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Titre :
Laval médical
Éditeur :
  • Québec :Faculté de médecine, Université Laval,1936-1971
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec
  • Successeur :
  • Vie médicale au Canada français
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Références

Laval médical, 1944-09, Collections de BAnQ.

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LAVAL MÉDICAL VOL.9 N° 7 SEPTEMBRE 1944 LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE L'UNIVERSITE LAVAL I.\u2014 Quelques notes historiques.II.\u2014 Les anciens doyens.III.\u2014 Les hôpitaux universitaires.IV.\u2014 La Société médicale des Hôpitaux universitaires.12563 3) eo.oo.\" qi Fi Er un SES, =r FT PF) 7 = ra » 41 = = i 5 pid IN CT pe \u201ci oa \u201cYon = d por) sud I Jom rg 5 = TA É a i IB ily & | Ad eS nil (pau we A mA Ang il j lh Thi EE A ME num ra f islle 1 = A 1-45 EL pl i ee - 21 TEEN Ell 1 \\E = on \u2014 vu EUR CR POURS g Iii ft omy\u201d += LT LJ = \u2014\u2014_ L\u2019HOPITAL DU SAINT-SACREMENT (fondé en 1927) : 300 lits.Capacité 2.\u2014 L\u2019HOPITAL DU SAINT-SACREMENT Reportons-nous en 1920.Depuis 5 ou 10 ans déjà, le Dr Arthur Rousseau, doyen de la Faculté de médecine avait saisi l\u2019insuffisance de l\u2019hospitalisation à Québec et avait présumé de la nécessité de l\u2019accroître rapidement.Ceux qui l\u2019ont connu se rappellent l\u2019énergie qu\u2019il a mise à fonder l\u2019Hôpital Laval.Voici, à ce sujet, ce que disait de lui le Juge Ferdinand Roy : « Des mois durant, il ne voulut jamais parler d\u2019autre chose.Je sais, disait-il dans l\u2019intimité, que, pour mes victimes, je deviens l\u2019homme à l\u2019idée fixe ; mais je suis le raseur conscient dont on ne se débarrasse qu\u2019en disant comme lui.Et, en effet, petit à petit, dans tous les mondes, du haut en bas de l\u2019échelle sociale, on se mit à causer de ce projet, à discuter (l\u2019hôpital du Dr Rousseau) ; on approuvait, on désapprouvait, l\u2019opinion, favorable ou hostile, n\u2019était plus indifférente ; le mur de l\u2019inerte 1gnorance s\u2019effritait.» À peine terminé, l\u2019Hôpital Laval ne suffisait plus à satisfaire à la débordante activité du Dr Rousseau.Aussi fut-il très heureux de prêter l\u2019oreille à la suggestion du Rév.Père Auguste Pelletier, s.s.s., premier curé de la paroisse du Saint-Sacrement.Il est plus aisé de comprendre la situation hospitalière d\u2019alors, à la lumière des notes personnelles du curé-fondateur de cette paroisse.Textuellement : « Pourvoir à une demande croissante d\u2019hospitalisation dans la région de Québec, par une institution à laquelle tous les médecins et leurs patients auraient libre accès, telle fut l\u2019ambition des fondateurs de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.« En effet, vers 1920, un besoin d\u2019expansion des facilités d\u2019hospitalisation se faisait vivement sentir.Au surplus, dans la partie haute de la ville de Québec, 1l n\u2019y avait qu\u2019un hôpital important, où seuls les membres de 482 Lavar MÉDpicaL Septembre 1944 la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval pouvaient diriger leurs patients.À cette époque, la vaste église du Saint-Sacrement se const rui- sait sur le coteau Sainte-Geneviève.Un accident grave,survenu sur les chantiers de construction, vint démontrer cette double lacune au curé de la paroisse naissante, le Père Auguste Pelletier.C\u2019est à cette occasion qu\u2019il forma le dessein de doter la haute-ville de Québec d\u2019un grand hôpital universitaire, moderne, d\u2019accès libre.« À peine son église fut-elle terminée, qu\u2019au mois de novembre 1923, il allait exposer son dessein à l\u2019éminent doyen de l\u2019École de médecine, le Dr Arthur Rousseau.« Ce fut dans son bureau de la rue Collins, entre deux examens de patients, que le projet prit définitivement corps.« L\u2019entrevue fut des plus brèves, le docteur et le Père Pelletier se tenant debout chaque côté de la table de travail.Avec une émotion que trahissait son regard, à peine le Père eut-il fini l\u2019exposé de l\u2019objet de sa visite, que le docteur tendit sa main au Père Pelletier.En échangeant cette chaude poignée de main avec le Père, il lui dit, joignant la parole au geste : « Oui, de tout cœur, Je suis avec vous.» « Dieu seul sait combien l\u2019illustre docteur fut, jusqu\u2019à son dernier soupir, loyal à son geste cordial et à sa noble parole.» Le zèle sacerdotal du Rév.Père Pelletier et le dynamisme scientifique du doyen Rousseau ont doté la Faculté de médecine d\u2019un nouveau centre d\u2019enseignement.Son site est resté inchangé.Isolé au début, 1l l\u2019est devenu de moins en moins, La prévision des fondateurs assura à l\u2019hôpital un périmètre de terrain inoccupé, apte à être utilisé un jour ou l\u2019autre.C\u2019est une zone de tranquillité qui lui est réservée.En 1927, les SS.de la Charité de Québec furent invitées, par Son Éminence le cardinal Raymond-Marie Rouleau, o.p., & en accepter l\u2019administration sous le contrôle d\u2019un bureau de direction.En septembre 1936, elles en deviennent propriétaires.En juillet 1940, le Dr Renaud Lemieux, professeur titulaire à la Faculté de médecine, devient surintendant médica! en remplacement de feu le Dr P.-C.Dagneau.Cette mort prématurée a été un rude coup à l\u2019hôpital naissant.Il a cependant résisté, grâce à l\u2019élan reçu.L'énergie de cet homme ne devait pas mourir avec lus. Septembre 1944 Lavar MÉDicAL 483 L'institution peut hospitaliser quotidiennement 300 malades.124 lits sont réservés aux malades privés et semi-privés, 116 aux malades des salles, et 60 aux nouveau-nés et enfants.L'augmentation rapidement croissante des admissions, 49 en 1927, 5,025 en 1937, 6,144 en 1941 et 5,670 en 1943 et sa participation active à l\u2019enseignement, justifient pleinement, sa nécessité aujourd\u2019hui indiscutée.Son exiguité n\u2019est certes pas douteuse.Une école de gardes-malades fait partie de l\u2019hôpital.Elle a êté affiliée dès sa fondation à l\u2019Université Laval.C\u2019est la plus importante, tant par le nombre de ses inscriptions annuelles (75 à 80), que par sa contribution à relever le niveau professionnel de l\u2019infirmière.A date, 300 infirmières y ont reçu leur diplôme On est actuellement à construire une aile nouvelle destinée à loger cette école.De ce fait, la capacité d\u2019hospitalisation se trouvera augmentée.Les Services médicaux, au nombre de 14, sont indépendants l\u2019un de l\u2019autre.Ils sont sous la direction d\u2019un chef de Service aidé de ses assistants.Le Service de médecine est sous la direction de M.le Dr Renaud Lemieux, surintendant médical, professeur titulaire de clinique médicale à l\u2019Université Laval.Il a, comme assistants, MM.les professeurs Sylvio Leblond, M.D., et Honoré Nadeau, M.D., Guy Drouin, M.D., professeur agrégé et Antonio Martel, M.DM.le Dr Florian Trempe, titulaire de clinique chirurgicale et professeur de pathologie chirurgicale à l\u2019Université Laval, est chef du Service de chirurgie générale aidé de MM.Ls-Philippe Leclerc, M.D., Jean-Marie Lemieux, M.D., et W.Caron, M.DL\u2019urologie relève de M.le Dr Nérée La vergne, tandis que l\u2019orthopédie est confiée à M.le Dr Paul Roger.Le Service d\u2019obstétrique pathologique et de gynécologie a comme chef M.le Dr Fabien Gagnon, professeur titulaire.| | .Le laboratoire de radiologie est des plus complets.En existence depuis 15 ans, il a été remanié il y a un an.Non seulement s\u2019est-on procuré les appareils les plus récents, mais on y a établi, pour la première fois au Canada, et peut-être même en Amérique du Nord, une ligne souterraine de courant triphasé de 4,600 volts.Cette ligne est utilisée uniquement pour les appareils du laboratoire.Sa puissance est telle (5) 484 LavAaL MÉDICAL Septembre 1944 qu\u2019elle permet de radiographier les poumons d\u2019adulte, à 6 pieds de distance à une vitesse de \u2018/sge de seconde.Pour les poumons d\u2019enfant, la vitesse atteint le '/,ge de seconde.Grâce à ces techniques, réalisables en tout temps, l\u2019image pulmonaire est des plus parfaites, parce que de telles vitesses permettent l\u2019arrêt temporaire du mouvement circulatoire dans l\u2019appareil respiratoire L\u2019Hôpital du Saint-Sacrement est le premier hôpital universitaire qui ait appliqué la radiothérapie profonde, dès 1927, avec un appareil importé d\u2019Europe.Le Dr Jules Gosselin, professeur agrégé, actuellement outre-mer, dirige toute la physiothérapie.L\u2019ophtalmologie et l\u2019oto-rhino-laryngologie, comprenant chacune un Service de dispensaire, sont cependant considérées comme entités distinctes.La première a pour chef M.le Dr.Henri Pichette, professeur titulaire, et la seconde M.le Dr Olivier Frenette, professeur agrégé et M.le Dr Jules Hallé, assistant.Le Service de pédiatrie est confié à M.le Dr Marcel Langlois, professeur agrégé, assisté de M.le Dr Roland Thibaudeau.Toute cette activité clinique reçoit l\u2019aide et la collaboration indispensables d\u2019un laboratoire d\u2019anatomie-pathologique et de bactériolcgie dont le directeur est M.le Dr Édouard Morin, professeur titulaire.La chimie médicale, partie du même laboratoire, est confiée à M.Émile Cliche, professeur agrégé à l\u2019École de pharmacie.En 1936, le Dr A.Paquet a été chargé du Service d\u2019anesthésie qu\u2019il dirigea seul jusqu\u2019en 1943, où 1l s\u2019est assuré le concours du Dr Lucien Rinfret.Le dispensaire général est dirigé par M.le Dr Antonio Martel, assistant dans le Service de médecine.Grâce à l\u2019initiative de M.le Dr Émile Gaumond, chef du Service de dermatologie, il a été créé, en septembre 1940, un dispensaire antivénérien modèle, faisant partie du Service médico-social provincial.Cette coordination était devenue nécessaire et elle permet un contrôle rigoureux des malades externes.Ajoutons à cela une clinique dentaire complète dont le service est assuré par M.le Dr Philippe Hamel, professeur agrégé, et par son fils, M.le Dr Jules Hamel, L.s.D. Septembre 1944 Lavar MépicaL 485 Quatre médecins résidents et 16 internes élèves sont affectés à ces différents services.AFFILIATIONS ET ÉVOLUTION Malgré que l\u2019Hôpital fût universitaire dès sa fondation, 1l est resté ouvert à tous les médecins qui sollicitent la permission d\u2019y soigner leurs malades.En 1930, il fut classé « À » suivant les exigences de l\u2019American College of Surgeons.En septembre 1939, dès le début des hostilités, le ministère des Pensions et de la Santé nationale s\u2019assura les services de l'Hôpital pour la durée du conflit.Inutile d\u2019ajouter que le travail de préparation à l\u2019état d\u2019urgence s\u2019y continue normalement.g y QUELQUES CHIFFRES Date de la fondation.1924 Ouverture de l\u2019hôpital.24 octobre 1927 Entrée du premier malade.13 décembre 1927 Nombre du personnel religieux.19en .1927 Nombre du personnel médical.16en .1927 Nombre d\u2019infirmières laïques graduées.2en .1927 Nombre d\u2019infirmières laïques étudiantes .33en .1927 Nombre d\u2019infirmiéres secondaires.45en .1927 Total des malades admis du 13 au 31 déc.1927.49 Total des malades admis du 31 déc.1927 au 31 déc.1928 2,413 Total des malades admis du 31 déc.1940 au 31 déc.1941 5,914 Total des malades admis depuis la fondation.61,405 Sous le vocable du Saint-Sacrement, l\u2019Hôpital a voulu perpétuer le souvenir de l\u2019un des fondateurs, le R.Père Auguste Pelletier, curé de la paroisse Saint-Sacrement, dans les limites de laquelle se trouvait autrefois l\u2019hôpital.Dr Marcel LANGLOIS. 3.\u2014 L\u2019HOPITAL SAINT-MICHEL-ARCHANGE (Mastaï, près Québec) L\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange est la continuation directe de l\u2019œuvre inaugurée en 1845 sous le nom « d\u2019Asile temporaire de Beau- port ».À cette date, un contrat fut passé entre le gouvernement et une corporation de trois médecins : James Douglas, Joseph Morrin et Charles Frémont, pour l\u2019entretien des malades aliénés du Bas-Canada.C\u2019était la première institution du genre dans la province de Québec et ses premiers quartiers s\u2019établirent dans l\u2019ancien manoir seigneurial de Robert Giffard, propriété du colonel Louis Gugy.Il ne s\u2019agissait là que d\u2019une installation provisoire et, cinq ans plus tard, les pensionnaires furent transférés dans une habitation nouvelle située sur le terrain actuel de l\u2019hôpital et l\u2019institution fut incorporée sous le titre de Quebec Lunatic Asylum.Cette appellation s\u2019explique par la prédominance de l\u2019élément anglais parmi les directeurs de l\u2019Asile qui, d\u2019ailleurs, contenait, à ce moment, une bien plus forte proportion de malades de langue anglaise qu\u2019à l\u2019heure actuelle.A partir de 1866, on voit cependant l\u2019institution passer sous le contrôle des Canadiens français, lorsque les Drs J.-E.Landry et Frs-Elz.Roy se portent acquéreurs des parts du Dr Douglas.Les propriétaires confient l\u2019administration matérielle de l\u2019institution au chevalier Vince- lette et l\u2019asile devient un centre de vie sociale intense où le nombre des visiteurs et invités de marque ne se compte plus.Pendant les années qui suivirent, et l\u2019on pourrait même dire jusqu\u2019à la fin du siècle, l\u2019Asile attira fréquemment l\u2019attention du monde politique.Il fut l\u2019objet d\u2019enquêtes, de rapports, d\u2019interpellations en Chambre, de polémiques nombreuses qui s\u2019inspiraient, sans doute autant de certaines Ah eh Te en orion = AWS sen = froze 4 sex Tut RN pa À fr A AZ LS Jp A 3 1e I rR RR # A ch #4 ( Ji 2 it æ 4 jt He?ay 4 th oY of in i Li y Hi .74 ite >» 3 = ul 211 Hi 1 Wy (fondé en 1845) IY inline, ; b hk al rn Diddy os\u2019 a] Pit, San Can ve ho pe i$, L\u2019HOPITAL SAINT-MICHEL-ARCHANGE sf Eros as ad py 5 wien = i ait = a ie ; CE wx SETIETN 0e emo reese MERE me roses essa vee etre ears.mt oe ooo Capacité en OX Sf soins due 19 I 3,664 lits ¥ menor = Brg SE SX, ce must = TE 0 a + D e: RE A JOE we o™ | œ se = + 3 .Lk ot Bl : Ex qx À > = & + $ Ar + = =.a x = ! = = sa ; : = ?: %æ SEM 5 +, sx : Lo = a 3 = ?CR S a «= Nd G J S it ES pos Pry ps) » PR \u201d es TP et, Ex.\u201cer, Re = J Fey, Xo 53 SAT a fn x = se va 2a À x à + a À es.pea RE RR a FU A =: oF 4 4 4 SR % es E $ = (A ve i = ?x a * 1 Dr- OY NY va as be \u20ac 3 3 Rp oS a 6 34 + 7 i.1 25 3 3 x > se À (fondée en 1926) ! A > =.| +f £ = x fad W Si | ER + = i] 14 #3 5 LA w 3 ze == von +.sg | 4} id { LA CLINIQUE ROY-ROUSSEAU LA x fa of, ¥ nee > Z ¥ ony { ps ve e 2 = x se PES a J aie ya Age f= =| Set {| za À LF SE de f £4 x 2p.z y.oF 2S A SERS, & : 2 # \"Pi ra , Z A 4, 5 ir H En or \u2019 LA +5 a \u201cag \u2018- fe td vr eae eng 4% \u201c2 oA (93 CAEN £33 SE £ ; ee 7 ans FE) ey tx 7 3 44 i Ë 445 Li nu tas i wid 2 a\u2018 2 4 % Le all Capacité A \"& ; #; La .CLÉ 4 © 8e At BEER AER 3 Als ça a.: ad ve 5 if ad $ A da où 6 = aux 3 ai x + Æ ta \u2018 = 200 1 5, i ® i Wess .es < =, 5 5 & 3 aang x, te A ils.ta 2 ; a rtd at + 4 dede - RN ren Septembre 1944 Lava\u2026 MépicAL 487 rivalités politiques que du souci du bien-être des malades.Tout cela, cependant, força le gouvernement à exercer un contrôle plus strict sur l\u2019administration.En 1885, on nomma le premier surintendant médical et ce fut le Dr Vallée, père de notre regretté secrétaire de la Faculté de médecine, qui occupa ce poste.Mais l\u2019opinion publique n\u2019était pas satisfaite.Depuis longtemps, l\u2019idée de confier la direction de la maison à une communauté religieuse faisait son chemin, et c\u2019est ainsi que les Révérendes Sœurs de la Charité devinrent propriétaires de l\u2019Asile, en 1893, le gouvernement se réservant le droit de nommer le surintendant médical et des médecins visiteurs.La propriété fut érigée en paroisse indépendante sous le vocable de Saint-Michel-Archange, et, à partir de ce moment, l\u2019Asile de Beauport cessa d\u2019être le sujet de controverses politiques.On vit s\u2019élaborer, au cours des années suivantes, tout un programme visant à l\u2019amélioration des conditions de vie des malades, en même temps que s\u2019opéraient des progrès constants dans l\u2019assistance médicale.Signalons, comme faits saillants, pendant cette période : l\u2019agrandis- ment des locaux, \"acquisition du senatorium de Mastai pour les malades privés, la construction d\u2019une aile centrale reliant la maison des hommes et des femmes (1905), la réorganisation de la ferme, etc.En 1903, le Dr Delphis Brochu, professeur de maladies mentales et nerveuses à l\u2019Université Laval, remplaçait, comme surintendant, le Dr Vallée.Des cliniques sur l\u2019aliénation mentale sont organisées pour les étudiants en médecine et les religieuses reçoivent leurs premiers brevets d\u2019infirmières en 1915.En 1922, nos premières infirmières laïques reçoivent leurs diplômes.L\u2019année 1924 marque une étape importante dans l\u2019évolution progressive de notre institution 1s\u2019oriente de plus en plus vers la formule idéale d\u2019un véritable hôpital psychiatrique.Tout d\u2019abord, une entente est passée entre le gouvernement, la Communauté et l\u2019Université Laval pour la nomination des médecins qui devront tous être choisis parmi le personnel universitaire ; puis, sous l\u2019impulsion du doyen de la Faculté de médecine, le Dr A.Rousseau, on fait appel à des spécialistes français qui s\u2019occuperont surtout de l\u2019ensei- 488 Lavar MÉpicaL Septembre 1944 gnement de la neuro-psychiatrie et de l\u2019organisation des laboratoires.Le Dr C.-S.Roy, au service de la maison depuis déjà plus de trente ans, est nommé surintendant, pendant que le Dr A.Brousseau, de Paris, devient directeur des Services médicaux.Les Drs Louis Berger et Paulin, venus de France, sont spécialement chargés de l\u2019installation des laboratoires d'anatomie pathologique et de biologie.En même temps, le personnel médical s\u2019accroit de plusieurs jeunes médecins qui, à tour de rôle, iront se perfectionner à l\u2019étranger, grâce à l\u2019octroi de bourses d\u2019études.Plusieurs initiatives novvelles marquent cette période qui s\u2019étendra jusqu\u2019au départ des médecins français en 1933.Citons l\u2019inauguration de la Clinique Roy-Rousseau, en 1926, la fondation de l\u2019école La Jemmerais en 1928 et l\u2019érection du pavillon Dufrost en 1931.Cette ère de construction s\u2019accompagne en même temps d\u2019une réorganisation complète des Services médicaux par la formation d\u2019un bureau médical tenant des séances régulières, par l\u2019établissement de règles précises pour la tenue des dossiers, par l\u2019augmentation du personnel infirmier, etc.L\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange est devenu aussi un hôpital universitaire, ouvert aux étudiants en médecine qui viennent y faire leur stage d\u2019internat et y suivre des cliniques.Grâce à ses Services de spécialités (chirurgie, oto-rhino-laryngologie), à ses laboratoires de radiologie, de biochimie, d\u2019anatomie pathologique, à sa bibliothèque de plus de 3,000 volumes, tous situés à la Clinique Roy-Rousseau, l\u2019hôpital est en mesure d\u2019utiliser toutes les techniques modernes qui s\u2019appliquent au diagnostic et au traitement des maladies mentales.Comme exemple, mentionnons l\u2019application de la pyrétothérapie et de la malariathérapie des syphilis nerveuses dès l\u2019année 1927 et l\u2019emploi de la thérapeutique convulsivante (métrazol, électro-choc) à partir de l\u2019automne 1938.En février 1939, un violent incendie dévastait la plus grande partie de l\u2019hôpital.Seul l\u2019ancien pavillon des hommes, bâti en 1864, fut épargné par le feu.Les malades durent être évacués dans les pavillons annexes et dans d\u2019autres institutions de la province.Bien qu\u2019on n\u2019ait eu à en- régistrer aucune perte de vie, ni aucun accident sérieux, les pertes matérielles furent énormes et la maison passa, bien entendu, par une période d\u2019extrêmes difficultés de toutes sortes.Mais avec un courage et une Septembre 1944 LavaL MEbicaL 489 rapidité dignes de tous les éloges, les religieuses entreprirent la reconstruction de l\u2019hôpital.Sur un nouveau site s\u2019éleva bientôt un édifice impressionnant de pierre solide, d\u2019une longueur de 636 pieds et d\u2019une hauteur de sept étages (10 étages à la tour centrale).Les premiers occupants y firent leur entrée en décembre 1941 et, rapidement, le fonctionnement normal du nouvel hôpital était assuré.Tous les Services centraux d\u2019administration du territoire de Saint- Michel-Archange y sont logés, ainsi que les bureaux du surintendant et des médecins.Le nouvel hôpital sert de centre d\u2019admission pour tous les malades internés du district de Québec.On y compte actuellement environ 1,600 malades sur un total de 3,500 distribué dans les divers pavillons.En principe, ce sont les malades récemment admis et ceux qui nécessitent des traitements actifs qui y sont traités, alors que les vieillards et les chroniques sont hospitalisés au pavillon Dufrost et à l\u2019école La Jemmerais.Cette dernière institution, malheureusement, a dû être, en grande partie, désaffectée de son rôle primitif depuis l\u2019incendie de 1939, et l\u2019augmentation constante du nombre des patients nous oblige à y maintenir des malades adultes à la place des enfants.L\u2019encombrement des hôpitaux d\u2019aliénés est actuellement un phénomène universel et nous n\u2019échappons pas à cette règle.Nous souffrons aussi, à cause de la guerre, d\u2019une pénurie grave de personnel, tant médical qu\u2019infirmier, ce qui nous force de remettre à plus tard l\u2019exécution de certains projets, principalement dans le domaine de la thérapeutique par le travail et dans l\u2019organisation d\u2019un Service social attaché à l\u2019hôpital.En tenant compte de ces restrictions qui nous sont imposées par les circonstances, nous pouvons dire, cependant, que l\u2019Hôpital Saint-Michel- Archange poursuit, avec succès, son évolution vers le progrès et que, tout compte fait, il peut soutenir avantageusement la comparaison avec les institutions similaires du pays.Dr Gustave DESROCHERS, assistant-surintendant. 4.\u2014 LA CLINIQUE ROY-ROUSSEAU La Clinique Roy-Rousseau, située à Mastaï, sur le domaine de l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange, fut ouverte en 1926, sous la direction du Dr Albert Brousseau, de Paris.C\u2019était le premier centre neuro-psychia- trique institué dans la province.L\u2019hépital, d\u2019une capacité de 200 its, est affilié à l\u2019Université Laval et administré financiérement par la corporation des Sœurs de la Charité de Québec qui en sont les propriétaires.Son érection fut le résultat des efforts concurrents : a) de l\u2019Université Laval, représentée par son recteur, Mgr Camille Roy, et par le doyen de la Faculté de médecine, le Dr Arthur Rousseau (d\u2019où son nom), qui désirait, pour Québec, un centre spécialisé de dépistage et de traitement des affections neurologiques et des maladies mentales ne méritant pas l\u2019internement, en même temps qu\u2019un centre d\u2019ensergnement pour les étudiants en médecine et les gardes-malades ; b) du ministère de la santé du gouvernement provincial qui désirait, pour les malades de l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange, un service complet de laboratoire, de radiologie, de chirurgie et de diverses autres spécialités ; c) des Sœurs de la Charité de Québec, déjà propriétaires de l\u2019Hôpita] Saint-Michel-Archange et intéressées, au même titre que le gouvernement, au bien-être des pensionnaires de l\u2019hôpital des aliénés.La Clinique Roy-Rousseau a satisfait à ces besoins en fournissant : 1° Un centre neuro-psychiatrique de dépistage et de traitement où les malades sont reçus en consultation, et où l\u2019on hospitalise, à leurs frais ou à ceux de l\u2019Assistance publique, les catégories suivantes de malades : Septembre 1944 LavaL MÉprcaL 491 a) tous les cas de maladies neurologiques ou mentales qui sont envoyés pour expertise médico-légale ; b) les porteurs de maladies neurologiques non identifrées ou traitables ; c) les toxicomanes qui consentent à faire une cure sérieuse ; d) les malades mentaux facilement maniables, présentant une maladie aiguë ou sub-aiguë, chez lesquels on peut entrevoir une guérison rapide, ou présentant des troubles qui ne sont pas de nature à entraîner des réactions ou des situations antisociales justifiables de l\u2019internement ou présentant, enfin, des anomalies dont seule une observation minutieuse peut identifier la nature et apprécier la gravité.Tous ces patients sont traités en cure libre et admis sans plus de formalités que dans les hôpitaux généraux.2° Un centre d\u2019enseignement pour les étudiants en médecine qui viennent y suivre des cours de neuro-psychiatrie avec présentation de malades ; pour des internes qui s\u2019y succèdent par stages de deux mois ; pour les gardes-malades de notre école affiliée à l\u2019Université Laval.3° Des Services complets de laboratoires et de spécialités à l\u2019usage commun de toutes les institutions de Mastaï : laboratoires de chimie biologique, de bactériologie, d\u2019anatomie pathologique, salle de dissection, installations de radiologie et de physiothérapie ; salles d\u2019opération, départements d\u2019obstétrique, d\u2019oto-rhino-laryngologie et de stomatologie.Le personnel médical est nommé par l\u2019Université Laval.Malgré les difficultés entraînées par l\u2019incendie de l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange, en 1939, et, depuis, par la guerre, la Clinique n\u2019a pas cessé de remplir ses fonctions et s\u2019est maintenue au point de toutes les acquisitions récentes de la science.Pour éviter toute confusion et des recours inutiles, 11 y a lieu de préciser que la Clinique Roy-Rousseau n\u2019est pas un hôpital pour malades chroniques mais un centre de triage et de traitements à courts termes.Nous n\u2019admettons pas d\u2019arriérés mentaux, pas de déments incurables pas de délirants chroniques, pas d\u2019épileptiques classifiés, pas de malades 492 LavaL\u2026 MÉDicAL Septembre 1944 neurologiques porteurs de séquelles permanentes, lesquels malades doivent être orientés les uns à l\u2019asile, les autres vers les hôpitaux pour malades chroniques.Il serait injuste de les garder ici indéfiniment au détriment de ceux à qui nous pouvons rendre de plus grands services.L\u2019espace de plus en plus réduit, relativement au nombre toujours croissant des malades qui s\u2019adressent à nous, doit être réservé pour les fins déjà mentionnées et pour les catégories de malades susceptibles de retirer les plus grands bénéfices d\u2019une hospitalisation temporaire.La circulation des malades dans l\u2019institution s\u2019accroît sans cesse.Nous avons admis, l\u2019an dernier, 1,375 malades et nous avons répondu à plus de 2,000 consultations.Ces seuls chiffres témoignent assez clairement du rôle éminemment utile que remplit l\u2019hôpital neuro-psychiatrique de l\u2019Université Laval.Sylvio CARON, M.D., surintendant médical. ov PEU pr Lt te pa PE ok 3 gy 3 Po ie tN J ad ve nn 2 eal % LAN Le *e pr 2 m4 - Sl ssiie Bou 4 us GE cn wi % 5) sa i: CCR à au\u201d TE Arian, Ba » E ve Pré a 2 1 AT 7 A Gy ore APES noe WE ator % À os 7 > 4 D a 4; es CE oy be EE bem yo» Bry ios .5.4 ey 4 didn ad \"à mm is a, Riis ST a ls po Es \u201c EU 9 ly 0 ps La te te, Fe A Yor po fut \u201c3 Bring.0 pd La or \u2014 ès Ne PX + A 35 MES sévit + nel Pe \u2014 VE a germ 2 att ie % tos > L of, 5, 3e a à Fa at PE ow 24 Wingy 4 = aT FR + Bg gg 4 x prs455 v it FN tl Rl D ! att av Fe 2 A: rid AW Se rr \u2018fer 1 Ng ia 1.-% .rn LS pe ot po C Ve Id a + 8 « > SEN om ET 4 Way, Ed \"a ! ne : né a Se 18 baie rs $- 4: 2 7) 2 pi rg 2 Gi £ SHS B = Ria 4e y\u201d £3 Wr ~~ se gi Po PSO Fe ce sw \u201ctue sac a op PRS es, See > SH, a L\u2019HOPITAL LAVAL (fondé en 1915) Capacité : 430 lits. pee [pe 5.\u2014 L\u2019HOPITAL LAVAL L\u2019Hôpital Laval, dont on admire aujourd\u2019hui la superbe architecture, a été fondé, le 15 novembre 1915, par le Dr Arthur Rousseau aidé de citoyens généreux et dévoués.Son premier local, rue des Prairies, a été utilisé de 1915 à 1918.C\u2019est à cette dernière date que s\u2019est ouvert le nouvel hôpital à Sainte-Foy.Des agrandissements considérables furent faits en 1924 et en 1929.L\u2019Hôpital Laval est actuellement un centre hospitalier qui peut abriter 430 malades.12,895 y furent traités depuis 1915.Le Bureau de direction de l\u2019Hôpital Laval est composé comme suit : président : l\u2019honorable L.-A.Taschereau ; vice-président : M.L.-P.Turgeon ; secrétaire : l\u2019honorable juge F.Roy ; trésorier : M.L.-T.des Rivières ; directeurs : Monseigneur C.Gagnon, Dr R.Desmeules, M.T.Maher, M.J.Tessier et M.H.-S.Quart.La régie interne de l\u2019hôpital est confiée aux RR.SS.de la Charité de Québec qui furent parmi les premières religieuses à se dévouer pour les tuberculeux dans la province de Québec.Le Service de médecine comprend deux chefs de Service : le Dr Roland Desmeules, directeur médical, le Dr Louis Rousseau, assistant- directeur médical.Le Dr Philippe Richard est assistant-médecin.Service de chirurgie thoracique et d\u2019orthopédie : chef de Service : Dr J.-P.Roger ; assistant : Dr J.-M.Lemieux.Laboratoire : Dr Maurice Giroux ; Service de radiologie : Drs Jules Gosselin et M.Samson ; Service de bronchoscopie et d\u2019oto-rhino-laryngo- 494 Lavar MÉpicaAL Septembre 1944 logie : Dr G.-L.Côté ; Service de la nutrition : Dr E.Sylvestre ; Service dentaire : Dr A.Déry.Neuf internes sont attachés aux différents Services et résident à lhôpital.L\u2019Hôpital Laval est affilié à l\u2019Université Laval.Il distribue l\u2019enser- gnement aux étudiants de la Faculté de médecine.Les autorités de l\u2019Hôpital Laval sont conscientes du développement remarquable atteint par leur maison.N\u2019ont-elles pas réussi à organiser un centre hospitalier qui offre aux tuberculeux les meilleures conditions d\u2019examen médical, l\u2019application de toutes les méthodes modernes de traitement de la tuberculose et des maladies de l\u2019appareil respiratoire ?Elles sont fières d\u2019avoir pu contribuer au développement d\u2019un hôpital où l\u2019enseignement, la publication et la recherche scientifique ont largement leur place dans les occupations du personnel hospitalier.L\u2019Hôpital Laval ne désire que deux choses : rendre le plus de services possible aux tuberculeux et contribuer à augmenter le prestige de la médecine canadienne- française.Roland DESMEULES, M.D. ON \u2014\u2014 NS 7 5 L PRE OSes =a > = D se ~- Rs wEEBY res [44 442 4 Ne ; 23] bi {) NS ÿ 2527 4 Ut + \u20ac [2 Li ÿ 1 fr * i 3} ; ÿ £2 TE rE LL i is =n ow sar WCE Ea ERNE HAY 3 g \u20ac 11] 8 LE Hl = \\ ow a ee Eos PLUS ES 4 tp aad {137 T] 4 + J ry ANS CEE A 7% RBI Tv SE EE HOPITAUX DE LA MISERICORDE ET DE LA CRECHE SAINT-VINCENT-DE-PAUL (fondés en 1849) Capacités : 144 et 748 lits. 6.\u2014 LES HOPITAUX DE LA MISÉRICORDE ET DE LA CRECHE SAINT-VINCENT-DE-PAUL L'origine de ces deux institutions remonte à 1849, cinq ans après la fondation de la première Crèche française par Firmin Marbeau à Saint- Pierre-de-Chaillot.En examinant l\u2019histoire de toutes les institutions destinées à prendre soin des filles-mères et de leurs enfants, nous constatons que presque tous ces hôpitaux ont été créés de 1840 à 1875.Le problème des filles-mères et des enfants 1llégitimes nous paraît s\u2019être posé d\u2019une façon très aiguë dans tous les pays vers la fin du xvitIe siècle comme conséquence d\u2019une évolution sociale particulière.A Québec, comme ailleurs, les filles-mères étaient plus ou moins protégées et souvent abandonnées à leur triste sort.En 1849, une âme généreuse, le chevalier George Muir, président-fondateur de la Société Saint-Vincent-de-Paul, s\u2019intéressa activement au problème en vue de créer une œuvre destinée à protéger physiquement et moralement les filles-mères après leur accouchement à la prison des femmes et à l\u2019Hôpital de la Marine.Comme toutes les créations d\u2019envergure, cette œuvre ne pouvait prendre naissance et se développer sur le seul terrain des bonnes intentions et le dévouement exclusif d\u2019un seul individu.Le chevalier Muir comprit cette vérité première et s\u2019associa, pour la réalisation du projet qui lui était cher, à Mme F.-X.Roy, née Fitzback.L\u2019un et l\u2019autre, après avoir obtenu l\u2019approbation de l\u2019archevêque de Québec, Monseigneur Turgeon, inauguraient, en 1850, un premier refuge, sur la rue Richelieu, sous le nom d\u2019Asile Sainte-Madeleine. 496 LAvAL MÉDICAL Septembre 1944 Par ses belles qualités morales et le rayonnement de son dévouement, Mme Roy réunit bientôt autour d\u2019elle des collaboratrices de plus en plus nombreuses.C\u2019est dans cet atmosphère de dévouement à la fille-mère, à l\u2019Asile Sainte-Madeleine, que fut fondée la Congrégation des Sœurs du Bon Pasteur.Cette communauté née pour soutenir et faire vivre une œuvre essentiellement sociale n\u2019a pas cessé de progresser et d\u2019agrandir son champ d\u2019action dans le domaine de la protection de la jeune fille et de l\u2019enfant.DÉVELOPPEMENT DE LA MATERNITÉ Quelques mois après l\u2019ouverture de l\u2019Asile Sainte-Madeleine, de la rue Richelieu, il fallait déjà songer à trouver un local plus vaste.En 1852, M.l\u2019abbé Auclair loua, au prix de $24.par année, une maison située à l\u2019angle des rues Scott et Saint-Gabriel en vue d\u2019y installer un autre refuge sous le nom d\u2019Hospice Saint-Joseph.En 1852, cet Hospice Saint-Joseph fut transporté dans une maison du Séminaire de Québec sur la rue Couillard.A l\u2019Hospice Saint-Joseph, on trouve étroitement associé le nom de Marie Métivier, matronne de l\u2019institution de 1852 à 1874.Un comité de Dames était chargé de soutenir fmancièrement cet asile et, parmi celles-ci, on relève les noms de : Mmes Vves juge Panet Mmes Vital Têtu, Pierre Pelletier, J.-T.Taschereau, Jos.Carrier, Cirice Tétu, Elzéar Taschereau, C.-F.Langevin, Louis Bilodeau.De 1852 à 1874, il y eut 616 naissances et quatre filles-méres moururent des suites de couches.L\u2019Hospice Saint-Joseph changea son nom en 1874 pour celui de Hospice de la Miséricorde.En 1929, l\u2019Hospice de la Miséricorde fut déménagé à son site actuel du chemin Sainte-Foy. Septembre 1944 LavaL MEpicAL 497 DEVELOPPEMENT DE LA CRÈCHE De 1852 à 1873, 1l n\u2019y avait pas de Crèche à Québec.Les enfants illégitimes qui survivaient étaient placés dès leur naissance dans des familles ou bien confiés à une institution de Montréal dirigée par les Sœurs Grises.L\u2019Hôtel-Dieu du Sacré-Cœur recueillit les enfants 1llégitimes de la région de 1873 à 1901.À cette date, la Communauté du Bon Pasteur érigea une Crèche rue Saint-Amable qui fut transportée à l\u2019Hospice de la Miséricorde, rue Couillard, l\u2019année survante.Enfin, en 1908, la Crèche prit définitivement le nom de Crèche Saint- Vincent-de-Paul et fut installée sur le chemin Sainte-Foy dans des édifices plus modernes, don du chevalier Robitaille.C\u2019est en 1929 que la Crèche Saint-Vincent-de-Paul prit possession des vastes édifices à l\u2019épreuve du feu qu\u2019elle occupe encore aujourd\u2019hui.ORGANISATION DE LA MISÉRICORDE Personnel hospitalier : 11 religieuses ; 4 infirmières graduées ; 9 aides.L\u2019enseignement clinique de l\u2019obstétrique fut inauguré en 1885 par le Pr Arthur Vallée, qui fut titulaire de cette chaire jusqu\u2019en 1903.À cette même chaire, nous devons ajouter les noms des titulaires suivants : M.le professeur Siméon Grondin, de 1903 à 1923 ; M.le professeur Joseph Caouette, de 1923 à 1932 ; M.le professeur Fabien Gagnon, de 1932 à 1940 ; M.le professeur agrégé René Simard, depuis 1940 ; M.le docteur Yvon Paradis, assistant bénévole depuis 1943.Pendant toute l\u2019année l\u2019enseignement se donne aux internes.Trois fois la semaine, pendant l\u2019année universitaire, les stagiaires suivent les cliniques.ORGANISATION DE LA CRÈCHE Personnel hospitalier : 14 religieuses , 160 aides. 498 LavaL MÉDicaL Septembre 1944 ENSEIGNEMENT De 1905 à 1908, l\u2019enseignement clinique de la pédiatrie fut donné par le Pr René Fortier à la Miséricorde.De 1908 à 1929, le Pr René Fortier donnait ses cliniques à la Crèche, sur le chemin Sainte-Foy.En 1929 jusqu\u2019en 1937, c\u2019est le Pr Albert Jobimn qui occupait la chaire de pédiatrie, assisté des médecins suivants : Les Drs D.Lapointe, assistant ; P.Painchaud, oto-rhino-laryngologiste ; L.-P.Leclerc, chirurgien ; ; Jules Hamel, dentiste.Comme à la Miséricorde, l\u2019enseignement de la pédiatrie se donne à la Crèche tous les jours de l\u2019année pour les internes et trois fois par semaine, pendant l\u2019année universitaire, pour les stagiaires.Depuis 1940, des recherches importantes ont été entreprises dans le domaine de l\u2019immunité de la coqueluche et de la rougeole en collaboration avec les laboratoires Ayerst McKenna et Harrison.Les résultats de ces travaux ont été publiés dans le Journal de l\u2019Association médicale canadienne et dans le Laval Médical.D\u2019autres travaux de recherche sont actuellement en cours et seront publiés prochainement.La Crèche Saint-Vincent-de-Paul, quoique occupant de très vastes édifices, se trouve débordée depuis déjà plusieurs années par un trop grand nombre d\u2019enfants.Malgré de très nombreux placements, l\u2019hôpital héberge actuellement près de 800 enfants, soit le double de sa capacité normale.Nous espérons pouvoir résoudre cet angoissant problème d\u2019ici quelques années.D.LAPOINTE, M.D.\u2014 3 Paes 3 a RS # 4 =.2 a na pe remain Sa 7 > Aa, 3 3d _+ pa Sx, ; ge a = x ES Sri i > £68 x 7 $ hn fd = À, 200 He?pis Hg, isin DRE arc 2 a \u201d +.x = 8.ce, .RE - oF os \u201c ng = 2 LA », ww BY % \u20ac A à ad erent : Le = = aes a igre : : 5 LL sx A ARE Aon an LE né L\u2019HOPITAL CIVIQUE (fondé en 1915) Capacité : 98 lits. 7.\u2014 L\u2019HOPITAL CIVIQUE L'Hôpital Civique actuel fut construit en 1915.Il pouvait alors recevoir 58 patients.L'administration interne fut confiée aux RR.SS.de la Charité qui, depuis, exercent leur zèle et leur dévouement auprès des malades.La direction médicale et le traitement des malades indigents relèvent du médecin municipal, directeur du département de la Santé publique.Cet hôpital remplaçait un premier hôpital pour maladies contagieuses qui avait été établi sur la rue des Prairies en 1892.En 1931, le Conseil municipal décida d\u2019agrandir l\u2019Hôpital Civique et une aile fut ajoutée au corps central de la bâtisse.Cette aile peut ac- commoder 42 malades.Le nombre de lits fut donc porté à 100.La raison de l\u2019existence de l\u2019Hôpital Civique est la nécessité, pour une ville comme Québec, d\u2019avoir un endroit où les cas de maladies conta- gieuses épidémiques peuvent être traités et isolés de manière à prévenir, enrayer ou contrôler une épidémie.Le personnel de l\u2019Hôpital Civique comprend : 1 aumônier ; 13 religieuses ; Les gardes-malades étudiantes qui, toutes, font un stage à l\u2019hôpital pour l\u2019étude des maladies contagieuses ; Une vingtaine de bonnes.(6) 500 Lavar MÉDICAL Septembre 1944 Le personnel médical est composé du directeur du Bureau de santé, du Dr Léo Côté, spécialiste en oto-rhino-laryngologie et de deux internes.L'hôpital est divisé en six départements et chacun d\u2019eux est affecté au traitement d\u2019une maladie contagieuse.Une technique d\u2019asepsie doit être suivie par toutes les personnes qui donnent leurs soins aux malades.En 1926, grâce à une entente avec l\u2019Université Laval et la cité de Québec, l\u2019Hôpital Civique devint hôpital universitaire.Les élèves de 5° année, qui sont divisés en deux groupes, y suivent 12 leçons de 2 heures de clinique de maladies contagieuses.L\u2019Hôpital Civique, de 1931 à 1943, a reçu 9,371 cas de maladies contagieuses.Dr B.PAQUET. IV.\u2014 LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC La Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec est de date relativement récente.Fondée en décembre 1931, elle est donc dans sa treizième année.I! était convenable qu\u2019à l\u2019occasion de la parution de ce numéro spécial du Laval Médical où l\u2019on veut écrire la petite histoire des activités hospitalières, médicales et para-médicales de la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval, on dise quelques mots à son sujet.Le recul du temps est suffisant pour voir le chemin qui a été parcouru et pour envisager ce qu\u2019on est en droit d\u2019attendre pour l\u2019avenir.Son objet : La Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec fut essentiellement l\u2019œuvre du doyen Arthur Rousseau.À l\u2019instar de la Société médicale des Hôpitaux de Paris dont elle a voulu et veut encore être le reflet au pays de Québec, elle à eu pour but immédiat et constant la dissémination de l\u2019esprit clinique et de la clinique française.Elle englobe toutes les branches de l\u2019activité médicale et, autant que possible, cherche à présenter des programmes équilibrés où voisinent des observations de médecine générale, de chirurgie générale, des travaux de laboratoire ou du domaine des diverses spécialités.Comme nous le disions plus haut, elle vise à être clinique avant tout et la très grande majorité de ses séances se tiennent dans les hôpitaux universitaires.Les travaux doivent être courts \u2014 quinze minutes seulement sont allouées pour chaque communication \u2014 et, autant que faire se peut, accompagnés de présentation de malades. 502 LavaL MEbicaL Septembre 1944 Séances réguliéres : Les séances régulières ont lieu le soir dans les différents hôpitaux universitaires.La distribution annuelle est la suivante : Hôtel-Eieu de Québec, trois séances ; Hôpital du Saint-Sacrement, trois séances ; Hôpital Saint-Michel-Archange, deux séances ; Hôpital Laval, deux séances ; Crèche Saint-Vincent-de-Paul, une séance.Ces séances régulières ont lieu à date fixe, soit les premiers et les troisièmes vendredis de chaque mois, d\u2019octobre à avril inclusivement sauf le premier vendredi de janvier, ce qui représente sensiblement onze réunions par année.Depuis sa fondation, la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec a tenu cent soixante-six assemblées (166).Les sujets médicaux les plus divers ont été envisagés.Une discussion, dirigée par le président de séance, fait suite à chaque communication.Une particularité de notre Société, c\u2019est qu\u2019elle ne s\u2019occupe pas des intérêts professionnels.Séances spéciales : Depuis 1939, une fois l\u2019an, la Société présente uve séance où un sujet unique est au programme.Cette question est traitée sous ses différents angles \u2018et les travaux revêtent l\u2019aspect particulier de revues générales.Mais il s\u2019agit là d\u2019une véritable suspension temporaire des activités de la Société médicale des Hôpitaux universitaires qui n\u2019a pas été fondée dans ce but.Ont tour à tour été traitées, les questions suivantes : Mars 1939: * Le goître ; : : ° Décembre 1939 : Les sulfamidés.Conférencier invité : le Dr Walter de M.Scriver, de l\u2019Université McGill ; \u2019 Décembre 1940 : L\u2019angine de poitrine.Conférencier invité : le Dr Mer- cier-Fauteux, de l\u2019Université de Montréal ; Octobre 194t : La syphilis.Conférencier du Collège royal des méde- \u201c eins et chirurgiens du Canada pour l\u2019année 1941 : le Dr Émile Gaumond, de l\u2019Université Laval ; Septembre 1944 LAvAL MÉDICAL 503 Décembre 1942 : Les ulcères gastriques et duodénaux ; Décembre 1943 : Les anémaies.Membres : La Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec se compose de différentes catégories de membres : membres émérites, membres actifs (titulaires et adhérents) et membres correspondants.Les membres émérites, au nombre de deux, sont ceux qui ont atteint la limite d\u2019âge des activités universitaires et qui détiennent le titre de professeurs émérites.Les membres actifs sont les plus nombreux, soit 89.Ils portent la dénomination de titulaires ou d\u2019adhérents selon leurs fonctions universitaires.Peuvent devenir membres titulaires : les professeurs et les agrégés de la Faculté de médecine et les chefs de Service dans les Hôpitaux universitaires.Peuvent devenir membres adhérents : les assistants dans les Services hospitaliers et dans les laboratoires universitaires.Les membres adhérents ne font partie de la Société que pendant la durée de leurs fonctions universitaires.Les membres correspondants \u2014 au nombre de 5, tous résidant en France \u2014 sont élus parmi les notabilités médicales canadiennes et parmi les médecins et savants étrangers qui peuvent apporter à la Société une contribution utile ou qui ont des titres à sa reconnaissance.Pour devenir membre de la Société à un titre quelconque, 1l faut être présenté par un membre titulaire à une séance régulière, et recueillir la majorité des suffrages des membres présents à la séance suivante.Notre Société est donc essentiellement universitaire et, pour en faire partie, le candidat doit être attaché ou à une chaire d\u2019enseignerent théorique, ou à un Service clinique, où à un laboratoire universitaires.Tous les médecins sont admis à nos séances et peuvent, avec l\u2019autorisation du président, prendre part aux discussions.Séances générales : Au cours du mois de janvier de chaque année, la Société se réunit à la Faculté de médecine.On y entend lecture des rapports du Conseil d\u2019administration sur la situation générale de la Société, du trésorier sur 504 LavaL MÉDpicaL Septembre 1944 sa situation financière et le compte-rendu du secrétaire sur les travaux présentés au cours de l\u2019année écoulée.Officiers : Le Bureau de la Société se compose d\u2019un président, d\u2019un vice- président, d\u2019un secrétaire et d\u2019un trésorier.Le Conseil d\u2019administration se compose des membres du Bureau et de trois membres de la Société élus pour trois ans.Ces derniers, ainsi que le secrétaire et le trésorier qui sont élus pour un an, sont indéfiniment rééligibles.Le président et le vice-président sont élus pour un an ; ils ne sont rééligibles qu\u2019une fois.Voici la liste'des officiers, anciens et actuels, de la Société depuis sa fondation : Richard Lessard.Présidents : Arthur Rousseau.1932-1934 Joseph Guérard.1934-1935 P.-C.Dagneau.1936-1937 Arthur Vallée.1938 J.-Edmour Perron.1939-1940 Joseph Caouette.1941 Roland Desmeules.1942-1943 Sylvio Caron.1944\u2014 Vice-présidents : Joseph Guérard.1932-1933 P.-C.Dagneau.1934-1935 CS.Roy.1936-1937 J.-Edmour Perron.1938 Joseph Caouette.1939-1940 Roland Desmeules.1941 Sylvio Caron.1942-1943 Renaud Lemieux.1944\u2014 Secrétaires : Roland Desmeules.1932-1940 1941- Septembre 1944 Lavar MÉDICAL 505 Trésoriers : Gustave Desrochers.1932-1940 Marcel Langlois.1941- Membres du Conseil d\u2019administration : P.-C.Dagneau.1932-1933 Arthur Vallée.1932-1937 A.-Rosario Potvin.1932-1943 C-S.Roy.1934-1935 Charles Vézina.1936-1943 Sylvio Caron.1938-1942 Renaud Lemieux.1942-1943 Lucien LaRue.1944- Louis Rousseau.1944- Donat Lapointe.1944- Journée médicale : En septembre 1943, la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec a organisé sa première journée médicale qui fut couronnée d\u2019un réel succès.Au delà de 350 médecins prirent part à ces activités médico-sociales qui parurent rencontrer le meilleur accueil.Il s\u2019agit là d\u2019une initiative du président, le Dr Roland Desmeules, secrétaire-fonda- teur de la Société.Nous espérons pouvoir rééditer, plus tard, cette journée médicale avec un succès que nous voudrions être au moins égal à celui de l\u2019an dernier.« Laval Médical » : La Société médicale des Hôpitaux universitaires a d\u2019abord publié ses travaux et communications dans le Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux universitaires qui avait succédé au Bulletin médical de Québec.Depuis mars 1936, le Laval Médical est l\u2019organe officiel de notre Société.Il publie les travaux originaux des membres ou les communications faites ailleurs et inédites et qui ont été résumées devant la Société.Il s\u2019agit là d\u2019un organisme distinct de la Société, indépendant d\u2019elle et à caractère uniquement universitaire.Le président du Bureau de direction est le doyen de la Faculté de médecine.Le Laval Médical est l\u2019organe officieux de la Faculté. 506 LavaL.MÉpicaL Septembre 1944 Lors de la publication de son premier numéro, le Dr Roméo Blanchet écrivait ce qui suit : « Que Laval Médical soit à la fois le baromètre de la vie médicale à Québec, l\u2019écho des progrès scientifiques réalisés à l\u2019étranger et l\u2019agent de liaison efficace entre le spécialiste et le praticien général, voilà l\u2019ambition de ses fondateurs.» Il s\u2019agissait là d\u2019un programme qui ne manquait pas d\u2019ampleur et nous pouvons le dire sans fausse modestie, il a été pleinement réalisé.Le Laval Médical a disséminé aux quatre coins du monde les produits de nos activités médicales et professionnelles et nous voulons l\u2019assurer ici de notre profonde et constante gratitude.La Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec, fondée « pour organiser, à la Faculté de médecine \u2014 en dehors des programmes officiels \u2014, un entraînement clinique supérieur, et pour accélérer, par une collaboration mieux comprise, les travaux de pathologie expérimentale » (Roméo Blanchet) n\u2019a pas failli à sa tâche.| Son but princeps était de favoriser le développement d\u2019une élite médicale parmi ses membres et de diffuser, chez nous ainsi qu\u2019à l\u2019étranger, le reflet de ses activités para-universitaires.Cet objectif semble en bonne voie de réalisation.On pourra nous reprocher d\u2019avoir fait une mince part aux travaux de médecine expérimentale et de recherche pure.L'avenir prouvera, osons-nous l\u2019espérer, que si, à date, les séances de notre Société ont été surtout les témoins de revues générales, d\u2019observations inédites ou de présentations de cas cliniques, la recherche pure n\u2019en constitue pas moins une de nos préoccupations les plus chères.5 aa TA : > Richard LESSARD, M.D., F.R.C.P.(C), wie Less Co © secrétaire.% $a COMMUNICATIONS CONSIDERATIONS SUR QUELQUES BRONCHIECTASIES DU SOMMET par Louis ROUSSEAU Chef de Service à l\u2019Hôpital Laval Le diagnostic de bronchiectasie ne prête guère à confusion, du moins lorsque les dilatations bronchiques sont importantes et qu\u2019elles s\u2019accompagnent d\u2019expectorations caractéristiques.À un degré moindre, les bronchiectasies peuvent être Ignorées surtout s1 elles sont associées à une tuberculose pulmonaire.Les symptômes des dilatations se confondent avec ceux de la tuberculose et 1l devient impossible d'apprécier les désordres attribuables a chacune d'elles, sans la bronchographie lipiodolée.On peut se demander où commence la dilatation bronchique.Normalement, chaque tronc bronchique a un diamètre égal Jusqu\u2019à sa bifurcation et, avant d\u2019atteindre des déformations monstrueuses, sa structure est progressivement altérée par les infections variées de l\u2019appareil respiratoire.Il peut exister, à ces stages, de petites dilatations qui ne donneront d\u2019autres symptômes que ceux de la bronchite banale. 508 LavaL MEbicaL Septembre 1944 Les dilatations bronchiques sont considérées comme un état pathologique définitif.Comme, dans la majorité des cas, elles résultent de maladies chroniques des voies respiratoires, il s\u2019ensuit un tissu scléreux qui s\u2019oppose à toute guérison ou amélioration.Cependant, 1l faudrait faire exception pour les dilatations survenant a la suite d\u2019affections pulmonaires aiguës, dont la durée éphémère n\u2019entraîne pas nécessairement de profondes altérations des parois bronchiques avec formation de sclérose.Ces dilatations, mises en évidence par des examens lipiodolés, peuvent guérir définitivement comme nous avons pu le constater quelquefois chez l\u2019enfant.La tuberculose, étant une maladie essentiellement chronique, réalise fréquemment des bronchiectasies mais, comme elles sont souvent minimes, l\u2019abondance des expectoratrons qui caractérise cette association morbide est attribuée uniquement à la tuberculose.La frêquence de cette association serait imposante.Potter et Paglinghi l\u2019ont rencontrée dans 45% des cas sur 180 tuberculeux.Murphy, dans 601%.Ce pourcentage élevé ne signifie pas que ces dilatations sont toutes d\u2019origine tuberculeuse.On n\u2019a pas reconnu, à date, une influence importante des dilatations sur l\u2019évolution de la tuberculose pulmonaire mais on a peut-être eu tort de ne pas les rechercher systématiquement dans les tuberculoses pulmonaires a chronicité désespérante.Aprés des thoracoplasties extra-pleurales, on observe parfois des expectorations purulentes abondantes non bacilliféres qui sont occasionnées par des dilatations.\u201d On a prétendu que la thoracoplastie en était responsable.Cette interprétation pathogénique est discutable.En effet, comme cette intervention est surtout pratiquée lorsqu\u2019existe une tendance à la fibrose, 11 convient d\u2019invoquer la sclérose broncho-pulmo- naire, comme facteur provoquant les dilatations, beaucoup plus que les conséquences de l\u2019intervention chirurgrcale.Dans la pathogénie des dilatations bronchiques, directement ou indirectement attribuables à la tuberculose, il ne faut pas omettre la sténose bronchique qui, en s\u2019opposant au drainage des produits bacilli- fères, emprisonne de grandes quantités de pus en aval de l\u2019obstacle.La sténose complète serait moins préjudiciable que l\u2019obstruction in- Septembre 1944 Lavar MépicaL 509 complète.Expérimentalement, Adams et Escudero n\u2019ont pas pu réaliser de dilatations en obstruant complètement une bronche et 1ls en concluent que l\u2019obstruction incomplète est un facteur plus important parce qu\u2019il permet l\u2019infection secondaire.La tuberculose endo-bronchique joue un rôle capital dans la réalisation de cette complication et le traitement adéquat de la tuberculose pulmonaire ne peut être envisagé en l\u2019ignorance de l\u2019état bronchique, surtout lorsque doit être instituée une collapsothérapie.Des constatations bronchoscopiques, faites régulièrement à l\u2019Hôpr- tal Laval depuis quelques années par le Dr Léo Côté, nous ont permis de nous rendre compte de la grande fréquence des tuberculoses endo- bronchiques avec sténose plus ou moins complète.Samson et McIndoe évaluent à 11% les ulcérations bronchiques au cours des tuberculoses pulmonaires.Leurs affirmations reposent sur des études broncho- scopiques.Les bronchiectasies siègent le plus souvent à la base, mais rien ne s\u2019oppose à une topographie différente et des examens lipiodolés nous permettent d\u2019en localiser au lobe moyen, aux lobes supérieurs.Lorsque les drlatations touchent les bronches des lobes inférieurs, les symptômes sont pathognomoniques.La disposition des bronches, leur déclivité, favorisent l\u2019accumulation de pus qui est ensuite rejeté lorsque le vase est trop plein.Il n\u2019en sera pas de même s1 les drlatations atteignent les bronches des lobes supérieurs et la symptomatologie sera fruste : le drainage peut se faire sans difficulté et l\u2019émission des expectorations n\u2019a plus le caractère propre aux dilatations.Ces conditions favorables de drainage peuvent même permettre une guérison de la bronchorrée purulente, seul symptôme clinique important de cette affection.La bronchographie lipiodolée des ramifications de la bronche souche permet seule d\u2019établir avec certitude existence de ces dilatations bronchiques du sommet, les radiographies non renforcées donnant des images de sclérose que l\u2019on attribue logiquement a la tuberculose pulmonaire.Nous vous présentons trois observations de dilatations bronchiques intéressant les sommets pulmonaires.La première observation correspond à des drlatations minimes tandis que les deux autres illustrent des ectasies bronchiques importantes. 510 Lavar MÉDpicaL Septembre 1944 PREMIÈRE OBSERVATION Mlle H.B., 16 ans, n\u2019a apparemment été en contact avec aucun tuberculeux.Elle a eu une affection pulmonaire aiguë il y a quatre ans.La toux et les expectorations apparurent aprés cette pneumopathie et ont toujours persisté jusqu\u2019à son admission à l\u2019Hôpital Laval, le 2 septembre 1942, Il est à noter que quelques examens de crachats faits avant son hospitalisation ne montrèrent pas de bacilles de Koch.La quantité quotidienne des expectorations était de 30 c.c.environ.A l\u2019examen physique, on décelait des signes cavitaires aux régions sus- et sous- claviculaires.La radiographie pulmonaire montrait des opacités linéaires à point de départ hilarre se distribuant en forme d\u2019éventail vers le sommet droit.Aucune image de condensation.Malgré l\u2019absence de preuves bactériologiques de tuberculose, un pneumothorax artificiel fut institué puis entretenu durant 4 mois ; le collapsus fut minime, portant surtout sur le sommet.Cette thérapeutique ne modifia guère les images aréolarres mais elle fut rapidement suivie d\u2019uñe disparition complète des expectorations.La collapsothérapie dut être abandonnée en raison d\u2019adhérences pleurales.La recherche des bacilles de Koch, faite à 7 reprises sur le liquide retiré de I\u2019estomac, donna toujours des résultats négatifs.Cependant un des cobayes inoculés présenta une tuberculose de Villemin.So Une injection de lipiodol, faite sous bronchoscopie, permit de constater de petites dilatations bronchiques au sommet droit.Au\u2019 mois d\u2019octobre 1943 elle fut traitée par thoracoplastie extra-pleurale.Le choix de cette thérapeutique est discutable mais, comme nous croyions à une association tuberculeuse, la mise au repos de ce foyer nous a paru justifiable.LES Il est impossible d\u2019apprécier les résultats de cette intervention puisque même avant la thoracoplastie il n\u2019y avait ni toux ni expectorations.La présence de bacilles en une seule occasion ne nous parait pas suffisante pour attribuer ces dilatations à un processus tuberculeux, d\u2019autant plus qu\u2019à l\u2019origine de la bronchorrée purulente 1! y a une pneumo- pathie aiguë.Nous croyons plutôt qu\u2019une tuberculose minime s\u2019est greffée sur ces dilatations bronchiques.Nous désirons attirer l\u2019attention Septembre 1944 LavAL MÉDICAL 511 sur la grande fréquence de la présence de bacilles de Koch dans les expectorations des porteurs de dilatations bronchiques malgré une symptomatologie qui ne rappelle en rien celle des maladies tuberculeuses.DEUXIÈME OBSERVATION Mlle J.G., 48 ans, a eu une affection pulmonaire aigué à l\u2019âge de 13 ans.Aucun antécédent tuberculeux.En janvier 1941, elle présente, pour la première fois, de la toux, des - expectorations, des douleurs thoraciques et de la fièvre.Ces symptômes traînent durant un mois, après quoi elle fait une hémoptysie.Deux mois plus tard, elle reprend son travail de ménagère mais la toux et les expectorations persistent.Au mois de mai 1941, à l\u2019occasion d\u2019un examen radiologique, on décèle une localisation au poumon droit et on lui conseille le sanatorium.Elle est admise à l\u2019Hôpital Laval le 18 juin 1941.L\u2019examen stéthacoustique, à l\u2019admission, nous permet d\u2019entendre des signes cavitaires au sommet droit et le diagnostic de tuberculose pulmonaire ulcéro-fibreuse fut porté.La radiographie pulmonaire montrait une image qui aurait dû attirer notre attention En effet, au lieu d\u2019opacités plus ou moins confluentes, délimitant des zones plus claires, nous remarquons, rci, des opacités donnant l\u2019impression de cordes sillonnant tout le lobe supérieur droit.Comme tous les examens de crachats et les tubages gastriques ne permettaient pas de mettre en évidence des bacilles de Koch, en reconsidérant l\u2019image radiographique nous avons émis le diagnostic hypothétique de dilatations bronchiques.Le 18 aolt 1941, le Dr Léo Côté faisait un Irpiodolage à la sonde de l\u2019arbre bronchique supérieur droit et la radiographie montrait des lacs liprodolés en forme de croissants (nids de pigeons).Durant son stage à l\u2019hôpital, qui se prolongea jusqu\u2019au 12 mars 1942, la température fut toujours normale, les expectorations furent toujours purulentes mais peu abondantes ne dépassant pas 20 c.c.par 24 heures.Plusieurs sédimentations globulaires varièrent entre 10 et 20 mm.après une heure.Un cobaye, inoculé le 29 août 1941 avec le liquide gastrique, 512 Lavar MépicaL Septembre 1944 fut sacrifié 3 semaines plus tard et présentait une tuberculose de Ville- min.Ce fut d\u2019ailleurs la seule preuve de tuberculose faite dans ce cas.La tuberculose pulmonaire peut-elle être invoquée comme cause des dilatations bronchiques ou vice-versa?Si cette malade était porteuse de dilatations bronchiques antérieurement au mois de janvier 1941, il faut admettre que ces dilatations étaient sèches puisqu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019expectorations C\u2019est une hypothèse qu\u2019il faut envisager.Si la tuberculose a été antérieure, elle n\u2019a jamais donné de signes et les complications qu\u2019elle aurait entraînées sont disproportionnées avec son Importance.Il ne faut pas oublier que cette malade a fait une pneumopathie aiguë, à l\u2019âge de 13 ans, à laquelle on pourrait rattacher ces dilatations.TROISIÈME OBSERVATION Mlle S.C., 42 ans, est admise à l\u2019Hôpital Laval le 24 décembre 1943.Sa mère est morte de méningite tuberculeuse.Il y a 15 ans, elle a consulté un phtisiologue qui, après avoir constaté des localisations pulmonaires, l\u2019a soumise à un repos complet.Antérieurement a ce diagnostic, elle dut se faire amputer l\u2019annulaire gauche pour une suppuration chronique qui correspondait vraisemblablement à un spina ventosa.Depuis nombre d\u2019années, elle vit dans une communauté religieuse, présentant, de temps à autre, des exacerbations d\u2019une toux chronique.Jamais son état général n\u2019a été atteint sérieusement mais, devant la répétition de ces états grippaux, le médecin de la communauté, après examen, constata des signes de localisations pulmonaires qu\u2019il attribua à une affection tuberculeuse chronique.À son admission à l\u2019Hôpital Laval, le 24 décembre 1943, nous constations des signes cavitaires au sommet droit de même que des signes de localisation à la région apicale gauche.La radiographie pulmonaire, comme dans les cas précédents, donnait des images un peu spéciales.En effet, les opacités dessmant des images aréolaires sont tranchées, non entourées de zones floues comme dans la tuberculose.Ces images évoquent l\u2019idée d\u2019un processus fibreux non associé à la caséification.: Septembre 1944 LavaL MEpicaL 513 Les expectorations ne furent jamais très abondantes, ne dépassant pas 30 c.c.par 24 heures, mais franchement purulentes, sans fétidité.15 examens de crachats, deux tubages gastriques et une inoculation au cobaye ne permirent pas d\u2019établir la nature bacillaire des expectorations.La sédimentation globulaire était de 27 mm.après uneheure.La radiographie, après injection de Irpiodol faite par voie trans- nasale, a permis de visualiser plusieurs lacs bronchiques siégeant à la région apicale droite.La bronche lobaire présente des déformations et une forte augmentation du diamètre à sa portion terminale.Comme l\u2019investigation lipiodolée n\u2019a pas porté sur l\u2019arbre bronchique gauche, Il nous est impossible d\u2019affirmer l\u2019existence de dilatations de ce côté mais nous croyons que le même processus a atteint la région apicale gauche.Quant à la pathogénie de ces dilatations, nous serions plus portés à les attribuer à la tuberculose que dans les deux cas précédents malgré l\u2019absence de preuves bactériologiques.Nous trouvons des antécédents tuberculeux dans sa famille ; elle fut opérée pour un spina ventosa et, il y a 15 ans, on a fait un diagnostic rationnel de tuberculose pulmonaire.La radiographie donne une image propre aux vieilles tuberculoses avec réaction médiastinale.Si l\u2019origine doit en être attribuée à la tuberculose, elle n\u2019en présente actuellement aucun signe évolutif et elle se comporte comme une dilatée des bronches.Ces trois observations représentent des cas trop isolés pour se faire une opinion exacte et personnelle sur les relations qui existent entre la tuberculose et les dilatations bronchiques.Le grand nombre de cas d\u2019ectasies bronchiques que nous avons observé nous permettra peut-être de faire ultérieurement une étude plus approfondie.Nous avons choisi des exemples de dilatations du sommet, parce que cette localisation nous paraît moins fréquente et donne une symptomatologie moins apparente, risquant d\u2019être méconnue ou confondue avec la tuberculose.Même lorsque le diagnostic de dilatation du sommet est établi, et que la preuve d\u2019une tuberculose repose sur la constatation de bacilles de Koch, il sera toujours délicat d\u2019affirmer que ces dilatations sont tuberculeuses. 514 Lavar MEpicaL Septembre 1944 De méme, des dilatations bronchiques non tuberculeuses peuvent ultérieurement se compliquer de tuberculose.On a prétendu que les dilatations du sommet seraient, dans la majorité des cas, d\u2019origine tuberculeuse tandis qu\u2019une étiologie différente expliquerait celles de la base.Il est indiscutable que toutes les infections chroniques de l\u2019arbre bronchique toucheront avec prédilection les parties déclives mais rien ne s\u2019oppose à ce que des scléroses consécutives à des affections aiguës du poumon réalisent les mêmes désordres aux sommets.Cependant, comme la tuberculose pulmonaire touche souvent les sommets, 1l faut en considérer l\u2019étiologie lorsque les bronchiectasies ont cette localisation élective.Un autre point mérite notre attention.C\u2019est la ré-épithélialisation des cavernes.On admet, aujourd\u2019hui, que des cavités tuberculeuses peuvent en imposer pour des dilatations bronchiques, le lipiodol s\u2019introduisant par les bronches de drainage au sein de ces cavités reformées.Le diagnostic différentiel ne peut être fait que par un examen anatomique.L\u2019école américaine, qui s\u2019est intéressée dernièrement à l\u2019étude des bronchiectasies et de la tuberculose, trouve un pourcentage élevé de cette association.Arnold B.Rilance et Bruno Gerstl ne croient pas que les dilatations bronchiques jouent en général un rôle important dans l\u2019évolution de la tuberculose.Sur 47 cas étudiés, ils en trouvèrent 12 à l\u2019autopsie, Sur les 35 autres cas, 32 seraient d\u2019origine tuberculeuse et trois autres attribuables à des affections non tuberculeuses.Sur les 47 cas, 5 moururent de complications directement attribuables aux bronchiectasies ; un d\u2019un abcès du cerveau, un d\u2019un abcés du foie, un troisiéme d\u2019un abcès du rein et deux autres de suppurations pulmonaires en rapport avec une sténose bronchique.Plus nous étudions l\u2019état anatomique des bronches au cours de la tuberculose, plus nous constatons la fréquence de leur participation au processus tuberculeux.Les \u2018dilatations minimes ne changent peut-être pas le pronostic de la tuberculose mais elles en assombrissent l\u2019avenir lorsqu\u2019elles sont le résultat de sténoses bronchiques. INFECTION A BACILLE DE DUCREY (Chancrelle) (1) par Lt-col.Sylvio LEBLOND, R.C.A.M.Cet Capt.G.-A.SAMSON, R.C.A.M.C.- (Hôpital militaire de Valcartier) Nous avons observé, au cours du mois de janvier dernier, à l\u2019Hôpital militaire de Valcartier, un cas qui, par sa rareté, ne manque pas d\u2019intérêt pour nous, médecins de Québec.Il s\u2019agit du premier cas de « chancre mou » de Ducrey rapporté dans la région.Disons tout de suite que le terme de « chancre mou », si poétique soit-il, devrait être sacrifié et remplacé par celui de « chancrelle ».En effet, « chancre mou » est un terme descriptif qui sert à désigner un caractère clinique de la lésion principale de la maladie.Il est donc insuffisant de s\u2019en servir pour désigner la maladie elle-même.Nous oublierons donc le terme de « chancre mou » que nous remplacerons par celui de « chancrelle », désignant ainsi le syndrome décrit par Ducrey.Nous nous proposons de vous rapporter l\u2019observation telle qu\u2019elle est actuellement dans les filières de l\u2019Hôpital militaire de Valcartier.Vous constaterez par vous-même que ce diagnostic ne fut pas un des plus (1) Observation présentée par le Dr J.-Édouard Morin à la Société médicale des Hôpitaux universitaires.- (7) 516 LavaL MEgEbicaL Septembre 1944 faciles, mais qu\u2019il a été le troisième terme inévitable d\u2019un théorème bâti sur la clinique d\u2019une part, et le laboratoire d\u2019autre part.Nous prendrons un soin particulier pour souligner les avances et les reculs effectués dans l\u2019élaboration de ce diagnostic.Car vous vous l\u2019imaginez bien, la chancrelle fut la dernière chose à laquelle nous avons pensé.Mais, auparavant, nous dirons un mot de l\u2019épidémiologie de la chancrelle de ce côté de l\u2019océan.Cet aspect de la question ne peut manquer de nous intéresser car, maintenant, 1l semble bien qu\u2019il faille compter avec elle.Il faut d\u2019abord savoir que la chancrelle est l\u2019apanage de la prostitution commercialisée, beaucoup plus que la gonorrhée et la syphilis.On la rencontre chez les prostituées trés achalandées et particulièrement malpropres.Les Américains font d\u2019elle l\u2019attribut des trailers girls, ces demoiselles qui, à la manière des bohémiens, déplacent leur petit commerce d\u2019un jour à l\u2019autre et qui, dans leur repère exigu, n\u2019ont pas de place pour garder de l\u2019eau pour se laver.Originellement, la chancrelle était une affection des tropiques.Son expansion aux zones tempérées ne s\u2019est pas faite attendre ; à tel point qu\u2019aujourd\u2019hvi, on ne compare plus aux États-Unis, son incidence entre le nord et le sud.Il n\u2019y avait pas de raisons non plus pour que le tourisme intensifié de l\u2019avant-guerre ne nous amène pas ici, au Canada, en même temps que l\u2019or étranger, ce fruit de la prostitution.Dans quelle mesure la guerre est-elle responsable de l\u2019extension.au pays de la chancrelle ?Voilà un autre item qu\u2019il faut placer dans le plateau de la balance lorsqu\u2019on parle de sa fréquence chez nous.Mais 1l est à craindre que le déplacement incessant de troupes n\u2019enrichisse l\u2019index de morbidité de notre province d\u2019une nouvelle unité.Quoi qu\u2019il en soit, la chancrelle est actuellement une maladie rare au Canada.Toronto aurait à son crédit quelques cas chaque année.Montréal aurait eu, en 1943, une douzaine de cas que le Dr Marin a publiés ; l\u2019embryon aurait alors été tué dans l\u2019œuf car, depuis lors, aucun n\u2019aurait été relevé.Le Dr Gaumond et son prédécesseur, M.le Dr Mayrand, n\u2019en ont.jamais vu dans Québec et la région.Ceci est un fait acquis.Voilà où nous en sommes.Le cas que nous allons vous rapporter constitue sans aucun doute possible, la première observation à Québec.La menace est à nos portes.et c\u2019est par la collaboration sans Irmites avec le Service Septembre 1944 LavaL\u2026 MÉDICAL 517 médico-social que nous pourrons l\u2019éloigner.En parlant de collaboration, nous profitons de l\u2019occasion pour remercier MM.les Drs Gaumond et Morin de l\u2019aide précieuse qu\u2019ils nous ont prêtée en l\u2019occurrence.Merci à M.le Dr Morin qui, en plus de son expérience et de son temps, mit également à notre disposition son laboratoire et son matériel.Nous ne pouvons manquer de leur attribuer une grosse partie du mérite que nous avons eu à reconnaître ce cas de chancrelle.Le soldat J.L.fut admis à l\u2019Hôpital militaire de Valcartier, section « B », pour une ulcération de la verge.C\u2019est un Jeune homme de 26 ans, marié depuis 6 mois à peine, enrôlé dans l\u2019armée active depuis environ un an.Fume et boit modérément ; aucun antécédent vénérien avoué.Canadien-français de naissance, il n\u2019a jamais franchi les limites territoriales de la province de Québec.Ce détail est intéressant à connaître au point de vue épidémiologique.En ce qui a trait à ses antécédents héréditaires et personnels, rien qui puisse nous intéresser actuellement.Voici les caractères de la lésion au moment de l\u2019admission : ulcération profonde à allure gangréneuse et très douloureuse, sans base indurée.La région du frein de la verge et le frein lui-même, ainsi qu\u2019une partie du gland au même niveau sont disparus.L\u2019ulcération plonge en profondeur, les bords sont grisâtres et déchiquetés ; le cratère est comblé par un magma de tissus gangrenés adhérents.Les deux aines renferment des petits ganglions à peine perceptibles.L\u2019interrogatoire révèle que notre malade eut deux rapports sexuels, l\u2019un à Montréal, le 15 décembre 1943, et l\u2019autre à Rimouski le ou vers le 28 du même mois.Le 2 janvier suivant, il constate une lésion pustuleuse du sillon balano-préputial.L'histoire antérieure à l\u2019hospitalisation nous porte à croire que l\u2019ulcération n\u2019avait pas, à ce moment, les caractères spécifiques du chancre syphilitique, puisque le médecin régimentaire prescrivit des applications locales de bleu de méthylène.Quoi qu\u2019il en soit, le 11 janvier, soit 9 jours plus tard, l\u2019ulcération s\u2019est développée considérablement et présente les caractères décrits ci-dessus.Croyant à un chancre syphilitique atypique, parce que plusieurs éléments importants de la description manquent, et peut-être aussi parce que le processus a été laissé à lui-même pendant 9 jours, nous pratiquons un examen de 518 LavaL MÉDICAL Septembre 1944 la sérosité sur fond noir.Recherche négative du tréponème.Une prise de sang (B.W:) s\u2019avère également négative.Un nouveau contrôle de notre premier examen fait par le laboratoire provincial revient négatif.Les examens pour déceler les tréponèmes sont répétés plusieurs fois, sans aucun succès.Le Bordet-Wassermann est également négatif.L'examen physique fait journellement donne l\u2019impression que l\u2019ulcération tend à s\u2019étendre.La douleur persiste.Le 29 Janvier 1944, soit 18 Jours après l\u2019admission, l\u2019ulcération plonge en profondeur dans les corps caverneux, à tel point que nous craignons l\u2019éelosion d\u2019une hémorragie.En présence de ces constatations, nous abandonnons le premier diagnostic pour penser à une gangrène aiguë et on administre localement du sérum anti-gangréneux.Un ultramicroscope in extremis est fait, lequel est également négatif.Cinq jours plus tard, soit le 2 février 1944, nous croyons réellement avoir eu quelques résultats avec le sérum antigangrêneux ; l\u2019extension du processus est non seulement suspendue, mais la cicatrisation s\u2019est faite par le centre, divisant la lésion initiale en deux parties, l\u2019une supérieure et l\u2019autre inférieure.Cependant, nos succès avec le sérum s'arrêtent là.Dans les jours qui suivent, rien de nouveau, si ce n\u2019est une suppuration Intense de l\u2019ulcération.| L\u2019examen de l\u2019exsudat, après coloration du gram, révéle un microbe gram-négatif, à caractères morphologiques vagues, sur lPidentité duquel il est impossible de se prononcer à ce moment.Le sérum antigangréneux est alors suspendu et l\u2019application locale de pansements au sérum physiologique est prescrite ; et ceci afin de faciliter le travail de la mise en évidence des caractères du microbe déjà vu.Commençant à douter de notre deuxième diagnostic, nous ensemençons le pus sur des milieux de Veillon pour rechercher les anaérobies.La lecture faite après 48 heures d\u2019étuve, justifie notre doute parce que les cultures n\u2019ont pas marché.A ce moment, un autre élément s\u2019ajoute, qui nous oriente déjà vers un nouveau chapitre de la pathologie ; c\u2019est le développement, dans l\u2019aine droite, d\u2019un petit ganglion très douloureux sans modifications secondaires de l\u2019épiderme.Un nouvel échantillon de pus est coloré mais il nous fournit peu de renseignements additionnels.L\u2019ulcération supérieure, toutefois, change peu à peu d\u2019aspect ; elle devient plus superficielle et le fond plus granuleux.L\u2019ulcération inférieure n\u2019a pas changé de caractères. ~~ .1\u201d 9 PES \u20ac A - < 2% mé ue - } Ss ae, Ne 3 4 Av &) 5 4 ss | Cu A * + AR ( \u201c4 - Jy - Ww PA) T » En\" wt N a \u2018 qe 2.413 RFF 2 J > À wet we Ip ¢ + .set \u201c5 NS ES LDacille it / 255 ae NNN, ~ Fd 8.6 4 a\u201c \u201c Le M.\u20ac Ee ™ I\", 2° se .vu > 4 rs Bog 12 \u2019 pv 3 \u201cwe.* es \u201c ét £ > \u2018eo \u2018 = Ÿ est a! ve 3 A te \u201ca Dncrey vp ® i wv > 1 ES + pe \u201c4 .~~ i SET Tes rm ster mrs Ra J i; oujlier ond AMA re rt te meee ro NE mme rt x ane am moe = ree \u2014\u2014 {Chanecrelle J Septembre 1944 LavaL MÉDICAL 519 Deux Jours plus tard, le ganglion de l\u2019aine droite a atteint le volume d\u2019un œuf ; la peau est rouge violacé et adhérente.Notre malade est très souffrant.Il marche courbé.Nous prélevons du pus une troisième fois et le colorons.Nous voyons alors un bacille plutôt court et trapu, gram-négatif, avec une zone claire au centre.Au premier coup d\u2019œil, on est porté à croire à des coccis accouplés.Un œil non entraîné en fait du gonocoque.Cependant l\u2019examen attentif du microbe, sa disposition en majorité intra-cellulaire, entraîne notre conviction ; nous l\u2019étiquetons : bacille de Ducrey.Sans perdre un instant le malade est montré au Dr Gaumond dont voici le rapport : « Cliniquement, il est fort possible qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une chancrelle.Je conseillerais l\u2019auto-inoculation et l\u2019intra-dermo-réaction au Dmelcos.Continuer les examens en vue de découvrir possible ment le tréponème.» Disons tout de suite que les examens ultra-microscopiques ont été répétés.Le tréponème pâle de Schaudinn n\u2019a jamais pu être mis en évidence.Cependant, non convaincus, nous avons proposé les prises de sang périodiques pour trois mois, tellement l\u2019ulcération supérieure avait l\u2019allure clinique des chancres durs.Sur recommandation du Dr Gaumond, nous faisons voir notre malade au Dr Morin pour aider nos recherches bactériologiques.Le lendemain, nous ponctionnons le bubon et ensemençons le pus retiré sur des milieux au sang chocolaté, au thyoglycollate, sur Loewenstein et sur gélose ordinaire.Soixante-douze heures plus tard, le Dr Morin nous fournit le rapport suivant : « Examen direct : Pus en abondance avec bacilles gram-négatifs intra- et extra-cellulaires.Bacilles de Ducrey.Ponction ganglionnaire : mise en évidence du méme bacille.Cultures sur gélose au sang chocolaté : fines colonies luisantes et adhérentes au milieu.Conclusion : bacilles de Ducrey ».Les auto-inoculations faites il y a quelques jours sont négatives.Cependant, nous faisons à ce moment une réaction d\u2019Ito-Réenstierna.Après quarante-huit heures la réaction est très fortement positive.On est en présence d\u2019une zone érythémateuse, de la grandeur d\u2019un dix sous, entourée d\u2019une zone rouge violacé. 520 LavaL\u2026 MéÉpicaL Septembre 1944 Nous ouvrons ici une parenthèse pour souligner la réserve et le scepticisme de bon aloi dont doit faire preuve le médecin dans l\u2019élaboration d\u2019un bon diagnostic.Le Dr Gaurond, à qui nous rapportions les résultats de la réaction d\u2019Ite, nous suggéra de faire l\u2019épreuve de la préparation employée sur un individu sain afm d\u2019en connaître la valeur.L\u2019un de nous (Capt.G.-A.Samson) s\u2019injecta dans le derrr e, C.1C c.c.de la suspension de bacilles de Ducrey morts que nous avions à notre disposition.Il n\u2019y eut aucune réaction dans les jours qui suivirent.Cette épreuve assez démonstrative par elle-même, se passe de plus amples détails.A ce moment, le patient est tellement souffrant qu\u2019il nous faut l\u2019aliter à la section « À » de l\u2019Hôpital.La peau est violacée, chaude et adhérente au niveau du bubon.Celui-ci est fluctuant.Nous voyons un petit point fistuleux au point ponctionné.: Il n\u2019y a pas d\u2019erreur, « 11 s\u2019agit bien d\u2019une chancrelle ».Nous refaisons une nouvelle ponction ganglionnaire avec l\u2019espoir de garder une culture vivante, car la première est morte.Nous n\u2019avons pas plus de succès, car le Dr Morin nous informe que celle-ci est demeurée négative.Nous Instituons le trartement immédiatement : soit 120 grains de sulfathiazole pour la 1'° journée ; 105 grains le 2° jour ; 90 grains le 3° jour et 75 grains par jour pour les 8 jours suivants.Application locale de poudre de sulfathiazole au niveau des deux fistules consécutives aux deux ponctions.Comme traitement symptomatique de la douleur, 222 et Nembutal combinés.Après 48 heures, les sédatifs sont suspendus, le symptôme douleur étant disparu.À la 6° journée, l\u2019ulcération est guérie et les fistules sont asséchées.Notre patient circule, l\u2019air souriant, et il s\u2019informe déjà si son hospitalisation va lui obtenir un sick leave.A la 11° journée, on voit une cicatrice pigmentée à la région inférieure du gland, avec légère perte de substance et disparition complète du frein.Dans l\u2019aine droite, un repli de la peau correspondant à une cicatrice linéaire et pigmentée, présentant aux deux extrémités dès cicatrices irrégulières, vestiges des ponctions ganglionnaires.Après 39 jours d\u2019hospitalisation, nous libérons notre patient et nous neus demandons à ce moment lequel des deux est le plus heureux, ou le médecin ou le patient.Nous pouvons difficilement clore notre histoire sans parler du point de vue épidémiologique.Ce côté de la question ne relève pas directenemt Septembre 1944 LavAL MéÉDicAL 521 de nous ; cependant, nous y sommes forcément mêlés, parce que c\u2019est à nous que revient le soin de faire l\u2019enquête préliminaire.Dans le cas actuel, le problème n\u2019est pas facile.Il y eut deux contacts, l\u2019un à Montréal en date du 15 décembre, l\u2019autre & Rimouski, en date du 27 décembre.Le temps d\u2019incubation de la chancrelle étant très court, 1l faut admettre que le contact serait celui de Rimouski.Notre homme n\u2019a pu fournir le nom de la personne contaminée, et je crois bien qu\u2019il est de bonne foi.Le travail du Service médico-social consistera à rechercher cette fleur du pavé.Il s\u2019agira, selon toute vraisemblance, d\u2019une porteuse de germes.I! faudra alors remonter plus haut pour arriver à une hypothèse probablement : villégiaturiste américain infecté, ou un soldat américain récemment débarqué des États-Unis qui serait de passage à \u2019école d'aviation de la région?.Dans l\u2019un ou l\u2019autre cas, l\u2019issue de l\u2019enquête n\u2019est pas encore connue, et je crains bien que nous ne la connaissions jamais.Et c\u2019est ainsi que se termine l\u2019odyssée de la première chancrelle à Québec.Nous nous proposons de revoir notre homme un de ces jours pour répéter son intra-dermo-réaction qui, nous l\u2019espérons, demeurera positive pour la vie.Ceci nous permettrait de fermer son dossier.Car, au point de vue clinique, il manque peu de choses au tableau, si ce n\u2019est l\u2019auto-inoculation qui est demeurée négative.Nous savons en effet qu\u2019elle manque parfois à la fin de l\u2019évolution du processus.Aux États- Unis, où l\u2019on a une proportion deux fois plus grande de chancrelle que de chancres durs, on 1gnore à peu près complètement les chancrelles à grand délabrement : on ne parle que de l\u2019ulcération génitale qui, peu à peu, cède le pas au bubon qui, lui-même s\u2019ulcère rarement.Une autre maladie que la découverte des sulfamidés aura reléguée jusque dans les bouquins ; ce n\u2019est pas la première et souhaitons que ce ne soit pas la dernière.BIBLIOGRAPHIE John H.Sroxrs, M.p.Modern Clinical Syphilology.E.T.Burke.Venereal Diseases.GREENBLATT, M.D.Management of Chancroid.Joseph Earle Moore, Mm.p.The Modern Treatment of Syphilis. ÉTUDE SUR UNE SÉRIE DE CAS DE PLEURÉSIES PURULENTES par Florian TREMPE, J.-Paul ROGER et Jean-M.LEMIEUX de I\u2019Hépital du Saint-Sacrement Il existe certaines maladies microbiennes qui, comme la flore ou la faune, sont intéressantes à étudier dans chaque région : tel est le cas des pleurésies purulentes.Sans doute on trouve dans les livres uné réponse à toutes les questions possibles à leur sujet, mais 1l s\u2019agit d\u2019observations et de compilations faites dans des régions ou des pays plus ou moins éloignés, et il reste intéressant de savoir leur fréquence, leur comportement et leur ravage chez nous.\\ .Nous tenons a signaler le travail du Dr Déchéne, présenté devant cette Société, sur les pleurésies purulentes des tout-jeunes et nous avons cru qu\u2019un coup d\u2019œil sur une série s\u2019étendant à tous les âges de la vie pourrait également vous intéresser. Septembr 1944 Lavar MÉDICAL 523 Nous avons donc relevé les pleurésies purulentes observées à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement, de 1934 à 1944, soit un total de quatre-vingt- sept (87).De ce nombre nous n\u2019avons gardé que les pleurésies consécutives à un état pulmonaire infectieux de l\u2019ordre des pneumonies ou des broncho- pneumonies, ou à une infection grippale.Nous avons laissé de côté les pleurésies secondaires : à des traumatismes thoraciques ; péricardites ; abcès du poumon ; cirrhoses de Laënnec ; pancréatites ; maladies de Hodgkin ; cholécystites ; péritonites appendiculaires ; la pleurésie purulente passant alors au second plan et l\u2019affection causale étant celle qui est responsable de la mort du patient.Nous avons aussi laissé de côté les pleurésies tuberculeuses et les pleurésies purulentes qui ont été des découvertes d\u2019autopsie comme cela est quelquefois le cas dans les premiers mois de la vie.Nous sommes alors resté avec un total de soixante-quatorze (74) pleurésies et c\u2019est sur ce nombre que va porter notre étude.Le plus jeune a un mois et le plus vieux 76 ans.PREMIÈRE ANNÉE DE LA VIE Jours AGE MICROBE OpEREs GUERIS MORTS D\u2019HOSPITALISATION 1mois.(?) Non.+ 28 114 mois.\u2026.?Non.+ 30 6mois.Staphylocoque.| Oui.43 815 mois.Staphylocoque.| Non.+ 16 9mois.Pneumocoque .Oui.96 11 mois.Pneumocoque .Oui.+ 47 lan.Pneumocoque .Non.+ 38 524 Lava\u2026 MÉDICAL Septembre 1944 Sept malades : 2 staphylocoques.3 opérés.2 guéris 1 mort 3 pneumocoques.4 non opérés.1 guéri 3 morts 2222.Late a a Lee eee.3 guéris 4 morts Mortalité de Comby : Nos malades : OA6mois.100% 2/2.Lea 100% 6al12mois.76% 2/5.Lean 40% Jours AGE MICROBE OrEREs GUERIs MORTS D\u2019HOSPITALISATION 1 an et 7 mois.| Pneumocoque .Oui.+ 57 1 an et 7 mois.| Pneumocoque .Non Le 31 1 an et 9mois.| Pneumocoque .Oui.+ 64 1 an et 9 mois.| Pneumocoque .Oui.+ 43 1 an et 6 mois.| Pneumocoque .Non + 68 2ans.Pneumocoque .Oui.* 177 20 oa Staphylocoque.Oui.+ 228 200 oo Pneumocoque .Oui.+ 50 200 Staphylocoque.Oui.- 55 200 oa Pneumocoque .Oui.+ 59 20 La.Pneumocoque .Oui.+ 101 209 Pneumocoque .Non + 10 20) Staphylocoque.Non + 40 24 ans.Pneumocoque .Non + 108 3ans.Pneumocoque .\u2026.Our.42 3 LL.LL Lee.2?2?2.| Oul + 31 3 LL.LL Pneumo.& Strepto.| Oui.+ 57 3» L LL.Staphy.doré hémol.Oui.+ 72 300 LL Pneumocoque .Oui.+ 73 3%4ans.Staphylocoque.Oui.+ 31 3 » oll Pneumocoque .Oui.28 3 » LL.Pneumocoque .Our.+ 33 4ans.Strept.hémolytique.| Oul.31 4 » Ll .Pneumocoque .Oui.a 41 4 » Streptocoque.Oui.+ 98 5 »n.2122 20.Pneumocoque .Oui.+ 15 5 ».2122 200 Pneumocoque .Our.+ 52 5 D .LL.12200 00 22 LL LL Oui + 97 5 9 Pneumocoque .Oui.+ 122 59 oo Pneumocoque .Oui.+ 74 5» Pneumocoque .Non + 23 54ans.Pneumocoque .Oui.+ 45 6ans.Pneumocoque .Oui.+ 36 6 » .Pneumocoque .Qui.+ 65 6 » .Pneumocoque .Oui.+ 20 64 ans.Pneumocoque .Oui.+ 16 7ans.Pneumocoque .Oui.+ 69 7» oo.Pneumocoque .Qui.+ 46 7 9% co Pneumo.& Strepto.| Oui.+ 80 7 9 co Pneumocoque .Oui.Le 10 7 9% oo.Pneumocoque .Oui.+ 126 7 9% LL.221124, Pneumocoque .Oui.Le 52 7% ans.Pneumocoque .Qui.+ 110 Septembre 1944 LavaL MEbicaL 525 Jours AGE MICROBE OpErEs GuERIS MORTS D\u2019HOSPITALISATION 10ans.Pneumo.& Strepto.| Oui.+ 60 10 » .Streptocoque.Oui.+ 75 10 ».Pneumocoque .Our.+ 34 11 » oo Streptocoque.Non + 4 12 » 1.222.Pneumocoque .Oui.+ 80 13 » 1.222 Strepto.& Pneumo.| Oui.+ 44 13 » PR LL LL Lace Non + 31 15 » LL.Pneumocoque .Oui.Le 82 16 » .222.Oui.+ 129 18 » .Staphylocoque.Oui.+ 71 24».Streptocoque.Oui.* 45 25 » 222 Oui.+ 50 26 ».\u2026.Streptocoque.Oui.+ 81 27 0» oo Streptocoque.Oui.+ 15 33 » LL.Pneumocoque .Oui.+ 51 35 » 122220.22 LL LL Oui.+ 66 35 » Ll 222 Non + 38 37 p.122 Streptocoque.Oui.+ 78 30 » LLL Pneumocoque .Oui.e 112 42 » Staphylocoque.Oui.+ 45 52 0% LL.Pneumocoque .Oui.+ 40 57 » o.oo.Pneumocoque .Oui.+ 25 65 » .Streptocoque.Oui + 60 76 » 2122220, 220 Oui.+ 9 Sur ces soixante-quatorze (74) pleurésies : 56 malades sont guéris soit environ 68% 18 malades sont morts .soit environ 32% Voici un tableau où figure la répartition des différents microbes qui ont été en cause : MCROBES NOMBRE GuÉRIS MorTs ToTAL Pneumocoque.39 32 8 Pneumocoque 39 Streptocoque.10 7 3 Streptocoque hémolytique.1 \u2014 1 Autres microbes: Staphylocoque.\u2026.8 6 2 Pneumocoque et Streptocoque.3 3 \u2014 Pneumocoque et Staphylocoque.1 1 \u2014 Microbes non identifiés.\u2026.12 8 4 526 Lavar MÉpicaL Septembre 1944 Comme traitement, nos malades ont surtout subi des costotomies : 61 ont été livrés à la chirurgie, soit .85% Sur ce nombre 51, soit environ.84% ont guéri Et 10, soit environ.16% sont morts.La costotomie cédera peut-être la place, dans un avenir plus ou moins éloigné, à des médicaments presque miraculeux, mais un moyen qui donne 84% de guérison ne peut être facilement supplanté.Pour que l\u2019acte chirurgical donne son plein rendement, il faut surtout prendré le bistouri au bon moment.SI, pour le streptocoque, le geste opératoire doit succéder immédiatement au diagnostic, Il n\u2019en va pas de même pour le pneumocoque.En principe, 1l faut d\u2019abord attendre que le foyer pulmonaire soit éteint.Les statistiques suivantes, empruntées à d\u2019Heucqueville, illustrent bien l\u2019importance du temps où 1l faut agir : MORTALITÉ SUIVANT LA DURÉE DE LA MALADIE 1\" semaine.109 2°semaine.539 Dela 3*semaine ala 4®.369 Dela 4°semame ala 6%.23% Aprés la 6° semaine.479 Quant à la durée des suites opératoires, nous l\u2019avons mesurée par le temps d\u2019hospitalisation.Nos malades ont pris de 18 a 228 jours pour guérir, soit une moyenne de 69 jours.Moins d\u2019un mois 1 à 2 mois 2 à 3 mois 3 à 4 mois Plus de 4 mois 2 30 13 7 5 Septembre 1944 LavaL MÉpicaL 527 43 sur 577.de 30 à 90 jours 30sur57.de 30a 60 jours Trois ont été opérés deux fois et ont fini par guérir.Un est mort malgré trois opérations.Aucun des malades n\u2019est passé à la chronicité et nous a obligé à pratiquer le Schede.Ceci confirme ce que nous disions dans un travail précédent, à savoir que le plus grand nombre des pleurésies purulentes chroniques serait évité si on appliquait à temps un traitement chirurgical adéquat.Sans soulever la question controversée des drainages ouverts et des drainages fermés, nous tenons à signaler que, dans la plupart de ces cas que nous vous rapportons, c\u2019est le drainage ouvert qui a été employé.Comme résultats éloignés, il nous a été donné de revoir dans l\u2019armée plusieurs sujets ayant été costotomisés et la plupart ne gardait aucune trace de la maladie et d\u2019autant moins qu\u2019elle était arrivée à un âge moins avancé.Tout ce qui restait était des cicatrices vicieuses, adhérentes, plus ou moins en entonnoir.Et, à ce sujet, nous en profitons pour suggérer que les malades nous reviennent après quelques années ; rien ne serait plus facile alors que d\u2019enlever cette cicatrice, d\u2019enfouir le foyer costal et de redonner à la peau sa souplesse.Comme dernière étude, nous avons compilé nos morts et nous avons cherché les facteurs de gravité.Nous avons pu les ramener à quatre : 1° Le jeune âge ou l\u2019âge avancé ; 2° La cachexie et la débilité ; 3° La malignité du microbe et, en premier lieu, les gangréneux ; 4° La bilatéralité des lésions.Et le médecin devra hocher la tête lorsqu\u2019il les constatera.Nous possédons, dans notre série, deux cas de pleurésies bilatérales à peu près semblables. 528 LavaL MÉDICAL Septembre 1944 OBSERVATIONS André L., âgé de 31 ans, entre à l\u2019hôpital le 21 décembre 1943.Un mois auparavant, il avait pris la grippe, puis avait fait une localisation pulmonaire et, finalement, 1l nous est envoyé par son médecin pour pleurésie.Après un examen complet, le diagnostic porté est celui de pleurésie purulente bilatérale à pneumocoque.Une costotomie est faite, à gauche, tandis qu\u2019à droite on se contente de ponctionner.Le patient ne prend aucun mieux et il meurt le 18 janvier 1944.CI.P., âgée de 3 ans, est admise à l\u2019hôpital le 1°\" novembre 1936, avec la même histoire, et le même diagnostic est établi.Un drainage est d\u2019abord fait à gauche, avec ponction à droite.Après quelque temps, comme son état reste toujours grave, une autre costotomie est faite à droite, le poumon gauche ayant suffisamment repris de son expansion pour la rendre possible.Mais tout ceci n\u2019empêche pas l\u2019enfant de mourir le 21 décembre.Nous aimerions savoir sI ceux qui en ont observé ont été plus > chanceux.En terminant, nous voulons rappeler qu\u2019en présence d\u2019une pleurésie purulente, l\u2019évacuation du pus est une mesure nécessaire, mais non une mesure d\u2019urgence et que la ponction est toujours un moyen d\u2019attente a notre disposition.Ce qu\u2019il faut d\u2019abord, c\u2019est établir nettement la phase de la maladie, la nature du microbe, la géographie et la qualité de l\u2019épanchement, les signes d\u2019intoxication du malade ; et, à la lumière de tous ces renseignements et, en tenant compte de l\u2019âge, choisir la méthode opératoire la meilleure et l\u2019heure la plus propice. ÉPITHÉLIOMA DU BASSINET par J.-N.LAVERGNE Chef de Clinique à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement Occasionnellement, l\u2019épithélium du bassinet peut donner naissance à des tumeurs primitives, dites tumeurs du bassinet ; histologiquement comparables en tous points à celles que l\u2019on rencontre au niveau de la muqueuse vésicale, ces tumeurs se divisent en deux grandes catégories : les tumeurs bénignes et les tumeurs malignes.Les tumeurs bénignes sont représentées par le papillome ou polype du bassinet : analogue au polype de la vessie, le polype du bassinet est caractérisé, macroscopiquement, par la présence d\u2019un pédicule tantôt long et mince, tantôt court et large, arrondi ou aplati, mais toujours souple et bien individualisé ; la surface de la tumeur peut être recouverte de franges, de villosités, plus ou moins longues, plus ou moins nombreuses et le polype prend alors le nom de polype villeux.Les tumeurs malignes du bassinet comprennent deux variétés : l\u2019épithélioma papillaire et l\u2019épithélioma non papillaire.L\u2019épithélioma papillaire peut résulter de la dégénérescence maligne d\u2019un polype simple : il se présente alors sous les apparences du polype pédiculé le plus bénin ; le plus souvent, cependant, il revêt la forme de la tumeur sessile, plus ou moins exhubérante et largement attachée à la muqueuse pyélique. 530 Lavar MÉDicaL Septembre 1944 L\u2019épithélioma non papillaire comprend la classe des épithéliomas pavimenteux à globes cornés, alvéolaires et tubulés : il représente le type de la tumeur infiltrée dont le bourgeonnement vient remplir, à des degrés variables, la cavité pyélique.La symptomatologie des tumeurs du bassinet est plutôt pauvre : en réalité, le tableau clinique ne comporte que deux symptômes principaux, l\u2019hématurie et les douleurs lombaires, avec un symptôme accessoire, l\u2019augmentation de volume du rein.L\u2019hématurie est le symptôme le plus fréquent, qui donne l\u2019éveil dans la très grande majorité des cas : elle est totale, parfois abondante, s\u2019accompagne de caillots, souvent de caillots en ficelle, mais ne présente rien de pathognomonique ; ces caractères sont ceux de l\u2019hématurie que l\u2019on rencontre dans presque toutes les affections rénales qui saignent.Les douleurs lombaires sont moins constantes que l\u2019hématurie et ne sont pas plus caractéristiques ; elles se présentent soit sous forme de tension douloureuse soit sous forme de véritables crises superposables aux crises de coliques néphrétiques.Elles sont provoquées par la dilatation du rein au-dessus de la tumeur, lorsque cette tumeur crée, au niveau du bassinet, un obstacle suffisant pour gêner l\u2019évacuation de l\u2019urine des calices.çÇ L'augmentation de volume du rein est la résultante de la dilatation des cavités rénales sus-tumorales : la poche ainsi formée contiendra soit de l\u2019urine, c\u2019est I\u2019 uronéphrose simple, soit un mélange d\u2019urine et de sang, c\u2019est l\u2019hémato-uronéphrose.\u2018 Le rein, cependant, n\u2019atteint pas, dans la plupart des cas, un volume suffisant pour en permettre la palpation facile, on ne l\u2019atteint que tardivement : conséquemment, ce symptôme se montre encore plus inconstant que les précédents.B Comme on le voit, les symptômes cliniques sont tout à fait insuffisants pour nous permettre de faire le diagnostic d\u2019une tumeur du bassinet.Il faudra recourir à d\u2019 autres moyens d\u2019 \u2018Investigation et ces moyens sont, en l\u2019occurrence, le cathétérisme urétéral et la pyélogra phie soit intra-veineuse soit rétrograde._ Au cours d\u2019un cathétérisme urétéral, on pensera à une tumeur du bassinet quand une hémorragie par l\u2019uretère coïncidera avec la présence de polypes de la vessie et, surtout, quand la sonde urétérale, introduite Septembre 1944 LavaL MEbicaL 531 dans le bassinet, laisse s\u2019écouler un goutte à goutte continu d\u2019une urine sanglante, signe évident de la présence d\u2019une hémato-uronéphrose.Tout ceci nous permet de soupçonner la possibilité d\u2019une tumeur du bassinet, mais ne nous permet pas de l\u2019affirmer et, en dernière analyse, c\u2019est à la pyélographie qu\u2019il faut recourir, pour obtenir la clef du diagnostic.On devra utiliser de préférence la pyélographie rétrograde, la pyélo- graphie intra-veineuse se montrant souvent inadéquate du fait que l\u2019insuffisance fonctionnelle rénale provoquée par l\u2019uronéphrose ne permet pas d\u2019obtenir de pyélogramme ou ne donne que des pyélogrammes très imparfaits.L\u2019image radiologique de la tumeur du bassinet est, en général, assez caractéristique : elle est représentée par un vide, une lacune trouant ou échancrant l\u2019opacité du pyélogramme et se situant au niveau de la portion pyélique de ce pyélogramme ; c\u2019est, en définitive, une véritable image de soustraction, pouvant aller jusqu\u2019à l\u2019amputation complète du bassinet.Les tumeurs du bassinet, bénignes et malignes, représentent environ 3% des tumeurs qui se développent au niveau du rein ; leur fréquence est donc loin d\u2019être considérable et cette rareté relative, jointe à l\u2019intérêt du diagnostic, nous a semblé une raison suffisante pour vous rapporter le cas que nous venons d\u2019observer et dont voici succinctement l\u2019histoire.OBSERVATION Il s\u2019agit d\u2019une femme de 68 ans, hypertendue, qui se présente à l\u2019hôpital, le 22 mars 1944, se plaignant d\u2019hématurie et de douleurs lombaires droites.L\u2019hématurie a débuté, il y a environ deux ans et demi sans cause apparente : elle fut abondante, s\u2019accompagnant de nombreux caillots ; depuis, elle s\u2019est répétée sous forme de crises variant de huit jours à deux mois, séparées par des intervalles de durée également très variable.Ces hématuries ont présenté les caractères de l\u2019hématurie rénale mais, phénomène plutôt anormal, elles ont diminué nettement d\u2019intensité avec le temps.(8) 532 Lavar MÉDICAL Septembre 1944 Les douleurs se sont longtemps limitées à une pesanteur douloureuse lombarre ; plus tard, des crises de coliques néphrétiques de moyenne intensité sont apparues, se sont rapprochées, et, dans ces derniers temps, la malade a accusé presque continuellement des douleurs assez vives s\u2019accompagnant très fréquemment de nausées.Malgré une sensation de fatigue générale et un léger amaigrissement, l\u2019état général reste bon et 1l n\u2019y a aucun signe de cachexie ou de généralisation cancéreuse.L'examen d\u2019urine révèle la présence de sang.L\u2019azotémie et l\u2019épreuve de la P.S.P.donnent des chiffres sensiblement normaux.A l\u2019examen endoscopique, la vessie est trouvée normale ; par contre, on voit très nettement, du côté droit, un liquide sanguinolent qui s\u2019écoule en bavant par [orifice urétéral ; il ne semble pas y avoir d\u2019éjaculation urétérale de ce côté.Une sonde, introduite dans l\u2019uretère droit, est poussée facilement jusqu\u2019au bassinet ; elle ne ramène cependant aucun liquide et 1l est impossible de se rendre compte s\u2019il existe une uronéphrose ou une hématonéphrose.On profite de la présence de la sonde pour faire une pyélographie rétrograde.Nous reproduisons le pyélogramme que nous avons obtenu.L\u2019étude de ce pyélogramme nous permet de faire les constatations suivantes : 1° présence d\u2019une uronéphrose de moyen volume portant sur les cavités intra-rénales ; cette dilatation du rein nous fournit l\u2019explication des douleurs éprouvées par la malade ; 2° existence d\u2019une image de soustraction très nette occupant toute la région pyélique du pyélogramme ; cette image de soustraction, au niveau de laquelle on ne voit que de faibles traînées opaques, représente pour toutes fins pratiques, une véritable amputation de la totalité du bassinet ; 3° présence, à la partie supérieure de l\u2019uretère, d\u2019une ligne semi- circulaire à concavité supérieure, dont la netteté n\u2019est pas sans arrêter l\u2019attention ; cette image particulière, que l\u2019on peut comparer à une cu- Septembre 1944 Lavar MÉDICAL 533 pule, constitue la limite inférieure de l\u2019image de soustraction et doit être interprétée, à notre sens, comme le moulage opaque de la partie bourgeonnante de la tumeur pyélique.Nous nous permettons d\u2019insister sur cette image radiologique que nous pourrions appeler « le signe de la cupule », car il nous a été donné de la rencontrer fréquemment, pour ne pas dire constamment, dans les cas de tumeurs rénales qu\u2019il nous a été donné d\u2019observer depuis quelques années ; chaque fois, elle coïncidait avec une image de soustraction \u2014 amputation de calice \u2014 et, chaque fois, les constatations post-opératoires ont permis d\u2019établir qu\u2019elle était due, comme nous l\u2019avons dit plus haut, à un moulage opaque d\u2019un bourgeon tumoral venant faire saillie dans un calice et remplir plus ou moins Ja cavité de ce calice pour en réaliser l\u2019amputation. 534 Lavar MépicaL Septembre 1944 Ce «signe de la cupule » nous apparaît donc comme un symptôme radiologique intéressant dans le diagnostic des tumeurs du rein et du bassinet et il semble logique de lui accorder une valeur diagnostique tout aussi grande que celle que l\u2019on accorde à l\u2019image par soustraction ; d\u2019ailleurs, ces deux symptômes radiologiques coexistent la plupart du temps, ils ont la même étiologie et leur constatation est encore le seul signe qui permette de faire le diagnostic certain d\u2019une tumeur du rein ou du bassinet.L\u2019amputation du bassinet et le signe de la cupule nous ont donc permis, dans le cas présent, de faire le diagnostic d\u2019une tumeur du bassinet.La nature de cette tumeur est restée cependant impossible à déterminer, aucun signe ne nous autorisant à opiner dans le sens de la bénignité ou de la malignité ; l\u2019anatomo-pathologie est venue à la rescousse pour résoudre ce problème et, de fait, après néphrectomie, pratiquée le 14 avril dernier, l\u2019examen histo-pathologique de la pièce opératoire a établi que la tumeur était constituée par un épithélioma pavimenteux du bassinet. TROIS OBSERVATIONS DE FIBRILLATION AURICULAIRE ET DE GOITRE TOXIQUE (Guérison après thyroïdectomie) par J.-B.JOBIN, F.r.C.P.(C) Chef du Service de médecine de l\u2019Hôtel-Dieu et Richard LESSARD, F.R.C.P.(C) Chef de Clinique médicale à l\u2019Hôtel-Dieu L\u2019association de la fibrillation auriculaire et de l\u2019hyperthyroïdie a été diversement appréciée par les auteurs.Anderson l\u2019a notée dans 6.9% des cas, Clerc dans 10%, Barker dans 15%, Maher et Sittler dans 22%, enfin Kerr et Hansel chez 33% des malades qu\u2019ils ont observés.II est difficile de se faire une opinion mathématique devant la divergence de ces chiffres, mais on doit se rendre compte, malgré tout, que les personnes souffrant sort d\u2019adénomes toxiques ou de maladie de Basedow ont fréquemment un cœur irrégulier.Il ne semble pas y avoir de parallélisme entre le degré de toxicité et la fibrillation (Maher) et les deux sexes paraissent également atteints si l\u2019on tient compte de la fréquence ordmaire du goitre : 6.5 femmes pour un homme (Vézina et Jobin).La fibrillation est assez souvent ren- 536 LavaL.MÉDICAL Septembre 1944 contrée lorsque l\u2019hyperthyroïdie évolue depuis un assez long temps (Azérad).C\u2019est la complication cardiaque de beaucoup la plus importante et Il est fréquent qu\u2019elle accompagne l\u2019insuffisance cardiaque.Barker et ses collaborateurs, en étudiant 108 cas, disent qu\u2019elle est parfois transitoire, généralement rebelle au traitement digitalique et qu\u2019elle peut disparaître après la thyroïdectomie.Il y a lreu de distinguer les cas où l\u2019altératron du rythme cardiaque est sous la dépendance de l\u2019hyperthyroïdie seule de ceux où, avec la viciation du métabolisme thyroïdien, existent d\u2019autres affections organiques du cœur, conséquences de rhumatrsme cardiaque, de syphilrs ou de sclérose cardro-vascularre.Les sujets du premier groupe bénéficieront davantage de l\u2019intervention chrrurgrcale, ce qui est logique ; mais il y a des guérisons presque miraculeuses chez des malades aux prises avec l\u2019insuffisance cardiaque irréductible, le syndrome asystolique domine alors tellement la scène que le facteur thyroidien passe inapercu (Vézina et Jobin).Trois malades, que nous avons observés depuis un an dans notre clientèle privée, étarent porteurs de goitre toxique et présentaient de la fibrillation auriculaire.Ils ont subi une thyroidectomie qui les a guéris radicalement de leurs troubles.Voici un résumé de leurs observations : PREMIÈRE OBSERVATION Mme C.B., 68 ans, est admise à l\u2019hôpital, le 19 septembre 1942, souffrant de gortre toxique et de fibrillation auriculaire.Son hyperthyroïdie est de date ancienne puisque, le 15 janvier 1937, son métabolisme basal était de +39%.Le métabolisme actuel (21 septembre 1942) est de +44%,.Le cœur est en arythmie complète.Un électro- cardrogramme, enrégistré le 21 septembre 1942, donne le résultat survant : prépondérance ventriculaire gauche, fibrillation auriculaire, réponses ventricularres irrégulières (fig.1).Après une préparation médicale de onze jours (repos, lugol, gardénal, digitaline, sucre), Mme C.B.est opérée le 30 septembre 1942 par le doyen, Dr Charles Vézina.Anesthésie : pentothal, 0 gm.50 combiné au au protoxyde d\u2019azote et à l\u2019oxygène (Dr F.Hudon).On enlève 12 gm. Septembre 1944 Lavar MÉDpicaL 537 de la glande à droite et 16 gm.à gauche.L\u2019examen histologique du Dr Louis Berger donne le résultat suivant : « Adénomes micro-vésicu- DOTE SONT SOS TS PAS OR SR SN ee aa ae ow i ns se Nate SM n - Sa GT RAN i ! - Cm em eee » ST enews so - TLR NR aw we 3 PO RGROSRNORESCOSTTTTUT SCT RS x [UNCER TN SST.eves eds os ; .© NOTE ES NES Ts vis te ie CL = Coe ander aes 2 .Suse anes g 8 8 wooo : = 38 8 Aon, ; Fan .! Gd RBI LL LLL .ce ew ee à [I mesa vr as onan en ER.~- 8 a ne RS Semen Figure 1.\u2014 Première observation.\u2014 Électro- cardiogramme : 21 septembre 1942.Prépondérance ventriculaire gauche.Fibrillation auriculaire avec réponses ver triculaires irréguliéres.laires multiples présentant des foyers de dégénérescence, d\u2019hémorragie ou de sclérose ». 538 LavaL MEpicaL Septembre 1944 Les suites opératoires furent normales et, le quinzière jour après l\u2019opératron, un électro-cardiogramme donne le résultat suivant : « prépondérance ventricularre gauche, rythme à 70 par minute, rythme à | dh bet Ap 13 Cas 4 £ £ Le F # $ ; % £ \u20ac £.La t i + Pe _ eme sir Figure 2.\u2014 Premiére observation.\u2014 Electro-cardiogramme : 15 octobre 1942.Prépondérance ventriculaire gauche.Rythme sinusal, régulier a 70 par par minute.Ondes T diphasiques en D1 et en D2, absentes en D3.point de départ sinusal, onde T diphasique en D1 et en D2, absente en D3 (fig.2).II est possible que cette altération de l\u2019onde T soit en rapport avec administration de la digitale. Septembre 1944 LavaL MEpicaL 539 Des nouvelles reçues depuis ce temps de son fils médecin sont excellentes.II semble qu\u2019rci la fibrillation auriculaire soit disparue moms de 15 Jours après l\u2019intervention chirurgicale.DEUXIÈME OBSERVATION Madame A.M., 50 ans, entre à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, le 24 mai 1943, pour y subir une thyroïdectomie.Elle est porteuse, depuis 20 ans, d\u2019un goitre de volume moyen et présente de l\u2019arythmie complète.Le métabolisme basal du 28 mai 1943 est de +52%.Un électro-cardio- gramme enrégistré le même Jour met en évidence de la fibrillation auriculaire et des réponses ventriculaires très irrégulières.La malade est soumise au traitement médical usuel et, le 10° jour de son hospitalisation, elle est opérée par le Dr François Roy.Anesthésie générale au pentothal : 1 gm.75.Seize grammes de tissu thyroidien sont enlevés à droite et trente-six grammes à gauche.Examen microscopique : « Adénomes vésiculaires multiples à évolution partiellement microkystique, présentant des foyers de sclérose et de calcification et une colloïide généralement diluée » (Lours Berger).À la fin de la première semaine des suites opératoires, le rythme si- .nusal est restauré.Il n\u2019y a pas eu de digitale administrée après l\u2019intervention, seuls furent absorbés du gardénal et du lugol aux doses ordinaires.Cette malade a été revue trois mors plus tard, son cœur était régulier et elle avait engraissé de 20 livres.TROISIÈME OPSERVATION Mme C.-A.C., 51 ans, est admise à l\u2019hôpital, le 26 août 1943, en vue d\u2019une thyroïdectomie.Elle a consulté différents médecins depuis deux ou trois ans pour des palpitations et, I\u2019an dernier, on a découvert chez elle la présence d\u2019un petit gortre.Son cœur est en arythmie complète.Un électro-cardriogramme du 27 août 1943 donne : « prépondérance ventriculaire gauche.Extra-systole ventriculaire en D2.Fibrillation auriculaire (fig.3).Le métabolisme basal du 30 août 1943 est de +709, ». 540 LavAL MÉDicaL Septembre 1944 Après une préparation médicale de douze jours, la malade est opérée le 7 septembre 1943 par le Dr Alphonse Giguère.Anesthésie générale au Tv - ~ ! | ep\u201d ® B® | 1 | | ! | f | Ë nt ; : .: ; ; ; : i ei; Lo?Cl seer ou Loman ou \"2 Sn RY SEE RED IRA PRA Ra rey ORE AN PENNE ART A SERIE © Lng RA AN «er gre .À # CIE S Ca bbu#GLC-CL- 00: Bart a.: 1 ~» : dr J PSS APL | J \\ A LES Can ri FEILER CU SN na See ce To es RE c { Figure 3.\u2014 Troisième observation.\u2014 - Électro-cardiogramme : 27 août 1943.Prépondérance ventriculaire gauche.Une extra-systole ventriculaire en D2.Fibrillation auriculaire.pentothal intra-veineux : 0 gm.75 plus oxygène (Dr Fernando Hudon).Une thyroïdectomie sub-totale bilatérale est pratiquée.Examen histo- Septembre 1944 LavaL MÉDICAL 541 logique : « goitre vésiculaire à disposition nodulaire et à évolution partiellement microkystique présentant d\u2019assez nombreux foyers de trans- : | a ! ! à i \\ | | ° * # = > 9\u201d pores 4 } | ! : 1 F ft ~ I Figure 4.\u2014 Troisiéme observation.\u2014 Electro-cardiogramme : 20 décembre 1943.Prépondérance ventriculaire gauche.Rythme sinusal, régulier a 62 par minute.PR : normal à .13 sec.Tracé normal.formation basedowienne ».La patiente laisse I\u2019hopital le 9° jour de ses suites opératoires.Elle se 542 Lavar MépicaL Septembre 1944 sent bien, mais est encore en arythmie complète.Revue un mois plus tard son cœur est tout à fait régulier, la fibrillation est disparue.Le 20 décembre 1943, soit trois mois après son opération, la malade a repris 35 livres de poids et l\u2019électro-cardiogramme donne le résultat suivant : « prépondérance ventriculaire gauche.Espace PR : normal à .13 sec.Rythme sinusal, régulier a 62 par minute » (fig.4).II semble bien, a la lecture de ces observations, qu\u2019il y a des aryth- mres complètes totalement curables, même sans adjonction de quinidine.Malheureusement, 11 n\u2019en est pas toujours ainsi.Dans l\u2019association fibrillation auriculaire et goitre toxique, 25% des malades sont guéris de leur hyperthyroidie mais leur cœur demeure irrégulier (Maher).Il s\u2019agit de sujets qui, en plus d\u2019avoir une altération de leur glande thyroïde et un cœur qui est en état de fibrillation auriculaire, présentent soit des troubles coronariens, soit une sclérose cardro-vasculaire, soit une cardiopathie valvulaire.Ils sont, le plus souvent, porteurs d\u2019un rétrécissement mitral qui reste un facteur de premier plan dans la genèse de l\u2019arythmie complète.Lorsque l\u2019on constate, chez un patient avec ou sans antécédents rhumatismaux, la présence d\u2019une arythmie complète, il doit être de règle de vérifier l\u2019état anatomique du corps thyroïde.L\u2019hypertrophie est parfois discrète et demande à être recherchée avec minutie.Les petits goitres sont souvent les plus toxiques.Un moyen qui peut rendre service à l\u2019occasion, outre le procédé de palper classique de la glande, est de placer le sujet dans un bon éclairage et de l\u2019exammer de profil.Si on le fait déglutir, à ce moment on voit passer le corps « thyroïde » au niveau de la région sus-sternale.Si le cortège habrtuel des troubles thyroïdiens existe : exophtalmie, tremblement, draphorèse, troubles intestinaux, le diagnostic est aisé mais dans d\u2019autres circonstances, la sagacité du clinicien dort être mise à l\u2019épreuve.Il ne devra pas sous-estrmer pour se mettre sur la piste du diagnostic : la canitie précoce (Levine), les poussées intermittentes de diarrhée, la congestion faciale type saumoné, la fixité du regard, la Septembre 1944 Lavar MÉpicaL 543 moiteur de la peau et la phobie des températures élevées.Celui qui souffre de goitre toxique aime le froid plus que de raison.Les fonctions thyroïdiennes sont explorées par l\u2019épreuve du métabolisme basal.C\u2019est actuellement le seul et unique test pratique recommandable.En l\u2019absence de fièvre ou de leucémie (Levine), un métabolisme élevé au-dessus de +25% indique un dysfonctionnement de la glande thyroïde, une dysthyroïdie.CONCLUSIONS En présence d\u2019une fibrillation auriculaire, on doit tout mettre en œuvre pour déceler l\u2019altération thyroïdienne.Si les deux facteurs associés restent 1solés, il y a tout lieu de croire que la thyroïdectomie amènera une guérison définitive comme le témoignent les observations rapportées.Si, en plus, 11 y a une lésion supplémentaire de l\u2019appareil cardio- vasculaire, on doit opérer quand même.Les troubles du métabolisme thyroïdien se comportant comme un agent catalytique qui hâte ou précipite le cours de l\u2019affection cardiaque antérieure (Maher).On ne guérit pas le malade, mais on améliore son état et on prolonge son existence.BIBLIOGRAPHIE 1.Azkrap, E.Pathologie de la thyroïde.10004.Glandes endocrines.Encyclopédie médico-chirurgicale.2.BERARD, L., et Corso, P.A propos du cœur basedowien et des cardio-thyréoses.La Presse Médicale, vol.72, (sept.) 1934.3.Leving, Samuel A.Thyroid Heart Disease in Clinical Heart Disease.2° édition, Saunders, 1940.4.MAHER, Chauncey C., et SirTLer, W.The Cardio-Vascular State in Thyrotoxicosis.Am.Med.Ass.Journ., vol.106, n° 18, 1936.5.Vizina, Charles, et Jos, J.-B.A propos de 752 cas de goitre traités à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec depuis 10 ans.Lava! Médical, page 381, 1939. HYGIÈNE L\u2019ÉVOLUTION DE LA SANTÉ PUBLIQUE DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC DE 1900 A 1944 L'évolution de la santé publique dans la province de Québec, depuis le début du siècle, n\u2019est assurément que le résultat partiel, fragmentaire d\u2019une gigantesque évolution qui débute à la naissance du monde, qui est contemporaine de l\u2019homme des cavernes, qui se déroule longuement à travers les millénaires, faisant parfois des bonds de géant, demeurant parfois, pour d\u2019interminables périodes, dans un état d\u2019amorphie à peu près absolue, et qui finit par rejoindre, non sans gloire, l\u2019époque à laquelle nous vivons.Depuis 1900, dans la province de Québec, nous avons cherché à faire bénéficier la population des découvertes de Pasteur, de Villemin et de Robert Koch, ces.deux grands maîtres de la tuberculose, d\u2019Hoffmann et de Schaudin, découvreurs du tréponème, agent de la syphilis, d\u2019Émile Roux, vainqueur de la diphtérie, de Chantemesse et de Vincent, initiateurs de la vaccination anti-typhoïdique, de Ramon, de Widal, de Nocard, de Calmette, de Guérin, et de Charles Richet, le maître de l\u2019anaphylaxie, le médecin qui sut le mieux combattre et juguler les terrifiants effets des toxiques.Nous avons suivi les travaux d\u2019Ehrlich, de Salvarsan, de Sazerac, ceux de Claude Bernard, de Brown-Séquard, de Landouzy, Septembre 1944 LavAL MÉDICAL 545 ceux de Semmelweiss, persécuté parce qu\u2019il voulut mettre un terme aux ravages des fièvres puerpérales, ceux de Lister et de Tarnier, qui réussirent à «faire disparaître presque entièrement l\u2019infection dans les maternités», ceux d\u2019Adolphe Pinard, cet apôtre de la puériculture, à qui les cent mille enfants, et leurs parents, qui fréquentent nos unités sanitaires, sont redevables de tant d\u2019amélioration physiologique.En 1900, la population de la province de Québec comptait 1,648,898 âmes.Les diverses maladies contagieuses : typhoïde, rougeole, scarlatine, diphtérie, tuberculose, causaient respectivement 418, 589, 1,035 et 3,015 décès.Aujourd\u2019hui, et malgré que notre population ait doublé, la typhoïde cause 129 décès au lieu de 418 ; la rougeole, 71 au lieu de 430 ; la scarlatine, 66 au lieu de 589 ; la diphtérie, 118 au lieu de 1,035 et la tuberculose, 2,503 au lieu de 3,015.Je dois ajouter que cette dernière maladie, dont chacun connaît la nocivité, est l\u2019objet d\u2019un système de dépistage extrêmement méticuleux dirigé par nos Services, de sorte que nous avons à traiter une multitude de cas nouveaux.Et pourtant, le nombre des décès diminue dans une proportion constante.N\u2019est-ce point là le signe indéniable d\u2019un immense progrès ?bp Le ministére de la santé et du bien-étre social s\u2019efforce d\u2019atténuer ce que les économistes et les philosophes appellent « la somme terrifiante de la souffrance humaine ».Nous cherchons, dans la mesure de tous nos moyens, à améliorer le sort de nos déshérités.Je suis sûr que l\u2019exposé de l\u2019œuvre que nous poursuivons saura vous convaincre de l\u2019utilité et de la nécessité de nos efforts.L\u2019évolution de la santé publique dans la province de Québec peut se diviser ainsi : évolution administrative, évolution démographique et évolution sociale.Je traiterai de l\u2019évolution administrative.Les premières lois sanitaires de notre province remontent au xvi1IC siècle.En 1706, le Conseil supérieur de la Nouvelle-France édicta des règlements touchant l\u2019approvisionnement des viandes.En 1721, on établit, à l\u2019île aux Coudres, une quarantaine pour préserver la colonie des maladies infectieuses.Au x1x° siècle, la surveillance épidémiologique se continue.Il y a les trop fameuses épidémies de choléra et de typhus.On enregistre les ravages du mal, on tente, avec les pauvres moyens dont 546 LavaL MEbicaL Septembre 1944 on dispose, de les circonscrire.En 1865, une loi impose l\u2019inspection médicale des prostituées à Québec, Lévis, Montréal, Sorel et Chambly.Mais, en vérité, l\u2019hygiène et la prévention ne bénéficièrent d\u2019un budget provincial qu\u2019en août 1887, lorsque le premier Bureau de santé fut institué en vertu d\u2019une loi votée l\u2019année précédente.Ce Bureau reçut bientôt le pouvoir d\u2019obliger les municipalités à établir des Services locaux de santé.On lui laissait, en outre, la liberté d\u2019émettre des règlements et l\u2019autorité nécessaire pour qu\u2019ils fussent respectés.Par ces dispositions, quelque rudimentaires qu\u2019elles puissent nous paraître, la province de Québec, parmi les autres provinces canadiennes, faisait déjà figure d\u2019innovatrice.La surveillance sanitaire se développe graduellement.En 1910, la province fut divisée en 10 territoires de santé comprenant chacun 120 municipalités environ.Des inspecteurs furent désignés, qui se-chargèrent de la surveillance de l\u2019hygiène dans leurs districts respectifs et s\u2019efforcèrent, par le moyen de causeries, de conférences, de renseigner et d\u2019éduquer le public sur l\u2019importance de la médecine préventive.Quand des maladies contagieuses éclataient, il leur appartenait d\u2019en dépister l\u2019origine, d\u2019en dresser un état méticuleux, de prendre les mesures qu\u2019ils avaient à leur disposition pour les enrayer et les faire disparaître.En 1922, le Conseil supérieur d\u2019hygiène cédait la place au Service provincial de la santé.Les fonctions de l\u2019ancien Conseil étaient dévolues au surintendant de ce nouveau Service.Dans le même temps, le gouvernement votait la somme de $100,000.par an, pour 5 ans, qu\u2019il destinait à l\u2019entreprise d\u2019une campagne intensive dirigée contre la tuberculose et la mortalité infantile.Depuis lors, ces subsides ont considérablement augmenté.En effet, en 1933, $960,000.étaient votés pour le même but, et, en 1943, $1,500,000.L\u2019année 1925 marque une époque de l\u2019évolution administrative du ministère de la santé et du bien-être social de la province.C\u2019est la création des unités sanitaires.Depuis cette date, non seulement le Bureau provincial d\u2019hygiène est devenu un ministère avec toutes les prérogatives et l\u2019autonomie que ce terme comporte, mais il s\u2019est augmenté de 17 divisions dont chacune possède l\u2019importance de l\u2019ancien Conseil supérieur d'hygiène.Ces divisions comprennent les différents Services de l\u2019assistance publique, des laboratoires, du génie sanitaire, de la démographie, Septembre 1944 LavaL.MÉDICAL 547 des unités sanitaires, de l\u2019épidémiologie, de la nutrition, des maladies vénériennes, de la tuberculose, de l\u2019hygiène industrielle, de l\u2019enseignement de l\u2019hygiène, de l\u2019hygiène dentaire, des hôpitaux pour maladies mentales, de la publicité, le Service médical aux colons, les Services juridiques et administratifs.Les fonds consacrés à la santé publique ont doublé, triplé et même quadruplé dans certains cas.Ainsi, le seul budget de l\u2019assistance publique, y compris les contributions des munrcipalités s\u2019élève aujourd\u2019hui a $9,000,000.L\u2019administration de la santé publique est à la fois une science et un art, qui concerne l\u2019organisation et le fonctionnement des divers organismes gouvernementaux destinés à l\u2019amélioration du bien-être physique de la population.Elle tend à améliorer la santé et à augmenter de plus en plus ses moyens de prévention.Naturellement, cette administration s\u2019occupe d\u2019abord des questions de salubrité collective, puisque celle-ci même dépend directement de la somme des cas particuliers.Nous savons que tout programme de santé publique repose sur ces quatre besoins fondamentaux de la nature humaine : nourriture, logement, protection et enseignement.Mais un bon programme doit également comprendre les éléments suivants : eugénisme, puériculture, alimentation, salubrité publique, démographie, recherches scientifiques, hygiène maternelle, hygiène personnelle et mentale, hygiène industrielle, enseignement de l\u2019hygiène et prévention des maladies contagieuses.Jean GREGOIRE, M.D., sous-ministre de la santé et du bien-étre social.(9) LA SANTÉ DU TRAVAILLEUR DANS L\u2019INDUSTRIE DE L\u2019EXTRACTION DE L\u2019ALUMINIUM Je voudrais, comme on m\u2019a prié de le faire, vous parler de l\u2019influence des conditions de travail sur la santé du travailleur dans l\u2019industrie de l\u2019extraction de l\u2019aluminium.Jai l\u2019intention de m\u2019inspirer largement du rapport de la Commission qui a enquêté récemment sur les conditions de travail des cuvistes aux usines de l\u2019Aluminum Company of Canada, à Shawinigan Falls.Cette enquête fut instituée à la suite d\u2019un différend entre la compagnie et les ouvriers-cuvistes au sujet de la somre de travail que l\u2019on exigeait de ces derniers durant leur journée de huit heures.La compagnie avait l\u2019habitude de confier à chaque cuviste le soin de sept cuves durant la saison chaude et de huit cuves durant la saison froide.Les ouvriers prétendirent que prendre le soin de huit cuves en hiver constituait une tâche excessive et demandèrent à la compagnie de maintenir le système d\u2019été durant toute l\u2019année.La compagnie s\u2019objecta en disant que les conditions de travail dans les salles des cuves pouvaient se comparer avantageusement avec celles des autres industries, telles que celles de la réduction du plomb, la réduction du cuivre, et la réduction du zinc électrolytique.Elle était d\u2019opinion que les périodes de repos allouées aux équipes d\u2019hiver étaient suffisantes ; ces périodes de repos équivalaient au moins à 34% de la journée de travail de huit heures.Ces périodes de repos pouvaient même atteindre jusqu\u2019à 40% de la journée de travail dans des conditions avantageuses d\u2019opération.La compagnie ajoutait qu\u2019un grand nombre d\u2019ouvriers avaient travaillé pendant de longues années dans les salles Septembre 1944 Lavar.MÉpicaL 549 des cuves sans que leur santé en fut affectée, que les conditions de travail y avaient été améliorées substantiellement depuis un certain nombre d\u2019années et que, enfin, à l\u2019une des usines, c\u2019est-à-dire l\u2019usine n° 1, où chaque cuviste avait déjà pris soin de 8 à 9 cuves, les conditions de travail sur les petites cuves Soderberg étaient plus dures comparées aux conditions de travail qui prédominaient a ['usine n° 2, ou l\u2019on utilisait les grosses cuves Soderberg et d\u2019ou était venu le différend entre les ouvriers et la compagnie.II s\u2019agissait donc là d\u2019un problème de fatigue industrielle.Comme toute condition défavorable de travail est susceptible de provoquer une fatigue excessive, ce fut l\u2019occasion pour nous d\u2019étudier à fond l\u2019influence que pouvaient avoir sur la santé du travailleur les procédés utilisés dans l\u2019extraction de l\u2019aluminium.Pour apprécier le phénomène de la fatigue chez ces ouvriers, il fallait non seulement connaître leur état de santé mais il fallait aussi les observer alors qu\u2019ils étaient au travail, analyser rm inutieusement toute la technique des opérations qu\u2019ils doivent accomplir et rechercher, par des moyens scientifiques appropriés,dans quelles conditions 1lsdevaient exécuterleurtravail.Le problème qui se posait était donc celui-ci : Est-ce que le fait, pour les cuvistes, d\u2019avoir à surveiller huit cuves durant la saison froide les exposait à une fatigue excessive et constituait pour eux, par le fait mêre, un travail domrageable à la santé.Dès les débuts, personne ne se fit illusion sur la cor plexité de ce problème.Afin de mieux conprendre la nature du travail que doit accomplir l\u2019ouvrier-cuviste, il est utile, je crois, de vous donner une description détaillée du procédé de l\u2019extraction de l\u2019aluminium et des opérations qu\u2019il requiert.A Shawinigan Falls, la compagnie possède deux usines d\u2019extraction de l\u2019aluminium ; l\u2019usine n° 1 et l\u2019usine n° 2.Toutes deux utilisent le même procédé, sauf qu\u2019à l\u2019usine n° 1 on se sert de cuves plus petites, du type Arvida et du type Soderberg, tandis qu\u2019à l\u2019usine n° 2, on se sert de cuves Soderberg de dimensions plus grandes.Une cuve n\u2019est pas autre chose qu\u2019une pile électrique dans laquelle on extrait l\u2019aluminium par réduction électro-chimique de son oxyde, l\u2019alumine.L\u2019alumine provient de la bauxite qui est une alumine hydratée. 550 Lavar MÉpicaAL Septembre 1944 On se sert de cryolite, qui est un fluorure double d\u2019alumine et de soude, comme dissolvant de l\u2019alumine.La cryolite fond approximativement à 1,000°C.et a la propriété de dissoudre l\u2019alumine à cette température.L\u2019alumine dissoute par la cryolite est dissociée par le passage du courant électrique et l\u2019on obtient de l\u2019aluminium métallique qui se dépose au fond de la cuve.On ajoute de l\u2019alumine à mesure que la réduction s\u2019opère.Durant l\u2019opération, 1l se forme une croûte très dure et épaisse à la surface de la cuve, et le travail principal du cuviste consiste à casser cette croûte à différents intervalles et à ajouter de l\u2019alumine au besoin.Quand une cuve a besoin d\u2019alumine, un signal lumineux en avertit le cuviste ; celui-ci doit immédiatement casser la croûte qui se forme sans cesse à la surface du liquide en fusion.Maus le cuviste ne doit pas nêces- sairement attendre le signal lumineux, 1l doit casser cette croûte à des périodes déterminées à l\u2019avance et ajouter à chaque fois de l\u2019alumine.Au moment de notre enquête, la majorité des ouvriers à l\u2019usine n° 2 devaient casser la croûte au moyen d\u2019un marteau pesant de 10 à 12 livres, et avec une barre en acier de 20 à 25 livres.Immédiatement après le cassage de la croûte, il doit brasser le liquide en fusion au moyen d\u2019un long tisonnier.Pendant ces deux opérations l\u2019ouvrier doit se tenir tout près de la cuve et se trouve, par le fait même, exposé à un degré très élevé de chaleur.Il se dégage aussi des cuves une fumée assez dense et une certaine quantité de gaz que l\u2019ouvrier est exposé à respirer.Il est probable qu\u2019en été, la chaleur qui se dégage des cuves rend le travail du cuviste encore plus pénible en dépit du fait qu\u2019on a installé un système de ventilation qui a pour objet d\u2019introduire de l\u2019air frais à l\u2019intérieur des salles des cuves.Cet air plutôt froid est introduit à travers des grilles aménagées dans le plancher entre les lignes des cuves ; cet air arrive à une vitesse assez considérable, ce qui est un inconvénient.L\u2019ouvrier se trouve en effet exposé à des variations brusques de température lorsqu\u2019il s\u2019éloigne de la cuve pour quelques instants afin de se reposer.À ce moment, il transpire de façon excessive et,exposé comme il l\u2019est à l\u2019air frais qui arrive par les grilles à une vélocité considérable, on serait porté à croire qu\u2019il est en grand danger de se refroidir outre mesure.Pourtant, comme nous le verrons plus loin, les maladies des vores respiratoires ne sont pas plus élevées chez les ouvriers-cuvistes que chez Septembre 1944 LavAL MÉDICAL 551 les ouvriers des autres départements de l\u2019usine.Ceci s\u2019explique assez facilement.L\u2019ouvrier ne reste pas assez longtemps près de la grille et 1l n\u2019a pas le temps de se refroidir de façon dangereuse.Comme on vient de le voir, le travail du cuviste est un travail pénible et qui exige un effort musculaire intense, susceptible de provoquer une fatigue plus ou moins grande selon le cas.La fatigue excessive peut survenir chez tout le monde sans exception quel que soit le genre d\u2019occupation.Un travail pénible n\u2019engendre pas nécessairement une fatigue excessive, de même qu\u2019un travail léger ne l\u2019exclut pas non plus.Tout dépend de l\u2019individu et des conditions dans lesquelles le travail est exécuté.Lorsqu\u2019il s\u2019agit de déterminer le degré de fatigue causé par un travail quelconque, il faut donc, de prime abord, admettre deux principes fondamentaux : 1° La fatigue est un phénomène physiologique normal ; elle ne devient excessive et, par conséquent, dommageable à la santé que s1 les périodes de travail ne sont pas coupées de périodes de repos suffisantes pour permettre à l\u2019organisme de récupérer ; 2° Tout travail peut engendrer une fatigue excessive.Dans la production de la fatigue, il faut se rappeler en outre qu\u2019un nombre considérable de facteurs d\u2019ordre physique, physiologique, social et psychique, peuvent intervenir et que, par conséquent, le genre d\u2019occupation n\u2019est pas le seul facteur à considérer.Il y a la vitesse des opérations, la monotonie du travail lui-même, l\u2019habileté ou la dextérité de l\u2019ouvrier, la capacité individuelle, la température, la ventilation, l\u2019éclairage, l\u2019état de santé de l\u2019ouvrier, (maladies, défauts physiques), la constitution psycho-physiologique de l\u2019individu, la durée de la journée de travail, les troubles domestiques, les relations entre ouvriers d\u2019un même département de l\u2019usine, les relations entre ouvriers et contremaîtres, les relations entre les ouvriers et les directeurs de l\u2019usine, etc.Il est donc impossible, en pratique, d\u2019éliminer complètement chez tous les ouvriers la fatigue excessive.T'outefois, on peut en diminuer le degré, en modifiant ou en faisant disparaître un nombre plus ou moins grand des facteurs que je viens de mentionner. LavaL MEbicaL Septembre 1944 L'industrie de la réduction électrolytique de l\u2019aluminium se classe, comrre on le sait, parmi les industries lourdes et, si l\u2019on s\u2019en tient à la nature mêre des opérations, le genre de fatigue qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019étudier dans le cas des cuvistes n\u2019est pas tout à fait le mème que celui que l\u2019on rencontre dans l\u2019industrie légère où la monotonie, la vitesse des opérations et la dextérité manuelles sont surtout en jeu.Dans les industries légères, il s\u2019agit plutôt d\u2019une fatigue nerveuse ou mentale.Le travail du cuviste, comme on le sait, est surtout caractérisé par l\u2019effort musculaire qu\u2019il exige et par la chaleur rayonnante excessive à laquelle l\u2019ouvrier est exposé.Il s\u2019agit donc essentiellement d\u2019une fatigue physique.Il est bon de se rappeler que la fatigue excessive qui résulte de l\u2019effort musculaire trop intense est plutôt rare dans l\u2019industrie.L\u2019instinet de conservation que l\u2019on rencontre chez tout homme normal l\u2019empêche habituellement de continuer pendant longtemps un travail au-dessus de ses forces.Il laissera donc l\u2019usine ou demandera de permuter dans un autre département de l\u2019usine.Pour tenter d\u2019en arriver à une conclusion raisonnable et juste du problème, nous avons cru bon d\u2019employer les méthodes suivantes : \u2018étude statistique du mouvement de la main-d\u2019œuvre, de la morbidité, de la fréquence des accidents, et l\u2019étude de la fréquence des absences.On sait que les manifestations de la fatigue se traduisent, entre autres choses, par une mauvaise santé, une prédisposition plus grande aux accidents, par une augmentation du mouvement de la main-d\u2019œuvre et du nombre des absences, une diminution plus ou moins grande de la production, de méme que par une diminution dans la qualité du produit manufacture.\u2019êtude de la courbe-horaire de la production donne habituellement des résultats significatifs au point de vue fatigue.Un fléchissement de cette courbe durant la journée de travail constitue en général un'indice de fatigue chez les ouvriers.Cette épreuve devient encore plus significative si, après avoir établi la courbe horaire de la fréquence des accidents, on s\u2019aperçoit que ceux-ci surviennent surtout durant la période de fléchissement de la production.Malheureusement, la nature du procédé de Septembre 1944 LavaL MEbicaL 553 l\u2019électrolyse de l\u2019alumine ne se prêtant aucunement à l\u2019établissement de cette courbe, cette méthode d\u2019investigation n\u2019a pu être utilisée.L'absence de statistiques n\u2019a pas permis l\u2019étude de la mortalité dans ce genre d\u2019occupation.Une deuxième méthode d\u2019enquête a consisté dans l\u2019examen physique d\u2019un groupe d\u2019environ 100 cuvistes ayant, pour la plupart, deux ans et plus de service comme tels, y compris l\u2019examen des urines et un examen radiographique des poumons.En outre, un groupe de 10 ouvriers des usines d\u2019Arvida, ayant 7 à 30 ans de service dans le département des cuves, ont subi un examen radio- graphique des os du bassin, de l\u2019épine dorsale et des épaules, afin de déterminer si ces parties du squelette pouvaient avoir été affectées par l\u2019absorption possible du fluor ou des fluorures dans l\u2019air.Une troisième méthode d\u2019enquête consiste à effectuer certains tests physiologiques sur un groupe choisi de cuvistes.Ces épreuves avaient pour but de déterminer l\u2019effet que pouvait avoir sur certaines fonctions physiologiques le genre de travail exécuté par les cuvistes et le degré de fatigue dont ces effets étaient l\u2019expression.Enfin, la dernière méthode d\u2019enquête utilisée, si l\u2019on fait abstraction de l\u2019étude de temps, faite par une firme d\u2019ingénieurs, fut l\u2019analyse chimique et physique de l\u2019air des salles de travail au point de vue température, humidité, gaz et poussières, de même qu\u2019une étude de l\u2019intensité de l\u2019éclairage, de la ventilation locale et générale des salles des cuves.Les données statistiques sur le mouvement de la main-d\u2019œuvre démontrèrent que celui-ci était plus élevé à la salle des cuves de l\u2019usine n° 2, où les ouvriers se plaignaient des conditions de travail, qu\u2019à la salle des cuves de l\u2019usine n° 1.Les départs volontaires, c\u2019est-à-dire le nombre d\u2019ouvriers-cuvistes qui abandonnèrent définitivement leur travail en donnant comme raison : «les conditions de travail », étaient substantiellement plus élevés pour l\u2019usine n° 2 que pour l\u2019usine n° 1 : 101.4% et 59.7% respectivement.On admet qu\u2019un mouvement de la main-d\u2019œuvre élevé est généralement l\u2019expression de conditions défavorables de travail.Un mouvement de la main-d\u2019œuvre plus élevé à l\u2019usine n° 2 peut s\u2019expliquer par le fait 554 Lavar MÉpicaL Septembre 1944 que la moyenne d\u2019années de service pour les cuvistes de l\u2019usine n° 1 était de 3 ans et 3 mois, tandis que celle des cuvistes de l\u2019usine n° 2 n'était que d\u2019un an et 9 mois.Il va de soi que le mouvement de la main-d\u2019œuvre dans toute industrie est plus élevé chez les moins expérimentés parce que ceux-ci ont moins d\u2019entraînement et se fatiguent plus rapidement.Cette différence entre les deux usines peut aussi s\u2019expliquer par le fait que le travail du cuviste sur les grosses cuves Soderberg de l\u2019usine n° 2, exige une dépense d\u2019énergie musculaire plus considérable que le travail sur les cuves Arvida ou les petites cuves Soderberg de l\u2019usme n° 1.En outre, surtout depuis 1943, la main-d\u2019œuvre était rare et on fut obligé d\u2019être moins exigeant sur les qualifications physiques des candidats, ce qui eut pour effet d\u2019augmenter le nombre de ceux qui abandonnèrent leur travail durant l\u2019année, parce que celui-ci dépassait leur capacité.De plus, les conditions du temps de guerre ont dû certainement contribuer à augmenter le mouvement de la main-d\u2019œuvre chez les cuvistes.On sait que, durant cette période, bon nombre de non-résidents viennent chercher du travail et ne réussissent pas toujours à s\u2019adapter à un milieu qui est tout à fait nouveau pour eux.La difficulté de trouver un logement convenable ou confortable, l\u2019obligation pour eux de loger leur famille dans des logements parfois trop petits, ce qui les expose à manquer du sommeil et du repos dont ils ont besoin ; la distance de leur foyer à l\u2019usine (11 y avait environ une centaine d\u2019ouvriers qui étaient forcés de voyager tous les jours de Trois-Rivières à Shawinigan Falls pour se rendre à leur travail).Tout cela constituait autant de facteurs qui les exposaient à une fatigue excessive et qui pouvaient les inciter, tôt ou tard, à chercher un milieu plus favorable.Cinquante-deux pour cent (52%) des 698 ouvriers-cuvistes qui travaillaient à cette date dans les salles des cuves étaient des nouveaux venus.L'étude statistique de la fréquence des absences constitue une méthode d\u2019évaluation directe du degré de morbidité dans l\u2019industrie et un moyen de rechercher de façon indirecte si les conditions de travail sont trop pénibles ou dommageables à la santé.En 1942 et en 1943, le nombre annuel de jours d\u2019absence par employé est moins élevé à la salle des cuves n° 2 qu\u2019à la salle des cuves n° 1, con- Septembre 1944 LavaL.MÉpicAL 555 trairement à ce qui arrive Jorsqu\u2019on compare le mouvement de la main- d\u2019œuvre dans les deux salles.On est donc porté à croire que les ouvriers- cuvistes de l\u2019usine n° 2 abandonnent définitivement leur travail plutôt qu\u2019ils ne s\u2019absentent.Le nombre annuel de Jours d\u2019absence par employé chez les cuvistes des deux usines n\u2019atteint pas 8 jours par employé, et se compare très favorablement avec celui d\u2019autres industries où le travail est beaucoup moins dur.Les statistiques de morbidité ne nous ont permis d\u2019étudier qu\u2019un groupe restreint d\u2019ouvriers-cuvistes, c\u2019est-à-dire ceux qui étaient membres de l\u2019Association de Secours, organisée par la compagnie.L'analyse des statistiques obtenues indique que ce sont les maladies des voies respiratoires qui surviennent le plus fréquemment chez les ouvriers-cuvistes.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui arrive dans toutes les industries quelle qu\u2019en soit la nature.La moyenne du nombre de cas des maladies des voies respiratoires pour la période 1940-1943 est même un peu moins élevée chez les ouvriers-cuvistes que chez les employés des autres départements de l\u2019usine : 59.4 et 53.2 respectivement par 1,000 employés, ce qui ne laisse pas de surprendre, étant donné la nature du travail du cuviste, les fumées et les poussières qu\u2019il est exposé à respirer.Les autres cas de maladies relevés chez les cuvistes, membres de l\u2019Association de Secours, durant cette période de quatre ans, furent les suivants : maladies des voies digestives, rhumatisme, maladie du cœur maladies des artères, troubles rénaux, maladies de la peau, troubles oculaires, troubles auriculaires, anémie, pyorrhée, infections.Durant cette période, la moyenne des cas de maladies survenus chez les cuvistes fut de 100.7 par 1,000 employés tandis qu\u2019elle fut de 131.06 chez les employés des autres départements.Les cas de tuberculose pulmonaire relevés chez les cuvistes, membres de cette association, durant cette période, ont été rares.La moyenne du nombre des cuvistes, membres de l\u2019Association de Secours, a été durant cette période de 206.8.Autrefois, des cas d\u2019épuisement par la chaleur, qui nécessitaient l\u2019hospitalisation ou un traitement médical, survenaient de temps à autre chez les cuvistes.Mais depuis 1940, il ne paraît pas y en avoir eu.Quel- 556 LavAaL MÉDICAL Septembre 1944 ques ouvriers, cependant, se sont plaints de crampes abdominales dues à la chaleur excessive.Mais il semble que ces employés avaient négligé de prendre des tablettes de chlorure de sodium que l\u2019on met leur disposition au-dessus des fontaines dans la salle des cuves.L'analyse des statistiques sur la fréquence et la gravité des accidents indique des taux très peu élevés comparés aux autres industries américaines et canadiennes.Ceci est sans doute dû à une bonne organisation de sécurité dans les deux usines.On remarque qu\u2019en 1942 et en 1943, 11 y eut 6 accidents dans les salles des cuves et que tous survinrent dans la salle des cuves de l\u2019usine n° 2.Le Dr Lucien Brouha, physiologiste attaché à l\u2019École d\u2019hygiène et au Laboratoire de Fatigue de l\u2019Université de Harvard, a bien voulu, à notre demande, se rendre à Shawinigan Falls et entreprendre de faire certains tests physiologiques sur les cuvistes.Les tests physiologiques suivants furent utilisés : des épreuves relatives au métabolisme de l\u2019eau, à la composition de l\u2019urine, à la variation de la température, du corps, à la quantité d\u2019acide lactique dans le sang et, en outre, des épreuves cardio-vasculaires.Toutes ces épreuves, sauf celles des épreuves cardio-vasculaires, furent négatives.A la suite de ces tests, il semble qu\u2019en certains cas la somme de travail musculaire chez les cuvistes est considérable et produit une accumulation marquée du rythme du cœur comparable à celle que l\u2019on observe après certains exercices chez les athlètes.Ces tests confirment l\u2019observation que l\u2019opération, consistant à casser la croûte au moyen du marteau, est un travail dur et, parfois, épuisant.Chez un certain nombre de cuvistes on a pu remarquer un degré notable d\u2019essoufflement et une transpiration abondante malgré la basse température.Parmi les 23 cuvistes qui utilisaient le marteau pour casser la croûte et qui furent l\u2019objet de tests cardio-vasculaires, un certain nombre ne présentèrent aucun signe de fatigue cardio-vasculaire après un nombre de cassages variant de 1 à 23.Les autres, un tiers environ du groupe, bien que travaillant dans la période de l\u2019année où les conditions de travail étaient les plus favorables au point de vue température, présentèrent, vers le milieu de leur journée de travail, après un nombre de cassages Septembre 1944 LavaL MEDICAL 557 variant de 6 à 10, un ralentissement bien défini du retour du cœur à son rythme normal.Ce retard du cœur à revenir à son rythme normal devint définitivement plus marqué vers la fin de la journée de travail après un nombre de cassages variant de 14 à 21.Même après une demi-heure de repos, le nombre des pulsations de ces ouvriers, alors qu\u2019ils étaient dans la position assise, demeura anormalement élevé.Les cuvistes qui utilisaient la foreuse à air comprimé pour casser la croûte ne présentèrent pas ces symptômes de fatigue cardio-vasculaire, même après avoir fait 26 cassages au cours de leur journée.Les symptômes étaient de plus en plus marqués lorsque l\u2019ouvrier devait casser plusieurs croûtes en succession sans pouvoir prendre aucun repos entre les cassages.Mais il est important de noter que tous les cuvistes qui présentent ces symptômes de fatigue cardio-vasculaire se remettent complètement de leur fatigue durant les 16 heures qu\u2019ils passent en dehors de l\u2019usine.A la suite de ces constatations, nous avons cru devoir tirer les conclusions suivantes : c\u2019est l\u2019opinion générale qu\u2019on n\u2019a pas encore réussi à trouver une méthode absolument précise pour mesurer le degré de fatigue chez le travailleur.Nous croyons toutefois que les tests physiologiques utilisés constituent une méthode satisfaisante de la détermination de la fatigue, compte tenu de la nature du travail exécuté par le cuviste.Ceux qui ont manifesté des symptômes de fatigue cardio-vasculaire ont démontré qu\u2019ils se fatiguaient plus que les autres, soit parce qu\u2019ils étaient moins aptes, physiquement, à ce genre de travail, soit parce qu\u2019ils manquaient de l\u2019habileté ou d'expérience dans la manière d\u2019exécuter leur travail.Il n\u2019apparaît pas que leurs symptômes de fatigue cardro-vasculaire provoquent des effets cumulatifs au point de setransformer en une fatigue chronique puisque leur rythme cardiaque est revenu complètement à la normale lorsqu\u2019ils reprennent leur travail au début de la journée.Mais il y a lieu de croire qu\u2019en certains cas, il peut s\u2019écouler un temps assez long, des semaines et peut-être des mois, avant que l\u2019ouvrier-cuviste puisse réussir à s\u2019adapter complètement à son travail, c\u2019est-à-dire à ne dépenser que le minimum d\u2019énergie musculaire requis dans l\u2019opération du cassage de la croûte. 558 Lavar MépicaL Septembre 1944 Le Dr Honoré Nadeau, professeur titulaire à l\u2019Université Laval de Québec, a bien voulu se charger, au cours de notre enquête, de faire l\u2019examen physique général d\u2019un groupe de 104 ouvriers, dont les années de service comme cuvistes variaient de 1 an à 20 ans.L\u2019âge des sujets examinés variait entre 20 ans et 55 ans.Le système cardio-vasculaire, le système respiratoire, le système digestif, le système locomoteur, le: système nerveux et le système urinaire furent passés en revue chez chaque sujet.En outre, l\u2019état général, la taille et le poids ont été notés, de même que les signes de fatigue apparente, tels que : aspect particulier du regard qui devient terne, abattu, réactions plus lentes souvent malhabiles aux incitations externes, tremblement plus ou moins marqué des extrémités, irascibilité, etc.En général, l\u2019état de santé de ce groupe de cuvistes a été trouvé excellent.Certams signes cliniques, décelés à l\u2019examen du système respiratoire, laissent croire à l\u2019existence de lésions scléreuses bronchiques et pulmonaires plutôt légères, n\u2019entraînant aucun trouble sérieux, toutefois, des fonctions respiratoires.La plupart des ouvriers examinés après 6 à 7 heures du travail ont présenté des signes de fatigue apparente plus ou moins accusés.Il ne semble pas, cependant, qu\u2019il s\u2019agisse là de fatigue chronique, étant donné que tous ces signes de fatigue apparente n\u2019existent chez aucun des ouvriers qui ont été examinés au début de leur journée de travail.Le Dr Hervé Beaudoin, surintendant du sanatorium Cooke, a bien voulu se charger de faire l\u2019examen radiologique des poumons chez un groupe de 105 cuvistes.Cet examen a démontré que 16 ouvriers, ou 15.29, ont présenté une exagération des ombres hilaires et du réticulum de la trame ; 17 ouvriers, ou 16.2%, ont présenté une déformation des ombres cardio-vasculaires.Ces anomalies semblent plus fréquentes chez les ouvriers travaillant depuis trois ans et plus dans la salle des cuves ; 4 ouvriers, ou 3.8%, ont présenté des densifications anormales du parenchyme pulmonaire, vestiges de lésions tuberculeuses cicatrisées ; 3 ouvriers, ou 2.8%, ont présenté des séquelles pleurales.A la suite de ce rapport, nous avons cru devoir conclure ce qui suit : On ne peut pas dire, par le seul examen radiologique, que les anomalies pulmonaires ainsi que les déformations des ombres cardio-vasculaires Septembre 1944 Lavar MÉpicaL 559 relevées chez les ouvriers-cuvistes sont l\u2019expression d\u2019un état pathologique sérieux.En fait, chez deux seulement des ouvriers qui ont présenté des déformations des ombres cardio-vasculaires on a constaté, à l\u2019examen physique, des symptômes de myocardite probable.Des 38 autres qui présentaient des anomalies, 29 ont subi l\u2019examen physique médical et pas un seul de ces derniers n\u2019a révélé, lors de l\u2019examen, des conditions pathologiques pulmonaires et cardiaques sérieuses.Comme le procédé de l\u2019extraction de l\u2019aluminium donne naissance à des fumées de fluorures et à un certain dégagement de fluor libre qui se combine probablement avec les éléments de l\u2019eau fournie par l\u2019humidité atmosphérique pour former de l\u2019acide fluorhydrique dans l\u2019air, nous avons cru devoir rechercher si l\u2019absorption de fluor sous forme de fluorures, d\u2019acide fluorhydrique ou de fluor libre pouvait avoir affecté la santé des ouvriers-cuvistes.En plus d\u2019avoir un effet irritant sur la peau et les muqueuses respiratoires, les fluorures, lorsqu\u2019ils sont absorbés par l\u2019organisme pendant des années, sont susceptibles de provequer une maladie du système osseux que l\u2019on nomme l\u2019ostéosclérose ; c\u2019est une forme chronique de fluorose.Cette affection à caractère chronique provoque une hyperplasie des os, une calcification des ligaments et une plus grande fragilité du tissu osseux.En Argentine, l\u2019ostéosclérose se rencontre assez fréquemment dans une certaine partie du pays, par suite de la haute teneur de l\u2019eau en fluorures.Bien que cette affection ne mette pas la vie en danger, elle peut provoquer progressivement avec les années des troubles osseux et des symptômes simulant l\u2019arthrite ou le rhumatisme.Une série de radiographies des os des épaules, des côtes, du rachis lombaire et du bassin furent donc prises chez un groupe de 10 ouvriers ayant travaillé dans les salles des cuves pendant une période de temps qui varia de 7 à 30 ans.Ces parties du squelette furent radiographiées de préférence aux autres parce que, d\u2019après certains auteurs, ce sont surtout celles-là qui sont les plus affectées par l\u2019ostéosclérose.Ces radiographies furent prises aux usines d\u2019Arvida et le Cr J.-E.Perron, radiologiste de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement de Québec, a bien voulu \u2018accepter de faire un radiodiagnostic sur chacune de ces radiographies.Ce radiodiagnostic a présenté des difficultés parce que toutes les radiographies avaient été prises à courte distance avec bas voltage et 560 LAavAL MÉDpicaAL Septembre 1944 donnaient lieu à des contrastes mal balancés (manque de pénétration pour les grandes épaisseurs et trop pour les petites).Ces réserves faites, 1l semble que le squelette de deux ouvriers seulement sur les 10 qui furent radiographiés montrent des signes d\u2019ostéo- sclérose.Ces deux ouvriers semblent avoir tout le squelette affecté (les côtes, le bassin, la colonne vertébrale et les épaules).Trois autres montrent des zones de densification localisées qui pourraient, peut-être, être l\u2019expression d\u2019une ostéosclérose atténuée ou à ses débuts.Cependant, aucun des deux ouvriers qui semblent montrer des signes d\u2019ostéosclérose généralisée ne souffrent apparemment d\u2019incapacité sérieuse puisqu\u2019ils continuent de travailler l\u2019un comme homme à tout faire et l\u2019autre comme opérateur d\u2019une grue électrique.En hygiène industrielle, la concentration atmosphérique en acide fluorhydrique, que certains auteurs suggèrent comme n\u2019étant probablement pas dangereuse pour la santé, est de 20 mg.par 10 m.> ou 3 p.p.m.À l\u2019usine n° 1 de Shawinigan Falls, les techniciens de notre Division ont trouvé dans l\u2019atmosphère générale de la salle des cuves une concentration moyenne de 4 p.p.m.avec une possibilité d\u2019erreur en plus ou en moins de 0.5 p.p.m.A l\u2019usime n° 2, ou le système de ventilation est supérieur à celui de l\u2019usine n° 1, la concentration moyenne en fluor total ne dépasse pas 3 p.p.m.dans l\u2019atmosphère général de la salle des cuves.En somme, malgré des concentrations assez fortes de poussières et une certaine quantité de fluor ou de fluorures dans l\u2019air, malgré les variations brusques de température et la chaleur excessive, malgré la nature du travail qui exige un effort musculaire intense, il semble que la santé des ouvriers-cuvistes se maintienne de façon générale excellente.II est probable qu\u2019il se fait un processus d\u2019élimination assez rapide et que les inaptes s\u2019en vont, alors que ceux qui ne souffrent d\u2019aucun défaut physique s\u2019adaptent fort bien.Mais l\u2019employeur n\u2019a pas toujours le choix ; il y a donc lieu, en pratique, de ne pas exiger un maximum de rendement basé sur le meilleur homme.A la suite de toutes ces constatations, la Commission qui avait été chargée de faire enquête s\u2019est crue justifiée de recommander ce qui suit ¢ « Chaque cuviste de l\u2019usine n° 2 ne devrait surveiller que sept cuves et demie au lieu de huit.De plus, le nombre de cassages et de brassages Septembre 1944 LavaL MEpicaL 561 (les deux opérations les plus dures) devrait être réduit à 2 au lieu de 3 sur chaque cuve, ce qui représente 15 cassages par Journée de travail au lieu de 24 comme auparavant.» Ces recommandations sont basées principalement sur le fait que le mouvement de la main-d\u2019œuvre a été trouvé substantiellement plus élevé chez les cuvistes de l\u2019usine n° 2 que chez ceux de l\u2019usine n° 1, ce qui indique que les conditions de travail sont plus dures dans cette usine que dans l\u2019autre.Ceci correspondait d\u2019ailleurs parfaiterent avec ce que nous avions noté lorsque nous avions fait la comparaison entre les méthodes de procéder utilisées dans les deux usines.Ces recomrandations étaient basées aussi sur les études de temps faites par une firme d\u2019ingénieurs.Ces études de temps ont permis de déterminer des périodes raisonnables de repos pour chaque opération exécutée par le cuviste, en prenant comme base les standards reconnus mis en pratique par certaines industries lourdes de la province de Québec et de la province d\u2019Ontario.Nous avons cru bon aussi de recommander que l\u2019on améliore la ventilation dans les salles de cuves des deux usines, que l\u2019on étudie la possibilité d\u2019abaisser la température dans les salles des cuves durant l\u2019été, que l\u2019on augmente l\u2019intensité de l\u2019éclairage, que l\u2019on maintienne aussi rigides que possible les standards physiques dans la sélection des cuvistes et que l\u2019on organise un examen médical périodique de tous les ouvriers.Ce sont là des mesures qui, tout en protégeant la santé des ouvriers, devraient contribuer sans aucun doute à prévenir la fatigue excessive chez eux.Évidemment, l\u2019une des mesures les plus propres à diminuer la fatigue serait de procéder au cassage des croûtes par la foreuse à air compriré et d\u2019éliminer complètement le cassage manuel au moyen du marteau.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que la compagnie est en train de faire.Je m\u2019arrête 1ci, avant que l\u2019on m\u2019accuse de provoquer chez vous ce que nous avons cherché consciencieusement à éliminer dans le travail du cuviste.F.-J.TOURANGEAU, directeur de la division de l\u2019Hygiène industrielle au ministère de la santé, à Québec. CLINIQUE ET LABORATOIRE L\u2019EPREUVE A LA TUBERCULINE LA TUBERCULINE Parmi les bactéries, le bacille de Koch a une place à part en raison des poisons qu\u2019il sécrète : 1l ne s\u2019agit pas exclusivement d\u2019une endotoxine, obtenue par trituration et destruction de certains agents étiologiques \u2014 peste, méningococcie \u2014, n1 seulement d\u2019une exotoxine, produit de sécre- tion des bactéries qui passe dans le milieu de culture \u2014 diphtérie, tétanos \u2014, mais d\u2019un produit spécial découvert et dénommé tuberculine par Koch lui-même.La meilleure désignation que l\u2019on peut en faire est que la tuberculine est un composé comprenant un extrait partiel du corps même du bacille et une partie de l\u2019exotoxine tuberculeuse.On peut ainsi résumer les propriétés de la tuberculine : elle est sans action sur les organismes sains, même à haute dose ; elle ne produit jamais de tubercules ; elle est très résistante à la lumière, à l\u2019air et à la chaleur, elle supporte une température de 210°C., ce que ne fait aucune autre toxine microbienne ; elle détermine des réactions cutanées manifestes, même injectée à petite dose, si on l\u2019inocule à un être porteur de lésions tuberculeuses.Ce dernier, en même temps qu\u2019il acquiert une certaine résistance à la réinfection tuberculeuse, devient sensible à la tuberculine, si minime soit la lésion tuberculeuse : c\u2019est ce que nous appelons l\u2019allergie.ÉPREUVE A LA TUBERCULINE Aujourd\u2019hui, on pratique couramment trois modes différents de l\u2019épreuve à la tuberculine : Septembre 1944 LavaL MEbicaL 563 Par scarifications : C\u2019est la méthode de Pirquet, qui consiste dans l\u2019introduction d\u2019une quantité indéterminée de tuberculimne dans le derme.Par voie intra-dermique : C\u2019est la méthode de Mantoux, qui, par des doses et des dilutions établies, permet de mesurer la sensibilité cutanée à la tuberculine.Par contact cutané : C\u2019est la méthode de Vollmer ; une pâte anodine est placée au centre et une pâte tuberculinique à chaque extrémité d\u2019une bande de diachylon.La peau doit être soigneusement dégraissée avant l\u2019application du diachylon.La transpiration naturelle dissout cette pâte tuberculinique et permet l\u2019absorption dans le derme d\u2019une petite quantité de tuberculrne.Le diachylon demeure en place quarante-huit heures et la lecture de la réaction se fait après un autre quarante-huit heures.Quelle que soit la voie d\u2019administration choisie, l\u2019interprétation des réactions observées est la même.RÉACTION POSITIVE Une réaction positive signifie que la personne soumise à l\u2019épreuve est sensibilisée à la tuberculine par une infection tuberculeuse présente ou passée.En pratique, 1l ne faut voir aucune corrélation entre l\u2019étendue de la réponse tuberculinique et le pronostic de l\u2019infection ou de la lésion tuberculeuse.Une réaction positive chez l\u2019adulte est la signature d\u2019une infection tuberculeuse ; chez l\u2019enfant, elle devient le témoin d\u2019une contamination dont il est nécessaire d\u2019établir l\u2019évolution, par l\u2019examen clinique et radio- graphique ; mais, chez le nourrisson, elle est l\u2019indication d\u2019un foyer en activité.RÉACTION NÉGATIVE Une réaction négative peut, par contre, avoir plusieurs significations et le clinicien doit user de jugement dans son appréciation ; 1° La tuberculine employée pouvait être déficiente ; (10) 564 Lavar MÉDICAL Septembre 1944 2° Le mode d\u2019administration de la tuberculine en a vicié les résultats ; 3° La personne soumise à l\u2019épreuve était en période anergique, par suite d\u2019une infection intercurrente : rougeole, typhoïde, grippe, oreillons, etc., ou par suite de la période menstruelle ; 4° La personne soumise à l\u2019épreuve n\u2019a pas été atteinte par le bacille de Koch d\u2019une façon suffisante pour qu\u2019elle développe de la sensibilité à la tuberculine ; 5° La personne soumise à l\u2019épreuve n\u2019a pas été infectée par le bacille tuberculeux ; 6° La personne soumise à l\u2019épreuve vient d\u2019être infectée par le bacille de Koch, mais l\u2019allergie n\u2019a pas eu le temps de s\u2019établir : période anté-allergique de quatre à huit semaines ; 7° De plus, chez le malade tuberculeux, l\u2019état allergique traduit par la réaction à la tuberculine, disparaît tout à fait dans les dernières semaines de l\u2019évolution fatale de la maladie.Il peut aussi y avoir variation assez sensible de cet état allergique au cours des poussées évolutives : il peut être très faible et même manquer au début des poussées et re- paraitre ou augmenter à la période d\u2019état et à la convalescence.Toute cause qui supprime l\u2019état allergique mettrait l\u2019organisme dans un état de sensibilité extrême à l\u2019infection tuberculeuse, semblable à celui qui existe dans un organisme vierge de toute atteinte.En résumé, 11 semble raisonnable de dire qu\u2019une réaction négative doit être bien interprétée et confirmée au besoin , la réaction positive, indice d\u2019imprégnation tuberculeuse, demande également qu\u2019on l\u2019explique avec jugement.L'épreuve à la tuberculine est bien plus souvent un moyen commode d\u2019élimination lors du dépistage qu\u2019un mode de diagnostic.Le laboratoire \u2014 ici, le produit biologique \u2014 ne doit pas se substituer au clinicien : il ne doit en être que l\u2019outil de travail.A.-R.FoLey, épidémiologiste de la province. REVUE DE PÉDIATRIE LA CYANOSE DU NOUVEAU-NÉ ET DU NOURRISSON \u201c1 par Euclide DECHENE Chef de Clinique à la Crèche Saint-Vincent-de-Paul La cyanose transitoire ou permanente est une des manifestations de la pathologie infantile qui mérite certainement d\u2019attirer notre attention pour au moins deux raisons : d\u2019abord, parce qu\u2019elle intéresse aussi bien le médecin praticien, l\u2019obstétricien que le pédiâtre, et, en second lieu, parce qu\u2019il est difficile de trouver un symptôme dont le mécanisme physio- pathologique ait donné lieu dans le passé à autant de théories différentes.En ces dernières années, en raison du progrès des travaux expérimentaux dans ce domame, en raison de l\u2019amélioration de nos moyens d\u2019investrga- (1) Notes explicatives sur la Société de pédiatrie de Québec.\u2014 La Société de pédiatrie de Québec a été fondée, en novembre 1943, dans le but de stimuler l\u2019intérêt des médecins envers la pédiatrie, d\u2019encourager toutes les mesures propres à améliorer la santé de l\u2019enfant et, enfin, de coordonner les activités des pédiâtres dans l\u2019étude et la pratique de la pédiatrie.La Société se réunit en mai et en novembre de chaque année.À chacune de ces réunions, une communication scientifique est présentée par un des membres de la Société, sur un sujet de pédiatrie.Nous avons donc le plaisir de présenter, aux médecins-praticiens, la première communication scientifique de cette Société qui a tenu sa réunion inaugurale à [a Crèche Saint-Vincent-de-Paul, le 6 mai 1944, sous la présidence du Pr Donat Lapointe.\u2014 De la Broquerie FORTIER, secrétaire-trésorier. 566 LavaL MEbicaL Septembre 1944 tion clinique, les ténébres cyanotiques se sont quelque peu éclaircies.S\u2019il est vrar de dire que le diagnostic étiologique en est assez difficile parfois 1l est encore plus vrai de dire que la physio-pathologie en est un peu mieux connue.Je voudrais vous dire quelques mots de la cyanose chez Je nouveau-né à la narssance et chez le nourrisson dans les premiers mois qui survent Ja naissance.Il est assez difficile de parler de cyanose sans mentionner l\u2019asphyxie car l\u2019une se joint assez souvent à l\u2019autre.C\u2019est pourquoi, pour être plus complet, J\u2019étendrar mon exposé à l\u2019asphyxre des nouveau-nés.Ca ne change en rien la question, l\u2019asphyxie étant un concept moins universel que la cyanose.Comme vous le savez, l\u2019asphyxie se manifeste le plus souvent par de la cyanose.Le terme asphyxie, d\u2019une part, s\u2019emploie chez le nouveau-né pour décrire l\u2019état d\u2019un bébë dont la respiratron tarde à s\u2019établir.La cyanose, d\u2019autre part, peut se prolonger de façon permanente ou discontinue pendant parfois des heures, des jours, des semaines, des mois même après l\u2019apparitron de la respiration.La cyanose a un passé historique assez vénérable.C\u2019est L.Ramon qui nous en fait le plus beau récit.Je m\u2019excuse d\u2019y avoir pursé largement.« Le terme de cyanose a été introduit dans la médecine par Baumes en 1801.Mais si le mot qui la désigne n\u2019existait pas avant cette date, le symptôme cyanose était déjà depuis longtemps connu, et il aurait été surprenant qu\u2019il en fut autrement pour une manifestation aussi frappante.La cyanose n\u2019est donc pas passée inaperçue des Anciens, et il semble bien qu\u2019elle n\u2019ait pas été ignorée par Vreussens.Pourtant, ce n\u2019est qu\u2019en 1749 qu\u2019elle reçoit de Sénac le nom de morbus cæruleus ou « maladie bleue » à la suite de la constatation de malformations cardiaques à l\u2019autopsie d\u2019un cyanosé.Sénac, qui, le premier, découvre ces malformations cardiaques, n\u2019hésite pas dès ce moment à rattacher la teinte bleuâtre des téguments et des muqueuses à un mélange du sang veineux au sang artériel à travers les parois inter-auriculaires ou inter-ventriculaires anormalement incomplètes.Morgagni, en 1761, met la cyanose sur le compte du rétrécissement de l\u2019artère pulmonaire et de la stase circulatoire qui en résulte.Chamséru, en 1789, décrit le syndrome cyanotique sous le nom d\u2019« ictére violet ».Au début du xixe srécle, Gintrac et Corvisart admettent la Septembre 1944 LavAaL MÉDICAL , 567 théorie de Sénac du mélange des sangs artériel et verneux, tandis que Louis soutient celle de Morgagni.Plus près de nous, Fallot décrit sa tétralogre classique des malformations cardiaques et 1l en fait la base des cyanoses de l\u2019enfance.Les travaux américamns d\u2019Ayerza, d\u2019Arrilaga et d\u2019Escudero sur le « syndrome des cardiaques noirs » et les publications françaises de Ribierre et Giroux, de Vaquez et Pezzi, de Laubry, Thomas et Chaperon sur les artérites pulmonaires ont complété nos connaissances sur les cyanoses de l\u2019adulte » (L.Raron).Enfin, les recherches scientifiques de l\u2019école de Haldane, en particulier celles de Lundsgaard et de Van Slyke, nous ont apporté des précisions sur la pathogénie des cyanoses.Ce sont les deux hommes qui ont le plus contribué à l\u2019étude de la cyanose.Qu'est-ce que la cyanose ?C\u2019est un ictère violet, une dyshématose.C\u2019est un état caractérisé par une teinte bleue, bleuâtre ou violacée de la peau et des muqueuses, observée de préférence aux extrémités : aux lèvres, aux joues, au lobule de l\u2019oreille, aux doigts et aux orteils, et si elle est sévère, partout sur les téguments et les muqueuses.Cette temte bleuâtre est due à la couleur du sangdans les capillaires et, possiblement, dans les artérioles et veinules du réseau sous-papillaire.Elle est partiellement fonction de l\u2019épaisseur de l\u2019éprderme, de la présence de pigments normaux ou anormaux de la peau, de variations colorimétriques du plasma en rapport avec la concentration des grasses, du nombre élevé des globules blancs comme dans la leucémie, de la quantité d\u2019hémoglobine oxygénée, des dimensions (longueur, largeur, épaisseur) et du nombre des capillaires dâns une région donnée.| La cyanose peut être généralisée ou localisée à certames régrons comme c\u2019est plus souvent le cas.Elle peut être permanente ou intermittente.Dans ce dernier cas, la teinte bleuâtre de la peau et des muqueuses n\u2019est véritablement manifeste que pendant les crises qui surviennent le plus souvent à l\u2019occasion de pleurs, de cris, de crises de colère, quelquefors même sans raison apparente.Mais en dehors de ces phases paroxystiques, l\u2019examen attentif montrera, malgré tout, une certamne teinte cyanotique permanente aux phalanges unguéales. 568 \u2018 LavaL MÉDicaL Septembre 1944 La cyanose est un symptôme fréquent et important \u2014 et quelquefois même un syndrome \u2014 facile à reconnaître et qui peut se rencontrer dans les états les plus divers.On peut dire que, en général, sa présence est de mauvais augure.Sans compter les graves troubles de la croissance qui la compliquent, la cyanose généralisée a pour cortège habituel un certain nombre de signes associés : hypothermie, somnolence, troubles digestifs banaux.Le symptôme satellite, le plus fréquent, le plus important, est, à mon avis, une dyspnée,.une polypnée qui paraît destinée à compenser le déficit en oxygène créé par le court-circuit du sang qui échappe à l\u2019hématose.Il ne faudrait pomt oublier l\u2019hippocratisme digital, assez rare je l\u2019avoue.Ce signe consiste dans l\u2019augmentation de volume des phalanges unguéales des doigts et des orteils qui sont renflés en forme de massue ou de baguette de tambour.Ces malformations n\u2019intéressent que les parties molles.Quelques examens spéciaux mettront en évidence le profond retentissement de la cyanose sur tout l\u2019organisme.II y a de la polyglobulie, c\u2019est-à-dire une augmentation du nombre des globules rouges.Augmentation qui est progressive et qui peut aller jusqu\u2019à sept, huit millions et même davantage.En même temps, il y a macroglobulie (Laubry) ; le diamètre des hématies passant de 7.5 à 8.5.Il n\u2019y a pas de réaction médullarre, 1.e.pas d\u2019hématies nucléées, ni de myélocytes dans la majorité des cas.Le taux de l\u2019hémoglobine est augmenté, 110 à 120%, et l\u2019hémoglobine se trouve dans le sang à l\u2019état d\u2019hémoglobine réduite en quantité exagérée.La viscosité sangume est plus grande que d\u2019ordinaire.La coagulation sanguine est particulièrement rapide.Certains auteurs notent des modifications oculaires qui n\u2019ont pas grand intérêt pratique, puisque le diagnostic de cyanose est assez évident pour ne pas les rendre nécessaires.L'examen ophtalmoscopique montre que les vaisseaux sanguins, artériels et veineux de la rétine ont la même coloration et sont impossibles à différencier les uns des autres.La papille est normale avec un reflet bleuâtre.Nous diviserons les principales causes de cyanose chez le nouveau-né et chez le nourrisson en sept grandes classes : CL Septembre 1944 LavaL MEpicaL 569 1° Cyanose en rapport avec le travail, la délivrance chez la primipare surtout : Travail prolongé ; Décollement prématuré du placenta ; Insertion basse du placenta (placenta praevia) ; Présentation du siège avec difficulté d\u2019extraction de tête dernière ; Prolapsus du cordon ; Circulaire du cordon ; Usage intempestif d\u2019ocytociques ; Troubles toxémiques chez la mère ; Usage de morphine ou de nembutal à certaines périodes du travail.2° Cyanose en rapport avec le traumatisme obstétrical : L'accouchement lur-même ou le « choc obstétrical fœtal » car, en réalité, il y a toujours une perturbation, un choc comme le croient les auteurs ; (je vous signale, par exemple, que ce qu\u2019on qualifie de perte physiologique ne serait, d\u2019après le Dr W.C.Cole, de Détroit, qu\u2019un symptôme en rapport avec le choc) ; Œdème cérébral ; Hémorragie médullaire, méningée, cérébrale ou cérébro-méningée ; Traumatisme du nerf phrénique (rare).3° Cyanose en rapport avec une obstruction mécanique ou spasmodique des voles respiratoires : pharynx, larynx, trachée, bronches ; plus l\u2019obstruction est haute, plus la cyanose est accentuée : Grosses végétations adénoïdes ; Hypertrophie amygdalienne ; Polypes pharyngés ; Corps étranger du larynx, des bronches (broncho-pneumonre de déglutition) ; Tétanie du nouveau-né (dans ce cas, la cyanose est intermittente).Toutes les causes déjà citées sont en réalité des facteurs d\u2019asphyxie, d\u2019asphyxie-cyanose.4° Cyanose en rapport avec des anomalies, des malformations congénitales ; nous plaçons dans cette catégorie : Prématurité, débilité ; 570 LAvAL MÉDICAL Septembre 1944 Malformations cardiaques ; Atélactasie primitive d\u2019origme centrale (se rencontre surtout chez le débile, le prématuré) ; Hernie diaphragmatique ; Fistule trachéo-cesophagienne ; Micrognatie ; Macroglossie de M.Rrbadeau-Dumas ; Agénésie cérébrale ; Kyste gazeux du poumon.5° Cyanose en rapport avec une infection, respiratoire le plus souvent : Pneumonie ; Broncho-pneumonie ; Bronchite capillaire ; Atélectasie secondaire ; Coqueluche ; Asthme ; Emphyséme ; Pneumothorax spontané ; Pleurésie avec épanchement ; Septicémie des nouveau-nés.6° Cyanose en rapport avec des troubles sanguins : Maladie ou syndrome hémorragique du nouveau-né (voir Laval Médical, vol.5, n° 8, (octobre) 1940, page 347).7° Cyanose en rapport avec la température extérieure : Refroidissement.Nous savons que les nouveau-nés se refroidrissent et se cyanosent facilement s\u2019ils perdent leur chaleur.Les débiles en sont un bel exemple.On les voit se cyanoser Immédiatement après la naissance et pour longtemps s\u2019ils ne sont pas assez vite réchauffés.Quand la température extérieure est froide, les artérioles se contractent et les capillaires se dilatent.Au niveau de ces derniers, le courant circulatoire se ralentit, la réduction de l\u2019hémoglobine est plus accentuée d\u2019où apparition de cyanose. Septembre 1944 Lavar.MépicaL 571 Après cette énumération, vous me permettrez de vous rappeler, très brièvement, la physiologie de la circulation et de la respiration chez le nouveau-né.Le fœtus, durant sa vie intra-utérine, reçoit l\u2019apport nécessaire en oxygène et en anhydride carbonique par diffusion à travers le placenta.La tension de l\u2019anhydride carbonique dans le sang fœtal est normalement plus haute que celle du sang verneux maternel ; au contraire, pour l\u2019oxygène, c\u2019est l\u2019inverse.On expliquerait le premrer cri de l\u2019enfant, le C j\u2019entre, Je crie, c\u2019est la vie » du poète par une augmentation du sang en anhydride carbonique qui stimulerait le centre respiratoire lors de la sortie de l\u2019enfant de la cavité utérme.S1 c\u2019est exact, il est difficile, dans certains cas, d\u2019expliquer l\u2019apnée intra-utérine à moins qu\u2019on assume que le centre respiratoire fœtal est beaucoup moins sensitif que celui du nouveau-né et répond seulement à des concentrations beaucoup plus fortes en anhydride carbonique.Plusieurs auteurs sont même d\u2019avis que le fœtus utérin est en état de cyanose permanente.Durant le travail, l\u2019inter-échange des gaz à travers le placenta est troublé et même parfois, dans certaines circonstances, comme dans le décollement prématuré du placenta, dans la compression du cordon, l\u2019échange est complètement suspendu.Ceci se réflète chez le fœtus par une augmentation en anhydride carbonique et une diminution en oxygène.Plusieurs études d\u2019Eastman ont mis ces faits en évidence.De plus, ce dernier a prouvé que le pH des nouveau-nés asphyxiés est diminué.Dans le cas d\u2019un travail prolongé, l'augmentation en anhydride carbonique peut stimuler le centre respiratoire.On en a la preuve par un très grand nombre d\u2019autopsies dans lesquelles 1l fut possible de mettre en évidence la présence de liquide amniotique dans les alvéoles pulmonaires.Schmidt, Wilson, ont, à leur tour, mis en évidence la diminution de l\u2019oxygène dans le sang fœtal.Ils ont prouvé que ce changement fait tort aux cellules du centre respiratoire, de telle sorte qu\u2019elles deviennent 1n- capables de répondre à leur stimulus normal.Eastman prétend que le centre respiratoire fœtal n\u2019est pas tant sensible à l\u2019excès de CO?qu\u2019au manque d\u2019oxygène.La vérité est peut-être dans l\u2019association des deux mécanismes.Yant et ses collaborateurs ont démontré, en 1934, que l\u2019absence complète d\u2019oxygène pendant une minute seulement pouvait 572 LavaL MgEpicaL Septembre 1944 amener la mort définitive des cellules cérébrales.Courville, Hartman ont complété ces recherches.Schreiber a une collection d\u2019environ neuf cents cas d\u2019enfants morts asphyxiés à la naissance et dont l\u2019autopsie a révélé des lésions dégénératives cérébrales.De tous les tissus, le tissu cérébral est celui qui absorbe le mieux l\u2019oxygène, celui qui est le plus touché par son manque ou son arrêt.Le cerveau utilise 9.5 à 10.0 d\u2019oxygène par 100 grammes à la minute.Il y a lieu, ici, de vous rappeler les récents travaux de Synder et Rosenfeld prouvant une théorie tout à fait nouvelle.Ces derniers ont démontré que la respiration n\u2019est pas une fonction qui s\u2019établit à la naissance mais qu\u2019elle existe déjà comme toutes les autres fonctions depuis le 6° mois de la vie intra-utérine.Les mouvements respiratoires seraient continuels, réguliers.Ceci signifie que si l\u2019enfant ne respire pas à la naissance, un facteur énergique empêche le fonctionnement respr- ratoire.À quoi est donc due la cyanose ?Quelle est sa cause intime ?On a attribué autrefois la cyanose à : a) un excès d\u2019acide carbonique dans le sang.Cette hypothèse a été longtemps soutenue et elle est même encore très en vogue.Mais nous savons, d\u2019après Lundsgaard, que le taux de l\u2019acide carbonique dans le sang n\u2019exerce aucune Influence sur la ternte de la peau ou des muqueuses.b) un déficit d\u2019oxygène dans le sang.En somme, la cyanose serait due à l\u2019anoxhémie.Mais Plesch a démontré que, dans les cyanoses, la teneur du sang en oxygène est à pere plus faible que chez les gens normaux, et aussi qu\u2019il y a des cyanoses dans lesquelles le sang vemneux est très pauvre en oxygène et d\u2019autres dans lesquelles, bien au contraire, le sang veineux en contient de grandes quantités.Il n\u2019y a donc aucune relation entre la cyanose et la quantité d\u2019oxygène dans le sang.c) de la polyglobulie rouge.Les cas de cyanose rapide ne comportent pas de polyglobulre et pourtant 1l y à cyanose.Et d\u2019ailleurs, la maladie de Vaquez, que nous étudierons tout à l\u2019heure, tranche bien la question.Ces trois hypothèses ont fait place 4 ume conception moderne de la cyanose.En effet, Lundsgaard, de Copenhague, a établi, par ses travaux Septembre 1944 LavaL MeEpicaL 573 expérimentaux, que la cyanose est due 4 'augmentation de [\u2019hémoglobine réduite dans le sang, occasionnellement à la méthémoglobine, à la sulfo- hémoglobrme dans les capillaires de la peau et des muqueuses.Normalement, 1,000 c.c.de sang contiennent 150 grammes de matières solides dont 130 grammes d\u2019hémoglobme.100 grammes d\u2019hémoglobine pure absorbent 140 c.c.d\u2019oxygène.Présence : Il y a un moyen facile de confirmer la présence de l\u2019hémo- globme réduite pour un sceptique : c\u2019est l\u2019examen du sang au spectroscope.L\u2019hémoglobme réduite donne à l\u2019examen la bande de réduction de Stokes, caractéristique de l\u2019hémoglobine réduite (voir Hédon, page 193, 12° édition).Dosage : La réduction de l\u2019hémoglobme s\u2019opère dans les tissus, comme l\u2019a démontré l\u2019analyse spectrale du sang de la pulpe des doigts.Pour doser l\u2019hémoglobine réduite dans le sang, une méthode pratique est le procédé colorimétrique par comparaison du pouvoir colorant du sang avec celui d\u2019une solution d\u2019hémoglobine titrée au moyen d\u2019appareils appelés colorimètres.On mesure encore cet excès d\u2019hémoglobme rédurte en établissant la différence entre la teneur du sang en oxygène s\u2019rl en était saturé (normalement un sang complètement oxygéné contient en moyenne chez l\u2019enfant 14 volumes d\u2019oxygène pour 100) et la teneur réelle d\u2019un sang en oxygène : c\u2019est ce qu\u2019on appelle « le degré de non saturation du sang par l\u2019oxygène », degré qui s\u2019exprime en volumes d\u2019oxygène pour 100.Plus cette différence est petite, plus elle se rapproche de la normale qur est 3 à 4 c.c.%, moins il y a de chance d\u2019apparition de cyanose.Il faut un minimum de 5 grammes d\u2019hémoglobine réduite pour cent ou 6.7 c.c.% ou plus de O* non saturé dans le sang capillaire pour qu\u2019il y ait apparition de cyanose.Il convient de remarquer que ce qui compte dans la production de la cyanose, c\u2019est cette concentration de l\u2019hémoglobme réduite considérée en elle-même, de façon absolue, et non pas la quantité plus ou moins grande de l\u2019oxyhémoglobine contenue dans le sang.Comrme exemple, mentionnons le cas d\u2019un anémique qui 2 moins de 5 grammes ou 38% d\u2019hémoglobme, n\u2019ayant qu\u2019une capacité sangume maxima aux environs de 5.5 volumes d\u2019oxygène pour 100, il ne fera jamais de cyanose, puisqu\u2019il ne pourra jamais avoir dans son sang une quantité d\u2019hémoglobine réduite 574 Lava\u2026 MépicaL Septembre 1944 suffisante pour permettre l\u2019apparition de la cyanose.Ce qui revient à dire que la cyanose apparaît quand au moins 30% de l\u2019hémoglobine totale est rédurte, mars pas avant.J'ajoute qu\u2019il n\u2019existe aucune proportion entre l\u2019intensité de la cyanose et la quantité de l\u2019hémoglobine réduite, les variations de teinte étant dues à des particularités indrviduelles des téguments (L.Ramon).Résumons, en disant que la cyanose pourra se produire à chaque fois que se réalisera un des processus suivants (c\u2019est la théorie de Lundsgaard et de Van Slyke) : Le premier processus agira directement sur le centre respiratoire en l\u2019anémiant, en le paralysant (trouble cérébral).Le second troublera l\u2019échange des gaz, l\u2019oxygénation au niveau des alvéoles pulmonarres.Il y a géne de \u2019hématose (trouble pulmonaire).Le troisième processus obstruera l\u2019entrée de l\u2019air dans les poumons.C\u2019est l\u2019asphyxie-cyanose (trouble aérien).Le quatrième fera directement ses ravages dans le sang (trouble sanguin) : .a) par altération d\u2019origine toxique de l\u2019oxyhémoglobine, v.g., chlorates, acétanilide, sulphonal, trional, sulfamidés ; b) par mélange (communication cardiaque) ; c) par augmentation de la pression verneuse ou ralentissement de la circulation périphérique ; si ce seul \u2018facteur est en cause, la dépense en oxygène par les tissus doit passer de 5 à 12% avant que la cyanose apparaisse ; ; .d) par troubles de la coagulation sanguine, v.g.diathèse hémorragique.: aa Tous les processus, quels qu\u2019ils soient, même l\u2019anoxhémie, aboutissent en définitive par un mécanisme unique ou, comme c\u2019est plus souvent le cas, par des mécanismes divers et associés, à une accumulation exagérée d'acide carbonique et d\u2019acide lactique dans le sang et à une augmentation de l\u2019ion hydrogène chez l\u2019enfant.| Les effets centraux et périphériques de l\u2019augmentation de l\u2019ion hydrogène sont divers.En effet, sur Je muscle cardiaque, l\u2019augmentation Septembre 1944 LavaL MEbicaL 575 produit une perte de tonus, une dilatation et assez souvent une défaillance cardiaque ; sur les cellules nerveuses, un état d\u2019excitation, une décharge d\u2019énergie et, finalement, de la paralysie ; sur les muscles des vaisseaux sanguins, des capillaires, une perte de tonus, une dilatation amenant une chasse du plasma et des hémorragies.Les changements anatomo-patho- logiques observés au cours de la cyanose sont de l\u2019ordre de la congestion, de l\u2019ædème, de l\u2019hémorragie, de la dégénération parfois.Ces troubles peuvent se rencontrer dans n\u2019importe quel tissu ou organe.Voyons rapidement l\u2019application de ces processus par quelques exemples : Décollement prématuré du placenta, circulaire du cordon : Tous les facteurs, en rapport avec le travail et la délivrance, provoquent, causent de l\u2019anémie cérébrale fœtale et, conséquemment, une certaine défaillance du centre respiratoire.Tous ces facteurs, comme nous l\u2019avons vu par la physio-pathologie, aboutissent en définitive à l\u2019aspiration de mucus, à l\u2019atélectasie secondaire et, ultérieurement, à de la cyanose.II est fort vrai qu\u2019une paralysie des centres respiratoires produit en définitive de l\u2019atélectasie mais l\u2019explication la plus simple en est encore la plus habituelle dans les cas, par exemple, d\u2019obstruction des voies respiratoires supérieures.La veinosité du sang fœtal étant augmentée pour une raison ou une autre, le centre respiratoire est stimulé avant la sortie du fœtus, d\u2019où aspiration de mucus, et cela surtout dans la présentation des fesses car la tête est encore dans le canal lorsque les fesses sont à l\u2019extérieur, subissant l\u2019influencede la température extérieure.Le mucus asprré agit à la façon d\u2019un corps étranger obstruant la trachée ou les bronches.Le poumon s\u2019affaisse, c\u2019est l\u2019atélectasie pathologique assez difficile à mettre en évidence par l\u2019examen purement clinique mais la radiographie nous vient souvent en aide par le changement dans l\u2019angle des côtes décrit par Wasson.D\u2019aprés les travaux de Loewy et von Schrotter, les ?/; d\u2019un poumon doivent être atélectasiés avant que la cyanose apparaisse.Hunt conclut, après 118 autopsies avec diagnostic ante mortem d\u2019atélectasie, qu\u2019il ne lur fut pas possible, dans la plupart des cas, de démontrer une atélectasie 576 Lavar.MépicaL Septembre 1944 suffisante pour expliquer la cyanose sauf dans quatre cas.Il est maintenant bien connu, c\u2019est ce qu\u2019affirme James L.Wilson, de Détroit, que tous les nouveau-nés offrent un certain degré d\u2019atélectasie et, qu\u2019avec l\u2019âge, cette dernière disparaît.Au premier cri de l\u2019enfant, toutes les alvéoles ne sont pas gonflées, il faut plusieurs jours et même plusieurs semaines avant que tout le poumon soit déplissé, c\u2019est pourquoi on peut parler d\u2019atélectasie physiologique.Chez les prématurés-débiles particu- Iièrement, il y a non seulement un certain degré d\u2019atélectasie mais, de plus, certaines parties de tissu sont encore à l\u2019état fœtal, non à terme.C\u2019est pourquoi la cyanose serait plus fréquente et plus sévère chez eux.Œdème cérébral \u2014 hémorragie cérébrale : Un diagnostic d\u2019œdème cérébral est plus facile à éroncer qu\u2019à prouver car, malheureusement, les prèces pathologiques en sont rares.C\u2019est une congestion due à un traumatisme cérébral qui n\u2019a pas été assez important pour causer une hémorragie.Il est plus facile d\u2019en offrir des cas cliniques que des cas nécropsiques.L\u2019apparence clinique est celle de l\u2019hémorragie méningée mais le délai d\u2019apparition des signes, l\u2019absence du sang ou, tout au plus, de quelques globules rouges dans le liquide céphalo-rachidien et la rapide disparition des symptômes, rendent le diagnostic possible.L\u2019hémorragie crânienne est beaucoup plus facile à mettre en évidence et par les signes cliniques et par les lésions anatomo-pathologiques observées à l\u2019autopsie.C\u2019est un traumatisme qui est peut-être, après la prématurité et la débilité, le deuxième facteur en fréquence de cyanose.Dans ce cas, la cyanose est constante.Hunt, des six cents enfants autopsiés au New York Nursery and Child\u2019s Hospital, en choisit 118 de moins d\u2019un mois, ayant présenté de la cyanose pendant leur courte existence.Résultat : l\u2019hémorragre cérébrale est plus fréquente que toutes les autres causes.Sur 429 nouveau-nés, autopsiés en l\u2019espace de dix ans à la pouponnière de la Maternité de Zurich, 44.6% au moms avaient succombé à une hémorragie ; sur ce chiffre, la majeure partie (84.0%) comprenait des hémorragies cérébrales, le reste des hémorragies d\u2019autres organes.On estime, aux États-Unis, qu\u2019environ soixante-dix mille nouveau-nés meurent d\u2019hémorragre cérébrale en une année.Si c\u2019est une grosse hémorragie, secondaire à d\u2019importantes lésions des vaisseaux cérébraux, on l\u2019attribue généralement à un traumatisme obstétrical.Si Septembre 1944 Lavar\u2026 MÉDICAL 577 ce sont de petites aires hémorragiques, habituellement multiples, on les attribue plutôt à l\u2019asphyxie utérme.Le pronostic dépend de la gravité du traumatisme et de la localisation de l\u2019hémorragie.Si elle est sous- arachnoïdienne ou sous-durale, le pronostic est bon.Si I\u2019hémorragie est sous la tente du cervelet, au niveau de la jonction de la faulx du cerveau et de la tente du cervelet (veine de Galien), elle comprime directement le centre respiratoire, l\u2019enfant succombe généralement en-dedans d\u2019une semaine.Si I\u2019hémorragie est médullaire, c\u2019est la mort quasi mévitable (S.H.Clifford).Mais il faut s\u2019entendre sur hémorragie cérébrale.On sait, aujourd\u2019hui, après les travaux de Capper et Glaser que le liquide céphalo-rachidien des nouveau-nés normaux contient parfois du sang.Et qui nous dit encore que le sang n\u2019est pas dû à une faute de technique ?Les symptômes suivants : cyanose, difficulté de déglutition, respiration stertoreuse, fontanelle bombée, convulsions, faisant suite à une historre de difficulté de respiration à la naissance \u2014 histoire de forceps \u2014 prématurité, débilité, présence de sang dans le liquide céphalo-rachidien .sont fort significatifs d\u2019hémorragie.Quant au pronostic général, on est beaucoup plus sévère aujourd\u2019hui depuis les travaux du Dr Penfield.J\u2019attire votre attention sur le fait qu\u2019un enfant qui présente des convulsions, ne fut-ce qu\u2019une seule aux environs de la naissance, doit être tenu pour suspect.Malformations : Malformations cardiaques : Les malformations cardiaques ne sont pas toutes associées a la cyanose et plusieurs d\u2019entre elles n\u2019en offrent pas du tout.Non seulement la cyanose attire l\u2019attention sur la cardiopathie, mais elle dénonce sa gravité, car les malformations sans cyanose n\u2019ont pas, chez le nourrisson, de graves répercussions.La cyanose est le propre des associations lésionnelles où l\u2019une des anomalies permet le mélange du sang veineux et du sang artériel.Elle est un excellent signe de la coexistence d\u2019une communication inter-ventriculaire avec un rétrécissement de l\u2019artère pulmonaire et une transposition des gros vaisseaux comme dans la maladie bleue ou bien, encore, avec une persistance du canal artériel.Ce sont ces constatations anatomo-cliniques qui justifient la théorie de la cyanose par le mélange des deux sangs.La cyanose généralisée et permanente relève presque toujours d\u2019une malformation cardiaque 578 Lavar MÉDicaL Septembre 1944 et le pronostic en est toujours sévère et grave.Il faut qu\u2019un tiers de la quantité du sang soit chassé de droite à gauche sans avoir été oxygéné pour que la cyanose existe.Un mot de l\u2019hypertrophie du thymus : on admet aujourd\u2019hui que le rôle de l\u2019hypertrophre du thymus comme cause de cyanose chez le nouveau-né a été exagéré.Beaucoup d\u2019auteurs eux-mêmes, entre autres A.Morgan, avouent avoir étiqueté bypertrophie thymique ce que des moyens d\u2019investigation clinique plus récents lui ont permis de classer autrement.Capper, dans une étude de 1,074 cas d\u2019hypertrophie prétendue thymique, n\u2019en trouve pas un seul qui puisse expliquer la symptomatologie.Conclure, du fait de l\u2019hypertrophie thymique, à une compression du vague, je le veux bien, c\u2019est logique ; de là à conclure que c\u2019est la cause de la cyanose, c\u2019est moins scientifique.Anomalies : La prématurité-débilité est une des plus fréquentes causes de cyanose, et pour plusieurs raisons ; d\u2019abord le centre respiratoire n\u2019est que partiellement développé, moins susceptible à la stimulation par le CO?; deuxièmement : le tissu pulmonaire n\u2019est pas parfaitement formé ; troisièmement : le prématuré, par la fragilité de ses vaisseaux, est plus susceptible aux traumatismes crâniens que le nouveau-né normal ; frmalement : les complications infectieuses sont plus fréquentes chez cette catégorie de gens.Infections : Les infections respiratoires surtout se présentent, comme je viens de vous le dire, chez le débile, chez le prématuré.Les infections de l\u2019arbre respiratoire sont rarement le résultat d\u2019une infection trans-placentaire.Elles sont le plus souvent secondaires à l\u2019asprration de liquide amniotique infect.Les infections de cette région occasionnent de la congestion des bronches et des alvéoles, troublant par là l\u2019échange des gaz.De plus, elles provoquent de la stase cardiaque, un ralentissement de la circulation capillaire, une dépense plus marquée d\u2019oxygène aux extrémités capillarres, par le fait mêmé une réduction plus marquée du sang, d\u2019où cyanose.Ces infections respiratoires, de même que les septicémies pourraient agir, semble-t-il, sur le centre resprratorre par leurs toxines.La cyanose est Septembre 1944 Lavar MÉDICAL 579 plus fréquente dans la broncho-pneumonie que dans la pneumonie car, dans cette dernière, il est vrai qu\u2019une partie restreinte du poumon est fermée à la circulation, mais 1l en reste assez pour bien aérer le sang circulant.Dans l\u2019asthme, 11 y a ventilation pulmonaire déficiente en rapport avec une obstruction bronchiolaire.Dans l\u2019emphysème, la cyanose est encore plus marquée.Troubles du métabolisme calcique : La tétanie ou, si vous aimez mieux, la spasmophilie est une maladie qui prend de plus en plus de vogue eu égard aux méthodes d\u2019investrga- tion clinique que nous avons maintenant a notre disposition.La tétanie peut apparaître à n\u2019importe quel moment dans les premières semaines de la vie.Elle se caractérise par des crises de cyanose, des convulsions ou mieux des contractures, une hyper-excitabilité des nerfs.Les signes de Trousseau, de Chvostek ou le spasme carpopédal ne sont pas toujours présents.Le signe humoral spécifique est une hypo-calcémie.On explique l\u2019apparition de la tétanie de différentes façons : par manque de calcium chez la mère, par hypo-parathyroïdisme traumatique chez l\u2019enfant, par alcalose chez l\u2019enfant d\u2019après Shannon.La cyanose peut apparaître facilement si le spasme siège sur le trajet des voies respiratoires.C\u2019est une cyanose intermittente.DIAGNOSTIC [cr comme ailleurs, un interrogatoire soigné nous donnera bien souvent la clef du diagnostic étiologique.Dans les cas de cyanose en rapport avec l\u2019accouchement, c\u2019est l\u2019accoucheur, plutôt que les parents, qui pourra nous renseigner.La mère était-elle en bonne santé ou souffrait- elle d\u2019intoxication quelconque?Le travail fut-il long?Accouchement par le sommet ou par le siège?avec ou sans forceps?L\u2019accouchée a-t-elle eu de la morphine, du nembutal?L\u2019enfant respira-t-il dès sa sortie de l\u2019utérus ?Quant au reste, c\u2019est l'examen minutieux du bébé, associé à l\u2019emploi de tous les moyens d'investigation clinique habituels qui nous orienteront vers un diagnostic.Je n\u2019entreprendrai point de faire le diagnostic des affections déjà mentionnées.Plusieurs, déjà, par la description que (11) 580 ~~ LavaL MéepicaL Septembre 1944 Je vous ai faite, sont éliminées.Laissez-moi vous dire que des signes étranges nous feront penser à une hernie diaphragmatique que la radro- graphie confirmera ou rejetera.Le diagnostic d\u2019hémorragie cérébrale ne sera pas facile à porter dans bren des cas, 1l faudra parfois attendre des mois, des années avant de se prononcer.Dans le cas de paralysie du phrénique, vous aurez généralement une paralysie brachiale associée à une paralysie diaphragmatique.Ceci indique que le traumatisme est au- dessus de C4 et C5.Le diagnostic de malformations cardiaques se base sur les symptômes suivants : cœur élargi à la radiographie, présence d\u2019un thrill, présence d\u2019un ou de plusieurs souffles.Ne nous attendons point de trouver tous ces symptômes, un seul suffit et, bien souvent, nous ne pouvons mettre en évidence que l\u2019hypertrophie cardiaque radiologique.La fistule trachéo-cesophagienne se révélera par un bave- ment continuel de mucus par la bouche, par de la toux immédiatement après les repas.Le passage d\u2019un cathéter confirmera la présomption clinique.Je m\u2019arréte, car ce n\u2019est point là le but de mon travail.DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL Il n\u2019y a généralement pas lieu de discuter le diagnostic de cyanose tellement ce symptôme est manifeste, surtout chez l\u2019enfant.Cependant, dans certains cas, on peut le confondre difficilement avec d\u2019autres affections qu\u2019il est bon de connaître.a) Forme généralisée : L\u2019érythrémie, ou maladie de Vaquez, peut amener des modifications de teinte des téguments qui peuvent, un certain moment, faire croire à une cyanose généralisée.1° La maladie de Vaquez est une maladie de l\u2019adulte, se rencontrant plutôt exceptionnellement chez l\u2019enfant ; 2° La couleur des téguments est rouge pourpre (et non bleuâtre) avec un visage écarlate et des lèvres et une muqueuse rouge cerise ; 3° Il existe, dans l\u2019érythrémie, des signes de pléthore - vasculaire représentés par de la dilatation des veines sous-cutanées du corps et des veines du fond d\u2019œil ; Septembre 1944 Lavar MéÉDicAL 581 4° La rate est hypertrophiée, ce qui représente une grande valeur diagnostique ; 5° Dans la cyanose et l\u2019érythrémie, 1l y à polyglobulie, plus élevée cependant dans la maladie de Vaquez (dans la cyanose, les globules ont un accroissement du diamètre moyen) ; 6° Une différence essentielle entre l\u2019érythrémie et la cyanose, c\u2019est que, dans la première, les globules rouges seraient surchargés non d\u2019hémoglobine réduite mais d\u2019oxyhémoglobine.b) Formes localisées : Lorsque la cyanose, au lieu d\u2019être généralisée, est localrsée elle doit être distinguée : 1° des processus locaux congestifs : érythèmes, lymphangites (au niveau desquels les téguments sont rouges, au lieu d\u2019être bleus ou violacés, et chauds au lieu d\u2019être froids) ; 2° de l\u2019acrodynie infantile (maladie de Swift-Feer), qui se signale par des troubles du caractère, des troubles moteurs, des troubles circulatoires généraux, trophiques et autres et, particulièrement, par un syndrome acropathologique composé de douleurs, de rougeur et de moiteur des extrémités.TRAITEMENT Le traitement est facile 4 imaginer et relève, pour une grande part, du médecin praticien et de l\u2019obstétricien plutôt que du pédiâtre.Il est d\u2019abord recommandé de se servir d\u2019éther, de barbituriques, pour l\u2019accouchement et de n\u2019employer la morphine pas plus de quatre heures avant l\u2019accouchement (De Lee).Les barbituriques n\u2019auraient aucun effet nocif.Ce qui est dangereux, ce n\u2019est point la durée mais l\u2019intensité de l\u2019anesthésie.À la naissance même, 1l s\u2019agit, si l\u2019enfant ne respire pas ou respire peu, de lui : a) nettoyer les voies respiratoires supérieures avant l\u2019apparition du premier cri ; b) maintenir le corps à une température élevée ; c) de déclencher la respiration par l\u2019emploir de méthodes délicates. 582 LavaL MEbicaL Septembre 1944 De ces trois manœuvres, la première est la plus importante.Et si on veut être plus scientifique que pratique, 1l faudrait désobstruer les voies respiratoires dès que la tête a franchi la vulve, avant même que le corps soit expulsé \u2014 ou au moins, pour être moins sévère, suspendre le nouveau-né par les pieds immédiatement après sa sortie et lui nettoyer la bouche.L\u2019aspiration de mucus et de sang peut se faire avec une seringue et un cathéter n° 8 à 10.II est étonnant de voir parfois tout ce qu\u2019on peut en retirer.On pratique même aujourd\u2019hui des aspirations de mucus toutes les heures chez le prématuré cyanosé, en position tête déclrve.Dès que le corps étranger bucco-pharyngé a été évacué, l\u2019enfant est réchauffé de façon à lui redonner sa température intra-utérine.Il s\u2019agit, en dernier lieu, de déclencher la respiration par des moyens inoffensifs ; ce sont, à part la respiration artificielle, les moyens chimiques : oxygène et acide carbonique.Je ne vous rappellerai point toutes les expériences qui ont prouvé l\u2019association bienfaisante de ces deux substances (gaz).On les administre à dose variable suivant le degré de cyanose au moyen d\u2019un masque approprié ou d\u2019un cathéter intra-nasal.Il n\u2019y a aucun désavantage à envoyer ces gaz dans l\u2019estomac comme Ylppô l\u2019a démontré, car ils sont partiellement absorbés au niveau du tube digestif.On peut aussi faire usage de a-lobéline à la dose de 1 à 3 mgm.par voie intra-veineuse, v.g.par la veine ombilicale.Son action est de très courte durée.II faut répéter au bout de 15 à 30 minutes et en soutenir l\u2019effet avec de la coramine, avec de l\u2019adrénaline.Cinq à six gouttes d\u2019esprit aromatisé d\u2019ammoniaque sur un morceau de coton peuvent rendre d\u2019utiles services en inhalation.Il y a encore le poumon d\u2019acier qui fonctionne sur le principe du respirateur de Drinker.Un moteur électrique fait fonctionner l\u2019appareil.La pression négative amène l\u2019expansion thoracique ou l\u2019inspiration et la pression positive l\u2019expiration.Le Dr Cole lui-attribue peu de valeur.Les manœuvres de balancement de Schultze, d\u2019insufflation bouche à bouche sont plus violentes, de dernier ressort, de plus en plus abandonnées.La vigoureuse fessée, l\u2019immersion alternative dans l\u2019eau chaude et froide, « choquante » pour l\u2019enfant, l\u2019insufflation, ou mieux, le soufflement de fumée de cigarette dans la bouche de l\u2019enfant, la traction rythmée de la langue, la dilatation du sphincter anal, le versement d\u2019éther sur le Septembre 1944 Lavar MÉpicaL 583 corps, et maintes autres manœuvres qui furent en vogue dans une clinique ou dans l\u2019autre, sont de plus en plus abandonnées, car elles font plus de mal que de bien.Quand on considère que le bébé cyanosé est en état de choc, de traumatisme obstétrical, assez souvent même, comme je viens de l\u2019affirrmer, porteur d\u2019une hémorragre cérébrale plus ou moins cachée, 1l est facile à concevoir qu\u2019un nouveau choc causé par ces manœuvres ne fera qu\u2019aggraver la situation.Même la respiration artificielle chez un poumon non distendu n\u2019a pas grande valeur.Pour les autres causes de cyanose, le traitement relève de chaque facteur étiologique en particulrer ; l\u2019oxygène et l\u2019acide carbonique étant toujours des éléments de choix dans le traitement symptomatique de la cyanose légère, et plutôt de l\u2019oxygène seul dans la cyanose sévère, comme l\u2019affirment Cole et Waters, de l\u2019Université du Wisconsin.Ll\u2019augmentation de la pression veineuse et du volume sanguin tend à augmenter le nombre, la largeur, la longueur des capillaires et favorise la visibilité des vaisseaux veineux profonds.Ces faits nous aident à comprendre la rapidité avec laquelle se produit la cyanose dans la poly- cythémie.Dans cette dernière, il y a en effet et augmentation du volume sanguin et, possiblement, hyperplasie capillaire.Si l\u2019on accepte le fait, c\u2019est là l\u2019opinion quasi unanime des auteurs, que la plupart des nouveau-nés viennent au monde en léger état d\u2019anoxémie, avec des centres respiratoires plus ou moins paralysés, si l\u2019on ajoute le fait que, normalement, le nouveau-né présente de la polycythémie (ce qui est une raison de plus en faveur de la cyanose), on est peu étonné de voir la fréquence de ce symptôme chez les nouveau-nés, à plus forte raison chez ceux présentant un des facteurs dont je vous ai énuméré la liste au début de ce travail.Avant de clore cet exposé, larssez-mo1 vous rappeler que les circonstances qui accompagnent la naissance de l\u2019enfant ne sont pas indifférentes à son avenir.Celles de la grossesse dont 1l est issu ne le sont pas plus.Elles ont de l\u2019importance.Elles ont une importance beaucoup plus grande qu\u2019on serait porté à le croire.On commence à se rendre compte que la naissance difficile, instrumentale, handicape beaucoup plus d\u2019individus qu\u2019on ne le croyait.Si, sur le moment, le traumatisme ne semble causer 584 Lavar.MépicaL Septembre 1944 aucun dommage apparent, les séquelles peuvent faire leur apparition tardivement.Et, pour ne vous citer qu\u2019un exemple, l\u2019appréciation du développement moteur et mental du prématuré du débile cyanosé, ne se fait pas non plus de la même façon que le sujet né à terme.Darke, Schreiber, Brander, Hess, ont démontré dernièrement les lointains et désastreux effets de l\u2019asphyxie sur le développement mental.Je m\u2019excuse d\u2019avoir peut-être un peu trop insisté sur la partie obstétricale du sujet, mais ce n\u2019est pas sans raison.Examinons le problème de près et nous verrons que, par des méthodes délicates et intelligentes, nous améliorerons la venue de ces nouveau-nés et nous leur préparerons un avenir plus brillant.Beaucoup de procédés ont été préconisés pour rendre l\u2019accouchement de la mère plus facile, mars bien peu de méthodes ont été conseillées pour rendre la naissance de l\u2019enfant plus sûre.: BIBLIOGRAPHIE Smith, L.H.Transient Localized Cyanosis of the Newborn.Journal of Pædiactrics, 7 : 736, (sept.) 1935.CLEIN, Norman W.Premature Infants ; À Clinical and Pathological Study.Amer.Journ.Dis.Child., 37 : 751, (avril) 1929.DE Leg, J.B.Principles and Practise 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CT TA K+ Septembre 1944 LavaL MEbpicaL 587 Le Dr LAPOINTE désirerait savoir qu\u2019elle est l\u2019action sur l\u2019organisme du nouveau-né des barbituriques employés au cours de l\u2019accouchement ; ainsi que leur corrélation avec la cyanose ?Existe-t-il des preuves expérimentales qui établissent que la disparition, pendant une minute, de l\u2019oxygène cérébrale amène la mort de la cellule cérébrale ?.Connaît-on également des preuves expérimentales qu\u2019il existe une respiration fœtale à partir du 6° mois de la grossesse ?Le Dr DÉCHÈNE répond : Au Dr LANGLOIS : Que, malgré ses nombreuses recherches bibliographiques, il n\u2019a rien trouvé en regard de l\u2019étiologie des phénomènes métaboliques sur la cyanose.Au Dr FORTIER : Que les signes d\u2019excitabilité neuro-musculaires, d\u2019après ce qu\u2019il a pu voir au cours de son étude, sont considérés de moins en moins comme des signes de certitude de tétanie.Un seul signe demeure pathognomonique, c\u2019est le dosage du calcium et du phosphore sanguin.Ce dosage doit cependant être fait dans les quelques heures qui suivent la prise de sang ou jamais plus tard que 4 heures, le phosphore subissant des transformations rapides qui faussent les résultats.Au Dr LAFOINTE : Qu\u2019il croit que la cyanose produite par les barbituriques est en rapport avec une anémie cérébrale fœtale produisant une défaillance du centre respiratoire cérébral.Il existerait en effet des preuves expérimentales établissant la mort de la cellule cérébrale par suite d\u2019un défaut d\u2019oxygénation cérébrale.Les Drs Snyder et Rosenfeld, dans leurs mémoires publiés dans le J.A.M.A.du 5 juin 1927, ont établi leurs théories d\u2019une respiration fœtale sur des preuves expérimentales. MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES DE L\u2019EMPLOI DE DIFFÉRENTS LAITS EN DIÉTÉTIQUE INFANTILE \u201c) Les questions relatives à l\u2019alimentation sont de celles qui, en hygiène infantile, doivent être mises au premier plan, car de leur connaissance et de leur application rationnelle dépend le bien-être de l\u2019enfant.Il n\u2019en peut être autrement.Toute la vie de l\u2019enfant, depuis le moment de sa naissance et jusqu\u2019à la fin de sa première année, se concentre en effet dans ses fonctions digestives et même, en précisant davantage, dans la digestion du lait.De l\u2019alimentation et de l\u2019assimilation, dit le Dr Maurice de Fleury dans son admirable livre Le corps et l\u2019âme de nos enfants, dépendent « la régularité de la croissance, la qualité des tissus, du tissu cérébral, notamment, dont l\u2019intégrité est indispensable à l\u2019activité de l\u2019esprit ».« C\u2019est donc tout l\u2019être qui profite d\u2019une bonne hygiène alimentaire » et 1l incombe à tout médecin de veiller à ce que cette hygiène soit appliquée le mieux possible dès les premiers moments de la vie.Pour y parvenir durant les 5 ou 6 premiers mois, il nous faut posséder des notions bien précises sur les besoins alimentaires du nourrisson et sur l\u2019emploi des différents laits mis sur le marché par les différentes maisons de commerce dans le but de rencontrer toutes les nécessités alimentaires de l\u2019enfant, l\u2019être le plus changeant qui existe.(1) Conférence prononcée devant les membres de la Société médicale du comté de Portneuf en septembre 1943. Septembre 1944 LavaL MEpicAL 589 C\u2019est donc de l\u2019emploi des différents laits en diététique infantile que je désire vous entretenir.LES BESOINS ALIMENTAIRES DU NOURRISSON La diététique infantile, l\u2019on s\u2019en souvient, s\u2019appuie sur la connaissance des besoins énergétiques, besoins en substances minérales et besoins en aliments digestifs et en vitamines.L'organisme infantile, en perpétuel état de croissance, aura, on le conçoit facilement, des besoins en rapport avec cet état de croissance.Is seront donc éminemment variables avec l\u2019âge.Une étude détaillée de l\u2019alimentation nous démontre en effet toute cette variabilité.Nous aurons l\u2019occasion de vous le signaler au cours de cet exposé, mais dès maintenant, nous devons savoir que, considérés dans l\u2019ensemble, ces besoins sont proportionnellement supérieurs à ceux de l\u2019adulte.Ainsi, pour les protéines qui, avec les sels minéraux et l\u2019eau, sont les vrais aliments plastiques, 1l faut veiller à fournir à l\u2019enfant une ration minima de 3 gm.50 par kilo de poids par jour.Si la quantité minima de protéines a son importance, la qualité en a davantage.Toutes les protéines n\u2019ont pas la même valeur biologique, et cette valeur biologique varie selon la proportion de tel ou tel acide aminé présent dans la molécule protéinique.II serait trop long d\u2019envisager ici ce sujet.Sachons cependant que la valeur qualitative des protéines dépend de leurs acides aminés, et souvenons-nous, que la lactalbumine et la caséine ont une valeur biologique, en regard de la croissance, bien différente ; 5% de la première suffit à assurer la croissance alors que 12% est nécessaire pour la seconde.L\u2019eau, second aliment plastique en importance, doit être apportée à l\u2019enfant selon une proportion variable avec l\u2019âge.Des recherches patientes et minutieuses ont abouti à fixer la ration pour le nouveau-né à 75 c.c.par livre de poids nourrisson de 5 à 6 mois .à 65 à 70 c.c.» débile ou le prématuré à 75 à 100 c.c.» Cette ration d\u2019eau est donc 4 à 5 fois supérieure à celle de l\u2019adulte. 590 Lavar MEDICAL Septembre 1944 Ces proportions relatives d\u2019eau et de substances protéiques nécessaires à 'alimentation de \"enfant lorsqu\u2019il est nourri au sein, sont réglées pour le mieux par la nature elle-même.Seule la quantité totale de lait maternel pris par le bébé doit être de temps à autre vérifiée au moyen de pesées quotidiennes.Lorsque l\u2019alimentation est artificielle, le médecin doit se préoccuper vivement de respecter ces proportions lors des prescriptions alimentaires, tout spécialement lorsqu\u2019il s\u2019agit de lait sec, de lait concentré sucré, de lait évaporé et même de lait de vache ordinaire.Ce sont ces proportions qui doivent nous guider dans l\u2019élaboration des régimes normaux effectués avec les différents laits industriels.À ces notions sur les besoins plastiques, nous devons également utiliser celles qui ont trait aux besoins énergétiques de l\u2019enfant.D\u2019après Rubner, ces besoins seraient pour les 3 premiers mois, de .50 calories par livre du 3%au 6° mois, de .45 » - du 6% au 12° mois, de .35 » Par la suite, ces besoins demeurent voisins de 35 calories par livre de poids.De plus, 1l importe de savoir que cet apport de calories est fourni en presque totalité (96%) par les graisses et les hydrates de carbones.Les besoins en vitamine sont pour notre exposé d\u2019aucune utilité pratique.Avec ces quelques notions schématiques des besoins alimentaires des nourrissons, nous pouvons entreprendre l\u2019exposé de notre sujet : De l\u2019emploi des différents laits en diététique infantile.DU LAIT MATERNEL Le seul lait qui convienne en tout point à l\u2019enfant, c\u2019est le lait maternel.Cette notion admise de tous s\u2019appuie sur des données scientifiques irréfutables.Sa supériorité incontestable sur tous les autres laits devrait être tellement ancré dans l\u2019esprit que personne ne devrait oser en discuter les mérites et en différer l\u2019emploi sans de sérieuses raisons.L\u2019allaitement maternel, chez-nous particulièrement, devient une rareté que rien ne peut expliquer, si ce n\u2019est la complaisance avec laquelle un très grand nombre Septembre 1944 LavaL MéEpicaL 591 d\u2019entre nous endossons et encourageons, parfois, les multiples raisons que l\u2019on invoque pour ne pas nourrir son enfant.Si notre mortalité infantile des premiers mois est si élevée, la cause la plus importante en est l\u2019abandon de l\u2019allaitement maternel.Cet abandon se répand dans tous nos milieux.Il incombe aux médecins d\u2019en enrayer la marche.Personne, croyons-nous, ne devrait se soustraire à une telle œuvre sociale et même patriotique si l\u2019on veut bien y songer.Sa supériorité sur tous les autres laits, le lait maternel la tient de sa valeur biologique.Tous ses constituants chimiques sont éminemment adaptés à l\u2019organisme infantile.Les protéines varient de 1.à 1.55% et elles sont formées de ?/, de lactalbumine pour !/; de caséine.Le lactose, seul hydrate de carbone, est d\u2019une constance remarquable 7%.Les matières grasses, quoique variables, de 2.5 à 4% en moyenne, sont facilement assimilables.Les sels minéraux, en proportions suffisantes, sont utilisés à plus de 609%.L\u2019eau demeure a 87.59.Et la valeur calorique est de 20 calories à \"once.Sa digestion est facilitée par les ferments et les enzymes qu\u2019il contient.Sa supériorité lui vient également de la simplicité et de la réalisation facile de sa technique et de combien d\u2019autres raisons sur lesquelles 1l serait oiseux d\u2019insister.Il n\u2019entre pas dans le cadre de cet entretien de vous exposer les règles de l\u2019allaitement maternel.Nous ne faisons que mentionner les notions indispensables à la compréhension des règles de l\u2019emploi des laits industriels que nous vous exposerons dans quelques instants.L\u2019allaitement maternel, pour satisfaire les besoins de croissance du nourrisson, doit être donné selon des règles précises, et dans une certaine quantité.Cette quantité n\u2019est pas arbitrairement fixe ; elle découle des besoins alimentaires mentionnés au début, notamment des besoins énergétiques et plastiques.Le lait maternel, fournissant 20 calories à l\u2019once, devra être donné \u2018pour satisfaire ces besoins énergétiques à raison de 214 à 3 onces par livre de poids par jour. 592 LavaL MépicaL Septembre 1944 Cette quantité, comment la déterminer?Il ne viendra à l\u2019idée de personne de croire qu\u2019elle peut l\u2019être pour tous les enfants.L'espèce de symbiose entre la mère et l\u2019enfant y pourvoit généralement seule.Mais 1l se présente parfois des éventualités où l\u2019on aura avantage à connaître la quantité de lait maternel que prend tel ou tel enfant.Tant que l\u2019enfant conserve une croissance pondérale moyenne, aucune raison de vouloir déterminer la quantité de lait maternel qu\u2019il ingurgite à chaque tétée ou par 24 heures.Mais si le poids est stationnaire ou décroit il faut recourir à la pesée quotidienne, pour 2 ou 3 jours, et déterminer alors la quantité totale ingurgitée et aviser aux modifications qu\u2019elle impose.Ces modifications peuvent être de deux ordres : 1° Corriger les erreurs de technique dans la façon de donner le sein, dans la durée de la tétée et dans l\u2019intervalle de ces tétées, user de la traite manuelle s\u2019il y a lieu ; ou 2° Recourir à l\u2019allaitement mixte complémentaire si la sécrétion maternelle, malgré une technique irréprochable s\u2019avère insuffisante.Les indications de l\u2019allaitement maternel se résument en peu de mots.Tous les enfants sains devraient être nourris par leur mère.Aucun prématuré ou débile ne doit en être privé.C\u2019est pour eux une question de vie ou de mort.Les inconvénients, s\u2019il y en a, doivent nous être inconnus.Mais .il y a ici comme en toute chose, un mais .qui, parfois, nous arrête et nous oblige à recourir à un autre mode alimentaire.Songez aux quelques contre-indications de l\u2019allaitement maternel.C\u2019est à cause de ce « mais » et de lui qu\u2019il me faut vous entretenir des laits de vache, de celui qui est modifié quelque peu, à l\u2019air libre, par ses manipulateurs comme de tous ceux que l\u2019humanité industrialisée nous recommande.LE LAIT DE VACHE L\u2019emploi du lait de vache en diététique infantile est un mal nécessaire dont il faut veiller à diminuer, dans la mesure du possible, les effets nuisibles, voire même parfois désastreux.C\u2019est un aliment qui appartient spécifiquement au veau,set In- compatiblement à l\u2019enfant. Septembre 1944 LavaL MÉDICAL 593 L\u2019on a cherché à connaître cette incompatibilité et les seules modifications à apporter que l\u2019on ait trouvées jusqu\u2019à aujourd\u2019hui \u2014 1l ne faut pas désespérer de la science, paraît-il \u2014 c\u2019est sa stérilisation, sa dilution, son sucrage et, en certains milieux, son humanisation.Admettez avec moi que, jusqu\u2019au jour où l\u2019on s\u2019est avisé d\u2019humaniser le lait de vache, c\u2019était peu entreprendre pour changer cette incompatibilité.Néanmoins, au cours des âges, l\u2019enfant s\u2019est habitué à se nourrir dès son berceau d\u2019une nourriture qui ne lui convenait pas et, aujourd\u2019hui, nous voyons un nombre de plus en plus grand d\u2019enfants qui, nourris artificiellement \u2014 on ne pouvait trouver de meilleure dénomination : l\u2019allaitement artificiel \u2014 jouissent quand même, après quelques mois d\u2019incertitude, d\u2019une bonne santé.Ce lait de vache donc, doit, pour être potable, subir certaines modifications.Sa stérilisation est de rigueur.Je n\u2019entreprendrai pas 1c1 la discussion sur la valeur des différents procédés de stérilisation.II y a danger de froisser certaines préférences \u2014 je ne parle pas pour 1ci spécialement, je demeure toujours dans des généralités.Mais il m\u2019est permis, Je crois, de condamner l\u2019emploi du lait cru pour les nourrissons.De cette assertion, vous ferez ce que vous voudrez, mais la santé des enfants actuels ou futurs, n\u2019y trouvera peut-être pas autant d\u2019indifférence.Le lait de vache doit, de plus, être dilué dans l\u2019espérance, bien aléatoire je vous assure, de le rendre plus compatible à l\u2019estomac de l\u2019enfant, ou de le rendre analytiquement semblable au lait maternel.Son analyse chimique révèle en effet que : Les protéines à 3.50% sont 2 à 3 fois supérieures à celles du lait maternel et que 85% sont composées de caséine et 5% de lactalbumine et de lactoglobuline.Le lactose à 4.50% est égal au ?/, de celui du lait maternel.Les matières grasses à 4%, quoique proportionnellement égales à celles du lait maternel, sont moins digestibles et moins assimilables.Les sels minéraux pour leur part à 0.75% sont trois fois plus importants. 594 LavaL MEpicaL Septembre 1944 ! C\u2019est la dilution qui aura donc à effectuer ces innombrables modifications.L\u2019eau peut avoir d\u2019admirables propriétés électrolytiques et chimiques, mais elle n\u2019arrive jamais à changer du lait de vache en lait maternel.Un mélange d\u2019eau et de lait de vache dans un biberon en verre n\u2019arrivera jamais à réaliser un miracle semblable à celui des noces de Cana.Quoiqu\u2019il en soit, 11 nous faut savoir comment réaliser cette dilution du lait de vache.Pour le 1°\" mois.à parties égales Pour le 2° mois .?/, de lait pour !/, d\u2019eau Pour le 3° mois .34 de lait pour 4 d\u2019eau p Pour le 4° mois .lait pur.Le sucrage obligatoire du lait de vache peut paraître, au premier abord, une aberration alimentaire puisque la valeur calorique d\u2019un once de lait de vache est égale à celle du lait maternel : 20 calories.Mais 1l n\u2019en est rien, car la digestibilité et l\u2019assimilation des matières grasses du lait de vache étant inférieures à celles du lait maternel, il nout faut suppléer à cette perte d\u2019énergie calorique par l\u2019addition d\u2019hydrates de carbone, afin de fournir à l\u2019enfant les calories nécessaires à sa croissance normale.L\u2019emploi de tel ou tel sucre ne peut être indifférent en diététique infantile.Certains d\u2019entre eux ont leur indication bien définie.Cependant, dans la pratique courante, nous pouvons considérer l\u2019emploi de sucre en général comme indifférent.La quantité à ajouter est égale à 1 c.à thé pour 5 onces de liquide.La dernière modification apportée au lait de vache est son humanisation.Nous étudierons un peu plus loin les différents laits humanisés.Quant à la ration quotidienne de lait de vache, vu sa valeur calorique égale à celle du lait maternel, nous aurons à fournir au nourrisson 2 onces à 3 onces par livre de poids et par Jour.Le nombre et l\u2019intervalle des repas est variable.Certains enfants s\u2019accommodent des repas aux 3 heures, d\u2019autres aux 34 heures, et d\u2019autres, enfin, aux 4 heures.La pratique vous fera choisir l\u2019une ou l\u2019autre méthode. Septembre 1944 LavaL MÉpicarL 595 Telles sont les notions indispensables à connaître et à appliquer si l\u2019on veut que l\u2019emploi du lait de vache soit pour le nourrisson un aliment suffisant pour lui permettre une croissance normale.LES LAITS INDUSTRIELS L\u2019allaitement artificiel au lait de vache, tel que nous venons de vous le décrire dans ses principes généraux, comporte de nombreuses difficultés et des inconvenients qui ont fait rechercher les moyens de le rendre plus maniable et surtout mieux adapté au nourrisson.De ces recherches sont \u2018nés des laits de vache modifiés nombreux.Parmi eux, il en est qui ont constitué un incontestable progrès et leur emploi, assez répandu aujour- d\u2019hui, nous oblige à les bien connaître.Le lait de vache a subi différentes modifications de la part des maisons de commerce qui, aujourd\u2019hui, ont pris une expansion considérable.Ces modifications sont de trois ordres : les laits modifiés : physiquement, chimiquement, par fermentation ou lait acidifié.Chacun de ces laits modifiés mérite qu\u2019on s\u2019y arrête quelque peu.Leur emploi est souvent parsemé d\u2019échecs, si l\u2019on n\u2019a pas soin de suivre fidèlement les règles qui président à leur usage.Tout d\u2019abord, les laits physiquement modifiés : le lait condensé sucré, le lait condensé non sucré ou lait évaporé, le lait sec ou en poudre.Ces trois variétés de lait constituent ce que l\u2019on appelle les laits concentrés.LE LAIT CONDENSÉ SUCRÉ Le lait condensé sucré, est un lait de vache frais, stérilisé à 212°F., évaporé au !/, ou au K de son volume, sucré à 50% au moyen de sucre de canne et réparti dans des boîtes de fer blanc.(12) 596 LavaL MegbicaL Septembre 1944 Sa composition chimique est la suivante : \\ HYyDRATES ris omreeneS| DE minéraux CALoniEs CARBONE Borden.8.48 9.0 48.56 1.78 |.Nestlé.9.4 10.2 53.JL.102 Tels qu\u2019ils se présentent, ces laits condensés sucrés sont plus riches en protéines, en matières grasses et surtout en hydrates de carbone \u2014 on les considère même comme « une confiture de lait » \u2014 que le lait de vache ou le lait maternel.Leur emploi requiert donc des modifications importantes par la dilution, afin de les rendre mieux adaptés aux besoins du nourrisson.Lorsque l\u2019on s\u2019avise de vouloir trouver une dilution au lait condensé sucré, l\u2019on remarque, à la lecture des traités et des revues, qu\u2019il n\u2019existe aucun mode de dilution sur lequel un très grand nombre d\u2019auteurs s\u2019accordent.Les uns préconisent une dilution de 1 partie de lait condensé sucré pour 3 parties d\u2019eau.Le lait reconstitué ainsi a une composition intermédiaire entre le lait maternel et le lait de vache tout en demeurant hypersucré.Sa valeur calorique est égale alors à 33 calories à l\u2019once.Pour d\u2019autres, au contraire, cette dilution doit être de 1 partie de lait condensé pour 5 parties d\u2019eau, afin de lui donner une valeur calorique de 20 calories à l\u2019once tout comme le lait maternel et le lait de vache.Mais à cette dilution ce lait ainsi reconstitué est hypo-graisseux.Il semble cependant que l\u2019on obtienne les meilleurs résultats de son emploi, sil\u2019on calcule la ration, en tenant compte du poids de l\u2019enfant.La valeur calorique du lait condensé sucré sert ici de calcul de base.Le nourrisson a des besoins énergétiques que nous avons établis, au début, à 50, 45 et 35 calories par livre de poids, selon l\u2019âge.La cuillerée à thé qui sert d\u2019unité de mesure lorsqu\u2019il s\u2019agit de lait condensé sucré fournit 33 calories.Le nourrisson devra donc recevoir : 114 c.à thé de lait condensé sucré par livre de poids. Septembre 1944 Lavar MÉDICAL 597 Pour connaître la quantité de liquide à employer, les besoins en eau, que nous avons énumérés au début, nous serviront de base : 75 à 65 c.c.par livre de poids selon l\u2019âge.Parce que le lait condensé sucré est un lait hyper-sucré, 1l est reconnu qu\u2019il faut toujours donner à l\u2019enfant 75 c.c.d\u2019eau par livre de poids.Votre prescription de lait condensé sucré devra donc, en résumé, se calculer sur une base de 1 c.à thé de lait condensé sucré dans 214 onces d\u2019eau par livre de poids et par jour.Employé à cette dose, le lait condensé sucré ne risque pas d\u2019être la source de troubles de nutrition parfois difficiles à corriger.La croissance de l\u2019enfant, du nouveau-né, devrions-nous dire, puisque son emploi ne doit jamais dépasser cette période de la vie, s\u2019effectuera dans les limites normales.Dès le moment où l\u2019enfant cesse d\u2019être nouveau-né, c\u2019est-a- dire à un mois, le lait condensé sucré doit céder la place à un lait mieux adapté au nourrisson.Outre cette indication de l\u2019emploi du lait condensé sucré chez le nouveau-né normal, il en est bien d\u2019autres ou il y a avantage à l\u2019utiliser.Comme aliment des prématurés ou comme aliment complémentaire de l\u2019allaitement maternel, ce lait peut, dans quelques cas, donner des résultats satisfaisants mais il vaut mieux ne pas l\u2019employer car, très rapidement, 1l devra être remplacé et l\u2019on aura perdu un temps précieux.D\u2019autres laits, comme nous le verrons, lui sont de beaucoup supérieurs.Le lait condensé sucré trouve son principal emploi \u2014 pour nous, nous le considérons comme le seul \u2014 à la période de réalimentation des enfants atteints de troubles digestifs.Il est alors employé : 1° à la dilution normale, s\u2019il s\u2019agit de troubles digestifs légers ; chez les vomisseurs habituels ; 2° pur ou mélangé à une bouillie épaisse chez les anorexiques ou 3° fortement dilué à la période aiguë des diarrhées à la condition, cependant, qu\u2019il soit centrifugé et débarrassé d\u2019une partie de sa graisse.Son emploi, avons-nous signalé, doit être de courte durée en raison de ses inconvénients.Chez certains enfants, la croissance est excessive.Ils se gonflent littéralement d\u2019eau et sont bouffs.Il faut alors craindre une catastrophe st une infection, même légère, survient. 598 Lavar MépicaL Septembre 1944 C\u2019est un lait constipant qui provoque des érythèmes fessiers et amène une anorexie après quelques semaines d\u2019emploi.Pour notre part, nous considérons le lait condensé sucré comme un lait médicamenteux.LE LAIT CONDENSÉ NON SUCRÉ OU LAIT ÉVAPORÉ - Le lait condensé non sucré, appelé communément lait évaporé, est un lait de vache frais, récolté dans d\u2019excellentes conditions de propreté, évaporé à un peu plus du double de sa consistance initiale, homogénéisé et stérilisé dans les boîtes dans lesquelles le lait est vendu.Certaines marques de commerce sont même 1rradiées afin d\u2019en augmenter la valeur en facteur D antirachitique.- La valeur calorique du lait évaporé est un peu plus du double de la valeur calorique du lait complet, 44 calories par once.Au cours des différentes manipulations subies \u2018par le lait, certaines modifications physiques, chimiques et biologiques surviennent mais n\u2019en changent pas la valeur nutritive.Les modifications chimiques, sont dans l\u2019état actuel de la science, négligeables.Les modifications physiques, au contraire, sont importantes.Les globules de beurre sont pulvérisés, leur volume multiplié par mille permet au lait de demeurer homogène, inécrémable.- Les protéines sont rendues plus digestibles donnant, sous l\u2019effet de la pepsine et de la présure gastrique, un coagulum granulaire mou peu résistant à l\u2019effet des sucs digestifs.\u2018Les modifications biologiques découlent des modifications physiques.Le lait évaporé est plus digestif que le lait de vache ordinaire et 1l serait moins antigénique.La teneur vitaminique des laits évaporés est comparable à celle du lait de vache frais, sauf pour la vitamine B et la vitamine C qui, elles, sont en partie détruites.La stérilisation du lait évaporé se fait à 240°F.pendant 15 à 20 minutes : degré de chaleur et durée suffisante pour détruire toutes les bâctéries qui peuvent séjourner dans le lait ainsi que les bactéries génératrices de spores.C\u2019est un lait parfaitement stérile. Septembre 1944 Lavar MÉDicaL 599 L\u2019analyse chimique d\u2019un lait évaporé révèle qu\u2019il est constitué de : Matières grasses.\u2026.cee.T.8% Lactose.979% Caséine.579% Albumine.1.19 Sels minéraux.1.59, Acide citrique.0.39% Eau.73.69 Sa valeur calorique à l\u2019once, nous l\u2019avons indiqué il y a un instant, est un peu.plus du double de celle du lait de vache : 44 calories au lieu de 20.Une fois ces notions connues sur la valeur nutritive et l\u2019analyse chimique du lait évaporé, nous pouvons envisager la façon de nous en servir.Qu\u2019il s\u2019agisse du lait évaporé irradié Carnation, Borden, St.Charles, du Vi Lac de Cow & Gate ou de Libby\u2019s, le mode de préparation ne diffère aucunement.Chacune de ces maisons de commerce, dans un louable effort pour aider le médecin à employer convenablement son lait évapore, distribue destables d\u2019alimentation pour bébés normaux sur lesquelles sont imprimées les quantités de lait à employer selon l\u2019âge et le poids du bébé.J\u2019ignore si vous vous êtés astreints à apprendre par cœur tous ces tableaux.Si vous y êtes parvenus, croyez à toute mon admiration car, pour ma part, je n\u2019y suis jamais parvenu.Il est vrai que je n\u2019y ai apporté aucune ardeur, croyant qu\u2019un tel effort de mémoire était totalement inutile.La connaissance de la composition du lait évaporé nous révèle en effet, nous venons de vous le signaler, que ce lait est concentré au double de son volume primitif et qu\u2019il fournit environ 44 calories à l\u2019once.Muni de ces données fondamentales, rien de plus simple que de le diluer à parties égales pour obtenir un lait dont la valeur alimentaire est très voisine de celle du lait de vache.Ainsi reconstitué, le lait évaporé équivaut à du lait de vache non dilué.Et 1l suffit de le diluer en suivant la même dilution utilisée pour le lait de vache.Nous avons coutume, cependant, d\u2019utiliser, dans notre pratique journalière, un moyen plus rapide ét plus pratique à mon sens, de calculer la ration quotidienne d\u2019un bébé et le voici « 600 Lavar MÉpicaL Septembre 1944 Si le poids de l\u2019enfant est normal par rapport à son âge et à son poids de naissance, nous prescrivons : « 1 once de lait évaporé pour 2 onces d\u2019eau, par livre de poids, ne dépassant Jamais, cependant, 32 à 35 onces de liquide par jour ».Cette règle de base, cependant, ne peut nous servir lorsque nous avons affaire à un nouveau-né, c\u2019est-à-dire à un enfant n\u2019ayant pas encore atteint l\u2019âge de 1 mois.Pour lui nous reconstituons le lait évaporé pour en faire un lait de vache complet et nous suivons la dilution préconisée qui, comme vous vous le rappelez, est une dilution de moitié.Le lait évaporé sera donc préparé de la façon suivante : Lait évaporé.1 once Eau.3onces ou, Si vous aimez mieux, le lait évaporé est dilué à 1 partie pour 3 d\u2019eau.Avec l\u2019aide de ces quelques données 1l nous est loisible d\u2019effectuer les formules alimentaires les mieux adaptées aux besoins de l\u2019organisme infantile.II faut cependant se souvenir que ces quantités moyennes ne conviennent pas à tous les bébés dont vous aurez à établir l\u2019alimentation.De légères modifications dans le mode de dilution devront parfois être apportées.Pour certains d\u2019entre eux, 1l faudra une dilution plus forte, 1 once de lait évaporé pour 3 onces d\u2019eau par exemple ; pour d\u2019autres, une dilution plus faible sera nécessaire pour fournir une croissance pondérale normale.La pesée quotidienne du bébé vous servira de guide.Les indications du lait évaporé sont faciles à prévoir.Sa digestibilité plus grande, sa pureté bactériologique, sa conservation facile et la fixité de sa composition le classe parmi les laits de vache les mieux adaptés aux nourrissons normaux.La facilité avec laquelle l\u2019on peut le diluer, le recommande aussi pour les prématurés, mais non pour les débiles.La période de réalimentation de troubles digestifs constitue également une indication à l\u2019emploi du lait évaporé.Il est, de tous les laits industriels, celui qui, dans l\u2019alimentation des enfants, donne les meilleurs résultats. Septembre 1944 Lavar MÉDICAL 601 LES LAITS SECS OU EN POUDRE Le lait sec ou en poudre est un produit alimentaire obtenu en évaporant presque complètement l\u2019eau contenue dans le lait de vache ; une fois cette évaporation obtenue, le lait est pasteurisé à 145°F.pendant 30 minutes et pulvérisé afin de le réduire en poudre.Ce lait sec possède la même valeur alimentaire que le lait de vache dont 1l est issu, car sa composition chimique n\u2019a pas été changée.Son nouvel état physique le rend plus digestible que le lait de vache.Les vitamines que contenait le lait de vache avant toutes manipulations demeurent inchangées sauf en ce qui concerne la vitamine C qui, elle, est totalement disparue s1 elle existait auparavant.Plusieurs variétés de lait sec ou en poudre sont préconisées pour l\u2019alimentation des nourrissons.Nous pouvons cependant les ramener à trois variétés : 1° Le lait sec-entier : le Klim de Borden et la Poudre de lait entier de Cow & Gate ; 2° Le lait sec au %/; écrémé, dont le type le mieux connu est le Dryco, ou le Klim écrémé ou la Poudre de lait partiellement écrémé de Cow & Gate, ou encore, le Nestogen de Nestlé.3° Le lait sec totalement écrémé que seule la compagnie Cow & Gate a mis sur le marché, sour le nom de Poudre de lait écrémé.La composition chimique de ces laits secs est la suivante : \\ CALORIES MATIÈRES Pro- LACTOSE SELS A GRASSES TEINES MINERAUX , L\u2019ONCE Lait sec entier.28.09, 26.79, 38.09, 5.8 149.Lait sec écrémeé.12-14 30 \u2014 34 44% 7.129.Lait sec totalement écrémé 0.8 35.5 52.8 7.9 104 La préparation du biberon à l\u2019aide de la poudre de lait doit se faire au moment même où l\u2019enfant est prêt à le boire.Car, ne l\u2019oublions pas, le lait sec n\u2019est pas amicrobien et il devient une fois reconstitué un milieu de culture aussi favorable au développement des germes bactériens que le lait de vache.De plus, avant de se servir de la poudre de lait, on doit s\u2019assurer que la poudre employée est fraîche et non impropre à la consommation. 602 Lava\u2026.MÉbicAL Septembre 1944 La poudre de lait fraîche a une couleur jaune clair qui rappelle un peu le beurre, possède une odeur très appétissante de pâtisserie.Elle se mélange facilement à l\u2019eau et donne un liquide dont la consistance est semblable à celle du lait de vache.Au contraire, la poudre impropre à la consommation dégage, dès l\u2019ouverture de la boîte, une odeur de rance ou de rassis, selon qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une poudre grasse ou écrémée.Les poudres grasses blanchissent, les poudres maigres virent au jaune roux, et se dissolvent très mal dans l\u2019eau.Les boîtes de lait sec, si l\u2019on désire qu\u2019elles se conservent facilement, doivent être placées dans un endroit sec et frais non exposées à la chaleur humide d\u2019une cuisine.Ces quelques détails dans la préparation des biberons de laits secs, 1l nous appartient, à nous médecins, de les communiquer à nos clients, mais il nous incombe davantage de prescrire la quantité de lait sec qu\u2019il faut employer chez le nourrisson bien portant ou le malade.Règle générale, les laits secs entiers se prescrivent à la dilution de 1 c.à soupe pour 2 onces d\u2019eau, et les laits secs au */3 écrémés à la dilution de 1 c.à soupe pour 2 onces d\u2019eau.Lorsqu'il nous faut prescrire un régime au lait sec entier \u2014 1l s\u2019agit toujours, dans ces cas, d\u2019enfants normaux, en bonne santé \u2014 le problème des quantités à donner est facile à établir.Une c.à soupe de Klim dans 2 onces d\u2019eau équivaut à 2 onces de lait de vache entier.Le lait de vache, nous l\u2019avons vu au début, se donne à raison de 214 à 3 onces par livre de poids.L\u2019enfant qui pèse, par exemple, 10 livres devra recevoir 2514 onces de lait de vache ou 1214 c.a soupe de Klim dans 25 onces d\u2019eau.Lorsqu\u2019il s\u2019agit de lait sec au ?/, écrémé, la dilution normale de 1 c.à soupe pour 2 5 onces d\u2019eau sert également de base pour établir le régime du bébé.Il suffit de multiplier ces deux quantités par le poids du bébé en livres pour obtenir la ration quotidienne.Ainsi dilué, le lait dont une cuillerée à soupe de poudre fournit 16 calories ne peut, on le conçoit, être considéré comme un aliment utilisable chez un nourrisson normal d\u2019un certain âge, comme nous le verrons par l\u2019étude des indications du lait sec.1° Alimentation de l\u2019enfant normal : On a beaucoup discuté pour savoir si le lait en poudre est réellement indiqué pour un enfant normal.Naturellement les opinions sont parta- Septembre 1944 LavaL MépicaL 603 gées.Dans la crainte de diarrhées ou de choléra infantiles dus au lait de vache, les uns préconisent l\u2019emploi du lait sec, d\u2019autres, au contraire, parce que ce lait sec expose l\u2019enfant à des troubles de la nutrition, le rejettent d\u2019emblée.Entre ces deux extrémes, réside l\u2019opinion que l\u2019emploi du lait sec peut convenir au nourrisson normal si l\u2019on a soin, cependant, de corriger les carences plus ou moins frustes qui se présentent fréquemment après quelques semaines de son emploi.Le choix de la variété de lait sec n\u2019est, on le conçoit, nullement in- différent.Chez le nouveau-né l\u2019on a avantage à se servir du lait sec demi écrémé.Lorsque le nourrisson aura atteint son 2° ou 3° mois, le lait sec \u2019 entier devra être utilisé si l\u2019on ne veut pas voir survenir de graves désordres nutritifs.2° Alimentation du prématuré : Les enfants nés avant terme doivent être répartis, on le sait, en deux catégories bien différentes : les prématurés simples, bien portants, et les prématurés débiles.Pour cette deuxième catégorie, seul le lait de femme peut convenir.Pour les premiers, le lait sec peut être employé, soit comme aliment complémentaire du lait de femme, soit comme aliment de base.3° Allaitement mixte : Comme complément au lait de femme, par suite d\u2019une sécrétion lactée insuffisante, le lait sec donne de bons résultats.Chez les enfants nourris au sein, mais qur présentent de légers troubles digestifs, dits « dyspepsie du lait de femme », l\u2019erploi du lait sec demi écrémé constitue le plus efficace des traitements.4° Chez les enfants atteints de troubles digestifs : Le lait sec peut être employé à une concentration supérieure à la normale chez les anorexiques et les vomisseurs, et fortement dilué à la période aiguë des diarrhées.Dans ces cas, il a donc les mêmes indications que le lait condensé sucré, mais il lui est de beaucoup supérieur.Les laits secs sont donc des aliments faciles à manier et constituent des laits médicamenteux souples pour traiter les troubles digestifs de la première enfance. 604 Lavar MépicaL Septembre 1944 LES LAITS HUMANISÉS Les laits humanisés sont des laits secs ou en poudre, ou des laits évaporés fabriqués avec du lait de vache dont on a remplacé certains constituants normaux comme les matières grasses ou le sucre, par des matières grasses végétales ou animales ou du Dextri Maltose, dans le but chimérique de rendre ce nouvel aliment physiquement et chimiquement semblable au lait maternel.Aucun de ces nouveaux aliments ne parvient à réaliser les propriétés biologiques du lait maternel.Néanmoins, ces laits humanisés ont prouvé qu\u2019ils pouvaient être utilisés avec satisfaction dans l\u2019alimentation des nourrissons, durant les premiers mois de la vie.Ceux qui nous sont le mieux connus actuellement, sont le Lactogen et le S.M.A.Il en existe d\u2019autres que je vous signale pour mémoire mais que nous laisserons de côté, ce sont l\u2019Allenburey\u2019s Food, le Récollac de Mead & Johnson et le Similac.Le Lactogen est un lait auquel on a ajouté des matières grasses et du lactose provenant du lait de vache, au point qu\u2019il simule proportionnellement la composition du lait maternel Sa composition chimique, une fois reconstituée, est semblable au lait de femme., MATIÈRES SELS PROTÉINES GRASSES LACTOSE MINÉRAUX Eau 2.00 (1.50) 3.12 (3.50) | 6.66% (65) 0.44% (0.2) 87.75 calories/onces 19.49, (20) (88.3) Pour reconstituer, à l\u2019aide du Lactogen, un lait qui aurait proportionnellement la même composition que le lait de femme, il faut dissoudre 1 c.à soupe rase dans 2 onces d\u2019eau.Et, afin de fournir suffisamment de calories au bébé, 1l faut utiliser 1 L4 c.à soupe rase diluée dans 3 onces d\u2019eau par livre de poids et par jour.A l\u2019aide de ces deux données fondamentales, il vous est possible de constituer un régime normal pour le nouveau-né comme pour le nourrisson.Le S.M.A.ou The Synthetic Milk Adapted, préconisé par MM.Gessterberger et Ruh est un mélange de '/5 de lait écrémé pour %/; d\u2019eau, auquel on ajoute une petite quantité de potassium, du sucre de lait et des Septembre 1944 LavaL MEpicaL 605 matières grasses sous forme d\u2019huiles végétales et animales en proportion suffisante pour égaler celle du lait maternel.Ce lait synthétique est vendu en poudre ou sous forme de lait évaporé.Et sa dilution se fait à l\u2019aide de la mesure vendue avec la boîte ; elle équivaut à 1 c.à soupe dans 1 once d\u2019eau bouillie.S\u2019il est évaporé, la dilution doit être de moitié.Les quantités à prescrire sont semblables à celles du lait de femme.Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019un ou l\u2019autre de ces deux laits humanisés, l\u2019alimentation rationnelle du nourrisson n\u2019a pas semblé en retirer un avantage marqué.I! faut cependant admettre que le Lactogen est celui qui donne encore les meilleurs résultats.Vous aurez cependant l\u2019occasion de remarquer qu\u2019il n\u2019est pas applicable à tous les nourrissons et qu\u2019un grand nombre ne peuvent le supporter.LES LAITS CHIMIQUEMENT MODIFIÉS Toutes les variétés de lait que nous venons de vous signaler, sont des laits dont les modifications ont porté sur la composition physique du lait de vache.Les laits humanisés constituent cependant des laits qui, en plus de leur modification physique, ont subi des modifications chimiques importantes.Ils sont comme des laits intermédiaires entre les laits physiquement ou chimiquerent modifiés.Nous vous entretiendrons maintenant de ces derniers.A) LES LAITS PROTÉINÉS Les laits protéinés sont des laits écrémés acidifiés à l\u2019acide lactique mélangés à un caillé de lait entier, et réduits à l\u2019état de poudre.Leur composition chimique est la suivante : : \\ CALORIES PROTÉINES MaTiERES LACTOSE MES x A L\u2019ONCE 38.0% 27.8% 24.09, 5.09% 14.4 Leur dilution se fait à raison de 1 c.à soupe dans 2 onces d\u2019eau.Les variétés de laits protéinés les rrieux connues sont le Mead Dried Protein Milk, le S.M.A.Protein Milk Acidulated et le C.M.P.Protein Milk. 606 LAavaL MÉpicaL Septembre 1944 Ces laits protéinés, on le conçoit aisément, ne peuvent servir chez les nourrissons normaux.Cependant, chez certains nouveau-nés, il peut être avantageux de s\u2019en servir.Notamment chez ces nouveau-nés dont la progression de la courbe pondérale demeure stationnaire malgré un régime normal au lait maternel ou au lait de vache.Ils ont tout particulièrement leur indication chez les prématurés au cours des diarrhées de fermentations et dans la diarrhée cholériforme.À côté de ces laits protéinés industriels, 1l est une recette alimentaire dont je veux vous dire quelques mots vu la facilité avec laquelle elle peut être préparée en tout lieu, et surtout en raison de ses excellents résultats chez les hypothrepsiques et au cours de certaines diarrhées.C\u2019est, s1 vous me permettez cet abus de langage, un lait protéiné artificiel, un lait protéiné domestique.A du lait de vache entier ou écrémé l\u2019on ajoute, dans une certaine proportion que Je vous indiquerai dans un instant, du Casec de Mead & Johnson & Cie.Le Larosan, produit français, et le Protolac sont également du caséinate de calcium.Le caséinate de calcium s\u2019emploie en solution a 1 ou 2%.A 16 onces d\u2019eau bouillie froide, l\u2019on mélange 4 ou 8 c.à soupe rases de caséinate de calcium pour obtenir la solution désirée.Et c\u2019est cette solution que l\u2019on ajoute au lait de vache entier ou écrémé.Prescrit à la dose habituelle et selon l\u2019âge du nourrisson, c\u2019est cette solution, en quelque sorte, qui sert de diluant au lait de vache.Ses principales indications, nous vous les avons signalées plus haut, sont la diarrhée, particulièrement les diarrhées au sein, le syndrome que vous connaissez bien sous le nom de « diarrhée post-prandiale au sein », et au cours de la période de réalimentation de cette diarrhée connue tout le long du fleuve Saint-Laurent et en certains autres endroits de la province sous le nom de « dysenterie bacillaire », « d\u2019entérocôlite dysenté- riforme » ou de la « St.Lawrence Fever ».Outre les laits protéinés, 1l existe d\u2019autres laits chimiquement modifiés : les laits hypersucrés comme le lait condensé sucré, les laits écrémés comme le Dryco, et les laits hypominéralisés.Les deux premiers, nous vous les avons décrits déjà.Quand au dernier, son emploi ici est inconnu.Nous vous en faisons grâce.Leur emploi est tellement limité à des cas spéciaux que nous les ignorerons. Septembre 1944 LavAL MÉDicaL 607 B) LES LAITS FERMENTÉS Les laits fermentés sont des laits ordinaires ou modifiés auxquels on incorpore des bactéries, des levures ou des acides en vue de leur faire subir des transformations qui portent principalement sur le lactose, sur sur la caséine.Parmi ces laits fermentés, les plus employés dans l\u2019alimentation des nourrissons sont : 1° Le babeurre ; 2° Le lait acidifié.1° Le babeurre : Le babeurre ou le lait de beurre, est un lait privé de sa matière grasse, un lait écrémé acide ayant subi la fermentation lactique spontanément ou artificiellement.Il renferme encore presque toute la caséine du lait, ce qui le distingue nettement du « petit lait ».Sans entrer dans des détails techniques, 1l est utile de connaître la préparation de ce lait dans ses grandes lignes.Du lait de vache porté à l\u2019ébullition est ensemencé au moyen d\u2019une culture de bacilles Jactiques.Laissé en fermentation pendant 24 heures, il est ensuite baratté et le résidu liquide, après l\u2019extraction du beurre, constitue le babeurre.Afin d\u2019arrêter la fermentation, il est porté a l\u2019ébullition pendant quelques minutes, puis réduit en poudre.La composition du babeurre pur est la suivante : , MATIÈRES SELS PROTÉINES GRASSES LACTOSE MINÉRAUX CALORIES 29.5 14.0 40 6.5 116 En raison de sa valeur calorique bien inférieure à celle du lait de vache, ce lait fermenté ne peut être utilisé comme aliment de base chez les nourrissons normaux à moins que l\u2019on y ajoute des aliments complémentaires.Nous possédons actuellement deux produits de babeurre : l\u2019Eledon de Nestlé et le Casinac de Cow & Gate. 608 LavaL MEbicaL Septembre 1944 L\u2019Eledon est un babeurre demi-gras dont la dilution doit se faire à raison de 1!'/, c.à soupe dans 3!/3 onces d\u2019eau.En raison de sa plus forte proportion en matières grasses, le Casinac doit être plus fortement dilué : 1 c.à soupe dans 3 onces d\u2019eau.Le babeurre étant un lait fermenté essentiellement médicamenteux ou de régime, 1l est impossible de fixer une dose moyenne par rapport au poids du nourrisson.Toutefois, connaissant la valeur calorique de la poudre de babeurre : 33 calories à la c.à soupe, et les besoins caloriques du nourrisson selon l\u2019âge, 1l est facile de reconstituer la ration alimentaire quotidienne de tel ou tel nourrisson.La principale indication du babeurre, c\u2019est la diarrhée infectieuse, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019infection intestinale ou d\u2019infection secondaire, ou mieux extra-territoriale.Il est tout spécialement préconisé dans l\u2019alimentation de base des prématurés.Les eczémateux, parfois, s\u2019en trouvent bien.S1 l\u2019on désire l\u2019utiliser chez le nourrisson normal on devra lui ajouter 2% de farine de céréales \u2014 5% de sucre \u2014 afin de lui donner la même valeur calorique que le lait de vache.Il se peut qu\u2019en certains milieux, 1l soit impossible, pour des raisons économiques parfois, d\u2019utiliser le lait de beurre.Il suffira alors de recourir à l\u2019emploi de laits acidifiés.2° Le lait acidifié : En 1919, McKim Marriott publiait une étude sur l\u2019alimentation des nourrissons athrepsiques avec du lait de vache entier, non écrémé, acidifé par fermentation lactique.En 1923, il simplifiait la recette en se contentant d'ajouter une certaine quantité d\u2019acide lactique au lait de vache bouilli.Les résultats se montrèrent aussi excellents.Aujourd\u2019hui son emploi est si répandu et les résultats obtenus, aussi bien chez l\u2019enfant bien portant que chez le malade, sont si impressionnants qu\u2019il mérite d\u2019être connu et employé chaque fois qu\u2019il semble indiqué.En pratique courante, 4 variétés de laits acidifiés peuvent être employés : 1° le lait de vache frais entier, acidifié ; 2° le lait évaporé acidifié ; Septembre 1944 LavaL MEpicAL 609 3° le Pelargon de Nestlé ou le Lactic Acid Milk de C.M.P.; 4° le lait écrémé acidifié.Que l\u2019on emploie le lait de vache frais entier, le lait évaporé ou le lait écrémé, la préparation d\u2019un biberon au lait acidifié se fait de la même façon.Au lait de vache pasteurisé, de préférence bouilli, au lait évaporé ou écrémé reconstitué à la dilution normale, l\u2019on ajoutera de l\u2019acide lactique à 85% à raison de 6 c.c.par litre, ou 4 à 5 gouttes par once de lait.La quantité requise d\u2019acide lactique doit être mélangée à 1 ou 2 onces d\u2019eau et c\u2019est cette solution que l\u2019on versera lentement en brassant constamment dans la quantité de lait strictement froid prescrit pour la Journée ou dans chaque biberon séparément.Une fois préparé, le lait acidifié est donné pur, sans aucune dilution et les quantités à prescrire sont les mêmes que celles des autres laits.Les différentes préparations commerciales de laits acidifrés en poudre se diluent selon une certaine proportion toujours indiquée dans les prospectus qu\u2019on distribue avec la boîte.Les laits acidifiés s\u2019emploient chez les nourrissons normaux et parti- ./ 1.culièrement chez les prématurés au cours de la période de réalimentation des diarrhées légères, des entérites et des dysenteries.Nous venons d\u2019envisager, d\u2019une façon aussi succincte que possible, les principes fondamentaux de l\u2019emploi des différents laits en diététique infantile.Nous vous en avons souligné les caractéristiques, précisé les quantités à prescrire, nous efforçant de vous donner une unité de mesure avec laquelle 11 vous est facile de constituer tous les régimes alimentaires des nourrissons normaux.Dans l\u2019élaboration des indications de tel ou tel lait, nous ne pouvions que demeurer dans des généralités, car aucune règle fixe ne peut convenir à tous les cas.Surtout, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019enfants malades, l\u2019on ne peut, à proprement parler, fixer aucun régime type ; c\u2019est l\u2019évolution de la maladie elle-même qui guide notre thérapeutique alimentaire.Nous voudrions cependant, en terminant, préciser les 1dées qui doivent présider à l\u2019élaboration du régime alimentaire des prématurés. 610 Lavar.MépicaL Septembre 1944 Nous vous avons affirmé l\u2019absolue nécessité de recourir pour eux à l\u2019allartement maternel.Cependant, 1l faut également savoir que les constituants du lait maternel sont quantitativement insuffisants à satisfaire ses besoins alimentaires.Le régime alimentaire des prématurés doit, pour rencontrer ses besoins alimentaires, être hyperazoté, hypersalé, hypersucré et hypograisseux.L\u2019on doit donc recourir à un aliment complément.De tous les laits dont nous venons de vous parler, 11 n\u2019en existe qu\u2019un seul capable de rencontrer ces exigences.C\u2019est le babeurre.L'association lait de femme \u2014 babeurre, permet de réaliser, pour le prématuré, l\u2019alimentation qui lui convient le mieux.A défaut de babeurre, l\u2019on peut utiliser avec avantage le lait sec demi-écrémé.La conduite du régime demeure très délicate.Ces enfants doivent être mis dans les meilleures conditions de milieu possibles, qu\u2019il serait trop long d\u2019envisager ici, mais qu\u2019une couveuse même la plus rudimentaire permet de réaliser.L\u2019aliment doit lui être fourni sous un faible volume que l\u2019on augmente graduellement selon sa tolérance digestive, que la pesée quotidienne vous permettra de connaître et de suivre.Votre acharnement à suivre leurs progrès et à modifier fréquemment leur régime au gré de leur croissance et de leurs besoins, vous permettra de conserver la vie à un grand nombre d\u2019entre eux.Pour eux, comme pour tous les autres nourrissons, le secret de leur survie et de leur développement harmonieux dépend de la façon dont vous emploierez les différents laits mis à la disposition de la profession médicale.Nous avons désiré faire ce travail dans le but de contribuer à vulgariser le mode d\u2019emploi des laits industriels et de diminuer ainsi vos difficultés à réaliser une saine et fructueuse alimentation des nourrissons confiés à vos soins vigilants.De la Broquerie FORTIER, assistant dans le Service de pédiatrie de l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus. (er) COMPOSITION MOYENNE ET DILUTION NORMALE DES DIFFÉRENTS LAITS LAIT Lair LAIT L art LAIT LAIT LAIT LaIr Ba- F ARINES MATER- DE CONDENSE tv APORE SEC SEC |HUMANISE PROTEINE| BEURRE LACTEES NEL VACHE SUCRE ENTIER ECREME Lactogen (Eledon) (Nestlé) Protéines.1.25 3.50 8-9 8-6 26.7 30-35 16.2 38.0 29.5 14.5 Matiéres grasses.4.00 4.00 9-10 9.2 28.0 12-0.8 25 27.8 14.0 6.0 Hydrates de carbone .7.00 4.50 48-53 11.1 38.0 44-52 53.3 24.0 40.0 76.0 Sels minéraux.0.25 0.75 1.78 1.5 5.8 7-7.9 3.5 5 6.5 2.10 Eau.87.5 87.7 |.69.4 |.|.20 |.M LL 1.50 Calories par once.20 20 100 44 149 129-104 156 14.4 116 120 Dilution normale par livre \u2014 15 114c.àthé| 1 0z.ds |1l14 c.às.1 c.à s.|1l@c.às.| lec |114c.às.|114c.às.de poids.La LA 215 d\u2019eau |2 oz.d\u2019eau|2 oz.d\u2019eau] 216 d\u2019eau |3 0z.d\u2019eau| 2145 oz.314 oz.|3 0z.d\u2019eau d\u2019eau d\u2019eau VV61 >1qua1d95 TVOIICAN IVAYT] 119 ANALYSES K.J.KARNAKY.Hexestrol : Clinical Study of a New Synthetic Estrogen.(Etude clinique d\u2019un nouvel œstrogène synthétique: l\u2019Hexestrol.) Journ.Clin.Endocrin., vol.3, n° 7, p.+413 ; (juillet) 1943.En 1938, Campbell et ses associés, cherchant un nouveau produit acstrogénique synthétique moins toxique que le diéthylstilbeestrol, isôlèrent un composé qu\u2019ils appelèrent bexestrol.De nombreux travaux furent entrepris pour apprécier l\u2019efficacité de ce nouvel œstrogène et son degré de toxicité.Lorsqu\u2019on l\u2019administre par voie buccale, l\u2019héxestrol provoque des nausées et des vomissements six fois moins souvent que le diéthylstil- bœstrol.En injections intra-musculaires, les patientes peuvent tolérer jusqu\u2019à 50 mgms par jour sans nausées.Au cours du traitement des troubles de la ménopause, l\u2019hexestrol, peu importe la dose à laquelle on l\u2019administre, ne provoque Jamais d\u2019hémorragies utérines comparativement au diéthylstilbeestrol qui provoque de telles hemorragies lorsqu\u2019on le donne, pendant 20 à 46 jours, à des doses aussi faibles que 1 mgm par jour.Dans le traitement de la dysménorrhée, la vaginite sénile et la vulvo-vaginite gonococcique des fillettes, l\u2019héxestrol donne aussi d\u2019excellents résultats.Dans les cas de ménorragies fonctionnelles, l\u2019hexestrol, administré à la dose de 3 mgms, une à trois fois par jour, est particulièrement efficace.Dans les cas d\u2019hémorragies utérines graves, il est conseillé d\u2019injecter immédiatement 75 à 100 mgms d\u2019hexestrol dans la paroi antérieure du col utérin ou par voie intra-musculaire et de donner ensuite, par voie buccale, 6 à 9 mgms d\u2019hexestrol à toutes les 15 minutes jusqu\u2019à arrêt de l\u2019hémorragie.Comme l\u2019hexestrol est très peu toxique, qu\u2019il ne produit aucune altération sanguine ni organique, 1l est donc préférable de l\u2019employer à la place du diéthylstilbœstrol, surtout dans les troubles de la ménopause puisqu\u2019il ne provoque pas d\u2019hémorragies utérines.Il est cependant bien établi maintenant que l\u2019hexestrol a un pouvoir œstrogénique moindre que le diéthylstilbeestrol ; c\u2019est pourquoi on doit l\u2019emplover à des doses plus fortes que ce dernier.Antonio MARTEL. Septembre 1944 Lava\u2026 MépicaL 613 Major R.A.GORDON, r.c.a.m.c.Intravenous Novocaine for Analgesia in Burns.(L\u2019usage de la novocaine par vole intraveineuse pour le soulagement dans les brûlures.) C.M.A.J., vol.49, n° 6, pp.478 à 481 ; (déc.) 1943.La technique comprend : 1 gramme de novocaïne en cristaux dans 500 c.c.de soluté salé avec 5% de glucose en goutte-à-goutte rapide intraveineux, 1.e.de 20 à 30 c.c.à la minute.Commencer l\u2019injection 15 minutes avant de faire un pansement douloureux.L\u2019analgésie (perte de la sensibilité douloureuse seule, la conscience étant conservée) est surtout marquée au niveau des plaies.Les cas de brûlures en bénéficient principalement au moment du transport et des premiers pansements.Les 10 brûlés traités par l\u2019auteur ont reçu de 100 à 500 c.c.; leur analgésie a duré de 2 à 12 heures sans aucun effet ni sur le cœur ni sur le rein.Pierre JoBIN.Jean BOUCHARD, D.M.R.Æ.Radiation Therapy in Carcinoma of the Breast.(La radiothérapie du cancer du sein.) C.M.À.J, vol.49, n° 5, pp.382-387 ; (nov.) 1943.L\u2019auteur cite la classification des cancers du sein de Portmann, basée sur la clinique et l\u2019anatomo-pathologie : Groupe I: tumeur mobile, localisée au sein et n\u2019atteignant ni la peau ni les ganglions.Pas de métastases.Groupe II : idem avec ganglions axillaires.Groupe III: tumeur diffuse atteignant la peau et les ganglions avec métastases à distance.L\u2019examen clinique complet doit comprendre l\u2019exploration radiologique.Le traitement exige l\u2019irradiation pour tous les groupes.Les groupes opératoires, 1e.I et II, bénéficient de la rœntgenthérapie préopé- rätoire.La thérapie post-opératoire est indiquée toutes les fois que l\u2019examen anatomo-pathologique décèle la présence de cellules vivantes sur la pièce opératoire.Les cas inopérables du groupe III devraient quand même subir la rœntgenthérapie car beaucoup se sont améliorés et quelques-uns sont même devenus opérables.Les métastases pulmonaires et osseuses bénéficient souvent de façon surprenante de la radiation (vs douleurs).Pierre JOBIN. 614 Lavar MéDpicaL Septembre 1944 OPPENHEIMER.Arthritis of the Acromioclaviculæ Joint.(Arthrite de l\u2019articulation acromio-claviculaire.) Journ.of Bone and joint Surgery, vol.XXV, n° 4, pp.867-871.Les douleurs dans l\u2019épaule peuvent provenir de causes diverses : arthrite de l\u2019épaule même, bursite, névralgie provenant de la colonne cervicale ; on devrait songer aussi à l\u2019articulation acromio-claviculaire.En effet, dès que le bras se meut, 1l se passe des mouvements dans cette articulation.Une lésion à son niveau aura pour effet de limiter certains mouvements du bras, tels que l\u2019abduction ou l\u2019élévation du bras en haut ; cependant, une lésion au niveau de l\u2019articulation scapulo- humérale produira à peu près les mêmes symptômes.Mais la radiographie aidera beaucoup à la précision du diagnostic.La meilleure position, c\u2019est le patient debout, le bras le long du tronc dans un cliché en Antéro-postérieure.Toujours prendre les deux épaules par comparaison.Normalement l\u2019interligne a de un à trois millimètres de largeur, la surface articulaire est nette mais de forme quelque peu variable, parfois chez le même sujet, la corticale est minee et régulière.Dans l\u2019arthrite bacillaire, le rhumatisme, 11 y aura soit pincement, soit élargissement de l\u2019interligne articulaire, production d\u2019ostéophytes ou condensation ou destruction osseuse articulaire.Subjectivement, le patient se plaint de douleur avec irradiation dans le cou et le bras, de difficulté à faire certains mouvements tels l\u2019abduction ou porter le bras en arrière du tronc, de douleur la nuit, de sensation de fatigue.Objectivement, 1l y a limitation des mouvements du bras, douleur à certains endroits de l\u2019épaule : acromion, deltoïde.Le patient souvent ne peut préciser où est le mal.Pas de température ordinairement, leucocytose, sédimentation normales.Atrophie du bras et de I\u2019épaule.Il pourra arriver que des bourses séreuses calcifiées, de petits ostéophytes restent à l\u2019épaule et ne donnent pas de signes cliniques ; l\u2019auteur n\u2019a pas vu la même chose à l\u2019articulation acromio-claviculaire.Contrairement à l\u2019épaule, où les symptômes peuvent paraître, même sans traitement, les lésions acromio-claviculaires ont une tendance évolutive.C\u2019est la thérapie profonde, à petites doses, directement sur l\u2019acromion, répérée à 5 à 7 jours d\u2019intervalle, qui donne les meilleurs résultats et qui soulage le plus rapidement les malades.Chez 20 patients qui avaient été traités antérieurement par la diathermie, les injections anesthésiantes, la mobilisation sans résultat, la thérapie a amené rapidement une sédation complète des douleurs.Ls-Philippe Roy. Septembre 1944 LAvAL MÉDICAL 615 A.WILINSKI, New-York.Hypoproteinemia.The Clinical Relationship of Proteins and the Protein Metabolism to Therapy with Special Reference to Surgery.(L\u2019hypoprotéinémie.\u2014 Les rapports cliniques de la protéinémie et du métabolisme protidique avec la thérapeutique, particulièrement avec les interventions chirurgicales.) Arch.of Surgery, vol.48, n° 1, (jan.) 1944.L\u2019hypoprotéinémie indique une profonde perturbation de la nutrition et du métabolisme général.Elle peut être primitive ou secondaire à une maladie sévère, telle l\u2019atteinte du parenchyme hépatique.L'importance que l\u2019on attribue aux protéines du plasma tient au fait que l\u2019on peut très bien les mesurer.D'autre part, une seule mesure n\u2019a pas grande valeur, tandis que la répétition de l\u2019examen nous indique une courbe d\u2019amélioration ou d\u2019aggravation du cours de la maladie.La méthode ne peut Jamais fixer un diagnostic causal au niveau du foie, mais elle peut évaluer la cellule hépatique et permettre un pronostic, particulièrement dans le cas d\u2019une indication opératoire.Les personnes grasses qui suivent un régime amaigrissant perdent du poids et des forces mais aussi elles abaissent leurs réserves de protéines du plasma.Advenant une infection intercurrente, elles n\u2019ont pas la résistance voulue et elles en souffrent considérablement [1 semble vrai que les personnes grasses ne sont pas nécessairement « bien nourries », et les chirurgiens savent très bien qu\u2019elles sont de mauvais risques opératoires.On admet de plus en plus que les régimes riches en protéines sont avantageux et même nécessaires à ceux qui ont à supporter une infection, une maladie ou une opération et qu\u2019ils excellent à prévenir I\u2019 hémorragie post-opératoire.Ainsi, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019administrer une médication toxique pour le foie, 1l est fortement conseillé de prescrire un régime très riche en protéines.Les travaux de Starling nous aident à comprendre bien des situations cliniques : une certaine quantité de protéines est nécessaire au maintien de la pression osmotique du sang circulant et au niveau de la paroi des capillaires.La déficience en protéines explique le choc et le collapsus cardiaque des opérés et des brûlés.EFFETS DU TRAITEMENT Le régime riche en protéines s\u2019est révélé un excellent adjuvant pour : 1° prévenir le dépôt de graisse au niveau de la cellule hépatique ; 2° prévenir le dérèglement des fonctions du foie ; 3° produire I\u2019é¢limination de la graisse de la cellule héepatique ; 4° augmenter la résistance aux infections, intoxications et autres maladies ; 5° traiter les cirrhoses ; 6° traiter les brûlures (grande perte de protéines) ; 616 LAavAL MÉDICAL Septembre 1944 7° préparer les patients aux opérations importantes ; 8° prévenir les hémorragies post-opératoires ; 9° diminuer les effets toxiques des sulfamidés sur le foie ; 10° diminuer le risque anesthésique ; 11° hâter la guérison des plaies.La réponse clinique à ces régimes riches en protéines sera d\u2019autant plus lente que la cellule hépatique aura été atteinte plus sévèrement et depuis plus longtemps.Pierre JoBIN.Maurice OPPENHEIM et Henry A.'SMITH, Chicago.Treatment of Scabies in Wartime.(Traitement de la gale en temps de guerre.) Arch.of Der.and Syph., vol.48, n° 4, (oct.) 1943.Chaque médecin le constate, et l\u2019histoire l\u2019enseigne, les cas de gale sont plus nombreux en temps de guerre.Actuellement la gale est très répandue.Oppenheim, qui était major dans l\u2019armée autrichienne à l\u2019autre guerre, a pu observer ce phénomène au Wilbelminen-spital où on eut à traiter 18 cas en janvier 1915 et 125 cas en janvier 1918.Les modes de traitements employés ailleurs s\u2019étant avérés insuff- sants, telles les préparations suivantes : solution de Sutton, l\u2019hyposulfite de soude, le benzoate de benzyle, la préparation de Pusey, l\u2019onguent danois, l\u2019onguent au pyrèthre, la préparation d\u2019Epstein, le permanganate de potasse, la solution de Vlemingkx, l\u2019huile de Kleczasny, l\u2019huile d\u2019anis et plusieurs autres, on chercha un autre procédé.Le mode de traitement utilisé devait étre effectif, de peu de durée, sûr, pouvoir s'appliquer à plusieurs personnes en même temps (enfants, soldats, orphelins, prisonniers), n\u2019être pas irritant et peu dispendieux.Les auteurs optérent pour le traitement francais, modification de la méthode de Hardy.Les malades souffrant d\u2019ezcéma, les vieillards, les enfants au-dessous de 6 ans, les patients sévérement malades et les femmes enceintes ayant dépassé la moitié de leur grossesse n\u2019étaient pas soumis a ce traitement rapide qui est le suivant : 1° Bon lavage pendant 15 minutes avec savon vert et serviette rude.2° Le malade est mis dans un bain chaud et est de nouveau frotté avec du savon vert, une brosse ou linge rude, pendant 30 minutes.3° Au sortir du bain le malade est séché et enduit, excepté à la tête et à la figure, de la pommade suivante, modification de la pommade de Hardy qui n\u2019est elle-même qu\u2019une modification de la pommade de Helmrich : Soufre précipité.25 gms Carbonate de potasse.10 \u201c Vaseline jaune.1256 \u201c H Septembre 1944 LAvAL MÉDICAL 617 4° Après deux heures le malade est nettoyé de l\u2019onguent avec de l\u2019eau et un savon ordinaire.Séché, il est enduit d\u2019une pâte de zinc.Le traitement complet prend trois heures.Un léger prurit persiste pour quelques jours.Pendant le traitement, les sous-vêtements, les bas, les gants, les chaussures et les draps sont stérilisés à l\u2019air chaud.Il est possible de traiter les Jeunes enfants par cette méthode en diminuant la durée des lavages et l\u2019application de la pommade.Quand il y a récidive, c\u2019est qu\u2019il y a eu réinfection par un membre de la famille non traité : aussi, dans une maison, tous les sujets malades doivent être traités en même temps.En conclusion : après avoir traité plus de 63,354 galeux par cette méthode, on peut dire que ce traitement est efficace, rapide, agréable, peu dispendieux, le meilleur traitement quand la gale est à l\u2019état épidémique.Emile GAUMOND.KIRWIN, Thomas J.Papillomatosis of the Bladder : New Conceptions of Etiology and Treatment.(Conception nouvelle sur l\u2019étiologie et le traitement de la papillomatose de la vessie.) Journal of Urology, vol.49, n° 1, (Janvier) 1943.Le papillome vésical peut être unique ou multiple.La mutiplicité cause la papillomatose vésicale.HISTORIQUE La première description de cette affection remonte à 1833 par John Green Crosse.En 1851, Samuel D.Gross, considéré comme le premier urologiste américain, en fait une nouvelle description.Sept ans plus tard, John Birkett rapporte une observation de papillomatose vésicale.En 1879, Robert S.Hudson en fait la différenciation histologique ; Stein en 1881, Sir Henry Thompson en 1884, Guyon et son élève, Albarran, à la fin du xrxe siècle en ont fait la nomenclature histologique.Depuis 1910, l\u2019histoire de la papillomatose vésicale devient l\u2019histoire de son traitement.ÉTIOLOGIE L\u2019étiologie du papillome vésical, comme celle des autres néoplasies, demeure un mystère.Il est logiquement Impossible de dire que le cancer est toujours dù à une cause unique.Pour l\u2019auteur, la papillomatose vésicale serait due à un virus filtrant.Les travaux de Wile et Kingery en 1919 sur la verrue commune confirment 618 Lavar MÉDicaL Septembre 1944 les idées de l\u2019auteur sur l\u2019étiologie de cette affection.Ils ont prouvé par leurs travaux qu\u2019un virus filtrant cause la verrue, un traumatisme ou un corps étranger agissant comme facteur excitant et favorisant l\u2019entrée de cet agent infectieux.Les travaux de Rous, Beard et Kidd, de l\u2019Institut Rockfeller, et ceux de Beard et de ses collaborateurs, à l\u2019Université Duke, sur le papillome du lapin, causé par un agent infectieux, confirment les idées de l\u2019auteur sur l\u2019origine infectieuse du papillome vésical.L\u2019impossibilité de démontrer ces faits chez l\u2019homme diminue un peu la valeur de cette théorie ; cependant, la conviction de l\u2019auteur de l\u2019origine infectieuse de l\u2019affection lui permet d\u2019appliquer un traitement adéquat et, peut-être, aider à contrôler les néoplasies en général.EXPERIENCE CHEZ L ANIMAL En admettant cette théorie infectieuse, la désinfection compléte de la surface venant en contact avec la tumeur originale devrait empécher les récidives.L\u2019auteur nous montre quelques coupes histologiques prouvant ses avancées.Il se sert de phénol comme désinfectant.EFFET SUR LA VESSIE HUMAINE L\u2019auteur montre quelques coupes histologiques de vessie humaine avec papillome fixé à la formaline à 10% nous montrant l\u2019action du phénol à différentes concentrations.TRAITEMENT La fulguration, préconisée par Edwin Beer pour le traitement du papillome, n\u2019empêche pas les récidives.L\u2019auteur, convaincu qu\u2019un virus filtrant est la cause de cette affection, préconise un traitement en rapport avec la cause ; le traitement qu\u2019il a fait chez quatre malades.Après cystostomie, il enlève la tumeur jusqu\u2019à la musculeuse au bistouri électrique.Dans un 2° temps, il applique, sur toute la surface de la muqueuse vésicale et non seulement au point d'implantation des tumeurs, une solution de phénol à 50% dans de la glycérine qu\u2019il laisse en place environ 3 minutes.Il fait ensuite une application d\u2019alcool à 95% et ferme ensuite en drainant et la vessie et l\u2019espace de Retzius.Au moyen de dessins, il nous montre les différents temps et termine en montrant deux photographies cystoscopiques : l\u2019une après 6 semaines, l\u2019autre après 8 mois de ce traitement.Le nombre restreint de cas ne permet pas à l\u2019auteur de conclure dans un sens ou dans l\u2019autre, mais il espère contribuer au traitement de la papillomatose vésicale et des néoplasies en général.Arthur BÉDARD. Septembre 1944 Lavar.MÉDicaL 619 Lieutenant (jg) D.ZUCKER (mc) U.s.N.r.Clinical Experience with Dicoumarol.(Report of Eighteen Cases).(Résultats cliniques de l\u2019emploi du Dicoumarol chez 18 malades.) The J.AM.A., vol.124, n° 4, p.217 ; (22 jan.) 1944.L'auteur rapporte les résultats cliniques obtenus par l\u2019emploi du dicoumarol chez 18 malades.Neuf patients étaient porteurs d\u2019une thrombophlébite des membres inférieurs ; deux malades avaient fait un infarctus pulmonaire post-opératoire ; deux autres souffraient de thom- bose du sinus caverneux.Chez cinq autres malades, qui avaient présenté des phénomènes de thrombose et d\u2019embolie, le médicament a été administré à titre préventif à la suite d\u2019une intervention chirurgicale ou d\u2019un accouchement.Tous les patients adultes ont reçu une dose initiale de 300 mgms de dicoumarol par vote buccale ; une autre dose de 200 mgms était administrée le lendemain.Les doses subséquentes variaient suivant les susceptibilités des malades de façon à maintenir le taux de la prothrombine plasmatique entre 30 et 60% du taux normal.Certains sujets plus résistants ont reçu 300 mgms par Jour ; d\u2019autres, plus sensibles au médicament, n\u2019ont reçu que 100 mgms par jour.En plus du dicoumarol, les patients recevaient les traitements habituels appropriés à la maladie en cause.Neuf malades souffrant de thrombophlébite des membres inférieurs n\u2019ont présenté aucun symptôme d\u2019embolie au cours de leur maladie.En moyenne, le dicoumarol a été administré pendant 14 jours ; le plus long traitement fut de 16 jours.Il semble que la maladie ait été manifestement de plus courte durée qu\u2019elle ne l\u2019aurait été sans l\u2019emploi du dicoumarol.Dans 7 cas les douleurs disparurent dès que le taux de la prothrombine plasmatique se fût abaissé entre 60 et 30% du taux normal.Dans un cas, l\u2019élévation du taux de la prothrombmne au voisinage de la normale s\u2019accompagna de la réapparition des douleurs.Dans un autre cas les douleurs persistèrent pendant quelques jours et ne disparurent que lorsque le taux de la prothrombine se fût abaissé d\u2019une façon satisfaisante.Chez cinq malades le dicoumarol a été administré à titre préventif.Quatre de ces malades avaient eu auparavant des accidents de thrombose ; un autre avait fait un infarctus pulmonaire.Tous ces malades eurent des suites opératoires normales, exemptes de complications à la suite d\u2019interventions chirurgicales assez importantes.Deux malades souffrant de thrombose du sinus caverneux ont été nettement améliorés par l\u2019emploi du dicoumarol.De même, deux malades scuffrant d\u2019embolie pulmonaire post-opératoire guéiirent rapidement, sans aucune autre complication, a la suite de administration du dicou- marol.Un seul des 18 malades traités par le dicoumarol présenta un rash pétéchial des hanches et des flancs le cinquième Jour du traitement ; à ce moment le taux de la prothrombme plasmatique s\u2019était abaissé à 18% ; 620 Lava\u2026 MÉDICAL Septembre 1944 ce purpura s\u2019accompagna d\u2019une hématurie microscopique de moyenne intensité ; tout rentra dans l\u2019ordre au bout de quelques jours.Aucun autre malade ne présenta de signes d\u2019hémorragie, bien que, dans certains cas, le taux de la prothrombine sanguine se fût abaissé jusqu\u2019à 22%.Chez les opérés, on a constaté aucun hématome ; chez les accouchées, les lochies furent de volume normal.Trois malades eurent des nausées, sans vomissement, à la suite de l\u2019administration des premières doses de dicoumarol, le traitement fut continué, l\u2019état nauséeux disparut rapidement.On a fait au dicoumarol le 1eproche que ses effets sont souvent difficilement contrôlables.L\u2019expérience de auteur a montré qu\u2019un contréle idéal était pratiquement impossible.Cependant, en variant les doses suivant les susceptibilités des malades, suivant leurs réactions aux trois premières doses de dicoumarol, il est possible d\u2019obtenir, sans danger, les effets désirés.On a aussi reproché au dicoumarol de créer des dangers d\u2019hémorragie.Aucun syndrome hémorragique n\u2019est apparu chez les malades traités par l\u2019auteur, si l\u2019on excepte un cas de purpura sans gravité.Le dicoumarol semble avoir donné de bons résultats dans la thrombo- phlébite et la thrombose.Ce médicament ne peut cependant remplacer l\u2019héparine dans les cas urgents requérant une médication anticoagulante.Le prix modéré du dicoumarol, la facilité de son administration, la sûreté relative de son emploi, en font un précieux médicament dans le traitement des thrombophlébites, la thrombose et l\u2019embolie, tant au point de vue curatif qu\u2019au point de vue prophylactique.Honoré NADEAU.YAMPOLSKY, Joseph, M.p., et POWEL, Charles C.The Use of Acetylarsan in the Treatment of Congenital Syphilis in Children.(L'emploi de l\u2019acétylarsan dans le traitement de la syphilis congénitale chez l\u2019enfant.) Journal of Pediatrics, vol.23, n° 3, p.303 ; (sept.) 1943.Dans une publication précédente, sur l\u2019emploi du stovarsol (acétar- sone), Yampolsky concluait de la façon suivante : \u2018 1° Le stovarsol amène la disparition des lésions cutanées, du gonflement articulaire, des douleurs aux extrémités, de la micropolyadénie, et procure une amélioration de l\u2019état général ; 2° Le taux de l\u2019hémoglobine, chez le jeune enfant, s\u2019élève et la kératite interstitielle s\u2019améliore aussi bien qu\u2019avec n'importe quel autre médicament ; 3° Le Bordet-Wassermann se négative dans la grande majorité des cas ; 4° Les lésions osseuses guérissent lentement. te A meal.ms in \u2014 Wg { UROPRAZINE MAT M E SN Lo Qu 4 Sun 3 ne a ITE GRAVELLE_URIOUE CALCOLEOL DRAGEES aff.IT {! ne (I ROI ARNE ETANIE ET LES ETAT PA MOPHILE TRQUBL DE DEMINERALISATION TRICAL c a» HETS PL CAA POUDRE \u2014 COMPRIMES NTITHEON ETEDE*CROIESRANG a Jd HT PH PHATURI ALBUMINU CARRIERE SER 43 os 3 VEINOTROPE UBLE DU YSTEM MASCULIN PEMININ ~ VA A 1C HEM@RR TO And x a Ta a TROUBLE TPHLEBITI MASCULIN T _FEMININ PEPTA I NE MAGN É ; IEE ac 3 0 4 \u20ac A x: or ue_TrR@BsLE@ HEPATO- OEE JHE PEPTALMINE SE RE LN PURE CRA s En LF TRQPH LUS ECZEMA OMNOLENC 7 da\u201d.nb N, ARC PEENg & MONTREAL Arete \u2014 Co \u2014emc.TEE T\u2014 CR BAN Y .Ain, .oi 00 pl Le bébé G bedoin de celte 1 aide four de bétin: * UN DOS DROIT ET SOLIDE * UNE TÊTE BIEN FORMÉE * DES DENTS SAINES ET ÉGALES en 1875, l\u2019Huile de Foie de Morue de Squibb aide aux bébés à se bâtir des corps solides et sains.On ne le savait pas alors, mais on le réalise aujourd\u2019hui : ce n\u2019est pas l\u2019huile en elle-même qui compte, mais les vitamines qu\u2019elle renferme.L\u2019Huile de Foie de Morue de Squibb est deux fois plus riche en vitamines À et D que les huiles qui n\u2019atteignent que juste les exigences des pharmacopées officielles.C\u2019est à cause de cela que les mères doivent donner aux bébés une seule cuillerée à thé de l\u2019Huile de Squibb, chaque jour, au lieu des deux cuillerées qu\u2019il faut donner d'huiles moins actives.La haute qualité de l\u2019Huile de Foie de Morue Squibb est due à la clarification et au raffinage soigneux de foies IMPORTANT spécialement choisis.Le chauffage excessif et l\u2019exposition à l\u2019air y sont évités et l\u2019huile qui en résulte est carbonatée puis embouteillée sous pression de bioxyde de A UJOURD'HUI, comme Augmentation de puissance de l\u2019Huile de Foie carbone pour éviter l'oxydation de la vitamine À.de Morue Squibb au L\u2019Huile de Foie de Morue de Squibb Viosterol 10D.fournit, par gramme, 1,800 Unités Internationales de vitamine À et 175 Unités Pour l'effet immédiat, la Internationales de vitamine D.Elle est teneur de vitamine de présentée en flacons de 4 et de 12 onces I'Huile de Foie de Morue soit simple, soit aromatisée à la menthe.Squibb au Viosterol 10D Les enfants prématurés et les enfants a a été portée a 3,000 Unités croissance rapide ont besoin de plus de Internationales de vita- vitamine D et l\u2019on doit leur donner mine À et 400 Unités In- l\u2019Huile de Foie de Morue Squibb au ternationales de vitamine D Viosterol 10D.par gramme, ER: SQUIBB & SONS OF CANADA.Ltd.FABRICANTS DE PRODUITS CHIMIQUES POUR LE CORPS MEDICAL DEPUIS 1858.| .30\u2014 Laval Médical, Québec, septembre 1944 \u2014 Vol.9 \u2014 No 7 Septembre 1944 Lavar MéÉDpicaL | 621 Yampolsky et Powel étudièrent, cette fois-ci, l\u2019acétylarsan.C\u2019est un pentavalent contenant 21.5 d\u2019arsenic.Chaque c.c.de la solution commerciale contient .05 d\u2019arsenic.II s'emploie par voie intra-musculaire contrairement au stovarsol qui se donne per os.Il se donne a raison de Æ c.c.par 20 livres de poids du corps.Le traitement est assez long.Il consiste en une série de neuf semaines de traitement suivies de six semaines de repos, et reprise du traitement pendant trois à cinq ans.Certains auteurs suppriment la période de repos et traitent sans répit.Les signes suivants d\u2019intoxication ont été mentionnés : céphalée, hyperpyrexie, _vomissement, érythème toxique,-ictère, albuminurie.Ils\u2019 sont rares, même très rares.Les travaux de Kolmer et Rule ont démontré que l\u2019acétylarsan possède un pouvoir moins spirochéticide par voie intra-musculaire que le stovarsol par voie buccale.Les résultats cliniques furent les suivants: \u201c Groupe I (enfants de moins de un an) : Les lésions cutanées guérissent rapidement après 20 à 30 injections ; 36% des Bordet-Wassermann sont négativés après quelques années de traitement ; 40% des lésions osseuses guérissent complètement.Groupe II (enfants de 1 à 12 ans) : Les lésions cutanées guérissent rapidement après 20 à 30 injections; ment ; le Bordet-Wassermann demeure toujours positif, après comme avant le traitement ; les lésions osseuses ne sont nullement améliorées.L\u2019acétylarsan, chez le jeune enfant, donne à peu près les mêmes résultats que le stovarsol buccal.Il améliore les lésions cutanées, osseuses, et même négative assez souvent le Bordet-Wassermann.Par contre, chez l\u2019enfant plus vieux, dans les cas de syphilis tardive ou latente, il y a peu d\u2019amélioration osseuse et cutanée.Le Bordet-Wassermann n\u2019est guère amélioré.Il y aurait avantage, dans ces cas, a joindre le bismuth à l\u2019acétylarsan.Euclide DECHENE.Lt-col.B.C.TATE et I.KLORFAJN.Dermite aux sulfamidés.Lancet, vol.I, n° 11, pp.39 et seq.; (8 jan.) 1944, Les auteurs ont observé 55 cas de dermite, secondaires à des applications locales de sulfamidés, sur 2,280 cas de dermatologie traités dans un hôpital militaire.Ces lésions affectent la forme eczémateuse : érythème, œdème, vésicules, peuvent ne siéger qu\u2019à l\u2019endroit d\u2019application (lésion primaire) ou peuvent être disséminées (lésion secondaire) et s\u2019accompagner de poussées de température à 102 - 103°F.Cette dermite sensibilise par la suite à tous les sulfamidés. 622 Lavar MépicaL Septembre 1944 Ils en ont fait la preuve par le patcbh-test fait de sulfamidés mélangés à de la paraffine molle, ou par l\u2019administration d\u2019un gramme de sulfani- lamide par la bouche.Les deux tests provoquent une dermite semblable à celle déterminée par l\u2019administration locale.Un certain nombre de cas ont pu être désensibilisés en poussant l\u2019administration des sulfamidés malgré les réactions.Celles-ci s\u2019atténuent au bout de trois jours et disparaissent en 5 ou 6 jours.La longue exposition à la lumière, en particulier la lumière du soleil, en favorise la production.Les auteurs insistent sur les dangers de ces dermites, et, en particulier, sur la sensibilisation que les sulfamidés déterminent et les accidents qu\u2019ils peuvent amener chez des malades qui, plus tard, peuvent avoir besoin des sulfamidés pour une affection grave, telle que la pneumonie, par exemple.Les sulfamidés ne devraient être utilisés localement que dans les grandes brûlures ou les grandes blessures, là où la vie du malade est en danger, ou bien là où une infirmité sérieuse peut résulter.Ne pas risquer de sensibiliser un individu qui pourra avoir besoin des sulfamidés, en appliquant ces derniers sur des affections cutanées qui peuvent guérir autrement ou ne comportent aucun pronostic grave.Sylvio LEBLOND.A.OWENS et McHENRY, School of Hygiene, Toronto.Observations on Commercial Bread as a Source of « B » Vitamins.(Commentaires sur le pain du commerce quant à sa richesse en vitamine B.) C.M.A.J., vol.50, n° 2, p.138 ; 1944.Le pain complet contient suffisamment de vitamines variées (thiamine, pyridoxine, acide pantothénique et riboflavine).l| est meilleur que le pain blanc approuvé par le Canada et celui-ci est supérieur au pain blanc commercial ordinaire, qui manque de la plupart des vitamines.Pierre JoBIN.F.F.WHITACRE et B.BARRERA.War Amenorrhea.(L\u2019aménorrhée et les conditions de guerre.) J.A.M.A., vol.124, n° 7, p.399 ; (12 fév.) 1944.Sur un groupe de 1,172 femmes, la plupart de nationalité britannique ou américaine, observées dans les camps d\u2019internement à Manille, Philippines, depuis 1942, 125 présentaient de l\u2019aménorrhée depuis le début des hostilités et un grand nombre souffraient d\u2019irrégularités menstruelles.Les mêmes constatations furent faites chez 60 garde-malades de l\u2019armée qui avaient fait les campagnes de Corregidor : 14 avaient de l\u2019aménor- = S 5 sot WE = À Se on A rel S re 4 se = VE > se ii 43d 42 5 s 2 ni ox x > ES » i) of i ® ex i Ï th % SN Ï D 7 vu > 4 ts oo SIRS $ % 5 + CE SR AN 2 SN $ Là EUSTHENYL W x 5 2 s > &v on 55 NS eus Sing Meth > \u20ac =; T Be æ = cn + É Sa 20 = ES se Vu Fe S ie ae Rap SRE x x C1E7\u20ac R'EnPANSE RS MannagioTies vs AN N WN 5 SR WH ES x nn x SA SE on 2\u201c = Sh 5 $ No 5 55 SE ¥ 18 & a p> = 38 % 3 es a = = 55 > WE : 5 S $# : i = = © i 7 i Xi } HEN a BS: = = méthylarsinate de sodium \u2014 cola \u2014 vitamine Bi = < } phosphate acide de sodium \u2014noj x vomiq u e- nuclei ate de so ê gentiane im\u2014teinture d 3 > = Ge à = Ni i: a a 2% 252 95 a 2 We UE ord 5 2% $ Le 5 2 7 5 \u201ci \u201ci Sc i % 7 7: il oh 5e Zor 7 2 74 Ss Ci Te 2 & 2 a 7% Ë 2 4 4 Z 2 5 > $ % A = = 7 Ë > CU ; 2 2 27 7 5, i 4 2 = = 2 7 ZF 7 i 2 3 i i Ces > a Une Île ees k d & un au \u201cà ie deux cui 7 4 %, = epas dr D pes 2 2 7 : : % Z Ë 4 i LE es 5 5 ST.SES, = 5 RG & Gi iy fp PR 9 : £ os ) À oo vs ie Sl ANS = 5 > À 680 QUE $ I.RUE SH 27 ERB RO OKE MONTRE A Zs A ea Soe + # > Ziyi vos 4 7.7 Gtr 7 i J; : a = Laval Médical, Québec, septembre 1944 Vol.9- No 7 \u2014 31 SEDANTYL Propriétés thérapeutiques: Les gouttes de SEDANTYL à base de benzoate de benzyle et d\u2019orthoformiate d\u2019éthyle, sont l\u2019antispasmodique idéal des muscles lisses.Comparables, comme action, aux alcaloïdes de l\u2019oprum, elles n\u2019en ont pas les inconvénients et peuvent être ingérées à doses relativement élevées, sans occasionner aucune action toxique sur le système nerveux.Indications : Tous les spasmes des muscles lisses en général : Asthme vrai, Dyspnées nerveuses, Spasmes bronchiques, Incontinence et Rétention d\u2019urine, Coliques des bébés, Spasmes du pylore, Toux rebelles, Hoquet persistant, Diarrhées douloureuses, Dysménorrhées, Coliques utérines, Hypertension, Spasmes des vaisseaux sanguins, Vomissements de la grossesse et des nourrissons, Etc, etc.Remplace avec avantage: MORPHINE, OPIUM, CODEINE, comme Antispasmodique \u2018MILLET, ROUX & CIE, LIMITÉE MONTREAL \u2014 CANADA.32\u2014 Laval Médical, Québec, septembre 1944 \u2014 Vol.9 \u2014 No 7 Septembre 1944 LavaL MEbicaL 623 rhée, 7 de la dysménorrhée, 5 des ménorrhagies et 4 des irrégularités menstruelles.Cette question de l\u2019aménorrhée de guerre avait déjà été étudiée lors de la guerre de 1914-18, en Allemagne, en Russie, en Suisse, en Suède et en France.Les auteurs invoquaient alors, comme cause de cette amé- northée, soit la malnutrition, particulièrement la déficience en graisses et en protéines, soit le travail physique trop ardu auquel étaient soumises les femmes, soit la consommation excessive de graines contenant de ergot.L'opinion générale était en faveur de l\u2019hypothèse d\u2019une déficience alimentaire avec des troubles métaboliques consécutifs.Chez la plupart des femmes aménorrhéiques observées à Manille, les menstruations cessèrent brusquement, à la suite de premier bombardement de Manille, avant les périodes d\u2019internement et avant que les déficiences alimentaires deviennent sérieuses.La recherche biologique des substances œstrogènes et des substances gonadotropiques hypophysaires dans les urines de ces femmes aménorrhéiques demeura négative pour les œstrogènes et positive pour les gonadotropiques.Il semble indéniable que le facteur principal de cette aménorrhée de guerre fut le choc émotionnel grave, l\u2019inquiétude et la crainte qui amenèrent la suppression complète de la fonction ovarienne, par l\u2019intermédiaire du système nerveux autonome.Le traitement institué dans ces cas d\u2019aménorrhée à Manille fut surtout psychothérapique, consistant particulièrement à rassurer les femmes sur le peu de conséquence que comportait cette aménorrhée transitoire.Devant l\u2019impossibilité d\u2019obtenir des substances œstrogènes en quantité convenable pour traiter ces patientes, on a dû se contenter d\u2019administrer de la vitamine E sous forme d\u2019huile de germe de blé.Un assez grand nombre de femmes traitées de cette façon virent réapparaître leurs menstruations.Antonio MARTEL.BURKE, B.S., HARDING, V.V,, et STUART, Harold, M.p., Boston, Mass.Nutrition Studies During Pregancy.(Etudes sur la nutrition durant la grossesse.) The Journal of Pediatrics, vol.23, n° 5, (nov.) 1943.Les auteurs délaissent, pour un moment, la nutrition en général chez la femme enceinte pour étudier Ie rapport possible entre la richesse protéinique du régime de la femme gravide et la taille, le poids, l\u2019état de nutrition du nouveau-né à la naissance.Il n\u2019est pas indifférent qu\u2019une femme enceinte mange tel ou tel constituant, dans telle ou telle proportion.Leur expérimentation porte sur deux cent seize mères et leurs nouveau-nés.De tous les constituants du régime alimentaire de la femme enceinte, les protéines sont d\u2019une grande importance, et par leur quantité et par leurs qualités, surtout dans les deux derniers trimestres de la grossesse car c\u2019est à ce (14) 624 LavaL MÉDICAL Septembre 1944 moment que le fœtus subit une accentuation marquée de sa courbe pondérale.Plüsieurs auteurs, entre autres Macy, Coons, Blunt, Hunscher fixent entre 1,250 à 2, 500 grammes le besoin protéinique additionnel requis par la femme enceinte pour ses besoins fœtaux.Ce qui veut dire une augmentation journalière moyenne de 10 à 20 grammes en protéine durant les six derniers mois.Seulement 10% des deux cent seize femmes choisies avaient la quantité voulue de protéines.Après avoir fixé les besoins protéiniques de la femme enceinte, les auteurs étudient le rapport existant entre la quantité de protéines du régime maternel et la longueur de l\u2019enfant.A la naissance, ils constatent qu\u2019un pourcentage d\u2019au moins 15 grammes environ de protéines est la quantité idéale pour le développement de la meilleure croissance en taille tout en tenant compte de l\u2019hérédité.Le contenu protéinique du régime de la femme enceinte leur a semblé avoir plus d\u2019influence sur la taille de l\u2019enfant que la taille de la mère elle-même.Bien au contraire, plus le contenu protéinique diminue, plus la taille de l\u2019enfant diminue malgré l\u2019accroissement de la taille chez la mère.De toute cette expérimentation, on peut conclure que I absorption par une femme enceinte d\u2019une bonne quantité de protéines après avoir éliminé toute autre cause, phosphore, calcium, vitamine B et ses différents constituants, a tendance à donner un bébé plutôt grand de taille.La même constatation, le même phénomène se produit pour ce qui est du poids.À chaque augmentation de 10 grammes de protéines dans le régime maternel, correspond une augmentation en poids, plus marquée chez le garçon que chez la fille.D'ailleurs, c\u2019est pour ces mêmes dix grammes de protéines supplémentaires que nous avions une augmentation de la taille.Les auteurs ont bien démontré, avec chiffres et tableaux à l\u2019appui, l\u2019influence des protéines sur l\u2019augmentation du poids et de la taille du nouveau-né.Le poids moyen de l\u2019enfant naissant fut de huit livres et deux onces ; la taille moyenne fut de 50.8 cm.à la naissance.Les expérimentateurs ne tardérent point à constater l\u2019effet avantageux de cette même cause sur l\u2019état physique général de l\u2019enfant naissant.Résumé : Donnez moins de 75 grammes de protéines par jour à une femme enceinte dans les derniers mois de sa grossesse et vous aurez un bébé petit de taille, léger de poids, et de constitution physique fréle.Donnez 75 grammes de protéines et plus, vous aurez un beau bébé, de pcids et de taille normaux, possédant un état de santé remarquable.Fuclide DÉCHÈNE. Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire_reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 "]
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