Laval médical, 1 décembre 1962, Décembre
[" lop mda ce CE VOLUME 33 ny NUMERO 10 EDITORIAL LES EFFETS DES IRRADIATIONS SUR LA POPULATION INTRODUCTION Chaque mois, chaque jour presque, nous entendons parler d\u2019explosions atomiques.ou de leur interdiction éventuelle.Les prises de position se multiplient, souvent d\u2019autant plus tranchées qu\u2019elles sont moins bien informées.Nous apprenons l\u2019existence de mystérieuses ceintures de radiations autour du globe et les grandes puissances se lancent dans des expériences qui, selon les uns, ont pour but de les étudier et, selon les autres, réussiraient surtout à les perturber.Chacun s\u2019interroge sur les dangers de l\u2019irradiation que ce soit pour les cosmonautes, pour nos descendants ou pour nous-mêmes.A côté de cela, les applications pacifiques de la physique nucléaire se multiplient, tant pour la production d\u2019énergie que par l\u2019apparition de toute une gamme de produits nouveaux.(1) Avec la technologie atomique, la technologie de l\u2019espace, il se crée une médecine atomique, une médecine de l\u2019espace, Nous laisserons de côté cette dernière, car si une branche passionnante de la physiologie est en train de naître par et pour les cosmonautes, il faut bien admettre que, d\u2019ici quelques années encore, les découvertes dans ce domaine n\u2019auront qu\u2019un intérêt m purement documentaire pour l'immense majorité des gens.(2) Au contraire, nous sommes tous exposés aux retombées radioactives et nous serons bientôt tous amenés à utiliser, sous l\u2019une ou l\u2019autre forme, des produits de l\u2019industrie atomique.Même ce seul domaine est bien vaste et, alors que les chiffres et les interprétations s\u2019accumulent dans certains secteurs, nous devons réaliser notre ignorance encore presque totale de certaines des réactions biologiques fondamentales à l\u2019irradiation.Néanmoins, à défaut d\u2019un jugement définitif sur ces problèmes, beaucoup, parmi les médecins surtout, aimeraient pouvoir s\u2019en faire une opinion personnelle circonstanciée.Aussi, au prix de pas mal de simplifications et de démonstrations elliptiques, vais-je essayer de passer en revue quelques questions d\u2019actualité que l\u2019on peut, me semble-t-il, formuler ainsi : 1° A quelle irradiation la race humaine estelle soumise ?2° Quelle est, dans l\u2019irradiation totale, la part des radiations d\u2019origine artificielle et, entre autres, celle des applications de l\u2019énergie atomique?3° Quels sont les risques immédiats et lointains associés aux divers types d\u2019irradiation ?DÉCEMBRE 1962 752 Roger GHYS 4° Quelle protection et quelle thérapeutique sont possibles ?5° Quelle doit être notre attitude ?1° L\u2019irradiation naturelle : Il faut d\u2019abord rappeler que tous les êtres vivants et les hommes en particulier ont toujours été soumis à l\u2019action de radiations ionisantes provenant du cosmos et des isotopes radioactifs naturels terrestres.(3) La civilisation en créant de nouvelles sources de radiations n\u2019a fait qu\u2019augmenter la dose d\u2019exposition.L'importance du risque est nouvelle, non sa nature.La première difficulté réside dans le choix d\u2019une unité de mesures.Le rad (100 ergs/gm) permet d\u2019exprimer la quantité d'énergie radian- te absorbée, sans tenir compte cependant de l\u2019efficacité biologique variable des diverses radiations.On utilise donc, pour ces calculs, le rem (rœntgen-equivalent-man), égal au rad multiplié par un coefficient représentant l\u2019efficacité biologique relative (R.B.E.) de chaque type de radiation.Ce coefficient est, par définition, de 1 pour les rayons X usuels, il est un peu inférieur à l\u2019unité pour les rayons y de 60C0 mais s\u2019élève à environ 10 pour les rayons a ; il est très variable, selon les conditions expérimentales, pour les neutrons.On est donc handicapé au départ par la nécessité d\u2019utiliser une unité qui n\u2019a pas une valeur absolument fixe (4, 4 bis 5 et 6).Les sources d'irradiation naturelle sont de deux sortes : rayons cosmiques et radioisotopes naturels.L'\u2019intensité du rayonnement cosmique est assez constante au niveau de la mer, dans les latitudes tempérées.On l\u2019évalue à 28 millirem par an (28 mrem).Cependant, l\u2019intensité est triple à 3000 mètres d\u2019altitude ; il n\u2019existe aucun moyen pratique de se protéger de ces rayons.(3) L\u2019irradiation due aux radioéléments provient en partie de l\u2019uranium et de ses produits de dégradation se trouvant dans les matériaux qui nous entourent, en partie des radioéléments de notre organisme.HERO RE ANSEL Laval Médical Vol.33 - Déc.1962 L\u2019irradiation terrestre peut varier énormément d\u2019une région à l\u2019autre.Le granit contient plusieurs fois autant de radioéléments que le calcaire.On a choisi comme valeur moyenne 47 mrem/an pour l\u2019irradiation terrestre et 2 mrem/an pour l\u2019irradiation atmosphérique.Néanmoins, des mesures faites en Suède ont montré que la dose reçue dans une maison construite en matériaux solides peut être 4 fois supérieure à celle observée dans la rue (3).Sur des terrains uranifères, au sens habituel du terme, la dose absorbée augmente beaucoup.Dans certaines régions du Katanga ou de l\u2019état de Kérala aux Indes, l\u2019irradiation terrestre est 10 fois supérieure à la moyenne (500 mrem/an) et peut atteindre par endroits 5 rem/an (100 fois la valeur de base) (7).Dans l'organisme, les radioéléments naturels (14C, 40K, et uranides) se fixent selon leurs affinités biochimiques en quantités très variables d\u2019un organe à l\u2019autre : la dose reçue varie en conséquence.Aux gonades, l\u2019irradiation interne est de l\u2019ordre de 23 mrem/an ; l\u2019irradiation totale due à des sources naturelles est donc de 100 mrem.Les chiffres correspondants sont 51 et 130 mrem/an pour les ostéocytes, 15 et 95 mrem/an pour la moelle osseuse (7).La dose génétique significative (dose reçue aux gonades pendant les 30 premières années de l\u2019existence) s\u2019élève donc, du fait de l\u2019irradiation naturelle, à environ 3 rem ; la dose « leucémo- gène » (dose reçue pendant toute la vie par la moelle) est dans les mêmes conditions d\u2019a peu près 6 rem.Il faut ici encore souligner les variations considérables de ce que l\u2019on peut considérer comme des conditions « normales » ou « typiques » : dans bien des cas, la dose reçue peut être plusieurs fois supérieure à ces valeurs approximatives.2° L\u2019irradiation artificielle : Les applications des découvertes de Rœntgen et des Curie ont prodigieusement augmenté, depuis les 20 dernières années, les chances d\u2019irradiation de la population. i\" Als Ti I dT It NS GE EME se @ Ele de nes Cn = 1 aie MOOT olen ie ol & (es so LU © a pia Laval Médical Vol.33 \u2014 Déc.1962 Nous ne nous attarderons pas sur la radiothérapie ; on ne peut interdire une méthode de traitement qui est parfois la seule efficace, à cause d\u2019un risque hypothétique : s\u2019il guérit de sa tumeur, le patient, souvent âgé au départ, pourrait faire une leucémie vingt ans plus tard.De même, l\u2019exposition professionnelle des radiologues ou des personnes travaillant avec des isotopes radioactifs est régie par des règles spéciales, qui sont devenues extrêmement sévères.En une carrière pourtant courte, j'ai été témoin de la réduction des doses permises de 50 rem/an à 12 rem/an (et 5 rem/an aux gonades) (8).En fait, la plupart des personnes travaillant dans ce domaine reçoivent maintenant beaucoup moins que la dose de tolérance.L\u2019industrie atomique est actuellement considérée comme une des plus salubres.Deux enquêtes récentes ont montré que la mortalité des radiologues n\u2019est pas significativement différente de celle des autres médecins, parmi ceux qui ont choisi cette spécialité après 1921 au Royaume- Uni, après 1947-48 aux États-Unis (7 et 9).Radiothérapie et exposition professionnelle ne contribuent d\u2019ailleurs que pour une proportion très minime à l\u2019exposition de la population dans son ensemble (10).Parmi les sources d\u2019irradiation artificielles non contrôlées, on peut distinguer deux groupes principaux : le radiodiagnostic et les retombées radioactives.Le radiodiagnostic sous toutes ses formes est, de loin, dans les pays les plus civilisés, la principale source d\u2019irradiation artificielle.Il contribue à l\u2019irradiation de la population totale cinquante fois plus que la radiothérapie et la dose accumulée de cette façon, que ce soit aux gonades ou à la moelle, est, dans plusieurs pays, supérieure à celle due à l\u2019irradiation naturelle.Une comparaison exacte n\u2019est pas possible car il s\u2019agit en général d\u2019une irradiation localisée, ce qui diminue les lésions biologiques, mais donnée en un temps très court, ce qui les augmente.Ces deux facteurs agissent en sens opposés mais leur LES EFFETS DES IRRADIATIONS SUR LA POPULATION 753 combinaison doit, dans beaucoup de cas, avoir plutôt pour effet d\u2019augmenter la R.B.E.de ces irradiations (3 et 10).Les retombées radioactives (falloul) sont maintenant au centre de toutes les préoccupations.En cas de guerre atomique, l\u2019irradiation externe due à ces isotopes serait probablement le principal risque pour les survivants des pays belligérants ou voisins ; par contre, tant qu\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019explosions expérimentales, à distance, elle est négligeable (une fraction de mrem/an) (7).Le risque est ici dû à l\u2019irradiation interne par les isotopes incorporés dans l\u2019organisme.La plus grosse part de la radioactivité est fournie par quelques radioisotopes.137Cs, qui a un métabolisme semblable à celui du K, et 14C se répartissent dans tout le corps.131 se fixe dans la thyroide : du fait de sa période relativement courte (8 jours), on le trouve en quantité très variable et il a pratiquement disparu 2 mois après l'explosion atomique.Par contre, à la suite de précipitations dans une région exposée à des retombées radioactives peu de temps après la libération de radioéléments dans l\u2019atmosphère, il est déjà arrivé que le taux de cet isotope dans le lait dépasse largement, pendant quelques jours, le maximum (accepté) de 700 micro-microcuries (700 puc) par litre de lait.Celui-ci devrait alors être immédiatement retiré des circuits de distribution et envoyé aux fabriques de lait en poudre.(11) Le radioélément le plus important du groupe est probablement °°Sr : il constitue une partie importante de l\u2019activité, il a une longue période (28 ans) et il se fixe de façon durable dans l\u2019os, organe particulièrement sensible à l\u2019irradiation chronique (12, 13 et 14).Les principales sources alimentaires de %0Sr sont le lait pour les populations occidentales, le riz en Orient.Les doses reçues sont 6 fois plus faibles dans le premier cas ; le métabolisme du Sr est fort semblable à celui du Ca mais il existe, chez les vertébrés une discrimination en faveur du Ca.les vaches font donc une première et efficace filtration à notre avantage (7). 754 Roger GHYS Au total, la dose significative qui sera reçue du fait des retombées radioactives par les gonades des personnes nées après 1945 dépend de deux facteurs : la durée des essais d\u2019armes atomiques et la façon dont les retombées se produiront.Pour la dose à la moelle, un troisième facteur est le type d\u2019alimentation.Le tableau donne différentes valeurs pour ces doses en supposant que les expériences atomiques se terminent à la fin de 1962 ou d\u2019ici quelques années (1968) ou, au contraire, continuent indéfiniment (un équilibre serait atteint après environ un siècle), Le calcul de la contamination terrestre a été fait d\u2019après deux hypothèses plausibles, l\u2019une pessimiste, l\u2019autre optimiste.En supposant que les explosions atomiques dureront encore quelques années, elles seront donc potentiellement capables de donner une dose accumulée qui, chez nos enfants, correspondra à 1 pour cent de l\u2019irradiation naturelle aux gonades, à 5 pour cent au niveau de la Laval Médical Vol.33 \u2014- Déc.1962 niveau de vie, les doses attribuables au radiodiagnostic correspondent actuellement, aussi bien au niveau des gonades que l\u2019os, à plus de 100 pour cent de l\u2019irradiation naturelle (voir tableau).3° Signification biologique de l\u2019accroissement de radioactivité de la biosphère : On distingue généralement les effets somatiques, qui frappent l'individu irradié, et les effets génétiques qui se manifesteront dans sa descendance.Les réactions immédiates à l\u2019irradiation sont hors de question ici étant donné la modicité des doses données en exposition aiguë : même les apprentis-sorciers jouant avec un appareil de radiodiagnostic ne provoquent plus d\u2019érythème chez leurs patients ! Dans tous les cas, il s\u2019agit donc d\u2019effets-retard qui ne se manifestent que plusieurs années ou même plusieurs générations après l\u2019irradiation causale.En médecine traditionnelle, une comparaison est possible moelle.Au contraire, dans les pays à haut avec les atteintes tardives et héréditaires de la TABLEAU Estimation des doses de radiations de diverses provenances * (Moyennes mondiales, per capita, en mrem et en 9, de l'irradiation naturelle) Doses reçues aux gonades \\ ; .SOURCE pendant les 30 premières Dose à la moelle osseuse pendant toute la vie 4 ous (70 ans) années de l'existence Irradiation naturelle.3,000 100% 7,000 100% Sources artificielles (à l'exception des 2 catégories spécifiées plus bas) .,.012202222100 aa aa en 500 à 5,000 15 à 170% supérieur à 7,000 >100% (c'est-à-dire radiodiagnosiic tour plus des 959, de la dose) Exposition professionnelle (personnel des centres atomiques et radiologues).|| moins de 60 60 3 sur 15 20,0 Rapport des globulines 8/y 5 cm dans acétone .AD.75 cm?DPN (1,3mM en solutionde Krebs var).10 cm?Nicotinamide (40 mM dans AD).10 em?Chlorure de néotétrazolium (6 mg/cm3 AD) .LL 210 10 cm3 L'incubation terminée, les coupes sont lavées au liquide de Krebs, fixées 10 minutes par le formol à 10 pour cent neutre et montées : Le liquide de lavage est ainsi constitué : NaCl 0.21M._ 1.000 cm?KCl 021M.10 cm?Mg £O4 7H2C 0,21M | 10 em?Tampon de Sgrensen 012M .360 cm\u201d 2° Technique de Levy-Deane et Rubin : 81 Déhydroépiandrostérone LL.4 mg Propylene glycol.10 cm?Nitro BT (I mg/cm3).20 cm?Nicotinamide (1.6 mg/em3).14 cm?DPN (3mg/cm3) .16 cm° Tampon de Sgrensen 0.05 M, pH 7.4 80 cm° Le cortex surrénal du rat est plus riche en stéroido-3 B ol-déshydrogénase que celui de la souris, du cobaye ou du hamster, le tissu ovarien a Figure 23.\u2014 Activité stéroïde-3 8 ol-déshydrogénasique dans la surrénale de Génisse.(Technique de Levy & Deane.) 81.1959 : Endoc., 65 : 934. 810 Lucie ARVY - Gilbert RUCART - Gérald RACINE de la Ratte est également plus riche que celui des autres espèces.Chez le Cobaye les cellules testiculaires de Leydig sont particulièrement actives.En général, chez les petits rongeurs de laboratoire les richesses relatives peuvent être schématisées de la manière suivante : tissu interstitiel ovarien les corps jaunes mfirs>cortex surrénal> les cellules de Leydig et les cellules de la théque interne.B.CYTOCHROMOXYDASE C\u2019est l\u2019enzyme qui catalyse l\u2019oxydation des cytochrome c réduit aux dépens de l\u2019oxygène de l\u2019air, les cytochromoxydases purifiées ont le même spectre que les cytochromes a et as de Keilin et Hartree.La fixation par le formol ou par l'alcool détruit la cytochroxydase, il faut travailler sur tissus frais ou sur coupes au cryostat.L\u2019identité de l\u2019activité enzymatique est assurée à l\u2019aide de KCN (10-3 M) ou de Na28.La cytochromoxy- dase est activée et stabilisée par l\u2019Emasol 4130 = détergent synthétique, non-anionique (=mono- oléate de polyoxyéthyléne-sorbitan).82 La technique d\u2019étude de cette activité enzymatique se limitait depuis 1885 dans la recherche d\u2019une activité capable d\u2019oxyder le mélange nadi = mélange constitué d\u2019a-naphtol et de paraphénylè- ne diamine à parties étales.Cette technique est toujours utilisée ; Nachlas et coll.la pratiquent en plongeant leurs coupes dans le mélange : Tampon phosphate 0,IM pH 7,4.2 em?a-naphtol (0,5 mg/cm°), dans À D alcoolisée.5 con® N,N-diméthyl p-phénylene diamine.3,5 cm?AD.LL LL LL a 4,5 cm?La solution stock d\u2019a-naphto est obtenue en dissolvant 100 mg d\u2019a-naphtol dans 2 cm3 d\u2019alcool absolu, en laissant reposer et en décantant lentement dans 198 cm3 d\u2019AD chaude.La solution stock est conservée au frais.Crawford et Na- chlas ont récemment appliqué la réaction nadi 82.YONETAN:, J.biol.Cher, 1961, 236 : 1580.Laval Médical Vol.33 \u2014 Déc.1962 à des évaluations de l\u2019activité cytochromoxydasi- que.83 Schneider et Pearson 8 ont obtenu de belles préparations par la réaction nadi appliquée a la glande sous-maxillaire du Rat.Cependant, Nachlas et coli.,85 Burstone 86 ont décrit des techniques beaucoup plus satisfaisantes.1.Milieu d'incubation de Nachlas et coll.(1958) : 1.Tampon phosphate 0, 1M de pH 7,4.3 cm?2.g-naphtol (1 mg/em3).4 cm?3.4-amino-1-N, N-diméthylanphtyla- mine @mg/em3).LL.4 em?4.Cytochrome C (mg/cm).3 cm?5.Catalase (30g/em®).1 em?1, 2, 4 et 5 sont d\u2019abord mélangés et juste avant l'immersion des coupes, 3 est ajouté au mélange.L\u2019incubation dure de 10 à 30 minutes.Après l\u2019incubation les coupes sont lavées rapidement dans l\u2019eau salée à 9%, et montées.En présence de cytochromoxydase 2 et 3 donnent un indonaphtol pourpre très stable.Quand les tissus sont très riches, tels le cœur, l'estomac, le cerveau, le cytochrome n\u2019est pas nécessaire ; il suffit de prolonger la réaction de 5 à 10 minutes pour que la coloration soit aussi intense.La catalase détruit électivement la peroxydase et ne laisse persister que la G-nadi-oxydase ou activité cytochromoxydasique.2.Technique de Burstone (1939-1960) : Cet auteur a utilisé de nombreux naphtols et de nombreuses amines nouveaux ; il a également montré que des composés non naphtoliques, porteurs de groupements méthylène, tels les pyrazalones pouvaient être utiles pour l\u2019étude de l\u2019activité cytochromoxydasique.Les produits finaux des réactions de détection sont des indoanili- nes, des azométhines, des indamines-azines lipo- insolubles ; ils peuvent être complexés avec des métaux lourds, si on veut obtenir des préparations permanentes.83.J.H.C\u2026, 1958, 6 : 438.84.Ann.New York Acad.Sci, 1960, 85 : 201.85.J.H.C., 1958, 6 : 445.86.J.H.C., 1959, 7 : 112 ; 1960, 8: 63 et 1961, 9: 59.is Wii, Dic fie Torys lls pi la gard Ted gi frit Eh: cc avan larg: Ak ime 2 Jl 5 JE 1234 EI de 2 0 Laval Médical Vol.33 - Déc.1962 Chaque réactif, naphtolique ou méthylénique, est dissous dans l\u2019alcool éthylique (10mg/cm3), additionné de tampon tris 0.2M, pH 7,2 à 8,2 et d\u2019eau ( aa25cm3) et de N,N, -diméthyl p-phénylè- nediamine (10mg) ; quelques cm3 d\u2019une solution de ferricyanure de potassium à 5 pour cent sont ajoutés à l\u2019ensemble.Tel est le bain de Burstone 1959,87 Le tampon tris est obtenu en mélangeant : Tris.LL LL 24 @ HCIN .LL 170 cm?Faugsp.1000 cm?La réaction est virée dans une solution d\u2019acétate de cobalt à 10 pour cent, dans le formol à 10 pour cent, tamponnée : Co (C2H302)2-dH20.10g Formol 2 109, .100 cm?Tampon acétate 0,2 M pH 5,2.5 cm?Les coupes séjournent une heure dans ce mélange ; puis elles sont lavées à l\u2019eau courante pendant 5 à 10 minutes.La spécificité de la réaction est contrôlée avec Na°S ou avec KCN à 10-3M.En 1961, Burstone 88 a décrit des réactions encore plus sensibles que les précédentes, mettant en œuvre la 8-hydroxy-1,4 naphtoquinone et la 8-amino-1, 2, 3, 4-tétrahydroquinoline ; cette dernière est recommandée pour les tissus relativement pauvres en cytochromoxydase.Les coupes de tissus frais, sont mises en incubation pendant 15 à 180 minutes, dans : p-aminodiphénylamine.10 à 15 mg 8-amino-1,2,3,4-tétrahydroquinoline .10 à 15 mg Alcool éthylique.| 1 goutte Tampon tris 0,2M pH 7,4.25 em?AD 1111212210 LL ALL 25 cm?Filtrer et ajouter: Cytochrome C.10 à 20 mg asie caches L\u2019A B C DE LA PRATIQUE HISTOENZYMOLOGIQUE 811 \u2014 transférées et laissées une heure, dans : Acétate de cobalt.12221120.10 g Formol .121110111010 10 cm?AD.1111111001 La LL 90 cm?\u2014 les coupes lavées, peuvent être : 1° montées à la glycérine-gélatinée ; 2° déshydratées, et : d) montées dans une solution d\u2019acétate de polynivyl à 25 pour cent ; b) montées dans le permount.Parmi les recherches récentes, les plus significatives, qui ont été faites sur les enzymes catalyseurs d\u2019oxydation, je dois vous signaler celles de Tremblay et Cartier,89 mettant en évidence en particulier une activité cytochromoxydasique extrêmement forte dans les cellules oxyphiles de la para- thyroïde de l\u2019Homme.VI.LES NUCLÉASES Ce sont les enzymes qui clivent les nucléines.Elles sont connues depuis la fin du siècle dernier et Kunitz % a isolé, à partir du pancréas de bœuf, la première ribonucléase cristallisée ; elle est utilisée par les histochimistes pour l'identification des ribonucléines depuis que Brachet 9! en a montré la possibilité.Les ribo- et désoxyribonucléases clivent les molécules des ribo- et des désoxyribonucléines en libérant des nucléotides.Les histoenzymologistes distinguent deux activités enzymatiques : \u2014 une désoxyribonucléasique I, dont le pH optimal est compris entre 7 et 8 et qui est activée par Mg++ ; \u2014 une désoxyribonucléase II, dont le pH optimal varie entre 4,5 et 6 et qui n\u2019est pas activée par Mg++.Nous possédons actuellement deux techniques d\u2019étude de ces activités enzymatiques.La pre- 89.Endoc., 1961, 69 : 658.90.J.Gen.Physiol., 1940, 24 : 15.91.C.R.Soc.Biol., 1940, 133 : 88 et 90. 812 Lucie ARVY - Gilbert RUCART - Gérald RACINE mière en date est tout à fait originale, c\u2019est celle de Daoust ; la plus récente est dérivée de la technique de Gomori au plomb-sulfure d\u2019ammonium, c\u2019est celle de Aronson et coll.1.Technique de Daoust 92 Cet auteur prépare des lames recouvertes d\u2019une mince couche de gélatine chargée d\u2019acide désoxyribonucléique, fixe la gélatine par le formol, élimine le formol par lavage et monte sur les lames des coupes à frais, au cryostat, de divers tissus.L\u2019ensemble est laissé à lui-même en chambre humide à 20°C.Lorsque la réaction est terminée, les coupes, d\u2019une part, les lames gélatinées, d\u2019autre part, sont colorées ; chacune des lacunes présentées par le film de gélatine témoigne d\u2019une activité désoxyribonucléasique, que la coloration des coupes permet de rapporter à tel ou tel groupe de cellules.Cette technique peut être appliquée à diverses activités enzymatiques ; il suffit de préparer des lames gélatinées chargées du substrat adéquat ; elle a été utilisée par Mary Pickford et Dorris 93 pour l\u2019étude des enzymes digestifs chez de petits arthropodes.J'ai moi-même, en collaboration avec le docteur Gabe, élaboré une technique analogue lorsque j'ai étudié les activités enzymatiques du sang des insectes,9 Ces types de technique ne permettent pas d'obtenir une localisation enzymatique au niveau des organites cellulaires, mais elles renseignent rapidement, en toute certitude, sur les richesses comparées de divers organes.D\u2019année en année, Daoust a amélioré sa technique afin de la rendre plus sensible ; en 1961,°5 il prépare deux lames, l\u2019une porte-coupes, l\u2019autre porte-substrat.a) Lame porte-substrat : C\u2019est une lame porte-objet recouverte du mélange : 92.Exp.Cell.Res, 1957, 12 : 203, et « General cytoche- mical methods », de DANIELLI, tome 1I, 1961, Acad.Press, édit.93.Science, 1934, 80 : 317.94.C.R.Soc Biol., 1946, 140 : 73 et 757.95.Exp.Cell.Res., 24 : 559.Vol.33 \u2014 Déc.1962 Laval Médical Solution aqueuse de gélatine du commer- ) ceab%.ce A Solution aqueuse de désoxyribonucléate aa de sodium a 79%.Deux à trois gouttes de ce mélange sont déposées à l\u2019extrémité d\u2019une lame porte-objet et sont étalées rapidement et uniformément ; il suffit de redresser verticalement la lame pour que l\u2019excès de substrat se collecte au bord inférieur de la lame et puisse être facilement supprimé.Séchées à l\u2019air, des lames sont fixées par le formol à 20 pour cent, pendant 12 heures, puis lavées à l\u2019eau distillée, jusqu\u2019à l\u2019élimination du formol.b) Lame porte-coupes : Elles sont obtenues en déposant sur des lames porte-objet 0,5 cm3 d\u2019un mélange chauffé au bain-marie : Gélatine.Co .7% Glycérol .Le mélange est étalé en une nappe d\u2019un bon millimètre d\u2019épaisseur et d\u2019environ 4 cm x2,5 cm de surface ; il est mis au frais, jusqu\u2019à gélification.Les coupes, faites au cryostat, sont déposées sur la nappe et la lame est chauffée à 40°C., jusqu\u2019à liquéfaction de la gélatine-glycérolée, afin d\u2019assurer une bonne adhérence des coupes.Réaction : On affronte les deux lames, après avoir déposé à chacun des angles de la lame porte-substrat une gouttelette de gélatine-glycérolée qui : 1° servent d\u2019étai à la lame porte-coupes ; et, 2° s\u2019opposent au déplacement de la lame porte-coupes.Le poids de la lame porte-coupes suffit pour assurer un bon contact entre les coupes et le substrat.Après un contact de 5 à 40 minutes, les deux lames sont séparées, en insérant une lame de rasoir à l\u2019une des extrémités du couple de lames.La lame porte-substrat est colorée pendant 5 minutes par le bleu de toluidine à 0,2 pour cent, lavée, séchée, montée au baume du Canada.Lost ey Huit, Dep pos tis Teles ik db meet la, ir, silks, i 5 to i sé all ge me rel ll Laval Médical Vol.33 - Déc.1962 La lame porte-coupes est fixée par le formol à 10 pour cent, lavée, séchée, plongée dans un mélange : Acide acétique.21112122 0 1 partie Alcool.1111111121 La ee 3 parties pendant 5 minutes et transférée dans une solution de bleu de toluidine à 0,1 pour cent, pendant une à deux minutes.\u2014 lavée avec AD \u2014 séchée à l\u2019air \u2014 montée au baume.Des coupes chauffées à 90°C.pendant dix minutes ou plongées pendant 20 minutes dans des solutions inhibitrices de la désoxyribonucléase II (sulfate de cuivre 0,001 M, sélénite de sodium 0,001 M, arsénate de sodium 0,001 M, citrate de sodium 0,01 M, borate de sodium 0,02 M, fluorure de potassium 0,1 M et chlorure de sodium 1 M), ne modifient plus de film de gélatine chargé d\u2019acide désoxyribonucléique : l\u2019activité désoxyribonucléa- sique a été détruite.Cependant, des coupes plongées pendant 20 minutes dans des solutions 0,003 M de sulfate de magnésium, ou de sulfate de manganèse (connues pour être des activateurs de la désoxyribonucléa- se), sont actives sur le film-substrat.L\u2019épiderme du Rat, son pancréas exocrine, les cellules épithéliales intestinales, les cellules de Remak sont riches en désoxyribonucléase II.2.Technique de Aronson ei coll.96 Elle dérive de la technique au plomb-sulfure d\u2019ammonium de Gomori ; la désoxyribonucléase des tissus clive les désoxyribonucléines en poly- nucléotides ; il suffit donc de plonger les coupes dans un bain pourvu de phosphase acide et de nitrate de plomb pour que la succession des réactions ci-dessous se déroule : 1° Les nucléotidases intracellulaires clivent les polynucléotides ; 96.1958, J.H.C., 6 : 255.a2) L\u2019A B C DE LA PRATIQUE HISTOENZYMOLOGIQUE 813 2° la phosphatase acide les déphosphoryle ; 3° les ions phosphates libérés précipitent au contact du nitrate de plomb.Le précipité apparu est révélé par le sulfure d\u2019ammonium.Les tissus sont prélevés et lavés dans une solution de sucrose à 5 pour cent.Les coupes faites au cryostat sont fixées pendant cing minutes par un mélange acétone, formol, eau (50, 10, 40), puis par l\u2019acétone à 50 pour cent pendant cing minutes.L\u2019acétone est ensuite soustraite par un séjour de 5 a 15 minutes dans l\u2019eau tiède.L\u2019incubation dure de 6 à 18 heures, à 37°C., dans un bain ainsi composé : Tampon acétate de sodium 0,05M, PHS).50 cm?Nitrate de plomb 0,1M (dans AD).1,5 cm?Acide désoxyritonucléique 0,4% (dans AD).2,5 cm?Phosphatase acide, 2gm/cm® (dans AD) 2,5 cm?A la sortie du bain d\u2019incubation les coupes sont lavées dans AD, a trois reprises, pendant une minute.L\u2019immersion des coupes dans une solution aqueuse de sulfure d\u2019ammonium a 0,2 pour cent révéle les points pourvus de phosphate de plomb.Lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un tissu riche en phosphatase acide tel que le tissu aphénique, la phosphatase du bain peut être omise.Les comparaisons des activités décelées sur coupes avec les données obtenues par dosage biochimique conduisent Aronson et coll.à évaluer à 30 pour cent l\u2019activité désoxyribonucléasique II qui persiste après la fixation et un court lavage à l\u2019eau.Les résultats obtenus avec la technique Aronson et coll.coincident avec ceux obtenus par la technique de Daoust : par exemple, au niveau de l\u2019intestin l\u2019activité désoxyribonucléasique II existe dans l\u2019épithélium intestinal ; au niveau de la rate l\u2019activité existe dans la pulpe rouge ; dans le foie, les cellules de Kupffer et les macrophages 814 Lucie ARVY - Gilbert RUCART - Gérald RACINE hydrolysent l\u2019acide désoxyribonucléique et les tubules du cortex rénal en sont également capables.VI.LES AMINOPEPTIDASES Ce sont les activités enzymatiques qui président à la synthèse réversible des aminopeptides.Leur importance est primordiale : 1° elles sont à l'évidence impliquées dans l\u2019absorption et la digestion, car elles existent dans l\u2019épithélium qui recouvre le tube digestif de toutes les espèces qui ont été examinées à ce jour : Homme, Cobaye, Rat,97 Rama pipiens ; 98 2° elles existent dans de nombreuses glandes endocrines : centres neuro- sécréteux diencéphaliques et hypophyse des gros Mammifères domestiques, du lapin et de la poule domestique,9 hypophyse d\u2019Odocoileus,109 parathy- roïde de Rat,10! du bœuf et du mouton,!%2 tissu langerhansien d\u2019Anas boschas.193 Il est donc vraisemblable que l\u2019aminopeptidase est impliquée dans la synthèse et la libération des polypeptides hormonaux.Pearse et Tremblay (1958) ont, en effet, vu varier l\u2019activité aminopeptidasique parathyroïdienne du Rat : elle diminue quand on traite les rats par le dihydrotachystérol et elle augmente quand on soumet les rats à un régime carencé en calcium ; on peut donc admettre que l\u2019aminopeptidase intervient dans la synthèse de l'hormone parathyroïdienne.Dès 1954, Gomori a cherché à réaliser des substrats chromogènes, pour identifier les peptidases cellulaires ; il a vu que le a et B-alanyl et les glycyl-a et f-naphtylamines sont hydrolysées par les tissus à pH 6, 8 \u20147 ; la naphtylamine libérée peut être couplée avec le fast garnet GBC.Le colorant azo formé peut être extrait et évalué colorimétriquement ; Gomori a vu en procédant ainsi que lorsque l\u2019activité du rein est 220, celle du pancréas est 10, celle de la rate est 5,5, celle du foie est 3 et celle de l\u2019estomac est 1,5.97.BURSTONE et FOLK, NACHLAS et coll.98.GAGNON, RUCART et Arvy 1962, inédit.99.Arvy, IIIe Congrès international sur la neurosécrétion, Bristol, 1961.100.ARVY et RUCART, 1962.101.PEARSE et TREMBLAY, Nature, 1958, 181 : 1532.102.Arvy, C.R.Soc.Biol., (nov.) 1961.103.ARVY et RUCART, 1962.Laval Médical Vol.33 \u2014- Déc.1962 Actuellement, l\u2019histoenzymologiste peut déceler deux de ces activités : l\u2019alanyl 8-naphtylamidase et la leucyl B-naphtylamidase.Burstone et Folk (1956) ont estimé que le composé D-alanyl-6-naphtylamide était plus rapidement hydrolysé que le composé L-leucyl B-naphtylamide ; cependant, testés dans des conditions strictement comparables, sur 18 organes de Gallus domesticus, la leucyl B-naphtylamide a toujours été plus rapidement hydrolysée que l\u2019alnanyl-f-naphtylamide.104 Les deux activités, alanyl et leucyl naphtylami- dasiques persistent après fixation par le formol ; 105 elles peuvent même être retrouvées sur coupes à la paraffine après fixation par l\u2019acétone.Mais la fixation la meilleure est celle obtenue par le formol à 10 pour cent neutre et froid.Green et coll.106 et Burstone et Folk 197 ont utilisé la L-leucyl-B-naphtylamide et la DL-alanyl f-naphtylamide à pH 7 - 7,4 ; les points pourvus d\u2019activité aminopeptidasique libéraient de la naphtylamine qu\u2019ils couplaient soit avec : l'O-aminotoluènediazoté la p-nitro-p-amino 2,5-diméthoxy-diphénylamine.L'activité aminopeptidasique est accrue par le KCN à 0,003 M ; elle est, au contraire, inhibée par les sels de calcium, de cuivre, de plomb, l\u2019orthodianisidine (100 pour cent à pH 8 ; 60 pour cent à pH 6,8).Les inhibiteurs spécifiques sont le verséne et le citrate de sodium 10\u20142 M.108 Le fast garnet GBC, au contraire de l\u2019orthodiani- sidine, ne l\u2019inhibe que peu (30 pour cent) ; mais ce sel de diazonium a l\u2019inconvénient de donner un colorant azo à gros cristaux et de ne pouvoir se chélater ; de sorte que la di-o-dianisine tétrazotée lui est préférée, à pH
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