Laval médical, 1 décembre 1941, Décembre
[" A lea VoL.6 No 10 DÉCEMBRE 1941 NN EN A / > ; Pi LAVAL Par MÉDICAL BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC - Rédaction et Administration FACULTE DE MEDECINE UNIVERSITE LAVAL QUEBEC CONSTIPATION VALDINE VALOR Peut être considéré comme l'aide mécanique idéal.Ne crée pas d'accoutumance.Absorbe l'eau et passe par l'intestin comme une substance gélatineuse.Agit par sa - puissance d'expansion et glisse facilement dans le tube digestif auquel il restore son mouvement physiologique.Granulés aromatisés.USINES CHIMIQUES DU CANADA INC.87 Station C - MONTRÉAL LAVAL MÉDICAL VOL.6 N° 10 DÉCEMBRE 1941 MÉMOIRES ORIGINAUX HYDRONÉPHROSES A SYMPTOMATOLOGIE FRUSTE par Chs VEZINA Chef du Service chirurgical à l\u2019Hôtel-Dieu et Arthur BEDARD Assistant en chirurgie à l\u2019Hôtel-Dieu L\u2019hydronéphrose, constituée par la dilatation aseptique du bassinet et des calices, peut présenter une symptomatologie des plus variées et simuler une affection d\u2019un autre organe et, plus spécialement, une affec- tion du tube digestif.Maire, de Lyon, dans sa thèse (1909) sur les difficultés du diagnostic des hydronéphroses, a été le premier à étudier la symptomatologie des hydronéphroses.Avec le développement de nos explorations modernes, cette question a été précisée ; et, en 1930, au IV® congrès de la Société internationale d\u2019Urologie, tenu à Madrid, [a question des hydronéphroses a été mise au point.Depuis, de nombreux auteurs ont fait des travaux sur cette partie de la pathologie urinaire et on retrouve, dans la (2) 452 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 littérature, de nombreuses observations d\u2019erreurs de diagnostic le plus souvent incontrôlables à cause de la grande variété et du peu de gravité de certains symptômes qu\u2019accusent les malades porteurs d\u2019hydronéphroses.Nous voulons d\u2019abord vous rapporter, au complet, l\u2019observation d\u2019une petite malade où nous avons erré dans le diagnostic et qui était porteuse d\u2019une grosse hydronéphrose.PREMIÈRE OBSERVATION Fernande P., 10 ans, est admise, le 5 octobre 1938, dans le Service du Dr Vézina, avec le diagnostic d\u2019appendicite aiguë refroidie.Depuis plusieurs mois, en effet, elle se plaint de douleurs abdominales à prédominance dans la fosse 1liaque droite, douleurs qui surviennent par crises et qui s\u2019accompagnent de grands vomissements.Après un ou deux Jours, les douleurs disparaissent pour réapparaître quelques jours ou semaines plus tard.L'enfant n\u2019a Jamais présenté de troubles urinaires.Le diagnostic d\u2019appendicite est confirmé cliniquement et, le 6 octobre, on lui enlève l\u2019appendice.Notre petite malade quitte l\u2019hôpital, Ie 12 octobre, apparemment guérie.L\u2019examen anatomo-pathologique de l\u2019appendice montre un appendice sans particularités.Le 12 avril suivant, le père de Fernande P.nous écrit que sa fille, qui a été bien quelque temps, fait de nouveaux des crises abdominales accompagnées de grands vomissements verdâtres, de température et de constipation.Fernande est admise de nouveau dans le Service le 10 juillet 1939.L\u2019interrogatoire ne nous révèle rien de particulier excepté que les douleurs sont beaucoup plus fortes et que les crises se répètent à des intervalles plus rapprochés.Il n\u2019existe aucun trouble urinaire.L'examen somatique est négatif ; les reins ne sont pas palpables et l\u2019examen des urines ne révèle rien de particulier.De plus, l\u2019exploration radiologique complète du tube digestif n\u2019offre aucun intérêt.Soupçonnant quelque chose d\u2019abdominal, nous pratiquons, le 19 juillet, une laparatomie exploratrice qui nous montre rien de particulier, si ce n\u2019est une tuméfaction au niveau du bassinet du rein droit, tuméfaction de la grosseur d\u2019une mandarine.Il s\u2019agissait donc d\u2019une hydronéphrose.Quelques jours plus tard, nous Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 453 entreprenons une exploration urologique complète qui a confirmé ce diagnostic.L\u2019urographie intra-veineuse nous a montré un rein gauche normal et un rein droit à calices régulièrement dilatés.La pyélographie rétrograde du rein droit fait voir une dilatation immense du bassinet et des calices, et nous permet de soupçonner la cause.Il s\u2019agirait en effet de vaisseaux anormaux qui viendraient couder le bassinet et qui causeraient cette hydronéphrose.L\u2019azotémie est à 0.57 et la phénol- sulfonephtaléine à 74%.L\u2019exploration du rein gauche montre qu\u2019il fonctionne normalement.Nous enlevons ce rein hydronéphrotique.Les suites opératoires furent normales et le 6 septembre la petite Fernande quitta l\u2019hôpital guérie.Nous avons injecté ce rein immédiatement après l\u2019intervention et l\u2019on put voir une énorme dilatation du bassinet et des calices.L'examen microscopique de la pièce nous a montré qu\u2019il s\u2019agissait bien d\u2019une artère anormale, entourée d\u2019adhérences, qui coudait l\u2019urétère et provoquait cette hydronéphrose intermittente.Nous avons ici un bel exemple de la difficulté fréquente du diagnostic de ces hydronéphroses à syndrome digestif et, dans la littérature, de nombreuses observations d\u2019erreur de diagnostic sont assez souvent rapportées.D\u2019après plusieurs auteurs, pendant très longtemps ces hydronéphroses ne donnent que des symptômes gastro-Intestinaux, soit qu\u2019elles agissent par compression sur une partie du tube digestif, soit que, par action réflexe, elles modifient la motricité ou la sécrétion du tractus gastro-intestinal.Gauthier et Clavel, dans un article sur les hydronéphroses à forme gastro-intestinale, classent de la façon suivante les formes gastro-intestinales des hydronéphroses : 1° Syndromes chroniques : forme dyspeptique, forme entéritique, forme simulant l\u2019appendicite chronique ; 2° Syndromes aigus abdominaux simulant une appendircite aiguë ou une péritonite jusqu\u2019au moment où un accident urinaire vient révéler la présence d\u2019une hydronéphrose.Le diagnostic est souvent difficile.Deux choses peuvent cependant nous aider à faire le diagnostic : 1° Le mode d\u2019apparition et de la fin de la crise qui, le plus souvent sont assez brusques avec des intervalles variables de bien-aise ; 454 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 2° Les troubles digestifs qui sont rebelles à tout traitement et même à une appendicectomie ou à une cholécystectomie.La pathogénie de ces troubles pourra être variable : la dilatation plus ou moins marquée du bassinet et des calices pourra agir par sa seule présence et comprimer soit directement le pylore, le duodénum ou le côlon, soit indirectement les vaisseaux et les nerfs du tube digestif.L\u2019hydronéphrose pourra aussi provoquer une urémie latente et, secondairement, causer des troubles digestifs.Enfin, par action réflexe, elle pourra amener des troubles gastro-intestinaux, troubles réflexes bien connus des urologistes et fréquents lors de nos explorations urologiques.Ces symptômes gastro-intestinaux seront plus ou moins marqués, et souvent seront absents, et l\u2019hydronéphrose se manifestera par des symptômes drivers comme nous le verrons en examinant ensemble quelques observations d\u2019hydronéphrose rencontrées soit chez nos malades privés, soit dans le Service du Dr Charles Vézina.DEUXIEME OBSERVATION Juliette M., 24 ans, souffre, depuis 5 ou 6 ans, de douleurs abdominales survenant par crises, et durant plus ou moins longtemps, accompagnées de nausées et de vomissements.En 1935 on lui enlève son appendice et elle n\u2019est aucunement soulagée.Ses crises augmentent de plus en plus et font penser a des troubles vésiculaires.A ces crises, cependant, viennent s\u2019ajouter des douleurs lombaires droites.L'examen est négatif.Les urines ne révèleront rien de particulier.Une urographie intra-veineuse vient montrer une dilatation considérable des calices et du bassinet droits avec sténose urétérale haute.Après section de deux artères anormales polaires inférieures, la malade est guérie, et ceci depuis octobre 1936.TROISIÈME OBSERVATION Madame Alfred C., 54 ans, a une histoire digestive assez compliquée.Opérée pour cholécystite calculeuse, en 1913, elle fut soulagée pendant Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 455 quelque temps.De nouveau les crises douloureuses reprennent pour se rapprocher de plus en plus.Ces douleurs siègent au niveau de l\u2019hypocondre droit et de tout l\u2019abdomen et ne s\u2019accompagnent ni de nausées, ni de vomissements.Elles s\u2019irradient parfois vers la cuisse droite et ne s\u2019accompagnent d\u2019aucun trouble urinaire.L'examen des urines est négatif de même que l\u2019exploration radiologique du tube digestif.Une urétéro-pyélographie rétrograde montre une dilatation du bassinet et des calices supérieurs.Vu l\u2019âge de la malade nous lui avons conseillé le port d\u2019une bande abdominale pour soutenir le rein légèrement ptosé, cause de cette hydronéphrose.QUATRIÈME OBSERVATION Marie-Jeanne G., 29 ans, vient consulter, en avril 1939, pour des douleurs abdominales s\u2019irradiant vers l\u2019ombilic et ne s\u2019accompagnant d\u2019aucun trouble digestif.Ces douleurs surviennent par crises et durent depuis 3 ans.Elles débutent brusquement après un travail ardu.Cette jeune fille ne présente aucun trouble urinaire.L'examen est négatif excepté que l\u2019on perçoit le rein droit.Une urétéro-pyélographie rétrograde nous montre une dilatation du bassinet et des calices.Le 13 avril nous pratiquons une néphropexie droite au moyen de 4 lambeaux capsulaires.Le 11 mai, la malade quitte \u2019hépital apparemment guérie.CINQUIEME OBSERVATION Madame Antonio B., 27 ans, vient consulter, le ler juillet 1939, pour des douleurs abdominales à prédominance dans la fosse 1liaque droite.Ces douleurs sont apparues il y a 15 mois et ont augmenté progressivement.Ces douleurs s\u2019accompagnent d\u2019anorexie, de fatigue, et sont soulagées par le repos.Pas de troubles urinaires.L\u2019examen des urines est négatif.L\u2019examen montre un rein droit ptosé, et une urétéro-pyélographie rétrograde montre une coudure de l\u2019urétère droit, une dilatation légère du bassinet et des calices.Le 6 juillet nous pratiquons une néphropexie droite et, le 22, la malade quitte l\u2019hôpital en bonne voie de guérison. LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 Ces quelques observations, choisies parmi de nombreuses observations d\u2019hydronéphrose, nous montrent la difficulté du diagnostic de cette affection rénale.Devant un malade qui vient consulter pour des troubles dont la pathogénie est difficile à expliquer, nous croyons qu\u2019il faut penser aux reins après avoir éliminé tous les autres organes.L\u2019azotémie, la pyélographie rétrograde et mieux l\u2019urétéro-pyélographie rétrograde, au moyen de la sonde Bouchon de Chevassu, nous permettent souvent de trouver la cause des troubles dont se plaignent ces patients.II ne faut pas s\u2019emballer et dire que tous les troubles que l\u2019on ne peut expliquer sont dus à une hydronéphrose ; 1l faudra peut-être y penser plus souvent pour le plus grand bien de nos malades.Quant au traitement, 1l variera suivant la cause : enlever l\u2019obstacle : le calcul, l\u2019artère ou la veine anormale ; replacer le rein s\u2019il est ptosé ; et, enfin, ne faire une néphrectomie que si l\u2019on y est obligé.Donc, traitement conservateur qui est possible dans la majorité des cas. NOS PREMIÈRES CONSTATATIONS SUR 25 CAS DE FORAGE DE LA PROSTATE par André SIMARD Chef de clinique à l\u2019Hôtel-Dieu Après avoir extirpé à peu près 200 prostates par la taille sus-pubienne dans une période de 10 ans, nous avons, depuis février dernier, inauguré, à l\u2019Hôtel-Dieu, la résection trans-urétrale des adénomes péri-urétraux et des cancers de la prostate.En 1930, nous avons contribué à vulgariser une prostatectomie en un temps, faite rapidement, avec un drainage sus- pubien de trés courte durée.Cette nouvelle intervention d\u2019alors, qui semblait être une amélioration considérable sur la prostatectomie en 2 temps, et sur les drainages interminables par les larges tubes de Paul, semble maintenant passée franchement à l\u2019arrière-plan devant la résection trans-urétrale qui simplifie et qui raccourcit considérablement le drainage et le temps de l\u2019hospitalisation.Sur les 200 cas de prostatectomie sus-pubienne, nous avons enregistré une mortalité d\u2019un peu moins de 3%.Ce faible taux de mortalité est aussi imputable au fait qu\u2019une sélection judicieuse a été faite des sujets à opérer.En février dernier, nous avons commencé à nous servir de la nouvelle méthode, et nous pouvons maintenant vous présenter 25 cas de 458 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 prostatectomie par la méthode endo-urétrale, dont nous avons le rapport anatomo-pathologique.Sur ces 25 cas, nous n\u2019avons enregistré aucune mortalité.Les glandes péri-urétrales, qui forment l\u2019adénome et qui s\u2019accroissent vers la vessie en allongeant le canal de la longueur de la tumeur et ADENOME | PERIVRETRAL J | 3 \u2014_ oy / Nef RETENTION Æ = SANS DISTENTION ~N ste\u201d == RECTUM, Fig.1.\u2014 Mécanisme de la rétention dans un bas-fond créé par l\u2019adénome.en repoussant vers l\u2019extérieur la prostate elle-même qui s\u2019amincit de plus en plus à mesure que l\u2019adénome grandit, sont extirpées à l\u2019aide d\u2019une anse diathermique que l\u2019on déplace de la vessie vers le veru montanum.De cette façon, des lamelles de l\u2019adénome sont réséquées tour à tour jusqu\u2019à ce que l\u2019on creuse suihsamment tout le tour du canal, mais d\u2019une façon beaucoup plus marquée à la partie inférieure.Le signe qui dé- Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 459 montre que la résection est suffisante, c\u2019est l\u2019apparition, au niveau du canal, du bas-fond vésical qui remonte à mesure que la tumeur disparaît.Les dangers de cette résection sont d\u2019abord les hémorragies qui doivent être contrôlées par le courant cautérisant que l\u2019on fait passer dans l\u2019anse, et que l\u2019on applique sur les vaisseaux qui saignent sous le contrôle de la vue.Puis, c\u2019est l\u2019infection subséquente de cette plaie que l\u2019on vient de faire, et un décollement possible de la muqueuse vésicale au niveau de son passage vers l\u2019urètre.Enfin, la perforation du rectum par une résection trop poussée qui dépasse les limites de l\u2019adénome et même de la prostate.Nos trois premières résections ont été évidemment plus laborieuses que les suivantes.Impressionné par les accidents possibles, les copeaux enlevés par le résectotome étaient de très petite dimension, et presque chaque résection était suivie d\u2019une cautérisation abondante.La première a duré une heure et quart.Aujourd\u2019hui, il est possible de faire la même intervention dans 15 minutes.Il faut remarquer ici que l\u2019hémorragie, si le vaisseau ne présente pas de pulsations et si elle n\u2019aveugle franchement pas la vision, est presque négligeable.Il y a même intérêt à ne pas trop cautériser afin de ne pas former une escarre trop grande qui peut tomber tout d\u2019un coup entre le 72 et le 12° jour, et provoquer une nouvelle hémorragie qui peut avoir des suites très fâcheuses.L\u2019apparence endoscopique de l\u2019adénome de la prostate est celle de 2 ventres de rideaux drapés de chaque côté de l\u2019urètre, et qui peuvent, dans les cas extrêmes, pratiquement se toucher.La partie inférieure sera comme un dos d\u2019âne derrière lequel on ne pourra apercevoir le bas- fond vésical.La résection devra donc se faire sur les 3 côtés systématiquement en commençant par les latéraux, et en finissant par l\u2019inférieur qui correspond au lobe médian.Nous devons ajouter ici, à propos du plancher de l\u2019urètre, qu\u2019on se trouve aussi en présence du sphincter vésical qui peut se confondre avec la barre inter-urétrale dans les petites prostates.II faudra essayer, alors, de glisser derrière lui sans trop l\u2019entamer afin de ne pas avoir l\u2019inconvénient d\u2019une incontinence qui est assez fréquente surtout si on a dû appliquer la sonde Foley qui distend ce sphincter en s\u2019appliquant intimement sur la plaie causée par la résection. 460 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 Sur 25 résections trans-urétrales, une seule tumeur a été diagnostiquée cancéreuse avant l\u2019intervention, mais l\u2019examen anatomo-patho- logique a révélé que 4 d\u2019entre elles étaient d\u2019origine cancéreuse.Ce chiffre paraît un peu élevé.Est-ce une coïncidence, ou la loi des séries, nous n\u2019en savons rien.Cependant au Congrès de la Canadian Medical Association, au mois de Juillet, la statistique des urologistes variait entre 10 et 15%, ce qui correspond sensiblement à nos constatations.TuBE, O'\u20ac8BomiTe LUM ERE Fur Yectiaceeceecceccec Cee AMAA © 10 LA LSA ARAN DIR RATION DE RE SReT ION Anse DINTHERNIQUE MORCEAU RES equ Fig.2.\u2014 Résection avec l\u2019anse coupante.Les petites complications auxquelles 1l nous a fallu faire face, peuvent sinon être évitées, du moins atténuées.La première c\u2019est l\u2019hémorragie.Nous avons 4 malades qui ont saigné de façon inusitée pendant 2 ou 3 jours.Nous constatons maintenant que notre cautérisation dans un des cas n\u2019a pas été suffisante, et que dans les 3 autres, le temps préopératoire n\u2019a pas été assez long, ce qui veut dire que ces 3 derniers malades, arrivés à l\u2019hôpital avec l\u2019idée de subir une résection trans-urétrale, Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 461 à cause de la longueur de l\u2019hospitalisation très diminuée, nous ont impressionné par le désir qu\u2019ils avaient de se faire opérer immédiatement et n\u2019ont pas été soumis à un drainage suffisamment prolongé pour permettre à leur adénome de se décongestionner complètement.Ces malades, d\u2019ailleurs, ont gardé, jusqu\u2019à leur opération, une petite température qui, à ce moment-là, n\u2019a pas assez retenu notre attention.Il nous a donc fallu nous servir de cette sonde à double tubulure, dont la chambre extérieure est remplie d\u2019eau, afin de former une voussure que l\u2019on applique fortement sur la région qui saigne en la tirant vers l\u2019extérieur.Cette méthode est très efficace, mais comporte aussi certains ennuis dont nous avons eu à nous plaindre chez 3 malades.Comme nous vous l\u2019avons dit plus haut, la distension prolongée du sphincter par cette sonde qui forme tampon a entraîné une incontinence qui n\u2019a cependant pas duré plus de 8 Jours dans le plus tenace des cas, mais qui peut durer 6 mois.Jusqu\u2019à présent, on ne relate pas d\u2019incontinence permanente.Évidemment, le malade, qui est venu à l\u2019hôpital parce qu\u2019il avait des difficultés à uriner, ou qu\u2019il n\u2019urinait pas, trouverait particulièrement exagéré d\u2019uriner tout le temps.La troisième complication réside dans l\u2019infection subséquente de la plaie opératoire, et dans le fait que la résection a pu traumatiser la muqueuse vésicale pour la soulever au bord de l\u2019urètre, permettant à l\u2019infection de se loger dans le tissu cellulaire sous-jacent.Deux de nos cas ont été infectés, et un a suppuré pendant 15 jours.Un traitement au sulfonamide a cependant réussi à juguler cette infection qui, jusqu\u2019ici, n\u2019a pas été très tenace.Retenons que ces 2 malades avaient, avant leur opération, une petite température et qu\u2019ils étaient, tous les deux, des habitués de l\u2019auto-sondage.On pourrait, ici, recommander un traitement désinfectant pré-opératoire suffisamment prolongé pour faire disparaître l\u2019infection et surtout l\u2019œdème, que l\u2019on constate, dans ces cas, au moment de l\u2019intervention.Un de nos cas portait, derrière son adénome, trois gros calculs vésicaux, que nous avons dû enlever subséquemment par une taille sus- pubienne rapide qui ne nous a d\u2019ailleurs apporté aucune complication.Peut-être aurions-nous pu faire cette taille, et la résection par la suite, mais il n\u2019est pas très sûr que la vessie ait la même résistance à la disten- 462 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 sion après une cystostomie, car il ne faut pas oublier que la résection se fait à vessie distendue par un courant d\u2019eau continu qui est nécessaire pour chasser chaque morceau réséqué.Nous avons fait deux résections chez des individus qui avaient été prostatectomisés plusieurs années auparavant par voie sus-pubienne, et qui avaient gardé des symptômes très identiques à ceux qui avaient précédé leur prostatectomie.Dans ces cas il s\u2019agissait d\u2019une résection de 2 ou 3 grammes, d\u2019une cicatrice vicieuse, ou d\u2019un clapet formé par un lambeau de muqueuse qui obstruait la voie d\u2019excrétion.Dans ces deux cas, le résultat a été magnifique et immédiat.Quant aux quatre cancers, dont trois étaient ignorés, les résections ont été larges et importantes.II est inutile de penser qu\u2019une guérison A r I ° * .x x f r peut être espérée, mais la mort, qui serait survenue à brève échéance par l\u2019azotomie très élevée ou par le blocage complet, est retardée de plusieurs mois ou années, et n\u2019est pratiquement fonction que des métastases.Cette résection, d\u2019ailleurs, peut être répétée et prolongera d\u2019autant la vie du patient.Nous ne nous sommes pas encore attaqué à de très grosses prostates.Il est possible que, dans l\u2019avenir, quand la chose se sera vulgarisée, cn pourra réséquer en plusieurs séances de très gros adénomes, permettant ainsi une guérison complète.Nous croyons que, dans ces cas, la taille sus-pubienne garde encore ses droits.La préparation et les soins post-opératoires, sur lesquels nous avons déja insisté dans un autre travail, ne doivent pas être négligés ; ils sont aussi nécessaires qu\u2019ils l\u2019étaient dans les interventions sus-pubiennes.La collaboration médico-chirurgicale est de toute nécessité, car les malades n\u2019ont pas changé, même si l\u2019intervention s\u2019est simplifiée et les suites opératoires considérablement raccourcies.On peut actuellement dire qu\u2019un prostatique moyen, ayant une azotémie normale et n\u2019étant pas infecté, aura une préparation préopératoire de 3 à 4 Jours, et des suites opératoires de 8 à 10 Jours. MASTOÏDECTOMIE par Paul PAINCHAUD Chef du Service d\u2019oto-rbino-larvngologie a l\u2019Hôtel-Dieu et Frangois LETARTE Assistant à l\u2019Hôtel-Dieu L\u2019objet de ce travail est de passer en revue les vingt-trois cas de mastoïdites aiguës et sub-aiguës traitées chirurgicalement dans Ie Service depuis quatorze mois.Les mastoïdites chroniques sont exceptées parce que les indications et les techniques opératoires diffèrent.En vue de classifier les observations sur une base anatomique, il est important de rappeler sommairement la systémisation cellulaire de la mastoïde qui a été divisée en deux parties par Portmann : La partie antérieure superficielle correspond à l\u2019antre et à la pointe.La partie antérieure profonde comprend l\u2019antre ; elle est sous-jacente à la cavité crânienne et longe les canaux semi-circulaires ; en bas, elle forme le triangle digastrique.La partie postérieure de la mastoïde comprend la zone sinusienne supérieure et descendante, c\u2019est-à-dire, la portion sigmoïde du sinus 464 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 latéral ; de plus, la zone cérébelleuse située entre le sinus et la suture occipito-mastoïdienne postérieure.Treize cas ont présenté des lésions prédominantes dans la partie antérieure de la mastoïde.Chez onze de ces malades, les mastoïdites aiguës étaient extériorisées en abcès sous-périosté.Les lésions de la pointe ont développé deux cas de mastoïdite de Bézold : le pus a coulé dans la rainure digastrique pour s\u2019infiltrer dans la région cervicale.Les huit autres observations appartiennent au groupe des périsinusites : les lésions prédominaient dans la partie postérieure de la mastoïde.Afin d\u2019éviter les répétitions, trois observations résumeront brièvement la symptomatologie caractéristique des groupes cités.Observation 5 : R.P., âgé de 9 ans, souffre d\u2019un abcès sous-périosté de la mastoïde gauche.Antécédents personnels : Rougeole en avril 1940.Scarlatine en mai 1940.Maladie actuelle : Au cours du dernier exanthéme, fin de mai, otorrhée fétide gauche, indolore.Surdité progressive.Le 28 mai, la suppuration cesse pour être remplacée par une otalgie continue et à irradiation profonde.A l\u2019examen d\u2019admission, + juin, la lumière du conduit auditif est obstruée par du pus épais.Le pavillon de l\u2019oreille gauche est décollé et projeté en haut.Le sillon rétro-auriculaire est effacé.La peau est tendue et œdématiée par une collection fluctuante.Température : 101° ; pouls : 132.Douleur provoquée élective au niveau de l\u2019antre.Cette symptomalogie classique s\u2019est présentée selon la fréquence habituelle chez nos malades portant une perforation de leur mastoïde antérieure, soit au niveau de l\u2019antre ou plus bas, vers la pointe.Dans un cas, observation 7, en plus des symptômes rétro-auricu- lairres déjà cités, l\u2019œdème soulevait la fosse temporale droite et intéressait la paupière inférieure.La perforation était sus-antrale dans la zone temporo-zygomatique.L'observation 13 caractérise la mastoïdite de Bézold.Dès que R.S., âgé de 13 ans, vient consulter le 6 juin, 1l attire l\u2019attention par un Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 465 torticolis de rétraction et la présence d\u2019un abcès cervical.La tête est inclinée à gauche.Le pavillon de l\u2019oreille gauche est décollé.La peau de la région mastoidienne est œdématiée ; les plis sont disparus.Au tiers supérieur du sterno-cléido-mastoidien, la palpation déprime une collection fluctuante et provoque une douleur aigué qui irradie a la pointe mastoidienne.Le tympan est perforé et du pus en sort sous pression.Température : 101° ; pouls : 110.L\u2019intervention a lieu deux heures après l\u2019admission.La pointe baigne dans le pus.Un large séquestre est enlevé.Le trajet d\u2019une fistule est repéré derrière la pointe, voie qui explique la propagation du pus le long des insertions musculaires pour fuser dans la région cervicale.Enfin, l\u2019observation 25 1llustrera le groupe des périsinusites.L\u2019examen de R.S., âgée de 13 ans, admise le 12 février dernier, révèle des symptômes précis de phlébite du sinus sigmoïde droit.La température oscille entre 104 et 100° depuis huit jours.Des frissons et apparition de cyanose sont survenus a deux reprises.Le pouls suit les clochers de la température.Les accalmies sont accompagnées de somnolence et d\u2019indifférence.Céphalée dans la région fronto-pariétale droite.Suppuration de l\u2019oreille droite.Hyperesthésie de la mastoïde droite œdématiée.L\u2019examen du fond de l\u2019œil est négatif.En présence des signes cliniques positifs, l\u2019intervention a permis de découvrir un sinus décoloré avec paroi nécrosée et la présence d\u2019un abcès péri-sinusien postéro-inférieur.Tous les malades furent opérés dans les dix-huit heures qui suivirent l\u2019admission.Quant à la technique, elle procède de la définition de la mastoïdectomie qui est « l\u2019ouverture systématique, aussi complète que possible, des divers groupes cellulaires mastoïdiens ».Une incision un peu au delà du sillon rétro-auriculaire partant de la linea temporalis jusqu\u2019à la pointe permet d\u2019exposer la mastoïde et d\u2019explorer l\u2019os.Quelques c.c.de pus sont prélevés et expédiés au laboratoire pour guider la thérapeutique.Les zones déjà énumérées sont trépanées méthodiquement de haut en bas et d\u2019avant en arrière.L\u2019antre est élargi ; sa communication avec l\u2019aditus est vérifiée.La gouttière inter-sinuso-faciale est curetée. 466 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 Cependant, l\u2019étendue des temps opératoires varie avec les lésions et le curetage des cellules nécrosées commande parfois l\u2019exposition de la dure-mère.Cette éventualité s\u2019est présentée dans quatre cas au niveau du tegmen (observations 4, 8, 13 et 23).La résection complète de la pointe a été jugée nécessaire chez deux malades.Les mastoidites type Bézold exigent d\u2019une part la découverte du trajet fistuleux et, de plus, l\u2019ineision de l\u2019abcès cervical.Dans [observation 14, les deux ouvertures furent réunies par un drain sous les plans cervicaux.Quant aux périsinusites, une contre-incision postérieure a été exécutée dans trois cas pour contrôler la zone du sinus sigmoïde.Chez tous les malades atteints de phlébite ou d\u2019ostéite péri-sinusale, le sinus a été exposé chaque fois et le plus fréquemment dans la région postéro- supérieure.Dans l\u2019observation rapportée plus haut, la zone cérébelleuse a dû être curetée soigneusement pour libérer les parois du sinus des groupes cellulaires infectés.Quand les aspérités ont été nivelées et que le curetage a laissé l\u2019os blanc et dur, le sinus libre et dépressible, un lavage abondant au sérum nettoie les cavités.Les tissus mous superficiels sont avivés.Une mèche est insérée librement dans l\u2019antre.Le périoste est rapproché au catgut.Les deux-tiers supérieurs de la plaie sont suturés à la soie.Tous les malades ont reçu de 500 à 1,000 c.c.de sérum glucosé additionné de soluseptazine et, le premier Jour, trois grammes de Dagenan en attendant le résultat de l\u2019examen bactériologique.Sur dix-sept échantillons prélevés au niveau de la mastoïde au cours de l\u2019intervention, le streptocoque hémolytique représentait 70% ; le pneumocoque 18% ; le staphylocoque 12%.Le streptocide a été prescrit à la dose de 3 grammes par jour jusqu\u2019à la chute de la température qui a suivi les quarante-huit heures de l\u2019intervention.Un gramme à un gramme et demi étaient continués selon l\u2019état général.Le Dagenan a été prescrit dans les mêmes proportions d\u2019après le type bactériologique.Iin résumé, chaque patient a reçu une moyenne de dix grammes et demi de sulfamidés.Quant à l\u2019évolution, aucune complication sérieuse n\u2019a retardé la guérison.Le drainage rétro-auriculaire a duré en moyenne cinq jours : les cicatrices sont restées uniformes et sans tendance à s\u2019affaisser.L\u2019oreille a cessé de suppurer avant la sortie du patient, sauf dans un cas dont la Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 467 cause de l\u2019écoulement est restée ignorée, même après plusieurs recherches du bacille de Koch.La fonction auditive s\u2019est améliorée progressivement avec le drainage de la caisse.Enfin, la moyenne de la durée de l\u2019hospitalisation chez ces vingt- trois malades, âgés de 16 mois à 66 ans inclusivement, a été de quatorze jours et demi pour le traitement de leur mastoïdite.Si nous considérons que pas un de ces patients n\u2019avait subi de paracenthèse, que plusieurs n\u2019avaient reçu aucun soin médical et que trois enfants extériorisalent des signes d\u2019hypo-alimentation, il est possible d\u2019espérer une guérison encore plus rapide.BIBLIOGRAPHIE PORTMANN.Technique opératoire Oto-Rhino-Laryngologique, 1932.MouronGUET.Les Grands Syndromes O.R.L., 1926.TURNER.Diseases of the Nose, Throat and Ear, 1932.Fowrer.Medicine of the Ear, 1939.KorETsxy.Surgery of the Far, 1939.(3) LA SYPHILIS CHEZ LES ALIÉNÉS par Sylvio CARON Chef de Service à la Clinique Roy-Rousseau et Chs-A.MARTIN Assistant à la Clinique Roy-Rousseau Dix-neuf cent quarante-et-un est une année de compilation.L\u2019occasion est donc superbe de vous présenter le recensement particulier des malades syphilitiques qui sont passés à la Clinique Roy-Rousseau, pendant une période de onze années, allant du ler janvier 1930 au ler janvier 1941.C\u2019était, au début, notre intention de vous offrir la statistique intégrale de la syphilis à Mastaï, pour la même période, incluant les vérolés de l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange aussi bien que ceux de notre institution.La désorganisation accidentelle de l\u2019hôpital des aliénés, l\u2019éparpillement forcé des Services et des dossiers nous ont fait abandonner ce projet irréalisable dans les circonstances présentes.D\u2019ailleurs, les conclusions que nous avons retirées de la revue de nos dossiers spécifiques sont tout aussi explicites et ont la même valeur démonstrative que celles que nous aurait fournies la revision globale de la question syphilitique dans tous nos départements.Ainsi réduite à notre Service, la compilation quoique moins extensive quant au nombre des malades considérés, devient plus extensive quant à la variété des formes de la maladie syphilitique.Si les avariés que nous Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 469 recevons à la Clinique Roy-Rousseau sont des syphilitiques de toutes les périodes, ceux qui sont admis à Saint-Michel-Archange, étant nécessairement des aliénés, sont presque toujours des paralytiques généraux.Nous voudrions retenir de cette étude des rapports et des proportions qui restent vrais, plutôt que des chiffres exacts qui ne seront plus les mêmes l\u2019an prochain.Nous vous donnerons, au cours de la présentation, quelques chiffres que nous avons pu obtenir de Saint-Michel-Archange, pour démontrer, à l\u2019occasion, que ces proportions sont à peu près les mêmes dans tous nos Services et étendre, par là, la valeur de nos conclusions.Survant l\u2019exposé classique, nous considérons d\u2019abord les circonstances étiologiques, puis la question nosographique et enfin les résultats du traitement.I Parmi les circonstances étiologiques, nous retiendrons votre attention sur la fréquence de la maladie, sur sa distribution suivant le sexe, suivant les régions démographiques, suivant la profession, sur la question de contagion matrimoniale et celle des antécédents pathologiques.La syphilis est une maladie trop fréquente, c\u2019est entendu.Les multiples rapports qui nous ont été fournis au cours de ces deux dernières années démontrent bien que le fléau envahit notre province à grande allure.La question qui se pose pour nous est de savoir combien souvent cette maladie aux manifestations multiples contraint ceux qui en sont atteints à venir consulter dans le milieu neuro-psychiatrique.C\u2019est une opinion répandue dans le public et même le public médical qu\u2019une grande partie des maladies que nous soignons dans notre milieu sont causées par la vérole.Voici que les chiffres interviennent.Pendant cette période de 11 ans, nous avons enregistré en tout et partout à la Clinique Roy-Rousseau, 7,678 admissions et réadmissions.Sur ce nombre, 365 individus étaient manifestement atteints de syphilis.Chez ces 365 malades 1l y a eu 152 réadmissions, ce qui fait en tout 517 entrées.En comparant ce nombre au nombre total d\u2019entrées nous obtenons donc un rapport de 6.7%.Autrement dit 1 sur 15 des malades qui nous arrivent ou qui nous reviennent est atteint de syphilis.Les syphilitiques revenant plus souvent que les autres, ce rapport est certainement au-dessus de la vérité. 470 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 Pendant la même période, à l\u2019Hôpital Saint-Mirchel-Archange, sur 7,674 admis et réadmis on a accepté 375 vérolés admis et réadmis, ce qui fait un peu moins que 5%.Nous vous prions de remarquer tout de suite que de ces 375 spécifiques, 137 venaient directement de la Clinique Roy-Rousseau.En additionnant nos 517 entrées avec les 375 entrées de Saint- Michel-Archange pour les comparer au nombre total de 15,352 entrées à Mastaï, nous obtenons un rapport global légèrement supérieur à 5%.Nous verrons plus tard que parmi nos 365 spécifiques tous n\u2019étaient pas fous et qu\u2019un certain nombre de ceux qui l\u2019étaïent, ne l\u2019étaient pas à cause de leur syphilis.S\u2019il y a autant d'hommes que de femmes syphilitiques, le système nerveux des hommes semble plus vulnérable que celui des femmes à l\u2019attemte du spirochète, puisque nous avons admis 261 hommes contre 104 femmes.De même a Saint-Michel-Archange on a admis 276 hommes contre 99 femmes.Comme ce n\u2019est pas le temps d\u2019échafauder des hypothèses, nous nous bornons à constater le fait.Il importerait encore plus de comparer le nombre de syphilitiques que nous avons traités chez nous à la population totale de la région que nous desservons, que de le comparer au nombre total de nos admissions.Du premier coup d\u2019ceil, il apparaît clairement que la syphilis est une maladie de citadins.Si nous recevons peu de syphilitiques des comtés ruraux, nous en recevons beaucoup des centres urbains industrialisés, petits ou grands.Québec donne un maximum avec 230 vérolés, soit une moyenne de 20 par année, pour une population de 140,000.Saint-Maurice, Champlain : 25 ; Chicoutimi, Lac Saint-Jean : 19 ; Lévis : 11 ; Portneuf : 11 ; Beauce : 5 ; Montmorency et Charlevoix : 4 chacun ; Sherbrooke, Mégantic, Rivière-du-Loup, Témiscouata : 3 chacun, etc.A Saint-Michel-Archange nous avons obtenu à peu près la même distribution : Québec : 139 ; Saint-Maurice, Champlain : 42 ; Chicoutimi, Lac Saint-Jean : 44 ; Sherbrooke : 24 ; Lévis : 10 ; Portneuf et la Beauce : 9 chacun ; Nicolet, Richmond et Rimouski : 5 chacun ; Mégantic, Rivière-du-Loup et Témiscouata : 4 chacun, etc. Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 471 Les comtés exclusivement ruraux nous envoyent peu de syphilitiques.Nous prenons comme exemple Matane qui n\u2019a fourni aucun syphilitique dans nos institutions pendant 11 ans; les Iles de la Madeleine et Kamou- raska qui en ont fourni chacun un ; Matapédia qui en a fourni 2.Le cas de certains comtés ruraux est gité par la présence d\u2019un centre de colonisation comme Témiscouata qui a envoyé 7 malades à Mastaï ; par la présence d\u2019un relai de chemin de fer comme Rivière-du-Loup qui a fourni 7 malades ; par le présence de marins à la retraite comme L\u2019Islet qui a fourni 8 malades ; par le voisinage d\u2019un grand centre comme Montmorency qui en a envoyé 8 aussi.Il semble bien qu\u2019il n\u2019existe pas de foyer important de contagion dans le milieu rural, où on rencontre quand même parfois un colporteur qui a décidé de se fixer, une demoiselle qui fut un temps servante en ville, ou un bon vieux rentier qui a vécu ses années prospères aux États-Unis ou à Québec ou ailleurs, ou enfin, un honorable vétéran revenu gazé du front.On professait autrefois que la syphilis était une maladie de la classe aisée.Nos dossiers nous apprennent que c\u2019est plutôt une maladie de la classe moyenne des gens qui vivent loin de chez eux, des gens qui circulent, qui changent souvent de domicile.On y rencontre trop souvent des employés de chemin de fer, des marins, des conducteurs de taxi, gens qui ont en main la responsabilité de la vie d\u2019autrui.Il serait nécessaire d\u2019attirer l\u2019attention des pouvoirs publics sur ce fait, en vue d\u2019imposer l\u2019examen régulier des employés des services publics.On trouve encore des bûcherons ou des filles de la campagne venues gagner leur vie en ville et qui sont tombées, à la fin, dans le vagabondage.On compte 8 défenseurs de la patrie qui ont fait toutes sortes de prouesses sur les fronts européens et ont malheureusement été victimes du «gaz» vénérien.Les classes professionnelles sont représentées par un notaire, un ingénieur civil, un mêdeein et un frère.L'avocat a envoyé sa femme.Nous avons remarqué aussi, uniques en leur genre, un boxeur, une négresse et un barbier.Dans les manuels on dit vaguement que la paralysie générale conjugale est « relativement fréquente ».Dans notre statistique, 4 de nos paralytiques généraux ont un conjoint également paralytique général et nous avons la preuve d\u2019une syphilis secondaire chez l'épouse de trois 472 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 autres de nos paralytiques.Chez les autres nous avons très souvent la preuve de l\u2019indemnité duconjointet, plus souvent encore, aucun renseignement.Nous sommes si souvent frappés de la négativité sérologique du conjoint, qu\u2019il vaut la peine de signaler le fait, sans pouvoir malheureusement donner de chiffre exact, faute d\u2019avoir gardé d\u2019éléments de preuve.Trop souvent, encore, nos dossiers sont laconiques sur la question des antécédents des malades syphilitiques.L\u2019aveu des antécédents psycho- pathiques familiaux est toujours difficile à obtenir des parents qui viennent reconduire un dément.Tout de même, nous avons, à notre connaissance, l\u2019existence de tares neurologiques ou mentales dans la famille d\u2019une cinquantaine de nos malades : progéniteurs scléreux, morts d\u2019hémiplégie, parents alcooliques, épileptiques, morts à l\u2019asile, frère suicidé, oncle imbécile, sœur internée ou toxicomane, famille de pervers, etc.Un de nos tabétiques a une sœur qui fait du tabès et une autre fait la même maladie que son père.Ces quelques observations nous incitent rechercher plutôt, dans une hérédité de terrain, la raison de l\u2019atteinte nerveuse par le spirochète et à abandonner cette hypothèse du neuro- tropisme de l\u2019agent microbien qui est d\u2019ailleurs infirmée par la présence de lésions cutanées spécifiques chez quelques-uns de nos paralytiques généraux.Rogues de Fursac, qui a étudié de près cette question, a retrouvé des stigmates de dégénérescence dans 45% des cas de paralysie générale.De plus, nos syphilitiques sont des gens qui boivent.58, c\u2019est-à-dire !/6 de nos avariés, étaient des alcooliques notoires.Les autres mettaient peut-être aussi quelque chose dans leur eau.Quant à la question traumatisme, nous l\u2019avons négligée, quoi- qu\u2019elle soit assez souvent alléguée dans l\u2019histoire de nos paralytiques généraux.L'interprétation en est par trop difficile, puisqu\u2019il s\u2019agit tantôt d\u2019accidents anciens, mal datés, qui peuvent être antécédents à la syphilis, ou tantôt d\u2019accidents récents qui peuvent être interprétés comme un premier symptôme des désordres mentaux.Retenons seulement que dans un cas de tabès, le début de la maladie fut nettement déclanché par un traumatisme.Il Venons-en maintenant à la question nosographique, c\u2019est-à-dire à la distribution comparée des différentes formes de syphilis que nous avons traitées pendant ces onze années a la Clinique Roy-Rousseau. Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 473 Ces formes sont multiples, mais bien délimitées.Voici comment nous les avons distribuées et quels sont les critères dont nous nous sommes servis pour classer nos malades : Tous les malades qui se présentent avec un liquide céphalo-rachidien positif à la syphilis et des troubles mentaux, légers ou graves, sont étiquetés paralytiques généraux.Tous ceux qui ont un liquide céphalo-rachidien positif, avec de l\u2019ataxie et de l\u2019aréflectivité sont classés tabétiques.Ceux qui présentent une paraplégie spasmodique et un Bordet- Wassermann positif dans le sang, que le liquide soit positif ou non, sont décorés du diagnostic de myélite transverse.Si un hémiplégique est positif dans le sang et négatif dans le liquide, nous attribuons ses troubles à l\u2019artérite syphilitique que son hémiplégie soit permanente ou transitoire, proportionnelle ou non, pourvu qu\u2019il ne soit pas porteur de signes méningés.Nous classons à part les hérédos, qu\u2019ils soient atteints de paralysie générale juvénile, d\u2019hémiplégie, d\u2019épilepsie ou d\u2019arriération.Puis vient le groupe des malades atteints de syphilis secondaire, qui ont échoué dans notre Service pour des raisons multiples, généralement indépendantes de leur infection.Enfin nous avons vu un chancre.Voici maintenant les chiffres obtenus, la classification faite : Paralysie générale.240 Tabés.LL LL LL 24 Myélite transverse.111110200000 4 Artérite syphilitique .9 Hérédo.21 Syphilis secondaire .66 Syphilis primaire.1 Total .365 Nos paralytiques généraux ne sont pas tous des déments confirmés.Tous, cependant, ont un liquide céphalo-rachidien positif à la syphilis.S\u2019ils sont en même temps porteurs d\u2019autres lésions neurologiques ils sont quand même paralytiques généraux avant tout et restent dans leur cadre. 474 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 Ainsi nous en avons : 18 qui font un tabès associé ; 21 qui font de l\u2019épilepsie ; 1 qui fait du vertige ; 18 qui font des accidents hémiplégiques : paralysie confirmée ou petits troubles neurologiques à distribution unilatérale, ou hémisyndrome parkinsonnien dans un cas, ou hémisyndrome dovloureux dans un cas, ou accidents pseudo-bulbaires dans deux cas ; 6 présentaient de la cécité par névrite optique.Nous avons rencontré la même névrite optique chez deux tabétiques.Une tabétique grabataire devenue mélancolique a été internée.Deux de nos myélitiques avaient un liquide céphalo-rachidien positif, les deux autres étaient négatifs dans le liquide, mais présentaient une hyperalbuminose avec hypercytose, sans présenter d\u2019autre lésion décelable que la syphilis pour expliquer leur section médullaire.Les porteurs d\u2019artérite ont tous un liquide négatif, sont des hémiplégiques plutôt jeunes à troubles transitoires, souvent à rechute.Leur hémiplégie est ou non proportionnelle et peut s\u2019accompagner d\u2019aphasie.Chez les hérédos, nous avons 4 paralysies générales juvéniles avec troubles mentaux et liquide céphalo-rachidien positif à la syphilis.5 ont de l\u2019épilepsie, 2 sont des hémiplégiques avec un liquide négatif ; 7 sont nettement arriérés, dont un mythomane.Les 3 autres sont venus pour des troubles divers, accompagnés de spécificité, sans rapport causal possible.Les porteurs de syphilis secondaire sont venus dans notre Service pour les autres raisons qui nécessitent un séjour dans un milieu neuro- psychiatrique, la syphilis étant chez eux plutôt un éprphénomène.17 sont entrés pour alcoolisme : délirium, polynévrite, Korsakoff avec, parfois, perversion, nervosisme, manie ou mélancolie associés ; 10 sont venus pour débilité mentale : prostituées ou mythomanes arrêtées pour vagabondage ; Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 475 5 pour neurasthénie avec dépression ou toxicomanie ; + pour hyperémotivité : anxiété, syphiliphobie, déséquilibre sympathique ; 6 pour un délire quelconque, avec confusion ou hébéphrénocata- tonie ; 3 pour de l\u2019hypochondrie ; 3 pour une méningite syphilitique ; 2 pour des troubles du caractère ; 1 pour perversion, 1 pour toxicomanie, 1 pour épilepsie ; 1 pour iritis ; 3 pour une syphilis cutanée.Les autres sont venus à l\u2019occasion d\u2019une maladie quelconque associée, comme une gonorrhée ou un accouchement clandestin, ou pour une ponction lombaire de contrôle.III Qu'est-il advenu de ces 365 malades ?Nous avons résumé nos observations dans le tableau suivant : FORMES DE SYPHILIS ÉvoLUTION DES MALADES ; , qe y.Myé- Arté- .Syphilis Syph.P.G.Tabès lite rite Hérédo second.prim.ToTAL Décédés .\u2026.31 1 1 3 |.5 41 Internés.121 EE 1 7 11 |.141C1) Libérés.86 21 3 5 14 50 1 180 Soustraitement.2 Ê qq MM NL LL 3 ToraL.240 24 4 9 21 66 1 365 (1) 137 internés à Saint-Michel-Archange, 2 à Saint-Jean-de-Dieu, 1 à Sainte- Anne-de-Bellevue, et 1 en Ontario. 476 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 En faisant la revue du traitement, nous ajouterons quelques mots au sujet de chaque forme de syphilis considérée particulièrement.Les ?/3 de nos avariés sont des paralytiques généraux.Ils ont été traités par la malaria, ou par le Stovarsol, ou par la malaria et le Stovarsol combinés, ou, encore, ils n\u2019ont pas été traités du tout.Nous les distribuerons pour faciliter la comparaison dans un autre tableau : ÉVOLUTION DES MALADES PARALYTIQUES GÉNÉRAUX TRAITEMENT \u2014_ \u2014_ \u2014\u2014 Décédés Internés Libérés Sous traitement ToTaL Aucun.\u2026.12 64 15 Co 91 Malaria.» 4 26 26 |.| ET Stovarsol.\u2026.13 14 16 Co 43 Combiné.2 17 29 2 50) TortaL.31 121 86 2 240 Sur 91 malades qui n\u2019ont pas reçu de traitement antisyphilitique à notre hôpital, 12 sont morts de cachexie ou d\u2019une maladie intercurrente avant de pouvoir supporter un traitement.15 ont été libérés : refusant tout traitement ; ou préférant recevoir ailleurs le traitement stovarsolé jugé suffisant pour guérir leur cerveau moins sérieusement délabré ; ou n\u2019ayant reçu que du novar, dans les premières années de la statistique, cette médication étant considérée, 1cI, comme inadéquate pour le traitement de la maladie paralytique.Enfin 64 malades ont été internés avant de recevoir leur traitement, à cause de la grossièreté de leurs troubles mentaux ou pour des raisons financières et administratives.Sur ce nombre nous en avons traité sûrement plusieurs avant leur transfèrement, mais leur dossier a été transporté avec eux en totalité comme il se faisait autrefois.Rendus à Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 477 l\u2019asile, ces malades ont été traités, ont été libérés ou sont morts dans des proportions que nous Ignorons.Sur 56 sujets traités par la malaria, 4 sont morts dont un de paludisme, 26 ont été internés et 26 libérés.Sur 43 malades traités par le Stovarsol seul, 13 sont morts, 14 ont été internés et 16 libérés.Le nombre des mortalités est élevé et celui des libérations chez les survivants est relativement bon, parce que la médication par le Stovarsol isolé a été réservée pour ceux qui ne pouvaient pas subir la malaria, à cause d\u2019un état général déplorable qui les rendait plus aptes à mourir et pour ceux qui n\u2019avalent pas besoin d\u2019être impaludés, parce qu\u2019ils étaient moins touchés et pouvaient guérir plus facilement.Le traitement par la malaria et le Stovarsol combinés dans 50 cas a donné les meilleurs résultats soit : 2 morts, 17 internés et 29 libérés.Donc sur un nombre total de 240 paralytiques généraux, '/s sont morts ici, Ÿ/8 ont été internés et 3/s ont été libérés.Ces 86 libérés ne sont pas tous guéris.Nous savons qu\u2019un libéré amélioré s\u2019est suicidé dans la rivière Saint-Charles, qu\u2019un autre est mort en s\u2019en allant chez-lur.D\u2019autres ont pu mourir à domicile depuis.3 sont partis d\u2019ici pour le Sanatorium de Mastai, 2 pour Thetford, 1 pour l\u2019Hôpital de Beauceville et 1 pour l\u2019Hôpital Laval.Dans 4 cas la sortie a été prématurée dont une désertion.3 n\u2019ont été traités qu\u2019au Novar.Nous savons encore que quelques-uns ont été internés à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange sans repasser par chez-nous et que d\u2019autres nous sont revenus en 1941.Une quarantaine environ peuvent être considérés comme améliorés ou guéris s\u2019ils ont persisté dans le même état qu\u2019ils étaient à la sortie.Déplorons, en passant, l\u2019inexistence d\u2019un Service social organisé de façon à nous fournir les renseignements voulus sur le devenir de ces anciens patients que nous avons perdus de vue.De plus, 1l n\u2019y a rien de plus difficile à estimer que le recouvrement mental d\u2019un paralytique général qui a été traité.Ces malades restent le plus souvent avec un état d\u2019insuffisance intellectuelle acquise qui les fait ressembler à des débiles complaisants, restés euphoriques et portés à s\u2019amuser avec les chose les plus futiles, comme de grands bébés.On remarque souvent qu\u2019ils prennent plaisir à faire les beaux et à courir les traitements, après s\u2019être négligés si longtemps à ce point de vue.Les 478 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 possibilités de leur mise en liberté et de la reprise de leur travail antérieur dépend bien souvent de la nature de leur ouvrage, ou du milieu dans lequel ils vivent.Inutilisables sans une direction intelligente dans le milieu extérieur, à cause de leur manque d\u2019initiative, ceux que nous devons garder internés nous fournissent souvent des services appréciables et soutenus.Nos 24 tabétiques ont reçu des traitements identiques, avec des résultats plus encourageants : 3 ont été suivre leur traitement dans une autre institution ; 2 ont reçu du Stovarsol seulement, dont un fut libéré avec un tabès fixé et une internée, invalide et mélancolique ; 10 ont reçu la Malariathérapie, dont 9 ont été libérés améliorés et un mort de paludisme ; 9 ont reçu le traitement combiné dont 8 ont été libérés, un étant peu amélioré et deux autres ayant échoué à l\u2019Hôpital de Thetford- Mines.Donc, sur 24, il y a eu 21 libérés, 1 interné, 1 mort, 1 sous traitement.18, soit les 34, sont nettement améliorés ou guéris.Les 4 myélitiques, traités surtout par le cyanure de mercure, ne nous ont guère encouragé : un est mort ici, les trois autres ont été libérés peu améliorés quant à leur paraplègre.Nous n\u2019avons pas eu plus de succès avec les 9 patients atteints d\u2019artérite syphilitique.3 sont morts : 1 de ramollissement cérébral avant de recevoir un traitement; un de septicémie, mort, aussi, prématurément ; un d\u2019hémorragie cérébrale secondaire.Un fut interné avec un ramollissement cérébral et de l\u2019aphasie.5 ont été libérés, dont 3 sortis prématurément ou traités ailleurs et 2 qui ont été améliorés par la médication usuelle, arsenic, bismuth.De nos 21 hérédos, 7 ont été internés, dont deux paralytiques généraux juvéniles, 4 arriérés et un épileptique.14 ont été libérés dont : 2 paralytiques généraux, l\u2019un amélioré par le Stovarsol, l\u2019autre sort: prématurément ; Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 479 4 épileptiques stationnaires ou très peu améliorés ; 2 hémiplégiques améliorés par le néoluatol ; 3 arriérés dont un idiot dirigé à Lyster, 1 débile au Lac Sergent, 1 mythomane amélioré ; Les 3 derniers n\u2019ont fait que passer et sont partis avec leur diagnostic.Sur 66 malades atteints de syphilis secondaire, 5 sont morts : un de delirium tremens, un de polynévrite alcoolique, un d\u2019aortite, un d\u2019angine de Ludwig, une s\u2019est suicidée à l\u2019hôpital par pendaison.Nous ne donnerons pas de détail sur le sort des 50 libérés qui étaient déjà négativés ou qui ont été dirigés vers d\u2019autres dispensaires.Il en fut de même pour le chancre qui nous est échoué en partage pendant 11 ans de pratique hospitalière.Pour résumer, sur un total de 7,678 admissions, 365 individus étaient syphilitiques, paralytiques généraux dans ?/3 des cas et citadins en grande majorité, surtout des mâles de la classe moyenne.Sur 240 paralytiques généraux, 86 ont été libérés, améliorés suffisamment pour reprendre leur travail antérieur dans environ la moitié des cas, c\u2019est-à-dire dans '/s du total, ce qui n\u2019est pas très encourageant.II est malheureux que les paralytiques généraux ne soient pas dépistés plus tôt, par l\u2019examen régulier du liquide céphalo-rachidien de tous les syphilitiques et qu\u2019ils nous arrivent à la période des troubles mentaux, quand ils ont perdu bien des chances de guérison.Consolons-nous avec les résultats obtenus chez les tabétiques et les autres vérolés.Somme toute, de tous ces malades amenés ici comme dans l\u2019enfer de Dante, exactement la moitié sont retournés aux ennuis de la vie.En face du ciel et de l\u2019enfer nos chances ne sont pas meilleures. LE PENTOTHAL INTRA-VEINEUX DANS LA CHIRURGIE DU GOITRE par F.HUDON Anesthésiste à l\u2019Hôtel-Dieu A l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, on se sert du pentothal comme anesthésique intra-veineux depuis Janvier 1937, mais ce n\u2019est qu\u2019en avril 1941 qu\u2019on l\u2019employa pour la première fois dans les thyroïdectomies.Un homme, porteur d\u2019un goitre très toxique, subissait alors une troisième intervention à l\u2019anesthésie locale pour thyroïdectomie.Les manipulations étant douloureuses, l\u2019anesthésie fut complétée avec une solution de pentothal en injection intra-veineuse.On opéra, un peu plus tard, le même individu une quatrième et dernière fois sous anesthésie intraveineuse au pentothal.Dans les deux cas, l\u2019opération s\u2019effectua sans incident et les suites opératoires furent excellentes.Satisfait de ce premier résultat, nous l\u2019avons employé, depuis ce temps, dans quatre- vingts cas de thyroïdectomie.Ces malades furent préparés dans le Service de médecine et opérés par les chirurgiens des deux Services chirurgicaux.L\u2019anesthésie fut donnée par les médecins résidants et nous-même, et la quantité injectée varia de vingt-cinq centigrammes à deux grammes par patient.Chaque sujet reçut, en moyenne, quatre-vingt-dix centigrammes de pentothal. Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 481 On ne fit aucun choix de malades et 86% de ceux-ci avaient un mêéta- bolisme au-dessus de 15.Nous allons étudier ces malades avant, pendant et après l\u2019opération en les comparant avec d\u2019autres opérés pour le goitre.Comme médication préliminaire, on donne au futur opéré un grain et demi de nembutal par la bouche la veille au soir, trois grains de nembutal par la bouche et un tiers de grain de pantopon en injection sous-cutanée une heure avant l\u2019intervention chirurgicale.Depuis quelques mois, on remplace le pantopon par une injection intra-dermique de l/ge de grain de morphine ét '/150\u20ac de grain d\u2019atropine.L\u2019atropine est administrée dans le but de diminuer les sécrétions et l\u2019hyperexcitabilité du parasympathique.Il est admis que certains malades sont portés à tousser et à faire des spasmes du larynx quand ils sont endormis au pentothal.L\u2019atropine, en diminuant les sécrétions et en paralysant le vague, éloignera ce danger.À côté de ces avantages, l\u2019atropine présente l\u2019inconvénient d\u2019accélérer le pouls par son action inhibitrice sur le parasympathique.Sur la table d\u2019opération, on place un petit coussin sous les épaules du patient pour obtenir l\u2019hypertension de la tête ce qui facilite l\u2019opération et assure la perméabilité des voies respiratoires.On se sert d\u2019une solution de pentothal à 2 et 14%, et l\u2019injection se fait de préférence dans une veine du pied.Celle-ci sera faite avec soin et lenteur à cause de la médication préliminaire importante.Une anesthésie superficielle suffit, c\u2019est-à-dire, ce qu\u2019il faut pour que le malade ne réagisse pas à la piqûre de la peau.Sila peau est insensibilisée à la novocaïne auparavant, l\u2019anesthésie est maintenue à un niveau plus superficiel.Comment se comportent les malades pendant l\u2019acte opératoire ?Ceux-ci s\u2019endorment sans excitation.Les chirurgiens ne sont pas incommodés par l\u2019anesthésiste.Le stridor causé par les tractions sur la glande est moins marqué qu\u2019avec les anesthésiques par inhalation.On note cependant un saignement plus abondant des tissus.En prévention des mouvements de réveil du patient, on a l\u2019habitude de laisser les membres fixés dans les courroies.Car, en cas de doute sur la profondeur de l\u2019anesthésie, il est préférable d\u2019attendre quelques légers mouvements des membres que de courir Ie risque de paralyser Ie centre respiratoire. 482 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 A cause de la persistance des réflexes pharyngés, on ne fait pas usage de la canule pharyngée.Si l\u2019extension de la tête et le soulèvement du menton n\u2019assurent pas la perméabilité des voies respiratoires, on attire légèrement la langue au moyen d\u2019une pince à langue.Ici, on évitera les pinces écrasantes et l\u2019on utilisera plutôt la pince Mayo qui ne fait qu\u2019une piqûre très légère.Le pentothal diffère des autres anesthésiques généraux en ce qu\u2019il n\u2019amène pas de vomissements quand l\u2019anesthésie passe du niveau chirurgical au niveau plus superficiel.C\u2019est un grand avantage, parce que les vomissements de réveil sont très ennuyeux sur la table d\u2019opération.En aucune circonstance, nous fâmes obligé de faire l\u2019intubation endo-trachéale pour vaincre un spasme laryngé alarmant.Notons, comme Incident sérieux, le cas d\u2019une malade qui, à trois reprises pendant l\u2019intervention chirurgicale, toussa et s\u2019étouffa Le spasme fut vaincu à chaque fois par quelques compressions sur la cage thoracique.Nous tenons à signaler que cette malade n\u2019avait pas eu d\u2019atropine au préalable.= A quelques malades, on fit respirer de l\u2019oxygène.Pour se faire un 1dée plus juste de la valeur du pentothal comme anesthésique, nous avons relevé les dossiers de tous les cas de goitre opérés dans les Services chirurgicaux de l\u2019Hôtel-Dieu depuis vingt mois.Nous avons étudié ainsi 210 dossiers, dont 80 opérés sous anesthésie générale au cyclopropane et à l\u2019éther et 65 sous anesthésie locale.Chez les malades endormis au cyclopropane ou à l\u2019éther, on observe quelques vomissements dans une proportion de 26% des cas ; chez les patients opérés à l\u2019anesthésie locale, on en observe dans une proportion de 20% des cas, et chez les sujets qui ont reçu du pentothal, on constate des vomissements dans 3% des cas.Passons maintenant aux complications pulmonaires post-opéra- toires.On note une congestion pulmonaire de peu de durée chez une malade endormie au cyclopropane.Les malades ont toussé et expectoré dans une proportion de 17% des cas à l\u2019anesthésie locale, dans un pourcentage de 12% à l\u2019anesthésie par inhalation et dans 5% des cas à l\u2019anesthésie intra-veineuse.\u2018 Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 483 Disons un mot de la mortalité post-opératoire.Aucun malade n\u2019est mort sur la table, mais trois décédèrent dans les suites opératoires.Une de ces malades fut endormie au cyclo- propane et décéda, le lendemain, d\u2019une crise d\u2019hyperthyroïdie.N\u2019ayant pas réagi au traitement médical, mais, au contraire, allant de plus en plus mal, elle demanda l\u2019intervention qui lui fut fatale.Une autre malade, opérée à l\u2019anesthésie locale, expira, un mois après son intervention, d\u2019une crise d\u2019œdème aigu du poumon.I! est difficile de rattacher cette mort à la thyroïdectomie.Au pentothal également, on perdit un malade.Agé de 68 ans et très maigre, ce malade avait un métabolisme de plus 95.Voici le rapport médical : « Ce malade est porteur d\u2019un énorme goitre avec signes de compression et défaillances cardiaques.Depuis son entrée à l\u2019hôpital son état s\u2019aggrave et nous craignons ne pouvoir enrayer son évolution vers un exitus.Nous vous demandons votre opinion quant à l\u2019opportunité de tenter quand même des opérations sériées en commençant, si vous jugez à propos de le faire, par le lobe médian qui semble, en ce moment, celui qui cause le plus de troubles mécaniques.» Le patient subit cette première intervention sans incident et 1l quitta la salle d\u2019opération avec un pouls et une tension artérielle non modifiés, et resta calme toute la journée jusqu\u2019à deux heures de la nuit alors qu\u2019il décéda subitement.À noter les défaillances cardiaques que ce malade présentait avant son opération.Nous avons, je crois, dans les détails ci-haut donnés, assez de raisons explicatives de sa mort sans incriminer le pentothal.Passons maintenant à la crise d\u2019hyperthyroïdie post-opératoire.Le premier jour, le malade sous l\u2019influence du pentothal est plus calme que celui qui est opéré avec les autres modes anesthésiques.Dans les jours suivants, la courbe du pouls et de la température se ressemble en tous points quelque soit le procédé anesthésique employé.Avant de conclure, voici deux observations qu\u2019il convient designaler.Un homme, porteur d\u2019un goitre très toxique, avait un pouls de 160 à la minute à son arrivée sur la table d'opération.Une fois l\u2019anesthésie établie, le pouls descendit à 110 à la minute pour se maintenir à ce niveau pendant l\u2019opération et remonter à 130 les jours suivants.(4) 484 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 L'autre malade, souffrant d\u2019un goitre excessivement toxique, se présenta à l\u2019hôpital pour grossesse tubaire rupturée.Après la lapara- tomie effectuée sous anesthésie à l\u2019éther, la malade fit une crise d\u2019hyperthyroïdie très sérieuse.De 100 à la minute qu\u2019il était avant la lapara- tomie, le pouls devint incomptable pendant deux jours.Son état s\u2019améliorant quelque peu, elle fut réopérée trois semaines plus tard, sous anesthésie générale au pentothal, pour thyroïdectomie sub-totale bilatérale.Cette fois-ci le pouls passa de 120 avant l\u2019opération à 150 à la minute dans les suites opératoires et la malade resta calme.ANESTHÉSIE Nombre ares Vomissements Mo opératoire Cyclopropane Ether.65 129, 26% 1 Locale.65 179, 20% 1 Pentothal.11111000 80 5% 3% 1 Et pour conclure, présentons, d\u2019abord, les avantages du pentothal comme anesthésique intra-veineux.Ce dernier est ininflammable et non explosif.Il abaisse le métabolisme.Les malades s\u2019endorment sans excitation et n\u2019ont pas l\u2019ennui de l\u2019induction par inhalation.Le chirurgien se trouve plus à l\u2019aise.La toux et les vomissements post-opératoires sont rares et moins fréquents qu\u2019avec les autres anesthésiques.Les patients restent calmes toute la journée.Comme désavantages, on signale un saignement plus abondant des tissus qu\u2019avec l\u2019anesthésie locale, et un état de dépression post-opératoire chez certains sujets.Notre série n\u2019est sûrement pas assez importante pour nous autoriser à porter un jugement définitif.L\u2019avenir nous apprendra d\u2019autres inconvénients que nous ignorons encore.En définitive tous les procédés sont bons iet le pentothal semble devoir nous apporter une aide précieuse dans les thyroïdectomies.rte gon 3 1 MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES LE TRAITEMENT MÉDICAL DES INFECTIONS URINAIRES Les infections urinaires sont des affections très fréquentes, parfois assez difficiles à guérir, et souvent très tenaces.Le diagnostic de ces affections devra d\u2019abord être bien établi et l\u2019on devra user de tous les moyens à notre disposition.L'examen d\u2019urine, tant sommaire que microscopique, ajouté à un bon interrogatoire et à un bon examen, nous permettra, dans la grande majorité des cas, de porter un bon diagnostic et, par conséquent, de bien traiter son malade.Dans les affections urinaires l\u2019efficacité du traitement dépendra, en grande partie, d\u2019un bon diagnostic.Les infections urinaires peuvent se diviser en deux grandes classes : les infections tuberculeuses et les non tuberculeuses.Nous allons d\u2019abord voir en quoi consistera le traitement de la tuberculose urinaire, pour passer ensuite au traitement des infections non tuberculeuses, c\u2019est-à-dire, aux infections par le colibacille, le streptocoque, le staphylocoque, pour ne citer que les microbes que l\u2019on rencontre le plus fréquemment.INFECTIONS TUBERCULEUSES Les infections tuberculeuses ont le plus souvent une origine rénale et ce ne sera que secondairement que l\u2019infection se propagera aux autres parties de l\u2019appareil urinaire ; 1l s\u2019agit donc du traitement de la ftuber- 486 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 culose rénale.Elle relève le plus souvent de l\u2019urologue, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle nécessite le plus souvent une néphrectomie.Cependant, dans un grand nombre de cas, le traitement médical a sa place et permettra de soulager, et parfois de guérir, un tuberculeux rénal.Le traitement médical devra être tenté d\u2019abord dans le cas de troubles urinaires sans pyurie, où le bacille de Koch ne peut être mis en évidence par l\u2019examen direct, la culture sur milieu de Loewenstein, ou par l\u2019inoculation au cobaye ; dans la tuberculose rénale bilatérale avec déficience des deux reins et, enfin, chez les malades néphrectomisés pour tuberculose rénale.Le traitement médical de la tuberculose peut se diviser en quatre parties : 1° Hygiène : Il s\u2019agit 1c1 du traitement général de la tuberculose : cure d\u2019air, de repos et de soleil.Il faudra éviter tout exercice violent, toute secousse, les promenades prolongées en automobile.De temps à autre, révulsions à la région lombaire par sinapismes, ventouses ou pointes de feu.2° Médicaments : Les médicaments seront de deux sortes : a) pour l\u2019état général : l\u2019huile de foie de morue, l\u2019arsenic, le fer, le quinquina, le calcium et les vitamines ; b) pour l\u2019antisepsie des voies urinaires, le bleu de méthylène qui est le médicament de choix de la tuberculose rénale a la dose de 0 gr.05 en comprimé, 2 fois par jour.En plus d\u2019être un antiseptique, le bleu de méthylène est un analgésique très efficace contre les douleurs vésicales.Il faudra éviter, dans la tuberculose rénale, d\u2019utiliser l\u2019urotropine qui augmentera les symptômes de cystite.3° Alimentation : L'alimentation devra être réconfortante ; permettre les viandes, les poissons et les œufs ; proscrire les mets épicés, les viandes faisandées, les gibiers, les crustacés, les salaisons, tous les abats, les asperges, les tomates, les fromages fermentés, le chocolat, le café, les alcools.4° Thérapeutique vésicale : Contre les phénomènes de cystite, les instillations quotidiennes, ou plus espacées suivant les cas, rendront de grands services.Il suffira d\u2019injecter dans la vessie, au moyen d\u2019une sonde, 10 à 12 centimètres cubes d\u2019une des solutions suivantes dont la plus lefficace est certainement la première : Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 487 1° Bleu de méthylène.2 grammes Novocaïne.4 grammes Eau distillée.1121220200 100 grammes.2° Bleu de méthylène.1 gramme Eau distillée.100 grammes.3° Huile goménolée.11.5% Le malade devra garder ces liquides le plus longtemps possible après leur instillation.Rapidement, on notera une diminution de la douleur et du nombre des mictions.Si les douleurs deviennent très intenses on pourra prescrire des suppositoires d\u2019opium et de belladone, ou encore, des lavements laudanisés.Enfin, on pourra essayer une médication spécifique à la tuberculose, soit le sérum de Vaudremer, soit l\u2019antigène méthylique de Negro et Boquet, qui nous a donné de bons résultats dans quelques cas de tuberculose rénale.Le traitement médical de la tuberculose rénale est un traitement de longue durée qui demande beaucoup de patience de la part du malade et du médecin traitant.Ce n\u2019est qu\u2019après de longs mois de traitement que l\u2019on pourra guérir ces cas ; jamais il ne faudra se décourager et abandonner le traitement.INFECTIONS NON TUBERCULEUSES Les infections urinaires non tuberculeuses sont relativement fréquentes et peuvent survenir à tous les âges de la vie.Elles peuvent parfois être d\u2019un diagnostic difficile.Le traitement de ces infections demande un diagnostic sûr et, en plus, le diagnostic du microbe en cause.Le diagnostic sera apporté, comme nous le disions plus haut, par un bon Interrogatoire et un examen complet du malade ; et le diagnostic de l\u2019agent microbien en cause, par l\u2019examen bactériologique des urines.L\u2019examen du patient nous révèlera parfois la présence, le long du tractus urinaire, d\u2019un obstacle causé par une ptose rénale, un calcul ou tumeur Intra-urinaire ou extra-urinaire, d\u2019un rétrécissement ou d\u2019une obstruction mécanique telle qu\u2019une hypertrophie de la prostate ou un polype.Cet 488 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 examen complet permettra de diriger le traitement ; 1l sera inutile, en effet, de tenter un traitement médical si on n\u2019enlève pas le calcul, si on ne fixe pas ce rein, si on n\u2019enlève pas ou ne résèque pas cette hypertrophie prostatique, et, enfin, si on ne corrige pas ce rétrécissement ou n\u2019enlève pas ce polype.Une fois l\u2019obstacle enlevé, l\u2019infection cessera, parfois, d\u2019elle-même, ou sera facile à Juguler.La connaissance de l\u2019agent pathogène sera aussi importante ; elle nous permettra d\u2019agir d\u2019une manière souvent plus efficace comme nous le verrons plus loin.Donc, un bon diagnostic permettra d\u2019apporter un traitement plus efficace et, par conséquent, la guérison.Les infections urinaires non tuberculeuses pourront porter sur une partie de l\u2019arbre urinaire et le traitement différera suivant l\u2019organe atteint.1° REIN, BASSINET, URÉTÈRE : A) Pyélonéphrite aiguë : Dans la pyélonéphrite aiguë le traitement est avant tout un traitement médical : a) D\u2019abord régime liquidien : lait, bouillons de légumes, jus de fruit, eau lactosé, boissons abondantes.Surveillance attentive du bon fonctionnement intestinal au moyen des laxatifs mucilagineux ou huileux ; en effet, la pyélonéphrite aiguë sera très souvent secondaire à une constipation chronique.b) Antiseptiques urinaires : Depuis la découverte des sulfamidés, les antiseptiques urinaires ont été un peu mis de côté.Cependant, dans certains cas, l\u2019urotropine, associée au benzoate de soude, donne de bons résultats et mérite d\u2019être essayée.Mais le médicament de choix semble être le sulfathiazol.Il agit à une concentration assez faible, peu importe la réaction au milieu.A une dose de 3 grammes par 24 heures, il donne d\u2019excellents résultats.De plus, son efficacité s\u2019étendrait à tous les microbes, même au streptococcus fæcalis qui est assez difficile à tuer avec les autres antiseptiques.Le sulfapyridine, ou 693, ou Dagenan, a aussi quelque efficacité, mais il est plus toxique et plus dangereux à manier.Le sulfonilamide est moins efficace et les bons résultats sont moins constants qu\u2019avec le sulfathiazol.L'\u2019acide mandélique et ses dérivés donnent Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 489 d\u2019excellents résultats contre le colibacille, mais 1l est plus coûteux et assez mauvais au goût.Les antiseptiques urinaires colorés, tels le Pyridium, Pyocholine sont aussi excellents mais d\u2019une efficacité moindre.c) Localement, une vessie de glace en permanence pourra agir contre les douleurs lombaires.d) Vaccins : On pourra employer un auto-vaccin de préférence aux stock-vaccins, mais leur efficacité est inconstante.e) Enfin, si la médication ne donne pas de résultats, et que la température persiste, il faudra évacuer l\u2019urine du bassinet.La distension vésicale agit dans certains cas : il suffit d\u2019emplir la vessie à pleine capacité avec de l\u2019eau stérile ou de l\u2019eau boriquée.Cette distension vésicale provoque des contractions vésicales et parfois des contractions de l\u2019arbre urinaire supérieur et l\u2019urine retenue dans le bassinet s\u2019écoule.En cas d\u2019échec, il faudra s\u2019adresser au cathétérisme urétéral avec lavage du bassinet avec une solution de nitrate d\u2019argent à 1%, et mise en place de sondes urétérales à demeure.Il faudra laisser ces sandes plusieurs Jours après la chute de la température.Si, malgré tous ces traitements, la température persiste, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une suppuration rénale qui nécessitera, soit une néphrotomie pour drainer l\u2019abcès, soit une néphrectomie.Si on obtient la chute de la température, mais la persistance de la pyurie, cette pyélonéphrite passera à l\u2019état chronique dont nous allons voir maintenant le traitement.B) Pyélonéphrite chronique : La pyélonéphrite chronique pourra nous causer de gros ennuis : d\u2019abord parce que les malades seront agacés de cette pyurie persistante et, ensuite, parce que le médecin aura de la difficulté à faire disparaître cette pyurie.Le traitement de la pyélonéphrite chronique sera d\u2019abord : a) Hygiénique : Pas de fatigue, exercice léger.Il faudra éviter les refroidissements qui pourront amener une congestion rénale et secondairement un réveil aigu de l\u2019affection.Surveillance du bon fonctionnement intestinal par un régime approprié et par les laxatifs mucilagineux ou huileux. LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 b) Alimentaire : Régime assez large excluant cependant les œufs, les gibiers, les charcuteries, les épices, le vinaigre, les crustacés, les abats, le foie, le chou, les épinards, etc.; ou encore, le régime cétogène, très difficile à faire accepter aux malades.c) Médicaments : Les eaux minérales telles : Vittel, Évian, Con- trexeville en grande quantité.Le sulfathiazol à petites doses : 0.50 gramme à 1 gramme par jour pendant longtemps.Urotropine et benzoate de soude à la dose de 0.50 gramme de chacun, 2 fois par jour, ou un de leurs dérivés du commerce : Urosine, Urasal, Uroprazine, etc.; Pyridium ou Pyocholine : 6 comprimés par Jour.d) Lavages du bassinet: Les lavages du bassinet sont a conseiller si, de temps à autre, les malades font des poussées de température ou encore des hématuries.Alors les lavages du bassinet avec du nitrate d\u2019argent à 1 pour 1,000 ou, s\u2019il s\u2019agit de colibacille, d\u2019oxycyanure de mercure, à 1 pour 4,000 feront souvent disparaître l\u2019infection.c) Les autres affections suppuratives du rein (néphrite suppurée corticale, pyonéphrose) relèvent de l\u2019urologue et nécessitent une intervention chirurgicale.2° VESSIE : Les infections de la vessie ou cystite sont souvent secondaires à une cause rénale.En traitant la cause, on guérira la cystite.Le régime, les antiseptiques urinaires devront encore, dans ces cas, être employés, mais il faudra aussi agir contre les symptômes dont la douleur et la fréquence des mictions sont les plus ennuyeux pour le malade.La chaleur, sous forme de vessie d\u2019eau chaude sur l\u2019hypogastre, bains de siège chauds, ou grands bains chauds prolongés associés à des suppositoires d\u2019opium ou à des lavements laudanisés, agit contre ces deux symptômes.Mais localement, on pourra agir d\u2019une façon différente qu\u2019il s\u2019agisse de cystite aiguë ou chronique.Lorsque la capacité vésicale est réduite par suite de l\u2019inflammation, les lavages sont contre-indiqués, et 1l faudra s\u2019adresser aux Instillations.Ces instillations se font au moyen de sonde et on laisse, dans la vessie, quelques centimétres cubes de nitrate d\u2019argent a concentration variable de 1 pour 200 à 1 pour 30.Le nitrate d\u2019argent a 29%, à très haute dose, 50 centimètres cubes, donne de très bons résultats ; Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 491 mais les instillations sont très douloureuses et devront être précédées d\u2019une injection de morphine, une demi-heure avant.On devra commencer par une concentration assez élevée pour diminuer dans la suite en espaçant les instillations avec l\u2019amélioration de la cystite pour continuer avec des lavages vésicaux faits au moyen de sonde.On pourra employer une des solutions suivantes : nitrate d\u2019argent 1 pour 2,000 ou 1 pour 1,000; protargol à 1 pour 500; argyrol à 1 pour 1,000; oxycyanure de mercure à 1 pour 4,000 ; permanganate de potassium à 1 pour 5,000 ou à 1 pour 2,000.L\u2019oxycyanure de mercure sera spécifique des cystites a colibacilles.Ces lavages vésicaux seront faits tous les jours et en suivant les conseils de Marion : a) ne pas mettre la vessie sous tension ; b) ne pas laisser la vessie se vider complètement pour éviter qu\u2019elle ne vienne buter sur la sonde au moment du coup de piston ; et c) ne cesser le lavage qu\u2019au retour d\u2019une eau limpide.Genéralement, on observera de bons résultats qui, souvent, seront lents à obtenir.Il existe d\u2019autres formes de cystite qui relèvent de l\u2019urologue puisqu\u2019elles demandent un traitement endoscopique.3° URETRE : L\u2019infection du côté de l\u2019urètre est le plus souvent d\u2019origine gonococ- cique.Depuis l\u2019avènement des sulfamidés le traitement de l\u2019urétrite a été complètement transformé.Le sulfathiazol est celui des sulfamidés qui est le plus actif contre le gonocoque.La dose généralement employée est la suivante : 4 grammes pendant 3 jours 3 grammes pendant 3 jours 2 grammes pendant 3 Jours 1 gramme pendant 3 jours.Le sulfapyridine et le sulfanilamide ont donné quelques résultats mais le sulfapyridine, bon médicament contre le gonocoque, se tolére plus mal et est plus dangereux a manier.Quant au sulfanilamide, son action est inconstante.On donne la méme dose que pour le sulfathiazol.Assez souvent, 1l faudra associer quelques lavages de l\u2019urètre au moyen de la canule de Janet avec une solution de permanganate de potassium 492 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 à 1 pour 8,000 - - 1 pour 5,000, ou une solution d\u2019argyrol à 1 pour 500, ou de gonacrine à 1 pour 10,000 \u2014 1 pour 5,000.À ces différents lavages, il faudra associer le traitement hygiénique : alimentation non excitante, non alcoolique ; bon fonctionnement intestinal ; pas de fatigues ; pas d\u2019excitations génitales ; bains chauds ; contre les érections, bromure de camphre ou encore suppositoires d\u2019opium et de belladone.D\u2019épreuve de guérison pourra être conduite de la façon suivante (Marion) : instillation de nitrate d\u2019argent à 1 pour 200 dans l\u2019urètre antérieure et postérieure ; le soir, absorption d\u2019un litre et demi de bière ; dîner avec cafe et vins ; miction à dix heures du soir et à deux heures du matin.Le malade se présente au médecin le lendemain sans avoir uriné.Recueillir le suintement du méat et les filaments que l\u2019on trouvera dans l\u2019urine après miction pour l\u2019examen au laboratoire.Si l\u2019urétrite est passée à l\u2019état chronique, l\u2019hygiène, l\u2019alimentation et les médicaments seront les mêmes que dans l\u2019urétrite aiguë.Localement, s\u2019il n\u2019existe plus de gonocoque dans le suintement, 1l faudra faire des dilatations au Béniqué de manière à ce que les glandes de l\u2019urètre se vident par la distension.Si, malgré tout ce traitement, on ne constate pas d\u2019amélio- ration, il faudra voir s\u2019il n\u2019existe rien du côté de la prostate qui entretient cette suppuration ou encore, 1l faudra, par voie endoscopique, faire quelques traitements.4° PROSTATE : Le traitement de la prostatite sera différent s\u2019il s\u2019agit de prostatite aiguë ou chronique.La prostatite aiguë, le plus souvent d\u2019origine gonococcique ou colibacillaire, relève du traitement médical.Les bains de siège et les irrigations rectales chaudes, associés à un antiseptique urinaire donnent le plus souvent la guérison dans peu de jours.Comme antiseptique, les sulfamidés donnent encore 1ci de bons résultats.Employé à la dose de 3 grammes par jour, le sulfathiazol est encore ici le médicament de choix.Letraitement dela prostatite chronique est plus délicat : c\u2019est, avant tout, l\u2019état général qu\u2019il faut traiter.D\u2019abord traitement moral : convaincre ces patients qu\u2019ils ne sont pas contagieux et que leur maladie n\u2019est pas incurable ; puis, médication tonique : arsenic, strychnine, Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 493 phosphore.Traitement hygiénique : cure de repos, d\u2019air, de distractions, pas d\u2019excés.Localement, 1l faudra s\u2019adresser aux massages de la prostate, faits avec douceur, associés aux bains de siège chauds.5° PÉNIS : Du côté du pénis, il n\u2019existe qu\u2019une infection banale : la balano- posthite, consécutive à la syphilis, à la blennorragie ou au chancre mou.Il faudra guérir d\u2019abord ces affections.Si, en plus, le gland est couvert, 11 faudra ouvrir le prépuce sur la face supérieure, ligne médiane.Voilà donc une revue rapide du traitement des infections urinaires.Si on se donne la peine de bien soigner les infections urinaires dès le début, on pourra obtenir rapidement d\u2019heureux résultats.Mais avant de commencer à traiter un urinaire, nous le répétons, il faudra faire un bon interrogatoire et un examen complet pour arriver à un diagnostic sûr, garantie du succès du traitement.Arthur BEDARD. ANALYSES KUHNS, John.Conservative treatment of sciatic pain in low- back disability.(Le traitement conservateur dans les douleurs sciatiques et lombaires.) Journal of Bone and Joint Surgery, XXIII ; 2 : 435, (avril) 1941.L'auteur rapporte ses résultats chez 1,000 patients traités durant les derniers dix ans pour douleurs lombaires et sciatiques.Le traitement conservateur a consisté dans le repos en position spéciale, dans la médication, la physiothérapie et certains supports.II ne comprend aucune intervention.Sur les 1,000 patients 390 étaient des hommes et 610 des femmes.52 avaient moins de 20 ans ; 82 dépassaient 60 ans.Chez 519, la douleur n\u2019était apparue que depuis 2 semaines ; chez 481, elle évoluait depuis longtemps.Chez 576, il s\u2019agissait de douleur ligamentaire ou musculaire ; chez 325, 1l y avait maladie ou déformation de la colonne vertébrale ; chez 449 patients, il y avait douleur dans les branches du sciatique.La plupart du temps, les radios sont négatives.Steindler-Pitkin et Pheasant, par leurs travaux, ont démontré que les ligaments, les articulations lombo-sacrées et sacro-iliaques sont très souvent en cause.Nous savons aussi, par les anatomistes, que les anomalies congénitales sont fréquentes au niveau de L-V et S-I.375 patients sur 1,000 avaient des anomalies de la colonne lombaire ; 323, du sacrum, dans la série de Kuhns.Ce que l\u2019on voit très souvent, c\u2019est un sacrum ayant tendance à devenir horizontal avec lordose exagérée due au poids du tronc.Très souvent, chez de tels sujets un traumatisme bénin pourra amener une douleur violente dans la région lombaire. Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 495 Il faut alors mettre ces ligaments et ces muscles au repos en les plaçant en détente complète.On arrive à ce but en mettant le patient au repos, la cuisse fléchie sur le bassin d\u2019environ 30 degrés au moyen d\u2019un oreiller sous le genou.Il peut même arriver qu\u2019il faille mettre un plâtre au patient pour quelque temps.Très souvent, en même temps que le malade est au repos au lit, on adjoint le traitement phvsiothérapique, la chaleur augmente la circulation locale, relâche le spasme, fait cesser la douleur.Dans les cas où le patient souffre beaucoup, il ne se lèvera que pour la toilette et les repas.Ordinairement un repos au lit de 10 jours suffit, mais on doit le continuer aussi longtemps que la douleur n\u2019est pas disparue.Le traitement n\u2019est pas terminé quand le malade se lève ; il faut une convalescence assez longue pendant laquelle le repos et la chaleur seront continués.Il faudra ensuite un support pour aider la cicatrisation complète, support qui devra : 1° être assez long pour soutenir plusieurs vertèbres ; 2° prendre le bassin très solidement ; 3° bien maintenir la colonne lombaire en position de fonction.Le traitement doit viser à soulager la douleur et à prévenir une récidive.A cette fin, il faudra conseiller une réduction de poids, et, si possible, de meilleures habitudes de travail et de repos.Ce n\u2019est pas avant 2 semaines et même plus que le patient pourra reprendre son travail.Très souvent, il continuera à percevoir des malaises, ceci pour diverses raisons : anomalie congénitale ayant amené de l\u2019arthrite chronique, faiblesse musculaire marquée.Le traitement conservateur a donné à Kuhns les résultats sut- vants : douleur locale : 495 patients \u2014 374 très soulagés ; douleur sciatique : 449 patients \u2014 356 très soulagés.Pour que cette étude soit de valeur, il faut savoir quels genres de douleurs vertébrales basses peuvent être améliorées par le traitement conservateur et celles qui n\u2019en retireront aucun avantage. 496 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 Kuhns divise en 4 catégories les douleurs vertébrales : 1° Les douleurs sciatiques aiguës ou chroniques du dos ; tous ces patients peuvent être améliorés par le traitement conservateur dont la longueur variera avec le traumatisme, la chronicité des lésions et Ia coopération du patient ; 2° Des changements de structure des vertèbres ou des tissus voisins ; 3° Douleurs dues à une pression ou une irritation dans le canal rachidien ou autour de lui ; Ici le traitement conservateur vaut peu ; 4° Douleur provoquée par l\u2019abdomen ou d\u2019autres régions du tronc.Ls-Philippe Roy.MURRAY, C.The timing of the fracture-healing process.Its influence of the choice and application of treatment methods.(La chronologie des processus de réparation dans les foyers de fracture.\u2014 Son influence sur le choix et dans l\u2019application des modes de traitement.) The Journal of Bone and Joint Surgery, vol.XXIII, n° 3, (juillet) 1941.D\u2019après toutes les recherches faites depuis 25 ans sur ce qui se passe au niveau d\u2019une fracture, depuis l\u2019accident jusqu\u2019à la consolidation, l\u2019auteur dit qu\u2019il est raisonnable de croire que les choses se passent ainsi : 1° D\u2019abord, immédiatement après l\u2019accident, hémorragie des tissus mous et durs, puis, en quelques heures, réaction secondaire à l\u2019autolyse et stagnation lymphatique dans tous les tissus ; + 2° Abaissement local du pH, et décalcification de l\u2019os aussi longtemps que le pH reste bas ; 3° L'apparition, parfois 24 à 36 heures après l\u2019accident, de cellules Indifférenciées, aux extrémités de la fracture en même temps que de calcium ; 4° L\u2019élévation graduelle du pH et formation du cal.Ces diverses étapes sont plus ou moins longues et bien des facteurs peuvent les faire varier.Murray a étudié, sur plus de 13,000 fractures, les phénomènes ci- haut énoncés. Québec, décembre 1941 LAVAL MÉDICAL 497 Pour ne pas retarder le processus qui se passe dans le foyer de fracture, il faudra agir ainsi : 1° Réduire le chevauchement dans les premières heures après l\u2019accident, surtout avant douze heures, alors que la contracture n\u2019est peu ou pas établie.Fréquemment, on craint de trop tirer et alors la traction est insuffisante, car une trop grande traction se corrige mieux qu\u2019une insuffisance de réduction.2° Réduire par voie sanglante de 4 à 8 heures après l\u2019accident avant que l\u2019infiltration des tissus se soit faite localement.La recalcification sera alors plus courte, le cal plus rapide, l\u2019infection moins à craindre.3° Le plus mauvais moment pour faire une réduction sanglante est du 12° au 24\u20ac jour après l\u2019accident, alors que la décaleification est maximum.4° Une fracture récente réduite chirurgicalement consolidera moins vite que traitée orthopédiquement.5° Après une opération et une fixation osseuse de la fracture, la mobilisation précoce aide beaucoup à la récupération et à la guérison, car elle facilite la résorption des épanchements.6° D\u2019une façon générale, une réduction sanglante suivie d\u2019un plâtre guérit plus lentement qu\u2019une réduction par manœuvres externes surtout si l\u2019opération est faite après quelques Jours.On surajoute alors au processus déjà existant un second traumatisme qui fait saigner et retarde tout le cycle.Il faut donc s\u2019efforcer de réduire par manœuvres externes.De plus, si le moyen de fixation osseux n\u2019est pas suffisant, il aménera localement une décalcification encore plus marquée.L\u2019auteur résume ainsi : 11 faut réduire le plus tôt possible.Si le fracturé se présente avec un gonflement marqué, tout faire pour le faire disparaître et le plâtre est encore le meilleur procédé.Certaines fractures ont la réputation de produire un cal énorme ; ainsi la fracture-luxation ou la luxation seule du coude.I! faudra alors se garder de manœuvres intempestives de massages.Ls-Philippe Roy. TABLE ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS AUGER, C., 177.BÉDARD, À., 313, 451, 485.BoucHarp, J., 39.Caron, S., 33, 199, 215, 468.CuicHE, P., 181.Côré, G.-LÉo, 77, 320.DÉCHÊNE, E., 267.DESMEULES, R., 97, 109, 307,403.Drouin, G., 226, 412.Ducat, J.-P., 162.GAGNON, F., 181.GAuMoND, E., 134, 145.Giroux, M., 97, 122, 334.GossELIN, J., 6, 403.Hupon, F., 480.Joni, J.-B., 58, 177, 386.Josin, P., 70, 186, 253.LANGLOIS, M., 22, 259, 394,\"431.LaPoINTE, D., 262.LAROCHELLE, J.-N., 386.LARUE, L., 282.Lemieux, J.-M., 211, 379.Lemieux, R., 202, 226, 412, 425.LETARTE, Frs., 463.M arcoux, H., 287, 374.MARTEL, A., 202, 240.Martin, CHs-A., 215, 468.MILLER, J.-CHs, 355.NapEau, H., 340, 425.ParncHauD, P., 463.Parry, L., 282.PAayEur, LÉo-R., 128.PICHETTE, H., 49.RicuarD, PH., 122, 307.Rocer, J.-P., 211, 379.Rousseau, Ls, 97, 109, 334.Roy, L.-PH., 39, 437.SAMsoN, M., 33, 199.SIMARD, A., 457.SIMARD, R., 275.Sirois, A., 97.Srrois, J., 58.TuIBAUDEAU, R., 22, 418.TREMPE, F., 29.VÉZINA, C., 70, 451.TABLE ANALYTIQUE ET ALPHABÉTIQUE DES TRAVAUX A Abcès cérébral (Tuberculose pulmonaire ulcéro-caséeuse avec\u2014dû à une staphylococcémie) Addison.(Considérations sur trois cas de maladie d\u2019\u2014) Aliénés.(Syphilis chez les\u2014) Alimentation (Les laits dans l\u2019\u2014 pratique du nourrisson normal).394 Amiantose et cancers pulmonaires.97 Amygdalite et appendicite 70 Analgésie (Considérations sur l\u2019\u2014 obstétricale).275 Anémie.(A propos d\u2019un cas d\u2019\u2014).412 Anémie pernicieuse chez un tuberculeux pulmonaire.Angine de poitrine.(Revue d\u2019en- memble du traitement médical de Anxiété (L'\u2014 et le Métrazol) Appendicite.(Amygdalite et\u2014).307 B (La lipiodo-\u2014).Bronchographie.(Tuberculose pul- Bronchoscopie.monaire et\u2014) Québec, décembre 1941 LAVAL MEDICAL 499 C Hernie du médiastin.403 Hydronéphroses à symptomatologie Cancer thyroïdien.\u2026.177 fruste.112221111 222412 451 Cancers du sein.(Considérations Hyperglycémie chez le nourrisson.sur la roentgenthérapie post-opéra- (Suppuration et\u2014).22 toiredes\u2014).128 Cancers pulmonaires.(Amiantose I et\u2014) 2112214 La ea ea ea ea eee 97 Cervelet.9 er) au sujet 33 Infantile.(Considérations sur le Colite ulcéreuse (La\u2014d\u2019étiologie diabète\u2014) LA EL 2 4 4 4 4 4 4 4 4 4 0 0 4 0 4 4 0 418 inconnue).162 Infantile.(Quelques aspects de la Congestions pulmonaires.425 syphilis\u2014).431 Coprologique (Utilité de l\u2019examen\u2014 Infections urinaires.(de traite- dans le dépistage des parasitoses ment médical des\u2014).: .485 intestinales).374 Cranio-faciales [(Les déformations L \u2014et les déséquilibres musculaires latents (hétérophories) et perma- Laboratoire (Examens de\u2014à la por- nents (strabismes)].49 tée du clinicien) .287 Cushing.(Maladie de\u2014.Syndro- Laits (Les\u2014dans l\u2019alimentation prame pluriglandulaire) .386 tique du nourrisson normal).394 Laryngite catarrhale aiguë et corps D étrangers.259 Lavage gastrique (De l\u2019utilité du\u2014 Diabète infantile.(Considéra- et de son inoculation au cobaye).122 tions surle\u2014).418 Douleur.(Le traitement de la\u2014).186 M Douleurs (Un cas de hernie du disque intervertébral.Contribution à Mastoidectomie.\u2026.463 l\u2019étude des-\u2014lombaires).\u2026.58 Marillaire inférieur (Un cas de Douloureux.(Comment traiter les fibrome du\u2014).Co 211 pieds\u2014) ee eee eee es 437 Médiastin.(Hernie du\u2014) 10 403 Dysenterie (Une épidémie de\u2014à Méningite otogène.(Considéra- Flexner chez l\u2019enfant).\u2026 267 tions sur la\u2014).rrr.320 Métrazol.(L\u2019anxiété etle\u2014).215 F Métrazol (Rapport statistique sur la .os i r e Fibrome (Un cas de\u2014du maxillaire thérape utique PA rip ° saint inférieur) PEL 4 2 4 2 4 0 2 61e 2 6 REE 211 Michel-Archange) LL 282 Fièvre ondulante et néphrite chro- Mongolisme.(Aspect médical du\u2014) 355 nique intriquées.262 Forage de la prostate.(Nos pre- miéres constatations sur 25 cas N de).cov 487 Nécrologie : Le Professeur Paul 263 G Garneau.000000 00 see Néphrite chronique (Fièvre ondu- Gastrectomie totale.(Une\u2014).29 lante et\u2014intriquées).262 Glandulaire.( Syndrome pluri\u2014.Maladie de Cushing).386 Oo Goitre.(Le pentothal intra-veineux dans la chirurgie du\u2014).480 Obstétricale.(Considérations sur Granulomatose lipoidique des os Vanalgésie\u2014).275 avec syndrome atténué de Schiiller- Christian.(Un casde\u2014).39 P H Parasitoses intestinales.(Utilité de l\u2019examen coprologique dans le Hernie du disque intervertébral.dépistage des\u2014).374 Contribution à l\u2019étude des douleurs Pentothal (Le\u2014intra-veineux dans lombaires.58 la chirurgie du goitre).480 (5) 500 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 Pieds (Comment traiter les\u2014dou- loureux).Placentaire (Sang\u2014stabilisé).Prostate.(Indications de la résection transurétrale de la\u2014).Prostate.(Nos premières constatations sur 25 cas de forage de la\u2014) Pulmonaires.(Congestions\u2014).R Réactions biotropiques au cours du traitement de la syphilis par les ar- SENICAUX.L222 12e ea anna Résection transurétrale de Ila prostate.(Indications de la\u2014).Roentgenthérapie post-opératoire des cancers du sein.(Considéra- tionssurla\u2014).Sang placentaire stabilisé.Schüller-Christian.(Un cas de granulomatose lipoïdique avec syndrome atténué de\u2014).Silicose pulmonaire et décapage des métaux au jet de sable.Strabismes.[(Les déformations cranio-faciales et les déséquilibres musculaires latents (hétérophories) et permanents (\u2014)].Suppurations et hyperglycémie chez lenourrisson.Surrénale (Insuffisance\u2014aiguë chez un malade présentant une tuberculose bilatérale des capsules surrénales) 437 181 313 457 425 145 313 128 181 39 109 49 22 Syphilis (La\u2014chez les aliénés).Syphilis (Le traitement de la\u2014ré- cente par des doses massives d\u2019arsenic) Syphilis (Quelques aspects de la\u2014 infantile).Syphilis (Réactions biotropiques au cours du traitement de la\u2014par les arsenicaux) Thoracoplastie (Un cas de \u2014 bilatérale).Thyroidien.(Cancer\u2014).Thyroidienne.(La petite insuffi- SANCE\u2014).i e nana Tuberculeux (Anémie pernicieuse chez un\u2014pulmonaire).Tuberculose (Insuffisance surrénale aiguë chez un malade présentant une\u2014bilatérale des capsules surrénales) Tuberculose pulmonaire et broncho- sCOpie .Tuberculose pulmonaire ulcéro- caséeuse avec abcès cérébral dû à une staphylococcémie.Tumeur de cervelet.(Commentaires au sujet d\u2019un cas de\u2014).U Urinaires.(Le traitement médical des infections\u2014) .(Les\u2014).Vitamines.134 431 145 379 177 240 307 199 77 334 TABLE ALPHABÉTIQUE DES ANALYSES A Angines (Les\u2014d\u2019origine thyroïdien- 1119) RAA A Antéhypophyse (Les hormones gonadotropes de I\u2019\u2014et du placenta).Antiseptiques (L\u2019action des\u2014sur les blessures d\u2019après L.Garrod).Azotémies.(Les troubles du métabolisme glucidique au cours des\u2014) .B Blessures (L\u2019action des antiseptiques sur les\u2014d\u2019après L.Garrod) Blocage thoracique d\u2019effort (description clinique) Blocage thoracique d\u2019effort (pathogénie et traitement) Blocage thoracique d\u2019effort.cope et\u2014) Cancer.(Étude de la méthode des cristallisations de Pfeiffer dans le diagnosticdu\u2014).Cholécystite (La\u2014aiguë.L\u2019opération précoce plutôt que la tardive).Cholémie familiale (Les hyperbiliru- binémies héréditaires : Ia\u2014et l\u2019ictère hémolytique).D Diabète juvénile (Le\u2014et son traitement) Douleurs (Le traitement conservateur dans les\u2014sciatiques et lombaires).Érythème noueux.(Epidémie familiale d\u2019\u2014) Folliculine (Le dosage de la\u2014comme base d\u2019orientation clinique et thérapeutique en gynécologie).Fracture.(La chronologie des processus de réparation dans les foyers de\u2014.Son influéhge Sur:le choit « e 4 000 .es » es .\u201ce® 000\u201d ern *c* 0 .+\u201d soe 0 se 01° 00 .« ° oa ere A » 2 ® s00¢ © 0.e e°0% 06007 +» .°°.vay oo a 45 139 94 46 303 494 350 et'dans l\u2019application des modes de traitement).oa.Fractures.250 194 Hormones (Les\u2014gonadotropes de l\u2019antéhypophyse et du placenta).Hypophyse (Doit-on employer la solution de lobe postérieur de l\u2019\u2014 dans la première et la deuxième moitié du travail?).I 445 352 353 354 Ictére hémolytique.(Les hyperbi- lirubinémies héréditaires : la cho- lëmie familiale et P\u2014).Immunité méningée « locale » (L\u2019hypothèse d\u2019une\u2014peut-elle être défendue ?).2222200200 00020 L Ligaturés.(Les maladies des\u2014.Moyens de les prévenir et de les 18 2:1 07-3 oI Métabolisme glucidique (Les troubles du\u2014au cours des azotémies) N Nerveuses (Des causes d\u2019échecs dans les sutures\u2014 ; moyens d\u2019y pallier).P Pharmacodynamiques (Recherches\u2014 sur la morphologie des sécrétions cellulaires).Pituitrine (L\u2019abus de la\u2014dans les pre- miéres heures du travail).Placenta.(Les hormones gonadotropes de Pantéhypophyse et du\u2014) Plasma (Le\u2014humain sulfamidé.Ses avantages dans la transfusion d\u2019urgence en l\u2019absence d\u2019un donneur de sang frais).Pyélographie.(Les traumatismes du rein : leur diagnostic précoce et ec.prévispasla\u2014).e ° .sso ° 496 247 194 301 46 141 349 45 304 197 193 194 90 502 LAVAL MÉDICAL Québec, décembre 1941 R Rein (Les traumatismes du\u2014 : leur diagnostic précoce et précis par la pyélographie) Sciatiques (Le traitement conservateur dans les douleurs\u2014et lombai- 9) MAR Sécrétions cellulaires.(Recherches pharmacodynamiques sur la mor- phologiedes\u2014).Stilbestrol.(Etude clinique du\u2014).Sulfamidé.(Le plasma humain\u2014.Ses avantages dans la transfusion d'urgence en l\u2019absence d\u2019un donneur de sang frais).Sulfamidés (Le traitement du trachome par les dérivés\u2014, en particulier, le P.Amino-Phényl-Sulfami- de en ingestion) Sutures nerveuses (Des causes d\u2019échecs dans les\u2014 : moyens d\u2019y pallier).402 494 197 95 90 249 304 T Thyroidienne.(Les angines de poitrine d\u2019origine\u2014).Trachome (Le traitement du\u2014par les dérivés sulfamidés, en particulier, le P.Amino-Phényl-Sulfamide en ingestion) Transfusion (La\u2014continue goutte à goutte).0.Transfusion d\u2019urgence (Le plasma humain sulfamidé.Ses avantages dans la\u2014en l\u2019absence d\u2019un donneur de sang frais) Travail?(Doit-on employer la solution de lobe postérieur de l\u2019hypophyse dans la première et la deuxième moitié du\u2014) Vaccination (Importance de la\u2014pré- ventive chez les sujets prédisposés aux infections des voies respiratoi-
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