Laval médical, 1 mai 1943, Mai
[" VoL.8 No 5 Mai 1943 (os ( Oo ~ - ~ No ~ { Ta -~ LAVAL MEDICAL BULLETIN DE LA SOCIETE MEDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUEBEC Rédaction et Administration FACULTE DE MEDECINE UNIVERSITE LAVAL QUEBEC CONSTIPATION Les trois Valdines peuvent être considérées comme l\u2019aide mécanique idéal.Ne créent pas d\u2019accoutumance.Absorbent l\u2019eau et passent par l\u2019intestin comme une substance gélatineuse.Agissent par leur puissance d\u2019expansion et glissent facilement dans le tube digestif auquel ils restaurent son mouvement physiologique.Granulés aromatisés.VALDINE.vAOr No 252 VALDINE.vao® Ne 253 AVEC CASCARA VALDINE By .vA.or Ne 254 USINES CHIMIQUES DU CANADA, Inc.1338 est, rue Lagauchetière, - 87 Station C., Montréal. LAVAL MÉDICAL VOL.8 N° 5 MAI 1943 COMMUNICATIONS QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LA SÉROTHÉRAPIE DU TÉTANOS par De la Broquerie FORTIER Assistant à l\u2019Hôtel-Dieu Le tétanos, cette maladie infectieuse, connue depuis la plus haute antiquité, clairement définie, aujourd\u2019hui, comme une maladie du système nerveux, souffre encore la controverse de son traitement.L'emploi de la sérothérapie, notamment, est diversement apprécié.Son effet curatif est mis en doute en certains milieux ; son mode d\u2019administration est particulièrement discuté et de nombreuses opinions contradictoires sont émises en rapport avec sa posologie.Sans vouloir envisager en entier ces principaux points ligitieux, nous avons pensé qu\u2019à l\u2019occasion de deux observations de tétanos, traités dans le Service de médecine, section de pédiatrie de l\u2019Hôtel-Dieu, nous pourrions, à l\u2019aide de la littérature médicale, trouver certaines notions thérapeutiques d\u2019ordre pratique.(2) 346 Lavar.MépicaL Mai 1943 PREMIÈRE OBSERVATION Claudette S., âgée de 3 ans et demi, entre à l\u2019Hôtel-Dieu, le 25 juillet 1942, pour « fracture ouverte du coude gauche ».Opérée à 4 heures de l\u2019après-midi, le Dr G.Auger constate la « présence d\u2019une fracture ouverte avec déplacement en avant de l\u2019humérus et section de l\u2019artère humérale ».Après Iigature de l\u2019artère, un plâtre est placé sur l\u2019avant-bras et le bras.Une heure et cinq heures et demie après l\u2019opération l\u2019enfant reçoit !/24¢ de morphine.Le lendemain, et les 27, 28, 29, la température centrale est à 102°1 - 102°3F.- Le 27, le rayon-X révèle une réduction sensiblement parfaite de la fracture sus-condylienne avec pénétration des condyles dans l\u2019épiphyse.Le plâtre est enlevé le 29 par suite de l\u2019œdème du bras.Le 30 au soir, la température centrale est à 103°2F.et la nuit est très agitée.Le 31, des contractions toniques des membres se répètent d\u2019une façon subintrante et tendent à se généraliser à tout le corps, accompagnées d\u2019un trismus de plus en plus prononcé.La température est à 104° le matin et l\u2019état général est très mauvais.Nous la voyons à la demande du Dr Auger et constatons la présence d\u2019un « tétanos aigu traumatique ».Cinq Jours se sont écoulés depuis l\u2019accident.Le midi même l\u2019enfant reçoit du « sérum antitétanique » à la dose de : 10,000 unités intra-musculaire, 10,000 « intra-rachidien, 5,000 « intra-veineux, dans 500 c.c.de sérum physiologique et glucosé à 5%.L\u2019hydrate de chloral, à raison de 15 ctg., est donné en lavement à garder.Au cours de la nuit, la même dose lui sera administrée de nouveau.Le lendemain, la température est à 103°F., les contractures sont moins fréquentes, le trismus et le rire sardonique demeurent inchangés.La dosede sérum est portée à 35,000 unités, dont 20,000 intra-musculaire, et le chloral est continué.Le 2 août, la température est à 101°F.; l\u2019enfant est beaucoup plus calme. Mai 1943 LavAL MÉDICAL 347 Le 6° jour après le début du traitement, la voie rachidienne est mise de côté et la dose de sérum intra-muscularre est portée à 35,000 unités, conservant toujours la voie Intra-veineuse à 5,000 unités.La 13° journée après l\u2019accident, la 8° depuis le début du traitement, la voie veineuse est abandonnée et l\u2019enfant reçoit, par voie intramusculaire, 30,000 unités de sérum.Dès le lendemain, et du 9 au 17 août, l\u2019enfant ne reçoit plus que 15,000 unités par jour.Le 17 août, tout traitement est cessé, et l\u2019enfant quitte l\u2019hôpital, le 22, moins d\u2019un mois après son entrée.La petite Claudette S., âgée de 3 ans et demi, la 6° journée après son accident, a donc développé un tétanos aigu, classique, qu\u2019un traitement intensif par le sérum a guéri en 13 Jours.L\u2019enfant a reçu, durant ces 13 jours, 340,000 unités de sérum.Les trois voies d\u2019introduction : intra-veineuse, intra-rachidienne et intramusculaire furent utilisées durant les cinq premiers jours du traitement alors que nous lui donnions 35,000 unités par jour.La voie vemneuse et Intra-musculaire sont utilisées pour donner 40,000 unités par jour durant les 6° et 7° jour de traitement.Et nous ne conservons que la voie intramusculaire du 8° au 13° jour.Ces changements dans les voies d\u2019introduction du sérum nous furent dictés par l\u2019évolution clinique et nous ne cessâmes la médication que le lendemain de la disparition de toute contracture musculaire spontanée ou provoquée.DEUXIÈME OBSERVATION Ghislaine D., âgée de 10 ans, entre dans le Service de pédiatrie de l\u2019Hôtel-Dieu, le soir du 7 septembre 1942.Dirigée vers l\u2019hôpital pour méningite, l\u2019interne qui la reçoit constate une raideur marquée du rachis, des contractures des membres supérieurs et inférieurs, un trismus très prononcé et du strabisme intermittent.Mis au courant de ce cas, nous portons le diagnostic de tétanos, et prescrivons du sérum antitétanique à la dose de : 10,000 unités intra-veineux dans 1,000 c.c.de sérum glucosé et salé à 5%, et 50,000 unités intra-musculaire.Par la voie veineuse nous injectons 1 c.c.de Somniféne. 348 LavaL.MÉDICAL Mai 1943 La ponction lombaire, qui est immédiatement effectuée, ramène un liquide eau-de-roche dont la pression initiale est à 36 en position couchée.Le Queckenstedt est positif.Le liquide céphalo-rachidien est composé de la façon suivante : Albumme.0.109; Cytologie : leucocytes.0.8 mm.globules rouges.0.1 mm.Chlorures.6.559; La température est à 102°F.L'histoire de la maladie actuelle révèle que l\u2019enfant, le 3 septembre, en faisant une chute dans l\u2019escalier de la cour, s\u2019est blessée au pied droit sur un clou rouillé.Le soir du 4, environ 36 heures après la chute, l\u2019enfant se plaint de douleurs à la mâchoire.Le lendemamn matin, le trismus apparaît et l\u2019enfant porte sa tête révulsée en arrière.Durant cette nuit du 5, la raideur s\u2019étend au dos et les douleurs s\u2019accentuent.Le 6, tous ces signes prennent de l\u2019ampleur et l\u2019on consulte le médecin qui conseille l\u2019hospitalisation immédiate.L\u2019enfant nous arrive donc après 3 Jours d\u2019incubation en pleine crise de tétanos.Le lendemain de son entrée, la température est à 103°2 le matin et à 105°3 le soir.Le pouls est à 130 \u2014 144.Le trismus semble avoir diminué, les contractures du rachis n\u2019ont pas changé, l\u2019agitation est prononcée, le rire sardonique fait son apparition, et les moindres mouvements de ceux qui l\u2019approchent provoquent des douleurs et des contractions musculaires.L\u2019isolement de l\u2019enfant est absolu et le même traitement que la veille est continué.Les jours suivants, la malade présente un trismus et des contractures d'intensité variable.La raideur des membres est constante et l\u2019agitation persiste malgré les lavements au chloral.Dans la nuit du 10 septembre, la malade fait une syncope et demeure inconsciente pendant environ 10 minutes.Le lendemain, la température Mai 1943 Lavar MÉDicaL 349 est à 104°4 le matin et à 105°3 le soir.L'examen somatique ne révèle aucune complication infectieuse.Devant la persistance des signes de contracture nous continuons, jusqu\u2019au 19, l\u2019emploi du sérum antitétanique à la dose de 10,000 unités intra-veineux et 50,000 unités intra-musculaire, associé au chloral, en lavement, deux fois par jour.Dès le 22, nous pouvons prescrire la diète fruito-lactée.Le lendemain, le sérum est donné à la dose de 30,000 unités, auquel nous associons de la vitamine B, à 100 mg.au c.c., 2 fois par jour.La dose de sérum est abaissée à 20,000 unités par Jour, du 24 au 28 septembre, alors qu\u2019il est définitivement cessé ce jour-là.La diète est lacto-fruito-végétarienne depuis deux jours.Le 11 octobre, un peu plus d\u2019un mois après son entrée, l\u2019enfant se lève et marche assez facilement.Dix jours après, elle quitte l\u2019hôpital, après 47 jours de maladie.Nous avions donc conservé a la vie, malgré un pronostic fatal, porté dès le lendemain de son arrivée, la petite Ghislaine D., âgée de 10 ans, grâce à une sérothérapie intensive.Durant les 13 premiers jours, elle recut 60,000 unités par jour, dont 10,000 par voie intra-veineuse.La dose totale fut de 1,060,000 unités en 21 jours.METHODE THERAPEUTIQUE La méthode thérapeutique que nous avons employée dans l\u2019une et l\u2019autre de ces observations soulève bien des points de discussion.Nous en envisageons quelques-uns : l\u2019effet curatif, les voies d\u2019administration et la posologie du sérum antitétanique.S1 l\u2019on consulte les publications médicales de ces dernières années, l\u2019on remarque combien les opinions sont partagées concernant la valeur spécifique de la sérothérapie au cours du tétanos.Les uns, comme Huntington, Thompson et Gordon (1), nient son action curative.D\u2019autres, comme Abel et Chalion (2), Abel, Hampil et Jones (3), croient à son action prophylactique, alors que Florey et Fildes (4), Moschcowitz (5) et Spaeth (6) en reconnaissent l\u2019efficacité indéniable.Dans une statistique, publiée par Spaeth (6) en 1940, et comprenant des cas de tétanos survenus tant aux États-Unis qu\u2019en Europe, il est démon- 350 Lava\u2026 MÉpicaL Mai 1943 tré que le taux de mortalité par tétanos est inférieur de 25%, chez ceux qui ont reçu un traitement par le sérum.Cette forte diminution, crovons- nous doit nous inciter à penser que le sérum antitétanique est doué d\u2019un pouvoir curatif non négligeable.De la compilation de plusieurs travaux, il résulte que les échecs thérapeutiques du sérum tiennent bien plus à son emploi trop tardif qu\u2019à l\u2019inefficacité de son pouvoir antitoxique.Car, ne l\u2019oublions pas, dans le tétanos comme dans la diphtérie, une fois la toxine fixée sur la cellule nerveuse, elle ne peut être délogée même avec des doses massives subséquentes de sérum.Aussi le sérum antitétanique doit-il être utilisé dans le plus bref délai possible dès le diagnostic con- frrmé ou même probable.Mais ce sérum, par quelle voie l\u2019utiliser ?Les voies d\u2019introduction du sérum antitétanique sont variées.Si la voie para-nerveuse de Sicard et Clavel, et la voie cérébrale de Roux et Borret sont toutes deux aujourd\u2019hui abandonnées, les voies sous-cutanée, intra-rachidienne, intra-musculaire et intra-veineuse sont largement employées.Elles ont cependant leurs partisans et leurs détracteurs.La voie sous-cutanée, parce qu\u2019elle ne répond pas à une absorption rapide du sérum, est abandonnée par la plupart des auteurs, du moins comme voie principale.Elle est cependant utilisée comme voie secondaire ou plutôt comme sérothérapie locale afin de neutraliser sur place la toxine tétanique sécrétée au niveau de la plaie qui sert de porte d\u2019entrée à l\u2019imfection.Elle doit toujours être utilisée avant tout acte chirurgical portant sur le foyer d\u2019infection.Quoique considérée comme une « voie de gaspillage » par certains auteurs, Guillain' et de Sèze (7) la trouvent, associée à la voie intra-musculaire, largement suffisante.La voie intra-rachidienne est préconisée comme la meilleure par Ashhurst (8), Andrews (9), Park et Nicoll (10), Sherrington (11) et Vener (12).Mais on lui reconnaît des dangers voire même des cas de mort directement attribuables à son emploi.Klemmer Crosland (13) signale une plus forte mortalité chez ceux qui ont été traités par la voie mtra-rachidienne.Et Wainwright (14) écrit en 1936 : « Les injections intra-rachidiennes sont nuisibles, augmentent la mortalité et doivent être abolies ».Pour Spaeth (6), qui a particulièrement étudié le tétanos aux États-Unis, la voie intra-rachidienne doit être abandonnée pour les Mai 1943 LavaL.MÉDICAL 351 raisons suivantes : 1° elle procure au patient trop d\u2019excitations ; 2° elle est parsemée de difficultés techniques par suite de l\u2019état de contracture que présentent ces malades ; et, 3° elle peut être suivie d\u2019une méningite séreuse ou septique.Pour Miller et Rogers (15) l\u2019objection pratique à l\u2019emploi de la voie intra-rachidienne vient de sa difficulté technique et à son impossibilité chez des patients en état d\u2019hyperextension musculaire.Reste la voie intra-musculaire et intra-veineuse, ou les deux réunies.L\u2019école américaine avec Graves (17), Miller et Rogers (15), Freedlander (17), Silverthorne et Hart (18), en préconise l\u2019emploi à l\u2019exclusion de toute autre voie.Devant tant de divergences d\u2019opinions sur les voies d\u2019introduction du sérum, il est peut-être osé de prendre parti et l\u2019on aurait tendance à trancher Ie problème le plus simplement du monde en affirmant qu\u2019il faut employer toutes ces voies d\u2019introduction.Si cette conduite peut paraître sage et très pratique pour le malade autant que pour le médecin, 1l nous est cependant permis de nous demander quelle est la voie la plus rapidement efficace ?Pour répondre à une telle question, bien des expériences ont été tentées, bien des théories ont été élaborées et l\u2019accord ne semble pas encore être réalisé.Toutefois, nous croyons que le problème a été envisagé sous bien des angles et qu\u2019il peut nous permettre certaines préférences.L'action antitoxique du sérum est dirigée contre la toxine sécrétée par le bacille de Nicolaër qui, de la porte d\u2019entrée bactérienne, va imprégner le système nerveux central et réaliser, par voie descendante, le syndrome du tétanos.L\u2019envahissement de l\u2019organisme par la toxine se fait selon le mode que bien des expérimentateurs ont cherché à préciser et à établir d\u2019une façon absolue.De cette connaissance précise devait résulter un moyen plus efficace de combattre le tétanos par la sérothérapie.La plus ancienne de ces théories voulait que la toxine tétanique soit transmise au système nerveux par les « troncs nerveux périphériques ».Suggérée par Bruschettini (19) en 1892, elle fut confirmée par Morax et Marie (20) en 1903 et défendue par Meyer et ses collaborateurs (21). 352 LavaL\u2026 MÉDICAL Mai 1943 Pour eux la toxine tétanique ne peut atteindre le système nerveux central par d\u2019autres voies que le cylindraxe des nerfs moteurs.Pour Meyer et son école ce mode de transport se ferait, lentement, par un mécanisme qu\u2019il a nommé protoplasmic streaming.Pendant de nombreuses années cette théorie fut considérée comme classique et des déductions thérapeutiques en découlèrent.Mais des expériences plus récentes, notamment celles de Abel, Evans, Hampil et Lee (22), (23), ont démontré que la toxine tétanique n\u2019était pas transportée au système nerveux central par les troncs nerveux périphériques mais plutôt par le courant sanguin.Cette théorie semble aujourd\u2019hui être admise par un grand nombre d\u2019auteurs, tant aux États-Unis qu\u2019en Angleterre et en Australie.Plusieurs investigateurs ont, en effet, décelé dans le courant sanguin de la toxine tétanique.C'est à la suite des travaux d\u2019Abel, aux États-Unis, que la voie vemneuse fut employée comme voie d\u2019introduction de choix pour le traitement du tétanos.Wilpote (24) et Peyre (25), en France, Graves (16), Miller (15), aux États-Unis, Paterson (26), en Australie, l\u2019utilisèrent de préférence à toute autre voie avec des succès thérapeutiques Incontestables.De l\u2019ensemble des travaux de ces différents auteurs il semble se dégager, croyons-nous, que la voie veineuse est la voie d\u2019introduction la plus efficace et qu\u2019elle doit toujours être employée à quelque période de la maladie que nous soyons.Elle ne semble comporter aucun danger et sa supériorité sur les autres est incontestable.Il fautajouter, cependant, qu\u2019elle n\u2019exclut pas l\u2019emploi des autres voies qui, elles aussi, jouissent d\u2019une certaine efficacité.Il nous est donc permis, après cet exposé doctrinal, de conclure que la sérothérapie du tétanos doit, si elle veut être efficace, utiliser toutes les voies d\u2019introduction mises à sa portée, craignant cependant la voie intra- - rachidienne, utilisant largement la voie veineuse et musculaire sans oublier de saturer, par voie sous-cutanée, la plaie qui constitue la porte d\u2019entrée de la maladie.DosEs DE SÉRUM La littérature médicale qui traite du tétanos est farcie, en quelque sorte, d\u2019opinions diverses concernant les doses de sérum à administrer.Les uns emploient une sérothérapie intensive ; les autres, plus conserva- Mai 1943 Lava\u2026 MÉDicaL 353 teurs, préconisent une sérothérapie moyenne et 1l semble difficile de se former une opinion sur l\u2019efficacité plus ou moins grande de l\u2019une ou l\u2019autre méthode.Dès 1912, Achard (27) préconisait une sérothérapie intensive.Georges Schreiber (28), quelques années plus tard, signalait chez le nourrisson l\u2019importance des doses fortes.En 1933, 1l rapportait, devant la Société de Pédiatrie de Paris (29), la guérison d\u2019un nourrisson, âgé de neuf mois, à qui il n\u2019avait pas craint d\u2019injecter 240,000 unités de sérum antitétanique en quelques jours.Lereboullet, St-Girons et Odinet (30), devant la même Société en 1935, rapportaient l\u2019observation d\u2019un enfant de 3 ans à qui l\u2019on injecta jusqu\u2019à 210,000 unités de sérum.En France encore, Wilpote (24) du Mans, ne craignait pas, en 1938, chez un enfant de 8 ans, d\u2019injecter, en une seule journée, jusqu\u2019à 100,000 unités intraveineux et d\u2019atteindre, en 9 jours, la dose totale de 868,000 unités dont 673,000 unités Intra-vemneux.Aux - Etats-Unis, Vener et Bower (31) préconisent l\u2019emploi de 200,000 unités de sérum en 24 et 36 heures, et 1,500 unités tous les jours pendant 16 à 20 Jours « afin de maintenir jusqu\u2019à la complète guérison ou la mort, la désensibilisation tentée par le sérum du premier jour ».Et Cables (32), chez un marin, atteint, en 41 Jours, la dose totale de 3,460,000 unités de sérum.Et 1l y a plus étonnant encore, car Silver- thorne et Hart (18) ont, en 1931, injecté, en 4 jours, par un goutte à goutte intra-veineux continu, jusqu\u2019à 2,867,000 unités.L\u2019on voit, par ces quelques données numériques, combien la posologie de la sérothérapie antitétanique diffère avec les auteurs.La dose optimum atteint parfois un sommet quasi vertigineux.Dans la seconde observation, l\u2019on s\u2019en souvient, nous utilisäâmes jusqu\u2019à 1,060,000 unités de sérum.A l\u2019exemple des auteurs précités, la thérapeutique ne fut discontinuée qu\u2019après la disparition de toute contracture musculaire.Il est permis de se demander si ce critère clinique, facile à observer en toute occasion, peut servir de base d\u2019arrêt de la sérothérapie.Un grand nombre d\u2019auteurs l\u2019utilise comme tel ; mais nombreux sont ceux qui cherchent une base plus scientifique : un critère immunologique.Ceux qui, comme Sohier et Jude (33), en France, Spaeth (38), Cole et Spooner (35), aux États-Unis, se sont occupés de doser le taux d\u2019anti- 354 Lava\u2026 MÉDiCaL Mai 1943 toxine sanguin chez des patients au cours de traitement sérothérapique, se sont aperçus qu\u2019au delà d\u2019une certaine dose de sérum 1l n\u2019était plus possible d\u2019influencer le taux d\u2019antitoxine circulant par d\u2019autres quantités de sérum.Ils n\u2019ont pu, cependant, établir, d\u2019une façon absolue et tou- Jours la même, quelle était cette dose, mais leurs observations ont permis d\u2019établir que, longtemps après le traitement, le sang conservait encore un taux antitoxique élevé.Spaeth (6), notamment, aux Etats-Unis, s\u2019appuyant sur les travaux de nombreux auteurs et sur ses propres observations, croit devoir préconiser une dose optimum applicable au plus grand nombre de tétanos.Comme 1l n\u2019existe, dit-il, aucune relation constante entre la dose d\u2019antitoxine et le taux de mortalité, vu les nombreuses causes ex- trinséques qui peuvent influencer les résultats cliniques, il apparait nécessaire d\u2019adopter une approximation immunologique plutôt que clinique de déterminer la dose adéquate de sérum antitétanique.Cette dose adéquate s\u2019échelonne entre 35,000 et 50,000 unités de sérum.Afin de parer à toute éventualité 1l croit que la meilleure conduite à tenir, en présence d\u2019un cas de tétanos, est de lui injecter, en une seule fois, par voie Intra-veineuse ou intra-musculaire, 60,000 unités si le début de l\u2019infection ne remonte pas à plus de 5 jours et 40,000 si l\u2019infection est plus ancienne.La sérothérapie n\u2019est pas répétée le lendemain.Comme nous sommes éloignés des doses utilisées par les différents auteurs cités plus haut ! Cette méthode de Spaeth, préconisée aux États-Unis en 1940, semble prendre de l\u2019ampleur, mais nous croyons qu\u2019il est trop tôt pour juger de sa valeur intrinsèque et l\u2019adopter définitivement.Cependant, elle s\u2019appuie sur des données expérimentales bien connues, qui ont établi que ce n\u2019est pas la dose totale de sérum injectée qui sauvera le malade mais bien le moment où 1l l\u2019aura reçue.Les expériences de Abel et Chalion (2) ont en effet démontré que chez le chien \u2014 et 1l ne peut en être autrement chez l\u2019homme \u2014 « le sérum antitétanique est impuissant à mitiger ou à abolir les symptômes existants et évidents d\u2019un tétanos chez un animal dont les tissus ont fixé une ou plusieurs doses mortelles de tétanos avant que ce sérum n\u2019ait pu être InJecté ; mais qu\u2019il neutralise la toxine tétanique et empêche le développement du tétanos s\u2019il est injecté pas plus tard qu\u2019à un certain stage de la période d\u2019incubation ». Mai 1943 355 LavarL MEDICAL La rapidité de l\u2019injection de sérum après le début de la maladie compte donc beaucoup plus que la dose totale à injecter.Aussi, en présence d\u2019un tétanos probable ou même simplement possible, est-il, croyons-nous, nécessaire d\u2019injecter immédiatement une dose forte de sérum par la voile intra-veineuse de préférence ou, du moins, intramusculaire, car, ne l\u2019oublions pas, un délai d\u2019un seul Jour, ou même de quelques heures dans l\u2019administration du sérum, peut signifier la mort.Le sérum aura alors toutes les chances d\u2019agir curativement et le tétanos verra son taux de mortalité s\u2019abaisser dans des proportions peut-être insoupçonnées.BIBLIOGRAPHIE I.HuNTINGDON, R.W., Jr, THomeson, W.R., et GorDpon, H.H.The Treatment of Tetanus with Antitoxin : An Analysis of the Outcome in six-hundred and forty-two cases.Ann.Sing., 105 : 93-96, (jan.) 1937.2.ABEL, J.J., et CHAL1oN, W.Researches on Tetanus: VIII.At what Point, in the Course of Tetanus, does Antitetanus Serum fail to Save Life?Bull.Jobn Hopkins Hosp., 62 : 610-633 (juin) 1938.3.ABEL, J.J., Hampi, B., Jonas, A.F., et CHarion, W.Researches on Tetanus : VII.Time required for Fixation of Fatal Quantity of Tetanus Toxin.Ibidem, 62 : 522-563, (mai) 1938.4.FLorey, H., et FiLpes, P.Treatment of Tetanus in Rabbits with Large Intra-Shecal Doses of Antitoxin.Brith.J.Exper.Pat., 8 : 393-397, (oct.) 1927.\u2014 .Moscxcowirz, A.V.A Study of the Nature, existant Lesions, Symptomatology and Treatment of the Disease with a Critical Vi Summary of the Results of Serumtherapy.Ann.Sing, 32: 219-250, 416-445, 575-601, 1900.6.SPAETH, R.A Clinical Study of Tetanus.A.J.Dis.of Ch., 60 : 130-169, (juillet) 1940.GuiLLaum et bE SEzE.Bull.et Mém.Soc.Méd.Hép.Paris, 1530, 1930.ASHHURST, À.P.C.The Prognosis of Tetanus.J.A.M.A., 87: 2089-2090, (18 déc.) 1926.9.ANxprews, F.W.- On the Intrathecal Route for Administration of Tetanus Antitoxin.Co i 356 Lavar MÉDicaL Mai 1943 10.Partz, W.H., et Nicorr, M.Experiments on Curative Value of Intraspinal Administration of Tetanus Antitoxin.J.A.M.A, 63 : 235-238, (18 juillet) 1914.11.SHERRINGTON, C.S.Observations with Antitetanus Serum in Monkey.Lancet, 2 : 964-966, (29 déc.) 1917.12.VENER, H.I.Tetanus: Treatment.California-West Med., 48 : 193-196, (mars) 1938.13.KLEMMER, Crosland.The Treatment of Tetanus in the Hospitals of Lancaster, Pa., over a Period of thirty Years.Ann.J.M.S., 187 : 700, (mai) 1934.14.WAINWRIGHT, J.M.Tetanus : Its Incidence and Treatment.Arch.Sing., 12 : 1062, (mai) 1926.15.MiLLer, R.H., et Rocers, H.Present Status of Tetanus with Special Regard to Treatment.J.A.M.A, 104 : 186-191, (19 Janv.) 1935.16.Graves, A.M.Tetanus in New Orleans.Ann.Sing., 92 : 1075- 1086, (nov.) 1930.17.FREEDLANDER, S.O.Treatment of Tetanus.Ann.J.M.Sc, 161 : 819-823, (juin) 1921.18.SILVERTHORNE, N., et Hart, A.P.Antitoxin in Large Doses in Tetanus.Conn.Pub.H.J., 22 : 181-184, (avril) 1931.19.BruscHETTINI, Alessandro.Sulla diffusione del veléno del tétano nel\u2019organismo.Reforma Meéd., 8 : 256-270, 1892.20.Morax, V., et Marie.Recherches sur \"absorption de la toxine tétanique.Ann.Ins.Pasteur, XVI, 818-832, 1902 et XVII, 335- 342, 1903.21.MEYER, H., et Ronson, F.Untrsuchungen uber den Tetanus.Arch.F.exper.Path.und Pharmakol., 49 : 369-416, 1903.22.ABEL, J.J., Evans, E.A, Jr.,, Hampi, V., et LEg, F.C.Researches on Tetanus : II.The Toxin of the Bacillus Tetani is not transported to the Central Nervous System by any Component of the Peripheral Nerve Trunks.Bull.J.Hopkins Hosp., 56 : 88-114, (fév.) 1935.23.ABEL, J.J, Evans, E.A.,Jr.,, HampiL, V., et LEE, F.C.Researches on Tetanus : III.Further Experiments to prove that Tetanus Mai 1943 Lava\u2026.MÉDicAL 357 24.26.27.26.29.30.31.32.33.34.Toxin 1s not carried in Peripheral Nerves to the Central Nervous System.Ibidem, 56 : 317-336, (juin) 1935.WiLpoTe, M.Letraitement curatif du tétanos.Le Monde Médical, 48 : 655-656, (1°\" juil.) 1938.PEyre, E.-L.Les traitements actuels du tétanos.La Presse Médicale, 98 : 1981-1984, (9 déc.) 1933.Paterson, A.E.Tetanus : Its diagnosis and Treatment with a Summary of twenty-six Consecutive Cases.M.J.Australia, 1 : 832-834, (28 juin) 1930.ARCHARD.Bulletin de la P.Médicale des Hôpitaux, (9 février) 1912.SCHREIBER, G.Une année de pratique de sérothérapie intensive.Paris Médical, (18 janv.) 1919.SCHREIBER, G.Tétanos sans plaie décelable chez un nourrisson ; 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ÉVOLUTION TUBERCULEUSE A FORME TYPHO-BACILLAIRE par R.DESMEULES et P.RICHARD de l\u2019Hôpital Laval, à Québec.Landouzy décrit, en 1884, une fièvre infectieuse tuberculeuse aiguë caractérisée cliniquement par trois phases, l\u2019une, typhoïde, une deuxième de rémission avec durée variable, une troisième de localisation pulmonaire ou extra-pulmonaire.Illuidonnele nom descriptif de typho-bacillose et cherche à lui trouver des bases anatomo-pathologiques et expérimentales.Il croyait avoir découvert une forme de tuberculose aiguë différente de la granulie et de la pneumonie.Grâce à de rares autopsies faites à la période typhoidique, il considère, comme substratum anatomique de la maladie, des lésions congestives et dégénératives viscérales diffuses semblables à celles rencontrées dans les grandes septicémies.La typho-bacillose était d\u2019ailleurs dans la conception qu\u2019il s\u2019en faisait une bacillémie.Il eut le grand mérite d\u2019intégrer cette infection générale dans le cadre des infections à bacille de Koch.Les examens anatomo-pathologiques faits au cours des localisations parenchymateuses lui donnèrent pleinement raison.Quelques années plus tard, soit en 1888, Yersin, en inoculant du bacille aviaire à des lapins, Strauss, Gamaleia et Pilliet, à des cobayes, réalisèrent expérimentalement les triples phases de la maladie.Gougerot, à l\u2019aide du bacille aviaire et du bacille humain homogénéisé, finalement Calmette, chez le bovidé, constatent des lésions septicémiques à la phase typhique auxquelles succèdent des lésions tuberculeuses locales à type Villemin à la phase terminale. Mai 1943 LavaL.MÉDICAL 359 Le maître français présenta comme une entité morbide nouvelle, au Congrès international de Washington, en 1908, la typho-bacillose dont il exposa l\u2019étiologie, l\u2019aspect clinique, les bases anatomiques et expérimentales.Il est cependant frappé par la difficulté de mettreen évidence le bacille de Koch même par l\u2019moculation au cobaye du sang des typho-bacillaires.Depuis, l\u2019accord s\u2019est fait sur le terrain clinique.Les limites en sont cependant considérablement étendues.Entre le type moyen à trois phases caractéristiques ont pris place les formes graves et mortelles et les formes bénignes avec des modalités symptomatiques si diverses que la description princeps en a perdu son individualité.Le grand mérite de Landouzy fut de mettre en lumière l\u2019origine tuberculeuse de ces fausses fièvres typhoïdes avant même la découverte des procédés biologiques de diagnostic basés sur l\u2019hémo-culture et la sérologie.Quant à la thèse de la généralisation septicémique de cette tuberculose, la méthode de Læwenstein, pourtant si sensible, n\u2019a pas permis de constater plus souvent le bacille de Koch dans le sang des typho- bacillaires que dans celui des malades porteurs d\u2019autres formes de tuberculose.Même, d\u2019après la plupart des phtisiologues, la présence du bacille dans le sang ne serait due qu\u2019à une bacillémie de décharge, qu\u2019à une bactériémie transitoire, épisodique.Elle ne serait pas la preuve d\u2019une septicémie vraie dont le caractère est généralement la permanence de l\u2019habitat microbien dans le torrent circulatoire au moins au cours des oscillations fébriles importantes.Les procédés de recherche actuels ne permettent plus de séparer maintenant typho-bacillose et granulie.II n\u2019y a entre elles que différence de degré et non d\u2019espèce.Les autopsies révèlent la quasi-constance de foyers parenchymateux pulmonaires, pleuraux, méningés à la phase de début dans les formes graves et mortelles.Dans les formes ordinaires, l\u2019exploration radiologique thoracique extériorise un jour ou l\u2019autre des foyers hilaires, ganglio-pulmonaires, parenchymateux scissuraux ou pleuraux dont la contemporanéité avec le début de la maladie contraste avec l\u2019absence de localisation viscérale affirmée par Landouzy.La typho-bacillose est donc selon les conceptions actuelles une fièvre infectieuse tuberculeuse à aspect clinique défini mais à pathogénie et à anatomo-pathologie de plus en plus précises grâce aux méthodes ytd modernes d\u2019investigation. 360 LavaL MÉDpicaL Mar 1943 Nous désirons vous illustrer cette opinion par l\u2019observation suivante : F.L., 24 ans, a des parents apparemment en bonne santé.Il a trois frères et quatre sœurs bien portants.Il ne peut préciser la cause de la mort en bas âge de ses quatre autres frères et sœurs.Atteint de rougeole à 4 ans, il subit une appendicectomie à huit ans.À 20, 21 et 22 ans, 1l souffre d\u2019une infection staphylococcique cutanée récidivante aux doigts des mains.En décembre 1941 apparaît un état fébrile prolongé à 101° avec toux sèche et douleur pongitive à la base de l\u2019hémi-thorax droit.L\u2019exploration stéthacoustique décèle des râles discrets sur lesquels le malade ne peut donner d\u2019autre précision que cette réminiscence des affirmations du médecin de famille.Les signes généraux et locaux s\u2019amendent suffisamment après douze jours d\u2019alitement, pour lui permettre de retourner à son travail dans une pulperie.Dix jours plus tard, il quitte son emploi pour une récidive.Du 9 février au 11 mars, 1l accomplit son travail à la satisfaction de l\u2019employeur en dépit de l\u2019apparition d\u2019une céphalée et d\u2019une rachialgie tenaces dont 1l précise le début vres le 20 février.L\u2019amaigrissement progressif, l\u2019asthénie de plus en plus marquée le forcent de nouveau à consulter à la mi-mars.Il se plaint de douleurs à la base des hémi-thorax et à la partie supérieure de l\u2019abdomen sans développement anormal du volume du ventre, sans gargouillement dans la fosse iliaque droite.La température est à 101°2.Le 16 mars, 1l consulte l\u2019un de nous sur les conseils de son médecin.Un examen radiographique pulmonaire révèle l\u2019existence d\u2019un aspect tacheté discret surtout à droite.La sérologie permet d\u2019éliminer les hypothèses des septicémies éberthienne, mélitococcique et para-typhique.Le9 avril, le malade est afébrile et demeure tel pendant trois semaines.En mai 1942, la température s\u2019allume de nouveau.Le malade se rend alors à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec où l\u2019on porte le diagnostic de tuberculose pulmonaire à forme granulique.La radiographie avait mis en évidence un aspect granité des deux plages.Il est ensuite dirigé vers l\u2019Hôpital Laval. Mai 1943 Lavar MÉDICAL 361 À son arrivée, le 29 mai, il a une apparence fatiguée.La température est à 99°3, le pouls à 80, la respiration à 22.Sur la radrographie se dessine un aspect finement tacheté des plages pulmonaires.La nature de ces opacités miliaires dont la localisation est nettement prédominante aux régions sus- et sous-claviculaires est tuberculeuse comme le prouve l\u2019étude bactériologique du liquide retiré de l\u2019estomac.«Py s , \u2018 uv Semis de granulations fines et opaques aux deux tiers supérieurs des deux plages.fr Les oscillations fébriles, la perte de poids, la tachycardie, l\u2019état de prostration du malade forment un tableau clinique traduisant de façon nette l\u2019activité du processus pathologique.La sédimentation globulaire s\u2019élève à 31 mm, le leucogramme fournit une polynucléose neutrophile à 70 par rapport à une lymphocytose à 13%.L\u2019image d\u2019Arneth est franchement déviée à gauche puisque les types nucléaires I et II tota- (3) 362 Lavar.MÉDICAL Mai 1943 lisent respectivement 38 et 48.L'indice nucléaire de Bonsdorff est à 180 A ces preuves biologiques généralement reconnues comme des signes d\u2019activité et d\u2019évolution, le laboratoire indique un pronostic défavorable avec un indice leucocytaire de Medlar à 47.Enfin, le sérodiagnostic d\u2019Arloing et de Courmont, en dépit de l\u2019existence certaine d\u2019une tuberculose miliaire ne dépasse pas un pouvoir agglutinant à plus 5.D\u2019après les maîtres Ivonnais et selon notre chef de laboratoire, le Dr Maurice Giroux, 1l faut considérer ce fléchissement comme l\u2019une des manifestations sérologiques de la tuberculose grave et mortelle à la période termmale au même titre que l\u2019extinction progressive des réactions tuberculmiques à la phase cachectique.Nous répétons les recherches directes et indirectes de l\u2019Eberth, du mélitensis et des para-typhiques.Les rapports de ces investigations furent négatifs.Au cours de l\u2019examen somatique, nous observons une tumeur dure, bosselée, irrégulière à l\u2019épididvme gauche.Les urines contiennent du bacille acido-alcoolo-résistant, prouvant ainsi la nature de cette localisation génitale.Depuis plusieurs mois, le malade se plaignait de céphalée.Une ponction lombaire donne issue à un liquide clair, limpide, eau-de-roche, sous tension normale.La cvtologie est nettement lymphocvytaire.Le benjoin colloidal flocule dans la zone méningée.La bactériologie du liquide est à bacille de Koch.A l\u2019examen du fond d\u2019œil, les papilles sont floues, légèrement surélevées avec dilatation des vaisseaux rétiniens.Ces multiples localisations pulmonaire, méningée et épididymaire motivent une hémo-culture sur milieu de Loewenstein qui, pratiquée le 11 Juin, était encore négative le 15 juillet, date de la mort du patient, après deux jours de semi-coma et cinq de coma méningé.L'examen anatomo-pathologique décela de nombreuses granulations aux poumons, au foie, à la rate et aux reins.L\u2019histo-pathologie du foie, de la rate, des reins et des surrénales extériorise une tuberculose folliculaire typique.Les lobes pulmonaires sont farcis de granulations miliaires.Seul le pancréas demeure normal.Le diagnostic anatomo-pathologique terminal est celui de granulie généralisée. Mai 1943 Lava\u2026 MÉDicaAL CONCLUSIONS L\u2019évolution atypique et prolongée de ce syndrome infectieux a éveillé l\u2019attention sur une infection bacillaire après l\u2019élimination méthod1- que des septicémies habituellement rencontrées.L\u2019exploration radiographique pulmonaire répétée a permis de mettre en évidence, après quelques clichés successifs, un aspect d\u2019abord très précis d\u2019anomalies parenchymateuses.La bactériologie du contenu d\u2019un lavage de l\u2019estomac a intégré les opacités miliaires dans leur cadre étiologique.Les multiples localisations viscérales consécutives à la localisation pulmonaire initiale à début fort imprécis, suivi de phases intercalaires de rémission éveillèrent l\u2019idée d\u2019une septicémie à bacilles de Koch que nous n\u2019avons pu établir au cours de ce syndrome typho-bacillaire.Cet insuccès démontre, à la suite d\u2019autres recherches de même nature sur des milieux aussi sensibles que celui de Loewenstein, qu\u2019il s\u2019agit non pas de défaillances bactériologiques mais plutôt de l\u2019existence d\u2019une bactériémie transitoire qui explique les localisations post-initiales.Il faudrait être particulièrement heureux pour saisir le bacille au moment précis de son passage dans le sang.L'observation clinique, radiologique et anatomo-pathologique est celle d\u2019une granulie d\u2019allure typho-bacillaire lente a s\u2019extérioriser et correspondant aux conceptions modernes de la typho-bacillose de Landouzy.BIBLIOGRAPHIE POMMEAU-DELILLE, G., et MALLARME, J.T'uberculoses pulmonaires aiguës.La typho-bacillose.Enc.Méd.Ch.Poumons, Plévres, Médiastin, 6013, 147 édition, 4, 1935.Poix, G., AzouLay, R., et BRANDY.Conceptions actuelles de la typho- bacillose.P.Méd., n° 58, (20 juillet) 1935, pp.1153.Poix, G., et Tnover, G.Typho-bacillose et tuberculose ganglio- pulmonaire.Annales de Méd., tome 34, n° 3, (oct.) 1933, pp.277.Faure-BeauLieu et Mlle Brun, C.Etude bactériologique et expérimentale d\u2019un cas de typho-bacillose.Bull.et Mém.Soc.Méd.Hop.Paris, séance du 13 juillet 1934, pp.1268-1272. EXTÉRIORISATION D\u2019UNE TUBERCULOSE AU COURS D\u2019UN SYNDROME DE SUPPURATION BRONCHO-PULMONAIRE par Louis ROUSSEAU Médecin à l'Hôpital Laval, Québec.Un syndrome pulmonaire complet permet peu d\u2019erreurs de diagnostic.Cependant, la symptomatologie des affections pathologiques ne se plie pas toujours aux descriptions classiques et c\u2019est d\u2019ailleurs ce qui fait l\u2019intérêt de la clinique.Nous désirons vous rapporter l\u2019observation d\u2019un malade atteint d\u2019une affection pulmonaire chronique dont la mise en évidence serait encore omise si ce sujet n\u2019avait occasionnellement greffé sur cette maladie un autre état pathologique l\u2019obligeant à suspendre ses activités pour réclamer des sons médicaux.Il s\u2019est agi, en l\u2019occurrence, d\u2019une suppuration pulmonaire dont le diagnostic a été douteux et discutable jusqu\u2019à ce que se produisit une petite vomique quia établi avec certitude l\u2019entité de cette phneumopathie à caractères subaigus.M.F., 50 ans, inspecteur d\u2019école, a toujours présenté une constitution faible, mais ne se souvient pas d\u2019avoir été dans l\u2019obligation de perdre une Journée de travail pour cause de maladie.Il tousse un peu depuis son enfance mais pas à un point qui eut pu faire suspecter une tuberculose.Son père est mort à 91 ans, sa mère à 45 ans d\u2019une affection intestinale.Il a 9 enfants qui sont en parfaite santé.Depuis des années, 1l Mai 1943 Lavar MÉDicAL 365 a des troubles digestifs et doit se soumettre à un régime comportant une restriction alimentaire qui explique la maigreur qu\u2019il a toujours présentée.Le 30 mai 1942, il éprouve des douleurs à la région épigastrique et à la base thoracique droite.Croyant à une accentuation de ses troubles digestifs, il n\u2019attribue que peu d\u2019importance à cette douleur.Les jours suivants apparaît de la toux sans expectorations et Il remarque que le baillement, les inspirations profondes accentuent les douleurs thoraciques.Il continue cependant son travail et, le 6 juin, c\u2019est-à-dire 7 jours après le début apparent de cette affection, à l\u2019occasion d\u2019une rencontre fortuite avec son médecin, on lui apprend qu\u2019il a une localisation pulmonaire accompagnée d\u2019un état fébrile.Le 8 juin, ce malade vient me consulter à mon bureau.L'examen stéthacoustique met en évidence des crépitations discrètes à la région moyenne du poumon droit.Devant l\u2019écran radioscopique, je vois une opacité floue correspondant à la région où J'avais entendu de petits râles superficiels.Ajoutons à ces symptômes un renseignement sur lequel insistait ce malade.I! ne cessait d\u2019attirer notre attention sur l\u2019impression qu\u2019il avait de goûter l\u2019oignon pourri.Cependant, 1l était impossible de percevoir une odeur fétide de l\u2019haleime.Lorsque je le dirigeai le Jour même à l\u2019hôpital pour observation, ce fut avec le diagnostic probable d\u2019abcès pulmonaire.L\u2019Âge de ce sujet, l\u2019apparition récente et le caractère des symptômes pulmonaires, la notion de son état de santé antérieur m\u2019éloignaient du diagnostic de tuberculose.Une radiographie pulmonaire (fig.1), tirée à son admission à l\u2019hôpital, montrait, à la région moyenne du poumon droit, une image qui, même sans renseignements cliniques, fait penser aux suppurations pulmonaires ; à l\u2019endroit du lobe moyen, il y avait une zone floue contenant, au centre, un dessin continu.Ces images sans être pathognomoniques nous obligent à considérer le diagnostic de suppuration pulmonaire.Sur ce même cliché apparaissaient des traînées fibreuses aux deux régions sus-clavi- culaires, ne laissant aucun doute sur une atteinte bacillaire antérieure.Quelques Jours plus tard, le rapport du laboratoire, sur l\u2019examen du liquide retiré de l\u2019estomac, confirmait la présence de bacilles de Koch.Malgré ces preuves 1rréfutables radiologiques et bactériologiques indiquant un processus tuberculeux et, aussi, malgré l\u2019absence de signes 366 Lavar MEbicaL Mai 1943 caractéristiques de suppuration pulmonaire, je n\u2019ai pas voulu abandonner l\u2019idée d\u2019une association pathologique en me basant sur la persistance du goût fétide éprouvé par le malade et aussi sur les caractères de l\u2019image radiologique.Figure 1.\u2014\"Abcès pulmonaire intéressant le lobe moyen droit.Jamais la température ne dépassa 100° ; elle était le plus souvent à 99° ou au chiffre normal.Les suppurations pulmonaires s\u2019accompagnent de poussées fébriles très imposantes avec des phases d\u2019accalmie passagères.Les Jours passèrent sans que viennent s\u2019ajouter des symptômes Justifiant le diagnostic d\u2019abcès ; en effet, il y avait persistance Mai 1943 Lavar MÉDicaL 367 d\u2019une toux quinteuse, de douleurs thoraciques mais pas d\u2019expectorations caractéristiques sous forme de vomique.Cependant une nouvelle radiographie (fig.2), tirée 20 jours après la première, était assez instructive.Sur ce nouveau cliché, l\u2019opacité de la région moyenne est plus dense mais nous Figure 2.\u2014 Disparition de l\u2019opacité constatée sur le cliché antérieur.Les deux sommets sont voilés.n\u2019y distinguons plus la petite ombre annulaire.Ce sont là les images successives rencontrées au cours des abcès pulmonaires et sur lesquelles ont tant insisté Sergent et Cottenot.Le 6 juillet, 38 jours après le début de cette affection, comme il ne s\u2019était pas encore produit de vomique et que, par ailleurs, au cours d\u2019un 368 Lavar MÉDICAL Mai 1943 examen, J\u2019avais pu constater une odeur très fétide de l\u2019haleine, je demandai au Dr Léo Côté une exploration bronchoscopique tant dans un but diagnostique que thérapeutique.Le rapport du Dr Côté se lit comme suit : «La bronche souche droite ne présente aucune lésion pathologique.Les orifices des lobes supérieurs, moyens et inférieurs sont entièrement perméables.La bronche du lobe moyen donne issue & une goutte de pus.Un lavage du lobe moyen avec solution de sulfathiazol a été pratiqué et suivi d\u2019une broncho-aspiration.» Le liquide du lavage a été envoyé au laboratoire pour examen bactériologique.Le liquide du lavage examiné au laboratoire contenait du pneumocoque mais ajoutons que les éponges ayant retiré des sécrétions des lobes moyens et inférieurs contenaient des bacilles de Koch.Le 12 juillet, 6 jours après la bronchoscopie, à la suite d\u2019une quinte de toux, il faisait une petite vomique de 50 à 75 c.c.d\u2019un pus très fétide strié de sang.Apres cet incident, la température fut toujours normale, l\u2019état général devint excellent, et une dernière radiographie, prise au mois d\u2019août, montre un nettoyage complet de l\u2019opacité du lobe moyen.Un autre tubage gastrique, fait avant son départ, n\u2019a pas ramené de bacilles de Koch.Dernièrement, j\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019examiner de nouveau le sujet et la guérison du foyer du lobe moyen est complète.Cette observation met en-évidence deux faits : 1° les caractères évolutifs anormaux de la suppuration ; 2° l\u2019imfluence de la suppuration sur la tuberculose pulmonaire.Nous savons que les abcès pulmonaires sont précédés d\u2019un état toxi- infectieux dont la durée ne dépasse pas en général 10 jours, alors qu\u2019apparaissent habituellement les expectorations caractéristiques émises Ie plus souvent sous forme de vomique.Au cours de ces abcès, nous observons des clochers thermiques, 1l y a atteinte profonde de l\u2019état général.Il est aussi reconnu que, pour les abcès à pyogènes ordinaires, la guérison est la règle dans */5 des cas, et cette guérison survient après une ou plusieurs vomiques dans les 3 mois qui suivent le début de l\u2019affection.Après cette période, si la guérison spontanée ne s\u2019est pas produite, Mai 1943 LavaL.MÉDICAL 369 on considère l\u2019abcès comme passé à la chronicité et son traitement relève de la chirurgie.Dans le cas présent, seuls les signes radiologiques et une odeur fétide intermittente correspondaient à la symptomatologie de l\u2019abcès pulmonaire.L\u2019extériorisation de cette suppuration a été très longue (43 jours au lieu de 10), ne s\u2019est pas accompagnée de l\u2019état fébrile régulier et s\u2019est tarie après l\u2019émission d\u2019une seule vomique.La tuberculose pulmonaire qui fut dépistée à l\u2019occasion de cette affection a-t-elle été influencée par cette dernière?La réponse à cette question ne peut être qu\u2019hypothétique.En effet, avant l\u2019apparition du foyer suppuratif ce malade ne présentait aucun signe de tuberculose pulmonaire active ; depuis la disparition du foyer, :l n\u2019en présente pas davantage.La température est normale, son poids se maintient, Il n\u2019a ni toux ni expectorations.La constatation de bacilles de Koch au cours de l\u2019évolution de la suppuration pulmonaire ne nous permet pas, à elle seule, de conclure à une activité bacillaire.En effet, quelques bacilles emmurés dans un tissu de fibrose ont pu être mis en liberté au cours de la destruction pulmonaire réalisée par l\u2019abcès sans qu\u2019il y ait pour cela réveil de la tuberculose \u2014 en l\u2019absence d\u2019un complexe clmique d\u2019une tuberculose évolutive, ces bacilles de Koch ont à peu près la même signification que ceux que l\u2019on trouve accidentellement dans certains ganglions au cours d\u2019une maladie de Hodgkin.Cette hypothèse nous paraît acceptable si l\u2019on tient compte du | résultat négatif des derniers examens de crachats.L\u2019abcès pulmonaire peut se comporter différemment surtout s\u2019il se greffe sur une tuberculose ulcéro-caséeuse et l\u2019on comprendra qu\u2019il puisse aggraver considérablement ces tuberculoses pulmonaires en secomportant comme facteur anergisant.Dans le cas présent, l\u2019occupation de ce malade comme inspecteur d\u2019écoles nous recommande la plus grande prudence et il nous appartient de prouver la non-contagiosité et l\u2019activité de cette tuberculose fibreuse par des examens bactériologiques répétés et une observation clinique prolongée. LA TUBERCULOSE CHEZ LA FEMME ® par Gérard TREMBLAY Médecin à l\u2019Hôtel-Dieu de Chicoutimi Le titre du sujet étend le champ d\u2019une telle façon qu\u2019il faudrait disposer de beaucoup plus de temps qu\u2019il m\u2019en est alloué pour cet exposé ; je ne vous présente donc que les notions essentielles du sujet.Nous nous limiterons aux faits capitaux sans remonter à l\u2019étiologie, à la pathogénie et, surtout, sans prendre connaissance des hypothèses nombreuses qui furent émises, ni prendre part aux discussions qui eurent lieu, parfois très acerbes, parce que la morale exerce son gouvernement d\u2019un façon précise en certains domaines du sujet, et que tous les phtisiologues et gvnécologues ne se soumettent pas au même degré à ses directives.Ces notions porteront donc sur la relation entre la tuberculose d\u2019une part et, d\u2019autre part, chacun des phénomènes principaux de la vie de la femme : la puberté, la menstruation, la grossesse, l\u2019allaitement, le mariage, la ménopause, la castration ; et, évidemment, quelques notions sur le pronostic et la thérapeutique, puisque c\u2019est l\u2019ultime but de toutes nos activités.La Revue de la Tuberculose et l\u2019American Review of Tuberculosis m\u2019ont fourni de précieux renseignements, vous avez pu y trouver la confirmation et la contradictoire de mon exposé.(1) Travail présenté à la 8e réunion de la Société de Phtisiologie de Québec, tenue à Roberval, le 20 juin 1942. ser nl ANS eid ai Mai 1943 LavaL MEbicaL 371 La puberté : Évolution ou développement vers l\u2019aptitude à la procréation.Lorsque ce développement est complété, c\u2019est la nubilité qui est l\u2019aptitude à la procréation.Manifestations de la puberté : 1° apparition de la première menstruation ; 2° accentuation des caractères sexuels primaires : ovaires, utérus, vulve, seins ; 3° apparition des caractères sexuels secondaires : modifications du squelette, baisse de la voix de deux tons, régression du tissu adipeux, poussée des poils, accentuation de la pigmentation, exagération de la sécrétion sébacée, qui fait apparaître les comédons, évolution psychique (individualisme, altruisme, affectivité, imagination, passion).A la notion de puberté, les profanes ont presque associé celle de la tuberculose ; la chlorose, l\u2019apparition tardive de la menstruation chez une jeune fille, font invoquer à sa mère la tuberculose ; l\u2019hémoptysie supplémentaire d\u2019une aménorrhée transitoire fera déclarer la tuberculose avant d\u2019avoir consulté.En fait, la menstruation apparaît au même âge chez les tuberculeuses et chez les jeunes filles normales ; l\u2019apparition de la menstruation ne favorise pas le développement de la tuberculose, ni l\u2019aggravation d\u2019une tuberculose en cours.D\u2019après Nobécourt, le pourcentage de tuberculoses à évolution bénigne serait plus élevé lorsque la tuberculose existe avant l'apparition des règles, et celui de tuberculoses à évolution sévère prédominerait lorsque la tuberculose est postérieure à la première menstruation.En résumé, il n\u2019y aurait aucune influence de la puberté féminine sur le développement ou l\u2019aggravation de la tuberculose, ni l\u2019inverse, de la tuberculose sur la puberté, si ce n\u2019est la constatation de tuberculose à évolution plus sévère lorsqu\u2019elle se développe après l'apparition des règles ; et, alors, l\u2019influence serait due à la menstruation et non à la puberté elle-même.La menstruation provoque fréquemment des troubles ; leur ténacité, leur extension en conséquences de toutes sortes, chez la femme non x tuberculeuse comme chez la tuberculeuse, nous portent à admettre 372 Lavar MÉDICAL Mai 1943 l\u2019adage : tota mulier in utero.Il est un phénomène qui doit particulièrement attirer l\u2019attention, c\u2019est la fièvre menstruelle.D\u2019après Weiller, l\u2019élévation thermique prémenstruelle constitue un phénomène physiologique très fréquent chez la femme saine et, par conséquent, ce phénomène n\u2019a pas de valeur diagnostique absolue.Chez la femme tuberculeuse cette élévation thermique aurait des caractères particuliers et des conséquences particulières.D\u2019abord elle serait plus élevée et de plus longue durée que chez la femme saine, l\u2019élévation Irait Jusqu\u2019à 99°3 à 100°, et durerait 5 à 7 jours ; en plus, elle n\u2019est pas un symptôme 1solé ; elle est accompagnée de troubles dysménorrhéiques, de troubles sympathiques analogues à ceux de la ménopause, de troubles respiratoires inconstants et variables, c\u2019est le syndrome de la poussée menstruelle des tuberculeuses.Ce syndrome serait dû à l\u2019intoxication par les décharges hormonales, qui se font dans la phase prémenstruelle.« La menstruation constitue donc une véritable intoxication à répétition », pour la tuberculeuse.La poussée menstruelle est d\u2019autant plus marquée que la tuberculose est plus active ; d\u2019où l\u2019élément de pronostic.Les injections de folliculine ont une action régressive sur la dysménorrhée et la fièvre.Grossesse : Les rapports de la tuberculose et de la grossesse ont provoqué de nombreuses controverses, et même des décisions avec conséquences graves.Jusqu\u2019à ces dernières années l\u2019opinion médicale universelle était que la grossesse exerce une influence aggra vante sur la tuberculose, durant les premiers mois et surtout pendant le post partum.On admettait une sédation du processus évolutif pendant les derniers mois de la grossesse ; sédation temporaire, sans pronostic favorable, parce que le post partum fournira l\u2019aggravation sévère et parfois fatale.Depuis longtemps cependant, on s\u2019accordait sur les différences d\u2019aggravation selon les formes cliniques, opinion qui demeure encore ; c\u2019est que ces tuberculoses fibreuses inactives, de même que les formes actives mais apyrétiques, à évolution torpide, ne sont pratiquement pas in- Mai 1943 Lava\u2026 MÉpicaL 373 fluencées par la grossesse, ni même le post partum ; pendant que les formes caséeuses, évolutives, subissent des aggravations à des degrés variables, mais toujours réels, et surtout après l\u2019accouchement.Le pronostic est d\u2019autant plus sombre que l\u2019aggravation ou le début d\u2019une nouvelle tuberculose est plus près de la date de l\u2019accouchement.Pour une tuberculose préexistant à l\u2019accouchement, l\u2019aggravation se fait subir dès les premiers jours, jusqu\u2019à une limite de 3 mois ; pour un début d\u2019une nouvelle tuberculose, après l\u2019accouchement, la période serait du 3° au 10° mois après l\u2019accouchement.Pendant longtemps la tuberculose chez la femme enceinte était envisagée uniquement au point de vue tuberculose pour le pronostic, que l\u2019on considérait comme grave, et fatal dans 50% des cas, et surtout au point de vue grossesse pour le traitement ; sans doute prescrivait-on la cure, mais l\u2019avortement dit thérapeutique, était le grand espoir.Sur ce point se sont accumulées les observations, les thèses, les études; et les controverses se sont animées et même envenimées.Les interventionnistes, partisans de l\u2019avortement, étaient représentés surtout par l\u2019école allemande, Bar, Brindeau ; les abstentionnistes, par Pinard, Couvelaire, Léon Bernard, Rist, Courcoux ; M.Sergent, que nous avons tous particulièrement connu, était partisan des deux opinions.Rist eut le mérite d\u2019envisager la question au point de vue phtisiologique plutôt qu\u2019obstétrical ; le premier il appliqua le pneumothorax a la tuberculeuse enceinte, en 1914 ; la question ne put être étudiée et observée davantage à cause de la guerre ; mais elle fut reprise en 1919.Après bien des alternatives, sans une entente absolue, le point est à peu près fait sur la question.Nous ne sommes pas au courant des modifications qu\u2019a pu subir l\u2019opinion sur ce point en France, les publications ne nous parvenant plus ; mais il n\u2019y aurait pas d\u2019étonnement à ce que certains auteurs qui, en 1936-40, réduisaient de beaucoup l\u2019influence néfaste de la grossesse sur la tuberculose, ne soient du même avis que certains observateurs américains, qui croient que la grossesse par elle-même n\u2019a pas cette influence de pronostic si grave qu\u2019elle avait autrefois.L'évolution ultime de la tuberculose reste déterminée par la forme clinique, le degré d\u2019extension, l\u2019époque du début de la tuberculose, la précocité du traitement phtisiologique, simple par la cure ou combiné au 374 Lavar MEbpicaL Mai 1943 pneumothorax, le ménagement des forces de la femme par une obstétrique plus active.) La forme clinique susceptible de subir une aggravation, est la forme caséeuse, avec signes généraux de température, transpiration nocturne, amaigrissement, tachycardie ; les formes plutôt fibreuses apvrétiques, sans signes généraux ne subissent pas ou peu d\u2019aggravation.Il est évident que le degré d\u2019extension joue un rôle : une lésion minime pouvant éviter, avec plus de chance, l\u2019influence aggravante qu\u2019une tuberculose très avancée avec extension au larynx par exemple.La date d\u2019apparition peut favoriser l\u2019aggravation : la mortalité est trois fois plus élevée pour les tuberculoses dont le début se manifeste pendant la grossesse ou peu après l\u2019accouchement (peu après signifie le mois qui suit l\u2019accouchement), que pour les tuberculoses préexistant à la grossesse ; celles qui apparaissent après l\u2019accouchement ont un pronostic d\u2019autant plus grave, que le début est à une date plus près de celle de l\u2019accouchement.L\u2019évolution de la tuberculose est surtout modifiée par la précocité du traitement phtisiologique : cure hygiéno-diététique combinée au pneumothorax s\u2019il y a lieu et si possible ; le traitement obstétrical est un ad- Juvant précieux en raccourcissant la durée du travail par l\u2019administration d\u2019huile de ricin, de quimine, l\u2019application du forceps au détroit inférieur, enfin une obstétrique adjuvante.Il s\u2019ensuit que si la grossesse n\u2019aggrave pas tous les cas de tuberculose, comme le révèlent les statistiques, elle en aggrave un certain nombre ; les statistiques ne se font qu\u2019après et pour l\u2019ensemble, tandis que le diagnostic et la thérapeutique se font avant l\u2019évolution ultime, favorable ou défavorable, et pour chaque cas en particulier ; c\u2019est pourquoi le pronostic est toujours au moins réservé, quitte pour la malade à subir le risque, et pour le médecin accoucheur ou phtisiologue à être embarrassé.Il est une catégorie de femmes tuberculeuses qui doivent éviter la grossesse : ce sont les jeunes filles qui désirent se marier ; le mariage doit être formellement déconseillé en face de toute tuberculose active.Quant aux femmes mariées, la méthode Ogino-Knauss est tout indiquée ; une prochaine grossesse ne devant être permise que par le phtisiologue. Mai 1943 Lavar MÉDicaL 375 Allaitement : Que penser de l\u2019allaitement?Par lui-même, l\u2019allartement n\u2019a aucune influence néfaste sur la tuberculose, mais, pour la protection de l\u2019enfant, l\u2019allaitement doit être proscrit et le B.C.G.prescrit.Ménopause : La ménopause, cette période d\u2019instabilité endocrinienne, est un facteur d\u2019apparition ou d\u2019aggravation de la tuberculose ; une période de sIx années qui suivent les premiers symptômes de la ménopause, est admise pour l\u2019apparition ou l\u2019aggravation de la tuberculose.Chez les femmes antérieurement tuberculeuses, l\u2019âge de la ménopause n\u2019est pas influencé par la tuberculose, mais les troubles vago-sympathiques sont plus marqués, et les hémoptysies sont plus fréquentes ; la ménopause, dans son ensemble, est d\u2019autant plus mal supportée que le début de la tuberculose est plus récent.La castration chez les femmes antérieurement tuberculeuses, comme la ménopause, aggrave la tuberculose ; tandis qu\u2019une tuberculose qui se développe chez une femme castrée, évolue d\u2019une façon d\u2019autant plus bénigne que la castration remonte à un plus grand nombre d\u2019années.Nous avons vu que l\u2019opinion médicale s\u2019est modifiée sur l\u2019mfluence néfaste de la grossesse sur la tuberculose ; la cause en est aux progrès accomplis par la thérapeutique.Les femmes enceintes ou susceptibles de le devenir, sont les plus obligées à subir l\u2019examen de dépistage de la tuberculose ; la tuberculose d\u2019une mère de famille est la plus grave des conséquences familiales et sociales : contagion de ses enfants, éducation des enfants dans les pensionnats et les orphelinats qui, soit dit en passant, ne sont pas d\u2019institution divine comme l\u2019est la famille et n\u2019en comportent pas les avantages malgré le dévouement de leur personnel, découragement du mari, et tous les malheurs que subissent et pleurent ces malheureux parents et surtout ces malheureux enfants.La législation, avec raison, protège les femelles animales ; avec combien plus de raison, notre devoir d\u2019état doit-il nous obliger à protéger cette partie essentielle de notre capital humain qu\u2019est la mère de famille.Plus que pour tous les autres tuberculeux, doit-on appliquer, le plus tôt possible, le traitement approprié qui est la cure hospitalisée et le pneumothorax si possible.Comme l\u2019a écrit Rist, «le pronostic, en 376 Lavar MÉDICAL Mai 1943 général si sévère, de la maternité chez les tuberculeuses ayant des lésions actives, a été complètement modifié par la collapsothérapie.Cette méthode ne permet pas seulement, par les guérisons solides et durables qu\u2019elle procure, de rendre aptes à la maternité des femmes qui, autrefois, n\u2019eussent pu affronter une gestation qu\u2019au péril certain de leurs jours.Elle permet, dans une proportion de plus en plus importante de cas, de sauver la vie de la mère et de l\u2019enfant.C\u2019est une méthode essentiellement conservatrice.Son efficacité de plus en plus évidente, continue Rist, diminuera encore les indications déjà bien limitées de l\u2019avortement thérapeutique.» | Après une enquête sérieuse, Castlen, aux États-Unis, est du même avis, et déclare que « les risques qui accompagnent une grossesse chez une femme tuberculeuse convenablement traitée, ne sont pas plus grands que pour une femme non tuberculeuse » ; il recommande la coopération étroite de l\u2019accoucheur et du phtisiologue, et croit que P\u2019avortement thérapeutique n\u2019est indiqué que d\u2019une façon tout à fait exceptionnelle.En passant, nous n\u2019avons donc pas à regretter que notre Foi nous ait privé de traitements que pouvaient appliquer nos confrères d\u2019autres croyances ; elle nous a plutôt protégé d\u2019une erreur thérapeutique, en chemin d\u2019être totalement répudiée par ces mêmes confrères.Permettez que je vous soumette quelques lignes de statistiques ; au Sea View Hospital, 266 femmes tuberculeuses furent traitées pendant une période de vingt ans ; voici les taux de mortalité : Non ENCEINTES ENCEINTES Cure.1121111111 LL LL LL 31.8 33 Cure et pneumothorax.17.3 26.9 _ Pour terminer, Je crois pouvoir dire en résumé que le pronostic de la tuberculose chez la femme encemte s\u2019est beaucoup amélioré, au point d\u2019être le même ou à peu près, que celui de la femme tuberculeuse non enceinte, à condition que le traitement soit phtisiologique avant tout, cure hygiéno-diététique et pneumothorax unilatéral et même bilatéral, sauf contre-indication évidente ou impossibilité. CONTAMINATION MASSIVE DES ÉLÈVES D\u2019UNE ÉCOLE RURALE, RÉVÉLÉE PAR L\u2019ÉPREUVE A LA TUBERCULINE \u201c) par LaSalle LABERGE Directeur de la division de la tuberculose au ministère de la Santé et du Bien-Ëtre social, à Québec.Si l\u2019examen pulmonaire obligatoire, préconisé par le Comité provincial de défense contre la tuberculose, était appelé à rendre un immense service au personnel enseignant de la province en le protégeant lui-même et en assurant le contrôle de la tuberculose dans ce milieu, n\u2019oublions pas, cependant, que le but principal de cet examen était d\u2019assurer la protection de l\u2019enfance scolaire.Des faits assez nombreux prouvent que les élèves d\u2019une classe peuvent être contaminés par leur professeur souffrant de tuberculose ouverte.Le cas suivant servira à démontrer une fois de plus jusqu\u2019à quel point l\u2019instituteur tuberculeux peut disséminer ses bacilles parmi les élèves de sa classe.Au cours de l\u2019été 1939, une institutrice de la campagne, récemment diplômée, se présente à ma clinique ambulante de tuberculose pour obtenir un certificat de santé, réclamé par la commission scolaire de sa paroisse.L'examen stéthacoustique et radiologique de ses poumons ne révèle rien d\u2019anormal dans ses plages pulmonaires, excepté un petit noyau (1) Travail présenté à la 8e réunion de la Société de Phtisiologie de Québec, tenue à Roberval, le 20 juin 1942, (4) 378 Lavar MÉDicaL Mai 1943 de calcification para-hilaire.Le clinicien constate cependant la présence d\u2019une maladie cardiaque se manifestant par un double souffle au foyer mitral, et à cause de cette maladie et de son étal général médiocre, il conseille fortement à la Jeune fille de ne pas se'livrer à l\u2019enseignement.Une année environ après ce premier examen, cette même jeune fille est ramenée à la clinique par l\u2019infirmière de l\u2019unité sanitaire du comté, et cette fois, dans une condition déplorable.Elle a maigri de 22 livres, sa dyspnée est intense et sa température élevée.A l\u2019examen clinique, le même clinicien découvre une lésion tuberculeuse généralisée aux deux poumons, et une radiographie prise le même Jour confirme ce diagnostic.Classée comme tuberculeuse très avancée, cette Jeune malade succombait environ quatre mois plus tard.Que s\u2019était-1l donc passé pendant cette courte période d\u2019une année qui séparait les deux examens?Tout simplement ceci.Malgré les conseils du clinicien, cette jeune fille, armée de son diplôme, mais peu armée physiquement pour la lutte pour la vie, s\u2019était livrée à l\u2019enseignement, et dès les premiers mois, ressentait déjà certains malaises dus aux fatigues occasionnées par sa nouvelle profession.Au début de février 1940, un amaigrissement marqué et une toux déprimante la contraignent à consulter son médecin de famille.Celui-ci attribue la toux de sa patiente à sa lésion cardiaque et ne pousse pas plus loin son examen.Elle s\u2019obstine à enseigner et, pour comble de malheur, comme elle prépare elle-même ses repas à l\u2019école et qu\u2019elle se sent trop fatiguée, elle mange sur le pouce, se contentant souvent d\u2019un morceau de pain et d\u2019un breuvage.Sous l\u2019effet de ces trois causes adjuvantes, la maladie cardiaque qui mine sa santé, une alimentation insuffisante qui diminue sa résistance et, enfin, les fatigues de l\u2019enseignement qui sont considérables, 1l n\u2019est pas surprenant si le réveil d\u2019une primo-infection antérieure se manifeste presque fatalement et si la tuberculose envahit rapidement les deux poumons.À tel point qu\u2019au début de juillet 1940, la radiographie révélait une lésion tuberculeuse généralisée et que la malade succombait à la maladie au début du mois de novembre.S\u2019il est malheureux de voir une jeune fille fauchée ainsi au printemps de la vie par la maladie, 1l ne faut pas oublier cependant la contamina- Mai 1943 LavaL MEbicaL 379 tion qu\u2019elle a pu semer dans son entourage, quand cette maladie est la tuberculose.Aussi, avons-nous pensé qu\u2019il était de notre devoir de faire une enquête épidémiologique au moyen de l\u2019épreuve à la tuberculme à son foyer et à l\u2019école où elle enseignait.Au foyer, de ses sept frères et sœurs, six ont réag1 positivement à la tuberculine.A l\u2019école, que nous désignerons par À, nous avons soumis tous les élèves à l\u2019épreuve à la tuberculine et, pour avoir un point de comparaison, les élèves de l\u2019école voisme, B, située à environ 3 milles de la première, ont subi la même épreuve.Nous avons donc deux écoles, À et B, situées dans le mème district, avec une population rurale vivant à peu près dans les mêmes conditions sociales et dans laquelle aucune famille tuberculeuse n\u2019est connue de nos infirmières qui les visitent fréquemment.A l\u2019école B, sur un total de 18 élèves, de 7 à 13 ans, 10 garçons et 8 filles, un seul a réagi positivement à la tuberculine, soit un pourcentage d\u2019environ 5.55%.A l\u2019école À, des 23 élèves de 7 à 13 ans, 13 garçons et 10 filles, 16 ont eu une réaction positive, soit un pourcentage de 69,5%.Au cours des six derniers mois pendant lesquels l\u2019institutrice de cette école a enseigné alors qu\u2019elle souffrait de tuberculose ouverte, 16 de ses élèves ont reçu assez de bacilles pour réagir positivement à la tuberculine.Ceci ne veut point dire qu\u2019ils sont tuberculeux, mais qu\u2019ils ont emmagasiné dans leur organisme des germes de maladie.Ces élèves, tout comme les enfants au foyer de l\u2019institutrice défunte, devront être surveillés de près par la clinique ambulante, surtout à partir de la puberté, parce que du fait de cette contamination, une maladie déprimante au cours de leur croissance ou encore des misères morales et physiques pourraient déclencher chez eux la même poussée de tuberculose qui a fait succomber leur institutrice.Alors que, dans leur milieu rural apparemment sain, ils avaient des chances d\u2019échapper à la contamination, du moins jusqu\u2019à l\u2019âge adulte, la malchance a voulu qu\u2019ils fassent leur primo-infection dès leurs premières années scolaires par suite d\u2019un contact prolongé avec leur institutrice tuberculeuse.En 1928, le Dr Couillard a reçu, au Lac Édouard, '/3 des élèves d\u2019une classe de rhétorique de 40, tous contaminés par leur professeur. TUBERCULOSE BOVINE \u201c1 par J.-M.VEILLEUX Directeur de la division de médecine vétérinaire au mimistère provincial de I\u2019 Agriculture, Québec.DÉFINITION Maladie générale, contagieuse, inoculable, commune à toutes les espèces animales et qui est due à la présence, dans l\u2019organisme, d\u2019un microbe spécifique, le bacille de Koch (1).HISTORIQUE Elle est connue depuis fort longtemps puisqu\u2019elle a d\u2019abord été confondue dans l\u2019espèce bovine avec des lésions anciennes de péri- pneumonie et d\u2019échinococcose.Au début de l\u2019étude de cette maladie on lui donnait, en médecine vétérinaire, différents noms suivant les formes que prenait la tuberculose : phtisie pour tuberculose pulmonaire, adénite pour les lésions ganglionnaires et pommelière lors de localisations pleurales et péritonéales.Vers 1866, Villemin réussit à démontrer l\u2019inocula- bilité de la tuberculose de l\u2019homme aux animaux.Il prouva que la matière tuberculeuse d\u2019une vache contaminée par inoculation était de même nature que celle d\u2019un homme ayant fourni la matière virulente ; (1) Travail présenté à la 8 réunion de Ia Société de Phtisiologie de Quebec, tenue à Roberval, Ie 20 juin 1942. Mai 1943 Lavar MÉDpicaL 381 cette expérience prouve en même temps l\u2019inoculabilité et l\u2019identité de la tuberculose humaine et de la tuberculose bovine.Le mérite de la découverte du bacille revient à Koch.Latuberculose paraît, cependant, avoir été désignée sous d\u2019autres noms bien avant sa découverte scientifique.C\u2019est apparemment pour protéger les Hébreux contre cette maladie que la loi mosaïque a décrété l\u2019abattage des animaux par les ministres du culte et a chargé ces derniers de l\u2019inspection des viandes destinées à l\u2019alimentation des personnes pratiquant la religion judaïque.A en juger par l\u2019inspection faite par les Rabins, c\u2019est surtout contre les localisations pleurales de la tuberculose, végétations papilloïdes et adhérences, qu\u2019on était en garde.Au Ix\u201c siècle, les Francs, par une loi ecclésiastique, défendaient l\u2019usage des viandes de bœuf et de porc affectés de certaines lésions des membranes séreuses, Cette loi fut mise en application dans plusieurs districts de l\u2019Allemagne de 1370 à 1582.En 1783, le Bureau de santé de Berlin émit un décret défendant la consommation des viandes provenant d\u2019animaux souffrant de Perlsucht, maladie des séreuses.Tout indique qu\u2019il s\u2019agit de la Pearl disease des Anglais et de la pommelière des Français (2).ÉTIOLOGIE L\u2019effet de l\u2019agent spécifique de la maladie peut être favorisé par un ensemble de conditions ou de circonstances qu\u2019il est inutile d\u2019énumérer à des membres de la profession médicale.La contagion s\u2019effectue par cohabitation et le microbe pénètre dans l\u2019organisme le plus souvent par les voies respiratoires et digestives.Les produits souillés au contact des foyers sont virulents à divers degrés : suppurations tuberculeuses, jetage, mucus pharyngien, salive lors de tuberculose pulmonaire, urine lors de tuberculose des voies urmaires, excrément lors des localisations intestinales, lait dans les cas de tuberculose de la mamelle.Ils sont véhiculés de toutes façons et peuvent pénétrer dans les voies respiratoires et digestives.Excepté dans de très rares cas, la contagion est lente.Le bœuf se contamine par l\u2019intermédiaire des aliments, des boissons, des auges, des abreuvoirs, des litières et autres, souillés par des matières virulentes provenant de bêtes souffrant de tuberculose ouverte : cavernes pulmonaires, ulcérations 382 Lavar.MÉDICAL Mai 1943 bronchiques, entérite et métrite tuberculeuses et autres.L\u2019atmosphère de l\u2019étable infectée contient des poussières virulentes et l\u2019infection par voies respiratoires se fait facilement.Les malades porteurs de lésions fermées ne sont pas dangereux mais ils sont l\u2019exception.Les mauvaises conditions hygiéniques des étables, la grande promiscuité, l\u2019introduction fréquente d\u2019animaux étrangers augmentent les chances d\u2019infection.La contagion n\u2019est pas à craindre dans les pâturages excepté lorsque le troupeau contient des bêtes présentant des lésions ouvertes.Chez les veaux, l\u2019infection se fait par le lait tuberculeux pris directement à la mamelle ou au seau.Le veau naît exceptionnellement porteur de lésions tuberculeuses.À en juger par la fréquence des lésions aux ganglions de la gorge et du poumon, 1l y a lieu de croire que le bacille pénètre le plus souvent par l\u2019inhalation.Nous devons aussi admettre que la recrudescence de la tuberculose a marché de pair avec la sélection de nos troupeaux de bovins.Nous pouvons dire que, dans la pratique courante, la tuberculose bovine est encore exceptionnelle dans les troupeaux aucunement améliorés.Ce sont surtout les éleveurs progressistes qui ont contaminé leurs troupeaux avec des sujets importés d\u2019Europe avant l\u2019adoption de la loi sanitaire des animaux.Au début de la mise en application de cette loi, soit vers 1917, environ 60% des bovins importés d\u2019Écosse et tuberculinisés aux ports d\u2019entrée, étaient trouvés réacteurs.D\u2019une manière générale, les animaux jeunes et de race précoce sont plus sensibles au bacille tuberculeux.Un grand nombre de causes occasionnelles augmente la sensibilité de la tuberculose : précocité, grande production laitière, lactation prolongée, changement de régime, d\u2019habitat, aptitudes à l\u2019engraissement et autres.Il est bien établi que les bovins peuvent s\u2019infecter en ingérant des produits tuberculeux humains.Nocard a indiqué qu\u2019une moyenne de 5 à 6 mois de séjour en étable contammée suffisait pour que des bêtes bovines puissent contracter la tuberculose et J'ai observé des cas analogues dans l\u2019exercice de ma profession.Je me rappelle un troupeau d\u2019environ 25 têtes de bovins, reconnu par l\u2019épreuve à la tuberculine comme étant exempt de la maladie ; quelques mois après l\u2019épreuve, le propriétaire fit l\u2019acquisition de 2 bêtes sur le marché de Québec.L'une Mai 1943 Lavar MÉDicaL 383 d\u2019elles mourut environ 3 mois après son introduction dans le troupeau.L\u2019autre fut revendue et soupçonnée malade, elle fut sacrifiée pour la boucherie.A l\u2019inspection que J\u2019ai faite moi-même, J\u2019ai trouvé de la tuberculose généralisée.Les 2 troupeaux dans lesquels avaient vécu ces bêtes ont été de nouveau soumis à l\u2019épreuve à la tuberculine et au moins P 75% des animaux ont réagi positivement.La stabulation dans des locaux mal aérés est une condition excellente pour l\u2019évolution et la propagation de la tuberculose.La vie libre en plein air au pâturage diminue les possibilités de contamination, les produits virulents se trouvant dissémimnés de tous côtés et détruits sous l\u2019influence multiple des conditions atmosphériques.Les causes précitées sont augmentées ou diminuées par la prédisposition du sujet, les maladies antérieures, la réceptivité individuelle, l\u2019âge, l\u2019hypocalcimie résultant d\u2019une grosse production laitière, d\u2019une alimentation déficiente en vitamines ou en matières minérales.EPIDEMIOLOGIE La tuberculose bovine est connue sur tout les points du globe et semble répartie en foyers, sortes de centres de contagion d\u2019où elle diffuse dans les régions indemnes.Notre cheptel a évidemment été contaminé par ies importations qui nous sont venues d\u2019Écosse, des îles Jersey et Guernsey.Les importateurs, après avoir amélioré leurs troupeaux au point de vue de race, production laitière et aptitudes à l\u2019engraissement, ont distribué des sujets dans tous les points du pays.Dans le Québec, ce sont surtout les cantons de l\u2019Est qui ont été contammés.Il est bon d\u2019ajouter que c\u2019est la région de la province où le cheptel a été le plus amélioré au point de vue de race.Lors de l\u2019épreuve mitiale, sous le système de zones réservées, dans certaines régions, on a dépisté de la tuberculose sur 29% des bovins et, encore, faut-il dire que le travail d\u2019assainissement était déjà en marche depuis longtemps sous le système d\u2019accréditation et, aussi, par des épreuves faites sans contrôle officiel par les vétérinaires praticiens.Nous sommes d\u2019opinion qu\u2019il n\u2019est pas exagéré de dire que, dans les comtés à forte production laitière, il y a eu un temps où 50% des bovins étaient contaminés.II est également bon de 384 Lava\u2026 MÉDicaL Mai 1943 noter que le pourcentage obtenu est basé sur l\u2019ensemble des bovins et que la tuberculose est beaucoup plus fréquente chez les vaches laitières, surtout chez celles à gros rendement.SYMPTOMATOLOGIE Malgré la grande susceptibilité des bovins à l\u2019infection tuberculeuse, ils résistent d\u2019une manière surprenante aux diverses lésions ou localisations de la maladie.Tous les tissus peuvent être envahis depuis les os Jusqu\u2019aux viscères les plus fragiles et pour cette raison il est impossible de décrire la tuberculose sous toutes ses formes.Je me bornerai donc à exposer, d\u2019une manière très résumée, les symptômes observés dans les principales localisations.Tuberculose des voies respiratoires : C\u2019est la forme la plus fréquente.Elle affecte la muqueuse ou le poumon.Ses symptômes se confondent avec ceux de la bronchite simple avec cette différence que son évolution est beaucoup plus lente et que les symptômes vont continuellement en augmentant.Au début, on observe une toux sèche qui devient plus grasse lorsque les sécrétions sont augmentées.Cette toux est bientôt suivie d\u2019expectorations de mucosités jaune-grisâtre glaireuses.Chez les animaux, les crachats sont le plus souvent déglutis et ceci explique la fréquence des adénites tuberculeuses aux ganglions mésentériques et sous-hépatiques.Si le larynx est affecté, la respiration est ronflante, la tête est étendue sur l\u2019encolure et la gorge est parfois sensible.Les lésions du larynx coexistent souvent avec les lésions pulmonaires.Tuberculose pulmonaire : Elle évolue avec une lenteur extraordinaire et peut rester longtemps Inconnue.Les premiers symptômes consistent en une toux sèche qui n\u2019a rien de caractéristique.Plus tard, si les lésions prennent des proportions considérables, les malades maigrissent, perdent l\u2019appétit, leur respiration devient courte, plutôt abdominale.II se produit des poussées thermiques mais le plus souvent, elles passent inaperçues. Mai 1985 Lavar MÉDICAL 385 Dans de nombreux cas, les signes généraux font défaut.Les animaux gardent leur embonpoint et peuvent même engraisser.D\u2019autres, au contraire, placés dans les mêmes conditions présentent une évolution rapide qui les amène à un état de phtisie complète dans l\u2019expace de 4 à 6 mois.La gestation, la lactation prolongée précipitent l\u2019évolution.A une période plus avancée, amaigrissement augmente, la toux est plus fréquente et les symptômes se confondent avec ceux de l\u2019anémie et de la cachexie.Alors, le malade offre un aspect particulier : maigreur, peau sèche, raide, adhérente aux tissus sous-jacents.Il est également facile de provoquer de la douleur en pressant les espaces intercostaux.La fièvre est continue ou rémittente avec des exacerbations de 1 à 3 degrés et plus, qui se produisent surtout le soir.La respiration est accélérée, courte et soubresautante et la toux est fréquente, rauque, quinteuse, sifflante et accompagnée d\u2019expectorations.La percussion donne peu ou pas d\u2019indications.L\u2019oscultation décèle une respiration rude, râpeuse et sifflante ; le murmure vésiculaire est diminué ou disparu dans les zones envahies, et exagéré dans les parties restées saines.II n\u2019est pas rare de percevoir un souffle caverneux.Lorsque les ganglions médiastinaux sont le siège de lésions volummeuses, on observe un pouls veineux à la jugulaire et des œdèmes déclives.Tuberculose pleurale : La séreuse pleurale peut être affectée isolément ou en même temps que le poumon.Lorsque celui-ci est resté indemne, il est difficile ou impossible de déceler les localisations pleurales.Les symptômes locaux sont très vagues ; la percussion ne donne aucun résultat et, souvent, 1l y a peu ou pas de renseignements à obtenir de l\u2019oscultation.La plévre peut être couverte à sa grandeur de végétations verruqueuses de la grosseur d\u2019une noisette et même d\u2019un Jaune d\u2019œuf sans qu\u2019il soit possible de tirer de conclusions par la méthode ordinaire de l\u2019exploration de la poitrine.II ne se produit jamais d\u2019épanchement pleural.Le péricarde peut étre atteint en méme temps que les plévres et, dans ce cas, la stase dans les jugulaires peut attirer l\u2019attention du clinicien.Tuberculoses des voies digestives : Elle est plus rare que la forme précédente et peut intéresser isolément ou simultanément le pharynx et les viscères abdominaux ; les 386 Lavar.MÉDICAL Mai 1943 localisations à la gorge siègent presque toujours aux ganglions rétro- pharyngiens et sous-parotidiens.Lorsque ceux-ci sont volumineux, on peut observer de la dysphagie mais ce symptôme est commun à une foule d\u2019affections chez les bovins.En résumé, les symptômes observés dans les localisations du pharynx se confondent avec la pharyngite des abcès de la gorge et l\u2019actinocycose À la phase ultime de la maladie, l\u2019alimentation du malade est impossible.Localisations intestinales : Lors de lésions étendues, on observe de la météorisation chronique, du péritonitisme, des alternatives de constipation et de diarrhée et, le plus souvent, une diarrhée incoercible qui épuise le malade.La tuberculose intestinale est presque toujours accompagnée de localisations péritonéales qui prennent le même caractère que celles que nous avons décrites pour la plévre.Les fonctions normales du rumen sont entravées.Lors de tuberculose étendue aux viscères digestifs, les ganglions du bassin et de la région sous-lombaire sont généralement envahis et il n\u2019est 8 pas rare d\u2019observer en même temps des localisations ovariennes ; celles-ci se manifestent extérieurement par de la nymphomanie.Les localisations nerveuses évoluent toujours rapidement et sont communes au point de vue symptomatologie avec les méningites ou les méningo-encéphalites ordinaires.D'ailleurs, cette forme de tuberculose ne peut s\u2019observer que dans la septicémie tuberculeuse.Les localisations osseuses, articulaires ou cutanées sont absolument sans importance au pays vu que la maladie est pratiquement disparue de nos troupeaux.Tuberculose ganglionnaire : Elle est toujours secondaire aux diverses localisations tuberculeuses ; on ne trouve Jamais de tuberculose du poumon, des plèvres, des voies intestinales, urinaires et autres sans que les ganglions du voisinage soient envahis.Dans la plupart des cas, les lésions ganglronnaires sont prédominantes et les lésions viscérales peu étendues, même parfois invisibles à l\u2019œil nu.Les ganglions les plus affectés sont les préparotidiens, les rétro-pharyngiens, les sous-glossiens, les médiastimaux, la chaîne des mésentériques et les ganglions hépatiques. Mai 1943 Lavar.MÉDicaL 387 Tuberculose de la mamelle : D\u2019après Joest, Vallée et Panisset (1920) la tuberculose de la mamelle se rencontrerait dans la proportion de 50% des vaches tuberculeuses.Elle passe souvent inaperçue car 1l est reconnu que les mamelles peuvent être tuberculeuses sans lésions macroscopiques.C\u2019est presque toujours le quartier postérieur du pis qui est affecté et on doit soupçonner une lésion du pis chaque fois que le ganglion rétro-mammaire est engorgé, volumineux et dur.Il est reconnu qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire (3) que les lésions soient établies au pis pour que le lait contienne du bacille tuberculeux.Vers la phase ultime de la maladie, la sécrétion lactée se tarit, la mamelle reste hypertrophiée, dure et fibreuse.PRINCIPALES LOCALISATIONS La fréquence relative des localisations sur un total de 43,000 bovins examinés aux abattoirs est la suivante (4) : Poumon.75% Intestin.3% Plèvre viscérale.55% Ceceur.0.9% Plèvre pariétale.7% Rem.0.7% Péritome.489, Os.0.49, Foie.28% Larynx.0.13% Rate.199% Centresnerveux.3.59%, Trachée.3% Langue.0.01% ANATOMIE PATHOLOGIQUE Chez les bovins, les tubercules se présentent le plus fréquemment dans les organes thoraciques, particulièrement dans les poumons et les ganglions bronchiques et médiastmaux.Dans les cas peu avancés, on les trouve dans le parenchyme pulmonaire, en bordure d\u2019un des Iobes principaux, ou soit disséminés à travers les poumons sous forme de nodules caséeux grisâtres isolés ou groupés en processus filiformes ou lamellaires (Nieberle) d\u2019autres nodules groupés sont uniformément durs, de couleur gris ou gris-jaunitre, secs en coupe, non granuleux, mais partiellement ou complètement caséeux et séparés les uns des autres par du tissu scléreux (foyers lobulaires, pneumonie caséeuse).Les lobules ainsi affectés forment des nodosités, de la grosseur d\u2019un poing, nettement 388 Lavar MEgEbpicaL Mai 1943 isolées des tissus voisins.Par la suite, ces nodosités se caséifient et, souvent, se calciflent ou se transforment en foyers purulents entourés d\u2019une mince capsule conjonctive.Dans les cas avancés, il se forme en plus, des cavités contenant des masses caséo-purulentes, limitées par une coque épaisse, résistante, lisse ou granuleuse.Quelques cavités sont traversées par des vaisseaux, et des bronchioles oblitérés.Dans le voisinage des foyers caséeux on peut trouver des nodules de la grosseur d\u2019une tête d\u2019épingle à celle d\u2019un grain de chanvre.Parfois ces petits nodules sont disséminés dans tout le tissu pulmonaire.La plèvre viscérale est plus ou moins épaissie et, très souvent, adhère à la plèvre costale dans les parties qui recouvrent les lésions pulmonaires.II se présente parfois des proliférations villeuses et nodulaires, qui caractérisent la maladie perlée.Dans la tuberculose pulmonaire, les ganglions thoraciques subissent également une transformation qui est variable suivant le groupe atteint.Dans la primo-infection du poumon et dans la généralisation du processus chez les Jeunes, ces ganglions sont toujours fortement hypertrophiés mais, dans la tuberculose chronique de l\u2019adulte, ils peuvent souvent avoir un aspect normal.D'autre part, particulièrement chez les jeunes, le processus tuberculeux peut se limiter aux seuls ganglions lymphatiques.Au stade initial, 1ls sont uniformément hypertrophiés et tachetés de rouge.Un peu plus tard, en coupe, ils sont de couleur gris-rougeâtre, parsemés de petits Ilôts troublés contenant soit des tubercules, soit des masses caséeuses diffuses.Dans les cas avancés, les ganglions lymphatiques sont transformés en de grosses masses de tissus scléreux grisâtres et contenant une substance sèche, caséeuse ou pâteuse.L\u2019extension du processus tuberculeux aux autres organes respiratoires revêt les divers aspects que prennent les lésions circonserites et diffuses : nodules de grosseurs différentes s\u2019échelonnant des tubercules miliaires que l\u2019on trouve sur la muqueuse respiratoire aux tumeurs en- capsulées qui se forment à l\u2019extérieur du larynx ; ulcérations diffuses ou petits ulcères de forme irrégulière, à bordure surélevée, a fond jaune- rougeâtre et à couronne nodulaire, simples ou accompagnés de végétations polypoides ; sécrétions muco-purulentes et cavités bronchiectas1- ques à contenu visqueux et verdâtre. Mai 1943 Lavar MÉDicar 389 Les membranes séreuses sont très souvent recouvertes de proliférations villeuses gris-jaunâtre, molles mais adhérentes, parsemées de nodules jaunâtres et parfois de formations globuleuses, fermes et dures (nodules perlés) contenant une substance caséeuse ou plâtreuse.Ces nodules pédiculés prennent en groupe l\u2019aspect de chou-fleur.Ces productions de tailles et de formes diverses peuvent couvrir des surfaces importantes de la séreuse.Dans d\u2019autres cas, spécialement chez des Jeunes animaux, les séreuses sont uniformément épaissies et recouvertes de substances caséeuses ou fibrineuses coagulées.Le péricarde sclérosé peut être adhérent au muscle cardiaque ; lorsque le myocarde lui-même est atteint on peut y trouver un ou plusieurs foyers caséeux.Les lésions de l\u2019endocarde et des valvules sont rares \u201c (Bergeron).Dans les rares cas de primo-infection à localisation digestive, on trouve les lésions dans l\u2019iléon ou le côlon, particulièrement au niveau des plaques de Peyers.Il se développe un nodule caséeux à sommet ulcéré avec hypertrophie des ganglions régionaux.Plus fréquemment, l\u2019infection tuberculeuse d\u2019origine alimentaire n\u2019atteint que les ganglions mésentériques et hépatiques.Les ganglions pharyngiens peuvent aussi être atteints.Selon Nieberle, la mammite tuberculeuse peut présenter la forme miliaire, la forme caséeuse avec nécrose de la plus grande partie de la glande, mais, le plus souvent, elle se traduit par l\u2019infiltration lobulaire qui se développe à la suite d\u2019une réinfection d\u2019un organisme sensibilisé.L\u2019adénopathie caséeuse des ganglions régionaux complète le tableau.La tuberculose miliaire est ou localisée au poumon ou étendue à tout l\u2019organisme selon le processus métastatique qui entre en jeu.La présence dans l\u2019organisme de tubercules de même âge, les signes de congestion et l\u2019inflammation permettent leur distinction d\u2019avec la tuberculose chronique.Les ganglions des organes atteints sont toujours hypertrophiés, mais la rate demeure normale (Nieberle).Les lésions ganglionnaires ne sont aucunement caractéristiques au début.A l\u2019examen macroscopique, on peut confondre la tuberculose avec la plupart des maladies infectieuses.Les ganglions sont engorgés, infiltrés ; sur la coupe, on peut parfois voir de petits foyers caséeux ou calcaires tandis qu\u2019une néoformation fibreuse comprime la glande.Les 390 LAavaL.MÉDICAL Mai 1943 ganglions superficiels subissent plus facilement la dégénérescence caséo- calcaire et la suppuration.Lors de\u2019 localisations secondaires, les ganglions sont farcis de tubercules miliaires qui évoluent peu à peu en amas caséeux.A une période plus avancée, le ganglion est transformé en une poche fibreuse remplie d\u2019une matiére jaune semi-liquide, grumuleuse dont la consistance se rapproche du mortier de chaux (5).EVOLUTION DE LA MALADIE Elle débute d\u2019une maniére insidieuse et évolue généralement sous forme chronique.Certains sujets sont porteurs de lésions tuberculeuses pendant des années sans que la maladie puisse être soupçonnée par des symptômes objectifs, même les lésions les plus étendues sont compatibles avec le bon état général.A l\u2019abattage, il n\u2019est pas rare de trouver de la tuberculose généralisée chez des animaux en parfait état d\u2019embonpoint.Lorsque les lésions entravent les fonctions d\u2019organes importants, la maladie prend parfois une marche aiguë mais se termine brusquement par une véritable septicémie tuberculeuse.Des exacerbations se traduisent par l\u2019élévation de la température et des symptômes généraux.DIAGNOSTIC Depuis que l\u2019emploi de la tuberculine a été vulgarisé le diagnostic clinique n\u2019a plus d'importance.D'ailleurs, nous ne connaissons aucun symptôme pathognomonique.TUBERCULINE Originalement, la tuberculine était un extrait glycérinisé, chauffé, filtré et condensé au \u2018/10e d\u2019une vieille culture de bacille tuberculeux (O.T.) Afin d\u2019éliminer les réactions non spécifiques dues aux protéines du milieu de culture, la tuberculine pour usage vétérinaire au Canada est fabriquée à l\u2019Animal Diseases Research Institute, de Hull, sur milieu synthétique de Sauton, modifié par D.C.Reid.Ce milieu est caractérisé par la présence d\u2019asparagine. Mai 1943 Lava\u2026.MÉDICAL 391 La tuberculine pour épreuve sous-cutanée est de la tuberculme O.T.diluée au '/10\u20ac en eau phéniquée à 0.55%.On l\u2019administre à la dose de 2 à 3 c.c.La tuberculine pour épreuve intra-dermique est de la tuberculine O.T.diluée au 4 en eau phéniquée à 0.55%.La dose est de '/10° de c.c.TUBERCULINISATION La tuberculinisation peut être faite par 3 procédés différents - l\u2019épreuve intra-dermique, l\u2019épreuve sous-cutanée et l\u2019épreuve ophtalmique.Procédé intra-dermique : C\u2019est le procédé le plus usuel, le plus avantageux au point de vue économique et de beaucoup le plus pratique.On injecte de % à 2 gouttes de tuberculine concentrée entre l\u2019épiderme et le derme à un endroit où la peau est souple et bien détachée des tissus sous-jacents.La région qui se prête le mieux à l\u2019opération et à l\u2019observation des résultats est le pli caudal.La région est désinfectée puis la peau est dégraissée avec un tampon imbibé d\u2019éther.On utilise une aiguille de très petit calibre et une seringue munie d\u2019un curseur à l\u2019aide duquel nous pouvons graduer la dose avec précision.L'observation est faite 96 heures après l\u2019injection.Une réaction inflammatoire du volume d\u2019un pois ou plus, est considérée comme positive.Il peut se produire une réaction circonstrite, plus ou moins volumineuse, offrantle caractère d\u2019un véritable phlegmon pouvant atteindre le volumé d\u2019un Jaune d\u2019œuf et même d\u2019un œuf de poule.Parfois, on observe une inflammation plutôt œdémateuse, peu douloureuse s\u2019étendant jusqu\u2019à la base de l\u2019appendice caudal.Epreuve sous-cutanée : Il est reconnu que l\u2019injection sous-cutanée de l\u2019extrait de culture du bacille spécifique détermine une réaction fébrile chez les animaux souffrant d\u2019infection tuberculeuse et que cette réaction fait défaut chez les animaux sains.La réaction caractéristique se traduit par une élévation de température qui apparaît entre la 6° et la 12° heure après l\u2019injection pour 392 LavAaL MEÉDicaAL Mai 1943 atteindre son maximum d\u2019intensité entre la 12° et la 21° heure pour retomber normale entre la 24° et la 40° heure.Technique opératoire : Il est absolument nécessaire de procéder alors que les bêtes ne font pas d\u2019élévation anormale de température.On prend 4 températures pas moins de 3 heures d\u2019intervalle avant l\u2019injection.Pour les bétes adultes, on inocule de 2 à 3 c.c.de tuberculine diluée (tuberculine brute dans 9 parties de solution de Phénol à 5 pour 1,000).L\u2019injection est faite dans le tissu conjonctif sous-cutané, après les précautions d\u2019asepsie ordinaires.Les températures sont relevées le lendemain toutes les 2 heures à partir de la 6° ou de la 7° heure jusqu\u2019à la 11° ou la 12° heure après l\u2019injection.Une élevation moyenne de température de 2 degrés et plus, est considérée comme positive.Épreuve ophtalmique : l\u2019.nstillation de tuberculine sur la muqueuse oculaire des bovins tuberculeux provoque une réaction inflammatoire plus ou moins prononcée.La muqueuse est d\u2019abord sensibilisée par l\u2019instillation de quelques gouttes de tuberculine brute dans le sinus conjonctival.Environ 20 heures plus tard, on procède à une nouvelle instillation.Quatre observations sont faites à toutes les 2 heures à compter de la 2° heure après la dernière instillation.Un écoulement muco-purulent à l\u2019angle entéro-interne de l\u2019œil est considéré comme une réaction positive.Chez certains sujets il arrive que l\u2019une ou l\u2019autre de ces 3 épreuves ne donne pas de résultats et, si on a des raisons de croire qu\u2019un sujet tuberculeux dans un troupeau n\u2019a pas été dépisté, on pratique simultanément, chez le même animal, ces 3 modes de tuberculinisation.Il arrive souvent que par la combinaison de ces systèmes, on dépiste un cas qui avait entretenu l\u2019infection dans un troupeau pendant assez longtemps.Les bêtes les plus contaminées sont généralement celles qui ont le plus de tendance à ne pas réagir.Heureusement que dans les cas très avancés, la balance du troupeau est généralement contaminée et les sujets les plus malades montrent presque toujours des symptômes cliniques pouvant servir de base à un diagnostic même sans réaction à la tuberculine. Mai 1943 Lavar MÉDICAL 393 L\u2019emploi de la tuberculine pour le dépistage de la tuberculose bovine date de 1892.Elle a d\u2019abord été utilisée par Bang, au Danemark.L\u2019exemple a bientôt été suivi par les vétérinaires français et a passé aux États-Unis vers 1907.A cette époque, on prétendait que 97% des sujets réacteurs étaient porteurs de lésions macroscopiques.Comme 1l se faisait beaucoup d\u2019importations de bovins d\u2019Europe à ce temps et que la plupart de ces sujets étaient trouvés tuberculeux par l\u2019épreuve privée, le Bureau de l\u2019Industrie animale a réglementé l\u2019importation et rendu la tuberculinisation obligatoire.Pour fins de relations commerciales, le ministère fédéral de l\u2019Agriculture a dû adopter les mêmes règlements mais ce n\u2019est qu\u2019en 1916 que l\u2019efficacité de la surveillance des troupeaux au point de vue tuberculose a été reconnue.On a d\u2019abord offert la tuberculinisation aux propriétaires de troupeaux pur-sang.Ces troupeaux étaient éprouvés aux frais de l\u2019État et, après avoir subi sans réaction 3 épreuves annuelles, le troupeau était dit accrédité.Ce travail a surtout eu pour résultat d\u2019attirer l\u2019attention des autorités et des cultivateurs et a servi de base au système de zones réservées lequel système date de 1924.Pour qu\u2019un territoire soit érigé en zone il faut qu\u2019une pétition soit signée par au moins les deux tiers des propriétaires de bovins demeurant dans le dit territoire.La pétition est adressée au ministère provincial de l\u2019Agriculture puis transmise à l\u2019autorité fédérale qui décrète le territoire zone réservée.Une fois l\u2019ordre en conseil publié dans la Gazette Officielle, le territoire érigé en zone est considéré comme district de quarantaine au sens des lois et règlements régissant la tuberculose bovine.Les cultivateurs bien intentionnés, et qui demeuraient dans un territoire où la majorité était opposée à la tuberculinisation, ont exigé un autre mode de contrôle, le système dit de surveillance.Ce système s\u2019applique seulement dans les territoires non érigés en zones.Tous les propriétaires de bovins peuvent s\u2019en prévaloir.Il leur suffit de signer un contrat s\u2019engageant à remplir les conditions exigées par le ministère, et la tuberculinisation est faite par les inspecteurs du ministère fédéral.Lorsque des bovins sont abattus, les propriétaires, à condition qu\u2019ils remplacent les animaux contaminés par des bêtes reconnues comme (5) 394 LavaL MEbpicaAL Mai 1943 étant exemptes de tuberculose, peuvent bénéficier d\u2019une indemnité de $12.00 pour les bêtes croisées et de $25.00 pour les bêtes pur-sang.Les bovins de 48 comtés de la province sont sous contrôle en vertu du système dit de zones réservées, soit un total d\u2019environ 1,195,740.63,000 bovins sont éprouvés sous le système des troupeaux accrédités et au moins la moitié des bêtes, danses comtés non érigés en zones, ont été éprouvées une ou plusieurs fois sous le système dit de surveillance.RAVAGES CAUSÉS AU CHEPTEL PAR LA TUBERCULOSE Les différents auteurs que nous avons consultés (Panisset, Vallée, Calmette, Hutyra, Marek, Edelmann, Klimmer, Myers, Ostertag) prétendent que, dès 1885, 1 à 3% des bovins abattus aux abattoirs sous surveillance (Amsterdam, Bruxelles, Paris, Vienne, Berlin, Budapest) portaient des lésions tuberculeuses.En 1898, le pourcentage des bêtes montrant des lésions était de 13% à Amsterdam et de 16.55% à Berlin.Aux États-Unis, en 1916, le pourcentage était de 4.6% aux abattoirs de Chicago et de 2.35% dans l\u2019ensemble des établissements sous inspection.Le nombre de bovins réagissant à l\u2019épreuve à la tuberculine était sensiblement plus élevé.En 1896, le pourcentage des bovins réacteurs était de 37% en Belgique et de 49% en Allemagne (6).Le Royaume- Uni ne fournit pas de statistiques mais les bovins importés de ce pays au Canada et aux États-Unis réagissaient positivement dans une proportion de 60% à l\u2019épreuve qui était obligatoire aux ports d\u2019entrée dès 1908 (7).Meyers prétend que 33% des bovins du Royaume-Uni, et 60 à 88% de ceux d\u2019Allemagne étaient tuberculeux en 1940.Aux États-Unis, dès 1900, la tuberculose était considérée comme la maladie la plus meurtrière ; les pertes annuelles qu\u2019elle causait étaient estimées à $30,000,000.Dans les conditions hygiéniques ordinaires, et sans la surveillance officielle des troupeaux, le nombre de cas de tuberculose bovine se double en 15 ans (Van Es: Animal Hygiene).Si cet auteur dit vrai, nos gouvernants ont été bien inspirés lorsqu\u2019ils ont adopté les premiers règlements de tuberculinisation. Mai 1943 LAavaL\u2026 MÉDICAL 395 RÉGRESSION DE LA MALADIE Les crédits votés par nos gouvernements, les sacrifices consentis par les éleveurs et le dévouement des vétérinaires qui ont exécuté le travail n\u2019ont pas été une pure perte, loin de là, car les résultats sont des plus encourageants.Le meilleur point d\u2019observation pour s\u2019assurer de l\u2019état de santé du cheptel est évidemment l\u2019endroit où les animaux sont abattus sous une inspection officielle.Le tableau ci-dessous nous montre, en partie, le progrès réalisé (5) : Année Bovins Porcs Endroit 1920 20 à 25% 12 à 15% Montréal 1940 2.15% 6.89% Canada 1941 1.31% 6.35% Montréal 1941 0.08% 5.03% « 1942 0.929, 7.429, « Un rapport du bureau de I\u2019Industrie animale des Etats-Unis (Mohler) montre une amélioration non momns appréciable : Année Pourcentage Année Pourcentage 1922 49, 1934 1.19% 1926 2.89% 1936 0.6% 1928 2.09%, 1938 0.69% 1930 1.79%, 1939 0.5% 1932 1.49, 1940 0.46% La compilation des rapports de tuberculinisation montrent également une courbe descendante et prouve que la tuberculose bovine 396 Lavar MEpicaL Mai 1943 diminue d\u2019une façon très encourageante.Le tableau ci-dessous nous donne des chiffres intéressants pour un certain nombre de districts.Dans la plupart de ces zones, dès la 2° épreuve, le pourcentage était baissé en bas de 1% (9) : Proportion des réacteurs à chaque épreuve Moyenne COMTÉ Années es _\u2014 effectifs 1ère 2e 3e Jde 5e Stanstead.1930-37 27,661 29.5 0.6 1.43 0.53].Brome.1928-37 26,342 25.4 0.7 0.6 |0.28.Laval.1929-41 8,120 21.4 3.9 {4.3 |.|.Sherbrooke.1928-38 13,084 21.0 0.7 0.26] 0.56 1{.Rouville.1929-38 16,808 19.5 1.2 1.5 1.7 |.Missisquoi.\u2026.1929-37 27,320 19.3 0.8 1.6 0.43 (.Compton.1931-39 37,381 119.21 0.3 | 0.64ji.|.Shefford.1928-40 41,001 18.5 0.7 1.4 1.1 0.08 Chambly.1927-40 6,712 17.9 1.8 0.49 0.9 0,3 Jacques-Cartier.1929-41 5,264 16.2 3.1 5,1 f.0.Chicoutimi.1930-38 23,065 14.71 0.56] 0.49 |.4.Saint-Hyacinthe.1935-38 17,755 11.6 {10.96 |.[.}|.L\u2019Assomption.1931-40 16,281 11.03] 0.55 0.56 |.|.Deux-Montagnes .1931-38 19,179 10.8 2.49 0.9 |.1.Richmond.1929-39 19,477 10.5 0.4 {0.621 0.41 }.Huntingdon.1924-39 26,960 10.1 0.7 0.54 1.5 0.04 Iberville.1928-37 13,493 8.61.1 1.5 0.27 |.Lac Saint-Jean .1930-38 48,209 8.210.3810.491.4.Bagot.1935-38 25,475 7.66) 1.3 |.|.0.Saint-Jean.1927-40 12,186 7.6 2.8 1.03 0.24 0.01 Terrebonne.1931-40 21,341 7.1 1.2 0.2 |.}.Beauharnots.1924-39 11,685 6.81 0.8 0.23 0.14 0.27 Drummond.\u2026.1935-39 28,734 6.4 0.93 .|.4.Québec.1941\u2014.9,750 6.16).|.|.Chateauguay.1924-36 20,739 5.9 0.9 0.46 0.68 0.1 Soulanges.1939-40 10,027 5.5 0.7 0.1 0.64.Vaudreuil.1929-38 10,990 4.6 1.5 0.4 0.41 .Portneuf.1941.28,067 GALL NL MM Napierville.1927-40 9,430 3.8 0.75 0.9 0.49 0.1 Richelieu.1927-37 13,707 3.7109 {ooo Yamaska.1935-38 25,952 3.610.254.|.0.Wolfe.1939.28,427 35.be Montmorency.1941-.11,628.3.3 |.NL MN Arthabaska.1940-.38,481 3.0.ML MM Laprairie.192741 8,795 2.7 0.3 0.6 0.46 0.04 Montcalm.1928-40 12,537 2.6 0.24 |.ALL Nicolet.1936-39 39,653 2410.22.4.Verchéres.1927-40 13,224 2.4 1.3 0.54 0.06 0.5 Joliette.1938-41 12,640 2.10 od Berthier.1940-.20,330 2.0.ooo Frontenac.1938-40 31,354 1.81 0.1 .4.|.Saguenay.1934-38 1,619 LS 41h M Mai 1943 LavaL MEbpicaL 397 Proportion des réacteurs a chaque épreuve Moyenne COMTE Années es effectifs 1ère 2e 3e 4e 5e Papineau.\u2026.1938-.36,177 | F5 0 RAS RAA RARE RARE Argenteuil.1931-39 18,945 0.9] 0.1 0.18 .].Meégantic.1940-.42,170 0.84.0.0.|.Pontiac.1936-.33,732 0.24.0.0.0.Hull-Gatineau.1939-.20,818 |Incomjplet |.}.|[.Des résultats à peu près semblables ont été obtenus aux États-Unis : i Pourcentage Année Bovins éprouvés , des réacteurs 1917 20,101 3.2% 1919 329,878 4.19, 1921 1,366,358 3.99, 1923 3,460,849 3.39, 1925 7,000,028 3.19, 1927 9,700,176 2.99, 1929 11,683,720 .1.89, 1931 13,782,273 1.59, 1933 13,073,794 2.09%, 1935 25,237,532 1.59, 1937 13,750,308 0.7% 1939 11,186,805 0.5% Il s\u2019agit là d\u2019une compilation de tout le travail de tuberculinisation mais comme il se faisait jusqu\u2019à 50,000, 75,000 et 100,000 épreuves par mois dans les zones réservées récemment organisées, ceci a eu pour effet de maintenir un pourcentage relativement haut jusqu\u2019à ce que toutes les zones aient subi l\u2019épreuve mitiale.Tout le pays est maintenant 398 Lavar MÉpicaL Mai 1943 sous zones réservées et l\u2019épreuve initiale a été complétée dans le dernier état dans le courant du printemps.Au Canada, en supposant que le travail d\u2019assamissement continue au même rythme que par le passé et, aussi, en tenant compte du fait que la politique de zones réservées est suspendue pour le temps des hostilités, 11 v a lieu de croire que ce ne sera pasavant 10 ans que tous les territoires auront été couverts.Chose qui est de nature à nous réjouir, c\u2019est qu\u2019il est devenu impossible d\u2019importer des animaux tuberculeux.CONSOMMATION DE VIANDES PROVENANT D'ANIMAUX TUBERCULEUX Les profanes sont souvent surpris d\u2019apprendre que ces viandes peuvent être mises sur le marché surtout par des établissements sous surveillance.Les adversaires de la tuberculinisation croient trouver là un argument pour prouver que le travail n\u2019est pas sérieux, et que l\u2019épreuve à la tuberculine n\u2019est pratiquée que pour favoriser un certain nombre de fonctionnaires et les commerçants de bovins.Devant des médecins praticiens et surtout des spécialistes en tuberculose il n\u2019est pas nécessaire d\u2019argumenter très longtemps pour prouver qu\u2019une proportion considérable de viandes provenant d\u2019animaux tuberculeux peut être consommée avec plus de sécurité que la viande abattue sans inspection.Nous savons que les animaux trouvés réacteurs à l\u2019épreuve à la tuberculine doivent être dirigés aux abattoirs officiellement sous surveillance, excepté dans de très rares cas spéciaux où le transport est impossible.Les bovins réacteurs sont groupés et, une fois abattus, leur viande est considérée comme suspecte.Toutes les carcasses sont retenues pour réinspection même lorsque l\u2019examen des viscères n\u2019a pas révélé la présence de lésions tuberculeuses.La tuberculose généralisée chez les bovins est plutôt exceptionnelle (2 à 10%).A l\u2019abattage, les viscères thoraciques et abdominaux sont déposés sur des tables, les parenchymes et les ganglions sont sectionnés attentivement.La présence de lésions même calcifiées à un ou à plusieurs ganglions de la gorge amène la saisie de la tête.Une lésion à un des Mai 1943 Lavar MÉDicaL 399 ganglions bronchiques ou du médiastin amène la confrscation des viscères thoraciques.Une lésion mésentérique amène la confiscation de tous les viscères abdominaux.Deux ou trois lésions caséeuses ou calcifiées des viscères des deux cavités amènent la confiscation totale, et il en est de même dans les lésions caséeuses ou calcifiées du foie et de la rate.Les carcasses dont les viscères ont montré des traces de tuberculose sont réinspectées attentivement ; tous les ganglicns sont incisés et la présence même d\u2019une lésion calcifiée dans un seul ganglion de la carcasse amène la confiscation totale.Nous pouvons donc affirmer que les viandes provenant d\u2019animaux tuberculeux aux abattoirs sous la surveillance officielle du ministère fédéral de l\u2019Agriculture, offrent autant sinon plus de garantie que les viandes provenant d\u2019animaux apparemment sains et abattus sans inspection.BIBLIOGRAPHIE 1.Locarp et LECLAINCHE.Maladies microbiennes des animaux.2.Wallis Hoare.Vetermary Medicine.3.L.Panisser.Traité des maladies infectieuses des animaux domestiques.OSTERTAG Traité des maladies contagieuses du bétail.Dr G.-T.LABELLE, Inspecteur et professeur de l\u2019inspection des viandes vi à l\u2019École de médecine vétérinaire.HuTyra et MAREK.Myers.Man\u2019s Greatest Victory over Tuberculosis.J.-O.LANGEVIN, Inspecteur vétérinaire de district.© XN Division Vétérinaire, ministère de l\u2019Agriculture, Ottawa. MÉDECINE PRÉVENTIVE POUR LA PASTEURISATION OBLIGATOIRE DU LAIT par Charles VÉZINA Doyen de la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval La Ligue canadienne de Santé, faisait, il y a un an, une campagne en faveur de la vaccination antidiphtérique dans la ville de Québec.Grâce à la collaboration des autorités civiles et religieuses, de la profession médicale et de notre population, qui a bien compris ses intérêts ainsi que les avantages de cette campagne, les résultats furent très encourageants ; au delà de 7,000 enfants furent vaccinés contre la diphtérie dans Québec et la banlieue.La lutte, cependant, n\u2019est pas terminée.Il faut continuer cette vaccination qui amènera la victoire définitive, à la condition de pourchasser la diphtérie qui fait encore des ravages parmi notre population.Nos efforts seront récompensés, car avant longtemps la diphtérie sera vaincue, comme la variole l'a été.Aujourd\u2019hui, la Ligue canadienne de Santé, dont le seul but est l\u2019amélioration de la santé de notre peuple, entreprend une autre campagne qui, si la même collaboration existe, donnera d\u2019aussi bons résultats : nous voulons parler de la pasteurisation obligatoire du lait.Parmi les aliments nécessaires à la nutrition, le lait, de par sa composition, est, sans conteste, l\u2019un des plus importants chez l\u2019adulte et, surtout, chez l\u2019enfant.(1) Conférence prononcée au réseau français de Radio-Canada, le 12 mars 1943. Mai 1943 LavAaL MÉDICAL 401 II doit, cependant, pour remplir ce rôle, contenir en quantités suffisantes les principes nutritifs qui font sa valeur ; il faut, de plus, qu\u2019il soit propre et ne contienne aucun microbe qui puisse être la cause de maladies chez ceux qui en font usage.Voilà les qualités d\u2019un lait sain qui peut être bu sans danger.L'idéal serait d\u2019avoir un lait cru avec tous les avantages que nous venons d\u2019énumérer.Malheureusement, cet idéal, nous ne pouvons l\u2019obtenir ; car, malgré tous les soins apportés au choix et à l\u2019entretien d\u2019un troupeau, malgré les précautions et la propreté avant et au moment de la traite et à la conservation du lait jusqu\u2019au moment de sa distribution, il arrive presque toujours qu\u2019il est souillé et infecté, par conséquent dangereux à boire.Il peut alors être la cause de maladies qui se termineront quelquefois par la mort.Quelles sont ces maladies ?Il y a d\u2019abord la tuberculose.Il est prouvé que le bacille tuberculeux bovin peut donner la tuberculose à l\u2019être humain : la tuberculose ganglionnaire qu\u2019on observe très souvent chez les enfants, la tuberculose méningée, la tuberculose de la peau, des articulations et des os.Mais ce n\u2019est pas tout : 1l y a encore la fièvre scarlatine, la paratyphoïde, la diphtérie, la fièvre typhoïde, l\u2019angine septique, la fièvre ondulante, et la diarrhée qui est responsable de la mort d\u2019un grand nombre d\u2019enfants.Qu\u2019on ne vienne pas nous dire : « Nous avons un troupeau de vaches laitières saines et qui sont examinées tous lesans ».C\u2019est possible mais entre deux examens une bête peut être malade et donner du lait contaminé.Et puis, il n\u2019y a pas seulement les maladies transmissibles par ces bêtes, 1l y a aussi celles du personnel qui a soin du troupeau et qui fait la traite.Nous connaissons tous des cas de fièvres typhoïdes mortelles transmises par des porteurs de germes qui faisaient la traite ou manipulaient le lait.Non, Mesdames et Messieurs, vous et vos enfants ne serez jamais à l\u2019abri de ces maladies si vous persistez à boire du lait cru. 402 LavaL MEpicaL Mai 1943 Mais alors, me direz-vous, y a-t-il un moyen qui puisse nous protéger ?Certainement : il y a la pasteurisation du lait.C\u2019est un procédé simple qui consiste à chauffer le lait à 142 degrés Fahrenheit pendant 30 minutes, et à le refroidir, brusquement, à 40 degrés Fahrenheit.Le lait qui a subi cette opération est pasteurisé ; il a conservé sa valeur nutritive et la chaleur a détruit tous les germes qui peuvent produire des maladies.Il me semble que tout cela est bien clair \u2018et que personne ne devrait être opposé à une si bonne mesure de prévention.Il n\u2019en est toutefois pas ainsi.Plusieurs prétendent que la pasteurisation altère le lait, lur donne un goût désagréable et détruit les principes nécessaires à l\u2019entretien de la santé.Tous ces arguments ne tiennent pas, car il est scientifiquement et expérimentalement démontré que les substances composant le lait ne sont pratiquement pas affectées par la pasteurisation.Il y a bien la vitamine C qui disparaît en partie, mais on sait qu\u2019elle n\u2019existe pas en quantité suffisante et qu\u2019il faut aller la chercher ailleurs, dans les jus d\u2019orange et de tomate.D\u2019ailleurs, même dans le lait cru, cette vitamine C, au contact de l\u2019air, s\u2019oxyde rapidement et devient, par le fait même, inactive.D\u2019un autre côté, l\u2019expérience a démontré que les Jeunes enfants et les Jeunes animaux nourris de lait pasteurisé se développent aussi normalement que ceux nourris de lait cru.Les médecins d\u2019enfants préfèrent le lait pasteurisé au lait cru qui cause tant de troubles de l\u2019estomac et de l\u2019intestin et, souvent, la mort d\u2019un grand nombre de ces petits.| Non, Mesdames et Messieurs, il n\u2019y a aucun argument sérieux contre la pasteurisation du lait ; ceux qui s\u2019y opposent ne connaissent pas la question ou sont mal renseignés, ou encore ce sont des gens Intéressés.Il y a aussi ceux qui, voulant bien admettre les faits qui militent en faveur de la pasteurisation, s\u2019abusent en prétendant que les dangers du lait cru sont exagérés.À ceux-là pourrait s\u2019appliquer l\u2019aphorisme de Pasteur : « Le plus grand déréglement de l\u2019esprit est de croire les choses parce qu\u2019on veut qu\u2019elles soient ». Mai 1943 LAVAL MÉDICAL 403 Ceux qui veulent étudier cette question sans parti-pris ni faux prétextes ne peuvent avoir aucune raison sérieuse contre la pasteurisation du lait.Il n\u2019en reste pas moins, cependant, qu\u2019il est regrettable et peu encourageant pour les hommes de bonne volonté qui veulent ardemment travailler à l\u2019amélioration de la santé de leurs concitoyens, de ne pas sentir l\u2019encouragement et l\u2019appui de ceux dont la position et l\u2019influence font un devoir de s\u2019occuper non seulement de la santé morale et intellectuelle, mais aussi de la santé physique de ceux qu\u2019ils ont mission de servir.Nous avons vu dernièrement les membres d\u2019une commission 1m- portante éviter de se prononcer et chercher contre la pasteurisation du lait des raisons enfantines : loin de moi la pensée que ces raisons aient pu être intéressées.Ils n\u2019ont tout de même rendu service ni à leurs administrés ni à eux-mêmes, et leur attitude retardera peut-être l\u2019adoption d\u2019une mesure qui aurait sauvé des vies.Le lait étant un aliment nécessaire surtout chez l\u2019enfant, 1l s\u2019ensuit qu\u2019il doit être sain, pur et exempt de tout danger.Les collèges, les couvents, les pensionnats qui ont charge de ces enfants ont le devoir et la responsabilité de leur éviter les maladies qu\u2019un lait non pasteurisé pourrait leur apporter.Les parents ont le droit et aussi le devoir d\u2019exiger que ces institutions fassent tout pour protéger leurs enfants contre les maladies évitables.Malheureusement un trop grand nombre se contentent de donner à leurs élèves du lait cru.II serait désirable que toutes ces institutions suivent le bel exemple que vient de donner le Séminaire de Québec en fournissant à son personnel et à ses élèves du lait pasteurisé.Il y a quelques Jours, un américain, de passage à Québec, dans une communication faite au journal Chronicle-Telegraph, se disait très étonné de constater qu\u2019il se boit à Québec du lait qui n\u2019est pas pasteurisé et déplorait l\u2019ignorance de nos concitoyens.Ne pensez-vous pas qu\u2019une nouvelle comme celle-là, publiée dans les journaux et les magazines américains, serait de nature à détourner bien des touristes qui auraient désiré visiter notre province pour en apprécier les beautés et jouir de l\u2019hospitalité de ses habitants. 404 Lavar MÉDicaL Mai 1943 Certains hôteliers, pour qui, peut-être, importe peu la santé de leurs concitoyens, devraient, au moins, considérer davantage leurs intérêts et savoir le tort qu\u2019une telle nouvelle pourrait leur causer.Nous sommes très chatouilleux et nous protestons facilement si quelqu\u2019un ose nous dire que nous sommes arriérés en matière d\u2019hvgiène et de médecine préventive.Nous avons tort car la chose est vraie, 1l n\u2019y a qu\u2019à consulter les statistiques pour être convaincu de l\u2019évidence de cette affirmation.Nous parlons souvent de notre patriotisme, de notre fierté nationale, nous nous gargarisons peut-être trop souvent de belles phrases et nous sommes satisfaits.Le vrai patriotisme doit s\u2019occuper sûrement du développement moral et intellectuel, mais, Je crois aussi de la santé de notre peuple ; et si nous le voulons, rien ne s\u2019oppose à ce que cette santé soit aussi bonne que celle de nos voisins.Nous venons de recevoir une belle leçon d\u2019une petite ville de notre province : la ville de Saint-Hyacinthe, qui, grâce à l\u2019altruisme et la fermeté de son maire, l\u2019honorable T.-D.Bouchard et de son conseil municipal, a décrété non seulement la pasteurisation obligatoire du lait, mais aussi sa municipalisation.Voilà ce que toute ville, avec de la ténacité et du désintéressement, devrait faire.Le gouvernement de cette province présentera, à cette session, un projet de loi sur l\u2019assurance-maladie.Nous devrons l\u2019en féliciter, car cette mesure permettra à tous de recevoir des soins médicaux qu\u2019un grand nombre auparavant était dans l\u2019impossibilité financière de se procurer.Cependant, nous croyons que la meilleure assurance contre la maladie, c\u2019est la prévention.Évidemment, il y aura toujours des maladies qu\u2019il sera impossible de prévenir, mais 1l y en a aussi qu\u2019on peut éviter, et, parmi celles-ci, les maladies qui sont transmissibles par le lait Impur et infecté.C\u2019est pourquoi nous croyons que si le gouvernement de cette province veut compléter sa législation sociale sur l\u2019assurance maladie, 1l doit y ajouter la pasteurisation obligatoire du lait.Il aura fait alors une belle action qui contribuera grandement à l\u2019amélioration de la santé de nos concitoyens, MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES L\u2019EMPLOI RATIONNEL DE L\u2019OPOTHÉRAPIE (Les hormones sexuelles) (Suite) 3° Progesterone (Hormone du corps jaune) : Dans l\u2019emploi des œstrogènes, les fortes doses étaient déconseillées.Dans l\u2019emploi de la progestérone, la recommandation contraire s\u2019applique.La femme est particulièrement résistante à l\u2019action de la progestérone.Et surtout dans les troubles du cycle menstruel, 1! semble que cet état réfractaire à l\u2019action de la progestérone non seulement persiste mais soit augmenté de telle sorte que de petites doses d\u2019hormonedu corps jaune sont tout a fait inefficaces.De fortes doses pourraient être employées en toute sécurité et avec beaucoup plus de chance de succès.L\u2019action de la progestérone est de très courte durée : 60 à 96 heures.Aussi, si on veut obtenir un effet cumulatif chez la femme, faut-il éviter d\u2019espacer les injections de plus de deux jours.Comme on observe fréquemment que des femmes sont particulièrement réfractaires à l\u2019action de la progestérone, il est recommandable de donner une dose initiale très forte.L\u2019administration de ce produit glandulaire n\u2019est pas à l\u2019abri de certains incidents ou accidents.Il n\u2019est pas rare, à la suite de quelques injections de progestérone, d\u2019observer un retard dans l\u2019apparition des 406 Lavar MÉDicaL Mai 1943 menstruations, suivi d\u2019une irrégularité heureusement passagère du cycle menstruel.Lors de la grossesse, la durée et l\u2019intensité de l\u2019action de la progestérone sont moins bien connues.Une invitation à la prudence nous est offerte par l\u2019exemple suivant : À une femme, qui faisait habituellement un accouchement prématuré à 714 mois de grossesse, un médecin, particulièrement bien averti de la valeur des produits glandulaires, prescrit 2 mgms de progestérone, 2 fois par semaine, jusqu\u2019à huit jours avant la date présumée de l\u2019accouchement normal.L'accouchement n\u2019eut lieu qu\u2019à 914 mois de grossesse.Il ne faut pas, non plus, ignorer l\u2019action vaso-dilatatrice bien reconnue de la progestérone.Il n\u2019est pas rare, en effet, d'observer, au cours de l\u2019administration de ce produit, un état de dépression marquée, avec chute appréciable de la pression artérielle.4° L\u2019hormone mâle : a) Chez la femme : L\u2019hormone mâle fait maintenant partie de l\u2019arsenal thérapeutique en gynécologie.La testostérone, tout particulièrement, est un agent thérapeutique précieux qui trouve sa justification dans certains syndromes de la ménopause, les méno-métrorragies fonctionnelles.la dysménorrhée, la tension prémenstruelle, la masto- pathie fonctionnelle, l\u2019endométriome.Comme bien d\u2019autres agents thérapeutiques puissants, la testostérone n\u2019est pas sans comporter des potentialités néfastes, à moins qu\u2019on ne s\u2019entoure de précautions spéciales dans son administration et qu\u2019on en connaisse les indications précises.La connaissance des faits suivants permet d'orienter sagement sa thérapeutique.L'administration de 500 mgms ou plus de testostérone à une femme pendant un.cycle menstruel cause les effets suivants : inhibition de l\u2019activité gonadotropique de l\u2019hypophyse ; suppression de la croissance folliculaire, de l\u2019ovulation et de la formation de corps jaune ; inhibition de la sécrétion d\u2019œstrogènes, de progestérone et d\u2019excrétion de prégnandiol ; suppression des menstruations ; abolition de l\u2019évolution endométriale normale, se traduisant par l\u2019hypoplasie ou l\u2019atrophie de l\u2019endomètre phénomènes de virilisation (dite action arrhéno- Mai 1943 LAVAL MÉDICAL 407 mimétique) : pilosité faciale et aux extrémités, gravité de la voix, hypertrophie du clitoris ; production d\u2019acné.Aucun de ces effets d\u2019inhibition sur l\u2019ovaire ne s\u2019observe si on administre la testostérone à la dose de 300 mgms ou moins par cycle menstruel.Et même, cette dose de 500 mgms de testostérone, qui était à ce point inhibitrice lorsqu'elle était administrée durant les deux premières semaines du cycle menstruel, c\u2019est-à-dire avant que l\u2019ovulation ne se soit produite, n\u2019a plus aucun effet inhibiteur lorsqu\u2019elle est administrée pendant les deux dernières semaines du cycle menstruel.Une dose de testostérone, administrée à une femme pendant la dernière partie de son cycle menstruel, n\u2019influence donc en rien la prochaine menstruation ; une dose de testostérone inférieure à 300 mgms par mois ne peut produire aucun effet arrhénomimétique.En restant en dedans des limites de 300 mgms de testostérone par mois, chez la femme, on peut obtenir un effet thérapeutique suffisant, ne comportant pas une sidération complète des fonctions gynécogéniques, n\u2019entraînant pas d\u2019effet arrhénomimétique.Diminuer l\u2019activité gonado- tropique de l\u2019hypophyse, diminuer la production des œstrogènes et leur activité, diminuer l\u2019excitabilité de l\u2019utérus et sa sensibilité à l\u2019action des œstrogènes, c\u2019est tout ce que doit rechercher la thérapeutique andro- génique.Un équilibre normal existe chez la femme entre les œstrogènes et les androgénes.Le but de la thérapeutique par la testostérone est de tâcher de maintenir ou de rétablir cet équilibre, non pas de le renverser aux profit des androgènes.| II faut savoir que certaines femmes, particulièrement les brunes, qui excrètent normalement plus d\u2019androgènes que les autres, sont plus sensibles à l\u2019action de la testostérone et qu\u2019elles développeront facilement des signes de masculinisation, particulièrement de l\u2019hirsutisme.Sous l\u2019effet du traitement androgénique, plusieurs femmes se plaignent de leucorrhée et de brülement vaginal causés par l\u2019atrophie que subit la muqueuse vaginale et la disparition du glycogène.Lors de la ménopause, on a fait un large emploi de la testostérone.Cette thérapeutique androgénique est justifiable et efficace chez les patientes, qui, dans le premier stade de la ménopause, font des méno- métrorragies importantes ou, encore, chez celles dont les troubles méno- 408 Lavar MEbpicaL Mai 1943 pausiques ne sont pas améliorés ou même sont aggravés par l\u2019emploi des œstrogènes.Seulement, dans la période post-ménopausique, lorsque la sécrétion œstrogénique ovarienne est tarie, l\u2019administration d\u2019hormone mâle est non seulement inutile mais préjudiciable.Chez la femme en pleine activité génitale dont les ovaires sécrètent des œstrogènes, l\u2019emploi de l\u2019hormone mâle se justifiait de la nécessité dans certains cas de neutra- [iser l\u2019action de ces œstrogènes.Mais, chez la femme à la période post- ménopausique qui est en état de déficience œstrogénique, les androgènes que l\u2019on administre se transforment en œstrogènes, provoquant un effet contraire à celui que l\u2019on désirait.b) Chez l\u2019homme : L\u2019administration de testostérone chez l\u2019homme est justifiée dans certains cas tels que l\u2019impuissance, le climatère masculin, l\u2019hypogénitalisme, la cryptorchidie.Son emploi n\u2019est pas sans certains dangers qui en commandent l\u2019usage prudent.Chez l\u2019adulte, la testostérone a une action inhibitrice sur la fonction gonadotropique de l\u2019hypophyse, lorsqu\u2019elle est administrée à hautes doses.Cet effet antagoniste peut causer une inhibition de la spermatogenèse, entraînant de l\u2019aspermie ou de l\u2019oligospermie et par le fait même la stérilité.Chez le garçon, avant l\u2019âge de la puberté, alors que la fonction gonadotropique de l\u2019hypophyse n\u2019a pas encore commencé de se manifester, l\u2019effet antagoniste n\u2019existe pas ; l\u2019action de l\u2019hormone mâle administrée à cet âge peut donc s\u2019exercer en toute liberté, favoriser le développement du testicule, sans causer de dommages aux tubes séminifères, comme chez l\u2019adulte.Malgré que la testostérone n\u2019ait pas d\u2019effet nocif sur le testicule de l\u2019enfant, 1l ne semble pas qu\u2019il y ait avantage à employer ce produit dans le traitement de la cryptorchidie.Nous continuons à lui préférer l\u2019hormone gonadotropique chorionique humaine, réservant l\u2019emploi de l\u2019hormone mâle pour les cas où la cryptorchidie s\u2019accompagne de signes évidents d\u2019infantilisme, d\u2019hypogénitalisme.L'usage intempestif de la testostérone chez l\u2019enfant, avant la puberté, cause dans la majorité des cas un développement exagéré des organes génitaux, une précocité sexuelle.II n\u2019est pas indifférent d\u2019inonder un organisme encore jeune et mal préparé de substances susceptibles d\u2019éveiller précocement l\u2019instinct sexuel, réveil qui, au point de vue psychologique et moral, comporte souvent des conséquences dont on peut mal mesurer l\u2019étendue. Mai 1943 LAavAL MÉDICAL 409 Enfin, il ne faut pas oublier que l\u2019hormone mâle est hyper-méta- bolique.Sous l\u2019effet de l\u2019administration de la testostérone on peut voir le métabolisme basal s\u2019élever d\u2019environ 25%.Cette augmentation du métabolisme basal ne présente rien qui l\u2019apparente à l\u2019hyperthyroïdie, puisqu'elle s'accompagne d\u2019augmentation du poids, sans accélération du pouls.L\u2019énoncé que nous faisions au début de ce travail, à savoir que les moyens de thérapeutique en endocrinologie se sont perfectionnés avant les moyens de diagnostic, semble donc trouver sa confirmation dans l\u2019exposé rapide que nous venons de faire.Les extraits glandulaires dont nous disposons actuellement sont des agents puissants, dangereux, dont la dose thérapeutique n\u2019est pas si loin de la dose toxique.Leur emploi de façon empirique et à des doses audacieuses expose à des accidents dont la gravité nous apparaîtra probablement mieux à la lumière de futurs développements.Antonio MARTEL.(6) ANALYSES E.F.ROSENBERG, M.D., Ph.D.in Medicine.The Present Status of Gold Therapy for Rheumatoid Arthritis.(État actuel du traitement de l\u2019arthrite rhumatismale par les sels d\u2019or.) Proceedings of the Staff of the Mayo Clinic, vol.17, (29 avril), 1942, n° 17, p.264.Depuis 5 ans, les spécialistes américains en rhumatisme chronique ont bien étudié le traitement de cette affection par l\u2019or ; à ce sujet, les opinions sont encore bien partagées, et 1l est actuellement impossible de tirer des conclusions définitives.L\u2019or a fait son apparition dans la thérapeutique dès le moyen âge ; c'est surtout depuis 1890 qu\u2019il est employé, alors que Koch s\u2019est rendu compte qu\u2019il avait un pouvoir inhibiteur contre le bacille tuberculeux, au taux de 1 pour 2,000,000 ; cependant 1l s\u2019est montré inactif dans le traitement expérimental des animaux ; on a toutefois publié qu\u2019il agissait chez l\u2019homme dans la tuberculose de la peau, des poumons et du larynx.En 1924, Moolgaard a introduit le thiosulfate double de sodium et d\u2019or dans le traitement de la bacillose ; les bons résultats ont été admis par les uns, niés par d\u2019autres.C\u2019est en 1927 qu\u2019on a commencé à l\u2019employer dans le traitement du rhumatisme chronique.En 1929, Jacques Forestier s\u2019y est beaucoup intéressé en France, d\u2019autant plus qu\u2019il \u2018trouvait des analogies entre la tuberculose et le rhumatisme chronique et qu\u2019il était enclin à admettre pour le rhumatisme chronique une étiologie tuberculeuse.C\u2019est en 1936 que les Américains ont commencé à l\u2019étudier.Le percentage en or des préparations employées a bien varié ; en Allemagne, on se servait d\u2019une préparation contenant 9% d\u2019or (aurode- toxine) ; aux États-Unis de l\u2019aurosulfide qui en contenait 89% ; actuellement on emploie surtout le thiosulfate double de sodium et d\u2019or (37%) Mai 1943 LavaL MeEbicaL 411 ou du thiomalate double de sodium et d\u2019or (50%) qui s\u2019appelle la myo- chrysine.Actuellement la dose est de 5 à 10 mgms.2 fois par semaine au début, puis elle est augmentée à 50 ou 100 mgms., et prolongée jusqu\u2019à une dose totale de 1 à 1.5 gm.; après un repos de 6 à 8 semaines, on injecte une seconde série, puis parfois une troisième après un second repos.La voie intra-veineuse est utilisée avec le thiosulfate et la voie intra-musculaire avec la myochrysine.L\u2019élimination de l\u2019or est lente, elle se fait en grande partie (75 à 90%) par l\u2019urime et en faible partie par les selles ; après une injection de 50 mgms,, il ne s\u2019en élimine que de 7 à 14 mgms.dans une semaine ; après une série d\u2019injections on en retrouve encore dans l\u2019urine 13 mois plus tard et dans le plasma sangum 10 mois plus tard.Le mode d\u2019action est peu connu ; 1l aurait une action bactéricide ou stimulerait l\u2019immunité ; pour d\u2019autres, il aurait un pouvoir chimio- thérapique.D\u2019après les différentes statistiques (européennes et américames) 1l donnerait de 40 à 95% (moyenne de 81%) de bonne amélioration.Mais il faut savoir que le traitement ordinaire (repos, analgésiques, physiothérapie, diètes, vaccins) donnerait 53% d\u2019amélioration et 16% de guérison.Les réactions toxiques sont très fréquentes (66%) ; 10 fois plus fréquentes que celles attribuables à la néoarsphénamune ; elles peuvent être de tous les degrés : 1° augmentation de la douleur après l\u2019injection pour une durée de 12 à 24 heures ; 2° au niveau de la peau et des muqueuses : prurit, stomatite, dermatite exfoliatrice (7% de mortalité), gastro-entérite, colrte ; 3° lésions rénales ou hépatiques sévères ; 4° névrite périphérique, encéphalite, accidents vasculaires cérébraux ; 5° diminution de l\u2019hémoglobine et des globules rouges (anémic aplastique) ; diminution des globules blancs (agranulocytose) ; syndrome hémorragique. 412 Lava\u2026 MÉDICAL Mai 1943 Les signes suivants seraient une annonce de danger : diminution des plaquettes sanguines à 75,000 par mmc., diminution des globules blancs à 4,000 par mmc.; augmentation des éosinophiles, apparition d\u2019albumine et de globules rouges dans l\u2019urine.Le traitement des complications est peu effectif et comprend des extraits de foie, des vitamines, des extraits parathyroidiens, des alcalins, du thiosulfate de sodium.Conclusions : 1° A la Clinique Mayo, on a l\u2019impression que les statistiques publiées montrent des résultats plus beaux que ceux qu\u2019ils ont obtenus ; 2° Ce traitement comporte des dangers nombreux et évidents ; 3° Il ne devrait pas être institué et poursuivi sans pratiquer des examens répétés de sang et d'urine ; 4° Comme la maladie est très sérieuse, l\u2019étude de ce traitement doit être approfondie.Guy DROUIN SIMARD, L.-C.Le complexe neuro-insulaire du pancréas chez les mammifères adultes.Revue Canadienne de Biologie, (janv.) 1942, vol.1, n° 1, page 2.L\u2019auteur étudie le pancréas chez l\u2019homme, le porc, le chien, le chat, le marsouin, le cheval, le bœuf, le mouton, le lapin, le cobaye, l\u2019oppossum et le rat.Partant des découvertes de Van Campenhout (le complexe sympa- thico-insulaire consiste dans l\u2019association intime d\u2019éléments nerveux ganglionnaires et insulaires) et cherchant à vérifier les données antérieures qui font du pancréas un organe à sécrétion mixte dont deux sortes de cellules sont histo-physiologiquement distinctes (les acini pour la sécrétion externe et les îlots de Langerhans pour la sécrétion interne), il fait une étude d\u2019histologie comparée qui permet d\u2019abord d\u2019affirmer que, chez les mammifères, la glande endocrine n\u2019est pas cantonnée à l\u2019îilot de Langerhans, mais qu\u2019elle est au contraire diffuse et intimement mélangée à la glande exocrine.De plus, la cellule épithéliale du complexe neuro- insulaire est une cellule insulaire.Cette cellule apparaît comme un élément morphologiquement variable.Dans les éléments nerveux, elle se trouve en contact intime avec les cellules ganglionnaires dont rien ne Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire_reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Nouvelle Médication FORMULE lodof Menthol nuti injections |odoforme Menthol Jour da dinudile el des Ampoule de 1 ce.des voies respiratoires (En solution huileuse de faible acidité.) Documentation complète et échantillon sur demande FEPRESENTANTS POUR LE CANADA HERDT & CHARTON, INC.\u201cMEDICAMENTS DE MARQUE\" 2027, AVENUE DU COLLEGE McGILL, MONTREAL DES FAITS QUE VOUS VOUDREZ CONNAÎTRE AU SUJET DU NOUVEAU PRODUIT SQUIBB POUR USAGE INTRA-NASAL.es FABRICANTS DE PRODUITS CH cpl a SULMEFRIN vom ue olutio\u201d Aa Sodiave © ( Panic Manon Bari bu SULMEFRIN* décongestionne efficacement, par voie nasale, dans les cas de sinusite chronique et dans les autres affections des voies respiratoires supérieures qui accompagnent les rhumes.Il contient du sulfathiazole sodique qui agit sur les organismes staphylococciques et pneumococciques, et du chlorure de dl-désoxyéphédrine qui est un excellent vaso-constricteur.Ensemble, ces deux drogues exercent un effet permettant de réduire de 5 à 2.5 p.c.la dose de sulfathiazole sodique.De même il suffit de 14 de 1 c.de chlorure de dl-désoxy- éphédrine, ce qui réduit les risques d\u2019insomnie et de nervosité qu\u2019on remarque souvent lorsqu\u2019on utilise des solutions à 1 p.c.d\u2019éphédrine.Sulmefrin peut s\u2019administrer par pulvérisation ou en gouttes, de 5 à 10 minimes dans chaque narine, de 2 à 4 fois par jour ; ou par tamponnement, 20 minimes par tampon, qu\u2019on applique de 15 à 30 minutes une fois par jour.Sulmefrin est conditionné en flacons de 1 et de 16 onces.* Sulmefrin est une marque de commerce de E.R.Squibb & Sons.Avantages de SULMEFRIN Soulagement rapide \u2014 drainage et aération plus faciles.La mobilité ciliaire n\u2019est pas génée \u2014 ce que démontrent des essais biologiques.Sa faible alcalinité (pH 8.9+0.3) aide à dissoudre les mucosités et les sécrétions muco-purulentes.Irritation presque nulle \u2014 La constriction des tissus enflés, le drainage et l\u2019aération se produisent sans congestion des membranes, sans éternuement, tachycardie ni nervosité.Remarquablement stable \u2014 La lumière solaire, l\u2019ébullition, [Pair et l\u2019oxygène ne le décomposent pas.Il faut être prudent dans l\u2019administration de ce produit avec les patients qui ont déjà manifesté de la sensibilité pour les sulfamidés.Pour imprimés, écrire à 36 Caledonia Rd., Toronto, Ont.RRR AU gr tie ir de oh SONS OF CANADA.Ltd.IMIQUES POUR LE To wy EPG HOR EE RO CORPS MEDICAL DEPUIS 1858 oR Si.ar + ANA cn Laval Médical, Québec, mai 1943 \u2014 Vol.8 \u2014 No 5 Mai 1943 LAavAL MÉDICAL 413 les sépare.Il y a constamment un phénomène de rénovation cellulaire et transformation de cellules exocrines en cellules endocrines.Les ganglions nerveux intra-pancréatiques peuvent être considérés comme faisant partie du système nerveux intrinsèque du pancréas ct sont, par conséquent, mêta-sympathiques.«La ligature des canaux excréteurs du pancréas détermine des lésions de dégénérescence, d\u2019atrophie et de sclérose qui portent uniquement sur la glande exocrine.Non seulement les flots de Langerhans sont peu touchés, mais ils paraissent augmentés en nombre par transformation de la glande exocrine en glande endocrine.Les complexes neuro-insu- laires demeurent intacts.« La cellule sécrétrice du pancréas est donc capable de remplir les fonctions exocrines et endocrines.Le complexe neuro-insulaire mérite d\u2019être considéré comme un para-ganglion méta-sympathique, à côté des ganglions vagaux et sympathiques.Comme ceux-ci, 11 mérite d\u2019entrer dans la classe des organes qui contribuent à la transmission chimique de l\u2019influx nerveux dans le système nerveux autonome.» =, L\u2019auteur a étudié le pancréas de cinq personnes mortes en plein coma diabétique et il n\u2019y a pas trouvé (ou presque pas) de complexe neuro-insulaire.Il croit que cette absence peut jouer un rôle dans la pathogénie du diabète.Pierre JOBIN.R.L.KERRIGAN, Michigan.The Exclusive Soap and Water in Traumatic Wounds.(L\u2019emploi exclusif du savon et de l\u2019eau dans les plaies traumatiques.) Surg., Gyn.& Obst., vol.75, n° 2, (août) 1942, p.165.Le savon blanc de réaction neutre est préférable.Le chirurgien commence par débrider la plaie, enlever tous les tissus mortifiés, après avoir nettoyé la peau saine autour de la plaie.Puis 1l fait l\u2019irrigation continue à l\u2019eau savonneuse au moyen d\u2019un fin cathéter qui pénètre dans les moindres méandres et anfractuosités.L\u2019étude qui porte sur 21,862 cas a montré que 18 cas seulement ont exigé l\u2019hospitalisation.La main et le poignet étaient intéressés dans 75% des cas (plaies difficiles à traiter).Le fait que ces blessés n\u2019eurent 414 Lava\u2026 MÉDICAL Mai 1943 pas besoin d\u2019hospitalisation, à seule cause d\u2019infection, prouve bien la valeur de cette méthode.Sur 101 cas de fractures ouvertes, 1l n\u2019y eut que 4 cas d\u2019infection ; il n\u2019y eut aucun cas d\u2019ostéomyélite et aucun cas de consolidation retardée.Pierrre JoBIN.Marion B.SULZBERGER, Rudolf L.BAER et Rudolph HECHT.Common Fungous Infections of the Feet and Groins.(Les infections à champignons communes des pieds et des aines.) Arch.of D.and S., vol.45, n° 4, (avril) 1942.Les auteurs ne partageant pas les idées de ceux qui prétendent que les infections à champignons, comme le « pied d\u2019athlète » par exemple, sont très contagieuses d\u2019une personne atteinte à une autre saine, ont fait une enquête pour connaître l\u2019opinion des dermatologistes américains.Sur 120 dermatologistes, membres de l\u2019American Dermatological Association, 88 répondirent au questionnaire, et seulement dans 4 cas d'infection mycosique 1l fut démontré qu\u2019il y eut contagion conjugale, familiale ou autre.II est bien entendu que les cas doivent être un peu plus nombreux, mais il semble bien, d\u2019après cette enquête, que la contagion dans les infections cutanées superficielles, d\u2019origine mycosique, soit une cause négligeable.Ceci amène à conclure qu\u2019il faut reviser, en entier, l\u2019opinion qui est à peu près généralisée et qui a été popularisée partout à savoir que les infections cutanées à champignon sont « excessivement » contagieuses.Norte.\u2014 J'ai lu avec grand intérêt cette communication de dermatologistes américamns compétents et sérieux car, depuis 7 ans que j\u2019enseigne la dermatologie, J'ai toujours prétendu que si les infections cutanées des pieds ou des aines étaient si fréquentes, ceci était dû non pas à la contagion, mais à des raisons qui tiennent beaucoup plus à l\u2019individu lui-même qu\u2019à son entourage.Emile GAUMOND. se SO EEE OR Rates fd PEE MR 5 À SORRY se % cp ze * su i 3 ; & * ima \u201c HYPOSULFENE DRAGEES GLUTINISEES D'HYPOSULFITE DE SODIUM PUR DOSÉES à 0 ur 2%.4 à 12 PAR JOUR SOLUTION STABILISÉE 2 A 20 p 100 EN AMPOULES de 10 cc.POUR- 2 a3 INTRAVEINEUSES HEBDOMADAIRES JABOSU LFÈNE HYPOSULFENE + -JABORANDI \u2014 MÊMES FORMES MÊMES DOSES REGULARISE LEQUILIBRE NERVEUX VAGO-SYMPATHIQUE : SH di ie alll, OCIETE D'EXPANSION PHARMACEUTIQUE INCS'E-P ay, 919, RUE CHERRIER \u2014 MONTRÉAL 000 ree LJ NEO-SPASMYL HYPNOTIQUE -SÉDATIF- ANTISPASMODIQUE | | CARDIOTONIQUE | U Action physiologique : Le NÉO-SPASMYL agit comme tonique du système nerveux central, dont il modère l\u2019excitabilité.Dans la journée, il prédispose au calme les malades surexcités, agités, anxieux.La nuit, il les aide à obtenir un sommeil naturel êt réparateur.Il n\u2019occasionne pas de mauvais réveil ni de prostration le lendemain.Saloratoires \u201c/ Vational ?Soe Agents généraux au Canada MILLET, ROUX & CIE, LTEE 1215; RUE SAINT-DENIS \u2014 MONTREAL.24 \u2014 Laval Médical, Québec, mat 1943 \u2014 Vol.8 - No 5 CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES FEU LE PROFESSEUR ACHILLE PAQUET Le 27 mars dernier décédait le professeur Achille Paquet, titulaire de la chaire de Médecine opératoire à la Faculté de Médecine de l\u2019Université Laval de Québec.La fin prématurée de sa fructueuse carrière de chirurgien suscitera des regrets sincères dans les milieux hospitaliers et universitaire auxquels 1l a donné le meilleur de sa personne.Né en 1882, à Saint-Nicolas, comté de Lévis, d\u2019une famille de quatorze enfants dont 1l était le cadet, il fit ses études secondaires au Séminaire de Québec où 1l obtint son baccalauréat ès arts en 1902.Au cours de ses études à la Faculté de Médecine de Laval, il décrocha plusieurs prix : premier prix Morrin en 1903 ; second prix Morrin en 1904 ; premier prix Morrin en 1906, et le prix Turcot ls même année.Au premier rang de sa promotion, 1906, 1l se vit décerner la médaille du lieutenant-gouverneur de la province.Il consacra deux années à l\u2019internat, l\u2019une à l\u2019Hôpital de la Miséricorde, l\u2019autre à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec avant de partir en Europe parfaire ses études, durant lesquelles 1l fit de l\u2019urologie sous la direction du professeur Legueu, à Paris, et de l\u2019orthopédie dans le Service du 416 Lavar.MEpicaL Mai 1943 De retour à Québec, 1l exerça la chirurgie pendant toute sa vie professionnelle, c\u2019est-à-dire durant 35 ans, en association intime et constante avec son frère aîné, le professeur Albert Paquet.Grâce à sa compétence technique et morale, :l a occupé différents postes de commande qui l\u2019ont imposé à l\u2019attention publique : directeur du conseil médical et chef adjoint des Services de chirurgie des hôpitaux de l\u2019Enfant-Jésus et de Saint-François d\u2019Assise ; président de l\u2019Hôpital Saint-Luc ; président de la Société médicale de Québec ; vice-président de l\u2019A.M.L.F.A.N.; membre du Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada depuis sa fondation ; enfin, professeur titulaire de Médecine opératoire à la Faculté de Médecine de Laval, chaire qu\u2019il illustrait depuis 1932.Le Laval Médical offre à madame Paquet, à sa famille et au professeur Albert Paquet l\u2019expression de ses plus sincères condoléances.Pierre JOBIN. nu Le etats dé Lo LER 1 gd A; \u2014 « ( de ~~ catia ail).ii ar «ip.aii Biro REI Eien Arie SATE AR Ree acter CORRE Le STR de dd WES HO CARTON 4 "]
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