdème, ulcère.30.112222 2 39 Bon 31.2 40 Bon 32.1 41 Bon 32.LL 1 39 Bon 33.11.1122.3 39 Bon 33.111112 3 39 Douleurs, œdème, ulcère, varices.35.1 43 (Tuberculeux au repos complet).Bon.36.1 43 Douleurs, cedéme (arthrite rhumatoide) 36.1 42 Bon 37.2 46 Douleurs, œdème.varices (refuse l'intervention).38.121222 1 47 Bon 39.2 48 Douleurs, œdème, ulcère.40.3 46 Bon BL 2 49 Bon 49.1 57 Claudication avec artérite.50.3 58 Douleurs, œdème, ulcère.50.1 55 Bon S51.1 60 Œdème, douleurs.51.2 60 Bon 52.2 61 Œdème, douleurs, artérite et claudication.56.2 62 Œdème, douleurs (alcoolique Béri-Béri).1 1 63 Œdème, douleurs, ulcère.63.1 68 Œdème, douleurs, artérite.64.1 70 Ostéo-arthrite.Ankylose genou.Artérite.fois ; huit, trois fois ; quatre, quatre fois et un, cinq fois.que les trois quarts d\u2019entre eux ont été opérés deux fois et plus.Deux sujets seulement n\u2019ont pas eu de stripping : l\u2019un l\u2019a refusé et l\u2019autre présentait des troubles artériels nets.Dans l\u2019ensemble, les résultats sont mauvais ce qui signifie que près de la moitié éprouvent encore des douleurs et de l\u2019ædème et que six d\u2019entre eux font des ulcères à répétition.Tous sont pensionnés, avec une incapacité de l\u2019ordre de dix à quarante pour cent après avoir subi un examen final devant une commission On voit donc Octobre 1959 Lavar MÉDICAL 329 médicale.Sept d\u2019entre eux sont toutefois améliorés, mais douze présentent encore des douleurs et de l\u2019œdème ; de plus, neuf ont des ulcères ou des symptômes graves : œdème, claudication, menace de gangrène ou d\u2019ulcère.ERI ro TE ; 104888 Figure 1.\u2014 M.L.fut opéré une première fois à l\u2019âge de 29 ans, puis successive- .A .» ment à 36 ans et à 37 ans.Aujourd\u2019hui, âgé de 42 ans, il fait encore des ulcérations et éprouve des douleurs, sans varices cependant.En comparant l\u2019âge du patient à la première intervention et le résultat final on est frappé par les deux conclusions suivantes : 1° Plus de la moitié des cas opérés pour la première fois entre 40 et 50 ans ont entraîné des échecs ; 2° Ceux chez qui persistent des douleurs et de l\u2019œædème, ont été opérés avant 30 ans (figures 1 et 2).Presque tous ces malades ont eu un stripping, Eien que pour la plupart au cours de la seconde mtervention. 330 Lavar MÉDicaL Octobre 1959 Le deuxième groupe, formé des patients opérés de 1949 à 1953, comprend 32 cas.Seize d\u2019entre eux ont eu une seule opération, généralement un stripping ; huit en ont eu deux, et les huit autres, trois, sur une seule jambe évidemment.Quant aux résultats, ils sont meilleurs que ceux de la première série et l\u2019on peut dire que, dans l\u2019ensemble, les deux tiers des résultats sont Figure 2.\u2014 M.À.fut opéré à quatre reprises, soit à 26, à 36, à 38 et à 40 ans.Aujourd\u2019hui, âgé de 43 ans, il fait de l\u2019œdème et ressent des douleurs, mais n\u2019a pas d\u2019ulcère ni de varice.bons ; il en reste cependant dix qui n\u2019ont pas du tout été améliorés par le'traitement et qui présentent, de plus en plus, des douleurs, de l\u2019œædème et des ulcères.Si l\u2019on compare maintenant l\u2019âge des patients à la première intervention et le résultat final dans ce deuxième groupe (tableau II), on trouve les meilleurs résultats chez les patients de 30 à 39 ans et les moins bons Octobre 1959 Lavar MEbpicaL 331 chez ceux de plus de 50 ans.Quant aux patients de moins de 30 ans, bien que les résultats soient actuellement bons, on ne peut faire de pronostic étant donné leur âge actuel.Discussion Il ressort de cette compilation que les plus mauvais cas se rencontrent avant l\u2019âge de 30 ans et après l\u2019âge de 50 ans.On peut se demander quelles sont Jes causes de ces échecs.La raison de ces mauvais résultats nous paraît beaucoup plus une erreur dans le choix des malades que dans l\u2019application du traitement.Presque tous ces patients ont eu un stripping et ne présentent plus de varices.Aujourd\u2019hui, 1ls se plaignent principalement de douleurs avec ou sans œdème, le plus souvent sans ulcère.Avant 30 ans : Les patients de moins de 30 ans opérés 1l y a quelque dix ans peuvent Être groupés dans trois catégories : 1° Certains sujets étalent atteints de varices avec incompétence de la saphène interne et cela, sans autre symptôme.L'intervention était pratiquée à la suite d\u2019un examen général à la libération de l\u2019armée, ou encore à l\u2019enrôlement.Nous croyons cette indication insuffisante : des varices presque asymptomatiques, chez un homme de moins de 30 ans ne sont pas justi- frables d\u2019un traitement chirurgical radical.2° Dans d\u2019autres cas, 1l s\u2019agissait de malades se plaignant de fatigue, avec ou sans œdème, et toujours atteints de varices superficielles avec incompétence de la saphéne interne.On a pu croire que les varices étaient responsables des symptômes dont se plaignait le patient, alors qu\u2019en réalité ils étaient dus à des myalgies d\u2019adaptation chez des sujets gros et lourds, parfois handicapés par une malformation des pieds ou un début d\u2019arthrite.On a cru alléger les misères de ces patients en opérant leurs varices et l\u2019on n\u2019a fait qu\u2019aggraver leurs symptômes. 332 LavaL.MépicaL Octobre 1959 3° Enfin, certains sujets faisaient des varices soit à la suite d\u2019un traumatisme des tissus mous à la jambe ou à la cuisse, soit à la suite d\u2019une phlébite profonde.Le plus souvent, dans ces cas, le résultat éloigné est un fiasco.Les figures 3 et 4 1llustrent le cas d\u2019un patient qui durant son service militaire a fait une phlébite profonde bilatérale par écartellement et qui depuis cumule les opérations pour varices, ulcères, etc.Ë Sf 5 8 * AY EN si & gars Figure 3.\u2014 M.E.fit une thrombophlébite à 28 ans, et fut opéré à cinq reprises.Aujourd\u2019hui âgé de 40 ans il fait un ulcère, de l\u2019œædème et éprouve des douleurs.Le traitement chirurgical des varices chez les sujets de moins de 30 ans est donc décevant et, malgré l\u2019excision de toute veine superficielle et communicante, il persiste souvent un œdème avec douleur accompagné quelquefois d\u2019ulcère apparaissant dix ou quinze ans plus tard.Luke disait que « les malades présentant des troubles vers 20 ans sont d\u2019un pronostic réservé ».A cet Age, le sujet est à son meilleur ; Octobre 1959 LAava\u2026 MÉDICAL 333 avec les années 1l gagnera du poids, ses muscles perdront leur tonus et son système cardio-respiratoire deviendra de plus en plus insuffisant.Parmi les causes graves qui permettent l\u2019apparition de varices dès cet âge et rendent le pronostic sévère, notons : 1° L\u2019absence de valvules aux veines communicantes et surtout aux veines profondes, associée ou non à une fragilité veineuse particu- Iière ; Figure 4.\u2014 M.L.fit une thrombophlébite après une appendicectomie à l\u2019âge de 30 ans.Il fut opéré à trois reprises.Il est âgé aujourd\u2019hui de 41 ans.On observe un ulcère, de la douleur et de l\u2019ædème.2° La thrombose veineuse profonde ; 3° Des anévrismes artério-veineux congénitaux.Après 50 ans : La principale raison des échecs chez les malades de 50 ans et plus est l\u2019artériosclérose. 334 Lavar MÉDicaL Octobre 1959 Beaucoup de ces malades viennent consulter pour des douleurs dans les jambes, avec un léger œdème le soir.A l\u2019examen, on relève des varices importantes qui existaient depuis longtemps sans donner de symptômes ou encore qui sont apparues rapidement en même temps que les douleurs (figure 5).Or la cause première de leurs varices est une augmentation de la pression veineuse par une Insuffisance artérielle qui va toujours en s\u2019ag- Figure 5.\u2014 M.J.fait des varices depuis l\u2019âge de 15 ans.Il fut opéré à l\u2019âge de 52 ans.Aujourd\u2019hui âgé de 54 ans il éprouve toujours des douleurs dans les deux jambes.gravant et la raison principale de leurs troubles est le plus souvent de l\u2019artérite quelque fois même accompagnée de claudication intermittente.On a l\u2019âge de ses artères et les veines ont le même âge.Ces malades exigent un examen artériel et général complet avant d\u2019intervenir chirurgicalement sur leurs veines. Octobre 1959 LavaL MEDICAL 335 Dans ces cas, l\u2019intervention chirurgicale est généralement néfaste.Les plaïes guérissent mal surtout celles des extrémités, l\u2019œdème va en s\u2019aggravant et quelques années plus tard les douleurs sont permanentes.Ces malades ne peuvent être opérés qu\u2019à trois conditions : a) Un pouls repérable partout aux extrémités ; b) Une pression artérielle et des oscillations normales ; c) Un état général satisfaisant.En terminant, disons que les varices chez l\u2019homme doivent être traitées avec beaucoup de circonspection.L'examen du malade est la partie vraiment difficile, 1] exige quelquefois une demi-heure et plus d\u2019attention.Quant au traitement, il paraît en général devoir être plutôt conservateur chez les patients de moins de 30 ans et de plus de 50 ans.BIBLIOGRAPHIE 1.Dopp et CockeTT, The pathology and surgery of the veins of the lower limb, E.er S.Livingstone, Ltd., Londres, 1956.CREITHER, Â., La pathogénie des séquelles de varices, Deutsche Medizin.Wochenschr.81 : 1797, 1956, analysé dans Phébologie, 10 : 88, 1957.Luxe, J., Management of recurrent varicose veins, Surgery, 35 : 41, 1954.Luxe, J., The surgical treatment of recurrent varicose veins, Canad.J.Surg., 1958.Myers, Surg.Clin.N.A, p.1148, 1955.Tournay, R., Comparaison entre stripping et autres méthodes de traitement Pblébologie, 10 : 21, 1957.bo >» OV A WwW > L[ iscuss:eN Le docteur Paul Auger souligne le caractère spécial de la clientèle des vétérans qui s\u2019attendent d\u2019une part à recevoir des soins médicaux gratuits et d\u2019autre part à obtenir des résultats à 100 pour cent ou bien une pension.En pratique privée, il serait embarrassant d\u2019avoir à promettre aux gens de leur redonner leurs jambes de 18 ans et, même dans les cas favorables, l\u2019honnêteté ne permet pas de laisser entrevoir plus qu\u2019une amélioration d\u2019environ 80 pour cent.Si la période la plus favorable chez l\u2019homme se situe entre 30 et 50 ans, c\u2019est parce que chez eux les varices qui apparaissent avant 30 ans sont surtout dues à une faiblesse congénitale de la paroi veineuse, ou à une absence congénitale des valvules ou, enfin, aux fistules artério-veineu- ses sur la fréquence desquelles plusieurs auteurs insistent de plus en plus. 336 LavaL MEbpicaL Octobre 1959 Au-delà de 50 ans 1l s\u2019agit souvent d\u2019un début d\u2019artérite sans claudication ou encore des séquelles d\u2019une phlébite qui a passé inaperçue.L\u2019expérience permet de reconnaître ces varices postphlébitiques, où la phlébographie peut montrer la destruction des valvules.Quant aux indications opératoires, le docteur Auger est d\u2019avis qu\u2019un individu qui présente un œdème douloureux avec ou sans varices, en l\u2019absence de lésion cardiaque ou rénale, mérite une opération parce que s\u2019il n\u2019a pas de varices apparentes il a une phlébite.Dans le cas de varices avec douleurs, sans œdème 1l n\u2019y a pas lieu d\u2019intervenir, sauf si le patient insiste beaucoup pour des raisons d\u2019esthétique.Les techniques opératoires varient beaucoup d\u2019un milieu à l\u2019autre et avec les années.Par exemple on insiste beaucoup actuellement sur la recherche de la saphène accessoire qu\u2019on retrouve dans de nombreux cas à la cuisse.Le docteur Auger demande au docteur Marceau si par opération de Linton 1l entend bien le stripping du genou à la cheville ou simplement la ligature sous-cutanée de quelques communicantes.Vu que le D.V.A.offre toutes sortes de facilités d\u2019examen, est-ce qu\u2019on a fait des veino- graphies en série chez ces malades ?Le docteur Marceau répond qu\u2019il a essayé plusieurs veinographies en tenant compte de toutes les positions à donner au patient et de tous les niveaux de pression à mettre dans la circulation.Mais quand vient le temps de l\u2019interprétation, on n\u2019arrive pas souvent à une conclusion utile pour l\u2019intervention.On n\u2019en fait presque plus, parce qu\u2019on peut s\u2019en passer pour retrouver une phlébite profonde qui n\u2019a pas toujours passé inaperçue.Des opérations de Linton, 1l y en a deux.L\u2019une consiste à procéder en dehors de l\u2019aponévrose superficielle par une incision qui va de la cheville au tiers moyen de la jambe.On essaie de balayer l\u2019endroit où se rencontrent les trois communicantes les plus fréquentes.On la fait quand la peau et le tissu cellulaire sous-cutané ne sont pas trop altérés.Si non, on recourt à l\u2019autre intervention avec ouverture de l\u2019aponévrose superficielle qu\u2019il y a intérêt à conserver, parce qu\u2019elle permet aux muscles de faire office de pompe pour aider la circulation de retour. ASSOCIATION NOZINAN-FLUOTHANE EN ANESTHÉSIE * par Bernard PARADIS, F.I.C.S., Armand LAMONTAGNE, Rita GAGNÉ-DESROSIERS et Yves LAMARCHE du Service d\u2019anesthésie de l\u2019Hôpital Saint-François-d\u2019Assise INTRODUCTION L\u2019introduction du fluothane (halothane), 1, 1, 1, trifluoro, 2-brome, 2-chloréthane, a précédé de quelque peu l\u2019introduction d\u2019un nouveau neuroleptique, le nozinan (lévomépromazine ou 7044 R.P.).Le nozi- nan est un maléate acide de lévométhoxy-3 (diéthylamino 3\u2019, méthyl 2\u2019, propyl) 10, phénothiazine.Les deux produits sont relativement récents en anesthésie.Ils furent étudiés séparément l\u2019un de l\u2019autre.Leur association fait le sujet de ce travail.Nous avons commencé l\u2019étude clinique, pharmacologique et bio- chimique de la lévomépromazine il y a un an, en janvier 1958.Un premier travail a porté sur l\u2019étude de 582 cas et un second sur l\u2019étude de 1 000 cas en association avec divers agents anesthésiques et au cours d\u2019interventions variées.Expérimentalement, au département d\u2019anatomie de l\u2019École de médecine, nous poursuivons l\u2019étude du nozinan en association avec le fluothane, au point de vue électro-encéphalographique * Travail présenté à la Journée scientifique d\u2019anesthésie, tenue par la Société canadienne d\u2019 anesthésie, division de Québec, le 31 janvier 1959, à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval.(4) 338 Lavar MÉpicar Octobre 1959 et électro-cardiographique et biochimique au cours de travaux de chr- rurgie expérimentale sur le chien.Les résultats seront publiés plus tard.Nous ne traiterons dans ce travail que de notre expérience chez l\u2019homme.Pourquoi associer le nozinan au fluothane en anesthésie?II est nécessaire, pour répondre à cette question, de résumer quelques-unes des propriétés de chacun des deux produits.Le nozinan, plus encore que ses prédécesseurs, dérivés du noyau phénothiazine, est doué de propriétés pharmacodynamiques nombreuses qui s\u2019avèrent de plus en plus précieuses en anesthésie.Sous effet du nozinan, le patient est placé dans un état pré-hibernant des plus favorables ; sans stimulation vagale, on observe la prédominance vagale, nécessaire à l\u2019hibernant vrai ; on constate également une propriété qui ressemble à celle de l\u2019atropine sur les chémorécepteurs et sur les fibres vagales terminales de l\u2019arbre respiratoire.Cette dualité surprenante d\u2019action favorise et complète son action de déconnection hypothalamique, de bradycardie sans hypotension, d\u2019hypocorticisme par anti-adrénali- nisme prononcé.Le patient qui a reçu une prémédication appropriée de nozinan au moins une heure et demie avant l\u2019opération, se présente très calme, en état de somnolence, en myosis, avec une sécheresse marquée des muqueuses, avec une pression artérielle normale et une fréquence cardiaque rarement accélérée, le plus souvent diminuée.La température est abaissée, de même que le métabolisme.Nous trouvons donc le patient mieux préparé à l\u2019anesthésie qu\u2019avec les autres produits antérieurement utilisés.Depuis l\u2019introduction du fluothane en anesthésie, par Raventos et Johnstone, en 1956, de nombreux travaux, tant cliniques qu\u2019expérimentaux, ont été publiés.Ses propriétés sont bien connues et il a provoqué un engouement général.Venait enfin d\u2019être découvert l\u2019anesthésique idéal, non explosif et non inflammable, non irritant, non émétique, d\u2019élimination rapide et de puissance anesthésique comparable à celle du chloroforme et du cyclopropane.Son utilisation possible en circuit fermé, ouvert et en goutte à goutte était un autre avantage.II fut vite constaté que le fluothane n\u2019était pas l\u2019agent facile, utilisable par un Octobre 1959 LavaL.MéDicaL 339 amateur.Nous ne croyons pas qu\u2019il remplace les autres produits connus.Il s\u2019ajoute aux autres, et possède ses indications et ses contre- indications.Certaines de ses propriétés causent parfois l\u2019état d\u2019alarme.Peut-on corriger ces propriétés alarmantes d\u2019une façon quelconque?Peut-on les minimiser avec un autre agent?Les ganglioplégiques, tels le pentadiomide, le pentaméthonium ou l\u2019hexaméthonium, l\u2019arfonad, c\u2019est-à-dire les produits à action synaptique, se sont montrés inutiles.Est-ce qu\u2019un neuroleptique dont l\u2019action est centrale et périphérique pourrait aider?C\u2019est pour le vérifier que nous y avons associé le nozinan.Les propriétés alarmantes du fluothane sont les suivantes : 1° La baisse de la tension artérielle, baisse proportionnelle à la concentration ; 2° La bradycardie concomitante ; 3° La sensibilisation du myocarde à l\u2019adrénaline ; 4° La dépression du métabolisme du myocarde et la diminution du débit cardiaque en proportion directe avec la concentration de vapeur supérieure à 1,5 pour cent et la profondeur de l\u2019anesthésie ; 5° La diminution de la résistance périphérique totale par relâchement de la musculature artériolaire ; 6° La diminution de la pression partielle d\u2019oxygène et l\u2019élévation de la pression partielle d\u2019anhydride carbonique, en anesthésie profonde.Il est à remarquer que ces Incidents sont théoriquement l\u2019apanage de l\u2019anesthésie profonde au fluothane, si l\u2019on excepte les cas de sensibilité du tout début de l\u2019anesthésie dont le nombre est très restremt.Par contre, il est à noter que la circulation coronarienne est augmentée avec le fluothane et diminuée avec le cyclopropane et l\u2019éther.La rétention d\u2019acide carbonique est la résultante de la diminution de la ventilation alvéolaire qui se produit en dépit d\u2019une tachypnée, vu la diminution de l\u2019amplitude respiratoire et l\u2019augmentation du rythme.Le contrôle respiratoire peut minimiser cet inconvénient.Beaton et d\u2019autres auteurs croient que l\u2019hypotension au fluothane est due à son action sur le myocarde et sur les artérioles et non à une action ganglioplégique et qu\u2019elle est toujours proportionnelle à la profondeur de l\u2019anesthésie. 340 Lavar MéÉDicarL Octobre 1959 Le fluothane est un agent anesthésique merveilleux qui aura encore plus d\u2019avantages si l\u2019on trouve un moyen de minimiser les incidents de la haute concentration requise pour l\u2019anesthésie profonde.C\u2019est ainsi qu\u2019on l\u2019utilise en association avec d\u2019autres produits.Hudon a prôné un mélange azéotrope d\u2019éther et de fluothane.Il y a tendance à l\u2019associer pour élimmer les accidents du myocarde.Nous l\u2019avons associé au nozinan-démérol.Les premiers cas furent faits avec circonspection, le fluothane n\u2019étant employé que comme agent secondaire.Peu à peu, nous en vinmes à utiliser les deux produits ensemble au cours de certaines interventions longues.Pourquoi?Parce que la concentration requise de fluothane ne fut réduite que d\u2019environ 40 pour cent, que la respiration et la dynamique cardraque ne furent pas troublées, que le maintien de l\u2019anesthésie fut facilité, que le réveil fut rapide et sans incidents et que les suites opératoires furent normales.MÉTHODES ET MATÉRIEL Cette association fut faite en utilisant le fluothane comme agent secondaire au cours de 36 cas, et comme agent principal dans 70 cas, au cours de 106 anesthésies, soit : neuf interventions thoraciques ; 85 interventions non abdominales ; une sutrénalectomie, une plastie des seins ; 12 interventions abdominales ; trois cholécystectomies, deux gastrectomies, deux laparotomies exploratrices, trois appendicectomies, une gastro-jéjunostomie et une éventration.Le nozinan fut donné en prémédication dans tous les cas à raison de 0,3 mg par kg de poids et, en plus, dans six cas au cours de l\u2019intervention par voie intraveineuse, soit dans un soluté glucosé, soit dans le sang à raison de 0,15 mg par kg de poids en goutte à goutte lent (20 à 40 gouttes par minute).Toutes ces interventions ont été pratiquées sous contrôle constant de l\u2019électro-cardiogramme (Electrodyne), de la pression artérielle, de la tension veineuse, et de la température.Le vaporisateur de fluothane fut le Fluotec de la maison Cyprane et l\u2019appareil utilisé fut le Boyle.Le fluothane fut utilisé pur, sans mélange avec l\u2019êther, en circuit ouvert, avec la valve expiratoire, avec un débit de quatre litres d\u2019oxygène et trois litres de protoxyde d\u2019azote par minute. Octobre 1959 Lava\u2026 MéDpicaL 341 TaBLEAU Î Détail des cas d\u2019anesthësie au nozinan-fluotbane EMPLOI DU FLUOTHANE INTERVENTIONS ToTAL Agent Agent secondaire principal Gastro-jéjunostomie.1 \u2014 1 Gastrectomie.1 1 2 Cholécystectomie.3 \u2014 3 Laparotomie exploratrice (re : cancer du foie).[FE 1 1 2 Appendicectomie.1 2 3 Surrénalectomie.1 \u2014 1 Hernies.6 2 8 Tumeurdudos.\u2014 1 1 Chirurgie dentaire.\u2026.\u2014 26 26 Fracture de maxillaire.\u2014 2 2 Amygdalectomie.\u2014 2 2 Plastie des seins.\u2014 2 2 Chirurgie réparatrice de la face.\u2014 4 4 Orthopédie.2 2 4 Hémorroidectomie.1 7 8 Kyste pilonidal.4 2 6 Greffedepeau.1 1 2 Aortographie.\u2014 2 2 Chirurgie thoracique : Lobectomie (re : tuberculose).5 \u2014 \u2014 Tumeur du médiastin.1 \u2014 = Polype endobronchique (avec até- lectasie).1 \u2014 \u2014 Thoracotomie.2 \u2014 9 Curettage.\u2014 2 2 Bréilures graves.\u2014 2 2 Eventration.1 \u2014 1 Fracturedunez.\u2014 1 1 Circoncision.1202024440000 4 8 12 Grand total .36 70 106 1.Les anesthésies ont duré de 40 min.à 5 h.avec une moyenne de 2 h.55 min., 2.Le nozinan fut employé à la dose de 0,3 mg par kg et le fluothane à une concentration moyenne de 0,9 pour cent, avec des extrêmes de 0,5 à 1,4 pour cent. 342 Lavar MÉDicaL Octobre 1959 RÉSULTATS Les résultats furent très satisfaisants au cours des 106 cas où nous avons utilisé le nozinan-fluothane.Voici quelques observations individuelles : Cas n° 1.\u2014 Un cas d\u2019alerte au cours d\u2019une opération chez un jeune homme en pleine santé, coïncidant avec l\u2019administration de 20 mg de succinylcholine à l\u2019ouverture du péritoine.La chute de la pression artérielle et la bradycardie se corrigent très rapidement.Cas n° 2.\u2014 L'association nozinan-fluothane se révèle très utile au cours d\u2019une lobectomie.Cas n° 3 et 4.\u2014 Les mêmes résultats heureux sont constatés au cours d\u2019une plastie des seins et de l\u2019exérèse d\u2019une tumeur du dos.Cas n° 5.\u2014 Au cours d\u2019une intervention abdominale (une gastrectomie pour un ulcère du duodénum) l\u2019association de succinylcholine et de fluothane, après prémédication au nozinan, ne nous a pas semblé satisfaisante.Nous avons préféré remplacer le curarisant par une sous- arachnoïdienne ou utiliser la syncurine ou employer la succinylcholine que vers la fin de l\u2019opération à la fermeture du péritoine.Cas n° 6.\u2014 Un cas d\u2019infarctus du myocarde survint 36 heures après une anesthésie au fluothane avec nozinan en prémédication pour aortographie, avec intubation et position ventrale.Le patient était un Infarcisé récent, un hémiplégique avec anévrysme et un scléreux spécifique, âgé de 68 ans.Une chute temporaire de la pression artérielle se redresse facilement et l\u2019intervention se complète de façon satisfaisante.Le patient vit encore et le moindre examen qu\u2019on tente chez lui déclenche une complication vasculaire.Il n\u2019y a aucune relation directe avec le genre d\u2019anesthésie.Même plus, nous croyons que ces agents anesthésiques nous ont permis de compléter l\u2019intervention chez un patient dont le risque fut évalué à VI.La chute de la pression artérielle fut prononcée dans un cas (après succinylcholine), nulle dans 79 cas et de 30 mm de Hg dans 16 cas.II y eut un cas de bradycardie à 38 par minute, aucune bradycardie dans 80 cas et une bradycardie de 20 par minute au cours des 25 autres cas, soit une moyenne de 64 par minute.Il n\u2019y eut aucun cas de broncho- Octobre 1959 Lavar MépicaL 343 spasme, de serrement bronchique, de salivation, ni de sudation.La potentialisation du fluothane par le nozinan en prémédication comme en association par voie endoveineuse fut constatée dans cent pour cent des cas.La potentialisation est de 40 pour cent lorsque le nozinan est utilisé par voie intramusculaire et de 55 à 60 pour cent lorsque la solution N1 (nozinan-démérol-soluté glucosé à cinq pour cent) est utilisée au cours de l\u2019intervention.Il est facile de maintenir le stade 1 et 2 avec des concentrations variant de 0,7 à 0,9 pour cent de vapeur de fluothane (Fluotec).Le réveil est rapide.Les suites sont normales.L\u2019anesthésie est facile.Les constantes biologiques du patient ne sont pas modifiées, en ce qui regarde la kaliémie, l\u2019éosinophilie et la glycémie.On peut se dispenser de l\u2019atropine dans la majorité des cas.INTERPRÉTATION ET DISCUSSION 1.Est-il possible d\u2019associer ces deux produits ?2.Y a-t-il des avantages ?3.Quels sont les inconvénients et les dangers ?4.L\u2019association aide-t-elle à prévenir la syncope adrénalino- chloroformique par prévention de la libération massive d\u2019adrénaline au niveau des surrénales par son action adrénolytique ?5.Est-ce que cette prémédication donne le calme nécessaire et prévient mieux que les autres tout stimulus du début de l\u2019anesthésie ?Il est possible et parfois avantageux de combiner les actions pharmacologiques du fluothane avec le nozinan.Le renforcissement d\u2019action causé par le nozinan sur le fluothane permet une diminution d\u2019environ 40 pour cent de la concentration de vapeur du fluothane pour parvenir au même stade anesthésique.Nous tendons de ce fait à nous éloigner de la concentration dangereuse pour arriver au même résultat avec une élimination plus rapide.La forte action adrénolytique du nozinan jointe à la concentration moindre en fluothane ne peut qu\u2019aider à prévenir la syncope adrénalino-chloroformique par prévention de la libération massive d\u2019adrénaline aux surrénales.L\u2019addition d\u2019un curarisant agissant dans le sens de l\u2019acétylcholine (succinylcholine) nous 344 Lavar MÉDiCAL Octobre 1959 semble peu favorable et sujette à des incidents.Elle doit être prudente au début de l\u2019anesthésie.Le calme obtenu par la prémédication au nozinan aide à prévenir tout stimulus du début de l\u2019anesthésie.Le résultat obtenu par la prémédication nous indique dans quel prédominance neuro-végétative s\u2019est orienté le patient.S\u2019il arrive à la salle d\u2019opération dans un état (quatre pour cent des cas) d\u2019hypervago- tonie caractérisé par de la pâleur, de la bradycardie sans hypotension, il faut corriger l\u2019emploi du fluothane soit avec de l\u2019atropine intraveineuse, soit par l\u2019addition d\u2019éther sympathicomimétique, soit encore avec du diparcol, ou du 8228 R.P.(à l\u2019étude présentement).Le nombre de cas présentés est encore limité.Nous estimons cependant qu\u2019il nous a permis de mieux comprendre les actions pharmacologiques des deux produits en cause.L\u2019association du nozinan avec le fluothane nous rend de grands services quotidiennement et nous en continuons l\u2019étude.BIBLIOGRAPHIE 1.BEaToN, C., Fluothane and hypotension in cats, J.Soc.Canad.anesth., 6 : 13-24, 1959.2.Descamps, À., et NADRE, J., Résultats d\u2019un nouveau neuroleptique, Presse méd., 66 : 196, 1958.3.Doekin, A.B., Efficacy of ataractic drugs in clinical anæsthesia, a review, Canad.Anasth.Soc.J., 5 : 177-209, 1958.4.GrirriTH, H., Rosson, J., CuLLen, W., et Deirpkg, M., Fluothane : A modern substitute for chloroform anaesthesia and analgesia, Anaesth.¢r Analges., 37 : 316-321, 1958.5.Hupon, F., et Jacques, A., J.Soc.Canad.anestb., 4 : 222, 1957.6.Lonc, J.P., et LiTTINGER, C.B., Laboratory studies on the cardiovascular and respiratory effects of fluothane, Anzasth.er Analg., 37 : 353-360, 1958.7 ParaDis, B., Solution S (phenergan-largactil-demerol-dextrose 5%) in obstetrics, Conférence à la Société canadienne d\u2019anesthësie, Halifax, (jan.) 1959.PAraDis, B., La lévoméphomazine en anesthésie (sous presse).ParaDis, B., La lévoméphromazine (nozinan ou 7044 R.P.en anesthésie \u2014 Étude clinique, pharmacologique et biochimique portant sur 1,000 observations (sous presse).10.RavenTos, J., Brit.Pharmacol., 11 : 394 (déc.), 1956.11.SicivaLE, J., HÉBerT, H., et QueTiIN, A., Traitement du zona et des algies zostériennes par les phénothiazines, Sem.bôp., 28 : 1137, (mars) 1957.12.VIRENIQUE, J., PAsquiÉk, M., et LarENnG, L., Étude de l\u2019éosinophilie sanguine chez le nourrisson opéré, Anestb.et analg, 14 : 840, 1957.3 REVUE GÉNÉRALE LA CHROMATINE DU SEXE * par Paul FORTIN résident au département d\u2019anatomie pathologique de la Faculté de médecine, université Laval HISTORIQUE Dans le noyau cellulaire durant l\u2019interphase, les chromosomes ne disparaissent pas tous entièrement ; il en persiste des granules auxquels on a donné le nom de « hétérochromatine ».Quoique très mystérieuse, cette hétérochromatine nous a, depuis quelques années, livré un secret : celui de la détermination du sexe génétique de la cellule au repos.En 1949, en effet, Barr et Bertran (4), de l\u2019université Western à London, Ontario, décrivent chez le chat, dans les neurones du ganglion hypoglosse, une différence morphologique entre les noyaux du mâle et ceux de la femelle.Les cellules nerveuses de la femelle contiennent dans leur noyau, en plus d\u2019un gros nucléole, une masse de chromatine homogène, arrondie, mesurant un micron de diamètre environ, colorable par les colorants basiques et selon la méthode de Feulgen (Feulgen-positive).Cette formation caractéristique est absente chez Ie mâle.* Reçu pour publication le 9 juin 1959. 346 Lavar MÉDiCAL Octobre 1959 À cause de son voisinage avec le nucléole, on la désigne alors sous le nom de satellite nucléolaire (figure 1-C).En 1950, Barr, Bertram et Lindsay (5) démontrent que ce satellite nucléolaire existe dans les cellules ganglionnaires de toutes les différentes formations nerveuses de la chatte.En 1952, toujours chez le chat, Graham et Barr (12) retrouvent une masse de chromatine caractéristique liée au sexe dans les noyaux d\u2019à peu près tous les tissus.Cependant, comme elle est présente même dans les noyaux ne possédant pas de nucléole et que, par ailleurs, elle est, la Figure 1.plupart du temps, accolée à la membrane nucléaire, la désignation de « satellite nucléolaire » est remplacée par celle de « chromatine sexuelle » ou chromatine du sexe.Moore, Graham et Barr (27), en 1953, observent des images semblables dans l\u2019épiderme de la femme ; l\u2019année suivante Moore et Barr (24) les retrouvent dans les cellules d\u2019à peu près tous les tissus de la femme.Cette découverte de Barr et de son groupe a suscité beaucoup d\u2019intérêt et un très grand nombre de publications sont venues s\u2019ajouter, Octobre 1959 Lava\u2026 MÉDicaL 347 qu\u2019il serait trop long d\u2019énumérer ; plusieurs cependant seront citées au cours de ce travail.Évidemment quelques résultats contradictoires ont été rapportés, parfois attribuables à des différences de matériel et de techniques.Ces nombreux travaux démontrent que la chromatine sexuelle est présente dans beaucoup de tissus et chez une foule d\u2019animaux.IDENTIFICATION DANS LES TISSUS HUMAINS l\u2019identification de la chromatine sexuelle est possible dans tous les tissus humains, cependant certains tissus s\u2019avèrent pratiques par Jeur localisation et la facilité avec laquelle on peut les obtenir.1.La peau : La peau remplit ces conditions.L\u2019épiderme comprend des noyaux de type « ouvert » ou l\u2019identification de la chromatine sexuelle est facile.Elle y est bien visible surtout à la couche spino-cellulaire, sous forme d\u2019un corps plan-convexe, aux limites nettes, mesurant un micron de diamètre et bien accolé à la membrane nucléaire.Parfois sa forme peut être triangulaire, discoïdale ou ronde.Comme il a été dit au sujet du satellite nucléolaire, elle se colore bien par les teintures basiques et par la méthode de Feulgen.Moore, Graham et Barr (27) ont présenté une étude de 100 biopsies cutanées provenant de 50 hommes et de 50 femmes.Chez les hommes ils retrouvaient la chromatine du sexe dans une moyenne et cinq pour cent des noyaux, avec des variations individuelles de un a 14 pour cent, alors que chez les femmes, ils la retrouvaient dans une moyenne de 69 pour cent des noyaux avec des variations individuelles de 52 à 85 pour cent.Ces résultats sont confirmés par de nombreux auteurs (10, 15 et 23).Il est à noter que les pourcentages de cellules chromatine-positives sont nettement différents suivant le sexe et qu\u2019aucun chevauchement de chiffres ne vient rendre l\u2019interprétation douteuse dans un cas donné.Voici la technique conseillée par Barr (12).Pour la fixation, il préfère un mélange de formol, d\u2019alcool et d\u2019acide acétique dans l\u2019eau.Quant à la coloration, l\u2019hématoxyline-éosine ou le Feulgen sont employés.Les coupes montées sont ensuite étudiées au microscope en se servant de l\u2019objectif à immersion.C\u2019est surtout la couche spino-cellulaire de 348 Lavar MÉDirCAL Octobre 1959 l\u2019épiderme qui est étudiée.On ne tient compte que des noyaux parfaits, c\u2019est-à-dire non recouverts par d\u2019autres noyaux ou par des grains d\u2019éléi- dine, coupés dans un plan équatorial et ne présentant pas de rétraction.On recherche quel pourcentage de ces noyaux contiennent la chromatine du sexe.On n\u2019admet comme chromatine du sexe que celle qui correspond parfaitement à la description déjà donnée.De façon générale, on considère que le sexe génétique est mâle lorsque moins de dix pour cent des noyaux contiennent la chromatine sexuelle et que le sexe génétique est femelle lorsque 50 pour cent ou plus la contiennent.2.Frottis de muqueuses : En 1955, Moore et Barr (26), au Canada, et Marberger (22), aux États-Unis, en vue de simplifier encore plus les techniques, recherchent et parviennent à identifier le sexe génétique en se servant de la muqueuse orale comme matériel de frottis (figure 1-B).Le prélèvement devenait plus qu\u2019aisé ; Il suffit de frotter assez fortement la muqueuse de la joue avec l\u2019extrémité d\u2019un abaisse-langue et d\u2019étaler sur une lame albuminée.La fixation se fait à l\u2019alcool éther, la coloration au violet de crésyl et on monte au baume du Canada.Le tout, fixation comprise, prend un peu plus d\u2019une heure.L\u2019étude des frottis se fait de la même façon que celle de la peau.De façon générale, on considère le sexe génétique comme femelle si de 40 à 60 pour cent des noyaux contiennent la chromatine et comme mâle si aucun ou à peu près ne la contient.II est évident qu\u2019une bonne technique s\u2019impose et que l\u2019examen doit se limiter aux cellules bien conservées.Les résultats sont aussi fiables que dans les biopsies cutanées comme le montre l\u2019étude comparative faite par Nelson (30).3.Frottis sanguins : En 1954, Davidson et Smith (8) ont démontré la présence d\u2019une structure nucléaire caractéristique dans le polynucléaire neutrophile de la femme.Il s\u2019agit d\u2019une formation en baguette de tambour consistant en une masse de chromatine solitaire attachée à l\u2019un des principaux lobes du noyau par un mince fil de chromatine (figure 1-A).La masse, bien délimitée, ronde, homogène, mesure environ 1,5 micron de diamètre.On peut rechercher sa présence sur le frottis san- Octobre 1959 Lavar MéDicaAL 349 guin de routine coloré au Giemsa ou au May-Gruenwald-Giemsa.Dans leur première série de cas, Davidson et Smith l\u2019ont trouvée en moyenne une fois pour 38 polynucléaires neutrophiles chez la femme.Tenczar et Streitmatter (42) dans une autre série l\u2019ont trouvée une fois pour 61 polynucléaires chez la femme.En pratique, on compte 300 polynucléaires neutrophiles et l\u2019on calcule le nombre de formations en baguette de tambour trouvées.Les frottis provenant de la femme en contiennent en moyenne six pour 300 avec des variations individuelles de une à quinze pour 300 ; chez l\u2019homme on ne la trouve jamais.Les frottis provenant de personnes présentant une lymphocytose ou une leucopénie sont impropres a cet examen.De même, de nombreuses transfusions rendent pendant quelque temps les résultats incertains.On doit aussi se rappeler qu\u2019il arrive que les baguettes de tambour peuvent être plus rares que une pour 300 polynucléaires ; donc avant de classer un frottis comme provenant d\u2019un mâle, il est préférable de compter 500 ou même 1,500 polynucléaires.Pour éviter des erreurs, on conseille de compter au moins six baguettes de tambour typiques avant d\u2019affirmer qu\u2019un frottis provient d\u2019une femme.L\u2019examen est rendu assez difficile par l\u2019existence dans les granulocytes d\u2019autres petites formations nucléaires pouvant se confondre avec la baguette de tambour, soit le nodule polypeux sessile et l\u2019appendice nucléaire filiforme.Le nodule polypeux sessile, où la masse de chromatine est attachée directement au noyau sans l'intermédiaire du fil de chromatine.Certains auteurs l\u2019acceptent comme la chromatine du sexe ; d\u2019autres, les plus nombreux semble-t-il, ne la considèrent pas comme assez caractéristique mais y trouvent une raison de continuer leur recherche lorsqu\u2019ils n\u2019ont pas trouvé la formation caractéristique après un décompte de 300 ou 500 polynucléaires.L\u2019appendice nucléaire filifforme ou en crochet, qui serait plus commun chez le mâle, est tout à fait distinct de la baguette de tambour.Il est plus petit, mince, se colore de façon non homogène et la netteté de -ses contours est variable. 350 Lava\u2026.MÉDICAL Octobre 1959 Contentons-nous de mentionner enfin que l\u2019on a publié des cas où 1l y a divergence entre les résultats de l\u2019analyse des frottis sanguins et de la peau chez un même individu.Nous y reviendrons un peu plus loin.4, Liquide amniotique : Ce liquide dans lequel baigne le fœtus contient, comme tous le savent, une quantité assez importante de cellules desquamées provenant soit des annexes (cordon et amnios) ou du fœtus lui-même (peau, tractus gastro-intestinal, respiratoire, génito-urinaire).Toutes ces cellules contiennent la chromatine sexuelle chez la femelle et leur examen peut permettre de prédire le sexe de l\u2019enfant avant sa naissance.Plusieurs études le démontrent bien (21, 36, 37 et 39).Le liquide amniotique prélevé par ponction des membranes est centrifugé ; le culot étalé sur une lame albuminée est préparé comme un frottis de muqueuse orale.A l\u2019observation microscopique, on doit rejeter comme impropres à l\u2019examen un bon nombre de cellules.Chez les fœtus femelles, on visualise la chromatine du sexe dans 50 pour cent des noyaux en moyenne avec des variations individuelles de 35 à 70 pour cent ; chez le fœtus mâle, la chromatine n\u2019est retrouvée que dans une moyenne de quatre pour cent des noyaux avec des variations individuelles de zéro à neuf pour cent.RAPPORTS ENTRE LA CHROMATINE DU SEXE ET LES CHROMOSOMES Puisqu\u2019en pratique 1l est possible, en se basant sur la présence de la chromatine du sexe au niveau d\u2019un prélèvement tissulaire examiné, de déterminer le sexe de l\u2019individu dont provient ce prélèvement, 1l devient logique d\u2019entrevoir un rapport entre cette chromatine et les chromosomes du noyau en mitose, et plus spécialement les chromosomes du sexe.En 1955, Graham (11) démontrait la présence de la chromatine du sexe chez l\u2019embryon même avant la différenciation des gonades.En démontrant que la chromatine du sexe était indépendante de sécrétions endocrines des gonades, cette observation donnait une raison de plus pour concevoir un tel rapport.La découverte de la chromatine femelle chez le freemartin par Moor, Graham et Barr (28) démontre le même point. Octobre 1959 Lavar MÉDicaL 351 On sait que les cellules de la femelle montrent au moment de la mitose, en plus des chromosomes autosomes, deux chromosomes du sexe identiques formant le complexe XX.Les cellules du mâle, elles, contiennent un chromosome X et un autre chromosome Y beaucoup plus petit : le tout forme le complexe XY.La chromatine du sexe représenterait au moment de l\u2019interphase, les portions de ces chromosomes du sexe qui auraient résisté à la déspiralisa- tion et qui demeureraient visibles.Le complexe mâle X Y donnerait à l\u2019interphase une masse de chromatine plus petite que le complexe femelle X X, à cause de la petitesse du chromosome Y.Telle est l\u2019hypothèse émise par Barr et ses collaborateurs (5).SI ce rapprochement est correct, toutes les cellules de la femelle devraient posséder une masse de chromatine sexuelle bien visible et les cellules du mâle une masse de chromatine d\u2019un peu plus de la moitié du volume de celle rencontrée chez la femelle.À ce sujet, l\u2019école de Barr (5 et 12), à la suite de travaux sur les neurones du chat, énonce les conclusions suivantes : 1.Tous les neurones de la femelle contiennent la chromatine du sexe.Si on ne la voit que dans 50 à 66 pour cent des cellules, c\u2019est qu\u2019elle est probablement en dehors du plan de coupe ou éclipsée par une autre formation nucléaire.Pour 1llustrer cette dernière possibilité, 1l déclare qu\u2019avec une coloration à la thionine qui colore différemment la chromatine et le nucléole, 1l réussit à constater la présence de la chromatine du sexe dans à peu près toutes les cellules.Cette coloration permet de la voir même lorsqu\u2019elle est vis-à-vis du nucléole.2.Les cellules du mâle contiennent aussi la chromatine du sexe mais cette formation est tellement minuscule qu\u2019il devient impossible la plupart du temps de la distinguer des autres granules chromatiniens.Ceci est rendu extrêmement probable à la suite d\u2019expériences au cours desquelles on provoqua dans le neurone un accroissement de volume du satellite nucléolaire.Chez le mâle, une petite masse de chromatine, semblant bien correspondre au satellite nucléolaire vu chez la femelle, devient alors visible dans 38 pour cent des cellules alors que normalement on ne le voit que dans cinq pour cent des cellules.Il reste cependant à expliquer une disproportion, puisque la chromatine sexuelle femelle est 352 Lavar MÉDicaL Octobre 1959 d\u2019un volume supérieur à deux fois celui de la chromatine sexuelle mâle.Peut-être serait-ce dû au fait qu\u2019une plus grande portion du chromosome X demeurerait compacte lors de l\u2019interphase s\u2019il est associé avec un autre chromosome X ?En 1957, Segal et Nelson (38) émettent une autre hypothèse.Selon eux, la chromatine sexuelle correspondrait durant interphase aux portions d\u2019une paire de chromosomes autosomes (chromosomes Z) contenant des facteurs déterminants mâles non utilisés et demeurant compactes chez la femelle.Selon ces auteurs, si l\u2019on veut évaluer comparativement la valeur déterminante sexuelle de chacune des structures X, Y, Z, le chromosome X aurait une valeur femelle égale à 1, le chromosome Ÿ aurait une valeur déterminante nulle ; le facteur Z, possédé par les cellules des deux sexes, aurait une valeur déterminante mâle proche mais un peu inférieure à 1.Ainsi chez la femelle, l\u2019on a : X X : 2 femelles DOMINANCE FEMELLE ZZ : 1 mâle Ce seraient ces facteurs déterminants mâles contenus dans les chromosomes autosomes Z et non utilisés chez la femelle qui, dans l\u2019interphase, formeraient la chromatine sexuelle.Voilà deux hypothèses concernant les rapports entre la chromatine du sexe et les chromosomes du sexe.Comme on le remarque, elles ne sont basées que sur des preuves indirectes et ne sont encore que plausibles.En effet, tous admettent de façon générale que la preuve directe, l\u2019observation cruciale, manque encore pour établir de façon définitive un rapport absolu.De plus, ni l\u2019une ni l\u2019autre de ces hypothèses n\u2019explique la présence de chromatine du sexe typique dans un faible pourcentage de Octobre 1959 353 LavarL MÉDicaL cellules mâles ; s\u2019agirait-il tout simplement d\u2019un granule de chromatine non relié au sexe mais présentant par coïncidence les mêmes caractéristiques que la chromatine du sexe ?À ce point quelques remarques s\u2019imposent concernant les polynucléaires.En 1958, Ashley et Jones (1) citent des publications et rapportent des cas où une discordance existait entre le sexe génétique des polynucléaires et celui de la peau.Il s\u2019agissait surtout d\u2019états intersexuels.Tout ceci amène ces auteurs à des recherches sur les polynucléaires et ils découvrent que ceux des femmes montrent, accolée à leur membrane nucléaire une masse de chromatine plan-convexe caractéristique, comparable à celle des autres cellules.Cette dernière peut même se voir au niveau d\u2019un polynucléaire possédant une formation en baguette de tambour.Ils concluent en disant que ce qui correspond à la chromatine du sexe, telle que vue au niveau de la peau, est bien cette dernière structure découverte et que la formation en baguette de tambour ne serait qu\u2019une caractéristique assez bien liée au sexe, mais non en rapport avec les chromosomes sexuels.Ainsi la valeur des formations en baguette de tambour devient moins absolue.INTÉRÊT THEORIQUE ET APPLICATIONS PRATIQUES Il existe une foule de conditions concrètes dans lesquelles l\u2019étude de la chromatine du sexe a apporté des précisions théoriques et même en- trainé des conséquences nettement pratiques.1.Détermination du sexe avant la naissance : Ce qui a été dit plus haut concernant le liquide amniotique, permet, semble-t-il, de considérer comme fiables les résultats de la recherche dela chromatine.2.Application médico-légale : Emery et McMillan (10) en 1954, au cours d\u2019un travail étudient la chromatine du sexe, entre autres sur des tissus prélevés post mortem.Dans la majorité des cas, la détermination du sexe fut exacte ; on peut entrevoir la possibilité que la recherche de la chromatine sexuelle puisse être employée dans l\u2019identification de cadavre ou d\u2019une partie de cadavre.(5) 354 Lavar MÉDicaL Octobre 1959 3.Applications dans l\u2019étude des tissus pathologiques : Plusieurs auteurs dont Moore et Barr (25) Shoval et Gaines (40) Rivière (35) ont effectué des recherches en ce domaine.Dans presque toutes les lésions, la chromatine du sexe est présente au niveau de la majorité des cellules provenant de la femme et de la minorité des cellules provenant de l\u2019homme.Évidemment la lecture des coupes est plus laborieuse, les résultats souvent moins évidents qu\u2019au niveau des tissus normaux.Cette remarque s\u2019applique surtout aux tumeurs malignes dont les noyaux sont souvent d\u2019un volume exagéré, de forme irrégulière, avec une chromatine abondante et montrant souvent des phénomènes de dégénérescence.Par contre dans quelques types de tumeurs, l\u2019étude de la chromatine présente un grand intérêt : a) Chorioépithéliome.Park (31) sur 16 cas de chorioépithéliomes consécutifs à une grossesse où le sexe du bébé était connu, en trouve 13 dont le sexe génétique coincidait avec celui du bébé.Comme explication des trois cas de discordance, il suppose qu\u2019a la suite d\u2019une grossesse il pourrait persister des fragments trophoblastiques qui peuvent se transformer et évoluer vers la malignité lors d\u2019une grossesse ultérieure.b) Arrbénoblastome.On s\u2019est demandé si cette tumeur virilisante de la femme pouvait avoir des caractères génétiques mâles.On avait émis déjà l\u2019hypothèse que cette tumeur serait formée de cellules ayant perdu un de leurs chromosomes X et possédant pour cette raison les propriétés ou fonctions de cellules mâles.Cependant la recherche de la chromatine du sexe dans les noyaux de cette tumeur s\u2019est révélée positive (25 et 40), démontrant qu\u2019ils possèdent bien deux chromosomes X.Dans le même ordre d\u2019idées, Rivière (35) constate que les cellules sympa- thicotropes de Berger trouvées dans le hile de l\u2019ovaire et possédant des propriétés virilisantes sont aussi chromatine-positives (femelles).c) Carcinome du sein.En 1957, Kimel (18) étudie près de cent cancers du sein et note que le pourcentage de cellules possédant la chromatine du sexe est variable d\u2019une tumeur à l\u2019autre.Il remarque en plus des corrélations entre le taux de chromatine et quelques caractéristiques cliniques du cancer, par exemple, la précocité des métastases et la sensibilité aux différentes hormones.Ceci suggère la possibilité Octobre 1959 Lavar MEbpicaL 355 d\u2019employer l\u2019étude de la chromatine dans le cancer du sein, pour établir un pronostic ou parfois orienter un traitement hormonal.d) Tératomes.Il semble que c\u2019est surtout dans ce groupe de tumeurs que l\u2019on a enregistré les résultats les plus intéressants.Chez la femme, toutes les études de tératomes ont révélé une chromatine positive.Chez l\u2019homme par contre, les résultats sont différents.C\u2019est ainsi qu\u2019en 1954, Hunter et Lennox (14) trouvent la chromatine du sexe présente au niveau de quelques tératomes provenant d'hommes.Ce fait est con- frrmé par Cruickshank (7) qui publie un cas semblable.Tavares (41) en présente aussi quatre cas et êmet l\u2019opinion que chez l\u2019homme les tératomes sont mâles ou femelles dans une proportion de 50/50.Sohval et Gaines (40) présentent entre autres un cas de tératome malin du médiastin chez un homme, où la recherche de la chromatine est positive (femelle).Rivière (45), dans une série de 50 dysembryomes testiculaires, trouve 32 tumeurs où la chromatine du sexe est présente dans 50 pour cent des noyaux lorsque le Feulgen est employé.Hunter et Lennox (14) émettent l\u2019opinion que toutes ces constatations appuient l\u2019hypothèse de l\u2019origine parthénogénétique des tératomes.Au cours de leur maturation, les cellules germinatives du mâle et de la femelle subissent une mitose réductionnelle ou méiose au cours de laquelle elles se scindent et donnent deux cellules-filles (haploïdes) contenant chacune un chromosome de chaque paire de la cellule originelle.Si l\u2019on ne considère que le complexe chromosomique du sexe, la cellule germinative femelle (XX) donne deux cellules-filles (haploïdes) contenant chacune un chromosome X ; la cellule germinative mâle donne deux cellules-filles contenant l\u2019une le chromosome X, l\u2019autre Je chromosome Y.Le tératome aurait pour point de départ la fusion de deux de ces cellules- filles ou haploïdes : chez la femelle (X et X), les cellules du tératome ne peuvent présenter que le complexe sexue) XX (femelle) ; chez le mâle (X et Ÿ), les combinaisons XX (femelle) et XY (mâle) sont possibles.Voilà pourquoi un tératome de type féminin (XX) serait possible chez le mâle.4.Diagnostic des anomalies sexuelles : C\u2019est réellement dans ce domaine où l\u2019identification du sexe est un problème que la chromatine du sexe semble devoir jouer un rôle.Elle 356 Lavar MEbpicaL Octobre 1959 s\u2019y révèle non seulement un moyen additionnel de diagnostic mais aussi un item très intéressant à considérer dans les discussions sur la patho- gênie.La classification de Klebs basée sur la nature des gonades divise l\u2019hermaphrodisme en trois catégories : 1.Hermaphrodisme vrai : Gonades : testicule et ovaire ou ovotestis, Habitus : mâle ou femelle ; 2.Pseudohermaphrodisme femelle (la plupart des cas sont d\u2019origine surrénalienne) : Gonades : ovaires, Habitus : mâle ; 3.Pseudohermaphrodisme mâle : Gonades : testicules, Habitus : femelle.En 1953, Moore, Graham et Barr (27) publient deux cas de pseudo- hermaphrodisme, l\u2019un mâle, l\u2019autre femelle (d\u2019origine surrénalienne).La recherche de la chromatine s\u2019était révélée négative (mâle) chez le premier et positive (femelle) chez le second.Les résultats concordaient avec les constatations faites lors de laparatomies et Barr émettait alors opinion que, au moins dans certains cas, il y aura possibilité d\u2019éviter la laparotomie.L\u2019année suivante, c\u2019est sur un groupe de 29 hermaphrodites que Barr (2) poursuit ses études.Voici ses résultats : A.4 vrais hermaphrodites : 3 à chromatine femelle ; 1 à chromatine mâle ; B.14 pseudohermaphrodites femelles : 12 surrénaliennes : 1 chromatine femelle ; 2 non surrénaliennes : 1 chromatine femelle ; 1 chromatine mâle ; C.12 pseudohermaphoridtes mâles : chromatine mâle.ae us ne in EE Octobre 1959 357 Lava\u2026.MÉDicaL Et l\u2019auteur commente ainsi ses résultats.Il serait prématuré de généraliser, mais d\u2019après cette série, les vrais hermaphrodites et les pseudohermaphrodites femelles n\u2019appartenant pas au syndrome adréno- génital peuvent avoir des noyaux mâles ou femelles.À noter que ce sont deux entités rares.Chez les pseudohermaphrodites femelles présentant le syndrome adrénogénital, on conçoit facilement que Jes noyaux soient toujours femelles.Enfin les pseudohermaphrodites mâles ont toujours des noyaux mâles.Ce sont les deux variétés les plus fréquentes.Ces observations sont confirmées subséquemment par plusieurs auteurs.Toujours selon Barr (12), par analogie avec le sujet normal, on peut dire que l\u2019hermaphrodite dont les noyaux cellulaires sont de type femelle a des chromosomes sexuels XX et celui dont les noyaux sont de type mâle a des chromosomes sexuels XY.Ceci a eu une portée remarquable sur les conceptions de l\u2019hermaphrodisme.Ainsi, plusieurs étaient d\u2019opinion que tous les pseudohermaphrodites avaient le complexe sexuel XX.Cette croyance semblerait provenir des travaux de Lillie sur le freemartin, des études sur le syndrome adrénogénital, et de l\u2019observation expérimentale qu\u2019il est plus facile de transformer un ovaire en testicule que l'inverse.Mais il n\u2019y a pas que dans les anomalies sexuelles de l\u2019hermaphrodisme que la recherche de la chromatine du sexe bouleversa les idées.Elle a permis d\u2019étendre le domaine des états Intersexuels à plusieurs syndromes considérés jusqu\u2019alors comme de nature dysgénétique ou dysendocrinienne.Il en fut ainsi pour le syndrome de Turner décrit jusqu\u2019alors comme une agénésie ovarienne accompagnée de plusieurs malformations caractéristiques.La plupart des malades atteintes de ce syndrome se révélèrent chromatine négatives (mâle).C\u2019est ainsi, entre autres, que Wilkins, Grumback et Van Wyk en 1954 (13), sur 22 cas de syndrome de Turner en trouvent 20 chromatine négatifs (mâle).Polani, Hunter, Lennox (33), la même année, en présentent trois cas avec chromatine mâle.Polani (33) avait prévu cette possibilité, en remarquant chez ces gens, le haut pourcentage de coarctation de l\u2019aorte (malformation plus fréquente chez le mâle).Par la suite, il recherche dans les cas de syndrome de Turner la présence de daltonisme, caractère lié au sexe mâle ; il le trouve quatre fois chez 25 malades étudiés.Ceci corrobore bien les résultats obtenus avec la chromatine du sexe. 358 LavaL MEbpicaL Octobre 1959 Une autre entité clinique est regardée sous une optique différente depuis l\u2019avènement de la chromatine du sexe.Il s\u2019agit du syndrome décrit par Klinefelter (19) comme une atrophie testiculaire survenant chez l\u2019homme et accompagnée le plus souvent de signes d\u2019ennuchoïdisme, de gynécomastie et d\u2019une hypersécrétion hypophysaire de FSH (follcule stimulating hormone).A la grande surprise de tous, l\u2019étude de la chromatine du sexe révéla un sexe génétique femelle chez un bon nombre de ces patients (16, 32 et 34).On pouvait difficilement s\u2019attendre à un tel résultat chez des gens semblant présenter tout au plus une atrophie des tubes testiculaires avec un habitus typiquement masculin.Ces constatations ont amené Nelson (29 et 38) à reviser ce syndrome ; l\u2019examen biopsique des testicules lui permit de le subdiviser en deux variétés.Dans la première variété (vrai Klinefelter) les tubules sont hyalinises mais remarquablement petits et rapprochés ; ceci indique que le processus d\u2019atrophie des tubules est survenu avant leur accroissement pubertaire.Dans la seconde variété (faux Klinefelter), les tubules sont aussi scléroses mais leur diamètre est plus grand et ils sont espacés assez uniformément ; ce processus est considéré comme consécutif à une orchite reconnue ou non et survenue après la puberté.Sur un groupe de 67 cas étudiés par Nelson, 54 se classaient dans la première variété (vrai Klinefelter) et 13 dans la seconde (faux Klinefelter).Or, dans cette série du moins, il s\u2019est avéré qu\u2019à l\u2019examen de la chromatine les vrais Klinefelter étaient tous de sexe génétique femelle alors que les autres étaient, comme on peut s\u2019y attendre, de sexe génétique mâle.5.Pathogénie des anomalies sexuelles : Nous avons passé en revue les résultats obtenus avec la recherche de la chromatine du sexe dans les différentes variétés d\u2019hermaphrodisme et dans les autres anomalies sexuelles connexes (Turner et Klinefelter).Voyons maintenant de quelle façon on explique leur apparition.Le mécanisme d\u2019apparition de ces anomalies semble complexe.On ne l\u2019a pas encore expliqué complètement.Cependant il semble s\u2019appuyer sur des troubles de développement, des facteurs endocriniens et génétiques.En 1958, Nelson (30) en même temps qu\u2019il publiait une étude de plusieurs de ces malformations, exposait leur pathogénie telle Octobre 1959 Lavar MÉDICAL 359 que comprise aujourd\u2019hui.Il divisait les syndromes selon les mécanismes pathogéniques : A.Dans un premier cas, il semble que les troubles soient dus à une dysgénésie des cellules primordiales destinées à former les gonades.a) Syndrome de Turner.En supposant que ces cellules manquent complètement, 1l y aura absence de gonades et, quel que soit le sexe génétique de l\u2019embryon, les canaux sexuels de Wolff et de Muller se différencieront vers le sens femelle, donnant ainsi les caractères féminins.C\u2019est la sécrétion hormonale maternelle qui favoriserait cette évolution.En théorie, l\u2019agénésie des gonades semblerait devoir survenir autant chez la femelle génétique que chez le mâle génétique ; cependant toute laisse croire que la vraie agénésie ovarienne est plutôt rare.En fait, tel que mentionné dans la littérature, on rencontre cing mâles génétiques pour une femelle parmi les cas de syndrome de Turner.b) Syndrome de Klinefelter.En supposant que les cellules primordiales ne manquent pas complètement mais que leur nombre soit tout simplement réduit, il semble que la composante médullaire seule de la gonade va se développer (première poussée) et former un testicule.La composante corticale (deuxième poussée) ne se forme pas même chez l'embryon de sexe génétique femelle.Sous l\u2019influence de la sécrétion de cette gonade, les canaux sexuels de Wolff et de Muller se différencieront pour donner une morphologie masculine même chez la femelle génétique.c) Hermaphrodisme vrai.On pourrait, semble-t-il, expliquer à peu près de la même façon au moins la majorité des cas de cette entité puisque la plupart des sujets sont de sexe génétique femelle.Il n\u2019y aurait pas de deuxième poussée au niveau d\u2019une gonade ou d\u2019une portion de cette gonade : d\u2019où viendrait la présence d\u2019un testicule ou d\u2019un ovotestis.B.Dans un deuxième cas (pseudohermaphrodisme mâle), il s\u2019agirait d\u2019un caractère héréditaire transmis par certaines mères.Leurs fils présentent très souvent le syndrome de fémininisation testiculaire et on rencontre parmi eux plusieurs pseudohermaphrodites mâles.Leurs filles sont normales mais la moitié peuvent engendrer des mâles anormaux.La gonade du mâle est un testicule souvent non descendu ; on trouve chez lui différents troubles des caractères sexuels secondaires.1 Dans la majorité des cas, ceci serait dû à une suppression plus ou moins 360 Lavar MÉDicAL Octobre 1959 complète du développement des canaux de Wolff et de Muller et par suite hypospadias, pénis peu développé, etc.Des anticorps maternels empécheraient l\u2019organisation et la fonction normales du testicule et provoqueraient ainsi des troubles plus ou moins marqués de la différentiation des canaux sexuels.Leurs organes génitaux externes sont souvent identiques à ceux de la femme normale.C.Une troisième pathogénie s\u2019appliquerait au pseudohermaphro- disme femelle de la variété adrénogénitale.Le syndrome rencontré plus souvent chez les filles que chez les garçons serait possiblement héréditaire.On l\u2019attribue à l\u2019absence d\u2019un enzyme 21-hydroxylase et à l\u2019impossibilité alors pour la surrénale de sécréter les 11-oxycorticoïdes (17).Par hyperstimulation hypophysaire consécutive, la surrénale s\u2019hyperplasie et sécrète de façon anormalement élevée entre autres des hormones androgénes.Ce phénomène se produit durant la seconde moitié de la grossesse ; chez l\u2019embryon femelle (génétique) les organes génitaux internes sont déjà formés, mais le sinus urogénital et les organes génitaux externes qui se développent alors peuvent prendre des caractères mâles.D.Le quatrième mécanisme expliquerait certains cas de pseudo- hermaphrodisme femelle ne dépendant pas de la surrénale.On a remarqué que certaines femmes traitées à la progestérone durant une grossesse peuvent accoucher d\u2019une fille plus ou moins virilisée.Des recherches en cours semblent permettre d\u2019attribuer la cause de ce phénomène à une déficience des surrénales maternelles qui transformeraient cet excès de progestérone en hormones androgènes.Par analogie, on se demande si certains cas de pseudohermaphrodisme femelle ne pour- raïent pas être expliqués par un trouble des surrénales fœtales qui transformeraient la progestérone endogène (c\u2019est-à-dire produite par l\u2019ovaire fœtal) en hormones androgènes.VALEUR DE LA CHROMATINE DU SEXE EN CLINIQUE Restrictions qui s\u2019imposent : La valeur pratique de la chromatine du sexe a été bien établie pour permettre le diagnostic surtout entre les deux types les plus fréquents d\u2019hermaphrodisme (2 et 9) : le pseudohermaphrodisme mâle et le Octobre 1959 Lavar MÉDicaL 361 pseudohermaphrodisme femelle dépendant de la cortico-surrénale.Ceci surtout chez le nouveau-né où le problème posé est à un stage assez simple pour que la meilleure solution soit recherchée et appliquée.Surtout dans les cas de pseudohermaphrodisme femelle d\u2019origine surré- nalienne, un diagnostic précoce est important, étant donné que le traitement à la cortisone peut permettre de les orienter vers une vie plus conforme à leurs organes génitaux Internes.Auparavant le diagnostic devait souvent se faire par laparotomie, manœuvre assez laborieuse qui donne parfois des résultats équivoques.Dans certains cas, la recherche de la chromatine du sexe pourrait rendre la laparotomie superflue.Chez l\u2019adulte, cependant, le problème n\u2019est pas aussi simple.Ilya plusieurs considérations importantes en plus du sexe génétique.Assez souvent le statut social est trop bien établi pour pouvoir être modifié.Ainsi certains pseudohermaphrodites mâles ont anatomiquement et psychologiquement des caractéristiques féminines.De tels patients devraient être traités en femmes malgré leurs gonades et noyaux cellulaires mâles.De plus les patients présentant une agénésie des gonades doivent être considérées comme des femmes même si, dans la majorité des cas, leurs noyaux cellulaires sont de type mâle.A ce sujet, il est important de savoir que Barr (3) et Wilkins (43) émettent, d\u2019accord, \"opinion que la présence ou l\u2019absence de la chromatine du sexe est un détail mineur dans la féminité ou la masculinité de toute la personne.Dans ces cas, il faut prendre une décision en fonction non seulement de la chromatine mais aussi de tous les renseignements cliniques disponibles.II faut aussi se rappeler, toujours selon Barr, que les tests cytologiques ont eu des applications théoriques importantes dans l\u2019étude de la différenciation du sexe et une valeur distincte de diagnostic en clinique.L'hypothèse que la chromatine du sexe provienne des portions hétéropycnotiques des chromosomes X ou des déterminants mâles Z est très plausible, comme 1l a déjà été dit, mais n\u2019est basée encore que sur des preuves indirectes.Si elle se révélait incorrecte, les tests garderaient leur valeur pratique en clinique mais leurs dérivations théoriques seraient grandement affectées.Donc il est encore prématuré de généraliser en disant que noyau femelle = féminité et noyau mâle = masculinité, dans les erreurs de développement du sexe (3). 362 Lavar MEbpicaL Octobre 1959 Enfin en dernier lieu, la recherche plus fréquente de la chromatine de sexe en clinique rendrait service méme lorsque le probléme ne serait pas l\u2019identification du sexe : Chez un patient hypogonadique où l\u2019on ne trouve pas d\u2019endocrino- pathie bien définie, une chromatine contraire à son sexe clinique serait d\u2019une valeur inestimable pour comprendre le problème (20).Toutes les patientes présentant une aménorrhée primitive, tous les mâles avec azoospermie devraient subir cet examen (20).Un taux élevé de FSH (follicle stimulating hormone) chez le mâle ou la femelle avec une chromatine contraire au sexe clinique, signe Ie diagnostic de dysgénésie ou d\u2019agénésie des gonades (42).Pour les cas de stérilité, jusqu\u2019à ce jour, il semble permis de dire qu\u2019aucun patient avec une chromatine négative (femelle) ne peut avoir de testicules fertiles, et qu\u2019aucun sujet à chromatine positive (mâle) ne peut posséder d\u2019ovaires fertiles.Ainsi une chromatine contraire au sexe donne une réponse définitive à un problème ardu (6 et 20).BIBLIOGRAPHIE 1.Asurey, J.B., et Jones, C.H., Discrepancies in the diagnosis of genetic sex by leucocyte morphology, Lancet, 1 : 240, 1958.2.BArr, M.L., An interim note on the application 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Octobre 1959 LavaL MEbicaL 363 13.GruMBack, M.M,, Van Wik, J.J., et WiLkins, L., Chromosomal sex in gonadal dysgenesis (ovarian agenesis), relationship to male pseudohermaphrodism and theories of human sex differenciation, J.Clin.Endoc.& Metab., 15 : 1161-1190, 1955.Hunter, W.F., et LENNOX, B., The sex of teratoma, Lancet, 2 : 633-634, 1954.HunTer, W.P., LENNOX, B., et PEARSON, M.G., Sexing skin, Lancet, 1 : 372, 1954.Jackson, W.P.U., Suariro, B.G., Vys, C.G., et HoFFEnBERG, R., Female chromatin in male eunuchoid, Lancet, 1 : 969, 1956.JAILER, J.W., Corp, J.J., Vanpe WEILE, R., et LIEBERMANN, S., A-hydroxy- progesterone and 21 desoxyhydrocortisone ; their metabolism and possible role in congenital adrenal virilism, J.Clin.Invest., 34 : 1639, 1955.Kimer, V.M., Clinical-cytological correlations of mammary carcinoma based upon sex chromatin counts, Cancer, 10 : 922-927, 1957.KLINEFELTER, H.F., REIFENSTEIN, E.C., et ALBRIGHT, F., Syndrome characterized by gynecomastia, aspermatogenesis, without a-Leydigism and increased of follicle stimulating-hormone, J.Clin.Endoc., 2 : 615-627, 1942.KuPPERMAN, H.S., Endocrinologic implications and clinical value of chromatin sex determination, Tr.New York, Acad.Sc., 20 : 505-515, 1958.Makowski, E.L., Prem, K.A., et Kaiser, I.H., Detection of sex of foetus by the incidence of sex chromatin body in nuclei of cells in amniotic fluid, Science, 123 : 542-543, 1956.MARBERGER, E., BocABELLA, R.A,, et NeLson, O., Proc.Soc.Exp.Biol., 89 : 488, 1955.MARBERGER, E., et NeLson, W.O., Sexual differences in nuclei of human skin, Anat.Rec., 118 : 399, 1954.Moore, K.L., et Barr, M.L., Nuclear morphology, according to sex, in human tissues, Acta Anat., 21 : 197-208, 1954.Moore, K.L., et Barr, M.L., The sex chromatin in benign tumors and related\u2019 conditions in man, Brit.J.Cancer, 9 : 246-256, 1955.Moore, K.L., et BARR, M.L., Smears from the oral mucosa, in the detection of chromosomal sex, Lancet, 2 : 57, 1955.Moorg, K.L., GrRanam, M.A, et Barr, M.L., The detection of chromosomal sex in hermaphrodites from a skin biopsy, Surg., Gynec.& Obst., 96 : 641-648, 1953.Moore, K.L., GrAHAM, M.A., et Barr, M.L., Sex chromatin in the freemartin, Anat.Rec., 121 : 442, 1955.Nerson, W.O., Sex differences in human nuclei with particular reference to the Klinefelter syndrome, gonadal agenesis and other types of hermaphroditism, * Acta endoc., 20 : 227, 1956.Nerson, W.O., Chromatin sex determination : 1.Application of the sex chromatin test to conditions of sexual dysgenesis, Tr.New York Acad.Sc., 20 : 493-500, 1958.Park, W.W., The occurrence of sex chromatin in chorioepitheliomas and hydatidi- form moles, J.Path.Bact., 74 : 197-206, 1957.Prunkert, E.R., et Barr, M.L., Congenital testicular hypoplasia, Anat.Rec.124 : 348, 1956.PoLan:, P.E., Hunter, W.F., et Lennox, B., Chromosomal sex in Turner\u2019s syndrome with coarctation of the aorta, Lancet, 2 : 120-121, 1954.Rus, P., Jounson, S.G., et Mossecn, J., Nuclear sex in Klinefelter\u2019s syndrome, Lancet, 1 : 962-963, 1956.Rivière, M., Sur la présence de la chromatine dans les tumeurs humaines et en particulier dans le néoplasme des glandes germinatives, Bull.cancer, 43 : 37-50, 1956. 364 Lavar MéprcaL Octobre 1959 36.Sacns, L., Sexy, D.M., et DAnon, M., Prenatal diagnosis of sex using cells from the amniotic fluid, Science, 123 : 548-549, 1956.37.Sacns, L., SEY, D.M., et DAnon, M, Analysis of amniotic fluid cells for diagnosis of foetal sex, Brit.Med.J., 2 : 795-799, 1956.38.SEGAL, S.J., et NELson, W.O., Developmental aspects of human hermaphrodism : the significance of sex chromatin patterns, J.Clin.Endoc.e Metab., 17 : 676, 1957.SHETTLES, L B., Nuclear morphology of cells in human amniotic fluid in relation to sex of infant., Am.J.Obst.& Gynec., 71 : 834-839, 1956.SoHvAL, À.R., et GainEs, J.A., Sexual differencesin nuclear morphology of tumors, inflammations, hyperplasia and squamous metaplasia, Cancer, 8 : 696-902, 1955.TAVARES, À.S., On sex of cancer and teratoma cells, Lancet, 1 : 948-949, 1955.TENCZAR, F.J., et STREITMATTER, D.E., Sex difference in neutrophil, Am.J.Clin.Path., 26 : 384-388, 1956.Wirkins, L, GrumBack, M.M., et Van Wyk, J.J., Hermaphroditism : classification, diagnosis, selection of sex and treatment, Pediatrics, 16 : 287-299, 1955.ADDENDUM Depuis la préparation de ce travail, quelques articles ont paru, dont les conclusions modifient certains aspects des problèmes traités.Dans le syndrome de Turner, Ford et ses collaborateurs (Lancet, 1 : 711, 1959) ont constaté qu\u2019il existe un seul chromosome sexuel X non accouplé à un autre X ou à un Y.Ils emploient la formule XO pour décrire cette structure chromosomiale.Dans le syndrome de Elinefelter (vrai), Jocobs et Strong (Nature, 183 : 302, 1959) ont identifié un chromosome sexuel surnuméraire réalisant un complexe XXY.Pour obtenir de plus amples détails sur le sujet, le lecteur pourra consulter les travaux des auteurs cités. MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES LES PIEDS DOULOUREUX * par Louis-Philippe ROY, F.R.C.S.(C) chef de Service d\u2019orthopédie à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec Beaucoup de gens ont mal aux pieds, et ce sont surtout des femmes.Nous avons pensé qu\u2019il serait utile de rappeler des notions oubliées.Nous voulons insister sur le fait que nous, médecins, nous devrions nous occuper davantage des pieds douloureux qui posent toujours un problème médical et économique important.Malheureusement, il faut le dire, nous ne nous occupons pas assez de ceux qui souffrent de leurs pieds ; alors ces personnes vont chercher ailleurs un soulagement à leurs maux en se procurant des chaussures, des supports, des appareils souvent fort coûteux et qui n\u2019améliorent pas longtemps les symptômes dont 1ls se plaignent.Que faire pour ceux qui ont mal aux pieds?Nous allons parler rapidement des affections les plus courantes.Il nous est impossible, au cours de ces quelques minutes, de rappeler toute l\u2019anatomie, la physio- * Travail présenté à la Journée médicale tenue à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, le 6 septembre 1958. 366 Lava\u2026 MÉDicaL Octobre 1959 logie et la pathologie du pied douloureux et nous ne traiterons pas, non plus, des pieds douloureux à cause de troubles circulatoires, des pieds des rhumatisants, ni de ceux qui ont subi des traumatismes.Nous ne parlerons pas, non plus, du pied bot du bébé, si ce n\u2019est pour dire que c\u2019est à deux semaines que commence le traitement, pas a six mois.Nous nous en tiendrons uniquement aux troubles usuels pour lesquels on vient vous voir dans votre cabinet de consultation.D\u2019abord, un court rappel anatomique.Les vingt-six os du pied sont répartis de telle sorte qu\u2019ils forment une arche longitudinale et une arche transversale.L\u2019arche longitudinale a comme clef de voûte le scaphoïde, l\u2019arche transversale est formée, par la tête des cinq métatarsiens, la deuxième servant de clef de voûte.À la marche, les trois points d\u2019appui principaux du pied sont la tête du premier et du cinquième métatarsien et le talon.Le mauvais équilibre de ces arches est la cause qui explique la plupart des pieds douloureux que nous rencontrons.Souvent, les parents nous amènent leurs enfants de deux ou quatre ans parce qu\u2019ils constatent chez eux des pieds plats.C\u2019est une déformation qui Jes inquiète, car l\u2019enfant ne se plaint pas.II faut savoir que l\u2019arche longitudinale du pied se dessine quand I\u2019enfant commence a courir et à sauter, soit vers l\u2019Âge de quatre à six ans.II est donc normal que le pied soit plat jusqu\u2019à cet âge.Alors pourquoi utiliser des supports, surtout des supports métalliques?I] faut plutôt laisser courir l\u2019enfant, même pieds nus parfois, si possible, le chausser avec une bottine ordinaire.Tout rentrera dans l\u2019ordre en deux ou trois ans.Le pied plat congénital existe, mais Il est très rare, environ six cas sur cent.Ce n\u2019est pas avant six ans que l\u2019on est appelé à le traiter.La gymnastique, un support bien fait, seront alors nécessaires.Nous en reparlerons plus loin.Vers l\u2019âge de huit à douze ans, l\u2019enfant peut se plaindre du pied, d\u2019une saillie douloureuse sous la malléole interne.II faut penser alors au scaphoïde trop proéminent ou à un scaphoïde accessoire.La radiographie précise le diagnostic.Que faire dans ces cas?Surtout ne pas songer tout de suite à la chirurgie, car la plupart de ces exostoses deviennent indolores, une fois la puberté passée.Quand il y a persistance de malaises sérieux, l\u2019exérèse peut devenir nécessaire. Octobre 1959 LavaL MEbpicaL 367 Entre dix à quatorze ans, l\u2019adolescent peut se plaindre d\u2019avoir une douleur en arrière du talon.C\u2019est à cet âge que le calcanéum s\u2019ossifie ; il arrive assez souvent que cette ossification soit douloureuse durant des mois et que l\u2019on constate même une légère chaleur rétro-calcanéenne et du gonflement.Comment traiter ce talon douloureux?Simplement en faisant porter à l\u2019arrière du talon un petit coussinet, en demandant de ne pas faire trop de sport ou d\u2019en faire moins, en donnant de la vitamine D, cinquante à cent mille unités par jour, durant quelques mois.C\u2019est à l\u2019âge adulte surtout que les pieds douloureux sont fréêquem- ment observés.La mode, dont bien des femmes sont esclaves, donne mal aux pieds aux femmes plus souvent qu\u2019aux hommes, et cela dans la proportion de 9,4 femmes pour 0,6 homme.Le talon haut fait qu\u2019on s\u2019appuie d\u2019une façon exagérée sur l\u2019avant pied ; le soulier trop court fait dévier les orteils ; et ainsi se trouve réalisé graduellement l\u2019affaissement de l\u2019arche transversale ou métatarsienne de l\u2019avant-pied avec son ensemble de symptômes : a) sensation de brûlure d\u2019abord sous la tête des métatarsiens ; puis, b) apparition de callosité plus ou moins étendue ; c) cors sur les orteils ; et d) ballux valgus (oignons).Que faut-il faire pour rendre moins douloureuse la callosité plantaire ?De toute évidence, 1l faut d\u2019abord convaincre la malade qu\u2019elle doit porter un soulier approprié, c\u2019est-à-dire ayant un talon cubain bas et que ce soulier doit être assez long et pas trop large.C\u2019est la base du traitement et tout le reste est inutile si la patiente ne veut pas se résoudre à porter un soulier approprié.Dans la chaussure dont nous venons de parler, 1l faut souvent ajouter un support métatarsien ainsi qu\u2019une bande élastique autour de l\u2019avant- pied ; cela contribue à rétrécir la chaussure et à redonner des points d'appui plus normaux à l\u2019avant-pied.Parfois, lorsque la callosité est très étendue, une barre transversale de deux lignes d\u2019épaisseur, posée sous la semelle, extérieurement, par conséquent, et correspondant à l\u2019arrière de la tête des métatarsiens, soulage énormément le pied.Cela empêche l\u2019appui direct de l\u2019avant- pied ; quand on ajoute à cette barre une bande d\u2019élastoplast circulaire autour de l\u2019avant-pied et que l\u2019on change cette bande tous les cinq ou six Jours, on diminue beaucoup la sensation de brûlure sous le pied. 368 Lavar.MÉDicaL Octobre 1959 Les bains de contraste, soit ceux où le pied est immergé durant deux minutes dans l\u2019eau chaude, puis une minute dans l\u2019eau froide, constituent une manœuvre qui, répétée quatre à cinq fois dans chaque eau, apporte aussi du soulagement.Lorsque le traitement conservateur que nous venons de décrire ne donne pas le soulagement attendu, il reste l\u2019intervention chirurgicale.Nous croyons que J\u2019ablation de la callosité plantaire n\u2019est à peu près Jamais indiquée et qu\u2019i] est possible de soulager autrement la patiente.Quand la callosité est très localisée, 1l peut y avoir parfois indication d\u2019en enlever la cause, soit la tête du métartasier sous-jacent (opération de Hohman).La résection de l\u2019hallux valgus, par contre, est souvent nécessaire, surtout quand cette déformation est accentuée et qu\u2019il est quasi impossible de faire porter une chaussure convenable.Ici, bien des procédés chirurgicaux peuvent être employés, soit la résection simple de l\u2019exostose, soit la résection de l\u2019exostose et celle de la base de la phalange (Keller) ou de la tête du métatarsien (Mayo), soit une ostéotomie.Ces divers procédés ont chacun leurs défenseurs ; dans l\u2019ensemble, 1ls apportent un soulagement marqué aux patients.II faut, toutefois, prévenir ces opérés que ce n\u2019est pas avant six à huit semaines qu\u2019ils se sentiront à l\u2019aise dans leur soulier et qu\u2019il leur faudra quand même se chausser bien.Le support métallique vendu dans le commerce est absolument inutile et 1llusoire comme traitement de la callosité plantaire et de l\u2019hallux valgus.Et, pourtant, que de dépenses considérables les femmes ne font- elles pas chez leur bottier, chez le chiropodiste, avant de voir leur médecin ?Outre l\u2019hallux valgus et la callosité plantaire, 1l existe d\u2019autres causes de douleur à l\u2019avant-pied chez l\u2019adulte : a) le neurome interdigital (maladie de Morton) ; b) la fracture de marche ; c) la maladie de Freiberg.Le neurome interdigital se manifeste par une douleur qui siège généralement au niveau de la tête du troisième ou du quatrième méta- 369 Octobre 1959 Lavar MéDpicaL C\u2019est l\u2019hypertrophie du nerf interdigital et le seul traitement en est l\u2019exérèse.tarsien Irradiant vers l\u2019orteil avec une sensation de brûlure.Les docteurs E.Morin et J.Lemieux, à la suite de Niessen, et d\u2019autres ont fait de belles recherches sur la maladie de Morton.La fracture de marche se rencontre chez les personnes fatiguées surtout et elle se manifeste par une douleur lancinante à l\u2019avant-pied qui s\u2019accompagne d\u2019un léger gonflement vers le troisième et le quatrième métartarsien.Cette douleur est tenace, fait boiter et amène généra- lement le patient au cabinet de consultation du médecin après une durée de quelques semaines.Une radiographie montre souvent cette fracture, qui est parfois prise pour une tumeur.La fracture guérit, comme toutes les fractures, avec le repos et avec le temps.À l\u2019avant-pied, d\u2019autres lésions peuvent être douloureuses : L\u2019orteil en marteau.Généralement, c\u2019est le deuxième orteil, et cette déformation est souvent causée par l\u2019hallux valgus ; c\u2019est l\u2019hallux valgus qu\u2019il faut alors traiter.Pour l\u2019orteil même, le cor douloureux peut être soulagé par des applications d\u2019élastoplast que l\u2019on renouvelle plusieurs fois.Parfois, 1l faut recourir à une opération et faire une arthrodèse.Chez l\u2019enfant, 1l n\u2019y a rien à faire, le plus souvent, car 1l n\u2019en souffre pas.Le cinquième orteil est souvent surélevé sur le quatrième.Non douloureux, et ne réquérant aucun traitement chez l\u2019enfant, 1l faut souvent, chez l\u2019adulte, faire l\u2019amputation de cet orteil pour guérir défini- P P g tivement un cor sans cesse douloureux.Telles sont les principales affections qui entraînent l\u2019affaissement de l\u2019arche métatarsienne.Le véritable pied plat, ne relève pas d\u2019un traumatisme ni du rhuma- tisme, mais d\u2019une surcharge pondérale, d\u2019un affaiblissement musculaire.Ici, les hommes paient un tribut égal à celui de la femme.Com- ment soulager le pied plat rigide, avec léger œdème, accompagné de myalgie dans la jambe?Que faut-il faire pour permettre à ces patients de vaquer à leurs occupations ?D\u2019abord, s\u2019il s\u2019agit de surcharge pondérale récente, il faut faire maigrir le patient.Les bains de contraste, les antispasmodiques rendent service, de même que la gymnastique du pied.Que penser des supports?(6) 370 Lava\u2026 MépicaL Octobre 1959 Un pied plat rigide bénéficiera certainement de leur emploi, que le support soit à même la chaussure ou surajouté.Personnellement, le support longitudinal en cuir, bien adapté dans le soulier me semble le plus souvent indiqué.Le support métallique soulage les personnes lourdes et celles qui présentent de l\u2019arthrite à certaines articulations du pied ; ce sont là ses indications.Autrement, 1l est nuisible, et Dieu sait l\u2019argent dépensé, sans apporter de soulagement, chez les vendeurs de chaussures.Il est rare qu\u2019une intervention chirurgicale soit indiquée pour le pied plat.L\u2019arche longitudinale peut être trop accentuée, c\u2019est le pied creux, qui reconnaît diverses étiologies et qui cause des troubles douloureux fréquents, tels que des callosités plantaires, des orteils en griffe avec cors, l\u2019atrophie du mollet.Le support de cuir ou un coussinet dans la chaussure rendent ces pieds creux moins douloureux.Assez souvent, une intervention chirurgicale améliore ces patients de façon marquée par des ténotomies, par des transplantations, même par des arthrodèses.Il reste à dire quelques mots à propos des talons douloureux.La douleur peut être dans le talon, à l\u2019arrière du talon, sous le talon.Une douleur dans le talon peut provenir d\u2019une tumeur calcanéenne, d\u2019une fracture, d\u2019une arthrite sous-astragalienne.La radiographie fait préciser le diagnostic.La douleur sous le talon peut être consécutive à une chute ayant contusionné le coussinet graisseux du talon.Ces douleurs durent longtemps.Souvent, la douleur survient insidieusement, sans accident, chez des personnes qui ont pris de l\u2019embonpoint rapidement.Le fascia plantaire se trouve alors tiraillé par la surcharge pondérale et la tendance au pied plat.Très souvent, il apparaît même un ostéophyte que l\u2019on appelle épine de Lenoir.Ces personnes ne peuvent marcher longtemps sans souffrir du talon.Comment les soulager?D'abord, 1l faut les faire amaigrir, s\u2019il y a lieu, puis leur faire porter une chassure ayant un talon de caoutchouc et un coussinet qui sont nécessaires à la correction de cette affection du pied.Une médication antirhumatismale, de l\u2019hydrocortone en application locale, doivent être prescrites. Octobre 1959 Lavar.MÉDrcar 371 De la novocaïne sur le côté externe de la jambe, à cinq cm au-dessus de la pointe malléolaire externe, rendra service en anesthésiant une branche sensitive du poplité externe.Il faut retenir qu\u2019une intervention chirurgicale n\u2019est à peu près Jamais indiquée.Les douleurs rétro-calcanéennes sont souvent causées par une bursite ; elles se rencontrent chez les adolescents surtout ; une opération n\u2019est pas nécessaire souvent.Chez l\u2019adulte, au contraire, si on ne parvient pas à ajuster la chassure, il faudra souvent faire une bursectomie accompagnée ou non de résection osseuse sous-jacente. PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE LA RÉGULATION DE LA RÉSISTANCE CAPILLAIRE VI.Influence du traumatisme chirurgical, des ultraviolets, de l\u2019âge et du sexe sur la croissance et la résistance capillaire * par Jean-Yves McGRAW, M.D., D.Sc.Poursuivant nos études (4, 5, 6, 7 et 8) sur la croissance et la résistance capillaire, nous avons cru utile de vérifier l\u2019influence de certains facteurs généraux, à savoir : 1° le traumatisme chirurgical ; 2° l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes ; 3° l\u2019âge ; et, 4° le sexe.Notre travail expérimental consiste en quatre expériences traitant successivement de chacun de ces sujets.PREMIÈRE EXPÉRIENCE Influence du traumatisme chirurgical sur la croissance et la résistance capillaire du cobaye et du rat L'évolution de nos recherches semblait donc davantage confirmer notre hypothèse initiale d\u2019un mécanisme endocrinien de la régulation * Extrait d\u2019une thèse présentée à l\u2019École des gradués de l\u2019université Laval pour l\u2019obtention d\u2019un doctorat ès sciences biologiques. Octobre 1959 LavaL MEDICAL 373 de la résistance capillaire.Or, avant de pousser plus loin cette étude des relations des facteurs hormonaux avec la résistance capillaire, 1] est apparu de toute première importance de reconnaître l\u2019action spécifique de l\u2019acte chirurgical sur un tel phénomène.L\u2019étude du traumatisme chirurgical, en plus de faire connaître l\u2019effet d\u2019un autre agent stressant sur la résistance capillaire, permettrait également de mesurer son influence et de mieux identifier son action propre dans les différentes exéréses rendues nécessaires par la progression de notre hypothèse primitive, tant de fois justifiée par la constante concordance des résultats antérieurs.Protocole expérimental L\u2019expérience a été effectuée chez des animaux mâles adultes de pelage blanc, d\u2019un poids moyen de 347,4 g (320 à 360 g) pour les cobayes, et de 232,6 g (222 à 246 g) pour les rats.Les animaux nourris ad libitum, ont reçu une diète normale et équilibrée pendant toute la durée de l\u2019expérience.Les mesures ont porté sur un nombre identique (dix animaux) de cobayes et de rats, et ce chiffre est demeuré constant pendant toute l\u2019expérience, qui a duré 21 jours.L'acte chirurgical, qui a simulé une surrénalectomie (anesthésie à l\u2019éther ; incision dorsale médiane longue de trois cm, refermée à l\u2019aide de trois agrafes Michel), a pu être facilement supportée par tous les animaux, sans que nulle anomalie visible n\u2019ait été observée chez aucun des animaux opérés.Aucun traitement n\u2019ayant été administré, l\u2019expérience actuelle étudie donc uniquement l\u2019influence du traumatisme chirurgical et de sa période de récupération sur la résistance capillaire.Résultats Croissance : Il apparaît évident, après comparaison des différents résultats (tableau I et figure 1) que l\u2019intervention chirurgicale entraîne un arrêt momentané de la croissance qui, bien que légèrement plus marqué chez le cobaye, apparaît cependant peu important : 1l est, en effet, possible Croissance, en g, de cobayes et de rats soumis à un traumatisme chirurgical TABLEAU Î COBAYES RATs JOUR DE LA MESURE Normaux Opérés Normaux Opérés 0.352,6+ 6,24 347,4+5,82 238,4+ 4,90 232,6 +4,84 u.353,0+ 6,30 347,0+5,78 238,8+4,96 232,0+4,80 1.355,5+ 6,38 340,6 +5,26 241,2+5,21 227,5+4,22 3.362,2+ 6,87 344,8+5,37 246,6+5,47 230,4+4,31 7.376,7+ 7,65 357,5+6,56 259,5+6,86 244 8+5,08 14.399,9+ 8,78 378,7 7,42 278,4+7,52 262,4+6,67 PA 428,7 +10,12 408,6 +9,23 295,2+ 8,74 284,0+8,89 Variations totales : 1.absolues.+76,1 +61,2 +56,8 +51,4 2.pourcentage.+21,6 +17,6 +23,8 +22,1 Valeursde «p».0,9 9LE TVIICHIN TVAVT] 6561 21403100 Octobre 1959 Lavar MéDicaL 377 plus durable, de ces variations : l\u2019élévation certaine et significative de la résistance capillaire enregistrée dès la sixième heure et qui semble atteindre ses valeurs maxima à la vingt-quatrième heure est, en effet, encore relativement marquée au troisième jour.De plus, l\u2019influence du trau- Résistance cepilleire en cm He Groupes : CN e ° +R ° CX e-e 50 q , RN o 0.\\ RY O~=====n le | \\ | \\ \\ | ° \\ OU \\ 30 = | \\ \\ ! | \\ \\ ! 0\u2014\u2014a A 5 © _\u2014 8 1 \\ ~ Ç Pi | \\ Sa 7 S00 \\ > A7 | \\ NSO > \u2018 ; \\, ° emg =e - e \u2014 o ~ - si _ Le ~~ 10 m4 >< = .Pi C 1 I =) Jours 01 3 7 14 21 Figure 2.\u2014 Résistance capillaire de rats et de cobayes soumis à un traumatisme chirurgical.matisme est manifeste jusqu\u2019à la septième journée, ou la résistance capillaire retrouve ses valeurs de départ.Il est évident, cependant, que la poussée ascensionnelle de la résistance capillaire, contemporaine de l\u2019intervention chirurgicale, n\u2019est observée que dans les suites opératoires immédiates : la chute plus ou moins rapide, mais progressive, qui semble déjà amorcée dès la troisième 378 Lavar MEbicaL Octobre 1959 journée, marque vraisemblablement le début de la période de récupération, ou l\u2019organisme tendra à rétablir son équilibre hormonal et métabolique.Au cours de cette phase d\u2019ajustement ou d\u2019adaptation, la résistance capillaire s\u2019abaisse à des valeurs anormalement basses, et sa réascension progressive, qui se termine par son retour aux valeurs initiales, marque vraisemblablement le rétablissement de l\u2019équilibre ou la fin du cvcle des perturbations organiques déclenchées par l\u2019acte opératoire.Discussion L\u2019élévation posttraumatique de la résistance capillaire a été primitivement observée par Ungar (15), qui, ayant obtenu des résultats identiques chez des cobayes normaux après injection du sérum sanguin provenant de cobayes traumatisés, a émis l\u2019hypothèse que le sang de tels animaux contenait une substance qui devait être identifiée avec l\u2019hormone corticotrope hypophysaire (16).Ces premières conclusions ont ultérieurement été confirmées par Kramar (3), qui a cependant remarqué que cette élévation, quand elle était présente, était extrêmement fugace et immédiatement remplacée par une diminution anormale de la résistance capillaire.La raison de cette expérience n\u2019était pas tellement de reprendre ces travaux, mais plutôt de reconnaître l\u2019influence propre du traumatisme chirurgical sur les modifications de la résistance capillaire consécutives aux différentes opérations d\u2019exérèse, dont il sera question ultérieurement.Or, l\u2019étude de l\u2019action du traumatisme chirurgical confirme les résultats expérimentaux recueillis sur l\u2019influence de l\u2019inanition [expérience 1 (7)] ou du froid [expérience 1 (8)] sur la résistance capillaire.Il semble, en effet, que la réponse de l\u2019organisme à l\u2019un ou l\u2019autre de ces agents stressants soit identique et connaisse un même inducteur.Pour mieux identifier l\u2019action du traumatisme chirurgical, il devenait cependant nécessaire de rechercher l\u2019influence possible de l\u2019anesthésie sur la résistance capillaire.Or cette expérience, menée à la fois chez le cobaye et chez le rat, a montré que l\u2019éther était également capable d\u2019augmenter momentanément la résistance capillaire, bien que cette élévation, cependant significative, soit essentiellement brève (30 minutes à quatre heures) et peu importante (six 4 neuf cm de Hg). Octobre 1959 379 LAavAL MÉDICAL Après avoir observé l\u2019effet de l\u2019anesthésie sur la résistance capillaire, il nous est apparu intéressant de connaître l\u2019importance que pouvait présenter, dans l\u2019interprétation des résultats de la résistance capillaire, l\u2019influence du choc émotionnel.Or il est exact d\u2019admettre que la seule irritabilité ou la moindre excitabilité est suffisante à fausser la lecture de la résistance capillaire, entraînant ainsi des chiffres anormalement élevés et plus ou moins divergents de la valeur moyenne du groupe considéré.D\u2019ailleurs, les travaux de Steenburg et Ganong (12), qui ont montré que la seule immobilisation déterminait, chez le chien, une augmentation rapide du taux sanguin des corticoides en méme temps qu\u2019une éosinopénie importante, ne laissent aucun doute sur la réalité du stress que représente le stimulus ou le choc émotionnel.Il est, de plus, évident qu\u2019un simple spasme des précapillaires peut conduire à des lectures faussement hautes et, ainsi, interférer avec l\u2019exactitude du test.L\u2019influence constamment possible du choc émotionnel, dont l\u2019importance est certes plus marquée chez le rat que chez le cobaye, incite donc à ménager attentivement la susceptibilité des animaux utilisés, et même à rendre leur manipulation la plus simple possible.Pour cette raison, nous avons préféré, au cours de toutes nos mesures, retenir fermement l\u2019animal entre les mains, plutôt que de la fixer à un appareil immobilisateur.L\u2019influence du traumatisme chirurgical sur la résistance capillaire apparaît donc concorder avec les résultats observés à l\u2019occasion d\u2019autres stresses.Or, s\u2019il n\u2019existe aucun doute que l\u2019élévation de la résistance capillaire est la conséquence de la décharge de corticotrophine hypophysaire et de l\u2019élaboration accrue de stéroïdes corticaux déterminées par la présence de l\u2019agent stressant, il n\u2019est pas aussi facile d\u2019expliquer la signification des variations ultérieures de la même courbe de résistance capillaire.Un premier point est l\u2019inefficacité de la corticotrophine (3) à prévenir la chute de la résistance capillaire caractérisant la seconde phase de la réponse déterminée par le traumatisme chirurgical : 1l ne peut donc s\u2019agir d\u2019un hypofonctionnement hypophysaire momentané et compensateur, entraînant secondairement un hypofonctionnement cortical. 380 Lavar MEpicaL Octobre 1959 De plus, des deux fractions corticales, seule la cortisone, administrée immédiatement après le traumatisme, est capable de protéger contre la chute de la résistance capillaire, alors que la désoxycorticostérone est Impuissante et inefficace (3).L\u2019ensemble de ces faits semblait donc favoriser le caractère primitif de cet hypofonctionnement du cortex surrénal.Or, des travaux déjà cités (9) ont montré que, chez les animaux stressés, 72 heures après la production du stress, les taux surrénaliens des corticostéroïdes, tant au point de vue quantité totale que concentration tissulaire, étaient redevenus équivalents à ceux du rat témoin.Il semble donc inadmissible de vouloir expliquer la chute de la résistance capillaire par un hypofonc- tionnement cortical inexistant.De plus, puisque le taux sanguin d\u2019une substance traduit l\u2019équilibre métabolique entre sa production et sa destruction, ou encore entre son utilisation et son excrétion, 1] a été prouvé (12) qu\u2019à la suite d\u2019une intervention chirurgicale, 1l existait un délai dans la destruction ou dans l\u2019excrétion des corticostéroïdes actifs.Il ne serait donc pas impossible que le ralentissement de la disparition sanguine des corticostéroïdes actifs inhibe subséquemment l\u2019hypersécrétion hypophysaire de cortico- trophine.D\u2019autre part, le retour à la normale de la courbe de résistance capillaire, comme signalé antérieurement, pourrait signifier un commencement d\u2019adaptation aux conditions nouvelles : l\u2019absence de réponse de la résistance capillaire à l\u2019administration de corticotrophine, de même que l\u2019hypertrophie tardive de la surrénale (Ja décharge hormonale occasionnée par le stress entraînant, au contraire, une baisse pondérale) semblerait signifier la phase d\u2019élaboration ou de charge, correspondant à l\u2019accumulation de matériau hormonal.I] s\u2019agirait alors vraisemblablement d\u2019un phénomène compensateur permettant à l\u2019organisme de s\u2019adapter à la situation nouvelle.Or, il semble bien que cette phase d\u2019adaptation soit principalement dévolue à la fonction thyroïdienne.La thyroxine est, en effet, la seule substance hormonale jusqu\u2019ici étudiée qui abaisse la résistance capillaire.De plus, il est absolument logique de penser qu\u2019une fois passée la phase de choc ou de résistance dont est responsable la fonction corticale, Octobre 1959 Lavar MÉprcaL 381 le caractère anabolisant de l\u2019hormone thyroïdienne prédomine sur l\u2019action catabolisante de l\u2019hormone corticale dans le phénomène de récupération.En admettant l\u2019hypothèse initiale que le stress détermine effectivement, au niveau de l\u2019hypophyse, une hypersécrétion ou une double décharge d\u2019hormone cortisotrope et thyréotrope, il se présente alors deux possibilités permettant d\u2019expliquer l\u2019évolution de Ja réponse de la résistance capillaire.Il est d\u2019abord possible que l\u2019hyperproduction de thyrotrophine soit subséquemment inhibée a la fois par la corticotrophine et par la fraction gluco-corticoide du cortex surrénal (10).Dans ce cas, ou le retour à la normale de la sécrétion hypophysaire de corticotrophine pourrait rétablir l\u2019hyperproduction de thyrotrophine, ou encore la diminution de l\u2019élaboration des hormones corticales permettrait ou favoriserait une plus grande activité ou une plus grande utilisation (1) de l\u2019hormone thyroïdienne, sans que ne soit alors modifiée la sécrétion hypophysaire normale.Il est également possible, cependant, que coexiste la double hypersécrétion de corticotrophine et de thyrotrophine (2), en accordant toutefois une plus grande importance à la sécrétion de corticotrophine, par suite de son action fortement dépressive sur l\u2019hyperséerétion de thyrotrophine.Le début de la période d\u2019adaptation, qui est marqué par le retour à la normale de la fonction corticale, permettrait alors la manifestation des effets jJusqu\u2019alors mitigés de l\u2019hypersécrétion hypophysaire de thyrotrophine : cette hypersécrétion, à un degré toutefois décroissant, persisterait et prédominerait jusqu\u2019à la récupération complète, marquant le retour de l\u2019équilibre hormonal et métabolique normal.Quoiqu'il en soit, l\u2019augmentation de l\u2019activité thyroïdienne, qui fait suite à l\u2019hyperactivité corticale contemporaine du stress, apporte une explication logique à l\u2019hypofonctionnement cortical relatif, qui peut être facilement corrigé par l\u2019admmistration de faibles doses (deux mg) de cortisone.L\u2019arrêt du traitement à la cortisone est cependant suivi des mêmes variations de résistance capillaire observées chez les animaux non traités (à publier), montrant ainsi la réalité et la persistance de l\u2019hyperactivité thyroïdienne tout au long de cette phase de récupération. 382 LavaL.MéDicaL Octobre 1959 Conclusion Le traumatisme chirurgical détermine une élévation immédiate et marquée de la résistance capillaire : cette réponse diffère de l\u2019effet propre à l\u2019anesthésie par l\u2019importance et la durée de son action.D\u2019une façon commune et identique aux autres stresses jusqu\u2019ici étudiés, la courbe de résistance capillaire tracée dans les suites postopératoires montre des variations définies qui semblent traduire le déséquilibre hormonal contemporain des phases de résistance ou d\u2019adaptation à l\u2019action de l\u2019agent stressant.Il semble, par suite de la rapidité et de l\u2019importance de leur répercussion sur un tel phénomène, que la mesure de la résistance capillaire pourrait être avantageusement utilisée, tant en clinique qu\u2019en laboratoire dans l\u2019étude qualitative des perturbations des sécrétions hormonales.DEUXIÈME EXPÉRIENCE Influence des vitamines À et C sur la croissance et la résistance capillaire du cobave exposé aux radiations ultraviolettes L\u2019influence des différents agents stressants sur la résistance capillaire a été, à maintes reprises, étudiée précédemment.Or, tant pour montrer que la mesure de la résistance des capillaires cutanés permet, en dépit de la diversité anatomique et physiologique des capillaires cutanés et viscéraux une idée assez précise de la résistance capillaire générale du sujet examiné, que pour rechercher l\u2019action complémentaire d\u2019un autre agent stressant sur la résistance capillaire, 1l a semblé particulièrement intéressant d\u2019étudier l\u2019effet d\u2019un stress qui intéresse principalement le tissu cutané : l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes, en effet, en plus de provoquer une réaction générale, produit localement une réaction cutanée importante.De plus, l\u2019expérience actuelle, en même temps qu\u2019elle identifie l\u2019action encore inconnue de l\u2019irradiation ultraviolette sur la résistance capillaire, étudie spécifiquement l\u2019influence des vitamines À et C qui, administrées soit avant soit après l\u2019irradiation, sont éventuellement susceptibles de modifier le caractère de la réponse des capillaires à une telle agression. Octobre 1959 Lavar MeEbicaL 383 Protocole expérimental L'expérience, dont le protocole est décrit au tableau III, a été effectué chez des cobayes mâles de pelage blanc, d\u2019un poids moyen de 296,5 g (270 à 335 g).Le régime de base a consisté en cubes pulvérisés de nourriture Purina pour chiens.Les animaux ont été nourris ad libitum et ce régime s\u2019est avéré scorbutigène chez ceux qui n\u2019ont reçu aucun apport exogène d\u2019acide ascorbique.Les cobayes furent divisés, dès le début de l\u2019expérience, en sept groupes de six animaux chacun, recevant, de façon intermittente, les traitements décrits au tableau III.Le B-caroténe, en solution dans lhuile de maïs, a été admmistré par voie orale, et l\u2019ascorbate de sodium, en solution aqueuse, a été donné en injection intrapéritonéale.Tous les traitements ont été donnés en une dose unique quotidienne de 0,1 cm3.L\u2019irradiation ultraviolette a été fournie par un appareil Hanovia, type S 319 A.Les animaux, les yeux voilés, retenus immobiles dans une petite boîte de bois (dont la paroi supérieure, largement grillagée, permettait l\u2019entrée libre des rayons), et placés à environ 25 cm du foyer lumineux, n\u2019étaient Jamais exposés plus de dix minutes aux rayons.Des expériences préliminaires, concernant la distance de l\u2019irradiation et le temps d\u2019exposition, avaient permis d\u2019établir ces normes qui entraînaient la production passablement uniforme d\u2019un érythème cutané et d\u2019un choc systématique modérément sévères.Ces précisions semblent d\u2019autant plus importantes que la présence de conditions défavorables amenait infailliblement la réalisation d\u2019un état de choc irréversible.L'administration des traitements s\u2019est faite soit dans les Jours qui ont précédé l\u2019irradiation, soit encore immédiatement après l\u2019exposition aux radiations.La durée de l\u2019expérience a été de 29 jours ; une autopsie fut faite le dernier jour, mais ses résultats ne seront cependant pas interprétés ici.Résultats Croissance : Les résultats de la croissance sont compilés au tableau IV et représentés par la figure 3. TasLEAU III Protocole de la deuxième expérience, chez des cobayes maintenus à une température constante et soumis d un régime scorbutigéne TRAITEMENTS SIGLES NOMBRE GROUPES DES D'ANIMAUX GROUPES Nature Dose en mg Voie d'administration Durée en jours TÉMOINS 0 6 A75 6 B-carotène 0,075 Orale 0-7;14;19-21 A150 6 B-carotène 0,150 Orale « C5 6 Ascorbate de sodium 5,0 Intrapéritonéale « TRAITÉS.002005000005 C20 6 Ascorbate de sodium 20,0 Intrapéritonéale « A75C5 6 Carotène-ascorbate 0,075+5,0 Oraleintrapéritonéale « A150C20 6 Carotène-+ascorbate 0,150+20,0 Orale+intrapéritonéale « (4°22 TVOIAI\\ TVAV] 6561 21903100 TasrLeau IV Croissance, en g, de cobayes soumis aux ultraviolets et à divers traitements vitaminiques COBAYES TRAITÉS JOUR DE LA MESURE TÉMOINS A75 A150 C5 A75C5 A150C20 328,5 +7,56 314,5 +7,28 366,5 +8,94 355,5+8,48 360,0 +8,87 351,0 +8,52 290,0 +7,16 284,0 +7,04 219,0 +5,23 209,0 +4,68 299,3 +6,48 289,3+6,25 331,7+7,52 326,3+7,44 332,7 +7,64 322,3+7,49 291,0 +6,57 273,7 +6,34 255,3 +5,46 239,0+5,29 298,7 +6,56 287,7 +6,37 339,3+8,06 335,7+7,92 344,0 +8,64 336,3 +8,42 332,7 +8,29 320,0 +8,04 304,3 +7,92 291,0+7,26 282,7 +5,84 264,7 +5,68 290,7 +5,98 283,0 +5,74 324,7 +7,49 313,0 +7,23 331,3+7,97 326,3 +7,86 323,7 +8,02 306,0 +7,88 286,3 +5,69 274 0+5,51 299,7 +6,02 296,3 +5,94 324,0 +7,24 316,3+7,12 327,7 +7,44 318,0 +7,30 315,7+7,32 309,3+7,18 290,7+ 6,34 282,0+ 6,23 323,7+ 8,14 320,3+ 8,08 365,3+ 9,46 359,0+ 9,35 378,7 +10,06 368,0+ 9,99 388,0+11,18 378,7 + 10,94 Variations totales : 1.absolues.2.en pourcentage Valeurs de «p».6S6I 21G019() I > < > = tri 2 Oo > = 386 Lavar Mépicar Octobre 1959 1004 x c10 188 \\ 7 80 10 NN AN 7y 604 7 \u2019y 71 ON /1 yo- x.LS! ee 7 / xe./£N > tee.\\es SH LT N\\A ® a mem a.#7 \\ \u2014.\\ 04 KV; N/ (Cs ff / RY?4 947 , Jr oN LL \\/ AL A-150 rt, 309 > Croissance, en qremmes 40+ « 604 ANS 80 4 1004 120 - \u2014 \\e 2 v v v v + v T8 Iv is ala 28 29 jours Figure 3.\u2014 Croissance, en g, de cobayes soumis aux ultraviolets et a divers traitements vitaminiques. Octobre 1959 LAavar.MéDicAL 387 a) Selon le groupe.L\u2019étude des courbes de croissance permet d\u2019abord de faire quelques considérations d\u2019ordre général.II est d\u2019abord évident que la carence (groupe O) se répercute tôt sur la croissance : dès le quinzième jour, en effet, la courbe devient progressivement et rapidement descendante.Par ailleurs, si le traitement à 0,075 mg de B-carotène (groupe A75) ne semble pas retarder l\u2019apparition de la carence, il en retarde l\u2019évolution : la progression du scorbut, bien que subissant des exacerbations lors de l\u2019irradiation, apparaît, en effet, considérablement ralentie chez les animaux de ce groupe.Par contre, l\u2019administration de B-carotène à la dose de 0,150 mg retarde effectivement l\u2019apparition de la carence qui, plus lente à s\u2019installer, est également beaucoup moins sévère que chez les animaux non traités ou ne recevant que 0,075 mg de B-carotène.De plus, avant la manifestation des premiers signes de carence (vingt-deuxième jour), le même traitement à 0,150 mg de B-carotène s\u2019avère très efficace à favoriser une récupération rapide de la croissance après l\u2019arrêt passager occasionné par l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes.D\u2019autre part, il n\u2019apparaît pas moins évident que l\u2019infime dose de cinq mg d\u2019acide ascorbique, même injectée d\u2019une façon sporadique, est suffisante à assurer une croissance relativement régulière, bien que passablement ralentie, et à empêcher ainsi le développement du scorbut.Cet effet n\u2019est cependant pas maintenu ou prolongé au-delà de l\u2019arrêt du traitement et, même dans le groupe A75 C5, ou le traitement a cinq mg d\u2019acide ascorbique a toujours été associé à 0,075 mg de B-caroténe, la courbe de croissance devient rapidement stationnaire puis décroissante, à mesure que progresse la carence.Les animaux recevant 20 mg d\u2019acide ascorbique présentent, au contraire, une croissance normale, qui semble légèrement influencée par l\u2019adjonction de 0,150 mg de B-caroténe.La reprise de la croissance, après la chute pondérale contemporaine de l\u2019irradiation, est de plus très rapide chez les animaux de ces groupes.Enfin, même après l\u2019arrêt des traitements, les animaux des groupes C20 et A150.C20 continuent à présenter un taux Identique et normal de croissance.b) Selon le traitement.Les périodes au cours desquelles les traitements ont été administrés, ont été représentées par l\u2019inscription d\u2019un 388 LavaL MEbpicaL Octobre 1959 trait plein dans la partie inférieure de la figure 3.II apparaît d\u2019abord évident, après comparaison avec le groupe non traité, que l\u2019administration des traitements immédiatement après l\u2019exposition aux rayons ultraviolets (Jour 0) n\u2019a aucunement influencé ni la chute de poids consécutive à l\u2019irradiation, ni la reprise immédiate de la croissance.Le fait, cependant, de maintenir les traitements au cours des huit Jours (0\u2014 7 Jours) qui ont précédé la nouvelle exposition aux rayons ultraviolets, semble exercer un effet protecteur net sur la chute de poids consécutive à l\u2019irradiation ; cet effet apparaît surtout marqué dans tous les groupes recevant de la vitamine A.Par contre, la seule administration des traitements immédiatement après une troisième exposition aux radiations ultraviolettes (jour 14) ne semble aucunement affecter l\u2019arrêt de la croissance secondaire à l\u2019irradiation.Il en est de même pour les traitements administrés pendant deux jours (19-21 Jours) avant une quatrième irradiation.Peut-être faudrait- il toutefois signaler 1c1 que le traitement à 20 mg d\u2019acide ascorbique, seul ou associé à 0,150 mg de B-caroténe, permet quand méme une récupération complète de la croissance, alors que tous les autres traitements sont efficaces à le faire, vraisemblablement sous l\u2019influence de l\u2019établissement progressif de la carence en vitamine C.Enfin, la chute pondérale déterminée par la cinquième et dernière irradiation, alors que les animaux n\u2019avaient regu aucun traitement pendant les huit Jours qui avaient précédé l\u2019exposition aux rayons ultraviolets, est particulièrement importante chez les animaux où la carence en vitamine C est déjà poussée et le scorbut déjà sévère.Si l\u2019association des vitamines À et C, dans le groupe A75 C5, n\u2019avait pas semblé, au cours des irradiations précédentes, apporter de meilleurs résultats que le seul traitement 4 5 mg d\u2019acide ascorbique, il ne fait aucun doute que les animaux du groupe A75 C5, huit Jours après l\u2019arrêt de tout traitement, présentent une résistance bien supérieure à la déperdition de poids occasionnée par l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes ; cette action protectrice de la vitamine À semblerait confirmer, une fois de plus, le synergisme des vitamines À et C, dont 1l a été fait mention à maintes reprises antérieurement. Octobre 1959 Lavar MEbpicAL 389 Peut-être faudrait-il également mentionner le fait qu\u2019à compter de la troisième irradiation, sinon de la deuxième, seuls les animaux recevant la plus haute dose d\u2019acide ascorbique, seule ou associée à la vitamine À, continuent à recouvrer un taux normal de croissance, alors que les animaux de tous les autres groupes présentent ou un maintien ou une chute de croissance.Il nous semble devoir expliquer ce fait par l\u2019établissement ou la progression, dans ces groupes, d\u2019une déficience vitaminique C, à moins que la répétition des expositions aux radiations ultraviolettes détermme éventuellement une susceptibilité accrue de l\u2019organisme diminuant ainsi sa résistance à de nouvelles irradiations.Résistance capillaire : Les valeurs de la résistance capillaire sont compilées au tableau V et représentées aux figures 4, 5 et 6.L\u2019étude des résultats obtenus permet de considérer, dans chacun des groupes en présence, l\u2019influence à la fois de l\u2019action propre du traitement et de l\u2019incidence de son administration.De plus, dans le tableau des résultats, le double résultat qui figure au jour de l\u2019irradiation réfère aux valeurs recueillies immédiatement avant et après l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes.a) Selon le groupe.La revue rapide des résultats obtenus par la mesure de la résistance capillaire permet d\u2019abord quelques considérations d\u2019ordre général.Il est amnsi évident que l\u2019exposition aux radiations uÏtraviolettes exerce une action dépressive immédiate et importante sur la résistance capillaire ; cet affaiblissement n\u2019est toutefois que momentané, puisqu\u2019à peine 24 heures après l\u2019irradiation, la résistance capillaire a au moins recouvré ses valeurs de départ.De plus, chez les animaux non traités (groupe O), la résistance capillaire s\u2019abaisse progressivement jusqu\u2019à atteindre des valeurs très faibles en fin d\u2019expérience.L\u2019irradiation aux rayons ultraviolets semble cependant retarder quelque peu la diminution excessive fréquemment observée au cours de la période terminale du scorbut.Chez les animaux recevant du B-carotène, les valeurs de la résistance capillaire sont également anormalement basses en fin d\u2019expérience, mais demeurent encore beaucoup plus élevées que dans le groupe non traité.Dans l\u2019un et l\u2019autre de ces groupes, cependant, la réascension TaBLeau V Résistance capillaire, en cm de Hg, chez des cobayes soumis aux ultraviolets et à divers traitements vitaminiques COBAYES TRAITÉS JOUR DE LA MESURE TÉMOINS A75 A150 C5 C20 A75C5 A150C20 0.13,2+0,60 13,9+0,65 13,9+0,65 12,5+0,40 12,5+0,40 12,9+0,45 12,9+0,45 LA.6,5+0,22 6,7+0,24 6,7+0,25 6,1+0,22 6,1+0,22 6,1+0,20 6,1+0,20 1111 LL LL LL 16,7+0,65 55,2+0,89 73,5+0,92 65,2+0,84 75,0+0,95 70,9+0,84 75,0+0,90 7.8,6+0,30 13,9+0,60 18,5+0,65 12,2+0,37 22,5+0,60 12,9+0,49 25,9+0,62 4,0+0,18 6,7+0,22 12,2+0,32 6,1+0,20 15,5 +0,44 6,1+0,22 18,5+0,46 8.13,2+0,58 35,9+0,78 55,2+0,84 31,2+0,69 65,2+0,85 45,2+0,64 75,0+0,90 14.6,5+0,20 10,2+0,40 13,9+0,62 10,2+0,40 12,5+0,40 11,9+0,35 12,9+0,45 3,2+0,12 5,2+0,20 6,7+0,24 5,3+0,18 6,1+0,22 5,7+0,24 6,1+0,28 15.110,24+0,32 55,2+0,90 73,9+0,90 65,2+0,85 75,0+0,95 70,9+0,85 75,0+0,90 210.5,0%£0,20 14,2+0,70 30,5+0,75 20,2+0,48 40,5+0,60 24,9+0,52 54,5 +0,64 2,0+0,10 9,9+0,35 18,5+0,54 12,2+0,30 29,5+0,45 14,9+0,34 39,9+0,42 22.| 7,54£0,26 14,5+0,74 30,9+0,78 20,2+0,45 40,5+0,64 24,5+0,50 55,2+0,66 28.| 3,5%0,18 7,0+0,39 9,5+0,34 7,7+0,22 10,5+0,30 8,9+0,30 11,9+0,22 1,0+0,00 3,2+0,12 4,7+0,20 4,0+0,15 5,7+0,18 5,0+0,14 7,2+0,12 29.3,0x0,20 8,5+0,35 10,9+0,38 10,5+0,20 12,6+0,38 11,9+0,35 13,9+0,30 Variations totales : 1.absolues.| \u201410,2 \u2014 5,4 \u2014 3,0 \u2014 2,0 +0,1 \u20141,0 +1,0 2.en pourcentage.\u201477,3 \u2014 38,8 \u201421,6 \u201416,0 +0,8 \u20147,7 +7,7 Valeursde «p».< 0,001 < 0,001 » ad le ascorbique el au B-cardt | 8 cie -\u2014 \u2014 0 Teese - - - TT a ame \u2014- \u2014 x= |= 3 + J ~ T ~ ~ - = Traitement combiné à | wl = _ \u2014_\u2014 = ps =.= v4 FT AE ar -\u2014 v avg 5 To 4 $ be - 3 F Figure 6.\u2014 Résistance capillaire de cobayes soumis aux ultraviolets et traités au g-caroténe et a \"acide ascorbique $y wo eared ed Nue)usay 394 Lavar MEpbicaL Octobre 1959 de la résistance capillaire normalement observée dans les jours qui suivent l\u2019irradiation, devient visiblement nulle avec la progression de la carence en vitamine C ; un tel phénomène n\u2019est pas reproduit chez les animaux qui ont reçu, associé ou non à la vitamine À, un supplément en acide ascorbique.Enfin, après comparaison avec les résultats obtenus chez les animaux non traités, Il ne peut exister aucun doute que l\u2019administration des vitamines À et C influence profondément, au niveau de la résistance capillaire, la réponse de l\u2019organisme à l\u2019irradiation ultraviolette ; bien plus, l\u2019association des deux vitamines, en déterminant de meilleurs résultats, permet de reconnaître un synergisme certain des vitamines À et C sur un tel phénomène.b) Selon le traitement.Les périodes au cours desquelles les traitements furent administrés ont été représentées par un trait plein à la partie inférieure des figures 4, 5 et 6.L'administration des traitements immédiatement après l\u2019exposition aux rayons ultraviolets (jour 0) détermine, dans les vingt-quatre heures qui suivent, une ascension foudroyante de la résistance capillaire.Cette ascension qui tranche singulièrement sur le faible caractère de la réponse des animaux non traités, bien qu\u2019elle soit effectivement maxima dans tous les autres groupes, apparaît toutefois légèrement plus marquée chez les animaux du groupe C5 que chez ceux du groupe A75.Par contre, le fait d\u2019administrer les traitements pendant les huit Jours (0 \u2014 7) qui précèdent une seconde irradiation, favorise une meilleure réponse chez les animaux du groupe A75 que ceux du groupe C5.De plus si, dans tous les groupes, le prétraitement a effectivement amorti la chute de la résistance capillaire occasionnée par l\u2019irradiation, il a également diminué l\u2019importance de l\u2019ascension observée au lendemain de l\u2019exposition aux rayons ultraviolets, sauf peut-être dans le groupe A150 C20, où l\u2019ascension a de nouveau été maxima.L'administration des traitements immédiatement après la troisième irradiation confirme entièrement les résultats obtenus lors de la première exposition aux radiations ultraviolettes.Par contre, les traitements administrés deux jours (19-21 jours) avant Ja quatrième exposition, s\u2019ils permettent un maintien relativement Octobre 1959 LavAaL MÉDICAL 395 élevé des valeurs de la résistance capillaire, semblent cependant impuissants à entraîner l\u2019ascension antérieurement remarquée.L'influence d\u2019un prétraitement de courte durée semble donc Iimitée à une élévation fugace de la résistance capillaire, sans modifier significativement la réascension qui suit l\u2019irradiation ; si son action protectrice sur la chute contemporaine de l\u2019irradiation est très faible ou discutable, il reste cependant que le prétraitement empêche la résistance capillaire de s\u2019abaisser à des valeurs manifestement anormales.Enfin, l\u2019arrêt complet de tout traitement depuis sept jours n\u2019a même pas permis aux animaux qui n\u2019avaient Jamais reçu antérieurement un supplément de vitamine C de recouvrer, après l\u2019irradiation, les valeurs de résistance capillaire qu\u2019ils présentaient avant l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes.I] nous semble devoir attribuer ce fait inattendu à la progression des signes de scorbut, qui sont alors très manifestes chez tous les animaux complètement carencés en acide ascorbique.Autopsies : Il s\u2019agira Ici, non pas de faire une analyse détaillée des différents résultats obtenus à l\u2019autopsie, mais uniquement de rapporter deux faits qui, observés tant au cours d\u2019expériences préliminaires qu\u2019au cours de l\u2019expérience actuelle, méritent particulièrement d\u2019être signalés, par suite de l\u2019intérêt qu\u2019ils peuvent présenter dans la discussion de la présente expérience : d\u2019abord l\u2019importance accrue des hémorragies sous-cutanées, et, ensuite, l\u2019hyperstimulation de la glande thyroïde (la mesure de la hauteur de l\u2019épithélium thyroïdien donnant constamment des chiffres très élevés, variant facilement entre 8 et 14 ju) à la suite de l\u2019irradiation ultraviolette.La constante observation de ce double phénomène, soit chez les animaux morts spontanément par choc ou par défaut de récupération, soit chez les animaux sacrifiés, ne peut faire douter du caractère de la lésion ou de l\u2019importance de ce critère.Peut-être faudrait-il mentionner, enfin, que le taux de mortalité, qui a été nul dans tous les autres groupes, s\u2019est toutefois avéré relativement élevé ches les animaux non traités ou ne recevant que 0,075 mg de B-caroténe.L\u2019autopsie de ces animaux qui, pour la plupart, sont morts immédiatement ou peu de temps après l\u2019irradiation, a révélé, en Octobre 1959 Lava\u2026.MÉDicaAL 396 plus d\u2019hémorragies sous-cutanées étendues, un engorgement, une hyper- , .remie et une congestion viscérales importantes.Discussion En dépit du caractère extrêmement intéressant que présente l\u2019étude de l\u2019influence de l\u2019irradiation ultraviolette sur la résistance capillaire, c\u2019est la première fois qu\u2019il est possible d\u2019observer son action sur un tel phénomène.Au point de vue pratique, en effet, la lésion cutanée postirradiation reproduit essentiellement l\u2019érythème solaire banal et se confond avec lui.Or, s\u2019il est généralement admis que la vasodilata- tion qui accompagne ce dernier n\u2019apparaît due qu\u2019à une simple révulsion, il reste évident qu\u2019une pathogénie plus poussée doit expliquer sa produc- tion.Il a toujours semblé, cependant, que toute explication plus précise de cette vasodilatation se heurtait infailliblement à une intrication neuro-humorale dont les éléments n\u2019étaient pas faciles a dissocier.Quelques ébauches d\u2019hypothéses ont ainsi voulu attribuer cette vaso- x dilatation à un facteur neurologique sympathique déterminant une paralysie réversible soit des filets sympathiques vasomoteurs du derme, soit des tuniques des vaisseaux superficiels et des capillaires.Par contre, d\u2019autres théories, également des plus hypothétiques, ont soutenu qu\u2019elle relevait plutôt d\u2019un facteur humoral biochimique, consistant dans la libération de substances vasodilatatrices (type histamine) qui, si elles n\u2019exercent pas une action directe sur la paroi vasculaire, seraient au moins indispensables à la mise en œuvre des réactions sympathiques.Il est évident que la compréhension de la réaction cutanée à l\u2019irra- diation constitue effectivement un aspect important ou, encore, représente un élément important de l\u2019étude du mécanisme intime de la vasomotricité.Par conséquent, puisque, d\u2019une part, aucune explication antérieure n\u2019a jamais considéré l\u2019intervention possible de facteurs endo- criniens dans la genèse des perturbations circulatoires secondaires à l\u2019irradiation ultraviolette, et que, d\u2019autre part, l\u2019ensemble des résultats actuels semble conduire vers une telle orientation, il apparaît essentiel de considérer d\u2019abord la nature même de la réaction de l\u2019organisme à Octobre 1959 LAvAaL MÉDICAL 397 l\u2019irradiation avant de préciser le caractère de l\u2019influence des vitamines À et C sur un tel phénomène.Or, de même que l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes entraîne une double symptomatologie cutanée et systémique et détermine secondairement une réponse biphasique de la résistance capillaire, de même la pathogénie ou la physio-pathologie de la réaction qu\u2019elle détermine reconnaît un double mécanisme.Il apparaît d\u2019abord hors de tout doute que la chute importante de la résistance capillaire contemporaine de l\u2019irradiation est la conséquence de l\u2019hyperstimulation thyroïdienne brusque produite par l\u2019exposition aux rayons ultraviolets.Des autopsies pratiquées immédiatement après l\u2019irradiation ont, en effet, montré la précocité et l\u2019importance de l\u2019hyperactivité thyroïdienne déclenchée par l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes.D\u2019autre part, la diminution de la résistance capillaire pourrait également résulter, en partie du moins, de l\u2019insuffisance surrénale, momentanée mais brusque, due à la sévérité du stress.Cet hypofonctionne- ment cortical, s\u2019il n\u2019est pas absolu ou primitif, existe cependant toujours en raison de l\u2019hyperactivité thyroïdienne, la réalité de l\u2019insuffisance surrénale étant alors subordonnée à l\u2019exagération soudaine et brusque de la fonction thyroïdienne.Si l\u2019hyperstimulation thyroïdienne, vraisemblablement associée à un hypocorticalisme pour le moins relatif, permet d\u2019expliquer l\u2019apparition des lésions érythémateuses et la chute de la résistance capillaire, 1l reste que vingt-quatre heures après l\u2019irradiation, l\u2019érythème cutané a disparu et que la résistance capillaire atteint des valeurs supérieures aux valeurs initiales.Or ces résultats qui, à première vue, semblent incompatibles sont, en réalité, entièrement concordants.Il est, en effet, logique de penser que l\u2019insuffisance surrénale résultant de la décharge hormonale occasionnée par le stress détermine, au niveau de l\u2019hypophyse, une production accrue d\u2019hormone corticotrope ; c\u2019est d\u2019ailleurs la réaction connue de l\u2019hypophyse à l\u2019action de tout stress.De plus, une fois l\u2019agent stressant écarté, la sécrétion hypophysaire elle-même tendra à équilibrer l\u2019hyperstimulation thyroïdienne produite au moment de l\u2019irradration.L'élaboration accrue de corticotrophine et d\u2019hormones corticales déterminera, par ricochet, l\u2019affaiblissement de la fonction thyroïdienne, en 398 LAavAL MÉDICAL Octobre 1959 accord avec la notion d\u2019antagonisme connue de ces hormones sur la fonction thyroidienne, sujet dont il a déjà été question antérieurement [expérience 4 (8)].D'ailleurs, la meilleure preuve pour mettre en évidence le rôle de l\u2019hyperactivité corticale dans la réascension de la résistance capillaire est la diminution progressive suivie de la disparition complète de ce phénomène chez les animaux carencés en acide ascorbique.Si la récupération aux valeurs initiales doit être imputée à la suppression de l\u2019influence dépressive, alors que toute ascension au-dessus des valeurs initiales représente la manifestation de l\u2019hyperactivité corticale, 1] sera conforme d\u2019observer l\u2019absence d\u2019une réascension plus importante de la résistance capillaire chez les animaux scorbutiques dont l\u2019insuffisance surrénale primitive, due à l\u2019avitaminose C, empêchera l\u2019hyperfonctionne- ment cortical réactionnel.Il sera toujours possible, cependant, de reconnaître cette hyperacti- vité corticale dans les groupes qui, antérieurement, ont à quelques reprises reçu de l\u2019acide ascorbique : ces animaux n\u2019ont, en effet, Jamais présenté de signes de carence.La compréhension des perturbations endocriniennes déterminées par l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes permettra maintenant une interprétation rationnelle des influences vitaminiques À et C.La réascension très importante de la résistance capillaire déterminée par l\u2019administration d\u2019un seul traitement immédiatement après l\u2019irradiation ultraviolette (jour O et jour 14), relève, en effet, de l\u2019intervention, sur l\u2019axe hypophyso-thyroïdo-surrénal, de l\u2019une et l\u2019autre de ces vitamines.Mais, s\u2019il existe peu de différence dans la comparaison des résultats obtenus, le relai de l\u2019influence de ces deux substances procède d\u2019un mécanisme complètement distmct et indépendant.Pour la vitamine C, il est évident qu\u2019elle agit en favorisant le caractère de la réponse surrénalienne à l\u2019agression ; cette action est générale, non spécifique et semble devoir s\u2019appliquer dans tous les cas de stress déterminant une hyperactivité corticale.La vitamine A, au contraire, dont l\u2019action antithyroïdienne a été, à maintes reprises, observée et discutée antérieurement, agit en freinant l\u2019hyperstimulation thyroïdienne produite par l\u2019irradiation, ce faisant, elle Octobre 1959 Lavar MÉDICAL 399 augmente la répercussion sur la résistance capillaire de l\u2019hyperactivité corticale observée au cours des heures qui suivent l\u2019irradiation.La persistance de l\u2019état d\u2019hyperstimulation thyroïdienne, chez les animaux _, A ., , non traités, explique ainsi le faible caractére de la réponse surrénalienne, en même temps qu\u2019elle explique la divergence marquée des résultats entre les groupes non traités et ceux qui reçoivent de la vitamine A.D'autre part, l\u2019observation d\u2019une influence importante des vitamines A et C sur la réascension de la résistance capillaire anormalement abaissée par l\u2019irradiation ultraviolette, incitait à rechercher l\u2019action protectrice possible de ces substances sur la chute même de la résistance capillaire.Or l\u2019influence d\u2019un prétraitement, étrangement semblable ou superposable pour l\u2019une ou l\u2019autre des vitamines, apparaît toutefois différent suivant la durée de son administration.D\u2019une façon générale, 11 semble d\u2019abord exact de dire que l\u2019influence du prétraitement est peu ou pas marquée sur la chute de la résistance capillaire contemporaine de l\u2019irradiation.Par contre, si l\u2019importance de la chute est restée la même, l\u2019administration de certains traitements, qui avait permis le maintien de la résistance capillaire à un niveau élevé, a prévenu toute diminution anormale ou pathologique de la résistance capillaire.Dans le cas des traitements administrés pendant les huit jours qui ont précédé l\u2019irradiation, seuls les traitements à 0,150 mg de B-carotène ou à 20 mg d\u2019acide ascorbique, associés ou non au B-caroténe, ont permis le maintien de la résistance capillaire à des valeurs supranormales.Les résultats obtenus par l\u2019administration de cinq mg de vitamine C ou de 0,075 mg de vitamme A confirment d\u2019ailleurs les conclusions antérieures concernant la fugacité de l\u2019action de la vitamine C ou l\u2019insuffisance de l\u2019effet de la vitamine À administrées à petites doses : l\u2019observation de valeurs subnormales est donc concordante.Dans ces cas, la chute de la résistance capillaire n\u2019est que légèrement moins importante que chez les animaux non traités.Par contre, chez les animaux ayant reçu les plus fortes doses de vitamine À ou C, la résistance capillaire a toujours été très élevée et sa chute ne l\u2019a jamais abaissée à des valeurs subnormales.Les traitements administrés pendant seulement deux jours avant l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes (jour 21) ont tous permis, au 400 Lavar MépicaL Octobre 1959 contraire, le maintien de la résistance capillaire à des valeurs élevées, de même qu\u2019ils ont prévenu sa chute à des valeurs anormalement basses.Par contre, la récupération n\u2019a entrainé que le retour aux valeurs initiales, alors que chez les animaux traités pendant huit Jours avant l\u2019irradiation, la réascension de la résistance capillaire a été très importante, quoique légèrement moins marquée que dans les cas de traitements administrés immédiatement après l\u2019irradiation.Or 1l est possible de dégager deux faits de cette dernière observation : d\u2019abord, la diminution de l\u2019importance du stress chez les animaux traités depuis huit jours, la présence de vitamine C ayant permis de réduire la réponse surrénalienne et l\u2019administration de vitamine À ayant considérablement diminué la fonction thyroïdienne ; ensuite l\u2019existence indiscutable d\u2019un degré plus ou moins sévère, suivant le cas, d\u2019une déficience vitaminique C qui amortit ou minimise la manifestation de I\u2019hyperacti- vité corticale, à moins que l\u2019administration des traitements seulement deux Jours avant l\u2019irradiation, chez des animaux en voie de carence, soit insuffisante à prolonger leur action sur la réascension de la résistance capillaire, action qui aurait peut-être entraîné une élévation plus marquée.Quoi qu\u2019il en soit, à la suite de l\u2019irradiation du vingt et unième jour, le prétraitement n\u2019a exercé aucune influence sur la réascension de la résistance capillaire.Enfin, l\u2019hypothèse (17) que, dans les variations saisonnières de la résistance capillaire, l\u2019augmentation estivale doive être imputée soit à l\u2019action des rayons ultraviolets ou soit encore à l\u2019irradiation des stérols cutanés en vitamine D, doit être complètement rejetée par suite, précisément, de ce double fait que l\u2019irradiation ultraviolette (expérience actuelle) et l\u2019administration de vitamine D [expériences 2, 3 et 4 (6)] abaissent respectivement la résistance capillaire.Conclusion De cette expérience, il est d\u2019abord possible de conclure qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire que l\u2019administration de vitamine C soit continue ou ininterrompue pour protéger contre le scorbut : les seules injections de vitamines C données 1ci de façon très sporadique, ont en effet prévenu l\u2019établissement de la carence. Octobre 1959 Lavar MéDicar 401 De plus, irradiation ultraviolette semble déterminer une réaction biphasique consistant, primitivement, en une hyperstimulation thyroi- dienne contemporaine de l\u2019apparition de l\u2019érythème cutané et, secondairement, en une hyperactivité corticale correspondant à la période de récupération.L\u2019admmistration des vitammes À et C, avant ou après l\u2019irradiation, influe à la fois sur le caractère ou l\u2019importance de la diminution de la résistance capillaire et sur la réascension observée au cours de la période de récupération.I est donc permis de conclure à une certaine action protectrice des vitamines À et C, action qui est augmentée par l\u2019association des deux substances, sur la fragilité capillaire provoquée par l\u2019exposition aux radiations ultraviolettes.Il semble particulièrement intéressant de rapprocher ici, de l\u2019action protectrice de l\u2019acide ascorbique à l\u2019irradration, l\u2019effet également protecteur qu\u2019il exerce dans les chocs traumatique (13 et 14) et hémorragique (11).Enfin, par suite de l\u2019intérêt évident que présente le phénomène de l\u2019irradiation ultraviolette, nous nous proposons de continuer ce travail en faisant, au cours d\u2019expériences ultérieures, l\u2019étude d\u2019autres facteurs vitaminiques ou hormonaux également susceptibles d\u2019influence.TROISIÈME EXPÉRIENCE Influence de l\u2019âge sur la croissance et la résistance capillaire du cobaye et du rat Il a déjà été fait mention, au cours de la revue des variations physiologiques de la résistance capillaire, que l\u2019Âge semblait être un facteur susceptible d\u2019influencer la résistance des capillaires.Or, tant pour expliquer, d\u2019une façon définitive, la discordance apparente des résultats parfois obtenus, que pour rendre plausible l\u2019observation occasionnelle de réponses ou de réactions apparemment distinctives aux différents traitements administrés ou encore aux divers stresses étudiés, nous avons voulu vérifier 1c1 l\u2019exactitude d\u2019une telle influence, en comparant nos résultats à la fois chez le cobaye et chez le rat, qui sont les animaux généralement utilisés dans l\u2019étude de la résistance capillaire.(8) 402 Lavar MÉpicaL Octobre 1959 De plus, il nous a semblé qu\u2019une étude poussée et spécifique de l\u2019influence du facteur âge permettrait peut-être d\u2019expliquer la variété des chiffres considérés comme normaux ou encore les Irmites vagues et mal définies entre lesquelles s\u2019intercale la résistance capillaire normale.Protocole expérimental Il a semblé inutile, dans le cas des cobayes, de rapporter de nouveaux résultats qui n\u2019auraïent que surchargé l\u2019exposé de ce travail ; de même, la seule répétition de faits déjà connus et acquis est apparue superflue, n\u2019épargnant que la référence à des expériences précédentes.De nombreuses mesures échelonnées sur une période de trois ans justifient d\u2019ailleurs entièrement une telle attitude : la comparaison des résultats obtenus chez des cobayes d\u2019âges différents sera donc faite d\u2019après l\u2019analyse des groupes témoins des expériences antérieures [expériences 1-4 (6)).~ Chez Je rat, au contraire, dont la résistance capillaire offre une irrégularité beaucoup plus déconcertante, de nouveaux résultats obtenus chez des animaux d\u2019âge variés sont venus compléter les premières observations faites au cours des expériences 1 (5) et 5 (6).Résultats Croissance : Il semble inutile d\u2019insister sur le fait que les animaux plus jeunes, cobayes ou rats, témoignent d\u2019une augmentation de poids plus rapide ou encore présentent un taux de croissance plus élevé que les animaux adultes.Résistance capillaire : La comparaison des résultats obtenus chez le cobaye [résultats des expériences 1, 2 et 4 et 6 comparés aux résultats de l\u2019expérience 3 (6)] permet également de constater des valeurs de résistance capillaire passablement plus élevées chez les animaux Jeunes.Chez le rat, ces différences sont même beaucoup plus marquées, mais les délimitations respectives sont en même temps beaucoup moins Octobre 1959 Lavar MÉDicaL 403 précises.En effet, alors que les animaux très jeunes présentent une résistance capillaire très élevée (ici 39,4 cm de Hg), continuellement supérieure à 30 cm de Hg, les animaux adultes peuvent affecter des valeurs variables comprises entre des limites aussi éloignées que 12,4 et 25,2 cm de Hg.De plus, si la résistance capillaire d\u2019animaux sains, bien développés mais encore immatures peut osciller entre des normes aussi élevées que 20 et 30 cm de Hg, la résistance capillaire d\u2019animaux complètement développés et adultes pourra varier entre des chiffres plus ou moins élevés (18 à 25 ecm de Hg) ou plus ou moins bas (13 à 18 cm de Hg), suivant l\u2019âge des animaux.Il semble donc pratiquement impossible d\u2019établir des normes de résistance capillaire sans tenir compte de l\u2019âge des animaux ; bien plus, 1] apparait même difficile de fixer les Irmites pathologiques de la fragilité capillaire.De façon générale, il semble admissible et judicieux de considérer comme pathologique toute résistance capillaire qui, chez le cobaye adulte, sera inférieure à dix cm de Hg et, chez le rat adulte, inférieure à 12 cm de Hg.Dans l\u2019interprétation nosologique de la fragilité capillaire, il sera cependant habituel de rencontrer des degrés divers d\u2019attemte capillaire, comme il sera nécessaire de considérer le degré et les variations de la diminution de la résistance capillaire.II est déjà possible d\u2019entrevoir ici l\u2019importance de la mesure de la résistance capillaire dans l\u2019évaluation ou simplement l\u2019évolution de la fragilité capillaire.Enfin, bien que la répétition des mesures pendant plusieurs mois permette d\u2019observer que la résistance capillaire est relativement stable (variations inférieures à + 1,0 cm de Hg) chez un même individu, 1! est possible de remarquer une diminution graduelle de ses valeurs avec la progression de l\u2019âge.L'observation prolongée de la courbe de résistance capillaire confirme donc les résultats obtenus par la mesure de la résistance capillaire chez des animaux d\u2019âges différents.Discussion Si l\u2019existence d\u2019une influence de l\u2019âge sur la résistance capillaire est réelle et doit être acceptée, son explication reste toutefois très difficile.[I est certain que la toute première croissance reconnaît une orientation 404 [ava\u2026 MÉDICAL Octobre 1959 particulière des fonctions métaboliques et endocriniennes ; mais s\u2019il faut admettre une telle adaptation aux exigences de la croissance, comment isoler l\u2019influence dominante ou l\u2019ensemble des facteurs prédominants qui seront responsables d\u2019un niveau plus élevé de résistance capillaire.Les modifications des fonctions métaboliques, de même que les perturbations des fonctions endocriniennes, au cours de la croissance normale, sont d\u2019ailleurs très mal connues.Le fait que l\u2019animal jeune et iImmature présente une hyperactivité thymique considérable et une absence totale de fonction génitale pourrait bien, cependant, représenter l\u2019explication cherchée.Des travaux ultérieurs, portant à la fois sur l\u2019effet de la thymectomie ou encore l\u2019administration d\u2019hormones génitales, viendront d\u2019ailleurs préciser la nature de cette double influence sur Ja résistande capillaire et décider de la valeur d\u2019une telle hypothèse.D\u2019autre part, il n\u2019est pas impossible que la diminution de la résistance capillaire avec l\u2019âge résulte de la seule intervention de facteurs locaux qui pourraient traduire principalement soit la diminution de l\u2019élasticité tissulaire, soit encore l\u2019augmentation de la perméabilité capillaire.Une dernière influence pourrait, enfin, être attribuée à l\u2019existence de réactions neuro-végétatives différentes ou d\u2019un choc émotionnel différent qui, chez l\u2019animal jeune, favoriseraient des valeurs plus élevées de résistance capillaire.Conclusion De cette expérience et de l\u2019ensemble des résultats expérimentaux accumulés au cours des trois dernières années, il est donc permis de conclure à la réalité de l\u2019influence de l\u2019âge sur la résistance capillaire.L\u2019explication d\u2019une telle influence semble reliée au déséquilibre humoral, métabolique ou endocrinien qui doit être vraisemblablement tenu responsable du niveau élevé de résistance capillaire observé chez animal jeune.Parmi les facteurs endocriniens, l\u2019existence d\u2019une hyperactivité thymique, comme l\u2019absence de fonction génitale, pourraient peut-être constituer les caractères dominants de cette influence.Il ressort, de plus, de ces résultats que, même si la.connaissance de la valeur absolue de la résistance capillaire peut paraître satisfaisante, Octobre 1959 Lavar.MÉDicAL 405 ce sont plutôt ses valeurs relatives ou ses variations qui devront être recherchées.L'intérêt pratique de la mesure de la résistance capillaire résidera donc principalement dans l\u2019appréciation des variations de la résistance capillaire chez un même individu.QUATRIÈME EXPÉRIENCE Influence du sexe sur la croissance et la résistance capillaire du rat Dans l\u2019étude des variations purement physiologiques de la résistance capillaire, l\u2019influence du sexe, comme facteur régulateur imterne, doit certes être appréciée.La seule considération des nombreux caractères inhérents à la nature même du sexe est déjà suffisante, en effet, à laisser prévoir la possibilité d\u2019une telle action et à orienter vers la réalité d\u2019une telle influence.La croissance d\u2019abord, en étant différente (en importance et en durée) chez le mâle et chez la femelle, sera vraisemblablement susceptible de modifier la valeur de la résistance capillaire.Mais ce sera plutôt l\u2019importante différence des fonctions hormonales qui devra être primitivement et principalement impliquée dans la génèse de telles variations.En raison précisément de l\u2019élément endocrinien du mécanisme régulateur de la résistance capillaire dont le rôle et l\u2019importance ont été, à maintes reprises, antérieurement établis, et seront, de façon défmnitive, ultérieurement confirmés, la seule différence dans la nature même des sécrétions hormonales propres à chacun des sexes permet, en effet, d\u2019entrevoir une répercussion possible du sexe sur le phénomène de la résistance capillaire.Protocole expérimental Désireux de ne pas ajouter inutilement à l\u2019exposé de ce travail, nous avons jugé inopportun de rapporter ici une nouvelle expérience qui n\u2019aurait été, en réalité, qu\u2019une reproduction d\u2019une partie de l\u2019expérience 5 (6).De même, pour éviter toute répétition inutile, il est apparu préférable de référer à cette même expérience pour la description du protocole expérimental actuel, qui s\u2019identifie, en fait, avec les groupes des animaux témoins non traités de cette expérience. 406 LavaL MEbicaL Octobre 1959 Résultats expérimentaux De même, 1l n\u2019a pas semblé nécessaire de répéter ici les résultats de la croissance et de la résistance capillaire déjà rapportés : il suffira, en fait, de référer aux résultats recueillis chez les animaux témoins mâles (groupe m) ou femelles (groupe f) de cette expérience [expérience 5 (6)].Croissance : L'étude des courbes de poids montre d\u2019abord que la croissance, qui est régulière et continue chez les animaux mâles, est pratiquement stationnaire et arrêtée chez les animaux femelles.Résistance capillaire : Par ailleurs, l\u2019analyse des résultats de la résistance capillaire montre que, si cette dernière paraît se maintenir à des valeurs passablement uniformes chez les animaux mâles, elle présente des variations importantes chez les animaux femelles.Abstraction faite de ces variations régulièrement cycliques, la résistance capillaire apparaît toutefois légèrement inférieure chez le rat femelle.Enfin, l\u2019observation de valeurs initiales très élevées de résistance capillaire permet de confirmer, une fois de plus, l\u2019influence de l\u2019âge sur un tel phénomène (troisième expérience).Discussion Le fait saillant de cette expérience est certes la constatation de variations cycliques de la résistance capillaire chez les animaux femelles.Or ces variations, inexistantes chez les animaux mâles, doivent être nécessairement rattachées à l\u2019évolution même du cycle génital chez les animaux femelles, correspondant ainsi à une prépondérance momentanée et réglée d\u2019une fonction hormonale.A une sécrétion endocrinienne unique chez le mâle, correspond en effet, chez la femelle, une double sécrétion hormonale dont les proportions sont cependant réglées par l\u2019évolution cyclique de la fonction génitale.Des expériences ultérieures nous permettront de savoir si les hormones génitales (testostérone chez le mâle, folliculme et lutéine chez la Octobre 1959 LavaL MÉDICAL 407 femelle) ont une action propre sur la résistance capillaire, ou si cette influence est médiée par d\u2019autres glandes endocrines dont l\u2019action hautement spécifique est bien connue.Nous nous proposons également de dissocier, dans les variations périodiques du cycle génital, l\u2019Influence respective des hormones folliculinisantes et lutéinisantes.Dès maintenant cependant, des expériences préliminaires, effectuées chez des rats hypophysectomisés, favorisant nettement une action propre et indépendante des hormones sexuelles sur la résistance capillaire.De plus, alors que l\u2019hormone lutéinotrope (LH) permet le maintien de la résistance capillaire à sa valeur maxima, résultant de l\u2019hyposectomie, la folliculinotrophine (FSH) détermine une chute importante de la résistance capillaire.Cette influence est cependant inversée chez l\u2019animal mâle, où la chute de la résistance capillaire est déterminée par l\u2019admr- nistration de lutéinotrophine, alors que l\u2019hormone folliculinotrope permet, au contraire, le maintien à des valeurs maxima.Enfin, des variations identiques de la résistance capillaire sont observée au cours du cycle ovarien de la femme, principalement lors des périodes menstruelles ou ovulatoires.De même, les phénomènes de grossesse et de parturition sont également susceptibles, en raison des perturbations hormonales contemporaines, d\u2019entraîner des modifications plus ou moins importantes de la résistance capillaire.Cette étude sera d\u2019ailleurs reprise dans un travail ultérieur.Conclusion L'influence du sexe, sur la résistance capillaire, se manifeste par une légère diminution de celle-ci chez la femelle comparativement au mâle : cette diminution doit être primitivement imputée à la diversité même des sécrétions hormonales propres à chaque sexe.De plus, la courbe de résistance capillaire, chez la femelle, présente des variations périodiques qui semblent devoir s\u2019expliquer par les perturbations hormonales déterminées par l\u2019évolution du cycle génital.Enfin, la relative uniformité des valeurs de la résistance capillaire, chez les animaux mâles, explique et justifie la raison de leur emploi exclusif au cours de ce travail. 408 LavarL MEbicaL Octobre 1959 BIBLIOGRAPHIE 1.Bonpy, P.K., et HaGewoon, M.A., Effect of stress and cortisone on plasma protein-bound iodine and thyroxine metabolism in rats, Proc.Exp.Biol.ë Med., 81 : 328, 1952.2.ENGSTRÔM, W.W., et MarxarpT, B., The effect of stress and cortisone on the circulating thyroid hormone, J.Lab.¢r Clin.Med., 44 : 793, 1954.3.KRAMAR, J., et Simay-Kramar, M., The effect of adrenalectomy, surgical trauma, and ether anaesthesia upon the capillary resistance of the albino rat, Endocrinology, 52 : 453, 1953.4.McFARLANE, W.D., GRAHAM, W.R., Jr, et RicHarson, F., Fat soluble vitamin requirements of chick : vitamin À and vitamin D content of fish and meat meal, Biochem.J., 25 : 353, 1931.5.McGraw, J.Y., Influence de la 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Obstétrique, 5042 A\", 1959.La terminaison de la grossesse est considérée, chez les obèses, comme aléatoire.Tel est l\u2019axiome communément admis qui justifie l\u2019intérêt porté au problème de l\u2019association obésité et grossesse.En fait, le terme même « d\u2019obésité » comporte un important degré d\u2019indétermination.Il y a de nombreux types d\u2019obésité.De plus, les progrès de l\u2019obstétrique, en général, sont également applicables à l\u2019accouchement chez les obèses et une conduite à tenir, autrefois raisonnable, peut paraître aujourd\u2019hui dépassée.C\u2019est pourquoi une étude du sujet, tenant compte, d\u2019une part, des conceptions endocrinologiques actuelles concernant l\u2019obésité et, d\u2019autre part, des acquisitions récentes de la technique obstétricale, semble bien justifiée.Successivement, sont envisagés : \u2014 le problème de l\u2019obésité en général et son application aux femmes enceintes ; \u2014 l\u2019influence réciproque de l\u2019obésité et de la grossesse ; \u2014 les indications thérapeutiques qui en découlent.A.R.MISSENARD.Psychiatrie et aviation.Encycl.méd.-chir., Psychiatrie, 37745 A\"° (12-1958), 8 pages.La psychiatrie aéronautique a principalement pour objet l\u2019étude de troubles, le plus souvent névrotiques, rarement psychotiques, témoignant des difficultés d\u2019adaptation que rencontre éventuellement l\u2019aviateur.L\u2019aviation est une profession de risques ; s\u2019il existe, en effet, des sujets fort bien équilibrés, capables d\u2019affronter victorieusement toutes les situations, 1l en est d\u2019autres, moins bien armés, susceptibles de troubles et de réactions pathologiques dans certaines conditions de vol.La psychiatrie aéronautique est une psychiatrie professionnelle qui ne peut être comprise en dehors de la psychologie de l\u2019aviateur. 410 Lavar MÉDicaL Octobre 1959 C\u2019est pourquoi, dans ce nouveau fascicule très intéressant, le lecteur trouvera développés les trois chapitres suivants : La fonction aéronautique ; L\u2019homme ; Les troubles.ELLENBERGER et M.DONGIER.Criminologie.Encycl.méd.-chir., Psychiatrie, 37760 A\u201d, A3, A%, A7°, A% (12-1958), 34 pages.Encore une nouvelle création de l\u2019Encyclopédie médico-chirurgicale qui présente une étude très détaillée de la criminogénèse et de la personnalité du criminel.On trouvera successivement dans ce fascicule : \u2014 L'historique de la connaissance du crime selon l\u2019école classique et l\u2019école positive.\u2014 L\u2019exposé objectif des relations de la criminalité avec tel ou tel phénomène social défini (famille, classe sociale, niveau de culture, idéologie nationale .).\u2014 Les relations de la psychanalyse et de la criminologie.\u2014 L'approche biologique du crime \u2014 les facteurs héréditaires.\u2014 Les variétés de crimes et les types cliniques de criminel.\u2014 Problèmes médico-légaux de la criminalité : responsabilité, assistance au criminel, psychothérapie.Cette simple énumération des principaux chapitres de ce remarquable travail suffrt à montrer son importance et son intérêt.F.TOLOT.Pneumopathies professionnelles.Encycl.méd.-chir., Intoxications, 16535 G\u2019 (1-1959), 5 pages.Le domaine des pneumopathies professionnelles est extraordinairement vaste.Les travaux qui leur sont consacrés sont nombreux, en raison et de leur diversité et des perspectives qu\u2019elles ouvrent à la connaissance étiologique des syndromes courants de la pathologie broncho- pulmonaire.Cette nouvelle étude, laissant de côté les affections dues aux poussières auxquelles sont consacrés d\u2019autres fascicules du traité, envisage successivement : \u2014 Les pneumopathies aiguës ou subaiguës par inhalation de vapeurs chimiques ; \u2014 Les pneumopathies infectieuses ou parasitaires, d\u2019origine professionnelle ; Octobre 1959 Lavar.MÉDiCAL 411 \u2014 Le rôle des facteurs professionnels dans certains syndromes respiratoires : asthme, insuffisance respiratoire chronique, dilatation des bronches, cancer du poumon, tuberculose.J.PLANQUES.Troubles neurologiques et psychiatriques en pathologie professionnelle.Encycl.méd.-chir., Intoxication, 16536 A, A3 (1-1959), 16 pages.Aucune maladie, professionnelle ou non, d\u2019un organe ou d\u2019un tissu, ne peut se concevoir sans la participation du système d\u2019innervation de cet organe, ni même sans la participation de la totalité du système nerveux.Dans ce nouveau fascicule, l\u2019auteur traite essentiellement des atteintes électives, souvent primitives, solitaires ou prédominantes du système nerveux périphérique et central, provoquées par les agents physiques et chimiques mis en jeu pendant le travail.Aux troubles et lésions observées aux différents étages anatomiques du système nerveux, J.Planques ajoute l\u2019étude détaillée des risques psychiques variés que l\u2019on peut parfois Imputer aux conditions de travail.Une riche bibliographie comprend 70 références.M.PERRAULT et B.CLAVEL.La chélation.Encyl.méd.-chir., Thérapeutique, 25953 F10 (2-1959), 5 pages.La chélation est un phénomène physicochimique très répandu, puisque l\u2019hémoglobine est un exemple parfait de chélate de fer.En thérapeutique même, nombre de drogues anciennement connues, le salicylate de soude, par exemple, sont des chélateurs.C\u2019est dire que si l\u2019utilisation volontaire, dans le dessein précis de débarrasser l\u2019organisme de métaux se comportant comme des toxiques, est nouvelle, il ne s\u2019agit là, probablement, que d\u2019un aspect mineur du rôle que les chélateurs sont appelés à jouer en thérapeutique humaine.L'action de l\u2019isoniazide, des antibiotiques, semble être Ie résultat d\u2019un processus de chélation.tous ces problèmes sont évoqués dans ce fascicule, d\u2019un très grand intérêt.G.GINESTET et L.-C.MERVILLE.Fractures du maxillaire infée- rieur : procédés chirurgicaux.Encycl.méd.-chir., Stomatologre I, 22073 Ko, K* (12-1958), 6 pages, 6 figures.Lorsque le traitement orthopédique est impossible, force est alors de recourir aux procédés chirurgicaux, qui prennent 1ci toute leur valeur et toute leur importance.(11) 412 Lavar MÉDICAL Octobre 1959 Le chirurgien maxillo-facial dispose d\u2019une gamme variée de procédés.Les plus communément utilisés seront décrits avec soin dans ce fascicule et analysés avec une grande objectivité.Ce sont : \u2014 l\u2019ostéosynthèse par fil métallique ; \u2014 l\u2019ostéosynthèse par plaque ; \u2014 l\u2019ostéosynthèse par broche de Kirschner ; \u2014 la ligature circonférentielle sur prothèse ; \u2014 le procédé des anses métalliques transosseuses ; \u2014 l\u2019ostéosynthèse par fixation externe.G.GINESTET et L-C.MERVILLE.Fractures du maxillaire inférieur : traitement secondaire et traitement des séquelles.Encycl.méd.-chir., Stomatologie I, 22073 M\"° (12-1958), 6 pages, 9 figures.Le traitement des fractures du maxillaire inférieur est difficile et long ; s\u2019il existe des soins très assidus, 1l donne de très bons résultats.Pendant toute la période de la consolidation, la surveillance doit porter essentiellement sur l\u2019état général du sujet et l\u2019état endobuccal.Ce sont les deux points qui sont développés dans la première partie de cette intéressante étude.Mais il ne faut pas croire qu\u2019automatiquement, en un mois ou deux, le traitement rétablit toujours la physiologie mandibulaire dans son intégrité.Ce serait faire peu de cas des complications tardives, des séquelles inhérentes au terrain, aux caractères de la blessure, aux modalités de la thérapeutique.La est donc l\u2019objet du second chapitre, particulièrement précis.M.BENOIST.Prothèse plastique de la face.Encycl.méd.-chir., Stomatologie I, 22250 A*° (12-1958), 8 pages, 8 figures.Certaines mutilations faciales ne peuvent être traitées par des procédés chirurgicaux, soit parce que trop étendues en surface ou en profondeur, soit parce que la mauvaise qualité des tissus voisins rend trop aléatoire le résultat d\u2019une opération plastique.Actuellement, le développement de la chimie a mis à la disposition des cliniciens et de leurs patients des matérieux nouveaux dont les caractéristiques conviennent parfaitement à la réalisation de prothèses souples, légères, très esthétiques.Médecins, chirurgiens et prothésistes trouveront dans ce nouveau fascicule toutes les précisions qu\u2019ils peuvent souhaiter sur les indications et les réalisations des prothèses faciales externes et des prothèses incluses. Octobre 1959 LavAL MÉDICAL 413 M.LEPOIVRE et R.MAZZA.Troubles oculaires d\u2019origine dentaire.Encycl.méd.-chir., Stomatologie I, 22043 M\" (12-1958), 3 pages.Aujourd\u2019hui communément admise, l\u2019origine dentaire de certaines affections oculaires fut longtemps ignorée, bien que soupçonnée dès les origines de la médecine.En présence d\u2019affections oculaires aussi diverses qu\u2019un phlegmon de l\u2019orbite, une uvéite, une paralysie de la musculature extrinsèque, etc., il est classique d\u2019explorer le système dentaire.Les affections oculaires, d\u2019origine dentaire, se répartissent en trois grandes catégories : infectieuses, inflammatoires et réflexes, qui sont étudiées dans ce nouveau fascicule, ainsi que leur thérapeutique.R.VRASSE, P.-M.CHIKHANI et J.-C.NETTER.Stomatites.Encycl.méd.-chir., Stomatologie I, 22045 AY, C1, EN (12-1958), 33 pages.Sous le vocable de stomatites, sont réunies des affections trés dissemblables, nosologiquement très éloignées les unes des autres, traduisant les réactions multiformes de la muqueuse à un agent vulnérant commun.Trois fascicules sont consacrés à la reprise de cette étude.Le premier est réservé aux éléments généraux communs de pathogénie, diagnostic et thérapeutique.Le second chapitre présente les différentes formes anatomo-clmiques des stomatites.Quant au 3° fascicule, il est réservé à l\u2019étude des formes étiologiques : maladies infectieuses et muqueuse buccale ; agents thérapeutiques et muqueuse buccale.Chacun de ces fascicules est rédigé dans un esprit précis et pratique qui regroupe la symptomatologie, les éléments du diagnostic et de la thérapeutique.Il n\u2019est pas besoin d\u2019insister, dès lors, pour faire ressortir l\u2019intérêt que peut présenter cette étude, non seulement pour le stomatologiste, mais également pour le clinicien, quelle que soit sa spécialisation.(13) LIVRES Maladies des nourrissons et des enfants.Germain BLECHMANN.G.Doin ¢7 Cie, Paris, 1959.Précis de thérapeutique et de pharmacologie.René HAzarp.¢r Cie, Paris, 1959.Masson Diagnostic des maladies du sang.EF.StorTi.G.Doin er Cie, Paris, 1959.Les douleurs thoraciques.Docteur Henri VANNIER.GG.Doin er Cie, Paris, 1959.Les plaies de la main.et À.R.CHANCHOLLE, Paris, 1959.R.SouquET G.Doin & Cie, Précis de séméiologie médicale élémentaire.* P.Rimsaum.G.Doin & Cie\u201d Paris, 1959, RECUS Nouvelle pratique chirurgicale illustrée.Fascicule XIII.Jean Quénu.G.Doin & Cie, Paris, 1959.Ophtalmologie.Directives thérapeutiques médico-chirurgicales.G.OFFRET et G.LomBarD.G.Doin & Cie, Paris, 1959.Chirurgie de tous les jours.Pierre JourDAN.G.Doin er Cie, Paris, 1959.Les vitamines.Le dépistage de leur carence et leurs indications thérapeutiques.Raoul LEcoq.G.Doin ¢r Cie, Paris, 1959.Neuro-ophtalmologie.L.GuiLLau- mat, P.-V.Morax et G.OFFRET.Masson er Cie, Paris, 1959. REVUE DES LIVRES Éducation sanitaire, par le docteur Jules GILBERT, Masson er Cie, Paris.Le docteur Jules Gilbert, directeur de l\u2019enseignement de l\u2019hygiène au ministère provincial de la santé, secrétaire et professeur titulaire à l\u2019École d\u2019hygiène de l\u2019université de Montréal, président de l\u2019Association canadienne d\u2019Hygiène publique, vient de publier, chez Masson & Cie, libraires de l\u2019Académie de médecine de Paris, un volume intitulé Education sanitaire, théorie et pratique.Cet ouvrage, le premier de cette qualité et de cette envergure publié par un canadien, croyons-nous, est une véritable somme des notions Indispensables à quiconque se livre à l\u2019enseignement de l\u2019hygiène.« Ce travail, écrit l\u2019auteur, dans son avant-propos, s\u2019inspire de quinze ans d\u2019étude, de pratique, de recherche et d\u2019enseignement ».En publiant ce livre, qui se subdivise en vingt-quatre chapitres, le docteur Gilbert entend résoudre le problème d\u2019ordre pédagogique.L'ouvrage s\u2019ouvre sur trois avant-dires : une préface proprement dite qui porte la signature du docteur Armand Frappier, professeur à l\u2019université de Montréal ; un avant-propos dans lequel l\u2019auteur explique qu\u2019il entend résoudre dans son livre un problème d\u2019ordre pédagogique et qu\u2019il s\u2019adresse en premier lieu aux infirmières hygiénistes ; et un avertissement touchant la terminologie canadienne.Dans un premier chapitre, le docteur Jules Gilbert, après avoir donné du mot éducation une définition indispensable aux lecteurs, brosse un tableau très bref des origines de l\u2019hygiène et de son orientation actuelle.II définit en outre les méthodes et procédés par lesquels on enseigne la médecine préventive et l\u2019art de préserver la salubrité publique.Les considérations d\u2019ordre pédagogique et d\u2019ordre phychologique, l\u2019enseignement de l\u2019hygiène à l\u2019école, les différentes relations et les techniques de la propagande lui permettent de dresser un programme complet d\u2019éducation sanitaire.Nous recommandons ce livre à tous ceux qui s\u2019intéressent de près ou de loin, à la formation des jeunes générations, à la conservation de notre capital humain et à la préservation de la santé publique.Charles-Marie BoissoNNAULT 416 LavaL MEpicaL Octobre 1959 Les traumatismes du thorax \u2014 Thérapeutique pratique \u2014 Prévention des séquelles \u2014 Expertises, par Jean-Charles SOURNIA, professeur agrégé des Facultés de médecine, professeur à la Faculté française de médecine de Beyrouth.Préface du professeur Santy.Un volume 1n-8° de 354 pages avec 92 figures et 9 planches (1958) : 4 800 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VIE).Les problèmes posés par la traumatologie doivent en permanence être présents à l\u2019esprit des médecins et des chirurgiens, à une époque où les accidents du travail et les accidents de la circulation deviennent de plus en plus fréquents et de plus en plus graves.Songeons, par exemple, que la principale cause des décès des sujets de moins de 20 ans se trouve dans les accidents, cette mortalité restant immuable, alors que la mortal:- té infantile par athrepsie du nourrisson, par maladies infectieuses, par méningite tuberculeuse même, diminue d'année en année.Ce livre sur les traumatismes du thorax a pour but de montrer que, malgré les progrès scientifiques de ces dix dernières années qui ont donné à la chirurgie thoracique une auréole prestigieuse, tout praticien non spécialiste, qu\u2019il soit médecin ou chirurgien, a son rôle à jouer dans le traitement de ces traumatismes et peut en guérir un grand nombre : l\u2019auteur a donc voulu faire le guide essentiellement pratique qui manquait jusqu\u2019à maintenant dans ce domaine.Dans une première partie, quelques pages d\u2019anatomie schématique rappellent d\u2019abord la position et la nature des organes atteints par le traumatisme.Puis, sans considérations inutilement complexes, les revues des gestes les plus couramment utilisés pour y remédier.Parmi ces méthodes thérapeutiques, une place importante est faite à la rééducation respiratoire, exposée à l\u2019aide de quelques techniques faciles.Dans les parties suivantes, les syndromes pathologiques liés aux lésions des différents organes sont passés en revue, et les indications thérapeutiques exposées selon les tableaux cliniques les plus souvent observés.L\u2019auteur a gardé la classique opposition entre traumatismes ouverts et traumatismes fermés du thorax ; une place à part étant faite aux traumatismes thermiques et chimiques, comme les brûlures de l\u2019æsophage par caustiques.Désirant toujours rester pratique, ce guide envisage surtout le traitement des traumatismes dans ses premiers Jours et ses premières semaines.Aux séquelles traumatiques, considérées comme du ressort du chirurgien spécialiste, est consacrée une cinquième partie plus réduite ; mals elle envisage les problémes d\u2019expertise que tout médecin peut avoir a résoudre, et la législation actuellement en vigueur y est discutée.Le texte est explicité par une abondante illustration : des schémas indiquent les gestes thérapeutiques usuels en simplifient les exposés physiologiques, de nombreuses radiographies commentées guideront le lecteur dans la surveillance de ses propres blessés, et 1l trouvera de l\u2019agrément dans une originale iconographie historique. Octobre 1959 Lavar MÉDiCAL 417 Traitement du cancer de la base de la langue, par P.-C.HUET, M.GIGNOUX, F.BERARD, P.ANDRE et J.LABAYLE.Un volume de 240 pages avec 72 figures.Broché : 3 000 fr.Librairie Arnette, Paris.Le traitement du cancer de la base de la langue par rœntgenthérapie donne, dans la meilleure statistique, comme pourcentage de guérisons, 15 pour cent.Dans cet ouvrage, le but des auteurs est d\u2019étudier l\u2019orientation thérapeutique actuelle en vue d\u2019augmenter ce pourcentage de guérisons.La première partie du livre définit les limites du cancer de la base de la langue, à l\u2019exclusion du cancer de la vallécule et du cancer du sillon amygdalo-glosse.La classification est faite suivant le siège et l\u2019extension, en tenant compte de la nomenclature internationale.Les moyens dont on dispose pour lutter contre le cancer sont la chirurgie, et en particulier la sub-glossolaryngectomie et la pharyngo- glossectomie transmaxillaire de Dargent et Gignoux ; et, d\u2019autre part, l\u2019irradiation de haute énergie, télécobalt, bétatron ainsi que radium- puncture.Les traitements mixtes semblent donner des résultats intéressants, mais ces résultats sont trop récents pour qu\u2019on puisse établir des directives précises.La dernière partie est consacrée aux résultats obtenus par un certain nombre de Centres anticancéreux de Paris, de province et de l\u2019étranger.Le test de l\u2019arbre \u2014 Le diagnostic psychologique par le dessin de l\u2019arbre, par Charles KOCH.Traduit de l\u2019allemand par Émile Mar- My et Henry Nier.Dans la collection Animus et Anima, dirigée par L.BarBey et E.Marmy.Un volume 14 X 19 de 444 pages, relié : 2 250 fr, broché : 1950 fr.E.Vute, éditeur, 10, rue Jean-Bart, Paris (VI°) ; 3, place Bellecour, Lyon.L\u2019absence d\u2019une traduction intégrale du Test de l\u2019Arbre était une lacune que déploraient depuis longtemps beaucoup de psychologues d\u2019expression française.C\u2019est pourquoi les professeurs E.Marmy et H.Niel ont pris l\u2019initiative de présenter au public français une version in extenso du gros ouvrage où Charles Koch fait l\u2019exposé détaillé de sa technique : tâche qui n\u2019était pas des plus aisées, car la terminologie et le style parfois quelque peu «impressionnistes ») du psychotechnicien suisse trouvent difficilement dans notre langue leurs équivalents sémantiques.Le spécialiste ne manquera pas d'apprécier le rendu de cette traduction qui, par surcroît, apporte des innovations fort utiles, notamment en ce qui concerne la répartition des matières, les titres et les sous-titres, les index et la méthode à suivre pour l\u2019analyse du dessin.(16) 418 LAvAL MÉDICAL Octobre 1959 Düment standardisé et étalonné, le test de l\u2019arbre tire sa validité du fait qu\u2019il est un bon détecteur du développement affectif et qu\u2019il peut donc être utilisé pour déceler les retards et les régressions de l\u2019individu dans le domaine de l\u2019affectivité.Le thème de l\u2019arbre a, en effet, comme le montre l\u2019auteur, des connivences secrètes et profondes avec cette zone du psychisme humain : d\u2019où la signification symbolique qu\u2019il revêt souvent et que l\u2019anthropologie culturelle constate dans les croyances et les coutumes d\u2019un grand nombre de peuples.Du point de vue strictement pratique, le test du dessin de l\u2019arbre offre des avantages indiscutables : simplicité extrême du matériel et de la consigne, temps très court de la passation, possibilité d\u2019application aux enfants et aux adultes, existence d\u2019un document qui permet au psychologue d\u2019analyser à loisir les données devant servir au diagnostic.Psychotechniciens, psychiatres, éducateurs, spécialistes de tous les secteurs de la psychologie appliquée auraont ainsi à disposition un nouvel Instrument d'investigation de la personnalité.Le complet remaniement, par les traducteurs et avec l\u2019assentiment de l\u2019auteur, de l\u2019œuvre originale allemande, fait de cette édition française un ouvrage entièrement nouveau et d\u2019actualité.Physiologie du système nerveux central, par Georges MORIN, professeur de physiologie à la Faculté de médecine d\u2019Aix-Marseille.Troisième édition entièrement refondue.Un volume de 396 pages, avec 104 figures (17 X 25).Broché : 2 500 fr.; cartonné toile : 3 400 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VIE).Bien que cette édition suive de près la précédente, elle a été l\u2019objet de modifications notables, en vue d\u2019une présentation améliorée ou en raison de l\u2019évolution des connaissances.Les chapitres traitant des racines rachidiennes et du cervelet demeurent sensiblement 1dentiques ; celui qui concerne la moelle n\u2019a été que légèrement modifié, en dehors d\u2019une présentation différente des notions physiologiques sur l\u2019arc réflexe.Les acquisitions récentes sur les proprio- cepteurs musculo-tendineux ont été introduites dans le chapitre sur le tonus musculaire, ainsi que celles relatives à l\u2019organisation des circuits nerveux en cause à l\u2019étage spinal.Le chapitre sur le thalamus a été aisément mis à jour.Les chapitres consacrés à l\u2019hypothalamus, aux noyaux gris centraux et à la formation réticulée ont été plus profondément remaniés.II en est de même pour certaines subdivisions du chapitre traitant de l\u2019écorce cérébrale.L\u2019exposé des données expérimentales sur les aires associatives et sur le conditionnement méritait compléments et révision.Rappelons que cet ouvrage didactique traite principalement des sujets dont la connaissance est requise pour comprendre les fonctions systématiques des centres et des voles nerveuses.Ce choix a permis de Octobre 1959 419 LLavaL MEbicAL consacrer aux questions retenues un développement suffisant pour apporter les justifications nécessaires sous une forme assimilable et pour qu\u2019apparaisse le raisonnement déductif qui, à partir des données d\u2019un problème, a conduit à le résoudre, puis à en poser un nouveau, suivant les règles de la discipline expérimentale.Écrit par un physiologiste, c\u2019est un livre de physiologie, non d\u2019ana- tomo-physiologie ou de physio-pathologie.Les rappels anatomiques sont limités au minimum et les documents anatomo-cliniques sont utilisés mais dans la mesure seulement où ils éclairent la fonction.L\u2019iconographie a été partiellement renouvelée ou complétée.Diagnostic des lésions intracrâniennes par les radio-isotopes \u2014 Gamma-encéphalographie, par Thérèse PLANIOL, ancienne interne des hôpitaux de Paris, licenciée ès sciences physiques et chimiques, chargée de recherches à l\u2019Institut national d'hygiène.Préface du professeur D.PETIT-DuTarItLIs.Un volume de 258 pages, avec 153 figures (17 X 25) : 5000 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120 boulevard Saint-Germain, Paris (VI¢).L\u2019exploration cérébrale préopératoire par les radio-isotopes consiste à mesurer, à l\u2019aide d\u2019un compteur à scintillations, le rayonnement gamma émis à la surface du crâne après Injection intraveineuse d\u2019une substance marquée, d\u2019où le nom : gamma-encéphalographie, que lui a donné l\u2019auteur.Cet ouvrage, le premier qui paraît en Europe sur le sujet, s\u2019adresse avant tout au neurologue et au neuro-chirurgien, mais il ne peut manquer d\u2019intéresser d\u2019une part le praticien, d\u2019autre part le spécialiste en neuro- radiologie, électro-encéphalographie, oto-neuro-ophtalmologie, dans la mesure où ces diverses disciplines se pénètrent et se complètent pour aboutir au diagnostic d\u2019une lésion intracrânienne, et tout spécialement d\u2019une tumeur cérébrale.L'étude se compose de trois parties.Dans la première sont exposées les origines, les bases techniques, les différents modes d\u2019utilisation de la méthode.La question de la barrière hémato-encéphalique est abordée en détail, en raison du rôle qu\u2019on lui accorde dans la pénétration intra- léstonnelle des traceurs.La deuxième partie, clinique, décrit les résultats dans le diagnostic et la localisation des lésions intracrâniennes.Une place est d\u2019abord réservée aux travaux étrangers, qui démontrent l\u2019utilité de la méthode dans la détection des tumeurs cérébrales.L'auteur livre ensuite ses résultats personnels, dans 363 cas dont le diagnostic a été vérifié.C\u2019est sur eux que repose l\u2019originalité de cet ouvrage, qui apporte des données jusqu\u2019alors complètement inconnues sur les possibilités de cette technique.Bien que ces résultats soient le fruit des toutes premières années d\u2019application, la gamma-encéphalographie, étudiée par l\u2019auteur depuis (18) 420 Lava\u2026.MÉDicaL Octobre 1959 1953, se montre une méthode d\u2019une extrème sensibilité, et d\u2019une grande richesse d\u2019information.Non seulement elle peut révéler grâce à l\u2019apparition d\u2019un foyer d\u2019hyperactivité gamma, l\u2019existence d\u2019une lésion en précisant sa topographie, mais elle permet souvent d\u2019en soupçonner la nature : meningiome, gliome, métastase.Dans ce dernier cas, elle signale fréquemment la multiplicité des foyers cérébraux.Enfin elle se montre capable de déceler précocement une récidive, quand l\u2019électro-encéphalo- gramme, la clinique, les signes radiologiques sont d\u2019interprétation difficile.La troisième partie de l\u2019ouvrage expose les difficultés techniques, anatomiques, biologiques auxquelles se heurte ou peut se heurter la méthode, et les erreurs qu\u2019elles engendrent.Une tentative est faite pour préciser les rapports entre l\u2019hyperactivité et la pathogénie des lésions afin d\u2019améliorer la qualité de l\u2019interprétation.Le dernier chapitre est consacré aux indications.Méthode ambulatoire, d\u2019une innocuité totale, elle est utile à tous les stades de l\u2019investigation neurologique, tant dans la pratique médicale courante qu\u2019en milieu neurologique ou neurochirurgical.La gamma-encéphalographie se prépare, sans aucun doute, un grand avenir parmi les disciplines aujourd\u2019hui associées à la neurologie.Réanimation, par H.KILLIAN et A DONHARDT.Traduction française d\u2019après l\u2019édition allemande de J.-L.Worr-FriEp.Un volume in-8° de 286 pages avec 93 figures (1958) : 3350 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI°).Ce livre résume, en le complétant, le cours donné à l\u2019université de Tubingue par l\u2019un des auteurs, le professeur de chirurgie H.Killian, sur la réanimation moderne.Il répond à la nécessité d\u2019une révision totale de nos techniques de réanimation et de sauvetage par l\u2019extension aux autres domaines de la médecine d\u2019urgence, des enseignements tirés des acquisitions récentes en matière d\u2019anesthésiologie et dans le traitement des complications respiratoires de la poliomyélite antérieure.II s\u2019adresse donc à la fois aux praticiens de médecine générale, notamment à ceux des centres ruraux, aux anesthésistes, aux médecins de garde, aux médecins d\u2019usine, aux médecins du travail et aux étudiants.Après un court aperçu historique les auteurs esquissent les grandes lignes de nos connaissances actuelles de la physiologie normale et pathologique du couple cœur-poumon.Ils mettent en relief le rôle de l\u2019oxygène, ils définissent la notion d\u2019anoxie dont ils soulignent la diversité des manifestations cliniques, précisent le mécanisme des principales régulations autonomes en montrant le retentissement du blocage végétatif dans les traumatismes psychiques et corporels chez l\u2019enfant et l\u2019adulte.Le chapitre suivant est consacré aux diverses techniques de réanimation.En premier lieu sont passées en revue toutes les méthodes de réanimation respiratoire : les nombreux procédés de respiration arti- Octobre 1959 LavAL MÉDICAL 421 ficielle, le tubage laryngé, la trachéotomie, l\u2019emploi des analeptiques respiratoires dont l\u2019action sur les centres régulateurs, les propriétés pharmacodynamiques et le dosage sont précisés ; sont également décrits les appareils respirateurs, leur emploi et leurs indications.La réanimation circulatoire, le traitement de la défaillance cardsaque, des états de chocs et de collapsus, les médications antalgiques et lytiques, le contrôle de l\u2019équilibre humoral et électrolytique sont présentés dans la deuxième partie de ce chapitre.Dans les pages suivantes sont étudiés les problèmes posés par le transport des malades et des blessés.Le dernier chapitre est réservé à la description clinique et au traitement des divers états pathologiques nécessitant des mesures de réanimation : Intoxication due aux agents voltatils, aux agents médicamenteux, états toxi-infectieux, asphyxies d\u2019origine traumatique, asphyxie d\u2019origine centrale, asphyxie par noyade, par strangulation, accidents de plongée.À la fin sont passés en revue les accidents électriques, les troubles de la régulation thermique, la pathologie de la chaleur et du froid, les troubles de l\u2019équilibre électrolytique, les brûlures et, enfin, les accidents dus 3 à l\u2019énergie atomique.En résumé ce livre d\u2019un intérêt pratique considérable écrit pour le grand public médical mérite la plus large diffusion.Les lésions traumatiques de l\u2019uretère, par Jean CIBERT, professeur de clinique urologique à la.Faculté de médecine de Lyon, chirurgien des hôpitaux, et Michel REVOL, ancien chef de clinique urologique à la Faculté de médecine de Lyon.Un volume de 282 pages, avec 98 figures (17 X 25) : 4200 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI®).Au cours de ces dernières années, le traitement des lésions traumatiques de l\u2019uretère, pour la plupart provoquées au cours d'interventions gynécologiques, a évolué vers des méthodes visant à restaurer la voie excrétrice et à conserver le rein, dans la mesure du possible.Elles sont peu à peu sorties du discrédit dans lequel les avaient Jetées leur échecs, l\u2019impossibilité fréquente de vérifrer leur succès, les jugements pessimistes de certains Maîtres, et la chirurgie expérimentale.Leur efficacité est devenue maintenant plus évidente, grâce à l\u2019urographie intraveineuse ; la fréquence des guérisons confirmées par le temps est suffisante pour autoriser à les considérer avec plus de faveur, au moins dans certains cas, à en étendre les indications et à atténuer la rigueur du classique « uretère coupé, rein perdu » avec lequel une génération d\u2019urologues a été élevée.C\u2019est ce que les auteurs, sans verser dans un optimisme excessif, essaient de démontrer, à une époque où chirurgiens généraux et urologues, les uns et les autres, sans s\u2019être concertés, reprennent l\u2019étude des traumatismes opératoires de l\u2019uretère et en font l\u2019objet de rapports pour leurs prochains congrès (Congrès français de chirurgie, Congrès français d\u2019urologie, Congrès international d\u2019urologie).(20) Lava.MÉDicaL Octobre 1959 422 Strabismes, Hétérophories, Paralysies oculo-motrices \u2014 Les déséquilibres oculo-moteurs en clinique \u2014 par René HUGONNIER, ophtalmologiste des hôpitaux de Lyon.Préface du professeur PAUFIQUE.Un volume de 748 pages, avec 230 figures (17 X 25).Broché : 7 500 fr., cartonné toile : 8500fr.Masson et Cie, éditeurs, 120 boulevard Saint-Germain, Paris (VI¢).La vision binoculaire est souvent considérée comme une partie aride et difficile de l\u2019ophtalmologie, et que l\u2019on est d\u2019autant plus tenté de négliger que l\u2019on discute encore pour savoir si le traitement rationnel de ses troubles vaut la peine d\u2019être essayé.Or, 2 à 3 p.100 au moins de la population totale d\u2019un pays présentent un strabisme, dont plus de la moitié sont amblyopes.II y a probablement en France 1 500 000 strabismes et 1 000 000 d\u2019amblyopes.Si l\u2019on y ajoute les hétérophories, les insuffisances de convergence, et les paralysies oculaires, on peut affirmer qu\u2019une clientèle moyenne d\u2019ophtalmologiste, quel que soit le lieu où ce dernier exerce, comprend beaucoup plus de troubles de la vision brnoculaire que de cataractes, glaucomes et décollements rétiniens réunis.Quel praticien pourtant songerait à se désintéresser de ces maladies ?Cet ouvrage met précisément en évidence la nécessité de traiter ces déséquilibres oculo-moteurs.L\u2019auteur n\u2019a pas cherché à dissimuler les difficultés, même les échecs dans certains cas.II insiste au contraire sur la distinction qu\u2019il faut faire entre les cas de bon pronostic et ceux pour lesquels on ne peut espérer qu\u2019une guérison esthétique.I! n\u2019est pas de ceux qui veulent essayer de rétablir une vision binoculaire à n\u2019importe quel prix, même si le déploiement de force est manifestement disproportionné au résultat espéré.Mais il estime que l\u2019existence des cas dont le pronostic fonctionnel est très sombre ne dort pas faire oublier que beaucoup peuvent être amenés à guérison complète avec un traitement raisonnable.Cet ouvrage est destiné non seulement aux ophtalmologistes et aux étudiants, mais aussi aux « aides-orthoptistes ».Les notions élémentaires y sont donc assez développées.D'\u2019ailleurs, l\u2019auteur qui ne prétend pas être autre chose qu\u2019un clmicien, s\u2019est attaché à ne pas sortir de sa compétence.II a laissé de côté toute notion trop abstraite ou trop discutée pour rester sur le plan de la pratique journalière, que ce soit dans les chapitres d\u2019anatomie (plus développés qu\u2019il n\u2019est d\u2019usage en la matière) ou dans ceux de physiologie, de pathologie, des méthodes d\u2019examen et des diverses modalités du traitement.En revanche, ce qui est Important en clinique est exposé en détail.Enfin, en particulier pour les procédés d\u2019examen ou de traitement, l\u2019auteur ne s\u2019est pas cru obligé de décrire toutes les méthodes existantes, mais seulement celles qu\u2019il emploie personnellement, lui-même ou ses collaborateurs.La question des déséquilibres oculo-moteurs et des troubles de la vision binoculaire est ainsi traitée dans son ensemble, traitement orthop- tique compris.Des références d'articles ou de monographies sont données pour que le lecteur puisse, sur tel point particulier, complêter sa documentation. Octobre 1959 Lavar MéÉDpicaL 423 Les douleurs thoraciques, par Henri VANNIER.Un volume In-16° de 158 pages (1959) : 1000 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VIC).Du fait de la multiplicité de leurs aspects cliniques, les douleurs thoraciques sont analysées à la fois suivant leur cause et leur siège en s\u2019attachant à l\u2019origine et à la topographie des organes lésés.L\u2019ouvrage est divisé en six parties : La première partie traite d\u2019abord des douleurs provenant de la cage thoracique avec la description des remèdes de névralgies intercostales et du zona ; les traumatismes thoraciques constituent le chapitre suivant, où sont décrits les contusions, les fractures de côtes, l\u2019hémothorax, sans omettre les indurations mammaires post-traumatiques.Une mention spéciale est faite aux déplacements vertébraux si fréquents chez les traumatisés du thorax.Cette première partie se termine par l\u2019étude de la cellulite avec sa topographie très particulière et par celle des masto- dynies comprenant les mammites congestives, les indurations du sein et le cancer du sein.La deuxième partie aborde les douleurs d\u2019origine pleurale et, avant tout, les pleurites, les pleurésies avec épanchement, les pleurodynies et les pleurésies rhumatismales.Le rôle des remèdes symptomatiques dans les séquelles pleurales, autant que leurs remèdes de fond avec les tuberculines ou les biothérapiques, expliquent l\u2019importance du facteur toxi- nique.Une mention est faite aux douleurs rétrosternales accompagnant l\u2019évolution des ectasies aortiques.La troisième partie concerne les douleurs d\u2019origine bronchique et pulmonaire et le chapitre particulièrement Intéressant de la thérapeutique des points de côté des affections pulmonaires : l\u2019auteur s\u2019est donné comme but de localiser, selon le lieu d\u2019élection de la douleur, les remèdes correspondants avec les caractères de la douleur pour chaque tableau clinique.C\u2019est l\u2019appareil cardiovasculaire qui fait l\u2019objet de la quatrième partie, où sont analysés les divers signes cliniques des angines de poitrine, qu\u2019il s'agisse d\u2019angor pur coronarien, de l\u2019angor des aortiques ou des hypertendus ou, enfin, des angor fonctionnels toxiques ou médicamenteux.Les deux dernières parties sont consacrées : 1° aux douleurs d\u2019origine œsophagienne, avec la description des remèdes de la dysphagie, qu\u2019il s\u2019agisse de rétrécissement néoplasique de l\u2019œsophage, d\u2019œsophagite aiguë au cours de maladies infectieuses graves ou, enfin, de cardiospasme et de rétrécissement spasmodique de Peesophage ; 2° aux douleurs d\u2019origine abdominale avec la nomenclature des remèdes d\u2019 aérophagie si intéressants par leur réaction de voisinage sur la cage thoracique et, par ailleurs, la description des douleurs dont le siège est habituellement épigastrique et qui ont pour étiologie des affections hépatovésiculaires.Quelques observations constituent un court chapitre terminant cet ouvrage et illustrant la description des tableaux cliniques des douleurs thoraciques.@2) Octobre 1959 Lavar MEpbicaL 424 Ainsi l\u2019analyse successive des douleurs de la cage thoracique et des organes voisins qui peuvent influencer ces douleurs permettra au lecteur la confrontation des aspects cliniques dans les différentes variétés de ces douleurs avec la thérapeutique homéopathique basée sur l\u2019interrogatoire et la description minutieuse aussi bien des troubles subjectifs ressentis par le malade que les symptômes constatés au cours de l\u2019examen clinique.Maladies des nourrissons et des enfants \u2014 Traitements, par Germain BLECHMANN.Septième édition entièrement refondue.Un volume In-8° de 875 pages (1958) : 7600 fr.G.Doin et Cue, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VI°).I! serait oiseux de rappeler le succès de ce livre dont nous présentons aujourd\u2019hui la septième édition.La première date de 32 ans.En ces trois décennies, nous avons assisté à une « accélération » de la science médicale qui s\u2019accorde au rythme de l\u2019histoire que nous vivons, à la démesure de la Société qui nous intègre.La seconde édition avait été préfacée par M.Paul Durand, médecin de campagne, et l\u2019auteur justifiait ce choix en indiquant le sens de son ouvrage : « Il n'appartient pas aux ordres contemplatifs ; il est écrit par un praticien, pour des praticiens militants ».Mais ce n\u2019est plus la même médecine \u2014 et la même profession \u2014 que nous exerçons, ce n\u2019est plus aux mêmes médecins que nous nous adressons.Et aujourd\u2019hui, si une partie de la science pédiatrique relève encore du mode artisanal, passé un certain seuil, la maladie exige une médecine de groupe, d\u2019équipe, où interviennent plus ou moins pédiatre, chirurgien, oto-rhino-laryngologiste, radiologue, laboratoire, fraternellement soudés en une compagnie cohérente et de bonne humeur.On verra donc présentées dans ce nouveau volume \u2014 et à l\u2019opposé \u2014 des techniques que le médecin peut encore assurer et celles qui appellent au secours l\u2019ensemble d\u2019un minimum de disciplines différentes.D\u2019ailleurs, pour mettre exactement au point certains chapitres, l\u2019auteur a fait appel aux lumières de médecins avertis.En fin de compte, l'ouvrage a été remanié et modifié profondément, quas! ligne par ligne, pour apporter aux innombrables amis que notre patrie possède dans le monde, la plus récente synthèse des travaux que les médecins français et étrangers ont poursuivis en pédiatrie.Mais tout en élaguant, en se débarrassant des « idoles usées », ne faut-il pas se défendre aussi bien vis-à-vis de certaines novations techniques ou thérapeutiques dont l\u2019éclat, parfois publicitaire, masque trop souvent la fragilité ?Commel\u2019a écrit M.Gérard-Lefebvre : « Ainsi le médecin est-il certain de trouver dans ce livre, au méme titre que par le passé, non seulement des directives sûres et une technique \u20ac éprouvée de la Pédiatrie, mais une philosophie de la médecine à la mesure de l\u2019homme qui l\u2019écrit.» Octobre 1959 LavAL MÉDicaL 425 Les plaies de la main, par R.SOUQUET, professeur agrégé, et A.-R.CHANCHOLLE, chef de clinique chirurgicale, tous deux de la Faculté de médecine de Toulouse.Préface de Sterling BUNNEL.Un volume 1n-8° de 296 pages avec 131 figures en noir dans le texte et 49 figures en couleurs hors-texte (1959) : 3 600 fr.G Doin et Cie, éditeurs, 8, place de l\u2019Odéon, Paris (VIE).Les auteurs présentent dans cet ouvrage la mise au point actuelle d\u2019un problème de pratique quotidienne, qui ne reçoit pas toujours la solution la mieux adaptée.Les blessures de la main constituent un accident de travail sur quatre.Leur traitement et l\u2019indemnisation de leurs séquelles ont grevé le budget de la Sécurité sociale de trois milliards de francs en 1953.C\u2019est dire la fréquence de ces lésions et l\u2019importance d\u2019un traitement correctement conduit.Les auteurs ont voulu sérier les difficultés, de manière à ce que le chirurgien non spécialisé trouve rapidement le point de technique ou d'indication oublié ; de manière aussi à ce que le praticien soit à l\u2019abri de l\u2019erreur thérapeutique initiale et sache ce qu\u2019il peut espérer d\u2019un traitement chirurgical rationnel.C\u2019est dans cet état d\u2019esprit qu\u2019avant tout exposé de technique chirurgicale sont décrits, en détail, les principes généraux du traitement, la conduite à tenir sur les lieux de l\u2019accident, la préparation du champ opératoire, de même que l\u2019instrumentation et la technique des pansements.Une large place est faite aux lésions cutanées et à leur traitement, dont la perfection est une condition nécessaire au succès de Ja chirurgie profonde.Les indications respectives des différents procédés de suture, de greffes et de plasties, ainsi que leurs techniques sont minutieusement détaillées et abondamment illustrées.Les lésions nerveuses, souvent méconnues ou délaissées, font l\u2019objet d\u2019un chapitre spécial, cherchant à préciser pour chaque cas les éléments d\u2019un diagnostic précis et d\u2019une thérapeutique efficace.La conduite à tenir devant les atteintes tendineuses occupe 61 pages, au long desquelles sont exposées les différentes techniques de suture et leurs indications suivant la nature de la blessure, sa localisation anatomique et son ancienneté.L'ouvrage se termine par un chapitre de physiothérapie rééducative, dans lequel sont tracées les grandes lignes de la marche à suivre pour accélérer le retour des blessés à leur fonction proche de la normale.(24) CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES A l\u2019hôpital libanais de médecine physique, de petits refugiés infirmes font l\u2019apprentissage de la vie Dans un coin de la salle, une fillette de quatre ans grimpe lentement un escalier de vingt marches, puis se laisse glisser en bas d\u2019une pente inclinée.A côté, un garçon fait tourner une roue plus haute que lui, tandis qu\u2019un autre roule délicatement des billes multicolores sur un plateau.Un petit bonhomme passe, perché sur son tricycle ; 1l rencontre une blondinette poussant une voiture de poupée.Des enfants qui s'amusent ?Non : des enfants qui apprennent, sous forme de jeux, les gestes essentiels de la vie quotidienne.Une institution unique au Proche-Orient : L\u2019Hôpital libanais de médecine physique est une institution unique au Proche-Orient.Son fondateur, le père A.Cortbawi, a voué sa vie à l\u2019enfance malheureuse.Non content de former des centaines d\u2019orphelins dans ses écoles professionnelles, il a voulu s\u2019attaquer à l\u2019un des problèmes les plus difficiles qui existent : la rééducation de petits êtres incapables de vivre normalement, par suite d\u2019une malformation, d\u2019un accident ou d\u2019une maladie.Sur un grand terrain dans la montagne, il a fait construire des bâtiments modernes, aérés et spacieux.Dortoirs et chambres, réfectoires et cuisines, salles de consultation et de traitement, locaux pour la gymnastique et l\u2019hydrothérapie, ateliers pour la fabrication d\u2019attelles, de prothèses et de chassures orthopédiques, tout est bien conçu et soigneusement exécuté.L'hôpital fut ouvert le 15 août 1958, en pleine crise libanaise.Quand les derniers travaux seront terminés, cet été, il pourra recevoir 320 malades ; actuellement, 125 personnes y sont soignées, dont 100 enfants.Vingt-sept de ces enfants ont été placés là par l'U.N.R.W.A., l\u2019Office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine ; onze jeunes Octobre 1959 Lavar MÉDICAL 427 malades ont pu quitter l\u2019hôpital après la fin de leur traitement.Depuis sa fondation par les Nations-Unies en 1950, l\u2019U.N.R.W.A.s\u2019occupe des réfugiés arabes vivant en Jordanie, en Syrie, au Liban et dans le territoire de Gaza.Sur plus d\u2019un million de Palestiniens, 40 pour cent ont moins de seize ans ; et si 180 000 enfants fréquentent les écoles dirigées ou subventionnées par l\u2019Office, celui-ci n\u2019avait pu jusqu\u2019ici aider les petits infirmes ou paralysés.Depuis six mois, les réfugiés ont rejoint, chez le père Cortbawi, les jeunes patients venus d\u2019Irak et de Turquie, d\u2019Égypte et d\u2019Arabie séoudite ; ; certes, les malades de premiére classe ont droit à des appartements fort élégants, mais les petits Palestiniens profitent, pour une pension mensuelle de 300 livres libanaises ($93.75) des mêmes soins dévoués et constants.Avec les appareils nécessaires, le traitement d\u2019un enfant revient à environ 2 000 livres libanaises ($625).Une jeune discipline : la médecine physique : La médecine physique, consacrée à l\u2019appareil de motricité, s\u2019intéresse aux défauts de la marche et des gestes, provenant d\u2019une atteinte au squelette, aux articulations, aux muscles et aux nerfs moteurs C\u2019est une discipline jeune, qui exige des installations complexes, des locaux parfaitement aménagés, et un personnel nombreux, hautement qualifié, d\u2019une patience à toute épreuve.L\u2019Hôpital libanais est dirigé par le professeur Jacques Hindermeyer, qui vient six fois l\u2019an de Paris pour donner ses cours à la Faculté française de médecine de Beyrouth et par le docteur Antoine Fakhoury, un jeune spécialiste libanais qui ne vit que pour son travail.Quatre religieuses diplômées de l\u2019Ordre des Saints-Cœurs dirigent les dix infirmières, dont quatre ont leur diplôme de kinésithérapiste et six le préparent ; chacune d'elles est assistée de deux monitrices adjointes, jeunes filles qui reçoivent une formation théorique et pratique à l\u2019hôpital.C\u2019est qu\u2019il faut surveiller sans cesse l\u2019exercice des patients, soigneusement établi dans sa durée et sa difficulté selon l\u2019âge de l\u2019enfant, son état, sa résistance et sa bonne volonté.« Les résultats du traitement », dit le docteur Fakhoury, « dépendent de la précocité des soins, de l\u2019assiduité du malade et, malheureusement aussi, d\u2019un élément de chance.Le plus souvent, les améliorations sont fonctionnelles et non pas anatomiques ; elles peuvent aller de dix à 100 pour cent.En général, nous arrivons à rendre au malade le minimum de capacités nécessaires à la vie Indépendante.» Apprendre les gestes de tous les jours : Voici Aïcha, sa jambe paralysée gaînée d\u2019une gouttière, qui apprend à marcher à sept ans.Ali, né avec une malformation de la hanche et du bassin, s\u2019habitue à la prothèse qui lui permettra d\u2019entrer en classe ans.Samia, six ans, a eu tout bébé la poliomyélite : des exercices de posture lui apprennent à se servir de sa hanche déformée.Mohammed AlL, trois ans, reprend doucement le contrôle de son bras gauche.Jeanne- d\u2019 Arc, frappée d\u2019hémiplégie à la naissance, a atteint cinq ans avant de savoir relâcher ses muscles contractés.Siham, ravissante jeune fille de 18 ans, essale la chaussure orthopédique qui corrigera le raccourcissement 428 Lava\u2026 MÉDiCAL Octobre 1959 de sa jambe.Chaque cas est différent : il faut mesurer exactement le seuil de la douleur et de la fatigue que peut supporter chaque enfant, et trouver les mouvements précis qui agiront sur le ou les muscles atteints.« Nous employons diverses méthodes », explique le docteur Fak- houry.« Nous nous servons de massages et \u2018de traitements électriques ; de rayons infrarouges contre la douleur et ultraviolets pour favoriser l\u2019ossification ; de gymnastique analytique et fonctionnelle pour rééduquer les muscles et d\u2019 hydrothérapie pour les relâcher ; d\u2019attelles ou de plâtres correctifs, de prothèses et d\u2019appareils orthopédiques ; de certains médicaments analgésiques, décontractants ou antirhumatismaux ; parfois, nous avons recours à des interventions chirurgicales sur les muscles, les os, les tendons ou les articulations.Selon le cas, le traitement est plus ou moins intensif : plusieurs malades ambulants viennent passer ICI quelques heures par semaine, alors que nous faisons travailler certains internes jusqu\u2019a huit heures par jour.» Dans l\u2019intervalle des exercices, la Sceur Jardiniére fait chanter, modeler et dessiner les petits.Les grands suivent, avec une attention passionnée, des leçons d\u2019arabe, de francais et de calcul.Shéhérazade, sept ans, ses deux cannes appuyées contre le fauteuil, trace maladroitement des chiffres.Ali, sa jambe dans une gouttière, se tend pour suivre une explication.Les petits Palestiniens sortis des camps découvrent à la fois les bons repas et les soins attentifs, les dessins au tableau noir et les gestes de tous les jours.Habitués à leur misère solitaire, 1ls se préparent timidement à la vie, si facile aux gosses heureux.Cours de perfectionnement en maladies thoraciques Le Comité des cours de perfectionnement de l\u2019American College of Chest Physicians présentera l\u2019automne prochain les cours suivants : Physiologie cardio-pulmonaire clinique, 14¢ cours annuel, Edgewater Beach Hotel, Chicago, du 5 au 9 octobre 1959 ; Les maladies du thorax, 12\u20ac cours annuel, Park Sheraton Hotel, New-York, du 9 au 13 novembre 1959 ; Les maladies du thorax, 5¢ cours annuel, Hotel Ambassador, Los Angeles, du 7 au 11 décembre 1959.Le cours de physiologie cardi0-pulmonaire clinique est le deuxième à être présenté par le comité sur ce sujet d'actualité.Les cours de New- York et de Los Angeles offriront les dernières connaissances relatives au diagnostic et au traitement des maladies thoraciques.Les frais d'inscription pour chacun des cours sont de cent dollars incluant les discussions à l\u2019heure du lunch.On obtiendra plus d\u2019information en écrivant à Executive Director, American College of Chest Physicians, 112 East Chestnut Street, Chicago 11, III, U.S.A Octobre 1959 LavaL MEbpicaL Congrès du Collège international des chirurgiens Le XII® Congrès international bisannuel du Collège international des chirurgiens aura lieu à Rome, en Italie, du 15 au 18 mai 1960.II sera tenu sous le patronage du président de la République italienne et sous la présidence du professeur Pietro Valdoni, chef du département de chirurgie de l\u2019université médicale de Rome.Congrès international de gastro-entérologie Le Congrès international de gastro-entérologie, organisé par la Société des gastro-entérologistes des Pays-Bas, aura lieu du 20 au 24 avril 1960, à Leyden.Le programme du congrès comprend cinq sessions de travail d\u2019une demi-j -journée chacune.Il y aura également une sixième session consacrée aux problèmes radiologiques appliqués à la gastro-entérologie.En plus des communications, il y aura concomitamment cinq discussions en groupe portant sur les sujets suivants: la colite ulcéreuse, le coma hépatique, l\u2019hépatite et son traitement, la maladie de Crohn et le diagnostique et le traitement de l\u2019hypertension portale.Les gastro-entérologistes qui désirent présenter une communication devront soumettre leur texte avant le 1\u20ac\" octobre 1959, au Secrétariat du congrès International de gastro-entérologie, 16 Lange Voorhout, La Haye, Pays-Bas. NOUVELLES PHARMACEUTIQUES Le docteur Jocelyn Patton à la compagnie Ciba Le docteur Jocelyn Patton a été nommée au poste de rédactrice et de médecin-conseil au Service de publicité de la compagnie Ciba, a Montréal.Cette nomination est annoncée par M.Joseph Tissier, directeur de la publicité.Le docteur Patton met à profit, dans ce nouveau domaine, une vaste expérience en tant que médecin et rédactrice professionnelle.Diplômée de l\u2019université McGill, elle obtint son doctorat en médecine à l\u2019université de l\u2019Etat d\u2019Iowa et fut ensuite élève de feu Madame Curie, à Paris, où elle fit de nombreux travaux de recherches.Elle exerça par la suite la médecine à Montréal, sa ville natale, durant quatorze ans et fut également attachée à une autre grande firme pharmaceutique de New-York comme rédactrice de textes publicitaires et médicaux.On doit au docteur Patton de nombreux articles parus dans les Journaux médicaux et pharmaceutiques.Le fluméthiazide, un nouveau diurétique oral E.R.Squibb & Sons of Canada, Ltd., une filiale de Olin Mathieson Chemical Corporation, a annoncé la synthése du fluméthiazide, un nouveau diurétique oral.Ce médicament est destiné au traitement de tous les états qui exigent une abondante diurèse, le soulagement de l\u2019œdème, aussi bien qu\u2019à celui de l\u2019hypertension.Le fluméthiazide, dont le nom commercial est Ademil, a été employé seul ou en combinaison avec la racine entière de Rauwolfia serpentina, le Rautrax.On a déclaré que l\u2019Ademil est l\u2019aboutissement de recherches étendues pour un diurétique oral efficace qui aurait un effet moins sensible sur Octobre 1959 Lavar.MÉDpicAL 431 l\u2019excrétion de potassium que les autres diurétiques de benzothiadiazine maintenant en usage.La déperdition potassique peut, d\u2019après un porte-parole de Squibb, avoir des conséquences défavorables sur le fonctionnement du cœur, surtout dans les cas de décompensation cardiaque.Il peut aussi entraîner une faiblesse musculaire généralisée et un sentiment de lassitude particulièrement au cours d\u2019un traitement à longue échéance alors qu\u2019un déficit potassique risque de s\u2019installer -Insidieusement.On s\u2019est aperçu que l\u2019Ademil (fluméthiazide Squibb) renforce l\u2019effet hypotenseur de la Rauwolfia serpentina.La combinaison Rautrax renferme du fluméthiazide, pour son effet diurétique-hypotenseur, de la racine entière de Rauwolfia serpentina, pour son effet tranquillisant et hypotenseur et un supplément de chlorure de potassium.Structure chimique : L\u2019Ademil est un dérivé de benzothiadiazine mis au point par les docteurs H.L.Yale et J.Bernstein, de l\u2019Institut Squibb de la recherche médicale, à New-Brunswick, New-Jersey, E.U.d\u2019A.Sa formule chimique est : 6-(trifluorométhyl)-2,2,4-benzothiadiazine-7-sulfonamide, 1, 1-droxide.On a administré de l\u2019Ademil à des sujets atteints d\u2019hypertension bénigne ou modérée, d\u2019œdème d\u2019étiologie diverse et à d\u2019autres sujets pour lesquels la drurèse était requise.On a signalé l\u2019utilité de ce médicament pour le traitement de la décompensation cardiaque, de l\u2019œdème et de la toxémie de la grossesse, de l\u2019œædème de la néphrose et de la néphrite, de la cirrhose accompagnée d\u2019ascite, de l\u2019œdème du syndrome prémenstruel et de l\u2019œdème médicamenteux.D\u2019après le fabricant, le Rautrax est indiqué chez tous les hypertendus, surtout lorsque leur réaction aux hypotenseurs n \u2018atteint pas un degré optimum, quand on recherche une réduction plus prononcée ou plus douce de la pression sanguine et en présence d\u2019ædème ou de défaillance cardiaque.Il est particulièrement recommandé chez l\u2019hypertendu anxieux.Les investigateurs rapportèrent une baisse importante de la pression sanguine (20 mm Hg ou davantage), après trois ou quatre semaines du traitement Rautrax chez 31 sujets faisant partie d\u2019un groupe d\u2019étude de 43 cas de dispensaire atteints d\u2019hypertension vasculaire.Vingt cas sur 43 retrouvèrent leur tension normale.Leur âge allait de 34 à 77 ans.Les affections traitées comprenaient l\u2019hypertension grave, modérée et bénigne.Trente et un malades avaient une lésion cardiaque et 26 un trouble rénal fonctionnel.Amélioration subjective : Les auteurs signalèrent un soulagement quasi total des symptômes concomitants tels que le mal de tête, l\u2019étourdissement et la confusion visuelle ainsi que l\u2019absence d\u2019 effets satellites sérieux ou même importuns.On n\u2019observa pas de tolérance à l\u2019action hypotensive du Rautrax après des durées d\u2019administration allant jusqu\u2019à quatre mois et demi d\u2019administration ininterrompue. 432 LavaL MEbpicaL Octobre 1959 Au cours de la même étude, on obtint des résultats comparatifs avec le Rautrax, la racine entière de Rauwolfia seule et la réserpine seule.Ces résultats révélèrent que «l\u2019administration concomitante d\u2019un diurétique (fluméthiazide) acerut indéniablement l\u2019effet hypotenseur de la Rauwolfia ».D\u2019autres études ont confirmé cet effet ampliatif qui permit d\u2019abaisser la posologie lorsqu\u2019on y ajoutait le Rautrax.De même, chez des malades soumis à un autre traitement hypotenseur, Squibb recommande de diminuer la dose dès qu\u2019on y adjoint l\u2019administration du Rautrax.Perte de poids : Le maintien de la déperdition pondérale et de la réduction de l\u2019æ- dème a démontré que l\u2019efficacité de l\u2019Ademil se renouvelle.Suivant Squibb, les sujets traités à cette préparation ou avec le Rautrax peuvent s\u2019accorder une ration de sel plus généreuse puisque l\u2019Ademil provoque une diurèse profuse du sodrum.Effets secondaires minimes : Les effets secondaires qu\u2019on a attribués à l\u2019Ademil ou au Rautrax ont été très faibles et justifièrent rarement le retrait du médicament.Ces deux préparations n\u2019ont, jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, entraîné ni la goutte ni le coma hépatique ainsi qu\u2019on l\u2019a noté avec d\u2019autres diurétiques de benzothiadiazine.On a remarqué de menus troubles digestifs et des crampes muscu- Jaires.On n\u2019a pas signalé d\u2019éruptions cutanées ni de réactions allergiques bien que les investigateurs aient constaté quelques cas de prurit.L\u2019Ademil n\u2019a pas abaissé la pression chez les sujets où elle était normale et n\u2019a eu aucun effet sur l\u2019hémodynamique rénale.L\u2019emploi de l\u2019Ademil et du Rautrax ne comporte aucune contre- indication absolue.On a déclaré que l\u2019alcalose hypochlorémique, avec ou sans hypokaliémie, peut se déclarer.Cette éventualité demande donc que les malades qui reçoivent l\u2019Ademil ou le Rautrax soient examinés régulièrement en prévision d\u2019un déséquilibre des humeurs et, ou des électrolytes.On a dit qu\u2019il faut observer les sujets traités avec le Rautrax afin de déceler les signes de dépression mentale ou de réveil de l\u2019ulcère peptique.Présentation : L\u2019Ademil est fourni en flacons de 100 comprimés de fluméthiazide (500 mg).Quant au Rautrax, on l\u2019obtient en flacons de 100 comprimés renfermant 400 mg de fluméthiazide, 50 mg de racine entière de Rauwolfia serpentina et 400 mg de chlorure de potassium."]
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